Le Réveil : revue politique et littéraire. --, 1 février 1901, samedi 9 février 1901
157 RUE SANGUINET No 281 TIROIR POSTAL 2184 REVUE POLITIQUE ET LITTERAIRE POLITIQUE_THEATRE-LITTERATURE-BEAUX-ARTS y0L xnI MONTREAL, 9 FBVBIEB 1901 No 281 sommaire ARTHUR BUIES Arthnr Baies, PJ.A.Voyerj - In Memo- Qui ^ ^ rajson , ^ nam, Vieux-Rouge- Défendons no- etde ^ M ^ ^ & tre Langue Z«* - De la Tenue s v.|e Pau|.Lollig 00„rier canadien T.^?AJ^ff-*ï ni»a constamment fait l'honneur de son cales, i/a^fer-La Gu iMm» a™,ié et j'ai dû beaucoup à ses conseils che, ./«m c* ^/°?~L*/.^ dans la période d'orientation de mes faibles qui Tousse.Séimne-Histoires ' de Voyage: Enlèvement, René Maize •P"1»"» roy — Pour vous, Mesdames.Notre première rencontre date de 1881 __ ou 1882.Elle eut lieu au Chien d'Or, qui était beaucoup, à cette époque du moins, Le.condition, d.bonnement au Bévr.l ne p du vie„x Québec, sont pas les conditions ordinaires des autres * ^ jonrnaux.Nous livrons le journal à domicile Huit jours auparavant j'avais fait passer [franco,] à raison de 25 cts par mois, psyable au dons le Quotidien, do Lévis, un article in* commencement de chaque mois.Tout ce qne titulé Léon XIII et Gambetta, article où, o nous demandons an public est de voir le journal.80UimCt ]e ne commettais d'autre mal que de prédire co qui est devenu plus tard, lo mouvement des "ralliés".Il y ent Le Réveil est imprimé et publié par A.^ |)n QU dans LanderneaU.Filiatreault.au No 157 rue Sanguinet, à Et ^ ||U, nW pas man(||,é de Montréal.un é(J|,jt dont on dalnnait ia forme ot le fond, vint à moi aves son plus large sourire, Le prix de l'abonnement an Reviil est me secoua à me faire perdre l'équilibre en TROIS PIASTRES par année, s'éeriant ; ARTHUR BUIES LE REVEIL 259 — Ah ! c'est toi, le nouveau monstre : Il ne s'est emporté qu'une fois : c'est je t'en félicite, mais.lors de la composition de la Société Royale Ce mais et ses éléments résument bien du Canada.Que de fois à l'botel Riche-tout ce qu'était Buies.Il voulait dire: lieu, à demi couchés dans ce que l'hospi-Dans ce pays et à cette époque, aux yeux talier Isidore Durocher appelait son " jar-d'une certaine coterie, hélas 1 très puis- din aérien", que de fois il m'a exprimé gante, on a tort d'avoir droit, fût-on en son indignation de voir placer parmi les accord avec les vues déjà fort précisées du Immortels du terroir des gens qu'il aurait Pape.Sois encore meilleur que le Publi- préféré renvoyer aux petites écoles, cain de l'Evangile, tu ne vaudras pas aux Que ne puis-je reproduire ici certaine yeux de certaines gens le plus infinie des partie d'une lettre qu'il m'adressait, il y Pharisiens.Tu débutes mal ; tu inscris a quelques années, à la suite d'une appré-toi même ton nom sur les tablettes noires dation que je fis d'un de ses admirables d'une coterie qui abuse tellement des per- livres sur nos richesses provinciales, et sonnes et des choses les plus saintes, qu'un dans laquelle il revenait à cette Société jour il faut, plein d'angoisse, s'écrier avec Royale.le poète : Buies, s'il n'a jamais eu de violentes ini- Ils m'ôtent, jour par jour, la volupté de mitiésv a eu pour certains hommes une croire I amitié, un attachement qu'aucun mot ne *** saurait qualifier.Feu l'honorable Geof- Bomieo; que le Figaro proclama, un Won.qui fut d'ailleurs son Mécène le plus jour, l'homme le plus spirituel de France.?évoué' ne«** u" Iï,sta1nt dcetre ?our était en même temps le plus grand mar- ftf**?1 *** culte' ǰ v,eux cheur de Paris Jeff I R-lisez ce qu'il en a dit dans une Buies fut bien notre Romieu sous co jf**** donnée sous les auspices de la double rapport : il a été sans contredit arie' l'homme le plus spirituel du Canada et le Son œuvre littéraire est immense.Il plus intrépide marcheur de Québec.Les pouvait dire lui aussi : formidables côtes de Québec étaient ses j»a- ^ tout boulevards favoris et le tour du Belvédère j'ai passepartout, son petit coup de remontoir du matin.Jamais plus vite, jamais moins, il dévorait Quelques pages, plusieurs même, de son des milles et des lieues, perdu dans le tra- ,ivrô 8ur ,e Saguenay sont du pur classi- vail de la pensée, se rappel I an t mer veil- Que- leusement au retour tout le labeur prépa- On relira sans cesse avec délectation ré ou entièrement fait en route.et avec profit ce que sa plume féconde et Ceux qui l'ont mal connu pouvaient le exquise a semé à droite et à gauche, croire aigri, grincheux.Quelle erreur 1 Son œuvre sera, comme disait John Cet homme était pétri de bonté.U n'en Ke&ts, une source d'éternelle joie : voulait qu'aux faiseurs littéraires, aux A thing of beauty is a joy for ever I trucqueurs, aux usines de banalités et de lieux-communs.P.A.J.Voter. 260 LB RBVML IN MBMORIAM.| Après tout oe qui a été dit et écrit sur le compte de mon meilleur ami, Arthur Buies, je suis heureux de voir que Pierre Voycr, qui l'a si bien connu, est venu donner à peu près la note juste.J'aurais bien voulu dire aussi un mot, mais je craignais de me laisser emporter par des souvenirs trop personnels pour en faire part à mes lecteurs, d'autant plus qu'on m'aurait accusé de ne voir en Buies que le libre penseur et le radical, Voyer m'a tiré d'affaire et je l'en remercie.Vieux-Rougb.Défendons Notre Langue Il existe à Montréal une association qui doit avoir été créée dans un but noble et désintéressé.Cette société a été fondée, paraît-il, il y a déjà un gran 1 nombre d'an m'es, dans l'intention toute particulière de protéger les femmes ct les enfants contre la brutalité ou l'incurie du père de famille.Jusque-là, tout est bien, et nous sommes les premiers à féliciter ces messieurs des louables efforts qu'ils font pour donner aux femmes malheureuses et aux enfants sans pain la protection à laquelle ils ont droit.Cette société s'intitule la " Montreal Society for the Protection of Women and Children." Cependant, il existe aussi à Montréal une autre association, tacite, il est vrai, mais qui n'a pas moins un rôle aussi important à remplir : celui de protéger et de faire respecter notre belle langue française, la seule chose qui nous restera lorsque le clergé nous aura arraché les derniers deniers que nous possédons, Nous ne savonspas s'il y a entente entre nos maîtres do la soutane et les Anglais, mais il nous semble que ces derniers font tout leur possible pour abîmer notre langue, déjà si malmenée par les grands quotidiens français de Montréal et de Québec.Eh bien I nous le déclarons ici publiquement, aussi longtemps qu'il nous restera un souffle dc vie, nous défendrons notre langue, au meilleur de notre connaissance, contre les barbares, qu'ils soient Saxons, Doutons ou Slaves, qui ont