Le passe-temps, 1 janvier 1895, v. 1, no 9
PER P-26 EX.2 r, e Passe =Tem ps LITTERATURE Musique=Théâtre=Mode=Sport ABONNEMENT Ull nu.S'S" Six moi».o-75 payable d'avance.M.OHTBÉAL, 1er .11 IX 1805 Vol.I.-No ».BUREAU No 26 Sainte-Elisabeth LE NUMÉRO, 5 OEMS.„„„„ 2ies atONTRBAL Mlle DEGOYON 180 I.K PASSKTKMI'S revue bimensuelle Pétait le le el le 3'"c samedi de chaque m is.i an.fi ¦>•!'' »n*»t».net* tM ilrmamles il- niimrnws|»!VMiicii* «Irvrunt J'lrr H'C iitipagucrs dr s ct-nt*.Toute* eamiii'inlcnlinii* >lcvi ml Eire ji.ln-**er- l.i-.PAWR-TBMPS.»> sir-KHwalivih, NOS AGENTS M.A [.alciidressc, 7 me do I'lgli sr.1 ( H lava : M.I.I', r^rochdle, t:y rue Dis losses, .1 Québec ; Sum nus seuls agent* HUtoriscs .1 prendra des abonnem enisei a collet 1er.LA QUINZAINE d"e l'a ris, je suis tombé sur deux faits u donne eel le semaine, au Koyal.line pièce selisilionnelle intitulée Tlir tialli/i Slurc.I_t mise eu scène esl des mieux réussies, et les décors el les COStUmeM soul luxueux.Vraiment, le théâtre Royal est un lieu d'amusements où, ù des prix extrêmement populaires, le publie amateur peut entendra ces œuvres «l'arl qui mil eu le plus retentissant succès sur ki scène américaine.I.h semaine pr chaiiic.Lost in London.t Le (Queen's ii "•¦sit pas [esté I ; 1111 ¦ 11 (•.puis viendra le tour de Prench, Murphy.Woods et autres.lit- prix d'entrée sera réduit de manière a attirer une foule considérable.01 .lark Bnrke, un boxeur anglais, esl actuellement à Montréal.Ilurke voudrail liien se mesurer aveeSlan-ton AMioll moyennant uu pari de #000.t'es deux boxeurs sont des Hght-iceightl, m Ln société de vénerie de Montréal organise une exposition de chiens qui sera tenue du .11 mai an 1er juin.I.es entrées sont, déjà fori nombreuses et les directeurs s'attendent il n'avoir pas moins de .'ion chiens de toutes les part ics du pays.Le.club de pérhe de.lolielte vient de se choisir le bureau de direction sui\ iint : Président, Jos.Bivard ; vire pré sideni.1.M.Tellier.M.P.1'.: se créliiire.B.O.fiché ; trésorier, L.X.Diicondu.1 >irecteurs : MM.Siinéon Piquet le, .1.A.Renaud, J.A.Laroehelle, Georges Desroches et P.O.Du gas.Le yacht club de St .lean ii l'ait l'élection de ses officiers.M.Albeit Murray a éié élu président et M.L.s.Pari/eau vice président.Les directeurs suivants oui été nommés : MM.A.1.Wight, A.Léger, E.S.Pari/.can.C.A.Bissett, R Goold, T.L.Dixon, II.si Mais.).IL fies sider el Albert Murray.Le trésorier du club a un surplus de 9819 eu mains.IIi.ihti.i-.ccs ENFANTS PRODKSKS Un pays qui n'aime guère les enfants prodige, c'est les Pays-lias.Un jeune pianiste phenomenal, nommé K.-c/alsky fait en ce moment des tournées.Dans deux villes, procés-veibal a été dressé contre la mère de ce jeune pimiisie.pour inlraction au travail des enfants.JDEL EPISODE DH I.A UUEBRE UB 18T0.I Quand la guerre éebda, Joël lie s'éniul point.Il n'avait aucune idée de M que c'est que le patriotisme.11 aimait sa P.retagno, certes de lout son cœur, mais inconsciemment, el son petal village deSaiut-Pol, le plus perdu peut-être, le plus sauvage de la côte, avec ses quinze masures et ses cinquante quatre habitants, pauvres pécheurs pensifs, à la parole rare, au geste lent.Il aimnil sa terre avare et dure, couverte d'herbes maigres.C'était !à qu'il avait, vu le jour, lit qu'il avilit été heureux cl malheu roux, là qu'étaient nés el.mon - -a-, ancêtres, lit que naîtraient el mourrai eut ses petits enfants.Les Apres roules où il courait pieds nus.el surtout le chemin rouge de brnyè rrs uù pour hi première fois il avait senti battre son rieur pré.de la dome JaUik qui marchait à son rôle, les vastes dolmens, ouvrages de réos cl de sorciers, monuments fantastiques debout dans la campagne, il aimait toutes ces choses, il avait pour elles une tendresse ton le pleine ur.