Le Réveil : revue politique et littéraire. --, 1 janvier 1899, samedi 28 janvier 1899
157 RUÈSAiVGUIiVET No 206 213 BOITE 2184 REVUE POLITIQUE ET LITTERAIRE POLITIQUE-THEATRE-LITTERATURE-BEAUX-ARTS VOL.IX.MONTREAL, 28 JANVIER 1899.No.206 SOMMAIRE: David Marsil, M.D., Vieux-Rouye — L'Instruction Publique.Vix — Le Sénat, Libéral — Le Service des Postes, Civis — Sabre et Goupillon, Soilless — La Montre de Tuteremu, Charles Monselet — Diane, Alcide Dusolier — Le remplaçant, (Suite et fin) François Coppée.Les conditions d'abonnement an Réveil ne sont pas les conditions ordinaires des autres lonrnauz.Nous livrons le journal à domicile i franco,] à raison de 25 cts par mois, payable au commencement de chaque mois.Tont ce quo nous demandons au pnblic est de voir le journal.Ceux de nos abonnés qui out des travaux d'impression à faire faire voudront bien s'adresser au No 157 rue Sanguinet ou au No 1560 rue Notre-Dame.DAVID MARSIL, M.D, Médecin de campagne ! Dans tous les pays du monde, ce titre fait naître dans l'esprit l'idée d'une vie de dévouement, d'un savant modeste qui fait des prodiges sans que jamais son nom retentisse en dehors de son village.La campagne n'est pas d'habitude l'endroit où se confectionnent les grandes renommées.L'absence des journaux, les obstacles aux relations empêchent trop souvent le mérite réel de percer.• C'est une consolation, parmi tant de regrets causés par la mort de l'honorable Dr Marsil, de pouvoir dire que son nom était connu d'une extrémité à l'autre du pays, que sa réputation de savant s'étendait même à l'étranger et que son influence s'était fait sentir partout où il y avait une cause patriotique à défendre, une idée libérale à promouvoir.Quarante années de travail opiniâtre et intelligent avaient permis à ce médecin de campagne dc prendre rang parmi les membres les 274 LE BE VEIL plus éminents de sa profession en Amérique son patriotisme ardent et infati-guable lui avait mérité ee titre qu'il estimait tant de " successeur de Chénier; " ses idées tranchées et son zèle dans les luttes politiques en avaient fait l'une des figures les plus admirées du parti libéral dc cette province.Mais il ne sera pas regretté seulement par un parti : ceux-là mêmes qui diiféraiont d'opinion avec lui sur les questions politiques du jour étaient souvent les premiers à rendre hommage à ses vertus, les premiers à reconnaître ses services comme champion de l'idée nationale.Le Dr Marsil s'est rendu utile à son pays ct «à sa nationalité de plus d'une manière.Dans l'humble sphère de la politique municipale comme sur le théâtre plus vaste des affaires générales du pays, dans les associations patriotiques comme dans les conseils de sa profession, son influence s'est constamment exercée pour l'avancement de sa race et du pays.C'était un homme —un homme de lutte et de travail.Nous n'avons pas la prétention de raconter en quelques pages une carrière aussi bien remplie et aussi méritoire.A peine pourrons nous en rappeler brièvement les principaux événements.Le Dr Marsil avait 64 ans quand la mort est venu l'enlever si inopinément.A le voir passer sur la rue, droit comme un chêne, sa longue chevelure ondulée îlot huit sur ses larges épaules; en entendant sa voix forte et mélodieuse, peu de personnes lui auraient donné cet âge.Cependant il avait commencé jeune à faire connaissance avec le travail.Lorsqu'il commença à étudier la médecine, il y a plus de quarante-cinq ans, la tâche n'était pas aussi facile qu'aujourd'hui.Les appareils et les laboratoires manquaient complètement.Mais le jeune Marsil avait décidément une " vocation " et il triompha de toutes les difficultés.Admis à la pratique de la médecine en 1856, et il se fixa presque aussitôt à St-Eustache où il est mort.Durant ess quarante années il a prouvé combien il aimait sa profession.Au milieu de tant d'autres occupations il ne l'a pas négligé un seul instant.Il avait uno salle do dissection chez lui môme où il poursuivait ses études en s'aidant des recherches les plus récentes des savants du monde entier.Il devint ainsi un chirurgien des plus habiles.Lorsque le président Garfield était sur son lit de mort, il fut appelé en consultation avec les sommités de la science chirurgicale.Il était un des collaborateurs de l'Union Médicale ut plus d'un de ses articles ont été reproduits dans Y Encyclopédie Internationale de Chirurgie.Depuis nombre d'années il était un des membres les plus actifs du collège des Médecins et Chirurgiens de la province de Québec ; et en cette qualité il a contribué puissamment à améliorer l'enseignement médical ainsi que la position de de la profession dans le pays.En 1895 il fut élu président de l'Association Médicale Canadienne pour la province de Québec.Dernièrement encore il avait préparé un mé-moire qu'il devait présenter à l'Académie de Médecine de Paris eu vue de sa candidature dans la section de chirurgie.Nous citons ces faits parce que dans leur brièveté ils constituent le plus bel éloge du Dr Marsil comme savant.Mais il n'était pas moins populair LE REVEIL parmi ses malades qu'estimé de ses con-frères.C'est à Saint-Eustacho qu'il faut aller pour apprendre d'eux tout ce que ce grand cœur contenait do dévouement, de charité et de tendresse.Mais nous avons hâte de parler du Dr Marsil comme homme politique.U est peu de régions dans la province où les luttes politiques ont été aussi continuellement ardentes, où les opinions sont aussi prononcées et les partis plus nettement divisés que les comtés de Terre-bonne ct des Deux-Montagnes.Les idées libérales y ont rencontré une opposition opiniâtre; mais elles y ont été soutenues avec une vigueur non moins grande puisqu'elle a Uni par être couronnée de succès.Le Dr Marsil fut, avec l'honorable Wilfrid Prévost, l'âme de l'organisation qui a soutenu cette lutte de quarante années.Amis intimes, ayant les mêmes idées, ces deux hommes se complétaient l'un l'autre.Us ont été surnommés les deux lionsduNord et ils méritèrent bien ce nom.S'ils ne pu rent rompre les filets des préjugés politiques, ils firent retentir la province entière de leur voix puissante.Le Dr Marsil paya de sa bourse et de sa personne dans ces luttes politiques avec une générosité peu commune.Deux fois en 1878 et en 1887 il fut le porte-drapeau du parti dans les Deux-Montagnes.Battu, mais non dompté, il ne lui vint jamais à l'esprit d'acheter le succès par des concessions et des compromissions qui sont pourtant si communes dans notre politique.Il s'inspirait aux sources pures de la démocratie et il ne fallait pas lui demander le sacrifice d'un principe.Mercier, qui pourtant flirtait à ce moment avec des castors de toutes couleurs, ne put s'empêcher de reconnaître le mérite et la constance des vieux lutteurs du nord.Il appela Marsil et Prévost au Conseil Législatif.Ils se placèrent aussitôt à la tête de la phalange libérale dans cette chambre* C'était un beau spectacle de voir ces deux vieillards défendre les idées et les aspirations populaires avec tout l'enthousiasme