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Titre :
Le passe-temps
Le Passe-temps est une revue culturelle qui présente principalement un contenu musical. [...]

La revue Le Passe-temps paraît à Montréal du 2 février 1895 au mois de décembre 1949, malgré une interruption de 1935 à 1944. Passionné de musique et imprimeur de métier, son fondateur, Joseph-Émilio-Sibert Bélair (1865-1933), est l'inventeur d'un procédé de gravure qui permet de reproduire des partitions à un coût minime. Son décès en 1933 entraîne une première cessation de parution du Passe-temps pendant quelques mois.

Publiée deux fois par mois pendant les premières années, la revue devient mensuelle en 1924. De 2500 en 1910, son tirage passe en 1920 à 10 000 exemplaires, distribués principalement au Canada et aux États-Unis. Les revenus de la revue proviennent non seulement des abonnements, mais aussi des annonces publicitaires. Des journalistes réputés comme Lorenzo Prince et Gustave Comte feront partie de l'équipe de rédaction du Passe-temps.

Le contenu de la revue change au cours des années. Pour l'essentiel, Le Passe-temps vise à rendre compte de la vie culturelle montréalaise en traitant de sujets variés, comme en témoigne d'ailleurs son sous-titre, « Littérature, musique, théâtre, mode, sport ». À cette dimension culturelle s'ajoutent quelques actualités politiques, des renseignements pratiques, comme des recettes de cuisine ou des conseils à la ménagère, de même qu'une section « Divertissements », qui propose des jeux d'échecs, des charades, des histoires drôles, des devinettes, etc.

Dès 1896, le sport est retranché du contenu et remplacé par les « Mondanités », mieux adaptées au lectorat de la revue, sans doute en majorité féminin. En 1898, Le Passe-temps se transforme à nouveau pour devenir un journal « musical, littéraire et fantaisiste », une dénomination qui durera 35 ans même si, à partir du tournant du XXe siècle, la revue se consacre surtout à la publication de partitions musicales. Le Passe-temps est d'ailleurs la revue à vocation musicale qui a connu la plus longue existence au Canada. En 1933, l'éditeur adapte une dernière fois son contenu aux exigences de ses lecteurs, cette fois en raison de l'avènement de la radio dans le paysage culturel. Dès lors, le sous-titre devient « Musique, radio, littérature ».

Les partitions musicales du Passe-temps sont le plus souvent des pièces de danse, comme des valses et des polkas, des extraits d'opéras, des chansons traditionnelles. On y publie aussi des morceaux de Beethoven, de Schumann, de Saint-Saëns, de Fauré et de plusieurs compositeurs canadiens, dont Claude Champagne, Calixa Lavallée et Rodolphe Mathieu. La revue offre ainsi à ses lecteurs la possibilité d'animer les soirées familiales, comme l'atteste le nom du supplément qui paraît dans chaque numéro dès 1898, « ... Musique vocale et instrumentale... pour le salon ».

S'il a pour objectif de divertir ses lecteurs, Le Passe-temps tente également de les instruire, par l'entremise de leçons de musique et de suggestions de lecture. Il tient également ses abonnés informés des dernières nouvelles de la scène artistique, mais il ne propose pas de véritables critiques en matière musicale. À cet égard, la politique éditoriale de Bélair est plutôt conservatrice, ce qui s'explique probablement par le contenu avant tout familial de la publication. Malgré cette position, Le Passe-temps contribue à la vie culturelle de Montréal, notamment par sa proximité avec Ernest Lavigne, créateur et propriétaire du Parc Sohmer, l'une des scènes musicales les plus courues de la ville.

Outre son contenu musical, Le Passe-temps publie régulièrement des textes littéraires de genres variés. Il offre ainsi des contes, des nouvelles, de brefs récits, des monologues en vers et en prose, ainsi que des poèmes d'auteurs français (Sully Prudhomme, Victor Hugo, Edmond Rostand) et canadiens-français, parmi lesquels figurent des membres de l'École littéraire de Montréal (Émile Nelligan, Arthur de Bussières, Albert Lozeau, Joseph Melançon, etc.). Malgré les moyens financiers restreints de l'éditeur, la revue réussit également à offrir à ses lecteurs un grand nombre d'illustrations, dont plusieurs sont l'oeuvre d'Edmond-Joseph Massicotte.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 335-336.

EVERETT, Jane, « Montréal en revues », Écrits du Canada français, no 76, 1992, p. 51-78.

« Le Passe-temps » dans L'Encyclopédie canadienne - Encyclopédie de la musique au Canada, www.thecanadianencyclopedia.com/articles/fr/emc/le-passetemps (consulté le 29 mai 2013).

PRINCE, Lorenzo, « Quelques souvenirs sur le fondateur du Passe-temps », Le Passe-Temps, vol. 39, no 864, août 1933, p. 40.

TRÉPANIER, Léon, « L'étrange histoire de Joseph-Émilio-Sibert Bélair, fondateur du Passe-temps, révélée par lui-même », La Patrie, 5 février 1950, p. 68 et 91.

Éditeur :
  • Montréal :J.E. Bélair,1895-
Contenu spécifique :
v. 39, no 865
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
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Références

Le passe-temps, 1933, Collections de BAnQ.

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PFR F-26 15' VOL.XXXIX MUSIQUE-RADIO-LITTERATURE MONTREAL, Canada, SEPTEMBRE 1933 No 865 TROIS LETTRES MANQUENT! grand roman Les AMOURS D’UNE FEMME D’AFFAIRES, histoire sentimentale LIONEL DAUNAIS GRAND CONCOURS - PRIMES DE VALEUR a Publié sur demande L’ART DU CHANT COMPILE D’APRES LES MEILLEURS AUTEURS Par Gustave COMTE Si nous remontons aux temps phéhistoriques nous constatons qu'alors comme aujourd’hui l’homme a souri, pleuré, aimé et souffert, et il est logique de conclure qu’avant même de se créer un vocabulaire, pour exprimer ce qu’il ressentait, il a crié ou chanté selon qu’il était en proie à la colère ou au désespoir, qu’il cédait à l’amour ou à un enthousiasme débordant de sa nature intime.L’homme a chanté sans savoir qu’il chantait, parce qu’il éprouvait le besoin d’exprimer extérieurement toute l’intensité d’un sentiment incontrôlable.Donc, la musique chantée est la langue la plus parfaite puisqu’elle sert à exprimer des sensations qui échappent à la magie, à la couleur, et à la précision même des mots.Et c’est cet art subtil que nous tâcherons d’étudier ensemble, au moins dans les grandes lignes telles que les ont notées ceux qui se sont spécialisés dans l’étude de la voix humaine.Et puisque nous avons tant de belles voix incultes chez no3 Canadiens, pourquoi ceux-là même qui se sentent des dispositions à chanter ne suivaient-ils pas assidûment ces leçons, complètes malgré leur concision, qui les prépareront tout au moins au travail avec le professeur, si elles ne leur suffisent pas dans de nombreux cas?En effet, pourvu qu’on ait de l’oreille, un peu de voix, le goût de ce qui est noble et beau et pas de répugnance au travail, on a tout ce qu’il faut pour chanter, le reste n’est qu’affaire d’entraînement.Même, au point de vue culture physique, l’étude de la respiration ne peut avoir qu’un effet salutaire sur la gymnastique des poumons et l’hygiène des cordes vocales.1ère LEÇON DE LA RESPIRATION Certains professeurs placent la voix avant la respiration, mais ils ont tort.La voix humaine est assimilable à un orgue.Enlevez le vent de l’instrument, et il reste muet, même que si vous donnez une pression trop faible vous n’obtiendrez qu’un son plaintif, lamentable et sur le point de cesser à chaque moment.Donc, pour chanter il faut respirer largement, profondément, mais avant tout naturellement et sans efforts.C’est tellement le cas que certains s'imaginent qu’ils ne peuvent jamais atteindre telle ou telle note parce qu’ils croient leur régistre trop limité, alors que la véritable raison de leur incapacité réside dans leur ignorance de l’art de respirer.Et ce défaut est commun à la grande majorité des Canadiens, même chez ceux qui ont quelques notions de l’art du chant.Faute d’un entraînement préalable, suffisant, voire de tous les jours, nous manquons d’haleine et nous sommes incapables de grands élans lyriques à l’emporte-pièce.Mais n’anticipons pas.L’acte de la respiration est irréfléchi, il est naturel parce qu’il répond a un besoin de l’organisme humain.Comment se fait-il que chez plusieurs il devient calcule, préparé, énervé et saccadé lorsqu’il s'agit de chanter?C’est justement ce qui ne doit pas arriver.En chantant, il faut respirer comme lorsqu'on parle, sans lever les épaules, sans contracter les muscles faciaux, sans gonfler les nerfs du cou, sans efforts apparents.En s’observant, l’élève réussira vite à respirer en chantant aussi facilement que lorsqu’on parle.Quant à la durée de la respiration — car il importe que le chanteur ait une bonne provision d’air dans les poumons — ce n’est qu’une affaire d’entraînement.Ainsi, nous conseillons à l’élève de s’exercer même sans chanter à garder une longue respiration.Cet exercice, très hygiénique pour les poumons, peut se faire n’importe où, sur la rue, en tramway, etc.Il suffit do prendre une lente et large respiration par le nez, en se tenant la bouche fermée, et de ne chasser que très lentement l'air ainsi aspiré, toujours par le nez, la bouche toujours fermée.Ainsi, je suppose qu'au début, l’élève parvienne à garder sans fatigue sa respiration sept ou huit secondes, il devra dès lors viser à la garder huit ou dix secondes, toujours sans se fatiguer, ni gonfler ses muscles; puis ce résultat obtenu, il cherche à atteindre dix ou douze secondes, ainsi de suite jusqu’à ce qu’il parvienne à une respiration aisée de 18 à 20 secondes.I’our prendre une longue aspiration, il faut avoir soin d’aplatir le ventre et de faire enfler et monter la poitrine autant que possible.On reste dans cette position aussi longtemps que possible, et ensuite on laisse écouler ’e souffle très lentement, jusqu'à ce que le ventre et la poitrine aient repris leur position naturelle.En chantant, l'aspiration se fait, la bouche médiocrement ouverte tant en aspirant qu'en refoulant l’air.Ce procédé n'a rien d’extraordinaire puisqu'on l'emploi inconsciemment en parlant, et il est de plus hygiénique et surtout nécessaire au chanteur.(A suivre) Même.Si vous n’êtes pas Musicien ou Chanteur le Passe-Temps sera pour vous un agréable passo-temps, grâce à ses chroniques intéressantes et instructives.Lisez les biographies et les anecdotes sur vos artistes favoris de la Radio ou du Théâtre, les poésies, les nouvelles sentimentales, roman, etc.C’est le divertissement le moins coûteux que vous puissiez vous offrir — ou offrir en cadeau.Un abonnement ne coûte que $1.50 par année.ECRIVEZ-NOUS DÈS AUJOURD’HUI AUX ATELIERS DU — “Passe-Temps” on exécute avec soin tous les travaux d'imprimerie Programmes ?Pamphlets Entêtes de papier à lettre Ex-libris Cartes d’affaires Circulaires Art.