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Titre :
La Revue moderne.
Publiée à Montréal de 1919 à 1960, La Revue moderne est une revue généraliste mensuelle de grand tirage qui vise principalement un public féminin. La publication prend le nom de Châtelaine en 1960. [...]

Publiée à Montréal de 1919 à 1960, La Revue moderne est une revue généraliste mensuelle de grand tirage qui vise principalement un public féminin. C'est la journaliste d'expérience Madeleine Huguenin, de son vrai nom Anne-Marie Gleason, qui fonde La Revue moderne. L'éditeur torontois Maclean Hunter achète la revue en 1960 pour fonder Châtelaine, toujours publiée aujourd'hui.

La Revue moderne se donne une double mission, à la fois intellectuelle et populaire, qu'elle maintiendra tout au long de son existence. Elle vise à satisfaire à la fois une clientèle intellectuelle intéressée par la science, la littérature et les idées, et une clientèle populaire à laquelle elle offre un contenu de divertissement adapté au goût et à la morale du Canada français. Les deux sections de la revue sont autonomes et évoluent en parallèle.

Dans les premières années de son existence, La Revue moderne vise une clientèle aisée, qui profite d'une certaine croissance économique d'après-guerre. En font foi les annonces publicitaires de produits de luxe et le grand soin mis dans la conception des illustrations. La revue prend un ton qui va à l'encontre du nationalisme alors en vogue véhiculé par Lionel Groulx et Henri Bourassa.

La Revue moderne montre dès le départ un intérêt certain pour la littérature : en plus de publier des romans-feuilletons, elle compte sur des collaborations de Louis Dantin et de Louvigny de Montigny. De 1930 à 1935, l'engagement de Jean Bruchési pour la littérature canadienne alimentera aussi le contenu littéraire de la revue. Celui-ci sera ensuite plus orienté vers la France. Dans les années 1950, La Revue moderne fait moins de place à la littérature, et s'intéresse davantage à la télévision.

Plus de la moitié du contenu de La Revue moderne est voué aux pages féminines. Un roman de littérature sentimentale et d'évasion, visant particulièrement la clientèle féminine, y est publié en feuilleton chaque mois. Ces romans sont principalement l'oeuvre d'auteurs français, dont la romancière Magali, qui jouit d'une immense popularité. Les pages féminines traitent de la mode, des soins de beauté, des arts ménagers, de l'éducation des petits et d'activités mondaines, comme le bridge. Le public féminin est aussi la principale cible des annonceurs.

La lectrice type de La Revue moderne est mariée et mère, elle est citadine et catholique, aisée et charitable, sentimentale et raisonnable. Elle a le souci de son apparence et de celle de son foyer. Elle bénéficie de temps libres pour se cultiver. C'est une femme moderne intéressée par les nouveautés, mais pas féministe pour autant. Elle ne cherche pas à rompre avec la tradition. Cela changera avec Châtelaine.

La Revue moderne gagnera des lectrices jusqu'à la fin de sa publication. Le tirage de la revue, de 23 120 en 1922, passe à 12 904 en 1929, à 31 343 en 1940, à 80 000 en 1944 et à 97 067 en 1956, pour atteindre un peu plus de 101 650 exemplaires en 1960.

La publication de La Revue moderne est interrompue pendant cinq mois de décembre 1938 à avril 1939, pour revenir en mai 1939 avec une nouvelle facture graphique. Cette renaissance est attribuée à Roland Beaudry, alors vice-président et administrateur de la revue.

En plus des collaborateurs nommés plus haut, La Revue moderne s'attire la participation de personnalités comme Robert Choquette, Albert Pelletier, Alfred DesRochers, Michelle Tisseyre, Jehane Benoit, Damase Potvin, Ringuet (Philippe Panneton), Alain Grandbois, Robert de Roquebrune, Gustave Lanctôt, Adrienne Choquette, Germaine Guèvremont, René Lévesque, Jean Le Moyne et Valdombre (Claude-Henri Grignon).

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1982, vol. V, p. 294-295.

DES RIVIÈRES, Marie-José, Châtelaine et la littérature (1960-1975), Montréal, L'Hexagone, 1992, 378 p.

PLEAU, Jean-Christian, « La Revue moderne et le nationalisme, 1919-1920 », Mens, vol. 6, no 2, 2006, p. 205-237.

RICARD, François, « La Revue moderne : deux revues en une », Littératures (Université McGill), no 7, 1991, p. 76-84.

Éditeur :
  • Montréal :[s.n.],1919-1960.
Contenu spécifique :
mars
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • Châtelaine.
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Références

La Revue moderne., 1944-03, Collections de BAnQ.