le toupet de se servir d'un langage qui ne peut être assimilé à aucun autre connu.Pour prouver cette assertion, nous donnons ici la transcription d'une lettre adressée par un monsieur G.M.Marshall, secrétaire de la dite association, relativement à un client récalcitrant.Nous ia donnons telle qu'elle est : Mods Il a été rapporté à cet office qae voas avez ibaudonne votre femme pour anotre femme, O'est vous iuformez qu'excepté vous apportez à cet office $4 00 chaque semaine, vous serez apporté avant le juge.M'appo.te $4 00 immédiatement.Votre etc.Or.M.Marshall Secretaire etc.Nous avons respecté la fantaisiste olograph ie de ce monsieur Marshall, mais nous nous permettrons de lui donner un conseil qui devra le décidera l'avenir à ne pas nous infliger une humiliation aussi profonde que celle d'écrire do semblables lettres.M.Marshall devrait savoir que les trois-quarts des Canadiens-Français de Montréal connaissent l'anglais au moins aussi bien que la même proportion des Anglais, et s'il a des missives à leur adresser, qu'il le fasse dans sa langue.Ceux d'entre nosu qui ne connaissent pas suffisamment la langue de Shakespeare trouveront un ca* LB ÊBVBIL £61 marade ou nn voisin assez complaisant pour leur donner une traduction de ses épitres.Un autre point que M.Marshall, en sa qualité de policier, ne devrait pas ignorer, c'est qu'il commet un crime dc lèse-magistrature en disant que l'inculpé sera apporté avant le juge.Le juge est toujours le premier qu'on apporte sur le banc, et on le remporte avant tout le monde, pour lui permettre d'aller moisir sur ses dossiers pendant une période indéfinie.Méditez ceci, M.Marshall, et si vous avez une autre occasion d'adresser une lettre à quelqu'un, écrivez en anglais.Lu.De la Tenue, s.v, p.?U est évident qne nons serons toujours obligé, an Réveil, de défendre l'épiscopat contre le journalisme quotidien, qui s'en fait nn piédestal auprès de notre population.Leut bnt est unique : celui de recruter des lecteurs en faisant semblant d'avoir des primeurs qui n'en sout pas.On se rappelle que la nouvelle de l'élévation au cardinalat de Mgr Thomas Duhamel a été contredite dès le lendemain de la publicité qui lui a été donnée et on doit supposer que les sources d'information du journal de la boutique en face ne valent pas mieux que celles de la voisine.La Presse reçut un jonr de son correspondant d'Ottawa nne dépêche annonçant que le vénérable archevêque de la capitale était sûr d'obtenir le chapeau rouge.On n'a jamais dit à quel titre, mais, comme le Réveii, l'a écrit dans le temps, le choix du Saint-Siège était fort judicieux, et nous nons sommes rangé de son avis, parce que nous connaissions les hantes vertus et les quai tés éminentes qui distinguent le prélat d'Ottawa.Nous avions cependant fait une restriction relative au diocèse de Montréal, parce que nous pensions que la métropole du pays devait avoir nn représentant à Rome, de préférence aux petites villes du Canada, telles que Québec et Ottawa.Mais comme nous connaissions l'esprit d'humilité de notre archevêque, et que nous savions parfaitement qu'il reprendrait aujourd'hui sa soutane de chanoine, s'il en ave it la liberté, en abandonnant ses vêtements épiscopanx et sa croix pectorale, pour ne pas tomber dans le péohé d'orgueil, nous n'avons pas été surpris de voir qu'il a vertement tance les reporters de la Presse qui s'étaient permis do publier une nouvelle ecclêffastiqua de cette importance sans en référer à l'Ordinaire, qui n'est antre que Mgr.Bruchesi, dont le nom est de désinence italienne.Ce dernier aurait donc fait venir les délinquants en sa présence et lur aurait signifiée-nettemeut qu'il n'entendait pas, dorénavant, que les nouvelles religieuses fussent publiées sans avoir < té, au préalable, tou mises à son approba tion.Il leur demandait, en même temps, nne lettre d'excuaes adressée à tous les évêques de la Province pour avoir osé insimuer que Mgr Duhamel était le seul prélat qui n'avait rien dit contre le parti libéral lors des élections fédérales en 1896.Cette lettre, paraît il, a été donnée aveo un enthousiasme qni ne laisse rien à désirer." Sauvous la caisse, toujours et quand même I " Et d'ailleurs, les reporters avaient raison de se rétracter, parce que, depuis cette époque, on n'a jamais eu rien A dire, contre le parti libéral, en vertu dn principe qui énonce que pour avoir des faveurs, il faut toujours être du côté du manche.C'est de l'nistoire que nous écrivons, il ne fant pas l'oublier.Il y a déjà quelque temps, on avait commandé aux grands quotidiens de ne pas publier les portraits dea hauts dignitaires de l'Kgli«e, et même'" oeux des simples curés et vicaires à côté des hommes et des femmes célèbres par leura exploits meurtriers.C'éta.t tout à fait rationnel.Nous n'avons jamais compris, par exemple, pourquoi l'on mettait le portrait d'uu respectable chanoine, en regard de ceux de Sainte Cordelia et du Bienheux Sam Parslow, catapultés (ouf !) au moyen d'une corde de trois-quarts de pouce, 262 LE REVEIL absolument inédite, vers les régions supérieures où le bonheur incessible et inssississable règne de toute éternité.Eh ! en dépit de tous ces avertissements dictés par l'esprit de charité qui distingue uotre vénérable archevêque, il y n encore des journaux qui lni désabéissent, et continuent à lui faire de la peine en publiant son portrait et des nouvelles à sensation qui pourraient fa're rater une nomination qui ferait plaisir à tout le monde excepté au titulaire.Voici ce que la Patrie annonce.^rVec un portrait de Mgr.Bruchési et un gros titre : L Indépendant de Fall River, Mass., nous arrive ce matin avec l'importante nouuelle suivante : " Une lettre reçue de Rome ce matin nous apprend que Mgr Paul Bruchési, archevêque de Montréal, sera probablement créé cardinal au prochain consistoire." Il est tenu en très hante estime an Vatican, et l'on dit assez ouvertement, dans les cercles ecclésiastiques, qne le prochain cardinalat pour le Canada est destiné è Montréal." Cette conduite de la Patrie nous indigue et nous ne pouvons mienx faire que la condamner sans restriction.Elle sait que Monseigneur ne désire pas qu'on fasse du tapage autour de son nom, et qu'on le laisse dans l'ombre, car sa Grandeur saura bieu ae débrouiller au milieu dea gravea questions qu'elle appelée k décider tous les jours.Mais c'est tout de même drôle que ce soit nous qui soyons obligé de la défendre contre ses supposés meilleurs amis.