Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le passe-temps
Le Passe-temps est une revue culturelle qui présente principalement un contenu musical. [...]

La revue Le Passe-temps paraît à Montréal du 2 février 1895 au mois de décembre 1949, malgré une interruption de 1935 à 1944. Passionné de musique et imprimeur de métier, son fondateur, Joseph-Émilio-Sibert Bélair (1865-1933), est l'inventeur d'un procédé de gravure qui permet de reproduire des partitions à un coût minime. Son décès en 1933 entraîne une première cessation de parution du Passe-temps pendant quelques mois.

Publiée deux fois par mois pendant les premières années, la revue devient mensuelle en 1924. De 2500 en 1910, son tirage passe en 1920 à 10 000 exemplaires, distribués principalement au Canada et aux États-Unis. Les revenus de la revue proviennent non seulement des abonnements, mais aussi des annonces publicitaires. Des journalistes réputés comme Lorenzo Prince et Gustave Comte feront partie de l'équipe de rédaction du Passe-temps.

Le contenu de la revue change au cours des années. Pour l'essentiel, Le Passe-temps vise à rendre compte de la vie culturelle montréalaise en traitant de sujets variés, comme en témoigne d'ailleurs son sous-titre, « Littérature, musique, théâtre, mode, sport ». À cette dimension culturelle s'ajoutent quelques actualités politiques, des renseignements pratiques, comme des recettes de cuisine ou des conseils à la ménagère, de même qu'une section « Divertissements », qui propose des jeux d'échecs, des charades, des histoires drôles, des devinettes, etc.

Dès 1896, le sport est retranché du contenu et remplacé par les « Mondanités », mieux adaptées au lectorat de la revue, sans doute en majorité féminin. En 1898, Le Passe-temps se transforme à nouveau pour devenir un journal « musical, littéraire et fantaisiste », une dénomination qui durera 35 ans même si, à partir du tournant du XXe siècle, la revue se consacre surtout à la publication de partitions musicales. Le Passe-temps est d'ailleurs la revue à vocation musicale qui a connu la plus longue existence au Canada. En 1933, l'éditeur adapte une dernière fois son contenu aux exigences de ses lecteurs, cette fois en raison de l'avènement de la radio dans le paysage culturel. Dès lors, le sous-titre devient « Musique, radio, littérature ».

Les partitions musicales du Passe-temps sont le plus souvent des pièces de danse, comme des valses et des polkas, des extraits d'opéras, des chansons traditionnelles. On y publie aussi des morceaux de Beethoven, de Schumann, de Saint-Saëns, de Fauré et de plusieurs compositeurs canadiens, dont Claude Champagne, Calixa Lavallée et Rodolphe Mathieu. La revue offre ainsi à ses lecteurs la possibilité d'animer les soirées familiales, comme l'atteste le nom du supplément qui paraît dans chaque numéro dès 1898, « ... Musique vocale et instrumentale... pour le salon ».

S'il a pour objectif de divertir ses lecteurs, Le Passe-temps tente également de les instruire, par l'entremise de leçons de musique et de suggestions de lecture. Il tient également ses abonnés informés des dernières nouvelles de la scène artistique, mais il ne propose pas de véritables critiques en matière musicale. À cet égard, la politique éditoriale de Bélair est plutôt conservatrice, ce qui s'explique probablement par le contenu avant tout familial de la publication. Malgré cette position, Le Passe-temps contribue à la vie culturelle de Montréal, notamment par sa proximité avec Ernest Lavigne, créateur et propriétaire du Parc Sohmer, l'une des scènes musicales les plus courues de la ville.

Outre son contenu musical, Le Passe-temps publie régulièrement des textes littéraires de genres variés. Il offre ainsi des contes, des nouvelles, de brefs récits, des monologues en vers et en prose, ainsi que des poèmes d'auteurs français (Sully Prudhomme, Victor Hugo, Edmond Rostand) et canadiens-français, parmi lesquels figurent des membres de l'École littéraire de Montréal (Émile Nelligan, Arthur de Bussières, Albert Lozeau, Joseph Melançon, etc.). Malgré les moyens financiers restreints de l'éditeur, la revue réussit également à offrir à ses lecteurs un grand nombre d'illustrations, dont plusieurs sont l'oeuvre d'Edmond-Joseph Massicotte.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 335-336.

EVERETT, Jane, « Montréal en revues », Écrits du Canada français, no 76, 1992, p. 51-78.

« Le Passe-temps » dans L'Encyclopédie canadienne - Encyclopédie de la musique au Canada, www.thecanadianencyclopedia.com/articles/fr/emc/le-passetemps (consulté le 29 mai 2013).

PRINCE, Lorenzo, « Quelques souvenirs sur le fondateur du Passe-temps », Le Passe-Temps, vol. 39, no 864, août 1933, p. 40.

TRÉPANIER, Léon, « L'étrange histoire de Joseph-Émilio-Sibert Bélair, fondateur du Passe-temps, révélée par lui-même », La Patrie, 5 février 1950, p. 68 et 91.

Éditeur :
  • Montréal :J.E. Bélair,1895-
Contenu spécifique :
v. 53, no 913
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (9)

Références

Le passe-temps, 1947, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
REVUE ARTISTIQUE FONDEE EN 1895 NOS lecteurs n'cnt pas manqué de remarquer la nouvelle couverture artistique du Passe-Temps.C'est le premier d'une série de portraits des grands maîtres dont nous avons confié l'exécution à l'un de nos plus brillants jeunes artistes, Jacques Gagnier.Simultanément, nous publierons la biographie du musicien à l'hcnneur et, autant que possible, une de ses compositions.Ce sera une collection de grande valeur, que tous les amis de la musique voudront avoir complète.Comme Le Passe-Temps s'enlève de plus en plus rapidement dans les kiosques et les dépôts de journaux, en voudra bien retenir à l'avance • son numéro ou mieux encore, s'abonner à la revue.AU cours des prochains mois.Le Passe-Temps vous offrira des améliorations heureuses à tous points de vue.L’accueil chaleureux qu'on lui réserve partout, le courrier volumineux et les témoignages précieux dont il est l'objet, tout concourt à démontrer combien notre revue possède l'estime de tous ceux qui aiment le beau.Mais une chose qui nous chagrine, comme d'ailleurs nos lecteurs, c'est la difficulté à faire paraître la revue à une date fixe.C'est un problème commun à maintes publications et maisons d'édition, suscité par les conditions de l'imprimerie en général, rareté des papiers, surcroît de travail dans les ateliers, pénurie de main-d'ceuvre compétente, réduction des heures de travail, grèves dans des industries connexes, etc.Chacun s'évertue à améliorer ces conditions.normales dans une période anormale de rajustement d'après-guerre.Entre-temps consolons-nous avec le vieux proverbe Patience et longueur de temps.DERNIEREMENT, une dame de Longueuil, en renouvelant son abonnement, ajoutait qu'elle est une abonnée du Passe-Temps depuis la fondation, c'est-à-dire depuis 1895.Souvent, nous recevons des lettres d'abonnés de trente, quarante ans et plus.C'est une fidélité touchante qui constitue le meilleur des témoignages.Incidemment, il serait intéressant de retracer les premiers abonnés de cette revue.Dans les archives, nous trouvons les abonnés suivants, par ordre d'inscription, à compter du 2 février 1895 : Mlle Flora Faucher, M.A.-A.Lamy alors à 291 Sanguinet, M.A.-L.Coutu, 1264 rue deMontigny, M.A.-J.Hébert, M.A.-A.Fiset, Mme de Latimille, Mlle Pelerin, Mlle Clara Doré, M.A.-E.Ménard (456 Dcrchester), Mlle Daignault (3 Carré Cha-boillez), M.D.Bélanger.Mlle Germaine RobiUard, M.Napoléon Contant (10, Wolfe), Jos.Laurin & Cie, Mlle V.Berlinguet (400 Pl.lacques-Cartier), Mme Edmond Trudel, M.A.-H.Tetreau, Mlle Maria Morin, M.A.-H.Fontaine, etc.Que sont devenus ces abonnés de la première heure ?SOMMAIRE OCTOBRE 1947 — No 913 THEMES ET VARIATIONS .2, 3 L'ECOLE SUPERIEURE DE MUSIQUE D'OUTREMONT par Roland PREVOST .4 EXPANSION ET PRESTIGE DE LA MUSIQUE FRANÇAISE par Henri ERICHSON .5 L'ORAGEUSE PREMIERE DE "PELLEAS" par Maurice DUMESNIL .6 AU PAYS DES GRATTE-CIEL par MARIE-EVE.7 BEETHOVEN.LE TITAN DE LA MUSIQUE par F.DESPLANTES .8 POT-POURRI.10 ALBUM MUSICAL .11 à 18 L'ODYSSEE D'UN JEUNE BARY-TON CANADIEN : JEAN- PAUL FILION.19 JACQUES JANSEN A MONTREAL.19 ECHOS ET NOUVELLES .20 MUSIQUE D'AUTOMNE.Poème inédit par J.-J.GAGNIER .22 IL Y A 50 ANS DANS "LE PASSE-TEMPS" .24 LES MOTS CROISES.25 LES BELLES LECTURES .26 GALERIES D'ART.26 ¦ L'ETRANGE MUSEE DE L'ASSISTANCE PUBLIQUE .par Gisèle d'ASSAILLY .27 Autorisé comme matière de seconde classa par le Ministère des Postes.Ottawa."LE PASSE-TEMPS" est publié mensuellement par le» Editions du Passe-Temps, (Inc.).627 ouest, rue Dorchesier, Montréal 2.— Téléphone : MArquefte 9905.Il est imprimé par l’Imprimerie Mercantile, Limitée.Los manuscrits, publiés ou non, ne sont paB rendus.— Direction : Eddy PREVOST ; rédaction : Holand PREVOST ; publicité : Paul PREVOST.ABONNEMENTS : Canada : S2.00 pour 12 mois : $3.75 pour 24 mois Etats-Unis: S2.25 pour 12 mois.Autres pays: $2.50 pour 12 mois.Le numéro: vingt cents.L'abonnement est payable d'avance pat mandat-poste ou choque affranchi, accepté et payable au pair à Montréal.— CHANGEMENT D'ADRESSE : Tout changement d'adresse doit être accompagné de l'ancienne.Avis doit nous parvenir au moine trente }ours avant le numéro d'où le changement sera effectif.Pour discontinuer de recevoir cette revue.Il faut avoir acquitté tous les arrérages.— Le Passe-Temps publie aussi de la musique en feuilles.MONTREAL.OCTOBRE 1947 PAGE ON Monsieur Maurice Dumesnil à Montréal Le mois dernier.Montréal avait l'honneur d'accueillir un musicien et musicographe éminent.Monsieur Maurice Dumesnlll, accompagné de son épouse, compositeur et musicienne de renommée, connue sous le nom de Dr Evangeline Lehman.Monsieur Dumesnil est natif de la Normandie.Il reçut sa lormation musicale au Conservatoire de Paris, où U lut l'élève de M.Isidor Phillip.Comme pianiste et chef d'orchestre, il fit des tournées dans presque tous les pays d'Europe, de l'Amérique du Sud.du Mexique et des Etats-Unis.Il fut soliste avec les orchestres Colonne et Lamoureux, de Paris, ainsi qu'avec de grands orchestres de Berlin, Cologne, Frankfort.Madrid.Zurich.Il est actuellement titulaire de Cours de perfectionnement pianistique dans différentes villes dos Etats-Unis.C'est un musicographe remarquable, collaborateur à plusieurs revues musicales, entre autres "Elude".Le Passe-Temps s'honore de sa collaboration régulière.Il est l'auteur de "Claude Debussy, Master of Dreams ", publié en anglais et dont une version en espagnol vient de sortir des presses.C’est un linguiste parfait et il écrit aussi bien en espagnol, en allemand, en anglais qu'en français.Lors de son passage ici, Monsieur Dumesnil donna une brillante causerie à CBF.Souhaitons que Monsieur Dumesnil se fasse entendre un jour à Montréal dans ses série de conférences-récitals si goûtés aux Etats-Unis.Madame Lehman-Dumesnil est une musicienne émérite.Elle est l'auteur de plusieurs ouvrages, entre autres de l'oratorio "Sainte-Thérèse-de-Llsieux ", qui fut présenté dans plusieurs villes de France, des Etats-Unis, de l’Amérique du Sud, et ailleurs.11 est possible que cette oeuvre magnifique soit présentée l’an prochain par l'Ecolo Supérieure de Musique d'Outremont.La Marche iunèbre de Chopin L'origine de celte composition austère se place dans un cadre comique au milieu de toiles et ébauches d’un atelier de peinture.Chopin et quelques amis s'étaient réunis dans l’atelier du peintre Ziem (1821-1911) pour une de ces amicales et joyeuses soirées dont la vision repass plus tard en l'esprit tout auréolé d'un joli parfum d’insouciance et de jeunesse.On buvait, on fumait, on chantait, on disait et faisait mille folies, quand, soudain.Ziem empoigna son squelette d'atelier et se mit à le faire valser.On rit d'abord ; puis Chopin, sous le coup d'une subite inspiration, enleva au peintre sa danseuse, courut au piano, plaça le squelette sur ses genoux et composa d'un trait sa célèbre marche.Incohérence ?Si l'on veut.Maurice Delà, compositeur canadien "Le Passe-Temps’’ publie en primeur ce mois-ci une mélodie pour chant et piano intitulée "Berceuse béarnaise" du jeune compositeur canadien Maurice Delà.Ce jeune musicien a fait ses études à Montréal avec Raoul Paquet, le frère Placide.Louis Bailly.Gabriel Cusson, Séverin Moisse et Claude Champagne.Parmi ses oeuvres, on remarque un poème symphonique pour orchestre "L’Ile enchantée" et une Suite canadienne, une Sonate et une Sonatine pour violon et piano ainsi que plusieurs mélodiesp our chant et piano, de la musique de chambre et des pièces popr piano.Deux de ses chansons."Xami" et "Ballade" ont été récemment publiées par la maison Archambault.La jolie Berceuse Béarnaise que nous publions dans le présent numéro s'inspire d'une vieille chanson du Béarn.Le Béam.un coin des plus pittoresques des Basses-Pyrénées.au sud-ouest de la France, était au XlIIe siècle une province indépendante dont tentaient de s'emparer tour à tour les rois de France et d'Angleterre.Le Béarn conserve avec fierté son bel héritage folklorique : chansons, danses, costumes, fêles rustiques et religieuses, coutumes, légendes, etc., qui ont été marquées de l'influence basque.Dans cette région se trouvent des villes célèbres : Pau.où est né Henri IV.Salies-de-Béarn.où l'on peut voir des chapelles datant du Xlle siècle, et entre autres attractions.le donjon de Montréal, etc.Les concerts Willis En présentant la nouvelle série des Concerts Willis, M.Inglis Willis.président de la maison Willis 6 Co.souligne l'intérêt et l'enthousiasme grandissants que suscitent ces émissions de haute tenue.De nouveau de jeunes artistes de chei nous auront l'occasion de donner la mesure de leur talent développé avec intelligence et compétence dans des institutions justement renommées.Comme par les années passées, les Concerts Willis présenteront des élèves des écoles suivantes : Ecole Normale de Musique.Institut Pédagogique, de la Congrégation Notre-Dame ; Ecole Supérieure de Musique, des Révérendes Soeurs de Sainte-Anne, Lachine ; Ecole Supérieure de Musique d'Outremont.des Révérends Sours des Saints-Noms de Jésus et de Marie : et Ecole de Musique, des Révérendos Soeurs de Sainte Croix, à Ville Saint-Laurent.M.Robert Paradis, chef du service français de la maison Willis.est toujours l'animateur dévoué de ces programmes si goûtés.Cette année, les prix sont plus nombreux et les questions différentes.Les explications nécessaires sont données à chacune des émissions.Que tous les amateurs de belle musique soient aux écoutas tous les dimanches à une heure quinze, au poste CKAC.VIHGINIA (GINNYI DAVIS, jeune chante use.diseuse ot comédienne qui a récemment obtenu un éclatant succès au club Schéhérazade de Paris, a également recueilli les éloges des critiques new-yorkais lors de ses apparitions dans "Sally"."Fireîly"."New Moon", "Student Prince", "Haensel et Gretel" et plusieurs autres comédies musicales.Mlle Davis est de retour en Amérique après avoir donné une série de récitals de vieilles chansons de France à la Radiodiltusion Française.Elle a chanté à plusieurs endroits des Etats-Unis et elle a connu un succès particulier à Hancock.Maine, où elle a pris part au dernier concert de la saison sous la direction de son oncle.Je célèbre chef d'orchestre Pierre Monteux.Mlle Davis chante au Quartier Latin de Montréal depuis le 3 novembre et à Québec, elle a chanté devant le Canadian Wonwn'j Club.C'était là son premier concert en terre canadienne.En général, nous réservons pour la chronique des Belles Lectures la présentation des livres nouveaux.Mais deux livres d’auteurs canadiens Bur la musique, publiés ces jours-ci.méritent une mention spéciale.D’abord.Les neuf symphonies de Beethoven.par le Rév.Père René Girard.190 exemples musicaux, 20 dessins de Madame Andrée de Groot.— Un volume vraiment digne de toute bibliothèque musicale.Le second, La Musique Symphonique, de Mon-teverde à Beethoven, est dû à la plume de Mlle Hélène Grenier, de Montréal, dont le dévouement à la cause de la musique est bien connu.Cette petite histoire de la musique symphonique, à la fols un guide sûr et une mine de renseignementsè devra se trouver dans la bibliothèque de tous ceux qui aiment la musique.La lecture en est des plus captivantes, car l’auteur traite son sujet avec clarté et simplicité.PAGE DEUX LE PASSE-TEMPS HECTOR RIVARD, pianiste, organiste et directeur de la Chorale Sainte-Famille de Gianby.membre de l'Académie de Musique de Québec.qui présentera sa Chorale de 60 voix.dans un concert au théâtre Cartier à Granby, mercredi le 12 novembre prochain, sous la présidence d'honneur de S.H.le maire P.Horace Boivin et do Mme Boivln.Parmi les solistes qui prendront part au programme on remarque : Cécile Dubreuil, mezzo-soprano, Irène Daigle, soprano, Richard Côté, ténor.Rose Brodeur, contralto, Lionel Lamontagne et Philippe Lasnier.Nous ne saurions trop recommander à tous les mélomanes l'une des plus belles émissions radiophonlques dillusées tous les lundi soir sur le réseau français de Radio-Canada : les Radio-Concerts Molson.C'est une formule des plus heureuses : admission gratuite aux concerts dans la salle du Plateau sur simple présentation d’une carte spéciale ; à chacun des programmes, artiste canadien différent et interview d'un de nos concitoyens qui s'est signalé dans les arts, les sciences et autres domaines.Félicitations à la maison Molson qui depuis des générations fait tant pour l'avancement des arts ches nous.