Le passe-temps, 1 janvier 1947, v. 53, no 909
mUicaéc y?Mselêmps REVUE ARTISTIQUE FONDEE EN 1895 il AVIS IMPORTANT | I p y *• OUR répondre au désir de plusieurs ÿ | annonceurs et d'un grand nombre de & lecteurs, nous avons décidé de dater $ JUIN-JUILLET le numéro du "Passe- § Temps" paraissant en juin.En juillet | paraîtra le numéro d'août.Ainsi, par 4 la suite, "Le Passe-Temps" paraîtra | toujours avant le mois de sa date.| Bien entendu, les abonnés rece- § vront quand même leurs douze numéros, puisque nous prolongerons d'un ^ mois les abonnements échéant après | juin.?Nous publions dans le présent numéro la photo de deux ensembles qui font honneur au talent musical des Canadiens français : le Choeur Mixte de Lachine, et les Chanteurs de la Colline de Québec.Nos lecteurs intéressés à faire connaître des groupes de ce genre voudront bien nous les signaler.Ce sera la meilleure réponse à donner à un journaliste qui prétendait récemment que les Canadiens français, trop individualistes, s'astreignent difficilement au travail collectif.Nous nous ferons également un plaisir de publier la photo de bons orchestres d'amateurs.C'est en encourageant ainsi les musiciens que l'on aide vraiment au développement de la musique chez nous.SOMMAIRE AVRIL 1947 — No 909 • THEMES ET VARIATIONS .2, 3 LA NOUVELLE CARRIERE DE MAURICE CHEVALIER par MARIE-EVE.4 LA VIE COURAGEUSE DE C.-M.WEBER par André COEUROY .S LEON RINGUET.LE PERE DES MUSICIENS par J.-E.GOSSELIN .6 LES CHANTEURS DE LA COLLINE par Marcelle LACROIX .7 POT-POURRI.8 ALBUM MUSICAL .9 à 18 CURIOSITES DU VASTE MONDE.16, 17 L'ART POUR L'OR, SCENE VECUE par Alfred LALIBERTE .19 EMBELLIR LA VIE DES JEUNES par Cécile CHABOT .20 IL Y A 50 ANS DANS "LE PASSE-TEMPS" .21 ECHOS ET NOUVELLES .22, 23 COMMENT JOUER LE TANGO par Léon AGEL .24 LES BELLES LECTURES .25 LES MOTS CROISES .27 • LE CINEMA TRAHIT-IL LE LE ROMANCIER ?par Gabriel le RAIZENNE .29 GALERIES D'ART.30 LA GLORIEUSE HISTOIRE DE LA VILLA MEDICIS par Charles PICHON .31 EXERCICES D'ARTICULATION 32 Autorisé comme maliète de seconde classe par le Ministère des Postes.Ottawa."LE PASSE-TEMPS” est publié mensuellement par les Edition» du Paste-Temps.(Inc.), 627 ouesl.rue Dorcbesler.Montréal 2.— Téléphona : MAtquella 9905.11 est imprimé par l'Imprimerie Mercantile.Limitée.Les manuscrits, publiés ou non.ne sont pas rendus.— Direction : Eddy PHEVOST; rédaction: Roland PREVOST ; publicité : Paul PREVOST.ABONNEMENTS: Canada: S2.00 pour 12 mois; $3.75 pour 24 mois.Etats-Unis : S2.25 pour 12 mois.Autres pays : S2.50 pour 12 mois.Le numéro : vingt cents.L'abonnement est payable d'avance par mandat-poste ou chaque allranchi, accepté et payable au pair à Montréal.— CHANGEMENT D'ADRESSE : Tout changement d'adresse doit être accompagné de l'ancienne.Avis doit noUB parvenir au moins trente Jours avant le numéro d'où le changement sera effecüi.Pour discontinuer de recevoir cette revue.11 laut avoir acquitté tous 1m airérages.— Le Passe-Temps publie aussi de la musique en feuilles.MONTREAL.AVRIL 1947 PAGE UN Une oeuvre magnifique No* lecteurs n'ont pas oublié l’article émouvant paru dans "Le Passe-Temps'' de lévrier 1946.où M.Maurice Dumesnil relatait l'étonnante protection accordée à l’auteur et aux réalisateurs de la légende symphonique et chorale Sainte Thérèse de Lisieux.Nous apprenons que cette oeuvre magnifique d'Evangéline Lehman a été présentée dans la version lrançaise de notre distingué collaborateur Monsieur Dumesnil par la St.Mary Academy.à Windsor (Ontario) le 1er et le 2 lévrier derniers.Le public nombreux lut profondément impressionné par cette belle oeuvre, dont l’impeccable présentation musicale était rehaussée par une mise-en-scène de grand efiet.L’orchestre et les choeurs étaient sous la direction du maestro Francis Menichetti."Le Passe-Temps" se fera un plaisir de fournir toutes informations aux personnes désireuses de présenter cette oeuvre grandiose.9 9 9 A propos d'Oscar Martel Dans notre Chronique du temps passé de décembre dernier (page 23), nous parlions d'Oscar Martel, violoniste belge.Un lecteur.Monsieur Georges Dorval, de Chambly Bassin, nous envoie la rectification suivante, que nous sommes heureux de publier : "Né à L'Assomption, Oscar Martel était le fils d'Amédée Martel et frère du notaire Zébédé Martel que j'ai connu.Son père était peintre et luthier : 11 avait fabriqué un petit orgue pour le collège de l'endroit.11 faisait de bons violons, que son fils Oscar vendait à Montréal à bons prix.Oscar Martel naquit on 1847 ; il fréquenta le collège pendant trois ans.Après ses études en Belgique, il devint professeur de violon au New England Conservatory de Boston, où l'on peut voir son portrait a l'huile." « # « Les "Ménestrels" de Valleyfield Situé non loin des frontières ontarienne et américaine.Valleyfield est une "marche" québécoise où la vie artistique est très active, grâce aux initiatives de quelques musiciens.Nous sommes heureux de signaler, en nous inspirant d'une interview parue dans le Cécilien (organe des élèves du collège classique de Valleyfield) le beau travail de M.Lautent Cyr.directeur-fondateur des "Ménestrels", groupe choral qui a fait ses preuves.A l'automne, lea "Ménestrels" présenteront un grand concert composé de chants de folklore harmonisés à voix égales et voix mixtes, d'extraits d'opérettes françaises et américaines.Le groupe féminin de cet ensemble exécutera probablement la Sainte Marie Madeleine de Vincent d'îndy.9 9 9 Le Sonobel, pianoiorte électrique Lorsque M.Oswald Michaud annonça, il y a quelques années, la naissance de son Sonobel.ce fut vraiment une sensation dans le monde musical.Le Sonobel, en effet, est un piano sans table d’harmonie : près de chaque corde se trouve un électroaimant qui transmet le son, par un amplificateur, à un haut-parleur.Procédé très simple, assurément, mais dont les résultats sont extraordinaires.Une pédale d'expression — comme à l'orgue — permet d'atténuer ou d'accroître le volume à volonté.En outre, ce procédé électrique prolonge le son beaucoup plus que par la table d'haxmonie.La valeur musicale du Sonobel a été attestée par d'éminents pianistes, entre autres M.Egon Pétri et M.Alfred Laliberté.M.Michaud a ajouté à son instrument un vibrato qui, employé judicieusement, donne de très harmonieux elfets.La maison Wlllis a accepté d'en commencer la fabrication dans son usine de Sainte-Thérèse et elle expose actuellement, dans ses magasins de la rue Sainte-Catherine, le Sonobeltype.Ce nouvel instrument, dit-on, créera, dans les instruments à clavier, une révolution comparable à celle du remplacement du clavecin par le pianoforte.9 9 9 Notes pointées Sir Thomas Beecham.le pétulant chef d'orchestre anglais, aura 68 ans le 29 avril.• Le cinquantenaire de la mort de Johannes Brahms — survenue le 3 avril 1897 — a été célébré partout par l'audition de ses oeuvre3.Pour connaître ce grand musicien, nous vous recommandons de lire ou de relire sa biographie parue dans "Le Passe-Temps" d’août 1946.• Le compositeur russe Serge Prokofieff (voir sa photo dans "Le Passe-Temps" de février) fête son 56e anniversaire de naissance le 23 avril.• Plusieurs compositeurs d'opérettes, — entre autres Audran, Lehar et Flolow étant nés en avril, nous publierons le mois prochain un bol article sut l'opérette, par notre correspondant de Paris.# Jean Deslauriers a repris son programme "Sérénade pour cordes", à CBF.Nous espérons qu'il pourra nous faire entendre, en plus d'excellents interprètes de chez nous, quelques compositions également de chei nous.• Avec l'article consacré à notre compatriote l’Imprésario Bernard LaBerge.nous avons publié une photo du compositeur franco-polonais Alexandre Tansman.A l'occasion de son séjour actuel en Europe, tous les grands centres musicaux d'Europe ont Inscrit ses oeuvres à leurs programmes, surtout sa Sérénade, sa Rapsodie polonaise et sa Partita pour piano et orchestre.Mlle MARYEL BOURGIE.soprano, tille de M.Rosario Bourgie de Lachine, lit ses éludes vocales à l'Académie Savaria, puis à l’Ecole Supérieure de Musique Sainfe-Anne, à Lachine.Elle sera l'une des solistes au grand concert du Choeur Mixte de Lachine, le 7 maI prochain.¦ Tout le monde ne cesse de répéter que les Canadiens français sont très doués pour la musique.Il faudra bien Unir par le croire I En tout cas, nous l'avons bien constaté, une fois de plus, lors de la récente présentation du Stabat Mater de Pergolèse, par les élèves de l’Ecole Supérieure de Musique d'Outremont, sous la direction de M.Roger Fillatrault.titulaire de la classe de chant Ce chef-d'œuvre de Pergolèse a été interprété par l'ensemble vocal avec une perfection, un respect de la pensée de l'auteur, que l'on n’eût pas trouvés, peut-être, chei des chanteurs de profession.Faute d'espace, nous ne pouvons que donner ici le nom des solistes, toutes remarquables par la science vocale et par la qualité de la voix : Mlles Simone Bainville, Claire Duchesneau, Marie-Germaine Leblanc.Carmen Malebranche, Réjane Cardinal, Andrée Lescot, Mireille Fortier, Claire Lamarche et Georgette-Blanche Turcotte.¦ C'est avec plaisir que nous annonçons que notre jeune compatriote M.Georges Savaria — dont nous avons publié récemment une oeuvre inédite — vient de recevoir de l'Université de Montréal le titre de Docteur en Musique, pour la composition.Nos lélldta-tions."TÎvims $ PAGE DEUX LE PASSE-TEMPS Mlle E1LEEN HARDING.contralto, élève de l'Ecole Supérieure de Musique SS.de Sainte-Anne, à Lachine, don/ les musiciens apprécient la remarquable sonorité.Avec Mlle Maryel Bourqic et Mlle Raymonde Groulx.elle sera soliste au concert du Choeur Mixte de Lachine, le 7 mai.¦ Ce mois-ci marque, dans notre monde musical, un anniversaire qui vaul d'être signalé.Il y a en effet vingt ans que M.Réal Gagnier .hautboïste, et M.Hervé Baillar-geon.flûtiste, sont voisins d'orchestre.Ils ont débuté ensemble avec le Montréal Orchestra et depuis ce temps ils ont toujours joué de concert — c'est le cas de le dire — dans les grands et petits orchestres, à la radio, au concert, en récital, à Montréal et à l'extérieur.Tous deux, solistes de haute réputation, ont été nommés professeurs au Conservatoire de la Province de Québec, dès sa fondation.A ces deux excellents musiciens, également compétents et également gentilshommes."Le Passe-Temps" offre ses félicitations très sincères et ses meilleurs voeux.Récital ¦ C'esl le 19 mai, à la salle Saint-Stanislas, qu'aura lieu la deuxième audition d'élèves de Mlle Henriette Tard:f.On y entendra en outre un choeur de 50 voix ainsi que des arrangements à deux pianos.