L'Echo du Cabinet de lecture paroissial de Montréal., 1 octobre 1861, samedi 26 octobre 1861
L’ECHO DU Cabinet de Lecture Paroissial, Vol III Montréal, (Bas-Canada) 26 Octobre 1861 No.42.SOMMAIRE Poésie : Lu Séparation.— Arrivée de Lord Moncket départ do Sir Edmund llead.—Mutations dans le personnel du C 1er-gé.—Décoration de l'Eglise Kt.Patrice.—Guérison de Rosalie I)ou-cct.—Klrmin ou ainour lilial et rcconnaissanes.—Lecture de M.llas-saras à rinstitut-Canadicn-Françaia,—Bibliographie.POESIE.Lu Séparai ion.Ainsi du nord au sud, du couchant à l’aurore, Nous sommes balayés par le souille de Dieu: Se quitter, se revoir pour se quitter encore, Telle est la vie ; elle est un long adieu.J.M.Pur un beau jour d’automne, avez-vous quelquefois Suivi d’un œil rêveur la feuille desséchée, Quand de sa tiije détachée Elle va courant par les bois! Tantôt balayant la poussière, Tantôt errant loin du sentier, Tantôt elllcurant la bruyère, Tantôt caressant l’églantier; Tantôt s’élevant dans l'espace, Ut, comme un papillon qui passe, Prenant son vol ; Tantôt d’un pas prompt et sonore, Comme un oiseau novice encore, Rasant le sol.— « Suspendant sa course incertaine, Si parfois elle perd haleine Et s’arrête au pied d'un chêne Avec d’autres feuilles, ses sœurs, Un instant le sort les rassemble.Mais à peine elles sont ensemble,— Le vent souffle, la feuille tremble, Tremble, s'envole et court ailleurs.Ainsi nous courons tous i travers ce bas monde, Le souffle du Seigneur nous disperse son gré ; A peine un cœur a rencontré I n cœur qui lui réponde ; A peine un frère, tou*, joyeux.S’est as>is au foyer d’un frère,— Voici le dernier jour, voici l’heure dernière, Et les derniers instants, et les derniers adieux.Adieu I toujours adieu!—C est notre vie entière, Adieu !.Mais non.la ssons cette parole amère A qui vit sans foi, sans espoir j Nous que l’espoir soutient, nous que la loi console, Echangeons au départ une douce parole : jNon pas adieu, mais au revoir ! Au revoir ici-bas! Oui, puissions-nous encore D’un commun entretien savourer la douceur; Ensemble agenouillés, puissions-nous, dès l’aurore, Aux pieds de Dieu d’amour épancher notre cœur ! .Mais si sur la terre, hélas ! où rien n’est stable.Où ce que bâtit l’homme est bâti sur le sable, Ce rendez-vous nous fait défaut, Il nous reste, à l’abri des hasards de la vie, Un rendez-vous certain auquel je vous convie: Au revoir, au revoir là-haut ! Th.M.Le Rév.F.X.Leduc, cuié de L’Ange-Gardien, décédé le 18 octobre, était membre de la Société des Trois Messes.Arrivée tle Lonl Monk et départ de Sir Kriniiiml llead.Lord Monk, notre nouveau gouverneur est arrivé à Québec mercredi matin, vers 9 heures.Vingt et un coups de canon lurent tirés, au moment où Son Excellence s’embarquait sur le bâteau iraversier de la Pointe Lévi.Arrivé au débarcadère de la Basse-Ville, Lord Monk fut reçu par Sir Edmund llead et son état-major.Immédiatement, le nouveau gouverneur, accompagné de Lady Monk, se rendit aux bâtisses du Parlement, sa résidence temporaire, dans le carosse de son prédécesseur, pendant que celui-ci était dans une seconde voilure avec le reste de la famille de Lord Monck.Un détachement de carabiniers était stationné devant les édifices parlementaires et une foule nombreuse y attendait le nouveau gouverneur ; lorsque celui-ci mil pied a terre, une nouvelle salve fut tirée et la bande de musique joua le God save tiw Queen.Puis Lord Monck et sa suite étant entrés dans l’enceinte, la foule qui envahissait la cour et les alentours, s’est écoulée peu à peu.\utre conlrère du Courrier du Canada lait de notre nouveau gouverneur la rapide esquisse qui suit : “ Lord Monck parait avoir une quarantaine d’années.Il esl d’une taille robuste et au-dessus de la moyenne; il ressemble beaucoup au due de NewCastle, et comme ! lui il porte toute sa barbe.Il a une physionomie douce et une figure ouverte.” Dans le cours de la journée le Conseil-de-Villea présenté son adresse à Lord Monck.Sir Fdutund llead a dû laisser Québec hier soir pour : Boston où il va rejoindre sa famille partie, comme on II- sait,'lundi matin.Ils doivent s’embarquer mercredi , prochain pour l’Europe,—VOrdrt . 328 L’ÉCHO DU CABINET Mutations dans le personnel du Olergf.DIOCÈSE 1)E MONTRÉAL.M.Urgel Ardiambault, de la euro île l’Isle du Pads à celle de St.Barthélémy: il remplace RI.Papineau, qui s’est retiré ; M.V.Plingliet, de la euro de Ste.Scholas-tique à celle de l’Isle du Pnds ; M.Brissettc, de la cure de St.Gabriel de Brandon à celle de Ste.Scliolastique ; il.Dequoy, de la cure ds St.Valentin ù celle de St.Ilermns ; M.Thibaudier, de la cure de St.André à la desserte de l’église du Côteau-Sàiut-Lonis ; M.F.M.Turcotte a été nommé à la cure de St.Gabriel de Brandon ; M.Ménard à celle de St.Béatrix ; M.Boisvert, clcrc-viateur et dirac-teur du collège de Bigaud, à la cure de St.André ; il.Le-snge, du vicariatde Boucherville à heure de St.Valentin ; M.P.Bédard, du vicariat de Vaudretiil ù celui de Va-rennes ; M.C.Bpissonnault,du vicariat de St.Jean à celui de Vaudretiil ; M.Martin, du vicariat de St.Jacques le Mineur à celui de Bertliier ; M.J.Primeau.du Vicariat de St.Barthélémy à celui de St.Cyprien ; M.A.Vinet, du vicariatde Bertliier à celui de Hiintingdon ; .M.X.Maréchal, du vicariat de St.Jacques l’Achigan ii lu chapellenie des Sœurs de Ste.Amie, a Laehitie ; M.Rémillard, du vicariat de Lachine à celui de St.Jacques l'Achigau ; -M.Lauzou, de la chapellenie du collège Longueil a celle de l’IIôpital Ste.Famille ; M.A.Tassé, du collège Ste.Thérèse au vicariat de St.Martin.— L'Ordre.DIOCÈSE DE QUÉBEC.M, Lapointe, à la cure de Rimouski ; M.C.Fournier, à la cure de Taspébiac j M.M.Fortin, à la cure de St.Victor de Tring; M.LaFontaine, à la cure de St.Etienne de Laiiüon j M.Otis, à la cure de l’Anse St.Jean ; M.P.Boucher, à la cure de St.Alphonse ; M.Michaud, à lu cure de Mont-Carmel j M.Vallée, à la cure de Ste.Anne-des-Montsj M.Villeneuve, à la cure de Hèberville; M.1.lliidon, à la cure de l.aterrière ; M.X.Gagnon, ;i lu cure de Laval ; M.Gandin, a la cure de Si.Kloi ; M.1.Rions, à la cure de la Petite-Rivière; M.Bureau, au vicariat de CharL-sbourg ; M.Colfer, au vicariat île St.Anselme ; M.Pelisson, au vicariat de Lotbinière ; M.F.X.Méthot,au vicariat de Ste.Famille ; M.M, Chaperon, au vicariat de St.François de la Beatice j M.Chouinard, au vicariat de l’Islet ; M.L.Gauthier, au vicariat de St.Ferdinand d’Halifax.