et la passion d'un antre âge, dans une Chambre irresponsable.Lorsque le parti libéral revint au pouvoir avec M.Marchand il lui restait un devoir à remplir; c'était d'offrir la présidence du Conseil Législatif à l'honorable Wilfrid Prévost qui l'aurait probablement cédée immédiatement à son ami le Dr Marsil.Les deux avaient des droits incontestables à cette marque d'estime de la part du parti.Sous prétexte d'économie on leur refusa cet honneur — ct cependant on paie des commis de deuxième classe qui sont en promenade au Yukon.Prévost et Marsil ressentirent vivement cette injustice et ils eurent les sympathies de la masse du parti libéral qui n'aime pas que l'on se montre ingrat envers ceux qui le soutinrent dans la mauvaise fortune.Les circonstances ont empêché le Dr Marsil d'atteindre dans la politique la position éminente qu'il aurait pu remplir.Son souvenir restera surtout dans le peuple comme lc défenseur zélé de la mémoire de Chénier et des patriotes de 1837.Vivant au milieu des ruines faites par Colborne, conversant chaque jour avec les combattants dc Saint-Eustache et leurs parents, il s'était imprégné du sentiment de sublime dévouement qui porta tant de nobles âmes à se sacrifier pour la patrie.Le culte de ces héros occupait dans son 2*76 LE REVEIL cœur une place supérieure à tout sentiment politique.Lc rêve de sa vie fut de réhabiliter la mémoire de Chénier, d'obtenir pour ses cendres, conservées précieusement dans le marbre, une place dans la terre bénie, sous le monument érigé à la mémoire des autres martyrs dc la patrie.Catholique convaincu, le Dr Marsil désirait par dessus tout cet honneur pour les restes de son héros dc prédilection ct il s'ingéniait à trouver des raisons pour convaincre les autorités religieuses.Sa persévérance dans cette tâche était digne du succès qui couronna les efforts d'un Lally-Tollendal.Aussi le peuple, qui connaissait lc patriotisme débordant du Dr Marsil, aimait-il à l'entendre en toute circonstance.Dans les luttes politiques il avait l'éloquence qui plaît aux partisans et soulève l'enthousiasme ; dans les fêtes nationales il incarnait les aspirations dc notre peuple.Sa voix sonore, son langage correct et passionné en faisaient un orateur au dessus dc l'ordinaire.C'était aussi un écrivain distingué, un polémiste vigoureux.Son âme de poëte s'enthousiasmait pour tout ce qui est beau dans la littérature, dans les arts, dans la musique surtout, qu'il interprétait avec un talent remarquable.Ceux qui l'ont connu dans l'intimité ne cesseront dc parler de sa large hospitalité, du plaisir (pic l'on trouvait dans sa conversation, de l'intérêt qu'il portait à toutes les bonnes œuvres, à la jeunesse surtout.Lorsqu'il eût rendu le dernier soupir, un ami télégraphiait à Montréal : " L'honorable Dr Marsil est mort en brave, en chrétien ct en patriote." C'est ainsi qu'il a vécu.Vieux-Rouoe L'INSTRUCTION PUBLIQUE De tous ces beaux projets dont l'école libérale uous a si longtemps promis la réalisation, il ne reste définitivement que l'insipide et incolore document que le Ministère Marchand soumet à la ratification de nos chambres provinciales.La création d'un ministère de l'instruction publique, l'uniformité ct la gratuité des livres, la fixation d'un minimum du salaire des instituteurs, l'amélioration du personucl euseiguaut, autant de beaux rêves envolés ! et pour combien do temps hélas ! Pour aussi longtemps, vraisemblablement, que la prépondérance cléricale se manifestera aussi absolue et puissante.Dieu sait pourtant que ces quelques réformes étaient loin des mesures radicales que caressent in petto tant d'esprits droits des divers camps politiques, et dans lesquelles seules il faudrait chercher le progrès de la race, sinon le salut même.Le premier bill Robidoux ne mettait pas le scalpel daus ces plaies qui déshonorent la plupart de nos collèges classiques, où uotre jeunesse s'étiole et s'abâtardit, aux maius d'éducateurs incompétents, quand ils ne sont pas vicieux.Aux buses, ignorantes des premières notious des responsabilités sociales, aux gangrenés capables de polluer l'enfance, à la direction disciplinaire imbécile ou débonnaire des internats des deux sexes, il laissait encore le champs libre.Mais il contenait, dans l'établissement d'un ministère de l'instruction publique, uu germe d'assainissement dout on eut pu graduellement éteudre la sphère d'opération, C'était trop! et devant le grondement de la colère cléricale le bill Robidoux nous est revenu émondé de ce qu'il avait de bon, pour n'être plus qu'uue nouvelle consécration du vieux système suranné et pourri.Mon Dieu ! je ne suis pas de ceux qui ne voient rien que de reprehensible chez l'eus ou tanné.Il est de fort bons types, de fort excellents hommes, humbles, vertueux, modestes, voire même instruits au milien de cette légion de pharisiens auxquels nos conditions sociales exceptionnelles permettent la vie si large, si facile, si luxueuse, si cascadeuse même.A côté LE REVEIL de ces milliers d'édifices d'utilité très problématique et assurément inadéquates à l'impôt qui les a créés et les soutient, le clergé a fondé des œuvres qui méritent do rester aussi lougtemps que l'Etat est impuissant à donuer mieux.Mais ce qui m'horripille, c'est que l'on se prévaille de ce que le clergé a pu faire de bou dans le passé et du peu de bieu qu'il fait actuellement, surtout eu matière d'éducatiou, pour pallier tout co qu'il perpétue de défectueux et de mauvais.Nos ministres libéraux ont renchéri, sous ce rapport, sur ce que les plus plats courtisans du clergé ont jamais dit et imaginé.Sous la direction impotente du vieux lion, les démolisseurs de la veille no pouvaient-ils pas se contenter d'être opportunistes, puisqu'il s'agissait de rompre en visière avec les traditions du parti, sans se livrer aussi indécemment au « dithyrambe ampoulé ?Le prêtre, la nonne et leurs diminutifs nous ont pris, sous divers prétextes portant la plupart en exergue le soulagement de l'infortune, los millions qu'ont produits nos labeurs, alors que nos compatriotes d'origine anglaise, uon moins religieux et moraux, ont intelligemment appliqué les leurs au développement de l'industrie et du commerce dont ils gardent les portes, comme au perfectionnement d'un système d'éducation ratiounel, viril et correspondant aux besoins et aux progrès de l'époque.Leur devons-nous tant de reconnaissance qu'ils aicut affecté une faible part de ces millions restés au pays, (les autres ayant émigré en Europe, eu Asie, en Afrique et Dieu sait où ! ) à quelque œuvre de bienfaisance dont l'exploitation ne manque jamais de leur produire de nouvelles richesses ?Il leur faut bien montrer quelque chose qui éblouisse l'œil des candides ouailles et détourne de supputer ce que coûtent et le faste de la hiérachrie et les pompes religieuses et l'entretien; de ce peuple de célibataires, dont la forte proportion ne donne rien à l'Etat sous forme de travail intellectuel ou manuel.Si tant est qu'il soit uue fonction de l'Etat de manifester de la