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Titre :
Le passe-temps
Le Passe-temps est une revue culturelle qui présente principalement un contenu musical. [...]

La revue Le Passe-temps paraît à Montréal du 2 février 1895 au mois de décembre 1949, malgré une interruption de 1935 à 1944. Passionné de musique et imprimeur de métier, son fondateur, Joseph-Émilio-Sibert Bélair (1865-1933), est l'inventeur d'un procédé de gravure qui permet de reproduire des partitions à un coût minime. Son décès en 1933 entraîne une première cessation de parution du Passe-temps pendant quelques mois.

Publiée deux fois par mois pendant les premières années, la revue devient mensuelle en 1924. De 2500 en 1910, son tirage passe en 1920 à 10 000 exemplaires, distribués principalement au Canada et aux États-Unis. Les revenus de la revue proviennent non seulement des abonnements, mais aussi des annonces publicitaires. Des journalistes réputés comme Lorenzo Prince et Gustave Comte feront partie de l'équipe de rédaction du Passe-temps.

Le contenu de la revue change au cours des années. Pour l'essentiel, Le Passe-temps vise à rendre compte de la vie culturelle montréalaise en traitant de sujets variés, comme en témoigne d'ailleurs son sous-titre, « Littérature, musique, théâtre, mode, sport ». À cette dimension culturelle s'ajoutent quelques actualités politiques, des renseignements pratiques, comme des recettes de cuisine ou des conseils à la ménagère, de même qu'une section « Divertissements », qui propose des jeux d'échecs, des charades, des histoires drôles, des devinettes, etc.

Dès 1896, le sport est retranché du contenu et remplacé par les « Mondanités », mieux adaptées au lectorat de la revue, sans doute en majorité féminin. En 1898, Le Passe-temps se transforme à nouveau pour devenir un journal « musical, littéraire et fantaisiste », une dénomination qui durera 35 ans même si, à partir du tournant du XXe siècle, la revue se consacre surtout à la publication de partitions musicales. Le Passe-temps est d'ailleurs la revue à vocation musicale qui a connu la plus longue existence au Canada. En 1933, l'éditeur adapte une dernière fois son contenu aux exigences de ses lecteurs, cette fois en raison de l'avènement de la radio dans le paysage culturel. Dès lors, le sous-titre devient « Musique, radio, littérature ».

Les partitions musicales du Passe-temps sont le plus souvent des pièces de danse, comme des valses et des polkas, des extraits d'opéras, des chansons traditionnelles. On y publie aussi des morceaux de Beethoven, de Schumann, de Saint-Saëns, de Fauré et de plusieurs compositeurs canadiens, dont Claude Champagne, Calixa Lavallée et Rodolphe Mathieu. La revue offre ainsi à ses lecteurs la possibilité d'animer les soirées familiales, comme l'atteste le nom du supplément qui paraît dans chaque numéro dès 1898, « ... Musique vocale et instrumentale... pour le salon ».

S'il a pour objectif de divertir ses lecteurs, Le Passe-temps tente également de les instruire, par l'entremise de leçons de musique et de suggestions de lecture. Il tient également ses abonnés informés des dernières nouvelles de la scène artistique, mais il ne propose pas de véritables critiques en matière musicale. À cet égard, la politique éditoriale de Bélair est plutôt conservatrice, ce qui s'explique probablement par le contenu avant tout familial de la publication. Malgré cette position, Le Passe-temps contribue à la vie culturelle de Montréal, notamment par sa proximité avec Ernest Lavigne, créateur et propriétaire du Parc Sohmer, l'une des scènes musicales les plus courues de la ville.

Outre son contenu musical, Le Passe-temps publie régulièrement des textes littéraires de genres variés. Il offre ainsi des contes, des nouvelles, de brefs récits, des monologues en vers et en prose, ainsi que des poèmes d'auteurs français (Sully Prudhomme, Victor Hugo, Edmond Rostand) et canadiens-français, parmi lesquels figurent des membres de l'École littéraire de Montréal (Émile Nelligan, Arthur de Bussières, Albert Lozeau, Joseph Melançon, etc.). Malgré les moyens financiers restreints de l'éditeur, la revue réussit également à offrir à ses lecteurs un grand nombre d'illustrations, dont plusieurs sont l'oeuvre d'Edmond-Joseph Massicotte.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 335-336.

EVERETT, Jane, « Montréal en revues », Écrits du Canada français, no 76, 1992, p. 51-78.

« Le Passe-temps » dans L'Encyclopédie canadienne - Encyclopédie de la musique au Canada, www.thecanadianencyclopedia.com/articles/fr/emc/le-passetemps (consulté le 29 mai 2013).

PRINCE, Lorenzo, « Quelques souvenirs sur le fondateur du Passe-temps », Le Passe-Temps, vol. 39, no 864, août 1933, p. 40.

TRÉPANIER, Léon, « L'étrange histoire de Joseph-Émilio-Sibert Bélair, fondateur du Passe-temps, révélée par lui-même », La Patrie, 5 février 1950, p. 68 et 91.

Éditeur :
  • Montréal :J.E. Bélair,1895-
Contenu spécifique :
v. 55, no 922
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
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Références

Le passe-temps, 1949, Collections de BAnQ.

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REVUE ARTISTIQUE FONDEE EN 1895 NOUVEAU CATALOGUE DE MUSIQUE LE PASSE-TEMPS vient de publier son catalogue classiiié de musique (1949-50), énumérant des centaines d'oeuvres de compositeurs canadiens.Révélée par ce catalogue, l'importance de l'édition musicale canadienne, trop longtemps considérée comme quantité négligeable, en surprendra plus d'un.Beaucoup ignorent que les éditions du Passe-Temps, nombreuses et variées, sont les plus importantes du Canada.Elles satisfont tous les goûts, plaisent à tous les âges, conviennent à toutes les circonstances et traduisent tous les sentiments.On y trouve des refrains nouveaux appelés à de grands succès, et aussi, les grands refrains populaires d'autrefois, du beau temps du Parc Sohmer, de l'ancien National, du Ouimetoscope, etc.— ces refrains que nos milliers de foyers chérissent toujours.Ces couplets de chez-nous.anciens ou nouveaux, sont plus fran-çaia — de fond et de forme que les traductions de succès américains et valent souvent mieux que certaines chansons étrangères plus ou moins spirituelles, trop répandues ici.Nos artistes, professionnels ou amateurs, de la scène et de la radio, trouveront de quoi varier et enrichir leur répertoire.DivUé d'abord on deux sections : MUSIQUE INSTRUMENTALE et MUSIQUE VOCALE, ce catalogue eBt classiiié par genres.MUSIQUE INSTRUMENTALE : 1—classique, piano.2—Pour elle, pour lui.3—Piano-variétés : valses, marches, divers.4—Violon.16—Orgue.MUSIQUE VOCALE : 7—Mélodies sentimentales.8—Chansonnettes et marches chantées.10—Romances.11—Echos rustiques.12—Mon Bouquet.Quatre Saisons, Tendresse.13—Chansons vécues ou réalistees.14—Chansons comiques et chansons enfantines.15—Folklore.16—Musique religieuse, chants, choeurs, messes, services funèbres, mariages, etc.17—Chants patriotiques et militaires.On peut obtenir sans frais les sections ou les genres séparément, ou le catalogue au complet en s'adressant au Passe-Temps, tout en mentionnant son choix.• A NOS LECTEURS — Par suite de l'augmentation considérable des frais de production de la revue, tous nos calculs ont été bouleversés, ce qui est cause de sa parution irrégulière.Fort heureusement, une formule a été trouvée et, désormais, nous pourrons mettre fin à ces ennuis involontaires, tout aussi désagréables pour nous que pour nos lecteurs.On voudra bien noter que la durée des abonnements est basée sur les livraisons parues, dont le numéro de série apparaît à droite du titre de la revue, sans égard aux mois du calendrier.De cette façon, les abonnements parviennent au complet.SOMMAIRE JUIN 1949 — No 922 THEMES ET VARIATIONS 2 & 3 VERS LA TERRE, poème par J.-J.GAGNIER.3 FELIX MENDELSSOHN BARTHOLDI par Robert CHAUMONT.4 UNE PETITE NIECE DE MENDELSSOHN HABITE AU CANADA par Hélène JOHNSON .5 FORUM PIANISTIQUE, par Maurice DUMESNIL, D.Mus.6 PLUS RIEN, poème inédit par Gabrielle RAIZENNE .7 LETTRE DE NEW-YORK par J.-G.DEMOMBYNES .7 LES PRIX ARCHAMBAULT .7 POT-POURRI.8 MOMENTS DE DETENTE, J.