Le Réveil : revue politique et littéraire. --, 1 août 1901, samedi 3 août 1901
157 RUE SANGUINET No 289 TIROIR POSTAL 2184 REVUE POLITIQUE ET LITTERAIRE POLITIQUE-THEATRE-LITTERATURE-BEAUX-ARTS VOL XIV MONTREAL, 3 AOUT 1901 No 289 SOMMAIRE Le •' Réveil ", Le Directeur — La Cléri-caille, Pincé— La Répartition des Taxes, Civis — Self-Protection, — Le Journalisme, Vieux Rouge — Bibliographie.M.delà Galerie — Chronique, Rigolo — Edward Smith, Alexandre Hepp — Les Liqueurs Monastiques, Paul Taquet — Pitié pour los Petits, Séverine Les conditions d'abonnement au Réveil ne sont pas les conditions ordinaires des autres jonrnaux.Nons livrons le jonrnal à domicile (franco,] à raison de 25 cts par mois, payable au commencement de chaque mois.Tout ce que nous demandons an pnblic est de voir le journal.Le Réveil est imprimé et publié par A.Filiatreault.au No 157 rue Sanguinet, à Montréal.Le prix dc l'abonnement au Keveil est t»nm |>i ASTRES par année.Le IREVEIL" Après quelques semaines de"repos forcé, le Réveil reprend sa publication, grâce aux nouveaux sacrifices que nos amis se sont imposés pour le tenir sur pied, ne serait-ce qu'à titre de soupape dc sûreté.Dans l'espèce, je crois que c'est peut-être impolitique de la part des amis de la liberté de penser et n'écrire de continuer à faire des efforts surhumains pour sauver les Danatiiens de la ruine qui les attend infailliblement s'ils continuent à diverser le plus clair de leurs revenus entre les mains de nos maîtres.U me semble qu'il serait préférable de se laisser écraser jus-qu'au moment où le peuple sera forcé de manger de l'herbe, s'il en reste encore.Il se relèvera peut-être alors dans une grande colère et dira : C'est assez.Malheureusement, les ressources illimitées de notre pays nous interdisent de songer à une solution de ce genre dans un avenir approché.Quoiqu'il en soit, mes amis m'ont de- 98 LE REVEIL mandé dc continuer la lutte.J'accepte, je ne dirai pas avec enthousiasme, mais soins déplaisir.Dans les conditions ordinaires dc l'existence, c'est-à-dire, s'il ne survient aucun accident, j'ai encore au moins une dizaine d'années à vivre, ct je ne demands qu'une chose, c'est que les idées se développent avec le même essor qui a caractérisé notre lutte de dix années déjà contre l'obscurantisme.Voilà pour le côté moral.Il me reste à examiner les moyens pratiques de faire cette lutte.Les mille abonnés qui sont restés lidèles daus la mauvaise fortune suffisent à i'.iire vivre une publication du genre du Réveil, mais à uno coudition imperative, c'est que tous et chacun d'entre eux paient leur abonnement régulièrement.Par ce moyen, on joint les deux bouts, et il u'est pas nécessaire d'en obérer quelques-uns pour le bénéfice des autres.•T.- dois remercier ioi les amis plus zélés qui ont fuit de la propagsnde en faveur du journal, et les prier de coutiuuer leurs efforts dans la même direction.Le Directeur.La Clericaille Toutes les fois qu'un honnête homme se frotte à la clericaille, il est sûr dc se faire lloucr tôt ou tard, et plutôt tôt que tard.Je suis un vieux routier, rompu à toutes les roueries de ces messieurs de la gente cléricale, et cependant il y avait un truc que j'ignorais, et je suis tombé dans le panneau comme un écolier des collèges classiques.Pour me servir d'une expression devenue populaire, j'ai été joui dans des proportions inouïes.Comme je n'ai pas l'habitude d'endurer ces choses-là sans en garder un souvenir qui dure, ces messieurs de la clericaille laique ne l'emporteront certainement pas dans le paradis, et rendront à César ce qui appartient à César.Dans ce bon pays canadien, où la soutane est maîtresse souveraine, il y a deux classes de gens : les gogos qui paient, et les fins, parmi les laïques, qui exploitent le clergé.Le premiers sont les plus nombreux, mais en même temps ils sont les plus idiots.Les autres ne sont pas des myriades, mais quel génie ils déploient, pour prendre ces bons curés dans leurs propres filets.Si leurs opérations so bornaient à voler les curés ct les communautés, je n'en dirais trop rien.Ce serait un simple virement de fonds qui retomberaient dans le Grand-Tout où ils ont été pillés.Mais l'ambition de ces artistes en carottes va beaucoup plus loin, et s'élève mémo à des hauteurs vertigineuses, jusqu'au point de tenter de mettre la province entière en coupe réglée pour satisfaire leur cupidité.Armés de bénédictions et de plonuncia-mentos extorqués, la plupart du temps, à l'aide des plus faux prétextes, ils montent des attrape-nigauds stupéfiants, et, vu le nombre d'imbéciles toujours croissant, ils se créent des rentes faciles.Leurs exploits, cependant, ne s'arrêtent