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Titre :
Le passe-temps
Le Passe-temps est une revue culturelle qui présente principalement un contenu musical. [...]

La revue Le Passe-temps paraît à Montréal du 2 février 1895 au mois de décembre 1949, malgré une interruption de 1935 à 1944. Passionné de musique et imprimeur de métier, son fondateur, Joseph-Émilio-Sibert Bélair (1865-1933), est l'inventeur d'un procédé de gravure qui permet de reproduire des partitions à un coût minime. Son décès en 1933 entraîne une première cessation de parution du Passe-temps pendant quelques mois.

Publiée deux fois par mois pendant les premières années, la revue devient mensuelle en 1924. De 2500 en 1910, son tirage passe en 1920 à 10 000 exemplaires, distribués principalement au Canada et aux États-Unis. Les revenus de la revue proviennent non seulement des abonnements, mais aussi des annonces publicitaires. Des journalistes réputés comme Lorenzo Prince et Gustave Comte feront partie de l'équipe de rédaction du Passe-temps.

Le contenu de la revue change au cours des années. Pour l'essentiel, Le Passe-temps vise à rendre compte de la vie culturelle montréalaise en traitant de sujets variés, comme en témoigne d'ailleurs son sous-titre, « Littérature, musique, théâtre, mode, sport ». À cette dimension culturelle s'ajoutent quelques actualités politiques, des renseignements pratiques, comme des recettes de cuisine ou des conseils à la ménagère, de même qu'une section « Divertissements », qui propose des jeux d'échecs, des charades, des histoires drôles, des devinettes, etc.

Dès 1896, le sport est retranché du contenu et remplacé par les « Mondanités », mieux adaptées au lectorat de la revue, sans doute en majorité féminin. En 1898, Le Passe-temps se transforme à nouveau pour devenir un journal « musical, littéraire et fantaisiste », une dénomination qui durera 35 ans même si, à partir du tournant du XXe siècle, la revue se consacre surtout à la publication de partitions musicales. Le Passe-temps est d'ailleurs la revue à vocation musicale qui a connu la plus longue existence au Canada. En 1933, l'éditeur adapte une dernière fois son contenu aux exigences de ses lecteurs, cette fois en raison de l'avènement de la radio dans le paysage culturel. Dès lors, le sous-titre devient « Musique, radio, littérature ».

Les partitions musicales du Passe-temps sont le plus souvent des pièces de danse, comme des valses et des polkas, des extraits d'opéras, des chansons traditionnelles. On y publie aussi des morceaux de Beethoven, de Schumann, de Saint-Saëns, de Fauré et de plusieurs compositeurs canadiens, dont Claude Champagne, Calixa Lavallée et Rodolphe Mathieu. La revue offre ainsi à ses lecteurs la possibilité d'animer les soirées familiales, comme l'atteste le nom du supplément qui paraît dans chaque numéro dès 1898, « ... Musique vocale et instrumentale... pour le salon ».

S'il a pour objectif de divertir ses lecteurs, Le Passe-temps tente également de les instruire, par l'entremise de leçons de musique et de suggestions de lecture. Il tient également ses abonnés informés des dernières nouvelles de la scène artistique, mais il ne propose pas de véritables critiques en matière musicale. À cet égard, la politique éditoriale de Bélair est plutôt conservatrice, ce qui s'explique probablement par le contenu avant tout familial de la publication. Malgré cette position, Le Passe-temps contribue à la vie culturelle de Montréal, notamment par sa proximité avec Ernest Lavigne, créateur et propriétaire du Parc Sohmer, l'une des scènes musicales les plus courues de la ville.

Outre son contenu musical, Le Passe-temps publie régulièrement des textes littéraires de genres variés. Il offre ainsi des contes, des nouvelles, de brefs récits, des monologues en vers et en prose, ainsi que des poèmes d'auteurs français (Sully Prudhomme, Victor Hugo, Edmond Rostand) et canadiens-français, parmi lesquels figurent des membres de l'École littéraire de Montréal (Émile Nelligan, Arthur de Bussières, Albert Lozeau, Joseph Melançon, etc.). Malgré les moyens financiers restreints de l'éditeur, la revue réussit également à offrir à ses lecteurs un grand nombre d'illustrations, dont plusieurs sont l'oeuvre d'Edmond-Joseph Massicotte.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 335-336.

EVERETT, Jane, « Montréal en revues », Écrits du Canada français, no 76, 1992, p. 51-78.

« Le Passe-temps » dans L'Encyclopédie canadienne - Encyclopédie de la musique au Canada, www.thecanadianencyclopedia.com/articles/fr/emc/le-passetemps (consulté le 29 mai 2013).

PRINCE, Lorenzo, « Quelques souvenirs sur le fondateur du Passe-temps », Le Passe-Temps, vol. 39, no 864, août 1933, p. 40.

TRÉPANIER, Léon, « L'étrange histoire de Joseph-Émilio-Sibert Bélair, fondateur du Passe-temps, révélée par lui-même », La Patrie, 5 février 1950, p. 68 et 91.

Éditeur :
  • Montréal :J.E. Bélair,1895-
Contenu spécifique :
v. 55, no 923
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
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Références

Le passe-temps, 1949, Collections de BAnQ.

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REVUE ARTISTIQUE FONDEE EN 1895 EN J.-J.GAGNIER notre monde musical a perdu l'un de ses plus authentiques représentants La renommée de J.-J.Gagnier, comme chef d'orchestre et de musique militaire, s'étendait bien au delà de nos frontières.Ce qu'on sait moins, c'est la sincérité et la profondeur de son attachement aux choses de la musique parce que, musicien accompli, il agissait toujours et partout en ami de la musique.Que de musiciens — surtout des jeunes — il a guidés et conseillés ! Que de leçons il a données sans accepter aucune rémunération ! Et, ce qui est plus rare encore, J.-J.Gagnier avait toujours un bon mot envers ses confrères, quels qu'en fussent les mérites et les démérites.J.-J.Gagnier était un artiste dépourvu d'arrivisme, dégagé de tout préjugé de chapelle, uniquement intéressé à l'avancement de l'art musical, auquel il a généreusement consacré sa vie entière.Avec la disparition de J.-J.Gagnier "Le Passe-Temps" perd un précieux ami et collaborateur, sincère et dévoué.Il s'était joint gracieusement à nous en vue de faire mieux aimer et connaître la Musique.Nous avons eu le privilège de publier plusieurs compositions du regretté disparu, ainsi que des poèmes où se révélait son exauise sensibilité Dans ses "POINTES SECHES ET CRAYON GRAS", il évoquait avec charme les souvenirs de ses débuts.La spontanéité de son concours que nous n'oublierons jamais nous fait éprouver un sentiment de reconnaissance indéfectible.Dans le présent numéro, Monsieur Maurice Delà, élève, ami intime et collaborateur de J.-J.Gagnier, rend à la mémoire de son maitre un émouvant hommage ! A NOS ABONNES — Nous los prions dp noter que les abonncmonts sont comptes d'après les numéros parus et non d'après les mois du calendrier, de sorte que.malgré la parution irrégulière, ils recevront tous les exemplaires auxquels ils ont droit.Et cela, malgré le changement de tarifs exigé par la hausse des Irais de production.Ils voudront bien croire que nous sommes peines tout autant qu'eux des contretemps rencontrés sur notre route et qu'heureusement, nous parvenons à surmonter.Nous saisissons l'occasion pour remercier tous ceux qui ont renouvelé leur abonnemont bien avant l'échéance, dans le but d'appuyer l'oeuvre si estimable du PasscTemps.Tous cos apports nous sont précieux el faciliteront notre tâche.LA DIRECTION.SOMMAIRE DECEMBRE (ET NOVEMBRE) 1949 — No 923 THEMES ET VARIATIONS .263 GRETRY, le Molière de la Musique, par Robert CHAUMONT.4 IN MEMORIAM 1,1.GAGNIER,, par Maurice DELA .6 LES COMPAGNONS.7 OU EN EST LA MUSIQUE FRANÇAISE ?par I,G.DEMOMBYNES, D.Mus.7 QU'ILS SONT BEAUX.poème inédit, par Gabrielle RAIZENNE .7 MOLSON — La musique et les arts.8 L'AGORA MUSICAL par Maurice DELA, L.Mus.9 POT POURRI.10 ALBUM MUSICAI.11 à 18 VISION, poème inédit par Luc PERRIER.21 ECHOS ET NOUVELLES .20 LES AVENTURES MIROBOLANTES DE CASIMIR PICCOLO.21 LE QUATUOR PARISIEN .22 IL Y A 50 ANS DANS "LE PASSE-TEMPS".23 LES MOTS CROISES.24 EN TROISIEME PAGE DE COUVERTURE, on trouvera des renseignements sur la musique ct la littérature musicale récente.le me demande paîlois comment les hommes se livrent encore â ce passe-temps superflu, qu'ifs appellent laite des projets, el qui consiste a organiser minutieusement un