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Titre :
Le passe-temps
Le Passe-temps est une revue culturelle qui présente principalement un contenu musical. [...]

La revue Le Passe-temps paraît à Montréal du 2 février 1895 au mois de décembre 1949, malgré une interruption de 1935 à 1944. Passionné de musique et imprimeur de métier, son fondateur, Joseph-Émilio-Sibert Bélair (1865-1933), est l'inventeur d'un procédé de gravure qui permet de reproduire des partitions à un coût minime. Son décès en 1933 entraîne une première cessation de parution du Passe-temps pendant quelques mois.

Publiée deux fois par mois pendant les premières années, la revue devient mensuelle en 1924. De 2500 en 1910, son tirage passe en 1920 à 10 000 exemplaires, distribués principalement au Canada et aux États-Unis. Les revenus de la revue proviennent non seulement des abonnements, mais aussi des annonces publicitaires. Des journalistes réputés comme Lorenzo Prince et Gustave Comte feront partie de l'équipe de rédaction du Passe-temps.

Le contenu de la revue change au cours des années. Pour l'essentiel, Le Passe-temps vise à rendre compte de la vie culturelle montréalaise en traitant de sujets variés, comme en témoigne d'ailleurs son sous-titre, « Littérature, musique, théâtre, mode, sport ». À cette dimension culturelle s'ajoutent quelques actualités politiques, des renseignements pratiques, comme des recettes de cuisine ou des conseils à la ménagère, de même qu'une section « Divertissements », qui propose des jeux d'échecs, des charades, des histoires drôles, des devinettes, etc.

Dès 1896, le sport est retranché du contenu et remplacé par les « Mondanités », mieux adaptées au lectorat de la revue, sans doute en majorité féminin. En 1898, Le Passe-temps se transforme à nouveau pour devenir un journal « musical, littéraire et fantaisiste », une dénomination qui durera 35 ans même si, à partir du tournant du XXe siècle, la revue se consacre surtout à la publication de partitions musicales. Le Passe-temps est d'ailleurs la revue à vocation musicale qui a connu la plus longue existence au Canada. En 1933, l'éditeur adapte une dernière fois son contenu aux exigences de ses lecteurs, cette fois en raison de l'avènement de la radio dans le paysage culturel. Dès lors, le sous-titre devient « Musique, radio, littérature ».

Les partitions musicales du Passe-temps sont le plus souvent des pièces de danse, comme des valses et des polkas, des extraits d'opéras, des chansons traditionnelles. On y publie aussi des morceaux de Beethoven, de Schumann, de Saint-Saëns, de Fauré et de plusieurs compositeurs canadiens, dont Claude Champagne, Calixa Lavallée et Rodolphe Mathieu. La revue offre ainsi à ses lecteurs la possibilité d'animer les soirées familiales, comme l'atteste le nom du supplément qui paraît dans chaque numéro dès 1898, « ... Musique vocale et instrumentale... pour le salon ».

S'il a pour objectif de divertir ses lecteurs, Le Passe-temps tente également de les instruire, par l'entremise de leçons de musique et de suggestions de lecture. Il tient également ses abonnés informés des dernières nouvelles de la scène artistique, mais il ne propose pas de véritables critiques en matière musicale. À cet égard, la politique éditoriale de Bélair est plutôt conservatrice, ce qui s'explique probablement par le contenu avant tout familial de la publication. Malgré cette position, Le Passe-temps contribue à la vie culturelle de Montréal, notamment par sa proximité avec Ernest Lavigne, créateur et propriétaire du Parc Sohmer, l'une des scènes musicales les plus courues de la ville.

Outre son contenu musical, Le Passe-temps publie régulièrement des textes littéraires de genres variés. Il offre ainsi des contes, des nouvelles, de brefs récits, des monologues en vers et en prose, ainsi que des poèmes d'auteurs français (Sully Prudhomme, Victor Hugo, Edmond Rostand) et canadiens-français, parmi lesquels figurent des membres de l'École littéraire de Montréal (Émile Nelligan, Arthur de Bussières, Albert Lozeau, Joseph Melançon, etc.). Malgré les moyens financiers restreints de l'éditeur, la revue réussit également à offrir à ses lecteurs un grand nombre d'illustrations, dont plusieurs sont l'oeuvre d'Edmond-Joseph Massicotte.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 335-336.

EVERETT, Jane, « Montréal en revues », Écrits du Canada français, no 76, 1992, p. 51-78.

« Le Passe-temps » dans L'Encyclopédie canadienne - Encyclopédie de la musique au Canada, www.thecanadianencyclopedia.com/articles/fr/emc/le-passetemps (consulté le 29 mai 2013).

PRINCE, Lorenzo, « Quelques souvenirs sur le fondateur du Passe-temps », Le Passe-Temps, vol. 39, no 864, août 1933, p. 40.

TRÉPANIER, Léon, « L'étrange histoire de Joseph-Émilio-Sibert Bélair, fondateur du Passe-temps, révélée par lui-même », La Patrie, 5 février 1950, p. 68 et 91.

Éditeur :
  • Montréal :J.E. Bélair,1895-
Contenu spécifique :
v. 52, no 899
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
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Références

Le passe-temps, 1946, Collections de BAnQ.

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REVUE ARTISTIQUE FONDEE EN 1895 "Des gioupes puissants veulent faire disparaître l'hymne "O Canada" de toutes les manifestations publiques ! " Imaginez un peu le vacarme que provoquerait dans la province de Québec une telle nouvelle : assemblées et résolutions de protestation, agitation dans tous les groupements canadiens-français, déclarations fulgurantes de nos hommes politiques ! On ne serait pas loin de la révolution.Et pourtant, y tenons-nous tant que cela à notre hymne national ?On ne le dirait pas à voir le peu de respect qu'on lui porte, même chez les jeunes.Lorsque l'orchestre entame les premières notes, c'est à peine si la moitié de l'auditoire, — et cela presque partout, — y prête attention.A titre de leçon et d'exemple, voici une anecdote authentique que nous rapporte un jeune soldat canadien-français arrivé ces jours-ci d'outre-mer.Un après-midi, il se trouvait dans une fcmille belge.Les parents étaient absents.A la fin d'un programme, la radio fit entendre "La Brabançonne", l'hymne national belge.Aussitôt, les conversations s'arrêtèrent et tous les jeunes gens se levèrent en signe de respect.Si nos lecteurs connaissent une seule famille canadienne-française où l'hymne national "O Canada' est écouté avec un tel sentiment patriotique, nous aimerions bien le savoir.§ t i Un autre fait récent.Le Concours de la Chanson, organisé par la section Côme-Cherrier de la Société Saint-Jean-Baptiste, au début de juin, réunissait des centaines d'écoliers dans l'auditorium du Plateau, à Montréal.Après l'audition des groupes concurrents, le Secrétaire de la Province, qui fait office de ministre de l'Instruction publique, adressa quelques mots d'encouragement aux enfants.Quel vacarme ! Les moutards s'agitaient sur leurs sièges, parlaient, riaient et ne prêtaient aucune attention aux paroles du ministre.Une telle indiscipline est impardonnable.A quoi servent donc les conseils donnés par les maîtres ?Et pourquoi nos compatriotes, jeunes et vieux, ont-ils si peu le sens de l'ordre ?Avant de chercher chez les autres la cause de nos déficiences, regardons en nous-mêmes et hâtons-nous de nous corriger.Ce sera du temps bien employé.SOMMAIRE JUIN 1946 — No 899 MUSIQUE THEMES ET VARIATIONS .2, 3 ENTREVUE AVEC CLERMONT PEPIN par Gilles POTVIN.4 HISTOIRE D'UNE CHANSON par Lucille DESPAROIS .5 LE STRADIVARIUS DE NOTRE EPOQUE par Henri ERICHSON .6 LA VIE GLORIEUSE DE GOUNOD par Paul GABILLARD .7 LES RECITALS-CAUSERIES DE JEAN DANSEREAU par Cécile CHABOT .7 POT POURRI.8 ALBUM MUSICAL.9 à 15 LA MUSIQUE AU SAGUENAY par Antoni JOLY.17 CONCERTS D'ETE A MONTREAL .18 EXERCICES D'ARTICULATION par I,L.GOND AL.19 I ARISE FROM DREAMS OF THEE.Adaptation poétique de Robert LAFRANCE .19 IL Y A 50 ANS DANS "LE PASSE-TEMPS".19 CURIOSITES DU VASTE MONDE.21 POUR AMUSER VOS INVITES 22 LES MOTS CROISES.23 GALERIES D'ART.24 LES BELLES LECTURES .24 • ART ET BEAUTE AU JARDIN DES BEAUTES D'ANTAN par BERENGERE.25 MODES DE PARIS.27 LA BELLE INCONNUE, nouvelle par Marie LLNDOLL .28 Autorité comme matière de seconde classe par le Ministère des Posies.Ottawa."LE PASSE-TEMPS" est publié mensuellement par les Editions du Passe Temps, Une).627 ouest, rue Dorchester.Montréal 2.— Téléphone: MArqueffe 9905.Il est imprimé par l'Imprimerie Mercantile, Limitée.Les manuscrits, publiés ou non, ne sont pas rendus.— Direction : Eddy PREVOST ; rédaction : ROLAND PREVOST.— TARIF DES ABONNEMENTS : Canada : $2.00 pour dome mois ; S3.75 pour vingt-quatre mois.Etats-Unis : S3.25 pour douze mois.Autres pays : S2.50 pour douze mois.Le numéro : vingt cents.L'abonnement est payable d'avance par mandat-poste ou chèque affranchi, accepté et payable au pair à Montréal, — CHANGEMENT D'ADRESSE : Tout changement d'adresse doit être accompagné de l'ancienne.Avis doit nous parvenir au moins trente jours avant le numéro d'où le changement sera effectif.Pour discontinuer de recevoir cette revue, il faut avoir acquitté fous les arrérages.— le Passe-Temps publie aussi de la musique en fouilles.- MONTREAL, -JUIN 1946 PAGE UN Thèmes et Variations Chaliapine et Gorki Cholicpine et Gorki étaient de qrands amis et cette amitié datait du temps où Chaliapine père avait mis son fils en apprentissage chez un cordonnier de Kazan.Chez le boulanger voisin, un gamin du même âge travaillait comme mitron.C'était Gorki.Les deux enfants se rejoignaient dans la rue, s'administraient des taloches, sympathisaient, et sitôt qu'ils avaient reçu leur salaire (ils gagnaient chacun 10 roubles par mois, soit S5.50 avant-guerre) ils se rendaient au théâtre de Hazan, pauvre en décors, en acteurs, en costumes, mais qui éveillait dans l'esprit des deux galopins des visions féeriques.Un jour, Chaliapine s'engagea dans une petite troupe qui allait de village en village ; il gagnait vingt roubles, auxquels s'ajoutaient des raclées non prévues sur le contrat ; il était nourri de croûtons et de sau cisssons à l'ail.TVifchevo /.Il jouait la comédie.Cela dura deux ans.Gorki d'un côté.Chaliapine de l'autre (ils s'étaient perdus de vue) également maltraités par la fortune.Terrassé par le choléra à Bakou, laissé pour mort, recueilli par l'imprésario du théâtre de Tiflis, Chaliapine est tour à tour machiniste, premier rôle, mouchant les chandelles ou chantant le cardinal Brogui dans La Juive.La faillite du théâtre le rejeta à la rue.Il se fait alors portefaix, camelot.Mais un jour la rencontre de deux hommes change sa destinée.Un ancien choriste lui obtient un engagement au théâtre de Hazan.Le professeur Oussotof remarque sa belle voix, et lui donne des leçons puis il parvient d'étape en é^ape à l'opéra de Saint-Pétersbourg (aujourd'hui Leningrad) où il reprend les rôles de son emploi dans Mignon, Faust.Robert le Diable, et autres.Certain soir, un étranger franchit le seuil de sa loge."Il me semble", dit l'étranger, "que (e vous ai déjà vu quelque part.— Moi pareillement." Et soudain."N'étais-tu pas mitron à Kasan dans une boulangerie?— Et toi, apprenti cordonnier ?—Gorki I.— CHALIAPINE I." Ils s'embrassèrent, heureux de renouer la tendre amitié qui ne devait plus cesser de les unir.CHRISTIANE JACQUIER, jeune artiste de la Radio et des music-halls de Paris, qui a créé récemment la nouvelle chanson française gui paraît dans le présent numéro."Mon coeur qui fait des cabrioles" est l'un des grands succès de la chanson parisienne, succès durable puisgue la Radio de Paris l'a fait entendre maintes fois.Le souvenir de Paul Dufault On ne peut terminer le mois de juin sans rappeler au souvenir de nos lecteurs l'excellent ténor Paul Dufault, qui mourut, il y a 16 ans, dans sa maison natale, à Sainte-Hélène-de-Bagot.Par sa générosité, par son dévouement, par la noblesse de sa vie, Paul Dufault n'a cessé de réaliser un idéal artistique qui, hélas ! est trop peu fréquent.C'est donc autant comme homme que comme chanteur que Dufault nous a fait honneur et il faudrait, pour perpétuer sa mémoire, plus qu'un rappel de circonstance.Ses tournées à l'étranger lui ont rapporté des sommes considérables dont la plus grande partie a été donnée à des oeuvres de charité.En Amérique, en Asie et jusqu'en Australie, ses interprétations de romances fameuses lui ont valu de très beaux succès.Son répertoire favori comprenait, entre autres, L'Angelus de la mer, La vieille maison grise, Noël d'Irlande, Prière du soir.Que le souvenir de Paul Dufault inspire nos jeunes artistes : ils ne seront vraiment grands qu'en laissant l'argent à sa place, la dernière.Le centenaire de Drigo Le 30 juin marquera le centenaire de la naissance de Riccardo Drigo, l'auteur de Valse bluette, et des Millions d'Arlequin, ses oeuvres les plus connues.Drigo a aussi composé des opéras et des morceaux de piano fort agréables.Pendant plusieurs années, Riccardo Drigo fut chef d'orchestre de l'Opéra impérial de Saint-Pétersbourg.Dès 1919, après la révolution bolchevique, il retourna dans sa ville natale ou il mourut le 1er octobre 1930.