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Titre :
Mon magazine
Revue qui visait à instruire et à divertir la famille, Mon Magazine (1926-1932) avait tout pour plaire à un large public, notamment de superbes pages couvertures. [...]

Mon Magazine est une revue mensuelle montréalaise qui reprend le modèle de La Canadienne (1920-1924) ainsi qu'une partie de son équipe de rédaction. La revue vise à concurrencer les magazines américains en adaptant un contenu moderne et varié à la rigueur morale du Canada français.

On trouve dans Mon Magazine des romans-feuilletons, des poésies, une chronique culinaire, des articles de vulgarisation sur la médecine et la santé publique, sur l'histoire et sur de nombreuses pratiques populaires. La revue présente aussi des publicités de produits de consommation, des biographies et des récits de voyages.

Mon Magazine est d'abord dirigé par Joseph Léon Kemmer Laflamme puis, à partir de 1928, par Édouard Fortin. Les collaborations de Gaétane de Montreuil sur la condition féminine y sont abondantes. Henriette Tassé y écrit sur les salons français, et on y trouve une chronique de l'abbé Étienne Blanchard sur la qualité de la langue française.

En plus de textes littéraires, on peut y lire des critiques littéraires de Jules-Ernest Larivière et des reproductions d'articles de Camille Roy, de Séraphin Marion et d'Albert Tessier. La revue traite aussi fréquemment de cinéma.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1984, vol. VI, p. 113.

SAINT-JACQUES, Denis et Lucie ROBERT (dir.), La vie littéraire au Québec - 1919-1933 : le nationaliste, l'individualiste et le marchand, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 2010, vol. VI, p. 211-212.

Éditeur :
  • Montréal :Compagnie de publication Mon magazine,1926-
Contenu spécifique :
janvier
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
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Références

Mon magazine, 1926-01, Collections de BAnQ.

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Mon Magazine, Janvier 1926 r COMMUNITY PLATE ii : I Ms Dans le somptueux Hampton-Court, Henri VIII dînait au milieu de broderies et de superbes argenteries ouvrées ornées de pierres précieuses.La beauté merveilleuse de cette argenterie Je luxe vient d'être réintégrée par les orfèvres de Community Plate dans les nouveaux et magnifiques modèles Hampton-Gjurt.EN ÉTALAGE MAINTENANT CHEZ LES BIJOUTIERS 6 cuillers à thé, $4-2(otre succès est à ce prix.En attendant, il faut se mettre résolument à la besogne.Rictus voulons donner au public canadien une reine de grand luxe qui prenne avec avantage sa place parmi les meilleures.iju'on examine avec soin, qu'on lise attentivement ce numéro que nous offrons au public avec confiance en y ajoutant nos meilleurs souhaits de bonheur et de prospérité.Joyeux >{ofl.' Bonne et Heureuse Année.' Observation des lois protectrices; inspection des ateliers.Dans quatorze pays d'Europe, sur environ cent cinquante millions de personnes appartenant au sexe féminin, il y en a près de quarante millions qui sont des salariées.Conditions au Canada.Chronique de la mode.— Cette rubrique, à laquelle nous donnons beaucoup d'importance, et qui est rehaussée de nombreuses illustrations n'a qu'un but:—Développer le bon goût dans l'art de se vêtir avec élégance et à bon marché.Les patrons, modèles, dessins que nous publions n'ont pas d'autre objet que de faciliter la tâche à nos lectrices.Nous allons plus loin.La modiste de "Mon Magazine" enseignera aussi comment on peut reconfectionner un vieux manteau, une fourrure, etc.Nous aurons ici la ligue de l'habileté ménagère contre la cherté exorbitante de la vie.Arts domestiques, broderie, dentelles, etc., soins de la toilette.Une élégante a dit: "On a la beauté qu'on veut." Page des enfante.— Les enfants n'ont pas été oubliés dans la préparation de ce programme.Tante Lucile s'occupera spécialement d'intéresser les tout petits.Rebus, contes, dessins à découper et à colorier, elle mettra à leur disposition de véritables trésors d'ingéniosité où, au désir d'amuser et d'instruire, se joindra beaucoup d'affection."Mon Magazine" dont le rôle est de servir, traitera des sujets que nous venons d'énumérer et de ceux qui s'y rattachent, histoire, poésie, folklore, littérature canadienne, qu'il se fera un devoir d'encourager, de propager; il ira puiser à toutes les sources et ne négligera rien de ce qui le rapprochera du but qu'il se propose qui est d'être, sous tous rapports, le premier et le meilleur des magazines Canadiens-français.Les belles étrennes de 1926 UN ABONNEMENT À MON MAGAZINE Un cadenu qui vivra toute Tanné BULLETIN D'ABONNEMENT Ecrire ¦ ¦ • - I ¦ - i h I.le nom et I i.l.MON MAGAZINE, M* Edifice "La Patrie", Montreal.Veuillez minscrire pour un abonnement d'un an à MON MAGAZINE pour lequel vous trouverez, sous pli, la somme de DEUX DOLLARS.Le.ig__ Nom______________________________ Adresse._.___________._ (S Le plus beau cadeau de Noël UN ABONNEMENT À MON MAGAZINE Un cadeau qui vivra toute Tannée 105707 Mon Magazine, Janvier 1926 Soyez un moderne Aladdin POUR EVOQUERle Génie du monde merveilleux de la magie, Aladdin devait frotter sa lampe.Mais le moderne Aladdin s'accorde au monde merveilleux du radio par un procédé plus simple, en tournant d'une main \e Maître Contrôle de Thermiodyne.Thermiodyne donne une sélectivité plus étendue et une plus grande distance en tournant un seul Maître Contrôle.S'il y a quelque chose dans l'air, Thermiodyne le recueillera — et avec une force de haut-parleur.Thermiodyne est le seul set à six tubes, sans égard au prix, qui possède trois Fréquences Thermioniques, un détecteur et deux degrés d'Audio-Fré-quence.Quatre Correcteurs stabilisent les variations dans l'irradiation et régularisent le volume du son.Chaque Thermiodyne est absolument garanti sans réserve.Si vous n'avez jamais écoulé avec un Thermiodyne, vous n'avez jamais vraiment pénétré dans le monde merveilleux du radio.Allez chez votre fournisseur de radio, dès aujourd'hui, et demandez la démonstration gratuite.6 Tubes $210 5 " 150 sans accessoires Tout accessoire Standard peut être employé. Mon Magazine, Janvier 1926 S Vol.1 No.1 ABONNEMENT.$2.00 pal d'avance, pour le Cam année, payable * et I Em Dire its.Etats-l nia.4 (Ml par année *s par mandata mandat-express le montant de Britannique.Le numéro.20 s3 00.Autre* paya étrangers.Lea remise* peuvent être faf ponte, lettre recommandée, ou cheque auquel on a ajout l'échange.ATTENTION.Changement d'adresse.Nom changeons l'adresse d'un abonné s am demande, mais il faut donner l'ancienne adresse en même temps que la nouvelle pour que le changement puisse être fait.Mon Magazine Revue Canadienne de la jamxlle et du foyer Directeur Gérant-Général J.-L.K.-LAFLAMME ^ G.LAUR1N Publié le 1er du mots par la Compagnie de Publication Mon Magazine, Montréal Demande a été faite pour l'enregistrement de "Mon Magazine" comme matière de deuxième classe au bureau de poste de .Janvier 1926 ontréal.PCRIVEZ LISIBLEMENT votre nom et t—' votre irtu—r en remplissant le bulletin ou la carte que vous remet l'agent.Le tirage étant limité au nombre des abonnés, les numéros antérieurs, a part exception», ne sont pas fournis.Adresse et téléphone: Publicité et Abonnements: EDIFICE LA PATRIE" - MONTRÉAL TEL.MAIN 1S49 CE QUE HOU S SOMMES Nous offrons, aujourd'hui, au public canadien-français, une revue du foyer qui a pour titre "Mon Magazine".Cette publication a un triple but:—Instruire, amuser, servir la familU.\/e programme est vaste, nous l'admettons, mais il n'est pas au-dessus des ressources de notre journalisme national: il répond, d'autre part, aux exigences de notre temps, aux goûts nouveaux des lecteurs qui.à part de rares exceptions, ont été forcés ¦ de demander à une presse étrangère les récréations et les sen-ices que donne le magazine moderne.C'est donc une œuvre des familles que nous fondons, avec l'espoir qu'on ne lui refusera pas le concours, le patronage qu'elle va s'efforcer de mériter.Notre revue veut être regardée, parmi se» amis, comme quelqu'un de la famille."Mon Magazine" voudra refléter les sentiments du foyer canadien-français, cultiver l'idéal et les saines traditions de la race.A côté des publications tapageuses, souvent étrangères, qui se chargent avant tout de servir des intérêts, quand ce n'est pas de faire durer des divisions, notre revue apportera au foyer l'inllnim ¦ lm nfaisante cle lu bonne lecture qui repose, qui récrée et qui instruit.Ce sera un livre que tout le monde, dans la maison, voudra lire, l'ami de bon ton dont la venue sera, chaque mois, attendue avec impatience: ce sera le livre sain et sur que jeunes et vieux pourront feuilleter, ensemble, en rapprochant leurs têtes grises ou blondes, que l'on pourra lire le soir.• • n commun, et que l'on pourra, sans danger, oublier sur la table de lecture.Publication essentiellement canadienne-française, "Mon Magazine" se montrera jaloux des droits, de tous les droits des siens, mais sans perdre de vue les devoirs que oes droits imposent et qui en font tout le prix.Ce sera, sincèrement, uni- oinre de 'Home Entente".La vie canadienne a ceci de particulier que, partagée entre des intérêts multiples, modifiée sans cesse par des exigences d'une jeunesse nationale très exubérente.elle voit, a certaines heures, les groupes les plus intéressés à s'entendre divisés jusque sur la conception même de l'amour de la patrie.Et beaucoup de canadiens se croient des ennemis irréconciliables parce qu'ils n'acceptent pas les mêmes raisons de poursuivre un idéal qui leur est commun.l^uo ne se regardent-ils carrément dans les yeux et ne mesurent-ils ensemble l'espace qui les sépare ?Ils seront étonnés du petit nombre des sujets sérieux de désaccord qui les ont empêchés, jusqu'ici, de se comprendre.Nous allons essayer de jeter un peu de lumière sur tout cela, et nous ne désespérons pas, si nos efforts sont couronnés de quelque succès, de voir un jour une foule de "braves ennemis" se donner la m»in.Nous nous tiendrons alors pour bien réoompensés de nos labeurs et de nos peines.Mais nous reconnaissons que la tâche est considérable, qu'elle va demander beaucoup de prudence, rn trois roulrurs Dans son grand lit de paille de froment, Jésus sourit en s'endormani.Le halo d'or, dont so tête est cerclée, S'épanouit, et, lumineusement, La sombre étable en est bariolée.Laissant son pauvre feu de bois menu Mourir sur la terre gelée.Le pâtre, songeur, est venu.Lui, la brebis, et toute Vagnelée, Vers le grand lit de paille éeher-elée.Jésus est beau, pur si divinement, Qu'en plein marbre on dirait sa chair moulée, Et que le boeuf pense naïvement L'avoir vu choir du firmament Avec la blanche giboulée.Allez, les tout petits, voir l'enfant nu De pâle cire craquelée, Et l'âne en plâtre, et la harpe fêlée, Qui joue un air, si grêle, si ténu, Que irrs la voûte, elle semble envolée.Allez, de peur qu'en son isolement Jésus n'attende en vain la gutgnolée, Et que son bas ne pende tristement Au pied du lit de paide de froment; Portez au doux enfant de Galilée Ce frais joujou, votre âme immaculée.BENJAMIN MICHAUD.de bonne velouté de part et d'autre, de patriotisme calme et réfléchi.Pourtant, elle devait tenter des patriotes désintéressés et nous déclarons, sans fausse modestie, que c'est bien ce qui nous la fait entreprendre.Cela ne veut pas dire que nous nous proposions de faire de ce magazine un critique irréconciliable de ce qui se fait et se dit."Mon Mazazine" ne vient ni reformer, ni classifier en catégorie de bons et de mauvais canadiens ceux qui penseront ou ne penseront pas comme lui.Encore moins se propose-t-il de porter une main sacrilège sur des institutions, sur des méthodes sociales qui ont, pour les défendre, trois siècles d'histoire, qui ont conduit notre race.I travers mille périls, jusqu'au point où elle en est rendue aujourd'hui.Nous ne croyons pas.avec certains enthousiastes, que nous ayons, en tout point, atteint les limites du propres: nous ne pensons pas davantage, avec les esprits chagrins, "qui passent leur temps à se lamenter sur l'état présent", que l'ennemi nous guette à tous les carrefours ou que notre action sociale "soit complètement paralysée par toutes sortes d'influences hostiles".Loin de là.Dans les deux cas, on ne voit pas très clair dans nos affaires pour avoir abusé de ce que l'on a si bien appelé "le mensonge des honnêtes gens": l'exagération."Mon Magazine" veut s'appliquer à être un organe de charité autant que de vérité: voilà la voie droite et sûre qu'il a choisie et sur laquelle il s'engage avec confiance.Sans doute, nous devons suivre le progrès ou nous résigner à être infailliblement écrasés par lui.Mais, sur ce point, notre premier souci doit être encore de nous appuyer sur les solides assises qui ont été données à l'édifice national.Du reste, les progrès accomplis par les nôtres dans toutes les sphères, et en particulier dans leur organisation sociale, dispensent "Mon Magazine" de se préoccuper de choses qui l'intéressent, certes, mais ont été laissées jusqu'ici à des mains sûres qui n'ont pas démérité.Il est vrai que c«tt« besogne ne s'accomplira pas toute seule, que souvent même elle sera bien près de dépasser les forces de ceux qui l'entreprennent.Dans ces moments nous comptons trouver chez nos amis, auprès des amis de la revue, les concours précieux qui nous permettront de surmonter les obstacles et d'éviter les écueils.Certains nous ont déjà mis en garde contre les erreurs possibles.Hélas, nous pouvons bien l'admettre dès le début, des erreurs nous en commettrons très certainement, bien que ne le voulant pas; celui qui n'ose pas se tromper court le risque de ne pas accomplir grand'chose.L'important est encore de savoir reconnaître son erreur et de la corriger.Au reste, il est un point sur lequel il n'y aura pas d'erreur possible: c'est le but que nous poursuivons.Les yeux fixés sur ce but nous ne dévierons pas et marcherons avec confiance vers l'avenir.Suite à la page 61 POUR LE PROCHAIN NUMERO L'HISTOIRE TRAGIQUE — Le petit Capet dans sa prison du Temple, par Henri d'Aimeras.Un conte canadien, un roman complet, des pages de modes en couleurs, de broderie, de crochet. Mon Magazine, Janvier^1926 "Les détours du coeur' L'Epreuve Une fois de plus Othello a tué Des-démona, et, en la tuant, appris combien il était aimé.Par PAUL BOURG ET de TAcadémie française |ETTE après-midi-là, Georges Couterot était presque gai en revenant de sa longue promenade, la premiere qu'il se fût permise depuis son arrivée il Nauheim, il y avait trois semaines.Sa poignante inquiétude sur la santé de sa jeune femme s'était un peu détendue à la suite d'une conversation, le matin, avec le médecin des eaux.Le seul un m ilr la petite \ il le allemande dit assez, la nature du mal dont souffrait Mme Couterot.Nauheim est pour certains désordres du cœur l'équivalent de Carlsbad et de Vichy pour les accidents du foie, cl YVildhad, Ragatz ou Néris pour les névroses.—" Nous ne sommes qu'au douzième bain." avait donc dit le docteur Kraft, "et déjà nous avons un procréa étonnant.Le cœur est diminué d'un huitième." Il avait tiré de sa serviette une feuille de papier, soigneusement pliée parmi cinquante autres.Sur le revers étaient écrits, en allemand, ces mots sinistres: "Cœur de Mme Couterot." Le consciencieux praticien avail le soin, quand il se présentait un nouveau client, de relever un croquis exact du cœur qu'il avait à soigner, et à chaque consultation nouvelle, avec un des bouts du gros crayon à deux mines qui ne le quittait jamais, il indiquait au pointillé l'état actuel de l'organe.La mine rouge lui servait à marquer les lignes d'amélioration, la noire les autres.Que de fois, durant ces vingt jours, le mari anxieux avait regardé avec horreur les collègues du professeur Kraft et le prob s-eiu lui-même se promener dans les allées du parc, un de ces macabres dessins à la inam! jHI±3 riel, le peintre connu.'Ah!" SrtFSNi songeait-il en se rappelant cette soirée et ce retour."Que je l'ai tourmenté*'! que j'ai été dur et injuste!.Du moins, depuis qu'elle n'a plus été bien, je lui ai épargné ces scènes.Qu'elle guérisse et je fais le vuu de les lui épargner toujours .Mais elle guérira, elle guérira." C'est sur ces mots répétés indéfiniment que s'était prolongé*' sa promenade.11 se les redisait encore au moment de rentrer, et quand à travers les branches des arbres se profila le toit rouge de la villa Hoffmann, où sa femme et lui avaient leur appartement.Il semblait qu'il émanât pour lui de ces syllabes une suggestion de courage.11 oubliait de regarder les passants des allées de ce parc, dont les silhouettes soufrantes le suppliciaient d'ordinaire.Ces gens, tous atteints du même mal que Berthe, allaient et venaient avec des mouvements si lents, si retenus! On devinait que le prudent docteur Kraft et Ml confrères leur avaient interdit, sous les plus redoutables menaces, les gist es trop vifs, les pas trop hâtifs, la libre et franche expansion de la vie.De-ci de-là s'apercevaient des chemins dont, les pentes graduées servaient a constater les résultats acquis grâce aux eaux.D'autres promeneurs s'y engageaient qui s'assoyaient chaque vingt pas.Le leste vol des noires corneilles qui peuplaient le parc contrastait, d'une manière presque fantastique, avec l'évident esclavage des hommes et des femmes, venus ici demander, aux sources jaillies de cette terre, un peu d'énergie pour leur pauvre cœur affolé.Qu'importaient les misères des autres à Cou-terot en ce moment?Il n'y prenait garde—c'est l'histoire de toutes nos pitiés—que les jours où il souffrait trop de sa propre inquiétude, et c'était a sa femme qu'il pensait devant ces cardiaques.Après sa conversation avec Kraft ils n'étaient plus pour lui que des symboles de ce qu'aurait pu devenir Berthe et de ce qu'elle ne deviendrait pas.Peu s'en fallait que ce spectacle de détresse ne lui fût une douceur.On a de ces férocités quand on aime assez pour faire tourner le monde entier autour d'une seule tête.Il GEORGES était donc d'une humeur presque gaie— il avait tout de même trop souffert pour que cette reprise d'espoir ne le laissât pas encore meurtri—quand il entra dans le salon do la villa où la malade l'attendait.Il était près de cinq heures, l'instant du thé pris ensemble autrefois.Maintenant, bien humble détail mais qui avait sa muette et triste éloquence,—il était seul à boire ce thé.Même cette petite excitation eût risqué d'être dangereuse pour la jeune femme, à qui l'on ne permettait plus que du lait coupé d'eau minérale.Avec une grftce de tendresse qui eût dû à jamais le guérir du soupçon,—mais rien ne fait jamais évidence pour la jalousie que ses chimères, Berthe continuait à préparer de ses mains tout l'appareil de menus objets destinés au goûter de son mari comme au temps de leur voyage de noces, quand ils promenaient leur jeune bonheur le long des routes d'Italie.Alors comme aujourd'hui, la fine créature avait le génie de rendre intimes des installations de hasard dans des chambre d'hôtels ou de maisons meublées.Mais alors elle était toute fraîche, toute rieuse, toute rose, au lieu qu'aujourd'hui, amincie par le mal qui la minait, elle avait cette pâleur profonde, ces yeux brillants, cette bouche décolorée des être touchés dans un point vital.Au moment où Georges ouvrait la porte, elle venait de s'étendre de nouveau sur la chaise longue, aprf s avoir allumé la minuscule lampe d'argent sous la bouilloire, et son joli visage creusé se détachait en souffrance sur les souples coussins de soie bleuâtre apportés pour elle.La nuance claire de ses cheveux luisait dans ce soleil descendu au has de l'horizon, et dont les rais obliques glissaient â travers les fentes des persiennes baissées.Ainsi couché*', son frêle corps a peine dessiné sons l'étoffe de sa robe de chambre en dentelle a rubans mauves, avec ses bras nus sortant des larges manches, la pointe de ses pieds prise dans ses mules de cuir blanc, c'était une apparition aussi torturante que délicieuse, par le trop de délicatesse, par cette impression d'une gracilité trop nerveuse.Mais les paroles du médecin vibraient toujours dans l'oreille de Georges, et ce fut avec une allégresse dans la voix, un peu voulue et cependant sincère, qu'il dit: —"Tu ne me reprocheras plus d'être paresseux.Depuis que je t'ai quittée, je n'ai pas cessé de marcher .Je suis allé jusqu'au village de.Ces noms allemands sont trop difficiles à prononcer, j'y renonce.Enfin, j'ai fait au moins trois lieues.J'ai bien gagné ma tasse de thé.Et toi?." —"Moi, j'ai continué à me sentir très bien," répondit-elle.Puis, avec un rien d'hésitation, et tout en versant l'eau bouillante dans la théière: "J'ai regretté seulement de l'avoir poussé à sortir Tu aurais eu une visite qui t'aurait un peu distrait, au heu que.moi, elle m'a ennuyée." —"Une visite'."' interrogea-t-il.Son accent continuait d'être si tranquille que la jeune femme parut soulagée d'un poids.Elle eut un sourire d'enfant, pour lui dire an lui prenant la main: —"Suis-je sotte! Croirais-tu que je me suis reprochée de l'avoir reçue ?.Il faut dire que c'était bien difficile de faire autrement.Ce domestique de la villa est d'un maladroit!.J'entends quelqu'un qui sonne, puis qui demande dans l'antichambre si j'y suis, et ce garçon vient m'apportcr la carte -ans niètiie refermer la porte Ce n'est qu'après avoir répondu: Faites entrer, que l'idée m'est venu : Pourvu que mon Georges ne soit pu contrarié?." —"Pauvre amie." répondit OouMrol."faut-il que je t'aie fatiguée de mes folles idées, pour que tu me parles ainsi '.' Je croyais pourtant t'avoir bun prouvé que je ne les avais plus Hegarde-moi bien en face.Vois si j'ai l'air d'un jaloux qui va commencer une enquête?.Allons, madame.