à.Filiatreault.UNE DAME RICHE, QUIA été guérie de sa surdité et de bourdonnement d'oreille par les Tympans artificiels de I'Institut Nicholson, a remis a cet institut la somme de 26,000 frs, afin que toutes les personnes sonrdes qui n'ont pas lea moyens de ae procurer lea Tympana puissent les avoir gratuitement, s'ad reset à I'Institut Nicholson, 0, Eiqhih Avenue, New-York.8 Carottes Monacales Un correspondant qui prend la précaution de ne pas signer son nom, écrit à mon directeur ponr lui aunoncer que les chiffres relatifs à not maisons d'enseignement sont faux.Il oublie d'abord, comme je viens de le dire, de signer aon nom ; enautte il me semble qa'il n'a jamais connu qn'il existe de la ponctuation, et de plus il n'eu pas assez poli pour se respecter lui-même en écrivant snr un bout de papier à chandelle.Tontes ces choses devraient être connues de tont le monde, surtout si l'on considère que l'on paye si cher pour les apprendre.Il m'ofire, en outre, de démontrer que les calculs que |e donne sont faux.J'attends ses preuves avec son nom.En attendant je continue mon petit travail : Je prends aujourd'hui la congrégation dei Sœurs Servantea du Cœur Immaculé de Marie.(Quel nom !) But : Donner refuge aux tilles repentantes et travailler à l'éducation et à l'instruction dei enfants.Religieuses professes.272 Novices.28 Postulantes.85 Etablissements.20 Elèves.4,750 Pénitentes.160 La propotion est toujours la même : 2500 élèves à $150.i 0 par année nous donnent $i>75,000 2,25) externes à $10, $22,500 : total, $899,500.RÉCAPITULATION Congrégation Notre-Dame.$2,500,000 Sœnrs des SS.N de J.et M.1,250,000 Sœnrs de Ste Croix.724,500 Sœurs de Ste.Anne.1,118,260 Sœurs Servantes du Cœur Immaculé de Jésus.899,600 Total.$5,990,260 Au prochain numéro.Maoïstes.SUITF D'EXCES DE FATfG-UlîS.A ceux qui sont épuisées par un excès de fatigues, les PILULES de LONGUE VIE du CHIMISTE BONARD rendent la force, l'a santé, la vigueur.16 LE REVEIL 268 La Guillotine Sèche L'actualité porte cette histoire —triste comme une caricature de la douleur, macabre comme une coined i ! qui se jouerait dn la misère : Devant le président des léférés paraissait, hier, nn petit employé.Ses meubles avaient été saisis, ses vêtements aussi, et tous ces rions qui font la maison de celni qui n'en a pas.Uu des deux lits, celui de la femme, avait été pris.La victime demandait que ce coucher lni fût conservé, car la loi ne laisse qu'uu lit au ménage ; c'eat la communauté forcée à perpétuité.Le petit employé se défendait lui même, n'ayant pas de qnoi prendre mieux ; et, très bas, il dit au juge : — Ils m'ont tous prir, monsieur le jnge, et ils veulent encore m'exposer à faire nn enfant ! Cette loi de la saisie mobilliêre est la plu i dure qui soit au monde.Elle n'a pas une disposition humaine qu'à l'instant même une autre disposition ne surgit se au bout pour la cou-trepeser, pour l'empêcher de monter vers les justices supérieures.C'est le droit romain avec sa ténacité loquace et vivace.C'est le plagiat d'un plagiaire qui s'a (lie he.Les légistes n'ont été ici que des copistes, sana rien de franc ni de français dans le texte ou la pensée.Cette moelleuse main de la loi, si habile aux nuances et aux coloris, si lente à la procédure, se hâte et devient brutale dès qu'elle arrive à la sait ie, à ls vente, but suprême et conclusion.Ls saisie u'est qu'une duperie qui papillote encore è l'œil dans la lumière de ce temps, mais qui en est à son dernier papillotage.La vente par autorité est un des froids corridors qui mènent des révoltes du passé aux révolutio-is de demain.Elle est un des coins de fer qui s'enfoncent dans la propriété, sous prétexte de la défendre, car elle atteint un droit plua sacré que celni du créaucier ; elle atteint le droit de vivre.La saisie est une lâcheté, car elle ne blesse que le pauvre, le faible et le maladroit.Celui qui le veut et qui n'a pas do scrupules peut passer, en pelisse et en cnriosse, à tra vera lea mailles de cette loi.Il vit parmi lea tapiaaeries et les boiseries des beaux siècles, chef un am' complaisant.11 est dsns un appartement meublé dont, son valet de chambre est le propriétaire fictif.Il monte dans des voitures qui sont à sa femme, dont il est séparé de biens.U ne possède rien et il jouit de tout, et l'huissier qui se présente trouve un vieux veston aveo une paire de chaussettes.' Qu'est une loi à laquelle ou peut échapper ponr vu qu'on ait quelque argent en poche et moins de scrupules ?La veuve qui se débat pour élever son enfant, l'artiste qui lntte pour parvenir, l'ouvrier qui attend un travail depuis trop longtemps, ne con* naissent pas cet art, qui cocsiste à sourire de la loi.Et la loi vient tout saisir, tout vendre pour le plus grand profit do l'huissier et de l'Etat seuls.La statistique apprend que la vente des meubles paye le créancier une fois sur dix mille, sauf dans les saisies par propriétaire.Le commandement qui doit procéder la saisie n'est jamais périmé.La loi ne fixe aucnn délai après lequel il soit nécessaire de réitérar le commandement.L'huissier pent donc venir quand il lui plaît, au moment où il n'est pas attendu, et il choisit volontiers l'époque où le débiteur est absent, l'omvu qu'il soit assisté d'une commissaire de police, d'un juge de paix ou du maire, il a le droit de faire ouvrier votre porte, de crocheter voire secrétaire, sous prétexte d'y cher* cher des faux cols, do fouiller dans vos papiers, sons prétexte de s a ï - i r et de vendre le portefeuille qui les contient.Et la loi civile ne protège pas les débiteurs contre cos indiscrétions, tandis que la loi pénale protège l'accusé, en interdisant les perquisitions hors de sa présence.Eutre la saisie et la vente, il y a place pour une nouvelle trahison.L'huissier qui a saisi peut ne pas vendre après les huit jours réglementaire".Huit ans, dix ans se passent ; vous avez changé de domicile ; les objets saisis ont été égarés ou biisés ; peu importe, la saisie est valable pendant trente ans.Et si vous ne re-présentez pas tous les objets, c'est le délit du détournement d'objet a saisis, c'est la police correctionnelle, eVsi lu déshonneur.La saisie pent être faite sur les objets les plus importauts qour la somme la plus minime, et 264 LE REVEIL snr les choses les plus insignifiantes pour les sommes les plus élevées.J'ai là, unis les yeux, une procédure de saisie tt de vente.M.de R.est parti pour uu an.Il b gardé à Paris son appurleinent aveo ses ra< ublis de famille, ses papiers et les mille souvenirs qui formeut le rubau léger par lequel nous tenons solidement au passé.Il a oublie une detie de cinquante fruncs.et uu ennemi qu'il avait à Paris.L'ennemi poussant le fournisseur, un jugement a éié pris.U est devenu exécutoire.L'huissier a fait forcer les portes ; il s'est introduit daus l'appartement, a tout bouleversé et vendu.La table à ouvrage de la mère du saisi, morte