**» Enveloppes personnelle.T H vous sera avantageux de demander nos prix.Nous remplissons avec le même soin les commandes envoyées par la poste.LE PASSE-TEMPS, 20, rue Craig Est, MONTREAL PARTICIPEZ AU GRAND CONCOURS du Passe-Temps Instruments de musique et autres objets de valeur — donnés en primes (VOIR A LA FIN DE CE NUMERO Le Passe-Temps — Montréal, Septembre 1 9 S S Page 51 J niswm t* F Poirier Vjrtnr Parent a Provost fîeo Poirier F.Pa'idilhe T.A.Pnnuette ¦T.Poirier T.orenro Prince Tonîs ï’avette C.V.Pnnneton C.E.Pariseau Ed.Quivron Emillano Renaud Mlle D.Rouillard Paul Revennea Amédée Roy Donaldn Roy Eug.Richer Léo Rov Stella Ricard F.Donat Roby A.Sénécnl J.St-John W.Shannon S.Sauvé, ptre A.J.H.St-Denis J.Saucier E.Spencer Lionella St-Onge C.O.Sénécral E.St-Germain J.E.Smith Paule Steadworthy M.Saint-Clair Sabatier Rosa St-Martin A.Tessier Odilon Talbot Chs.Tanguay J.Taillefer Victor Tanguay Cécile Thériault Am.Tremblay J.B.A.Tison J.-Robert Talbot Emma Viger Jos.Vézina G.Valois J.U.Voyer Mme A.Vlau Henri Weber M.Very Otto Zimmerman ETRANGERS G.Anelli F.Aiidran G.Aubry A.Adam L.André A nemayannl E.Arnaud L.Abadie L.Augin C.Attlc G.Arnold C.d'Alessio Geo.Bizet T.Botrel H.de Bozi H.Baloni Bach G.Rernard Boellmann Biehl Brandt L.Bordèse Beethoven J.Blockx G.Bachmann G.Broutin P.Balot A.Bosc D.Bemian R.Berger E.Bessi?re D.Bemlaux J.I* Battmann Biaise A.Boieldieu Fred.Berat E.L.Benech H.Bruant G.Brunei E.Carioso F.Chopin C.Chaminade J.Creus L.Collin F.Chaudolr A.Cherion J.Clerice A.Catherine H.Chatau J.J.Clossey H.Chatan M.Carman Christiné L.Claude A.Colomb Clapisson C.Courtiaux F.X.Cook P.Cressonnoir G.Crier P.Camus P.Chiné Théo.Dubois A.Delandres E.Durand L.J.Dusseck T.Delibes F.Doria R.de L'Isle E.P.Duplessy P.Delmet De Pétri Pc Crebnssac E.Deransart A.de Ganay De Fontenailles .1.Darien P.Dupont E.Deconclois A.de Polignac R.de Aceves F.de Mandery G.TVHardclot A.Ducreux A.DTÏack I,.De Wenzel T.Tlrlaquerrièr» F.Duhem E.Demartv A.De Villebichot Delombes-Porcheron G.De Temaly F.de Supné Melchior Destres L.Dessaux J.Daniel Ehrmann Eilenberg C.Erlanger F.Edelman N.Eichom A.Flégier G.Flapand J.Fauré C.Franck L.Fantauzzi Fragson F.Francia G.Floubier E.Feautrier Flotow G.Faidey C.Fargues E.Famechon C.Gounod E.Grieg L.Ganne C.Galeotti A.Gilardenghi A.Goudray Gluck B.Goddard E.Guillet A.Gouzien M.Gallimard G.Gurtler L.Gras L.Gobbaerts G.Goublier Gustave de Suôde A.Guyon R.Guttinguer Grétry M.Gralmick L.Graveline Abel Gray R.Georges E.Gavol A.Girodin H.Giroud G.Guérin G.Gabaroche Gamier T,.Gangloff C.Guindanl Hansen F.Halevy R.Hohn H.Hoffmann V.Heroin Ilubprti F.Hitz J.Haydn P.Henrion H.Hemmanuel G.Hué A.Herlé Aupusta Holmes C.Hunor B.Holzer Herolde A.Herzog A.THinsky J.Imbert A.Touberti M.James F.Jouve F.Jozin M.Johnson J.Jovau C.Jardin Kalkbrenner T Kotlar H.Kandowski G.Krier A.Kaiser Mme A.de Kabath C.Lecocq A.Landry Lulll B.Lagye R.Leoncavallo P.Lacome Lemmens M.Legay G.Lange F.Liouville G.Lemaire A.L’Egliers V.T,ottier L.Lust C.Levecq F.Lehar I.I.ucianl Antonin Louis G.Ludovic Omer Letorey Longo D.Lawrence J.Lenoir Luxo E.van Loock I.de Lara * A.Messager Marmontel Muller E.Montagné G.Maquis M.Mozkowski J.Massenet F.Masini G.Mario Masraeni Meyerbeer Mozart Mendelssohn Montnlaisir Munich Mon'aubry E.Marti G.MariettI G.Morel V.Massé D.Mayer G.Meuiré R.de Montaient Mehul J.MascheronI H.Morrison Roger Myra Vann Nibor C.Neustedt •T.C.Nouguta Novelli Offenbach Olberseben P.Ozrariz G.Paulin A.Petit A.Panzetta C.Penna L.Reynaud L.Provera X.Privas L.Pouget B.Parera E.Poncin R.Planquette G.Picquet F.Pradines J.Piet H.Piccolini C.Pourny G.Pcrducet J.Pakonski Paladilhe Pergolèse M.Quef R.Richards G.Rolfo V.Roger G.Rupèg Rubinstein E.Reyer F.Renard J.Rico P.Rongron V.Robillard Gab.Robert H.R.Ressler Eug.Rosi L.1 Raynol E.Rubini !.Reynaud Saint-Saëns N.Saraeno R.Shumann -A.Sudessi G.Spinetti O.Strauss E.Sengel G.Sartori Sousa L.Selmi G.Schindler W.Shannon E) Spencer V, Scotto G.Serpettl M.Symiane Schubert A.Stanislas G.Smith Saint-Gilles Léo Sileau J.Tcisserire A.Teste D.Tagliafico D.Trave F.Thomé D.Tipaldi A.Vignais G.Verdi H.Van Gai-I Varney G.Verdalle P.Vidal A.Viellefond F.Vargues G.Valois F.Wachs H.Wevts E.Waldtcufel J.Wnlter R.Wagner O.Weber L.Xanrof Yradier Page 5i Le Passe-Temps — Montréal, Septembre 1933 Nouvelle Canadienne Inédite Les Amours d’une Femme d’Affaires =Par Paul JALE= I.a pluie tombe pnr torrents sur la ville grise.Une légère brume reste suspendue dans l’air, et au-dessous, les arbres, les maisons et les rues apparaissent dans une transparence destinée à faire ressortir les nuances les plus délicates.Noyée dans cette eau diluvienne, chaque chose cependant conserve sa valeur propre, et la nature reçoit, impassible, ce déversement monotone.Montréal n'est pas en fête aujourd'hui, il s'en faut, et personne ne désire mettre le nez dehors.Le crépuscule passe inaperçu.I.es fenêtres s'illuminent un peu partout, et c’est la fin d’une telle journée.On pourra enfin oublier cette température détestable! Bien clos en son appartement, un homme cependant se soucie peu de chasser la pénombre.Assis devant son bureau, il grille lentement une ci- rirette.et la petite étoile qu’il porte ses lèvres, à la table, révèle seule sa présence.Plongé dans une profonde méditation, il oublie l’heure qui s'enfuit.Une lumière aveuglante fait tout-à-coup irruption dans sa chambre.Surpris, l'homme se lève d'nn bond, l’ar la fenêtre il aperçoit les deux phares d’une automobile braqués sur la maison.Puis la voiture fait demi-tour et disparait.Arraché à sa rêverie, il éprouve un violent besoin d'agir.de chasser scs rêves inutiles.d’oublier .Pour commencer, il irait souper au restaurant, il ne pouvait rester seul ce soir.S'habillant à la hâte, il sort el sc dirige vers la rue Bleury.La pluie a suspendu son cours et un vent frais s'élève.Dans la rue vivement éclairée, des gens affairés, courant presque, se bousculent un peu, ne s’arrêtant jamais, semblnbles îl des flèches lancées en droite ligne vers quelque but magique, et qui dédaignent les obstacles.Des trams bondés transportent péniblement une foule compacte; ces pauvres tramwaysI.ils en respirent h peine, et semblent s’offusquer d’un tel débordement d’intrus.Aussi, ils n’en mènent pas large.Il faut bien donner une leçon à ces gens trop impatients .Dons cette hâte et cette activité intenses.un homme jeune et d’allure vive distribue force sourires et poignées de main.A droite, à gauch-?.toujours surgit une connaissance qui sollicite un coup de chapeau et l’innocent couvre-rhef devient bientôt plus apparenté à la mnin preste qui le saisit tout-à-coup qu’à cet attribut autrement resneetable qui s'appelle une tête humaine! S’esouivant toujours avec un sourire, l'heureux mortel pousse soudain une exclamation: — Tiens! bonjour André! Ça va, mon vieux?Ce disant, il secoue vigoureusement la main de son ami.dont le visage s'éclaire en entendant ces paroles.— Paul! Bonjour.Oui, ça va pas mal merci, et toi?— N"méro un! Dis donc, André, où vas-tu à cette heure-là?— Souper.— 0# Rfeldrnr* d'««, ChunblJ 2«0J Télfphon» Jrasse-1 emps SI.50 par année vous recevrez de 50 à B0 Wor-.ceaux de musique bien choisis., pour une valeur d'environ 20' DOLLARS.En plus des Nouvelles, romans, feuilletons et articles intéressants.C'est la revue de famille qui vous donne le plus pour votre argent.5 J.-N.Charbonneau DOCTEUR EN MUSIQUE (UnlvoralIC de Montr«l> Enseignement supérieur de la Musique Préparation au Professorat et à la Direction chorale 4116, Ave.Girouard, Notre-Dame de Grâce I •nHmini«ti-ation du “Passe-Temps” se tient à la disposition de ses lecteurs pour tous renseignements concernant la musique feuilles.Téléphone: LAncaster 0438.Adresse: 20 Craig Est. Page 56 L'ADIEU Ariette — Mozart.Berçsusc célèbre — Mozart ___________ Apaisement — Beethoven- Balade du Vaisseau Fantôme — Wagner ______________________________ L'ambur Blessé — Saint-Sains_________ Air des Bijoux, (Faust) — Gou- nod _______________________________ Ah! si j'osais, valso chantée — Lecocq .Ait Printemps, mezzo-soprano — Gounod _______________________________ .25 Le Désir du Printemps, mélodie 30 Schubert - 40 .30 ^*.Ptnsc à Toi, mélodie — Schu- bert .25 Les Deux Grenadiers — Schu- mann - .40 .55 Invocation (air de Faust) — Gounod __________.________________.50 Le Lotus, mélodie — Sehumann.26 .80 L'Adieu, mélodie — Schubert— .25 Le Fil de la Vierge, mélodie — -fiO Suédo .40 Dieu que ma Voix Implore (Il Tro- va-tore) — Verdi .35 Le Vallon, soprano — Gounod._ .40 Largo, air de Sersc — Haendel.35 Carmen — Biset .35 Carmen, grande sélection — Biset 1.00 Légères Hirondelles (Mignon) — A.Thomas .60 Alléluia d'Amour, romance—Fau- J'ignore son Nom (Si j’étais roi) Adam - .25 Les Deux Coeurs, chanson bretonne — Chaminade ________________ 60 C’était en Avril — Chaminade 50 Tu me Dirais, mezzo-soprano, ou baryton) — Chaminade _________ .50 Amour d'Automne — Chaminade .60 Bonne Nuit, mélodie — Massenet .75 Berteuse de Jocelyn (violon et violoncelle) — Godard .60 T*n* ce» mort-raux nont en v«nte ma “PASSE-TEMPS” Caator Portai tOlS — MONTREAI.j’aime! Sans moi.re.tourne aux «ieux! r.a Le Passe-Temps — Montréal, Septembre 19 3 3 Page 57 J»J.J>t-J J t JfJ.mort estime a—mi.e, Qui relief la 11 — — ber—te; An H j, j j.>u j, JLL-fe! Ciel reçois Ja • -vi e, Et potir l’é-.ter .ni — té! La w t! ' flî 'fïï l Pï P v.j.jj.~ j.i-j =j=^rm—rj.ju < < tê .mort est une Qai- rend la li- I B S 1jEg Ciel reçois la • vi e, Et pour l’é-.ter.ni—té'.Adieu t tu vas m’attendre: Bientôt je dois partir.Mon coeur fidèle, tendre Te garde un souvenir.Adieu! jusqu'à l’aurore Du jour en qui j’ai foi, I)u jour qui doit encore Me réunir à toi.Vision Fugitive (Hérodiade) — L'Adieu du Matin, chant — l’es- Amour de Mère, duo de chant — Danse Humoresqut, piano — Peil- Massenet ___________________ .50 sard .35 Bordé»» ——.- -40 yen- -35 Cavalier Fantastique, étude — Les Larmes — Rie go-.75 (alr de Salomé) Mns' .Jennne-d'Arc à Rouen, scène dra- Godard .-.Aimon»-nou», valse chantée — Le- L'Amour.e«ÜVÈsptrance (Boc- " >"ati(lue ~ Bordée» - .75 Embarquez-vous — Godard .40 eocq .- -80 cace) Suppé 35 Tou* **¦ m"r",,ul ™ »«•“• *¦> Vierae à la Crèche, soprano ou té- Sénénade des Anges — Broga.— .U0 L’Amour Captif, valse lente — “PASSE-TEMPS” nor — Pcssard_______________ .40 Arioso de Benvenuto — Diaz-.50 Caro .60 c“Wr *01* ~ montreai. Paye 58 Le Passe-Temps — Montréal, Septembre 1 9 S S INTERMEZZO » I PIERRE 0H1VÉ.Manon, chanson valse — Aerts 40 Le s Trois Robes Blanches, mélo- Dis, Veux-Tut — TogKafico .90 die-valse — Poumy - .40 Aimer, Chanter, Pleurer — Eg- Les Trois Souhaits, bluette — bers ______________________ .25 Poumy - .40 Le Temps des Cerises, pastorale L'Ame des Violons, valse tzigane — Renard .— .50 de Buxeuil._.60 Te Souvient-il?chanson—Holmes.50 L'Eclat de Rire, chansonnette — Berçense aux Etoiles — Vercolier .35 Poumy - .40 l'Envers du Ciel, mélodie — Mo- Gardez-Vous de Vieillir, mélodie— reau ,.