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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
B. Arts et spectacles
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 1984-06-30, Collections de BAnQ.

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[" ET SPECTACLES LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 30 JUIN 19U4 ; ¦ \u2022s2 -.-.-V.» .- Enfin, la fête ga^ne Montréal.En effet, le Festival international de jazz de Montréal (FIJM).l'événement qui a attire les plus grandes foules depuis qu'il s'est installé rue Saint-Denis il y a trois ans.bat son plein depuis hier et pour encore toute une semaine.Maintenant que les fêtes du 24 juin et du 1er juillet n'ont plus d'éclat dans l'île, c'est le jazz qui fait courir les foules, l'été à Montréal.El pendant 10 jours, le jazz envahit la rue Saint-Denis, fermée à la circulation entre Sherbrooke et Sainte-Catherine.Uevêche à prime abord, relégué en dernière position des programmations radiophoniques, le jazz est pourtant devenu la ve dette du plus important événement musical à se irnir à Montréal.800 musiciens dr 1.') pays y participent cette année.C'est donc plus de 200 spectacles qui sont au programme, à raison de 25 représentations par jour.Quatorze scènes sont mobilisées pour présenter ces spectacles.Quatre événements spéciaux, huit séries de concerts intérieurs, trois scènes extérieures DENIS LA VOIE_ et des spectacles dans les bars sont proposés aux 250 000 personnes qui participeront cette année au cinquième Festival international de jazz de Montréal.Quoi faire ?Les activités démarrent tous les jours à midi par un spectacle en plein air présenté dans un endroit différent à chaque jour.Hier c'était au Carré Saint-Louis, ce midi c'est au parc Jeanne-Mance que ça se passe.Demain dimanche, c'est à la Poudrière de l'île Sainte-Hélène que sera présenté le midi-concert.Hue Saint-Denis, aujourd'hui, on peut voir des spectacles gratuits dès 15:30, puis a 17:30, 20:00, 21:00 et 21:30 sur l'une ou l'autre des trois scènes dressées pour ces spectacles en plein air.Vous désirez assister à un spectacle en salle, au théâtre Saint-Denis ou au Spectrum?Eh bien il est encore possible de se procurer des billets le jour même de ces spectacles.En effet, l'organisation du FIJM s'est assurée qu'il reste des billets en vente à la porte le jour même, pour tous les spectacles.Axée sur la découverte de nouvelles vedettes, le FIJM présente aujourd'hui un étonnant pia- niste, Michel Fetrucciani, qu'on verra à la Bibliothèque dans la série pianissimo.11 s'agit d'une nouvelle série de spectacles consacrée aux pianistes solistes et présentée à 22:00.Demain, il y a un changement à l'horaire de cette série.Le pianiste Ahmad Jamal a en effet été victime d'un accident d'automobile.Il est remplacé dimanche 1er juillet par Lyle Mays, pianiste du groupe dr Pat Metheny, dont !e spectacle de lundi soir affiche» complet.Organisation Au début, il y a cinq ans.je me souviens, il n'y avait qu'une douzaine de spectacles présentés au kiosque international et à la Place des Nations de Terre des Hommes.Débuts modestes, sans subvention, le Festival international de jazz se caractérisait déjà par ses spectacles gratuits et l'enregistrement de performances pour la radio et la télévision.Aujourd'hui, c'est un budget de $2 millions que gère le FIJM, dont les retombées économiques sont évaluées a $1 millions.Commanditaires et gouvernements contribuent a la caisse, car la vente des billets ne représente que le quart des revenus tirés du festival.Mais il n'y a pas que l'argent qui compte.Car