depuis vingt ans, et les ou* vrages iutermiués qu'elle contenait, et les longues aiguilles qr.i avaient tricoté les premiers chaussons de laiue, et le vieux fauteuil Voltaire dans lequel le père avait rendu le dernier soupir, tous ces témoins des heures heureuses avaient été dispersés quand M.de R.est revenu.Perdn aussi un paquet de lettres qui u'a pas été vendu, celui-là, mais qui a disparu par hasard.Encore un dossier : Un homme a été rniné danB des spéculations.Il doit quarante mille francs è un aucien ami qui est devenu un adversaire.Dix aus ont passé.Le miné travaille maintenant pour vivre.Il occupe uue petite chambre où courent, lea uns après les autres, les meubles indispensables.L'ancien ami apprend que cet homme se permet d'avoir un gîte, uu chez soi, un coiu où poser le fardeaux de sa tristesse.Avec la créance de quarante mille francs dûment exigible, il fait saisir, il fuit vendre, ct la vente produit cent francs ! Telle est la loi de saisie mobilière, dure comme la pointe de la lauce romaine.Elle a cela de très moderne qu'elle frappe le faible et l'humilie en laissant indifférent le malhonuéte débiteur.Mais elle ne se contente pas d'être l'impitoyable et l'inutile.Il ue lui suffit pas déjouer, au bout des procès, le rôle de guillotine ; elle porte en elle son mensonge d'humanité, Bagrimaco de douceur.D'après l'article 592, il y a d»s objets insaisissables.C'est le lit ; mais, chose charmante, le ciel de lit et les couvertures inutiles peuvent être saisis.Si la victime a deux domiciles, on ne lui lai>se qu'un coucher pour les deux.Le coucher des eu fants n'est paa saisissable, si les enfants habitent la maison.Mais s'ils sont au dehors, au collège, en place, peu importe, leur nid est détruit.Et le berceau du bébé mort doit être saisi, doit être vendu, malgré les pleurs de la mère, malgré le geste suppliant du père : — C'est avec de telles choses, monsieur, que l'on fait les anarchistes, me disait le maçon qui m'apportait le procès-verbal où était compris le bercean de son enfant, mort depuis huit jours.Les aliments aussi sont insaisissables, ceux qui doivent nourrir la famille pendant un mois seulement.Et encore ils peuvent être pris si le créancier poursuit pour une dette alimentaire ; vous êtes exposé à mourir de faim, c'est le moment, dit la loi, de vous prendre ce que vous avez pour vous nourrir.Ce que vous portez sur vous est insaisissable.Vous pouvez, si vous aim.z la laideur, avoir au doigt un diamant de dix mille francs ; mais on vendra la bague d'argent qui fut le premier anneau de la chaine éternelle entre votre père et votre mère, s'il est dans le vieux coffret de bois, avec les fleurs fanées et les rubans passés.Les outils de l'artisan, nécessaires ft ses occupations, sout insaisissables.Quand un ouvrier a des outils en double, on peut en saisir un de chaque espèce.La table, l'encrier, le buvard ne sont pas des outils ponr i'hommede lettres, pour le professeur, pour le médecin ; on peut les saisir.Les livres sout insaisissables jusqu'au prix de trois cents francs, chez l'écrivain, le magistrat, l'avocat, le notaire, l'avoné et le prêtre.Mais il faut s'entendre avec le créancier et l'huissier sur la valeur des livres, ou il faut plaider.Or pour plaider il faut de l'argent, et l'on en possède rarement quand ou est saisi jusqu'à ces extrémités.Il est une chose que la loi permet de saisir et qui, pour tous les corps de métiers, pour le médecin qui doit faire ses visites, comme pour l'ouvrier qui doit aller au chantier, paraîtrait insai LB REVEIL 265 sizable : c'est le vêlement nécessaire à la condition sociale dn débiteur.Tout ce que le saisi, sa femme et ses enfanta ne portent pas sur enx est saiBissable.Mieux encore : les vêtements de femme qne l'on trouve chez un célibataire peuvent être saisis.Faut il rappeler l'histoire de ce peintre, aujourd'hui parvenu et même arrivé, qui était dans son atelier en robe de chambre quand l'huissier se présenta.Tous les autres vêtements furent saisis, et, après leur vente, il ne fut plus permis au peintre de sortir, jusqu'au secours d'un tail-leur confiant, secours qui vint après deux mois.La loi, qui n parfois des ironies de douairière, déclare insaisissables les poissons dans un étang, taut qu'il y a de l'eau ; mais enlevez la bonde, mettez les poissons à sec : ils deviennent la proie du créancier.Dans la demeure du paysan, nne vache ou trois brebis, ou deux chèvres sont insaisissables avec la nourriture de cette ou de ces bêtes pendant un mois.Mais que le saisi vende les animaux, le prix sera frappé par l'huissier.L'ouvrier imprimeur peut posséder pour trois cents francs de matériel ; mais le patron, dont la maiaon est vendue, ne peut conserver de quoi devenir un ouvrier.Une épée d honneur, un bâton de maréchal, sont inaaisiasables chez celui qui les a reçus ; chez le fils dn titulaire, ils deviennent proie, bonne à prendre.Il est impossible à l'homme dont les meubles ont été saisis et vendus d'habiter ensuite chez lui : les ustensiles les pins élémentaires de toilette, les rideaux les plus grossiers pendus aux fenêtres lui ont été pris.Il doit se vêtir, s'il lui reste uu vêtement, en face des voisins.Il doit se laver dans le ruisseau.Les magistrats, plus humains que les faiseurs de lois, s'efforcent en vain do courber l'arc d'acier de la loi.Ils n'ont encore réussi qu'en uu seul cas : la loi ne déclare pas insaisissables les portraits de famille ; mais tous les tribunaux de France prononcent la distraction de ces portraits, quell- qne soit la valenr Dans ce cas, les cadres peuvent être vendus, s'il!) sont de bonne prise.Le vieux grand-père, a souriante aïeule, dans son falbalas suranné, restent accroches au mur, veufs de leurs cercles d'or éteint : le cadre est le lit de ces morts ; il faut les en arracher.Morale : la fauaillo sur laquelle a passé la saisie mobilière ne doit pas, d'ordinaire, un sol de moins que la veille, mais elle a perdu ce qui lui permettait l'espoir de relèvement.Elle u'a plus qu'à descendre sur le trottoir.Dans un temps ou la propriété est fort battne en brèche, il n'est pas possible que dos mains impies et sales se traînent comme des limaces sur tous les riens précieux qui font le foyer.Il n'est pas possible que la justice devienne l'auxiliaire du suicide ou du crime.Puisque nous sommes aux heures de liberté, il est incroyable que le domicile de l'honnête homme puisse être saccagé en son absence, tandis que la demeure dn criminel ne peut être envahie qu'en sa présence.Le remède est simple.Qu'en l'absence de la victime, I huissier ait le pouvoir de poser certains scellés, pour qu'à son retour le débiteur en demande la levée en