• Mille et un indices témoignent de l'essor considérable de la musique et des arts au Canada français : Concerts, conférences et autres manifoslations musicales en nombro toujours plus considérable d'un bout de l'année à l'autre ; organisations et groupements artistiques vivants, nombreux et variés : expositions d'art ; etc.Nos compositeurs aussi — jeunes et moins jeunes — sont pris de cette fièvre nouvelle.Dan s nos écoles, jamais les élèves de musique n’ont été aussi nombreux et enthousiastes.Et.comme disent les sportifs, 11 y a de "l’action".Cest beau et c’est heureux 1 Ah 1 ces annonceurs de la radio 1.D’après les annonceurs de la radio, il se passe des choses extraordinaires dans ce bas monde.Il y a ce monsieur qui "va vous prononcer une allocation", cet autre qui vend une mixture pour "l'inflation des voix respiratoirees".Remettant une bouteille de lotion pour les chepeux à une dame, l’animateur d’un programme radiopho-nique ajoute ce mot d’esprit on ne peut plus galant : "C'est très bon pour les vieilles iemmes comme vous, qui avez les cheveux blancs.".Et cet annonceur d'un poste français qui présente, avec un petit accent anglais, un "morceau de Schouberte" et un autre dirigé par "louguine Ormanday”.Ces jours derniers, up annonceur a eu un lapsus amusant.Il présenta un ’solon de violo’ pour un "solo de violon*.La vraie origine du "God Save the King" L’hymne national anglais "God Save the King" est d'origine française.Un document, publié récemment, porte une déclaration de trois dames de Saint-Cyr, signée en présence du maire, en septembro 1819, attestant que l'hymne anglais n'est autre qu’un ancien motet conservé, de tradition, dans la communauté de Saint-Cyr depuis Louis XIV et composé par Lulli.U existe, au musée de Versailles, une horloge datant de la moitié du dix-huitième siècle dont le carillon sonne un air absolument semblable ex celui du "God Save the King".Voici comment fui composé ce chant si connu aujourd'hui et dont les Anglais contestent la vraie origine.Lulli, pour fêter une convalescence de Louis XIV, composa une cantate intitulée : "Dieu Sauve le Roi", qui fut entendue par Haendel pendant son séjour en France.Ce dernier, ayant trouvé cet air très original, le nota et à son retour en Angleterre l'offrit au roi Georges 1er comme étant de lui.La transcription, tout en ayant ajouté quelques accords à la basse et quelques variations à la reprise de l’air, a conservé fidèlement le rythme et l’idée du compositeur primitif.Haendel d’ailleurs était coutumier du fait, ce qui faisait dire à Bourgault-Ducoudray à son cours d'histoire de la musique au Conservatoire de Paris: "Haendel est le plus grand voleur musical qui ait jamais existé." Notes pointées e Jean Létourneau, jeune ténor québécois, fils du musicien bien connu Orner Létour-neau.vient d'être engagé comme soliste au Radio City Muslc Hall de New-York.e Georges Savaria.pianiste-compositeur dont "Le Passe-Temps" a déjà publié "Pavane de Michel", vient de publier par l’entremise dos Editions du Passe-Temps une autre de ses oeuvres."Danse Villageoise.’’ e Albert Viau.baryton montréalais.a chanté, au "Réveil rural" du 10 octobre dernier, "La Chanson de mon Coeur”, un grand succès de Jean Soïar, publié récemment dans "Le Passe-Temps”.L'interprétation qu'en a donnée M.Viau a certainement plu si on en juge par le grand nombro de lettres reçues.Un autre grand succès, chanté plusieurs fois à ce programme par le même artiste, est "La vieille église", musique de Dantès Belleau.paru également dans cette revue.e Signalons le départ pour Paris de Pierre Brabant.jeune pianiste-compositeur.• Jean Beaudet.pianiste et chef d’orchestre, autrefois de Radio-Canada, vient d’être nommé à la tête de la classe d'orcheBtre au Conservatoire de Musique et d'Art dramatique de la province.Notre concours mensuel CHAQUE MOIS, deux abonnements gratuits à la revue musicale "Le Passe-Temps" sont tirés au sort parmi les bonnes réponses à trois questions.Les concurrents trouvent les réponses en lisant les articles et les chroniques du numéro courant.Tous les lecteurs du "Passe-Temps”, abonnés ou non, ont droit de participer au concours ; les gagnants déjà abonnés recevront un prolongement d'un an à leur abonnement.Le nom des gagnants paraîtra dans le prochain numéro.1.— Oui dirigeait l'orchestre lors de la première de "Pelléas" ?— 2.— te nom du professeur qui vient de doter la ville de Québec d'un centre musical ?3.— Quel est l'auteur du nouveau livre : la Musique Symphonique ?Dites en quelques mots quels genres d'articles et de musique vous plaisent le plus dans "Le Passe-Temps".Adressez comme suit : Concours mensuel du "Passe-Temps".627 ouest tue Dorchester.Montréal 2.LES GAGNANTS DU CONCOURS D'AOUT-SEPTEMBRE : Mlle Thérèse Jourdain, institutrice, Islots Caribou, Co.Saguenay.Côte-Nord.— M.Paul-André Cloutier, 220 rue Drummond.Sherbrooke.P.Q, MONTREAL, OCTOBRE 1947 PAGE TROIS UNE GRANDE INSTITUTION CANADIENNE L’ECOLE SUPÉRIEURE DE MUSIQUE D’OUTREMONT -—par Roland PREVOST SUR les contreforts du Mont-Royal s'élève le vaste bâtiment qui abrite la maison-mère des SS.des Saints Noms de Jésus et Marie.C'est là, dans quelques pièces bien éclairées mais trop exiguës, que loge l'Ecole Supérieure de Musique d'Ôu-tremont, fondée en 1932.Mais l'enseignement de la musique dans cette maison remonte à 1844, et l'on trouve dans la liste des professeurs d'autrefois les noms de Emery Lavigne, Alexis Contant, Guillaume Couture, Jules Hones.Alfred De Sève, Romam-Octave Pelletier, Alfred Lamoureux, Louis Bouhier, p.s.s., Jean-Noël Charbonneau et Mgr Arsène Dubuc.C'était déjà une admirable préparation pour la fondation d'une ecole supérieure, surtout lorsqu'on connaît le dévouement et le souci de perfection des religieuses, qui secondent admirablement les professeurs de l’extérieur.En 1920, Soeur Marie-Stéphane est nommée directrice des études musicales.Aussitôt, elle élabore un projet de réforme destiné à consolider et amplifier la formation musicale des élèves, dont le nombre croît sans cesse.Dans les années suivantes, on publie un Programme des études musicales, un Traité d'harmonie, un Traité d'analyse musicale, une Théorie de la Musique avec les Exercices correspondants, et autres ouvrages.Afin d'étudier de près les meilleures méthodes pédagogiques.Soeur Marie-Stéphane se rend en Europe en 1935 et, grâce à un privilège rare, elle assiste aux principales classes des grands Conservatoires et Eccles de Musique de Paris, Bruxelles et Vienne.Elle y rencontre quelques-uns des maîtres de l'époque : Guy de Lioncourt, Noël Gallon, Charles Koechlin et autres.Dès son retour, l’Ecole connaît un nouvel essor, comme en témoignent les nombreux succès des élèves.Le palmarès est vraiment exceptionnel : trois Prix d’Europe (Mlles Paule-Aimée Bailly, Jacqueline Lavoy et Jeanne Landry), huit bourses du Ladies' Moming Musical Club, six Prix Archambault, deux bourses de l'Association des Compositeurs et Editeurs du Canada, deux Lauréates de l'Association des Professeurs de Musique de Québec, sept licences, seize maîtrises en piano, quatre maîtrises en orgue, trois maîtrises en chant, 60 baccalauréats, 26 diplômes de professeur de chant grégorien, etc.r^PUIS 1933, l'Ecole Supérieure de ¦^Musique est annexée à l’Université de Montréal.De distingués professeurs de l'extérieur ont été attachés à l'Ecole depuis sa fondation en 1932.Mentionnons : le Révérend Père Jean Lara-mée, s.j.Madame Jean-Louis Audet, Mlle Germaine Malépart, Dom Lucien David, O.S.B., Messieurs Louis Bailly, Jean-Marie Beaudet, Claude Champagne.Jean-Noël Charbonneau, Camille Couture, Jean Danse-reau, Roger Filiatrault, Alfred Lali-berté, Eugène Lapierre, Roland Leduc.Léc-Pol Morin, Maurice Onde- ret, Raoul Paquet, Frédéric Pelletier, Romain-Octave Pelletier (senior), Rodolphe Plamondon, Lucien Robert, et autres.Plusieurs de ces professeurs ont été membres des jurys d'examens, de même que MM.Victor Brault, Albert Chamberland, Salvator Issau-rel, Ernest Langlo's, Arthur Letcndal, Clément Morin, p.s.s., Oscar O'Brien, Joseph Saucier, Georges-Emile Tan-guay, Edmond Trudel.et autres.Il serait trop long d'énumérer les noms de tous les élèves qui font honneur à l'Ecole.En plus des trois titulaires de prix d’Europe déjà mentionnées, citons Mlles Réjane Cardinal (mention honorable pour la chant), Suzanne Clerk, Jeannine Payment.Claire Demers, Thérèse Bourassa, Mariette Tierman, Marie-Germaine LeBlanc, Jocelyn Binette (Prix spécial de composition, à Toronto), Simone Rainville (dont les récents succès sont bien connus), Madeleine Ray-mont, dont les extraordinaires talents d'improvisation font l'étonnement et l’admiration des meilleurs musiciens, Thérèse Vézina, etc.nombre des musiciens étrangers qui ont honoré l'Ecole d'une visite ou d’un récital, on remarque Nicolas Medtner, le célèbre pianiste-compositeur russe ; Lucienne Delforçje, pianiste française ; Marcel Dupré, le plus grand des organistes contemporains ; l’organiste Joseph Bonnet, de regrettée mémoire ; Hendrik Szeryng, violoniste polonais de grande réputation ; Jean Dansereau, Louis Bailly, le pianiste Paul Loyonnet, et cette année, le jeune pianiste compositeur, André Mathieu.Des Ensembles comme le quatuor à cordes Loewenguth, les Petits Chanteurs de Vienne et le quatuor à cordes Pascal se sont également fait entendre dans la salle de concerts de l'Ecole.Aujourd'hui, l'Ecole d'Outremcnt jouit d'un prestige et d'une renommée exceptionnelle à l'étranger.La preuve est que, celte année, on compte parmi ses élèves, en plus de Canadiennes de tous les coins du pays, de jeunes musiciennes venant de France, des Etats-Unis, du Mexique, d'Espagne, d'Angleterre, de la Hongrie et d'Haïti.• La salle de lecture et de conférences de l'Ecole PAGE QUATRE LE PASSE-TEMPS Expansion et prestige de la musique française LES DEUX CIVILISATIONS musicales de l'Europe qui dominent et absorbent plus ou moins toutes les autres, jusqu'à ce jour, sont la musique Irançaise et la musique allemande.Longtemps, et surtout à l'étranger, on a vécu sur l'Idée que la musique de chez nous était à un niveau inférieur en regard de celle d'outre-Rhin.Sans doute, un certain temps, elle était restée à la remorque de Wagner.Mais l'iniluence wagnérienne, considérable pendant une dizaine d'année, à la lin du dix-neuvième siècle, se trouva complètement battue en brèche par la jeune école de compositeurs et de critiques ralliés autour du *om de Debussy.De bonne foi.souvent, l'on a cru ou l'on croit encore, que la France n'est pas un pays musical.Longtemps, il est vrai, les histoires de la musique dont le monopole avait été exclusivement, ou presque, laissé aux étrangers ne montraient, dans notre passé, que quelques noms isolés, comme celui de Rameau, perdus dans une médiocrité générale.qu'on ne pouvait guère rapprocher, sans honte, do l'Italie de Palestiina à Scarlatti et à Pergolèse.et de l'Allemagne de Cchütz à Wagner.Depuis une cinquantaine d'années seulement, nous avons vraiment l'idée en France de regarder par nous-mêmes dans notre passé.C'est donc notre faute, à nous, Français, si notre patrimoine est resté quasi inconnu dans le domaine de cet art durant si longtemps et qu'il l'est encore présentement.Au lendemain de la libération de la France, un mélomane américain, dont j'avais fait la connaissance, me disait son amour pour la musique allemande et la supériorité qu'il lui reconnaissait sur la nôtre.Pour étayer son enthousiasme.11 se contenta de me dire encore : "Nommez-mol vingt oeuvres françaises à mettre en parallèle avec vingt chefs-d'oeu-vre allemands." J’ai entendu exprimer la même pensée déjà par des amis français.Si.de leur part, cette réllexion m'a été pénible, je l'accepte d’un étranger.Il est effectivement bien dilficile.pour ne pas dire impossible, à un étranger de ne pas se tromper dans ses appréciations de l'art d'un autre pays, surtout quand ce pays ne l'aide pour ainsi dire en rien à rectifier ses erreurs, à combler ses lacunes.Il laut un vrai génie pour connaître les vraies pensées d'une race qui n'est pas la sienne.Il lui est difficile de pénétrer l'art d'un autre pays sans y être initié sérieusement.L'EXPANSION de la musique Irançaise n'a jamaiB été lacilltée par une propagande hurlant haut comme celle pratiquée par exemple par les Allemands.Son prestige s'est établi de lui-même.Je pense notamment à cette propagande musical ayant eu aussi un but politique, touristique et économique, laite avant la guerre outre-Rhln.pour drainer une forte clientèle en Allemagne et en Autriche, aux cycles musicaux de Salzbourg.BayTeuth ou de Munich.A l'instar do Salzbourg.Emile Vuillermoz.11 y a quelques années, avait lancé l'idée de créer un centre musical équivalent à Paris.Comme bien d'autres louables initiatives, elle ne devait pas aboutir malheureusement I Quoi qu'il en soit, l'expansion de la musique Irançaise à l'étranger, en particulier, s’est laite envers et contre la propagande ellrenée des Allemands dans presque tous les pays du monde visités par d’innombrables tournées de célèbres virtuoses et kapellmeister faisant connaître et rendant populaires les oeuvres des grands romantiques.Jusqu'en Extrême-Orient, les propagandistes allemands se dépensèrent.Pourtant notre musique à nous, elle aussi, a iini par y pénétrer et par s'y répandre depuis quelques années.Nombreux ont été, entre autres, les musiciens japonais venus étudier en France, avant le3 hostilités.L'un d'eux me conlia combien le public japonais était fervent de notre musique.Quant aux compositeurs de l'école contemporaine de là-bas, ils ont été essentiellement influencés par Debussy et Ravel.T L N'EST PAS BESOIN d aller jusqu'en Extrè me-Orient pour mesurer le degré de l'expansion et le prestige de l’art chez nous.Au cours de ces dernière années, une série de compositeurs doués s'est fait jour dans l'art musical Scandinave.La plupart des compositeurs des pays nordiques de la vieille génération relèvent sans doute du style allemand post-wagnérien, mais de plus en plus les "jeunes", dégagés de cette inlluence ont puisé leurs ressources pour leur technique seulement dans l'impressionisme moderne Irançais.par Henri Erichson Correspondant du ''Passe-Temps" à Paris En Hollande, d'autre part, on était résolument orienté vers l'esthétique allemande.On y pré-lérait les exécutants allemands ainsi que les proiesseurs.On n'y voulait mémo pas entendre parler de musiciens hollandais ! Aujourd'hui ce pays possède un nombre remarquable de compositeurs.Tous ne sont pas des compositeurs vraiment hollandais.La plupart ont appris leur métier à l'étranger ou bien ont été élèves de maîtres qui, eux-mêmes, ont reçu leur éducation ailleurs.Mais ce n'est plus l'Allemagne qui exerce présentement la plus grande influence en Hollande.Cest plutôt la France ! Ce sont les influences, plus exactement, de Brahms.Strauss, d'une part, de Franck.Debussy d'autre part, qu'on peut trouver dans la musique hollandaise.Aux Etats-Unis.Debussy et Ravel triomphent.Gabriel Fauré.par contre, y est mal connu, hélas I Ainsi réveillée de son sommeil, la musique Irançaise, depuis un demi-siècle, fournit à l'Europe des modèles, accueille des musiciens désireux d'y complétor leurs études, alors qu'autrelois ils allaient de prélérence en Allemagne ou en Italie.En ouvrant largement nos portes aux musiciens étrangers, venus do loin souvent, en défendant hors de nos irontières le patrimoine musical français, l’étranger, de lui même, abandonnera ses préjugés à l'égard du génie musical français.Il apprendra que si l’Allemagne est.par exemple, la terre d’élection des lieder, la France a été.elle, jusqu'au dix-huitième siècle, le pays des chansons et que ce furent ce» chansons que s'assi- gnèrent pour modèles les fondateurs de la première école de lieder de Berlin.Convaincu que l'Allemagne est aussi le pays par excellence de la musique symphonique.il apprendra que la France d’aujourd'hui possède l'école symphonique la plus vivante et la plus originale.D'ailleurs, sur ce point, rappelons-lui quo.jusqu'à la lin du dix-septième siècle, se développa à Paris une écolo symphonique très brillante et assez avancée.Et l'on croit en une école polyphonique et spécialement chorale, tout en ignorant quo dans ce genre la France lut, au quinzième siècle, le premier peuple musicien.Les Janne-quin, les Costoley et les Claude Le Jeune et tous ceux de notre admirable Renaissance sont restés des maîtres d'une beauté et d'une richesse incomparables.Qui les connaît à l'étranger ?Et je ne parle ni de notre école de violon du dix-septième siècle, ni de notre école de clavecin et d'orgue des dix septième et dix-huitième siècles qui ont été en tant de choses des devancières et dont les plus grands hommes en Allemagne, comme Bach, ont su profiter.Et il y a aussi notre ancien opéra français, peut-être plus connu, mais si mal encore ! Jusqu'à l'avènement de Rameau et de Gluck, aucun musicien ne put prendre la place éminente que notre Lully avait rendue si dilficile à occuper.C'est le cardinal de Mazarin qui avait tenté d'introduire d'Italie l'opéra.Louis XIV ayant pris goût pour ce genre de spectacle ordonna à Périn d'établir une Académie Royale de Musique pour y chanter des pièces do théâtre.Le Roi, qui aimait Lully par l'empire qu'avait sur lui la musique de cet habile musicien, lui accorda le privilège donné au préalable à Périn.C'est à cette époque qu'on doit rapporter l'établissement