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L'Echo du Cabinet de lecture paroissial de Montréal.
L'Écho du Cabinet de lecture paroissial de Montréal est une revue publiée à Montréal par les prêtres sulpiciens, animateurs du Cabinet de lecture paroissial. Le Cabinet faisait suite à l'Oeuvre des bons livres, fondée pour s'opposer aux mauvaises lectures, occuper les loisirs des familles et parfaire leur instruction chrétienne. [...]

L'Écho du Cabinet de lecture paroissial de Montréal, d'abord bimensuel, est une revue publiée à Montréal par les prêtres sulpiciens, animateurs du Cabinet de lecture paroissial. Le principal responsable de la revue est l'abbé Louis Regourd. Le Cabinet faisait suite à l'Oeuvre des bons livres, fondée par les sulpiciens pour s'opposer aux mauvaises lectures, occuper les loisirs des familles et parfaire leur instruction chrétienne.

Conçue comme contrepoids conservateur à l'influence libérale de l'Institut canadien de Montréal, l'Oeuvre des bons livres est fondée en 1844 par les prêtres de la maison Saint-Sulpice. L'association culturelle, qui offre essentiellement les services d'une bibliothèque, prend de l'expansion en février 1857 avec l'ouverture du Cabinet de lecture paroissial, fondé pour accueillir les dissidents de l'Institut canadien.

L'Écho du Cabinet de lecture paroissial de Montréal est d'abord un organe de diffusion des conférences données au Cabinet. Le Cabinet accueille de nombreux conférenciers sulpiciens venus de France, ainsi que des jésuites. Les conférences sont souvent prononcées en réaction aux idées poussées par les libéraux; le Cabinet devient donc un repaire pour les intellectuels ultramontains de Montréal. Philosophie, religion, vie politique, arts et littérature font partie de la panoplie de sujets au programme des conférences.

On aménage dans le Cabinet une chambre des nouvelles, où les membres peuvent consulter les journaux et les revues d'ici et d'ailleurs qui sont conformes à l'esprit catholique. Les conférences du Cabinet qui paraissent dans L'Écho sont aussi diffusées en partie dans les journaux conservateurs montréalais La Minerve, L'Ordre et La Patrie.

L'Écho du Cabinet de lecture paroissial de Montréal offre un contenu qui s'adresse à trois groupes de lecteurs : les conférences pour les étudiants et les hommes instruits, les fables pour les enfants, et les romans-feuilletons pour les femmes. Les textes littéraires proviennent principalement de France.

Avec le temps, les conférences perdent de leur popularité et la concurrence provenant d'autres publications comme Les Soirées canadiennes, Le Foyer canadien et La Revue canadienne détourne le lectorat de la revue. À partir de janvier 1867, L'Écho du Cabinet de lecture paroissial de Montréal passe tout de même d'un format de publication bimensuel de 20 pages à une publication totalisant mensuellement 80 pages. Sont intégrés à la revue des articles plus longs, provenant principalement de France. On y trouve toujours une chronique des événements locaux et internationaux, couvrant principalement les questions religieuses. Une grande attention est portée aux questions pontificales.

L'Écho du Cabinet de lecture paroissial de Montréal jouit de l'appui du clergé pour sa diffusion locale et nationale dans les maisons d'enseignement et les bibliothèques paroissiales. La revue est tirée à 1300 exemplaires en 1860, puis à 2000 exemplaires pendant les trois années suivantes.

LAJEUNESSE, Marcel, Les sulpiciens et la vie culturelle à Montréal au XIXe siècle, Montréal, Fides, 1982, 278 p.

LEMIRE, Maurice, « Les revues littéraires au Québec comme réseaux d'écrivains et instance de consécration littéraire (1840-1870) », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 47, no 4, 1994, p. 521-550.

Éditeur :
  • Montréal :[s.n.],1859-1875
Contenu spécifique :
mardi 1 juillet 1862
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Annales du Cabinet de lecture paroissial de Montréal
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Références

L'Echo du Cabinet de lecture paroissial de Montréal., 1862-07, Collections de BAnQ.

