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L'Echo du Cabinet de lecture paroissial de Montréal.
L'Écho du Cabinet de lecture paroissial de Montréal est une revue publiée à Montréal par les prêtres sulpiciens, animateurs du Cabinet de lecture paroissial. Le Cabinet faisait suite à l'Oeuvre des bons livres, fondée pour s'opposer aux mauvaises lectures, occuper les loisirs des familles et parfaire leur instruction chrétienne. [...]

L'Écho du Cabinet de lecture paroissial de Montréal, d'abord bimensuel, est une revue publiée à Montréal par les prêtres sulpiciens, animateurs du Cabinet de lecture paroissial. Le principal responsable de la revue est l'abbé Louis Regourd. Le Cabinet faisait suite à l'Oeuvre des bons livres, fondée par les sulpiciens pour s'opposer aux mauvaises lectures, occuper les loisirs des familles et parfaire leur instruction chrétienne.

Conçue comme contrepoids conservateur à l'influence libérale de l'Institut canadien de Montréal, l'Oeuvre des bons livres est fondée en 1844 par les prêtres de la maison Saint-Sulpice. L'association culturelle, qui offre essentiellement les services d'une bibliothèque, prend de l'expansion en février 1857 avec l'ouverture du Cabinet de lecture paroissial, fondé pour accueillir les dissidents de l'Institut canadien.

L'Écho du Cabinet de lecture paroissial de Montréal est d'abord un organe de diffusion des conférences données au Cabinet. Le Cabinet accueille de nombreux conférenciers sulpiciens venus de France, ainsi que des jésuites. Les conférences sont souvent prononcées en réaction aux idées poussées par les libéraux; le Cabinet devient donc un repaire pour les intellectuels ultramontains de Montréal. Philosophie, religion, vie politique, arts et littérature font partie de la panoplie de sujets au programme des conférences.

On aménage dans le Cabinet une chambre des nouvelles, où les membres peuvent consulter les journaux et les revues d'ici et d'ailleurs qui sont conformes à l'esprit catholique. Les conférences du Cabinet qui paraissent dans L'Écho sont aussi diffusées en partie dans les journaux conservateurs montréalais La Minerve, L'Ordre et La Patrie.

L'Écho du Cabinet de lecture paroissial de Montréal offre un contenu qui s'adresse à trois groupes de lecteurs : les conférences pour les étudiants et les hommes instruits, les fables pour les enfants, et les romans-feuilletons pour les femmes. Les textes littéraires proviennent principalement de France.

Avec le temps, les conférences perdent de leur popularité et la concurrence provenant d'autres publications comme Les Soirées canadiennes, Le Foyer canadien et La Revue canadienne détourne le lectorat de la revue. À partir de janvier 1867, L'Écho du Cabinet de lecture paroissial de Montréal passe tout de même d'un format de publication bimensuel de 20 pages à une publication totalisant mensuellement 80 pages. Sont intégrés à la revue des articles plus longs, provenant principalement de France. On y trouve toujours une chronique des événements locaux et internationaux, couvrant principalement les questions religieuses. Une grande attention est portée aux questions pontificales.

L'Écho du Cabinet de lecture paroissial de Montréal jouit de l'appui du clergé pour sa diffusion locale et nationale dans les maisons d'enseignement et les bibliothèques paroissiales. La revue est tirée à 1300 exemplaires en 1860, puis à 2000 exemplaires pendant les trois années suivantes.

LAJEUNESSE, Marcel, Les sulpiciens et la vie culturelle à Montréal au XIXe siècle, Montréal, Fides, 1982, 278 p.

LEMIRE, Maurice, « Les revues littéraires au Québec comme réseaux d'écrivains et instance de consécration littéraire (1840-1870) », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 47, no 4, 1994, p. 521-550.

Éditeur :
  • Montréal :[s.n.],1859-1875
Contenu spécifique :
Chronique
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Annales du Cabinet de lecture paroissial de Montréal
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Références

L'Echo du Cabinet de lecture paroissial de Montréal., 1870-02, Collections de BAnQ.