avenir dont seul, insondable et capricieux, lc destin est maitre.Louis VERNF.VIL.Autorise comme madère de seconde classe par le Ministère des Postes.Ottawa."LE PASSE TEMPS" eBt publié par les Editions du Passe-Temps, tlnc.l.218 ouest, rue Notre-Dame.Montréal I — Téléphone : MArquette 9905.U est Imprimé par l'Imprimerie Mercantile.Limitée.Les manuscrits, publiés ou non, no sont pas rendus.Direction : Eddy PREVOST.ABONNEMENTS: Canada: S2.50 pour 12 numéros; S4.75 pour 24 numéros.Etats-Unis: S2.75 pour 12 numéros.Aulres pays: S3.00 pour 12 numéros.Le numéro : vingt-cinq cents.L'abonnement est payable d'avance por mandat poste ou chèque atlranchi.accepté et payable au pair à Montréal.CHANGEMENT D'ADRESSE : tout changement d'adresse doit être accompagné de l'ancienne.Avis doit nous parvenir au moins trente jours avant le numéro d'où le changement sera elloctif.Pour discontinuer de recevoir cetto revue, il faut avoir acquitté tous les arrérages.Le Passe-Temps publie aussi de la musique en leuilles.MONTREAL.DECEMBRE 1949 PAGE UN lorvâ La musique, antidote du crime Les prix de musique % Plalcn énumérait déjà dans sa République la haute valeur de la musique dans la vie."La formation musicale esl un fadeur incomparable dans la forma-lion du citoyen, car le rythme et l'harmonie s'infiltrent au plus profond de l'âme, sur laquelle ils s imprègnent fortement, apportant la grâce, el rendant gracieuse l'âme de celui qui est cultivé, et gauche celui qui ne l'est pas'' Plus près de nous, maintes preuves démontrent lous Ien jours l'importance de la culture musicale sur la formation du caractère Citons, comme un cas typique, l'expérience faite au Refuge de l'Ecole de Musique, dans le district est de la ville de New-York, un quartier difficile.Cette école existe depuis quarante-cinq années, couvrant une époque où en général la elélinquence juvénile s'est accrue de façon alarmante un peu partout ; des cinquante mille élèves inscrits durant cette période, pas un seul n'est apparu en cour juvénile pour délinquence.C'est là un témoignaqe probant : MM Photo Studios Van Dyck M Jacques VERDON.élève de M.Noël Brunet.qui doit bientôt aller compléter «es études musicales aux Etala-Unis.Ancien élève du professeur César Uguay, ce jeune violoniste s'est déjà fait entendre plusieurs fois comme soliste, entre autres à l'Ermitage, sous les auspices du Collège de Montréal, son aima mater, au concert de la chorale Sainl-Anlonin-de-Snowdon.celui du Conservatoire de musique de Verdun et de l'Oeuvre des Terrains de jeux de la ville de Montréal, et autres.Encouragé par M.Andre Laberge.p.s.s.et l'abbé E.Sicotte.11 poursuivit l'élude de la musique, entreprise à l'âge de six ans; en 1947.il décrochait une bourse de cinq ans au Conservatoire de Musique de la province.Sa grande ambition ost de devenir artiste de concert, et nul doute qu'avec le talent plus que remarquable el l'esprit de travail dont il a fait preuve jusqu'à présent, son rêve deviendra une réalité.0 Au Canada, un Prix d'Europe constitue un moment capital dans la vie de nos artistes; il suffit d'en parcourir le palmarès depuis leur Institution pour se rendre compte de leur valeur incontestable.En France, c'est l'attribution du Grand Prix de Borne qui constitue un des événements de la vie culturelle de la nation française.Le public s'y inléresse.parce que ces Prix ont permis la révélation de grands talents, sinon de génies, tels que Berlioz, Gounod.BizeC Massenet, Gustave Charpentier, Camille Erlanger, Xavier Leroux, Henri Busser.Georges Hue.Bachelet.Paul Vidal, A Wormser, Laparra, Charles Lévadé.Henri Rabaud.Claude Debussy.Jacques Ibert, etc.Chaque année, l'attribution de notre Prix d'Europe, et même de certaines bourses d'étude aux Etats-Unis, revêt une importance qui ne devrai! pas échapper à noire public Une grande perte pour la musique £ Le inonde musical déplore la perte d'une de ses personnalités les plus émi-nenles, en la personne du pianiste et pédagogue franaçis E-Roben Schmitz, qui vienl de mourir subitement à San rFan-cisco, à l'âge de 60 ans.Le défunt, dont les concerts à Monlréal avaient été fort goûtés, était le directeur de l'enseignement du piano à l'Ecole normale de musique de la Congrégation Notre-Dame à Montréal.11 était né à Paris.11 étudia au Conservatoire de cette ville, où il obtinl le premier prix de piano.Se3 professeurs furent Diémer et Chevillard.Cel eminent pianiste vînt en Amérique après la guerre 1914-18, aussitôt rétabli de ses graves blessures el de ses trois années 30us les armes.Très vile, il s'imposa el sa réputation grandit sans cesse On lui doit la fonda-lion en 1920 de la Société de musique Iranco américaine, consacrée ù la diffusion de la musique moderne, depuis 1923, celte société est connue sous le nom do Pro-Musica Ardent propagandiste de la musique contemporaine, ce distingué pianiste présenta au public plus de cent compositions nouvelles au cours de ses concerts, réci-lals ou comme soliste de concerts symphoniques Connue en littérature sous le pseudonyme de Ely Jade, son épouse, Germaine Bocande, est également une musicienne remarquable.Leur fille unique.Monique, épouse du pianiste canadien Jean Leduc, établi en Californie, étudia le piano avec son père.Schmilz parlai! couramment six langues.Il était aussi un remarquable chef dor-chestre.Il était également un passionné de l'automobilisme.il détenait même plusieurs records de vitesse dans des tournois professionnels, en plus d'être brillant joueur de tennis et un mathématicien émérito.Il laisse le souvenir d'un musicien consciencieux ol distingué ct d'un pédagogue qui faisait autorilé.Le code du pariait accordeur 9 Un accord parfait régnait, parait-il, au 41e congrès annuel de l'Association des accordeurs de piano, tenu à New-York, au début du mois d'août, auquel assistaient plus de quatre cents membres des Etats-Unis et du Canada.Voici le code professionnel adopté lors de ce congrès; il intéressera également tous le3 musiciens .— Se rappelant qu il est oppelé à travailler dans la plus belle pièce de la maison, l'accordeur devra avoir toujours une tenue vestimentaire convenable ; — U couvrira de vieux journaux le plancher autour du piano, — Les manières de l'accordeur doivent êlre un peu celles d'un médecin appelé auprès d'un malade II doit s'en tenir aux données de son art, en être convaincu, ne pas accepter de compromis, et toute son attitude, même au téléphone, doil êlre celle d'un professionnel conscient de sa compétence ; — Un piano peut être d'accord, et dix minutes après, s'il est joué, se déranger un peu.Dans ce cas, l'accordeur parfail fera preuve de stoïcisme ef déployera un sourire confiant II doit êtro l'homme le plus patienl du monde.Hommage de Radio-Canada à J.-J.Gagnier 0 Le mercredi, 18 janvier 1950, a huit heures du soir, la Société Radio-Canada rendra hommage à l'un de nos plus grands musiciens, le regretté I.-I Gagnier, son ancien directeur musical.Ce programme, sous la direction musicale de M Jean Beoudel.esl entièrement formé des oeuvres de ]-).Gagnier dont Pytame et Thesbe.qui sera jouée pour la première lois, de Pastiches Anciens (Gavolle des Amours, Menuet poudré el Rigaudon Ga-lanlî et Tre Pieludia a l'Etema Comedia.une pièce pleine d'humour écrite il y a environ cinq années Dans une déclaration récenlo, M Beaudet soulignait l'immense apport de J.-J.Gagnier à la vie musicale de Montréal et à la réputation du Canada à l'étranger En des temps difficiles, il tut un pionnier ; si Montréal compte aujourd'hui tant d'organisations musicales, on le doit à ses initiatives, à son dévouement et à sa haute conception de la Musique.La jeune génération d'aujourd'hui lui doit beaucoup; elle a toujours trouvé en ce maître, un guide sûr et désintéressé, un ami sincère.PAGE DEUX LE PASSE-TEMPS Lord Aberdeen, qui raconta cette anec-J dote, ajoutait : "Alors, lou3 ces petits Canadiens-Français, dans un mouvement spontané dont je fus très vivement touché, se levèrent comme un seul homme et entonnèrent le God «are the Queen".