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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
La presse plus
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 1984-07-21, Collections de BAnQ.

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[" I ft ?MONTRÉAL 21 juillet 1984 volume 2 numéro 29 I pages 10 et 11 Destin Ce n'est qu'un minuscule pays de 3,5 millions d'habitants sur un territoire 75 fois plus petit que celui du Québec et pourtant il attire actuellement l'attention du monde entier.Israël demeure un sujet de passion et de contradiction, symbole même du destin du peuple juif.Les élections de lundi dans ce pays sont suivies avec beaucoup d'intérêt car elles surviennent à un moment où le peuple israélien dans son ensemble vit sa première crise de conscience profonde depuis la fondation du pays en 1948.À travers les divers thèmes de la campagne électorale qui s'achève (économie, Liban, territoires occupés, terrorisme juif) se dessine, nous dit Chris-tianne Berthiaume (pages 2 à 4) une véritable crise d'identité nationale.Le débat de fond est engagé sur la nature même de l'État juif: religieux ou laïc, nationaliste ou humaniste, fanatique ou libéral.?Pour connaître un peu mieux l'étrange structure électorale dans laquelle se déroulent les débats de la démocratie israélienne, Julien Bauer, professeur de science politique, nous décrit en page 5 le curieux système électoral de ce pays.qui a 120 députés mais pas un seul comté.Complément d'Information sur Israel, les deux reportages de Robert Arnoux en pages 6 et 7 nous expliquent deux points de débsta assez chauds actuellement: l'épineuse question des «Hébreux noirs» que le gouvernement voudrait bien expulser mais qu'il n'ose faire: puis, la vie dans les kibboutz où l'esprit pionnier est en train de céder «dangereusement» le terrain au plus classique et confortable esprit de famille.De Vienne, Albert Juneau s'est intéressé à la question juive dans les pays de l'Est (page 8).Bien que l'holocauste ait supprimé 75 p.cent des Juifs dans les pays slaves, il reste encore environ 3 millions de Juifs en URSS.Quel est leur sort?L'antislonlsme soviétique est-Il une nouvelle formule de l'antisémitisme?Ces dernières années, les Juifs ont massivement quitté l'URSS, ceux qui restent ont tendance à s'assimiler.Enfin, le hasard cette semaine faisant bien les choses, deux de nos chroniqueurs touchent, à leur façon, à la question juive: Jean Basile, en page 15, nous parle d'un livre du philosophe Vladimir Jankélévltch tandis que Claire Dutrlsac en page 18 nous décrit le bel exemple de solidarité humaine qu'elle a constaté à l'hôpital juif Maimo-nides à Montréal.La rédaction J g r 3 ci V \u2022 \": \"*\u2022 v * .4 fi 5 ï 5 ?W >: ?v; î ?n * ?ï w ï l » »: »: S ?> > > *.L' DES SENS Serge Grenier .-1 LANGUE L'ayatollah communie Pas toujours facile de prononcer correctement tous ces noms étrangers qui courent les bulletins d'information! Le premier ministre libanais qui devient Arachide Karamé, le secrétaire général des Nations unies, Perez de Cuiller, le chef de l'OLP qui a déjà été appelé Yes Sir Arafat.Ou la victime d'un récent kidnapping, le président bolivien Z'oiseaux.Le lecteur du bulletin, victime d'une faute de frappe, qui parie du président des Philippines.Ferdinand Macros.Il n'y a que Bernard Derome à ne jamais trébucher sur les noms étrangers, même les plus chinois.Entendu récemment un animateur de Radio-Canada parler dune fête monstrueuse; il voulait dire une fête monstre.Et l'anglicisme libéral fédérai de la semaine (turne-risme?): le nouveau ministre Bu-jold et les restraintes budgétaires.RESTAURANT 00 Ci LU CNJ 5 LU < CO < \u2022LU OC O L'Eau Vive Il a contre lui ses prix élevés: des dizaines de milliers de lires; et son éloignement: Rome, piazza San Eustachio, tout près de la piazza Navona.Sa particularité: il est tenu par des religieuses.Des religieuses belges appartenant à un ordre dont la noble mission sur terre est précisément de faire la cuisine.Des plats venus des régions où les religieuses possédaient des maisons: Europe du nord, Amérique du Sud, Afrique.Sud-est asiatique.Dans un coin, seule indication que ces serveuses, laïques de tenue, étaient aussi des servantes du Seigneur: un lampion sous une statue.Pour le reste, c'était plutôt orgie romaine.Orgie gastronomique s'entend! Costume et cravate nécessaires.«Très Vatican» avait prévenu rattaché d'ambassade.Pour déguster les meilleures recettes venues du tiers monde, des chanoines entrelardés et des évêques farcis.Et, impossible à rater, un étlnce-lant cardinal en grand appareil, entouré de sa cour, qui dînait, comme c'est amusant! d'un homard.A l'extérieur, une limousine du Vatican attendait son homme en rouge.Plaque minéralogi-que.les lettres SCV suivies d'un numéro.Des lettres que les Romains narquois ont depuis longtemps interprétées comme signifiant «Si le Christ te voyait!» A r * * # Israël: l'ennemi qui i^s) vient de l'intérieur Dix sur dix Oui, score partait pour Sepf sur Sept, une émission de la télé française, diffusée le samedi sur la chaîne 99.Une revue de l'actualité de la semaine et les commentaires d'une personnalité qui n'est pas spécialiste de l'information \u2014 ça nous change.L'invité peut tout aussi bien être un ecclésiastique ou un écrivain qu'un chanteur populaire ou un homme politique.Formule simple et efficace qui pourrait être reprise ici.Qui n'aimerait pas voir, par exemple, Victor-Lévy Beau-lieu, Michel Rivard ou Jean Ga-ron commenter l'événement?PROMENADE Tour de l'Horloge L'écrasante chaleur humide de dimanche dernier devait être combattue coûte que coûte.Mais 3,50$ pour les célébrations du Vieux Port, le goût n'y était pas, même si Michel Louvain chantait.À l'extrémité du quai Victoria, qui s'avance hardiment dans le fleuve, la tour de l'Horloge.Quelques privilégiés y sont venus prendre la fraîche du soir.La vue est grandiose.Le pont Jacques-Cartier propose sa plus belle image.La ville à gauche et l'île Sainte-Hélène à droite.Sous une arche du pont, la grande roue illuminée de La Ronde.Un voilier (il fallait s'y attendre) glisse dans le courant, tous feux éteints.Soudain, des pétards! Mais qui leur a dit que nous étions là?Il y a feu d'artifice sur l'île du plaisir.Nous sommes comblés.Le pont est transpercé de lumière; le rayon vert d'un laser l'effleure.Quelqu'un le compare au pont de Brooklyn; un autre, sans doute emporté par l'esprit des fêtes 1534-1984, se met à chanter «0 Jacques Cartier, ton pont est ceint de fleurons glorieux».?LLa scène se passe à une réunion d'archéologie.La tension monte entre les participants «religieux» et «laïcs».Archéologues et religieux ne s'entendent pas depuis quelque temps.Ces derniers accusent les premiers de désacraliser les lieux saints du judaïsme.