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Titre :
La bibliothèque canadienne
De vocation historique, encyclopédique et littéraire, La Bibliothèque canadienne contient autant des articles de fond à teneur éducative que des textes littéraires contemporains. [...]

La Bibliothèque canadienne, ou miscellanées historiques, scientifiques, et littéraires est une revue mensuelle publiée à Montréal de 1825 à 1830. Chaque livraison offrait des textes de son fondateur, Michel Bibaud, des extraits d'oeuvres de divers auteurs et plusieurs rubriques (biographies, anecdotes, variétés, notices nécrologiques, etc.)

De vocation historique, littéraire et encyclopédique, La Bibliothèque canadienne contient autant des articles de fond à teneur éducative que des textes littéraires contemporains. Jacques Viger, premier maire de Montréal, y publie régulièrement Ma Saberdache, chronique d'observations et de retranscriptions historiques.

Michel Bibaud, dans La Bibliothèque canadienne, se fait tour à tour botaniste, géologue, zoologiste, agronome, physicien, économiste ou mathématicien. Toutes les sciences exactes ont de l'attrait pour lui. D'esprit patriotique, il est aussi passionné par l'histoire du Canada et par la littérature. En plus de poésies, de satires et de chansons, on trouve dans chaque numéro de la revue une tranche de l'Histoire du Canada dont l'ensemble sera publié en volume par Bibaud en 1837.

La principale préoccupation de Michel Bibaud est l'avancement des Canadiens dans les sciences, les arts et l'étude de l'histoire du Canada. Pour stimuler leur volonté, il les compare à la population anglophone.

Avant de publier La Bibliothèque canadienne, Michel Bibaud est cofondateur, avec Joseph-Victor Delorme, de L'Aurore (1817), puis, en juillet 1819, il est rédacteur pour Le Spectateur canadien. En octobre de cette même année, il devient aussi rédacteur pour le Courrier du Bas-Canada. À La Bibliothèque canadienne, il se voue à la propagation des arts et des sciences, mais pas à la politique. Pour permettre à son rédacteur de prendre part aux débats politiques houleux du tournant des années 1830, La Bibliothèque canadienne fait place à L'Observateur, un hebdomadaire qui sera publié pendant un an à partir de juillet 1830, dans lequel il poursuit la publication de son Histoire du Canada. Il fondera plus tard d'autres publications : Magasin du Bas-Canada (1832) et Encyclopédie canadienne (1842).

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1973, vol. I, p. 49-53.

« Les revues de Michel Bibaud », Bulletin des recherches historiques, vol. 13, no 5, 1907, p 156-159.

SICOTTE, Louis-Wilfrid, Michel Bibaud, Montréal, s. é., 1908, 30 p.

TOUSIGNANT, Claude, « Michel Bibaud : sa vie, son oeuvre et son combat politique », Recherches sociographiques, vol. 15, no 1, 1974, p. 21-30.

Éditeur :
  • Montréal :M. Bibaud,1825-1830
Contenu spécifique :
avril
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
deux fois par mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • Observateur
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Références

La bibliothèque canadienne, 1829-04, Collections de BAnQ.

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La Bibliothèque Canadienne.Tome VIII.AVRIL 1829.Numéro V.HISTOIRE DU CANADA.( CONTINUATION.) Le colonel Maux, commandant de la flotte anglaise, toucha, en s'en retournant, à Pescadoué et à Kaskebé, où sa nation avait des forts et des établissemens, et y apprit qu'on avait déjà commencé à faire des réjouissances à Boston pour la prise du Port Royal.Cette nouvelle l'obligea à rester à Kaskebé, d'où il écrivit au gouverneur général qu'il ne partirait point de ce poste qu'il n'eût reçu ses ordres ; qu'il le suppliait de ne lui point imputer l'irréussite de son expédition, laquelle n'était due qu'à la mauvaise volonté et à la désobéissance de son armée, qui s'était soulevée contre lui, ct avait refusé de livrer un assaut général.Le colonel Mark reçut en effet l'ordre de demeurer où il était, de ne laisser débarquer personne, et d'attendre les résolutions qui seraient prises dans le conseil, et dont on lui ferait part quand il en serait temps.Le gouverneur fit assembler en diligence les membres du parlement provincial, et leur représenta que l'honneur des armes anglaises serait flétri, si on ne se hâtait de réparer l'affront que le colonel Mark venait d'essuyer devant le Port-Royal.Il s'offrit d'y aller en personne, et assura qu'il périrait plutôt que de ne pas réduire l'Acadie sous l'obéissance de la reine.L'assemblée générale crut qu'il suffisait d'augmenter la flotte de trois gros navires, portant cinq ou six cents hommes de renfort à l'armée, et d'y faire embarquer trois de ses principaux membres avec le fils du gouverneur général.Elle confirma dans le commandement le colonel Mark, qui fut pourvu par avance du gouvernement de l'Acadie.Les préparatifs de cette nouvelle expédition se firent avec une diligence qui répondait aux espérances qu'on en avait conçues; et le 30 Août, la flotte anglaise parut dahs le bassin, vers les 10 heures du matin.A deux heures de l'après-midi, elle était mouillée, rangée en bel ordre, hors de la portée des bombes.Une appaiition si soudaine et si peu attendue jeVta la Tome VIII.— N - .V.T lô£ Histoire du Canai consternation dans le fort, et quoique la garnison en eût été renforcée, de l'équipage d'une frégate du roi cpm* mandée par M.de Bonaventure, M.de Subercase fut presque le seul qui ne désespéra point de triompher encore une fois.Sua plus grand embarras fut de rassembler les habitais, dont plusieurs étaient éloignés de six à sept lieues; mais les Anglais, par trop de confiance dans leurs forces, lui en donnèrent le .loisir.Ils attendirent aft lendemain à faire leur descente, et le gouverneur, dans l'incertitude de l'endroit où ils la feraient, jugea à propos de retenir dans sa place non seulement toute sa garnison, mais encore les habitans, qui se rendaient par troupes auprès de lui.Le 21, sur les 10 heures du matin, les Anglais firent leur débarquement, dans des chaloupes, du coté opposé à celui du fort.Ils se mirent aussitôt en marche, à travers1 le bois, et allèrent camper un quart de lieue au-dessus du fort, dont ils n'étaient plus sépaiés que #par une rivière.'Alors, M.de Su* bercase fil filer le long de cette rivière quatre-vingts sauvages et trente habitans, avec ordre de la passer urte demi-lieue plus -haut, et de s'embusquer dans les endroits d'où ils pourraient plus aisément tomber sur les détachemens qui se feraient pour ruiner les habitations, dont le plus grand nombre était de ce côte-hi.Les'troupes débarquées jetèrent tout^e 28 dans leur camp pour s'y fortifier, et le 23 au soir, il s'en détacha sept à huit cents hommes, qui se mirent* en marche, précédés d'une garde de dix hommes commandée par un lieutenant.Cet officier n'ayant pas pris les précautions nécessaires dans un pays couvert et inconnu, tomba dans une embuscade, où il fut tué avec huit de 'ses gens.Les deux autres furent pris et conduits au gouverneur, qui apprit d'eux que les Anglais avaient embar-cpié leur artillerie dans deux petits bâtimens, pour la faire passer par-devant le fort, à la faveur de l'obscurité de la nuit.Sur cet avis, M.de Subercase donna 'ordre qu(on allumât des feux le.long delà rivière, pendant t^at le temps que la marée monterait, et cette précaution empêcha que l'artillerie ne passât.D'un autre côté, le détacherrfent voyant sa garde avancée défaite, s'en retourna atfcamp, d'où personne ne sor-lit le 2Ϋ, à cause, des alarmes continuedres que donna la garnison du fort.Le lendemain, les bombes obligèrent les Anglais à quitter •leur camp, cftds allèrent se poster \lsvr-vis du fort ; mais le gouverneur leur y laissa encore moins dé repos, parce qu'il s'était apperçu qu'ils voulaient y établir des batteries de canons ct de mortiers* Le 2G, ils décampèrent de nouveau, et allèrent se placer une demi-lieue plus bas : mais dès le lendemain Suber- ^fo/o/r.?eu Canada* 16*3 case commanda un détachement nui leur tua trois sentinelles, et les obligea à décamper pour la troisième fois,, r.nn de se mettre hors de la portée