-J.G.8 ALBUM MUSICAL .10 à 14 LE VIRTUOSE, caricatures par William BUSCH .15 FLEURS ET CHARDONS par Robert JOUGLET .17 RECITAL DES ELEVES DE M.LOUIS BAILLY.17 DEUX PIANISTES REMARQUABLES : Mlles Yolande Piette, B.Mus., et Lise Olivier 18 LL Y A 50 ANS DANS "LE PASSE-TEMPS" LES MOTS CROISES .19 21 "LE PASSE-TEMPS" est publié mensuellement par los Editions du Passe-Temps, (Inc.).218 ouest, rue Notre Dame.Montréal 1.— Téléphone : MArquette 9905.Il est Imprimé par l'Imprimerie Morcantile, Limitée.Les manuscrits, publiés ou non.ne sont pas rendus.Direction : Eddy PREVOST ; rédaction : Roland PREVOST ; publicité : Paul PREVOST.ABONNEMENTS : Canada : $2.00 pour 12 mois ; $3.75 pour 24 mois.Etats-Unis: $2.25 pour 12 mois.Autres pays: $2.50 pour 12 mois.Le numéro: vingt cents.L'abonnement est payable d'avance par mandat-poste ou chèque affranchi, accepté et payable au pair à MontréaL — CHANGEMENT D'ADRESSE : tout changemenl d'adresse doll être accompagné de l'ancienne.Avis doit nous parvenir au moins trente Jours avant le numéro d'où le changement sera ellectlf.Pour discontinuer de recevoir cette revue, il faut avoir acquitté tous les arrérages.— Le Passe-Temps publie aussi de la musique en leullles.MONTREAL.JUTN 1949 PAGE UN Noua l'aurons notre salle de concert Mais U ne faut pas se décourager, même si on en parle depuis trente ou quarante ans.L'expérience est là pour le prouver; ainsi le Centre civique de Wolverhampton, Angleterre, considéré comme le plus imposant édifice après celui de la salle de la Philharmonique de Liverpool.De ce centre civique ou salle de concert, on en a parlé durant trente années et pendant huit ans on a discuté des modes de réalisation.Dix ans après, le projet est mis en branle el llnalement, la salle lut terminée en 1938.L'opposition craignait que pareil édifice fut un "éléphant blanc" pour les contribuables.N'empêche que c'est aujourd'hui un centre florissant de vie musicale, théâtrale, chorégraphique et opératique.Quoique la population, de Wolverhampton ne soit que d'environ 115.000 on a réduit de moitié les frais d'exploitation de la salle dans l'espace de cinq années.La disposition est un modèle du genre.La salle principale, à l'accoustlque parfait, comprend 1.780 sièges et la scène peut loger un orchestre de 80 musiciens et un choeur de 200 voix: elle possède un orgue Compton à quatre claviers.La salle secondaire, ayant une scène également, contient 700 personnes.Les deux salles donnent accès à un restaurant.Quel beau rêve pour Montréal ! ! Les animaux dans la musique Les animaux ont depuis longtemps joué un role particulier et éclatant dans la musique.On trouve même une période de la musique française surtout, au XVlIe et au XVIlle siècle, presque tout "sous le signe de l'oiseau".Et bien des compositeurs ont tenté d'imiter de leur mieux tel ou tel animal, ou du moins de l'évoquer.Citons quelques titres : Le Rossignol en amour de Couperin.L'Hirondelle, ou Le Coucou de Daquin.La Tourterelle de Dandrieu.La Poule, ou Le Rappel des Oiseaux de Rameau, L'Anguille de Couperin, La Coccinelle de Schumann, La Truite et la Corneille de Schubert, Les Papillons de Schuman, Le Papillon de Campra, Saint-François d'Assise parlant aux Oiseaux, de Liszt.La Villanelle des Petits Canards, Les Cigales, la Pastorale des Gros Dindons et la Ballade des Cochons Roses de Chabrier.Le Carnaval des Animaux de Saint-Saëns.Le Papillon encore, de Calixa Lavallée, Les Baleines de Gabriel Pierné, l'admirable Festin de l'Araignée d'Albert Roussel, Le Paon.Le Cygne, La Pintade et Le Grillon de Ravel.Le Dromadaire, le Serpent et La Puce de Louis Durey, Le Colibri de E.Chausson, Le Petit Lièvre de César Cui, L'Hirondelle, ot ie Papillon, de Georges Auric, un recueil de F, Poulenc qui contient Le Dromadaire.La Chèvre, La Sauterelle.Le Dauphin.LTcrevisse, La Carpe, et combien d'autres.Sans compter tous les opéras où les animaux et les oiseaux el même les poissons occupent une place importante: le cygne pour Lohengrin, les colombes pour Parsifal ou les oiseaux de la forêt pour Siegfried, le cheval pour La Walkyrie.les divinités demi-humaines et demi-animales pour Les Filles du Rhin dans l'oeuvre de Richard Wagner; les moutons du troisième acte de Peiléas et les colombes du quatrième acte de la même oeuvre de Debussy, et combien d'autres.Belle leçon Le chef d'orchestre des Concerts philharmoniques de Philadelphie, M.Leopold Stokowski, donna un jour à ses auditeurs une leçon qui pourrait servir ailleurs.Fatigué du laisser-aller et de la désinvolture avec laquelle le public arrivait à ses concerts ou en sortait, le maeslro résolut de lui apprendre le savoir-vivre.Lorsqu'un des derniers concerts commença, quel ne fut pas l'étonnemenl du public en remarquant qu'il n'y avait à l'orchestre que deux violonistes et un violoncelliste; mais au fur et à mesure que la symphonie se déroulait, des musiciens arrivaient les uns après les autres, s'asseyant n'importe où, pour prendre, dès qu'ils le pouvaient, contact avec le reste de l'orchestre.A la fin du concert, une autre surprise était réservée aux auditeurs de cette mémorable soirée.A peine le dernier morceau fut-ll commencé que les musiciens les uns après les autres s'empressèrent de quiller l'orcheslre, ne laissant qu'un violon qui lui-même partit tout en jouant, sans attendre le point d'orgue final.Comme on peut le supposer, les occupants des loges firent une démonstration de mécontentement, critiquant un tel Bans-gêne, tandis que le reste de la salle s'amusait à qui mieux-mieux de la leçon qui venait de lui être donnée (La chronique Musicale).Les Boursiers Sarah-Fisher Cette année, les boursiers des Concerts Sarah-Fisher sont M.Jean-Pierre HURTEAU, basse, élève de Mme Fisher, gagnant de la bourse de chant de cent dollars pour le piano; Mlles Monique EMOND, violoncelliste, élève de musique des Soeurs de Sainte-Anne à Lachine, gagnante de la bourse de cent dollars pour le piano ; Mlles Monique Emond, violoncelliste, élève de M.Roland Leduc, et Monique CLOUTIER, violoniste, élève de M.Noël Brunet.qui se sont partagé ex-aequo la bourse de cent dollars accordée pour le violon.Il y eut audition par neul candidats choisis dans chaque classe par un jury éliminatoire composé de Mme William Ewing.Mlle Rose Goldblatt, MM.Albert Chamberiand, H.-P.Bell et Marcel Valois.¦ M.Claude CHAMPAGNE, directeur adjoint du Conservatoire de la musique de la province de Québec, qui vient d'être nommé président honoraire du Conseil canadien des Arts, succédant ainsi à Sir Ernest MacMillan.Nous saisissons l'occasion pour signaler la parution récente de sa Danse villageoise, pour violon et piano, aux Editions A.Fassio.M.Armand Renaud à l'honneur Vingt-cinq ans professeur de musique à la même institution, voilà bien une carrière qui mérite d'être soulignée, surtout quand cette carrière se continue encore.U s'agît do Monsiour Armand RENAUD, doyen de nos maîtres de chapelle, et professeur de solfège, de chant, de piano et instruments de fanfare depuis 1923 au Collège Commercial de Longueuil.Monsieur Renaud fut l'objet d'une belle manifestation d'estime en mars dernier, lors de la première lête de l'Amicale du Collège donl le président est M.Ernest Loiselle.On lui présenta une bourse et plusieurs autres souvenirs, des orateurs distingués soulignèrent la distinction, l'assiduité et surtout la haute conscience professionnelle de ce pédagogue de grand mérite.Il serait trop long d'énumérer ici tous les musiciens qui doivent leur formation et leur amour de la musique à Monsieur Renaud.M.Camilllen Houde, maire de Montréal et M.Paul Pratt, maire de Longueuil tous deux anciens élèves de l'Institution, assistaient à cette fête, au cours de laquelle se sont renouées de vieilles amitiés.Bientôt, nous aurons l'occasion do parler plus longuement de la belle carrière de M.Armand Renaud comme Maître de Chapelle.PAGE DEUX LE PASSE-TEMPS ¦ M.Paul-Emu.McCAUGHAN.pjj.D.Mu»., dont on vient d'éditer deux oeuvres musicale.: tea Trottoirs de bois, mélodie pour chant et piano, poésie de François Hertel.et Agnus Dei.motet pour une voix, avec accompagnement d'orgue, extrait de la "Messe Cathédrale".M.l'abbé McCaughan est aussi l'auteur de Pourquoi m'as-tu quitté ?, parole, de CE.Lameu-reux.mélodie pour chant et piano dédiée à sa mère, et de La Philosophie de la Musique, un livre remarquable qui expose le.bases philosophique, de la musique, le premier du genre au pays.POEME INEDIT "VERS LA TERRE" A quoi peut donc penser le vieillard, qui laboure sa terre au printemps ?A quoi peut-il songer vers le sillon, penché, en ce beau jour de mal ?Craint-Il delà la terre gui le prendra bientôt ?Ou n'a-t-il que mépris pour sa rauque poussière, avant qu'elle referme son étreinte sur lui ?