La presse, 17 mars 1984, La presse plus
[" ?Montréal, 17 mars 1984 volume 2, numéro 11 LA SUCCESSION?BERNARD LANDRY EN ENTREVUE EXCLUSIVE À pages 2 à 7 ARC ÎNEAU GARNEAU ASTRONAUTE Françoise Côté a interviewé le premier Québécois invité - à voyager dans l'espace page 9 Vendre «Ça, c'est un sacré bon appareil, dira-t-il.admîratif: les Allemands ont dû se lever de bonne heure en maudit pour accoter les Japonais dans ce domaine-là.» Bernard Landry venait de terminer l'entrevue qu'il accordait à PLUS dans ses bureaux de la Banque Mercantile, rue Sherbrooke, lundi dernier.Le ministre du Commerce extérieur et des Relations internationales du Québec s'exprimait ainsi en observant le minuscule appareil Grundig qui venait d'enregistrer ses propos.Landry?Une sorte de mélange de René Lévesque et de Jacques Parizeau, recyclé de la macro-économie à la vente sous pression è l'étranger.Une sorte de nationaliste super-représentant des ventes: les produits Familex n'ayant plus la faveur, les avions, les logiciels et le magnésium québécois l'intéressent.En lisant l'entrevue qui paraît en pages 4, 5, 6 et 7, on comprendra peut-être pourquoi René Lévesque a opté, dans son récent remaniement ministériel, pour, en définitive, inféoder les Relations internationales du Québec au Commerce extérieur, plutôt que l'inverse.Le ministre mange de la PME.Il jette littéralement les nouveaux entrepreneurs hors du Québec pour qu'ils aillent prospecter de nouveaux marchés.Il invente: il y aura bientôt à l'étranger des postes de représentation assumés moitié par le gouvernement, moitié par le secteur privé.Le train du commerce extérieur de toute façon est en marche: en 83, les exportations québécoises ont augmenté de quatre p.cent contre trois p.cent dans l'ensemble du Canada.Les résultats de 84 devraient être encore meilleurs, estime Landry.Manifestement, le remaniement, au détriment de Jacques-Yvan Morin, lui a donné du muscle.Au point, note Pierre Godin dans un portrait du ministre en pages 2 et 3.que Landry peut désormais prétendre aussi bien que d'autres à la succession.Le ministre ne s'en est d'ailleurs pas caché dans sa rencontre avec Godin, samedi dernier.Les lecteurs de PLUS prendront plaisir également à rencontrer cette semaine un autre Québécois actif dans un autre domaine: le commandant Marc Garneau, de la Marine canadienne, qui est appelé à devenir le premier citoyen d'ici à naviguer dans l'espace.Le reportage de Françoise Côté en pages 8 et g.La Rédaction s Ci CO < 5 LU < CO < UJ CL O CO* L'EMPIRE DES SENS Serge Grenier CM (transport Du train pour rien Aimer le train est une chose; le prendre en est une autre.L'autre jeudi, pour aller à Toronto, je prenais le LRC: léger, rapide, confortable.Léger?J'imagine que oui; il est construit d'aluminium.Rapide?Eh bien, le LRC, c'est pas le TGV.Confortable?Oui et non.Lorsque Via Rail fut formé, laissant au CN et au CP le soin du transport des bestiaux, les plus grands espoirs étaient permis.Nous allons revaloriser le système de transport par rail, nous disaient-ils, nous serons te concurrent redoutable de l'autobus et de l'avion dans le corridor Québec-Windsor; nous serons le train de l'avenir Nous n étions pas encore partis que nous étions déjà en retard.Le temps de quitter ia gare Centrale, nous nous engagions sur le pont Victoria.Le pont Victoria, c'est bien connu, ne mène pas à Toronto.Étonnement des passagers.Sur un ton humoristique, un prépose de Via Rail explique au micro que les «engins» d'en avant ne fonctionnent pas bien et que le train doit reculer pour mieux avancer.Après s'être immobilisé en plein milieu du pont, il repart dans la bonne direction, cette fois, mais sens devant derrière Nous ne serons pas tirés, nous serons poussés.4or*s cette fausse alarme, nous voilà partis.Rapide mais pas tant que ça.il a beau prendre son élan, il doit ralentir dans chaque courbe.Et ça bouge là-dedans.J'apprendrai plus tard que le système de stabilité qui permet de bien prendre les courbes a causé tellement de difficultés qu'il n'est plus utilisé.Il me semblait bien, aussi.Le LRC poursuit son petit bonhomme de train.Pépère.il traverse, pét* pétant, la morne plaine ontarienne.Le train d'enfer, c'est pas lui! Passé Kingston, un creux dans l'estomac me fera commettre une grave erreur: la commande d'un sandwich.Qu'on se le dise: les sandwichs servis à bord des trains sont les choses les plus infâmes qu'on puisse imaginer.L'injure entre deux tranches de pain, sans beurre ni moutarde.Une bière aide à avaler.Le tribut à la nature sera payé quelques minutes plus tard dans une toilette glaciale.Nous approchons de Toronto.Le même préposé au micro \u2014 toujours aussi comique \u2014 nous fait remarquer que nous n'avons qu'une demi-heure de retard Dimanche, le retour.La gare Union est bondée, l'embarque-, ment est laborieux.Un* voix en- s.m registrée nous souhaite ia bienvenue à bord du LRC et un bon voyage.Et comme rien ne ressemble plus à un LRC qu'un autre LRC, j'en conclus qu'il s'agit du même train que jeudi.Pourvu qu'il tire au lieu de pousser, me dis-je, je me sentirais plus à l'aise.Après tout, c'est le LRC que nous avons décidé de prendre, pas le CRL.La chose se met à bouger.Nous sommes déjà en retard de vingt minutes.Nous longeons le lac Ontario.Dehors, il fait moins vingt.À bord du train, c'est quand même plus chaud, mais pas exagérément, une porte coulissante du wagon refusant de se refermer tout à fait.Dans la toilette (unisexe) il fait un froid sibérien.Le système de chauffage marche maintenant normalement.L'arrêt à Kingston dure plus longtemps que prévu, les portes de sortie fonctionnant mal et les marches escamotables, pas du tout.Un préposé actionne manuellement.Et c'est un nouveau départ.Nous avons beau filer plein est.le LRC n'a rien de l'Orient Express.Mais enfin, ça roule.Il y a du roulis, mais qu'importe! Il me semble soudain que nous perdons de la vitesse.C'est bien ça: nous perdons de ia vitesse.Les vents contraires, peut-être.Nous longeons un temps la 401; les voitures avancent plus vite que nous.Le LRC se fait de plus en plus lent.De plus en plus lent.Je sens que si la marathonienne Jacqueline Gareau courait le long des rails, elle nous battrait.Gaétan Boucher est arrivé depuis longtemps.C'est maintenant au tour du marcheur Marcel Jo-bin de nous dépasser.Quelques spasmes et le train s'arrête.Qu'elle est noire la steppe ontarienne par nuit sans lune! Plus rien ne bouge.Dans fe wagon, des plaisanteries fusent.En français: LRC pour lent, rebondissant, cahoteux; on anglais: LRC for lingering, rough, cold.Un bruit.Le train repartira-t-il?Il repart, le plus lentement du monde, comme si de rien n était.Un message enregistré nous apprend \u2014 mais nous le savions déjà \u2014 que le train éprouve des difficultés mécaniques et qu un préposé nous renseignera bientôt sur la nature de ces difficultés.Après avoir longuement musardé entre Vaudreuil et le centre-ville, nous arriverons finalement à la gare Centrale, avec deux bonnes heures de retard, sans qu'aucun préposé n'ait jamais pu nous fournir la moindre bonne raison.Lorsqu'il fera partie de la collection permanente du Musée ferroviaire de Saint-Constant \u2014 ce ne sera plus très long maintenant \u2014 j'irai visiter le LRC en me disant «Je Je connais, lui.» sais que suis capable atteindre première place» BERNARD LANDRY ernard Landry, nouveau calife de la jeune politique extérieure du Québec, ambitionne de chausser les bottes de René Lé-vesque, son maître à penser depuis 20 ans.En 1964, celui-ci lavait attiré à son cabinet des Richesses naturelles où s'élaboraient dans le climat fiévreux des périodes de bouleversements sociaux les grandes réformes économiques des années 60: électricité, planification, caisse de dépôt, politiques minière et pétrolière.Sa voie était toute tracée.S'il est devenu avec le temps une bête politique, c'est toutefois à une autre célébrité de l'époque, Maximilien Caron, doyen de la faculté de Droit de l'Université de Montréal, qu'il le doit.En août 60, sous le chaud soleil d'une révolution tranquille naissante, l'étudiant en médecine de 23 ans qu'il est, va quêter ses conseils.Durant la campagne électorale du 22 juin, il a été «maître de cérémonie» aux assemblées libérales de son comté rural de Joliette.L'expérience l'a perturbé autant que la rhétorique grognarde d'un orateur comme François Aquin.Maximilien Caron l'écoute durant une heure puis conclut avec autorité: «Mon ami, si vous allez ailleurs qu'en droit, vous commettez une erreur.» A l'époque, le droit comme le journalisme menait tout droit à la politique.Aujourd'hui, Bernard Landry affirme sans broncher en cherchant vos yeux: «Quand on fait de la politique, c'est pour aller au maximum de ses capacités.Je me tiens en forme physique, intellectuelle et morale et.à 47 ans.je sais que je suis capable d'atteindre la première place.» Sans doute.Mais en haut, comme dit la chanson, la vue est belle mais M n'y a pas de place pour deux «Si je n*y arrivé pas.Pierre Godin c'en sera un autre mais le peuple décidera.» Le parti aussi.Car «l'autre», ça pourrait bien être son collègue Pierre-Marc Johnson avec qui il vient de se partager les dépouilles de l'ancien fief du malheureux Jacques-Yvan Morin: 250 fonctionnaires et des crédits de plus de 41 millions $.Johnson aussi vise le sommet mais se garde bien d'en faire l'étalage.Lui aussi réclame le titre d'élu d'un chef placé dans une situation semblable à celle de Maurice Duplessis durant les années 50.Deux jeunes loups aspiraient alors à sa couronne: Jean-Jacques Bertrand et Daniel Johnson.Pour éviter d'attiser leur rivalité, Duplessis donnait également aux deux.En 1958.il dépeça le ministère des Terres et Forêts et des Ressources hydrauliques dont une première moitié alla à Bertrand, la seconde à Johnson.Au début du mois, quand Jacques Parizeau, désireux plus que tout d'accoucher enfin de sa réforme du régime fiscal, refusa les Affaires intergouvernementales, Lévesque se trouva coincé.A qui les confier sans faire de jaloux?Au fils cadet de Daniel Johnson ou à celui qui se bagarrait depuis des mois avec le démissionnaire?Comme Duplessis 25 ans plus tôt et comme Salomon, il coupa la poire en deux.Ambitieux, Landry?Assurément.Mais ses ambitions sont bien subordonnées à la cause pour laquelle il se bat.«Jamais je ne nierai que je suis souverainiste pour me gagner des votes dans le parti!» lance-t-il à l'intention sans doute du collègue Johnson, soupçonné depuis son lapsus de Ville d'Anjou de vouloir troquer la souveraineté contre le pouvoir à tout prix.Réaliste aussi ce Landry, et direct: «Je vous -raconterais des histoires si re disais que je guis te front runner.Je suis le runner le plus durable depuis qu'il y a des spéculations sur la succession mais je ne suis pas le premier.» Le chef vénéré est toujours là mais la course est commencée.Du grenouillage sur la succession, il y en a toujours eu.On parla d'abord des Camille Laurin, des Claude et Jacques-Yvan Morin.Dans le sillage troublé du double revers du référendum et du rapatriement rie 1981, le nom de Pierre Marois, si proche du chef que certains de ses collègues le traitaient de «panier percé», circula d'abord.Celui de Jacques Parizeau aussi dont l'immense statue commença cependant à craquer quand Lévesque confia le Trésor à Yves Bérubé, qualifia son budget du printemps 81 de «budget de catastrophe» et quand l'espionne Carole De Vault se mit à raconter des histoires invraisemblables à son sujet devant une commission d'enquête gouvernementale.Quelques autres accidents de parcours et la crise économique complétèrent l'entreprise de démolition.Deux nouveaux prétendants sortirent alors du rang: Pierre-Marc Johnson et Bernard Landry.