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Titre :
Le Réveil : revue politique et littéraire. --
Faisant suite à Canada-Revue (1891-1894), condamné pour son anticléricalisme, Le Réveil lutte pour la liberté sociale, le progrès politique et l'avancement national.
Éditeur :
  • Montréal :O. Desmarais,1894-1901
Contenu spécifique :
samedi 4 mars 1899
Genre spécifique :
  • Revues
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    Prédécesseur :
  • Canada-revue
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Le Réveil : revue politique et littéraire. --, 1899-03, Collections de BAnQ.

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157 RUB SANGUINET No 210 BOITE 2184 REVUE POLITIQUE ET LITTERAIRE .r POLITIQUE-THEATRE-LITTERATURE-BEAUX-ARTS VOL.X.MONTREAL, 4 MARS 1899.No.210 SOMMAIRE: Aux Etats-Unis, Libéral — Rara avis, Catholique — Le Globe et la conférence, Rieur — Ça et là, Cocardasse — Le monde oc l'on triche : Les bonneteurs — Un lutrin canadien, (Suite et fin).Les conditions d'abonnement an Réveil ne sont pas les conditions ordinaires des -autres jonrnanx.Nous livrons le journal à domicile [ franco,] à raison de 25 cts par mois, payable au commencement de chaque mois.Tout ce que nous demandons au public est de voir le journal.Ceux de nos abonnés qui ont des travaux d'impression à faire faire voudront bien s'adresser an No 15*7 rue Sanguinet ou au No 1560 rue Notre-Dame.AUX ETATS-UNIS Si les peuples n'avaient pas si courte mémoire, s'ils étaient capables de rentrer en eux-mêmes, d'analyser leurs sensations et de faire un examen de conscience sérieux, celui dos Etats-Unis ferait triste figure en considérant les événements des douze derniers mois seulement.Lorsque les libres et indépendants électeurs de New-York tt de Chicago, à la suite d'une agitation bien nourrie, s'enthousiasmait pour la cause de Cuba libre et forçaient leurs représentants, leurs serviteurs, à déclarer la guerre à l'Espagne, ils ne se doutaient pas beaucoup des conséquences de cette aventure.Les avertissement n'ont pourtant pas manqué de la part des sages, des hommes d'expérience, qui savaient où conduisent d'ordinaire l'ambition de la gloire, la passion des couquêtes, et qui se doutaient peut-être aussi de la valeur réelle de ces patriotes cubains dont on voulait faire des martyrs et des héros.Mais ceux qui 2 LE REVEIL osaient élever la voix pour prêcher la prudence ct la modération passaient pour lâches, sinon pour traîtres.À côté de ces hommes éclairés et désintéressés, il y avait sans doute nne autre classe qui prévoyait les résultats dc la guerre et qui y voyait l'occasion d'une bonne affaire.Ceux-là non plus ne se trompaient pas.Politiciens véreux, fournisseurs de vivres ct d'armes, capitalistes avides de nouveaux champs d'action, tous savaient qu'ils trouveraient à pêcher en eau trouble ; ct ils n'en étaient que plus zélés à pousser à la guerre.Or, la guerre est finie, un traité de paix est signé, l'Espagne est humiliée ; et cependant il paraît que les combats sérieux no font que commencer.Après avoir libéré Cubains, Porto-Ricoins et Philippins du joug de l'Espagne, les Américains s'aperçoivent que ces peuplades ne sont pas dignes de se gonverner elles-mêmes : il faut au préalable taire leur éducation politique.Et tous ceux qui ont poussé à la guerre d'applaudir.On fuit de quelle façon les Américains entendent faire l'éducation des peuples qui tombent sous leur domination.L'histoire des tribus sauvages qui occupaient autrefois les territoires de la