pas là ?Eblouis par la facilité d'embauchage qu'ils ont obtenue, ils mettent à contribution les services d'hommes qui peuvent les aider dans cette néfaste propagande et réussissent avec de l'argent ct des promesses, à les induire en erreur pendant quelques semaines.J'ai été l'une des victimes inconscientes de cette cabale, car je ne soupçonnais pas dans le temps la vilenie de l'intrigue ourdie.Je me répons sincèrement de ma jobarderie, et je promets de faire tout mon possible pour réparer l'erreur commise.Mais on ne m'y reprendra plus.Pince. LE REVEIL 99 La Repartition des Taxes Ceci s'adresse spécialement aux hôteliers, res taurateurs et débitants de liqueurs.Le Réveil a toujours été d'opiuion que la répartition des taxes sous forme de licences, taxes d'affaires, etc., était i ajuste en aut aut que Montréal est affectée par les lois édictées par la Législature de Québec.Les citoyens de la métropole paient une énorme proportion des revenus de toute la province, au graud bénéfice de la ville de Québec en particulier et d'uu grand nombre dc municipalités en général.M.Lawrence A.Wilson, au nom de l'importante maison de commerce dont il est le chef, a lancé un grand nombre d'inritaiicns aux notabilités de Montréal et même de toute la province, Icb invitant à assister à une excursion sur le lac St Pierre, à bord du bateau de la Compagnie du Richelieu, lo Trois Rivières.Inutile de dire que cette gracieuse invitation a été aoceptéeavec enthousiasme par le plus grand nombre des invités de M.Wilson, et a obtenu un succès colossal, comme tout ce que ce monsieur entreprend, d'ailleurs.N'allez pas croire que la rubrique de ce bout d'article n'a rien à faire avec cette excursion.Bien au contraire C'est tout simplement une entrée en matière pour annoncer qu'au banquet sur le bateau, on a abordé cette question intéressant si fortement les geus de Montréal, et cet article sera niivi de plusieurs autres indiquant les raisons à invoquer et les moyens à prendre pour induire et forcer, au besoin, nos législateurs a chauger le mode de répartition actuel, dans le but de laire peser le frrdeau des taxes également sur tous les contribuables, suivant l'importance de leur commerce.Les intéressés comprendront de suite sans qu'il soit nécessaire d'insister fortement qu'ils doivent se grouper et soutenir M.Wilson dans cette campagne entreprise pour les protéger.ClVl8.L'enfant tousse.Prenez-y garde 2t donnez-lui du BAUME RHUMAL.SELF-PROTECTION Nous ne soram s pas, et nous n'avons jamais été partisans de l'idée d'exclusivisme eu matières commerciales, et nous ne désirons pas favoriser une race au détriment d'une autre.Plusieurs articles déjà parus dan 1 le Réveil out même été interprétés dans un sens hostile par quelques-uns de nos meilleurs amis que nous avons été obligés de convaincre au moyen de fort longs arguments.Nous avons toujours soutenu que Canadiens-français et Canadiens-anglais devraient ne.former qu'un seul peuple, chacun conservant ses traits caractéristiques, mais ne faisant qu'un dans les questions vitales pour l'avenir du pays merveilleux que nous habitons.Cependant, nous ne poussons pas ce sentiment à outrance et nous ne voulons pas être dupes.Et ici encore l'influence et l'exemple du clergé contribuent à nous appauvrir au bénéfice de l'Anglais, et nous allons en donner trois exemples entre mille autres qui se présentent tous les jours.Il y a quelques années, un curé fort entreprenant se faisait construire un palais monumeutal pour loger sept ou huit vieux garçons inutiles faisant le service du vicariat et un curé qui aurait bien voulu devenir archevêque.Les bois canadiens qui sont cependant prisés par les étrangers n'étaient pas assez beaux pour ce brave curé et il fallut importer du cèdre rouge pour toutes les boiseries du premier étage.Hn face de cette boîte à curés se trouvait un magasin de ferronneries tenu par des contribuables de la paroisse, qui avaient été lourdement taies pour la construction du presbytère.La moindre chose que ces braves gens pouvaient attendre était de recevoir la commande des ferrements.Au lieu de cela ce fut une grosse maison anglaise de la ruo St-Janques qui fut chargée de cette fourniture.Lorsque vous rencontrez deux bonnes sœurs portant la sacoche réglementaire et faisant la petite tournée quotidienne dans les magasins canadiens-français de la ville, soyez certains quo ,00 LE REVEIL le produit de la quôte sera dépeusé dans une maison anglaise.Dans lé cas de la fourniture de la viande de boucherie aux communautés rie la ville et de la banlieue, et même celle de la Réforme institution publique et catholique desservie par des religieux, au