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Titre :
Le passe-temps
Le Passe-temps est une revue culturelle qui présente principalement un contenu musical. [...]

La revue Le Passe-temps paraît à Montréal du 2 février 1895 au mois de décembre 1949, malgré une interruption de 1935 à 1944. Passionné de musique et imprimeur de métier, son fondateur, Joseph-Émilio-Sibert Bélair (1865-1933), est l'inventeur d'un procédé de gravure qui permet de reproduire des partitions à un coût minime. Son décès en 1933 entraîne une première cessation de parution du Passe-temps pendant quelques mois.

Publiée deux fois par mois pendant les premières années, la revue devient mensuelle en 1924. De 2500 en 1910, son tirage passe en 1920 à 10 000 exemplaires, distribués principalement au Canada et aux États-Unis. Les revenus de la revue proviennent non seulement des abonnements, mais aussi des annonces publicitaires. Des journalistes réputés comme Lorenzo Prince et Gustave Comte feront partie de l'équipe de rédaction du Passe-temps.

Le contenu de la revue change au cours des années. Pour l'essentiel, Le Passe-temps vise à rendre compte de la vie culturelle montréalaise en traitant de sujets variés, comme en témoigne d'ailleurs son sous-titre, « Littérature, musique, théâtre, mode, sport ». À cette dimension culturelle s'ajoutent quelques actualités politiques, des renseignements pratiques, comme des recettes de cuisine ou des conseils à la ménagère, de même qu'une section « Divertissements », qui propose des jeux d'échecs, des charades, des histoires drôles, des devinettes, etc.

Dès 1896, le sport est retranché du contenu et remplacé par les « Mondanités », mieux adaptées au lectorat de la revue, sans doute en majorité féminin. En 1898, Le Passe-temps se transforme à nouveau pour devenir un journal « musical, littéraire et fantaisiste », une dénomination qui durera 35 ans même si, à partir du tournant du XXe siècle, la revue se consacre surtout à la publication de partitions musicales. Le Passe-temps est d'ailleurs la revue à vocation musicale qui a connu la plus longue existence au Canada. En 1933, l'éditeur adapte une dernière fois son contenu aux exigences de ses lecteurs, cette fois en raison de l'avènement de la radio dans le paysage culturel. Dès lors, le sous-titre devient « Musique, radio, littérature ».

Les partitions musicales du Passe-temps sont le plus souvent des pièces de danse, comme des valses et des polkas, des extraits d'opéras, des chansons traditionnelles. On y publie aussi des morceaux de Beethoven, de Schumann, de Saint-Saëns, de Fauré et de plusieurs compositeurs canadiens, dont Claude Champagne, Calixa Lavallée et Rodolphe Mathieu. La revue offre ainsi à ses lecteurs la possibilité d'animer les soirées familiales, comme l'atteste le nom du supplément qui paraît dans chaque numéro dès 1898, « ... Musique vocale et instrumentale... pour le salon ».

S'il a pour objectif de divertir ses lecteurs, Le Passe-temps tente également de les instruire, par l'entremise de leçons de musique et de suggestions de lecture. Il tient également ses abonnés informés des dernières nouvelles de la scène artistique, mais il ne propose pas de véritables critiques en matière musicale. À cet égard, la politique éditoriale de Bélair est plutôt conservatrice, ce qui s'explique probablement par le contenu avant tout familial de la publication. Malgré cette position, Le Passe-temps contribue à la vie culturelle de Montréal, notamment par sa proximité avec Ernest Lavigne, créateur et propriétaire du Parc Sohmer, l'une des scènes musicales les plus courues de la ville.

Outre son contenu musical, Le Passe-temps publie régulièrement des textes littéraires de genres variés. Il offre ainsi des contes, des nouvelles, de brefs récits, des monologues en vers et en prose, ainsi que des poèmes d'auteurs français (Sully Prudhomme, Victor Hugo, Edmond Rostand) et canadiens-français, parmi lesquels figurent des membres de l'École littéraire de Montréal (Émile Nelligan, Arthur de Bussières, Albert Lozeau, Joseph Melançon, etc.). Malgré les moyens financiers restreints de l'éditeur, la revue réussit également à offrir à ses lecteurs un grand nombre d'illustrations, dont plusieurs sont l'oeuvre d'Edmond-Joseph Massicotte.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 335-336.

EVERETT, Jane, « Montréal en revues », Écrits du Canada français, no 76, 1992, p. 51-78.

« Le Passe-temps » dans L'Encyclopédie canadienne - Encyclopédie de la musique au Canada, www.thecanadianencyclopedia.com/articles/fr/emc/le-passetemps (consulté le 29 mai 2013).

PRINCE, Lorenzo, « Quelques souvenirs sur le fondateur du Passe-temps », Le Passe-Temps, vol. 39, no 864, août 1933, p. 40.

TRÉPANIER, Léon, « L'étrange histoire de Joseph-Émilio-Sibert Bélair, fondateur du Passe-temps, révélée par lui-même », La Patrie, 5 février 1950, p. 68 et 91.

Éditeur :
  • Montréal :J.E. Bélair,1895-
Contenu spécifique :
v. 11, no 263
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
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Références

Le passe-temps, 1905, Collections de BAnQ.

