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Titre :
La Revue moderne.
Publiée à Montréal de 1919 à 1960, La Revue moderne est une revue généraliste mensuelle de grand tirage qui vise principalement un public féminin. La publication prend le nom de Châtelaine en 1960. [...]

Publiée à Montréal de 1919 à 1960, La Revue moderne est une revue généraliste mensuelle de grand tirage qui vise principalement un public féminin. C'est la journaliste d'expérience Madeleine Huguenin, de son vrai nom Anne-Marie Gleason, qui fonde La Revue moderne. L'éditeur torontois Maclean Hunter achète la revue en 1960 pour fonder Châtelaine, toujours publiée aujourd'hui.

La Revue moderne se donne une double mission, à la fois intellectuelle et populaire, qu'elle maintiendra tout au long de son existence. Elle vise à satisfaire à la fois une clientèle intellectuelle intéressée par la science, la littérature et les idées, et une clientèle populaire à laquelle elle offre un contenu de divertissement adapté au goût et à la morale du Canada français. Les deux sections de la revue sont autonomes et évoluent en parallèle.

Dans les premières années de son existence, La Revue moderne vise une clientèle aisée, qui profite d'une certaine croissance économique d'après-guerre. En font foi les annonces publicitaires de produits de luxe et le grand soin mis dans la conception des illustrations. La revue prend un ton qui va à l'encontre du nationalisme alors en vogue véhiculé par Lionel Groulx et Henri Bourassa.

La Revue moderne montre dès le départ un intérêt certain pour la littérature : en plus de publier des romans-feuilletons, elle compte sur des collaborations de Louis Dantin et de Louvigny de Montigny. De 1930 à 1935, l'engagement de Jean Bruchési pour la littérature canadienne alimentera aussi le contenu littéraire de la revue. Celui-ci sera ensuite plus orienté vers la France. Dans les années 1950, La Revue moderne fait moins de place à la littérature, et s'intéresse davantage à la télévision.

Plus de la moitié du contenu de La Revue moderne est voué aux pages féminines. Un roman de littérature sentimentale et d'évasion, visant particulièrement la clientèle féminine, y est publié en feuilleton chaque mois. Ces romans sont principalement l'oeuvre d'auteurs français, dont la romancière Magali, qui jouit d'une immense popularité. Les pages féminines traitent de la mode, des soins de beauté, des arts ménagers, de l'éducation des petits et d'activités mondaines, comme le bridge. Le public féminin est aussi la principale cible des annonceurs.

La lectrice type de La Revue moderne est mariée et mère, elle est citadine et catholique, aisée et charitable, sentimentale et raisonnable. Elle a le souci de son apparence et de celle de son foyer. Elle bénéficie de temps libres pour se cultiver. C'est une femme moderne intéressée par les nouveautés, mais pas féministe pour autant. Elle ne cherche pas à rompre avec la tradition. Cela changera avec Châtelaine.

La Revue moderne gagnera des lectrices jusqu'à la fin de sa publication. Le tirage de la revue, de 23 120 en 1922, passe à 12 904 en 1929, à 31 343 en 1940, à 80 000 en 1944 et à 97 067 en 1956, pour atteindre un peu plus de 101 650 exemplaires en 1960.

La publication de La Revue moderne est interrompue pendant cinq mois de décembre 1938 à avril 1939, pour revenir en mai 1939 avec une nouvelle facture graphique. Cette renaissance est attribuée à Roland Beaudry, alors vice-président et administrateur de la revue.

En plus des collaborateurs nommés plus haut, La Revue moderne s'attire la participation de personnalités comme Robert Choquette, Albert Pelletier, Alfred DesRochers, Michelle Tisseyre, Jehane Benoit, Damase Potvin, Ringuet (Philippe Panneton), Alain Grandbois, Robert de Roquebrune, Gustave Lanctôt, Adrienne Choquette, Germaine Guèvremont, René Lévesque, Jean Le Moyne et Valdombre (Claude-Henri Grignon).

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1982, vol. V, p. 294-295.

DES RIVIÈRES, Marie-José, Châtelaine et la littérature (1960-1975), Montréal, L'Hexagone, 1992, 378 p.

PLEAU, Jean-Christian, « La Revue moderne et le nationalisme, 1919-1920 », Mens, vol. 6, no 2, 2006, p. 205-237.

RICARD, François, « La Revue moderne : deux revues en une », Littératures (Université McGill), no 7, 1991, p. 76-84.

Éditeur :
  • Montréal :[s.n.],1919-1960.
Contenu spécifique :
juillet
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • Châtelaine.
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Références

La Revue moderne., 1951-07, Collections de BAnQ.