« « # Elle refuse $1,000 par semaine et elle reste dactylo Voici un texte qu'il faudrait mettre sous les yeux de tous les jeunes qui, doués de talents certains, ont un féroce appétit de gloire et même de gloriole, et rêvent de s'imposer sur les tréteaux du monde.La jeune et très jolie dactylo Virginia Marsh, de Chicago, est douée d'une voix si séduisante qu'un grand hôtelier de sa ville lui offrit un contrat."Columnists" et critiques musicaux déroulèrent pour elle les plus pittoresques hyperboles.Et les compagnies de cinéma, Columbia et MGM lui offrirent des contrats plantureux.Virginia refusa carrément : elle préférait retourner à sa machine à écrire, après avoir fait cette déclaration qui est la sagesse même : "Je préfère vivre dans un milieu sympathique, comme auparavant.Je ne méprise pas lee applaudissements et l'enthousiasme des foules, mais cela ne compte pas devant l'amitié et l'affection de ma famille et de mes compagnons de travail.Je sois que derrière la vedette que l'on acclame s'agitent l'envie et la jalousie.Je sais que derrière l'artiste trop peu applaudi se haussent la médiocrité et l'orgueuil.On n'a qu'une vie : pourquoi la donner pour un plat de lentilles ?Mille dollars par semaine, c'est assurément un beau plat de lentilles, mais bien peu en regard de la vie qu'il faut donner en retour."Chanterai-je encore ?Certainement ! Et plus que jamais : pour la joie que cela me procurera, à moi et à mes amis.En refusant ces beaux contrats, je me suis attiré la surprise apitoyée de certaines gens qui m'ont dit que je regretterais cette gloire dédaignée.Prédiction qui ne m'inquiète pas car j'ai vu dans la figure de trop de vedettes l'angoisse et le vide de ces carrières éblouissantes.Chérir son mari et ses enfants, chanter sa joie et son simple bonheur, n'est-ce pas un rêve plus beau et combien plus rare ?" PAC- B-.X IE PASSE-TEMPS Une collection curieuse Des amis de Egon Petri nous apprennent que l'illustre pianiste viendra peut-être donner un récital à Montréal au début de l'automne.Nous profitons de l'annonce de cette grande nouvelle, — une primeur du "Passe-Temps", — pour rappeler un fait qui le touche de près.La mère d'Egon Petri, chanteuse d'un très beau tclent, parcourut l'Europe en compagnie de son mari, violoniste qui avait été élève de Joachim.A toutes les célébrités musicales qu'elle rencontrait, elle demandait une pièce de monnaie et leur sianature.Elle faisait ensuite polir une des faces de la pièce et y faisait graver la signature de l'artiste.Mme Petri put ainsi collectionner une centaine de pièces portant la signature de Liszt, Grieg.Brahms, Clara Schumann, Tschaikowsky, etc.$ $ * Un grand romantique Il y a 120 ans, — le 5 juin 1826, — mourait à Londres l'un des plus grands compositeurs du XIXe siècle : Cari Maria von Weber, après une carrière aussi brillante qu'aventureuse.Il n'avait que 40 ans.Malgré ses nombreuses pérégrinations, surtout dans la première partie de sa vie, il réussit à composer une masse d'oeuvres d'une très grande diversité : neuf opéras, huit cantates, trois messes, une quinzaine de concertos, deux douzaines de morceaux de piano, des ouvertures, des marches, au moins 150 lieder et romances, etc."Le Passe-Temps" publiera prochainement une fort belle biographie de ce compositeur célèbre.L'illustre pianiste virtuose JESU MAFIA SANROMA.à gauche, en compagnie de M.Edouard Blouin, président de la Société Classique, et du grand violoniste acadien Arthur Leblanc.Doctorats et Prix d'Europe L'Université de Montréal s'est honorée en honorant deux excellents musiciens : M.Claude Champagne, directeur-adjoint du Conservatoire de Musique, a été fait docteur en Musique honoris causa, et M.Raoul Paquet, organiste et professeur, a été fait également docteur en Musique après soutenance d'une thèse sur la Musique canadienne.Dix candidats se présentaient cette année au concours du Prix d'Europe.Ce grand honneur, très mérité, est échu à Mlle Jeanne Landry, originaire d'Ottawa, élève de M.Claude Champagne et de M.Jean Dansereau à l'Ecole supérieure de Musique d'Outremont.Dans le prochain nu-réro du "Passe-Temps" on lira une entrevue avec Mlle Landry, avec photos exclusives.A tous, nos félicitations les plus sincères.f « * "Cette aimable tourterelle" 11 y a une quarantaine d'années, M.E.-Z.Massicotte, qui colligeait depuis de nombreuses années des chansons de folklore, eut le bonheur de faire la connaissance de Vincent-Ferrier de Repentigny.alors gardien de nuit dans une usine de Montréal.De Repentigny avait appris de sa mère de nombreux airs anciens et il en avait appris d'autres au cours de ses nombreux voyages.Doué d'une mémoire extraordinaire et d'un beau talent d'interprétation, il possédait un répertoire d'environ 300 chansons.C'est lui qui révéla à M.Massicotte la première version de "Cette aimable tourterelle", que lui avait enseignée vers 1879 Angèle Bougie, de Valleyfield.On trouvera en page quinze les couplets de cette version.M.- Marius Barbeau l'a publiée dans le Journal ot American Folklore de mais 1919 : "Voici un bel exemple", dit-il, "d'un rythme assez rare et exclusivement populaire.Les deux vers initiaux de chaque strophe (7 plus 7 14 syllabes) ont des césures inverses.Les deux autres vers (de 7 syllabes chacun) les prolongent, tantôt dans les mêmes mots, tantôt en répercussion lointaine, voilée." Le texte seul d'une seconde version fut recueilli en 1893 de Alphonse Legault, ancien cultivateur de SaintfrGeneviève.L'excellente artiste trifluvienne Irène AJlard-Moquin et son frère le Brigadier Jean-V.Allard, DS.O avec deux agrafes, se sont rencontrés pour quelques heures et ils en profitent pour faire un peu de musique dans le studio de tartiste.Actuellement attaché militaire à l'ambassade canadienne à Moscou, le Briqadier Jean-V.Allard est un héros qui a tait la campagne d'Europe et qui s'est surtout distingué en Italie, dans les durs combats d'Ortona et du Mont-Cassin.Possédant une solide formation musicale, il accompagnait sa soeur dans un lied de Schumann lorsque notre représentant, M.Albert Gaucher, est arrivé au studio ; le Brigadier Allard est aussi un bon chanteur doué d'un timbre de baryton admirable.Au cours du mois de mai, Irène Allard-Moquin a donné deux concerts à Québec : le 27 à F Académie Commerciale et le 28 au Palais Montcalm avec le concours de la Chorale Mixte des Trois-Rivières sous les auspices de F Amicale du Royal 22e Régiment.Le 5 juin, elle donnait aux Trois-Rivières un récital en compagnie de ses élèves.tPhoto gracieusement fournie par M.Roland Lemuel » $ * Georges Thill à Montréal La venue du grand ténor Georges Thill.le 17 juillet, sera un événement artistique mémorable.Premier ténor de l'Opéra de Paris, Georges Thill s'est fait connaître dans le monde entier, par le disque et le cinéma.Ne manquez pas cette occasion d'aller entendre un grand artiste français qui est très heureux de venir au Canada.MONTREAL, JUIN 1946 PAGE TROIS CLERMONT PEPIN fait honneur à la jeune musique canadienne Une entrevue par Gilles POTVIN CLERMONT PEPIN pianiste-compositeur (Photo DnPaiolsl Un grand jeune homme à la démarche saccadée et rapide.Figure souriante.A la bouche, une courte pipe d'où s'échappe un mince filet de fumée.Voilà brièvement le physique de Clermont.Au moral, c'eBt un type charmant, optimiste, réservé.On sent chez lui un certain amour de l'irréel, de la fantaisie, de la joie de vivre.Sa conversation est vivante et claire.— Alors, vous avez décroché le premier prix de la Canadian Authors and Publishers pour votre Concerto ?— Oui.Vous savez que cette association est la seule qui, au Canada, distribue des prix et des bourses pour les compositions musicales.Ce concerto est mon premier essai dans le genre.J'ai bien hâte, vous le devinez sans doute, de l'entendre avec orchestre.— En effet, ne devez-vous pas le jouer bientôt ?— Oui, lors d'un concert de l'Orchestre Symphonique des Jeunes que dirige mon bon ami, Fernand Graton.Le concerto est d'ailleurs dédié à Fernand et pour cette occasion, je jouerai moi-même la partie-solo.— Les lecteurs du "Passe-Temps' seraient sans doute très intéressés de savoir quelques détails sur votre carrière, vos études, etc.Vous êtes né, je crois, à Saint-Georges, dans la Beauce.Avec qui avez-vous commencé l'étude du piano ?— C'est avec Mlle Georgette Dionne que j'ai pris mes premières leçons.Je m'en souviens comme si c'était hier.Ce que beaucoup ignorent cependant, c'est que Mademoiselle Dionne.après de solides études •n Europe, devait entreprendre une tournée canadienne ; elle se trouvait, par pur hasard, en vacances dans mon village.Une occasion se présenta où je pus jouer devant elle.Elle décida de me prendre sous son égide.Après un mois d'études, ce fut deux, puis six mois.Elle n'entreprit point la tournée projetée.Je puis vous assurer que tout ce qu'elle a fait pour moi, je ne pourrai jamais lui rendre même la centième partie.Si jamais j'arrive à quelque chose, je pourrai dire que je lui suis redevable de tout.J'espère bien être digne des grands sacrifices qu'elle a faits pour moi.— Quand êtes-vous venu à Montréal?— En 1938.Mademoiselle Dionne fit les arrangements nécessaires pour que je rencontre Wilfrid Pelletier.Je fis ma première apparition lors d'une Matinée symphonique.Un peu plus tard, ayant entendu parler du concours de la Canadian Performing Rights Society de Toronto, quelqu'un me suggéra d'y envoyer deux de mes oeuvres.— Vous y avez remporté un prix, je crois ?— Pas tout à fait.C'est-à-dire qu'étant le plus jeune compositeur de la section junior, le jury décida, à la suggestion du Dr J.-J.Gagnier, de m'octroyer un prix spécial pour mon Invention et mon Ave Maria.— Avez-vous présenté d'autres oeuvres par la suite ?— Oui, et jai gagné trois fois le premier prix dans la section junior, c'est-à-dire pour les compositeurs de moins de 16 ans.— Ces succès vous ont sans doute encouragé à travailler avec plus d'ardeur encore ?— En effet, ce fut un très bon stimulant.— Avec qui avez-vous étudié?— J'étudiai ensuite avec Claude Champagne jusqu'en 1942 où je partis pour Philadelphie, au Curtis Institute of Music.Mon maître fut l'éminent pédagogue italien Rosario Scalero.J'y suis resté trois ans.Je revins au pays et depuis je suis ou Conservatoire de Musique et d'Art dramatique de la province.— Et quels sont vos maîtres actuellement ?— Je travaille le piano avec Jean Dansereau, la composition avec Claude Champagne, et la direction d'orchestre avec Léon Barzin de la National Orchestral Association de New-York.— Pourriez-vous me donner une idée, quant au nombre et au genre de vos compositions ?— Je vais essayer de vous répondre, en autant que ma mémoire est fidèle.J'ai écrit à date trois symphonies pour orchestre, deux poèmes symphoniques pour orchestre intitules respectivement Cap Diamant et Saguenay.J'ai aussi une Sonate pour violon et piano, une sonate pour piano.J'ai beaucoup de chansons ainsi que des pièces détachées pour piano.Il y a aussi mon concerto, évidemment.— Cela constitue un ensemble très impressionnant.Au fait, je me permets de vous poser une question délicate : Que pensez-vous du folklore ?— J'hésite à vous répondre.Je vous dirai cependant que j'aime beaucoup le folklore, spécialement le folklore canadien.Je crois cependant qu'il ne faut pas en abuser.Surtout lorsqu'il s'agit de l'intercaler dans une composition ou bien de le faire Bervir de base à une oeuvre.C'est dangereux de tomber dans l'exagération.— Dans un autre ordre d'idées, j'ose vous demander à quoi vous occupez vos moments, — brefs, sans doute — de loisir?— Je lis surtout.J'aime beaucoup Georges Duhamel.Sa Chronique des Pasquier est enchanteresse.Je viens de terminer Les Thibault de Martin du Gard.C'est une oeuvre merveilleuse.Je vais rarement au cinéma.J'ai vu récemment un film qui m'a beaucoup impressionné.C'est Spellbound.C'est une intrigue nouvelle, captivante et accompagnée d'une musique qui en dit aussi long que les dialogues.Pour moi du moins.— Je dois vous dire bonjour.Je reviendrai certainement un autre jour pour vous faire encore parler.Pour le moment, je vous laisse.Au revoir, et surtout bonno chance.Sur ce, Clennont esquisse un bref salut et s'éloigne toujours de son pas rapide.Je pensais ensuite à l'avenir de la musique canadienne.Je ne pus m'empêcher de penser à Clermont Pépin : quoiqu'y ayant déjà apporté une contribution substantielle, il en sera certainement une des brillantes figures.Gilles POTVIN.PAGE QUATRE LE PASSETEMPS "O Canada, mon pays, mes amouis' HISTOIRE D'UNE CHANSON "O Canada, mon pays, mes amours !." ces mots, pour tout Canadien-français, évoquent dans son esprit un souvenir charmant.ce n'est qu'une chanson !.mais combien elle est douce à son âme.C'est dans sa famille, sur les genoux de sa mère, qu'il l'entend pour la première fois, plus tard il la chante au collège ou dans des réunions amicales.enfin il la répète, toujours avec joie, à l'occasion de fêtes patriotiques.Chaque fois c'est l'amour de sa patrie qu'il crie dans ce refrain : "l'étranger voit, avec un oeil d'envie Du Saint-Laurent le majestueux cours.A son aspect, le Canadien s'écrie : O Canada, mon pays, mes amours ! " En France on aime à rappeler que chaque histoire a sa chanson, pour-rais-je ajouter que chaque chanson a son histoire ?.celle d' "O Canada, mon pays, mes amours", est bien intéressante.Son origine remonte au 23 juin 1834, lors de la fondation de la Société Saint-Jean-Baptiste par Ludger Duvernay, populaire éditeur du journal "La Minerve".Cet excellent homme voulait aussi doter son pays d'une fête nationale, le 24 juin, afin de grouper les Canadiens-français et leur rappeler la merveilleuse histoire de leur race.Cette année-là, l'avocat McDonnell, grand ami de Ludger Duvernay, offrit un grand banquet dans les superbes jardins de sa résidence, alors sise rue Saint-Antoine.Soixante convives avaient répondu à cette aimable invitation et parmi ceux-ci, on remarquait : Jacques Viger, le premier maire de Montréal, Hippolyte Lafontaine, J.