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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
La presse plus
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 1984-09-22, Collections de BAnQ.

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[" ?MONTRÉAL 22 septembre 1984 Volume 2 numéro 38 LE PLAN DE QUÉBEC BATTU EN BRÈCHE?10000 SONT DEJA ENTRES A L'ECOLE /il ^v/^H ^v/^ ^^Fx^^l ^v/^l r^^M ^V^F^B ^E^l E^fl ^^^^^H ^^^1 MAMie LE55A8D SPÉCIAL SE CHAUFFER AU BOIS Nos puces C est - on le verra - une histoire rte puces qui nous ramène à nos puces.Le gouvernement tente, de peine et de misère, d'ajuster l'école publique à la réalité informatique, mois dans I intervalle, les Commissions scolaires ont pris les devants.Pendant que le ministère de l'Éducation rêve encore d'équiper nos écoles de quelque 5000 appareils utilisés dans un programme cohérent, les écoles - primaires, secondaires et Cégeps - ont déjà acquis quelque 10000 appareils.Pourquoi?Yves Leclerc.qui fouille le dossier depuis le début, explique que.sous la pression de parents paniques devant l'éventualité de voir leurs enfants manquer le train, les commissions scolaires n'ont pas hésité à répondre à leur voeu.d'autant plus qu'il ne l»ur déplaisait pas, dans le contexte qu'on connaît, de faire la nique au gouvernement.Conséquences: un fouillis con-S'dé'able.administratif et pédagogique, attend les autorités de i enseignement.Leclerc.qui fait le point en pages 2 et 3, note: «Au lieu de la belle unité rêvée par le MEO.on se retrouve face à un parc d'ordinateurs disparate, en général sans aucune compatibilité d'une région a une autre et parfois même d'une école à une autre mais croissant rapidement et de-passant même les projections officielles.» Et tout ça, alors que la réflexion des pedagogues sur l'opportunité môme de la présence de la divine machine à I école, n'est pas complétée.Pour leur part, Jacques Dufres-ne et Pierre Lacombe apportent aux lecteurs de PLUS cette semaine, en pages 4, 5 et 6, quelques éléments de réflexion sur le sujet.Au passage, quelques mythes volent en éclats: il n'est pas vrai que le gros de l'emploi dans les années à venir se situe du côté de l'informatique; il n'est pas nécessairement vrai qu'un enfant puisse pratiquer, par exemple, la géométrie plus aisément en ayant recours à l'ordinateur; il n'est pas vrai que l'ordinateur façonne des personnes plus complètes: le cerveau, d'une part, et la société actuelle, d'autre part, sont ainsi constitués que l'ordinateur aurait plutôt tendance à accentuer les déséquilibres de la personne.Quant aux Français, écrit Jean-François Lisée en page 7, ils paraissent en être revenus «des gourous du type Jean-Jacques Servan-Schreiber» et, tout en saluant la naissance d'un outil nommé ordinateur, ils observent avec circonspection le difficile mariage entre l'informatique et la pédagogie.La Redaction ___i 00 5 UJ E UJ CO < < UJ ÛÉ H- z o to EMPIRE DES SENS Serge Grenier AGENDA E.D.le backbencher Mon assermentation comme député d'Hochelaga-Maisonneu-ve, la semaine passée, ça t'a été mon plus beau jour de ma vie.Je.Edouard Desrosiers, étais très ému.J'ai un bureau pas pire.Radio-Canada, on va te nettoyer ça! Mon frère Patof, y va travailler à Radto-Canada.Parce que Bobi-no, je suis pas mal tanné de regarder ça.Lundi.Assermentation des ministres.J'aurais ben aimé ça, mais à dire vrai, je m'attendais pas vraiment à être nommé.Je l'ai pas été non plus.Ça fait que je suis pas trop déçu.Mais ça fait quand même quelque chose.Mardi.Faudrait bien que j'envoie des remerciements à mes électeurs.Je pensais jamais en avoir tant que ça.Hochelaga-Maisonneuve, c'est grand en grand.Mercredi.Pensée du jour: non mais je l'ai-tu battu Serge Joyal ou ben si je l'ai pas battu?Comment on dit ça en français backbencher?Député d'arrière-banc ou d'arrière-plan?Jeudi.Le restaurant du Parlement, c'est très bon pis vraiment pas cher.Je pense que je vais manger là matin et soir.Tiens, inviter mon frère Patof à manger.Lui va tomber sur.Lui va tomber à terre quand c'est ma secrétaire qui va l'appeler.Ma secrétaire! J'en reviens pas J'en ai pas une.j'en ai deux.Vendredi.Coud on, Ottawa c'est ben anglais.Appeler Berlitz.Qu'est-ce que je dis là?Faire appeler Berlitz par ma secrétaire Mon anglais est pas trop pire mais si je veux être ministre un jour.Résolution peur la semaine prochaine: me faire chum avec Rock.Juneau, watch our! PROMENADE L'après-midi des faunes Rien de tel qu'une bonne marche par samedi d'automne pour se mettre du rouge aux joues! L itinéraire sera varié: sur Saint-Laurent en bas.rue Saint-Dents au milieu, avenue Laurier en haut.Trois rues, trois faunes.Denim, coton, tweed.Rue Saint-Laurent où denim et fortrel s'entremêlent, les cafés louchent, les mines sont patibulaires et les filles de joie, plutôt tristes.Un travesti ne leurre personne sur sa nature profonde et les hot dogs stimés sentent tort.Crochet par la rue Sainte-Catherine, la juteuse.Rue Sriint-Dents on est au coton.Une terrasse n attend pas l'autre Bondées.On étire la belle sai- \u2022 \u2022 \u2022 \u2022 - son.Un petit je ne sais quoi de boulevard parisien; les arbres peut-être.Plus on monte la rue Saint-Denis, plus le coton est froissé \u2014 c'est le goût du jourl \u2014 et plus les jeans ont des griffes.À voir tous ces gens dans les boutiques, on constate que la reprise n'est pas un vain mot Finalement, l'avenue Laurier.Tous ces tweeds étourdissent, tous ces lainages donnent chaud.Mais qu'est-ce qui attire tant les passante?Un nouvel établissement, je gage?Eh bien, oui! C'est Lenotre, chocolatier et pâtissier.Gâtés pourris, ces Outre-montois! Ils s'y ruent afin de goûter du fruit défendu aux moins de 40 000$.Dans la vitrine, une ravissante petite tarte aux petits fruits Vraiment ravissante.Vraiment petite.On n'en ferait qu'une bouchée.Et combien coûte-t-elle la petite tarte aux petits fruits?Dix-sept petits dollars.Canadiens, quand même.Et bien non.Lenôfre! Une autre fois.À LA TÉLÉ) Du neuf avec du vieux Le syndrome de Mémère Bouchard frappe: la rnémé bien-ai-mée donne le goût des réiéro-mans d'époque.C'est les costumiers qui doivent être contents' À Radio-Canada, Le Parc des Braves de Femand Danse-reau: la belle société de Québec en 1939.A Téié-Métropte, Entre chien et loup écrit par Aurore Descoteaux.Aurore Descoteaux! Un vrai nom de personnage! À en juger par ta première émission, une auteure aux tiroirs pleins de vieux mots du terroir.C'est Claude-Henri Grignon qui doit frétiller dans sa tombe! Et puisque tout ce qui est vieux connaît un franc succès, rereprise de Grand-papa à Radio-Canada.C'est Janette Bertrand qui doit être aux oiseaux! restaurant) Le Pavillon de I Atlantique Son déménagement d'un sous-sol de la rue Peel à la Maison Al-can lui aura fait le plus grand bien: décor tout aussi soigné avec, en prime, vue sur l'atrium.Avec Delmo de la rue Notre-Dame, peut-être les meilleurs poissons en ville.Chowders solides et légumes croquants.Service attentionné.Toujours t'es achalandé: «Une très belle classe de gens» comme dirait le maître d'hôtel un peu raide.Mais un aussi joli décor, ça se paie: même le midi, apportez votre vingt.10000 ORDINATEURS SONT DÉJÀ DANS LES ÉCOLES ET COLLÈGES Le fouillis s'installe - > \u2022 dans le programme de l'ordinateur à l'école e projet prioritaire du gouvernement du Québec d'implanter dans le réseau (scolaire un système relativement uniforme d\"enseignement de et par l'informatique s subi, depuis bientôt deux ans qu'il s'est imposé à la conscience du grand public, bien des avatars, et surtout bien des retards.Annoncé «par accident» en décembre 1982 dans une entrevue du ministre de la Science et de la Technologie, Gilbert Paquette, il devait commencer à se réaliser dès l'automne suivant par l'introduction dans les écoles de quelque 4 à 5000 machines, pour le choix desquelles des propositions ont été demandées à l'industrie.Or, à la rentrée de septembre 1984, aucune de ces machines «officielles» (le modèle MAX de Comterm-Matra) n'a encore pointé son nez, et on ne prévoit les premières livraisons que pour janvier prochain \u2014 s'il n'y a pas d'autres délais! En réalité cependant, c'est non pas 5 000.mais plus près de 10 000 ordinateurs qui existent déjà dans les écoles et CÉGEP du Québec, d'après une évaluation officieuse des fonctionnaires du ministère de l'Éducation.et ce nombre continue à croître rapidement, en marge du projet officiel, ou en accord partiel avec lui.C'est dire que pendant qu'en surface, on continue à débattre (non sans raison) le bien-fondé de I informatique scolaire et les caractéristiques des appareils et leur usage, en pratique.LES ORDINA- Yves Leclerc TEURS SONT DÉJÀ DANS LES ÉCOLES, soit plus de 7000 dans les institutions primaires et secondaires, et de quelque 2500 au niveau collégial.Comment cela s'est-il fait?Un dossier politique Pour comprendre, il faut remonter un peu en arrière et rappeler révolution de ce dossier.Présenté d'abord par le ministre Paquette comme une nécessité pédagogique et culturelle, le projet d'ordinateurs scolaires s'est vite «politisé» et «industrialisé»: ses objectifs n'étaient plus seulement didactiques, ils étaient également économiques: créer à court terme un marché important pour des petits ordinateurs et de ce fait encourager la naissance et la croissance d'une industrie québécoise de la micro-informatique.En même temps, des facteurs de politique et d'économie internationale entraient en jeu, mis en évidence par le fait que le choix de l'ordinateur scolaire officiel a été annoncé non pas à Québec mais à Paris, par le premier ministre René Lévesque au printemps 1983 Et cet ordinateur devait être le fruit de la collaboration d'une société québécoise.Comterm.avec la firme française Matra.La valse-hesitation qui a suivi pendant plus d'un an entre les deux partenaires privés et les deux gouvernements a permis de comprendre que cette entente n'était qu'un élément d'un «deal» qui devait aussi amener ici l'installation de Pechiney.et permettre au câblodistributeur Vidéotron d effectuer une percée en Europe On se retrouvait un peu loin des exigences pédagogiques.Entretemps, des critiques assez vives sur la façon dont le projet était mené et sur la machine choisie se sont fait entendre un peu partout: éducateurs, commissions scolaires.Conseil supérieur de l'éducation.Et Comterm.qui venait d'hériter d'un nouveau modèle de micro-ordinateur (IHypérion) en avalant Bytec d'Ottawa, tentait de divorcer d'avec Matra et d'imposer son propre produit.Manoeuvre qui était vouée à I échec, mais qui a bien fait perdre trois ou quatre mois supplémentaires.Un parc hétéroclite Comme pendant tout ce temps l'attitude officielle du gouvernement et du milieu était que l'informatisation scolaire était un projet urgent, même crucial pour l'avenir des enfants et du Québec