pour présenter plus de 200 spectacles en dix jours; accueillir, loger et nourir des musiciens en provenance des quatre coins de la planète, il faut toute une armée de travailleurs.En fait, c'est une organisation hors pair qui préside au succès du festival.Et pour présenter tous ces spectacles, sur une quinzaine de scènes différentes, il faut compter sur environ 500 travailleurs.Et il y a tous les petits details à penser, des caprices d'artiste à satisfaire, comme de trouver une limousine pour transporter un instrument, ou dénicher un ventilateur à la dernière minute, pour mettre dans la loge d'une chanteuse.C'est le genre de problèmes auxquels doit faire face le FIJM.VA les anecdotes ne manquent pas au sujet des caprices d'artistes qui font parfois jusqu'à exi-ger qu'on leur serve un repas sur un plateau d'argent, à la fin de leur concert.L'expérience aidant, cette année on est prêt à tout.Et tout commence par la surveillance PAGE B 9 Colette à la Pléiade « i i MICHEL FORGET carte populaire wm m n Il y a dix ans de cela un inconnu montait sur la scène du TNM affuble d'un costume de bunny avec queue et oreilles de lapin et le public découvrait un nouveau comique.Miche! Forget avait déjà, à l'époque de Citrouille de Jean Barbeau, le chic RAYMOND BERN AT CHEZ pour les accoutrements remarquables, il devait en faire la preuve dans du Tac au Tac en incarnant un Mario Duquette élégamment vêtu d'habits à carreaux.Forget n'a jamais hésité à «jouer» la carte populaire et ça Ta plutôt bien servi puisqu'il a connu en dix ans une fulgurante carrière.Il n'est sûrement pas aujourd'hui le plus démuni des membres de l'Union des Artistes.Michel Forget n'a jamais hésité à jouer cette carte, parce qu'il est fondamentalement attiré par la masse des gens.C'est la masse qui l'intéresse ou, comme il le dit lui-même, c'est pour le monde de Rosëniont qu'il joue et non pas pour le public d'Outremont.C'est ce qu'on appelle mettre clairement les cartes sur table.Il y a dix ans donc, Michel Forget avait 33 ans, il revenait d'un vague voyage en Europe, il s'était attardé en Angleterre, avait fait tous les métiers dont celui de camionneur.11 habitait rue Mentana près de Cherrier et cherchait a vendre sa vieille volks pour $350.Aujourd'hui, il a déjà huit ans d'exposition populaire à la télé à son actif, il est devenu depuis quelques jours animateur d'une emission à CJMS qui vise à concurrencer Suzanne Lévesque à CKAC dans le cours de la matinée, il dort quatre à cinq heures par nuit et est engagé au Théâtre d'été Le Patriote à Sainte-Agathe.CJMS compte dont sur lui pour attirer la masse de l'auditoire chez-elle et Forget compte sur une pièce de Marie-Thérèse Quinton, La ruée vers Laure, pour remplir la salle durant toute la période estivale.Forget en est à sa troisième saison au Patriote de Sainte-Agathe.Ce théâtre est la propriété de la municipalité et une maison indépendante.Les productions J17, a conclu un contrat de location de cinq ans avec la ville.Le comédien Pierre La-belle et lui travaillent en tandem chaque été pour divertir le public.Ce fut d'abord l'aventure d'Un garçon d'appartement, PAGE B 4 Mo Photo Pierre Lolumière, LA PRESSE Photo Pierre Lolumière, LA PRESSE CHARLES TRENET SE CONFIE «Ma musique, c'est celle du siècle» Je n'imagine pas Charles Trenet ailleurs que sur une scène.Même dans la vie, il évite les banalités, prépare ses effets et respecte l'intérêt qu'on lui manifeste.Le public c'est son public, celui qu'il attise, anime et emporte par tous les moyens poétiques.JEAN BEAUNOYER Dans sa suite du Ritz, un tète-à-tête avec Trenet qui prévoit les question, reprend de vieilles réponses comme si elles étaient nouvelles et finit par accumuler des anecdotes à se tordre de rire, je sais que le personnage est imposant et que ses caprices font jaser, mais ce soir-là Trenet n'avait rien à défendre, rien à jouer, tout juste envie de parler à des gens de son entourage et à son journaliste qui écoutait.