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PER P-26 ' LE PASSE-TEMPS MUSICflli, LITTERAIRE et FANTAISISTE ïitîL.«A-îrii .905 • • • 24 jaw Je isip 5 cts fiO A.Valeur des morceaux de musique contenus dans le présent numéro ^ (fi7 nf\ kPÛ.UU • Voir la liste de Nos Primes à la page 120.-=^0 * >4>U.UU Nos collaborateurs — M.C.O.SENÉCAL TEL.BELL - MAIN 1966 TEXTE : Gravure i M.C.O.SENECAL.Chromque de Quinzaine : L'ÉDUCATION DU PIÉTON.Jean Badreux Poésie : RONDEL.ZimiRiN Martineau Monouxjue : POISSON D'AVRIL.François Georges Cours de Ciseaux : LE PEUPLE A VERSAILLES.Jui.es Miciielet Theatrr: LE GIBIER DE POTENCE (tuile).J.Feyueau s-euilletoks! RÊVE DE FEMME (suUietfin).C.du Camperanc — LE PLAN DE LA COMTESSE.M.Marvan Dam le monde artiste ; — Mondanités ; — Block-Notes ; — Graphologie i — Recréation | — Jeux de société | — Pour rire, etc, etc.MUSIQUE : CHAN1 CHANT DE PAQUES C''*'""-/E MONTREAL.A.Dunuine, A.Bouchard, II.Côté, C.Guertin, M.Castey, A.Champagne, A.Boivin, M.Boivin, N.Champagne, R.Vi-giard, A Provost, M.Provost, II.Gemme, A.Tétrault, A.Marier, J.Mourdcau, E.Varieur, O.Lanclôl.MM.F.Jenelle, O.Brault, IL Surprenant, C.Côté, J.Bouchard, W.Bell, E.Metivier, F.Charelie, E.La jeunesse, L.Larocque, H.Boivin, G.l.aroy, A.Ilrunelle, etc., etc.mari.horo, mass M.et Mme Horace Delphos, de Worcester, sont en promenade chez leur fille.Mme Alexandre Patoël, rue Versailles, LE PASSE - TEMPS 53 «le jolie» chanson».Un magnifique goûter fut icrvl avec une délicatesse et un goût remarquable.Mme Malteau, comme toujours fit très bien les honneurs de sa maison et les invités se séparèrent enchantés de leur soirée, se donnant tous rendez-vous pour l'année prochaine.Nos meilleurs remcrclment» a M.et Madame Matteau.LOU LA Y, CO.LAURI IS, P.Q.M.J.C.A.Hoclt, ex-maire dc Notre-Dame de la Paix, a gagné son procès avec U Muni cipalité.L'avocat du demandeur était M.T.P.Koran de Hull el celui de la défenderesse, M.R.de Salaberry.• Mlles Bernadette et Antoinette Bock ent été voir leur jeune sieur Suzanne, pensionnaire au Convent de André Avelin.Mlles Lace Guay, Marie-Ida Mantha et Iledwidge Bock devront se séparer bientôt à leur grand regret, Mlle Bock ayant vendu sa propriété.CUISINE CA KMELS AU CHOCOLAT Voici une petite recette toute facile à sur vre, et bonne.oh Ije vous disque ça1 Goûtez plutôt.Faites fondre deux tablettes de chocolat dans un verre de lait, ajoutes gros comme la moitié d'un œuf dc beurre très frais, une cuillerée a dessert de miel, un verre de sucre cn pondre.Faites cuire à feu doux en remuant sans cesse pendant toute la cuisson, qui doit être dc trente à quarante minutes.lorsque la composition est cuite, vous versez sur un plat beurré au préalable, puis vous découpez en carrés ou losanges.JEUX DE SOCIÉTÉ LE CALENDRIER PERPÉTUEL On choisit un des joueurs qui l'appelle le Temps ; il prend place sur un siège un peu pins élevé que les autre», près d'un rideau tendu, on devant un paravent.Douze joueurs, qui prennent chacun le nom d'un mois de l'année, se tiennent & ses côtés, les autres joueurs représentent les trois années à venir j soit par exemple looû, 08, on.Alors le Temds ouvre le jeu en disait : "Je suis bien las de toujours mait-her sans aucun arrêt; la fau» me pèse sur les épaule», et je suis si vieux que j'aurai» besoin de me renseigner sur ma besogne future ; holà ! mes enfants chéris, éclairez-moi, et racontez-moi l'avenir pour que je ne donne pas un coup de faux mal i propos I '1 L'année 1906 s'avance alors gravement ; elle raconte les grands faits qui marqueront l'année, les événements, les décéj d'hommes illustres, les inventions qui se produiront ; puis elle appelle & son aide le» mois divers qui viennent tous à tour de role et dans leur ordre, préciser la prédiction faite |*r l'année 1906.Chacun s'inspire des travaux dc la sai-ron, des fêtes de chaque mois ; puis après l'improvisation du mois dedécembre, tous les mois se tenant par la main et précédés pir l'année, défilent devant le Temps en -.'inclinant respectueusement.Le Temps, usant de sa vieille expérience, rectifie ce qu'il y a d'erroné ou de peu précis dans ces improvisations ; il iHinil d'un ou de plusieurs gages ceux qui ont hésité ou qui n 'ont pas voulu délier leur langue par crainte d'être indisc/ets, ou qui ont fait des promesses peu vraisemblables, ou encore, répété ce qui a déjà élé dit.Ensuite vient le tour des autres années ; ce qui se passe daus les mêmes conditions.Si la société est nombreuse, le» Mois peuvent s'adjoindre lr concours des Semaines Ce jeu est charmant et met en relief la lo quacilé, l'esprit et l'ingéniosité de tous les joueurs ; nous ne saurions trop le recommander.Un g»gt "I d» par loui jcmtur qui ura relit à court oh qui aura fait une prédiction invraisemblable.Réllexion d'Elle C.A la campagne, on c-i trop homme de terre ; à la ville on est trop automates.CONSEIL UTILE COMMENT RECONNA1TK1.LES UONNl'.S VIANDES La viande du jeune bœuf est très tendre ct d'un beau rouge.I* chair du larj doit être douce et luisante ; la coueune mince est toujours préférable.Le gr;is du mouton ainsi que de l'agneau doit êtie bien blanc, la chair d'une l>onne couleur.Le bon veau a toujours la chair blanche.PAROLES D'OR Le don dc lire dans l'avenir est un don qu'il faut remercier Dieu de nous avoir refusé.La Coûte de Paris.On ne doit pas faire de l'histoire la calomnie des morts.a.uk L*martinb.L'interview, c'est la littérature des autres.Mrlchior ui Voeu*.Les hommes d'esprit doivent entrer dans la politique à la con lition d'un riortir pour leur voyage.Emile Faoobt.Le tout n'est pas d'être belle, il y a un art d'être jolie.Ludovic Hai.èvt.LA BANQUE D'EPARGNE DE LA CITÉ ET DU DISTRICT DE MONTRÉAL.L'assemblée générale annuelle des action liai res de cette Banque aura lieu à son bureau principal, 176 Saint-Jacques, mardi, le t mai prochain, i midi, pour la réception des rapitorts et états annuels, et l'élection des directeur».Par ordre du bureau de direction.a.f.lesperakcr, Gérant.URAPHOLOUIB Joachim.