|noi done faut il que l'on s'en wile coin ute ça !.Pourquoi, mon Dicn,poHr-«l""i Î." II Be remit en marche el disparul p;iim i les bruyères.il Alors commença pour lui une vie étrange, toute pleine d'étonné infills, île caholS, de surprises.A la ville, où s'opérait le rassemble iiieui îles hommes, on lui mil d'abord eutie les mains un fusil qu'il considéra avec stupéfaction, sans oser presque j toucher.Il fut équipé comme un Boldat.On lui lit faire l'exercice, on lui apprit sommaire ment le maniemenl île l'arme.M était là aven d'autres Bretons corn me lui, el il étail tout étonné île trouver ft> beaucoup un visage cou lent el des veux animés.Kl Initie la .journée, c'étaient des allées et venues sur lu pluee de ht ville, au milieu de hautes maisons.Joël était commandé par des messieurs ayant un grand sabre.Ou lui dit que c'étaient des officiers, des gentilshommes du pays qui devaient miner à l'itris les troupes de Bretagne.Kt ilnns ce tumulte, dans cette vie, (buts ce bourdonnement, Joël égaré, perdu, se sentait seul el avait-une envie folle d'appeler Sa mère.'l'ont à coup, parmi les recrues, il aperçut un de ses compatriotes de Sniul-l'ol.10perdu, il se précipita vers lui." Qu'est OO que loul, çu veut dire T s'écria t il.Ksl-ceqtie tu coin prends quelque chose lui t " L'autre répondit d un ton qui étonna Joël : " Oui, je commence." Joël le regards com me un homme supérieur." Moi.je ne comprends goutte, (lit il avec désolation.— Plus tard, mon enfant, cela vieillira, il faut l'espérer," dit une voix rude à son côl6.Joël se retourna et vil près de lui H, le recteur." VOUS venez à Paris avec nous, monsieur b- recteur ! s'écria t il.Oui ; n'aurez, vous pus besoin, à l'occasion d'un prêtre qui vous donne une bonne absolution, si par hasard il vous arrive uialheut I Nous allons nous battre, mon enfant, et c'est plus que jamais lento ment de penser un bon llieu." Une voix ajouta près de Joël : " Une balle est si vile rogue ! Une balle ! Kn effet, ce devait être terrible, cela 1 Gar, la veille, pendant une grande partie de lu journée, Joël, sous les ordres (le ses I.K PASSE TKMPS officiers, S'était exercé à tirer plusieurs coups de fusil dims une cible placée loin de lui, et In cible, el SnrtOUt le mur autour de la cible, étaient criblés de petits trous.Un officier avait dit : '• Quand vous aurez, les Pius-siens nu boni de voire fusil, il faudra tâcher de ne pas lés manquer et de ne pas jeter voire poudre aux moineaux, ftappelcs-vons qUe vous allez combattre pour la Franco,pour vol te paya." Puis vint l'heure du départ pour In capitale.Tout le bataillon, Par menu pied, attendait, impatient, sur la plitee, et les foui lues il n pays, les larmes aux yeux, distribuaient aux garçons des provisions de bon ehe ci c étaient des remerciements qui n'en finissaient plus.Le recteur passa dans les rangs et, gravement donna à chaque soldai un scapulai-rc ei une petite médaille de sainte Anne Tous la hnisèrent pieusement el se la plissèrent au cou.Soudain un grand silence se pro dilisil et Joël se tourna vers un coin de la place où tous les yeux sïhiioni portés.Il vit là apparaître un jeuUe homme.pet il à la nions-tache brune, un officier qui portait.Attaché a nue lutin pe.un vaste morceau d'étoffe I lieoloie.I n voisin de Joël dil : • Voici le drapeau." Un commandement éclata dans les airs : '• Portez.armes ! Présenter.armes, ! " Les jeunes gens présentèrent les armes au drapeau qui s'était placé devaul eux.enlotiié de sa garde d'honneur.Les officiers mirent le sabre au clair.Lm bourgeois assemblés sur la pluee (Itèrent leur chapeau silencieusement.Des femmes, aux fenêtres, s'essuyaient les yeux de leurs mouchoirs.Joël contemplait lotîtes ces choses eu ouvrant de grands yeux, uu peu ému de ces hommages solennels qu'on