La presse, 24 novembre 1984, La presse plus
[" ?MONTRÉAL 24 novembre 1984 Volume 2 Numéro 47 envahissant trafic de la poudre blanche CAHIER SPÉCIAL \u2022 L'école privée, victime de son succès?4 i 1 (S - g.» kl hr 4 sr « S) * \u2022 t.¦ Paradis?Quand une héroïnomane vous raconte qu'elle a flambé 60000$ en un an et demi, vous devinez le reste.L'argent qu'il a fallu voler, la pyramide des trafiquants qui ont empoché.Et chaque jour, l'obsession: trouver les deux cents dollars pour les cinq shots d'un paradis artificiel qui devient vite un enfer de la dépendance.L'héroïne, c'est la drogue dure, la poudre maudite qui traîne dans son sillage ses réseaux de criminels, des routes poussiéreuses du nord de la Thaïlande jusqu'aux petits dealers de brasseries.Le «folklore» de l'héroïne est bien connu.et plus vivant que jamais.Ce qu'ont découvert nos reporters.Manon Cornellier et Raymond Lemieux (leurs reportages, page 2 à 5), c'est que le trafic de l'héroïne est en pleine croissance au Québec et particulièrement à Montréal.Alors qu'on y trouvait au plus 200 consommateurs *d'héro» dans les années soixante, c'est par milliers qu'il faut aujourcf les compter.La dope des dopes, autrefois rare, est aujourd'hui facile à trouver.À condition de payer le prix.C'est un peu moins facile pour la police, qui a réussi en 1983, à saisir un peu plus de 10 p.cent de l'héroïne en circulation au pays.Et selon Jules Nadeau, qui a parcouru les routes de l'Orient (son reportage en pages 6 et 7), l'héroïne risque de circuler de plus en plus étant donné les récoltes record de pavot dans les deux grandes régions productrices : le Triangle d'or (Thaïlande, Laos, Birmanie) et le Croissant d'or (Iran, Pakistan, Afghanistan).Nadeau décrit les réseaux, parfois inattendus, de la poudre blanche en Orient et pose une question troublante: le Triangle d'or serait-il plutôt un rectangle dont le quatrième côté serait chinois?De la culture du pavot, Antoine Char nous fait passer cette semaine à des cultures plus vitales : celles qui pourront sortir le tiers monde de la famine.Char nous raconte (pages 10 et 11) l'histoire remarquable de George Atkins, journaliste agricole canadien dont les conseils sont entendus à la radio par des millions de cultivateurs des pays en vole de développement Un peu de baume sur les terribles images de la famine.La rédaction L'EMPIRE DES SENS Serge Grenier OTTAWA oo oc cû LU > o z CN 5 LU < LO \u2014J < LU Z O LO E.D.prend le dessus Lundi.J'ai retrouvé mon moral des grands jours, je déborde d'entrain.Je dois toute une chandelle à Mme Belhumeur-Sanfaçon.Cette femme-là a pris soin de moi comme dune mère son enfant.Et ma devise pour cette semaine est: «A force d'y croire, un gars finit par avoir raison» (elle est de moi).Je ne sais pas pourquoi mais je suis sou* dainement optimiste.Où en se-rai-je rendu dans six mois, dans un an?Hein?La question vaut la peine qu'on se la pose.Siège-rai-je sur un comité?Aurai Jp prononcé mon premier grand discours à la Chambre des communes?Serai-je promu?L'avenir seul le.dira plus tard.Mardi.Je n'aurai pas trop d'une journée complète pour signer mes cartes de Noël.Mme Belbu-meur-Sanfaçon a eu une bonne idée: je vais seulement signer mes initiales.Elle me dit que c'est plus discret et que, de toute façon, le monde va savoir de qui ça vient.Ce soir, téléphoner à la maison.Mercredi.Je suis ailé porter au bureau de M.Masse des suggestions très précises au sujet de Radio-Canada.Il faudrait plus d'artistes, plus de variétés, des chanteurs en masse, des clowns.Au bureau de M.Masse ils m'ont dit que M.Masse se pencherait avec intérêt sur mes propositions.Ça fait que j'en attends des nouvelles.S ils étaient fins pour cinq cannes à Radio-Canada, ils m'inviteraient à Avis de Recherche pour tenter de m amadouer.Ah, ma p'tite é-cole Ma pneumonie en 4e parce que je portais pas mon camphre.Toutes ces matières.Celle que j'aimais le mieux, c'était les divers: l'hygiène, le solfège, l'urbanité.Les autres matières me semblaient grises.Ah, cette belle époque où je n'étais rien.Mais la vie continue.Jeudi.Je m'entends tellement bien avec mon collègue de Saskatchewan qu'on a décidé de manger ensemble tous les jeudis soirs.Il est députe de Swift Current, à mi-chemin entre Moose Jaw et Medicine Hat, mais il est venu au monde à Qu'Appelle.Il s'appelle Thomas Witt.Entre nous c'est Tom mais nos adversaires l'appellent Mister Twrtt.Il est comme moi: il hait les libéraux.Ce soir on va dans un restaurant «apportez votre vin» à Gatineau.Il paye les brochettes et je fournis le Beaujolais nouveau.J'en ai trouvé deux bouteilles ici même à Ottawa, au Liquor Store du Vieux Marché.Du 1982, s'il vous plaît! Vendredi.J'ai fait passer des entrevues à des jeunes pour te poste d'attaché politique à mon bureau.J'ai choisi le meilleur: un p*tit brillant.H s'appelle rvan-hoé Quesnel et il m'a dit qu'il avait un DEC en science politique du cégep de Repenttgny.C'est un cousin de Claude Blanchard; c'est lui qui me l'a recommandé.Mme Belhumeur-Sanfa-çon n'a pas été lente à lui souhaiter la bienvenue.Elle lui a dit: «Vous êtes ici chez vous, I.Q.» MAGASINAGE Bertrand Lorsque fut inaugurée la galerie de boutiques de la Place Ville-Marie, François Bertrand, annonceur émérite à Radio-Canada, décidé d'étaler pouf un plus large public que celui du réseau FM sa passion de la musique et de la littérature.Vingt ans plus tard, la Place Ville-Marie et Bertrand conservent toute leur fraîcheur.Ds ont aussi gardé l'habitude de remettre un dividende sur chaque achat.Il est toujours négociable ce billet bleu que vous utilisiez comme signet et que vous venez de retrouver en feuilletant un vieux Camus enfoui dans votre bibliothèque.Un choix toujours exquis de livres, de disques réguliers ou compacts et de cassettes, un personnel tout à fait compétent.Avec Renaud-Biay de Côte-des-Neiges, un des plus agréables endroits en ville.GOURMANDISE Lenôtre Ils partagent avec la Caramitk et la Labatt Bleu le goût du secret, mais là s'arrête la comparaison.Chez Lenôtre rue Laurier, s'en balance-t-on de savoir ou non comment ils mettent la poire William ou la liqueur de framboise dans leurs chocolats! Est-on assez prêt à délier les cordons de sa bourse pour quelques instants de bonheur! A-ton assez besoin de ces calories, maintenant que la bise est venue! L'HÉROÏNE À MONTRÉAL trafic pleine croissance \u2022i \u2022 Manon Cornellier Raymond Lemieux e temps d'échanger quelques mots puis, les yeux pétillants, elle chuchote: UAvec 40$, on pourrait en avoir assez pour deux».C'est le prix pour une shut, un hit, une consommation d'héroïne.«C'est LA dope, vante-t-elle.C'est la meilleure, c'est pour cela quelle est maudite.» Michelle se shoote depuis juin.Pas régulièrement, seulement quand ça se présente.Elle n'a pas basculé dans le groupe qu'elle nomme les «addicts» ou les «accros», pour accrochés, ceux et celles qui donnent leur journée sinon leur vie pour une ration quotidienne d'héroïne.Le nombre d usagers est difficile à déterminer avec précision mais, chose certaine, la consommation a augmenté depuis quelque temps à Montréal.«Avant, ce n'était pas facile d'en trouver.Aujourd'hui, on peut t'en offrir dans certaines brasseries du centre-ville», affirme-t-elle.À la Gendarmerie royale du Canada, on est tout à fait d'accord.Conrad Plouffe, depuis 20 ans à la brigade des stupéfiants \u2014 section héroïne \u2014 précise: «Dans les années 60, on avait environ 100 à 200 consommateurs d'he-roïne à Montréal.À cette époque, c'était à Toronto ou Vancouver que ça se passait.Puis vers le début des années '70, on a connu, avec la plus grande disponibilité des drogues, une nette augmentation de la consommation.Aujourd'hui, on estime entre 2500 et 3000 le nombre d'usa- gers, mais certaines évaluations vont jusqu'à 10 000 pour Montréal.» Nouveau phénomène aussi: la présence de cette drogue en régions, mais en très petite quantité.Vol d'Orient De sa production à sa consommation, l'héroïne passe entre plusieurs mains; des filières mises sur pied par les organisations du crime, mais aussi, et plus souvent que l'on pense, les importations se font avec la complicité d'amis installés ou de passage dans le Triangle d'or et en Europe.Là, l'héro, d'une qualité plus appréciable, est disponible à meilleur prix.Le grand voyage clandestin de cette drogue s'amorce chez le fermier qui cultive le pavot en Afghanistan, en Iran, au Pakistan \u2014 le Croissant d'or \u2014 ou en Thaïlande, au Laos, en Birmanie \u2014 le Triangle d'or \u2014 (voir l'article de Jules Nadeau en page 6).Selon les statistiques de la GRC.en 1982, 79 p.cent de l'héroïne provenait du Croissant l'or comparativement à 21 p.cent du Sud-Est asiatique.À cela s'ajoute une quantité négligeable importée du Mexique.Souvent raffinée dans les laboratoires clandestins de sa région d'origine, l'héroïne prend ensuite le chemin du Moyen-Orient, de l'Europe et de l'Amérique du Nord.Une partie est acheminée par voie terrestre vers l'Europe où plusieurs laboratoires assurent le raffinage fi- nal.L'Italie et les Pays-Bas sont des plates-formes importantes à ce chapitre.Du côté oriental, c'est Bangkok et Hong-Kong qui remplissent ce rôle.Pour entrer au Canada, les trafiquants privilégieront indiscutablement les transports aériens: dans 90 p.cent des cas selon la police fédérale.Les arrivages par mer ont en effet beaucoup diminué depuis le démantèlement de la French Connection en 1973.Fric et trafic_ À Montréal, le commerce de la came a longtemps été sous la mainmise de réseaux canadiens-français et italiens, rapporte la GRC.Leur nombre aujourd'hui réduit ne les empêche pas de défrayer la manchette de nos journaux.De toute façon, ils sont toujours intéressés par ce commerce.Albert, héroïnomane pendant douze ans, lance sans discussion: «Quand il y a de l'argent à faire, le crime organisé est là.Et sa façon d'opérer est simple.Soit qu'il s'accapare un marché existant ou qu'il monte son propre réseau.» Pour Gilles Masse, ancien président de la Fraternité des policiers de Montréal, et qui prépare une thèse de doctorat sur le crime organisé, les gens de ce milieu agissent comme des hommes d'affaires.«Dans le fond, c'est ce qu'ils sont.Ils vivent et raisonnent en hommes d affaires.Ils répondent à des besoins » » .flamber 60000$ en héroïne, en 18 mois! réels.En ce sens, le crime organisé peut être vu comme un système auxiliaire à notre système économique.» Comme pour les autres drogues, l'organisation du marché de l'héroïne est pyramidale.«T'as les petits vendeurs qui o-pèrent dans des endroits publics comme des bars, des brasseries, explique Pierre, dealer.D'habitude, ils ne vendent qu'à la dose.Pour acheter en plus grosse quantité, il faut aller voir des fournisseurs un peu plus importants.Là, c'est dans les salons ou les bureaux que ça se passe.Et ainsi de suite.Plus tu montes, plus la personne est inconnue, parce que souvent c'est quelqu'un dont l'argent est propre.Seulement, il a décidé de faire rouler un 200 000$.500 000$ ou plus dans le marché noir.La dope, c'est un placement valable pour quelqu'un qui a plus ou moins de conscience sociale, en tout cas pour l'héroïne.» Dans cet esprit, Pierre n'a jamais voulu vendre d'héroïne.«Ça crée trop une accoutumance et moi ça allait contre ma conscience.Mais c'est sûr que c'est la filière par excellence, la drogue la plus payante.C'est là que tu fais le plus de fric.Ça ne te coûte presque rien au départ et ça se vend super cher.» Mais, surprise, les réseaux existants n'ont pas le monopole.La concurrence frappe car, depuis deux ans surtout, le marché s'est transformé.Conrad Plouffe, responsable de la section héroï- ne à la GRC.a assisté à cette évolution.«Dans les années 60, on avait affaire à quelques organisations bien structurées qui tra-vaillaient avec des groupes étrangers.Leur commerce visait surtout les marchés de New York, Toronto et Vancouver.A la fin des années 70, on a vu des petits groupes de junkies s'organiser entre eux et aller chercher eux-mêmes leur stock ou envoyer quelqu'un pour le faire.» «Depuis deux ans, ajoute son collègue Yvon Gagnon.il est devenu plus coûteux et plus dangereux de faire ça.Et surtout, il est plus facile d'en obtenir ici.Depuis 1982 environ, beaucoup plus d'immigrants, d'étudiants étrangers et de réfugiés originaires de pays producteurs viennent ici.Ils ont des contacts dans ces pays et ce n'est pas compliqué pour eux d'en ramener ou de s'en faire parvenir.Lors d'un voyage ou de la visite d'un parent, par exemple.» L'importance de leur trafic?Inconnue.«Il y en a qui le font seulement une fois.Ça peut se comprendre quand on sait que plusieurs arrivent avec rien.Un peu de trafic devient un moyen rapide de faire de l'argent», précise M.Gagnon.Bâtons dans les roues Cette façon de faire complique le travail de la police.«Il faut les connaître, savoir où ils sont et quand intervenir.Ça c'est le problème.Tu.ne peux pas arrêter quelqu'un s'il n'a plus de stock ou si tu n'as pas de preuves tangibles qu'il en avait.» Les moyens d'intervention?Ils sont réticents a en parler.«Ce sont les techniques habituelles d'enquête mises à notre disposition», répond laconiquement Conrad Plouffe.Les plus connues restent les indicateurs, les chiens dépisteurs, les dénonciations, la coopération entre corps policiers et la filature.Au Québec, la GRC est la principale responsable du dossier de l'héroïne.Les autres services de police sont peu impliqués.«Pour 1984, on a saisi 14 grammes», indique M.Lemarbre de la Sûreté du Québec.La Gendarmerie royale de son côté a saisi, dans tout le Canada.30,39 kilos de came en 1983.On estimait, dans le rapport de 1982 sur les drogues de la GRC.que pour répondre au besoin de la population héroïnomane canadienne, il fallait importer entre 175 et 255 kilos par année.«On essaie surtout de viser les fournisseurs, ceux qui l'importent.Quand on fait une saisie majeure et qu'on bloque une organisation, on peut dire que c'est une réussite», estime le responsable de la section héroïne.Gilles Masse n'y va pas de main morte dans sa critique de la lutte au crime organisé.«Elle est complètement inefficace et va continuer à l'être parce que les besoins restent.Le crime organisé s'occupe des laissés pour compte de la législation.» Dans le cas de l'héroïne, la répression a des problèmes car la came est facile à transporter.Entendez: à cacher.«J'ai connu une copine qui en avait glissée quatre livres tout autour de sa ceinture», commente Michelle.Mais le risque est énorme.Le trafic de blanche est le plus sévèrement puni.«La sentence, explique Jean Dury, avocat, varie selon qu'il s'agit d'importation ou de possession en vue de trafic, selon la quantité en jeu, s'il y a consommation ou non.» Le résultat en chiffres?Très relatif.Généralement d'un à deux ans pour la possession d'une petite quantité en vue de trafic.Ce peut être beaucoup plus sévère, pour l'importation par exemple.Sept ans minimum et jusqu'à la perpétuité.Mais si on s'en tire, c'est un commerce payant.Le bouffe-dollars_ Obtenu à partir de la morphine qu'on aura acétylée, chauffée puis filtrée, l'héroïne est ensuite «coupée».C'est-à-dire qu'on y ajoute du lactose ou du dextrose pour obtenir une concentration d'héroïne de cinq à douze p.cent.Alors un gramme d héroïne pure achetée pour environ 600 à 1000 $ et revendue, coupée, au point (une dose de base) entre 40 et 60$, ça signifie des profits importants.Car avec un gramme d'héroïne coupée, on peut obtenir jusqu'à une centaine de doses.Près de 4000$ de profits.Cette surenchère est présente tout au long de la chaîne.A partir du fermier qui vend son 10 kilos d'opium entre 400 et 1000$.jusqu'au dealer 6e bar.Des revenus imposants sans impôt.Au bout de cette filière, malgré son prix exorbitant, l'héro réussit quand même grâce à son effet à séduire des acheteurs.