— (Où donc pourrait-on /uir quand le destin nous presse 71 — Ou bien voit-il mûrir, dans les champs, la promesse de la saison nouvelle el tout T or de son psaume, en se disant tout bas : "Et mol aussi, peut-être.' GAGNIER.D.Mus.Médecine et musique De même que certains médecins se sont fait un nom dans la littérature, comme Georges Duhamel, d'autres se sonl illustrés par la musique.Tel le docteur Louis Véron (1798-1867), qui, après avoir été interne à la Charité, à Saint-Louis et aux Enfants-trouvés, dirigea l'Opéra pendant quatre ans avec succès et faste.Mais les deux plus célèbres sont Berlioz et Borodine.Hector Berlioz (1803-1869), à vrai diro, est un transfuge do la médecine.Fils du docteur Louis Berlioz, 11 avait été envoyé à Paris en 1821 par son père pour y commencer ses études médicales.Le ieune étudiant, au sortir des cours de la Faculté, assistait aux représentations de l'Opéra, ou passait de longues heures à la bibliothèque du Conservatoire.Bientôt, il ne fréquenta même plus l'amphithéâtre.En 1826, le docteur Louis Berlioz, qui servait à son lils une pension, confortable pour l'époque, de 120 francs par mois, apprit qu'Hector n'avait pas mis les pieds à la Faculté depuis quatre ans.Il lui coupa les vivres.Mais déjà le jeune compositeur était en voie de réussite.Après quelques échecs et une passe difficile, il remportait le prix de Rome et devenait rapidement célèbre.Borodine (1834-1887), lui, pratiqua toute sa vie la médecine, d'abord comme médecin militaire dans un hôpital de l'année territoriale russe, puis comme professeur à l'Académie de médecine et des sciences de Saint-Pétersbourg, chaire qu'il occupa jusqu'à sa mort Ses oeuvres musicales, dont le Prince Igor et les Danses, ne lurent dans sa vie qu'un violon d'Ingres.II a laissé plusieurs découvertes scientifiques.Pour votre salle de musique ou votre album En page 15, nous publions une série de dessins que tous les musiciens trouveront amusants et que nous devons à l'amabilité de notre conlrère l'International Musician, l'organe officiel de l'American Federation of Musicians.Ceux qui en désirent des copies sur papier blanc, pour encadrer ou pour placer dans les albums, n'ont qu'à en faire la demande au Passe-Temps, ot joindre un timbre de trois sous, pour frais d'envoi.Notes pointées e Pour la première fois dans l'histoire musicale de notre pays des programmes consistant entièrement en musiquo canadienne ont été présentés sous la direction de M.Alexander BROTT avec les principaux orchestres de la Hollande, la Norvège et la Suède, e Après de brillantes1 études au Conservatoire de Musique de Paris, M Noël DENIS, baryton, de Saint-Norbert de Berthier, est rentré au pays e Par l'entremise de l'UNESCO.le Canada contribue la somme de 46,000 dollars pour venir en aide aux artistes créateurs de cinq pays.Ces londs.qui proviennent de plus de 70 organisations bénévoles du Canada, serviront à l'achat de matériel pour les peintres, sculpteurs, écrivains, musiciens, architectes et artisans Espérons que ces mêmes organisations répondront avec la même générosité lorsqu'il sera fait appel à leur concours pour les compositeurs canadiens.• Le Club Social de Montréal, qui a connu une vive impulsion sous la présidence de M.Pierre Archambault.a de vastes projets pour l'automne.Nos artistes et la musique en général en béiéficieront.e L'Institut grégorien d'Amérique a de nouveau retenu les services de M.Eugène Lapierre pour son projet de rénovation du chant religieux aux Etats-Unis.PARTICIPEZ A NOTRE CONCOURS Chaque mois deux abonnements gratuits au Passe-Temps sont tirés au sort parmi les bonnes réponses à trois questions.En outre, les concurrents doivent dire en quelques mots quels genres d'articles ou de musique leur plaisent le plus.On trouvera les réponses en lisant les articles et les chroniques du présent numéro.Abonné ou non.vous avez droit de participer au concours ; les gagnants déjà abonnés recevront un prolongement do douze numéros à leur abonnement.Adressez comme suit : Concours du Passe-Temps, 218 ouest, rue Notre-Dame.Montréal 1, P.Q.I.— Quelle institution invite nos jeunes pianistes à ses Concerts du dimanche à la radio ?— 2.— Oui a écrit la chanson patriotique toujours aimée : Restons Français ?3.— Quelle maison ollre un prix annuel très recherché, pour l'élude de la musique?Les gagnants du concours précédent : M Gérard Robichaud, Université de Bathurst-ouest, N.-B.et Mlle Rita Fontaine.Fugèreville, Comté de Témiscamingue, P.Q.Nos félicitations MONTREAL, JUIN 1M9 PAGE TROIS ¦ Photo d'un magnifique buste de Félix Mendelssohn-Bartholdy.en possession de la famille, qui a bion voulu nous la fournir.(Photo Vincent Thomas) FELIX MENDELSSOHN collaboration particulière de Robert CHAUMONT LA VIE ET LA GLOIRE ont traité Félix Mendelssohn-Barlholdy en enfant de predilection, en lui prodiguant du génie, du talent ot même de la facilité, en le façonnant par un rare ensemble d'évé-noraonls heureux : descendance, éducation, rencontres, mariage, prospérité civique.Comme l'a dit Schumann."Je hasard l'avait bien doté, dès son baptême, d'un Juste prénom.Félix".II fut autre ¦ A gauche, maison sise a Leipzig, ayant appartenu a Mendelssohn, et tautre.la maison où il mourut, (Leipzig.1847).Ces deux illustrations reproduisent des aquarelles faites par Mendelssohn lui-même.chose aussi qu'un musicien exquis, car sa forte éducation littéraire et artistique développèrent de bonne heure et tout entière cette nature si riche.Les dessins el les croquis de Mendelssohn sont beaucoup plus ceux d'un artiste que d'un amateur; sa correspondance, considerable, est celle d'un écrivain véritable.H possédait plusieurs langues, dont le grec et le latin.U savait participer à la vie physique car il était danseur élégant, cavalier intrépide et excellent nageur, el excellait au billard.Tel ces Jeunes gens de Platon qui ne sacrifiaient ni le corps ni l'esprit l'un à l'autre.Mendelssohn goûtait pleinement la vie: la sienne portera l'empreinte de ce juste équilibre des saines Joies ot du travail.CEST sur les bords de l'Elbe, le 3 février 1809.à Hambourg que naquit Iakob Ludwig Félix Mendelssohn.Sa famille était déjà connue par les écrits de son grand-père.Moïse, surnommé "Le Platon moderne", traduits en presque toutes les langues européennes et ou moins une langue asiatique.Le grand-papa Mendelssohn, quoique d'extraction pauvre, était dévoré de la passion du savoir; malingre, béque et contrefait, il finit à force d'intelligence, de courage et de labeur par s'Imposer et devenir l'un des fils les plus illustres de l'Allemagne, helléniste et philosophe reconnu interprète aussi des croyances de sa race et docteur de sa loi et écrivain.Son second fils.Abraham, lut le père de notre musicien.Après un sé|our à Paris, où ils s'étalent mariés, les Mendelssohn te fixèrent à Hambourg: c'est là que naquirent leurs trois premiers enfants : lamy le 15 novembre 1805.puis Félix, et Rebecca en 1811.Cette même année, les rigueurs de l'occupation française forcèrent la famille à se transporter à Berlin, où Abraham, associé à son frère lacob, put fonder une maison de banque, très vite florissante, et qui sous leur nom.prospérait encore II y a quelques années, Abraham, homme sage et juste, par sa tendresse conjugale et paternelle, entretenait son foyer heureux avec la confiance et l'affection, la discipline et le respect filial.Il fut pour Félix un père incomparable, éducateur, ami et conseiller sûr.secondé en cela par une épouse remarquablement intelligente, fine, musicienne.Sur les instances du frère de sa femme, Bartholdy, plus tard consul de Prusse à Rome, il abjura le judaïsme, se fit baptiser, ainsi que ses enfants; il ajouta à son nom celui de Bartholdy pour distinguer sa lamille des autres du même nom.Ses filles