même, les institutions d'enseignement n'ont pas attendu qu'on décide pour elles, et elles ont continué en douceur de s équiper, en achetant soit ce qui était disponible, soit ce qui leur paraissait le mieux adapté, soit ce qui leur revenait le moins cher.C'est ainsi qu'à certains endroits, on favorisait le Commodo-re-64 et qu'ailleurs on achetait quelque 400 IBM-PC, notamment pour les cours d'initiation à la science informatique (ISI) qui étaient donnés l'an dernier dans 150 écoles, et qui est introduit dans 150 DANS NOS ÉCOLES Un parc d'ordinateurs disparate composé d'éléments incompatibles autres cet automne.Plus récemment, quelques commissions scolaires cftectuaient un achat groupé de 300 Macintosh d'Apple, dont la moitié à Montréal pour la CECM (primaire) qui au secondaire a choisi le Comterm-PC (ancien Hyperion) On retrouve aussi divers autres types d appareils, notamment les TRS-80 de Radio Shack, modèle professionnel ou modèle Color Computer, et le cheval de bataille de l'informatique scolaire aux Etats-Unis.1 Apple II, dont l'avantage principal est qu'il possède une des bibliothèques de logiciel pédagogique les pius étendues.en anglais bien sur.En résumé, donc, au lieu de la belle unité rêvée par la MÊO.on se retrouve face à un parc d'ordinateurs disparate, en général sans aucune compatibilité d'une région à une autre et parfois même d'une école à une autre, mais croissant rapidement et dépassant même les projections officielles Et ce n est la qu'un des aspects du tableau.Car le projet des ordinateurs scolaires comporte deux autres volets moins spectaculaires, mais tout aussi importants: celui de la formation des maîtres, et celui de la mise au point de logiciel didactique.10000 maîtres formés Pour le premier volet, on avait prévu cette année la possibilité de cours universitaires pour environ 6000 enseignants en ce domaine.Il semble que la saison dernière, tout compris, pas loin de 10000 professeurs ont reçu une formation à I informatique.Bien sûr.là-dedans, il y a eu pas mal de formation élémentaire du type Octopuce (peut-être la moitié du total), et le reste n'est pas d'égale importance et d'égale qualité.Cela va de sessions brèves de perfectionnement à des cours d'un ou deux crédits suivis une fcis par semaine, à des cours à distance de la Téléuniversité, à de véritables certificats en informatique pédagogique dans les universités.Cet automne, au seul niveau universitaire, le nombre des 6000 places prévu par le gouvernement au niveau universitaire est déjà dépassé.Cependant, il faut être conscient que cette formation ne se donne évidemment pas sur les ordinateurs «officiels» du MÉQ, qui ne sont pas encore sur le marché, mais sur diverses autres machines, selon ce qui existe dans les collèges et universités.Et comme en plus (voir pages suivantes) il existe plusieurs écoles de pensée sur la manière dont il faut aborder l'usage de l'ordinateur à l'école, et qu'aucun choix global n'a encore été fait entre ces tendances, on imagine qu'il faudra attendre un peu pour voir le résultat réel de cette opération de formation des maîtres.En ce domaine, comme en celui de la création de didacticiel (programmes d'ordinateurs pour renseignement), le ministère de lÉdu-cation avait publié il y a plus d'un an un plan directeur, dont plusieurs aspects ont été critiqués, et qui en conséquence se trouve actuellement en cours de révision.On espérait pouvoir le sortir pour l'automne, mais aux dernières nouvelles, il en est encore à l'approbation et à la correction au niveau des sous-ministres.Logiciel français ou québécois Pour ce qui a trait au logiciel, plusieurs maisons d édition s'étaient montrées intéressées à ce marché, et quelques-unes d'entre elles avaient même pris le risque, il y a un an et demi, de mettre en chantier des projets assez ambitieux.Quelques-unes ont persévéré jusqu à maintenant, mais plusieurs ont été découragées par d'abord le choix d'un matériel que personne d'entre elle ne connaissait et qui n'était pas forcément le mieux adapté aux besoins pédagogiques, puis par les nombreux retards et changements de direction qui ont suivi.Parallèlement, la France a fait de gros efforts pour refiler au Québec son stock de didacticiels.À plusieurs reprises, journalistes, enseignants et dirigeants d'institutions ont été invités, notamment par les consulats français à Québec et à Montréal, à assister à des démonstrations.qui hélas n'ont pas convaincu grand-monde, sem-ble-t-il.Il y a là un triple problème: d'abord, les produits français proposés sont de qualité inégale, comprenant aussi bien des efforts amateurs dûs à des enseignants sans grande connaissance informatique que des produits «professionnels» créés par des informaticiens, parfois sans grand souci de la dimension pédagogique et psychologique du problème.Deuxièmement, même là où les produits sont de qualité, ils ne sont pas toujours adaptés aux besoins québécois, soit qu ils aient été conçus pour des machines qui n'existent pas ici et auxquelles personne n'est intéressé (Loga-bax.Micral), soit qu ils soient écrits dans des langages non disponibles au Québec (LSE), soit qu'ils ne correspondent tout simplement pas à notre mentalité et à nos méthodes et programmes d'enseignement.Enfin.I achat massif de didacticiels à l'étranger résoudrait peut-être à court terme un problème, mais il irait à rencontre de la politique explicite du gouvernement qui est d'utiliser ce dossier et ce marché pour favoriser la croissance dune production.? t rc ifî :n>r c lie * M '».*¦'¦ f f C 11 % T ' i i ) > r r « »» i ' L'ORDINATEUR À L'ÉC co ex 3 c LU CO (N < CO < -eu oc: Z o co ordinateur est à la fois un répétiteur, un tuteur, une craie, une brosse à effacer, un manuel, un lécran, une calculatrice, une machine à écrire.Il peut facilement devenir un dictionnaire, une encyclopédie, une planche à dessin, une table de dissection.Il serait bien étonnant qu un tel outil, qui a déjà pénétré dans plus de 5 p.cent des foyers, ne laisse pas sa marque sur I école.Cette cause est toutefois loin d'avoir été entendue dans toute sa complexité, qui est extrême.Les hommes sont devenus maîtres et souverains de la nature grâce à la technique de 1ère industrielle, dont nous sortons.Au cours de ce processus, les informations se sont multipliées dune façon telle qu'elles sont devenues une nouvelle nature à conquérir.Survient l'ordinateur, puis le microordinateur.Leur finalité la plus manifeste, celle aussi qui est affirmée avec le plus de force, est de nous rendre maîtres et souverains de l'information.La timidité de la plupart des gens face à l'ordinateur contraste hélas! douloureusement avec cette enthousiasmante finalité; elle soulève aussi une grave question: si on ne maîtrise pas l'information de base concernant l'ordinateur, si on aborde ce dernier sur le mode de l'intimidation, comment peut-on espérer l'utiliser pour maîtriser (information en général?Quelques critères sont de nature à aider chacun à se débarrasser de ses derniers complexes d'infériorité face a une invention dont il doit demeurer le maître incontestable.Le nécessaire et ie bien Pour clarifier l'ensemble de la question, nous avons tout intérêt à recourir à la vénérable distinction entre le nécessaire et le bien.On peut dire par exemple que l'ensei- Jacques Dufresne gnement de la dactylographie dans une école de secrétariat est une nécessité, tandis que renseignement du latin au secondaire est un bien; ceux qui I étudient pourraient bien s'en passer, ils ne s'y astreignent que parce qu'il représente une valeur à leurs yeux.L'informatique à l'école est effectivement présentée tantôt comme une nécessité, tantôt comme un bien.Les uns disent: nous n'avons pas le choix, le progrès passe désormais par l'informatique, la puissance des nations se mesurera bientôt au nombre de robots dont elles disposeront; dans le virage technologique qui s'impose.I école aura un rôle déterminant à jouer.Tout en se disant d'accord avec cette position, d'autres ajoutent que l'informatique, assimilée alors à la programmation, constitue une discipline intellectuelle aussi formatrice que les mathématiques ou les langues et qu'en tant que telle, elle est un bien.Le plus célèbre, et aussi le plus controversé de tous ceux qui défendent cette position est Seymour Papert, l'inventeur du langage Logo.Dans Jaillissement de l'esprit (1), il écrivait: «L'ordinateur ne se rattache pas seulement à une connaissance intellectuelle Pierre Lacombe des mathématiques, ii peut aussi donner lieu à une connaissance concrète et même corporelle, entrer dans les schemes sensori-moteurs.» C'est dans ce contexte que nos voisins du sud parlent dune nouvelle forme d'alphabétisation, la computer literacy, expression que la revue Forces (2) a traduite par culture informatique, mais qu'il nous paraît plus juste de rendre soit par une expression comme «informatique langue seconde» soit par un néologisme tel que «binarisa-tion».Selon que l'on considère I ordinateur seulement comme une nécessité, ou comme une nécessité doublée d'un bien, on peut aboutir à des positions diamétralement opposées quant à sa fonction dans l'école.Une nécessité Que l'ordinateur soit une nécessité, nul n'en disconvient.On peut déplorer le fait que Japonais et Américains imposent leurs modèles et leur rythme au reste du monde, il n'empêche que refuser de tenter de les rat-trapper équivaut à se retirer du cours de l'histoire.La preuve que I informatique accroît la productivité dans I entreprise a été faite.On photo Antoine Desilets.PLUS sait par exemple qu'une secrétaire équipée d'une machine à traitement de textes équivaut à 1.8 secrétaire traditionnelle.On sait aussi que le succès de l'industrie automobile japonaise s'explique en grande partie par les robots.Paul-Aimé Roy.professeur dans la section professionnelle de l'école Louis-Riel de Montréal, résume ainsi l'ensemble de la situation: «Je suis de Saint-Jérôme; au moment où la compagnie Rolland introduisait les contrôles informatisés.Tricofil s'enlisait dans ses méthodes artisanales.Papiers Rolland continue de prospérer et vous savez ce qu'est devenue Tricofil.» Si cette nécessité économique est la première justification de l'informatique dans le système scolaire, ne convient-ils pas d investir de façon prioritaire dans les institutions d'informatique, les sections professionnelles des cégep et des polyvalentes?Plus d'emplois?Le défi de remploi est directement lié au défi technologique et économique.On invite donc les chômeurs, dont un fort pourcentage, du côté des femmes surtout, auront perdu leur emploi à cause de l'informatique, à s'initier à cette même discipline pour trouver un nouveau poste.C'est une façon indirecte, mais très efficace, de justifier I informatique à l'école.Cet argument est toutefois loin d être aussi bien fondé que le précédent.Deux économistes