>111« s-n.pu I est le beau monsieur de Paris qui a fait tout ce viiyago pour venir vous parler en l'absence de votre mari'' —"Merci." répondit -elle avec un rire de petite fille rassuré»-, et d'un ton décidé elle ajoute: "Hé bien' le monsieur, c'est quelqu'un que mon mari n'aime pas beaucoup, en effet.on n'a jamais bien su pourquoi, car c'est un homme très agréable et qui a du talent: c'eet Maxime Fauricl." - "Maxime Kauriel'"' répéta (îeorges.Il s'attendait si peu à ce nom du portraitisti à la mode, dont il avait été si jaloux un soir, que la jeune femme ne put s'empêcher de rire davantage encore, non sans un rien il'éni rvemenl.Elle n'était plus tout à fait aussi calme.—"Mais oui," continua-t-elle."La chose est très simple.11 parait que Fauricl est en train de faire un voyage en automobile avec des amis dans cotte partie de l'Allemagne.Ils s»- sont arrêtés & Nauheim pour déjeuner, en route vers Francfort.Il a vu notre nom.11 s'est soll\ ellll que j'étais malade, et il h eu la gentille idée de venir demander de mes nouvelles.Tu sais comment j'ai été amenée à le recevoir.11 eat resté une demi-heure.J'ai insisté pour qu'il t'attendit.J'aurais préféré que tu le trouvasses ici, quand tu rentrerais.Tu as un peu tardé, et lui, ne voyageant pas se ni, le ti mps il»' sa \ isite était compté Tu n'auras pas de crise, tu me le promets?." T T\ I \ éritable supplication était empreinte sur son [^J visage.Elle qui subissait quotidiennement de ces attaques smist rement nommées d'angine de poitrine—durant lesquelles elle croyait mourir d'anxiété, d'étouffenicnt et aussi de douleur—elle parlait de crises à propos do ces accès de défiance, si injustes, si déraisonnables, si gratuits, dont elle avait vu son man possédé.Elle ne les lui reprochait pas.Elle l'en plaignait.(îeorges Couterot n'aurait pu été ( Voir la tuile page 46) 6 Mon Magazine, Janvier 19S6 Avers et rêver, de la médaille brome et argent frappée pour Commémorer le Centenaire de Sir George-Etienne Cartier, œuvre d'art oui témoigne hautement de l'habileté des ouvriers de la maison Caron Frères de celte ville.Cette médaille a été présentée aux dignitaires ainsilqu'aux]personnages officiels qui ont pris part à la cérémonie du dévoilement du Monument Cartier.La silhouette de George^Etienne Cartier Une analyse de la vie et des oeuvres du grand homme d état canadien Par ARTHUR DAHSEREAU M.Arthur ! > r ¦ ., le transformateur d'une race COMMENT se fait-il que quarante années après sa mort, alors que sa génération est complètement disparue, il semble que nous allons tous assister, dans le Centenaire de Cartier, à la glorification d'un compatriote parti d'hier seulement?Ils se font de plus en plus rares les survivants de cette époque qui l'ont connu dans leur jeunesse, presque tous superficiellement et rien que de vue, la plupart, peut-être, comme ses adversaires d'alors.Une poignée d'hommes éparpillés n'ont pu créer cette commotion qui électrise les foules, émeut les hommes politiques d'aujourd'hui quand on prononce son nom.Sa mémoire a résisté à la destruction si supreme du temps, et plane sur tout le Canada comme le souffle même de notre nationalité.S'il n'avait pas cet élément suprême de la gloire humaine qui permet à un orateur de prendre le chemin des oreilles pour arriver au coeur des foules, il avait le don de l'action, et quelle action! Ses œuvres travaillent encore.Quelle avait été la vie du Canada jusqu'à l'époque où Cartier prit la direction de nos destinées ?En passant de la France à la Grande-Bretagne, nous n'avions fait que changer de tutelle, sans changer d'âme.Et si nous songeons bien sérieusement à la nature de l'existence menée par nos ancêtres, il est impossible de ne Cas comparer le tout petit peuple à l'enfant qui a esoin d'être conduit par la main.Le clergé, la seule force qui restait, dut lui improviser une vie nationale.psychologie de l'AME canadienne-française Il ne faut pas oublier que le colon parti de France était venu ici avec un caractère ethnologique, fixé par plusieurs siècles d'habitudes et de pratiques constantes.Le Gaulois avait gardé du latin la théorie et la mentalité que l'état domine l'individu; si bien qu'à la cession du Canada, on en était encore à ignorer le sentiment de la patrie et, même, le mot "patrie".Le roi était TOUT; et il n'y avait rien d'ordre politique et public en dehors de lui.Les Canadiens, comme les Français, du reste, ne possédaient pas même de drapeau national, c'est-à-dire le signe qu'un peuple respire et vit, le Roi avant le droit d'arborer, et pour lui seul, la Fleur de Lys."L'Etat, c'est Moi", disait Louis XIV.Aussi, quand le souverain français fut disparu du Canada, il ne restait plus d'Etat pour les colons échoués ici.Il n'y avait que des naufragés sur une épave.Ces braves délaissés, sans instruction, qui n avaient pas été enrégimentés contre l'Angleterre, car NOTE DU DIRECTEUR On a beaucoup parlé de Sir George-Etienne Cartier en ces derniers temps.On annonce même la publication prochaine du "Compte rendu officiel des Fêtes du Centenaire Cartier." A cette occasion les lecteurs de Mon Magazine qui s'intéressent oui choses de l'histoire canadienne liront avec plaisir cette étude biographique due à la plume de feu Arthur Dansereau, contemporain et collabore-leur de Cartier.l'armée française était comme étrangère aux habitudes du pays, ne soupçonnaient même pas, en dehors de la défense contre les Iroquois, ce qu'était la lutte pour la vie, et, surtout, ce qu'était l'organisation sociale.Leur gouvernement leur avait toujours donné cela tout fait, sans même éveiller en eux le soupçon d'un méeanisme électoral quelconque.Sans malice et sans ambition, ils ne demandaient qu'à vivre de leur ferme, ne nourrissant pas les haines d'un peuple vaincu, puisqu'ils n'avaient été que cédés.Ceux qui s'étaient battus et avaient été vaincus étaient partis et les français riches et instruits, leurs chefs naturels, avaient laissé le Canada, et emporté avec eux les aspirations, le développement, le milieu intellectuel qui forment une nation.La France fut bien intriguée de voir ce noyau de colons désarmés rester sous une domination ennemie, lorsqu'ils avaient le choix du rapatriement.C'est alors qu'il se produisit ce que nous trouvons dans l'histoire de tous les peuples: le salut sous la conduite absolue et nécessaire du clergé.De fait, si ces Canadiens n'avaient pas été aidés par leurs prêtres, ils n'auraient pas été absorbés, comme on semble porté à le supposer, par l'élément anglais, mais ils seraient devenus une race d'aventuriers semblables aux déclassés mexicains qui posent, aujourd'hui, un problème si difficile à résoudre.II l'évolction inhérente a tocs les peuples Mais, comme Dieu a déposé dans la nature humaine le besoin de savoir et tous les instincts de la vie sociale, ce jeune peuple commença à connaître les inquiétudes de l'adolescence.Papineau se trouva à ce réveil, sans être suffisamment armé pour le diriger.Les grands principes de liberté, tirés de la révolution française, ou les idées d'émancipation sorties de l'épopée américaines, étaient les deux seules forces du temps qui se présentaient naturellement, comme l'antithèse du despotisme bureaucratique.Ils ne pouvaient, certaine- ment, pas donner la note à des persécutés placides, dont la seule ambition était de ne pas trop souffrir.C'est en ce moment de transition qu'arriva Lafon-taine, sorti de la classe ouvrière dans une campagne retirée, avec le tempérament calme de ses compatriotes.Les esprits agités reprirent leur équilibre, sans trop souffrir des secousses qui se faisaient encore sentir, quoique ce fût loin d'être le calme.Lafontaine était une intelligence d'élite, le bon sens personnifié, le type de la résistance prudente, mais il n'avait pas l'agilité du lutteur qui se défend en ripostant.Le parti radical, formé en Bas-Canada par Papineau, et le parti clear-grit, était formé en Haut-Canada par N\ îlliam Lyon Mackenzie.Lafontaine partit avec la satisfaction d'avoir remporté dans l'arène parlementaire la victoire du "Gouvernement responsable", que ses adversaires avaient perdue sur les champs de bataille.III comment cartier transforma la race La Providence nous envoya Cartier au véritable moment où la lutte était pour changer de nature, et l'on va voir que l'œuvre de cet homme étonnant a été, en Canada, aussi importante, sur un moindre théâtre que celle de Richelieu, qui fit, des nombreuses races étrangères dont se composait la France, une nation compacte.Sans l'esprit créateur du grand cardinal, il n'y aurait pas eu d'âme française, de même qu'il n'y aurait pas encore d'Allemagne, si Bismark n'avait pas conduit la Prusse de I860 à 1870.Un peuple surgit seulement lorsqu'un homme de génie vient en personnifier les qualités latentes et en mesurer la valeur et les besoins.Au népotisme de la bureaucratie devait succéder le vrai "struggle for life", dans les ambitions du Haut-Canada, accolé au Bas-Canada pour le rendre anémique, comme on met un malade à côté d'une personne vigoureuse pour qu'elle prenne une partie de sa force vitale, cette population n'était pas plus prête que la nôtre au régime représentatif.Elle était aussi enfant dans ses caprices d'agression fanatique que l'était la population de Québec dans son inexpérience de la lutte parlementaire et même de la vie publique.L'Anglais qui a grandi dans son Ile avec l'horreur de toute entrave, puisqu'il a détruit de lui-même et l'autorité du monarque et l'autorité du pape, ne comprenait pas qu'il y eut, à côté de lui, dans le même accouplement de forces, des citoyens aussi réactionnaires en affaires publiques et aussi soumis à la direction religieuse.Nouveaux arrivés en Canada, avec le caractère dominant de leur race, mais privés des lumières qui distinguent si remarquablement les classes dirigeantes de la Grande Bretagne, ces immigrants peu instruits et, par conséquent, peu en état de raisonner, avaient conçu d'invincibles préjugés contre tous ceux qui ne ( Voir la suite paçe 7) Man Magazine, Janvier 1926 7 leur ressemblaient pas.C'est Cartier qui devait altérer cette mentalité de gens sincères, mais mal impressionnés sur la population du Bas-Canada.C'est lui qui devait, en même temps, faire sortir ses compatriotes de leur apathie et les rendre capables de faire honneur aux obligations du glorieux régime parlementaire, dont il est bien difficile de comprendre le mécanisme et les infinies ressources.Dans la recréation d'une race, ce qui se produit lentement se décompose lentement.La languissante évolution de la France est une preuve vivante de cette vérité.Elle veut, depuis la disparition de Xapoléon 1er, s'initier aux notions eonsti-tionnelles et se mettre sous le régime parlementaire.Depuis quarante ans surtout, elle demande avec ferveur son salut aux formes démocratiques, et, cependant, il y a encore, dans le peuple français des tendances invincibles à accepter l'absolutisme; celui par exemple des préfets imposés par l'Etat, qui est lui-même censé être une pièce démo-cratiaue du nouveau rouage, et l'action «rouvernemen-tale.sous mille formes restrictives, que ne souffriraient pas, aujourd'hui, ses cousins de Québec, issus de la même formation primitive.C'est Cartier, surtout, qui a le plus frappé les esprits par les vigoureuses leçons de choses qu'il donnait à ses compatriotes et qui a fait comprendre avec force comment l'initiative individuelle est la base de toute liberté.Les Haut-Canadiens l'avaient par instinct de leur origine britannique, cette indépendance de caractère; mais ils la poussaient à l'extrême, en omettant toute déférence pour d'autres êtres qui n'avaient pas la marque de naissance anglaise.I>es Bas-Canadiens avaient la déférence: ils avaient aussi un sentiment inné de résistance, mais, ils ne connaissaient pas l'usage de la méthode offensive et défensive, l'escrime politique et la spontanéité qu'il y a dans la grande liberté anglaise.C'est une étude palpitante que cette lutte entre les deux provinces, personnifiées par Cartier contre Brown, avec la grande intelligence de J.-A.Macdonald incompris des siens, qui faisait tourner de son côté, c'est-à-dire en faveur de l'ordre et à notre avantage en même temps, la résultante de ces deux forces opposées.Cartier, professeur d'énergie, Macdonald.professeur de tactique, tel est le tableau synoptique de l'époque créatrice de 1S4S-1S75.Vingt-quatre ans de vie parlementaire suffirent à Cartier pour réveiller dans sa race des facultés qui dormaient, pour la préparer à ces combats pacifiques qui sont la base, la vie du régime constitutionnel.Les Canadiens-Français ont acquis le tempérament anglais dans la vie politique, sans perdre leurs qualités propres et leur personnalité.11 semble impossible de créer brusquement dans un peuple une communauté de sentiments et d'idées qui sont, d'ordinaire, déposés dans les esprits comme le sédiment imperceptible des siècles, et qui forment, à la longue, un caractère uniforme.Et, cependant, il n'y a pas à le nier les Canadiens-Français, quoique restés français pour tout le reste, ont acquis, à l'école intense la vivacité, la versatilité et l'aplomb politiques de l'Anglais, et n'apportent pas même une nuance parti- George-Etienne Cartier en 1862 alors qu'il était Premier Ministre du Canada.culière dans le ton général des partis.Ils ne font qu'un avec les autres nationalités sur l'autorité du drapeau, l'allégeance naturelle a la couronne britannique anglaise.Après tout, le mélange saxon-breton-normand des lies Britanniques et le breton-normand très pur du continent américain, qui parlèrent la même langue pendant près de trois cents ans, ont une commune participation à l'infusion plusieurs fois séculaire des sangs celtique et romain, qu.couvrirent à la fois la Gaule et l'Angleterre.L'atavisme serait presque complet, si une transformation religieuse n'était venue jeter les divergences les plus graves entre ces rudiments congénères.Mais les deux mentalités, aujourd'hui diverse- ment inspirées, ressemblent plutôt aux nombreux produits chimiques, qui, après l'éboullution d'un moment, forment des combinaisons utiles en reprenant leurs qualités premières.Cartier, qui voyait clair dans ces vérités psychologiques et physiologiques, se mit à 1'ceuvTe avec un esprit vraiment prophétique, en canalisant les passions et les violences des deux races préjugées, pour combiner ces éléments, non par une tentative d'assimilation impossible, mais par une simple coopération qui unit les efforts, sans détruire l'individualisme, pour former l'âme collective du Canada.On n'a qu'à jeter les yeux sur la volumineuse législation de Cartier pour comprendre que.tout en donnant une autre psychologie à sa pTOj)rc race, et un mouvement d'ensemble, un lien commun à toutes les races appelées à faire un pays, il a jeté une forte vie organique où il n'y avait rien du tout.Il a surtout lutté pour un princi|M> qui fut le guide de toute sa vie: "La respon-¦il.ilité ministérielle".H disait, dès 1844, dans son premier discours politique, il Saint-Denis, pour faire battre le chef Bas-Canadien du ministère, M.Denis Benjamin Vigcr.qui avait méconnu cette vérité: "Le gouverneur général.Sir Charles Metcalfe, a refusé de suivra l'avis de ses ministres, dans des matières qui élaii nt de leur ressort absolu •! B SUIS ICI P(»l'K LE BLAMER." Sa correspondance officielle, sous la confédération, avec Lord Carnarvon.Granville, etc., ministres de colonies, reflète la même fermeté de tempérament Réciter tout ce qu'il a exécuté, serait entreprendre l'histoire de nos institutions politiques, municipales et sociales, et faire assiter le lecteur, même à notre développement religieux.IV CARTIER RKUIGEA NOTRE GRANDE CHARTE Ou se demande ce qui serait resté de notre vieux droit français, si Cartier n'avait pas pris la précaution de le codifier.Comment pourrait-on invoquer des lois qui n'existent plus en France et, surtout, comment le faire interpréter conformément '1 l'esprit modi rne, quand il n' > a plus d'interprètes possibles'.' t'es jours ilernii rs encore (1er mai 1014) lxird Moultou, l'un des juges du Conseil Privé Anglais, posait très pi rl nu minent la question en plein tribunal: "Qu'est-ce qu'il reste des lois en force "lors de la cession du Canada?" Le Lord Chancelier aussi, le vicomte llaldane, a déclaré, dans lu même.asion: "Avant la rédaction " du code, il n'y avait guère d'autorité pour donner un "effet civil aux décrits îles évêques catholiques, sur " les questions de mariage." Si l'on songe que ce vieux droit français, devenu inerte comme corps de jurisprudence moderne dans son lieu d'origim .est encore en pleine \ igu< iirMnns la province de Québec; si l'on songe qu'il est appliqué constamment par le plus haut tribunal d'Angleterre, alors que Us juges de France n'y réfèrent plus que rétrol-peetivement, on est bien forcé de crier au phénomène.Le grand écrivain Maurice Barrés, nous rendait encore dernièrement cet hommage mémorable: "Le fait se ( Voir la tuile à la page 16) 8 Mon Magazine, Janvier 1926 W su.L'ENFANT DANS LA LUMIÈRE Si Ton veut avoir des enfants bien élevés, il faut être plus sages qu'eux Par ARTHUR HAST — DESSINS de CUT ARHOUX.L'AURORE DE DYNN Dynn-Dynn arrive sur terre dans un rayon du soleil, revenu sans doute de Rome avec les cloches.Elle pousse trois cris, trois cris longs et enroués, trois cris de chat écorché vif.Et elle se débat, dans le bain chaud où on la plonge, comme une coccinelle échouer dans uni' flaque d'eau.Mais Dynn a besoin de sommeil.Le long voyage» l'air vif de la Terre, l'ondée de bienvenue suffisent à l'endormir dans le berceau de buis.Au silence de l'enfant, le Père et la Mère s'embrassent tendrement, émus et fiers de leur nouveau bonheur.Dans la cheminée la braise rouge murmure, les bûches s'écroulent de consomption et les flammes ardentes lutinent.Sur la table de nuit, un bouquet de violettes russes.Feu vivant de bois mort, Soleil rieur dans le ciel bleu.Parfum d'améthyste en fleurs.Amour du Père et de la Mère, créateurs d'Amour .La belle Aurore, Dynn-Dynn! APPARITION Grince la porte du jardin, porte lourde de fer.Puis des petits pas se précipitent sur le gravier, sur le perron, dans l'escalier.Le Père se lève vivement, va au-devant des Enfantât les arrête au seuil de la chambre, et, tout en caressant leurs petites têtes curieuses, leur dit de sa voix douce: —Chut! Chut! Mes chéris! Pas de bruit: elle dort.Ne la réveillez point.Elle est mignonne; venez la voir.Ils entrent, un à un, sur la pointe des pieds; leurs yeux intrigués cherchent et ne découvrent rien.Où est-elle ?Le Père entr'ouvre les rideaux blancs du berceau et la frimousse de Dynn-Dynn apparaît, rouge et plissée.Point de cheveux, mais une touffe de soies blondes.Et des menottes potelées et lisses reposent près de la têe.Bonhomme, l'aîné des trois enfants, plus raisonneur que croqueur de bonbons, s'avance résolument, fier de ses huit ans.Son teint mat rend plus vifs ses deux grands yeux noirs et plus écarlate son chandail rouge.Maître de lui, le poing gauche sur la hanche, il examine la demoiselle menue.Puis il rend son jugement: —Dieu, mes amis, qu'elle est petite! La timide Oolitte essaye de s'approcher.Mais elle ne sait si elle doit avancer ou reculer.Elle rougit comme une pivoine et se met à pleurer.11 faut que ce soit ce petit bout de Nico, vieux de deux ans, mais d'audace sans pareille, qui la prenne par la main et la tire vers le berceau.Seulement, puisque la contrainte D'à jamais convaincu personne, elle se sauve, épouvantée, vers les bras de sa mère, qui, très fatiguée, repose dans le grand lit.Pendant ce temps, Nico agrippe le berceau, con-traeto tous ses muscles, fait un rétablissement surhumain et, avec un cri de victoire, roule aux pieds de lu pouponne.Alors c'est le tumulte, une joute désespérée.Dynn se débat, Nico ne lAche point sa prise: i\ l'embrasse, il l'étouffé.Mais Bonhomme accourt et sépare les combattants.LAMENTATIONS PROPHETIQUES Dynn passe sa première nuit sur terre dans un sommeil" de marmotte.Mais la seconde nuit, ah! mes amis, quel vaearme, quel charivari! A uue heure du matin, de grands cris déchirent le silence de la chambre.Maricynthe accourt, prend la grosse boule rouge, qui se tait aussitôt, et vérifie si les cris sont justifiés.En même temps la Mère demande: —Les épingles sont-elles bien fermées ?Rien qui la pique ou 'a gt' ne '.' —Non, madame, mais le pauvre petit ange a soif, il 8uce son pouce.CHANT DE VIE (a)Aimer l'Onde du Ciel où s'apaise la Terre.Aimer la Brise douce au secret pur des Fleurs, Aimer les Fleurs riant sous le baiser du Jour, Aimer leur clair Parfum qui pénètre le» Ruches, Aimer les Chants d'oiseaui, le Vol des libellules, Aimer l'Ecureuil vif balançant les branchages.Aimer l'Herbe des près et Us Forêts profondes.Aimer l'Astre brûlant dont se sucrent les Fruits, Aimer la Mer immense et le Ciel infini, Aimer les Cœurs fervents de tout ce qui est Beau.