-L.Beaudry, Georges-Etienne Cartier et bien d'autres qui ont laissé leur nom dans notre histoire.Bien entendu, il y eut des discours patriotiques et l'enthousiasme était général.Lcdontaine.alors dans toute sa gloire, s'intéressait beaucoup à un jeune étudiant : Georges-Etienne Cartier, dans lequel il avait reconnu l'esprit d'un grand patriote, qui pourrait devenir, plus tard, un ardent défenseur des droits des Canadiens-français ; ceci explique pourquoi Lafontaine avait réussi à faire inviter le jeune homme à ce fameux banquet.par Lucille DESPAROIS Toutefois il était inquiet, très inquiet, Ludger Duvemay terminait son discours et le jeune Cartier n'était pas encore arrivé ; avait-il oublié l'invitation ?— Cherchez-vous quelqu'un, lui demanda son voisin de table, qui n'était autre que le maire Viger.— Je cherche un jeune homme, un étudiant : Georges-Etienne Cartier ; il doit chanter au banquet et je ne le vois pas.— Georges - Etienne Cartier?voyons.il me semble le connaître ?.tenez.n'est-ce pas lui qui est assis, là-bas.au pied d'un arbre.non, non, à gauche.voyez-vous ?.il est en train d'écrire.— C'est lui, en effet ! quel étrange garçon ! faut-il qu'il soit distrait à ce point ?— Ah ! mon ami I c'est la jeunesse I l'insouciante jeunesse ! Lafontaine s'en alla trouver le jeune Cartier.— Eh bien ! eh bien ! qu'attendez-vous pour vous mettre à table, les discours se terminent, êtes-vous prêt pour votre chanson ?— Certainement, monsieur Lafontaine, j'en ai même remis une copie à M.Duvernay.— Ah oui I comment la trouve-t-il ?— Je vous avoue que j'aimerais mieux qu'il vous dise lui-même ce qu'il en pense.— Grand bien, je suppose ?— J'ose le croire, monsieur Lafontaine.— Alors tant mieux, tenez-vous prêt et bonne chance ! Quelques minutes olus tard Duvernay, après un magnifique discours, présentait le jeune étudiant.— Messieurs 1 comme il faut savoir joindre l'agréable à l'utile, j'ai l'aimable privilege de vous présenter, ce soir, un jeune étudiant : Georges-Etienne Cartier.Il est poète à ses heures et chante comme un pinson, il va vous interpréter une chanson qu'il a composée et qui est intitulée.je laisse le soin à l'auteur de l'annoncer.mes chers amis, notre jeune poète : Georges-Etienne Cartier.Le jeune homme, un peu ému, se ressaisit bien vite et d'une voix claire et ferme, s'adressa à l'auditoire : — Je suis ému, messieurs, à la pensée que je vais chanter, pour la première fois, une chanson dans laquelle j'ai mis toute mon âme.elle vous dira tout l'amour que je porte à (Suite à ta page vingt) Photo prise après un récent concert des élèves de M.• Louis Bailly, protesseur de violon et d'alto au Conservatoire de la Province de Québec.De gauche à droite, première rangée : Mlle Renée Morisset, pianiste, Mlles Marielle Provost et Ethel Litman, violonistes, M.Louis Bailly, Mlle Thérèse Rochette, violoniste.Deuxième rangée : M.Lucien Martin, violoniste, Mlles Claire Provost, altiste, Dorothy Morton, pianiste, Esther Master, pianiste, Lina Pizzalongo, pianiste, M.Pierre Beaudet, pianiste, et Mlle Madeleine Courtemanche, violoniste.(Photo La Photographie La Rose; MONTREAL.JUIN 1946 PAGE CINQ LE STRADIVARIUS DE NOTRE EPOQUE IL FAUT 35 ANNEES DE TRAVAIL ARDU POUR DEVENIR UN MAITRE LUTHIER par Henri ERICHSON, Correspondant du "Passe-Temps" à Paris Crémone a été détrôné par la lutherie à corde de Mirecourt.Avant cette guerre, la petite cité vosgienne était la plus grande concurrente de MaTk-Neukirchen, en Saxe, en raison de la qualité de sa production.C'est au dix-huitième siècle, que les ducs de Lorraine vinrent s'établir au château de Ravenel.Tyversius fit souche de luthiers en formant des apprentis.Bon nombre de ceux-ci allèrent à Crémone voir les maîtres italiens d'alors et revinrent ensuite à Mirecourt.Ainsi, à cette époque déjà lointaine, la France enlevait, dans l'art de la lutherie, à l'Italie décadente, la suprématie dont elle avait été tant fière.La renommée de Mirecourt et de ses luthiers nombreux ne tarda pas à rayonner avec éclat à travers le monde entier.Les instruments, portant la siqnature des maîtres luthiers mirecurtiens, furent, dès lors, des plus recherchés, comme jadis, l'étaient les violons faits à Crémone, les Stradivarius, Amati, Guarnerius.Aujourd'hui, la lutherie de Mire-court traverse une grave crise due, particulièrement, à la guerre et à ses effets désastreux, au point de vue économique.En vérité, déjà avant 1939, elle s'était fait sentir.Dans la petite cité où on était autrefois luthier de père en fils, trop de jeunes ont renoncé au noble métier.Il y eut un moment où, sur 1,200 habitants, on comptait soixante-dix luthiers.Avant les hostilités, il n'y en avait plus que trente-trois, dont trois grands industriels.Maintenant, la situation est loin encore de s'améliorer.L'un de ceux qui illustrent le mieux la lutherie française est, présentement, ce bel artisan Paul Kaul, rarement satisfait de son oeuvre, toujours à la recherche du mieux.Il a atteint la célébrité, cet enfant de Mirecourt où il vit le jour le 12 décembre 1875.Son grand-père y était refendeur de bois de lutherie.Son père, également natif de Mirecourt, travaillait comme simple ouvrier dans les ateliers de la maison Thi-bouville-Lamy.C'est donc un ouvrier racé que Paul Kaul.Je le regarde travailler dans son petit atelier du Pecq, aux portes de Paris.Il force la sympathie avec son panache de cheveux blancs, ses sourcils opulents qui coiffent chacun des verres de ses lunettes.Il parle simplement en donnant dans la masse de sapin de grands coups de gouge.Sa main libre se promène ensuite, de temps en temps, sur le bois soyeux de la PAUL KAUL.le plus célèbre luthier contemporain, d"après une peinture à l'huile de Maurice F.Perrot.L'artisanat de la lutherie est des plus dillicile.Avant de devenir un maitre luthier, la tradition de métier compte 4 ans d'apprentissage, 10 ans de perfectionnement et 20 ans pour arriver à la maîtrise, soif 34 ans d'une vie, ce qui met à 50 ans la maturité d'un artiste luthier.table d'harmonie de l'instrument nouveau qu'il apprête avec une impressionnante sérénité.Il me dit : — Un luthier qui s'énerve est un homme perdu.Il faut ne jamais avoir un mouvement qui ne soit parfaitement doux.Maintenant, il s'empare du compas d'épaisseur pour vérifier les fonds et la table du violon.Il monte sans hâte les éclisses sur un moule.Il les colle sur les tasseaux du haut en bas et des coins préparés à cet effet.Sur le fond et la table à l'état brut, il trace, avec précision, l'instrument.Il le chantourne, le décou- pe, le modèle.Puis il sculpte à grands coups de gouge les voûtes dans la masse.Les légendes m'ont appris que tout luthier qui se respecte possède un secret.Je pose la question à Paul Kaul.— En lutherie, rien n'est mysté rieux, répondit-il en riant, contrairement à ce que beaucoup de gens s'imaginent.Son secret, c'est une longue expérience d'abord.Puis son génie.Dès l'enfanco, le métier exercé par ses pères l'avait attiré.A l'âge de 14 ans il entra, lui également, chez Thibouville-Lamy où, bientôt, il obtint son premier prix offert par le ministre de l'Instruction publique.Plus tard, il travailla chez Sylvestre et Maucotel à Paris.Là, son patron montra comme modèle de lutherie le violon, signé par Paul Kaul, de 1904 à ses ouvriers.Cet instrument, qu'il venait de produire, fut jugé d'une si admirable sonorité et perfection de forme qu'il fut exposé comme spécimen de l'art français de la lutherie.Paul Kaul évoque ses débuts, ses journées de travail.— De mon temps, elles commençaient à cinq heures du matin pour finir à six heures et demie du soir.Ça faisait douze heures de travail à l'atelier sans compter les veillées qui, souventes fois, se prolongeaient jusqu'à onze heures du soir ! C est à cette dure école que Paul Kaul est devenu l'un des plus représentatifs des luthiers français.Il honore la lutherie de chez nous, illustrée par les Lupot, Aldric, François Nicolas Fourriers et Pique.C'est le regretté Lucien Capet qui déclarait que son violon Paul Kaul valait les plus beaux instruments de la lutherie italienne.Justement il a remporté les premiers prix des grands concours internationaux de sonorité tenue avant cette guerre et l'autre, où ses violons furent trouvés supérieurs au Stradivarius de Davidoff et de Kreutzer.A celui de Paris, en 1910, il se classa le premier au concours de violoncelles, la deuxième place étant attribuée à un Stradivarius.En 1912, toujours à Paris, son violon Kreutzer tSuife à la page vingt! PAGE SIX LE PASSE-TEMPS La vie glorieuse de Gounod par Paul GABILLARD Charles Gounod naquit à Paris, le 17 juin 1818.Les partisans de l'atavisme peuvent le revendiquer comme un exemple illustre à l'appui de leurs théories.En effet.Gounod était issu d'une famille d'artistes.Ses ancêtres étaient logés dans la grande galerie du Louvre, et ils avaient le tilro de lourbisseurs du roi.Nicolas-François Gounod, l'aïeul paternel du célèbre compositeur, était un armurier lort habile ; il était chargé de l'entretien CHA"LE3 GOUIÏOD, d'après une gravure laite en 1890.des armes royales, dont beaucoup étalent de véritables objets d'art.Son fils François-Louis lut élevé au Louvre, où il fréquenta les peintres qui habitaient les galeries du palais.On sait que sous l'ancienne monarchie, d'après un usage déjà pratiqué sous Louis XIV, l'ad ministration de la maison royale hébergeait, soit au Louvre, soit dans d'autres palais, toute une colonie de peintres, de sculpteurs, d'hommes de lettres et d'employés de tous gonres.Jeune compositeur François-Louis Gounod étudia la peinture avec Charles Vernet.Il obtint, en 1783, le second prix de Rome.Il se maria assez tard et mourut en 1823, laissant deux fils en bas âge.Sa veuve, restée sans ressources, étail une femme d'une grande intelligence el d'une rare énergie.Excellente musicienne, elle ouvrit un cours de piano, et son fils Charles profita si bien des leçons maternelles, que, dès sa prime enfance, comme autrefois Mozart, 11 faisait l'admiration des compositeurs qui l'entendaient.Néanmoins Mme Gounod, quelles que lussent les brillantes dispositions de l'oniant.ne voulut pas tout d'abord le destiner à l'art musical.Charles entra au collège Saint-Louis où U fit ses études classiques.Il en sortit bachelier ès lettres.Mais Ba vocation n'avait pas été étouflée par la préparation des versions grecques et des thèmes latins Ses livres, ses cahiers, étaient barbouillés de noies et de portées.Sa mère, qui voulait faire de lui un notaire, ne vit pas sans appréhen Bion les Inquiétantes dispositions du jeune humaniste.Elle le confia cependant aux soins do Reicha.l'un des professeurs d'harmonie les plus savants du XIXe siècle.Reicha était d'origine allemande .* il avait été le lamilier de Boothoven ot de Haydn.Il avait étayé sa science musicale sur l'étude approfondie des mathématiques.Mme Gounod espérait peut-être que l'aridité des devoirs d'harmonie rebuterait l'imagination trop ardente de son fils.Bientôt l'élève n'avait plus rien à apprendre de son maître, et, de guerre lasse, sa mèro lui permit de suivre au Conservatoire les cours de Lesueur et d'Halévy.Le 29 octobre Où donc s'en vont tous ces jeunes, à la fois graves et joyeux, qui traversent le parc à pas menus ou à longues enjambées ?Vers quelle fête de joie et de beauté sont conviés tous ces grands et tous ces petits enfants ?De quel secret parlent-ils à voix basse, en se tenant bras dessus, bras dessous ?Ils se rendent aux i écitals-causeries organisés par l'Association Les Amis de l'Art.JEAN DANSEREAU Jean Dansereau, ce pianiste canadien, qui est à la fois un brillant causeur et un artiste raffiné, comprend admirablement le but pour lequel a été instituée l'Association Les Amis de l'Art et il n'a pas hésité à mettre son talent et sa culture, son coeur et son esprit au service de la jeunesse canadienne.Durant la saison 1945-46 l'Association Les Amis de l'Art a organisé, pour ses membres et pour toute la jeunesse étudiante, 5 récitals-causeries au cours desquels Jean Dansereau s'est penché sur la vie et sur 1838, pour l'anniversaire do la mort de Lesueur, qui avait élé un compositeur de musique sacrée fort célèbre à son époque, on exécuta en grande solennité une messe à Saint-Roch.Parmi les morceaux, iigurait un Agnus Del de Gounod.En 1839 il obtenait le premier grand prix de Rome ot allait s'Installer à la villo Médicis.Vocation religieuse Dans la vflle de saint Pierre, où s'accomplirent tant de miracles, le jeune lauréat crut f Suite à la page seize) l'oeuvre de Chopin, Mendelssohn, Rachmaninoff.Liszt.Debussy, Bach, Haydn, Beethoven, Schubert, afin que ses jeunes auditeurs en comprennent la signification et la beauté.Puisque 4,991 personnes ont assisté à ces initiations musicales il est évident qu'elles répondent à un désir de culture, de compréhension et de joie esthétiques de la part de la classe étudiante.D'autres récitals-causeries ont eu lieu avec Roland Leduc, violoncelliste, Marcel Grandjany, harpiste, Marcelle Martin, organiste.Et les jeunes ont répondu à tous ces appels parce que les jeunes, quand on leur montre la route de la beauté et qu'on leur en facilite la montée, s'y aventurent avec amour et bonne volonté.L'Association Les Amis de l'Art n'a pas failli au but qu'elle s'était proposé lors de sa fondation en 1942.Grâce à la collaboration de véritables artistes et à la généreuse compréhension du public, elle a accompli auprès de la jeunesse canadienne son oeuvre de diffusion artistique et elle continue à favoriser son ascension vers les choses de l'esprit.Elle élabore présentement le programme de ses activités pour la saison 1946-47, saison coïncidant avec le cinquième anniversaire de sa fon-fation.Et lors des récitals-causeries qui recommenceront en octobre prochain, les plus jeunes membres de l'Association, les petits enfants de 7 à 10 ans, qui ont déjà commencé leurs études musicales, recevront, eux aussi, la part qui leur est due.Et c'est ainsi que, petit à petit, l'âme des jeunes Be formera à la compréhension artistique, qu'elle communiera à la beauté sous toutes ses formes et qu'elle contribuera plus tard à l'avancement culturel du peuple canadien.Cécile CHABOT.Les récitals-causeries de Jean Dansereau MONTREAL.JUIN 1946 PAGE SEPT Vient de paraître à Paris un ouvrage de Reynaldo Hahn, "Thèmes variés", recueil d'articles parus dans "Le Figaro".