—Courrier du Canada.DIOCÈSE DE SAINT-HYACINTHE.M.P.L.Taré, du vicariat de Sorel a la cure de l’Ange-Gardien ; M.Pigeon, de la mission de Stanstead à la cure de St.Joseph d’Ely ; M.N.Domingue, du directorat du collège de Sherbrooke à la mission de Stanstead ; M.A.1).Limoges, du vicariat de Sorel à la mission de St.Patrice d’Oùtlet; M.Z.Quinn, du vicariat de St.Denis an directorat du collège de Sherbrooke ; M, 0.Pelletier, du vicariat de St.Athanase a celui de Sorel ; M.G.S.Derome, du vicariat de St.Pie à celui de St.Georges; M.C.L Lagorce, assistant à la Présentation ; AI.F.Pratte, au vicariat de St.Denis ; M.J.1!.Duhamel, au vicariat de St.Athanase; M.F.T.Mondor.au vicariat de St.Pie ; M.L.Lainbert.au vicariat de Sorel; M.E.Lecours, curé a N.-D.de St.Hyacinthe ; M.11.Millier, curé do Sorel ; .M.J.Leblanc, curé de St.Aimé; M.E.C.Fortin, curé de St.Jude ; M.A.O’Donncl, curé à St.Athanase ; .M.C.St.George, curé du St.Paul.—Courrier de Ht.Hyacinthe.Martel, nu vicariat de Yamachiche ; M.Proulx, à Sainte-Geneviève ; M.C.Gonin, à St.Stanislas; M.J.li.|,e.clerc, à Ste.Anne de la Pérade ; M.T.Tessier, à St.Thomas de Pierreville ; M.0.I.épine, à Saint-Guilhuimc d’Vpton ; M.T.Gouin, à St.Félix de Kingsey : M.C.Roehet, à St.André d’Acton ; M.11.Richard, à St.Hypo-lite de Wolton ; M.G.-Béliveau, à St.Chistoplie ; M.A.Caruf'el, a St.Justin; M.L.Désilcts, a St.Eusèbe dp Stanfold ; M.Vervais, ancien missionnaire, à St.Grégoire.—L'Erc Xouvellt.Décoration de l'Kglise si.Patrice par des ouvriers Canadiens, son* lu direction de Mgr.Phlliiert.DIOCÈSE DES TROIS-RIVIÈRKS.M .L.Lallèclie, \ .-G., a lévéché; M.T.Loi tin vil le, nu secrétariat de l’évéché ; M.P.Bellemare, à la cure do St.Didacc ; M.P.Turgeon, à St.Sévère ; M.D.Cornemi, à St.Bonifucc ; Al.J.Prince, à Urummondville ; AI.A.Clmrest, à St.Patrice; Al.C.Dauth, à St.Vnlére ; M.T.Les travaux de décoration intérieure de l’Eglise Si.Patrice se poursuivent activement, et nous sommes heureux de dire que l'œuvre se soutient.Abondance d’idées, pureté de style, richesse de détails tant sous le rapport des ligne* que sous celui des couleurs, tout marche de pair et avec, la plus parfaite harmonie.Dans cet ensemble multiple jusqu’à l’infini, il y a à la lois le travail patient de l’abeille et la pensée du génie, et on peut dire sans crainte que l’auteur possède le sentiment do son art, qu’il est artiste enfin.Exécutée du même jet et sur des dessins dûs à un crayon si facile, la décoration de St.Patrice restera un exemple des ressources dont l’art du Moyen-Age dispose, de la symétrie, de l’ordre qui y régnent même lorsque l’imagination se lance dans le champ des plus vastes fantaisies, des plus grandes hardiesses.Mgr Pliilbert aura encore rendu un service éminent à ceux qui, en ce pays, s'efforcent de faire adopter le gothique pour nos églises.Dès aujourd’hui, en effet, on peut se convaincre qu’un édifice ogival peut être orné avec assez peu de frais et présente cependant un aspect Irès riche.Nous espérons encore que cette œuvre aura pour effet de faire comprendre qu’un monument n’est point fini si le peintre et le sculpteur n’y ont mis la main; qu’une église surtout n’est pas seulement un abri contre l’intempérie des saisons, mais un livre dont les caractères reproduits par l'architecte, le peintre et le sculpteur doivent, en frappant les sens de l’homme, parler à son âme et éveil or sa foi.C’est le secret de l’arti.-te de donner la vie a ee qui est inanimé ; la matière sur laquelle il opère doit emprunter de son intelligence et respirer, sous ses lor-mes nouvelles, le souille île la création.Sous ce rapport et autant que le> moyens à sa disposition le permettaient, Mgr l’hilbeit a léilssi.A de grands murs dont la blanchenrcommen^ait à perdre de sa virginitéet qui, par cela même, devenaient de moins en moins attrayants, au jour pâle du verre blanc, succède peu à peu un coloris savamment combiné qui donne à l’éditicc une teinte religieuse dont la chaleur est entretenue par l’ardente lumière îles vitraux.Les voûtes dépouillent leur aspect de farton pour revêtir la robe étoilée des cieux ; l’église, en un mot, prend les allures de la maison de Dieu et se confie à la garde d’une légion de statues.Il est cependant a regretter que dans ce travail le bon marché ait été la condition première de l’entreprise ; le ! talent de l’artiste i n a souffert en ce que l'expression du eiseau a dit, dans beaucoup de cas, eederla place au î procédé plus expéditif mais moins heureux du coulage.| On ne .saurait donc en fuire un reproche particulier a Mgr.Pliilbert, puisque ce moyen, qui disparaîtra insensiblement, nous IVspermi*, était employé ici avant lui.\u reste, ce défaut ponriu s'effacer avec le tempa,etil DE LECTURE PAROISSIAL.329 sera toujours facile, lorsque les moyens le permettront, de substituer aux ornements et statues eu plâtre, les mêmes sujets en une matière plus durable et dans lesquels la sculpture pourra établir plus de variété.D’un autre côté, il n’importait pas absolument de créer une icuvre de nature à décourager nos forces, mais bien plutôt d’oll’rir un modèle sur lequel 011 pût enrichir.Nous ne terminerons pas cet article sans rappeler que les vitraux coloris qui produisent un si bel effet à Si.Patrice, sont dûs au talent des sœurs de l’Hôpital général.Au point de vue de l’art et de l’économie, on doit une vive reconnaissance; à Mgr Philbert pour la bonne pensée qu’il a eue de fonder 1111 atelier de vitraux dans cet établissement ; ici au moins le commerce n’envahira plus le domaine de la pensée, et chaque pièce sera traitée avec le môme amour, le même scrupule.\.Levkquk.\' 1 X— GUÉll ISOX J>K ROSALIE’uOUCET, /I Chamblii, Diocèse de Montréal,—(1855.Rosalie Doucet, née à St.Mathias, diocèse de Montréal, a été guérie, ainsi qu’il va être dit, par l’invocation de Notre-Dame de l’itié, en 1855, étant alors agec de treize ans.Cette enfant eut l’avantage d’être protégée des son bas fige, par M.Urien, curé de la Pointe-Olivier, qui lui procura les secours les plus propres pour la guérir d’une infirmité extrêmement grave, qui lui était survenue a 1 à-ge de * ans.Elle en éprouvait souvent les tristes effets, ayant quelquefois jusqu’à vingt crises par jour.Lors, qu’elle eut atteint sa neuvième année, les accès diminuèrent graduellement ; en sorte que dix-huit mois après, étant alors âgée de dix ans et demi, elle lut mise en pension chez les Sœurs de lu Présentation, a Sie.Marie.Mais là ses crises se renouvellcrenl *, et les Sœurs ne pouvant la garder dans leur pensionnai, elle fut cuntrainte de le quitter après un mois de séjsur.Enfin, la maladie augmentant toujours davantage, M.Brien envoya l’enfant chez le Docteur Consignv, pour qu’elle y suivit un traitement.Ce traitement diminua dé beaucoup les crises; ei dans les cinq derniers mois que Rosalie pas.