«Je serais hypocrite, ironise celui-ci, si je vous disais que je ne me suis pas aperçu que mon nom est toujours là quand on parle de succession.» Leader né, il a toujours été élu président de sa classe sauf en Philo II, au séminaire de Joliette, alors que ses confrères, pour l'inciter à plus d'humilité, lui dirent: «T'es pas pour finir ton cours président de la classe!» Sa réputation de fonceur et de bagarreur est bien établie.«Par conviction et oour un objectif supérieur, précise-t-il.Je déteste me faire un ennemi, faire du mal à quelqu'un.» En 1978, après deux 'années de pouvoir, il ; r ntirrc .rc * photo Antoine Désilet», PlUS faisait figure de super-ministre fort alors que d'autres, comme Louis O Neil et Jacques Couture, étaient déjà plumés.Au nom du nationalisme économique québécois, il se mesura alors à l'une des grandes vedettes du gouvernement, Rodrigue Tremblay, ministre de l'Industrie et du Commerce, qui perdit la bataille et son ministère.Avant les élections de 1976, Landry avait convoité le comté de Qouin mais son président lui avait jeté à la figure: «Nous, on veut une grande vedette.» Ce fut l'impétueux Rodrigue Tremblay qui eut le comté.«Après sa démission, raconte Landry avec une pointe de rancune souriante, j'ai appelé mon vieil ami de Gouin pour lui dire: veux-tu encore une grande vedette?» Tremblay, lui, se vida le coeur en taxant Landry de «supposé économiste» pour souligner qu'il n'était pas un économiste de formation mais un juriste.Demi-vérité car s'il est avocat, Landry détient aussi un diplôme en économie et finance de l'Institut d'études politiques de Paris où il étudia deux ans entre 1965 et 1967.L'économiste André Marier, collaborateur immédiat de Lévesque, lui avait dit à I époque: «Tu travailles bien avec nous mais si tu connaissais l'économie, tu travaillerais mieux.» Marié depuis deux ans à Lorraine Laporte, consoeur de la faculté de Droit, et père d'un bambin, Landry boucla ses valises.Il rêvait d'étudier en Europe depuis que son père, qui n'avait pas fait l'université à cause de la crise économique des années 30, lui avait répété de façon obsessionnelle dès l'âge de 6 ou 7 ans: «Tu vas aller au séminaire, tu vas aller à l'université puis tu vas aller étudier en Europe!» Il aurait été bien en peine de situer l'Europe sur une carte mais le message paternel imprégna son subconscient.Ce volontariste doté d'un instinct de survie politique exceptionnel\u2014 le dénouement brutal du dernier remaniement l'atteste \u2014 est né le 9 mars 1937 à Saint-Jacques de Montcalm, village agricole prospère, ni riche ni pauvre, sans trop de classes sociales.Milieu familial à la frontière de la mutation sociologique du peuple québécois: grand-père agriculteur, père à la carrière fluctuante se donnant comme un «raté», ce qui ne favorisait pas les contacts, et mère envahissante et omniprésente.Tradition familiale de radicalisme politique.Durant la guerre, grand-père et père avaient appuyé le Bloc populaire.L'enfance?Heureuse, libre, bucolique.A l'école du village, les frères de Saint-Gabriel avaient pour héros le frère Marie-Victorin.Plein air donc, marches en forêt, scoutisme, chasse et pêche dans le bois laurentien, du côté de Raw-don et de Saint-Donat.Puis le pensionnat au séminaire de Joliette, collège remarquable doté d'un orchestre symphonique, d'un corps de ballet, de deux troupes de théâtre et d'une équipe de football, sport peu populaire dans les collèges classiques des années 50 et qu'avaient introduit à Joliette une vingtaine d'étudiants franco-américains de la Nouvelle-Angleterre.Un studieux?Oui, mais dévoré déjà par le goût de l'action étudiante et s'éveillant peu à peu aux questions sociales et économiques sous l'influence de maîtres religieux aux idées avancées et formés dans les grandes universités européennes comme Louvain ou la «Catno» de Paris.Les sciences attirent d'abord l'étudiant qui finira son classique dans l'option chimie-biologie.La politique?Il s'en méfie.On est au plus beau temps du duplessisme \u2014 l'époque n'est pas au progressisme.Néanmoins, les idées nouvelles pénètrent a Joliette, fief unioniste imprenable du ministre Antonio Barrette, par le canal de Cité Libre, revue «subversive» des compères Trudeau et Pelletier qu'il affrontera plus tard comme ministre d'un gouvernement «séparatiste».Le voilé ensuite à l'Université de Montréal, contestataire parmi les contestataires, avec Pierre Marois qui lui succédera d'ailleurs comme président général des étudiants de la maison.Landry épouse naturellement le syndicalisme étudiant de l'époque qui est remuant, politisé et nationaliste.Par un jour glacial de l'hiver 63, il prend d'assaut avec sa brigade estudiantine les bureaux du fameux Donald Gordon, président du CN.L'Écossais venait de lancer, méprisant, à des députés fédéraux qui cherchaient à savoir pourquoi aucun francophone ne siégeait à la direction du CN: «What is a French Canadian?* C'était suffisant pour mettre le feu rue Maple wood, aujourd'hui boulevard Edouard-Montpe-tit.Ses activités de rue n'empêchent pas Landry de se découvrir des talents de gestionnaire.«Pour se donner des fonds, on avait nationalisé toutes les cantines universitaires automatiques, rappelle-t-il.Quand j'ai quitté l'université, on avait des fonds d'un million par année.» Déjà indépendantiste?Il ne peut l'affirmer avec certitude.«En tout cas, on flirtait à tous égards avec l'idée indépendantiste car savez-vous qui étaient à l'époque les grands indépendantistes de l'université?C'était Denise Bombardier et Lysiane Gagnon Nos sentiments indépendantistes étaient confus.» A l'automne 68, aux plus belles heures du «pouvoir étudiant» qui embrase les campus du Québec comme ceux de Paris.Berkeley ou Columbia, l'ancien contestataire se retrouve avec Jean-Paul Desbiens et Pierre Martin, futur sous-ministre de l'Education, membre du «comité chinois» formé par le ministre Jean-Guy Cardinal pour comprendre le phénomène et ouvrir un dialogue avec les étudiants.Pourquoi chinois?Parce que le premier geste officiel des trois enquêteurs fut d'aller voir ensemble le film de Godard.La Chinoise, qui abordait la question.Landry est donc passé de l'autre côté de le clôture mais sans malaise car,Cardinal ne lui a pas donné un mandat d'agression.Il lui a demandé de «comprendre» notamment un jeune homme qui s'appelle Claude Charron, futur collègue du cabinet Lévesque, qui ameute sa troupe avec des slogans comme celui-ci: «La société est malade! Le dialogue, c'est fini, ruiné.On nous a trop souvent mentil» En 1969, René Lévesque a formé son parti et l'invite à passer dans ses rangs.Le 15 août, il déserte sa cage dorée de la fonction publique et retourne avec femme et enfants, il en a trois maintenant, dans son patelin de Joliette où il pratique le droit tout en tentant de convertir à l'indépendance un électorat de cultivateurs sceptiques.Lorraine et lui tiennent des assemblées de cuisine tous les soirs, sept jours par semaine.Zélés mais sans illusion.Une Joliet-taine en vue, Jacqueline Poirier, lui dit tout haut devant les caméras de Denys Arcand ce que tout le monde pense: «On voterait pour toi si c'était pas de ton damné parti!» Le 29 avril 70, Landry termine bon dernier avec 25 p.cent des voix.«Ce n'est qu'un début, continuons le combat.» clame un slogan péquiste du temps.Il continue et en 1973, avec plus de moyens et moins d angélisme et d'intellectualisme, il s'empare de la seconde place avec 40 p.cent des voix grâce à l'effondrement de l'Union nationale.1 La victoire est en vue.Elle viendra le 15 novembre 76 mais deux ans plus tôt.sa femme qui est fonctionnaire au ministère de la Justice de Montréal en a ras le bol de l'autoroute et des tempêtes de neige.Elle lui dit: «J'ai déménagé pas mal de fois pour ta carrière.Est-ce que ça serait incongru si tu déménageais au moins une fois pour la mienne?» Le 15 novembre, Landry se retrouva donc député de Fabre et non de Joliette.Au lendemain de l'apothéose du Centre Paul-Sauvé, Lévesque lui court après pendant qu'il skie à Orford.Entré en trombe à Mont-réel, il apprend que Lévesque l'attend â North Hattey! Parvenu enfin à destination, on le fait entrer dans une salle où se trouvent Lévesque et Pierre Marois, qui a alors l'oreille du chef.Au mur, un grand tableau où figurent les noms des ministères conventionnels et, à gauche, une structure tout à fait nouvelle: les ministères d'Etat.«Vous voyez lè, le développement économique, il y a des parenthèses, lui dit Lévesque.Je mets votre nom entre les parenthèses.C'est là que vous allez.» Exaltation intérieure, bien sûr, mais aussi un moment d'angoisse nerveuse qui le fait bafouiller: «Oui mais monsieur Lévesque.si ça se développe pas?» Amusé, le nouveau premier ministre fait: «Si ça se développe pas, on va tous y goûter!» Côté vie personnelle, les choses ont-elles aussi bien tourné?«Ma femme et mes enfants ont terriblement souffert durant les premières années, confesse-t-il.Les ajustements n'étaient pas faits.» Vie familiale et exercice du pouvoir sont presque inconciliables dans la vie publique québécoise, l'une des plus cruelles du monde occidental à cet égard, soutient-il.La terrible absence, qui a dévoré bien des couples, les Landry l'ont réglée en multipliant les conversations téléphoniques entre Montréal et Québec.Faute de temps, on a dû cependant sacrifier le voilier familial baptisé, cela va de soi, «le 15 novembre».La santé?«J'ai failli y laisser ma peau.Dix-huit heures de travail par jour, tu prends pas l'air, tu bouges pas.J'étais le candidat idéal à l'infarctus du myocarde.» Son collègue médecin, le ministre Denis Lazure, lui a sauvé la vie en organisant une ligue de tennis.Maintenant, il joue de deux à quatre heures par semaine.Enfin, bagarreur sans en avoir l'âme, Bernard Landry a dû se blinder contre les attaques de la presse.«Au début, ça m'irritait.J'en souffrais.Aujourd'hui, je rigole.» A ce sujet, son modèle est Daniel Johnson, père, le « Danny Boy» des caricatures des années 60.