— Esprit un peu exalté, de la bizarrerie, embalement très facile, peu de vo lonté, aime à se laisser diriger, pas du tout économe, aime les plaisirs.François, — Caractère calme, sérieux et réfléchi, aimant le travail, économie bien entendue, un peu d'irrégularité de caractère, aimant le» entreprises, sens artistique, volonté peu airétée.L'étoile.— Esprit grave^ calme froid et sérieux, imagination active et agissante, beaucoup d'ordre, économie bien entendu, caractère entreprenant, amour du travail, volonté et sens artistique.Joseph 1er.— Esprit sérieux et réfléchi, peu d'imagination, dispositions mélancoliques et romanesques, san»emballement amour de la famille avec Ireaucoup de volonté et sens artistique.Fleurette.- Aimable et spirituelle, quelques dispositions à la mélancolie, romanesques, bon caractère, esprit peu sérieux, grand amour du plaisir, de l'air, de la lilierté cherche à se faire aimer et y réussit, lout en n'ayant pas beaucoup de volonté.Pourquoi partir.— Beaucoup d'imagination au service de sa coquetterie, ordre, économie, esprit léger ct frivole ; mais aimable et bon caractère, sachant se faire aimer, sens artistique, 1res peu dc volonté, goût des grandeurs.VOICI LE PRINTEMPS L'hiver est passé, le printemps nous apparaît tout joyeux ; le» lourd» vêtements diipa.raioent, et le choix d'un bon tailleur s'impose pour le choix de vêtements les plus nouveaux et le fini tout a tait chic, ce que vous trouverez chez le populaire tailleur, Ferdinand Morretti, 1668 rue Notre-Dame i ci devant de A.Résilier Ac Cie.ATTENTION CINQ Cts adressés au journal MONtbéai.-Muna (Montréal), vous recevrez franco liste des collectionneurs faisant échange dc cartes postales avec le monde entier.Plan de la Comtesse L'OMAN INEDIT 1 Le Monde qui Uiiante 1905 — Vous qui connaissez lant de monde, chère amio, n'auriez-vous pas dans vos relations un boinmo k marier ?A oetle question, proférée d'un ton mélancolique, presque dénué d'espoir, comme si celle qui la formulait était accoutumés à entondro dea réponsos négatives, la comtesse ilo Fiers, qui buvait son thé aveo recueillement, posa ta taese et leva la tête.Kilo avait, ainsi que Bon amio, ''épossé les années de la jeunesse, et atteint cet âge où, ayant renoncé, non peut-Stro sacs regrets, à jouor un rôle actif dans lo roman ou h comédio do la vie, on cherche à s'en consoler en s'y mêlant do loin, pour le compte des autre-, ot on dirigeant autant que l'on peut les jeunes, los heureux appelés à paraître sur ie devant do la scène.— Un homme à marier ?Hem !.Il t nuirait d'abord savoir pour qui.Remarquez d'ailleurs, ma chère, que l'article masculin ost do beaucoup la plus raro sur le marcho matrimonial.Très demandé, mais,en revauohe, très difficile à fournir.— I '.h ! je no lo sais que trop 1 dit la baronne Meynard en soupirant.— Je vous entends avant quo vous ayez parlé, reprit Madame do Fiera avec une nuance do malice.Los jeunes filles que l'on cherche à marier sont toutes daus la mémo catégorie, et lo même.boniment, s'il m'est permis d'employer un terme aussi vulgaire, leur conviendrait uniformément.l'as précisément jolies, mais agréables, distinguées, et même charmante, ce qui veut dire tout bonnement laidcB.Excellentes musiciennes, o'est-à-dire éeor-chanl une sonate, ou tapotant d'affreuses valses.I'll, dessinent.on voit cela d'ici : d'horribVs fusains trop noirs, des (leurs plates et trop colorées, ou une bergère Louis XV, à l'air idiot, en face de son stupide berger.Une éducation complète; l'anglais, l'allemand, la chimie, l'algèbre.Des femmes de ménages émérites, élevées dans des principes d'ordro ot de sagesse.Elles taillent elles-mêmes leurs robts (ceci à vérifier), et font une cuisine., k laq relie je ne voudrais pas goû er.Toute cette enumeration est destinéo à faire passer le plus difficile, à envelopper l'amère, l'immanquablo pilule : ollos n'ont jamais do dot.Li baionne Meynard ne put s'empêcher de sourire.— Cette fois, vous n'y êtes pas tout à fait, répliqua-t-olle.Mon phénix n'a pas do fortune, c'est vrai ; elle est musicienne c'est encore vrai, ot même fort bonno musicienne, je vous assure; ello a été élevée dans des habitudes d'économio, il le fallait bien.Mais elle n'est pas seulement agréable, ni même seulement jolie : c'est une beauté.— Ah ! vraiment fit la comtesse, intorressée.Et point sotto î Car certaines gens, vous no l'iguor.z pas, croient au systèmo di>s compensations, ot identifient la Belle et la Bêto.— TièsBpirit îelle, très brillante même, jo vous l'affirme.— Do bonne f .mille ?.Pardonnez-moi.mais j'ai toujours pour de quoique affreux revers de médaille.— C'est une nièco do mon mari, la fille do sa propre sœur.Elle a, naturellement, trouvé plus d'une occasion de so marier ; mais il s'agissait dc jouvenceaux sans le sou, ou de veufs chargés u'enfant, ou encoro d'hommes âgés, et vraiment, elle mérite do faire un m triage moins mo leste.— Alor.-, ma chère, du moment qu'il s'agit de vous être agréable, je produitui à.mon tour mon phénix, à moi I dit Madame de Liera d'un air de triomphe mêlé do modestio.Oui, j'ai quelqu'un it marier, le fils d'une de mes ailliez d'enfauco, qm j'ai beaucoup aimée.Kt j'ai juré de réussir, bien qu'il se montre récalcitrant.11 ost fort timide.— Timide I dit Ma lame Meynard avec surprise.Alon, c'est un phénomène, car je croyais ce défaut ou cotte qualité à jamais disparue do notro société moderne.A t-il quelque fortuno ?Est-il intelligent ?Kt jouno ?— Vingt cinq ans, r>no intelligence quo je n'hésite pas à qualifier do temarquablo, dos talents hors de pair.Il s'occupe de littérature, d'teuvres ouviières, et enfin.il possèle cent mille livres do rontes en chiffres ronls, .non compris un chalet k Villers-sur-Mer ot un petit hôtel k l'assy, dit Madamo de fiers d'un toi dégagé.Son amie tressaillit, ta rogarda aveo dos yeux agrandis par la surprise, puis secoua la téte avec un découragement subit.— Voyons, Lucienne, ne vous moquez pas do moi ! Vou qui connaissez ta monde, notre odieux moude molorne, si vénal, vous imigine/.