grande république nous en offre un exemple non pas vivant mais inoubliable.Les peuples inférieurs - et sont inférieurs tous ceux qui font obstacle aux entreprises des Yankees — doivent disparaître.Mais l'histoire nous apprend aussi qu'ils ne disparaissent pas avant d'avoir porté de rudes coups à leurs spoliateurs.Pontiac, Tccumseh, Sitting Bull, sont des noms qui rappellent des pages sanglantes dans l'histoire des Etats-Unis.Quand on considère le temps et les sa- crifices d'hommes et d'argent qu'il a fallu pour subjuguer quelques centaines de mille sauvages, habitant un territoire relativement facile d'accès, on doit se demander si knos voisins, malgré tout leur richesse et leur puissance, ne se sont pas lancé un peu à la légère dans cette politique d'expansion coloniale que la grande majorité ne prévoyait seulement pas il y a un an.A Porto-Rico et à Cuba la tâche des Etats-Unis est relativement facile.En peu d'années les Américains seront la majorité dans ces îles.Des chemins de fer pénétreront jusque dans les régions jusqu'ici inaccessible, et la guerilla sera bien forcé de se soumettre.C'est bien différent aux Philippines.Les Etats-Unis se trouveront là en présence d'une population de six millions qui ne saurait être noyée par l'immigration des Etats Unis, laquelle sera nécessairement peu considérable Dispersés sur des centaines d'îles dont chacune a une étendue considérable, retirés dans l'intérieur quand on voudra les combattre, et réapparaissant au moment où on ne les attendra pas, fort probablement soutenus et armés en sous-main par quelque puissance étrangère, les Philippins sont des ennemis qu'on ne saurait mépriser.Si l'on ajoute à cela les difficultés que les Etats-Unis auront toujours à ravitailler leurs troupes en raison de la distance énorme qui les sé- ' pare de leurs nouvelles colonies, il faudra bien admettre qu'on se trouve en présence d'une situation très grave.Certes; si l'on s'entête, si l'on vent vaincre à tout prix, le résultat final n'est pas douteux.Les armes perfectionnées, la vapeur et les chemins de 1er auront toujours raison si on leur donne le temps.Mais \ LE REVEIL 3 d'ici là que d'houuncs et d'argent sacrifiés dans ces luttes sanguinaires, sous un climat meurtrier pour les blancs.Et quand on aura, au prix de tant de sacrifices, réussi à décimer ces peuplades malaisiennes, quand les survivants, qui aujourd'hui affrontent les canons à tir rapide, pour défendre leur patrie, sans autres armes que des flèches, auront été réduites à servir de portefaix aux planteurs et industriels étrangers, aura-t-on sensi-blementé le bonheur du genre humain, ou même la richesse des Etats-Unis ?L'Angleterre en tcnpj de paix, en est rendu à dépenser $250,000,000 par an — soit la valeur d'une ville comme Montréal — pour l'entretien de l'armée ct de la flotte essentielles à la protection de ses lointaines possessions.Où est le bénéfice ?L'augmentation du commerce extérieur de la Grande-Bretagne, d'année en année, ne représente pas un dixième de son bud-jet militaire.Le producteur anglais, surchargé d'impôt*, s'aperçoit de plus en plus, qu'il n'est pas capable de supporter la concurrence de ses rivaux.Voilà les résultats dc la politique d'impérialisme et de colonisation poussée à outrance.Les Etats-Unis sont si richement doués sous tous les rapports, qu'ils peuvent se permettre bien des extravagances.C'est leur affaire.Mais le Canada, que nos impérialistes voudraient entrainer dans le mouvement pour aider l'Angleterre, ferait bien de profiter des leçons