«Quand j'ai envie de téléphoner è un journaliste, je me dis: pensons è Daniel Johnson.» O ÇÔ o 13 m > 03 > m o > tu ce a 00 Ci CO ce < 5 û LU < CO _J < LU »- Z o CO* PLUS: Monsieur Landry, le ministère du Commerce extérieur existe depuis un peu plus d'un an.quel bilan ètes-vous en mesure d'offrir?LANDRY: Certains ministères ont été fondés avec quelques années d'avance sur la réalité.Le ministère du Commerce extérieur, lui.est né en plein synchronisme avec la réalité.La question du commerce avec l'étranger occupait les esprits depuis plusieurs années tant dans le secteur privé qu'au gouvernement.Le document « Bâtir le Québec » en parlait déjà.Nous avions mis sur pied l'Office québécois du commerce extérieur quelques années avant.Et au moment où le ministère est né.on était en pleine ebullition exportatrice dans la PME québécoise.Le message a passé facilement: si, dans un parc industriel, une PME vend la production de ses trois dernières années sur le marché américain d'un seul coup, c'est pas long que le voisin d'en face sen aperçoit.Et justement, nous avons mis au point une série de programmes souples qui permettent de se retourner vite.Les PME ont pigé et en 12 mois, on en a fait voyager 1 000 à l'extérieur du Québec: participation à des foires et expositions, missions commerciales \u2014 on en a plus dune par semaine qui quitte Mirabel pour un point ou un autre de la planète \u2014 mais on s'est surtout prévalu de notre programme le plus performant, APEX, qui est une intervention directe du ministère pour subventionner une activité de prospection de marché à l'étranger.Ce programme a la caractéristique de ne jamais couvrir plus de 50 p.cent des frais.Ce qui nous permet d'éviter ceux qui voudraient voyager en avion aux frais de la princesse ou qui voudraient aller faire des prospections plus touristiques que commerciales.Il faut que le chef d'entreprise mette la main dans sa poche.PLUS: Vous avez pu quantifier les résultats jusqu'à maintenant?LANDRY: Les résultats \u2014 je ne dis pas que ce sont NOS résultats \u2014 les résultats sont très bons.Ce serait prétentieux de dire que ça dépend du ministère du Commerce extérieur.Sauf qu'en 83, les exportations du Québec ont augmenté de quatre p.cent et celles du Canada dans son ensemble de trois p.cent.Et un p.cent, si on réussit cela chaque année, c'est comme les intérêts composés: ça monte vite.Deuxièmement, un autre objectif que nous visions consistait à diminuer l'importance relative des produits non-transf ormes.Exporter des « deux-par-quatre » ou des lingots d'aluminium ou des boulettes de fer, c'est très beau.Sauf qu'il y a mieux que ça.C'est justement ça qui est arrivé: le marché des «deux-par-quatre».des lingots, des boulettes de fer s'est effondré à cause de la conjoncture qui était mauvaise, mais on a réussi quand même à augmenter le chiffre total de nos exportations.Il y a eu le déplacement souhaité vers des biens de plus en plus sophistiqués, de plus en plus ouvrés, qui créent plus d'emplois et qui rapportent plus d'argent.Le déplacement a déjà atteint à peu près 10 p.cent rien qu'en 1983; donc on est sur la bonne voie.Et nos nouvelles exportations s appellent aussi bien moteurs d'avions, que wagons de métro, que locomotives, que la table tournante Oracle qui est un de nos produits vedettes, ou que les vaccins de l'Institut Armand-Frappier, qui sont aussi des produits extrêmement sophistiqués.Alors le virage, il est amorcé.PLUS: Oui sauf qu'au bilan, les exportations totales du Québec à l'étranger ne couvrent encore qu'à peu près 17 p.cent des exportations totales du Canada, ce qui donne au Québec une performance inférieure à celle du reste du pays?LANDRY: Je ne veux pas dire qu avec un p.cent d augmentation par année, on va finir par tout défoncer.Il faut attendre que les changements structurels se produisent.Mais si vous regardez bien la nature des exportations du Canada, vous allez voir qu'il y a un écran de fumée magistral dans cette affaire-là.Enlevez le gaz naturel où on a juste à mettre un tube sur des puits qui sont en surabondance; enlevez les céréales parce que ces malheureux Russes n ont pas réussi à régler leurs problèmes agricoles: faites la même chose avec un certain nombre de matières premières et vous allez voir qu'il ne reste pas grand chose comme production industrielle exportée.Sauf une exception et elle est de taille: la puissante industrie automobile canadienne, localisée à peu près uniquement en Ontario.Alors si vous mettez tous ces facteurs en regard les uns des autres, je pense que la position exportatrice du Québec non seulement s'améliore, mais est déjà meilleure que celle du reste du Canada en termes de produits manufacturés.Parce que l'industrie ontarienne de l'automobile, elle est puissante, mais sa dernière caractéristique est d'être ontarienne.C'est Ford, c'est General Motors, c'est Chrysler, et c'est les Français avec American Motors.Tandis que Bombardier, c'est Bombadier-Québec.Et l'Alcan, c est la grande multinationale québécoise.Et ainsi de suite.Alors de ce point de vue-là.et pour maintenant et pour l'avenir, on n est pas du tout dans une mauvaise position.PLUS: Parlant automobile, vous avez essuyé plusieurs échecs dans votre effort pour accroître ici les investissements dans ce secteur.Avez-vous perdu tout espoir à ce propos ?LANDRY: Mes rêves, entre guillemets, concernant I industrie automobile au Québec sont branchés sur la métallurgie électrique, en particulier I aluminium et le magnésium.Nous COMMERCE EXTÉRIEUR SE SYNCHRONISER AVEC LE RÉEL UNE ENTREVUE DE AVEC BERNARD LANDRY sommes déjà le plus gros producteur d aluminium per capita du monde et le Québec va devenir une capitale presque suprême de l'aluminium dans le monde Et aussi, avec ce sous-produit de l'amiante qui est développé dans le projet MAGNAC-II.qui est le magnésium, nous allons, là également, disposer dun métal au prix relativement bas et très utile par sa force et sa légèreté.Cela va faire un mélange détonnant à mon avis: quand I industrie automobile va reprendre ses efforts d allégement, le Québec va être en bonne position stratégique pour fabriquer les moteurs et toute les composantes en aluminium.Savez-vous que si on installait 20 livres de plus d'aluminium dans toute les automobiles roulant sur le continent nord-américain, il faudrait doubler la capacité de production au Québec?Le ratio est extrêmement favorable.PLUS: Reste que la pression qui pouvait se manifester en faveur de l'allégement des véhicules il y a quelques années en rapport avec la crise de l'énergie est pratiquement disparue?LANDRY: Oui.mais attention.Le jour où il va manquer un baril de pétrole sur cette planète, on pourra revoir des flambées absolument prodigieuses des prix de l'énergie.Et il est fatal que tôt ou tard ça se produira.Et on sait que dans les cartons des entreprises, les projets d'allégement sont toujours là, en voie de calculs de plus en plus poussés pour faire face à toute situation.PLUS: Mais dans le cas de l'aluminium, la transformation comme telle faite au Québec reste relativement faible par rapport à ce qui se fait en Ontario par exemple.LANDRY: D'abord, disons qu'on ne peut pas revivre l'histoire à l'envers.LALCAN n'a pas toujours eu, par rapport à ce qui se fait aujourd'hui, une stratégie très québécoise.Alors la transformation de l'aluminium s'est faite surtout en Ontario et la production primaire au Québec.Mais regardez l'histoire des investissements de l'ALCAN au cours des sept ou huit dernières années, singulièrement depuis 1976.et l'ALCAN de ce point de vue-là est devenue un citoyen corporatif impeccable parce que son argent, elle l'a dépensé au Québec.Au plan de la transformation, il y a eu des efforts sincères, des recherches de nouvelles technologies, le train de laminoirs à chaud en coulée continue par exemple au Saguenay-Lac-Saint-Jean: tout ça est un effort clair de l'ALCAN pour donner plus de valeur ajoutée à son produit à partir de notre territoire.Mais quand tu es le plus gros producteur d'aluminium de la planète, il ne faut pas t'imaginer que tu vas sortir tout en produits transformés.Faut vendre des lingots, des billettes, des barres; il y a une espèce de fatalité commerciale et économique contre laquelle on n'ira jamais.L'objectif dune plus grande transformation reste: la canette, par exemple, va être une étape assez importante dans ce domaine-là.Et un certain nombre d'autres produits plats aussi.Mais ne rêvons pas en couleurs: on exporte des rouleaux de papier pour imprimer le New York Times, mais je ne pense pas qu'on imprimera le New York Times à Montréal.Il y a une limite à un moment donné.PLUS: Vous disiez tout à l'heure que les exportations canadiennes sont faites d'un fort volume de matières premières mais est-ce qu'au Québec, il n'y a pas l'électricité qui entre dans la même catégorie ?LANDRY: C'est exact.Ça ne fait pas mal de se réveiller un bon matin de jour de l'an avec un milliard de dollars d électricité vendue à l'étranger.C est impressionnant mais il faut se rappeler que cette électricité vendue aux États-Unis ne crée pratiquement pas un emploi de plus puisque les installations sont déjà là.Mais quand on décroche la commande du métro de New York, là c'est un gain net.Par contre, dans le cas d'autres matières premières, le rendement est différent.Il y a une différence entre brancher un tube à la tète du puits de gaz naturel et aller chercher des arbres en forêt, les amener à l'usine de pâtes et papiers, les transformer; il y a déjà là une valeur ajoutée industrielle beaucoup plus grande dans un rouleau de papier journal que dans une usine de plusieurs milliers de mètres cubes de gaz.PLUS: Vous envisagez une augmentation relative des exportations québécoises par rapport au reste du Canada, mais est-ce que les gains du côté des biens manufacturés ne risquent pas d'être annulés par l'affaiblissement de secteurs traditionnels comme le minerai de fer \u2014 et même dans le secteur du papier où des marchés se bouchent en Europe pendant que le sud des États-Unis produit de plus en plus?LANDRY: Pour limmédiat.je vous dirai que 1983 a été une très bonne année et que 1984 s'annonce pour être encore meilleure.Mais je fais une distinction majeure entre le, fer et les pâtes et papiers.Il est vrai que pour des raisons structurelles, la sidérurgie en a peut-être pour 10 ans avant de se relever dans le monde occidental.Et, facteur plus dangereux encore, certains pays en voie d'industrialisation avancée comme le Brésil comptent sur des minerais d'une teneur exceptionnelle de 90 p.cent.Donc de ce côté-la.la partie n est pas du tout intéressante pour probablement une dizaine d'années.Pour le papier et tout ce qui touche au bois, je dirais que c'est le contraire.La planète s'en va vers une pénurie de bois.D abord a cause de certaines négligences liées au déboisement \u2014 ceta s'applique autant au paya développée qu aux pas feous-o'évéloppês.Ensuite pa rapport aux essences de bois qui poussent plus ra .^dement qu'ici dans le sud des États-Unis, il faut dire que ces essences ont des fibres moins intéressantes et moins solides sur la machine à papier et sur la machine à imprimer.Alors on garde un avantage de situation: nos épinettes poussent lentement, mais c'est du solide.Deuxièmement, les États-Unis, c'est un grand pays, mais il y a quand même là 225 millions d'habitants, ce qui donne lieu à une spéculation immobilière d'envergure, même sur les terres où se trouvent les pins jaunes.Alors le pin jaune, il peut pousser vite, il peut coûter peu cher, mais si on a payé des millions de dollars pour acquérir le sol où il est planté, on arrive à peu près à la même chose.Alors là, je suis tout à fait confiant que notre industrie des pâtes et papiers, à cause d'un virage technologique majeur \u2014 nos 52 unités de production sont en plein rééquipement actuellement \u2014 restera en avance sur les Américains qui, à cause de la densité de leur population, ne peuvent plus prendre la moindre chance avec l'environnement et auront des révisions majeures à faire.Je pense que pour toutes ces raisons, 1ère du bois n'est pas finie.Elle commence et si on replante 300 millions d arbres par année comme le prévoit notre plan de relance, c'est exactement parce qu'on a fait ces calculs et que l'industrie est d'accord avec nous.PLUS: La baisse de la demande du côté de l Europe, protectionniste en la matière, ne vous inquiète pas?LANDRY: C'est pas une véritable baisse de la demande: vous faites allusion au contentieux qui est purement régle- on revient à des choses plus naturelles et tant mieux pour nous.Un commerçant de Drummondville.c'est intéressant pour lui de vendre à Saskatoon et Moose Jaw.Sauf qu'il y a deux petits inconvénients: c'est très, très loin et il n'y a pas beaucoup de monde à Saskatoon et à Moose Jaw.Mais si on parle de Boston ou de New York, c'est une autre paire de manches.Mettons-nous maintenant dans la peau d'un chef de PME de Fort Coquitlam, B.C.: lui.