«Les humoristes ne sont plus très poètes ou les poètes ne sont plus très humoristes.Des amis, Max Jacob ou Jean Cocteau ai- maient rire.On s'est si souvent amusés ensemble.Ces gens aimaient vivre des expériences, ils croyaient en la joie de la vie.Aujourd'hui, il me semble que les ennuis sont devenus une mode sur scène.Mais c'est un manque de pudeur, on ne peut pas respecter le public si on pleure.«Quand j'ai rencontré le ministre français de la Culture, je lui ai demandé pourquoi on ne donnerait pas de leçons de bonheur dans les écoles.Ça vaudrait bien ce qu'on apprend aujourd'hui.Qu'est-ce qu'on enseigne aux enfants?À rouspéter.C'est la comédie du malheur qui sévit et parce que le public est fondamentalement bon, on en profite pour lui faire supporter tous ses malheurs.Et qu'est-ce ça veut dire de ne pas bien se sentir dans sa peau?Je n'ai jamais entendu rien d'aussi absurde.On souffre dans les hôpitaux, d'accord, je le sais, j'en ai visité plusieurs, mais les autres.Ceux qui se portent bien qui ont la santé, qu'est- ce qu'ils ont?Ne pas rire c'est une maladie.Les fous ne rient pas».Le fou chantant n'a jamais abdiqué.Les guerres, les modes, l'Europe, l'Amérique; il a tout traversé sans jamais changer.Ce qu'il a écrit hier, il aurait pu l'écrire en 17 ou en :*8, l'enfant reste le même et c'est peut-être ça le plus grand phénomème chez Charles Trenet.«J'ai été élevé par des grand-mères et j'ai vécu la séparation de mes parents.Si j'ai raté mon enfance, j'ai voulu la prolonger toute ma vie».Et il a merveilleusement réussi.En dehors des modes et du temps, il a toujours connu le succès.«Et je suis certain que j'aurais le même succès si j'avais 23 ans en 1984 et je devais commencer une carrière aujourd'hui».Quand le yé-yé sévissait, Charles Trenet attendait qu'on le PAGE B 10 Ce qui arrive, avec Colette, .c'est qu'on se dit: \u2014 Oh oui, jl c'était bon, Colette! Je me sou- jj viens.Quand est-ce que j'ai lu ça j déjà?Il faudra que je relise.! Ce qui, on l'aura remarqué, est \\ la marque de tous les grands, de I tous ceux qui sont devenus des jl «classiques».Superbe paradoxe, | et vengeance posthume, de celle qui fut durant toute sa vie une JJ sorte d'icône du scandale,-d'abord comme actrice du plai- .| sir puis comme conteuse du plaisir.JACQUES FOLCH-RIBAS Collaboration spéciale «Une oeuvre qui se colleté avec le plaisir» disait un professeur de littérature qui avait la faiblesse d'aimer les calembours.Le scandale permanent, somme toute.Mais qui fait du scandale?Le scandaleux, ou les scandalisés?À moi, il semble que tout artiste fait ce qu'il ne peut pus ne pas faire et ne cherche rien, surtout pas à scandaliser, choquer, vexer quiconque.Mais que les quiconque, qui sont innombrables, n'attendent que l'occasion de poser Jeur regard sur l'acte, et le juger.L'occasion qui fait le larron.Si cela nous scandalise, que ne détournons-nous pas les yeux?