L'Echo du Cabinet de lecture paroissial de Montréal., 1 décembre 1869, Chronique
CHRONIQUE.Décembre: Legende.— Canada : Appel aux Abonnés,—Révolte des Métia.— L'In3titut-Canadien.—Le Parlement de Québec.—Nécrologie : MM.les abbés Vézina, Papineau, Backwell.—Le Jubilé Rome: Maladie du Cardinal Reisach.—Dispositions du clerg; russe.—Ouverture du Concile.France: Voyage en Orient de l’Impératrice des Français.Autriche : Question Dalmate.Egypte; Ouverture du Canal de Suez.Etats-Unis : Message du Président.I.Décembre était, comme l'indique son nom, le dixième mois de l’année martiale.Il est le douzième et le dernier de la nOtre.Il prouve, comme mille autres locutions, que notre langue et nos e3prit3 sont encore richement émaillés de vestiges païens.C’était chez les Romains le mois des Saturnales ; c’est chez no;is un mois de bonnes fêtes de famille dans les maisons chrétiennes.Saint Eloi qui est honoré le 1er, est le patron des orfèvres, des forgerons et en plusieurs contrées des laboureurs.Saint François Xavier, le 3, est le patron de 1 œuvre immense de la Propagation de la Foi.Sainte Barbe, le 4, partage avec Sainte Anne le patronage des femmes.Elle est aussi la patronne de3 artilleurs.Saint Nicolas, le 6, est le patron fêté partout de la jeunesse, des marins et des bateliers.Puis, lo 8, arrive la grande et chère fête de la Conception Immaculée, dont lo dogme, proclamé en 1851, attire sur le monde chrétien des bénédictions signalées.Le 13, sainte Lucie, l’une des quatre grandes vierges.Le 21, saint Thomas ; le 25, Noël ; le 20, saint Etienne, le premier martyr ; le 27, saint Jean, le bien-aimé ; le 23, les saints Innocents ; le 31, saint Sylvestre.Beaucoup de dictons, d’expressions proverbiales et de pronostics se rattachent aussi aux fêtes diverses de décembre.On dit d’une hojtume qui manque de charité : Il est froid comme le marteau de saint Eloi.L'hiver, serait-il outre mer, Vient à saint Nicolas parler.Saint Nicolas, en haute mer prié, Au port, hélasl est souvent oublié.Lo jour, à la Sainte-Luce, Décroît du saut d’une puce.A la fute Saint-Tlioraa?, Les jours, tombés nu pins bas, Vont, demain, grandir d'un pas.Or voici la Saint-Tliomas ; Cuis ton pain, lave tes draps ; Dans trois jours N’oèl tu auras./ hez les anciens, le 7 et le 10 de décembre passaient pour des jours critiques et contraires la saignée. Nos pères disaient qu’il y a quatre fêtes à Noël, parce que Notre-Seigneur a eu quatre demeures eur la terre : le sein de la Vierge immaculée, la crèche, la croix et le tombeau.Ils disaient aussi que, s’il vente dans la nuit de Noël, c’est pour les grands un présage de mort ; que le jour de Noël indique le temps qu’il fera en janvier ; que si le soleil est beau et clair ce jour-là, l’année sera bonne ; que la récolte sera d’autant meilleure que Noël sera plus voisin de la nouvelle lune ; que si la lune éclaire la messe de minuit, les fruits seront moins abondants.Noél au balcon, Pâque an tisou.Noël au tison, Pâque au balcon.Nos pères disaient encore que, s’il vente pendant la nuit qui amène la fête de saint Etienne, il y aura abondance de vin ; que si le jour de cette fête qui annonce le temps qu’il fera en février, le soleil est brillant, l’orge et le froment diminueront de prix.Quelques mauvais écrivains du seizième sièclo parlent des miches de saint Etienne.Ils entendent par là les cailloux qui ont servi d’instruments à la mort du premier martyr.S’il vente dans la nuit de saint Jean l’évangéliste, une tète couronnée cessera de vivre avant le retour de cette fête, dont le jour présage le temps qu’il fera en mars.Quelque pays est menacé de famine s’il vente dans la nuit des saints innocents et telle sera la journée, telle sera le mois d’avril.Si le vent souffle la nuit du 29, fête de saint Thomas do Cantorbéry, pronostic de mort pour plus d’un savant.Ce jour est l’annonce du temps qu’il fera en mai.S’il vente la nuit du tronte, fête de saint Eugène il y aura abondance de vin et d’iuiile.Si, dans ce jour, auquel ressemblera le mois de juin, le soleil brille, les biens de la terre prendront plus de valeur.Le vent, s’il souffle la nuit de Saint-Sylvestre ne fera ni bien ni mal.Le jour annonce quel temps il fera en juillet.Si le soleil