La presse, 21 mai 1983, La presse plus
[" ?Montréal, 21 mai 1983 volume 1, numéro 15 UNE ENTREVUE EXCLUSIVE DE plus AVEC LE PREMIER MINISTRE LÉVESQUE ¦¦¦¦¦¦ ¦ H Pour faire poges 2, 3, 4 et 5 indépendance, faudra 60 p.cent du vote francophone Andropov: les six premiers mois page 8 Reagan: augures favorables pour 84 page 9 Le goût de la bataille On croyait rencontrer un homme abattu, vieilli peut-être, après les durs mois de lutte du secteur public, une récession qui s accroche comme une vieille grippe, une commission parlementaire enfin qui vient fouiner dans son propre bureau.Or à 60 ans, c'est le René Lé-vesque des grands jours, en pleine forme, qui a accueilli l'équipe de PLUS il y a huit jours dans son bureau dHydro-Qué-bec, quelques heures après l'adoption de la loi spéciale sur la CTCUM.Tout au plus l'homme a-t-il, au fil des ans, étiré son tour de taille.Mais sa faconde, son extraordinaire passion de la parole, son besoin presque maladif de mettre son propos en contexte, d'expliquer, de simplifier, tout ça fonctionne comme aux plus beaux jours chez René Lé-vesque.Et quand il parle de «l'avenir de la nation », on le sent désormais comme libéré intellectuellement des multiples réserves mentales que lui imposait le concept de souveraineté-association.Les mots sortent cru: indépendance, souveraineté.Se définissant à cet égard comme en «précampagne» on le sent prêt à livrer une autre de ses grandes batailles.«Ça va faire bientôt un quart de siècle», dira-t-il, l'air songeur, en parlant de sa carrière.Pas question pour autant de passer le disque à d'autres.Du moins pas avant la prochaine élection.Une heure et demie d'échanges que la rédaction de PLUS avait choisi de situer au-dessus de la mêlée quotidienne: la question nationale, le rôle de l'État dans l'économie, les journalistes.Néanmoins, il sera question de plusieurs dossiers courants: la scène politiaue fédérale, Quebecair, la Caisse de dépôt, le retour de Bourassa.L'entrevue, illustrée des photos d'Antoine Désilets, paraît dans les pages deux, trois, quatre et cinq.Sur la scène internationale, deux personnages retiennent notre attention cette semaine.Albert Juneau, en page huit, analyse, depuis son poste d'observation à Vienne, la situation de Youri Andropov à la tête du Kremlin, après six mois de pouvoir.De son côté, Pierre Rous-selin à Washington note, en page neuf, que les sondages les plus récents redonnent confiance à Ronald Reagan qui pourrait bien se présenter à nouveau aux élections de 84.La Rédaction -h en GO Serge Grenier CUISINE Carottes et bâtons Deux milliards d'Asiatiques ne mangent pas que du riz; quatre mille ans de woK ne sauraient mentir.Un livre extraordinaire: L'art culinaire asiatique par Charmaine Soiomon, publié chez Flammarion.Huit cents recettes à faire damner Mère Térésa.Mesures métriques/anglaises.Que diriez-vous d'une soupe aux douze parfums de Birmanie, de chevaux au galop de Thaïlande, d'oreilles de nuage à la sauce hot sin de Chine, d'un gâteau d'amour du Sri Lanka?En tout, les meilleures recettes de quinze pays.Du Japon aux Philippines, du Kampuchea à l'Indonésie.Indira Gandhi ne crache pas dans du chutney vert à la noix de coco, ni Imeida Marcos sur un concombre amer aux crevettes.rendez-vous Mimi à quatorze heures Vous lui donnez rendez-vous quelque part en ville?Au métro Berri-de Montigny?Soyez plus précis! Au Complexe Desjardins?Quelle idée! Chez Alexandre, rue Peel?Vous boirez de la bière anglaise en fût.Dans la superbe salle à manger d'Eaton, au neuvième?Parfait pour le thé.Rue Saint-Denis en bas?Si elle aime le hash.Au Papillon Gourmand, rue Guy, si son coeur bat art déco.Chez Thursday's?Vous pourriez vous la faire voler.Aux Terrasses, niveau rouge?Vous ne vous retrouverez jamais.à la télé < Reprises CM 5 i 1 z o i \u2022» Vous avez raté un épisode d'Adèle il y a vingt ans?Ne vous en faites plus! Ça repasse au 10.Skippy aussi.Ses techniciens toujours en grève et son été-télé, si propice aux reprises, nous vaudront peut-être les Arpents verts et les Joyeux naufragés.Et comme le 10 ne jette rien, un bon Papa a raison n'est pas à exclure.Parlant du 10, c'est le professeur Lebrun que j'aime le mieux.Son bagout, ses habits, le temps qu'il fera au coin de Maisonneu-ve et Alexandre-DeSève.Un monsieurl L'EMPIRE DES SENS personnalités La parenté Quatre soeurs, trois frères.Tous nés au Saguenay, tous débarqués à Montréal.En vrac: actrices, chanteuse, psychiatre, annonceur, musicienne, commentateur sportif.Ex-fleurons de la rue Racine.Impossible de sortir un tant soit peu sans croiser une La-pointe ou un Quenneville.Leur devise: Montréal, c'est Ctticouti-mi en plus gros.Portent leur nom sauf Portai.restaurant Le slave à l'âme L'éternelle Russie ot, rue Crescent, l'éternelle Troïka.Ambiance d'avant la révolution bolchevique, les meilleurs caviars, violons langoureux, poulet Kiev juteux.Prière de ne pas casser de verres.Pas de toast à Andropov.Prix capitalistes.magazine Ticket Un cinémagazine dont le numéro deux s'est longtemps fait attendre.Le rédacteur en chef jure que la guerre du trois n'aura pas lieu.Primeurs, versions françaises, films à la télé.Rien toutefois sur les salles de répertoire.Thème du numéro: les stars.Donc, entrevue avec Carole La tire.Un plaisir d'y lire Michel Tremblay.Et Gérard D.Laflaque, l'homme qui a s?, p'tite idée là-dessus.langue; cn Expressions nouvelles L'actualité inspire parfois la création de formules-choc.Souvent, leur fortune est brève; qui dit encore se faire passer un F-18 ou courir comme un ministre?En voici d'autres.Être accusé de tous les maux peut se dire «tomber de Malouf en Killanin».LQ-2 pour «à tout casser».Jouer du grégorien pour «courir après les p'tites filles».L'entrevue de René Lévesque X a gsBus VHP PW wi w SUR LA QUESTION NATIONALE Une élection résolument axée sur l'indépendance ¦ SUR LA CRISE ÉCONOMIQUE Les fédéraux: les premiers responsables du «cloaque» ¦ SUR L'ÉLECTION FÉDÉRALE Il serait immoral de ne pas libéral SUR L'AVENIR DE L'ÉCONOMIE Le dossier le plus obsédant, celui des investissements ¦ SUR QUEBECAIR La santé d'Air Canada et de CP Air n'est pas meilleure \u2022 indépendantiste 50 p.cent: Lévesque y croit PLUS: Vous avez évoqué vous-même la possibilité que la prochaine élection se lasse sur l'indépendance.Dans le contexte actuel, après le conflit du secteur public, après le référendum, après la récession, comment peut-on penser que cette question puisse être de brûlante actualité?René Lévesque: Une chose au départ: il y a toujours des gens pour qui ça ne sera jamais le temps de reparler d'indépendance nationale; ils n'en veulent pas C'est normal.Il y a des intérêts que ça dérange, il y a tout un régime hostile: pour eux, ce ne sera jamais le temps.Quand ça va mal.ce n'est pas le temps car les choses empireraient.Quand ça commence à aller mieux, ce n'est pas le temps parce que \u2014 on ne sait jamais \u2014 la relance pourrait être compromise.Il y a des gens, à l'autre extrême, qui voudraient qu'on en parle sans arrêt, tous les jours que le bon Dieu amène.Et c'est vrai que ne n'était pas le temps au pire de la crise, à partir du moment où l'on s'est enfoncé à l'automne 81 et à travers pas mal toute l'année 82, en ce sens qu'on aurait perdu son temps.Nous serions allés à l'inverse des véritables préoccupations des gens.Tout le monde vit au jour le jour, on ne vit pas seulement dans des perspectives d'avenir.Mais maintenant, moi je pense qu'il y a une reprise qui commence à se dessiner: elle est encore fragile mais elle est là.Et de toute façon, quelle que soit l'évolution, nous sommes en pré-campagne.D'ici deux ans, deux ans et demi, il y aura des élections.Au coeur de ces élections se situera absolument la question nationale, c'est-à-dire l'avenir du Québec.Il ne faut pas se iaire d'illusions: certains aimeraient que le sujet disparaisse.Dans n'importe quelle société au monde, à partir du moment où cette idée d'indépendance prend corps et obtient, comme on l'a fait au référendum, à peu près la moitié du vote de la nation concernée, le vote francophone en l'occurrence, il faut que l'évolution continue: ou bien, un jour, le projet est définitivement abandonné, ce qui veut dire que le Québec français aussi s'abandonne.Ou alors l'indépendance se réalise.Quelles sont les étapes, les scénarios?Moi-même je n'ai jamais aimé beaucoup les scénarios, d'autant plus qu'il y a une bonne vieille sagesse qui dit que, toujours, l'imprévisible arrive.Mais une conviction profonde s'est enracinée dans des centaines de milliers d'esprits.Et quand bien même on me casserait la tête en me disant: c'est pas le temps, c'est pas le temps, j'ai l'impression que, mises à part les périodes de crise profonde comme celle qu'on vient de traverser, ça va toujours fondamentalement être le temps jusqu'à ce qu'on soit sûr que c'est réglé.Pour le meilleur ou pour le pire.PLUS: Ne s'ajoute-t-il pas à tous les autres handicaps le fait qu'une certaine partie de vos alliés d'hier, les forces de gauche, sont susceptibles de vous laisser tomber cette fois, après le conflit du front commun?René Lévesque: On courait le même risque aux dernières élections parce qu'en 1979-80, il y avait eu divergence avec ce que vous appelez les «forces de gauche».Les enseignants entre autres ont pratiqué une forme de chantage à notre égard dans le genre: si vous êtes pas plus condescendants, plus généreux disons, si vous lâchez pas des choses, c'est bien malheureux, mais votre référendum \u2014 parce qu'il s'en venait \u2014 vous pourrez toujours courir.La seule réponse qu'on peut faire à ces personnes, c'est que si c'est ça vos convictions, marchandez-vous ailleurs, moi je me marchanderai pas là-dessus.Je pense que c'est superficiel.Lors des périodes de hargne, au moment où l'on a l'impression d'avoir perdu une grève pour la première fois, il est sûr qu'elle dure cette hargne-là pendant un an, deux ans.Après, elle s'estompe.Car au-delà du gouvernement en cause, quel qu'il soit, si ces ^ens-là sont convaincus d'une idée fondamentale pour l'avenir de notre collectivité, je ne pense pas qu'ils soient incapables de surmonter leur mauvaise humeur.PLUS: Vous dites donc que les prochaines élections vont porter sur la souveraineté.René Lévesque: Pas exclusivement quand même.Nous disons que quant à nous, ce sera un sujet central, pas le seul sujet.PLUS: 50 p.cent des voix que vous recherchez pour l'indépendance, c'est le 50 p.cent de 80 p.cent de fa population francophone ou 50 p.cent de toute la population québécoise?René Lévesque: Cinquante p.cent de toute la population québécoise, cela voudrait dire au-delà de 60 p.cent du vote français au Québec.N'oublions pas qu'au premier chef, il s'agit de l'avenir de là nation française.Tous les Québécois sont québécois mais le coeur du problème, on le sait depuis le temps de la Commission Lauren-deau-Dunton, si ce n'est pas depuis 1867, c'est là.PLUS: Donc, c'est clair, c'est 50 p.cent de 100 p.cent des résidents du Québec.René Lévesque: C'est une démocratie normale.PLUS: Il y a des gens qui disent que comme il n'y a à peu près jamais de gouvernement au Québec qui n'a obtenu 50 p.cent.René Lévesque: Non, il faut compter avec une certaine prise de conscience.Je ne vois pas pouquoi on serait plus impuissants que d'autres.Évidemment qu'on a été colonisés jusqu'au trognon.On a eu des élites très-très coloniales.Et Dieu sait qu'on en a encore.Je ne veux identifier personne.Mais il y en a qui sont vraiment des fossoyeurs de n'importe quoi pourvu qu'ils surnagent.Tous les peuples ont connu ça plus ou moins, mais nous, nous avons été bien servis.Mais il reste que si sursaut collectif il y doit y avoir, il viendra si nous sommes un peuple convenable.Convenable au sens de normal.À mon humble avis, la normalité, c'est la santé: un peuple qui a des racines, une histoire, qui a tout ce que véhicule ce qu'on appelle au sens large la culture, une culture qui n'est pas celle du reste du continent, constitue une nation.Et une nation a le droit de prétendre s'appartenir dans l'interdépendance de plus en plus évidente dans le monde, de s'appartenir pour ses principales décisions.Je crois que ça peut venir.Cela s'est vu souvent: dans à peu près tous les votes (sur l'indépendance) \u2014 et il y en a eu beaucoup, je pourrais remonter jusqu'à la Norvège quand elle s'est séparée de la Suède \u2014 c'est des 80, 90 p.cent à certains moments.Alors pourquoi croire que nous sommes incapables d'un sursaut?PLUS: Ce nouveau test électoral, est-il plus important qu'un autre?S'il vous était défavorable, il y aurait d'autres tests ensuite?René Lévesque: Je vous l'ai dit, je ne veux pas faire de scénarios.Quosse ça donne, comme disait Deschamps à propos des unions?Il suffit de lire l'histoire un peu pour établir des points de comparaison.Avant ma rencontre avec le premier ministre de Grèce, M.Papandréou, j'ai gratté un peu d'histoire de ce pays.On s'aperçoit que la Grèce, qui avait son identité, sa langue, sa culture, Grèce est restée 2000 ans colonisée, absolument incapable de prendre quelque décision.Elle aurait normalement dû disparaître, se noyer dans l'histoire.Et 2000 ans après, ils en sont sortis.Ils n'avaient jamais abandonné cette idée (d'in- dépendance), cette idée de santé normale quoil Les Irlandais, de génération en géné ration.il fallait absolument qu'un jour, ik puissent se réaliser comme peuple.Quan aux Écossais, 300 ans après la fusion plu* ou moins forcée avec l'Angleterre, ils s\u20ac considèrent encore à beaucoup de points de vue comme un peuple absolument distinct, en dépit de la communauté de langue.On a même été obligé depuis longtemps de leur concéder une série d'éléments d'identité, des droits particuliers et certaines institutions.En Europe, regardez les communautés nationales.Dans le cadre maintenant très élargi du Marché commun, Il y a une reaffirmation des identités nationales: les Wallons, les Flamands ont maintenant leurs institutions distinctes.L'Espagne vient de signer une petite entente, modeste mais qu peut donner des résultats éventuellement avec la Catalogne.Quand je vois des Joî Connaissants qui disent: le nationalisme c'est enterré, l'idée d'indépendance natio nale, de souveraineté, c'est désuet, je pense que plus désuets que ceux qui le disent i contre-courant, comme Trudeau et d'autres c'est difficile à trouver.PLUS: Trudeau justement a promi: de vous faire la fête si vous tenez uni élection sur le thème de ïindépendar> ce., m René Lévesque: Je pourrais dire e langage familier: plus on sera de fous, plu on aura de plaisir, mais Trudeau.Je le re garde aller.Il a été dit méchamment récenr ment: chaque fois que Trudeau accorde un entrevue, il donne l'impression d'un gars qi essaie de livrer un chapitre de ses mémoire d'une façon un peu extra-terrestre; il essai-de ressembler à un petit E.T.innocent qt flotte au-dessus de la réalité.C'est vrai qu' fait terriblement déconnecté.Mais par ail leurs, il ne devrait pas jouer à l'innocent: de puis 15 ans, qui est-ce qui a fourré le pay dans un bourbier?Il a eu le malheur de par 1er du «cloaque du nationalisme»; le cloa que véritable dans lequel patauge le Cana da, c'est son gouvernement qui l'a fabriqua et sur tous les plans.Quand viendront no.< élections, s'il est encore là, il fera de sor pire comme d'habitude.Je ne veux pas ju ger de sa longévité politique; ils ont toujour?marché sur les sondages presque exclusive ment.En 1979, les sondages les ont fait attendre jusqu'à la dernière minute.Je penst que leur dernière carte un peu intéressante était l'espoir du budget Lalonde; si les sondages d'ici quelques mois leur disent qu'ils, sont encore à 30 p.cent face à quelque chose comme 50 p.cent pour l'autre parti, je pense qu'on verra probablement des choses.Mais enfin, ça c'est pas mon problème.PLUS: Il n'en reste pas moins que M.Tudeau reste un des plus gros, sinon le plus gros empêchement pour votre projet.René Lévesque: Oui, mais il y a une loi des rendements décroissants chez les Bon-hommes-sept-heures! PLUS: Quoi qu'il en soit, au-delà de M.Trudeau, la scène fédérale vous intéresse.Vous n'avez probablement pas le choix en tant que premier ministre.René Lévesque: Dans quelque avenir que ce soit, il faut quand même travailler avec les événements qui passent.Dans l'intérêt du Québec, il serait presque immoral de ne pas essayer de contribuer le mieux possible à casser l'emprise d'un parti unique fédéral (au Québec) qui dure depuis trop longtemps, qui a fabriqué du carriérisme et qui manifeste une espèce d'arrogance qui dépasse toutes les bornes.Une espèce d'usage du pouvoir pour le pouvoir qui e desservi le Québec comme c'est pas permis depuis trop longtemps.Alors, qu'on soit dans un régime fédéral X temps encore, je crois que si on peut relâcher cette espèce de carcan fou et stérilisant, tant mieux. PLUS: Est-ce que vous voulez dire que si M.Trudeau n'était plus là, ce serait plus facile de faire avancer l'Idée de l'indépendance?René Lévesque: Pas nécessairement.Trudeau a eu un effet de braquage.C'est normal.Il ne faut pas oublier qu'il a été élu en 68, du côté du Canada anglais, pour keep Quebec quiet, comme on dit en anglais, c'est-à-dire, à toutes fins utiles, pour enrayer une évolution du Québec, une espèce d'auto-affirmation du Québec qui, déjà à l'époque, paraissait excessive.Il a fait le job de son mieux pendant 15 ans.