L'Echo du Cabinet de lecture paroissial de Montréal., 1 février 1870, Chronique du concile
Le Concile et lapais,—L’attitude du Concile.—La Petite Eglise.—Les difficultés du Concile.—La salle des séances.—Premiere congrégation générale, 10 Décembre : Députation des excuses, des controverses, des Pottuluta.— Seconde congrégation, 14 décembre : Députation de la Foi.—Troisième congrégation, 20 décembre: Députation de la Discipline.Espérance de l’épiscopat.—Quatrième congrégation, 28 décembre: Députation des Réguliers, ouverture des discussions.—Cinquième Congrégation, 3 janvier : Nécrologie du concile.—Sixième Congrégation, 4 janvier.Deuxieme Session, G janvier : Profession de Foi.—L’anti-Concile ou la comédie àNaples.I.Le Concile c’est l'assemblée des Messagers de la paix ; et le concile lui-même c’est la paix, la paix promise à tous les hommes de boime volonté sur la terre.Aussi remarquez comme dès son ouverture, ces controverses passionnées et éclatantes qui agitaient le monde religieux et politique sont tombées.Ce n’est pas que les esprits soient devenus plus indifférents, mais aujourd’hui l’esprit de Dieu plane sur le monde, et si en dehors de l'auguste assemblée, l’esprit de l’homme s’agite, au dedans règne l’Esprit divin, l'Esprit de paix et de douceur ; et quelques soient les divergences des sentiments, elles finiront par se fondre dans une admirable unité, sous l’influence de cet Esprit d’union et de concorde.Je dis divergence et non pas opposition, car il ne faut pas croire un mot de ce que l’on dit de Yanimation de» parti» dans le Concile.Il n’y a point de partis dans le sein de l’Eglise, et par conséquent dans la sainte assemblée qui la représente.Il peut y exister des nuances d’opinions parmi les évêques ; mais ces opinions, dans les réunions synodales, y sont toujours exprimées avec sagesse et mesure.Il ne se formera pas dans la salle du Concile de droite ou de gauche, on n'y rencontrera que des serviteurs dévoués de F Eglise voilà; pourquoi il ne faut pas croire à tous les cancans que ramassent les journaux hostiles et les correspondants en quête de nouvelles, et qu’ils nous envoient comme des vérités.I)eux jours après nous les vo.yons invariablement démentis par les Feuilles sérieuses et bien informées.La physionomie que présente l’auguste assemblée ne ressemble en rien l’aspect qu’offrent atix curieux nos corps législatifs.Ce ne sont pas ces groupes animés, ce n’est pas cette agitation fiévreuse que l’on remarque trop souvent chez nos députés : ici, dit un témoin oculaire, tout est calme, grave et noble dans l'attitude des l’ères du Concile.Tous prient et médi- tent, ils comprennent que leur mission est divine et qu’ils doivent rester étrangers aux passions humaines.” Ne voua étonnez donc pas que ce spectacle impressionne et remue les umes sérieuses et sincères.Voici un nouveau fait qui prouve jusqu’à quel point le Concile a agité les ames et les consciences.En 1801, à l’époque du Concordat avec Napoléon 1er, le pape Pie VII ne crut pouvoir remédier au mal de la situation religieuse en France, qu’en abolissant tous les sièges épiscopaux de cette vaste Eglise pour en créer de nouveaux.C’était un fait inouï dans l’histoire de l’Eglise ; c’était rompre la succession apostolique d’une des plus belles portions de la chrétienté ; les évêques émigrés furent étonnés, affligés de se voir ainsi dépouillés, de titres et d’églises pour lesquelles ils avaient enduré les souffrances et le martyr de l’exil.Le très-grand nombre se résigna, quelques-uns crurent que le Souverain I’ontife avait outrepassé ses droits et protestèrent dans un mémoire qu’ils lui adressèrent en 1803.Ceux qui signèrent ce mémoire, les prêtres et les fidèles qui s’unirent à eux et qui ne voulurent pas revenir de leur sentiment erroné, formèrent ce que l’on a appelé en Franc3 la Petite Eglise.Un petit reste de cette secte subsiste encore dans le