évidemment, son obsession, nocturne comme diurne, c'est San Clémente, San Diego, Seattle, etc.La nature des choses,'c'est ça Et je pense que de ce point de vue-là.le gouvernement fédéral qui, reprenant essentiellement des idées que j'avais formulées, quand il a publié ses 52 pages sur le libre-échange sectoriel avec les États-Unis, faisait un pas dans la bonne direction.PLUS: Vous-même aviez formulé ces choses-là de façon audacieuse en parlant d'un marché commun Canada Québec-USA, ce qui vous a valu une sorte de désaveu de la part de Washington?LANDRY: C'est peut-être l'occasion d apporter des précisions là-dessus.J'avais donné une entrevue à la Presse Canadienne qui a rapporté textuellement mes propos et fort fidèlement.Je disais bien que je ne pouvais pas pousser ma pensée au-delà de la réalité constitutionnelle présente et que tout ce que je disais s'appliquait à Canada-USA, le Québec faisant partie du Canada.Le State Department à Washington, probablement par mauvaise interprétation qui.à la limite, pourrait être linguistique, m'a répondu qu'il ne ferait pas d'entente spécifique avec une province du Cana- mentaire et législatif avec la Communauté économique européenne.Une baisse de demande qui s'appuyerait sur les prix et la qualité de nos produits, là ce serait grave.Des problèmes réglementaires, ça se négocie.J'espère que le Canada, qui a la souveraineté internationale sur ce point, fait autant d'efforts que nous qui ne l'avons pas, mais j'imagine que nous allons nous entendre avec les Européens.PLUS: Deux-tiers des exportations québécoises s'acheminent vers les États-Unis; or on annonce pour l'an prochain la disparition à peu près complète des barrières tarifaires entre le Canada et les États-Unis en vertu des accords du Gatt: cette étape vous rassure ou vous inquiète?LANDRY: Moi, je suis en faveur des circuits économiques naturels, ceux qui collent le plus près possible aux facteurs lourds qui déterminent la concurrence, c'est-à-dire les frais de transport, la concentration des marchés, leur proximité.De la table où nous sommes assis, dans un rayon de 500 milles, il y a 100 millions de consommateurs solvables et inutile de vous dire que ce n'est qu'une infime minorité d'entre eux qui se trouvent au Québec ou au Canada.Alors, le virage à gauche géographique, c'est-à-dire vers l'ouest, ça ne me paraît pas très fonctionnel.Il faut se rappeler que le Canada est une créature artificielle et politique de la Grande-Bretagne, à la fin du siècle dernier, pour garder son empire en Amérique du Nord, ce qui nous a empêché de vendre à Boston et New York et vice-versa.C'est la fin de la National Policy, avec le Kennedy Round, la pensée de John A MacDônald devenait une illusion, sinon une absurdité.Et da.C'est très joli comme réponse; je suis essentiellement d'accord sauf que cela n'a rien à voir avec les propos que j'avais tenus.Ce qui m'importe moi.ce n'est pas d'avoir eu raison ou pas raison, c'est que les décideurs prennent la voie que je crois être celle du bon sens: celle de rendre plus fluides les échanges nord-sud sur le continent nord-américain.D'ailleurs un des grands exemples de ça qui a fait et qui fait la prospérité de l'Ontario, c'est l'Auto Pact.Pourquoi est-ce que les technocrates fédéraux avaient fait cette trouvaille, tout en ne la limitant qu'a une industrie qui était en Ontario à 95 p.cent?Si cette logique était vraie pour ce produit et pour l'Ontario, pourquoi ne serait-elle pas vraie pour d'autres produits et pour I ensemble du Canada?En tout cas je suis sûr que c'est un débat fondamental, majeur, d'un côté comme de l'autre de la frontière.Et les réactions que j'ai eues d'une partie de la presse américaine spécialisée et d'hommes d'affaires qui sont en contact avec moi me font croire que ces idées-là ont fait un sacré bout de chemin depuis John-A.Macdonald.PLUS: Va pour le libre-échange.Vous avez pourtant été de ceux qui, depuis 1976, ont crié le plus fort en faveur des contingentements fédéraux dans la chaussure, le textile et le vêtement?LANDRY: Ma pensée n'a pas changé d'un iota depuis 1976 et même avant l'élection.Quand on fait face à des pays à bas salaires, des pays qui sont loin d'assurer à leurs travailleurs des conditions de santé et sécurité et des conditions monétaires que nous assurons aux nôtres, le protectionnisme est alors une politique justifiée.Il faut que les pays en voie de développement se développent, mais on ne peut pas sacrifier des pans entiers de centaines de milliers de travailleurs à un principe qui.au cours des prochains 25 ans, passera doucement et tranquillement dans la réalité.Cependant, face aux pays qui paient les mêmes salaires que nous, on ne doit pas avoir ce genre d'exigences.Et cela, l'industrie a fini par le comprendre.J'en parlais avec des industriels récemment: se protéger contre un pays X du tiers-monde qui paie ses gens 52 cents par jour, très bien.Là il faut des contingentements.Et même la.on n'est pas trop dur avec eux puisqu'en général les contingentements touchent 50 p.cent de notre marché.Mais aller nous protéger contre les États-Unis d'Amérique ou la France qui paient les mêmes salaires que nous, qui ont des syndicats ouvriers, qui ont un niveau de vie occidental, ce n'est pas la voie de l'avenir.Et notre industrie, non seulement ne le demande pas, mais certaines firmes sont très contentes de cette attitude parce que.par exemple, on a des vendeurs de bottes au Québec qui font leurs beaux dimanches sur le marché américain.Alors si on se met à bloquer la godasse américaine, on va ruiner le vendeur de bottes excellent qui réussit à percer le marché américain.PLUS: Même chose pour le textile où on parle d'un marché commun nord-américain?LANDRY: Même chose pour le textile.Montréal est un centre de haute-couture, de design: autant de haute-couture à modèle spécifique que de prêt-à-porter.Mais il y a six millions et demi de personnes au Québec et 20 millions au Canada.Il y a plus de femmes qui portent des robes haute-couture dans le seul arrondissement new-yorkais que dans tout le Canada.Alors regardons les choses en face.Or, textiles et vêtements sont très parents.Le vêtement, c'est le consommateur intermédiaire de textile.PLUS: Un autre secteur industriel important inquiète: l'amiante.Le dossier se présente comment?LANDRY: D'abord, je vous signale que nous avons remporté une victoire intéressante la semaine dernière.Dans un district de la Louisiane, nous avons gagné un épisode juridique contre l'Agence américaine de sécurité au travail qui.pour des raisons plus mythiques que justifiées scientifiquement, voulait faire passer de 2 à 0,5 fibres par centimètre cube le maximum permissible de présence de l'amiante dans l'air.La norme actuelle est satisfaisante pour l'ensemble des pays du monde.Les syndicats de l'amiante par exemple sont tout à fait d'accord avec cette norme.Alors c'était vraiment être plus catholique que le pape.Dans la pièce où nous nous trouvons présentement, actuellement, en plein centre-ville de Montréal, il y a probablement 2.Parce que c'est la nature qui est comme ça.Alors on a gagné une petite bataille.Mais le travail reste à faire parce qu'il y a une mythologie anti-amiante qui s'est développée.Et quand on part dans la mythologie, on ignore où cela va s'arrêter.Par exemple, il y a des gens qui s'opposent avec une conviction religieuse à la chasse aux bébés phoques et qui discutent le coup au restaurant en mangeant du bébé-vache, c'est-à-dire du veau.Dans le cas de l'amiante, il y a eu build-up mythique, en grande partie parce que il y a peu de pays qui en produisent.Alors les gouvernements souvent ont eu tendance à laisser aller ce build-up parce que ça ne touche pas leur production nationale.Remarquez que même là.il y avait une certaine erreur de perspective parce qu'il y a des centaines de milliers de travailleurs américains qui vivaient en transformant l'amiante du Québec.On n'en a pas des centaines de milliers, nous, des travailleurs dans ce secteur.Ça va être un combat et une côte à remonter d'arguments scientifiques d'une part, à coups de rationalité et non pas de mythes et de religiosité mal placée.Mais ça va être surtout à mon avis une transformation radicale de la nature de cette fibre qui est déjà réussie en laboratoire, à une mini-échelle de production de quelques kilos par jour.Mais on sera en mesure d'en produire une tonne par jour bientôt Et cette nouvelle fibre qui a toutes les caractéristiques physiques, mécaniques et chimiques de l'amiante n'en a aucun des inconvénients.Vous pourriez me demander pourquoi elle n'est pas en marché demain matin?C'est que les preuves sont faites en labo, in vitro comme on dit \u2014 dans les éprouvettes \u2014 il reste maintenant à compléter les preuves in vivo, sur des animaux.Divers laboratoires ailleurs dans le monde collaborent à ces expériences in vivo pour une plus grande objectivité et tout pour l'instant tend à démontrer que nous avons en main la fibre idéale.À partir de là, on fera un grand effort de marketing.C'est la raison pour laquelle j ai bon espoir que l'ère de l'amiante n'est pas terminée et qu'au contraire, on pourrait connaître des développements spectaculaires pour peu qu'on passe la période difficile qui peut être de deux, trois ou quatre ans.PLUS: Quand on parle acier, papier ou amiante, est-ce que cela constitue pour vous une préoccupation prioritaire au même titre que les PME ou considérez-vous que ces Industries sont assez grandes pour se vendre elles-mêmes?LANDRY: Quand je suis entré dans ces dossiers, il y a à peu près un an, j'avais l'impression que je ne verrais jamais les gens de l'amiante, ni du papier, ni de l'aluminium.J'ai été obligé de changer d'avis un peu parce qu'effectivement, ils se sont rendu compte qu'ils avaient besoin de nous, en c a o X m > r~ C/3 > m O 2 > X (fi 2 00 O) CO Œ.< a LU < CO < -UJ O CO MÊME LES GROS ONT BESOIN DE NOTRE MINISTÈRE our l'année 1982.Il n'y a que ces deux pays qui reçoivent moins qu ils ne donnent.Tous les autres retirent des bénéfices financiers de la CEE.Les fonds de développement Il y a un autre aspect du budget de la CEE qui suscite des oppositions.Il s'agit des dépenses effectuées par le Fonds social européen (FSE) et le Fonds européen de développement régional (FE-DER).qui représentaient en 1983 plus de 3 milliards $.soit 13 p.cent du budget total.Le FEDER vise essentiellement à aider les régions sous-développées de la CEE.Ce fonds évalué à 1,5 milliard $ en 1983, est affecté aux zones les plus pauvres selon le principe des quotas régionaux, définis en fonction du niveau de développement.Mais depuis 1979, la CEE a commencé à sortir de cette distribution automatique en développant un programme «hors quota» consacré aux régions industrielles en déclin.La priorité esi accordée aux zones de production textile et sidérurgique et à celles de construction navale.Mais les sommes affectées à ce progamme demeurent réduites.La CEE a prévu un montant de 800 millions $ pour les cinq prochaines années.Le Fonds social, dont le budget est de 1.5 milliard $.