«Ça te met en état de rêve, décrit Michelle.Tu ressens un grand apaisement, un détachement de ce qui t'oppresse Tu t'absentes de ce qui t'entoure et puis tu sens plein de picotements.» Elle nous amène rencontrer Kate, une de ses copines.Celle-ci a consommé régulièrement de l'héroïne pendant un an et demi.Le temps de flamber littéralement plus de 60 000$ «Nous étions cinq ensemble et on a bien consommé l'équivalent de 300 000 $ pendant tout ce moment.» C'est le prix du marché.Cela correspond à environ 200$ par jour, soit une consommation moyenne pour un héroïnomane.«Ça, c'est quand t'en prends deux, trois fois par jour, commente Pierre, mais ça peut t'en demander bien plus.J'en ai vu s'en shooter jusqu'à six, sept fois dans la même journée.» Ça fait beaucoup d'argent à trouver.«Le vol, c'est trop stressant et travailler, c'est hors de question.Où peux-tu trouver un salaire qui Champ de pavots, plante dont on extrait l'opium puis fttéfOflio.en O z \u2014< TO m > en > Z o < m CP TO 00 Les héroïnomanes proviennent de toutes les couches sociales Le mariage héro-criminalité est très fréquent.Tout le monde s'entend là-dessus: juristes, policiers, thérapeutes, héroïnomanes.C'est d'ailleurs souvent le problème numéro un Sinon, c'est l'endettement légal, les paiements qu'on ne peut plus faire, l'auto, la télé, la chaîne stéréo, les bijoux qu'on met en gage.Dans tous les cas, l'instabilité chronique s'installe.«Parce que c'est cher, témoigne Albert, tu te mouilles dans des milieux.à risques élevés.Le risque de te faire prendre par la police ou de te faire frauder.Tu perds la confiance des gens auxquels tu tiens.Tu vis des déceptions et en plus tu prends des risques avec ta santé.» Une fois l'argent trouvé, reste la dope.«La moitié du temps, je me faisais avoir, se rappelle Kate.Tu es très vulnérable pour un vendeur quand tu es en manque.Et puis, même s'il te dit que son stock n'est pas bon, tu en veux tellement que tu vas l'acheter pareil.Les dealers ont une relation de pouvoir évidente.T'es mal, tu transpires, t'as le nez qui coule.Il continue à te faire attendre comme si de rien n'était, en faisant sa vaisselle.» De son oeil de policier, Gilles Masse s'enflamme.«C'est dans ces situations qu'il faut l'initiative de la police, dit-il, puisque c'est un crime où il ne peut y avoir de plaignant, seulement des victimes.Les gens qui achètent une drogue de mauvaise qualité ne peuvent certainement pas aller se plaindre à l'Office de protec tion du consommateur.» Entre héroïnomanes, accrochés._ À la GRC, les liens que beaucoup d'héroïnomanes maintiennent entre eux sont perçus comme un atout.Ça facilite la filature.«C'est comique, dans ce milieu, ils se connaissent presque tous, remarque le sergent Gagnon.Ils se rencontrent pour s'en parler, 2 trouver des fournisseurs régu-£ liers et qui ont du bon stock.Peu uj importe la distance, ce qui prime co c'est la confiance établie car ^ c'est une habitude qui coûte chè-> re.» O Selon Pierre, on n'en parie pas z si ouvertement.Tous les synony-c5 mes sont bons: autre chose, 5 smat, jazz, came, blanche.«Tu w ne dis jamais le mot héroïne.5 C'est un commerce trop caché, 9tmof Acfcom T ran formation de I'opilllQ en héroïne fait prendre sous contrôle médical.Tranquillement, on diminue la dose.Ce palliatif est connu comme analgésique depuis les années 40.Le docteur Lauzon dirige ce genre de traitement au C.L.S.C Centre-Sud.«On accepte les gens qui ont une consommation quotidienne d'héroïne depuis au moins deux ans et qui, pour la plupart, ont connu des échecs avec les autres méthodes.C'est un narcotique qui a l'avantage de permettre un changement de style de vie.L'individu n'a plus à fréquenter le milieu de la drogue, il est certain d'obtenir sa methadone et peut réintégrer le marché du travail.» Quant au cataprès, le psychiatre Cuthill évalue son taux d'efficacité à court terme à 75 p.cent.«Il agit spécifiquement sur le système neurochimique, c'est-à-dire qu'il freine l'activité du système noradrenaline qui rend insupportable les symptômes de sevrage.» Toutefois, M.Cuthill admet que le médicament n'enlève pas le goût de l'héroïne.Il permet tout au plus une souhd'table désintoxication rapide.Au bout de tout ça.le sort final de l'héroïnomane repenti dépend de lui-même.Yvon Jasmin, porte-parole du groupe Alternatives, traîne avec lui une formule: E=SIC.L'effet est déterminé par S pour la drogue.I pour les caractères individuels et C pour le contexte social.Tout ça oriente l'approche psycho-sociale du groupe qu'il coordonne.«Nous ne mettons pas l'accent sur l'abstinence de consommation quoiqu'on respecte cette approche.On veut plutôt voir le rôle que la drogue prend dans la vie de quelqu'un.» «Le monde a besoin de drogues autant légales qu illégales parce que ça devient de plus en plus dur de vivre, de s'adapter à notre société.Tout va vite, la famille éclate, le sens de la vie est ébréché.Ça prend un tampon psychologique».Pour Yvon Jasmin, c'est simple: «L'Occident est une société de drogués.» Il faut le prendre comme tel.Mais comment?Serait-ce une question de société qui se pose par le biais de la consommation de drogues?L'avocat Jean Dury a sa petite idée là-dessus.«Plutôt que de condamner, il faut que juristes, criminologues.policiers, citoyens, psychiatres s'assoient à la même table.Il faut surtout modifier notre approche des drogues.Fondamentalement je pense qu'on ne peut pas les combattre, car on ne pourra jamais empêcher quelqu'un de se détruire.» Reste à vo»r quoi faire avec celui ou celle qui change d'idée.?en o z \u20144 Xi m- > en > m g ro Z O < 00 > o z 5 LU < CO i or i\u2014 Z o to était dans le bar dun hôtel de Bangkok, il y a presque une dizaine d'années.Ma voisine, française, me raconte qu'elle circule en Asie du Sud-Est pour tourner un documentaire sur «l'infâme Triangle d'or».Il est difficile d oublier son nom.La-mour.Prénom: Catherine.«Ça fait des années qu'on négocie avec ces trafiquants d'héroïne pour gagner leur confiance et réussir à les filmer», précise-telle en sirotant une boisson glacée.Son enquête donnera naissance à un ouvrage rédigé avec un compatriote journaliste et rapidement devenu un classique en ce domaine: Grandes manoeuvres de i opium.Tout l'exotisme, le mystère, le côté James Bond et le cynisme que peut évoquer le problème des stupéfiants transitant subrepticement d'une capitale orientale à l'autre ne sont pas exagérés.Ils forment un univers, dont les dimensions dépassent les limites du réel.L'héroïne dépasse largement la valeur de l'or et, annuellement, son commerce atteint un voiume qui se situe entre 50 et 100 millions de dollars, estime la commission de l'ONU sur les narcotiques (Vienne).Les gros trafiquants sont cotés à la bourse internationale de la drogue: on vient, par exemple, d arrêter en Thaïlande le patron no 6.Gravité du problème?Plus de 150 000 héroïnomanes au Pakistan, dans un pays où (addiction n'existait pas il y a à peine cinq ans; au moins 200 000 en Europe occidentale et plus d'un demi-million aux États-Unis.En ce qui concerne la criminalité: la pratique illégale du jeu.la prostitution, le trafic d'armes et souvent le terrorisme, sont intimement liés à la drogue, affirment les spécialistes d'Interpol.Il y a douze ans, 34 pays affirmaient à l'ONU faire face à un problème de trafic d héroïne, ce chiffre dépasse maintenant la cinquantaine.Jules Nadeau pléter mon dossier et me rendre compte, entre autres, de l'importance qu'y jouent les triades, ces redoutables sociétés secrètes chinoises.Elles sont souvent contrôlées par les Chiu Chao (Chao Zhou) \u2014 appelés les «Siciliens de la Chine» \u2014 originaires de la région de Swatôw (Canton et Fujian).Très habiles dans les affaires et doués d'un sens communautaire très développé, ils profitent aussi du fait qu'ils ont essaimé dans plusieurs coins de l'Asie du Sud-Est.La toile d'araignée de la drogue est donc bien étendue.Il y a encore 45000 héroïnomanes à Hong Kong, ce port international historiquement bâti sur la poudre blanche mais, bien que ce chiffre soit à la baisse, la quantité d'héroïne saisie depuis trois ans a presque quintuplé.En mai dernier, un coup de filet du Bureau des narcotiques a permis de confisquer, après deux mois d'enquête et grâce au travail d'une centaine de policiers, un stock d'héroïne d'une valeur de plus d'un million de dollars.C'était îa plus grosse affaire du La filière mondiale de l'héroïne Triangle Croissant genre en deux ans jusqu'à ce que, à peine un mois plus tard, on fasse main basse sur 25 Kg de morphine-base à l'aéroport Kai Tak, bondissant cette fois â plus de deux millions de dollars.Aucune arrestation, la valise provient de Bangkok.Des employés de l'aéroport sont soupçonnés.Un court séjour à Chiang Mai, capitale du nord de la Thaïlande et porte du Triangle d'or, m'a fait saisir le caractère complexe et impénétrable de cette zone montagneuse.En plus des minorités ethniques farouchement indépendantes, il y règne la canicule, les routes sont primitives ou inexistantes et la poussière vous pénètre partout.Bref, le repaire parfait même à I âge des ordinateurs.Chiang Mai, à 350 mètres d'altitude, est la plaque tournante du trafic de l'opium où, malgré tout, ies terroristes occidentaux peuvent innocemment marchander aux meilleurs prix les objets d'artisanat en argent ou en bois de tek et les céladons siamois.C'est aussi le lieu de prédilection pour Ie6 règlements de compte entre _ Les «Siciliens * de la Chine» Après Bangkok, je me suis *0 rendu a Hong Kong afin de com- Lo Triangle d'or: let frontier** de la Thaïlande, de la Birmanie et du Loot organisations rivales ainsi que celui des coups de main organisés contre les brigades anti-narcotique^.Les Américains ont porté à 57 le nombre d agents du DEA (Drug Enforcement Act) au pays du sounre dont plusieurs sont à Chiang Mai, indique un diplomate de l'ambassade des USA à Rangoon.De retour en pays chinois, ici à Taiwan, on n'est jamais loin du syndrome de l'opium.En juin, on célèbre le Jour de la prohibition de la drogue \u2014 en souvenir de la guerre sino-britannique de 1839-42 aussi dite Guerre de l'opium \u2014 en brûlant des représentations symboliques de stupéfiants.Immanquablement, on en profite pour dénoncer le «complot» de la Chine populaire qui, avan-ce-t-on, produirait de 50 à 70 p.cent de la drogue vendue dans le monde dans le but d'empoisonner la population des pays libres.Les trois frontières ou les quatre?_ Au large du continent chinois, on se voile la face au sujet du rôle traditionnellement joué dans ce négoce par les éléments restants de l'armée nationaliste (Quomindang) qui se sont installés dans cette région des trois frontières après leur défaite face aux troupes communistes en 1949.Mais avant de reparler de ce problème qui a rebondi dans l'actualité en juin dernier, définissons le vocabulaire mi-géographique, mi-géométrique de la drogue «H».Depuis l'époque de l'Indochine française, la source d'approvisionnement de centaines de milliers de toxicomanes est ce no man's land aux confins de la Thaïlande, de la Birmanie et du Laos où se pratique la culture du pavot.Tiré de cette plante fragile, l'opium, traité chimiquement et raffiné, est transformé en morphine-base, puis en héroïne de différentes qualités.Selon le jargon de ceux qui sont «accros» (accrochés), on distingue surtout l'héroïne no 3 et no 4 qu'ils appellent la «pourpre», la «casso- nade chinoise», la «blanche de Chine», etc.Lorsque le gouvernement d'un de ces trois pays lance des commandos à la poursuite des caïds du fabuleux commerce \u2014 une opération conjointe est impensable pour toutes sortes de raisons \u2014 les suspects ont vite fait de transporter leur Q.G.et les laboratoires volants dans le pays voisin qui offre à ce moment le moins de risques.Les frontières sont d'ailleurs assez poreuses.Selon la responsabilité qu'on attribue à la Chine de Pékin, il se pourrait bien qu'il s'agisse plutôt d'un Rectangle d'or.A Taipei, un rapport du ministère de la Justice estime que dans les 20000 hectares de plantations du Triangle, on ne produit que sept tonnes d'opium, le reste proviendrait des 2,86 millions d'hectares de terrain consacrés à cette culture sur le continent chinois.Manque de preuves détaillées, il est difficile d'ajouter foi à ce rapport bien que certaines sources policières occidentales accordent un rôle non négligeable aux pavots de la province du Yunnan (voisine de la Birmanie et du Laos).La CIA américaine éviterait actuellement de pointer le doigt vers Pékin afin de sauvegarder les bonnes relations bilatérales, soutient Fenton Bres 1er, l'auteur de La mafia chinoise.Ce qui est toutefois certain, c'est que le territoire chinois sert maintenant de pays de transit pour les trafiquants comme en témoignent des arrestations récentes.Avec ou sans sa 4e dimension, le Triangle d'or en est à sa 4e récolte record successive.Dès mars, on pouvait annoncer le nombre affolant de 700 tonnes d'opium pour l'année 1984.La superficie des champs consacrés à la plante opiacée a augmenté de 25% par rapport à 1982, révèlent les photographies prises par satellite.Une bonne partie du produit fini sera fumée sur place car «chasser le dragon» fait partie des moeurs de tribus telles les Méos, les Yaos, les Lissus ou les Akhas. Les différentes polices antinarcotiques restent particulièrement alarmées par le déversement imminent d'une partie des 70 tonnes d'héroïne qui en sont tirées, sur le marché clandestin des grandes villes occidentales.Le Croissant d'or_ En plus du Triangle ou du Rectangle d'or, il y a aussi le Croissant d'or.Le premier fournit environ le tiers de la «poudre de joie» consommée en Amérique du nord tandis que le reste provient d'une autre région située à la charnière de I Afghanistan, de l'Iran et du Pakistan, surnommée le Croissant d'or.C'est ce dernier pays qui détient le triste championnat de premier producteur mondial d'opium avec 400 à 500 tonnes par an.C'est là qu'on l'achète aux meilleurs prix: un gramme valant, selon sa qualité, de 2 à 5 dollars.pour être revendu contre 4000 à 5000 billets verts de l'Oncle Sam dans les rues de Brooklyn si sa pureté atteint 90 p.cent.En 1982, le Pakistan est devenu le premier pays à intercepter plus d'une tonne d'héroïne en une seule année, l'année suivante.plus de deux tonnes, selon les autorités d'Islamabad.Au Croissant d'or, c'est le même phénomène qui se répète: la culture du pavot est pratiquée par des minorités originaires d'une province éloignée, celle de la Frontière du Nord-Ouest dans le cas du Pakistan.La longue frontière de 2400 Km entre ce pays et l'Inde fait que c'est maintenant de Bombay, de New Delhi ou d Amritsar que partent les «passeurs» vers les pays occidentaux.L'Inde n'a que 19 policiers entraînés à la lutte anti-stupéfiants et on note que même les diplomates se servent de la «valise» dans ce trafic.L'Inde sera le prochain pays frappé par l'épidémie d'héroïne, craint-on.Catherine Lamour et Michel Lamberti avaient déjà parlé du Pachtounistan comme d'une région destinée à être la terre promise des trafiquants.Cette prédiction s'est réalisée.Le président Zia-ul-Haq a bien lancé une opération anti-drogue il y aura bientôt deux ans mais il refuse d'aller plus loin tant que les tribunaux occidentaux ne condamneront qu'à deux mois de prison ceux qui vendent de la drogue en pleine rue et tant qu'on achètera un kilo d'héroïne 100 dollars pour le revendre à plus d'un million, disait-il lors d'une entrevue à la presse étrangère.La production totale du Croissant d'or atteint maintenant le volume astronomique de 1 000 tonnes par an et s'il se produit quelque perturbation dans le Triangle du Sud-Est, le Croissant du Sud-Ouest fournira la différence aux demandeurs.Le principe des vases communiquants.En ce qui concerne la Birmanie et la Thaïlande, le premier pays La Chine serait-elle le 4e côté d'un Rectangle d'or?