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L'Echo du Cabinet de lecture paroissial de Montréal.
L'Écho du Cabinet de lecture paroissial de Montréal est une revue publiée à Montréal par les prêtres sulpiciens, animateurs du Cabinet de lecture paroissial. Le Cabinet faisait suite à l'Oeuvre des bons livres, fondée pour s'opposer aux mauvaises lectures, occuper les loisirs des familles et parfaire leur instruction chrétienne. [...]

L'Écho du Cabinet de lecture paroissial de Montréal, d'abord bimensuel, est une revue publiée à Montréal par les prêtres sulpiciens, animateurs du Cabinet de lecture paroissial. Le principal responsable de la revue est l'abbé Louis Regourd. Le Cabinet faisait suite à l'Oeuvre des bons livres, fondée par les sulpiciens pour s'opposer aux mauvaises lectures, occuper les loisirs des familles et parfaire leur instruction chrétienne.

Conçue comme contrepoids conservateur à l'influence libérale de l'Institut canadien de Montréal, l'Oeuvre des bons livres est fondée en 1844 par les prêtres de la maison Saint-Sulpice. L'association culturelle, qui offre essentiellement les services d'une bibliothèque, prend de l'expansion en février 1857 avec l'ouverture du Cabinet de lecture paroissial, fondé pour accueillir les dissidents de l'Institut canadien.

L'Écho du Cabinet de lecture paroissial de Montréal est d'abord un organe de diffusion des conférences données au Cabinet. Le Cabinet accueille de nombreux conférenciers sulpiciens venus de France, ainsi que des jésuites. Les conférences sont souvent prononcées en réaction aux idées poussées par les libéraux; le Cabinet devient donc un repaire pour les intellectuels ultramontains de Montréal. Philosophie, religion, vie politique, arts et littérature font partie de la panoplie de sujets au programme des conférences.

On aménage dans le Cabinet une chambre des nouvelles, où les membres peuvent consulter les journaux et les revues d'ici et d'ailleurs qui sont conformes à l'esprit catholique. Les conférences du Cabinet qui paraissent dans L'Écho sont aussi diffusées en partie dans les journaux conservateurs montréalais La Minerve, L'Ordre et La Patrie.

L'Écho du Cabinet de lecture paroissial de Montréal offre un contenu qui s'adresse à trois groupes de lecteurs : les conférences pour les étudiants et les hommes instruits, les fables pour les enfants, et les romans-feuilletons pour les femmes. Les textes littéraires proviennent principalement de France.

Avec le temps, les conférences perdent de leur popularité et la concurrence provenant d'autres publications comme Les Soirées canadiennes, Le Foyer canadien et La Revue canadienne détourne le lectorat de la revue. À partir de janvier 1867, L'Écho du Cabinet de lecture paroissial de Montréal passe tout de même d'un format de publication bimensuel de 20 pages à une publication totalisant mensuellement 80 pages. Sont intégrés à la revue des articles plus longs, provenant principalement de France. On y trouve toujours une chronique des événements locaux et internationaux, couvrant principalement les questions religieuses. Une grande attention est portée aux questions pontificales.

L'Écho du Cabinet de lecture paroissial de Montréal jouit de l'appui du clergé pour sa diffusion locale et nationale dans les maisons d'enseignement et les bibliothèques paroissiales. La revue est tirée à 1300 exemplaires en 1860, puis à 2000 exemplaires pendant les trois années suivantes.

LAJEUNESSE, Marcel, Les sulpiciens et la vie culturelle à Montréal au XIXe siècle, Montréal, Fides, 1982, 278 p.

LEMIRE, Maurice, « Les revues littéraires au Québec comme réseaux d'écrivains et instance de consécration littéraire (1840-1870) », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 47, no 4, 1994, p. 521-550.

Éditeur :
  • Montréal :[s.n.],1859-1875
Contenu spécifique :
La messagère du printemps
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Annales du Cabinet de lecture paroissial de Montréal
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Références

L'Echo du Cabinet de lecture paroissial de Montréal., 1868-06, Collections de BAnQ.

