L'Echo du Cabinet de lecture paroissial de Montréal., 1 février 1870, Concile et jubile
( OM ILK ET JUBILE.Compte-rendu des Conférences de Notre-Dame de Paris, précbécs par leR.P.Monsabré, de FF.PP PREMIERE CONFERENCE.—28 NOVEMBRE 18G9.Do Ph|>|h*I royal «le PEcüm1.Voici l’exordc de cette première conférence : Messieurs, Il y a dix-huit ans, à la place où je suis, un homme* que vous avez admiré et aime s’écriait : “ 0 murs de Notre-Dame, voûtes sacrées qui avez reporté ma parole à tant d’intelligences privées de Dieu, autel qui m’avez béni, je ne me sépare point de vous !.Et cependant on ne le revit plus, la tombe a étouffé sa grande voix.Est-il mort tout à fait ?Non, messieurs, il vit dans la persévérante admiration de la France et du monde entier.Il vit en vous, qu’il a appelés sa gloire et sa couronne.Il vit dans l’humble enfant qui vient offrir aujourd’hui à vos regards le froc illustré par son génie et sa sainteté, vous faire entendre une voix qu’il a bénie, et travailler à sa renommée en vous prouvant une fois de plus que personne ne peut l’égaler.Si vous vous rappelez tout ce que vous lui devez, vous me pardonnerez plus facilement, je l’espère, de n’être point ce que vous seriez en droit d’attendre.Que vous dirai-je cette année, messieurs 'i llien que ce que l’on m’envoie vous dire.Comme Jésus-Christ mon maître, j’ai reçu un commandement de mon père, mandatum accepi a pâtre meo.Mon père, qui est le votre, le vénéré pasteur de ce diocèse, m’a chargé de vous préparer à un grand événement et à une grande grâce.Le grand événement, c’est celui qui préoccupe l’opinion publique, le concile œcuménique.La grande grâce, c’est la rémission plénièrc de nos fautes et des peines qu’elles ont méritées, l’indulgence du jubilé.Mon enseignement pendant cette • Le P.Lacordüire, 128 l’eciio du cabinet de lecture par .IS8IAL.«tation ne sera donc que le commentaire (les paroles si graves, si pleines de mesure et de sage réserve que votre archevêque, avant de vous quitter, a offertes à vos méditations.Vous comprenez tout de suite que je m’adresse particulièrement aux âmes chrétiennes ; cependant, je ne désespère pas, moyennant la grâce de Dieu, de toucher et d’instruire d’autres âmes.Daigne m’assister la maîtresse de ce lieu, à qui j’offre l’hommage de mon amour filial.0 Marie ! u mère du Verbe ! je vous consacre ma parole ; bénissez-la comme vous avez béni celle des apôtres, et pendant que vous la conduirez sur les flots lumineux de la vérité, n’oubliez pas un autre de vos enfants qui a si grand besoin de votre secours.Je sais qu’il vous aimait ; il vous aime cncor •.Si vous approchez votre douce main bien près de son cœur, il ne pourra pas refuser de la prendre, et vous nous le ramènerez.Ce sera grande joie pour nos âmes en deuil.Ici le révérend père a annoncé son sujet appel de l’Eglise ou lu convocation du concile_ L’Eglise est reine, l’Eglise est mère, et c’est ù ces deux titres qu’elle fuit, (le nos jours, un appel extraordinaire à scs forces.Jll>l>el royal, par lequel elle se propose de repousser et de confondre toutes les accusations de scs ennemis, en s’affirmant plus solennellement que jamais.Appel maternel, par lequel elle se propose de répondre à tous les besoins spirituels de la famille chrétienne dans la crise comtcmporaine.L'Orateur sépare ces deux propositions et s’applique à la première.Il ne relèvera pas toutes les accusations qui souillent quantité de livres et de feuilles publiques, plus encore par leur révoltante banalité que par leur injustice ; deux l’occuperont seulement.lo.L'Eylise est accusée dans su vie même : 2o.L'EylUeest accusée dans son esprit.PREMIERE PARTIE.S'il fallait en croire les ennemis de l’Eglise, sa puissante vitalité lui échappe chaque jour; l'Eglise est cadu^uc, l'église e3t finie.Mais, répond à cette singulière affirmation le li.P.Monsabré, partout où se porte le regard, sur la télé, sur les membres de l'Egl.se, nous voyous jeunesse, vigueur et vie.Ici 1 Orateur fait une peinture animée, lo des tra-vaux apostoliques de l’Eglise, si glorieusement couronnés par le martyre : 2o de la prodigalité des œuvres d’amour