Le passe-temps, 1 janvier 1906, v. 11, no 282
PER P-26 C.O'J m Vol.XI — N° 282 Montréal, ij janvier 1906 X7a No 5 sous 4j'pajye-Gjempj Abonnement ; $1.50 par année.j.E.Bêlair, éditeur.Adresse : 16, rue Craig-Est, Montréal.* m* Feu l’honorable RAYMOND FOUKNIER PREFONTA1NE M.Raymond Pr/fontaine est né d LouguenU U ib septembre 1850.Il re PP.témi es à Montré,,/ a à /' Université Me GUI.Il fut admis nu barreau tn 1878.De 1879 à 1898 il fit fartie du conseil municipal de Montréal e! fut élu maire de cette s ille eu 1898 et eu I900.Il représenta le comté de Chambly d r Assemblée législative de 1875 à 1881 et ce comté à la Chambre des Communes Je 1886 à 1896 et depuis 1896, le comte de Maisonneuve.En 1900 il Jut ilu et dans Terrebonne et dans Maisonneuve par de tris Jortes majorités ; il rpta pour Maisonneuve.t M.Prifontaine fut assermenté comme membre du Conseil Privé et nommé ministre de la Marine et des Pêcheries, le 11 noyembre 1902.Il était parti, il y a cinq semaines, pour un voyage en Angleterre et eu /'rance, four affaires importantes concernant son ministère.______________ AJB03>T2>T3C2wL3EnSTT : Pour VÀmériom I fW VW*w Un an .$1-50 Un an.Six mois .75 ou ISix mois.rATtBLI D’ÀTÀIOa Mr GEO.ARNOLD MUSICAL, LITTBHArRB rr FANTAISISTE Para 11 lotu Ut quinte iom En s'abonnant pour un an, chaque abonné reçoit en marchandises Une Prime valant $1.00 Demande* noire catalogue de primes AnnonoM : Première insertion .lu ctj I» llfne Imenions subséquent*» -.• •.S, Conditions libérales pour annonces 4 lonilerin».Les annonces sont montrées sur I mik.TouU demande de ehauge enl d'adresse doit être sceomnagnée de l'ancienne adresse.l'our discontinuer de recoroir ce journal, il faut «Toir tiayé tous sos arrérases.Les manuscrit* publié» ou non n« «ont pas rendus.Adresses tou» comtrunteaüon Montréal, Oan.OOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO Avis au Public On peut se procurer les anciens numéros du Passe-Temps en s’adressant à tous nos agents locaux, mais plus particulièrement aux adresses suivantes : A Montréal: Arthur Yon, 1892 Ste-Catherine.Mme,A.Bélanger, 1376# Ste-Catherine.A Qu/bec : J.Alt Gnay, 283 rue St-Joseph.A Ottawa: Chs St-Jacques, 263 rue Water.CHRONIQUE DE QUINZAINE LE BONHOMME HIVER On a chanté le Printemps sur tous les tons ; On a dit de l'Hiver tout le mal imaginable ; Il y a en cela du machiavélisme.On a déjà trop médit du Bonhomme Hiver ; Voici donc que je m'inscris en faux contre scs accusateurs : L’Hiver n’est-il pas la saison du repos pour l'homme des champs, qui savoure en pais sous son règne le doux fruit des sueurs qu'il n versées dans le cours des autres saisons ! Pendant que l'Aquilon prend ses ébats, la famille du cultivateur forme un demi-cercle autour de l'âtre rustique où crépite un feu joyeux et réconfortant i La mère endort le petit sur ses genoux, en fredonnant une chanson bretonne ; Le père cause de ses espérances, de ses projets champêtres pour améliorer et embel lir le patrimoine.Le jeune violoniste et compositeur, dont nous publions aujourd'hui Irène, valse idéale, Irèsgracieuse et très harmonieuse.Mr Arnold est l’auteur de la marche très connue intitulée Châtra» Frontenac, de la valse The Auditorium, de l'intermezzo