rendait à ce lambeau d'étoffe.Il se demandai I si le saint-sacrement n'y êlail pus caché." Mes enfants, dit à ses hommes le commandant du bataillon, un grand maigre,à la ligure toute jaune, aux veux cliiits, à la moustache loin banle, c'est en vololitiiit es qne beau coup d'entre vous patient et donnent leur vie à lu Prance.D'Ordinaire, on attend un peu de temps avant de présenter aux soldats leur étendard.Ou attend que leur éducation militaire soit sufllsamiiieul avancée, qu'ils soient suffisamment insi mils des prinei pes de l'honneur et de la grandeur de la patrie.On ne consent enfin à développer de vaut eus les plis de leur drapeau qu'au jour où ils sont dignes de le contempler.Voilà cinq jours à peine que volts êtes soldats, et vous en êtes dignes, mes enfanta.Car nous BOUlincS dans un temps de guerre où CO n'est plus en chambre qu'on apprend le patriotisme.La patrie parle assez, haut aujourd'hui pour se faire entendre de tous lés cœurs, fussent ils enfouis dans les provinces les plus lointaines.Votre présence sons les armes en est uu magnifique témoignage.Allez donc, Ot ne quittez, jamais des.veux voire étendard.Aimez le, mes enfants, el songez qu'il n'est pus seulement l'image'd'e la pal rie.mais la patrie elle-même.C'est la France que vous emportez, au milieu de vous, ("est la Bretagne, votre pays à tous en général) voire village à chacun de vous en particulier, la terre que vous niinez, voire famille enfin., Vous voyez bien que c'est sacré." Le Commandant s'interrompit, très sincèrement ému par ses propres accents.Joël tressaillit.Une étincelle, très pet i te, avait lui dans son Ame et elle ne devait pas s'éteindre.Les jours qui suivirent furent sombres cl terribles.L'impression Salutaire faite sur rame de Joël pâlie discours du commandant sembla tout d'abord B'efihcercomplètement en lut.('es joins fuient consacrés au voyage du bataillon et à son ins lallation à Paris.Ce furent des marches, des allées el venues, des al lentes lugubres sur les quais des gares, des changements de trains, des empilements d'hommes dans des wagons de I roisième classe el dans des fourgons à bestiaux.Joël, du fond de son compartiment, regardait d'un uir hébété fuir pur la portière (es poteaux télégraphiques ; il écoutait les coups de sifflet qui lui sera blaienl des hurlements de douleur, et dans les boudées de vent el (K-fumée qui tout à coup entraient par la fenêtre, dans le tumulte des gares, dans le vertige effrayant du voyage, il pensait ft son cher village de Saint Pol, dont chaque lour de roue de l'affreuse machine l'éloignait à chaque seconde davantage.Uu long déchirement se produisit eu lui.Il lui Semblait qu'on lui arrachait violemment uu morceau de son cœur, el ses yeux bleus remplis de larmes, alors que.haletant, le train l'euiportail dans des régions inconnues, semblaient refléter eu core le pâle azur du ciel breton que déjà ils ne pouvaient plus voir.Kt, p.' se remonter, il lâchait de penser an drapeau, c'est à dire à la Bretagne, qui voyageait avec, lui, Mais il secouait la tête en se disant : LK PASSE TEMPS " Nun, ce n'est pas la Bretagne, ce morceau d'étoile ! Non, la Bretagne, je l'ai laissée là has.la- pays.C'est là où l'on a les gens qu'on ai nie.Le pays ne vient pas nvec nous quand nous partons." Aux approches de Paris, il vit de nombreuses maisons éparses dans la plaine, pas de pet ils villages grou pés chauilenicnt autour de leur église, comme là-bas, au pays.Les campagnes étaient solitaires.Do distance eu distance, sur la grande roule, des paysans se dirigeaient vers la capitale, I rainant des voilures à liras ou conduisant des carrio les dans lesquelles élaieiil entassées leurs pain res meubles.