À bout de patience, Yigal Yadin, l'ancien premier ministre adjoint sous le gouvernement Begin qui vient tout juste de décéder, s'écrie: «Mais, enfin, nous ne sommes pas dans un État théocratique que je sache.» Un religieux se penche alors vers lui et lui dit doucement: «Pas encore.mais qui sait?.Avec la grâce de Dieu.» Certes, Israël n'en est pas à sa première crise de conscience.Mais, à la veille de porter à la Knesset le 11e gouvernement du pays, Israël vit à 36 ans sa plus importante crise d'identité nationale.L'enjeu ne se résume pas seulement à porter au pouvoir le Likoud ou les travaillistes mais à dessiner l'avenir du pays, à décider si Israël deviendra un pays religieux ou laïc, nationaliste ou humaniste, juif ou démocratique, fanatique ou libérai, etc.La cohue Les pionniers se retournent dans leur tombe, leurs petits-enfants sur terre n'en croient pas leurs yeux.Il se passe des choses inimaginables.Un membre du mouvement La paix maintenant a été tué au cours d'une manifestation contre la guerre au Liban.La grenade lancée dans la foule a blessé aussi neuf personnes.On se tire sur nous-mêmes?Impensable.Inimaginable.Cela ne s'était pas vu depuis les premiers balbutiements du pays.Il y a quelques années, La paix maintenant aurait présenté un mouvement de masse, reléguant la minorité des idéologues dans l'ombre.Mais sa contribution principale de nos jours n'est plus que de préserver une image positive Christiane Berthiaume d'Israël à l'étranger (dans le style: Il y a bien des choses avec lesquelles nous ne sommes pas d'accord chez vous.Mais, heureusement, il y a Shalom Arshav).En deux élections, le Likoud a donné leurs lettres de noblesse aux idéologues, faisant basculer le pays du camp des progressistes à celui des réactionnaires, notent les vieux de la vieille.En d'autres termes, on peut souhaiter (rien n'est encore perdu) que l'esprit de Shalom Arshav l'emportera.Mais, il faut bien dire que jusqu'à présent il ne représente pas la majorité.Peut-être le sort des élections en décidera-t-il autrement?Mais, les jeux sont serrés.La division du pays tout autant.Les deux principales formations sont nez à nez avec neuf sièges de différence seulement en faveur des travaillistes qui en perdent à mesure que la date fatidique des élections du 23 juillet approche.Aux dernières élections (1981), le Parti travailliste était parti gagnant.Mais l'opération bombardement de la centrale nucléaire d'Iraq avait permis à Menahem Begin de reprendre vite de l'avance sur M.Peres.Cette fois, M.Shamir n'a rien eu à taire de spectaculaire pour rattraper son retard.Pourtant, les jeux sont faits, tout va mal: dissension interne, hostilité arabe, Syrie plus forte que jamais, bourbier au Liban, détérioration des relations avec l'Egypte, terrorisme à la maison et surtout détérioration morale.Vingt-six partis politiques pour 3,4 millions d'habitants \u2014 un record dans l'histoire d'Israël \u2014 c'est pourtant dire l'étendue du mécontentement.Tout devrait en principe jouer contre le Likoud de M.Shamir.Mais voilà: l'inflation de 400 p.cent et les perspectives de paix, dans lesquels les deux partis ont trempé plus ou moins leurs mains sales, sont devenus de tels sujets à prendre avec des pincettes que c'est à peine si les formations poli- CHYPRE tiques les ont effleurés pendant cette campagne électorale.Ils provoquent un tel flot de passions que plus personne ne se reconnaît, ne sait où il s'en va et si l'ennemi ne se trouve pas maintenant à l'intérieur des frontières.La crise La crise de conscience remonte à la guerre au Liban.«L'opération Galilée», l'opération nettoyage de l'OLP au Sud-Liban a d abord soulevé l'enthousiasme général.Même le Parti travailliste a voté avec le gouvernement Begin à l'époque.Mais, les choses ont commencé à se gâter avec l'encerclement de Beyrouth pour se détériorer complètement avec les massacres des camps palestiniens de Sabra et de Chatilla.Le moral maintenant au plus bas.Le taux de mortalité est élevé: 585 morts.Sans compter les blessés: 3049.Les soldats sont repliés au Sud-Liban au sein d'une population qui manifeste quotidiennement son hostilité et sans l'appui de la population à la maison.Vietnam.Vietnam.murmure-t-on.Une guerre pour rien ou presque.Échec cuisant.Certes, l'OLP a été chassée du Liban, est plus que jamais affaiblie et son chef est en exil à l'autre bout du monde.À Tunis.Mais les chrétiens du Liban n'ont pas pris le contrôle du pays comme l'aurait souhaité Israël.Pire.Pour ménager les Syriens, le président Gemayel a annulé le projet de traité de paix.Résultat?La Syrie est plus forte que jamais.«La campagne de 1982 avait sa justification.Mais était-ce une raison de lancer une guerre tout azimut?.Les bombardements de Beyrouth auraient dû glacer le sang dans les veines de tout le monde.Cela n'a pas dérangé les supporteurs du Likoud.Ils ne se sont pas demandé si la destruction pouvait être excessive», écrivait le journaliste David Krivine, dans le Jerusalem Post, en avril dernier. En fond de scène, la percée inquiétante des «clandestins» Le consensus national n'a pas résisté non plus au choc du terrorisme juif.Des sondages montrent que jusqu'à 32 p.cent de la population est sympathique au mouvement T.N.T.(Terreur contre terreur) et qu'il y a plus d'extrémistes que jamais en Israël.Juin 80: Des bombes posées dans les voitures des maires de Ramallah et de Naplouse sautent.Les deux hommes sont grièvement blessés.L'un perd ses jambes.1983: Des Israéliens ouvrent le feu sur des étudiants du collège islamique de Hébron, tuent 3 étudiants et en blessent 33.Janvier dernier: Des bombes sont trouvées près des mosquées du dôme du Rocher et de Al Aqsa au coeur de Jérusalem.Avril dernier: 27 personnes sont arrêtées et accusées de comploter pour faire sauter 5 autobus arabes de la rive ouest du Jourdain à l'heure de pointe.Ces dernières arrestations ont permis de remonter la filière jusqu'aux attentats contre les maires.Le Shin Bet (Service de sécurité interne) a enfin infiltré le Gush Emunim, mouvement extrémiste juif pour l'annexion des territoires conquis en 1967.Il y aura mis du temps.Mais le gouvernement du Likoud a montré davantage de civilité que de virilité envers les terroristes juifs en adoptant une politique de deux poids deux mesures.Pour un Palestinien qui écope de 20 ans de prison pour avoir jeté des pierres à des soldats israéliens, un terroriste juif est condamné à 10 ans de prison.On préfère utiliser le terme de «mouvement clandestin» plutôt que celui de «terrorisme».C'est que maintenant, on ne tourne plus autour du pot.On pose la question ouvertement: «Est-ce que nous annexons, oui ou non, une fois pour toutes, les territoires occupés de la rive ouest du Jourdain et de la bande de Gaza.Est-ce que nous nous retirons du Liban ou si nous occupons définitivement et créons notre «rive nord»?Pour certains, l'annexion constitue un danger pour l'avenir démocratique de l'État.Pour d'autres, abandonner les provinces bibliques de Judée et de Sa-marie menace l'essence même du sionisme.Territoires libérés contre territoires occupés 1980: Eilon Moreh.Un point de peuplement en Cisjordanie à quelques kilomètres de la ville arabe de Naplouse.La jeune femme qui me parle, en faisant manger son bébé qu'elle a nommé du nom biblique de la région, Samarie, vit dans une roulotte.Il y en a à peu près une quinzaine.Il est midi.Les hommes sont absents.Les 112 points de peuplement sont presque tous des dortoirs du pays.Les gens n'y font que dormir.Ils travaillent, font leurs achats, étudient, s'amusent à Jérusalem ou à Tel-Aviv.Elle, et tous les habitants des autres points de peuplement que j'ai visités ces dernières années, vivent sur une autre planète que les Arabes de la région.Ils ne leur parlent pas.Ne les voient pas.Ce sont deux mondes à part.Les Arabes?Mon interlocutrice ne les déteste pas.Elle se défend d'être une extrémiste.Seulement, depuis quatre ans, sa position a attiré de plus en plus de sympathisants.