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LA MESSAGERE DU PRINTEMPS.(Suite.) Coup-d’œil sur l'ordre des Fissirostres en généial.—Engoulevents.—Martinets.—Salanganes.— Hirondelles.—Caractères distinctifs des Martinets et des Hirondelles.— l’attes et Serres.—Bec.—Ailes.—Salanganes—Leurs mœurs.—Leur ponte.—Leur nid.—Est-ce du frai de poisson?—Est-ce un fucus digéré ?—Chasse des nids.— Le Martinet noir.—Son vol.—Ses migrations.—Son nid.—Comment il est fait.— Ponte.—Éducation îles petits.—Étourderie et défiance.—Pèche à la ligne.—Chasse à la baguette.—(/'liasse au fusil.Dans la première partie de cet article, celle où nous avons traité l’his.toire des Hirondelles proprement dites, nous n’avons fait qu’effleurer la classification du sous-ordre entier des Fissirostres.Avant de passer aujourd’hui à l’étude des Salanganes et des Martinets, qui forment une des familles do la tribu des Ilirundinés, celle des Cypsélinés, nous sommes obligés de revenir un peu à cette étude, afin de faire saisir au lecteur des caractères qui ont provoqué les divisions de la tribu des Hirondelles en deux groupes ou familles : les Cypsélinés ou Martinets, et les IJirundinés proprement dits ou Hirondelles.L’ordre des Fissirostres est un de ceux qui présente le plus d’homogé.néité dans son ensemble.Non seulement les animaux qui le composent ont un faciès nui generis, qui les rapproche les uns des autres, même aux yeux de l homme le plus ignorant, mais l’ordre comprend un abrégé do la grande classification naturelle des oiseaux en général.On y trouve, en effet, l’oiseau de proie nocturne ou crépusculaire, l’oiseau de chasse diurne, et des espèces que l'on pourrait assimiler aux Passereaux par la gracilité de leurs formes ; et tout cela sans qu'aucun d’eux perde rien du caractère purement insectivore qui caractérise le Fissirostre.Les Engoulevents, (pii, dans cet ordre, représentent parfaitement les oiseaux de proie nocturnes (Chouettes), ne sont, pour ainsi dire, que des Hirondelles de nuits, et ne diffèrent essentiellement des véritables Hirondelles que par la trop grande sensibilité de leurs yeux, qui eu fait des oiseaux nocturnes, et par l’influence que ce changement de conformation imprime à leurs habitudes et à leurs besoins.A la suite des Engoulevents, (pii, disons-nous, représentent les Chouettes, nous pouvons regarder (es Martinets comme occupant une place parallèle à celle des petits oiseaux de proie diurnes, car la forme de leurs pattes se rapproche plus de la serre que de toute autre chose, surtout si nous considérons la brièveté, la force des tarses courts et emplumés (pii soutiennent do véritables serres aux ongles acérés et crochus.Quant à l'Hirondelle proprement dite, avec ses petites pattes grêles et minces, son Lee plu accentué et plus bombé, eilc nous représentera le Passereau dans cette singulière réunion d’oiseaux isomorphes.Caractères communs à tous : les couleurs de l’ordre entier sont exclusivement noir, blanc ou roux, passant au brun quelquefois.Ainsi donc, après avoir étudié, dans notre première partie de ce travail, les Hirondelles proprement dites, nous allons passer aujourd’hui en revue les Cypsélinés ou Martinets, parmi lesquels nous trouverons la Salangane, dont le nid célèbre a donné lieu à des volumes de contradictions et do fables.Une autre fois, nous terminerons 1 histoire des Fissirostres par celle des Engoulevents ou Caprimulgés, laquelle ne manque pas non plus d’intérêt.La séparation des Martinets d’avec les Hirondelles est si indispensable, que la nature, qui leur a fait habiter les mêmes lieux et poursuivre la même nourriture, les a elle-même séparés, en leur inspirant une haine et un éloignement réciproques.Jamais on n’a vu Hirondelles et Martinets voler de compagnie ; où l'un est, l’autre n’est pas ; tandisque nous voyons, à chaque instant, les Hirondelles de fenêtre, de cheminée et de rivage, se réunir en une seule troupe et folâtrer ensemble.Les Martinets ont cependant une assez grande quantité de caractères communs avec ceux des Hirondelles ; bec petit, large à la base, aplati horizontalement, et fendu profondément jusqu’au dessus des yeux ; pieds courts, ailes très-longues et mœurs diurnes.Au premier coup d’œil, on distingue ces oiseaux des Hirondelles par •les caractères très-apparents : les ailes du Martinet sont proportionnellement plus longues que celles de l’Hirondelle et n’ont point la même forme.Elles