( 'es iiialheu renx Fuyaient devant l'invasion ci venaient demander uu refuge à la Cité mère.Le train s'engoulira dans Paris, passant avec fracas eut ie les sombres murailles des fortitications que l'on couvrait de gabions el de BaCS de terre cl au pied desquelles attendaient, lourdement assises sur leurs ntlïlls, d'énormes pièces eu bronze de douze et vingt-quatre.Joël voyait toul cela dans uu éclair.Quelques minutes après, le train s'arrêta, jetant sur le quai de la gare une nouvelle provision d'hé inique chair à canon.Joël fui logé, avec un de ses compatriotes de Saint Pol.chez un bon tiquicr du faubourg Saint Germain, dans un entresol bas el fumeux.Tons deux couchèrent h\ sur des Mis de sangle, aussi bien traités que possible, en ces lemps d'angoisses et d'appréhensions, par le petit commerçant chez qui ils étaient lombes el qui faisait partie de la garde nationale.Joël l'enviait, ce pire de famille, eel époux bien choyé, qui part ail le matin à l'exer rire- et qui revenait le soir diner entre sa femme et son enfant.Pendant plusieurs jours, le ba tail Ion de .loi-1 resla inarlif.Ilans la journée, les olliciers réunissaient leurs homines pour les perfectionner dans le mauiemcnl de l'arme.Le soir, Joël et son compagnon rega guaieiit leur entresol et là.s'asscy aient chacun sur son lit et se regar daienl silciirieusemeul eu remuant lentement la tête du haut en bas el en poussant de gros soupirs.Ils ne se disaient rien, parce qu'ils n'a valent rien à se dire.Joël connais sail & fond les pensées et les seul i mente de son compagnon, qui lisait à livre ouvert dans leeieur de Joël-, Ce fui une période de lourd ennui, de demoralisation lenie cl fatale Les deux gal's en venaient à se demander si leur enfume n'élail pas un rêve el s'ils avaient réellement uu village, des parents et une pro mise.Ce n'étaient plus déjà les beaux jeunes hommes d'autrefois, puissants el loris, les campagnards tout imprégnés encore de l'atmos phère de la pleine el du large.Leurs joues se creusaient, leurs yeux de venaient lernes.n'élaul plus les mi roirs de ('immensité, et ils auraient infailliblement .succombé à CetteHUV ladie de langueur qui les dévorait si uu événement grave n'étail venu les secouer brutalement et les tirer de leur loipeur.en les forçant de passer de la rêverie à l'aclioli.Le bataillon dm opérer une sortie, (in se battait au Bud de paris -un engagement partiel entre l'infanterie de ligne et les Allemands et du renfort serait nécessaire peut être.IV I/'temps était sombre, leeiel bas.L'hiver promet lail d'él re aussi rude que l'élé avail élé beau, laie pluie line tombait, impitoyable, sur Ions res dos courbés qui s'arlieininaieiil dans la boue vers le champ de bataille.Par re temps ilélcslnhlc, la campagne paraissait à .loèl plus al" f reuse encore el plus dépoli i liée qu'à sou arrivée à Paris.C'était partout l'image de la mort el de la snlil ude.Il pensait: ''C'est donc cela, lu guerre!' Il regarda machinalement le drapeau qui marchait au milieu deux et qui pendait lamentable sur sa hampe, loul Masque cl tout.Ireni-péde pluie.Joël était moine.Seule, l'idée qu'il allait se battre lui dou unit uu léger frisson d'inquiet ude el de plaisir & la l'ois.I_i bataille, r'é tait l'inconnu, et l'homme a Ion jours eu jui un désir inquiet de l'iu connu.Peu à peu.à mesure que l'on ap piochait du terme, les têtes, courbées vers la terre, se relevaient.Toul à coup, on entendit au loin le crépitement de la fusillade i lertains pAliretlt.l-i chair esl faible.l.a plupart sentiront leur cœur battre d'une émoi ion étrange.Les mains élreignireiil le fusil d'un mouvement plus nerveux.On se ré.cillait.