La presse, 2 avril 1983, La presse plus
[" ?Montréal, 2 avril 1983 volume 1, numéro 8 L'épisode actuel saga des Molson une signature: Eric Herbert Molson Eric Herbert, 45 ans, Des gens «ordinaires» a consolidé l'empire familial, menacé de dislocation ou l'art de cacher sa Rolls dans la cave d'une brasserie II\" wBiFm\\ 7TT^iriirrnrn?TOrn^L 'V-iv\\\\\\\\\\vÀ\\ù< - : v \\ J .*»»»» \\ \\\\\\\\\\\\w .V\\«¦ vvO .I O * «>* »\u2022 .A\\i\\\\W I ! : 1 À an! ?000 [ oo nem 9 La télématique au Palais des congrès sera programmée de Toronto: pourquoi?page 8 » » \u2022 C \u2022 a Pâques PLUS Un huitième numéro de PLUS: Pâques aidant, c'est l'occasion de faire le point Pour nous de la rédaction, le trac est passé.Ou presque.Chaque mercredi soir apporte en effet, avant la mise sous presse, sa dose de tension: le billet que vous lisez à compléter, un ultime «papier qui vient d'entrer, un dernier titre à fignoler, ces quelques fautes aperçues au dernier instant Rien là qui soit très spécial: tous les journaux du monde se finissent dans la fièvre.Sauf que le démarrage d'une nouvelle publication charrie ses angoisses bien particulières.En clair: comment le lecteur va-t-il accepter le produit?Un sondage tout frais d'Hebdo-bec, qui publie PLUS, est rassurant Malgré les contraintes techniques relatives au positionnement de PLUS dans l'abondante édition de LA PRESSE du week-end, PLUS est vu et lu.Et bien lu, en chronique régulière comme en reportage.L'indice de grande satisfaction et de satisfaction \u2014 plus de 70 p.cent \u2014 dépasse largement les attentes.Et en cela, nous rejoignons l'un des grands objectifs que nous nous étions fixés au départ Qu'on se rappelle le premier numéro: nous promettions un magazine pour LIRE plutôt que pour VOIR.Et nonobstant le voeu bien légitime de plusieurs lecteurs souhaitant un papier de meilleure qualité, nous persistons pour l'instant dans notre pari fondé sur la primauté de la qualité des textes.Par exemple, ce reportage que nous offre cette semaine en pages deux et trois Pierre Godin sur la famille Molson, l'une des plus importantes de Montréal; en particulier sur le rôle récent joué dans la consolidation de l'empire par Eric Herbert Molson.Dans nos chroniques, Yves Leclerc explique pourquoi il est grave que la gestion de la télématique au nouveau Palais des congrès de Montréal ait été confiée à une entreprise toron-toise.Voilà donc pour nos très civiles réflexions pascales, PLUS laissant à ses lecteurs le soin de jongler à loisir avec le message que véhicule ce moment très spécial.Joyeuses Pâques! La Rédaction Serge Grenier ( un café Clients et expresse bien tassés Une des maisons Van Houtte \u2014 car il y en a trois \u2014 ouvre ici et là en ville des petits cafés clairs et frais pour gens pressés.Celui de la rue Peel, particulièrement agréable, ne dérougit pas.Ambiance cosmopolite, vue imprenable sur Sainte-Catherine et, pour 80 cents, un dangereux croissant au chocolat dont il faut se méfier parce qu'il engendre la dépendance.un meuble Lit d'Orient Le lit d'eau ne fait plus beaucoup de vagues, sauf dans les motels à l'heure de banlieue.Le repos vient maintenant du Japon.Le futon, c'est son nom, est la rage.Sans aucun ressort, tout coton, dur, pliable, les Japonais disent l'utiliser depuis des millénaires et s'en bien porter.Connaissez-vous des Nippons qui ont mal au dos?Connaissez-vous des Nippons?a la radio CJMS est nostalgique Nostalgie des auditoires d'an-tan, s'entend.Les bons gars de CJMS viennent de trouver un nouveau panier pour leurs oeufs, ils se mettent à l'heure du rire: les Paul et les Cyniques, Sol, Mo-reau, DesRochers, Deschamps, le vieux Gédéon, Gus et Mousse, envoyé donc! Ça ne coûte absolument rien, c'est du stock éprouvé.Plusieurs de ces disques remontent aux années soixante.Ils en veulent du rire?CJMS va leur en donner.CKAC l'a déjà fait, d'autres le feront.Soyez prévenus: vous n'avez pas fini de les entendre.a la tele Lorsque Suzanne rit Si le rire est le propre de l'homme, comment appelle-t-on ça quand c'est Suzanne Lapointe qui éclate?Quelle force, quelle joie de vivre dans ce rire qui ne s'arrête que pour mieux repartir.Un comble: lorsqu'elle est avec L'EMPIRE DES SENS Michel Jasmin, lui-même assez rieur.Notre amie Suzanne est bon public: un calembour ta transporte de joie, une facétie la rend hilare, une contrepèterie et elle rit à gorge déployée.Chaque jour de la semaine, de 9h30 à 11 heures, au canal 10, Suzanne rit.un film ) Travestisme et art déco Victor Victoria de Blake Edwards n'en finit plus de passer d'une salle à l'autre, en anglais comme en français.À voir surtout pour Robert Preston qui gagnera sûrement l'Oscar du meilleur acteur de soutien, le 11 avril.Un film qualifié de «soft gay».b.d.Das Kapital, un pape, un frère Boréal Express publie les versions françaises dune amusante série de livres appelés Marx pour débutants; Einstein pour débutants.Darwin et Freud ont le leur.Jean-Paul II est, lui, le héros d'un comic book Marvel qui se vend sûrement comme des petits pains bénis: l'histoire de la comète blanche depuis son enfance jusqu'à l'attentat de la place Saint-Pierre.Enfin, un classique: le comic book du Frère André.Versions anglaise et française.Une merveille pour amateurs de comic book ou de Frère André.Plus que jamais en vente à l'Oratoire.exposition) Seulement si on passe par là Il ne faut pas avoir grand-chose à faire pour passer visiter l'exposition intitulée «Piquants de porc-épic» au Musée McCord rue Sherbrooke.On paie son dollar en se disant qu'il s'agit sûrement d'une exposition itinérante venant de Saskatchewan.On brûle: c'est une gracieuseté du Glenbow Museum de Calgary.On n'en revient pas de tant apprendre sur les piquants de porc-épic et leur utilisation, à des fins décoratives, par les Amérindiens des plaines de l'ouest.Très joli.Très, très joli.Emmenez donc les enfants.I Eric Herbert Molson le conservateur de l'empire es millénaires avant John Molson l'Ancien, fondateur de la richissime dynastie montréalaise, ne brasse cette fameuse «Mol» qui irrigue depuis 1786 le gosier toujours insatiable des Québécois, la bière était déjà si populaire que Noé avait fait sa provision avant de monter dans l'Arche, comme aujourd'hui on n'oublie pas de cacher son carton de bière dans sa voiture avant de partir en camping! En 1660, un siècle avant que John Molson, orphelin de 18 ans venu du Lincolnshire britannique, ne mette pied à terre à Québec, l'intendant Jean Talon introduisit la bière en Nouvelle-France parce que, écrivait-il à Louis XIV, «cette boisson est bonne, saine, moins chère que le vin et ne fait perdre que rarement la raison».Mais en scellant le sort des Français, les armes britanniques scellèrent aussi celui de la «Brasserie du Roy» (aujourd'hui les Voûtes Jean-Talon à Québec) transformée bientôt en fortin militaire par le Conquérant.Il faudra attendre le jeune Anglais du Lincolnshire pour que le brassage de la biçre ne revive sur les berges du Saint-Laurent.Mais à Montréal cette fois, là où de nos jours encore, adossées à la travée centrale du pont Jacques-Cartier, les cheminées de la brasserie Molson crachent sur l'est de la ville d'épaisses vapeurs blanches provenant de I'ebullition simultanée du moût et de la fleur femelle du houblon qui donne son «âme» à la bière.Presque bicentenaire, la saga des Molson a failli cependant tourner court il y a quinze ans quand des membres de la famille laissèrent malencontreusement filer le contrôle à des gestionnaires étrangers, à la faveur d'une série de transactions visant à diversifier l'entreprise.Mais depuis l'an dernier, la dynastie respire à nouveau.Eric Herbert Descendant direct de John l'Ancien, Eric Herbert Molson, 45 ans, homme si effacé, dit-on, qu'il dis- paraît dans la tapisserie, et si économe, dit-on encore, qu'il peut faire réparer ses chaussures jusqu'à trois fois chez son cordonnier de la rue Greene, à quelques rues de son «townhouse» de vieille pierre grise de Westmount, est devenu en juin 1982 le grand patron d'un empire fabuleux: chiffre d'affaires de 2 milliards$ et plus de 12 500 employés répartis dans 37 pays.Jusqu'à la fin des années 60, cinq générations de Molson s'étaient transmis, sans coup férir et suivant le principe selon lequel le plus apte commande, le pouvoir et l'argent dont Hartland de Mon-tarviile Molson, oncle d'Eric qui sut plus que tout autre Molson incarner la noblesse de la fortune, aimait à dire avec un brin de cynisme: «De nos jours, on ne parle plus de sa richesse.On se sert du mot pouvoir mais en réalité, argent et pouvoir sont synonymes et interchangeables.» Chef du clan Molson jusqu'à 1966, Hartland de Montarville accéda au Sénat en 1955 non sans se permettre une impertinence.Au premier ministre du temps qui lui soufflait dans l'écouteur «Ici Louis Saint-Laurent», il fit.narquois: «Bien sûr, mon ami, et moi je suis le Prince de Galles!» En 1966, le sénateur et son frère, Thomas H.Pentland Molson, père d'Eric, avec qui il dirigeait la brasserie depuis 1953, cédèrent les commandes à ieur jeune cousin, Percival Talbot Molson, boursier Rhodes âgé de 45 ans, tout en restant au conseil d'administration.Les trois cousins entreprirent alors de diversifier lentreprise avec les fonds énormes tirés de la vente de la bière, qui connaissait un essor extraordinaire depuis la télévision et la transformation en un véhicule de promotion exceptionnel du club de hockey Canadien, acheté en 1957 du sénateur Donat Raymond.Le loup En 1967, les Molson firent entrer le loup dans la bergerie, l'On-tarien D.G.«Bud» Willmot qui allait devenir avec un autre étranger, Jim Black, le véritable décideur.Willmot reçut 74 millions $ pour-sa Pierre Godin compagnie.Anthes Imperial, et un bloc d'actions valant 10 millions $ et dégageant un dividende annuel de 350 000 S.Sous l'impulsion de Bud et Jim, tous deux encore à la direction aujourd'hui.Molson avala une série de firmes étrangères au brassage de la bière.Notamment: Diversey Corporation, spécialisée dans les produits chimiques (47 usines, 4 700 employés et un chiffre d'affaires de 408 millions $), Beaver Lumber (Le Castor Bricoleur) avec ses 212 magasins et un chiffre d'affaires de 327 millions $ en 1982 et enfin Wilson Spécialistes de Bureau, 900 employés et des revenus de 104 millions $ en 1982.Mais, durant tout ce brassage, où étaient donc passés les Molson?Thomas H.Pentland s'était retiré avant de mourir en 1978.De sa maison cossue de l'avenue Ro-semount, à Westmount, ou de son siège au Sénat, un Hartland de Montarville vieillissant évoquait avec nostalgie la grandeur du passé, ces jours lointains où les bons vivants qu'étaient les Molson allaient avec femmes et bébés skier ou nager ensemble dans leurs nombreux lacs des Lauren-tides.Il observait aussi avec une pointe d'inquiétude la montée du sentiment national québécois mais n'hésitait pas à revendiquer ses racines en proclamant avec force, comme René Lévesque, «Je suis Québécois» pendant que sa compagnie fournissait 75 000$ à la caisse de Pro-Canada au référendum de 1980 et saluait en Claude Ryan «un nouveau chef remarqua' ble».Pour l'historien Alfred Dubuc, qui a fait sa thèse de doctorat sur les premiers Molson, l'enracinement québécois des Molson, s'il est historiquement vrai, tient aussi pour beaucoup du marketing: 80 p.cent de la bière produite à Montréal est vendue au Québec.«Jamais un Molson ne ferait la bêtise de dire comme l'un des Bronfman l'a fait: Moi, je m'en vais! Leur bière, à qui il la vendrait?» Il faut dire aussi que si le siège social reste à Montréal, la direction effective du conglomérat se trouve à Toronto.Soixante-quinze La saga des Molson : celle de gens «ordinaires» pour cent du chiffre d'affaires est d'ailleurs réalisé hors Québec, où Molson possède plusieurs brasseries.Quant au malheureux Percival Talbot, le brillant boursier Rhodes élu président en 1966.il mourut dans un accident de chasse.Il y avait bien aussi David Molson.membre comme Eric de la sixième génération, mais totalement subjugué par le hockey dont il eut pu devenir une vedette n'eut été de son nom, il n'avait d'yeux que pour le Tricolore qui lui appartenait personnellement.Passion qui ne l'empêcha pas.en 1971 et pour une question d'impôt, de le vendre aux frères Bronfman, autre célèbre dynastie alors en pleine ascension.En 1978, quand la compagnie Molson racheta le Canadien des Bronfman, de peur de le voir passer dans l'écurie promotionnelle de son féroce concurrent Labatt, le prix avait grimpé à 50 millions $.To be or not to be Aux abords des années 80, la question se posait donc pour la dynastie des Molson: to be or not to be?Malgré leurs perpétuelles chicanes et leurs drames de famille, les Molson s'étaient néanmoins maintenus en selle durant presque 200 ans.Allail-on devoir reléguer aux oubliettes de l'Histoire l'oeuvre des premières générations?Construction de I'Accomodation, premier bateau à vapeur à naviguer sur le Saint-Laurent, du premier chemin de fer canadien dont la première locomotive à circuler ici s'appelait comme la bière la John Molson Spéciale, du premier réseau d'éclairage urbain, du premier théâtre permanent à Montréal, le Théâtre Royal, de la plus importante brasserie du Canada, sans parler de la fondation, en 1855.de la Banque Molson fusionnée en 1925 à la puissante Banque de Montréal \u2014 62 milliards $ d'actifs en 1982.A la fusion, les Molson détenaient déjà plus de dix p.cent des actions de la Banque de Montréal et en détiendraient aujourd'hui de 25 à 30 p.cent, selon l'évaluation de Jorge Niosi, auteur du «Contrôle financier du capitalisme canadien».Mais heureusement pour le clan Molson.Eric Herbert veillait au grain.Rangé et sérieux depuis toujours, il n'était pas le genre au collège de Lennoxville à se faire attraper à demi nu dans un dortoir de filles, Eric Herbert était entré dans l'entreprise familiale en 1959.