L'Echo du Cabinet de lecture paroissial de Montréal., 1 août 1869, Chronique
CHRONIQUE.Août.Canada ; Voyage et discours Je Son Excellence le Gouverneur-Général.—Mgr.Taché.—Nouvelles promotions.—Nécrologie : Rev.J.Paquet.V.G ; Rev.Ilarpeur.Rome : Translation du corps de sainte Françoise la Romaine.—Fêtes du 17 Juin, Création de Pie IX.—La Basilique Vaticane.—Béatifications sollicitées par la France.—Pie IX et le mulet entêté.France : Révolution libérale.—Nouveau ministère.—Conflit franco-belge.—Anoletehre: l’enseignement public.—Espagne: les Carlistes.— Italie et Autricuk: échange de politesses.—Prusse: puissance maritime.—Russie : Mgr.Lubieuski.—Les martyrs de la Pologne.—Amisiiujue : Les élections de la Virginie.—La question chinoise.—Cuba.—Le Paraguay.I.Le mois d’AOUT ou d’Auguste était le sixième de l’année romaine, il est le huitième de la nôtre.Il s’ouvre dans le calendrier chrétien par la fête do saint-Pierre-aux-Liens, que nos pères appelaient Saint-Pierre Fétiale, l’occasion des foins qui se récoltent alors.C’est aussi à cause de la canicule qui règne, pendant ce mois, dans le ciel astromonique, que le premier et le deux ont la mauvaise réputation que leur fait le vers suivant ; Prima necat, sternitque secimda coliortans.Pour nous, nous ne nous sommes pas aperçus que ces deux jours fussent plus malins que ceux qui lessuivent, et ces dictons populaires nous rappellent ce médecin qui ayant vu un allemand affamé se guérir d’une fièvre violente en mangeant un hareng cru, écrivit sur ses tablettes : “ Le hareny mangé cru, bon pour chasser la fièvre aux allemands.Le mois d’août ramène la Saint Laurent si chère aux lîomains : A la saint-Laurent La faucille au froment.L’Assomption de la Vierge était considérée autrefois comme la plus haute fête de l’année ; les vieux manuscrits l’appellent le couronnement ou la coronation de Notre-Dame.Elle est devenue surtout chère à la France et à ses colonies, depuis que Louis XIII eut consacré son royaume à la lloine du ciel, et fondé la procession qui rappelle le souvenir de ce vœu.La saint-Bernard, qui tombe le 20 de ce mois, a donné lieu à ce proverbe sur les potages médiocres : “ c’est le potage de saint-Bernard: le diable a emporté la graisse.” La décollation de saint-Jcan-Baptiste, qui arrive le 2i>, est encore appelée en Picardie saint Jean-Lirons ou saint Jean aux attrapes, parce que durant cette fête, où à Amiens l'on va honorer le chef du saint précurseur, les citadins mettaient des leurres dans les rues, fixés entre les pavés, comme des fers à cheval brillants et autres objets qui tentaient les campagnards peu dégourdis ; lorsqu’ils donnaient dans le piège et retiraient leurs doigts roussis, la populace peu charitable criait après eux, Lirot, Lirot, qui en patois picard veut dire attrapé.il.Son Excellence le Gouverneur-Général profite des vacances du Parlement, pour visiter, en compagnie de Lady Young, les provinces orientales de la Puissance.A Québec, le Gouverneur a assisté à la séance annuelle de l’Université-Laval, pour la clôture des Cours et la distribution des diplômes : et là dans un discours fort sympathique à notre population, Son Excellence a fait un magnifique éloge de nos institutions religieuses.40 11CSSC n / V nu’ils n’ont point failli à leurs de vois ceux auxquels .-.- .la mission de conduire la nation, de présider à ses destinées, en lui tour-nissant les moyens d’acquérir des connaissances précieuses, d apprendre l’obéissance et la science de la vie.“ Tous ceux qui ont pris part à ces travaux méritent les plus grands ^ Au'banquet qui lui a été offert par la Chambre de commerce, le Gouverneur est revenu sur l’éloge des Etablissements consacrés a 1 éducation dans la Province, et s’est explique sur le retrait des troupes impériales, et sur nos relations avec la Métropole, de manière à calmer toutes les inquiétudes du pavs: .„ .