fixe et permanent du théâtre do l'Opéra de Paris.Aidé de l'immortel Quinaud, le génio de Lully commença à se déployer, et l'on peut le regarder comme le créateur de ce genre.En possession du privilège de l'Académie Royale do Musique en 1771.Jean-Baptiste Lully s'attaqua aux compositions de ses opéras Alceste, Thésée.Atys.fais.Amadis, Persée.Roland.Bellérophon.Proserpine.Armide.Acis et Gala fée.Colasse, Campra, Desmarets et Destouches succédèrent à Lully.mais ils laissèrent désirer un génio d’envergure.Et ce fut l'avènement d'un des plus glorieux, trop ignoré de la loule et des musiciens d'aujourd'hui : Jean-Philippe Rameau I Le précurseur de tout le langage harmonique moderne ! Déjà dans son automne — âgé de 50 ans — 11 parut avec son opéra Hypolife et Aride.paroles de l'abbé Pelégrin, représenté en 1733.Au caractère mâle de sa musique, à la vigueur de son harmonie, les uns s'effarouchèrent.les autres étalent dans l'admiration.Des partis se formèrent pour et contre : on s'échauffait, on s'agitait, on s'injuriait ; des mouvements tumultueux eurent lieu dans l'enceinte même du spectacle (comme au début de notre siècle quand s'imposèrent Pelléas e" Louise) ; des combats de poing s'ensulvirer.l ; (Suite à la page vingt et unI MONTREAL, OCTOBRE 1947 PAGE CINQ LA VERITE SUR L’ORAGEUSE PREMIÈRE DE "PELLÉAS” Ecrit spécialement pour "Le Passe-Temps" pcrr Maurice DUMESNIL POUR Claude Debussy, la majeure partie de l'hiver 1901-1902 lut remplie par toutes sortes de travaux préparatoire» à l'Opéra-Comique : répétitions avec les interprètes, entretiens avec le costumier.examens de maquettes avec Jusseaume.le décorateur.Un nouveau travail devint indispensable quand Albert Carré, le directeur, déclara tout net qu'il fallait écrire plusieurs interludes supplémentaires, San h lesquels le temps ferait défaut pour effectuer les changements de décors entre les tableaux.Au milieu de cette agitation artistique Claude conservait son calme, approuvait toutes les suggestions.accédait à toutes les requêtes ; de sorte que tout marcha à souhait Jusqu'au jour où André Messager monta au pupitre pour diriger la première lecture d'orchestre.Il sempla alors qu'une catastrophe était imminente, inévitable : car les musiciens, cependant aguerris, ne comprenaient pas la mesure prise par leur chef, el certains d'entre eux paraissaient ne pas même savoir où ils se trouvaient.Sans peine, on découvrit que le copiste, un amateur de bonne volonté mais dépourvu d'expérience, avait omis d'indiquer les changements de mesure et d'armure dans les longs silences des mesures à compter ! Cette erreur causa donc une perte considérable d'un temps précieux.Pour comble d'infortune, nombre d'accidents étaient fautifs et Messager, harcelé de questions, devenait de plus en plus irritable.Finalement il se croisa les bras : "Demandez à l'auteur.Il est là-bas.dans la troisième loge à gauche".Une pluie de questions s’abattit sur le pauvre Claude : "Est-ce un diète à la septième de 'V ?".demandait la première llûte."Est-ce un quatre temps à la lettre N ?" hurlait le second basson.Claude, submergé, ne savait où donner de la tête.Quand enfin il répondit : "Ma foi.je n'en sais trop rien", une bordée de rires monta vers lui et la confusion augmenta encore.Mais malgré tout, quand un peu de sérénité revint et que les corrections lurent faites avec la patience d'explorateurs défrichant un coin de jungle équatoriale.Messager leva de nouveau sa baguetle et un changement d'atmosphère se produisit comme par miracle.Harmonies nouvelles.Coloris étonnant.Surprise.Enchantement.Les musiciens se trouvèrent vite en proie à une sorte de frénésie admiratrice Après la répétition le premier trombone s'approcha de Messager : "Nous, les cuivres, nous avons peu à laite dans cette partition : mais ce que nous avons à dire est merveilleux.Quand Arkel chante 'SI l'étais Dieu, /'aurais pitié du coeur des hommes', eh bien, je ne sais pas ce que vous pensez, mais pour nous autres, là en-bas.c'est admirable I Oui, en vérité, admirable, et émouvant I " LE grand jour de la "générale” arriva enfin.Dans les théâtres parisiens, y compris l'Opéra et l'Opéra-Comique.cette générale est en réalité la première.Ainsi les critiques ont plus de temps pour élaborer leur opinion et pour rédiger leurs commentaires, qui paraissent quelques jours plus tard au lendemain même de la première officielle.A part la presse, le public d'invités comprend beaucoup de musiciens, des personnalités du grand monde et de la politique, et quantité de gens qui se faufilent toujours à ces énénements sans qui quiconque puisse expliquer pouuruoi ou comment ils ont réussi à s'y faire admettre En deux mot», un public "bien parisien".La journée d'avril était radieuse : le printemps était venu prématurément.et la jeune efflorescence des lilas parfumait déjà les squares et les jardins.Une grande agitation régnait autour de l'Opéra-Comique.Jamais une oeuvre nouvelle n'avait succité une telle expectative.Des jeunes gens distribuaient gratuitement une petite feuille intitulée "Programmée Soloct", dont le but était de tourner en ridicule le livret, le compositeur, les Interprètes, et le caractère même de l'ouvrage.Il y avait aussi une reproduction de la lettre de Maeterlinck aux journaux, dans laquelle 11 répudiait "Pelléas" sous sa nouvelle forme et manifestait solennellement son ardent désir d'un fiasco retentissant.D'aucuns insinuaient, complètement à tort, que Maeterlinck lui-même en était l'auteur Le rideau se leva dans une atmosphère tendue et fiévreuse.Claude était dans les coulisses, comme Bizet à la générale de Carmen, et 11 marchait à petits pas, do droite et de gauche, avec un calme apparent sous lequel se cachait une extrême agitation intérieure.BIENTOT les premières réactions du public commencèrent à se manifester.On perçut de légers murmures, des froissements de programmes, des petites toux discrètes qui peu à peu devinrent plus persistantes et indiquèrent un niveau croissant d'irritation et d'impatience.Cela provenait surtout des fauteuils d’orchestre et des loges, et bien entendu l'élément juvénile du "poulailler” prenait aussitôt la contre-partie.On entendit alors certaines exclamations vigoureuses, mêlées d'épithètes plus virulentes.Le conilit de "Namouna” à l'Opéra se répétait ; mais maintenant il ne s'agissait plus de Lalo et Claude n’était plus un simple manifestant : c’était son oeuvre qui était en cause ! Au premier entr’acte le public se répandit dans les couloirs, et des escarmouches se produisirent.On entendait des jugements nettement opposés: "Celte musique est mort-née.Elle est sans /orme”."Admirable.Merveilleux.Quelle Iraîcheur, quelle subtilité, quelle jeunesse I" "Ni rythme, ni couleur, ni vie, ni sens commun.Tout simplement, c'est une barbe' "Une révélation.Debussy est le plus grand génie de l'heure présente ! " "On peut dire tout ce qu'on voudra.Jusqu'à présent.ii n'y a rien dans 'Pelléas' qui puisse s'approcher de 'Bigolelto' ".Cette dernière phrase émanait d’un vieux monsieur très décoré, et il la répétait avec complaisance, persuadé qu’il avait découvert une formule vraiment originale.Mois la nervosité du public augmentait toujours.Quand Mary Garden, avec un inénarrable accent britannique, prononça les paroles "Oh 1 Oh !.Je ne suis pas heureuse", un fou rire fusa de toutes parts.Et des protestations violentes retentirent quand • flldeau de scène de la reprise de "Pelléas et Méli-sande" il y a quelques mois, à l'Opéra Comique de Paris.Cette lois, ce sont les décors qui ont provoqué l'orage, les admirateurs de Debussy protestèrent violemment contre les maquettes de Mme Valentlne Hugo, les Journaux s'en mêlèrent et la toule se précipita pour Juger.PAGE SIX LE PASSE-TEMPS Golaud, levant dans ses bras le petit Yniold ver» la lenêtre.lui demanda de dire ce qui se passait à l'intérieur : "Et le Ut.Sont-ils près du fit ?" "Le III, Petit Père ?le ne vois pas le lit".Un ouragan de millets se déchaîna soudain, mêlé de clameurs : "Assez.A la porte.Dégoûtant.Immoral." La garde des fidèles répliquait avec vigueur, et ce lut un brouhaha général au milieu duquel Messager, cherchant à continuer l'exécution, agitait sa main gauche en en eüort Infructueux pour ramener le calme.AU nouvel entr'acte les discussions passèrent du terrain artistique sur un terrain plus personnel.Un bon nombre de "Jeunes", procédant par infiltration, avaient réussi à gagner le foyer principal Au contact des éléments conservateurs 11 y eut de véritables fusillades verbales : % "Vieux fossiles.Vieux birbes.Sinistrés idiots ! " "Gamins mal élevés.Jeunes impudents ! " "Imbéciles.' " ''Crétins I " Ces épithètes, et bien d'autres, volaient de toutes parts ; mais la bataille continua ainsi et n'atteignit jamais les pugilats inventés plus tard par des imaginations trop fertiles.Quand tout fut terminé Albert Carré se hâta vers Claude : "Le ministre des Beaux-Arts m'a demandé de vous parler.Il lait de fortes objections à la 'scène du lif.et demande qu'on la supprime"."Mais." "Il n'y a pas de 'mais'.Nous tenons un succès, l'en suis positivement sûr.Vous n'allez pas le compromettre en risquant un conflit avec un personnage officiel qui.de plus, est un de vos fervents admirateurs." Claude avait pris rendez-vous avec Pierre Louys.Erik Satie et quelques autres à la taverne Weber, rue Royale.II était déjà tard, et quand tous arrivèrent il faisait nuit.Claude s’excusa et se rendit chez Fromont, où il nota au crayon la coupure et lit l'ajustement nécessaire.Puis il revint, soulagé, et s'assit à la terrasse près de ses camarades qui passaient en vue l'après-midi finalement triomphal et envisageait l'avenir sous les couleurs les plus roses.LONGTEMPS ils s'abandonnèrent au charme do cette causerie, à la douceur de la nuit parisienne, à la pensée très douce qu'enlin tout était accompli, réalisé.Mais il fallait se séparer.On n'en fit rien pourtant, et on décida d'accompagner Claude jusqu'à sa demeure.A l'arrivée, 11 invita tout le monde à monter prendre le thé, un thé préparé par lui-même selon l'authentique formule londonienne, Dans le salle à manger, autour des tasses fumantes et d'un plat de petits-fours de la pâtisserie voisine "Les Délices", le nouveau "Jeune maître" prit la parole : "Mes amis, vous savez fous qu'en matière artistique un moment vient toujours où il se produit quelque chose qui bouleverse le cours des idées établies.Il n’est pas nécessaire que ce quelque chose soit de dimensions gigantesques, ni d'une importance en apparence exagérée." Pensant qu'il faisait allusion à "Pelléas".l'assistance fit entendre un murmure approbateur Mais Claude continua : 'Si cela vient du coeur, cela va droit au coeur.Cet après-midi, pendant la bataille, le cor d‘ ’Obéron est venu secrètement me rendre visite.Je ne saurais vous exprimer ce que ces trois notes ont exprimé, pour moi, tandis que j’attendais anxieusement le résultat de la lutte.A notre époque si étrange, notre époque où l’humanité suit si volontiers ceux qui ne savent même pas marcher, l’appel de ce cor lointain revêt pour moi une signification toute nouvelle—" Maurice DUMESNIL.A U PAYS DES GRATTE-CIEL • •••«•••••••• •••••• par MARIE-EVE, Correspondante du "Passe-Temps" à New-York APRES trois mois de chaleur et de malaise, (ces mêmes trois mois qui, ailleurs, conslituent la belle saison), New-Yorlc commence à bouger et donne des signes d'une vie mouvementée en perspective.Et après l'été torride, les New-Yorkais vont jouir de Jeux belle saison.Et nous croyons franchement qu'il en valait la peine d'attendre et que tous les goûts seront satisfaits.Théâtre The Theatre Guild est en pourparlers avec G.B.S.au sujet de sa récente pièce La comédie inachevée qui doit être créée là-bas au festival de Maivem.Rien de définitif de ce côté.D'autre part.Noël Coward viendra avec sa nouvelle pièce Peace in Our Time, et John Glelgud revient comme acteur et directeur dans une reprise de Crime et châtiment.Et on parle de beaucoup d’autres projets.Danse Dans le monde de la danse, la vie est déjà très active.Le Ballet Russe de Monte-Carlo est à présenter un répertoire varié; les critiques ont remarqué trois nouveautés : Madro-nos.Cirque de deux et Lola Montes, qui met en vedette Danllova et Franklin.La troupe de Georges Balanchine."Ballet Society”, annonce sa première pour le 12 novembre.On annonce des nouveautés : Orphée, musique do Stravinsky, chorégraphie de Balanchine, "La Belle et la Bête"."Le Triomphe do Bacchus" et "Sedona".En plus, on reprendra "Les quatre tempéraments"."Les Saisons"."Renard" et d'autres.D'autre part."Ballet Theatre" a été à l'affiche du New-York City Center pour trois semaines, fin septembre, début octobre.La troupe compte trois grandes vedettes : Youskevitch.Nota Kaye et Alicia Alonso.De leur côté.Markova et Dolin.et leur ensemble.sous contrat avec Hurok, sont en tournée pour l'hiver et ne reviendrait à New-York qu'à l’été.Monsieur Hurok est aussi manager de "Ballet Intime", avec Nana Gollner et Paul Petroff comme vedettes.Mais il semble que l'imprésario soit surtout occupé à concrétiser son rêve d'un festival international de la danse, une affaire qui présenetralt plusieurs groupes de différents pays.Impossible pour lo moment d'obteni: de détails précis à ce sujet.Opéra L'opéra nous réserve des surprises.Le City Center nous transmet de magnifiques nouvelles.En plus de son répertoire populaire de l'année passée comprenant : La Bohême.Carmen.Rigoletto, Eugene Onegin.La Traviata.Madame Butterfly.Arianne.le directeur Laszlo Halasz annonce trois nouvelles productions.D'abord.Werther de Massenet, qui n'a pas été présenté Ici depuis 1910.sera dirigé par Jean Morel.Puis Don Giovanni, dont la première est annoncée pour lo 23 octobre ; enfin.Le Barbier de Séville qui mettra en vedette deux chanteurs d'Italie qui ont eu beaucoup de succès l'année dernière, le ténor Luigi Infantlno et le baryton Mascherinl qui fut un Inoubliable Rigoletto.La saison s’est ouverte le 24 septembre.Musique symphonique La New York City Symphony, sous la direction de son Jeune cheJ.Léonard Bernstein, a ouvert sa saison le 22 septembre.On annonce des programmes de choix : la première à New-York.du Se concerto de Prokoliell ; un programme entier de Stravinsky ; la 2e symphonie de Mahler ; un programme entier de Mozart ; le quatuor en la mineur, de Beethoven.Au nombre des solistes invités au cours de la saison, on compte : Isaac Stem.Léonard BernBtein, Samson François.Ella Gold-stein.Jennie Tourel.et la Schola Cantorum sous la direction de Hugh Ross.Mais la série de concerts qui promet d’être la plus intéressante, à plusieurs points de vue.porte le nom doux à l'oreille, de "Dollar a-concert"' sériés.Elle est organisée par le Y.M.& Y.W.H.A.{Young Men and Young Women Hebrew Aassociation).Cette sensationnelle innovation réjouit les habitués du Theresa L.Kaufmann Auditorium.Pour la très modique somme de S1.20 (taxe incluse! on peut obtenir n'importe lequel des 855 conlor-tables sièges do l'auditorium.El ce qu'on offre ?Trente et-un concerts de musique de chambre, jouée par les plus éminents ensembles ou solistes de notre temps.D'abord.Efrem Zimbalist sera la vedette d’une série intitulée : "Histoire de la musique écrite pour le violon", au cours de laquelle le célèbre violoniste étudiera avec son auditoire les compositeurs qui ont Influencé lo développement du répertoire, depuis Marini et Merule, jusqu'à Ravel et Wieniawskl.en passant par Kreutzer, Beethoven et Mozart.MARIE-EVE.MONTREAL.OCTOBRE 1947 PAGE SEPT LE TITAN DE LA MUSIQUE BEETHOVEN par F.DESPLANTES JOUIS VAN BEETHOVEN naquit à Bonn, en Allemagne, le 17 décembre 1770.Son père, ténor à la chapelle de l'électeur de Cologne, voulut l'initier de bonne heure à l'étude de la musique.Mais — chose biiarre — celui qui devait plus tard charmer le monde par ses sublimes compositions et l'émerveiller par son génie montra tout d'abord lort peu de goût pour un art dans lequel U devint un maître.U no commença à s'y intéresser que dans «on adolescence lorsqu'il eut abordé l'étude des oeuvres de Bach et de Haendel.sous la direction de deux éminents prolesseurs.Vander Eden et Neele.tour à tour organistes de la Cour.Le )eune musicien écrivit même à cette époque, sans avoir encore reçu aucune leçon d’harmonie, quelques inspirations qu'il désavoua plus tard.Joseph Haydn, que nos lecteurs connaissent déjà, et Albreehtsberger lui donnèrent auussi des conseils.Jean-Gorges Albreehtsberger.né à Klosternenbourg en Autriche et mort en 1809, était organiste et en même temps compositeur de talent.11 fut pendant longtemps maître de chapelle de la cathédrale do Vienne.On a de lui une bonne Méthode de Composition qui a été traduite en français par Choron.11 a également laissé de nombreuses oeuvres de musique sacrée et instrumentale, la plupart inédites.Déjà grand admirateur de Mozart, Beethoven Ut.en 1790, le voyago de Vienne exprès pour demander des conseils à l'illustre compositeur.Celui-ci, après avoir entendu Beethoven improviser sur le piano, lui prédit, dit-on.sa glorieuse destinée.Toutefois, comme beaucoup d’autres.Beethoven eut.pendant la plus grande partie de sa vie.l'amertume de voir son génie méconnu de ses contemporains.Cette injustice rendit misanthrope cet homme au coeur foncièrement bon.mais ayant la conscience de sa valeur d'artiste, valeur qui — c'est triste à dire, — ne fut universellement reconnue qu'après sa mort.Les premières compositions de Beethoven, patronnées par le prince Lichnowsld, dit M.Th.Bachelet, "donnèrent lieu à de vives querelles ; un parti lui opposa Welf, dont l'esprit plus clair et plus méthodique saisissait mieux la multitude.Pensionné par l’électeur do Coloqne.Beethoven passa dix heureuses années tout occupé à imiter de style de Mozart.Mais, avec le XlXe siècle, commencèrent pour lui les rudes épreuves Les malheurs de la guerre frappèrent ses protecteurs; il lui fallut chercher dans son seul travail des moyens d'existence." Il eut en outre, à cette difficile époque de sa vie.