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Mille fois merci.maman! La nouvelle épousée au radieux sourire sait tout ce que ses parents ont fait pour elle .les mille soins attentifs dont sa more l'a entourée, tous les bons conseils qu'elle a reçus de cette maman qui a été son éducatrice et son appui jusqu'au plus beau jour de sa vie.La Canadienne qui par son influence réussit à bien former le caractère de sea enfants, a le droit d'être fière de son oeuvre.Elle est vraiment "le coeur du foyer".Elle donne le bon exemple aux siens .2 leur apprend à penser juste, à marcher droit, à devenir de bons citoyens .elle favorise l'éclosion de qualités qui, chez ses enfants et ses petits-enfants, perpétueront la grandeur du Canada.La Canadienne exerce une influence également salutaire sur l'alimentation de la nation.Justement exigeante, elle impose à tous les fabricants de produits alimentaires une production de qualité constante.Weston est particulièrement fier de ce que le pain, les biscuits, le* gâteaux, les bonbons et les autres produits Weston sont les favoris des mJ:nagères Canadiennes depuis plus de 65 ans.Achetez toujours les meilleurs—achetez les produits Weston tifea&i* GEORGE WESTON LIMITED CANADA \iiTi!i;-iinii; du mnn\ Mesurant 25 pieds, cette statue a été érigée en 1881.Sur une des trois terrasses du cap altier qui porte le beau nom de Trinité et domine le Saguenay, s'érige la statue Je Notre-Dame du Saguenay.Il y aura cette année, soixante-dix ans que ce monument fut consacré, et des pèlerinages ont été organisés qui attireront des milliers de fidèles vers cet endroit fameux.Ce fut en 1881 que ce monument fut élevé sur le cap Trinité, mais le voeu en avait été fait dix ans plus tôt, comme acte de foi et témoignage de reconnaissance.En 1870, déjà, les gorges du Saguenay étaient une des beautés naturelles qu'on venait admirer de fort loin.Au cours d'un voyage à bord d'un vapeur du Saguenay, un Québécois fut frappé d'une maladie que l'on crut mortelle.La victime promit d'ériger une statue à la Vierge — advenant sa guérison.Cette requête fut exaucée et la statue, qui mesure 25 pieds, en est la pieuse réalisation depuis 1881.Revêtue de plomb, elle a lésisté aux pires rafales et tourmentes de neige.C'est aujourd'hui une des statues les plus célèbres de l'Amérique du Nord.Durant ces soixante-dix années.Notre-Dame du Saguenay a été admirée et vénérée par les millions de personnes qui ont vogué sur cette rivière magnifique; plusieurs dévots ont fait ce voyage après avoir visité le sanctuaire de la statue miraculeuse de Ste-Anne-de-Beaupré.Cette année, cet itinéraire sera d'une importance spéciale pour les nombreux excursionnistes qu'intéresse l'histoire de la province de Québec.Rappelons ici les centaines de fidèles qui, en juillet, prendront part au pèlerinage de Ste-Annc, conduit par S.E.le cardinal Spellman, de New-York.Après une messe spéciale à l'Oratoire St-Joseph, à Montréal, et une autre à la basilique de Ste-Anne, un grand nombre de pèlerins poursuivront leur voyage jusqu'au Saguenay, à bord des paquebots des Canada Steamship Lines.Ils visiteront l'historique chapelle de Tadoussac, dont les annales remontent presque à l'an 1600 (c'est la plus ancienne des mission nord-américaines).Et, surtout et avant tout, ils verront Notre-Dame du Saguenay! Un grand nombre de pèlerins sous la conduite de S.E.le cardinal Spellman, après avoir pris part au pèlerinage de Ste-Annc de Beaupré, poursuivront leur voyage jusqu'au Saguenay.a" M Mme Colman reçoit la visite de mi liey < ¦ >¦ tante Avon, Mme Aliiiigc W.S;>rou//, cl c/toisil ses produits."La Pi nul ri- Avon est absolument pur-faite!" dit la charmante Mme Ronald Colman."Parfaite, car clic couvre et lient pari alternent.Et les adorables teintes, si naturelles, sont flatteuses à tout visage." Vous serez aussi enthousiasmée que Mme Colman lorsque votre Représentante Avon vous fera la demonstration de cette Poudre et des autres c\ cellents produits il \\ ' m .f-o>ihI.hon do piiste ou chèque accepté.Membre de l'aboi Utlon de» Editeur* de Maimxlnee du ' anada.Autorise comme envol postal de la deuxième clause.Ministère dee Portes 1 ntawa.L.A RBVTJE MODERNE eat publiée mensuellement par la Revue Moderne Inc., -es bunaux et atelier», 5225, De Oaapé, ft Montréal — TAlon 7245.— Directeur Je la publicité: R.-J.Brown.Bureau de Toronto, 9 eat, rue Wellington.Wilfrid C.atovel AMOClate*.Imprimé au Canada POUR VOTRE SÉCURITÉ, CET ÉTÉ Le soleil, l'air frai*.I'exerrire rt la détente sont indi*pcn*ahlc* à la santé.Maintenant que l'été c*l arrivé, le*, médecin» exhortent i hacun à profiler de I cmrdi-inii qui s'offre de jouir du prand air.Malheureusement, le» vacance» d'été sont souvent pâi liées par des accidents et des blessures.Aussi, est-il important de savoir donner les premiers secours el de connaître les autres mesures «pli peu- vent prévenir une infirmité prave .et parfoi-, mem** -auver une vie.Il convient de se souvenir que, si un accident survient et qu'on ne *oit pa- sûr de la pravité de la blessure, la seule mesure à prendre qui ne comporte pa- de ri-qnr.i r-i de ftiitf n-rur /«¦ un o*er aux rayons du soleil.Lorsque vous voyagez en automobile — Prenez toujours parde aux autres voitures sur la route.Nous éviterez peut-être ainsi un accident, même si les autres automobilistes n"ob*ervenl pas les rèple-rjicnts.En se tenant alerte, on peut souvent prévenir une situation qui entraînerait peut-être un accident.Prenez toutes les précaution- |wi— ihle* pour vous protéper vous-même lorsque vous voyez que les autres sont imprudents.Lorsque vous faites de l'exercice — Assnrez-v nus que v ou» ne prenez pas trop d'un penre d'exercice auquel vous u êtes pas habitué.Dm le doute, la meilleure rèple à suivre, c'est de consulter votre méderin sur l'activité que vous pouvez wui* permettre, durant le week-end et les v araure-.Il vous dira quel Retire d exercice von* srr.i le plu* salutaire et le moins danpereux.De toute façon, évites de trop vous fahpuer.Lorsque vous êtes a la campagne — Prenez parde à l'herbe à pure.I ne bonne recommanda lion à *uiv re, c'est de se métier îles plantes à troi-% folioles.M étiez-vous épa lenient d'autres plantes toxiques comme le toxicodendron et le sumac vénéneux.Ave/, soin d apporter le nécessaire pour traiter les ble-Mires sans import a nre, comme les coupures et les brûlures.Lorsque vous partez en voyage — Assurez-vous que votre voilure est en Ihui état.Il importe de taire examiner les freins, le mécanisme de direction, les phares, les pneu- et 1rs antres parlies Cs-enl ii-Ile-.Sonv cnc/.-v ou*, au»-1, que plus voire voiture est usée, plu* son mécanisme doit cire examiné avec soin.Pans la plupart de- loi alite-, I'\—.oriaf imi anihiil.ini n'rc Si-Jean offre de- cour* *ui la I at on de donne i le- |ir r m ni - -eroui *.>i v nii-suivez ces cour*, von* *erez à même d'apir proiuplemrut et eflicarement lorsque quelqu'un se lde-*r arrnlrnirllrment.Ccene*mt c»*m>* in - MfTiwnxiiin irr mmumh courier Metropolitan Life Insurance Company {COMPAGNIE À FORME MUTUELLE) Siège Social: New-York Direction Générale au Canada: Ottawa Metropolitan Life Inturonce Co.Direction Générale au Canada; Ottawa Veuillez ni chure gratuite "Premier» Seeour» Nom Rue Localité oipodier lu lire te il.i r i.i ¦ La voiture qui a oblige les automobilistes à modifier leur point de vue ! 700 tli'jwulnira à votre service, d'un océan à l'antrr Un nomhkk toujours croissant d'acheteurs d'automobiles Tout aujourd'hui une extraordinaire constatation: il est possible de réduire les frais d'entretien ci de fonctionnement d'une automobile de plusieurs centaines de dollars par année, tout en continuant d'obtenir le rendement d'une bonne voiture.Chaque jour, de nouveaux automobilistes (ce fut le cas pour 20,000 l'an dernier) apprennent avec joie que la nouvelle Austin sedan 4 portes, modèle Devon A-40, possède exactement tout ce qu'ils util inli ni il 'uni automobile—à des centaines de dollars de moins que ce qu'ils ont coutume de payer.La Austin Devon A-40 reserve plusieurs surprises au nouveau conducteur: Grand luxe: riche décoration intérieure, sieges rembourrés en Dunlopillo et couverts de cuir crépi, et carpette épaisse.Confort étonnant: un voyage reposant, sans chocs, est assuré par des ressorts il boudins et à lames, parfaitement équilibrés.Grande facilité de conduite: la direction est tellement bien équilibrée qu'il sntlit de tone lier le volant du bout des doigts pour prendre une courbe ou Hier comme une llèchc sur la grand-route.Vitesse?Souplesse de fonctionnement en circulation intense?Roulement facile, sans effort, sur la grand-route?Austin vous assure tout cela aussi.La Austin vous offre exactement tout ce que vous attendez d'une automobile luxueuse—à un prix beaucoup moindre.De plus, le prix d'achat minime d'une Austin ne se compare qu'à ses frais d'entretien et d'usage étonnamment bas.Si nous projetés l'achat d'une voiture neuve cette année — ne manquez pas d'examiner attentivement la Austin.Vous ne le regretterez pas.THE AUSTIN MOTOR COMPANY (CANADA) LIMITED 1J9J Yungc Street, Toronto OU QUE VOUS ALLIEZ.VOUS TROUVEREZ AUSTIN I» «>IIIU II I I IIIKM H i Pardonnez-moi.madame, si j'ose nous écrire.Ma lettre va peut-être remuer en vous de douloureux souvenirs, et pourtant il faut que je vous écrive ce soir, pour vous remercier.Cinq ans après!.J'ai mis cinq ans à comprendre — ou plutôt, non.j'ai mis une seconde: l'instant où je vous ai vue apparaître, aujourd'hui, chez ma mère, vous, madame, presque aussi belle qu'au temps où je vous aimais.Non, ne vous mettez pas en colère.Je vous ai aimec.c'est vrai, et je n'en éprouve ni honte ni remords: au contraire, il me semble que cet amour a illumine ma jeunesse.J'avais à peine vingt ans et vous en aviez presque quarante: et après?.Mon cas n'est pas unique.De même que les 1res icuncs filles sont attirées p.u les hommes aux (Suite en pose 21) Cinq ans plus 161.Li charmante femme lavait manoeuvré comme une marionnette et il lui écrivait pour I en remercier.LA REVUE MODERNE — Il II I I T 10") ' Simone se souviendrait toute sa vie de ce soir de printemps parisien! Notre-Dame, ce joyau d'architecture, se dorait lentement sous les ravons du soleil couchant.La lumière décroissante empourprait le porche aux saints sculptés, caressant les statues du tvmpan, accrochant un halo sanglant aux gargouilles hérissées, transformant aussi les arhres du square de l'archevêché en quenouilles de flammes.C'était par un soir de temps clair, vers neuf heures, et les parisiens, déchargés de leurs travaux et de leurs soucis quotidiens, prenaient le frais, tout comme de piivihlcs citadins au fond de leur province.Des enfants jouaient dans le square en poussant des cris aigus; sur les bines, des couples s'isolaient pour des colloques sentimentaux.L'air sentait le renouveau, respirait l'amour et renvoyait l'écho de tendresses chuchotccs, de baiters échangés.l'Ail >l M UNI IIWXYL Par cette soirée, où tout renaissait à la vie et à l'espoir, Simone, promeneuse solitaire, marchait de long en large sur le trottoir, allant du square jusqu'à la plus proche station de métro.Malgré l'heure, la bouche de sortie vomissait toujours son contingent d'humains, et cet endroit était encore animé par une circulation intense.Elle était seule et pourtant, n'était-clle pas une jolie femme?Elle portait avec une crâne allure un strict tailleur bleu marine.Un coquet chapeau de paille dégageait ses cheveux Mnnds, abondants et soyeux.Sa jupe, très courte, permettait de voir ses jambes fines et nerveuses, terminées par de petits pieds chausses tie daim, qui marquaient i) un pas décidé l'asphalte du trottoir.Son regard était doux et malicieux.Sa physionomie pétillait d'intelligence et son nez retroussé ajoutait du piquant à son visage.Cependant, Simone faisait toujours la navette et la personne la moins avisée, la moins psychologue, en constatant ce manège, se serait dit qu'elle attendait un amoureux.En fait, elle cherchait bien quelqu'un.N'apercevant pas la silhouette qu'elle espérait découvrir parmi les arrivants débouchant du souterrain, machinalement.Simone retira l'un de ses gants afin de regarder l'heure à son bracelet-montre.Puis, reprenant patience, elle continua a faire les cent pas, tout en fredonnant un refrain à la mode.Elle marchait, marchait toujours, inlassable, allant a un rythme régulier, comme ces abeilles qui volent de ruche en ruche avec une persévérance accrue.Une fois de plus, au cours de sa na- vette, elle se tourna face au métro et, les veux perdus dans cette cohue débordante, se trouva nez à ne/ avec un jeune homme qui.justement, parvenait en haut de l'escalier de la station.Tous deux se sciaient heurtés si, brusquement, il ne s'était arrêté pour allumer une cigarette.Irrésistiblement, leurs regards se croisèrent.Mais, faisant un pas en arrière, sans plus accorder d'attention à cet incident des plus minimes, elle reprit sa promenade interrompue.Lui.cependant ayant tiré une bouffée de sa cigarette, la suivit des yeux.Son regard admiratif semblait lui dire qu'elle incarnait pour lui tout le printemps.Ce soir lumineux et paisible où ils étaient seuls, chacun de leur côté, les incita à quelque fantaisie.Elle le devinait parisien, prêt à se servir de toutes les ressources que peuvent parfois procurer les flâneries.Il paraissait avoir environ vingt-sept ans.Il était grand, brun, n'ayant rien d'un Don Juan entreprenant, mais possédant, au contraire, un charme profond qui devait plaire aux femmes.Fier de sa jeunesse, il pista Simone, non en marchant derrière elle, mais en espérant la rejoindre par un détour opposé.Il n'avait pas fait quelques mètres Qu'elle l'apercevait déjà, venant à sa rencontre.Et cette fois-ci, elle souriait d'un air amusé.Alors, il s'enhardit enfin.A brûle pourpoint, il demanda: —Il y a longtemps que vous m'attendez.Mademoiselle?Il parlait sur un ton si sérieux qu'elle pouvait s'y méprendre.Certainement, c'était bien là, celui qu'elle attendait.