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N OS SOLDATS DE L'I N D U S T R 1 E Par leur habileté, par leur ingéniosité, par leur persévérance opiniâtre et par leurs sacrifices librement consentis, les ouvriers et ouvrières de nos industries ont mérité la reconnaissance du Canada tout entier.M.Aimé Bernier, tisserand de Granby, est l'un de ces obscurs héros de la guerre industrielle.Il a fabriqué de ses mains des produits qui servent aux soldats des Nations Unies sur tous les champs de bataille.Il a voulu aussi contribuer à la victoire d'une autre façon, en participant activement aux différentes campagnes d'Emprunts de la Victoire.De plus, M.Bernier s'enorgueillit avec raison d'avoir un fils enrôlé dans l'aviation canadienne.Puhlu m hommage aux ouvriers canadiens par la Brasserie Mol s on. l'a /?« \ 1 Montréal Mars 19 4 4 Vol.25-No 11 PRISIDENJ.HECTOR AUTHIfcR, M.P.v.president et directeur.roland beaudry directeur AUTISTIQUE roger frioon paces eéminines madeleine caron SOMMAIRE liofftan pages Beau Geste.P.C.Wren 16 (TraduH d» rar«trUl» par 11 -Th Olém«nt«J) L'Emissaire.Alfred DesRocher> 5 La Païenne.Jean Douyau q L'Incident de Minuit .René de l'isle 15 Le miracle de la pénicil'line .Georges Galipeau 7 L'Art au service de la Charité .J.R 1 1 Où va I Empire?.Jean-Louis Gagnon 12 La musique russe sur disques .Jean Vallerand m L'Italie, cimetière de la blitzkrieg Marcel Ouimet 17 Guerre ou Paix, partageons!.18 La mode — Faites vos jeux .Madeleine Caron .17 Travaux pour clames.54 La cuisine — Cuisine de carême Brigitte 57 La beauté.Madeleine Caron 60 Le sablier.26 Vous répondez?.36 Les livres.Roger Dubamel 38 La science moderne Jean Robitaille 50 La petite posle.3a ÙdUafdd Enlre non» Roland Beaudry 4 \ Les manuscrits fournis aux éditeurs reçoivent toute la considération possible, mais avec la restriction qu'ils restent aux risques de l'auteur et sans que les éditeurs s'engagent à les accepter ou à les publier.La REVUE MODERNE laisse à ses collaborateurs l'entière responsabilité de leurs écrits.ABONNEMENT: $1.50 pour un an Etats-Unis, $2.par année.Faire toutes remises par mandat postail, bon de poste ou obèquc accepté.Enregistré comme matière postale de seconde classe au bureau de poste de Montréal.LA REVUE MODERNE est publiée mensuellement par la Revue Moderne Limitée, a ses bureaux et ateliers, 320 est rue Notre-Dame à Montréal — MArquette 3661.TELEPHOSISTEs Sténographe/ Vendeuse/ Fille de table?Quelle que soit votre occupation—l'essentiel est de bien accomplir votre travail.Marins, soldats et aviateurs comptent sur vous .ne les décevez pas.Mais il vous est impossible de remplir efficacement vos jonctions si votre santé laisse à désirer.Il importe que vous soyez d"attaque, que vous vous sentiez de votre mieux, afin de faire de votre mieux.Au lieu d'une journée sans entrain, Sal Hepatica permet souvent d'accomplir une grosse journée de travail Vous êtes indolente?Vous avez la migraine?Vous ressentez des symptômes de grippe?Autant d'indices que vous souffrez de constipation ou d'un excès 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en pleine adolescence.Ils s'épousent, ou plutôt, et voilà le fond du drame, ils croient s'être légitimement épousés.Mais les liens du mariage n'existaient pas réellement, et Régine, dont l'amour n'atténue pas le sens du devoir, quitte Jacques.Nous ne dirons pas dans quelles circonstances extraordinaires ces deux êtres se retrouvent, ni comment s'achève l'histoire.Mais Jes données rapidement esquissées suffisent à présenter ce qu'on jugera peut-être le roman le plus violemment sentimental de l'année.Ajoutons que Régine Romani passera au complet dans la livraison d'avril.Phomme propose et Dieu dispose, dit-on depuis toujours.Le directeur littéraire d'une revue pourrait parodier le dicton: "Le directeur propose et l'auteur dispose".Car il arrive en effet que les gens de lettres oublient — parce que Ja Muse les distrait, sans doute — les engagements les plus formels.Voilà pourquoi, chers lecteurs, certains textes promis ne paraissent qu'une ou deux livraisons plus tard.Mais tout vient à point à qui sait attendre: les articles annoncés finissent toujours par vous atteindre Le mois prochain, nous aurons donc le plaisir de vous offrir plusieurs textes inédits dont vous attendiez la publication en mars.On pourra lire, entre autres, un documentaire de haute actualité sur le cas de l'entreprise privée.Chacun voudra se renseigner davantage sur cette question brûlante, du double point de vue économique national Si les dieux nous sont favorables, nous serons également en mesure de publier un magistral artrcle, écrit spécialement à l'intention de Moderne par l'un des médecins les plus réputés du Canada français.L'auteur traitera sérieusement, mais avec une délicatesse de bon aloi, Je cas des maladies vénériennes, véritable fléau social dont l'autorité religieuse, aussi bien que l'auto- Les armées se suivent, et Alors continue >//e est-elle éloignée d'islamboul?(Voir réponses en page 44) LA REVUE MODERNE — MARS H)44 — Lejanne veut le prendre.Et il va me tuerl me tuer! Si ce n'est pas lui, ce sera Schwartz ou Roldini.Qu'est-ce que je vais faire?que puis-je faire?supplia- t-il.Michaël tapota l'épaule du lamentable affolé — Là! là! ne t'en fais pas, mon vieux, personne ne te tuera.Il le calmait comme on calme un petit enfant — Dis-moi tout, et nous verrons ce que nous pouvons pour toi.Dans notre groupe, on te laissera bien tranquille.— Votre groupe?qu'est-ce que c'est que votre groupe?— Les plus forts types de la garnison tt sont réunis.Ils iront prévenir Lejaune si Schwartz persiste dans son projet.— Vous irez prévenir?.fit Bolidar en écarquillant les yeux, la bouche bée.— Oui, prévenir Lejaune de la cabale qui se prépare, répéta Michaël.Bolidar fut secoué d'un rire sans gaieté, d'un rire en quelque sorte mécanique — Mais il sait, il sait, il sait FI sait tout.Ceux qui font partie du groupe et ceux qui sont contre lui II sait ce qu'on dit chaque jour dans la place.Mon frère et moi étions foudroyés.