également, joue à peu près le même rôle, mais pour tous les secteurs de lécono-mie, en accordant une importance spéciale, depuis cette année, à la création d'emplois pour les jeunes âgés de moins de 25 ans.Au cours des cinq dernières années, les dépenses de ces deux fonds ont augmenté de 130 p.cent.Voilà une évolution qui est de nature à plaire ni aux Anglais ni aux Allemands.Ils redoutent que ces deux programmes d'aide se transforment, comme le budget agricole, en chaudière percée et qu'ils échappent au contrôle de la CEE.Il s'agit là d'une question délicate, car ces deux fonds sont les enfants chéris du Parlement européen.Les députés, élus au suffrage universel, doivent prouver qu'ils ont une certaine utilité.Ils font donc pression sur le conseil des premiers ministres pour accroître l'effort de l'Europe à ce chapitre.Ils ont joué un rôle déterminant dans I augmentation des dépenses du FSE et du FEDER.Mais le Parlement est maintenant sur la défensive, étant donné la situation financière de la CEE.Le labyrinthe Que fera donc le conseil des premiers ministres dimanche et lundi à Bruxelles, dans ce labyrinthe inextricable?Des rapprochements sensibles ont été enregistrés sur plusieurs points Tout d'abord, il y a un accord général sur la nécessité d exercer un contrôle plus serré des dépenses, surtout dans le secteur agricole.Il est presque acquis que les prix n'augmenteront que d'une marge symbolique.Une entente semble aussi s'esquisser entre la France et I Allemagne sur le démantèlement progressif des montants compensatoires monétaires.Mais le désaccord peut persister car la CEE tente depuis quatre ans.sans succès, de régler cette question.Pour ce qui a trait aux excédents, la France a déjà fait savoir qu'elle accepterait de limiter sa production laitière en fixant un quota national.Mais elle rejette les quotas par exploitation comme le proposent l'Allemagne et la Grande-Bretagne.La compensation reclamée par Mme Thatcher pour 1984 n'a pas encore fait l'unanimité.Le premier ministre britannique demande 1.6 milliard $ alors que la France ne propose que 550 millions $ et la RFA 900 millions $.La négociation est donc complexe.Les États membres doivent prendre des décisions sur plusieurs questions majeures, laissées en suspens au fil des années, ce qui diminue les chances de compromis.En somme, la CEE a trop à faire d'un coup.Les décisions concernant le niveau des revenus de la Communauté est un des éléments du marchandage général auquel se livrent les États membres.On ne s'attend pas à des décisions spectaculaires, car I augmentation des recettes de la CEE.par une hausse de la TVA (actuellement de l p.cent) doit être approuvée par chaque Parlement rational, donc pas avant 1985 Quoi qu'il en soit, la prochaine réunion s'annonce dure si l'on croit les propos QU a tenus Mme Thatcher au début de la semaine.Elle a menacé de recourir à son droit de veto pour empêcher l'adoption de crédits supplémentaires dont la CEE a besoin pour opérer.Elle s'est montrée par ailleurs disposée à augmenter les ressources de la CEE par une hausse de 0.3 point de la TVA \u2014 ce qui la porterait a 1.3 p.cent \u2014 mais à la condition que les dépenses soient mieux contrôlées.Pour bien montrer sa détermination, le premier ministre britannique a précisé que si les problèmes actuels ne pouvaient èt^e réglés lors de la réunion de demain à Bruxelles, ils seront bien résolus plus tard, voulant signifier qu'elle ne se fera pas bousculer et quelle prendra le temps qu'il faudra pour arrêter les décisions les plus appropriées pour la CEE.Déjà, au début du mois, le président actuel de la CEE.M.François m Mitterrand, dont ie mandat se termine en juin, a pris aussi certaines précautions en déclarant que l'échec éventuel du sommet de Bruxelles ne serait aucunement «son» échec, ni celui de la présidence française.Tout cela sonne plutôt pessimiste.En fait, il y a un facteur important qui pèse sur l'esprit des négociations: les prochaines élections européennes, au suffrage universel, en juin.Il y a bien peu de premiers ministres et d'hommes politiques qui soient disposés à prendre des décisions difficiles et des mesuros impopulaires à la veille de ce scrutin.La France est une des parties qui sont appelées à faire le plus de compromis.Or.les socialistes au pouvoir sont contestés actuellement sur plusieurs fronts et le moment semble mal indiqué pour aller vendre des mauvaises nouvelles à ^ l'électorat.Ce tableau de la communauté économique des années 80 projette un paradoxe frappant.A l'heure 3 de la troisième révolution techno- m logique, la CEE risque d être para- p lysée par l'incapacité de rationali- 'œ ser le développement de l'agricul- > ture.La plupart des hommes politi- ^ ques reconnaissent la nécessité g de déplacer le centre de gravité de a la CEE ou.du moins, de sortir du guêpier agricole Est-ce possible?g Les deux prochains membres de la x CEE.l'Espagne et le Portugal (les \u2022 négociations sont en cours), sont S des pays agricoles importants qui ^ contribueront sans doute à accroître les dépenses dans ce secteur et à rendre les discussions plus ^ complexes r~ C (fi O GAETAN CO ce < h* 5 LU < * < -LU CC CO _ CL BRAVO GAÉTAN US FONCTION NAiftPJ C'EST OOOi ON 5PI2i'NtP La Tour de Hanoï \u2022 Ou le jeu de la fin du Monde Savez-vous quand la fin du Monde arrivera?Nous, on le sait! C'est dans exactement.Mais jouez donc plutôt le jeu avec nous! La Tour de Babel, tout le monde la connaît.Mais il existe aussi la Tour de Hanoi Cette tour est constituée de soixante-quatre disques que I on empile par ordre décroissant et que Ion insère dans une structure servant de base (voir la figure 1 ).Figure 1.Des moines très patients déplacent ces disques selon certaines règles dans le but de former une deuxième tour sur une structure semblable.Les règles du jeu Au début, les disques sont placés par ordre de grandeur décroissant pour constituer une première tour.Le jeu consiste à déplacer les disques et à les disposer en une deuxième tour semblable en observant les règles de déplacement.Pour y arriver.Ion peut utiliser une troisième tour dans les étapes intermédiaires.Règles de déplacement Est-on certain d'avoir réalisé les déplacements en un nombre minimal d étapes dans chacun des cas?Analysez la figure 2.1.On ne pout déplacer qu'un seul disque à la fois; 2.On ne peut jamais déposer un disque sur un disque plus petit.À Hanoi, un seul disque est déplacé à chaque jour.Lorsque les 64 disques seront de nouveau p!a ces dans l'ordre convenable sur une nouvelle tour, la fin du Monde devrait être arrivée.Mais la verrons-nous un jour?Dans combien de temps?Et maintenant, allons-y.Pour remplacer les disques, vous pouvez très bien vous servir de pièces de monnaie, d'anneaux empilables (jouets pour enfants) ou simplement de rondelles de papier, de grandeur décroissante.Avant de voir ce qui se passe avec soixante-quatre disques, examinons des cas plus simples.En combien d'étapes peut-on déplacer et replacer deux disques dans la séquence désirée s'il faut bouger un seul disque à la fois et ne jamais le déposer sur un disque plus petit?Nous avons fait le travel ,poyr vogs, J-a/ÊP9Qse.est 3 nombre\tnombre de disques\td'étapes à déplacer\trequises 1\t1 2\t1+1+1=3 3\t3+1+3=7 4\t7+1+7=15 5\t15+1+15=31 6\t31+ 1+31 «63 7\t63+1+63=127 8\t127+1+127=255 9\t255+1+255=511 Figure 2.Les exercices précédents oi»t permis d'évaluer que déplacer quatre disques signifie en déplacer d'abord trois, puis un quatrième et finalement, ramener les trois premiers sur le quatrième, ce qui représente 7 + 1+7 soit 15 étapes.Étant donné que l'on connaît le nombre d étapes requises pour déplacer un certain nombre de d'sques, il serait facile de calculer le nombre d'étapes nécessaires pour en déplacer un de plus (voir la figure 4).Comment pourrait-on trouver directement le nombre d étapes requises pour un nombre de disques sans connaître le nombre d'étapes requises pour en déplacer un de moins?Quelle relation y-a-t-il entre 1 et 2 2 et 3 3 et 7 4 et 15 5 et 31 5 et 63 Peut-on transformer ces nombres pour obtenir une suite plus connue?Examinons de nouveau les faits et analysons attentivement la figure 3.1 disque 1 étape 2-1 2'- 1 2 disques 3 étapes 4 - 1 2f- 1 3 disques 7 étapes 8-1 21- 1 4 disques 15 étapes 16-1 24-1 5 disques 6 disques 31 étapes j 63 étapes 64 - 1 2*- 1 Figure 3.où l'exposant de 2 correspond au nombre de disques à déplacer.Pour 12 disques, il faudrait 2'* -1 étapes, c'est-à-dire 4095.Et pour 64 disques?Comprenez-vous pourquoi il ne faut pas s'inquiéter tout de suite de la fin du monde?Répandez la bonne nouvelle ! Cl DEMAIN L'AN 2000 Yves Leclerc Haro sur le clavier! e moyen de loin le plus répandu pour communiquer avec les ordinateurs petits let gros est le clavier «alphanumérique», c'est-à-dire portant des touches de lettres et de chiffres.À tel point qu'on en est venu à croire que le clavier est sinon le seul, du moins le plus «naturel» des instruments d'entrée de données dans un système informatique.Pourtant, il y a quinze ans à peine, seule une faible proportion des terminaux d'ordinateurs consistaient en un clavier et un écran vidéo comme aujourd'hui: la forte majorité des entrées de données se faisaient au moyen des fameuses «cartes perforées» (ne pas plier, déchirer ou mutiler, vous vous rappelez?).qui ont pratiquement disparu du jour au lendemain, et qu'on ne trouve guère plus que dans lenveloppe de son compte de téléphone.Le même sort risque-t-il d arriver au clavier?Sans aller jusqu'à le prédire, on peut noter que la tendance actuelle est à une nette diversification des méthodes de communication entre l'homme et la machine, et que plus on avance, moins le clavier ordinaire est seul dans la course.On pense tout de suite à un chimérique contrôle direct par la voix (peut-être pas si chimérique, après tout \u2014 nous y reviendrons).À plus court terme s'y ajoutent des écrans «tactiles», des «souris», des manettes de contrôle, des tablettes numériques, des panneaux tactiles comme le Koa-lapad et le Powerpad, et surtout des claviers non classiques comme le Dvorak ou même révolutionnaires comme le défunt «Handw-riter» et l'actuel Microwriter.Une relique du passé Une bonne partie de la responsabilité de cette diversification incombe au clavier classique lui-même, qui dans sa disposition n'a guère évolué depuis plusieurs décennies.