“ Monsieur le Président, Messieurs,—Je vous suis tres-reconnaissant comme je suis extrêmement sensible aux marques de sympathique bienveillance que vous venez de me donner et je vous prie d en agréer toute ma gratitude., “ llien ne peut autant me réjouir comme rien ne saurait donner une preuve plus complète de la loyauté des habitants de Québec que la réception dont vous m’avez honoré comme représentant de Sa Majesté.“ J’en suis flatté et je suis heureux d'avoir pu visiter cette antique capitale et scs pittoresques alentours, sa forteresse altière commandant une si belle position, sa noble rivière et tous ses paysages enchanteurs qui se déroulent autour de la ville et attirent sans nul doute les touristes de toutes les parties du pays et de l’étranger.“ Les réminiscences historiques dont cette ville est si riche ne peuvent du’être chères aux deux races dont l’avenir est le même et se consolidera dans une union qui, je l’espère, est le germe d une belle et heureuse destinée.(Applaudissements.) .“ Je n’ai lias eu le temps do visiter plusieurs de ces institutions, mais j’ai été grandement surpris du nombre et de l'excellence de ces écoles tant à Montréal qu’ici, et des offorts considérables que l’on a faits pour la diffusion des bienfaits de 1 éducation.Son Excellence parla ici brièvement des avantages nationaux et sociaux de l’éducation des masses, puis elle dit, “ que d’après tout ce qu il avait entendu, observé et lu, il ne pouvait qu’endosser l’opinion du Président, que le peuple est heureux à l’ombre du drapeau qui le protège et des institutions qu’il abrite et qu’il sait apprécier toutes les prérogatives du gouvernement responsable qui lui sont garanties par 1 Angleterie.Celle-ci n’est nullement indifférente sur nos intérêts qu elle aime a consultei, et depuis les classes les plus élevées jusqu’aux plus infimes, le désir commun est do voir la nouvelle Puissance grandir en prospérité et en influence.(Applaudissements.) _ “ .J’ai lu dernièrement à l’encontre de cette opinion, plusieurs articles publiés dans les journaux relativement au retrait considérable des troupes anglaises stationnées dans le pays.** Les raisons de cette action des autorités impériales, si mal interprétée en certains quartiers, se recommandent d’elles-mêmes pourtant a toute personne intelligente.t “ D’abord, nous sommes en paix, et à la vue de la puissance de 1 Angleterre et de ses vastes ressources, qui n’ont jamais été aussi produetnes (|u il présent, aussi bien que de l’unanimité de l’opinion publique en Angleterre, il semble qu’il y a peu à craindre que nous soyions entraînés dans les calamités d’une grande guerre.“ Il y a une autre raison qui a déterminé la réduction des troupes.“ Vous devez vous rappeler que dans la Grande Bretagne, et dans l’Irlande principalement, il y a une masse d’habitants qui peuvent à peine gagner leur vie, et sur lesquels pèsent une taxation qui retombe lourdement sur le pays.Dans le but de leur venir en aide et d’alléger le poids des impôts, les hommes d’état ont jugé à propos de réduire considérablement le nombre des troupes do manière à, ne tenir sur pied que les soldats vraiment nécessaires.Mais il y a encore un autre motif venant à l’appui de cette diminution.L’expérience a démontré l’importanco et l’avantage de pouvoir concentrer un plus grand nombre de troupes sur un seul point, de manière à pouvoir manœuvrer sur une grande échelle.“ Ce plan a été suivi avec un grand succès sur le continent et n’a été que dernièrement introduit en Europe.“ A oila donc les trois raisons qui justifient cet acte impérial.,l Mais qu advienne l'heure du danger et vous verrez accourir de nouveau sur vos rivages le soldat anglais, venant soutenir de la pointe de son épée cette partie importante du royaume britannique.(Longs applaudissements.) •• Chaque parti en Angleterre regarde l'avenir de cette jeune Puissance avec espérance et contentement.