Édifiante histoire que celle de Colette \u2014 Sidonie-Gabrielle Colette \u2014 dont la vie et l'oeuvre allaient scandaliser, jusqu'en 1950 environ, c'est-à-dire pendant soixante-dix-sept ans! Il fallait le faire.Car it fallut la fin de la guerre mondiale (au moins) pour que ses livres, ses scandales ultimes, fussent offerts et lus normalement, je veux dire sans prévenances et réticences, au! même niveau que d'autres li-; vres.Et encore, suprême habileté des scandalisés, les classait-on dans le rayon des oeuvres mineures.A l'époque, cela pouvait décourager.ii Tout cela et bien d'autres choses sont racontés et commentes dans l'excellente biographie de Colette, libre et entravée, par Michèle Sarde.C'est une étude complète, passionnante, sans analyse de textes, avec l'unique propos de raconter une vie de femme qui peut sembler invraisemblable par la quantité d'aventures qu'elle contient.Reportage sur une époque qu'on dirait peuplée de diplodocus mâles vêtus bourgeois, avec chaîne de montre (c'étaient nos parents, et il n'y a pas de quoi se vanter) avec, de temps en temps tout de même, un homme, un vrai: Maurice Goudeket, Jean Cocteau, ses anges admirables.Reportage, donc, et aussi histoire d'une femme qui se libère du scandale sans rien renier du plaisir.«Elle a été particulièrement mal lue (.) les raisons de cette j mise à l'index tiennent à trois a m bi gin tus historiques du tempérament et du statut de Colette: écrivain «non intellectuelle» [j dans un siècle de littérature cé- j rébrale à prétentions philosophi- \\\\ PAGEB2 NICOLE GARCIA \u2022 MARIE-CHRISTINE BARRAULT Les mots pour le dire d'après ta roman de WEBB r^mlîm Mr II iprèa le roman de MARIE CARDINAL réalisé par JOSE PINHEIRO Tous les jours: 1:15,3:05, 5:00, 7:00, 8.50 BERRI 1 SI DENIS STE CATHERINE ?88 .'Mb f BC 2 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 30 JUIN 1984 0 LITTERATURE Colette: le scandale du plaisir SUITE DE D 1 qups, marginal*» socialement, moralement et religieusement, dans une époque très pudibonde, et femme dans une ère de phallocratie triomphante.Ces contradictions se sont conjuguées pour décourager Jusqu'à la fin des années 60 toute tentative de critique impartiale de son oeuvre» (Michèle Sarde).JACQUES FOLCH- RIBAS (collaboration spéciale) Un autre livre sur Colette, celui qu'un Québécois vient de faire publier.Jean-Pierre Duquette est professeur de littérature.Je no me souviens pas d'avoir lu tajit de notations intelligentes rassemblées en si peu de pages sur Colette dont, pourtant, on a étudié toutes les facettes.Duquette a une sorte de qualité de télescopage des idées et des faits qui est rare, depuis que Malraux est mort.Les thèmes romanesques de Colette sont évidemment 1^ mais aussi ce que l'auteur nomme les «Modes de fonctionnement», la manière de faire et 4e .sentir de cette femme qui méritait l'Académie.À propos, Duquette est secrétaire de la nôtre, d'Académie.Bonne justice.Ex-client livre, et très beau comme oîjet, également, ce qui ne gâte n'en.» 4 La grande nouvelle, bien sûr, etJe prétexte de ce que je suis en train d'écrire, c'est l'entrée de Colette à la Pléiade.Un événement.J'ai beau fouiller, je ne trouve que deux femmes dans cette collection de prestige qui fait tré-muler les écrivains d'orgueil et ravit les lecteurs.Madame de Sévigné (pour sa correspondance) et Marguerite Yourcenar.Car les quatre autres femmes qui s'y trouvent n'y sont représentées que pour des morceaux de leur oeuvre: Mme de Genlis, Mme de Lafayette, Marguerite de Navarre et George Sand.Deux femmes, et voici Colette enfin, au rang des plus grands, à côté de Homère, Cervantes, Tolstoï et Verlaine.On trouve dans le premier volume, de 1856 pages, les quatre Claudine ainsi que l'Ingénue libertine, la Retraite sentimentale, les Vrilles de la vigne, la Vagabonde.Oh, dieux, que c'est bon tout ça! Un été de lectures y suffirait et nous aurions cette sorte de