à l'âge de 22 ans, comme apprenti brasseur.C'est la règle chez les Molson: avant de brasser des affaires, il faut d'abord savoir brasser la bière! Après seulement, on peut monter dans l'échelle.Quand il se maria en 1966, Eric dut comme tout employé subalterne demander à son chef de service Falardeau la permission de prendre trois jours pour son voyage de noces.En 1981, il se retrouve président du groupe des Brasseries et détient déjà 14 p.cent des actions votantes.La famille Molson en détient 44 p.cent en comptant celles d'Eric.Sen objectif est simple: s'emparer du bloc d'actions de 11 p.cent que détient toujours l'Onta-rien Willmot, président du conseil d'administration.En juin 1982, Willmot vend à Eric 10 p.cent de ses actions.Le tour est joué! Avec 54 p.cent des actions votantes, les Molson sont de nouveau maîtres chez eux.Eric Herbert se retrouve vice-président du conseil avec les pleins pouvoirs.C'est le grand patron sans le titre.L'anonymat La personnalité effacée du nouveau chef de la dynastie est à limage des Molson qui détestent le tapage publicitaire même si leur nom est placardé sur des centaines de camions et dans tous les estaminets canadiens et américains \u2014 71p.cent de la bière canadienne exportée aux USA.Plus peut-être que le droit à la vie privée, c'est la légende qui se forme inévitablement autour des familles patriciennes qu'il faut préserver.Il y a quelques années, une journaliste de Toronto fit scandale en révélant que les trois enfants du premier Molson, John II, William et Thomas, étaient nés dans l'illégitimité.Le biographe officiel des Molson, Merril Denison.avait caché la vraie date du mariage de John l'Ancien, qui n'était pas 1786, date de naissance de John II, comme il l'avait écrit, mais plutôt 1815.«Moi j'ai retrouvé l'acte notarié du mariage et il est daté de 1815, confirme l'historien Alfred Dubuc.Dans le contrat de mariage d'ailleurs, John l'Ancien dit clairement: «Nous nous marions pour reconnaître nos enfants qui sont nés de nous.» Bref, cela voulait dire que durant les premières années de leur vie.durant 28 ans pour John II, les trois enfants de la deuxième génération de la dynastie des Molson devaient être considérés aux yeux de l'Histoire comme des bâtards.Tare pas si honteuse après tout car elle était plus que couran- te dans bien des familles de sang royal de l'époque! Ce genre de petit avatar ancestral n'est pas bon à dire surtout quand vous tenez à passer pour des gens ordinaires, comme c'est le cas chez les Molson.Jusqu'aux années 70.alors qu'il s'y fixa, Hartland de Montarville tirait gloire de ne pas habiter Westmount mais les Laurentides.«On est dans le quartier depuis deux siècles, on y reste!» lança-t-il durant les années 60 au personnel de la direction de Molson désireux de quitter la rue Notre-Dame est pour la toute nouvelle Place Ville-Marie.C'est cependant le même homme qui sortit un jour son chéquier, y inscrivit la somme de 250 000 $ qu'il remit illico à John Nichol, financier de Vancouver venu le solliciter pour une bonne oeuvre.Aucun «common man» ne peut se permettre pareille largesse.Ni appartenir au très sélect club privé Mount Royal où les cure-dents sont en argent.Ni posséder la grande baie du lac Memphréma-gog.Ni disposer pour le repos de son âme d'un mausolée surmonté d'un obélisque érigé en 1860 au coût de 15 000 $ dans la partie la plus élevée du cimetière de Côte-des-Neiges.Seuls les «Super-Wasps» peuvent avoir tout cela.Richard Le Hir, publiciste à la Molson, remarque: «C'est très ambigu.Les Molson seraient choques qu'on les définisse autrement que comme des gens ordinaires.Mais en même temps, on les insulterait si on les traitait d'ordinaires.» Travaillant il y a quelques années aux archives Molson de la rue Notre-Dame, l'historien Alfred Dubuc nota que plus son rang était élevé dans la hiérarchie, plus un employé pouvait se garer près de l'usine ou des bureaux.Comme il y avait derrière les bureaux principaux un petit parking, il s'imagina que les limousines des Molson devaient en bonne iogique s'y trouver.Mais il n'y avait là que des voitures ordinaires.Un jour, il ouvrit par mégarde une porte du sous-sol où se trouvaient les archives.«Et là, j'ai trouvé l'écurie Molson! s'exclame-t-il.Mon cher, c'était des Rolls Royce et des Cadillac! Il n'y avait que ça.Des chauffeurs en livrée s'y tenaient et chaque voiture était à peine arrivée qu'on la lavait automatiquement.C'était une écurie cachée! Il y a tout un folklore à propos des Molson, conclut-il.» ?c C 2 IT.> r- cr > 2 > 7J >C a u t La consommation de bière per capita au Québec: 130 litres en 1981 124 litres en 1982 Jean-Guy Duguay h*.fJ8f«i'.'-';?- CO 00 > < CN 5 LU < to < LU OU Z o to i*5I I H t.fe.«' Les piliers de brasseries du Québec ont appris une bien mauvaise nouvelle en août dernier: les Terre-Neuviens venaient de leur ravir le championnat canadien des buveurs de bière.La consommation per capita avait chuté au cours de l'année précédente de 130 à 124 litres.Les mêmes statistiques que venait de publier l'Association des brasseurs du Québec prouvaient aussi que les Ontariens s'approchaient dangereusement, qu'ils les talonnaient même, dans cette compétition sanctionnée par Statistique Canada.La nouvelle aura peut-être semé la consternation dans les quelques tavernes traditionnelles; les brasseurs, eux, n'ont fait que réaliser avec un peu plus d'acuité l'ampleur du problème auquel ils doivent faire face: l'industrie est en régression constante.Le phénomène n'est même pas nouveau.Après avoir connu une pointe en 1979, année de la fameuse grève de la SAQ, les ventes de l'industrie du houblon chutent année après année à un rythme beaucoup trop rapide au goût des représentants des trois grandes brasseries québécoises.Leurs ventes ont baissé de 4,9 p.cent encore l'an dernier.Cette constatation a forcé les brasseurs à examiner la situation de plus près, bien sûr, et à identifier la, ou les, sources de leurs maux.Certaines sont d'ordre démographique.Les jeunes adultes consommateurs, les 18 ans, arrivent sur le marché de la consommation en rangs de moins en moins serrés et ils ont de moins en moins d'argent dans leurs poches.Les brasseurs avaient prévu le coup de la baisse de la clientèle et avaient mis sur pied les ripostes voulues.La crise économique actuelle est toutefois venue chambarder les belles stratégies de marketing élaborées de longue date Les taxes Les grands coupables cependant, c'est le président de J'Asso- dation des brasseurs Hubert Pitre qui le dit, sont le ministre des Finances du Québec et les gouvernements.«Nous avons par exemple été forcés de majorer nos prix quatre fois en moins de douze mois l'an dernier.L'effet psychologique de ces hausses successives s'est immédiatement fait sentir: les ventes de caisses de 24 bouteilles ont cédé le pas à celles des caisses de 12 bouteilles presque du jour au lendemain.» Une date fatidique, le 17 novembre 1981, a profondément marqué les brasseurs.Le ministre des Finances Jacques Parizeau leur a confié ce jour-là la mission de percevoir une partie de ses impôts en plus de les grever d'une autre taxe.Cette dernière devait être perçue dès la sortie des usines et remise au gouvernement rubis sur l'ongle, alors que les brasseurs doivent consentir des délais de paiement relativement longs à leurs distributeurs, les épiciers et les dépanneurs licenciés.«Le gouvernement ne s'est même pas soucié de savoir si nous avions les infrastructures nécessaires à cette nouvelle tâche.Tout devait être mis en place quatre jours plus tard,» de dire M.Pitre.La décision gouvernementale d'identifier différemment les bouteilles destinées à la consommation domestique et celles devant être servies dans les lieux publics, dans le but de contrecarrer une forme possible d'évasion fiscale (la bière vendue dans les restaurants et brasseries rapporté plus au gouvernement que celle consommée à la maison) a aussi obligé les brasseurs à consentir des investissements onéreux aux chapitres de l'entreposage et de la livraison: certaines brasseries, dit-on, ont dû doubler leurs surfaces de stockage.La livraison La livraison de la bière coûte aussi très cher aux brasseurs.La décision gouvernementale, enco^ re, d'accorder les permis de vente presque à gogo a eu pour effet de faire passer le nombre de points de ventes de 12 500 en 1976 à 22 500 en 1981.«Livrer une caisse de bière coûte 1,10 $ de plus au Québec qu'en Ontario» de dire encore M.Pitre.Rappelons ici qu'il n'y a que 436 points de distribution en Ontario et qu'ils appartiennent aux brasseurs regroupés sous la bannière de Brewers' Retail Outlets.Dans cette province, les restaurateurs vont eux-mêmes s'approvisionner dans ces points de distribution.La démocratisation de l'émission des permis, décidée dès son arrivée au pouvoir par le gouvernement actuel dans le but de présenter un éventail aussi large que possible de distributeurs à son propre produit, le vin, a forcé les brasseries à doubler le nombre de leurs camions de livraison.Sans compter que la vente libre du vin dans les épiceries a porté un autre coup dur à l'industrie: les statistiques prouvent que l'arrivée de ce compétiteur de taille coïncide presque avec le début de la période de déclin actuelle.Le président de l'ABQ prête au gouvernement l'intention d'accorder très prochainement des permis de vente de vin, excluant la bière, à certaines chaînes d'alimentation.Opposition Inutile de dire que l'industrie de la bière s'oppose fermement à une telle initiative.Elle a fait connaître ses doléances au gouvernement dans un document fort bien présenté qui démontre clairement son importance dans l'économie du Québec: les brasseries fournissent directement des emplois à 5 800 personnes; la moyenne des salaires payés est de l'ordre de 30 000 $; globalement, la commercialisation et la vente de la bière sont à la source de plus de 20 000 emplois; le commerce de la bière injecte plus de 600 millions $ annuellement dans l'économie de la province; l_a fabrication de la bière apporte chaque année plus de 200 millions $ au Trésor québécois.Autre argument, de taille, que fait valoir l'industrie du houblon: dans un scénario économique de déclin, une baisse de 2 p.cent du marché de la bière conduit à la perte de 400 emplois et de 6 millions $ pour le Trésor québécois.L'industrie demande donc aux gouvernements de bien vouloir freiner ses ardeurs de démocratisation et de taxation.Les consommateurs causent bien assez de soucis à leurs fournisseurs.Les bières légères se vendent mal, seulement quatre pour cent du marché au Québec contre sept en Ontario; les ventes de bière en fût chutent dramatiquement au Québec: de 13 p.cent rien que l'an dernier, alors qu'elles sont en progression partout en Amérique du Nord; l'arrivée des «légères» n'a jusqu'ici que cannibalise un marché déjà en baisse.Les brasseurs demandent aussi au gouvernement de leur accorder une certaine latitude afin de reprendre le terrain perdu.On voudrait par exemple une plus grande liberté au chapitre de la publicité.Il est, selon ses porte-parole, inconcevable par exemple qu'il leur soit interdit de dire que la bière est désaltérante, qu'elle étanche la soif.On voudrait aussi plus de cohérence de la part du gouvernement provincial: le ministre des Affaires soâales blâme d'une part les brasseurs de la recrudescence de l'alcoolisme (alors que les ventes baissent de faire remarquer M.Pitre) alors que son confrère des Finances se sert d'eux et de leur produit pour gonfler ses coffres.Les brasseurs suggèrent au gouvernement de se servir de la bière, beaucoup moins alcoolémi-que que le vin et les spiritueux, dans sa campagne contre l'alcoolisme.Le gouvernement de l'Alber-ta ne vient-il pas de reconnaître ce fait en réduisant sa taxation sur la bière dans le but d'en encourager la consommation au détriment de ses concurrents?La Suède s'est servie de ce ticket modérateur pendant des années avant de voir enfin baisser le taux d'alcoolisme.La situation des brasseries est loin d'être aussi rose que celle présentée dans leurs commerciaux.i ? LES MAUVAIS TRAITEMENTS SUBITS PENDANT LA GUERRE 1939-1945 Daniel Raunet Wakayama, c'est !e nom dune petite région au sud d'Osaka où se trouve un village de pêcheurs qui s'apelle Mio.Dès 1880, les fils de Mio s'expatriaient au Canada, pour échapper à la misère et construire le chemin de fer transcontinental.Wakayama, c'est aussi le nom de famille de Tamio, un «sanséi», un Canadien de la troisième génération, qui essaie de rouvrir une page d'histoire fermée il y a quarante ans.Avec un groupe d'amis de Vancouver, Tamio Wakayama a fondé le «Japanese Redress Committee*, une