«Pas question d'abandonner les provinces bibliques de la Judée et de la Samarie, dit-elle.Elles nous appartiennent.Si nous reculons ici, nous devrons aussi reculer à Haifa, en Galilée, etc.Que deviendra alors le sionisme?Ils peuvent bien rester ici.Mais, ils devront reconnaître que nous sommes les maîtres.Ils peuvent très bien pren- dre la nationalité israélienne.Je n'ai pas d'objection.» Mais, faisons le compte.800 000 Arabes sur la rive ouest.450 000 dans la bande de Gaza.700,000 en Israel ou la population juive est de 3,4 millions.Avec un taux de natalité plus élevé chez les Arabes que chez les Juifs, en quelle année Israël deviendra-t-il l'Afrique du Sud du Proche-Orient?Où en sera alors la démocratie israélienne?Le rabbin Meir Kahane, du parti d'extrême droite Kach, posait la question encore plus crûment l'autre jour à la radio: «Israël sera-t-il un pays juif ou démocratique?Le sionisme n'est pas un concept démocratique.Un État sioniste est juif par définition.Alors qu'est-ce qui arrive des Arabes?Qu'est-ce qui arrive si les Arabes deviennent CD Une question épineuse pour le nouveau gouvernement: les établisse monts en territoire occupé.On voit ici un groupe d'ultra-nationalist^s qui * viennent d'établir en vitesse un nouveau point de peuplement pour mettre le futur gouvernement devant le fait accompli avant la date du 23 juillet.w CO LU Csi 5 LU < < W OC o 01 (piu éditeur Roger D.Landry éditeur adjoint Real Pelletier chef des chroniques Manon Chevalier secrétaire de rédaction Roch Côté collaborateurs au Québec Phillippe Barbaud Jean Basile Berthio Alain Borgognon Maurizia Binda Françoise Côté Gil Courtemanche Antoine Désilets Jean-François Doré Claire Dutrisac Charlotte Fauteux Andrée Ferretti Pierre Godin Serqe Grenier Gérard Lambert Adèle Lauzon Yves Leclerc Marie Lessard Mario Masson Pol Martin Simone Piuze Pierre Racine Georges Schwartz René Vian Ottawa Michel Vaste.Toronto Patricia Dumas Calgary Diane Hill Vancouver Daniel Raunet New York Trevor Rowe Managua Jacques Lemieux San Salvador Edith coron Paris Jean-François Lisée Rome Jean Lapierre Bruxelles Claude Moniquet Chypre Robert Pouliot Vienne Albert Juneau Tokyo Huguette Laprise Taiwan Jules Nadeau PLUS publie également des reportages exclusifs obtenus de l'Agence France-Presse, de l'agence Inter Presse Service et de Reporters associés.publicité générale: Probec5 Ltée Tél.: Montréal 285-7306 Toronto (416) 967-1814 de détail: La Presse, Ltée Tél.: (514) 285-6874 Le magazine PLUS est publié par Hebdobec Inc.CP.550 Succursale Place d'Armes Montréal H2Y 3H3, monté et imprimé par LA PRESSE, Ltée.Tous droits de reproduction, d'adaptation ou de traduction réservés.président du conseil d'administration Roger D.Landry responsable des cahiers spéciaux Manon Chevalier secrétariat Micheline Perron yTél.: (514) 285-7319 Obsessions: inflation Liban.avenir.la majorité en Israël?Auront-ils des droits?Dans une démocratie, peu importe qui forme la majorité.Dans un Israël démocratique, si ce sont les Arabes un jour, le pays deviendra alors un État arabe.Mais comme le sionisme dit que cela doit être un État juif.où sont donc tous ces démocrates qui se disent aussi sionistes?C'est une contradiction.» Pour décrire le climat actuel, il ajoutait: «C'est une contradiction qui terrifie ceux qui refusent d'y faire face.» Pour régler ce dilemme, le rabbin Kahane préconise l'évacuation pure et simple des Arabes d'Israël et des territoires occupés.Les sondages estiment que le Kach récoltera un siège ou deux aux élections.Unis dans leur désir d'annexer la rive ouest du Jourdain, quel qu'en soit le prix, les colons sont divisés sur le sort à réserver aux Arabes.Mais, étant donné qu'ils ont retiré leur appui au Likoud le jour où le gouvernement Begin a démantelé les points de peuplement du Si-naï pour rendre ce dernier à l'Egypte, on peut supposer que leurs votes iront aux petits partis d'extrême droite comme celui du rabbin Kahane.On peut aussi estimer qu'avec le départ de leur enfant chéri, M.Menahem Begin, brisé psychologiquement par la mort de sa femme et l'échec de la guerre au Liban, les Juifs orientaux seront tentés de voter pour les partis qui préconisent l'annexion des territoires.N'y ont-ils pas intérêt?Avec les 90000 Arabes des territoires qui viennent chaque jour travailler en Israël et font le dirty work à leur place, pas question de revenir en arrière.C'est entre autres sous le gouvernement travailliste que fut établi le très controverse point de peuplement de Kyriat Arba qui surplombe la ville d'Hébron.Il fut créé par des extrémistes religieux réclamant le droit d'habiter dans les anciennes maisons appartenant au début du siècle à des familles juives de la ville.Le projet des travaillistes n'est pas de rendre les territoires occupés.Ils sont prêts seulement à en partager la juridiction avec la Jordanie dans des frontières modifiées par rapport à celles de 1967.Mais le Likoud, de son côté, prépare l'annexion pure et simple.Entre deux maux, les Palestiniens souhaiteraient cette fois que le moindre prenne le pouvoir quoique les Arabes en Israël voteront probablement comme toujours pour le Hadash (parti communiste, populaire non à cause de son idéologie mais parce qu'on y trouve des députés arabes) ou encore pour un nouveau parti, la Liste progressive pour la Paix qui est formée de Juifs et d'Arabes préconisant la création d'un État palestinien à côté d'Israël et la reconnaissance de l'OLP comme représentant des Palestiniens.iE CA,RE Sue?f S I N A ï o Le comité des élections au début de la campagne avait banni ce parti ainsi que celui du rabbin Kahane pour leur radicalisme.Mais la Cour suprême a renversé la décision du comité.Avec des sondages qui montrent que peut-être 43 p.cent de la population est prête à un accord avec la Jordanie en échange d'une partie des territoires mais que maintenant 41 p.cent est contre, peut-on s'étonner que le Parti travailliste ait mis une sourdine à sa politique?D'autant plus que la publicité du Likoud dans les journaux montre Yasser Arafat et dit: «Il veut les travaillistes.» JORDANIE Occupé par Israel Implantations juives km 150 Katherina A \\Charm el Cheikh ARABIE SEOUDITE Les étoiles indiquent les lieux d'implantation de colonies juives en territoire occupé.On compte actuellement 112 « points de peuplement ».L'économie L'économie aurait pu être la grande planche de salut des travaillistes.Mais avec une situation qui était déjà détériorée sous les Golda Meir et Ytzac Rabin, on se demande maintenant qui vient en premier de l'oeuf ou de la poule.La seule chose sûre, c'est quelle a continué à se détériorer sous le Likoud.Les chiffres parlent d'eux-mêmes: 400 p.cent d'inflation.Le taux le plus élevé au monde.Les taxes directes et indirectes constituent 53 p.cent du produit national brut et ce n'est toujours pas suffisant pour payer l'armement, les dépenses dans les territoires occupés et la guerre au Liban.Depuis 1948 les États-Unis ont donné plus de 28 milliards US a Israël.Les Israéliens commencent de plus en plus à remettre en question leur dépendance vis-à-vis de Washington.Malgré cela, Israël a le taux d'endettement par habitant le plus élevé au monde, soit 5 350$ US.alors qu'il est de 1 540$ en Argentine.Cette campagne électorale a été marquée par un nombre extraordinaire de grèves, les gens se plaignant de salaires insuffisants pour rattraper l'augmentation phénoménale des prix.Le dernier facteur de détérioration se trouve au Liban.Maintenir 24000 soldats au Liban au coût improductif de 1,2 million par jour a fait dramatiquement monter l'inflation.À ce point-ci on peut toujours parier que si les travaillistes l'emportent le 23 juillet, ce sera sûrement à cause de leur politique au Liban et des possibles répercussions économiques.M.Peres a promis de ramener les boys à la maison dans les 100 jours qui suivront son éventuelle élection et de revenir à la situation d'avant juin 1982.La crise économique est peut-être sérieuse mais pâle à comparer à la crise politique.Quoi qu'il en soit, ce sont les questions économiques qui ont toujours décidé en fin de compte du sort des élections en Israël.! I 999999999999 Julien Bauer LE SYSTÈME ÉLECTORAL ISRAÉLIEN: Super démocratique ou ingouvernable?H Le système électoral israélien présente des caractéristiques originales qui en font un modèle de démocratie représentative et un cauchemar pour les gouvernants.Les 120 députés sont élus au suffrage universel pour une période de quatre ans.Contrairement à ce que nous connaissons au Canada, les électeurs ne choisissent pas le représentant d'un comté mais votent, dans tout le pays, pour une des listes concurrentes.En effet la circonscription électorale est à la grandeur du pays.C'est dans tout le pays que chaque parti présente une liste de 120 candidats pour les sièges à pourvoir.Il surfit d'obtenir un pour cent des voix de l'électorat pour avoir un député à la Knesset, le parlent' ~>t israélien.Ce»f~ règle du 1 p.cent est sans doute ce qu'il y a de plus proche de la démocratie: un groupe, aussi petit soit-il.peut être représenté au parlement à la condition de rassembler un p.cent des voix.Un tel système n'aide pas à la formation de gouvernements forts.Appliqué au Canada, il obligerait le Parti libéral fédéral à partager le pouvoir avec le N.P.D.et le P.Q.avec l'Union Nationale.Qui sait si le parti Rhinoceros n'aurait pas obtenu un pour cent du suffrage et serait représenté au Parlement! Le premier ministre désigné d'Israël est, lui, obligé de passer un accord de coalition avec plusieurs petits partis.Aucun parti n'ayant dépassé 50 p.cent des voix, aucun parti ne dépasse 50 p.cent des sièges.Le parti qui a obtenu les meilleurs résultats doit donc négocier une coalition avec divers petits partis pour obtenir au moins 61 sièges sur 120 et.si possible.65 à 70 pour se prémunir contre les «surprises».Pratiquement, c'est autour d'un des deux grands partis, les Travaillistes et les Conservateurs (le Likoud) que se constitue la coalition.Les petits partis sont indispensables pour le fonctionnement du système.Cela leur donne beaucoup de pouvoir mais cela permet également aux opinions minoritai- res d'avoir une chance de participer aux décisions.Le leader du parti qui a obtenu le plus de voix est appelé par le président à former le gouvernement.Suit alors une période de tractations avec les petits partis pour coordonner les programmes politiques et répartir les ministères.Le premier ministre désigné se présente à la Knesset pour recevoir un vote de confiance.Le premier ministre ne peut pas choisir seul la date des élections: pour avancer les élections il faut soit que le gouvernement, y compris les petits partis qui en sont membres, démissionne soit qu'il soit renversé par la Knesset.Les prochaines élections auraient dû se dérouler en juin 1985; elles ont été avancées d'un an, contre le voeu du premier ministre, car un petit parti de la coalition a décidé de voter avec l'opposition pour imposer une nouvelle date.Par contre, le premier ministre d'Israël n'a pas à craindre des élections partielles: il n'y en a pas.En cas de démission ou de mort, le député manquant est remplacé par le premier sur la liste des candidats de son parti qui n'a pas été élu.Si un parti a dix députés et qu'un de ces dix meurt ou démissionne, il est automatiquement remplacé par le onzième de la liste et ainsi de suite.Les grands partis.Les deux grands partis qui se font face, les Travaillistes et les Conservateurs, sont eux-mêmes issus d'un rapprochement entre plusieurs partis: un socialiste et un marxiste pour les Travaillistes, un nationaliste et un libéral pour les Conservateurs.Avant même de penser à prendre le pouvoir et à passer un accord de coalition, il leur faut présenter une liste à l'électorat.Pour les candidats, l'emplacement sur la liste est capital.En effet la liste comprend des postes «sûrs», ceux que les sondages et les élections antérieures garantissent au parti, des postes probables, en cas de stabilité ou de légère avance, des postes possibles, en cas de victoire remarquable et des postes honorifiques dont tout le monde sait que les titulaires n'entreront pas à la Knesset.Ainsi si un parti peut compter sur 10 p.cent des voix, il aura 12 sièges au Parlement.Les dix premiers sont considérés comme «sûrs», les onzième et douzième comme probables, les treizième et quatorzième comme possibles en cas de grand succès, les suivants comme honorifiques.Dans chaque parti, les candidats essayent naturellement d'être en haut de liste.Chaque parti procède à l'établissement de la liste électorale selon une procédure qui lui est propre.Par exemple, le Parti travailliste a décidé de remettre le choix final à un groupe de quatre: Pérès, le leader du parti, Navon, l'ancien président de l'État, Rabin, ancien premier ministre, et Bar Lev, secrétaire général du parti.Ces quatre sages ont dû tenir compte des recommandations des membres du parti, des pressions des divers groupes (femmes, jeunes, minorités.), des accords entre les diverses composantes du parti (socialiste et marxiste) sans oublier les attentes de l'opinion publique et leurs propres intérêts.Ils ont commencé par se donner les quatre premières places puis ont établi la liste qui sera présentée aux électeurs.Au parti conservateur, ce sont les comités centraux des deux branches, le Likoud nationaliste et les Libéraux, qui ont choisi l'ordre de leurs candidats respectifs.C'est ensuite le premier ministre Shamir qui a dressé la liste finale selon les décisions des deux comités centraux.Les petits partis Si deux partis peuvent espérer être le centre de la prochaine coalition gouvernementale, ils doivent tenir compte des petits partis.Et ceux-ci ne manquent pas! En 1981 pas moins de 31 partis se sont présentés au suffrage dont 9 ont franchi la barre du 1 p.cent.En 1984, 26 partis se sont présentés.De ces 26, la moitié a peu de chance d'avoir ne serait-ce qu'un seul élu.Le comité des élections de la Knesset juge de la validité des listes aux élections.Traditionnelle- ment n'importe qui peut se présenter au nom de n'importe quoi, comme le Rassemblement des Immigrants d'Inde ou la liste pour la suppression de l'impôt sur le revenu! En juin 1984, le Comité a refusé à deux listes le droit de se présenter, estimant qu'elles mettaient en danger le système démocratique.L'une est un front pour l'OLP \u2014 c'est un des extrêmes de la démocratie israélienne: que l'on pense à un parti proisraélien dans un quelconque pays arabe ou à un parti pro-iranien en Irak.\u2014, l'autre un mouvement préconisant l'expulsion des Arabes.Les deux listes ont fait appel à la Cour suprême qui leur a donné raison et les a autorisées à se présenter.Les électeurs israéliens auront ainsi un éventail d'options depuis l'extrême droite jusqu'à l'extrême gauche.Parmi les petits partis, deux jouent un rôle particulier: les partis religieux.Ils regroupent de 10 à 15 p.cent des voix alors que les croyants-pratiquants sont environ un tiers de la population.À la fois pour des raisons parlementaires (avoir la majorité) et politiques (tenir compte d'un courant d'opinion qui dépasse le poids électoral des partis religieux), ces partis jouent un rôle charnière.Ils ont épaulé les travaillistes pendant vingt-neuf ans puis depuis 1977 se sont alliés au Likoud.Quel que soit le résultat des élections, les deux grands partis courtiseront les partis religieux.Le Parti travailliste part avec un handicap: les gaffes répétées de son leader et de quelques-uns de ses députés qui ne perçoivent pas ce qui tient à coeur d'un tiers de la population.La tentation pour les hommes politiques qui ne montent pas assez vite, à leur goût, dans les rangs d'un parti, est d'en former un nouveau qui serait une troisième force entre Travaillistes et Conservateurs.Cette année, c'est le Yahad d'Ezer Weizman, ancien ministre, dont le rêve est d'être indispensable à toute coalition comme premier des petits partis et dont la réalité sera sans doute d'être le leader d'un petit parti conçu pour les élections de 1984 et sans avenir.La tentation est encore plus grande pour des hommes politiques déçus ou pour des individus qui veulent se faire connaître sans passer par la discipline des partis de présenter des listes «individuelles», la publicité se faisant uniquement sur la personnalité du premier candidat.C'est ainsi que trois anciens députés, Ben Porat.Eliav, et Horowitz, se présentent seuls.Les électeurs israéliens présents en Israël le 23 juillet (ceux à l'étranger comme les diplomates, les touristes, etc, ne votent pas à la seule exception des marins), auront donc le choix entre deux grands partis, une demi-douzaine de petits et plus de dix listes individuelles, folkloriques ou ne représentant que des groupuscules.Et demain?Que vont faire les électeurs israéliens?Vont-ils continuer la tendance qui les pousse à renforcer les deux grands partis ou, au contraire, va-t-on assister à une recrudescence des petits partis?Les divers groupes vont-ils voter pour le petit parti le plus proche d'eux ou pour un des grands?Les citoyens arabes vont-ils voter pour des partis extrémistes, comme le parti communiste, ou voter utile, ce que beaucoup ont fait en 1981 en votant travailliste?Les récents sondages d'opinion donnent plus de voix aux travaillistes qu'aux conservateurs.Si cette tendance se confirme le soir du 23 juillet, le leader travailliste, Shimon Peres, sera appelé à former le gouvernement.Si c'est le Likoud qui gagne, Shamir redeviendra Premier ministre.Une troisième possibilité, qui ne s'est jamais présentée, est pour la première fois envisageable: que le parti qui a le plus de voix ne trouve pas assez d'appuis pour diriger la coalition gouvernementale.Cela pourrait se produire si le Parti travailliste n'a que quelques députés de plus que |£ le Likoud mais que les petits partis c refusent de le soutenir et lui préfè- ¦ rent le Likoud.Dans ce cas.Peres ^ annoncerait au président qu'il n'a z pas réussi à réunir une majorité et ^ Shamir serait invité à essayer de m former le gouvernement.On peut f£ imaginer les remous qu'une telle situation causerait.