de Stanford, Henry Levin et Russell Rumberger.viennent de faire à ce propos des constatations réfrigérantes.Après avoir passé en revue les projections d'emploi d'ici à 1990 aux États-Unis, ils en sont venus à la conclusion suivante: «Sur les vingt professions ou métiers qui vont engendrer le plus de nouveaux emplois, il n'y en a pas un qui appartienne au secteur de la haute technologie.» Ce sont les emplois non spécialisés qui connaîtront la croissance la plus forte d'après le US Department of Labor, tels que concierges, serveurs de restaurants, vendeurs, etc.Pour 150000 emplois de programmeurs, il y en aura 800000, seulement dans les « fast-food » et les cuisines attenantes.En tout, les emplois dans la haute technologie se limiteront à 1,2 million sur un total de 22 millions, soit 7 p.cent.» (3) Dans les rapports Les compétences de demain et Carrières Canada, du ministère de l'Emploi et de l'Immigration du Canada, on constate que parmi toutes les professions désignées d importance nationale et dans lesquelles il y a pénurie de main-d oeuvre, seules cinq sur cinquante demandent, dans leur description, une pratique de I informatique.Ce sont là, à notre avis, des raisons supplémentaires d accorder la priorité aux secteurs professionnels, spécialisés, et de favoriser lémergence de centres d'excellence Nous avons plus besoin de bons ingénieurs connaissant, outre I informatique, la langue et la culture japonaises ou chinoises, que dune multitude de demi-binarisés sachant faire quelques programmes enfantins dans un langage qui sera périmé dans quelques années.Du moins dans l'hypothèse où la première finalité est économique.Un bien?Ceux qui considèrent lordinateur comme un bien, comme un outil indispensable de I informatique de l'intelligence et du jugement, seront évidemment choqués par cette position qui, à bon droit, leur paraîtra antidémocratique.Quelle que soit I habileté avec laquelle certains promoteurs de I informatique à l'école ont défendu cette cause, une chose demeure certaine c est à eux qu appartient le fardeau de la preuve.Or s'il y a une chose qui ressort avec évidence des documents disponibles en cette matière, c'est que la preuve de la supériorité de l'informatique par rapport a toute autre manière ou méthode n'a pas encore été faite.Le document de I Institut canadien d éducation des adultes et de la CEQ (4) est particulièrement explicite sur ce point: «Actuellement, il n'existe aucune évaluation réelle de i enseignement des et par les nouvelles technologies.» Il faut, bien sûr.poser le problème de façon plus précise L informatique à 1 école peut consister soit dans un apprentissage de la programmation au terme duquel on possède la computer literacy, soit dans I u-tilisation de logiciels comme moyens pédagogiques comparables au vidéo ou à la diapositive, soit enfin dans un ensemble de logiciels si complet et si cohérent qu'il permettrait à la fois I individualisation de l'enseignement et la transformation radicale de l'école et du rôle de renseignant.Elle est objet dans le premier cas.outil dans le second; dans le troisième elle remplit le rôle de répétiteur et de correcteur jusqu'ici dévolu à l'enseignant.L'informatique objet Quand on compare l'informatique à d'autres matières, il faut bien veiller à ce que toutes choses soient égales d'autre part.Ce n'est pas toujours le cas.Par exemple, l'expérience pédagogique la plus souvent invo» quée comme argument en faveur de l'informatique objet, celle de Papert.a été faite dans un contexte où la ratio maître-élève était de 1 pour 4 et parfois de 1 pour 1.On aborde cette question dans le rapport du Conseil supérieur de l'éducation: «Lors d'un symposium de i American Educational Research Association tenu à Montréal en avril 83.Roy D.Pea constate qu'après une année d'expérience en programmation Logo, deux groupes de 25 élèves, âgés de 9 et 12 ans.mis en parallère avec deux groupes témoins, ne démontrèrent pas de meilleures capacités de planifier.» (5) Ce sont les emplois non spécialisés qui connaîtront la plus forte croissance, tels que concierges, serveurs de restaurants, vendeurs, etc.pltulu Milium*! uesilcts.PLUS Plusieurs soutiennent que le cerveau droit de l'homme actuel est sous-développé par rapport au cerveau gauche; l'informatique accentuerait ce déséquilibre.A supposer même qu'on parvienne à prouver que la programmation développe mieux l'esprit que les langues, les arts ou les mathématiques, il faudrait encore s entendre sur le sens de ce mieux, et sur l'inté-rêt qu'il présente dans le cadre d'une vision complète de l'homme.On s accorde aujourd'hui sur la nécessité de développer harmonieusement le cerveau droit et le cerveau gauche, le premier étant le siège des systèmes de valeurs, des processus qualitatifs et créatifs, le second étant le processus de l'information dure, l'instrument du raisonnement logique, de la quantification, de la formalisation.Ces nouvelles données apportent une confirmation à la vision classique de l'homme, à Platon qui voulaK l'harmonie entre la tète, le coeur et le ventre, à Pascal qui souhaitait que le coeur équilibre la raison.De nombreux psychologues ont soutenu que.chez l'homme occidental contemporain, le cerveau droit est dangereusement sous-développé par rapport au cerveau gauche.L'alphabétisation informatique ne ferait qu accentuer ce déséquilibre.On sait d'autre part que le cerveau droit peut être associé au pôle féminin de la personne.Serait-ce là une explication de I étonnant rejet de I ordinateur par les femmes?D'après le C.S.E.au secondaire les filles s inscrivent en moins grand nombre que les garçons au cours d'informatique.Il semblerait que cette tendance se maintient jusqu à I université.Au bacc.en informatique de l'UOAM.par exemple, il y avait en 1982 une femme pour 5 hommes parmi les étudiants et pour 16 parmi les professeurs.Notons d'autre part que les thèses comme celles de Papert et des autres promoteurs de l'intelligence artificielle reposent sur l'idée que l'ordinateur peut simuler le fonctionnement de I intelligence humaine.Voici ce que pense de cela Bruno Lussato.I auteur du Défi informatique (6).Dans un texte préparé pour le colloque Culture et Technologie organisé récemment par l'Union des écrivains québécois, il écrit: «On est très loin de savoir comment fonctionne I intelligence humaine.Plus on avance, moins ce terme est défini.Vouloir simuler, mieux encore reproduire des phénomènes dont nous ne savons rien est au mieux un enfantillage, au pire une escroquerie scientifique Le terme intelligence artificielle doit être pris comme une métaphore et rien de plus.» L opinion de Lussato sur I ensemble de cette question est assez proche de celle de Joseph Weizenbaum, que l'on peut considérer comme le maître des maitres en cette matière, parce qu'il réunit en lui-même deux extrêmes généralement séparés; il est en effet I inventeur du programme Eliza, qui permit pour la première fois a I ordinateur de dialoguer avec des humains; il est en outre un humaniste capable de la plus subtile critique de la «raison instrumentale».(7) Le moins qu'on puisse dire, c est que Lussato est sceptique face à la religion cathodique.Ce qui le préoccupe le plus c'est que.en raison notamment de sa logique binaire, lordinateur éloigne du reel des êtres qui n en sont déjà que trop coupés par la civilisation dans laquelle ils vivent.Le lapin qu'on voit sauter sur l'écran n'aura jamais la gracieuse liberté de celui qu'on voit bondir dans les bois.Un journaliste du Nouvel Observateur a posé un jour à Weizenbaum la question suivante: «Vous n'allez quand même pas comparer la télévision qui rend passif, à l'ordinateur qui développe la créativité?» «Voilà encore un mythe, répondit Weizenbaum.Avec la télévision, le gosse regardera passivement le pilote de chasse descendre un avion.Avec le jeu vidéo, il sera pilote de chasse.La différence?Dans les deux cas l'enfant vivra dans un monde abstrait ou les actions se valent, puisqu elles n'ont aucune conséquence.Quant à I ordinateur proprement dit.je crois qu il réduit la créativité des enfants Car c'est lui qui les programme et non I inverse.» (8) Ce scepticisme n'a pas empêché certaines autorités scolaires américaines de faire en O z m-> en > m g en m -o m oo en photo Antoine Dosilets.PLUS de (informatique langue seconde un objectif pour l'ensemble de leurs élèves.Il en est ainsi notamment à Washington DC, et dans le secteur de Santa Monica-Malibu en Californie.Dans les mêmes endroits, de nombreux collèges ont déjà modifie leurs normes d'admission en conséquence II faut savoir programmer en basic pour y être admis.L'informatique outil Certaines des remarques précédentes s'appliquent tout aussi bien à I informatique outil qu à l'informatique objet.Quant au reste, c'est un problème culturel d'un autre ordre qui retiendra ici notre attention: les logiciels pédagogiques ou didacticiels.Tous les documents québécois que nous avons consultes, notamment ceux de l'ICEA, du CSE et de la Fédération des directeurs d'école du Québec, précisent que c'est à ce niveau que se situent certains des problèmes les plus graves.Selon un document récent du ministère, il existerait 400 didacticiels de fabrication québécoise; mais que valent-ils?Marcel La-belle, conseiller pédagogique en informatique à la CECM soutient que.pour les niveaux élémentaire et secondaire, cinq ou six seulement sont de premier ordre.Faudra-t-il importer des États-Unis, en les adaptant plus ou moins bien à nos exigences, la majorité de ceux dont nous pourrions avoir besoin?Les Français sont les deuxièmes producteurs de logiciels au monde.Ce fait présente un grand intérêt pour nous Rien ne prouve cependant que les logiciels français correspondront à nos besoins Qn sait d'autre part que l'adaptation d'un logiciel demande parfois autant de travail que la création d'un document nouveau.Et qui va contrôler la production des didacticiels?Le MEQ semble vouloir laisser l'initiative en ce domaine à l'entreprise privée tout en gardant les prérogatives d'un acheteur éclairé.Dans le rapport de l'ICEA-CEQ, on semble dire que cette responsabilité devrait être assumée par les enseignants avec l'aide de I État.Les directeurs d'école préconisent pour leur part une formule mixte.Quelle que soit l'hypothèse retenue, ce dont les premiers responsables de léduca-tion doivent d'abord s'assurer, c'est que ce soit les objectifs pédagogiques qui déterminent le contenu des logiciels et non l'inverse comme cela s'est produit pour les manuels.Cette position est également celle du CSE lequel insiste en outre sur l'importance de «règles strictes dans un domaine où il est dangereux de se faire inonder de produits de mauvaise qualité».Tout cela coûtera cher.Certains vont jusqu'à affirmer que.dans une politique d implantation de la micro-informatique.90 p.cent des sommes devraient aller au développement des dicac-ticiels.Quant au problème de la formation des maîtres, qui est au moins aussi grave que celui des logiciels, il a été fort bien posé 2 dans les divers documents déjà cités.Il faut ici encore rappeler que.dans la ni meilleure des hypohèses (bons didacticiels.