$ tl tl Robert Casadesus, Téminent pianiste virtuose français, fera se rentrée à Paris le 19 juin à la Salle Pleyel.Notre jeune compatriote Guy Bourassa l'accompagne à Paris.L Ai.:é i ,us uu LuJ prend une place de plus en plus importante dans le champ musical, avec le pianiste chilien Claudio Arrau (l'un des plus grands virtuoses de notre temps), le soprano brésilien Bidu Sayao, le pianiste portoricain Sanroma.le pianiste cubain José Echaniz, le violoniste cubain Angel Reyes, etc.* I t Lipinski était le grand concurrent de Paganini, et beaucoup le plaçaient au-dessus de Tillustre violoniste.Quelqu'un demanda un jour à Paganini le nom du plus grand violoniste de l'époque : "Je ne sais qui est le premier", répondit-il, "mais Lipinski est certainement le second." t # # Plus de 500 compositeurs des trois Amériques ont présenté des oeuvres au concours Reichhold.Un jury préliminaire s'occupe actuellement à choisir les 66 meilleures.Le résultat du concours sera annoncé en septembre.Plusieurs Canadiens français sont au nombre des concurrents.Bonne chance, messieurs I # * # Un journaliste américain vient à"écrire une chose fort sensée : "Toute résurgence de la criminalité devrait avertir la société que ce qu'il faut ce n'est pas de punir les criminels.mais de cesser d'en produire.L'oisiveté ouvre la porte au diable, mais la jeunesse qui s'occupe de musique devient rarement criminelle, à moins d*y être poussée par la faim." » t $ Dans une église méthodiste près de Washington, le pasteur vient d'installer une petite pièce dans laquelle se trouve un phonographe.N'importe qui, au cours de la journée, peut entendre un "service" ou office complet, avec musique, chant et même sermon.11 suflit de placer 5 cents dans l'appareil et de choisir l'office désiré.i » t L'artiste qui débute au Metropolitan Opera de New-York signe un contrat de 20 semaines, à SI 00 par semaine : ce n'est donc que $2.000 par année, desquels il faut déduire les frais considérables : toilettes, leçons, etc.S'il ne peut, pour certaines raisons, accepter d'engagements à l'extérieur, sa situation financière est médiocre.Le plus tort cachet payé aux grandes vedettes est de $880 par representation.La plupart des artistes du Metropolitan doivent donc travailler beaucoup pour arriver à vivre convenablement.Ajoutez à cela que les voyages incessants qu'ils doivent faire pour donner des concerts leur laissent peu de temps pour mener une vie familiale paisible.lt t i L'enregistrement de l'opérette "Oklahoma" sur disques, par la compagnie Decca, a coûté S20W0 rien que pour la rémunération des artistes.Aux Etats-Unis seulement, on a vendu plus d'un demi million d*albums de cette opérette.« f f La création artistigue — gu'il s'agisse de musique ou de peinture — doit être une nécessité vitale pour le compositeur, et non le fruit de l'ambition ou de l'intérêt.C'est pourquoi le peintre viennois Kokoschka disait un jour : "Si j'en avais le pouvoir je décréterais la peine de mort pour lous ceux qui créeraient une oeuvre d'art.Je ferais ainsi disparaître tous les artistes, sauf ceux qui sont prêts à allronter la mort pour exprimer ce qu'ils ont en eux." » $ » Les guitaristes connaissent-ils Vicente Espinel ?Cest lui qui a ajouté une cinguième corde à la gui-taire, qui jusqu'au 16e siècle n'en avait que quatre.Vicente Espinal, sud-américain, lut un personnage extraordinaire : aventurier, poète, conspirateur, bohème, il se lit prêtre à la tin de sa vie.J] écrivit un ouvrage assez rabelaisien : "La vie de Senor Marcos de Obregon".» » t Les impresarios racontent sur Lau-rltz Melchior Tanecdote suivante.Pendant le premier acte de "Lohengrin", le machiniste chargé de taire mouvoir le cygne sur lequel devait s'embarquer Lohengrin-Melchior se montra trop pressé, et Melchior resta sur terre.Le grand chanteur se serait écrié : "A quand le prochain cygne ?" En réalité, le mot n'est pas du tout de Melchior.Cest Albert Niemann qui l'aurait prononcé aux alentours de 1865.Mais les publicis-tes n'ont pas manqué de l'attribuer subséquemment à d autres chanteurs.En Suède, une troupe d"opéra commanditée par l'Etat donne des représentations continues, du 15 août au 15 mai.chaque année.Les décrépits qui prétendent que nous de la province de Québec sommes un peuple trop jeune et trop peu nombreux devraient méditer là-dessus.La capitale de la Suède, Stockholm (173/300 âmes), a trois grands orchestres.« « 0 Les artistes qui annoncent un récital sont toujours harcelés par des solliciteurs qui veulent y être admis gratuitement.Peut-être devraient-Us suivre Texemple du célèbre Antoine Rubinstein.A une dame qui quémandait une entrée gratuite, il dit : "Madame, je n'ai qu'un seul siège à ma disposition, mais je vous le céderai volontiers." — "Oh, maître", su-surra-t-elle, "que de remerciements je vous dois.Et où est-il ce siège 7" — "Devant le piano", répondit Rubinstein en souriant.tt » t Le plus ancien manuscrit de musique juive est intitulé "Panégyrique sur la mort de Moïse", et il fut composé au 12e siècle par un auteur inconnu.Le manuscrit est écrit en neumes, le système de notation employé par T Eglise catholique à cette époaue.Le Panégyrique fut découvert près du Caire, en Egypte, dans un dépôt d"écrits sacrés.$ t tt On ne sait au juste à quelle époque sont apparues les marches militaires, mais les plus récentes qui soient parvenues jusgu'à nous datent du 17e siècle, du temps de la guerre de Trente Ans.Dans son opéra "L'Etoile du Nord", Meyerbeer introduisit une marche de cette époque.A ce propos, il est curieux de rappeler que quelques-unes des marches les plus célèbres de Sousa n'ont pas été écrites d'abord pour les musiciens militaires mais pour des opérettes.PAGE HUIT LE PASSE-TEMPS ^EXAMEN de la VUE • VERRES CORRECTEURS • u Sp»ciaii»(8 LORENZO FAVREAU, o.o.d.•r tes insistants optométnsto* opticiens Ba.O.Hureaux che* Tait-Favreau 265 Ell.SteCalhertne LA.6703 6890 rue Si Hubort CA.9344 1231 ouest, rue Sainte-Catherine.Montréal ALFRED LALIBERTÉ Enseignement du piano et du chant (Français, anglais, allemand) Rendez-vous par correspondance seulement.Tout ce gui est joli ef nouveau en MUSIQUE et BRODERIE se trouve dans la revue RAOUL VENNAT Enrg.3770-3772.rue Saint-Denis.MONTREAL Prix : Canada : 12c par an — Etals Unis : 2Sc par an.CHANT ET MUSIQUE DU "PASSE-TEMPS" POUR PIANO ALBERT VALSE (A.Boisclair) _ ____$0.25 ESPERONS MARCHE (A.Boisclair) .40 EDOUARD VALSE (A.Boisclair) _______ .25 RENE VALSE (A.Boisclair)_____ .40 GAVOTTE ET MUSETTE (G.-E.Tanguay) ______ CHANTS PATRIOTIQUES O CANADA (Lavallée)- AUX PETITS ONT ARIENS (Giguère)____ MARCHE DES CANADIENS-FRANÇAIS (Mlrol POUR MARIAGE CANTIQUE DE MARIAGE (Franchère)__ CANTIQUE DE MARIAGE (B.Verdiclel) .25 .2.'-.25 .25 .35 .50 LE PASSE-TEMPS 627 ouest, rue Dorchester, Montréal 2 JUIN 1946 No 899 O CANADA, MON PAYS, MES AMOURS, paroles de Georges-Etienne Cartier, musique de Jean-Baptiste Labelle.Ce chant patriotique, composé dans une circonstance mémorable que notre collaboratrice Lucille Desparois rappelle dans le présent numéro, a résisté à l'épreuve du temps.Il est presque aussi populaire que l'hymne national "O Canada".CETTE AIMABLE TOURTERELLE, harmonisation nouvelle de Alfred Laliberté.On trouvera on page 3 quelques renseignements Intéressants sur cette très ancienne chanson populaire, qui mérite d'être mieux connue.MON COEUR QUI FAIT DES CABRIOLES, nouvelle chanson française, paroles de Magali et Doet Angli-viel, musique de Louis Crassous.Celle chanson esl un grand succès parisien.Elle esl publiée pour la première fois au Canada."Le Passe-Temps" fera paraître presque chaque mois les plus belles mélodies nouvelles créées à Paris.VIENT DE PARAITRE BALLADE Paroles de RINA LASNIER Musique de MAURICE DELA Avec accompagnement 60 CENTS Chez les principaux marchands de musique ou au "Passe-Temps" TOUT IEUNE PIANISTE DOIT PRATIQUER DURANT LES VACANCES.Procurez-lui un bon piano reconditionné GARANTIE — 5 ANS.500, Rue Sainte-Catherine Est MA.6201 MONTREAL.JUIN 1946 PAGE NEUF CHANT PATRIOTIQUE O Canada, mon Pays, mes Amours Paroles de Sir Georges-Etienne CARTIER Ann*—f.Musique de J.-B.LABELLE PIANO.; t m jjoiS Et 7|* ;fc ~ Ljb- f»-r • P r J* Ht1 —1-1-1— ~1-h f» f» rte D Jn ÇF-f-i—y p ¦ J ¦ COni me le dit nn TtVil a -ïhr-i-fV-i- -J-J—l da - ge, ~~i-; \ i- 3 J—J'P p E i"' 1 Kien n'est si beau que son pa -Sea, h-fcj ^ — '•nr?-j-r j— -j—t—r—] 1— ¦f-i-i-i- -CM-¦-f-¦- _J-à-1-4- 1 * J A 1» i - i y».jh> # tv r ï fa 1 1 y~ tf fl» B fl J aB=3&j Et dc li- clian - ter o'est l'a • i i J> sa b-; j j < get y f< i r * r r— r < p j j» hp g j jpg Le mien je chante A mes a - mia, Le mien je chante i mis a ÉÉ f i -1 i -4 PAGE DIX LE PASSE-TEMPS mis.L'é - tran - r P P P P F-i ger voit a - vec un oeil d'en - vi .e, DiiSniDt-I.au-T-i^55^ f ' f ' rent le ma - je» - tu-euz Ain-f5^-f51- • •••MW.—T-1- A ion asp 1 1 ?±sM ¦Ct, L» Tl—S" ijVp, t r n Ca - na - dien B'é-crie : ¥ J sy.r—f—e—f— #* -f—" -J—J-1 i_ JTTTij hi -s ' i-i « .3 >5 3 ' E Ca - nn-ila, mon pa • ys, mes amonra, O Ca • na - da, mon pa - ys, mes amour* f**—i—t—r—f— po - co a fi-fjfr— 7V J-i-V-&- r r- '] Le Canadien, comme ses pères, Aime à chanter, à s'égayer, Doux, aisé, vif en ses manières.Poli, galant, hospitalier, (bis) A Son pays il ne fut jamais traître, A l'esclavage il résista toujours, Et sa maxime est la paix, le bien-être Du Canada, son pays, ses amours, (bis) Chaque pays vante ses belles, Je crois bien que l'on ne ment pas.Mais nos Canadiennes, comme elles.Ont des grâces et des appas ; (bis) Chez nous la belle est aimable et sincère, D'une Française elle a tous les atours.L'air moins coquet, pourtant assez pour plaire, O Canada, mon pays, mes amours, (bis) MONTREAL.JOIN 1946 PAGE ONZE UN GRAND SUCCES PARISIEN Mon coeur qui fait des cabrioles Parole» de MAGALI & DOËT ANGL1VIEL Musique de Louis CRASSOUS i — w i p Sans sa • Mon cœur D'un a voir pourquoi.ni com - ment, est heureux comme un roi do - ra - ble poiâsd'a - mour Moo cceur qui (ait des ca - bri o Mon cceur.ca ni ¦ Ion qui ray - on Trois oi - seaux bleus de la Ion - nel i» ne.le Copyright io45 ey_ EJllioni inuilcslei CHANT AL 45 Rue RicKcr Pmi» Tout drom dci-vuiien dr irjifodwtiic* ir«r." p«ul IOW P»Jt- PAGE DOUZE LE PASSE-TEMPS REFRAIN Soudain chante u • ne chanson (ol - - le -A - vec le vieux clocher qui son - - ne _ Tombent soudain la vie est bel - le?_ •Un 01 seau bleu _ sur u - ne branche,- Deux oiseaux bleus,- toutes lo ro-ats,.Trois oiseaux _ bleus,_ i j rwT^ qui sool e - - closes,— l'J iTlHinl 1 «H J f J f i—*^_s 7 J e J =g= —B-¦—-—"—1—1— / J r J r —F—•—h— »J r J r=J 1 r r r r 1 MONTREAL, JUIN 1946 PAGE TREIZE FOLKLORE CETTE AIMABLE TOURTERELLE Harmonisation de Alfred LALIBERTE aoujole et tfndr-m * sais si je l'au - rai *-n n ,m Je ne Bais si je l'au- rai cell ai - ma - ble rai.Cel-te par - fai - te beau - té.Cet - te bel - le tour - te - Copyright 1948 — V.S.a.-Canada — tes Editions du Passe-Temps Inc., Montréal.PAGE QUATORZE LE PASSE-TEMPS • • - ¦ Dans Paris y a-t-une brune.Je ne Bais si je l'aurai, le ne sais si je l'aurai, cette aimable tourterelle, Je ne sais si je l'aurai.Cette parfaite beauté.Cette aimable tourterelle est toujours en me disant : "Ah I que nous serions heureux d'être mariés ensem- Ah 1 que nous serions heureux [ble ! D'être mariés tous deux ! Faisons nos promess's ensemble : n'attends pas à [demain 1 Je lui présente la main ; ell' me présente la rose.Elle me dit en souriant : "Soyez mon fidèle amant I " MONTREAL.JUIN 1648 PAGE QUINZE La vie glorieuse de Gounod (Sujfe de Ja page sept) trouver aon chemin de Damas.U sentit là mieux qu'il ne l'avait lait jusqu'alors, le néant de la gloire humaine.D'une nature profondément religieuse, il songea sérieusement à dire au monde un étemel adieu.H avait été à Parie un auditeur enthousiaste du Père Lacordalre, et les sermons de l'illustre prédicateur avalent fait dans son âme une impression profonde.Charles Gounod ee crut appelé au sacerdoce lorsqu'il retrouva, au Couvent de la Minerve, le célèbre dominicain.Pendant quelque temps il entra au Séminaire de Rome et étudia avec ardeur la théologie et les Pires de l'Eglise, De cette époque datent un grand nombre de ses compositions religieuses.Le 1er mai 1841 il faisait exécuter à l'église Saint Louis-des Français une messe à trois voix avec accompagnement d'orchestre, composée à l'occasion de l'anniversaire de la fête du roi Louis-Philippe.Ne croyant pas, sans doute, sa vocation ecclésiastique assez enfer mie.