présentent plus qu’elles l’image d’une faux; elles figurent un demi-cercle parfait d’une pointe à l’autre.Chez les Martinets, la mandibule supérieure porte au bout un crochet falconna beaucoup plus marqué que chez l’Hirondelle.Mais le véritable caractère distinctif, c est la longueur des pieds et la forme des doigts, qui sont courts, fort rapprochés, fournis d’ongles aigus et recourbés, qui rappellent, en petit, ceux des oiseaux rapaces nocturnes, avec la patte desquels celle du Martinet ne manque pas d’analogie, si l'on considère leurs tarses emplumés et leurs doigts postérieurs ramenés en avant.Chez l’Hirondelle, au contraire, la patte est munie d’ongles faibles, et le doigt externe, y coin, pris 1 ongle, ne dépasse jamais l’extrémité de la dernière phalango de celui du milieu.Et si nous entrons plus avant dans l’étude de ces caractères distintifs si curieux, nous voyons des différences encore plus notables ; quand le Martinet a déployé scs ailes, elles dépassentde beaucoup sa queue qui est toujours fourchue tandis que chez les IIirondelles, la queue est plus longue que les ailes.Les Martinets ont la deuxième rémige comme la plus longue plume des ailes ; chez les Hirondelles, c’est la première, co qui donne une forme plus pointue à l’aile de l’Hirondelle qu’à celle du Martinet. Le bec, chez le Martinet, est encore beaucoup plus petit et surtout plus plat que chez l’Hirondelle : chez les Salanganes, il est plus petit que chez le Martinet ; mais au lieu d’être aplati, il se relève et reprend un peu la forme de bec crochu de certaines Mésanges.C’est surtout en analysant de plus près les serres du Martinet, quelles ne pourront plus nous laisser de doute sur la différence des mœurs de ces animaux avec celles des Hirondelles.Celles-ci ont certainement les pattes courtes, comparées h un grand nombre d’oiseaux, mais enfin de longueur à pouvoir supporter leurs corps ; leur tarse a encore la dimension de leur doigt médium, qui est long, mince, et donne à la patte une forme grêle et allongée.Les ongles sont peu courbés et peu forts, quoique aigus.Quoiqu’il soit beaucoup plus gros de corps que l’Hirondelle, le Martinet a la patte beaucoup plus petite, les doigts sont courts, et le tarse emplumé qui les surmonte n’a même pas la longueur des doigts.Serrés les uns contre les autres, les trois doigts de devant sont presque toujours rejoints par le pouce, que l’oiseau tient à peu près constamment dirigé en avant comme les autres doigts ; les ongles sont forts, recourbés et crochus.L’anatomie devait trouver chez le Martinet, destiné à voler sans relâche, une grande ressemblance d’organes avec d’autres oiseaux adonnés au même genre de vie, et en effet l’appareil sternal, source de la puissance du vol chez les oiseaux, est très-semblable entre les Oiseaux-Mouches et les Martinets.Chez tous les deux, les muscles moteurs des ailes sont non-seulement très-puissants, mais encore la forme des os du sternum servant d’attache à ses muscles, est modifiée, en longueur et en étendue, de ma1 nière à produire un développement de force énorme.Par la forme générale et par la grosseur de son corps, le Martinet-Salangane est celui qui se rapproche le plus des Hirondelles, parmi lesquelles certains ornithologistes, entre autres M.Chas.Bonaparte, l’avaient même compris.Nous commencerons donc par son histoire.Les Salanganes sont de petits Martinets de rivage qui ne vivent qu’au bord de la mer.Elles n’existent que sous la ligne équinoxiale, entre les deux tropiques, et dans l’intervalle des 95° à 1G0° degrés de longitude orientale.On en trouve une première variété aux îles de France et de Bourbon.Elles font surtout leurs nids à Java, il Sumatra et i\ Bornéo.On les rencontre également sur la côte orientale d’Asie, que baigne la mer de Chine, en Cochinchine, au Tonquin et à Cambodje.Elles vivent encore aux Moluques et aux Philippines ; on en a même trouvé une espèce l’île d’Onalan, au milieu de la mer du Sud, par 160°, ce qui semble prouver qu’elles existent également aux îles Carolines, Pelew et sur les Marianncs.Quelle que soit l’habitation de la Salangane, au bord de la mer ou plus avant dans les torres, elle vit exclusivement d’insectes comme les autres Martinets, et pénètre généralement peu dans l’intérieur du pays.Les mœurs de ces singuliers oiseaux sont encore assez peu connues ; mais on a pu cependant en caractériser quatre espèces.La grande cclébritd