¦ V: produit beaucoup plus tandis que le second sert de courroie de transmission vers l'étranger.Or, depuis les années 50, disions-nous, les vétérans de l'armée nationaliste chinoise jouent ce rôle et les autorités du gouvernement royal de Bangkok ont toléré cet état de choses en échange de leur appui contre la guérilla communiste.Pourquoi les Thais ont-ils soudainement décidé de tourner le dos aux éléments du Guomin-dang?Ils n'ont pas apprécié l'attentat commis en plein Chiang Mai en mars dernier contre le général Li Wen-huan, 67 ans, le «dernier des seigneurs de la guerre».L'explosion de 7000 bâtons de dynamite qui a fait un mort et douze blessés est allée un peu trop loin à rencontre de la fierté des Thais.On suppose aussi que le fait que les guérilleros communistes aient récemment rendu les armes et profité d'une amnistie générale, a eu pour résultat de diminuer l'utilité des mercenaires chinois.Vu de Formose, ce revirement d'attitude est surtout perçu comme un cas flagrant de discrimination contre ses 13000 compatriotes de sang chinois.Il y a quelque temps, une étudiante u-niversitaire venue ici du pays du sourire m'a décrit dans une composition intitulée «Mon village natal», les charmes de Meisile, l'une des douze localités chinoises de la région des trois frontières.Elle m'en parlait avec beaucoup de chaleur et vantait les vertus du général Duan Xi-wen qui «faisait toujours de son mieux pour aider les pauvres, avait fondé l'école secondaire Xinyhua et glorifiait la culture chinoise».Dans sa copie, pas un mot sur les profits de la drogue bien qu'en 1967, le chef de la 5e Armée nationaliste ait ouvertement déclaré à un reporter britannique venu le rencontrer à Meisile: «Pour vous battre, il vous faut une armée, et une armée doit avoir des fusils et pour acheter des fusils, il faut de l'argent.Dans ces montagnes, le seul argent, c'est l'opium».Plus curieux que l'écrivain bien connu Bo Yang qui a publie à Taipei un «Triangle d'or» qui en dit peu sur la vraie histoire du Guomindang dans ce point sombre de la carte, le photo-reporter Xu Renxiu est allé beaucoup plus loin dans son reportage et on peut y lire ses observations sur la courroie de transmission chinoise.Il décrit aussi les divisions qui régnent à Meisile entre les nouveaux dirigeants et les jeunes militaires.Le «chef du royaume»_ Bien plus célèbre et légendaire que ces deux généraux de Chiang Kai-shek, il faut parler du «chef du royaume», Khun Sa.Maintenant âgé de 51 ans, il est né du côté birman.On n'est pas certain de l'identité de ses parents car il fut orphelin assez jeune: on croit toutefois qu'il a du sang chinois.Dès l'âge de 20 ans, il possédait déjà sa petite armée personnelle et cette «Armée Shan Unie» compterait en ce moment au moins 2 000 loyaux sujets.On décrit Khun Sa comme étant un chef très intelligent, am- Le Croissant d'or, à la rencontre de l'Iran, de l'Afghanistan et du Pakistan bitieux et parfaitement cruel puisqu'il peut faire abattre un ennemi en pleine rue de Chiang Mai ou faire enterrer vivant un informateur thaï.Sa photo paraît régulièrement dans les magazines.Il a même ou l'audace d'essayer de vendre une forte cargaison d opium au gouvernement Carter sous le prétexte qu'une fois les stocks épuisés, il pourrait se retirer du business.À deux reprises, on a failli faire disparaître ce Dr.No de la jungle siamo-birma-ne.En 1967, il a subi une défaite humiliante face à des éléments chinois et laotiens; en 1982, il fut chassé de son nid d'aigle de Ban Hin Taek où il vivait dans un luxe insoupçonné: piscine, vidéo, tennis et albums de photos de la famille en voyage à I étranger.Les spéculations vont actuellement bon train sur les rapports de force qui peuvent exister entre Khun.Sa et les communistes birmans dans le cadre dune nouvelle lutte d'influence pour le contrôle de l'or blanc.Toujours le même scenario, les rebelles se trouvent dans une province périphérique qui échappe au gouvernement de Rangoon.Le Parti communiste birman a reçu une aide soutenue de Pékin jusqu'en 1979 mais depuis qu'il «compte sur ses propres forces», l'opium de l'État Shan remplace le petit livre rouge de Mao.Le gouvernement birman leur fait la vie dure mais jusqu à quel point?Il faudra attendre encore un certain temps et enquêter avant d'y voir clair et de vérifier ce qui est déclaré dans les communiqués officiels, suggèrent les observateurs.À mesure qu'on s'enfonce dans ce «voyage au bout de la dope», il peut sembler \u2014 l'exotisme des noms aidant \u2014 que tout cela n'a rien à faire avec notre pays.Réponse : pas tout à fait vrai.Au point de vue du trafic, des opérations policières et même, comme éventuel havre définitif pour les gros bonnets des triades, nous n'échappons pas au cercle infernal de l'héroïne.La Gendarmerie royale a établi des postes de surveillance à Hong Kong ainsi qu'à Bangkok où quelques agents résident en permanence.Ils agissent discrètement, évitent les contacts avec les médias et travaillent très étroitement avec les agents du DEA américain et avec la police locale.Plus de la moitié de cette drogue dépressive vendue au Canada provient de Thaïlande, sa valeur étant estimée à deux milliards et demi de dollars.Lors de la visite du premier ministre Prem à Ottawa en avril dernier, le major-général Chavalit Yodmani.secrétaire-général du Bureau thai de contrôle des narcotiques faisait partie de la délégation officielle pour discuter du problème avec ses homologues.Dans les dernières années, on a signalé l'incarcération de Canadiens en trois endroits pour affaires de stupéfiants.Lors de la visite de Pierre E.Trudeau en Indonésie, il y avait un prisonnier canadien dans ce pays pour cette raison.A Hong Kong, un autre ressortissant a fait six mois de prison, ma rapporté le consul de la mission diplomatique, parce qu'il avait commis la légère imprudence d essayer de vendre de la poudre magique à.un agent de police.Encore heureux qu'il n'en ait pris que pour six mois! En Thaïlande, il y a maintenant six détenus canadiens dont trois Québécois à la prison de Bangk-wang, (voir jmBnmm, 7 avril 1984).Ronald Parisien a été arrêté a Chiang Mai mais Michel Longpré et Gilles Massicotte m'ont confié dans le «parloir» de Bangkwang que leur arrestation à Bangkok avait été effectuée à la suite d'une longue filature de la GRC.(D'après le nom d'un des policiers présents à l'Hôtel Astra, il s'agissait même d'une affaire se passant entre Québécois).En juillet dernier, le sénat thai a enfin approuvé un projet de loi qui rendra possible le rapatriement des prisonniers étrangers vers la France, les États-Unis, le Canada.l'Italie et l'Espagne, pays qui ont déjà signé un traité dans ce sens.Mais, aux dernières nouvelles, l'ambassade du Canada (et autres pays) fait face à l'apparition d'un condition inattendue qui rend les libérations plus difficiles, a-t-on confié à Dans une affaire qui a fait beaucoup de bruit au Québec, une immigrante d'origine irlandaise.Yvonne Gallagher, a été prise en flagrant délit à l'aéroport Don Muang et cette « première » a été filmée sur le vif pour le tournage d'un documentaire réalisé par Robert D.Clark.Il y a deux ans, à Hong Kong, un complot destiné à expédier neuf millions de dollars d'héroïne par mois à Vancouver a été déjoué grâce au sang froid du caporal John Pineault de la GRC qui s'était fait passer pour un acheteur-trafiquant, écrit le South China Morning Post.Un des deux condamnés était un Chinois qui venait de purger une peine de douze ans au Canada pour une offense semblable.O z \u2014* 30 m-> > Z O < m TO 00 I 00 > O Z < i z o to éditeur Roger D.Landry éditeur adjoint Real Pelletier chef des chroniques Manon Chevalier secrétaire de rédaction Roch Côté collaborateurs au Québec Philippe Barbaud Jean Basile Berthio Alain Borgognon Maunzia Binda Françoise Côté Gil Courtemanche Antoine Désilets Jean-François Doré Claire Dutrisac Lucie Faniel Andrée Ferretti Pierre Godin Serge Grenier Sophie Huet Albert Juneau Gérard Lambert Adèle Lauzon Yves Leclerc Marie Lessard Pol Martin Mario Masson Simone Piuze Pierre Racine Georges Schwartz René Viau Ottawa Michel Vastei Toronto Patricia Dumas VanCOUVer Daniel Raunet MexiCO Francis Pisani Managua Jacques Lemieux San Salvador Édmi coron Paris Jean-François Lisée Rome Jean Lapierre Bruxelles Claude Moniquet Chypre Robert Pouliot TokyO Huguette Laprise Taiwan Jules Nadeau plus publie également des reportages exclusifs obtenus de l'Agence France-Presse, de l'agence Inter Presse Service et de Reporters associés.GUATEMALA publicité générale: Probecô Ltée Téi : Montréal 285-7306 Toronto (416) 967-1814 de détail: La Presse, Ltée Tél.: (514) 285-7250 Le magazine §*§%mm est publié par Hebdobec Inc.CP 550 Succursale Place d'Armes Montréal H2Y 3H3, monté et imprimé par LA PRESSE.Ltée Tous droits de reproduction, d'adaptation ou de traduction réservés.président du conseil d'administration Roner D.Landry responsable des cahiers spéciaux Manon Chevalier secrétariat Micheline Perron Tel .(514)285-7319 Des m i I ita i res peu pressés de passer la main |ravaillons plutôt que de critiquer».Le voyageur ne manque pas de s'étonner devant ce slogan qui l'accueille à son entrée dans la capitale guatémaltèque.Peint en immenses lettres sur les parois d'un défilé montagneux le long de la route panaméricaine, il en dit long sur la philosophie des généraux guatémaltèques ainsi que sur leur sens de l'humour.L'heure n'est pas à la blague au Guatemala, d'autant moins que les militaires ont promis, le plus sérieusement du monde, la démocratisation du pays.Une promesse qui, non sans raison, a aussitôt fait pouffer de rire les opposants au régime.Les derniers vestiges de la démocratie ont disparu au Guatemala en 1954, année où fut renversé le gouvernement démocratiquement élu de Jacabo Arbez.Celui-ci avait osé entreprendre certaines réformes socio-économiques portant atteinte aux intérêts en place, en particulier ceux de la compagnie bananière américaine United Fruit Company.Depuis lors, les régimes militaires qui se sont succédés au pouvoir n'ont pas hésité à écraser dans le sang toute veilléité de réforme et de démocratie.La longue nuit du Guatemala n'a pas d équivalent sur le continent latino-américain.Le cauchemar se poursuit toujours, surtout pour les Indiens qui forment 60 p.cent de la population.Cent mille personnes assassinées, 38 000 autres disparues, ce n'est pas le scénario d'un film a'horreur, mais plutôt le bilan, dressé récemment par l'Église, de trente ans de gouvernement militaire.Le Guatemala d'aujourd'hui abonde eh paradoxes.Par une espèce d'ironie de l'histoire, il est parfois plus périlleux d'y manifester publiquement, pancarte à la mains que de prendre les armes et de passer au maquis.Le mot répression, qu'on a parfois ten- J Jacques Lemieux dance à utiliser abusivement, recouvre, dans ce pays, toute sa signification.Des changements cosmétiques_ Les autorités insistent pour dire que ce chapitre sanglant de l'histoire guatémaltèque est maintenant terminé et que le pays est engagé sur la voie de la démocratie.La première étape de cette ouverture démocratique a été franchie le 1er juillet dernier lors de l'élection d'une assemblée constituante composée de 88 députés.Ceux-ci sont maintenant chargés de rédiger une nouvelle constitution \u2014 la quatrième en 30 ans \u2014 en prévision d'élections présidentielles, qui devraient, en juillet 1985, marquer le retour des civils au pouvoir.Ce retour à la démocratie, effectué par un gouvernement discrédité internationalement, ne trompe personne jusqu'à présent.Rien n'a vraiment changé depuis les é'ections de juillet.Le gouvernement s'est lavé les mains, mais il a toujours le visage sale, tranche Saul, homme d'affaires progressiste qui refuse de se prêter à ce jeu de démocratie restreinte.Les dix-sept partis qui avaient été officiellement reconnus en prévision des élections appartenaient tous à la droite, modérée ou extrême.La gauche, comme c est maintenant la tradition du Guaté-male.