“ Cette dernière est pour ainsi dire indépendante, ayant sa destinée dans ses propres mains.Ses hommes d’Etat sont reconnus comme étant les véritables juges de ses intérêts et ayant à examiner quelle est la meilleure conduite à adopter pour son plus grand avantage.“ Qu ils continuent leur union avec la métropole ou qu’ils désirent un changement politique lorsque le pays sera en pleine maturité d’avancement, l’Angleterre sera prête à accéder de bonne ici à leurs désirs et au cas de changements, de considérer aucun projet qui pourrait être proposé dans un bon et bienveillant esprit.“ L’Angleterre n’a pas d’intérêt propre à consulter sur cette question, et aussi longtemps que le pays désirera le protectorat de l’Angleterre, elle ne fera rien pour se détacher du pays.Dans le cas contraire elle sera prête a lui donner ses coudées franches et de manière à convaincre le Canada de ses bonnes dispositions à son égard, (appl.) Elle lui donnera toute liberté possible dans le choix de ses changements politiques tels que ses hommes politiques !'effectueront.Mais quoiqu’il arrive,j’espère que la Providence veillera toujours sur le pays et qu’elle inspirera toujours sagement ceux qui l’admini >trcront, de manière qu’ils puissent consolider ce système de libertés constitutionclles qui est la source do tant d’avantages pour toute une nation qui sait les comprendre.” (Longues et chaleureuses acclamations.) Monseigneur Taché est de nouveau en Canada, parcourant nos belles paroisses, sollicitant d.s secours pour les malheureux colons de la Rivière-Ilougc.Dans un sermon à Saint-llyacinthc, il a dit un mot sur les diffi- V cnndo ioio dans nos travaux.Comme les RR.MM.1 lovcnchci et u Lut,1™premiers apôtres .le la ltivière-Rxmge, nous Éprouvons plu, d'obstacles chez cotto population mixte, que chou les sauvages Et bien souvent, saisi k’Jne douloureuse tristesse, ass.s an bord de la K -ÏÏL et du grand fleuve McKemie, nous faisions Dieu et les flots, confidcnts°dc nos peines et de nos angoisses nn 'I éehirer cette vaste étendue de pays qu on appelle le Woid Uuest, u r^TC,» prêtres, 25 religieuses, et 20 frères couvera de ché au Canada par les événements accomplis il n y a que quelques jouis encore doit attendre beaucoup de ce lien nouveau qui va rendre commua les intérêts de l’un et de l’autre pays.Je vous dirai donc, s il y avait des canadiens décidées à laisser le pays pour aller a i étranger quc a -vière Uou,re offre des avantages réels.Vous n’y trouverez pcuUti e pas fortune, m°ais vous y goûterez une aisance et un bonheur que la icligion "U‘‘C’herebcr fortune ! mot presque vide de sens.Car il n y a jamais eu Rur la terre qu’un seul jardin fortuné d’où l’homme fut chassé par sa faute, et de ce tour malheureux, il a fallu que tous les hommes prissent sur leuis énaulcs le fardeau dos privations et de la misère.Si donc il s en tiou\u • (,riièî-es les* plus ferventes qui nous assisteront, pour donner à Dieu les âmes qu il a bien voulu inus confia.„ dc Une nouvelle promotion honorifique a eu hou dans la 1 > VHonorable A.Galt, qui a été élevé à la dignité de Chevalier de 1 ürdio de Saint Michel et de Saint George.Cette dernière promotion donne une dernière satisfaction au Canada, qui depuis longtemps avait juge loi o ra ,1e ministre digne d’une pareille distinction, et ,,ui avait regrette do no ; le voir Plus tôt récompensé des services qu’il a rendus au pays et a la Métropole, en travaillant avec tant de zèle à la prospérité dune de sis plus belles colonies. Une autre promotion non moins agréable aux catholiques, a été celle de M.Gauthier, Consul Général de France au Canada, que Pie IX vient d’élever au grade de Commandeur do l’Ordre de Saint Grégoire-le-Grand.En même temps nous avons eu à regretter la mort de deux vénérables prêtres du Clergé Canadien.La première est celle de M.
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