de l'histoire.Libéral.BON A SAVOIR Les qa perds daus ses bot- [tes.Je n'ai jamais compris son amour des colons, Ni ce qui fit l'objet de ses distractions.Mais, bien aimé vicaire, excusez ma franchise, Venons, à cœur ouvert, aux choses de l'église.N'est-ce pas votre avis que le maître du chant A, pour 1'indiscipiiue, uu coupable penehint'f" Qu'il fait trop peu de cas de mes grandes réfor- Et que, du vieux régime, il se erampoune aux Iformes ?" L'autre, aussitôt :— " Souffrez que ma siucérité Vous réponde que c'est l'eutiôre vérité A vos ordres, jamais, il ne sait se soumettre.De la place il prétend, toujours rester le maître.A vos chautres choisis, il oppose les siens, Et les vôtres, souvent, sont tancés pour des riens.Les traitant de braillards, il leur fait la grimace, Et vos gens, en un mot, ne peuvent trouver [ijrâee.Qne dis je ?U fait chorus av c les dissidents, Qui, coutre lo trésor, souvent, montrent les dents.Et, pour vider mou cœur, conserver uu Libelle, C'est couver, du désordre, une vivo étincelle.—Que le ciel soit béni, mou songe est effacé, Exclame le curé, d'un poids débarrassé.Ce vieux chantre et son nom me sont toujours à [charge ; Depuis longtemps, je veux les voir prendre le [large.Aujourd'hui, je lo sais, ce plan providentiel, A moi manifesté, c'est un ordre du ciel.Je ne puis résister aux effets de la grâce.Mais, n'est ce pas braver lc courroux de la m aviso ?"—Vos chimériques peurs," lui riposte Magnant, Ne semblent pas le fait d'uu prêtre entreprenant.Je ne reconuais plus cette belle couduite, » Qui, naguère, tourna vos ennemis eu fuite.Un double artifice, uu mensonge câlin, N'a-t-il pas ramené ce peuple peu malin ?S'il faut tout avouer, mon maître en politique, Jamais je n'oublirai cette fine tactique, Qui, de vos ennemis, la rage désarma : Je veux remémorer ce caucer d'estomac, (5) (5) L'auteur fait ici allusion à un voyage en Terre Sainte que M.le Curé Lafortune entreprit pour se guérir d'un cancer d'estomac dont il disait souffrir.Les différentes congrégations de St-Jérôme, à cette occasion, offrirent au Curé une jolie bourse qui lui facilita grandement son voyage. 12 LE RÉVEIL Dont s'alarm , sans droit, notre bonne paroisse, Observant, daus vos traits, une mortelle an- [goisse.Ce mal, à l'ordinaire, obligeait nu trépas ; Mais, en v0u8,til aidait au plaisir du repas.Ainsi, daus la tourmente, ou voit les grands mi- [nistres .Lancer, de leur sauté, des nouvelles sinistres.Le peuple se répeut, et dit : Ce sont nos torts, Et nos gais Talleyrands vont, ds plus e.i plus [forts." "—J'avouerai franchement," dit lo vieux diplo mate, Que ce doux souvenir me caresse et me flatte.Il me semblej-ucore la congrégation M'oifrir, do son amour, la protestation, Et, pourrni8-jVoublier celte bourse garnie, Qui, d'après eux, devait me ramener la vie ?Combien je l'ai béni, ce cancer sans douleur.Quand, d'un tour eu Europe, il me valut l'hon- [neur ! Pourrnis-je ciicor compter les congréganistes ?Le chantre est officier eu tête de leurs listes."—Mais, oui," répond Maguaut, " la uoiro trahi- [sou, Daus ces gens dévoués, est toujours de saison.Le président, fùt-il faussaire ou polygame, Poui venger votre nom, brocanterait sou àmo.De les amadouer, je veux garder le soin, Et, de mes Forestiers, je ne serai pas loin.Ils voudront, ù l'envi, décapiter le traître, Et ne reconnaîtront que vous seul pour leur [maître." "—Fort bien," dit lo curé, " mais ce grand co- [mit*, Qui, pour le monument, se prétend député, S'il allait, par malheur, prendre les fails et [cau?e De ce nom do Labelle, en éventant la chose ?." Le vicaire sourit.