\ \ Les Music Clubs australiens Ce mouvement a pria naissance en Australie il y a une vingtaine d'années.Le but était d'intéresser les gens à la musique de façon à ce qu'eux-mêmes Us maintiennent cet intérêt bien vivant dans leur localité respective.A la base du travail des Music Clubs se trouve l'organisation de soirées musicales où les gens du voisinage peuvent entendre de la musique choisie dans une atmosphère de cordialité.Sous leur influence, nombre de jeunes musiciens de talent ont été amenés à se perfectionner ; en outre, une partie des frais d'inscription sont consacrés à des bourses d'étude.— Le groupement montréalais Les Amis de l'Art, dont les mérites sont incontestables, n'aurait-il pas avantage à étudier les Music Clubs australiens ?En effet, 11 ne suffit pas.il est même dangereux de ne former que des auditeurs passifs ; ce qu'il faut encourager c'est l'exécution de la musique.Serons-nous plus avancés lorsque tout le monde pourra disserter des grandes oeuvres musicales sans jamais toucher un instrument ?# # # Petite leçon de modestie Un ami de New-York nous rapporte l'anecdote suivante, dont 11 fui témoin.Lois d'une soirée intime, Horowitx se mit en frais de déchiffrer une nouvelle sonate de Prokofieff.Un critique musical se risqua à demander à Tosccmini ce qu'il pensait de celle oeuvre."Mais, monsieur", répondit Toscanini, "Je ne suis que musicien, je ne suis pas critique musical”.Bello leçon de modestie, par l'un des plus grands musiciens de noire époque.Toscanini voulait montrer, par sa réponse, son dédain de certains critiques pontifiants qui se permettent de juger une composition dés la première audition.# # # L’Union Musicale de Joliette Nous venons de recevoir une intéressante plaquette racontant l'histoire de l'Union Musicale de toilette, dont M.Emile Prévost est directeur depuis 1906.En 1893, quelques citoyens fondaient un corps de musique qui.après de nombreux embarras, lut dissous en 1902.Quelques jours plus tard, le 4 février, avait lieu l'incorporation d'une nouvelle fanfare : l'Union Musicale do loliette.Comme toutes les bellej oeuvres.l'Union Musicale de Joliette a traversé des périodes difficiles dont le récit est un bel exemple de ténacité.* tu $150 la minute ! Un ami du "Passe-Temps", qui habite les Etats-Unis, a pris feu devant le battage fait là-bas autour du début "artistique" de la fille du Président américain."Depuis que j'ai lu le dernier numéro ("Le Passe-Temps" de février)." nous écrit-il, "j'ai la langue et la plume qui me démangent.Pour le numéro, c’est l'article de Marie-Eva que je trouve simplement admirable et très courageux.Elle dit la vérité sur ces innombrables critiques de New-York, ignorants, prétentieux, vantards, et foncièrement stupides.Puis cette pauvre Margaret Truman, élève sans expérience, sans musicalité, sans véritable voix, ni talent, que les commentateurs portent aux nues.Et elle a touché 1.500 dollars pour trois petites incongruités, en dix minutes ! “ Notre concours mensuel CHAQUE MOIS, deux abonnements gratuits à la revue musicale "Le Passe-Temps" sont tirés au sort parmi les bonnes réponses à trois questions.Les concurrents trouvent les réponses en lisant les articles et les chroniques du numéro courant.Tous les lecteurs du "Pase-Temps".abonnés ou non.ont droit de participer au concours : les gagnanls déjà abonnés recevront un prolongement d'un an à leur abonnement.Le nom des gagnants paraîtra dans le prochain numéro, I.Qui a composé la musique de l'opéra "L‘Artésienne" ?— 2.Quel grand artiste avait comme devise : "Humble fierté.Hère humilité" ?¦— 3.Pourquoi les Chanteurs de fa Colline portent-ils ce nom ?Dites en quelques mots quais genres d'articles et de musique vous plaisent le plus dans "Le Passe-Temps".Adressez comme suit : Concours mensuel du "Passe-Temps", 627 ouest, rue Dorchester, Montréal 2.LES GAGNANTS DU CONCOUHS DE MARS: Mme Germaine Tellior, 205.rue Frontenac.Berthlervllle, P.Q.: Mlle Florle Fortin.160, rue Saint-loseph.La Tuque.P.Q.MONTREAL, AVRIL 1947 PAGE TROIS La nouvelle carrière de Maurice Chevalier par MARIE-EVE Correspondante du "Passe-Temps" à Netv-York DEUX IDOLES du public d'hier tentent aujourd'hui de se lancer dans une canière nouvelle, ou du moins, apportent dans l’expression de leur art une technique différente qui ressuscitera peut-être leur succès d'autrefois.D'abord, Charlie Chaplin devient Charles Chaplin, personnalité nouvelle el inconnue du public de l'entre-deux-guerres.Nous n'avons pas vu son nouveau film, mais les photos de publicité nous révèlent en "mons:eur Verdoux" un être tout différent du ChaTlot de 1920.De son côté.Maurice Chevalier, et c’est de lui que nous voulons parler aujourd'hui, s'engage dans la carrière très difficile qu'on appelle ici le "one-man-show".C'est le même Chevalier, avec le même sourire, le même chapeau.Nous voudrions pouvoir dire aussi : les mêmes chansons.La vedette des Fol:es Bergères a présenté ici, au Henry Miller Thea-tre, un "one-man-show" qui a plu au public.Il n'en a pas fallu davantage ; Chevalifr a renoncé, du coup, au Music Hall et au Night Club, pour se consacrer désormais à ce genre de récital.Tout ce que nous trouvons à dire, après avoir assisté au spectacle, c'est que la décision de monsieur Chevalier est peut-être un peu prématurée.Un spectacle qui est gardé six semaines à New-York n’est généralement pas considéré un succès éclatant.Et il y eut de nombreuses places vides.Du res- te.une grande part du succès est due à un phénomème psychologique.Pendant toute la durée de la guerre, le public américain a sympathisé avec les artistes français et souhaité de les voir sortir sains et saufs de l’impasse.L’un d’eux, le plus populaire de tous, revient après une absence de dix ans.On se presse, plein d'enthousiasme.On rainent, a la fois charmé et deçu.Et l'an prochain, on ne se dérangera pas pour le même genre de spectacle.D'abord, le programme est trop court.Dix chansons, trois rappels.Et puis, disons-le.aucune des nouvelles chansons de Chevalier n’est comparable à Y'a cTla j oie, Honoré ou Ma poule.Si l'on fait exception des trois "chansons de quartier" : Ménilmontanl, Quai de Bercy et Place Pigalle, et aussi de Maadari-nade, satire charmante et parfaitement jouée, le reste du programme manque d'intérêt.Le tout manque de "fini".Si les chansons sont au point, les petites tirades explicatives, par contre, sentent l'effort, l'à-peu-près.On voudrait des phrases qui claquent, des mots d'esprit qui pétillent, des effets bien préparés et parfaitement synchronises.Au lieu de ça.on a l'impression que Cheva-l’er improvise, que ses lignes de ce soir ne sont pas celles d'hier et qu'il ne sait pas lui-même ce qu'il décidera: de faire au cours des deux minutes qui viennent.Tout ça, c'est gentil, c'est léger, et surtout, ce n'est pas fatigant.Et ça fait plaisir de voir Chevalier et son sourire.Mais les sièges à $7 sont payés un peu cher.Disons-le en deux mots.Ce qu'on pardonne à Chevalier, à cause de sa réputation et du plaisir qu'il nous a procuré au cinéma et sur les disques, on ne le pardonnerait à personne d'autre ; on le pardonne à peine au charme de Chevalier.Et un débutant se casserait le cou à moins de témérité.Nous avons été très surprise d'apprendre de Maurice Chevalier lui-même que le programme inscrit pour la tournée canadienne est exactement’ le même que celui de New-York.Nous avons protesté et nous protestons encore.Ce programme-là est fait pour un public de langue anglaise ; il y consacre plus de la moitié du temps à expliquer, en anglais, les chansons qu'il chante en français.Mais les gens de Montréal et de Québec n'ont que faire de pareilles explications ; le français, chez nous, ce n’est pas une langue étrangère.Et si monsieur Chevalier persiste à vouloir chanter Weeping Willie au lieu de II pleurait et A Bum (sic ! ) au lieu de Ma Pomme, j'ai vaguement l'impression que le Plateau et le Palais Montcahn vont résonner de protestations.Nous avons, dans une lettre recommandée, expliqué longuement à monsieur Rupert, le gérant de monsieur Chevalier, les raisons pour lesquelles des changements d'importance devraient être apportés au pro-nramme, pour la tournée au Canada français.Espérons, autant pour le plaisir du public canadien que pour la réputation de Chevalier dans la province de Québec, que nos humbles suggestions n'auront pas été vaines.En attendant, nous souhaitons à l'artiste tout le succès possible.Ce serait vraiment dommage que la carrière de "one-man-show" de Chevalier en soit si tôt à son déclin, quand elle offre tant de possibilités.MARIE-EVE.PAGE QUATHE LE PASSE-TEMPS LE CHEF DE L'ECOLE ROMANTIQUE C.-M.WEBER par André COEUROY WEBER appartenait o une famille dont la noblesse remontait (peut-être) au XVIe Biècle.et le baronat au XVIIe en la personne de Jean-Bautiste Weber.fidèle fonctionnaire de Ferdinand II.L'hérédité musicale y était reelle.Le grand-père de Weber jouait du violon et de l'orgue.Il eut trois fils : l’aîné, loseph-Anton.vécut sans bruit à Fribourg : le second, Fridolin, fut le père de Constance Weber.qui épousa Mozart ; le plus jeune.Franz-An ton.père de Weber.autodidacte et franc-maçon, était un curieux homme : il y avait en lui de l’aristocrate et du commerçant, du dilettante et du spéculateur, du Casanova et du Cagliostro (au petit pied), au demeurant brave homme et Bans malice, mais toujours poussé par le démon de l’aventure.D'abord militaire, puis fonctionnaire des finances à Hildesheim, Franz-Anton, que la musique attirait, quitte la petite ville et donne des concerts en jouant du violon (dont il jouait bien).En 1778, il était directeur de la musique à Lubeck ; en 1779.kappellmeister du prince-évêque à Eutin.Après la mort de sa première femme (1783).il conduit ses deux fils aînés, Fridolin et Edmond, à Vienne, où Haydn devient leur maître.Là, Franz-Anton.malgré son âge.conquiert le coeur d'une frêle jeune fille de seize ans, Geneviève von Brenner.l'épouse et la ramène à Eu fin, où, le 18 décembre 1786.naissait Karl.Maria.Friedrich.Erast von Weber, le neuvième de dix enlanis.Un géant dans un corps malingre H y a une "légende Weber".propagée par le romantisme littéraire et nourrie par des fragments de vérité.Parce qu’il fut infirme comme Byron.parce que comme Chopin il mourut phtisique, jeune et loin de la terre natale.Weber a passé pour un élégiaque dont la Dernière Pensée a incarné, plus en- core que le Freischiitz.l'âme pathétique.Or, cette Dernière Pensée si célèbre, dont le rôle dans la littérature universelle a été si grand (voie Poë et la Chufe de la maison Usber), n'est pas de lui : c’est une valse de Reissiger qu'une ignorance poétique a attribuée à