À tel point que l'agencement habituel des lettres, qu'on appelle «QWERTY» (d'après la première rangée de lettres en haut IBMable cap APPLE Nous avons les deux qualités qu'il faut pour bien vous servir sur.AMDEK.alphaSyntauri (synthétiseur ' musique).Brother, Columbia.Corona.Dysan.Epson, Gemini.Grappler, IBM.Memo (64k comptatible au Apple), Okidata.Tercom, Ouadram.Quentin.Roland, Siemens.Tandon.Titan.TTX.Sysgen.USI.Zenith et bien d'autres.Nos prix sont aussi très compétitifs sur le logiciel.MÉMORISSIME INC.LAVAL Sur rendez-vous seulement 622-1390 à gauche, juste sous les chiffres), date de la fin du siècle dernier.et provient du besoin d'éviter les blocages mécaniques et de ralentir les dactylos rapides à l'ère des premières machines à écrire mécaniques! En effet, si on tapait trop vite sur ces machines primitives, les leviers qui portaient les lettres tendaient à se croiser et à se bloquer.Pour éviter cela, un «génie» inconnu a imaginé de distribuer à bonne distance les unes des autres sur le clavier les lettres le plus fréquemment tapées, les plaçant souvent dans les recoins les plus difficiles à atteindre.C est ainsi que le E et le S, les lettres les plus souvent utilisées dans la plupart des langues, sont loin à gauche, et que le L.souvent la troisième lettre la plus fréquente, est au bout à droite.Il est clair que dans les machines modernes à boule ou à marguerite, et encore plus dans les terminaux électroniques, cet argument ne vaut plus.Mais la tradition est si forte que le clavier QWERTY non seulement a survécu, avec quelques ajustements le plus souvent non standards (par exemple les ajouts de touches spéciales et de blocs numériques pour les ordinateurs), mais qu'il a foisonné, et que des tentatives intéressantes pour corriger la situation sont passées presque inaperçues.Une de ces tentatives est le clavier Dvorak, où les touches sont redistribuées sur la surface du clavier en regroupant de manière plus rationnelle les lettres les plus fréquentes vers le centre, les plus rares vers les extrémités du clavier.Les seuls désavantages sérieux du système Dvorak sont que la disposition doit être modifiée quelque peu pour chaque langue, et bien sûr que quiconque a appris à taper sur un clavier conventionnel doit se réentraîner Il y a quelques années, un inven- Détaillant agréé APPLE et ZENITH (en affaira depuis plus de trois ont) Logiciels de traitement de textes, de tenue de livres et de gestion de fichiers.LIBRAIRIE Le plus vaste choix de livres et de revues d'informatique ou Canada (Commandes postales acceptées) I \u2014\tCENTRE 2000 \t3195.bout SomlMattn owtt Bj\tlavai (Qmbecl m\tH/T 1A3 I5U) 687 9997 AvtC +x*\t*a rtui mmi wi oreuuttur u*s ptew.teur américain avait mis sur le marché ce qu'il appelait le «Handwriter», une demi-sphère rouge couverte de six ou sept boutons noirs qui ressemblait à une grosse coccinelle.Cet instrument permettait de taper dune seule main à peu près aussi vite qu'on le fait aujourd'hui à deux mains, et pouvait rpmplacer avantageusement un clavier de terminal d'ordinateur; mais il était sans doute trop peu conventionnel, il ne faisait pas assez sérieux d'apparence, et la révolution informatique était trop jeune pour qu'on en voie vraiment les avantages pourtant indéniables.Il est disparu du marché.Cependant, l'idée a été reprise récemment par les Britanniques dans un petit système de traitement de texte portatif, le «Microwriter», qu on peut utiliser d'une main n'importe où et qui comporte en plus d'un clavier à six touches un mini-écran d'une ligne, un programme d'édition de texte et une mémoire pour l'équivalent d'environ cinq pages de rédaction.J'en ai eu un à ma disposition pendant deux mois, et j'étais sans doute trop «contaminé» par les claviers ordinaires pour m'y habituer vraiment.Mais j'ai constaté que les gens qui ne savaient pas déjà taper à la machine apprenaient aussi facilement, sinon plus, à se servir du Microwriter que d'un clavier traditionnel.Avec en plus la faculté de le manipuler d'une seule main, ou en des endroits où il n'y a pas de bureau ou de table, ou encore lorsqu ils sont debout.Le désavantage principal de ce produit, à mon avis, est qu'il vient trop tard sur le marché: la plupart des fonctions qu'il peut remplir sont satisfaites par les ordinateurs «cartables» comme le modèle 100 de Radio-Shack et le 8201 de NEC qui, eux, ont des claviers traditionnels.Si le Microwriter survit, ce sera comme appareil spécialisé utilisé dans des circonstances bien particulières, pas comme mode «habituel» d'entrée de données.Comme on le voit, même a seul niveau du clavier, il existe une variété de choix et de possibilités.Par exemple, en France, sur les terminaux domestiques de vidéotex, au lieu de reproduire la disposition classique des lettres, on a choisi de les placer simplement par ordre alphabétique, ce qui n'est probablement pas la solution idéale, mais qui au moins est plus familier aux nouveaux utilisateurs qui ne savent pas taper à la machine.Et nous n'avons même pas commencé à explorer les multiples voies qu offrent d'autres systèmes de communication avec l'ordinateur comme ceux que proposent Apple (la «souris») et Control Data et Hewlett-Packard (lécran tactile)., sans compter le simple microphone?.- U LE COURRIER Cher monsieur, 1) Pensez-vous que la compagnie Apple pourra corriger le défaut «fenêtre» ou taille de l'écran (trop petit sur le Macintosh) qui ne couvre que les trois quarts dune ligne de texte, ou bien est-ce déjà disponible à un coût plus élevé?2) Est-ce que Macintosh pourra remplacer ses disquettes encombrantes par une unité de disque rigide, et la mémoire morte du Macintosh peut-elle être augmentée pour éviter le constant chargement et déchargement des programmes?3) Avez-vous fait l'essai de riBM-PC, et cornent se compa-re-t-il au Macintosh: a) Est-il aussi innovateur?b) Est-il plus coûteux?c) Les caractères français de l IBM-PC sont diffficiles d'accès, dites-vous.Pourriez-vous être plus explicite?4) Pensez-vous que quelqu'un fabriquera une imprimante type «marguerite» pouvant être utilisée par Macintosh?J.P.Gosselin RÉPONSE: Voilà beaucoup de questions, mais qui représentent assez bien les réactions de divers lecteurs à ma description du Macintosh.Il faudrait pratiquement une autre chronique pour y répondre en détail, aussi je ferai dans chaque cas les commentaires les plus brefs possible.1) La question n'est pas tant celle de la taille de l'écran qui se compare avantageusement à celui de la plupart des micros «portables» et qui a une définition nettement supérieure à la leur, mais de la grosseur des caractères choisis.Et cela dépend plus du logiciel que du matériel, si bien que le problème qui se pose dans le MacWrite à cet égard ne se posera pas nécessairement avec un autre traitement de texte (celui de Microsoft.«Word», devrait être sur le marché d'une semaine à l'autre).Ce sera à chaque éditeur de logiciel de résoudre cette difficulté pour ses propres produits, plutôt qu'à Apple.2) Apple ne prévoit pas pour l'instant de disque rigide pour Macintosh, mais un tel disque existe déjà dans sa «grande soeur» Lisa II.modèles 2+5 et 2+10.De toute façon, il est vraisemblable que si Apple ne le fait pas.un autre fabricant de périphériques y pensera.Pour ce qui est de la mémoire morte, à 64 K octets elle dépasse déjà ce qu il y a sur toutes les autres machines que je connais.Ce qui a besoin d'être étendu, c est la mémoire vive, et elle doit l'être (de 128 à 512 K octets) dès que les nouveaux «chips» de 256 K seront disponibles à un prix raisonnable, peut-être au début de l'été En attendant.I addition d'un second lecteur de disquettes peut résoudre une grande partie de ce problème .en y mettant le prix, bien sur* \u2014 3) Je me suis servi à quelques occasions de l'IBM-PC.et encore plus d une de ses copies les plus populaires, le Columbia Data Products.Je ne veux pas me lancer dans des évaluations comparées ici.aussi je m'en tiendrai à des réponses laconiques à vos questions: (a) Non.IIBM-PC n est pas aussi innovateur que le Macintosh.C'est une bonne machine standard de la génération précédente, qui dans certains cas peut avoir plus de puissance que le Macintosh, et qui a certainement plus de logiciel disponible, mais qui n'en a pas le raffinement ni l'agrément d'utilisation.(b) Au niveau des prix, les deux machines sont comparables.Le PC est peut-être un peu plus cher dans la même configuration, mais pas par plus de quelques centaines de dollars.Et les copies du PC (Columbia, Corona.Chameleon) sont en général moins chères que le Macintosh.(c) Les caractères français de l'IBM-PC sont accessibles par des codes spéciaux que ne reconnaissent pas la grande majorité des programmes (américains) disponibles ici.et donc ils ne peuvent vraiment servir qu'au moyen de logiciels spécialement prévus pour cela, comme le «Secrétaire personnel» de Logidis-que et le traitement de texte de Logiciel.4) Personne n'a encore annoncé d'imprimante à marguerite pour le Macintosh, et à cause du graphisme bien particulier de la machine, cela pourrait poser des problèmes assez difficiles à résoudre.Cela viendra sans doute, mais je croirais plutôt à la sortie d'une imprimante basée sur une nouvelle technologie comme le jet d encre ou le laser, offrant, une qualité intermédiaire entre la marguerite et I imprimante à aiguilles.Apple a déjà annoncé con intention de lancer une imprimante au laser à un prix de l'ordre de 5000 $.XEROX Nous sommet maintenant en mesure d'offrir le service d entretien de qualité Xerox sur la plupart des marques d'ordinateur individuel et leurs périphériques.Venez nous rencontrer ou communiquer avec nous Les centres de Service Xeroi 3542.rue Ashby Ville Saint-Laurent.Québec (514) 337-0502 m > r~ O) > m o > x co 00 .r \u2022 « m .POUR ECOUTER Mario Masson ¦ ROXY MUSIC Ferry pour l'éternité Un soir, comme ça.Humeur méchante.Deux heures du matin.Chagrin d'amour Un drôle de nom pour un groupe.Un air simple en rap.Chacun fait ce qui lui plaît, plaît, plaît.M'est alors venue cette idée du coup d'oeil nonchalamment jeté sur le cadran.Tard, il se fait.Et ce film pourri dont je ne peux me détacher, comme collé à l'écran blafard qui se meurre, avant qu'en le sommeil ne s'achève le temps.Noir.Rechute du maniaque insomniaque.Et une main paresseuse qui cherche le premier imprimé venu.C'est un grand format.Images d'Épina! Album Cover Album.Un livre sur les pochettes de disques.Page après page, tout l'imaginaire de mes contemporains qui défile.Leurs fantasmes mis au service de l'art.Leurs trivialités jouées à la une des modes.Superbes choses mortes et glacées qui déterminent les goûts plus sûrement que toute morale.Souvenirs inaltérables soustraits à la trame sordide du quotidien dont ils s échappent, comme pour le narguer, lui, minable jusqu'à la nausée.Magie par l'évasion Photos proposées comme un rêve, comme un idéal à la mémoire du temps, toujours jadis.La rétine reste impressionnée, de ces éternels clichés retouchés par la grâce d'une époque; parfois elle se fige, comme mise à l'épreuve, et fixe, plus longuement que de convenance, certaines images, fascinée par leur perfection même, pures comme un vide de sens.Ou son trop-plein.Roxy Music.Femmes altérées par le contre-jour, à l'ombre des gratte-ciel vides.Sirène hurlant son incarcération dans les rets de l'Utopie.Le classicisme.Représentation outrancière du chic.Le Look.Encore.Comme si avoir conscience de soi n'était que celle par les autres attribuée.Roxy, une musique qui ondule, déposée me-ticuleusement, artistiquement dans le vinyle sombre.The High Road Un coup au coeur.Envolée la mauvaise humeur.Je mets sur la platine le dernier album de Roxy, enregistré en concert.The High Road.Une éternité qu'il attendait dans ma discothèque de recevoir ma probation.Je fais d abord jouer Jealous Guy, de John Lennon, apprêté à la sauce Ferry.C est bon.Ce morceau vaut à lui seul l'album.Et pendant que la voix de crooner de Ferry marque les temps, je me retrouve en pensée au Forum, il y a deux ans, alors que Roxy avait convié ses fans à une grand-messe rock de style Glitter.