organisation qui exige que le gouvernement canadien présente des excuses publiques à ses 40,000 citoyens d'origine japonaise et les dédommage des sévices subis par les «isséi» et les «nisséi» de la première et de la deuxième génération pendant la dernière guerre mondiale.Le 7 décembre 1941, l'aviation japonaise bombardait Pearl Harbor, provoquant le réveil du géant américain aux réalités asiatiques.Immédiatement, plusieurs dizaines de milliers d'individus devinrent suspects, de la Californie à l'Alaska.Les Canadiens 'origine japonaise exigent excuses réparations ¦ ¦ A S* VANCOUVER Le 27 février 1942, le gouvernement canadien de Mackenzie King invoquait la Loi des mesures de guerre et ordonnait l'évacuation des 21 000 personnes d'origine japonaise qui résidaient sur la côte du Pacifique.Plus de la moitié des déportés étaient de nationalité canadienne, en particulier les «nisséi», qui parlaient plus facilement l'anglais que le japonais.Les plus «dangereux», 750 personnes de sexe masculin, se retrouvèrent en camp de concentration en Ontario, avec les prisonniers de guerre ennemis.L'immense majorité, 12 000 personnes, fut expédiée vers plusieurs ville fantômes des Rocheuses, non sans avoir transité par les écuries du Parc des expositions de Vancouver où il fallut construire en plein hiver des campements de fortune.D'autres furent directement placées dans les Prairies, pour cultiver les betteraves sucrières nécessaires à l'effort de guerre.Les pertes Les Nippo-Canadiens perdirent toutes leurs possessions.Leur flotte de pêche, 1100 bateaux, fut rachetée à vil prix par des Blancs et en 1943, la commission fédérale chargée de la gestion de leurs biens vendit aux enchères maisons, fermes, véhicules, meubles et effets personnels.Il fallut attendre 1947 pour qu'Ottawa abroge ses décrets et renonce à expulser de force 6300 personnes vers le Japon.Les biens séquestrés furent finalement remboursés, mais une fois les frais d'administration déduits, les familles d'origine japonaise ne reçurent qu'en-viront 20 p.cent de la valeur réelle de leur propriété.Les efforts de Tamio Wakayama et de ses amis du « Redress Com-mittee» ne font pas l'unanimité.Gordon Kadota, 50 ans, président de l'Association nationale des Nippo-Canadiens, pense qu'il est trop tôt pour s'adresser à l'opinion publique canadienne.Les «isséi» et les «nisséi» ne sont pas tous d'accord.Pour beaucoup, la déportation est une source de honte qu'ils préfèrent oublier.Ils ont refait leur vie en Alberta, à Toronto, à Montréal (il y a près de 2000 Nippo-Québécois) et même à Vancouver, et se sont intégrés à la société ambiante mieux que tout autre groupe asiatique.Pour les «sanséi», il s'agit par contre de retrouver les racines d'une identity fuyante et d'aider le Canada à assumer son passé.«Qui sait, vous pourriez être les prochains», d'ironiser Tamio Wakayama.Halford Wilson, un vétéran de OAsiatic Exclusion League», ne regrette rien.En tant que conseiller municipal de la ville de Vancouver au déclenchement de la guerre, il joua un rôle essentiel dans le lobby anti-japonais.M.Wilson est maintenant un vieux monsieur de 78 ans qui s'exprime lentement, mais ses convictions sont toujours fermement ancrées.Les Japonais, explique-t-il, jouissaient, de par la loi nippone, de la double nationalité, quel que soit leur lieu de naissance ou leur statut au Canada.Ils vivaient, selon lui, sous la coupe du consulat du Japon et de ses agents et constituaient donc un danger pour la sécurité nationale.George Briggham, un retraité de l'île de Vancouver, se souvient lui aussi de l'internement, mais de l'autre côté du Pacifique, en Malaisie, où sa famille avait été enfermée par les Japonais dans un camp de travail, «comme des esclaves».Après la guerre, ses parents n'ont reçu en tout et pour tout que $300, et encore, de l'Angleterre.Et que penser des 200 soldats canadiens capturés à Hong Kong le 25 décembre 1941.le Japon leur doit-il des excuses, ont-ils droit à un dédommagement pécuniaire?Tamio Wakayama et ses amis n'acceptent pas l'amalgame.Pour eux, les Nippo-Canadiens se sentaient avant tout canadiens, sans loyauté particulière à l'égard de Tokyo.Peter Ward, professeur à l'Université de la Colombie-Britannique est du même avis: il n'y a eu, fait-il remarquer, aucun cas de sabotage, d'espionnage ou de subversion constaté à la suite de l'entrée en guerre du Japon.L'historien rappelle également la forte tradition anti-asiatique de la Colombie-Britannique dès avant la guerre, les pogroms contre les Chinois et les Japonais, les manifestations contre l'immigration, les mesures restrictives limitant l'accès des personnes de race jaune à certaines professions.Pour le professeur Ward, la déportation des Nippo-Canadiens n'avait qu'une raison: le racisme exacerbé des habitants de la Côte ouest.Ce racisme est-il mort?«Non, les victimes modernes en sont les immigrants de l'Inde et du Pakistan.Mais il y a maintenant des institutions et une opinion publique qui le tiennent en échec.» «Préjugés raciaux, hystérie guerrière, faillite des dirigeants politiques», tel est le verdict qu'a émis cette année une commission du Congrès américain chargée de rouvrir le dossier de l'internement de 120000 Nippo-Àméricains dans les années 40.Tout comme au Canada, la commission n'a pas trouvé le moindre cas de sabotage susceptible d'étayer la thèse officielle de l'époque.Le président Roc evelt, estime le rapport, s'en est pris sans raison à une minorité ethnique pour se faire pardonner la catastrophe de Pearl Harbor.En juin prochain, le Congrès américain se penchera sur la question et certains de ses membres proposent déjà de verser 25 000 dollars aux internés et à leurs descen -dants.Le Canada est-il prêt, lui aussi, à se livrer à un examen de conscience similaire?Plus de 40 ans après le drame, les enfants des déportés posent la question.?-~ 0 2 rr > > < 7C 00 CO cr. j J > u XL 0 n D Louis-Bernard Robitaille PARIS Mais quoi ! les frontières sont fermées?Un vent de panique a soufflé sur la France cette semaine: aura-t-on le droit de sortir du pays cette année?Du coup, le plan d'austérité du gouvernement est passé inaperçu, bien qu'il ne soit pas particulièrement joyeux: un cadre moyen versera environ 150$ au Gouvernement en mai et lui («prêtera») entre 300 et 600$ avant le mois de septembre; tabac et alcool vont augmenter de 20 p.cent! Ce qui provoque un tollé, ce sont les restrictions sur les voyages.C'est-à-dire sur les sommes qu'on a le droit d'apporter à l'étranger: trois mille francs par personne et par année (environ 520$).On a beau chercher: les restrictions françaises de 1960 sur les devises concernaient chaque déplacement à l'étranger, mais ceci n'était pas limité.Tout comme en Grande-Bretagne à la même époque.Aujourd'hui dix millions de fran- çais vont à l'étranger chaque année: il ne s'agit plus d'un loisir de luxe.On va passer une fin de semaine de trois jours à Londres.Ou les vacances de Pâques à Rome.Désormais il faudra faire son choix: («Deux séjours à Londres, me dit-on à Air France, et la limite prévue est déjà atteinte.») Dès samedi dernier, une délégation furieuse des agents de voyage est venue faire des représentations auprès du ministre du Tourisme.Une manifestation de rue était prévue pour la fin de la semaine.Dans tous les journaux, il est question de fermeture de frontière, d'atteinte aux libertés; on cherche à savoir quelles seront les échappatoires légales (et les autres), quelle sera la vraie réglementation, etc.D'abord les réservations auprès des agences de voyage faites avant le 29 mars et payables à Paris échappent au plafonnement: c'est la formule («avion plus hôtel plus pension tout compris») ou les voyages dans les clubs de vacances.Le vendeur de vols nolisés (aNouvelles frontières») est resté ouvert tous les soirs jusqu'à lundi i minuit.Les agences de voyage ont été prises d'assaut.Le téléphone du Club Méditerranée a été complètement bloqué.Une agence spécialisée sur l'Espagne me dit le 29: («Venez en vitesse aujourd'hui, on datera toutes les réservations du 28.») Depuis mardi matin, les règles sont donc les suivantes.Billets d'avion payés en francs: pas de limite.Tout le reste payé en devises (hôtel, repas, etc.) tombe sous le coût des trois mille francs.L'utilisation des cartes de crédit devient illégale hors des frontières.À la limite, une famille avec deux enfants s'en tirera de justesse à condition d'écourter les traditionnelles vacances qui sont maintenant de cinq semaines avec 1000$ environ, il n'y a pas de quoi faire des folies ni en Espagne ni même en Tunisie.à sens unique seulement Pour les touristes canadiens, jamais la France n'aura été si bon marché.Le dollar canadien, même avec près de 20 p.cent de («retard»), suit l'américain à la hausse.Et le franc vient d'être dévalué.Un dollar en chèques de voyage (ceux-ci valent plus que les billets) valait peu d'argent entre 1976 et 1981: 3,45 francs en février 1980 par exemple.Mardi dernier, il valait 5,85.A l'heure actuelle, deux personnes peuvent se loger dans un charmant petit hôtel de Saint-Ger-main-des-Prés pour 42$ (avec salle de bain) ou 28$ (sans).Dans le quartier du Marais, autre hôtel très convenable: 37$ (bain), 31$ (douche).Dans une brasserie comme la Coupole, on dépensera environ 25$ pour manger très convenablement.Mais un bon petit restaurant de quartier coûtera entre 12 et 14$, vin et service compris.Vous partez en province une semaine?L'agence Mattei, apparemment la moins chère, vous louera une Renault 5.kilométrage illimité, pour 332$ les sept jours.Vous achetez une «Eurail pass» valable un mois et pour tous pays: 539$ (381 $ pour les moins de 25 ans).Un aller-retour Paris-Nice en train: 125$.Cela dit, on se demande pourquoi cet été vous iriez à Nice: la Côte d'Azur sera une région sinistrée à cause de l'invasion des touristes français bloqués à la frontière.Il faut donc impérativement visiter Paris ou des régions peu fréquentées: le centre de la France, la Bourgogne, le Pé-rigord.À éviter: les Alpes et tout ce qui ressemble à un bord de mer.^ Le risque, c'est que les Français décident d'envahir les plages françaises, déjà surchargées en temps normal: la Côte d'Azur sera infernale cet été.Les étrangers qui venaient y dépenser leurs devises iront ailleurs: le gain en devises risque d'être annulé.D'autres conséquences: la réaction des pays touristiques du Sud.À elle seule.I Espagne «socialiste»' accueille plus de quatre millions de Français chaque été.(«Nous craignons des mesures de rétorsion des Offices du tourisme étrangers»), me dit un agent de voyage.Pour les voyages individuels \u2014 des jeunes notamment \u2014 c'est la catastrophe.Les étudiants qui comptaient aller passer deux mois au Pérou, en Indonésie.ou en Amérique du Nord, devront annuler leur projet.(«Sur les 120 mille Français qui viennent au Canada, on risque cette année d'en perdre la moitié»), dit-on à Air Canada.Bref les destinations lointaines sont exclues, sauf pour les Antilles françaises et les pays africains de la Zone franc.Ceux qui s'en tireront, ce sont, encore une fois, les («riches») ou ceux qui ont des relations.Les hommes d'affaires disposant d'une («autorisation de 200$ par jour » auront sans doute beaucoup de voyages d'affaires, les universitaires auront des colloques aux États-Unis.et les journalistes auront des reportages en Italie au mois d'août.Selon les observateurs, le ministère des Finances escompte gagner environ un milliard de dollars sur le déficit de la balance des paiements.Si tout marche bien.mais même dans ce cas, on se demande si cela vaut la peine de se brouiller avec l'Italie, la Tunisie ou le Maroc, de provoquer une crise dans le tourisme et une très mauvaise humeur de tous les Français, gauche et droite incluses.Tout ça alors que le tourisme est l'un des rares secteurs où la France.avait déjà une balance excédentaire.?éditeur Jean Sisto éditeur adjoint Réal Pelletier secrétaire de rédaction Manon Chevalier collaborateurs au Québec Françoise Côté Gil Courtemanche Antoine Désilets Jean-François Doré Jean-Guy Duguay Claire Dutrisac Jacques Duval Guy Fournier Pierre Godin Serge Grenier Jean Hébert .Dr Gifford Jones Dr Louise Laliberté Gérard Lambert Yves Leclerc Marie Lessard Mario Masson Pol Martin André Robert Gisèle Tremblay René Viau Toronto Patricia Dumas Calgary Diane h.ii Vancouver Daniel Raunet New York Robert-Guy Scully Miami Ron Laytner MexiCO Pierre Saint-Germain Paris Jean-Françoiis Lisée Louis-Bernard Robitaille Rome Jean Lapierre Vienne Albert Juneau Tokyo Huguette Laprise Taiwan Jules Nadeau PLUS publie également des reportages exclusifs obtenus de l'Agence France-Presse et l'agence Inter Presse Service.publicité générale: Probecô Ltée Tél.: Montréal 285-7306 Toronto (416) 967-1814 de détail: La Presse, Ltée Tél.: (514) 285-6874 Le magazine PLUS est publié par Hebdobec Inc., CP.550 Succursale Place d'Armes Montréal H2Y 3H3, monté et imprimé par LA PRESSE, Ltée.Tous droits de reproduction, d'adaptation ou de traduction réservés.président du conseil d'administration Roger D.Landry directeur général Jean Sisto responsable des cahiers spéciaux Manon Chevalier secrétariat Manon Beaulieu Tél.: (514) 285-7319 L'APRÈS-PÂQUES EST UNE PÉRIODE IDÉALE âques à New York»: c'est le titre d'un magnifique poème lyrique de Biaise Cendrars.C'est également le souhait que formulent à chaque année de nombreux Montréalais, rêvant de shopping le long de Fifth Avenue, se rappelant Bing Crosby qui chantait «In the Easter Parade» dans son célèbre film \u2022 Holiday Inn».Et pourtant.ils n'y vont jamais! Les obligations familiales ou amicales interviennent toujours.Combien de fois ai-je attendu un copain ou une copine de Montréal, le week-end de Pâques, à qui j'avais promis une visite commentée, et qui n'était pas au rendez-vous! Mais c'est mieux ainsi: tout comme les trois premières semaines de décembre constituent une période idéale pour tâter de la métropole (alors que la semaine précédant Noël est infernale), de même l'après-Pâques me paraît plus sympathique que le fameux week-end lui-même, qui croule sous le poids des magasins bondés et des rues encombrées.Biaise Cendrars cherchait en vain la face du Seigneur parmi la foule anonyme de Manhattan: vos re- Le printemps New York: quel hôtel descend re?Robert Guy Scully NEW YORK cherches plus prosaïques auraient été, aujourd'hui, tout aussi infructueuses.Vous auriez fait la queue au magasin, les restaurants auraient refusé de noter votre réservation et les meilleures places au théâtre vous auraient échappé.C'est à partir de maintenant qu'il faut entreprendre le pèlerinage.