des Salanganes tient aux nids singuliers qu’elles construisent.Ces nids se mangent et sont fort recherchés, tant en Chine que dans plusieurs autres pays voisins, situés à cette extrémité de l’Asie.Ce nid est un mets très-estimé et très-cher, lequel, par conséquent, a été très-altéré et très-falsifié, ce qui joint aux fables diverses et aux amplifications des marchands, n’a pas peu contribué à répandre beaucoup d’obscurité sur leur origine.Figurez-vous une petite coupe ou coquille translucide, d’un blanc jaunâtre, mince comme une fine écorce d’orange, et à peu près de la même grandeur, accolée contre un rocher, isolément, mais en nombre considérable, et vous aurez une idée du fameux nid de la Salangane.On pourrait encore le comparer a un petit bénitier formé par la coquille que l’on nomme Peigne, si sa forme n’était un peu plus allongée transversalement le long du rocher.Ces nids sont composés, à l’extérieur, de lames très-minces, placées excentriquement, se recouvrant les unes les autres et ressemblant à des rubans d’algues transparentes enroulées.Quant a l’intérieur, sa texture est plutôt filamenteuse et présente comme des réseaux, irrégulièrement tissés, des fils translucides qui semblent extraits des lames extérieures et qui se croisent en tout sens.Souvent, quelques petites plumes sont engluées dans la substance qui compose le nid ; beaucoup plus rarement on y aperçoit des débris de coquilles d’œufs.Tous les nids portent la trace de la fiente de l’oiseau qui les a construits et habités.La Salangane emploie près de deux mois à la construction de ce nid, puis elle y pond des œufs qu’elle couve pendant environ quinze jours.Elle fait ainsi trois couvées par an.Ces oiseaux ne quittent point leurs nids par les temps de pluie et chaque soir ils y reviennent vers quatre heures.Quand le temps est beau, ils volent en grandes troupes comme nos martinets.Mais leur vol est moins rapide, et comme ils ont les ailes un peu moins longues que l’animal type du genre, leurs évolutions se rapprochent de celles de nos Hirondelles.Ici se présentent deux grandes questions qui ont longtemps divisé les naturalistes, et qui n’ont été résolues que dans ces dernières années.Quelle est la nature de ces précieux nids ?et comment les Salanganes les construisent-elles ?Bans les premiers temps où ces nids furent connus, c’est-à-dire peu après le moyen âge, les contes les plus absurdes avaient circulé sur la nature qui les composait ; les uns prétendaient qu’ils étaient formés d’une écume ou de frai de Poisson, et que ces nids avaient un goût fortement aromatique ; d autres disaient que c’était un suc recueilli par les Salanganes, sur un arbre appelé Calamloue.Quelques-uns les croyaient faits d’une humeur visqueuse rendue par le bec de ces oiseaux.Enfin les derniers les croyaient fabriqués avec des Holothuries ou Poissons-Plantes qui sont abondants dans ces mers.Kœmpfer assurait d’après les pécheurs chinois, que ce que l’on vendait souvent pour des nids de Salanganes était une préparation faite avec la chair de certains Polypes.Il semble prouvé, par tous ces dires contradictoires, qu’en différents temps et en divers pays, on a vendu comme nids véritables différentes substances soit naturelles, soit artificielles.Guéneau de Montbéliard, le fameux naturaliste, pour sortir de ce chaos d’opinions sur ces nids curieux, dont la substance est aussi souvent fraudée par les marchands chinois, que leur histoire était défigurée par les contes qu’ils propageaient, imagina de s’adresser directement à Poivre, alors intendant des îles de France et do Bourbon, pour avoir des renseignements authentiques.Nous ne pouvons mieux faire que de donner un extrait de ces observations faites de visu par le célèbre savant auquel il s’était adressé.“ M’étant embarqué en 1741 sur le vaisseau le Murs, pour aller en Chine, nous nous trouvâmes, au mois de juillet de la meme année, dans le détroit de la Sonde, tout près de l’île de Java, qu’on nomme la grande et la petite Toque.Nous fûmes pris de calme en cet endroit, et nous descendîmes sur la petite Toque dans le dessein d’aller à la chasse des Pigeons verts.Tandis que mes camarades de promenade gravissaient les rochers pour chercher des Ramiers verts, je suivis les bords de la mer pour y ramasser des coquillages et des coraux qui y abondent.Après avoir fait lo tour presque entier de l’îlot, un matelot chaloupier qui m’accompagnait découvrit une caverne assez profonde, creusée dans les rochers qui bordent la mer ; il y entra.La nuit approchait.A peine eut-il fait deux ou trois pas, qu’il m’appela à grands cris.En arrivant, je vis l’ouverture obscurcie par une nuée de petits oiseaux qui en sortaient comme des essaims.J’entrai en abattant avec ma canne plusieurs de ces pauvres petits oiseaux que je ne connaissais pas.En pénétrant dans la caverne, je la trouvai toute tapissée, dans le haut, de petits nids en forme de bénitiers.