Weber en raison de sa mélancolie supposée.Heine, qui le vit à Berlin en 1822, le décrit ainsi dans une de ses lettres : "La physionomie de Weber ne fait pas une impression très favorable.Une petite taille, des jambes mal bâties et une longue figure, sans aucun trait particulièrement heureux.Mais dans cette figure, quelle expression sérieuse ! quel regard méditatif ! On y volt le même calme de volonté, la même résolution sereine, qui exerce sur nous un attrait si magnétique dans les tableaux de l’ancienne école allemande." Le portrait est déjà plus exact.Mais il y manque un trait essentiel : l'enjouement, qui a toujours coexisté chez Weber avec le sérieux et la volonté calme.Weber possède un humour naturel, volontiers gamin, que la souffrance ne fera jamais disparaître.Quand il évoque, dans une lettre à Gànn-bacher.ses souvenirs d'amourette, il leur donne le nom de tonalités sur lesquelles il aimerait encore à moduler.A Darmstadt U a un chien qu'il nomme Mamsell pour le plaisir de voir, quand il l'appelle, se retourner toutes les jolies filles.Plus tard à Hambourg.en 1820, il achète un singe et lui donne le nom de son ennemi Spontini.Ses amis de Berlin gardèrent souvent le souvenir de ses inventions amusantes : après boire, il les réunissait en cercle, chacun choisissant une voyelle très aiguo ou très ouverte et tous les proféraient ensemble sur un signe de Weber.Ce concert impromptu imitait le bruit de l'éternuement.La tradition se conserva dans le cercle, après le départ du musicien.Parfois son humour allait jusqu'à la farce et risquait de lui coûter cher.Un jour qu'il avait encouru la colère du roi de Wurtemberq.11 rencontra une vieille femme qui cherchait la blanchisseuse de la Cour.Pour se venger du roi, Weber lui montre la porte des appartements royaux et dit : "C'est là".Le roi en voyant la vieille pensa s'étrangler de fureur.Une heure plus tard.Weber était aux arrêts.Un mariage heureux Ce ne sont point là des traits qui s'accordent avec l'image éthorée que se faisait.de lui Berlioz ou Musset.Weber n'était pas un personnage de keepsake.Sa vie amoureuse en fait foi.Non qu'elle puisse se comparer, pour la licence, à celle des romantiques littéraires du temps.Weber a plus de sérieux.Jusqu'à son mariage il passe d'une amourette à l'autre, non par légèreté, mais par inquiétude : il cherche un coeur en qui 'avoir confiance et n’en trouve point.De Prague, Il écrit en 1813 à Gânsbacher : "Avec de légères variations, c'est toujours le même thème, et tu sais ce que je pense de cette mélodie dans le fond”.Il en vient, à cette époque, à méprisot les femmes, bien qu'il leur reconnaisse "une nature d'artistes-nées”.Mais elles ont joué avec ses sentiments : aucune n'a répondu à l'idéal qu'il se faisait d'elles.De là une pénible angoisse : "Je le sens, il faut que j'aime ; j'adore les femmes, et je les hais et je les méprise''.Même te père de Weber arail plus de cinquante ans lorsqu'il épousa Genorevo von Brenner, âgée de 16 ans.laloux de la gloire de Mozart ,11 voulait, lui aussi, donner au monde un grand musicien.Aussi tondait il de grands espoirs sur son lits Cari Maria qui, à 14 ans.avait déjà écrit un opéra.Il tenta d'exploiter à son profit cette gloire naissante, mais Cari Maria sut se dégager à temps et consacrer ta courte vie à son art.quand le véritable amour est né pour Caroline, en 1814, U hésite encore, cette fois par scrupule de musicien : "C'est vraiment une dure nécessité d'être contraint de sacrifier l'homme à l'artiste”.Mais il n'eut pas à se repentir de sa décision.En épousant Caroline Brandi (et en lui interdisant sagement de rester artiste).il trouva une compagne parfaite, intelligente, dont les conseils lui furent utiles : elle était "sa servante de Molière"; U l’appelait en riant sa "Galerio populaire”.C’est elle qui conseilla de supprimer la scène allégorique de l'ermite, que Kind avait écrite comme introduction au Freischiitz.Les lettres à Gânsbacher portent la trace de son bonheur : "Combien je suis heureux dans mon intérieur ; combien ma chère Lina embellit ma vie.Vraiment, je suis un homme heureux et je te souhaite un bonheur semblable".Bonheur calme et quasi bourgeois.L'épouse fait la cuisine, et l'époux souligne dans son fournal intime : "Aujour dliul.mangé pour la première lois de notre cuisine personnelle”."Humble lierté.Hère humilité" Weber a trouvé l'équilibre.Si l'enjouement ne peut toujours lutter contre la souffrance, une foi solide et sincère apporle son réconfort.Au milieu de ses peines, il s'en remet à la volonté divine.Comme Dieu voudra ! C’est un des mois qu'il a le plus souvent écrits I Après chacun de ses succès, il remercie le Créateur.Ayant achevé le premier acte d'Obéron.il demande à Dieu sa protec tion.Il compose ses deux Messes, oeuvres de circonstance, non pas comme un devoir commandé, mais comme une oeuvre de foi et d'amour, où il a été dominé par la qran-deur du sujet ; la deuxième porte à la dernière page du manuscrit : Soll Deo gloria.Son sentiment filial n’est pas moins vif.Bien qu’il n'ait pas eu à Be louer de son père, qui voulut faire de lui un enfant prodige (peu s'en fallut, dit-il, que je n'en fusse gâté), il paya ses dettes, subvint toujours à ses besoins et pleura Bincèrement sa perte.De sa mère.11 parle à plusieurs reprises, en termes émus, louant sa douceur et l'influence apaisante qu'elle eut sur son âme d'enfant Weber lui ressemblait fort : c'est à elle qu'il doit une sensibilité si déliée que la moindre critique, parue dans le moindre journal, lui était une torture, et que le mauvais accueil de Goethe le bouleversa au point qu'il dut s'aliter quelques heures.Cette disposition native se fortifia dans la solitude de ses années d'enfance où il ne connut pas de camarades de jeu."J'ai appris très tôt”, dit l'Autobiographie, "à vivre en moi-même et dans un univers d'imagination." Univers animé par la lecture de romans, lecture dangereuse, avoue-t-il ailleurs.Mais il fut sauvé par cet idéal de virilité auquel il ne faillit jamais et qu'il (Suite à la page vingt-six) MONTREAL.AVRIL 1947 PAGE CINQ n % Une belle ligure du monde musical Léon RINGUET DIRECTEUR DE FANFARE PIANISTE • ORGANISTE CHANTEUR • COMPOSITEUR par J.-E.GOSSELIN Léon RINGUET fut pendant plus de cinquante ans l'âme dirigeante de la Société Philharmonique de Saint-Hyacinthe.T E CONSEIL municipal de Saint-Hyacinthe a érigé et inauguré, en septembre 1941, un kiosque et une plaque commémorative (cette dernière due au ciseau d'Elzéar Soucy) en l'honneur d’un musicien très estimé et qui a laissé de nombreux regrets : Léon Ringuet, pianiste, organiste, chanteur, compositeur, chef de fanfare.Né à Louiseville (comté de Maski-nongé) le 3 janvier 1858, Léon Ringuet fit ses études primaires et commerciales chez les Frères de Sainte-Croix.à Saint-Césaire.C'est là qu'il commença à apprendre la musique.Il poursuivit ensuite ses études classiques à l'Université Saint-Joseph de Memramcook, au Nouveau-Bruns-wick.A Montréal, il étudia le piano avec Paul Letondal — père de M.Arthur Letondal — et l'orgue avec Romain-Octave Pelletier.Léon Ringuet devint rapidement un grand musicien.Les nombreuses compositions pour piano, orgue, vio- lon et orchestre qu'il a laissées sont une preuve de son riche talent.Il a surtout écrit des pièces de salon, entre autres : Valse Etude, Valse aristocratique, The Mill Song, Dance of the Sorcerers, Valse coquette, Le carillon, Toccate en ut majeur.Valse humoristique, Valse Polonaise, Fleur de lotus, Sérénade, Conte au coin du leu, Promenade, Valse joyeuse.Mazurka chromatique.Echo de Pologne, Vénitienne et Valse Valentine.Ces deux dernières sont ses oeuvres les plus populaires.Parmi ses pièces pour fanfares, mentionnons : Le Vaillant, Le Patriote, Ma Belle, Fantaisie religieuse, La Philharmonique, Le Champion, Le Coursier, Le Prince Noir, La Cita- Comme son père, M.Adrien RINGUET se dévoue pour la Société Philharmonique dont il est secrétaire-trésorier depuis une dizaine d'années.delle, Marche triomphale, Major Olivier, La Fillette, La gamme, Amélie, Tarentelle burlesque, La Patineuse, Mésange, Le refrain des écoliers, Gloire au vainqueur, Georges Hamel, Drummondville, Le Syndicat, Pas redoublé.Belle Humeur, Marchons au pas, Yamaska, Allegro en ut majeur, Le 22e Régiment, Marche processionnelle, Maréchal Joffre, Auguste, W.P.Kennedy, Le centenaire.Joyeux retour, Hyacinthe, Valentine, La joyeuse, Edmée, Providence, L'horizon, etc.pENDANT quarante-huit ans, Léon Ringuet fut organiste et maître de chapelle à la cathédrale de Saint-Hyacinthe.Il fut aussi, pendant cinquante-deux ans, directeur de la Société Philharmonique fondée en 1879 par Eusèbe Brodeur, Jules Saint-Germain et Camille Lussier.Ajoutons que cette Société a eu aussi pour directeur le lieutenant Joseph-L.Gariépy, également directeur de la musique des Victoria Rifles.Faut-il croire que la Philharmonique de Saint-Hyacinthe détient des secrets de longévité ?En tout cas, elle a décerné une médaille de longs services à quelques membres : M.Ernest Lemoine (qui fait partie de la Société depuis 1897), à M.Valmore Chaput (depuis 1900), à M.A.David (depuis 1901), à M.Victor Lapierre (depuis 1905), à M.J.-H.Bédard (depuis 1906), à M.J.-Arthur Frenière (depuis 1912).Léon Ringuet — qui, incidemment, est l'oncle du Dr Philippe Panneton (Ringuet en littérature) — a même refusé un poste important aux Trois- PAGE SIX LE PASSE-TEMPS CHEZ LES QUEBECOIS Les Chanteurs de la Colline par Marcelle LACROIX ——-——— Rivières, ne voulant pas quitter sa chère Philharmonique./-’RAND artiste et homme de bien, ^ Léon Ringuet fut partout regretté lorsqu'il mourut en 1932, Fait extraordinaire, plus de 3,000 personnes assistèrent à ses funérailles.Il laissait trois fils et une fille : Gaston, avocat à Drummondville ; Adrien, employé civil ; Louis, ancien harmoniste chez les organiers Casavant ; et Germaine, cantatrice, épouse de M.J.-E.Thériault qui est chimiste en chef au Ministère provincial de l'Agriculture.M.Thériault lui-même s'intéresse beaucoup à la musique puisqu'il est membre de la chorale de sa paroisse et de la Société Symphonique de Québec.Léon Ringuet ayant dirigé pendant plus d'un demi-siècle la Société Philharmonique de Saint-Hyacinthe, peu de gens savent qu’il fut également de 1885 à 1928 directeur de musique du 84e bataillon d'infanterie de Saint-Hyacinthe et qu'il a été le fondateur des fanfares de Saint-Liboire et d'Acton Vale.Son fils Adrien, secrétaire en même temps que saxophoniste de la Société Philharmonique, occupe ses loisirs à des recherches sur les fanfares à travers les âges.Il trouve encore le temps de chanter avec la chorale de la cathédrale, d'apprendre le xylophone et de se livrer à l'aviculture.Son foyer est un beau milieu artistique puisque Mme Ringuet est peintre de talent et que les deux enfants, Monique et Paul, étudient le piano.Ainsi se continue une belle lignée de musiciens comme nous en avons tant dans la province de Québec.J.