présence du créancier ou de son mandataire.Que les meubles et objets indispensables à la vie quotidienne de la famille soient insaisissables.Que le délai entre la saisie et la vente soit très long toutes les fois que le saisi acceptera d'être son propre gardien.Que le débiteur puisse toujours racheter les .objets saisis à dire d'expert et que ces objets deviennent dès lors insaisissables pour la même créance.Que les mots instruments de travail soient compris dans le sens le plus étendu.Faire cela, ce aera mettre des rallonges aux vieilles tables de la loi romaine, ce sera passer la pierre ponce sur l'acier trop dur d'une justice homicide.Et ce sera justice, comme on dit au Palais.Jean de Bonnefon.ABATTEMENT.L'abattement chez les personnes de tout Age, sprès uu léger exercico annonce la faiblesse du sang qu'il faut combattre avec les PILULES §* LONGUE VIE du CHIMISTE BONABD.lt 266 LB REVEÎt LA PETITE QUI TOUSSE.C'était le titae d'nne deB plus belles Chanson-des Gueux, de Richepin ; ce sera, si vons le vouliez bien, le snjet de la présente chronique.Et que je souhaiterais donc l'éloquence du poète, que je souhaiterais, à ma pauvre prose, les ailes des rimes, l'envol de l'inspiration, pour mieux entraîner les âmes rebelles, pour mienx réveiller les cœurs endormis ! Car — on me rendra cette justice — je me snis bien tenue, l'autre année ; je n'ai pas fatigué les fibre- cardiaques de mes contemporains ; pas troublé los digestions paisibles, ni épuisé lea générosités.On ne m'a paa revue, mendiante infatigable, tendre ma sébile à tout propos, à tout venant ; je suis demeurée dans la norme des rapports corrects entre l'écrivain et le public ; je snis rentrée dans le rang de cenx qui vendent leur copie pour vivre ; des femmes, des enfants, des vieux, des infirmes ot des inoccupés, des malades et des malchanceux (ce qu'en style militaire on dénomme bouches inutiles) ont pu crever dana l'ombre sans qu'insupportsbloment soit traduite leur détresse ou transmis leur cri d'appel.Même à Pâques, même à Noël, que l'on fêtât la République an 14 Juillet ou le renonveau du siècle au 1er janvier, je n'ai pas abusé des anniversaires ; j'ai, comme diraient les enfants, été bien sage.S'il m'en a coûté de décevoir la suprême espérance de tant de malheureux, de laisser sans ré ¦ ponse tant de pauves lettres oû gisait, entre les feuillets étoiles de pleurs, le dernier recours ; s'il m'a été un lent supplice de réfréner mon instinct, mon élan, pour être enfin " raisonnable ", ne pas lasser la patience publique, ne pas soulever contre moi et ma clientèle, le toile des estomaca satisfaits et des nerfs exaspérés, ça, c'est affaire entre mon cœur et moi ! L'essentiel est que je me sois tue.et personne n'y pent contredire.J'éprouve d'autant plus le besoin d'une constatation éclatante à l'instant où je vais enfreindre la règle, crier ce qui m'étouffe.Je n'en puis plus : il faut me pardonner ! Tonte cette joie ; ces pierres qui étincellent an-, vitrines, ces fleurs plus belles qne des bijoux, ces bonbons dans des écrins de velours, les jouets aux mains des enfants, le plaisir snx yeux dm passantes, le rire de lèvres, le corail des houx, les perles du gui, tont ce qui chante, réduit, resonne, charme et ravit, évoqne eu moi l'écho d'une toux plaintive, le reflet d'nne blême image — et la anpplique, dana ma poche, eat comme une brûlnre.Entre le 1er de l'An et lea Rois, il est convenu que rien n'existe, que c'est encore la Tiêra dea confiseurs.L'aissez-moi dono vous dire l'hiatoire, bien simple, ne la petite qni tousse, telle qu'elle me fut apprise non par elle, mais par aea camarades d'atelier.Après.que Dieu vous inspire ! »•* Elle a vingt-quatre ans, elle demenre aveo aa mère qui eat veuve.Mme Boyor, 6, rue Saint-Théodore, à Maraeil e.Elle était, de son état, couturière, tirait l'aiguille du matin au soir, penchée snr l'onvrage : créant, pour de plus heureuses, comme toutes ses pareilles, de la coquetterie et du luxe.Avez-vous réfléchi, parfois, à ce que comporte de spécialement crnel, pour des adolescentes souvent jolies et toujours mal nippées, le métier qui consiste à embellir d'autres fillettes, —quelquefois des lainerons seulement favorisés par la fortune ?C'est la tentation sans répit, la déchéance â bref délai, sinon le reuoncement amer.Heureusement, la jeunesse a des grâces d'Etat : babille et besogne ; ne médite qu'à temps perdu.Dans la grande pièce de la rue Saint-Ferréol où, parmi le bruissement des étoffes, des étui-, des ciseaux, des dés, s'ouvrageaient les costumes à la mode de Paris, la petite Boyer était, de l'aveu de toutes, un modèle d'assiduité et de courage.La première levée, la dernière couchée, no trouvant jamais la tâche trop longue, ni trop ardue (car, en plus d'elle, elle avait sa mère è nourrir), elle fut, cette enfant, nue de ces obscures héroïnes de l'amour filial, une de ces " victimes du devoir " qui tombent à la peine, saus une plainte, sans une protestation. LB REVEIL Le gros Thame survint, l'amaigrissement, la toux qui déchire et épuise.Elle continua de travailler, tant qne ses yeux discernèrent la trame, tant que ses doigts purent tracer le point ! A la fin, ce fut impossible.En pleurant, elle dut se soumettre.La mère prit un bébé en garde.Mais les parents s'effrayèrent d u gros rhume, craignirent qne le bébé n'y participât.Cette autre ressource manqua, comme avait manqué le gain professionnel.Alors "ou essava d'avoir un pensionnaire.Mais le pensionnaire besognant tout le jour, au dehors, avait besoin, pour réparer ses forces, de reposer tranquille toute la nuit.Et les quintes, les crises de la voisine hachaient son sommeil.Lui aussi s'en alla.Que faire ?Qne devenir 'i* Des religieuses du quartier, implorées, se récusèrent, a cause du nombre de leurs assistés.On a du cœnr dans la couture Les camarades d'atelier, sur leur mince salaire, rognèrent chacune cinq centimes.Cela faisait quinze sous par jour — moins à cause des dimanches — pour substanter, loger, chauffer, vêtir, éclairer, blanchir deux personnes, dont une malade.Et le gros rhnme : les réconfortants, les médicaments ?Maintes fois, la mère et la fille s'entre-regar-dèrent sans parler, de ce regard dont on retrouve les ultimes lueurs dans le tableau de Tassœrt, au Louvre?— Veux-tu ?