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Vol.IV.¦——— Montréal (Bas-Canada), lcr Juillet 1802.No.13.SOMMAIRE.—-Chronique de ln Quinziunc.—bénédiction pi pose Je hi première pierre de lu Chii|icllc de l'IIospice St Joseph, rue du Cimetière.— Annonce de lTniversité IjRvnl.—Etude littéraire VIII /ri Jsmlinlr Mue.t'har-honncait.—t,e Feuilleton et lu Komnnce a faiblesses même, il s’est lait un argument insoluble pour la Russie à qui il dit: Nous savons mourir sans résistance: donc nous vivons.Le nouveau gouvernement n’a rien voulu faire pour la Pologne, la Pologne ne veut rien faire pour lui ; en 18(>0, l’Empereur Alexandre ayant voulu montrer la Pologne à cinq Princes Allemands alla jusqu'à Wilna ; un bal fut organisé par l’autorité militaire, personne ne s’y rendit : ce n’était que le commencement des manifestations ; les maîtres delà Pologne, l’Km-pereur de Russie, l’Empereur d’Autriche et le Roi de Prusse, choisissent Varsovie pour lieu de leur réunion, c’était assurément rappeler de tristes souvenirs, celui do l’entente des trois souverainetés pour le partage de la nation malheureuse ; alors, en représailles, on voulut se DE LECTIJRK l’AH0T8SIAL.201 consoler par la glorifications de .souvenirs plus eonsolans.Le 29 novembre I8G0, on se réunit pour honorer l’anniversaire des trois grands poêles de lu Pologne, Mickiewic, Krnsinski et Slovocki, et alors par toute la Pologne retentit le chant national : “ liose cos Pohkt !—Rends nous notre Patrie Soigneur, rends nous la liberté.” Le 25 février suivant était l’anniversaire de celte fameuse bataille de Grochow, où pendant trois jours, en 1831, les Polonais disputèrent la victoire aux Russes ; toute la Pologne s’unit d’une seule pensée pour célébrer ce triste, mais glorieux souvenir.Dans Varsovie une procession énorme se forme, marchant lentement des flambeaux à la main, portant en téte l’étendard national et chantant l’hymne Sioiety liose ! Dieu puissant, ayes jiiétc de nous.Dieu puissant, rendes nous notre patrie ! Vkige-Marie, reine de l'ologn?, pries, pries pour nous ! Les troupes Russes arrivent pour s’opposer à cette manifestation, la cavalerie charge la foule désarmée, l’infanterie décharge ses armes, et après celle mesure de violence inqualifiable on relève près de quarante personnes blessées ou mortes.Le 27 février, un nouveau service est annoncé pour de pauvres proscrits pendus par la Russie : le matin trente mille personnes étaient réunies aux abords de l’Eglise principale cl la multitude sans défense est encore chargée et sabrée par la cavalerie.Le 2 mars, on réunit les cadavres des victimes t't on les porte en procession au oimelicre, plus 'le cent mille personnes y assistaient, ayant fait ta sacrifice de leur vie cl préparées à tout événement.l'C * avril suivant, on se rendit en foule pour prier sur la tombe des pauvres victimes de fé-'rier; puis on se rendit au Palais du Prince Gouverneur en faisant entendre ces paroles significatives : Nous voulons vue Patrie.8 avril, la foule était encore réunie sous tas fenêtres du chAteau, une voiture de poste à passer, le postillon fait retentir un air militaire : lu Pologne ne périra pu*.Aussitôt un cri enthousiaste sort de toutes les poitrines, la foule tombe à genoux, et à cette seule manifestation, la troupe qui avait reçu les ordres les plus sévères, ouvre le feu et décharge ses armes quinze fois de suite presqu’à bout portant.C’était un spectacle affreux : cette multitude agenouillée, priant, ne faisant pas entendre un seul cri, ne reculant point d’un seul pas, lassant à la fin la cruauté de scs ennemis qui se retirèrent entrainés par leurs officiers qui semblaient comme terrifiés et révoltés de ce qui s’était accompli sous leurs yeux par suite, des ordres impitoyables qu’ils avaient reçus.Pendant ces évènemeiis, trois Gouverneurs mouraient dans des circonstances extraordinaires, qui frappaient l’imagination des victimes et des bourreaux.I D’abord, le Prince Paskievitch, expirait en j poussant des cris de terreur et en déclarant qu’il voyait apparaître à son lit de mort, la mère de l’une de ces victimes.Quelques mois après, le nouveau Gouverneur, le Prince Gortchakoff, qui avait conquis une certaine célébrité dans la défense de Sébasfopol, et qui avait donné assurément des preuves de courage et d’une fermeté indomptable, mourait vers la fin de juin 1861, dans des convulsions et des transports d’épouvante, faisant entendre ces paroles sininislres : —Quelles sont ces femmes noires qui m’environnent ?