À mon avis, il a agi comme un fossoyeur de l'évolution du Québec.Peu importe que l'on soit fédéraliste ou pas, ils ont vraiment fait de leur pire.Ils en porteront la responsabilité un jour.Mais quand viendra la prochaine élection, quels seront les poids relatifs, les influences relatives de tous ces facteurs?Moi j'ai l'impression que M.Trudeau \u2014 c'est méchant de le rappeler mais c'est lui qui a déjà eu le malheur de le dire à propos des autres hommes publics \u2014 est un peu devenu un épiphénomène.PLUS: Les sondages donnent les conservateurs très nettement en avance sur les libéraux et vous avez vous-même évoqué \u2014 du moins ça a été interprété comme tel \u2014 une certaine préférence pour M.Clark.René Lévesque: Est-ce que ce serait plus facile ou difficile avec l'un ou l'autre?Trudeau a créé un braquage auprès d'une bonne partie de la population au Québec, il a contribué à tout durcir.Dans le cas de Clark, durant ses neuf mois de pouvoir, ce fut plutôt l'inverse.Les personnalités jouent; mais au-delà des personnalités, la situation peut devenir plus compliquée.On peut se dire: voilà un bon gars qui est capable de régler des problèmes que tout le monde avait rendu insolubles \u2014 il l'a fait d'ailleurs pendant qu'il était là.Il y a donc toujours cette illusion un peu coloniale qui nous colle à la peau: bah, ça va se mettre à mieux aller, donnons une autre chance au fédéralisme.Ça peut durer un certain temps! Ce qu'il y a de clair, c'est que quel que soit l'homme ou la dame éventuellement au pouvoir à Ottawa, le régime demeurera toujours atrophiant pour le Québec, parce que derrière la façade du pouvoir fédéral demeurent le mandarinat et le poids absolument déterminant de l'Ontario.La ligne Toronto-Ottawa va toujours être centrale dans ce régime.PLUS: En ce moment, quels sont les dossiers que vous considérez les plus importants pour le gouvernement?René Lévesque: Il y en a plusieurs.Le dossier le plus obsédant, c'est forcément le dossier investissement, développement économique, reprise économique, éventuellement relance.Il ne faudrait pas que le Québec traîne de la patte derrière les autres: il faut se positionner, comme on dit dans le jargon d'aujourd'hui, pour pouvoir le mieux possible en profiter quand cette relance va se confirmer.Je pense que le bout du tunnel commence à être visible.Sans arrêt depuis 82, on a fait des efforts, on a pataugé, on a élaboré des plans d'action que vient seconder le budget de Jacques Parizeau qui s'occupe à peu près exclusivement, obsessive-ment même, de la reprise économique.Parce que les gens veulent des emplois.Profiter au maximum de la relance donc, mais aussi s'ajuster à un monde qui va être très concurrentiel et qui va être aux prises avec une sorte de révolution comparable à la voiture à cheval balayée par l'automobile.Je parie de la révolution scientifique et technologique.Dans cette situation de concurrence, il faut protéger notre marché convenablement, mieux que l'on ne l'a fait jusqu'ici.Autrement dit, avant d'affronter la concurrence, il faut prouver ses performances chez soi.On n'envoie pas à l'étranger des produits qu'on n'a pas d'abord testés chez soi.Un bel exemple: la chicane à propos de la 00 5 i on Z o ligne de métro vers Repentigny.Dans le projet mis au point, accepté mais maintenant contesté à la dernière minute par certains éléments, il y avait quant à nous cette préoccupation d'en faire jusqu'à un certain point un banc d'essai de nouvelles formes de transport en commun.Bombardier ayant déjà un label de qualité dans le monde, ce projet peut être extraordinairement important parce qu'il y a des milliards qui vont se dépenser dans les années qui viennent dans ce domaine.PLUS: L'image que reflète votre gouvernement, quand il intervient sur le plan économique, en est une d'échec: Tricofil, Quebecair, l'histoire du sucre maintenant Les leviers économiques de l'État vont-il jusqu'au commerce de détail comme celui du sucre?René Lévesque: Ils (les gens d'affaires) développement au contraire.Et il faut que cela continue, qu'à chaque fois qu'il est possible, le gouvernement ouvre les voies, aide.Par ailleurs, il faut que l'État soit présent dans certains secteurs parce que personne d'autre ne le ferait.Prenons Hydro, c'est un cas classique.Entre nous, si on n'avait pas eu Hydro, je ne sais pas de quoi on aurait eu l'air depuis 10 ou 15 ans.SOQUEM: si on ne l'avait pas mis au monde dans les années 60, on n'aurait aucune véritable expertise dans le domaine minier.SOQUEM, ça a pris du temps, c'est normal, mais SOQUEM maintenant a non seulement repayé ce que l'État a investi mais est devenue rentable, fait des profits.La SGF démarre; évidemment, dans les années de crise, ses dirigeants ne sont pas plus performants que d'autres, mais tendent quand même à présenter une rentabilité d'ensemble assez frappante depuis quelque temps.Il n'y a pas grand monde qui en soit sorti (de la crise) sans se faire écorcher un peu.Il faut des nous font ce reproche-là jusqu'au moment où ils sont en difficulté.Alors, ils arrivent par l'autre porte pour demander un coup de main.à la condition que le gouvernement ne participe pas, qu'il ne fasse qu'injecter des fonds publics.C'est vieux comme le monde capitaliste cette attitude.L'État doit intervenir, c'est évident.Nous savons que c'est le secteur privé, l'initiative privée, le dynamisme du milieu qui va créer 80 ou 90 pour cent de l'emploi, s'il s'en crée.Par contre, si notre secteur public n'était pas suffisamment articulé, de quoi aurait-on l'air?Nous ne possédons pas de grandes industries capitalistes traditionnelles, à quelques exceptions maintenant qui j'espère vont se multiplier.On pariait de Bombardier.Ce secteur se développe, mais le gouvernement n'a pas été tout à fait absent de ce présences.Dans le sucre, mais pourquoi pas?La France et l'Allemagne font leur sucre de betterave: le sol est occupé, la culture est rentable pour ceux qui la pratiquent.C'est un secteur relativement protégé dans ces pays-là.Je trouve intéressant, moi, que de$ gens de l'extérieur fassent de l'argent avec le sucre: pourquoi pas nous?Nos cultivateurs ont une bonne chance de développer ce secteur qui peut éventuellement devenir rentable.L'amiante: on gueule! Entre nous, on l'a pas payée aussi cher que Pétro-fina a été payée par le gouvernement fédéral.On n'a pas payé deux fois le prix, nous! Et l'amiante va se rentabiliser.C'est encore un produit qui a des centaines et des centaines d'usages dont la plupart n'ont rien à voir avec la santé.Non, je ne pense pas que l'État doive être fourré partout, mais je ne crois pas non plus qu'il doive devenir un peu comme la fille du genre: «sois belle et tais-toi».PLUS: Ne pensez-vous pas qu'après sept ans de pouvoir, votre gouvernement n'a pas dans le domaine économique réalisé de grandes oeuvres mais plutôt des Quebecair?René Lévesque: Quebecair?Avez-vous vu l'état de CP Air et d'Air Canada?Arrêtons d'être masochistes! Je reproche un peu dans ce contexte de crise aux médias d'information, qui sont des amplificateurs, de ne jamais faire de comparaisons.L'amplificateur est toujours meilleur pour répercuter des choses qui vont mal \u2014 vous êtes assez journaliste pour savoir qu'une bonne nouvelle c'est pas une nouvelle; c'est la mauvaise nouvelle qui est de la nouvelle.Quebecair?Le portrait serait plus juste si l'on avait fait des comparaisons avec les effondrements de grandes sociétés aériennes internationales.En liquidation.Air Canada et CP Air, comme le CN d'ailleurs, ne sont pas dans l'état le plus brillant qu'on n'ait jamais vu.On s'acharne au contraire sur ce pauvre petit Quebecair qui est le seul endroit où des Québécois ont pu prendre du know how.On a un petit circuit, mais on a un grand territoire par contre; un petit circuit qui, en dépit de tout ce qu'on dit, sur les lignes qu'on peut occuper tant bien que mal, est à peu près le plus efficace au point de vue de la régularité, de la ponctualité.Et ce n'est pas des territoires faciles.Il est indispensable qu'on ait quelque chose dans ce domaine.Mais, entre nous, négocier avec le fédéral, là comme ailleurs, c'est pas toujours un cadeau.PLUS: Est-ce que le grand levier économique dont a commencé à se servir votre gouvernement ne serait pas la Caisse de dépôt?René Lévesque: Ouais.Et ça dérange des gens, hein?Le Canadien Pacifique, je vous jure.Je crois en effet que la Caisse a été créée pour devenir un grand levier économique.Durant le gouvernement de M.Bourassa, ça a été un peu oublié, atténué.On avait placé autour de M.Casavant une équipe qui était plutôt dans le genre pre-nons-not'-trou et disparaissons un peu dans le paysage de la sécurité et de la discrétion.Mais je me souviens, moi: j'étais là quand M.Lesage.En 64 ou 65, on a fini par mettre au point, à partir d'idées de certains conseillers de l'époque, dont Parizeau, cet instrument qu'est la Caisse de dépôt.C'était très clair dans l'annonce et dans l'intention.C'était deux choses: dune part administrer des fonds de pension, les administrer le plus sécuritairement possible, mais en même temps s'en servir comme un des moteurs du développement économique du Québec.Donc, prudence dans l'administration et rendement assuré, mais aussi, même si des fois les investissements ne sont pas maximisés, so what!, pourvu qu'ils soient sécuritaires et servent d'instrument économique.Ce débat sur la Caisse de dépôt vous donne encore une idée du contexte canadien dans lequel le Québec doit se débattre.PLUS: Est-ce l'intention de votre gouvernement de faire de la Caisse de dépôt une sorte de nouvel Hydro-Québec?René Lévesque: C'est un levier très puissant, très important.Nous avons toujours maintenu le fait qu'elle ne devait pas investir plus de 30 p.cent en capital de risque.Mais dans ce cadre-là, il serait idiot que la Caisse n'ait pas un rôle dynamique et surtout orienté pour autant que cela nous soit permis vers un maximum de développement du Québec et aussi, du moins jusqu'à un certain point, vers une reprise de propriété québécoise dans des secteurs stratégiques.On n'est jamais si bien servi que par soi-même.ci- PLUS: Est-ce qu'if n'y a pas une crainte, à Ottawa notamment mais aussi ailleurs, que cela devienne un argument de chantage en cas de mou-vement de séparation?René Lévesque: Je ne crois pas qu'ils voient aussi loin que cela.Cela dérange des intérêts, des intérêts très proches du régime, enfin la gang du Canadien Pacifique, un peu comme ia gang de Dome Petroleum, ou etc.Quand ça couche tous dans le même lit, en coulisses et même en public, il est évident que c'est: donne-moi un coup de main et je te renvoie l'ascenseur.PLUS: Ce serait donc plutôt le pouvoir interne de chaque entreprise visée qui se sentirait menacé par la Caisse?René Lévesque: Oui.Je pense que c'est d'abord ça.D'ailleurs, par la bande, de façon moins visible que dans le cas de la Caisse de dépôt, parce que c'est plus discret.on est entre gentlemen de clubs, il y a eu d'autres tentatives.Par exemple, celles de M.Paul Desmarais et de son groupe qui voulaient avoir un rôle beaucoup plus influent, c'est le moins que l'on puisse dire, dans le Canadien Pacifique.Je pense qu'il a été neutralisé jusqu'à nouvel ordre mais il y a eu des gentlemen's agreements.PLUS: Quand vous avez pris le pouvoir en 1976, Vaccueil des médias d'information a été pour le moins très respectueux.Croyez-vous que cela ait changé?René Lévesque: Oui.Inévitablement.Mais j'élargirais un peu la question, au-delà de notre simple cas comme gouvernement, quitte à revenir à notre cas particulier ensuite.Il y a des choses qui me frappent.Ce qui se passe dans tous les médias écrits comme parlés est un peu beaucoup catastrophique.Il y a une sorte de baisse de conscience professionnelle qui est flagrante.Je relisais le dernier article de l'éminent rédacteur-en-chef (NDLR: il s'agit de l'éditeur adjoint) de La Presse au moment où il quittait Le Devoir et où il faisait une sorte d'évaluation très brutale de cette évolution.Une baisse à mon avis de compétence, c'est aussi simple que cela et une absence à peu près totale de l'imputabilité, autrement dit responsabilité, de la part des médias.C'est incroyable ce que l'on peut surveiller, et on doit le faire, les hommes publics qui ont des responsabilités, les fonctionnaires même de plus en plus.C'est incroyable de voir en même temps que ces notions-là ne semblent pas s'appliquer aux médias d'information.On n'est jamais responsable de rien ou alors on se défile.Je ne trouve pas cela correct, d'autant plus que c'est alimenté par une concurrence féroce d'intérêts fianciers qui contrôlent les médias, sous quelque forme que ce soit.C'est dans le sens d'une pression pour vendre la marchandise, être les premiers même si ce n'est pas établi correctement, etc.L'exemple peut-être le plus flagrant, exemple extrême où là évidemment il y a eu un prix à payer parce que c'était trop flagrant, c'est l'affaire de: «Stern»; en Allemagne avec les faux mémoires d'Hitler.C'est une des plus puissantes publications du coin qui lance ça sans aucune vérification, en plongeant la tête la première dans une folie furieuse mais très, très rentable.Il y a de l'argent là-dedans.C'est un exemple extrême mais on le voit de plus en plus maintenant ce genre d'attitude.Je trouve cela inquiétant.Dans le cas de mon gouvernement, cela fait six ou sept ans que nous sommes au pouvoir.En plus de l'usure des images, il y a peut-être l'usure que l'on appelle du pouvoir.Depuis deux ans, la crise a exacerbé la situation d'une façon terrible, d'autant plus qu'une sorte de masochisme s'ajoutait.D'accord que l'on nous critique, que l'on nous harcèle: c'est bon.Mais pas de tomber dans l'irresponsabilité.Un des beaux exemples, c'est l'histoire des films porno: une fabrication d'une bassesse as- sez odieuse, qui sortait des officines de l'Opposition libérale, endossée sans vérification.Cela a écoeuré des gens au point de les meurtrir très, très cruellement.Pour finalement se rendre compte qu'il n'y avait rien là.Si c'est ça de l'information responsable.Je pourrais donner d'autres exemples mais j'en garde en réserve.PLUS: Prenons par contre l'affaire des Fêtes nationales.qui a quand même mis à jour des situations pour le moins irrégulières.René Lévesque: C'est exactement ce que je viens de dire: qu'on nous harcèle sur des choses réelles et avec des faits.Sans vouloir entrer dans le détail de l'histoire des Fêtes nationales, c'est sûr que cela nous a aidés, nous, à nettoyer ça.On l'a admis.Mais on n'admettra jamais des choses qui sont farfelues ou alors purement malhonnêtes, des rumeurs qu'on transforme en nouvelles, etc.N'y a-t-il plus de critères?PLUS: Les médias ne vous ont-ils pas, au départ, accordé un préjugé favorable tel qu'ils vous harcèlent aujourd'hui 10 fois plus?René Lévesque: On est bien décidé à le chercher ce régime et sans traîner parce qu'on aurait sans doute dû le faire en 80.Mais nous sortions des négociations, le référendum s'en venait et très vite, les élections arrivaient; enfin bref.Nous n'avons pas eu beaucoup de temps en 81 après les élections.nous étions déjà à pied d'oeuvre pour la prochaine ronde des négociations! Mais cette fois-ci, nous sommes bien décidés d'amorcer au moins le débat le plus vite possible et de voir s'il y a moyen de trouver un régime convenable.Des éléments sont assez clairs.D'abord il faut une distinction assez nette, qui n'a jamais été faite, entre le secteur public \u2014 et ce que cela implique dans certains secteurs névralgiques \u2014 et le secteur privé.On ne peut pas les confondre.Si une usine ferme, c'est grave pour les propriétaires, pour les investisseurs, c'est grave pour les employés aussi pendant que ça dure.Mais une grève dans une usine n'empêche pas qu'il y a toutes sortes de remplacements disponibles sur le marché.Une grève, par contre, dans un hôpital qui est le seul dans son genre ou qui est un grand centre spécialisé, ce n'est pas tolerable; on ne peut pas s'en payer un autre dans l'État René Lévesque: Je ne peux pas psychanalyser \u2014 vous le demanderez à Denis Lazure, Camille Laurin.on en a quelques-uns.Peut-être qu'il se passe ceci tout simplement: il y a eu, il y a, un bon nombre de journalistes du coté français qui étaient ou sont des indépendantistes, ce n'est pas un mystère.Ils ont peut-être eu une sorte de réaction de rejet un peu global \u2014 on le sent parfois \u2014 au lendemain du référendum.Il y a eu, on le sent, une sorte d'effondrement pour eux comme pour d'autres, comme si c'était la fin de l'histoire.Cela, additionné à beaucoup d'autres facteurs que j'ignore.Ce sur quoi j'insiste et ce n'est jamais bien vu lorsque j'en parle: on me dit tu n'es plus dans le métier, mêles-toi de ce qui te regarde, c'est que certaines règles de base, qui devraient s'appliquer là comme ailleurs, sont très fragiles.Et on en voit les mauvaises retombées.PLUS: À propos de la Xième loi spéciale que votre gouvernement vient de faire adopter (entretien CTCUM), quel est le régime qu'il faut instituer pour que l'État s'entende avec ses employés directs ou indirects ?de New York parce qu'il y a des gens qui ont perdu les pédales ici! Même raisonnement pour les transports en commun: j'ai vu des ambulances bloquées dans la circulation lors d'une des dernières grèves; ça donne le frisson.J'ai demandé quel est le temps moyen pour une ambulance dans une métropole dense comme Montréal.En temps normal, je pense que cela peut aller jusqu'à trente minutes mais on m'a dit qu'en temps de grève cela fluctue n'importe où entre une heure et demie et deux heures.Bon Dieu, le patient a le temps de mourir quelques fois.Il