L'Echo du Cabinet de lecture paroissial de Montréal., 1 mars 1861, samedi 23 mars 1861
L’ECHO DU Cabinet de Lecture Paroissial.Vol.III.Montréal, (Bas-Canada) 23 Mars 1861.No.11.SOMMAI II!?: Poésie.—Le Christ et la Croix.—Chronique.— Discours sur la Tempérance, pur I).Songeai, écnier, avocat.— Grandes époques de l'Histoire Franco : Victoire il» B«iurin«:.—Hulletin biblio-graphique.— Mort du Ilévd.Alcttire F Tremblay et du RévU.Mesairc Henri Dionne.—Population «les Capitules des Etats d’Ku-rope.—Emigration pour les Btats-Uni* en 1858 et 1859.POE SI V).I,K CHRIST ET CHOIX S'e fallait-il p is que le Christ ;oufFrit, f t (jiril entrât par cette voie dans la gloire?—ESrnng.St.li’ie, c.21.v.'je.Sur ce rocher sanglant 411c la mort environne, Qu’un nrbro de supplice en ce moment couronne, 0 Christ, ô Rédempteur, est-ce vous que je vois, Immolé lâchement par les sbires du crime, OlTrant à l’Eternel 1 holocauste sublime Sur l’autel de la Croix ! La souffrance met fin â vos longues ularmes ; Vos veux se sont éteints sous des ruisseaux do larmes j Votre front a plié sous le poids de la mort ; Le Seigneur a sur vous épuisé sa colère, Et ce 1 lieu 11e voit plus s;;r le front du Calvaire, Que le Juste qui dort.Autour de votre Croix, les Anges, en silence, \ iennent, dans son trépas, vénérer l’innocence, Et gémir sur les maux de cet Homme divin, Qui, durant tout le cours de sa mortelle vi .A vu l'impiété, l’injustice et l’envie, Debout sur son chemin.Dans les élans sacrés d’une douleur profonde, Ils embrassent les pieds du Rédempteur du monde, Que l'amour a cloués sur un infâme bois ; Au milieu d’eux je vois la céleste Espérance, Présentant aux mortels, frappés par la souffrance, f^e Christ mort sur la Choix.Dés lors, l’humanite vénéra le Calvaire ; liés lor.s, tout ee qui soutire et pleure sur la terre Tourna ses yeux,son cœur, vers la Croix du Sauveur ; La peine, la vertu, les âmes magnanimes, l.a prière elle-même, en ses transports sublimes Y chercha le bonheur.Dès lors, lu Vérité la prit pour son égidu ; Dès lors, le malheureux et l’orphelin timide Heprirent ces droits saints dont 011 avait douté.L’iniquité, vaincue et renversée à terre, Lut gravés dont le sang qui teignit le Calvaire, Amour et liberté.Devant elle aujourd’hui le monde s’humilie, Car son culte n’est plus celui de la folie, L’impie et l'orgueilleux n’osent plus l’outrager.De tout ce qui naît grand elle reçoit l’hommage, Pour symbole d’honneur on trouve son image Sur le cœur du guerrier.Quand les rois étrangers menacent la patrie, Aussitôt à ses pieds, la France s’arme et prie ; D’un seul bond se relève, et son terrible bras Va de ses ennemis briser la tête altière, Et puis, elle offre à Dieu ces bronzes de la guerre Conquis dans les combats.La mère, avec respect, l’olïre aux yeux de l’enfance Pour mieux sauvegarder sa fragile innocence.• Le père vertueux la présente à son fils ; Il sait que la raison, que partout on renomme, N’est qu’un leurre, et qu’il faut pour guider le jeune 1 ’amour du Crucifix.[homme La Croix est le mentor de la nature entière, Car elle explique tout, môme notre misère ; Sa divine sagesse an vrai talent suffit ; Les trônes et les lois reposent tous sur elle.C’est de la société corruptible et mortelle La base de granit.Celui dont le trépas va fermer la paupière, La baise avec amour à son heure dernière ; i C’est elle qui reçoit notre dernier soupir, Et teinte encor du sang de l'auguste Victime, Elle offre le pardon à la douleur sublime Qu’on nomme repentir.Le Chrétien qui, près d’elle, affronte les alarmes, Dans ses nombreux tourments éprouve encor îles char-Qimnd 011 l a sur le cœur 011 11e