à l'issue de ses deux années de séjour obligatoire à Rome, II entreprit un voyage en Allemagne, où il lit la connaissance de Men delssohn, qui devait avoir une si grande influence sur son talent.Premiers déboires Le 2 novembre 1843.il fait exécuter, à l'église Saint-Charles de Vienne, une messe de Requiem à plusieurs voix sans accompagnement, écrite dans le style de Palestrina.De retour à Paris, Gounod rencontre des dé* copiions qui attendent le débutant dans la carrière artistique.Aucun éditeur ne veut prendre même gratuitement, ces mélodies qui ont fait aujourd'hui le tout du monde : /e Soir, fe Vallon, /ésus de Ninetieth.Le jeune compositeur ne se décourage pas ; il revient à la musique sacrée et entre, comme organiste, à la chapelle du Séminaire des Missions-Etrangères."Le séminaire est ancien, son nom indique son but.Il a été fondé pour former un clergé habile, courageux et Intelligent, chargé d'aller propager au loin la religion catholique L'église est ancienne comme l'établissement.C'est une succursale de la paroisse Saint-Thomas d'Aquin.Lorsque Gounod entra en fonctions, elle se composait d'une chapelle eupérieure et d'une chapelle basse.Cest là que pendant cinq années environ, le lauréat de l'Institut vécut presque retiré du monde, oublié, mais attentif et laborieux.Là.Il travaillait avec acharnement, comme U l'avait fait à Rome, dans le calme et le recueillement.U avait alors pour camarade l'abbé Gay, un abbé musicien, avec lequel U a conservé les relations les plus cordiales.Bientôt son imagination s'enflamme de nouveau pour le sacerdoce.Il fut admis comme externe au séminaire des Missions et 11 suivit assidûment le cours de théologie." Les journaux annoncèrent, à cette époque, son entrée dans les ordres.La nouvelle était inexacte.Gounod n'a même pas reçu les OTdres mineurs, comme on l'a prétendu."Ce qui est vrai, c'est qu'il portait la robe longue et le costume du séminaire des Missions, et.suivant le témoignage de M.Arthur Pougin, ceux qui le voyaient étaient frappés de ses allures mystiques et austères.Son abord, son maintien, faisaient prévoir une résolution Inébranlable." En 1846, l'éditeur nichait publia une série de choeurs Intitulée : Offices de la Semaine sainte par l'abbé Gounod.Foi inébranlable Cependant, après bien des hésitations, Gounod quitta définitivement l'habit ecclésiastique, sans rien perdre de ses convictions religieuses, car U fut jusqu'au jour de sa mort un catholique convaincu et pratiquant II nous a été donné de voir, quelques mois avant sa mort, le vieillard majestueux, dont le nom illustrera à jamais l'Art français, priant à la messe d'une heure à l'église Saint-Augustin, où, tous les dimanches, on pouvait le retrouver à la même place.Il fut alors, au reste, même dans ses pages profanes, un compositeur religieux.Ses plus belles inspirations, il les doit à la fol ardente qui jamais ne l'a abandonné.SI dans ses opéras 11 a sacrifié au goût du siècle, on peut dire qu'il n'a Jamais perdu complètement de vue l'idéal sacré et la recherche des plus nobles inspirations.Consécration de la gloire Mme Viardot, née Pauline Garcia, dont l'influence à l'Opéra était toute-puissante, ou* vrit devant le jeune compositeur les voles de la célébrité.Le 15 janvier 1851, dans un concert donné à Saint-Martin-Hall à Londres, on exécuta quatre fragments de symphonie de Charles Gounod.Voici en quels termes l'Athonoeum rendait compte de ce premier début effectif du jeune maître : "Mercredi soir, à Salnt-Martin-Hall, on a exécuté quatre morceaux de la composition de M.Gounod.Nos souvenirs de critique ne nous rappellent aucun début fait dans de semblables circonstances : une musique entièrement nouvelle d'un compositeur entièrement nouveau, devant un auditoire composé presque entièrement d'artistes musiciens nationaux ou étrangers, parmi lesquels à peine quelques-uns pouvaient avoir quelque bienveillance.Le succès a été complet et décisif, et, comme le disait près de nous un vétéran de l'art musical, plus habitué à donner son attention que des éloges : "U marque le commencement d'une carrière en musique." Des quatre compositions soumises au jugement du public, nous ne parlerons que de trois avec accompagnement d'orchestre.Le Libera me, choeur final d'un Requ/em, est sévère, digne et solennel.Il offre, entre autres choses, sur le verset Requiem aeternam une combinaison de voix qui est à la fols neuve, arandlose et saisissante.Le Sancfus, fragment d'une messe, composition plus longue et plus Importante, est le morceau qui a définitivement assuré le succès de Gounod."La dernière composition.Pierre fffermire.pour voix de basse avec marche et choeur, est une scène dramatique non moins remarquable dans son genre, par la noblesse de la mélodie et la grandeur de l'effet.Nous présageons pour M.Gounod une carrière peu commune.Car.s'il n'y a pas dans ses oeuvres un génie vrai et neuf, 11 nous faut retourner à l'école et apprendre l'alphabet de l'art et de la critique." L'amitié avait inspiré cet article, — en effet, U fut attribué à M.Viardot.dont les jugements Jouissaient alors d'une grande autorité, — mais pour une fols l'amitié ne s'était pas Illusionnée.C'est bien en ces termes enthousiastes qu'il convenait de saluer l'aurore d'un nouveau génie.Les journaux français reproduisirent cet article, et ce fut avec une vive curiosité que l'on attendait la représentation à l'Opéra de Sapho, la première oeuvre dramatique de Charles Gounod.L'auteur du livret était Emile Augier.Mme Viardot jouait le principal rôle.La pièce réussit, mais le succès fut contesté.Oeuvres et chefs-d'œuvre Un nouvel opéra, la Nonne sanglante, échoua, au contraire, piteusement.Devons nous reproduire Ici la liste des chefs-d'œuvre que tout le monde connaît, et qui ont assuré à Gounod un rang prépondérant dans les annales musicales de notre temps.Le Médecin malgré fui, Faust, qui n'eut, à l'origine, qu'un succès médiocre, la Reine de Saba, Mireille, Philemon et Baucis, Romeo et Juliette, Polyeuc-fe, Cinq-Mais, etc.Gounod fut pendant les cinquante dernières années du XIXe siècle, au théâtre et dans les salons, l'auteur à la mode, le composlteuur préféré.Parlerons-nous de son oeuvre de musique sacrée qui est considérable ?La Messe de Sainte-Cécile, la Messe de Jeanne-d"Arc.la Messe du Sacré-Coeur, une quantité de motets et de cantiques où palpite une âme passionnée d'amour divin ; car Gounod fut toujours le catholique pratiquant qui s'était senti attiré dans sa jeunesse par les austérités de la vie sacerdotale.Ses oratorios Gounot s'est essayé maintes fois dans ce genre supérieur : l'oratorio- Dans Gallia.Inspiré par les malheurs de la France, il a commenté avec une poignante émotion patriotique les lamentations de Jérémie.Rédemption* Mors et Vlta.sont des oeuvres d'un penseur et d'un croyant.Le nombre de ses mélodies est incalculable ; beaucoup furent composées sur des paroles anglaises, car 11 s'était établi do l'autre côté du détroit, à Tavistock, de 1870 à 1874, au grand chagrin de ses amis et de ses admirateurs.En 1882, Gounod s'honora en adressant au Sénat une lettre pour réclamer le maintien du budget des maîtrises, qui avaient rendu à l'art religieux tant de services.Comme Moxart, sa dernière oeuvre est un Requiem: U est mort subitement (1893).dans sa villa de Montretout.en le faisant entendre à sa famille et à ses intimes.Musicien, philosophe, érudll.Cou nod demeurera comme un des grands hommes que nous pouvons, sans désavantage, opposer à nos rivaux.On lui a reproché une certaine mièvrerie, l'affadissement de certains procédés qui lui étaient chers : disons plutôt que ses Imitateurs, -car nul style n'est encore plus Imité que le sien.— nous ont rendus injustes souvent à l'égard du maître.M.Reyer.— d'une nature si personnelle et si contraire à celle de Gounod.— a pu écrire avec bon sens : 'Tout le monde fait de la musique de Gounod, mais c'est encore celle de Gounod que je préfère." Les funérailles de Gounod furent célébrées aux frais de l'Etat avec une pompe officielle extraordinaire, 11 était membre de l'Institut et grand-officier de la Légion d'honneur.Paul (î A BILLARD.PAGE SEIZE LE PASSE-TEMPS FIN DE SAISON MUSICALE AU SAGUENAY SATISFACTION DEPUIS 1871 Ici comme ailleurs, la saison artistique est passablement avancée.11 convient tout de même d'en dire quelques mots avant qu'elle ne disparaisse complètement.Résumons donc les manifestations musicales qui ont eu lieu au cours des quatre premiers mois de l'année courante.Les concerts et les soirées se sont succédé à un rythme bien soutenu ; et cela dans toutes les localités de quelque importance de la région : Chicoutimi.Jonquière Kénogami et Saint-Joseph d'Alma.Nous eûmes la venue de l'onsemble Saliedo.présenté par le "Cercle Musical" de Chicoutimi, vers la fin du premier mois.Cet ensemble tire son nom de son directeur, Carlos Saliedo.d'ascendance portugaise mais de naissance française, harpiste de réputation internationale, n est secondé par une autre harpiste.Mlle Mimi Allen, une violoncelliste, Mary Hill Doollttle et la flûtiste Ruth Freeman.La soirée donnée par ces quatre aux endroits précités a fait remplir les salles à capacité et contenté les auditoires d'une façon un peu extraordinaire.Tout au début du mois suivant, la Société des Concerts de Chicoutimi et celle do Jonquière Kénogami nous faisaient entendre le baryton Igor Gorin.originaire d'Ukraine.Son accompagnateur était Valentin Pavlovsky.Ensuite, oe fut le tour de nos Sociétés Saint-Jean-Baptiste do nous présenter leur artiste.Celui-ci n'était autre que M.Maurice Onderet.violoniste, professeur réputé, d'origine wallonno mais Canadien depuis des années.II était accompagné par Mme Edna-Marie Hawkins.Il y eut ensuite une accalmie dans l'apparition des vedettes musicales et dans les séances artistiques.La série reprit le 17 mars et les Jours suivants, à Chicoutimi.Jonqulère-Kénogaml et Saint-Joseph d'Alma, encore sous les auspices des Associations Saint-Jean-Baptiste.Et nous entendîmes Mlle Simonne Flibotte, raoxxo-soprano, qui fut d'autant plus applaudie qu'à un réel talent - - déjà reconnu en haut lieu - - elle Joint l'appoint d'être des nôtres à 100%.étant née à Saint-Pie de Bagot.Mademoiselle Flibotte plut beaucoup à son auditoire et fut très bien appuyée par la planiste Mme Rlta Payette-Lennox.Une semaine après, c'était le tour de la Société des Concerts de revenir nous procurer une soirée charmante grâce à M.Zadel Skolowsky.pianiste virtuose d'origine russe mais né en notre pays, à Vancouver.Mais J'allais oublier un concert spécial donné à Saint-Joseph d'Alma seulement, le 10 lévrier, sous les auspices de la Saint Jean-Baptiste de l'endroit.L'artiste invité, cette fols, fut notre compatriote Noël Brunet.dont lo talent de violoniste est déjà bien connu et de plus en plus glorifié par les critiques et les mélomanes.Il était accompagné par l'excellent planiste John Newmark.Enfin, commo manifestation plus particulièrement locale, au tout dernier Jour du mois de mars, la compagnie Price réunissait une grande foule à l'hôtel de ville de Chicoutimi.dans une séance récréative ot musicale de la suite connue sous l'appellation "Echos des Chantiers".C'était la dernière de la série donnée à la radio par l'entremise du poste CBJ.On y entendit la plupart des meilleurs artistes (diseurs, musiciens, chanteurs, etc.) gui avalent paru au cours des émissions hebdomadaires des derniers mois.Ce fut très bien.Une partie du programme fut aussi Irradiée.Le mois d'avril fut assex calme dans le domaine artistique.Un récital de la chanteuse Portia White à Saint-Joseph d'Alma : une soirée à Arvida.avec fanfare et orchestre symphonique ; une soirée conjointe des sociétés chorales de Kénogami.Parmi les événements théâtraux, le principal fut les beaux spectacles des Compagnons dans quatre de nos villes.Et voilà pour Janvier, février, mars et avril.Est-ce asseï pour cette fois et pour le lecteur avide 7 Nous l'espérons commo aussi nous espérons pouvoir apporter du nouveau pour le mois courant dans le prochain numéro du "Passe-Temps".Les pianos Willis soni le choix des artisles et des mélomanes avisés y WmWl & CO.LintlTEDH utile 314-3 OUEMC 1)10 OUIST, If! STi.(MH»IHl •MONTUtal halifax RESERVATIONS D'HOTELS — PARTOUT Edille» DOMINION SQUARE MONTREAL 1010 ouest, rue Sainte-Catherine PLateau 8077 HATEZ-VOUS 1 II nous reste encore quelques séries du "Passe-Temps" de 1945 (sauf le numéro de janvier).Pour compléter votre collection, commandez tout de suite "Le Passe-Temps" de février 1945 à février 1946.12 numéros pour $2.Plus de $20 de musique et chansons.Enregistre* dans un milieu confortable ct intime.Le > t m d I o kl mioux scientifiquement COfll- rruit de Montréal.Un studio professionnel pour I ' agrément d • tous.2175 ouest, rue Ste Catherine — Tél.: WE.2713 MONTREAL JUIN 18tt PAGE DIX-SEPT Anton! JOLY. 3 grands concerts en juillet LEONA MAY SMITH, célèbre cornettiste virtuose, l'un des artistes invités au grand festival des fanfares qui aura lieu au Stade de la rue Delorimier le 14 juillet.En hommage aux Canadiens français, elle fera entendre, accompagnée par la Philharmonie La Salle des Trois-Rivières, sa propre harmonisation de "Au Clair de la Lune", avec variations.Notre excellent ténor JACQUES GERARD sera également l'un des artistes invités et il interprétera les airs qui lui ont valu, en Europe et en Amérique, ses plus beaux succès.Une autre bonne nouvelle, si elle est confirmée I II est possible que nous vienne, pour le Festival du 14 juillet, l'une des meilleures fanfares du Mexique, qui compte 75 musiciens, en costumes nationaux.Cette grandiose manifestation musicale commencera à 7 heures, le 14 juillet, avec une grande parade des 40 fanfares, du Parc Laiontaine au Stade.Quatre éminents musiciens dirigeront successivement l'ensemble des 2,000 instrumentistes : Emile Prévost, de l'Union Musicale de Joliette.doyen des chefs de musique de notre province ; C.