Dorothée et Henriette devinrent catholiques.C'esl dans celle atmosphère familiale hautement propice au développement et à la formation des enfants que grandit Félix.Dès son plus jeune âge.il évoluait dans la musiquo comme dans son élément; il apportait à ses études musicales ce mélange d'ardeur et de raison que révèlent certains portraits de son enfance et qui sera la double marque de son caractère et do son génie.A neuf ans, ll jouait déjà du piano on public.Sa mère fut son premier professeur, de même qu'à sa soeur Fanny.En 1819, il entrait à la Singakademie (école do chant) pour y étudier égale-mont le violon et le violoncelle.Vers 1B20.il compose une fugue, un petit opéra de salon et de famille, un psaume, puis une grande double fugue, de petites symphonies, un quatuor, une cantate.C'est alors que l'enfant commence a composer systématiquement et à couvrir d'une écriture fine et soignée les premiers feuillets qui formeront peu à peu et dans un ordre parfait, les quarante-quatre volumes de ses oeuvres publléos ou non.avec date et lieu minutieusement inscrits, lesquels sont conservés dans la Bibliothèque nationale de Berlin.Espérons que la guerre les aura épargnés.Ces feuillets portent presque tous les lettres mystérieuses L.v.g.G.ou H.d.m., au commencement des pièces.(Suite à la page vingt-deux! \\\mWtmmlZ\s\\S\mZ\mmJ^^'.< ^VlM I .* ™ - .I.J < IjMsjl mm \\\\\\*m+iJ jfW rL M1 B'1 -~rr^mcr^'m'^m^^mmKt ji HZ.1 - .¦ -"»'"' 1 ' '"S !i:'J ., " .PAGE QUATRE LE PASSE-TEMPS Une petite nièce de Mendelssohn habite au Canada co/iaboration particulière d'Hélène JOHNSON \X ADAME de Ridder, Peiite-nièce de Félix Mendels-A A sohn, et petite fille de Paul Mendelssohn, frère unique de Félix, et son époux, le brillant compositeur et chef d'orchestre Allard de Ridder, habitant la capitale du Canada.Madara» Pauline de Ridder eet uno Men delssohn Bartholdy.née 6 Nuremberg, d'une famille aisée.Elle passa presque toute son enfance à Bade, la célèbre ville d'eau où son père allait soigner une sunt,- chancelan le.Sa mère, très cultivée et fort Intelligente, était une pianiste remarquable ct parlait plusieurs langue**.A dix-huit ans, Pauline alla perfectionner ses études de chant avec le professeur Wolf, à Cologne, pendant que sa soeur Martha étudiai! le piano.Elles suivaient des cours privés, de sorte qu'elles ne lencon Itèrent que plus tard le jeune Allard de Ridder.alors élève do piano, de violon et de direction au Conservalone de Colo gne, M.de Ridder est né ù Dordrecht, en Hollande, et fit ses début de chef d'orchestre à Amsterdam: son grand père.Allard Plerson.était un savant helléniste de l'Université d'Amsterdam.M.de Ridder avait à peine obtenu son diplôme de violon qu'il épousait Mlle Pauline Mendelssohn-Bartholdy.Lo feune couple alla s'établir à Amsterdam.Il avait commencé très jeune l'étude de la musique, ayant été d'abord, pour la théorie, élève du grand compositeur hollandais.Johan Wa genaar.Puis 11 étudia pendant plusieurs années avec Frits Steinbach el Hermann Abendioth.Ses débuts de chef d'orchestre, à Araham.eurenl un tel succès que Willem Mangelberg l'invita à diriger lo célèbre Concert-ge bou w.à Amsterdam.Pendant les deux années suivantes, il fut chef d'orchestre de l'Opéra National.Débordant d enthousiasme et recherchant des horisons nouveaux, le jeune couple décide alors de s'installer en Californie, où il assiste à l'Inauguration du Hollywood Bowl, et où M.de Ridder eut par la suite l'occasion de diriger des concerts.En même temps, il se livre à la composition: U a dirigé lui-même quatre de ses poèmes symphoniques au Hollywood Bowl et avec la Philharmonique de Los Angeles.Cette ex périence lui fut très précieuse.En 1930.il ressuscita la Société symphonique de Vancouver, dont il devint le chef d'orchestre attitré.C'est dans cette ville également qu'il composa un intermexxo symphonique.une ouverture et un concerto de violon.(La Symphonie de Montréal a joué cet Iniermesso sur le réseau de Radio-Canada.) En 1941.l'orchestre de Vancouver se trouva dans une situation difficile, à cause de la guerre.M.de Ridder devint alors membre du fameux quatuor à cordes Hart House, qui pendant trois années parcourut le Canada.A Toronto, il dirigea à Massey Hall et à ['arena Varsity: dans colle ville aussi, i) reçut son baccalauréat et passa son doctoral en musique, pour lequel il écrit une symphonie pour grand orchestre.C'esl au cours d'une tournée avec le quatuor Harl House qu'il décida de s'établir â Ottawa el d'y fonder en 1944 un orchestre syrapho nique dont il esl encore le chel.D'une grande sensibilité artistique, animé d'un insatiable désir de perfection orchestrale, ce compositeur et chef d'orchestre tort doué apporte ù sa profession le souci du summum de l'élégance et du raffinement.Ces précieuses qualités jointes à un tempérament musical inné, et à un commerce agréable, sans prétention, font du Dr.de Ridder le prototype du "directeur-né".TJ»N 1947 et de nouveau l'été dernier.M.•Cl et Mme de Ridder visitèrent les Pays-Bas et la zone américaine en Allemagne.En Hollande ils constatent avec plaisir une véritable résurrection de la musique.A Sche-wingen.par exemple, il y avait chaque soir une représentation d'opéra ou un concert, dirigés par des chefs d'orchestre de réputation internationale, tels que Charles Muench.En 1947.M.de Ridder y dirigea un concert de musique hollandaise et canadienne, sous la présidence d'honneur de I ambassadeur du Canada.M.Pierre Dupuy.Quand Mme de Ridder se rendit visiter ses soeurs à Munich et à Nuremberg, elle constata que la musique et autres valeurs spirituelles avaient survécu malgré les horreurs du régime nasi.Mme de Ridder a retrouvé de nombreux souvenirs de son illustre parent, le grand :ompositeur Félix Mendelssohn: entre autres, environ 1000 portraits au crayon exécutés par Wilhelm Hensel.époux de Fanny Mendelssohn (soeur de Félix).Ces portraits sont ceux de presque toutes les célébrités en Allemagne, ou de passage, à cette époque.La plupart de ces portraits ont été dessinés dans la célèbre maison des Hensel.située dans le jardin de la grande propriété des Mendelssohn, à Berlin.Chacun porte la signature autographe et des commentaires ou des pensées du sujet: Goethe.Hegel.0 Madame Pauline de Ridder et son époux.M.Allard de Ridder.D.Mus., dant le jardin de leur résidence, a Ottawa.Paganini.Schlegel.Clara Schumann.Robert Schumann.Von Humboll, Heine et autres.Il y a aussi le portrait de la reine Victoria, du prince Albert, du prince héritier Edouard, grand-père du roi George VI.On y trouve évidemment de nombreux pcrtralts de la famille Mendelssohn.Il faut signaler en par ticulier ceux de Félix et de sa soeur Fanny, exécutes après leur mort.Cette inestimable collection est reliée dans des albums Individuels des plus artistiques el rangés dans une antique bibliothèque.La soeur de Mme de Ridder possède un superbe masque mortuaire de Félix Men delssohn et un moulage de la main du maître, qu'on ne peut contempler sans une vive emotion.Elle garde aussi comme des trésors plusieurs volumes de compositions de Fanny Mendelssohn qui, comme on le sait, était une musicienne fort âon*m même une artiste émérlte.Tous ces trésors sont conservés avec le soin jaloux que l'on devine par la soeur de Mme de Ridder ot Mme Eva Roemer.petite-fille de Fanny et de Wilhem Hensel.elle- CE couple remarquable Incarne de façon poétique, mais aussi très équilibrée, le sens profond de la musique.S'évadant parfois de la technique stricte, le Dr de Ridder et son epoute s'appliquent à inculquer â leurs élèves une profonde compré hension humaine tout autant que la culture et l'interprétation musicales.Madame de Ridder.qui possède une belle voix de soprano, compte plusieurs élèves de grand talent.A la maîtrise de l'art du chant, cet eminent professeur Inculque des principes propres à raffermir leur caractère, leur tempérament et élargir leur horizon.Si de nos jours, trop de voix, quoique bien développées, portent à faux, o'est qu'il leur manque la compréhension, le sens, l'émotion, la culture, sans quoi les plus belles oeuvres du génie humain ne peuvent émouvoir.Aussi celte haute conception et celte rare probité professionnelle sont-elles estimées 6 leur juste valeur par les élèves de Mme de Ridder.Certes, les tons, les crescendos et les diminuendos ont leur place, mais la mu Bique sans âme est nulle, de préciser le Dr de Ridder.