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Canada:—Un voyage princier.—Troisième Session du Parleraentde Québec.—LeNord-Ouest.—Nécrologie.M.Perrault de Linière, M.Drapeau, M.Milette.Rome.—Tranquillité.—La princesse Olga.—L’Impératrice d’Autriche,—Audience du 9 Janvier.—Les Missions, Chine, Japon, Hollande.Franck :—Le Nouveau Ministère.Eoyi’tk.—Iîaviere.—Autrichk.—Espagne : —Crise ministérielle.Angleterre :—Situation politique, commerciale, religieuse.Aiibriqoe Réintégration de la Virginie.—.Haïti, sou histoire.—Révolution.— Le Paraguay I.Le Prince Arthur se promène de fêtes en fêtes aux Etats-Unis : il assiste aux banquets donnés en son honneur ; il danse, à Washington, à New-York, partout, en attendant cju’il danse à Ottawa ; voilà tout ce que les journaux ont à nous raconter de ce voyage princier.Cette manière d’écrire l’histoire des princes est bien futile ; n’y aurait-il donc pas quelque trait de vertu, d’humanité, plus utile à redire au public, et qui nous donnerait une plus haute idée de ceux qui sont appelés à gouverner peut-être un jour : qui nous révélerait une grande intelligence, un grand cœur, de belles espérances pour l’avenir ; et nous savons qu’il y en a.Le Parlement de Québec a clos, le 1er février, une session pacifique de la manière la plus pacifique, llien n’a troublé la bonne entente de nos législateurs.A peine le Tien-Parti a osé se dire à lui-même qu’il existait ; lus bills signés par le Lieutenant-Gouverneur sont nombreux, plusieurs ont une importance considérable, mais cette session ne sera pas de celles qui donnent un grand élan au pays.Enfin, la question du Nord-Ouest se débrouille.Jusqu’ici, les nouvelles les plus contradictoires et les plus invraisemblables s'étaient mêlées aux laits avérés, on ne savait à qui croire, ni ce qu’il fallait croire.C’était les Sioux qui s avançaient sur le fort Garry et que Riel congédiait avec quelques poignées de tabac.C’était un manifeste du gouvernement provisoire métis, qui en appelait à l’annexion ; Puis venait l’arrestation de Riel ; L’insuccès des députés du gouvernement ; La réapparition des agents de la Compagnie de la Baie d’IIudson au gouvernement du Nord-Ouest.En tout ceci, il y avait un fond de vérité, mais qui, vu la longueur de la route pour arriver jusqu’à nous, s’était considérablement accru et dénaturé.Les dernières nouvelles donnent quelques espérances de voir la fin de ce fâcheux incident.Deux assemblées ont eu lieu, les agents du Gouvernement sont entrés en pourparlers avec les Métis eux-mêmes, et les ont assurés que le gouvernement, loin de vouloir les priver de leurs droits, ni les dépouiller de leurs propriétés, les leur garantissait au contraire, et qu’il était disposé à faire droit à toute réclamation équitable, s’ils envoyaient des députés à Ottawa, ce qui, selon toute probabilité, est en voie de se faire.L’arrivée de Mgr.Tasché, qui monte à la Rivière Rouge et que le gouvernement lui-même a mandé de Rome, contribuera saus doute à apaiser les esprits, et à amener par la conciliation La fin de ce conflit.Le mois de janvier a vu s’éteindre dans une mort douce et édifiante un des derniers représentants de notre ancienne noblesse française, dans la personne de M.Perrcault de Linière.Le clergé de Montréal pleure également la perte de M.l’abbé Drapeau, curé de la Longue-Pointe.Né à Saint-Joseph de Lévis, le 12 septembre 1815, il fit ses humanités au Collège de Québec, et sa théologie au Grand Séminaire de Montréal.Il débuta dans le Saint ministère par le Vicariat de Sorel d’où il passa bientôt à la cure de la Longue-Pointe (1847) qu’il a desservie jusqu’à sa mort, arrivée le 20 janvier.Dès sa jeunesse, il montra d’heureuses dispositions pour la vertu ; doux et modeste, il fit le bien sans bruit, et, avec peu de ressources, contribua à relever la maison de Dieu ; il ouvrit un asile aux pauvres et aux infirmes de sa paroisse, qui dira aux générations de l’avenir sa bienfaisance et sa charité.Le diocèse des Ïrois-Rivières a été douloureusement surpris par la mort de M.l’abbé Milette, curé de Saint-Augustin.Il était né à Yamachiche, en 1812 ; il étudia au Collège de Jolicttc, et fut