(Repro duît du Progrès du Got/e.Rimouski).Peu d'hebdos chei nous consacrent autant d'espace à la petite histoire, que ce raillant journal.La grande histoire nous lait aimer notre pays, mais c'est la petite histoire qui nous le tait chérir en inspirant un attachement protond.Le Progrès du Golfe peut être lu avec avantage et plaisir même par ceux qui ne sont pas de la région de Rimouski.De bons exemples.Maurice Dumesnil à Winnipeg • Notre distingué collaborateur participera au congrès bi-annuel de la "Canadian federation ol Music Teachers Associations", à Winnipeg, les 4, 5 et 6 luillel prochain.Monsieur Dumesnil y donnera une Clinique Pianistique et un récital Debussy On sait que ses Cliniques pianistiques mensuelles connaissent un succè3 considérable aux Etats-Unis ; souhaitons qu'un jour.Monsieur Dumesnil puisse laire pro-liter les pianistes de Montréal de ses lumières.Après ce congrès, il s'embarquera pour un séjour de trois mois cn France.On se débrouille.0 L'orchestre symphonique de Calgary (Alberta), londé il y a 17.ans.esl administré par un comité el se maintient sans dons véritables ou subsides Pourtant, il n'a jamais connu de délicit L'orchestre se linance entièrement par la vente des billets.On doit celle brillante situation en grande partie à son chef.Uayton Hare A Richmond, dans l'Etat de Virgine.pour faciliter le recrutement du nouvel orchestre symphonique, le3 principaux hommes d'allaires ont promis de donner une préférence d'emploi dan3 leur industrie ou lour commerco aux musiciens qui en feraient partie.Lorsque l'orchestre symphonique de l'Utah lut privé de son subside annuel de $50,000 par le veto du gouverneur, on entreprit une campagne de souscription du double do ce montant Maurice Abra-vanel, le chel de cel orchestre, s'est même rendu jusque dans l'est des Etats-Unis, demander l'appui financier des hommes d'affaires qui ont des intérêts quelconques dans l'Utali Igor Buketoll, directeur de la Symphonie de Forl-Wayne (Indiana), a trouvé deux moyens originaux de récupérer des fonds pour l'orchestre ! un bridge musical et un programme questionnaire avec prix à la radio.Chaque participant complète la phrase suivante "le veux laire ma part pour la Philharmonique parce que .".et on téléphone à celui qui soumet la meilleure réponse en lui posant une question facile Les prix, gracieusement fournis par des maisons d'affaires, varient entre une automobile Ford, cinq cents dollars de vêtements pour enfant, le pain pour une année, etc.Moyens vraiment efhcaces pour garantir le trésor des orchostros ot pour intéresser de laçon pratique lo public à la vie de l'organisation musicale locale.Aimable quiproquo • Lord Aberdeen, gouverneur du Canada, présidait, un jour, une séance publique dans une maison d'éducation canadienne-Irançaise.Or.sans malice aucune, on avait inscrit au programme de la fête un chant patriotique intitulé Vive la France ! Forte surprise du gouverneur, intrigué Comment, Vive la France! Est-ce une protestation, un cri séditieux, une insulte ?Cela paraissait au moins une grave indélicatesse à l'égard du représentant de la Couronne britannique.Le noble Lord ne put s'empêcher d'en faire la remarque au supérieur de l'établissement, qui se trouvait à côté de lui.Deux mots d'explication suïlirent.Celaient de petits Français.Ills el petits-Iils de Français, liers de leur origine et lidèles aux traditions du passé, mais heureux de rendre leur hommage de Français au régime paternel sous lequel ils avaient l'avantage de vivre libres el prospères "Ah ! s'il en est ainsi", s'écria le généreux diplomate, "c'est autre chose ; chantez Vive la France 1.mes enfants, tant que vous le voudrez.le suis même prêt à chanter avec vous".t) L'Université de Purdue, dans l'Indiana, qui compte un quart moins d'élèves que l'Université de Montréal, possède une salle de concert de trois millions et demi de dollars, d'une plus grande capacité que le fameux Radio City Music Hall de New-York.Sa lanlare.comptant 125 membres, choisis parmi les élèves, est une des meilleures du pays.On y trouve également un grand nombre d'ensembles chorales et de "Glee Clubs" de premier ordre.II laut dire que le mouvement musical y est entretenu par l'animateur incomparable qu'est Al Stewart • La musique dans l'industrie est un des phénomènes de notre époque, qu'on taxe pourtant de matérialisme aride.Témoin, la popularité des systèmes de dillusion musicale comme Musak.En bien des industries, on va plus loin, en lacilitant la lormation d'ensembles d'instrumentistes ou de chanteurs.Bien plus, des entreprises telles que la National Cash Register, à Dayton, et la Goodyear Tire and Rubber Co., à Akron, possèdent de vastes Balles de concert Plus près de nous, la Sun Lile Insurance, le magasin Ogilvie el quelques autres mettent aussi de magni-liquées salles de concert au service do leurs employés el même du public • Dans la petite ville de Seward, dans I Ouest des Etats-Unis, (population 2.800), on trouve une Société Bach composée de 150 chanteurs Plusieurs parcourent une distance de cinquante milles pour assister aux répétitions Combien ae nos directeurs de chorales aimeraient trouver pareil leu sacré de la musique chez leurs membres !."Le Passe-Temps" à l'Université du Missouri La valeur documentaire et la haute tenue du Passe-Temps lui méritent une grande appréciation un peu partout à travers le monde, dans les quelque vinat-deux pays où il circule Au cours de journalisme do l'Université du Missouri.Le Passe Temps est une des rares revues canadiennes qui servent de modèles aux élèves et est l'une des plus appréciées.Les "Harmonistes" ¦ Les amateurs de musique vocale ont tort goûté le concert que donnait les mardis soir au poste CBF.le Quatuor "Les Harmonistes".Dirigé par MM.Albert Viau et François Brunet.ce quatuor se compose en outre dc MM.Raymond Cardin et David Rochette, tous des artistes dont la réputation est solidement établie et l'accompagnateur est M.Félix Bertrand, D.Mus., tous des artistes dont la réputation est solidement établie chel nous.Le réportoire comprend une sélection judicieuse des oeuvres nouvelles et anciennes de la chanson française et de la chanson canadienne.Les arrangements vocaux, de Monsieur Viau.mériteraint plus qu'une simple mention.Souhaitons que Radio-Canada reprenne co programme des Harmonistes.MONTREAL.DECEMBRE 1949 PAGE TROIS GRETRY Le Molière de la Musique (JÇJcolldlioicition particulière de Robert CHAUMONT Deux pays se disputent la gloire de Grétry : la Belgique, où il est né et envers laquelle il nourrit toujours un vif amour et une fierté réelle, et la France qui le considère, non sans motifs, comme un des siens ; n'écrivit-il pas la plus grande partie de ses oeuvres sur des textes français ?Ses opéras sont d'inspiration française.Ne considérait-il pas Paris, où il vécut le plus longtemps, comme sa patrie morale et artistique ?Qu'importent ces controverses qui honorenl le génie de Grétry, l'un des joyaux de lu Musique dont l'éclat rayonne sur le monde entier, ^"*1'EST à Outre-Meuse, quartier populeux de liège, rue des Hécollets.que naissait le U lévrier 1741 André-Ernest-Modeste, second Ills de Françoi3-Pascal Grétry, premier violon à l'éqltse Saint-Martin.Celte naissance donnait au monde un musicien el apportait la paix à la famille, brouillée depuis le mariage de François Pascal avec une de ses élèves.La musique était depuis longtemps en honneur dans celle lamille L'aïeul des Grétry, fean-Noël.avait lormé un orchestre avec le seul concours de ses enfants ; les répétitions avaient lieu dans la cuisine de sa ferme, sise à Bolland, dans le hameau dit es Grétry', coin charmant ol pittoresque.On s'imagine que très jeune.André-Modeste fut initié à la musique, l'atavisme el l'ambiance aidant Son sens musical et Ba curloaité enfantine furent cause d'un accident qui eut pu êlre tragique Un après midi, le rythme gradué de l'eau en ebullition dans un pot de 1er attira son attenlion ; voulant connaître la raison de cette "musique", il s'empara du pot et l'échappa dans le leu de charbon 1res ardent, provoquant ainsi une explosion lormidable.Le petit André-Modeste fut atrocement brûlé, au point qu'il faillit en mourir, toute sa vie, il devra soullrir d'uno faiblesse de la vue, conséquence de cet accident.Après deux années à la campagne, André-Modeste rentrait à la rue des Récollets, pour commencer se» études, surtout ses études musicales.Son père décida de lui faire prendre des leçons de chant avec le maitre de chapelle de la Collégiale Saint-Denis.Il passa trois ans à cette école.En 1753, il entrait à l'institution nommée la Cigogne, où l'infâme et brutal lalhoau terrorisait 3e3 élèves; pendant cinq années, il subit on silence l'atmosphère d'inquisition et do cruauté sadique de ce maître.La sensibilité el la santé du jeune André se ressentirent de ces traitements, plutôt