(b) (•)Aimer les Pleurs versés par la Douleur humaine, Aimer l'Ame en détresse cherchant l'Ame plus forte.Aimer la Clarté fière où grandit la Conscience, Aimer la Vérité, la Haine du Mensonge, Aimer la Voie du Juste avec Fidélité, Aimer la Vie qui libre, qui aime et qui se donne, Aimer la Vie, l'Amour, pour dominer la Mort, (d) —Ce n'est pas l'heure de la tétée, ma bonne Maricynthe.Je vais seulement lui donner un baiser, et remettez-la bien vite dans son berceau.Aussitôt recouchée, Dynn commence à ronchonner; • Ile agite ses mains, puis redouble de cris et de fureur.Dans les chambres voisines, d'autres cris lui répondent.Nico pleure, Golitte appelle.Bonhomme, réveillé en sursaut, s'asseoit dans son lit et se frotte les yeux.Le cercle pale et tranquille de la veilleuse le rassure: c'est Dynn qui fait des siennes.Mais, diable! comment tant de bruit peut-il sortir d'une si petite chose ?Maricynthe arrive, calme, borde et console.Mais Bonhomme veut des détails.—Qu'est-ce qu'elle a, dis, Maricynthe ?—Dame, elle veut boire, mon grand! Mais elle n'aura rien du tout maintenant : ce n'est pas son heure.—Ben, alors, elle va crier comme ea longtemps'' —Non, elle va finir par se rendormir.Mais Bonhomme s'inquiète déjà des nuits suivantes.—Alors, demain, ce sera la même chose ?—Peut-être, mon chéri, c'est l'affaire de quelques nuits.Après elle dormira comme une image et tu sera fier d'elle.Au même moment, le Père entre dans la chambre de Bonhomme.—Allons, un peu de patience.Un bébé est comme un petit animal, bien gentil, bien mignon, mais il n'a encore ni raison, ni sentiment.Il gigote, il pleure, il crie.Si l'on veut avoir des enfants bien élevés, il faut être plus sage qu'eux, ne pas les bercer ni les promener sur les bras pour les endormir.Dès le berceau, il faut leur donner d'excellentes habitudes.Bouche tes oreilles, mon bonhomme, et tache de dormir.Ce n'est pas le moment de bavarder: nous tombons tous de sommeil.Toute rouge dans la nviit noire, Dynn continue ses appels désespérés.Rien n'y fait : ses parents tiennent bon.Une deuxième, une troisième nuit du même acabit, et des prix de Vertu sont apportés à la Mère, au Père, à Maricynthe, aux enfants, par la quatrième nuit que Dynn passe sans s'éveiller avant six heures.Elle prend alors sa première tétée, raisonnablement, et les suivantes toutes les deux heures et demie.Elle est réglée.Les lamentations de Dynn prophétisent une vie de luttes.Rien de grand ne se crée sans douleur.DE L'AIR, DE LA LUMIERE, DE L'AMOUR Toute la petite famille vit a la campagne.Les Enfants aiment la terre, les bois et les oiseaux.Ils aiment la vie simple, le calme des plaines aux lointains horizons, l'air qui ravigote aux frimas et refral-chit au solstice d'été.C'est le premier dimanche de Mai.La nature est claire de renouveau.Un bruissement vainqueur de vies qui s'épanouissent vient des arbres et des prairies.Rires d'enfants, d'oiseaux et de fleurs.Trémulations de papillons et d'abeilles.Parfums des sèves qui montent! Tous les bonheurs se confondent dans l'harmonie du soleil et de la brise printanière.C'est la première grande promenade de Dynn.On part.On prend la route du lavoir, puis celle du Moulin-Vieux.Bien entendu.Bonhomme et Golitte courent en avant, avec le urns chien Pax, leur meilleur ami.Nico fait le pacha dans une voiturette que pousse Maricynthe.C'est un seigneur nerveux qui rage d'être trop petit pour courir avec ses aînés.Il supplie son "esclave" d'accélérer le pas.Et, tout en arrière, vient en longue robe blanche, Dynn-Dynn que portent tour à tour le Père et la Mère.La campagne a la gaité pure d'une Vierge.Ses vergers sont poudrés de rose et de blanc, et ses oiselets sauvages, vifs comme des elfes, picotent des graines sur la route ou portent à leurs nids des brindilles menues.Du haut d'un vieux cerisier, qui ne veut point mourir encore, un joli pinson mâle salue ceux qui passent de ses fins trémolos: "Petit, petit, petit, veux-tu gagner ta petite vie?" Et là-haut, là-haut, là-haut, vers le soleil qui l'attire irrésistiblement en l'éblouissant, une alouette monte, monte, monte pour s'enivrer de chaleur et de vie céleste.La campagne a la majesté fière de la Mère, au temps où Dynn-Dynn lui était annoncée.Ses champs se soulèvent de froments et d'avoines, de l'abondance future qui' désirent les hommes qui fécondèrent les sillons.La route descend maintenant vers un bois de chênes et de bouleaux.Elle n'est plus carrossable.C'est un chemin de terre.Nico est obligé de descendre et de marcher comme un homme.Il court, il tombe, il se relève.Le bois l'attire, comme le soleil l'alouette, Mais avant lui, avant Bonhomme, avant Golitte, d'autres êtres l'ont découvert.Des ramiers et des tourterelles roucoulent mélancoliquement leur joie sur les arbres les plus hauts; et, dans les buissons, sifflent les merles.De tous côtés, sous bois, les anémones piquent leur blancheur dans l'herbe et sur la mousse.Ci et là, quelques tapis bleus de jacinthes sauvages et des bouquets de primevères.Ne sont pas encore écloses les grappes de muguet.Sous un chêne séculaire, on s'arrête, on cueille des fleurs, on goûte, on se repose.Mais il faut revenir: l'air est déjà plus frais.Le soleil descend vers l'horizon.La campagne va se laisser gagnât par le crépuscule.Les parfums des plaines et des vergers montent plus subtils dans la fraîcheur.Les cheminées du village fument.Les enfants hâtent le pas, stimulés par l'odeur alléchante des soupes qui s'échappent des fermes.Rentrés à la maison, ils dînent d'un appétit féroce et retrouvent avec bonheur leur lit.où leurs rêves continuent la grande promenade.Le Père et la Mère veulent profiter encore de la soirée.Ils vont au jardin et s'asseoient sous un aubépinier rouge, comme jadis au printemps de leur union.Ils sout tout près l'un de l'autre.Ce soir, ils sentent plus que jamais la douceur de leur vie qui se remplit il'amour et d'enfants, non d'honneurs ni de luxe.Il parlent peu.Us se comprennent et ils s'embrassent.Dans la maison, les enfants dorment.Dans la mare voisine, les rainettes coassent.Et, sur l'aubépi-nier, un rossignol chante, comme le Père et la Mère, un hymne à la Fécondité: "Six petits, nix petits.Le Père et la Mère font huit, huit, huit.Quel trainl Quel train]" \Mcn\ Magazine, Jamitr 192 9 REVELATIONS ET COMMUNION* On prétend souvent qu'un tout petit enfant n'intéresse point son père.C'est une erreur.Beaucoup de papas, au contraire, suivent avec une attention joyeuse les moindres progrès de leurs bébés, dont le développement présente, chaque jour, un intérêt nouveau.La peau du poupon, d'abord toute rouge, ne tarde pas à blanchir.Et les yeux qui, à la naissance, s'ouvrent pour ne rien voir, s'accommodent peu à peu au monde extérieur et permettent au "petit d'homme" d'en faire la connaissance.Au bout de six semaines environ, le bébe rit "aux anp;es", c'est-à-dire que son visage se plisse de petites rides, qui ne correspondent à aucune raison précise de contentement.Arrive une époque où il rit vraiment: c'est l'époque des "petite» marionnette»".Elles font, ell' font.Les petites marionnettes.Elles font, ell' font Trois p'tits tours Et puis s'en vont! Deux grandes mains qui pivotent et disparaissnt tout à coup, comme c'est amusant pour des yeux qui s'éveillent! Peu à peu, l'enfant reconnaît ses parents, ses frères, ses sœurs, ses amis, tous les visages familiers qui gravitent autour de sa petite vie.Quelle fete pour Dynn-Dynn, le soir, dès qu'elle entend grincer la porte du jardin! C'est le Père qui rentre! Elle bat l'air de ses mains.Elle rit aux éclats, gazouille de jolies choses et tend ses bras nerveux.Alors le Père la saisit de ses mains aussi douces que puissantes: il l'embrasse et s'amuse avec elle.Un rien de Dynn le passionne, comme un rien de lui émerveille Dynn.Ce sont des découvertes mutuelles.Hier, Dynn jacassait dans un petit dialecte incompréhensible.Aujourd'hui, il semble bien que ses lèvres vont émettre un mot.Serait-ce "papa" qui s'ébauche déjà ?Etendue par terre sur une couverture, elle essaye de se relever; son effort pour cambrer sa taille dénote un grand progrès.Et, tandis que le Père l'admire sans se lasser, Dynn tombe en arrêt devant la perle qui brille sur la belle cravate verte.Puis son regard monte vers la moustache touffue qu'elle attaque impitoyablement.Dynn a déjà le sentiment de la propriété.Elle veut empoigner tout ce qu'elle aperçoit et le donner en pâture à ses gencives gonflées qui mordillent avec frénésie.Mais le Père, en bon tyran, ne tolère pas qu'un objet quelconque s'engouffre dans la bouche de sa fille; c'est malpropre et dangereux.Et la Mère souscrit à cette sage discipline.Dût-elle passer pour une marâtre, elle n'a jamais voulu mettre dans la bouche de ses bébés ce bout de caoutchouc, qu'on appelle "tétine" ou "sucette" et qui compromet gravement la santé de l'enfant.Ce bout de caoutchouc, sur lequol s'épuisent tant de petits, sans bénéfice, est une duperie.Or, la Mère ne veut point tromper.La Vérité dès le berceau, pour préparer les âmes à la Lumière! Tel est le fondement de sa méthode éducative.Du reste, Dynn-Dynn ne pâtit nullement de cette éducation.Elle est aimable et gracieuse.Bonhomme affirme qu'elle fait de l'œil à qui lui plait.Vraiment, pour une petite demoiselle de cinq mois, elle promet! En tous cas, Pax y est fort sensible: c'est son meilleur ami.Dynn est habillée comme une grande fille.Elle porto une large ceinture de flanelle qui la sangle fortement, et, sous sa robe blanche, une couche-culotte.Ses petites jambes manoeuvent librement à l'instar des bras et ses muscles s'accoutument à fonctionner avant leur utilisation pour la marche.Le matin, Dynn-Dynn se réveille de bonne heure, comme les cloches de l'église qui sonnent l'Angélus.Elle babille aussitôt avec les pierrots du vieux mûrier dont la maîtresse branche s'incline vers la chambre.Dynn est le réveil-matin le plus sûr qui soit, car sa sonnerie ne s'arrête qu'au baiser lucide du Père qui la prend près de lui, l'embrasse copiousement et complote avec elle contre l'Innocence endormie.La Mire, en effet, a besoin de plus d'un babillage pour s'éveiller au jour.Les rires et les cris suffisent à peine pour cette rude besogne.Il faut des niches et des pichenettes.Alors elle se décide à bailler, s'étirer et sourire.Et, sans plus réfléchir, de ses doigts fins, encore lourds de sommeil, elle entr'ouvre le tabernacle, dont elle est la Vestale, et présente le ciboire à Dynn-Dynn en prière.LES MARTYRS A LA MER Des dunes où végètent des alfas et des ajoncs.Une grève immense qui s'étend plus loin do minute en minute.La mer glauque qui mugit, qui écume, la mer où flottent des barques de pêcheurs, où glissent de grands navires.Dans l'air, des mouettes blanches et de gris goélands qui passent moelleusement.Et là-bas, tout au loin, à l'infini, la ligne estompée de l'horizon où le ciel et la mer s'embrassent.Dès le matin, les enfants grimpent et culbutent dans les dunes.A marée basse, ils sondent le sable de la plage avec leurs pelles et leur pioches, font des canaux et des monts et déposent sur l'eau des transatlantiques lilliputiens.Mais voici l'heure du bain.Le soleil a déjà réchauffé la mer.Sauf Dynn, trop petite, et Pax, qui n'aime que les marais, tout le monde s'apprête à braver l'onde amère.Bonhomme est assurément très vaillant.GoUtte est affolée.Quant à Nico, son mutisme n'est pas une preuve de confiance.Ça fait tellement peur, ces vagues énormes qui se dressent tout droit, retombent avec fracas et courent précipitamment vers les pieds qui s'aventurent! Il faut cependant se décider.—Allons, formons la chaîne! dit le Père.Maman à un bout, moi à l'autre, et serrons bien les mains! —Aïe! Aie! J'ai peur! bégaie Golitte, les jambes paralysées.• —Ûn, deux, trois, en avant! commande le Père.—Non, j'veux pas! Maman, maman! crie Nico de toutes ses forces.—Oh! comme c'est froid, observe Bonhomme en claquant des dents.Le Père et la Mère, loin de s'émouvoir, rient très fort pour donner du courage aux petits.—Allons! en avant, dit la Mère.Un, deux, trois, un pas en avant.c'est très bien.Encore un petit pas —Attention! avertit le Père, une grosse vague! Baissez-vous.Et les cris des enfants redoublent.—Papa, maman, c'est froid! J'veux pas! J'en ai assez, na! Assez, assez, assez! Mais la grosse vague les a fouet tés si vigoureusement qu'ils ont maintenant presque chaud.—Baissez-vous vite, crie encore le Père, une autre vague!.Allons, debout! Ça y est! Les petits s'essuient les yeux et rient nerveusement.—C'est très drôle, constate maintenant Golitte.—Ah! oui, c'est rigolo, appuie Nico.Le bain terminé, on se sauve à la maison, en courant à travers les dunes.Le sable est brûlant de soleil.Chacun quitte son maillot ; on s'essuie énergiquement; on se rhabille à la hâte, car les estomacs crient famine.Après le déjeuner, les enfants ont envie de dormir.Ils vont s'étendre sur le sable, à l'ombre d'une touffe d'ajoncs, et font une longue sieste.Le roulement de la mer les berce.Ils rêvent.Et, quand ils se réveillent, leurs yeux se posent sur la plage couverte d'algues brunes, de seiches, de millions do petits coquillages nacrés, étincelants.Déjà les crabes déambulent de côté, les crevettes sautillent dans les cuvettes des rochers.Le temps est clair.Bonhomme aperçoit des toits de maisons qui brillent au soleil, de l'autre côté de la baie.11 remarque un vaste bâtiment en briques rouges, qui lance vers le ciel bleu de nombreux épis et la tige royale de son paratonnerre.—Papa, demande-t-il, quelle est cette grande maison, avec de larges fenêtres?—C'est l'hôpital maritime, mon petit.—Un hôpital?s'exclame Bonhomme.Pas possible! Il y a donc des malades au bord de la mer?—Hélas! oui, il y en a même beaucoup.Ce sont de pauvres petits tuberculeux, que le bon air salin et les rayons du soleil guérissent mieux qu'aucun autre remède.Voudrais-tu visiter cet hôpital, mon ami ?—Oh! oui, p'pa, je voudrais bien! Le dimanche suivant, le Père et son fils s'en vont à la Ville-des-Douleurs.11 y a là.de tous côtés, de pauvres enfants malingres, les uns boitant, marchand à l'aide de béquilles, d'autres un bras en écharpe, d'autres encore étendus dans des voiturettes que poussent leurs parents ou des infirmiers.Le spectacle est navrant.Bonhomme est sérieux, grave; il ne parle pas; il ne pleure pas.—Regarde toutes ces douleurs, Bonhomme, regarde-les bien en face.Ne les oublie jamais.Il y a tant d'enfants égoïstes qui raillent leurs petits frères diffor- mes! Je suis heureux de voir ton émotion: il faut le* aimer de tout ton cœur, ces élu rs innocents.Soudain, le Père reconnaît un médecin de ses amis qui lui propose de leur faire visiter l'hôpital maritime.Ils franchissent le seuil de l'établissement.Bonhomme marche d'un pied ferme sans se laisser troubler par l'acre odeur des médieampnts.Le docteur conduit ses amis dans les quatre salles de son service qu'éclairent de vastes fenêtres à petits carreaux.Il s'arrête au pied des lits et donne quelques explications sur chaque petit malade.—Celui-ci est atteint de coxalgie depuis dix-huit mois.Mais il guérira, car l'état général s'améliore de jour en jour.Celui-là souffre d'une tumeur blanche du genou que l'on a immobilisé dans une gouttière plâtrée.Ici, c'est un spina ventosa de l'index.Le petit, à côté, est atteint du mal de.Pott .Là, il s'agit d'une fillette rachitique, dont le père est un alcoolique invétéré.Vous voyez, conclut le docteur, quels ravages commettent ces deux fléaux: l'alcool et la tuberculose.Quelle tristesse, n'est-ce pas?de penser que ces pauvres enfants sont bien souvent les victimes de la misère ou de la mauvaise conduite de leurs parents! La mauvaise conduite de leurs parenlsl Ces mots ne quittent plus l'esprit de Bonhomme.Sans doute, le docteur a prononcé des paroles extraordinaires qui n'ont aucun sens pour lui.Mais cette phrase-làl'a fouetté comme une vague énorme et maintenant il réagit à sa violence.Il pense l'avoir bien comprise "Il y a donc de pauvres petits gosses qui sont malades parce que leurs parents ont fait de vilaines choses.Mais lui.Bonhomme, jouit d'une excellente santé.Il n'a pas la tuberculose.Ses parents, comme lui.ne boivent que de l'rau.Donc ils ont une bonne conduite.Il en est fier.' Cinq heures sonnent, quand le père et son fils sont de retour.Le coucher du soleil est admirable, ce soir, sur la Manche.A la plage, des centaines d'enfants s'amusent avec le sable ou goûtent sous les tentes.( 'e sont des enfants bien portants.Tout le monde parait joyeux.Mais Bonhomme est triste et s'isole Sa pensée ne quitte |Miint cette grande maison qu'on aperçoit dans le lointain, là-bas, à droite, sur l'autre rive de la baie.11 s'y trouve aussi des centaines d'enfants, et des enfants qui pleurent parce qu'ils souffrent: enfants pauvres, enfants do la misère, enfants dont les parents ne se sont pas très bien conduits.Le Père et la Mère remarquent la tristesse de leur fils ne la regrettent point.Voilà bien une précieuse leçon donnée par la vie! Ils ne voudraient point cependant que cotte méditation lui fit du mal.Sa mère l'appelle et le questionne sur sa journée, sur tout ce qu'il a vu.Il raconte d'abondance les faits qui l'ont particulièrement frappé.Le Père ajouto quelques détails, quelques observations d'ordre général, et ne perd pas l'occasion de redire une fois de plus à Bonhomme tout le mal que l'alcoolisme fait à la France.Dynn-Dynn est heureuse du gros coquillage que son père lui a rapporté.On le lui applique à l'oreille.Elle s'énierxeille du bruit mystérieux qui s'y trouve caché et voudrait à toutes forces l'en faire sortir: elle Secoue \iolollimont le Coquillage qui s' .'s-11:i |.|.de ses mains et va rouler sur le sable.Nico s'en empare, écoute à son tour et déclare stupéfait —Mais c'est la mer que l'on entend là-dedans! Après le dîner, le temps est encore si beau que l'on va faire un dernier petit tour sur la plage.Au ciel, une poussière d'astres, des étoiles filantes.Sur la mer, des petites lumières.-Des étoiles qui vont se noyer! s'écrie (iolitte.—Non, petite, répond la Mère, ce sont les lanternes ¦ h s Relieurs qui vont en liarquc poser leur- filets Au loin, le feu tournant des phares.La mer est basse II fait nuit, complètement nuit.Des cris plaintifs d'oiseaux, cachés dans les dunes, viennent de la baie, là-bas, à droite.Du casino, à gauche, arrive un air mielleux de valse à la mode.Et, du large, la brise salée apporte le mugissement de la mer dont le mouvement ne s'arrête jamais.La mer! La grande mer! Son eau reste lumineuse dans la nuit noire, et lumineux aussi le sable humide de la plage.