> Une chose est certaine: les deux ^ grands partis vont essayer de ren- g dre la démocratie plus efficace, ro Sans aller jusqu'à bouleverser le -* système électoral, ils vont tenter c de changer la règle du 1 p.cent et F d'augmenter la barre pour obtenir fri un siège de députe à 2 ou 3 p.cent.Cette modification, en apparence :\u2022.de la biennale.Cette présentation unique et très détaillée fait se rejoindre deux décadences dans une intimité à laquelle contribue la proximité géographique.Très documentée, elle rend compte du formidable mouvement de révolte proche de l'Art nouveau qui secoua au tournant de ce siècle tous les domaines: de la peinture aux arts décoratifs, à l'architecture en passant par les arts graphiques en Europe centrale avec, en prime, notamment les chefs d'oeuvre de Klimt.Schiele, et les meubles d'Hoffman que l'on retrouve au pavillon de l'Autriche.C'est un monument qui se visite et se déguste à petits pas.Telle l'eau des canaux où se reflète l'image des palais vénitiens, Arte alio specchio nous parle de l'art qui se regarde et se copie, de la difficile relation entre l'art du passé et du présent dans la foulée des oeuvres «inspirées de.» ou «à la manière de.» Cette exposition, qui se veut le pivot de ia biennale; s ouvro-aveo une station didactique confrontant LA BIENNALE DE VENISE La «peinture cultivée» a détrône « t r a n s-a va n t-g a rd e » René Viau 11 La iranz-avant-garde Italien, Claudio Parmiggiani puise à toutes lés sauces juxtaposant ici la sculpture grecque et lTinspiration surréaliste.A/chimie 1982 ' les variations sur un même thème traitées, par exemple, de Manet à Picasso et à Louis Cane.On le voit, tout se complique dans cette pratique de la citation à plusieurs degrés.Ce même Louis Cane reprend Picasso qui reprend lui-même Vélasquez, non sans humour fort heureusement! C'est le vieux gag de «I homme qui a vu l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'ours.» Dérision du classicisme chez Duchamp, Picabia et Man Ray ou reprise de ces éléments iconographiques chez Cara, Savi-nio ou de Chirico jusqu'à l'enquête sur l'art du Pop Art avec Lichents-tem et Wharol et les interrogations des artistes conceptuels Kounellis.Pistoletto et Paolini sur les mythes de la culture, ici rien n'est simple! Les courants les plus récents se traduisent par une récupération des instruments et des techniques de la tradition comme chez Chia et Mariani, adeptes de la «peinture cultivée» représentant cette nouvelle tendance à la suite des travaux de leurs prédécesseurs, tels que les Français Anne et Patrick Poirier.Complexe et alambiquée, l'exposition se fait plutôt l'apologie du past'che, du clin d'oeil «rétro» gratuit et de l'art qui puise sans vergogne à la caverne d'Ali-Baba d'hier.La citation y est inflation-naire.Bref l'exposition est 'oin de cerner méthodiquement toutes les attitudes de récupération du passé.Cette présentation basée, au plus, sur un filon est loin d'être convaincante.Cet échec * ne se justifie pas par les coupures bud- Art conceptuel Représentant le Canada à Venise, Liz Magor manie Le nouvel expressionnisme tout autant la sculpture que la photographie et l'écri- À mi-chemin entre le graffiti art et le nouvel exprès- ture dans son installation dont on voit ici un détail.sionnisme, l'Allemand Penck donne dans la peinture, Elle y explore le «concept» de la classification.Le son grand prix, disparu dans la vague contestatrice de 68 Certains, comme la revue européenne Flash Art et le New York Times ont même improvisé des distinctions tout à fait non officielles, à l'Allemand Baumgarten et à l'Anglais Hodgkin.Avec ce moyen, espère-t-on, ce seront désormais les artistes et non les critiques qui auront la vedette.Eloigne de tous ces remous, le choix du Canada a été remarqué.Du bon travail, honnête.un peu trop effacé par rapport à toutes ces modes et ces cabales vénitiennes.C'est peut-être ici une qualité! Liz Magor et lan Carr-Harris manient l'humour et l'effet narratif avec brio dans une mise en scène conceptuelle et polyglotte.Discret tout de même.Très discret.on ne peut plus directe.titre: Dorothy, une ressemblance, 1981.A VENISE gétaires qui assaillent l'administration de la biennale bien qu'elles aient été assez importantes: le budget total de la manifestation est de 2 millions $ soit environ 30 p.cent de moins qu'il y a deux ans.Tendance de plus en plus en vogue.I art cultivé se fait la vedette de ce volet où fourmillent un fatras de plâtres et d'imagerie «à l'antique » servie « à la moderne ».Dictionnaire de l'art actuel Autant dans cette section où l'art comme Narcisse se regarde dans le miroir que dans ses autres volets, la biennale se lit toujours, maigre ses faiblesses, comme une sorte de dictionnaire des grandes tendances actuelles de l'art contemporain.La peinture cultivée fait l'apologie de l'imitation et du retour au classicisme et à la grande technique.Il peut s'y mêler une pointe de dérision picturale et des relents de surréalisme (Garouste) ou de mauvais goût volontairement saupoudrée.C'est tout de même rare.En général, la peinture cultivée est très sérieuse.Elle ne prétend pas volontairement au kitsch.Cette attitude n'est pas très éloignée du peintre académique Bou-guereau, célébré actuellement par le Musée des beaux arts de Montréal et qui se voit placé ici à son insu sous les feux d'une actualité résolument anachronique! Surtout allemand, le néo-expressionnisme se veut lourd, direct, éclatant.La figuration s'y fait cri, remuant les chagrins écrasés m II wm Ma Msh\" if All v .- \u2022 .* - .- Bad painting Le bad painting se caractérise par un degré d'exécution volontairement relâchée \u2014 contrastant avec fa peinture cultivée \u2014 ou par la banalité des sujets, souvent les sous le poid de l'histoire et les mythes germaniques avec Kiefer, Im-medorf et Middendorf.Plus sobre chez Penck.Lùperz, ce mouvement contraste avec la sophistication raffinée de la figuration libre française.A compiler aussi: le graffiti art, surtout américain mais inspiré aussi par la bande dessinée et enfin le bad paintinq, américain, dont le niveau d'exécution est toutefois à la hausse et qui est investi de multiples stratégies figuratives, comme le démontrait la presentation américaine intitulée Paradise Lost: Paradise Regained.American visions of the new decade, aux factures toujours remarquablement inégales.Dans tout cela, à Venise du moins, c'est la peinture cultivée qui a le vent dans les voiles détrônant la frans-avant-garde du critique d'art itaiien Achille Bonito Oli-va.Ce dernier revendique la paternité, au détriment du directeur de la biennale actuelle Calvesi, de la découverte de toute cette histoire de la référence et de la citation qui inonde la peinture actuelle.Se