—"Ce comité," dit-il, ".N'a fait, jusqu'à ce jour, qu'un travail puéril.En toute vérité, je crains plus leur silence Qu'en leurs réunions les assauts d'éloquence.Taut qu'ils n'auront pas pris une ferine action, Ils seront impuissants, par leur division." "—Soyez béni, Magnent, de me venir en aide.Mais, au chantre évincé, qui faut-il qu'il snc- [côde ?" "—La sagesse," dit l'autre, " en peut venir à [bout.La sainte Providence a su pourvoir à tout.N'avons-uous pas Lefebvre, enfant du presbytère, Qui devint, par vos soins l'orgueil du séminaire?Il possède, par cœur, le chant grégorien, Et, de la robe, il a Pangélique maintien." "—Bravo," fait le curé, remué jusqu'en l'âme, Du zèle saint, en moi, vous rallumez la flamme» De votre raudidar, je connais la vertu, Et son chant, avec joie, est toujours entendu.Cet imberbe ténor, comme uu ange exécute, Et son timbre a pour moi, la douceur de la [flûte.Avec uu foin jaloux, j'ai surveillé ses jours, Depuis qu'au séminaire il prépare son cours.Et pour lui subvenir, j'ai douce souvenance, Que, naguère, un vicaire usa de saiute science.Uu cadruu fut nllé qui n'exista jamais, Et.le cours de Lefebvre assuré désormais, Le gagnant intrigué r tourna, les mains nettes, Et fort peu s'expliquaut les choses ainsi faites.Pour lui, s'il le fallait, je me battrais au sang, "] Et je veux tout oser, pour élever son rang.Nouveau Jons, nourri des dons de la prière, Il restera, pour nous, la fleur du sanctuaire.Il sera donc nommé, le sort en est jeté.A d'autres qu'au curé, la peur du comité ! Rédigez, saus retard, l'impérieuse lettre, A Labelle intimant qu'il ait à se démettre.S'il fallait qu'à l'encoutre, un seul-se révoltât, Je saurais bien ranger ces gens du tiers état.La fabrique, c'est moi ! Je souffre qu'on m'a- [vise, Mais je gard", à la main, les foudres de l'Eglise.Il ne faut pas toujours agir avec la faux, Aiusi que Richelieu, dans les âges dévots, Mais je puis aisément agiter la faucille, Eu haine d'un rival, abhorrer la famille.A ses anciens amis, opposer mon mépris, Et des vieux serviteurs méconnaître le prix." II.Les Destins consultés, la déesse Chicane, Succédant à l'Envie, apprête son organe.Au vieux chantre affaissé qu'elle trouve dormant, De la dure missive essuyant le tourment, Elle s'adresse ainsi, dans sa note criarde : • "—Que fais-tu dans ton lit ?A l'espèce couarde, Tes béboires veut ils te faire appartenir ?Est-ce ainsi qu'au péril, la tête il faut tenir ! Ne peux-tu, parce que lâchement il tè somme, Contre ce vieux garçon, savoir te montrer hom- [me ! O serviteur ingrat.! sont-ce là les leçons Qu'à ses amis légua l'apôtre des colons ?Ah ! que son cœur de père épris de la famille Combattait pour le pain de la mère et !a fille. LE REVEIL 13 Quel noble patrimoine il fit anx douze enfants, Qu'aujourd'hui l'on opprime et tracasse eu tous sens.Redoutes tu l'éclat que fait tou adversaire, Pour avoir, de nos sous, bâti son presbytère ?Pour ne pas voir sou temple insolent les purir, Tous les vieux citoyens se butent de mourir.T'expulsant du trésor, il causa tes mécomptes, Lui-même, Trésotier, a-t-il rendu ses comptes, Et pourtant, lui, garçon, mettant un père à uu, Sut faire, de l'office, uu double revevu.Je le rais comme toi, sur ce globe égoisle, Rarement, du courage, ou retrouve la piste.Tu ne peux faire app-1 à la compassion, Tant chacun de l'argent garde la passion ! Mais, fort de ton bon droit, qui t'empêche qu'à [l'orgue De tou fier ennemi tu