“ Le matelot en avait déjà arraché plusieurs et rempli sa chemise de nids et d’oiseaux.J’en détachai aussi quelques-uns, je les trouvai très-adhérents aux rochers.La nuit vint ; nous nous embarquâmes, emportant nos chasses et nos collections.Chacun de ces nids contenait deux ou trois œufs ou petits, posés mollement sur des plumes semblables à celles que les père et mère avaient sur la poitrine.Comme ces nids sont sujets à se ramollir dans l’eau, ils ne pourraient subsister à la pluie, ni près de la surface de la mer.“ Arrivés dans le vaisseau, nos nids furent reconnus par les personnes qui avaient fait plusieurs voyages en Chine, pour être de ces nids si recherchés des Chinois.Le matelot en conserva quelques livres qu’il vendit très-bien à Canton.De mon côté, je dessinai et peignis en couleurs naturelles les oiseaux avec leurs nids et leurs petits dedans, car ils étaient tous garnis de petits de l’année ou au moins d’œufs.En dessinant ces oiseaux je les reconnus pour des vraies Hirondelles.Leur taille était à peu près celle des Colibris.“ Depuis, j’ai observé en d’autres voyages, que dans les mois de mars et d aviil, les mois qui s étendent depuis Java jusqu’en Cochincliinc au nord, et depuis la pointe de Sumatra, à l’ouest, jusqu’à la Nouvelle-Guinée, à 1 est, sont couvertes de vogue ou frai de Poisson, fjui forme sur l’eau comme une colle forte à demi délayée.u J ai appris des Malais, des Cochinchinois, des Indiens Bissagas, des îles Philippines, et des Moluquois, que la Salangane fait son nid avec ce frai de Poisson.Tous s’accordent sur ce point.Il m’est arrivé, en passant aux Moluques en avril, et dans le détroit de la Sonde, en mars, de pêcher avec un seau de ce frai de Poisson dont la mer était couverte, de le séparer de 1 eau, de le faire sechcr, et j’ai trouvé que ce frai, ainsi séché, ressemblait parfaitement à la matière des nids de Salangane.Elle le ramasse, soit en rasant la surface de la mer, soit en se posant sur les rochers où ce frai vient se déposer et se coaguler.On a vu quelquefois des fils de cette matière visqueuse pendant au bec de ces oiseaux, et on a cru, mais sans aucun fondement, qu’ils la tiraient de leur estomac.“ C’est à la fin de juillet et au commencement d’août que les Cochinchinois parcourent les îles qui bordent leurs côtes surtout celles qui forment leur paracel à vingt lieues de distance de la terre ferme pour chercher les nids de ces petites Hirondelles.Tout cet archipel, où les îles se touchent pour ainsi dire, est très-favorable à la multiplication du Poisson ; le frais s’y trouve en très-grande abondance, les eaux de la mer y sont aussi plus chaudes qu’ailleurs.Ce n’est plus la même chose dans les grandes mers.” Ainsi donc voilà une première opinion émise par un homme qui a vu les nids et les oiseaux.Les nids sont composés de frai de Poisson.Lamouroux, le premier, en 1821, avança que les nids de la Salangane étaient de nature végétable.Suivant lui la base du nid est formée de Gehdtes, fucus thalassiopliytes, qui ont la propriété de se réduire pres-qu’entièrement en une substance gélatineuse par l’élmllition ou la macération.Ce serait donc aux Fucus du genre Gclidium ou Sphirrococus cartihu/inosus, setosus et crispus, que les Salanganes, et surtout la plus petite espèce, qui ne quitte jamais le bord de la mer, emprunteraient la matière de leurs nids.Ce fait est si bien connu des gens qui se livrent à la récolte de ces précieux nids, qu’ils vont sur le bord «le la mer à la recherche des fucus qui servent à l’oiseau à les construire, les mêlent aux nids recueillis, et augmentent ainsi facilement la quantité d’un produit difficile u conquérir et d’une grande vak'iir. Par conséquent, d’après cet auteur, les nids seraient construits non d’une matière animale, le frai de Poisson, mais d’une substance végétale, des fucus.Lesson vint en 1831, et apporta enfin la lumière dans cet imbroglio d’opinions