(Suite à la page dix sept) # Thème inédit de A BSC H WD VON ROM (Adieu à Rome,1 par Fanny Mendelssohn.Il nous a été fourni par Mme Martha Mendelssohn-Bartholdy, de Bavière, soeur de Mme de Ridder.qui possède la collection inestimable des manuscrits de leur illustre ancêtre.MONTREAL, IUIN 1949 PAGE CINQ Forum pianistique et GUIDE D'INTERPRETATION par Maurice DUMESNIL.D.Mus.Question — l'apprends le piano depuis l'âge de neuf ans et j'ai ou deux diplômes.Jusqu'à présent j'ai surtout joué du classique et du semi-classique.Depuis un an j'ai un pou délaissé mon piano pour raisons de santé; cependant je voudrais) maintenant continuer, mais étudier le genre populaire, jazz, et même boogie-woogie.Croyez-vous que cela me nuirait?Mon professeur dit que oui.Moi.je ne crois pas.parce que la musique gaie a boaucoup de charme ot je pourrais quand même obtenir mes autros diplômes pour enseigner.Je suis indécise, et vous serais très reconnaissante de me dire ce que je devrais faire.Autre chose: je possède très peu de connaissance en harmonie.Cependant on m'ompôche d'écrire de la musique parce quo.mo dit-on.je ne la connais pas.m lo contrepoint non plus, enfin, tout co qui touche à la composition.Qu'en pensoz-vous?Je vous remercie vivement d'avance pour vos conseils.— M.R.Québec.Je ne suis pas d'accord avec votre prolesseur au sujet du jazz.Il n'y a aucun inconvénient à en jouer, si on l'aime et si on ne tombe pas dans l'exagération.A Paris il y a quinze ou vingt ans, le jazz était très à la mode.Ravel était fasciné par certains de ses rhythmes, et quand il écrivit sa Sonate pour violon et piano, il fit le dernior mouvement en sly le de "blues".C'était en 1927.Quatre ans plus tard, en 1931, il fit une nouvello Incursion dans le domaine du jazz, dans le final de son Concerto cn sol pour piano ot orchestre.Ravel, d'ailleurs, n'est pas le seul grand musicien français qui ait manifesté un penchant pour la musique populaire américaine Gabriel Pierné n'a t il pas écrit cette charmante et habile suite pour orchestre: "Impressions de Music Hall", que l'on regrette de ne pas entendre plus fréquemment de nos jours?Puis, il y a Jacques Ibert et son Concertino pour saxophone et petit orchestre de chambre.D'autres encore.Enfin.De bussy lui-même, qui adorait le music-hall et piéférait les clowns de l'Alhambra ou de l'Empire, à Londres, aux ténors et autres chanteurs de Covent Garden gonflés d'orgueil.Sa musique en est la preuve, nous y trouvons de délicieux morceaux comme le "Golliwogs Cakewalk"."Minstrels"."Lo Pe til Nègre", ol enfin l'exquis prélude, "General Lavlne.eccentric!." Lavino était un comédien américain, un peu dans le genre de Bergen et son Charlie McCarthy.Il avait un gros succès sur le Continent.Debussy le vit au moment où le Théâtre des Champs-Elysées était exploité comme music-hall.Il lut tellement charmé que.hanté par ce souvenir pendant ta composition de son deuxième volume de "Préludes." 11 donna son nom à l'un de ces derniers, assurant ainsi à Lu vine une Immortalité qu'il lui eût élé impossible de conquérir autrement., Mais revenons "a nos moutons".J'ai joué moi-même du jazz, et cela ne m'a jamais nui pour les autres phases de mes exécutions.Bien au contraire: 11 m'a semblé qu'au point de vue de la précision du rhylhme.de l'exactitude scrupuleuse du tempo, on pouvait en retirer un grand bénéfice non seulement pour soi-même, mais dans l'enseignement.U existait à ce moment-là certains "songs'* dont on peut dire sans exagération qu'ils étalent vraiment de la musique.Vous êtes sans doute trop jeune pour vous souvenir de "My Blue Heaven"."Dinah".' Halleluia".et beaucoup d'autres similaires.Ce genre a malheureusement disparu pour taire place à ce qu'on appelle "Jive", une atrocité qui semble venir en ligne directe des coins les plus sauvaqes de la jungle.Cependant, il semble y avoU un retour en arrière et dernièrement j'ai entendu par T.S.F.plusieurs des qrands succès d'il y a vingt uns.Quunt au "boogie-woogie1, cette continuité, ce "mouvement perpétuel" de la basse sur laquelle la main droite peut broder tou tes sortes de variations ingénieuses, tout cela me parait intéressant e susceptible de développer l'imagination et l'esprit inventif des jeunes musiciens.Mais, je le répète en insistant, pas d'exa-géraUon; et surtout, que cela ne vous empêche pas de continuer devant l'autel de Bach.Beethoven, Chopin, Debussy, et autres grands maîtres.Considérez le jazz comme une diversion agréable, qui, le cas échéant, pourra signifier pour vous un revenu que les classiques, hélas, ne sauraient peut-être vous assurer.Voilà mon opinion sincère et j'espère qu'elle vous donnera satisfaction.Pour la seconde partie de votre question, je suis enclin à partager l'avis de ceux qui vous conseillent de travailler a v a n 1 de créer.C'est loui simplement logique el ruisonable.Sans la connaissance de l'harmonie et du contrepoint, que pourriez-vous laire?Un travail d'amateur, sans plus.Or.je suis sûr que cela, vous ne le désirez pas.et que vos ambitions sont plus haul placées.Je vous conseille donc de vous mettre au lia vail.Bien entendu, il n'est pas indispen sable d'approfondir tous les secrets de l'haï monie et du contrepoint; cela demanderai! de trop longues éludes.Mais il faut que vous en sachiez les lois fondamentales, en quelques mois: il faut que vous sachiez ce que vous faites.Vous pourrez alors revêtir vos idées musicales de la parure qu'elles méritent, et votre connaissance de la technique vous permettra de choisir celle qui leur conviendra le mieux.En malière de composition musicale — comme en toul, d'ailleurs - - deux choses sont indispensables: l'inspiration, et la réalisation.Isolées, elles n'aboutissent qu'au néant.Réunies, elles aboutissent aux chefs-d'œuvre.Je vous remercie de m'avoir envoyé une question telle que la vôtre.Elle m'a permis de m'étendre •— un peu longuement peut-être — sur un sujet familier à mes oreilles; car maintes fois, aux Etats-Unis, on m'a demandé d'émettre des vues précises sur un sujet donl ceux qui enseiqnent le piano doivent, de bon ou mauvais gré, s'occuper de temps en temps.A vous et à tous les jeunes artistes canadiens qui s'Intéressent pour cette forme de l'art musical, je souhaite un grand succès, et je termine en répétant encore une fols: "Attention.Pas d'excès, surtout"."La prudence esl la mère de la sûreté", et."Chi va piano, va sano"! Question.— Que pourrais-je faire pour aimer davantage la musique classique ?Tout le monde parle de Bach et sa musique semble très à la mode, môme parmi les jeunes élèves.Cependant elle me paraît 1res aride.Serait-ce parce que je n'ai que des connaissances limitées en ce qui touche à la théorie musicale ?Je trouve Bach trop sec pour mon goût, et je préfère une musique qui contient plus d'émotion, avec de beaux accords qui charment l'oreille.— D.A.Québec.Réponse.