confondes la morgue ?Attachaut ta fortune à ia légalité, Redresse du décret la noire iniquité." La chicane, a ces mots, se transforme en nuage, Où d'un brillant triomphe, il rêve le mirage.La vengeance est si douce aux grand* cœurs ul- [cérés ! A peine l'angelus tinte ses sons sacrés, Que, laissant rêvasser sou épouse opulente, Au bureau de Bruno, ciâuemeut il se plante (6) L'oracle, en souge, alors additionnait des frais, Qnand le timbre l'éveille, et vermeil et tout frais, Le cas é'aut soumis, il opine sur l'heure, Qu'il faut suivre la loi de la mise eu demeure, Uue dernière fois, au jubé remonter, Et, malgré le curé, persister à chanter.Par ce sage moyen, d'un recours en justice, U lui compétera le complet bénéfice." — Ah ! s'il en est ainsi, " dit l'autre en se levant, Du cygne, on va, demain, reconnaître le chant." Libelle, à son retour, aperçoit, ô surprise ! La congrégation qui se rend à l'église Il observe, en passa ut, plus d'un terne regard, Et sent que loin de lui l'on recherche l'écart Craignant que des bounenrs, on décide qu'il [sorte.Il < onçoit le dessein d'écouter à la porte.De l'office, bientôt, il recueille les tons, Qui lui semblent brailler, comme uu chœur de [moutons Tels, plutôt, il aurait, - ans sa noire colère, Retrouvé les accents du bord de la rivière, Quand, de stridents appels, l'air ayant retenti, Les graves bitraciens attaquent leur tutti.Label le, dans sa porte, endurant le supplice, Reconnaît chaque voix psalmodiant l'office.Là, chacun reuotant les lonauges du ciel.Prépare, eu même temps, sou salut temporel.C'est là quo, du latin bredouillant les mystères, Chacun, d'un cœnr ému, calcule ses a Ha ires.L'un, de ses distraits, mesure lu parvis, Et, louant le Seigneur, songe an prix du tapis.L'antre marmotte bas, et pense à sa faïence, Dont le curé devrait priser mieux l'excellence.Ce pieux récitant voudrait pousser sou viu ; Ce dévot boulanger recommander son pain ; Ce jeune médecin, briguer la clientèle, Et m à ter son voisin qui de ton bord l'appelle ; Ce zélé confiseur, célébrer ses douceurs, Et voir, à son comptoir, les prêtres et los sœurs ; Ce grave candidat active sa campagne.C'est anssi là que tous vont chercher le pardon, D'avoir, uu peu le soir, déserté la maison.Magnant les interpelle."—O vous, dévote ar- [mée, Toujours, du zèle saiut fortement uniraée, Il est venu, soldats, il est venu ce temps, Comme de grands guerriers, de bieu serrer les [rangs.Si votre société ne tend pas à sa ruine, C'est l'heure de montrer l'esprit de discipline.Vons aimez, n'est-ce pas, votro zélé pasteur ?Qu'il vous serait cruel de voir saigner sou cœur! Uû bien ! Je vous prédis qu'il tombera malade, Si vous ne banuissez un lâche camarade, Qui, de votre drapo.->u, déshonore le nom.U faut, ici, flétrir sa noire trahison.Je veux le démasquer.C'est le chantre Labolle, Qui, contre le curé, fait éclater son zèle.Eutre ces deux rivaux vous avez à choisir.Sous le régime ancien, voudriez vous moisir ?Ou, si vous préférez que, restauraut le culte, Triomphe le curé que ce vieux chantre insulte ?Allez vous dédaigner sou cérémonial, Dont, nul part ailleurs, on ne trouve l'égal?Ne sait-il pas bénir d'une façon savante, Traçant de sa main rose, une courbe élégante, Qui festouue alentour d'uue idéale croix ?D'uu si beau décorum, observait-on les loix, Sous son prédécesseur?Ses grosses patenôtres,?Il les disait du ton des primitifs apôtres.Or, le curé protnot,—ne sait-il pas tenir ?Que, si vous le vengez, il viendra vous bénir." (6) W.Bruno Nantel, avocat, Conseil de la Reine, a la réputation do voir de près ses allai- Alors, le président, que ce discours affecte, res- Pour" venger le curé, propose une collecte. 