{g excellents maîtres, etc.) la preuve de la su- ^ périorité de l'outil informatique doit encore être faite.«Un groupe d'enfants, raconte ui Weizenbaum, a appris la géométrie sur com-puter.L'autre sans.Six mois après, on a S! testé les uns et les autres en leur deman- 5 dant.entre autres, de construire un angle droit avec un compas.Les enfants-ordina- ^ teurs en furent incapables » (8) C'est tout de même en tant qu'outil que -?l'ordinateur est le plus prometteur Ghislaine 4jj Lemaire.professeur de chimie dans une po-lyvalente de Drummondville, nous semble 2 avoir résumé assez bien le sentiment géné- ^ ral: «À mon avis le changement pedagogi-.que majeur que I ordinateur pourra apporter «5 en sera un de support: cupport du contrôle 5?de l'enseignement.» À I échelle de l'ensemble du système, il faudrait peut-être s'attaquer résolument à un problème désarmant a force d être sim- ple: la circulation de l'information entre institutions et entre enseignants d'une même institution.Sans doute épuisés par l'effort qu'exige la subvention à la production de documents savants ou pédagogiques, nous avons au Québec la fâcheuse habitude d'en négliger la diffusion, ce qui transforme la plupart de nos entreprises en actes manques.Cette façon de faire est particulièrement absurde quans il s'agit de didacticiels dont le coût moyen est supérieur à 20000$ Il faudrait dépenser au moins autant pour permettre à chaque auteur de faire connaître son produit, ce qui suppose bien entendu des choix plus rigoureux au point de départ.L'ordinateur enseignant Puisque nous manquons de bons didacticiels, l'ordinateur enseignant n'est donc pas pour demain.Mais dans ce cas comme dans le cas de l'ordinateur outil, le réalisme ne devrait pas se traduire par de l'attentisme, mais par un sens de l'anticipation et de l'organisation d'autant plus vif que les moyens disponibles sont plus rares et plus imparfaits.Il est d ailleurs probable qu'il sera plus facile de fabriquer de bons didacticiels dans quelques années.Ne faudrait-il pas, en conséquence, commencer dès maintenant à préparer quelques expériences limitées mais sérieuses?De plus, si enseigner constitue une activité proprement humaine, la discussion entourant l'ordinateur enseignant devra aussi se poursuivre en termes éthiques.Jusqu'où devrions-nous aller?Nous pensons quant à nous que l'ordinateur ne devrait pas se substituer à renseignant mais le libérer des contraintes de l'enseignement simultané pour le transformer en tuteur et en précepteur.Et le reste Ne négligeons surtout pas le bon sens dans cette réflexion.Le temps n'étant pas plus élastique à l'école que sur l'horloge, il faudra bien que l'informatique, du moins l'informatique objet remplace quelque chose, mais quoi?Les arts, l'histoire?Avant de réduire le temps alloué à quelque discipline que ce soit pour faire place à l'informatique objet, ne conviendrait-il pas de démontrer que l'informatique outil peut justifier cette réduction par un accroissement de l'efficacité de l'enseignement des disciplines visées?Le bon sens nous dit aussi que si une école informatisée s'ajoute à des loisirs et à un travail déjà informatisés, cela risque d en- trainer une complète dévitalisation.Qu'ad-viendra-t-il alors de l'imagination, de la mémoire, de la créativité?La voiture et l'abondance des aliments nous ont obligés à recourir au conditionnement physique pour retrouver l'équilibre.Quel jogging intellectuel devrons-nous inventer pour retrouver l'harmonie?Il faut surtout conserver le sens du relatif que nous imposent les faits fondamentaux en éducation.L'un de ces faits, notamment d'après le rapport Coleman, une étude américaine qui a porté sur 645000 élèves de 3155 écoles, c'est que «l'environnement familial et socio-économique de l'élève conditionne bien davantage ses performances scolaires que la qualité des enseignants, les moyens, les installations ou les programmes d enseignement».L'attitude des parents sera donc déterminante.Si.devant I ordinateur, ils oscillent entre un rejet et une idolâtrie dictée par la même timidité, les enfants ne sauront pas non plus faire les nuances qui s'imposent à lécole.On ne peut, dans ces conditions, que s'inquiéter du silence des parents dans un débat qui.jusqu ici.a été dominé par les vendeurs d'ordinateurs et les grands organismes publics.Ceux qui.par honnêteté intellectuelle, hésitent à donner leur opinion, devraient se dire que.lorsque ce sont surtout des valeurs qui sont en cause, comme c'est le cas dans Je dossier de I ordinateur à I école, leurs idées valent celles de n'importe quel spécialiste.?(!) Flammarion 1981 (2) No 64, 1983 (S) Science, vol.5 no 1, mai 1984.14) Négocier le virage technique, acte du coi loque sur la télématique, février 1983, coédition I.'.K.A.et C.E.Q.(5) C.S.E.Informatique au primaire èi au se conda ire, mai 1984.(6) Edition Select 198L (7) Cf «Puissance de l'ordinateur et raison de l'homme», Editions d'Informatique1.Paris 1961.(8) 2 au 8 dec.1983.Quand des enfants apprennent la géométrie par ordinateur, certains se révèlent incapables de construire un angle droit avec un compas. ENSEIGNEMENT ET INFORMATIQUE EN FRANCE La mort 5 5 un mythe, naissance un outil Jean-François Lisée PARIS Oirfr on respire.Enfin.Parce qu'il n'y a pas si longtemps, l'atmosphère de béate admiration devant I ordinateur et ses prodiges avait quelque chose d'étouffant en France, comme ailleurs sans doute.Galvanisés par les gourous informatiques du type Jean-Jacques Servan-Schreiber (Le défi mondial), culpabilisés par le modèle japonais et les miracles de Silicon Valley, les médias ont.un moment, inondé les pages et les écrans de vagues d enfants se ruant sur les ordinateurs, les amadouant, les adoptant.Aujourd'hui, à l'heure où les micro-ordinateurs commencent une entrée réelle dans les écoles, à l'heure où les limites, voire les défauts de ces joujoux des années 1980 commencent à être mieux compris des enseignants et du publics, le pragmatisme prend le pas sur la mode, le discernement sur lemballement.«En France, disait le Suisse Frédéric de LaHarpe, le premier jour est pour l'engouement, le second pour la critique.» S'il est vrai qu'on se bouscule au Centre mondial de l'informatique le mercredi après-midi, lorsque les écoliers ont congé, pour essayer sur une douzaine d ordinateurs dernier cri les programmes amoureusement imaginés pendant la semaine, on mesuie aujourd'hui combien ce phénomène est marginal L'Institut français de démosco-pie a démontré que parmi les jeunes de six à 18 ans.seulement 6 p.cent ont une pratique réelle de la micro-informatique.Ils sont 45 p.cent à se dire intéressés mais à n'avoir jamais approché un ordinateur et ils sont 25 p.cent à se montrer totalement réfractaires.Les effets pervers de la puce Dans les écoles on a arrêté de braquer les projecteurs sur deux ou trois expériences pilotes, pour commencer à mieux éclairer les réalités, et les difficultés, du mariage de l'informatique et de la pédagogie.Pour le ministère de i Éducation, les ordinateurs doivent permettre aux élèves qui ont pris du retard de se rattraper.Vaut mieux répéter mille fois son erreur sur le clavier d'un ordinateur qui répète inlassablement «essaie une autre fois» que devant un professeur dont la patience a des limites.L'enseignement assisté par ordinateur offre cette possibilité de répétition du cours et des exercices.Mais \u2014 effet pervers \u2014 on se rend compte que ce sont les étudiants les plus avancés, les plus motivés, qui se retrouvent toujours dans les petites «salles informatiques» des écoles.Ce sont eux qui, plus assidus, prennent de l'avance sur leurs camarades.L'informatique creuse encore plus l'écart entre écoliers de parents fortunés et les autres.Lorsqu'on a son «Apple Deux» chez soi, lorsque papa achète directement les programmes éducatifs de Nathan ou de Hachette, ce n'est pas la présence de huit micro-ordinateurs dans l'école qui va permettre aux cancres d'égaler les premiers.On ose à peine se consoler en disant, avec un professeur de secondaire: «Les programmes d'enseignement assisté par ordinateur n ont rien de passionnant.Si l'ordinateur voyait son usage généra- lisé, l'ennui ne retrouverait-il pas ses droits?» Pour l'instant, en tout cas, c'est toujours un jeu.et on a entendu des élèves membres du «club informatique» de l'école interrompre leur prof en plein cours en disant: «M sieur, on a -déjà joué ce programme-là.» Un programme d'enseignement assisté par ordinateur (EAO), c'est un iong questionnaire où on a découpé la leçon en tout petits morceaux, plus faciles à digérer.Excellent moyen de retenir sa table de multiplication, le procédé est cependant critiqué pour ne pas donner à l'enfant un esprit de synthèse, indispensable à I apprentissage.Si l'éducation signifie apprendre à apprendre.l'EAO ne mérite pas son diplôme.L'esprit de synthèse, l'ordinateur l'offre aussi, mais par un autre biais: celui de la programmation.Lorsque l'enfant décide, comme Mathieu (dix ans) d apprendre à son ordinateur comment conjuguer les verbes, alors là, oui, on nage en pleine synthèse.À partir de la quatrième année du secondaire, les jeunes Français ont accès à une «option informatique» facultative qui leur apprend justement les joies de la programmation.(La demande est plus forte que l'offre: il y avait en France 60 de ces classes l'an dernier, il y en a le double cette année.) Mais faut-il former systématiquement tous les enfants à programmer un ordinateur?La société Apple n'a-t-elle pas un peu raison en comparant ceux qui apprennent aujourd'hui le langage Basic à ceux qui étudiaient le mor- se quelques années avant l'invention du téléphone?«Nos élèves auront à se servir d'un ordinateur dès leur premier emploi, Tannée prochaine ou dans deux ans», affirme un professeur de comptabilité.Certes, ils travailleront sur ordinateur, mais ils n'auront pas besoin de le programmer.Il faut sans doute se préparer à former des dizaines de milliers de programmeurs, mais des millions?«On peut très bien conduire une voiture sans savoir comment fonctionne un moteur à explosion», disait à la télévision française un professeur du New York Institute of Technology.