des bombes.Le 29, ils ne parurent occupés qu'à se retrancher ; mais le 30, ils se rembarquèrent tous sur les quatre heures du soir; Le gouverneur soupçonna que c'était pottr faire une tentative de l'autre côté de la rivière, et il la fit repasser à ceux de ses gens qui étaient au-delà.En effet, h 31, au lever du soleil, les troupes anglaises firent leur descente, à ia faveur du canon de la flotte, et dès qu'elles furent débarquées, elles se mirent en marche.Elles avaient devant elles une pointe couverte de bois, où le baron de St.Castin s'était placé en embuscade avec cent cinquante hommes: il les laissa approcher jusqu'il la portée du Eisto'et, et fit alors sur elles trois décharges consécutives, llles les soutinrent avec une intrépidité à laquelle St.Ctstia ne s'était pas attendu, et parurent déterminées à forcer le passage, à quelque prix que ce fût; mais elles s'arrêtèrent tout à coup, et peu de temps après, on vit cinquante chaloupes regagner les vaisseaux et tout le détachement faire sa retraite.Alors le gouverneur fit sovllv La BôULXRDERIE, enseigne de vaisseau, avec cent cinquante hommes, pour renforcer la troupe de St.Castin, et lui-même le suivit de près avec cent vingt hommes, pour le soutenir, laissant M, de Bonaventure dans le fort, où tout était en bon état.Remarquant que les Anglais défilaient vers leurs chaloupes, ii donna ordre à La Boular-derie de les suivre, et de les charger, s'ils faisaient mine de s'embarquer.Cet officier marcha trop vite, et commença l'attaque avec quatre-vingts hommes au plus.Il sauta dans un de leurs retranchemens, le força, et y tua beaucoup de monde.Animé par ce premier succès, il se jetta dans un second retranchement, où il reçut un coup de sabre au corps et un autre à la main.St.Castin et Saillant, autre enseigne de vaisseau, prirent sa place : on se mêla, on se battit avec acharnement à coups de casse-têtes et de crosses de fusils ; et quoique les Anglais fussent au nombre de quatorze ou quinze cents, ils reculèrent d'au moins quinze cents pas vers leurs chaloupes.Cependant quelques uns de leurs officiers, honteux de fuir devant si peu de monde, les ramenèrent sur les Français, qui de leur côté se retiraient vers le bois, parce que St.Castin et Saillant avaient aussi été blessés, lesquels voyant revenir l'ennemi, firent volte-face, et le tinrent en échec.Les Anglais se contentèrent de faire quelques décharges de mousqueterie, et s'éloignèrent de nouveau.Subercase en profita pour retirer les blessés et faire reposer ses troupes.Au bout d'une heure, il commanda un habitant, nommé Granger, homme brave et intelligent, pour remener le détachement de La Boulardcrio I 64 Histoire du ( 'anada9^ contre les Anglais, qui ne l'attendirent point) niais couruieut be rembarquer.Le même jour, la plus grande partie de la flotte leva les au-cres et alla les rejetter dans le bassin.Le lendemain, 1er.Septembre, tous les vaisseaux se joignirent et allèrent faire de l'eau et du bois une lieue en-dehors de la Baie Française.Enfin cette (lotte mit d la voile quinze jours après être entrée dans le port, et sans avoir même usé attaquer le corps de la place.Les Français n'eurent que trois hommes de tués et une quinzaine de blesses.M.de Saillant fut le seul homme de marque qui y perdit la vie.Ils firent quelques prisonniers, de qui ils apprirent que les Bostonnais s'étaient épuisés pour cette dernière expédition ; mais (pie néanmoins on ferait certainement au printemps suivant un plus grand effort, et o/je l'intention de la reine était de ne jamais rendre l'Acadie, si une fois elle eu devenait maîtresse.II s'en fallait bien que l'on fût aussi attentif en France à la conservation de cette province, qu'on l'était en Angleterre aux moyens de la conquérir.Les vaisseaux du roi, qui arrivèrent au Port Royal peu de temps après la levée du siège, n'y apportèrent de marchandises ni pour les habitans ni pour les sauvages ; ce qui n'embarrassa pas peu le gouverneur, en le mettant hors d'état de tenir les promesses qu'il avait faites, aux uns pour les retenir dans le devoir, et aux autres pour les engager à le secourir.Dans la lettre que M,, de Subercase écrivit à ce sujet au ministre des colonies, il lui dit, qu'il n'y avait pas un moment à perdre, si l'on voulait faire un établissement solide en Acadie ; (pie cette colonie pourrait devenir en très peu de temps la source du plus grand commerce du royaume ;.qu'il était parti, cette même année, de la Nouvelle Angleterre une flotte de soixante vaisseaux pour l'Espagne et la Méditer-rannee ; qu'il en devait bientôt partir une plus nombreuse pour les Iles de l'Amérique., et que tout ce poisson se péchait sur les côtes de l'Acadie.C'est à dire que les Anglais, dans le temps même qu'ils ne pouvaient réussir à se rendre maîtres de cette province, trouvaient le moyen de s'y enrichir, tandis que les Français n'en tiraient eux-mêmes aucun avantage.Pour revenir aux quartiers de l'ouest, les Miamis ne pouvaient digérer qu'on eût pardonné au chef outaouais qui les u-vait si fort maltraités, et ne cessaient de demander sa tête au commandant du Détroit.Pour les amuser, M.de Lamotte fit venir Le Pesant au Détroit, et exigea qu'il s'y établit avec sa famille.Les Miamis, qui se crurent joués, tuèrent trois Français, et firent quelque dégât aux environs du Detroit.Le commandant fut même averti qu'ils avaient corn plot té de l'assassiner et de taire main-basse sur toiia lea Français.Cet avis Histoire du Canada» IGé lui fit prendre la résolution de faire la guerre à ces barbares, et il parut s'y disposer sérieusement; mais, au grand étonnement île tout le monde, tous ses préparatifs aboutirent à conclure un arrangement peu honorable pour lui et pour les Français.Il en arriva ce qui arrive toujours quand on mollit avec les sauvages, surtout après qu'on les a menacés ; les Miamis gardèrent mal les conditions du traité, et Lamotte-Cadillac se vit enfin obligé d'agir avec vigueur.Il marcha contr'eux à la tète de quatre cents hommes, partie Français et partie sauvages.Ils se défendirent assez bien ; mais ils furent forcés dans leur retranchement, et n'ayant plus de ressource que dans la clémence du vainqueur, ils kc soumirent à tout ce qu'il exigea d'eux.Les Cantons iroquois continuaient à* garder exactement lu neutralité; mais le zèle et l'attachement (les sauvages domiciliés pour les Français s'étaient beaucoup refroidis, comme on s'en apperçut à l'occasion d'un grand parti de guerre, qui se forma «u commencement du printemps de l'année suivante 1708.Cette expédition avait été résolue dans un grand conseil tenu à Montréal avec les chefs de tous les sauvages chrétiens établis dans la colonie.Elle se composa de quatre cents hommes, tant Français que sauvages : les premiers étaient commandés par MM.de St.Ours des Chaillons et Ilertel de Rouville, et les derniers par M.Boucher de la Pekrierl.Il fut convenu qu'on se rendrait, par différentes routes, au lac Nikisipic, où les sauvages voisins de l'Acadie devaient se trouver au temps marqué, et le 26 Juillet on se mit en marche; mais, étant arrivés a la rivière St.François, des Chaillons et Uouville eurent avis que les Murons étaient retournés sur leurs pas, parce que l'un d'eux ayant été tué par mégarde, cet accident leur fit augurer que l'expédition serait funeste pour eux.Les Iroquois suivirent bientôt l'exemple des Murons, sous le prétexte que quelques uns des leurs étaient malades, et que la maladie pourrait bien se communiquer à toute l'armée.M.de Vaudreuil) à qui les commandans donnèrent avis de cette désertion, en lui demandant ses ordres, leur répondit que quand même les Algonquins et les Abénaquis de Békahcotrr les.abandonneraient aussi, ils ne laissassent pas de continuer kur route, et qu'ils fissent plutôt une excursion sur quelque endroit écarté que de revenir sans rien faire.Des Chaillon.i communiqua cette lettre aux sauvages, qui lui promirent de ie suivre partout où, il voudrait les mener.Ils se remirent donc en route, au nombre de deux cents, et après avoir fait crut cinquante lieues par des chemins impraticables, ils arrivèrent au lac Nikisipic, où ils ne trouvèrent point les Abénaquis, qui avaient été obliges de tourner leurs armes ailleurs. 