‘.i.60 Renard .; .40 Te» Veux, mélodie — Rabey ___.40 Le Dernier Tango — Doloire .50 Tu me Demandes Pourquoi je Fumeur d'Opium, chant — Heimer .40 t'Ai-me, valse chantée — Huner .75 Je serai là/ — Codini _ .40 f/n Nid sur une Tombe, romance Les Mamans (de Botrel) — Del- patriotique — Deconclois .65 met .L'Enfant Chantait la Marseillaise Ma Jolie, chanson — Marquis_______ — Collin.60 Malgré Moi — Pfeiffer _________ FiUe de Marin — Duhem .45 Elle n’Etait pas Jolie — Cliristi- Tout.-.m rhanmi» «.m en »™te nu ™ “PASSE-TEMPS" lodie — Codini .50 r-t.i «•’» — montre.* r. LF.Passe-Temps —Montréal, Septembre l » 3 3 Page 59 ^^,-Tr Æ |r r te-ir rffrrfa^fe Legato.*L Z i ir i jjp i j — J J.gjWr-= *=f-^=£ £ j i j^j m •\0 ffTM f é -Hf £ J»' fein m La Maison (Irise (opéra-comique “Fortunio”) — Messager .Lisoti, Lisette, chnnson populaire — Borel-Clerc _____________________ Lisoti Dormait — Wieherlin .J’ai rêvé de t'aimer — Goublier_______ Je suis le passeur du Printemps, chanson — Gaublier .—.Vision de Ste-Cécile, mélodie Leboue ________________________ Le Violon Brisé, simple histoire — Herpin .Une Page d'Amour, valse lente— Rico .Une Rose dans tes Cheveux, romance — Pradines .—.25 Valse d’Amour — Crémieux .fü Valse Espagnole, sérénade — Menlia .- L'Etranger, romance — Alary Attisez le feu — Abadie - Les Filles de harochtlle — Tiersot .-.Im Voix des Anges, romance — Philie .10 .40 .50 .80 La Voix des Feuilles, chant et pia- .60 no — Lame tan .A ir du Toréador, Carmen, paroles .00 anglaises et françaises — Bi-.60 tel.70 .50 .50 .25 _ .45 .35 MUSIQUE RELIGIEUSE Ave Maria, contralto — Millard.Ave Maria, solo avec accompagnement — Agostini .,4Vf Maria, baryton ou contralto — Senecal ______________________ .25 .75 .50 .40 .40 Ave Maria, mélodie religieuse — Gounod .—.40 A ve Maria, ténor et basse avec ac- comp.d’orgue — Verdiekt.25 Ave Maria — St-Denis - .40 /lue Maria, soprano ou ténor — Fauri .50 Tou* ¦ momBRi non! rn vente nu “PASSE-TEMPS” Cnali-r 1-n.tul S07K — MOMTKKAL Page 60 Le Passe-Temps — Montréal, Septembre 19 33 OSCAR DEMENAGE.— Monologue comique par Helvet.A faire mourir de rire.Prix par la poste 16c.ON DEMANDE UNE JEUNE FILLE.— Monologue comique par Paul Coutlée.A chaque fois que le diseur s’adresse à une spectatrice en particulier, la salle se tord de rire.Grand succès.Prix par la poste, 16c.LE PORTRAIT DE PIERROT, pantomine, en un acte, une femme, trois hommes, par Jules Ferland.Fantaisie à succès.LES PROMESSES ELECTORALES DE M.BELOISEAU.— Discours politico-comique, par Joseph Gri-gnon.Succès assuré.Prix, par la poste, 16c.EN VOULEZ-VOUS DES HISTOIRES DROLES?— Plusieurs petits monologues comiques et à succès dits par Jules Ferland au "Matou Botté”.Prix, par la poste, 26c.LES CRAMPONS, un acte gai, deux femmes, quatre hommes, par Jules Ferland.Ces deux pièces, par la poste, 27c.SAMSON — conférence drolatique, par Joseph Grignon.Grand succès.Prix, par la poste, 16c.VA COMME JE TE POUSSE — saynète comique, par Jules Ferland et Emile Lavallée-Smith, deux ou trois hommes.LES NOUVEAUX LOCATAIRES, un acte par Jules Ferland, deux femmes, cinq hommes.Ces deux pièces, par la poste, 27c.POUSSE-TOUE! — Monologue comique, par Jules Ferland.Un éclat de rire.Prix, par la poste, 16c.CA M'EST EGAL! — Monologue bavardage sans queue ni tête, par Jules Ferland.Très drôle.Prix, par la poste, 10c.CA M'A TOUJOURS FAIT RIRE— Monologue comique, par Jules Ferland.A rire aux larmes.Prix, par la poste, 16c.Toute* «-es pi^cn» «ont Tante *»*» “PASSE-TEMPS” Couler PokIuI 20TS — MONTERAI, Le Passe-Temps — Montréal, Septembre 1 II S 3 Page 61 Pavane des Pages.Largo Violon ou Mandoline.2 Mouvement de Pavane.P.SUDESSI.çj Tpj Kl| —= ///NC_5- ^ ( ci esc, e allnrg.nempre pi h a tempo | jç ?- -r n/tnru- H t> WVO p cou degauza ta "* —^ / oh ,sp)it/in 4?Corde.« S Q iillnrg.-poco » J r cou c/'gauza ~ i h.rr ^ sentimento Ae.Corde.cr/'si e allai g.srmpu-nitt 4 * fi * .u - _ al/atg.moHn n* wof/o Hizz i;,r P-,-t-p,.|Ptf-jjfmrij >* *r ^ - - * m,1 ^ C— Ce qu’on chante à Paris Les chansons à succès Amour, toujours l'amour.— Célèbre mélodie.Cest l'a .Pa .Cest Parisien.— Fox Trot chanté du Film "La Bande à Bouboule”.Succès de Georges Milton.Chaque jour.— Valse chantée du Film, "Vous serez ma femme.” La Fortune.— Du film du même nom de Tristan Bernard.J’ai deux amours.— Succès de Joséphine Baker.Je rêve d'un simple amour.— Tango chanté par André Baugé du film “Un caprice de la Pompadour”.Coquin d'amour.— Fox-trot chanté — Succès de Milton, du film "Embrassez-moi.” Je vois la vie en rose.— Du film "Dactylo”.Parlez-moi d'amour.— Mélodie.Succès de Lucienne Boyer.Le ]>ays du linnhvur.— Du film "La femme et le rossignol”.Le plus joli rêve.— Célèbre mélodie.Prenez mes roses.— Tango chanson.Succès de Lucienne Boyer.Si l'on ne «fiait pas eonnu.— Du film "Un soir de râfle”.Une Viennoise.— Valse chantée du film “Mnr-‘ Tout l'paya l'a su! — Chanson populaire.Création Alibert.Tous les rives d’amour.— Mélodie — Duo & volonté.Tes yeux.— Mélodie de Bonincontro.La Roule du Bonheur.— Du film "Le Vainqueur”.Toutes ces chansons se vendent pour cliant et piano au prix de .45 chacune.Le Passe-Temps Casier 2078, Montréal. Page 62 Le Passe-Temps — Montréal, Septembre 19 3 3 LA CHANSON COMIQUE A va-t-y finir.La crise?Nouveau répertoire du "Passe-Temps” Paroles d’Alfred Rousseau Air: Grand Père Noé Le tra - val! est ax-ré - lé.C'est ma-dam* lu Cri - se, Tout le monde est débou- té, Plus-aicurs font des cri - sn.Oa mur-mure en - trc se* dent*: A va t’y pas- ser ?A pas*' ra t‘y pas ?A pass' t*y il pass' pas.A pass’ ra la Cri-se.Qu'on fasse ou qu'on dl - se On mur-mur en - tre ses dents.A va t*y pas - ter ?A pan ra l y Chose h dire DANS LA SALLE Je le jure! je ne remettrai plus les pieds dans un théâtre! Pourquoi me demanderez-vous?Pourquoi?Parce que, après l’aventure qui vient de m'arriver, je hais tous les théâtres de toute la force de ma haine! Hermance (c'est ma femme) me dit hier: “On joue aux Variétés une revue très amusante.“Tu devrais bien m’y conduire!” Nous ne sommes mariés que depuis six mois à peine et je n'ai encore aucun motif d’être désagréable à ma femme.— Je dis: “Oui”, sans enthousiasme.“J’emmènerai maman avec moi, ajouta-t-elle de sa voix la plus tendre.Quelle tuile! Je prends au bureau trois fauteuils de balcon, trois fauteuils de face: j’aime mieux cela; on a toute une rangée de petits bancs à renverser avant que de s'asseoir; et puis on force la file entière des spectateurs à se lever, on leur écrase les orteils, ils sont furieux.Il ne faut négliger aucune occasion d'être désagréable au prochain 1 Nous nous installons! J’avais devant moi un monsieur très très grand, très gros, très chevelu.J’aime beaucoup les gros messieurs au théâtre; ils vous empêchent de voir la scène, mais on est sûr, avec eux, que la rampe ne vous fera pas de mal aux yeux.Ma belle-mère ne partage pas ce goût.Elle avait devant elle une dame, avec un volumineux chapeau.Dès que le rideau se lève, la voilà ui crie: "On ne voit rien! C’est idiot e se mettre sur la tête des échafaudages pareils.A bas Ve chapeau! Chapeau! Chapeau! Elle avait le diable au corps; la dame faisait mine de ne rien entendre.Alors ma belle-mère me dit: “Anatole, priez donc cette dame d'enlever son chapeau!” Comme c'est facile de demander ça à une dame! Pour avoir ln paix, je me penche et je frappe doucement sur l’épaule de ma voisine.Elle se retourne, furieuse: “Qu’est-cc que vous voulez?Nous nous regardons dans le blanc de l'oeil et la voilà qui crie: “Tiens, Anatole!'' Moi, de mon côté, je la reconnais: “Augustal" Oui, Augusta, une ancienne à moi, une modiste catapultueuse à qui j’ai fait la cour pendant deux ans, avant mon mariage, bien entendu! et à qui j’ai raconte, ityiefqucs semaines avant cftte opération désagréable, que j’é-tàis forcé «l'aller m’établir ch Améri- ; Bonne fille, Augusta, mais la tête trop près du bonnet.Du lait à 95 de-jjrës en permanence! à la plus petite contrariété, crac elle bout, elle déborde! La voilà qui tourne le dos à la scène, qui se met à genoux sur son fauteuil et qui commence: “— Tu es bien blagueur, mon petit vieux! Je te croyais en Amérique! Mince d’Amérique! Tu es à Paris et tu ne viens pas me voir, lâcheur! La salle entière était debout et se tordait de rire; les gamins du poulailler sifflaient; la situation devenait tendue.Tout à coup ma belle-mère se lève.— Je vous défends de parler à mon gendre, gourgandine! Vous voulez compromettre une honnête famille et jeter le trouble dans un ménage.Ce fut le coup de grâce! — Comment, tu es marié?répliqua Augusta hors d’elle-même.C'est pour cela que tu m’as lâchée?Je comprends tout maintenant.Eh bien, tu n'as pas gagné au change 1 Allons, voyons, sans parti pris, je suis mieux que ton sécot de femme! Est-ce que tu as aussi épousé la vieille?Ah! c'est ta belle-mère! ton crampon! r L* travail est nrrété.C'est mndnm' lu Crise; Tout I* monde est déroulé.Plusieurs font «le* crises.On murmur’ entre ses dents: A va t’y passer?n pnss’ru t'y pas) A pass’t’y?u pas** pa*! A puas'ra la Crise.Qu'on fhi*5«j ou qu'on dise.11 1 SI l'on volt so décrocher I-e r’saort «Ica affaire».Uu verra toujours marcher l.u Iuhk.des commôrw; Kn tpluehant lu voisin: •'Non.mais dls-mol donc! Mb chèr*.l'ns-tu VU?as dû chercher longtemps, mon chien-chien, avant de découvrir deux bipèdes pareils! A toutes les galeries les spectateurs se penchaient, et j’entendais dire autour de moi: “Epatant! très gai et très imprévu, ce début-là! Ce diable de Christian est grimé à en être méconnaissable! Qui donc fait la vieille?On dit que la jeune, c’est Baumaine! La petite scène est très bien réglée.Vous allez voir qu’ils se battront!” Hélas! oui, ils se sont battus! Ma belle-mère, bleue de rage concentrée, se précipite sur Augusta.Je veux les séparer! Je me jette entre elles deux.Je reçois des giffles à droite, des gif-fles à gauche; j’envoie par mégarde un coup de poing sur la tête du gros monsieur; il se fâche, me saute aux cheveux; ma femme le mord; nous roulons, pêle-mêle, dans les fauteuil», écrasant les chapcay.x, cassant les cannes; ma belle-mère, piétinée par Augusta, s’évanouit.Ma femme, affolée, voulant mettre fin à la lutte, crie au feu! Le pompier de service, qui, de loin, ne distingue pas bien la bataille, croit que le foyer de l’incendie est là où l'on se démène si fort et entre '¦n «cène, lance en mains! sommes igusta, ma il I-e malheureux financier, C“est le plu* K plaindre; Son sort inc fait trop pitié.Je n'os* vous rdépeindre; Il conserve su stf-nographo .Maiy ses deux millions?mais ses quatr* chauffeurs?Plus rien qu'un, plus rien qu'deux! Ca c'est d'ia misère, Ca c’t’un puuvie hère! .1 V Le Jeune bomm’ qui veut s'marler Travers* des orages.Sa blond' menue* do l'qullter Puis reprend rourago .Toujours ln mémo chanson : "SI tu d’décld’ pas.J’men vais m'dCclder! Tu m'alm* pas?Ou tu m'alm’?Faut que tu d'décldtm Ou bleu J'me suicideI.femme et moi! Le pompier, qui continue à n'y rien comprendre, nous arose avec une persistance fâcheuse.Nous nageons en pleine eau.Sans l'arrivée du commissaire de police qui met fin à l’inondation, nous serions tous morts noyés.On nous emmène au poste.Et vous voulez que je retourne au théâtre! Jamnis! jamais! je le jure! COQUELIN CADCT SI R nr.MANIIB Au bois du rossignolet M'en allant promener (relé relé) Le long du grand chemin (relin relin) Le long du grand chemin.Je me suis endormi (reli reli) A l'om-(relom relom)-brc, sous (relou relou)-z-un pin (relin relin).Au bois du rossignolet (relet relet) Au bois du rossignolet.Je me suis endormi (reli reli) A l’ombre, sous un pin (relin relin) A l'ombre, sous un pin.Je me suis réveillé (relé relé), Le pin (relln relin) était (refait re-lai) fleuri (reli reli).Au bois du rossignolet (relet relet) Au bois du rossignolet.Questions et réponses Ia** historien*.1rs biographe», ou les chercheur* manquent parfois de renseignements sur lu vie de tel et tel artiste canadien célébré, lieu de naissance, généalogie, sou-venir* de fiunllle, d'enfance, etc.En posant.Ici, leurs questions, IIn pour* ronl obtenir des rennelgnements susceptibles de» compléter leur dossier.Nouh publierons les quchtions et les réponses, prière toutefois de toujours Indiquer le numéro des quextion» en répondunt aux demande*.1 — Quelles sont les 16 compositions, ou groupes de compositions musicales, qui présentent le plus de difficultés techniques pour le piano?2 — Qu’est devenu M.Raoul Laval- lée, fils de M.Calixa Lavallée (le compositeur de 0 Canada!), né vers 1881; aide-de-camp du gouverneur de l’île de Porto-Ri-co, aux Antilles, vers 1918?3 — Qu’est devenu M.Joseph Ijival- lée, frère de Calixa- Lavallée?Aux dernières nouvelles, il était tromboniste de grand mérite, à Newark, N.J.