-a chez M.Urien, elle n’eut que cinq ou six attaques, t est pourquoi, le 22 octobre 1855, on la plaça au pensionnai de la Congrégation de Chambly, sans déclarer aux Sœurs de cet établissement sa triste maladie.I'.lles 1 ignoraient encore le jour de la Toussaint, lorsque une autre pensionnaire qui couchait dans la même chambie que liosalie, vint leur annoncer, toute émue, que celle-ci se mourait.Elles la trouvèrent sans connaissance, en proie a des convulsions violentes et la figure toule décomposée.Le médecin qui survint aussitôt lui donna quelques remèdes, et déclara aux Sœurs .que si les dises devenaient fréquentes, elles ne pourraient garder 1 enfant dan* leur pensionnat, à cause de leurs autres élèves, à qui ce spectacle poutrait devenir contagieux.Comme l’enfant montrait beaucoup d'application cl une bonne volonté, les Sœurs furent affligées d’une telle déclaration ; et avec d’autant plus de raison, que ec jour là même, dans le cours de l’après midi, Rosalie eut uno seconde crise.Au retour des Vêpres, la Sœur St.Paul, directrice de l’Etablissement, apprenant cette triste nouvelle, ordonna à l’enfant de commencer immédiatement une Neuvainc à Notre-Dame de l’itié, en ajoutant qu’il fallait absolument que la très Sic.Vierge la guérit ; et qu’elle devait avoir une grande confiance en sa puissance et en sa bonté maternelle.La N’eu vaine fut en effet commencée le jour même, premier novembre 1855, et depuis ce jour, la maladie a disparu si complètement, que Rosalie n’en a jamais plus ressenti aucune atteinte, et a joui constamment d’une parfaite santé.Telle est la déclaration que les Sœurs de la Congre-galion du Pensionnat de Chambly, ont cru devoir faire et signer de leurs mains, en témoignage de la vérité, Chambly, le 15 juillet 1858.Su.St.Paul, Su.Ste.Marie bu Sacré Cœur, Su.Ste.Gertrube.Déclaration de la Sœur Sic.Euphrasie, directrice du Pensionnat de Chambly.u Ayant succédé à ma Sœur Saint Paul, dans la direction du Pensionnat de Chambly, je puis assurer que Mlle.Rosalie Doucet, notre élève, qui a quitté le Pensionnat aux vacances de cette présente année 18G0, n’a jamais ressenti, à ma connaissance, la moindre atteinte du mal dont on dit qu’elle a été guérie par Notre-Dame de Pitié.” Su.Ste.Euphrasie, de la C.N.-D ¦ Déclaration d> M.Brien, touchant la même guérison.“Je puis attester que j’avais fait employer pour Mlle.Rosalie Doucet tous les secours de l’art ; et que malgré | ces secours, elle retombait toujours.Mais qu’aussitôt qu’une Neuvainc fut faite pour elle à Notre-Dame de Pitié, sa maladie cessa entièrement, et elle n’a eu depuis aucune attaque, (."est aussi ce que peut attester la Révérende Sœur St.Paul, ainsi que toute la Communauté du Couvent de Chambly.J’atteste tout ceci à la gloire de la Très Ste.Vierge.” F,.ÜAHTIIÉL.Bhien, Pire.Déclaration de Mlle.Rosalie Doucet." Pendant plusieurs années, je fus traitée par des médecins très-habiles, qui n’épargnèrent rien pour ma guérison.Cependant, voyant que tout était inutile, je lis une Neuvainc à Notre-Dame de Pitié,avec les Sœurs.I.c dernier jour j’entendis la Sainte Messe, je communiai ; et dès le commencement de ma Neuvainc je me suis trouvée en parfaite santé.J’atteste donc que je Idois véritablement ma guérison à la Sainte Vierge, ma I lionne mère; aussi, mon amour pour elle semble avoir redoublé.Marie sera toujours l’objet de ma reconnaissance ; et mon désir est do faire connaître, à sa grande gloire, la protection toute spéciale qu’elle m’a accordée.Je suis maintenant sur la cinquième année, que celte guérison s’est opérée en moi ; et depuis, je n’ai jamais ressenti les atteintes de cette maladie.J’atteste le tout à la gloire de Marie Immaculée.” Rosalie I Joui et.Saint Mathias, 14 novembre 1 SCO.FIRMIN.AMOUE FILIAL ET RECONNAISSANCE C’était par une soirée sombre et pluvieuse, après les tristes événements des 5 et G juin 1832 ; il pouvait être minujl: les réverbères ayant été brisés, une partie de la grande Cité aux mille bruits se trouvait plongée dans la plus profonde obscurité, la solitude et le silence.Il fallait un motif bien puissant pour sortir de chez soi et s’égarer au milieu des rues désertes, et dépavées, où les eaux sans écoulement formaient des flaques dont il était diflicile de se tirer, Cependant une jeune femme, à la mise élégante, à l’air noble et bon.s’était aventurée au milieu du dédale de petites rues qui avoisinent le centre des rues Saint-Martin et Saint-Denis.Elle marchait d’un pas rapide, lrolant de sa robe de soie les bornes humides.Quelle aflaire si pressante pouvait donc attirer cette lemme à une pareille heure, dans ce triste quartier?Quel sentiment la poussait à surmonter la fatigue et le danger d’une pareille course?Deux mots suffiront pour faire j comprendre ce qui la soutenait dans ce voyage nocturne.C’était une mère inquiète du soit de son enfant, dont les événements l’avaient éloignée, bravant la nuit et la peur, pour avoir des nouvelles du trésor dont elle était séparée.La jeune mère, préoccupée par la fiévreuse anxiété de ses pensées, passait rapide et indifférente à tout ce qui l’environnait, quand elle heurta une créature humaine accroupie sur le trottoir.Elle eut d’abord un mouvement de frayeur ; mais lorsqu’elle entendit une voix douce et jeune lui dire avec un accent douloureux : —Au nom de Dieu! une aumône pour mon père qui meurt de faim ! Elle s’arrêta se rappelant combien était sainte la prière de l’enfant qui demande, au nom du Tout-Puissant, pour son père ou sa mère; elle lira vivement sa bourse, la posa sur les genoux du jeune solliciteur et reprit sa course avec plu* d’énergie.Dès que le mendiant sentit la bourse, il se leva précipitamment pour remercier la personne charitable qui le secourait.Ecartant ses longs cheveux et essuyant ses larmes, il regarda autour de lui ; mais l’ange dont s’était servi la Providence