jouant en coulisse et en combines «à la vénitienne», une querelle épicée de critiques d'art vient donc ici se greffer.Ecartée de la salade passéiste de Calvesi, Achille Bonito Oliva, le plus célèbre critique d'art italien, a mis sur pied sa propre biennale réunissant Joseph Beuys, Enzo Cucchi, Fabro et Bruce Naumanen une présentation intitulée Quartetto.S'éloignant de ce «nouvel» art où c'est avec du vieux que l'on fait du neuf en prônant la norme révolue comme paradoxale subversion, les prestations nationales apportaient un peu de fraîcheur.Signalons au détour les Allemands Penck et Baumgarten.ce dernier rescapé de l'art conceptuel et l'élégant peintre anglais Hodgkin.La France a misé sur un de ses coursiers favoris Duhuffet.Le grand canal de l'art deux à lo fois.Ici, Roger Brown.Le pécheur, Y982.V r H'.Wl I Histoire de redorer le blason terni de cette biennale qui risque un bon matin de se retrouver naufragée, un mouvement se dessine pour redonner à la célèbre «mos-' ' tra» sortI1 cfaràctèfë côrn&êtltif et a biennale de Venise fut lancée en 1897.Elle se consacrera surtout aux peintres académiques bien que Whistler s'y voit décerner une palme.Si elle tourne alors le dos à l'art moderne, la Biennale ne dédaignera pas, à ses débuts, certains mouvements marquants du tournant du siècle.En 1899, la Sécession viennoise s'y fait connaître et ta grande vedette est alors Klimt.Avec Ensor, l'expressionnisme naissant y percera en 1902 et en 1910 ce sera au tour de Nolde.Ce n'est qu'à partir de 1907 que les pavillons nationaux s'ouvriront.Cézanne et Matisse n'y font leur entrée qu'en 1920 au pavillon de France alors que le constructivisme d'Archipenko se signale au pavillon d'URSS.Les futuristes italiens, Marinetti en tête n'y seront présents qu'autour des années 30 sur l'ordre de Mussolini qui prend en charge la Biennale déjà languissante.Picasso n'y sera admis qu'en 1948.Cette année-là, après une interruption due à ia guerre, le grand critique d'art italien Roberto Longhi remet la biennale à flot.Celle-ci deviendra la grande présentation que l'on connaît.En 1954, c'est la consécration de Fontana, celle de Fautrier en 1956, de Giacometti en 1962.1964: le Pop Art triomphe.L'américain Robert Raus-henberg gagne le grand prix de ce qui était alors en quelque sorte «les olympiades internationales des beaux-arts».Un prix, du reste, qui sera aboli en 1968 avec la vague de contestation qui déferle sur Venise.Exit les prix et les décorations officielles qui sombrent à tout jamais tout comme le «Op Art», en 1970 au détriment de la per\u2014l'opportunisme et les consi-formance et de l'art conceptuel, dérations partisane?dominent En 1978, avec comme thème souvent les questions purement Art et Nature, la bBiennale dé- esthétiques.,., , ' \u2022 ¦ « * fraie la chronique et les polémiques vont s'engager.En 1980, la biennale claironne, ambitieuse, ce que sera l'art des années '80.De l'étinceîiant et du flamboyant avec des expositions aux quatre coins de la ville des doges.Un grand cru.Avec une rue de façades, créée chacune par un architecte qui en fait un peu son manifeste, façon décor de Cinecitta, l'architecture, absente cette année, y fait une entrée flamboyante.En 1982, la biennale annonce «la persistance de l'art».Dans cette ville où même l'impossible semble naturel, c'était tout indiqué.Dans son curieux pavillon évoquant à vol d'oiseau ia feuille d'érable, le Canada en est à sa seizième participation à Venise.Dans l'enceinte des murs au découpage irrégulier, ce qui n'est pas très pratique pour présenter des oeuvres d'art, Jessica Bradley, conservatrice adjointe de l'art contemporain à la Galerie nationale du Canada a choisi de présenter l'oeuvre de deux sculpteurs torontois lan Carr-Harris et Liz Magor.À tous les deux ans, avec cette biennale, Venise se veut la capitale internationale de l'art bien que l'on ne puisse pas dire que la ville ait besoin d'une attraction touristique de plus.L'institution s'essoufle non pas tant depuis que les fameux prix, contestés à cause de leur caractère «antidémocratique» ne sont plus décernés (ils étaieht l'équivalent des Prix Nobel pour les arts plastiques), mais surtout à cause des polémiques et des tractations qui ia minent.Partis politiques, ministères, syndicats sont associés à sa gestion dans une politique de la culture à l'italienne» où, dit-on.c CO o z H J3 m > (fi > m g ro m H CO 2 Jusqu'aux racines La dissection d'une plante (première partie) Une plante est un être vivant qui croît, se nourrit, se reproduit et meurt.Ces diverses fonctions sont assurées par des structures particulières dont la forme, la taille et la couleur varient selon les espèces.La dissection d'une plante très répandue, le bouton d'or, vous permettra d'identifier ces différentes parties et de connaître leur rôle.Matériel \u2022 Un plant de renoncule acre (bouton d'or) \u2022 Une loupe (10*) ou un binoculaire \u2022 Un bon couteau ou un scalpel \u2022 Une petite paire de pinces \u2022 Un crayon et du papier Dès le mois de juin, vous trouverez probablement près de chez vous un plant de renoncule acre.Toute autre plante conviendra.Prenez soin de ne pas casser votre spécimen en l'arrachant; dégagez la terre autour des racines avant de l'enlever.Vous voici maintenant prêt pour la dissection.Commençons par les principales parties de la plante, qui sont au nombre de quatre.Les racines (partie souterraine) Les racines jouent quatre grands rôles.Elles fixent la plante au sol, y puisent des éléments nutritifs et de l'eau, transportent ces substances jusqu'à la tige aérienne et peuvent aussi servir de lieu d'accumulation de produits de réserve (cela se produit chez certaines plantes, comme la carotte et la pomme de terre, par exemple).A laide du schéma de la figure 1, localisez sur votre plante les parties indiquées.| Racine piincipale /\u2022 V._ Radicelles La racine et les radicelles, comme les artères de votre corps, sont des conduits qui amènent la nourriture aux parties supérieures de là plante.Les poils absorbants puisent la nourriture du sol.La coiffe, quant à elle, est un genre de capuchon qui trace un chemin dans la terre et protège les extrémités de la racine.CLa tige aérienne Les principales fonctions de la tige aérienne sont d'assurer le soutien des feuilles, des fleurs et des fruits, de transporter la sève et de protéger la plante.N'est-ce pas là la fonction des épines d'une rose par exemple?Identifiez les différentes parties de la tige de votre spécimen à l'aide de la figure 2.La tige possè-de-t-elle des poils ou des épines?Sont-ils nombreux?À quoi servent-ils?La feuille Prenez ensuite une feuille et examinez-la de plus près.Distinguez-vous plusieurs parties?Notez vos observations sur.l'épaisseur du limbe, le nombre et le dessin des nervures, la longueur et la forme du pétiole (voir la figure 3).La feuille est un élément extrêmement important pour !a croissance de la plante.Elle contient beaucoup de chlorophylle, un pigment qui lui donne sa couleur verte et qui sert à fabriquer la nourriture nécessaire à son épanouissement.La feuille sert de capteur solaire.L'énergie ainsi recueillie est utilisée par la chlorophylle pour produire des substances nutritives.La semaine prochaine nous étudierons la fleur.Coiffe Feuille Entrenoeud Noeud Tioe Pétiole Figure 1.\tFigure 2.\tFigure 3.