à subvenir aux besoins de ses deux frères qui, sans ressources, vinrent habiter avec lui jyjAlS, avant de continuer cette esquisse de l'illustre musicien, nous ne pouvons résister au plaisir de dter un charmant épisode de son existence raconté par un auteur allemand qui le tenait d'un témoin même de la scène que l'on va lire.Ce récuit, traduit de l'allemand 11 y a environ vingt-cinq ans, fera connaître à nos Jeunes lecteurs la bonté et le coeur de Beethoven Il y a quelques mois j'étais â Bonn, le lieu de naissance de Beethoven, dit l'auteur allemand.Je rencontrai là un vieux musicien qui avait connu intimement cet illustre compositeur ; et c'est de lui que l'appris l'anecdote suivante : — Vous savez, sans doute, me dit-il.que Beethoven est né dans une maison de la rue Rhin (Bheln Straese) : mais à l'époque où je le connus, 11 habitait un humble logement, situé Roemerplatz.U était très pauvre alors, si pauvre qu'il ne sortait pour se promener un peu, que le soir, à cause du mauvais état de ses vêtements.Néanmoins, 11 avait un piano, des plumes, du papier, de l'encre et des livres ; et.malgré ses privations, U lui arrivait de passer quelques moments heureux.Il n'était pas encore frappé de la surdité et il pouvait du moins jouir de l'harmonie de ses propres compositions.Un soir d'hiver.J'allai le voir dans l’espoir de l’entraîner à faire une promenade et de l'emmener souper avec moi au retour.Je le trouvai assis à la fenêtre, au clair de lune, sans feu ni lumière, la fiqure cachée dans les mains, et tout le corps grelottant de froid, car U gelait très fort.Peu à peu je parvins à le tirer de sa léthargie ; puis, je l'engageai à m'accompagner et l'exhortai à secouer sa tristesse.Il consentit enfin à sortir avec moi; mais, ce soir-là, 11 demeura sombre et ne voulut écouter aucune consolation.— Je hais le monde, me dit-il avec un accent passionné ; je me hais moi-même.Il n'y a personne qui me comprenne, personne qui se soucie de moi ou qui s'intéresse à mol : — J'ai du génie et je suis traité comme un paria.Je ne répondis pas.Il était Inutile de discuter avec Beethoven.Je le laissai donc continuer longtemps sur le même ton.Il ne s'arrêta qu'au moment où nous rentrâmes dans la ville, et alors U retomba dans un silence mélancolique.Nous traversâmes une rue sombre et étroite, peu éloignée de la porte de Coblentx.Tout à coup il s'arrêta ; — Silence ! me dit-il ; quel est ce bruit ?J écoutai.et l'entendis sortir d'une maison voisine les sons affaiblis d'un vieux piano.Cétalt une mélodie plaintive ; et.malgré le mauvais état dans lequel devait être l'instrument, la personne qui était au clavier jouait avec beaucoup de sentiment.Beethoven, les yeux étincelant, me regarda : — C'est tiré de ma symphonie en ut mineur, murmura-t-il.C’est ici dans cette maison.Ecoutai.comme c'est bien joué I La maison était petito et d’une apparence plus que modeste : une lumière brillait à travers les volets disjoints : Beethoven resta silencieux, un silence de quelques instants, puis nous entendîmes une voix étouffée, une voix de femme, qui disait : "Je ne peux pas continuer.Je ne peux pas aller plus loin ce soir, Frédérick.— Pourquoi donc, ma soeur ?— Je ne sais pas.Peut-être parce que c'est si beau que je me sens incapable de Jouer comme il faudrait.J'aime tant la musique I.Oh I que ne donnerais-je pas pour entendre ce morceau exécuté par quelqu'un capable de l'interpréter I.— Ah I chère soeur, répliqua Frédérick avec un soupir.11 faudrait être riche pour pouvoir se procurer ce plaisir, et nous ne le sommes point Nous avons déjà bien de la peine à payer notre loyer.Pourquoi désirer des choses au-dessus de nos moyens î — Tu as raison.Frédérick: — cependant, quand je joue, je ne puis m'empêcher de souhaiter ardemment d'entendre une fois dans ma vie de la bonne musique exécutée par un maître.Mais c'est inutile I — c'est vrai, — c'eBt inutile !." Il y avait quelque chose de singulièrement touchant dans le ton avec lequel ces dernières paroles furent prononcées.Beethoven se tourna vers moi.— Entrons, me dit-il brusquement.— Entrer ?répliquai-je ; et pourquoi ?— Je lui jouerai ce morceau, me répondit-il avec vivacité.Elle a du sentiment, de l'Intelligence, du goût : je le lui jouerai comme elle le désire.Et.avant que je puisse l'en empêcher, il avait posé la main sur le bouton de la porte : celle-ci, qui n'était pas fermée au verrou, ¦'ouvrit immédiatement.Je le suivis dans un corridor sombre vers une porte entr'ouverte.Il la poussa, et nouB nous trouvâmes dans une petite chambre pauvre, nue, où ne se trouvaient qu'un petit poêle ot quelques meubles grossiers.Un jeune homme pâle, assis devant une table, travaillait à un soulier.Auprès de lui.mélancoliquement penchée sur un vieux piano, était une jeune fille.L'un et l'autre étalent proprement, mais pauvrement vêtus.A notre entrée, ils se levèrent et se tournèrent vers nous.— Excusez-moi, dit Beethoven avec un certain embarras : excu-sex-moi.mais J’ai entendu de la musique et j'ai eu la tentation d'entrer.Je suis musicien.La jeune fille rougit.— J'ai également entendu quelques-unes des paroles que vous avex prononcées tout à l'heure, continua-t-il.Vous désirez entendre.C'est-à-dire vous voudriez.En un mot, voulez-vous me permettre de vous jouer un morceau ?PAGE HUIT LE PASSE-TEMPS Il y avait quelque chose de si étrange, de si brusque, de si comique dans toute cette affaiie, et en même temps de si charmant dans les manières de celui qui venait de parler, que la glace lut rompue en un instant, tout le monde sourit involontairement.— Je vous remercie, dit le Jeune cordonnier ; mais notre piano est bien mauvais.et puis, nous n'avons pas de musique.— Pas de musique ! s'écria Beethoven : comment faisait donc alors Mademoiselle pour Jouer tout à l'heure?.11 s'arrêta court et rougit fortement ; car la Jeune fille venait de tourner vers lui des yeux tristement voilés : il avait reconnu qu’elle était aveugle — Je vous supplie de me pardonner.Mademoiselle, murmura Beethoven ; je n'avais pas remarqué.Alors vous joues de mémoire ?— Entièrement.— Et où avez-vous entendu cette musique ?— Une dame qui était notre voisine à BruXh, il y a deux ans.la jouait souvent, répondit la jeune fille.Pendant les soirées d'été, sa fenêtre demeurant ouverte, je me promenais devant sa maison pour l'écouter.— Et vous n'avez jamais entendu d'autre musique ?— Jamais, excepté celle qu'on Jouue dans les rues.La jeune aveugle paraissait très émue : aussi Beethoven n'ajouta-t-il pas un mot de plu».11 s'assit au piano et commença à jouer.Aux premières notes qu'il toucha je devinai combien il serait sublime ce soir-là.Je ne m'étais point trompé.Jamais, non jamais, durant les longues années que je l'ai connu, je ne l'entendiB jouer comme il joua pour la jeune aveugle et son frère.Nous l'écoutions, la respiration suspendue.Le frère et la soeur étaient muet9 d'étonnemenl et d'admiration, et comme pétrifiés.Le premier avait abandonné son ouvrage ; l'autre, la tête légèrement Inclinée, s'étalt approchée du piano, et tenait les mains jointes sur sa poitrine, comme si elle eût craint que les battements de son coeur interrompissent ces accents d'une douceur infinie.Il nous semblait être dans un rêve délicieux.Notre seule crainte était de nous réveiller trop tôt.Soudain la flamme de l'unique chandelle qui éclairait la chambre vacilla.: la mèche, consumée jusqu'au bout, tomba et s'éteignlt.Beethoven s'arrêta : j'ouvris les volets pour laisser pénétrer les rayons de la lune.La chambre fut alors presque aussi bien éclairée qu'auparavant : seulement la clarté qui environnait le musicien et le piano avait quelque chose de fantastique.Mais cet incident sembla avoir rompu le cours des idées de Beethoven.Il pencha la tête sur la poitrine, appuya les mains sut ses genoux et demeura plongé dans une profonde méditation.Il demeura quelque temps ainsi.Enfin, le jeune cordonnier se leva, s'approcha de lui et lui dit d'une voix basse et respectueuse : — Homme merveilleux, qui donc êtes-vous ?Beethoven releva la tête et le regarda distraitement, comme s'il n'avait pas compris la question.Le jeune homme l'ayant renouvelée, le compositeur sourit comme seul il savait sourire, avec une douceur et une bienveillance incomparables.— Ecoutes, dit-il .Et il joua le premier mouvement de la symphonie en ut.Le frère et la soeur poussèrent en même temps un cri de joie.— Oh! vous êtos Beethoven I s'écrièrent-ils avec émotion.Lui.se leva pour partir : nous le suppliâmes et nous parvînmes à le retenir.— Jouez encore.rien qu'une fois encore ! lui disions-nous.Il se laissa conduire au piano.Les rayons do la lune, passant à travers la fenêtre sans rideaux, enveloppaient son front comme d'une auréole.— Je vais improviser une sonate à la déesse de la nuit, dit-il joyeusement.U contempla pendant quelques minutes le ciel tout parsemé d’étoiles : puis ses doigts se posèrent sur le piano et il commença par un air lent, triste, mais d’une douceur Ineffable.La mélodie était en effet comparable aux rayons argentés qui se jouaient au milieu des ombres de la nuit.Cette ouverture délicieuse fut suivie dun morceau à trois temps, vif.capricieux, comme une danse de sylphes, exprimant je ne sais quelle mystérieuse Inquiétude.Inspirant une terreur vague et Instinctive, qui emportait sur ses ailes frémissantes et qui finit par nous laisser dans une agitation extrême et émus jusqu'aux larmes.Adieu, dit Beethoven en repoussant btusquement sa chaise et en s'avançant vers la porte.Adieu.— Vous reviendrez ?.demandèrent à la fois le frère et soeur.Il s’arrêta et regarda avec compassion la jeune aveugle.— Oui.oui.répondit-il précipitamment, je reviendrai et je don neroi quelques leçons à Mademoiselle.Adieu ; je reviendrai bientôt.Le jeune cordonnier et sa soeur nous suivirent silencieusement jusqu'à la porte : mais leur silence était plus éloquent que ne l'eussent été leurs paroles les mieux choisies Ils restèrent sur le seuil jusqu'à ce que nous fûmes disparus — Hâtons nous de rentrer, me dit Beethoven lorsque nous fûmes dans la rue.Hâtons-nous, pour que je puisse noter cette sonate pendant que je l’ai dans la mémoire.Il s'enferma avec moi dans sa chambre et travailla presque jusqu'au jour.¦ ¦ ¦ j^INSI que nous venons de le voir au début du récit qui précède, Beethoven fut atteint de surdité pendant la seconde partie de sa vie.Cette Infirmité, toujours pénible pour ceux qui en sont victimes, mais encore plus pour un musicien, le rendit triste et morose et agit fortement sur son imagination, déjà naturellement portée à être quelque peu fantasques.En 1809, Jérôme Bonaparte, roi de Westphalie, lui offrit la direction de sa chapelle : mais l'archiduc Rodolphe, le prince Lobkowitz et le comte Kinsky ne voulurent pas laisser enlever à l’Autriche un artiste aussi éminent et lui firent une pension de quatre mille florins.Beethoven vécut au village de Baden.toujours mélancolique, fuyant la société, défiant et ombrageux.Los souverains qui vinrent au congrès de Vienne le comblèrent d’attentions délicates.Louis XVIII lui envoya de Franco une médaille d’or.Mais la laveur qui se portait déjà Bur Rossini.dont il aimait peu le style, lui fut un nouveau motif de chagrin.Sa santé s'altéra, et 11 fut enlevé par une fluxion de poitrine, compliquée d'hydroplsle Vingt ans après, Bonn lui éleva une statue.Beethoven eut une fois un instant de bonheur, et cet instant lui coûta la vie.raconte Mme Georges Henry à qui nous empruntons le récit des derniers moments de ce grand et malheureux génie."II avait vécu pauvre et dans la solitude, endurci par l'injustice de ses contemporains et le mépris du monde.Pourtant il avait écrit la musique la plus sublime que jamaiB l'homme eut rêvée.Il parla aux hommes une langue divine, et on dédaigna de l'écouter.Il leur enseigna la sublime harmonie de la nature, les soupirs do la brise, le doux murmure des vagues, le chant mélodieux des oiseaux dans (Suite à /a page vingt-deux) • Beethoven jouant pour ses amis.MONTREAL.OCTOBRE 1947 PAGE NEUF ¦ Saint-Saëns, la veille des premières, s'enfuyait vers l'Algérie et surtout aux Iles Canaries.¦ Sacchini avait deux passions rée’Jes : sa femme et une famille de jeunes chats.11 ne pouvait composer sans que l’une fût près de lui et les autres sur sa table devant son papier.¦ Paisello ne pouvait s'arracher de son lit quand il composait.C'est blotti entre ses draps qu'il écrivit "Nina", "Le Barbier de Séville" et "Molinara" et tant d'autres partitions charmantes.¦ Sa'ieri, peur exciter son imagination avait besoin de se promener à pas pressés dans les rues les plus encombrées par la foule.¦ Mehul affectait un volontaire sans-gême dans la tenue.Un détail bien particulier: il ne pouvait travailler qu'en ayant un crâne posé devant lui sur un clavecin.¦ Liszt ayant été demandé pour jouer à la Cour d'Espagne, reçut en arrivant au Pa'ais royal à Madrid une leçcn de vingt minutes sur les formalités compliquées de l'étiquette de la cour.11 interrompit : "Excusez-moi, mais quand serais-je présenté à la reine ?" "Mais", reprit le chambellan, "la présentation des artistes à Sa Majesté est en dehors de l'étiquette espagnole I " "D'accord", réupond Liszt."Mais comment puis-je donner un ccncert dans une maison où je n'ai pas le p'aisir de connaître les dames présentes." Le résultat fut que la reine Isabelle invita Liszt pour une audience privée.¦ Le célèbre chef d'orchestre Vladimir Golschmann, bien connu des Montréalais pour avoir dirigé plusieurs auditiens des Concerts Symphoniques, possède une collection de tableaux d'une très grande valeur puisqu'elle comprend plusieurs Picassos et autres peintres modernes cé’èbres.Le mois dernier, il tenait une exposition aux galeries Paul Rosenberg à New-York.¦ Lorsque Franz Schubert mourut, personne ne s'occupa des 500 manuscrits qui se trouvaient dans son appartement.Ils furent évalués à $2 par ceux qui firent l’inventaire de ses biens.¦ En octobre 1845, était donné dans Ja salle Erard à Paris une grande matinée musicale pour l’exécution de "Ruth", oratorio de César Franck.Ce tut un succès pour le musicien, alors âgé de 23 ans, dont !a pure gloire est devenue si grande.Spon-tini, Liszt étaient là qui applaudissaient.POINTE SECHE et CRAYON GRAS VI Le Parc Sohmer, lieu d’amuaement, qui tut si Iréquenté vers les 1900, dut sa popularité d abord à son site sur la rire du Saint-Lauréat, dans un décor enchanteur, au milieu d'arbres séculaires.Un jardin où les habitués groupés autour de petites tables dégustaient de la bière, brune ou blonde, de ta crème à la glace et même des "lrltes".Aux pieds, un sol couvert de verre écrasé, rutilant de tous les leux du prisme au premier rayon de soleil.Le soir, au-dessus des tètes, les arbres enguirlandés de rubans de lumières électriques aux éclatantes couleurs.Au centre du jardin un orchestre louant de la musique à la mode.Du côté du lieure une longue et large promenade où se croisaient prolessionnels et artisans.Jeunes ou vieux.accompagnés de jolies dames aux atours chatoyants.Que de propos badins ou sérieux, d'ébauches sentimentales et de promesses se sont enrôlés là.avec la gaifé.la musique, la paix et le train-train de la petite vie tranquille et heureuse de ces jours lointains.La guerre, les grèves, les taxes, la ration, il n'y avait rien de tout cela.Tout coûtait bon marché.11 y avait abondance.U taisait bon vivre et.l'on vivait I M.Lavigne.mince, élégant, cheveux blancs, yeux noirs et perçants, toujours coûté du "haut de torme", portant redingote et petite cravate blanche, évoluait arec son éternelle cigarette, du bureau au pupitre de cbel d'orchestre.distingué, hautain et toujours adulé, saurait au succès de son établissement et communiquait son enthousiasme à ceux qui l'entouraient.Comme je fai déjà dit.11 taisait venir quelques musiciens d'Europe à chaque saison.Par un bel après-midi l'un de ces nouveaux venus, un hautboïste, se présente llanqué d'un petit chien de laine blanche.Ses amis s'en étonnent et s'inlorment."je l'ai trouvé", répond-il, "Il est gentil et fai bien l'intention de le garder".On lui lit remarquer qu'U pourrait bien avoir des ennuis, que ce chien-Jà s'est sûrement égaré et que son propriétaire pourrait le réclamer et lut occasionner des Irais.Le lendemain on le retrouve encore suivi de son chien, mais cette lois couleur "rose pastel"."Mais comment ?" lui demande-t-on."O un bon bain dans la teinture.Et maintenant, ni ru, ni connu" !.A-/.GAON1ER.¦ Josef Szigeti apporte toujours un thermos de soupe chaude pour être en forme quand il enregistre des disques.Scn accompagnateur, Andor Foldes, apporte un pain d'orge.¦ Johann Strauss jouait des valses.au lieu de !a musique sacrée.quand il était à l'orgue de scn église.Il fut renvoyé d’une école de commerce parce qu'à certains moments il commençait à chanter durant les cours.¦ Irra Petina, mezzo-soprano, ne peut chanter si elle a faim.Avant de faire face au micro, elle mange toujours un gâteau au fromage recouvert de cerises.