166 Histoire du Canada.Ils prirent alors le parti cîc marcher contre un village nommé fî&xrcnil) composé de vingt-cinq à trente maisons bien bâties, avec un fort.Ce fort avait une garnison de trente soldats, et il y en avait une dizaine dans chaque maison.Ces troupes ne faisaient (pie d'arriver dans l'endroit, et y avaient été envoyées par le gouverneur do la Nouvelle Angleterre, qui, sur l'avis de la marche des Français, avait faix partir de pareils détachemens pour toutes les bourgades de ce canton.Les Français ne pouvant plus compter sur lu surprise, cru* rent pouvoir y suppléer par la valeur.Ils reposèrent tranquillement pendant tente la nuit, et le lendemain, une heure après le lever du soleil, ils se mirent en ordre de bataille.Kouville fît alors un petit discours aux Français pour exhoiter tous ceux qui pouvaient avoir eu enîr'eux quelque démêlé, à se reconcilier sincèrement et à s'embrasser.Us firent ensuite leur prière, et marchèrent contre le fort.Ils y trouvèrent beaucoup de résistance; mais ils y entrèrent enfin l'épée et la hache à la mainâ, et y mirent le feu.Toutes les maisons se défendirent aussi très bien et eurent le même sort.Il v eut environ cent Anglais de tués dans ces différentes attaques ; plusieurs autres qui attendirent trop tard à sortir du fort et des maisons, y lurent bridés; chose assez ex« traonlinaire, si les Français ne les empêchèrent pas d'en sortir après y avoir mis le feu ; et le nombre des prisonniers fut considérable, en y comprenant les femmes, et sans doute les enfans, à moins que ces derniers n'eussent péri dans l'incendie des maisons.Il n'y eut point de butin, parce qu'on n'y songea qu'a* près que tout eut été consumé par les flammes, et qu'on entendait déjà de tous les villages voisins le son des tambours et des trompettes.Après, hi terrible exécution qu'on venait de faire, il n'y avait pas un moment à perdre pour assurer la retraite.Elle se fit d'abord en bon ordre; niais à peine avait-on fait une demi-lieue, qu'on tomba dans une embuscade dressée par soixante-dix 'nommes, qui, avant de se découvrir, tirèrent chacun leur coup.Les Français essuyèrent cette décharge sans branler.Cependant tous les derrières étaient déjà remplis de gens de pied et de cheval, et il n'y avait pas d'autre parti à preni (Ire que île passer sur le ventre à ceux qu'on avait en tête.On le prit sans balancer : chacun jetta ce qu'il portait de vivres et presque toutes ses bardes, et sans s'amuser à tirer, ils en vinrent d'abord aux armes blanches.Les Anglais, étonnés d'une attaque si brusque, faite par des gens qu'ils croyaient avoir mis eu desordre, s'y trouvèrent eux-mêmes, et ne purent se remettre; de sorte que la plupart furent tués ou pris.Les Français n'eurent dans les deux actions, que huit hommes de tués et dix-huit d* blessés : du nombre des premie ^ Histoire âu Canasta 16*1 furent cieux jeunes officiers de grande espérance, Hertle dr Chambly, frère de Rouville, et Vercheres, Plusieurs des prisonniers faits à la prise d'Hewreuil se sauvèrent pendant le dernier combat.Tous les autres n'eurent qu'à se louer des bons trai* temens qu'ils reçurent de leurs vainqueuis 'pendant la retraite.La fiile du lieutenant de roi d'HeWrewI ne pouvant plus marcher, M.Dupuys, fils du lieutenant particulier de Québec, la porta dans sjs bras ou sur ses épaules, une bonne partis du chemin M Singulier exemple d'humanité et de galanteriej " dit un historien, 11 et chose nouvelle dans les forêts du Canada." Religieux ou dévots avant le combat, furieux et souvent barbares dans le fort de l'action, humains et bienveillants après la victoire, tels se montrent généralement les guerriers français et canadiens de ces temps-là.Au reste, cette expédition, comme la plupart de celles qui Pavaient précédée, se borna à une conflagration barbare et à une tuerie cruelle, non seulement sans résultat utile, mais même sans but ou motif raisonnable.C'est en vain que Charlevoix dit que les " Français et les sauvages de leur parti n'exerçaient ces cruautés que par représailles; " le massacre de la Chine était déjà trop ancien, et avait été vengé trop de fois, pour qu'on pût se croire autorisé à le venger encore, au temps dont nous parlons : c'aurait été mettre en principe que parce que l'ennemi avait été barbare une fois, on pouvait l'être toujours ; outre que les Iroquois avaient exercé seuls les cruautés dont lc3 Français pouvaient se plaindre ; au lieu que ceux-ci n'en cé* daient guère aux sauvages, et étaient presque toujours mêlés avec eux, dans celles qui s'exerçaient contre les Anglais.Aussi ne pouvons-nous nous empêcher de croire dans son droit le gou* verneur d'Orange, dans ce qu'il écrit à M.de Vaudreuil, en réponse aux reproches que lui avait faits ce général, au sujet d'un collier qu'il avait envoyé aux Iroquois chrétiens, pour les engager à demeurer neutres." Il faut que j'avoue, dit M.Schuiller, quej'aî envoyé un collier aux sauvages, pour les empêcher de prendre parti dans la gu?rre qui se fait contre le gouvernement de Boston ; mais j'y ai été poussé par la charité chrétienne.Je n'ai pu me dispenser de croire qu'il était de mon devoir envers Dieu et mon prochain, de prévenir, s'il était possible, ces cruautés barbares et payennes, qui n'ont été que trop souvent exercées sur les malheureux habitans de ce gouvernement-là.Vous me pardonnerez, monsieur, si je vous dis que je sens mon cœur .*o soulever, quand je pense qu'une guerre qui se fait entre des princes chrétiens, obligés aux lois les plus strictes de l'honneur et de la générosité, dont leurs nobles ancêtres leur ont donné le si beaux exemples, dégénère en une barbarie sauvage et Histoire du Canadc.sans bornes.Je ne puis concevoir qu'il soit possible dô mettre* fin à la guerre par de semblables voies, et je voudrais que tout le monde pensât comme moi sur ce sujet." Dans le cours de l'hiver, il y eut en Terre-Neuve une nouvelle expédition, où les Français se distinguèrent, à leur ordinaire, par leur bravoure.M.de St.Ovide lieutenant de roi de Plaisance proposa à M.de Costebellr, qui en était gouverneur, de faire la conquête de St.Jean, et de la faire même à ses propres dépens.Son projet ayant été approuvé, il assembla cent-vingt hommes, sauvages, habitaus et matelots, auxquels se joignirent vingt soldats nouvellement arrivés de l'Acadie, sous la conduite du sieur Renou, lieutenant : M.de Costcbelle Fui en donna encore vingt-quatre de sa garnison, aussi commandés par un lieutenant; et le sieur de La Ronde, qui s'était distingué à la défense du Port Royal, voulut l'accompagner en qualité de volontaire.Cette petite armée se mit en marche le 14 Décembre sur les neiges, et le 31, elle arriva à cinq lieues de St.Jean, sans avoir été découverte.On prépara alors tout ce qui était nécessaire pour attaquer en arrivant; On y mit une diligence incroyable, et dès le lendemain, deux heures avant le jour, St.Ovide se rendit, à la faveur d'un beau clair de lune, au fond du havre de St.Jean, d'où il put observer tout à son aise.Il marcha ensuite, conduit par des guides infidèles, qui ne cherchaient qu'à lui faire manquer son coup; Dès qu'il se lut apperçu de leur perfidie, il passa du centre, où il était, à l'avant-garde, où étaient les volontaires, et se mit à leur tête, laissant à la place qu'il venait de quitter le sieur Dks-pensens, qui faisait l'office de major.Il fut découvert à trois cents pas au fort qu'il voulait attaquer ; de sorte que comme il approchait de la première palissade, on lui tira quelques coups de fusil.Quelques uns de ses volontaires l'abandonnèrent alors ; ce qui ne l'empêcha pas de pénétrer jusqu'au chemin couvert, dont, heureusement pour lui, on avait oublié de fermer la porte.Il y entra en criant." Vive le roi ", et ce cri, qui ranima le courage de ses gens, fit perdre cœur aux Anglais.Il laissa une quinzaine d'hommes à la garde du chemin couvert, traversa le fossé, malgré le feu de deux autres forts, qui lui blessa dix hommes, planta deux échelles contre le rampart, qui avait vingt pieds de hauteur, et y monta avec six hommes, dont trois furent dangerensement blessés en