(en 1891).4 — Jusqu’à date, personne n’a pu trouver le régistre de paroisse, mentionnant ie baptême de la cantatrice d’Albani (Emma La-jeunesse).Quelles notes sérieuses possédez-vous établissant, sans discussion possible, le lieu et la date de sa naissance?Je me suis réveillé (relé relé), Le pin était fleuri (reli reli) Le pin était fleuri.Ah! j’ai priB mon couteau (relo relo)_, La bran-(relan relan)-che j’ai (relé relé) coupée (relé relé).Au bois du rossignolet (relet relet) Au bois du rossignolet.Ah! j’ai pris mon couteau (relo relo), La branene j’ai coupée (relé relé) La branche j’ai coupée; Je m’en fis un flûteau (relo relo), Un fla-(rcla rela)-geolet (relet relet) aussi (reli reli).Au bois du rossignolet (relet relet) Au bois du rossignolet.Je m’en fis un flûtiau (relo relo).Un flageolet aussi (reli reli) Un flageolet aussi; M’en allant en chantant (relan relan) Le long (reion relan) du grand (reion relan) chemin (rolin relin) Au bois du rossignolet (relet relet) Au bois du rossignolet.M’en allant en chantant (relan relan) Le long du grand chemin (relin relin) Le long du grand chemin.-“Ah! savez-vous, messieurs, (relou roleu) Ce que (rele rele) ma flû-(relu relu)-tc a dit (reli reli)?Au bois du rossignolet (relet relet) Au bois du rossignolet.Ah! savez-vous, messieurs, releu relou) Ce que ma flûte a dit (reli reli) Ce que ma flûte a dit?—“Ah! qu’il est doux d’aimer (relé relé) La fi-(reli reli)-11’ de son (reion re-lon) voisin (relin relin) I Au bois du rossignolet (relet relet) Au bois du rossignolet.“Ah! qu’il est doux d’aimer (relé relé) La fill’ de son voisin (rclin relin) La fill’ de son voisin! uand on l’a vu’ le soi-(rela rela)-r n la (rela rela) voit le (rele rele) matin (relin rclin).Au bois du rossignolet (relet relet) Au bois du rossignolet.J'pens' que oui! J’pens' que non! J’pens’ pas MU'II travaille, C'est un rien qui vaille! .V I.a moral' pour tennlnur Fait" la ü votr' guise.Mais 11 f:»ui rire et chanter.Au dlabl' la Crise — Kl le commence A «lécolsr .SI ca peut marcher, ça va donc marcher! A s'en va.pousse* pas.I.'n peu do patience, Vous aurcs votr’ cliauoe! Tous droits réservés 1033 ( limiKon crée uu poate CKAC, Il Plleiire de* Montagnards Le Passe-Temps — Montréal, Septembre 19 3 3 Pane GS Xos Jeunes Artistes Mlle F.Beauchamp Boursière de l'Institut Canadien de Musique.Mlle F.BEAUCHAMP Mlle Beauchamp est très avantageusement connue du public montréalais.Elle a paru plusieurs fois en concert et à la radio, entre autre l’hiver dernier aux causeries-concerts de l’Institut Canadien de Musique où elle donna un récital de piano qui fut hautement apprécié de la critique.Nous ne doutons pas que Mlle Beau-champ saura profiter de son séjour n Paris, connaissant sa persévérance au travail et le degré de perfection artistique qu’elle a atteint au pays.Dans des concours de virtuosité aux-\ quels elle prit part depuis trois ans, ,7 Mlle Beauchamp a montré chaque fois , un réel progrès.Ces concours mar- i quent le couronnement des études supérieures; ils démontrent aussi les qualités des concurrents dans toute leur ampleur.Mlle Beauchamp aura donc l'honneur d'être la première boursière que l'Institut Canadien de Musique enverra à Paris.Notre jeune virtuose, qui s’est fait remarquer par le public il y a longtemps, puisqu’elle obtenait déjà à seize ans le titre licenciée en musique a commencé ses études avec Mlle Alice McCaughan et les poursuivit par la suite avec MM.Octave Pelletier, Romain Pelletier, Arthur Letondal et Rodolphe Mathieu.Nos meilleurs voeux de succès à Mlle Beauchamp et tous nos compliments.M.Lucien Martin Violoniste virtuose De l’avis des connaisseurs qui ont eu l'occasion d'entendre Monsieur Lucien Martin depuis son retour d’Europe, il serait à souhaiter que ce jeune violoniste de talent ne s’en tienne pas à un seul et unique récital à Montréal cette saison.Premier violoniste américain à posséder sa licence de concert de l’Ecole Normale de Musique de Paris où figurent au nombre des jurés les maîtres Cortot et Thibaud, Monsieur Lucien Martin se doit à une plus grande manifestation de son art.Mlle Germaine Malépart Planiste distingué*.PROCHAIN COKCERT Cette jeune et remarquable pianiste se fera entendre prochainement en concert.La nouvelle nous en parvient et nous nous empressons d’en faire part à nos lecteurs.Mademoiselle Germaine Malépart compte parmi les artistes consciencieux qui ne sont jamais satisfaits d’eux-mêmes et qui sans cesse tourmentés par une plus haute cor,g.‘option de leur nrt brûlent d'en posséder tous les secrets, toutes les ressources, cette perfection rare à laquelle or, reconnaît les maîtres.Cette artiste sincère à l’idéal si pur, malgré leu succès déjà obtenus et les critiques leu plus é(oj;ieuse3, retourna d’elle-même à Pans, en 1921.poursuivre ses études musicales.Et le succès plus grand, plus définitif est venu couronner ses efforts et la renommée s'est attachée à son nom, mais, depuis deux ans, Mademoiselle Malépart n’a pas voulu se faire entendre, préférant travailler dans l’ombre.On devine quel régal artistique cela sera pour le public select, délicat et raffiné, le public d'élite qui ne manque jamais d’accourir à scs concerts.M.F.-J.Brassard Planiste et compositeur.Correspondant du “PASSE-TEMPS", il Paris.Ce jeune musicien plein d’avenir n'est âgé que de vingt-quntre ans.Voici quelques notes biographiques, elles vous diront elle-mêmes quelles belles espérances nous sommes en droit d’attendre de ce musicien de chez nous.Etudes classiques au Séminaire do Chicoutimi, Finissant, 1928 bachelier-ès-arts, eu m laudr.Etudes de piano au séminaire avec M.l'abbé II.Fortin.Deux années d'études musicales à Québec avec MM.Gingras, Létour-neau et Talbot.Bourse de solfège de l'Académie de Musique en 19:10.Etudia aussi à Montréal avec MM.Léo-Paul Morin et Claude Champagne; travaillant le piano quelque temps avec le premier, et poursuivant études de choral, de contrepoint et de fugue depuis trois ans avec le second.Elu l'an dernier membre de l’Académie de Musique de Québec et cette année Membre du Comité diocésain d’uction liturgique (Diocèse de Chicoutimi).A écrit entre autres compositions: "Lied”, pour piano; "Chanson d’Hier," pour violon au répertoire d’Edwin Bélanger, prix d'Europe 1933; “Ce soir", mélodie pour chant et piano, éditée au début de septembre.M.F.J.Brassard étudiera n Paris avec les meilleurs maîtres, piano, orgue et chant grégorien à la Schola Cantorum.Il en profitera pour visiter les villes musicales célèbres, So-lesme, Bayrcuth, Salzbourg.Nos souhaits les meilleurs à M.Brassard qui sera correspondant du Passe-Temps, à Paris.HATEZ-VOUS D'AIMER f*«iuârs île C.MtLLANDY Mwqi* de H.SCHMAITZER L’automne u«b«a?tôtr enuper I» A* lointain ûoJr» COVfLETPiwuttO' Page 64 Le Passe-Temps — Montréal, Septembre 1 o 3 ¦} Querelle Instrumentale Avec les violons, les harpes Ont des querelles, tout ce soir; Leurs accords flottent dans le noir Etoilé, comme des écharpes.El les joueurs indolemment, Les doigts à l'archet, sur les cordes.Rêveurs, prolongent, ces discordes Dont résonne le firmament.Les harpes ont raison: Von danse A contre temps.Les violons.Ces esprits légers et brouillons, Suivent en sujets la cadence.Les harpes disent que c’est mat.El que c’est agir sans logique: Asservir l’art de la musique Aux caprices des pas de bal!.[ai harpe bougonne et soupire, Murmure sourdement, tandis Que des violons étourdis Bruyamment éclatent de rirel Albert Lozeav .TZlJM- (O 'H-CAC'X, HEURES Chaque heure mène derrière elle L’image naïve, à pas lents, Loup qui gronde ou agneau qui bêle, De ses souvenirs noirs ou blancs; Bêtes rudes qui l'ont mordue, I)oux compagnons de son chemin Qui caressèrent la peau nue De son visage ou de sa main.Chaque heure porte vers l’année Qui le respire et le lui rend L’emblème de sa destinée.Fleur amère ou fruit odorant.Celui-ci offre une colombe Et l'autre porte un hibou noir Et chacune tient, brune ou blonde, Une corbeille ou un miroir.La corbeille est d'or ou de branches, Le miroir est clair ou pâli Et le visage qui s’y penche S’y voit la face de l'oubli.Henri de Recnik.r QUAND?Le “Passe-Temps” Littéraire TIRAGE A MILLE EXEMPLAIRES .! Pourquoi lit-on si peu nos ouvrages canadiens?11 est des questions difficiles, et, celle-là, en est une.On s’étonne avec raison du peu de popularité dont jouit le livre canadien auprès des nôtres E est inconcevable, que pour une population de plus de deux millions répartie dans notre province de Québec, sans compter les autres centres canadiens-français, il se vende aussi peu de volumes de nos écrivains.Quand un "Vient de Paraître" atteint son mille, c’est un vrai succès; bien peu dépassent ce débit fantastique.! C’est très encourageant pour l'auteur.! Mais quelles sont les causes de cette apathie du public pour le livre de chez-nous?Les responsabilités sont partagées.Je ne ressasserai pas la vieille rengaine, à savoir: si nous avons une littérature ou non.c’est passé de mode.Je ferai simplement remarquer que l’on est bien sévère pour les siens et que la moindre stupidité d’outre-mer nous éblouit.C’est très bien, c’est étranger!.Mais ce qu’on nous en passe de la camelote avec ce truc là! Les montres de nos libraires sont pleines de nouveautés frapçaises, c’est à peine si le livre canadien y est présenté.Quant à l’auteur, le genre de ses ouvrages y est peut-être pour quelque chose.Sur une dizaine de bouquins, seuls trois ou quatre peuvent intéresser le grand public, les autres sont destinés à un très petit nombre.Bien souvent le nombre visé est bien moindre que l’on s’y attend — celui qui devrait lire a bien d'autres chats à fouetter — et l’ouvrage en question colle sur les tablettes du libraire.Puis il y a les petites jalousies entre auteurs, passons vite sur cela, nous ne l’emporterons pas en Paradis.! Et puis il y a le prix du livre qui est peut-être un peu élevé, mais il est aussi malsain d’en parler, laissons-cela aux éditeurs et surtout aux imprimeurs.! Enfin il y a, et en dernier ressort, le public.Qu’en penser?Doit-on juger de son niveau intellectuel par son grand désintéressement à la chose littéraire canadienne?Je n’ose conclure.Heureusement qu’il y a la crise et que ne fait-elle pas celle-là?ROB Dans la douleur rien ne console, Ni la raison, ni les paroles, Plus rien de vif n’est convaincant.L’espoir vers lequel on se hâte Fait languir le coeur qui l’attend.Il faudrait.l’ombre immédiate, Et l'espoir même est fatigant! Je sais que vous viendrez, — mais quand?Comtesse de Noaili.es “POESIES NOUVELLES” Pnr Kobert CHOQÜÏTTE M.Choquette tient île publier sous ce (lire* aux Editions Albert I.