«Il est parfaitement inutile d'apprendre l'informatique aux enfants.Dans quelques années, les microprocesseurs auront pénétré chaque accessoire de notre vie quotidienne en démythifiant complètement l'informatique.» Matra et les autres Les enseignants qui ont une bonne mémoire rappellent qu'en 1979, le programme «10 000 micros» qui faisait entrer les premières livraisons de micro-ordinateurs dans les écoles, avait été d'abord annoncé par le ministère de l'Industrie.C'est seulement dans un deuxième temps que le ministère de l'Éducation a pris le relais.Lorsqu'on constate que I actuel ministre de l'Éducation, Jean-Pierre Chevènement, est un ex-ministre de l'Industrie, on a raison de se demander lequel, de léduca-tion ou de I ordinateur, vient au secours de l'autre.«Le président Mitterrand veut doter la France de la troisième industrie électronique mondiale d'ici la fin de la décennie, note le mensuel Le Monde de l'éducation, il faut donc informatiser partout, y compris à l'école: à elle de justifier \u2014 a posteriori \u2014 l'utilisation de l'informatique par des impératifs pédagogiques.» Car l'industrie française de l'électronique et de l'informatique souffre de son absence chronique sur les marchés internationaux (sauf le Québec depuis peu et quelques autres), d'où la nécessité d'imposer du matériel français dans les écoles.En novembre dernier, le président a donc lancé le programme «100 000 micros», dix fois plus que ses prédécesseurs.Déjà.20000 sont censés avoir été installés et l'objectif des 100 000 doit être atteint en 1988, s'il n'est pas révisé à la hausse d'ici là.Notons au passage que le ministère français de I Éducation se garde bien de mettre tous ses oeufs dans le même panier.À côté des Axel de Matra, il achète aussi chez Bull-Micral (R2E).chez Olivetti-France (Leonard), chez Thomson (107) et chez Creusot-Loire (Logavax).Cent mille ordinateurs pour les écoles primaires et secondaires, ça semble gros, vu de loin.De près, ça donne tout juste un ordinateur pour 100 élèves et huit ordinateurs par établissement.Assez pour s'amuser et initier les mordus, pas assez pour enseigner sérieusement sur écran.Assez quand même pour former les professeurs qui feront leur apprentissage au même rythme que l'arrivée des appareils: 20 000 par année.100 000 d ici 1988.En trois à cinq jours, ils font leurs premières armes: «Un ordinateur.c'est pas plus compliqué qu'une machine à laver, affirme une prof de droit des assurances.Il faut deux heures pour comprendre où ça s'allume et comment ça marche.En revanche, on aurait besoin de cours de programmation.» Ces professeurs de base sont à leur tour formés par des enseignants détachés à plein temps Ils étaient 250 en 81-82.et 380 I an dernier à avoir suivi des stages d'un an pour devenir des profs.Mais la critique qui revient le plus souvent dans la bouche des nouveaux formés et des organisations syndicales d enseignants concerne «la faible place donnée à la réflexion pédagogique dans les stages, trop portés sur (apprentissage des techniques» Car tout le monde sent bien que l'essentiel n'est pas I ordinateur, mais ce qu il y a dedans et ce qu'il y a autour.Une conclusion que résume le secrétaire général du Haut Comité de ia langue française, Stelio Farandjis, en disant: «N'attendons rien des machines par elles-mêmes et réduites à elles-mêmes.N'en ridiculisons pas l'usage en faisant reposer sur elles le résultat de pratiques pédagogiques.Si les projets sont pauvres, si les objectifs sont inconsistants, si les contenus sont passéistes et les supports inadaptés, n'en con- ^ cluons pas à l'impropriété des c techniques » * ' À la vitesse de la révolution C technologique, l'image de l'ordina- ?teur à l'école s'est transformée.Toute-puissante hier, implorée et > crainte, l'informatique est devenue * un serviteur souvent utile, parfois > dangereux, toujours accessoire.£ m Et quand on entend un ensei- -gnant raconter que les ordinateurs £ sont bien arrivés dans son établis- co > m g co 7Q oo il. (VABSBHTEiSME \\PE A/10l*TiÉ r EN MARGE DU SPORT Georges Schwartz Mon Père, je Marcuse.L'heure des confessions est venue.Qu'une victoire du Canada sur l'URSS au hockey, remportée durant la visite de Jean-Paul II, soit qualifiée de miracle, c'était prévisible.Même s'il faut nuancer entre le petit miracle de nos professionnels, à la Coupe Canada 84, et le grand miracle des amateurs améri-cains, en finale olympique de 1980.Cependant, à moins d'y voir un hommage excessif à l'intercession du Saint-Père, j'avoue ne pas comprendre ceux qui croient avoir vécu l'un des plus grands matchs de l'histoire.Autre candide aveu de Michael Bossy sur le Saint-Esprit qui l'animait au moment de marquer le but vainqueur: «Ce n'était pas un beau but.J'ai arraché Je bâton de Myshkin (le gardien), je l'ai fait trébucher et quand je me suis relevé, la rondelle a touché mon bâton.» Évidemment, comparée à cela, la présence d'un attaquant canadien dans la zone de Myshkin, sur le but égalisateur de Wilson, ne méritait pas la moindre pénitence.Mais les Canadiens n'ont pas eu le privilège des infractions, et leur principal argument tactique demeure sans doute d'avoir contraint les Soviétiques à jouer comme eux.L'oeil grossissant de la télévision révélait fort bien la façon oecuménique dont fut respecté l'évangile de la LNH, ce 13 septembre à Calgary.Accrochages constants, bâtons retenus, coups sournois et rondelles expédiées dans les coins de fa patinoire, démontraient que la conversion des athées communistes est en bonne voie.Tout au plus leur manque-t-il une certaine pratique des rites de r intimidation et des combats.À la suite de la rencontre d'un haut niveau technique et tactique entre l'URSS et la Tchécoslovaquie au Forum, Glen Sarher, l'entraîneur du Canada, prétendait avoir dormi: «Je ne voudrais pas assister à ce genre de match 80 fois par année.Je n'ai pas vu une bonne mise en échec.Je préfère le style de la LNH.» Sérieux ou non, il émettait là un point de vue probablement partagé par la majorité des habitués du hockey nord-américain.Il dégageait à l'avance sa dévotion au système, I exaltation qui allait habiter ses joueurs et l'illumination qui saisirait les croyants suite à la victoire sur les Soviétiques.C'est à ce moment d'extase partisane, capable de justifier les 25 points de suture infligés par Messier à Kovin, qu'il convient d'appeler Herbert Marcuse à .a rescousse.Le professeur germano-américain a depuis longtemps dénoncé l'imposture d'un système où la productivité s'oppose au progrès, et où les détenteurs de l'argent et du pouvoir entretiennent chez les consommateurs l'illusion de la haute qualité de leur produit.Dans son livre L'homme unidh mensionnel, l'auteur établissait que la production de plus en plus envahissante de l'industrie sportive et des communications de masse imposait des habitudes et des réactions émotionnelles qui lient les consommateurs aux producteurs.Soit les amateurs de hockey à la LNH, qui les conditionne et leur façonne une fausse conscience insensible à ce qu'elle a de .faux.Soit la Coupe Stanley, seul véritable championnat du monde; soit les statistiques de la LNH seules valables; soit Gretzky le meilleur joueur du monde, etc.Les condamnations de la violence admise par la LNH et les ligues juniors reviennent chaque année, comme les radis.Depuis la série de 1972 de nombreuses voix réclament des entraîneurs plus compétents et du jeu plus collectif des clubs de la LNH.Les mécontents n'ont qu'à se contenter des rencontres internationales ou à se concentrer sur les joueurs étrangers de !a LNH, avant qu'ils ne soient standardisés.Selon Marcuse, il ne suffit pas de comprendre que le changement est nécessaire pour le rendre réalisable.Quand on la compare à l'efficience du système établi, l'évolution désirée parait toujours utopi-que.La tension entre l'actuel et le possible sera présentée sous forme de conflit insoluble, pour éventuellement engendrer la soumission.Ainsi endoctriné, le consommateur de hockey n'est plus en mesure démettre une opinion véritablement personnelle sur la portée de cette récente défaite de l'URSS.Sans doute alléchés par les revenus de la Coupe Canada, les dirigeants étrangers ne font rien pour clarifier la situation.Quand ils classent «diplomatiquement» les compétitions internationales selon l'ordre d'importance suivant, 1) Coupe Canada, 2) Tournoi Olympique, 3) Championnat du monde, ils faussent encore plus les rares points de référence du consommateur nord-américain.Surtout si du même souffle le Dr Sabetzki, président de la FIHG, annonce que des joueurs professionnels pourraient participer aux Jeux Olympiques de 1988.En fait, la seule victoire décisive appartient aux Amérindiens qui, après avoir été officiellement remarqués par le pape, viennent en plus d'obtenir des excuses publiques de Victor Tikhonov.l'entraîneur soviétique, pour avoir comparé certains joueurs canadiens à des Indiens en quête de scalps. DEMAIN L'AN 2000 Yves Leclerc MSX, une norme qui vient trop tôt?teur?u*est-ce qui est le plus frustrant, le plus agaçant lorsque vous possédez un micro-ordina-vous êtes comme moi, c'est de vous rendre compte que l'accessoire, le périphérique, le langage, le programme dont vous rêviez pour votre machine n'a été réalisé que pour un autre ordinateur, et n'est pas «compatible» avec le vôtre.Chaque fabricant semble prendre un malin plaisir à adopter des formats, des types de prise, des «interfaces» différents de ceux du reste du monde et à mettre au point des produits d'appoint qui ne fonctionnent que sur ses propres modèles.Lorsqu'on veut s'en servir sur autre chose, il faut soit avoir les connaissances nécessaires pour les modifier là où c'est possible, soit se procurer un «adaptateur» coûteux, soit tout bonnement s'en passer.Pourtant, dans d'autres domaines, produits et accessoires peuvent indifféremment servir avec des appareils de diverses marques: une grande proportion des gadgets pour automobile qu'on se procure par exemple chez Canadian Tire peuvent être placés sur n'importe quelle voiture; les répondeurs, amplificateurs et autres accessoires téléphoniques se branchent sur n'importe quelle prise de téléphone, et fonctionnent avec n'importe quel combiné.En électronique même, le cas le plus frappant est celui de la haute fidélité: non seulement tous les disques stéréo peuvent être joués sur n'importe quelle chaîne hi-fi, mais encore la très grande majorité des amplificateurs acceptent des colonnes de son.des syntoni-sateurs radio, des tables tournantes et des cassettophones de n'importe quelle marque.Pourquoi la même chose ne serait-elle pas vraie des ordinateurs?Les conditions de la compatibilité Notez d'abord qu'en informatique, rendre les ordinateurs compatibles est moins simple et moins évident qu'il ne paraît.Il faut en effet que toutes une série de conditions soient remplies, tant quant au matériel que quant au logiciel: \u2014 les ordinateurs doivent utiliser le même microprocesseur, ou du moins des microprocesseurs de la même famille; \u2014 ils doivent se servir de circuits d'appoint (graphisme, son, qénération de caractères, ges- tion des entrées-sorties) semblables; \u2014 ils doivent avoir un affichage identique: capacité