-S.Thiele, président de la Band Masters Association of Canada, compositeur renommé; George Suffert, directeur de la 3rd U.S.A.Marine Band ; et Guiseppe Agostini, compositeur, chef de la fanlare de la Garde Civile de Montreal.M.Emile Coutu, secrétaire de l'Association des Fanfares amateurs de le province de Québec, nous apprend que de nos nombreux autobus et même des trains spéciaux amèneront des milliers de personnes à ce gigantesque concert, le plus impressionnant jamais vu à Montréal.Le groupe musical le plus nombreux est celui de la fanfare du Sacré-Coeur, de Grand'Mère, qui compte 130 musiciens.Parmi les plus importants, citons encore l'Harmonie de l'Ecole supérieure de l'Immaculée-Conception, de Shawinigan (80 musiciens) ; La Philharmonie de La Salle, des Trois-Rivières (80 musiciens) ; L'Union Musicale des Trois-Rivières (70 musiciens) ; L'Harmonie de Sherbrooke (75 musiciens).OSCAR STRAUS, 1 eminent chef d'orchestre et compositeur, qui dirigera, le 3 juillet au sfade de la rue Delorimier, une magnifique soirée de musique viennoise organisée par la Société Classique.Les deux artistes au programme sont ]EAN DICKENSON, coloratura, et MARIO BELINI ténor du Metropolitan Opera de New-York.Comme nous le disons dans Thèmes et Variations, Montréal aura le grand plaisir de recevoir le 17 juillet, grâce à la Société Classique, l'un des plus grands chanteurs du monde : GEORGES THILL, premier ténor de l'Opéra de Paris.Cest encore la Société Classique, aux initiatives courageuses et intelligentes, qui présentera, le 31 juillet, le Roi du Jazz.PAUL WHITEMAN.directeur du Blue Network.Paul Whiteman eut le mérite insigne de révéler au monde la musique de Gershwin, et le programme de la soirée ne se composera que d'oeuvres du génial compositeur américain, interprétées par trois solistes : un planiste, un ténor et un soprano.A chacun de ces concerts, les artistes seront soutenus par un orchestre de 75 musiciens.Détail important : pour que les auditeurs ne perdent aucun détail de ces grands concerts, la Société Classique tait ériger sur le terre-plein du Stade Delorimier une superbe conque semblable à celle du célèbre Hollywood Bowl.Des haut-parleurs diffuseront la musique ef le chant jusqu'aux banquettes les plus reculées de l'immense arène.PAGE DlX-HUIT LE PASSE-TEMPS EXERCICES D'ARTICULATION La spirante labiale sourde "F" Articulation.— Durant l'articulation du F, la mâchoire exécute un léger mouvemenl de recul pour permettre aux dents d'en haut do prendre contact avec la partie interne de la lèvre intérieure ; en même temps la lèvre supérieure supplique sur l'arcade dentaire correspondante ; le voile se relève : la langue se bombe : la cavité buccale dans son ensemble prend la position de l'expiration vocale ou de l'E muet ; les lèvres s'ouvrent vivement, ot l'air qui d'abord s'est échappé des commissures Bort de la bouche en nappe vive, serrée et bruissante.Pas de vibrations laryngiennes.Gymnaslique — Fa.le, II, fo.la, tou./eu.lan.lin.Ion.lun.Fia.lté.Hi.Ilo.llu Hou.Heu, /fan./lin, Hon, Hun.Fia.lié./li, Ilo.llu.Hou.lieu.flan, flin, lion.//un.Fra.hé.hi./ro.Iru./rou.freu.Iran.Irin, Iron./run.Fleurs, toiêts, Ilots, laces, profils, (oui est Hou.dans le /aire de /eu Florentin Fragonard.— Déliiez en loule.Ills de la nuit, teux-iollets lalols.larladets lantasques et lantômes lous: les entants tiissonnent.les lemmes /remissent, les lanlaions fuient.— Voix futée, face louine.tiont tuyant.Méphistophélcs fait homme, Félix-Flotimond-Feidinand-Fabien Fripponneau, luretant, touillant, lustigeant.mit en luite lilous, tombes, taiceuis.talnéants.tlnanciers et forbans.- Mé/iez-vous des finauds, el liez-vous aux /ailles d'esprit; les flatteurs sont /aux et les lous sont lianes.— Un Irais parfum sortait des touttes d'asphodèles ; les souilles de la nuit lloltalent sur Calgala.I.-L.GONDAL.D'après SHELLEY I arise from dreams of thee i Je m'éveille, grisé de rêve.Dans le premier sommeil du soir.La voûte étoilée vient de naître.Et le vent s'endort sur la grève, l'ai rêvé de toi, dans le noir.Et un esprit conduit mes pas — Qui sait comment ?— à la fenêtre Où ce soir tu ne parus pas.II Les btises en jouant effleurent Le grand fleuve serein et sombre.Les senteurs de l'oranger meurent Comme d"un rêve la fumée.Le chant du rossignol, dans Tombre, S'éteint en son coeur douloureux Comme sur le tien, bien aimée, Un jour je m éteindrai, heureux.m Oh 1 Soulève-moi de la terre I le tombe ! Je meurs I Je détaille t Fais ruisseler sur ma paupière En ardents baisers ton amour.Mon front est lourd, et froid, et blême.Mon coeur à se rompre tressaille.Presse-le sur le tien, quand même, Où il se brisera un jour.Adaptation Inédite de Robert LAFRANCE.MONTREAL.JUIN 1946 Chronique du temps passé 6 JUIN 1896 — En premièro page, une photo de Mlle Victoria Cartier, élève de Romain-Octave Pelletier, organiste à l'église Saint-Louis-de France, à Montréal.On annonce son départ prochain pour la France, où elle étudiera l'orgue sous la direction de Gigout.Dans ce numéro.Charlos Labelle lui consacre un bol article.Quelques nouvelle» : Trois célèbres impresarios londoniens viennent do (aire faillite, ayant perdu $200,000 dans l'engagement de Lillian Russell.— On construit à Berlin le plus grand théâtre du monde, qui aura 4,000 sièges.- Au Gésù.los élèves anciens et actuels ont interprété Attila, drame du vicomto de Bornier.Principaux Interprètes : Thibodeau-Rinfret (maintenant juge de la Cour Suprême du Canada), Raoul de Lorimier.Alfred Laraméo.E.Tremblay, etc.— Les élèves de J.-J.Goulet ont donné un récital dans la salle de la Y.M.C.A.On a entendu G.Panneton, Mlle E.Darling, Mme C.-O.Lamontagne.etc.Dans /'Album Musical: GraxieUa.valse do L.-D.-E.Mayer.- -Air de Wolfram, (extrait de Tannhàuser^, de Wagner.— Fleurs et Pleurs, paroles de Mlle Marie Husson.musique d'Etienne Arnaud.20 IUIN 1896 — Sur la pago couverture, portrait do Théodore Dubois, le nouveau directeur du Conservatoire national de musique de Paris.Quelques nouvelles : Mlle Herminie Hardy, fille du chef d'orchestre Edmond Hardy, a épousé M.Joachim Dospatie.— La fanfare Sousa a donné des concerts qui remportèrent un grand succès.— La Compagnie Dramatique Nationale a élu les directeurs suivants : F.Bénard.président.Aid.Gagnon.vice-président.Ed.Garneau.sécréta ire-trésor 1er.Ce numéro contient une photo du fameux chanteur Louis Vérande.qui depuis 1891 était très populaire au Parc Sohmer.Dans l'Album Musical : Le bouquet de lilas.romance, paroles de E.Durafour.musique de Frédéric Boissiere.*- tes Compagnons, marche de A.Reckling.— Sylvia, danse éthiopienne de Léo Delibes."Pour bien connaître et aimer l'histoire de son pays, il faut d'abord connaître l'histoire de sa famille." NOTRE OEUVRE : Dresser expressément poui vous l'histoire de votre famille depuis le départ de vos ancêtres de France, jusqu'à dos lours.Dates, noms, armoiries, le tout avec soin st respect de la vérité historique.Noe conditions très raisonnables sont fournies sur demande sans obligation de votre part.Le Bureau de Recherches Historiques 477.St-François-Xavier.Montréal 1, (PL.8634) PAGE DIX-NEUF Il faut 35 années de travail ardu pour devenir un maître luthier (Suite de la page six) battit derechef le grand Crémonai3 avec 21 points.Bref, sans lui, c'était la lutherie italienne qui eut triomphé en la personne de Stradivarius et, en 1930, à Bruxelles, la lutherie belge et la lutherie allemande.Aux maisons allemandes, d'ailleurs, invitant Paul Kaul à former de futurs luthiers, il a toujours opposé un refus catégorique.Paul Kaul continue à travailler, comme par le passé, alliant toujours la réflexion à la sensibilité.Il travaille surtout sans connaître le rendement rémunérateur du travail en série.Aux murs de l'atelier du maître-luthier, je contemple des photographies.Visages disparus, connus, aimés ; d'autres.Dieu merci ! encore de ce monde.Je déchiffre d'élogieu-ses dédicaces.Entre autres celle do Lucien Capet, 1919 : "Au grand luthier Kaul ! l'inimitable, avec toute la reconnaissance pour ses violons qui ont été pour moi une révélation".Enesco, Yehudi Ménhin ne sont pas les derniers à vanter les violons signés par ce grand luthier de France.Entre ses mains solides, il achève maintenant les contours d'un instrument pour préparer les entailles destinées à recevoir les filets.Le filetage une fois fini, m'apprend-il, il amènera le fond et la table aux épaisseurs déterminées.Bientôt, le violon chantera merveilleusement, j'en suis certain, sous les doigts de son meilleur collaborateur, son fils, en de longs sanglots, comme il est dit dans les poèmes parnassiens ou décadents, voire symbolistes : "tes sanglots des violons se meurent quand 'Un paie automne saigne au tond de J'avenue." Ou encore : "Le violon vermeil "Berçan! volie roso sonuneU"™ Lui aussi est un grand poète, le maître luthier Paul Kaul, constructeur de violons.Henri ERICHSON.Histoire d'une chanson fSuife de la page cinq) notTe cher pays, car pour moi.rien n'est plus beau que le Canada ! Des applaudissements frénétiques soulignèrent ces paroles et le jeune homme poursuivit : — Il convient de mentionner que je ne suis pas l'unique auteur de cette chanson.j'avoue avoir écrit les paroles, mais.la musique a été spécialement composée par un de mes meilleurs amis : Jean-Baptiste Labelle qui, comme nous, est un grand patriote.(A) D'autres applaudissements suivirent et Georges-Etienne Cartier chanta la chanson avec une telle émotion, un tel charme, que l'auditoire fut réellement transporté.Tout Montréal en parla le lendemain, chacun voulait connaître cette sublime chanson, laquelle allait avoir une magnifique renommée.Depuis cette lointaine soirée, la chanson : "O Canada, mon pays, mes amours", est devenue une des perles de nos chants populaires ; elle est inscrite dans l'âme de tous les Canadiens-français.Lucille DESPAROIS.N.D.L.fl.— (A) Ivan-Baptiste Labelle est né à Plaltsburg IN.-Y.) le 8 septembre 1828.il est mort à Montréal le 9 septembre 1898.Excellent organiste et compositeur, il commence, très jeune, ses études musicales.En 1843.alors âgé de 15 ans.il devient organiste à Boucher ville et en 1846 à Cbambly.Elève de Leopold Von Meyer, célèbre planiste autrichien de l'époque.Jean-Baptiste Labelle se rend, un peu pins tard, à Paris où il étudie avec le célèbre Tbalberg.De retour à Montréal, sa renommée lui ouvre les portes de Notre-Dame, il devient titulaire des grandes orgues pendant 40 ans.Prolesseur dans diverses institutions, ll tail admirer son talent d'organiste dans les principales villes des Etals-Unis et même en Amérique du sud.Iran Baptiste Labelle a laissé plusieurs ouvrages parmi lesquels : Répertoire d'organiste — Recueil de chants grégoriens — Les échos de Notre-Dame — Canfare à la Conlédèration — plusieurs opérettes, romances, dont l'une orne de sa grâce notre folklore canadien : "O Canada, mon pays, mes amours".Réponse d'un Canadien Dans les premiers temps du rationnement de la viande, un brave fermier écrivit au bureau du gouvernement qu'il avait plusieurs centaines de livres de viande dans son entrepôt.Le fonctionnaire, curieux mais peu connaisseur, demanda pour quelles raisons il conservait ce stock de viande.Et le cultivateur de répondre : "Je ne pouvais pas tuer mon boeuf en plusieurs fois".L'ENDROIT IDEAL POUR RECEPTIONS BANQUETS Téléphonez pour réservations : MA.50 3 8 Café ANDRE BIERE ET VIN 2077 rue VICTORIA (Près de la rue Sherbrooke) MONTREAL Un endroit plaisant pour manger de DELICIEUX REPAS PIANISTES - GUITARISTES Sl^SATIOlWELLE Méthode d'Accompagnement contenant • Cent trente accords et plus vous permettant ds Jouer «t d'accompagner n'importe laquelle de vos chansons favorites sont contenus dans le SYSTEME ANDREX pour PIANO, GUITARE HAWAÏENNE el ESPAGNOLE.e Système visuel MODERNE.RAPIDE vous Indiquant par des explications claires et precises tout ce que vous aves à taire SOIT PAR PRINCIPES OU PAR OREILLE.VOUS NE POUVEZ VOUS TROMPER.e Indispensable à tous ceux qui veulent améliorer leur |eu sur leur Instrument.Prix par poste: PIANO ___ SUS GUITARE HAW.- ESP.-__ 12.00 Commandes téléphoniques et C.O.D.acceptée».Adresses vos envols comme suit l ANDRE VADEBONCOEUR, 2223 rue Beaudry, Montréal, P.Q.Pour leçons privées par l'auteur mime : CH.97B8.PAGE VINGT LE PASSETEMPS 12 numéros DU "PASSE-TEMPS" contiennent pour plus de $20 de musique et de chansons $2 pour 12 mois CURIOSITES DU VASTE MONDE TABLETTES "MADELON" CONTRE Miiqu.EuiOtttlé* maux de tête, rhumatisme, grippe, névralgie, etc.EN VENTE PARTOUT OU "nvoyez un dollar pour 100 tablette» à Les Produits "MADELON" Enrg.6296.rue St-André MONTREAL.QUE.ruiiPE BUCK TULIP C 11 Eli lit D PARIS Un parfum | oyeux à l'arôme discret mats persistant.C'est 1 Indispensable auxiliaire du charme féminin.Le flacon: .30.80 Etuis de luxe : » 1.00.Sl.BS et 82.50 LA LOTION TULIPE NOIRE est l'Idéal complement de la toilette féminine.La bouteille.81.25 La Cie Canada Drug, Montréal ¦ Qui inventa la "pipe de blé d'Inde" ?Question qui embarrassera nos savants de la radio.Il y a 75 ans, un fermier entra dans l'atelier de menuiserie d'Henry Tibbe, dans un petit village du Missouri."Faites-moi une pipe avec ça", demanda-t-il.Et il lui présentait un épi de blé d'Inde.Ce qui fut fait en quelques minutes.Les commandes se faisant rares, Tibbe entreprit la fabrication de pipes de ce genre, pour lesquelles il obtint un brevet.Dans le seul Etat du Missouri, on fabrique chaque année plus de 10,000.000 de pipes de blé d'Inde.Chose curieuse, ces pipes se vendent surtout dans les villes.¦ D'où vient le nom de Philippines appliqué à cet archipel du Pacifique sur lequel les Etats-Unis détiennent un mandat?Découvertes en 1521 par Magellan, ces iles furent visitées de nouveau par un explorateur qui les nomma Filipinos, en l'honneur de Philippe d'Espagne.Les Etats-Unis ont acheté les Philippines pour la somme de $20.000.000.