- Où descendre?Autre problème.Car, si la gastronomie à Manhattan est d'une rigueur irréprochable, qui fait que les bonnes tables de New York sont les seules au monde à pouvoir vraiment rivaliser (de loin, bien sûr) avec celles de Paris, l'hôtellerie est hélas fort trompeuse.Il y a là des établissements de grande renommée, qui se permettent néanmoins de décevoir.Sur ce terrain, l'Europe n'a malheureusement pas été imitée convenablement.Des adresses Voici quelques adresses d'hôtels honnêtes, qui tranchent sur la médiocrité générale.Je vous les livre selon un ordre de préférences strictement personnel, il va sans dire.Les prix?Conservons la même consigne salutaire que nous recommandions à nos lecteurs lorsque nous traitions des restaurants dans LA PRESSE, il y a quelques mois: doublez le prix (en dollars canadiens) d'un établissement semblable à Montréal et vous aurez compensé à la fois pour le cours de nos deux monnaies, a la fois pour la différence entFe les deux villes.Et vous aurez peut-être des surprises agréables.L'hôtel qui me paraît le plus sympathique entre tous, alliant la grande classe et le service impeccable à l'histoire et au prestige \u2014 tout en ne coûtant pas les yeux de la tête \u2014 est l'admirable Algonquin, 44e Rue, dans Midtown.Cet établissement a une renommée littéraire unique en Amérique.On ne compte plus les écrivains et les artistes qui l'ont fréquenté, dont plusieurs réalisateurs français de la Nouvelle Vague.La table de la Rose Room ou l'ambiance de la Oak Room (où se produit l'excellent pianiste Steve Ross) sont d'une séduction constante.Pour esquisser une autre comparaison parisienne, disons que l'hôtel a quelque chose des meilleures maisons de la Rive Gauche, que son bar est comme celui du Pont-Royal ou de la Closerie, que son restaurant rappelle Lipp.Le secret de l'Algonquin?Les attentions amoureuses que lui prodigue le patron Andrew Anspach, sûrement l'hôtelier le plus cultivé de New York.Il se fera un plaisir de vous parler littérature, musique ou théâtre.Et il connaît Montréal.Restons dans Midtown et évitons les établissements trop au Nord, trop à l'Ouest, ou situés près de Wall Street.« Uptown » et «Downtown» ne vous seront d'aucun secours, si vous voulez marcher à toutes vos destinations.Vous devrez souffrir l'attente éprouvante d'un taxi ou prendre (horreur!) le métro.Le Saint-Regis, par exemple, 55e Rue et 5e Avenue, est également couvert d'une gloire qu'il essaie de ne pas trop trahir.Central Park South La «rue des hôtels», s'il en existe une à Manhattan, est sans conteste Central Park South, entre Columbus Circle et Grand Army Plaza, près de cette fontaine Pulitzer où se baigna jadis un F.Scott Fitzgerald complètement éméché.Cette avenue élégante vous séduira assurément.Mais permettez- moi de vous déconseiller, bêtement (il serait trop long d'expliquer), les hôtels suivants: le Saint-Moritz, le Marriott, le Park Lane, le Barbizon-Plaza; de vous conseiller très tièdement le célèbrissime Plaza, dont il est préférable de fréquenter les bars, le café ou les restaurants; et de vous recommander vivement le Ritz-Carlton, car il est tenu par le même groupe qui administre magistralement le Fairfax à Washinton, selon des standards européens; ou alors, le Pierre et le Sherry-Netherland qui font l'angle de Fifth Avenue et qui ne reçoivent jamais de mauvaises critiques.Toutefois, juste derrière Central Park South se trouvent deux perles.D'une part, le Wyndham, fiStêT de type «famTFial» préfère par les vedettes d'Hollywood qui viennent s'installer pour un tournage; hélas, il est presque toujours complet.Et le tout nouveau Parker-Méridien, ce qui vous permettra de parler français à tous les gens de la maison.Malgré le décor de son hall, un «persan flamboyant» qui laisse songeur, le Méridien, c'est évident, se préoccupe sérieusement de l'accueil et des soins offerts à ses hôtes.Le restaurant Maurice, qui sert des prix-fixes étonnamment raisonnables après le théâtre, est dirige par Alain Senderens (de l'Archestrate, à Paris), ce qui est tout dire.Si vos affaires ou vos amis logent «uptown», dans le Upper East Side, le Carlyle, avenue Madison, où habitait John Kennedy, ne récolte que des éloges.Si, au contraire, vous devez être hébergé plus près de Grand Central, préférez le Helmsley Palace (construit sur les Villard Mansions, demeurées intactes), ou l'Intercontinental, mais ne vous laissez pas tenter par les autres maisons Helmsley.Le Waldorf est comme le Plaza: à fréquenter sans enthousiasme, malgré sa réputation.Très cher Les «aubaines»?J'hésite à en recommander car Manhattan n'offre pas les bons marchés en hôtellerie que l'on trouve en restauration.Mieux vaut rester une nuit de moins, mais bien se loger.Mes amis et connaissances me font des récits horrifiants des établissements «pas cher».Je vous livre les noms des moins mal famés, à contrecoeur: l'Empire; le Warwick; le Wellington; l'Excelsior; le New York Sheraton.Le New York Hilton et le Sheraton Centre sont des énormités, au sens physique et figuré: n'y aller qu'à reculons, quoique le hall du Hilton manifeste une animation agréable.Si vous êtes vedette rock, ou fana, le Gra-mercy sera votre auberge d'élection.Enfin, sans vraiment pouvoir assurer que ces entreprises soient dignes de toute confiance, je reproduis les noms de trois agences chargées d'offrir des appartements en sous-location touristique (séjours prolongés seulement, dépôt et références exigés, etc.etc.): Urban Ventures Inc.; The B and B Group, et Bed and Breakfast International.Les lieux, les types d'appartement et les exigences de chaque proprio varient beaucoup, dit-on.Peut-être trop.Un conseil final: si vous aimez vos avions à l'heure et une réservation qui ne sera pas annulée par des liaisons «oversold» préférez Air Canada à sa concurrente.?O z \u2022H 70 m-> c/> > < 70 CD CO DE L'AN 2000 Yves Leclerc «Exporter» notre avenir?o > 5 j < o -I < u 7 5 s n La nouvelle date d'il y a une dizaine de jours déjà, mais je trouve qu'il vaut la peine de revenir dessus, parce qu'elle risque d'avoir des répercussions bien au-delà de son importance apparente.Je veux parler de l'attribution du contrat de création des logiciels Télidon du Palais des congrès de Montréal à la maison torontoise Infomart.En soi, c'est un «petit» contrat: de l'ordre de 116 mille dollars et quelques mois de travail.En l'accordant à Infomart, le Palais des congrès fait une «bonne affaire» en termes absolus, la soumission étant d'environ 20000$ plus basse que celles des autres entreprises qui étaient aussi sur les rangs.D'autant plus qu'en choisissant Infomart, le Palais n'a pas à payer une licence de 55 000$ pour l'utilisation du système Télidon, ce qui porte à au moins 75000$ la différence avec le plus proche concurrent.Enfin, techniquement, Infomart eet sans doute la société dont la compétence quant aux logiciels et^ i la fabrication de contenus pour Télidon est la mieux établie.En apparence donc, le prix est le plus bas possible pour le meilleur service possible.Où donc est le drame?Vitrine pour l'Ontario Le drame est double et même triple.Tout d'abord parce que ce contrat n'est probablement que le premier d'une série qui totalisera éventuellement plus d'un milion de dollars.Après cette étape préliminaire de signalisation devraient venir, par exemple, tout le système d'information touristique pour Montréal puis pour l'ensemble du Québec; ensuite, un système intégré de bureautique pour le Palais des congrès; et éventuellement un «corridor télématique» du Palais des congrès jusqu'à la Place des Arts en passant par le Complexe Guy-Favreau et le Complexe Desjardins.On ne peut plus parler là de «petits» contrats et il est vraisemblable que ceux qui auront réalisé les premiers logiciels auront «le pied dans la porte» pour l'obtention du gros des autres travaux.C'est l'occasion rêvée pour Infomart de consolider ses propres positions au Québec, même si elle est associée avec Edimédia, société québécoise.Deuxièmement, le concept même d'utiliser le vidéotex pour les services d'information et de signalisation dynamique d'un grand ensemble a été imaginé au Québec; c'est une notion originale, qui risque si elle a du succès d'être adoptée ailleurs.Infomart sera la première à le réaliser et pourra ensuite le vendre à l'étranger, en se référant à son expérience de Montréal.Troisièmement, en effet, le Palais des congrès de Montréal est présenté (c'est le ministre Gilbert Paquette lui-même qui l'a affirmé), comme une «vitrine» de savoir-faire québécois à la vue des visiteurs étrangers.Le «hardware» du système est déjà en bonne partie on-tarien (Norpak) et voilà que le logiciel le sera aussi.Cela revient à inviter des clients éventuels à Montréal pour leur dire: Voyez comme les entreprises ontariennes sont bonnes! Je ne suis pas certain que c'était là le but de l'exercice.Une question de retard À qui la faute?On a souligné que si la soumission d'Infomart est plus basse, c'est que la société a acquis une bonne partie de son expertise en travaillant sous contrat pour le ministère fédéral des Communications, ce qui revient à des «subventions déguisées».De fait, si Infomart n'a pas à payer à Ottawa les 55000$ de licence, c'est que c'est elle qui a créé le système.Est-ce donc encore une fois «la faute à Ottawa»?Il ne faut pas charrier.Infomart a eu l'avantage et l'intelligence d'être la première sur les rangs quand il s'est agi de mettre au point un système de vidéotex canadien.Ses propriétaires, le Toronto Star et la chaîne Southam Press, ont investi dans l'avenir, pris des risques; à ma connaissance, Infomart n'a pas encore réalisé de profits en une demi-douzaine d'années.À l'époque, donc, Ottawa ne pouvait guère éviter de faire appel à elle et il est logique qu'aujourd'hui elle récolte les fruits de ce quelle avait semé.Pendant ce temps, le gouvernement du Québec ignorait même l'existence de ce nouveau secteur de haute technologie, et les entreprises québécoises de communications ne s'y risquaient que si ça ne coûtait rien, ou presque.De fait, la quasi-totalité des subventions données dans ce domaine au Québec l'ont été par le gouvernement fédéral et le sont encore, sans que le gouvernement ou l'industrie québécoise y mettent du leur pour en tirer profit comme l'ont fait les Ontariens.Le résultat, c'est une affaire comme celle du Palais des congrès.Au moment où à Québec on affirme qu'il faut mettre l'accent sur le logiciel, et qu'il faut prendre le «virage technologique», un des tout premiers projets en ce sens financés par le gouvernement du Québec (car l'ironie dans l'histoire, c'est que c'est lui qui paie la noie DQAirJe Jpgjciel du Palais des congrès!), est accordé à une maison de Toronto.Si bien qu'au lieu d'exporter notre expertise et notre technologie, ce que nous «exportons», c'est notre argent.et une partie de nos chances d'avenir.?¦ La Volkswagen «Wasserboxer» 19831/2: une histoire d' HI WÊÈm Oh peut sans doute se demander s'il y a lieu de faire tout un plat autour d'un véhicule à caractère utilitaire et d'une diffusion limitée dont la seule particularité nouvelle est un moteur utilisant un système de refroidissement d'une conception différente.Chez Volkswagen toutefois, on l'entend différemment et on avait de très bonnes raisons d'inviter récemment un petit groupe de journalistes spécialisés, dans un ranch isolé de la Californie au pied des montagnes de Santa Ynez pour faire l'essai de la Vanagon «Wasserboxer» 1983V2.Tout d'abord, VW est en perte de vitesse sur le marché nord-américain depuis quelques années et n'est plus le chef de file qu'il a déjà été parmi les importateurs.Pour le constructeur allemand, le raz de marée japonais a aussi eu des effets dévastateurs et, en ces temps difficiles, tous les prétextes sont bons pour s'attirer les feux de la rampe.Transfuge de chez Ford, le vice-président de VW of America, Jim Fuller, fait preuve d'optimisme malgré tout et s'il a confiance en l'avenir de sa compagnie, c'est précisément en raison de son héritage germanique.