* \t\t vous Succui- Si vous n u11 an i // n ii i i n limit n > il n n m' il n n mi Un i l'ii' in , i nui uni'n i' U u m /// //// ////// // // / / //// n h i ili li mii il iu m t il nu in, /in11 i/t /1/1in u in i ii a ' i '1 ' ¦ / n iiii/ LES P'TITS DERNIERS par Gérard Lambert Greg Kihn Band «Kihntagious» Beserkley 96 03541 Qu'est-ce que je vous raconte?.Ce n'est pas un disque qui deviendra contagieux malgré le fifre qui le suggère.Mais un album facile à retenir, très agréable à écouter entre amis pour danser du rock'n'roll le soir au salon, ça file sans problème.Rien de grandement ambitieux, simplement le bon désir de faire de leur neuvième album une musique qui va droit au coeur du rock.N'oublions pas que c'est ce groupe qui nous a donné la chanson « Louie Louie », un des morceaux du rock les plus libidineux.Greg Kinh a du style et de l'àme.Je vous ai raconté.Little STEVEN «Voice of America» EMI ST-17120 Du haut voltage qui traverse dix chansons.Il y va franchement, directement, et sans détour contre la répression russe en Europe de l'Est et l'intervention militaire américaine en Amérique du Sud.Ses textes et musiques ont du caractère.Little Steven est un compositeur de choc, qui ne brouille pas les cartes; il respire sa passion à travers ses histoires.Cet homme a des tripes et de la furie, en plus d'avoir une voix pleine de fièvre.Il était une fois en Amérique un rockeur qui y croit.Pourquoi pas nous?BELGAZOU «Fly» Trafic FLY B-10 Le deuxième disque, et le plus intéressant.Un album fouillé sur la section rythmique et les synthés.La musique n'est pas d'une originalité débordante.Tout cela est un peu comme la nouvelle cuisine: pas grand-chose dans l'assiette, mais succulent! Sa démarche est honnête et cohérente.On la sent à l'aise dans sa peau et quand elle ouvre la bouche, sa ferveur s'échappe.Tout de même un peu noyé sous le poids des bonnes intentions.Ce disque porte aussi la marque de Daniel Desaai-me, de Robert Stanley et de Daniel Lavoie, principaux paroliers et arrangeurs.En fin de compte, un album honnête.David van TIEGHEM «Thèse Things Happen » Warner Bros 92 51051 Pas d'affo/emenfs, il n'y a pas vraiment grand-chose de très fantastique dans cet album.Un travail qui ne me semble pas fini: on attend, on attend, et l'image est passée (si image il y aï).Même s'il utilise la batterie électronique, les ordinateurs, et un paquet d'effets, on ne décolle pas.Le tout mélangé sans un mot.C'est de la bonne musique instrumentale ultra-moderne qui se prend trop pour Glass, Eno, Byrne's et quelques autres magiciens.Tieghem est ayant tout un percussionniste plutôt qu'un compositeur.Un disque qui tourne en rond.Dommage. Jean Basile VLADIMIR JANKÉLÉVITCH e la difficulté 'être Juif et Russe ¦ Sources Vladimir Jankélévitch 160 pages % Éditions du Seuil eux qui ont vu Fiddler on the Roof devinent à quel point les Russes peuvent être antisémites.Et la Russie actuelle ne dément pas cette tare fondée sur l'idée d'un Messie qui parlerait directement aux peuples slaves, le «peuple élu» des chrétiens sur terre.On comprend donc la difficulté qu'il y a d'être en même temps Juif et Russe et c'est le déchirement fructueux que vit Vladimir Jankélévitch dans un questionnement où s'inscrit une oeuvre philosophique abondante, sans parler d'une méditation continue sur la musique, cette science des chiffres si près de la Kabbale.Sources, que viennent de publier les Éditions du Seuil, ne fait pas partie du travail proprement philosophique de l'auteur.Il s'agit plutôt d'un recueil de textes rassemblés un peu au hasard, sem-ble-t-il, mais où se retrouvent les grandes lignes de la pensée du philosophe.C'est donc, en quelque sorte, une introduction, sinon facile du moins accessible, à son travail.La philosophie, bien sûr, notamment avec des témoignages sur des « maîtres » dont Jean Whal, mais aussi la musique avec Rachmaninov, bien que la plus grande partie de l'ouvrage soit consacrée, outre deux textes admirables sur Tolstoï, à la réflexion juive, que ce soit une réflexion sur la diaspora ou sur l'État d Israël.C'est tout naturellement dans les deux textes sur Tolstoï que Jankélévitch se révèle le plus Russe, c'est-à-dire attaché à une terre, à un paysage, à une âme spécifique qui dépassent largement son état de Juif.Tolstoï et l'immédiat, Tolstoï et la mort.Contrairement à ce que l'on croit souvent, le fait d'être juif ne dispense pas le Juif d'être aussi un homme avec des racines nationales.En tant qu'homme et en tant que Russe, le philosophe s'approprie l'oeuvre de l'auteur de Guerre et paix et la commente au plan, tout à fait universel, de l'expérience humaine fondamentale.Voilà donc pour Jankélévitch I occasion de prôner l'événement, mort comprise, dans son «immédiat», sa totalité indestructible et scandaleuse, réfutant par là, fidèle à sa vision du monde forcément axée sur l'idée d'un Dieu-événement unique, la réalité dynamique (et d'ailleurs chrétien- Vladimir Jankélévitch Sources Recueil Seuil ne par raccroc) de la dialectique hégélienne.Tout universel et «national» que soit le Juif, il ne peut évidemment pas dénier le fondement même de son univers religieux constitutif.Le hasard n'existe pas.Il n'est pas étonnant que Jankélévitch parle plus volontiers de musique que de peinture.À ce propos, son texte sur Rachmaninov, «le dernier des poètes inspirés», est un peu court.Du moins a-t-il le mérite de montrer que Rachmaninov n'est pas seulement l'auteur du Prélude en do dièse mineur et du Deuxième Concerto.Par la bande, il remet à sa place, dans l'invention de la musique contemporaine, Scriabi-ne, « créateur de génie autant que séducteur incomparable».L'important, pour Jankélévitch, c'est que l'oeuvre de Rachmaninov soit «porteuse d'un mystère,» qu'elle témoigne d'une «inspiration».Là encore, cette « inspiration » est fidèle à la pensée univoque de Jankélévitch qui, à tort ou à raison, voit dans le monde et ses manifestations (la manifestation sacrée étant au bout du compte la seule importante) comme le résultat d'une grâce.Cette philosophie du coeur, bien romantique, est digne de Pascal que l'Infini effraie à juste titre, et de Berdiaev dont l'oeuvre, avec celle de Jankélévitch d'ailleurs, évoque ce qu'aurait pu être la Russie sans la rupture bolchevique et, par extension cancéreuse, stalinienne.Mais, bien entendu, cette Russie n'est pas.sinon dans le rêve de la diaspora slave.L'essentiel de Sources tient cependant dans la réflexion « juive » de Jankélévitch.Pour le philosophe, je l'ai dit, le Juif n'est pas que juif.Réduire le Juif à n'être que juif est, d'ailleurs, un signe avant-coureur de l'antisémitisme.Certes, le Juif est juif et ne peut être autre- ment, mais il est aussi homme universel.Il est donc double, au fond, comme le sont tous les exilés et le Juif est le prototype de l'exilé.De même, la fondation de l'État d'Israël, aussi nécessaire soit-elle, ne limite pas l'état de Juif à une « nationalité» obligatoire.La diaspora a ses propres normes que ne nie pas le nationalisme israélien.Pour sa part, Jankélévitch se sent, est Russe à part entière autant qu'il est Juif.C'est un peu ce phénomène de double personnalité qui a-mena les Juifs allemands, et bien allemands, voire nationalistes allemands, à ne pas déceler le danger que représentait pour eux Hitler.On peut dire que les Juifs allemands ont été stupéfaits de ne plus être reconnus pour Allemands.D'où leur impuissance devant la persécution.On sait qu'Israël, avant d'être un État (avec drapeau, ambassadeurs et soldats) a été un pays mystique.Une grande partie de la réflexion de Jankélévitch porte donc sur cet État et la nécessité de cet État, avec toutes les compromissions, tous les avatars médiocrement politiques que cela présuppose.Bien que ces textes datent, ils sont en quelque sorte prémonitoires du grave conflit que vit en ce moment Israël en tant qu'État et Israël en tant que Terra mystica, littéralement cette Nouvelle Jérusalem que certains Israéliens naïfs croient avoir recouvrée en annexant la Jérusalem terrestre.Certes Jankélévitch n'est pas dupe et il mettra en garde les Israéliens contre l'idée d'État en tant que nation.Il y voit implicitement (quoiqu'il n'aille pas jusque-là) les conditions requises pour rétablissement d'un néo-fascisme, ce qui est bien le comble pour Israël.Mais quoi! qu'on le veuille ou non, Israël est maintenant une nation et portera la faute des nations comme toutes les autres.La guerre du Liban, le refus obstiné de concevoir en profondeur la question palestinienne en sont autant de preuves et, dans le fond, c'est bien qu'Israël ne soit pas la nation des Juifs mais une simple nation.Il n'y a plus d'ambiguïté.Jankélévitch, comme il rêve, en somme, d'une Russie moderne qui ne serait pas la Russie soviétique, rêve d'un territoire juif qui ne serait pas seulement l'État d'Israël.Ces contradictions, insolubles, sont la grandeur du philosophe, résistant, avec toutes les forces de la tradition hébraïque, au dynamisme moderne de la Trinité.Il n'est pas facile de ne pas être chrétien.?PARLER D ' ICI Philippe Barbaud ¦ -.3^., v .