Iroquois, et de la valse l'amour au Salon, publiée dans le No 275 du i’assk-tbmts, et de plusieurs autus pièces très remarquables.Donne-nous une belle saison, Et toujours nous bénirons ton nom ! Z/phirtn Al A YRAND.CHRONIQUE PARISIENNE LA LIGUE DU RIRE Un groupe de jeunes universitaiies et d’étudiants en médecine vient de fonder une ligne "our restaurer le rire clair, joyeux et sonore 1 .'e nos ancêtres " .Tel est leur programme.Je ne sais pas comment ils le réaliseront.Le meilleur moyen serait de prêcher d’exemple et de montrer, dans toutes les cir* constances de la vie, un cceur serein, une figure épmouie.J'espère que ces jeunes gens sont gais.S'ils ne l'étaient, ils n’eussent pas songé & fonder leur ligue.Au surplus, tous les programmes du monde ne feront pas qu’un homme triste devienne subitement jovial.Ce sont des dispositions que l'on tient de la nature.Il y a des êtres qui considèrent les choses sous leur aspect aimable, d'autres qui n'en aperçoivent que le llchcux c6té.11 y a Ici* bilieux et les sanguins, les maigres et les gras, les atrabilaires et les joyeux.Vous avez pu constater cent fois ce phénomène.Vous êtes en train de causer ! entre amis.Arrive un nouvel interlocuteur.Et, soudain, il vous semble que la température baisse ou s'élève de plusieurs degrés.Pourquoi 1 On ne sait.Ceitaincs personnes mettent du liant dans la conversation, d'autres y jettent un froid.C- la tient au son de la voix, à l'expression dn visage.Et la gaieté ne se confond pas nécessairement avec l’esprit.L’esprit peut être pointu, 1> gaieté est ronde.Coquelin Cadet, notre excellent comédien, a disserté là-dessus très savamment.Il s’y connait I.Et je 11c résiste pas au plaisir de citer ces jolies lignes, tombée! de sa plume : “Ce qui fait rire, c’est l'imprévu, c'est "l’image soudaine d'une chose bouffonne •• inattendue et entrevue, à la seconde, dans “ un mot, dans un mouvement, dsns un geste, “ dans une grimace ; c’est ce qui atteint di-rectement la rate, en passant par les yeux 11 ou par les oreilles, c'est ù dire le cerveau ; ¦ ' c'est l'expression outrée d'un état de l'ime, l’exagération d'une manière d'être du •• corps, toute sensation connue qui est gros-sie i c’est l'aspect d’une chose sérieuse, ¦* bossuée par la charge, par la critique 11 drolatique de cet aspect ; c'est la déforma-"tiond'un objet grave." Et le bon Cadet ajoute : Il faut se bien porter et itre bon pour •• rire, pour rire vraiment ; les méchants n COOK’SFRIENQ w BAKING POWDER ^ Après avo r résisté à toutes le« épreuves se tient toujours au premier rang.Ea veate chez tou« les épiciers, LE PASSE - TEMPS No 282 — Montréal, 13 janvier 1906 Soxrx32Q.a.ix© MUSIQUE : Ç TEXTE : Portraits : Feu L’HONORABLE RAYMOND FOURNIER PRÉFONTAI- NE ; M.Geo ARNOLD.Chronique de Quinzaine : LE BONHOMME HIVER.ZÉruiEiN Mayrand Poésie: LA BALLADE DU PETIT BËBfi .Edmond Rosland MoNOLOOUE : JE QUÊTE DEMAIN.Kfrnand Beroi.end Chronique Parisienne: LA LIGUF, DU RIRK.,.I,e Bonhomme Ciirysale Coups de Ciseaux : L’INTEMPÉRANCE ET LE SUICIDE.Feuilleton : SECRET DE FAMILLE {suite).Dans le monde artiste ; — Mondanités : — Block-Notes ; — Graphologie ; — Récréation ! — Jeux de société ; — Pour rire, etc., etc.1 CH A NI TOUJOURS L’AIMER!.Albert