«Le consommateur américain, dit-il, devient de plus en plus européen dans ses habitudes d'achat.Il a développé un plus grand esprit de conservation pour les choses qu'il aime et les récentes statistiques démontrent que l'Américain moyen garde désormais sa voiture pour une période d'au moins cinq ans alors qu'il s'en débarrassait généralement au bout de deux à trois ans auparavant.Conséquemment, la durabili-té et la fiabilité sont devenues des critères plus importants pour l'acheteur et, dans ce domaine, la construction allemande possède une réputation insurpassée qui ne peut qu'aider notre cause.» Pour Volkswagen, le mini-bus Vanagon, dans sa plus récente configuration, est aussi un bel exemple de la haute technologie et du savoir-faire allemand.Introduit en Europe en 1949 et exporté pour la première fois aux États-Unis en 1952, c'est le véhicule qui a le plus contribué à la prolifération des fourgonnettes (vans) sur le marché nord-américain.Aussi réfractaire aux changements de style que la légendaire Coccinelle, ce modèle n'a été recarrossé qu'à deux reprises en plus de trente ans.Cela ne l'a toutefois pas empêché de se moderniser par le biais d'une foule de petites modifications et de raffinements qui en font aujourd'hui l'un des véhicules de ce type les plus en avance sur la concurrence.C'est ainsi que la Vanagon est non seulement la seule fourgonnette à posséder une suspension à quatre roues indépendantes mais aussi celle offrant le meilleur coefficient de pénétration dans l'air avec un Cx de seulement 0,44 qui se compare favorablement à celui de plusieurs voitures de tourisme.Des appuis-tête évidés et des accoudoirs ajoutent au confort des sièges «capitaine» de la VW Vanagon.>n au IDUIRE Jacques Duval Le Danemark au coeur de la Californie.La VW Vanagon devant le square Tivoli dans le petit village de Solvang.Si un bon aérodynamisme est maintenant considéré comme étant d'une importance cruciale dans la production automobile, ses effets sont davantage ressentis dans un véhicule tout en hauteur dont la stabilité directionnelle est souvent aléatoire.Un autre des avantages de la Vanagon est son faible encombrement qui lui permet d'être remisée dans un garage de dimension normale et de devancer du même coup la future mini-fourgonnette dite «garagea-ble van» que Chrysler s'apprête à lancer avec grand fracas l'automne prochain.Le véhicule doit ses dimensions compactes à son moteur à cylindres horizontaux opposés (comme dans l'ancienne Coccinelle) monté sous le plancher à l'arrière et cela nous amène justement à la grande «nouveauté» de la version 1983'/2, c'est-à-dire ce fameux «wasserboxer».Cette appellation désigne plus précisément son type de refroidissement («wasser» pour «eau») et sa forme carrée («boxer» pour des poings de boxeur à l'assaut).VW a déjà construit plus de 30 millions de ces moteurs à plat renommés pour leur remarquable endurance mais alors qu'ils étaient précédemment refroidis par air, le nouveau 4 cyl.de la Vanagon bénéficie d'un refroidissement par eau plus conventionnel et, de l'avis même des ingénieurs, plus efficace.Un triple but est à l'origine de ce changement: une augmentation de la puissance, une diminution du niveau sonore et une réduction de la consommation.Les chiffres démontrent que les objectifs ont été atteints puisque le «Wasserboxer» a une puissance accrue de 22 p.cent (de 67 à 82 ch.) malgré une légère diminution de cylindrée, une consommation qui est en baisse de 23 p.cent sur le cycle routier (2 litres de moins aux 100 km) et un niveau sonore qui est inférieur de 2 à 4 décibels, ce qui, dans la pratique, signifie une diminution de bruit de l'ordre de 50 p.cent.Ce moteur remarquablement léger (il ne pèse que 95 kg) et de forme aplatie contribue également à un abaissement du centre de gravité, un atout non négligeable dans ce type de véhicule.Dans sa récente version à refroidissement par eau, il bénéficie enfin d'un nouveau système d'injection très sophistiqué appelé «Digi-Jet» réglant le mélange air-essence par un procédé digital et permettant aussi de couper l'alimentation lors des décélérations.Offerte en trois versions, L, GL et Camper, la Vanagon 1983!4 ne se distingue extérieurement du modèle précédent que par la présence d'une grille additionnelle dans la partie avant à l'endroit où se situe le radiateur.Une phobie à détruire Même si, dans ses diverses versions, la Vanagon a été construite à 5,5 millions d'exemplaires jusqu'à ce jour, ce type de véhicule est souvent perçu par la clientèle comme étant encombrant et peu facile à conduire.Volkswagen veut détruire cette phobie que l'on entretient au sujet des fourgonnettes et il n'aurait certes pu choisir de meilleur endroit pour faire passer son message que les routes en lacets qui ser- pentent à travers les canyons du sud de la Californie entre Santa Barbara et le petit village d'extraction danoise de Solvang.Le constructeur allemand entend également commercialiser la Vanagon comme une sorte de véhicule à tout faire d'une grande polyvalence pouvant se substituer à la voiture traditionnelle plutôt que d'être strictement confiné à un rôle utilitaire.À une époque où l'économie prime sur tout, c'est.évidemment là un argument de valeur sur lequel on insiste en précisant que ce modèle offre à la fois l'espace et l'aspect pratique d'une fourgonnette, la facilité de conduite et la maniabilité d'un sedan et l'habitabilité d'une limousine.Tout cela est évidemment vrai dans la mesure où l'on est prêt à faire les compromis qui s'imposent.Il n'en reste pas moins qu'à un prix d'environ 15,000$, la Vanagon représente une solution fort intéressante aux besoins de plusieurs automobilistes.Le véhicule est effectivement plus maniable et plus facile à conduire qu'on pourrait l'imaginer avec, notamment, un rayon de braquage comparable à celui d'une Rabbit et qui enlève toute appréhension quand vient le moment de le garer dans des endroits serrés.La direction accuse une certaine lourdeur dans les manoeuvres de stationnement mais la grandeur du volant atténue quelque peu l'effort exigé.En dépit d'un bon coefficient de résistance à l'air, la Vanagon n'est pas insensible aux vents latéraux mais, sous ce rapport, les corrections à apporter au volant pour maintenir la trajectoire ne sont certes pas plus ennuyeuses que dans les anciennes Coccinelle.À 100 km/h, le bruit du vent est, bien sûr, perceptible mais d'un niveau parfaitement tolerable.Avec son nouveau moteur, la Vanagon 19831/* est, à n'en pas douter, beaucoup plus silencieuse que l'ancienne et l'augmentation de puissance se manifeste principalement en conduite urbaine par des reprises très satisfaisantes.Les chiffres sont d'ailleurs très éloquents à ce sujet puisque le temps d'accélération entre 0 et 100 km/h est désormais d'environ 18 sec.comparativement à 28 dans la précédente version.Sur route en plateau, la puissance est également suffisante et ce n'est qu'en montagne que le moteur manque visiblement de souffle.Dans ces conditions ou lors d'un dépassement, le limitateur de régime qui coupe l'allumage à la vitesse prescrite sur chacun des rapports est aussi plutôt ennuyeux, sinon dangereux.Ce dispositif, soulignons-le, est présent aussi bien dans les versions à boîte manuelle (à 4 rapports) qu'automatique.À ce sujet, j'ai préféré la Vanagon à transmission automatique, surtout en raison du fait que le levier de la boîte manuelle, malgré quelques améliorations, demeure toujours un peu éloigné du conducteur et plutôt vague avec une marche arrière pas toujours facile à enclencher.Au point de vue consommation, on peut s'attendre à une moyenne ville et route d'environ 12 litres aux 100 km (23 m/g), ce qui est très raisonnable compte tenu du gabarit de la Vanagon.Au point de vue aménagement intérieur, le véhicule fait une re- marquable utilisation de l'espace disponible et peut transporter confortablement sept personnes.Les sièges, disposés en trois rangées, offrent non seulement un galbe agréable mais aussi un dégagement étonnant pour les jambes.L'accès au poste de pilotage exige sans doute une certaine gymnastique en raison de sa hauteur et de la proéminence du volant mais les portes coulissantes latérales (dont VW fut le pionnier en 1967) ne posent aucun problème pour les places arrière.À cet endroit, le nouveau moteur a aussi permis l'installation d'un second système de chauffage qui rend le véhicule beaucoup plus accueillant en hiver.Si l'on ajoute à cela une soute à bagages dont la capacité peut varier de 50 à 100 pi3 (avec banquette arrière rabattue), un freinage adéquat ainsi qu'une finition et une construction fidèles à la tradition allemande, on peut conclure que la Volkswagen Vanagon Wasserboxer 1983Y2 n'est pas dépourvue d'attrait.Plus puissante, plus silencieuse et plus économique que l'ancienne version, elle ne devrait avoir aucun mal à convertir certains automobilistes endurcis en des adeptes de la fourgonnette à usages multiples.C'est du moins ce que souhaite Volkswagen.?en O \u202273 > en > > S3 S Troubles respiratoires et activités de boudoir Dr Gifford Jones SE SOIGNER Arrêtons-nous un peu, chérie; le temps de reprendre mon souffle, et nous recommencerons ensuite, tu veux bien?Vous souriez en songeant qu'il est peu probable que vous ne teniez jamais de tels propos dans votre chambre à coucher.Pourtant.Les maladies pulmonaires obstructives chroniques sont à la hausse, voire à l'état d'épidémie en Amérique du Nord.Et chacun sait que les troubles respiratoires compromettent les activités de boudoir! Jadis, l'emphysème, la bronchite chronique et l'asthme n'étaient pas des affections très courantes; mais aujourd'hui, elles atteignent des proportions alarmantes.Ainsi, les services de santé américains ont constaté que l'emphysème handicape un travailleur sur quatorze passé la quarantaine.Un demi-million de nouvelles victimes par année.Réunies ensemble, les M.P.O.C.(maladies pulmonaires obstructives chroniques) occupent le sixième rang des causes* de décès, mais indirectement, elles sont responsables d'une foule de morts prématurées.Surtout observées chez les hommes de cinquante ans et plus, le Dr Kravetz, responsable du service de pneumologie au Good Samaritan Medical Center, à Phoenix, en Arizona, déclarait récemment recevoir de plus en plus de jeunes, hommes comme femmes, en proie aux difficultés respiratoires chroniques.À la recherche d'air Avec l'obstruction des voies aériennes supérieures et des poumons ayant l'air d'être gonflés à la pompe à bicyclette, les emphysémateux se sentent continuellement oppressés, avec la sensation de suffoquer à cause du manque d'oxygène.Constamment à la recherche d'air, comment songer sérieusement à s'adonner à des activités sexuelles essoufflantes quand le simple fait de se brosser les dents est déjà exténuant?Éliminer ce plaisir ne contribue qu'à augmenter l'état dépressif.Autre source de tension: il arrive souvent que la dyspnée soit confondue avec de l'insuffisance cardiaque.Confusion fréquemment à l'origine de l'impuissance chez les hommes et de la perte de désir sexuel chez les femmes.Malheureusement, rares sont les médecins qui osent aborder le problème de la sexualité avec leurs patients, particulièrement avec leurs malades chroniques.Comme si ces derniers étaient soudainement devenus asexués! Selon le Dr Freed-man, on ne ferait pas mieux en Angleterre; les médecins oublieraient volontiers les besoins sexuels de leurs patients, soit par pudeur, soit par négligence.Lorsqu'un patient répète à quelques reprises, «Vous savez docteur, les choses ne vont pas très bien à la maison», ou, «Je suppose qu'à mon âge on est moins entreprenant», le médecin devrait prendre le temps d'en entendre davantage.Hormis quelques exceptions, le message ne passe pas.À ceux que le lit fait perdre le souffle, un petit examen personnel préliminaire s'impose.D'abord, y a-t-il des cas d'emphysème, de bronchite ou d'asthme dans votre famille?Fumez-vous?En comparaison aux autres, êtes-vous plus essouflé après un effort analogue?Plus essouflé qu'autrefois?Crachez-vous des expectorations jaunes ou vertes?Si vous avez répondu oui à l'une de ces questions, consultez un médecin! Cessez de fumer! Toutefois, la prévention est le traitement par excellence.-Il faut entre vingt et trente ans avant de développer un emphysème sévère; soit assez de temps pour permettre aux gens sensés de cesser de se tuer à petits feux.Cessez de fumer! Une fois l'habitude de la cigarette perdue, l'évolution de la maladie se fait plus lentement.Mais à supposer que vous ayez abusé de vos poumons dans le passé, avec la conséquence que vous haletez désormais dans le boudoir, ne cachez pas votre état à votre médecin.Comme le fit si bien une jeune handicapée qui se plaignait semaine après semaine d'avoir les oreilles bouchées.