ordonné prêtre en 1842.Après quatre années de ministère, comme Vicaire dans sa paroisse natale, il fut nommé a la cure de Maskinongé ; il dirigea cette paroisse, pendant deux années, après lesquelles il fut appelé à remplacer le Vénérable M.Lefrançois, curé de Saint Augustin.C’était une paroisse «l’élite, fervente et bien conservée, mais où subsistaient d’anciennes divisions qui montaient à l’époque de la construction de l’église.Le nouveau curé aborda cette situation difficile avec une modestie, une abnégation et un tact des affaires qui applanirent bientôt toutes les difficultés.Dès lors toutes les bourses et tous les cœurs lui furent ouverts.Il orna son église, fit progresser l’Œuvre de la propayalion delà foi, contribua à la fondation de la nouvelle église de Saint-Félix du Cap-Rouge, et s’intéressa moine par scs libéralités à la prospérité matérielle de sa paroisse.La mort l’a trouvé les mains pleines de bonnes œuvres et de mérites ; après une maladie de huit jours, supportée avec résignation, il s'est endormi dans le Seigneur, et ses dernières paroles ont été des paroles de charité et de paix.il.Rome, pendant le Concile, jouit d’une tranquillité admirable, malgré le grand nombre d’étrangers qui, en ce temps, y affluent de toutes parts.Parmi ces visiteurs de la Ville Sainte et qu’attirent les solennités du Concile, 011 en compte d’illustres et de sang royal.La princesse Olga, fille de l’empereur de Russie et Reine de Bavière, a eu son entrevue avec le Saint-Père, elle en est sortie toute bouleversée ; Pie IX lui a rappelé les vives paroles que Grégoire XVI, son prédécesseur, avait adressées ;'i l’Empereur Nicolas, lorsqu’il visita Rome peu avant la guerre de Crimée ; et faisant allusion il la persécution toujours croissante en Pologne, aux obstacles que le gouvernement bavarois oppose n 1 action de 1 Eglise, il fit entendre à la princesse qu’il était de son devoir d employer toute son influence pour faire cesser cette double persécution, si elle ne voulait s’attendre à voir sa famille frappée de la main de Dieu ; Dieu, ajoutait le Pontife, ne laisse pas longtemps impunis les princes persécuteurs de son Eglise.Après la Reine de Bavière est venue l’Impératrice d’Autriche, qui a édifié Rome par sa foi et sa tendre piété.l ue autre joie pour la Ville-Sainte a été la naissance et le baptême de la princesse de Naples MAKiE-PiA-CiiRiSTiNE,dont Pie IX a été le parrain et 1 impératrice d’Autriche la marraine.Les réceptions de Noël et du lcr Janvier ont été plus brillantes que les autres années a cause de la présence des Pères du Concile.Les audiences plus nombreuses à cause de l’aflluence des étrangers.Une des plus solennelles comme des plus touchantes, a été celle du Vatican, le 9 Janvier.Près de 1500 personnes composaient l’assistance, un immense cri d’amour a salué l’arrivée du Pontife qui eut beaucoup de peine à trouver un chemin jusqu’à son fauteuil, à travers cette foule compacte et avide do contempler scs traits paternels.Debout à sa place, le Saint-Père a parlé avec sa simplicité ordinaire, mais touchante et pleine de l'onction apostolique.AprOs avoir commenté l’évangile du jour : Jésus au temple pour faire la volonté de son Père ; après avoir montré la nécessité où est tout chrétien de laiie toujours la volonté de Dieu,abordant la question du Concile: C’est pour faire la volonté de Dieu* a-t-il dit, que j’ai assemblé le Concile, puis il ajouta ces paroles remarquables : “ Les uns disent que le Concile va tout arranger et qu’il fera cesser les divisions qui existent parmi les hommes ; mais le cœur et la tête des hommes ne peuvent être changés que par le Père céleste, qui seul a le pouvoir de renouveler la terre.Les autres croient que cette assemblée ne servira de rien, en riant.Je suis un pauvre homme, un pauvre misérable, mais je suis le Pape, le Vicaire de Jésus-Christ, le chef* de l’Eglise catholique, et j’ai réuni ce Concile qui fera son œuvre.