-vous vraiment qu'un hommo douée comme vous le dites épousera une beauté sans lo 800 ?— Il est timide, vous dis-je ; c'est un atout dans votre jou, ou dans celui de votro nièce.— Mais encore une fois, comment se fait-il qu'il soit timido ?lia donc une i lison pour cela ?Cent mille francs de rentes donneraient de l'assurance à un magot ! Est-il très hid, ou affligé d'une infirmité quoloonquo ?.Voyons, diles-moi la vérité.Boiteux ?sourd ?aveugle ?— Allons .loi,e, mu chère, vous êtes trop prompte dans vos suppositions, et au>Bi par trop défiante.Lo fait est.qu'il n'est pas boau.Nouveau Recueil de chansons comiques les plus nouvelles.Prix franco 25c.En vente chez tous lea libraires. 04 LE PASSE - TE m i '• I — Je m V-n doutais ! Avouez lu m du suite quo Cost un inouslrd ! — Certainement non ! Seulement.il s.un tour d'œil.— Pas autre chose ?s'écria la baronne, soulagée.— Pas autre chose, et je vous assure que co n'est pas Irùs prononoé.Malheureusement, il s'exagèro sa laideur, se figure qu'il ne peut être épousé que pour sa fortune, et il nu se marie pas, voilà tout.— Ma chère, dit la baronne, très surexcitao, il faut à tout prix arranger ce mariago ! Ma nièce est charmante, très raisonnable.Après sa mèro, qui a une pension, olle auta si peu de chose qu'il lui faudrait travailler si elle no se mariait pas .Elle ne s'inquiétera nullement d'un légor défini physique, el si vraiment votre ami ost aussi désintéressé quo sous lo pensez,.— Lui ! 11 épouserait une paysanne s'il se croysit aimé pour lui-même I — Pourquoi ma nièce no l'aimerait-ollo pas, puisque vous le dépeignoz intelligent et bien doué ?_l'n demeure cette jeuno lille ?— Oh I tTès loin, en province.Ello s'y dépiaf t horriblement, ce qui n'est pas surprenant à son âge._Pourrait-on trouver un prétexte pour visiter l'endroit qu'elle habite ?— Un prétexte ! Comment donc ! Des raisons véritables I Una vieille cathédrale, la mor à un kilomètre ou doux, des landes, des rochers, dos monumonts diuidiques, tout ce qui foisonne eu llretagne ! — C'est parfait.Procurez-vous des photographies de ce pays-là, at envoyez-les moi avec un portrait de votro nièce.Je vous préviendrai dès que j'aurai mi* l'affaire en train.— J'ai chrz moi une jolie photographie do lioberte, et toute une collection de cartes postales.Le temps de rentrer chez moi, et je vors envoie le tout.— Très bien I Oh I il y faudra mottre de l'adressa ; mais je ne suis pas do celles quo les difficultés rebutent, au contraire .Et il no sora pas dit qu'alors que j'ai marié tant de gens qui me sont indifférents, jo ne pourrai rion pour lo bonheur d'un enfant quo j'ai vu naître, ot auquel je suis sincèrement attachée.rit puis, il y a l'idée de vous faire plaisir.Soyez tranquille, je veux réussir, et tout s'arrangera._Que vous êtes bonne et vraiment dévouée, chèro amie I s'écria la baronne d'un air pénétré.Je ne doute pas du succès.Et maintenant, je me sauvo pour vous envoyor au plus tôt toutes cos photographies.Elles se serrèrent chaleureusement la main, en conclusion de leur pacte, et, tout animée par son nouveau projet, qu'elle était près d'élever à la hauteur d'une mission, Madame de Fiers courut à sa table et griffonna sur une cario ces mots, en apparence inotTensifs : " Mon cher Boger, js serai seule demain soir.Si un tfite-à tête avoo une " vieille femme ne vous effraie pas, venez dîner avec moi.Mous forons un '* iieu de musiquo." Bien vôtre." II Il y avait un peu plus d'une année que Roger lllaz avait perdu sa mèro.KIU- était veuvo depuis longtemps, olle n'avait pas d'autre enfant quo lui, et elle l'avait aimée avoc uue passion jalouse.Lui avait subi non seulement sans peine, mais avec bonheur co joug ti è -doux, Oette tyrannie très tendre; son amour filial avait rempli son eceur, il n'avait encore rion levé au delà, et lo brisement subit do ce lien avait eu pour lui deB amertumes pluB cruelles quo pour la plupart des fils, mémo très limante.Maintenant même, bien qu'un j)ou revenu de la première vivaoité da sa douleur, il ne pouvait s'accoutumer à l'isolomont que les habitudes do toute sa vio lui rendaient encoro plus dura support t, et lo vide de son ccear, i'absonce d'affections commençai, m à ¦•¦ fairo sentir,comme une mystérieuse et giandissantn désolation.Pendant cotte année do deuil, il avnit été importuné par tous ses amis.Chucun B'arroKoait dos droiti sur son avenir ; chacun prétondait intervenir dans con existence, arianger son bonheur, et il commençait à fi émir au seul mot do mariage, attribuant à sa fortune l'ompressomont bienveillant et les sympathies qu'on lui témoignait de toutes parts.C'est uno manie chez cerlainos femmes de vouloir faire dos mariages, C'était, à coup sûr, une des faiblesses de M idamo de Fiers qui, veuve, sans enfants, douéo d'activité et ne détestant pas l'intriguo, avait toujours sur le tapis quelques projets matrimoniaux qui mettaient du piquant et de l'intérêt dans na vie un pou oisive.Elle s'était montrée infatigable dans ses tentatives au sujet de Roger.Klle on était arrivée à se persuader de bonne foi qu'ayant connu et aimé si mère, elle avait envors lui une espèce do dovoir sacré.U no pouvait mettre le piod ches ello saus rencontrer quoique blonde langoureuse ou quelque brune piquante.Le lendemain, olle le faisait appeler, et lui insinuait régulièrement qu'il avait fait une conquête.Les lieux communs, 1"8 éloges stéréotypés doul ( Ho s'était moquée avec la baronno Meynard, elle y avait recours vis-à-vis do Roger, 't cola très sérieusement, aveo une réelle conviction._Mon ami, avez-vous remarqué hier ootte charmante li le on robe de drap vort myite î _Oh I.ch imaiiti' I.disait Roger, on regimba n\ _Pas absolument jolio, je lo reconnais, mais si distinguée, si agréablo ! .Et musicienne.Une éducation parfaite.Elle dessiuo.Klovéo dans des principes d'ordre et d'économie.Oh I je sais bien que si ollo vous plaisait, elle ne continuerait pas à faire ses robes ; mais enfin.