Contant BERCEUSE.Buellmann A LA PROCHAINE.F- 1 °*>A CHANSON COMIQUE M.DE LA PALISSE.Claude Terrasse PIANO CHARME D’AMOUR, v.se.Octave Crémieux IRENE, valse.Ge0- Arnold MANDOLINE et GUI, ME VITA T0RINESE.0 lardenchi Montréal, 13 janvier 1906 — No a82 LE PASSE - TEMPS 4'5 POÉSIE BALLADE DU PETIT BEBE Il fait un gazouillis suave, Un chantonnement continu, San» souci du ton, de l’octave ; Son crâne au seul frison ténu Est si blond qu'il parait chenu.Dans son faufeuil, par la planchette Qu'Il frappe du poing, retenu, Le petit bébé fait risette, Et puis, il désigne, très brave, Le gros chat, de son doigt menu Et puis quand sa bonne le lave Et lui poudre son corps charnu De vive force maintenu, jambes en l'air, sans chemisette, En montrant son derrière nu, Le petit bébé fait risette.Apr.1 _ quoi, longuement il bave.Et c ame un objet inconnu, Il c>.temple, rêveur et grave, Son pied dans ses deux mains tenu.El pris du désir saugrenu De sucer son bout de chaussette Auqqcl il n 'est pa» parvenu, — Le petit bébé fait risette.ENVOI Princesse au regard ingénu, Croyez-moi, dans la maisonnette, Tout rit lorsque, nouveau venu, Le petit bébé fait risette.Edmond ROSTAND.MONOLOGUE POUR JEUNE PILLE Je Quête Demain Donc, c'est pour demain ! Plus une faute à commettre ! Si, ce soir, je n’ai pas pris toutes mes dispositions, arrêté tout mon programme, je ne réponds plus de rien I Car c’est une vraie entrée en scène, un fait sans précédent, unique, peut-être, dans ma vie de jeune fille.Ah I pardon I il y a un précédent : j'ai quêté, à dix ans.A la Madeleine, s'il vous plaît I Mais, à cet Sge, déjà bien loin, je ne comptais pas.Tandis qu’aujourd’hui, avec mes vingt ans bien sonnés, je ne peux plus passer inaperçue.Au bal, soit I Dans une cohue et sans premier rôle.Mais à Saint-Philippe Dans une réunion des plus se/etl., quatre cents invités qui ne demanderont qu ’à me dévisage'.En garde, mademoiselle! Mon armoire à glace n’est pas faite pour rien : franche-ment, à quoi servirait elle, sinon aux répétitions générales ?Mon cavalier, qui s’entortillera dans mes jupes, tout en tenant mon bouquet, comme il porterait un gigot, aura déjà l'air assez gauche et emprunté : où irions-nous, mon Dieu, si, pour sauver l'honneur, il ne restait la grâce de la quêteuse ?Jusqu’au moindre de accessoires, ma toilette est là, toute prête ; il ne me manque plus que deux objets, essentiels, par exemple, le clou de la pièce, que j’attends fiévreusement : ma robe et mon chapeau.Un peu lyrique, pour une modiste, Mme Benoît m'a promis que mon chaiieau en paille de riz noire, orné d’une garniture de plumes, sa dernière création, serait un véritable rêve.Nous verrons bien ; mais ce qu’elle va nous faire payer ce dernier cri du genre 1 Ma couturière, rivalisant d’admiration pour son œuvre proclam-, de son cité, ma robe ivoire, avec volants de gaze de soie ondulée, tout simplement une merveille.Elle me va comme un gant et me sied à ravir.Ce n'est pas mol qui parle I Cependant, Mme Alexandre insiste, d’une manière presque désobligeante, sur le mérite de la garniture en berthe du corsage, qui m’avantage extraordinairement ta taille.Qu’est-ce à dire ?Qu’elle réserve cette formule aux maigres I Ij» mariée, elle, on peut