plaisir voluptueux, heure après heure, de la complicité avec les plantes, les animaux, les odeurs, les couleurs, les sensations d'un brouillard ou d'un soleil sur la peau, le toucher tendre d'une dentelle, le frémissement de l'aile du nez d'une adolescente, la fraîcheur d'une douche de pluie, et le parler vert d'une vieille servante.Une lecture de velours et d'odeurs légères.Avec du mauve.Les sens à l'état pur, en quelque sorte.Colette, c'est cela, quelque chose qui palpite dans notre main.La préface de Claude Pichois, d'une centaine de pages, est déjà en elle-même un roman, bourré de notations essentielles à la compréhension de Colette: Un admirateur écrit, sous un pseudonyme, «Claudine n'est pas vicieuse, mais seulement curieuse du vice des autres.Elle Colette vers 1925.s'y intéresse, avec le secret dessein de découvrir, dans ce spectacle, de quoi alimenter son or-gueuil.» «Le chat l'emporte sur le chien.Le chat et le chien l'emportent sur l'être humain par leur sensibilité, la finesse de leurs sens et, comme Claudine, leur aptitude au plaisir.» «Mes plaisirs sont plus importants que le plaisir que peut don- «ANDES DESSINÉES Regarder avant d'entrer M| N'ouvrons pas l'album tout î™ de suite.Retardons un mo-Iment le plaisir de la première Jpage en essayant de retrouver [celui, plus diffus et souvent plus lénigmatique, de la couverture.¦ 1MII»WMM ¦¦Illllll GILLES RACETTE fco'.laboroîion spéciale La très grande vignette emplit [notre regard.La tonalité vieillie [des couleurs renvoie à une autre [époque.Le fond est sombre.Je [ne cherche pas à comprendre.Je {regarde sans regarder comme si [ce que je voyais ne faisait pas it partie du dessin.Il y a.déjà mis [en place, tout un jeu de séduc-Jlion.On oublie de regarder le tiare, la collection, l'éditeur.L'au-S leur même.c Alors on entre dans le dessin.(Entrer par la porte d'en avant en Apnde dessinée c'est entrer par 3 gauche.J'entre donc totalement malgré moi par la gauche.t Je tombe sur un casque, celui [d'un soldat, métallique, pointu, î effrontément phallique et dirigé [vers un jeune homme portant î flambeau.Ce jeune homme, pla-| cé à la droite du dessin et un peu [vers le fond, regarde une jeune î fille pendue par les pieds gui-Jdant ainsi mon regard vers le \u2022 centre.La position des bras de la \\ jeune fille nous amène vers le -i_ haut, là où les mains agrippant le pan de la robe cachent le sexe.La trajectoire des jambes en forme de flèche me projette hors de la vignette.N'est-ce pas d'ailleurs vers le haut que pointent l'extrémité supérieure du casque, la corde et l'épée?Que peut bien raconter cette vignette?Où s'insère-t-elle dans l'album?Il y a deux hommes et une femme: une figure géométrique connue.Une histoire d'amour, une histoire de guerre.La main du soldat est celle d'un homme, démesurée et anguleuse.Pourquoi porte-t-il son casque?Il n'y a pourtant rien de menaçant autour de lui.C'est le seul qui est armé.Il porte la mort avec lui.Voudrait-il cacher la laideur de son âme?Sa supériorité est accablante.Il est mystère.Le sourire et la position des yeux du jeune homme ne mentent pas.Il y a certes de la malice dans ce regard mais une vue en contre-champ nous dévoilerait la raison de son attitude contemplative: les fesses de la jeune fille.Son infériorité manifeste par rapport au soldat se transforme en une possession par le regard du corps de la jeune fille.La jeune fille n'a rien.On ne lui a rien donné.Elle n'est qu'un corps renversé.Un corps que l'épée pourrait transpercer, que le flambeau pourrait brûler.Qu'un regard pénètre.Ses \\ elements sont vieux, souilles