était la grande absente de ce scrutin.Des élections sans violence, cela n'existe pas au Guatemala, nous confie un propriétaire de taxis.Les dernières n'ont pas fait exception à cette règle.La presse locale a fait état de 90 assassinats politiques et de 66 cas d enlèvement durant le dernier mois de la campagne électorale.Les Guatémaltèques n'avaient pas tellement le choix d'aller voter: licenciements, amendes, senten- GUATEMALA ces d'emprisonnement, sont autant de menaces que les autorités avaient proférées à rencontre de ceux qui refuseraient de déposer leur vote.Ambiguïtés américaines Ces nombreuses irrégularités n'ont cependant pas empêché les États-Unis de réagir favorablement au scrutin du 1er juillet.Le porte-parole de la Maison-Blanche.Larry Speaks, a jugé ces élections justes, ouvertes, bien organisées et bien ordonnées.L'administration Reagan avait d'autant plus raison de les applaudir chaleureusement qu'elles ont marqué I irruption des forces de droite modérées sur la scène politique nationale.Ce succès des modérés ne sera toutefois pas suffisant pour changer les données fondamentales de l'échiquier politique guatémaltèque, surtout que la nouvelle assemblée ne dispose d'à peu près aucun pouvoir décisionnel.De plus, suite aux élections, la Démo-cratie-Chrétienne (DCG) et l'Union du Centre national (UCN), qui ont au total obtenu 40 sièges, se sont empressées de rassurer les militaires quant à leurs intentions, particulièrement à l'égard de la réforme agraire et de l'ouverture de procès contre de hauts officiers de l'armée impliqués dans des vagues d'assassinats politiques.Ce serait une erreur de déterrer le passé, puisque cela causerait de nombreux problèmes, devait mielleusement déclarer à ce sujet le secrétaire général de la DCG.Alfonso Cabrera.La DCG et l'UCN auraient difficilement pu agir autrement en tenant compte de l'avertissement que le président du pays, le général Oscar Mejia Victores, leur avait tacitement servi quelques jours avant les élections: le gouvernement (les militaires) continuera à exercer les pouvoirs exécutif et législatif, et si les politiciens n'accep- tent pas cette décision, la situation pourrait conduire à une autre dictature.S'ils veulent avoir un dictateur, ils l'auront.Ces élections, qui n'ont rien changé à l'intérieur du pays, risquent en revanche, de bouleverser complètement les relations avec Washington.Les États-Unis estiment, en effet, que le scrutin, par son caractère démocratique, a grandement contribué à redorer à l'étranger le blason des militaires guatémaltèques.Selon des diplomates occidentaux, ce n'est maintenant plus qu'une question de temps avant que les États-Unis ne reprennent l'aide militaire suspendue en 1977 dans le cadre de la politique des droits de l'homme du président Carter.A cette époque, Israël en avait profité pour devenir le fournisseur d'armes exclusif du Guatemala et ce jusqu'en 1981, année où d'autres pays, tels que Taïwan et le Chili, se sont ajoutés à cette liste.A la lumière de ces faits, il est évident que la reprise de l'aide militaire américaine vise moins r écrasement de la guérilla que la réduction de l'assistance de ces tiers pays, car c'est cette assistance qui a permis au Guatemala de résister avec assez d'aisance aux pressions de l'administration Reagan, laquelle aurait souhaité voir ce pays s engager davantage à ses côtés dans le conflit centre-américain.Excellentes relations avec le Nicaragua_ Jusque présent, le Guatemala a honnêtement joué la carte de Contadora.Il a également refusé de participer aux manoeuvres militaires américaines dans la région, ainsi qu'aux plans de réactivation du Conseil de défense centre-américain (CONDECA).De surcroit, les militaires anticommunis- tes du Guatemala se sont permis, en avril dernier de condamner le minage des ports nicaraguayens par la CIA Une décision qui a fort à voir avec lexcellence des relations économiques qu entretiennent Managua et Guatemala.Washington a beau bouder, mais rien n'indique que le Guatemala sera plus enclin à modifier sa politique extérieure après la reprise de l'aide militaire américaine.La réalité, c'est qu'en 1984 le régime guatémaltèque continue d'être désavoué par pratiquement I ensemble de la communauté internationale, nous déclare à Guatemala, Enrique, un membre de la guérilla.Prendre ses distances par rapport a la politique américaine dans la région constitue justement un moyen pour le régime de rompre cet isolement international, ajoute-t-il.c Advenant un redressement de I image du pays à l étranger, il n'est pas pour autant assure que les autorités guatémaltèques s engageraient à fond dans une aventure militaire des États-Unis dans la région.Les motifs sont évidents: contrairement à l'administration Reagan qui perçoit le Nicaragua comme l'ennemi numéro un en Amérique centrale, les généraux guatémaltèques, eux, estiment que la menace provient Ci*' davantage de l'intérieur de leur pays.Ils sont hantés par une résurgence possible la guérilla, qui fut très active au début des années 1990.« Cette préoccupation découle du fait que les généraux du Guatemala, a l'inverse de leurs homologues du Salvador ou du Honduras, ne se sont pas contentés de défendre les intérêts économiques de la bourgeoisie et de l'oligarchie, mais qu'ils se sont aussi lancés dans le monde des affaires.A-partir 1970.ils ont investi dersommes d'argent considérables dans l'économie du pays, à un point tel qu ils sont devenus de véritables hommes d'affaires.Et comme tous bons hommes d affaires, ils entendent bien assurer la défense de leurs intérêts.Une chose que ne peuvent ignorer tant les banquiers de Wall Street que les conseillers de la Maison-Blanche.C La presence israélienne au Guatemala LA MESILLA \u2014 Quelques chiens affamés errent, ici et là, autour de vieilles baraques qui tiennent lieu de bureau de douane à la frontière entre le Mexique et le Guatemala.Plus loin, des individus changent au noir leurs dollars sous les yeux de soldats guatémaltèques sirotant leur eau gazeuse.Au moment d'aborder l'autobus se dirigeant vers la ville de Huehuetenango, le contrôleur de billets, un jeune homme dans la vingtaine, me demande en voyant mon passeport: «Dites-moi, Israël est-il plus grand que le Canada?» « Pourquoi me posez-vous cette question?» «C'est qu'ici, poursuit le jeune homme, on parle beaucoup d'Israël dans les journaux et à la télévision.On y dit qu'Israël défend le Liban et qu'il est bon à la guerre.Il fabrique aussi de très bonnes armes, en fait meilleures que celles des Américains.Vous verrez plus loin sur la route, tous nos soldats sont équipés d'armes israéliennes.Israël nous a beaucoup aidés.» En page deux d'un quotidien de la capitale, un titre attire mon attention sur une courte information* le gérant de l'entreprise guatémaltèque des télécommunications (Guatel), Lionel Anibal Rivera, a voyagé en Israël à la suite d'une invitation spéciale du gouvernement de ce pays.Il s'agit d'une visite d'amitié et d'échange d expériences.Une mine d'or_ Commentaire et information banals, mais révélateurs à plusieurs égards d'un phénomène pratiquement méconnu: la présence grandissante d'Israël en Amérique latine et plus particulièrement au Guatemala.Le Département d'État américain affirme qu'au cours des dix dernières années, Tel Aviv a vendu des armes à au moins 55 gouvernements, dont 18 d'Amérique latine.C'est donc dire que les divers conflits déchirant le continent latino-américain sont devenus depuis quelques années une véritable mine d'or pour l'économie israélienne, axée essentiellement sur l'industrie de l'armement.Dans le cas du Guatemala, l'aide militaire israélienne remonte à bon nombre d'années, mais c'est seulement à partir du milieu des années 1970 qu'elle a acquis une dimension importante.En 1975, craignant une invasion du Belize (alors colonie britannique) par l'armée du Guate- mala, la Grande-Bretagne fit pression sur l'administration américaine de Gerald Ford afin qu'elle cesse ses envois d'armes offensives aux généraux guatémaltèques.Devant les hésitations momentanées de Washington, Israël en profita pour s'immiscer et ainsi combler le vide.Cette même année, Tel Aviv livrait ses premiers avions au Guatemala ainsi que des pièces d'artillerie et des armes légères.Les deux pays allaient renforcer encore plus leurs relations à partir de 1977 après que le Congrès américain eut suspendu l'aide au Guatemala, en raison des violations des Droits de l'Homme.Le pays se tourna alors vers Israël, qui a fourni 100 p.cent de l'armement des généraux guatémaltèques jusqu'en 1981.Depuis 10 ans.l'aide militaire israélienne au Guatemala a été constante.C'est ainsi qu'en 1980, l'armée guatémaltèque était rééquipée de 15000 fusils d'assaut Galil, une réplique du M-16 américain.Selon le très réputé Institut de Stockholm pour la recherche de la paix internationale (SIPRI).Israël a.entre autres, fourni au Guatemala de grandes quantités de pistolets-mitrailleurs Uzi.10 blindés RBY-MK.des mortiers, des bazookas, des lance-grenades, des garde-côtes et 11 avions Arava, pouvant décoller et atterrir sur de très courtes distances.Ces avions sont vite devenus des appareils redoutables dans la lutte contre la guérilla, même si leur but premier est le transport de troupes.Le modèle israélien En mars 1980, à la suite du voyage en Israël du ministre guatémaltèque de l'Intérieur, Tel Aviv s'engageait à prêter main-forte aux corps policiers du Guatemala.Des conseillers militaires israéliens collaborent maintenant étroitement avec la police secrète guatémaltèque, selon les dires de la presse juive.La guérilla assure pour sa part que la firme israélienne Tadiran a installé un système d'ordinateurs spécialisés dans le traitement des données policières, ce qui a permis à l'armée d'accroître considérablement son efficacité dans la lutte contre-insurrectionnelle.La revue américaine spécialisée Covert Action ajoute que les listes noires utilisées par les escadrons de la mort ont même été programmées sur ces ordinateurs.Quatre vingts p.cent de la population guatémaltèque serait maintenant fichée dans la mémoire de ces ordinateurs, précise la revue.Les progrès dans ce domaine ont conduit à l'inauguration, en 1931, d'une école militaire d'électronique et de transmission.Première du genre en Amérique latine.elle possède des équipements capables de détecter les endroits où la consommation d'énergie électrique est excessive durant la nuit, ce qui a déjà permis, toujours d'après Covert Action, de repérer plusieurs maisons de sécurité et imprimeries clandestines utilisées par la guérilla.Les Indiens, qui forment environ 60 p.cent de la population du pays, ont également été visés par les programmes d'aide israéliens.Sous la présidence éphémère du général Efrain Rios Montt, ces derniers ont été regroupés massivement dans des villages modèles.Créés dans le cadre d'un programme d'assistance aux régions conflictuelles, ces villages ont principalement pour but de couper l'herbe sous le pied de la guérilla, qui avait au cours des dernières années connu certains succès auprès des populations autochtones.Certains généraux ont même parlé de «palestinisation» de ces populations en se référant à ces villages, tellement le parallèle est proche avec les établissements israéliens en Cisjordanie et dans les territoires arabes occupés.Dans une interview accordée l'an dernier à la revue américaine NACLA, qui étudie les problèmes d'Amérique latine, le directeur de ce programme, le colonel Eduar-do Wohlers, reconnaissait que «plusieurs de nos techniciens sont entraînés en Israël.Les modèles du kibboutz et du moshav sont très présents dans nos esprits.Personnellement, je crois que ce serait fascinant si nous pouvions implanter ce genre de système dans nos hautes terres.» A 1ère du supersonique_ En marge de ces programmes contre-insurrectionnels, Israël, de concert avec les États-Unis et le Guatemala, a prévu le développement d'une infrastructure industrielle permettant de fabriquer, dès 1987, des avions Kfir, une réplique israélienne du Mirage-5 français.Cette information, révélée par la guérilla guatémaltèque, a été confirmée par La Voix de l'Amérique.Tel Aviv et Washington investiront dans le projet, respectivement 70 et 210 millions de dollars.Certaines firmes militaires israéliennes opèrent déjà au Guatemala.C'est le cas.entre au- tres, de la Eagle Military Gear Overseas qui a été associée à la construction d'une fabrique de munitions, inaugurée en mai 1983 dans le département septentrional de Alta Verapaz.Le porte-parole de l'armée, le colonel Edgard Dominguez, a reconnu que l'ouverture de cette usine répond au désir des gouvernements du Guatemala, du Salvador et du Honduras, d'uniformiser leurs équipements militaires dans le cas d'une hypothétique renaissance du CONDECA.Formé au début des années 1960 à l'instigation des États-Unis, dans le but de lutter contre la subversion intérieure, le CONDECA, ce vieux pacte militaire régional, pourrait maintenant renaître dans une éventuelle guerre contre la Nicaragua.Une constante_ Au fil des ans, une constante demeure dans le cas du Guatemala: les généraux, qui se sont succédé au sein de la coupole militaire, n'ont jamais tari d'éloges à l'égard de la précieuse aide israélienne.L'ancien président, le général Romeo Lucas Garcia, avait même déjà déclaré: «Nous croyons que les soldats israéliens sont aujourd'hui parmi les meilleurs au monde, et nous voyons (en Israël) un modèle et un exemple a suivre.» Ironiquement, c'est cette même aide israélienne qui allait contribuer, en mars 1982, à son renversement.A la suite d'élections frauduleuses, au terme desquelles le candidat désigné par M.Garcia était sorti gagnant, un autre militaire, le général Rios Montt décidait d'organiser un coup d'État et de s'emparer du pouvoir.Peu de temps après, M.Rios Montt confessait à la chaîne de télévision américaine A8C que son succès était attribuable au fait que «plusieurs de nos soldats ont été entraînés par les Israéliens».Ce dire était corroboré par les journaux de Tel Aviv qui écrivaient, quelques jours plus tard, que 300 conseillers israéliens avaient pris part à la conjuration.Du reste, la série de coups d'État appuyés d'une manière ou d'une autre par les Israéliens, ne s'est pas arrêtée-là.D'après diverses informations, les mêmes conseillers israéliens, qui avaient aidé le général Rios Montt à prendre le pouvoir, ont aussi contribué à son renversement et à l'avènement à la présidence en 1983 du général Mejia Victores.?en O z en > Z O < m 03 00 4 - 00 QÛ LU > o z CN UJ I z O â! eorge Stewart Atkins conduisait depuis trois heures.Les amortisseurs résistaient aux affaissements du sol mais la Land Rover tanguait comme une pirogue sur une mer démontée.De part et d'autre de la piste de sable blanc, la brousse s étendait à I\"infini avec ses baobabs aux branches décharnées.Le soleil était couché lorsque le directeur du Réseau de la Radio rurale des Pays en développement (RRRPD) étira ses longues jambes et descendit du véhicule.À l'entrée du village, une voix se fit entendre: «Je vais vous parler aujourd'hui de la conservation des racines de cassave.Vous rappelez peut-être manioc chez vous; c'est ia même chose.Les cultivateurs du Sri Lanka ont trouvé le moyen de conserver les racines fraîches de cassave pendant deux mois et plus.En fait, par la méthode que je vais vous exposer, ils sont arrivés parfois a garder les racines en silo jusqu'à six mois sans trop de perte.Voici donc comment ils S'y prennent.» Celui qui pendant plus de vingt ans anima une émission agricole à la Canadian Broadcasting Corporation (CBC), sourit au son de sa propre voix qui sortait d'un vieux récepteur-radio.«Au service de l'agriculture, l'industrie de base, le RRRPD vous a livré un message de George Atkins ».100 millions d'auditeurs_ Créée en février 1979, un mois avant que n'achoppent les négociations sur rétablissement d'un stock mondial de sécurité alimentaire, cette « radio pas comme les autres » s'efforce de situer les problèmes spécifiques des paysans du Tiers-monde hors des schémas conventionnels établis à Paris, Londres, New York ou Washington.Financé par l'Agence canadienne de Développement international (ACDI), Massey Ferguson Ltd.et l'Université de Guelph, en Ontario, Developing Countries Farm Radio Network, avec un budget annuel ne dépassant pas les 200 000$, a un auditoire frisant les 100 millions.Le « message aux paysans du Tiers-monde» d Atkins est diffusé par Radio-Canada International (dans les deux langues officielles et en espagnol), la Voix de l'Amérique et Radio Australia Ce message, explique-t-il, est «simple, apolitique et respecte les valeurs culturelles et religieuses des agriculteurs africains, latino-américains ou asiatiques ».Dans un monde frappé par l'insuffisance des denrées alimentaires et leur inégale répartition, Atkins, 67 ans, est peut-être le seul à miser sur la radio pour aider les deux tiers de l'humanité à se sortir de la malnutrition.