l'étoffer à loisir : on a de la marge ! Voilà un thème ingrat, qui demande des variations 1 Voilà une bonne aubaine pour l’art I Pauvre Yvonne, pardon: j’allais être mauvaise langue I C’est égal, quel singulier goût 1 Epouser son ami d enfance : est-ce assez province I Quand Mme Déol vient nous dire : " Tous les hommes sont laids ; tout ce qu’on leur demande, c’est de n’être pas repoussants ”, sa boutade fait sourire et ne prouve rien que, sans doute, un profond dépit.Il n’en est pas moins vrai que ces messieurs, au physique, tomme au moral, sont loin de réaliser la perfection.Une foi robuste, à toute épreuve, nous est donc nécessai-re.Or, l’illusion ne peut plus guère exister, ce me semble, à l’égard d’un ami d’enfance, un camarade, presque un frère.O11 le connaît par cceur.A force de vivre côte à côte, on l’a vu soumis lui-même à toutes les faiblesses, à toutes les misères humaines et, fatalement, la prose d’une existence, apprise ou soupçonnée, jusque dans ses détails les plus vulgaires, le fait descendre, bien trop tôt et beaucoup trop ba6, du sommet du piédestal où notre imagination poétique s’était plue à l’élever.Parlez-moi de l’étincelle, du coup de foudre I C’est toujours l'inconnu, enveloppé de tout son charme mystérieux, cet idéal entrevu dans un songe enchanteur et qui nous apparaît, un jour, sous la forme animée et rayonnante d'un brillant cavalier, messager d'un bonheur dont la réalité surpasse encore toutes les promesses du rêve.Saluez, M.Georges ! Cela n'empêche que ma tante Kélicie, qu’on attend, ce soir, nous reviendra avec un nouveau stock de sentences doc torales, ses rengaines favorites, qui seraient un vrai régal pour l'Armée du Salut.Va-t elle assez critiquer ma toilette I Ce n’est pas à Pithiviers que, de son temps, les jeunes filles auraient osé se montrer à l'église, dans une tenue pareille, — en taille : le comble de l'inconvenance ! Je l'attends à sa rencontre avec la première femme qu’elle verra grimpée sur une bicylettc.Je ferai bien d’être munie, à son intention, d’un Dacon de sels.Pour moi, j'ai beau ne m'être jamais aventurée sur l'ombre d'un vélocipède, je n’en suis pas moins une jeune fille •* dans le train ", détestablement élevée.A la boane heure, il est court, mais il est clair, mon signalement I Voilà une vérité qui ne serait pas du goût de M.Bérenger 1 Car il y a du vrai, au fond de la moral: de Pithi viers.Mais, vc - dans quel dilemme terrible je me trouve enfermé ! si j’a “dais dans le sens de cette critique amère, je ferais, nécesïa.nent, le procès des vénérés auteurs de mes jours, seuls resp nsables, après tout, de l'éducation que j'ai reçue, et, dans cette cruelle alternative, le respect filial le plus élémentaire veut que je donne tort à ma tante.Entre nous, pourtant, avouons-le, puisqu’il est permis de raisonner à mon âge et que rien n’est même salutaire comme un bon petit examen de conscience, nos parents se montrent d'excellente composition, quand ils nous proclament des anges de candeur et de vertu.De vertu, évidemment 1 De candeur, c’est autre chose ! Gamines de douze ans, nous commettons l'inconvenance de grandir trop vite : on nous exile de la maison, sous le prétexte de transformer l'enfant en jeune fille