“ De prétendus sages voudraient qu’on ménageât certaines questions et qu’on ne marchât pas contre les idées du temps.Mais je dis, moi, qu’il faut dire la vérité pour établir la liberté, qu’il ne faut jamais craindre de proclamer la vérité et de condamner l’erreur.Je veux être libre ainsi que la vérité.Des affaires du monde, je ne m’en occupe pas, je fais les affaires de Dieu, do l’Eglise, du Saint-Siège et de la société chrétienne tout entière.“ Priez donc, pleurez, forcez le Saint-Esprit par vos supplications, à soutenir et à éclairer les Pères du Concile, afin que la vérité triomphe et que l’erreur soit condamnée.Les nouvelles des missions de Chine et du Japon sont à la persécution.En Chine, dans la province du Konang-tong, la persécution commencée l’année dernière devient plus effrayante que jamais.Quatre chapelles brûlées ou renversées ; cent soixante maisons de chrétiens pillées ou démolies, un grand nombre de néophytes blessés, chassés de leurs demeures ou tués, des femmes enlevées et vendues comme des esclaves à des païens, tels sont dans le district de Lonei-tche ou les malheureux résultatsde la persécution ; les missionnaires eux-mêmes n’ont pas été à l’abri des outrages, malgré la protection que leur accordent les traités européens.Plusieurs ont vu leur vie en danger : et c’est le Gouverneur même du district qui est à la tête des persécuteurs.Dans la province de Shang-haï on a voulu forcer des soldats chrétiens à fouler aux pieds la croix, avant de recevoir leur solde, mais tous ont refusé, ils ont été rayés des cadres de l'armée.Au Japon, la persécution no sévit pas avej moins de rigueur, les chrétiens sont emprisonnés, fouettés, exilés ; les femmes et les enfants ne sont point épargnés, mais nulle violence ne peut empêcher les fidèles deper-sévérer dans la foi, et de s’exposer au «langer pour recourir aux missionnaires dans tous leurs besoins.De consolantes nouvelles, par compensation,continuent d’arriver de l’Angleterre, dont nous traçons plus loin le tableau religieux.La Hollande n’est pas moins heureuse.Les Missions Catholiques mettent en regard, comme il suit, de la population totale, le nombre des catholiques de chaque paroisse de ce pays: Nord Babant,.378,534 catholiques sur 431,258 habitants Gucldre.100,953 “ 434,093 Hollande du Sud.164,969 « 681,321 Hollande du Nord.157,423 “ 578,715 Létandc.45,428 “ 179,000 Utrech.62,427 “ 175,562 Frise.44,184 “ 295,946 Overyssel.77,163 “ 256,449 Gromingue.16,340 “ 229,914 Drenthe.5,470 “ 106,532 Limbourg.219,914 “ 225,326 Cette statistique est du premier janvier 1868.En 1860, le nombre des catholiques hollandais ne s’élevait qu’à 1,230,000.Eu 1865, il était de 1,280,062 ; c’était dans une période de cinq ans une augmentation de 50,000.De 1865 à 1868, le progrès est plus considérable, puisque pour trois années seulement le nombre des nouveaux convertis atteint 33,000.Ce qui assure le progrès de l’avenir, ce sont les congrégations religieuses, un clergé ^ombreux, zélé et savant.Les Catholiques Hollandais sont administrés par 1,810 curés, sans compter les Recteurs des administrations de charité et les prêtres attachés à des Etablissements privés.iii.En France, tous les partis, à part les Irréconciliables, paraissent satisfaits du nouveau ministère ; parlementaires, socialistes, républicains, trouvent en lui des garanties et des espérances.Le clergé et les catholiques ont confiance, ils en attendent le maintien du domaine temporel à Home, et à l’intérieur la liberté de l’enseignement supérieur.Le chef du cabinet, M.Ollivier, n’inspire pas toute cette confiance personnellement, c’est un esprit inquiet, et vague, mais loyal ; heureusement, il est appuyé par des hommes qui ont de vieux services, et une importance personnelle, capables de contrebalancer dans l’opinion publique ce que le chef du cabinet laisse à désirer.Nous en avons eu une preuve dans la séance du Sénat, où le comte Daru, ministre des affaires étrangères, a répondu à l’interpellation de M.Kouland, sur le Concile, avec autant de bon sens que d’esprit.M.Rouland demandait au Sénat: lo.Acceptez-vous les instructions envoyées à notre Ambassadeur à ltome, pai M.le prince de La Tour d’Auvergne, et qui lui indique la marche à suivre vis-à-vis du Concile ?