gratitude au clergé, sous forme de tolérance des abus, il conviendrait de s'assurer si telles et telles institutions fondées apparem- ment pour le soulagement du vieillard, du malade, de l'infirme, utilisent tout ou du moins une proportion judicieuse do ce qu'elles prélèvent eu argent et en privilèges, pour ces fius.Il conviendrait de constater si les neuf-dixièmes de ces colossales constructions, qui chassent lo commerce de leur voisiuage, ne servent pas plutôt d'agréable retraite à uu moude de désœuvrés en soutauue et en cornette.Il conviendrait de taire le dénombrement de ces milliers d'iufortunés qui frappent eu vain aux portes monumentales des asiles et des hospices et que les trésors accumulés à l'intérieur, représentés par des certificats de dépôts aux banques ou d'intérêts dans les institutions financières, et par les titres de toute espèce, pourraieut soulager.Vons êtes impuissants et inférieurs a la tâche que votre faiblesse préfère laisser à d'autres générations! caressez alors votre lâcheté en vous abstenant de flétrir l'avariée du clergé, ses acca parements, sa puissante organisation dans la poursuite des richesses et des privilèges, mais au uom de la conscience humaine, no le louez pas de sa charité, de son désintéressement, de son dévouement k l'infortune.C'est de tout cela que vous l'avez loué, M.Turgeon, alors qu'il suffisait, pour les besoins de votre thèse, de grossir la part do contribution cléricale à la cause de l'éducation.Le talent que vous avez déployé pour le faire sans poids ni mesure ne vous ex:use pas.Eussiez-vous eu quelque souci ou quelque intelligence des responsabilités de l'homme d'Etat et du législateur, astreint à embrasser dans ses méditations les droits et les intérêts de la communauté entière, vous eussiez sacrifié toute cette brillante rhétorique pour ètre de votre temps, sans cesser d'être honnête homme.- Vix.POUR DETRUIRE LES GERMES Pris au début, le BAUME RHUMAL détruit les germes de la consomption.Négliger un rhume c'est jouer sa vie.Une dose do BAUME RHUMAL suffit souvent à conjurer une bronchite ou une conjestiou pulmonaire, avec leurs conséquences fatales.11 2Ï8 LE REVEIL LE SENAT En lançaut son projet de réforme du sénat avant sou départ pour Washington, l'honorable Wilfrid Laurier voulait sans doute tûter l'opinion publique.Etant absent ct occupé à d'autres choses il n'a pas à répondre aux observations que ses paroles ont provoquées, et il peut étudier à loisir le sentiment populaire.Si telle était sou intontion il doit se rendre compte à l'heure qu'il est que le parti libéral, si docile qu'il se soit montré dernièrement, conserve encore quelque respect pour ses traditious.M.Laurier a déclaré que le sénat était une institution nécessaire et qu'il convenait même que les sénateurs soient nommés pour la vie.Le parti libéral a toujours prétendu que le sénat u'est pas nécessaire et que, s'il faut le tolérer, il devrait âtre au mo'ns électif et responsable au peuple.C était, là la doctrine que prêchait même M.Blake, le plus conservateur des anciens chefs libéraux.Aussi l'évolution de M.Laurier n'a guère réussi à convaincra les vrais libéraux.De toutes parts les protestations sont arrivées.Il n'est pas jusqu'au Globe, la propriété et l'organe de fidèle certains ministres, qui persiste à dire que le sénat u'est pas nécessaire et qu'il devrait être aboli.Il y aurait donc division au sein même du gouvernement.Que va-t-il arriver ?Nul n'est plus habile que M.Laurier pour lâcher une position ; et il est possible qu'il revienne à ses anciennes idées.Mais toutes ces évolutions ue sont pas faites pour fortifier le parti libéral dans la confiance du pays- C'est uno nouvelle preuve que les hommes qui fout la pluie et.le beau temps autour du chef ne sont pas aussi habiles tacticiens que les favoris du ministre des travaux publics voudraient nous le faire croira.La position actuelle de M.Laurier sur cette question n'est pas tenable.Si nous devons continuer à payer des sénateur.- inamovibles, c'est sans doute parce que leur utilité consiste à réviser et à rejeter parfois les mesures adoptées par la Chambre des Communes.Or, si cette révision est nécessaire, si elle doit être faite par des hommes nommés à vie et irresponsables an peuple, que faut-il penser d'un projet qui a pour but de la rendre illusoire en noyant les sénateurs dans la Chambre des Communes chaque fois qu'ils se permettront de différer d'opinion avec les députés ! C'est pourtant ce à quoi revient le projet do M.Laurier.En voulant tout concilier, en voulant plaire à tout le monde, le chef libéral a tout simplement donné raison aux conservateurs et à tous ceux qui sont pour nn sénat inamovible.La politique de conciliation est une blague.Quand on veut réformer il faut avoir le courage de ses convictions et marcher de l'avant.Et que Ton vienne pas me dire que M.Laurier a adopté son plan actuel parce qu'il fallait la sanction du Parlement Impérial.L'opinion publique sur oette question d'une deuxième Chambre est beaucoup plus avancée en Angleterre qu'au Canada.Il y a là des concervateurs qui rougiront d'avoir les idées arriérées de nos libéraux.liberal.Dans un récent article le Soleil s'écrie : " Peu importe le progrès de l'instruction à M.Pelletier et à ses amis, peu lenr importe que les charges qui pèsent sur les parents restent les mêmes ! les bénéfices avant tout." Et d'ailleurs pour eux, le peuple a-t-il besoin d'être instruit ?Non, l'homme qu'ils savaient si bien surcharger de taxes n'est sur cette terre que pour payer." Celai qui discute de cette façon-là une question aussi importante que celle de l'instruction publique ne contribuera jamais à éclairer le peuple.M, le curé de Longueuil vient de perdre un de ses plus zélés vicaires. LE REVEIL Le Service des Postes La Patrie, l'antre jonr, prenait la liberté grande de critiquer l'administrât ion des postes qui sons prétexte de combler le déficit causé par l'Impérial penny postage, malmène les employés et néglige le service.Mais il parait qne M.Mnlock est comme M, Tarte, il n'aime pas qu'on critique sa conduite et la Patrie s'est bientôt rétractée.Ceci n'empêche pas qn'il est vrai que les Ca nadiens, les employés des postes comme les con tribuales, sont maltraités pour permettre à M.Mulock de satisfaire ses caprices d'impérialiste, et que cette politique fait nn tort considérable an parti libéral.Lo dernier Congrès ouvrier de la Puissance, composé en grande majorité de libéraux, a adopté la résolution suivante : " Attendu qne les factenrs et les autres employés des postes du Canada se sont fréquemment adressés aux divers Conseils des Métiers et du Travail du pays pour se plaindre de ce que les conditions qn'on leur imposait n'étaient pas convenables pour des employés du gouvernement ; attendu que les dits Conseils des Métiers et du Travail, après enquête, ont trouvé que ces employés avaient de justes griefs, en ce sens qu'ils sont mal payés.n'ont pasd'hcurcs arrêtées de travail ni de systèmes fixe de promotion ; qu'il