-E.GOSSELIN.QUELQUES AMIS se rencontrent, se font part de leur désir commun de faire de la musique, se réunissent un beau soir : et voilà, le choeur des "Chanteurs de la Colline" est fondé.Les soixante-quinze membres dont est formée cette chorale sont tous des amateurs, vaquant quotidiennement à leur travail respectif, et qui, une fois la semaine, se distraient pendant quelques heures en chantant.Le nom de "Chanteurs de la Colline" indique bien qu'ils ont été pour la plupart recrutés sur la colline parlementaire (comme disent les journaux), parmi les fonctionnaires gouvernementaux à quelques exceptions près.Il est jeune, ce mouvement, il ne compte qu'un an d'existence.Mais, comme tout ce qui est jeune, il respire l'enthousiasme, la fermeté dans la poursuite de ses fins.Le goût prononcé qui fait l'apanage de chacun est certes un gage prometteur de l'avenir.Dirigés par monsieur Maurice Montgrain, les Chanteurs de la Colline ont jusqu'à date présenté trois concerts.Le premier, un concert sacré, fut donné le 16 avril 1946.L'on entendit, à cette occasion, deux artistes très appréciés du public : Mme Jeanne Desjardins, soprano, et M.Pierre Vidor, ténor.C'est au mois de décembre de la même année que Carmen Torrès, soprano espagnol, vint prêter son concours dans un concert profane cette fois.La fête de Noël créa l’occasion pour les Chanteurs de porter à travers tous les édifices parlementaires l'écho des chants de circonstance, jetant ainsi la note symbolique de la plus belle des fêtes.Pour continuer une tradition qu’ils semblent vouloir implanter à Québec, nous les avons entendus à nouveau au début d’avril dans un autre programme entièrement consacré à la musique religieuse.Mme Jeanne DeVarennes-Gosselin, pianiste, et Mlle Fernande Poiré, organiste, accompagnèrent le choeur et M.Edmond Boucher, basse chantante, de Boston, dans l'exécution du Requiem de Fauré.La vulgarisation de notre folklore, et de toute musique d'expression canadienne, tel est le but vers lequel convergent leurs efforts.Les compositeurs canadiens ne sont pas improductifs, et c'est à leurs compatriotes qu'il revient de diffuser, par leurs moyens propres, les diverses oeuvres qui en sont bien dignes.Les "Chanteurs de la Colline” joignent."l'utile à l'agréable".Tout en répondant à un désir inassouvi de leur âme, leur interprétation consciencieuse réjouit l'oreille de celui qui a l'avantage de les entendre.L'on dit, avec combien de vérité, que."la musique adoucit les moeurs" ; puissent ces ambassadeurs de la bonne chanson contribuer, par là-même, à alléger le fardeau des jours que nous traversons.Marcelle LACROIX.LES CHANTEURS DE LA COLLINE.A l'extrême-droite, M.Maurice Montgrain.directeur.MONTREAL.AVRIL 1947 PAGE SEPT Pot-Poiiyrt Gaston Dut y raconte comment Verdi ne put, malgré son désir, rencontrer Wagner.Par deux fois, à Venise, les deux musiciens adversaires se frôlèrent dans la foule.Verdi n'osant aborder Wagner.Mais un jour il se décide à rendre visite a l'auteur de Tannhaüser : "Il monte en gondole et se fait conduire au palazzo Vendramin où logeait Wagner.Franchissant le grand vestibule, il tire le cordon de sonnette du portail.Le portier apparaît.11 lui tend sa carte et ajoute : "Monsieur Wagner est-il chez lui ?Veuillez lui remettre cette carte".Le portier le regarde, les yeux hagards et lui crie presque : "Monsieur Wagner ! hélas ! Monsieur est mort il n'y a pas un guart d'heure!" Et agitant les bras il se sauva.Sans se retourner.Verdi partit." # # # Le baryton Martial Singher, du Metropolitan Opéra, est né dans le Midi de la France, à Oleron-Sainte-Marie.Il fit ses études à Biarritz, Bayonne, Toulouse ef Paris.Se destinant à l'enseignement de la littérature .il étudia à Normale Supérieure, d'où il sortit avec les plus grands honneurs.Ce n'esf alors qu’il s'orienta vers ’.a carrière artistique, sur l’insistance de ses amis.# >?¦ \‘ÿ y i Et sur ces quelques mesures louées à un "tempo" très accéléré, le pavillon se vidait.La dernière note de cette musique résonnait encore que les musiciens emballaient défà leurs Instruments et filaient.C'était le beau temps et tout le monde était heureux! GAGNIER, D.Mus.Un critique soviétique s'en est pris récemment à la musique "bourgeoise", insupportable, déclare-t-il, pour des oreilles révolutionnaires.Pour lui, Bach, Haydn el Gluck personnifient la féodalité; Tschaikow sky est le musicien des propriétaires terriens ; Schubert, Schumann el Chopin sont de simpl.es petits bourgeois ; Wagner est l'interprète des gros capitalistes.Seuls Beethoven et Mozart sont acceptables dans le paradis soviétique, quoique Mozart soit bien catholique ! » « » "L'Arlésienne", l'opéra de Bize! d'après le livre d'Alphonse Daudet, eut des débuts difficiles à l’Odéon et le public lui fut longtemps indiffé rent.C'était /"époque de la plus grande popularité de Rochefort qui disait: "je n'ai qu'à lever le petit doigt pour que cent mille hommes descendent des faubourgs et me suivent où je voudrai".— Et Daudet de répondre : "Tu devrais bien les conduire à l'Odéon ! " # # # Un jeune compositeur préieniieux se présente chez un éditeur."Voici, monsieur, une oeuvre que je viens de composer.Vraiment, on ne fait pas mieux ailleurs".— "Très bien, jeune homme", répond l'éditeur, "voulez-vous le jeter vous-même dans le panier : je suis si occupé I " » # # José Iturbi est un des musiciens les mieux payés du monde.Pour un seul film, il reçoit au moins $100X100.Une tournée de huit concerts, fan dernier, lui a rapporté une somme aussi forte.Et récemment, RCA-Vic-tor lui envoyait un chèque de $118,-029.69 pour sa quote-part de la vente de ses disques.Nous connaissons des musiciens qui ne reçoivent pas, loin de là, la millième partie de cet argent en une année, et qui n'en sont pas moins très heureux.« # # Jean-Loup Peltier, accompagnateur de Grâce Moore dans sa tournée européenne et qui a péri avec la grande artiste dans l'accident d'avion au Danemark, avait été Premier Prix du Conservatoire de Paris en 1944.PAGE HUIT LE PASSE-TEMPS 'EXAMEN de la VUE' • VERRES CORRECTEURS* Le Spécialiste LORENZO FAVREAU, o.o.d.et ses assistants optométrisfes-opffdens Ba.O.Bureaux chet TaitFavreau 265 Est, Ste-Catherine LA.6703 6890 ru» St-Huberl CA.9344 ALFRED LALIBERTE Enseignement du piano et du chant (Français, anglais, allemand) Rendez-vous par correspondance seulement.1231 ouest, rue Sainte-Catherine.Montréal ROGER FILIATRAULT du Conservatoire Royal de Musique de Bruxelles et du Conservatoire National de Parie Enseignement scientifique de l'art vocal basé sur l'Emission Physiologique d'après les données du Docteur Wicart de Paris Professeur Ecole Supérieure de Musique d'Outremant Professeur Ecole de Musique Université d'Ottawa Proleseeur Ecole Normale de Musique Institut Pédagogique POUR ENTRETENIR CHEZ VOS ENFANTS LE GOUT DE LA MUSIQUE.DONNEZ-LEUR "LE PASSE-TEMPS".$2.POUR 12 MOIS.SONATE No 7 (Finale), par Joseph Haydn (1732-1809).On a dit que les oeuvres de "Papa Haydn" suggéraient l'idée du Bien.Cela est lort possible car Haydn, malgré la gloire ot les honneurs, resta toute sa vie un musicien d'une grande bonté, d'une touchante humilité.— Le thème principal de cette sonatb a des patentés très étroites avec celui de la Symphonie dite "de Mane-Thérèse", composée en 1772.MON PERE N'AVAIT FILLE QUE MOI, harmonisation nouvelle d'Alfred Laliberté."Voici une vraie perle — une des plus jolies mélodies que l’on puisse entendre.l'engage les musiciens à l'examiner attentivement : ils y découvriront des beautés rythmiques ot une phraséologie que, malheureusement, on ne rencontre nulle part.(Ernest Gagnon).LA POULE AUX OEUFS D’OR, paroles de Doette Angliviel, musique de Maurice Tranchant.Cette charmante chanson enfantine est extraite d'un magnifique album illustré de dessinB en couleurB : Chansons de l'herbe el de la rosée, publié par les Editions Chantai, à Paris.Cet album cartonné contient huit chansons enlantines.En vente au "Passe-Temps" au prix de $1.75 (par la poste $1.85).LA CHANSON DE MA VIE, paroles et musique de Bruno Coquatrix.Voici l‘un des grands succès de Lucienne Boyer.L es chanteurs — el les auditeurs ! — en apprécieront l’éternel romanesque.CANADIEN, TOUJOURS !, paroles de Gaston Leury, musique de Ch.Tanguy, arrangement de Jeanne Florel.Dans les cérémonies et séances qui marquent la fin de l'annéo scolaire, ce chant patriotique inspirera beaucoup d’enthousiasme.Il exprime aussi un "mot d'ordre" à ne pas oublier ! Aux vainqueurs des concours ARCHAMBAULT MEMBRES des JURYS: PIANO: M.Alfred Laliberté, M.Claude Champagne, Mlle Gilberte Martin.CHANT: M.Lionel Daunals, Mme Pauline Donalda.M.Alfred Mignauit.INSTRUMENTS A CORDES: M Roland Leduc.M.Jean Valle-rand, M.Jean Deslauriers.19 4 7 l’IANO : Mlle Joan NAUFFTS, élève 3 , ?3 i ^ n K K N N ¥= 1 3 Br = a empo i.2 J’ai |>ar-cou-ru les Au mi-lieu descham >ois M d’or H p * * *.1 par les vents tourmen et îles blanches niai- + 1 ¦ tVJ- P* H f— k Ht ; i i—i 1—f l: » j».—p M =-*- -« « H —— | K-K K k H 1 » N h.F=Mv[ 4= y - tons, é* i i Où !e -fie Sc-lè- ve r bû-che-pure et ron bell fait, ré - son - ner sa le une ê-glise au toit l-R-r - -4-=f lia som 4= _^üL.J4»*—1 clie.J'ai vi - si- té la bre : Le clo-cber près du 1 I- -¦¦¦.^ y i i ; 1 1* 3 ¦u -i ?H m ;—h —; r= j » — ¦ # 1 JE= * PAGE DOUZE LE PASSE-TEMPS MONTREAL, AVRIL 1947 PAGE TREIZE CHANSON ENFANTINE Paroles de Doëtte ANGLIVIEL LA POULE Illustrations de Quelle est la sot .te la crë .te hau .te Le col mon.té dans ses a .tours Qui de sa fcr -j- j _ nr-t-+rr^Sf crè .che Com.mande et prè .che Le peu.pie de la nrr ï J bas .se - cour C'est toi fai .sa .ne Qui te pa.I * .va .nés Croy.ant i - ci fai _ re la loi s Re .plie ta traî .ne Tu n'es plus rei .ne Dé.sor.mais Tpdi valse J J~ 7 je vaux plus que toi_______________________ Co- II Vieux Paon qui joues Et fais la roue Sur la terrasse du château.Bel inutile, Oiseau futile, Rentre les pans de ton manteau.Toutes ces lunes, Piètre fortune, Ne valent pas, luisant et neuf Dans l'herbe douce Ou sur la mousse.Présent du jour, mon petit oeuf I (Betrain) PAGE QUATORZE III Toi la perruche Qui haut te juches.Il faut rabattre ton caquet.On me préfère Mais oui, ma chère, Au peuple vain des perroquets.Dès que je chante Chacun s'enchante Et l'on m'écoute les doigts joints De ma musique Le lot magique : C'est un oeuf d'or parmi les foins ! (Relrain) LE PASSE-TEMPS AUX OEUFS D'OR Maurice Tranchant Musique de Louis CRASSOUS REFRAIN Valse jii r -co- co - co - res.co Co - co - co - co r res.co Fai .tes moi f.