-v.:.¦ Dialogue de sourds ai imaginé de souligner ta à mon humble avis, que j'expose clôture hier» à Québec, du brièvement les principaux aspects Vie Congrès mondial de la de mon métier afin de mettre en Fédération internationale évidence le grand nombre de fades professeurs de français, en ches auxquelles je suis astreint précipitant le lecteur dans le pré- lesquelles découlent des impor-toire.Au banc dés accusés, une tantes responsabilités qui me sont personne dont je tairai le nom.confiées.Qu'importe car ce qui compte en \u2014 Le juge: Voulez-vous dire que l'occurrence, c'est ce que fait cet- vous vous récusez devant celies-te personne dans la vie.Elle est ci?justement, quelle coïncidence, \u2014L'intimé: Bien sûr que non.Vo-«prbf de français» dans une école tre Honneur, car j'ai pour la tangue publique.Voici, fidèlement re- française te plus grand désir de la transcrit, un bref extrait du procès- promouvoir, de la faire aimer et verbal de l'une des nombreuses pour tout dire, de l'enseigner, comparutions qu'il m'a été donné Mais il convient, à mon humble d'observer.Le lecteur me pardon- avis, de préciser à la Cour en quoi nera tout ce que la scène a de pé- consiste l'objet de mon enseigne-nible.ment.Car pour déterminer si ces \u2014 Le juge: L'intimé est accusé accusations sont fondées ou non, par le procureur d'avoir lamenta- il faut bien se faire une idée quei-biement échoué a remplir ses conque des aspects de la langue fonctions.En preuve, il fait état française dont je suis responsable des témoignages provenant de la et dont la correction est de mon rumeur publique tendant à prouver ressort.C'est pourquoi je deman-que les écoliers dont il est respon- de à Votre Honneur de bien vouloir sable ne savent ni parler ni écrire, m'accordor quelques instants correctement au terme de leurs pour-études secondaires, que de sur- \u2014 Le juge: Mais vous avouez croit, its n'ont aucun goût pour la vous-même vouloir au plus haut lecture et qu'en définitive la langue point enseigner la langue françai-française se trouve ainsi mise en se à vos élèves alors qu'il vous est grand péril de survivance parmi la justement reproché d'échouer à le génération montante.faire.N'y a-t-il pas là de votre part En conséquence, le procureur un manque flagrant de consistan-soutient que l'intimé a failli à son ce intellectuelle bref, pour tout devoir d'enseignant et ce, en vio- dire, de compétence profession-lation du contrat qui le lie à la so- nelle?ciété qui tient la langue française \u2014 L'Intimé: Mais ia compétence en très haute estime.Le procureur d'un professeur de français, mon-requiert donc de ia Cour qu'elle sieur le juge, n'est pas nécessaire-blâme l'intimé pour son incompé- ment liée à la performance linguis-tence professionnelle et qu'elle or- tique de ses élèves.Tout dépend donne que justice soit faite de telle non pas des résultats scolaires sorte qu'il soit puni de manière ex- mais des conditions d'apprentissa-exemplaire, entre autres, par dé- ge et c'est justement de cela dont cret ministériel.je voudrais parler à la Cour puis- Intimé, levez-vous, et dites à la que mon métier consiste à organi-Cour ce que vous avez à répondre ser l'apprentissage.Aussi, com-à telle accusation.moncerai-je par dire que.\u2014 L'intimé: Avant de réfuter l'ac- \u2014 Le Juge: Ne nous égarons pas cusation dont on m'accable, qu'il dans d'inutiles considérations, me soit permis, Votre Honneur.L'accusation porte sur votre pro-d'expliquer à la Cour en quoi con- ductivité, votre performance au siste le métier de professeur de travail et votre efficacité, ne i'ou-français dans une école publique, biiez pas.Par conséquent, je vous Car H me paraît judicieux de.prie de vous en tenir strictement à \u2014 Le juge; Là n'est pas la quos- la question posée que je vous rap-tion.Vous devez vous en tenir à pelle: êtes-vous coupable ou non une réfutation des faits que l'un coupable du fait que vos élèves ne z vous reproche.Il n'y a donc aucu- savent ni parler ni écrire correcte- O ne utilité à entreprendre un dis- ment au terme de leurs études se- 5 cours sur un aspect secondaire de condaires et qu'ils ne s'adonnent la vraie question qui reste celle-ci: point à la lecture?oui ou non, niez-vous que vos éiè- \u2014L'intimé: Las.j'abandonne, ves ne sachent ni parler ni écrire Néanmoins, Votre Honneur vou-correctement et ne s'adonnent dra-t-il tenir compte du fait que nullement à la lecture?l'apprentissage du vocabulaire, de \u2014 L'intimé: Je ne saurais pour l'orthographe, de la phraséologie l'instant, votre Honneur, répondre et le reste est affaire non pas telle-à cette question à moins que vous ment de connaissance que de pra-ne m'autorisiez, pour une meiileu- tique soutenue, c'est-à-dire d'ex-re compréhension du problème périences linguistiques accumu-que soulève l'accusation portée iées par l'élève?contre moi, à expliquer à la Cour \u2014 Le juge: Mais n'êtes-vous pas ce qu'il faut entendre par «parler le premier responsable de ces ex-et écrire correctement» de nos périences?jours, ce qui requiert au préalable, \u2014 L'intimé: Misère, je renonce.J3 m > > m g 10 m H CD 2 01 PLEIN AIR Maurïzia Blnda Pour bien pratiquer le canotage Il faisait beau ce jour-là.Le soleil dardait ses rayons sur un lac tranquille parsemé de voiles éclatantes et Frédéric B.22 ans, avironnait allègrement en direction dune petite île située juste en face de lui.Portant veste de sécurité, une écope au fond du canot et l'enthousiasme au coeur, il se disait que, vraiment, rien n'égalait le plaisir de voguer, seul, sur l'eau, par un après-midi clément de juillet.Quand soudain, il chavira.Quatre heures plus tard, on le retrouvait mort, flottant à la dérive, son canot rempli d'eau, à 200 mètres de lui.«Il avait pourtant sa ceinture de sécurité!» a-t-on dit, surpris.«Arrêt cardiaque», a rétorqué le médecin.Frédéric B avait effectivement été victime d'un arrêt cardiaque, à la suite d'un arrêt respiratoire causé par la panique, cette panique terrible qui.la plupart du temps, devient prélude à un ralentissement de tous les systèmes du corps.Ne partez jamais seul Les derniers relevés de Statistiques Canada indiquent qu'en 1982, au Québec, 33 personnes ont perdu la vie lors d'activités sportives aquatiques (excluant la plongée sous-marine).Plusieurs de ces personnes n'étaient pas suffisamment équipées matériellement et.psychologiquement pour s'aventurer sur l'eau en canot.En cette période d'engouement pour les activités aquatiques, la Fédération québécoise du canot-camping inc.nous invite à la prudence en nous rappelant que si le canotage et le canot-camping (de co plus en plus à la mode) sont des 2?activités de plaisir et de détente, ils comportent néanmoins des dangers si certaines conditions de d saine pratique ne sont pas respec-^ tées.*- Première condition: ne partez ja-\u2014 mais seul (à plus forte raison si S vous naviguez sur une rivière ou 2 dans des rapides!) «Un minimum ^ de trois canots vous assurera une - plus grande sécurité», dit la Fédé-< ration.Bien sûr, si vous êtes un j£ habitué et si vous vous trouvez sur h- les eaux d'un lac très achalandé q de canots, de dériveurs et de plan-2 ches à voile, point ne sera néces- saire de partir a trois canots! Il d sera cependant prudent d'être ac-û.compagne d'une autre personne pour votre excursion.
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