¦ Voici ce que disait Richard Strauss, en parlant des femmes chefs d’orchestre : "Les femmes dirigent parfois d‘excellents chefs d'orchestre — leurs maris — pourquoi ne seraient-elles pas bonnes pour diriger l'orchestre entier, après avoir dirigé son chef ?¦ En 1839, un jeune Allemand, poète et compositeur, quitta son pays pour al'.er en France, avec l'intention d'y faire représenter ses oeuvres.Arrivé à Paris, un de ses compatriotes le recommanda chaudement à Meyerbeer.Celui-ci accueillit avec bienveillance le jeune compositeur et lui donna une lettre de recommandation pour te directeur de l'Opéra.La prétendue lettre de recommandation était ainsi libellée : "Débar-rassez-moi de cet imbécile".Cet imbécile n'était autre que Richard Wagner.¦ Le président Tait des Etats-Unis était affligé d'une surdité presque complète de sorte qu'il ne pouvait pas reconnaître l'hymne national.Quand il paraissait en public, son secrétaire devait toujours se tenir à ses côtés afin de lui dire quand se lever.¦ lascha Heifetz, qui célèbre ce mois-ci le 30e anniversaire de son début à Carnegie Hall, a décidé de reprendre perspective.A partir du 5 décembre, il ne jouera pas en public jusqu'en 1949."Mon public et moi avons bien mérité ce repos", dit-il.Etrange façon de cé’ébrer un anniversaire que de disparaître de la scène publique.PAGE DIX LE PASSE-TEMPS EXAMEN de la VUE' • VERRES CORRECTEURS» Le Spécialiste LORENZO FAVREAU, o.o.d.rl ses assistants opîoméfrisfes-opliciens Ba.O.Bureaux chez TaitFavreau 265 Est.Ste Catherine LA.6703 6890 ni» St-Hubert CA.9344 ALFRED LALIBERTE Enseignement du piano et du chant (Français, anglais, allemand) Rendez-vous par correspondance seulement.1231 ouest, rue SainteCatherine.Montréal ROGER FILIATRAULT du Conservatoire Royal de Musique de Bruxelles et du Conservatoire National de Paris Enseignement scientifique de l'art vocal basé sur l'Emission Physiologique d'après les données du Docteur Wicart de Paris Professeur Ecole Supérieure de Musique d'Outremont Professeur Ecole de Musique Université d'Ottawa Professeur Ecole Normale de Musique Institut Pédagogique VOTRE SEUL REGRET SERA DE N'AVOIR PAS COMPLETE VOTRE COLLECTION DU "PASSE-TEMPS" IL NOUS RESTE QUELQUES COLLECTIONS DU "PASSE-TEMPS" DE 1946 ET DE 1947 Les 12 numéros 1945 .Les 12 numéros 1946 .$2.40 franco .$2.00 franco PROFITEZ-EN ! LE PASSE-TEMPS, 627 ouest, rue Dorchester, Montréal REVERIE, pour piano, par Robert Schumann.Il est superflu de présenter une pièce de Schumann.surtout celle-ci qui se classe parmi ses plus charmantes.BERCEUSE BEARNAISE, musique inédite de Maurice Delà.Dans la rubrique "Thèmes et Variations", nous présentons et l'auteur et la région du Béarn.une des régions les plus pittoresques de la France MON SOUVENIR.C'EST MA CHANSON, un succès de Paris.Parcles de Robert Malleron, Musique de Joëguy.Voici une délicieuse chanson française appelée à un grand succès, ici également.Elle lut créée à Paris par la pétillante Elyane Celis.qui l’enregistia sur disque "La Voix de son Maître”.BABILLAGE, pièce facile pour piano par Fernande Breilh.extrait de la suite "Fillettes", bel album édité par Maurice Decruck, de Paris.Tous les jeunes musiciens ot musiciennes voudront inscrire cette charmante composition à leur répertoire AUX DISCOPHILES OPERA COMPLET "PELLEAS ET MELISANDE" JACQUES JANSEN Actuellement aux Variétés Lyriques en vedette dans le rôle de Pelléas 20 disques VICTOR français et Albums.$43.70 8c&.500 Est, rue Sainte-Catherine, Téléphone : MArquetto 6201 Le magasin le musique le plus complet au Canada Montréal t MONTREAL, OCTOBRE 1947 PAGE ONZE PIANO RÊVERIE Robert SCHUMANN 1 ^ ^ -.-h—" pffl= ', ! ¦¦ a ¦1 p •0 +i*t= r ¦ =r-f— 1 ri- =p= lë à-ft- —1£-* 5"^== ! i *1 «i —• 4—1 m HP nw.34 P w 3- é j.¦i *ï£ i ', tnf s -su s *0 r PfcÊvtf ’j , H J 5f^ d^Mn r.î- PAGE DOUZE LE PASSE-TEMPS d/m.e rttard.5 i ______.—)— -jfW1 D.S.al Fine MONTREAL.OCTOBRE 1947 PAGE TREIZE mon gen choux ! no.mon bel en-ion - loux ! Fais no — no, lais no-no.Ni - net — le.Fais no - Tous droits réserves Canada, copyright U.S.A.1947.Les Editions du Passe-Temps Inc., Montréal PAGE QUATORZE LE PASSE-TEMPS INEDIT BERCEUSE BEARNAISE Maurice DELA Modérait) (J - 84) •£! Fais no — no.mon bel en—fan — loux I Fais no — ho, i fais no.no, Ni — net - te.mon bel an — ae MONTREAL OCTOBRE 1947 PAGE QUINZE CARNET PROFESSIONNEL CHANT CHANSON FRANÇAISE NOUVELLE Mon souvenir.C'est ma chanson L entretien de votre piano par U\ (flarcoux Accordeur agrégé Membre de l'Union des Musiciens Accordeur des pianos Quldoz, etc.Magasin Musique Tuicot.LA.2111 Tél.Bureau : AM.5586 UN CADEAU QUI PLAIT 12 MOIS PAR ANNEE 1 • Plus de $20 de chan- sons et musique.2 • La revue qui met de l‘entrain au loyer.3 * Un cadeau qui est nouveau chaque mole.1 • A tous ceux qui aiment la musique et le chant.2 • Au* musicien», chan- teurs amateurs et professionnels.3 e Au* professeurs de musique et aux étudiants.$2.00 pour 12 mois Lpaslelêmps 627 ouest, rue Dorchester.Montréal 2 Tél.DOllard 1888 Mlle HENRIETTE TARDIF Professeur de Piano Classique et Populaire 6428 rue Bordeaux Montréal Accordeurs de Pianos Vingt-cinq ans avec Ouvrage garanti Nordheimer & Layton Bros., Ltd.R.L.BRUNETTE Spécialité : Piano Automatique Membre, Canadlan Piano Tuners- Association Bureau : Téléphone : LAncaster 0109 109A.rue Deslauriers, Sainte-Rose.Co.Laval Tél.CHerrier 7734 PAULINE PHANEUF.B.M.Enseignement Chant — Piano — So liège Interprétation Accompagnatrice de concert Sludio: 1270 Visitation Montréal PIANO ECOLE DE MUSIQUE DE VERDUN Directrice : Mlle M.-leanne Portier 3288 tue Joseph Verdun Tél.: TRenmore 5406 Mnurii p DECRUCK, Editeur .LKS EDITIONS DE PARIS „„ * t 28, B?Poissonnière.P»rls.portai,£ Mlle CECILE PERRAULT Professeur de Chant et Piano Classique et Populaire 2075.rue Papineau Montréal Tél.Rés.: CHerrier 4377 Madame ADELINA CZAPSKA Professeur de Chant 3641 avenue Oxenden PL.6508 Qut;l.que"nMm.por.te quoi” prouvant que je vous ALBERT VIAU Technique vocale, Sof/ège.Interprétation 31 rue Cardinal Ville Salnt-Laurent BYwater 2129 Paroles de Robert MALLERON Valse lento Musique de JOEGUY PAGE SEIZE LE PASSE-TEMPS nô .très, Mon sou.ve .nir.c’est ma chan.son! -0-CODA .nir vieil.ie cftan son:- 2 Mais je n'ai pu trouver, pourtant à vous laisser Rien qui puisse aujourd'hui rappeler le passé ; C'est pourquoi, maintenant, loin de vous je fredonne Un air doux et câlin, mais.connu de personne.Au REFRAIN.Je n'ose vous prier de la chanter beaucoup, Mais ce que j'aimerais c'est l'entendre par vous ; Lorsque je reviendrai, et c'est bientôt je pense, Redites-moi tout bas cette simple romance : DERNIER REFRAIN Mon souvenir, c'est ma chanson.Je sais parole et musique ; Apprenez-la et sans façon Mon coeur vous donne la réplique ; Alors tous deux, à l'unisson, Nous reprendrons, près l'un de l'autre.Des mots d'amour qui sont les nôtres Beau souvenir.vieille chanson ! la puissance sonort et le timbra riche du piano Willis en fait le préféré de milliers de foyers canadiens.üDJ 11L15 S [0.Ll miTf D= HALIFAX PLateau 9526 QUEBEC 1220 OUEST.RUE SAINTE-CATHERINE MONTRÉAL TVILIPEN7IRE re ÇHENARI7 LA Cio CANADA DRUG.MONTREAL DEUX GRANDS SUCCES NECESITO DE TI.boléro, parole» espagnoles de Gabriel Luna de la Fuenta.paroles anglaises de Don Titman.paroles françaises de Lucien Thériault.musique de Narciso Delgado.50£ UNE ENSEIGNE AU VENT, paroles françaises do Rachèle Thoreau.paroles anglaises do Don Tilraan.musique do Guy Luypaerts.SOtf EDITIONS A.FASSIO LACHUTE, P.Q.Récemment paru : un magnilique Iriplyque marial, pour orgue, par le R.P.Marie-Hilaire Tardif.O.P.TRANSPORT DE PIANOS ET AUTRES MEUBLES • PAYETTE TRANSPORT 551, rue Poupart, Montréal Téléphone : CHerrier 7153 MONTREAL.OCTOBRE 1947 PAGE DIX-SEPT POUR LES JEUNES PIANISTES BABILLAGE i 3 2 ¦f-:- "f'T- —_—l*.[—4 i- -P ^ 2 ?r ~ 1 u : ¦- 5.+—L— 2 1 3 I - 1 1.J - H4- -|— i -V-1—“— 4 1 2 1 1 L.I.J 3 1 5 =±=£±- 1 4 Î5S 32 [-4 «rR=l -1—-2-» 3 4 0 rfff- rfrf p T- -1- m \ -i -Wt 1 1— .2 1 L.L 1.1 i 3 1 3 1 5 15 1 i "'‘H 3 12 1 PAGE DIX-HUIT Copyright 1947 — le* Editions de Paris — Paris, Franco D.C.LE PASSE-TEMPS Simple mécanicien en 1944, artiste à l'opéra de Paris, en 1947 L'odyssée artistique du jeune baryton canadien Jean-Paul Filion Cola lient presque du roman.Travailler comme mécanicien dans les mines de l’Abitibi.puis au* aéroports de Terre-Neuve et du Labrador, et découvrir un Jour que sa voix est une des plus riches, qu'un être humain puisse posséder.guidé el secondé par des arllstes consciencieux qui lui donnent une base solide et le dirigent vers les maîtres d'Italie el de France, et obtenir, trois ans après, un engagement d'un an à l'Opéra-Comique et à l'Opéra de Paris.Voilà l'ascension peu ordinaire de Jean-Paul Filion dont la voix de baryton s'annonce comme l'une des plus remarquables.Quoique possédant une voix puissante, le jeune Filion.qui ignorait et le chant el la musique, opta d'abord pour le méiier de mécanicien plutôt que la carrière artistique.C'est par hasard, pendant des vacances à Montréal, qu'on lui révéla la valeur de son talent lyrique.Grâce aux encouragements, aux démarches et aux leçons do Mlle Laurette Bailly.professeur de chant de la Métropole, puis de Mme Donalda.Filion s'initia rapidement aux rudiments de la musique et du chant.En novembre 1945 il lut choisi parmi 150 candidats pour figurer dans une matinée symphonique italienne au Plateau.11 s'y signala non seulement comme chanteur mais aussi comme comédien : il lut l'objet de douze rappels.Ce premier succès lui valut des engagements au Cap de-la-Made-leine.à Shawinigan, au Séminaire des Trois-Rivières, et à Grand'Mère.Il reçut les encouragements de MM.Emll Cooper, Désiré De-fauw, Wilfrid Pelletier, Jean Vallerand et de Jacques Gérard qui s'écria : ''Filion, ta voix n'est pas seulement en or.C'est une mine de diamant".Avec l’appui d'un mécène de Montréal.Filion se rendit à Paris au printemps dernier.où Jacques Gérard le pilota durant une couple de semaines.Et durant cinq mois à Milan, il lut l'élève du grand professeur Mar-letta, de la Scala Récemment, il causa la meilleure impression lors d’une audition devant MM.Francel, du Conservatoire de Paris.Georges Hirsch, administrateur de la Réunion des Théâtres Lyriques Nationaux, et Henry Malherbe, directeur de l'Opéra Comique de Paris.Tout en poursuivant ses études de chant, de musique, do scène et de culture générale.Filion remplira un engagement d’un an au Théâtre National de l'Opéra-Comique et à l'Opéra, comme lauréat du Conservatoire National de Paris.lean-Paul Fillion est actuellement l'élève de Maestro Bernardi.du Consorvatoire Russe, de M Francel.du Conservatoire de Paris, et de M.Fourestier.premier chef d'orchestre de l'Opéra de Paris.Partout on lui prédit une carrières sensationnelle d'autant plus qu'il est doué d'une ardeur peu commune au travail, qu'il possèdeu nei ntelligence claire et une excellente constitution physique 11 est un parfait sosie de Gigli.Souhaitons brillante carrière à ce jeune Canadien qui nous fera honneur, et félicitons tous ceux qui l'ont encouragé et guidé.Le baryton Jacques Jansen à Montréal T ACQUES JANSEN, le meilleur interprète actuel du rôle de "Pelléas" dans le chef-d'œuvre J de Claude Debussy, fui à l'origine clerc de notaire.Mais il abandonna vite l'aridité des dossiers pour l'étude de la décoration.Il vint au chant par hasard, un docteur le lui ayant conseillé par hygiène respiratoire.Découvrant qu'il avait une très belle voix, il se mit à travailler, d'abord avec un professeur du conservatoire do Tours, puis sous la direction do Charles Panzera dont il fut l'un des meilleurs élèves.Au Conservatoire de Paris, il a suivi à la fois les cours de chant et de comédie.Il obtint un premier prix de chant et un premier accessit de tragédie.Sa première apparition en public date de 1939.Il chanta une cantate de Monteverdi au cours d'un concert dirigé par Charles Munch.Le public découvrit en Jacques Jansen, un jeune premier d'opérelte idéal, quand lut donné en 1942 au théâtre Mogador "La veuve joyeuse'' de Franx Lehar.Parmi es autres rôles.Véronique Paganini, Valse do Vienne.Rêve de valse et à l'Opéra-Comique, Fragonard (de Plerné) et Malvina (de Reynaldo Halin).Jansen n'a pas seulement interprété "Pelléas et Mélisande" à l'Opéra-Comique, U l'a enregistré avec Irène Joachim.et chanté en province et dans de nombreuses capitales étrangères en particulier, l'année dernière, à Buenos-Aires au Grand Théâtre Colon, où il chanta également "Maroul" au cours de la dernière saison de musique française.11 a donné de nombreux récitals.Nul mieux que lui ne sait interpréter les mélodies de nos grands maîtres.Parmi ses récitals "Verlaine" par Fauré et Debussy fut particulièrement apprécié.Le cinéma n'a pas encore beaucoup utilisé Jansen qui a tourné une comédie sur la radio "Bonsoir.Mesdames, bonsoir.Messieurs" et "La Mallbran" avec la cantatrice Géori Boué Il s'apprête à tourner avec Madeleine Sologne "Une grande fille toute simple" adaplé de la pièce d'André Roussin.Il a reçu des propositions pour partir en Amérique au mois d'octobre prochain.Il est à l’heure actuelle la vedette de la nouvelle comédie musicale de Louis Bcydts et Léopold Marchand au théâtre Marlgny, "'A l'aimable Sabine".On sait que Jacques Jansen üent le premier rôle de "Paganini" aux Variétés Lyriques avec Simone Rainville.MONTREAL, OCTOBRE 1947 PAGE DIX-NEUF L'incomparable Lucienne Boyer à Montréal à partir du 26 novembre La première visite parmi nous de l’émouvante chanteuse de genre française Lucienne Boyer remonte à janvier 1936, alcrs qu'elle nous révélait, à part les dons de chanteuse déjà connus par le disque et la radio, un art sensible et £n de diseuse et d'interprète.Il aura donc fallu attendre douze ans avant de revoir et de réentendre en personne cette artiste de premier ordre, demeurée toutes ces années aussi populaire qu'aux années de ses débuts.Elle nous reviendra grâce à Canadian Concerts & Artists, Inc., les 26, 27, 28 29 et 30 novembre au Plateau, nous rapportant plusieurs des chans:ns qui sont demeurées inséparables de son nom, ainsi qu'un bon nombre de nouveautés.Elle sera accompagnée de Jacques Pills, vedette de la chanson et d'un orchestre de 8 music-ens, dirigé par Frank Pourcell.On constatera une fois de plus que pour goûter pleinement l'art des nuances, le sens du dramatique chez Lucienne Bcyer, il faut vraiment la voir aussi bien que l'entendre.On l’a imitée, on la copie de toutes parts, mais il n'y a qu'une Lucienne Boyer.Les billets, au» prix de SI 50, $2.00.$2.50.$3.00 et $3 50 taxe Incluse.sont actuellement en ventec hex Ed.Archambault, 500 Sainte-Catherlne Est, et chez Haitney.1180 Sainte-Catharine ouest Les commandes postales doivent être adressées à Canadian Concerts S Artists, Inc., 711 édilice Castle, Montréal.Lucienne Boyer chantera également à Sherbrooke.Trois-Rlvières, Québec et Toronto, après ses apparitions à Montréal au Plateau les 26, 27.28, 29 et 30 novembre Canadian Concerts & Artists Inc.Ce bureau annonce une série d’auditions au gymnase Sir Arthur Curne, avenue des Pins.Ont déjà paru, Lily Pons et Zino Francescatti.Restent à venir : Ella Goldstein, pianiste, le 20 novembre ; l'Orchestre Symphonique de Détroit dirigé par Karl Krueger, le 30 janv'er et Richard Tauber, ténor, le 26 février.Les Cosaques du Don ont chanté les 6 et 7 cctobre au Plateau.Les Ballets russes de Monte-Carlo sont annoncés pour le milieu de mars 1948.Lucienne Boyer donnera une série de récitals vers la fin de novembre.IRFA PETINA.la grande chanteuse d'opéra, vedette du Metropolitan, était récemment de passage à Montréal après aveir fait un séjour dans les Laurenlides.Le représentant du "Passe-Temps" l'a rencontrée à l'Auberge des Deux-Lanternes, à Cap-Saint-Martln où l'artiste s'est prêtée de bonne grâce à un interview.Possédant une vaste culture, Mme Petina parle un excellent français.Irra Petina.mezzo-soprano du Metropolitan, est l une des rares chanteuses d'opéra el de concert qui ont réussi avec un égal succès dans l'opérette et la comédie musicale.Célèbre au Metropolitan, à l'Opéra de San-Francisco et au Teatro Colon de Buenos-Aires pour son interprétation des rôles de Carmen et de Mignon, Irra Petina a été pendant trois ans, sur le Broadway, la vedette de l'opérette "Song ol Norway" qui est basée sur la vie et l'œuvre du grand compositeur norvégien, Edward Grieg.Le répertoire d'opéra de Mlle Petina comprend 57 rôles en cinq langues différentes, depuis le rôle-titre de Carmen Jusqu’à celui du Prince Orlolf dans "Die Fledermaus" de Johann Strauss.Irra Petina, depuis sa tendre enfance, a vécu des moments très dramatiques et s’est trouvée dans des situations pour le moins ex ceptionnelles.Née en Russie, elle dut fuir la révolution qui a suivi la première grande guerre.Accompagnée de son père, le général Etienne Petina.de l’escorte personnelle du tsar Nicolas, et de sa mère, elle chercha refuge en Chine.C'est dans ce pays qu'Irra commença ses études musicales.Quelques années plus tard, son père l'envoya aux Etats-Unis pour étudier le chant car elle possédait une voix magnifique.Après trois ans d'études au Curtis Institut» ot Music à Philadelphie, elle chantait au Metropolitan Opéra et un peu plus tard à San Francisco et à Buenos-Aires.A San-Francisco.elle a chanté le Prince Orloif dans "Die Fledermaus" et pour ce rôle, elle avait endossé l'unllorme que portait son père dans l'Armée impériale de Russie.En plus de ses activités comme chanteuse d’opéra, Irra Petina est on grande demande comme artiste de concert et elle a également lait plusieurs enregistrements sur disques pour la compagnie Columbia.Elle a été.