-t pla ce C’est moi qui pas .se Perle au je .bot P Je suis la rei.ne La sou .ve .rai.ne De no .tre $ tio .ble bas .se - cour Dans ma cor.beil.le £ Quelle mer.veil le C'est moi la poule aux ceufc Les chansons de l'herbe et de la rosée MAGNIFIQUE ALBUM DE 8 CHANSONS ENFANTINES — ILLUSTRATIONS EN COULEURS.TITRES : Les Sabots de la Bergère • Bonjour, le Joli Chaperon • La Poule aux Oeufs d'Or • Petite Madame Pluie • La Cigale et la Fourmi • Le Coucou de ma Grand’Mère • Le Lapin et le Furet • Sur le petit bout du doigt.S1.7S (PAR LA POSTE $1.85) En vente au "PASSE-TEMPS", 627 ouest, rue Dorchester, Montréal 2.¦P J* .—ï ~ï p~\ r-r ± ^ d’or ¦T J 4- Quï lais.se tom ber( vrai tre .sor Un bel œuf d’or.Vieux paon qui d’or.MONTREAL, AVRIL 1347 PAGE QUINZE CURIOSITES DU VASTE MONDE UN GRAND SUCCES DE LUCIENNE BOYER La chanson de ma vie Paroles et musique de Bruno COQUATRIX Celte i .ma j.ge ___________________ m'ob _ sc _ dait F.t ie ne ré-sis - tais plus puisque je vous a - do .rais.REFRAIN sonx rytlime VouJé-tiez le reirain merveil- Tou» drolti rétcrvéi pour toufc pay» Editions Maurice DECRUCK 28.Bd Poissonnière, Paris (9*) Imprimé en Frêne* M.1258 bis D.¦ 11 y a quelques années, Dyson Carter a prédit l'emploi général de la pénicilline alors que ce médicament n'était connu que de rares savants.En 1941, il a prédit que la guerre se terminerait brusquement par l'emploi de la bombe atomique.C'est ce même écrivain qui vient d'annoncer, dans un article sensationnel, les terribles conséquences qu'entraîneront les expériences que les Etats-Unis ont osé faire en juillet, dans le Pacifique, avec des bombes atomiques.¦ Les baleines se nourrissent de plancton, assemblage de plantes et d'animaux microscopiques en suspension dans l’eau.¦ Il n'y a pas de sot métier.Un nommé Jimmy Risk gagne très bien sa vie comme lanceur de fers à cheval.Le lancer du fer à cheval est un sport qui intéresse au moins trois millions de personnes en Amérique.Jimmy Risk peut, avec un fer à cheval, faire tomber une pomme placée sur la tête d’un enfant.Dans un concours, il a fait 98 coups parfaits sur 100, à 40 pieds de distance.¦ Les baromètres naturels sont souvent les meilleurs.Lorsqu'une pluie est imminente, les chats se grattent derrière l'oreille ; la souris des champs bouche l'entrée de son souterrain ; les abeilles se refusent à sortir de la ruche ; .et Madame devient plus impatiente ! ¦ D'où vient le surnom de Martin que l'on donne à l'ours ?En 1805, on construisit à la Ménagerie de Paris une fosse aux ours.Son premier occupant, appelé Martin, a transmis ce nom à tous les ours.¦ Voulez-vous être célèbre dans 3,000 ans ?Rien de plus facile.Pro-curez-vous — ou fabriquez-vous — un télescope, et essayez de trouver une nouvelle comète, à laquelle, bien entendu, vous donnerez votre nom I Des milliers d'astronomes, amateurs ou professionnels, attrapent des torticolis dans l'espoir d'être les premiers à voir une comète inconnue.C’est ce qui est arrivé, il y a sept ans, à un astronome amateur, Clarence L.Friend, qui depuis des années observait chaque soir un coin du firmament.Il fut le premier à rapporter le fait à l'observatoire de l’Université Harvard.¦ On mettra bientôt sur le marché une tente individuelle qui permet au baigneur de changer de vêtements sur la plage même.Cette tente consiste en une toile se fixant au cou ; à la hauteur des épaules, un cercle de métal élargit la tente, ce qui permet la liberté des mouvements.¦ Le chocolat était le breuvage favori des Aztèques, avant la découverte de l’Amérique par Cortez, et avant le massacre des mêmes Aztèques par le même Cortez.¦ Après le lait, les oeufs sont l'aliment le plus employé dans le monde.¦ La couleur et la saveur des corps gras n'indiquent en aucune façon leur valeur nutritive.¦ Les insectes volants ont comme ancêtres des insectes non ailés.¦ Le homard peut peser jusqu'à dix-sept livres.¦ Il y a moins de tempêtes électriques (ou moins de tonnerre) sur les côtes qu'à l'intérieur des continents.Cela est dû à ce qu'en été l'air reste plus frais, étant en contact constant avec l'océan.dou.ces mains— Et puis vos lèvres— Comme u .ne chanson de PAfcrE SEIZE LE PASSE-TEMPS ¦ Plus une eau est pure moins elle est conductrice d'électricité.¦ A Almaden, en Espagne, se trouve une riche mine de mercure qui est en exploitation depuis plus de 13 siècles.¦ Les laboratoires Firestone viennent de découvrir un pneu d'auto qui pourra aisément rouler 100.000 milles et qui est complètement à l'épreuve des éclatements.¦ Un avion géant à cinq milles à la minute ! C'est le gigantesque ap- pareil que font actuellement construire les Pan American World Airways.Ce super-avion à six moteurs volera à 340 milles à l'heure avec 204 passagers et 14,000 livres de fret et de courrier, soit un poids total d'environ 50,000 livres.Il reliera New-York et Londres en neuf heures, et il pourra voler à une altitude de 25,000 piods.¦ Un nouveau Jertilisant qui ne coûtera sans doute pas cher dans la province de Québec.si les puissantes compagnies le veulent.La "ligni- ¦ On vient de découvrir en plein coeur de l'Amérique du Sud.au Paraguay, dans une vallée profonde, une muraille de 4,500 pieds de longueur et de 120 pieds de hauteur.Cette muraille est formée de gros blocs de granit rouge soigneusement poli : sur certaines pierres, on voit des dessins et des signes que l'on n'a pu encore déchiffrer.Cette découverte ouvrira peut-être un chapitre nouveau sur les origines des peuples américains ; Ringuet devra-t-il récrire son ouvrage "Un monde était leur empire"?CURIOSITÉS DU VASTE MONDE ne" ,un résidu de la fabrication de la pulpe et du papier serait un excellent fertilisant qui ajouterait de l'humus et des matières organiques aux sols appauvris.C'est ce que vient de déclarer Robert S.Aries, de l'Université Yale.¦ Souvent les journaux nous parlent des persécutions dont sont victimes les Ruthènes, catholiques du rite uniate.Le nom Ruthène est une forme latine du mot Russe.Vers la fin du 16e siècle, beaucoup de Ruthènes, mécontents de l'Eglise orthodoxe, rentrèrent dans l’Eglise catholique ; ils conservèrent leur liturgie slave et presque tout le culte extérieur de l'Eglise orthodoxe grecque mais proclamèrent leur allégeance au Pape.Sur les quelque 3.900,000 Ruthènes dispersés dans le monde, le Canada en compte un demi-million.¦ Comment faire disparaître les douleurs causées par des piqûres d'insectes?De faibles solutions alcalines, ou du savon humide ou de l'ammoniaque faible.En certains cas, le vinaigre ou le jus de citron sont excellents.¦ On estime à 12,119,000 âmes la population du Canada en 1945, soit 1/192® de la population du globe.Le Canada est le plus grand producteur de nickel, d'asbeste, de platine et de radium.¦ Un étroit ruban de papier recouvert d'oxyde de fer peut conserver la voix humaine et la musique.Le procédé d'enregistrement et de reproduction est identique à celui utilisé pour le fil d'acier.¦ Le "sérum de la vérité" n'est pas un bluff.C'est par une injection de ce liquide que l’on obtint des aveux du jeune criminel William Heirens, à Chicago.Ce sérum a aussi guéri de nombreux cas de déprimés mentaux à la suite de chocs nerveux.- cœur.las.si -tude _ Pe .tits men.songes In.cer.ti-tude— Kt l-'i.nis les songes — I.'i - ma -ge s'est es - tom - Qui l>er_çait mes ré .ves a .mou .reux De sa ri - me tendre- Et les a .mants sui.vent leur des .tin MONTREAL, AVRIL 1947 PAGE DIX-SEPT FOLKLORE Mon père n'avait fille que moi Harmonisation de Alfred LALIBERTE .Copyright.1947 — Canada el U.SA.— tes Editions du Passe-Temps, Inc., Montréal PAGE DIX-HUIT LE PASSE-TEMPS Scène vécue L'ART POUR L'OR Par ALFRED LALIBERTE L'INTELLECTUELLE — Bonjour, monsieur Le Professeur, je suis venue vous consulter relativement à l'avenir de ma fille.LE PROFESSEUR DE MUSIQUE — Si cela m'est le moindrement possible, madame, je m'empresserai de vous rendre service.ELLE — le me crois tenue de vous informer d'abord que dans ses études scolaires quelle poursuit au couvent le plus chic de Montréal, mon Euphrosiana est moins brillante que |e ne le désirerais.La révérende Mère Supérieure a cherché à m'en consoler en m'assurant que mon Euphrosiana est douée d'un fort tempérament artistique.qui se trouve tout naturellement à expliquer la médiocrité du succès obtenu avec les méthodes éducatives ordinaires.J'ai donc conclu — avec Mère Supérieure que ma chère entant ne saura jamais se manilester aussi pleinement que dans une carrière artistique plus conforme à sa nature, dans la musique, par exemple.Qu’en pensez-vous.Monsieur le Professeur ?LUI — C'est possible, quoique, à vrai dire, je ne sache pas que pour devenir artiste l'on puisse — plus qu'ailleurs — se passer de formation scolaire, bien que certaines personnes aient réussi à acquérir par elles-mêmes une formation intellectuelle plus forte que celle que procure l'école.Votre Jeune fille est sans doute une autodidacte.De toute façon, avant d'en arriver à une décision à son sujet, il me faudra lui faire subir un examen aussi bien sur ses aptitudes générales qu'artistiques.Car, ne vous leurrez pas.Madame, pour devenir artiste, il ne faut pas moins d'intelligence que de tempérament et de sensibilité.ELLE — Monsieur le Professeur, je no cherche pas à savoir comment ma fille peut devenir artiste.Je vous demande seulement de me dire quel avenir est réservé à une jeune *111® de notre monde, dans la carrière de planiste.LUI — Vous devez savoir aussi bien que mol quo si un avenir brillant attend un artiste de grande classe, un artiste médiocre ne peut guère espérer qu'un succès médiocre."Aide-toi le Ciel t'aidera'' est un précepte qui vaut aussi bien en art qu'ailleurs.ELLE — Je ne comprends pas votre pensée.En tout cas, pouvez-vous m'assurer que la carrière d'artiste rapporte beaucoup ?Pour ma part, j'avoue que le succès artistique me paraît insuffisant ; il me faut aussi le succès financier, aussi grand que possible E A mon avis, l'idéalisme doit d'abord servir le réalisme le plus concrel.je me crois ainsi plus équilibrée que les naïfs férus du seul Idéal, ou que les êtres grossiers attachés à la seule Réalité.Pourquoi ne pas marier gentiment ces deux concepts ?LUI — Marier l'Art et l'Or ?Cela me parait une alliance morganatique.Et je vous soupçonne d'incliner plus vers le pratique que vers l’idéal.ELLE — Et vous ?Seriez-vous donc de ces cerveaux enfantins qui.piqués d’idéalisme, feignent