montant, Dans ce moment, Despensens arriva avec le corps qu'il commandait, planta des échelles, monta le premier, et entra, lui troisième ou quatrième, dans le fort.Renou, Joiiannis, Dr-plessis, La Chen aye, d'Argenteuil et d'AiixEBouT, son fière, le suivirent de près : les uns se rendirent maîtres du corps de I ïistolrc du ( 'anada.169 bftfcle, les autres de la maison du gouverneur; d'autres coururent nu pont-levis, qui faisait ia communication du bourg avec Ce fort, qu'on appellait Fort William, et le gouverneur, qui allait y faire passer trois cents habitans, fut blessé de trois coups et renversé.Despensens fit aussitôt abaisser le pont-levis et ouvrir le guichet.Alors tout le reste de Pavrriée entra, et Jes Anglais demandèrent quartier.Ainsi, eh moins d'une demi-heure, lis Français se trouvèrent maîtres de deux .rts, dont chacun m* rait pu arrêter Ibhgtei ip .un corps de troupes beaucoup puni considérable que celui qiîc commandait St.Ovide ; car il y avait dans bun dix-huit canons eh batterie, quatre mot'tîer à bombes, vingt à grenades, et plus1 de cent hoi unes ci'5 garnison.11 v avait dans l'autre six cent S habita';/ bien retranchés.Il en restait un troisième plus petit, à l'entrée du port, mais de l'autre côté: Sr.Ovide l'envoya somfn< r de se rendre : le commande ht demanda n in; t-quatrç ht lu es po tr ré] ondre, et on les lui accorda.Ce term' écoulé**, il s( r râlit, quoiqu'il eût quatre-vingts hommes de garnison, une assez bonne artillerie, une voûte à l'abri des bombes, et des vivres pour j.1:: rieurs moi-.Dès que St.Ovide se vit maître de St.Jean, il dépécha uri exprès à M, de Costebelle; pour l'informer de son succès, et recevoir ses ordres,stir ce qu'il avait à faire, Costebelle ne jugeant |vis qu'il fût possible de, garder St.Jean sans dégarnir Plaisance, qui depuis plus d'un an était menacé d'un siège, et ne croyant pas la cour de France disposée à lui envoyer assez de troupes pour défendre en même teriips S3 p! icc et se maintenir dans on pose éloigné et difficile à garder, manda à St, Ovide de faire démolir les forts, et de se rendre à Plaisance au plus tard à la lin de Mars.H lui envi t en i lême temps Une frégate pour embarquer le gouverne tir, l'higénieut* et la garnison de, ces mêmes forts, avec les munitions de guerre qu'on y avait trouvées en grande quantité.Le^s prisonniers et les diets qui iw purent être embarqués sur le vaisseau furent mis à rançon, et M.de St Ovide, qui ne demandait que cent hommes pour conserver sa conquête, et achever relie de toute la côte orientale de Terre-Neuve, eut le déplaisir de se voir contraint de tout abandonner.On ne savait pas encore à Québec la prise de St.Jean, lorsqu'on y fut informé qu'il se faisait a .Boston un grand armement, qui devait être fortifié d'une escadre d'Angleterre, pour attaquer le Canada, et qu'on assemblait dans la Nouvelle York une armée de deux mille homme;, qui devait d'abord s'emparer de t hambly, et tomber ensuite sur Montréal.Il y avait même déjà pins d'un an «pie le P.de MXREUÎL, missionnaire à Onnon- Tome YjII.-No.Y, [] 17 0 / Iisioire du Canada.tagué, avait donné avis au gouverneur général que les Cantons étaient vivement sollicités de se déclarer contre les Français ; mais cet avis n'avait pits trouvé créance auprès du marquis de Vaudreuil, trop prévenu en laveur des Iroquois.Cependant le raité lut conclu à Onnontagué mêmes et la guerre l'ut chantée dans tous les canton-;, à l'exception de celui de Tsonnonthouarr, Le gouverneur générai eut bientôt des nouvelles plus certaines, des dispositions des Iroquois et des préparatifs des Anglais pour l'expédition de Chambly ; ce qui l'obligea à monter a Montréal, au mois de Janvier, après avoir donné ses ordres pour mettre la capitale en état de défense, et pour faire mettre lci> troupes et les milices prêtes à marcher au premier signal.Il leva en même temps un parti de deux cent-cinquante hommes, qu'il envoya du coté du lac Champlain, sous la conduite de Rou-ville ; mais cet officier n'ayant pas eu de nouvelles de l'ennemi, ct n'ayant pas ordre d'aller plus loin, prit le parti de s'en revenir à Montréal.Le 10 Mai, le sieur Vesch, qui en 1705, avait sondé tous les passages difficiles du fleuve St.Laurent, sous le prétexte de venir traiter à Québec de l'échange des prisonniers, arriva d'Angleterre à Boston, d'où il se rendit en poste à New-York, pour y presser la levée des troupes qui devaient agir du coté de Montréal.On en fut bientôt informé dans cette ville ; on y apprit même que Vesch avait présenté à la reine Anne un mémoire fort ample, où il lui exposait la faciltié de conquérir le Canada, et l'utilité que l'Angleterre et ses colonies retireraient de cette conquête ; que sa majesté avait agréé ce projet, et avait promis à Vesch, s'il réussissait, le gouvernement de la Nouvelle France ; qulelle l'aisait armer dans ses ports dix gros vaisseaux et dix autres plus petits ; que cette flotte devait porter six mille hommes de troupes réglées, qui seraient commandées par un officier de distinction ; (pie deux mille Anglais et autant de sauvages devaient attaquer le gouvernement de Montréal, et que leur rendez-vous était marqué à la rivière du Ghicot, à deux lieues du lac Champlain, où ils construiraient leurs bateaux et leurs canots pour descendre à Chambly.Sur ces nouvelles, le marquis de Vaudreuil assembla un grand conseil de euerre, où il fut résolu de marcher incessamment vers la Nouvelle York, pour dissiper l'orage qui s'y formait, afin (pie la colonie, rassurée de ce coté-là, put réunir toutes ses forces contre la flotte anglaise, si elle venait à Québec.M.de Ramsay offrit de se charger de l'exécution de ce projet, mais son offre ne fut pas acceptée d'abord, et, dit Charlevoix, on n'en peut apporter d'autre raison que le peu de concert qui existait entre lui et le gouverneur de Montréal: ce ne fut (pic deux mois après qu'il se rendit aux instances de M, de Ram- 11 is! ou c Sa iurclle, 1K l saf, lorsqu'on eut appris que les Anglais avaient bâti des forts de distance en distance, depuis Orange jusqu'au lac du St.Sacrement* L'armée composée de quinze cents hommes, partit de Montréal le 28 Juillet.L'avant garde, composée de cinquante Français et de deux cents Abénaquis, était commandée par Montigny, et soutenue par Rouville avec cent Canadiens.Après eux marchaient cent soldats des troupes du roi sous les ordres de M.de La Chassaigne, Le gouverneur île Montréal suivait à la tête de cinq cents Canadiens distribués en cinq compagnies commandées par MM.St.Martin, des Ch ail Ions, des Jordis, de Sadrevois et de Lignery.Les Iroquois chiliens faisaient l'arrière-garde, sous la conduite de Joncaire ; des Algonquins et des Outaouais étaient sur les ailes.L'armée fit.dans cet ordre, quarante lieues en trois jours ; et il est indubitable, dit Charlevoix, que si .die fût allée jusqu'au camp des ennemis, elle en eût eu bon marché ; mais le peu de concert entre le commandant et les officiers : le défaut de subordination daus les troupes, et de faux avis donnés à M.de Ramsay, firent échouer une entreprise dont le succès paraissait immanquable.Api ès (pt'on eut mis en déroute un détachement de cent dix-sept hommes, qui s'étaient trop avancés, et dont le commandant fut tué, le bruit se répandit qu'un corps de cinq mille hommes n'était pas loin, et s'était bien retranché ; sur quoi, les sauvages déclarèrent qu'ils n'étaient pas d'avis qu'on s'avançât d'avantage, et qu'il leur paraissait beaucoup plus n propos de défendre les postes avancés, que d'aller chercher si loin un en-ennemi qui avait eu tout le loisir de bien forliiier son camp, et qui pouvait en outre être secouru par toute la jeunesse d'Orange et de Corlar.Le conseil de guerre fut assemblé, et la résolution y fut prise de se retirer.