et mouillés.Elle n'a pas le droit a la position debout.De quoi avaient l'air les sorcières?Quelle inégalité dans le partage des forces.Les hommes ont des attitudes fonctionnelles: le droit de vie et de mort de l'un et la servitude utile de l'autre.De plus, le flambeau du jeune homme éclairant ce spectacle étrange ne permet-il pas au lecteur de «voir» lui aussi dans cette nuit brumeuse?En fouillant un peu plus les détails des vêtements et des accessoires on réussirait sûrement à situer l'événement plus précisément dans le temps.Qu'ajoutent au drame les couleurs très marquées des personnages?De quelle façon l'auteur s'y prend-il pour signifier l'abondance de la végétation?Pourquoi le jeu des ombres n'a-t-il rien de vraisemblable?Qui sont ces personnages?Qu'ont-ils à me dire?Mais ouvrons d'abord l'album.Oh!!! LES COMPAGNONS DU CREPUSCULE: LE SORTILEGE DU BOIS DES BRUMES, par Bourgeon.Editions Castcrmon, 48 pages.ner un autre, et ces plaisirs supposent que soit soigneusement écarté l'amour, trompeur, douloureux».Simultanément paraît l'Album Colette, un de ces albums que les libraires sont censés offrir aux acheteurs de la Pléiade et qui constituent parfois des raretés pour les collectionneurs.L'Album Colette ne faillira pas à la tradition.Sitôt imprimé, il a dû ENTENDRE COLETTE?C'est possible.On peut entendre Colette, elle-même, lisant un de ses textes: Ma mère et les bètes en se procurant la cassette numéro BT 40004 éditée par les Éditions des Femmes.Et, sur l'autre face de cette cassette, écouter un extrait de La maison de Claudine, lu par Anny Duperey.On peut aussi écouter la voix de Michèle Morgan lisant La naissance du jour, de Colette, et entendre Colette elle-même disant Le Cactus rose de Sida II suffit de se procurer la cassette éditée, elle aussi, par les Éditions des Femmes (elle ne porte pas de numéro).Pour ceux qui aiment les voyages de l'oreille.être ré-édité (ce qui ne s'était jamais fait) et il est devenu, déjà, un objet de bibliophilie.Il faut dire qu'il le mérite, bourré de photos, de documents et de textes courts, et percutants.J'en cite ceci, pour retrouver un peu de ce scandale dont je parlais plus haut: Henry de Jouvenel, amoureux de Colette, a pour maîtresse Mme de Comminges, dite: La Panthère.Voici ce qu'écrit Colette: «Savez-vous qu'en rentrant à Paris Jouvenel avoue à la Panthère qu'il aimait une autre femme?Là-dessus elle déclare qu'elle tuera cette femme, quelle qu'elle soit.Éperdu, Jouvenel me transmet cette menace, à quoi je réponds: «J'y vais.» Et j'y vais.Et je dis à la Panthère: «C'est moi la femme.» Là-dessub elle s'effondre, et me supplie.Courte faiblesse, car deux jours après elle annonçait à Jouvenel l'intention de me zigouiller.Re-éperdu, Jouvenel me fait enlever.» DE COLETTE ÀSIDO La correspondance de Sido à sa fille Colette, et les lettres inédites de Colette, sont publiées par les Éditions des Femmes, en deux volumes illustrés intitulés SIDO et COLETTE.C'est à lire, cela aussi.Suit une série de péripéties ro-cambolesques, avec gardiens armés de revolvers, nouvelle fuite en automobile devant une Panthère armée elle aussi, séquestration de Colette que gardent ses amis et même la Sûreté.Jusqu'à ce qu'enfin la Panthère et ses amis s'embarquent sur un yacht pour une longue croisière non sans avoir, dit Colette: «étonné le Havre, port d'attache, par des sonographies notoires.Est-ce bien?Est-ce théâtre?Un peu trop n'est-ce pas?» Elle en a toujours fait trop.On en a toujours fait trop autour d'elle.C'est-à-dire pas assez, na- POINTS DE REPÈRE SUR COLETTE Née le 28 janvier 1873 à Saint-Sauveur