« Un récepteur-radio, souligne-t-il, est l'un des premiers biens de û * Antoine Char GEORGE ATKINS Une radio agricole comme les autres consommation qu'achète un paysan du Tiers-monde dès qu'il a quelques sous.On compte aujourd'hui, en moyenne, un poste de radio par 20 habitants dans les pays en développement».Dans nombre de pays dits en développement, la radio est souvent la seule source d'information et ce qui sort de la « boîte magique » est, à tort ou à raison, considéré comme parole d évangile.Pourquoi alors ne pas élever la voix afin d'amplifier et répercuter à l'échelle de la planète, les problèmes des «paysans ordinaires», déclare Atkins qui, avec sa petite équipe (le Québécois Paul Boutet.de CBF Bonjour, le Costa-Ricain Carlos Cordero, l'Ougandaise Yasmin Virani, l'Américaine Kathy Snuff et les Canadiennes Helen Aitkin, Myr-na Hagarty, Magdalena Burgess.Jennifer Pittet et Joan Beckley), cherche à endiguer la faim dans la monde.Apprendre sur le terrain_ Lorsque George Stewart Atkins n'enregistre pas ses émissions dans sa ferme d'Oakville, près de Toronto, il sillonne les pays en « développement» avec ce qui lui sert de bêche: un magnétophone.Le « journaliste agricole aux pieds nus » a ainsi appris d'un paysan colombien, José Pepe Vaille-Riestra, qu'une balle de café desséchée était un «bon aliment pour le bétail».À l'île Maurice, dans l'océan Indien, il a découvert «un piège à mouches, simple et peu coûteux, éliminant les insectes sanguinaires qui s'attaquent aux vaches laitières en pays tropical ».Dans les contreforts des Andes, Atkins a rencontré un certain César Trujillo, de Cauca, en Colombie, qui lui a vanté les mérites de toits en bambous etanches à la pluie.«Dans une ferme du Nigeria, j'ai vu de très longs, très hauts et surtout très minces silos à mais rectangulaires.Ces silos sèchent plus rapidement le mais, ce qui est utile dans les régions humides des tropiques.Dans le nord-ouest de l'Inde, certains cultivateurs ont trouvé que le fourrage vert, bien conservé dans une fosse, fournit une excellente nourriture aux vaches pendant la saison sèche ».C'est en misant sur la sagesse millénaire du paysan qu'Atkins \u2014 fils d'agriculteurs et dont trois des quatre filles ont épousé des fermiers \u2014 mène son combat quotidien contre la faim.« Mon message est simple.Le paysan sait de quoi je parle », explique celui qui pendant une quinzaine d'années travailla la terre avant de devenir journaliste.Et, d'ajouter Ruben Hernandez \u2014 Mexicain qui anime une émission agricole Consulio-res del Campo (Conseillers dans les Champs) \u2014 seul un cultivateur peut enseigner à un cultivateur».La station d'Hernandez, à l'instar de quelque 200 stations radiophoni-ques dans le Tiers-monde, reçoit gratuitement des cassettes «-pleines de conseils pratiques», enregistrées dans la ferme de 300 acres d Atkins.Les conseils du fils de la Terre sont à la fois une semence et une récolte pour les paysans de 107 pays captant RRRPD.Atkins s'obstine à éliminer la crise alimentaire mondiale au moment où les trois quarts des 45 millions de km' qui constituent les terres arides de la planète sont affectés par la dé- sertification.«Je dois être optimiste et croire que ce que nous faisons est un pas \u2014 l'avenir nous dira s'il est petit ou grand \u2014 dans la bonne direction », déclare-t-il.D'abord le stockage Briser le cercle de pauvreté et de dépendance des populations affa- mées, à légard des nantis du «village» quest devenue la terre n est pas chose facile.L'Organisation des Nations unies pour r Alimentation et l'Agriculture (FAO) estime que les pays du Sud devraient, l'an prochain, importer 85 millions de tonnes de céréales.soit le maximum que les pays du Nord pourront leur « accorder ».Hormis la dégradation des sols \u2014 en Amérique latine, la surface des terres menacées par la désertification est grande comme le Canada \u2014 ce sont surtout les pertes alimentaires (près de 70 millions de tonnes George Atkins en Chine avec un paysan on train de faire sa récolte quotidienne de jacinthes d'eau.Cette plante sert à l'alimentation des cochons.annuellement) dues à un mauvais stockage qui fait souffler un vent d inquiétude dans la communauté internationale.«N'oubliez pas, rappelle Atkins à ses auditeurs, que blé, riz.maïs, sorgho, soya ou arachides que vous récoltez pour nourrir votre famille, votre bétail ou votre volaille doivent être stockés.Chaleur, humidité, moisissure, insectes et rats nuisent à ia qualité de vos grains ».Selon la FAO, près d'un tiers de la récolte des cultures vivrières est perdu dans de nombreux pays sous-développés, ce qui représente six à huit fois la totalité de laide alimentaire mondiale.En finançant des programmes de lutte contre les pertes agricoles, le « pipe-line des aliments » du Nord au Sud ne fonctionnera qu en cas de catastrophes naturelles, soulignent les experts.« Ce qui serait, dans la plupart des cas, une bonne chose car les populations du Tiers-monde pourront alors davantage consommer des aliments mieux adaptés à leurs besoins, à leurs habitudes», note Atkins en ajoutant que la guerre contre les pertes agricoles ne devrait pas se faire en bombardant les campagnes de pesticides et insecticides de toutes sortes.La FAO en est consciente: «Il faut identifier diverses méthodes de protection des cultures permettant de réduire les pertes de façon rentable et sans dépendance excessive à l'égard des produits chimiques».«Je ne suis pas, affirme le directeur du RRRPD, contre les techniques agricoles modernes.Il nous faut cependant reconnaître que les extraordinaires moyens scientifiques et techniques dont nous disposons pour augmenter la production alimentaire ne sont pas, a cause de leurs coûts élevés, à la portée de tout le monde dans les pays en développement ».Atkins prend l'exemple des engrais azotés.Les plus efficaces sont à base de pétrole.Dès que le prix de l'or noir grimpe, on enregistre une baisse de la production vivrière tributaire de ce type d'engrais.C'est un cercle vicieux.« En Chine, d'où je reviens, ajoute Atkins, il y a des méthodes d agriculture qui ont traversé les siècles.On y utilise, par exemple, une sorte de compost que nous, en Occident, venons à peine de découvrir.La modernisation de I agriculture ne devrait pas être un panacée.Les bonnes vieilles méthodes ont encore leur place.N'oublions pas qu il n'y a pas si longtemps nos paysans labouraient leurs champs avec des boeufs, semaient à la main, moissonnaient avec une faux.C'est, en règle générale, ce que font aujourd'hui les paysans du Tiers-monde.Nous pouvons peut-être les aider à faire un bond de quelques années.Cela doit cependant se faire progressivement, sans leur dicter quoi que ce soit.» Abondance mal gérée Que le problème alimentaire mondial ne soit pas un problème de rareté mais bien d abondance mal gérée, c'est un fait de plus en plus admis aujourd hui.Atkins le rappelle constamment à ceux qui veulent bien l'écouter.Que la mécanisaton de l'agriculture élimine, bien souvent, le paysan du Tiers-monde au profit d'exploitations plus «rentables» (pour qui?) économiquement, Atkins est le premier à le déplorer.Que les exportations des pays pauvres destinées à nourrir le cheptel des pays riches, contribuent à leur déficit alimentaire, Atkins ne l'oublie pas en préparant ses «topos» radiophoniques.(Selon la FAO.au plus fort de la sécherese au Sahel, en 1973.les pays les plus touchés \u2014 Ethiopie.Soudan, Sénégal.Mauritanie.Tchad, Mali.Haute-Volta et Niger \u2014 exportèrent deux à cinq fois plus de protéines de leur sol qu'ils n'en importèrent sous forme de céréales).Pénuries et famines ne découlent pas d'un manque de ressources, comme n'a cessé de le dire l'agronome français René Dumont.Certains vont même jusqu'à soutenir que la terre pourrait facilement nourrir une centaine de milliard d'hommes, à condition cependant que ses habitants deviennent des végétariens.La malnutrition dans le monde est d'abord et avant tout un problème de démocratie politique, économique et sociale.Le système alimentaire mondial n'est-il pas en grande partie façonné par les multinationales de I agriculture avec, bien souvent, la collaboration des gouvernements du Tiers-monde?Cela, Atkins ne le répétera pas dans son micro: «Je ne fais pas de politique.Je ne veux pas que mes émissions soient censurées ».« C'est presque un missionnaire » \u2014Paul Boutet Atkins est un homme riche.Une bonne partie d'Oakville a été construite sur les terres de son père (un Américain).Il aurait pu se croiser les bras.Et pourtant Dieu sait qu'il travaille! C'est presque un missionnaire », déclare Paul Boutet, la «voix française >\u2022 de George Stewart Atkins.«Je le connais depuis 35 ans, poursuit le commentateur agricole à CBF Bonjour.Il a la radio et l'agriculture dans les veines.Comme moi d'ailleurs.» Boutet, 74 ans, « fait de la radio » depuis 1938.« Je collaborais au Réveil Rural, émission animée alors par Armand Bérubé, père de l'actuel ministre de l'Éducation, M.Yves Bérubé.L'émission est toujours en ondes.Elle s'appelle aujourd'hui D'un Soleil à l'autre.En 1955, j'ai raconté la chose agricole devant les caméras, à la télévision.Vous vous souvenez peut-être des Travaux agricoles?C'est aujourd'hui La Semaine verte.Je suis à CBF Bonjour depuis le matin de ma retraite, le 1er février 1976.De mon «vivant» je faisais du 9 à 5.À présent, je fais du 5 à 9.C'est pas plus difficile, c'est surtout plus tôt.Mais revenons si vous voulez bien à Atkins et au RRRPD.Les topos transmis aux paysans du Tiers-monde sont délibérément simples.Comme pouvaient l'être les émissions que nous animions il n'y a pas si longtemps au Canada, lorsque l'agriculture n'était pas aussi mécanisée.Nous ne pouvons être trop «technique».Nous prêcherions alors dans le désert.Il ne s'agit pas pour nous de «corriger » le Tiers-mnde.mais de comprendre le milieu dans lequel vit sa population rurale qui survit assez mal, je vous remercie.Pour manger à leur faim, les paysans du Sud doivent apprendre à conserver le peu qu'ils produisent et ce, avec les moyens dont ils disposent.Il faut que ce qu'ils se «mettent derrière la cravate» puisse venir de leur sol.L'aide alimentaire mondiale ne peut être que temporaire.Elle est, dans le meilleur des cas, un bouche-trou.Prenez le Sahel dont on parle tant aujourd'hui.L'eau y est partout, en profondeur.Il faut aller, savoir, la chercher cependant.Si les pays sahé-liens sont dans le bain actuellement c'est parce que les moyens n'ont pas été pris pour exploiter ces nappes d'eau.» Comme Atkins, Paul Boutet sait de quoi il parle.«L'agriculture, c'est ma vie.» Un dialogue avec le Sud Le destin des paysans du Tiers-monde ne peut uniquement se jouer dans les bureaux climatisés de leurs gouvernants ou dans les salons servant de cadre aux conférences internationales sur l'alimentation.« Je me suis toujours méfié des bureaucrates», déclare celui qui a choisi de sortir des sentiers battus pour venir en aide aux damnés de la terre.Atkins sème à tous vents ses germes de petits conseils sans jamais mentionner les organisations qui soutiennent financièrement le RRRPD.«La publicité?Je ne veux pas en entendre parler.Nos auditeurs ne savent même pas que nos émissions viennent du Canada.Je ne veux être qu un agriculteur du Nord s'adressant aux agriculteurs du Sud.Et, je cherche essentiellement à cueillir des informations des pays en développement qui donneront un coup de pouce aux paysans philippins, équatoriens ou botswanéens.Les problèmes des cultivateurs se ressemblent à la grandeur du monde.» Alors que l'impasse la plus totale règne dans les négociations pour un Nouvel Ordre Économique International (NOEI), réclamé depuis 1974 - < par les Nations unies Atkins et sa petite équipe poursuivent sans élever la voix, leur dialogue avec le Sud.« Le RRRPD est notre manière à nous de participer activement au dialogue Nord-Sud.indique-t-il.Atkins a traité plus dune centaine de sujets depuis qu'il a mis sur pied sa « ligne ouverte » avec le Tiers-monde.Il a même ajouté des «chansons des champs» à son répertoire.Sa dernière «composition» est fredonnée par la population rurale de la province indienne du Bengale Occidental: «Mélanger 10 kilogrammes de phosphate, 10 kilogrammes de potasses et dix autres d'azote pour chaque acre de riz que vous plantez ».Au département d agriculture de l'Université Xavier aux Philippines, le professeur Tito Alex Besinga utilise linformation du RRRPD pour animer un spectacle de marionnettes destiné aux paysans.A Sri Lanka, le Dr Tudor Dewendre.du Centre Expérimental Marga s'inspire des programmes du RRRPD pour expliquer aux cultivateurs de la petite île de I océan Indien comment accroître leurs productions agricoles ou les diversifier sans trop de frais.«Au service de l'agriculture, l'industrie de base, c'est George Atkins qui vient de vous parler *.?c/> O Z -H 70 m-> > Z O < m CP m oo PLUS oa/ esr X>E F0U6 PLUS EN MARG DU SPOR Georges Schwartz L'indépendance tire à sa faim epuis la levée du moratoire imposé par M.René Lévesque à ses ministres, le gouvernement est déchiré par un débat sur la forme \u2014 référendaire ou non \u2014 que prendra la pro-* chaîne élection provinciale.Les tendances électorallstes et indépendantistes se sont affronter publiquement, en attendant que le premier ministre du Québec tranche dans le vif du sujet en faveur de la première.Du haut de ma chaire, aussi marginale que sportive, je continue de pencher vers la solution intermédiaire de renvoyer les deux parties dos a dos et de leur recommander de suivre des cours accélérés de nationalisme.En effet après huit ans de pouvoir, le PQ ne semble toujours pas en mesure: 1 ) de définir et dévoiler le contenu de l'indépendance, 2) de réaliser qu'il pourrait s'être trompé d'ennemi.3) de s'aviser que la souveraineté «par secteurs», dont on a enfin parlé, aurait dû précéder et non suivre le référendum.Il n'y a certes plus grand mérite è souligner la confusion régnante, quand les avis de spécialistes réputés en d'autres domaines viennent confirmer ce qui ressort de toute évidence, dès qu'on soumet le sport québécois au critère nationaliste.Ainsi Paul Painchaud.chroniqueur de politique internationale au Devoir, questionnait récemment le projet d'indépendance à partir des réalités internationales.Sa démarche mène à des constatations fondamentales: «(.) La société québécoise est l'une des plus perméables en Occident aux influences externes.Ce processus paraît difficile à renverser par la simple surimposition de structures politiques univoques.L'idéologie de ta souveraineté s'est développée au Québec en réaction à l'environnement canadien.Or les défis que le Québec doit relever ne se situent désormais que très partiellement à ce niveau (.)» Bien avant lui, soit en 1980, Marcel Rioux et Susan Crean s'étaient attaqués ensemble à l'approche culturelle.Dans un livre intitulé «Deux pays pour vivre: un plaidoyer», les auteurs tentaient de désamorcer provisoirement le conflit Québec-Canada, pour regrouper nationalistes anglophones et tenants de la souveraineté-association dans une lutte commune contre l'envahissement culturel made in USA.Une fois l'autono- mie acquise, il deviendrait plus facile de sauvegarder les cultures des deux nations fondatrices et de réaménager le Canada.L'obstacle principal venant de l'influence démesurée des politiciens, économistes et autres constitutionnalistes, alors que la domination culturelle se présente comme la forme suprême de l'impérialisme.Ce qui est vrai des réalités culturelles ou géopoiitiques, Test tout autant des réalités sportives.Le PQ, désireux de voir te Québec représenté par une équipe distincte aux Jeux olympiques de 1976, avait lutté contre «l'ingérence fédérale».Au pouvoir depuis ce temps-là, il supporte très bien que l'élite amateur internationale du Québec soit subventionnée par Ottawa.Que, comme vient de le démontrer une enquête de LA PRESSE, le hockey américain ait produit 26 p.cent des joueurs au dernier repêchage amateur, l'Ontario 22 p.cent et la ligue de l'Ouest 15 p cent, tandis que la LHJMQ s'enlise à 6,4 p.cent.Que les entraîneurs universitaires américains s avèrent supérieurs aux Québécois «formés sur le tas».La pratique du nationalisme sportif est difficile dans un Québec qui accueille en héros un club de baseball américain à 100 p.cent et qui fait la fine bouche devant un club de football seulement à 70 p.cent américain.