y a quelque chose d'irresponsable, de barbare même.Il va falloir comprendre qu'il y a des différences.On ne l'a pas compris depuis 15 ans.Il va falloir trouve,r une façon d'être sûr qu'on le comprend! Les grèves dans les hôpitaux qui se prétendent illimitées, dans les transports en commun, cela ne peut pas exister, cela ne peut plus exister dans une société civilisée.Le même principe, à cause de notre climat et de l'importance économique du secteur, s'applique pour une grève qui couperait le courrant électrique.Il y a certaines clefs sur lesquelles on ne peut pas jouer.Comment y arriver?Une voie possible serait nos propositions pour la troisième année de la convention ou des décrets.Nous comptons tendre les perches, montrer notre bonne foi.Il n'y a pas de cachettes là-dedans.Il est possible que les parties s'assoient ensemble, établissent ensemble des règles de rémunération convenables, reliées à la réalité économique, conformes avec l'ensemble des rémunérations payées dans la société.Dans certains pays, comme la France, la règle de l'équité sociale s'applique et s'articule autour de la situation de ceux qui bénéficient dune pleine sécurité d'emploi jusqu'à la fin de leurs jours et ce à même des fonds publics, et les autres, tous les autres, qui sont exposés à une certaine insécurité.Il est possible d'évaluer cette règle.Dans les pays Scandinaves, la règle normale veut qu'il y ait un peu moins d'argent pour les secteurs protégés pour des maudites bonnes raisons: cette sécuri-té-ià, car c'est quelque chose comme facteur, s'évalue, se chiffre.De toute façon, quelle que soit la philosophie du départ, il faut essayer d'établir \u2014 c'est le noeud du problème \u2014 une façon civilisée de régler les questions de rémunération globale: salaires, avantages sociaux, pensions, etc.Si nous atteignons ce but, une grosse partie du problème sera déjà en voie de règlement.Au moins, on se conduirait comme des gens responsables de part et d'autre.Pour le reste, nous allons chercher.PLUS: Croyez-vous réconcillables le droit de grève, le droit de négocier, le caractère inhumain de certaines grèves.René Lévesque: Je vais vous répéter encore plus clairement ce que je viens de vous dire.Le droit de grève dans les établissements de santé \u2014 y compris les centres d'accueil pour les personnes âgées \u2014, comme des grèves ou des arrêts de travail le moindrement autres que symboliques \u2014 on peut toujours avoir une grève-sonnette d'alarme, mais symbolique \u2014 mais au-delà de ça dans les établissements de santé, dans la fourniture du courant dans un pays comme le nôtre et dans les transports en commun métropolitains, je pense que c'est fini, que ça doit être fini.Je ne sais pas s'il faut légiférer ou s'il faut simplement se convaincre à force de lois spéciales, mais cela ne peut pas continuer! Il va falloir que tout le monde comprenne que c'est fini.PLUS: Quelle piace tiennent les sondages dans votre mode de gouvernement?René Lévesque: On fait très peu de sondages.J'ai l'impression que le gouvernement n'en fait pas assez pour obtenir, sur un certain nombre de sujets qui sont reliés à l'administrations publique, un peu la réaction des citoyens.Mais le parti, c'est normal, à même ses fonds, fait régulièrement des sondages, à peu près tous les deux mois, je pense, au moins, en moyenne.Et c'est normal, cela permet de prendre le pouls.Je pense bien que tous les partis qui ont une tête sur les épaules le font.Les sondages sont importants mais par ailleurs, je me souviens qu'en 1979, nous en étions rendus à notre onzième élection partielle perdue.et on n'avait pas besoin de sondage.Je n'ai pas regardé de sondages, je ne sais même pas si on en avait en novembre.Nous avons eu un vaste débat interne alors: est-ce qu'on fait les élections tout de suite?C'était un peu suicidaire, mais certains disaient: ça changera pas, ça va mal, allons-y tout de suite; d'autres, j'en étais, disaient: attendons au printemps.C'était à peu près fifty-fifty.On a reporté l'élection.Et en février, là il y a eu un sondage, je m'en souviens pertinemment.Après les Fêtes, c'était très clair, c'était évident qu'il y avait un courant qui avait repris en notre faveur.C'est alors que je suis passé pour un prophète auprès des consuls: ils m'ont presque ri en pleine face \u2014 mais ils sont courtois les diplomates \u2014 quand j'ai dit que je pensais que dans quelques mois on irait en élections et que l'on aurait au moins 72 députés.Depuis ce c c ( f t C- temps-là, je passe auprès d'eux pour un prophète! C'est pour ça qu'en janvier dernier, je me suis permis de dire que si les trois élections partielles avaient lieu demain, on les perdrait toutes les trois.Là aussi, il y a eu un certain changement: il y a un comté, peut-être deux si l'on fait bien notre travail, où on a de bonnes chances.PLUS: Au niveau des décisions spécifiques, par exempte la politique globale qui a été adoptée à l'endroit du front commun, dans quelle mesure les sondages ont contribué à votre prise de décision ?René Lévesque: Très peu.De fait, notre décision de fond était prise au lendemain du sommet de Québec, en avril 82, compte tenu de la situation qui prévalait depuis l'automne 81.A l'automne 81, l'économie s effondrait et plus vite au Québec qu'ailleurs.Pendant l'hiver, tous les membres du cabinet, et surtout M.Yves Bérubé en tant que président du Conseil du trésor, nous nous sommes efforcés de passer le message suivant: ça va pas bien et on ne pourra pas se payer des choses chromées comme avant, des escalades que l'on voyait venir.Nous avons mis les cartes sur la table lors de ce sommet de Québec en avril 82.Je vous jure que c'est pas les sondages qui ont compté fort à ce moment-là.C'était la réalité.Après, nous avons fait des propositions aux syndicats qui nous ont envoyé promener; cela nous a amenés à la loi 70, puis aux décrets.Le long du chemin, c'est sûr, il y a eu quelques sondages du parti \u2014 on n'en a pas fait au gouvernement \u2014 qui disaient que dans l'ensemble, à mesure que ça durcissait, il y avait une prépondérance d'opinions qui disaient: «Lâchez pas!».La décision cependant a été prise sans sondage: on ne peut sonder les gens sur une responsabilité très-très complexe, qui implique des milliards de dollars.Quand la crise est lâ, forcément, quand le conflit est braqué, là les gens se font une opinion; on ne peut leur en fabriquer une avant qu'ils voient l'ampleur du problème.PLUS: Aviez-vous, par voie de sondage, des indices selon lesquels II vous fallait d'abord régler dans certains secteurs en particulier?René Lévesque: Non.Ce qui est arrivé très simplement, c'est qu'au mois de janvier, il y a eu une espèce de rencontre de la dernière chance avec le Front commun: MM.Laberge.Charbonneau, Corriveau et leurs adjoints, avec MM.Parizeau, Bérubé et moi, pendant trois ou quatre jours.On a tripoté cela, on a essayé de faire des aménagements.On leur avait dit dès le départ qu'il ne pourrait s'agir de grosses sommes d'argent mais qu'il y avait peut-être moyen d'aménager nos propositions de façon un peu plus vivable.Sur la lancée, nous avons rencontré d'autres groupes qui n'avaient pas été impliqués, dont les infirmières, dont les fonctionnaires directs du gouvernement.Nous leur avons tenu le même langage: les infirmières ont accepté, pas en sautant de joie mais ont accepté, les fonctionnaires peu après; un bon nombre de petits syndicats ont accepté eux aussi.Le secteur hospitalier s'est braqué mais on se souvient que la FAS s'est divisée, a voté pour, a voté contre.enfin une maison de fous.Finalement, la volonté de grève n'existait pas: au contraire, je pense, existait une certaine sensibilité aux problèmes de l'ensemble de la population; il y a eu une journée de grève, presque accidentelle, puis cela s'est réglé pas trop mal.Il restait essentiellement les enseignants.O PLUS: Cela vous a-t-il fait quelque £ chose de vous faire traiter de «fasciste te», cela vous déçoit-il ou vous laisse 2 indifférent?René Lévesque: Il y a des moments où cela devient tellement rigolo que.J'ai fait encadrer celle où l'on me traitait de: «bou- 00 5 LU cher de New Carlisle*, ça montre à quel point le délire verbal peut conduire.Je trouve aussi que c'est une sorte de retour à des comportements puérils.Derrière cette grande violence verbale, se camoufle \u2014 et c'est ça qui est dangereux \u2014 une très grande pauvreté d'information.On hurle très fort, mais on informe très mal les membres qui sont concernés, on leur cache des choses Les enseignants se sont fait cacher des choses tout le long du chemin, comme par exemple la batterie de mesures de résorption: on a un surplus d'enseignants, c'est évident.On la hérité en fait beaucoup de M.Bourassa; en 1976, il préparait des élections \u2014 je pense bien que tout le monde est exposé à cela \u2014 et il leur a littéralement fait cadeau de six à sept mille nouveaux mem- PLUS : Quelle est la plus grande réalisation de votre gouvernement et son pire échec ?René Lévesque: Le pire échec, c'est le référendum, malgré un aspect positif: nous connaissons à peu près le minimum minimo rum sur lequel nous devrions pouvoir compter lorsque se reposera la question de notre avenir national.Quant à la meilleure réalisation, c'est très difficile.Moi je dis souvent que c'est l'assainissement progressif des caisses électorales, l'assainissement forcé.Regardez ce qui se passe à peu près partout dans les démocraties occidentales qui n'ont pas ce genre de cran d'arrêt contre ces jeux de coulisses, de fonds privés, d'intérêts de tout genre, de tripotage: elles sont \u2014 T MS*?: ' m mm bres.Aussi fou que ça! Au moment où l'on savait déjà que I on avait des surplus.Nous avons essayé en 79 de réduire les dégâts, mais en 82 il n'était plus question de réduire les dégâts, il fallait arrêter ça net.D'où les mesures de résorption des surplus qui ont été proposées pour essayer de trouver une façon civilisée \u2014 et peut-être jusqu'à un certain point prometteuse pour certains qui au bout de 1 5 ou 20 ans sont écoeurés de l'enseignement, de s'ouvrir une autre perspective.Cela leur a été caché, en autant que je sache, jusqu'à la fin des négociations.Nous avons déposé ces propositions à la table de négociation mais nous ne nous sommes pas crus autorisés à faire un battage publicitaire.Mais les dirigeants syndicaux, eux, auraient pu le dire! Cela aurait aidé à la compréhension des choses.sans arrêt dans de la merde; au Québec, on n'a pas connu ça.On peut bien se chercher des petits scandales, mais nous en sommes à l'abri jusqu'à un certain point, pourvu qu'on soit très-très sévères de ce côté-là.C'est quand même un cas exceptionnel.Le Québec a tellement d'autres faiblesses par ailleurs structurelles et autres, que c'est important pour notre santé.Moi, je trouve ça important et fondamental.Je pense aussi que le zonage agricole a été très important.Depuis le temps qu'on gaspillait noire ressource la plus fondamentale.il aurait fallu agir dix ans plus tôt, mais au moins vaut mieux tard que jamais.J'en suis assez fier.L'assurance-automobile aussi, mais ça c'est moins fondamental si vous voulez.Mais d'autres que moi vous diraient autre chose.Certains diraient que c'est la loi 101.PLUS: Maintenant que M.Raymond Garneau a dit qu'if ne sera pas candidat, est-ce que vous allez vous retrouver contre votre bon ami Robert Bourassa ?René Lévesque: Ce n'est pas impossible, mais ce n'est pas à moi de faire le congrès libéral.Je me sens un peu gêné d'en parler.Je trouve que son recyclage n'a pas été très fort.On dirait qu'il plaide encore ses vieux dossiers, dans le genre: j'avais raison, j'avais raison! Je ne sais pas.Est-il recyclable dans le sens des professeurs dont parlait M.Paquette?je ne sais pas.PLUS: Mais en tant que président du parti, vous vous occupez quand même un peu du parti adverse, non ?René Lévesque: Oui, oui, on cède des fois un peu à la tentation: celui-ci, celui-là, qu'est-ce que j'en pense.Mais finalement je me dis: qu'est-ce que ça donne, on va bien le savoir avant longtemps.On prendra celui qu'il y a.Je me permettrai de l'évaluer, en petit comité, quand on saura qui va venir, dans quelques mois, mais pour l'instant.PLUS: Vous donnez pas du tout l'impression de quelqu'un sur le bord de prendre sa retraite.René Lévesque: Non! Non! Evidemment, la question de la santé est primordiale.J'ai été chanceux jusqu'à présent.Sent-on encore, en dehors des cercles restreints, autour de soi que l'on peut encore être utile, que les gens pensent que l'on peut être utile, à commencer par le parti lui-même?Si tout se maintient, je ne vois pas de raison pour l'instant de penser activement à ma retraite.Il est sûr que, après les prochaines élections, si je m'y rends en bon état, quel que soit le résultat, je vais me poser des maudites questions, parce qu'après un quart de siècle, ça commence à faire.PLUS: Sériez-vous du type de leader qui va non pas choisir son successeur parce que, bien sûr, c'est aux instances du parti à le faire, mais en prévoir un ?René Lévesque: Ah Seigneur! Je n'ai même pas le droit d'être soupçonné de vouloir participer au choix d'un candidat dans un comté.Sauf, quand même, quand ça va mal, que les élections approchent et qu'il faut avoir des candidats; à ce moment-là par exemple, on n'a pas d'objections à ce que je donne un coup de main pour approuver.Alors je pense que ça répond à votre question.PLUS: À un autre niveau, vous ne pensez pas que c'est le rôle d'un leader de prévoir un peu l'après-lui?René Lévesque: J'essaie d'y penser à l'occasion, j'y pense même.Mais de là à prétendre agir de façon importante comme chef d'une machine sur le choix d'un successeur éventuel, dans le genre de parti qui est le nôtre, c'est à peu près pas pensable.Ce que je peux faire et que je fais, je n'ai pas de dessin à faire, c'est quand même, à travers les changements, les remaniements, une élection, une deuxième élection, c'est de donner le plus de chances possible de visibilité, de chances à mes collègues de prouver leur compétence et leurs capacités.PLUS: De toute façon, vous ne pensez pas à la retraite ?René Lévesque: De façon active, là, non.PLUS : Pas tant que M.Trudeau sera là, c'est sûr?René Lévesque: Baf, bat! C'est pas relié.Je vais vous donner un exemple: au moment où Trudeau a dit une phrase très, très réfléchie \u2014 c'était en 79 après la défaite qu'il avait subie \u2014 qu'il fallait quelqu'un d'autre, qu'il n'était plus l'homme de la situation, qu'il n'avait plus les idées qu'il fallait pour l'époque \u2014 Seigneur qu'il avait raison! \u2014 mais ça ne m'a pas donné l'impression que j'étais dans une espèce de mouvement connecté, que je devais y passer tout de suite.Non.Il s'agit plutôt d'une image de médias: le côté frères siamois qui se débattent.?\u2022 * t \u2022 /. L'école vétérinaire de Saint-Hyacinthe est en péril ¦ ¦ ¦ 1 I Louise Laliberté i les fonds n'arrivent pas d'ici septembre 1984, la i seule faculté de médecine vétérinaire de langue française en Amérique risque de perdre sa réputation et son statut d'école reconnue auprès de l'Association vétérinaire américaine, un organisme central chargé d'accréditer et de standardiser l'enseignement vétérinaire.À cette fin, son comité d'éducation visite périodiquement les 24 écoles américaines et les trois canadiennes, passant au peigne fin organisation, finances, locaux, équipements, clientèle, bibliothèque, mode d'admission, corps professoral, curriculum et programme de formation post-graduée.Or, à la suite de sa visite en septembre dernier à la faculté de Saint-Hyacinthe, membre de l'Université de Montréal depuis 1969, l'organisme a refusé de lui accorder la reconnaissance complète et ne lui a décerné qu'une reconnaissance temporaire et conditionnelle à 1) la réorganisation du curriculum; 2) l'achèvement des travaux de construction en cours et 3) à l'augmentation draconienne du nombre de professeurs.Déjà, en 1977, le même comité avait inscrit l'école de Saint-Hyacinthe sur la liste des écoles accréditées temporairement.Or ce statut n'est généralement accordé que pour cinq ans et non renouvelable; après cette période, une faculté doit avoir satisfait aux exigences de l'association pour obtenir une reconnaissance complète et totale.Ce n'est que par exception et considérant malgré tout le progrès réalisé et sans doute la vocation unique de cette école francophone, que le comité a encore une fois accordé un délai supplémentaire de deux ans tout en avertissant sévèrement le recteur et en termes non voilés qu'il n'aura d'autre «alternative à la fin de ce délai que de retirer à la faculté cette reconnaissance officielle*.Les répercussions possibles Dans une entrevue exclusive accordée à «PLUS», le doyen de la Faculté de médecine vétérinaire, le docteur Raymond S.Roy, a énuméré les conséquences possibles d'une telle perte de statut.«La faculté conserverait évidemment son droit de décerner des diplômes vétérinaires; mais, munis d'un certificat provenant d'une é-cole nonreconnue, nos diplômés ne pourraient plus avoir accès aux école vétérinaire reconnue peut signer des documents officiels lors d'exportation d'animaux et de contrôle de maladies infectieuses.Les pays importateurs insistent énormément sur la salubrité et la santé animale, or ce n'est que la crédibilité des vétérinaires et éleveurs d'un pays qui les rassurera sur cette qualité du produit.Les répercussions sur le commerce agricole du Québec pourraient donc être très sérieuses.