soit iésolu que nous demandions an Gou-vernement Fédéral d'établir nu salaire minimum de $2 par jour pour huit heures de travail et d'établir des règlements pourvoyant à la promotion des facteurs comme récompense dn service fidèle." Aiusi, il no s'agit pas, comme le prétend la Patrie, d'un coup monté par quelques meneurs à Montréal ; mais d'une protestation générale et motivée.Ce n'est pas en l'iguoraut qn'on consolidera le parti au pouvoir.civis.SABRE ET GOUPILLON Vivante et tangible, je viens de la contempler dans tonte sa réalité, la fameuse alliance dn Sabre et du' Goupillon.Dans uue ville de garnison normande, la chose m'est apparue suggestive et documentaire.Un jeune soldat de mes amis, que j'allais voir, mo parlant de ses camarades, m'apprit qu'il se trouvait, comptant à sa compagnie, un futur curé enrôlé en vertu de cette loi que d'aucuns ont qualifiée, en son temps, de scélérate.J'interrogeai le fusilier de la première du nn sur la façon dont se comportait ce lévite durant les exercices et à la chambrée et je m'informai aussi dos rapports que ses compagnons de port d'armes entretenaient avec lui.La réponse est de nature à rassurer complètement les âmes sensibles qui se sont émues et parfois indignées à la pensée de voir les oints du Seigneur arrachés à la douceur des autels et jetés dans la brutalité des camps.Au moment où fut votée la loi, on poussa des cris d'orfraie dans les milieux religieux.Du foud des sacristies obscures, un concert de gémissements monta vers le Tout-Puissant.Des malédictions se mêlaient aux plainte-'.On invoquait la droite terrible de Sabaoth irrité coutre ces recruteurs impies qui ne respectaient point les privilèges des clercs.On s'écriait que les temps de Dioclétion étaient revenus.Peut-être quelque pieuse voix, sur le calme des hautes voûtes gothiques, murmurait-elle qu'uue semblable abomination méritait châtiment, et plus d'une angé-lique colombe dut souhaiter, en égrenant un chapelet d'anathème contre la République athée, qn'il survint de nouveau, armé à la moderne, ce roi golh qui, d'un furieux .coup de pointe, clona au cœur de l'empereur Valens l'iufârao édit appelant sous les aigles, à l'approche des barbares, tout le peuple des monastères et deB thébaïdes dn quatrième siècle.Il faut en prendre son parti.Bien que la persécution soit essentiellement pratique et que les séminaristes incorporés dussent paraitro plus intéressants on justifiant du martyre, on doit LE REVEIL constater que nos conscrits en soutane ont été partout bien accueillis, mieux traités.Ils échappent même aux innofensivos brimades réserrées aux nouveaux laïques.Il est vrai qu'ils ue sont pas des bleus, mais des noirs.Lo troupier tonsuré qu'on m'a fait voir hier est un soldat ordinaire.Il fait sou service avec ponctualité et sans zèle, mais sans mauvaise volonté.Il n'a pas absolument, a l'égard du métier des armes, ce qu'on appelle le fe:i sacré, mais il exécute avec docilité les commandements et s'acquitte saus broucher ni murmurer des petites corvées désagréables qu'il partage avec ses compagnons.11 supporte tout, avec résignation' même la visite de santé.Il n'est ni débrouillard ni solid'.Ou ne pourrait guère compter sur lui dans une campagne pénible.Il ne sera jamais qu'un garde national insuffisamment exercé.Ne, passant qu'un au sous les drapeaux, il ne peut, d'ailleurs, perdre sou tempérament de lévite pour acquérir celui d'un briscard.U n'est nullement malheureux au régimeut.Les chefs, mcipc cenx qui u'ont aucune attache avec lo P, Dulac, témoignent d'égards pour lui.Il obtient tontes les permissions qu'il sollicite.Lo motif de devoirs religieux à remplir suffit pour lui faire accorder le congé mesuré ou parfois refusé aux laïques.Il a demandé à ses camarades de chambrée de ne pas lo tutoyer.Il garde sa distance.Il sait qu'un jour il sera pasteur d'Ames, ministre de Celui qui lie et qui délie et qu'il lèvera des consignes autrement sévères que celles de l'adjudant qu'il euverra les âmes pieuses dans uno éternelle salle do police, dout il pourra, à son gré, les laisser sortir à l'aide de la clef de l'absolutiou.Cela lui donue son quant-à-soi.11 s'exerce à cet esprit de domination inseparable du sacerdoce.U se met ù genoux soir et matin, au pied do son lit et accomplit ses exercices religieux avec la même tranquillité que s'il était dans son dortoir an grand séminaire.Les soldats respectent 6es géuullections et ses att tudes.Ou ne l'interrompt pas dans ses prières et l'on se retient pour le plaisanter, dans la c ur, sur la continence qu'il observe aux heures de sortie.Assurément, les hommes savent que, s'il se plaignait aux chefs d'avoir été gêné dans ses pratiques pieuses ou tourné en dérision à propos d'elles, des punitions sévères frapperaient les mauvais plaisants.Mais il n'est même pas besoin de cette protection : lo séminariste-soldat est respecté par lui-même et pour lui-même.Beaucoup des liis de la campagne qui servent à ses côtés se souviennent du curé qui leur fit faire leur première communion et le traitent en être supérieur.Il bénéficie d'uu atavisme révérentiel persistant.Ainsi dans les prisons de la Terreur, lès anccien8 nobles en fermés pêle-mêle avec les laboureurs et des bergers étaient l'objet d'une attention respectueuse de la part de leurs camarades de captivité.Le séminariste de la ville normande n'est pas uue exception.Partout, les milices chrétiennes versées dans l'armée sont traitées avec des soins particuliers et jouissent d'une considération spéciale.Ceci me prouve que je n'avais pas tort qnand, au moment où l'on parla pour la première fois d'incorporer les aprentis ecclésiastiques, seul où presque seul dans la presse républicaine, j'annonçais qu'on allait décréter une sottise.Le cris, d'abord menaçant, ensuite triomphal, " Les séminaristes sac au dos! " me parut stu-pide et dangereux.On ue voyait alors qu'une bonue niche à faire aux gens d'Eglise.Ceux-ci il fant le reconnaître, par leurs protestations et leur résistance, justifièrent l'inconséqaente balourdise.Tous ceux qui poussèrent à la militarisation des futurs ministres du SeigneurB déclaraient qu'ils voulaient seulement imposer le dogme sacro-saint de l'égalité, forcer les privilégiés des ordres mineurs à passer sous les ciseaux du perruquier régimentaire ot appliquer à tous la loi, l'universelle loi de la concription.En même temps, sous cape, entre frères et amis, on se frottait les mains, répétant avec confiauce : " l'Eglise ne se relèvera pas de oe coup de Jar-nac.Une fois que les séminaristes auront passé par la enserne, ils ne voudront plus retourner à la jésuitière : ils aurout appris un tas de chose du coup, à l'exercice, à la chambrée, à la cantine et ailleurs.Grâce au service obligatoire, les séminaires verront décroître leur clientèle.Les LS REVEIL 881 jeunes rossards qui se destinaient aux ordres pour éviter la conscription renonceront à cette profession dépouillée de son plus précieux avantage ! Les curés seront moins nombreux, moins influents : les séminaristes sac au dos ne voudront plus reprendre la soutane.Et puis qui sait ?Au contact de leurs camarades peu religieux, les sentiments croyants s'élimeront, s'useront et nous auront fait double coup, augmentant à la fois le contingent militaire et les réserves de la libre-pensée." Ceux qui faisaient ce calcul se sont trompés grandement.Nou seulement les séminaristes ont ai Hué en aussi grand nombre dans les maisons d'éducation ecclésiastique, mais pas un de ces lévites, son temps de service achevé n'a re* rusé de reprendre la soutane.Au régiment, leur allure réservée, leur pitié, leur douceur, leur humilité apparente et leur secrète arrogance, bien loin de nuire à leur vocation religieuse et à leur considération, ont plutôt développé l'influence que la caste sacerdotale, a su acquérir.RenduB à la vie ordinaire, bientôt recevant l'ordination et investis d'uue cure, célébrant la messe, confessant les femmes, préparant les enfants à la communion, est-ce que vous croyez que l'autorité, que le prestige, que la domination du prêtre auront été entamées parce qu'il aura porté les armes ?On aime, chez nous, les curés patriotiques.L'aumônier est toujours classé à part daus les libres propos.Les légendes populaires, les imageries et les chansons ont glorifié le?prêtres partageant la vie des soldats et, au jour du danger se dressant au milieu des combattants.Ou ne saurait us >r des vieilles plaisanteries d'Ho-mais ou de L':o Taxil envers uu gaillard qui peut, avec rondeur, vous répondre : " Je n'ai pas toujours tenu le cierge ; je sais aussi manier un sabre, et, pour me préparer à servir Dien, camarades, j'ai commencé par servir la patrie ! C'est ça qui vous en bouche, un coin ! " La voilà donc dans sa vérité, dans sa réalité, l'alliance du sabre et du goupillon, et ce sont les plus énergiques républicains qui l'ont faite.On ne saurait tout prévoir.Solness.LA MONTRE DE TUTEREMU Bon, excellent, naif Parisien, ce Tuteremu, Parisien des pieds à la tète, Parisien qui aurait pu servir de modèle à Arnal, à Paul de Kock, à (iarv; ni, à Henri Mounier et à Daumier ! Un incident dramatique devait marquer dans l'existence si placide de Tuteremu.Un jour, on lui vola sa montre.Sa m -ntre et sa chaîne.A la chaîne était suspendu un médaillon à l'intérienr duquel une main amie avait fait graver une fleur.nne pensée.Ah ! cette pensée ! Il y avait là tont un poème cher à Tuteremu, ce qui lui rendait sa montre excessivement précieuse.Mais comment la lui avait-on v« lée ?Où la lui avait-on volée ?Dans un établissement de bains fr ids, sur la Seine, à ce qu'affirmait Tuteremu.Son désespoir ne peut s décrire.U était allé faire immédiatement sa declaration à la préfecture de police, où on lui avait promis assez nonchalamment de procéder à des recherches.* Les recherches de la prête ture étaient restées sans résultat.Pendant plusieurs jours pn vit Tuteremu parcourir Paris dans tous les sens, fiévreux, hagard, regardant chaque passant au gilet a gilet.Il cherchait sa montre.Course folle ! Qui le croirait ?Au bout d'un mois, dans un après-midi de dimanche, Tuteremu reconnut .-a montre et sa chaîne sur le ventre rebondi d'un monsieur qui traversait le boulevard à la hauteur de l'Opéra.Tuteremu crut défaillit de joie.Il se mit à filer prudemment son monsieur, tout en regardant de côté et d'autre sur 'le trottoir, pour requérir l'assistance d'un sergent de ville. 282 LE REVEIL Mais au moment où il s'y attendait le moins, le monsieur filé sauta sur le marchepied d'uu omnilms, avec une agilité que {n'aurait pas fait supposer son eml ompoint et s'engouffra dans los lianes du véhicule, qui i ontiuua à rouler vers la Bastille.Stupéfait, Tuteremn courut après l'omnibus ; il était complet.Tuteremu n'eut que le temps de se jeter dans un fiacre, en ordonnant an cocher de suivre l'< mnibus.Après avoir été vingt fois séparés par les embarras du boulevard, les deux équipages arrivèrent ensemble è destination.Tuteremu eut la chance en sautant de voiture, de se trouver nez à nez avec uu sergent de ville, — Je vous prie, lui dit-il, et au besoin vous requiers de me prêter main-forte Puis, accompagné de cette image de l'autorité il se dirigea vers le gros monsieur au moment où il descendait de l'omnibus.C'était uu personnage d'une apparence fort respectable, rubicond, les yeux saillants, amplement vêtu.Son visage respirait un contentement sans mélange.— Monsieur, lui dit Tuteremu, vous partez sur vous une moutre et une chaîne qui m'ont été volées il y a juste un mois.Le gros monsieur*'recula, et sa physionomie e» prima uue surprise sincère.Est-ce possible ?dit-il.— J'en suis sûr.Le sergent «le ville à Tuteremu : — Vous pouvez fournir la preuve de ce que vous avancez ?— Parfaitement.Ouvrez le m' daillon ; il y a dedans uue ffeur g avée.une pensée.— C'est vrai, dit l'agent après vérification ; suivez-moi tons deux chez le commissaire de police de police.— Avec enthousiasme, s!écria Tnteremu.— Diable ! fit le gres monsieur ; moi qui allais diner en ville.Heureusement que le bureau n'est qu'à doux pas, ajouta-il en hommo à qui l'arrondissement était familier.Le burean n'était qu'à deux pas, en effet.Précisément le commissaire de police s'y trouvait, par nn de ces hasards inouïs que je ne me charge pas d'expliquer.— Tiens ! vous voilà monsieur Bonasse ! dit-il avec empressement en apercevant le gros monsieur.— Comme vous voyez, mon cher, répondit celui-ci ; je dlno ce soir chez vos voisins, M.et Mme Liévois.— Et moi aussi.Comme cela se trouve! s'écria le commissaire de police ; donnez vons donc la peine de vous asseoir, je vous en prie.Tuteremu demeura debout, étonné.— Qu'est-ce qui me procure le plaisir de votre visite, mon cher monsieur Bouasse ?Tuteremu crut alors devoir prendre la parole.— Monsieur le commissaire.Je ue vous parle pas, dit celui-ci eu paraissant s'apercevoir pour la première fois de la présence de Tnteremu.— Mais cependant.—- Je m'adresse à M.Bouasse.Parlez monsieur Bouasse.M.Bouasse dit, en se renversant snr sa chaise : — O'est bien simple.• — Pas si simple que cela ! murmura Tuteremu.— Silence ! M.Bouasse continua : — Monsieur m'accuse tout bonnement de lui avoir volé sa montre et sa chaîne.— Ah ! Ah ! fit le commissaire de police en s'esclaffant de rire.— Ah ! Ah ! Ah ! firent le clerc du commissaire et le sergent de ville, par imitation.Tuteremu se sentit déconcerté.— Je n'ai pas dit cela, répliqua-t-il ; j'ai dit que monsieur avait sur lui une montre et une chaîne qui m'ont été volées il y a un mois.— C'est différent, en effet, dit le commissaire en so remettant ; mais votre affirmation n'en demeure pas moins fort grave.M.Bouasse est un de nos commerçants les plus considérés, placé à la tête d'une importante maison de bretelles.• — Eu gros. LE REVEIL 283 — Occupant plus de cinquante ouvriers.— Et faisant cent mille francs d'affaires par an, ajouta superbement M.Bonasse.— Il me parait difficile, reprit le commissaire de police, de Passimil -r à.à un.comment dirai-jo ?.*.