lieu de donner les commandes aux bouchers canadiens qui contribuent leur quote-part au maintien de nos institutions, on va trouver des Anglais.Ceci nous a élé affirmé par une vingtaine de bouchers et la majorité de ces industriels connait cet état de choses.L'un d'entre eux a élé même jusqu'à leur dire qu'il serait préférable pour lui de 6e mettre protestant pour avoir leur clientèle.UNE CONSOLATION.Si l'on ne peut pas totiji urs éviter le rhume on peut toujours le guérir avec le BAUME' RHUMAL.154 LE JOURNALISME Mon excellent ami, Alphonse Nantel, vient de m'adresscr le piétiner numéro de la revue hebdomadaire qu'il a fondée à Saint-Jérôme et à Montréal.A mon point rie vue, c'est une entreprise téméraire, car il ne devrait pas oublier quo le journal ct la revue, commercialement parlant, n'ont pas d'acquéreurs en ce pays.Ce ne sont pas des durées.Ce sout simplement les produits du brain, de l'intelligence, et cela ne se met pas sur des rayons.Donc, ce n'est pas de la marchandise, et dès ce moment, il est inutile de payer pour une chose qui ne se palpe pas, qui n'est pas maniable.Je sais bien que tôt ou taid, un changement s'opérera, et que, l'éducation aidant, on Unira par comprendre, en ce pays comme en tous les autres, et la littérature mendia la place qui lui revient de droit.Mais alora, nous, les vieux, nous ferons moits à la peine, et nos neveux seront fort aises s'ils récoltent les fruits de nos semences.La Reine est destinée à piendre la place du quotidien parmi la classe instruite et intelligente du pays, niais à quelle époque ?C'est ce que nul ne saurait encore déterminer.Aussi longtemps que nos «lubmens nos gros marchanda, nos médecins distingués, nos avocats eminent?, nos députés, et mên.e nos ministres, iront risquer des milliers de piastres sur les tapis verts de, clubs, et refuseront le lendemain de payer un abonnement légitimement gagné, sous le faux prétexte qu'ils n'ont pas d'argent, les journalistes seront dans la dèche.jjlt cependant, lorsqu'il y n un contrat à obtcnii, une décoration à décrocher, un compliment à décerner, une adresse à rédiger, vite, on court au journaliste qui est obligé de faire tout ce travail gratis pro Deo." Cela lui coule .ei peu cher à ce bougre-là.Il vous fabrique cela en un tour de main.C'est drôle, c'est bien fait, c'est spirituel.Mais ça nous prendrait un mois, à nous autres, pour en faire autant, et on n'y arriverait pas ".Voilà donc les risques que court M.Nantel dans cette carrière de journaliste qui ne lui est pourtant pas inconnue.Il en a vu de toutes les couleurs depuis un grand nombre d'années.Il a été député, ministre, etc., et, à mon sens, le plus beau titre qu'il possède est encore celui de journaliste.Dans cette carrière ingrate en ce pays, il ne devait pas et.ne pouvait pas espérer se créer des ixntes.et cependant il est resté à ce poste.J'espère qu'il réussira, avec le concours de tous les autres, à secouer cette apathie LB REVEIL loi qui s'attache aux flancs de notre peuple, et à démontrer que le journalisme bien entendu est l'avant-coureur delà civilisation qui nous manque aujourd'hui, et qui nous fera toujours défaut aussi longtemps que nous serons et resterons un peuple de marchands et d'acheteurs de beurre et de fromage, en laissant de côté toutes les autres sphères d'action ouvertes à nos esprits vifs pourtant et pénétrants dans toutes les choses dc l'art et de l'esprit, niais découragés par le mercantilisme et l'étroilesse des gens fortunés qui pourraient lacilement distraire un vingtième de leurs revenus pour favoriser les talents littéraires et artistiques de leurs compatriotes.Vieux-Rouge.BIBLIOGRAPHIE Les Maladies du Sentiment Religieux, par E.Murisier, chez Félix Alcan, éditeur, Paris— 1 vol.prix 2 fr.50.L'autour de cet essai, professeur distingué de l'Académie de Noufchàtel prétend avec beaucoup de modestie indiquer simplement la nécessité d'étudier la psychologie de la religion comme on en apprend l'histoire.La science des religions constituée de toutes pièces dans le siècle qui s'achève, en est, dit il, un des événements capitaux, tt dans cette science, il n'est pas, de branche plus utile, plus attrayante que la philosophie et dans cell.-ci la psychologie.C'est sen niiliipi' ment que M.Murisier attaque la pathologie du sentiment religieux et qu'il en étudie les phénomènes, les calpel à la main, et à ceux qui pourraient lui reprocher la rigueur de ses études, il répond : "croire qu'uu phénomène perd de sa valeur parce qu'ils est compris, n'est qu'une superstition mythologique ou uu scepticisme immoral." La connaissance du mécanisme psychique de la conversion n'empêchera personne de se convertir.A signaler une étude très intéressante sur l'état d urne dis salutistes et sur les opérations de l'armée du salut.The Delineator.