—Tiens! comme c'est vert, remarquent Bonhomme et (tolitte en même temps.Leur pire explique alors qu'il s'agit là d'un phénomène curieux, appelé phosphorescence et dû à des animaux minuscules, des noctiluques, qui brillent la nuit dans la mer, comme des vers luisants dans l'herbe des prairies.Une nouvelle fois, Bonhomme est enchanté par la splendeur du mondo.Voir la suite page 49 10 Mon Magazine, Janvier 1926 Le Secret de CONSTANCE BENOIT Laquelle des deux héroïnes était le plus à plaindre ?Pût MARIE-ROSE TURCOT Elle était petite, deux yeux noirs d,ardeur concentrée, un rire légèrement convulsif, et une verve où l'on sent une intensité de jeunesse palpitante.Telle elle m'apparut à notre première rencontre, et nous en étions à quelque temps de là à peine, lorsque l'impulsion d'une sympathie mutuelle nous amena toutes deux devant une table à thé à grignoter des choses exquises en dégustant une tasse de café, vous savez, ce café noir qui délie la langue, réchauffe le cœur et appelle les confidences.Nous avions causé de tout et de rien, philosophé sur mille incidents, tout ceci au rythme caressant d'une musique entraînante, quand l'orchestre soudain se tut et l'éloignement des hôtes de cinq heures, dans le tumulte du départ, nous remit en face l'une de l'autre dans un hall immense qui ne compta bientôt plus que deux silhouettes animées.Les couples causant à tue-tête, les muguets la cigarette aux lèvres et les snobinettes au nez de pâte de guimauve, tout l'élégant fatras s'était évaporé.Le viola et ses confrères plus tendres, le violon et le violoncelle, avaient suivi le pianiste.Je sentis le fluide d'une âme qui se fait jour, et j'écoutai.Constance Benoit me faisait part d'une proposition de mariage dont l'invraisemblance la divertissait.Un ami de la famille, un veuf quadragénaire la suppliait de venir charmer sa solitude.L'offre d'un home opulent, en pareille occurrence laissait transparaître l'échange présumé d'un dévouement où se tarirait sa gaité au bénéfice d'un blasé.—C'est une vieille relation de famille, ajouta mon hôtesse, quelqu'un qui m'a connue toute petite, et s'est toujours vivement intéressé à moi.Cette sorte de paternité amicale accuse un nombre d'années qui font de lui un homme mf r, alors que, plus que jamais, j'ai besoin de lumière et de plaisir.Et puis, -— et ses mains se crispèrent l'une contre l'autre pour attester la ferveur de ses aveux, — quand une fois, un homme a passé dans votre vie, que l'amour nous a secouées jusque dans nos fibres les plus profondes, et que le rêve s'est évanoui, que faut-il en attendre et qu'aurais-je à offrir en retour ?—Je n'ai jamais connu l'ivresse du frisson sacré 2ui annihile le passé et l'avenir dans l'unique instant 'une flambée sans lendemain.Je n'ai jamais été terrassée par ce dieu subtil et conquérant qui a fléchi tant de destinées.Je me rappelle avec plaisir quelques feux-follets en des soirs enchantés, des songes un peu fous, des flirts amusants.J'ai souvent réfléchi, en observant autour de moi combien peu inspirent l'élan vers deux bras tendus, la douce familiarité d'une longue vie à deux couronnée par un jubilé d'or ou de diamants.—Je n'ai qu'une fois rencontré sur ma route celui dont vous parlez.Ma première perception de l'amour me vint d'un regard qui traversa le mien, une voix chaude qui m'enveloppa, une taille imposante ajoutant au charme de la parole la cadence d'un geste gracieux.Et elle tira d'un calepin une petite photographie appuyant avantageusement sa description.—Je le vois encore me tendre la main sur présentation de l'un à l'autre par un ami mutuel.Ce geste banal revêtait chez lui l'onction d'un rite sacré scellant du coup une longue amitié.Ce devait être bien davantage entre nous, et il m'avoua plus tard que le même magnétisme l'avait saisi dès nos premières paroles.Je vous tairai son nom, mon récit en sera plus facile, d'autant plus que celui dont je parle demeure maintenant loin d'ici, — "Il est dans la Hollande, les Hollandais l'on prit!" Elle eut un sourire oomme pour se faire pardonner cette nouvelle réticence.—Et il n'est pas encore marié, demandai-je ingé-nuement ?—Oui, il est marié.Ces trois mots tombèrent de ses lèvres avec la solennité d'un signaleur de chemin Je sentis le fluide d'une âm?qui se fail jour et fécoutai.EU'- me fit part d'une proposition de mariage.de fer annonçant l'arrêt final.Ce qu'il craignait tant de ma part, il l'accomplit lui-même.Il était jaloux de notre amour, et ne me cachait pas l'anxiété que lui causait ma nature enthousiaste et entière, si semblable à la sienne d'ailleurs.Puis, comme pour protester à l'avance de sa fidélité inviolable, il me jurait de n'en jamais aimer d'autre que moi.Roméo et Juliette n'ont pas connu de serments plus véhéments que ceux que j'évoque en vous parlant; et savez-vous que le jour même de son mariage, je reçus un mot de lui, me demandant pardon du grand cha-grain qu'il allait me causer, conséquence logique de mon silence et de mon entêtement à ne plus le revoir.C'est que le charme entre nous était à jamais rompu.Quelques sursauts d'amour n'auraient su éteindre cette soif de nous tourmenter mutuellement, de soupçonner jusqu'à nos plus intimes pensées.Ceci vous semble exalté, je le conçois.La suite de mon récit vous prouvera ma sincérité.Cette transformation subite suivit la révélation du mystère de sa vie.Je pressentis alors l'abîme qui nous séparait pour l'éternité, abtme moral, lutte pitoyable contre un souvenir enveloppant, une ombre côtoyant la mienne, un fantôme toujours veillant dans la nuit.Fatalité brutale qui nous brisa tous deux! Je voudrais pouvoir éclaircir à vos yeux le drame qui a fait de nous, deux êtres à la dérive, éloignés à jamais l'un de l'autre, fuyant l'obsession du passé où il fut l'instrument inconscient du destin aveugle, ou plutôt de la Force Souveraine qui régit le monde et ses créatures.J'ai juré d'en emporter le secret dans ma tombe.Qu'il vous suffise d'entendre que j'aimais jusqu'à ses faiblesses de grand enfant, son âme d'artiste, sa prestance altière, la douceur de son œil voilé, son nez mince et sa bouche autoritaire au sourire irrésistible.Son séjour dans les plaines de l'Ouest, l'habitude de mater un broneo qui se cabre lui avaient acquis cette tournure déliée et dominatrice de l'homme aux prises avec les éléments, le sort et la vie.Tout en lui diagnostiquait l'étrangeté d'âme d'un dilettante se débattant contre quelque réminiscence sinistre.Je le sentais à la vibration de sa voix, à la note douloureuse jaillie de sa plume dans les vers qu'il me dédiait au sortir de nos tête-à-tête.Sa présence anéantissait pour moi toutes choses, tout être vivant.Je fus complètement absorbé par mon amour, jusqu'au jour où, surprenant dans ses yeux cet éloignement qui me clouait sur place, j'exigeai le pourquoi de son regard humide, de sa pensée lointaine.11 eut l'imprudence, en toute loyauté, de me confier son histoire, craignant que j'apprise plus tard, par une voix étrangère la tragédie dont la hantise paralysait ses projets d'avenir.Et ce fut fait de nous.D'un éclair fulgurant s'éclaira notre horizon, tout chavira autour de moi.Sous l'aiguillon du trait de feu, le voile se déchira, nous réalisâmes ce que voudrait dire, en de pareilles conjectures, l'union de deux vies aussi désunies: — des lambeaux d'illusions que mon amour chercherait vainement à raviver, des scènes de jalousie impuissante devant la vision néfaste toujours dressée à nos yeux.J'ai combattu, défendu pied à pied mon bonheur.Je ne pouvais m'ouvrir à personne, et ce mutisme m'étranglait.La détente Mon Magazine, Janvier 1926 11 fut terrible et ma décision irrévocable comme la mort.J'ai fui lâchement sans un mot d'adieu, suppliant ma mère et ma sœur de ne pas divulguer l'endroit du refuge où j'allai chercher l'oubli.Une vieille amie à nous, qui habitait les bords de la mer m'accueillit à bras ouverts.N'ayant appris des miens que l'état lamentable de mes nerfs, elle s'efforça par mille sollicitudes de me tirer de moi-même.Je promenai ainsi mon chagrin au milieu des fêtes, étonnant tout le monde par ma sauvagerie et ma mine désolée.La chaleur bienfaisante de l'amitié secourable.le long des soirs au coin du feu, n'eut pas raison des brouillards glacés de l'automne ni de la stupeur de mon pauvre cœur pétrifié.A quelque temps de là, à un dîner intime, je fis la rencontre d'un vieux gentilhomme avec qui nous avions des relations communes.Mon esprit tendu vers une seule pensée amena sans doute la conversation sur Ottawa, où l'influenza sévissait comme partout à l'état d'épidémie.C'est ainsi que, sans soupçonner l'intérêt particulier que j'attachais à son entretien, il cita, parmi les cas marquants qui s'y succédèrent, celui de mon héros.Un confrère de bureau lui rapportait chaque jour les péripéties et incidents étranges qui agitaient ses nuits de délire et faisaient le sujet de l'observation constante des infirmières et de l'anxiété des médecins de l'Hôpital.Sans paraître s'étonner de mes questions, mon interlocuteur m'assura que celui qui m'occupait avait été longtemps dans un état fort critique, mais qu'il était revenu à la santé après une longue convalescence.Or, à l'époque de notre amitié, il visitait souvent les Blondel, dont l'ainé.Armand, faisait également son stage au Ministère lors de son entrée en fonction.Louise, sa sœur poursuivait mon ami de ses prévenances, à tel point qu'il s'en plaignit maintes fois ironiquement.Les parents Blondel ne négligeaient rien davantage pour gagner ses bonnes grâces.Après mon départ, m'a dit depuis ma sœur, il avait souvent tenté de s'enquérir auprès d'elle du lieu de ma retraite, et lui confia le désespoir où le jetaient mon absence et le mystère dont je m'entourais.Claire, qui avait pour lui grand estime ignorait le motif de ma résolution.Tout en respectant mon désir, et tout en flairant quelque barrière entre nous, elle n'en continuait pas mois de l'encourager imprudemment à prendre patience, espérant que sa constance triompherait enfin de mon obstination.Six mois s'étaient écoulés.J'étais en visite à Edmonton, chez une cousine, m'eflforçant à m'étourdir et, dans le tourbillon, oublier l'inoubliable.Le tumulte mondain avait graduellement fait place à l'agitation intérieure et j'en étais à me féliciter d'une paix relative, quand par hasard, ouvrant un jour un quotidien de la Capitale, mes yeux se rivèrent parmi les annonces de mariages, à celui de Louise Blondel avec le même précisément qui devant moi avait critiqué les empressements ridicules et la mentalité nulle de la jeune fille avec qui il ne pouvait avoir auoune affinité.Et devant mon ébahissement, Constance expliqua: —Je reconstitue d'ici l'idylle incroyable.Un homme désemparé, une loque dans un physique anéanti, devait fatalement s'abandonner au dévouement qui s'offrait à lui.—Pensez-vous qu'il soit heureux, hasardai-je ?—Je sais que sa femme a pour lui un culte véritable.Croiriez-vous que je viens de les croiser tous deux en me rendant ici?.J'ignorais qu'il fût en visite à Ottawa; pourtant, je devais m'en douter au ressac de mon cœur.J'ai pris le regard absent de quelqu'un qui coudoie un étranger, et quel étranger! Elle enfouit sa tête dans ses mains, en proie aux réflexions poignantes que devait inévitablement raviver ce retour imprévu vers un passé qu'elle croyait anéanti.Elle conclut: —Je tremble de le revoir.Sa présence me troublerait comme jamais, et plus que jamais, c'est l'irrévocable entre nous! Trois années déjà se sont écoulées depuis que s'est brisé le lien qui faisait de mon existence un enchantement perpétuel.—Pauvre chérie oomme je vous plains! —Pardonnez-moi de vous avoir entretenue aussi longtemps du roman qui a fait le malheur de ma -vie.J'avais tant besoin d'en parler aujourd'hui même, et vous avez été l'oreille indulgente que je rêvais.Votre intuition m'a épargné les mots inquisiteurs qui m'auraient mise à la torture.Je me croyais revenue du choc, mais l'amour ne meurt pas et le souvenir, en se ranimant, apporte avec lui le trait lancinant du dard qui transperce.Oublions la confidence que je viens de faire, voulez-vous, n'y revenons jamais, votre sympathie ramollirait les énergies dont j'ai besoin.Je lui serrai affectueusement la main, comme gage de mon acquiescement.Nous nous levâmes d'un même élan, sentant qu'un mot de plus aurait profané l'effort sacré de cette confession d'une âme en souffrance.Du grand salon, nous arrivaient les dernières notes du chant d'Hérodiade: — "Prophète bien-aimé, puis-je vivre sans toi ?" Nos pensées s'alimentèrent de cet appel désespéré où Massenet a jeté tant de véhémence, et dans le regard de Constance Benoit, je lus une détresse profonde.Il faisait presque nuit quand nous quittâmes le Château.La Voie Blanche jalonnait les rues de lumières.La Piazza était encombrée de taxis.Nous nous perdîmes dans la foule anonyme, nous serrant l'une contre l'autre en silence.Quelques minutes de marche, et nous échangeâmes un au-revoir attendri.J'emportais avec moi le secret de Constance et le mot de l'énigme martellait sans répit mon cerveau :— "Saurai-je jamais qui fut l'unique de Constance?" Je devais l'apprendre un jour d'une façon toute fortuite.Blottie dans un fauteuil de wagon, comme derrière un paravent, j'assistai à l'audition de l'histoire étrange que voici:— Je dis donc que je montais en chemin de fer à Québec, l'été dernier, quand surgirent deux voyageurs qui, en s'apercevant, se firent les civilités de mise entre homme bien nés: — une poignée de main énergique et le "comment vas-tu mon vieux?" de deux amis heureux de se revoir.Et chacun de se ranger l'un près de l'autre en retrait de la fenêtre adjacente à la mienne.Le plus jeune, dont je crus saisir le nom : — Auguste Chènevert, un avocat de Régina, était de passage dans l'Est, en quête d'impressions et de réminiscences de jeunesse.C'est ainsi qu'ils égrenèrent ensemble un long chapelet de souvenirs: — les anciens jours de séminaristes sous la capote nervurée de vert, les idylles d'étudiants, les rendez-vous sur la Terrasse.Oh! la Terrasse, l'ensorcellement des nuits d'été, la magie des étoiles filantes au firmament, la vue grandiose du port illuminé, de cette autre forteresse lumineuse et imposante qu'est le Frontenac, l'orchestre conscient d'exécuter un programme pour la joie d'un public mélomane et connaisseur; la curiosité intense de chaque groupe qui se croise; tout ce qui fait que chaque soir, à l'heure de la promenade, toute la vie du vieux Québec y afflue avec la régularité des grandes marées.Et ce chauvin de "Westerner", comme tout Québecquois transplanté, soutient que nulle part au monde, ne se retrouve de boulevard plus poétique et plus pittoresque que la Terrasse Dufferin.C'étaient apparemment deux confrères d'Université, que le tutoiement amical rapprochait après des années d'absence.On reprit pieusement la récitation des "te souviens-tu" avec leurs mystères joyeux, graves ou glorieux.Chacun des vieux fut cité au tribunal des deux interlocuteurs.Celui-ci, un hâbleur, mais un beau talent, siège à l'Assemblée Législative, cet autre, dont on ne soupçonnait pas le pugilisme oratoire, a fait sa marque au barreau et finalement, vient de monter sur le Banc; René, le sentimental, qui, à vingt ans, se nourissait de théâtres et de feuilletons, a étudié l'art dentaire pour aboutir à l'opéra, où son baryton gagne de l'importance; et Jacques, toujours rangé, s'est établi quelque part près de Québec, un médecin de campagne qui fait honneur à la profession; et tant d'autres disséminés ça et là à tous les coins de la Puissance.Ce fut tout un conventum élaboré dans l'esprit des deux anciens en mal de revoir les contemporains et d'apprendre l'odyssée de chacun.—Dis donc, interrogea tout à coup le Québecquois, et Stéphane Dugré.tu as dû le revoir, n'avait-il pas ouvert une étude aux environs de Régina?—Oui, il pratiqua à Ponteix plusieurs années.Nous nous voyions assez souvent, lors que ses affaires l'amenaient à mon bureau.Il a quitté l'Ouest sur une aventure malheureuse à laquelle il fut mêlé.Pauvre Stéphane! tout en lui le prédestinait à un roman de ce genre.Tu te rappelles son regard lointain, muré comme une grille de monastère, ses ardeurs pour les classiques, ses sauvageries.Il était demeuré pour les copains le sphinx qui se dérobait farouchement à toute analyse et ceci, entre nous, s'expliquait par l'orage qui venait de dévaster son foyer.Son entrée au séminaire s'effectua à l'époque dû grand krach, un scandale étouffé par la fuite de son père surpris en fraude.Madame Dugré avait dû se contenter par la suite d'une existence médiocre, ne comptant pour l'éducation de son fils, que sur la libéralité de sa famille qui ne lui dissimulait pas l'encombrant fardeau que représentaient les études du bambin.Plein de noblesse, le fier Sicambre, mystique et studieux, concentré, épris de beauté, impulsif et absolu, supportant mal les épigrammes des camarades, entier au plaisir comme au devoir, tu te souviens que notre professeur de grec avait prédit pour Dugré un avenir tourmenté.Eh! bien, Stéphane devait réaliser les ambitions de ses maîtres, car il fut un élève brillant; il devait également réaliser leurs appréhensions.Ses débuts oomme notaire furent assez paisibles.Ponteix est en partie peuplé de Canadiens-Français.Pour charmer les loisirs de sa profession, il se passionna pour l'aviculture.La psychologie des avettes n'avait pas de secrets pour lui.A l'instar de Maeterlinck, il louait leur frénésie au travail, l'organisation politique du petit royaume et l'excellence de leur miel.Pendant longtemps, je ne lui connus pas d'autres passions.Un incident tragique devait bouleverser de fond en comble son existence.Les annales de Ponteix en ont conservé mémoire, je tiens de sa l>ouche les faits exacts que je te transmets avec la même exactitude.A deux milles et demi du centre du bourg où était située l'étude de Dugré, demeurait sur un homestead, un colon anglais du nom de Dan llollister.Après s:i lil.Oral ion a curiosité s'avive, Et lorsqu'au ciel pâlit le jour.Tout le village est sur la rive.Zicahota vient à sou tour.Dédaignant la fureur des vagues.Sans peur, il pousse son canot.Sous la lune deux formes vagues, Au loin, se dessinent bientôt: C'est Homaba.rameur habile.Qui, lit bas.apparaît ainsi.Et.près de lui, sombre et tranquille, Ywosa semble à sa merci.Mais les canots, enfin, s'abordent.Zicahota, fier, s'est dressé.L.s drii\ ru au.x lut lent.se lord, ni Homaba tombe terrasé.Vers Ywosa, sa tendre amante.Zicahota s'est élancé.Mais un spectacle d'épouvante Eait hésiter le fiancé.Là.du sein îles euu.\ en furie.Un nuage semble monter.< 'oiume une longue draperie Que la brise vient tourmenter.Et de cette vapeur flottante.Légère écharpe, blanc linceul.Sort une immense main sanglante.Puis.Zicahota reste seul.Horreur, vision affolante, Ywosa lutte dans les flots.Et de l'enfant la voix mourante < ru- un adieu dans ses sanglota.C'e«t L'Esprit-du-I*ac qui l'entraîne Au royaume mystérieux: Ijl plus belle sera la reine De ce roi fantôme odieux.Dans son canot, dit la légende, On voit encor, parfois, le soir, Quand Maniwokon le demande.La plus belle venir s'asseoir.