— Chère Madamo, interrompait Koger, inquiet, olle ne me plaît pas du tout, je vous assure I — Ello vous plaira quand vous la connaîtrez mieux.Je io désire d'autant plus, mon cher enfant, quo j'ai binn vu qu'elle vous écoutait avoo intérêt.Vou» lui plalset.Ifogor s'on tirait A grand'pcine, et restait huit jours sans revenir.Mais il avait uno einrèro iillVcti'n pour l'amie do sa mere, et celle-ci, d'ailleurs, ayant compris qu'i Ile faisait fansso routo, qu'il retail incrédule et devenait même plus défiant, lui promit un jour de ne plus se mêler de son avenir, promisse fallacieuse, s'il en fût, car elle no rasa de s'en eccuper en secret, mais d'une manière plus habile.Si I! «er avait fié graphologue, le petit billet à l'air innocent de Madame de Fiers aurait éveillé ses soupçons.Tracé sous l'empire d'une espérance soudain éveillée, l'écriture avait quelque eb «e de rapide, de conquérant, d'appuyé, et en même t< mps une certaine nirvoeité qui, a l'examiner de près, la rendait quelque peu difiérenlo do ce qu'ello était d'ordinaire.Mais, confiant dans leur récente convention, il ne se délia de rien.Ia trouver soûle lui agréait, car ello était spirituelle et gaio ; déohlffrer avoo • lie quoique duo pour piano et violon l'enchantait, rar il aimait passionnément la iniiHJqiie, et il so rendit aveo empressement dans cetto maison hospitalière, tranquille, où on lui témoignait une affection vraie, et où,à ses heures tristes et émues, il pouvait parler de sa mèro sans jamais paraître importun ou ennuyeux.C'était l'ion un tête-A-téle.Aucune ombro menaçante do jeune fille A marier ne vint le troubler.Le dtner, très simple, f-it parfait.Kn vraie Parisienne, Madamo de Fiers savait organiser un repas.Il n'y avait chez elle que deux ou trois plats, mais ces plats étaient exquis, et leur excellence se trouvait rebausnée par l'élégance du service.L'argenterie, lesoristu ix, la porcelaine, tout oe qu'on touchait était, dans son genre, un objet d'art, 11 tout avait ce cachet A la fois ancien et personnel, Bi rnro do nos jours, qui bannit l'idée de recherche en donnant une impression d'habitude, L-sar noirics des plata ol des couverts étalent A demi effacées pat l'usage de plusieurs générations ; lo service de Rouen était do temps immémorial dans la faiiille.Les vioux |x rirait- qui recevaient do temps à autre uno touche del imière, quand los bougies des candélabres d'argent jetaient un éclats plus vifs som1 I lient revenir A la vie et sourire A tant d'objets jadis familiers.Après le dtner, Madame de Fl-rs exigea qui Roger fumât uno cigarette dans son petit salon.C'était IA uno faveur dont la rareté rehaussait le prix.On élait au mois de juin, l'air était d mix.I.a fenêtre ouverte donnait sur un jardin ombreux de la rue de li-ll¦ oh.-nso, où les arbres formaient des masses compactes ; les étoiles apparaissaient une A uno, et le brjit de Pari < ne résonnait que daus lo lointain, siiigtiUèrdment affaibli.Q,-iel joli réduit, avec ses metinlos de vioux style et ses brocarts authentiques I L» piuno était ouvert.Il y avait une grande lampe A abat-jour sur une table rouvorte de livres cl de photographies, et dans les fins et minuscules P rit-bouquets, comme dans les hauts cornets de cristal, partout il y avait des fleurs.Roger a'niait tout ce qui avait un air de foyer domestique.Il se rendait tristement compte de ce que sa maison avait perdu depuis qu'il y vivait seul.Mémo les bouquets ot les gerbes que la vieille femme de charge disposait dans les jardinières n'approchaient pas, pour le charme, de ces brins de bruyère blanche, de cette grappe légère de liln i de l'erse, penchée sur une pAlo beugale rose.11 songea —depuis quilque temps sa pensée prenait d'elle-même cette direction, — que s'il n'< ût été A la fuis si riche et si laid, il eût pu avoir un intérieur charmant, élégant, parfumé de poésie, animé par la présence d'uno jeuno femme aimable et aimante.Il jeta un coup d'œil involontaire nir une glace, Oh I certes, il était laid.C'était un de ces grands garçons qui paraissent plus jeunes quo lour Age, qui ont l'air d'avoir poussé trop vite, qui restent dégingandés et gauches, on ue sait pourquoi.Ou plutôt, si, on sait que c'est un cercle vicieux : ils sont gauches parce qu'ils sont timides, et ils simt timides parce qu'ils sont gauohes.11 avait un visage maigre, plutôt pAle, des traits irréguliers, des cheveux pAlcs aussi, et enfin, il y avait dans ses yeux un cruisoment qu'on ne pouvait contester.C'était dommage, parce que ces yeux étaient remarquablement beaux, gris foncé, avec des cils plus sombrfs qu'il n'eût dû les avoir, soi cheveux étant si blonds.On ne pouvait dire, cependant, qu'il louchât d'une manière absolue, excepté quand il'tait intimidé ; alors, une contraction norveuse Otait A son regard sa beauté naturelle.— J'ai Ia partition de Lohengrin, arrangéo pour piano et violon.Y jotte-rons-nous un ooup d'œil, mon ami ?Un instant après, Koger avait tout oublié, perdu dans leravjssem nt de cette musiquo.Il était artiste : il jouait mieux que la plupart des amateurs, ot il sen tait profondément.Tout A coup, des rêves enchantés A travers lesquels flottait le cygr e mystérieux, il revint A la réalité.L accompagnement bo faisait mou, languissant ; il s'aperçut que Madame do Fiers était fatiguée, il s'excusa, el, posant son violon, il vint s'asseoir prés de la table où, trouant parmi dea vues éparpillées, une admirable photographie d-j jeune fille était posée snr un petit eh-valet.Il était impossible de ne pas être frappé par la régularité de res traits presque classiques, la beauté de ces youx, la grAced-i cette taillo ctde celte attitude.Mais aussitôt, l'idée d'une nouvelle tentative matrimoniale traversa l'esprit do Roger, et, se défiant de ea vieille a nio, il affeola de no pas mémo regarder la photographie.Madamo de Flora se mit a rire.— Votro figure est vraiment trop oxpres-ivo, Koger, dii-ollo gaiement.Mais ne craignes rien, co visage-lA n'est pas pour vous.Je n'ai pas oublié notro pacte.Jo no u c défends pas de désirer lo.bonheur de cette jolio porsonne, mais j'ai pour elle d'autres vues.— A la bonne heure I répliqua Kogor eu riant.Alors, il m'est permis de la regarder en artiste ?