—Numéro spécial de Juillet.Le numéro de juillet du Delineator, le grand journal de modes des Etats-Unis, est une véritable merveille.Nous avons eu l'avantage de recevoir un des premiers exemplaires de cette publication et nous ne croyons pas qu'il se soit rien encore publié de comparable au poiut de vue d'exécutiou aux pages consacrées à l'Exposition Pan-Américan.Ces pages en trois couleurs, reproduisent les spiendides effets obtenus dans ce que l'on appelle la " cité des lumières." Aucun journal n'a encore été à même de rendre convenablement les tons obtenus et si le Delineator a réussi aussi parfaitement,c'est parce qu'il a eu accès aux aquarelles originales préparées par M.C.J.Turner qui a la direction des couleurs à l'Exposition Pan-Américan.On conçoit l'immense travail que nécessitent l'établissement des plaques et l'impression des teintes et ce travail devieut encore plus admirable, si l'on songe que ce numéro de juillet a été tiré à 625,000 exemplaires.Journal de gouverneur Morris, ministre plénipotentiaire des Etats-Unis en France de 1792 à 1794.par E.Pariset, chez Pion-Nourrit et Cie.éditeurs, Paris.Gouverneur Morris est un des personnages américains qui sout encore les plus discutés : la reprise d'uue admiration profonde pour Thomas Paine dont Morris fut l'irréconciliable adversaire a naturellement nui beaucoup en Amérique à la mémoire de Morris, Cepeudaut le Journal dont M.E.Pariset nous douue une traduction facile et agréable sort de la polémique américaine et nous confions dans les potius politiques français où Morris excelle.La lecture de ces notes jetées à la d'ablo mais certainement vécues est profondément intéiessant".Gouverneur Morris est un vrai type de Yankee alors que le terme n'existait pas eucore.Homme à bouues fortunes il a toute l'indiscrétion et la vautardise de la race ; il o»t rempli de suffisance et daus ses racontars ne ménage même pas l'honneur personnel de ceux dont il prétend avoir taut à cœur la fortune politique.Il est sublime de mauvaise éducation, mais d'un attrait irrésistible à lire pour ceux qui aiment le cru.Sou intelligence est vive, sa 'louceptiou rapide et sou instruction profonde! Ce sout les noies d'uu joyeux coquin.M.E.Pariset qui a recueilli les feuilleta de ce jourual et qui, après en avoir fait uu triage scrupuleux pour constituer uu tout intéressant et suivi au point de vue de l'histoire doemneu- 10Î LE P EVEIL taire de la Révolution, a accompli là une besogne historique d'un rare mérite.Nous recommandons à ceux qui ont suivi la carrière américaine de gouverneur Morris de lire attentivement ces notes si curieuses sur ses occupations françaises.Histoire de la guerre Franco - Allemande 1870-1871 par Amédée Le Faure, illustrée de 10G portraits et de 32 cartes et plans.Nouvelle édition annotée par Désiré Lacroix uncien Secrétaire de la Rédaction du Moniteur de l'Armée, 4 volumes in-18, chez GARN1ER FRÈRES :—Prix 3 fr.50 Le 3e volume rappelle l'arrivée de la Délégation du Gouvernement à Tours et ses couflits.— L'organisation des nouvelles forets militaires.— Les premiers combats, Arlenay (27 septembre); Tours (5 octobre) ; l'évacuation d'Orléans ; défense de Chateauduii.—La première armée de l'Est.— Opérations dans '"8 Vosges.— L'arrivée à Tours de Gambette.—La situation eu province — Élections et Conseils généraux.— Nouveau plan de campagne : conférence de Saihris.Projet du général Troc h u.—la situation de l'armée de Metis : Les intrigues de Régnier ; départ du général Bouibuki; proposition de Bismark pour la reddition de l'armée : le dernier combat de l'armée du Rhin ; conseils de guerre du 10 et 26 octobre et enfin la douloureuse capitulation.— Mission de M.Thiers à Londres, à Vieune, à St-Pétorshonrg et à Florence.—La prise du Bourget ; émotion causée à Taris par la capitulation de Metz ; la journée du 31 octobre.