• '¦A ETA NI'.1)1 M< iNTREl" 1 L. 14 Mon Magazine, Janvier 1926 LA CONQUÊTE DU SAGUENAY Par ROBERT MICHOS Grande Vanne de l'usine de la Dukt-Price Power Co., à l'Ile Maligne.Cliché C.N.R.Il y a trois ans l'Ile Maligne, un rocher sur lequel vivaient à grand peine quelques arbres rabougris, se dressait isolée et farouche au milieu de la Grande Décharge du Lac Saint-Jean qu'elle divisait en deux gorge; profondis où se précipitait un courant de quarante milles à l'heure.Accessible seulement durant quatre ou cinq jours, en été, et par un seul homme en canot qui chaque fois risquait sa vie, elle semblait défier ceux qui auraient voulu porter atteinte à sa solitude.Aujourd'hui, un pont en fer à double voie la relie à l'Ile d'Alnia et elle sert de base à l'usine hydroélectrique de la Duke-Price Power Co.Quelques hommes audacieux l'ont conquise et ont travaillé son roc séculaire comme une vulgaire glaise, creusant ici, minant là, substituant à ses bouleaux rachitiques d'énormes barrages en ciment.Elle n'est plus que le piédestal du monument le plus hardi jamais élevé par des ingénieurs.Mais l'Ile Maligne a une consolation dans son esclavage.Klle a donné son nom a la ville surgie sur le bord de la Grande Décharge à la suite de son asservissement.D'un petit point géographique pratiquement inconnu elle devient un centre d'activité sur lequi I M portent tous les yeux.Sa déchéance est une gloire.L'appellation de Maligne a même perdu tout sens péjoratif et dans cent ans l'on s'en étonnera en voyant la vie et le progrés qui ont surgi de ce rocher sain age.F F Un barrage en construction sur le Saguenay.A noter la force du courant.Cliché C.N.R.Car, il est indiscutable que les travaux poursuivis actuellement à la Grande-Décharge et qui comprennent, non seulement la construction de l'usine de l'Ile Maligne, mais aussi celle de Chute-à-Caron.'auront pour effet d'activer de façon remarquable le développement de la région Lac Saint-Jean-Saguenay où abondent les ressources agricoles, forestières et minières.Déjà la fée Electricité a touché ce territoire de sa baguette magique: A River Bend, près de l'Ile Maligne, la Compagnie Price Bros., achève de construire une nouvelle fabrique de pâte à papier où seront employés les 200,000 c.v.que la compagnie s'est réservée à l'usine de la Duke-Price Power Co.Sur l'Ile d'Alma les maisons poussent comme des champignons et la fabrique de Price Bros., à Kénogami, est agrandie afin d'ajouter à la production de la région qui exporte chaque année 200,000 tonnes de pulpe de bois.Le fait le plus intéressant toutefois est l'installation, à deux milles de Jonquières, sur le Chemin de fer National du Canada, des usines de 1'Aluminum Company of Canada, qui feront surgir une ville nouvelle "Arvida", dont la population sera d'environ 25,000 âmes.La compagnie a déjà marqué remplacement de ses usines sur le terrain de trois milles carrés qui lui appurt lent et après a voir acheté le petit chemin de fer de la baie des Ha! Ha! elle en prolonge les voies jusqu'à Chute-à-Caron où sera construite une usine hydroélectrique développant 900,000 c.v.qui seront tous employés pour la fabrication d'articles en aluminium.Et ceci n'est qu'un commencement: d'autres fabriques viendront s'installera proximité des usines d'énergie électrique, de nouveaux villages seront fondés qui consommeront les produits des fermes d'alentour.La compagnie Duke-Price Power est en mesure de fournir linéiques 300,000 c.v.aux industries nouvelles sans compter l'énergie encore disponible.Quant aux capitaux il- sont abondants L'on évalue à *200.000.000 l'urgent investi dans la région et des financiers américains parlent d'ajouter à ce chiffre Il n'est donc pas exagéré de dire que la construction de l'usine hydro-électrique, à l'Ile Maligne, bientôt suivie de celle de l'usine à ('liute-à-Caron.ouvre une nouvelle ère de prospérité et que l'essor donné là-bas à l'industrie et à l'agriculture aura sa répercussion dans tout le Dominion.La Province de Québec peut être fière d'avoir été choisie comme centre de ce développement prodigieux, car si ses ressources naturelles ont attiré les capitalistes étrangers il est indiscutable que le bon esprit dont est animée sa population de langue française a décidé les promoteurs de ces grands projets à se fixer chez elle.Comme le déclarait M.William States Lee.ingénieur en chef et vice-président de la Duke-Price Power, Co.au cours d'un banquet donné récemment à l'Ile Maligne: "Sans le Chemin de fer national du Canada et la main d'ivuvre canadienne-française nous n'aurions jamais pu mener à bien notre entreprise." L'importance des constructions dans la Grande Décharge étant reconnue, il n'est peut-et n pas inutile de donner ici une courte description des Innx et un bref résumé des travaux accomplis afin de mieux faire comprendre la grandeur de l'entreprise et le mérite de ceux qui ont construit l'usine hydro-électrique la plus considérable du genre, dans le plus court délai et à un prix e.xtraordinairement bas, puisque le prix de revient de chaque cheval-vapeur est de $33.Le Lac Saint-Jean, source de la rivière Saguenay, est situé à une centaine de milles au nord de la ville de Québec.Sa surface est de 380 milles carrés et il draine un bassin de 30,000 milles carrés.Son niveau est de 310 pieds au-dessus du niveau de la mer et de par sa position il forme un réservoir naturel.Les deux débouchés du lac sont la Grande Décharge, au nord, et la Petite Décharge, au sud.Ils s'unissent dix milles plus bas pour former le Saguenay.A deux milles en amont du point de raccordement la Grande Décharge est divisée en deux par l'Ile Maligne qui mesure 1 mille et quart de long.Au pied de l'Ile Maligne le niveau de la rivière est de 111.".|mils plus bas cpie le niveau moyen du lac cl 122."i ( Voir la suite page SS) Vue de l'intérieur de l'usine hydro-électrique de l'Ile Maligne, montrant les turbines.Cliché C.N.R. Mon Magazine, Janvier 1926 15 LA SILHOUETTE DE SIR GEORGE-ETIENNE CARTIER " plus beau, c'est que la province de Québec,—et par " province, entendez, un territoire grand comme deux " fois la France,—est soumise à la coutume de Paris " d'avant 1789".Cartier avait prévu, et prévenu en même temps, le danger qui menaçait son pays.Mais, ne voulant pas trop avoir les incertitudes de notre situation, il se contentait de dire, le 29 avril 1857: "Les habitants du " Canada, tout en sentant la sagesse des lois qui régis-" sent leurs personnes et leurs propriétés, ne peuvent." étudier les sources de ces lois qu'après des recherches " immenses".C'est pourquoi ,il eut la grande idée de les mettre à l'abri de toutes attaques, en les rendant claires et en les déposant dans une forteresse inexpugnable: le Code Civil, qui est notre Grande Charte, la sauvegarde de nos fortunes et de nos droits civils et religieux.Existe-t-il, dans aucun pays, un sauveur plus avéré, plus consacré par la reconnaissance d'un peuple que celui-ci?CARTIER DÉFINIT ET CONSACRE NOS LIBERTÉS RELIGIEUSES Les idées fondamentales d'un peuple n'entrent dans son Ame que par l'expérience.Les seules qui résistent à l'action du temps sont celles qui ont eu des effets, produit des résultats.Comment voulez-vous que les Canadien-Français eussent pu songer à mettre de coté le régime qui les avait conduits si sûrement à travers leurs crises et qui les avait indubitablement fait grandir sans cesse ?La destruction du sentiment religieux, que leurs détracteurs appellent, sans comprendre la portée de leurs paroles, la "soumission aveugle au clergé, (Priest ridden People)", aurait été l'acheminement direct à une révolution désastreuse et stérile, puisque on aurait détruit les éléments de leur conservation, sans les remplacer par quelque chose qui avait déjà pénétré leur vie.Cartier savait que, de tous temps, les forces irrésistibles ont été les peuples mus par une croyance, de même que les peuples sans convictions sont tombés dans l'anarchisme.C'est une vérité qu'il aimait à répéter souvent en conversation.Il disait, à Rimouski, le 7 août, en réponse à une adresse de bienvenue: " La religion est la sauvegarde des peuples.Quelle " reconnaissance la race canadienne-française ne doit-" elle pas à son clergé?Si elle a conservé sa nationa-" lité, sa langue, ses institutions, à quoi le doit-elle sur-" tout, sinon à ce corps vénérable?On demandait à " JeanJaeques Rousseau, quel était le meilleur moven " d'empêcher la russification de la Pologne?" "One "les Polonais restent Polonais", telle fut sa réponse." Le meilleur moyen pour les Canadiens-Français, " c'est l'attachement au sol et surtout la conservation " de leur langue et de leur religion." Voila pourquoi sa philosophie chrétienne cherchait pour le peuple le bonheur simple développé en dedans de soi par l'idée, et non le bonheur exhubérant produit par l'émancipation moderne dans la recherche des choses extérieurs, qui ne se rejoignent jamais, du reste.Il voulait conserver à ses compatriotes un idéal puissant et bien en vue.Il prit donc le soin de mettre le clergé et les corps religieux sur une base solide, en faisant répéter et préciser à la loi même les garanties générales et sans détails données par les généraux anglais sur les champs de bataille, relativement à l'exercice du culte catholique.Le fonctionnement civil des fabriques, l'organisation des paroisses, l'incorporation des évêchés, l'observance des jours fériés, la situation deSaint-Sul-pice et de ses immenses propriétés, la mise en réserve des biens des Jésuites, au lieu de les laisser aliéner par l'Etat, furent entrées par lui de telle manière dans nos statuts qu'il n'exista plus jamais de doute depuis, et que les réformateurs ne furent jamais tentés de soulever la moindre question à ce sujet.VI CARTIER FORME NOS INSTITUTIONS POLITIQUES, ÉCONOMIQUES ET MUNICIPALES Après avoir assuré notre existence nationale et la paix religieuse dans le pays, Cartier songea à rendre cette existence utile aux autre races qui vivaient à côté de nous; car, le premier devoir d'un citoyen, c'est de produire un travail qui profite à la masse.On le voit parer à tout et tout prévoir: l'institution des écoles normales, l'organisation de l'instruction publique, la subvention aux collèges, le régime municipal, l'abolition de la tenure seigneuriale, la décentralisation judiciaire: car.il n'y avait pas, alors, de chemins de fer pour aller aux grandes villes exceDté le Grand-Tronc, qu'il fit incorporer lui-même, et dont il voulut ronnel natio-" nal.Mais cet élément devra périr, s'il n'est pas accom-" pagné de l'élément territorial.L'espérienee démontre " que, pour le maintien et la permanence de toute " nationalité, il faut l'union intime et indissoluble de " l'individu avec le sol.Canadien-Français, n'ou-" blions pas que, si nous voulons assurer notre exis-" tence nationale, il faut nous cramponner a la terre " Il faut que chacun de nous fasse tout en son pouvoir " pour conserver «on patrimoine territorial.Celui qui " n'en a point, doit employer le fruit de son travail à " l'acquisition d'une partie de notre sol, si minime " qu'elle soit.Car il faut laisser à nos enfants non-" seulement le sang et la langue de nos ancêtres, mais " encore la propriété du sol." VII CARTIER OUVRE L'ESPRIT DE LA POPULATION AU DÉVELOPPEMENT MATÉRIEL On n'a pas une juste idée de l'autorité exercée par Cartier sur les directeurs du Grand-Tronc à Londres, et sur ses administrateurs en Canada, et des bienfaits qu'il fit jeter dans la population du Canada, par sa pression vigoureuse et incessante.C'est par sa sollicitude que le peuple fut initié, peu à peu, a la connaissance administrative des chemine de fer, l'épine'dorsale et le système nerveux d'un pays.Par M.Brydges, dont il se fit un ami intime et auquel il devint indispensable, il obtenait les concessions les plus fécondes à ses compatriotes, concessions qui ont passé inaperçues de la foule, parce qu'elles lui semblaient naturelles, mais oui étaient loin d'aller sans dire dan?l'esprit dis propriétaires anglais, étrangers à tout ce qui concernait le Bas-Canada.Mais, c'était peu, pour lui, de doter son pays simplement d'un chemin de fer.Il fit campagne but campagne, par des assemblées publiques et par la presse qu'il inspirait, pour former le peuple à cette politique nouvelle, qui semblait du grec, en lui dirigeant l'esprit vit* le progrès et les mesures éclairées.Il disait aux citoyens de Montréal, sur le champ-de-mars, le 10 août 1846: "Que les grands et petits oapi-" talistes prennent des actions dans le chemin de fer de " Montréal et Portland".Et le 15 janvier 1849.à l'Assemblée Législative : "Si nos entreprenants voi-" sins sont obligés d'avoir recours au crédit de l'Etat et " à l'aide de leurs législatures, pourquoi nous, qui som-" mes moins riches, ne ferions-nous pas la mêmecho-" se?" Le 31 juillet 1849, il voyait déjà clairement le» destinées de Montréal, lorsqu'il disait à une assemblée au marché de Bonseoours, Montréal: "Le temps est " venu de faire mentir votre réputation d'hommes apa-" thiques, sans énergie et sans esprit d'entreprise." Que ces épithètes cessent de s'attacher à votre nom." Remuons-nous, Montréal est appelé à devenir le " grand entrepôt de l'ouest." Cette éducation a porté; et, aujourd'hui, la population de Québec, qui avait, certainement, des tendances à se complaire dans le statu quo et l'ornière, est aussi décidée que les autres provinces à faire sa part pour assurer les plus utiles moyens de transport.Par sa force de volonté, toute la région en bas de Québec aurait été privéede chemin de fer jusqu'à < 'arle-ton.et, à plus forte raison, jusqu'à Gaspé, car le Grand Tronc devait finir à Levis.C'est grâce à son influence dominatrice sur la compagnie, que celle-ci étendit une branche, alors évidemment sans issue et sans trafic, jusqu'à la Rivière du Loup.Plus tard, en remettant son portefeuille à Sir John Macdonald, il arracha, à la pointe de l'épée, au lieu de la route diagonale de Rivière du Ixuip à Moncton, le tracé Robertson pour 1'Intercolonial, c'est à-dire la ligne par les comtés de Témiscouata, Rimouski.Bona-venture et les régions acadiennes de Métapédiac, laquelle étendit son rayonnement à la Gaspésie, pays merveilleux qui commence à révéler sa valeur et son avenir.Il n'y a pas jusqu'à la politique des bonnes routes qui n'ait reçu de lui son premier essor.U était difficile de détruire une insouciance qui remonte à la fondation de la race.11 l'attaqua par le procédé lent de la démonstration, en encourageant les routes a barrières.Il jeta les grains de sénevé qui commencent à lever avec tant de promesses.N'est-ce pas Cartier qui songea à nous doter d'une grande ligne océanique, et qui soutint en chambre des luttes gigantesque contre George Brown, pour obtenir des subsides convenables ?C'est Cartier, enfin, qui a organisé, par un plan concerté, le creusage systématique du St-Laurent qui mit la commission du port de Montréal sur un., base efficace et lui donna une vie réelle en lui passant tous les attributs de l'ancienne Trinité; qui tira de nos canaux les pouvoirs d'eau jusqu'alors inutilisés et qui, de fait, compléta le système des voies antérieures que nous avons aujourd'hui.Il jetait quelque jour sur la profondeur de ses vues, quand en annonçant cnChamVtre, le 11 mai 1860, l'abolition des péages dans le chenal du lac Saint-Pierre et dans les canaux du Saint-Laurent et Welland, il ajoutait:—"Toute notre dette a été oon-" tractée pour exécuter des travaux publics impor-" tants le canal Welland.les canaux du Saint-Laurent, "etc.; mais nous n'avons pas encore atteint notre but " qui était de détourner le commerce des grands lacs " des routes américianes, pour le diriger ver le Saint-Laurent.Ce commerce continue de passer par " Xew-York et la Pennsylvanie." lia ait .I « - j:i mon tr é la tendan.le Min esprit, quand il disait en Chambre, le 7 avril 1856: "t.* plan dont j'ai parlé pour " l'amélioration du canal Lachinc m'est absolument " personnel.C'est d'élargir le canal Lachinc, pour les ' I» s.'ins non-seiileineiit du commerce, mais aussi des " fabriques.Quand le canal Lachinc sera élargi, les " vaisseaux y passeront, et Montréal deviendra le ter-" minus de la grande navigation." On ne peut pas dire qu'il n'avait pas vu juste sur les grandes destinées de Montréal.< 'mirait-on que Cartier fut, à la Chambre, le premier avocat sérieux de la Baie Géorgienne, il v a cinquante ans?A une époque où le grand avenir du Canada n'était certainement pas visible, où nous n'avions ni population, ni capital, ni crédit, ni commerce, il voyait un siècle en avant de lui et il trouvait, précisément', les arguments que la présente situation inspire, aujourd'hui, naturellement, comme simple conséquence de notre prospérité tangible.Il disait à la Chambre, le 29 février 1864."L'idée d'élargir le canal Welland est " bonne; toutefois, je crois que ce canal sera insuffisant (Voir la suite page 16) 16 Mon Magazine, Janvier 1926 SILHOUETTE DE SIR GEORGE-ETIENNE CARTIER pour attirer le commerce de l'ouest vers le Saint-Laurent.La Chambre n'ignore pas que l'Etat de || New-York s'est prononcé pour la construction d'un || canal à navires au sud de la rivière Niagara, de sorte || qu'elle ne pourrait se flatter d'attirer par le seul " agrandissement du Canal Welland.le commerce de Il l'ouest.La route tortueuse de Chicago à New-l'York, par le Canal Erie, comparée a la route actuelle I' de Chicago à Montréal présente une différence, une " abréviation en notre faveur de 152 milles.Si nous " canalisons la rivière d'Ottawa, le trajet, à Montréal, " serait de 494 milles plus court que par la voie de " New-York.A l'égard du coût de css travaux, on " peut considérer le rapport de M.Clark, ingénieur " habile, aussi favorablement connu au-delà de la fron-" tière que parmi nous.On l'a cité, l'année dernière, " au Congrès, pour amener le gouvernement des Etats-" Unis à élargir les canaux Erie, Michigan et Oswego." Pour rendre la rivière Ottawa navigable.il n'y aurait " à construire qu'un canal de 29 milles de long." Le Canal de la Baie Géorgienne fut une des raisons qui fit choisir Ottawa comme notre capitale.Il le dit lui-même en Chambre avec une prescience merveilleuse, le 5 avril 1861: "Quand j'ai voté pour Ottawa " comme capitale, je me suis dit qu'il y aurait toujours " un certain nombre de députés de cette partie du pays " qui se poseraient comme les arbitres entre les deux " sections de la province." C'est-a-dire que la région de Toronto, si puissante par son activité, son argent et ses hommes vigoureux, n'aurait pas nécessairement, pour cela, la prépondérance, et tout le poids de sa province ft sa disposition pour des causes injustes, comme le tabou sur la route de l'Ottawa, par exemple.VIII CARTIER SE PEINT LUI-MÊME Sans se rendre compte de son immense création, Cartier raconta, lui-même, ingénument, pour se défendre d'attaques injustes, quelques-unes de ses œuvres, le 16 mai 1860, à l'assemblée législative: "Ne sait-il " pas, disait-il, combien j'ai dû travailler, lutter contre " certains préjugés pour obtenir que le chemin de fer " du Grand Tronc passe à travers le Bas-Canada, enri-" chissant ainsi, mes compatriotes, augmentant la " valeur de leurs terres et facilitant la colonisation?" N'ai-je pas par une loi passée en 1856, doté le Bas-" Canada d'écoles normales et de 3,000 écoles com-" munes?N'ai-je pas rendu les biens des Jésuites à "leur destination première?Qui a réglé toutes les " difficultés par rapport aux townships?Sont-ce les " lois françaises ou les lois anglaises qui ont été intro-" duites?Qui, avant moi, avait songé, à la codifica-" tion de nos lois civiles?Le code sera écrit dans les " deux langues.La loi qui divise le Bas-Canada en " divers districts judiciaires est-elle désavantageuse à " nos compatriotes?Le bill seigneurial était-il donc " une mesure malheureuse ?Et les suites qu'il a eues, " comme le rachat des lots et ventes par le gouverne-" ment, sont-elles regrettables?Le député dit que le " présent projet de la loi d'enregistrement a une origine " anglaise.Sait-il qu'il n'y a pas de loi semblable en " Angleterre ?Je veux empêcher que de pauvres ren-" tiers, n'entendant rien à une confirmation de titres, " ne se doutant même pas de l'existence de la Gazette " Officielle, ne soient pas exposés, à l'avenir, à perdre " leurs droits pour n'avoir pas produit une opposition." IX LE VÉRITABLE PERE DE LA CONFÉDÉRATION Quand on déclare Cartier le principal auteur de la Confédération, on croit avoir tout dit en rendant hommage au grand empire qu'il exerçait sur la province de Québec.Mais il y a beaucoup plus que cela.C'est lui qui eut la première idée pratique de ce vaste projet, parce que lui seul était assez grand pour en mesurer l'ampleur.Quelques esprits audacieux, en avant de leur temps, avaient bien lancé la théorie d'une confédération des possessions britanniques, tels que M.Richard .1.Uniacke, de la Nouvelle-Ecosse, en 1820, le jure en chef Sewell de Québec, en 1822, Lyons MacKenzie, en 1830, Lord John Durham, en 1839, Sir John Beverley Robinson, de 1835 à 1840, à la Législature du Haut-Canada, M.Johnson, à la législature delà Nouvelle-Ecosse, en 1854; mais il appartenait à Cartier de transporter l'étude de la question sur le terrain pratique du concours impérial, avec un plan tout tracé, qui fut le canevas sur lequel les pères de la Confédération appliquèrent les besoins de chaque province.Nommé premier ministre en 1858, Cartier se rendit immédiatement à Londres pour demander deux choses : L'Union fédérale de toutes les provinces et la construction de l'Intercolonial.Il fallait, naturellement, quelques années pour donner à ce plan nouveau le temps de mûrir.Mais ce ne fut pas long, et huit années plus tard, les q Mtro grandes provinces consentaient ft l'adopter dans la forme soumise par Cartier.C'est lui-même qui le déclare, sans la moindre contradiction de ses collègues, tous vivants alors, dans un banquet qui lui fut donné à Montréal, le 30 octobre 1866:—' Je (Suite de la page 16) "puis vous