brille, fécondité dans les potagers et les vergers.Nous rapportons ces pronostics, qui out eu longtemps leur autorité.Si on se rappelle ceux qui occupent une petite place dans le mois de janvier, 011 remarquera que nos anciens voyaient, dans les douze jours qui unissent Noël à l’Epiphanie, la température des douze mois do l’année.il.L'Echo du Cabinet de Lecture paroissial termine aujourd'hui sa onzième année.Il ne nous appartient pas d’en faire l’éloge, mais nous pouvons mettre sous les yeux de nos lecteurs, le jugement qu’en portait dernièrement la Minerve : “ Nous nous plaisons à reconnaître dans Y Echo de la vigueur, de la vie et de l’intérêt.Rarement publication aura atteint son but avec plus de succès.L'Echo suit de près pour les enrégistrer le développement des événements : il initie les lecteurs À toutes les grandes questions du jour, il sait le faire profiter de tout ce qui se passe dans le monde, di>'ne d’attirer l’attention.” Nos abonnés ont donc entrepris une bonne oeuvre, en soutenant, en encourageant notre Ilevue.Nous le croyons : et c’est ce qui nous engage à persévérer dans la voie du passé et à faire mieux encore.Mais pour y réussir, nous avons le besoin du concours de tous ceux qui sont inscrits sur nos listes : et dont plusieurs sont en retard pour leurs abonnements depuis plusieurs années.On sait que le patronage des Membres du Comité est accordé avec autant de désintéressement que de zèle.On n’ignore pas que la rédaction de Y Echo, qui no vise pas à la gloriole île signer un nom, vise encore moins à l’avantago des appointements, et que par conséquent tous les revenus des abonnements sont appliqués à l’amélioration de l’œuvre et à faire le bien.La recette de nos abonnements, si elle était complète, suffirait non-seulement à nos dépenses, mais encore à assurer à notre Revue, un avenir ; cette œuvre de fondation est retardée, par la négligence de quelques-uns, et d’autres encore.Car si nous recevions fidèlement nos abonnements, nous pourrions, comme déjà nous l’avons fait, venir au secours d’un certain nombre do jeunes gens, qui pauvres ne savent comment vivre et poursuivre les études de leur profession, et auxquels ce serait chose facile en no leur demandant qu’un léger travail.Ainsi ce n’est pas à la loi que nous faisons appel, mais à la conscience de nos abonnés, il y a là une œuvre dc justice, de charité, ([e patriotisme, de religion, sur laquelle nous les prions de réfléchir, persuadés qu’ils ne voudront pas davantage, mettre obstacle à un si grand bien, par un oubli qu’il est si facile de réparer et d’éviter à l’avenir.Los Métis de la Ilivièrc-Rouge se sont mis en insurrection, absolument comme les Dalmates ; la raison tout d’abord ne semble pas la mémo, mais, au fond, sur les bords de l’Adriatique comme sur les bords de lac Wennipog c’est l’amour do l’indépendance qui met les peuples en révolte.Habitués à vivre libres de tout frein, de tout impôt, en plein bois, en pleine prairie, les métis so sont laissés persuader que le Gouverneur McDougall, installé au fort Garry, la chasse était finie, la pêche impossible que leurs terres allaient leur être enlevées, que les taxes allaient fondre sur eux, dru comme la grêle.Un congédié de Collège leur a dit cela, et ils l’ont cru, et ils ont intercepté tous les chemins, ot signifié au nouveau Gouverneur, que s’étant bien passé de lui jusqu’à ce jour, ils pourraient encore s’en passer, e t que ce qu’il avait de mieux à faire était de retourner en Canada.Le Gouverneur est donc resté avec son personnel sur les lignes américaines, en attendant que la conciliation so fasse.Tous les fléaux avaient frappé les établissements de la Rivière-Rouge, il ne manquait plus que la guerre civile.C’est chose triste à envisager; espérons que les agents que le gouvernement fédéral se propose d’y envoyer ramèneront ces pauvres gens, trompés et égarés par quelques cervelles détraquées.L’Institut-Canadien veut à tout prix être quelque chose et faire du bruit, mais la manière dont il s’y prend est peu propre à lui concilier l’estime des honnêtes gens.Un membre de Y Institut-Canadien, nommé Guibord, meurt sans s’être fait relever des censures ecclésiastiques portées contre lui ; la sépulture