14 LB REVEIL Un murmur de joie accueille co dessein.La sébile, aussitôt, tinte un bruit argentin.A déployer son zèle, on se fait concurrence ; Chacun, ù boursiller, voudrait la préséance.Tel, un jeune gandin, entrant en nu hazard, Est cerné, sur le champ, de belles, au hazard.Pour capter sa faveur, mille indiscrètes grâces, Concourent à l'envi, sur leurs riantes faces.Contre le graud rebelle, on statue aussitôt, Et l'on déciète aussi qu'on informe, au plus tôt, Le curé, que chacun lui promet allégeance.L'oraison Haut dite, on lève la séance.*** Muse, épargne mes chante.Uu Dante seul peindrait.Do Labelle écouduit, le grimaçant portrait.Provoquant, dans son cœur, l'objet de sa rancune, Il ne peut que rugir : A nous deux, Lafortune ! Et vole, à sa maison, sVntrainer au tournoi, Qui va mettre, demain, la paroisse en émoi.S'ei.fermaut au salon, tout, le jour il s'escrime.Son timbre fléchit-il, nu sirop le ranime, Et ce n'est qu'à minuit que, 6a voix de Stentor Contente d'elle même, il se couche et s'oudort.* * L'aurore, eu ennouçant la sanglaute journée, Eclaire le lever de la nouvelle année.Hypocrites mortels, pourquoi publiez-vous Qu'on oublie, en ce jour, la vengeance et ses [coups Quand, jamais, a-t-ou vu l'odieuse malice Fixer, pour ses desseins, une heure plus propice ?Ce curé, dans son li?, qui respiro le fer, Et souhaite au vieux cbentre un pupitre en [enfer Au bout de la lamine, ofl're-t-il un exemple Du pardon, qu'en ce jour, il louera dans sou [temple?Et le chautre, qu'on vit si souvent eommuuier, A-t-il l'air, daus ton lit, de savoir oublier?Le ciel ne peut sonlfrir laut de scélératesse.Ce jour n'excite plus la commune allégresse, Lt, des vœux de bonheur, malgré tout le ser- [meut, Il règne daus les cœurs un noir pressentiment.Le geudre, intrigué, goûte uue tavenr amère Au suave baiser qu'offre sa belle-mère ; Et partout, chaque fils, plein de distraction, Ne reçoit qu'en bâillant, la bénédiction.* " * Que va-t-il arriver?Chacun court à l'église, Sentant que va bientôt se dénoner la crise.Le curé, craignant en quelque point d'être [surpria Pour parer aux hasards, n'endosse qu'un surplis.Laissant l'honneur du culte aux célébrants notices, De Lefebvre il attend les suaves prémices.Telle, so recueillant et suspendant son vol, La grive attend, le soir, le chant du rossignol.#*# Mais, ce n'est pas du chant, c'est un affreux va* [carme Qui gronde, à XIntroït, et promène l'alarme.Plus d'une femme, alors, se renverse et pâlit, Et, parmi les veillants, lo plus vaillant blêmit.L'un croit quo retentit l'effrayante trompette Que, pour le dernier jour, annonça le prophète.L'autre craint que le ciel n'ait, lrt, ressusnscité Ces voix qui renversaient los murs d'une cité.Même, on vit sur sa toile, ô suite de merveilles ! Le patron du saint lieu se boucher les oreilles.Le curé, prenant part au commun désarroi, En soi, veut, à tout prix, ramener le sangfroid.U l'a compris, sans peine, au bruit de ln tempête, Labelle veut tenter un nouveau coup do tête.Au balustre voisin il se fraie un chemin, Et commande silence à l'aide de sa m .in.Labelle, eu son jubé, le fixe, eu pleiue face, Et redouble, à plaisir, les éclats de sa basse.Des sigues de meuace ayant même snecès, Le curé sent venir un orageux accès.Déjà, le Gloria tempête, éclate et tenue, Et du tendre ténor, rien encor ne résonne.Lafortune, imitant l'antique