À la longue, le médecin découvrit la vraie nature du mal: mariée depuis quatre ans, il lui était physiquement impossible de con- sumer son mariage.Si votre médecin fait partie de cette catégorie qui ne demande jamais: «Fonctionnez-vous bien sur le plan sexuel?», rassemblez votre courage et racontez-lui vos problèmes quand même.Au cas où il aurait l'air de ne pas savoir où se mettre, changez de médecin! Il ne s'agit pas de se précipiter chez un sexologue ou chez un psychiatre; la plupart des emphysémateux ont seulement besoin d'un médecin compréhensif en mesure de leur prodiguer quelques conseils techniques.On peut établir des rapports sexuels satisfaisants sous des formes diverses.Il faut également souligner qu'au même titre que l'alcool et le tabac, certains médicaments prescrits dans les cas de M.P.O.C.diminuent la libido et modifient le comportement sexuel.Néanmoins, l'avenir ne s'annonce pas reluisant.D'ici deux ans, le cancer du poumon surpassera en nombre les tumeurs au sein chez les femmes.On assistera parallèlement à un déferlement de M.P.O.C.De quoi interrompre plus d'une scène d'amour! ?VIEILLIR Humaniser?Oui on peut! Claire Dutrisac Lorsque le gouvernement a créé, il y a trois ans, le prix Persillier-Lachapelle destiné ^récompenser un établissement du réseau des Affaires sociales dans ses efforts pour humaniser les soins, il ne croyait peut-être pas frapper si juste.La somme offerte au gagnant est relativement minime: 20 000$.En co plus, trois mentions d'honneur § sont données.*\" Pourtant, ! émulation déclen-5 chée dans le milieu produit des ef-> fets.On a prouvé que si l'on veut ^ vraiment, on peut.Ainsi, au début _ de l'année en cours, le Foyer 2 Sainte-Agathe, qui domine le lac des Sables, à Sainte-Agathe, a $ reçu une mention d'honneur qui j.me semble fort méritée.J'avoue < que la lecture des divers profit grammes mis sur pied pour huma- 2 niser les soins des 56 pension-O naires de ce centre d'accueil m'a 5 émue.Car tous, le personnel ad-io ministratif, médical, professionnel, 3 non professionnel, les familles et les bénévoles, tous ont mis la main à la pâte.J'allais omettre les plus O importants personnages: les rési-p- dants eux-mêmes.v_J Comme de nombreux autres centres d'accueil, le Foyer a dû recevoir des cas de plus en plus handicapés.À cette fin, des transformations physiques appréciables ont été réalisées, des professionnels de diverses disciplines se sont joints aux gens en place.On a instauré la notion d'équipe, si difficile à obtenir, et «l'intérêt pour la recherche s'est accru et la qualité de l'acte professionnel a connu une courbe ascendante».La seconde étape a été celle de la «démédicalisation et de la dé-sinstitutionnalisation».L'an dernier, tout particulièrement, l'équipe, sans négliger le bien-être des pensionnaires, s'est attaquée à la «surmédicalisation» de même qu'à l'utilisation de faux palliatifs susceptibles de créer la dépendance.Elle n'a utilisé la médication que dans la mesure où elle était au service du «vieillir en croissance».Et non au bénéfice du personnel et pour sa tranquillité.Cette dernière remarque est de mon cru.Les professionnels de la santé du Centre soutiennent que «le vieillard a un droit strict à une approche scientifique de ses problèmes de santé».Je traduis: le droit d'être soigné pour ses maladies comme les plus jeunes.Pour «démédicaliser», on a obtenu la contribution quotidienne des pharmaciennes du Centre hospitalier Laurentien.On a réussi à baisser de façon significative la consommation de médicaments en s'attachant à divers aspects des remèdes: par exemple, la force et la quantité des doses, les possibilités de remplacement par des produits naturels, des contrôles de laboratoire, la dépendance à la médication, etc.On est passé à la «médecine douce».Ouand on est passé à la «dé-sinstitutionnalisation», on a cherché d'abord à éviter le piège de l'institution: être étouffé par la structure, si permissible soit-elle, L'équipe du Foyer avoue bien humblement que l'année 1981-1982 ne représente qu'une démarche globale.On a établi un certain nombre de politiques prioritaires, telles celles relatives aux sorties, aux visites, aux transferts* et aux fugues.On a voulu, et j'ai l'impression qu'on a réussi, créer «un climat de liberté»; on a récusé «l'utilisation de méthodes dites sécuritaires».On s'est attaché à changer l'environnement physique et l'environnement humain.Quelques exemples: l'ameublement de la chambre au choix du bénéficiaire et de sa famille, décoration et prise en charge par le personnel des chambres des résidants sans famille.Tout y a passé: la salle à manger, les salons, le jardin, l'installation des boîtes à fleurs.Le respect dû aux pensionnaires se résume dans une politique à deux volets; a) l'interdiction formelle du tutoiement et de l'utilisation du prénom du résidant pour l'interpeller; en contrepartie, diverses initiatives sont venues apporter de la chaleur dans les relations entre le personnel et les bénéficiaires.Le personnel et les bénévoles se préoccupent de donner «un sens à l'existence des vieillards».Il faut aussi souligner un chapitre qui s'appelle «Vieillir en liberté» et où il est question des personnes âgées atteintes de confusion mentale.À l'automne de 1978, après une sérieuse concertation de tout le personnel, on a interdit tout usage de contrainte, chemise ou ceinture de sécurité, pour ces personnes, à moins d'une autorisation formelle de la direction du service.Ces me- sures de contention, bien qu'utilisées sans abus auparavant, visaient à protéger le vieillard désorienté ou confus contre des chutes pouvant causer des fractures plus ou moins graves.L'équipe acquiert la conviction que «la confusion chez la personne âgée demeure liée à des facteurs autres que l'artério-sclérose cérébrale, donc réversible».On a posé comme hypothèse que «si le patient reçoit des soins appropriés et une médication adéquate, si une sécurité affective lui est bien assurée, s'il n'est pas : agressé par des méthodes d'immobilisation, il y a de grandes probabilités que nous assisterons à une récupération».Et l'on posée à la famille une question clé: «Que dirait-elle d'un risque de fracture en échange d'un risque de traumatisme psychologique?» En d'autres termes, si vous étiez en cause, préféreriez-vous un handicap physique au naufrage de votre esprit?Ne serait-ce que pour cette recherche dans un domaine que souvent l'on répugne seulement à considérer, le foyer Sainte-Agathe mérite notre respect et notre admiration.Mais il a donné tellement plus encore à ses bénéficiaires.Joyeuses Pâques, amis-lecteurs! ? PHOTOGRAPHIER Antoine Dèsilets «Yaa-hou!» M â considérer le rythme effarant selon lequel no-g^Jjk tre civilisation con-i^^^ksomme les images, je me demande parfois si l'invention de la photographie n'était pas inscrite dans les chromosomes du premier animal pensant, qui a dû rapidement s'apercevoir (puisqu'il était aussi intelligent que nous!) que les mots ne peuvent pas tout dire et que les choses iraient mieux s'il avait à sa disposition ,un moyen de produire instantanément et à volonté des images précises de ce dont il essayait de parler.Il s'est évidemment produit quelques flous dans l'évolution (peinture, sculpture, théâtre, télépathie, etc.) mais la photo finit enfin par venir, donnant à l'homme ordinaire la clef des images de ses songes, surtout à partir du moment où les appareils robots ont commencé à prendre en charge la partie «cuisine» du processus, laissant à l'esprit pleine liberté de se concentrer sur la question fondamentale, la création de l'image.Mais alors comment se fait-il qu'il existe encore des photographes?C'est que la vie n'est pas si simple, voyez-vous! La plupart des gens savent écrire mais bien peu sont écrivains.Le métier de photographe, comme sans doute celui d'écrivain, s'est peu à peu sophistiqué, à mesure que progressait l'exploration des différents outils que nous avions entre les mains, exploration qui n'intéresse naturellement pas tout le monde.Malgré cela, je ne vous cache pas qu'i> faut parfois se creuser les méninges pour arriver à impressionner un peu notre public.Ce n'est pas tous les jours que l'on tombe sur une scène aussi remarquable que celle qui forme le sujet de la photo de cette semaine.Oui, bon, ça va! J'ai un peu «trafiqué» I affaire avec mon petit fils Sylvain, momentanément «équipé» d'un boyau d'arrosage, mais enfin.L'original (la photo, pas mon petit-fils!) a été orise sur Kodachrome 64, à 1/124 de seconde et a t/11.Cette diapositive fut ensuite transposée en noir et blanc par tirage sur papier RC, ce qui m'a donné un négatif 8x10 grâce auquel j'ai pu impressionner par contact une autre feuille de papier RC pour obtenir l'épreuve finale.Bonnes photos! ?O z 70 > > m > < 70 00 CO .- ! AL Dl MEOLA profession Guitariste de choc! LECTRIC RENDEZ-VOUS.Une pochette sombre.Guitare luminescente, cordes scintillantes.Un reflet bleu, qui s'accroche au pourtour de l'instrument.Enfin, une panthère, noire bien sûr.Et un nom, rouge sang, qui rutile plaqué tout au haut.Une griffe, AL Dl MEOLA.Profession: guitariste de choc, qui embrase les oreilles, pourfend les silences, avale les soupirs en une syncope musicale où le coeur scande, arythmie poétique, le déferlement des notes.ÂL Dl MEOLA donc.Petite enfance banale en la Boston bon teint.Typique atmosphère familiale italienne avec papa bedonnant qui braille une Traviata maquillée par le jet supersonique d'une douche asthmatique et maman amère qui regrette les teintes pastel de la Méditerranée.Et en hiatus, les accents sardoniques de la guitare électrique, d'Elvis et des Ventures qui s'échappent, choses fauves, Mario Masson de la cage transistorisée appelée radio.AL Dl MEOLA donc.Seulement 8 ans, avec en bandoulière, une guitare si grosse qu'il pourrait y dormir.Des leçons de jazz sous l'oeil attendri de papa qui n'y comprend rien et en est tout fier.Un fils, imaginez, qui s'adonne à la musique.Et de rêver.Puis c'est la pratique démentielle, huit heures, dix heures par jour.Doigts meurtris, poignets endoloris.Une gamme rébarbative qui se résout finalement en émotion.Le métier qui entre.Tendu comme une corde de guitare qu'il est, le jeune Al, à répéter ses gammes, à faire chanter sa gratte, tout à créer en lui cette oreille interne où la sophistication instrumentale s'acoquine au bon goût.Un style personnel émerge que même un séjour de deux ans au Berklee School of Music de Boston ne peut réduire, ne peut détruire, et qu'encouragent les nombreuses prestations sur scène.AL Dl MEOLA donc.Joue toujours, et de tout.Hargneusement.Puis le coup de pot.Chick Corea POUR ÉCOUTER l'invite à se joindre à son groupe Return to Forever.Al Di Meola, en moins de 10 minutes, abandonne tout et fait de rauto-stop en direction de New York, la grosse Pomme.Boston bon teint est oublié.Pendant quelques années Di Meola peaufine son style et surtout acquiert cette vitesse d'exécution, souvent décriée, toujours enviée qui fait sa force, cette aisance à grimper quatre à quatre les cordes, comme s'il y avait le feu, et de planer en chute libre vers les harmoniques, les étreindre pour mieux les éteindre, redémarrer en fou, de mineur en majeur en septième, glisser quelques accents free, laisser filtrer un petit air des Abruzzes qui s'achève en Bebop, faire une grimace à Larry Corryel en lui empruntant l'un de ces phrasés tordus dont il a le secret, un rictus à John McLaughlin le temps d'une gamme phrygienne et un sourire à Paco de Lucia, amant avoué du Flamenco.Et toujours le manche brûle et s'en évapore une nuée de notes pures, noires et blanches qui partent à l'assaut des trompes d'Eustache frémissantes.AL Dl MEOLA donc.Il s'est détaché de Corea et fait carrière seul depuis.C'est déjà son sixième album.Sa démarche de compositeur s'affine: il jongle avec l'énergie du rock et les rythmes latins où s'ébattent joyeusement les percussions, avec le jazz plus formaliste drapé dans une classique dignité et le flamenco.Sa musique en est une progressive.Les styles s'entrechoquent, les tendances se côtoient en une boule sonore qui roule et qui roule.ELECTRIC RENDEZVOUS, titre d'album et pièce instrumentale tout à la fois, en est l'exemple parfait: ce morceau, comme la pan thère sur la pochette, est plein d'énergie féline, rond comme un dos hérissé, gonflé de colère et de vie.La batterie et la basse, avec au volant Steve Gadd et Anthony Jackson foncent furieusement à 100 à l'heure, en une course sauvage et fluide; et pendant que Jan Hammer, au clavier, bride la bête, Di Meola la berce, l'enchante, parfois l'endort mais toujours ensuite pour la mieux éperonner.