par l’Eglise, dont la main caressant# calme les sourdes colores d’un sphinx assis au bas des degrés par lesquels ou monte ù la fortune, la misère publique ; ’.!o des résistances de l’Eglise contre tous les pouvoirs, qui comptaient obtenir de sa faiblesse la consécration de leurs injustices.Que ceux qui accusent l’Eglise de trop vieillir, a-t-il «jouté spirituellement, aillent demander à certains gouvernements s'il* ne la trouvent pas trop jeune et trop vivante.Enfin l’orateur a fait appel aux convictions et aux espérances de son auditoire.Mais ce qui manifeste avec plus d évidence et de force que jamais la vitalité do l’Eglise, c’est l’acte qu'elle accomplit aujourd'hui et que le prédicateur décrit dans ces termes : “ Rappeler à ses ennemis sa vie qu’ils oublient et qu'ils accusent, c’est, messieurs, ce que veut faire aujourd’hui l'Eglise, et pourquoi elle ajoute à l’activité de l’apostolat, à la prodigalité des œuvres d’amour, ù la noble énergie de ses résistances, à l’influence quotidienne de sa doctrine et de ses vertus sur vos âmes, tous ces signes si évidents de sa vie, un signe plus évident encore 'et que j’appelle son acte vital par excellence.Cet acte vital de l’Eglise, c’est l’appel et le rassemblement de toutes ses forces actives vers le Chef auguste qui doit en diriger l’action ; c’est le Concile œcuménique.Dans l’état ordinaire, la vie de l’Egliso va, d’un mouvement tranquille et uniforme, de la tête aux membres, des membres à la tête ; mais quand des circonstances solennelles le réclament, la tête fait entendre un ordre souverain : aussitôt les membres se ramassent et s’apprêtent, comme ceux d’un athlète, à se porter, avec une commune impétuosité et vigueur, là où se doit manifester et dépenser la vie.“ Ce phénomène exceptionnel dans l’existence de l’Eglise, vous l’avez sous vos yeux, messieurs.L’illustre Joseph de Maistre, qui se plut à mêler tant d’oracles à ses considérations philosophiques, le croyait impossible.“ Dans les temps modernes, écrivait-il il y a à peine un demi-siècle, depuis que l’univers policé s’est trouvé pour ainsi diçe haché par tant de souverainetés, et qu’il a été immensément agrandi par nos hardis navigateurs, un concile œcuménique est devenu une chimère.” Et ailleurs : “ Pour convoquer seulement tous les évêques et pour faire constater légalement cette convocation, cinq ou six ans ne suffiraient pas.” Joseph de Maistre se trompait.Trop préoccupé des obstacles, il comptait sans les illuminations du génie, sans les progrès de la science, sans la suppression des distances, sans les mouvements qui devaient rapprocher les peuples, sans les aspirations d’une époque où la vie publique deviendrait un besoin, sans la revendication des principes dont les pouvoirs ont abusé pour se séparer de l’Eglise et consommer leur apostasie, saris la logique même de l’indifférence religieuse, dont Dieu sait tirer son propre bien.Il comptait surtout sans le noble et pieux Pontife à qui la Providence réservait la succession de Pierre.Nous l’avons vu ce roi infortuné et magnanime, comme Jésus-Christ son maître, se faire de la souffrance une couronne de gloire et d'honneur, et prendre la force dans les catastrophes où sombrent les puissances humaines.Qu’il1 était beau lorsque, rempart inexpugnable du droit, il résistait à toutes les perfidies et les brutalités de l’injustice ! Qu’il était beau lorsque, opprimé lui-même, il prenait sous sa protection les nations opprimées ! Qu’il était beau lorsque, par des fêtes sublimes, il appelait l’Egliso triomphante au secours de l’Eglise militante ! Mais qu'il est magnifique lorsque, pauvre et dépouillé de scs prestiges humains, il ose adresser à l’univers catholique son royal appel.Messieurs, saluez Pie IX et écoutez sa voix." Ici le révérend perc cite les paroles de la bulle JEurni Putrir, pur leiquclles le souverain pontife, rappelant a ses vénérables frères les patriarches, archevêques, évêques, nbbésdu monde catholique, leur serment de fidélité, leur enjoint de se rendre au concile du de s'y faire représenter.Puis il ajoute : “Ces paroles étaient à peine prononcées, messieurs, que dans