— Bach, aride ?Comment pou-vez-vous dire une chose pareille ! Mais, mon jeune ami, Bach est parmi tous leR musiciens celui dont les oeuvres sont les plus riches en émotion profonde, noble, sereine Prenez, par exempte, les Préludes en mi bémol el si bémol mineur du "Clavecin bien tempéré", el vous ne pourrez qu'être ému par la beauté souveraine, complète, éternelle de ces harmonies.Bach, vraiment, est le plus "universel" de tous les maîtres ; après s'être élevé jusqu'aux plus hauts sommel3, il sait redes cendre sur lerre et nous donner de ravissants menuets, des bourrées pleines de rythmes robustes, des musettes d'un charme délicat.Mais Irop souvent on considère Bach comme un exercice" et on néglige l'interprétation qui est nécessaire pour donner à ses oeuvres toul leur relief N'oubliez pas que Bach était vivant, el bien vivant, quand il écrivait sa musique.Pourquoi ne pas le jouer de laçon vivante, en prenant grand soin du phrasé, des accents, de la cadence rythmique, de la couleur.Ceci est doublement intéressant quand on sait qu'il laissa loui cela au tact el au bon goût de ses interprètes, n'inscrivant lui-même aucune indication à ce sujel Avec un peu d'imagination, de sens musical, et de patience, Bach devient une source inépuisable de joies artistiques indescriptibles ; et ceci s'applique au.;:; bien aux jeunes élèves qu'aux vétérans du clavier qui touchent au crépuscule de leur carrière.Un piano doit être accordé au moins deux fois par année — deux semaines après que le chauffage fonctionne à l'automne et deux semaines après qu'il est arrêté au printemps.INSTITUT GENEALOGIQUE DROUIN page six le passe-temps Les Ménestrels lonl un debut prometteur Ces jours derniers, à l'Auditorium du collège St-Laurent.les Ménestrels Lauren-tiens offraient leur premier concert.Les Ménestrels Laurenliens.choeur mixte fondé il y a trois ans par le R.P.Racine, est sous la direction d'Albert Viau, secondé par Roland Van de Goor.L'ensemble a lait preuve de belles connaissances musicales et d'une grande souplesse d inter prélat ion.Le programme comprenait également Les Harmonistes, quatuor composé de François Brunet, Raymond Cardin, Albert Viau et David Rochelle Ces chanteurs bien connus du public sont également de» musiciens qui savent mettre en valeur le moindre détail d'une chanson Certains de leurs arrangements méritent d'être signalés Thérèse Daly, mezzo-soprano, vedette des Variétés Lyriques a donné un groupe de pièces espagnoles Enfin, la pelite et gracieuse Micheline Viau a rendu une danse sur points, la Valse des fleurs, de Tschaikov/3ky.Marguerite Prud'homme et Roland Van de Goor ont apporté toute la discrétion el la collaboration qu'on peut attendre d'un accompagnateur LETTRE DE NEW-YORK I.GAUDEFROY DEMOMBYNES, D.Mus.POEME INEDIT PLUS RIEN.n* devrait émouvoir l'Ame que la vie a brisée en morceaux comme des pierreries dans l'é crin oubliées ! PLUS RIEN.ne devrait émouvoir celui-là qui a su.de l'humanité sonder les tristes profondeurs ; ai le coeur don fuan dont toutes les avontures ont défraîchi la puissance d'aimer ! PLUS RIEN.ne devrait émouvoir celui qui en marchant le lonq des {ours par sagesse s'est détourné des paysages si lumineux, si colorés et si tendres qu'ils appellent les rêves les plus fous ! PLUS RIEN.ne devrait émouvoir l'homme par mille combats, torturé : par l'expérience endurci, et désormais inaccessible comme les marbres houla ns dans les vastes musées ! PLUS RIEN.ne devrait les émouvoir.et cependant voyei-les tous.se troubler, renaître et sourire quand vient tomber à leur oreille un seul mot d'amour ! Gabrielle RAIZENNE.Le centenaire de Chopin u été fété non .seulement a Montréal — ainsi que le magnifique numéro du Paste-Temps de Février en fait foi — mais aussi à New York.Lais sons de côté les nombreuses exécutions des oeuvres du compositeur franco polonais pour rendre compte d'un ouvrage toul récent."Chopin ".by Herbert Weinstoclt.Knopf.New York.333 p.Cet ouvrage est principalemenl consacré à la vie intime de Chopin, qui reste assez mystérieuse, du lait que Chopin était d'une nature fermée, délicate, et pour tout dire d'un mot.pudique.Bien que spécifiquement romantiquo de tempérament, il n'a pas laisse de lettres ni de mémoires qui permettent aux indiscrets de se faire un nom en exploitant la mémoire d'un artiste.L'auteur essaie toutefois, comme tant d'au 1res, de tourner le problème en «étendant sur l'enfance, puis sur lu constitution prétendue morbide de Chopin durant sa maturité.J'ai mon opinion là dessus, qui se base simplement sur les oeuvres du compositeur: on ne mo fera jamais croire que l'auteur de l'Etude Révolutionnaire.Op 10.No 12.était un malade; je défie tout malade d'en faire autant, et j estime qu'une telle création émane d'un cciveau parfaitement sain, et même, puissant.Cessons donc de chercher, à des fins do journalisme sensationnel, de la morbidité ou do la folie chez les artistes, alors que précisément, la très délicate nuance de folie qu'on pourrait à la rigueur trouver chez eux n'est aulro chose que l'inspiration, qui manque aux simples mortels.M.Welnstock fuit une biographie con ¦ciencieus© do Chopin, mais elle ne nous apprend rien.La deuxième moitié du livre contient une étude qui se veut musicale, et qui sombre dans le symbolisme psychologique, pour nous prêcher que Chopin était un grand homme ce que nous savions déjà —.Le Pianiste Frank Glazer Ce jouno prodige, âge de 21 ans.qui se lit entendro en 1936 et en 1937 à New-York.a donné un troisième recital le 4 mars au Carnegie Hall.Chaconne do Haendel.parfait de discretion el de qualité de sonorité; Fantaisies de Brahms, Op.116 (difficiles), manquaient de puissance; "Siclllana" de Purcell et "Presto" de Francis-Poulenc eussent été excellents dans une salle moins grande; nous ne saunons trop attirer l'attention des virtuoses sur la nécessité d'adapter le choix de leur programme à l'espace de la salie où ils se feront entendre : la seconde partie du programme lut la meilleure, bien que la plus banale : Sonate en ut majeur de Schubert.Variations de Copland : l'interprète y a mis un dynamisme assez grossier.Les sonorités do cloches de "Great Paul", par Godfrey Turner, étaient sans doute destinées â produire en fin de programme un effet de contraste .mais je ne saurais approuver l'interprétation du Scherzo en ui dièze mineur de Chopin qui terminait la soirée — opinion toute personnelle, et par conséquent sujette ù caution mais je crois que M.Frank Gluzei a Joué le linal.on particulier avec trop de brio, et quo l'ensemble manque de raffinement.Le Pianiste José Echaniz Chef d'orchestre à la Grand Rapids Symphony, le Cubain Echaniz a donné au Town Hall un récital franco-espagnol.Programme faible on ce qui concerne la musiquo espagnole, bien qu'elle s'étendit de Soler (18e siècle) a Albeniz mais c'était joué avec froideur .Trois Préludes de Debussy furent aussi pâles que nous les jouerions vous et mol; la Toccata de Ravel ne fut qu'un prétexte a virtuosité; quant au "Thème et Variations" de Fauré, l'Interprétation n'exprimait ni l'atmosphère mondaine de salon, propre â Fauré.ni la base première et durable d'inspiration religieuse qui trans parait dans ses oeuvres les plus profanes, ni la science et la subtilité qu'il avait acquises au Conservatoire do Paris, sajoutant â son tempérament propre, si raffiné.Honneur au mérite — Prix Archambault M.Gilles BA1LLARGEON violoniste Gagnant dans la classe des instruments à cordes et élève de M.Noël Brunet.Le jury : MM.Albert Cham-berland, lean Vallerand et Maurice Charbonneau.Mlle Henriette VEHVANT pianiste Elève de M.Edmond Trudel.elle étudia auparavant à l'Ecole Supérieure de Musique d'Outremont.Le Jury : Mlle Gllberte Martin.MM.Paul Loyonnet el Eugène Lapierre.M.Ios.-Alfred ROULEAU basse Agé de 19 ans.M.Rouleau est un élève de M.Albert Cornellier.Le Jury : Mme Sarah Fischer, Mlle Anna Malenlant et M.Marcel Valois.MONTREAL.JUIN 1949 PAGE SEPT ¦ La vogue foudroyante de la télévision aux Etats-Unis a forcé une importante compagnie américaine de radio-phonos a réduire soudainement ses prix de guarante pour cent.¦ Au début du dix-huitième siècle, le chel d'orchestre dirigeait assis, tenant d'une main la partition, et de l'autre frappant à grands coups de bâton sur une table pour marquer le temps; afin d'être entendu de chacun des exécutants, il taisait plus de bruit à lui seul que rouf l'ensemble orchestral.¦ On considère le chel d'orchestre français Paul Paray comme le véritable successeur du grand Toscanini.Son prestige est universel et indiscuté.II guittera les Concerts Colonne ce printemps, pour donner pendant trois ans comme chel d"orchestre de Pittsburg une série de concerts à travers les Etats-Unis à partir de l'automne prochain.¦ Antoine Duhamel, le jeune fils de Georges Duhamel, est un compositeur à qui on prêfe déjà compétence ef originalité.Fera-t-il sa margue dans la musigue comme son illustre père dans la littérature ?¦ A Vienne, on peut entendre un Do exact par téléphone tout simplement en signalant un numéro spécial.¦ A propos des pièces classigues à la Comédie Française, il est intéressant de comparer le nombre de représentations gu'elles ont obtenues à ce théâtre depuis leur création : Le Barbier de Seville 1.010, le Jeu de l'Amour et du Hasard Iff 17, le Légataire Universel 1,067, Les Précieuses Ridicules 1,123, Andromague 1,135, le Cid 1,154.Le Dépit Amoureux 1.177.Phèdre 1.202, L'Ecole des Femmes 1.309.Les Plaideurs 1.320, L'Ecole des Maris 1,351, les Femmes Savantes 1,392, le Malade Imaginaire 1,434, Le Misanthrope 1£00, l'Avare 1,807, le Médecin malgré lui 1,940 et le record: Tartufe 2.389.Actuellement Beaumarchais et Marivaux bénéficient d'une cote de faveur mais Molière est toujours le plus réclamé.