Scipion, Dit : — " Reportons la guerre eu sa propre mai- [son." Dans la nef, à ces mots, bravement, il s'élance, Droit à l'usurpateur, en personne, il s'avance.Les spectateurs cessant d'envisager l'autel, Observi-ut, au jubé, ce combat soleunel.Relisant, à mi-voix, la teuenr de la lettre, A laquelle Labelle aurait du se soumettre, Lafortune, ému, dit la voix eu trémolo : " — Je veux que vous cessiez de chanter au solo : LE REVEIL 15 C'est rnna ultimatum.Sinon, gare au constable." Le vieux chantre, outragé par ce tou détestable, Roule des yeux de flamme et, renforçant sa voix A l'aide d'un cornet qu'il forme avec ses doigts, Il braque l'instrument droit sur son adversaire, Et, répondaut : Amen, lui lâche son tonner, e.Lafortune, astourdi, recule de trois pas, Bénit les assistants qui lui tendent les bras, Fuis du champ de bataille il fuit au pas de [charge.Lefebvre, à cotte vue, essaie une décharge, Pour couvrir le vieux chantre.Eu son gosier (rétif, Il U9 monte, à l'instant qu'un filet maladif.Vainement le curé, contrefaisant Moïse, Elève les deux bras au plafond de l'église.Il a beau crier : pompez de l'air, pompez, Hélas, ses tendres nerfs se trouvent aehopés.Mieux vaudrait, d'un taureau, couvrir la voix [puissante, Avec d'un frêle agneau la note gémissante.Le curé comprenant qu'il a manqué l'effet, S'écrie, avec soupir : " — Que n'ai je, ici, Forest ! Lui seul, et c'est assez, avec sa contrebasse, Engueulerait Label le et sauverai1 la place." Il avale, nn instant, un si cruel affront, Puis, inspiré, soudain il se frappe le frout.Il part, en diligence, ct se rend au banc d'oeuvre, Apprêtant, dans sa tête, une grande mauœuvre.Aux pieux marguillers, il commande, tout bas, D'aller rétablir l'ordre.Eux ne répondent pas.Plein de courroux, il dit, d'un accent ironique : "—Ah ! oui, le voilà bieu cet esprit maçonnique ! Pour votre châtiment, ce printemps, ui jamais Nul d'entre vous, messieurs, ne portera le dais." La pâleur, à ces mots, couvre chaque visage.Le plus jeune d'entre eux s'élance à l'abordage, S'écriant :—" Je ue puis déshonorer mou nom, Pour sauver un ami trop plein d'ambition." Qu'il soit honni le nom de ce marguiller grave, Qui.contre l'amitié voulut se montrer brave.Quelle n'est pas ta force, appétit des grandeurs, Si, de nos marguillier8, tu pervertis les cœurs ! An jubé de l'église, à son tour, il 6'élance, Mais déjà le remords lui ronge la conscience." —Tu quoque, toi de même," exclama son ami, " Tu sers l'ambition de mou pire ennemi ! Il faut récompenser uu aussi noble zèle." Il l'assomme, ù ces mots, du coup d'une voyelle.Et l'autre abasourdi s'enfuit clopin clopant, Aussi muet que sourd, et se cache en son banc.Au chœur cougrégauiste, on fait appel aux ar- [mes.Mais d'un si beau combat, il décline les charmes.Le curé sent, du coup, la victoire échapper, Et la mitre, à ses mains, encor se dérober.V'te, il se précipite aux pieds de la Madone, Et dit, transfiguré :—" Mère, jo te l'ordonne, Par l'amour filial dont j'ai toujours brûlé, Ne permets pas qu'ici ton fils soit humilié." 11 règne donc au ciel une coquette science, Qui veut, en certains cas, une douce violence, A peine Lafortune a-t-il pris son séant, Qu'un courrier le di ige auprès du célébrant.Magnant dit : — "Il nous reste encor une ressource : De ce torrent de bruit je puis tarir la source.Permettez seulement que, mettant fin au chant, De graude eu basse messe on fasse changement." Lafortune applaudit et bénit son vicaire, Lequel ouv-e, au Credo, la bouche pour se taire.