l’assemblée de nos représentants un orateur s’écriait : “ Il y a là une audace, une grandeur qui me frappe de respect et d’admiration; car j’aime les pouvoir» 9 forts qui ont confiance en eux-mêmes et qui développent et manifestent sans crainte, avec énergie, la foi qui les anime.C’est un grand spectacle (1) ! ” Oh ! oui, messieurs, c’est un grand spectacle ; mais le voici dans toute sa magnificence.La tête a parlé, et, sans résistance comme sans retard, les membres, d’un mouvement unanime, ont répondu à son appel.Les évêques de la chrétienté ont quitté, les uns leurs palais, les autres leurs toits de palmiers ; ils ont traversé les continents et le3 mers.Sollicitée par une force irrésistible, des extrémités du monde, la vie de l’Eglise a reflué vers son centre.Elle est toute à Rome, science, éloquence, expérience, vertu, amour de l’humanité, tout cela pénétré par FEsprit-Saint, lumière, charité, force de Dieu.Que l’erreur prenne garde, l’athlète est prêt.Et remarquez-le bien, messieurs, l'Eglise a fait toute seule ce grand mouvement.Autrefois on pouvait trouver prétexte de suspecter son initiative et sa puissance dans la convocation des empereurs ; mais les Constantin, les Marcien, les Théodosc ne sont plus.Aucune autre voix royale ne se fait entendre que la voix royale de l’Eglise; mieux que jamais elle justifie cette définition que saint Thomas donne de la vie : Vive-re dicuntur aligna secundum quod operantur ex seipm et non quasi ah aliis mota,“ Un être est dit vivre en tant qu’il opère de lui-même et n’est pas mû par un autre.” “ Videant et confmdantur ! Maintenant, que les ennemis de l’Eglise voient et soient confondus.Qu’ils n’appellent plus caduque et infirme une société où la *vie répond si vite et si fort aux appels de la vie.Videant et confmdantur ! Qu’ils voient, qu’ils soient confondus aussi ceux qui, sans prédire ni attendre la mort prochaine de l’Eglise, osent lui offrir leur irrévérencieuse protection, et prétendent l’éclaircr sur ce qu’elle doit faire, lui prescrire sa conduite et lui dicter des lois do prudence et de sûreté.S’il nous est permis, comme le dit saint Paul, de faire des observations respectueuses à ceux qui gouvernent nos âmes, nous n’avons pas mission de leur adresser des instructions publiques et ces sortes de mises en demeure où la défiance se cache sous les formes du respect.“ Le disciple n’est pas au-dessus du maître, dit saint Célestin ; c’est-à-diro que personne ne doit s’arroger le droit d’instruire au préjudice des docteurs.” Quoi que vous soyez donc, fidèles ou dissidents, prêtres ou laïques, retirez, s’il vous plaît, vos bras trop complaisants.L’Eglise n’est pas une infirme dont il faille soutenir les pas chancelants.Elle vit ; vous le voyez bien ; laissez-la faire.Elle agira d’elle-raême, la sonda chinafara da sc! “ ndeant et confundantur ! Qu’ils voient et qu’ils soient confondus aussi ceux qui ne croient à la vie de l’Eglise que pour l’accuser d’un manque d’équilibre et d’harmonie, sorte de maladie chronique dont elle souffn* depuis près de trois siècles.C’est la tête, disent-ils, «pii absorW (I) Emile Olivier. tout; c’est la cour de Rome hyperthophiée qui annule l’épiscopat par l’oubli persévérant de ses prérogatives les plus sacrées.Eh bien, videant ! qu’ils voient ! Le concile, en appelant tous les évêques du monde à exercer leur office déjuges et de définiteurs de la foi, est la protestation solennelle du respect de l’Eglise pour tou3 les droits et les pouvoirs venus de Dieu.Confundantur! Qu’ils soient confondus ! La convocation du concile, si unanimement accueillie et si promptement obéic, nous promet une consolante manifestation de la plus parfaite unité de vue et de la plus profonde intimité de cœur entre le pape, successeur de Pierre, et les évêques, successeurs des apôtres.