saurait pleur-r, [mes ; A moins que ce ne soient ces pleurs que l’espérance Fait couler quelquefois dans un bonheur immense Qu’on ne peut supporter.0 Chkist! et c'est ainsi qu’en mourant pour le inonde, Vous nous avez acquis dans la douleur profonde, Un remède divin, le seul fait pour le ctcur ; Que pour perpétuer le sanglant sacrifice, Vous nous avez donné contre votre justice Un puissant proteoteur ! Soyez béni, Seigneur, de tous tant que nous sommes, Pour avoir bien voulu tant souffrir pour les hommes ; Pour leur avoir laissé ce mémorial d’amour, Pour attendrir les cirurs et dissiper les haines, Pour bénir leurs travaux, leurs soupirs et leurs pe nes, Leurs pleurs de chaque jour ! 90 L’ÉCHO O Crois ! qu’en expirant embrassait mon vieux père, Connue un nouveau soleil brillez sur ma carrière ; De la charité sainte entretenez le feu ; Et si je dois un jour languir clans lu misère, O Choix, retracez-moi l’image du Calvaihë Et.k-s douleurs d’un l)ieti ! F.13.111 IIU X l (} l E.SOMSIMRK —De la réaction.—Un mot du Souverain Pomil'e.—Vu,-.irtr.Dus ilht.—Lu Si.Michel.—Lu St.Joàt*p!i 1*^ St.l’uiricc.I/Union de Prières.Les dernières nouvelles que nous recevons d’Europe ont, sous tous les rapports, le caractère le plus déplorable.D’une part, les combattants du droit des Souverains -e sont vus abandonnés, trahis et livrés, ;i Gaëte comme ils l’avaient été à Custeltidardo et a Ancône, et en mémo temps ceux «pii ponv.iient si puissamment pur leur attitude arréier les suites de lotîtes ces catastophes restent inac tifs, ou se soumettent aveuglément à la loi des événements.Que d’honnêtes gens en France, puissants et influents, que les suites de la révolution de 1848, avaient éclairé, et fait sortir de leur indifférence et de leur oubli des droits religieux, et qui depuis ce temps là sont retombés dans I inintelligence des conditions indispensables de l;t société ! Vers 1850, ils s’étaient prononcés ouvertement pour ia di¦ us- des droits du Souverain Pontife, pour les mesures les plus favorables au triompl, • de la morale et de la Religion, et dans ce moment ifs abandonner ces droits qu’ils avaient voulu sauver, et compromettent toute la tranquillité de l’ordre moral qu’ils avaier' voulu consolider.Vers ce temps, la tempête révolutionnaire était déchaînée sur leurs têtes, ils se voyaient menacés dans lotit ce qu’ils avaient de plus cl.or, leur existence, l’avenir de leurs enfants, la gloire du pays qu'ils aimaient; et ils jeltaient comme à ia mer toutes les vieilles rancune* du passé, les anciennes préventions et les préjugés, légués par un demi-siècle d’anarchie et d’indifférence religieuses.Mais depuis quelques années, le calme a lepris dans le monde, le ciel leur semble plus pur, rien ne paraît plus menacer les intérêts de leur gloire ni leurs trésors; et dès lors pourquoi garder tant de précautions ; pourquoi donner tant d’armes an bien, pourquoi faire la pari si large à l’œuvre de Dieu ?lis se croient tranquilles, à l’abri de toute- menaces ; le peuple ne réclame plus rien ; on ne demande p|n> |e partage des biens; les terribles prédicateurs du communisme sont rentrés dans le silence, pourquoi s’in-qu.