-o.Si les décisions conciliaires étaient contraires aux lois du pays, vous trouverez vous armés de pouvoir suffisant pour les neutraliser. A la première interpellation, le comte Daru a répondu en lisant les instructions qu’il venait d’adresser à M.de Banneville, et qui sont pour le moins aussi favorables à la liberté du Concile que celles de son prédécesseurs.A la seconde, le Ministre répondit que “ On observerait les lois,” qu’il existait un concordat entre la France et le Saint-Siège et que ce concordat devait être la règle du gouvernement.Puis, il ajouta : “ Je crains que l’honorable M.Rouland ne se trompe pas seulement d’heure, mais de siècle.( mouvement d’adhésion ) en se reportant à l’époque de vieilles querelles de l’Eglise gallicane : Oh ! je comprends, en 1754 la parole si vraie, si profonde de Turgot: “ les assemblées religieuses ne sont jamais un danger que lorsqu’elles sont opprimées, car alors, leur seul soin est de défendre leur liberté.” “ Les craintes de M.Rouland sont vieilles do cent ans.” ( Très-bien, Très-bien /) Le ministre reçu les félicitations de presque toute la chambre, et le Sénat adopta sur le champ l’ordre du jour motivé de cette façon : “ Le Sénat, confiant dans les explications qui ont été données par le ministre des affaires étrangères, au nom du gouvernement, passe à Vordre du jour.” Paix au Pacha d’Egypte, il a reçut avec respect le firman de la Sublime-Porte, qui a été lu solennellement au bruit du canon.Il a de plus fait cette promesse : “ Je me conformerai à la volonté de notre gracieux Maître dans les limites du possible.” Le Grand-Turc est content, il est sorti d’un mauvais pas.Merci au Khédive, pour le moment nous n’aurons pas de guerre d’Oricnt, et le Khédive n’en sera pas moins indépendant.Ces limites du possible, qui les appréciera, qui les fixera, le Sultan n’y reviendra pa3, il fermera les yeux, et le Pacha-d’Egyptc con tinucra à faire 1e grand seigneur, sans trop s’inquiéter du Grand-Turc, son gracieux maître.La crise ministérielle devient épidémique.La France et l’Italie ont eu la leur.Il y a crise en Bavière où le Sénat ne veut plus du prince de Ilohenlohe qui est trop Prussien.Il y a crise en Autricho, où M.de Beust ne peut plus faire face aux exigences libérales des provinces de l’empire.Il y a crise en Espagne, où le Duc de Gènes ne veut pas régner, et où Prim et Scrrano, cherchent se supplanter mutuellement ; Progressistes et Unionistes ne s’accordent pas, les Républicains finiront par l’emporter.Deux brigands se disputant les dépouilles, un troisième survient et les emporte, c’est l’histoire de tous les siècles.Pauvre Espagne ! quelle destinée t’ont fait ces ambitieux î IV.Les événements de l’année qui vient de finir ne peuvent manquer de remplir une grande et intéressante page dans l’histoire contemporaine de l’Angleterre.L’assemblée du premier parlement réformé, la loi qui a aboli l’Eglise de l'Etat en Irlande, en dépit de l’opposition systématique du parti conservateur, les changements apportés à la législation qui régit les banqueroutes et faillites, les nombreuses économies effectuées dans les diverses administrations du royaume, par le ministère libéral, sont des faits d’autant plus importants qu’ils ont anéanti les vieilles routines que l’on avait jusqu’ici regardées comme indéracinables, et dans la voie desquelles avaient toujours marché les gouvernements qui ont précédé celui-ci ; aussi peut-on dire sans crainte de démenti, que le présent cabinet a pleinement la confiance du pays.Depuis les élections générales de novembre 1863,—tant à cause de celles qui ont été annulées et des décès survenus, qu’en conséquence des nominations des différents membres du parlement aux hauts emplois ministériels, vingt-neuf circonscriptions électorales ont eu à se prononcer de nouveau : mais le résultat de ces nouvelles élections n’a en rien changé la position de la Chambre des Communes.La majorité en faveur du gouvernement est restée la même.Quant la politique extérieure, il n’y a guère qu’une question capable de causer quelque inquiétude : c’est celle do l’Alabama qui n’est pas encore vidée, et que l’Amérique semble vouloir laisser suspendue comme une épée de Damoclès sur la tête de la fière Albion.Tout ici a donc été, à peu près, pour le