“ Enfin, messieurs, jetez aujourd’hui les yeux sur Rome, et soyez convaincus que l’Eglise vit d’une vie pleine, forte, réglée, comme au jour où elle naissait tout humide du sang de Jésus-Christ et toute radieuse des feux de l’Esprit-Saint.Et ainsi jusqu’au siècle des siècles.” DEUXIEME PARTIE.L'accusation qui pêiesur la vie même de l'Eglise étant écartée par l’évidente manifestation de cette vie, le II.I'.Monsabré relève une seconde accusation qui pèse sur son esprit et nous fait voir de nouveau, dans l’appel qui convoque les témoins de la tradition et les interprètes de la foi, une réponse victorieuse à cette accusation.L’Eglise, dit-on, est immobile ot se fait une gloire de cette immobilité.Elle prend d# l'humeur contre toutes agitations qui la troublent, ot cette humeur dégénère en hostilité systématique contre toute science et tout progrès.L'Eglise, répond l'Orateur, n'est point immobile, mais immuable.Elle garde un dépôt qui lui a été confié par Dieu ; loin de l'en accuser comme d'un caprice passé à l'état de manie, il faut y reconnaître et y vénérer la plus haute probité dont l’homme puisse s’honorer ici-bas.Probité éprouvée dans l’Eglise par toutes les contradictions de l’erreur, probité intelligente, puisque l'immutabilité des principes dont l'Eglise est dépositaire sert la cause de toute science et de tout progrès.“ Un orateur dont la parole est depuis treize ans entourée de vos légitimes respects et auquel je suis heureux d’offrir, dès aujourd’hui, l’hommage de ma sympathique admiration pour scs longs, loyaux et brillants services dans cette chaire, le R.1‘.Félix, définit ainsi le progrès : “ Le mouvement selon des lois stables.” En effet, tout mouvement qui n’a pas pour point de départ et pourpoint d’arrivée l’immobile, l’invariable,est un effort insensé, une course folle aboutissant fatalement à, quelque avortement ou quelque catastrophe.Dans l’ordre humain, l’activité do l’esprit ne peut ôtre préservée de ses propres excès que par des règles immuables qui la fixeut à l'objet inGrac sur lequel elle s’exerce.Mais, messieurs, au-dessus des principes particuliers propres à chaque science et réglant chaque progrès, il en est d’universels, qui approchent do plus près la cause première et finale de toutes choses, qui pénètrent tout, commandent tout,règlent tout : ce sont précisément les principes sacrés confiés à la garde de l’Eglise.Sous leur salutaire influence, tout écart est impossible et tout mouvement régulier atteint sa dernière limite ; en toutes choses il faut voir haut et juste, et faire beau et grand.Ces principes rappellent au philosophe que la puissance de la raison est bornée et faillible, et qu’il est au-dessus d’elle une autre source de lumière, la révélation, qui nous préserve de toute erreur et par laquelle nous nou3 élevons jusqu’à la connaissance de la vie intime do Dieu, de la perfection de l’Ame surnaturalisée, de nos éternelles et merveilleuses destinées.Ces principes rappellent à l’historien et la Providence qui conduit tous les événements, et le point central vers lequel ils convergent, Jésus-Clirist, Verbe incarné.Ces principes rappellent au moraliste que la conscience, règle intime de nos actions, a reçu des préceptes chrétiens et des conseils évangéliques une empreinte plus lumineuse de la Divinité ; que le juste et l’honnête ne sont que des points de départ pour arriver au saint.Ces principes rappellent au naturaliste que non-seulement il ne faut pas oublier l’âme humaine dans une observation trop exclusive des phénomènes sensibles ; mais que touto loi, toute vie, tout ordre, toute harmonie d’ici-bas a son type dans un monde supérieur au monde de la nature, le monde surnaturel.Ces principes rappellent au politique qu’une législation est imparfaite si elle n’agit qu’à la surface de la société ; que la paix et la prospérité temporelle d’un peuple dépendent de la formation de sa conscience ; que cette conscience se déprave si on l’affranchit du joug sacré de la religion.Enfin, messieurs, j’ai bien dit : ces principes dominent tout, pénétrent tout, règlent tout.Les arts et l’industrie eux-mêmes, enfants des sciences, n’échappent pas à leur souverain empire.S’ils changeaient aujourd’hui, demain nous n’aurions plus devant nous qu’un naturalisme effronté ; après demain, un matérialisme abject.Remercions donc l’Eglise, qui nous les conserve, remercions la royale assemblée qui va encore une fois reconnaître leur majestueuse et salutaire immutabilité.