— Qui le renseigne?demanda Michaël — Moi! fut la fière réponse de cette vile créature.Et quand il aura ton diamant, il me tuera, ajouta-t-il en pleurnichant J'étais ahuri.Si Lejaune savait tout, à quoi bon menacer Schwartz?Dans quelle situation nous mettions-nous?— Pourquoi Lejaune ne bouge-t-il pas?— Oh! il bougera, la nuit.Il bougera même avant que Schwartz et sa bande d'idiots ne se soient mis en action.— Mais qu'attend-il pour agir7 demandâmes-nous simultanément.— Il veut voir ce que vous allez faire.Si vous marchez avec Schwartz, vous serez tués avec lui et je prendrai le diamant, sinon, vous serez tués pendant qu'on attaquera Schwartz.— Par qui?demanda mon frère.— Par moi.Si vous êtes du parti Schwartz, j'entrerai dans la chambrée avec Lejaune.Nous mettrons les comploteurs en joue, mais je dois faire feu sur toi.Si vous n'êtes pas du parti Schwartz, je serai, moi, parmi les mutins, et quand tu entreras dans la chambrée avec Lejaune, je te tuerai.Ainsi, d'un façon ou de l'autre, tu mourras.Et je suis sûr qu'ensuite je mourrai aussi.O Jésus-Christ! ô Sainte Madone! ô mes saints du Paradis! — Et si, ne donnant pas de réponse à Schwartz, je reste neutre?— Alors, je ferai un discours aux partisans de Schwartz pour les exhorter à te tuer en raison même de ta neutralité, toi et tous ceux qui seront avec toi, car il ne faut pas qu'on s'imagine que tu as été spécialement désigné.Je m'offrirai pour t'exécuter, ensuite je m'emparerai de ton diamant que je remettrai à Lejaune Et, ajouta-t-il tout haletant, Lejaune me tuera si je ne prends pas le bijou.Bolidar se trémoussait dans un accès de désespoir.— Il faut lui jeter un tablier sur la tête pour qu'il pleure dedans à loisir, comme le ferait une vieille paysanne dont la.vaohe vient de trépasser, dit Michaël, en anglais.— Oui, tu as raison, mais interrogeons d'abord cette brute.Qu'elle nous dise tout ce qu'elle «ait! LA REVUE MODERNE — MARS IQ44 — Boldini est-il dans le complot?questionna Miahaël.Lejaune et lui travaillent-ils ensemble?— Boldini sait que Lejaune sait tout.Tous deux ont l'intention de se servir de Dupré, de Saint-André, de Cordier, de Maris et de vous deux pour arrêter les mutins du complot pendant la nuit, car ils sont convaincus que vous refuserez les propositions de Schwartz Mais Boldini et Lejaune n'ont pas confiance l'un dans l'autre "Boldini veut le diamant pour lui seul et Lejaune ne l'ignore pas.C'est, du moins, ce que prétend Cantaio, il est vrai que Cantaio n'est pas un type sûr — Vraiment?— Nbn, je ne le crois pas absolument honnête — Ah! tu m'étonnes.— Il m'a fait des propositions que j'ai rejetées avec mépris — Dangereuses?— Absurdes! Et puis, je n'étais pas sûr d'avoir ma part.II est déjà assez difficile d'avoir confiance en Lejaune sanî risquer avec un gredin comme Cantaio — Et Boldini?t'a-t-il fait des.hum.propositions que, naturellement, tu as rejetées aussi avec mépris?— Oh! oui Mais je lui ai fait observer que Lejaune est adjudant et lui simple caporal.— Et qu'a-t-il répondu'' — Qu'un caporal vivant vaut mieux qu'un adjudant mort — Sinistre réponse! Ah! la charmante société! remarquai-je en anglais.On ne sait vraiment plus où l'on en est Voyons, résumons clairement la situation.S'adressant directement à Bolidar, Michaël lui fit renouveler un par un ses aveu*.Au bout d'un moment, Bolidar tomba dans une lamentable léthargie et ne répondit plus à nos questions que par des signes de tête affirmatifs — Sans doute, dis-je, Boldini élabore un plan qui pour but la mort d'un adjudant et la possession d'un diamant Boldini marchera sans doute avec Lejaune jusqu'au moment où celui-ci aura le diamant.Après quoi il se débarrassera de Lejaune et s'emparera du diamant.— C'est l'idée de Cantaio, fit Bolidar en sortant de sa torpeur.Cantaio voulait que je sois de mèche avec Boldini, Colon-na et lui Après la mise en cellule des exaltés on se débarasserait de Lejaune, on s'emparerait du diamant et nous partirions pour le Maroc après avoir mis le feu au fort — Pourquoi ne pas avoir accepté ce charmant projet?demanda Michaël.— Parce qu'on ne peut pas se fier en la parole d'un Boldini, ni en celle d'un Cantaio.Ce ne sont pas des honnêtes gens Quand Boldini sera en possession du diamant, pourquoi se gênerait-il pour faire disparaître l'homme qui aura, autant que lui, des droits sur le bijou?Non, on ne peut travailler avec des types si peu scrupuleux.Et la voix de Bolidar s'arrêta, étouffée qu'elle était par un sentiment de vertueuse indignation et de frousse intense.— Gantaio t'a-t-il fait des propositions?— Certainement.Il croit que je suis à denn-t-diot.Il a été jusqu'à me demander de vous voler et, le coup (ait, de déserter >.ins attendre la fin.J'ai presque été tenté.Mais.mais.deux hommes seuls ne peuvent pas traverser deux mille kilo- IL N'Y A PAS DE MEILLEUR BREUVAGE GAZEUX QUI SOIT EMBOUTEILLÉ 'Pepji - Coto eit lo marque enregistrée ou Canada de Pe p * i Co! c Cû~"pcny et 38 mètres dans le désert avec, pardessus le marché, la possibilité d'être par malchance pris ou tués par les Touareg.Ce Cantaio eût été d'ailleurs parfaitement capable de m'assassiner dès notre arrivée au Maroc! Et Bolidar se mit à déplorer la fausseté des Italiens.— Parlons enfin affaires, interrompit Michaêl.Pourquoi nous racontes-tu tout cela?Que veux-tu de nous?— J'avais besoin de parler à des hon nêtes gens.Si j'ai le diamant on me tue.si je ne l'ai pas, on me tue Ma mort est certaine.— Et alors?interrogea Michaël, sur un ton encourageant.— Alors, j'ai pensé que je devais dire la vérité vraie à vous deux, qui êtes des honnêtes gens, et que vous sauveriez ma vie en sauvant la vôtre, mais.dites?vous me réserverez une part sur la vente du diamant?— Sauver nos vies! comment?— En désertant ensemble avant l'heure fatale Quand nous serons tous les trois en sûreté, vous pourrez bien me donner le tiers de la valeur du diamant?— Qui t'a dit que nous tiendrions notre parole?— Vous êtes Anglais Chez nous "Parole d'Ang!a;s'' équivaut à un serment de fidélité; si vous promettez, je serai tranquille.— C'est touchant! Mais si je te jure que je n'ai pas de diamant?Bolidar sourit de l'air entendu que l'on prend quand on a saisi tout le sel d'une bonne plaisanterie.