¦ Voulez-vous avoir l'air honnête ?Portez des verres ! Un savant professeur a démontré que les personnes portant des verres trouvent plus aisément à se placer parce que les lunettes donnent un air sérieux et fiable ! C'est peut-être vrai.¦ Il y a dix ans, on estimait à près de $4,000 les frais encourus par un enfant depuis sa naissance jusqu'à l'âge de 18 ans.A cause du coût de la vie, ce chiffre est probablement doublé aujourd'hui surtout dans la province de Québec.Combien paraissent ridicules, alors, les mesquines exemptions d'impôt accordées par Ottawa pour les enfants I ¦ Faut-il toujours croire ces nouvelles d'inventions extraordinaires ?Il existe, paraît-il, un appareil qui, monté sur une automobile, dessine automatiquement une carte à mesure que la voiture avance.Il y a là-dedans des boussoles et autres machines qui indiquent l'orientation, l'inclinaison et la longueur du chemin parcouru, et même les maisons.¦ U y a 25 ou 30 ans, on lisait encore dans les journaux, en Angleterre, des jugements condamnant des criminels à un certain nombre de mois de prison.ou à l'exil au Canada ! C'est-à-dire que l'exil au Canada était considéré comme parfaitement digne d'un criminel.Reste à savoir si cela se pratique encore en Grande-Bretagne.¦ En Russie, le gouvernement ne perd pas de temps à sermonner le peuple quand il veut lui interdire quelque chose.Lorsqu'il voulut empêcher les luttes raciales, il vota tout simplement une loi interdisant sou?peine de mort les attaque'] à la race ou à la nationalité.On ne badine pas.dans le paradis communiste.¦ Dans certaines régions de l'Orient, l'époux peut divorcer sa femme si elle parle trop.Au Slam.l'homme n'a droit qu'à un seul divorce mais il peut vendre ses autres femmes.C'était en 1871 Un quart de siècle avant la fondation du "Panne-Temps", un Canadien courageux ouvrait à Montréal un magasin de pianos.Energique, travailleur, A.P.Willis devint rapidement le plus important marchand de musique de la Métropole.Son établissement se trouvait, à l'angle sud oui des rues Saint-Pierre et Notro Dame, dans une vieille maison de pierre (Voir illustration ci-confrej où avait logé en 1775 le brlqadier général Richard Mont-ornery, chargé de conservor à la Couronne britannique les territoires de l'Ohio.A.P.Willis s'aperçut bien vile que les pianos européens résistaient difficilement aux variations de température, en notro pays.II réussit à fabriquer un piano qui pouvait conserver sa belle sonorité sous tous les climats.Soixante-quinze ans après, les mêmes qualités se retrouvent dans les instruments Willis fabriqués à Sainte-Thérèse.D'un simple chemin rural qu'ollo était en 1871.la rue Sainte-Catherine était devenue en 1900 une artère commerciale.A.P.Willis s'établit à l'angle des rues Drummond et Sainte-Catherine, là même où se trouve aujourd'hui le bel immeuble Willis construit en 1927.Les traditions commerciales et artistiques de la maison Willis & Co.Ltd., se continuent : deux fils du londateur.MM.Wm D.Willis et Inglis Willis, en sont respectivement président et vice-président ; et trois petits-fils y occupent des portes Importants.Aux directeurs de la maison Willis, "Lo Passe-Temps" est heureux d'offrir ses félicitations à l'occasion de ce 75e anniversaire.MONTREAL.IUTN 1946 PAGE VINGT-ET-UN Pour amuser vos invités Etes-vous bon détective?Voici un jeu amusant où vos invités pourront révéler leur jugement et leur flair.Vous vous placez dans une pièce voisine du salon .La porte n'est fermée que par un rideau.Derrière cet écran, vous vous ingéniez à produire différents bruits, et vos invités doivent deviner exactement ce que vous faites.Pour vous aider, voici quelques suggestions : — Brasser un jeu de cartes.— Battre de l'eau avec une petite cuiller.— Remonter une horloge.- Faire rebondir une balle.— Couper un carton avec des ciseaux.— Laisser tomber des pois dans un verre.Et il y en a d'autres que votre ingéniosité vous inspirera.Ce jeu provoquera chez vos invités des réparties et des réflexions amusantes.Vous pouvez même décerner des prix à ceux qui auront su deviner juste.Le télégrammo difficile Vos invités s'amuseront beaucoup avec ce jeu.Comme accessoires, il ne vous faut que deux feuilles de papier et deux crayons.Vous divisez vos invités en deux groupes égaux.Il s'agit de savoir lequel des deux groupes réussira le premier à rédiger un télégramme de 50 mots, pas un de plus ou de moins.Une personne de chaque groupe prend une feuille de papier et un crayon et elle écrit un mot.Puis elle passe à la personne suivante qui n'y écrit, elle aussi, qu'un seul mot qui doit continuer le mot précédent.Et le papier passe ainsi de l'un à l'autre jusqu'à ce que soit écrit le télégramme de 50 mots.Bien entendu, le papier doit revenir plusieurs fois à chacun des invités si ceux-ci ne sont pas nombreux.Vous verrez que vos invités s'amuseront follement car les télégrammes contiendront des phrases cocasses.Un eminent politicien donnait ce conseil à un jeune candidat : "Ne vous énervez pas avant de prononcer un discours.Faites comme moi.Chaque fois que je me lève pour parler en public, je prends le temps de regarder la foule et je me dis en moi-même : "Quel tas d'imbéciles I " Ça me donne de l'aplomb." Rire c'est vivre Par erreur, un comédien bien connu à la radio ouvrit une lettre adressée à un camarade.Il y trouva un compte dû depuis bien longtemps et dont le marchand réclamait le paiement immédiat.Pour sauver la fierté de son ami, le comédien recolla soigneusement l'enveloppe et la lui remit.Le jeune homme ouvrit la lettre et, faisant un clin d'oeil à l'autre, dit : — Ah ! encore une admiratrice qui veut absolument me rencontrer !.Elle — Quand t'es-tu aperçu que tu m'aimais ?Lui — Lorsque je me suis fâché parce que des gens te qualifiaient d'imbécile.1 » I il CF.st l'histoire de LA BANQUE D'ÉPARGNE DK I.IIIU KT BI) DISTRICT Mi MOVI HI-'ai.IWC CU* 1*1 tl Oahi 10U1II Lit fAttlII 9i t» Villi IT Hani 'noux LE PASSE-TEMPS PAGE VINGT-DEUX Mots croisés du Passe-Temps 8 9 10 11 12 13 14 15 16 ?1 2 3 4 5 6 7 4lxi 10 11 12 13 14 15 16 ¦n ?trj ?a ?B ?Ba bSShm ga ?¦'ji ¦¦c ET !?n r ± HEP —"ii-ii— ?¦?cd ?y ?PROBLEME No 8 HORIZONTALEMENT : 1.—Période linale que l'on place à la lin des aire variés.— Commune du Cantal.- Qui trappe musicalement l'oreille.2.—Sorte de drame musical sur un thème religieux.- Anneau d'or ou d'argent.3.—Genre d'insecte lépidoplère.renfermant des phalènes de couleur claire.— Artiste française, lui uno Célimène inimitable.4.—Inscription que Pilate lil placer sur la Croix.— Muse qui présidait au chant et à la musique.- Dans national.S.—Pronom personnel.— Vieille.— Commune du Nord.6.—Sorte de manguier du Gabon.— Flûtes traversières ches les Turcs.— Guetter.7.-—Ville de l'Asie Mineure, sur le lac Asca-nius.— Petil plat à hors d'oeuvre.8.—Sirop tiré de l'orge.— Physicien français né à Pimpré.9.—Note de musique.— Attachés.—- Venire aflamé n'a pas.10.Sympathiques.- Première noie de l'hymne de Saint Jean-Baptiste.— Historien allemand né à Xion.11.—Où on bal le grain.— Titre féodal de certains seigneurs.— Monnaie Japonaise.— Exclamation.12.—Dans trop.— Dont la date lui lixée par le pape Iules 1er.— Ouvrage de maçonnerie.Adjectil possessif.13.—Drame en cinq actes, de Victor Hugo.Divinités qui présidaient à la gaité.— Ville de Pologne sur la How.M.-Objets tournés en deux sens contraire*.— On joue ,on chante avec.- Seconde des consonnances parfaites.15.—Déesse de» Egyptiens.— De 1500 à 1650.ceux de Tolède se rendirent célèbres.16.—A le.— Petite ligure marquée sur la portée.Voyelles jumelles.— Roue de poulie.VERTICALEMEMNT : I.Instrument de percussion et à corde de boyaux.Inventé en Pologne vers le début du XVTIIe siècle.— Sorte de Ilûte chez les anciens Grecs.2.—Métal précieux.- Qui appartiennent à la noblesse.3.—Artiste montréalais d* grand talent et d'origine française.— Initiales d'une des jeunes princesses d'Angleterre — Phonétiquement, hérésie.4.—Ville d'Italie.Ancien nom des lies Lipari.5.—Deux voyelles.- On en entend un peu trop.— In-Salah en est une.6.—De l'italien, arpeggiare.— Qui lut le séjour des emigrants Israelites jusqu'à l'exode.— Note de musique.7.—Qui ont rapport aux rites.— Crustacé décapode.8.Musset et Hugo l'étaient.— D'où parti rent les Hébreux sous la direction d'Abraham.— Ile anglaise de la mer d'Irlande.55»#ÀLBERT FOURNIER KM SI£ CATHERINE — MONTREAl M 1&b.REPARATION M • LOCATION .SERVICE Machines à écrire de toutes marques, machines à calculer, mineographes, etc.CIE DE MACHINES DE BUREAU DE MONTREAL 1101 COTE DU BE A VER HALL MONTREAL - BElair 3016 U gérant : CHAS.MOREL 9.—Note de musique.— Animal considéré comme l'ancêtre de la race el honoré à ce t ue — Epoque qui se distingue par des événements remarquables.10.Saint dont le nom latin est Adrieus.-Symbole chimique de l'uranium.11.—Initiales de Xavier Poterat.— N'admet que l'admiration.12.Initiales d'une province canadienne.— Substance osseuse.— Assurée, convaincue.13.- Avant-midi.— Commune du Cher.— Voyelles jumelles.14.—Personnage de la Comédie Française.— Général sous Saul, assassiné par îoab.15.—Fleuve de Russie.— Commune de Belgique.- Foyer de cheminée.16.Roi do Pylos.assista au siège de Troie.- - Tragédie de Voltaire.SOLUTION DU PROBLEME No 7 1 2 3 4 S Bl 1 9 10 11 12 13 14 IS 16 1 2 3 .4 S 6 ¦7 8 9" 10 U 12 13 14 15 16 HMT piteaHWat aplatais h sa] tâtons, afc atf mis : apaisa] iro;B swaa' p tatobattra ftn is'a'EfH' raq'H, Bate au a MONTREAL, JUIN 1946 PAGE VINGT-TROIS MANIATURES Le célèbre Musée du Louvre, à Paris, prit naissance sous François 1er.qui avait réuni douse tableaux de maîtres et des moulages de chefs-d'oeuvre antiques.Sous Louis XIII, le "Cabinet du Roi" rassemble 200 toiles.A la mort de Louis XIV, 2,500 tableaux ornent les palais du Louvre el de Versailles.Le catalogue du Musée compte aujourd'hui plus de 200.000 numéroe.* * * C'est en 1833 que lui créé le célèbre Musée de Cluny, par le collectionneur Alexandre du Sommerard.L'hôtel de Cluny est la seule grande maison privée du XVe siècle qui subsiste à Paris.Il contient d'extraordinaires collections d'oeuvres d'art du moves âge et de la Renaissance.t t » La butte Monlmartre.qui depuis le début du XIXe siècle étail un foyer d'artistes, se (ranslorme.Ceux-ci émigrent de plus en plus vers Montparnasse et Montsouris.# * « Un bel exemple de coopération pour les artisans et les artistes : à la manufacture de tapisseries des Gobelins, les ouvriers sont logés et vivent comme une communauté.Certains artistes-tapissiers travaillent sur des métiers qui remontent à trois siècles.Les belles lectures LA SCIENCE EN S'AMUSANT.par le professeur Zip.Illustré.Edité per La Famille.3425, rue Saint-Denis.Montréal.$1 ; par la poste, SI.10.Ouvraqe intéressant, grâce auquel les Jeunes pourront faire de belles expériences de chimie et de physique, très facilement.Excellent moyen de formation.LA PLUME AU VENT, album de dessins et caricatures, par Jacques Gaqnier.Edité par Les Studios Lany, 1569, rue Soint-Hubert, Montréal 24.$1.(Par la poste SI.10).Jacques Gagnier nous fait agréablement revivre quelques tranches de vie des êtres qui nous entourent.Dans l'album "La Plume au Vent" vous trouvères un faisceau d'images gaies, vivantes à l'extrême, remplies de descriptions plaisantes où vous reconnoitres vos voisins avec leurs habitudes et leurs petits travers.PROFILS NORMALIENS, per Gustave Bellefleur ef Donat Durand.Edité à 3973.rue Montana.Montréal.254 pages.$1.50.Histoire de l'Ecole Normale Jacques Cartier, par l'abbé Adélard Desrosiers.Biographie des quatre principaux qui ont dirigé l'Ecole depuis 1857.Entrevues avec une trentaine de normaliens bien connus, qui racontent leurs souvenirs d'étudiants.A CETTE DEVISE VOUS RECONNAITREZ LES TRAVAUX EDITES PAR LES STUDIOS LANY VIENT DE PARAITRE : La Plume au Vent Un volume de caricatures par JACQUES GAGNIER Des images gaies, de la satire.de l'humour I S 1.00 L'EXEMPLAIRE En vente ches tous les libraires ou à 1589 rue Saint-Hubert MONTR EAL-24 ÂVGNIYS R1DET MAROUI déposé t L'ART FRANÇAIS vous invite à visiter régulièrement sa galerie des oeuvres de peintres canadiens de renommée.ENCADREMENTS — GRAVURES 370 ouest, rue Laurier, Montréal.CA.13077 .Quand vous allez dans les Lauientides visitez le seul comptoir de CADEAUX - ARTISANAT - Articles de SPORT J.CORBEIL, Enrg., représentant de 1e ¦CUERE Ils-ttUe STE-ADELE-EN HAUT Voisin Ste-Adèle Lodge LECTURES DE VACANCES Quatre magnifiques romans policiers de l'auteur bien connu GEORGES SIMENON • La Danseuse du Gai-Moulin • Le Locataire • L'Homme de Londres • Pietr', Le-Letton 4 volumes à 90 cents chacun EDITIONS B.D.SIMPSON 1427 ouest, rue Dorchester, MONTREAL PAGE VINGT-QUATRE LE PASSE-TEMPS Au jardin des beautés d'antan.par BERENGERE (Correspondanfe du "Passe-Temps" à Paris) Beauté mon beau souci.A notre époque dynamique où la Femme a la préoccupation et le devoir de rester jeune et belle.l'Institut de beauté est roi.Magazine, publicité, radio, tout sollicite la femme moderne de cultiver Isa dons que lui a dévolus la Nature.Mais nous n'avons rien inventé.En dépit de Balzac, qui attribuait à 30 ans la limite extrême de la jeunesse et les prétentions à la coquetterie pour ses contemporaines, les femmes.Eves éternelles faites pour la joie des yeux, ont toujours eu la hantise de soigner leur apparence.Il m'a paru piquant de fouiller les vieux livres naïfs et les pittoresques recueils aux enluminures éteintes pour y ressusciter les recettes surannées auxquelles avaient recours nos aïeules afin de prolonger leur charme et leur jeunesse.Certes, sans affirmer que, telle Esther baignée pendant six mois dans l'huile de palme et six mois dans le c innomme, celles qui furent les BEAUTES d'ANTAN soignaient leur personne comme un présent destiné à Assuérus, il faut avouer qu'elles manifestaient, autant qu'aujourd'hui et davantage peut-être, le souci de mettre en valeur leurs avantages physiques.Que de mélanges et de cosmétiques compliqués se cachaient dans les coffrets précieux de santal ou d'ébène, dans les pots ravissants qui ornent aujourd'hui les vitrines des collectionneurs.Et combien chantent joliment à nos oreilles toutes ces eaux aux noms fanés comme des fleurs trop longtemps conservées entre les planches d'une vieille armoire : Eau de Jouvence ; Eau d'Ange ou de Chypre ; Eau balsamique : Eau Impériale, Eau de Venise.Eaux de senteur aux propriétés merveilleuses, n'évoque-t-on pas.rien qu'à les prononcer, nos grand'mères des temps des menuets, des "tournures" et des éventails ?.Que de savants mystères enfermaient le coffre intime des élégantes du Temps jadis.Et d'abord, la POUDRE.Cette Poudre dont nous usons et abusons parfois, savez-vous.Mesdames, à quelle circonstance, — légende ou vérité, — les chroniqueurs d'autrefois en font remonter l'usage ?On conte que des religieuses, remplaçant un jour sur leur tête les cendres de la pénitence par de la poudre blanche.