ecclésiastique lui est refusée, et sa veuve, appuyée de l’Institut-Canadien intente procès à M.le Curé et à la Fabrique de Notre-Dame de Montréal ; cet appel de Tlnstitut-Canadien est un mal et aussi un bien.Un mal, c’est un scandale pour tous les catholiques que de voir porter devant un tribunal civil une question de sépulture ecclesiastique.C’est un bien, pareeque Y Institut-Canadien se montre enfin tel qu’il est. Institution hybride, composée de pauvres catholiques, de protestants, de suisses, de politiques et de libéraux .1» toutes les nuances, jusqu’ici elle s était obstinée clnme les Jansénistes d’autrefois, à vouloir demeurer dans 1 Jiglise, malgré 1 Eglise.Mais aujourd’hui le masque est déchiré, et VInstitut Canadien en m.liuTr'0 aUi01'!- eacl,(rsiast"l,ie so lll0lltl’e sous son vrai jour, comme une institution.Anti-catholique, Anti-religieu, Anti-sociale, car le bien de la société n est pas séparable du respect dû à la religion Maintenant, catholiques aveuglés, mais sincères, ouvrirez-vous enfin les yeux, et sortirez-vous de cette babylonc.Et vous, jeunes gens, qui tenez à votre foi, comprenez-vous que ce n’est du bien lŸ° V0US tr°UVereZ lcs S0lu'ces vives et Pul’es du vrai, du beau et • Lc ,72nn0VCm,1)1'c’ Son Excellence le Lieutenant-Gouverneur, Sir Nar- du TiSI nn’ 8 f mt aU,CriI -LéëislatiF Ct a Prormcd lc discours lu ii me, pour 1 ouverture de la troisième Session du Parlement Provincial ^ Le discours a la Chambre législative a été d’un laconisme à déses-p ici tous les chroniqueurs ; désormais la mode en est passée, et les discours, du sphinx deviendront le type modèle ; il est toujours bon de tenir .fôrmt 1°, KCC1’f r r°'i Ct, im ,autl'e avantaSc de ce système,c’est de un autre H 1 bavards; c’est un progrès qui en vaut bien La mort a frappé de nouveau dans les rangs de notre clergé.Le 22 novem .u-e, s éteignait M.l’Abbé Vézina, vénérable prêtre attaché au collée ïïtu?C,)U- 11 a beailC0UiJ travîliIId’ et «> particulier il a tondu Je musée d histoire naturelle.Né à Ste.Rose en 1808, après vccu unc quarantaine d’années dans le monde, il était ensuite entré •'ni î 1° aC' " i'Ce’ m 8 ctait ‘‘^taché ari ' n qU déployé pour faire fleurir le pèlerinage de M'i rô l d',Bonsecou11;s’ ‘}1 mténeur il avait gagné l’affection des laitics et des eloves par 1 aménité de son caractère et les qualités de son WJUUl • Le 10 de ce mois, Mr.l’abbé Papineau, frère de l’honorable Joseph soXTl " VT ÎT’ ren(kit 80,1 âmo à Dici1 aPrôs de terribles J: ° ' 1 reparee de longue main, cette mort a été sainte, et le bon filnionf r ,\nms 11 cn doutons pas, rejoindre au ciel des âmes qui lui aient bien «hères et avec lesquelles il demandera à Dieu les béuédic-is du temps et de 1 éternité pour ceux de sa noble famille qu’il a laissés après lui sur la terre.1 A cote de ces vétérans du sacerdoce, un autre prêtre vient de tomber au milieu de sa carrière.M.Frédéric Backwcll, prêtre «lu Séminaire et 1 *am ° St‘ ^ll|,icc’ a reudu son !imc :'1 dimanche modestip \î &m}8 talents’ «ard6s Pa‘‘la aimable estie, M.Lackwell semblait appelé à faire le plus grand bien au sein : atl0^aU°la,SC v lrIanda“0 de cette ville, qui était l’objet de sel(>n li> m ri' Cnv a d'Sp0Sé awtreincnt’et !1 » ««eilli, prématurément déi-i >•!,.] ÏT .apros flu;Uro ?u jours de maladie, ce jeune prêtre ûCj.1 nclie de mentes pour le ciel.f/î'-î amï6 a I;! dernière heure, nous renvoyons au pro-?! lmim‘10 les détails qu on a droit de nous demander sur M.JWkwell Une grave indisposition de celui de nos collabarateurs qui prépare h notice biographique du Rév.Mr.Pierre Bilaudèle, ne nous permet pas de la publier encore.