— Senho, murniura-t-il en agitant bêtement la tête et les mains, on connaît bien le petit paquet qui est dans la poche de ta ceinture.— Vraiment?Oh! comme c'est drôle! Un long silence se fit.— Assurément, deux ou trois hommes qui se risqueraient, seuls, à traverser le désert sera ent des hommes perdus, observa Michaël au bout d'un moment.— Mais on pourrait former une troupe, proposa Bolidar.On sait que Saint-André, Maris, Cordier et un ou deux autres refusent de marcher avec Schwartz.— Ils ne sont pas pour cela des déserteurs.— Sans doute; mais quand ils auront acquis la certitude d'être mis à mal, soit par Lejaune, soit par ses adversaires.Alors?D sons-leur la vérité, qui est celle-ci: Lejaune veut que personne autre que lui ne survive à cette terrible aventure.Il veut le diamant pour lui seul et pour lui seul la g'oire d'avoir sauvé le fort.Ce projet doit avoir pour épilogue une tuerie générale.Pour Lejaune ce sera la richesse et un sérieux avancement, il se vo t déjà rentier et capitaine.Quelle sera la récompense des hommes qui auront risqué leur vie pour lui?La mort! hurla-t-il, la mort! Et il tremblait et bavait comme une bête traquée.— Qui lui a parlé du merveilleux diamant?demanda mon frère.— Boldini.Dès son retour au rég.ment, il a annoncé qu'une célèbre bande de voleurs de bijoux se réfugiait à la Légion pour échapper aux poursuites de la police anglaise.Lui et Cantaio deva ent l'emparer de ton diamant, le remettre à Lejaune, ensuite partager avec lui le prix de la vente.— Et ce sont eux évidemment qui t'ont poussé à commettre cette tentative de vol à Sidi-bel-Abbès7 Mais pourquoi t'ont-ils choisi, toi?croit possède, ( l on Bo'idar dédaigna de répondre à une question aussi désobligeante.— Cela n'a aucune importance, déclara M'çhaë'.Cette ancienne histo're ne fait que nous écarter du sujet qui nous occupe Si l'on essayait de convaincre Lejaune qu'il n'y a pas de diamant à Zin derneu'f?— Quoi?raconter que tu l'as laissé à S di-be!-Ahbès, c'est une idée Michaël rit.— Voyons, l'as-tu laissé à Sidi?— Je n'ai certes pas de diamant, répon dit mon frère.— Tu le jures par Dieu, par le Christ et par ton amour pour la Sainte Vierge?— Je ne jure rien du tout Je dis simplement que je n'ai pas de diamant Parole d'Anglais! — C'est une chance, une vraie chance, chuchota Bolidar.Je vais avertir Lejaune que tu as laissé le diamant à Sidi — Si tu veux.— Mais il faudra qu'il s'assure que tu ne l'as pas, fit Bolidar en se levant, l'air sombre et inquiet.Enfin.je vais essayer Il y a un petit espoir Je te raconterai ce qu'il aura dit.— Tu nous diras bien quelque chose, j'en suis sûr.L'héroïque Portugais prit alors son seau et s'esquiva.— Qu'allons-nous faire?demandai-je à mon frère.— Prévenir Schwartz que Lejaune sa;t tout et attendre les événements.D'alileurs, rien n'arrivera ce soir.Nous retournâmes au fort pour non» coucher.Nuit pénible, du nions pour moi, car j'étais loin de partager l'optimisme de Michaël.Notre si-tuat'on paraissa t à peu près désespérée Je me tournais et me retournais dans mon 'lit, cependant dans ma tête brûlante, je ruminais toutes les idées susceptibles de nous fa'rc ;ortir de cette impasse.Enfin, fatigué, renonçant à échafauder des hypothè ses inutVes, je fis je ne sais quel mouvement qui plaça mes yeux en face de la porte.Lejaune était là, seul, un revolver à la main, examinant les lits.Etait-ce déjà le commencement de la fin?Inconsciemment, je me soulevai à demi en appuyant sur un coude Lejaune nie vit tout de suite.Mettant un do gt sur ses lèvres, il me fit un signe d'appel.Je le regardais, pétrifié.Fronçant les sourcils, il renouvela son ^este impérieux et rapide Qu'avait-il en tête?Allait-il me brûler la cervelle dans le couloir ou m'ordonner de courir chercher mon frère?S'il me donnait cet ordre, Je refuserais d'obéir, je sauterais sur lui, je m'emparerais de son revolver.Une robelion?En quoi cela servirait-il notre situation si précaire?Tout en faisant ces réflexions, j'avais enfilé mon pantalon et ma veste; puis, à pas de velours, je me présentai devant Lejaune.— Suis-moi! ordonna-t-il.Et il m'cmmiena dans ses quartiers Ayant fermé la porte de sa peu confor tahle et triste petite chambre, il s'assit devant une table et me dévisagea en silence.Ses yeux durs, arrogants, étince-laient sous d'épais sourcils contractés.— Voulez-vous vivre, ton frère et toi?grogna-t-il.Réponds — Tout compte fait, je crois que oui, mon adjudant, répondis-je en essayant de n'être ni impertinent ni servile.— Oh! font compfe fait! Alors tu feras bien d'écouter attentivement ce que je vais te dire, car seul je peux vous sauver tous les deux.Comprends-tu?— Oui, mon adjudant — On parle d'un bijou, d'un diamant que ta bande de voleurs a pris à Londres Il existe un complot pour vous assassi ner tous les deux, s'emparer du bijou, ensuite déserter.— Je le savais, mon adjudant — Tais-toi! Moi, je sais tout ce qu'on fait, tout ce 'qu'on O OJULH.CLgJLfl-g JLOJL8JL8_ttOJULgJL8 i ANDRE GIDE ET L'AMOUR que l'on est possé- "}e crois qu'il est un point de l'amour unique, et l'âme plus tard, ah! cherche en vain à dépasser; que l'effort qu'elle fait pour ressusciter son bonheur, l'use; que rien n'empêche le bonheur comme le souvenir du bonheur." André Gide.dans L'Immoraliste.° innririnnririnnnrsTSTnr^^ dit, tout ce qu'on pense dans ce fort Je me fiche de ce que vous avez volé, je me fiche de ce qui arrivera à ton voleur de frère et à toi, mais je n'admets aucun complot sous mon commandement, m'entends-tu?— Je vous entends très bien, mon adjudant.— Parfait! Je vais apprendre à ces bougres-là à faire leur devoir et ce qu'il en coûte de s'insurger contre moi.Ton "frère, toi, 1 e s légionnaires Saint-André, Cordier et Maris, vous formerez la garde chargée d'arrêter les meneurs.Je dirigeai l'affaire.Vous agirez d'après mes ordres vous obéirez à tous mes commandements.Même.s'il le faut., entends-tu?— Je vous entends, mon adjudant.