éloignez les, éloignez les de cette chambre ! Mais ce n’était pas le dernier événement de ce genre qui devait signaler ces tristes jours.Le 10 octobre I8G1, on voulut célébrer un autre anniversaire, l’union de la Pologne avec la Lithuanie, opérée il y a bientôt quatre siècles : on devait se rencontrer sur la limite qui sépare les deux contrées dans la petite ville d’IIérodlo.Des milliers de citoyens vinrent de toutes les localités de la Pologne et de la Lithuanie ; mais arrivés aux portes d’IIerodlo, on les empêcha d’aller plus loin ; alors cette immense multitude s’arrêta, on dressa un autel, on célébra la Ste.Messe, et au moment du St.Sacrifice, 40 bannières représentant toutes les anciennes provinces de la Pologne se déployèrent, dominées par une immense bannière portant les armes réunies de Lithuanie et de Pologne.Le lô octobre suivant, 011 annonça une fête 292 KCIIO DU CABINET religieuse en l’honneur de Kosciusko ; dès le matin, des bandes de Cosaques se répandent dans la ville, frappant cl foulant aux pieds de leurs chevaux tons ceux qu’ils rencontrent.Cela n’empêchait pas la multitude d'affluer dans les églises : on l’y assiégea pendant près de 18 heures, au bout des quelles, la troupe entra et chassa celte foule avec de lelles violences que le gouverneur comte Lambert, accabla le général commandant de reproches sanglants.Celui-ci rentrant chez iui, pris d’un accès de désespoir, se brûla la cervelle, tandis que le comte Lambert partait en poste pour St.Petors-bourg, pour protester énergiquement contre les répressions odieuses qu’on le chargeait d’exécuter contre ce peuple malheureux.A partir de ce moment commence cependant une politique encore plus impitoyable.Un nombre immense de nobles, d’étudiants et d’ouvriers ont été déportés en Sibérie et dans le Caucase ; les peines les plus sévères ont été promulguées contre tout rassemblement, toute manifestation, certains chants, et certains habillements.Les écoles sont fermées depuis un an, ainsi que les théâtres, et la plupart des églises.Mais en attendant, il faut que la Russie entretienne 21)0,000 hommes pour empêcher tout soulèvement, el dépense pour le seul but de la répression près de 40 millions de lianes annuellement.Or, la Pologne n’est pas la seule dilliculté que rencontre ce grand empire, il y a des sympathies pour une cause si juste au cœur de la Russie, jusque dans la v ille capitale et ;m sein de la cour impériale.Tout ce qui est arrive est le résultat d’une politique aveugle et implacable ; on a voulu résoudre le problème de s’attacher une grande et héroïque nation par les seuls moyens de la ré pression, de la menace et de la violence.On est bien loin du but, et plus un va, plus on s’en éloigne, jusqu'au joui où l’on aura à compter avec des ennemis irrités par un siècle d’injusticcs el de cruautés, et dont on n’a pas voulu se taire des :• îui>, des alliés et de fidèles et dévoués compatriotes.L’arbitraire e>t une voie s;ms terme et sans issue honorable, la Russie doit commencer à s’en apercevoir; mais en tout cas, la nationalité polonaise n’a pas dit son dernier mot.Mgr.de Montréal, dans l’une de ses lettres intéressantes de Rome, nous a parlé des épreuves de la religion en Pologne, et nous a montré quel intérêt ou porte dans le centre de la catholicité à cette nation infortunée.Les prières des opprimés montent au ciel les supplications des martyrs sont toutes puissantes, et la noble Makvina et ses héroïques compagnes font souvent entendre celle prière.