— Hang doute.Jo ne ln connais pas personnellement, et j'aimerais A apprendre, vous sachant physionomiste, ce que vous pensez d'elle, el ai vos impr asions s'accorde avec ce quej'cu connais, et aussi avoc la destinée qui lui est peut-être réservée.— Lt cette destinée ?.domaude-t-il en souriant.— Vous êtes curieux.Après tout, jo poux bien vous le diro, voue ne rencontrerai sans doute jamais ni olle ni lui.Il est veuf, il a cinquante ans, il a plusieurs enfants auxquels il vout donner une mère I.i PASSE-TEMPS — Et tods n'a vex même pas vu cette jeuno fille 1 s'écria-t-il, surpris.— Non, mais elle (Rt lu nièce d'une de mes vieilles iitniea, lu baronne Mey-imrd, que vous connaisses, ct qui m'a demandé de m'occuper d'elle.Itoger garda un instant le silence.— A quoi pensez vou», mon ami 1 — Vous ne vous oflVnsi r< z pa«, si je vous le dis.— M'oflenser vis-à-vis de vous I Allons donc ! Vous jwuve», sans ciaiudre do me fâcher, me dir» tout oc qu'il vous plaira.(A luivre) — par — 2s/£.cVu.Oa,m.pfra,rx.c Lauréat de l'Académie française (Suite) Elle ne sommeillait plus ; les remèdes du docteur commi neaient à produire un * UK efficace.Ils avaient réussi a retenir cette chose indéfinissable qui est l'ame.Ayant r< trouvé la netteté de c a pensée, par la porte de l'atelier largement ouverte, Alice venait de suivre dos y ru x le départ du portrait.Elle regarda Maurice; il s'était agenouillé près du lit.— Elle est partie, murmura-l-clle d'uno voix à peine perceptible.Jo savais bien qu'ello était ch z Bonneville, cette Chftteluine.Je no te l'avais jamais dit : tu aimais tant ce tableau.Et lui, d'une voix qui s'oxallait et qui vibrait de sincérité : — Aimer ce portrait I.Non, non, o'est toi que j'aime.J'ai vendu mon chef-d'œuvre pour acheter des remèdes, pour t'entourer de bien-être.Je veux que tu guérisses.Oh I Alice, Alice, jc plis tout supporter, hormis do rester seul, sans toi.Bur la terre._ Et, par un cri qui sortait dc l'ame, Alice connut comment son mari l'aimait.ce n'était plus une simple amitié, mais ce profond sentiment conjugal qui devient, pour le cœur, plus que la vie elle-même.Il «disait encore, tandis que les larmes du vrai repentir coulaient sur ses joues : — Oci, j'ai vendu cette toile pour te couserver I» vie.Elle répliqua doucement, presque timidement, malgré U preuve d'amour que lui donnait le départ de la Châtelaine ; — Alors tu me préfères i ton chef-d'œuvre ?Il couvrit Bes mains de baisers passionnés.— Oh I toi, Alice, toi tu es un chef-d'œuvre de bonté I Elle avait remporté la victoire; elle avait enfin conquis lo cœur do son mari ; lente, lente conquête ; mais conquête assurée quand on emploio pour armes la tendresse absolue et lc dévouement sans limites.XX Dans la forêt do Fontainebleau, la maisonnclto mémo qui avait abrité les premières semaines du leur union, venait d'être louée par Maurice.Et chaque jour, dans la maison blancho blo lie dans les bois, les forces revenaient à Madame Ernault.L'été lui fut salutaire.Co Bilenco de la forêt, cette splendeur des grands arbre*, ces senteurs de m-.-i-s- el de fl urs lui rendaient la vio.Comme Alico, un petit enfant qui leur était venu, se ftisait vigoureux et beau au milieu de ce souille de la nature.Tout le jour il prenait le soleil sur les bras do Lydie ou demeurait endormi dans un pelit hamac.Alice aimait à le regarder si polit sous les grand- chênes.Le hamac se b lmcait sous la brise tiède; les oiseaux chantaient, et la mère s'attardait daDs la contemplation de son fils.Elle aimait à con-idérer les jouos si douces, délicatement nuancées de rose, la boucha mignonne, los youx couleur du ciel, les mains potoléeR, et elle murmurait:-' Comme il est b au I " Elle voyait le re gard du père dans los yeux bleus du fils, ct c'était encore Maurice qu'elle aimait en lui.Elle appuyait ses lèvres sur le jeune visage ; puis ello conti-nuait sa promenade, marchait doucement au milieu des arbres et dos fleurs, tandis qne Lydie se remettait à balancer le ha uao, un chantant une ohanson du payB.Et l'entant fermait les yeux à celte tmi-ique des noirs, lente et plaintive, qui endort à ravir les tout petits.Alico soignait les flours de son parte:re, les airosait do l'eau puisée lo ma lin à la fontaine ; puis ayant redonné de li fraîcheur aux plantes altérées, elle gagnait, à pas plus pressés, l'ateliei du peintre.Maurice y passait du longues heures.Il éprouvait le besoin d'une revanche sur son trop long repos.11 avait repris lo tableau inachevé, interrompu lo jour de son accès de désespoir.La plaie béante dans la toilo avait été cicatrisée, réparée.On oût dit quo la divine Providence n'attendait que le départ de la " Châtelaine " pour répandre, sur les époux désormais si tendrement unis, toutes ses bénédictions : Maurice était radicalement guéri do sa maladie nerveuse.Comme autrefois, il pouvait tenir sou pincoau avec fermeté.Il se passionait pour son œuvre, ses yeux s'animaient ; il se reculait, souriait à son tableau.Il n'avait rien perdu de son talent; et, désormais, il pourrait vivro en véritable artiste, n'ayant pour objectif quo ce but : la perfection do l'œuvre ; la mort récente de Madame de Bréal avant assuré, à son petit-fils, une large aisance.Un soir d'été que la paraytique comptait une fois de plus son trésor, sa main, aux mouvenionts ralontis, mettait péniblement dos louis en piles.Un geste à faux les Ut tomb r ; ils roulèrent sous le b roau, sous les chaises.Effarée, Madamo de B'éal se courba péniblement, s'agenouilla, se pencha ; une nouvells altaque fit allium- un jet de sang au corveau, et l'avare rendit le dernier soupir prost rnée devant son idolo.Ses petits-enfants la suivirent à> sa dernière demeure.I) vaut la mort, ila oubliaient la dureté do leur aïeule.Alici) eut même la gén-iroiité dc lui donner une larme ; et, aur l'héritage, elle fit large la part des prises et des pauvres.La jeune femme venait d'entrer.Elle s'approcha du chevalet, admira les fiancés sous les hêtres ; puis dit au peintre: — Vois comme le ciel est beau Si nous nous promenions comme les fiancés ?Maurice eut.nn sourire ; et bientôt, ils traversèrent le jardin pour entrer dans la forêt Us allaient du même pas.En suivant lea sentiers gazjnmis, ils entrèrent dans des founés pleins do genêts aux Hours d'or.Sur un banc rustique un peintre, laissant dans l'hbibe sou attirail, vomit de s'en lormir.Us reeoitu nent Julien Bonneville en villégiature à Barbizon.Maurice, en riant, lui mit la main sur l'épaule : — En bien I est-ce ainsi que tu travailles, inoorrigiblo paresseux ?Bonnevill», brusquement réveillé, prit un air recueilli: — Eh I Eh ! dit-il, qu'il est bon de s'étendre sur un divan de mousse et do rêve à Bon prochain chef-d'œuvro.