à plusieurs reprises, la soliste invitée aux concerts Promenade de Toronto.Notre plus grand souhait est de l'entendre un jour à Montréal en récital ou comme vedette d'un opéra.Un centre musical à Québec Grâce à l'intelligente initiative du profess-seur Rolland G.Gingras.la ville de Québec est maintenant dotée d’un centre où les pro-iesseurs de musique peuvent trouver un studio pour y recevoir leurs élèves, sans causer d'ennuis aux voisins qui n'aiment pas toujours entendre répéter des gammes toute la Journée.Il n’est pas question d’une école de musique, mais bien d'un édilice où chacun peut louer un local et y faire l'enseignement qui lui plaît.Chaque studio est éclairé et chauffé; deux salles d'attente, pourvues du téléphone, sont à la disposition des élèves et des proles-surs qui y trouvent une atmosphère de cordialité et de vie artistique.Ajoutons qu'on y trouve même un bureau de renseignements avec une demoiselle qui y fait l'office de secrétaire.Ce contre a été inauguré il y a quelques mois à peine et on y trouve déjà les maîtres suivants : 1.M.le commandeur Rolland G.Gingras, Docteur en Pédagogie Musicale, professeur de piano, orgue et harmonie.2.M le chevalier Edouard Woolley, Doc-leur en Sciences vocales, professeur de chant et de phonétique.3.M.Lucien.Paul Capron, professeur de piano.4.M.Joseph L.Fortin, professeur de piano el orgue.5.Mlle Jeanne Tanguay, professeur de français et d'anglais.D’autres professeurs doivent bientôt prendre possession de studios à cet endroit.Après avoir réalisé un centre médico-dentaire.Québec peut être lière d’avoir maintenant son centre musical.L'Entr'aide des élèves de l'école Auguste Descarries La saison 1947-48 do ce groupe s’est ouverte le 19 octobre dernier avec un récital du jeune pianiste Paul-André Asselin.Les autres concerts de la présente saison seront donnés à la salle du Gésu le 16 novembre, le 21 décembre.le 18 Janvier, le 15 lévrier, le 21 mars ainsi que le grand concert annuel du mois d’avril.Il est Intéressant de noter que le succès linancier de la première saison a déjà permis l’attribution d’uno bourse d'études de $200 à un élève de l'institution.PAGE VINGT LE PASSE-TEMPS EXPANSION ET PRESTIGE DE LA MUSIQUE FRANÇAISE (Suife de la page cinq) Prix de chant offerts par La Cantoria M.Victor Brault.professeur honoraire de l'Université de Montréal, est heureux de laire connaître au public que La Cantoria, dont il est le directeur, olfre deux prix de chant pour une armée d'études gratuites, avec les cours qui commenceront celte semaine.Ces cours sont organises d'après les principes établis dans les écoles de chant d'Europe et des Etats-Unis et porteront sur la technique vocale, l'histoire de la musique, le répertoire d'opéra et de concert.A chaque cours, des commentaires seront donnés sur la technique vocale du chant pour la radio.Les bourses d'études sont créées dans le but de découvrir des voix radiophoniques.Los élèves recevront des leçons particulières avant de participer au concours qui se tiendra sous les auspices de La Cantoria dont le comité d'honneur se compose de Mmes Gladys Swarthout.Maria Ku-renko, Jean Dickenson : Sir Ernest MacMillan, Dr A.E.Whitehead.Dr J.-J.Gagnier ; MM.John Barbirolli, Jean Beaudet, Darius Milhaud, Georges-Emile Tanguay, Vladimir Golshman.Claude Champagne, Henri Gagnon, Albert Chamberland.Alexandre Kipnis.Alexandre Tansman.Léon Rothier et Igor Gorin.Pour être admis au concours, il suflit de posséder une bonne voix, et d’avoir des dons pour la musique.Les noms dos vainqueurs seront annoncés par la voix des journaux et un concert à la radio, au cours duquel des jeunes chanteurs se feront entendre, permettra au public de juger du choix des candidats Les inscriptions sont reçues à 4046 rue Tupper, FItzroy 2783.Messieurs et dames, faites votre choix ! 11 lut un temps à Montiééal où l'on considérait trois auditions musicales par semaine comme une activité remarquable Dans les autres centres, deux ou trois auditions par mois suscitaient un intérêt considérable.Aujourd'hui, à Montréal comme ailleurs, le nombre des spectacles artistiques, musicaux et autres, atteint un chiilre qu'on aurait cru impossible auparavant.En novembre, dans la Métropole seulement, au delà de 24 concerts prendront l'afiiche, soit un peu moins que l'an dernier à pareille date, où le chiffre record de 33 restera mémorable.Les artistes les plus éminents de l’étranger et d’ici no sauraienl satislaire le public, de plus en plus avide de musique, avec un simple concert à Montréal, à Québec et dans une ou doux autres villes Partout, on les réclame.Partout, s'activent des organisation» régionales bien montées et fortes d'un nombre toujours grandissant de membres intéressés.Simultanément, le goût du public saffine.On ne peut plus lui en jeter plein la vue avec n'importe quel battage autour d'un pseudoartiste possédant plus d'aplomb que de talent, ou avec un programme quelconque de rengaines.si gentilles soient-elles.De tout cela, réjouissons nous 1 les plus mutins étaient mis aux arrêts.Malgré ces mouvements houleux, les représentations de l'ouvrage ne discontinuèrent point ; chaque jour le bruit diminuait et après quelques semaines on l'écouta dans le calme ! Bientôt l'harmonie el les chants énergiques de Hameau recevaient le tribut de l'admiration générale et la révolution musicale — la première en France — était faite à l'Opéra.Parmi tous leB éloges décernés à ce génie de chez nous, il en est un qui l'a suivi et le suivra certainement dans la nuit des temps.11 est attaché à ses ouvrages théoriques et dramatiques, à ces monuments impérissables qui ne cesseront d'occuper la postérité et d'en être admiré.Rameau tint constamment, pendant trente ans, le sceplre sur la scène lyrique française : plus de vingt grands ouvrages.fruit du génie de cet homme Immortel, y ont été représentés avec le succès qu'ils méritaient.Mais à la fin le génie s'épuise et le grand âge amortit ses facultés ; d'ailleurs la variété donne toujours de nouveaux charmes à la musique et de l’accroissement à ses progrès ; il fallut donc y recourir, les circonstances l’exigeaient impérieusement.Deux opéras tragédies.représentés avec succès, et dont la musique révélait un caractère plus marqué.un coloris plus vif.un style plus animé, plus modeme et.partant, plus universel, lurent considérés comme les avant-coureurs d'une nouvelle révolution dans la musique.L'un de ces ouvrages était Erneliade, en trois actes, musique de Philldor, donné en 1767 à l’Opéra.L’autre était Sabinus.en cinq actes, musique de G représenté en 1773 sur le Grand Théâtre de Versailles, pour le mariage du comte d'Artois, et.en 1774.à Paris.Ce dernier ouvrage.Sabinus.occupait encore la scène à l'époque du premier voyage de Gluck en France.Sabinus fut ensuite remplacé par Vlphlqénio en Aulide do l'illustre Gluck.Le succès prodigieux de ce chef-d’œuvre consomma la révoluüon que les deux ouvrages précédents avaient commencée.Ainsi établi depuis 1672, l’Opéra français est devenu, sans contredit, le plus brillant Bpectacle de l’Europe, tant par la multitude el la beauté des ouvrages dont les grands maîtres français, allemands et Italiens l’ont .par H.ERICHSON enrichi, que par les BOins donnés aux perfectionnements de tous ses moyens secondaires, et pourtant indispensables à son éclat L'art musical français devait traverser ensuite les orages do la Révolution sans en recevoir aucune atteinte.Bien au contraire ! L’enthousiasme qui anima le peuple républicain.danB ses brillants succès, inspira ses poètes et ses musiciens d’alors.La musique nationale s'imposa énergique et intacte, au milieu des orages de ce tourbillon révolutionnaire qui porta la désolation dans toute la France et l'agitation dans toute l'Europe.Il devait en être ainBi après la tornade do 191418 ! Ce n'est pas le cas pour l’Allemagne où la musique semble s'acheminer vers un épuisement.Mahler et Strauss sont, à l’heure qu'il est.les seuls champions notoires de l’art d’outre Rhin le plus avancé.Et encore ! Mahler, nature poétique, reste écrasé sous le fratras de son érudition lourde et composite.L'art, moderne, dans son mouvement, y a subi surtout les influences les plus importantes venant d’un Igor Stravinsky, sans produire pourtant un compositeur exceptionnel, un musicien dont l'oeuvre frappe.D’autant plus que.sous 1e régime hitlérien, l’art allemand est tombé à une dégradante industrie musicale dirigée.Malgré les vicissitudes traversées par notre pays.1e feu du génie français brille toujours d'un vif éclat.Son influence artistique se répand plus brillante que jamais I Toutes les nations de l’Europe l’ont accueillie et l'acceptent.Henri ERICHSON.La Société Casavant va de l'avant L'une de nos sociétés musicales les plus actives est certainement la Société Casavant.qui.en plus de présentor dos concerts d'orgue de haute tenue, nous procure le plaisir d‘en-tendre des artistes lesp lus distingués.Nous publierons bientôt un reportage exclusif sur ce groupement, dont Monsieur Armand Robert est l'animateur dévoué depuis sa fondation.NE RISQUEZ PAS d'être ennuyé ou d'ennuyer les autres avec votre toux.dans les réunions publiques, concerts, ou chez voua.Recourez à un moyen simple et énergique — le fameux Sirop MATHIEU, le sirop qui a fait seB preuves depuis des générations.D’emploi facile, son action est rapide.DANS TOUS LES BONS ETABLISSEMENTS.VICTOR BRAULT MONTREAL.OCTOBRE 1947 PAGE VINGT-ET-UN BEETHOVEN .par Fr.DESPLANTES (Suite de la page neutl les bois.Son talent lut tellement méconnu qu'il endura souvent la plus douloureuse agonie du poète et de l'aitlste : il douta de son propie génie.Beethoven n'eut jamais qu'un ami.et cet ami lut Hummel.La pauvreté et l'injustice l'avaient irrité ; il devint injuste à son tour.11 se brouilla avec lui, et pendant bien longtemps ils cessèrent de se voir.Pour comble de malheur, il devint absolument sourd."Alors Beethoven se retira à Bade où il vécut triste et isolé.Son seul bonheur était d'errer parmi les sombres allées de la splendide lorêt, aux environs de la ville.Là.seul avec les oiseaux et les fleurs des champs.11 donnait l'essor à son génie, composant ess sublimes symphonies, se rapprochant des portes du ciel, par de merveilleux accents, pour parler aux anges ce langage trop merveilleux pour des oreilles humaines, puisqu'elles n'avaint pas su le comprendre."Mais au milieu de ses rêveries solitaires, une lettre lui arriva qui le rappela malgré lui à ce monde où de nouvelles douleurs l'attendaient."Un neveu qu'il avait élevé, et auquel l'attachaient les services qu'il lui avait rendus, le suppliait de venir à Vienne.Il était impliqué dans une mauvaise affaire, dont son oncle seul pouvait le tirer."Beethoven, forcé par des raisons d'économie, dut faire une partie du voyage à pied, Un soir, il s'arrêta à la porte d'une maison d'apparence modeste et demanda l'hospitalité.Il avait encore POEME INEDIT “MUSIQUE D'AUTOMNE” Un clair ruisseau chante.Calme, les gris nuages défaillent dans le bleu.Les êtres comme les choses dans le soir s'hypnosent.Au jardin, les fleurs se sont refermées.Vers l'horizon pâle les oiseaux se sont envolés.Le marbre gris, vermoulu, de l'antigue statue, abrite dans l'ombre un faune que le jeu des aulnes amuse ef fascine.Cependant que de blancs fantômes glissent le long des allées, l'éclat du foyer illumine les'murailles craquelées.Dans l'arbre séculaire la dernière feuille sanguine, tardive est restée.Le chien tapis dans Xherbe froissée, inquiet, surpris, frisscnne à l'accord d'une harpe touchée I J.-I.GAGN1ER.plusieurs lieues à faire puor arriver, ets es forces ne lui permettraient pas d'aller plus loin.Elle lui fut immédiatement accordée : il partagea le repas de la famille, puis on l'installa dans le fauteuil du père.' Quand la table fut desservie, le père se leva et ouvrit un vieux clavecin.Les trois fils prirent chacun un violon, la mère et la fille leur ouvrage."Le père donna le ton, et tous quatre commencèrent à jouer, avec cet accord, ce talent inné, particulier au peuple autrichien.Ils paraissaient singulièrement intéressés par leur musique Les deux femmes cessèrent de travailler pour écouter, et sur leurs visages on pouvait lire une profonde émotion."Observer était tout ce que pouvait faire Beethoven ; car il n'entendait pas une seule note.Il ne pouvait juger do leur talent que par leur émotion et le feu divin qui animait leurs traits.Quand ils eurent achevé le morceau, ils se serrèrent la main, comme pour se remercier de la communauté de plaisir qu'ils avaient éprouvé, et la jeune flllo se jeta en pleurant dans les bras de sa mère.Après s'être consultés pendant quelques instants, ils reprirent leurs instruments et commencèrent, cette fols leur enthousiasme fut au comble et leurs yeux se remplirent de larmes.’ "—Mes amis dit Beethoven, je suis bien malheureux de ne pouvoir participer au bonheur dont vous paraissez jouir, car moi aussi j'aime la musique : mais, vous le savez, je suis tellement sourd que je n'entends pas un son.Laissez-moi lire ce morceau qui produit sur vous de si douces émotions."Il prend le papier.ses yeux s'obscurcissent.sa respiration s'arrête.11 laisse tomber la musique et fond en larmes.Ces paysans jouaient l'allégretto de sa symphonie en la."Toute la famille l'entoura, remplie de surprise et de curiosité.Pendant quelques Instants ses sanglots convulsifs l'empêchèrent de parler, puis il releva la tête et leur dit : "—le suis Beethoven."Alors ils es découvrirent et s'inclinèrent devant lui dans un respectueux silence.Beethoven leur tendit les mains ; ils s'en saisirent, les serrèrent, lesb alsèrent en pleurant.Ils comprenaient qu'ils avaient au milieu d'eux plus qu'un roi.Beethoven se mit au clavecin, et fit signe aux jeunes gens de reprendre leurs instruments, lui-même jouant la partie du piano.Tous étaient inspirés ; jamais musique ne fut ni plus divine ni mieux exécutée.La moitié de la nuit se passa ainsi.Les paysans écoutaient toujours.C’était le dernier chant du cygne."Le père contraignit enfin le grand artiste à se mettre au lit ; mais pendant la nuit Beethoven fut agité.— il avait la fièvre.Il ne put rester couché, il étouffait.Il avait besoin d'air : 11 sortit nu pieds dans la campagne et erra ainsi pendant plusieurs heures dans l'humidité causée par la rosée du matin.Lorsqu'il rentra, il était mais, malgré ieurs soins, en dépit du talent du docteur, au bout de glacé et frissonnait.On envoya chercher un médecin à Vienne : deux jours tout espoir de le sauver était perdu."Sur son lit do mort un homme vint le voir.C'était Hummel.son unique, son vieil ami.Il avait entendu parler de la maladie de Beethoven, il venait lui apporter les Becours dont il avaitb esoin.Il était trop tard.Beethoven avait perdu la parole et ne put lui prouver sa reconnaissance que par un sourire."Hummel se pencha vers lui et.à l'aide d'un Instrument acoustique.11 put lui faire entendre quelques paroles de compassion et de regret.Beethoven parut se ranimer, ses yeux brillèrent.11 fit un effort et parvint à murmurrer : "—N'est-ce pas.Hummel, qu'après tout, j'ai un peu de talent ?“ Ce furent ses dernières paroles: ses yeux devinrent fixes, sa bouche s'entr’ouvrlt et 11 rendit le dernier soupir (26 mars 1827).Il fut enterré dans le petit cimetière de Dobllng ¦ ¦ ¦ J^E génie de Beethoven ne fut universellement reconnu qu'après sa mort, avons-nous dit plus haut.En effet, à peine son corps eut-il été renfermé dans le cercueil que ses sublimes compositions musicales excitèrent lenthousiasme dans le monde entier.En outre, à mesure que la célébrité s'attachait au nom de Beethoven, de nom-légendes naissaient et s'accréditaient au sein du peuple, en Autriche, sur lo compte de l'auteur d'une musique aussi divine.Nous nous bornerons à citer, à titre de curiosité, celle que là-bas.dans les provinces autrichiennes, au pays béni de la musique, on raconte sur la mort de ce musicien do génie.Cest M.Lucien Rhéal qui a récemment fait connaître cette gracieuse et poétique légende au public français.Beethoven, rapporte-t-il.s'était retiré dans un petit village des PAGE VINGT-DEUX LE PASSE-TEMPS environs de Vienne.Son corps était tellement criblé d'inlinnités qu'U ne vivait plus que pour la souifrance.Un soir, vers les derniers jours du mois de mars de l'an 1827, Beethoven contemplait de sa ienêtro les arbres de son petit verger, dont les cimes transparentes étincelaient comme de l'or aux rayons du soleil couchant.Absorbé par ses contemplations, il modulait en lui-même les bruits mélodieux du soir, composant sans doute mentalement quelque pastorale nouvelle, lorsque son attention lut attirée par la présence inattendue de quelques-uns de ses amlB réunis devant sa porte : il les vit transportant les pupitres, étalant la musique, accordant leurs instruments et se préparant à exécuter les mélodies d'une do ses symphonies.C'était une léte qu'on voulait lui donner.Cette marque d'amitié le ranima, 11 lui sembla que tous ces instruments l'appelaient dans lap ralrio pour célébrer le retour du printemps, et, sans mesurer ses forces, oubliant les prescriptions du médecin, il se lit descendre au milieu de ses amis, et voulut diriger l'orchestre.Quoique sourd, il pouvait sentir la marche des instruments en appuyant sa poitrine sur le piano : les vibrations lui donnaient la mesure, son tempérament d'artiste et d’auteur devinait le reste.La première moitié de la symphonie lut exécutée avec une perfection et un ensemble dignes du maître.Déjà on avait commencé la seconde et l'on était arrivé au plus délicieux passage de la symphonie, lorsque tout à coup, un cri perçant se fit entendre.Beethoven se lève avec transport ; ses cheveux blanchis par le chagrin, s'agitent sur sa tête : sa figure est pâlo et lumineuse.Il écoute I Dans ce moment solennel, il paraît effrayé, indécis, comme un homme que sa raison abandonne : puis, l’expression si douloureuse de sa physionomie fait place à l'extase ; une larme brille dans ses yeux.et.cédant à l'entraînement de la musique qui continue toujours, il reprend sa place à l'orchestre.