accomplie.Accomplie, c'est-à dire : élégante, artiste, mondaine et, reut être, instruite, par-dessus le marché.On confie donc aux professeurs à la mode le soin de nous élever dans le goût des grandeurs et la crainte des amies pauvres.Et l'on n'a plus à se préoccuper de nous, une fois pla.cées dans un milieu aussi choisi : il va sans dire que nos compagnes, riches ou nobles, sont toutes d’égales perfections.Le cceur et l'esprit bien pétris dans le moule moderne, nous rentrons dans nos familles, où( longtemps encore, on s'obstine à nous traiter comme de simples pensionnairei de la cour des grandes.Et notre petite imagination, qu'en fait-on ?Si rien ne vient troubler son pieux sommeil, à Pithiviers, ici elle est constam ment tenue en éveil.Le mouvement parisien, auquel nous nous trouvons forcément mêlées, se charge bien vite de compléter notre instruction.Et nos frères, qui, au mépris de nos chastes oreilles, — tante Kélicie, j'emprunte votre style 1—osent chanter devant nous les refrains à la mode, qu'ils rapportent de leurs cafés-concerts 1 Et nos cousins, donc : en voilà qui fournis sent de précieux tuyaux I Et les revues, et les journaux qu’on laisse traîner imprudemment I Et les boulevards, dont la physionomie ne doit jamais nous inspirer la moindre réflexion I Et les théâtres, où, nécessairement, nous devons ne rien voir ni entendre que la musique I El les visites, et les dîners ! On parle à mots couvert» et le tour est joué I Ils sont trouvés, leurs mots couverts I Te nez, voulez vous un seul échantillon de ces formules heureuses, qui doivent prévenir tous nos soupçons et dérouter toutes nos recherches ?Le parrain, le protecteur, l'oncle de province, l'orpheline du quartier Marbeuf : voilà leurs plus belles découvertes ; autunt de traits rie génie, le suprême effort de leur imagination 1 Sous la sauvegarde d'un voile aussi discret, toutes les chroniques, savamment gazées, peuvent passer devant nous.Mais comment font -ils donc leur compte, nos parents, pour témoigner à notre naïveté une foi aussi féroce ?C’est moi qui, dans vingt ans, saurai profiter des leçons de l'expérience I Si j’ai une fille, ce qu’elle sera surveillée et bridée, la pauvre enfant 1 Tenez, je la plains d’avance 1 En attendant, où en états je donc de ma répétition ?M.de Pleymont, qui passe sa vie à ouvrir des parenthèses et à s’y perdre, n’tn a jamais lui-même risqué de pareille taille.C’est si long, de confesser les autres I Ah 1 j'y suis 1 J’avais planté là mon garçon d'honneur et son bouquet.Pourvu qu'il n'en fasse pas autant, demain, à mon égard 1 Car, après tout, et malgré ton infériorité au point de vue décoratif, il m’est indispensable et si bien choisi pour la circonstance ! Il ne portera ombrage â personne, M.Guy I Malgré les pe its airs conquérants qu’il affecte, il n’a dû cueillir encore d’autres lauriers que son diplôme de bachelier.C’est peut être insuffisant.Jeune homme, repassez dans dix ans 1 Pour le moment, étudiom nos saluts.Car il ne s’agit pas de promener à travers l’église une sorte de figure de cire, au sourire éternel et béat.On connaît ses nuances et l'on sait ménager ses effets I D’abord, le salut cérémonieux : gtave et digne, à l'usage des inconnus, des indifférents