—Ste.Vierge, reine i|e la Pologne, priez pour nous ! Nous avons appris l'heureuse nouvelle de l’établissement d’un couvent de trappistes dans l’un des Township* du Nord, nous ne douions pas du succès de ces saints religieux et de ces infatigables travailleurs.Voici ce que dit Y Ordre à ce su jet : •• Nous voyons par les journaux do Québec qu'in wu \ont de Trappistes esl sur le point d'être fondé, à quelques milles des dentiers établissements du township Langevin, comté de Dorcliester, district de Québec.Ce township est.dit-on.un des plus fertiles du l>a>-(,'anada.et les grands progrès qui s y sont faits remarquer depuis l'établissement des premiers colons a attiré 1 attention d'un bon nombre de défricheurs qui sont allés s'y établir.“ Un des religieux dont mais venons de parler a obtenu du gouvernement un octroi de SOtl acres de terre, et c>t parti immédiatement pour aller choisir l'endroit où ils doivent construire une chapelle qu'ils desserviront eux infimes.Les trois autre- qui sont des frère- et qui appartiennent à la maison que ces lions religieux j»i' sèdent à Traeadie, doivent partir cette semaine pour aller rejoindre leur Père.Ils seront accompagnés il un bon nombre de Canadiens vigoureux du district de Québec, qui vont jeter avec '-un les premiers fondements d'une nouvelle colonie et se 'jronper autour de I humble chapelle trappiste.'• Nous devons félicite; le gouvernement de cette mm que d’encouragement qu'il vient de donner, des n>ii début, à la cause de la colonisation.Outre les 800 acres qu’il a octroyés gratuitement aux Trappistes, il a passé un ordre en conseil |>our déclarer que le clieinni qui traverse le township où ils vont s'établir e.-t un chemin de colonisation, et qu'en conséquence il aura droit dans la suite, aux allocations du Parlement, ('est en favorisant la colonisation de nos terres incultes du Bas-Canada (pie le gouvernement se créera les sympathie-de nos compatriotes Les pages admirables que ,M.de Monlaleiu-bert a consacrées aux Ordres agriculteurs, nous sont revenues en mémoire ; nous en citerons quelque chose à lu première occasion,car s’il y a un pays, où elles devraient trouver leur application, c’est dans ces contrés sans limites, dans les prairies et les forcis incommensurables qui nous environnent ci qui contiennent un territoire DE LECTURE PAROISSIAL.plus grand peut-être que celui de l’Europe entière.Desi nouvelles du Mexique sont arrivées pour rectifier certaines dépêches télégraphiques au sujet de la victoire des mexicains : au lieu de 500 tués et de 800 prisonniers, tout se rédui-«ait (>llit:iclh’))i examen pour le Baccalauréat-es-ans et riuscii|>tion commencera le 1er juillet prochain dans une îles Salles de 1 Université.Des circonstances lk;tireu^ permettent un Séminnirc de i-Juéoec (1 accorder Vingt-demi Pensions aux Elèves dont les îessources sont insuffisantes pour qu'ils puissent entrer nu I ensionnftt.Ils sont admis » jouir de cette laveur dans l'ordre suivant : lo.les liacheliers-es-Arts ; 'Ju.les Elèves ayant obtenu 1 Inscription après l’Kxmen; :io.les Elèves des Collèges suivants, à r.cens qu’il a épargnés meurent de jalousie : mais ce qu’il lclir reproche à tous c’est d’avoir fait descendre la critique jusqu’à la eUtrjHC, c’est de s’Otre organisés en marchands d’annonces et en faiseurs de réclames.Il n’a pas assez de (lèches pour en cribler ce grand parti de “ gens habiles qui louent avec rage afin d’être loués à outrance.” M.le Comte Armand tic Pontmatliu s’est créé un genre distinct parmi les critiques du jour: il a été l’actualité de M.de Ste.Meuve, L’auteur des Causeries du Lundi juge les œuvres des auteurs morts, de préférence à celles des vivants.C’est, uu contraire, an milieu dit monde et en pleine société contemporaine (pie M.de Pontmartin, dans ses Causeries du Samedi, s’établit pour apprécier les écrits de son temps.M.de Ste.Bcuve a découvert le genre, M.de Pontmartin n’a lien inventé, mais il a su exploiter la veine tout en restant original.Voici la mise en scène que M.