— Mais, ô prodige I II ne s'incline plus sur le piano pour saisir la mesure : on le voit, au contraire, tremblant d'émotion, agitant sa main dans les airs, frappant le pupitre.Imitant, mimant, dessinant son oeuvre, redressant fièrement la tête au fortissimo disparaissant au pianissimo, dominant l'orchestre et.d'une voix de tonnerre, lançant aux musiciens des mots d'encouragement et de récompens.La symphonie était terminée.Beethoven, épuisé, retomba dans son lauteuil.Tous ses amis se pressaient autour de lui avec des transports d’admiration.Lui.il était muet, immobile, en extase, comme un homme à qui une grande iole enlève l’usage de la parole.Il regardait, il écoutait, il faisait des signes de la main, posant un doigt sur sa bouche pour réclamer le silence.Un rossignol placé sur un arbre voisin préludait à demi-voix.Il s'anima peu à peu ; puis, enilant son gosier, il commença une symphonie merveilleuse.On eût dit que l'oiseau célébrait son triomphe sur le musicien qui semblait l'entendre.L'hymne du rossignol avait été si brillant, si imprévu, que les auditeurs attentifs, se laissèrent absorber dans leur émotion.Mais, lorsque, aprèB un moment de silence, leurs regards se dirigèrent sur Beethoven, ils le virent la tête penchée sur la poitrine, semblable à un homme qui sommeille.On courut à lui, on le transporta dans sa maison, mais tous les secours lurent inutiles : son âme s'était sans doute envolée avec le rossignol.C'est une croyance généralement accréditée en Autriche, ajoute M Lucien Rhéal.que le sens de l'ouïe fut rendu à Beethoven à son heure dernière et que son dernier soupir s'exhala avec les derniers chants du rossignol.Beethoven, dit M.Th.Bachelet, a lahsé trente-cinq sonates pour piano; une foule de fantaisies, préludes, rondos, thèmes variés.duos, trios, quatuors, quintettes et concertos pour divers Instruments; dix ouvertures, dont celles d'Egmoat, de Corlolan.de Prométhée, des Ruines d'Athènes.Son opéra de Fldelio, qui s'appela d'abord Léonore, est un des che/*d'oeuvre du théâtre allemand.Il a donné à tEglise deux messes et l'oratorio du Christ au mont des Oliviers.Parmi ses compositions pour le chant, on distingue la cantate d'Adelaide et le Cri de guerre de rAutriche 11 797).Mais c'est dans le genre de la symphonie que Beethoven est sans rival : on a de lui neuf compositions de ce genre, remarquables par la hardiesse de la conception, la richesse de l'instrumentation et la beauté des combinaisons harmoniques, qui cependant ne sont pas exemptes de dureté .Le Traité d'harmonie et de composition de Beethoven a été.en 1883, traduit en Irançals par M.rélis.ANECDOTE BEETHOVENIENNE S'il est un proverbe faux entre tous, c'est bien certainement celui-ci : QUI PEUT LE PLUS PEUT LE MOINS, quand il s'applique aux beauxarts.En musique, la fausseté de ce dicton est mani/este.Vous représentez-vous fauteur de la symphonie en ut mineur et de la Symphonie héroïque, Beethoven, composant des polkas, des schottishs, du swing, pour les jouer en qualité de planiste pour soirées ! le ne crains pas de dire que musique et pianiste n'eussent pas valu le diable, et que celui qui a pu si admirablement le plus, aurait été Incapable de pouvoir passablement le moins.— Un peu plus vite, le SWING, monsieur Beethoven.— Pas tout à tait si vite le PLAIN.monsieur Beethoven.— Vout ralentissez certaines parties du jlTTERBUG, monsieur Beethoven .ce/a nous coupe les jambes.— Comment, monsieur Beethoven, vous ne savez pas la RUMBA I — Ce monsieur Beethoven n’est bon décidément qu'à taire des chef-d’œuvre ; c'est pitoyable,' DES PORTRAITS DE BEETHOVEN Le laisser aller dans le costume qui le caractérisait taisait de Tapparition de Beethoven dans la rue un effet de surprise extraordinaire.PPresque toujours absorbé dans ses pensées et les ruminant à part lui, il gesticulait généralement des bras, lorsqu'il allait seul.S'il marchait avec quelqu’un, il parlait avec une grande vivacité.Il portait son chapeau aussi en arrière que possible, afin d'avoir le Iront libre, tandis que des deux côtés ses cheveux gris voletaient en désordre.Les deux côtés de la redingote, déboutonnée, et en particulier de son trac bleu à boutons de métal, se battaent par derrière, surtout lorsqu'il marchait contre le vent : de même, les deux longues pointes de son grand toulard blanc, noué autour de son col de chemise largement ouvert, s'envolaieent des deux côtés.Le double lorgnon qu'il portait, à cause de sa myopie, pendait librement.Mais les poches de la redingote étalent assez lourdement chargées, car.Indépendamment d'un mouchoir souvent d'importance.Il mettait un carnet de musique In quarto relié et assez épais, plus un carnet de conversation In-octavo, avec un gros crayon de charpentier ; cela atin de s'entretenir avec les amis et connaissances.En outre, tant qu'il put s'en servir, à une époque antérieure, il avait son cornet acoustique.Le poids du carnet de musique allongeait notablement un des pans ; de plus, à force do l'en tirer avec la main, ainsi que le carnet de conversation, cette poche apparaissait retroussée.L'apparence de Beethoven esquissée ici s’est imprimée en moi.indélébile.Souvent, je le vis ainsi de nos tenêtres.vers deux heures (l’heure de son repas) ou lorsque fétals moi-même avec lui.en revenant du Schottentor.à travers la partie du glacis où s'élève aujourd'hui l'église votive, regagnant ses pénales, le corps penché Imais non courbé) et tenant la tête de manière accoutumée.Ecrit en 1825 par Gerhard Von BREUNING.Imagine-toi un homme d’une cinquantaine d'années, plutôt petit que moyen, mais d'une stature très puissante, vigoureuse, ramassée, d'une charpente solide surtout, à peu près comme était Fichte, mais plut potelé, la ligure surtout plus pleine, plus ronde : le teint trais, rouge, des yeux inquiets, brillants, presque perçants quand Us regardaient lixément ; pas de mouvements rapides ; dans l'expression de la physionomie, de l'oell surtout, rempli de vie et d'esprit, un mélange ou une alternative perpétuelle de bonhomie très cordiale et de crainte; dans toute son attitude, cette tension, cette Inquiétude aux écoutes, des sourds qui ont une sensibilité très vive : jetant un mot gai et sans contrainte et, tout de suite après, retombant dans un silence farouche.Extrait d’une lettre de Friedrich HOECHLITZ, en 1822.MONTREAL.OCTOBRE 1947 PAGE VINGT-TROIS IL Y A 50 ANS DANS Chronique du temps passé 16 OCTOBRE 1897 — En page-couverture, un portrait de Mllo Eva Plouf, pianiste, élève de Romain-Octave Pelletier, compositeur.Nouvelles du bon vieux temps : A l'Académie do Musique, le célèbre comédien Auguste Van Biene a remporté un très beau succès.Au Théâtre Français, on a entendu l'opéra Carmen dans la version anglaise, avec Florence Roberts.une nouvelle recrue de ce théâtre La semaine suivante, la pièce à l'affiche était l'opéra comique Kiamet.avec la prima donna Minerva Don comme vedette.Mlle Marier donnait un concert dans la salle du Y.M.C.A.La Société Chorale de Montréal, sous la direction de M, Alexandre Clerk, annonçait la présentation de la Vierge, de Massenet.pour le début de décembre.Un groupe d'amateurs dirigés par le professeur Guillaume Couture montait le grand opéra de Méhu, loseph.On espérait que la Philharmonique grouperait assez de partisans généreux pour qu'elle puisse continuer ses représentations.Henri Chivot.le célèbre librettiste, collaborateur de Duru.mourait à Paris.M, J.-N.-A.Beaudry.professeur et organiste pendant sept ans à Salem, Mass.venait se fixer à Sorel ; il avait été organiste à Sainte-Thérèse de Blainville et maître de chapelle à Sainte-Brigide.Les musiciens de cinq corps de musique formant un ensemble de deux cents musiciens donnaient un concert au Parc Sohmer, dont le produit devait servir à l'achat de nouveaux uniformes et de musique nouvelle.Dans les mondanités, on annonçait les fiançailles de M.Joseph Saucier avec Mlle Octavie Turcotte, ainsi que le mariage de M.Henri de Martigny, gérant-général de la banque Jacques-Cartier.à Mlle Polexine Laurent M Louis Geoffrlon épousait Mllo Alice Dansereau, l'une des plus distinguées pianistes d'alors.Le spirituel chroniqueur du Monde Canadien.M Henrl-Gaston de Montigny, entrait chez les Dominicains à Saint-Hyacinthe.A Québec, on fêtait le 21e anniversaire du nouveau président des étudiants en droit.M.Lapointe.qui devint le Très Honorable Ernest Lapointe.Rien n'est plus intéressant que de lire les annonces du temps : M.J.-G.Yon.éditeur, annonçait la publication d'une marche brillante pour le piano, Vive Laurier !.dont l'auteur était M.Alexis Contant.Le Baume Rhumal était souverain contre la toux.M.A.-P.Pigeon y annonçait Le Canard, le fameux journal hebdomadaire humoristique, publié à 12 pages, abonnement à 50 cents par année.(Quel heureux temps', Il y avait Le Monde Canadien, la grande revue hebdomadaire.grand format, à 12 pages.Le Journal, quotidien à grand format.a 2 cents le numéro.Les Nouvelles.Journal du dimanche, au mome prix, le Royaume des Femmes, page du samedi de la femme, qui paraissait dans La Presse."Le journal pour tous".M.Edmond Hardy y annonçait sa maison d'éditions musicales et d'importation d'instruments de musique.M.J.-G.Yon.de même.Charles Lavallée, frère de Calixa.annonçait des MandoUnes à 12 cordes à $4 25 "en montant1'.L.-Ad.Morissette offrait ses services comme dessinateur, graveur et photo-graveur Hurteau & Gervals.coin Salnte-Catherine et Salnt-Denls.annonçaient le piano Kahn, le Roi des pianos de l'univers : ce magasin, subséquemment acheté par M.Edmond Archarn-bault.occupait le site actuel du magasin do M.Geo.Laporte et du restaurant Geracimo.Parmi les fanfares de Montréal, on trouvait L'Harmonie de Montréal, les Carabiniers Victoria, la Bande du 65e, la Fanfare Sainte Elisabeth, la Fanfare Salnt-Henri et la Philharmonique.Dans rAlbum Musical: Stances à Manon, poésie de Maurice Boukay.Musique de Paul Delmet ; Menuet pour piano.Fête Calante.de P.Lacome.et Gavotte Pompadour.pour violon, de Paul Durranc.En dépit des guerres, des difficultés sans nombre, nos aïeux bâtirent et rebâtirent les villages et les villes naissantes de ce qui est aujourd’hui notre beau Canada.C'est à même des archives innombrables, dont chaque page est lourde d'histoire, que les spécialistes de l'Institut Drouin peuvent compiler votre livre le plus précieux, — l'Histoire de votre Famille.Sa lecture vous sera chaque fois une révélat'on et une source de légitime fierté.Ccnfiez cette tâche délicate et hautement spécialisée à INSTITUT GÉNÉALOGIQJUE DROUIN 4184 rue St-Denis — Montréal — LA.8151 Tout ce qui est joli et nouveau en MUSIQUE et BRODERIE se trouve dans la revue RAOUL VENNAT Enrg.3770-3772, rue Saint-Denis.MONTREAL Prix: Canada: 12c par an — Etats-Unis: 25c par an.PAGE VINGT-QUATBE LE PASSE-TEMPS Mots croisés du Passe-Temps 2.—Mot arabe signifiant fil».— Marin anglais.commanda la célèbre exploralion océanographique du Challenger.1 2 3 4 5 G 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 PROBLEME No 22 HORIZONTALEMENT: — 1.—Instrument de musique à cordes que l'on lait agir au moyen d'une roue mue par une manivelle.— Appa reil reproduisant de la musique enregistrée sur une bande de carton par le mélographe.2.—Nom que les Musulmans donnent à l’ar-chidémon.— Certain degré d'élévation du ton dun instrument.— Astronome autrichien.Une comète porte son nom.3.—Graveur français, les plus remarquables portraits sont ceux de Louis XIV, Colbert, Turenne.— Ceux de Bourgogne, de Bordeaux sont unviversellement estimés.— Célèbre archevêque de Reims qui prononça la déposition de Louis le Débonnaire.4.—Ancien peuple de la Gaule établi entre l'Ailier et la Loire.— Espace que parcourt une planète, dans sa révolution autour du soleil.— Initiales d'un célèbre mathématicien et musicien contemporain, célèbre par ses théories 6ur la relativité.5.—Nom vulgaire d'un échassier du Mexique.— Note de musique.— En Indre et Loire, patrie d'Alfred de Vigny.6.—Initiales d'un brillant Journaliste et commentateur canadien, mort à la suite d'un accident.— Pas beaucoup.— Saison.7.—Génie malfaisant dans la mythologie arabe.— Roi égyptien de la 19e dynastie, dont le tombeau tut découvert près de Thèbes.8.—Tableau de Quentin Massys à Windsor, Angleterre.— Région de Normandie crayeuse.tombant en de hautes (alaises sur la Manche.9.—Régulier, ordinaire.— Enorme amas de glaces côtières.10.—Ville de la Guyane Française.— Dans Yermen.— Donner les couleurs de l'arc-en-ciel.11.—Initiales d'un réalisateur radiophonique montréalais.— Parure féminine en fourrure ou en plumes et qui doit son nom à sa forme ronde et allongée.— Mulâtre dominicain, provoqua en 1790 l'insurrection d'où devait sortir l’abolition de l'esclavage dans l'île.— Chef-lieu de canton du Cher.12.—Royaume indépendant de l'Hindoustan dans l'Himalaya.— Recueil de bons mots.— Initiatles de l'ancien organiste de la Cathédrale de Montréal.— Symbole chimique de l'arsenic.13.—Abréviation de Nouvelle-Ecosse.en anglais.— Empereur romain qui se signala par sa violence envers les chrétiens et fut tué par les Goths.— Habitant de l'Idumée.14—Qui fait des dédicaces.— Ville du Pérou, autrefois célèbre pour ses poteries.15.—Semblable.— Initiales de la directrice du Cycle carolingien qui a pour héros Aiol.fortifié de la Méditerranée.— Initiales d'un écrivain norvégien (1826-1906) dont le nom commence par I.16.—Instruments de musique à vent, sorte do cornet alto à pistons.— Chanson de genre du Cycle carolingion qui ap our héro« Aiol.neveu de Louis le Débonnaire.VERTICALEMENT : — I.—Poète français.— 1844 1896 — autour des Poèmes Saturniens, la Bonne Chanson, etc.— Ecrivain et dessinateur caricaturiste français, 1805-1877.3.—Initiales d'un musicien canadien, auteur d'une biographie de "Calixa Lavallée".— Instrument de musique en usage sur la côte occidentale d'Afrique.- Nom de rois légendaires du Danemark.4.—Pianiste et compositeur français, auteur des opérettes Héloîse et Abélard, la Boite à Pandore, etc.— Nom du soleil chez les Egyptiens.— Abesse, fille de Dagobert II.5.-Initiales d’un ténor canadien, époux de Pierrette Alarie.— Fille d'Inachos — Navire de combat dontl 'avant est muni d'un éperon d'acier.— Au Maroc, pays, région.6.— Chef des Zoulous contre lequel les Anglais eurent à lutter en 1880.— Adverbe de Ueu.7.—Dans trône (Consonnes).— Tragédien français, 1763-1826.Comédien préféré de Napoléon.— Nymphe qui fut changée en rocher.8.—Herbier qui ne contient que des mousses.9.—Ville d’Autriche, affluent du Danube.— Hérétiques du 1er siècle qui niaient la divinité de Jésus Christ.10.—Première capitale de la Perse, fondée par Cyrus.— Roman do René Bazin — Du verbe nier.— Mot composé, espèce d'éricacée dont les feuilles sont employées en infusion diurétique.12.—Population du Sahara oriental.— Initiales d'une division électorale de la ville de Québec.— Bâtit Samari et fut le père d'Achab.13.—Sorte de violon à trois cordes et à archet dont louaient les ménestrels.— Vase un peu creux où l'on sert les aliments liquides.— Initiales d'une organiste canadienne.Premier prix Conservatoire de Paris.14.—Du grec, signifie entier.— Homme faisant partie de l'escorte des rois de l'époque primitive — Initiales d un théologien protestant écossais (1792-1834) qui annonçait comme prochaine la venue du Christ.15.—Philosophe Stoïcien grec du Ile siècle.Scipion l’Africain fut son auditeur et son ami.Ferme de la prairie américaine.16.—Abréviation do Est.Sud, Est — Vin récolté aux environs do lerez — Oignon d'une odeur très forte.SOLUTION DU PROBLEME No 21 1 2 3 4 S 6 7 fi 9 10 11 12 13 14 IS 16 1 2 3 I 4 5* 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 apoHfrararaQMH HMîiiïi nsns n mm n nra@E EHSHHHias laEicnsata bhkihgjh aia ®a EEQ EH S fl [¦hhe sjtaaaHaia i«aro fiHHmaardEïi tu n sa usa naEia RSEiuan nnratan be ebïï ke [a@ran üJüraiDïinriiig ciüj üta Biiyiu ras ram n sirsara ninonra assa H00 00 rnnH ebuh nsuamâiass ei Hiiraa atsasam BBaoiiaoiTiti 71110 KimHHGnilflffllâË] h MONTREAL.OCTOBRE 1947 PAGE VINGT-CINQ POUR VOS CADEAUX DES FETES il faut voir le chcix ravissant de l'Art Français : Peintures d'artistes canadiens ou étrangers, bibelots d'art, etc.L'ART FRANÇAIS 370 ouest, rue Laurer, Montréal.CA.6077 A eadmanoik Un véritable musée d'artisanat Venez le visiter et y choisir vos cadeaux PAUL GOUIN, direcfeur artistique 1498 OUEST, RUE SHERBROOKE 4> Guy) En tout temps de l'année un abonnement au "PASSE-TEMPS" est un cadeau apprécié.