mieux, en 18(39, politiquement parlant.Mais socialement, la situation des quatre derniers mois de l’année n’a pas été aussi satisfaisante.Le nombre de gen3 sans emploi, d’ouvriers sans ouvrage, le paupérisme toujours grandissant, la réduction d’un très-grand nombre d’employés dans les docks du gouvernement, la cherté des vivres, une misère générale dont on peut a peine se faire une idée, ont causé et causent encore un malaise difficile à décrire.I "iii ne parler que de la petite ville de Woolwich, dont le gouvernement a cru devoir termer les docks, plus de deux mille ouvriers qui, jus-qu alors, étaient bien payés, se sont tout à coup trouvés sans travail.La plupart de ces ouvriers sont des pères de famille ; et ceux d’entre eux qui n ont pu émigrer, sont maintenant dans la plus complète indigence.On ne compte pas moins, dans cette même ville de Woolwich, de seize cents petites maisons vacantes dont les propriétaires se regardent comme totalement ruinés ; et plus d’une centaine de petits marchands se sont vus forcés de fermer leurs boutiques et de se mettre en faillite. La ville de Londres, elle-même, malgré le luxe qu’étale la noblesse et celui que déploie sa riche population mercantile, présente dans certains quartiers un spectacle tout aussi affligeant, et les grands centres manufac-riers qui se ressentent vivement de l’état d’incertitude qui règne sur toute l’Europe, sont tout aussi assaillis par la misère que la capitale.Voilà l’état social dans lequel 1869 a laissé l’Angleterre qui, malgré la richesse dont elle fait tant bruit, ne peut cacher la misère qui mine sa population.Sous le rapport religieux, l’Eglise do l’Etat, qui n’est guère que l’Eglise de l’aristocratie et de ceux qui en dépendent directement, a tellement négligé, depuis trois siècles, la classe populaire, qu’elle en a fait une classe de gens qui vivent sans Dieu.Sentant, aujourd’hui, que le terrain tremble sous ses pas, elle a cherché à ramener à elle la masse de la population qui ne connaît le nom de Dieu (pie pour blasphémer.A l’imitation de l’Eglise catholique, elle a essayé de faire des missions dans les quartiers populeux ; mais ses efforts n’ont été couronnés d’aucun succès.Le bas peuple protestant a oublié le chemin de l’église ! Peut-être même la génération présente de cette populace grossière et ignorante, ne l’a-t-elle jamais connu.Mais ce que je puis vous assurer, c’est que les nouvelles missions n'ont pu parvenir à le lui enseigner.Les catholiques d’Angleterre ont eu lieu de se réjouir et de rendre des actions de grâces pour les faveurs qu’il a plu à Dieu de répandre sur eux, dans le courant de l’année dernière ; car, malgré la misère des temps, malgré la rareté de l’argent, 28 nouvelles églises ou chapelles ont été terminées et livrées depuis le commencement de 1869, en Angleterre, et une à Glasgow, en Ecosse.Cette dernière ville vient d’être érigée en archevêché par le Saint Père, ce (pii indique que la hiérarchie ne tardera pas à être totalement rétablie dans ce pays où, pendant le dernier siècle, les presbytériens régnaient en maîtres, les catholiques ayant été disséminés par la misère et la cruauté du duc de Cumberland.Mais aujourd’hui, parmi la noblesse écossaise, les catholiques comptent un grand nombre de conversions ; et celle du marquis de Pute, qui a eu lieu vers le printemps de l’année dernière, est d’autant plus heureuse pour les catholiques, que la libéralité de ce jeune seigneur est déjà devenue proverbiale.Mais revenons à l’Angleterre.Le nombre des conversions, loin de se ralentir, a surpassé de beaucoup celui de l’année dernière.Les journaux catholiques de Londres affirment tenir de bonne source que dans cette capitale seule, il s’élève à plus de deux mille, et que dans les principales églises de cette même capitale, il v a en ce moment un grand nombre de personnes qui reçoivent les instruc tiens nécessaires et préparatoires à leur prochaine abjuration.