contradictoires, en faisant remarquer d’abord qu’il est certain qu’il existe plusieurs espèces distinctes de Salanganes, peut-être môme plus qu’on ne le croit encore aujourd’hui, et il n’y a rien d’extraordinaire que, parmi ces animaux, les uns employent des matières animales, les autres des substances végétales pour faire leurs nids.C’est ainsi qu’il a vu des nids de la Salangane de Bourbon communs à Maurice, qui étaient formés, par parties, de mousses et de matières gélatineuses, comme si la Salangane ne trouvait pas dans ce pays une quantité suffisante de matières propres à la construction normale de son nid.De toutes ces observations réunies, cet auteur est parvenu à déduire les faits suivants, qui semblent tres-voisins de la vérité.Au temps do la ponte, et successivement, chaque paire do Salangane s’élance, appelée par une prévoyance instinctive que nous ne pouvons définir, vers les endroits où elle trouvera les matières nécessaires à la confection de son nid, de même que, quelque soit 1 éloignement de notre Hirondelle urbaine, elle parvient à récolter la terre glaise qui lui est indispensable pour constiuiic le berceau de ses petits, llasant les flots de lu mer, la Salangane recueille la matière animale qui nage à leur surface, et, par un travail particulier qui dépend sans doute de l’organisation de son gosier, elle l'épure, le travaille, le débarrasse des matières étrangères, lo pétrit à l’aide d’un mucus dont l’analogue est chez nous le suc pancréatique, et en forme le corps gélatineux qui composera le nid.Cette substance ressemble beaucoup à riclithyocolle, dont elle partage, entre autres propriétés, la viscosité et la faculté de se ramollir et de se gonfler sous l’eau sans s’y dissoudre à froid.Quant aux fibres qui tapissent l’intérieur du nid, ils viennent très-probablement d’une espèce de Lichen branchu des montagnes et de rochers, puisque l’on trouve des nids à moitié tissés par cette matière intacte et à moitié formés de la substance translucide dont nous avons parlé.Les nids de ces Martinets sont placés par eux généralement dans les anfractuosités des rochers et à l’abri de l’eau, et le plus souvent dans de grandes cavernes.La profession do chasseur de nid est très-périlleuse ; les hommes qui s’y adonnent la font dès l’enfance.A Java les chasseurs commencent par sacrifier un Buftlo et prononcent des prières si la déesse tutélaire, devant laquelle un prêtre brûle de l’encens.Ils se frottent le corps d'huile odoriférante et parfument l’entrée de la caverne avec du Benjoin.La descente dans les cavernes se fait au moyen d'échelles de Bambous et do ltoseaux et de longues cordes auxquelles ils se suspendent ; ils portent un flambeau composé avec la gomme d’un arbre des montagne et qui ne peut être facilement éteint par le gaz méphitique de ces souterrains.On a cru voir dans le nid de la Salangane ce que les anciens ont appelé les nids d'alcyon et qu’ils regardaient comme composés de limon, d’écume et d’autres impuretés de la mer.On en distinguait plusieurs espèces.Celui dont parle Aristote était de forme sphérique, à bouche étroite, de couleur roussâtre, de substance spongieuse, et composée en grande partie d’arrêtes de Poisson.Evidemment ceci est un Polypier, une ruche celluleuse d’insectes marins, et non le nid d’un Oiseau.L’histoire de la petite Salangane nous amène enfin, en se terminant, à colle du Martinet do France (ci/pselus apus) auquel on donne, à bon droit, le nom de Martinet de murailles, pour le distinguer d’une seconde espèce nonmée Martinet à ventre blanc (ckpselus mello, (Lin) que l’on rencontre en Lorraine, dans les montagnes du Daupliiné, de la Savoie et des Pyrénées, et qui ressemble plus à l’Ilirondellc des fenêtres qu’au Martinet noir.Un des exemples les plus frappants de la durée du vol chez les Oiseaux en général, est celui que présente le Martinet noir.Tout le monde se rappelle le cri perçant que ces animaux poussent le soir, surtout en se poursuivant, en cercle, à tire d’aile, autour d’un monument ou de quelque édifice dont ils ont fait choix.Pendant la grande chaleur du jour, les Martinets s’y soustraient en demeurant blottis dans des trous de murs et plus souvent du clocher des tours, ou dans les crevasses ou sommet des rochers inaccessibles.