—C’est avec le plus grand bonheur que nous pouvonsconstater que la grâce extraordinaire du Jubilé, accordée par notre bien-aimé Pontife Pie IX, est accueillie à Montréal avec le plus vif et le plus universel empressement.Chacun comprend que les circonstances sont solennelles et (|U(* tout vrai catholique doit apporter sa juste part an succès du Concile œcuménique qui vient de s’ouvrir mercredi dernier à llome.11 est vrai que, dans notre Cité, la piété trouve plus que partout ailleurs peut-être les moyens de s’exciter et de se soutenir.Ainsi les convocations se sont fait entendre de tous côtés, et dans toutes les chaires de nos églises la parole de Dieu a retenti plus pressante et plus embrasée.Et môme, afin de seconder d’avantage le mouvement pieux, à Notre-Dame, on a mandé un prédicateur extraordinaire, dont l’éloquente voix a déjà produit les plus heureux effets de grâce et de conversion.Membre de cette illustre Société des Missionnaires do France, déjà si avantageusement connu chez nous par les courses apostoliques de Mgr.de Forbin-Janson, et plus récemment par les prédications du R.P.Ronay,le R.P.Leneuf est tout à fait digne de la famille à laquelle il a choisi d’appartenir.Nous dirions bien plus, si nous ne craignions do faire de la peine à la modestie de notre Orateur ; qu’il nous permette seulement de lui souhaiter courage, et de le prier de ménager ses forces.La sympathie de son immense auditoire lui est complètement acquise, et tout le monde fait des vœux pour qu’il puisse continuer jusqu'à la fin les travaux de la station qu’il a si bien commencée.Grâce à son zèle et à son talent, le Jubilé sera l'époque du retour d’un grand nombre, et il sera pour le prédicateur, nous l’espérons, une circonstance de la vie dont il aimera, comme nous, à garder souvenir.L’Eglise-Mère marchant en tête avec un élan qui lui convient si parfaitement, les autres églises de la ville suivront son exemple, avec la plus légitime émulation, il nous est bien permis de prédire (pie les effets seront admirables et (pie les plus consolants résultats seront la récompense du zèle des pasteurs.Après cela, le saint Concile pourra nous taire connaître les enseignements de l'Esprit-Saint, notre oreille sera prête à les entendre et notre volonté toute disposée à les suivre.III.De Rome nous avons peu de nouvelles importantes, à part celle de l’ouverture du Concile.La maladie du cardinal de Reisach au 28 octobre, donnait de très-sérieuses inquiétudes.Au moment du Concile, ce serait une perte immense ; car il était le président de la Commission chargée de discuter les questions politiques dans leurs rapports avec les questions ecclésiastiques, et il s'était fait une place importante dans l’Eglise, à ce point de vue, par son zèle et par ses travaux.Pie IX a ordonné au baron Visconti de restaurer toutes les inscriptions pontificales qui se trouvent sur un grand nombre de monuments à Rome ; les illustres visiteurs, hostiles ou iavorables, approndront par là combien Rome doit aux Souverains l’ontifes, et à combien de titres nombreux ils méritent de conserver la A ille Eternelle.l u pauvre cordonnier d'Irlande, obligé d’émigrer en Amérique, éta allé fixer a San Francisco.Il y trouva la fortune, et, ce qui vau mieux, il sut y conserver sa foi primitive, et il vient d’en donner une preuve magnifique.Il est donc venu à Rome pour recevoir la bénédiction du Pape et lui apporter son cadeau.Ce cadeau, il faut deux hommes pour le porter, c’est un lingot d’argent de la valeur de G2,000 dollars.Le cœur de Pic IX doit être bien attendri en voyant à ses pieds des enfants si humbles, si respectueux, si dévoués.A mesure que les Evêques sont arrivés il Rome, on leur a remit le3 in-folio qui contenaient les résultats des travaux préparatoires du Concile; on ne songeait donc pas à surprendre leurs suffrages, ou n’a voulu que leur faciliter leur travail.Le patriarche schismatique do Constantinoplc a eu l’idée d’assembler cet hiver un contre-concile ; il a donc écrit au saint-synode de Russie, mais les prélats de cette assemblée n’ont pas même jugé à propos de s’occuper de cette proposition en conseil.Leur procureur s’est contenté d’envoyer, par voie diplomatique, le refus du synode à Constantinoplc, ou l’on sc trouve tres-mortifié.Ce fait prouve la faiblesse de ces églises acéphales, séparées de l’Eglise-Mère, et aussi que les chrétiens, sous le croissant du Turc, sont plus libres que sous celui du très-pieux, très-orthodoxe empereur de toutes les Russi es.On dit que si les Evêques Russes étaient libres, ils iraient en grand nombre à Rome, car ils gémissent de leur humiliation.Ilélas ! leurs prédécesseurs n’ont pas voulu reconnaître la primauté du Saint-Siège ; et ils n’ nt pas tardé à s’apercevoir qu'ils étaient tombés sous un joug bien autrement dur et avilissant.Tout