«Il n'est même pas certain, ajoute le Dr Roy, que nos finissants puissent pratiquer leur art, ici, au Québec puisque ne sont admissibles aux permis d'exercice décernés par l'Ordre des médecins vétérinaires du Québec que les candidats provenant d'écoles recon- pour un rapport professeurs/étudiants idéal de 4:1.Or, la faculté ne compte que 47 professeurs pour un rapport approchant 6:1, rendant impossible l'organisation de programmes de résidence et limitant énormément la possibilité d'internat.Les professeurs sont débordés: leur tâche extrêmement ardue, leurs horaires trop chargés rendent virtuellement impossible toute recherche scientifique essentielle à l'amélioration du cheptel et du commerce agricole d'une province comme la nôtre.Au cours des dernières années, trois professeurs ont pris leur retraite et leurs trois postes ont été gelés et le sont toujours faute de disponibilités budgétaires.Des postes de personnel de soutien ont aussi été Avec un corps professoral qualifié mais trop réduit, la seule faculté de médecine vétérinaire francophone en Amérique risque de perdre son statut d'école reconnue.programmes de spécialisation professionnelle offerts dans d'autres universités reconnues.Les frontières risqueraient de se fermer autour d'eux et ils verraient aussi leurs possibilités d'emploi grandement réduites.» Ainsi, seul un médecin vétérinaire provenant d'une Même si le nombre de professeurs s'est grandement amélioré depuis le passage de l'école vétérinaire du ministère de l'Agriculture à l'Université de Montréal en 1968, il n'en demeure pas moins que le nombre d'étudiants s'est aussi accru et que le rapport professeurs/étudiants est tout aussi élevé.Nombre de professeurs: Nombre d'étudiants du premier cycle: 1968 1972 1976 1980 1983 27 37 43 50 47 170 211 276 272 280 nues.L'ordre avait d'ailleurs un représentant au sein du comité d'évaluation et ce n'est pas la première fois que l'ordre, qui on le sait existe pour protéger les intérêts du public, fait des recommandations auprès de l'université en vue d'améliorer le curriculum vétérinaire.Mais avec un budget qui va sans cesse en diminuant, la faculté se trouve maintenant dans une impasse grave.» Des professeurs débordés Selon les normes généralement acceptables, une école vétérinaire qui compte entre 250 et 300 étudiants du premier cycle devrait .avoir un corps professoral composé d'environ 80 professionnels éliminés dont celui de l'adjoint administratif et le poste d'administrateur des cliniques.Malgré tout, en 1981, dix-neuf professeurs ont quand même été impliqués dans 35 projets de recherche et ont reçu des subventions atteignant le million de dollars.Selon le Dr Laslo DeRoth, vice-doyen à la recherche, ces travaux sont exceptionnels.Selon le Dr Roy, il faudrait, d'ici deux ans, créer 24 postes de professeurs pour atteindre le nombre minimum de 70.Et il appert que dénicher ces professeurs ne serait pas un problème majeur puisque déjà au moins une dizaine d'anciens diplômés de Saint-Hyacinthe se sont exilés depuis quelques années afin de faire des études spécialisées autant en médecine fon- damentale que clinique.Or, faute de sous, ces Québécois ont été embauchés par d'autres universités canadiennes ou américaines et la grande majorité d'entre eux n'y travaillent que dans l'espoir d'un retour définitif au Québec.Du coté des étudiants L'association américaine n'a rien trouvé à redire au niveau du contenu du programme qui est conforme et pour lequel il serait très difficile de retrancher quoi que ce soit.Par contre, elle a appuyé les plaintes des étudiants qui se disent aussi débordés.Ainsi, les étudiants vétérinaires ont plus de 35 heures de cours par semaine, ce qui est une charge énorme comparativement aux étudiants d'autres facultés, de sorte qu'on envisage maintenant la possibilité d'allonger les études vétérinaires d'une année.Cette cinquième année allégerait les études mais aussi et surtout permettrait aux étudiants d'avoir davantage d'exposition clinique.L'association américaine a d'ailleurs souligné le fait que le nombre de cas vus par étudiant est vraiment minimal; avec le nombre de professeurs disponibles, il est impossible d'en accepter davantage.Présentement les étudiants finissants font, à la faculté, un internat rotatif de 28 semaines alors que dans la majorité des autres écoles, cet internat est échelonné sur une période de 40 à 52 semaines.Une médecine vétérinaire malade .«La situation est grave, de dire le Dr Roy, puisqu'une autre école canadienne n'a reçu qu'une reconnaissance temporaire, celle de l'Université de Guelph qui a par contre obtenu un délai de cinq ans pour répondre aux exigences.» Il ne reste donc qu'une école vétérinaire reconnue à part entière au Canada, celle de l'Université de Saskatchewan.Deux écoles vétérinaires sur trois sont malades au Canada et ce n'est que la venue de dollars qui pourra remédier à la situation tant à Guelph qu'à Saint-Hyacinthe.Pour retrouver sa réputation, son statut et sa crédibilité, la faculté devra débourser entre deux et trois millions.Autant l'université que les gouvernements se plaignent que ces fonds sont introuvables.Pourtant et paradoxalement, un montant de 13 millions vient d'être voté par le gouvernement fédéral en vue de contribuer à la mise sur pied d'une quatrième école vétérinaire canadienne dans les Maritimes.Il est à se demander si, dans quelques années, nous n'aurons pas alors trois écoles vétérinaires canadiennes sur quatre aux prises avec les mêmes déboires.?c/> O z H > m g oo rejnev n'est pas encore enterré que surgit sur l'avant-scène politique soviétique ce Yuri Andropov.Que bien peu de gens connaissent alors.Nous sommes le 14 novembre dernier.Les observateurs avaient prévu une succession collégiale et par étapes, comme en 1953 après la mort de Staline et en 1964 à la chute de Khrouchtchev.Mais voilà que Andropov est nommé rapidement à la tète du parti.Une surprise qui devait prendre de plus grandes proportions quand Andropov annonça, quelques semaines seulement après sa nomination, que l'URSS allait désormais accorder la priorité à «l'efficacité économique».La lutte contre l'absentéisme Brejnev avait déjà entonné le même refrain plus d'une fois, mais sans écho.Andropov semblait toutefois vouloir enfin donner le coup de barre décisif.En effet, quinze jours après son entrée en fonction, le ministre des Chemins de fer, M.Pavloski, était remercié de ses bons services.Il fut jugé responsable des incuries notoires du système ferroviaire.Plusieurs tètes tomberont ainsi sur l'autel de l'efficacité.Et puis commença à la mi-janvier une campagne active contre un des fléaux les plus honteux du socialisme soviétique: l'absentéisme et l'indiscipline au travail.On voit alors la police vérifier l'identité de ceux qui s'apprêtent à entrer dans les magasins ou les cinémas durant les heures de travail.Dans certaines usines, on réintroduit le pointage des entrées et des sorties, qui avait été délaissé depuis longtemps.Andropov n'hésite pas à déclarer que «la productivité du travail doit être l'indice principal de l'efficacité économique».Le défi est de taille.Il y a quelques semaines, «Les Izvestia» évaluait les pertes dues à l'absentéisme à environ 125 milliards d'heures en 1982, soit l'équivalent du travail annuel de 60 millions d'ouvriers.Le nouveau chef du parti avait pris !a peine de préciser que «le renforcement de la discipline concerne non seulement les travailleurs, les ingénieurs et les techniciens, mais nous tous, à commencer par les ministres».Les blocages au changement Il ne faudra pas attendre longtemps pour se rendre compte que ce vent de reforme qui suivit l'entrée d'Andropov a eu le souffle bien court.Les résistances au changement se manifestèrent dans plusieurs milieux.Les plus o importants provenaient du bureau î politique du parti, où les protégés ^ de Brejnev n'étaient pas prêts à se g départir aussi facilement des avan- tages et privilèges acquis.^ Il semble bien qu'Andropov, qui 5 aurait été élu de justesse, ne soit £ plus assuré d'une majorité au Bu- < reau politique et qu'il doive en % conséquence négocier les princi- < pales décisions du parti.Tcher- 5 nenko se présente à la fois comme Z l'héritier légitime du «brejnevis-3 me» et un concurrent d'Andropov.* En somme, la nomination rapide à d'Andropov ne doit pas faire illu-^ sion: la lutte pour la direction du parti ne fait que commencer.On le voit bien dans le change-3 ment de personnel politique.Si ¦ ¦ Albert Juneau VIENNE SIX MOIS APRÈS SA NOMINATION: Andropov fait face de nombreuses difficultés plusieurs ministres ont été mutés, il s'agissait, sauf quelques exceptions, de changements techniques.Andropov n'est pas parvenu jusqu'à maintenant à remplacer les équipes fidèles à Brejnev et à constituer son propre réseau.En outre, les nouvelles nominations ont été peu nombreuses dans l'appareil régional du parti qui assure l'essentiel du pouvoir sur le terrain.Bref, Andropov est loin d'avoir les mains libres.Quant aux contrôles de l'absentéisme, ils auraient pris fin dès le mois de mars.Les robots inutilisés En réalité, on ne voit pas très bien comment Andropov parviendra à rendre le socialisme efficace.Si tout le monde ou presque est mécontent de la situation actuelle, la grande majorité s'en accommode assez bien.Par exemple, les syndicats restent opposés à une politique de vérité des prix, au licenciement, à l'élargissement de l'éventail des salaires.Une remise en cause des hiérarchies figées depuis des décennies et des avantages acquis, si maigres soient-ils, risquerait de provoquer beaucoup d'insatisfaction.L'administration ne semble pas prête non plus à changer ses habitudes.Ce n'est pas d'aujourd'hui que l'on parle de décentralisation en URSS.Au début des années 60, des académiciens respectés avaient élaboré des plans détaillés, mais ils restèrent des voeux pieux.L'automne dernier, la direction du parti décida encore une fois de favoriser la planification au palier régional et l'autonomie des entreprises.Mais aussitôt, l'administration centrale (le Gosplan) vit ses pouvoirs de contrôle accrus.La décentralisation, quand elle a lieu, s'accompagne paradoxalement d'un gonflement simultané de l'appareil central.Au niveau de l'entreprise, les blocages au changement de méthode de gestion et à l'innovation technologique \u2014 sauf dans le secteur militaire \u2014 demeurent nombreux.Selon un rapport du Gosplan, des 5000 robots soviétiques produits entre 1976 et 1980, la moitié sont restés inutilisés en raison du refus des directeurs d'usine d'arrêter leurs chaînes de production pour les y installer.Une figure de transition?Mais toutes ces résistances sont pratiquées depuis longtemps et elles n'ont pas empêché l'URSS de connaître une expansion remarquable et de devenir une superpuissance mondiale.La question qui circule depuis quelque temps dans les cercles libéraux de Mos- cou est de savoir si l'URSS pourra maintenir sa croissance alors que sa principale ressource de développement, la main-d'oeuvre abondante, est en voie d'être épuisée.Tant que les forces de travail étaient suffisantes, la faible productivité de la main-d'oeuvre pouvait être supportable.Mais on arrive bientôt au fond du seau.Le taux de croissance de l'économie a été de 2 p.cent en 1982, les experts anticipent une croissance nulle, i.e.la récession.Quoi qu'il en soit, le contexte international des années 80 ne sera pas favorable à de grandes réformes sur le plan intérieur.Le regain de tension entre Moscou et Washington depuis quelques années n'est pas de nature à favoriser des «aventures incertaines» en matière de gestion et d'économie.On sait en outre que le rapport des forces militaires au terme de la présente décennie, ne sera pas favorable à l'URSS.Autant d'arguments qui militent en faveur d'une consolidation du système actuel.Mais des revirements imprévisibles sont toujours possibles.An-droprov pourrait-il en être l'initiateur?On peut en douter.En plus de tous les blocages institutionnels, ce qui lui manquera le plus, c'est le temps.Âgé de 68 ans et d'une santé délicate, Andropov risque de passer comme une simple figure de transition.Brejnev n'avait que 58 ans quand il fut désigné à la tête du parti.Sans compter que Andropov devra prendre au moins quelques années pour bien asseoir son autorité. Les sondages encouragent Reaga n revenir en La popularité de Ronald Reagan remonte dans les sondages d'opinion.Sensibles à cette bonne nouvelle, les eminences grises du président n'hésitent plus à prévoir presque ouvertement sa candidature à un nouveau mandat en 1984.Après une longue disgrâce, le «sondeur» personnel du président Reagan est remonté dans l'estime du petit groupe qui fait la politique des Étals-Unis.C'est que pendant près de deux ans la cote de popularité du président et de sa politique était en baisse constante.Récemment, elle a amorcé un redressement encore timide, mais prometteur.C'est du moins ce que l'on espère en haut lieu.Les conseils de M.Richard Wirthlin, «consultant présidentiel pour les sondages», sont par conséquent de plus en plus appréciés.Ils seront d'autant plus recherchés que les échéances électorales approchent et que le président ne manquera pas de peser soigneusement ses chances avant de décider cet été s'il se lance à 72 ans dans une nouvelle course à la Maison-Blanche.«Les gens ont un moyen de vous faire savoir ce qu'ils veulent», a dit Ronald Reagan à ce sujet en reconnaissant implicitement l'intérêt qu'il porte aux sondages.La décision Pour Edwin Meese, son premier conseiller «s'il devait se décider maintenant il déciderait certainement de se présenter».Tout en reconnaissant qu'une chute importante dans les sondages d'opinion amènerait le président à se demander s'il a perdu sa crédibilité et sa capacité de diriger le pays, M.Meese a ajouté au cours d'une rencontre récente avec la presse: «Je ne vois aucun Pierre Rousselin WASHINGTON signe permettant de laisser prévoir une telle éventualité.» M.James Baker, secrétaire général de la Maison-Blanche, est du même avis.La décision du président «apportera la joie au coeur de ses admirateurs», a-t-il dit dans une allusion limpide et remarquée.Ce regain d'optimisme coïncide avec la publication de deux sondages aux résultats différents mais qui confirment tous deux la tendance au redressement de l'image du président qui avait atteint son point le plus bas en janvier.M.Wirthlin a commenté cette remontée en estimant que malgré le niveau du chômage qui reste élevé, Ronald Reagan «inspire con- fiance».Tout le monde s'accorde en effet pour dire que ce sont les signes d'une reprise économique aux États-Unis qui ont réussi à stopper la chute de popularité du président.Santé économique L'examen des sondages le confirme en indiquant que c'est essentiellement sur le plan de sa politique économique que le président gagne des points.Dans la perspective des présidentielles, il faut s'assurer que la tendance économique est alors à l'amélioration, a ainsi reconnu Richard Wirthlin.Les politiques du président ne sont peut-être pas toujours appréciées, a-t-il ajouté, mais «il est résolu et l'opinion sent qu'elle peut lui faire confiance».Les sondages font en effet apparaître que le président Reagan est toujours personnellement plus populaire que ses politiques.Il entretient cette impression en soignant son personnage d'un président à l'optimisme contagieux, débonnaire mais prêt à taper du poing sur la table quand il le faut.Ancien acteur, Ronald Reagan est en effet très attaché à l'image qu'il projette dans l'opinion, souligne-ton dans son entourage.Ce souci qui a fait de lui le «grand communicateur» ne suffit pas toujours.Lorsque les «clignotants» de l'opinion passent au rouge dans un secteur particulier \u2014 comme dans le cas récent de la politique de la défense \u2014 , l'état-major de la Maison-Blanche décide une vaste offensive à grands renforts de discours télévisés où le président excelle.L'homme des galas Il y a aussi trois «clignotants» têtus qui s'obstinent à rester dans la zone dangereuse.Il s'agit de l'image du président qu'ont les «cols bleus», les femmes et les Noirs.Dans le cas des ouvriers, qui avaient beaucoup aidé è faire élire Ronald Reagan en 1980, la récession et le chômage; les ont fait changer d'avis.Pour limiter les dégâts, il a été décidé de limiter au maximum les apparitions du président en tenue d'apparat dans les galas somptueux que Nancy Reagan aimait organiser à son arrivée à la Maison-Blanche.Sans rien changer à son programme, qui ne ménage pas les défavorisés, le président multiplie ces derniers temps ses visites d'usines qui réembauchent.Ronald Reagan a toujours eu un problème avec les femmes: elles sont moins nombreuses que les hommes a être prêtes à voter pour lui.Pour tenter de combler ce handicap, Ronald Reagan a été le premier président à nommer une femme juge à la Cour suprême et vient de faire entrer deux autres femmes dans son cabinet.Quant aux Noirs, c'est un peu une cause perdue.Plus de 80 p.cent d'entre eux sont contre Ronald Reagan et les stratèges républicains ne cherchent plus qu'à soigner l'élite de couleur.Les autres «peuvent rester démocrates», a ainsi déclaré avec cynisme l'un d'entre eux.?