—Là ils demeurent accroupis sur le ventre, car leurs pattes sont trop courtes pour les soutenir, et ils se tiennent le plus près possible du bord afin de n’avoir qu’à se précipiter dans l’espace pour trouver assez d’air sous leurs grandes ailes.Hors ce temps qu’ils passent dans l’inaction, les Martinets volent constamment, le jour comme la nuit.Le fait des courses nocturnes du Martinet est certainement un fait curieux dans l’histoire de cet oiseau.(iuéneau de Montbéliard le cite comme un fait observé, seulement au mois de juillet, alors que le temps approche où les Martinets vont quitter nos contrées, émigrant pour un pays plus chaud.Mais Spallanzanni et Ch.d’Orbigny ont été témoins souvent de ce phénomène pendant tout le temps que les Martinets passent dans nos climats.Vers la fin du jour, alors qu’ils ont bien tourné, selon leur habitude, autour d’une maison ou d’un vieux clocher, on les voit s’élever a des hauteurs considérables, en poussant sans relâche leur cri aigu et discordant.Ils continuent ainsi à monter toujours, divisés en petites bandes de quinze à vingt individus, et disparaissent bientôt à tous les regards par la prodigieuse élévation à laquelle ils sont parvenus.Ce fait arrive régulièrement tous les soirs, environ vingt minutes après le coucher du soleil et ce n’est que le lendemain, au lever de 1 astre du jour, que redescendent les Martinets du haut do l’atmosphère, non plus par petites bandes, mais dispersés ça et là par individus.Où vont-ils ?Quel est le but de ces prodigieuses ascensions ?C’est ce que nul observateur n’a pu découvrir jusqu’à ce jour.Il faut cependant reconnaître que cette course nocturne semble un besoin de leur nature, puisque, avant la ponte, les mâles et les femelles montent tous ensemble, et que les mâles font seuls cette ascension quand les femelles sont retenues au nid par les besoins de l’incubation.Les Martinets se retirent de très-bonne heure de notre pays : au 1er Août, tous les ans, ils disparaissent sans qu’on puisse citer un seul traînard restant en arrière.Spallanzani pense que les jeunes qui finissent de faire leur éducation sont encore trop faibles à cette époque pour quitter l’Europe : que jusqu’au moment réel de leur départ, les parents les emmènent avec eux dans nos plus hautes montagnes, et que là ils vivent au sein des airs, en volant, sans jamais prendre un instant de repos sur point d’appui ! Dans les grands jardins de Paris, les Martinets sont fort communs depuis le quinze du mois d’avril jusqu’à leur départ.Pendant ce temps on ne voit pas une seule Hirondelle, non-seulement se mêler à leurs troupes, mais môme approcher des régions qu’ils ont accaparées.Mais le lendemain du jour de leur départ, ils sont remplacés, et les Hirondelles ont tellement bien comblé, par leurs méandres gracieux, le vide des évolutions rapides des Martinets, qu’il faut une attention spéciale pour distinguer que ces Oiseaux qui tourbillonnent sur notre tète aujourd’hui, ne sont pas les mêmes que ceux qui voltigeaient hier soir.Le mode de utdification du Martinet n’est pas encore un fait parfaitement élucidé.Les matériaux de ce nid, toujours construit dans la pierre, les vieux murs ou les rochers, sont fort divers : c’est de la paille, de l’herbe sèche, de la mousse, du chanvre, des bouts de paille, do la plume d’or seaux domestiques et autres, en un mot tous les objets que l’on peut ren' contrer autour des habitations de l’homme.On a prétendu que les Martinets enlevaient ces matériaux en rasant la surface de la terre ; mais, outre que l’on ne voit jamais les Martinets dans cette position, il résulte d’observations oculaires, que le Martinet a été aperçu très-souvent sortant des nids de Moineaux et d’Hirondelles, emportant des matériaux dans scs-petites pattes.On remarquera, du reste, que le nid du Martinet est précisément composé des mêmes objets que le nid de Moineau, et nous verrons que c’est très-probablement le pillage qui procure au Martinet la couchette de scs petits.Ce pillage a pu d’autant plus facilement s'exécuter, qu’à 1 époque de la modification du Martinet, c’est-à-dire au conr mcnccmcnt do mai, la ponte des Moineaux est terminée et les petits partis.Le nid, du reste, est très-simplement fait : les matériaux sont placés les uns sur les autres dans le trou choisi.Il faut alors les agglutiner, pour qu’ils ne s’éboulent pas dans les mouvements des parents.Le Martinet y parvient en les collant au moyen d’une humeur visqueuse et élastique qu’il dégage et qui tapisse l'intérieur de son bec et y englue les insectes qui le touchent.Les Martinets