département des Deux-Sèvres, n’ayant plus de prêtres, ils se baptisent, sc marient, s’enterrent, récitent entre eux les prières de la messe le dimanche, et conservent tout ce qu'ils peuvent du culte catholique.Mais ce reste, si petit qu'il soit, s’est réveillé à la nouvelle du Concile ; l’espérance de pouvoir rentrer dans l’unité universelle a brillé à ses yeux, il a fait un pas en avant : il a adressé au Pape et au Concile un mémoire où il cherche à justifier sa conduite, et demande au Concile do proclamer Y inamovibilité absolue de l’épiscopat.Ce mémoire n’est pas nouveau, c'est celui de 180o que l’on a fait réimprimer à Lyon.Les signataires de cette pièce terminent en se déclarant; “ Les fils soumis et dévoués du Saint-Père.Si cette formule n’est pas en vain mot, nous serons prochainement invités il tuer le veau gras, à dresser le festin, à nous réjouir sur le retour de ce petit nombre de brebis égarées, car il y a plus de joie, dans l’Eglise, pour un prodigue qui revient que pour quatre vingt dix fidèles qui persévèrent.Tout en constatant cette paix et cette influence du Concile, nous ne voulons pas dire qu’il n’a point ses difficultés, ce serait un miracle qu’une telle entreprise s’accomplit sans contradiction.Non, il ne se faut point faire illusion, il y a des difficultés à décourager les plus fermes volontés, si elles n’étaient pas appuyées sur la confiance dans le secours divin.“ Ici, à llome, pour peu qu’on prête l’oreille tant aux bruits de la rue, qu’aux conversations de salon, 1 on est oppressé, inquiet, (1) ” et les bruits de l’étranger ne sont pas de nature à ramener l’assurance, il y a les difficultés matérielles qui sont immenses.Comment cette assemblée, si nombreuse, sc distribuera- (1) Veuillot. t-ello son incalculable travail, et en verra-t-elle la fin ?H y a les difficultés intérieures qui naissent de la divergence de3 opinions de tant de Pères de contrées si diverses, sur l’opportunité do mille mesures qui devront etre prises.Et si l’on examine avec quelle anxieuse curiosité la révolution et les agents diplomatiques de toutes les puissances, même non catholiques, suivent la distribution des votes dans la nomination des Députations théologiques, on comprendra quelle pourra être la pression extérieure lorsque les l’ères seront entrés dans la discussion et le vif des questions dogmatiques ou disciplinaires.Sans doute il n’y a point lieu de s’inquiéter pour l’Eglise do Dieu, mais il faut prier, et prier beaucoup pour que l’œuvre de Dieu s’accomplisse dans toute l’étendue dc3 vues de la miséricorde divine sur le monde.II.Avant de vous faire assister aux diverses Congrégations qui se sont tenues depuis le 8 Décembre, il convient, je crois, de vous parler de la salle où elles se sont tenues, salle digne de l’auguste assemblée qui s’y réunit, malgré son défaut d’acoustique qui ne permettait pas aux orateurs de se faire entendre, et auquel on a remédié en diminuant l’étendue par un vaste rideau.Cette description aurait pu venir plus tôt, mai3 elle nous est arrivée par pièces et nous en attendions la dernière, pour donner le tout complet.Vous savez sans doute que la basilique de Saint-Pierre forme une croix latine dont le tombeau des saints a patres occupe le centre.Au-dessus du tombeau, Michel-Angc a lancé dans les airs ce dôme fameux qui, par son élévation audacieuse, laisse bien derrière lui le Panthéon, son modèle.C’est dans la chapelle formant, en face do la confession de Saint-Pierre, le bras droit de la croix, qu’auront lieu les réunions conciliaires.Cette partie de la basilique a été fermée par une cloison dans le style do l’église.Sur le fronton, qui en couronne la vaste porte d’entrée, on lit ces mots, expression de l’autorité doctrinale do l'Eglise, et do la fidélité des promesses (pii lui ont été faites par Jésus-Christ: Docete omnes y entes.Ecce t'
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