—Bataille de Coulmiers et les combats autour de Paris— Bataille de Chainpiguy : la guerre eu province ; entrée des Allemands à Rouen ; marchés en avant de l'armée de la Loire, entiu daus ce 3e volume, on voit se dérouler jour p >r jour tous les un-iil ¦ 11 ! > politiques, les batailles et les combats qui ont eu lieu depuis b 15 septembre jusqu'au 31 décembre après la retraite du général Chanzy sur le Mans.Mémoires du Duc de Rovioo pour servir à l'histoire de Napoléon par Désiré Lacroix, chez.Garuier Frères, éditeurs, Paris.D'un intérêt hittorique tout aussi passionnant, les Mémoires du duc de Rovigo pour servir à l'histoire de Napoléon, édités par Désiré Lacroix, à lu librairie Gai nier frères, uous fout entrer dans l'intimité de l'empereur à la iiu de septembre 180s.Nous assis tous à la célèbre entrevue d'Erfurt, où étaient rénnis l'empereur de Russie, le roi de Saxe, les ambassadeurs d'Autriche et de Bavière.C'est là que, 11 devant nn parterre des rois ", les premiers sujets de la Comédie-Française, Talma, Saint-Prix, Lafont, Damas, M mes Raucourt, Duchesnois et Bourgoin représentèrent Cinna, Androuaque,Britannicus, tous les triomphes du répertoire.Nous suivons l'empereur en Espagne, nous assistons au combat de Sommo-Sierra, à l'entrée de Joseph à Madrid ; puis c'est la campagne de 1809, la guerre avec l'Autriche, la prise de Vienne, les batailles d'Essling et do Wagram, le traité de Vienne qui termine la campagne.Dans ce même volume, ou lira aussi avec intérêt les curieux détails sur te divorce de Napoléon avec Joséphine, son mariage avec Marie- Louise ; l'abdication du roi de Hollande ; la réunion de la Hollande à la Frauce ; l'élection du maréchal Bernadotte comme roi de Suède ; l'enlèvemeut du pape, de curieuses considérations sur l'espionnage d'un aide de camp de l'empereur de Russie, enfin la naissance du roi de Rome.Par l'anecdote variée et abondante, on découvrira non sans surpiise, derrière le souverain orgueilleux et autoritaire, uu homme bon et simple, derrière l'homme brave, uu brave homme aimant à faire le bien, ne pouvant se défendre d'éprouver quelque pitié pour ses pires ennemis.Un exemple : Nous voici au château de Schœnbrunn.On arrête le jeune Stapps, fils d'un ministre protestant d'Erfurt, porteur d'un immense couteau de cui-siue avec lequel il a projeté d'assassiuer l'empereur.Napoléon demande à voir le jeune homme.En le voyant entrer, l'empereur fut saisi d'un mouvement de piijé et dit : " Oh ! oh ! cela n'est pas possible, c'est un enfant ".Puis il lui demanna pourquoi il voulait le tuer : — Sire, parce que votre géuie est trop snpé-rieur à celui de vos ennemis et vous a rendu le fléau de notre patrie.— Mais ce n'est pas moi qui ai commencé la guerre ; pourquoi ne tuez-vous pas l'agresseur ?Cela serait plus juste.— Oh non, Sire, ce n'est pas Votre Majesté qui a fait la guerre ; mais comme elle est toujours plus forte et plus heureuse que tous les autres souverain ensemble, il était plus aisé de vous tner que d'eu tuer tant d'autres.— Si je vous faisais mettre en liberté, iriez-vous chez vos parents et abandonueriez-vous votre projet ?— Sire, si nous avions la paix oui ; mais s nous avons encore la guerre, je l'exécuterai. LE REVEIL 108 Le geste est beau de part et d'antre, et ce sentiment exquis de charité et de pitié oe retrouvera en maintes pages.Le volume fourmille d'anecdotes semblables, d'autant plus attrayantes qu'elles ne relèvent point du domaine de la légende, mais de l'histoire, écrite au jour le jour par un des acteurs les plus considérables de l'épopée uapoléenue.M.de là Galerie.SON OMBRE SEULE Un homme prévenn en vaut dix.Le rhume eat l'imprévu, mais l'ombre seule du BAUME RHMAL.CHRONIQUE.Où est Blondin ?Prince est arrivé : Hourrah pour Prince ! ! **# La compagnie d'opéra-comique et d'opérette V8 tranquillement son petit bonhomme de chemin.« » Je n'aipas perdu de vue mes amis lyriques des grands quotidiens, et je les att m ils au coin de la rue, avec un fanal, comme ou dit dans le grand monde.*** On entretient des craintes au sujet de Marion.Il y a mémo des gens qui prétendent qn'il va s'établir dans la MandcLourie, et fonder uu journal illustré à grand tirage U est rumeur que deux grands journaux vont entreprendre*le tour de toutes les planètes en ballon.On aura des nouvelles des planet-flyers au moyen de la télégraphie sans fil.#*# Les personnes désireuses de visiter l'Eglitie Notre-Dame de St Hyacinthe voudront bien s'adresser à moi.Il me reste huit billets signés par le Fr L A.Rondot, curé, .le ne pourrai pas les utiliser, et ce serait vraiment dommage t'ils étaient périmés, L'industrie du corset est destinée à péric 1 e si la nouvelle mode continue à sévir, et les industriels qui ont consacré leur argent à ce genre de commerce seront bientôt dans le marasme.C'est égal, je préfère encore les rotondités à la gélatine qu'on nous sert en ces temps de chaleur.Honni soit qui mal y pince.