d'écran, couleurs, résolution graphique; \u2014 ils doivent avoir les mêmes prises et les mêmes protocoles de communication pour les périphériques; \u2014 ils doivent avoir la même organisation de la mémoire interne et externe; \u2014 ils doivent avoir le même «système d'exploitation» (le programme qui gère le fonctionnement interne de l'ordinateur et ses communications avec l'extérieur).Par le passé, au moins une fois on a tente d'imposer une norme de ce type à une catégorie de microordinateurs, avec d'ailleurs un certain succès.C'est ce qu'on a appelé la nomre CP/M, qui était essentiellement une norme pour le logiciel mais qui comportait aussi des éléments «hardware» souvent implicites: microprocesseur 8080 puis Z80.interface parallèle Centronics pour imprimantes, interface série RS-232C pour les autres périphériques.64K de mémoire, lecteur de disquettes et système d'exploitation CP/M créé par Gary Kildall, fondateur de Digital Research.Cependant, cette solution n'a pas duré, pour diverses raisons: elle ne touchait que les machines de haut de gamme et les ordinateurs «professionnels», elle négligeait des aspects qui prenaient de plus en plus d'importance (graphisme, son), et enfin elle s appliquait à des produits qui devaient être dépassés techniquement, notamment par l'apparition de IIBM-PC.Celui-ci.par la suite, a créé sa propre «norme» de facto, comme l'avait fait de son côté l'Apple II dans un marché différent: ce sont des modèles si populaires et si durables qu'ils suscitent de multiples imitateurs et de multiples créateurs de périphériques et de programmes «compatibles».Une tentative japonaise Depuis environ un an et demi, une compagnie de New York (Spectravidéo) et un groupement des principaux fabricants japonais ont élaboré une nouvelle norme qui.elle, prétend être un véritable standard qui n'appartient à personne en particulier et qui veut s appliquer aux ordinateurs domestiques de basse et moyenne gammes plutôt qu'aux systèmes «professionnels»: le MSX.En quoi consiste-il?En gros, tous les adhérents à la norme MSX s'engagent à construire leurs produits à partir des spécifications suivantes: \u2014 microprocesseur Z80 de Zi-log ou l'équivalent; \u2014 circuit vidéo TMS 9918A de Texas Instruments; \u2014 circuit audio AY-3-8910 de General Instruments; \u2014 32K de mémoire morte et au moins 8K de mémoire vive; \u2014 affichage 40 colonnes avec 16 couleurs; \u2014 enregistrement sur cassette et fente d'expansion pour cartouches ou unité de disquette; \u2014 une version spéciale du BASIC de Microsoft; \u2014 des claviers compatibles pour les principaux marchés (USA, Europe, Extrême-Orient).Les fabricants qui respectent ces exigences pourront connecter sur leurs ordinateurs tous les périphériques construits en accord avec la norme et pourront y faire tourner tous les programmes conçus pour n'importe laquelle des autres machines.Ce qui.en théorie, donne à leurs produits un avantage considérable sur les machines noncompatibles actuelles.Cela dit, il n'est pas certain que MSX soit la solution idéale à tous les problèmes.Son défaut principal est de tenter de «figer» l'évolution de l'informatique individuelle à un niveau de technologie qui est déjà sur le point d'être dépassé (ordinateur 8-bits.BASIC, cassette.8K de mémoire), et par le fait même de rendre tout progrès futur plus difficile et plus aléatoire.C est un peu comme si on avait obligé l'industrie de l'aviation à se standardiser au moment des biplanes et des hélices qu'il fallait partir à la main, ou celle de l'automobile à celui des boîtes manuelle trois vitesses et du démarrage à la manivelle.La micro-informatique n'existe que depuis une dizaine d'années, l'informatique grand public que depuis quatre ou cinq ans.et il reste encore bien du chemin à faire avant d'arriver à des produits et à des formules qui soient vraiment satisfaisants pour l'usager non expert.Ma'gré tous ses attraits apparents, la norme MSX pourrait avoir pour effet de tuer dans l'oeuf, ou du moins de retarder considérablement, les progrès qui restent à réaliser.?LE COURRIER Bonjour Yves, J'ai un de mes amis qui sait que je possède un ordinateur, et il m'apporte la feuille de ta chronique où tu parles des imprimantes.Je ne suis pas le genre de personne qui écrit à des courriers, mais je dois céder pour cette fois à la tentation.Tu tombes exactement dans le genre de lectures que je préfère dans le moment! Je possède un Apple Ile avec deux «drives», imprimantes et modem.Je ne connais absolument personne qui en posssede un et avec qui je pourrais échanger des idées et des programmes.Tu vas trouver inclus un beau petit programme que j'ai fait le mois passé, qui va te faire des en-têtes de lettres à la perfection et au mode d'impression que tu auras choisi.Si nous pouvions nous rencontrer, je pourrais te le copier sur disque directement.J'ai aussi fait un «labeler» dans le même genre, qui centre automatiquement toutes tes entrées sur tous les genres et grandeurs d'étiquettes que tu pourrais avoir, soit en hauteur, soit en largeur.Basé sur celui-ci, j'en ai fait un autre qui est ajustable sur trois tailles d'étiquettes seulement, mais tu as dix genres d'impression possibles.(.) Si je te dis maintenant que cela fait moins de neuf mois que je possède un ordinateur, vas-tu le croire?Je peux te dire que je me suis battu et je pense avoir vaincu cette machine sans aucune aide de personne.Tu vas peut-être croire que je suis en train de t écrire par le biais d'un traitement de texte! Non, je suis en train de faire cette lettre par programmation! J'attends de tes nouvelles, et je crois que l'on va pouvoir s'en-traider à combattre cette machine.Salut Yves, Claude GENTILE, 7825 Foucher, Montréal H2R 2K8 RÉPONSE: Il n'y a pas vraiment de réponse à donner à une telle lettre, mais je la publie parce qu'elle m'a fait plaisir et parce que j'espère que son enthousiasme est aussi contagieux pour vous tous qu'il l'est pour moi Lorsque ça fait longtemps qu'on fricotte sur les ordinateurs, on tend à ne plus voir que les difficultés, les problèmes et les aspects terre-à-terre du phénomène.Et on oublie que pendant ce temps-là, il y a encore des gens qui débutent, qui découvrent, qui s émerveillent, et qui font des choses que les «vieux de la vieille» comme moi sont devenus trop blases peut-être pour entreprendre.Mon cher Claude, le courrier m'a apporté ta lettre à un moment ou j'étais aux prises avec quelques «bogues» particulièrement subtils et emberlificotés dans un compilateur d'un nouveau langage sur lequel je suis en train de travailler avec des copains.Je n étais On odrett« U courrier o Y vtt Le noms communs, n'appartiennent ^ qu'à la langue orale, voire seule- o ment au parler ordinaire.Il con- »o vient par conséquent de s'en dé- 10 fier lorsqu'on doit écrire en raison S du réflexe primaire que l'on a d'ali- 5 gner l'orthographe des mots sur ^ leur prononciation.Et oour y par-^cg venir, il faut donc en faire un objet* m d'enseignement spécifique tant il ^ est vrai que ce que l'on apprend à oo l'école n'est pas le nécessaire reflet de ce qui est acquis à ta maison._ PLEIN AIR Simone Piuze EASTMAN Méchoui et fleurs séchées 00 cm CO LU to CM < < LU 2 O Imperceptiblement, par touches délicates, le rouge est venu aux feuilles.Oh.ce n'est pas encore la forêt écarlate qui fait se pâmer les artistes \u2014 que nous sommes tous! \u2014.mais il s'agit bel et bien d'un signe qui ne ment pas: l'automne attend aux portes de l'été qui s'en va sur la pointe des pieds, fort gentiment, avec des éclaboussures de soleil par-ci, par-là Et les dernières fleurs à petites têtes jaunes, blanches, bleues ou mauves, offertes à l'orée des bois ou le long de la route et des sentiers pédestres, se préparent à être cueillies pour sécher et se figer en beauté dans nos salons.Les sentiers de l'Estrie Quoi de mieux, pour fêter l'automne naissant, qu'une longue marche, caméra en bandouillere et lunch dans le sac à dos.en compagnie de quelques amis (pas trop de monde tout de même: cela pourrait manger le silence teinte de cris d'oiseaux et de grillons qui chantent la tin de I été!) dans un sentier de l'Estrie?Pour ma part, j'ai choisi celui qui prend sa source non loin du Mas des Cantons à Eastman, merveilleuse petite auberge de jeunesse aménagée dans une ancienne église qui nous a, le week-end dernier, logés pour deux fois rien et où nous nous sommes préparé des bouffes pas catholiques.Chandails noués à la taille, nous voilà donc, mes amis et moi.sur le chemin \u2014 situé exactement en face du Mas des Cantons \u2014 conduisant au sentier fort bien tracé qui nous amènera, entre autre, à proximité du mont Chagnon.C'est une journée fraîche où le soleil joue à cache-cache derrière les nuages, journée qui nous paraît idéale pour la randonnée pédestre entrecoupée de haltes-photos ou d'observations de la nature! Grappes de cerises bien rouges ou de mûres bien noires, sauterelle verte croquée sur une herbe avant qu'elle ne saute ailleurs, feuilles rouges soudain aperçues au faîte d'un érable, oiseau fureteur là, tout près, ne bougez pas, fleurs blanches et mauves se balançant au vent léger.Et je cueille, cueille, prenant bien soin de ne pas couper les tiges trop courtes ou d'arracher les racines de ces parures si belles dont je ne veux pas connaître les noms, de peur de devenir trop «scientifique».Pour moi.ce sont toutes des immortelles, puisqu'elles m'accompagneront toute l'année, même si leur parfum aura disparu.Lorsque vous cueillerez vos «immortelles», ne vous sentez pas obligé de les suspendre tête en bas, une fois arrivé à la maison.Disposez-les simplement dans un pot et attendez En deux jours, elles seront séchées.Vous pouvez, bien sur.leur appliquer un fixatif; ainsi la table ou le meuble sur lesquels vous les exposerez ne seront pas emplis d'inflorescences volatiles.Laissez-moi cependant vous dire que voilà une dizaine d'années que je cueille annuellement mes fleurs sans jamais ne leur appliquer le moindre fixatif! C'est l'heure du retour Nous avons marché environ quatre kilomètres, parfois sous une pluie fine étincelante à cause des rayons du soleil \u2014 «C'est le diable qui bat sa femme pour avoir des galettes», disions-nous, enfant, lorsqu il pleuvait et faisait soleil en même temps \u2014.paisibles, philosophant sur un monde meilleur, mordant dans nos pommes et la vie.heureux d être là par ce samedi de septembre.Sur notre chemin, une femme montée dans une échelle adossée a une vieille grange entourée d'arbres, seau de peinture en main, est croquée sur le vif, immortalisée en cette fin d'après-midi où le temps semble se figer.Au Mas des Cantons, affamés.Jean coupe oignons, tomates et poivrons.Elise assaisonne le poisson frais.Pierrot prépare le dessert aux mûres, tandis qu'une bouteille de rouge achetée à l'épicerie du coin attend bien