éditeur Jean Sisto éditeur adjoint Réal Pelletier secrétaire de rédaction Manon Chevalier collaborateurs au Québec Françoise Côté Gil Courtemanche Antoine Désilets Jean-François Doré Jean-Guy Duguay Claire Dutrisac Jacques Duval Guy Fournier Pierre Godin Serge Grenier Jean Hébert Dr Gifford Jones Dr Louise Laliberté Gérard Lambert Yves Leclerc Marie Lessard Mario Masson | Pol Martin André Robert Gisèle Tremblay René Viau Patricia Dumas Diane Hill Vancouver Daniel Raunet New York Robert-Guy Scully Miami Ron Laytner MexiCO Pierre Saint-Germain Paris Jean-François Lisée Louis-Bernard Robitaille Bruxelles Claude Moniquet Toronto Calgary Rome Vienne Tokyo Taiwan Jean Lapierre Albert Juneau Huguette Laprise Jules Nadeau PLUS publie également des reportages exclusifs obtenus de l'Agence France-Presse et l'agence Inter Presse Service.publicité générale: Probec5 Ltée Tél.: Montréal 285-7306 Toronto (416) 967-1814 de détail: La Presse, Ltée Tél.: (514) 285-6874 Le magazine PLUS est publié par Hebdobec Inc., CP.550 Succursale Place d'Armes Montréal H2Y 3H3, monté et imprimé par LA PRESSE, Ltée.Tous droits de reproduction, d'adaptation ou de traduction réservés.président du conseil d'administration Roger D.Landry directeur général Jean Sisto responsable des cahiers spéciaux Manon Chevalier secrétariat Manon Beaulieu Tél.: (514) 285-7319 O z m-> \u2022* m D ho > >o 00 CO » v t \u2022 » * \u2022 Yves Leclerc DEMAIN L'AN 2000 Pourquoi les prix baissent haque fois qu'on s'imagine que la baisse des prix dans le monde des petits ordinateurs est terminée, que ça ne peut pas aller plus bas, il se produit une nouvelle flambée.Lorsque Timex avait lancé son Timex-Sinclair à moins de 1000$ US il y a un peu plus d'un an, orfcroyait que le plancher était atteint.Lorsqu'est apparu un peu plus tard le VIC-20 de Commodore à moins de 300$ US, on s'est dit que dans sa catégorie d'ordinateur domestique, il n'aurait pas de rival.Aujourd'hui, on trouve facilement le Timex-Sinclair à moins de 100$ au Canada, et à peine au-dessus de 50$ US à New York.Il a au moins un concurrent dans la catégorie des moins de cent dollars en le TI-99/2 de Texas Instruments.Quant au VIC, il est tombé à environ 140$ US, et fait face à au moins trois rivaux dans cette catégorie de prix: le TI-99 / 4 de Texas Instruments (qui se vendait mille dollars il n'y a pas si longtemps), et les nouveaux Timex-2000 (Spectrum de Sinclair) et Aquarius, de Mattel.Sur la limite des 200$ US se trouvent l'Atari-400, et dans la classe «ordinateur de poche», le PC-4 de Radio Shack (qui est en fait le PMC-100 de Casio) se vend au Canada 109$.Tout ça est bien beau, et indubitablement avantageux pour le consommateur.Et ça se produit si régulièrement qu'on y est devenu habitué, un peu comme à un miracle quotidien.Car cela semble à première vue tenir du miracle: comment les produits électroniques, et particulièrement les ordinateurs, peuvent-ils baisser constamment de prix dans une indus- trie pleine de santé et fort profitable, alors que dans d'autres secteurs en moins bon état tout monte?Un peu de sable Pour comprendre ce qui se passe, il faut savoir un peu comment et de quoi sont faits les petits ordinateurs.C'est-à-dire essentiellement d'un peu de métal, d'un peu de plastique et surtout d'un peu de sable.Les chips ou «puces» de silicium sur lesquelles sont gravés les circuits complexes des microprocesseurs et des mémoires ne sont en effet que du sable purifié et cristallisé, qui possède alors des propriétés électriques très avantageuses.Mais qu'il y ait un seul, dix, cent ou cent mille éléments (chacun équivalant à un commutateur ou à un transistor) par puce, celle-ci coûte toujours à peu de chose près le même prix.Ce qui coûte cher, ce n'est pas la matière première, mais la conception des circuits.Une fois celle-ci réalisée, et les «masques» photographiques utilisés pour l'impression complétés, l'essentiel du coût est passé, et le prix de revient est de l'ordre de quelques sous à environ 2$ par puce.Donc, on a tout avantage à placer le plus de circuits possible sur une même puce, et à ainsi réduire la complexité et le prix de l'ordinateur qui en résulte.Ce qui cause une première baisse des prix de vente.\u2022 De plus, comme la conception représente un coût fixe, elle s'amortit d'autant plus rapidement que la puce produite est fabriquée en grande quantité.Si bien qu'à mesure que le volume augmente, le prix unitaire de la puce baisse.On évalue à environ 95 p.cent sur cinq ans cette baisse due au \u2022learning curve».Artisanat ou industrie Ce qui précède vaut essentiellement pour la partie micro-électronique, la partie «sable» de l'ordinateur.Reste toute la partie électrique et mécanique, qui souvent aujourd'hui représente plus de la moitié du coût.Théoriquement, cette partie devrait être incompressible.En effet, les éléments mécaniques d'un clavier, d'un boîtier, d'un casettopho-ne, d'un lecteur de disquettes ou d'une imprimante n'ont rien à voir avec l'électronique, et on sait fort bien que leur coût ne baisse pas.Il n'y a qu'à regarder les chaînes stéréo, les machines à écrire, etc.pour s'en rendre compte.Cependant, il y a là aussi une possibilité de réduction -des coûts, moins grande que celle de la partie électronique, mais quand même appréciable.Elle est due au fait que jusqu'à tout récemment, à peu près tout ce qui entrait dans la fabrication des ordinateurs était fabriqué en petites (ou au mieux moyennes) quantités, de manière artisanale.Aujourd'hui, lorsque Timex et Commodore fabriquent plus d'un million d'ordinateurs du même modèle, Apple trois quarts de million et IBM un quart, il est évident qu'on doit passer à une production industrielle, avec les économies d'échelle qui en découlent.Il se vend tous les mois à peu près autant de lecteurs de disques qu'il ne s'en est vendu dans l'année 1980, plus d'imprimantes, plus de terminaux à écran.Pas étonnant que les prix baissent, face à une hausse aussi rapide du volume.Ceci dit, faut-il attendre que les prix baissent encore avant d'acheter?Ma réponse est un NOUI bien clair.OUI à court terme: les prix canadiens ne se sont pas encore réadaptés aux baisses récentes aux USA, et le Sinclair à 125$ et v le VIC à 350$ ne sont plus des aubaines.Il ne devrait jamais y avoir (compte tenu du taux de change et des douanes) plus de 50 p.cent de différence de prix entre les États-Unis et le Canada, et le rajustement se fera sans doute bientôt ici.Par contre, les prix sont déjà assez bas que l'avantage d'attendre plus de quelques semaines ou quelques mois est douteux.Donc, NON il ne faut pas attendre indéfiniment.Après tout, on finira bien par atteindre un plancher! Mais au moment où je dis ça, j'ai la vision soudaine que d'ici un an ou deux j'ouvrirai une boîte de popcorn.et j'y trouverai un ordinateur gratis.?' r La BMW 318 1984: la phase deux d'une évolution discrète Quand on construit des voitures reconnues comme étant parmi les meilleures au monde, il n est pas facile de les remanier et encore moins de les améliorer.Pour la marque allemande BMW, ce genre de problème trouve sa solution dans une évoluîion très discrète de ses différents modèles.Lorsque la 530i fut remplacée par la 528e il y a deux ans, il fallait vraiment y regarder de très près pour voir la différence, à tel point que le constructeur munichois l'avait présentée en soulignant avec beaucoup d'à-propos que «plus les choses restent les mêmes, plus elles s'améliorent».L'histoire se répète avec la troisième génération des sedans de bas de gamme de BMW et la 318i 1984 qui vient de faire son apparition sur le marché a beaucoup d'affinité avec la 320i qui l'a précédée.Ses angles ont été arrondis, sa - t* r i * i» .* * *> * .LA BMW 733î POUR LES GENS QUI SAVENT CE QU'UNE PETITE FORTUNE PERMET DE S'OFFRIR La 733i est sans doute la meilleure expression du credo BMW: seule une performance hors pair justifie les prix les plus élevés.Les personnes qui partagent cette opinion peuvent vérifier son bien-fondé en communiquant avec nous pour faire l'essai de la 733i.LE NEC PLUS ULTRA BMW, Munich, Allemagne m ^\u2014' ¦ i ' .¦ * i » i » 1 était inhumain et infranchissable.?\u2014Pourquoi n'en avez-vous pas oç' parlé avant?\u2014Je regrette de vous démentir: j'ai remis au pilote une lettre qui expliquait mon geste.Celle-ci est parue dix jours plus tard dans un journal italien.Je n'ai rien caché mais j admets la réussite partielle de mon entreprise.Durant un heure et demie, on 00 o û LU exige des précisions: sur des degrés de longitude et de latitude.Nulle curiosité pour l'exploit d'un homme qui a vécu pendant 51 jours sur le pack polaire.! Des questions Moi, j'ai beaucoup de questions à lui poser, il me faut une entrevue avec lui! Pour cela, je le suis tout l'après-midi espérant un moment le tirer à l'écart.Je veux une demi-heure, une demi-heure seulement! Au dîner offert en son honneur, impossible! A la réception organisée par le maire Drapeau, impossible! Le temps passe: Ambrogio Fogar doit prendre l'avion, il est déjà en retard! Au dernier instant, je m'approche de lui, je lui parle, il sourit et.je l'enlève! Au nez et à la barbe des médecins de l'expédition et des représentants du corps consulaire ahuris.Sur l'autoroute, ils me suivent de près, de quoi ont-ils peur?Je l'emmène à Mirabel et au milieu des klaxons, des grésillements et des bruits du moteur, mon enregistreur scelle fidèlement sur son ruban les paroles de l'explorateur: des mots où j'entends les hurlements de la banquise et à travers lesquels je sens la terreur de la mort.Deux ans de préparation minutieuse ont précédé l'expédition.Au Pôle Nord, chaque erreur peut être fatale.Les représentants de la Monique Nairn presse qui accompagnent Fogar à Resolute Bay \u2014 la base aérienne la plus septentrionale du Canada \u2014 l'apprennent à leur frais: il fait moins 40 degrés, un journaliste prend trois photos au lieu d'une et en une fraction de seconde l'appareil devient un bloc de glace et la pellicule se cristallise.L'un d'eux a le visage brûlé: sa cagoule le protégeait mal du froid.Le départ L'Italien entreprend son voyage le 13 mars: «Sur mes épaules pèse le poids de l'effort à venir.Au moment de quitter mes amis, je sens se détacher de moi la partie vive de l'existence.Désormais je suis condamné à être seul.» Avec un chien.Il initie son parcours au 83e degré et 33 minutes de latitude Nord: la dernière terre du globe à Z o 800 kilomètres du Pôle.Après, c'est l'océan pétrifié, le pack polaire, figé par endroits, agité de tourments en d'autres où des forces terrifiantes soulèvent des banquises et ouvrent des crevasses.En dessous, des milliers de tonnes d'eau noire qui à chaaue instant peuvent l'engloutir.Ambrogio Fogar n'en est pas à sa première expédition: en 1973, il accomplit le tour du monde en solitaire sur son voilier.En 1977, il entreprend la navigation vers l'Antarctique.Il naufrage et privé de vivres pendant 21 jours, il assiste à l'agonie de son compagnon, le journaliste Mancini.«Je me souvient.(son visage s'assombrit).J'ai appris qu'il ne sert à rien de supplier, de prier, de se désespérer: l'aide ne vient jamais de l'extérieur.Le fondement de la conscience de soi vient après avoir vaincu.» «Pourtant en mer, les forces de la nature sont plus contrôlables.Lorsque la tempête se levait, je baissais les cordages et j'attendais l'accalmie dans le ventre de mon bateau.Sinon, le vent propulsait mes voiles.Là-bas, je devais tirer mon traîneau, toujours, inlassablement.La dérive de la banquise m'obsédera sans cesse.Au milieu d avril, je me trouve sur un pan de glace emporté par les courants marins.En six jours, je franchis 90 kilomètres mais en réalite je ne progresse que de 15 kilomètres vers le Pôle: j'avais piétiné sur place! Je dose néanmoins mes énergies.Dans l'Antarctique, aux extrémités du monde, comme une batterie, le corps se décharge sans pouvoir récupérer parce que la nuit, la tension due aux gémissements et aux craquements de la glace empêche tout repos réel.» «Sur le bateau, je tenais mon journal de bord, je lisais.Impossible sur le pack: le carburant est rationné.Le poêle brûle une demi-heure le matin et une demi-heure le soir.Je dois marcher ou lutter contre la guillotine du froid dans mon sac à couchage.» Les vivres «Le 9 avril, j'attends mon premier ravitaillement: mes vivres socit épuisées, mes ressources psychologiques aussi.Après 27 jours, je vais finalement pouvoir serrer un homme dans mes bras.Le blizzard se déchaîne: l'avion ne peut décoller.La poudrerie de glace m'enferme dans ma tente.Dehors, on ne voit pas à deux pas! J'ai faim.Par radio je demande si je peux manger la nourriture du chien.C'est horrible! J'ai envie de vomir.«Tue le chien» me dit Claudio Schranz à Resolute Bay.Je ne veux pas, je l'aime trop ou peut-être n'ai-je pas encore assez faim.L'angoisse m'étreint: quand arriveront-ils?«Le 10 avril, c'est la terreur, la banquise hurle et tremble: des lames de glace atteignent 14.25 pieds en une demi-heure.Elles courent sur le pack.Ma tente est presque renversée.Mes ongles deviennent noirs: le gel s'est infiltré sous la corne.Je ne réussis pas à fixer les tirants cassés de la tente.Le 12 avril, j'entends le ronronnement du moteur de l'avion.Je ris, je pleure.J'embrasse Claudio, mon fidèle contact radio, et Harry le pilote.Schranz m'a apporté trois biftecks en cachette de mes diétologues.Je les dévore crus, je savoure et mes mâchoires, habituées aux sachets solubles, retrouvent le plaisir de mastiquer.» «Je demande au pilote canadien de survoler cette zone effroyable.Il me dépose à 180 kilomètres plus au Nord.Le reste du voyage est plus aisé mais je me hâte à cause du dégel du printemps.Le 28 avril, je suis arrivé, j'ai réussi, j'exulte! Durant 48 heures, je ne parviens pas à dormir tellement je suis étranglé par I émotion.» Après 16 heures de vol, le Twin Otter se pose sur la piste balisée par Fogar.A bord, Vittorio Vangile de la RAI-TV, son caméraman, Carlo Caffari, les médecins, le professeur Moglia de l'Université de Pavia et Scrbini le diétologue.le journaliste Zelio Zucchi et finalement le pilote, son mécanicien et l'alpiniste Claudio Schranz.Ceux-ci confirment: Ambrogio Fogar a dépassé le Pôle, du côté soviétique comme l'indique le mini-ordinateur de l'avion.C'est la fête, tout le monde s'embrasse.Pas longtemps comme le raconte Zelio Zucchi: «Cinquante jours sans se laver ont rendu Ambrogio puant comme un clochard!» Un homme banal Ambrogio Fogar a démontré combien de ténacité et d'énergie sont contenues dans l'âme humaine.A 12 ans, il souhaitait naviguer autour du monde et rejoindre le Pôle Nord.A 31 ans, il abandonne sa profession de courtier d'assurance.Est-il plus conscient qu'un autre de la mort?Il cherche à donner à sa vie une valeur qui lui survive.Ambitieux, certes! Courageux, sans limite! Épris de liberté, oui, incapable de se soumettre même aux forces de la nature mais aussi masochiste: il se valorise dans les difficultés.Vise-t-il la gloire pour la puissance ou pour le dépassement de lui-même?Peu importent les motivations qui entraînent l'être humain à la poursuite d'un but.Ambrogio Fogar n'est pas un colosse taillé dans l'acier mais un homme aux cheveux longs, pâle, mince, plutôt petit.Sauf les yeux, une personne banale comme on en rencontre dans la rue.Justement! Le surhomme est un individu ordinaire qui se distingue par la réalisation d'un rêve intérieur à rencontre des souffrances et des obstacles du destin.Mais.sans grande action d'éclat, ne sommes-nous pas nous aussi des héros à certains moments où la vie nous demande de dépasser les limites des facultés humaines.[.1 3 POUR RIRE Guy Fournier U n vélo à mode s'il vous plaît Harcèlement J'aimerais bien connaître l'ignorant qui a inventé le dicton: «Une hirondelle ne fait pas le printemps!» Au cas où vous ne le sauriez pas vous non plus, c'est impossible d'apercevoir une seule hirondelle, car elles voyagent toujours en couple.Bien plus que les pigeons d'ailleurs, auxquels on compare les amoureux, et qui me semblent passer le plus clair de leur temps chacun de son côté.N'allez pas croire que je sois maniaque des oiseaux comme les Anglais qui ont toujours des jumelles aux yeux et n'aperçoivent l'été qu'à travers ies plumes d'un étourneau, dune pie ou d'une grive.Je connais l'hirondelle des granges, un point c'est tout, mais j'en sais plus sur elle que tous les ornithologues.Il y en a même deux avec lesquelles j'ai entretenu jusqu'à samedi dernier une relation de sept ans.Relation qui a toujours eu ses hauts et ses bas et qui s'est terminée dans le drame.Au mois de mai 1976 \u2014 je m'en souviens parce que c'était l'année des Olympiques \u2014, j'allais quitter la maison, lorsque deux hirondelles, effrayées par le bruit de la porte qui s'ouvrait, prirent leur envol à partir du projecteur, installé depuis longtemps sous le toit du porche.Je rentrai précipitamment dans la maison en refermant la porte, car j'avais eu aussi peur que les oiseaux.\u2014 Mon Dieu! s'écria ma femme, affolée,croyant que j'étais tombé nez à nez avec un intrus qui voulait forcer notre domicile.\u2014 Viens voir! Prudemment, je tirai le rideau de la porte et comme ma femme mettait le nez à la vitre, les deux hirondelles revinrent vers le projecteur, le bec chargé de boue et d'herbes.\u2014 Que c'est extraordinaire, se pâma ma femme, elles vont se faire un nid dans le portique! J'eus beau mïnsurger contre le viol de notre domicile par ces deux oiseaux, menacer d'installer un filet pour qu'ils s'y emmêlent, ma femme trancha la question: elle tourna la clé dans la serrure, sonda la porte pour s'assurer qu'elle était bien verrouillée, en retira la clé qu'elle glissa dans la poche de sa robe.\u2014Dorénavant, dit-elle, nous n'utiliserons plus cette porte.\u2014 C'est complètement ridicule.Par où allons-nous passer?