à ce bruit, de l'engourdissement du départ.Le drapeau lui même se m it à palpiter comme uu cire vivant.Il semblait dire an bataillon : " N'on bliez pas que je suis là " l.cs Bretons campèrent dans un chump silué au croisement de deux roules, eu alteiiilaiil qu'ils reçus-seul l'ordre de s'engager eux lue mes.Us entendaient impatiemment la bataille qui se livrail à côté d'eux, derrière un pli de terrain, toute proche, lis voyaient, au delà du plateau, une légère fumée blanche Ilot 1er cunt iiiiiellemeiit dans l'air.I Is voyaient aussi passer sur la roule des civières emportant des blessés.L'action étail plus Importante qu'on ne l'avait cru d'abord et grandis sail.I Is se mangeaient le cœur, là, dans leur inaction, tandis que la pluie ruisselait te long des fusils fOrlnés en faisceaux.Silencieux, ils suivaient de l'oreille les péripéties du combat ei, les lèvres serrées, attendaient, A un uiooimit,.Joël entendit uii ollieier.près de lui.dire à mi voix : '• Allons, je dois qu'en n'aura pas besoin de nous aujourd'hui." Soudain, la compagnie de .loél recul l'ordre de donner.Chacun s'empara fébrilement de sou arme.Ou vit se glisser les hommes le long d'une haie vive.Par les iuti-rslices de cette haie, ils voyaient se déroli 1er devant leurs yeux le champ de bataille i mit entier.Les lignants, qui d'abord avaient eu l'avantage, surpris de liane, devaient battre en retraite, Les Bretons s'agenouille rent eu un point de la haie, invisi Me», churgèrciil leurs armes el \ i sèrenl.•• l'eu i" commanda un officier, l'uc décharge retentit, et les hommes furent enveloppés eu uu instant d'un nuage de fumée.Quand le nuage se dissipa, ils virent au loin les fantassins allemands hésiter et suspendre leur inarclie en avant.Les lignai ils repriieut avantage.Jin'l, passionné, la sueur au froid, suivait la scène des yeux en rcehar géant sat arme.La l'innée avail Ira hi la retraite des llrelous.Les offl ciers lirenl prendre à leurs homines le pas gymnastique et les oui du i sirenl.toujours en longeant la liait.à environ trois rents mètres de leur première position.Ils rccmiimcucè l'eut de là une nouvelle décharge, puis, uu peu plus loin, une Iroi sième.Ils allaient et venaient, s'a geiioiiilhuil.el lirrnl.se relevant et reeoiuinetiranl vingt fois la inclue iiianii'iivre.La haie élail devenue pour les Allemands au point de mire oii convergeaient toutes leur'* baPes.Les l.reloiis les i-ulcnliaient sillier au-dessus de leur- léles.Kllc .volaient, cassant les branches el atteignant à travers la haie plu sieurs hommes qui s'abuttireut, sanglants.Le compagnon de Joël tomba raide moil à son côté.Cel.e vue exaspéra le gars qui se mit à tirer avec une sorte de rage.Pas un mot ne se prononçait.Par instants, un cri éloulfé s'élevait, uu homme portail la m ii in à sa poitrine, là ehait sou arme e| s'éerasuil lourde meut sur la lerre ilélrempée.Il se signait ei mourait, M.le recteur était là- sous les balles, qui recueil lail lents dernières paroles.Il-Unit par tomber, lui aussi.In I vil tout à coup sa longue forme noire gisiul dUU8 l'herbe, les br.ls oilveils.cl il Suite nr ta 138» /> ige. LE PASSE TEMPS MARGUERITE Romance Paroles de O.Pradkri.Musique de Cn.G'unod.Andakte.PIANO. l.iS LE PASSE TBMP8 1.10 PASSKTKMPS resta on instant saisi d'horreur do-rani ee meurtre sacrilège.Soudain, une olamenr d'épouvante s'échappa dos poitrines, line grêle de balles veimii d'assaillir les Bretons par derrière.On les avail tournes.Le détooheinenl étail pris entredeux Feux.Tant d'abord ce fui.uu désarroi général, lue pani que folle se produisit.Mais les oiii ciers rallièrent vite leurs hommes.I.e reste du bataillon vinl an se cours.On se run vers I' commodes.—Tout est par douzaine, disait la veuve, et presque rien n'a servi.Ah ! mou pau-vie frère était économe et il avait du beau.Voyez-moi ces serviettes de toile des Vos- | ges, comme c'est ouvré et comme la dama sure est fine ! L'argenterie esl a l'ancien tilie, et elle pèse lourd, reprit Gaspard en frottant les couverts avec le pan de sa redingote, je suis d'avis que nous la conservions, après y avoir fait graver notre chiffre.II fut interrompu par une exeloinalion joyeuse de Reine.