— Alors, réponds-moi, imbécile.Pour mettre fin à cette damnée folie, pour éviter d'autres troubles, ton frère me remettra le diamant.Je le placerai dans un endroit où aucun complot n'ira le dénicher.Et puis, vous irez au diable, vous et vos bijoux, Vous provoquez l'indiscipline avec toutes vos histoires! Vous devriez faire vingt-cinq ans de prison.M'cntends-tu?Réponds-moi?— Je vous entends, mon adjudant.— Bien! On vous dira ce qu'il faut taire, on vous donnera des munitions.Deux d'entre vous seront devant le magasin avec ordre de tuer quiconque — excepté moi — tentera d'approcher Quiconque, comprends-tu?"C'est à ton frère que je voulais parler, mais tu ne dormais pas et je n'avais aucune raison de pénétrer dans cette cage d'hyènes.Va répéter à ton frère ce que je t'ai dit.Aussitôt que le diamant sera en sûreté dans le coffre-fort de la com- pagnie, je vous donnerai la possilité de sauver vos misérahles existences.Ecoute-moi bien.Clisse-tol dans la chambrée Réveille ton frère, Saint André, Maril i ( "iiiclu-i I ii l ni de s'habillei assortir sans bruit avec leur fusil Moi, je serai à la porte avec mon revolver.Main tenant, décampe! —Je saluai et je partis.I.'heure était venue.Lejaune allait agir Il avait reçu les rapports de Bolidar nou» concernant, mon frère, moi et le» toldati loyaux.Il avait parfaitement le droit de faire saisir les autres Notre devoir était d'obéir.Mais Michaël! Qu'adviendrait il de Michaël s'il niait avoir un diamant sur lui?Quelle serait sa situation vis-à-vis de Lejaune, une fois la cabale maîtrisée?Lejaune pouvait fort bien envoyer mon frère retrouver les mutins dans l'autr» monde ou dans cette antichambre de l'autre monde qui s'appelle les "Compagniei de discipline".— Un bruit, un faux mouvement et tu seras l'otage, attention! grogna Lejaune, qui me suivait dans l'étroit couloir creu se entre deux murs de boue.le crus sentir sur mon échine une frôlement glacé.Le sang me monta à la tête Je me re tournai presque Une seconde, et il recevait un direct au menton Mais il ne me donnerait pas cette seconde Et, d'ailleurs, débarrassés de Lejaune, serions-nous, mon frère et moi, en meilleure posture?Boldini et sa bande ne voulaient-ils pas aussi tuer Michaël pour avoir le diamant?Avec Lejaune toujours sur mes talons, j'arrivai à l'entrée de la chambrée.L'ad judant s'arrêta, le revolver braqué et chuchota : — Ton frère, Maris, Cordier, Saint-André, vite! Je me glissai jusqu'au lit de Michaël.Pour éviter qu'il ne se réveillât en sursautant avec un cri qui donnerait l'alarme aux autres dormeurs, je murmurai doucement à son oreille.- — Beau, mon vieux! C'est John! Pas de bruit.Beau, c'est John!.chut!.Il ouvrit les yeux, et tout de suite lucide, demanda: — Qu'y a-t-iJ?— Prends ta veste, ton pantalon, tes souliers, ton fusil et sors.Lejaune compte sur nous.Prends aussi ta baïonnette.Apercevant Lejaune dans l'encadrement de la porte, Michaël se leva.Je réveillai Saint-André de la même façon — L'adjudant vous demande.Il est là — Bon, il n'était que temps qu'il agisse Maris se réveilla tout aussi doucement et comprit immédiatement ce qu'on vou lait de lui.Pendant que je réveillais Cordier, je vis Michaël sortir, son fusil à la main.Lejaune lui donna des cartouches.— Dehors, vite! Si un homme veut s'évader, feu! Les camarades que j'avais réveillés nous ayant rejoints, Lejaune dit: — Saint-André et Cordier vont rester ici.Quand on se réveillera, ordonnez le silence et mettez en joue.Suivez-moi, les autres, fit-il en retournant dans ses quartiers.Toi, Maris, garde la sortie et tire sur quiconque fera mine de broncher.Et maintenant, dépêchons ! LA REVUE moderne — mars i Q44 M Il entra dans sa chambre et boucla la porte.— Donne-moi ce diamant, cause de tout.Il fixait Michaël.— Sales voleurs, vous avez corrompu la garnison, vous portez atteinte à la discipline le m'en charge, moi, de la disci pline Allons, sors ton diamant, oiseau de bagne, et tout de suite, à moins que tu ne désires avoir la gorge coupée par cei mutins qui en finiront domain matin avec toi a la parade.Oui, oui, je sais tout Que le diable prenne ta vilaine âme! Il montrait les poings dans un accèi de fureur.Michaftl jouait l'affolement, écarquillait les yeux.— Quel diamant, mon adjudant?La figure mauvaise de Lejaane x congestionna, ses yeux brûlants s'exorbi-térent.— N'essaie pas de te moquer de moi ou je te fais sauter la cervelle, hurla-t-il en saisissant sur la table son revolver Donne-moi le diamant, vil voleur, je le garderai jusqu'au moment où j'aurai trouvé son vrai propriétaire.Crois-tu que je tolérerai de voir la discipline du fort plus longtemps troublée par un maudit voleur en fuite qui se cache ici avec son larcin?Sors-le, ton diamant, ou je t'expédie dans ta vraie patrie Allons vite! — Je n'ai pas de diamant, mon adjudant, affirma tranquillement Michaël, en regardant Lejaune en face Je vous déclare que mon frère n'a jamais possédé de diamant, ni moi non plus.Les mots manquèrent à Lejaune pour répliquer.I! étouffait Je pensai et j'espérai qu'il allait avoir une attaque d'apoplexie En effet, sa figure de rouge brique qu'elle était devint pourpre et ses lèvres retroussées laissèrent voir des dents cruelles sous la moustache hérissée.Il nous menaça de son revolver.J'allais le mettre en joue; ma présence d'esprit me sauva Je compris tout de suite qu'avec son arme braquée sur nous il avait le temps de presser deux fois la détente avant que je n'eusse seulement celui de porter mon fusil à l'épaule Michaël ne broncha pas.Je me contraignis, moi aussi, à garder une complète immobilité, et même une attitude respectueuse, car le moindre mouvement aurait signifié: rébellion, mort!.Lejaune n'aurait pas hésité une seconde s'il ne s'était trouvé lui-même en morte! danger.Or, il avait besoin de nous — de nous, vivants.D'un instant à l'autre, nous pouvions entendre les coups de fusil tirés par Saint-André et Cordier, cependant que les mutins envahiraient la chambre où nous étions.Lejaune supposait que mon frère, moi, Saint-André et Cordier étions de loyaux et fidèles soldats, mais il n'en était pas absolument sûr.Lejaune était brave; aussi, sans être troublé par sa situation dangereuse, il continua à s'occuper de nous ou plutôt de lui.