\u2014 Il y a une porte derrière et il y a la porte du sous-sol.\u2014 Et la visite?\u2014 Ceux qui ne voudront pas entrer par derrière n'auront qu'à rester chez eux! Pendant sept ans, de la mi-mai à la mi-septembre, la porte d'en avant fut condamnée.Il y eut bien quelques résistants, le facteur par exemple.Après nous avoir menacés de garder le courrier au bureau de poste s'il devait le livrer par la porte arrière, il s'obstina à le glisser par l'interstice prévu à cette fin dans la porte avant.jusqu'à ce que l'un des oiseaux se soulage sur sa casquette.Ma femme avait prévenu proches et amis par téléphone de la déviation estivale afin que le malheur survenu au facteur ne se répète plus.Au bout du premier mois de l'arrivée des oiseaux, il aurait fallu être fou pour s'aventurer sur le porche: il y avait dans les marches une couche de caca si épaisse qu'on ne pouvait manquer de l'apercevoir.La première «portée» étant venue au monde, il y avait maintenant cinq petits qui chiaient sans arrêt, en plus de leur père et mère.Avant de repartir pour l'Amérique du Sud, père et mère élevaient une deuxième famille et c'est à la pelle qu'il fallait dégager le porche.L'automne dernier, alors que je décapais le ciment pour la septième année d'affilée, je décidai df mettre un terme à ces visites estivales.Soulevant la pelle vers le projecteur, je faillis faire tomber le nid, mais je retins mon geste: si les hirondelles ne retrouvaient pas leur nid, elles n'auraient qu'à en construire un autre et je ne serais pas plus avancé.Il fallait trouver autre chose.Peut-être parce que j'avais pris la résolution de m'en débarrasser, j'oubliai les hirondelles durant tout l'hiver, mais samedi dernier, mettant le nez dehors pour voir le temps qu'il faisait, je les vis rappliquer.Elles venaient remettre leur nid en état.J'attendis que ma femme parte faire ses courses et, muni d'un manche à balai, j'allai faire le guet sur le porche.Au moment où les deux hirondelles revenaient avec de la boue et des herbes dans le bec, du bout du manche à balai, je décrochai le nid qui s'écrasa sur le ciment, se changeant en poussière.Le hirondelles figèrent en plein vol.Elles n'en croyaient pas leurs yeux.Je leur fis une moue méprisante et je retournai ranger le manche à balai dans le garage.\u2014 Tiens, nos hirondelles sont arrivées, s'écria ma femme en revenant du magasin.Va falloir condamner la porte.Depuis samedi, croyez-le ou non, il y a toujours une hirondelle \u2014 quand ce n'est pas les deux \u2014 perchée sur le fil du projecteur.Elles ont commencé un nid chez le voisin, mais elles attendent le moment où j'aurai la distraction de sortir par en avant pour me chier sur la tête.Ça, c'est du vrai harcèlement, monsieur Morissette! Au début des années 70, un vieil adage refit surface.«Dis-moi sur quel vélo tu roules et je te dirai qui t'a roulé.» Longtemps un jouet exclusivement réservé aux enfants et aux adolescents trop pauvres pour se payer un véhicule motorisé, le vélo redevenait, au début de cette décennie, un symbole.Autant pour les familles, les voyageurs et voyageuses que pour les nouveaux penseurs de la santé et du conditionnement physique.Et les ventes grimpèrent miraculeusement.De 1965 à 1971, le marché des bicyclettes vendues passa de 400000 à 800000 tout en maintenant une augmentation moyenne de 15 p.cent par année.En 1973, le marché atteignit des sommets encore inégalés: 1 600000 bicyclettes vendues au Canada.Il s'est depuis stabilisé aux alentours du million par année.Mais une mode était née.Et tout le monde, les fabricants et les marchands de vélos en particulier, en profita.Jusqu'au jour où la crise économique aidant, nous sommes devenus de meilleurs consommateurs.Il nous fallait maintenant choisir un vélo qui corresponde à nos besoins tout en ayant un excellent rapport qualité-prix.L'achat d'un vélo Ce qui peut paraître simple à prime abord devient de plus en plus difficile depuis quelques années.Acheter un vélo aujourd'hui est devenu un exercice fort compliqué.Le choix est vaste et les vélos de qualité de plus en plus nombreux.Pourtant il existe une façon bien simple de s'y retrouver et de minimiser les erreurs.Deux questions: qu'est-ce que j'ai l'intention de faire avec mon vélo et combien je veux investir dans l'achat d'un deux-roues?Répondez correctement à ces questions et votre choix sera d'autant plus facile.La ville et la randonnée Depuis dix ans la production des 10 vitesses a littéralement envahi le marché nord-américain.Ces vélos, bon marché (de 99 à 149$ depuis dix ans malgré une inflation annuelle qui dépasse 10 p.cent), ont accaparé de façon quasi systématique le marché du vélo de vJ,le.C'est-à-dire celui des cyclistes qui se promènent en ville pour PLEI N Al R \\ Pierre Hamel leur plaisir, pour aller travailler ou faire l'épicerie.Pour tous ces gens \u2014 en fait 60 p.cent de la clientèle cycliste \u2014 le meilleur vélo existe depuis trente ans: c'est le trois-vi-tesses.En ville, les distances sont relativement courtes, l'espace cyclable souvent limité à une portion de la chaussée en mauvais état et les risques de vols très grands.Il faut donc un vélo solide, d'allure sobre muni de pneus et d'une selle larges, de freins efficaces et faciles à utiliser.Quant au guidon droit, il oblige à garder une position redressée, garantissant du même coup une meilleure visibilité.Avec un dérailleur interne à trois vitesses, on a la possibilité de passer d'une vitesse à l'autre, à l'arrêt, et de repartir en première.La position de la manette de contrôle permet des changements rapides et fréquents, un simple coup de pouce suffit.Ce sont des avantages fort intéressants pour la conduite urbaine.Enfin, pour la ville un dernier-né: le six-vitesses.Contrairement au trois-vitesses, ce type de vélo est équipé d'une roue libre de six pignons et d'un dérailleur arrière.Les garde-boue, la selle large et le guidon droit font aussi partie de l'équipement.Un excellent compromis entre le sacro-saint 10-vi-tesses et le trois-vitesses.Un investissement variant entre 185 et 280$ vous sera nécessaire pour mettre la main sur une de ces «perles de ville» (trois-vitesses ou six-vitesses).Par contre, si vous comptez vous servir de votre vélo presque aussi souvent en randonnée qu'en ville, le dix-vitesses devient essentiel.En randonnée, la bicyclette doit avoir toutes les qualités inhérentes à sa fonction.Elle permet d'effectuer de longues distances sans se fatiguer outre-mesure et de transporter des bagages tout en offrant une position confortable.La majorité des vélos à 10.12 et 18 vitesses sont équipés pour répondre à ces besoins.Les pneus étroits limitent au minimum le contact avec le sol (le vélo roule plus facilement), la selle étroite convient à une position couchée,, le guidon courbé offre plusieurs prises pour les mains (ça évite l'ankilose) et le nombre de vitesses facilite d'autant la circulation dans des conditions diverses (montées, descentes, vents, etc.).Les vélos de grande randonnée sont équipés de garde-boue, cale-pieds, réflecteurs et parfois de porte-bagages.Un bon 10-vitesses, au moins 200$ En 1983, on ne peut réellement «se fier» qu'à un 10-vitesses dont la valeur est d'au moins 200$.Autrement, le vélo est fait de pièces d'une qualité inférieure, difficiles à réparer et déficientes sur le plan de la précision (notamment le dérailleur et les freins).De plus, ces vélos sont généralement vendus sans garde-boue et équipés de dangereuses manettes de freins avec ralentisseurs.En fait, la majorité de leurs propriétaires auraient été beaucoup mieux servis par un bon vélo de ville.Vous avez donc le choix: un vélo dont le prix varie entre 200 et 300$ (il servira autant à la ville qu'à la randonnée, c'est-à-dire à peu près 110 jours en ville et 70 en randonnée entre avril et septembre) ou un vélo de 300 à 450$ qui servira presque exclusivement pour les voyages et les longues sorties.Quant aux bolides de plus de 450$, les cyclistes ordinaires que nous sommes peuvent s'en passer.D'autant plus que la qualité des vélos de grande randonnée est nettement supérieure depuis quelques années.Où acheter votre vélo?Il ne'vous reste plus qu'à acheter cet objet de désir.Mais où?Faites une première tournée téléphonique des marchands qui vendent le vélo que vous convoitez.Des différences de prix assez importantes existent pour le même vélo, à différents endroits.Mais attention, cette différence peut être compensée par la qualité du service offert et la localisation du magasin.Il ne sert à rien de traverser la ville pour sauver 20$, s'il faut refaire ce trajet deux ou trois fois durant l'été pour l'entretien de son vélo.G c en O z -H 3D m- > r\u2014 > rrv Q > CO Les miracles 'existent pas SE SOIGNER i Dieu pratiquait la médecine, sûr et certain qu'il Refuserait d'opérer un grand nombre de Québécois.Bien renseigné, lui aussi connaît le proverbe «aide-toi et le ciel t'aidera».Aux implorants, il dirait: «Pas de miracles pour ceux qui ont abusé de leur corps: il fallait d'abord en prendre soin».Certains patients ne mériteraient que cela! Ce cas par exemple.Une femme dans la quarantaine qui subit une chirurgie de reconstruction vaginale.Son médecin lui recommande de ne pas fumer pour quelque temps après l'opération.Dix jours plus tard, on la retrouve avec une toux râlante; en proie à une hé-.morragie, elle gisait sur une civière dans une mare de sang, avec, croyez-le ou non, une cigarette à la bouche! Sûr et certain que le Créateur doit en avoir soupe des malheurs de certains.De cet autre, diabétique de 275 livres qui devait subir d'urgence l'ablation de la vésicule biliaire.Certes, il était possible d'enlever l'organe sans difficulté, mais le tribut à payer pour toute une vie d'alimentation chaotique appro- ^^^^^ co 00 es 5 I z o Claire Dutrisac eut-on, au Québec, voir venir la vieillesse sans appréhension?C'est sûrement le cas d'un grand nombre de personnes d'âge mûr.Pourtant, on sait qu'environ 66 p.cent des personnes âgées vivent dans la pauvreté.Cette situation, être vieux et pauvre, permet parfois de vivre sans être trop malheureux.Mais cette situation, être vieux et pauvre, exige une sérénité qui n'est pas donnée à tous.Quand la maladie s'en mêle, quand la solitude devient presque totale, on doit souvent recourir au placement dans une institution.Le placement.où?Les centres d'accueil hébergeant des personnes âgées ne sont pas tous des ghettos, comme plusieurs se plaisent à l'affirmer.Nombreux sont les bénéficiaires qui y trouvent la sécurité, de bons soins et un entourage stimulant.Beaucoup de centres sont savamment animés et les occasions de se distraire, de se lier d'amitié, sont fréquentes.Les loisirs sont intelligemment choisis.Mais ailleurs, une réglementation trop sévère transforme les lieux en couvent.chait.Cela a commencé avec le diabète qui devenait impossible à contrôler et l'infection subséquente de la plaie opératoire Peu après, suivirent une pneumonie, une phlébite, et des caillots de sang s'infiltrèrent dans les poumons.Jour après jour les complications se multipliaient et l'état du malade s'aggravait.Toutes les chances étant contre lui, il devait mourir des suites d'une banale opération.Sa femme acceptait mal le verdict et reprochait au médecin de ne pas lui avoir sauvé la vie.Au début, ce dernier écouta les critiques avec sympathie, mais ne réprimant plus sa frustration, il répliqua: «Nos soins ont été impeccables.Votre mari porte seul l'entière responsabilité de sa mort prématurée.En vain, nous l'avions prévenu dans le passé de perdre du poids, de cesser de fumer et de faire de l'exercice.Nos conseils sont tombés dans l'oreille d'un sourd.» Personne ne fait de miracles Je ne crois pas qu'aucun chirurgien refuserait d'opérer un malade VIEILLIR ou en prison! D'autres laissent à désirer quant au personnel ou à l'alimentation et à la propreté.Les centres d'accueil publics sont généralement de bonne qualité sans être exempts pour autant de lacunes, parfois.Chacun doit être jugé au mérite; il est impossible d'établir une règle générale absolue qui ne souffrirait aucune exception.Les centres privés mais subventionnés soutiennent assez bien la comparaison; de grands efforts ont été faits dans ce secteur pour atteindre une qualité acceptable.Mais il faut y regarder de près car l'appât du gain peut, chez certains, porter le ou les propriétaires à lésiner sur la qualité des soins.Les pavillons Rattachés à des centres d'accueil publics qui en assument la surveillance, les pavillons sont une création relativement récente.Le MAS (ministère des Affaires sociales) a voulu récupérer ainsi les «foyers» acceptables qui fonctionnaient sans permis et sans contrôle.Un pavillon compte de dix à trente bénéficiaires et est à but lucratif en crise aiguë, mais il ne faut pas attendre des miracles de la chirurgie quand les patients eux-mêmes n'ont accordé aucune attention à leur propre corps pendant des années.D'où l'ultimatum suivant: la réussite d'une opération dépend d'un ensemble de facteurs, dont l'état général de l'opéré.A chacun de l'assumer, car à l'impossibie nu! chirurgien n'est tenu.Comment se prépare-t-on adéquatement pour une intervention chirurgicale?D'abord, comme pour un match de tennis ou de football, par la préparation psychologique.En faisant part de ses inquiétudes au médecin.Dites-le-lui si vous avez peur de rester sur la table d'opération, ou si la peur de la douleur vous hante.Demandez-lui en outre de vous expliquer la technique chirurgicale, et au cas où la longueur de l'incision vous tracasse, il saura vous renseigner sur ce qui vous attend.Pour le reste, n'attendez pas de lui d'être visionnaire.Récemment, j'examinais une femme avec une énorme masse abdominale.Kyste ovarien, fibrome, tumeur?Impossible de déterminer avant d'ouvrir l'abdomen.Or, cette patiente exigeait la garantie formelle que nous ne touchions pas à l'utérus.Nous ne pouvions manifestement rien promettre de tel.Premier atout, une bonne forme physique Toutefois, en prévision d'une opération, le plus important est d'être en bonne condition physique.Comparativement à une moyenne de 125 morts accidentelles en avion par année, entre à 2 000 et 15 000 Américains perdent annuellement la vie sous Dr Gifford Jones anesthésie dans les hôpitaux.Quelques cigarettes et quelques kilos en moins pourraient prévenir ces événements malheureux.D'autre part, il arrive que le pire se produise parce que le patient omet d'informer le chirurgien des médicaments qu'il consomme.Les diurétiques, pour un, combinés à l'anesthésie, font courir de grands risques.Au même titre, on devrait cesser les calmants très forts quelques jours avant l'opération.Il importe également d'avertir le médecin si l'on est sous l'effet des hypotenseurs, de la cortisone ou des gouttes contre le glaucome.Et quant à y être, que les porteurs d'oeil de vitre ne jouent pas au plus fin avec l'anesthésiste, sans quoi, leur pupille froide menace de causer toute une commotion dans la salle d'opération! L'idéal serait donc de toujours être prêt au cas ou surviendrait une urgence.Cette disposition ne s'acquiert qu'au prix du respect et de la discipline, à longue haleine, du corps et de l'esprit.Je parierais fort que le ciel est plus enclin à venir en aide à ceux qui gardent la forme! ?Que le gouvernement fasse tout d'abord son boulot! La famille d'accueil Les établissements relevant du MAS sont débordés.Les listes d'attente sont longues.On a donc mis sur pied, il y a déjà une décennie environ, un réseau de «familles d'accueil».Ces maisons existaient avant la Ici sur les services de santé.Elles étaient reliées soit à une agence pour les personnes âgées ou légèrement handicapées, soit à des hôpitaux psychiatriques pour les malades mentaux aptes à y demeurer.Elles peuvent recevoir jusqu'à neuf pensionnaires mais la moyenne provinciale se situe entre 3,5 ou 4 pensionnaires, afin de leur conserver un climat familial.Les centres de services sociaux en ont la responsabilité.Des enquêtes Tous les établissements du réseau du MAS sont, en principe, sous la direction du ministère.Dans les faits, ceux qui ont un permis relèvent du conseil régional de la santé et des services sociaux (appelés GRSSS) de la région où ils se trouvent.Comme des moutons noirs se glissent dans le troupeau, on m'écrit, on m'appelle et on me demande d'entreprendre une enquête, sans se douter du travail impliqué par une telle démarche.Or, je suis seule, sans personnel ad hoc, et je n'ai pas les moyens pécuniaires pour remplacer les services gouvernementaux! Au plan légal, je suis dépourvue de toute autorité.Certains de mes interlocuteurs refusent même de se nommer, de craintes de perdre leur emploi si jamais on apprenait qu'ils ont donné l'alerte.Ils ne sont pas conscients de la rigueur qu'exige la cueillette des preuves, des preuves qui-peuvent tenir bon devant un tribunal en cas de poursuite.Ils croient naïvement que leur récit suffit.Il est anormal de s'adresser d'abord à un journal pour protéger des personnes âgées qui sont dans un établissement.Dénoncer des situations inacceptables dans un pays comme le nôtre m'appa-raît être un devoir pour toute personne qui se rend compte que des gens âgés, sans défense, malades, sont non seulement exploités pécuniairement mais maltraités, manquant de soins hygiéniques de base et des soins infirmiers requis par leur état, et en plus, mal ou peu alimentés.A qui s'adresser?S'il s'agit d'un établissement qui possède un permis (ou si on l'ignore), il faut téléphoner ou écrire au Conseil de la santé et des services sociaux.