— Venez voir ma trouvaille ! s'écria In jeune tille, tenez, voici îles piece* de den telles.Est-ce beau ?.Voici descrêpes de Chine, et puis dans ces petits écrius.Oh ! des colliers de (wrles et des pendants d'oreilles en pierre fine ! Mme de Mauprié était descendue rnpi ïe ment ; Gaspard s'était approché et Honorine ouvrait île grands \eiix.Ils étalent tellement affaires, qu'aucun d'eux ne s'aperçut de l'arrivée de Gertrude et de Xavier.Les deux jeunes gens, dehojil pfèS de la potte '1 entrée, contemplaient cette scene avec tristesse, et Xavier front ail les sourcils d'un air de désapprobation.-Voyez un peu ! dit Honorine en joi guaut les main*, qui aurait jamais soupçon né notre oncle de posséder île si belles choses * — Oh ï moi, fit Gaspaid, j'ai toujours pense que le vieux ladre prétait sur gages ! — Pi ! Gaspard, pouvez vous avoir de pareilles idées ! s'écria la veuve eu examinant a son tour uu crêpe de Chine ; je crois plutôt que mon frire avail autrefois rumine quelque projet de mariage, et que ces bijoux étaient destines à sa fu'Ure- —Ou u'anih pas voulu de lui, répliqua Gaspard, et c'est fort heureux.Si, au lieu d'etre laid comme uue chenille.M.Kenaudin eut dé uu Adonis, nous ue viderions pas aujourd'hui ses tiroirs ! —Comme ces émeraude me vont bien ! dit Reine en essayant des pendants d'oreilles devant uu grand miroir; j'ai envie de les garder !.Malheureusement, Mademoiselle, cela n'est pas possible pour le momeut î soupira une voix flûtée qui parlait île l'entrée de la chambre.lisse retournèrent tout stupéfait»et aperçurent le notaire de Lachalade, dont la grosse figure souriante s'encadrait dans le chambranle de la porle entre hâtlhe.I)er riere lui ou distinguait la tête pointue et chauve du juge de paix et la face enluminée de son greffier.—A l'aspect de ce trio, les traits de Mme de Mauprié s'étaient allongés, el Gaspard avait fait uu geste d'im patience.— Nous sommes en affaires.Monsieur, dit-il au notaire de sou Ion le plus hautain, et, * moins de choses urgentes, nous nime-rions .î ue pas être d> rangés.—Je vous demande mille pardons, reprit le tabellion sans s'émouvoir , mais il s'agil de formalités qui ue soutirent aucun délai, et qni auraient été remplies des hier, sans l'éloigucmeut de M.le juge de paix.Le juge, long et maigre comme un fil, s'inclina silencieusement ; Gaspard toi sait le notaire des pieds à la tétC et se mordait les lèvres.-Ue quelles formalités parlez-vous?demanda l-il sèchement.-Oh ' tie simples mesures conservatoires.dans l'intérêt de l'hérilure mineure, car si je ne me trompe, il y a minorité de l'une des héritières présomptives.Je dis piésomptives.ajouta-1 il eu passant en re vue les assistants avec ses gros yeux îonds, parce que «ous ne connaissons pus encore les dernières volontés du défunt.— Ses dernières volontés ! répéta Mine de M-uprii interdite ; supjioseriez vous, M m-sïeur, l'existence d'u > testament ?—Je ue le suppose fia*.Madame, n |«on dit le notaire en s'iiicliuuut je l\ Hit n e.—UU testament | gromiuebi Gaspard, à quoi 1h>ii ! —Je I ignotc, Monsieur ; mais, si rouble permettes, nous alloua vous donner lecture de l'acte.Il tira de fou portefeuille une cnve'oppc cachetée.— Ceci est un tesianieu' ulogruplie* dé-pois en mon élude par feu M.Kenaudin, mou client.Il promena nu moment l'enveloppe sous les yeux des héritiers puis il la dicachcta et remit au juge de i>aix une feuille de |ia pier limbic, en le priant d'en picudre COU naissance.