(A CONTINUER;,) HISTOIRE NATURELLE.Animaux marins de la côte du nord-ouest de P Amérique, el cle celle du nord-est de V Assic.La méditerranée entre le nord-ouest de l'Amérique et le nord-est de l'Asie paraît être la principale résidence de plusieurs espèces de cétaeées d'une nature trop curieuse pour que nous négligions d'en dire quelques mots.De grands troupeaux d'ours marins se tiennent particulièrement entre les iles Kouriles ci les Aïeules.Les plus grands de ces animaux ont quatre-vingt-dix pouces anglais de largeur, et (72 Histoire Naturelle, p< sent jusqu'à dix huit à vingt pounds.L'ours est le quadrupède auquel ils ressemblent le plus, excepté les pieds de devant et la partie inférieure du corps, qui est d'une forme conique.Ce que cet animal a de plus extrao dinaire, ce sont ses pieds garnis i!c nageoires, e l muni i n même temps d'articulations et de doigts.Cette cpnformation le met nop seulement en état de marcher sur la terre, de se servir de ses pattes île différentes nianlères; ma:., il lés emploie encore pour nager, par le moyeu des membranes qui unisse ht les doigts du pied.Ces animaux ont des mœurs et des usages qui leur sont telle* ment propres et si extraordinaires, que lu description en passe* rait pour fabuleu e, si elle ne nous était attestée par un observateur aussi clair qùè véridique, Rien n'égale la tendresse des mères pour lents petit!, et c'est un spectacle agréable de voir comme elles tachent de les amuser par toutes sortes de jeux.En les amusant ou croirait qu'elles veulent même les excercer à combattre; fun cherche à renverser l'autre; et quand le père arrive en grognant, il sépare les combattons j mais il essaie de iaire tomber celui-ci par terre, et pies il éprouve de résistance, plus il lui témoigne de tendresse, taudis qu'au contraire il parait mé-content de ceux qui sont lâches et timides.Quoi que la polygamie so t générale parmi les ours marins, puisqu'il y i n a qui ont j u ;qu ù cinquante femelles, cependant ils en sont très ja! ;iix, et deviennent l'urieux lorsqu'un autre les approche.Ils feposent souvent par milliers sur le rivage, mais sont toujour:: sépares par familles ; et c'est aussi de ia même manière qu'ils pagént eu mer.Quelquefois les ours marins Se livrent des batailles sanglan* tes, occasionnées par leur jalousie, ou le choix du lieu où ils veulent s'établir.Si deux vie ces animaux se réunissent contre un seul, d'autres viennent au secours du plus faible; et les spectateurs, élevant leur tête au-dessus de l'eau, regardent ainsi tran* quille ment le combat, jusqu'à ce qu'ils trouvent des motifs qui les portent à y prend) • part.Ces animaux dans leurs combats c >uvr mt qui lq leipis le rivage l'espace do deu.; à trois verstes, i r fair retentit au loin de leurs aftvayants rugissemens.Les oiseaux de proie voltigent autour clq ohanap de bataille, en atei;» d tnt !ii proie que ces guerres civiles leur promettent.i.ours maies exicerccùt mi" femelles une autorité souvent tyrnnnique.!§i, d l'attaque clés chasseurs, les femelles épou-vânt 'c; 'bar.! innent leurs petits, et que ceux-ci soient enlevés, on voit aus itôt les mâles cesser de ppursqivye l'ennemi commun, et se tourne r contre les femelles pour les rendre responsables de leurs pertes : ils les blessent à coups de dents, et les poussent c mtre les rochers, taudis qu'elles rampent aux pied* de leurs maître >. Hisîo're XataretU.m "Depuis le mois de Juin jusqu'au mois d'Août, les ours marins viennent à terre pour dormir pendant trois mois, et se déharasser d'une graisse trop abondante ; comme font en hiver les ours de terre.C'est le temps qu'on choisit préférablement à tout autre pour les attaquer.Ceux qui sont vieux, ou qui ont déjà acquis toute leur croissance, ne s'effraient pas aisément, ct s'avancent vers l'homme avec beaucoup de courage.La peau de l'ours marin a peu de valeur; son poil est noir, touffu et très hérissé.Le cuir est épais et pesant i il ne sert, ainsi que la peau du phoque, qu'à revêtir des coifies.Sous le long poil, il a, comme le castor, une laine plus line, qui est d'un noir brillant.La peau des jeunes ours, qu'on trouve dans le ventre de la mère, est infiniment plus belle; lés Sibériens en font des habits entiers, et y attachent une grande valeur.Les loups" marins ressemblent, à l'extérieur comme à l'intérieur, aux ours marins, mais ils sont beaucoup plus grands et pèsent le double : les mâles ont, outre cela, une crinière crépue autour du cou.La vue de cet animal est efl'ray-ante, et il se défend avec furie en cas de nécessité ; mais il évite de combatte contre les hommes-, ct prend la fuite à leur approche, pour se précipiter duns la met.C'est là qu'il est bi dangereux de l'attaquer, qu'on cherche ordinairement à le surprendre à terre, pendant son sommeil.Quand un chasseur qui peut se fier sur sa vigueur et la rapidité de sa course, parvient à le trouver endormi, il s'en approche contre lèvent, pour ne pas être découvert, lui perce les pieds de devant avec des dards crochus pendant (pie d'autres lient l'extr/émité de la courroie à un pieu enfonce dans la terre : alors on perce de flèche; empoisonnées le loup marin, qui ne peut fuir aisément, ou ou l'assomme à coups de massue.Souvent on cherche seulement à le blesser avec des traits empoisonnés, et on l'abandonne ensuite à son sort : comme la salure de l'eau augmente ses douleurs, il retourne bientôt sur le rivage, ct devient, mort ou v if i la proie des chasseurs La tendresse des ours marins pour leurs petits contrasto singulièrement avec la férocité des loups marins, qui traitent souvent les leurs d'une manière cruelle; mais bon retrouve parmi ces derniers les combats sanglants de ceux-là.Ils se campent dans les mêmes lieux que les ours, qui leur abandonnent par crainte les meilleures places, et ne se mêlent jamais dans leurs querelles, quoique les loups marins le fassent à leur Égard, toutes les fois qu'ils en trouvent l'occasion.L'avantage que l'on retire de la prise de ces animaux est considérable; leur graisse et leur chair sont d'un fort bon goût, et les Kflmtchadales font de.leurs pieds une gelée qu'ils trouvent délicieuse.On préparc leur?peaux, ct ou en fait des cuirs et des Vit Histoire S'ataicUc.courroies qui servent pour la chasse île ces meniez animaux, e^ pour la pêche des grands poissons de mer.Le lamantin est la troisième espèce d'amphibies dont nous avons à parler ici.On le trouve sur les côtes orientales ct occidentales de l'Amérique.Les plus grands de ces animaux ont quatre ou cinq toises de circonférence vers le nombril, qui est la partie où ils ont le plus d'épaisseur.Leur tète, qui ressemble à celle d'un buffle, tient au corps par un cou très court.Les pieds de devant sont formés de deux jointures dont l'extrémité a quel-que ressemblance avec le pied du cheval: ils sont garnis par-dessous de plusieurs petites brosses, dont l'animal se sert pour arracher, d'entre les pierres, les herbes marines dont il se nourrit; son dos est comme celui d'un bœuf; son ventre énorme diminue tout-à-coup ; sa queue, qui est très mince, se ter?mine par une nageoire, qui lui tient lieu de pieds de derrière.Ces animaux se plaisent dans des lieux humides et sablonneux ; ils se tiennent ordinairement réunis en troupes sur les bords de la nier, à l'embouchure des rivières ; et alors ils sont si familiers qu'on peut les caresser, et même les frapper sans danger.Les maies paraissent n'avoir qu'une femelle : l'attachement des premiers pour les dernières est si vif, qu'ils s'exposent à une mort certaine quand elles sont prises, et se laissent souvent mourir de faim auprès de leurs cadavres.On prend ce singulier animal avec de grandes lances de fer garnies de crochets, qui sont attachés à une longue et forte corde.Les pécheurs s'avancent doucement, à la rame, vers une troupe de lamantins; un homme placé à la proue du canot, darde cette lance contre l'animal, et des gens à terre le tirent sur le rivage par le moyen de la corde : il faut pour cela au moins trente hommes, parce que le lamantin oppose la plus vive résistance.Alors le canot le suit, et les pêcheurs cherchent \\ l'épuiser, en lui faisant différentes blessures.Aussitôt que les lamantins qui sont dans le voisinage s'apperçoivent du danger d'un de leurs camarades, ils accourent a son secours ; quelques uns essaient de renverser lo canot avec leurs dos ; d'autres se placent sur la corde ct s'efforcent de la rompre, ou ils frappent avec leur queue pour arracher le crochet de la peau de l'animal blessé, ce qui leur réussit aussi quelquefois.Les Américains (naturels) emploient la peau épaisse ct dure de cet animal pour faire des semelles de souliers et des ceinture-.Les Tchoukthis l'étendent avec des bâtons, et elle leur sert de canots.La chair du lamantin est plus filandreuse que celle du bœuf ; mais quand elle est cuite, elle lui ressemble beaucoup pour le goût, et a sur elle l'avantage de ne pas se corrompre promptement, même pendant les jours les plus chauds.