île Pontmartin a imaginée pour passer en revue les hommes de lettres en renom Un littérateur parisien va perdre quelques semaines dans une petite ville de province, Mme, Cliarbonncau, personne d’esprit et de sens, ouvre ses salons, le jeudi, à la meilleure société île l’endroit.Des magistrats, des propriétaires, des oisifs d’une certaine distinction s’assemblent chez cette dame pour y prendre le thé et se distraire par la causerie sérieuse.Le littérateur parisien se promet le plaisir d’une piquante étude sur les travers de la société Cliarbonncau.Mais il arrive que la société Cliarbonncau juge le beau monde et les belles choses de la capitale avec beaucoup de sagesse et de raison M.le parisien, pour ne pas jouer au trop mauvais rOle se décide à accepter de bonne grâce les plus dures critiques.Les trois ou quatre premiers jeudis sont une manière (l'introduction où se développent les généralités de la vie parisienne, artistique et littéraire.Vers le cinquième jeudi, un nouveau personnage entre en scène.On en l'ait le plus grand cas.C’est aussi un littérateur parisien.Le personnel des Jeudis de Mme.Churbonneuu ne parle de lui qu’avec déférence et ne le désigne que sous le titre de M.le maire de Gigondas.Ce monsieur le maire de Gigondas est M.de Pontmartin.On sait dans la société qui l’en- riustuire littémircdemonlemps—: 011 lui arrache la promesse d’un long jeudi consacré à la lecture de son travail.La fiction s’arrête là.M.le maire de Gigondas a iu parole ; il en profite pour départir à ses anciens amis et connaissances une correction qui ne laisse que bien peu de chose à désirer.Il y a là des portraits touchés de main de maître.Le style de M.de Pontmartin est correct, élégant et eiair; les idées sans être neuves, sont plutôt justes.On chercherait cependant en vain dans tout le livre la présence de ce mépris froid et solide, de cette pensée une et grande qui plane au dessus do l’atmosphère littéraire et qui contient une autorité supérieure aux impressions personnelles.Une autre cause du succès éclatant qui a été chercher le livre de M.de Pontmartin sous son titre si peu prétentieux est l’espèce de rupture que l’auteur fait avec son passé de critique, On n’avait connu jusqu’ici M.de Pontmartin que comme l’encenseuraimable de toutes lesœuvres, de tous les talents et même quelquefois des médiocrités.Le critique, dit la Revue du Monde Catholii/ite, avait presque toujours disparu sous le thuriféraire.Certains articles sur G.Sand et Méranger avaient sans doute prouvé que cette main si douce pouvait au besoin asséner des coups vigoureux ; mais de ee« coup* de boutoir isolés aux Jeudis, quel pas de franchi ! D’heureuses circonstances nous ayant mis en état de pouvoir, comme pour les Misérable* de M.V.Hugo, donner aux lecteurs de VEe/to la primeur du livre de M.de Pontmartin, nous en extrairons la Préface pour aujourd’hui.L’auteur y explique la cause du revirement soudain qui s’est opéré dans ses idées littéraires.A JULES SANDE U .M«>n cher ami.FI v ii M-'izo ans, je vous dédiai mou premier ouvrage .pennettez-moi île vous offrir celui-ci.Si je voulais me vendre intéressant, je.vous dirais qu'il sera probablement le dernier.Ce que je crois, du moins, c est qu :l sera, dans ma vie littéraire, une date, peut-être nue crise.J’avais d abord songé à taire des Jeudis tb Jluclanu Cliai'honuiuu une sorte de protestation de la province contre la centralisation parisienne; mais cette centrali sation formidable offre ce caractère particulier, que ton.