—Cinq minutes à peine! Et, sans qu'elle eût éprouvé le moindre étonnement, ni exprimé la moindre observation, ils reprirent leur marche, cote à cote, cette fois.Ils suivaient maintenant le trottoir le long des quais, où les bouquinistes avaient déjà fermé sur leurs étals les couvercles de fer.Doucement, il la guida vers l'un des cafés de la place Saint-Michel.Ils s'assirent dehors, car la nuit était tiède.Les dragons de la fontaine lançaient par leurs naseaux des jets d'eaux étincelants comme une poussière de diamant.En face, un restaurant fleurissait ses fenêtres de caisses d'hortensias qui mettaient une note gaie dans le paysage.Plus loin, la Seine charriait ses eaux lourdes entre ses quais de pierre où la verdure des arbres nouait une ceinture d'émeraude à la robe grise des édifices.Simone voyait son compagnon plein d attention vis-à-vis d'elle.Il commanda deux portos et des petits fours.Peu à peu, ils s'abandonnèrent a l'attrait de ce tête à téte.IK se parlaient le plus simplement du monde comme s'ils avaient déjà de nombreuses affinités.Il lui expliqua comment, lui qui, quelques instants auparavant, se disposait à rentrer dans le petit appartement qu'il occupait seul et où il comptait travailler durant la soirée de façon studieuse, il se trouvait à ses côtés, captivé par sa gracieuse présence.Attiré vers elle par une mystérieuse et soudaine impulsion sentimentale, il lui disait combien il éprouvait de plaisir à ce téte à tète.tSuile en page 16) LA RLVUL MODLRNC — JUILLET 1951 9 FAIRE RIRE LES GENS, CÀ VOUS MÈNE LOIN, Le comique français, depuis l'autre guerre, s'est appelé Fernandel.Plus récemment, on a découvert Bourvil et le public s'en est emparé.dit Bourvil, paysan normand de B n ii r v i I I e par CHRISTIANE FOURNIER et FRANCIS PACAUD Le comique français, depuis l'autre guerre, s'est appelé Fernandel.Plus récemment, on a découvert Bourvil.Nul n'a été plus contesté que ce paysan normand au parler du terroir, au sourire benêt, au front bas, dont le geste paraît mieux fait pour ramener la faux que pour signifier des états d'âme.Lui.disaient ses adversaires, un comique! Qu'il retourne plutôt dans sa ferme.Pourtant le public s'en est emparé.Pas seulement le public parisien, égayé par sa drôlerie authentique de paysan normand, mais celui de la France tout entière pour sa drôlerie tout simplement, puis, hors de France, les pays de langue française, et récemment l'Amérique Bourvil est né à Bourville, en Normandie.Il a pris le nom de son village, tout simplement.C'est là qu'un beau jour nous sommes allés le chercher.Par surprise, sans être invités.A Rouen, nous prenons la route nord-ouest.A mesure que nous avançons, les plaques indicatrices deviennent plus rares.Bourville: ce devrait être par ici.Pourtant nous sommes perdus.Voici un paysan coiffé de chaume en bordure de son champ.—.Bourville.ben par le fait vous y êtes.Vous prenez le chemin de gauche, pis après celui de droite.C'est comme qui dirait tout droit, on peut pas le manquer.Ah! C'est M.Bourvil que vous voulez voir.Bourvil, comme vous dites.A c't heure, il doit être dans la ferme avec ses parents et avec sa dame.Mais si vous venez pour la photographier, sa dame, m'est avis qu'elle voudra point, parce que, à c'qu'on dit.elle aime pas être su'i'journal.Lui, dame, c'est une autre affaire, vu qu'c'est son métier.d'être su'i'journal.Gauche.droite.c'est-à-dire tout droit, comme on dit en Normandie.Maintenant, dans Bourville.on cherche Bourvil.Mais justement vient d'apparaître au tournant une Chevrolet qui tient tout le chemin.Au volant, un Bourvil très new-look, la pipe au coin de la bouche, les cheveux brossés en arrière.Et une gentille dame à côté de lui.Nous lui faisons signe.De toutes façons, comme on ne peut pas passer deux sur le chemin, il s'arrête.Et Bourvil reconnaît le doux M.Chevriau.tailleur des vedettes, qui vient lui faire un essayage à domicile, puisqu'il ne veut pas venir, lui.pour un essayage à Paris.Mais ces journalistes qui sont aussi dans la voiture, cela ne lui dit rien de bon.—le vais à Dieppe, dit-il, sans retirer sa pipe de sa bouche.—C'est pour l'essavage.M.Bourvil.c'est urgent! M.Chevriau se fait persuasif.Et Bourvil consent, sans aucune envie de rire: —C'est bon, je reviens.Nous le suivons.La ferme apparaît: c'est une gentille maison, de style pur normand, recouverte de chaume, comme la tète des gens.A sa suite, nous entrons dans la ferme.Il descend.Nous descendons La petite dame est si discrète qu'on a l'impression qu'elle disparaît.—Cette ferme-là, explique Bourvil.c'est la ferme de mes parents Je vais vous faire entrer dans une petite pièce pour cssa\er Une petite pièce, mais c'est tout.—On peut même, à la rigueur, essayer dehors, propose André Chevriau.—Dehors.non, accorde Bourvil.Pis tout le monde nous verrait.On va essayer dedans.Mais vite.Mais vite, et nous sommes de trop.Nous, les journalistes.Et voici le petit "salon d'essayage" du moment: une table de milieu, quatre chaises autour.Comme ornements: une plante verte dans un cache-pot en cuivre, le tout habilement juché sur un poste de radio.—Vous porterez un costume rayé de ce tissu d'époque, un canotier.Pour le canotier, je prends votre tour de tète, explique M.Chevriau.Voici: 58.Apres un costume, un autre costume.Fnfm l'essayage est terminé; nous suggérons timidement a \l Bourvil de nous faire faire le tour du propriétaire.Mauvaise idée: —Non, pour sûr.dit-il.Et je ne tiens même pas à ce qu'on prenne des photos par ici.Parce que la ferme, je vous l'ai dit.elle est pas à moi: elle est à mes parents.Et la ferme, ce n'est pas un décor, ni une villa de plaisance, c'est une ferme.Parce que.je vous le dis.il faudrait pas croire tout ce qui est écrit dans les journaux.—Cela, monsieur Bourvil, si j'ose m'exprimer ainsi, nous sommes payés pour le savoir.Il est reparti, très seigneur du village, dans sa Chevrolet.Aujourd'hui.Bourvil ne s'étonne plus de rien.Comme il écrivait en rentrant d'Amérique: "Faire rire les gens ça vous mène loin " J'ai pensé à cela hier soir, quand le petit bateau nous emmenait vers le "Queen Elizabeth".C'est sur ce "Queen Elizabeth" que.au faîte de sa gloire, Bourvil connut une émotion nouvelle: —Quand l'équipage m'a invité à sa petite fête, je ne savais pas ce qui m'attendait.Dans les profondeurs du bateau, ce qu'on appelle les soutes, je suppose, ils avaient construit une scène complète avec rideaux et rampe, il \ avait des tours de chant amateurs, fort jolis d'ailleurs.J'allais chanter en anglais pour la premiere fois.Je monte sur la scène, je fais signe à O'Brady d'attaquer "Houpctto la Bella" le m'approche du micro, et qu'est-ce que je vois?Le duc de Windsor, au premier rang.Comme si j'avais avalé un grand verre de marc de chez nous sans y goûter, d'un seul trait.Mais ça a très bien marché.Le duc riait comme un roi.Quand j'étais parti, les gars criaient encore: "We want ihr /winy Frem hnuin " Et qu'on v pense un peu: il y a un certain mérite a être le "funny Frenchman" de l'époque atomique! LA REVUE MODERNE — JUILLET IQjl 10 Tùzwteâ, stoat c&xtâe Lu nostalgie de lu mer est une maladie commune à beaucoup dans tous les pays du monde.Forcés pour une raison quelconque de renoncer à leur vocation ou à leur métier de marin, quelques-uns de ces poètes qui s'ignorent essaient en construisant des navires sous cloche de recréer autour d'eux une utmosphere qui leur rupelle leur réve uvorté.Les grands voiliers qui purcouruient les mers du globe, il y u cent cinquante ans, sont ù l'origine de ce passe-temps.Lu table de travail d'un de ces artisans ressemble à un chantier maritime en miniature, car la construction d'un de ces bibelots demande une connaissance nautique très étendue, une patience à toute épreuve, une habileté exceptionnelle et un tempérament urtistique authentique.Robert Vincent Gardner, dont on voit les oeuvres sur cette page, est lui-même un ancien marin.Apres vingt ans de service dans lu marine marchande, son mamais état de santé le força u lu relruite muis son pusse-temps favori le relie toujours .i la mer.La photo du haut nous fait voir quelques-uns des modèles de M.Gardner et le trois-niàts du milieu, au premier plan, l'oeuvre exécutée sous nos yeux.Cette ampoule de lampe de poche de tVt watts contient un trois-mâts à douze voiles.Le timbre-poste nous donne une idée exacte de la minutie et des soins aue réclame ce travail.t jÉÉrftiî^ .i s1 é G Bu* Dans cette ampoule de 100 watts on voit, superposes, un yahoo sculpte dans des arêtes «le poisson et un grand voilier éluncé sur une "mer" houleuse, en mastic bleu.L'artiste lui-même, Robert Vincent Gardner, et une partie de su Flottille, Dam certains cas, il va jusqu'à peindre, à l'intérieur des bouteilles, les ciels et les mers exotiques qui ont vu passer les grands voiliers d'autres siècles.LA REVUF MODEBNI — JUILLET 1Q5I 11 Les voiles sont taillées et montées sur une armature de bambou.A l'arriere-plan, outils pour travail à l'intérieur de la bouteille.La coque finie, peinte, on pose les mâts assujettis au pont et les haubans attachés au bastingage.Les voiles sont reliées aux mâts à l'aide de fil de coton.L'artiste exécute ici un travail délicat; la manoeuvre doit être exacte.La voilure est au complet, le navire tout gréé.Il s'agit maintenant d'affaisser voiles et mâture pour les introduire dans le col de la bouteille.Ceci fait, on redresse le tout à l'aide de cordes.Les voiles posées, il faut relier le bras de vergue au bout de la vergue.A remarquer le gonflement réaliste des voiles.L'oeuvre est terminée.Le navire repose sur ses vagues peintes el mi aperçoit des récifs à l'extrême droite.Le succès de M.G a r d n e i- a si fort Impressionné ses fils qu'ils suivront ses traces.LA REVUfc MODERNE — Jl'ILLM IUjl 12 Jim pose au propriétaire (levant son auberge.MON AMI JIM PAR \FHI\ E.GUN Sa vocation c est I amitié et le don incomparable qu'il a de créer une oasis de paix, de confiance et de Iiien-être autour de lui fail de son auhergp un asile sans pareil.Si dans le courant de l'été vous allez piloter votre \oiture vers New-York ou ses environs, prenez la route qui passe par l'Etat de Connecticut et frôle New-Haven, siège de la célèbre université de Yale.Le détour est insignifiant, le paysage enchanteur et je vous con-¦eille une petite auberge située entre West Haven et Milford.à un saut de l'autostrade du Merritparkway.Vous pourrez vous y reposer, beaucoup mieux que dans les torrides gratte-ciels de New-York.Et vous aurez l'occasion de connaître mon ami Jim.C'est presqu'un personnage de conte de fée, puisque en ces temps de haine et d'égoisme, l'amitié vraie est considérée comme étant hors de ce monde.Je ne sais plus quel philosophe a dit que l'amitié, contrairement à l'amour, est une question de choix.Pourtant, moi, je n'ai pas choisi mon ami Jim.Il m'a bien été imposé et je n'aurais pu refuser de faire sa connaissance, car à l'époque, j'étais un prisonnier.Les barret d,c m;i prison se reflétaient tristement sur mon costume rayé.Jim, lui, faisait partie du premier contingent américain qui avait libéré le camp de concentration de Dachau oil pour des raisons multiples et toutes très originales, le gouvernement allemand de l'époque, m'avait offert un séjour qui ne manquait ni de variété ni d'imprévu.Je l'avais rencontré devant une pile de cadavres, dans les parages du four crématoire.Bien qu'à cette époque c'était lui l'homme disposant de tout, à cause de son prestige de libérateur, et moi, une toute petite chose insignifiante, une fourmi dans une fourmilière affamée, j'avais pourtant quelque chose qui l'intéressait- un appareil photographique.Je l'avais "organise'' grâce à un camarade ukrainien qui la nuit s'échappait du camp pour opérer des raids dans les appartements des SS.Avec cet appareil nous avons voulu — nous de la Résistance — fixer sur le film les scènes d'horreur qui resteraient comme un message à la postérité incrédule au cas où les allemands nous auraient fait sauter en l'air.Mais ceci est une autre histoire.Jim.lui aussi voulait un document, afin de persuader ses amis dans sa petite ville d'Amérique car il prévoyait leur incrédulité.Voila donc comment on était devenu amis.C ette amitié se développa: mes raisons étaient compréhensibles.J'aimais les conserves, le chocolat et les vitamines que m'offrait Jim.Il m'avait en quelque sorte adopté, je préférais travailler pour lui, qui s'occupait des medicaments de l'hôpital militaire, plutôt que de moisir dans la pourriture du camp.Quand je devins sérieusement malade, son aide me fut précieuse.Je suis mal placé pour exposer les motifs de Jim.Il prétend qu'il admirait mon courage et ma vitalité, mais je crois qu'il me flattait.Probablement, il aimait parler avei quelqu'un qui le comprenait et qui discutait avec lui politique, philosophie, les beautés d'un voyage en Suisse, alors qu'en généial, le reste des prisonniers ne songeai! qu'au trafic des cigaretles et de la pénicilline.Notre rencontre n'aurait été qu'une parmi les milliers d'autre camaraderies superficielles qui ont uni brièvement liht râleurs et libérés, si je n'avais pas été surtout fr;ipp.par un trait de caractère de Jim.Son affection si tendre et si sérieuse à la fois pour son épouse.Nous vivions à une époque trouble: les soldats couraient les aventures faciles et dans ces pays ravagés par la euerre.la notion des valeurs morales était nulle.Quand on voyait mère, père, enfants arrachés de force l'un à l'autre, torturés séparément, quand presque partout les foyers étaient détruits, quand on luttait sans arrêt pom défendre son droit à la vie, les principes moraux s'effa Client devant l'inexorabilite du destin.On pouvait diffi cilement imagnier un SS venant de fouetter un groupe de jeunes femmes, rentrer chez lui et écrire une lettre d'amour à sa fiancée.Et l'on pouvait encore moins facilement exiger des GI'S fatigués par combats et \ictoires, qu'ils se conduisent comme les séminaristes d'une belle petite ville de province.Et pourtant, mon ami Jim, qui devait certainement beaucoup plaire aux femmes, restait chaque soir chez lui.et me parlait longuement de sa famille.—"Mais ne songes-tu pas à t'amuser parfois, les tiens sont si loin et puis ils ne le sauront pas." —"Mais mon mariage est un mariage catholique.Ce que ma femme ignore, ma conscience le sait." Ce petit incident fut pour moi comme une révélation.La benjamine de la famille adore accaparer l'attention des invités.La voici jouant avec une jeune actrice française.Je découvris une oasis morale dans ce centre de perdition qu'était Dachau.Cela me fit l'effet d'etre libéré de nouveau.La première fois, on m'avait rendu la liberté physique, la seconde fois, on libérait mon esprit: Jim me faisait comprendre, que j'avais tort de croire, comme je le faisais depuis le début de la guerre, qu'il n'y avait que du mal, de la corruption et de la perfidie autour de moi.En le rencontrant, j'avais rencontré un homme qui se respectait et qui donc devait être respecter par les autres.Voilà comment je devins son ami.Nous nous quittâmes comme on se quitte dans l'armée.Un ordre, et il dut plier ses bagages et se diriger quelque part en Allemagne, alors que moi, victime du tsphus, je gisais insensible, sur les paillasses malpropres de l'hôpital du camp, tiraillé entre une garde-malade qui me voulait comme confident de ses déceptions romanesques et un servent qui avait l'habitude très originale de réveiller (le matin à sept heures} vivants et morts en déchargeant son revolver.