en Puisaye qu'elle rendra célèbre.Sous le signe du Verseau.Mariée avec Henry Gauthier-Villars, dit Willy, qui exploitera son oeuvre.Elle écrit Claudine a l'école (1894), Claudine à Paris (1901), Claudine en ménage (1902), Claudine s'en va (1903) et les Dialogues de bètes (1904).Puis la Retraite sentimentale, les Vrilies de la vigne, VIngénue libertine, la Vagabonde.Elle joue la comédie.Elle est mime.Elle pose presque nue.Elle écrit Chéri (1920) et la même année )a voici Chevalier de la Légion d'honneur.La Maison de Claudine et le Blé en her-be paraissent en 1922 et 1923.En 1925, Colette joue elle-même Chéri, avec Marguerite Moreno et Pierre Fresnay.Elle écrit ia Seconde, et puis aussi Sido, et la Chatte.En 1935, elle épouse Henry de Jouvenel, ex-ambassadeur de France.L'année suivante, la voici à l'Académie royale de Belgique.En 1941, elle écrit Julie de Carneilhan.Son ami Maurice Goudeket, arrêté par les Allemands, est libéré en 1942.Colette a 69 ans.En 1944: Gigi.À l'âge de 71 ans, c'est un record.Elle entre à l'Académie Goncourt en 45.Elle en devient présidente.Colette, percluse d'arthrose à la hanche, continuera cependant ses activités pour le théâtre, le cinéma, les revues, et mourra le 3 août 1954, à l'âge de 81 ans.Ce sera la première femme à avoir des funérailles nationales.Son catafalque sera dressé au Palais-Royal où elle vécut tant d'années.L'église lui refusera les funérailles religieuses, malgré une lettre de protestation célèbre, de Graham Greene.Le dernier scandale.Elle sera inhumée au Père-Lachaise, où sa tombe est toujours fleurie.J.F-R.turellement.Pas dans la bonne direction.Aujourd'hui, on recti- \" fie le tir et Colette prend sa place réelle, celle d'une des plus grandes romancières de tous les temps à laquelle Cocteau disait: «Vous êtes prise.Vous avez créé un personnage éternel.U vous a créée, éternelle.» Michèle Sarde: COLETTE, LIBRE ET ENTRAVÉE, biographie de 484 pages en format de poche, avec chronologie et bibliographie.Editions du Seuil, collection Points, Paris, 1984.Jean-Pierre Duquette: COLETTE, L'AMOUR DE L'AMOUR, thèse de 223 pages.Éditions Hurtubise HMH, Montréal, 1984.La Pléiade: COLETTE, OEUVRES (I).Sous la direction de Claude Pichois, avec de nombreuses collaborations.1681 pages, comprenant préface, chronologie, notes et variantes, topographie, lexique et bibliographie, avec huit romans de Colette et leurs présentations.Bibliothèque de la Pléiade, Éditions Gallimard, Paris, 1984.ALBUM COLETTE: Album (gratuit) de la Pléiade, avec iconographie, commentaires de Claude et Vincenette Pichois et 508 illustrations, 322 pages.Éditions Gallimard, Paris, 1984.L* ÉCHANGE ACHETE ET VEND AU MEILLEUR PRIX iUURES.DISQUES ET CASSETTES USAGÉS' ET .QUALITE 3694 SAINT-DENIS 3850 WELLINGTON MONTREAL VERDUN VfTKO SHtmUKYXJ l*T«0 OC l I&JV 8491913 7617457 crtRMC u DMMMGM » (PAS D'ACHAT LE DIMANCHE)! JEUDI DANS DÉCORATION Le restaurant Serge Bruyère par Madeleine Dubuc LUNDI DANS L'AUTOMOBILE La Dodge Caravan après 10000 km la presse lOO an EN VENTE LE PARFUM DU DANGER Robert Daley Le parfum du danger attire Lambert, «un Américain pas tranquille* du tout», qui vit sur la Côte d'Azur dans les années 50.