Éclairage superbe.Sono excellente.Sur la scène, trois grandes marches découpent l'espace.Le batteur et le percussionniste trônent sur la deuxième, alors qu'à la troisième les chanteuses dans leurs robes amples scintillent dans les halos mordorés des projecteurs arrière.Puis arrive Bryan Ferry, le Dandy du Rock, habillé en smoking noir.Anachronisme vivant que je préfère considérer comme un visionnaire.Il a toujours refusé la mode «mod», celle que l'on retrouve au Château, pour ne suivre que la sienne.Sans lui, j»ans sa manie de toujours vouloir défier l'évidence, le Punk et le New-Wave ne seraient pas ce qu'ils sont aujourd'hui.Roxy Music Déjà en 1970.Ferry, fils de mineur inscrit au Art School de Londres, fondait le Roxy Music avec Brian Eno.Ni l'un ni l'autre ne se considéraient comme des musiciens, mais ils revendiquaient le droit de faire comme si.Il fallait, disaient-ils.intégrer cinéma, musique et arts plastiques pour en faire un patchwork esthétique où l'Art serait mis de l'avant.À l'épo- CO Oi (/) oc < 5 LU ¦UJ CL LES P'TITS DERNIERS Charlotte Fauteux CO MAXIME LEFORESTIER Les jours meilleurs Polydor 815 997-1 (importation) Débarrassé de son étiquette de porte parole des soixante-huitards.heureux, lui-même, léger, rockeur au confin du jazz, brésilien sur les rives du blues.UZEB You be easy WL-021 Dans la même lignée que le précédent.Et la France I aime: deuxième vendeur (disque de jazz) après Miles Davis.que Ferry se promenait en running shoes et en T-Shirt déchiré, avec les cheveux très courts.Un peu comme les Punks.Ou encore en uniforme de l'armée, à l'époque du Flower Power.Bien avant que ne soit imaginable qu'un groupe pop puisse s'appeller The Police.Et dès lors que la grande mutation s'annonçait avec la venue des Sex Pistols, Ferry jouait la carte du Glamour, avant même Bowie partout célébré comme le prince du Glitter Rock.Déjà en 72-73, Ferry prévoyait l'engouement de la jeunesse pour le mythe américain.Certaines de ses chansons, en particulier 2 H.B.avec son «Hères looking at you, kid!» référaient à Humphrey Bogart et au film Casablanca, où à la richesse, à l'argent, à condition de le dépenser en folles extrava- gances où le chic et l'élégance côtoient l'oisiveté et l'ironie morbide.The Great Gatsby.Ou Scott Fitzgerald Cette extrême sophistication du Look touche évidemment la musique même de Roxy.Rythmes fatigués.Voix altérées, en infinie réverbération ou monotone, presque monocorde, comme cassée, avec parfois de rapides mouvements de gorge, kitsch imitation du sanglot mondain.Sonorités précieuses arrachées aux synthés ou à des instruments plus conventionnels, mais si peu pour le rock, comme la flûte ou le hautbois.Et une prose, celle de Ferry, toujours suspecte d'intellectualisme.Bryan Ferry, c'est ta décadence, lorsque le fric rencontre le chic et que ne reste, en dernière issue, que l'image intangible, d'une inuti- EDDIE SCHWARTZ Public Life 25 03441 WEA Canadien et compositeur reconnu dans la musique pop / rock.Une collaboration avec Dane Tyson, Il a voulu enregistrer sans préproduction pour un résultat plus spontané et dynamique.PERFECT AFFAIR Perfect Affair Attic LAT 1182 Moderne, «fast food» ultra produit, ce groupe de Toronto veut faire fureur.ROGER DALTREY Parting.Sould.Be Painless WEA 25 02981 Le vocaliste des Who's est parti voir ailleurs: il remanie à sa façon du Bryan Ferry, du Eurythmies, du Kit Hain, etc, etc.lité glaciale, devenue l'ultime message, celui du miroir, ou celui de la mort, car, quoique l'on fasse, à la fin, il ne restera toujours aux autres qu'une image.Traces en vinyle Roxy a produit tout près de quinze albums.Parmi eux, il y en a cinq ou six qui sont excellents dont les trois premiers.Mais surtout il y a l'album VIVA! ROXY MUSIC, enregistré en direct et mis sur le marché en 1976.?\u2014 Roxy Music, Reprise, 1972 \u2014 For Your Pleasure, Warner, 1973.\u2014 Stranded, Atco / Island, 1973.\u2014 Siren, Atco/Island, 1974.\u2014 Viva! Roxy Music, Atco, 1976.\u2014 Manifeste, Atco, 1978.\u2014 The High Road, Warner, 1983.WANG CHUNG Points on the Curve XGHS 4004 Deuxième disque de ce groupe anglais dont le nom signifiait au départ: le cri parfait.Musiciens de toute formation, classique, contemporain, populaire.Une chanson à tenir à l'oeil: \u2022Don't Let Go». POUR LIRE Andrée Ferretti PARLER D'ICI Philippe Barbaud Hiroshima, mon travail La Santé des Femmes au Travail par Jeanne Mager Stellman traduction de Louise E.Arsenault et Zita de Koninck préface de Madeleine Parent collaboration de Hélène David et Dominique LeBorgne.éd.Parti pris OUVRIER, Mtl.1984.415 p.14,95$ histoire nous a appris que la substitution du travail industriel au travail paysan Is est faite dans la plus extrême violence.N'allait-on pas, dans les manufactures anglaises des débuts de I ère capitaliste, jusqu'à couper les doigts et les mains des enfants qui travaillaient mal ou trop lentement.Des centaines de milliers d'hommes, de femmes et d'enfants ont ainsi payé de I intégrité de leur corps, et même de leur vie, le développement rapide de l'industrialisation capitaliste.Pourquoi évoquer maintenant ce triste passé?N'est-il pas complètement révolu?Et bien, non! Il y a encore aujourd nui.pour cause de rendement et de profit, des travailleurs et des travailleuses qui sont victimes d'accidents et de maladies du travail: plus d'un million de cas déclarés, au Canada, dans la seule année 1977.Le rappel de cette information parue dans une publication toron-toise, en 1981, ouvre le dernier chapitre de la Santé des Femmes au Travail Or, nous disent les auteurs.Hélène David, sociologue et Dominique LeBorgne.ingénieure et ergonomiste, toutes deux cher-cheures à l'Institut de recherche appliquée sur le travail (IRAT), ce n'est pas seulement dans le fond des mines, sur les chantiers de construction, dans les ports, dans les usines de produits chimiques, sur les plateformes de forage que les travailleurs encourent de graves dangers.En braquant nos regards sur ces lieux de travail, les accidents spectaculaires et trop souvent meurtriers qui s'y produisent occultent l'insalubrité plus pernicieusement nocive de tous les autres secteurs d'emplois et, particulièrement, des ghettos féminins de travail que sont les manufactures, les bureaux, les commerces, les hôpitaux et même les do- miciles.La Sanfé des Femmes au Travail vient justement lever le voile sur ce phénomène.L'ouvrage se compose essentiellement d'une traduction par Louise E.Arsenault et Zita de Koninck de Women's Health: Myths and Realities.L'auteure.Jeanne Mager Stellman, docteure en chimie physique et directrice de la division de la santé au travail et de la toxicologie du American Health Foundation de New York, non seulement brosse un tableau saisissant des innombrables facteurs d agression qui, dans chaque catégorie d'emploi, portent atteinte à la santé et à la sécurité des travailleuses, mais elle passe à la loupe d'une analyse critique soutenue l'ensemble des problèmes liés aux occupations féminines.Même si elle ne fait état que de la situation américaine, Jeanne Mager Stellman démontre et démonte des réalités qui concernent toutes les travailleuses des sociétés industrielles qui.en dépit de la diversité des contextes, rencontrent toutes les mêmes problèmes fondamentaux.Entre autres, ceux fondés sur des conceptions sexistes qui, maintenant l'idée que le rôle des femmes dans la société est essentiellement de mettre des enfants au monde et de les élever, empêchent leur pleine reconnaissance comme travailleuses.Ce qui explique en grande partie quelles soient exclues des études effectuées sur la nature et les causes des maladies professionnelles.Non seulement on ignore trop souvent les causes des malaises et des maladies qui frappent les femmes dans l'exercice de leurs fonctions, mais on les attribue d'emblée à leur supposée fragilité.Stellman la SANTE des FEMMES au TRAVAIL parti pris OUVRIER L'apport majeur de la Santé des Femmes au Travail est précisément de démontrer d'une manière irréfutable que les problèmes de santé qui affectent les femmes sont uniquement attribuables à leurs mauvaises conditions de travail et non à leurs caractéristiques sexuelles.Cette approche du problème, comme le souligne Hélène David et Dominique LeBorgne dans le chapitre consacré à l'étude de la situation québécoise, a le mérite de révéler l'ineptie de l'idéologie, des attitudes et des lois protectionnistes qui président à la réglementation des conditions de travail et qui, sous prétexte de préserver la santé des mères, des futures mères et de leur foetus, écartent les femmes de certains emplois plutôt que de prendre des mesures visant à l'assainissement des milieux de travail.La critique des politiques protectionnistes et de leurs conséquences occupe une place importante dans cet ouvrage car, selon les auteures, elles encouragent et entretiennent la division et le ressentiment entre les travailleurs et les travailleuses et contribuent ainsi au maintien de conditions pénibles de travail pour tous.Par conséquent, soutient Madeleine Parent dans sa préface, il est urgent, devant la multiplication implacable des causes de maladies et d'accidents, que les femmes et les hommes agissent dans une étroite et loyale collaboration et développent des stratégies communes de lutte pour une meilleure qualité de vie au travail.Illustré de dessins, tableaux et schémas, fourmillant de données empiriques et statistiques de toutes sortes, complété par une liste et un guide des dangers professionnels liés aux occupations féminines et par une excellente bibliographie, ce livre, par sa riche documentation et ses instruments rigoureux d'analyse, constituera un précieux outil de travail et d'intervention pour tous ceux et toutes celles dont l'activité professionnelle, sociale ou militante requiert une bonne connaissance et compréhension des problèmes de santé et de sécurité au travail.Mais plus largement encore, ce livre passionnera tous ceux et toutes celles qui croient qu'est venu le temps de ne plus perdre sa vie à la gagner, même si c'est encore trop souvent le cas.tel que démontré par Stellman dans son ouvrage ainsi intitulé et également publié par Parti pris.Le féminin entre parenthèses Il m'est difficile de ne pas ressentir un certain agacement lorsque je lis certaines annonces de recrutement pour des carrières ou des postes s'adres-sant «également» aux hommes et aux femmes.Comprenons-nous bien: ni le fait ni l'intention de cette procédure ne sauraient être la cause dune telle réaction de ma part.Un homme, c'est bien de lui qu'il s'agit, trouvera raisonnable le principe de l'égalité des sexes eu égard à un appel de candidature.Je ne peux qu'adhérer au réajustement fondamental qui s'opère de nos jours en matière de français écrit.