éres.qne, le reeuell de poésie* qui, en septembre dernier, remportait les hon-nenrs du Prix David.Outre le poème “Metropolitan Muséum", déjà publié en tirage limité de grand luxe et pour lequel lu critique n'a en que des éloges, le recnell renferme dei nombreux poèmes Inédits d'une fueture tout aussi forte et d'une aussi riche Inspiration.M.('hoquette a le don d'exprimer, dans un stjle so.bre et Juste, ses sentiments sur l'amour et la nature, et l'on sent circuler dans tous ses poèmes cette clialeu-rense forme de conviction qui appelle lu sympathie.L'outrage esI en vente nn prix de $l. S 3 Page 67 Un rire sardonique secoua l'ignoble personnage qui poursuivit son monologue.— Caramba! pièce à conviction: un carnet, noir avec des adresses et des chiffres.Sherlock Holmès y perdrait son latin.I.a police affirme avoir trouvé la bonne piste, quel bluff! Tout de même, je me suis fait payer à temps.Dommage qu'on l’ait passe à tabac, car il était rudement chie, le sénateur de la petite Olga.Mille vieilles piastres pour un bout de cuir______ — Très chic, en effet! La porte du réduit venait de s'ouvrir violemment.Vif comme l’éclair, Barto avait porté la main à sa ceinture, où il dissimulait toujours un révolver.mais à la vue de son visiteur, il se mit à sourire avec une ironie déplaisante à gifler.— Tiens, tiens, tiens .profondément touché de votre condescendance, mon cher Faubert.— Ferme-là, hein?— Hum! Un peu nerveux?Ça s'explique, que diable, après une nuit aussi bien occupée que cel-le-là.Valmore eut un geste de dénégation; puis, il reprit avec fermeté: — Assez plaisanter.Je suis pour traiter certaines affaires.Tout à vos ordres, cher Monsieur.— D'abord, infâme coquin, tu m’expliqueras ta conduite.— Une confession, quoil — Comme tu l’entendras.Jouons cartes sur table: une indiscrétion de ta part suffirait à ma perte; mais, par ailleurs, je possède certains documents dont la révélation te ferait pendre haut et court.— Allons, des menaces, maintenant?— Non, simplement une mise au point qui faciliterait l'issue de notre petite conférence.Pourquoi ne pas nous assurer la sécurité par notre silence respectif?— Concedo.tes paroles sont celles d’un homme sage.et qui tient surtout à sa peau.Ehl bien, voici la petite histoire.Pour que tu en saisisses bien la portée, laisse-moi te rappeler, mon petit, qu'on ne trahit pas impunément Barto.Donc, il te prit un jour In fantaisie de me fausser compagnie avec toute la galette dont il me revenait cependant une moitié, puisque nous avionB travaillé de concert.Tu n'as pas oublié, j’imagine, l’affaire Simoneau?Il y a déjà deux ans de cela.Caramba! comme le temps passe vite! Et l’Italien laissa fuser un soupir narquois.— Poursuis donc, commanda Faubert dont la bile s'échauffait visiblement.— Oui, nous avions fait un beau travail, ma foi.Et jê ne sais pas ce qui a pu pousser ta bonne nature à un tel geste: impossible de te retrouver au temps du partage .— Hah! ricana l’autre, si tu avais pu t’approprier la part du lion .— Toujours est-il que je dus filer en douce pour me réfugier au sud de la 45ème.Là-bas, un coup de bistouri bien placé me remit en fonds et je suis revenu dans la métropole lorsque l’affaire fut oubliée.Ensuite.cependant, pour la bonne intelligence de mon récit, laisse-moi t’affirmer qu’avec un complet de chez le bon faiseur, je fais encore des béguins.soit dit en toute modestie.Et comme, par ailleurs, je me suis toujours senti de réelles aptitudes pour les choses de l’art, je me mis à fréquenter avec assiduité certaine petite figurante de music-hall.Mon flair habituel me permit de découvrir certaines intrigues sentimentales, et le “type", en honnête homme, consentit à acheter mon silence.Un chic moineau, qui payait rubis sur l’ongle.— Ce n’est pas ce qui m’intéresse.— Allons, allons, t'impatiente pas, j'arrive au fait.Un beau soir, il y a bien un mois de ça, je reluque un vieux pinceau qui faisait des mamours à une gentille demoiselle, une vraie pièce d’art, quoi! Je t’ai dit que j'nvais un faible pour l’art.Je file donc la jeune fille, je la suis obstinément, et j’arrive enfin à une somptueuse habitation qui se trouvait précisément la tienne .c'est-à-dire que je l’appris par la suite des événements.De ce point, par une savante filature, j'eus vite reconnu mon ex-associé Valmore Faubert.Tu conçois le reste?Le soir, le fameux soir où.en possession du bout de cuir dérobé chez tes amis Gonthier.— Ainsi donc, c’était toi qui m'espionnais?— Mais non .j'étais en quête de renseignements, voilà tout.— Mais qui t'a dit que j’étais en possession du cryptogramme?— Voilà! Tout d'abord, tu sais que je ne travaille jamais seul.C’est contre mes principes; non.vois-tu, on risque de tout gâter.car après tout, on ne peut suivre une piste ici et apprendre ce que fait telle autre personne dans le même laps de temps, c'pas?J'avais donc une précieuse associée en la personne de ta femme de chambre, ou plutôt de ta concierge.— Lisette! — Oh! tu peux bien oublier son nom; outre ^ que je lai al promis l'immunité.— tu ne voudrais TROIS LETTRES MANQUENT ! pas me faire déroger à mes principes?— outre que je lui ai promiB qu’elle ne serait pas inquiétée, elle a déjà disparu de la circulation .Et comme, en bon garçon que je suis, je ne veux pas que tu te tourmentes avec cette affaire, je te la raconte par le menu.Ce soir-là, Lisette me signala quelques secondes après, ton téléphone à Mlle Olga .— Petite engeance du diable! —.précisément la poulette du vieux pinceau.J'accours donc ,et je profite de ton sommeil pour m’introduire .— Je veux être damné si la porte n’était pas fermée à clef.— La clef de la concierge fit très bien l'affaire.J’entre donc, je prends la machine, je me retire.Olga Kornieff arrive, tu entends notre conciliabule, et tu détales en vitesse, c’est çà?— En vitesse, précisément, car ta fine oreille avait entendu mes pas dans le couloir.Imagine que j'avais stupidement buté contre une patère.— Mais toutes ces explications ne me renseignent aucunement sur l’usage que tu pouvois faire de ce maudit parchemin?— Ah! voilà, fit Barto avec emphase, voilà où je me suis montré réellement supérieur, et tu en conviendras.Mon système: pas de lacunes dans l’espionnage.Je m’étais donc mis au courant de tes agissements, de ceux du pauvre sénateur Ma-rolles, (Dieu ait pitié de son âme), et des relations de ce dernier avec ta gentille amoureuse; par contre, il me fallut bien une semaine de recherches pour être renseigné à point sur ta situation vis-à-vis de la famille Gonthier.La suite .c'est ta propre histoire, je n'entreprends pas de te la raconter.Car tu sais parfaitement qu'avec le cryptogramme en mains, le sénateur pouvait te discréditer auprès des Gonthier.et la grande partie que tu as entreprise était perdue à l’avance.— Peut-être; mais quel intérêt Marolles avait-il à agir de la sorte?— Te faire prendre le large pour mieux roucouler avec la belle Olga, c’est pas malin! Je t'aurais cru plus habile, ma foi! Sans sa bête de passion amoureuse, le sénateur serait encore de ce monde.D’ailleurs, si la chose te laissait à ce point indifférent, pourquoi.(Barto fit le geste du criminel qui darde sa victime).Faubert est un nouveau geste de dénégation, mais son compagnon ne remarqua point cette protestation tacite.— Ce pauvre vieux, soupirait Barto, dire qu’il m’avait si bien payé.Maintenant, notre accord mutuel nous permet de vivre en tout repos.Dis donc, Faubert, fit-il après une pause, qui t’a renseigné sur le lieu de ma résidence?— Hé! crois-tu que je suis une andouille?Es-tu assez bête d'imaginer que la petite Kusse m’intéresse à cause de ses beaux yeux?Olga Kornieff me rend des services inappréciables depuis quelques mois; elle a le irénie d’un Arsène Lupin.Sais-tu.par hasard, qu’elle avait remarqué ton filage?Son_ seul tort fut de n’en pas être autrement occupée.Or, d’après la description qu’elle me consigna de son fileur.j'eus tôt fait d'établir son identité: il ne pouvait s'agir que de toi, en l'occu-rence, car la cicatrice qui raye ta joue droite ne permet pas que l’on t’oublie .— Très délicat pour un copain, fit l'autre en riant.— La scène lu plus loufoque de cette comédie, ce fut le jour où je te suivis, alors que toi-même, tu filais consciencieusement Olga .— Hein?— Comme je te le dis! De là à repérer ta cachette .— Il n'y avait qu'un pas.Per Bacco! Pas si bête, après tout, ce cher Valmore.Faubert s'enquit de l'heure.— Midi moins vingt?Je me Bauve! — Déjà?— Oui, un rendez-vous.Alors, tout est réglé?— Tout est réglé.— Et que deviendras-tu?— Moi?Oh! je fous le camp demain.Où irai-je?New York?Vancouver?Marseille?Singaporo?je n'en sais rien.Mais 1» nuit porte conseil.Chose certaine, c’est que je quitte Montréal sans délai.“Bon Diou", les flics pourraient flairer mes relations antérieures avec le défunt?Non, merci.Quant à toi, bonne chance! — Trop aimable.Adieu! Barto regarda quelques instants par la fenêtre Faubert qui se perdait dans la foule cosmopolite de ce quartier du vieux Montréal; puis, un sourire diabolique aux lèvres, il s'absorba dans le problème d'une toilette soignée.* • * — Faubert avait fait effort pour se contenir en présence de cet animal de Barto, qui l'avait proprement roulé.Maintenant, enfermé à double tour dans son cabinet particulier, où le lecteur a déjà rendu visite, il donnait libre cours à son humeur intempestive."Sapristi, monologuait-il, c’esl à devenir maboul.Je veux être pendu si je vois clair dans toute cette affaire.Maudit Barto, je te promets une revanche; je te montrerai ce qu’il peut en coûter dc_ se mettre le nez dans mes affaires.Le plus embêtant, c’est qu'il est convaincu que je suis l'auteur du meurtre.Au fait, si quelque limier découvrait les dessous du crime, la possession du parchemin par le sénateur, mes relations avec cette stupide Olga .et le carnet mentionné par les journaux.Et comment se fait-il que mon carnet ait été trouvé dans la chambre du crime?Il faut donc qu'une main agisse dans l’ombre.il faut qu'on s’acharne à ma perte?Tiens, c’est à devenir fou!” Faubert, lorsque son cerveau était soumis à une forte tension, arpentait violemment la pièce.Pour le moment, une foule d’idées, un déluge d’hypothèses angoissantes affluaient à son esprit.Olga Kornieff entra.