• Avis aux intéressés : Les abonnés du Canada-Revue et du Réveil sont priés de 6e rappeler que s'il leur manque des numéros pour compléter leur liasses, ils feront bien de s'adresser immédiatement au directeur du journal s'ils désirent avoir la collection complète.Les rats se sont mis dedaus et en ont fuit un saccage qui ne laisse rieu à désirer, Ils n'ont pas encore tout dévoré, ce qui prouve que ce ne sont pas des rats d'église.En dépit des observations d'un critique d'art, je prétends que le spectacle offert aux habitués dn Parc Sohmer est de uature à amener lentement, mais sûrement, le goût de la bonue et graude musique parmi le peuple cauadien.Et le meilleur moyen d'y arriver est celui employé par MM.Lavigne et Lajoie, qni connaissent leur public mieux que quiconque, et savent allier l'ugréement d attractions variées, amusantes, désopilantes même quelquefois, au plaisir d'entendre les ceuvres des maîtres.« » • Mon archevêque viont de rentrer dans sa bonne ville après une tournée fructueuse dans son ar-chidiocèse.Les rapports des journaux quotidiens semblent indiquer que Sa Grandeur n'a pas perdu d'argent le long de son voyage.Pour n'en donner qn'un exemple, je citerai la paroisse de St Jacques de l'Acbigan qui a offert à Mgr 1340.La chronique n'a pas ajouté que Sa Gruco avait donné sa bénédiction aux paroissiens, mais c'est probablement un oubli du correspondant du Journal.• • * Mon directeur me demande de lui fabriquer une constitution d'assurance mutuelle avec participation dans les profits.La tâche est rude, mais je l'accepte tout de même, et s'il n'est pas le réveil satisfait do ia méthode que je vais lui indiquer, tant pis pour lui ! Vous verrez la semaine prochaine que mon plan consiste à tout prendre et à ne lien douner durant nue période de qninze anué.'s.Il est très iugéuieux, ce plau, mais la modestie qui me caractérise me force à dire que jd ne l'ai pas inventé.#** Une dépêche d) Paris annonce que les ordres religieux, atteints par la fameuse loi sur les as-socielions qui vient d'être finalement adoptée à l'assemblée natiouale, et au sénat français, regardent cette loi comme nn attentat, un outrage à la liberté religieuse du sujet français.Ce sentiment, tout légitime, d'ailleurs, va provoquer l'émigratiou eu masse des religieux de France.On cite encore les Pères du Sacré Cœur, ordre de Picpus, qui vont éraigrer au Brésil, et un graud nombre de Dominicains et de Jésuites, qui vont se réfugier soit aux Etats Unis, soit en Angleterre, soit au Canada.Ces denx eutrefilets sont extraits d'uu éditorial d'un quotidieu : je ne me rappelle plus lequel.Attendons-nous à voir arriver ça à pleins steameis.Comme si on n'en avait déjà pas trop ici pour uos moyens.Rigolo.EDWARD SMITH Les " demi-mondaines " de Toulon, qui elles aussi sans dote out lu le fatal Q»0 \adis, se sont rappelé l'usage antique et le beau temps où les cour tisanes avaient, avec leurs roses, quelque mission daus les réjouissances officielles : et s'étant concertées, liées comme un bouquet ; elles out oll'ert uue soirée de gala galaut à tous les officiers des escadres, lancé avec l'approbation même des autorités le bristol d'invitation le plus coriect, et après tant de coupes, vidées avec toasts, tendu simplement les lèvres.Encore qu'un peu osée, l'idée ue m inque pas de grâce, elle est sœur latine ; elle marque une jolie action du sourire et celles qui Tout eue n'ont pas servi mal la déesse.Mais si les demi mondaines du Midi bleu et or, restent sur la joie d'un tel succès et apportent quelque lustre imprévu à la corporation, la galanterie est moins heureuse dans les brumes de Paris, ei voici le bruit encore d'un crime.Cette fois, il ue s'agit pas d'une pauvre fille, surprise devant son armoire à glace en thuya et palissandre, ou sa fenêtre en runnée; avenue Henri-Martin, un appartement somptueusement bourgeois, le luxe solide d'uno quarsulaine parvenue, considérée, et très proche à nouveau, de l'honnêteté.Seulement, même en montant daus sou automobile, Mlle Louise Kolb resplendissait de bijoux et le nommé Edward Smith, passant, inspectant la vie autour de lui, ayant un matin vu cette fortune aux oreilles, aux doigts, sur la gorge, songea.Le soir même, après jrai nuit, l'ami parti, il s'insinuait par le cabiaet de toilette laqué, guettait le premier sommeil, s'élançait vers le lit profond, et malgré l'électricité éper dûment ouverte, au bruit, à ce flot de lumière éclairaut soudain duns le silence et l'abondon une grimace d'assassin, il frappait.Si le théâtre du crime est de condition pins choisie qu'à l'ordinaire, le crime à première vue ne révêle que banalité, et cet Edward Smith n'a rien qui le distingue des mai très connus dn genre ; il semble n'être que le continuateur d'une tradition récente, et même sans le chic d'une cap-turc difficile; il semble dans sa figure comme dans son ouvrage parfaitement quelconque, il semble ne pas dépasser l'obscure moyenne des artisans du fait-divers — et pourtant il fut retenir sou nom ; je l'inscris au titre de cet article comme on ferait pour le