et des gens malveillants, s'il y en a.I-e "merci" traditionnel sera accompagné d'un sourire si discret, qu'il se laissera à peine deviner.Comme ceci, n'est-ce pas ?Puis, le salut simplement respectueux, destiné aux personnes âgées ou possédant un droit quelconque à la déférence.Attention 1 11 ne faut pas trop se lancer encore, lien qu’on se trouve déjà sur un terrain plus sûr.N'abusons p«s du port de reine : moins de majesté et beaucoup plus de modestie.Un bon petit sourire de pensionnaire, un peu intimidée, en baissant les yeux.Que dites-vous ce ceci ?Ensuite, le salut protecteur, pour cette pauvre Marguerite, qui a tout fait pour me supplanter, comme demoiselle d’honneur.A quel tiire s’il vous plaît ?Je pourrais même lui jeter, en passant, un compliment perfide sur la fraîcheur de son costume, qui datera de l’année dernière.Au fait, non 1 Soyons généreuse : pas de triomphe insolent l Après tout, Marguerite est une amie cl devra être traitée comme toutes les autres.Ici.du moins, plus de contrainte, plu» de recherche, plus d'artifices I Un franc sourire, tenant lieu de salut, un air enjoué, libre, naturel, enfin I Bonjour, chère, bonjour; merci, merci I Une fauvette qui traverserait l'église, en gazouillant.Reste le salut vraiment difficile, le seul écueil redoutable à franchir : M.Georges sera là, en grand uniforme de dragons.On prétend pouvoir tout exprimer par lu regard long et profond.Mais, de grâce, comment voulez-vous que, dans un simple coup d'ceil, encore réservé, Il le faudra bien, on puisse lire toute cette interrogation : à quand notre messe de mariage ?Si vous croyez que c'est commode, de trouver la note juste I Avec ma toilette et, sans doute, plus d’aplomb, je teviendrai, demain matin, devant mi bonne glace, à cet exercice de haute école.C’est égal I notre fille fera bien d’être un peu moins artiste.Si jamais elle s’avise, la petite malheureuse, d’être trop •• dans le train " , ce qu'il sera remisé, son train I Elle pleurera peut être ; mais on illuminera à Pithiviers, chez ma tante Féliciç.Ferncni BEROLEND.REGREA.TIOC 145 — CHARADE Dans le premier on reconnaît Le sot, l'homme d’esprit, ou les trait s du génie ; L'ivrogne, qui le second boit, Ne sent point sa tête étourdie.Vous qui cherchez , levez les yeux.Voyez, lisez Ventier, Paris l'offre en tous lieux.Les réponses seront reçues jusqu'au 27 janvier.Les dix premières réponses justes, accompagnées de notre coupon de primes 182, recevront un morceau de musique de chant ou de piano, au choix.SOLVIION No 143 — charade : Tire-liouchon.“ rient pas j c’est leur châtiment.Le rire, « quoique partant de l'entresol de l'individu, " a son siège dans la tête, pas au Sénat, “ dans la tête ; ceux qui jouissent d'une ex •• cellente constitution intellectuelle rient "volontiers.Rire à se tordre n’est pas 11 commode.On ne dit pas souvent vrai en " disant : “ — Je me suis tordu.'