— Bonjour mon chéri.L’homme ne daigna même pas répondre.— Comme tu as l'air tourmenté.Qu’cst-ce qu’îl y a donc de si grave?Valmore raconta son entrevue de la matinée, le meurtre de Marolles, les pièces trouvée qui l’accusaient inéluctablement.— Et pourtant, à moins d’être complètement fou, je sais bien que je suis innocent de cette affaire! Il parlait lentement, le regard vague, et effondré dans son large fouteuil.— Peux-tu débrouiller un peu ce mystère?I.a_ jeune fille se montra fort surprise, même très émue des complications survenues.Elle assura que Barto pouvait bien n’avoir révélé qu'une partie de la vérité; que si l’affaire avait été machinée par lui, rien n'était désormais à craindre puisqu'il quittait Montréal incessamment.— Tu as raison, convint Faubert.,— Et puis, après tout, ajouta la jeune fille, les détectives tâtonneront quelque temps et l’affaiic sera classée, comme tant d’autres.Il ne faut pas s’inquiéter outre mesure.l,es journaux dévoilent quotidiennement les activités policières Si le carnet leur fournit de trop précieuses indications, il n'y aura qu'à déguerpir! .—Déguerpir?Jamais.Du moins, pas avant que je tâte un peu de la fortune du père Gonthier.Le gros bonnet me prendra bientôt comme associé si je parviens à épouser sa fille.En outre, je suis convaincu que la cachette du trésor dont je t'ai parlé n’a jamais été trouvée; ce n’est donc pas mon intention de laisser perdre ce tas d’or enfoui par un imbécile il y a quelques siècles.Le seul document en notre possession.— je veux dire qui était en notre possession, — reprit Faubert, est positif._—Oui, très positif, mais peu clair.Positif, je n'en doute pas, à cause du lanlage mystérieux qui a été employé, et la certitude qu’ont encore les descendants de la famille Gonthier de la fortune de leurs ancêtres.Mais le point de transition ,1e document qui nous mettra sur une piste quelconque, nous fait totalement défaut.11 faut une base d’opérations pour orienter nos recherches.— Oui.Oui.une base d'opérations.Eh! bien, je l'aurai trouvée d'ici trois jours; sinon, le projet à l’eau.— Que comptes-tu faire pour le moment, s’en-quit la Russe, qui voyait Valmore en train de se coiffer.— Je me rends de ce pas chez Gonthier.Je réfléchirai h ce qu’il importe d’entreprendre sans donner l'éveil.Je ne puis fixer l’heure de mon retour; de toute façon ,tiens-toi à ma disposition.— Comme tu voudras; bonne chance mon chéri.— La chance?Peuh ! je te recommande de te fier à quelque chose de moins aléatoire.Adieu! CHAPITRE TROISIEME LE RETOUR DE RENE DU PIN — Tiens, tiens, bonjour Faubert.s'exclama joyeusement Napoléon Gonthier en apercevant Valmore qui venait d'entrer.Tu as lu les dernières nouvelles?Le jeune homme blêmit légèrement.Comment, tout le monde allait-il donc attacher une telle importance au meurtre de la nuit dernière?.Mais il se remit bientôt de son émoi lorsque le bonhomme ajouta: — Epatant, mon vieux, épatant.Noranda et Brazilian déclinent avec une inconcevable rapidité.Que penses-tu de cette veine?— Je ne saisis pas bien comment vous pouvez gagner si vos stocks fléchissent?— Allons, grand nigaud, tu sais bien que j'avais placé ma mise à la baisse.Ah! tu sais, le père Gonthier est un peu là! conclut-il avec un sourire plein d'astuce. Page 68 L’animation était intense dans le bureau où venait de pénétrer Valmore Faubert.Deux tickera trépidaient sous les fluctuations du Stock Exchange, ce monstre qui érige les fortunes avec une rapidité fabuleuse, qui accumule les ruines en moins d'un jour.Plusieurs commis écrivaient dans les régistres à coins de cuir rouge et vert; des sténographes prenaient placidement la dictee des lettres à expédier; et tout au fond de ce vaste local, Napoléon Gonthier trônait derrière un large bureau américain.Ce corpulent financier n accordait d’attention qu’à la direction de sa fortune colossale, fortune de self-made man.A quarante-huit ans, Gonthier pouvait rivaliser d astuce et de puissance avec les barons de la finance les mieux cotés de la métropole canadienne.Le jeune visiteur ne semblait pas très loquace, et le financier s’en aperçut bientôt.Gonthier fondait de larges espérances sur ce jeune homme qui, dans sa psychologie d homme d’affaires, devait parvenir au timon de la richesse.Pour lui, pour cet homme qui n’avait qu une idole : l’or, c’était la qualité suprême.Il ne doutait nullement que Faubert deviendrait sous peu son gendre; il lui avait même laissé entendre qu il se reposerait alors sur lui de l’administration de ses '“D’autre part, Faubert estimait qu’un prompt mariage lui ouvrirait les comptes de banque du bon-homme, soit donc les portes du paradis.Alors, il serait en mesure d’y puiser largement pour s assurer une existence de sybarite, dans quelque eden lointain, où il fuirait.Mais un obstacle contrecarrait ses projets, qui le mettait hors de lui.Gisèle Gonthier acceptait ses confidences avec une froideur marmoreenne.Scs protestations amoureuses faisaient rire la jeune fille, et il n’avait pu encore, — à moins que de s’exposer à un ridicule que n’aurait pas souffert son orgueil, — il n’avait pu demander Gisèle en rT"n“s^tait ouvert de cette opposition au futur beau-père, mais ce dernier lui avait répondu avec bonhommie: "Bahl bah! les jeunes filles sont toutes comme ça.Regarde donc Albertine?Elle avoue bien aujourd’hui qu’elle n’aurait jamais été heureuse sans moi.Et avant notre mariage, elle affectait une indifférence à désespérer le plus fidejo amoureux.D’ailleurs, j’ai bien averti Gisèle.Elle sait parfaitement que je lui coupe les revenus il elle ne sait pas se montrer raisonnable.Le financier était en verve et ne pouvait supporter longtemps le silence lorsque ses affaires allaient selon son désir.Le mutisme de Valniore ne l’inquétait pas outre mesure, et il entreprit de pérorer sur un sujet susceptible d’intéresser le jeune homme.Il n’avait jamais si bien deviné; mais le récit démontrera plus loin que cette conversation lui valut de cruelles désillusions.Valmore, sur les instances de mon épouse, j’ai décidé de prendre une quanzaine de jours de vacances.Faubert leva les yeux du journal où il feignait de s’absorber.— C/est une excellente idée.Oui, pour deux semaines, je lnisse tout de côté.Je ferme les portes.Mes employés pourront ainsi participer à un juste repos que leur vaut la prospérité de mes finances.A propos, j’ai un conseil à te demander.Ma femme voudrait a tout prix que j’aménage une nouvelle résidence d été au Vieux Castel, dans le nord de la province.Qu’en penses-tu?— Au Vieux Castel?— C’est un vieux manoir en ruines, tout a fait isolé de la civilisation, dans une espèce de contrée stérile qu’on appelle la Vallée de la Mort.— Mais dites donc, M.Gonthier, questionna le jeune homme, subitement intéressé, ce manoir dont vous parlez n’était-il pas la demeure de vos ancêtres?Est-ce qu’il n’aurait pas été construit par Colbert de Gonthier?— Ah! tu es renseigné?Gisèle m’en a déjà dit quelque chose.et vous pouvez croire que les désirB de Madame votre épouse ne sont qu’un intermédiaire de ceux de votre fille.Gisèle désire ardemment connaître cet endroit.» »i — Eh bien, je lui accorderai cette faveur.J a-chèterai cette vieille bicoque, et je la ferai restaurer pour qu’elle soit habitable.Les pauvres bougres qui l’habitent seront sans doute heureux de l’échanger pour quelques centaines de dollars.Et, après tout, me reposer là ou ailleurs .Il est entendu que tu nous accompagnes, n’est-ce pas?— Ne craignez-vous pas que Gisèle.Ta, ta, ta.cette récalcitrante Gisèle ne peut qu’y gagner à te mieux connaître.Les promenades sous bois, les ballades nocturnes, les excursions au clair de lune, je suis pour ça, moi.Ça réveille les sentiments, que diable! .La demi-protestation de Valmore n’était énoncée que pour la forme, car cette révélation du père Gonthier, il la considérait comme une planche de salut On verrait bien, maintenant, si le trésor n’était qu’un mythe.Et s’il existait .il enrichirait indubitablement son découvreur.Le Vieux Castel.Le Passe-Temps TROIS LETTRES MANQUENT ! il serait à même de l'explorer, de fond en combles; il sonderait les murs, il tâterait chaque pouce de terrain, il trouverait bien la cachette jusqu'ici ignorée.Car il avait une profonde conviction que le mystérieux parchemin était fondé sur quelque chose.Il pensa à Olga.Oui, il l’avait, maintenant, le point de repère, la base d’opérations nécessaire.Mais, au fait, la présence d’Olga Kornieff serait indispensable, là-bas.La perspicacité et l’intuition de la Iiusse, sou dévouement de caniche seraient suns aucun doute d’un grand ressort.Faubert songea qu’il devenait d'intérêt capital de trouver un prétexte pour amener sa compagne au Vieux Castel.On conçoit qu'il n’en souffla pas mot au papa Gonthier.Mais, feignant un rendez-vous urgent, il prit congé du financier le sourire aux lèvres.Sur la rue.il jubilait positivement.Il marchait au hasard.Il éprouvait le besoin de côtoyer la foule des badauds, de marcher, de se lasser un peu pour calmer la joie intense qui l'animait, une joie de limier qui retrouve une piste après une malheureuse bifurcation.Ah !ah! la fortune s'était montrée rebelle, jusqu’ici.Il saurait bien la forcer à lui sourire .Machinalement, il consulta le cadran d’un bureau de poste.— Cinq heures?Allons donc voir notre gracieuse fiancée! Il héla un taxi qui le déposa bientôt devant la magnifique résidence des Gonthier, avenue de l’E- Valinore Faubert avait & peine quitté le bureau Gonthier qu’un jeur.e homme, qui pouvait avoir tout au plus vingt ans, se présentait au financier, — en personne s’il vous plaît, — pour lui tenir le langage suivant: — Vous êtes Monsieur Gonthier?Enchanté de faire votre connaissance, Monsieur Gonthier.Je n’ai aucune connaissance des affaires et je voudrais un emploi dans votre bureau.— Mais .— Je sais qu’un garçon sans expérience ne vaut pas grand'ehose.Te vous prie de me croire rempli de bonne volonté; dans quelques semaines, je serai en mesure de vous rendre des services appréciables.— Mais, mon garçon.— Oh ! il y a pas d'objection du côté pécuniaire, étant donné que pour acquérir l’expérience requise, je suis disposé à travailler deux mois sans aucune rémunération.— Mais, sapristi, laissez-moi parler! Je n'emploie ici que des gens d'expérience.Inutile d’insister.Allez vous chercher du travail ailleurs.— Bon!.Mais c'est très regrettable, fit le nouvel arrivant avec une mise de désappointement si comique que Napoléon Gonthier ne put s'empêcher de sourire.