susceptibles de le dégoûter à jamais de la musique.Une mésaventure devait attirer l'attention de son père sur cette pénible situation.Un jour qu'il devait donner une audition comme soliste, un grand tremblement s'empara de lui et aucune note ne put sortir de sa gorge.Mis au courant des conditions terribles de l'institution, le père Grétry en relira son fils sur-le-champ Un autre accident pénible laillit compromettre de nouveau sa carrière musicale.André, très pieux et mystique, avait une dévotion, qu'il conserva toute sa vie.envers la Sainte-Vierge.Il lui demanda, lors de sa première communion, de le faire mourir s'il ne devait pas devenir honnête homme et grand musicien.Ce grand jour même, après les vêpres, il décida de grimper jusqu'au clocher pour voir les "cloches de bois" de l'église, mécanisme composé de planches que happaient de lourds martinets et qui remplaçaient les crécelles pendant la semaine sainte Le mainour voulut qu'une lourde pièce de bois .se détachât et le Irappât à la tête, le blessant profondément On le croyait mort et on le fit administrer.Ses premières paroles, lorsque revenu de son évanouissement, lurent pour affirmer sa détermination désormais irrévocable ."Puisque je ne suis pas mort, je serait honnête homme el bon musicien." VERS cette époque, une troupe de chanteurs italiens, dirigée par Resta et Festy, alla exécuter à Liège des opéras boulfes, des jongleries, des danses et, surtout de la musique Grâce à son père, qui étail premier violon de cette troupe.André put suivre toules les représentations.Ce lut pour lui une école incomparable et une influence heureuse et décisive sur sa vocation.Sous ie coup de l'enlhousiasme et de l'axaltalion son père décida de prendre sa revanche de l'échec subi par son fils à la Collégiale ; il résolut de le faire chanter en soliste à cette même église, et montrer au terrible falheau qu'on ne bafoue pas en vain un génie.Tout fut mis en oeuvre pour vaincre les résistances Enfin l'heureux jour arriva.Grand émoi sur la rue des Récollets toul le monde, lamille el voisins en beaux habits, envahirent 1 église, sous le coup d'une vive émotion.Le père Grétry exultait, et débordait de foi en son fils.Il avait raison.Après le silence sacré, les orgues préludent, et voici que s'élève une voix de cristal, d'une pureté séraphique qui remplit l'assistance d'un Irisson nouveau.L'élonnement et l'admiration étaient au comble, car jamais échos semblables n'avaient rempli la Collégiale L'a3sistance réprima un geste d'applaudissement, la maman pleurait de bonheur et le père triomphait Après la cérémonie, on se précipita pour féliciter le plus grand des primo gazone de Liège.Les directeurs du théâtre, qui avaient assisté à la messe, voulurent même inviter Monseigneur le Prince-Evêque et Messieurs les Chanoines, tous les petits chanteurs, el la lamille Grélry à assister à l'Opéra, en hommage au jeune chanleur.Hélas, on abusa du jeune prodige, au point que sa santé s'en ressentit Des hémorragies Iréquentes le lorcèrenl à ¦ A gauche, la maison de Grétry.à Liège.A droite.l'Opéra de Paris du temps de Grétry où il lit représenter la plupart de ses oeuvres.En haut de la page, le monument du célèbre compositeur, à Liège, dans le socle duquel est déposé le coeur du musicien.IPhofos: nOBV/VS, Liège, Belgique^ PAGE QUATRE LE PASSE TEMPS renoncer au chant : mais la carrière artistique du jeune homme n'en tut pas compromise, puisque déjà il manifestait des dispositions pour la composition.Aussi, son père le confia à Rennekin.un prolesseur alors célèbre et organiste à l'église Saint-Pierre, avec qui il travailla doux années Homme enthousiaste, et d'une grande conscience professionnelle, Rennekin Inculqua des données solides à son élève.Pour la luquo et la composition, le jeune Grétry fut conlié à Moreau, ami de son père et maitre de musiquo à l'église Saint-Paul Maitre plus sévère et intransigeant sur la discipline et la tradition, il lui interdisait même la transcription des idées musicales qui bouillonnaient dans sa téte.De sorte que André-Modeste devait écrire en cachette pas moins de six symphonies.Un ami du Jeune musicien, le chanoine de Harlez, les lit exécuter el lui suggéra même d'aller compléter ses études à Home, appuyant sa suggestion de sa bourse.Projet bien propre à tenter Grétry Après les préparatils.les recommandations des parents el des arrière-parents, la permission des chanoines, l'octroi d'une modeste bourse, voici le moment du départ arrivé C'était à la lin de mars 1759.• Ce voyage, qui fut toute une aventure pour le jeune homme, devait s'effectuer à pied, en compagnie d'un guide fort débrouillard, contrebandier de dentelle.i pour vêtements du culte, par surcroit, d'un jeune chirurgien et d'un jeune abbé, mais celui-ci, de frêle nature, dut rebrousser chemin.Comble de précaution, le grand-père Grétry munit son petit-lils de deux pistolets pour se détendre en cours de route L'arrivée ù Rome par la porte Porta del Popolo.dessinée par Michel-Ange, lut un prodigieux enchantement Enfin, les deux compagnons arrivent au Collège de Liège, maison construite en 1699 par Darchis.but de leur voyage, dans la crainte des querelles linguistiques, ce Collèqo avait été londô alin que tout Liégeoi3 parlant le Irançais puisse s y loger pendant cinq ans pour autant qu'il y entrât avant l'âge de trente ans Mais la grande surprise lut le changement de costume, car l'habit ecclésiastique y était de rigueur Aussitôt installé.André commença la visite des chels-d'oeuvrc dont la renommée hantait son esprit depuis longtemps 11 assistait à lous les oflices en musique et s'initiait aux oeuvres des maîtres de chapelle à la modo.Il ne fut pau sans remarquer avec étonnement.indignation presque, le caractère profane de la musique des ollices religieux, où se confondaient le plus souvent opéra et oratorio, avec des instruments très éloignés du caractère liturgique André n'admettait pas le genre théâtral pour le compositeur d'oeuvres religieuses, mais 3cul3 le contrepoint, la polyphonie A cette époque, tout était théâtral à Rome ; autsi André, leune.ardent, élégant, fut pris quelque peu dan3 le tourbillon de ses études, de ses explorations dans la cité antique, de la vie mondaine et sentimentale ; peu fort, il devait bientôt ressentir les eflets de cette activité débordante et de lu réaction du climat ardent sur ce fils du Nord.Il tomba gravement malade, au point que le médecin du Collège lui suggéra de se confesser pour le grand voyage.Mais les bons soins et la volonté du malade liront qu'au bout de deux mois, il était sur pied Pourtant, l'atmosphère de sa chambre n'était pas gaie ; André partagoait sa chambro avec son compagnon de voyage, le chirurgien dont il a été déjà question, et celui-ci avait transformé la pièce en véritable musée d'histoire naturelle Partout, encombrement de crâne3 et d'ossements Son compagnon, lorsqu'il vit André sauvé, ajouta : "Ah ' mon ami, l'ai perdu mon tibia.et si tu meurs, tu voudras bien me permettre." Grétry ne prisa pas la plaisanterie et invita son ami à chercher chambre el tibia ailleurs.André changea souvent de prolesseurs, se tassant vite de l'étude des lugues, des Conliteors, des Magnilicats en huit parties, des Quatuors, rêvant plutôt des mélodies ot surtout de théâtre Toutefois, ce sont les leçons du maitre Casali qui eurent la plus grande inlluence sur sa formation musicale Il admirait Pergolèse.mais ne put jamais le rencontrer, celui-ci ayant disparu à l'âge de 26 ans ; il put connaître Piccini que le jeune étudiant considérait comme un grand musicien.Mais Piccini.tout à l'oratorio qu'il était en train de composer lors de l'arrivée de Grétry, prêta peu d'attention au visiteur, qui fut quand même fort impressionné d'avoir vu un grand compositeur à l'oeuvre Aussitôt rentré chel lui, André veut imiter son idole, s'installe à sa table près de son clavecin, et commence à écrire ; mais quelle déception lorsqu'il tente de jouer ce qu'il venait d'écrire Ceci lui fit toucher du doigt ¦ Grétry faisant entendre son opéra Le Huron choz son protecteur, le comte de Creuts.envoyé de Suède à Paris.l'insuffisance de ses connaissances et le détermina à poursuivre avec plus d'acharnement encore ses études.Hélas, lo voici de nouveau obligé de prendre le ht.Seul dans le calme de sa chambre, il réfléchit et analysa son art.son tempérament, 3es goûls, sos ambitions; et il en vient à trouver co qui sera la clef de voûte