• Se tordre est, pourtant, l'idéal du monde H entier, car le rire est hygiénique, radical "et conservateur; il active les fonctions •• organiques ; il rafraîchit le cerveau, il fait “ s’épanouir la rate, il donne du jeu aux •' côtes et au ventre, et, en somme, 11 n'est " pas désagréable aux reins." Rien de plus juste.Le rire est l'indice d'une bonne santé, (l'un parfait équilibre moral et physique.Voyez les enfanta.S'ils se portent bien, ils jouent, ils s'amusent.S'ils souffrent de quelque mal, ils s'assombrissent aussitôt.En général, ils ont un trop-plein de forces à dépenser ; leurs organes tout neufs ont besoin de mouvement.Enfin, ils sont libres de soucis, d’inquiétudes.Ils sont heureux.De là cette expansion cammunicative, celte allégresse, cette légèreté d'âme que nous aimons en eux et que nous leur envions.Plus un peuple se rapproche, par sa civilisation, de l'enfance, plus il est gai ; plus il Is’en éloigne, plus il devient morose.Du moins, sa façon d’être gai n’est-elle plus la même.Il rit encore, si vous voulez ; mai* il se mêle à son rire de l'amertume, du sarcasme.Chez lui, l’innocente et bienfaisante gaieté se trouve remplacée par l'ironie.Je crois bien que c’est là que nous en sommes.Voyez nos " humoristes Nous en avons, car le tFrançais, Dieu merci, a gardé sabelle humeur ; mai» qu'ils sont méchants I I-eur verve est agressive et s’exerce toujours aux dépens du prochain.Tenez, en ce moment, il est un petit jeu qui fait, fureur O- H>r X-i- nSTolin.-'Xx-u.d.ea.-ci, Cl^ii-u.xg'ien.- derrtistG Coin Boulevard St-Joseph et rue St-Laurent, Ville St-Louis. Le passé - temps Mo 282 — Montréal, 13 janvier it)oé le jeu de« " surnoms" .Chique personnage un peu en vue est affublé d'une /pithète qu'on va se répétant malignement de bouche en bouche.Il n’y a pas, autour es tables, un autre sujet de conversation.— O l'appelle Enghien chri toi, la Bonne Ifaltmt, la Prilidtntt des Odeurs dramatiques.Et ce sont des explosions, désapprobations, des exclamations sans fin.Le mot est d'autant plus applaudi qu'il est plu» venimeux, plus meurtrier, qu’il vise non seulement les ridicules superficiels de la victime, mais ses faiblesses cachées, les secrets de son intimité, blesse au bon endroit, au défaut de la cuirasse.En une minute, c'est le déballage des infortunes, desinfirmités contemporaines : le Petit ’tit morceau de pain A.Hauch •Affaires sont si mauvaises.G.DreyfuB Piano Caresses (les), valie A.Anemoyanni Mandolin» et Guitabb Caprices de Mercédès ,Erm.Carosio No 272 — Chant Berceuse blonde.Emma Dufort Querelle (la).Edouard Mignau Lilas [les].B.de Boi«lèr b •Domaine au toit de monsse.F.Wacha •Amour do gendre.Orvict Briollet Piano Etincelles, mazurka Mont) laisir Violon et Piano Chanson de la bicn-aimée G Milo No 273 — Chant .Chanson fatidique Edouard Mathé Bonjour Suzon.O.de Crebessac •Uno aQaire mystérieuse Fursy Piano Capricieuse.Henry Weyta Mandoline et Piano Julia, sérénade.C.d’Alessio Les chansons publiées sans accompagnement < un astériquo (*).pianos sont indiquées par No 274 — Chant Tu reviendras.Maurice Teste •Verse, la belle fille.F.Doria Piano Valse du Lauterbach Gustave Doret Canadienne [1«J, valse.Viotor Nadeau Mandoline et Guitare Vittoria-Maria, polka.A.Gilardenghi No 276 — Chant Pour toi seul, mélodie polonaise.Chopin Petite sœur [GrandMogol].E.Audran •Gaz A bon marché, actualité.Delville Piano Feux follets (1ns).H.Van Gs31 Amour au salon, vaUe Geo.Arnold Mandolin* *t Guitare Annie, nazorka.- C.d’Alessio No 276 — Chajpt Ne t'en vas pas.E.Vincelette •Litre du souveuir (lo)_J.