— Et quand venons-nous ce chef-d'œuvro ?intorrogoa Maurico.El le rapin souriant avec fiaes-e: — Mais, mon ami, co no serait plus un chef-d'œuvre, si jo mettais sur h» la toile mon admirable conception.Maurice quitta ou souriant son vieil ami, et reprit, avec Alice,,sa promenade Ils cheminaieutsousd».- voûtes vertes où il faisait un jour délicieux.Au bord d'un ruisseau, un g and chêne avait été jute par la oognéo du bûcheron; ils prirent plaoo sur le tronc renversé, et ils respirai int enMiubr i les tiède» bouffées qui eman dent de 1» forêt ; ils écoutaient le rui si iu j ibjui-, répondant au murmure des ro-omx ; ils suivaient, au loiu dms l'e-psco, les blancheurs nacrées d'un nusge qui, lentement, s'en allait dms la direction de Paris.Mais co déplacement dos vapeurs légères ue leur donnait pis de velléités do voyages.Us voulaiont, longtemps oncoro, domouror dans lo cil-me et le sil-nce do la bello forêt.— Ah ! dit Maurice, je le l'ai jam is compris comme aujourd'hui : lo bonheur est une Hour qui a b isoin d'ombre pour éclore.J.i suis h iu eux ici.Et serrant, dans sa forto miin, la pelito main d'Alice : — Jamais, aus i vrai que Oieu m'entend, r-prit-il, jamais je n'ai nimé personne au monde, comm i jo t'aime, mon Alico.Je suis houreux parco que tu es lè, près de moi.Et le rogarJ rêvenr, commo s'il s'interrogeait en songoant au passé ; — Oui, murmura-t-il presque à voix basse; oui, on oublie.Dans toute mon existence, je lojurc, il n'y a que loi it vivante.Je no c innais que toi.Je I e pense qu'à toi.- Ell» lo regardait avoc son expression habituelle, calma et tondre.Elle était heureuse de lo loir s'exalter ainsi.Ello lisait si olairemeutla teudresse absolue dans ses yeux d'un bleu sombre.C'était l'union parfaite do louri deux ft i es.Us »o lovèrent et repiirenl lo chomin de leur maisonnette, au balcon enguirlandé de glycines.A la barrière, Lydio les attendait avec l'enfant tout vêtu de blanc Lo pelit Maurico les accueillit par un gracieux so irire, qui mit deux fossettes dans ses joues potelées.I.- rêve d'Alice, son l!f\ i: dr Femme était accompli.Sa patience avait été longue ot Ba bonté sans egde; mais In récompense était vcuue.Lt conquête était faite.Maintenant ello connaissait ce bonhoar des bonhuura- l'amour dans lo miriage ; ot la, seulement, L'amo ir doune la paix avec la joie* là, seulement, il peut être élernel.C'est bien l'union des âmes par excellence, bénie de Dieu et honorée des hommes.U élait beau, lo rêve dc la jeur.6 femme.Beaucoup le disent irréalisable ; pourtant Alice avait eu raison do no pas perdro courago.Pour vaincre, elle s'était année de patience, d.douccu-, d'oubli d'elle-même ; ot la bonté et l'i bnigstion eont d'inéeistiblcs puiseancts; ellos ont toujours forcé les cœurs.FIN.Nouvelle Importation d'Instruments de Musique et de Musique en Feuilles M.CHAS.LAVALLEE In'orme sa nombreuse clientèle, qu'il vient de eecevoir de France, d'Angleterre, d'Allemagne et d'Autriche, un loi d'Instruments de musique et musique en feuilles, qui sera vendu au prix du gros.Une remise libérale sera faite aux communauté* religieuses ainsi qu 'aux professeurs de musique.Violon* faits à ordre.Réparations de toutes sortes exécutées à brel délai.Toujours Cli.s_ Xja.T7-a.lle© 35, COTE ST 1.AM ISEUT, MONTREAL 6279 56 LE PASSE - TEMPS VENANT de Le Drapeau Fleurdelisé PARAITRE (DE CARILLON), parole»du ma jor François I^pointe ; musique de A.Conlanl.Prix, franco, 35c.CHANSONNIERS NOTÉS C ixa-rvts des 2Pa.trIotes Receuil noté de chanson» patriotiques canadiennes ot françaises.Prix net, 50c La terbe Mélodique, l'F crin Musical, l'Ecrin Lyrique l'Ecrin du Chanteur et la Rigolade, chansonnier comique Prix net, • SS ets chaque JmUM bVb^î**^'\tW Marchand d'Instruments dp Musique, Impcrta-\ a r ^^-J^L-m teur de Musique Vocale et Instrumentale et Four- s' ^aWB «¦ ^sW mm ^ nisseur de la plupart de no» Malsons Religieuses.173S tue Ste-Catherine, Montreal Knvol du catalogua bot demande.T'Mi.bone Bell K*t 1710.K'itfirr nrfalie rar le Poudres Orientale*.en feules qui assurent en tr.rli moi* le dévelbi-pe-ment dea formel obéi lu femme et fu.'riwnt la ilvspappia el la maladie du foie.Prit : l'n© boita M c ootlee, $1.W: Six boltei.-$5.00.Kxféilé f ranco i>» r a IKrfte but repetition du •rii.D4ps9tjtéotfral pour la PulMaDoe 188S, It- it STi-^Tneamt, Mostiéal AulUtfllBli : O.-b.di M » «Tlo» t-Pharmacien.Manrh«»t«r.M.-ll.IfPJlA.CHIRURGIEN-DENTISTE 22 RUE ST-LAURENT ?Bell M.Main SIS.HOHTR NT | ti:«i.I Emile Vezina Artist'-Peintre Spécialité : jFO.rtra.ItS l6^0, r iii notrk-nAMK, montr a ai.WOS 'tenta «ont Ici plus belles el les meilleures 11 elles sont naturelles, inusables, Incassables garanties Grande satisfaction îl tous.INSTITUT DFNTAtRB PRANCO-AMEBICAIN 162 ruo St-Dunii.- - MONTREAL M EEAUMIER médecin et opticien < —A l'Institut d'Optique— S 1824 Ste-Catherine w Coin Hotel de Ville, Montréal EXAMEN GQ1TIR DES YEUX OnS 110 Est le meilleur de Monliéal comme AJUSTEUR et FABRICANT de LUNETTES, LORGNONS el YEUX ARTIFICIELS, à ordre, garantis pour bien VOIR de LOIN et de PR r.S.Ouvert jour et »oir.Le dimanche de I à 4 p.m.Echange de verres, réparation etc.Pas d'agent solliciteur i domi eue pour notre maison responsable.Le Terminal et les Petits Chars arrête*! i la porte.Cette annonce rapportée vait 15c par pias- Maisois IRecommaffidées Passe - Temp* Lf papier sur lequel est imprimé le Pusse- Tempe eal manufacturé psr la Canada Paper Co.Banques Barque d'Epargne do U Cité et du JJistrict' de Montréal Dentistes GlItDBBAO J.G.A.St-Ijiurunt, 22 Institut Den aire Franco américain 162 St-Denia Dr I.Nolin-Trudeao I3G Si-Denis Fleuristes Goul.irlcj»épnTgii«-!