(Oui, il était originaire du Texas.) Mais on essaya de se revoir Jim me demanda à l'Am- LA REVUE MODERNE — JUILLET 1Q51 13 hassadc à Paris, aux redactions de mes journaux en Suisse, alors que perche sur ma jeep, j'essayais de le découvrir dans les petites villes de garnisons depuis la Hollande jusqu'à l'Autriche.C'est vraiment étiange que Jes pens qui dans la vie normale parcourent à regret les quelques Kilomètres qui séparent leurs maisons, une fois a l'étranger, voyagent d'une ville, d'un pays à l'autre, uniquement pour se serrer la main.Mais je ne reus Jim que heaucoup plus tard, presque deux ans après, quand je m'étais déjà installe a New-York.Je savais qu'il n'était qu'a quelques quarts d'heure d'.iulo de chez moi mais ma nouvelle vie m'avait tellement accaparé, que j'avais toujours remis au prochain week-end la date de la rencontre.Puis à nouveau, un bouleversement se produisit dans ma vie, et tout comme .1 Dachau, je me sentis terriblement seul dans l'immense métropole.Les glalte-ciels prirent la forme des tourelles a mitrailleuses des SS nazis, et les gens dans les rues me semblaient être, comme moi, d'autres prisonniers.C'est alors que je cherchai désespérément un ami.Il se peut que nous autres écrivains exagérions fortement l'intensité de nos crises morales.Mais c'est peut-être parce que nous sommes plus sensibles que les autres, ou plutôt plus conscients de notre sensibilité, que nous pouvons exprimer avec plus de crédibilité certaines impressions.Peut-être aussi parce que nous vivons tous à une époque folichonne, où le drame nous coudoie quotidiennement que étant, harassés par l'atmosphère des grandes villes, nous avons soif de tranquillité, de réconfort et de cette "paix de l'esprit" dont parle Mgr Sheen (un des plus intelligents prélats américains).La présence de Jim me redonnait cette paix en me redonnant confiance en moi-même.Car encore une fois il personnifiait pour moi, un idéal auquel je ne croyais plus.Non pas par ses paroles, il parlait peu sinon de choses courantes.Non pas par ses gestes, sa vie était monotone et simple.Mais par sa présence même, disons par le magnétisme de sa personne.Car il avait et a le don incomparable de créer une oasis de paix, de bien et de confiance autour de lui.Je ne sais pas si les clients de son hôtel, se doutent de cela, ou bien s'ils croient que la raison de leur fidélité au "Elm Terrace Inn" est due à la bonne chère ou au confort des sommiers.Mais peut-être l'un d'eux a déjà découvert que c'est justement cette sensation de vivre dans une oasis morale plutôt que matérielle, qui est à la source du plaisir dans ce séjour.Si mon ami Jim n'était plus là.le paysage nous semblerait monotone, la maison vieille et délabrée, les jeux des gosses trop bruyants, la nourriture simple et peut-être qu'au lieu de sourire aux nouveaux venus et prendre plaisir aux bavardages des grand-mères, on passerait son temps à dire du mal du voisin et à en penser de soi-même.L'hôtel de Jim est plutôt une maison de campagne.Il se trouve au bord de la route, encadré par ces petites maisons aux jardins fleuris que l'on trouve partout dans On vient chez mon ami des quatre coins des Etats-Unis.Margaret Sheridan, l'étoile de cinéma, y oublie les soucis de sa carrière.la campagne américaine.Il est entouré d'une large galerie semblable à celles du Québec, où jeunes filles et jeunes hommes aiment à flirter en se balançant dans des fauteuils suspendus.Derrière, se trouve un terrain de tennis, un autre, de golf, et la plage n'est qu'à une portée de flèche Bien que les hôtes les plus disparates et parfois les plus inattendus, viennent passer quelques jours ou quelques semaines dans cette auberge d'été, mon ami Jim a le talent de savoir plaire à chacun et surtout de les intéresser.Il est toujours ici et là, à engager une bataille à la cuisine, une autre avec les "boys", à causer avec la vieille dame de Charleston, pour lui donner son avis sur le mal de gorge du bébé d'Un Tel et finalement à admirer la robe de la jeune mariée \enue passer sa lune de miel.Tout cela ne se produit pas par hasard: Jim a son système à lui.Il a un tas de petites fiches sur chaque client, où il note ses goûts, ses habitudes et.je crois, aussi ses défauts.Chaque année, il consulte ces fiches, essaye de recevoir les clients sympathiques, essaye sur- tout de les assortir dans le temps et l'espace avec d'autres clients.Lorsqu'il les retrouve, il a bien photographié dans sa mémoire certaines particularités de la fiche, et donc sait toujours trouver le mot qui séduit.Quand vous revenez après deux ans d'absence dans un hôtel où vous n'avez séjourné que quelques jours, et que l'on vous demande des nouvelles de l'examen universitaire de votre fils, vous ne pouvez pas ne pas être agréablement impressionné.Jim organise les plaisirs du lieu et j'aime le voir s'agiter tel un capitaine de navire et présider à une tombola ou bien danser avec les dames d'un certain âge qui n'ont pas trouvé de cavalier ou encore emmener tout le monde dans le quartier italien de New-Haven, dans une toute petite boite ou l'on offre des "pizza" savoureuses dont le seul aspect fait renoncer le juge du N.27 a sa diète habituellement stricte.Capitaine de navire, Jim l'est à sa façon, et je m'amuse de le voir inscrire sur une ardoise, tableau de bord en miniature, les divers événements delà journée: tout est marqué avec précision: minutes et secondes et il y a dans ces indications une certaine autorité à laquelle même le client le plus riche et le plus susceptible, ne saurait se soustraire.Le dimanche tout le monde doit se rendre à la messe.Même ceux qui ne sont pas catholiques hésitent à se soustraire a la gentille invitation de Jim.Il se peut qu'ils l'acceptent par curiosité ou uniquement par suggestion.C'est là une forme d'apostolat pas très orthodoxe mais qui donne ses résultats.L'église du village est d'ailleurs le pendant merveilleux de l'hôtel de Jim.C'est une petite bâtisse toute en bois, avec des buissons tout autour, et des petites fenêtres colorées qui entrouvertes laissent pénétrer le parfum de la mer voisine.Tout y respire le calme et la joie de vivre.Même le curé sait s'adapter à ses paroissiens estivaux et il ne les assomme pas de sermons théologiques.Il leur parle de la nature, du soleil, du sable qui les attend dehors, tout cela n'est-il pas une preuve de l'existence de Dieu.Le samedi soir, il y a fête.Les hôtes se groupent par table, au gre du hasard pensent-ils.Mais mon ami Jim a soigneusement étudié ses plans pendant toute la semaine et il sait placer la jeune fille aux tresse- blondes près de l'étudiant de philosophie et la veuve venue de Toronto à côté du médecin anglais en visite chez sa fille, une fiancée de guerre.Jim se dépense partout, sans arrêt, et j'ai parfois l'impression qu'il danse, discute politique et s'occupe des sandwiches, tout à la fois.J'ai beaucoup voyagé, mais son hôtel est le seul endroit que j'ai jusqu'ici rencontré aux Etats-Unis, où sans avoir touche une goutte d'alcool les gens sont très gais à onze heures du soir.Mais je ne vous ai pas parlé de sa famille.' Alors qu'en hiver, quand l'hôtel est fermé, elle jouit de la présence constante du père et le monopolise, en été la famille fait partie du personnel dirigeant.Le fils aine (Suite en page 27) A la fin du jour, avant que la brise venant du large, ait envahi la véranda, on aime bavarder et chanter.Toute la famille, profitant d'un moment d'accalmie, rcil.i-nic les derniers potins de New-York de notre correspondant.IA REVUE MODERNE — JUILLET 1Ç5I 14 COMMENT 0\ TRADUIT L'ELEGANCE FRANÇAISE L'original vendu aux Etals-Unis snKit maintes modifications qui permettront tant .1 l.i million nain- (|u à lr-\ Sparkling \\ ater.Et, ce qui est plus important, où que sou- soyez, vous obtiendrez la saveu naturelle de votre breuvaj si von- faites le mélange arec île la Canada Dry Sparkling W ater pure.Les 4/$ importants de votre breuvage CANADA DRY WATER LA REVUE MODERN*.— JUILLET 105 I 20 L'hôtel bien agencé a rendu, dans le p.issc.de grands services dans le domaine social et le monde des affaires.Les hôtels Sheraton d'aujourd'hui maintiennent cette tradition — leur aménagement en fait l'endroit idéal pour banquets, congrès des associations d'affaires et autres, expositions industrielles de toutes sortes.Renseignez-vous auprès d'un hôtel Sheraton.Dans tous les SHERATON Il si i:\ M | DE TELETYPE vous assure la location d'une chambre Kopidemenf ions Iroit, PAR itltJYPE, vout pouvei rffpnit une chambre dans l'un ou /'outre a*ei 30 ftôMf Sherofon du Conodo ef de! EU.el on confirme lo location.Communiquer utrr l'Iiôlrl Klirniliin tir mire illlr, MONT.ROYAL Le LA U R ENTIE N «entréel pSr, Monterai KING COWARD* ROYAL CONNAUGHT* Tereele •»> *1 Hemlllon GENERAL brock' '«¦«¦^ Le LORO ELGIN Nleura fmu lan, ni, ,,.OMiwi PRINCE EDWARD* Wlnd«er •Décoré o nouveau, remeublé el modernisé AUX f 41 •o ton • iaitimokE • eufiAio CHICAGO • DÉTROIT .'NEW YORK PHILADELPHIE .PITTStURC • PROVIDENCE l.l.• ROCHESTER • ST.IOUIS, " ¦ •f dont les oufref grondât viflet.coquet plateau orné d'un napperon brodé dont les dessins et les couleurs égayaient les regards.Simone retrouvait quotidiennement avec plaisir la série des petits pots, des petites assiettes et des cuillères, parmi lesquels trônait, ventrue, la théière fumante, nie accompagnait son thé de citron, coupant elle-même de fines rondelles sur le fruit doré.Elle tartinait ses toasts de beurre, de miel ou de confiture, et dégustait lentement son appétissant régal Elle s'amusait de cette dinette qui la mettait en belle humeur et séduisait jusqu'à sa femme de chambre qui lui disait: —On a toujours plaisir à servir Madame, qui est si gaie, si jeune! Simone souriait mélancoliquement pourtant, puis, tout en reprenant une tasse de thé, elle attendait son second plaisir matinal, encore plus grand, d'un ordre intellectuel, celui-là! Presque simultanément avec le plateau, la fidèle domestique apportait le courrier.Il y avait les.journaux dont Simone parcourait tout d'abord les manchettes et les nouvelles de première page, puis les annonces, pour revenir plus tard à une lecture plus approfondie.Lorsqu'elle avait pris également connaissance des lettres que lui adressaient ses correspondants, elle se plaisait à composer mentalement les réponses qu'elle leur enverrait.Grâce à son imagination, Simone peuplait ainsi sa solitude de présences amicales et variées.Ce matin-là, comme elle piquait les dents d'une petite fourchette au coeur d'un cake, elle reçut son courrier.Outre son habituel quotidien, il n'y avait qu'une seule lettre.Le visage de Simone s'éclaira.Elle reconnaissait l'écriture aux jambages courts, tracés à l'encre violette; la couleur du papier aussi lui était familière et même, le très léger parfum d'oeillet qui s'échappait des feuillets.—Comment, se demanda-t-elle toute joyeuse, a-t-il déjà eu le temps de m'é-crirc?C'est gentil de m'adresser un message après ces heures exquises que nous avons passées hier soir! Fébrilement, elle déchira l'enveloppe et s'empressa de lire les quelques lignes que contenait la missive.Mais, tout d'abord, elle ne comprit pas et fut obligée de recommencer la lecture.Tel était le contenu de la lettre: "Mon amie lointaine, "C'est avec grand regret que je prends aujourd'hui la plume, qui se fera peut-être une messagère de déceptions.Un empêchement, que j'espère bien vous expliquer prochainement de vive voix, me prive, ce dont je suis tout à fait désolé, de me rendre ce soir au rendez-vous que nous nous étions fixé sur la place de l'Archevêché.Je me réjouissais tant de faire votre agréable connaissance! Quel fâcheux contretemps qui me frustre d'une grande joie! J'espère que vous voudrez bien m'ex-cuser et que vous m'en accorderez la preuve en veuillant me fixer, pour bientôt, un nouveau rendez-vous?Nous pourrions, si vous n'y voyez pas d'inconvé-nients.choisir le même endroit et la même heure?Avec tous mes vifs regrets, veuillez croire.Chère Madame Anne, à mes respectueux hommages." La lettre était signée, comme convenu, par ces deux initiales: A.S., et portait comme adresse: Poste restante à Saint-Germain en Lave.La feuille s'échappa des mains de la jeune femme et glissa sur la peau d'ours blanche étalée devant son lit.Elle renversa sur l'oreiller un visage pâli oil s'exprimait la plus vive contrariété.File ferma les yeux pour mieux songer à ce qui s'était passé.Elle comprenait maintenant son erreur.Alors qu'elle croyait accueillir, la veille, son correspondant, c'était à un inconnu qu'elle avait parlé!.File rougissait en pensant à la façon dont s'était produite cette rencontre! Que devait penser celui qui l'avait accosté et qu'elle avait suivi sans se faire prier?Une grande honte l'envahissait.Simone, si fière.si réservée, qui ne se livrait guère dans ses lettres à ses amis ?LE MOIS PROCHAIN: • UN ROMAN COMPLET La gardienne par Suzanne Mercey • DEUX NOUVELLES Une jeune fille à la page Pavillon à louer LES ARTICLES Stampede à Calgary Carrefour des diplomates Arabesques masculines (ballet) *****?*?inconnus, ne pouvait mesurer à quel point elle avait abandonné tout contrôle de ses paroles, avec quelle liberté elle s'était exprimée au premier venu! Et pourtant, après tout, cet homme ne connaissait même pas son adresse.Si.par malheur, elle lui avait dit son nom! Au reste, elle était bien décidée à ne jamais revoir ce compagnon d'un soir! Cependant, Simone Harmel jugea que son mystérieux correspondant A.S.méritait bien quelques ménagements, puisqu'ils échangeaient régulièrement des lettres depuis plusieurs mois.Elle résolut de lui répondre.Se secouant enfin, elle sauta à bas de son lit, enfila un déshabillé de satin blanc et courut à son bureau.Elle choisit une feuille de vélin à son chiffre, pour ne dévoiler que ses initiales à son correspondant et traça quelques lignes: "Moi aussi, mystérieux Ami.j'ai beaucoup regretté de ne pas vous voir hier, j'étais fidèlement au rendez-vous; mais, puisque, aimablement, vous me demande/ un autre jour pour me rencontrer, voulez-vous que nous nous retrouvions après-demain, même heure, place de l'Ar chevêche?Je veux croire qu'aucun cm péchement ne viendra entraver notre reunion et que j'aurai ainsi bientôt le plaisir de faire votre connaissance?Simone H " File sourit en pensant qu'elle lui avail écrit plusieurs fois son prénom.Alors, tout à coup, elle s'étonna dîne pas avoir remarqué davantage que son bel inconnu de la veille ne l'avail jamais appelée Simone! Cette ignorance aurait dû lui être un indice, mais elle n'\ avait prêté que trop peu d'attention! Si elle avait été moins subjuguée par cet homme, elle se serait rendu compte qu'elle n'était pas en présence de son vrai correspondant! Au fond d'elle-même, était-elle tellement navrée de ce contretemps?CHAPITRE III Paul Semblac Alors, franchement, sincèrement, voulant se mettre en face de l'évidence, Simone réfléchit aux propos que lui avait tenu son compagnon.Comme au début de leur entretien il lui déclinait son nom, elle avait cru à une identité fantaisiste.Puis, il lui avait raconté sa vie.Si elle avait été moins grisée par sa présence, elle se serait bien rendu compte que le* détails de cette existence ne s'accordaient pas avec ceux que lui avait donné son véritable correspondant.De mémoire, elle s'attardait maintenant aux confidences de celui qui lui avait dit se nommer Paul Semblac.En imagination, elle le voyait regagnant la vieille rue Saint-André des Arts, où il habitait, tout en évoquant le souvenir de la soirée qu'ils venaient de passer ensemble.Il lui avait dit (elle se souvenait des moindres détails de leur causerie! qu'ayant été retenu par ses affaires, il avait pris le métro afin de rentrer chez lui, après avoir sommairement dîné dans un bar.Il aimait assez la solitude, qu'il savait rendre féconde en travail.Il avait justement une commande urgente à réaliser et il pensait profiter de ces heures de liberté pour en ébaucher la maquette.Paul Semblac était artiste-peintre.Outre les nombreuses toiles qu'il brossait d'un pinceau large et vigoureux, il était connu dans les milieux du théâtre et du music-hall étant souvent chargé de composer des décors qui étaient fort appréciés.Ayant déjà en tête le projet qu'il devait exécuter, il sortait de la bouche du métro, allumait une cigarette dont la fumée bercerait heureusement le rythme de son iospiration.lorsque brusquement, il faillit heurter cette jeune femme blonde qui n'était autre que Simone! Les yeux intelligents et le charme de celle-ci l'avaient tout de suite conquis et.tout à coup, avec cette fantaisie et cette insouciance qui sont le propre des artistes, amis du hasard et de l'imprévu, elle lui avait plu! (Suite en page 32) LA REVUE MODCRNC — JUILLET 1951 07 Ir.iililii.ih illlOSIMTALITE A l'époque du Bill de réforme — début du 19e siècle — les banquets étaient très populaires La célèbre auberge londonienne "Crown and Anchor" était l'établissement-type où l'on faisait bombance. 