Ça chair du jeune lamantin est infiniment plus tendre.La tlisfoire Naturelle graisse se trouve sous la peau, à l'épaisseur (le la main, tout autour du corps; elle est blanche et fluide; son odeur et son goût sont très agréables, et, quand elle est fondue, elle a un peu le goût d'huile d'amande.La loutre marine, que l'on appelle ii tort loutre du Kamtchatka, ne diffère de la loutre de rivière que par son séjour dans la mer, parce qu'elle est moitié plus grosse, et que son puil est infiniment plus beau.Il paraît incontestable que cet anithid est d'origine américaine*, et étrangère sur les côtes de l'Asie.On le trouve dans la partie de bocéan Orientale que les Russes appellent vulgairement la mer des Castors, depuis le 50ejusqu,au 56e degré de latitude septentrionale.Il a ordinairement cinq pieds de longueur, et trois de circonférence dans Ja partie la plus épaisse: les plus grands de ces animaux pèsent de soixante-dix à quatre-vingts livres.Leur peau l'emporte beaucoup par la longueur, la beauté* la noirceur et l'éclat du poil, sur celle tics castors.On la vend au Kamtchatka, vingt roubles ; a Iakutsk, trente : à Irkoutsk, quarante et cinquante; et dans le commerce d'échange qu'on fait sur les frontières de la Chine, son prix augmente jusqu'à quatre-vingt et cent roubles.La chair de ces animaux est assez bonne, et, ce (juijxirn.it contraire aux lois ordinaires delà nature, peu de temps après qu'elle amis bas, la loutre de mer se nourrit de crabes, de coquillages, de petits poissons, de quelques herbes marines ; elle mange même de la chair.Les usages et la manière de vivre des loutres sont singuliers et divertissants : le mâle caresse la femelle avec ses pattes de devant, dont il se sert pour toutes sortes d'emplois avec une a-dresse étonnante: celle-ci joue avec ses petits et se défend des caresses du père avec une feinte indifférence.Ils ont une tendresse si grande pour leurs petits, (ju'ils emploient les moy-i ns les plus extraordinaires pour les sauver, et s'ils n'y réussissent pas, ils meurent souvent de regret.Quand ils fuient, ils prennent leurs petits entre leurs dents, et chassent ceux qui sont grands devant eux.S'ils ont le bonheur d'échapper à leurs ennemis, ils s'en moquent aussitôt qu'ils sont dans l'eau.Ils s'y tiennent perpendiculairement ; ilô jouent sur les flots, et posent leurs pattes devant leurs yeux, comme quelqu'un qui veut éviter de regarder le soleil : tantôt ils se couchent sur le dos, et se frottent le ventre avec les pattes de devant ; tantôt ils lancent leurs petits dans l'eau et les reprennent.Si une loutre est poursuivie, et qu'elle ne voie aucun moyen d'échapper, elle souille comme un chat qui est en colère; si elle est frappée, elle se prépare aussitôt à mourir, se couche sur le côté, retire sas pattes de derrière, etse couvre les yeux avec celles de devant.On tue les loutres avec des flèches, ou en les assommant sur ) 7*1 Histoire Xaturelle.^a glace au moyen d'une massue, ou enfin dans des flleh La chasse aux loutres sur la glace de P océan est ordinaire- Ci .ment accompagnée dorages affreux et de tourbdhons de neige; les chasseurs bravent même les nuits les plus obscures, ils courent et s'élancent avec intrépidité sur ces glaces flottantes ; tantôt ils sont engloutis dans les abîmes.Ils ont un couteau et une perche à la main, et ils portent des patins garnis de pointes, afin de pouvoir s'accrocher atfx glaçons, surtout quand ils s'entassent les uns sur I ss autres.Les Kouriles et les Kamt-chadales dépouillent les loutres de leur peau avec une promptitude incroyable et au milieu de mille dangers et des mugisse-meng de ces glaces flottantes.Si la fortune leur est favorable, ils rapportent leur butin à terre; mais souvent les glaçons sur lesquels iis$e trouvent sont poussés bien avant dans la mer, et ils ^e voient loués de tout abandonner pour no s'occuper que des moyens de se sauver* les nageurs les plus exercés se fient sur leur adresse; les autres s'attachent à leurs «-biens, qui les ramènent fidèlement sur le rivage.La loutre est, de tous les animaux dont il a été question, le plus utile pour le commerce, sa belle peau est très chère à la Chine.(Beautés de l'Histoire d'Amérique.) La Tortue- II y a des tortues de la laîffeurde la main, et d'autres de la grosseur d'un bœuf, et du pois de deux, trois, six, huit cents livres, dont l'écaillé est large comme la porte d'une chambre.On en mange la chair, qui est verte et grasse, et a le goût de chair de poulet : elle est fort du goût des marins dans leurs voyages.Leurs écailles servent a fore une infinité d'ustensiles très jolis, Autrefois les Indiens se servaient des plus grandes en guise de boucliers, ou pour les canots, ou pour les toits.Celle que l'on appelle Midas ou Géant est la plus grosse de toutes ; son écaille est de la grandeur dune porte de chambre, et son poids de sept à huit cents livres.Avec dix hommes sur le dos, elle peut marcher comme si elle n'avait rien^ et le char le plus pesant peut passer sur elle sans l'écraser, ni même la faire plier.Cette espèce de tortue est l'animal le plus aisé à prendre : il n'y a qu'à épier le moment ou le soir, elle sort de la mer, s'approcher par derrière une perche à la main, et la renverser avec sur ie dos : elle est prise.Mais si l'on s,approche par devant, elle vous jette au visage une quantité de sable; ct si elle peut même tenir son homme, elle l'écrase.La tortue Géométrique est une des plus petites ; elle n'a que la largeur de la main, et l'écaillé très jolie, tachetée de noir et de jaune.Cette tortue a la couverture supérieure des plus bnm- Mines de let.ÏÏÎ bées, be* couleurs dont elle est variée la rendent très rtgréabl» m la vue.Les hunes cjui revêtent les deux couvertures, et cjtli sont ordinairement au nombi c de treize sur le disque, de vingt-trois sur les bords de la carapace, et de douze sur le plastron, se relèvent en bosse dans leur milieu.Elles sont fortement striées, séparées les unes des autre*; parties espèces de silions profonds et la plupart à .six cotés.1 pur couleur est noire : le centre préserve une tache jaune, d*où partent j 'usieers rayons de la inertie Couleur.Ces lames présentent ainsi une sorte de réseau de cou-leur jaune composé de lignes très distinctes, dessinées sur un fond noir, et ressernblant à des fig.»s géométriques.C'est de là qu'a été tiré ic nom qu'on douue à l'animal.On trouve cette tortue particulièrement en Asie.Enfin, l'espèce nommée Tortue sQuammetise, a l'écriilld la plus belle et la meilleure, et son nom vient de ce que ses écailles, qut ont une palme tie diamètre, sont posées les unes sur les autres comme celles des poissons.