ÉCHEC ET CO Jean Hébert < 5 LU < i i z o Ci our une troisième année consécutive le championnat ouvert de Laval a enregistré un important succès, attirant 167 participants soit 16 de plus qu'en 1982.Les sections D et E pour les jeunes n'ont enregistré que 18 inscriptions par rapport au 40 de l'an dernier, mais la forte affluence dans les sections B et C a plus que compensé.Dans la section A (22 joueurs), les favoris Kevin Spraggett et ce chroniqueur ont annulé ensemble en 4e ronde terminant chacun avec 4% sur 5 et une bourse de 450$.La 3e place est occupée par Finta, Provost, Ber et Mosho-poulos avec 3%.Robert Lapierre réalise 5/5 et remporte la section B et 300$, un demi-point devant Dufour et Imbeault.Dans le C, Jean-Yves Lebel et Marc Simon-celli réalisent des pointages parfaits de 5-0 devancent Raymond Desjardins avec 4ft.Comme d'habitude les organisateurs de la ligue d'Échecs laval-loise ont tout mis en oeuvre pour que les conditions de jeu soient parfaites, allant jusqu'à lubrifier les pentures de portes pour éviter des bruits indésirables! Un certain joueur du A aurait même souhaité qu'on le réveille dimanche matin pour lui éviter une perle par défaut, mais les organisateurs ont bien entendu jugé que cette responsabilité était celle de chaque joueur.Heureusement que la grande majorité des joueurs s'avèrent plus raisonnables dans leurs demandes! Le championnat ouvert de Laval: un grand succès 2e Tournoi de l'Est Organisé à l'hôtel Le Merlion par le club d'Échecs International du Canada, ce tournoi doté de 650$ en bourse n'a attiré que 26 joueurs dont 10 dans la section A.Comme à Laval, Spraggett a annulé contre son plus dangereux concurrent, cette fois l'américain Danny Kopec, pour partager avec celui-ci la première place et 350$.Ils ont réussi 4%/5, un point et demi devant Daniel Provost.La section B est gagnée par Gaétan Lapierre de Breakeaville, près de Québec.Le prochain tournoi de l'Est au CEIC est prévu pour les 15, 16 et 17 avril prochain.Kasparov en avance Le match des candidats le plus intéressant a débuté à Moscou vers la fin de février.D'après les résultats fragmentaires que nous avons obtenus, Garri Kasparov mènerait sur son compatriote Alexandre Beliavski par 2-0, sans compter les nulles.Ces matchs étant limités à dix parties, il est déjà probable que Kasparov passe à la demi-finale, compte tenu de son avance et de son statut de grand favori pour devenir le prochain aspirant d'Anatoli Karpov.Danny Kopec vs Kevin Spraggett Tournoi de l'Est défense indienne du roi 1-d4Cf6 17-Txa3Cb7 2- Cf3 g6 18- b4 h4 3-g3Fg7 19-Ta7hxg3 4- Fg2 0-0 20- hxg3 Cg4 5-0-9d6 21-Cc4f5 6- c4 Cc6 22- f3 Cf6 7- Cc3 a6 23- f4 exf4 8- b3 Tb8 24- gxf4 Ta8 9- Fb2 b5 25- Txb7 Dc8 10-d5Ca5 26-Tb6cxb6 11 - cxb5 axb5 27- Cxb6 Dc7 12- Cd4 b4 28- Cxa8 Txa8 13-Cb1 e5 29-Dd3Ta2 14-Cc2Fd7 30-Fxf6Fxf6 15-Cd2h5 31-Cd4Da7 16- a3 bxa3 32- e3 Ta3 33- Cb3 Da4 34-Tbl Dxb4 35- Ff 1 Db6 36- Cd4 Dc5 37- Tb8 Rf7 38- Tb3 Txb3 39- Cxb3 Db4 40- Cd2 Re7 41-Rg2 g5 42- Cc4 g4 43- e4 fxe4 44- Dxe4 Rd8 45- f5 Db3 46- Dd3 Y2-tt PROBLÈME L.Riczu (1974) Mat en deux coups 8 7 6 5 4 3 2 1 v/g/y.'ïjtf-z - ¦r 1± m m il ÏSm abcdefgh Sl-l :uonn|os Guy Fournier POUR RIRE Les malheurs de J.C.La paix est enfin revenue à l'Assemblée nationale et les affaires de l'Etat vont enfin reprendre leur cours normal.Dans un geste sans précédent, le Premier ministre René Lévesque a annoncé que Je caucus de son parti avait voté unanimement l'expulsion du député péquiste d'où venait tout le mal, et que celui-ci avait décidé de quitter son siège de député.La rumeur avait couru qu'il siégerait comme indépendant, mais il s'est ravisé.Depuis son élection en 1976, au moment de la victoire surprise du Parti québécois, la vie parlementaire du député ne fut qu'une longue suite de malheurs.Heureusement, sa femme et ses enfants n'ont pas été affectés par ce qui se passait à Québec.C'est du moins ce qu'on peut en conclure à ta suite de quelques rencontres avec les journalistes.Il va sans dire que la pauvre femme a perdu toute confiance en la politique, tout comme ses enfants.«Nous en avons soupe de la politique, a-t-eile dit récemment à un journaliste et j'espère que plus personne de notre famille n'en tâ-tera pour un siècle à venir.Nous avons bien hâte que J.C, (comme les parlementaires avaient pris l'habitude de le faire, sa femme appelle aussi son mari par les deux premières lettres de son nom composé) revienne à la maison.» Eh! bien, c'est\" fait depuis hier soir.Le brave J.C.est retourné dans son village où il redeviendra le modeste menuisier-charpentier qu'il était, métier qu'on pratique de père en fils dans sa famille.Pour lé bénéfice de nos lecteurs qui n'ont pas toujours suivi la carrière mouvementée de J.C, nous en rappellerons les principales étapes.Le début de ses malheurs de député remonterait à la première séance du caucus du Parti québécois.Lors de cette réunion J.C, qui n'a jamais fumé de sa vie, faillit s'évanouir, ayant eu la malencontreuse idée de s'asseoir entre René Lévesque et Jacques Pari-zeau.A la réunion suivante, il proposa que les membres du caucus s'abstiennent de fumer durant les réunions.Il fut chaleureusement hué.Les ministériels ne lui en auraient peut-être pas tenu rigueur s'il n'avait présenté ensuite un projet de loi privé dont le résultat eut été de bannir la cigarette des lieux publics.A compter de ce jour, J.C était un homme «marqué».J.C.ne se fit pas d'amis non plus lorsqu'il s'éleva contre la télédiffusion des débats à l'Assemblée nationale.Il prétendait qu'il ne suffirait pas de repeindre la salle et de veiller à ce que la caméra ne prenne que le député ayant la pa- role pour que les téléspectateurs ne se rendent pas compte que l'Assemblée est souvent vide et que ceux qui y restent lisent leur journal ou digèrent leur dîner.Les lecteurs se souviendront aussi de l'éclat de rire qui accompagna l'hypothèse de J.C.qui craignait que l'équipement ne finisse par être utilisé à d'autres fins que l'enregistrement des débats.A une autre occasion, J.C, prétendant que les députés doivent être au-dessus de tout soupçon, proposa que ceux-ci s'abstiennent de visiter les grands magasins, de participer à des tournois de golf ou de fréquenter des endroits où se tiennent des adolescentes et des adolescents, lorsque les travaux parlementaires les accaparent du matin jusqu'au soir et les soumet; tent à un stress qui pourrait les erv traîner à poser des gestes regrettables.Des deux côtés de l'Assemblée, la proposition fut accueillie par une salve de huées.Au cours du premier mandat du Parti québécois, l'Opposition se servit souvent des déclarations de J.C.contre le gouvernement, mais ces derniers temps, elle n'avait pour lui aucune sympathie.Le malheureux J.C s'attira même les foudres de son propre frère lorsqu'il refusa d'intervenir en faveur d'une société pour laquelle son frère faisait des démarches.Celui-ci proclama à qui voulait l'entendre que J.C.était plus «catholique que le pape» et qu'il n'allait pas crever comme un rat rien que parce qu'il était député! L'Opposition craint que l'attitude de J.C ne fasse des petits.Celui-ci se refuse à accepter que l'Opposition et le parti au pouvoir s'entendent comme larrons en foire pour la fin des débats, par exemple, pour cacher des choses si l'autre partie n'en soulève pas une autre, etc.J.C.croit qu'il ne devrait y avoir aucune tractation et que la vérité doit toujours être proclamée, toutes choses qui seraient aussi défavorables à l'Opposition qu'au parti au pouvoir.Chaque parti a ses consignes et qui ne les suit pas, doit tôt ou tard subir le même sort que J.C Pauvre lui! A la tin, on le bouaait des deux côtés de la chambre.Son expérience démontre bien qu'un simple député ne peut se sinoulariser et, si par malheur il est membre du Parti québécois, il ne peut s'assurer de sympathie si le stress n'arrive même à l'ébranler.Même si personne n'y a fait allusion publiquement, il semble que ce qui a rendu J.C.parfaitement insupportable auprès de ses collègues fut son insistance à parler à chaque réunion de l'indépendance du Québec! Il y a une limite à cas-.ser les oreilles de ses collègues.Gérard D.Laflaque vous fera-t-il danser?\\ - * - V .\"i-> j Tt \u2022 \u2022 t La carrière de Gérard D.Laflaque pourrait prendre une orientation imprévue, si ses créateurs et la direction de Radio-Québec n'arrivent pas à s'entendre ces jours-ci.Il pourrait devenir à l'automne l'une des vedettes d'une émission régulière de variétés.En effet, sous l'impulsion de son nouveau patron Denys Bergeron, la maison de disques Trans-Cana-da s'implique de plus en plus dans la production de shows comme celui de Julio Iglesias à Tahiti que l'on a vu récemment, et qui sont tout simplement donnés aux télédiffuseurs puisqu'ils servent à la promotion de ses disques.Le prochain grand projet qui devrait se concrétiser ces jours-ci est celui d'une série de variétés, axée surtout sur le disque et dans le style du « Solid Goid» américain, que l'on produirait chaque semaine dans les nouveaux studios ultra-modernes de Télé-Capitale à Québec.On n'a pas voulu m'en dévoiler le nom de l'animateur, mais mon petit doigt rne dit que ce pourrait être René Simard qui serait encadré par cinq danseuses et.Gérard D.Laflaque qui apporterait sa note d'humour bien particulière à cette série dont le nom provisoire est «Québec en musique».Denys Bergeron prépare aussi une série de six émissions spéciales sous le thème de «Hommage à.» qui profiteraient d'un événement marquant dans la vie d'une personnalité pour lui consacrer une grande production.J'ai ouï dire que.\u2022 Les «fan clubs» que l'on croyait passés de mode comme les minijupes, retrouvent la faveur des jeunes.Celui de Nathalie Simard, en tout cas, compte le nombre presque incroyable de 42000 membres.\u2022 Mario Lirette a l'intention d'investir dans une entreprise de location de limousines.Un comique qui veut transporter des messieurs sérieux.! \u2022 Les rumeurs de ses difficultés couraient depuis plus de deux mois dans les milieux de la restauration et la catastrophe vient de se confirmer: Desjardins, le célèbre restaurant de fruits de mer de la rue MacKay, vient de déclarer faillite.La famille fondatrice l'avait revendu il y a trois ans et le nouveau proprio, inexpérimenté dans le domaine, n'a pu redresser l'affaire.(Roger Lemelin perd ainsi l'un de ses, rçndez-vous favoris).Desjar- DE 5 À 7 André Robert dins, fondé en 1892 au coin de Guy et Dorchester, était l'un de nos trois restaurants qui dataient du siècle dernier.Les deux autres: la Mère Martin, le plus artcien fondé en 1861, et Pauzé qui naquit l'année suivante en 1862.\u2022 Si vous vous demandiez pourquoi Paul Buissonneau ne joue jamais à son propre théâtre de Quat'Sous ou n'accepte pas de rôle dans un téléroman, il m'en a avoué la raison: il n'a pas de mémoire.H lui est incapable d'apprendre un long texte par coeur.On comprend maintenant pourquoi il a commencé avec les Compagnons de la Chanson: quand il oubliait les paroles d'une chanson, il y en avait huit autres pour le couvrir.\u2022 C'est la première fois que le Portage de l'hôtel Bonaventure fait revenir un chanteur aussi vite: 5 mois après son engagement précédent, le chanteur français de charme Frank Russell y reprend l'affiche à compter de mardi.Son gérant Claude Valier va profiter de ce séjour pour s'empiffrer au nouveau restaurant de Jean Cayer (jadis du Pickwick) et étoffer encore un peu son impressionnant tour de taille.\u2022 Le nom de Kenneth Welsh ne vous dit peut-être rien, bien que celui de James Munroe vous soit devenu familier pendant les six semaines où vous avez applaudi «Empire Inc.» à la télévision.Tout le monde connaît maintenant le visage de cet acteur originaire d'Ed-monton mais qui fit ses études ici à Montréal, à l'École nationale de théâtre.Sa mère est slave d'origine, son père irlandais et il a aussi du sang roumain, polonais, norvégien et russe dans les veines.Si je vous en parle, c'est que vous pouvez aller l'applaudir en personne au théâtre Centaur où il joue jusqu'au 10 avril dans la pièce «Quiet in the Land».\u2022 Les têtes d'affiche de «Mari-sol», dont Christine Lamer, Luis de Cespédès et le réalisateur Claude \u2022 \u2022 \u2022 \u2022 \u2022 Colbert se pressaient à la première du «Panurge» d'Antonine Maillet au théâtre du Rideau Vert.Espérons que ça va déteindre: leur intrigue ne souffrirait pas de devenir un peu plus rabelaisienne.\u2022 Le métier est ainsi fait: Gisèle Schmidt qui croyait avoir sept engagements fermes en poche d'ici septembre (dont un film en France avec Bertrand Tavernier qui est retardé, un Marivaux qui a été décommandé, et un rôle cet été à Shawinigan qu'on lui a annulé) se retrouve avec seulemnt deux contrats.Et elle chômera cet été puisque croyant être déjà engagée, elle avait refusé toutes les autres offres qu'on lui avait faites.\u2022 Le restaurant-bar 7e Art, juste en face d'Eaton sur la rue Ste-Ca-therine, est devenu l'un des nouveaux rendez-vous de la colonie artistique pour les soupers, tard après les spectacles.«Coco» Leopold y a fait le lancement de son livre et la relationniste Thérèse David y a quasiment établi son quartier général.