#*# Le curé cependant au remords est livré.Eu lui-même il gémit: — "Je triomphe, il est [vrai, Mais, si j'ai satisfait à mon ardeur rivale, N'auraisje pas commis un deuxième scandale?" Il sent sur les degrés ses geuoux se ployer, Mais teute, dans son cœur, vainement de prier.Ne pouvant supporter ces cruelles alarmes; Sur le sacré parvis, il échappe dei.larmes.Cet aspect fait crever tous les cœurs féminins, Et sèm - la terreur dans les cœurs masculins, #*# Telle est l'émotion qui vibre, unive selle, Quaud du pape romaiu se mouille la prunelle.L'histoire nous appreud que ces augustes pleurs Sout un présage sûr des plus affreux malheurs.O larmes du curé, combieu de vieilles filles, Pour nager dans vos Ilots voudraient se faire [anguilleB I Ali ! qui détournera la colère du ciel ! Au cours du nouvel an, quel 03éan de fiel ! Quels combats en justice et quels affreux orages ! Si graude est la frayeur qu'inspirent ces présages, Que votre serviteur, eu songeant à ces temps.No peut tenter l'effort de parler plus longtemps ! 16 LE REVEIL PAS UN JOUR OE MALADIE Depuis Trente An RÉSULTAT I»: L'USAOE B£ ; PILULES D'AYER "Depuis plus du trente f.a, les l'ilules d'Ayer m'ont con.ervé la simili, n'ayant jamais été mulatto pendant tout ec temps.Avant lïigc île vingt ans, je soufrais presque constamment—coin provenant île constipation—de ilvsjiopsic, do maux do toto, de névralgie, do clous ot d autres érupt1 'ns.Quaud jo fus convaincu que los neuf dixièmes de lues affections provenaient dolacon-stip.ilion, jo commençai l'usage des l'ilules d'Ayer nui amenèrent les résultats les plus satisfaisaiits, n'ayant jamais ou une soulo maladie qui ait resist d ii co remède Ma femme qui avait eié mnlad» muuiitnt dos années prit aussi les I" 'es d'Ayer et elle vint prompteur .1 a la santé.Les l'ilules d'Ayer.priïîB à temps, ep p'jelient tout danger de maladie."— tli:\kv Wkttstbin, ltyron, ill.Les Pitoles d'Ayer '.03 plue hnntPi vomponseï àl'Ei position Ohicafro t.:.:• TWADS MAR— DESIGN PATINT8, COPYRIGHTS, «to.inr information nnew yollir, oldest bureau fnr kcuiingiintpntsln aitivrlca.kvcry rad'iit (.ikonnutliyin-.il i roiwlit brforo tlio yubllo by n notico given (ma ur i-liurg» lu tus ijirri-st olrmtntlnn of nn» i cli-ntln> rnr*r ln the world.tip!ciiliy lllu .tnu-.l.n-i lumiiirent tnnn nlini'll bu wllliuut i'.\vcr':!v, r3.00k r":iri fu'iiixinnni'k A' in"i, : k CO.i'ilir.:-'ii' .'ï':i n.liviiv *" .«anted-Snldeïl SS i1-roteo».jour idem: tlii-v m:y liriaù ¦• rcnllh.jivrllo jôiin w1-.1,1»b1(i.ci!n ,c l»o biiuuro.l hivernions ifjuu-il.PERTE DE LA VOIX Apres une Sévère Bronchite C ÏÏÉRI ï m l'USAOK 09 Pectoral-Cms.d'Ayer, u cm tiin pkecicateuil "Il y a trois .lis j'ai attrappé un violent rl m n ie çui dégénéra en uno attaque sévère de 1 tou e hi te.Je me mis entre les mains des docteurs et au bout de deux mois je n'avais ressenti aucune amélioration.Je trouvai qu'il m'était très difficile de prêcher et je résolus d'essayer le Pectoral.Cerise d'Ayer.La première bouteille m'apporta un grand soulagement ; la seconde, que je prends maintenant, m'a délivré presque complètement de tout symptôme déplaisant, et je suis certain qu'une ou deux bouteilles de plus me guériront d'uno façon permanente.A tous les ministres du culte souffrant d'atîections de la gorge, je recommande le Pectoral-Cerise d'Ayer."-E.M.Khawley, D.D., Soc.de District do la Société Ain.Batft.Publication.Petersburg.Va.le Pectoral-Cerise d'Ave» Edrtaitio-d'frr a l'EzDsxitKin de C^icac-
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