— Attendons encore*.Et l'on reprenait la lente agonie de privations de désespoirs, dans la chambre froide et sombre, en l'espoir du miracle qui n'arrivait pas ! C'est alors que quelqu'un (qui, mon Dieu ?) s'avisa de prononcer mon nom.Uu artiste — on] les trouve toujours ponr ces missions-là — un peintre, M.Jacques N., fut prié, par l'atelier tout entier, de vouloir m'écrire.Sa lettre est belle : " Four les malheureses dont je viens de vous parler, c'est la mort prochaine et fatale.Impuissants, hélas, par eux-mêmes, les signataires de cette requête s'adressent à vous, parce qu'il faillait que tout fût tenté pouJ apaise- un peu le cri de leur conscience indignée.Je vous prie, moi, le scribe, de suppléer à tout ce que je n'ai pas dit, à ce que j'ai si mal dit, et de lire entre les lignes ; do voir, à travers ma vision, toute cette détresse indicible et insoupçonnée, Alors, sûrement, vous agirez." J'ai vu — et j'agis.Mais, plus encors peut-être que cette émouvante adjuration, un autre m'a touchée.C'était en post-ociptum à la précédente, sur une feuille de papier coupé, ces simples lignes : " Les (soussignées 'recommandent de tout " leur pouvoir à Mme Séverine, rédacteur au " Journal, Mlle Boyer, dont la situation est " exposée dans la lettre ci-jointe." Et là-dessous, tout un lacis de grêles signatures, inexpérimentées, griffonnées, par des petites mains à l'index piqué, plus habiles à manier se-courables, potites mains adorables des bonnes Samaritaines s'efforçant.à alléger les maux de la compagne gisant sur le chemin ! Marie.Gabrielle.Delphine.Lucine.Solange.et tant d'autres ! O'est une jolie page du livre d'er de la solidarité fémiuime et ouvrière I Mais elles sont trop peu ! Mois elles sont trop pauvres ! Ce gros rhume, redouté des mères, n'est il pas des mères qui se souviennent de l'avoir vu sévir à leurs côtés — et qui, au nom de ce souvenir-là, de leurs transes, de leur angoisses, pourraient venir en aide à cette jeune malade ?Tous, nous avons eu, dans notre vie, ou nou avons, ou nous craignons d'avoir, hétas ! nne petite, un petit qni tousse.Qne s'éveille notre regret, notre inquiétude, uotre appréhension ; pourquoi soit l'un, soit l'autre, ne s'exercerait-il pas en faveur de cette pauvre enfant iuconnue, isolée, en péril ?Elle n'a rien demandé parce qu'elle est fière ; parce que son gros rhume passé, elle compte bien se remettre à l'ouvrage, la vaillante—et sins doute qne, lisant cet article, elle souffrira qu'on m'ait avertie et que j'aie averti les gens de cœur.Mais moi, je sais ce qu'il faut de temps, de 288 LB REVEIL t oins, de peine» ponr gnérir les gros rhumes qui dessèchent les jennes poitrines, et cerclent de bistre les yeux brûlants, et avivent le teint, anx pommettes, d'nne toncho de rose vif.Je pense à la mère, à ls venve qni n'a pins au monde que cette enfant, et A qui le dénuement interdit l'emploi des remèdes susceptibles d'alléger son mal.Je songe anx jours presque sans pain, aux tisanes sans suers, anx ordonnances non exécutées, aux nuits sans sommeil où le rêve éveillé se fait plus sombre que les plus noirs cauchemars ! Et avant qne soit enfourné le gâtean d'Epiphanie où se cache la fève, la galette de froment doré, je demande la part à Dien.Vons savez que, dans les campagnes, c'est celle que l'on conpe la première ; que l'on va mettre sur la fenêtre, avec un coup de vin, ou un pot de bière, ou nne bolée de cidre.Le pauvre vient, mange, boit.En relevant l'assiette vide, le verre sec, on dit que Dieu a posté.Eh bien ! je voudrais que, d'avance, on taillât dans la joie unanime, une mince portion ponr ma petite protégée ; qne, devant les grands brasiers, on se souvint qu'elle a froid ; que devant les joues rondes des fillettes, leurs grâces naissantes, on se rappelât son dépérissement ; que, parmi tant de bonbons, il fût, pour elle, quelques adoucissants ; parmi tant de vins rares, quelques fioles de toniques ; parmi tant de soyeuses fanfreluches, un peignoir chaud, des couvertures.Est-ce trop demander ?Je suis épouvantable-ment gênée ponr écrire cet article, et les êtres délicats le comprendront.Cette enfant est certaine de gnérir, et elle a raison.Mais je souhaiterais que l'élan d'intérêt, de miséricorde envers elle, dépassât la portée de son mal.On sait son nom, son adresse.Lecteurs, lectrices, qni êtes mes amis depuis neuf ans bientôt, je vous supplie d'avoir pitié de cette faible victime ! SevEBIKE PARTOUT.Allez où vous voudrez on vous dira que le BAUME RHUMAL est le remède snpréme contre la toux, le rhume, la bronchite, la coqueluche.13» Histoire de la guerre Franco-Allemande 1870-1871 par Amedee le Faure illustré de 106 portraits et de 82 cartes et plans.Nouvelle édition annotée par Désire Lacroix, ancien Secrétaire de la rédaction du Moniteur de l'Armée.4 volumes in-18, chez OARNIER FRERES : Prix 8 fr.50.Cet important ouvrage d'Amédée Le Faure a paru, pour la première fois, en 1878, en 2 volumes du format grand in 8° jésns.Aujourd'hui, pour répondre à un désir souvent exprimé, ses éditeurs ont en l'excellente idée de faire nne édition in 18 qni comporte 4 volumes, véritable format de bibliothèqne et d'une lecture plus facile.Le texte est absolument le même que celui de la grande édition in 8" ; rien n'a été supprimé ; on y retrouve les mêmes gravures, les mêmes portraits, cartes et plans ; et, de pins, de très nombreuses annotations nouvelles sur lei généraux français et allemands, sur les personnages civils, ministres, ambassadeurs, etc., qui ont joué un rôle dans ce grand drame de la guerre de 1870.Malgré de dures critiques sur «eux dont l'imprévoyance on l'ignorance ont la responssbilité des malheurs qui ont accablé la France, on aime à retrouver, puissamment exprimés, les sentiments dominants qui ont toujours animé Amédée Le Faure, aussi bien comme jonrnaliate que comme député : l'amour de la Patrie, le culte du Drapeau, le respect pour l'armée ! Ce sont ces qualités du consciencieux écrivain qui, encore aujourd'hui, après pins de vingt années de publication, justifiant le succès de Y Histoire dt la guerre Franco Allemande, Le 1er volume de cette nouvelle édition renferme tontes les origines de la guerre : Sadowa.la candidature du prince de Hohenzollern au trône d'Espagne ; les négociations ; la déclaration de guerre ; les premières escarmouches, et les combats ou batailles depuis Sarrebrnck jusqu'à Saint Privât.SURPRISE AGREABLE.Quand une personne a tout fait inutilement ponr se débarrasser d'nn rhume, elle «st tonte surprise que quelques doses de BAUME RHUMAL lui apportent une guérison inespérée.188 LB REVEIL 269 HISTOIRES DE VOYAGE ENLEVEMENT — J'avaia allumé an cigare et persuadé qne nnl importuna ne me dérangerait jusqu'à Lausanne, je baissai les stores, j'arrangeai les coussins et les oreillers pour une bonne nuit tranquille de sommeil et de rêve où il semble que d'innombrables mains tous bercent, vons em -portent vers 1'iuconnu, que des rumeurs de foule, des roulements de tambours vous appellent su loin, dans les ténèbres, vons assourdissent et vous