—-Pas de bijou! Tu aurais pu le déclarer plus tôt, reprit-il dans un mouvement de colère concentrée.En es-tu bien sûr?Tu n'as plus beaucoup de temps avant de t'en convaincre.As-tu quelque autre chose à dire avant que je ne te fusille.une petite prière, sans doute?fit le gredin en me mettant sous le canon de son revolver.L'index du malheureux fou furieux frémissait sur la gâchette Je me sentais très peu â mon aise.Il jura, blasphéma Tout son répertoire, il le déversa sur nous en écumant Devant notre sang-froid, notre calme absolu, lejaune posa son revolver devant lui.Il s'arrachait les cheveux de colère.Soudain, je ressentis un singulier sentiment de sécurité.I-ejaune nous épargnerait jusqu'à Pétouffement de la mutinerie, car il avait besoin de nous pour retrouver son autorité absolue; nous cinq, étions son unique rempart contre les mutins, les seuls protecteurs non seulement de son commandement, mais de sa réputation, de sa carrière, de sa vie.FI n'allait pas tuer les deux cinquièmes de sa troupe, les deux cinquièmes restés fidèles au moment précis où il avait d'eux un besoin urgent C'eût été absurde! Alors, je fis l'acte qui eût été l'acte le plus courageux de ma vie si je l'avais fait avec réflexion.Je défiai, j'insultai Lejaune! — Ecoutez, Lejaune, dis-je froidement, sur le ton que prendait un étudiant d'Oxford, pour s'adresser à un cocher voleur ou un laquais malhonnête Me faites pas l'imbécile."Dans deux minutes, on peut vous pendre à ce mur avec des baïonnettes au travers des mains et vous laisser périr au milieu des flammes du fort incendié; on peut aussi vous épingler sur le toit avec le soleil sur la figure.Ne soyez pas si bête! Nous n'avons pas de diamant, mais vous avez cinq hommes prêts à vous servir.Cessez donc vos rodomontades ridicules à propos de bijoux inexistants et montrez-vous reconnaissant à l'égard des c nq légionnaires qui veulent faire leur devoir et oublier que vous ne faites pas toujours le vôtre — Très intrépide compagnon, John! d't mon frère, je te décerne cette fois la médaille de l'ordre de Michaël.Que ferait l'empereur d'Abyssinie si le plus vil esclave de son palais l'eût giflé?Je n'en sais rien, Lejaune non plus, sans quoi il m'eût sûrement fait subir le traitement réservé au vil esclave.Naturellement, l'empereur commencerait par étouffer de rage et par pâlir.Lejaune étouffa et pâlit.Puis, il bondit sur nous avec un cri pareil au rugissement d'un fauve.Pendant qu'il bondissait Michaël fit glisser rapidement sa main sur la table et le revolver tomba sur le plancher.La rage semblait avoir annihilé le bon sens de Lejaune.Le mieux était de lui soustraire son arme — Bougez, et vous êtes un homme mort, sifflais-je, comme si je me fusse trouvé dans la peau d'une étoile de cinéma ou.d'un imbécile! Michaël 3vait ramassé le revolver.— Ainsi, vous êtes des mutins, vous, les hommes soi-disant loyaux! souffla Lejaune entre de longues aspirations pour ne pas étouffer.— Non pas, répliqua Michaèl avec calme.Nous sommes d'honorables soldats qui voulons faire proprement notre métier et non pas bavarder à propos d'un diamant qui n'existe pas.Vous ne savez donc pas, pauvre homme, que dans une heure le 'fort sera en flammes et vous, mort, si vous n'agissez pas immédiatement et comme il convient; encore faudra-t-il que la chance vous favorise.— Cré bon sang de sort! jura Lejaune, vous aurez de mes nouvelles après Attendez, attendez mes petits amis le me charge de vous donner une gentille leçon.SOULAGEMENT RAPIDE ET TRAITEMENT EFFICACE DES BRÛLURES Dans les rapports sur le traitement des brûlures subies 6ur les champs de bataille, on fait souvent mention de l'efficacité du Petrolatum .une préparation connue par des milliers de personnes sous le nom de Gelée de Pétrole 'Vaseline'.L'un de ces rapports dit ce qui suit: "La plupart des brûlures du deuxième deçre—celles qui ne font pas d'ampoules—ne requièrent aucun aulre traitement local et sont généralement guéries au bout de deux semaines' .Dans une récente enquête sur le traitement des brûlures légères dans les usine! de guerre, on étudia les effets de 85 pansements locaux différents, et l'on constata que la guérison était plus rapide quand on se servait de Petrolatum.\ oilà une excellente raison de toujours garder un pôt de Gelée de Pétrole 'Vaseline" à la maison.Des milliers de personnes s'infligent chaque année, dans les foyers canadiens, des brûlures légères qui sont douloureuses et qui retardent le travail.Protégez votre famille en ayant toujours à la maison un pôt rie Gelée de Pétrole 'Vaseline'.La marque de commerce 'Vaseline' est pour vous la garantie d'une pureté absolue.COMMENT SOIGNER LES PETITES BRULURES A LA MAISON Recouvrez de Criée de Fatiei un pansement Appelé» le médecin Pétrole Vaseline' une bien soltde, mais pas immédiatement si la gâte fine et plaça sur la trop serré, b'ùlure est profond* ou partie brûlée.>r*s étendue, •NOTE— La Gelée de Pétrole 'Vaseline' (petrolatum l'.f^P.) soulafr immédiatement et assure une protection efficace a la région brûlée.En plus de ce traitement sommaire, une brûlure peut requérir l'emploi de sérum sanguin, de sulfa ou autres produits pharmaceutiques.Chescbrougb Manulacturlng Ca, Cons'd-, Montréal.LA REVUE MODERNE «— MARS 1 0^4 40 — Que sera notre récompense pour vous avoir sauvé la vie! — Ah! tu aimes la discipline, tu es un soldat honorable qui veux faire proprement ton devoir sans qu'il soit question de diamant, eh Sien! fais d'abord ton devoir, nous verrons ensuite de quoi tu bavarderas! Se tournant vers moi: — Toi, mon petit ami, attends un peu que je t'aie bouclé dans une cellule dont seul j'ai la clef.Peut-être ne sera-ce pas moi alors qui bavarderai! — En tout cas, c'est vous qui bavardez en ce moment, Lejaune, répliquai-je, sur le ton d'un homme lassé.Vous êtes fatigant à la fin.A cette apostrophe, l'homme énergique qu'était Lejaune se domina grâce à sa ferme volonté et, maître de sa colère, il dit tranquillement avec une froide dignité — Venez avec moi! Notre conversation est ajournée jusqu'à ce que j'aie châtié quelques drôles de votre espèce Mous verrons alors ce qu'il advient de ceux qui parlent à leurs chefs comme vous venez de le faire.