\u2022 C'est la maman de Nicole Leblanc qui est venue de Gaspésie s'occuper de ses enfants pendant que «Rose-Anna» parcourt la province pendant deux mois en tournée avec le TPQ et «Avec toi pour toujours, ta Marie-Lou».Aussitôt après, Pierre Dufresne (qui est aussi de la tournée) et Nicole reprendront les enregistrements du «Temps d'une paix» pour la saison prochaine.Le soleil d'Italie pour Marie Tifo On peut dire que ce fut une semaine exceptionnelle pour Marie Tifo: en l'espace de quelques jours, elle a vécu la première de l'excellent film de Bruno Carrière «Lucien Brouillard»; elle a appris qu'un autre de ses films, «Rien qu'un jeu» participera à la Quinzaine des Réalisateurs lors du festival de Cannes; elle a su aussi que Janette Bertrand renouvelait son contrat de «S.O.S.j'écoute» à Radio-Québec où Marie se retrouvera donc chaque semaine; elle s'est vue en anglais à la CBC dans la traduction d'un autre de ses rôles dans le film «Les bons débarras» («Good Riddance»); et des millions de gens n'ont pu s'empêcher de la voir à côté des caisses enregistreuses de presque tous les marchés et dépanneurs du Québec, puisqu'elle était en première page de «TV Hebdo».?c c/> O z 70 rrr > CO > m g > < TO 00 CO NOS AMIES LES BÊTES Dr Louise Laliberté L'entraînement à la propreté : préoccupation no 1 ¦ CO 00 o oc > < \u2014 z o to entraînement à la propreté reste toujours le problème §g numéro un dans l'éduca-îJJËfiGÈâtior, canine.Cette période est certainement le moment le plus pénible d'une jeune relation maître-chict et demeure une des raisons les plus fréquemment évoquées pour abandonner et se défaire de l'animal.Un des problèmes de cette éducation, c'est peut-être que l'on remette à plus tard l'entraînement systématique sous prétexte qu'à son arrivée dans une nouvelle maison, le chiot est perdu, qu'il a besoin d'affection, etc.Pourtant ce délai de quelques jours peut déjà compromettre grandement la réussite de l'éducation.Tirer avantage des réflexes naturels Le chien possède deux réflexes innés dont on aurait avantage à tirer profit au cours de l'entraînement.Ces deux réflexes sont: 1) le réflexe de défécation et de miction d'origine alimentaire et 2) le réflexe d'emplacement.Le chien ressent le besoin naturel de déféquer ou d'uriner dans les 10 à 30 minutes suivant CHAQUE repas, à chaque fois qu'il étanche sa soif, immédiatement après le réveil, lors de tout moment d'excitation et pendant ou après avoir mâchouillé ses jouets.Il faudra donc être très attentif et conduire le chiot à l'endroit préchoisi à chacune de ces situations.C'est alors que/on profite du deuxième réflexe, celui de l'emplacement.Une fois souillé par ses selles ou son urine, cet emplacement sera instinctivement celui où le chiot aura tendance à aller.On devrait donc choisir un endroit facilement accessible et toujours , conduire le chiot à ce même endroit.On restera avec lui jusqu'à ce qu'il se soit exécuté et si la «chose» se fait vraiment trop attendre, on pourra utiliser le truc suivant: l'introduction dans l'anus du chiot d'un coton-tige lubrifié a de grandes chances de provoquer la défécation.Après le fait accompli, il ne faut surtout pas manquer de féliciter le chiot et de lui montrer par des caresses, notre satisfaction.Il apprendra ainsi que cet endroit n'est pas un lieu de punition mais un endroit susceptible de devenir fort agréable.La grande majorité des chiens apprennent à connaître cet endroit en 36 à 48 heures.Où ne pas déféquer.Dans un premier temps, on a enseigné au chiot où éliminer.Reste à s'assurer que cette première phase est a tel point comprise et ancrée qu'il en déduira où NE PAS déféquer.La règle est d'être attentif, de prévoir ses mouvements Pour réussir l'entraînement à la propreté, on doit être attentif, vigilant, prévoir les actions du chiot et le prendre « sur le fait ».Si on doit quitter la maison pour plus de quelques heures, il faudra avoir recours au confinement mais, attention, un séjour en cage trop prolongé peut provoquer de sérieux problèmes psychologiques.et le prendre sur le fait s il commet une erreur.Il serait d'ailleurs fort illusoire de penser qu'un chien (et encore davantage un chiot) puisse «se retenir» lontemps; comme par exemple, durant nos heures normales de travail.Lors d'absence, il faut alors avoir recours au confinement.Mais encore là, il faut être prudent car la cage peut aussi avoir des effets fort néfastes sur l'équilibre psychologique de l'animal.Il ne faut jamais isoler un chiot qui traverse sa période critique de sociabilisation (6 à 12 semaines) pour plus de trois heures.La cage aide l'entraînement car, naturellement propre, le chiot évitera de souiller l'endroit où il dort.Attention, dès l'arrivée et la libération, ne pas perdre une seconde et le conduire à « L'ENDROIT ».Suivre pas à pas?Pas nécessairement, il suffit d'être attentif.Mais on peut quand même se faire aider par cet autre petit truc: il sera facile de savoir si le chiot vient de se réveiller ou de suivre ses mouvements à distance si on accroche une ou deux clochettes à son cou.Pendant la nuit, les experts recommandent de laisser le chiot dormir dans la chambre du maître durant la période d'entraînement car naturellement propre, répétons-le, les chances de dégâts sont fort minimes.Et iors d'accidents?Si I'«accident» s'est déjà produit, inutile de punir: le chien ne peut faire de lien entre une action passée et longtemps disparue de sa tête (même après quelques minutes) et notre mécontentement.Pour qu'une punition soit valable, il faut qu'elle arrive dans les quelque SECONDES suivant le fait, pendant ou encore mieux AVANT le fait (quand le chiot tourne en rond et se prépare, par exemple).La plus grande erreur et également la plus fréquemment commise est de nettoyer en présence du chien: l'excitation de nous apercevoir à quatre pattes sur le sol peut représenter un attrait nouveau pour lui et devenir facilement un nouveau jeu.Il vaut mieux conséquemment nettoyer en son absence et désodoriser parfaitement: n'oublions pas que l'odeur sera une nouvelle invitation pour lui.Les cristaux de boules à mites font souvent l'affaire et leur action est plus persistante que celle du poivre! Un pré-requis essentiel : l'excellente santé Même la meilleure des méthodes et la plus grande des patiences ne sauraient connaître de succès si l'animal n'est pas d'abord et au départ en excellente santé et s'il n'est pas adéquatement nourri en quantité, en qualité et selon un horaire fixe.Il serait cruel de punir un animal souffrant de diarrhée.L'horaire des repas est encore un élément important comme l'est aussi, la répartition de la ration quotidienne.Un léger repas le matin et trois légers repas entre le retour du travail et le coucher sont davantage acceptables qu'un gros repas le matin et un gros repas le soir durant la période d'entraînement.Une autre erreur souvent commise: celle de changer l'horaire durant les week-ends.Deux jours avec des repas à différentes heures peuvent provoquer de sérieux problèmes à cette horloge biologique qu'est l'animal.Un tel changement brusque d'horaire peut encore entraîner le développement de graves problèmes de comportement.Le chien attend son repas à heure fixe, ne le reçoit pas, salive, s'ennuie et compense en rongeant les meubles, en mâchouillant les tapis, en déféquant, etc.Pour réussir l'entraînement à la propreté, on doit être attentif, vigi-leant, prévoir les actions du chiot et le prendre «sur le fait».Si on doit quitter la maison pour plus de quelques heures, il faudra avoir recours au confinement mais, attention, un séjour en cage trop prolongé peut provoquer de sérieux problèmes psychologiques.? m » Voici à nouveau Pâques.Pendant plusieurs années, le dimanche de Pâques nous offrait le plaisir de voir ces dames se promener avec leurs petits chapeaux de paille et leurs nouveaux manteaux de printemps.C'était le début d'une autre saison, le signe précurseur de beau temps, de soleil.Le temps de se diriger vers une cuisine plus légère! Joyeuses Pâques, et vive le Printemps! Un menu pascal 1.Escargots aux tomates (pour 4 personnes) 24 tomates naines 24 escargots, bien lavés et égouttés 125 mL (% tasse) de beurre mou 15 mL (1 c.à soupe) de persil haché 30 mL (2 c.à soupe) d'ail, écrasé et haché 1 échalote hachée 30 à 40 mL (2 à 3 c.à soupe) de chapelure fine quelques gouttes de jus de citron sels et poivre du moulin Préchauffer le four à 200° C(400° F) 1) Mettre le beurre mou dans un bol à mélanger.2) Ajouter le persil, l'ail, l'échalote, le jus de citron et le poivre; bien mélanger le tout avec une cuillère de bois.Corriger l'assaisonnement.3) Retirer la partie supérieure de la tomate, à l'aide d'un couteau d'office, tout en la creusant pour former une cavité.4) Saler les tomates.Placer un escargot dans chaque tomate et les recouvrir de beurre à l'ail; saupoudrer de chapelure.5) Faire cuire le tout au four à 200° C (400° F) pendant 3 minutes.* Mettre le four à «gril» (broil) et continuer la cuisson de 3 à 4 minutes.?NOTE: Placer les escargots dans le four à 15 cm (6 po) de l'élément supérieur.2.Jambon au Kriter (pour 4 personnes) 1,4 kg (3 livres) de jambon fumé et cuit avec l'os 30 mL (2 c.à soupe) de beurre 30 mL (2 c.à soupe) de sirop d'érable 2 échalotes finement hachées 125 mL VA tasse! de vin Kriter 500 mL (2 tasses) de bouillon de poulet chaud 30 mL (2 c.à soupe) d'amandes effilées 22 mL (1 % c.à soupe) de fécule de maïs 45 mL (3 c.à soupe) d'eau froide quelques gouttes de sauce Worcestershire sel et poivre persil haché pour la garniture 1) Couper le jambon en 4 tranches de 1,2 cm (% po) d'épaisseur.2) Faire fondre 5 mL (1 c.à thé) de beurre dans une poêle à frire 3) Ajouter 5mL (1 c.à thé) de sirop d'érable; mélanger le tout.4) Ajouter une tranche de jambon et faire cuire, à feu moyen, 2 minutes de chaque côté.5) Placer la tranche de jambon dans un plat de service et tenir au chaud dans un four à 100° C (200° F).6) Répéter la même opération pour les autres tranches de jambon.7) Dans la même poêle, ajouter les échalotes et le vin mousseux; faire réduire le tout pendant 3 minutes.8) Ajouter le bouillon de poulet chaud et faire cuire 2 minutes.\u20229 Ajouter les amandes effilées et la sauce Worcestershire.10 Mélanger la fécule de maïs et l'eau froide.Ajouter le mélange à la sauce pour l'épaissir.11 Ajouter le persil bâché et verser la sauce sur les tranches de jambon.Servir avec un légume frais et le vin mousseux Kriter.NOTE: Kriter, le blanc de blanc, est un vin sec à prix ' ' 4 vraiment abordable.Prix: 6,55 $ ' ' CUISINER Pol Martin 3.Pommes à la crème (pour 4 personnes) 4 pommes à cuire 375 mL (1 Va tasse) d'eau froide 30 mL (2 c.à soupe) de beurre doux 30 mL (2 c.à soupe) de cassonade 5 mL (1 c.à thé) de cannelle Préchauffer le four à 190° C (375° F) 1) À l'aide d'un petit couteau d'office, faire une incision autour de la pomme pour permettre à la peau de se séparer pendant la cuisson.2) Placer les pommes dans un plat allant au four.Ajouter l'eau froide, le beurre, la cassonade et la cannelle.3) Faire cuire au four de 35 à 40 minutes.Retirer du four.4) Vider le liquide de cuisson dans une petite casserole; faire cuire à feu vif pendant 4 minutes.Mettre de côté.La sauce: 500 mL (2 tasses) d'eau froide 3 oeufs 125 mL (V2 tasse) de sucre 5 mL (1 c.à thé) de fécule de maïs 30 mL (2 c.à soupe) de Cointreau 30 mL (2 c.à soupe) d'eau froide 1) Verser 500 mL (2 tasses) d'eau froide dans une casserole et amener à ebullition.2) Mettre les oeufs et le sucre dans un bol; mélanger le tout avec un fouet de cuisine.3) Ajouter 125 mL (% tasse) du jus de cuisson des pommes; mélanger à nouveau.4) Placer le bol sur la casserole contenant l'eau chaude; faire cuire les oeufs tout en mélangeant avec un fouet de cuisine.5) Dès que le mélange commence à épaissir, retirer le bol.(La sauce ne doit pas bouillir).6) Mélanger la fécule de maïs, l'eau froide et le Cointreau.Ajouter le mélange à la sauce et replacer le bol sur la casserole; faire cuire pendant 2 minutes tout en mélangeant constamment.7) Verser la sauce sur les pommes et servir.O z \u20144 m- > r~ > m O i Des livres pour tous les gouts ettous les budgets aux Editions La Presse.fir 00 es < CN 5 LU CO Ê on Z o to i JOWX BRonitxs e .\u2022 que toute femme doit savoir sur les HQMMES C« qa« toute feamt ieit savoir Joyce Brothers Un livre pour les femmes.que tout homme devrait lire.272 pages QU£S CHARTER l'éducation canine L'éducation canine 6///es Chariier Tous les renseignements nécessaires sur la façon de dresser les chiens.Illustré en couleurs.192 pages bricolage L'été du Grizzly André Vacher L'histoire vécue dune semaine d'effroi dans la région de Banff.200 pages Le bricolage avec Louis Thivierge Un guide facile et utile pour tout bricoleur.376 pages ¦m LE (il IDE PLEÏ ES NTES RIE® Votre potager Paul Pouliot Tous les renseignements nécessaires sur l'aménagement du jardin potager.264 pages, photos en couleurs et dessins explicatifs.SKCRCICES pour rester belle La cuisine facile de Pol Martin Pour tous ceux et toutes celles qui souhaitent s'élever dans l'art de la bonne cuisine.160 pages en couleurs, couverture cartonnée.«don/ ou rw îç.bokon 23 Le guide complet des plantes cTmiérieur.Joan Lee Faust Conseils pratiques et faciles sur le soin des plantes d'intérieur.266 pages / 85 pages d'illustrations en couleurs, 41 photographies.Crithrez les légmes dans le jardin, m le teit ea sur le balcon Joan Lee Faust Traévtrtaijfttpar Trrtrtitoftépir Tous les conseils nécessaires à la réussite d'un potager.274 pages, 31 photographies, 61 dessins, 100 illustrations en couleurs Exercices pour rester belle Josette Ghedin L'art de profiter des gestes quotidiens tout en évitant l'épuisement.Tous illustrés et expliqués clairement.190 pages illustrées Recettes de gourmets pour maigrir, $ oui on avec l'aide de votre médocie Jean-Marie Marineau, M.D.Pour maigrir avec bon goût.198 recettes délicieuses et amaigrissantes.272 pages illustrées Offre spéciale aux abonnés de LA PRESSE \u2014 20% de rabais Le guide Jean Page de la pèche au Québec Un guide indispensable pour tous les pécheurs du Québec.400 pages illustrées En vente également dans toutes les librairies.A Membre de I y~ V\" T I AM
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