21 MADAME».(Suite de la page 7) tempes argentées, il arrive que des garçons très jeunes s'éprennent de femmes épanouies.Surtout les garçons de mon espèce, les rêveurs, les "romantiques attardés" qu'effarouchent les allures trop lihrcs de certaines jouvencelles modernes.Vous étiez la mère de Claude, mon meilleur ami.La première fois que je vous ai vue, je m'en souviens, j'ai cru que vous étiez sa soeur aînée; vous étiez si différente de ma mère à moi.Vous connaissez maman, c'est une créature exquise et je l'adore, mais, ahsorhéc par ses soucis de maîtresse de maison, elle ne vit que pour son mari et ses enfants, qui en abusent avec un égoïsme tranquille, et elle a renoncé depuis longtemps à la parure et à la coquetterie.Pour moi, toutes les mères étaient à son image.Tandis que vous!.vous étiez veuve depuis longtemps, et vous aviez élevé votre fils toute seule, en dirigeant la maison de commerce que votre mari vous avait laissée.Cela vous donnait une assurance, une autorité qui me fascinaient, moi qui ai toujours été indécis.On parlait de vous avec admiration: "Mme Valbert, quelle femme étonnante!", disait mon père.Et ma mère ajoutait naïvement: "Je ne sais pas comment elle fait pour rester aussi jeune! Car enfin, elle a presque mon age." Moi, je ne cherchais pas à savoir, si vous aviez des secrets magiques pour conserver cette taille, ce teint, cette démarche et cette vivacité.Je ne voyais que le résultat, qui m'émerveillait; vous étiez la plus belle de toutes les femmes que je connaissais.Certes, parmi nos relations, il y avait des jeunes filles jolies ou piquantes; mais une beauté comme la vôtre, régulière et sculpturale, est assez rare et c'était ce genre de beauté qui m'attirait à ce moment-là: j'étais à l'école des Beaux-Arts pour devenir architecte-décorateur, je ne rêvais que des déesses grecques.Vous étiez Minerve, Vénus!.Vous rappelez-vous comment cela a débuté?Une gamine de dix-sept ans, pour qui je soupirais, s'était moquée de moi.J'avais un chagrin démesuré, un chagrin d'enfant qu'il me fallait confier à quelqu'un.Ma mère, indignée, ne comprenant rien aux subtilités de mon coeur, m'avait dit seulement: —C'est une chipie! Et je m'étais sauvé, parce que, même déchiré, je ne voulais pas qu'on dise du mal de mon amour! C'est vous qui m'avez trouvé dans le jardin, songlotant sous une charmille, c'est vous qui avez su me consoler sans médire de la cruelle, en me disant que les déceptions étaient l'apprentissage inévitable de la jeunesse, et qu'il me fallait souffrir avant de trouver le véritable amour.Et, insensiblement, vous avez parlé d'autre chose, de mon travail, d'une exposition que vous aviez visitée.Une heure après, nous discutions peinture et musique comme de vieux amis! Une grande amie, c'est ce que vous vouliez être pour moi, n'est-ce pas?Votre fils, un excellent garçon, était comme l'avait été son père, d'un tempérament froid et renfermé.C'est avec moi que vous preniez votre revanche.Vous m'appeliez "mon second fils" et moi je vous appelais "maman-bis".Mais vous étiez trop belle pour être la "maman-bis" d'un garçon trop sen- sible.Je me mis à aller voir Claude très souvent de préférence les jours où j'espérais ne pas le trouver, afin d'être seul avec vous.Vous étiez ma confidente, ma conseillère toujours écoutée.Nous ne nous apercevions ni l'un ni l'autre du danger que nous courions.* • * Tout à coup, ce fut l'orage, un jour, à déjeuner, mon père lança d'un air renseigné: —Il paraît que Mme Valbert va se remarier! J'en éprouvai un tel choc que je renversai la salière, présage de malheur! —Ah!.avec qui?demanda maman, curieuse.—Avec Lemontier, le gros fabricant de textiles qui lui fait la cour depuis deux ans.Quoi?Lemontier?Cet individu chauve et bedonnant!.Ce n'était pas possible! C'était une calomnie! Je réussis à me contenir tant bien que mal, puis, sitôt le déjeuner fini, je filai comme pour aller au cours et je me précipitai chez vous.Je criais comme un égaré: —Ce n'est pas vrai! Dites-moi que ce n'est pas vrai, que vous n'allez pas vous remarier avec Lemontier! Vous m'avez accueilli avec un sourire indulgent, comme un enfant étourdi.—Mais non! Il n'en a jamais été ques- DANS CE PAQUET COMPACT 'A .ET CHAQUE TRANCHE k D'UNE SAVEUR EXQUISE.' Les plus belles tranches de fromage fondu sur le marché! Tranches coupées, enveloppées et scellées par Kraft.Le fromage fondu pasteurisé le plia moi Unix, le plus délicieux que vous ayez, jamais goûté, en tranches parfaites .les plus pratiques pour collât inns que vous ayez eues dans le réfrigérateur! Ce sont les fameuses Tranches de Luxe Kraft, qu'une mer\odieuse invention nou\elle a rendues p.>—ild- erédients de choix et assaisonnée à la perfection, la Sauce Vinaigrette Kraft a une saveur vive et riche, très populaire.Vous en raffolerez sur les salades, spécialement si elles sont servies avec du fromage à la crème comme ces tomates en roses.(Pour obtenir la recette complète, écrivez à Kraft Foods Ltd., 1255 Phillips Square, Montréal, P.Q.) Vive l'accent debris! Salade printanière avec SAUCE VINAIGRETTE MIRACLE si.s aimez une sauce "à la française", essayez la Sauce Vinaigrette Miracle, de Kraft.Délicatement assaisonnée, avec un léger goût d'ail, elle vous offre cet accent de Paris que vous recherchez Toutes ces fameuses sauces à salades Kraft sont maintenant en vente chez votre fournisseur.Faites-en provision! POUR LA SANTE 1 f' V - «no» -y v .» .T/$PERV/£;R PRÉSENTÉ PAR Kraft M —Viens donc voir, Jean! me criait-efle.Une revenante! —Oui, mais une revenante qui n'a rien de fantomatique! ajoutait mon père en riant.Mme Valbert, vous avez retrouvé 13 fontaine de Jouvence! Je suis resté ébloui, éperdu: à nouveau, c'était la belle Mme Valbert qui reparaissait devant moi.un peu marquée par (es années écoulées, mais toujours avec son visage rayonnant, son élégance, son port de reine! J'étais si bouleversé que je n'ai répondu que par monosyllabes aux questions que vous m'avez posées avec tant de grace et d'aisance.Enfin, j'ai réussi à balbutier: —Vous êtes tout à fait remise de votre grave maladie?Claude, qui se trouvait près de nous, parut étonné.Alors, avec une adresse extraordinaire, vous avez détourné la conversation sur notre bébé.Mais cela a suffi, et j'ai compris que vous n'aviez jamais été séiieusc- ment malade.Vous aviez invoqué ce prétexte pour m'apparaitre vieille a mon retour.Votre aspect à ce moment-là n'était qu'un camouflage, le visage sans aucun fard, les cheveux éteints, le vieux peignoir, la démarche lasse, les façons de grand-mère, tout cela, c'était une comédie que vous m'avez jouée afin que je m'éloigne de vous! Comédie héroïque, car, pour une femme, et pour vous plus que toute autre, renoncer à la coquet terie, au désir de plaire et de briller.prendre volontairement l'apparence d'une créature périmée et hors d'usage, supporter que l'on dise de vous: "Cette pauvre Mme Valbert! c'est une ruine!", eh bien! oui, c'est de l'héroïsme! Et je vous remercie, madame, du plus profond de mon coeur d'avoir consenti ce sacrifice afin d'assurer mon bonheur dans l'avenir.Il n'a pas été inutile, puisque je suis heureux et que vous aussi, n'est-ce pas, vous avez retrouvé la paix du coeur?Je l'ai vu à la façon dont vous nous regardiez, ma femme, mon enfant cl moi.Soyez tranquille, madame.Je ne vous aime plus.C'est bien mieux que cela: je vous admire, je vous respecte, je vous garde une reconnaissance infinie, parce que vous m'avez donné autrefois au cours de cette entrevue qui dût être pour vous un supplice, la plus belle preuve d'amour! DIS-MOI.(Sniff de la page 15) de cuivre, quelques oeufs; Monct des meules, des fleurs sur un étang; Sisley un village au bord d'une rivière.De la même manière, la grandeur de la cuisine parait surtout dans les plats élémentaires.Un bifteck aux frites permet de juger une cuisinière.Il faut qu'il soit juteux, mais non graisseux.Les frites ne doivent être ni trop épaisses (car alors l'intérieur en serait fade), ni trop fines (car alors elles deviennent dures).Ce pot-au-feu dont nous parlions tout à l'heure doit être une oeuvre d'art ou n'être pas.Tout est dans le choix du morceau, dans la durée de la cuisson.Le boeuf bouilli, s'il est l'oeuvre d'une cuisinière médiocre, se change en filaments indigérables.Cuit par un maître, c'est le plat le plus savoureux et le plus cordial.Un peintre, pour apprendre son métier, doit d'abord imiter les maîtres.Il copie des tableaux de musée.Il travaille dans un atelier où lui sont enseienées des recettes.L'art de la cuisine se transmet de la même manière.Le débutant prend un livre et y étudie les secrets délicats accumules par des générations de gastronomes.Aucun instinct ne saurait remplacer la science des maîtres.Nul homme, si bien doué soit-il, n'a le temps, dans sa courte vie, d'acquérir autant d'expérience que l'humanité.Mais le cuisinier vraiment doué, quand il aura maîtrisé les recettes essentielles, se permettra peu à peu d'inventer.La cuisine peut avoir un style, tout comme la littérature ou la peinture.De quoi ce style est-il fait?De presque rien: un verre de liqueur qui parfume une crème; une goutte de kirch qui relève l'excès de douceur du chocolat; un coup de main qui fait mousser l'omelette.Là commence le génie.En beaucoup de restaurants, on sert des plats "maison" qui sont généralement les meilleurs.Tout homme, toute femme qui se mêle de cuisiner, doit avoir ses plats "maison" dont il est fier et que ses amis, lorsqu'ils sont invités, attendent avec émotion et plaisir.Tout artiste travaille avec amour.Il ne marchande pas sa peine.D'ailleurs ce n'est pas une peine; il aime son travail plus que tout.L'artiste en cuisine éprouve les mêmes sentiments.Sa patience es! infinie.Il faut qu'elle le soit, car la bonne cuisine est affaire de patience.Le secret du boeuf en daube, ce chef-d'oeu- LA REVUE MODERNE — JUILLET IQ5 I 27 re de la Françoise de Proust, est qu'il loi! mijoter longtemps.Un certain gigot a reçu le nom de gigot Je sept heures, parce qu'il exige ces longs soins.Mais .|u'importe le temps au vrai cuisinier, qui travaille pour l'honneur et pour l'amitié.Qu'importe la peine à une par-faite épouse qui veut enchanter son mari, ni soir de Dtc ou d'anniversaire, par m dîner parfait?"Dis-moi ce que tu manges et je te dirai qui tu es", écrivait ii illat-Savarin.Je dirai plutôt: "Dis-moi ce que tu donnes à manger et je te di-ii qui tu e^'.Ht aussi: "Dis-moi comment tu mânes".Un repas avalé en hàtc et en silence n'est sain ni pour le corps, ni pour l'esprit.Déjeunez, si vous êtes pressé, dani votre bureau, d'un verre de lait et l'un sandwich.Rien de mal en cela.' 'est le geste du chauffeur qui, en trois -.oups de pelle, remplit de charbon son lover.Mais si un repas a mérité d'être bien cuit, il mérite d'être bien savouré.Lin écrivain américain, Christopher Mor-ley, voulait jadis fonder le Three hours lor lunch club.Nul n'aurait eu le temps J'y manger chaque jour, mais le principe était bon.Voilà pourquoi il vaut mieux réunir ses amis chez soi qu'au restaurant.Dans le lieu public, si soignée que soit la cuisine, le temps manque toujours pour en bien jouir.D'autres clients attendent li table et leurs visages impatients vous chassent.Le bruit rend toute conversation difficile.De toute manière l'heure viendra où les garçons commenceront à bâiller et i tourner autour des dîneurs attardés.Non, donnez-moi une petite chambre hien chauffée, une nappe fraîche et gaie, des fleurs sur la table, six ou huit convives qui se connaissent et s'estiment, un menu court mais satisfaisant, des vins choisis avec science et tendresse, une conversation générale, tantôt spirituelle et tantôt profonde, et surtout du temps a discrétion, voilà un diner de civilisés.MON AMI .11M {Suite de la page 13) est le premier "groom" et il faut le voir ¦.auter attentif au moindre appel de la sonnette.Les deux jumelles, deux petites fees qui réussissent le miracle de grandir sans cesse en beauté et en charme, alors que chaque année elles donnent l'impression d'avoir atteint le maximum, 'occupent des travaux courants.Le foyer, des courses à faire, tenir compagnie à une cliente qui ne se sent pas bien ou liien partager les jeux d'autres filles de leur âge.Elles répondent aux noms si expressifs de Gaie et Joie.Purement décoratif, mais une attraction à lui tout seul, voici le benjamin David qui vient à peine de sortir de ses langes.Il caracole déjà sur les pelouses comme si tout l'hô-tcl, le village et l'immense océan étaient a propriété privée et inaliénable.L'épouse de Jim, celle dont il rêvait à I ombre grise et sale du camp de Dachau, est restée aussi belle que son portrait.Même quand elle est fatiguée, — la triple tâche du foyer, de la famille et de l'hôtel aurait abattu une nature moins décidée — ses traits lourds et fanés s'illuminent d'un sourire.Je suis d'une nature exclusive et l'été, ouand je séjourne là-bas, je m'irrite par fois à l'idée que tant de gens ont droit à l'aimitié de Jim.Car Jim aime tout le monde: il a peut-être un seul grand dc-laut, il ne croit pas qu'il y a parfois du mal sur celte terre, il veut tout voir en rose et la leçon des cadavres de Dachau ne lui a point profité.Il garde les photos dans un album, mais a depuis longtemps oublié, que tous ces morts ont été tués par d'autres.Mais on ne saurait monopoliser l'amitié de Jim.Comme la lumière du soleil, elle se reflète indéfiniment sur un tas de miroirs, sans perdre en rien de son intensité et de sa chaleur.Je n'en suis pas sûr, mais je crois que parfois j'emploie à tort ce terme d'amitié.Jim ne me considère pas comme un camarade ou un égal.Il veut parfois me guider et me donner des conseils de frère aîné.Souvent il me critique.Rarement, il nie comprend.Mais c'est sa présence qui me réconforte et l'idée qu'il ne me refusera pas son aide le jour où j'en aurais réellement besoin.Jim est très fier d'être américain.Mais il s'est bâti une Amérique bien à lui faite toute de tolérance, de justice et de liberté.C'csi un homme qui lit beau- coup et de tout: quand il parle, il veut surtout découvrir la pensée de son interlocuteur et il n'abordera jamais un sujet sans d'abord s'informer à fond.Il lient passionnément à ses opinions, mais quand vous avez réussi à le convaincre qu'il a tort, même si cela doit nécessiter une longue lutte, alors il changera immédiatement ses vues et adoptera l'opinion qu'il considérait fausse avec le même enthousiasme qu'il la combattait d'abord.S avDureox Gâteau au Citron à 4 £t< ages Un régal printanier facile à faire avec la 'MAGIC Voici une agréable surprise pour exciter les appétits aux changements de saison! Et c'est ions qui en êtes l'auteur .ce sont vos talents de cordon bleu qui sont appréciés par ceux qui se régalent de ce délicieux gâteau .dont tous avez bien raison de ions montrer fn ri ! Pourtant, rien n'est plus facile que de réussir ce gâteau léger et savoureux .