-, toure qu’il a écrit des—Mémoires pour servi)' (111 an t que nou< sommes, amis trouvons constamment ÉCHO I»U CABINET d’excellentes raisons pour la combattre, et que nous cherchons snns cosso de mauvais prétextes pour lui céder; nous passons notre temps ù eu médire et à.la subir: cette thèse a doue tous les inconvénients du lieu commun sans un seul de ses avantages.11 est trop naturel, d ailleurs, de tomber du côté où l’on poncho.Des la trentième paire, j’ai été invinciblement entraîné à ajuster dans ce cadre provincial mes souvenirs personnels et parisiens.Ceci m'unième, mon cher ami.à aborder avec vous une des faces de cette question délicate.\ ous vous souvenez, j en suis sûr, de nos premières rencontres, de ces commencements d intimité nue votre aimable accueil me rendit plus doux encore, et auxquels je fais allusion dans un chapitre de ce livre : heureux temps, où je redevenais jeune par l'enthousiasme et 1 espérance ! saisons printanières dont les meilleurs moments s'écoulèrent dans ce joli pavillon de la rue de Lille ou sur ce gracieux coteau de la Cellc-Saint-Cloud.au milieu du groupe choisi que réunissait votre hospitalité charmante ! soirées délicieuses où aucun nuago ne se glissait entre vos hôtes, où Gustave Planche, trleyre, Emile Augier, Ponsard, tendaient une main amie au légitimiste très-peu lier, à l'utislnmih un peu râpe ! d eu appelle a votre témoignage.\ nu* faisais-je alors l'effet d un énergumène, d'un /.mie.d un détracteur « priori de nos célébrités?de ne demandais qu’à estimer, à admirer et à aimer.Que de sympathies pour les œuvres ! que d'illusions sur 1 - hommes ! Ce u était pas d un jroût de dénigrement, mais d'un ex ès de confiance que vous aviez à me préserver.Aussi ohs-eur que peut 1 être un grand homme d arrondissement, aussi âgé que les moins jeunes d'entre vous, je puis affirmer dans toute la sincérité de mon âme que jamais le sentiment de mon infériorité ne dégénéra en un mouvement d’envie.Maintenant, comment a-t-il pu se faire que, de ce point de départ je sois arrivé où je suis?Comment l'agneau s’c>t-il changé en loup, le lilas en chardon, le ramier en hibou, l'or pur en un plomb vil?Comment, sans trop d'invraisemblance, a-t-on pu m'accuser d'apporter dans ma critique tous les défauts contraires à tontes Jes qualités que j'avais alors ?de ne saurais me le dissimuler, il n'y a pas, dans la république des lettres, de citoyen plus impopulaire que moi.J'ai eu à traverser d'orageux trimestres, pendant lesquels il m’était impossible d’ouvrir un journal sans m'y heurter contre mon nom encadré dans une malice, souvent plaisante, quelquefois grossière.Je ne suis pas même Fréron,— ce serait trop beau,—mais l’atouillet ou Xonotte, une espèce de long fantôme noir aux doigts crochus, qu'offusque la lumière du soleil, et qui va.le soir, ramasser dans les ruines quelque grosse pierre pour la jeter à nos plus glorieuses statues du jour.Journalistes de la démocratie en sabots, comme les beaux esprits du Sihlr ou en gants jaunes, comme les raffinés de la /W courtisans du Palais-Royal, littérature officieuse républicains pour rire, vaincus de carnaval, libéraux de mardi-gras, haute et basse bohème, tous m’ont déchiré avec un ensemble d’autant plus édifiant que j'étais plus faible, plus seul et plus désarmé.En province, où nos passions littéraires ne pénètrent pas, il Montpellier, dans cette ville intelligente, polie, savante, qui a été le berceau d une partie de ma famille et où je compte encore des parents et des amis, il s'est trouvé un homme,—heureu- sement, ô ma belle Franco, c’est un Anglais-_pour écrire ceci : • M.de Pontmartin, ù qui il sera bèaucoiu, pardonné, parce qu'il a beaucoup détesté !"