à uu vulgaire pickpocket.Les rires faillirent recommencer, M.Bonasse les arrêta d'un geste plein de noblesse II venait de fouiller dans la poche de sou habit.— Je romercie monsieur le commissaire de la bonne opinion qu'il a de moi.Le hasard me sert justement à souhait.Voici la facture qui justifie de l'achtit que j'ai fait de cette montre, il y a une semaine, chez mon horloger habituel, rue Amelot.Il tendit lo pap:er au commissaire qui, après y avoir jeté un coup d'œil pour la forme, le lui rendit respectueusement.— Eh bien ?— Monsieur est en règle.— Ah! fit Tuterem.i.— Complètement en règle.— Soit, dit Tuteremu ; mais cela n i prouve pas que ma montre ne m'ait été volée.Nous entrons dans un autre ordre d'idées, répondit le commissaire.¦— Entrons-y, c'est celui qui m'intéresse.—Il vous reste encore votre recours contre l'horloger de la rue Amelot.— Ah ! dit Tuteremu.— Oui.Adressez veus au parquet.— Fort bien.Je vous remercie.Mais en attendant, ma montre.—- La montre, voulez-vous dire.— Elle reste dans le gilet de monsieur ?dit Tuteremu.— Absolument, répondit le commissaire de police ; il l'a payée, il a sa facture.Le reste ne me regarde pas.Adressez-vous au parquet.Mon cher monsieur Bonasse, je suis vraiment désolé.— Pas du tout.dit le gros homme en se décidant à se lever de sa chaise.— A tout à l'heure, n'est-ce pas, chez les Lié* vois ?fit le commissaire.Puis, ù Tuteremu : -VOUS ÊTES LIBRE! Pour le coup, Tuteremu ent nn soubresaut.— Comment on ne me traîne pas en prison dit-il ironiquemenl ; on ne me charge pas de chaînes ! Est-ce possible, je suis libie ! Libre moi ! On ne m'arrête pas ponr avoir réclamé ma montre ! ma montre ! ! ma montre ! ! ! — Allez, mon ami.le grand air calmera votre exaltation, dit le commissaire de police avec un ton de bienveillance.Sur le seuil, M.Bonasse dit à Tuteremu : — Je ne vous en veux pas.C'est choses-là arrivent journellement.Tout le monde peut se tromper." — Mais je ne me trompe pas ! — Venez me voir un de ces jour-.Voici mon adresse.* — Certes ! j'irai ! grinça Tuteremu entre ses dents.Tuteremu se précipita au parquet.Une enquête fut ordonnée, mais inutilement L'horloger de la rue Amelot était des plus eat i-mables.Il tenait la montre, la chaîne et 1 - médaillon d'nn autre honnête homme de sob amis.Celui-ci les tenait d'une dame veuve qui, mal-heureusemcnt,'était partie depuis quelques jours pour la Belgique.On dut renoncer à l'enquête.Ce fut alors qu'un jour, harassé, accablé, Tuteremu se rendit chez M.Bouasse.Pourquoi ?U n'en savait rien, — ou plutôt si, il voulait revoir sa montre ! Il retrouva dans le riche fabricant de bretelles, l'homme épanoui et cordial qu'il avait appris à connaître à ses dépens.Bouasse invita Tuteremu à dîner.A partir de ce moment, ce fut entre eux une intimité qui alla en grandissant et qui, bientôt, ne connut plus de bornes.De temps en temps, aux heures d'expansion bachique, Tuteremu disait à Bouasse : — Rends-moi ma montre ! — Jamais de la vie ! répondait Bouasse, qui était intraitable tur ce point.Et ils recommençaient à boire.Un soir, enfin, qu'ils avaient bu un peu plus que de coutume et que de raison, et que Bonasse vaincu par le sommeil, s'était laissé choir bous la table, Tuteremu, tenté par le démon, se hasarj c 284 LE RÉVEIL du à glisser nue main sur le gilet de son ami.il décrocha la montre, objet de ses continuelles revendications.Que vous dirai-je ?La scène se passait dans un restaurant public.Tuteremu fut vu.et ar-rèlé.On le traduisit en correctionnelle.Griloe à ses bous antécédents, il ne fut cou» damné qu'à six de prison, pour avoir volé sa montre.Oh ! la justice ! CHARLES MOXSEI.ET.DIANE Les soirs d'hivers, apr«s la chasse, Quand j'ai bieu gagné mon repos, Jérôme dans la salle basse Allume un amas de copeaux.Le temps est froid, la flamme monte Oaiement par jets irréguliers : Sur les massifs landievs de fonte J'établis mes larges souliers ; Et, le corps las, content de vivre, Ne pensant à rien, et les yeux A moitié fermés, je m'enivre D'uu bien être silencieux.Le bout des pattes dans la cendre, Tressaillant aux éclats de bois, Diane, qui vient de s'étendre, Dans un songe jappe à mi-voix, Elle sommeille et je rumine, Quaud des lires long déployés Se répandent de la cuisine Où sont attablés les bouviers.J'ouvre un œil ; laissant là son rêve Interrompu soudainement, Diane en sursaut se relève, S'étire avec uu bâillement.Et par la salle veut s'ébattre, Pour se réveiller tout à fait, Avec un chat acariâtre Qui se blottit sous le buffet.Il gronde, son poil s'ébouriffe 1 Elle s'obstine ; — le butor Sabre son nez d'un coup de griffe.Convaincue enfin qu'elle a tort, Diane alors bat mi retraite Et vient, d'uu air honteux et doux, Se pl< nuire à moi, frottant sa téte Intelligente à mes genoux ; Et pour la consoler, je passe La mains sur ses reins paresseux, Songeant quelle superbe race Elle et Phanor feraient tons denx ! Car elle est chienne noble, et compte Dans les chenils patriciens, Et Phanor serait au moius comte Si l'on anoblissait les chiens.Les chasseurs, ponr voir la portée, Viendraient de la Rochebeaucourt.Mais Diane est une éhontée, Hélas ! hélas ! Diane court ; Comme Parabère à Versai lie, Elle a des oublis singuliers, Et souvent elle s'eucanaille Avec les chiens des métayers ! Alcide Dusomeb, UNE FOULE DE GENS Remercient chaque jonr la Providence de connaître le BAUME RHUMAL c'est le consolateur et lo sauveur de ceux qui souffrent.10 LE REMPLAÇANT Suite et fin." 11 y n plus de joie au Ciel pour uu pécheur qui se répeut qne pour cent justes qui persévèrent." C'était sans doute l'heure de la récréation, car le Frère professeur avait quitté sa cathèdre, et, assis sur le bord d'uue table, il semblait conter une histoire à tous les garni us qui l'entouraient, attentifs et levaut les yeux.Quelle physionomie innocente et gaie que celle de ce jeuue homme LE REVEIL 285 imbi'ilie, en longue robe noire, en rabat blanc, en gros vilains souliers, et dont les cheveux bruns mal coupés su retroussaient par derrière ! Toutes ces figures pâlottes d'enfants du peuple qui le regardaient paraissaient moins enfantiues que la sien ne, surtout lorsque, charmé d'une candide plaisanterie de prêtre qu'il venait de faire, il partait d'un bon et franc éclat de rire qui montrait ses dents saines et bien rangées, et si communi-catif que tous les écoliers éclat aient bruyamment à leur tour.Et c'était simple et doux, ce groupe daus ce rayon joyeux qui faisait étinceler les yeux clairs et les boucles blondes.Jean-François le considéra quoique temps eu silence, et, pour la première fois, dans cette nature saa« age, toute d'instinct et d'appétit, s'éveilla une mystérieuse, une douce émotion.Son cœur, ce rude cœur cuirassé, qne la trique du chiourme ou la lourde poigne de l'argousiu tombant sur l'épaule ne faisait plus trasaillir, battit jusqu'à l'oppressiou.Devant ce spectacle, où il revoyait son enfance, ses paupières se fermèrent doulonreusemeut, et, contenant uu geste violent, en proie à la tortnre du regret, il s'éloigna à grands pas.Les mots écrits sur le tableau noir lui revinrent alors à la pensée.