(Le Petit Bieffon*) MINES DE FER*.Parmi lés différentes espèces de fer, qui s'élèvent au nombre de dix, celle à laquelle on a donné le nom defer natif, est la plus rare.Des masses de ce 1er ont été trouvées à Kamsdorf* a Libenstock, en ?axe, à Miedzinogora en Pologne, à Kras-noiarsk, près de Jemuisey, en Sibérie, et enfin à Ottumpa» dans la juridiction de Santo del SterO, dans l'Amérique Méridionale.La découverte de cette dernière masse a été faite sur la fin du dix-huitième siècle, par des ïudiens dont l'occupation est de recueillir le miel et la cire qui se trouvent en grande abondance dans les bois qui environnent cette contrée.Le vice-roi fut un des premiers instruit de la découverte de ces Indiens; mais il se refusa d'abord de croire à sa réalité, îwrce qu'elle lui parut d'autant plus singulière, qu'on ne rencontre aucune montagne de ce côté, et qu'on trouve n peine une pierre dans une étendue de cent lieues de circonférence.Cependant quelques particuliers, excités par l'appas du gain, se décidèrent à braver les dangers d'une telle entreprise, et se transportèrent^ au risque de mourir de soif, du d'être dévorés par les bêtes sauvages, qui sont très communes dans cette partie de l'Amérique, sur le lieu de la découverte.Le seul fruit qu'ils retirèrent de ce pénible voyage fut d'apporter à Lima et à Madrid quelques morceaux de la masse métallique, objet de leur cupidité, et de savoir que le métal qui la composait était très Tome VIIL—N©.V.V 178 Mines de Fei\ bres, aussi fraîches que si elles venaient d'être tracées.Ces murs de briques séchées étaient seulement passés à la chaux, ainsi que le pratiquent encore les Arabes.La peinture était tracée sur cet enduit de l'épaisseur la plus tenue, et elle est restée intacte jusqu'à nos jours.Ce sont des espèces de grecaues pu de franges d'un bon goût, et qui sentent le bien-être malgré l'exiguïté des enceintes qu'elles décorent.ANTIQUITES M.Raoul-Rochette vient de communiquer à l'académie des Inscriptions et à l'Académie des Beaux-Arts, des nouvelles d'un grand intérêt, extraites d'une lettre de Pompéi, en date du 15 janvier, concernant les fouilles les plus récentes d'Hercula-num et de Pompéi.Voici cette communication que nous nous estimons heureux de pouvoir offrir textuellement à nos lecteurs." Les fouilles qui se paursuîvent à Herculamnn et à Pompéi ' produisent de jour en jour les résultats les plus importants, et donnent lieu à des espérances encore plus brillantes pour la suite de cette opération.On est en train de découvrir à Herculamm une habitation magnifique, dont le jardin , entouré de colona-des, est le plus grand qui ait encore été trouvé.Quelques-unes des peintures, dont ce portique est décoré, sont aussi du plus haut intérêt.On y distingue, entre autres sujets mytologiqnes, ' Persée, qui tue Méduse avec le secours de Minerve; Mercure, occupé à endormir Argus, pour lui ravir la belle Io, sujets infiniment rares sur les monumensde l'art; Jason, le Dragon et les trois Hespérides.Mais ce que cette maison a offert de plus remarquable, ce sont quelques bas-reliefs d'argent, fixés sur les tablettes elliptiques de bronze, et réprésentant Apollon et Diane.Une foule d'autres objets, de meubles et d'ustensiles d'un goût exquis, ajoutent encore à l'intérêt qu'offre la découverte de cette belle et riche habitation.11 Mais en fait de peintures antiques, il paraît que rien n'approche du mérite de celles qui ornent la maison découverte en 190 Antiquités.dernier lieu a Pompéi.La certitude acquise par les fouilles précédentes, que la partie où l'on travaille actuelement, est la plus beau quartier de cette antique cité, se trouve confirmée, au-delà de toute attente, par l'ampleur de l'habitation dont il s,ngit, pnr l'abondance et la perfection des peintures dont elle est décorée; en voici la description succincte.On trouve d'abord sur le devant 1,atrium toscan, membre ordinaire, et pour ainsi dire obligé des habitations de Pompéi.Cet atrium est entouré de petitçs chambres trçs agréablement décorées, d'où Ton passe dans un petit jardin, autour duquel sont pareillement disposés des appartemens à l'usage des hôtes de la maison.A la gauche de l'atrium se trouve un passage qui conduit â d'amprés portiques, soutenus par des colonnes peintes en rouge et embellis jusqu'à profusion de tout ce que l'antique peinture nous a conservé de plus exquis et de plus gracieux.Parmi ces tableaux on remarque surtout les conpositions suivantes; Médée méditant le meurtre de ses enfans qui jouent, innocemment aux dés, tandis que leur pédagogue, trop éclairé sur le danger qui les menace, semble, à peu de distance, gé-î^ir du sort-qui les attend ; les fils étales filles de Niobé, assaillis des traits vengeurs, d'ApoHon et de Diane, composition, pleine de mouvement et de variété ; Méléagre partant pour la chasse du sanglier de Calidon : persée délivrant Andromède; une bacchante; des muses; et parmi ces objets tragiques ou sévères, des représentations grotesques telles que celles d'un pygmée qui fait danser un singe, et des peintures de fruits et d'animaux, exécutées avec un goût exquis.Ces portiques servaient uniquement pour les promenades ; ils enferment un petit jardin, au centre duquel est un bassin où,, l'on nourrissait, des poissons, et dans le fond se trouve un vaste triclinium.L,c gynécée, qu partie de l'habitation réservée au femmes, consiste en un péristyle, pareillement ceint.i\e portiques, entouré de petits appartemens, où se déploie un luxe de peintures, toutes du premier ordre.Castor et, Pollux, dieux hospitaliers, sont dépeints de chaque côté de la porte d'entrée; les antres principaux sujets qui s'offrent ensuite sont : Echo et Narcisse ; Endymion ; Achille enfant, plongé dans le Styx par sa mère Thétis ; Mars et Venus ; Saturne ; Orphée; Cérès ; Mars pacifique ; Jupiter hospitalier, et un groupe d'un Satyre et d'un Hermaphrodite, peinture classique." L'Exèdre qui est le membre le plus important de l'habitation, est décoré d'admirables peintures représentant des bacchantes, d'une beauté incomparable ; Achille tirant le glaive contre Angamemnon et retenu par Minerve, sujet qui semble avoir eu, pour les habitans de l'antique Pompéi, un intérêt tout parti-4 Mines &x0r dans là Caroline du Nord.eulicr, puisqu'il s'est déjà rencontré, mais exécuté d'une minière médiocre, parmi les peintures du temple de Vénus sur le forum; Achille déguisé en femme, et reconnu par Ulysse à la cour de Lycomede ; Ulysse mendiant, recevant les secours du fidèle Eumé.Il parait que le style de ces derniers tableaux est supérieur à tout ce qu'on connaît de la peinture antique.On passe enfin dans un troisième jardin, aussi entouré de colonnes peintes en rouge, et décoré des peintures suivantes; Phèdre découvrant à Hypolyte sa passion incestueuse; diverses scènes tragiques et comiques; la fable d'iE-tra et d'iEgée ; Apollon et Daphné changée en laurier.Une petite niche ou sacranum est en face de ce jardin, duquel on passe dans un troisième péristyle, qui paraît avoir servi à l'habitation de quelque affranchi de la famille.Parmi les objets mobiliers trouvés dans cette maison, du cite aiissi une cassette, enrichie d'élégants ornemens de bronze, et encastrée dans un angle du gynécée, laquelle renfermait quarante-deux monnaies impériales d'or, et six d'argent.11 On ne peut parler de découvertes si intéressantes, sans a-jouter qu'elles sont dues principalement au zèle infatigable du jeune marquis de Rufi-o, directeur des arts au ministère de la maison du roi, qui trouve dans la longue expérience du respectable Arditi, directeur des musées royaux, et dans les talens et l'activité de l'architecte des fouilles, C.Bonucci, la plus utile assistance.Oh doit tout attendre des progrès d'une opéra-ration confiée en de telles mains ; et sans doute les vœux qui se forment d'un bout à l'autre de l'Europe savante, pour l'entier déblaiement de Poiripéi, et pour la continuation des foui-!es d'Herculanitm, n'ont jamais été plus près d'être exaucés, ni dans le cas d'être plus heureusement accomplis, que depuis que la direction de cette grande entreprise est remise a un homme tel que le marquis de Ruftb, qui parait vouloir attacher la gloire de son nom à l'illustration des monument antiques de sa patrie." MINES D'OR DANS LA CAROLINE DU NORD.L'extrait ci-dessous, d'une lettre écrite par un cultivateur digne de foi, établi à Charlotte, dans la Caroline du nord, fait voir que chaque jour on découvre dans cet Etat de nouvelles mines d'or." J'espère que dans peu de temps la renommée de nos mines d'or contribuera au crédit de notre Etat, et sera un sou* lageraent pour la détresse des cultivateurs de Meckleubùr^ 192 Le Mariage d'une Marquise ou le ContretemS.Tout fermier qui, dans le voisinage de ce village, possède quelque terrain élevé et stérile, est sûr d'y trouver de l'or.Des pierres à fusil, de couleur blanche, indiquent la présence de ce métal, de manière qu'un cultivateur, qui trouve sur sa sa propriété une de ces pierres, demande et obtient pour prix d'un champ autant de mille dollars qu'autrefois il aurait demandé de dollars.Plusieurs comnaenies du sud et du nord, et même des étrangers s'occupent à faire de ces sortes d'acquisitions.Ils ont établi des usines marchant à l'aide de la vapeur, de chevaux et de l'eau, et leurs allaites réussissent très bien.