—Le le-tanicnt i si en Immiuc forme, mur mura le juge.Le notaire avait tous*é el avait mi- les lunettes.Mme de Mauprié.pale et crist, év, était appuyée a un fauteuil ; Gaspard se tenait deltoul, les bfUS croisés .Reine ei Honorine contemplaient les gens «le jusuc d'un air et far*, sans trop rien comprendre de quoi il s'agissait yunnt j Xn\ier et Gertrude, ils s'étaient assis l'un près lie l'autre el regardaient avec une c-pression de tristesse attendrie.I.e notaire, d'une voix elaile, se mil à lire ce document qui éiail un simple codicile lévélaut l'existence d'un document » .n lu-dans le secrétaire du défunt.Hn outre,afin de pic venir toute ibflii uU, Kustache Kenaudin ordouiiait que l'onver lure île ce testament n'eut pas lieu avant la majorité de sa niè-e Gertrude de M su] trié Il nomuioit pout exécuteur leslameutai.e et administrateur provisoire, son nolnin, Me Pécheitart.Enfui, il exprimait le riéwi que Gertrude hnlitl.H l'Abbatiale et jouit rie- revenus île la succession, *'a l'exclusion de tous entres, Jusqu'au jour ou elle serait majeure.'' Après avoir soigucu>emciil leplié le papier timbré.Me Ptchcuarl paicoutut lus nouveau l'auditoire avec son legaul m illt la surprise était [teinte sur Ions le* visages — Pesle soit du ladieverl* s'é.ri a entra Gaspard, et il accornnogua ces parole* d'un juron ¦ uergique — Si vous le VOUtes bien, du le notiiie, salis s'iuquii ter autrement de la colite de l'allié des Mauprié nous allons pratiquer les recherches nécessaires dans le URtible désigne par le défunt.On passa dans la diamine a coi cite-.La veuve lançait j sa niece des ugaids usinants : quant a Gertrude, rougis mite cl interdite, elle assistait ^ celle mimic sans trop se rendre compte de ce qu'elle signifiait.Xavier considérait sa cousine d'un air embarrassé .Reine et Honorine chuchotaient avec Gaspard qui leur expliquait sans doute les cousrqucui.es probables de l'acte qu'on venait dt lire, car elles dardaient a leur tour a Gertrude «les «l'illades foudroyante*.La recherche du notaire ne fut pas longue et le testament fut trouvé .l'endroit ludi LE PAS.SK TEMPS que.I.c notaire eu fil ; i u iln¦: :'< nveloppe cachetée par le juge île paix, puis, se tournant vers Gertrude, il lui demanda iiiu-1 était Mill àgC.—J'ai eu vingt ans le quinze mai dernier, murmura la jeune fille.— Fort bien Le quinze mai prochain, à nihil, nous proi • derons a l'ouverture du testament, qui restera deposr nu nombre île mes minutes.D'ici 1», rien ne s'up|»oscrn a ce que nous nous occupions de l'inventaire.Monsieur le juge, VOW) penserez sans doute qu'il convient d'apposi i les scelles.I.c greffier avait déjà pu paie la cire cl les liamles île toile ; le notaire s'avança galam ment vers Reine il, tout en souriant, désignant les |K-inlauts d'éuicraude qui se lia.lançaient encore a ses oreilles : —I>ésolé ! Mademoiselle, lui dit il, nous serons obliges «le réintégrer ces bagatelles parmi les mobiliers de ln succession.Reine détacha les lameles d'oreilles el les jeta avec d» pit sur In table; puis, n'y tenant plus, elle s'élança vers sa mere et se mit à fondre en larmes.— t'est une iudiguité ! s'ecria Mme de Mauprié suffoquée.Im scié cl f rot lêlc éteint.Il ne mangea pas et ne put dormir.Sitôt le jour levé, il courut frapper à la porte de l'Abbatiale.Pitois lui répondit par le guichet : Mlle de Mauprié est très malade.Là dessus le guichet sa referma impitoya blement, et Xnvier, plus tourmenté que jamais, résolut de pnsser chez, sa mère.Honorine préparait le café du matin, taudis que Gaspard bouchiiL ses guêtres et que ln veuve dévidait uu écheveau de laine, — Save/, vous que Gertrude est malade?•lit Xavier eu entrant.