de mépriser le Réel ?Refuserez-vous d’admettre que l’Idéal ne peut donner ses plus beaux fruits qu’en s’appuyant sur le Réel?LUI — Ah ! non, madame, au contraire I ELLE — le ne laisserai quand même pas ma fille entrer dans une carrière sans scruter à fond les deux aspects du problème.Ma chère Euphrosiana aura de grands succès artistiques, j'en suis convaincue, et je veux aussi qu'elle fasse beaucoup d'argent ! le suis blon prête à croire en matière de religion, mais quand il s'agit du "pratique" je tiens à savoir.Je ne rougis pas de mon esprit positif.LUI — Et moi je ne vous en blâme pas, mais n'est il pas naturel, pour le véritable artiste, de considérer d'abord l'aspect artistique ?Chose paradoxale, nombre de musiciens professionnels ne travaillent que par Intérêt.ELLE — Encore une fois, les concerts peuvent-ils rapporter autant de dollars que d'ap-plaudiBsements ?Cela seul m'intéresse.Pour le reste, je le concède.Et je veux faire donner par ma fille un grand concert qui sera aussi un événement mondain.Vous plairait- il de me conseiller en cette affaire ?LUI — Pourquoi pas ?ELLE — Alors, comment faut-il commencer ?LUI — D'abord, choisir une date propice et une salle de concert.Puis faire imprimer des billets que vous chargerez vos amies do vendre.ELLE — Ne conviendrait-il pas de faire un peu de réclame ?LUI — La publicité coûte cher, mais elle donne peu si l'artiste est totalement Inconnu.Le plus simple, c'est de vous occuper vous-même de la vente des billets, des "tickets" comme on dil en France.Mademoiselle votre fille n'a pas encore de réputation : fournissez-lui un auditoire et laissez-le juger.C'est toujours le public qui fait et défait les réputations, à condition d'être resté assez sain pour résister aux séductions de la Mode, soeur de la bêtise.ELLE — Cela est discutable, à mon point de vue.Mais revenons à ce qui m'intéresse.Les billets vendus que restera-t-il à faire ?LUI — Evidemment, louer un bon piano de concert.Et puis, faire Imprimer un programme.ELLE — Quel programme ?LUI — Le programme du concert, avec le titre des pièces et le nom des auteurs.ELLE — Mais, cher monsieur, je ne sais lesquels : ma fille ne sait pas encore jouer le piano.Je voulais tout simplement savoir si les concerts rapportent de l'argent.Si vous pouviez me l'assurer, je me serais décidée à la faire étudier.Pas avant I LUI — Et que devient le concert ?ELLE — Au diable le concert ! Croyez-vous sérieusement que ma très chère fille va s'esquinter sur un piano, perdre les plus belles années de sa jeunesse, sans être sure do gagner de gros cachets ?Je préfère la marier.et au plus tôt.Une personnalité artistique comme la sienne a le droit, il me semble.de vivre sans souci, dans le confort.LUI — Vous avez peut-être raison : Mademoiselle Euphrosiana est une âme trop noble pour s'astreindre à éludier.Je suis peiné que le monde artistique perdre un sujet aussi brillant.! Bonjour, Madame.A propos.Mademoiselle Euphrosiana saura-t-elle, au moins, mettre des disques dans son phono ?ELLE — Ce n'est pas nécessaire : nous avons un appareil qui joue douze disques sans arrêt.C'est moins fatigant, n'est-ce pas ?Alfred LALIBERTE.M.OSWALD MICHAUD, inventeur du piano magnétique Sonobel, dont la maison Willis entreprendra très prochainement la fabrication.M.JVfichaud est l'accordeur attitré de Radio-Canada, et professeur d'acoustique à l'Université de Montréal.MONTREAL, AVRIL 1947 PAGE DIX-NEUF LES AMIS DE L'ART EMBELLIR LA VIE DES JEUNES A INSI que nous taillons des fenêtres dans les murs de nos maisons pour qu'en elles pénètrent la lumière et la jo:e du soleil ; ainsi que nous ouvrons toutes grandes les portes afin que des bouffées d'air pur, allant s'y promener de la cave au grenier, elles en soient rassérénées et vivifiées ; Ainsi il faut, dans les murs opaques et ternes du quotidien, tailler des fenêtres, ouvrir des portes, afin que la vie des jeunes soit mieux aérée, plus éclairée, qu'elle soit enrichie et embellie ; afin qu’elle se tourne, aux heures de plaisir et de repos, vers les joies intellectuelles, vers les détentes artistiques, vers les larges horizons de la pensée saine et profonde.vers les oeuvres de beauté qui contribuent à la gloire, à l'élévation et à l'enchantement de l'humanité.Cette devise d'embellissement de la vie des jeunes par l'occupation par Cécile CHABOT saine et intelligente de leurs loisirs, par la culture de leur esprit, par leur rencontre avec les arts et leur participation à toutes les joies qui en découlent, l'Association Les Amis de l'Art l'a adoptée depuis bientôt six ans.Grâce à sa bonne volonté et à son désintéressement, à son travail acharné, aux compréhensions et aux dévouements rencontrés, bien des fenêtres ont été taillées, bien des portes ont été ouvertes, par où la lumière et le soleil de l’art ont pu pénétrer dans l’âme de la jeunesse canadienne et y livrer leur message de joie et de beauté.Pour qu’elle continue de vivre, pour qu’elle élargisse ses horizons, pour qu’elle puisse servir plus largement et plus profondément encore, il est essentiel qu'elle reçoive l'appui et la collaboration de tous ceux qui aiment la jeunesse et travaillent à son épanouissement, de tous ceux qui croient à la primauté des valeurs Parlons-nous anglais en croyant parler français?On estime à près de 9.000 les mots anglais qui viennent directement du français.Nombreux sont, d'autre part, dans la langue française, les traces d'anglicisme.En voici quel-ques-uns : Flanelle — Vient du mot anglais tlannel qui lui-même dérive du gallois gwlanen dont la racine qwlân signifie "laine".Paquebot — Adaptation de l’anglais packet-boat signifiant "navire pour le transport des paquets et des lettres''.Il y eut d'abord en français paquebouc.Pouding ou pudding — Ce mot viendrait du vieil anglais podinq qui est apparu en Angleterre vers la même époque que les vieux mots français bodin et boudin avec des significations identiques.Magazine — Mot anglais passé dans la langue française.Mais il a été inspiré par le mot français magasin, que des puristes étroits ont voulu imposer dans le sens de revue illustrée.Magasin tirerait son origine de l'arabe Makhasin.Talouer — Ce mot a fait le tour du monde.Du mot tahitien latau, les Anglais, gens emprunteurs, ont fait tatoo d'où dérivent les mots français talouer et tatouage.CHANT intellectuelles et morales, de tous ceux qui savent que la rencontre, l’amour et la compréhension des arts sont les chemins les plus sûrs qui conduisent à la joie et a l'embellissement de la vie.Un moyen nous est offert de participer à l'oeuvre accomplie par l'Association Les Amis de l’Art, d'y participer généreusement avec nos coeurs et nos deniers.L a grande campagne de souscription qui doit avoir lieu du 1er au 10 mai ne peut pas nous laisser indifférents, car elle a pour but d'embellir la vie des jeunes.Nous avons tous notre part à faire dans cette oeuvre de dispensation de beauté et de joie.Serons-nous de ceux qui refusent d'ouvrir les portes et les fenêtres à la lumière et au soleil ?Serons-nous de ceux qui doublent le bonheur de l'humanité en participant à sa création et à sa diffusion ?Cécile CHABOT.ALBERT VIAU Technique vocale.Soltège.Interprétation 31 rue Cardinal Vllle-Salnt-Laurent BYwater 2129 Mite CECILE PERRAULT ~ Professeur de Chant >rt Piano Classique et Populaire 2075, rue Papineau Montréal Tél.Hés.: CHerrier 4377 Madame ADELINA CZAPSKA Professeur de Chant 3641 avenue Oxenden PL.G508 Tél.CHerrier 7734 PAULINE PHANEUF, B.M.Enseignement Chant — Piano — Solfège Interprétation Accompagnatrice de concert Studio : 1270 Visitation Montréal ______________________PIANO_________________ ECOLE DE MUSIQUE DE VERDUN Directrice : Mlle M.-leanne Portier 3288 rue Joseph Verdun TéL : FItxroy 3491 Tél.DOllard 1888 Mlle HENRIETTE TARDIF Professeur do Piano Classique et Populaire 6428 rue Bordeaux Montréal Accordeurs de Pianos Cinq ans avec Ouvrage garanti Nordheimer & Layton Bros.Ltd.R.L.BRUNETTE Spécialité : Piano Automatique Membre, Canadian Piano Tuners' Association Bureau : Téléphone : LAncaster 0109 109A.rue Deslauriera.Sainte-Rose, Co.Laval Accordeur agrégé — Membre de la Muslcians* Guild ol Montréal Accordeur des pianos QU1DOZ manufacturés à Sainte-Thérète 2296, rue Panet - AMherst 5586 MONTREAL (ou) MAGASIN DE MUSIQUE TUBCOT LA.211112 PAGE VINGT LE PASSE-TEMPS Chronique du temps passé 3 AVRIL 1897 — En première page de ce numéro, un portrait de Mlle Yvonne Fournier-Lavigne, soprano, élève de Charles Labello, Quelques nouvelles : La lin du dernier siècle lut, au Canada du moins, l'époque glorieuse des mélodrames à-Iaire-pleurer-les-mères.En ce mois d'avril 1897, une troupe d'Ottawa présente Trente ans ou la Vie d’un joueur; à Montréal.l'Union Saint-Joseph a lait accourir des loules avec un drame en huit tableaux.La voleuse d'entants ; dans la salle de l'école Champlain.rue Fullum.on joue Les Gondoliers de la Morl interprétés par A.Quintal, L.-O.Doré, Eugène Hamol.A.Sénécal, etc.— Mlle Hollinshead a donné un concert à la salle Windsor, avec le concours de Mlle Deslossés et de MM.T.-F Therrier, Roland Paul, J.-H.Campbell, etc.— L'Harmonie des Carabiniers Victoria a élu ses olliciers : J.-B.-A.Tison, président ; M, Angevine, vice-président ; M.Fauteux, secrétaire ; P.Michaud, Loienzo Prince et Ch.-E.Dupont, directeurs.— La Société Philharmonique de Montréal donnera plusieurs concerts et lera entendre La Symphonie chorale de Beethoven.Tannbaiiser, Marie-Madeleine, Arminius, elc.Ce numéro contient un acrostiche d’Antoinette .signé par Hector Demers.Dans l'Album Musical : Vive la raquette, chanson-marche, paroles d'Auguste Fortier, musique de A.-J.Tessier.Celui-ci était directeur musical du club de mandolines Le Troubadour.Bon voyage, pour piano, par L.Streabbog.Olga, berceuse pour violon et piano, par Adolphe Deslandres.17 AVRIL 1897 — En première page, un portrait d'Auguste Charbonnier, musicien, né à Viscomtat (Puy du Dome, France).A Montréal, il enseignait la musique, les belles-lettres et les sciences.Quelques nouvelles : Dans la chapelle du Gesù on chantera à Pâques la "Messe de saint François d'Assise".créée à Paris l’année précédente (le 27 novembre 1896).Paladilhe a écrit cette Messe pendant un séjour à la Villa Médicis à Rome.Les solistes : Achille Comtois.Raoul Masson.Gustave Comte.Joseph Loranger, Adélard Lavoie, Allred Mongenais, Allied Pinsonnault.Jules Clément.Directeur : Alexandre Clerk.Organiste : Dominique Ducharme.Orchestre complet.— A la cathédrale, on donnera une Messe de César Franck, avec les solistes E.Lobe!.Destroismaisons.et Guilmette.Organiste : Octave Pelletier.Maître de chapelle : Guillaume Couture.Orchestre complet.