sagement sur le coin de la longue table de bois.On se sent chez soi.ici.L auberqe est propre, bien décorée, et résonne des rires de Sylvie Normand l'une des deux propriétaires qui pourra, si vous avez la flamme de préparer vous-même votre repas, vous offrir de ces quiches aux épi-nards ou aux oignons dont vous vous régalerez! Contrairement aux autres auberges de jeunesse, ie Mas des Can-fons comporte un restaurant-bar où il fait bon siroter son café ou sa tisane entre amis, au son d'une musique bien choisie, avant d'aller marcher sous les étoiles non loin du lac d'Argent.Méchoui chez le cultivateur Après une nuit reposante, on apprend qu'il y a.comme à chaque dimanche a Eastman, une partie de ballon-volant à laquelle sont invités à participer les pensionnaires de l'auberge.Partie de rire sous le soleil frisquet, échange d adresses et en route pour le méchoui, fête de la moisson préparée par un cultivateur de la région.Tout le monde est convié.Soixante personnes s'y rendront, familles entières, couples ou individus enthousiastes, regardant cuire le cochon au-dessus des braises.On joue au fer à cheval, on mange des épis de mais au beurre, on regarde paître les vaches subitement dérangées dans leur intimité, on danse près de la grange, les enfants sympathisent avec vaches, chiens et chats, on rit encore, le soir tombe, la lune se pointe au rendez-vous, on enfile un gros chandail, et puis, vers sept heures, on mange enfin le cochon accompagné de pommes de terre, de tomates, de laitue, d'oignons et de concombres du jardin.Méchoui heureux, fête de tous les sens, fraternité entre les «gens de lr.ville» et ceux de la campagne.L arrière grand-mère est là, aussi, sourire tranquille \u2014 «Je suis née dans cette ferme, dit-elle.Toutes les saisons sont belles à Eastman.» ?Au bord du lac d'Argent PHOTOGRAPHIER Antoine Desilets «Le vertige?Juste dans les escabeaux!» |out le monde le sait maintenant: j'ai un faible très fort pour la construction, la restauration (des deux formes!) et la rénovation.Or depuis 1980.le métier de saint Joseph ma apporté de profondes et surtout de longues joies.que certains considèrent presque suspectes «Pourquoi ne se contente-t-il pas d'être photographe?Qu'est-ce qu'il a à se crever à monter des charpentes, a raser des murs puis à picosser pour rafistoler des vieilles maisons pendant des semaines et des mois?»» Je le fais pour des raisons que je n'ai pas à dévoiler mais que j'exposerai quand même, car ma mansuétude est immense! La première et la plus sérieuse est que cela me passionne Et suivant le principe que le contrôle que nous avons de nos sentiments, envies et fantasmes est extrêmement relatif, je préfère éviter les ulcères et me laisser guider, en aveugle consentant, par les courants et vagues de fond de mon inconscient.L'autre, c'est que Jeanine et moi avons six enfants en âge de prendre maison et qui, coïncidence étrange, ont un père bricoleur aimant travailler sans salaire (question bassement terre-à-terre, je le dis toujours) ce qui fait que.Voilà, vous avez compris! Et pour que la marginalité de l'affaire soit complète, en plus de travailler sans salaire, j'agis aussi comme bailleur de fonds.Non, non.ma tête va très bien, merci! Or sur l'un de ces lots à bâtir se trouvaient quatre gros arbres (125 pieds de haut, cinq pieds à la souche) qu'il fallait abattre.C'était trop pour moi et ma petite tronçonneuse! Le coeur gros et envahi d'un sentiment de culpabilité semblable à celui qu'éprouve souvent notre maire Drapeau, nous avons fait appel à Major.Major est à l'abattage ce que je suis a la photo, c'est-à-dire qu'il le fait en artiste, en série et dans la joie.Ce jour-la.des amis, mon fils et moi avons ainsi assisté à un spectacle hallucinant! Le voyez-vous sur une jambe, jouant de la tronçonneuse à 75 pieds en l'air?Un peu plus haut, il passera son harnais de sécurité.On regrette presque de l'avoir embarqué là-dedans! Mais pas lui! À ses yeux, les singes et les castors sont des amateurs sans mérite qui suivent leurs simples instincts.«T'as pas peur?» que je lui dis.«Pantou-te! Vous autres, à me regarder, vous êtes tout stressés mais moi, je travaille et si je m'arrêtais à penser.j'en finirais plus.L'important, c'est que les branches soient bien attachées, pour les descendre à la bonne place!» Bilan: deux jours d'ouvrage.1 2C0 piastres et 25 cordes de bois de chauffage pour mon fils.qui n'a pas encore de foyer! Mais ça s'en vient: maintenant que le bull peut passer, on va faire creuser la cave! Bonnes photos! en % O z \u2014i m > en > ro en m i m 00 VIEILLIR Claire Dutrisac À l'hôpital du Sacré-Coeur Le suivi d'une plainte GO O ai CN < CO < 4JJ 5 o a! ares sont les gens qui osent se plaindre d'un professionnel de la santé (médecin, infirmière, physiothérapeute.etc.).Car on garde l'impression d avoir tort avant même d'être entendu.Qui a l'audace de présenter ses doléances aux autorités d'un centre d'accueil, d'un centre hospitalier de soins prolongés?Là, plus qu'ailleurs encore, la peur de représailles ferme les bouches.Se plaindre directement au MAS (ministère des Affaires sociales)?On se sent trop petit pour simplement s'adresser au ministère (qui a bien d'autres chats à fouetter) et qui charge ses fonctionnaires de faire enquête.Une enquête où, trop souvent, on écoutera plus volontiers le son de cloche de l'établissement que les faits soumis par le malade.Indéniablement, c'est le règne de la peur qui bâillonne les plaignants.Restent les organismes parapu-blics comme les CRSSS (Conseils régionaux de la Santé et des Services sociaux) et les CSS (Centres de services sociaux).Là encore, on garde l'impression, à tort peut-être, que !e service des plaintes est surtout chargé d étouffer les récriminations plutôt que de corriger les situations dénoncées.On redoute aussi l'action des synaicats.tout occupés qu'ils sont à protéger leurs membres qu ils en oublient ; ABC des principes de justice.Ce que Ion retient de toute cette bureaucratie, complexe et compliquée, c'est que le gros écrase toujours le petit.Une triste histoire Le 1er décembre dernier, je résumais dans le courrier la copie d'une lettre adressée au directeur général de l'hôpital du Sacré-Coeur de Montréal, le 14 juillet 1984.Pour ceux qui n en auraient pas pris connaissance, je reprends succinctement les faits exposés alors, relatifs à la mére de ma correspondante.Mme B.Sa mère, qui était dans sa 90e année, fut hospitalisée le 14 juin dernier, en cardiologie.Elle y reçut de bons soins et eut son congé dix jours plus tard.En raison de son état, sa fille demanda son placement.La malade fut admise dans l'hébergement du pavillon Saint-Joseph, le 27 juin.Elle resta quatre heures dans un fauteuil roulant, dans sa chambre ou dans le corridor, avant qu'on vienne la chercher.Sa fille raccompagnait.À l arrivée dans la nouvelle chambre, personne du personnel n'était là pour l'accueillir.C'est sa fille qui l'installa dans son lit.Ayant quitté sa mère, dans le corridor, une jeune préposée, Mlle D.s'adresse à Mme B.et lui sert jn petit laïus où il est précisé que les malades ont le droit de circuler, qu'on leur garde leur autonomie, etc.Mme B.expose l'état de sa mère; rien n'y fait.Mlle D.est convaincue que l'on peut réadapter cette malade, et ajoute: «Vous allez nous trouver dur.» Le lendemain, Mme B.vient à l'heure du déjeuner pour aider sa mère à manger.Elle se fait rabrouer; il faut laisser la malade se débrouiller.Dans sa lettre au directeur général, Mme B.précise que sa mère était attachée à son lit de huit heures du soir à huit heures du matin, et ensuite installée dans une chaise gériatrique de huit heures du matin à huit heures du soir, sauf pour une sieste de deux heures dans l'après-midi Donc, dix heures par jour sur une chaise dure, à dossier rigide, sans cloche pour appeler et incapable d'aller à la toilette seule.Apres six jours.Mme B.décida de ramener sa mère chez elle ou.écrivit-elle, «elle est en train de s'éteindre doucement dans son lit.» Elle mourut le 20 juillet.Les Ombudsman Plusieurs centres hospitaliers ont.ces dernières années, embauché un homme ou une femme pour occuper le poste d ombudsman.(Jette personne est le porte-parole des malades, ou qu ils soient dans l hôpital, en soins actifs ou en hébergement.Le directeur général transmit donc la lettre de Mme B.à Mme Francine Bergeron, ombudsman à Sacré-Coeur, qui fit une enquête véritable et en fit parvenir les résultats à la plaignante.Il était trop tard pour sa mère, mais les autres profiteront de cette pénible expérience Une plainte fondée Mme B.reçut, le 29 juillet, copie d'une lettre de l'infirmière-chef de l'unité de soins adressée à la coor-donnatrice clinique à la direction des soins infirmiers de l'hôpital.On y lit: l'intervention de Mme B .à la suite du séjour de sa mère à l'unité Saint-Joseph «B» a suscité «beaucoup d'interrogations et de réflexions sur les attitudes et comportements de mon personnel face à la personne âgée en situa- tion d'hébergement.La situation décrite par Mme B.me fait croire qu il s'agit d'un cas individuel.Cependant, je crois que l'attitude de cette employée se reflète sur l'unité de soins.» Elle affirme que tout le personnel de I unité de soins se livre à un exercice de réflexion et d'auto-évaluation sur les comportements adoptés lors de l'arrivée d'un nouveau malade.Elle précise que les réflexions portent sur certaines déclarations de Mlle D.«.cela prend six semaines à six mois à s'habituer aux règlements.vous allez nous trouver durs».Il sera aussi question de l'évaluation du malade et des malades à conduire à la toilette plus fréquemment.Elle déclare aussi retenir les suggestions oe Mme B.(qui est allée en discuter avec les personnes en autorité) quant aux améliorations à apporter au service des malades.