nom d'une gloire d'hier ou de demain, car cet homme, à lui senl, vient de changer quelque chose eu France.Qui donc se plaignait de ne plus voir ici surgir rien d'intéressant, dans la platitude des jours; accusait la pauvreté de nos horizons, la routine et la vieillerie de tout?Voici du neuf enfin, un progrés superbe, uue révolution qui eu vaut la peine.U est vrai qu'elle n'intéresse ni la liberté, ni l'égalité, ni la science, ni la charité ; c'est dans LE REVEIL 105 le domaine des horreurs, des forfaits, du meurtre qu'elle éclate à l'improviste, c'est dans l'art d'être lâche, cruel, féroce, c'est daus les moyens dc Coin.Mais ces choses là sont beaucoup plus près de la nature humaine.Adrairablemeut averti des véritables tendances de l'homme, justement préoccupé des besoius du temps, et des pointa où quelque réforme s'imposait, Edward Smith, né de parents humbles, a exercé de bonne heur» son génie, et uyant trouvé, il u'a pas hésité à expérimenter par lui-mêne,— le» novateurs seuls ont de ces courages sublimes î les merveilles d'outillage qu'il apporte à l'assassinat moderne, et dout, quoique étranger, il a voulu doter uotre pays.C'est d'abord un petit sable, lourd, résistant, infaillible comme éeraseur, quoique écouomique et facile à se procurer, avec lequel ou assomme sans qu'il y ait la plus petite effusion rouge, Bans la moindre tache de saug, qui ont coûté ia vie à tant de pauvres assassins Mais c'est surtout le casse-tête bilboquet.Une bille de plomb, dissimulée dans uue peau de mandarine, et qui par uu gros fil de caoutchouc fixé à la hauteur du coude, se perd brusquement, avec toute sécurité ; se fait invisible daus la manche, aussitôt le coup porté.Un joli cadeau à faire à un enfant et l'arme lu plus puissant.- ; quelque chose de délicieux et de terrible, d'amusant et de formidable, d'humoristique et d'inl ruai ; les fruits d'or, Kobert-iloudin, les Haulou-Lees et le cadavre à coup sûr.Auprès des trouvailles d'uu si fécond et original esprit, que deviennent les formule.; anciennes ?Que drait Gaboriau ?Quel sort attend tous ces bons vieux iustrumeuts du crime, fidèles serviteurs, hier encore si glorieux ?Hélas, eux aussi, maintenant les voilà distances, dit-qualifiés, condamnés par le progrés ; ils Vont grossir la liste de toutes les victimes qu'il a faites déjà parmi les choses, et aller rejoindre dans l'amertume des rancarts, tout ce qui n'est p.us à la hauteur, tout ce qui remonte au tempi des diligeuces.Pauvres couteaux à virole, fers à repasser, coups de poing, cordes à uonuds, adieu c'est fini, le progrés vous entraîne ; comme dans lea usines et daus les fabriques, de nouveaux venus changent la physionomie du travail, et ce n'est d'ailleurs pas sans émotion qu'on va vons voir de la sorte humiliés, vous qui avoz tenu une si grande place dans la société, et collaboré où se révèle le pins notre tréfond.Mais il convient de saluer aussi les triomphateurs du jour, les maîtres qui arrivent ; salut au petit sac de sable, salut au bilboquet à la mandarine ! Demain on ne parlera que d'eux, demain ils seront dans toutes les mains au pouce fatal, demain il y aiua une école nouvelle qui enfoncera toutes les traditions de la Roquette et de Nouméa.Et comment ne pas rendre aux admirables inventions d'fcdward Smith l'hommage qui leur est dû ?Si l'ou pense que demain, ce seront elles qui j meront le râle le plus actif dans ce qui caractérise le plus l'époqne, dans l'attirance de l'argent, dans les frénésies passionnelles, dans les déclamations sur le droit de se faire justice, dans la médecine et la philosophie légales, daus le jeu de la magistrature, dans le feuilleton populaire, dans lea expositions d'art macabre de la Morgue, comment n'être pas le vil flatteur de lenr importance sociale ?Il n'est pas uu savait dont les inventions soient assurées d'un semblable accueil, et dont les nobles travaux intéressent plus directement tous les ressorts de ia vie d'un grand peuple.Il est vrai qu'ici le patriotisme légèrement «'inquiète.Edward t'mith, son nom l'indique, L'est paa né aux Batignolles.A peiie recounaît-il la route de h Révolte.Et sans doute paraîtrait-il fort déëoblig:ant à messieurs les meuniers français d'avoir l'air de recevoir leura leçons d'A ngleterve.Quand on a dans ses classiques des Dumollard, des Barré, dea Lebiez, des Men.