¦ /] paraif qu© Jes huîtres chantent.On en aurait tait l'expérience en les ouvrant avec un couteau.Elles auraient poussé un petit cri aigu suivi d'un murmure "doux mais expressif" dit l'auteur de la communication.On aura donc tout vu ef (ouf entendu.¦ Ma femme apprend le piano, ma fille le violon, et mon lils le saxophone.— Ef vous, vous n'apprenez rien ?— Si, j'apprends à souffrir en silence.¦ On estime la production de pianos aux Etats-Unis pour 1948 à 165.000 instruments, soif une aug-menfafion de quinze pour cent sur l'année précédente.¦ 11 y a plus d'instruments de musigue chez nous par tête de population que dans les autres pays du monde.Dans la province de Québec, il se dépense chaque année pour l'éducation musicale des en-lants environ un milliori de dollars.¦ Plusieurs seront étonnés d'apprendre qu'un très grand nombre de pièces musicales éditées par Le Le Passe-Temps ont atteint une diffusion de cinquante mille exemplaires à plus de cent mille chacune.¦ On présente avec grande publicité guelgues nouveaux chansonniers comme des pionniers dans le domaine de la chanson; avant eux, des centaines de compositeurs ont écrit des oeuvres qui durent encore, ef que la plus grande partie a été publiée par notre revue, au cours de son existence de plus d'un demi-siècle.Ce n'est qu équité que de souligner ce fait, sans préjudice pour qui que ce soit.MOMENTS DE DETENTE "ELLE ET LUI" (Par I.I.GAGNIER.D.Mu».) ELLE (après une âpre discussion sur la guerre) : Oui, monsieur ! Après la guerre, c'est encore la France qui illuminera le monde I LUI : Oui.mais en attendant, ce sont les autres qui tiennent la chandelle I LUI (J'ainé de 27) lisant : "Les cinquante entants de Doris et Nérêe" : C'est encore mieui que ches nous, ça I ELLE : Pour ce chèque, c'est S0.25 d'échange.Si c'était marqué payable "au pair".ce ne serait rien.LUI : Alors, c'est payable "au perd." • ELLE : On n'a pas ni tun ni l'autre dans la main les lignes de la vole lactée et l'anneau de Vénus.LUI : On esl "mal venus".e LUI : 11 n'y a pas de Irait d'union à deux cent douse ?Ça m'surprend.' ELLE : Moi, pas.l'aime mieux croire le dlc llonnaire que moi-même ! LUI : Cela a du bon sens.Tu es si menleuse I ¦ L'incomparable Quatuor Loewenguth, qui n'a donné qu'un concert privé a Montréal l'an dernier, en a donné 18 en Angleterre, dès son retour d'Espagne.¦ En 1895, un des frères Pathé, restaurateurs à Paris, reçut d'un frère parti en Amérique, une pefife machine parlante gui fit sensation dans le café.L'année suivante, Pathé la reproduisit, et c'est ainsi que se fonda la société Pathé Frères, si célèbre aujourd'hui.¦ L'enregistrement de la parole humaine hanta toujours les hommes.Une légende du XVIIe siècle prétendait que les chefs de certaines tribus indiennes se transmettaient leurs messages oralement en parlant sur une éponge.Le destinataire n'avait qu'à presser sur l'éponge pour en laire sortir les paroles.¦ Qui de nous ne se rappelle les débuts du phono, entre autres des fameux cylindres de cire rose cfEdison, tondant facilement à la chaleur ef d"une telle fragilité qu'il fallait les envelopper dans la ouate et éviter de toucher la surface gravée.Et quelle musique nasillarde I ¦ Près de Dieppe, il existe une petite commune dont le nom est Saint-Saëns, et qui eut un maire qui s'appelait Massenet.Massenet, maire de Saint-Saëns, voilà qui n'est pas banal.¦ Une école de musigue pour jeunes lilies possédait trois chats, qui sont devenus enragés.D'après le vétérinaire, c'est le vacarme effroyable des musiciennes gui a causé ces cas de dérangement cérébral ! L'école possède maintenant un chat sourd gui est en parlaite santé, in-j différent à la douzaine de pianoà touchés par des mains vigoureuses.¦ Un luthier allemand annonçaii des "Cordes des artistes" tabriguéed de bon boyau d' "anglais" et garan-! fies d'une solidité extraordinaire el d'un ton très clair.Comment voulez-vous concurrencer des cordes pareilles?¦ A Hollywood, le montage des tilms et le contrôle de la mise en scène des intérieurs d'église et la musique d orgue sonf sous la responsabilité d'un canadien français, Amédée Tremblay.11 fut un colla-' borateur de notre revue qui publia plusieurs de ses oeuvres.PAGE HUIT LE PASSE-TEMPS ALFRED LALIBERTE Enseignement du piano et du chant (Français, anglais, allemand) Rendez-vous par correspondance seulement.72 Columbia Montréal ROGER FILIATRAULT du Conservatoire Royal de Musique de Bruxelles et du Conservatoire National de Paris Enseignement scientifique de l'art vocal basé sur l'Emission Physiologique d'après les données du Docteur Wicart de Paris Prolesseur Ecole Supérieure de Musique d Outremont Professeur Ecole de Musique Université d'Ottawa Professeur Ecole Normale de Musique Institut Pédagogique Danse Villageoise • GEORGES SAVARIA Une pièce que tous les pianistes doivent "7f?ç mettre à leur répertoire • w Chez votre marchand de musique ou aux Editions Musicales du Passe-Temps 218 ouest, rue Notre-Dame — Montréal Pianos usagés REMIS EN BON ETAT et livrés avec banc.Aussi MACHINES A COUDRE de tout genre.Comptant ou termes faciles.I.A.L.ROBITAILLE 1007, rue Bleury — Montréal 1 Téléphone : HA.7359 S Jacheie les pianos et les machines à cdudie 0 POUR MES PETITS, par J.Gaudefroy DEMOMBYNES.D'une grande délicatesse de forme et de pensée, cette jolie berceuse mérite de faire partie désormais du répertoire des jeunes mamans.LES PAPILLONS, par François COUPERIN.Est-il besoin de rappeler le charme des oeuvres de ce grund compositeur, dont Les Papillons est une des plus gracieuses.MON LEGIONNAIRE, paroles de Raymond ASSO, musique de Marguerite MONNOT.Qui n'a pas goûté ce succès de Marie Dubas ?Une chanson réaliste qui se chantera longtemps.ON DIRAIT QUE LES ROSES, paroles de Ch.BODART-TIMAL, musique de Albert-Lucien DOYEN.Une très émouvante romance que nous devons à l'amabilité d'un compositeur et éditeur français qui aime beaucoup le Canada.M.Doyen a écrit, en plus de nombreuses chansons, un nombre Imposant d'oeuvres pour fanfares, orchestres, dont il se fera un plaisir d'envoyer la liste sur demande (M.A.-L Doyen, éditeur, Wattrelos (Nord).France).MORCEAUX POUR PIANO — TOUJOURS POPULAIRES 40* I fdouard ?t£?VALSE- 40* Au Ciel ! au Revoir ! lAcsvMoi* Diss ills 25-' 25» Chez les marchands de musique ou aux Editions du PASSE-TEMPS.Demandez notre nouveau catalogue de musique 1949-50.(Voir détail-; en première page) MONTREAL.JUIN 1948 PAGE NEUF PIANO LES PAPILLONS Très légèrement.Lfggicrissimo.mm François COUPERIN i kl f fl r nP f f r » f » i r f r » f » n r^r.f ?i liir 1 * : - • 'fj'C-f E rr'r r —z—L "3- -2—L i# f r f r 1,-a h ¦ " rff fTj- if p r p r i p r „ :-J-*—J—Jff —r^- -r-— HI MONTREAL, TUiN 1949 PAGE ONZE Création de Marie DUBAS MON LEGIONNAIRE Musique de ituymond ANNO AU?il!; il .il.> \ Paroles de Marguerite MONNOI AU?mod1* Où par.fois passaient des c .clairs Comm'.1 au fiel pas.scnt tes o .3 ~T3-1 .ra .ffps.Il était plein do ta.tou .a.gel Que j'ai ja.maistrôs bien compris.Très modéré (très déclamé) Son cou portait: "Pas vu,pas pris." Sursoncwiron li.sait "Por.¦tall.- son no.humain T?dl il l u.-.Sur son bras droit un mol: "Hai .son .no " J'sais pas son nom, jo n'sais rion d'Iui.¦ *_¦_ Il ma ai .1 ej la nuit on lé .ffion .mec tou .to na i .ro! ÊjSï m Kt mr laissant à mon dos .tin U est par.ti dana le ma.tin Plein de lu .min re.' Ile.tait mine', il o tait beau, Il son.tait bon le sa .blo chaud.Mon "lé.gion .nai .re! Y'avait du ao.leil sur sou _J___ " -r.-B : front_Qui mettait dans ses cheveux blonda de la lu .miè .te! Copyright MCMXXXVI by Les Editions de Paris — International copyright secured.PAGE DOUZE Bonheur perdu, bonheur enlui.Toujours Je pense à cette nuit.Et l'envie de sa peau me ronge.Parfois io pleure et puis fe songe Que lorsqu'il était sur mon coeur, l'aurais dû crier mon bonheur.Mais ie n'ai rien ose lui dire : l'avais peur de le voir sourire ! au 1er Retrain 3 On l'a trouvé dans le désert.Il avait ses beaux yeux ouverts.Dans le ciel passaient des nuages.Il a montré ses tatouages En souriant et il a dit.Montrant son cou : "Pas vu, pas pris." Montrant son coeur : "Ici personne." Il savait pas.le lui pardonne ! 