— A Notre-Dame, une Messe de Gounod, avec choeur de 75 voix et grand orchestre.Organiste : J.-D.Dussault.— Les marchands d'instruments de musique de Montréal ont lormé une association : président.A.-M.Featherson ; 1er vico-président.C.-W.Willis : 2e vice-président.C.-W.Lindsay ; trésorier, L.-E.-N.Pratte ; secrétaire, C.Martel.Comité exécutil : W.Glendon.Ed.Archambault, Thos.Foisy et J.-W.Shaw.— Au Monument National, le 27 avril, présentation du "Paradis Perdu", drame lyrique de Théodore Dubois, interprété par Marie Terroux.Achille Comtois.Gabrielle Gérin-Lajole, Joseph Saucier.Raoul Masson, Adélard Lavoio.Jules Clément.Allred Pinsonnault, sous la direction d'Alexandre Clerk.Dans l'Album Musical : Le timbre d'argent (Récit et Cavatine).pour meixo et baryton, par Saint-Saëns.— Valsette.pour piano, par Jos.L.Roeckel.— Mariage bleu, paroles de Léon Durocher.musique de G.Fragerolles.MONTREAL.AVRIL 1917 Les ancêtres féminins .F ES connaît-on assez les noms de ces femmes admirables qui, tout autant que les hommes, appartiennent à l'histoire de nos familles ?Aux humbles tâches du foyer et aux exigences de la vie sociale et fam-liale.elles apportèrent tout leur coeur, toute leur âme.Elles sont dignes de notre fierté et de notre reconnaissance.Les noms de vos vénérables aïeules, vous les connaîtrez grâce à l'Histoire de votre lignée, dressée à même les papiers jaunis des archives paT les chercheurs hautement spécialisés de INSTITUT GÉNÉALOGIQUE DROUIN 4184 rue St-Denis — Montréal — LA.8151 POUR L’EXAMEN DE VOTRE VUE Diplômé de l’université de Montréal SPECIALISTE OPTOMETRISTRE-OPTICIEN 1761, SAINT-HUBERT 330.RUE SAINT-GEORGES C».7616 ST-JEROME — TEL 17) PAGE VINGT-ET-UN M.WILFR1D LEBLANC, qui dirigera l'eiécu-lion du "Stabat Malet" de Pergolèse, à La-chine, te 7 mai.M.LeBlanc appartient à une famille de musicien» : ses cinq Itères sont membres de l'Harmonie de Lachine.deux de ses soeurs appartiennent au Choeur Mixte, si la plus jeune est pianiste.M.LeBlanc a été l'élève de M.Camille Couture, pour le vio Ion ; de M Arthur Laurendeau.pour le chant ; de l'abbé Morin, pour le grégorien.Pour aider les musiciens En 1944, la Société Saint-Jean-Baptiste lon-dail le Prêt d'Honneur destiné à aider les étudiants dans le besoin.Depuis, environ 75 jeunes gens ont bénéficié de cotte institution, dont deux chanteurs qui étudient actuellement à New-York.Les talents musicaux sont nombreux chez nous, et quelques-uns méritent tout notre encouragement.Aussi est-ce un devoir, pour tous ceux qui aiment la musique et qui ont un peu de patriotisme au coeur, de souscrire généreusement à la campagne du Prêt d'Honneur.Les souscriptions, même les plus modestes.sont reçues avec reconnaissance.Adressez comme suit : Le Prêt d'Honneur, 1182, rue Saint-Laurent.Montréal.Concerts à CBF ¦ Le dimanche 4 mai.à 7 h.30 du soir, émission des principaux airs de l'opéra comique de Smetana.Le Baiser, sous la direction de Jean Beaudet.Interprètes : Pierrette Ala-rie, Léopold Simoneau.Jeanne Desjardlns et Walter Schmolka.¦ Le vendredi 4 mai.à 8 h.du soir.Concert Estival sou» la direction Alexander Brott.Jean Belland.violoncelliste, interprétera les Variations Symphoniques de Boell-mann.On entendra également l'ouverture du Songe d'une nuit d'été de Mendelssohn et doux extraits do Casse-Noisettes de Tschai-kowsky.¦ A 2 h.le samedi, l’Opéra du Samedi.3 mal : Norme de Bellini.10 mai : Cosi fan lutte de Mozart, 17 mai : La Bohème de Puc-dnl et La Favorite de Donitelti.24 mai • Aida de Verdi.31 mai : La llûte enchantée de Mozart.¦ Sous la direction de M.Albort Chamber-land.l'orchestre de concert de Radio-Canada donnera le mardi à 9 h.des oeuvres classiques et semi classiques.avec un artiste canadien en vedette.IN MF.MOMAM ~ L'abbé C.DESROCHERS LE CHOEUR MIXTE DE LACHINE, fondé il y a deux ans par M.Wilfrid LeBlanc, maître de chapelle à l'église du Saint-Sacrement.Le groupe comprend 52 voix: 22 soprani.10 alti.7 ténors.7 barytons et 6 basses.Il a déjà donné cinq concerts et il présentera, le 7 mai prochain, le "Stabat Mater", l’oeuvre géniale de Pergoiése.Le Choeur Mixte a à son répertoire des oeuvres de Gounod, Tschaikowsky.Satnt-Saëns, Brahms, Slraus.Massenet.etc.En fondant ce bel ensemble vocal.M.LeBlanc avait trois objectifs : la fondation d'un conservatoire populaire à Lachine : faire connaître à ses concitoyens les grande» oeuvres ; découvrir el mettre en valeur des talents nouveaux.les Gilbert.L'illustre défunt était de ce groupe des promoteurs de ce mouvement artistique.Il entra en 1909.comme premier contrebassiste de la Société Symphonique, et cumulait en même temps la fonction de bibliothécaire et membre du bureau de direction.La musique a.dans sa vie, occupé une très large place ; en 1904, il devenait directeur de la Société Salnte-Cécile (harmonie du Petit Séminaire).De 1909 à 1921.membre du Septuor Schubert qu'il fonda, pour ensuite en 1922 être nommé professeur titulaire puis émérite à l'Ecole de Musique de l'Université Laval dont il fut plusieurs années le dévoué président.C'était un homme d'une science musicale élevée, que n'égalait que l'activité qu'l> déploya à la communiquer aux jeunes, el aux moins jeunes.Parmi les élèves qui lui firent le plus honneur il convient de citer au tout premier plan le violonisto acadien Arthur Leblanc, qui fut son "protégé".Monsieur l'abbé l'esHochers n'est plus ; il ost mort dans sa soixante dix huitième année, après une vie riche de dévouement au service de la cause qui lui fut chéri entre toutes : la Musique.Marcelle LACROIX.LA mort vient de passer dans les rangs du monde musical à Québec, en emportant avec elle l'un des pionniers de la musique : l'abbé Chrysologue DesRochers.Parmi ceux qui ont fréquenté le Petit Séminaire et tous les musiciens, qui n'a pas connu l'abbé DesRochers?Les plus âgés se souviennent de l’époque de 1900-1903.époque qui vit la naissance de la "Société Symphonique de Québec", avec les Vézlna, les Lavigne.PAGE VINGT-DEUX LE PASSE-TEMPS "REDEMPTION " Oratorio de Gounod JEUNES COMPOSITEURS Adressez-vous à A celle occasion, le directeur de ce groupe choral, M.Alphonse Legault, a réuni un choeur de 200 voix et plusieurs solisles éminents : Mlle M.Péladeau.soprano ; M.Emile Gour.ténor ; M.M.ALPHONSE LEGAULT Gérald Desmarais, basse : et M.Charles-Emile Brodeur, baryton.Tous ceux qui voudront bien s'associer aux "Chanteurs de la Posle" pour leur concert du 27 avril auront le mérite de participer aux Oeuvres Franciscaines tout en assistant à un oratorio où Gounod a apporlé la maturilé de son talent musical.H.V."Les Chanteurs de la Poste" de Montréal célèbrent celle année leur dixième anniversaire.Pour marquer cet événement, ils présenteront en l’église Notre-Dame, le 27 avril, le grand oratorio do Gounod : Rédemption.Ce concert sera donné sous la présidence du ministre des Postes, l'hon.Ernest Bertrand.GAGNANTS DU CONCOURS WILLIS 16 MABS : M.Gagnon.2354 rue Fulllun, Montréal.P.O.; Mlle Thérèse Grenier.1208 avenue Van Home, Montréal, P.Q.: Mlle Eveline Sl-Aubin, 7808 rue De Gaspé, Montréal, P.Q.; Mme Marcel Lalonde, 81 rue Guy.Cornwall.Ontario ; Mme Laura Guenard, 3756 avenue Laval (apt 5).Montréal, P.Q.; Mlle Clémence Sylvestre.680 avenue Brodeur.Saint-Hyacinthe.P.Q.23 MARS : M.Lionel Germain.5039 rue Chabot, Montréal, P.Q-: Mme P.-E.Phurand.Sainte-Thècle, Co.Soulanges, P.Q.; M.Pierre Nadeau.Collège.Saint-Joseph, Co.Arthabaska.P.Q.; Mlle Denise Douville.663 rue Bureau, Trois-Rivières.P.Q.: M.André Girouard, Collège Saint Jean.Saint-Jean.P.Q.: Mme Raoul Duchesne, Rue Saint-Jean, Yamachicho.P.O.30 MARS : Mme L.-P.Richard, 4037 rue Saint-André, Montréal.P.Q.: Mlle Germaine Gadbois, 6377 De Normanville.Montréal.P.Q.: Mlle Adrienne Hunoault.5e Rang.Bouchervllle, P.Q.: Mlle Amerelyse Buteau, Champigny.R.B.No 1.Co.Québec.P.Q.; Mme J.-C.Brien.3682 rue Saint-Denis, Montréal, P.Q.: Mme Paul Cormier.4123 rue Mentana.Montréal.P.Q.6 AVRIL : Mme André Beauchemin, 873 Bellevue, Château-guay, P.Q.; Mme J.-P: Desmarais, Saint-Léonard, Co.Nlcolet, P.Q.: Mie Simone Grenier.167 rue Georges.Shawinigan.P.Q.; Mme Laroque, 4235 rue Chambord.Montréal.P.Q.; M.Ernest Malsac.Munger St.Middlebuzg.Vermont, U.S.A.; Mlle Jeannette Saindou.2141 avenue Maplewood.Montréal.P.Q.13 AVRIL : M .Robert Meere.a/s Roger Trottier, Ile Perrot Nord, Co.Vaudreull.P.Q.; Mme Lucille Cole, 72 'h avenue Beach Wood.Ollawa, Onlario: Mlle Michelin© St-Amand.a/s M.Jean-Baptisle Lavallée.Rang Nord.Sainte-Victoire, Co.Richelieu.P.Q.: Mlle Jacqueline Gagnon.701, 5e Rue.Limollou.Québec.P.Q.: M.Ralph Cochrane, Bécancourt .Co.Nicolet.P.Q.: Mlle Jacqueline Dubois, 1034 rue Sainle-Cécile.Trois-Rivières.P.Q.Animateur des Concerts Willis : M.Robert Paradis.COMPOSITIONS DE PIERRE BRABANT BERCEUSE.50 SOUVENIR D'UN MUSICIEN POLONAIS .40 En vente chez les marchands de musique ou au "Passe-Temps" Editions de l'Aube, 8529 rue Drolet, Montréal 10 J.-J.GAGNIER, D.Mus.si vous avez besoin d'un conseiller pour vos travaux de composition, harmonisation, orchestration, adaptation musicale, etc.Aussi bibliothèque musicale considérable à louer au à vendre : partitions d'opéra, oratorios, musique symphonique, d'orchestre, vocale, militaire (laniarel.etc., etc.S’adresser par correspondance à 10788 RUE ST-HUBERT ahuntsic.Montréal 12 Pour Informations : LES PIANOS LESAGE LA.8214 Sainte-Thérèse, P.Q.Le 7 mai, à 8H.I5 du soir ARENA MUNICIPAL LE CHOEUR MIXTE DE LACHINE présente le STABAT MATER DE PERGOLESI ¦ ¦ sous la direction de WILFRID LeBLANC Solistes : Mlles MARYEL BOURGIE, soprano EILEEN HARDING, contralto RAYMONDE GROULX.alto ORCHESTRE A CORDES CHOEUR DE 52 VOIX Narrateur : M.ALBERT CLOUTIER Organisateur ; M.J.