dire, en effet, que le projet de Québec con-" tient presque toutes les propositions que nous fîmes "en 1858." Et, le 1er juillet 1S67, parlant à Ottawa, dans sa propre maison, où il était interviewé par le biographe et historiographe bien connu, dont l'autorité est incontestée, M.Henry J.Morgan, il était encore plus explicite: "Comme chef du parti libéral-conservateur pour " la province de Québec", dit-il, "j'ai rendu la même " justice ft tous, sans faire de distinction entre les races " et les religions.C'est avec cet esprit que, lorsque je " formai mon cabinet en 1858, j'adoptai le projet " d'union fédérale de mon ami Galt et en fis mon pro-" pre projet; et j'allais avec Galt et Ross en Angleterre, " en 1859, pour faire accepter l'idée par le gouverne-" ment anglais.John A.n'a eu rien à faire avec cela." Disons, comme digression, que cette dernière remarque n'indiquait aucune animosité contre Sir.John.Cartier faisait, seulement, allusion au fait que Macdo-nald avait favorisé plutôt l'Union Législative, ce qui était bien naturel pour le chef d'une province anglaise.Mais cette différence de vues, depuis la conférence constitutionnelle de 1866, en Angleterre, fut cause qu'il la distribution des honneurs royaux.Cartier ne reçut qu'un titre inférieur.Son grief, le 1er juillet 1867, était que, ce jour-là, on l'eût laissé entrer dans la salle où les décorations allaient se donner, sans qu'il fût averti de la chose.Le lendemain, c'est le rédacteur de "La Minerve" qui eut son tour de reproches; car ce journal, observant les coutumes communes à tous les organes officieux d'approuver sans réserve les actes du gouvernement, avait félicité, le matin Cartier et Langevin de leur décoration.L'orage se passa dans la demeure de Cartier, rue Notre-Dame, où il était en ce moment, en compagnie de Galt, à rédiger les motifs de leur refus.Mais le commentaire indiscret, "inju-dicieux" de "La Minerve", comme l'app lait Cartier, offrit au journaliste l'occasion de recevoir la même confidence que M.Morgan sur l'attitude de Sir John.Cartier ne pouvait pas consentir, en acceptant le grade de Compagnon du Bain, à faire placer la province de Québec au second rang.Le gouvernement anglais comprit vite son erreur et la répara en lui conférant la dignité de baronet, supérieure à celle des Chevaliers, Commandeurs, ou Orand'Croix.Après être entré dans la Confédération, il songea, aussitôt, à l'agrandir.On le vit, l'année suivante, se rendre à Londres pour négocier l'acquisition du Nord-Ouest.Il fut l'hôte de la reine, pendant son séjour en Angleterre; il fit une impression décisive et tourna l'opinion anglaise en sa faveur.M.Gladstone ne put s'empêcher de dire de lui, à un diner public où ils se rencontrèrent: "Que cet homme avait la PUISSAN-" CE D'UNE LEGION, et que, supérieur comme il " l'était à tous ses prédécesseurs, il unissait aux quali-" tés de sa race qu'il faisait aimer, cet esprit de frater-" nité qui allait unir toutes les parties de l'empire." Il finit par faire réduire à SI,500.000les prétentions de la Compagnie de la Baie d'Hudson, qui demandait $5,000,000.C'est lui qui proposa en chambre le 28 mai 1869, l'achat de ce territoire, grand comme trois ou quatre royaumes européens, qui triplait la superficie du Canada et qui est en train de devenir le grenier de l'univers.A l'insurrection inattendue de Riel, c'est lui qui l'appaisa en rappelant de Rome son grand ami Mgr Taché, qui était au concile œcuménique.Tout était réglé, quand le général Woolseley partit ,à la tête d'une armée, pour aller enfoncer, à fort Garry, des portes ouvertes.C'est lui qui.le 2 mai 1870, fit adopter la constitution de Manitoba, et c'est lui qui lui assura le succès en choississant comme premier gouverneur son collègue dand le cabinet, M.A.G.Archibald, de la Nouvelle-Ecosse.Il connaissait M.Archibald comme un homme de cœur, de bien et de jugement, et il exerçait sur son esprit un empire suprême.M.Archibald refusa d'abord; mais les instances de Cartier furent telles qu'une fois, pressé plus chaleureusement, il éclata en sanglots, disant qu'il ne pouvait rien refuser à une instance si patriotique.Son règne paternel fut une bénédiction pour Manitoba.C'est encore Cartier qui négocia l'entrée de la Colombie Anglaise dans la Confédération.Cette colonie composée d'Anglais pur sang ne connaissait aucunement le Canada, puisque ceux-ci ne pouvaient communiquer avec leur mère-patrie que par les Etats-Unis.Ils éprouvèrent, d'abord, la plus grande répugnance pour cette idée.Cartier invita le délégué de la Colombie Anglaise, M.Trutch, à se retirer chez lui et, après quinze jours de cette intimité.M.Trutch ne put, pas plus que les autres, échapper au magnétisme incroyable de cet homme.Le 28 mars 1871.Cartier proposait à la Chambre l'admission do la Colombie Anglaise dans la Confédération.Et, non moins grand événement, c'est Cartier qui, le 26 avril 1872, proposa la construction du premier Transcontinental Canadien.Il avait su bien définir quelle devait en être la route : de l'Océan Pacifique à Montréal.Les Gouvernements qui se succédèrent après sa mort, tentèrent, vainement delà changer, en omettant Montréal comme terminus.Mackenzie faisait arrêter le chemin du Pacifique à Winnipeg, et, de là, l'amenait par voies d'eau aux Lacs des Bois, la Rivière à la Pluie, la Kamnistiquia et Port Arthur, d'où il y aurait eu un service de bateaux jusqu'à Collender, maintenant North Bay.Quand Sir John Madonald reprit le pouvoir, en i878, le projet primitif de MM.Stevens, Donald Smith, D.Mclntyre.R.B.Angus, J.Kennedy, de New-York, J.J.Hill', de Saint-Paul, Minn., était de construire le chemin par Winnipeg jusqu'à la frontière américaine à Pembina.De là.la route prenait la ligne qu'ils venaient d'acquérir, la "Saint Paul, Minneapolis et Manitoba", et se rendait, par le Sault Sainte-Marie", ou elle tombait sur le "Canada Central", qui était aussi leur propriété, pour aller soit à Toronto, soit à Ottawa.Chapleau, qui était Premier Ministre à Québec, tout-à-fait imbu de la politique de Cartier, sous la direction duquel il avait fait la lutte de 1872 aux cris de "Nous l'aurons le terminus", fit une lutte gigantesque à Ottawa pour faire changer radicalement ce système incomplet et bâtard.Il s'intalla à Ottawa pour toute la session de 1880-81 et fit, énergiquement, une guerre en règle à la politique de Sir John, ayant comme bras droit, aux Communes, M.J.A.Ouiinet, le député de Laval et, comme levier, toute la deputation de Québec.La conséquence de ces efforts fut que le gouvernement fédéral décida de construire.lui-même, la ligne de Winnipeg à North Bay, et que la Compagnie du Pacifique acheta le chemin de la province de Québec, d'Ottawa ft Montréal.Chapleau a déclaré bien des fois que s'il n'avait pas pu s'appuyer sur l'autorité de Cartier et s'il n'avait pas eu derrière lui la force de son plan primitif, il n'aurait jamais osé entreprendre une lutte aussi difficile contre son propre et tout-puissant chef.Cartier a donc été L'AUTEUR IMMEDIAT DU GRAND TRONC, DE L'INTERCOLONIAL ET DU PACIFIQUE CANADIEN, trois grandes conquêtes économiques, quo cet admirateur de Napoléon 1er, dont il avait le physique, la taille, l'activité dévorante et le génie conceptif, aimait à appeler, en plaisantant, ses victoires d'Austerlitz, d'Iéna et de Wagram.X LA SILHOUETTE DE CARTIER Au physique.Cartier était loin de posséder une taille imposante; mais ce désavantage n'était guère apparent dans l'ensemble d'une physionomie unique, extraordi-nairement frappante, tant il est vrai que la personnalité, le rayonnement psychique jaillit de sa mystérieuse source comme l'image qu'un foyer lumineux projette sur la toile.Au repos, la figure n'était que distinguée, avec des yeux perdus dans une richesse de cils et de sourcils noirs qui avaient une expression imposante.Mais, quand il s'animait, ses puissantes impressions couraient dans ses traits mobiles et lui donnaient une beauté singulière.On voyait qu'il y avait un grand homme dans cette petite charpente.XI SA FORCE MENTALE ET L'ELASTICITE DE 90N ESPRIT Svelte et gracieux, il était la vivacité même.C'est peut-être dans son comté de Verchères que cette physionomie attrayante avait le plus beau jeu, aidée d'une mise toujours irréprochable, quoique simple dans son élégance.Avec une verve intarissable, il devenait, en deux minutes, un familier de la maison ou il entrait.C'est lui qui supportait tout le poids de la politique active et qui, du matin au soir et durant les nuits jusqu'au matin, s'évertuait à diriger les grandes combinaisons de son gouvernement et à soutenir les combats les plus féroces; et, néanmoins, il avait, lorsqu'il était dans son comté, retenu, d'une élection ft l'autre, non seulement le nom des chefs dans les paroisses et les rangs, mais il se rappelait les événements particuliers qui concernaient chacun, parlant des enfants, des animaux, des récoltes précédentes, dont il se souvenait très bien, comme un voisin au courant.Si Cartier n'avait pas été obligé de faire son élection de Montréal en 1872, sur un grabat de malade, il aurait bien réussi à soulever encore l'enthousiasme populaire.Qu'on me pardonne ces détails, qui peuvent paraître puérils.Ils représentent une puissance d'esprit incompréhensible, et donnent la clef de cette vigilance ubiquiste qui tenait toutes les affaires de l'état, petites et grandes, en ebullition dans son cerveau.Cet homme à volonté irrépressible était, cependant, très doux dans ses rapports d'amitié et tendre comme une femme.On l'a vu incapable d'arrêter une larme, en parlant d'un frère mort à 14 ans."Pauvre petit Jacques", disait-il, s'il avait vécu, ce n'est pas son frère qui serait ministre ici.11 était bien mieux que moi." Sa manière d'être dans les cercles sociaux et politiques de Montréal et d'Ottawa, ne fut pas moins remar-(Voir la suite page 17) Mon Magazine, Janvier 1926 17 SILHOUETTE DE SIR GEORGE-ETIENNE CARTIER {Suite de la page 16) qnable.Dans les entr'actes de la vie intense, quand il avait pendu au mur la rapière, l'armure et le calque des tourno s, il rentrait dans le commerce ordinaire du monde comme un jouvenceau débordant de vie et frétillant d'espièglerie, avec ure conversation à l'emporte-pièce.Quelqu'un qui ne l'aurait pas connu autrement n'aurait jamais pu s'imaginer que le sémillant badin en sa présence portait en lui les destinées de l'état.Ses soirées hebdomadaires, qu'il appelait des conversa-tione, attendues avec impatience par tous les députés et les grands officiers, étaient une école de récréations admirables.Qui croirait que, dans la maison d'un grave ministre, des hommes sérieux, alignés à la file indienne sur une vingtaine de chaises, se transformaient en voyageurs de l'ancien temps, maniant des avirons mystiques, dans un canot mystique, piloté par Cartier lui-même, au chant rythmique de: "Via le bon vent, v'ia le joli vent, ma mie m'appelle".Il y avait dans l'équipage, de rudes coureurs des bois comme le commandant Fortin, le Col.Harwood, MM.Holton, Félix Oeoffrion, P.B.Benoit, D.Thompson, Jos.Rymal, F.Béchard, S.Coupai, L.Delorme, A.H.Paquet, T.H.Workman.Donald Smith, Jos.Young.R.M.S.Bouchette et Wm.Simpson les deux derniers véritables pionniers de l'ouest, et autant de grits que de conservateurs, jamais moins d'une centaine à la fois.C'était le beau temps, et, dans cette ère de sérénité, pas un trappeur d'Ontario ne courait après le scalpe de Bas-Canadiens.Deux grands chefs nous avaient attiré cette paix après avoir terrassé le fanatisme: Cartier et Macdo-nald.Le travail était, à Cartier, un besoin de tous les instants, et il ne prit jamais de vacances proprement dites.C'est bien ce qui amena sa mort prématurée à 58 ans, causée exactement par sa vie sédentaire et le travail excessif en cabinet.Cet homme, qui exécutait si vite, avait toujours un autre projet en marche, aussitôt l'un fini.Il produisait presque inconsciemment, comme le radium qtfi travaille sans cesse, et dont les radiations continuent, aussi, à travailler là où elles sont dirigées.11 savait bien que le tout était à l'avantage de ses compatriotes, mais il n'avait jamais mesuré la dimension et l'ensemble de son œuvre; et il fut fort étonné de l'enthousiasme indescriptible avec lequel il était accueilli au banquet offert par les citoyens de Montréal, le 30 octobre 1866, quand il s'écriait tout ému, dans sa première phrase, qui électrisa l'auditoire surpris de sa surprise: " Qu'ai-je donc fait?" Ce fut le premier mot de sun discours."Il m'est difficile de m'expliquer, ce soir, " l'honneur insigne que je reçois." "Je dois chercher à me justifier de tels honneurs." Et l'on voit, dans le dernier mot du même discours, comment ce caractère droit, au lieu de penser au tribut final d'éloges qu'il pourrait avoir droit d'espérer, ne songeait qu'à la crainte de passer à la postérité pour un homme qui n'a pas accompli son devoir."Jacques-Cartier est mon homonyme", dit-il, "je voudrais inarcher sur les traces " de cet homme illustre et ne pas déroger à ses grands " desseins.Si après trois autres siècles, l'histoire, ve-" nant, peut-être, à mentionner mon nom comme celui " d'un homme qui a fait quelque chose pour son pays, " disait que j'ai un jour forligné.on aurait ma mémoire " en horreur, et je ne veux pas qu'il en soit ainsi." Pour lui, ce qu'il avait accompli était peu, comparé à son ambition «le faire plus rapidement et plus grand encore.Cartier a toujours défendu sa province avec une énergie irrésistible.Aucun adversaire, fut-il le plus fort et le plus violent, ne le fit jamais hésiter un instant, et il se jetait dans toutes les mêlées avec le courage du lion.Il avait coutume dédire "que les poissons rrwrts sonJ les seuls à suitre le courant".Aussi fut-il un point de mire facile à ses ennemis, qui furent légion.11 aimait à signaler les attaques dont il était l'objet.C'est ainsi qu'il reprochait à Brown, en chambre, les violences du "Ulobe" à son adresse." Cela n'empêche pas disait-il.le "Globe'' d'affirmer " que le "grossier Cartier" s'est servi d'un langage "impoli.Je laisse au journal de M.Brown la " tâche d'insulter ce "damné petit canadien qui a nom "Cartier".(Discours à l'Assemblée Législative, le 29 février 1864).Rien ne l'empêchait de suivre imperturbablement son chemin.Son intrépidité devant un défi d'injures corpi«relies égalait sa fougue mentale.Qui ne se rappi Ile les scènes disgracieuses de la grande assemblée, sur la Place Viger, à son élection de 1872?Un tas de pierre concassées, destinées à la réparation des rues, se trouvait à proximité de la foule.Une bande de turbulents en prof itèrent pour créer des désordres violente, c* diri-gèrriit mu pluie (le projectiles sur le busting.Tout le monde déguerpit, et avec raison, car il y avait danger imminent.Cartier, quoique mine par la maladie, ne làchu jamais son poste et fit face, tète haute, à la grêle meurtrière.Deux journalistes étaient restés avec lui: DeCelles, de la "Minerve", et Maire, du "National".Quand ils voulurent lui faire un abri de la table qui se trouvait là, il leur déclara hardiment qu'il n'en avait pas besoin.XII LA LOVAUTE DE CARTIER Comme chacun le sait, toute la vie de Cartier a été une exhortation à la loyauté envers la couronne britannique, et à la fraternité entre races.Son premier discours politique le 24 septembre 1844, donne la note qui retentit la même jusqu'à la fin de sa carrière: " Les événements de 1837 ont été mal interprétés, " disait-il.Le peuple avait plutôt pour but de réduire " à néant la minorité oppressive qui voulait exploiter le " gouvernement dans son intérêt, que d'amener une "séparation de la province avec la mère-patrie." La responsabilité des malheureux événements de " 1837 pèse sur la tête de ceux qui dirigeaient l'opinion " publique à cette époque.M.Viger était un de ceux-" là et avec l'influence qu'il avait, il aurait dû mieux " conseiller ses compatriotes".C'est à Saint-Denis même, l'endroit ou les troupes anglaises avaient été défaites, qu'il faisait cette claire profession de foi.et c'est Saint-Denis qui donna, quelques jours après, un vote à peu près unanime en faveur de ces paroles contre Viger: vote que la paroisse a maintenu, unanimement, pendant toute la carrière de Cartier.C'est avec le même esprit de loyauté, 19 ans plus tard, quand son gouvernement fut battu sur le bill de la milice, qu'il disait, le 3 août 1863 aux électeurs de Welland: " Par la présentation de notre projet de loi " sur la milice, nous avons montré quel prix nous attachons à notre union avec la (îrande-Brotagne." Nous avons voulu montrer à l'Angleterre que nous "chérissons l'union britannique." Cartier passa toute sa vie à identifier la Province de Québec avec le sentiment britannique, au milieu duquel elle était appelée à se développer.Avec son indomptable énergie, il lutta contre la tendance «i• • sa race à grogner contre tout ce qui était anglais et à faire bande à part.Presque un siècle de mesquinerie impérialiste, de persécutions bureaucratiques avait moulé l'esprit canadien-français dans une forme unique de résistance à l'influence anglaise.Lafontaine a\aii commencé ce travail de régénération: Cartier eu1 I l'achever.Il fallait convaincre nos compatriotes qu'ils étaient des citoyens comme les autres, acceptables à l'Empire comme les autres.La défiance n'était pas encore disparue du peuple, lorsque la Confédération lui fut soudainement annoncée.Il y eut.dans la Province de Quél>ec, un grave moment d'hésitation.On peut même dire que les meil-meurs amis de Cartier, saisis de frayeur, brisèrent leur allégeance et l'abandonnèrent.L'opinion publique, indécise, se rassaisit.cependant, quelque temps après par un article de la "Minerve", dont Cartier était l'inspirateur immédiat, sinon l'auteur, et qui disait, tout simplement, à ses compatriotes: "La Province de " Québec n'a pas le droit de se mettre en travers de la " marche politique et d'arrêter une grande idée.Si " elle le fait, c'en est fini d'elle; elle retoml>e dans les luttes de 1K37 avec Cette différence que ci- lie seront " plus les émissaires anglais auxquels elle aura affaire." mais à ses propres compatriotes des autres races qui " ne lui pardonneront jamais son entêtement".Un autre article de la "Minerve", écrit sous sa dic-tée, n'est pas moins remarquable: " LA GLOIRE DE NOTRE NATIONALITF." N'EST POINT DANS L'ISOLEMENT.Elle .si " dans la lutte et le combat: luttes à mains armées " autrefois contre le despotisme et la tvrannie; LUT-"TES GENEREUSES POUR LA DEFENSE DU "DRAPEAU DE LA M ERE-PATRIE.Aujour-" d'hui.luttes pacifiques pour fane sa place dans le " monde des affaires, à côté de ses rivales, et LEUR " DISPUTER, s'il est possible.LE HAUT 1)1" " PAVE.Elle est pour lutter la nationalité des hom-" mes qui ont dé vaincre tant d'ol stacles, supporter " tant de misère et livrer tant de combats au mwvMMht "et à la tvrannie, POUR SE FRAYER UNE Roi "TE HONORABLE A COTE DES I.V I 8 ETRAN-" GERES." "N'allons point, EN RETRECISSANT NOTRE "HORIZON POLITIQUE ET SOCIAL.RETKE-" CIR.AUSSI, L'ESPRIT DE Nos COMPATRIO-" TES.On rira peut-être de cette idée; mais les véri-" tablée penseurs diront que nous avons raison: le "citoyen d'une nation indé|icndaiitc ( m plus lt:ui.I " moralement et intellectuellement, que celui d'une " colonie.Son esprit est plus large, son intelligence " plus vaste, parce que son regard intellectuel s'accou-" tume à embrasser, dans ses observations, déplus v asles hori/oiis, des quest ions plus gravi s, • 1 ¦ s inté rets plus sérieux." " Ne cherchons donc pour) à ENTOURER NOTRE " NATIONALITE D'UN HORIZON SANSGRAN-" DEUR ET SANS PORTEE.Elargissons plutôt, " le cercle autour d'elle, c'est le moyen de lafaircgran-" de et belle EN GRANDISSANT SES ENFANTS " ET SES DEFENSEURS.' ' " La Confédération étendra au loin l'horizon, mais " elle donnera en même temps à notre vie intime, à " notre vie de famille, des éléments de Imnfieur et de " jouissances qui nous ont été refusés jusqu'à œ jour."Elle nous rendra libres et maîtres chez nous, dans " l'administration des affaires de notre patrimoine spé-" oial." (La "Minerve", 22 septembre 1864).Cartier était tellement imbu de la nécessité pour le Canada d'organiser sa propre défense qu'il choisit lui-même, lors de la confédération, le portefiuille de la milice en 1867.La chose parut, dans le temps, plus qu'extra irdinai-re, inexplicable.Ceux qui connurent sa pensée intime appriient plus tard, qu'il voulait protéger ses compatriotes contre le coup de tête de 1 s62, et qu'il se croyait obligé de les racheter d'une défaillance ressemblant à de la lâcheté.Voici comment il s'en expliqua à la première occasion, c'est-à-dire le 31 mai IStVs, , n pnmusant aux communes son second Bill de la Milice."Cette " loi sur la milice et sur les fortifications apprendra à " l'étranger que N'OIS SOMMES DETERMINES à " rester sous la protection de la Couronne Britannique." En tous cas, nous avons voulu prouver à l'Angleterre que nous Cil ERISSIONS L'UN ION Rl'IT \.