— C’est d’autant plus regrettable, poursuivit le jeune homme, qu’on m’a assuré que j’acquerrais ici une belle expérience des choses de la finance, et en très peu de temps, par-dessus le marché! On dit partout que ce bureau est le mieux organisé de la ville.Le financier se trouva hautement flatté de cette appréciation et se sentit tout de suite mieux disposé à l’égard de ce jeune homme .— Comme ça, vous seriez prêt à travailler dès demain, sans aucun salaire?lui demanda-t-il en allumant un cigare de cinq sous, — une habitude.— Oui, Monsieur Gonthier, et je vous en devrai une éternelle reconnaissance.— Tut, tut, pas de boniment.Viens demain; je t'engage à raison de douze dollars par semaine.C'est peu.assurément, mais ton salaire augmentera avec tes connaissances.Tu seras préposé aux inscriptions aux livres.Dans tes moments de loisir, tu viendras à mon bureau prendre la dictée.Comment te nommes-tu?— Jacques Letendre, qui vous remercie mille fois, Monsieur.Permettez que je vous serre la main! Jacques Letendre sortit avec un air radieux.— Merveilleux, bougonna-t-il ; du moment que je mets les pieds dans la place, tout marche pour le mieux.Allons maintenant faire une consignation de nos activités au "patron”.Et le jeune homme s’engouffra dans un tram- Laissons cet énigmatique jeune homme poursuivre sa route, et revenons à Faubert que nous avons laissé avenue de l'Epée, devant la demeure des Gonthier.Comme il lui arrivait souvent de le faire, il pénétra dans la splendide résidence par une porte latérale, donnant accès à une salle de réunion, sans s’annoncer.Comme Valmore fréquentait Montréal, Septembre 1 9 S S assidûment cette maison, il se comptait au nombre des intimes.— Oh! M.Faubert?fit la femme de chambre de Gisèle en l’apercevant.— Eh!.oui: cela vous surprend?— Mais non, quelle idée.Seulement, Mademoiselle est sortie.— Sortie?Des emplettes à faire, Je suppose?— Oui, des emplettes.— A-t-elle dit l’heure de son retour?— Monsieur imagine bien que lorsqu’on a des courses en ville, on ne peut jamais fixer l’heure du retour.— J’aurais dû y penser.Merci du renseignement, fit-il, ironique.Dans ce cas, je reviendrai ce soir.Il sortit, se promena quelques instants dans le parc qui séparait l'habitation de la rue.Puis, il revint sur scs pas.Comme ses yeux erraient sur la somptueuse façade, il perçut, l’espace d’un quart de seconde, une personne qui s'effaçait derrière le rideau d’une fenêtre du second étage, précisément une des fenêtres de l’appartement de Gisèle.Un doute traversa son esprit.Pour se convaincre totalement que sa fiancée se trouvait bien dans la maison, et qu’on l’éconduisait sans qu'il put trouver d'explication plausible, il se rendit à l’arrière du principal corps de bâtiment.La routière de Gisèle stationnait au beau milieu de la cour, et Stophens était en train de la nettoyer consciencieusement.— Belle journée, Stephens?— Yes, b.bel.belle journée, mais tr.trop ccchaud.Le chauffeur, lorsqu’il était surpris, avait un incontrôlable bégaiement — Votre maîtresse n'est donc pas sortie aujourd’hui?— Non, Mademoiselle a dit qu'elle se reposait, et qu'elle ne voulait recevoir personne.(Nous faisons grâce au lecteur de l’élocution laborieuse de Stephens).Le futur gendre de Napoléon Gonthier retourna donc chez lui avec l'assurance qu’il se passait quelque chose d'anormal aux "quartiers-généraux", comme il disait.Il faudrait y voir d’urgence.• • • La police de Montréal, malgré les instances des chefs ,ne parvenait pas à découvrir la piste du meurtrier de Marolles.Le bureau des détectives était arcelé par les journalistes constamment à l'affut des développements de cette affaire.Chacun était mystifié.Im carnet noir avait été scruté, examiné avec tout le soin que l’on pense.Les adresses contenues étaient de nature à ne rien révéler du tout: elles se rapportait à deux gros marchands de cette ville qui affirmaient, et comment en aurait-il pu être autrement, qui affirmaient ne pas connaître, parmi leur très nombreuse clentèle, une personne pouvant avoir eu quelques relations avec la victime.D'autre part, les chiffres n'offraient aucun sens, selon les détectives chargés de cette cause.Enfin, les empreintes digitales relevées sur le calepin ne correspondaient à aucune de celles que l’on détenait soigneusement classées.Un point, surtout, embarrassait les gardiens de la sécurité publique: le fait que, dans la chumbre du meurtre, la porte était verrouillées de l’intérieur.L’assassin s’était-il enfui par la fenêtre?Dans ce dernier cas, comment se faisait-il qu’on n’avait trouvé aucune trace d'éraflures sur la croisée, aucune trace de corde ou d'échelle, dans les environs de la résidence, et, enfin, nulle empreinte de pas dans le parterre.Selon toute hypothèse vraisemblable, le criminel s’était introduit à l’intérieur de la chambre, avait accompli son crime, et sauté du second au risque de se rompre les os.Oui, mais.personne n’avait été vu en compagnie du sénateur, la veille de la tragédie, lorsque ce dernier était revenu à sa demeure.Le mystère étendait son voile sur cette affaire qui menaçait de plus en plus de rester sans solution.C’est alors que le détective René Dupin.remercié de ses services quelques mois auparavant pour une futilité, eut une brève entrevue avec l’inspecteur en Chef de la Sûreté.Dupin fit d’abord avouer à son supérieur le peu de chances qu’avaient les limiers ae trouver le coupable, dans le cas M abolies.Puis, il vint brusquement au fait.— Donnez-moi carte blanche, dit-il, pour m’occuper de cette affaire.Je m’engage à vous livrer l’assassin d’ici un mois, deux au plus.Si je réussis, je rentre dans les rangs, c’esx-à-dire que j’obtiendrai de votre part un engagement permanent.Si j'échoue, eh! bien, j'en serai quitte pour mes efforts.Le chef de la Sûreté savait quel admirable génie possédait Dupin.Mais il lui coûtait de s'engager par un compromis, compromis qui, dans la situation présente, devenait presque un ultimatum., Enfin, après bien des hésitations morales pour la forme, il consentit.(Suite à la paye 74) Le Passe-Temps — Montréal, Septembre 1 9 S 3 Pane 69 LA RADIO ET VOS ARTISTES FAVORIS + # MONSIEUR LIONEL DAUNA1S La grande vedette de la Société Canadienne d’Opérette.Monsieur Lionel Daunais a commencé ses études a Montréal, avec Mlle Marier.Quelques mois à peine après ses premières leçons avec ce dévoué professeur, il remportait une médaille d or lors d'un concours organisé par la Metropolitan Choral Society, concours qui avait réuni des chanteurs venant de toutes les parties du Canada.Plus tard, au théâtre Palace, où il apparaissait pour la première fois, il connut un succès tel qu’un soir on dut arretei le film qui se déroulait sur l’écran afin de permettre à Monsieu-Daunais de venir répondre aux applaudissements qui avaient salué sa sortie.En 1926, il obtint la récompense tant convoitée de nos musiciens canadiens, le prix d’Europe, lequel était attribué pour la première fois à un chanteur.A Paris, il poursuivit ses études sous MM.Dupré et Marcellin, de l’Opéra-Comique et, en 1929, ayant été entendu par le compositeur et chef d’orchestre des concerts Pasdeloup, M.Ingelbrecht, il est engagé comme premier baryton à l’Opéra d’Alger.Après sa saison d’Alger, M.Daunais décida de revenir au Canada, décision qui nous réjouit puisqu’elle nous a permis et nous permettra encore d’applaudir son grand talent.Ce fut à la Société Canadienne d’Opérette que M.Daunais se fit entendre pour la première fois après son retour d’Europe, dans le rôle d’Ourrias de MIREILLE, rôle qui lui permit de faire valoir ses précieux dons de chanteur et de comédien.Depuis ce début, M.Daunais est devenu le favori des habitués de cette Société.11 ouvrit la saison des concerts par un brillant récital à la salle Windsor, ensuite ce fut le festival du Pacifique Canadien à Québec qui lui fournit l’occasion de se faire applaudir comme interprète de folklore, vinrent ensuite les représentations de la French-Italian Ope-retta; dans Faust, notamment, son interprétation de la mort de Valentin lui valut huit rideaux.Accueilli triomphalement dans Mercutio de ROMEO-JULIET-TE, lors de la représentation de cet opéra au théâtre Loew’s.Au nombre des meilleurs artistes du Canada au grand concert de gala donné en l’honneur des délégués de la conférence Impériale, à Ottawa.Grande vedette de la Société Canadienne d’Opérette.il brilla tour à tour dans: REVE DE VALSE, LES CLOCHES DE COR-NEVILLE, JOYEUX HUSSARD, LE PETIT DUC, LA MASCOTTE, LES MOUSQUETAIRES AU COUVENT, CHANSON D’AMOUR, BOCCAGE, LA GRANDE DUCHESSE, SI J’ETAIS ROI, LA BAYADERE et autres.Populaire baryton du “Trio Lyrique”, il est toujours très goûté \ \ la radio en compagnie de ses talentueux camarades, Anna Ma-’ .enfant, Ludovic Huot, et Allan Mclver.Grand artiste, Monsieur Daunais s’est révélé un auteur charmant, et Montréal eut l’honneur de voir créer par Lawrence Tibbett une de ses chansons intitulée: "Old Pete’s Defence.” Enfin, c’est très cordialement que nous applaudissons au sucés d’“AMOUR TZIGANE" que la Société Canadienne d’Opérette ient de donner et qui fut pour Monsieur Daunais une nouvelle casion de s’affirmer et de donner au public un avant-goût de la rochaine saison lyrique.Sincèrement dévoué au nôtres depuis près de quarante ans, Le Passe-Temps félicite M.Lionel Daunais pour sa carrière déjà si ,bri M.LIONEL DAUNAIS M GALERIE DES ARTISTES Soit qu'il parle ou qu'il chante, S’il veut être vainqueur De la foule méchante.Il doit donner non coeur.QUEI.Ql'ES FIGURES brillante et lui offre ses meilleurs voeux de succès.Louis Chartier.— A Laval sur ie Luc, pris d'une corvette, un baryton chantait.• • • Oscar Bastikn.— Force de l'atavisme! .De descendance indienne, Oscur est absorbé, hanté par toutes sortes de souvenirs, c'est plus fort que lui.Il rêve de s'enfuir avec sa skouaw, sa femme au vinage paie, et d'aller construire son wigwam dans une des forêts vierges de la province, afin que le soir venu, tout comme autrefois les grands chefs de sa tribu, il puisse fumer tranquille son calumet de /iaix et danser la danse du chaudron autour d’un feu de joie en célébrant les exploits de ses ancêtres.Lucien Tourangeau.— O publie radiophile, la voix du chanteur parisien t'enthousiasme, ce ¦n’est pourtant rien, s'il t’était donné de connaître sa "curve".raganini du tennis, il a un service qui n’est qu’une suite de triples croches.* * • Gaston St-Jacques.— Tous les samedis, le visage radieux et le coeur plein d’une espérance nouevlle, Gaston allait pécher à Chambly mais ne pu jamais rien prendre.Mystère, ba perche est-elle trop longue ou trop courte?On en sait rien.Mais ce qu’on sait c’e6t que sa patience est sans limite.* • • Flux Normandin.— Originaire de Normandie, il est fortement probable, cet automne qu'il nous chantera la chanson des pommes ou celle du cidre.Jovette.— Blonde muse au sourire impeccable, comment fais-tu pour rimer à quelque chose en ces temps qui ne riment à rien?C’est ton secret?Secret d’enfant des dieux.Hector Charland.— Comment voulez-vous qu’il ne soit pas aimé des mamans le matin lui qui prend soin des petits enfants l’après-midi.0 • * J.Fournies de Reixeval.