— S'il n'était pas trop tard, après tout ?murmura-t-il.Si je pouvais encore, comme les autres, mordre honnêtement dans mon pain bis, dormir mon somme sans cauchemar ! Bien malin le mouchard qui me reconnaîtrait.Ma barbe, que je rasais là-bas, a repoussé maintenant drue et forte.On peut se serrer d ans la grande fourmilière, et la besogne n'y manque pas.Quiconque ne crève point tout do suite dans l'enfer du bagne en sort agile et robuste, et j'y ai appris à monter anx cordages avec des charges sur le dos-On bâtit partout ici et les maçons ont besoin d'aides.Trois francs par jour, je n'eu ai jamais tant gagné.Qu'on m'oublie, c'est tout ce que je demande.11 suivit sa courageuse résolutiou, il y fut fidèle, et, trois mois après, c'était uu autre homme.Le patron pour lequel il travaillait le citait son meilleur compagnon.Après la lougue jour, uée passée sur l'échelle, au grand soleil, daus la poussière, à ployer et à redresser constamment les reins ponr preudre le moullou des mains de l'homme placé à ses pieds et le repassera l'homme placé au-dessus de sa tète, il rentrait mauger la soupe à la gargote, éreiuté, les jambes lourdes les mains brûlantes et les cils collés par le plâtre, mais content de lui et portant son argent bu n gagné dans le nœud de son mouchoir.Il sortait maintenant sans rien craindre, car son masque blanc le rendait méconnaissable, et puis il avait observé que le regard méfiant du policier s'arrête peu sur le vrai travailleur.U était silencieux et sobre.Il dormait le bou sommeil de la bonne fatigue.U était libre.Enfin, récompense suprême ! il eut uu ami.C'était un garçon maçon commme lui, nommé Savinieu, un petit paysan limousin, aux yeux rouges, venu à Paris le bâton sur l'épaule, avec le paquet au bout, qui fuyaient le marchand, et allait à la messe le dimanche.Jean-François l'aima pour sa santé, pour sa candeur, pour son honnêteté, pour tout ce quo lui-même avait perdu, et depnis si longtemps.Ce fut uue passion profonde, contenue, qui se traduisait par des soins et des prévenances de père.Savinieu, lui, nature molle et égoïste, se laissait faire, satisfait seulement d'avoir trouvé un camarade qui partageait son horreur du cabaret.Les deux amis logeaient ensemble, dans un garni assez propre ; mais, leurs ressources étant très bornées, ils avaient dû admettre on troisième compagnon, vieil Auvergnat sombre et rapace, qui trouvait encore moyen d'économiser sur son maigre salaire de quoi acheter du bien dans son pays.Jean-François et Savinieu ne se quittaient presque pas.Les jours de repos, ils allaient faire ensemble des promenades auxenvironsjdc Paris et dîner sous la tonnelle, dans nne de ces guinguettes où il y a beeucoup de champignons dans les sauces et d'innocents r< bus au foud des assiettes.Jean-François se faisait alors conter par son ami tout ce qu'ignorent ceux qui sont nés daus les villes.U apprenait le nom des arbres, des fleurs et des plantes, l'époque des différentes récoltes ; il écoutait avidement, les détails du grand labeur bucoPque : les semailles d'automne, le labourage d'hiver, les fêtes splendides de 286 LE REVEIL la moisson es dc la vendange, et les fléaux battant le sol, et le bruit des moulins au bord de l'eau, ct les chevaux las menés à l'abreuvoir, et les chasses matinales dans le brouillard, et surtout les longues veillées autour du feu de sarment, abrégées par des histoires merveilleuses.U découvrait en lui-même une source d'imagination jusqu'alors inconnue, trou vaut une volupté singulière au «eul récit de ces choses douces, calmes ct monotones.Une crainte le troublait pourtant, celle que Savinien ne vînt à connaître son passé.Parfois il lui échappait un mot ténébreux d'argot, un geste ignoble, vestiges de son horrible existence d'autrefois, et il éprouvait la douleur d'un homme de qui les aucieunes blessures se rouvrent ; d'autant plus qu'il croyait voir alors, chez Savinien, s'éveiller une curiosité malsaine.Quand le jeune homme, déjà tenté par les plaisirs que Paris o'Ire aux plus pauvres, l'iuterrogeaient sur les mystères de la grande ville, Jean-François feignait l'ignorance et détournait l'entretien ; mais il concevait alors sur l'avenir de son ami nue vague inquiétude.Elle n'était pas sans fondemeut, et Savinien ne devait pas rester longtemps le naïf campagnard qu'il était lors de son arrivée à Paris.Si les joies grossières et bruyantes du cabaret lui répugnaient toujour3, il était profondément trou-b'é par d'autres désirs pleins de dangers ponr l'inexpérience de ses vingt ans.Quand vint le printemps, il commença à chercher la solitude et erra d'abord devant l'entrée illuminée des bals de barrièi e qu'il voyait fr nchir par des couples do fillettes eu cheveux, de tenant par la taille et se parlait tout bas.Puis, un soir que les lilas embaumaient e que l'appel des quadrilles était plus entraînant, il franchi1 le seuil et, dès lors, Jean-François le vit changer peu à peu de mœurs et de physionomie.Savinien devint plus coquet, plus dépensier ; souvent il empruntait à son ami sa misérable épargne, qu'il oubliait de lui rendre.Jean-François, se sen tant abandonné, à la fois indulgent et jaloux, sou lirait et se taisait.Il ne se croyait pas le droit de lui adresser des reproches ; mais son amitié pénétrante avait de cruels, d'insurmontables pressentiments.Un soir qu'il gravissait l'escalier de son garni, absorbé dans ses préoccupations, il entendit dans la chambre où il allait entrer un dialogue de voix irritées, parmi lesquelles il reconnut celle du vieil Auvergnat qui logeait avec lui et Savinien.Une ancienne habitude de méfiance le fit s'arrêter sur le palier, et il écouta pour connaître la cause de ce trouble.—Oui, disait l'Auvergnat avec colère, je suis sûr qu'on a ouvert ma malle et qu'on y a volé les trois louis que j'avais cachés dans une petite boîte ; et celui.qui a fait le coup ne peut être qu'un des compagnons qui couchent ici, à moins que ce soit Maria, la servante.La chose vous regarde autant que moi, puisque vous êtes le maître de la maison, et c'est vous que je traînerai en justice, si vous ne me laissez pas tout de suite chambarder les valises des deux maçons.Mon pauvre magoi ! il était encore hier à sa place, et je vais vous dire comment il est fait, pour que, si nous le retrouvons, on ne m'accuse pas eucore d'avoir menti.Oh ! je les conuais, mes trois pièces d'or, et je les vois comme je vous vois.Il y en a une plus usée que les autres, d'un or un peu vert, et c'est le portrait du grand Empereur ; l'autre, c'est celui d'uu gros vieux qui a une quene et des epaulettes, et la troisième, où il y a dessus nn Philippe en favoris, je l'ai marquée avec mes dents.C'est qu'on ne me triche pas, moi.Savez-vous qu'il ne m'en fallait plus que deux autres comme ça pour payer ma vigne.Allons ! fouillez avec moi dans les nippes des camarades, on je vais appeler la garde, fouchtra ! — Soit, répondit la voix du patron de l'hôtel, nous allons chercher avec Maria.Tant pis si vous ne trouvez rien et si les maçons se fâchent.C'est vous qui m'aurez forcé Jean-François avait l'âme remplie d'épouvante.Il se rappelait la gêne ot les petits emprunts de Saviuien, l'air sombre qu'il lui avait trouvé depuis quelques jours.Cependant il ùe voulait pas croire à un vol.Il entendait l'Auvergnat haleter, dans l'ardeur de sa recherche, et il serrait ses poings fermés contre sa poitriue, comme LE RÉVEIL 281 ponr comprimer les battements furieux de son cœnr.