de toutes ses oeuvres : la déclamation Voici que se présente une occasion lavorable ù son entrée dans la vie musicale de Rome, lors du Carnaval de 1765.Mécontents de leurs musiciens attitrés, les directeurs du théâtre Alberti lui avaient commandé un intermède, intitulé Les Vendangeuses, espèce de revue, avant le genre.Ce lut un véritable triomphe pour le jeune compositeur.Grétry gagna beaucoup aux leçons du Père Martini, remarquable compositeur franciscain, qui lui inculqua en particulier les règles du chant polyphonique el 1 importance de la ligne mélodique, il dut en partie à co maitre son entrée à l'Académie des Phil harmonistes de Bologne C'esl vers ce temps qu'il écrivit des morceaux pour un original milord anglais, Weiss, amateur de la llûte traversière, qui lui conseilla de se rendre à Genève, où il verrait à lui assurer une rente et des leçons.André accepta avec empressement, car c'était là une première étape pour Paris, capitale des Arts, ou il rêvait de laire consacrer son talent.Sa décision lut inlluoncée encore par la séduction de la musique fraîche et naturelle de Monsigny.Un ami, attaché à l'ambassade de France, lui avait remis la partition de /rose et Colas.Dès lors, follement épris de l'opéra-comique français, Grétry y discerna là sa vocation, el rien ne pouvait le retenir plus longlemps à Rome, qu'il quittait pour toujours, en 1767.SON SEJOUR DE HUIT ANNEES A ROME avait développé le jeune Liégeois sous tous les rapports, personnalité, connaissances, goût.De la musique italienne du théâtre, il était devenu un connaisseur,, un critique averti même.C'est donc un jeune homme de 26 ans débordant d'enthousiasme, déjà lier de lui-même, que la diligence conduit à Genève.Dès son arrivée, Wei3s lui facilite les entrées dans les meilleures familles, au sein desquelles, il trouve plus d'élèves qu'il désire.Pour la première lois, il assista à des opéras-comiques en fSuile à la page dix-neuf; Nous devons les photos do cet article ct une grande partie de la documentation à M.Ch.Radoux Rogier, lc distingué conservateur du Musée Grétry, à Liège, el à M.Maurice Silberstein.directeur du mouvement Québec-Wallonie.Notre vive gratitude leur est acquise.MONTREAL.DECEMBRE 1949 PAGE CINQ J.-J.GAGNIER ¦ Le maître, à l'âge de 14 ans.alors qu'il jouait au célèbre parc Sohmer.IN MEMOR1AM agniet LE MONDE MUSICAL a appris avec consternation la mort de M.J.-J.GAGNIER.D.Mus.Retenu au Pavillon Le Royer depuis quelques mois, il succombait, le 16 septembre, des suites d'une allection cardiaque.11 laisse pour déplorer sa perte, outre de nombreux parents et amis, une foule de jeunes musiciens qu'il a.à maintes reprises, encouragés et dirigés de ses conseils et de son expérience./.-/.Gagnier appartenait à une famille qui a fourni pjusieurs musiciens au Canada.Lui-même, avant de devenir chel d'orchestre, passait pour un clarinettiste accompli et un compositeur sérieux.Né a une époque où l'on se faisait fort de négliger les études musicales, sous prétexte de sadvegarder la personnalité, il passa outre à ces vieux préjugés et se livra à l'étude de l'harmonie, du contrepoint, de la fugue et de l'orchestration.Aussi ne peut-on lui reprocher, comme à tant d'autres de ses devanciers, un manque de métier qui a souvent paralysé l'effort musical de nos précurseurs.Avant de devenir chef d'orchestre et directeur musical à Radio-Canada, il avait fait ses débuts au podium avec la fanlare du Parc Sohmer, et dirigea pendant plusieurs années le merveilleux ensemble des Grenadier Guards.Invité comme chef d'orchestre dans les plus grandes villes américaines, il sut toujours taire honneur à ceux qu il représentait.J.-J.Gagnier a laissé, pour survivre à sa mémoire, un oeuvre musical considérable dont la majeuie partie comprend des Poèmes Symphonigues : Le Vent dans l'Erable Effeuillé, Pan au Pieds de Chèvres, Tritons et Sirènes, Pyrame et Thisbé, Pastiches anciens.Envolée mystique, Croquis Madelinots, etc.Couleur de l'orchestration, imagination alerte, sensibilité attachante, tendance vers l'impressionisme, telles sont les qualités qu'une analyse sommaire ferait découvrir dans l'oeuvre de cet artiste.L'orchestration n'avait plus de secrets pour lui, c'était son instrument d'adoption.U en avait inventorié toutes les possibilités et ses partitions resteront des modèles où retrouver l'expression juste, la science orchestrale infaillible, le souci de la perfection poussé jusqu'aux derniers détails.Excellent musicien, J.-J.Gagnier se doublait d'un humaniste achevé.11 avait lu à peu près tout le répertoire classigue, les oeuvres littéraires contemporaines et il suffisait de causer quelques instants avec lui pour se faire une juste idée de sa haute culture.Aussi, n'est-il pas surprenant de constater qu'il ait.dans ses heures de loisir, sacrifié aux muses et laissé en préparation un recueil de poésies : "Harmoniques".UN des grands mérites de J.-J.Gagnier c'est d'avoir encouragé et aidé la diffusion de la musigue canadienne.Convaincu gue nos musiciens ne sortiraient pas des langes aussi longtemps gu'ils n'entendront pas leurs oeuvres exécutées, il s'était lait un devoir de présenter à chacun de ses concerts une oeuvre écrite par l'un des nôtres.Son initiative ne tarda pas à produire d'heureux résultats.Plusieurs seraient encore dans l'ombre s'ils n'avaient reçu de ce maître le coup de pouce qui les a foncés presque malgré eux dans la voie des grandes réalisations.Ce grand musicien est mort mais son souvenir n'est pas près de s'effacer.U restera pour ceux qui l'ont connu, comme un exemple de travail consciencieux et tenace.Abstraction laite du musicien, il représentera le type de l'homme charmant et délicat dont on recherche particulièrement la compagnie.Avec J.-J.Gagnier disparaît une grande figure du monde artistigue et ce n'est pas sans un serrement de coeur qu'on évoque J'image de ce grand disparu.Maurice DELA.PAGE SIX LE PASSE-TEMPS La magnifique Salle des Compagnons ¦ Où peut on goûter plui pleinement un spectacle théâtral que dans la coquette salle dea Comnngnons.aise ruo Sherbrooke, coin Delorimier ?On y trouve une ambiance rare, un climat infiniment propice aux délectations des fervents du Théâtre, du vrai Théâtre que les Compagnons hissont de nouveau à un degré d'excellonce inusité au pays.Que dire des interprètes dont le talent, la ferveur artistique et la sincérité imprègnent chacun des spectacles d'un sens profond et d'une émotion.Si vous êtes un assidu des spectacles des Compagnons, point n est besoin d'insister.Dans la négative, qu'attendez-vous?Ce sera pour vous une découverte, une révélation dont vous vous féliciterez .chaudement.D'accès facile, confortable, d'acoustique parfaite, en plus d'être un centre culturel de première importance chez nous, co théâtre requiert votre présence.Où en est la musique française ?par J.G.DEMOMBYNES, D.Mus.La critique a protesté de façon unanime contre la sévérité du jugement exprimé dans mon Histoire de la Musique Française (Payot, Paris, 1946.écrit en 1942-43) au sujet de la trop Iréquente vulgarité de l'inspiration des compositeur contemporains Dois-je réviser mon jugement, après ce recul de quelques années qui donnt plus de perspective, et laire mon mea culpa ?Ou plutôt une mise au point ?J'appartiens à une génération qui, après avoir reçu le grand choc wagnérien ct le message mystique de César Franck, avait étanché tous ses raffinements dans les luite3 évanescentes des sonorités debus-syistes el les subtilités raveliennes .Entre le sublime el l'exquis, il semblait no plu3 y avoir de place pour une pâmoison musicale.Or de nouvelles tendances se manifestaient, el cela dès ma jeunesse, au temps de la première guerre mondiale en particulier cello du groupe des Six (Milhaud, Poulenc, Honegger, Aune, Durey et Germain Taillelerre) dont trois au moins étaient de très grands musiciens, Us réagissaient précisément contre le sublime el cotnre l'exquis, contre l'emphase sentimentale, contre le ralliné, le voluptueux, l'estompé.Ils paraissaient n'olfrir en échange qu'un tapage brutal qui se voulait dynamique, et dans leur vitalité encore assez indiscrète, ils ne réalisaient que des protestations à l'eniporte-pièce, avec des moyens trop gros (syncope de jazz, bitonalité et polytonalité) qui évoquaient plutôt une musique de foire qu'une continuation de l'extraordinaire essor de la musique françaUo enlie 1871 et 1914.Cependant les tendances nouvelles s'avéraient