À la télévision de langue française le sport américain triomphe, aidé encore par la lutte entre les brasseries.Quel pouvoir a-t-on donné à la Régie de la sécurité dans les sports pour contrôler la violence au hockey junior et professionnel?Cela aussi aurait pu être un objectif nationaliste québécois, remplacer graduellement la brutalité par ta technique.Bien dans la lignée de Lucien Lessard, l'ex-ministre du MLCP qui s'était illustré avec son insignifiante lettre à la LNH pour défendre le français au Cotisée de Québec, son successeur Guy Chevrette vient de provoquer une levée de boucliers des.fédérations québécoises.Mais plus grave est, à mon avis, la raison avancée pour justifier son option électoraliste: «On ne peut pas vendre l'indépendance à des gens qui ont faim.» Tous les manuels révolutionnaires, tous les analystes mondiaux de la décolonisation contredisent ce sophisme aberrant.À défaut d'autre chose, il confirme que l'indépendance «par secteurs» envisagée ne s'adresse pas à celui du sport.?I K.\u2022 L'AN 2000 Yves Leclerç De dessinateur, l'ordinateur \u2022 - * * \u2022 devient artiste Il y a longtemps que les ordinateurs servent à dessiner.Mais jiTsqu à récemment, machines et logiciel étaient orientés vers le dessin industriel et la conception assistée plutôt que vers le graphisme commercial ou artistique.Le coût des machines, les limitations de mémoire, le caractère rudimentaire des programmes et le manque de périphériques appropriés à un prix raisonnable semblaient des obstacles infranchissables.Dans un très court laps de temps, la plupart des obstacles ont été aplanis, les éléments manquants à un système graphique de qualité professionnelle sont apparus sur le marché, et les prix ont entrepris une chute rapide.Quatre produits que j'ai eu l'occasion de mettre a l'essai au cours des derniers mois montrent l'aboutissement de cette évoiution rapide, même s'ils diffèrent grandement par l'approche aussi bien que par le coût.Deux d'entre eux, en effet, les systèmes Dicomed et AVL, sont des outils professionnels spécialisés de plusieurs dizaines de milliers de dollars.Les deux autres, le micro-ordinateur Mindset et le Macintosh d'Apple avec le logiciel MacPaint, sont des variantes de machines «individuelles» capables d'exécuter d'autres fonctions et ne dépassant pas les 5000$.Ce que tous quatre ont en commun, cependant, c'est qu'ils ne génèrent pas de dessins par eux-mêmes, mais sont des outils à la disposition de l'artiste: ils ne remplacent pas le dessinateur, ils le complètent et s'efforcent de le rendre plus efficace, plus productif.Deuxièmement, ils utilisent peu ou pas du tout le clavier traditionnel d'ordinateur, qu'ils délaissent au profit d'«interfaces de communication» dont l'usage est plus naturel pour un graphiste, soit la tablette graphique ou la souris.Deux «professionnels» Des quatre, Dicomed est certes le plus luxueux et le plus impressionnant au premier abord.Le plus cher aussi, en partie à cause de son raffinement, en partie parce qu'il fait appel pour une bonne part à la mini-informatique plutôt qu'à la micro.Il offre un système «processeur d'ima- ges» très avancé, qui peut produire des diapositives format 35 mm ou des transparents de plus grande faille d'une finesse remarquable.Pour utiliser ces capacités, on dispose de trois types de «postes de travail»: soit un micro-ordinateur (Apple ou IBM PC) avec deux écrans et des capacités limitées, soit une console de dessin autonome beaucoup plus élaborée, soit enfin le haut de gamme, l'Imaginator, un grand pupitre intégré offrant le choix de centaines d'options et de millions de couleurs et de teintes.Ce système permet à un peintre ou à un illustrateur de concevoir un dessin ou un tableau et d'en faire un croquis à une vitesse comparable à celle qu'il aurait à son chevalet ou à sa table à dessin.C'est aux étapes subséquentes que Dicomed montre ses grandes qualités: il permet d'effectuer des changements, des corrections, des additions, de retirer ou déplacer ou réorienter des éléments de l'image comme cela n'est possible avec aucun procédé traditionnel.Le système d'AVL, lui, est un peu plus modeste, et moins cher.Il est basé sur un micro-ordinateur IBM-PC / XT avec disque dur et un générateur de diapositives (qu'il faut ensuite faire développer) reliés à une tablette graphique et gérés par un logiciel spécialisé.Comme Dicomed.il offre un choix de 16,7 millions de couleurs (240 à la fois sur une image), et une très belle finesse d'image.Le grand avantage de ces deux systèmes est que.contrairement à leurs prédécesseurs, la «résolution» de l'image produite, c'est-à-dire la finesse du trait ou du point le plus fin qu'on peut y produire, n'est pas liée à celle de I écran utilisé.En effet, la plupart des écrans-couleurs qui servent pour le graphisme ont une résolution de 700 à 1000 points.alors qu'un dessin, pour avoir l'air «naturel», doit avoir au moins 2000 à 3000 points (cela varie selon la taille bien sûr).Deux «personnels» À côté de ces géants, le Macintosh d'Apple fait figure de nain.Il n'offre ni tablette graphique, ni disque dur, ni mémoire gigantesque, ni même d'écran couleurs.Pourtant, par son seul programme MacPaint, il s'est imposé depuis quelques mois comme la nouvelle norme du graphisme parmi les ordinateurs personnels.D'abord, sans être comparable à celle des deux précédents, sa résolution est fort bonne (512 points par 342), et la clarté des images sur son écran est remarquable.Mais c'est surtout par la souplesse et la simplicité de fonctionnement de son logiciel qu'il sort de l'ordinaire: on arrive à travailler avec MacPaint aussi naturellement qu'on peut le faire avec une plume ou un pinceau et un bloc de papier.avec en plus tous les avantages qu'offre un système informatisé.Sous une forme plus simple, MacPaint offre la plupart des fonctions des systèmes «professionnels», et même quelques-unes qu'ils n'ont pas, notamment les possibilités de découpage et de superposition.Et contrairement a eux, l'essentiel de son maniement s'apprend en quelques minutes.Évidemment, le produit fini n'aura pas la même finesse, mais ce n'est pas là le but visé.Mindset, pour sa part, est un «compatible IBM» avec une forte orientation graphique et un logiciel de dessin appelé Lumena qui n'est peut-être pas aussi facile d'utilisation que MacPaint, mais qui offre une variété de fonctions en plus de la couleur.Lui aussi est offert avec une «souris» (ce petit bloc qu'on déplace sur une table pour contrôler les mouvements du curseur), mais il peut aussi être équipé d'une tablette graphique, et il est plutôt conçu en fonction de la reproduction sur papier, notamment au moyen des nouvelles imprimantes en couleurs à jet d'encre.Il a eu le malheur d'être lancé au moment où le marché des micro-ordinateurs était à son plus difficile le printemps dernier, et son fabricant a connu toutes sortes de problèmes.Cependant, depuis quelques mois, la publicité de «bouche à oreille» fait son chemin dans le monde des graphistes, et on en entend de plus en plus parler.r EPSON 271.2316 m 8184, ST-HUBERT (NOtD dc jarryj 1 LE COURRIER La lettre de mon correspondant de cette semaine repose avec acuité l'éternelle question des «orphelins» (ou, dans le cas présent, des futurs orphelins), ces ordinateurs qui ont été, ou sont sur le point d'être, retirés du marché.On parle ici dune machine en particulier, mais ce qu'on y dit s'applique en gros à toute la catégorie.Bonjour, J'ai l'intention de faire l'achat de l'ordinateur Atari 1450 XLD.est-ce un bon choix?Mais avant, j'aimerais en savoir un peu plus long sur les deux nouveaux ordinateurs qu'Atari sortira au tout début de 1985.J'ai aussi l'intention d'acheter une télévision qui pourrait aussi me servir de moniteur, comme la SONY de 30 cm (TV-MONITEUR).Merci, Claude Bellerive, Ste-Agathe RÉPONSE: En soi.l'Atari 1450 est une fort bonne machine qui à mon avis n'a pas eu le sort qu'elle méritait.Cela est dû sans doute au fait que contrairement à Apple.Atari s'est laissé attirer par Texas Instruments et Commodore dans une féroce guerre des prix qu'elle ne pouvait gagner, au lieu de tenter de s imposer par la qualité de ses produits.Pourtant, je ne peux pas à l'heure actuelle vous recommander de l'acheter, pour une raison bien simple: il est probable que toute la gamme actuelle des ordinateurs Atari va être retirée du marché pour être remplacée par une nouvelle famille qui, si l'on en croit les rumeurs, n'aura avec l'ancienne aucune compatibilité.Ce qui revient à dire que d ici peu de temps, l'Atari 1450.comme le 600 et le 800, sera sans doute un «orphelin» qui ne sera plus appuyé par son fabricant, et donc pour lequel il sera plus difficile de trouver des accessoires et du logiciel.Si c'était une machine qui s'est vendue en très grande quantité, ce serait moins grave, car il existerait pour elle un important marché parallèle soutenu par d'autres fabricants.Dans le cas des produits Atari, ce n'est malheureusement pas le cas (même s'il existe quelques exceptions, comme Rana pour les lecteurs de disquettes).Déjà, quelques coups de téléphone dans des boutiques qui avaient l'habitude de vendre cette gamme m'indiquent que les marchands y sont de moins en moins intéressés, et que si le logiciel est encore abondant (quoique les utilisateurs se plaignent que la plupart des programmes sont «vieux» et qu'il ne se sort plus rien de neuf), les périphériques et accessoires dont déjà difficiles à trouver dans la région de Montréal.On adrets* le courrier à Yvee Leclerc La Preeee - PLUS 44 ouest, rue Saint-Antoine Montréal, Que.H2Y 1A2 De plus, il est vraisemblable que d'ici quelques jours ou quelques semaines, il va se faire une grande «braderie» d'ordinateurs Atari.Il serait imprudent d'acheter au plein prix ou presque juste avant le moment où les prix risquent d être coupés sérieusement (on parle d'à peine un peu plus de la moitié des prix actuels).Un Atari dans les circonstances présentes ne me paraît pas un bon risque: un Atari à moitié prix dans deux ou trois semaines, ce serait une autre affaire, malgré les risques que cela implique.Il existe sans doute des clubs d'utilisateurs Atari au Québec comme il y en a partout aux USA.mais je ne les connais pas.Vous pourriez entrer en contact avec* eux avant de décider d'acheter votre 1450 XLD.De même, il existe quelques revues consacrées en tout ou en partie aux micros de cette marque; ce serait sans doute une bonne idée d'en lire une ou deux pour voir quel genre de support vous pouvez trouver si Atari abandonne sa gamme actuelle.Pour ce qui est des nouveaux produits, les rumeurs sont confuses et parfois contradictoires: dans un cas.on parle surtout d'un nouvel ordinateur type Atari 800 XL qui offrirait 128 Ko de mémoire à un prix comparable à celui du Commodore 64.Ailleurs, par contre, on dément cette information, on affirme que la compagnie va laisser tomber complètement le 800 (le modèle 600 est déjà en voie de disparition), et qu'elle va se lancer dans des produits de 16 et de 32 bits, nettement plus puissants.Tout ce qu'on sait, c'est qu'il y a eu des négociations entre Tra-miel et la direction d'Amiga, une petite société qui a conçu et qui se prépare à lancer un ordinateur basé sur le processeur 16-32 bits 68000 de Motorola; il s agirait d une imitation plus ou moins exacte du Macintosh d'Apple, avec en plus un écran couleur, pour un prix avoisinant les 1000 $ US, ce qui donnerait moins de 2000$ au Canada.L'ennui, c'est qu'avant qu'Atari ait pu s'entendre avec Amiga, cette dernière a été en partie achetée par Commodore.Strictement pour empêcher Tramiel de mettre la patte dessus, affirment les mauvaises langues.Je n'ai pas encore eu l'occasion de mettre à l'essai les nouveaux téléviseurs-moniteurs comme celui de Sony, mais les rapports que j'ai lus à leur sujet sont très favorables.Ma seule réserve a trait au problème du conflit d'utilisation: que se passe-t-il si un membre de la famille veut s'en servir comme téléviseur, et un autre comme moniteur?en O z \u20144 *J rrr > en > m g Z o < m ?3 00 co CO > O z 5 < to i I z o to POUR ECOUTER Jean-François Doré il s appelait Roger Gin-gras et que son père eût une entreprise de plomberie-chauffage, il aurait probablement complété son secondaire axé sur le professionnel pour ensuite rejoindre son père au sein de I entreprise familiale aujourd'hui rebaptisée Ubald Gingras et fils, plomberie-chauffage.Mais il ne s appelle pas Roger Gingras et son père n'est pas plombier.Il s'appelle Julian Lennon et son père était auteur-compositeur-interprète, autrefois membre d'un groupe plus célèbre et populaire que Jésus lui-même.C'est sans doute un poids très lourd à porter quand on naît comme ça le fils de l'autre, surtout si, comme c'est le cas, papa et maman se sont séparés il y a belle lurette et que l'on ne connaît son père qu à travers des disques et des articles de journaux.Si en plus on veut faire le même métier parce que l'on a hérité du matériel génétique qui avait donné du talent à papa, il faut être drôlement prévenu, fort et solide pour être capable de soutenir et souffrir les comparaisons inévitables avec quelqu un que le public a presque mythifié Il se serait appelé Roger Gingras qu'il n aurait probablement jamais fait de disque.Soit parce qu'il n'aurait pas eu le talent, ce qui est possible, soit parce que la compagnie de disque ne lui aurait pas donné de chance, ce qui n'est pas impossible.Le fait qu'il s'appelle Julian Lennon lui a sans doute ouvert des portes, mais je ne crois pas qu'elles seraient restées ouvertes bien longtemps s'il n'avait eu autre chose que son nom: du talent.Mais Julian a hérité de papa John autre chose que le talent.Il a hérité de la voix de papa.C'est tellement pareil que l'on jurerait un clone ou un enregistrement du père, c'est à s'y méprendre.Même que plusieurs des chansons commencent dans le style de celles que son père faisait quand il était avec son groupe.Mais là s'arrête la comparaison.Fiston a sa propre façon de s'exprimer tant musicalement que poétiquement II est bien évident que l'on sent l'influence du père, mais ce n'est qu'une teinte.Julian Lennon écrit et fait du pop.du bon pop à la Paul McCartney.Même qu'il joue de la basse comme Paul McCartney.Tiens, tiens, ça ne serait pas un peu pour se venger d'avoir été abandonné par son père qu'il fait dans le genre des silly love songs de celui que John a fini par haïr?Quoi qu'il en soit, ce premier disque Valotte se tient debout tout seul comme un grand et mérite toute la place qu'il prend et pourra prendre.On aurait pu craindre un disque plaignard ou vitriolique sur les difficultés d'être fils de star, sur les coups sur la gueule qu'on reçoit simplement parce que l'on porte le nom de son père et que certains gros