L'Echo du Cabinet de lecture paroissial de Montréal., 1 mars 1873, Annales de Notre-Dame de Lourdes
avmiæs i»k:K»Titi: i»ami:hi: i„oiit3»i>.Mait.Tasciïereau a N.D.De Lourdes.La sainte nuit de Noël.La sainte nuit de Noël a eu, en 1872, dans la chapelle de la Grotte, un caractère de solennité touchante à la présence de Mgr.Elzéar-Alexandre Taschereau, archevêque de Québec, au Canada, qui se dirigeait vers Rome.Le prélat célébra les saints Mystères devant une assistance nombreuse.Voyageur lointain, à des milliers de lieues de sa patrie, il fit descendre sur l’autel le mémo Enfant-Dieu qu’en son église d’Amérique et le donna à un peuple qu’il pouvait prendre pour le sien.Des deux côtés de la mer, c'était la France, c’était surtout l’Eglise catholique avec son admirable unité qui fait de la terre entière la famille unique d’une même mère, la Vierge de Bethléem.Pour l’archevêque et pour le peuple qui, se voyant pour la première fois, ne se trouvaient pas étrangers, cette rencontre rendit plus présents et plus doux les souvenirs des voyageurs de Bethléem : Marie, Joseph et l’Enfant-Dieu, les liergers et les Mages.Monseigneur, dans une grave allocution, exposa les abaissements et les grandeurs du Verbe (ait chair, avec la science du théologien et la simplicité d’un saint.Le soir, il daigna présider les cérémonies de l’Adoration perpétuelle du Saint Sacrement dans la modeste chapelle des soeurs de l’immaculée Conception de la Grotte et édifier encore cette assemblée de sa pieuse parole.Relation de la Guérison de Mlle Aurelie Brun eau, Sourde-Mi ette, a Monthazon.AurHie Iirumati, née à Chabrit (Indre), le 24 avril, 1853, sourde* muette de naissance, comme l’affirment ses parents et les notables île la localité, comme le constate le docteur de lu Marcelle, tut placée dan* une institution de sourdes-muettes, à Orléans.Les sueurs de cet établissement déclarent que jamais elle n’a pu percevoir aucun son.Conduite à Paris, à l’âge de quatre ans, par son oncle, M.Jirunta i, aujourd’hui notaire à Montbazon (Indre-et-Loire), le docteur Drlot, rue de Sèvres, 2, lui donna des soins, et déclara qu’elle était atteinte d’une furdi-mutiti de naissance des plus caractérisées, et que jamais elle n'entendrait.Cette jeune personne venait tous les ans passer un ou deux mois, chez son oncle, à Montbazon.Au commencement d’octobre dernier, elle y egt venue, à la rentrée des classes, accompagner sa s«cur, qui est en pension chez les religieuses de Saint-Martin, De Montbazon elle est conduite à Lourdes par Mme Bruneau, sa tante, et Mme Champion de Chabris ; la mère de Mlle Aurélie, étant souffrante, ne pouvait l’accompagner.Elle rencontre Constance VEtat, de Blois, sourde-muette comme elle, et qui, comme elle, allait à Lourdes, en pèlerinage, pour obtenir sa guérison.Constance est guérie à la Crotte, mais Aurélie revient avec son infirmité et bien désolée.Cette pauvre enfant, pieuse et intelligente, écrivait à M.le curé de Montbazon : “ Mon amie heureuse, elle guérie, elle entendre!.Moi pas, moi malheureuse, moi pas entendre, moi pas assez “ pieuse.La supérieure dos soeurs de Montbazon la voit, lui dit de ne pas perdre confiance, de prier, que Marie veut la guérir, dans cette paroisse qui lui est spécialement consacrée.Elle lui promet de faire une ueuvaine, à cette intention, à N.-l).de Lourdes.Mme Bruneau prie la Supérieure de prendre sa nièce comme pensionnaire, pendant la ueuvaine, afin qu’elle soit plus recueillie.La ueuvaine est commencée le mercredi, dans la chapelle du Sacré-Cœur de Jésus.Sur l’autel, devant l'image du Sacré-Cœur on place une petite statue de l’immaculée Conception et l’on invoque Marie sous ce glorieux titre: “ Immaculée Conception, reine du Cœur de Jésus ! Neuf cierges brûlent sur l’autel, on récite les litanies do N.-l).de Lourdes, on met de l’eau de la grotte dans les oreilles de la jeune lille,.elle en boit,.on récite également le rosaire.Le troisième jour de la ueuvaine, à la récréation du soir, pendant le chant d’un cantique à Marie immaculée» une pensionnaire, Alice Bruneau, cousine dAurélie, frappe sur une table par inadvertance.Aussitôt la sourde-muette fait un soubresaut, et montre par des signes qu’elle entend.u avertit la supérieure, qui la fait venir près do l'harmonium et lui joue le cantique.Aurélie est comme ravie.Elle fait la distinction du chaut d'avec le son de l’instrument.On la soumet à d’autres épreuves : on sonne, on frappe, et toujours elle entend.Kinues, attendries par h* prodige, les soeurs et les pensionnaires tombent à genoux et chantent plusieurs fois : llet/iiia, sine labe concepta.Ensuite ou monte à la chapelle, on récite de nouveau les litanies, on soumet la jeune personne à de nouvelles épreuves, elle entend toujours.Le lendemain matin, elle entend sonner le réveil, elle distingue le battement d’une montre.Elle essaie de prononcer, d’articuler quelques syllabes en rapport avec le son qu’elle entend.Depuis, on lui apprend à parler comme à une enfant ; n’ayant jamais rien entendu, c’est un second travail pour elle que de distinguer la différence des sons, d’en comprendre la signification.L
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