lécondes : la bilonalité s'imposait avec Emile Damais, avec Jean Carlan (disparu si tôt .auteur d'un magnifique "Second Quatuor") ; la polytonalité la plus complexe avec Darius Milhaud.dont le langage nous paraît très clair aujourd'hui.D'autres compositeurs originaux, comme Jacques ibert et Claude Delvincoutt.créaient des édifices sonores souvent difficiles à mesurer du regard, mais fortoment dessinés : l'Homme reçoit d'Apollon la lyre, et la musique nait sous ses doigts.les pierres se meuvent, s'unissent, et l'architecture nait de la musique.Peu académique, cette architecture mu 3icale, mais dune intelligence propre à illuminer des pléiades de icunes musiciens.S'il n'y avait là que science et qu'habileté d'écriture et d'orchestration, on serait cn droit de déplorer un abus souvent agressif de la dissonance ; mais il y a parfois, sous un vocabulaire encore rocailleux, une personnalité qui se plie mal aux concessions opportunistes de la mode II y a des compositeurs qui travaillent sans hâte et sans souci du succès immédiat, qui gardent l'idéal égoïste et nécessaire de se satisfaite eux-mêmes plutôt que de flatter le snobismo du public d'avant-gardo Certains même ont une austérité peu moderne (Paui Dupin.François Berthol).et se souviennent que pour nous toucher, ils ne doivent pas laisser la technique étouffer leur sensibilité.C'est ainsi qu'Henri Sauguet.au dernier acte de la Chartreuse de Parme, nous donne l'impression du naturel et de la puissance.Son exemple, panni d'autres, prouve une fols de plus que la valeur musicale ne réside pas seulement dans la maîtrise du métier ni même la sûreté du goût esthétique ! elle est fonction, en outre, d'une qualité plus rare, d'ordre moral : une conscience professionnelle où l'homme, derrière les )eux de l'artiste, exprime de grandes idées avec la ferveur d'une âme généreuse.loan GAUDEFROY-DEMOMBYNES.POEME INEDIT Qu'ils sont beaux.en fin d'été les nuages d'automne ' Leur clémence est pa teille à celle des douces mains qui se posent sur les fionts enfiévrés Ils sont semblables aussi au voile léqer qui.sur l'entant endormi.est à peine jeté ! QU'ILS SONT BEAUX en lin d'été les nuages d'aufomne /.quand Us versent la sérénité au coeur des hommes, par hop de clarté, éblouis ' Quand ils dominent les âmes tout heureuses encore des joies qu'elles ont bues a lonqs traits au lil de l'ardente saison, ainsi qu'Us déroulent à l'Infini au-dessus des vaques, par le vent, soulevées leur rougeoyant tapis.GABRIELLE RAIZENNE.MONTREAL.DECEMBRE 1949 PAGE SEPT MOLSON Une famille qui a beaucoup lait pour la musique et les arts TL Y A QUELQUE CENT ANS.le centre de la vie culturelle el «I- théâtrale à Montréal était l'endroit où se trouve aujourd'hui le marché Bonsecours, C'est là que se trouvait le théâtre Royal, londé en 1825 par un groupe de citoyens ayant à leur lêto John Molson, qui devint le seul propriétaire du théâtre en 1839.John Molson n'en était pas à sa première londation depuis qu'il était venu au pays en 1782, à l'âge de 18 ans.A peine quatre ans après son arrivée, il avait lancé la brasserie qui porte encore son nom, el qui célébrait ces jours derniers une autre étape en dévoilant un barillet d'argenl pour commémorer le millionième baril de bière brassée au cours d une année".C'est là un record de production jamais atteint au Canada par une seule el même brasserie.Cela est loin des modestes débuts, quand en 1786, John Molson acheta d'abord huit boisseaux d'orge, dont il tira assez de bière pour servir 70 tamilles.A cette époque.Montréal comptait à peine 9.000 âmes, la rue Saint-Paul était la grande artère commerciale el le quartier chic se Irouvail au nord, rue Notre-Dame.Deux cent cinquante-huit barils de bière étaient alors une production considérable, mais le londateur était constamment obligé d'accroître la production Cent ans après, celle-ci élait montée à 21,750 baiils; en 1907, ello était de 43 908 barils, el en 1911.de 109,155 barils C'étail un succès enviable après 125 ans.mais dans les 38 années qui ont suivi, ce chillre a été décuplé pour atteindre le million de barils en un an Les ateliers, les bureaux el les entrepôts de la compagnie — qui couvrent une superficie de sept acres — sont le témoignage d'un essor constamment vigoureux.On a récemment installé un atelier d'embouteillage ullra-moderne et l'on procède à l'heure actuelle à d'autres améliorations et agrandissements.LA brasserie Molson appartient encore à In même famille, une lamille qui possède à un degré rare le sens de ses responsabilités civiques et sociales.Les Molson ont toujours été conscients — et activement conscients — de faire partie de la collectivité montréalaise et québécoise.Leurs entreprises ont grandi avec celte collectivité et ils onl toujours reconnu la dette qu'ils lui devaient.Notons par exemple l'inspiration toute canadienne de la publicité de cette maison dans les journaux ! elle évoque notre passé, souligne nos réalisations artistiques et musicales, montre les progrès accomplis dans le domaine économique et indique la voie ouverte vers I avenir L'esprit lamilial traditionnel du Québec lleurit a la compagnie Molson.qui compte 1.500 employés et distributeurs.Le personnel de la brasserie proprement dil possède sa propre association, le Curlew Club", un centre récréalil où ils prennent repas el collations à bon marché, son "Club Quart de Siècle" qui groupe les employés de 25 ans de services et plus, son service de sanlé, son service dentaire, son service de visites à domicile par de3 infirmières diplômées, un système d'assurance collective, une caisse de retraite, un programme de prévention des accidents.Les relations entre la direction et ls employés chez Molson s'inspirent de cet esprit de collabora-lion qui rend possibles, dans le bien-être et lharmonie.des records de production tels que le "million de barils en un an".En 1809, John Mol3on avait lancé le premier navire à vapeur construit au Canada.I' "Accommodation", le premier aussi à naviguer sur le Saint-Laurent.Au boul de quelques années, ce vaisseau étail devenu une véritable Hotte.L'entreprenant John Molson lui l'un des animateurs des plus actifs de la compagnie qui.en 1837, construisit le premier "chemin de 1er" canadien les quelques milles de rails de bois qui relièrent Laprairie à Saint-Jean.Jl fut président de la Banque de Montréal de 1826 à 1830 (ses deux lils.John et William, devaient fonder plus tard la Banque Molson, absorbée en 1925 par la Banque de Montréal) el en 1820, il organisa une souscription publique pour la construction de l'Hôpital Général • /"I ET homme si aclil dans les aflaires et les initiatives civiques ne devait pas rester étranger au mouvement culturel.En 1825, alors que Montréal complaît 31.000 habitants, on n'y avait pels encore de théâtre régulier Les récils de voyageurs, des annonces de journaux et de vieux programmes montrent que l'on utilisait jusque-là des salles publiques et des halls d'hôtels pour les représentations théâtrales.C'est ainsi qu'on vit le théâtre du notaire Foucher en 1774, ol celui du lieutenant Basile Proulx en 1787, tandis qu'un cercle de citoyens commandita le Théâtre de la Société en 1789; celui-ci présentait principalement les pièces de l'un de3 commanditaires, M.Joseph Quesnel.En 1808.on translorma un grand magasin en salle de théâtre, où des troupes américaines venaient de temps à autre donner des pièces.Mais lo théâtre Royal de John Molson fut la première salle permanente construite à Montréal.L'immeuble était modeste — il avait coûté $37,000 — mais avec sa façade ornée Photos Studio MILLAR.Montréal ¦ En 1786.John Molson fonda à Montréal la brasserie qui porte encore son nom.Deux de ses fils londèrent la Banque Molson, dont nous voyons ici deux billets.La Banque Molson lut absorbée en 1925 par la Banque de Montréal, institution dont John Molson fut le président de 1826 à 1830.¦ Vignette du haut : A la Brasserie Molson.ce mois-ci.on a dévoilé un barillet d'argent qui commémore le millionième baril de bière brassée au cours d'une année, production jamais atteinte par un même établissement au pays.Assis près du barillet commémoratil.le président de la brasserie M.Herbert W.Molson.Debout, de gauche à droite : MM.F.Stuart Molson.assistant du secretaire .