-selou et tant de ¦léres François ; qnand on peut se réclamer d'nne si longue suite de chonrineurs impeccaples et de pure race, c'est évidemment dur d'emprunter à la supériorité anglaise.Mais pu'ils se rassurent, c'est très bien porté, la mode même l'exige.Ce n'est pas assez qn'il y ait des amateurs qui relèvent lenr pantalon sur 196 LB REVEIL le boulevard parce qn'il pleut à Londres, le chic anglais ici doit régner sur tout, comme il le mérite, et l'imitation, cela nous connait depuis longtemps.Quand tant d'honnêtes gens ne peuvent piquer une Heur à leur habit sans une hantise d'orchidée à la Chamberlain, et quaud le snobisme va jusqu'à la grave question du bouton de gilet fermé ou uon il ferait beau voir ces scrupules chez les autres! Eu n'allé, on ne voit pas pourquoi les accessoires de cambriolage et du "refroidissement" ue viendraient pas eu droite ligne de Londres, comme les chapeaux, les < aunes, les cheviottes, les parfums, les tables, à thé, et pour ceux qui suivent l'histoire à pouffer du lancement des modes, l'idée n'est pas du tout déplaisante d'un Prince de Galles du crime.Aussi bien, u'est à Edward Smith que l'homicide en France devra désormais una tournure d'élégance.Let-juges d'instruction, le musée des chefs de la Sûreté, les mélodrames, les Nouvelles diverse*, les âmes sensibles, uu pen blasées, ré clamaient antra chose depuis lougtemps, et ce sera l'honneur de cet Anglais que de l'avoir compris.Eu vérité, quel soudain rajeunissement, quelle joie de vivre de surprises exquises snr la planche! Une nouvelle manière d'accommoder le crime, c'est, pour uue société, l'inespéré régal et la plus notable preuve de vitalité, c'est comme une aubaine de jouvence, cela repose délicieusement des problèmes dn l'heure et des échéances qui menacent, c'est ce qu'on pouvait offrir de plus délicat à l'attention, à la capacité des esprits et d"8 < uuu s.Arrêté, tandis qu'il venait de faire chez nous la première application de son admirable découverte, le grand Edward Smith, au magistrat qui l'interrogeait, n'a demandé qu'une grâce: celle d'être jugé comme on juge dans sa patrie à lui, c'est-à-dire sans preventives vexations, sans petits supplices préliminaires.Kt, par là aussi, il a donné une idée de de l'universalité de ses connaissances, de l'étude profonde qu.il avait faite de nos mœurs et de uos institutions.A cette han te intellgence, rien n'est étranger.Espérons que la justice française saura comprendre tout ce que représente pour elle l'œuvre d'un homme comme Edward Smith.Espérons qu'elle saura traiter avec des égards qui ne seront jamais assez empressés ce grand réformateur de l'a8sassiuat au commencement du vingtième siècle, et qu'on ne verra pas une fois de plus, aux fers sur la paille humide, auprès de la cruche d'eau, le génie méconnu ! Alexandre Hepp.Les Liqueurs Monastiques On annonce que los Chartreux vont quitter notre pays, pour s'établir en Autriche, où une immense abbaye se construit à leur intention.La réputation universelle de la Chartreuse appelle l'attention sur les liqueurs monastiques, qui sout considérées à juste titre comme ayant ouvert la voie à l'industrie libre des liqueurs marchandes.Au moment où la Révolution dispersa les moines et confisqua les couvent-, la fabrication des liqueurs était pour ainsi dire le monopole des établissements religieux.Les Chartreux possédaient déjà leur fameuse recette.Ils fabriquaient non les " chartreuses " verte et jaune qui n'étaient pas encore connues, mais uue chartreuse blanche, très alcoolique et très renommée, que les consommateurs prenaient, en guise d'absinthe, avec de l'eau.En réalité, si le goût des boissons alcooliques, des liqueurs fortes et des apéritifs s'est répandu dans le monde, les religieux en sont responsables dans nne large mesure.Car, au dix-huitième siècle et même au commencement du dix-neuvième, ils ont fait tout ce qui dépendait d'eux pour propager dans le public l'usage de ces boissons.Ils ont été les premiers liquoristes, les ancêtres ! Ils ont tracé le chemin que, plus tard, les commerçants ont suivi.Peut-être préfèreraiont-ils, à présent, oublier ces services selon nous glorieux.A une époque où une partie du clergé se prononce si violemment contre l'alcoel, ces souvenirs pourraieut LE REVEIL 107 être embarrassant» Mais, c'est précisément ponr cela que nous les rappelons.Jadis, le Couvent éveillait l'idée d'une cavo précieuse, d'un vignoble modèle, soigneusement traité, d'une liqueur cordiale, généreuse et forte.Jésus avait dit du vin : " Ceci est mon sang "> et tout chrétien pensait de même.La Foi s'accommodait bien de cette compagnie.La vigne était la com pagne du Monastète.Le fidèle buvait ferme — il ne se croyait pas damné pour cela.Et cette franchise valait mieux que l'abstinence d'aujourd'hui, serait-elle absolument sincère."Tous les méchants sont buveurs d'eau" pensaient uos pères — qui, pourt nt, ne connaissaient pas les eaux minérales, ni le
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