engourdissent pen à peu, que des cloches par instants se répondent, vagnes, plaintives, émouvantes, lorsque soudain, nn employé ouvrit la portière, impétueusement, oria : " Montes donc, madame, montes n'importe où, c'eat l'heure !" et poussa jeta presque dans lo compartiment, comme des colis qu'on allait oublier, un délicieux enfants aux longs cheveux bouclés, au costume de mousssillon, une jeune femme blonde comme du pale aie, mais si hermétiquement enveloppée d'nne voilette blanche à dessins compliqués, qu'elle avait l'air de courir à quelque bal masqué, un large sac de voyage et deux gros paquets.Elle s'effondra plutôt qu'elle ne s'assit dans un coin, tout essoufflée, tonte tremblante, comme s'il eût fait un froid glacial, et ainai qu'anéantie, à bont de forces.Le petit garçon s'étsit blotti càlinement, peu-renaement, contre elle, la regardait de aea beaux yeux limpides et tendres, comme prêt à pleurer, lui embrassait les mains, répétait à chaque minute : — Maman chérie, maman chérie ! Et elle tressaillait au son de celte voix douce et fine comme le gazouillis d'un roitelet, elle étreignait contre son cœur, avec uue sorte de joie frénétique, d'angoisse éperdue, cette téte d'ange qui lui souriait, qui lui annonçait comme dea joura meilleurs.Le train n'ébranlait.Elle se signa à la dérobée et murmura tout bas, du fond de l'âme, quelque prière ou quelque vœu.J'avais ouvert la fenêtre pour jeter mon cigare.Elle vit le geste et l'arrêta.— Je vou) eu prie, monsieur, fumrz autant qu'il vons plaira, cela ne me gêne aucunement.Je la remerciai, troub'é milgré moi par son air de victime d'amonr, par ce qne je découvrais et devinais en elle de douloureux, de meurtri-d'épeuré, je lui offris mes oreillers pour y étendre son fils.Elle hésitait à me répondre : oui, méfiante, farouche, me dévisageait derrière son épaisse voilette d'un regard aigu, anxieux et soupçonneux.Et, enfin rassurée, sentant que je ne devais ètre ni manvais, ni lâche, ni goujat, comme tant d'autres, qu'elle trouverait en moi un frère de souffrance et d'indulgente pitié, qne le hasard ou la Providence me mettait sur sa route pour loi venir en aide, elle balbutia : — Oh ! monsieur, vous êtes trop aimable, je ne voudrais pas vous priver.—> J'adore les enfants, madame, et c'eat trop naturel qu'ils passent avant noua.Instinctivement, sans que aa mère le lui eût soufflée, l'enfant s'était approché de moi, m'avait tendu ses joues pâlottes, et j'aidai la triste voyageuse à le déchauaser et à le coucher, je le cou cher, je le couvris de mon plaid.Il souriait, ravi, heurenx, et les paupières à demi closes déjà, s'exclama brusquement, oomme s'il se rappelait des choses : — Maman chérie, le monsieur est aussi gentil que petit oncle ! Elle devint toute rose et l'interrompit : — Tais-toi.dors vite ! — Après qne tu m'auras embrassé encore.Elle le couvrit de baisers fous.— Et le monsieur aussi ?J'effleurai à mon tour docilement les bouclas soyeuses du petiot.Et il s'endormit bientôt, le rire aux lèvres, comme sous des ailes blanches, L'inconnue avait relevé ss voilette, et je demeurai un moment ébloui par son étrange et aeigneuriale beauté, par res yeux profonds, veloutés, mystérieux, d'une tristesse infinie, comme certsins soirs d'automne sur l'Océan, par l'admirable transparence da sou teint, qui faisait 270 LE REVEIL songer à quelque hostie de sacrifice, aux fleurs qui sommeillent sur l'eau morte des étangs, telles que des conques de nacre, par son cou flexible ct effilé de cygne, comme la guillotine aveugle et implacable en faucha tant et tant, aux temps sinistre de la Terreur.Elle ne parut ou ne voulut pas s'apercevoir de l'émoi que j'aprouvais et s'écria, d'un trait, sans reprendre haleine : — Lorsque je vous ai vu, tout à l'heure, dans ce compartiment, j'ai failli pleurer de désespoir et de découragement, j'ai cru que tout était perdu ; mais à présent, je ne sais pourquoi, je m'imagine que, grâce à vous, je gaguerai la partie je triompherai du misérable qui me hait et persécute, j'atteindrai le port, j'aurai enfin un peu de vrai bonheur dans la vie.Âh ! dites-moi qne je ue me trompe pas, monsieur, que vous n'abandonnerez pas dans le péril et les épreuves une pauvre maman et son petit enfant, qne veus Iso sauverez généreusement,qne vous remplacerez l'unique défenseur que j'aie au monde et dont la présence, hélas ! nous eût été plus nuisible qn'utile ! Je lui répondis sincèrement, sans la moindre arrière-pensée, et tout heureux, tout enorgueilli de la sympathie qu'elle me témoignait ainsi, comme au jugé, prêt à m'aventurer â sa suite dans n'importe qu'elle impasse, à lui venir en aide autant qu'elle le souhaiterait et le réclamerait : — Vous ne vons êtes pas trompée, madame ; usez de moi comme il vous conviendra, je me mois à vos ordres.Son triste visage d'exilée s'irradia d'une grande clarté d'espoir.Elle me tendit ses doigts dégantés et amaigris, oû ne brillait ni l'alliance révélatrice, ni une bague d'amour, soupira d'un accent que je n'ai jamais oublié : — Merci mou ami ! Et j'appuyai timidement, dévotement mes lèvres sur cette main toute biûlante du fièvre.Le front haut, les narines vibrantes, ayant l'air de défier une tourbe d'ennemis abhorrés, grave, la voyageuse reprit : — J'ai accompli aujourd'hui un acte de ré- volte et de justice que le Gode qualifie de crime, j'ai repris par un conp de force et de ruse l'enfant qu'un jugement inique et irrévocable m'avait volé et jo tiens à vous le dire, loyalement, en nous justifiant, en nous défendant, mon cher petit André et moi, s'il le faut, vons vons compromettez, vons risquez d'être arrêté et inculpé comme complice.— Soit.U est des condamnations qui valent les plus beaux états de services ! Elle s'efforça à sourire.— Mon cher chevalier ! Fuis, amère, douloureuse, se confessant, vidant son pauvre cœur, le regard perdu, brumeux, la gorge serrée par des sanglots, en quelques phrases, elle dévoila le calvaire qu'avait été son maiiage.