épais se font une gloriole d'avoir bavé le fils de l'autre.On aurait pu craindre un disque gnan-gnan sur le fait que les gens s'imaginent qu'on a des liasses de livres sterling parce que papa a fait beaucoup de sous.Mais non.c'est un disque candide, tendre et pur sur l'amour, l'amitié et toutes\" ces choses qu'on nous raconte dans les chansons depuis des millénaires.Julian Lennon n invente rien il n'a pas cette prétention.Il fait de l'excellent pop comme d'autres en font, en ont fait et en feront.Ce n'est pas un défaut surtout quand c'est bien fait, poli, techniquement parfait.Par rapport aux courants actuels sa musique est un peu vieillotte, genre rescapé de 68, mais les arrangements sont excellents et les musiciens aussi.Cuivres dirigés et arranges par David Matthews, «le» gars de cuivres, avec Michael Brecker en tête, un des géants du sax.Roger Hawkins à la batterie pour certaines pièces.Steve Holley pour d'autres, appuient les excellents Justin Clayton et Carlon Morales aux guitares.Somme toute, c'est un disque très agréable à écouter si on ne se met pas en tête de chercher midi à quatorze heures et d'essayer de trouver une musique de Bach sur un texte de Nietzsche, là où il n'y a que de la chansonnette.Chansonnette oui.mais de la bonne, comme celle que les Beatles faisaient quand ils étaient ensemble Que voulez JULIAN LENNON Sur les traces de papa John vous, l'atavisme ne trompe pas et bon sang ne saurait mentir.Après tout, qu'est-ce que ça peut bien faire, pour paraphraser Jean-Pierre Ferland.que Julian mène la même vie que son père7 Si on a le droit d'être médecin ou plombier de pere en fils on a bien le droit d'être chanteur de père en fils.D'autant plus que dans le cas de Julian Lennon, ça prend un sacré courage et une sacrée détermination pour reprendre la route tracée par une légende.Julian Lennon Valotte Atlantic 78 01841 LES P'TITS DERNIERS COMATEENS Deal with it VIRGIN VL 2303 Cet album est gorgé de sève.Des New-Yorkais qui vous donnent l'envie de partir à la première occasion pour passer un week-end chez eux.Sentir les rues, ces orgies de feu roulant.Dans l'univers plutôt peuplé des rock bands, beaucoup sont efficaces, mais rares sont ceux qui parviennent, au-delà de la simple vigueur, au-delà de la maîtrise de leurs ruades, à imposer une personnalité vraiment palpable, à être plus que des amuseurs d'un soir, à devenir presque des amis.Comateens est de ces quelques privilégiés, ils ont la joie de vivre, le tempérament, la chaleur humaine.Des chansons pétillantes qui donnent tant d'incandescence à la ville.Un groupe original aux élancements chatoyants et ombrés.Un disque qui vous réchauffera à l'approche de l'hiver.AZTEC CAMERA Knife SIRE 9251831 On me pardonnera, je n'ai jamais été un fan de ce groupe.Et ce que je vous en dis n est que pour mémoire, parce que le disque que voilà n'a vraiment pas besoin de référence prestigieuse pour tenir le coup.Que non.Tenez, je me ferais presque l'effet d'un vieux schpountz, mais si! mais si! Je vous dis, à parler comme ça mais tant pis: cet album m'a comblé d'aise.Voilà' Et je vais m enfoncer.Au fond, un certain goût du rock élégant, sans excès, bien entretenu, bon ton, mesuré, net et harmonieux, et riche mais sans ostentation.Aztec Camera, c'est ça.Un trente de bonne qualité, plein de tact dans l'effet, sur tempo médium.Ils sont vivants, honnêtes et savent évoluer artistiquement sans qu'on décroche.Moi je trouve ça réjouissant.FALCO Jungle Roemer AetM SP 4993 Vous vous souvenez de «Der Komissar» ?C'est lui l'Allemand Falco.Un deuxième disque qui confirme sans problème les séductions du premier.Il y a dans cet album des climats, des couleurs, des langues (l'allemand, l'anglais et même de l'italien) des éclosions qui dépassent le stade de l'agréable.Une magie qui puise largement dans les recettes pop, mais ce n est pas le moindre des charmes du monsieur que de faire fonctionner la technologie la plus contemporaine pour lui donner des couleurs moins rébarbatives.Le style est souple, funky, pas agressif, la rythmique est bonne et le rap est juste.Un disque intéressant mais frustrant car il laisse à penser que Falco est capable de mieux faire.RAMONES Too tough to die SIRE 9251871 Huitième album pour ce groupe de musclés américains.Il faut vraiment bien s imprégner de cette grande rondelle pour que ces treize titres qui défilent dans une finition, une rectitude trop souvent clinique, révèlent une poignée de vie.Des rockeurs hargneux remplis à ras bord de l'énergie qui s'enflamme et qui peut nous enflammer.Un groupe qui a une force naturelle et beaucoup de classe.S'il s'agit bien toujours de hard rock rempli de titres dérapants et pétaradants, ce hard rock a la verve gaillarde et l'agressivité juteuse qui s'illustre par des saveurs des plus communicatives.Un groupe dont on sent la pulsation cardiaque, un groupe vivant qui n'hésite pas à se livrer.Une impression de dense intensité.Un fascinant brasier. POUR URE Jean Basile Cette fa japonai * i a ¦Mi ¦ ¦ I on e mourir., La mort volontaire au Japon par Maurice Pinguet Éditions Gallimard algré l'envahissement des Toyota et des Sony, malgré la robotique et le nouveau management, le Japon reste un pays secret pour la plupart d'entre nous.Malgré les apparences, c'est l'Orient, une autre civilisation, d'autres religions, des manières de vivre, de parler, de comprendre, d'aimer et de mourir qui ne sont pas les nôtres.Mourir?Oui, chacun comprend la mort comme il la sent si ce n'est que, pour tout le monde, elle est inéluctable.On naît.On meurt.Entre les deux, ça s'appelle la vie.Peu de choses.Mais le Japon a donné à la mort une signification singulière.La tradition le dit et les temps modernes le répètent: il est une façon de mourir tout à fait japonaise et c'est la mort volontaire, le suicide.Encore faut-il s entendre sur ce mot qui, dans notre contexte chrétien, sonne mal puisqu'il est entendu que, la vie nous venant de Dieu, il ne nous appartient pas de la reprendre.Pour le Japonais traditionnel, la vie est souvent un objet, quelque chose que l'on regarde de loin, avec une sorte d'indifférence, un incident.Le suicide est dès lors un «signe», un symbole qu'il faut apprendre à comprendre.Disons, au passage, que le seppu-ku, le hara-kiri (si parfaitement illustré par Kobayashi dans son film célèbre) n'est pas plus fréquent au Japon que le suicide ne l'est ailleurs.Les statistiques le montrent.Pays du suicide, oui, mais du suicide rituel, portant un sens, ce qui lui donne une allure éminemment dramatique.Que l'on songe, par exemple, aux fameux pilotes kamikase de la guerre du Pacifique.Ils sont en même temps magnifiques et hor- ribles avec leur visage enfantin et leur regard sombre, plein de détermination.Maurice Pinguet dans La mort volontaire au Japon trace donc un portrait exhaustif du suicide au Japon.C'est un travail de recherche impeccable au cours duquel il fait appel à l'histoire naturellement, mais aussi à la sociologie, à la littérature.L'auteur s'intéresse non seulement à l'histoire ancienne mais encore à des événements que nous avons pu vivre comme le célèbre seppuku d'un des grands auteurs de notre demi-siècle, Mishima, ou l'empoisonnement non moins célèbre de Akitagawa Ryunosuke qui se donna la mort «pour mettre fin à une vague inquiétude».Une «vague inquiétude»?Comme il se doit, l'idée de la mort volontaire est étroitement liée, au Japon comme ailleurs, à la vision religieuse de la vie.Le suicide est donc devenu un acte de quasi piété, lié au shintoïsme qui n'est pas la seule religion du Japon où Ion peut être bouddhiste par exemple et son avatar typiquement nippon qu'est le zen.Ces deux religions, sans condamner formellement le suicide, le considèrent comme inutile.Il faut en effet se débarrasser de tous désirs, y compris du désir de la mort.En fait, comme le montre Maurice Pinguet (professeur à l'université de Tokyo), la mort volontaire est devenue un véritable «code de vie», si l'on peut dire, à la grande époque féodale, l'époque des Samouraïs qui considéraient mort et vie avec la même indifférence.C'était, comme on le sait, une façon de conserver son honneur après une faute.C'était aussi une manière de prouver sa fidélité à l'Empereur.Mais ce qui commença assez doucement en somme, comme des actes isolés et au fond assez exceptionnels, devint, avec le temps, excessif au point d'être bientôt un spectacle un peu extravagant où se mêlaient tout en même temps le «code d'honneur» et une sorte de masochisme religieux et familial.Théâtre de l'horreur.Théâtre du destin aussi?Le seppuku devient en quelque sorte la seule façon d'affronter des situations sociales impossibles à résoudre autrement.C'est là qu'intervient, selon l'auteur, un autre type de mort volontaire qui est, on s'en doutera, le suicide par amour que nous connaissons bien chez nous avec l'archétype de Roméo et Juliette.La mort des amants n'est pas rare dans le Japon ancien et d'autant plus que le rôle de la famille (la famille du garçon naturellement) est prépondérant.C'est ainsi que les belles-mères ont tous pouvoirs sur la brue et cette situation, impensable pour nous, esi si forte, si déterminante qu'elle peut décider, par un mot, de la vie ou de la mort d'une femme.Le roman japonais, le théâtre aussi, abondent de ce genre de situations tragiques où la brue, terrorisée par sa belle-mère, choisit la mort, souvent suivie par son mari qui, lui non plus, ne peut s'opposer à sa mère.Drame cornélien dans un sens mais poussé à l'extrême de l'illogisme pour nous qui n'avons pas un esprit de famille poussé à sa limite.Si la mort volontaire a été un fait de civilisation dans le Japon féodal, un fait accepté, estimé, recommandé même dans certains cas, il n'en a pas toujours été de même, particulièrement dans les temps modernes où le suicide n'est plus considéré comme un «acte honorable» mais bien comme le symptôme d'un déséquilibre psychologique.Là aussi le Japon s'est modernisé.Mais il reste un aspect particulier à découvrir, qui est le besoin réel de certains Japonais de se rattacher corps et â me au Japon traditionnel, celui du seppuku.En redonnant au suicide rituel sa valeur d'autrefois, la mort volontaire devient donc un acte social de protestation, un acte politique d'autant plus dangereux socialement qu'on peut l'utiliser à des fins terroristes et cela, en effet, n'a pas manqué.En bref, pour certains radicaux, la marque japonaise par excellence, le fait d'être nippon passe par l'acceptation de la mort volontaire qui est la continuation de l'époque samouraï où le Japon, complètement fermé au monde extérieur, vivait en état d'autarcie complète.Ce Japon mythique, é-ternet dans ses fonctions religieuses et sociales est naturellement en train de disparaître pour se fondre dans le grand tout du monde capitaliste.Certains le regrettent.J'ai évoqué l'ombre de Mishima.Il fut l'un de ceux qui protestèrent avec le plus de violence contre le Japon international, marqué par le signe, pour lui infâme, de Coca-Cola.Son seppuku qu'il voulut exemplaire comme sa vie, suscita l'enthousiasme de quelques jeunes gens mais, dans l'ensemble, on le considéra comme un acte de folie inutile.Les Samourais n'existent plus.Si l'on se suicide au Japon, comme ailleurs (et d'ailleurs moins qu'en Suède), le suicide est devenu banal.Tant pis! ?D'ICI Philippe Barbaud Les sparages à Vigneault défaut de variétés « culturelles » nationales autres que celles du 45 tours, je me suis cultivé avec la variété linguistique des Gens de mon pays que notre diplomate de Gilles Vigneault venait de bisser devant certains premiers ministres, hôtes prestigieux d'une certaine émission de Radio-Québec qui s'évertue à le devenir.Il n'est pas facile de s'emparer des mots d'un chansonnier, surtout lorsqu'il est poète.Mais en l'occurrence, j'ai mis la main au collet du mot SPARAGES avec la ferme intention de lut régler son cas.Car c'est un cas.Un beau cas d'examen.Une occasion rêvée de pratiquer l'art de l'auscultation.Aux gens de mon pays qui « sont gens de paroles et gens de causerie», j'ai donc soutiré le SPARAGES en question afin d'identifier d'où venait le mal, puisque mal il y a.En effet, ce mot se plaint de son état.Il y a chez lui quelque chose qui ne tourne pas rond, quelque chose d'anormal, une pathologie d'ordre probablement étymologique bien que je n'écarte pas l'hypothèse d'un mal d'origine lexicosomai'-que.À la première question que je pose: «Etes-vous français ou étranger?», ce patient me répond qu'il n'en sait rien.À la seconde Question: «À auelle époque êtes-vous né?», il me répond la même chose.Qui donc vous a déjà examiné avant moi?lui demandai-je encore.Seulement un nommé Paul Lefranc, le 29 septembre 1923, pour le compte du quotidien La Presse, me répond-il.Je me rappelai vaguement ce vieux collègue qui avait tenu dans le temps une chronique de langage intitulé Autour de la langue française.Je lui demande encore si son dossier figure ailleurs et si les diagnostics sont concordants.Aucune erreur possible: son cas est dûment attesté dans le Glossaire du parler français du Canada.Je prends connaissance des symptômes car je peux y lire ceci: SPARAGE, nom masculin, veut dire soit «parade, grand déploiement, étalage ».ou soit «parade, action de parer un coup, de se préparer au combat par des parades; grands gestes exagérés».Puis je tombe en arrêt devant la note qu'on a rajoutée: «anglicisme qui vient de to spar = boxer, se battre à coups de poings, préluder à un combat».Décidément, c'est un bien beau cas, ce mot bien de chez nous.As usual, je lui dis de se déshabiller et de s'étendre pour un examen plus approfondi.Au premier coup de scalpel, il me révèle tout son pluriel.Vous n'êtes donc jamais au singulier, lui demandai-je?C'est très rare, me répond-H, car les gens m'emploient comme si j'étais en grand nombre.Faire des sparages.