—Oui j'ai lu.de mes propres yeux lu celle phrase incroyable dail le journal de M.I >.nij«*u, l'ennemi des nudités "en marbre et un des plus sévères gardiens de la morale publique —et personne n'a réclamé ! Encore une fois, quel est le mot de cette énigme'' \ oulez-vous.mon cher ami.que nous le cherchions m'.semble ?Notre malheur a tou* a été la révolution de Février et.je puis me rendre cette justice, que je l’ai, dès lé premier jour, instinctivement maudite et haïe.Si comme on 1 assure, quelque-uns de nos politiques les plus éminents se sont créé un précédent fâcheux en saluant à sim aurore notre seconde Itépubliijue.on no trouvera pas pièce pareille dans mon dosier.Dès que j ai eu à ma disposition un carré de papier, je me suis attiré les colores rouges de la iicfoiho en racontant 1 histoire d'un invalide civil, pensionnaire de- Tuileries, mort p.jiir avoir avalé un diamant, et en annonçant à mademoiselle Racliel que la Mlis.On est.si terrible, quand mi a jieur ! Mes articles sur Héranger, qui ont mis dans ma littérature, jusque la si paisible, un peu de bruit et tant d'amertume, sont de cette époque; et.n cette époque, inl ne fut scanda lisé de voir un royaliste, deux fois vaincu, en juillet lS.'jO et en février 1818, attaquer l’homme qui avait le plus contribué ù ces deux révolutions.Et Mme Sand il fallait entendre les cris de fureur qui retentirent, lorsqu’on l'accusa d'avoir rédigé ce fameux bulletin de la République, qui éclata comme une bombe sur Paris consterné : il n y avait pas de roman, pas de chef dVuvre DE LECTURE PAROISSIAL 207 nui tînt: ce jour 141 1111 v‘' réactionnaire de notre espèce, oubliant Vuleutine, Audit, Mauprut et vingt autres'récits merveilleux, l’eût criblée rie sarcasmes et d'invectives.il eût été le héros de la ville, .sinon de la cour.Kt Victor Hugo! on jouit, eu 1.850, sur un théâtre du boulevard, un mélodrame tiré de Notn-lfome ,l< J'en profitai pour montrer où nous avait conduits tout doucettement cette Esméralda, tille de Mttrion Delorme et.de Manon Lescaut (nous n’avions cependant pas encore Marguerite Gautier et la baronne (l’Aive) ; et tel était alors le courant d'idées, que ma diatribe qui, dix ans plus tard, aurait paru trop forte pour Y l'niicrs, obtint un grand succès de vingt-quatre heures non pas, comme on l'a dit, auprès du vicaire de mon village, mais auprès de mes confrères de la Société des gens de lettres, lit Eugène Sue ! nous avions inventé, pour combattre sa candidature, un brave homme nommé Leclere, dont le fils avait été tué du bon côté îles barricades et dont on n’a plus jamais entendu parler .Vous fûmes battus, comme toujours ; mais quelle verve, (juellc véhémence, quelle indignation collective contre l'auteur de ces Mi/stina t à f .tt: ::: -~-p-~—-•— ~o -fn -> - > r i- — - : : :_n * r • • • •—S- 4 I _# fL«L±#zir*c I Eȱ^EEÈÈÈEEÈ:*E S ]©zz:: noux.u - lus - sez aux pieds de Ma - rie t » 11 p zCü •—• • • • ~ : : -t —î rt~i~ tt liti ¦f—§—f—i—-f o d—F •- zr V ¦y* • — »—t :r~ 1 - • - DE LECTURE l’AIlOISSIAL.311 Rail, cœurs et vos ne - cents si doux.>_>_tlTÿ±IC=_ZZ*Z^*ZI± Près de la l{ei - ne d'in - no - - T~ —fie - j- &:pCL:.r~zrzt: ccn ce, (Priez,en * fants».pri • ez tout bas ! ) lïtP- V La can- #« SË5^Ê ~ N: Mri z — Zj * «* - è * r~~! ^?nzzzi*-_s Hall.deur a tant de puis - sa Jf.# * *-*— •-* • *• >* ** *• J* J* :r?: ——: o e?:- —t©— - .li REFRAIN. 312 ÉCHO DU CABINET DE LECTURE PAROISSIAL.i Pour notreex - i - - 1(5 do là bas! Pri-ez, on - fimts.pri - e/ tout : „ : T > ! T .• •' "T i' r::r~!Z ?:: ; ë • .• « « 9 O • e fè# - _ - __ _._ - - - r.n c y • .o •—:— o • o * < » • -f ) O .c> .o ;;_T o .< > • o o* X-ü .V' .tzar m i i* 1)0 a ©: | II i -i A ri Lzzrrzr-:: bas.Pour m Tp i ! i' *±==tdz± #]ê> noire ex - i lé do lù bus! « : i • s _ .- - ri* 1 1.si r__ 1 i i gk "1 • • O* # : o • I o* o ’ Il avait à peine votre âj'e, n était simple comme vous Lorsque, chassé par un orage.Son vaisseau F éloigna de nous Et depuis nous pleurons sa perte ! (Priez, enfants, priez tout bas!) La France nous semble déserte, Priez, enfants, priez tout bas! < Refrain.) Son souvenir garde sa place Même dans ce siècle si froid .Et, comme une plante vivace, Plus on le coupe, plus il croît.En vain l’on efface l'histoire, (Priez, enfants, priez tout bas!) Notre cœur a bonne mémoire, Priez, enfants, priez tout bas.(Refrain.) imprimé et publié par E.Sbnécal, 4, Rue St.Vinccut.
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