À la tête de douze hommes, il organise un vol dans la salle des coffres d'une banque et il emporte or.argent, bijoux, et.un petit papier de trop.L'auteur de L'ANNÉE DU DRAGON et du PRINCE DE NEW YORK est un extraordinaire conteur: il nous donne encore une fois un grand roman d'aventure: LE PARFUM DU DANGER Éditions Liana Levi 343 pages 13,95$ Mandaria ' W'¦* ' mu-m PARTOUT MANDARIN Robert Elegant 1840: la première guerre de l'Opium vient de se terminer et la Chine est en plein chaos.De Shanghaï à Nankin, en passant par la mise à sac du Palais d'été de Pékin, Robert Elegant, l'auteur de DYNASTY, nous entraîne dans un univers d'intrigues et de passions.Sylvie Messinger, Éditrice 429 pages 14,95$ m Un roman pour l'été.par l'auteur de MORT D'UN GÉNÉRAL \"Un roman d'action qui vous entraînera du Vietnam à la Thaïlande en passant par un Maroc déchire, sur un rythme aussi infernal que celui de Mort d'un Général.Ce livre \u2014 violent réquisitoire contre la religion moderne du Pouvoir \u2014.servi par une écriture .nette et puissante, raconte, avec des moyens d aujourd'hui, une histoire d'aujourd nui.\" Editions Lacombe-Denoël -~ En librairie a S14.95 \u2022 _ _î - =___: tri .- *!_____' LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 30 JUIN 1984 LITTÉRATURE B 3 UNE BELLE JOURNÉE POUR SE PENDRE Les victimes de Saint-Jean Jacques Fillion Photo Paul-Henri Talbot, LA PRESSE M.Jacques Fillion invente ses personnages avec une évidente facilité, une sorte d'en-Ihousiasme qu'il ne parait pas chercher à contrôler.On peut lui en être reconnaissant.Peu de romanciers ont autant que lui créé des univers ou la foule des pet il s \u2014 enfants arrachés à leurs rêves par une réalité brutale, adultes broyés dans une montrueuse machine sociale \u2014, où cette foule s'anime d'une vie propre, quelque pari entre le rire et le déses poir.pour offrir un spectacle parfois drôle ci parfois émouvant, toujours attendrissant.M.Fillion réalise avec compétence la fusion du roman populiste el du roman qu'on dit littéraire.Le lecteur a le choix de perdre de vue ou non l'architecture générale du roman, ou le travail stylistique.Quand la qualité est assez bonne pour qu'on ne la remarque pas.il n'est pas désagréable de fermer l'oeil critique pour regarder vivre tout ce monde Beaucoup de personnages donc dans Une belle journée pour se pendre, qui est le deuxième gros roman de M.Jacques Fillion cette année.Saura t-il les relier tous ensemble, ces personnages?Non.nous avertit il.en précisant en même temps son propos moral ou philosophique : < Ils ru» se sont jamais vus el chacun ignore l'existence de l'autre, mais tous les hommes sont présents chez l'individu et l'individu n'est qu'une des millions de facettes du grand organisme humain.Quoi qu'ils disent ou quoi qu'ils fassent, les hommes sont solidaires, aussi bien dans la déchéance que dans la grandeur. n'hésite pas à confier qu'il se} sent très proche de la masse et même du populo.«C'est, dit-il.le public qui correspond le mieux i\\ ce que nous sommes, nous au» 1res.On est des acteurs, pas dëi oeuvres d'art qu'on accroche dans les musées.» i LA FAMILLE MALENFANT [NC.¦¦ÉHK' PRESENT!- BIÈRE, VIN, LIQUEUR ET NOUVEAUTÉS Écrit et mis en scène par LOUIS-MARIE DANSEREAU avec ANDRE MONTMORENCY * \u2022 «î^ \u2022 * et - Louise Bourque Danielle Fichaud >\\ \u2022 Robert Lalonde y theatre PSAumm inc.Danielle Fichaud Robert Lalonde Scénographie Michel Demers Musique Michel Dubuc - Robert Marien Jusqu'au 8 septembre- mardi au sam., 20h30 Rés: (514)492-0165 présente une comédie abracadabrante LES JAMBES MAGHANÉES de JOYCE RAYBURN traduction, adaptation et mise en scène: WAN CANUEL avec: RtJEAN GUtMETTE J OH AH N E G A R N EAU MARIE-JOSEE CAYA WAN CANUEL JEAN DCSCMÊNES LUCJLE PAPINEAU mardi au tamtdi 20K30 l'Auberge Bromont prùienle Réjean Wagner dans Ré$ervation$ (514)456-3224 THEATRE PONT-CHATEAU - COTEAU DU LAC, RÈSBtVATIOM (514)534*2200 Théâtre Malenfant PT
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