\-" NIQUE.ET QUE NOUS LA JUGloNs Mils " SA IRE POUR LA PROSPERITE ET LA GLOIRE " DU PAYS.Laissés à nous-mêmes, sans lien avec " l'Angleterre, quel serait notre sort ?Pourrions-nous "nous maintenir dans l'indépendance?Non, nous " serions inévitablement absorbés par les Etats-Unis." C'est pour montrer, d'une manière énergique et frappante, comment les ( 'anadicns-Français ètii ent entrés profondément dans l'esprit des institutions anglaises, qu'il disait à Québec, le 23 décembre 1880: "Les Canadiens-Français sont des ritoven- anglais parlant le français." N'oublions pas que les sentiments si fortement exprimés en ces diverses circonstances, ont été endossés par les compatriotes de son temps et le sont encore par ceux d'aujourd'hui, heureux, comme Ion- I.- peuples droits, de se faire conduire par leurs mort- illustres.Ses convictions religieuses sont bien résumées dans les paroli s suivantes : "Je suis catholique, et jamais cette Chambre ni " aucune autre Chambre, ni aucun pouvoir sur la " terre, ne nie feront renoue r à ma foi.Mes con v'riions religieuses sont inébranlables" (Discours sur le OTIR à feu vif un filet de chevreuil frais et le sorvir sur une purée de marrons.Pommes de terre noisettes PPLUCHER et tourner en formes de noisettes des pommes de terre, les cuire à l'étuvée avec beurre clarifié.Meringue à la Chantilly IJl'IT blancs d'oeufs; 1 livre de sucre granulé.Crème Chantilly: 1 cho-pine de crème double, 1 once 'i de sucre vanille.Les Meringues: Mettre les blancs d'oeufs dans un bassin en cuivre et les fouetter très ferme.Ajouter, lorsqu'ils sont presque pris, le quart du sucre; puis incorporer, en mélangeant avec une spatule, le restant de sucre.Coucher les meringues, de la grosseur d'un oeuf, sur une plaque en tôle beurrée et farinée.Sitôt couchées, les saupoudrer avec du sucre fin.Laisser fondre lo suore environ 5 minutes et mettre los meringues à four tiède.(Si lo four était trop chaud, laisser la porte entrouverte.) Les meringues demandent de 25 à 30 minutes de cuisson.Dès que les meringues sont cuites, enfoncer la partie inférieure du revers d'une cuiller.Les placer dans un endroit très sec, où elles pourront se conserver pendant plusieurs jours.Pour les garnir: Remplir la partie creuse des meringues d'une forte cuillerée de crème Chantilly.Les réunir deux par deux et les servir aussitôt.Purée de marrons IfKNDRE la peau de 40 beaux marrons et les mettre au four dans une plaque, avec 2 ou 4 cuillerées d'eau.Dès qu'ils sont cuits, les éplucher.Les mettre dans une casserole avec une branche de céleri, un bouquet garni, une pincée de sel, deux morceaux de sucre.Ajouter une demi once de beurre et mouiller de 3 chopines de bouillon de marmite.Faire partir en plein feu, couvrir et laisser cuire à petite ebullition pendant 1 heure '/i- Passer les marrons au tamis fin et remettre la purée dans la casserole, l'éclaircir, si c'est nécessaire, avec la cuisson et ajouter un peu de beurre frais.Farce aux marrons DRESSER 2 pintes de pulpe de marrons dans un tamis fin.Assaisonner avec beurre, sel et poivre.Côtelettes d'agneau Nouvel le-France CAIRE braiser une douzaine de côte-lettes.les faire refroidir et les tremper dans une sauce Villeroy.Les paner à l'anglaise en leur donnant une forme régulière.I^-s frire de belle couleur blonde.Servir avec une garniture de légumes verts et donner en même temps une sauce tomate.Le roi des plat$lquiir t !»¦ > • < 111 < ¦ : l \ .• all-deS- sus.Les presser dans la crème renversée, sans toutefois la pénétrer.Battre un autre blanc d'oeuf, ou les deux blancs que vous avez mis de côté, au lieu de les mêler I la crème, et déposer un nuage de meringue dans chaque cavité.En ce cas, mettre la tarte au four et dorer légèrement la meringue.Autrement, une autre cuisson ne sera pas nécessaire.Une autre jolie garniture serait une cuillerée de gelée de raisins ou de cassis, versée dans la cavité de la pêeho, ou une amande glissée au centre, imitant le noyau.GATEAU-CONSOLATION Choisissez deux jaunes d'oeufs, mettez dans ces jaunes deux cuillerées de sucre en poudre, remuez le tout ensemble jusqu'à ce qu'ils soient épaissis et blanchis: ajoutez des amandes pilées, l'écorce d'une orange hachée ainsi qu'une petite poignée de bonne farine.Montez les blancs en neige, et lorsqu'ils sont montés, ajoutez dans les jaunes, gros comme un oeuf de beurre frais, que vous aurez fait tiédir et mélangez le tout, en versant les jaunes dans les blancs.Mettez vivement dans un moule, ou dans plusieurs petits, à volonté, beurrés et glacés comme pour le gâteau de Savoie, et faites cuire de même.Poudres de £uxe renommées c/e /â Maison PlV&R c/e PA8/S Quatre parfums subtils et exquis, emprisonnés par les maîtres-parfumeurs de la Maison Piver dans les Poudres impondérables et veloutées.Quelle que soit celle que vous choisissiez, entre ces quatre Poudres embaumées, vous pourrez aussi retrouver sa pénétrante odeur dans 1 Eau de Toilette, la Lotion de Toilette, le Talc, le Sachet, le Savon ou les autres articles de toilette du même nom.Dans toutes Bonnes Maisons Conceiuonnaint Canadien : A.GIROUX.46 rue Saint-Alexandre MONTREAL CLAVIGRAPHES PAPIER CARBON, RUBANS DE TOUTES COULEURS Réparations de clavigraphes de toutes les marques.Nous avons toujours en vente un lot de machines de seconde main en très bon ordre à des prix bien modérés.Téléphone Harbour 1849 ADRESSE POSTALE TYPEWRITER REPAIRING CO.71a rue St-Jacques MONTREAL - 38 Mon Magazine, Janvier 1926 Une beauté qui attire Une peau et un teint ayant la fraîcheur et l'éclat de la jeunesse.Une beauté qui fascine et attire irrésistiblement tous les regards.La Crème Orientale de Gouraud vous montrera comment vous pourrez obtenir aisément et en peu de temps, ce charme subtil et séduisant.CRÈME ORIENTALE de Gouraud "Le coup de maître de la beauté" donne une apparence douce, lisse et satinée au visage, au cou, aux bras, épaules ou aux mains, ce qui est un service indispensable pour les affaires de soirées.Étant astringente et antiseptique, cette crème est excellente pour faire disparaître les défectuosités du teint et les rides et raf-femir les joues.Se fait en trois teintes: blanche, chair et rachel.EnroyK-nou» 00c et voit» recevrez un a*»nrtlment spécial de» préparation» (luuriui pour la toilette, ou lOo pour un échantillon de Cre/no Orientale de Gouraud, Ferd.T.Hopkins & Son, Montréal, Que.Do uze Grands ^Magazines CONTENANT CE QUE VOUS DÉSIREZ CONNAÎTRE SUR LES ACTIVITÉS MONDIALES ET FÉMININES Une publication purement nationale, destinée à promouvoir les traditions et l'idéal du foyer canadien-français.Qui vous tiendra au courant du mouvement social, littéraire, scientifique et artistique de tous les jours.Voilà ce que représente une année d'abonnement à "MON MAGAZINE $2.00 par année Edifice "La Patrie", Chambre 24 MONTRÉAL 9 9 MON MAGAZINE Quelque^ vérités bonnes à lire par une soirée de décembre Tous les ans.des milliers de fermiers canadiens émigrent des vieilles paroisses agricoles du Canada.Ils ne peuvent, disent-ils, y vivre et établir leurs enfants auprès d'eux.Si ces fermiers connaissaient leur pays, ils établiraient tous leurs enfants au Canada, a peu de frais, et dans des conditions d'existence souvent supérieu-res à celles dans lesquelles ils ont vécu.Au Canada, dans les villages et les petites villes ou l'industrie ne se développe pas proportionnellement a l'augmentation de la population, des familles émigrent.pour ne pas crever de faim, disent-elles parfois.Sans doute ces familles ignorent qu'au Canada il y a tellement de ressources à développer que les industriels, les propriétaires de mines, les fermiers même, doivent compter sur l'immigration pour avoir une main-d'œuvre suffisante.On a vu et l'on voit encore des professionnels, des industriels, des commerçants déserter le Canada.pour gagner leur pain quotidien, disent-ils.Ils sont connaissants, savants même.Ils ont visité l'Europe, l'Afrique, la Chine, et divers autres pays y compris les Etats-Unis.La diplomatie internationale n'a pas de secrets pour eux, et ils discutent avec, une égale compétence du développement colonisateur de la Sibérie, de la culture du café au Rrézil, et de l'exploitation des mines de diamants de l'Afrique du Sud.Malheureusement, ils ignorent que dans les centres canadiens, on manque de professionnels, que souvent le commerce d'une région canadienne périclite faute d'un commerçant de talent pour donner l'impulsion nécessaire au développement des marchés locaux, ou même des marché d'exportation; ou encore qu'il serait possible d'établir de grandes industries dans un centre nouveau, s'il y avait là quelques personnes possédant des aptitudes ou des connaissances industrielles.SI LES CANADIENS CONNAISSAIENT MIEUX LEUR PAYS: Ils ne le quitteraient pas pour s'en aller vivre dans un autre; Ils s'empareraient des meilleures terres disponibles du Canada.Ils auraient plus de fierté nationale.Ils seraient en position de toujours faire respecter leurs droits, Ils amélioreraient la culture de leurs terres, Ils développeraient intensivement l'industrie domestique, Ils n'importeraient que des marchandises qu'ils ne peuvent produire.Ils n'exporteraient que des produits ouvrés.Ils trouveraient à dépenser chez eux leurs talents.Us déploieraient leurs énergie au développement des ressources du Canada, Ils garderaient pour leurs enfants les ressources naturelles de leur pays, Ils utiliseraient pour l'établissement de leurs enfants les argents qu'ils dépensent pour livrer le pays aux étrangers.Us établiraient toujours tous leurs enfants au Canada.Hélas! il n'y a peut-être pas cinq pour cent des canadiens qui connaissent le Canada! Rien d'étonnant qu'il y en ait tant aux Etats-Unis.J.E.LAFORCE.La conquête du Saguenay (Suite de la page 14) pieds plus bas que le niveau des hautes eaux du lac, ce qui donne une idée de la vitesse du courant contre laquelle les ingénieurs eurent à lutter.Ouatres blocs de béton pesant 400,000 livres chacun, jetés l'été dernier dans le Saguenay pour servir de base à un batardeau, furent transportés 1.50 pieds plus bas.Outre le courant les ingénieurs eurent à faire face à maintes difficultés par lesquelles il importe de compter les rigueurs de l'hiver; mais aucun obstacle ne put les arrêter et en moins de trois ans ils construisirent l'usine proprement dite, un édifice de 720 pieds de long prolongé par un barrage en beton de 300 pieds, sept déversoirs énormes et un barrage de 6(X) pieds de long, 45 pieds de haut, large de 20 pieds au sommet.Pour les différents édifices furent employees ôOO.OOO verges euhes de béton, dont 337,000 entrèrent dans la construct ion de l'usine même.Les travaux d'excavation représentent 1,000,000 de verges cubes de déblais.Tout formidables que soient ces chiffres ils ne donnent pas encore une idée exacte île l'ampleur 'les travaux accomplit, car pour mener à bien cette gigantesque entreprise il fallut toute une organisation, merveilleuse en elle-même, comprenant: la construction d'un chemin de fer de 11 milles de long, de trois ponts en acier et d'un camp pouvant loger 1,800 employés, ainsi que l'établissement d'un service de transport et de ravitaillement, l'installation d'une ligne de transmission électrique et la mise en fonction d'une centaine de petites industries connexes.Et tout cela s'est fait dans le délai relativement court de trois ans, sans friction, sans embarras graves et avec très peu d'accidents aux employés.C'est un record dont peuvent être fiers les ingénieurs en charge et particulièrement M.William States Lee, et M.Cothran son assistant.PROVERBES est public par la Compagnie de PubllcatleD Men Magasine.J.-L.K-Laflamme.directeur et G.Laurln.gcrani-E néral.au No.120 rue Ste-Cathorme Est.Imprimeurs.'La Patrie .120 Ron courage se voit sur le visage.Ne prends pas tout ce que tu désires.Toute faute se paye.Chacun porte sa farine au moulin.Plus on va loin plus on veut aller vite-Tel change qui ne gagne pas.Quand le canon tonne en n'entend personne.Vaine espérance nourrit les faibles.Qui s'aime trop n'a pas d'amis.Mieux vaut avoir qu'espoir d'avoir.Qui n'a honte n'est pas toujours heureux.A noces et à baptêmes ne va pas sans être prié.Qui n'a santé n'a rien, qui a santé a tout.Il ne faut pas montrer les fautes d'au-trui avec un doigt sale.rue 8ie-Cathrriui' Est, Montreal. Mon Magazine, Janvier, 1926 S9 LETTRE DU TOUT PETIT Veille de j\oël IQ22 "Ce soir, en me couchant, maman m'a dit tout bas Que tu dois cette nuit revenir sur la terre Et semer des jouets tout le long de tes pas.Mais comme il faut toujours à ton coeur du mystère.C'est quand nous sommeillons que tu remplis nos bas.Tu viens alors, et sitôt on peut voir les maisons Ktinceler de joie et rire à l'unisson; Mais il parait pourtant que jamais tu ne donnes Aux petits paresseux, tapageurs ou têtus.Moi, je me lève .tôt, comme un homme raisonne.Et j'ai gagné la croix aujourd'hui.I-e sais-tu?Regarde! la voilà! Je la porte pour toi! Et, comme un signe ardent de tendresse et de foi, Je la mettrai ce soir afin que ma vertu A tes yeux, dans la nuit, t'apparaisse et rayonne! L'an dernier je voulais à tout prix un cheval.Un grand cheval qui berce et galope et s'attelle, Et tu me l'as donné, malgré maman rebelle.Qui, dans Pierrot, mon frère, escomptait un rival.Eh bien! c'est moi qui l'eut! Il est bien vrai que Pierre Vit se réaliser comme moi sa prière; Mais le mien a des fers, et sa tête est plus belle! "—Tu es ambitieux." M'a dit maman, "c'est mal." Quoi?c'est mal?ai-je dit.Comme si tes largesses N'avaient pas une source immense de richesse! Comme si, toi, Jésus, tu n'avais pas au ciel Tous les soleils de gloire et tout l'or des étoiles; Tous les feux et les jeux; toutes les fines toiles Qu'il faut pour nous créer les beaux jouets de Noël! Comme si tu pouvais, en cette auguste veille.Toi, tendre et doux Jésus, faire la sourde oreille! Cette année, il me semble—Oh! je n'exige rien— Mais un auto qu'on monte, escalade et qui marche Me ferait grand plaisir Pour la maison, une arche, Un grand chemin de fer, un navire.aérien; Un violon qui joue, un fusil, un traineau; Des patins, des pompiers debout dans leur caserne; Un guignol au complet serti dans son panneau; Un facteur, des bonbons poussant sa giberne; Un.c'est tout!.Et pourtant.Non.Jésus, c'est assez, Car les pauvres, pardon! j'allais n'y plus penser! Je demeure là-bas.dans une maison verte.Avec papa, maman et je couche toujours Dans une chambre, seul.Et puis, pour ton secours, Je laisserai ce soir ma porte grand'ouverte! ANTONIN PROULX."LE DODG'EM" C'est à l'exposition des Arts décoratifs que notre opérateur :i celte attraction.I >;ui- une enceinte dont le sol est constitué de plaques métalliques de petits chariots sont mus par l'électricité, à la façon des tramways: la dynamo qu'ils contiennent reçoit, par l'intermédiaire d'un trollej .le courant venu d'une sorte de "treillage" supérieur.L'occupant du chariot le dirige lui-même à l'aide d'un volant; il doit s'efforcer — en principe —.de ne point heurta ses voisins.Dans la pratique, c'est plutôt le contraire qui se produit : la plupart des "voyageurs" se font un malin plaisir de provoquer des tamponnements inoffensifs, qui attirent, bien entendu, une prompte réplique.Les petits chariots se poursuivent.Et cela contribue à l'animation du Parc des Attractions qui, s'il n'est pas très "décoratif", amuse du moins petits et grands.Pour Empêcher les Gerçures de la Peau — employez de l'eau chaude et du savon "Baby's Own" L'eau chaude ouvre le* pore» de I* penu 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ris d'agneaux, de foies de volailles, d'huîtres, etc., et que l'on plonge en friture ou que l'on fait griller.BOTTILLON—Petites quantités de légumes ou d'herbes attachés ensemble.S'applique surtout aux asperges.BOUILLON BLANC—Empoter dans une marmite de la contenance de 4 pintes: un morceau de bœuf maigre; ajouter les carcasses de volaille dont on peut disposer; mouiller d'eau jusqu'à un doigt du bord.Ajouter le sel et faire partir sur le feu.Ecumer soigneusement.Garnir le bouillon de carottes, oignon, clou de girofle, poireaux, céleri, panais, grain d'ail.Laisser cuire 4 heures.Passer à la passoire fine, dégraisser, mettre au frais pour l'employer suivant les besoins.CANAPE.—Tranche mince de pain que l'on tartine de beurre et que 1 on recouvre 3oit d'anchois, soit d'oeufs durs hachés.CAUTISER.—Opération consistant à introduire des lames de truffes ou de langue écarlate dans des entailles pratiquées dans des filets de volaille ou de gibier.CHEVALER.— Placer régulièrement les unes sur les autres des escalopes de viande, de volaille ou de poisson.CHIFFONNADE.—S'emploie surtout pour désigner l'oseille coupée très finement.CISELER.—Inciser d'entailles alternées et de même profondeur la chair de certains poissons.Cette expression s'emploie aussi pour indiquer la façon de couper certaines plantes potagères telles que l'oseille ou la laitue.CONCASSER.—Hacher grossièrement du persil, du cerfeuil, des tomates, des amandes mondées, etc.CONDIMENTER.— Ajouter certains assaisonnements spéciaux tels que poivres divers, coriandre, currie, etc.Toute recette où figure cette expression demando un assaisonnement plus fort.CORSER.—Ajouter du jus de viande réduit dans une sauce brune afin de lui donner plus de rapidité.La simple réduction d'un coulis suffit à le corser.DEGORGER.—Faire tremper à l'eau froide des viandes d'abats, ris de veau, pieds do veau ou de mouton, cervelles.DENERVER.—Enlever les parties nerveuses d'une viande de boucherie ou d'une volaille.DEPOUILLER.—Faire cuire lentement un liquide en enlevant avec une écu-moire ou une cuiller toutes les impuretés qui montent à la surface.DORER.—A deux significations: on dore une pâtisserie en la badigeonnant de jaune d'oeuf battu avec de l'eau.On dore aussi une volaille, une viande, un poisson en les soumettant à l'action vive du four qui en blondit l'épiderme.ECAILLER.—Racler les écailles d'un poisson.ECALER.—On écale des noix, des amandes et en général tous les fruits ou graines à écales.On dit par extension: écaler des œufs durs.(Voir la suite page 60) Pour vous le prouver envoyez-nous cette circulaire avec 35 centins en timbres et nous vous expédierons un flacon de cette merveilleuse pommade qui se vend $1.50.M'attendez pas que tous vos cheveux soient tombés.Si vous souffrez d'eczéma ou de pellicules la pommade Un flacon de Férond les sauvera.Si vous êtes chauve de Férond vous en débarrassera rapidement.Il n y a et si vous voulez avoir des cheveux la pommade de rien de comparable à cette pommade.Il suffit d en Férond les fera repousser.faire un essai loyal.La femme la plus jolie est laide si sa chevelure n'est pas abondante, saine et vigoureuse.Des milliers de femmes paraissent vieilles parce que leurs cheveux de jeunesse n'ornent plus leur visage.La pommade de Férond est souveraine dans toutes les affections du cuir chevelu et des cheveux.30 ANS DE SUCCES feront^ air Growe' • ind TONIC cf hair *Snip ^ do,Jrv// , „.