— Parmi nos artistes cultivée on peut compter celui-là.La littérature est une amante aux trésors innombrables, Jos qui lui fait la cour a su briller dans tour les genres.Mais laisse plus souvent tes livres, philosophe, et approche-toi du micro puisque la foule désire t’entendre.Mme Maiibouro Robkrval.— C’est sans doute un plaisir très agréable que celui de voyager en automobile, aussi, la grande dame n’y manque jamais l'occasion, oh! ne fusse que pour aller au premier coin de rue.• • • Mme Sylva Alarie.— Quand on a une jolie voix, pourquoi ne pas vouloir chanter?Cruelle énigme! .dirait Bourget.C H.Moineau.— Populaire directeur des concerts populaires, il est en train de se créer une popularité quasi palpable.Tout de même, c’est dommage que parmi les passereaux le moineau ne soit pas à proprement parler un oiseau chanteur, car il semble que vivant au milit a de nous il doit bien nous connaître et savoir mieux que tout autre la chanson qui peut nous plaire.« « » Romeo Poirier.— C’était au lac Supérieur.On dit que dans un ciel sans nuage une nouvelle flamme est apparue .Heureux celui qui poursuit un rêve en naviguant.Lucien Duchaine.— L’annonceur au programme des Canadiens de Naissance.Diction très nette, voix peut-être un peu trop grave et débit un peu lent.On a l'impression qu’il nous lit h tête reposée, quelques-uns de scs petits romans.* • • James A.Shaw.— Pour agrémenter ses vacances, il laissa cueillir ses amygdales.Ce pauvre Jimmy a trop parle à la radio, ses cordes vocales sont complètement désaccordées.* * * M.le Dr L.A.Hebert.— Médecin, musicien, compositeur, artiste, c’est beaucoup pour un seul homme, ce bon docteur possède à l'extrême Part de la conciliation.• • • Ludovic Huot.— Lorsqu'il fera son entrée dans le Paradis, St-Pierre lui dira; “Ludovic, toi, c’est un auto Îu’il te faut.Mcts-toi au volant, mon ils, et promène-toi, tu en as pour l’éternité a faire le tour des planètes.La Chanteuse Inconnue — Il y a des gens bavards qui ne peuvent jamais rien garder.Ils disent que c'est une brunette, qu’elle est charmante, que si elle roucoule si bien, c'est que son pire chantait.et chante, que la première lettre de son nom de famille est R ou N ,.etc., etc.Seigneur de seigneur, essayez donc d’arrêter les cancans?Alfred Rousseau Noos délivrons dans toutes les parties de la rllle La Maison Sylvain T einturier-Nettoyeur 766, RUE FULFORD TéL WI.8659 Page 70 Le Passe-Temps — Mon tré al, Septembre l 9 s ¦! La Jeunesse qui Monte CONFIANCE AUX JEUNES ! L’O.J.T.C.Sa fondation, son but, son expansion L'Ordre des Jeunes Travailleurs du Canada (l’O.J.T.C.) fut fondé en 1925, à Hull, par quelques jeunes désireux de donner au pays une autre organisation de jeunes en tout dévoué à son prestige et à sa gloire.L'Ordre se répandit vite dans les principaux centres de la région d’Ottawa et dans tout l’Ontario, pour étendre ensuite ses raminifications dans Québec, dans les centres Franco de l'Ouest, des Provinces Maritimes et finalement dans la Nouvelie-Angleterre.L'Ordre des Jeunes Travailleurs du Canada a pour but de grouper tous les jeunes Canadiens français dans le M.GEO.M.HARNOIS but de leur venir en aide en toutes circonstances où un jeune peut être aidé.L'Ordre incarne tout à la fois le programme des associations d'étude et d'amusements.L'Ordre conserve cependant le pluB grand respect pour nos frères de langue anglaise.L'Ordre voit depuis le 9 juin dernier sa plus belle période d’expansion, car depuis cette date, l’O.J.T.C.a recruté au-delà de 1,200 membres dans Montréal et sa banlieue, et ceci, grâce à une généreuse et constante publicité dans la presse quotidienne.Le Conseil-Suprême de l'Ordre des Jeunes Travailleurs du Canada est composé comme suit: M.Georges-M.Harnois, chef-suprême; Champlain Mallette, assistant-chef-suprême; M.Hector Robillard, secrétaire-suprême; M.Roland Hénault, trésorier-suprême.La surveillance de l'Ordre est confiée à quatre directeurs généraux: MM.W.-C.Auclair, pour T’Ontario; Jean Pelletier, pour Québec; Adrien Harnois, pour l'Est de Montréal; Hector Nantel, pour l'Ouest de Montréal.Les Conseils de Montréal sont les suivants: Sacré-Coeur, Arthur Emond président; Saint-Jacques, Albert Pa-rizeau, président; Ïmmaculée-Concep-tion, Alfred Martel, président; Ste' ClothiUle, J.R.Larouche, prés.; Bé-rard, Eugène Roussin, prés.; Sl-Sta-nislas, Paul Mayer, prés.; Mercier, Fernand Froment, prés.; Hochelaga, Léo Gaudreau, prés.; Ste-Cunégonde, Alphonse De Gagné, prés.; West-mounl, Armand Renaud, prés.; St-Rtienne-St-Denis.Albert Giguère, “ .Les jeunes méritent surtout notre sollicitude.C’est toujours au coeur de la jeunesse que l'on frappe, pour le bien, comme pour le mal.Aux heures tragiques, elle est plus apte aux élans sauveurs.Alors que les aînés sont souvent désemparés en face des vents contraires, les jeunes apportent des énergies nouvelles qui raniment comme d’ardents rayons de soleil après la tempête .C’est ainsi que s’exprimait dernièrement Monsieur L.-P.Mo-rin, de Québec, dans une causerie à la radio, sur la finance et sur l’avenir des jeunes.Ce réveil en faveur des jeunes se manifeste non seulement au Canada, mais dans tous les pays du monde.Ainsi, M.Henry Paté, vice-président de la Chambre française, vient de publier un livre intitulé: "LA JEUNESSE SAUVERA LE MONDE.” (1).En Allemagne, en France, en Italie, en Angleterre, aux Etats-Unis, au Japon, en Chine, en Espagne, partout la jeunesse prend conscience d'elle-même, et se prépare à jouer son rôle.LA CRISE — Qui l’a provoquéei — Qui l'apaisera?11 est un fait indéniable: c’est que nous les jeunes — et par jeunes, nous entendons ceux de vingt à trente ans — ne sommes pas responsables de la crise.Pourtant nous en subissons bien cruellement les effets, et nous aurons à l'apaiser en grande partie, quoiqu'on en dise.Cette crise durera tant que les hommes d’âge mûr ne changeront pas d'attitude à l’égard de la jeunesse.Leur état d’esprit nous barre la route au succès.Il semble qu’aujourd’hui, l’instruction, l'éducation, la force de caractère, l’honnêteté, l'esprit de travail et d’initiative, l’ambition, le sens des responsabilités ne comptent plus.Au Collège ou à l’Université, on nous avait pourtant appris que toutes ces qualités étaient nécessaires et suffisaient à la réussite.Aussi la déception est grande chez la jeunesse."Dans son travail de recherche, d'examen, la jeunesse se bute à l'obstacle que constitue l’animosité.la méfiance, souvent la jalousie des “vieux”.Même s’ils s’en défendent, les vétérans voient d’un mauvais oeil ces jeunes qui ont plus lu qu’eux, qui sont plus ouverts qu’eux aux exigences de l’heure.” “C’est l’éternelle histoire du malentendu des générations, dont les circonstances présentes accentuent l’acuité.Jeunes et vieux ne parlent plus la même langue.” Inoccupée, passablement aigrie, mais toujours ardente et courageuse, légitimement préoccupée d’assurer son avenir, la jeunesse en a assez des phrases creuses et demande un programme d’action qui lui fasse enfin la place large.Portant le poids d’erreurs économiques et politiques commises par un organisme social, qui ne lui prodigue que désillusions, livrée à l’oisiveté alors qu’elle se sent capable de donner son plein effort, il est à craindre que la jeunesse en vienne à prêter une oreille complaisante aux saboteurs des institutions et de l'ordre établi.Qui l’en blâmera?Ignorer ce danger, c’est s’exposer à des aventures qu’il sera superflu, plus tard, de regretter.Aujourd'hui, on ne placera pas un sou dans une société jeune et active pour mettre sur pied une oeuvre de valeur.Seuls les aventuriers ont quelque chance de drainer des fonds en se servant du miroir aux alouettes de l’escroquerie.Il faudrait plusieurs volumes pour dresser la liste des initiatives brisées dans leur courageux élan sur les traîtres écueiis suscités par la finance.Mieux vaut affronter franchement le problème ardu qui se pose.Le mol d'ordre devrait donc être: “Confiance aux jeunes.Travail aux jeunes, à la jeunesse sur laquelle repose l'avenir de notre peuple.” D’abord faisons confiance, aidons financièrement, soutenons moralement les jeunes à l’esprit d’initiative, qui trouvent par eux-mêmes un moyen de régler leur propre cas.Ces derniers devraient recevoir plus de considération que ceux qui ont l’oisiveté, même forcée, pour partage.C’est le contraire qui existe dans le moment.Voilà notre suggestion pour le présent.Dans un prochain numéro, nous développerons le programme de restauration que désirent les jeunes.(1) Fértncxi, éditeur, 1 vol.12 fri.prés.; Kosemont, Alfred Sénécal, Srés.; Bourget, Aurèlc Paquctte, prés.t-Zotique, René Descoeurs, prés.; St-Henri, Rodrigue Juteau, prés.; Ste-Elizabeth, Hector Nantel, prés.; Verdun, Gérard Gougeon, prés.; 5t-Pierre, Adrien Clément, prés.Pour toute information concernant l'Ordre, s'adresser au Secrétaire-Su- Srême, M.Hector Robillard, 4107 rue t-Antoine, Montréal.Aux jeunes de chez nous Jeunes hommes de la Province, chez qui de longues années d'éducations physique et morale ont créé l’impérieux devoir de l’action, souvenez-vous des leçons du passé et sachez ne pas démériter des quatre siècles de progrès qui vous précèdent sur cette terre de civilisation française.Sachez vous rappeler les sacrifices de ceux qui vous ont donné le meilleur d’eux-mêmes, pour vous assurer une préparation plus complète que la leur, j Sachez faire honneur aux engage- : ments de vos aînés envers l'avenir et * pour cela inspirez-vous des enseigne- j ments et évoquez l’exemple de ceux j dont le souvenir vous porte à l'action! Jeunes hommes de la Province qui ¦, avez eu l’avantage de la spécialisa- j tion éducationnelle et qui formez au- 1 jourd’hui une élite, soyez des caractè- ! res, soyez des volontés! Soyez unis! Mesurez, et vos forces I et vos moyens! Si vous devez faite I peu, faites bien! Si vous devez faire I beaucoup, faites grand et sincère! g Que ceux qui possèdent des quali- S tés de chefs prennent les initiatives! I Que les autres se groupent autour des r premiers pour les seconder! Rappelez- s vous, les uns et les autres .qu’il n’y J a d’égal à la grandeur du commande- 1 ment nue le courage et la persévérance de la mise en oeuvre.Athanase David, Secrétaire de la Province.LE REVEIL DELA JEUNESSE SU Lu pensée s'éveille chez les jeunes et leur vie prend de l’ossature et de C l envergure.Ils s'acheminent vers une i plus grande humanité.Depuis quel- j ques années la jeunesse a entendu ] comme une leçon d'histoire, un coup < de clairon dans lequel rihrait comme l’âme de toute race et le sang de* '< aïeux a bouillonné comme celui df Dollard devant l’attaque des hordes sauvages.Le sens des devoirs de l'heu- : re lui est apparu et sous l’action for- J matrice de.quelques nuiitres, son ges- | te est devenu plus fier.En premier lieu, la vie nationale [ lui est apparue sous un tout autrï 1 - .^|I .Illl IVHl aspect et nés horizotis 8e sont élarg
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