“ Vous voyez, messieurs, ce que c’est que l’immobilité de l’Eglise ; c’est, l’immobilité du soleil inondant de lumière les routes où sa force maintient les planètes errantes ; c’est l’immobilité de Dieu lui-même, principe et règle suprême de tout mouvement.” Après coin, il est impossible, dit ln révérend père, d'accuser l'Eglise, d'une hostilitr systématique ris-à-vi» des sciences et du progrès.Du reste, l’histoire nous nflirme que c'est à l’Eglise et à ses conciles que nous devons en Europe l’organisation et le développement des sciences, l’instruction gratuite du peuple, lï'tude des langues difliciles, qui ont mis l’Orient en rapport avec l'Occident, les grades dont nous nous servons encore pour récompenser la jeunesse.—Le prochain t.oncile nous promet la science, et sera lui-même lu mise à profit de tous les progrès auquel il devra la rapidité de ses mouvements, la facilité de ses travaux et la magnificence dont il entoure sa royale majesté.L’Eglise se couronne de toutes nos sciences et de nos progrès.Il y a plus, dans sa haute science des choses divines, l'Eglise progresse.“ Il doit j avoir, dit un docteur, un progrès dans l’Eglise, un très-grand progrès; il est permis de soigner, limer et polir les dogmes de la philosophie divine,- la parole des docteurs illu* mine les obscurités de la foi, et grâce à leurs travaux, la postérité se réjouit de mieux c mprenilre ce que l’antiquité croyait, sans eu avoir la même intelligence.' “ Messieurs, s’est écrié l’Orateur, ces paroles de saint Vincent do Lérins résument l’œuvre des conciles successivement assemblés depuis dix-huit siècles.Après avoir rendu témoignage à l’immutabilité du dogme, ils l’ont purifié des scories dont l’avait couvert l’hérésie et l’ont orné, non de profanes nouveautés, mais de nouveautés divines, c’est-à-dire de ces formes exquises qu’on appelle des définitions, par lesquelles la vérité est plus complètement et plus universellement connue.Ainsi furent polis certains points de doctrine sur lesquels avait passé le limon de l’erreur ; ainsi fut ciselée la personne du Christ, comme sous le burin de l’orfèvre l’objet précieux dont le moule a déjà accusé les traits et les contours ; ainsi fut sculpté l’édificc merveilleux de la grâce et des sacrements, comme pat le ciseau de nos artistes modernes, cette grande et belle Notre-Dame où le moyen âge a laissé partout les traces do son génie ; ainsi furent disposées avec ordre toutes les vérités traditionnelles, comme sur la parure d’une reine les diamants et les pierres, dont les feux harmonieusement combinés éblouissent le regard.“ Tout n’est pas fini ; il faut polir, ciseler, sculpter, ordonner encore, Dieu le veut ; c’est pour cela qu’elle appelle en un même lieu tous ceux qui ont droit à l’assistance de l'Esprit-Saint.Allez donc, artistes divins, éveques de la sainte Eglise, pasteurs des peuples, allez où votre roi vous appelle.Travaillez avec lui au plus grand des progrès, dans la plus grande de3 science, et faites-nous voir, plus ravissante que jamais, l’immuable vérité dont vous avez fidèlement gardé le dépôt.Nous attendons vos décisions pour dire encore une fois aux ennemis de l’Eglise : Videant et con-fundantur ! Ils annonçaient le prochain trépas de l’Eglise : elle leur répond par la voix de son concile : Jamais je n’ai eu autant de vie.Ils accusaient son esprit d’une immobilité funeste à la cause de la science et du progrès, elle leur répond par la voix do son concile : Je pars de l’immuable pour rontrer dans l’immuable ; mais sur ma route je prends à mon service toute science et tout progrès, et à mesure que j’avance, les avenues de l’éternelle science s’ouvrent plus larges devant moi.Nobis scientiæ œternœ aditus largirn aperitur." Voici l’appréciation île Univers, sur le succès (le cette conférence.Malgré le mauvais temps, l'assistance était nombreuse et remplissait la vaste église.Le prédicateur a abordé cet immense auditoire avec une simplicité, une aisance, nous dirons môme une rondeur qui a surpris et charmé tout le monde.{A continuer.)
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