pour lui venir en aide était disparu; seulement il put apercevoir une ombre qui luyait dans les vapeurs lointaines de la nuit, et il vil sur le trottoir, à deux pas de lui, une chose blanche qu’il s’empressa de ramasser : c’était un mouchoir de baptiste, appartenant sans doute à l’inconnue.Il baisa respectueusement ce mouchoir et le mit dans son sein, se pro- ' mettant bien de chercher à connaître sa généreuse bienfaitrice.Pressé par la faim, et surtout par le désir de soulager son père, il courut chercher quelques provisions.Pendant que l’indigent priait et pleurait auprès d’nne borne, et que la jeune mère courait ainsi pendant la nuit, pour chercher des nouvelle» de son enfant, une antre scène non moins émouvante se passait tout près de là, au numéro.de la rue Bourg-l’Abbé.Au sixième étage, d'ans une petite chambre sous les toits, était un homme encore jeune, mais usé par la misère et par la maladie : assis sur un peu de paille qui lui servait de lit, il priait avec ferveur ; des larmes coulaient le long de ses joues amaigries.Le malheureux pensait à son fils, souffrant comme lui d’all'reuses privations ; ils n’avaient point mangé depuis la veille.Tout-à-coup la porte de la mansarde s’ouvre avec fracas, et un enfant de douze à quatorze ans se précipita au milieu de la pièce où se trouvait le malade.Papa ! dit-il en déposant les provisions dont il était chargé; papa! Dieu a eu pitié de nous ! Nous sommes sauvés et à l’abri du besoin pour quelque temps.Kt l’enfant embrassait son père et le serrait contre son cœur.Le pauvre père recevait ses caresses sans beaucoup de joie, craignant d’être le jouet d’une illusion ; cependant il relève la tête et jète un regard sur l’enfant : un soupçon affreux était venu lui mordre le cœur.En voyant entre les mains de son fils une riche bourse, d’ou s’échappait au moins vingt pièces d’or, ses yeux se dilatèrent, ses sourcils se froncèrent, et tous les traits de son visage prirent une singulière expression.— Cet argent, dit-il, en se dégageant des étreintes qui le tenaient enlacé, cet argent, d’où vient-il, Firmin?Oh ! mon Dieu, s’il était vrai que.pourquoi ne suis-je pas mort avant d’être témoin de ma houte ! —Que voulez-vous dire papa, eut à peine la force de répondre le pauvre enfant, en le regardant d’un air consterné ; que voulez-vous dire ?.—Cet argent1 réponds, réponds vite, Firmin, d’où vient-il ?-SCet argent ! reprit le jeune garçon qui commençait à comprendre, je ne sais si c’est un ange du ciel ou une simple créature qui l’a remis entre mes mains.J’étais tombé mourant de faim au coin de la rue, mes larmes coulaient avec abondance, et c’est machinalement que j’implorais la charité des passants, lorsque je sentis cette | bourse tomber sur mes genoux ; je me relevai pour remercier l’ange consolateur qui venait à notre secours ; mais, hélas! déjà il avait fui; son ombre seule se déla-| chait encore dans l’obscur brouillard de la nuit.A quelques pas de moi je vis briller sur le Irottoir quelque chose de blanc: c’était ce mouchoir, au coin duquel sont deux chiffres qui, sans doute, nous aideront à retrouver notre bienfaitrice.Au fur et à mesure que le jeune homme parlait, la figure du père se déridait et reprenait sa placidité habituelle.—Firmin ! mon ami ! tu me dis toute la vérité, n’est ce pas?Tu me jures que.Il ne put achever, les pn rôles expirèrent.—Oh ! mon père exclama l’enfant avec une dignité qui est l’apanage des cœurs honnêtes ; oh ! mon père El deux grosses larmes s’échappèrent des ses yeux.—Je te crois, Firmin, dit le vieillard en attirant vers lui son fils et le couvrant do ses baisers; pardonne-moi, DE LECTURE PAROISSIAL.331 mon cher enfant.Notre misère était si grande, et le besoin est quelquefois un si perfide conseiller !.—Oui clier papa, peut-être pour d’autres que pour votre fils reprit Firmin : mais vos bons soins, vos sages conseils et surtout les exemples que vous m’avez toujours donnés me mettent à l’abri de latentalion de mal faire ; j’aimerais mieux mourir.—Bien, mon lils, bien 1 pense toujours ainsi, et sois assuré que Dieu n’abandonne jamais ceux qui vivent honnêtement et comptent sur sa bonté.Tu le vois, nous sommes un exemple de cette vérité.M.le Lambre, ainsi se nommait ce digne et honnête père, était un de ces hommes qui ne l’ont jamais bon marché de la vertu.Descendant d’une honorable famille, il avait gardé dans son cœur toutes les saintes traditions du foyer, Peu fortuné, il vivait d’une place remplie avec zèle, quand vint la Révolution de 1830, qui lui lit perdre son emploi, unique ressource, pour lui et son lils Firmin, seul fruit d’une union trop tôt brisée par la mort de sa compagne dévouée.Se voyant sans moyens d’existence, il avait mis à profit un petit talent qu’il possédait, à peindre des écrans pour vivre et continuer l’éducation de son lils, qui semblait avoir un goût prononcé pour le grand art de la peinture.Mais la maladie et les événements de juin 1832, avaient encore dérangé scs projets et renversé ses espérances.Depuis plusieurs jours la plus allreusc misère régnait dans sa demeure, lorsque la Providence vint, comme nous l’avons raconté, glisser un rayon de soleil dans la vie de ces infortunés.Avec l’aisance la santé revint, et avec la santé le travail, dont le produit ramena l’abondance au foyer.Firmin avait une vocation prononcée pour tout ce qui était dessin et peinture.Aussi son père n’avait rien négligé pour lui faire donner toutes les leçons nécessaires afin de le pousser dans cette carrière ; le jeune homme, plein d’ardeur à l’étude,avait lait de tels progrès que, bien jeune encore il avait été jugé digne de concourir pour le grand prix de.Rome, qu’il remporta en effet, avec tous les suffrages de ses concurrents.Mais, hélas! pendant que l’artiste laborieux préludait aune brillante renommée, la mort lui ravit son père, et jeta sur sa vie la plus grande tristesse.Revenu de Rome avec une éclatante réputation, Firmin resta sombre et renfermé en lui-mème; la tombe de son père où il allait souvent prier, était le seul endroit où il trouva quelque soulagement à son chagrin.Une pensée s’empare de son esprit ; >aus cesse il avait rêvé à la mystérieuse inconnue qui l’avait assisté dans un moment si opportun.Il avait conservé religieusement la bourse et le mouchoir sur lequel deux lettres s entrelaçaient.Bien qu’il fût honoré1, devenu