— Les voilà ! hnrla tont à coup l'avare victorieux.Les voilà ! mes lonis, mon cher trésor ! Et dans le gilet des dimanches de ce petit hypocrite de Limousin.Voyez, patron, ils sont bien comme je vons ai dit.Voilà le Napoléon, et l'homme à la queue, et le Philippe qne j'ai mor-dn.Regardez l'encoche.Ah! le petit gueux! avec son air de sainte-Nitouche.J'aurais plutôt soupçonné l'autre.Ah ! le scélérat ! faudra qu'il aille an bague.En ce moment, Jean-François entendit los pas bien connus de Savinien qui montait lentement, l'escalier.— Il va se trahir, pensa-l-il.Trois étage.J'ai le temps.Et, poussant la porte, il entra, pâle comme nn mort, dans la chambre où il vit l'hôtelier et la bonne stnpéfaite dans un coin, et l'Auvergnat à genoux parmi le hardes en désordre, qni baisait amoureusement tes pièces d'or.— En voilà assez, fit il d'nne voix sourde.C'est moi qui ai pris l'argent et qui l'ai mis dans la malle du camarade Mais c'est trop dégoû tant.Je suis un voleur et nou pas nn Judas.Allez chercher la police.Je ne mo sauverai pas.Seulemen t il faut que je dise un mot en particulier à Savinieu.que voilà.Le petit Limousin venait en effet d'arriver, et voyant son crime découvert, se croyant perdu, il restait là les yeux fixes, les bras ballants.Jean*François lni sauta violemment au cou comme pour l'embrasser ; il colla sa bouche à l'oreille de Savinien, et lni dit d'nne voix basse et suppliante : — Tais-toi! Puis se tournant vers les autres : — Laissez-moi seul avec lui.Je ne m'en irai pas, vous dis je.Enfermez-nous, si vous vonlez mais laissez-nous seuls.Et d'un geste qui commandait, il leur montra la porte.Us sortirent.• Savinien, brisé par l'angoisse, s'était assis sur un lit et baissait les yeux .sans comprendre.— Ecoute, dit Jean-François qui vint lui prendre les mains, Je devine.Tu a volé les trois pièces d'or pour acheter quelqne chiffon à nne fille.Cela t'aurait valu six mois de prison.Mais on ne sort de là que pour y rentrer, et tu serais devenn nn pilier de correctionnelle et de cours d'assises.Je m'y entends.J'ai fuit sept ans anx Jeunes Détonus, un an à Sainte-Pélagie, trois ans à Poissy, cinq ans à Toulou.Maintenant, n'aie pas peur.Tout est arrangé.J'ai mis l'affaire snr mon dos.— Malheureux ! s'écria Sevinien ; mais l'espérance renaissait déjà dans co lâche cœur.— Qnand le frère aîné est sons lés drapeaux, le cadet ne part pas, reprit Jean-François.Je suis ton remplaçant, voilà tont.Tn m'aimes nn pen, n'est-ce pas ?Je suis payé.Pas d'en fantil-lige.Ne refuse pas.On m'anrait reb:>uclé nn de ces jonrs, car je suis en rupture de ban.Et pnis, vois tu, cette vie-là, ce sera moins dur ponr moi qne ponr toi ; ça me connaît, et je ne me plains pas si je ne te rends pas ce service pour rien et si tn me jnres qne tn ne le feras pins.Savinien, je t'ai bien aimé, et ton amitié m'a rendu bien heureux, car c'est grâce à elle que, tant qne je t'ai connu, je suis resté honnête et pur, et tel que j'anrais toujours été peut être, si j'avais en comme toi nn père ponr me mettre un outil dans la main, nne mère ponr m'apprendre mes prières.Mon seul regret, c'était de t'être utile et de te tromper sur mon compte.Aujourd'hui, je me démasque en te sauvant.Tont est bien.— Allons, adien ! ne pleurniche pas, et embrasse-moi, car j'entends déjà les grosses bot*es sur l'escalier.Ils reviennent avec la rousse, et il ne fant pas que nous ayons l'air de nous connaître si bien devant ces gens-là II serra brusquement Savinien contre sa poitrine; puis il le repoussa loin de lui, lorsque la porte se rouvrit tonte grande.C'était l'hôtelier et l'Auvergnat qni amenaient les sergents de ville.Jean-François s'élança snr le palic-, tendit ses mains aux menottes et s'écria en riant : —; En route, mauvaise troupe ! Aujonrd'hni, il est à Cayenne, coudamné à perpétuité, comme récidiviste.François Coppée. 288 LE RÉVEIL PAS UN JOUR DE MALADIE Depuis Trente Ans RÉSULTAT DE L'usaoe m PILULES D'AYER ".Depuis plus de trente p\s, les Pilules d'Ayer m'ont con.ervé la santé, n'ayant jamais été malade pendant tout ce temps.Avant l'âge de vingt ans, je souffrais presqu» constamment—eela provenant do constipation-dedv.spepsie.de maux de tôte, do névralgie, do clous et d autres érupt'jiis.Quaud je fus convaincu «pie les neuf dixièmes de mes affections provenaient de la constipation, je commençai l'usage des l'ilules d'Ayer qui amenèrent les résultats les plus satisfaisants, n'ayant jamais eu une seule maladie qui ait résisté â ce remède.Ma femme qui avait été malade ncircaiitdes années prit aussi les P ,'es d'Ayer et elle revint prompteim .'.à la santé.Les l'ilules d'Ayer, pris.'s ii temps, etv pochent tout danger de maladie."— Henry Wkttstkin, Byrori, III.Les Pilules d'Avec [•es plus limii-.Kécompemee i: l'.TJî posltlun de .I i, «t.TRADE MÂiiiL, DU ion PATIMT8, I c0pvri0ht8, «te.! rorlnfi.rnialliiatntfrfo llnmlbook write to «UXN A CO., SHI Blt'UUWj y, New YnnK, Oldest liurenu fur lociirlnif rniinHln Amirlc».Every imlrtit taken out l>y u- I» Iimii^iu Infore tho putillo by o notlcu given f no ut lurgo lu IUO f mnlific JUwetai taCMl dn-nlntlnn of nnv ft-lentlfln paper In the world.Biiloinllilly uu: iraie.1.Nn lie Murent mun thoiiM bo without il Weohly, (.'1.4)0 :i lonrt SIMilxmniil'ii.A •'dre.u.sîijxnn iSjl '¦ iw.mii/ .h'h 'lÀnu'itiiy.i.VW ï nrk eu».MâîiiMn (m : run think o Riuipln ti .paient/ ."-Nti'OC*.your Mw»: t trv • v • v.oallli.r/rlie JOHN WKliii",:iii!! '.)>:, iitAtton ty.l.|.,1 • ;., .i„i2j olfei uu4 lia; •( mu uunj.-u .o.i v.;.,|.PERTE DE LA VOIX Après une Sévère Bronchite Cr/ÉBIS PAR L'OSAGE DU Pectoral-Cerise d'Ayer, LC CM TlIN PRÉDICATEUR."Il y a trois : Ms j'ai attrappé un violent rluinie qui dégénéra en uno attaque sévère de bronchite.Je\ne mis entre les mains des docteurs ct au bout de deux mois je n'avais ressenti aucune amélioration.Jo trouvai qu'il m'était très difficile de prêcher et jo résolus d'essayer le Pectoral.Cerise d'Ayer.La première bouteille m'apporta un grand soulagement; la seconde, que je prends maintenant, m'a délivré presque complètement de tout symptôme déplaisant, et je suis certain qu'une ou deux bouteilles de plus mo guériront d'une façon permanente.A tous les ministresdu culte souffrant d'alTections de la gorge, je recommande lo Pcctoral-Cerise d'Ayer." —K.M.nrtAWXEY, D.P., See.dc District dc la Société Ani, liapt.Publication.Petersburg.Va.te Pectoral-Cerise d'Ayr/:' ÙiMiiQ* ilf-.- n l'Ejcnosition i» (Smca< 92
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