-PHILIPPE CREVIER MONTREAL.AVRIL 1947 PAGE VINGT-TROIS COMMENT JOUER LE TANGO DANS les orchestres typiques de tango, ou n'emploie pas de batterie.L'ensemble est composé de cordes et de bandonéons.Les rythmes sont représentés par la ou les guitares, la contrebasse et le piano.Il est rare que les cuivres interviennent.Canaro est un des rares chefs d'orchestre qui emploient une trompette.Il va de soi qu'un petit orchestre mixte doit jouer toutes les danses avec les éléments qui le composent.S'il n'y a pas de contrebasse à cordes, le batteriste devra accompagner les tangos.Beaucoup d'élèves sont avides de connaître cette danse ; c'est une des plus difficiles à bien accompagner.car il faut sentir ce que l'on joue, et pour cela il faut une grande habitude, et surtout avoir écouté beaucoup d'orchestres typiques.La beauté du tango réside dans son rythme et en ses nuances.Il faut donc un accompagnement très sec et ultra-léger.En vérité, c'est une marche, mais où toute lourdeur est impitoyablement chassée.La formule moderne a fait allier au rythme primitivement sauvage des pampas les harmonies à la Debussy, Chopin, etc.; il est resté le même, mais il s'est affiné.Dans le tancjo-chanson, le tempérament français introduit des melodies sentimentales assaisonnées de variations au bandonéon ; dans ces passages le batteriste devra simplement battre les temps, très secs et très légers, pour laisser s'égrener les sasca-des de notes en toute liberté.POEME INEDIT La dernière lettre Malgré que lu savais combien j'étais fidèle au pur serment qu'un soir tu m'arrachas, cruelle, là-contre l'abreuvoir qui forme cascatelle auprès de ton manoir, malgré que tu savais combien j'étais fidèle.Malgré que tu savais.ta lettre est là, méchante, sous mes yeux déversant des larmes trop brûlantes! Ah I se voir triste amant, à l'heure où, gai, mai chante, au printemps, à vingt ans ! Malgré que tu savais, ta lettre est là.méchante I Un jour tu pleureras comme aujourd'hui je pleure, souhaitant à ton tour la remise en demeure de ce premier amour, mais, las ! la trop belle heure est morte.pour toujours I Un jour tu pleureras comme aujourd'hui je pleure.Roméo PERUSSE.D’un recueil à paraître : Je chante en route.Il faut employer quelques roulements très courts pour souligner les nuances et toujours jouer sur un ton grave, soit sur la caisse claire sans timbres, afin d'imiter le plus possible la sonorité d'une contrebasse à cordes.On écrit le tango en 2-4, mais on frappe sur la grosse caisse et sur la caisse claire (à la main gauche) quatre croches exactement comme si l'on avait quatre temps.C'est le fond initial de votre rythme, au lieu de dire : 1-2 noires, vous exécutez 1-2-3-4 croches en leur donnant la valeur d'une noire.Il exi3te plusieurs genres de tangos : le tango typique, dit argentin ou milonga ; le tango argentin de salon — également typique ; le tango français ou chanson ; le tango habanera et le tango boléro.Dans le tango milonga ou d'orchestre, le rythme domine.Il est écrit généralement en deux motifs : un thème principal et une ou deux variations de bandonéon exécutées sur ce thème.Le tango de salon laisse une plus gronde part aux violons dans une mélodie large ; les variations de bandonéon sont moins importantes.Léon AGEL.(Revue de f Accordéoniste) Deux messes faciles du compositeur LETOURNEAU Messe en Do (à trois voix égales) Messe en Re (à deux voix égales) Mélodique, harmonieuse, facile.Demandez-les chez votre marchand de musique ou à La Procure Générale de Musique Enr.9, rue d'Aiguillon QUEBEC j APPRENEZ LA MUSIQUE CHEZ VOUS grâce aux COURS FACILES "PAR MALLE" de COURS MODERNES ET SIMPLIFIES MARRAZZA Accordéon hawaïen, Guitare espagnole.Piano, Mandoline, Saxophone, Clarinette, etc.f/nstrumenf fourni si désiré) MARRAZZA SCHOOL OF MUSIC 308 ouest, rue Sainte-Catherine — Montréal • DEMANDEZ LE DEPUANT GRATUIT 0 PAGE VINGT-QUATRE LE PASSE-TEMPS 3 OEUVRES POPULAIRES D'ANNA BOISCLAIR ESPERONS MARCHE.40 RENE VALSE.40 EDOUARD VALSE.25 Chez les marchanda de musique ou Lpaslelêmps 627 ouest, rue Dorchester, Montréal Sciences & Go en tares "La seule revue française du genre en Amérique" MECANIQUE ET SCIENCES POPULAIRES A la portée de tous! 70 gravures ou croquis par numéro • Découvertes scientifiques • Progrès de l'aviation • Mystères de l'atome • Reportages canadiens • Récits de voyages • Les lusées de l'avenir (détacher et remplir) 11 861.rue Pasteur.Montréal 12.Sciences et Aventures, Vous trouverez ici la somme de $ _ pour les numéros suivants de "Sciences et Aventures" : ?Les quatre numéros de 1946 : $1.00 ?Abonnement aux six numéros de 1947 : $1.50 ?Un numéro spécimen : 25(.Nom- Ville ou village Adresse______ Comté P.T.SATISFACTION DEPUIS 1871 La puissance sonore et le timbre riche du piano Willis en ont fait le préféré de milliers de foyers canadiens.ÜJJILLI5 &CO.LimiTEI HALIFAX PLateau 9526 outac 1220 OUEST, RUE SAINTE-CATHERINE MONTRÉAL ESQUISSE AMERICAINE, par Raymond Tanghe, 234 pages.Editions Fides.Montréal.$1.35.Un exposé lumineux des problèmes américains : (acteurs qui ont présidé à la formation des Etats-Unis, participation de co pays à la dernière guerre, etc.SUPERSTITIONS POPULAIRES, par Claudia de Lys.Editions Serge Brousseau, Montréal.$1.60.L'auteur présente un grand nombre des 280.000 superstitions qu’il a étudiées à travers le monde.C'est un précieux documentaire à conserver, et surtout à lire pour se guérir de certaines pratiques superstitieuses parfois ridicules.LES ENGAGES DU GRAND PORTAGE, par Léo-Pol Desrosiers.208 pages.$1.25.Cet important ouvrage a été réédité neui fois en France.C'est maintenant une oeuvre classique pour qui s’intéresse à l’histoire tragique, truculente et forte des anciens coureurs do bois et "portageux".LA MUSIQUE AU POINT DE VUE EDUCATIF, par Sr Marie-Stéphane.Librairie Grcnger Frères.85 cents.Directrice de l’Ecole Supérieure de Musique d’Outremont.l’auteur est un de nos meilleurs pédagogues.Sa profonde science musicale donne aussi à son ouvrage une autorité incontestable.Nous recommandons ce petit livre aux éducateurs et aux professeurs de musique.Livres indispensables A TOUS LES MUSICIENS et à tous ceux qui aiment la musique, pour les bibliothèques publiques et privées.Un livre est un CADEAU toujours apprécié, aussi bien par le professeur que par l'élève.HISTOIRE DE LA MUSIQUE, des origines à nos jours.Un volume richement illustré .S22.50 LISZT, par Paul Reboux.S 1.25 SOUS TOUS LES CIELS J’AI CHANTE, par Emma Calvé S 1.50 VIE ET CONVERSION D’EVE LAVALLIERE.par Omer Englebeil.S 1.25 MA ROUTE ET MES CHANSONS.par Maurice Chevalier.S 2.50 LA MUSIQUE AU POINT DE VUE EDUCATIF.par Sr Marie-Stéphane.S 0.85 MUSIQUE, par Léo-Pol Morin.S 2.00 PHILOSOPHIE DE LA MUSIQUE.par l’abé P.-E, McCaughcm.S 2.50 CALIXA LAVALLEE.par Eugène Lapierre .S 0.75 ALOUETTE, par Marius Barbeau.S 1.50 Adressez votre commande à Granger Frères Ltée 56 ouest, rue Notre-Dame, MONTREAL Tout ce qui est joli et nouveau en MUSIQUE et BRODERIE se trouve dans la revue RAOUL VENNAT Enrg.3770-3772, rue Saint-Déni», MONTREAL Prix : Canada : 12c par an — Etats-Unis : 25c par an.MONTREAL.AVRIL 1947 PAGE VINGT-CINQ C.-M.WEBER (Suite de la page cinq) exprime en une belle alliance de mots : "Humble fierté.Hère humilité".Humilité d'homme et de pécheur.Fierté de créateur et d'artiste.Il a eu de l'ambition, mais non pas tant celle de l'argent et des honneurs que celle de la probité artistique.La rectitude de l'esprit, la probité de l'art, la conscience du devoir, le souci de la tâche et de l'ordre Jusque dans le détail, voilà le vrai Weber.Pianiste virtuose Aussi découvre-t-on en lui.à côté de l'homme sensible et du poète fantastique, un réaliste clairvoyant et un organisateur pratique que n'ont jamais soupçonné ses admirateurs du XIXe siècle.Ils ont applaudi le pianiste prestigieux, mais n'ont pas connu ses idées d'organisateur de concert.Ils ont salué le chef d'orchestre, mais ont ignoré ses réformes actives.Quant à ses idées d'écrivain .et de critique, elles sont restées pour eux lettre morte.Pianiste virtuose.Weber (que Marmontel ne cite pas danB ses Pianistes célèbres) était remarquable par l'envergure des doigts extrêmes (il atteignait sans difficulté la douxiè-me) et par un art des crescendo qui, à Weimar en 1812, ravit d’aise le vieux Wieland.Il brillait surtout dans l'Improvisation : à Breslau, en 1806, il organisait des tournois d'improvisation avec Klingohr.Vers la fin de sa vie.il improvisa devant le Kronprinz pendant que le poète Wolff déclamait la Fiancée de Corinthe.et tous les auditeurs eurent les larmes aux yeux.Ses innova/ions à ïorchestre Il ne lui suffisait pas d'être un des meilleurs chefs d'orchestre de son temps, un chef de grand style, mais 11 ne cessa de modifier la position des exécutants.A Breslau, la mise à l'étude de Tilus de Moxart, le 1er août 1804.fut une petite révolution.Jusqu'alors les Instruments à vent étaient groupés au premier plan ; derrière eux se plaçaient les cordes.Weber place à sa gauche les premiers violons, les violoncelles, les contrebasses, les hautbois et les cors : à sa droite, les seconds violonB, les altos, les clarinettes, les bassons, et au fond les cuivres et les 12 numéros DO "PASSE-TEMPS" contiennent pour plus de $20 de musique et de chansons $2 pour 12 mois timbales.Pour les répétitions de théâtre, il imagine le système rationnel, encore en vigueur, de la succession du simple au composé : répétitions fragmentaires, répétitions d'ensemble, répétitions assises, répétitions générale».Il s'occupe du décor et des costumes, surveille les coulisses, ne laisse rien au hasard.L'influence de sa musique L’influence de Weber ne s'étend pas seulement à l'orchestre.On pourrait suivre sa trace aussi bien dans la littérature de piano que dans l'évolution du drame lyrique.En 1839, Schumann reconnaissait que le style des sonates de Weber était fréquemment imité par les jeunes (par exemple Taubert).La sonate en la bémol est le prototype de la sonate romantique de Schumann.de Chopin et de Liszt.Les concertos de piano ont Indiqué la voie à Mendelssohn, notamment pour son premier concerto en soi mineur (op.25) de 1831 et pour son Capriccio brillante (op.23).A son Invitation à la valse avec son Introduction lente se rattachent toutes les suites de valses de Strauss.Quant au théâtre wébérien.son influence n'épargne aucun romantique.La grâce d'Obéron n‘a pas été inutile à Mendelssohn.Pour le Frleschiits (Franc-Tireur) et Euryanlhe.on sait quelle fut leur portée.Elle est complexe pour le Freischütx, en particulier.De lui sortent, pour la note fantastique : Le Vampire et Hans Heiling de Marschner.le Vaisseau Fantôme de Wagner.Robert le Diable de Meyerbeer.Wagner ne serait pas non plus lui-même, et cent musicologues l’ont cent fols démontré, s'il n'avait, enfant, vu Weber à Dresde, assisté aux représentations du Freischüfï en 1822.transcrit la Chasse de lutïow, entendu sa soeur Rosalie dans le rôle de Preciosa et sa soeur Louise dans celui de Sf/vana.Grâce à l'union de l'esprit musical et de l'esprit poétique.Weber a su exprimer totalement ce à quoi tendaient les esprits désordonnés du romantisme de son temps.Il est capital que Weber ait été le premier musicien allemand qui présentât enfin avec équilibre cet esprit double, annoncé par les Mattheson et les Schubart au XVIIIe siècle, et qui possédât un caractère.II a sur tous les roman- £wmea de laVue J.O.GIROUX O.D.MEMBRE oc L A.E.P.O.oi PARIS ÛM»Ù /^UiAm(u «/ (rf,Uc«*% diftUhném /ZuXMOuM cÀfy
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