riche, accueilli par toutes les célébrités qui admiraient son génie et son noble caractère, l’idée de ne pouvoir prouver sa reconnaissance à sa bienfaitrice le rendait malheureux Franchissant un espace assez long, nous nous trouvons en 1849, dix-sept ans se sont écoules sans que l'irmin ait pu découvrir l’ange généreux qui l’a secouru.Un jour qu’il avait été rendre une pieuse visite a la tombe de son père, il rentra plus pensif encore que de coutume.Il réfléchit bien longtemps, puis enlui sembla avoir pris une grande détermination.Son atelier m'1 ' s lors clos pour tout le monde, et il V restait enferme 1i-puisle lever du soleil jusqu’a ce que la nuit vint I en chasser.Il sortait alors, fermant sa porte avec Quatre mois se passèrent sans que l’artiste se rel.i ia de sa solitude et de son isolement.Bien souvent il sortait plus sombre et plus taciturne, comme si l’œuvre qu’il avait entreprise n’arrivait pas à la hauteur de ses espérances.Enfin, le moment de l’exposition fut annoncé ; un jour, pour la première fois depuis bien longtemps, on vit l’artiste avec un air de satisfaction sur la , ligure ; son tableau était achevé.Le jour de l’ouverture de l’exposition, le peintre, plus matinal que le public, s’était empressé de se rendre au Musée.La foule se presse bientôt dans toutes les galeries, mais elle s’arrêtait surtout devant une grande toile qui avait obtenu les honneurs du Salon-Carré.Le Tableau qui attirait tous les regards était plein de vie, de couleur cl de vérité ; c’était un véritable chef-d’œuvre.Il représentait une vue de la rue Bourg-l’Abbé, le soir, déserté, avec ses flaques d’eau et ses pavés encore entassés les uns sur les autres.A la clarté d’une lumière accidentelle qui partait d’une fenêtre, dont les carreaux étaient à moitié brisés, on distinguait un jeune garçon, à la mine hâve et fatigué, qui pleurait agenouillé contre une borne ; une bourse venait d’être déposée sur ses genoux.A quelque pas plus loin, un mouchoir de batiste se voyait sur le trottoir, montrant deux lettres, entrelacées ; puis, au loin, dans l’ombre vaporeuse de la nuit, une blanche apparition disparaissait, glissant comme 1111 sylphe.L’enfant, la bourse, le mouchoir et surtout les chiffres étaient rendus avec un tel talent qu’il était impossible de 11e pas s’arrêter devant cc tableau.Au livret on lisait : “ Témoignage de reconnaissance d’un pauvre enfant devenu homme, envers un ange inconnu.” Tous les yeux sc portaient sur ce tableau, toutes les bouches en faisaient l’éloge; mais chacun se retirait sans supposer toute l’importance que l’artiste attachait à son œuvre, et sans faire attention a un inconnu, la ligure enveloppée d’une épaisse cravate qui lui cachait une partie du visage, examinant tous clmix qui s’arrêtaient devant celte toile.Pendant dix jours l’étrange observateur arriva le premier et sortit le dernier du Musée.Chaque jour le voyait s’en aller triste et découragé.Enfin le onzième jour il arriva plus matinal et plus sombre encore que de coutume.Il y avait plus cl une heure qu’il était à son poste, le regard fixé sur ceux qui entraient, lorsqu’il vit s’avancer, silencieuses et modestes, deux Dames dont la mise annonçait sinon la misère, du moins une grande pauvreté ! Et cependant un air de grandeur et de noble fierté les faisait remarquer tout d’abord : l’une de ces femmes paraissait plus âgée que son âge ; l’autre, bien jeune, semblait atteinte d’une maladie de langueur qui donnaità sa physionomie un caractère de mystérieuse souflrance.Ces deux Dames examinaient avec 1111 certain bonheur tous les chefs-d’œuvre qui les environnaient lorsque tout a coup la jeune personne poussa une exclamation : -Maman, dit-elle, voyez! et elle indiquait du doigt le tableau où était si bien rendu l’épisode de la rue Bourg-l’Abbé.Sa mère jeta les yeux sur la toile que lui indiquait sa fille, et l’examina avec •une vive attention; puis elle resta absorbée, comme si elle cherchait dans son passe quelque chose qui lui rappelât la scène qu’elle avait devant les yeux.Sa main pressa son front ; peu à peu ses idées semblèrent jaillir d’une source qui paraissait épui- 332 L’ÉCIIO DU CAD INET.séc.L'n léger sourire effleura scs I livre s, et deux larmes mouillèrent ses deux cils ; elle se rappelait tout.Maman, dit encore la jeune fille en lui présentant le j livret, lisez.La pauvre Dame essaya do lire à travers le bouillard qui obscurcissait ses yeux, mais inutilement.La jeune personne s’aperçut alors île l’émotion qu’éprouvait sa mère.Qu’avez-vous donc, Maman, ' vous paraissez tout émue?—Que veux-tu chère enfant, eut à peine la force de réponde la vieille Dame : ce tableau ine parait admirablement peint, et sans doute c’est, l’œuvre de quelque grand artiste.—Oui, Maman, ce tableau est un vrai chef-d’œuvre ; mais le chiffre qui se trouve dans cette peinture, c’est le vôtre; ce mouchoir, il vous en reste de semblables, vous m’avez dit l’avoir perdu un soir on allant chercher de mes nouvelles.Comment se fait-il.Chut ! fit la mère en posant un doigt sur ses lèvres décolorées; Allons-nous en, ma fille, je me sens fatiguée, et au regret que j’ai de ne pouvoir aller plus loin, se joint celui de ne pouvoir acheter ce tableau pour être utile à l’artiste qui tl’a exposé.La demoiselle, obéissante comme le sont toutes les jeunes filles pieuses et bien.élevéés, reprit le bras de sa mère sans faire d’autres objections ; elles sortirent du salon.L’artiste avait tout vu, tout entendu ; il lui avait fallu en ce moment sa respectueuse admiration pour ne pas tomber aux pieds de la grande et noble infortunée qui avait la généreuse pudeur de cacher un bienfait et une noble action avec la délicatesse qu’on ne rencontre que dans les âmes bien nées.Certain d’ètre sur la voie de celle qu’il cherchait depuis si longtemps, le peintre, dont le cœur s’épanouissait de bonheur, suivit les deux Dames avec la plus grande précaution ; il les vit traverser le pont des tSaints-Pvres, et entrer dans la rue du même nom.Arrivées à une maison de modeste apparence, elles entrèrent et disparurent.l’irmin fut bientôt chez le concierge, qui lui apprit que Madame de X.était depuis une année locataire dans cette maison, qu’elle habitait une petite pièce au cinquième avec sa fille, et que ces Dames vivaient du travail de leurs mains.—Mais, dit Firmin, comment se fait-il qu’elles soient réduites à cette extrémité?Elles ont du être riches.