-E.Marsouin •Enterr.mont dos timbres (l')A.Bruant Piano Valse, op.65.L.J.O.Fontaine Chauve-Souris (la) Johann Strauss Mandoijn» et Guitare Teléphon, polka M.C.Mens Mo 277 - Chant Cruelle berceuse (la).T.Botrel J'ai oaché dans la rose en pleuis.Hahn •Enfant du régiment.J.de Chalot •Salaire des députés .A.Louis Del Piano Cabrioles, polka.Jules Granier Delphine, valse.M.L.B.MONOLOGUES déjà parus dans le Titre* Abeille, !' Anglat* dfgoûU, [l’J A i.roi*oj «1© i ot* A lu grandi la**e Anr.ivrrtttire» du drai»*au A un* jrane fil.» •la* «le mer Î*l#aie de Louobtalot, *• o* de tuer Het>tâme do BJM, le Baby Ual «le monteur Ro*e, lo llaiufl d mer.Ion Usiner de Latine.le Uriae da (rebeau Bien he tombe Broueite.la Bulletin do rote.Ca»al er arabe Çhanfon de la bouteille Oh r 'entier, lo Ce ehiffon-là Clairon, lo Cl' ohei.le* Conte* de Perrvault irlsier, le ;hriit à l'on an, le “i*a le dentiste pllmeut do Bébé Jrodo d'autour Chante tue.la Crime de Lill.le >imenohe d’Ku»*ne.le )enx bottina*.U# Hfo'tM de erneher )¦* m 11- franc* do dol ) ne la aalle )em'i*e • led'honuour la )en* ennemie* )Aton i bulladeur tant le train >6tol.lo )eax ange* Doléance* aur l’Kxpoidtion Doux garçon* d'honneur Dtïputé.le Dana l’ombre linfant martyr.I' Kpare, I' Knfant la 8e ohambre 11') fcrreur de TiéreUhmoU Numéro• 219 193 191 lis 248 248 140 132 \2i\ 257 2J5 201 *5 195 193 IS7 in 199 194 ÎS2 12» 144 247 asi •M 241 143 278 162 213 203 IM I0B 77 71 4 282 61 230 214 2UH 21)2 194 ISS 174 147 14» 142 IT.' 210 vo 281 274 ! 300 Ktrennos fraternel loi Fiivaoèe de MariTonae.le F-.n rir», la Pammo et la pipe, la "emme dn beaaa.[la] oanni*.[Irai 11* do charpentier amtne flaroo» d'honneur, (loi GAtcau dos Hoil (frère dee rafflneure ürapholocit, la Grenouille qui roulait .lui auael croeee nue le Ilcrlofe de fraad'intre, Homme aux trillon*.I J'bavard* et j'aime à J»an «t John Je ne Bail pa* Je quête ioma„ Jei'ue fllte romaneiqao, la Joie du voyrgt, la Joiei matmuoQialeB, Iob JVu>s pa* fixé Laboureur ot 8 b enfant* le Ijoqp- le Léffendo de l'hiroudello Loup arec l'agneau, le Lettre d'un «tudiant à une Atudiante 95 W -ro*.Ie> .l»» Iwtgfuiie de la cloche.JlaJ 186 Lunette* de «ran l'mèr*.Iei211 Lampion d ma femme, le 229 Monoelo le 226 MueicUn e;nbarra«é, U 231 .Manche à balai, lo 270 Ma tournée 233 Monsieur qui dénéna«9, le 217 M^*aTcntur«,B d’un bautboU221 Ma flano e 197 Ma If on de campatoo.U 177 Maiion ’ ide 277 Méoontont le 166 Merlan.U 106 Mère du flnpplioU, la MMterl.orbeau areo Maiter Renard Ma'tre Jean M* ill* ure nort.la Mort du lion, la Ma m6-e Ma Irisai d* janrler Nini nmbéehe Nourel an Oh I MademoUalU Oh I lu onfinl» Or allemand ou la Trahi-ron da petit boMu Orai*on funèbre do Mtdame Bouneola FflSSE-TEMPS tOcier de «antl 242 a* pre»ié ^10 Parfait bonheur 133 Poète ISfi Papilloni Pourquoi t Pour le drapeau Premier amour Pantalon, le Pare Monoeau Pilot*, le Pas de monologues Ktmlril.,,*rl,'n,) P.toîo.tiiu bord la P.t U Maris, la Petita inoto-flrli U Papillon, la Pctlla raina, la Paauta du ponaa.la P ation cesse d'/tre LA PLUSSUKE POSSIBLE I.-R.Mont Ililant, architecte; Vice-présidcu s : T.Coflin et Ceo.Paré : Secrétaire : J.-Arthur Roy ; Trésorier : L.F.Larose ! 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