— Ouvre la porte, John, dit mon frère J'ouvris.Maris, de garde à l'extérieur, me lança un regard anxieux.Il avait entendu sans doute les grondements de colère de l'adjudant A la porte de la chambrée, André et Cordier se tenaient en faction.— Qui a remué?grogna Lejaune.— Personne n'a bougé, mon adjudant, répondit Saint-André — Posez vos ifusils, ordonna Lejaune à Maris, à mon frère et à moi.Enlevez vite toutes les armes qui sont dans cette pièce, et pas de bruit, n'est-ce pas?Vous autres, tirez sur le premier homme qui quittera son lit.On se mit à la besogne, d'abord en vidant les râteliers d'armes de tous les lebels, puis en s'emparant des baïonnettes accrochées à la tête de chaque lit.Une de ces baïonnettes frappa un gobelet de fer-blanc Lin homme se dressa.C'était Vogue.— En joue! ordonna Lejaune, et deux fusils se braquèrent sur l'homme ahuri, qui regardait d'où venait la voix.— Couche-toi! murmurai-je.Vogue reprit immédiatement la position horizontale et ferma les yeux.Un somme 1 impérieux, un sommeil vraiment extraordinaire, s'empara de lui aussitôt.L'inévitable arriva.A mon derner voya^?, tandis que j'emportais une brassée de baïonnettes, l'une d'elles, me glissant d'entre les bras, heurta en tombant le pied d'un lit et réveiwa Clock — Qu'est-ce que c'est?demanda-t-il en se dressant sur son séant — Couche-toi, Clock, chuchotai-je.Et, d'un signe de tête, je montrai la porte — Tirez! s'il bouge! dit Lejaune.Clock s'étendit dans son lit en regar dant Lejaune avec les yeux d'un lapin hypnotisé par un serpent Je continuai ma tournée.Lorsqu'elle fut achevée, il n'y avait plus une seule arme dans la chambrée Un grand silence régnait.Mais aucun lég'onnairc ne dormait aussi profondément que le caporal Boldini, dont le I : était contre la porte.Lejaune sortit d: sa poche la clef de l'arsenal.— Tenez, d.t-il à Saint-André, Corder et Maris Courez vite enfermer ces fusils et ces baïonnettes.Saint-André se mettra en faction devant la porte, Cordier et Maris me rapporteront la clef.Toi, Saint-André, fais feu sur qui fera mine d'approcher.Maintenant, continua-t-il en s'adressant à Michaél et à moi, quand ces animaux se réveilleront, ouvrez l'oeil.Si plusieurs se lèvent en même temps, assurez-vous d'abord de Schwartz et de Brandt, puis Happ et Delarey Si un seul homme bouge, j'en ferai mon affaire Une pâle lueur dissipait peu à peu l'obscurité de la nuit.Par les fenêtres filtrait une pâle clarté: le petit jour commençait à poindre.Maris et Cordier, ayant séquestré les armes, vinrent bientôt nous rejoindre — Mon adjudant, Saint-André monte la garde devant le magasin, fit Maris à voix basse en remettant à Lejaune la clef de l'arsenal.— Bon! Maris, Brown et Cordier restez ici et, à la première tentative de révolte, faites d'abord l'affaire de Schwartz.Vos vies dépendent de votre courage.N'oubliez pas qu'ils n'ont plus d'armes pour nttaquer.Toi, Smith, viens avec moi, je vais jil'assurer des sentinelles du fort Tâche de te montrer débrouillard si tu veux voir encore la lumière du jour.Avant de sortir de la chambrée, il contempla un instant les lits alignés.— Ali1 ah! mes petits oiseaux en cage, vous avez comploté contre moi, contre Lejaune! Ah! ah! Je suivis l'adjudant — Je vais éloigner la sentinelle qui est sur le toit, dit-il; de cette façon, je suis sûr que l'on ne tirera pas d'en haut pendant que je désarmerai la garde.Nous gravîmes les marches d'un escalier qui nous conduisit à un toit horizon-ta' entouré d'un mur épais, bas et l renelé Lejaune releva la sentinelle qui se trouvait là en faction et m'ordonna de la remplacer.Puis, ayant confisqué le fusil, il lui ordonna de descendre au poste de police et d'envoyer tout de suite le sergent Ditpré.— Viens ici, me dit-il, dès que la sentinelle fut partie Et il me montra du doigt la cour et la porte ouverte du poste.— Je vais donner à Dupré l'ordre de s'emparer des fusils des hommes de garde, puis de m'expedier un factionnaire avec tous les fusils.Si un homme sort avec un seul fusil, tire dessus.Bien entendu, tu ne touches pas au soldat chargé d'une demi-douzaine de fusils.J'épaulai et je fis le simulacre de viser la porte située de l'autre côté de la cour.Certes, mon devoir était d'obéir,- cependant, l'idée de descendre un camarade comme un lapin m'était odieuse.Crierais-je?Frapperais-je le sol avec la crosse de mon fusil avant de faire feu?Si je donnais cet avertissement préalable, serais-je châtié par Lejaune?Sans doute.La sentinelle que j'avais relevée traversa la cour, entra dans le poste,- un moment après sortit le sergent Dupré.— Attention! dit Lejaune.Cette sentinelle va parler aux hommes de garde et ceux-ci peuvent se précipiter sur nous.Rien ne bougea.Le sous-officier, arrivé sur le toit, salua l'adjudant.— Sergent Dupré, lui dit Lejaune, envoyez-moi un homme, un seul, qui m'apportera toutes les armes de» hommes de garde Si quelqu'un (sauf celui qui doit me remettre les fusils") quitte le poste, il sera passé.Et, du doigt, il montra mon lebel posé dans un coin.— Très bien, mon adjudant! fit le sous-officier avec calme.Je le vis descendre dans la cour, pren Jro le fusil de la première sentinelle, ti successivement, les fusils des autres soldats du poste.Une minute après, je fus soulagé de mon inquiétude, un légionnaire arrivait portant sur chaque épaule trois ou quatre" fusils qu'il maintenait par les canons.— Ouvre l'oeil I ils pourraient tenter une attaque.Alors, n'hésite pas.L'homme qui apportait les fusils, un nommé Cronau — grand diable d'Alsa cien absolument stupide —, s'engagea dans la cage de l'escalier.Néanmoins, mes yeux ne quittaient pas la clarté jaune de la porte du poste éclairée par une lampe dont la lueur luttait avec celle du jour naissant.J'entendis comme un bruit de ferraille derrière moi.Cronau avait brusquement lâché tous les fusils qui s'écroulèrent sur la plate-forme du toit.Lejaune venait-il d'être culbuté par surprise?Non! Quant à Cronau, il était là, immobile, la bouche ouverte, l'air complètement hébété Frappé par la singulière attitude du légionnaire, Lejaune, au lieu de se fâcher, regarda ce que Cronau montrait du doigt L'oasis pullulait d'ennemis qui, rapidement, silencieusement, avançaient pour attaquer! Une quantité considérable de chameaux apparut bientôt à gauche, puis à droite.Dans la pâle lumière de l'aurore, des centaines et des centaines de Touareg encerclaient le fort.Courage et esprit de décision, telles étaient les qualités de Lejaune.