—Il est vrai, dit le concierge, Madame de X.était mariée à un liant fonctionnaire sous Louis-Philippe ; mais il est mort peu après la Révolution, et ces Dames se trouvent réduites à cet état de gêne, parce que M.de \ n’a rien amassé, comptant sur des héritages qui ne sont pas encore venus.Le peintre se retira en remerciant le concierge, et en bénissant l’heureuse idée qu’il avait eue.Le lendemain, le tableau qui avait attiré tant de regards au salon n’v l'tait plus.L’artiste l’avait fait transporter chez lui.Il le fait couvrir d’un grand voile, prend ensuite cinquante mille francs de ses économies en billets de banque, dont il fait un paquet qu’il remet entre les mains d’un ami dévoué, auquel il donne ses instructions.C’était jour de tristesse dans la pauvre mansarde ; le travail avait manqué, les provisions étaient épuisées, et point d’autre secours a attendre que l’assislance du Tout-Puissant.Mais cette protection divine, qui ne manque pourtant jamais a l’appel de la vertu indigente, n’apparaissait point encore.Les deux nobles créatures étaient en prière lorsqu’on frappe à la porto ; la jeune fille ouvre et est fort surprise de voir un Monsieur respectable, suivi [d’un commissionnaire.—N’est-ce pas ici la demeure de Madame de X.-demande le visiteur.-Oui, Monsieur, c’est ici, dit la jeune fille toute interdite, et voici tua mère qui vous répondra, si vous voulez bien entrer.—Quel motif, Monsieur me procure l’honneur de votre visite ?dit Madame de \ .—I ne chose fort simple, Madame, mais très-importante pour un de mes amis, dont je suis le mandataire.Et aussitôt, ouvrant un écrin, il met sous les yeux de Madame de X.la bourse et le mouchoir si bien représentés sur le tableau et religieusement conservés par Firmin.Pourriez-vous me dire, Madame, si ces objets ne vous ont point appartenu ?Madame de X.hésite un instant; mais, comme tous les cœurs honnêtes, elle est entraînée par la vérité.—Oui, Monsieur, dit-elle, ces objets ont été à moi : un soir je donnai cette bourse à un pauvre enfant qui pleurait et, je perdis le mouchoir.—Merci, Madame, dit l’atni du peintre, je vous suis bien reconnaissant du noble empressement que vous mettez à satisfaire ma demande.Je suis chargé de remporter ces sainfcs-reliques, et de vous prier d’accepter en échange ce petit paquet et ce tableau.Pardonnez-moi si je ne reste pas plus longtemps, mais j’ai une anxieuse et bien légitime curiosité ù satisfaire.Adieu, Madame, adieu, Mademoiselle.Le petit paquet étant déposé entre les mains de Madame de X.l’étranger partit avec le commissionnaire.La mère et l’enfant se regardaient—doutant si elles étaient bien éveillées.Enfin la jeune fille fait tomber le voile qui recouvrait le tableau.Quel ne lut pas leur étonnement en reconnaissant l’œuvre qui les avait frappées à l’exposition.Madame de X.brise l’envelopnc du paquet qu’elle tenait dans ses mains tremblantes, et aussitôt cinquante billets de mille francs tombent sur ses genoux avec une lettre.Les deux Dames passent de l’étonnement à la stupéfaction.Mais enfin, Madame de X.reprenant son calme lut la lettre, qui était ainsi conçue : - “ Madame, pendant dix-sept ans, j’ai cherché l’ange protecteur de mon vieux père et de ma jeunesse, sans être assez heureux pour le découvrir.Une idée m’a été inspirée par celui qui récompense toutes les belles actions; cette idée m’a réussi.Je vous crois trop grande et trop généreuse pour ne pas m’accorder la seule laveur que j’ambitionne : reprenez, non votre nwit-i lioir, non votre bourse, précieuses reliques que je veux iconserver, niais l’orque vous m’avez si généreusement donné, grossi des intérêts.Ce n’est point un don que je vous lais, c’est une restitution que vous ne pouvez re-fuscr et qui ne me gène en rien, Dieu ayant béni mon travail.Soyez assez bonne pour m’accorder l’honneur de me présenter chez vous pour venir vous remercier moi-méme et vous faire connaître toute la gratitude dont mon cœur est pleinpour vous.” Madame de X.reste un instant pensive.—Eli bien.Maman, dit la jeune lille ! —Eh bien! mon enfant,j’accepte, dit Madame de X— avec un visage plein de majesté.Il y a trop de grandeur et de noblesse dans ce procédé pour refuser.Remercions Dieu, ma fille, en attendant que nous fassions connaître au cour généreux qui sait «i bien prnti- DE LECTURE PAROISSIAL.333 quer lu reconnaissance, combien nous sommes touchées île sa conduite.Finnin se présenta bientôt ; il lut rreu comme il le méritait, et devint l’ami de Madame de X ci de sa .le savais, a dit M.Masseras, qu’en ma qualité de Français, je serais bien accueilli au milieu de vous, mais tant de inains se sont tendues vers moi depuis mon arrivée à Montréal, tant de sympathies m’ont été manifestées que l’accueil a encore surpassé bonne el dévouée enfant.La fortune qui avait été un !non alle|,|c- -f’en suis fier, non pour moi, mais pour la cause du instant -i peu gracieuse pour l’excellente mère revint j°llrilahsine Français, pour mon pays.Ce n’est pis à moi surtout, enfin habiter son foyer pour ne plus s’en aller.à la ,^î)"ce I"' esl derrière moi, c’est à la cause que je dé- A.I’ehri.v Lee!urc île M.Masseras, a l'Iiistllul ( anailleii-r rainais.(Kxtrait de VOriln.tends que s’adressent vos sympathies.Je crains, Mesdames, de vous ennuyer pai l'aridité des questions dont je vais parler, mais je vous prie d’attribuer l’ennui que vous pourriez éprouver, non au soldat, niais à la bataille.Ces excuses étaient superflues et la ' brillante parole de l’orateur a su leur faire suivre avec un vif intérêt tous les développements de sa pensée.L’orateur a divisé son discours en trois parties : la première, comprend l’histoire des causes qui ont amené ci ttu crise, depuis Lu premicie lecture de M.Masseras a obtenu un très- leur origine jusqu’en novembre 1859; la deuxième, l’historique grand succès auprès de I auditoire nombreux et distin j des faits qui se sont passés depuis cette époque jusqu’à nos jours ; gué que sa liante réputation avait réuni dans la salle de et la troisième, les conséquences de ce grand mouvement, soit qu’il i’Iristilut-C'anadien-Français.L’attente était vive, elle a ! réussisse ou qu'il soit comprimé par les armes du Nord, été dépassée.Le succès n’a fait que croître avec les La première partie seule a été le sujet de la lecture de jeudi sympathies, du commencement à la lin, el nous ne sau- tlei'n‘er- rions dire quelle partie de la lecture a été la plus vive- u crise *lm dédlire les K"1 • 8 des causes si inu,til,l«s>si di‘ ment appréciée, ni laq.u Ile h méritait le plus, tant l’i0- i ver“s p' M,lloinla,'î' ;: vou'o.r en prendre I historique au mo- spitation ,1e l’orateur a rte soutenue e.heure,, e, tan.L, | “,e,,t “ Ie a e.c aléf’ exposer a por er des jugements .