“ Il part de toutes les églises ritualistes, comme un courant incessant (le conversions, disent ces journaux, qui seraient plii3 nombreuses encore s’il y avait assez de prêtres pour ailler au devant de tous ceux qui hésitent à franchir le pas qui les sépare de la véritable Eglise, dont beaucoup ont la folie de se croire membres, parce que leurs ministres en singent les doctrines et les cérémonies.” On no compte pas moins de dix ministres anglicans qui, pendant cette dernière année, ont abandonné les riches émoluments de l’anglicanisme pour faire leur soumission à l’Eglise catholique.Douze religieuses ritua-listes ont aussi quitté leur établissement religieux pour suivre leur vocation dans des couvents catholiques.Dans les provinces, l’impulsion est la même qu’à Londres ; il est certain que, dans bon nombre de grandes villes, le mouvement catholique, toutes proportions gardées, a été le même que dans la capitale.Il ne faudrait pas s’imaginer que ce soit au ritualisme seul que nous devons attribuer un si grand retour au catholicisme, non.C’est en grande partie à la confusion qui règne au sein de l’Eglise d’Angleterre, à ses désunions qui deviennent de jour en jour plus flagrantes ; c’est au servilisme qui lui est imposé par l’Etat (pii lui donne des évêques ariens, tel que le présent évêque d’Exetcr, dernièrement “ consacré ” malgré les protestations d’un bon nombre de prélats anglicans, et qu’elle a été obligée d’accepter parce que l’Etat est son maître et qu’elle n’a le droit de lui rien refuser.C’est aussi à l’Eglise catholique qui, ayant pris depuis une vingtaine d années une certaine prépondérance dans le pays, fait entendre, du haut de la chaire, des vérités qui vont droit à l’intelligence et au cœur d’un grand nombre de protestants, les touchent, les éclairent, les font revenir de leurs préjugés, et leur ouvrent la voie de la vérité.11 y a trente ans, l’Eglise catholique comptait tout au plus, à Londres, six chapelles où les saints mystères étaient célébrés presque en cachette ; et pas un prêtre n’aurait osé élever la voix contre le protestantisme.Aujourd’hui, ce n’est plus cela, Londres possède au moins quarante églises où le culte a repris ses splendeurs.La curiosité y attire un grand nombre de nos trères séparés qui écoutent attentivement les vérités catholiques, qui les comparent aux absurdités dont on a bercé leur enfance, et qui se retirent du lieu saint, sinon convaincus, du moins fortement ébranles, et.la grâce de Dieu fait le reste.Mais, si le mouvement catholique en Angleterre nous donne le droit de nous rejouir, l’état de l'Irlande est bien fait pour nous affliger.Il y a à peine quatre ou cinq mois, tout semblait présager qu'à la faveur d un gouvernement libéral et disposé à cicatriser les plaies de ce malheureux pays, les troubles et les séditions n’appartiendraient plus qu’à l’histoire du passé.Tous ceux qui le pensaient, avaient compté sans l’esprit révolutionnaire «pii, sous le nom de “ fenianisme,” agite l’Irlanle comme tous les autres pays de l’Europe.Sous le prétexte d’obtenir la grâce de plusieurs prisonniers politiques qui, on se le rappelle, se sont livrés à des actes de dévastation qu’aucun gouvernement n’aurait pu sc* dispenser de punir, une grande partie du peuple irlandais a levé l’étendard de la révolte et a menacé de renverser le pouvoir exécutif du pays, h l’instigation d’aventuriers venus d’Amérique.Le gouvernement a dû envoyer des forces suffisantes pour maintenir ces insensés dans l’obéissance ; et l’ordre, du moins en apparence, a été rétabli ; mais il règne un ferment de discorde, qu’excite sans cosse une mauvaise presse qui se dit “ nationale ” et dont le but est d’entraîner un peuple généreux, mais ignorant et docile, dans une folie politique.Ces journaux, au nombre de trois ou quatre, font le malheur du pays.Ils ne rêvent que révolte et sédition.Ils sont déjà parvenus à extirper des cœurs d’un grand nombre d’irlandais les sentiments religieux, qui jusqu’alors avaient été leur consolation dans les infortunes.Aussi, a-t on vu pendant les trois derniers mois de l’année, les crimes, les vols et les assassinats de toute nature, se succéder avec une effrayante rapidité.Dans les colonnes de ces journaux, le cardinal (Julien, les archevêques, les évêques et le clergé sont journellement insultés, traités de telle manière que, il y a seulement deux ans, aucun