$2 PAR ANNEE LE PASSE-TEMPS — 627 ouest, rue Dorchester Montréal 2 Les belles lectures LA MUSIQUE SYMPHONIQUE, de Monteverde à BEETHOVEN, par Hélène Grenier.La grande nouveauté canadienne de la sa:son.Un volume de $1.25.Editions Variétés, Montréal.Une petite histoire de la musique symphonique et un guide précieux pour les amis de la musique et de l'art.Importante source de renseignements qui s'impose à tous ceux qui aiment la musique.REPERTOIRE GENERAL ILLUSTRE DES FILMS (1947).Editions Fides, 25 est, rue St-Jacques, Montréal.600 pages S2.50.(Franco $2.75).Résumé complot de tous les films lrançais en circulation sut nos écrans avec appréciation morale.Magnitiques hors-texte représentant quelques-unes des plus belles scènes des meilleurs films.JACQUES-ALBERT SEIGLET 1916-1940).par Marthe Wolfrom.Editions Fides, Montréal.Emouvante biographie d'un jeune ingénieur français tué à Dun-kerque au printemps de 1940.Non pas un simple exposé chronologique des événemenls, mais une histoire très humaine d'un être qui se développe, au physique el au moral, sous l’influence de deux forces, si souvent fatales lorsque mal équilibrées : la famille el la société.LA VIE AVENTUREUSE DE JACQUES LABRIE, par Paul de Martigny.Volume de 208 pages.Dessin de Maurice Gagnon.L’unité $1.25.Editicns Femand Pilon, 750 est, rue Beaubien, Montréal.L'auteur.Paul de Martigny.journaliste bien connu et estimé, a parcouru le monde; 11 a vécu en France de nombreuses années Que de souvenirs, que d'aventures, et combien d'observations sur les hommes et les choses au cours de quarante années de Journalisme actif.Un livre infiniment agréable à lire.LES CHANSONS DE L'HERBE ET DE LA ROSEE, Ma-gnifique Album de 8 chansons enfantines.Ravissantes illustrations en couleurs.Publiées par les Editions Chantai, Paris.$1.75 (Par la poste, $1.85).En vente au Canada aux Editions du Passe-Temps, 627 ouest, rue Dorchester, Montréal, et chez les principaux marchands de musique.Voilà bien un cadeau approprié pour les fêtes.De Jolies chansons, illustrées avec fantaisie et bon goût, que les enianls chanteront avec un vérilable plaisir.A chaque âge sa chanson.Pourquoi laisser les enfants chanter des romances qui conviennent aux amoureux.tandis qu'il y a de si jolies chansons écrites spécialement pour eux ?Cet album fera leurs délices.•••a.* René GIRARD, SJ.Les neufs symphonies de B E E T H O V E N analysées et commentées avec une grande clarté.TOUS LES THEMES SONT REPRODUITS (190 exemples musicaux) 20 dessins en couleurs de Madame Andrée de Groot.Couverture en 3 couleurs de Jacques Gagnier.Volume de 176 pages, 111.: $1.50 (par la poste : $1.65) 25 est, Saint-Jacques FIDES Montréal Tél.: PLateau 8335 PAGE VINGT-SIX LE PASSE-TEMPS [\fù QqgsM RICHESSES PARISIENNES IGNOREES L'étrange musée de l'Assistance publique Un article inédit par Gisèle d'ASSAILLY QU’IL lall bon Ilânoi le long de la Seine en cette lumineuse après-midi.Le Louvre somnole sur son quai et la sombre Conciergerie attend la chute du jour pour éclairer ses fenêtres du sanglant baiser d'un soleil à l'agonie.Notre-Dame se détache sur le ciel, masse de pierres ciselées toute pibrante de prières.Plus loin, la statue de Sainte Geneviève se profile, roide comme un long cierge do reconnaissance.A droite, un porche se dessine en grisaille sur lequel on peut lire une inscription gravée en noir : "Musée de l’Assistance publique", évocation austère, vaguement tragique .qu'il faut braver sans hésitation.Dans la cour vieillotte et charmante, se tiennent, serrés l'un contre l'autre, trois petits hôtels du dix-septième siècle, au* toits acérés, et dont les fenêtres allongées en 1er de lance, portent balcons en dentelle de fer forgé.Entre les pavés hostiles se dressent les poils follets d'une herbe drue comme la barbe d'une vieille dévote : nous voici transportés au temps du Roi Soleil.Nous sommes dans l'ancienne demeure dos filles de Sainte Geneviève, communauté fondée en 1636, par Mademoiselle de Blosset, alors installé rue des Fossés Saint Victor, et qui devait lusionner plus tard avec l'oeuvre de Mme de Miramion "La Sainte Famille".Pour loger tout son monde, la charmante créatrice de l’assistance par le travail avait acheté successivement les trois hôtels que nous contemplons aujourd'hui.Les pauvres femmes qui y trouvèrent asile firent plus pour la postérité de la vertueuse veuve de Jacques de Beauhamais.seigneur de Miramion, que son enlèvement romanesque par le Bieur de Bussy-Rabutin, propre cousin de Madame de Sévigné.En 1793, la Révolution devait disperser la communauté.L'hôtel de Miramion fut vendu comme bien national et, pendant quelque temps, 11 servit de manufacture d'armes En 1812, Napoléon l’affecta aux hospices de Paris, qui y installèrent leur pharmacie.APRES avoir gravi les quelques marches de pierre qui.autrefois, conduisaient à la chapelle, on pénètre dans le choeur, aujourd'hui pièce principale de ce musée consacré en partie aux souvenirs se rattachant à l'histoire de l’hôpital de La Charité.Le plafond à solives, peint avec finesse, et les boiseries fouillées, conservent un air précieux.Tout de BUite.on est attiré par une sorte de niche entièrement décorée de peintutes et de fresques, où un banc et deux fauteuils vous invitent au repos C'est l'ancienne salle de garde des internes de La Charité.L'éclairage tamisé, les portraits des principaux médecins, quelques scènes frappantes de la vie d'hôpital (dont le défilé burlesque des inventeurs d'instruments rendant hommage à Esculape, dû au pinceau plein do verve de Gustave Doré) tout contribue à donner à cette reconstitution une étonnante couleur de vérité.D'Alembert, enfant trouvé.DANS les virtlnes on découvre nombre de documents émouvants, parmi lesquels l'une des plus anciennes signatures retrouvées dans les archives publiques : celle de Louis VII, apposée sur la donation à l'Hôtel-Dieu de 'Trois sous et six deniers de cens, sur fonds de terre situé près la porte Bodoyer.et de tous droits seigneuriaux existant sur ce fonds".(1157).Des lettres patentes de Phllippe-Auguste confirmant un autre don fait à l'Hôtel-Dleu par Mathilde.femme de Simon de Poissy en 1189.Un livre manuscrit, La vie activa des religieuses de l’Hôtel-Dleu.enrichi d'enluminures (1482) où l'on voit les malades couchés deux par deux dans leurs lits.(ce qu'on aurait tort de considérer comme un pis-aller, car.jusqu’en 1788.les hôpitaux installaient leurs clients jusqu'à six dans la même couche I ).Ces peintures naïves et touchantes nous montrent des patients jaunes comme des pamplemousses ou bien aussi roses que des porcelets, la maladie devant, sans doute, être représentée sous ce jour spectaculaire pour qu’on la considère à sa juste importance.Les religieuses principales sont habillées de noir et les soeurs converses de blanc, ces dernières représentées beaucoup plus petites, la taille devant être en rapport direct avec la fonction ou le grade des intéressées.Une autre vitrine est consacrée à Saint Vincent de Paul.On y voit de nombreux documents écrits de sa main et se rapportant aux enlants trouvés Parmi ceux-ci.d’Alembert tient une place do choix et l’on peut lire son acte d’abandon ainsi conçu : "Jean le Rond, dit d’Alembert.16 Novembre 1717.Trouvé dans une boite de sapin sous le porche de l’église Saint Jean Le Rond, situé contre l'église de Notre-Dame, (entrée actuelle des tours)".Le Président assassiné.ENFIN, voici un autre acte, plus récent celui-là.et encore douloureusement présent à notre mémoire : le 6 mai 1932, entrait à l'hôpital Beaujon un homme à l’agonie dont le bulletin d’admission était ainsi conçu : Nom : D O U M E R Prénom : Paul Profession : Président de la République Demeurant : Palais de l'Elysée • Le Musée de l’Assistance publique - Salle des "Pots de pharmacie' MONTREAL.OCTOBRE 1947 PAGE VINGT-SEPT Plus loin, nous trouvons les instruments de chirurgie de Dupuy-tron, la trousse dentaire de Napoléon donnée par la reine Hortense, l'une des chasubles de Saint Vincent de Paul, etc.Après avoir traversé le petit Jardin qui se trouve derrière l'un des hôtels, nous entrons dans le sanctuaire des.pots de pharmacie.Au XVIe siècle, on utilisait des vases de grès, labriqués à Beauvais.Puis, les apothicaires employèrent des poteries en faïence.cuites à Nevers, à Rouen, à Strasbourg.Enfin, la découverte du kaolin vulgarisa la porcelaine.Nous trouvons, dans ce musée, un choix admirable de tout ce que les artisans de l'époque ont pu imaginer dans l'art des pots de pharmacie.Des plus grands au plus petits, des chevrettes aux piluliers.LES premiers, dont le bec saillant laitp enser à la corne d'un cabri étaient autrefois à l'usage exclusif des apothicaires, qui en garnissaient généralement les fenêtres de leurs officines.Nous en voyons de magnifiques spécimens en Délit et en Rouen, d'autres en Nevers, d‘un bleu plus rare, ornés de charmants personnages.Les piluliers.de même que les pots à canon plus petits, étaient réservés aux baumes, onguents, extraits et autres produits.Il en est de bien jolis qui proviennent de l’hôpital Necker, aux armes entrelacées N.C.(la femme du financier était née Curchond).D’autres fabriqués à Sceaux, décorés à ravir de vert doux et de rose tendre.Leurs anses, faites de serpents entrelacés, rappelllent étrangement le caducée mer-curien.Certaines, pansues et confortables, rustiques et plaisantes, faisaient partie de la réserve de Beaujon.Celles de l’apothicairerie du couvent des Capucins, faubourg Saint-ïacques, (grands fabricants de potions et de pâtes, qui nous ont laissé le fameux ‘ baume du Père Tranquille") sont en faïence claire.Et n’oublions pas la merveilleuse collection "Empire", blanche et or, dont la finesse et la distinction les font ressembler à un cortège de demoiselles d’honneur à un mariage princier.Glsè]e d.ASSAIlLY.Notules artistiques.Une récente tournée des comptoirs d’art nous conduisait dans deux établissements, entre autres, qui occupent une place prépondérante auprès des connaisseurs et des amateurs d'objets d'art.Monsieur Lange, le directeur de la galerie l'Art Français, nous disait sa bonne fortune d’avoir pu rassembler autant de pièces remarquables : tableaux, gouaches, esquisses, fusains, lithographies, gravures, etc., de même que des encadrements de toute beauté, des pièces de sculptures, des bibelots de haute fantaisie.Monsieur Lange nous signalait que de plus en plus s'accentue la coutume louable de donner des tableaux comme cadeaux, durant les Fêtes en particulier.Ce sont des cadeaux qui durent toute la vie et qui sortent de la banalité.Il invite tous les amants du beau à visiter sa galerie, sise à 370 ouest, rue Laurier, à Montréal.Le second établissement est le comptoir Beaumanoir, que dirige avec compétence et dévouement Monsieur Paul Gouin.Longtemps.Monsieur Gouin se fit le défenseur et le propagandistes de la petite industrie d’art ; et à la bonne parole, il ajoute l'appui efficace d'un comptoir qui est un véritable foyer du bon goût.Enumérer tout ce qu'on y trouve est impossible.Mentionnons une variété aussi étendue que raffinée d'objets d'art, oeuvres de nos artisans et réservés en exclusivité pour le comptoir Beaumanoir.Il était temps que des apôtres du goût fassent rayonner effectivement leur influence dans l'embellissement de nos foyers.M.VICTOR BRAULT Professeur Honoraire de l'Université de Montréal esf heureux d’annoncer DEUX PRIX DE CHANT otlerts par LA CANTORIA Une année d'études gratuites Cours préparatoire avant le concours Concert à la radio pour les vainqueurs Inscriptions sur rendez-vous : 4046 rue Tupper, FItzroy 2783 ICI LE ROYAUME DU POULET Il vous faut voir cet endroit typique et goûter à la bonne franquette les spécialités savoureuses de la Rôtisserie de Poulet CHIC-N-COOP.A proximité des théâtres, des grands magasins.CHIC-N-COOP 1196, ouest, rue Sainte-Cathrine, Montréal Tél.: PL.2755 CHerrier 7027 BUFFET PARIS ¦ BANQUETS ¦ RECEPTIONS ¦ MARIAGES Salles pour Réception à louer 2500 EST, RUE RACHEL Romeo bastien.ProP PAGE VINGT-HUIT LE PASSE-TEMPS JEUNES COMPOSITEURS Adressez-vous à J.-J.GAGNIER, D.Mus.si vous avez besoin d'un conseiller pour vos travaux de composition, harmonisation, orchestration, adaptation musicale, etc.Aussi bibliothèque musical» considérable à louer au à vendre : partitions d'opéra, oratorios, musique symphonique, d’orchestre, vocale, militaire (lanfareî, etc., etc.S'adresser par correspondance à 10788 RUE ST-HUBERT ahuntsic, Montréal 12 POUR L'EXAMEN DE VOTRE VUE Diplômé tfa l’université do Montréal PRESCRIPTION DES VERRES SPECIALISTE OPTOMETRISTRE-OPTICIEN 8761, SAINT-HUBERT CA.7616 330, RUE SAINT-GEORGES ST-JEROME — TEL 171 Plus populaires que jamais les oeuvres de Anna Boisclair, pour piano • Espérons Marche.40 • René Valse.40 • Marche des Vainqueurs .40 • Edouard Valse.25 ajouter pour frais de poste.Gravure nouvelle.Chez les marchands de musique ou au PASSE-TEMPS 627 ouest, rue Dorchester, MONTREAL 2, P.Q.3818 Girouard MONTREAL WA.6423 i OSWALD MICHAUD Accordeur de pianos pour l'élite des musiciens Prolesseur d'acoustique à l'Université de Montréal — Accordeur à Radio-Canada Inventeur du piano magnétique SONOBEL PIANOS REMIS A NEUF • SUPERBE CADEAU POUR LES FETES Les chansons de l'herbe et de la rosée MAGNIFIQUE ALBUM DE 8 CHANSONS ENFANTINES — ILLUSTRATIONS EN COULEURS.TITRES : Les Sabots de la Bergère • Bonjour, le Joli Chaperon • La Poule aux Ooufs d'Or • Petite Madame Pluie • La Cigale et la Fourmi • Le Coucou de ma Grand'Mère • Le Lapin et le Furet • Sur le petit bout du doigt.SI.75 (PAR LA POSTE S1.85) En vente au "PASSE-TEMPS", 627 ouest, rue Dorchester, Montréal 2.Pianos usagés REMIS EN BON ETAT et livrés avec banc.Aussi MACHINES A COUDRE de tout genre.Comptant ou termes faciles.I.A.L.ROB1TAILLE 1007, rue Bleury - Montréal 1 Téléphone : HA.7359 # J'achète les pianoe et les machines à coudre.Téléphone AMherst 4488 Successeur de Mme H.Etienne < Y* FLEURISTE O Bouquets de Mariée Tributs Floraux 1654 est, rue Sainte-Catherine (Coin Champlain) Alf SFMCF Dlf PUBLIC mm Ses mains puissantes travaillent le sol du Canada au service de l'univers.Ses labeurs produisent l'essence même de la subsistance; le pain quotidien; Le cultivateur canadien a valu à notre pays l'éternelle gratitude de* peuples d'Europe et d’Asie que la guerre a réduits à la famine.Les hommes comme le cultivateur—qui appartient au nombre de nos meilleurs citoyens—sont au service du public .à votre service.DAWES BLACK HORSE BRASSERIE REÇU L 17 M t975 i S S E I THÈQUE DU QUE BRASSERIE ÜP- DAWES BIBLIOTHfQUE NATIONALE PER P-26 EX.2 OCTOBRE 1947 53e ANNEE — MONTREAL SH Dessin de Jacques Gagnier DANS L'ALBUM MUSICAL REVERIE et ROMANCE, piano .par R.SCHUMANN BERCEUSE BEARNAISE, inédite .par Maurice DELA MON SOUVENIR .C'EST MA CHANSON.nouveauté, par JOEGUY BABILLAGE, pièce facile pour piano .par Fernande BREILH LE TITAN DE LA MUSIQUE par F.DESPLANTES PROPOS DE LA TABLE • La mayonnaise se nommait autrefois Malionnise.mot que l'on attribue au grand Richelieu.Avant la Révolution, c'était la coutume pour les messieurs invités à un dîner d'apporter avec eux leur «outoau et leur fourchette, généralement dans un étui en cuir.Lors d'un banquet donné par Montezuma, un chel Aitèque, on servit 300 •ouverts diiférents.qui lurent servis par au delà de 1.000 garçons de table.L'empereur Guillaume d'Allemagne estimait contraire à sa dignité impéria.le le lait de manger en public.Par conséquent, à chaque banquet, il s'assoyait devant une assiette vide, tandis que les convives lestoyaienl.• On attribue à Jacques 1er, roi d'Angleterre, le nom de slrloin.D'après une ancienne légende anglaise, le roi Jacques, en visite dans le Lancashire.lut si enchanté d'un morceau qu'on lui servit qu'il l'éleva à la dignité de S il Loin.Au début de la Colonie américaine, un des breuvages lavons était un mélange de bière, de gin et de mélasse.En Ethiopie, le calé est une nourriture On lait des comprimés de poudre de café.En Chine, lors de la naissance d'un 111?.le père distribue des oeuls à ses amis.« Aux Indes, les oranges, le miel et les amandes représentent respectivement le Père, le Fils et l'Esprit-Saint.En 1845.en blonde, au début de l'industrie de la conserve, le saumon était mis dans des boîtes laites sur mesure, selon la grosseur du poisson — et chaque boite était confectionnée à la main.En 1876, on acquitta des dettes do guerre avec $300.000 de caviar.Deux puissants chels lartares de la Sibérie centrale Jurèrent allégeance à la couronne russe en considération d'une valeur de $150.000 de caviar, chaque année.Les temps sont bien changés, hélas I .¦ Les Chinois riches ou pauvres ne boivent ni eau pure ni spiritueux.mais toujours du thé léger et sans sucre : on met quelques leuilles de thé dans une tasse de porcelaine line, on y verse de l'eau bouillante, on couvre hermétiquement et on boit le thé chaud sur les leuilles après quelques minutes d'inlusion sans addition de sucre, de rhum ou de lait, les Chinois prétendent que toute addition détruit l’arome et qu'on ne doit pas même agiter ou remnuer le thé si on veut lui conserver son parlum • D’après les écrivains gastronomiques, c'était Dom Perignon.cellier de l'abbaye Hautevillien près d'Epernay.qui créa en 1670 le vin explosif Dès lors le champagne lut la boisson à la modo et celle des seigneurs de la Régence.RESTAURANT DISTINGUÉ .CUISINE SOIGNEE VINS - BIERES - LIQUEURS 1490 rue Drummond Montréal — PL b345 Tout le monde en parle RIFTPAK toujours à point et D I T I L n H servi de façon appétissante km ms Spectacle chaque soir dans la salle du haut 7yi5 Boul.Décane.Téléphone : ATlantic 0638
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.