éter de l’avenir : Voilà, au moins jusqu’à un certain point, l’explication de l'indifférence d’un grand nombre ; nous pouvons CABINET penser {que les mêmes causes amèneront les mêmes effets.La société peut abandonner Dieu, mais Dieu l’abandonnera à son tour; qu’il est à souhaiter qu’elle n’oublie par ses plus chers intérêts, et qu’elle s’aperçoive avant que la ruine ou la spoliation arrive, où elle peut seule ment mettre sa confiance et son recours.Le Souverain Pontife, inaltérable au milieu île toutes ses épreuves, est ferme et confiant pour lui-même, en même temps qu’il s’inquiète pour le triste sort des nations qui ont la témérité de s’élever contre lui.Le mépris de iris droits, disait-il dans une dernière circonstance, ouvrt: lu brèche nu communisme.Que le' ciel nous donne la lumière et la sagesse avant l’onscignemeni de si terribles expériences ! Le communisme et le socialisme, c’est-à-dire l’avènement de l’état sauvage au milieu du XIXe Siècle nous replongerait dans toutes les horreurs de la barbarie dont le Christianisme nous a délivré*.El cependant c’est ce que p ut nous faire craindre le ! triomphe du parti révolutionnaire et de l’impiété.18-18 n’est pas si loin, pour qu’on ait déjà oublié les terreurs qui assiégeaient alors les nations de l’Kurupt-: les angoisses et et les inquiétudes qui dévoraient le.» honnêtes gens, les coeurs dévoïKw au bien de leur patrie.Ce qui est arrivé dans ce temps, le soulèvement de toutes I s mauvaist s pas-iou-, la prédication des doctrines les plus objecte.-, le pervertis.-! ment eu masse des populations laborieuses ; les cris de la niire et de lu convoitise d’une part, les cris de l’angoi-se «le l’autre, tout cela petit revenir avec les causes qui Pavaient amené, Nous avons retrouvé, ces jours-ci, un fragment in>]>iri par les fureurs de la révolution, il y a une dizaine d’années; il ne nous a pas paru inopportun de le publier ici; bêlas! dans le temps < ù nous sommes, l’histoire de la veille deviendrait celle du lendemain, si les yeux ne s’ouvraient pas à la lumière, à la vérité, au dan- r.o que nous nous faisons gloire d’espérer encore.Nous espérons que les événements prendront un cta.r-qui éloignera de nous de telles inquiétudes, mais n ¦ > savons que la société ne peut se sauver qu’en se ni'i tant sous la sauvegarde divine.Quand verrons-nous le commencement «l’un si heureux retour ! Dits ira, (lies ilia !!! (1) I.Où est une âme, ayant vécu jus(|u’ici trauquillene nf et dans la paix, contente (h1 son grand ou petit domaine qui n’ait été bouleversée par la tempête des dernier-temps ?Quelles angoisses se sont donc emparées de nous et ont fait éprouver à des sociétés entières, l’impression d’un séjour en enter! (1) Eilruit d'injournal Allemand, en 1849. DE LECTURE H.L’un a perdu une partie de son revenu et craint pour l’aulrc.Le grand seigneur devenu maître de manufacture, est inquiet du salaire élevé et du gain modique.L’ouvrier se décourage de ce qu’il faut toujours travailler avec effort comme auparavant, tandis que ses prophètes lui avaient prédit dos jour faciles, Le banquier tremble voyant la balance mal en équilibre, elle varie et s’agite et le changeur n’apercevant rien de lion, dans les yeux flamboyants du Prolétaire, enleve les pièces d’or de son étalage.L’aveugle convoitise pour l’or va.croissant, et ceux qui l’ont l’enfouissent, tandis que le papier-monnaie bruit I comme les plumes d’un Ange qui tombe.ML Ainsi donc à l’incrédulité à l’Eglise a succédé'l’incrédulité aux banques,aux bases de lu fortune publique: un crie, il est vrai, lu propriété est sacrée ! la propriété est sacrée1 vos livres, vos poèmes, vos drames, vos œuvres, vos paroles, vos conversations ont conspué la foi en Dieu, en son lils, en la rédemption ; de même ils ont avili le mariage, l’autorité, la vieillesse, la faiblesse, le respect dû à l’honneur du prochain, et que sert de dire maintenant : lu propriété 1 E .Clmcuii a tout moment me montre au bout du doigt.Le* mol lit* ia dernière: énigme vA précieuse.Dit /Ytin’i il air rfiluU d'Euùbc Sniécal, 1, Hue St.linn'/il, Montrfu!
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