Irlandais n’aurait souffert qu’une pareille feuille entrât chez lui.Aujourd’hui ce sont ces journaux révolutionnaires et athées qui ont le plus de succès dans les classes populaires.N’est-il pas vraiment déplorable de voir que, ce que le protestantisme n’a pu faire pendant trois cents ans d’un règne inique,—déraciner la foi catholique des cœurs irlandais,—une poignée de vauriens, une presse indigne, puissent en venir à bout en si peu de temps ! Je ne puis pourtant pas terminer cotte revue sans dire quelques mots d’un sujet qui n’appartient pas au passé, mais à l’avenir.C’est le 8 février (pie s’est s’assemblé le Parlement, pour la session de 1870.L’Irlande, c’est à n’en pas douter, occupera encore cette année une grande partie des séances parlementaires, car la tâche de gouverner un 'pays dans l'état d’agitation ou celui-ci sc trouve, est loin d’être facile.A part du land lill (projet de loi qui a pour objet de régir la situation des propriétaires et des tenanciers), dont il m’est impossible de rien dire, puisque personne ne sait encore ce que M.Gladstone a l’intention de proposer, il reste à rappeler ou à abroger bien des vieilles lois pénales fort offensantes pour les catholiques, et comme le chef du cabinet veut sincèrement le bien-être de l’Irlande, il n’y a pas a douter qu’il ne s’empresse d’achever ce qu’il a si bien commencé l’année dernière.Mais ce n’est pas de l’Irlande seule que je veux parler.C’est d'un projet de loi qui affecte aussi bien les catholiques anglais que le.* Irlandais. L’Angleterre protestante et très-pharisienne est tout aussi infestée d’athéisme que tout autre pays de l’Europe.Depuis quelque temps, il s’est formé une ligue qui a pris pour titre : “ The national éducation league,” et dont le laboratoire d’impiété est tout aussi complet que peuvent l'être ceux des socialistes français les plus avancés.Or, cette ligue, qui a des ramifications dans la Chambre des Communes, a élaboré uu projet de loi qui va, dit-on, être présenté cette année.Ce projet de loi rendrait, non seulement l’éducation obligatoire, mais il abolirait toute éducation privée, et tous les parents pauvres seraient forcés d’envoyer leurs enfants aux écoles “ nationales ” et indépendantes do toute religion, et d’où toute espèce d’instruction religieuse serait à jamais bannie.Cependant, afin de ne pas trop heurter les sentiments de la majorité du pays, un y permettrait, une fois par semaine, la lecture de la Bible, dans une salle séparée des classes ; mais aucune prière, aucun service religieux n’y serait jamais permis.Les solidaires de France pourraient-ils inventer quelque chose de pire ! Quel peut etre le but de cette ligue, si ce n'est d’élever les générations futures dans l’athéisme?On assure que M.Gladstone et deux autres membres du cabinet sont opposés à ce projet de loi.Mais on dit aussi que les autres membres du ministère l’approuvant, le cabinet, afin de ne pas se divises, gardera la neutralité pendant les débats.Ainsi, les catholiques vont avoir un rude ennemi à combattre, et ils ne peuvent guère compter pour auxiliaires que les sectes dissidentes de l’Eglise de l’Etat, car celle-ci n’aura-pas plus le pouvoir de s’opposer à ce projet de loi impie qu elle n a pu s'opposer au choix d'un arien pour évêque d’Lxeter.v.Le Président Grant a signé le bill de réintégration de la Virginie ; il ne reste plus qu’à espérer que le Texas, la Géorgie et le Mississipi soient à leur tour promptement réintégrés.Ce retour apportera, selon toute probabilité, de nouvelles forces aux démocrates du Nord.Leur échec, aux dernières élections, n’a été dû qu'à la popularité du président actuel.Aux prochaines élections, si le parti ne se divise pas, la victoire est a eux ; car si les Etats nouvellement réintégrés eussent voté l'automne dernier, leu; cause triomphait, et le congrès eut vu finir le régime centralisateur et tyrannique que les républicains font peser sur le pays.Une nouvelle révolution, qui ne manque pas d'importance, vient de s'accomplir au sein d'une des îles les plus belles de la mer des Antilles.Nous parlons de la révolution
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