(National Gazette.) LE MARIAGE D'UNE MARQUISE, OU LE CONTRE-TEMS.Les futurs époux, les parens et les amis allaient se rendre à la mairie pour signer Pacte de mariage.Les hommes étaient en grande tenue ; les dames rivalisaient entre elles par l'éclat de leur toilette; le mari réfléchissait en promenant ses doigts sur son front, et la jeune mariée, parée d'une robe blanche, symbole de la candeur et de Pinnocence, attendait que les chevaux fussent attelés.Tout-à-coup survient un étranger, un monsieur d'un extérieur fort poli et qui pouvait passer pour un parent.Le jeune homme suppose que t'est un membre de sa nouvelle famille, et chacun de se confondre en politesssse vis-à-vis ce mystérieux personnage, qui s'assied gravement, entr'ouvre son habit et fait paraître une éeharpc.t7/i commissaire l s'écrie-t-on de toutes parts ; l'incognito était terminé.L'homme à l'écharpe se met à la fenêtre, et par un signe d'intelligence fait arriver dans l'appartement un de ses agens." Messieurs, dit-il alors, des billets de banque et un rouleau de pièces d'or ont été volés.On a su que l'individu accusé de cette soustraction* n'était pas inconnu à mademoiselle la marquise."—Ce n'est pas probable, disent alors tous les témoins que l'aristocratie avait expédiés à cette cérémonie.—"Probable ! non, répond le commissaire, mais possible, oui ; que personne ne quitte cet appartement ; '* la porte se ferme, on verbalise ; les figures se rembrunissent, le futur époux est pâle de surprise et de terreur ; la demoiselle pour terminer toute explication, improvise un évanouissement, une attaque nerveuse, et pendaut que les odeurs s'évaporent, à ses côtés, le commissaire, impassible comme la loi, consulte ses notes et son adjoint ; bientôt, tout en promenant les mains sur la cheminée, il soulève une boite à thé dont le poids lui paraît t omtncnt on gouverne son man.193 inexplicable.11 lVutwe et sent sous une lettre couche de thé des papiers et un corps dur ; il écrase la boite sous ses pieds ; les billets de banque et les pièces d'or sortent de leur retraite.Mademoiselle la marquise, qui jouait une crise nerveuse, prend enfin le parti de revenir à la vie, et bientôt elle peut juger aux regards qui tombent sur elle que son crime est découvert.Le mari en proie au plus violent désespoir, semble remercier le ciel et M.le commissaire de lui avoir évité une honte qui, quel-* (pies heures plus tard, entrait dans la communauté.Les parens et les amis demandent à se retirer ; les voitures défilent; il ne reste à la porte del'botel que la voiture de madame la marquise, et la malheureuse mère y voit monter sa fille qu'elle ne pourra plus revoir désormais qu'entre les grilles des Medelonnettes ou • deSt-Lazare.{Historique^ Paris, 182W.) COMMENT ON GOUVERNE SON MAUL CONSEILS a une jeune femme.N'écoutez pas les hommes, ma chère enfant, ils ne donnent jamais aux jeunes filles (pie de mauvais conseils.Je pourais vous permettre encore ceux des jeunes gens ; il n'est pas impossible qae ceux-ei soient désintéressés, car un mauvais conseil n'est un bon moyen qHe pour celui qui n'en a pas de meilleur à employer.Quant aux autres, ne vous y fiez pas.D'ailleiirs, jeunes ou vieux, les hommes peuvent-ils s'entendre a nous donner de bons conseils?Ils nous donneront peut-être de belles règles de conduite, calculées d'après leur caractère, à nous qui ne nous conduisons jamais que par l'instinct du notre ; ils nous instruiront, je le veux, de leurs mouvemens les plus sécrète, et c'est des nôtres que nous devons nous méfier.Comment ?il y en a un, me dites-vousj qui veut vous apprendre comment on gouverne son mari, comme si cela s'apprenait.Eh 1 bon dieu !' où en seraient les femmes?Il y en a si peu qui aient le goût de l'instrucHoti et de la réflexion ! Quand à moi, ma jeune amie, il y a dix ans que je fais faire ma volonté à mon mari, sans avoir jamais pensé à la manière dont je m'y prenais.N'allez pas au moins lui dire qu'il fait ma volonté; il no faut pas qu'il s'en doute.Je ne m'en doutais pas non plus, si l'on ne m'en eût fait apercevoir; cela allait tout seul, pour ainsi dire, sans que je m'en mêlasse, du moins sans que je fisse rien exprès pour cela; mail c'était 1e résultat naturel de routes mes actions.Ap-paramment qu'il est dans ma nature qu'on fasse tout ce que je Tome VIII.—Ne.Y \vi Recherches llisloi îsques.veux.Savez»vous qu'on eut grand tort un jour de m'avertir •le mon cm] ire ?Heureusement que je suis une femme raisonnable : je n'en usai pas davantage, et me contentai de faire faire comme auparavant, ce qui me plaisait: une autre à ma place aurait p( ut-» tri été tentée de faire faire même ce dont elle ne se souciait pas." Mme Guizot.:n;ciii:ivCiî es historiques.entree des reines OC france DANS PARIS.L'histoire nous a conservé le détail de celle d'Isatvf.u.f, de Bavière, que Charlïs Vf épousa en 1385.Elle fit son entrée flans Paris le >::l août 1389, Le*lendemain, Guillaume de Tienne, archevêque de Rouen, assisté de deux évêques, fit la cérémonie du couronnement dans la Sainte-Chapelle.La fête préparée pour son entrée était brillante, et offrait toute la délicatesse dis mœurs de ce tcms-là.On avait élevé, « la Porle-aux-peintres, rue Saint-Denis, un ciel nue et étoile; les trois personnes divines y étaient réprésentées, etune troupe d'en-fâns habillésen anges vexécutaientdes con ce s ts." Quand la reine passa dans sa litière découverte, sous la porte du Paradis, deux anges descendirent, tenant de leurs mains une très-riche couronne d'or, garnie de pierres précieuses, et l'assirent tout duuce-ïhènt sur le chef de la reine, en chantant ces vers : " Dame enclore entre fleurs de lys, Reine etes-vous du paradis, De France et de tout le pays, Nous en râlions en paradis.Le roi ne dëguîèn, pouf être témoin de la pompe qui accompagnait celte entrée] et dit à Savoisy : " Savoisy, je te prie que tu montes sur mon bon cheval, et monterai derrière toi, et nous nous babillerons tellement qu'on ne nous connaisse point, et allons voir l'entrée de ma femme." " Ils allèrent donc par la ville, en divers lieux, et s'avancèrent pour venir au Cbàtelet à l'heure que la reine passait, où il y avait de peuple grand presse, et y avait foisson de sergens à grosses boulàiès, lesquels, pour défendre la presse, frappaient de leurs boullàies bien fort, et s'efforçaient toujours d'apprôcjier le roi et Savoisy : et les sergens qui ne connaissaient ni le roi ni Savoisy, frappaient de leurs boulaies dessus, et en eut le roi plusieurs horions sur les épaules bien assies: et un soir, en la présence de dames et demoiselles, fut la chose rescitée> et on com- Qii»inc$, tu-» I mança à cm bien Farcer, et lo roi mime >e buvait des horions qu'il avait icons." Le lendemain de eette entrée, la ville de Paris, selon l'usage; fit son présent au roi et à la reine.Les députés sétaut mis à genoux, dirent : 'w Très-cher et aimable Sire, vos bourgeois du Paris vous présentent ces joyaux*; (c'étaient des vases d'or bien travaillés.) Grand merci, bonnes gens, répondit le roi, ils sont biaux et riches." Ils adorent ensuite chez la reine, à qui deux hommes déguisés,l'un en oi/rj, et l'autre eifticornC)offrirentdes préacns encore ])lus riches, t ALLE POPULAIRE.La Limace* Une limace, marcha cent ans pour traverse, un pont de pierre de plusieurs arches.Lorsqu'elle fut au bout, la dernière arche s'écroula."Ce que c'est que d'être habile ! dit-elle en se retournant; uu peu moins de vitesse, et je périssais dans les décombres." Un sot mit cinquante ans à composer un soi ouvi age.C'était une dissertation sur les repas des anciens.Il compulsa huit mille volumes, et visita une foule de monumens antiques, La mort vint enfin."Ce que c'est que d'être actif! dit-il; si j'eusse perdu une semaine, mon immortel ouvrage serait resté imparfait." .Lauteur est.mort il y a vingt-cinq ans : le livre qui devait nous apprendre la manière de manger chez les an-pi&ftNn/a point paru ; et les modernes n'en dinent pas moins bien, quoiqu'il ne sachent pas si les Hébreux mangeaient de >
de

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