à condition d'employer la Poudre à Pâte 'Magic', dont l'efficacité a été si souvent éprouvée.Elle coûte moins de le par cuisson ordinaire et constitue une protection pour vos autres ingrédients.Achetez-en aujourd'hui même.GATEAU au CITRON à 4 ETAGES 2% tasses farine à pâtisserie tamisée ou 2 tasses farine à toutes fins tamisée 3 c.à thé Poudre à Pâte Magic" Vi c.à thé sel 1 0 c.à tb.beurre 1 tasse sucre granulé Tin 2 oeufs Va tasse lait 1 c a thé vanille Graissez 2 moules à gâteau étape ronds de 8 po.et garnissez-en le fond d'un papier graissé.Chauffez le four à l'avance à 375 (modtnmtnt • .rv~ • ___• /•_ " - _____I ., .Poudre à Pâte cz trois fois ensemble farine, 'Magic' et sel.Défaites en crèfflC le beurre; incorporez graduellement le sucre et ajoutez les oeufs non battus, un à la fois, battant bien après chaque addition.Mesurez le lait et ajoutez la vanille.Ajoutez le mélange de farine au melange en crème, environ un quart à la fois, alternant avec trois additions de lait et mêlant légèrement après chaque addition.Versez dans les moules préparés.Cuisez environ 25 min.au four déjà chaud.Séparez en 2 chaque étage du gâteau refroidi, puis réunissez les 4 étage* ensemble avec une garniture au citron.Couvrez ensuite le gâteau d'un glaçage 7-minutes aromatise d'essences de vanille et de citron, puis décorez avec des cerises au marasquin bien égouttées.LA REVUE MODERNE — JUILLET 1051 Le FROID SUR et continu de Frigidaire décide pour vous du moment des emplettes Voyez le réfrigérateur fabriqué pour vous permettre un seul marché par semaine! Vous pouvez maintenant emmagasiner en toute sécurité, votre provision de la semaine de viandes et d'aliments congelés, dans le grand "Super Freezer" Frigidaire dont la température descend presque à zéro.II contient jusqu'à 45 li\res d'aliments et des quantités de cubes de glace.Disposez une provision de fruits et de légumes suffisante pour une semaine dans les vastes hydrateurs Frigidaire et voyez comme le froid humide les conserve frais et croustillants.Et Frigidaire, avec un froid sûr et uniforme, les conserve ainsi jusqu'à votre prochain marché.Voici de l'espace pour plusieurs grandes bouteilles, un tiroir à treillis, pour les oeufs et les produits laitiers.Et des tablettes ajustables qui s'étirent presque pour recevoir une provision d'aliments (pour une semaine), conservés en toute sécurité pendant plusieurs jours.c 'est vous qui avez la main haute avec le nouveau Frigidaire.Au lieu d'être obligée de faire le marché plusieurs (oïl la semaine—vous possédez un réfrigérateur qui décide pour vous du moment des emplettes.Une fois la semaine, voilà qui suffit, dans la plupart des familles, parce nue ce nouveau Frigidaire contient plus d'aliments que les anciens modèles eau - pri-mlre plu- 'I r-|.i.c dans la cuisine, grâce à l'arrangement habile des pièces mécaniques.Et ce qui est encore plus important, il vous donne les différentes sortes de tempi'ratures dont vous avez besoin pour conserver, en sécurité, tous les aliments.Un froid sûr—uniforme.Vous obtenez ce froid plus sûr du célèbre "Meter-Miser" Frigidaire, le mécani-me de réfrigération le plus simple jamais fabriqué, exclusif à Frigidaire.Parmi les autres caractéristiques Frigidaire on trouve les tiroirs à glace Quickube qui dégagent les cubes sans avoir à les briser ou à les faire fondre, une porcelaine durable qui ne se décolore pas, des tablettes en aluminium à l'épreuve de la rouille et mi autres avantages expliquant nue plus de femmes choisissent Frigidaire de préférence à tout autre réfrigérateur.Voyez ce nouveau Frigidaire chez votre marchand Frigidaire dès maintenant.Cherchez son nom dans les Pages Jaunes de votre Annuaire Téléphonique.Ou écrivez à Frigidaire Products of Canada Limited.Montréal, Que.Frigidaire te riserve ie droit de changer tes spécifications et le* prix ou de discontinuer ta fabrication des modèle*, tans aria.Frigidaire Le réfrigérateur de premier ordre au Canada J'admire en lui son sens de l'honnêteté.Non pas tant celte droiture d'esprit qui tient surtout compte de l'opinion des autres.Pas plus que celte peur du gendarme qui fait que l'on respecte la loi quand il est présent pour l'oublier quand il n'esl plus là.Jim respecte la loi envers lui-même.Il est parfaitement capable de rendre à un client qui était venu il y a quatre ans dans son hotel, un billet de dix dollars s'il découvre au bout de cette longue période qu'il y avait eu une erreur en additionnant la note.Je l'ai vu téléphoner à son percepteur et lui dire que la taxe qu'il devait acquitter était bien plus forte que celle fixée par ce même percepteur, "le veux être en paix avec ma conscience, et pas avec le percepteur" me disait-il.Tout est fascinant autour de lui.La façon dont il élève ses enfants, par exemple.Il se montrera d'une sévérité exemplaire s'ils viennent à table sans se laver les mains où s'ils s'assoient avant lui.Puis il nous demandera de ne pas aborder des sujets sérieux, afin qu'il puisse causer avec ses gosses de choses qui intéressent les gosses.Il a installé une ardoise dans le corridor.Chaque fois que l'un des enfants commet une faute.Jim ne va pas le gronder, ou le corriger.Non, il inscrira, avec le motif de la punition, des mauvais points au débit de l'enfant coupable.Ces mauvais points additionnés à la fin du mois, seront rachetés par une retenue sur l'allocation ou la privation d'une promenade, d'un jouet.Mais il attribuera en même temps, un mauvais point au frère et à la soeur, uniquement parce que ceux-ci ne doivent pas se réjouir de la punition de l'un d'eux et n'être pas tentés de le dénoncer ou d'exiger une punition plus forte.Il a réussi à créer entre eux un fort sentiment de solidarité qui plus lard sera extrêmement précieux quand la vie tendra à roder les liens familiaux.Si vous passez par cette route de Wcst-Haven arrêtez-vous au "Elm Terrace Inn" et dites que vous venez en mon nom.Vous comprendrez alors pourquoi je suis si fier de mon ami Jim.Madame reçoit par JEHANE-P.BENOIT DANS SA NOUVELLE MAISON D'ETE pour un punch au vin (20 convives) LE PUNCH MOSELLE LE GATEAU AU BRANDY NOS FRAMBOISES ET BLEUETS LE PUNCH MOSELLE Dans un grand bol à punch, placer 2 paniers de fraises ou de framboises nettoyées.Saupoudrer avec 1 tasse de sucre à fruits et verser sur le tout, 2 bouteilles de \in blanc sec.Laisser reposer, au frais, 4 à 6 heures.Au moment de servir, ajouter 1 bouteille de vin rouge et 1 syphon d'eau gazeuse.Vin et eau doivent être froids car on n'ajoute pas de glace à ce punch.On peut toutefois pour le garder froid, placer le bol dans un récipient de glace pilée.LE GATEAU AU BRANDY Mettre en mousse légère 2 tasses (1 livre) de beurre.Ajouter graduellement en brassant sans arrêt 2 tasses de sucre à fruits.Battre jusqu'à couleur de citron 10 jaunes d'oeufs.Les ajouter graduellement en brassant fortement, au mélange du sucre et beurre.Battre presque 5 minutes après chaque addition.Battre en neige les 10 blancs d'oeufs, et les incorporer au mélange en alternant avec 4 tasses de farine à gâteau tamisée avec '-i c.à thé de macis.Battre 5 minutes et incorporer '4 de tasse de brandy- Beurrer 2 moules à pain, tapisser de papier brun beurré.Y verser la pâté et cuire IVS heure dans un four à 325 degrés.(N.B.Ce gâteau se fait sans levure et se conserve 2 à 3 semaines).NOS FRAMBOISES Compléter ce parfait goûter avec un grand plat rempli de framboises et si possible d'un mélange égal de framboises et de bleuets.Le tout copieusement saupoudré de sucre d'érable râpé.Entourer le plat de feuilles de vigne.Au gré, accompagner d'un plat de "crème de campagne" comme on dit chez-nous.Quoique avec le punch au vin il est préférable de servir les fruits nature.Depuis plus de 10 ans, l'International Limité relie quotidiennement Montréal, Ton into* et Chicago.Ce train réputé roule sur une voie double, ballastée et bordée de signaux lumineux automatiques.A bord de l'International Limité, m.us \ov.ige-rez en tout confort, dans des wagons ordinaires et des Wagons-lits modernes, de nouvelles t h.imhrcttes-duplex et de luxueux wagons-chambrettes-bufïet-salon.Vous mangerez dans des wagons-restaurants dernier cri.Ce train fameux dessert Montréal, Cornwall, Brorkxille, Kingston, Belleville.Port Hope, Oshawa, Toronto, Hamilton.Brantford, London, Sarni.i.Detroit et Chicago.La voie sur laquelle circule l'International Limité est toujours sûre, quels que soient le temps et la température.*Train en commun entre Moniréol et Toronto seulement.Que tons projetiez un voyuge tï.iflairet ou d'agrément, adressez-ions, pour location et tout renseignement, ur-rinq" facile à prendre .dès aujounl'luii! SAL HEPATICA à l'action douce moi» rapide • Pat besoin d'autre laxatif L'AMOUREUSE.(Suite de la page 20) Il la suivit, ayant deviné, par une chance qu'il ne s'expliquait pas lui-même, qu'il ne serait pas rabroué! Il l'avait abordée comme s'ils s'étaient toujours connus, évitant de la sorte des phrases et des circonlocutions inutiles.Leur tête à tète avait succédé à ces préliminaires.Au cours de leur causerie, il lui avait dit encore comment, en la quittant, il rega-' gnerait son appartement, avec l'âme pleine encore de sa présence.Simone pouvait le suivre en pensée: Ule le voyait à travers l'obscurité régnant dans la pièce, se décider enfin à rentrer.Il n'ouvrirait même pas le commutateur, lui avait-il dit, afin de donner de la lumière.Tout de suite, il serait saisi comme par une bouffée de printemps, véritable cantilène amoureuse qui.grisant d'abord ses sens, atteindrait son esprit et son coeur.Un bouquet de violettes, acheté le matin, baignait ses tiees dans un verre de cristal, posé là, sur une table.Et, dans l'âme subtile, légère, pénétrante de ces fleurs modestes, se serait concentrée toute la magie de cette soirée d'avril, tiède et caressante, qu'il venait de passer avec Simone.Il lui avait assuré qu'une sorte de mélancolie l'envahirait alors: regrets d'être seul à ce moment, regrets surtout de ne pas l'avoir 5 ses côtés lui qui aurait été heureux de la fleurir, en blottissant quelques violettes à l'ardent arôme dans une boucle de ses cheveux blonds! Oui, il était seul et libre.Simone devait-elle ajouter foi à tous ces propos?Que devait-il penser de sa facilité à le suivre?Elle le voyait encore, s'il était sincère, les nerfs surexcités, indécis, tourmenté, ressassant sans cesse le même point d'interrogation à son sujet: "Viendrait-elle, ne viendrait-elle pas?." La rencontre de Paul et de Simone ayant été fondée sur un malentendu, la jeune femme s'obstinait à couper court immédiatement à tout projet.Elle ne reverrait pas Paul, son confident d'un soir.Mais Simone avait préparé une lettre pour son correspondant A.S.Elle se décida enfin a dissiper ses pensées, obsédées par Paul Semblac et alla porter sa missive au bureau de poste de son quartier.Cette matinée printanière était atti rante.Le temps, très ensoleillé, incitait à la marche au grand air.Elle flâna sans but.File marcha longtemps.Pour la première fois depuis son veuvage, elle hésitait à rentrer chez elle.Désormais, elle jugeait pesante sa solitude.CHAPITRE IV Armand Salamis Mais Simone était dévorée du besoin d'agir.Ayant donné un prochain rendez-vous à celui qui signait A.S., elle résolut de se rendre dans l'après-midi à Saint-Germain en Lave! Il lui apparaissait tout à coup assez amusant de connaître le lieu où demeurait exactement son cor-tespondant.Celui-ci, comme à l'habitude, avait signé sa lettre de ses seules initiales mais, par une distraction sans doute involontaire, il avait commis l'imprudence d'indiquer son adresse sur l'enveloppe.La jeune femme passa une journée délicieuse à Saint-Germain.Tout en se promenant dans la forêt, elle se remémora quelques détails contenus dans les lettres reçues auparavant et venant de son épistolier.Or, en prenant le thé dans une pâtisserie à proximité de la demeure de celui- EVASIONS PAR SIMONE Il y a tous ceux pour qui "partir ce n'est pas mourir un peu", mais renaître à une vie nouvelle.Il y a tous ceux qui révent à d'autres horizons où ils pensent échapper à la monotonie quotidienne des jours.Tous ceux qui espèrent que le fait de s'expatrier, de changer de milieu et de décor, changera aussi leur âme et leurs pensées.Et bien non, ce n'est pas vrai.Comme l'escargot qui emporte avec lui sa maison, nous traînons avec nous notre caractère, nos soucis, nos idées.Evidemment, il y a la magie des paysages nouveaux, l'heureux dépaysement des premiers jours.Mais bien vite tout cela s'estompe et l'on se retrouve devant soi-même.Pourquoi donc essaver de s'évader, de se tromper soi-même?Pourquoi s'exténuer à ce vain jeu de cache-cache?Essayons d'être en paix avec nous-mêmes.Et comme il est juste qu'il ne faut pas trop se replier sur soi, il faut s'intéresser sincèrement aux autres.Essayons de les comprendre et de les aimer pour eux-mêmes.Vous verrez que bientôt vous n'éprouverez plus le besoin de vous évader, car vous serez en bonne intelligence, non seulement avec les autres, mais aussi avec vous-même.LA REVUE MODERNE — JUILLET IO5I ci, Simone, apprit que l'inconnu s'appelait Armand Salarois.Par une de ses lettres, elle savait que c'était un homme de trente-huit ans.Et, à l'aide des confidences qu'il avait cru devoir lui écrire, Simone reconstituait facilement le genre de vie de son correspondant.Armand Salarois avait toujours vécu avec ses parents, place du Château, et son enfance s'était écoulée à l'omhre des fialcries Médicis et des pilastres Renaissance de cette ancienne demeure royale.Armand vivait de ses rentes.Fils unique, il avait hérité des quelques biens de sa famille, qui, sans lui léguer une très grosse fortune, lui laissait du moins une bonne aisance assurée, bien suffisante pour satisfaire ce célibataire.Il lui était agréable d'avoir un "chez-soi".de mener à sa guise une petite vie paisible, lui laissant le loisir de satisfaire ses manies de collectionneur et de lui permettre de se livrer à son art favori: la musique! A Saint-Germain, d'après les explications que donna la pâtissière à Simone, il passait pour avoir une certaine oriei-nalité.Etait-il mysogine?A peine, plutôt sauvage.C'était, paraît-il, un petit brun aux veux marrons, assez soigné de sa personne; au moral, il était tatillon et maniaque.Il demeurait dans une rue chère aux musiciens: rue Claude Dehussv.appelée ainsi en souvenir du grand compositeur français né à Saint-Germain en Lave.Armand avait baptisé son pavillon du nom de l'un des préludes de Debussy: "La fille aux cheveux de