«,iiueIqucs petite* «uellr-.«oirut, (lcHclaMcw ouvrières et l.iduitirieUea e» d'en faire un pincement iflr.8u charte clou ne toute In protection pmslhlc mix depowitn, el ¦¦'.! t pas de billets en cl'culnilon.le* dvpi*aiita onl le premier droit sur toute» les valeurs que ptj*~edc la bnnqiic - 1| y! ôooooooooooooooooooooooooo ChsF.JL.eot7ds Organiste a l'église de St-Enfant Jésus et Professeur au Collège St-Laurent.Enseignement : Solfige, Piano et Orgue 208, rue St-Andre, Montreal ôooooooooooooooooooooooooo Librairie St-Louis 1712 Ste-Catherine Tout le monde voudra avoir, son album de Cartes Postales.Cette importante maison de librairie a la réputation à Montréal comme aillonra, d'avoir le plus grand ot le plus joli choix de Car-t « =t avec force et en élargissant.5«: es-— rallent.-eg-P- rem • pits quand mû J fr f C±-:f-ii- —_*P pa it—±- r En -P.le »i - dant j'y toil.rc lieu • rir ?4*- -PL- 4*- » i 1=2?-©-*»=- 6=?±=tz J*.Sue.—I-r- -i- —I— tg i ¦eg-' mes ! -Mi! \ jours.-I-r— lOZtZt'lfczt • — Mon rerre. MON YERRE CHANSON Parole» de PH.THÉO LIER Tempo di valia.15 Musique dc N.SERAENE Il n'est ni beau ni grand mon ver- -Tr»,-ï r—i-1 r-r-1 —i-1_.-a-m— ¦ À * \-±—• -¦ t3—1—^=3 —j—m— ^f-——— • i-g;-»—ui- à rolre sir Iimu .il^ur.Ou'il n'.-sl plus bien dm» l'a .ir* Il JECKf FiLiE cirur' A'Ii.s./ le letl Qui se'.leinl.gT.inil aie., re: Al.li .se*.le fru Qui sV.leiul un peu.Al.li.se/ Ir fiu.Al li./l.LA GRAND'MERE : Allons, plus de chagrin, ma lille, A voire ftge on est si gentille 1 Je vous le dis, mais, entre nous, Je crois bien qu'il n'aime que vons.Quand vous dansiez dans la prairie, Pour exciter sa jalousie, Il eut l'air de ne pas vous voir : Et vous avei pleuré, le soir I LA JEUNE FILLE r Attisez le feu Qui renait granil'mire.Attises lc feu Qui s'allume un pen I Attisez le feu, Attisez le feu, Attisez le feu, Qui s'allume un peu I LA GRAND'MERE : Quand les yeux pleurent, le cœur pense, El je comprends voire silence.Heureusement, j'ai le moyen De ne plus vous parler pour rien ; Apprenez donc que Pelil Pierre Est venu vers votre grand'mère.Et que, malgré vous, j'ai promis Qu'avant peu, vous seriez unis t LA JEUNE FILLE : Prenez garde au feu Trop ardent, grand'mère, Pour meure le fe.i Il en faut si peu I Prenez garde au feu, Prenez garde au feu.Pour mettre le feu Il en faut si peu I lo6 LE PASSE-TEMPS SÉDéiGTieN INTRODUCTION Andante.HENRI MIRO §z3zz=z ^» " frj^ «u ' fr P •- -0- ~ '*>-—•-9-;- JjLu_~ -P-i- r m~^9 —, - -_ —ts,-i.JSC i / 5-5 fe- izzdz: :r>tzzzzz •P~- —-1-_ zc: fe.3=3E =z=|z: r Vais*. le passe - temps lo7 1 lo8 LE PASSE - TEMPS LE PASSE-TEMPS lo9 no LE PASSE-TEMPS le passe-temps 111 a tempo.3== -1 -ci-.-#—«- -f\r-—r 2—T~ a a a a a *.a si —i— ÉÉï as S—f > > •» T.I ?¦ -g>- — -I-j- .0_m_*_ mm -i ri zztdiitz: t" 'P- —»—¦>- ¦j-i—i- te -F- -h =q±ÉE see poco rai' j \ \ EjFv" II.ses î"fï -J-i 3=3 0 — Séduction value.t J tes Pieds d'ma Soeur Musique de CH.POURNY Allegretto.On a- chan té lea lys, les pa - que ¦ ret - tes, Les boutons les pin-sons, les tau- d'or, les frais li - las en fleurs, On a chan - lé vet - tes, les ros - si - gnols et les ruisseaux ja - teurs.-m—m—tr -*Zr On a Jian- »~ Sf~l té l'a-mour la po ¦ é • si - e.Le front de Rose et les yeux de Lu-__/g_____ _ à • « Moi qui n'suis paa la m»i - tié d'un far .ceur, J'vais vous chan- J'vais vous chan • 1er les pieds d'ma sœur.* Ma teeur est Monde et sa taille divine.Sa gorge est blanche et ses bras potelés.Chacun admire sa jambe ronde et fine.Sur la Vénus sas traits sont modelés.Elle est enfin la perfection même, Ab même instant qu'on U connaît on l'aime.Mais en tout liens on s'écrie : Ah I malheur I Sitôt qu'on voit (bù)Us pieds d'ma sœur.Je ne saurais vous en donner l'idée, e ne pais leur trouver d'équivalent.Du Sud au Nord, dans aucune contrée On a jamais rien connu d'aussi grand.Pourtant j'ai vu bien des pieds sur la terre ; Des pieds d'salade et des pieds d'dromadaire, J'ai même vu les pieds d'un vieux facteur., C'n'était rien près (Hs) de» pieds d'ma sœur.4 I: vit un jour voguant sur l'Atlantique icux grandi vaisseaux à l'aspect imposant.Et j'admirai leur forme magnifique Qui s'balançai! tur l'humide élément.Soudain devant ee spectacle grandiose.Mon cceur battit et j'en compris la cause.Car en l'gardant ces bateaux à vapeur Ça me rapp'lait (bis) les pieds d'ma scear.S Dimanch' dernier, j'allai cbes ma tant' Rose, Elle demeure à Versatile, ct ma toi, Comm' c'est très près et qu'çà coût' fort peu d'chose, J'priai ma sœur de venir avec moi.Lorsqu'au moment de nous mettre cn voyage.On m'fait payer un excédant de bagtge, J'voulus réclamer, mais y avait pat d'erreur, Car c'était poor (bis) let pieds d'ma sœur.6 Dans l'Sahara sur le désert de sable.Ma scear et moi nous avons voyagé ; Sa compagni' m'fùt toujours profitable Et j'admirai tout' son milité i Combien de fois sous an soleil torride.Quand de repos mon corps était avide, J'pus m'abriter contre une affreute chaleur A l'ombre des (bis) des pieds d'ma sœur.Ï Cn jour on vînt la d'mander en mariage.Et j'invitai l'jeune homme à déjeûner ; Je l'fîs asseoir près d'ell' suivant l'usage, Me réjouissant d'ies voir se rapprocher.Quand tout à coup il m'dit avec surprise : _Dessous la table ya sans doute un' valise ?— Non ï lui répondsj', d'un air plein de douleur, Hélas I ce sont (bis) les pieds d'ma sceur.8 H prit la fuite et d'ptris dans ma famille.Vingt soupirants sontv'nus U r'demander i Ils trouvaient tous sa téte asses gentille.Mais de ses pieds aucun n'voulait s'eharger.S'il T a quelqu'un qu'ait ches Lui beaucoup d'place.Qu'il vienn ' la voir, li, dans la rue cn Lee, Numéro dix, auprès du parfumeur, C'est la qu'demeur'nt (oit) les pieds d'ma sœur.t~> €~ï •• ^"V^V
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