|, ., ,.erronés, rai arrière des évenemenls actuels, il y a eu une accu- '‘‘I '"‘n 1 ' ,u" )lu,l(: •' 1 ll' continue, complété.M.; umlatio» progressive de causes de toutes sortes dont la connais- M.issei.is nous a tenu pendant près de deux heures sous ,;lnCp est indispensable, non pas seulement pour apprécier les faits, li' charnu?de sa parole, et nous n’avons jamais vu un i mais même simplement pour les comprendre.C’est donc par un orateur plus sympathique a son auditoire el un auditoire | coup-d’oeil rétrospectif de ces causes que l’orateur commence, plus sympathique à l’orateur.M.Masseras est 1111 causeur spirituel, ingénieux, éloquent, ennemi de toute exagération dans le langage connue dans la pensée.CYsi avant tout tin esprit juste, Klles se divisent, selon lui, en deux catégories, les unes généra" le- 1 (montant à l'origine même de la Confédération,et développée de période 111 période par les fautes communes à la nation améri* raine toute entière; les autres, à la fois plus particulières et plus II lie cherche pas l'elle t oratoire dans le bruit de la phrase, j immédiates, se rattachent directement aux épisodes qui ont marqué mais dans la justesse de l’idée.II serait de ces penseurs héroïques qui savent sacrifier une belle phrase à une bonne idée, s’il ne conciliait tout, en unissant le bonheur île l’expression à la justesse de la pensée.C’est eu homme politique que M.Masseras a étudié les F.iats-l nis et (ju’il en parle.Il ne s’arrête pas à la surlace di s questions, il les creuse et va saisir, dans le pêle-mêle des idées incohérentes el des faits passagers, l’id dernières année Le chapi're du passé doit remonter jusqu’à la fondation même de la Képnblique Américaine.Le germe de ce que nous voyons aujourd’hui, se trouve dans la constitution même des K.-Tj, On s'est habitué, dans ces derniers temps, à considérer cette constitution, comme une œuvre parfaite; mais ceux-là mêni ¦ qui en furent les auteurs ne pensaient pas ainsi.Franklin disait en pleine convention : “ -le consens à cette constitution, parce que je n’en puis .r .¦ • 1 , , .I pas espérer une meilleure." Uejplus éminents écrivains politiques el le lait principal, les ramené ,i la surlaee et les met en ^ |(Mnj)S |a qualifient de tenhtive expérimentale ; ils auraient pu qualités opposées (;|1(.lire hljel,x |a qualifier de transaction forcée.L'1'nion peut se comparer à un de ces mariages de convenance, vive lumière.II a précisément les aux défauts qu’il reproche aux Américains.II analyse 11 il généralise.Son esp it ne se perd pas dans le cou- ; (,omme j| v en ;l |an| ailleurs ei si peu ici, ajoute M.Massaras, où rant liouble des événements, il les domine, les assemble |.fm se (|e conclure une alliance souvent mal assortie à laquelle et leur donne leur signification collective • Il saisit le 1 m, est décidé quand même, et san« s’occuper des différences de rôle historique des événements secondaires, que le xul-i caiaotère qui éclateront certainement plus tard."•lire oublie, cl leur assigne leur vraie place : il a des ! [_a ()ive,sit6 des intérêts en présence, et la (liiliculié de les con- vtles d’ensemble d’une puissante originalité, cl l'observa- cilipc, éclataient dès lors avec une telle force que Washington ¦ion piquante des détails.L’Ilistoire politique des F.tat-I uis s’est trouvée -nlii-toinent illuminée devant l’auditoire, et les causes près- exprimait son étoiiuement de ce qu’on eût pu parvenir à s'entendre.Voici ses paroles: “ C’est pour moi, presqn’un miracle que les délégués de tant d’Ktats, différant entre eux par leurs ilia- que ignorées de la dise actuelle ont frappé toutes les i niêres, leur situation et leurs idées, soient parvenus # sen-l'Cnsécs.Dans ce tableau saisissant, nous avons rctron-tendre pour former un système de gouvernement national." vé bien des irait* de notre physionomie politique, et; Washington n'était peut-être pas en droit de s’étonner autant, nous avons recueilli plus d’une critique indirecte.Kn.oar l’ontentè laissait subsister toutes ces différences dont ,1 parlait, parlant des K,(\ sans le vouloir, l’orateur a quelque- KHe ne les conc, .ait même pas, elle «e contentait de les pallier ; , , • « « f , , , 11M ,1/.».• ! es causes de discorde intérieure restaient toutes entières.Les r ‘‘c nous.M.Masseras n es, pas un d 11.t e , ^ (|e |# Constj,u(io|1 n,élaicnt pM (|iU15 ce qui 5> (rouvail_ ' ' s L.-l .Il se place a un point de vm 11np.11 1 • |' j m;ljs bien d#ns ce qui ne s’y trouvait pas.On avait fini par passer es juger, et il reconnaît Ictus qualités cmnme ' u 1 - * 1 u(|s s;|encc (0Ut Ce qui était tmp difficile à formuler ; mais taire V oici une pille analyse de cette brillante cause- L jj(yjcu|(és n’est pas les résoudre.r|e politique : , Ces difficultés étaient loin de se résumer, comme on l’a trop Le début de M Massaras a été très heureux.11 ;i lépmidu pensé depuis, dans la seule question de l’esclavage.Celle-ci n’é-esprit e, émotion aux quelques paroles par lesquelles le l’ie- :, ,it que la plus tangible, nui,s non a plus essentielle ?elle est résident de l’Institut l’hon M T ! I.L,oranger.l’avait présenté tco constamment, depuis ors.la plus visible, mais elle n a été, la i l’auflitnii e » ’ ¦ J I p|upart du temps, que l’expre'sion saisissable de I antagonisme 334 L’ECIIO DU CABINET DE LECTURE PAROISSIAL.