ce que l’on ôte à Pierre, César s’en empare et ne le rend plus.C’est le 8 de ce mois que s’est faite l’ouverture du XIXèmc Concile Œcuménique, événement que les contemporains ne verront pas se renou voler.Malgré nue pluie légère, les cérémonies se sont accomplies avec une pompe et une magnificence dont nulle fête dans ce siècle n’a encore donné le spectacle.Une foule immense encombrait le Vatican et les rues par lesquelles la procession devait passer.Le Pape, précédé des Ordres religieux, des Chapitres Collégiaux, des membres du Clergé, des théologiens du Concile et de plus de 700 Evêques, s’est rendu à Saint-Pierre, le bruit des cloches des trois cents églises de Rome se mêlant aux détonations du Château St.Ange et clu Mont A ventin.Les galeries de la salle du Concile étaient occupées par les membres du Corps diplomatique, par les princes et les princesses présents dans la ville éternelle.IV Tous nos lecteurs savent qu’avant de se rendre à Suez pour l’inauguration du canal, l’Impératrice des Français a passé quelques jours Cons-tantinople, dans la capitale du Mahométisme.Il est impossible de mécon naître la portée politique de ce voyage, mais la portée religieuse est peut-être encore plus grande.Les devoirs de la réception ont forcé la Porte de rompre avec des usages séculaires.La femme turque, si abaissée, s’est vue relevée dans les honneurs rendus à la femme Franque, et les solennités religieuses aussi magnifiques que les pompes civiles, ont consolé les chrétientés d’Orient et ouvert une ère de tolérance dont les vieux Osmaulis n’oseront plus arrêter le développement.Aussi au milieu des splendeurs do la réception faite à l’Impératrice à son arrivée à Constanti-nople, voynit-on des prêtres, des moines, un évêque, Mgr.Phym, accompagné de tout son clergé et de ses enfants.Que d’enfants il y avait, s’écrie h Correspondance, ce sont les élèves des Lazaristes et ceux des Frères des Ecoles Chrétiennes.Groupés à l’avant de la Neva, navire des Messagries Impériales, ils sont armés de je ne sais combien de drapeaux tricolores et de bannières.Voici quelques-unes des inscriptions (pie leurs mains innocentes font flotter au vent et aux regards de la Souveraine : o “ A l'Héroïne d'Amiens ! “ L’Orient vous salue 1 *• L'Orient vous honore! • “ A lu Mère des Pauvres ! Cependant notre marche se ralentit.Le Balkan des Ménageries Impériales, à bord duquel sont les Sœurs de St.Vincent de Paul avec la députation de leurs élèves, suit nos mouvements et l’autre bateau amène les Dames de Sion qui ont embarqué avec elles leur pensionnat.Tous les yeux, toutes les lorgnettes sont braqués du côté du couchant.Bientôt un peu de fumée se montre à l’horizon : elle grossit, un mat s’en dégage.Il avance et laisse voir flottant le pavillon impérial.C’est l’Aigle, qui porte l’Impératrice, qui fend les flots avec la rapidité de l’hirondelle.Le canon tonne sur la côte d’Europe et d’Asie.On cric: Vive l’Empereur ! Vive l’Impératrice ! et le pavillon aux abeilles d’or et aux armes impériales se baisse et se relève trois fois pour rendre le salut.11 était précédé du yacht impérial ottoman, tJorteiu Piali, sur lequel le premier écuyer du Sultan, Réouf pacha, avait été envoyé au devant de l’impératrice et escorté par toute une flottille de bateaux à vapeur de toutes nations.A peine VAigle avait-il pris son mouillage un peu au-dessus deBeyler-bey, que le Sultan, en grand uniforme et accompagné d’Arifibey, premier interprète du divan, s’est rendu à bord dans une magnifique embarcation montée par vingt-quatre rameurs, construite pour la circonstance et qui en ornements d’or,n’a pas coûté moins de cinq cent mille francs.Après les souhaits de bienvenue, le Sultan a offert la main à l'impératrice et l’a fait descendre dans l’embarcation impériale où les deux majestés ont pris place, l’impératrice à droite et le Sultan à gauche, dans deux fauteuils trônes qui dominaient les banquettes sur lesquelles se tenaient, du côté du Sultan, Arifibey et, du côté de l’impératrice, le prince Joachim Murât.Les salves d’artillerie qui avaient déjà accueilli l’entrée de l'Aigle ont alors reconnnené.L’embarcation impériale, suivie des c
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