ça veut dire gesticuler; c'est faire de grands mouvements désordonnés.Il y en a beaucoup, vous comprenez?Bien sûr que je comprenais, mais cette origine anglaise et pugilistique me paraissait singulièrement aggraver son cas.Le mai qui affecte les mauvais emprunts à une langue étrangère est d'ordre lexicosomati-que: c'est très difficile à soigner.Au dernier coup de bistouri, je voulus en avoir le coeur net.Je m'en remis donc à ia veine étymologique qui m'amena jusqu'au fond de (ancien français.J'y trouvai le vieux verbe ESPA-RER, dont est d'ailleurs tiré notre ci- en > Z O 00 - 1 * MOP IEILLIR Claire Dutrisac EN FRANCE ET AU QUÉBEC L'orientation du jour: le maintien à domicile a semaine dernière, dans une entrevue exclusive accordée à PLUS, cette grande dame de la politique européenne, Mme Simone Veil, nous plaçait devant une dure realité.La solution aux problèmes financiers de nos établisse-, ment s de santé et d'hébergement c'est le ticket modérateur ou les restrictions budgétaires.C'est une franchise qui se fait de plus en plus rare dans les discours des hommes politiques.Au Québec, on a procédé carrément à des coupures de budgets.Mais là où pointe I hypocrisie, c'est lorsqu'on affirme que la qualité des soins n'en sera pas affectée! On ne réduira pas le personnel soignant, soutient-on; il ne s'agit que d'exercer une saine gestion.Mme Veil ne craint pas de déclarer que «les coûts de gestion, c'est un peu un fantasme».Ce qu'il importe de retenir, c'est qu'il existe diverses façons d'imposer le ticket modérateur et qu'il ne s'applique pas, uniquement, comme on le croit trop souvent ici, à la visite médicale.La France et le Québec, en ce qui a trait aux personnes âgées, ont suivi des voies parallèles.L'une allant peut-être un peu plus vite que l'autre, sous la pression d'une population que la guerre a vieillie.Mais l'autre, le problème démographique aidant, a rattrapé son retard.Les deux pays ont connu, peut-être à des époques différentes mais très proches les unes des autres, les mêmes expériences.D'abord, celle des hospices dont Mme Veil ne craint pas de S dire qu'ils étaient «de petits dé-> potoirs».Puis, la création d'éta-O blissements plus modernes.En-5 fin, l'orientation du jour, en France, chez nous et ailleurs, le maintien à domicile.Les systèmes et les populations étant largement différents ne permettent pas de comparai-_r son rigoureuse.Mais j'ai noté le 2i concept plus large que le nôtre de la France qui inclut dans ce Z maintien à domicile des loge-9 ments assurant la sécurité et l'indépendance.Nous avons bien ici ce genre de résidences mais el-g les appartiennent à l'entreprise privée, à but lucratif.Il arrive que les services promis, une fois l'im-oo meuble rempli, soient supprimés.De plus, les locataires ne sont 00 oc CM 2 < pas à l'abri de hausses parfois abusives de loyer.Les HLM (habitations à loyer modéré) que l'on construira dans le futur pourraient s'inspirer de cette formule et prévoir, outre l'aide à domicile, le cas échéant, la présence d'une infirmière, un petit restaurant où l'on peut casser la croûte à l'occasion, une salle de loisirs communautaires, une sonnette d'appel, etc.Cette formule permet le maintien à domicile et se révèle moins onéreuse pour les contribuables.Une grave lacune, ici._ On peut envier à la France son réseau de médecins visitant les malades à domicile, et non seulement dans les cas d'urgence, comme chez nous.Le résultat de notre politique contribue sûrement à l'engorgement des salles d'urgence des hôpitaux.Car, comment juger de son état sans un examen médical?On peut avoir besoin d'un médecin sans être à deux doigts de la mort.Les familles d'accueil Cette mesure «alternative» à l'hébergement, comme disent les travailleurs sociaux, est fort contestée parmi eux, et encore plus par les personnes âgées.Et cela, indépendamment de la qualité de la famille d'accueil.Il semble bien que les Français, pas plus que les Québécois, n'apprécient ce type de ressources.Pour la même raison d'ailleurs.Mme Veil l'explique très directement: «Ils (les gens âgés) se sentent plus indépendants dans une structure collective que dans une famille.» J'ajoute que la promiscuité est beaucoup plus grande que dans un centre d'hébergement.Les listes d'attente Mme Veil affirme qu'en France, on n'a pas de liste d'attente.Mais si cela est vrai d'une façon globale, ce n'est pas le cas de tous les établissements, puisqu'elle parle de «protections et de relations sociales» qui jouent.La situation risque fort de ressembler â celle du Québec.La suppression des comités d'admission locaux, ici, nous permet peut-être de gagner un point.Et les loyers clandestins?Au cours de cette entrevue d'environ quarante minutes, Mme Veil et moi avons abordé de multiples sujets.Elle a nié, mais assez faiblement, l'existence de foyers dits «clandestins».Je lui ai rappelé le «scandale» qui éclata à Marseille, il y a quelques années, au sujet d'un tel foyer.Oui, bien sûr, il arrive parfois que les journaux fassent éclater de tels scandales qui secouent l'opinion publique, mais c'est rare.Et prudente, elle a rajouté: «On ne peut cependant jamais affirmer que des situations comme celle-là n'existent pas.mais il y a une grande surveillance exercée par les services départementaux et les assistantes sociales.» Et elle a enchaîné avec une réalité que nous connaissons aussi: «Il faut compter avec l'âpfeté au gain de la famille qui ne sait pas très bien quoi faire de quelqu'un, alors on le met dans ces endroits.Ce ne sont pas toujours vraiment des foyers clandestins, au sens d'établissements secrets, que l'on ignore, mais simplement, il existe des gens qui ne sont pas traités comme ils devraient l'être, qui sont mal nourris, brimés.» Moi, je sais qu'avant que LA PRESSE ne les dénonce, il y a quelque vingt ans, on croyait que «ça» n'existait pas non plus.Je sais aussi que ces maisons poussent comme des champignons, qu'elles sont tolérées parce qu'elles aident à vider des lits d'hôpitaux et qu'il en coûterait cher de fermer ces bouges.Car il faut bien placer ces personnes quelque parti Et on manque de lits.Je vous laisse avec l'image de cette grande dame qu'est Mme Simone Veil, son sourire un peu triste devant ma question: «Vaut-il mieux vieillir en France ou au Québec?» Elle répondit: «Partout, je crois que la vieillesse est toujours lourde à porter, à certains moments.» Bien sûr, elle l'avait souligné, certains individus vieillissent «bien», comme on dit, avec presque l'air de rajeunir.Mais à certains moments.et selon les gens, la vieillesse n'a pas le même visage.?Une correspondante m'écrit le sort réserve à son mari dans un centre hospitalier qui a pourtant bonne réputation.Ce qui \u2022 me frappe dans les faits rapportés, c'est que Mme Alberto (nom fictif) a frappé à toutes les portes pour exposer ses plaintes.Ces portes que j'indique souvent à ceux qui m'écrivent.Elle a commencé par le CSSSR-MM (Conseil régional de la Santé et des Services sociaux du Montréal métropolitain) pour demander un renseignement qu'on lui a obligeamment fourni.On est même intervenu auprès de l'établissement.MAIS!.le lendemain, à l'hôpital, elle était prise à partie violemment par un médecin spécialiste qui lui reprochait de s'être adressée au CSSSR.Il l'a injuriée, dit-elle, l'a fait pleurer.et lui a tendu des Kleenex! Son mari a eu l'examen qu'imposait son état et fut hospitalisé en neurologie.«On ne lui donna aucun remède.Il mangeait trois fois par jour.Jamais un médecin ne venait le visiter.» Un jour, un nouveau médecin lui apprit que son mari ne reviendrait plus jamais chez lui et pria Mme Alberto d'avertir ce dernier.Au bout de quelques semaines de «ce régime épouvantable», elle décida de parler à rOtnbudsman qui lui fit les mêmes reproches.Mme Alberte s'était plainte auprès du CSSSR-MM! Elle appela au bureau du ministre Laurin.«Une petite jeune fille m'a dit: «Vous savez, Madame, il y en a des centaines de cas, vous n'êtes pas la seule.» Quelle consolation, vraiment! Elle fit aussi une démarche auprès de son député qui intervint.À titre de représailles, on a placé son mari parmi les vieillards en attente d'hébergement.Elle décrit ainsi cette section: «Arrivée là, je me suis crue en enfer.Une femme criait comme un oiseau, un homme blasphémait en criant tout le temps, d'autres crachaient sur le plancher.Il y a là de tout ce qu'on peut voir.Et pas de discipline.Ça ressemblait à un champ de bataille.Pas de soins.Pas un sourire.Des pilules seulement et des piqûres.» Son mari redoutait de «devenir comme eux.».Elle a trouvé une oreille compatissante auprès d'une travailleuse sociale qui n'était pas attachée à cet hôpital.Mme Alberte a repris son mari chez elle et la travailleuse sociale lui envoie de l'aide à domicile.Elle se demande combien de temps elle tiendra le coup.Entre autres démarches, Mme Alberte a aussi écrit au directeur médical de l'établissement qui n'a pas daigné répondre.Elle conclut: «Enfin, toutes mes amies m'appellent et me parlent de cas semblables.On n'a pas hate d'arriver à cet âge.LE COURRIER On adresse le courrier à Claire Dutrisac La Presse \u2014 PLUS 44 ouest, rue Sainte-Antoine Montreal.Que.H2Y 1A2 Doux Seigneur! Pitié! Vite, une pilule, ou bien l'euthanasie.» Mme Alberte R \u2014 J'ai dû résumer votre lettre surtout pour sauvegarder votre désir de n'être pas reconnue.C'est aussi dans ce but que j'ai supprimé quelques détails.Je comprends mal qu'un hôpital qui se respecte agisse ainsi.Je veux souligner que le CSSSR-MM n'a aucune autorité sur l'établissement.De plus, lorsqu'il s'agit d'un individu, comme dans votre cas, il ne peut intervenir qu'en dévoilant son nom.Si j'en crois tout ce qui vous est arrivé, c'est à des personnes qu'il faut s'en prendre plus qu'au système.Une personne âgée, dans notre société, n'a pas le droit de se plaindre.La loi ne la protège pas.Je pense aussi que ce sont les personnes en cause, celles qui sont en autorité, qui ont le plus de responsabilité dans des histoires comme la vôtre.Les médecins d'abord.L'accueil qu'ils réservent aux «vieux», leur indifférence pour ne pas dire leur répulsion à leur égard, toutes ces attitudes les jugent.Les représailles dont vous avez été victime dénotent une petitesse d'esprit incroyable! Pourront-ils parler longtemps, les médecins, d'une profession humanitaire?Certes, généraliser serait une erreur.Ils ne sont pas tous ainsi quoique encore trop nombreux.S'ils croient que leur statut social et leur argent protégeront leur propre vieillisse, ils se trompent énormément.Les jeunes loups qui les regardent iront peut-être plus loin qu'eux encore.et sans les épargner.Le silence du directeur médical se justifie par le sens un peu trop poussé de la solidarité professionnelle.«Un peu trop» est un euphémisme! L'agressivité de l'Ombudsman me renverse.Il n'a pas fait son métier.Était-ce parce que des médecins étaient en cause?Quant au ministère des Affaires sociales, il est clair qu'on ne peut compter sur lui.On «bloque» très vite la moindre plainte.Une réponse idiote (qui est un aveu d'inefficacité en même temps) ou un accusé de réception neutre et froid quand il s'agit dune lettre et le tour est joué.Il devient urgent d'établir des mécanismes pouvant protéger les personnes âgées aussi bien que le sont les animaux.Vous avez aussi été témoin de la déchéance dans laquelle peut glisser l'être humain.Convenez avec moi que le sourire est parfois difficile.comme l'amour! J'aurais voulu recevoir de vous la permission d'intervenir, moi aussi, et de poser des questions.Je vous souhaite, à vous et à votre mari, meilleure santé et meilleure chance dans l'avenir.? 'école de Salerne affirmait que pour vaincre la calvitie, il suffisait de se frotter souvent le crâne avec des oignons broyés! Pour ma part, je me contente de les mettre dans mes casseroles, où ils sont sûrement plus à l'aise.* CUISINER W Pol Martin \u2022 canapés de crevettes \u2022 casserole de pommes de terre et d'oignons \u2022 gâteau, glaçage au chocolat 1.Canapés de crevettes (pour 4 personnes) 8 à 10 petites tranches de pain français, grillées 15 mL (1 c.à soupe) d'huile végétale 1 oignon haché gousse d'ail, écrasée et hachée 1 boîte de tomates de 796 mL (28 onces), égout-tées et hachées 500 g (1 livre) de petites crevettes cuites 125 mL (% tasse) de fromage gruyère râpé sel, poivre, paprika Préchauffer le four à gril (broil) 1) Faire chauffer l'huile dans une sauteuse à feu moyen.Ajouter les oignons et l'ail; couvrir et faire cuire de 2 à 3 minutes.2) Ajouter les tomates et la moitié du fromage râpé.Assaisonner au gout et faire cuire à feu doux de 7 à 8 minutes.Augmenter la chaleur pendant les 2 dernières minutes de cuisson.3) Étendre le mélange de tomates sur le pain grillé.Recouvrir de crevettes et de fromage râpé.4) Placer le tout sur une plaque à biscuits et faire cuire au four à broil de 3 è 4 minutes.5) Parsemer de paprika.Servir.2.Casserole de pommes de terre et d'oignons (pour 4 personnes) \t 15 mL\t(1 c.à soupe) d'huile 4\tsaucisses de porc 1\toignon émincé 3\tpommes de terre pelées et émincées 1\tboîte de blé d'Inde en crème de 284 mL (10 onces) 250 mL\t(1 tasse) de bouillon de poulet chaud une pincée de clou de girofle\t sel et poivre\t Préchauffer le four à 180 C (350° F) 1) Faire chauffer l'huile dans une sauteuse.Ajouter les saucisses; faire saisir de 4 à 5 minutes de chaque côté.2) Retirer les saucisses et les mettre de côté.3) Mettre les oignons et les pommes de terre dans la sauteuse.Saler, poivrer; couvrir et faire cuire de 5 è 6 minutes.4) Ajouter le blé d'Inde, le bouillon de poulet chaud et le clou de girofle.Assaisonner au goût.Couvrir et faire cuire au four de 18 à 20 minutes.5) 5 minutes avant la fin de la cuisson, ajouter les saucisses.6) Servir.3.Gâteau, glaçage au chocolat 175 mL (% tasse) de farine à pâtisserie, tamisée une pincée de sel 3 oeufs à la température de la pièce 15 mL (1 c.à soupe) de vanille 125 mL (% tasse) de sucre Préchauffer le four à 180°C (350° F) Beurrer et fariner un moule à gâteau à fond amovible de 20 cm (8 po) 1) Tamiser la farine et le sel dans un bol.Mettre de côté.2) Mettre les oeufs, la vanille et le sucre dans un bol.Battre le tout avec un batteur électrique de 6 à 7 minutes.3) Tamiser la farine dans le mélange d'oeufs et l'incorporer délicatement avec une spatule.4) Verser le mélange dans un moule.Faire cuire au milieu du four de 25 à 30 minutes.5) Retirer du four et laisser reposer le gâteau de 5 à 6 minutes.Démouler et mettre de côté.6) Dès que le gâteau est froid, le couper en deux, le garnir de glaçage au chocolat.Reformer le gâteau et le glacer.Préparation du glaçage au chocolat: 500 mL (2 tasses) de sucre à glacer 125 mL (% tasse) de cacao 50 mL (% tasse) de beurre doux, à la température de la pièce une pincée de sel 5 mL (1 c.à thé) de vanille 90 à 105 mL (6 à 7 c.à soupe) de lait 1) Mettre dans un bol le sucre, le cacao, le beurre le sel et la vanille; bien mélanger le tout 2) Ajouter le lait et bien incorporer le tout pour obtenir un glaçage onctueux.O z 3 en > m g to Ik z O < oo rrivé aux Éd/t/o Remaniée et plus complète que jamais, cette dix-neuvième édition du Guide de l'auto vous propose non seulement une revue détaillée de tous les modèles sur le marché, mais aussi une analyse en profondeur des grandes questions de l'heure dans le monde de l'automobile.De l'aérodynamique à l'électronique en passant par les derniers développements de la technologie moderne, le Guide de l'auto vous aidera à mieux suivre l'évolution d'une industrie en pleine mutation tout en vous fournissant toutes les informations nécessaires (prix, consommation, performances, avantages et inconvénients) pour vous faciliter l'achat d'un véhicule automobile.H 00 oc CÛ o Z CN 5 LU < \u2014J | OC r- Z O Commandez dès aujourd'hui votre exemplaire LE GUIDE DE *2 * JACQUES DUVAL Les meilleurs achats dans chaque catégorie Le pour et le contre Matchs comparatifs Les prix/la consommation Tableaux comparatifs Camionnettes et 4 X 4 Découvrez près de 200 modèles pour tous les goûts et tous les budgets.EN VENTE PARTOUT SPÉCIALE AUX AB0NNÉ(E)S DE LA PRESSE: 20% DE RÉDUCTION Service rapide et efficace 285-6984 Économat; tempe et argent en commandant vos livras des Editions La Presse par téléphone Vous n avez qu a composer la numéro 266-6964.donner votre rxjmero de carie VISA ou MASTERCARD et la tour estfoue Ce service vous est offert du lund< au vendredi de 9ri s I0n Prière de noter que les échanges et «s remboursements ne sont pas acceptés BON DE COMMANDE Veuillez me fake parvenir ( ) exemplaires) du Guide de l'auto 85 au prix de 13.95$ chacun, plus 1 $ de frais de poste et manu-teotion.Je sués abonnée) à LA PRESSE Veuillez me fan* parvenir ( ) exemplaire5 as s.ai *
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