* T.H.P.Molson, vice-président ; John Molson.vice-président, et H.de M.Molson.secrétaire.PAGE HUIT LE PASSE TEMPS de colonnes doriques, il avail lort bel aspect.En août 1843.une troupe venue de Paris y présenta les opéras Irançais les plus récents.L'année précédente, le grand auteur Charles Dickens s'y était produit avec sa troupe d'acteurs anglais.En 1844, le théâtre Royal lut démoli pour laire place au marché Bonsecours.MAIS le mouvement culturel lancé par John Molson a survécu.El l'histoire prouve que la lamille Molson a toujours encouragé les arts.Encore aujourd'hui, nombre des plus belles représentations dramatiques el musicales données à Montréal se déroulent au Stade Molson, cel amphithéâtre ollcrt par la lamille à l'Université McGill pour 1er.manifestations sportives et artistiques on plein air.Une autre initiative de la compagnie Molson est l'encouragement et l'appui pécuniaire qu'ello apporte aux Ianlares de plus de soixante municipalités de la province de Québec.Grâce à l'initiative de M.Edgar Genest, le gérant des ventes de la compagnie Molson, on a assisté à uno véritable résurrection des corps de musique.En 1932, il y avait à peine une douzaine de Ianlares dans la province, il ne se vendait à peu près plus d'instruments à vents et un grand magasin do musique de Montréal songeait même à liquider le peu d instruments qu'il avait en stock Aujourd'hui, à peine 17 ans après, le nombre des Ianlares dépasse la soixantaine el lo même magasin possède un rayon d'instruments à vent très florissant En montrant de la générosité aux corps de musique, la société Molson a incité nombre de conseils municipaux à suivre son exemple, avec ce résultai magnifique qu'aujourd'hui, des milliers de citoyens peuvent non seulement écouter à la radio, mais faire eux-mêmes de la musique on consacrant leurs loisirs à ce passe-temps colloctil merveilleux que constitue une fanfare.Qui ne se rappelle les magnifiques "Concerts Canadiens" qui permettaient à des milliers d'auditeurs de goûter les chefs-d'œuvre de la musique interprétés par nos meilleurs artistes ?Cette année, variant la formule.le Théâtre lyrique Molson" présentera à la radio, les lundis soir à neuf heures, des opéras, opéras-comiques et opérettes les plus populaires Mention doit êtro laite des "Nouvelles de Chez Mous" avec lo sympathique Albert Duquesne el du vibrant "Bonsoir, les sportifs ! " du populaire commentateur Zotiquo LeBpérance.Encouragement à la musique et aux arts ! — telle est donc la devise de cette institution qui n'a cessé de progresser depuis sa fondation il y a 163 ans ON peut se demander si fohn Molson, alors qu'il changeait la tunique d'étoffe du pays et la tuque bleue qu'il portait souvent à l'usine pour des vêlements plus européens afin d'aller assister â une représentation à son théâtre Royal, prévoyait qu'un jour son entreprise atteindrait une telle ampleur Prévoyait-il que cent an3 plus tard, au delà de la rivière qui s'appelle maintenant la rue Craig, il y aurait un State Molson.une avenue Molson et un Parc Molson ' Savait-il que des appareils mystérieux dilfuseraient un jour à travers les airs la voix des reporters Molson et celle des concerts Molson ?Chez un homme comme lui, débordant d'initiative et l'esprit toujours plein d idées pour laire progresser 3on entreprise ot sa ville, il y a lieu de penser qu'en effet, il avait pressenti le vingtième siècle 1/AGORA MUSICAL par MAURICE DELA, L.Mus.Le "Passe-Temps" compte déjà au nombre de ses rubriques un Forum Pianistique, el il semblerait oiseux d'ouvrir une rubrique-soeur.Celle-ci est destinée aux jeunes musiciens et musiciennes, que les études théoriques musicales passionnent et qui ne peuvent se payer le luxe d'un professeur-guide dans des études parfois remplies d'embûches.Si elles sont intelligibles el signées, vos questions recevront un accueil favorable.J'essaierai de trouver la solution juste à vos problèmes relevant du domaine de l'harmonie, du contrepoint, de la fugue, de 1'orchesfrafion, de la composition musicaJe, et susceptibles d'intéresser un grand nombre de lecteurs.Et voici.l'Agora est ouvert.Q."J'étudie l'orchestration en amateur et un musicien à qui i'ai montré une de mes réalisations m'a répondu sans commentaire que c'était une orchestration lourde.De quoi peut-il s'agir au juste ?" — V.L.Montréal.R.Pour répondre d'une manière exhaustive, il me faudrait parcourir l'oeuvre en question.Cependant, une orchestration lourde l'est toujours pour une des raisons suivantes : la mauvaise répartition des notes-clef3 d'un accord ; 1 a surcharge des basses (contrebasse, violoncelle et basson à l'unisson) ; l'emploi insolite et immodéré des timbales ou encore un décalque trop servile d'une oeuvre conçue pour piano.Vériliez votre copie el peut-être y trouverez-vous un des délauts ci-haut mentionnés.Si non.revenez avec votre copie.D."Qu'entend-on en harmonie par notes modales 7 " — R.J„ Sherbrooke.P.Q.R.A question brève, brève réponse.Puisque nous parlons harmonie, écartons la question des anciens modes grecs et disons que dans tout accord, il n'y a qu'uno note modale : la tierce.Dans l'exemple élémentaire do.mi, sol, le mi sert de note modale Altérez le ml.et automatiquement vous changez le mode.C'est décevant tellement cest simple et pourtant ce sonl de semblables bagatelles qui nous creusent parfois les méninges Q."fe viens de terminer un cours d'harmonie.Croyes-vous quo j'aurais profit à aborder l'étude du contrepoint ?" — M.R.Trois-Rivières.R Quelle que soit la carrière musicale que vou3 envisagiez, l'élude du contrepoint vou3 sera toujours profitable Si vous rêvez de devenir compositeur ou organiste, il vous est indispensable et vous devriez même songer à des études plus poussées.Le temps n'est plus de ne tabler que sur un minimum S.vous vous destinez à la carrière de pianiste-virtuose, et si le temps vous est mesuré, il vaut mieux négliger les matières connexes à votre art, et consacrer tous vos loisirs à votre instrument.Il est malheureux que dans un pays comme le nôtre il faille tou- jours courir au plu3 pressé et négliger un complément très utile.Au reste, consolez-vous à l'idée que, plus tard, vous pourrez reprendre ce que vous avez momentanément délaissé.Q."En écrivant une chanson, faut-il attacher beaucoup d'importance à l'accentuation des mots et comment obtenir une bonne prosodie ?" — R.P., Montréal.R.Aujourd'hui, je répondrai à la première partie de votre question Un long article sur la prosodie ne ferait que circonvenir le sujet.Ce serait un beau thème à développer.Oui, il faut attacher une très grande importance à l'accentuation des mots.Avec un texte latin ou anglais, un bon dictionnaire, c'est tout ce qu'il vous faut En français, c'est plus simple et la règle s'énonce ainsi : l'accent tonique tombe touiours sur la dernière syllabe sonore d'un mot : sagesse, décor, chansonnette Mais voilà.11 y a, en Irançais, les malheureuses syllabes muettes qui n'ont pas fini de jouer de mauvais tours aux chansonniers.Je me souviens d'un cantique entendu récemment "Ah ! que n'ai-je de3 ailes ! " Sur une échelle de triolets, le mot aile montait, montait, pour finir dans l'aigu avec un majestueux "le".Pour une fois, les dites ailes n'avaient d'autre fonction que de nous retenir brutalement au sol.C'esl un lait banal, vous me direz, ot qui ne prouve rien.Mais si.Il arrive qu'on dénature, par une mauvaise accentuation de3 mots, la portée d'un texte, et de là au ridicule, il n'y a qu'un pas.Adressez comme suit : L'Agora Musical, a s Le Passe-Temps, 218 ouest, rue Notre-Dame, Montréal 1.Canada.Le Forum Pianistique, tenu avec tant d'autorité par M.MAURICE DUMESNIL, D Mus, reprendra dès la prochaine livraison du Passe-Temps.MONTREAL.DECEMBRE 1949 PAGE NEUF ¦ Bien avant l'enregistrement du cylindre de phono par Edison, un Français du nom de Léon Scott avait effectivement réussi, en 1857, à enregistrer la voix humaine, mais il lui lut impossible de la teproduire ensuite.¦ L'ancien nom de /an/are en Angleterre était "bruif" (noise); en France, on donnait le nom de "bande" aux "vingte-quartre violons" de Louis XIV.¦ Inventé vers 1840 par le fabricant d'instruments de musique belge, Adolphe Sax, le saxophone lut d'abord utilisé par Meyerbeer et Ambroise Thomas, et plus tard, par Strauss dans sa "Symphonie domestique".Les trombones à l'orchestre turent introduits par Gluck.¦ Hans Gruber, chet de l'orchestre de Victoria, en Colombie canadien ne, n'a que vingt-trois ans.C'est la première année que cet orchestre est formé de musiciens de profession.