À vrai dire, c'est à la forme, à la présentation elle-même du libellé relatif au poste ouvert que j'attribue ma nervosité linguistique.De plus en plus, il tend à se répandre une certaine habitude de titrer le féminin entre parenthèses.On pouvait lire, par exemple, dans LA PRESSE du 25 février dernier, dès choses comme: «DirecteuKtrice)»; «4 Représentantes»; « représentante médical/e»; «préposé(e)»; «infirmiers(ères) autorisés(ées)»; « inf irmiers/ières » ; « acheteueuse) » ; «technicien(ne)»; «un(e) médecin»; «greffier(e) municipal(e)» et j'en passe.Comme incohérence, il est difficile de fairo mieux.Quelle pagaille! Que de contradictions! On peut aussi ajouter: que de laideur! si l'on est sensible au côté esthétique de la chose écrite.Mais ne jouons pas les doctes ou les bêcheurs et convenons qu'il est bien normal que le code écrit de notre langue en soit réduit, par les temps qui courent, aux tentatives les plus saugrenues comme les plus audacieuses pour répondre de manière satisfaisante aux revendications des mouvements féministes.La codification des conventions typographiques et orthographiques est affaire de temps et d'influence, comme en témoigne l'histoire de notre grammaire.Cela dit, il n'empêche que les hybrides linguistiques que je viens d'épingler au hasard souffrent de quelque malformation inquiétante.En premior lieu, le procédé qui consiste à parenthétiser ou à séparer par un trait oblique les lettres \u2014 on dit les «marques» \u2014 du féminin, instaure de facto de nouvelles règles de grammaire qu'il va falloir enseigner à nos enfants dès le primaire.Il y aura sûrement des exceptions qu il va falloir aussi expliquer Bref, ces nouvelles tendances à écrire le féminin soulèvent des problèmes pé- dagogiques qui sont loin d'être résolus.Mais à bien y penser, l'essentiel du problème réside ailleurs car je ne puis m'empêcher de voir dans la mise entre parenthèses du féminin comme une manière insidieuse de perpétuer le caractère.«an-drocentrique» de nos pratiques langagières.En effet, il y a dans ces habitudes naissantes comme une sorte de consécration du caractère facultatif de la féminité.Car telle doit être l'interprétation des parentheses dans un usage emprunté au symbolisme des mathématiques.Aussi, la forme masculine des noms de poste ou de métier sert-elle de forme initiale à partir de laquelle on dérive la forme féminine.Toujours ce vieux mythe de la côte d'Adam! Il ne fait alors aucun doute dans mon esprit que le procédé de la mise entre parenthèses rend implicite la règle suivante: «Interprétez comme désignant une femme le mot que vous obtenez en combinant la forme entre parenthèses et la forme masculine qui précède en respectant les règles de la prononciation.» Peut-on dire après ça que la femme participe à part entière au mécanisme de denomination des réalités qui la concernent?La cause est entendue: le féminin d'un nom ne se forme pas; il existe.En admettant que la théorie ait raison, on aurait maintenant bien raison de s'enquérir de la pratique.À quelle enseigne vaisje loger pour atteindre l'objectif de l'équité sexuelle en matière de langue écrite?Je pense bien \"modestement qu'il faut renoncer aux parenthèses et au trait oblique.Il faut libeller le titre d'un poste ouvert selon les deux formes complètes, la masculine et la féminine.Par exemple, on aura avantage à lire: 1 infirmière ou 1 infirmier»; «représentante ou représentant»; «gref-f 1ère ou greffier demandé»; «ache-teuse ou acheteur» et surtout «préposée ou préposé».C'est là d'ailleurs une convention qui est déjà adoptée par nombre d annorv ceurs, en particulier par le gouvernement Il est à peu près sûr que l'objection du coût onéreux d'une telle procédure sera soulevée Mais est-ce à ce point insupportable, économiquement parlant?Artifice et illusion! C'est rêver en couleur que de croire qu'on pourra redonner aux femmes la place qui leur revient sans que les hommes y mettent beaucoup de leur poche Mais encore faut-il être convaincu qu'il doit en être ainsi.D 05 O J3 m > 05 > m o 2 > 33 05 CD CD ai Simone Piuze EN MARGE DU SPORT Georges Schwartz LES CLASSES NATURE OU Le plaisir d'apprendre dehors s < 5 lu < en un élève qui lui demandait un jour pourquoi elle baissait maintenant les stores de la classe, une institutrice répondit: «Pour ne pas que vous regardiez trop dehors.pour que vous puissiez vous concentrer sur ce qui se passe ici, en avant de la classe! Les stores seront baissés jusqu'à la tin de l'année scolaire: vos notes seront sûrement meilleures! Il faudra vous y faire.» Et d'un geste sec, elle avait allumé la lumière.électrique, bien entendu.La discrétion m empêchant de vous dévoiler le nom de l'école en question, je dirai simplement que cela se passait ici, au Ouébec, le printemps dernier, dans une de ces magnifiques boîtes à instruction bétonnées et à la cour asphaltée.Tous les professeurs ne baissent pas les stores de la classe! Il s'en trouve même \u2014 et ils sont de plus en plus nombreux \u2014 pour inviter les enfants à regarder dehors, à jouer, à chanter, à marcher dehors.Et à apprendre dehors! En effet, depuis quelques années, imitant nos cousins français, des écoles privilégient la classe nature comme instrument d'éducation de l'enfant à son environnement.Une classe nature pouvant durer de trois à cinq jours où professeurs, moniteurs et élèves forment un tout, où les rapports sont stimulants et joyeux et où l'enfant a l'occasion de s'initier «sur le terrain» aux sciences de la nature tout en fraternisant avec ses compagnons, en se gavant d'air pur et en voyant son professeur sous un autre angle.Il existe au Québec plusieurs bases de plein air qui offrent des programmes de classe rouge (automne), blanche (hiver), ou verte (printemps).Toutes cependant n'ont pas le même souci d'éducation de l'enfant, certaines n étant presque exclusivement qu'un lieu propice à la pratique des sports.Mais vous ne vous tromperez pas en envoyant votre enfant à la Base de plein air Davignon (Bromont, Cantons de l'Est), à la Vigie (lac Saint-Joseph, près de Québec), Au Carrefour (L'Avenir), au Centre de plein air Marie-Paule Inc.(Sainte-Véronique, près de Labelle), à la Base de plein air du lac Mourier (Malartic.Abitibi-Est) ou à La Ca-bouse (Saint-Donat).< Cabouse Village Lorette Carrier, professeur de E 5e année à l'école Val des Arbres q à Laval fait partie de ce que j'ap-5 pellerais une nouvelle race d'édu-0j cateurs désireux, non pas de ga-3 ver l'enfant de connaissances, o.mais de favoriser entre autres, chez lui, le développement dune conscience «écologique», c est-à- « F Ë J àl s' \" é^^M^^ ^* ¦ V V \\ A S %\u2022 ^ é Antoine Désilets La fin des temps approche.a scène se passe en l'an 2025, où les jeunes mouks-mouks qui vivent Idéjà aujourd'hui se rappelleront alors de l'affreuse période de glaciation qu'aura connue la terre suite à l'éruption imprévue (par les avertisseurs d'éruption) d'un volcan mal connu qui a rempli l'atmosphère d'une couche de je ne sais quoi en «on», en «yde» ou en «ate», laquelle par un phénomène scientifique prouvable a empêché les rayons du soleil de pénétrer jusqu'aux basses sphères de la bulle d'air terrestre, rendant ainsi les conditions climatiques régnant à la surface de notre globe à un niveau universellement uniforme et inférieur à zéro, situation de ce fait fort dure à vivre, je vous en passe un papier (glacé!) car tout ce qui bougeait s'est soudainement figé dans la glace, je m'en souviens très bien puisque j'y étais, mes bottes s'étant intégrées à la calotte glacière tandis que j'essayais de dégager la lentille avant de mon appareil-photo gelé à bloc de la pellicule de frimas qui l'obstruait, en consacrant à l'opération les derniers degrés de cha- leur qui restaient au bout de mon majeur de doigt préféré afin de déclencher in-extrémis mon obturateur en passe d'entrer en hibernation pour capter cette scène préglaciaire qui, avouez-le, n'a rien de floridien! Ouf! J'aime beaucoup les longues phrases: ça m évite de mettre des points (qui ne font jamais propre) et des majuscules (qui, elles, font prétentieux).Mais je vois bien que vous êtes sceptiques et que certains d'entre vous ne croient pas complètement à mon histoire! On nous annonce pourtant aujourd'hui, en 1984, que la Terre est sur le point de subir (!) une période de réchauffement à partir de 1990.C'est pas loin! La cause en serait le monoxyde de ce que j'oublie qui fera écran aux rayons solaires, déclenchant un phénomène de «serre chaude».Ben moi, à mon humble avis non scientifique, je pense qu'ils se trompent et qu'ils ne devraient pas pour ça tromper les autres, ce qui fait que je vous dis qu'y va faire frette si le soleil passe pas et que la calotte-polaire fondra pas de sitôt! Remarquez que j'aime mieux mon chalet planté devant un lac gelé bord en bord que dans 30 pieds d'eau! Parce que moi.la photo sous-marine dans mon salon.Ceux de mes fidèles (et comment!) lecteurs qui m'ont suivi jusqu'ici auront compris que te scène se passait dans le stationnement de Provigo où, après une tempête québécoise et une vague de froid volcanique, les autos n'ont pas démarré au moment convenable et que la conjoncture chaud-frette habituelle à nos fins d'hiver a eu l'effet que vous voyez! Bon, ben.bonnes photos! ? VIEILLIR Claire Dutrisac Médecins et vétérinaires ou médecins contre vétérinaires?orénavant, on ne tolérera plus la présence de n'importe quel animal dans le centre hospitalier de soins prolongés Jacques Viger et dans le centre d'accueil Ernest Routhier, qui en dépend adminis-trativement.Cette décision a été prise en février dernier par le Directeur des Services professionnels, de ces deux établissements, le Dr Michel Copti.Donc, la question essentielle est posée: faut-il accepter ou refuser certains oiseaux ou poissons dans ces centres d'hébergement pour personnes âgées ou dans les hôpitaux dits pour «malades chroniques»?Pas de règle générale Deux organismes du secteur des Affaires sociales ont bien voulu fournir une réponse.D'abord, M.Pierre Cloutier, directeur général de l'ACAQ (Association des Centres d'accueil du Québec): «L'ACAQ n'a jamais émis de règles précises à ce sujet.Chaque établissement formule les siennes.Je dois dire que si I on extension-ne la notion de «qualité de vie» que l'on prône, il faudra examiner cette question en tenant compte de certains critères, comme la grandeur de la chambre, la capa-V.ité du bénéficiaire ou de sa famille de s'en bien occuper, etc.Dans un cadre défini, I ACAQ serait assez favorable à ce que certains ^ animaux soient introduits dans les §J centres d'accueil.» Ensuite, le CSSSR-MM (Conseil de la Santé et des Services so-< ciaux de la région du Montréal mé-2 tropolitain) ma donné un son de £ cloche semblable.Mme Louise 5 Gareau, responsable des Commu-uj nications a déclaré: «Au nom du *| Conseil, tout ce que je suis habillez) tée à dire, c'est qu'il s'agit là de J régie interne.Nous avons eu, pour S la première fois, une plainte à ce cr**&ujet et nous I étudions.» Cette 2 plainte est celle de M.André Des-O biens dont la mère est à Ernest 2 Routhier et qui gardait un serin déco puis sept mois.Mme Gareau a ra- 3 jouté: «A titre personnel, je crois û- cependant qu'un centre d'accueil est un milieu de vie où Ion cherche à maintenir une ambiance qui er votre carte de credit comme mode de paiement Ml'ard n A retourner aux Kditions I.a Presse.Liée, 7.rue Saint-Jacques Montréal (Québec) 112V IK9 NOM IDRESSI VILLI: \u2022 \u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022¦\u2022\u2022¦\u2022\u2022\u2022«.Visan PROVIM I (ODE POSTAI TEL TOTAL C i-joint iPlu\\ IS pour lrai\\ de po\\tc S ci manutention > "]
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