lin".La fille aux cheveux de lin, n'était-ce pas cette fée blonde qu'il eut pu rencontrer, qu'il eut peut-être aimée qui eut sans doute partagé son fover.Oui, il poursuivait une chimère à la blonde toison, un être jeune et frais, rencontré par un matin de printemps et de soleil; être imaginaire, femme coiffée d'or et de rosée, les lèvres bourdonnantes de chansons et bruissantes de baisers.La fille aux cheveux de lin.Il ne savait plus, lorsqu'il jouait ce prélude ou qu'il y songeait, si la musique prolongeait son rêve ou si elle le faisait naître.Mais, la fille aux cheveux de lin ou la jeune femme blonde de son désir étaient une seule et même personne.Lorsqu'il sortait de ces étranges colloques avec l'esprit de nos meilleurs compositeurs, quittant son clavier, Armand n'avait pas de plus grand plaisir que de parcourir en tous sens l'aristocratique cité qu'il habitait pour visiter les antiquaires et les bric-à-brac.Salarois avait la passion du bibelot.Il furetait, faisait des trouvailles, achetait meubles, objets anciens, tableaux, gravures, estampes, dont il remplissait sa demeure.De plus, son érudition était grande et sa conversation devait être très intéressante à suivre, s'imaginait Simone Har-mel tout en rêvant.Elle aurait pu l'être! Malheureusement, toujours aux dires de la pâtissière, Armand Salarois était affligé d'une timidité absolument déconcertante.Cette fâcheuse tendance paralysait tout en lui.Outre qu'il n'osait pas déployer sa prodigieuse connaissance, dès qu'il essayait de s'exprimer, les mots s'étranglaient dans sa gorge, ou bien passaient si difficilement, avec une telle lenteur ou une elocution si bredouillante que c'était désespérant de l'entendre! poudre détodorltante toul à fait rioiii»r*.mlé m "limit rilli-a-l rt|Miri«.HliMllV.InriifcMlMi** cl flexible».Demandez Shaktl a loin lomploir de parfumerie.Armand était timide II le savait, se méfiait de lui et devenait impuissant à maitriser cette fâcheuse disposition.Il se murait en lui-même, évitant de prendre contact avec le monde extérieur.Son coeur, affame de tendresse, poursuivait en vain d'inaccessibles chimères, alors que sur le plan réel, il était incapable de vivre ses ambitions.Lorsqu'il était en confiance, auprès d'un camarade, sa timidité naturelle disparaissait pour faire place à une aimable courtoisie et même a une cordiale amitié.Mais sa malchance l'accablait dès qu'il s'agissait de femmes.N'ayant jamais eu le courage d'en aborder une seule, il était privé de tout échange avec l'élément féminin.Alors, il se terrait davantage dans son pavillon.Il passait de longues heures assis à son piano ou devant son orgue.Il lisait aussi beaucoup.Ce fut ainsi que.parcourant un journal sur les Beaux-Arts, il aperçut, dans le petit courrier, l'annonce passée par Simone Harmel.Immédiatement, il répondit à la demande formulée par les initiales S.H.Il n'écrivait pas mal.Sa culture était variée, étendue.Il pouvait retenir l'attention d'une correspondante inconnue.Ce fut ce qui se produisit Depuis plusieurs mois, il ne vivait que par cet échange de lettres.Il se délectait des ressources intellectuelles que lui révélait Simone.De leurs entretiens artistiques, il iïlissa vers la porte des sentiments.Une certaine affinité de eoûts les liait et ils prenaient réciproquement un vif plaisir à leurs communications spirituelles.Dans ses lettres.Simone, sans lever empiétement le masque, avait cependant ssuré qu'elle était blonde et elle avait dessiné sa silhouette d'une plume alerte.Depuis, elle était devenue pour Armand l.i fille aux cheveux de lin.Cette période fut la plus belle de leur vie d'esseulés.Simone éprouva des sentiments divers et fort agréables.Cependant, dans ses missives, jamais Armand ne demandait à la voir.Enfin, ils se fixèrent tout de même un rendez-vous.Par délicatesse, il avait voulu accomplir lui-même tout le chemin pour se rendre au square de l'Archevêché, à Paris, où Simone et lui desaient se retrouver à neuf heures du soir.Ce fut alors qu'eut lieu le brusque levirement du célibataire! Sans doute, dans la crainte de ne pas plaire à sa correspondante, renon-cait-il à cette entres ne'1 II était probablement persuadé que.lorsque Simone (aurait vu et qu'elle aurait constaté sa caucheric et son incurable timidité, elle cesserait avec lui toutes relations.Et, entre deux maux, il choisissait le moindre, gardant l'anonvmal afin de conserver l'échange de lettres.Voici à quoi songeait Madame Harmel.tout en foulant le sol de la foret de Saint-Germain.Pourquoi, en fait, serail-clle déçue par Armand1 Mais n'as .ut-clle pas vécu quelques heures charmantes en la compagnie de Paul Scmblac?Et voici' qu'il lui plaisait, avec la sai-•on nouvelle, de s'interroger au sujet de nouvelles possibilités.CHAPITRE V Un coup de telephone Le lendemain de sa promenade à Saint-Germain en Laye, Simone Harmel t Produite pour fe bain mu fiissiinls et parfumés I i.\ roi oicK roi it \riti s ue il \in I>E COTY parfume pt MlkcftU) voir*- *>pl-(Wrnu* tout en lui donnant un velouté (mrpmparaltlo.Stiupoudrea vos itou h-vctaminui rie TALC PARFUM] t' i ( OTV .fia aajua- l**rvnt plu* t.t- il.-ment.«110 m i l - -Ms D] Il \in m; i OTV adouciKrtr ni l'eau Pt I m |i l- h.ni la ppru d'un pnrTum délicat.|tJM — fl.H m i iir OOTT, dk 11 .'mont parfumé, lii)|irrtrn>>ra voire luiKi*r1«> d'une odeur Hirrérthlt' qui •*» v ONI111 u'11i'jU*"t H A votre peau.VI HO IVimIuIIn pour le tmln .¦ .mi pHrfum* tie mire rholi : OKM.VN I.\IMI>T P'Ui \ii LA REVUE MODERN L — JUILLET 1Ç51 , 34 Devriei-vous causer avec on invité qui ne vous a pas été présenté?T Demandez o la maîtresse de moison [Jl Recoure* à votre politesse glaciale Q Soyez brenvei/fanfe Il n'était pas là au moment des présentations, niais rola no ehan|r,e rien.Dans une réunion, l'étiquette permet de causer avi-e lout invito, même s'il un vous a pas été présenté.Vous pouvez être à l'aise sur ce point.Kl vous serez toujours a Avec une robe sans manches qu'est-ce qui va mieux?133 Une écharpe Q Un rasoir Oei pooe-couder Comme les diamants, la tenue impeccable est très précieuse pour une jeune tille—et.:i '< lujel, elle ioi si;.(Suite de la page 36) recouverts de frissonnants rideaux de lierre, entre lesquels la Seine coulait des îlots jaunâtres en longeant le square de l'Archevêché.11 semblait attendre lâ que Simone vint à sa rencontre.Elle le devinait animé d'un grand trouble.Elle discernait ses moindres pensées.Il l'avait bien reconnue.mais elle n'était point seule! Elle ne devait pas oublier qu'elle était aux côtés d'un homme d'une quarantaine d'années, à la mise soignée et correcte et qu'elle lui souriait avec cette grâce qui était un de ses charmes.Paul en semblait médusé! Il restait là, le corps cloué au parapet, la regardant avec une expression de réprobation et d'amère tristesse.Pourtant, par un suprême sursaut d'énergie, il voulut fuir.AlorN, il s'éloigna à grands pas dans la direction opposée à celle où Simone se rendait avec son compagnon.Tournant le dos à son quartier, il traversa la place du Parvis Notre-Dame et s'en alla dans la direction de la Préfecture de la Seine.S'il avait eu.à ce moment-là.un ami facétieux auprès de lui, celui-ci aurait demandé, en manière de plaisanterie, s'il fallait alerter Police-Secours, tant son visage était décomposé.Mais l'heure n'était pas aux plaisanteries et Simone voyait Paul marcher à toute allure afin de soulager la fureur qui s'emparait de lui.Ainsi, elle n'était pas seule! Le peintre, sans doute, ne supposait pas une minute qu'elle pouvait se promener avec un parent ou accompagner un de ses frères, par exemple?Et, tandis qu'Armand parlait à Simone, celle-ci.rouge de confusion, était navrée en songeant aux suppositions auxquelles Paul Semblac pouvait se livrer! CHAPITRE VII Indécisions .Armand Salarois et Madame Harmel prolongèrent leur causerie jusque vers minuit.Ils convinrent, en se quittant, de se revoir bientôt.Cela n'engageait à rien, mais Simone ne pouvait nier l'intérêt qu'elle avait pris à ce rendez-vous avec cet homme distingué et elle ne demandait pas mieux que de poursuivre ses relations avec lui.Elle rentra chez elle après cette entrevue, les idées en déroute, la tète vide.Sitôt dans l'intimité de sa chambre, Simone s'interrogea.Trop loyale pour conserver deux amoureux, elle constatait qu'il fallait en sacrifier un.Le célibataire de Saint-Germain en Layc aurait pu lui plaire, mais il \ uni aussi Paul Semblac.Le souvenir du jeune artiste la poursuivait.Certes, il était bien séduisant et elle se sentait attirée vers lui.Mais, que savait-elle de son caractère, de ses goûts?Si peu de choses, en vérité! Ils avaient sympathisé.Jamais, auparavant, elle n'avait rencontré un homme répondant de façon aussi complète à ses aspirations.Lui-même avait assuré qu'il éprouvait pour elle une prédilection particulière.Mais cette brusque flambée n'était-elle pas seulement un feu de paille.Sincère, elle se répétait qu'elle devait agir.Un choix lui était imposé.Mais, pour qui pourrait-elle se décider?Si la jeune femme n'avait écouté que la voix de la raison, de la sagesse, il était certain qu'Armand Salarois eût dû l'inciter à abandonner le souvenir de Paul.Cet Armand, il était bien l'idéal du soupirant respectueux, assez agréable en dépit de sa timidité et possédant les garanties matérielles et morales pour assurer à une compagne une existence paisible.Mais, si peu moderne, si tatillon, Simone craignait de s'ennuyer prodigieusement avec lui.Par contre, elle connaissait trop peu son inconnu d'un soir.Il lui aurait fallu vivre davantage à ses côtés, le voir plus fréquemment.Il habitait 54.rue Saint-André des Arts, voilà tout ce qu'elle savait."Mais, en allant lui rendre visite, il ne tient qu'à moi d'en savoir davantage, de prendre contact avec ses habitudes!" se murmurait Intérieurement la juine femme.Comment cette idée ne lui était-elle pas venue plus tôt a l'esprit?Lui ne connaissait pas son adresse, alors, elle pouvait être certaine qu'il ne la retrouverait jamais! Elle seule pouvait faire les premiers pas vers lui.Mille pensées tourbillonnaient ainsi dans la cervelle de Simone.N'avait-elle pas surpris la conversation de Paul au téléphone?Ne disait-il pas aimer une Simone blonde?Etourdie qu'elle était, il y avait bien d'autres Simone dans Paris! Pourquoi était-ce justement son souvenir qui le hantait'' Et quand ce serait son image qu'il conservait ainsi dans sa mémoire, ce soir même, par le fait de circonstances appartenant à sa destinée.Paul ne l'avait-il pas vue en compagnie d'Armand Salarois?Par conséquent il devait la juger inconstante?Mais la pensée du jeune artiste envoûtait Simone.Comme il avait changé en peu de jours! Durant les furtifs instants où elle avait pu le regarder ce soir, elle avait remarqué sa pâleur, ses traits tirés; il semblait errer comme une âme en peine.Que lui était-il arrivé en si peu de temps') Simone ne voulait pas être présomptueuse mais, si ce garçon était vraiment amoureux d'elle et qu'il se morfondait dans l'incertitude et la déception'' Et elle s'endormit sans avoir pu rien décider sur le sort de sa vie sentimentale.Madame Harmel se réveilla le lendemain de fort mauvaise humeur.Qui plus est.ce jour était un dimanche.S'il y avait un jour dont Simone avait bien l'horreur, c'était celui-là! Elle ne faisait rien comme à l'accoutumé.Ses occupations quotidiennes n'avaient plus pour elle le même intérêt.Elle n'avait pas le courage d'écrire une lettre, ni celui de faire un peu de musique.Lire toute la journée lui apparaissait fastidieux, étant donné que par les nuits insomnieuses de la semaine, elle dévorait bouquins sur bouquins.La domestique avait congé.L'après-midi se traînait, morne.Quelquefois, elle allait chez des amis.Mais, pour elle, sortir le dimanche, parmi la foule aux mille visages anonymes, était un supplice.Or, ce dimanche là.étant seule.Simone n'eut pas le goût d'aller déjeuner au restaurant, ainsi qu'elle le faisait parfois.Se rendre dans un lieu public avec l'état d'esprit qui l'animait actuellement, I' .U1MI! POUR BEBE Un tricot léger qui protégera I enlant pendant la sieste, durant les jours Irais de l'été.Fait d une seule pièce, ce vêtement ne prend que quelques heures de travail.Fournitures: 3 balles de laine GAZOUILLIS POMPADOUR des laines du Pingouin, coloris Blanc, 2 aiguilles no 12.2 boutons.Points employés: Côte 2/2: * 2 mailles endroit.2 mailles envers * — Point mousse: tout à l'endroit — Point de fantaisie: 1er rang " I maille endroit.I maille envers *; 2e rang à l'envers: 3e rang reprendre au 1er rang en contrariant les mailles Echantillon: 20 mailles = 2Vi pouces: 20 rangs — IVi pouce.coter le devant droit en formant côté décolleté, I bordure de 6 mailles au point mousse et faire tous les 2 rangs avant ces 6 mailles mousse I jeté.— A 7'j pces d'emmanchure rabattre les 6 mailles ajoutées pour la bordure de l'emmanchure.A 115/8 pces du début former 2 boutonnières, ainsi tricotées 17 mailles: 2 mailles ensemble 2 jetés.2 mailles ensemble: 22 mailles: 2 mailles ensemble: 2 jetés: 2 mailles ens et terminer le rang.Tricoter ensuite 10 rangs de côtes 2/2 et rabattre.Reprendre les mailles en attente et faire le devant gauche comme le droit en vis-à-vis sans boutonnière.Commencer par le dos.Monter 60 mailles tricoter 10 rangs de côtes 2/2 continuer au point de fantaisie.A 2% pces du bas, ajouter de chaque côté 6 mailles, les tricoter au point mousse pour border les emmanchures à droite après les h mailles point mousse, tricoter tous les 2 rangs: I jeté et 2 mailles ensemble: à gauche terminer par 2 mailles ensemble 1 jeté et 6 mailles mousse.A 5% pces du bas.tricoter les IX mailles du milieu au point mousse pendant 5 langs.au 6e rang rabattre ces IX mailles, laisser les mailles de uauche en attente.Tri- MONTAGE Faire les coutures des dessous tondre les 2 boulons .m devant de bras, gauche.LA REVUE MODERNE — JUILLET IQ51 (0 lui paraissait insupportable.Cependant, un merveilleux soleil de mai déjà très chaud, inondait son appartement en mettant une lumière vive sur toutes choses.Simone éprouva tout à coup une sorte de rage! Elle baissa ses stores et se cloîtra entre ses murs comme une bête traquée, le soleil lui faisait mal.Toute la joie de vivre qu'elle devinait dans l'air la blessait comme une flèche empoisonnée.File s'allongea sur son divan.Mais, taraudée par l'appel sournois de ce printemps dont les premières chaleurs mettaient un cercle de feu a ses tempes moites, Simone ne demeura pas longtemps dans sa pose nonchalante.De changeante et indécise qu'elle était, elle devint tout à coup résolue à sortir.La marche calmerait peut-être ses pensées en déroute?Simone s'habilla d'un ensemble vert amande qui s'harmonisait à la douceur de ses traits.Ses pas, inconsciemment, la menèrent jusqu'à la Place Saint-Michel! Les cafés, regorgeant d'une clientèle oisive et assoiffée, prenant le frais aux terrasses, l'accablèrent de regrets! La fière indépendante qu'elle se croyait être, soudain, reniait sa liberté! Cette liberté qui lui avait semblé si douce au début de son veuvage, lui apparaissait tout à coup insupportable, car la femme ne peut vivre seule, en égoïste; elle a une mission de dévouement