¦ Le directeur musical d'une des plus importantes maisons d'éditions musicales de Londres n'accepte que dix à douze compositions sur le millier qu'il juge dans une année.¦ On esfime que plus de dix millions d'audifeurs suivent l'émission du samedi après-midi du Metropolitan Opera .et qu'entre cinq à sept millions écoutent régulièrement les concerts du dimanche après-midi de le Philharmonique de New-York.¦ Il ne taut jamais placer le piano près d'un calorifère, d'une bouche d'air chaud ou d'un loyer.Pour obtenir un meilleur rendement et prolonger la durée de votre piano, confiez-en le soin à période régulière à un spécialiste compétent.Ne vous liez pas au premier venu.¦ Dans l'aménagement de voire coin de musique, de voire salle de cours, prévoyez l'emplacement d'un appareil de télévision, plus difficile à placer qu'un appareil de radio, à cause de la visibilité.¦ En visile, le savoir-faire common de de ne pas jouer avec le radio, pas plus qu'on ne se permet de fouiller dans la bibliothèque ou dans les armoires de votre hôte.U est très disgracieux d'imposer son programme lavori à tous les invités, chez soi ou ailleurs.¦ Au début du siècle, la musigue moderne était celle de Strauss, Debussy.Sibelius, qu'on trouvait bien étrange.Et pourtant, aujourd'hui.¦ La harpe possède quarante-sept cordes, soit six octaves et demi, correspondant à la portée des notes blanches du piano.Les pédales, qui triplent l'étendue de se rëqistre, turent inventées en 1810 par Sébastien Erard, un lacteut de piano de Paris.Une harpe peut couler plus de $4,000.n C'est Arcangelo Corelli qui le premier composa pour le violon, ouvrant ainsi la route à l'extiaordinaire Vivaldi, dont Sébastien Bach admirait un certain concerto jusqu'à le transcrire pour l'orque.¦ Granados petit à la suite d"une attaque sous-marine dans la Manche, pendant la guerre de 1914.Chausson tut tué dans un accident de bicyclette.¦ En 1901, Montréal est venu bien près d'avoir la légendaire salle de concerts dont on parle encore.Le Dr Harriss.du McGill.proposa de prélever la somme de cent cinquante mille dollars à cette lin.répartie en actions à vie de cent dollars chacune.Un chroniqueur du temps notait gu'un pareil projet ne se "réalisait pas en un mois" ef qu'il Iallait réfléchir.Tout de même, près d'un demi-siècle de réflexion, c'est un record.¦ De passage en France, Rossini apprit qu'un groupe d'admirateurs riches se proposaient de laire ériger une statue en son honneur.Apprenant que le coût serait d'environ dix millions de francs.Rossini, traversant alors une crise financière, s'écria : "Pour cinq millions, je me tiendrais moi-même sur le piédestal." ¦ Les temmes de peine, qui nettoient le Carnegie Hall, gagnent plus d'argent que les compositeurs qu'on y joue.¦ Arthur Nikisch, le fameux chef d'orchestre, était l'objet de l'admiration populaire partout où il passait.Sur la rue.ses admiratrices lui embrassaient la main, et elles le sollicitaient de leur donner une mèche de ses cheveux.A cela, il répondait toujours affirmativement et envoyait par la poste quelques cheveux."A ce compte, lui dit un ami, vous serez vile chauve".— "Pas moi.de s'écrier Nikisch en souriant, mais mon chien I " ¦ fl esf éfrange qu'en Europe les compositeurs de musique symphonique s'inspirent de thèmes déjà familiers au peuple, tandis qu'en Amérique, on préfère inventer des thèmes qui mystifient ou déroutent même l'auditeur le plus blasé.Parfois il semble surtout ne s'agir que de couvrir tous les autres bruits.¦ L'an dernier, on a inscrit des droits d'auteur sur 63,267 composi tions musicales, aux Etats-Unis, soif huif fois plus que le nombre des droits inscrits pour des livres.¦ Savez-vous que la flûte tire son nom d'une petite anquille de la Sicile, qui a sept marques ressemblant à des trous le long du dos, et qu'on appelle "fluta" en latin.¦ La vogue de la musique espagnole a pris naissance à la représentation de "Carmen".du compositeur français Bizet, en 1876.¦ C'esf une éfrange coïncidence que de retrouver dans les poèmes de Poe une tristesse similaire à celle de la musique de Chopin et que tous deux soient nés et morts dans les mêmes années, 1809-1849.¦ Le chant des bateliers de la Volga est considéré comme le chant de folklore le plus répandu à travers le monde.¦ Guillaume Couture, une des vraies grandes ligures de notre monde musical, était maitre de chapelle à Sainte-Brigitte dès l'âge de treize ans ; et remplit les mêmes fondions à l'église Saint-lacques entre sa quinzième et sa vinat-etunième année, alors qu'il décida d'aller à Paris.¦ fl semble que c'est Saint-Saëns qui écrivit le premier de la musique d'atmosphère pour un lilm.C'était en 1908.pour le lilm "L'assassinat du duc de Guise".C'est encore à la musique de Saint-Saëns que Hugo Riesenfeld et Sigmund Spaeth eurent recours pour le premier tilm silencieux synchronise avec la musique : en arrangeant "Le Cygne", en 1916.INSTITUT GENEALOGIQUE DROUIN PAGE DIX LE PASSE-TEMPS 95 POUR L'EXAMEN DE VOTRE VUE Diplômé de l'université de Montrée! PRESCRIPTION DES VERRES SPEC IALISTE OPTOMETRISTRE-OPTICIEN S76I.SAINT-HUBERT 330, RUE SAINT-GEORGES CA.7816 ST-JEROME - TEL.171 Téléphone.AMherst 4488 C o 4P FLEURISTE Bouquets de Mariée Tributs Floraux 1654 est, rue Sainte-Catherine (Coin Champlain) NOUVEAU STUDIO : 7150 tue ST-HUBERT.coin Jean-Talon Lisez et faites lire "LE PASSE-TEMPS" ROGER FILIATRAULT du Conservatoire Royal do Musique de Bruxelles et du Conservatoire National de Paris Enseignement scientifique de l'art vocal basé sur l'Emission Physiologique d'après les données du Docteur Wicart de Paris Professeur Ecole Supérieure de Musique d'Outremont Professeur Ecole de Musique Université d'Ottawa Professeur Ecole Normale de Musique Institut Pédagogique OSWALD MICHAUD Accordeur de pianos pour l'élite des musiciens — Professeur d'acoustique à l'Université de Montréal Accordeur à Radio-Canada — Inventeur du piano magnétique SONOBEL PIANOS REMIS A NEUF 3818 Girouard MONTREAL WA.6423 dLBUM MUSICrtL DU passe-^[emps DECEMBRE 1949 No 923 NUIT D'ETE, Paroles et musique de J.-J.GAGNIER.Un poème d'une grande sensibilité de celui dont le monde musical pleure la perte.Cette mélodie illustre une autre facette des mh".ttilenlit de ce grand musicien de ches nous, LE PONT, paroles de Jacqueline FRANCOEUR, musique d'Albert VIAU.C'est là un des succès à la radio el u la scène de cet artiste lyrique, qui se révêle ici un excellent compositeur el harmonisa teur.QUEL BONHEUR D'ETRE DEUX ! One-step chanté.Paroles de André CHENAL, musiquo de Albert Lucien DOYEN.Une chanson susceptible de remuer bien ries coeurs et qui connaîtra sûremont un grand succès ici.Très convenable on tout temps, mais surtout pour les noces, les anniversaires de mariage, etc.LA BOURBONNAISE, gavotte F.COUPERIN.Les fameux Pianos KRANicH e Bach sont maintenant en vente ii".' Archambault ACAJOU $795.00 NOYER $815.00 (banc en plus) Ce merveilleux piano américain est mairlenanl labrique au Canada et vendu à nos rayons.C'esl un instrument de grande classa, d'une richesse de son vraiment incomparable.500 est.rue Sainte-Catherine MA.6201 ¦ Le Magasin de Musique ic pius Complet au Canada MONTREAL.DECEMBRE 1949 PAGE ONZE INEDIT NUIT D'ÉTÉ Molto moderato.Paroles et musique de J.-J.GAGNIER j j : ; j La bri- se chante u - ae ohan- P — Q 3* Lee é-toi-les, lu-ci-o -les des oieax, r1» jjj subito Copyright U.S.A.& Canada MCMXUX — International Rights secured by Les Editions du Posse Temps.Inc., Montieal.Canada PAGE DOUZE LE PASSE TEMPS ¦V nn ri f g g r Dee rê - vee d oi t i 9 t r.nuit.but vous, sur aoil MONTREAL, DECEMBRE 1940 PAGE TREIZE //V£D/r Paroles de Jacqueline FRANCOEUR ( J = M) LE PONT Musique de Albert VIAU «T-T '— '—'— J 7 Larghetto ( J=76) Ceet un mer-veil-leui pe - nt pont Flâ - nanl par-des-sus la ri _ vie —rei On l'a ba — tl tout en bc*B rond Et peint a - vec de la lu - miè — re.-g suivez rai) F'ne- Poco più ariimato ( =84) 1 1 i u r r r f j } j* ___„ -k- M-m r f—f—f* _.«m_1 Il n'a que Bep> mo — tree de long, -1- ' r f f f m vl-iit» J'y vi .'vrais l'an — nei » en — n; ; ; v TTTl -t»- Copyrigh! U.S.A.& Canada.1949 — Inl»martoaal RighlB ¦•curod by let Editions du Faai^Tvmpfl.Inc.HooixéoL Canada. tie - ro 1 C'est un mer-veil - leux pe - tit pon r f f p C'est un mer-veil - leux pe - Ut pont r na til i ) 7t m ^joco prn iVnro (recitative) Le fil lui — tant de l'eau rail.r\ jU|«-_«-_J_J> mtfÎi, f p p nr tit r 'tie.rompt Au pied de son ar
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