À Montréal, ce Conseil est situé au numéro 3725 de la rue Saint-Denis, H2X 3L9.Si la mal-son en cause est clandestine ou illicite (sans permis), il faut écrire directement au ministère des Affaires sociales.Service de l'agrément, 1075 chemin Sainte-Foy, à Québec, ou, à Montréal, au même service, au 6161 rue Saint-Denis, (téléphone: 873-2633).On m'a affirmé que la confidentialité était garantie.Si cette première démarche restait sans résultat, alors, peut-être, un journal pourrait décider de dévoiler au public ce qui se passe derrière les murs.Une loi protège les animaux; un organisme voit à faire appliquer la loi.Même chose pour les enfants maltraités.Pour les personnes âgées, victimes des charognards de la vieillesse, pas de loi vraiment efficace, des organismes qui semblent n'avoir point le personnel requis et qu'alourdit une certaine bureaucratie.Les associations.de^personnes âgées réclament un comité de protection.Ce ne serait que justice.Mais sa création sous-tend des dépenses non seulement pour payer du personnel et des bureaux, mais surtout des places dans les établissements.débordés! Des gens qui ont travaillé et payé impôts et taxes toute leur vie méritent tout de même considération et respect.Considération et respect ont un prix.? PHOTOGRAPHIER Antoine Désilets Dans lenteur d'un été.ui n'a pas rêvé daller dormir du Grand Sommeil à l'ombre d'une petite église perdu dans la verte campagne?Moi! Mais cela ne m'a jamais empêché de trouver l'image fort belle et de garder sans doute au fond de mon subconscient l'envie de la traduire un jour sur papier photographique.La correspondance entre ce phantasme et la réalité s'est finalement opérée l'été dernier, au bord d'un chemin qui serpentait dans la campagne, sous le ciel bleu de la Nouvelle-Ecosse, célèbre par ses brumes et ses homards mais capable (quelques jours par an!) de produire aussi des pommes et des bleus «Kodachrome» qui vous font oublier le nom même des brouillards atlantiques.Mais je vous entends déjà, petits sorciers de la technique, vous exclamer «Ah! il a fait ça à l'infra-rouge!» Eh bien! non! J'ai tout bêtement pris cette photo au Kodachrome 64 ASA, à travers un filtre polarisant qui, vu la position parfaite de l'église par rapport au soleil, m'a permis de «bleuir» le ciel au maximum tout en faisant ressortir le blanc du revêtement de l'édifice.Si vous avez encore des doutes sur ma sincérité, je vous rappelle que si j'avais employé un film infra-rouge, la verdure paraîtrait presque blanche sur cette image.Pour obtenir un négatif en noir et blanc de ma diapositive en couleurs, je l'ai imprimée sur une feuille de papier RC no 1 grâce auquel j'ai enregistré le plus de détails possible de mon original, point que je considérais important car je savais que la seconde étape du processus allait m'en faire perdre une partie.Une fois le «négatif» développé, fixé et séché, je l'ai en effet imprimé par contact sur une autre feuille de papier RC de grade no 2, exposée une quinzaine de secondes à la lumière de l'agrandisseur, à travers ma première feuille maintenue en place par une vitre TRÈS propre.L'un des problèmes inhérents au procédé est d'interdire toute correction au moment de l'impression du positif; les «petites retouches» doivent donc s'effectuer lorsque l'on «fabrique» le négatif, ce qui demande un peu d'expérience ou une tendance naturelle à la contradiction car il faut travailler «à l'envers», réduire la lumière là où l'on aurait normalement tendance à l'accentuer et vice versa.Je vous signale aussi que le po-.sitif final pourrait être tiré sur un\" papier autre que du RC.Je ne sais pas si vous avez bien compris mais moi si! Ce qui confirme l'adage pédagogique selon lequel on est jamais si bien compris que par soi-même.Ah, j'oubliais: 1 /60 de seconde à f/8.Bonnes photos! q (A 5: O z \u2014« 70 rrv > r- (A > m g > CD to V J . Une dangereuse connaissance Gérard Lambert POUR ÉCOUTER Jeune fille de bonne famille, élevée dans un couvent, délicate, douce, Marianne Faithfull a 17 ans lors-quelle se trouve par hasard (?) entraînée dans un party où elle rencontre les Rolling Stones.«Je suis Mick Jagger, lui dit-il, renversant délibérément son verre de champagne sur le chemisier de la jeune demoiselle.Il murmura vaguement quelques excuses avec l'accent des faubourgs, essuya la boisson de la main en lui caressant les seins avec rudesse.Marianne se leva précipitamment, bouscula Jagger et s'éloigna en ne cachant surtout pas sa colère.» Voilà donc sous quels présages cette fille anglaise timide entrait dans l'univers des grands méchants du rock'n'roll!.Tchin tchin, à votre santé.Marianne Faithfull serait la fille d'une baronne autrichienne, exballerine, la baronne Erisso.Celle-ci aurait été espionne pour le compte des Alliés, en Autriche, pendant la guerre, et aurait épousé un espion rencontré à Vienne.toute une «série Mystère» et d'aventures romanesques entourent les origines de la jeune fille.Elle a la blondeur innocente, et c'est trop beau pour être vrai.Vision de la victime née, la pureté idéale faite pour être outragée.5 LU < Z o tO Jean Hébert es jeux sont maintenant faits en vue des demi-finales, tant du côté féminin Ique masculin.A Velden, Autriche, le destin a choisi Smys-lov pour passer à la demi-finale.Exaequo à 7-7 après 14 parties, on a dû départager l'Allemand de l'Ouest Hubner et Smyslov par un tour de roulette, ce dernier choisissant le rouge, comme il se devait.A Alicante, Espagne, le Hongrois Ribll a écarté le Philippin Torre par 6-4.Ribli a gagné les 5e, 6e et 10e parties, le seul gain de Torre survenant lors du 7e affrontement.Puis à Bad Kissingen, le vice-champion du monde.Victor Korchnoi, a causé une certaine surprise en déclassant Lajos Por-tisch par 6-3.Korchnoi s'est litté- Jagger, en tout cas, ne s'y est pas trompé, qui l'a molestée dès leur première rencontre.Un peu plus tard, lorsque Andrew Oldham (le producteur des Stones), fasciné par le personnage, la persuade d'enregistrer un 45 tours, il lui fait une chanson empoisonnée «As Tears Go By», sur une mélodie de Keith Richards.Une chanson d'amour tendre et sentimentale qui exprime très précisément une conception de la féminité destinée à être bafouée et blessée.Oldham et Jagger avaient réalisé cette parfaite identification de l'interprète à sa chanson; le talent propre de Marianne Faithfull n'a rien à voir avec tout cela.Elle n'apparaît que comme l'objet idéalement façonnable, malléable, en fonction de ce que les autres voient en elle, et jamais de son propre désir.Ou peut-être son désir est-il de se prêter aux volontés des autres, d'accepter complai-samment leur pouvoir, sur sa carrière et sur sa vie.Elle n'a pas eu le temps ni l'opportunité de vivre une vie d'adolescente normale.Direct du collège au mariage, direct du collège au studio, à la télé, aux tournées.À dix-huit ans, elle était no 1, sa photo publiée partout et elle n'était jamais allée à aucun party.Suivront des années qui appa- ralement sauvé avec le match en gagnant trois des quatre premières parties.Compte tenu des performances médiocres de Korchnoi depuis un bon moment, on prévoyait une lutte beaucoup plus serrée.Les demi-finales opposeront donc Ribli au vétéran Smyslov et Korchnoi au brillant jeune Soviétique Kasparov.Du côté féminin, la lutte est également bien engagé entre les candidates au titre détenu par la Géorgienne (URSS) Maya Tchibourda-nidze.Irina Levitina a défait l'ex-championne mondiale Nona Ga-prindashvili par 6-4.Les deux Soviétiques se sont livré un duel enlevant puisque aucune partie n'a été nulle! Nana Alexandria raissent comme les étapes d'une descente aux enfers: un premier mariage par lequel elle se trouve en contact avec l'underground anglais, entend parler d'une liberté nouvelle à travers des expériences qu'elle n'est guère prête à affronter; puis une liaison houleuse avec Mick Jagger; la découverte progressive des drogues dures auxquelles elle ne peut plus échapper.Fin 69, début 70.Marianne rentre à Londres.La petite fée à la voix de cristal n'est rien pour le monde qui s'annonce; un monde fait d'angoisse, d'âpreté, d'isolement et de compétition.La femme est fatiguée, on l'évite.L'artiste est oubliée, évincée.Il faudra des années blêmes de courage solitaire à Marianne Faithfull pour récupérer son propre corps et autant pour qu ici ou là, une compagnie théâtrale accepte de l'engager pour des rôles secondaires, elle qui savait si bien Shakespeare.À l'écran, elle a été l'héroïne de «La motocyclette» d'après André Pieyre de Mandiargues, avec Delon pour partenaire; Marianne hante la pellicule sous la forme lointaine d'une amazone à moto avec sur la peau une impossible combinaison de cuir noir.Ses cheveux libres, ses gestes gauches, son regard de cendre et sa frange rebelle tiennent seuls le spectateur, sinon le scénario, debout.En 1976, en même temps que l'Angleterre se réveille, secouée par les réjouissantes réprobations de Johnny Rotten, Marianne Faithfull émerge de sa léthargie.Elle surgit de cet horizon grisâtre où ne se meuvent que des ombres pour éclairer l'avenir et laisser des raisons d'espérer.Parce qu'enfin qu'espérions-nous d'elle?Rien.Elle avait pris place dans la légende du rock avec «Sister Morphine».C'était sa place.Elle devait y rester.On en était là.Mais la voilà au début des années 80.On lui a donné pour la première fois la liberté de se réaliser pleinement sur un album.Elle avait « Broken English* en elle depuis quinze ans et ce projet ne pouvait aboutir qu'à un son pulpeux, fini, poli, grave, clair, glacial, dramatique et superbement moderne.Un disque réussi de bout en bout.Des chansons allant de la ballade au rock hard core, une voix différente, charnelle et sombre; c'est une voix plus érail-lée, rauque et hachée, presque brisée mais pleine de sursauts rageurs et sensuels.Disque de réveil, disque de fin de torpeur, disque activiste, admirablement posé à la frontière de 1980.Un témoignage d'une force et d'une beauté rares, où s'étalent les indices d'un passé rock'n'roll des plus éloquents: Marianne exprime la maturité, la désillusion, l'ingratitude du monde et une lucidité sans cynisme mais à vous faire froid dans le dos par sa vérité.Suivi de son chapitre deux « Dangerous Acquaintances*, de dangereuses connaissances comme elle dit.Ce nouveau disque est inévitablement poursuivi par l'ombre de son précédent chef-d'oeuvre.Il restitue les mêmes climats, beau comme le soleil de minuit sur l'Arctique, quoique la désillusion fasse un peu place à une certaine monotonie de la vie qui montre bien que \u2022 Broken English », plus riche, était le fruit d'années de rancoeur et de préparation.Et je continus pour le troisième chapitre encore bouche bée, immobile et hypnotisé, le dernier disque d'une trilogie «A Child Adventure*.La dame raconte sa vie comme elle l'idéalise dans ses chansons qui prennent la forme de petites poésies.Elle reste une formidable chanteuse avec sa voix qui provoque la chair de poule.Cet album est riche: riche d'arrangements, de superbes mélodies, Marianne se livre sans exhibitionnisme, touchant au but sur le ton de la dignité farouche.C'est toujours plein d'attention, de départs douloureux, d'alcool triste.Aussi à l'aise dans les compositions rapides qu'elle l'est dans les titres plus lents.Bref, je recommande sans hésiter la rencontre avec Marianne Faithfull à tous ceux qui ne redoutent pas les émotions fortes et pour qui la passion n'est pas un mot ordinaire.En prévenant juste qu'il y a un fort risque de s'accrocher et qu'aucune méthode de désintoxication n'est prévue.?Matchs des Candidats (URSS) a écarté de justesse l'ex-Bulgare Tatiana Lematchko par 5,A-4Y* tandis que Lydia Semenova faisait de même contre la Roumaine Margareta Muresan.Dans le seul match qui impliquait une joueuse «hors Europe de l'Est», la Chinoise Liu Shi Lan a dû baisser pavillon devant une autre Soviétique, Nana loseliani, par 6-3.Ivanov en simultanée De passage à Montréal, le champion du Canada Igor Ivanov donnera une simultanée au Club International du Canada, ce soir à 21h00.L'inscription est de 10$.Ceux qui gagneront ou annuleront contre le champion se mériteront une carte de membre de ce club, valide pour un mois.Information: 861-7650.Au sujet d'Ivanov signalons qu'il a récemment terminé premier exaequo au Frank J.Marschall International tenu à New York en avril.Avec son pointage de 8-3, égalé par les Ml Meyer et Gure-vich, il aurait réussi une norme de GM.sous réserve d'une technicali-té qui reste à éclaircir: il n'aurait pas rencontré un nombre suffisant de joueurs étrangers (autres qu'Américain).Europe Échecs Cette excellente revue de langue française s'impose de plus en plus comme la meilleure au monde, tout au moins sous certains aspects.La présentation, entre autres, a atteint un niveau de perfection qu'il sera dorénavant difficile de dépasser.Le numéro de mai 1983, en plus de la brochette d'articles variés habituels, se distingue par une section de huit pages spécialement consacrée au débutant.Dans un premier article intitulé «Comment jouer mes premières parties», on relève un paragraphe particulièrement réconfortant pour nous, amateurs d'échecs: «Les échecs ont-ils contribué au progrès de l'humanité?C'est certain dans la mesure où la connaissance et la pratique de ce jeu venu du fond des âges ont permis à l'esDrit humain de s'exprimer et de s'épanouir.» La revue «Europe Échecs» est disponible à Montréal à deux endroits: à «L'Êchephile», 242 ouest, Jean-Talon, tél.: 274-7409, ou au «Spécialiste des Échecs», 1111 de Maisonneuve est, 522-3927.?Kharitonov-Lputian URSS 1983 1 - c4 Cf 6 2- Cc3 d6 3- g3 g6 4- Fg2 Fg7 5- d4 0-0 6- Cf3 c6 7- 0-0 Da5 8- h3 e5 9- dxe5 dxe5 10- e4 Cbd7 11-a3 Dc5 12- De2 De7 13-b4 Ce8 14- Fe3 Cc7 16-Tad1 Ce6 16- c5 b6 17- Td6 bxc5 18- Txc6 cxb4 19- Cd5 De8 20- axb4 Cf6 21-Tfc1 Fd7 22- Cc7! Cxc7 23- Txc7 Cxe4 24- Fxa7 f5 25- Cd2! Fh6 26- Fe3 Fb5?27- Fxh6!! Fxe2 28- Cxe4! Dd8 29- Cg5 e4 30- Tg7 Rh8 31-Txh7 Rg8 32- Tcc7 1-0 CL n 1981, les courses de lévriers ont attiré 21 millions de spectateurs dont plus de la moitié dans le seul État de la Floride, l'un des 14 États américains, hôtes de pistes de courses canines.Et parmi ces amateurs, un bon nombre de Québécois.car bien rares sont ceux qui visitent nos voisins du Sud sans au moins faire un saut au cynodrome.Pour beaucoup d'entre nous, ces chiens font pitié, on croit parfois qu'on les oblige à courir et j'avais moi-même l'impression qu'ils devenaient tous à la longue plus ou moins cinglés.Or rien de tout cela, du moins chez ceux que j'ai rencontrés dans quelques fermes d'élevage et à la piste de course de Hollywood, près de Fort Lauderdale.Ainsi, j'ai vu à la ferme de Felice et Eddy Onessimo, située près de Gaines-ville, dans le nord de la Floride, une centaine de chiens de tout âge, joyeux, amicaux et ne demandant guère plus que des caresses.Chez eux, de nombreux chiots Greyhound y naissent, y débutent leur entraînement et n'y reviennent qu'une fois leur carrière terminée pour y en connaître une seconde, celle de reproducteur.J'ai eu le plaisir de jouor avec MOREGO, un superbe étalon de six ans, qui a couru pendant près de cinq ans et qui est maintenant à la retraite chez les Onessimo.Pas snob pour deux sous, MOREGO est évalué à plus de 100 000$ et il en coûte plusieurs centaines de dollars pour le marier à sa femelle.Une vie de chien.choyé C'est peut-être finalement la muselière qu'il porte en course qui est la grande responsable de cette mauvaise réputation du Greyhound.Bien sûr, elle sert à éviter des accrochements possibles entre coureurs frénétiques mais elle servira surtout à déterminer l'ordre des vainqueurs sur la photo officielle grâce à la bande de plastique blanc qui la recouvre.Mais le Greyhound est loin d'être féroce et la course n'est pas pour lui un fardeau.Son entraînement n'est pas fastidieux: il naît pour courir et la meilleure formation est celle qui saura tirer profit de ses aptitudes naturelles.Sa vie n'est pas aussi misérable qu'on pourrait le croire; il est peut-être une machine à courir mais une machine aimée et choyée.Le sevrage et la séparation de la mère ne sont jamais précipités et n'auront lieu que lorsque celle-ci commencera à montrer des signes d'impatience envers ses petits.Puis les chiots, souvent au nombre de 8 à 10 par portée, seront logés dans leurs propres enclos d'exercice et ce n'est que vers l'âge de 10 à 12 mois, quand le chiot pèse entre 65 et 75 livres, que l'entraînement comme tel débutera.