< a» * vgs de Bengaline de soie de 40 pouces de large — î-i vg de satin de 40 pouces pour le col — H vg de fourrure de 5 pouces, pour les godets.Le Dessin-Appliqué No 13012 se travaille facilement.29M—Robe pour dames et jeunes filles.Mesure de buste 34 à 42; 14 « 18 ans.La largeur du bas de la robe est environ 66 pouces.Taille 36 demande 2% verges de flanelle de 54 pouces — \i vg de satin de 40 pouces, pour le col — vg de fourrure pour les poches.Le Dessin-Appliqué No 12671 peut s'appliquer ou se broder.2974—Robe pour dames et jeunes filles.Mesure du buste 34 à 42; 14 à 18 ans.La largeur du bas de la robe est environ 136 pouces.Taille 36 demande 4 verges de sat in de 40 pouces.Dessin-Broderie, en couleurs, No 13065 garnit joliment cette robe.2922—Robe pour jeune fille et fillette.Mesure de buste 6 I 16 ans.Taille 8 demande ll/« vg de flanelle de 54 pouces de large — '/• vg de flanelle plus foncée de 54 pouces de large H vg de doublure pour le fond de corsage, 36 pouces de large — 1 verge de fourrure.Le motif-Oies est du Dessin-Broderie No 12978.2962—Robe pour jeune fille et fillette.Mesure de buste, 6 à 16 ans.Taille 8 demande 112 vg de Jersey de laine de 54 pouces de large — 12 vg de soie écossaise pour la garniture.2961—Robe pour dames et jeunes filles.Mesure du buste 34 à 44; 14 à 18 ans.Largeur du bas de la robe environ 77 pouces.Taille 36 demande 2 verges de satin marron de 44 pouces de large — 21.» vgs de velours brun de 40 pouces de large pour la jupe et la garniture.Le motif-Broderie No 12921 est employé comme garniture sur la poche.2964—Robe pour dames et jeunes filles.Mesure de buste 34 à 42; 14 à 18 ans.Largeur du bas de la robe est environ 60 pouces.Taille 36 demande 2% verges de Kasha de 54 pouces de large — vg de satin, gris-argent, 40 pouces de large, pour garniture.Les poches sont garnies d'une broderie du Dessin-Broderie No 12671.2931—Robe pour dames.Mesure de buste 34 à 44.Largeur du bas de la robe environ 47 pouces.Taille 36 demande 4*4 vgs de crépe-romain de 411 pouces de large 1 '4 m; de dentelle métallique de 6'2 pouces — 1 >4 vg de fourrure de 5 pouces de large.Hanche forte 2851—Robe pour dames.Mesure de bust* 34 a 51.La largeur du bas de la jupe est environ 2 verges.Taille 41 demande 4>/g verges de crêpe de Chine de 40 pouces de large — 7/g vg de dentelle de 36 pouces de large pour la veste.2868—Robe pour dames.Mesure de buste 36 à 46.La largeur du bas de la robe est environ 46 pouces.Taille 30 demande 4'4 verges de Bengaline de 40 pouces de large — ^ vg de satin de 40 pouces de large, pour le col.Dessin-Broderie No 12511 se fait au point-courant.2X82- Kobe pour dames et jeunes 1 ï11• ¦ -.M.-nrr de buste 34 fi 11.11 à 18 ans.La largeur du bas de la robe est environ 71 pouces.Taille 30 demande 4 verges de Faille de soie de 40 pouces de large — \i vg de crêpe de Chine de 40 pouces, pour le oai — 1V» vg de fourrure.Le dessin-Broderie No 12718 peut se faire en perles.2909 Kobe pour jeune Mie et fillette.Mesure de buste, 6 à 16 ans.Taille 8 demande 1 verge de flanelle de 54 pouces — lVi vg de flanelle plus foncée de 54 pouces pour la jupe et la garniture — 1)4 de ruban.Le dessin-Broderie, en couleurs, No 13027 se place sur la poche.2732—Manteau pour jeune fille ou fillette.Mesure de buste, 6 à 16 ans.Taille 8 demande l7/g vg de tissu de 54 pouces de large — 12 vg de velours de 36 pouces — 2 verges de doublure de 30 pouces.207s Manteau pour enfant Patron, 2 à 6 ans.Patron 6 demande l7/g vg de tissu de 54 pouces de large — 1 verge de fourrure — 1 '4 vg de doublure de 36 pouces.2956—Robe pour jeune fille et fillette.Dessin-Brodorie pour tous les figes.Patron, 6 à 16 ans.Taille 10 demande 1 U vg de Jersey de laine de 54 pouces de large.2959—Robe pour jeune fille et fillette.Patron, 6 à 16 ans.Taille 6 demande 1 % vg de Jersey de laine de 54 pouces de large — }-4 vg de tissu plus foncé pour la garniture.2963—Robe pour fillette.Patron, 6 à 14 ans.Taille 6 demande 1 '2 vg de flanelle de 54 pouces de large.1728—Combinaison pour jeune fille et fillette.Patron, 6 à 14 ans.Taille 8 demande 1 vg de Nainsook de 36 pouces de large.2930—Trousseau-Poupée.Patron, 14 à 30 pouces.Patron 18 pes demande % vg de toile do 36 pouces de large.Dessin-Broderie, motif et garniture No 12429.1414—Trousseau-Poupée, Cape, chapeau.Patron, 14 a 2.H pouces.Tadlc 16 pouces demande 7/g vg de satin de 36 pouces pour la cape, le chapeau et une partie des culottes — \{ vg de tissu de couleur différente de 36 pouces de large pour le haut des culottes.( Voir la tuile page 60) Vous pouvez 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Écrivez aujourd'hui à MON MAGAZINE ftdlftea "La Pntri«>" Ch.31 MOM BÉAI* Québec. 60 Mon Magazine, Janvier 1926 Prix des Patrons On peut se procurer ces patrons de la Pictorial Review à l'une de ses agences ou Us vous seront adressés, franco, si vous vous adressez à "MON MAGAZINE".No.60S2.029* 6877 9008 9730 1414 1451 1527 .1528 .1546.1728 .1792 1934 1935 .2319 2389 2470 2471 2483 2486 2512 2619 2621 2622.2646.2378.2687.2697.2727.2732.2735.2737.2756.2779 2814.2 -12-» 2833.L.H.2S51.2*68.2876.2882.2905 2907 290 s 2911.1 ••¦ vl , et Ktata-Unta Cts.Royaume Uni S.d.35 .35 .30.35.35.30 .30 .35.30 .35.30 .35.40 .30 .35.30.25.20 .30 .25.20.30.30.45.45.30.25.25.30.30.30.30.30.35.40.45 .30.45.45.45.45 .45.25.45.25.Canada rt I i ,1 - I ni, Cts.No.2912 2913 2914.2919 .2922.2924 2926.2927.2929.2930 29S4 29 40 2950 2954.2955 S.H.2956.2957.295.x 2959 29i Kl 2961.2962 2963.2964 2965.2966 2967.S.H.2968.45.Royaume Uol s.d.45.25.35 .45.35.35.45.45.45.25.30 .45.40.45.45.45.45.35 .35.45.45 .30.30 .45.45.45.45.2969 2970.2971 2972.2973 2974.S.H.2975.2976 2977.2978 2979 29s0 2981.2982.2983.29.84.29.S5 35 .45 .45.30 .25.45.45.45.45.45.45.45 .45.45 .45.25.45 .1/6 .1/-¦1/-.1/6 ¦ 1/- • 1/-.1/6 .1/6 .1/6 ¦ 1/-1/- .1/6 .1/6 .1/6 .1/6 .1/6 .1/6 .1/-.11-.1/6 .1/6 .11-•1/-.1/6 .1/6 .1/6 .1/6 .1/6 • 1/-.1/6 .1/- .17- .1/6 .1/6 .1/6 .1/6 .1/6 .1/6 1/6 .1/6 .1/6 .1/6 .1/6 • 1/-1/6 Royaume Uni s.d.1/-.1/6 .1/6 Canada et Ktau-Unla No.Cts.2986 .30.2988.45.L.H.2989 .45.Broderies 12206.30.1/6 12429.20.1/- 12511.25.1/3 12577.20.II- 12623.25.1/3 12635.20.1/- 12671.30.1/6 12718.30.1/6 12793.50.2/6 12811.30.1/6 12912 .40 .21- 12921.40.1/6 12936.40.1/6 12941.30.1/- 12943 .30.II- 12950 .30.1/- 12956 30 .1 /- 12978 .40.1/6 12984 .20 .9d 12991.30.1/- 12992 .30.1 /- 12999 .20 .9d 13004.25.II- 13006 .25.1/- 13007 .25.1/- 13012.30.1/- 13017.25.1/- 13027.35.1/- 13033.45.1/6 13043 .40.1/6 13051.40.1/6 13062 .35.1/- 13063 .35.II- 13064 .35.1/- 13065.35.1/- 13066 .25.13067.25.13068 .20 13069.20 13070.20.1/-.1/-9d 9d .9d MON MAGAZINE Édifice La Pat ne MONTREAL Case Postale 69 Avant de payer votre abonnement à Mon Magazine a un de nos agents voyageurs, assurez-vous qu'il est porteur du certificat reproduit ci-dessous.Assurez-vous aussi que le nom et le prix d'abonnement de MON MAGAZINE sont imprimé* sur le dos de la carte.Les présentes certifient que Est autorisé I percevoir des abonnements, à MON "MAGAZINE aux prix do $2.00 par année, ou $3.50 pour deux ans.($1.00 pour six mois).NUL SANS LA SIGNATURE CI-DESSOUS Gérant.La Compagnie de Publication Mon Magazine ÉDIFICE "LA PATRIE" Rue Stc-Cathcrine Est.MONTRÉAL Descriptions des modèles Suite de la page J^9 2967—Négligée et jupon, pour dames.Mesure de buste, 36, 40 et 44.Taille 36 demande 3 Vs verges de chiffon de 40 pouces de large — 2^4 vgs de satin, pour le jupon — 7% vgs de dentelle.On emploie le Dessin-Broderie No 12793 pour ce modèle.2934—Combinaison pour dames et jeunes filles.Mesure de buste, 34 à 44; 14 à 18 ans.Taille 36 demande 1H vg de crêpe de soie de 40 pouces de large — 1M vg de dentelle — 4*4 verges de dentelle pour le bord — l1/, vg de ruban pour les epaulettes.Le Dessin-Broderie No 12811 donne les motifs de broderie.2973—Chemise de nuit pour dames.Mesure de buste, 36, 40 et 44.Taille 36 demande 2,4 verges de crêpe de soie de 40 pouces de large — )4 vg de dentelle de 36 pouces — Hi vg de ruban.Le Dessin-Broderie No 12206, motifs-fleurs.2940—Négligée et jupon pour dames.Mesure de buste, 34 à 44.Taille 36 demande 3*/» verges de chiffon de 40 pouces de large — 2s/g vgs de satin pour le jupon — 414 verges de dentelle.2914—Jupon pour dames et jeunes filles.Mesure de buste, 34 à 40; 14 à 18 ans.Taille 36 demande 3 verges de nainsook de 36 pouces de large -— 2 vgs de dentelle — 2\4 verges dentelle plus étroite pour la bordure.La jolie garniture est faite avec la broderie du patron Dessin-Broderie No 12984.2779—Brassières et culottes pour dames et jeunes filles.Mesure de buste, 34 à 38; 14 à 18 ans.Taille 36 demande 2 verges de crêpe de Chine de 40 pouces de large.1729—Chemise de nuit et pantalon fermé, pour dames.Mesure de buste 34 a 46.Taille 36 demande 2'/.verges de crêpe de soie de 40 pouces de large— ?Vi VR8 de ruban de 3 pouces de large pour la garniture.Le devant de la chemise est brodée.Dessin-Broderie No 12635.Petit Lexique de la Ménagère Suite de la page 1^1 EMINCER—Détailler en lames très fines.On émince une truffe, un champignon, une pomme de terre.EPLUCHER—On épluche un fruit ou un légume cru.On facilite cet opération pour certains fruits tels que pêches, poires ou tomates en les ébouillantant.ESCALOPE-ESCALOPER.— Détailler en tranches de l'épaisseur d'un quart de pouce du veau ou toute autre viande.ETUVEE.—Cuisson très lente pénétrant peu à peu les viandes et les imprégnant du suc des fonds et du parfum des garnitures.FARCIR.—Emplir de chair hachée ou de tout autre appareil une volaille, un gibier ou toute autre viande formant poche.ENDUIRE.—Couvrir d'huile, de beurre, etc.FONCER.—Garnir le fond d'une casserole beurrée de bardes de lard, d'oignon et de carotte émincées.FONDRE.—Se dit d'une cuisson lente au beurre.S'applique surtout à l'oignon.Cette cuisson désagrège les substances et en forme une sorte de pâte molle.FRAISER.—Consiste à segmenter la pâte à l'aide de la paume de la main.GRATINER.—Le glaçage est immédiat tandis que le gratin est plus lent.Les articles a gratiner sont généralement revêtus d'une couche de fromage râpé.Ils doivent être placés sur une plaque remplie d'eau afin d'éviter la désagrégation du beurre.JUS LIE.—Faire bouillir une pinte de jus simple.Ajouter 2 ou 3 cuillerées de sauce tomate.Faire réduire 25 à 30 minutes en plein feu en dépouillant soigneusement.Si, après cette réduction, le jus était trop clair, ajouter deux cuillerées à café de fécule délayée au bouillon blanc froid.LARDER.—Introduire de gros lardons dans certaines pièces de boucherie tels que pointe de culotte, noix de veau, etc.LIER.—Les liaisons sont diverses: les unes à base de jaunes d'œufsse font à chaud ou à froid.Les sauces mayonnaises ou hollandaises en sont les types distinctifs.On lie un potage au dernier moment en ajoutant des jaunes d'oeufs, de la crème et du beurre.On lie une sauce par l'adjono-tion d'un beurre manié (mélange égal de farine et de beurre) ou bien par la simple réduction.Les liaisons doivent se faire judicieusement, sans excès.La moyenne de base pour une pinte de sauce à lier est de 4 à 6 jaunes d'œufs; de 3 jaunes pour un potage de 4 personnes.MANIER.—Mélanger du beurre et de la farine (proportions, 1 cuillerée de farine pour un demi once de beurre).Ce mélange est ajouté dans les fonds ou sauces en réduction et sert à leur donner la densité convenable.MARQUER.—Ce verbe indique d'une façon générale l'empotage des viandes, poissons ou légumes dans les casseroles.Une grande partie de ces articles sont placés sur des couches de légumes: carottes, oignons, etc., posés dans le fond des casseroles.MASQUER.—On masque de mayonnaise une escalope de langouste, une tranche de poisson, une volaille.Les sauces chaudes ne masquent pas; elles lustrent seulement.En pâtisserie on masque de crème un gâteau.PARTIR.—Mot se rapportant au moment précis où commence l'ébuillition d'un ragoût ou d'une sauce.PIQUER.—Diffère de larder en ce sens que le piquage se pratique à la surface des pièces seulement et que les lardons sont coupés très fins.PLUCHE.—Petites feuilles de cerfeuil, de persil, etc.POCHER.—Faire cuire par ebullition.On poche des œufs, on poche des volailles; on poche des fruits au sirop.POELER.—Faire cuire lentement au beurre frais.SALPICON.—Viandes, poissons, légumes, coupés en tout petits dés et liés d'ordinaire avec une sauce réduite brune ou blanche.SAUCE DEMI-GLACE.— Faire réduire les 2/3 d'une tasse de vin de madère.Ajouter une chopine de jus lié et faire bouillir à petits bouillons pendant 25 à 30 minutes.Passer à la passoire fine.SINGER.—Terme un peu fantaisiste de l'argot des cuisines indiquant l'action de répandre de la farine dans un ragout pour le lier.VELOUTE.—Mettre dans une casserole 2 onces de farine et 1 Yi once de beurre frais.Faire frire le mélange jusqu'à obtention d'une couleur blond clair.Mouiller d'une chopine de bouillon blanc.Garnir d'un oignon, d'une carotte, d'un bouquet garni.Ajouter une poignée épluohures champignons et laisser cuire à petit feu pendant une heure et demie.Passer à la passoire et réserver pour l'emploi.ZESTE.—Epiderme d'un citron, de l'orange ou de la mandarine, employé pour parfumer les entremets. Mon Magazine, Janvier 1926 61 votre tâche ^^^^J^^^^^ Il Pour avoir une U belle cuisine ytjOTRE cuisine sera plus belle et vous y travaillerez avec plus de plaisir si vous ?vous servez d'un poêle à gaz Beach.A part son efficacité, le Beach a toute la beauté voulue pour satisfaire la femme de goût qui veut que sa cuisine soit aussi propre que les autres pièces de sa maison.Sa simplicité et sa sobre distinction donnent au Beach un cachet artistique.Il n'a aucune surcharge d'ornements; ses parties nickelées ont juste l'éclat voulu pour trancher un peu sur les surfaces sombres.Les modèles de prix plus élevés ont une surface, un gril et des brûleurs électro-émaillés, ce qui donne un fini doux et brillant à l'entour des brûleurs et prévient la rouille et la corrosion.Toutes les surfaces sont faciles à tenir propres.Le Beach est un crédit pour n'importe quelle cuisine.Demandez à votre fournisseur de vous en montrer un.BEACH FOUNDRY LIMITED OTTAWA POÊLES À GAZ BEACH Voyez aussi les POÊLES BEACH AU GAZ et h VÉLECTRICITÉ 62 Mon'Magazine, Janrier 1926 "On le voyait sans cesse écrire, écrire, Ce qu'il avait jadis entendu dire".LE DERNIER MOT GLA7s[URES ET BRINDILLES UN?femme vraiment élégante dit Femina (Paris) n'entend pas faire sensation en portant la première une robe totalement différente de celles de ses amies.Elle accepte la transformation, relèvera un peu la-place de sa taille, laissera élargir sa jupe, mais que sa robe donne une impression de grande nouveauté, et non de singularité.£^ES anecdotes sur Sir Georges Etienne Cartier, qui sont nombreuses, nous rappellent comment se faisaient les luttes politiques d'autrefois, avant et après la Confédération.Voici par exemple, quel portrait un adversaire faisait du gTand Canadien, au cours d'une élection dans le comté de Ver-chères : "Le rival de M.Préfontaine, est Cartier, disait le "Moniteur", feuille radicale du temps."Il est avocat de la Compagnie du Orand Tronc, partisan du monopole, défenseur des places lucratives, souteneur de privilèges, fauteur do corruption, allié des seigneurs, ennemi des censitaires, adversaire de la justice, champion de l'illégalité, apôtre de la servitude, predicant de la soumission passive, tondeurs de sujets, marchand de consciences, ministre tory, agioteur, jobeur!" A part ces petits défauts, on admettait que Cartier était un citoyen passable.£^E point de vue._—Tiens, mais je croyais que vous aviez une sainte horreur pour les autos ?_—H est vrai; mais cette horreur a disparu depuis que j'ai pu en acheter une.JEUNE maîtresse de maison.—Marie, les beignets aux pommes, est-ce que c'est long 7 —Oh! non, madame.D'habitude, c'est rond.PT combien font deux et deux?ï* —Vingt.—Tu es idiot.—Mais, papa, tu dis qu'aujourd'hui il faut tout multiplier par cinq! îEe Noauel An Toute pa/e et frissonnante.Sous le froid vent de la nuit.Sut la terre blanchissante La neige tombe sans bruit.Auprès de la flamme claire du foyer, /aime à rester solitaire Pour rêver.Je songe à Van qui s'avance, Tout aimable et tout joyeux.Rempli de foi, d'espérance Et de rêves radieux.Pur et frais comme la neige.Confiant, Il vient suivi d'un cortège Souriant.Mais un long soupir se mêle Au son du vent gémissant.Et j'entends le bruit d'une aile.Je vois une ombre passant.C'est la pauvre vieille année Qui s'enfuit, Souveraine détrônée.Dans la nuit.Madame Duval-Thibau/t.OU'EST-CE que ça veut dire ce que tu répètes tout le temps, papa: 'Suave mari magno." ?—Ca veut dire, "Heureuses les jeunes filles qui finissent par trouver un mari au bord de la mer!" f\N PEUT conserver les fleurs long-temps en les plongeant dans de la cire de chandelle fondue.Lorsqu'une petite boule se forme au bout de la tige, les fleurs coupées se gardent très longtemps, même si elles sont en dehors de l'eau.SOMMAIRE DE JANVIER 1926 D'un mois à- l'autre.1 Ce que nous sommes.3 Image de Noël en trois couleurs.3 Benjamin Michnud.L'Epreuve (roman).4 Paul Bourget de VAcadémie fran-çaiêe.La silhouette de G.-E.Cartier____ 6 Arthur Dansereau.L'Enfant dans la lumière.8 Albert Nast.Le secret de Constance Benoit.10 Marie-Rose Turcot.Le Canada Pittoresque.12 (Illustration).La légende du lac Fantôme.13 Gaetane de Montreuil.La conquête du Saguenay.14 Claude Melanson.Visiteurs de l'Ouest.15 Le Chroniqueur.Modes et modèles.19 Motifs de broderies et dentelles.30 et 31 La bonne cuisine.32 Perrette Britard."Douocurs"—Menus .34 et 35 Suggestions de cadeaux.36 Descriptions des modèles.48 et 49 Prix des patrons.50 Lexique de la ménager c.41 Le dernier mot.52 Le Nouvel An (poésie).52 Mde Duval-Thibault.CE QUE NOUS SOMMES SUITE DE LA PAOB S C'est pour nous ancrer davantage dans cette ferme résolution, et nous y maintenir, que nous invitions, il y a un instant, tous nos amis à nous soutenir dans notre tâche.Nous veillerons à faire tout le bien possible, mais nous comptons, il faut se le rappeler, sur nos amis pour nous éclairer.Pas un de leurs avis n'aura été donné inutilement.Si nous n'en suivons pas toujours un plus spécialement, nous les aurons tous constamment à la pensée et l'on verra bientôt que nos décisions les plus sages ne sont, en somme, que la réalisation d'une idée qui nous est commune.Nous indiquons, sous une forme condensée, dans une page précédente, les principaux articles du programme de "Mon Alagazine".De ces différents sujets, quelques-uns ont déjà été touchés dans les lignes qui précèdent.Pour les autres, il faudra voir, chaque mois, quelle attention soutenue notre revue leur accorde, car leur simple enumeration dépasserait de beaucoup les bornes qu'il faut donner à cet artiole.A vrai dire, qui pourrait, en quelques centaines de mots, traiter convenablement des problèmes nombreux, des questions souvent complexes, qui se posent dans le cercle familial ?La science ménagère, à elle seule, "vaudrait un long discours".Le vieux Montaigne l'a dit, il y a très longtemps: "La plus utile et honorable science et occupation d'une mère de famille, c'est la science du ménage.C'est sa maîtresse qualité et qu'on doit chercher avant tout autre, comme le seul douaire, qui sert à ruiner ou sauver nos maisons".Et quo dire des autres?La mode, j'entends la bonne, cet art de respecter le bon ton et le bon goût dans le vêtement; l'économie, science merveilleuse de la femme qui bâtit un chef-d'œuvre avec un chiffon ou prépare un plat de gourment avec de "glorieux restes"; les arts féminins, broderies savantes ou dentelles diaphanes que les fées ont touchées de leurs doigts roses; les soins de l'enfant, "espoir de demain", cette science exclusive des mères qui tissent, en chantant, la grandeur future de la patrie.Et combien d'autres sujets, plus graves ou plus humbles, que l'on retrouve parmi les préoccupations ou les amusements de chaque jour! Histoire, roman, folklore, légendes ou chants d'autrefois, tout ce qui forme l'ensemble des traditions."Mon Magazine" puisera dans ces trésors pour apporter chaque mois, à ses lecteurs, petits comme grands, le repos et la gaieté.C'est promettre beaucoup, mais il donnera bien davantage. Mon Magazine, Janvier 192tî "ACTIVE LA CIRCULATION" bon km ion i il s i ^01 s FORME CONCENTRÉE, LE Mill i ii ¦ l»i BOEUF liuel^rvw:^u^eau UNE OMELETTE BOVRIL IURKITIONS I—Pour chaque deux oeufs, ajoute! une cuillerée à thé de BOVRIL et un tiers de tasse de lait.Mélange* et cuises de la façon ordinaire.Assaisonnes au goût.Une addition d'un peu d'oignon râpé ou d'herbes donne du piquant à l'omelette.Cette omelette mettra «lu boeuf dans votre système Mon Magazine, Janvier 1926 Quelques-unes des Treize Soupes délicieuses CLARK: POULET LEGUMKS QUEUE DE BOEUF CONSOMME JULIENNE TOMATES W/7H0 ^lWH,iimited,moiM Les Cuisines CLARK vous aideront.Madame.prenez par à servir d'excellents mets sans cuisiner exemple les Fèves au Lard CLARK.Voyez comme on est content de les voir — comme grands et petits s'empressent de passer leur assiette! et pourtant ce plat vous coûte peu et il n'y a qu'à taire chauffer! Nombreux sont les autres mets CLARK qui vous attendent chez l'épicier: Soupes (13 sortes) Bœut Salé, Viandes en pâté, Dîner Bouilli Canadien.Vous n'êtes jamais désolée à l'arrivée d'un hôte imprévu quand vous avez dans la dépense un assortiment des mets préparés CLARK.W.Clark, Limited MONTREAL Etablissements à Montréal, P.Q.St-Rémi, P.O.et Harrow, Ont.¦
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