à remplir, que ce soit à son propre foyer ou à celui des autres.Quelles réflexions animaient tout à coup Simone'' Harcelée d'obscurs désirs, elle marchait comme une automate.Et le souvenir de Paul Semblac la hantait.Mais une résolution, déjà, germait à son insu dans son subconscient.Ce qu'elle crut une brusque fantaisie de son caprice, n'était en fait que l'accomplissement d'un acte que sa volonté avait mûrement préparé dans l'ombre et le silence de son intelligence et de son coeur.Maintenant, elle suivait la rue Saint-André des Arts.Elle courut jusqu'au numéro cinquante-quatre! Sous le porche, à la porte de la loge, elle lut le traditionnel écriteau: "Le concierge est absent".Comment avait-elle oublié que c'était dimanche et que la portière devait être en promenade?Comme une somnambule.Simone gravit les escaliers, s'arrêta au premier palier afin de comprimer les battements de son coeur.Aurait-elle le courage d'atteindre son but1 Oui, car son parti était pris.Ignorait-elle qu'elle allait sonner à cette porte, derrière laquelle vivait l'élu de ses rêves?Au-dessus du bouton électrique, elle vit briller une étroite plaque de cuivre, sur laquelle elle déchiffra ce nom: Paul Semblac.artiste-peintre.Elle posait son doigt ganté sur le timbre, quand son attention fut attirée par un rectangle de papier retenu à la porte par deux punaises.Simone lut ce qui était écrit: "Qui que vous sovez, visiteur ou visiteuse, vous êtes les bienvenus.Je suis villa "Les Roses" à Enghein-les-Bains, par ce dimanche et.si le coeur vous en dit, venez m'y retrouver!" Simone Harmel sentit ses jambes se dérober sous elle.Comme elle souffrait, en cette minute où tout espoir se retirait de son âme.Alors, aussi, le voile se déchira.Pourquoi avoir mis tant d'acharnement à ne pas accepter ce qui était9 Elle comprenait à ce moment qu'elle aimait Paul! Maintenant qu'il semblait lui échapper, elle était sûre de cet amour! Qu'avait-elle besoin de tant choisir, de tant réfléchir?Des larmes perlèrent aux yeux de la jeune femme.Elle restait là, devant cette porte irrémédiablement close, seule avec son amour avorté.Puis, elle passa de la détresse à l'espoir.Tout à coup, elle éclata même de rire.Là.cet avertissement qu'elle venait de lire, résumait bien tout l'esprit ingénieux et primesautier du jeune homme, ami des blagUH d'atelier! Puisqu'elle était en veine de fantaisie, pourquoi n'ohéirait-elle pas à l'invitation ?Pourquoi, n'écoutant que les impulsions de son coeur, n'irait-elle pas à Enghien-les-Bains?Et.traversant la cour afin de regagner la porte de sortie, Simone heurta la concieroe qui rentrait.Celle-ci reconnut la visiteuse des jours précédents.—Ah! Madame est revenue pour l'appartement?C'est dommage.Le propriétaire vient de me dire que l'étage est loué.Il a traité et signé le bail.Je regrette pour Madame.—Fh1 bien, tant pis, n'en parlons plus! tépondit Madame Harmel.—Peut-être qu'il y aura bientôt une vpeance au troisième, si cela vous intéresse?—Au-dessus de chez Monsieur Sem-hbc° J'avais justement un renseignement à lui demander, mais il ne me semble pas chez lui.—Non.bien sûr.Il va souvent, en fin de semaine, jusqu'à Enghien.—Oui?—Il a.là-bas.un petit pied à terre où il aime bien se rendre.Vous comprenez, Monsieur Semblac.aux beaux jours, apprécie la vie au grand air.Il a un canot, alors, il rame sur le lac et puis, il peut aussi se baigner.Tout cela est plus plaisant pour lui que de toujours rester à Paris.—Mais bien sûr! —Faudra-t-il lui dire que vous êtes venue pour le voir?C'est de la part de qui?—Je vous remercie! Peut-être aurai-je l'occasion d'aller à Enghien.—Comme ça.ce sera encore mieux! CHAPITRE VIII A la villa "lex roses" En quittant la concierge, ce fut pres-qu'en courant que Simone s'en alla par les rues.Sa résolution était prise: elle allait se rendre à Enghien! Quelques mois auparavant, elle s'était offert un joli cabriolet bleu, à deux places, qu'elle conduisait elle-même! Chauffeuse encore inexpérimentée, Simone n'aimait guère conduire le dimanche, étant donné l'encombrement des routes ce jour-là.Voilà pourquoi elle restait 'ie plus souvent à se morfondre chez elle.Pourtant, sans s'attarder à ces constatations, pénétrée d'une douce ivresse, elle se hâta vers son garage, qui était situé rue des Beaux-Arts.Bien que ce fut un dimanche, elle trouva un mécano qui l'aida à sortir sa voiture et, ayant jeté un trench-coat sur son délicat ensemble vert amande, elle s'installa au volant.LA REVUE MODERNE — JUILLET 193 t les Wvwv&s ^sJ^ixis Lord Calvert Canadian Whtskç Servi avec orgueil clans des occasions spéciales quand seul le meilleur su f fil CALVERT DISTILLERS «canada, LIMITED AMHERSTBURG ¦ ONTARIO 41 EXPORT la meilleure cigarette au canada Constipé ?Agréable a prendre Efficace sans brusquer l'organisme Le laxatif chocolaté EX-LAX plait aux enfants tomme aux adultes I-1 DEPRESSION Prenez ce tonique riche en vitamines et glycerophosphates d'une mer veilleuse efficacité dans les cas les plus avancés.Chez voire pharmacien Elixir Toniqu Montie O WATSON A co .Lreme G O U R A U D La Crème qui protect I* peau avant une partie longue et dure.Cftupi de soleil et teint luisant ne sont pint à redouter 1 Blanr.Chmir, AarAW.Su».Tan en taie DETECTIVES.Agents secrets: Homme* am bu ii'in de 18 arts et plu» demandés partout au Canada, pour dovenir détective*.Burlvez Immédiatement à Canadian Investigators.Casier 26.Station T.Montréal la PETITE POSTE CONDITION! 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Je dors, réveille-moi avec précaution.Et, si le passant anonvme est un as de la cambriole, sache, mon vieux, qu'il n'y a rien à voler dans mon palace!" La jeune femme éclata de rire! L'esprit du peintre était vraiment inimitable! Ah! comment pourrait-on s'ennuyer avec un pareil compagnon0 Simone était bien tentée.Flic allait entrer, pénétrer dans cet enclos fleuri.ensuite.ensuite.elle verrait bien ce qui se passerait avant qu'elle n'eut à franchir le seuil de l'habitation! Flic fut d'abord charmée par une étroite allée bordée d'iris mauves, à laquelle faisait écran des bosquets de cytises et d'aubépines rouges.Puis, au détour de se paravent de verdures, où les grappes des cytises dessinaient des arabesques d'or pâle, elle fut ravie d'apercevoir une sorte de terrasse, descendant en amphithéâtre jusque vers le lac.Le spectacle qu'elle surprit au haut de ce petit promotoire la cloua sur place.Au milieu d'un rectanele de sable, un matelas pneumatique était disposé à l'abri d'un parasol de toile orange et blanche.Quelques sièges en rotin, une table laquée, étaient dispersés non loin de ce lieu de repos.Sur la table, un service à citronnade en cristal était placé.Dans un grand verre, une paille trempait délicatement dans un liquide doré où un morceau de glace achevait de fondre.Quelques fruits étaient groupés dans une corbeille en raphia.Une boite à biscuits en verre contenait des friandises et un étui à cigarettes laissaient voir les petits cylindres de tabac blond.Séduite par cet engageant spectacle, Simone avança plus avant.Un sorbier arborait en panache ses baies écarlates, ressemblant à un arbre fabuleux aux multiples joyaux.Derrière cette large ombrelle végétale, elle découvrit enfin le maitre des lieux.Celui qu'elle cherchait était là, prenant un bain de soleil.Un slip bleu marine ceignait ses hanches.Sur le matelas pneumatique, Paul était allongé à la façon des gisants sur les tombeaux.Simone pouvait admirer les longues jambes aux cuisses dorées par la lumière, le torse bombé, les épaules bien proportionnées, les bras musclés repliés sous la nuque.Interdite et troublée, elle contemplait ce jeune visage aux traits détendus.File crut admirer un dieu endormi.Plus émue qu'elle ne voulait le laisser paraître, elle se penchait vers ce visage.File se souvenait de l'amusante indication: "Réveillez-moi avec précaution!" Line sorte de pudeur l'étreignait.Flic éventa doucement ce front avec une des branches du sorbier.Mais pas un muscle ne bougea et le visage du jeune homme resta impassible.Alors, par un délicieux instinct maternel, elle imagina d'autres gestes, plus émouvants dans leur délicate tendresse Quelques gouttes de sueur perlaient sur les joues dont les pores respiraient toute la chaleur du soleil.Simone prit son mouchoir et, avec d'infinies précautions, elle essuya le visage du dormeur.Ses mains glissaient sur les paupières lourdes, le long du menton glabre.Paul s'étira, allongea un bras, remua un pied, se redressa par une reptation des reins, ouvrit les yeux.Toute rose et balbutiante, Simone murmura: —Dans les contes de fée de notre enfance, le Prince Charmant réveillait la Kelle au Bois Dormant.aujourd'hui.en ces temps modernes.D'un élan, Paul s'était levé.—Vous! vous.je ne révais donc pas.—Mais non, le cauchemar est une réalité.Il découpait sur l'azur sa haute silhouette bronzée: il essayait de remettre de l'ordre dans sa chevelure aux mèches vagabondes, puis cherchait un peignoir de bain pour s'en vêtir.Fnfin.il baisa la main de la jeune femme, afin de lui souhaiter la bienvenue.CHAPITRF IX L'amoureuse cantilène Après ce premier mouvement d'accueil.Paul Semblac voulut s'habiller d'une façon plus correcte.Tandis que dans sa maisonnette, le peintre allait passer un pantalon et une veste de toile, Simone réfléchissait.Si, en ouvrant les yeux, quelques instants auparavant, Paul avait certainement éprouvé un gTand bonheur en la reconnaissant penchée vers lui, elle craignait que ce bonheur ne fut pas de très longue durée.Ne l'avait-il pas vue en la compagnie d'Armand Salarois! Alors, que devait-il penser d'elle, qui venait le trouver jusque dans sa retraite d'Enghien?Et cette incertitude réprimait tout à coup en elle toute expansion.Lorsque l'artiste revint auprès de la jeune femme, une ombre était répandue sur ses traits.Elle s'en aperçut et s'en inquiéta.Mais Paul avait une nature trop franche pour ne pas demander très simplement quelques explications.Il se trouvait maintenant tout auprès de Simone.Il attira le visage de celle-ci entre ses mains et plongea ses yeux dans les siens."Essaie donc Paradol" Ne MANQUEZ Pas de bons moments en restant chez vous intiixposée .aUMd Rvadol aide à soulager 1rs douleurs périodique! si rapidement I Paj il'- suites désagréables.Scientifiquement composé de 4 ingrédients— Paradol soulage aussi rapidement les maux de tête.Essayez Paradol—le nom "Dr.Chase" est votre guide.24-F PARADOL DR.CHASE Soulage Vite la Dou/eur»— I L'absorption d'une demi-cuillerée à thé de gelée de pétrole "Vaseline" soulagera et apaisera les dou-lou reuses quintes de toux.Sert aussi au trat* tement des irritations du nez et de la gorge, coupures, meurtrissures, égratignures, brûlures (et 100 autres usages !) 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Dites-lui comment j'ai rencontré le véritable amour! Mais, déjà, Paul Semblac entendait la voix du malheureux célibataire de Saint-Germain en Laye demander: —Qui est-ce qui parle chez Madame Harmel?Simone entendit répondre au bout du fil: —Monsieur, je suis son fiancé en secondes noces.Puis, tandis que Paul était revenu au près de Simone, ils ébauchèrent des pm jets d'avenir dans l'ambiance de leur gn 'ante et réciproque tendresse.—J'espère Simone, bientôt ma femme chérie, qu'après avoir été malheureuse, vous ne connaîtrez plus que le bonheur 1 Et, comme les bras de Paul Tenia çaient, tandis que son visage rayonnani se penchait vers elle, Simone murmure —J'en suis sûre, mon aimé.F I N L'âge de Employez une crème appropriée à vos besoins spécifiques.(Photo Elizabeth Arden ) PAR LOI ISi: M.\ltTI.\ Le soleil est l'ami des moins de quarante ans.La femme sage de cet âge doit se défier de cet ancien amoureux qui dorait autrefois complaisamment sa joue de jeune fille.En vieillissant, la peau a tendance à s'assécher et un hâle peut laisser des effets néfastes.Privé de ses huiles naturelles par l'action trop intense des rayons du soleil, I'épiderme se couvre de mille petites rides qu'on peut difficilement faire disparaître.Quarante ans, c'est l'âge des grands chapeaux pour la plage, c'est l'âge de l'inventaire de ses charmes physiques, de l'établissement d'une routine de soins de beauté quotidiens.Employés à bon escient, crèmes, lotions et massages sont des aides indispensables à la conservation d'un teint frais.Voici un massage qu'on peut se donner soi-même à la maison et qui donne d'excellents résultats: enduisez vos doigts et vos paumes d'une petite quantité d'une cième de beauté réputée, appliquez sur la figure en un mouvement glissé, tou- jours en remontant, prenant soin de ne pas étirer I'épiderme.1.Du menton aux oreilles.2.Du nez aux tempes.3.En remontant entre les yeux et sur le front; en allant vers l'angle intérieur sous les yeux et à l'extérieur sur les paupières.4.Massez le cou et la gorge en remontant et en allant vers les épaules Quand vous enlevez crème et lotion avec du papier-tissu, répétez les mêmes mouvements.Pour appliquer la lotion.Emplojez un petit tampon d'ouate imbibé de lotion et tapotez fermement sous le menton, puis de la base du cou en allant vers le dos.Sur la figure, de-mouvements ascendants semblables a ceux qu'on fait pour appliquer la crème Ensuite, tapotez assez vigoureusement votre figure avec vos mains.Note: les lotions doivent toujours être précédées d'une application de crème nettoyante et suivie d'une crème lubrifiante.LA REVUE MODERNE — JUILLET IQ5 I 5311 Un nouveau chapitre commence dans la vie de votre bébé /ne nouvelle et heureuse aventure débute pour vous et Bébé—sa première céréale! Avec quelle confiance vous la commencez— avec la même tranquillité inspirée chez des milliers de mamans par un nom — Pablum*, prescrit par les médecins depuis 19 ans.Aujourd'hui, Pablum promet beaucoup plus! Maintenant Bébé peut jouir de quatre variétés de goût de céréales Pablum—toutes précuites et accrues de vitamines et de minéraux.Il y a le Pablum original, maintenant appelé céréales melancees pablum; farine davoine pablum, autrefois Pabena*; et les toutes nouvelles farines d'oRCE et de riz.Un nouveau procédé les rend plus fraîches et plus savoureuses — et toute leur nouvelle succulence est conservée sous un "bec-à-verser" exclusif aux nouveaux emballages Pablum.l^KSt^ Ce "bec" s'ouvre et se ferme par i \3 ' 11 " tour ae doigt et la céréale est toujours protégée! 09 Pablumest la première céréale ^-w.J> pour enfants, précuite et acc rui de vitamines et de minéraux—prescrite pour tant de millions de bébés par tant de milliers de médecins depuis tant d'années.Maintenant votre pharmacien a quatre céréales Pablum! Pour la personne la plus précieuse dans votre vie CEREALES PABLUM UN BON CONSEIL Faites bénéficier votre bébé régulièrement de visites chez le médecin.Laissez-le ajouter ses connaissances et son habilité à vos soins maternels.Mead Johnson & co.OF CANADA.LIMITED BELLEVILLE.ONTARIO •Marque ÙVpuslfi Céréales Mélangées • Farines d'Avoine, d'Orge et de Riz i Puissance surprenante! Prix attrayant! Nouvelle Studebaker Commander \u$ La 8 cyl.à acheter pour joie et économie ! Moteur V-8 perfectionné - pas besoin de carburant cher ! 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