—Je l'ai appris hier, répliqua Mme de Mauprié, e; comme je ne transige jamais avec uu devoir de famille, je suis allée à l'Abbatiale avec Reiue offrir mes services, mais nous avons été reçue* par ce manant de Pitois qui ne nous a même pas laissées entrer dans In cour —Parbleu ! elle eut fine, l'enjôleuse L:, s'écria Gaspard ; cette maladie est uu pié texte pour éviter les complications el se rendie intéressante.V.nis avez, été bien bonne de vous déranger, mn mèr^, surtout après ce que nous avons su hier nu sujcl de notre gracieuse cousine ! — Qu'y a-t-îl donc ! demanda Xavier.— Il y reprit Honorine, que huit jours avant In mort de notre oncle, Mlle Gertrude est venue ici en cachette et a passé une nuit au chevet in bonhomme.-Quel conte ! fil Xavier en haussant les épaules.—Ces; l'exacte vérilé, dit Mme de Mau- LE PASSE-TEMPS n;i UNE LEÇON DE MUSIQUE A CHAQUE NUMERO PREMIERE PARTIE NOTIONS PRELIMINAIRES VIII.MKMUBKM On divise tous les morceaux de musique en |> rue-, d'édile diuée.I li.u une île i es divisions «si »p|>clée menue.l'ouic nu suie est comprise entre deux lianes veftir.iles.dites boires de menue- Hiior oiir avoir des nouvelles l.a réiionse que lui faisait l'inflexible Pitois variait peu el n'était guère encourageante.Cependant uu malin de la fin de janvier, la figuredu vieux garde parut moins farouche." Il y a du mieux." rrponilit il à Xavier en refermant la porte plus doucement que d'habitude.(.-/ continuer \ PROFESSEURS DE MUSIQUE Guillaume Couture, 58 Université.Vf, Davignon, 1180 St-I >enis.Mme O.E.Ilefoy, 147a si 11111 .tri.A.P.V.Uelfosse, 186 Sic-Elisabeth.Mlle i'.Drumiiiond, 57 St-Hypolile.Dominique Ducliarme, 15.1 Kleury.J.A.Duquette, 433 Dorchester.Achille Potier, 74>J4 Sherbrooke.Mlle Agnès Michaud, 131b Si-I.aurent.M II- O.Wilson.74 SloFsuuilie.Mlle McAnally, 27 Marne.Paul Wiallard, 3241 Sic-Catherine.Arthur I.-itondal, 2241 Stc-('alherine.J.J.(ioulct, 2427 hic-l'atherine.Charles Reic:hling, 215 Stanley, t'.E.Seifert, 2757 Ste-Orttl eriuc.Edmund Labttge, 382 Wolfe.I.Silverstonc, 37 Hutchison Godlioid Filiatiault.Montralm.Moïse Robert, 98 Amlierst J.II.Mulhollin, 32 Carié Chaboiltab Herr l'arl Walter, 2424 Ste-Catherine.I\ Jehin-l'iume.6j Avenue Collège Me .ill.E.Van Loock, 173b Montcalm.Mme Adam, 479 m-Huliert.E.Areh.imbauit, 219 Herri.M.l'.achmann, 27 l'unilialCon.Hubert A.Ilaker, 57 City CoJUCellOrs, A.Bèique, 62 St Denis.Mlle J.C.Brcnrun, 313 Roy.Mme A.Breton, 283 Amherst.Mlle Alice Cardinal, 152 Murray.Aug.Charbonnier, 239 Panel.Edw.Clark, 315 Amherst Mlle Sarah Cote, 35 Hudon.Mlle Alphonsinc Delisle, 3263 Notre-Dame Piano Arthur Pépin, 1098 Sic-Catherine.Max.Bohrer, 39 Hishop.Mme J.H Gâté, 225 Drolet.Mme Clark, 6 Desjardins, Maisonncuvc.Mlle Millar, 729 Sherbrooke.Mlle Marguerile Sym.6 Buckingham Violon Achille 1 ejeune, 480 Craig.J.Herbert Marceau, 138 Pcel.Albert Krnaud, 28 rue Na|>oléon, Sti-Cunégond.Chant Mlle lx-richc, 1924 Ste-Cathc'ine.Guitare et Mandoline Paul l.amoureux, 236J4 Montcalm.A.C.1-achance, 325 Dorchester.W.Sullivan, 44>3 Aylmer.Mlle Tcireault, 255 St-Hubcrt.Flute et piccolo François lloucher, 1298 Notre-Daine.C- Maggio, 146 Montcalm.Ulric Gingras, 353 Herri Clarinette Jacques Van Poucke, 221 Craig.Cornot Louis Van Poucke, 14S ('lump de Mars.Timbales M.Sche|>cns, à l'Opère Français Léon A.Labondc, 9 Avenue Collège McGill Viola D, McKcrrher, 221b Craig.Musique pour bals et soirees Orchestre Kallo Frère 1, 55 St-LouÛ).Orchestre lllasi, 147 Sanguinel.Orchestre Harmonie.149 Dorchester.Fanfares Fanfare Sic-Elisabeth, 1114 St-Antome, Sl-llenri.Fanfare de la Côte Si-Paul, 1114 St-Antoine, St-Henri.Accordours de Pianos j.Chs.E.Beaudry, 412 Dorchester, (ico.Cregan, 29 Ave.Collège McGilL Escrime Académie d'escrime, D.I.cgauit, 1511 Notre Dame.La salle de la Carde indépendante de Salaberry.85 St Jacques, professeur M.D'Hincourt.Imprimeur de Musique Jos.F.Belair, 26 St-Elisabelh lit LE PAH8E-TEMP8 CHS LAVALLEE Succt- ; ilc lie1» PIU INSTRUMENTS $ DEt MUSIQUE slusst un assortiment comble! 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