À savoir: 1} que chaque malade installé au fauteuil ait à sa portée de l'eau fraîche et un verre; 2) que l'évaluation d'admission du malade se fasse de façon plus rapide; 3) que les familles soient encouragées encore plus à visiter les malades au moment des repas; 4) que les activités journalières de nos malades soient réévaluées et inscrites en plan de soins.Tout cela est très bien.Mais l'infirmière-chef ne pipe mot au sujet de l'accueil du malade.N'aurait-elle pas dû être là?Une infirmière aurait-elle commis la même erreur que la préposée et considéré Mme L.comme une personne apte à être réadaptée?Un hôpital qui donne confiance.Le fait que I hôpital du Sacré-Coeur ait reconnu ses lacunes et en ait fait une source d améliorations augmente la confiance que j'avais en cet établissement.Il a tait un bel effort dont il faut le féliciter.C'est un travail d'ombuds-man bien exécuté.De même faut-il souligner l'ouverture d'esprit de l'infirmière-chef.Si j'en crois cet exemple, le temps est fini, du moins à Sacré-Coeur, ei ailleurs, je l'espère où le malade a toujours tort et rétablissement toujours raison.Encore une fois, je le répète, reconnaître une faute ne diminue en rien qui l'avoue, mais le grandit.La confiance en l'hôpital du Sacré-Coeur en sort renforcée.C'est du moins mon sentiment et je suis convaincue qu'il est partagé par nombre de mes lecteurs.Outre la peur.Mme B.est allée outre la peur.Si, comme tant d'autres, elle s'était tue, en rongeant son frein.I histoire se serait répétée.Elle a aussi eu le courage de poser son geste publiquement, en adressant copie de sa plainte à maintes personnes en causes, et aussi à PLUS.Pour l'esprit positif dans lequel elle a présenté ses doléances, je la salue et la respecte.?LE COURRIER Madame, J'ai pensé vous envoyer un article du Journal La Tribune de Sherbrooke, en date du 17 avril 1984, qui démontre une situation très désavantageuse de l'Assurance-Vie Desjardins pour les personnes âgées en ce qui a trait aux prêts hypothécaires.Jusqu'à tout récemment, un client de caisse populaire qui avait un prêt hypothécaire devait payer les prêts plus les intérêts, plus un demi de un p.cent pour une assurance-vie décroissante.C'est donc dire que la caisse populaire détenait et la maison et l'assurance-vie comme garantie additionnelle, ce qui était tout à fait raisonnable, je crois.Avec les changements, la caisse populaire a toujours en garantie l'hypothèque et exige une assurance-vie de l'Assurance-Vie Desjardins, mais selon l'âge de la personne, plus elle est âgée, plus elle est pénalisée.C'est donc dire qu'un prêt hypothécaire d'au-delà de 20000$ à une personne qui a près de 65 ans et qui doit renouveler son hypothèque, augmente ses paiements d'au moins 30$ par mois.Et si l'emprunteur veut changer de prêteur, cela lui occasionne des frais onéreux de quittance, de localisation de terrain, de contrat notarié, etc.Je trouve cela injuste car on ne respecte pas les droits acquis.Si un emprunteur avait pu prévoir ces changements lorsqu'il était plus jeune, il aurait pu alors s'assurer à meilleur taux et n'aurait pas eu à débourser un montant qui aujourd'hui grève son revenu d'environ 360$ par année.Le journaliste de La Tribune dit que cette assurance est facultative.Mais je dois vous dire qu elle est obligatoire.Ensuite, il dit que la protection couvrira les risques de décès et d'invalidité mais je ne suis pas certain si les risques d'invalidité sont couverts après l'âge de 60 ans.C'est donc dire qu'il n'y a rien de réjouissant pour les personnes âgées qui doivent renouveler leur hypothèque en plus d'assumer les intérêts plus élevés du marché, doivent aussi faire face à l'augmentation de leur assurance-prêt.J'ose croire qu'une petite enquête de votre part à ce sujet révélera encore une fois qu'on a peu pitié des personnes du Troisième Age, même si les compagnies d'assurance-vie font des profits plus que raisonnables.R.L.Monsieur, Je n'ai ni la compétence ni le temps d'effectuer l'enquête que vous me proposez.J'ai publié votre lettre dans l'espoir que l'Assurance-Vie Desjardins donnera son point de vue.Les caisses populaires aussi.Il serait intéressant de savoir si les conditions de prêts On adresse le courrier à Claire Dutrisac La Presse \u2014 PLUS 44 ouest, rue Sainte-Antoine Montreal.Que.H2Y 1A2 varient selon les régions.Peut-être aussi, parmi mes lecteurs, se trou-vera-t-il un économiste apte à débrouiller cet écheveau.En lisant l'article joint à votre lettre, j'ai cru comprendre que les plus jeunes paieront moins parce qu'ils représentent moins de risques.Si tel est le cas, on ne peut pas dire que les caisses cherchent à protéger et aider le Troisième Âge.Il semble bien que dans tous les secteurs, l'ensemble des gens, en vieillissant, se dirigent lentement vers la pauvreté.On dégringole, quoi! Chère Madame, Je visite régulièrement des personnes en centres d'accueil, comme bénévole.Ma dernière visite fut au centre XYZ, Montréal.Quelle richesse! Chambres privées, personnel dévoué.Mais la nourriture n'est pas «mangeable»! J'ai vu huit malades au onzième étage et tous ces gens se plaignent, disent qu'elles sont faibles, qu'elles perdent du poids, qu'elles prennent des suppléments de nourriture comme.prescrits par leur médecin! Il n'y a pas de menus: du porc frais trois à quatre fois par semaine, pas cuit, du steak haché brûlé et des desserts à l'eau.Ce n'est pas toutes les personnes de 80 ans et plus qui mangent du porc.Elles retournent leur plateau et attendent le repas suivant.J'ai vu aussi le foyer St-A.Pas de balcon, quatre par chambre; les résidants occupent les 2e et 3e étages d'une ancienne manufacture.Restaurant au premier et atelier.Mais la nourriture est très bonne, avec des menus adaptés aux personnes âgées.Mais pas de place pour les faire marcher.Malgré tout, elles ont l'air plus heureuses là que dans les grands centres modernes.Que peut-on faire?Une grande richesse mais une mauvaise nourriture: une grande pauvreté et de la bonne nourriture.Mme M.Au sujet du premier centre, j'ai souvent reçu des plaintes.Du second aussi, mais quant à sa situation Je vous suggère fortement d envoyer vos constatations au Service des plaintes du Conseil de la santé et des services sociaux du Montréal métropolitain, 3725.rue Saint-Denis.Montreal H2X 3L9.Vous pourriez téléphoner mais il vaut mieux écrire, puis appeler au: 286-5615.J'aimerais connaître le résultat de vos démarches.Si elles se révélaient vaines, nous pourrions nous permettre d'insister.Mais donnons sa chance au coureur.El merci au nom de ceux pour qui vous vous donnerez cette peine! ONGCHAMP: ce délicieux potage porte le nom de l'abbaye qui se trouvait, avant la révolution française, dans l'actuel bois de Boulogne.Les fervents de pois verts le savoureront.CUISINER Poi Martin Potage Longchamp, côtes de porc à la milanaise et kiwis Romanoff 1.Potage Longchamp (pour 4 personnes) 15 mL\t(1 c.à soupe) de beurre 1\toignon haché 1\tcarotte pelée et coupée en dés 1\tbranche de céleri coupée en dés 300 mL\t(1 % tasse) de pois cassés verts 1.2 L\t(5 tasses) d'eau froide 1.5 L\t(6 tasses) de bouillon de poulet chaud 2\tbranches de persil 1\tfeuille de laurier sel et poivre\t croûtons à l'ait pour la garniture\t 1) Mettre les pois cassés dans un bol.Ajouter l'eau froide et les faire tremper pendant 8 heures.2) Faire chauffer le beurre dans une sauteuse à feu moyen.Ajouter les oignons, les carottes et le céleri.Couvrir et faire cuire 3 à 4 minutes.3) Egoutter les pois cassés et les mettre dans la sauteuse.4) Ajouter le reste des ingrédients (sauf les croûtons).Saler, poivrer.Amener le tout à ebullition et faire cuire à feu doux, partiellement couvert, pendant 1 heure 30 minutes.5) Corriger l'assaisonnement.Retirer les branches de persil.6) Servir avec les croûtons à l'ail.2.Côtes de porc à la milanaise (pour 4 personnes) 4\tcôtes de porc 250 g\t('/4 livre) de spaghetti 30 mL\t(2 c.à soupe) d'huile 1\toignon haché .1\tgousse d'ail, écrasée et hachée 1\tboîte de tomates de 796 mL (28 onces), égouttées et hachées\t 125 mL\t(\u2022/î tasse) de bouillon de poulet chaud 45 mL\t(3 c.à soupe) de pâte de tomates 1 mL\t(Va c.à thé) de basilic une pincée de sucre\t sel et poivre\t Préchauffer le four à 70°C (150° F) 1) Faire cuire les pâtes selon le mode d'emploi sur l'emballage.Égoutter et mettre de côté.2) Dégraisser les côtes de porc et les poivrer généreusement.3) Faire chauffer 15 mL (1 c.à soupe) d'huile dans une sauteuse.Ajouter les côtes de porc et les faire cuire 3 minutes de chaque côté.4) Si les côtes de porc sont très épaisses, continuer la cuisson pendant 3 minutes.Elles doivent être fermes au toucher.5)Retirer les côtes de porc de la sauteuse dès quelles sont cuites et les placer dans un plat de service.Tenir au chaud dans le four.6) Faire chauffer le reste de l'huile dans la sauteuse.Ajouter les oignons et l'ail; faire cuire 2 minutes.7) Ajouter les tomates et le sucre; mélanger et faire cuire 3 à 4 minutes.8) Ajouter le reste des ingrédients; remuer et faire cuire 3 à 4 minutes à feu vif.9) Mélanger les pâtes et la sauce.Servir )e tout avec les côtes de porc.Parsemer de fromage parmesan râpé (si désiré).3.Kiwis Romanoff (pour 4 personnes) kiwis pelés et coupés en rondelles 250 mL (1 tasse) de fraises lavées, équeutées et coupées en deux 50 mL (% tasse) de sucre 15 mL (1 c.à soupe) de zeste d'orange 250 mL (1 tasse) de crème fouettée 30 mL (2 c.à soupe) d'amandes effilées 1) Mettre les fraises dans une casserole.Ajouter le sucre et les zestes d'orange.Couvrir et faire cuire 4 minutes.Laisser refroidir.2) Ajouter les tranches de kiwis au mélange refroidi; mélanger délicatement.3) Verser le tout dans des coupes à dessert.Garnir de crème fouettée et d'amandes effilées.Servir. s sala a »« on où LU S: vu V) O* Went de paraître aux Éditions La Presse «LE GUIDE DE JEAN PAGE DE LA CHASSE AU QUEBEC- est agrémenté de nombreuses photos et dessins qui sauront sûrement plaire à l'amateur de chasse.EN VENTE 1 PARTOUT Chroniqueur de chasse et de pêche bien connu des amateurs québécois, Jean Page collabore depuis nombre d'années à la plupart des revues et émissions traitant de plein air.Sa connaissance des ressources de chasse et de pêche au Québec en fait l'un des plus grands experts dans le domaine.Cet ouvrage contient tout sur: le gibier que Ton trouve au Québec; l'équipement et la technique de chasse; la chasse à la sauvagine; la façon de conserver et d'apprêter le gibier; les sites de chasse.EN PLUS! Nombreux conseils pratiques et renseignements généraux 384 PAGES ILLUSTRÉES OFFRE SPÉCIALE AUX AB0NNÉ(E)S DE LA PRESSE: 20% DE RÉDUCTION COMMANDEZ PAR TÉLÉPHONE | BON DE COMMANDE I 68J Service rapide et efficace 285-6984 Économisez temps et argent en commandant vos livres des Éditions La Presse par téléphone.Vous n'avez qu'à composer le numéro 285-6984, donner votre numéro de carte VISA ou MASTERCARD et le tour est joué.Ce service vous est offert du lundi au vendredi de 9 h à 16 h.Prière de noter que les échanges et les remboursements ne sont pas acceptés.i i i i i i Veuillez me faire parvenir ( ) exemplaires) de «LE GUIDE JEAN PAGE DE LA CHASSE AU QUEBEC-, au prix de M.95$ chacun, plus 1 $ de frais de poste et manutention ( ) Je suis abonne(e) à LA PRESSE Veuillez me faire parvenir ( ) exemplaires) de «LE GUIDE JEAN PAGE DE LA CHASSE AU QUEBEC* au prix de f t .95$ I exemplaire, plus 1 $ de frais de poste et manutention A retourner aux EN VENTE PARTOUT Éditions La Presse, 7, rue Saint-Jacques Montréal (Québec) H2Y 1K9 N° d abonnée).IMPORTANT: Joignez à cette commande un chèque ou mandat payable aux Éditions La Presse Lté© Vous pouvez également utiliser votre carte de crédit comme mode de paiement | MASTERCARD N°.| VISAN0.I________________ NOM.ADRESSE.VILLE.PROVINCE CODE POSTAL.TEL TOTAL cl-joint .(Pius 1 $ pour frais 6e poste et manutention) J "]
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