économique, social et inêilie religieux, qui résultait fatalement de la géographie, des traditions, et des origines même des races ainsi rapprochées, mais non fondues.Pour avoir cru à une fusion complète, il tant avoir perdu de vue la manière dont s’étaient peuplées les diverses colonies.Dans la'Nouvelle-Àngletetre, les austères puritains, avec leurs tendances envahissantes, leur âpreté au travail, leurs mœurs rudes et intolérantes, leur tyrannie religieuse.En Virginie et dans les Carolines, les brillants cavaliers, la noblesse anglaise, avac sa fierté aristocratique, ses mœurs faciles, ses instincts de grandeur.D'un côté, des hommes pour qui la liberté individuelle n'était rien et la liberté sociale un vain mot, pourvu qu’ils eussent l’indépendance politique.De l'autre, des hommes au contraire, tout prêts à faire bon marché de l’indépendance pol tique, pourvu qu'ils eussent la liberté de leur existence et de leurs allures.Des observateurs superficiels ont cru devoir rendre l’esclavage responsable des idées et de l'organisation aristocratique du Sud.En parcourant l’histoire, en voit que les idées respectives des deux , section- avaient été comme importées toutes faites d’Europe.Il était clair que, y eut-il esclavage ou non, ce» deux sociétés, -i distinctes, devaieui marcher dans deux voies qui s'écartaient de plus en plus l’une de l’autre.Les descendants de l’ancienne aristocratie foncière britannique devaient viser à vivre des produits du sol.Les infatigables fils du puritanisme plébéien devaient créer industrie sur industrie.De là devaient s’ajouter aux autres causes d^- lutte le protectionisine et le libre échange.Il y aurait ici, dit l’Oratenr, une digression a faire, ce serait d’examiner par quels decrets mystérieux de la Providence, ces deux races avaient été conduites, précisément, sous le» climats qui leur convenaient.Les autocrates vers le climat du Sud, les puritains vers les âpres cieux du Nord.L’avenir devait développer encore cet antagonisme par l’infu-s on du sang français, par l’annexion de la Louisianne, et l’infusion du sang espagnol, par l'annexion de U Floride ; tandis que le Nord continuait à demander son développement à l émigration anglo-saxonne.Cet antagonisme se formulait encore par les ditïérences reli gieuses, catholicisme et anglicanisme au Sud, presbytérianisme et méthodisme au Nord ; par les différences d’éducation, libérale au Sud, pratique au Nord.Les hommes du Sud ont surtout les aptitudes politiques ; c’est du Sud que sont sortis les plus grands hommes d’Etat, les meilleurs officiers de l’année fédérale.Les hommes du Nord, au contraire, dédaignent le sol, visent aux lur-tunes rapides, et méprisent l’homme du Sud dont le caractère brillant et chevaleresque lui est antipathique, et qu’ils représentent comme dissolu et livié à tous les vices.Cette lutte qui devait sans cesse aller grandissant se dessina i/ suite, et il est tellement inexact d en attribuer les causes a l’escla-vagage, qu’elle débuta, sur in terrain tout autre.Il y a même un phénomène, peu connu, à constater, lia Nouvelle-Anglt ti'rre s’était bien dèbarrassee de l’esclavage, mai- elle continuait a faire la traite de- noirs et en avait le monopole.Le Sud, dont l’agriculture n’avait pas pris le- développements qu’elle a aujourd’hui, trouvait un médiocre prolit a l’accroissement de scs esclave-.Il en faisait principalement des domestiques.La con-tilution avait lise à l’année 1808, l’extinction de la traite.La .Nouvelle-Angleterre voulait prolonger ce terme, le Sud, au contraire,eut voulu le rapprocher.Delà, une lutte qui agita très vivement la .remière période de la présidence de Jefferson, et faillit empêcher l’acquisition de la Louisianne en IS03.l’Ius encore, il y avait dans le Sud des sociétés dVinaucipilion dont le rentre était à Charle-ton ! Ce n’est donc pas, sur la question de l’esclavage, mais sur celle des pouvoirs du gouvernement central que s’engagea la lutte.Dès le lendemain de la Constitution surgissaient les fédéralistes et les anti-fédéralistes.Plus tard, les uns devaient prendre le titre de wbigs, les autres celui de démocrates ; puis les whigs devaient ensuite se métamorphoser en républicains.Mais sous ces diverses transformations, on retrouve toujours la même lutte, dé- centralisation au Sud, et centralisation dans la Nouvelle-AiHe.terre.(/I Continuer.) puni.icA'rioNs canadiennes.— Nous voyons avec plaisir (inc MM.J.B.Kolland et Fils font de grands efforts, en ce moment, pour réunir dans leur librairie toutes nos publications canadiennes.Cette collection de nos ouvrages est d’un bien grand intérêt pour tous , les Canadiens.On ne saurait trop se hâter de s’assurer d’un exemplaire de chacun des livres publiés en ce pays.Le nombre en est malheureusement très limité; ' mais pour l’augmenter, donnons de l’encouragement à ceux qui ont pris l’initiative dans l’histoire et la littérature du Canada.Jtifolloaxapliit1.Le Conseiller du Peuple, ou conseils adressés aux Canadiens-Français, par un Compatriote.— 1 vol.in 1», br., 25ets.Charles Cluérin, roman de mœurs canadiennes ; par P.J.0.Chauvcau.I vol.in 8vo, relié, $1.00.Cérémonies Funèbres dans les cathédrales du Bas-Canada, en l’honneur des glorieux défenseurs du Saint-Siège tombés en résistant à l’invasion piémontaise, en septembre 18G0, avec les discours prononcés, à cette occasion, par M.L.Laflèche, V.-G., supérieur du Séminaire de Xicolct, et pur M.Isaac Desaulniers, prêtre, membre du Collège de Saint-Hyacinthe, etc.Brochure in Svo de 80 pages, tocts.Questions Générales sur l'Agriculture, à l’usage îles écoles, par J.M.Paquin, M.D., in-Svo de 22 p., I.icts, Manuel Elémentaire et Pratiipie île l'Art Agricole, ou notions pratiques sur l’agriculture ; par un membre du clergé canadien, in de 38 pages, 13ctg.Notes Historiques sur la Colonie Canadienne de Détroit, (lecture prononcée par M.Rameau à Windsor, H.-C.), grand in-18 de 68 pages, 13ets.Mémorial de l'Education du Bas-Canada, on exposé des principaux faits qui ont en lieu relativement à l’éducation, depuis 1615 jusqu’il 1855, inclusivement; par J.B.Meilleur, ex-surintendant de l’instruction publique pour le Bas-Canada.I vol.in-12, br., 50cts.Il dation du voyage de son altesse royale le prince de Galles en Amérique, reproduite du “Journal de l’Instruction Publique du Bas-Canada,” avec un appendice contenant diverses adresses, correspondances, etc.; beau vol.illustré, format in-8vo., cartonnage élégant, £1.1*1.— Question religieuse résolue par les faits ou île la certitude en matière de religion, par V.Descliamps, 2 vol., in-12, bro., $1 25.— L’Immaculée Conception de la Bienheureuse \ large Marie, considérée commi dogme de foi, par Mgr.J.li.Maloti, Evêque de Bruges, t vol., in-8, bro., §2 **''¦ — Des Passions dans leurs rapports avec la religion, la philosophie, l;i phisiologie et la médecine légale, par P.Belomieo, 2 vol., in-8, bro.,2 50.1)' /Vil - ii oit Jihité Stiifcal, 4, Riu St.ini.mt •
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