pondent ordinairement cinq œufs blancs, pointus, et de forme très-allongée.Lorsque les petits ont percé la coquille, bien différents des petits Hirondeaux, ils sont muets et ne demandent rien ; les parents leur apportent à manger, deux ou trois fois par jour, une ample provision de mouches, papillons, scarabées, qu’ils logent dans leur vaste gosier.Ils apportent aussi des araignées.Le temps que demande l’éducation, dans le nid, des jeunes Martinets, est également plus long que celui dont les jeunes Hirondeaux ont besoin.Les derniers, en effet, tombant à terre, pourraient à la rigueur se relever, tandisque, pour les Martinets, ce fait ne serait pas possible.Un vieux aurait beaucoup de peine, à cause de la longueur de scs ailes, qui, à cet âge, ont cependant toute leur force ; un jeune ne le pourrait jamais.Aussi les jeunes Martinets ne se lancent dans les plaines illimitées de l’air que quand ils sentent en eux toute la puissance du vol pour y suivre leurs parents.Cela demande au moins un mois.Mais une fois que les jeunes Martinets ont quitté le nid et abandonné le trou maternel, ils n’y reviennent jamais, différant en cela des Hirondeaux de fenêtre et de cheminée, qui n’ont pas d’autre gîte pendant les premiers temps de leur émancipation.D’après des observations faites sur des individus conservés en cage, les Martinets mueraient dans le mois de février, un mois et demi avant d’arriver chez nous ; leur mue est simple et n’amène pas de changement dans leur parure noire.Les Martinets laissent rarement leur vol descendre aussi près de terre que les Hirondelles.Quel que soit l’état hygrométrique do l’atmosphère, on ne les voit pas raser le sol à la poursuite des insectes aux ailes humides.Us sont plus farouches et vivent à de plus grandes distances de l'homme.Cependant, quand ils font leurs grandes évolutions du soir, en poussant leurs cris assourdissants, ils passent quelquefois a la portée de la main, et n’ont pas l’air de s’en occuper ; ils semblent faire une course au clocher à qui volera le plus vite.Des oiseaux doués d’un vol aussi rapide doivent avoir une vue extrêmement perçante, et un fait dont a été témoin Spallanzaui lui a démontré que ces oiseaux apercevaient distinctement une fourmi ailée à plus de cent mètres de distance.*Si l’on réfléchit un instant aux mœurs do cet oiseau remarquable, on reconnaîtra quil aune singulière existence, partagée entre les deux extrêmes du mouvement et.du repos.Hon caractère est un mélange et un contraste continuel de défiance et d’étourderie.Sa défiance se marque par toutes les précautions qu’il prend pour cacher sa retraite, où il rentre d’un mouvement si rapide, si soudain, que l’œil ne peut le suivre, et que l’oiseau a l’air de s’évanouir dans l’espace.Dans cette retraite, il reste-rampant, presque sans mouvements possibles, sans défense ; aussi y entre-t-il furtivement et y élève-t-il ses petits dans le silence.Il craint la chaleur, reste dans son trou pendant la grande lumière du jour, et n’en sort que le soir, d’un mouvement brusque et à l’improviste, comme s’il se précipitait tête baissée dans le vide de l’air.Mais, alors qu’il a pris toute sa croissance et que la puissance incomparable de son vol lui fait regarder en pitié les autres habitants de l’air, il devient étourdi, téméraire, et se croit en état d’échapper à tous les dangers.Prévôt en a pris souvent en présentant subitement un filet à l'embouchure du trou vers lequel il voyait ces oiseaux précipiter leur vol impétueux.En fermant ce trou au moyen d’un morceau de glace, il les a vus se tuer roides en s’y fracassant la tête.Dans plusieurs endroits, dans les clochers, sur les hautes fortifications, on les tue à coups de baguettes, au moment où on les voit se diriger directement vers soi ; leur vol est si rapide qu’ils ne peuvent même pas se détourner de leur route.Dan?certains endroits on les prend à la ligne au moyen d’un insecte qu’on laisse pendre du haut d’un rocher ou d’un édifice élevé.Pour les tirer au fusil, leur vol est presque toujours trop élevé, à moins que ce soit le soir, quand ils font leur grand tour.Dans ce cas, le tiré n’est pas difficile, parce que leur vol n’est pas interrompu, mais d’une grande continuité.Dans tous les cas, ils sont très-durs à abattre et doivent être tirés avec du plomb assez gros.Leur chair est bonne à manger.II.De La BLANC! 1ERE.
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