À la ferme des Onessimo, les chiens jouissent d'enclos de près de 300 pouces de longueur et on peut les observer courir pour le simple plaisir de courir sans aucune raison apparente.Selon Eddy Onessimo, tous les chiots d'une portée ont de grandes chances de se rendre à la piste officielle mais tous ne seront pas grands vainqueurs, cela va de soi.Pourquoi?Seulement quelques-uns d'entre eux posséderont ce désir de vaincre si important pour quel qu'il soit.Certains n'y feront pas longue carrière parce qu'ils se contenteront de courir au ¦ Les lévriers de gentilles machines à courir.NOS AMIES LES BÊTES Dr Louise Laliberté, médecin vétérinaire milieu du peloton ou de suivre les autres.Finalement tout ce que l'entraîneur enseigne au chien vise à le faire courir intelligemment et dans la bonne direction, c'est-à-dire vers le cercle du vainqueur.Les méthodes d'entraînement utilisées ont au cours des années soulevé de nombreuses controverses mais aujourd'hui, !a grande majorité des écoles n'emploient plus de proies vivantes puisque le Greyhound de bonne lignée pourchassera de toute façon, n'importe quoi qui bouge.Un entraînement de trois à cinq mois à raison de deux ou trois séances par semaine est généralement suffisant et le chien est alors confié à un entraîneur qui en deviendra complètement responsable, se chargeant des frais géné- raux, de pension, nourriture, vétérinaires, récoltant les bourses et retournant 35 p.cent des gains bruts au propriétaire.Il est intéressant d'écouter ces entraîneurs parler des caractéristiques individuelles de chacun de leurs protégés.Ainsi, Grace Browning, dont le nom est présent à presque tous les programmes de course, décrit les chiens dont elle a la garde comme «ses enfants».Depuis 21 ans, elle se lève au petit jour pour entraîner ses chiens, les nourrir, les conduire à la piste, assister à leurs performances et les ramener au chenil.Elle avoue que bien peu d'entraîneurs font fortune dans ce métier: «Ils s'impliquent trop et aiment peut-être trop leurs chiens.» La grande différence entre les courses canines et les autres types de courses est sans doute «l'élément humain» qui y est réduit au strict minimum.Personne n'est vraiment là pour encourager le chien à courir ou freiner.Les règlements qui régissent les pistes de course canine sont aussi extrêmement rigides.Un sport honnête.Par exemple, l'entraîneur ou le propriétaire doit arriver à la piste au moins deux heures avant le départ de la première course pour confier son chien aux autorités.Chaque chien est alors identifié (par son tatouage et une cinquantaine de traits physiques), pesé et logé en toute sécurité dans des locaux à la vue des visiteurs mais à C'est peut-être la muselière qu'il porte en course qui confère au Greyhound sa mauvaise réputation mais elle sert davantage à déterminer l'ordre des gagnants sur la photo officielle que de prévenir les possibles accrochages entre coureurs frénétiques.A l'instar des nombreuses chutes d'autres sportifs, bien peu de Greyhounds se blessent effectivement à la course.l'écart et où il est formellement interdit de.pénétrer.Les chiens ne sont pas privés de nourriture pour courir plus vite ou suralimentés pour être plus puissants car le poids du chien ne peut varier de plus ou moins une livre et demie du poids officiellement déclaré au début de la saison.Quelques minutres avant chaque course, le chien est à nouveau pesé el cette fois aux yeux du grand public.Un chien dont le poids officiel est de 70 livres (tel qu'inscrit dans le programme officiel) et pour qui la balance montre 68 ou 72 livres sera automatiquement éliminé de la course.Chacune des courses est relativement courte, durant beaucoup moins d'une minute et d'une longueur maximum de 7/16 de mille.Ces chiens peuvent atteindre une vitesse de 35 à 40 milles à l'heure en quelques secondes.Les retrouvailles Ce n'est qu'après la fin de la course que le chien retrouvera son maître.J'étais là quand EVERGLADES ANGEL, une protégée de Grace revint vers elle après s'être classée troisième de la septième course.La bête était en sueur et comme toutes les autres, elle eut droit au bain à la piscine de la piste.Une fois ses muscles relaxés, ANGEL n'en finissait plus de lécher et gambader joyeusement autour de nous.Quelques minutes plus tard, elle entendit soudainement la voix de l'annonceur sonner le départ de la course suivante, ANGEL piétina et semblait prête de nouveau à bondir tel un bolide vers la proie artificielle.Mais un chien ne peut courir à plus de deux courses par semaine et ANGEL devra se reposer au chenil pour trois ou quatre jours avant de revenir à la piste.Décidément la course ne semble avoir rien de désagréable pour ces chiens qui, je l'aurai constaté «de visu», ne mènent finalement pas une vie de chien trop difficile.A quand les courses de chiens au Québec?o z -H > > m g to >o 00 CO oo o CN 2 < to \u2014i < \u2022UJ \\- 7?O Donald Pilon n'a jamais chômé au cinéma onald Pilon vient de passer l'équivalent de deux journées complètes, une cinquantaine d'heures, à se regarder jouer au cinéma.Il se bâtit une cinémathèque personnelle de tous les films auxquels il a participé: il est allé les chercher dans les voûtes de l'ADISQ et il les a transférés sur magnétophone VHS pour sa collection personnelle.C'est en somme presque toute l'histoire du cinéma canadien de ces seize dernières années que revit Donald, puisque notre connaissance il n'y a pas d'autre acteur de chez nous qui ait joué dans autant de films: près d'une trentaine au total (je ne parle pas ici de simple figuration).Il a ainsi pu revivre ses débuts totalement imprévus, et à un âge avancé (28 ans) pour un jeune homme qui se vouait à l'administration et qui s'occupait, pour la compagnie d'Expo 67, de la liaison avec Ses restaurants étrangers sur le site.Gilles Carie se cherchait deux beaux gars, frères de préférence, pour son «Viol d'une jeune fille douce».C'est un ami qui lui suggéra les Pilon et un mercredi après-midi, i! rencontrait Donald à l'ancien Yacht Club (au sous-sol de ce qui était la pâtisserie Aux Délices) Tope là! A 6 heures du matin, le samedi suivant Donald affrontait pour la première fois une caméra dans le Vieux-Montréal.«C'était très artisanal, rappelle Donald.Il n'y avait que Carie, un caméraman, un ingénieur du son; j'aidais à tout et on improvisait à mesure.» Son cachet?500$ ! Il était gauche, il ne savait pas jouer.«J'étais conscient que j'apprenais mon métier au jour le jour, que toutes mes erreurs, je les faisais à mesure devant mon public.C'est beaucoup plus tard seulement que j'ai pris conscience que j'étais devenu une vedette de cinéma.» A vrai dire, l'on misait plus sur son frère Daniel, d'un physique plus séducteur que lui, quand ils revinrent jouer ensemble dans «Red* puis dans «Deux femmes en or».Mais c'est Donald qui, de- Les millions de Gilles Latulippe 11 est un recordman d'un autre H genre, non pas au cinema H mais a la scène: en compilant H quelques chiffres devant moi.Gilles Laîulippe s'est rendu compte l'autre jour qu'il venait, après seize ans, de passer le cap des 4 400 représentations à son Théâtre des Variétés.Étant donné que la moyenne des assistances y est d'environ 700 personnes, je lui ai démontré par une simple multiplication que plus de TROIS MILLIONS de specta- Dans les théâtres d'été Pour la vingt-sixième année consécutive, Georges Delisle et son Théâtre de la Fenière ont inauguré samedi dernier la saison des théâtres d'été.Saison qui ne se terminera que le 24 septembre dans certains cas, comme au Théâtre du Bois de Coulonge.Dans un supplément spécial que vous trouverez dans PLUS de samedi prochain, nous vous présenterons tous les hauts faits de cette saison qui comptera plus d'une quarantaine de productions, où Jean Barbeau sera une fois de plus l'auteur le plus joué avec quatre pièces et une adaptation, où Andrée Champagne reviendra à la scène au Théâtre de Belle Montagne, à St-Jean-de-Matha.et où Yvon Dufour et Pierre Dufresne deviennent de gros entrepreneurs avec trois théâtres sous leur houlette.Une saison fascinante en perspective.puis, a accumulé le plus grand nombre de longs métrages: «Je n'ai jamais crevé de faim: je n'ai vécu que de ça depuis 1979.» D'autres, telles Geneviève Bu-jold (que l'on ne fait plus travailler parce qu'elle manque, dit-on, de discipline personnelle) et Carole Laure se sont créé des réputations internationales, mais Donald Pilon est très certainement le recordman du cinéma canadien.La liste de ses participations en constitue, à elle seule, l'histoire de ces dernières années: \u2014«Les mâles» et «Les chats bottés» en 1970.\u2014«Bulldozer» de Pierre Arel, «Les Smattes» de Jean-Claude Labrecque, et «La vraie nature de Bernadette» de Gilles Carie en 1971.\u2014Son premier film en langue anglaise (puisqu'il est parfaitement bilingue): «The Pyx» avec Karen Black.Christopher Plummer et Jean-Louis Roux en 1972.\u2014«Les corps célestes» avec Carole Laure, et «Child Under a Leaf» avec Dyan Cannon en 1973.\u2014Une série filmée de six heures, «The Collaborators* à Toronto en 1974.\u2014«Gina» en 1975 Pendant les trois années suivantes de pleine crise pour le cinéma québécois, Donald, lui, peut jouer sans arrêt en anglais: «The Uncanny », dernier film mis en scène par Denis Héroux devenu produc- teurs ont assisté à ses diverses productions à son théâtre de la rue Papineau.Qu'on se rappelle les gorges chaudes qui en avaient salué la fondation, et l'opinion que continuent d'en diffuser les «gens bien» de notre théâtre.Pendant tout ce temps, Gilles continue d'ignorer ce que sont la crise.et les subventions.Sa dernière revue de la saison.«Il faut marier Ti-Pierre» où il fait revenir Marcel Gamache en scène aux côtés de Marthe Choquette, Monique Vermont, Alpha Boucher et les autres, prend fin dimanche prochain le 29.Cet été, il continuera les enregistrements de son nouveau téléroman avec Janine Sutto, «Poivre et sel» de Gilles Richer que l'on verra dès septembre à Radio-Canada, tout en écrivant, comme il l'a toujours fait, les textes des deux premières revues qui inaugureront la dix-septième saison de son théâtre.Saison au cours de laquelle plus de 175000 autres personnes afflueront au Théâtre des Variétés, venant grossir le record de Gilles Latulippe.DE 5 À 7 André Robert teur; «I Miss You, Hugs and Kis-ses» avec Elke Sommer; «City on Fire»; «A Man Called Intrepid ».Et pendant que nos cinéastes d'ici, comme Jean-Claude Lord, tirent le diable par la queue, Donald commande maintenant des cachets de cinq chiffres (plus de 10 000$) pour ses rôles.Ayant appris son métier, il peut maintenant jouer au théâtre et se faire connaître à la télévisoin où le «mâle» de jadis interprète avec finesse un policier homosexuel dans «Jamais deux sans toi».Retour au cinéma francophone avec Claude Brasseur dans «Au revoir, à lundi», suivi de «Fantasti- ca», des «Plouffe», et d'«Une aurore boréale».Et ce vendredi 27 mai, c'est un comédien aguerri qui se retrouvera face à Gilles Carie, seize ans plus tard, alors que débutera le tournage du «Crime d'Ovide Plouffe» où Donald tient un rôle étoffé: celui de Stan Labrie, l'être maléfique responsable des grands détours de l'intrigue.Ils seront ce jour-là sur le plateau pas mal plus nombreux que ce matin lointain de l'été 67.Donald Pilon n'a pas fini d'accumuler les magnétoscopes de ses films.?CADEAUX^- MONDE ENTIER W AUBAINE SPÉCIALE CapbnDuval culinaires Pratique socle mural en Warîc.marine, rouge, grte, brun m ?Pour couper homard, poulet, légumes, papier aluminium, cordes, papier.tout.même le métal, .¦ ?jamais besoin d'aJguteaga, sûr pour les enfants ?garanti sans condition Ciseaux de cuisine CapbnDuval \u20ac700 Cote des Mets (Plue Côte des Neiges) 735-3633 Sans frais 1400-361-6482 5800 boul.Cavendish (Mail Cavendish) 489-5761 La saison du barbecue est de retour et avec elle, on voit souvent les cuisiniers novices remettre la main à la pâte.Et avec succès encore! Comme le dit si bien mon voisin René: «Ne sommes-nous pas tous un peu chef dans le coeur?» Expérimenté ou novice, peu importe, la cuisson au barbecue c'est facile et fantastique.Voilà une excellente façon de savourer les aliments et de profiter du plein-air.Riz, brochettes de poulet et crêpes 1.Riz à la cantonaise Pol Martin CUISINER (pour 4 personnes) 250 mL (1 tasse) de riz à longs grains, lavé 1 L (4 tasses) d'eau froide 4 oeufs 30 mL (2 c.à soupe) de beurre 4 tranches de jambon coupé en lanières 15 mL (1 c.à soupe) de persil sel et poivre 1) Mettre le riz dans une casserole contenant 1 L (4 tasses) d'eau bouillante salée; couvrir et faire cuire pendant 12 minutes.2) Verser le riz dans une passoire et le refroidir sous l'eau froide.3) Verser 250 mL (1 tasse) d'eau dans une casserole et l'amener à ebullition.4) Placer la passoire contenant le riz sur la casserole.Couvrir le riz avec un linge propre et le faire cuire à la vapeur de 7 à 8 minutes.5) Battre les oeufs dans un bol; saler, poivrer.Ajouter le jambon et le persil: mélanger le tout.6) Faire fondre le beurre dans une poêle à omelette à feu moyen.Verser les oeufs dans la poêle et les faire cuire sur un côté pendant 2 minutes.7) Retourner de l'autre côté et plier l'omelette en deux; prolonger la cuisson de 2 minutes.8) Couper l'omelette en julienne.9) Placer le riz dans un plat de service et ajouter la julienne d'omelette.10) Servir.2.Brochettes de poitrine de poulet (pour 4 personnes) 1 poitrine de poulet, désossée, sans peau, cuite et coupée en dés 1 piment vert, coupé en dés 1 piment rouge, coupé en dés 20 champignons entiers 1 gros oignon coupé en six 60 mL (4 c.à soupe) d'huile 15 mL (1 c.à soupe) de sauce soya 15 mL (1 c.à soupe) de sirop d'érable sel et poivre 1) Verser 250 mL (1 tasse) d'eau dans une casserole, saler et amener à ebullition.Ajouter le piment vert, le piment rouge et les champignons; couvrir et faire cuire 3 minutes.2) Placer la casserole sous l'eau froide pour arrêter la cuisson des légumes.Egoutter et mettre de côté.3) Enfiler, en alternant, un morceau de poulet, de piment, de champignon et d'oignon.4) Répéter la même opération pour remplir toutes les brochettes.5) Verser l'huile dans un bol.Ajouter la sauce soya et le sirop d'érable; mélanger le tout.6) Badigeonner les brochettes avec le mélange et les faire cuire sur la grille du barbecue de 6 à 8 minutes.7) Badigeonner d'huile pendant la cuisson.8) Servir avec le riz.3.Crêpes aux raisins (pour 4 personnes) Première partie: les crêpes 175 mL (y* tasse) de farine 30 mL (2 c.à soupe) de sucre 2 jaunes d'oeufs 2 oeufs entiers 125 mL (% tasse) de lait 125 mL (% tasse) d'eau 30 mL (2 c.à soupe) de beurre fondu une pincée de sel 1) Mettre les jaunes et les oeufs entiers dans un bol et mélanger le tout avec un fouet de cuisine.2) Ajouter le lait et l'eau; mélanger à nouveau.3) Tamiser la farine, le sucre et le sel dans le liquide, mélanger et passer le tout au tamis.4) Ajouter le beurre fondu, mélanger et réfrigérer pendant 1 heure.5) Verser une petite louche de pâte dans une poêle beurrée et faire cuire 2 minutes.Retourner la crêpe et continuer la cuisson pendant 1 minute.6) Répéter la même opération pour le reste de la pâte.Deuxième partie: la sauce 30 mL (2 c.à soupe) de beurre 30 mL (2 c.à soupe) de sucre 30 mL (2 c.à soupe) de Cointreau 454 g (1 livre) de raisins verts, sans pépin 15 mL (1 c.à soupe) de fécule de maïs 45 mL (3 c.à soupe) d'eau froide jus de 3 oranges jus d'1 citron zeste d'une orange 7) Faire fondre le beurre dans une poêle à frire à feu moyen.Ajouter le sucre, mélanger et faire cuire de 2 à 3 minutes pour caraméliser le sucre.8) Ajouter le Cointreau, le jus d'orange et le zeste et le jus de citron; mélanger et faire cuire pendant 3 minutes.9) Ajouter les raisins et faire mijoter le tout pendant 3 minutes.10) Mélanger la fécule de maïs et l'eau froide.Ajouter le mélange à la sauce; remuer le tout.11) Farcir les crêpes avec le mélange et servir. wres pour tous les goûts et tous les budgets £ Editions La Presse.CO CO 5 LU to I CN Ai Mail de subconscient par Mgr Edouard Jette Explications de certains phénomènes où le subconscient atteint des résultats étonnants.128 pages les wmtilkMises possibililes deuil it suhfmwk'iii t.* ï\\ fe \u2022 CO* 3* '¦y * '' *' \u2022 ¦ **.Us WÊnéÊ&mm eessieiirtés do Yotrt subconscient Roger Foisy Pour vous aider à entretenir en vous un climat d'équilibre favorable à la reconnaissance du bonheur.144 pages m ¦ m Monôme Tout le ejeo)4o dm Maigrir Paul Berval Après avoir essayé nombre de diètes amaigrissantes.Paul Berva! vous livre celle qui lui a fait perdre 30 livres, sans souffrir.112 pages lapçltique vaginale Dr Marë-Anoée Osmpagrm rrtd.l'obésité DROGUES xxrrt n omon pœafHi£ parunôcMifcro etuneatMude-ctewiestime Journal d'une attrléa Marte-Odile Vézina Un livre qui aide à comprendre qu'on peut être, à la fois, pour et contre l'avorte-ment.136 pages La polrtique »e jinale E/len Frankfort Traduit de l'amer team par loan a Wreder At her son Une remise en question de nombreux aspects de la médecine actuelle.Et surtout, la décision de nombreuses femmes de connaître leur corps.Un livre-choc.248 pages // Vaincre l'ceàsKé Dr Marie-Andrée Champagne Ce livre traite de l'obésité de façon progressive et constructive et des moyens qu'il faut prendre pour la vaincre.176 pages CXSRCICCI pour rester belle L'ALIMENTATION, ET VOTRE SANTÉ PSYCHIQUE Drogues, société tt option M ri A41ftâ>II# Or Harold Kafant et Oriana Josseau Kafant Traduit de I anglais par Pierre OeLéan L'étude complète du problème des drogues dans notre société par l'analyse des causes de leur usage et de leurs offets.216 pages IKM TU H u\\iu\\i:u H 125 po*ii niai lin i efe Exercices pear rester Ma Josette Ghedin L'art de profiter des gestes quotidiens tout en évitant l'épuisement.Tous illustrés et expliqués clairement.190 pages illustrées Recettes de feenaeU peur milfrir, seal ea avec Palde de vttrt médecin Jean-MarieMarineau, MO.Pour maigrir avec bon goût.198 recettes délicieuses et amaigrissantes.272 pages illustrées alimentation et votre santé psychique Roger Foisy L'influence des aliments et des minéraux sur l'esprit et la santé mentale.160 pages \u2022f»__ 125 tracs aear mitpv at rester mince par le docteur Jean-Marie Marineau Une foule de solutions pour atteindre un poids normal et le maintenir.160 pages Offre spéciale aux abonnés de LA PRESSE \u2014 20% de rabais BON DE COMMANDE Veuillez me faire parvenir le
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