3e REFRAIN l'rêvais pourtant que le destin Me ramèn'rail un beau matin Mon légionnaire ! Qu'on s'en irait seuls tous les deux.Dans quelque pays merveilleux Plein de lumière / Il était mine', il était beau.On l'a mis sous le sable chaud.Mon légionnaire ! Y' avait du soleil sur son front Qui mettait dans ses cheveux blonds.De la lumière ! Comme quoi la musique est "androgyne" Elle est hermaphrodite.Par ses lignes — la mélodie.— ses formes — l'harmonie, ses courbes — le contrepoint, la musique est féminine.Par contre par ses accents, ses chants, son rythme olle est masculine.De plus la musique est androgyne, parce que les lemmes ont naturellement un faible pour la musique mélancolique, la musique symphonique el les chants d'amour Preuve, les patronesses des grands mouvements symphoniques el cel engouement pour la voix et les seri-nades des Tino, des Clément, des Réda-Caire.Et les hommes?ne prélèrent-ils pas les chanis guerriers, les musiques militaires.1 e s développements lintamares-ques des oeuvres à la mode?Il est donc facile de déduire de ceci, que les lemmes en musique préfèrent ce qui est féminin el les hommes ce qui esl masculin.Donc, étalage scandaleux de prélérence Pauletlemauviennes el Tino-rossiesques.Comme quoi la musique, — el surtout de nos jours, — est troublante à plusieurs points de vue par ses audacieuses harmonies, ses formes moins définies que jamais, son caractère imprécis el qui pourtant séduit quand même1 La question n'en garde pas moins son mystère.Oui pourrait en déterminer le sexe?Et puis après tout est-ce bien nécessaire?La musique est la musique.Elle dit encore quand le poète a fini de parler — la symphonie de César Franck Elle brosse de larges fresques quand le peintre a séché ses pinceaux, — La chevauchée des Valkyries — La Cathédrale Engloutie! Elle crée des monuments quand le sculpteur a jeté sa glaise au baquet — Toccate et Fugue en sol mineur de Bach J.-J.GAGNIEB.D.Mus.LE PASSE-TEMPS Les oiseaux sont de la fête.Ils chantent tous, mais crois-moi, L'harmonie est incomplète, Quand on n'entend pas ta voix.De tes lèvres souriantes.Laisse un doux refrain jaillir.Car on dirait quand tu chantes, ?.Que les roses vont s'ouvrir.f 15 3 Ton sourire a tant de charme, Qu'il me rend toujours joyeux.Pourquoi faut-il qu'une larme Mouille parfois tes beaux yeux; Que Dieu le Maître des heures, Ne te fasse plus souffrir.Car on dirait quand tu pleures, ), Que les roses vont mourir.S ' ON DIRAIT QUE LES ROSES .Parole, de ROMANCE Ch.BODART-TIMA1 Musique de Albert Lucien DOYEN A l'Orchestre Symphonique de Québec Voici le rapport des élections annuelles de la Corporation de l'Orchestre symphonique de Québec.EXECUTIF : Président : Raymond Cossette.n.p.1er vice-prés.: Donat Demers.n.p.2e vice-prés.: René Blanchet.architecte.Secrétaire : Uonel-G.Vachon.Trésorier : L.-G.Julien.Archiviste : Raoul Véxina.Bibliothécaire : M.l'abbé Marc Letarte.Directeurs adjoints: Madame J.-P.Galipeault.M.M.Jean Bruchési.Emile Caouette.P.-E.Jobin.Directeur artistique : Capi.Edwin Bélanger.Administrateur : Albert-P.Tanguay.La Corporation se propose de fournir au public québécois une série de concerts de haute qualité.Cette année elle ajoute au programme régulier l'engagement de directeurs invités de grande renommée.On publiera bientôt le programme complet de la saison.Un p a r i u m joyeux à l'arôme discret mais per.siBtant.C'est l'Indispensable auxiliaire du charme féminin.TXJLIPEN7IRE r>e £H ENARL7 LA Oe CANADA DRUG.MONTREAL mo/lo ni Laflo.raiscnprmlH .nie - re A prepa.rê le El leJsrdinsembleaUen.dre A fin de se.p»-nou.ir MONTREAL.IUIN 1949 Copyright IMS — par a.L.DOYEN, éditeur.Wattrelat (Noràl, France.Tous droits réservés.PAGE TREIZE BERCEUSE à Doriane et à Patrice (Tr'cs calme) U *j ^ Hkr- f p t Mi - nuit: m rn m n - trons dans la cham -bre bleue, deux bé-bés dor- ment 1àT ITS .1 'f?- COU - tC 35 r lo ryt.h»e c"-gal ff'f f > f f |- de leur souf - fie.^.-tits lits ^-¦- ?-*- w 4- ^_ i- £-U w- —nrJ^ -j- —-1- *M— TJ- —H ¦Ç-tVf-¦—p-^-bl ano '^¦¦•¦¦¦¦i a " s ' n m ?f^?:—| —d-é— cham - - hrc 1 II IJI ble ue.- -ta _—i_— j M; : / g L—1 6$ *-09 _l-1- - -2 t- i ^ 1 Copyright 1949 — U.S.A.«S Canada — Les Edifions du Passe-Temps, Inc., Montréal.Canada International copyright secured — Tous droits réservés.PAGE QUATORZE LE PASSE TEMPS POUR MES PETITS J.Gaudefroy DEMOMBYNES LE VIRTUOSE, d'après le caricaturiste William BUSCH m m Silentium Introduiione Scherzo Adagio Passagio chromatico Adagio con sentimento Maëstoso Puga del diavolo - \ \ Caprlccioso Porte vivace Fortissimo vlvaolaslino Finale furioso ,AA' ' ¦>>./ Bravo, bravisslmol Publié dans LE PASSE-TEMPS, la revue indispensable à qui aime la musique MONTREAL, JUIN 1949 PAGE QUINZE • CARNET PROFESSIONNEL • • CHANT ALBERT VIAU Technique vocale.Solfège.Interprétation de la chansonnette française, enregistrement gratuit de la voii des élèves.31 rue Cardinal, Ville St-Laurent.BYwater 2129 Mlle CECILE PERRAULT Prolesseur de chant el piano, classique et populaire — 2075 rue Papineau.Montréal.Tel résidence, CHerrier 4377 • PIANO Ecole de Musique de Verdun sous la direction de Mlle M.-Jeanne Fortier.— 3288 rue loseph.à VERDUN — TRenmore 5406._ • Madeleine Raymond PIANISTE COMPOSITEUR IMPROVISATRICE Rendez-vous lixés par correspondance : 3360 ave Barclay.Api.2 Montréal • RELIEURS_ VIANNEY BELANGER Reliure d'art et de bibliothèque.Spécialités : Reliure de cahiers de musique et do collections du "PASSE-TEMPS".Prix raisonnables.2601, ruo de Beaujeu.CRescent 19S8 Reliure d'Art Française Reliure de luxe Spécialité : Bibliothèques 1121 est, rue Dorchesler Montréal Tél.: CHerrier 8409 • ACCORDEURS DE PIANOS R.L.BRUNETTE Spécialité : Piano automatique: Vingt-cinq ans avec Nordheimer & Layton Bros, Ltd.Ouvrage garanti.Membre, Canadian Piano Tuners' Ass.Bureau : Tél.: LAncaster 0109 109A.rue Deslauriers, Ste Rose.Laval.RAY MARCOUX Le seul musicien professionnel accordeur de piano.Membre de {'American Society ol Piano Tuner-Technicians.2296 rue Panel Tél.: AM.5586 Montréal DIVERS Modèles—Outils et Accessoires pour Cuirs ouvrés e Couis par correspondance Demandez circulaires MARGUERITE LEMIEUX 5201 ave Brillon, N.D.G.Montréal Toul ce gui est jolt et nouveau en MUSIQUE et BRODERIE se trouve dans la revue RAOUL VENNAT Enra.3770-3772, rue Saint-Denis MONTREAL Prix : Canada : 12c par an.Etals-Unis : 25c par an.Toutes les bibliothèques.publiques ou piivées.doivent posséder l'Incomparable HISTOIRE DE LA MUSIQUE éditée par la Librairie LAROUSSE. Hommage aux jeunes autistes ainsi qu'aux excellektes maisons D'ENSEIGNEMENT OU ELLES REÇOIVENT LE HAJJT-SAVOtftMUSICAL ECOLE NORMALE DE MUSIQUE — INSTITUT PEDAGOGIQUE Congrégation de Notre-Dame Rollande Vachon Olivette St-Roch Pierrette Magnan Dorothy Lehman Yolande Lemarier Jacqueline Lépine Fleurette Gilbert Madeleine Gareau Yolande Picotte ECOLE SUPERIEURE DE MUSIQUE — LACHINE Révérendes Soeurs de Saint-Anne Lise Olivier Mariette Beaudry Fernande Chiocchio Marcelle Boyer, B.Mus.Antoinette Asselin — et la Chorale de cette Ecole.ECOLE SUPERIEURE DE MUSIQUE D'OUTREMONT Rdes SS.SS.NN.de Jésus et de Marie Janine Belzile Anna-Marie Globenski Andrée Couillard Hélène Lévesque Jeannine Lachapelle Thérèse Trudel Monique Emond Claude Beaulieu Mado Parent Madeleine Jean Thérèse Charbonneau Huguette Breton Cécile Gratton Pierrette Coté Jeanne Lafontaine Denise Lavoie Gertrude Perrault Suzèle Lachapelle ECOLE DE MUSIQUE DES SOEURS DE SAINTE-CROIX Saint-Laurent Cécile Dupuis Pierrette Tétreault Claire Laflamme Marie Tremblay Thérèse Pauzé Pauline Bonin Mimi Jutras Evelyn Thériault Pierrette Légaré Lise Page Thérèse Léger Céline Bigras ECOLE DE MUSIQUE DE LA PRESENTATION DE MARIE Saint-Hyacinthe Gisèle Surprenant Madeleine Déry Colette Campbell Thérèse Dérôme Michelle Boivin Animateur-M.Robert PftRAOts Poste: CK.A.C tt PRÉSIOENT: gjlLUS&U.UmiTEIÏ Montréal 544?999999999999999999999999999999999999999999999999999999999999
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