— par un louable souci d'hygiène, — et s'étant montrées de la sorte en public, furent, à leur insu, les initiatrices de la mode nouvelle.Quoi qu'il en soit, dès le XlVe siècle, on connaissait la poudre de violette, la poudre de Chypre et surtout la poudre de fleur de lève qui rafraîchit le teint.Détail savoureux : ce furent les hommes qui l'adoptèrent les premiers.On mélangeait à la poudre de riz ou d'amidon, de l'albâtre, ingrédient inoffensif en soi mais qui avait l'avantage — pour le marchand — de peser plus lourd."Avoir un teint d'albâtre" n'est donc pas une expression purement métaphorique.Pour remédier à ces petites roueries de leurs fournisseurs, nos aïeules faisaient souvent leurs poudres : je sais maintes coquettes qui n'agissent pas autrement et la peau se trouve toujours fort bien de ce régime.Naturellement la poudre recouvrait le FARD.Il faut croire que de ce fard les Belles du Temps passé furent assez prodigues si l'on s'en rapporte aux vers célèbres du MISANTHROPE : " Allez-vous dire à la rieille Emilie Qu'à «on âge il sied mot de faire la jolie " Et que te blanc qu'elle a scandalisa chacun ?J'ai eu la bonne fortune d'avoir sous les yeux toute une collection de boîtes de poudre, soufflets à poudre, tampons et plaques à fards qui ressemblent singulièrement, au moins quant à la forme, aux nécessaires de notre époque.Les plus curieux parmi ces bibelots frivoles sont les "Boites à Mouches" qui présentent trois compartiments : l'un pour le rouge, l'autre pour le pinceau qui servait à l'étendre, le troisième pour les mouches.Et savez-vous quelle est l'origine de ces minuscules emplâtres de velours ou de taffetas qui régnèrent en despotes pendant plus d'un siècle ?On prétend que la duchesse de Newcastle, sous le règne de Charles II, aurait imaginé de recouvrir d'un bout d'étoffe noire des boutons qu'elle avait autour de la bouche.Une rivale s'étant aperçue que la blancheur de son teint en était relevée et qu'elle y gagnait je ne sais quel piquant voulut l'imiter.Ce n'est pas la première fois, je gage, qu'une mode est née d'une infirmité ou d'une disgrâce.On en usa.on en abusa.Le taffetas qui servait à les faire était découpé bizarrement en étoiles, en croissants de lune, en figures de fleurs ou de personnages.Il y eut la "passionnée" au coin de l'oeil ; la "galante" au milieu de la joue ; au coin de la bouche, sur un bouton, la "receleuse" ; sur le nez, "l'effrontée" ; la "coquette" sur les lèvres.et enfin, la mou- MONTREAl.IUIN 1946 PAGE VINGT CINQ che ronde, en velours, celle qui a survécu, la "mouche assassine" que nos coquettes d'aujourd'hui imitent parfois au crayon d'argent.Si los Belles du temps jadis n'avaient pas.comme les matrones de l'antiquité, des esclaves pour brûler des aromates en de précieuses ccssolettes, elles n'en eurent pas moins le goût des parfums.Chacune possédait un réchaud pour "embaumer la chambre".On y consumait, soit des pastilles aux recettes compliquées, soit des branches de genièvre.Elles possédaient une "poire à parfums" toujours pendue à leur ceinture.A ces odorats, blcsés par les senteurs que l'Inde et l'Amérique fournissaient alors a foison, il fallait donner des parfums capiteux et forts : il y eut les "gants aux fleurs" qu'on aromatisait avec des plantes cueillies en des endroits et à des heures spéciales.les "indiscrets", petits sachets, bourrés de lavande ou de racines odorantes, qu'on cachait entre les seins.Les hommes, eux aussi, firent un usage immodéré des parfums, mais, détail sans poésie, la chronique nous assure que c'était là un moyen de pallier au défaut d'une certaine hygiène dont l'époque Louis quatorzième souffrit, dit-on.La Chronique est vraiment médisante.Les nouvelles conditions de la vie moderne ont transformé tout cela.Notre coquetterie a changé : elle est devenue moins précieuse, moins sévère, plus savante aussi, grâce aux découvertes des chimistes, des médecins, voire des chirurgiens esthétiques.Mais comment les Belles d'autrefois pourraient-elles s'accommoder de nos entassements dans le métro, des randonnées en auto ou à bicyclette, des envolées en Lockheed, des séances sur les links ou les courts, du défi que lancent crânement nos jeunes sportives au soleil, à la neige et au vent ?.Or.si la femme sait actuellement rester jeune et charmante, elle y a d'autant plus de mérite que, dans la plupart des cas, elle a, beaucoup moins que ses devancières, le temps de cultiver sa beauté.C'est pourtant un souci qui a son importance.Les Orientaux l'expriment dans un bien joli proverbe : "Trois choses font aimer la vie : la prière, les femmes, les parfums".BERENGERE.AVIS IMPORTANT Le prophète le plus myope peut prévoir dès maintenant une hausse générale des prix, à l'automne.Certains articles, la fourrure par exemple, subiront les premiers les effets de cette sorte d'inflation.De cela, personne en particulier n'est responsable ; il faut l'attribuer aux conditions générales nées de la guerre.' La prévoyance est donc de rigueur, en ce moment, et nous recommandons instamment à nos lectrices — et à nos lecteurs qui veulent plaire à Madame — de faire sans tarder leurs achats de fourrure.On y gagnera à tous points de vue, surtout si l'on a soin de se rendre chez les fourreurs de haute compétence dont on trouvera les noms dans "Le Passe-Temps".DEPUIS 1877 FOURRURES DE QUALITÉ ¦ - ¦.• ¦ ¦ ¦ (fSiAi T)is jampiiims & Ge t 3K«== LIMITÉE SMtfc—.'»— 1170, RUE ST-DENIS • MONTREAL 1420, RUE DRUMMOND, MONTREAL SOIERIES LAINAGES DE HAUTE QUALITÉ PAGE VINGT-SIX LE PASSETEMPS /olie robe de lainage marine, création de Pierer Benoît, garnie dune broderie anglaise dont la grâce vieillotte et amusante donne un charme tout particulier.Marcelle Alix rajeunit un tailleur noir en supprimant la jaquette, la remplaçant par une tunique imprimée noir sur tond jaune, les poches sont du plus gracieux ettet.J—iA mode devient de plua en plus féminine, se libérant de certaines exagérations des mois passés.elle est jeune, optimiste, et il faut s'en réjouir.Grâce à quelque mystérieux accord les couturiers ont fort bien réalisé le secret désir des femmes.Dans sa grâce, sa fantaisie, la mode nous apporte pois, rayures, drapés, manches courtes, taille fine, tuniques et une nouveauté bien romantique, les fichus d'organdi, de dentelle, des berthes de mousseline, qui jadis ornèrent si joliment les robes de la Dame aux Camélias.Jamais nous n'avons vu une aussi grande variété de blouses : chemisier, de satin habillée, à pois, à rayures, garnie de dentelle, de broderie, de plis.Vos blouses peuvent varier indéfiniment votre tailleur.Notons en passant que beaucoup de blouses ont les manches longues retroussées au coude, tandis que d'autres ont les manches courtes kimono, avec revers, ce qui est une grande nouveauté de la saison.Simone CHAKDAI.¦ .¦ ILLUSTRATION MARIE-FRANCE PARIS, MONTREAL, JUIN 1946 PAGE ViNGT-SBPT LA BELLE INCONNUE par Marie LIN DOLL Lorsque John West, propriétaire de la plus grande usine de margarine à Philadelphie, descendit du paquebot à Anvers, il vit sur le pont une jeune femme blonde, dont la beauté le subjugua complètement.John West était business man avant tout et prêtait d'ordinaire peu d'attention aux femmes ; mais cette fois-ci.il s'arrêta, ébloui, et demanda au steward à voix basse : — Qui est cette dame ?Pourquoi ne l'ai-je pas vue avant ?— Elle a été malade pendant toute la traversée, répondit le steward.— Je n'ai vraiment pas de veine, bougonna West — elle continue son voyage et moi, je dois descendre à Anvers.Connaissez-vous son nom et Bon adresse ?— Non, dit le steward, mais je vous les procurerai immédiatement." West se mit à attendre près de la passerelle, en regardant sa montre à tout instant.U était très pressé.Dans deux heures, il devait être à Bruxelles pour une conférence à la Banque internationale.Et, le lendemain, il avait rendez-vous avec un groupe de financiers à Londres.Enfin, le steward reparut.— Cette dame s'appelle Ingrid Olavsen.Elle demeure 7.rue de la Liberté à Stockholm, murmura-t-il.West inscrivit l'adresse, jeta un regard enflammé à la belle inconnue et quitta le paquebot ; un taxi l'emmena rapidement vers la gare.Arrivé à Bruxelles, West s'installa dans l'hôtel le plus élégant de la ville.La conférence fut terminée à quatre heures et, une heure plus tard, West se rendit à Londres par la voie des airs.Il passa cinq jours à Londres et fut tellement absorbé par ses affaires qu'il oublia complètement la belle Suédoise.Mais le jour de son départ, elle se présenta à la mémoire de West avec tant de précision, qu'il ne put résister au désir de la revoir, et il se rendit à Stockholm.Ici une surprise désagréable l'attendait : Ingrid Olavsen venait de repartir en voyage, cette fois-ci en compagnie de son mari, courtier a la Bourse de Stockholm ; elle ne serait de retour que dans un mois.West ne pouvait s'absenter si longtemps ; sa margarine le réclamait à Philadelphie.Quelques jours plus tard, un paquebot de luxe ramenait West en Amérique.Des femmes sveltes comme des lys, ou capiteuses comme des magnolias rôdaient autour du richissime fabricant ; mois aucune d'elles n'était capable de lui faire oublier la belle Ingrid.Arrivé à Philadelphie, West écrivit à Ingrid une lettre enflammée, à laquelle il joignit sa photographie.Dans cette lettre, West racontait toute sa vie ; ses débuts comme apprenti dans une épicerie ; son acharnement au travail ; enfin sa réussite : il est aujourd'hui le plus riche fabricant de margarine aux Etats-Unis ; il a un superbe château, un yacht de luxe, plusieurs somptueuses limousines, des dépôts dans les plus grosses banques des deux mondes.Et, pour terminer, West suppliait Ingrid de quitter son mari et de l'épouser, lui, West.Un mois s'écoula.West se consumait d'impatience, mais Ingrid ne répondait pas.West écrivit une deuxième lettre, plus tendre, plus pressante : il ne cessait de penser à Ingrid, il ne pouvait envisager la vie sans elle.Cette fois-ci, Ingrid répondit.En quelques mots, froids et secs, elle fit savoir à West qu'elle ne quitte- rait jamais son mari et qu'elle trouvait les propositions de West saugrenues et déplacées.West ne se laissa pas décourager ; pendant toute sa vie il avait fait preuve d'une volonté de fer.Dans sa troisième lettre, West revint à la question financière.Il appuya sur tous les avantages qu'un mariage avec lui apporterait à Ingrid ; et il offrit 50,000 dollars de dédommagement à son mari.La réponse d'Ingrid ne se fit pas attendre ; la belle Suédoise ne disait plus "non" ; elle demandait un petit délai avant de donner son consentement.West était fou de joie ; ses letres à Ingrid n'étaient plus celles d'un business man sérieux et pondéré ; c'étaient les lettres romanesques qu'un collégien écrit à son premier amour.Les réponses d'Ingrid devenaient aussi de plus en plus tendres.Enfin, le jour tant désiré par West, arriva.Ingrid lui demandait de venir en Suède.West, ivre de bonheur, prit le premier paquebot pour l'Europe.A peine débarqué à Stockholm, West se précipita chez les Olavsen.Mais quelle terrible déception l'attendait : une femme un peu forte, très brune et assez vulgaire vint le rejoindre au salon.Le steward s'était trompé, il avait donné l'adresse de cette noiraude sans charme à la place de celle de la radieuse blonde.West quitta l'appartement des Olavsen, comme un fou.Mr.Olavsen ne toucha pas ses 50,000 dollars et ne fut pas débarrassé de son acariâtre épouse.West ne retrouva jamais sa belle inconnue.L.M.FOURRURES CREATIONS.REPARATIONS, ENTREPOSAGE ¦ CUELRE U«illi* 787 est, avenue Mont-Royal — Montréal Agence à Sainte-Adèle-on-Haul : J.COHBEIL.Enrg.Un temple de la tfowmandije rFT^tijK Cuisine et atmosphère SCS VIEILLES PROVINCES FRANÇAISES A]'-'CAP $îMARTIN.(3 WILLIS W KWIAHUNTSIC) Ttl: ABORD-ÂPtourri SIS PAGE VINGT.HUIT LE.PASSE-TEMPS "es . par.ton livret oc banque.que ton compte esTA peu près a sec Mais voila Que ta rEMMC s!smfne toute uoYEil6e,brandissant dans Chaque main Des LiASseg oe certificats c/1-pa.kouB ACHETÉS DURANT LA GUERRE ET LORSQUE TUAS FINI De COMPTER LÈS CERTIFICATS, Tu CONSTATES NON SANS SATIS PACTION, QUE TU AS AMASSE LÀ UNJOL.1 MAGOT pense donc/ nous allcw6 CONTINU CIS DfeN achcts
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