— Ah ! gémissait-elle, sentir dès les premiers pas le poids de la chslne et que l'on a été dupée • trompée indignement, que tont est pourri, tout est avili, tout est usé dans l'âme et dans le corps de l'homme à qui des parents aveugles vous ont livrée et rivée, de l'époux, du maître A qui 1» loi confère un pouvoir absolu et despotique ! Et en ce désarroi de son être, en ces ténèbres où elle se débattait ot se mourait, esseulée blessée, avait, un jonr, comme par miracle, surgi le Consolateur qui se penche sur votre détresse ct s'en émeut, le Désiré qui vous rend la force de vivre, de lutter, qui vous ressuscite de ses tendresses ine fiables, qui yous initie an délice d'aimer, qui vous conquiert toute et à jamais, qui abolit l'odieux passé, qui vous entraîne comme vers des routes blanches et gnorées, vers des horizons pacifiques de lumière et de joie l'Amant qui aurait dû être le Mari, si la destinée marâtre ne nons mettait au monde qne pour souffrir, pour envier, ponr mourrir.E'el s'était fondue en lui comme de la cire dans un brasier.Elle lni avait apparteuu sans partage, sans retonr, chastement et passionnément, comme après des noces heureuses et des serments et des bénédictions solennelles.Elle était devenue mère.Et au lieu de la tuer, de la répudier de la chasser, elle et cet enfant qui ne pouvait, il le savait mieux qne personne, être, de lni, qui LB REVEIL 211 attestait 1» faute, le mari avait reconnu le non* veau-né comme son fils.Comédie qni précède le drsme.Trois ans après, jonr ponr jonr, avec des lettres photographiées, des rapports de policiers marrons, on procès-verbal de flagrant délit, des preuves qn'il n'avait pas été malaisé d'accumuler, car lei amants dédaignaient de cacher lenrs ten-dresses, le misérable s'était fait accorder le divorce de piano et la garde de l'enfant.L'iufortunée se retourna, comme en nn besoin de le voir là, tout près d'elle, vers le petiot qui te pelotonnait sons le plaid et tenait en dormant dans se6 doigts potelés nne de ses longues boucles.— J'ai cru en perdre la raison, j'ai songé à taer cet homme è bout portant, comme une bête nalfaisau e, un soir, qusnd il sortirait de son cercle.On m'en a empêchée.J'ai fait, comme on dit, la morte.J'ai disparu.Depnis trois nois, j'ai rongé mon frein, j'ai souffert ailencieu-sèment, dans la villa que mon ami a louée aux environs de Neufcbàtel, j'ai attendu l'occasion d'agir, de tenter la revanche.Et, cet après-nidi, au parc Monceau, comme le jonr déclinait et qn'Audré s'en retournait dans sa geôle avec n gouueruante anglaise, s'attardait è jeter des ¦iettes de pain aux canards japonais de la Nau-nichie, je lui ai barré le chemin, résolue i tout : " Miss Mary, ai-je murmuré, vous avea été à mon service, vous pleuriez quand j'ai qnitté pour toujours lamaison, vous savez comme j'aime mon enfant et comme il m'aime, et qne rien au monde ne peut remplacer une mère.Voulez-vous faire votre fortune et, dn même conp, faire une bonne action ?Voilà un chèque de cent mille francs, payable à Londres.Il est à voue si vous me rendez André." Elle se taisait, éberluée.L'enfant s'était jeté dans mes jupes, ne cessait de dire : "Oh ! oui, emmènsmoi, emmène-moi avec toi, maman chérie !" — " Vous l'entendez, miss, Dieu vous en récompensera dans ce monde et là hant, insistai-je désespérément.Acceptez-vous ?" Elle tendit la main, examina, tonte bouleversée, le chèque, bégaya : " J'accepte, ben voyage, madame ! " Je sautai dans un fiacre qui maraudait, j'emportai craintivement mon trésor comme un cambrioleur qui entend venir les agents, j'allai à l'autre bout de Paris, dans un magasin populaire, acheter des vêtements de fillette.Et o'est tout* • • René Maizeroy.Morton, Phillips & Cie.PAPETIERS FABRICANTS DB LIVRES BLANCS BT IMPRIMEURS.1755 et 1757 Rue Notre Dame, .Montreal.Le maison Morton, Phillips & Cie.possède k brevet Granit ùm à feiilki mobiles (Loom Lot Udfti) de H.C.MILLER.LE QRAND LIVRE PU SIECLE.POUR LES DYSPEPTIQUES.La dyspepsie est une des grandes misères de la vie hnmsine.Cenx qni en souffrent peuvent seuls justement apprécier combien cette affeo tion est pénible et douloureuse.Les PILULES de LONGUE VIE du CHIMISTE BONARD employées dans un traitement méthotique, guérissent rapidement de cette affection.16 M YEARS' EXPERIENCE Patents OffMNS CommatrrsAe.AaroM wn dl n g » , k «t f h »n d éfaerlptloa tun lafeklr a»e*ruin air opinion fre* wb«tber w Intention M probable r»t*nubl«.rnmmanlr».11 o n i Mrlstjr 00fiM*ntUL Hudboot on PsUOU uni très.Oldnl ««ne, for MeartBfBMmU.Pâle nu Ut en t brou, h Munn a Co.r*o*li JwXlw, without .- -tsoslvc luth* A hudtomtlr lllntt rated weettr.UnrntOr.CliaUon ,.f tn, *çi*nulo tournai.Tern.14 a Demandes un nnméro échantillon du Réveil qui vous sera envoyé gratuitement peudant quatre semaines à toute a-dresse qui sera fournie au Canada ou aux Etats-Unis.On trouvera dans ses magasins un assortiment Compkt de Papeterie. 272 LE REVEIL POUR VOUS, MESDAMES I o secret de ce pouvoir étrange que la femme ossèdo snr l'homme, ce pouvoir dont nnl ne est de soustraire, réside surtout dans la beauté des traits et de la peau.Aussi, nne femme qui vent conserver tout son empire doit-elle faire tout en son pouvoir ponr bien garder ces denz biens inestimables.Dans ce pays, malheureusement, les maladies et les décolorations de la pean sont nombreuses et variées, et jusqu'à ce jour, nul remède efficace n'avait encore été trouvé ponr leur traitement.Aujourd'hui la science vous dote d'une préparation que vous pouvez réellement qualifier du nom de sauveur, et elle justifiera ce titre.C'est la Dermatine, qni vous rendra la peau plus belle que celle du plus rose bébé de vos rêves.L'application en est facile, elle ne laisse aucune trace pendaut que vons vous en serves et la guérison est prompte et assurée.Quoi de plus désagréable pour une jenne et jolie femme de se voir défigurée par ces plaques d'nn jaune intense, qui lui rendent la vie douloureuse.Avant la découverte de ce merveilleux procédé, les femmes étaient bien obligées de sabir ienr triste sort et dc se résigner; mais à présent il n'y a pins do raison de se désoler, puisqu'elles ont à lenr portée nn remède nnique.Les taches de rousseur disparaissent comme par enchantement devant ce conquérant qui ne s'arrête jamais avant d'avoir remporté une victoire complète.Les comédons (taches noires) s'enfuient et ne reparaissent plus après avoir subi l'action de la Dermatine.Enfin tontea lea décolorations de la pean sont guéries en très peu de temps et l'expérience vaut la peine d'être tentée.Conservez votre beauté, mesdames, c'est un des biens les plus précieux que vous possèdes.Bendez service à vos amies qui ront dans lo même cas en leur signalaut la venue de ce messie.Elles vous remercieront d'avoir été la causa indirecte]de leur bonheur.Voyei l'annonça da la Dermatine.POUR LA GUÉRISON DU Masque, des Taches de Rousseur, des Comédons et de toutes les décolorations de la Peau.GUÉRISON GARANTIE Toutes les femmes affectées par le Masque les taches de Rousseur, les Comédons et toutes les Décolorations de la Peau, viennent de trouver Un Sauveur ! C'est la Dermatine Une préparation qui enlève en quelques joun toutes les taches de la Peau, quelles qi.'elles soient.Prix: 50c.et $1.00 la Bouteille.S'ad resser*-^-1-^ Tiroir Postal 2184, MONTREAL CANADA
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