— Cours, aboya-t-il à Cronau Rends les fusils à tes camarades et envoie-moi le sergent Dupré.Puis, s'adressant à moi: — A la chambrée, vite! donne l'alarme.Porte cette clef à Saint-André et qu'il distribue les armes confisquées.Fais venir le clairon.Cours.cours.Je courus.En descendant l'escalier, j'entendis Lejaune qui commençait à ouvrir le feu sur les hordes menaçantes.Je me précipitai dans le couloir et, en passant, je jetai la clef à Saint-André en faction devant la porte de l'arsenal — Touareg! hurlais-je.Sors les fusils, les cartouches! J'arrivai à la chambrée au moment même où Michaël mettait en joue BoWini,-Maris avait Schwartz au bout de son fusil.Cordier menaçait toute la chambrée.Les hommes réveillés grondaient.La voix claire et gaie de Michaél domina le tumulte.— Celui qui veut mourir n'a qu'à montrer un pied.Pas un pied ne se montra et pas un homme n'osa broncher.Boldini moins encore que les autres, car il avait un fusil chargé à un mètre de son oreille.D'un coup d'oeil, j'enveloppai la scène.Je fis une pause pour mieux reprendre ma respiration et je braillai de toutei mes forces: — Aux armes! aux armes! les Touaregl les Touareg! Puis je criai à Michaël, à Maris et à Cordier: — Vite, là-haut vous autres1 nous sommes cernés! Je repartis à grande allure.Alors les hommes se jetèrent hors de leur lit, tandis que leurs geôliers galopaient derrière moi.s1 JLfiJUULiULiLSLft JLiUUUUUUL^ Délie nous est venue tant de lumière! par Michelle Ce Normand de la Société des Ecrivains canadiens "Au temps où dans notre pays sévissait le chômage, il nous est arrivé d'entrer à l'improvtste dans une maison de pauvres.C'était au coeur de I hiver.Ce jeu.faute de bois, était mort.Ca mère et les enfants étaient vêtus de cotonnade, de bas troués.Ces plus petits n'avaient pas de chaussures et, dans le froid, ils couraient autour de la table mangeant leur dîner: une rondelle de saucisson entre deux tranches de pain sec.Rien de chaud à boire, sans jeu ni lait ni beurre, sans argent.Joute la Jrance, écrasée, pressurée par l'ennemi, est devenue semblable à cette maison de paumes.Des milliers d'enfants sont dans une misère plus extrême encore, ils sont menacés de mort si les secours n'arrivent pas V nous est permis en ce moment d'espérer Qu'ils arriveront.il nous est permis de demander pour la Jrance ° malheureuse des vêtements, des objets, de l'argent, des produits phar- o maceutigues, des tissus dont vous pourrez disposer.7Je voudrez- o vous pas même vous priver un peu pour la secourir?Accepter d'être Généreux jusqu'au sacrifice?Donner tin peu de ce gue vous croyez le nécessaire et (fui n'est gue le superflu?Songeons à nos propres enfants et amassons par la charité ces trésors gui ne rouillent pas.Pour la Jrance tant éprouvée, soyons aénéreux d'elle nous est venue tant de lumière." Cet appel vous vient de CANADA-FRANCE constitué, avec l'autorisation de l'Etat et l'encouragement de l'Eglise, pour soulager les souffrances de la population civile de la Jrance.V.épondez-y en envoyant votre obole, en espèces ou en nature, à CANADA-FRANCE, 266 ouest, rue Saint-Jacgues, 'Montréal.LA REVliri MODI-.RNE — MARS IQ44 Vous POUVEZ ai/o/r des c/entsp/us bri//antesf 41 a mité ! la /ectt/re à /'envers est BûA/A/fpour /ss yeux/ SUIOUJ )UO SSUUOSJsd ¦.lun-ui ) besoin de verres que d'exercice pour leurs yeux.L'exercice n'éliminera pas le besoin de lunettes, mais une série d'exercices aussi simples que la lecture d'un d'une page de livre renversé renforce les muscles des yeux et soulage le surmenage visuel.Les yeux et V" les dents sont les deux points de * mire de votre apparence .ainsi, ne manquez pas d'exercer vos yeux et de maintenir le lustre de vos dents avec la poudre Pepsodent.AVANT APRÈS D aprri un coi actuel l'effet efu sour/re sur /es Mhfms' Ce garçonnet avait des dents débordant les lèvres.Il s'imaginait que cela lui donnait un air ridicule et, dans son embarras, il ne faisait pas de progrès en classe.Mais quand l'art dentaire moderne eut corrigé sa denture, son apparence et sa mentalité furent changées.L'art dentaire peut faire des merveilles aujourd'hui dans la correction des dents croches, mal placées et vilaines.Les dents ébréchées ou brisées peuvent aussi être recouvertes comme celles des vedettes de l'écran.Surveillez bien les dents des enfants.Visitez le dentiste régulièrement.C'est la pure vérité .la personnalité et l'avenir d'un enfant peuvent dépendre de la formation, de I entretien et de l'apparence de ses dents! Cri», hurlements de joie! — Aux armes! les Touareg ! Les hommes joyeux, délirants, empoignaient leurs vêtements.Saint André me croisa, portant un gros piqiKl de fusils Dupré, accompagné de la garde, escalait les escaliers Sur le toit, Lejaune hurlait: — Ouvrez le feu! Feu à volonté! Envoyez tous ces brigands en enfer, diables mie vous êtes! Donnant le commandement du toit a Dupré, il se précipita au rez-de-chaussée Deux minutes après, un flot d'hommes laillissiit de l'escalier,- les uns en bras de chemise, les autres nu-tête et nu-pieds, certains vêtus d'un simple pantalon, tout avaient une cartouchière bien garnie, nn lebel et une baïonnette Lejaune avait dû se démener comme un démon, car, quelques minutes après l'alarme donnée, toute la garnison était tur le toit.De chaque ambrasure nos fusils orneraient la mort sur une fourmilière d'acuillants.Il s'en était fallu de peu!.Si Cronau n'avait pas attiré l'attention sur ce qui se passait au dehors, plus un homme, à l'heure présente, ne serait vivant dans la garnison.Après un assaut sauvage dans la pénombre du matin, l'ennemi serait entré dans la place pour trouver quoi?une garnison désarmée.Sans cesser de tirer, je me demandais si un heureux destin nous favorisait ou si l'événement avait pour cause une coïncidence purement accidentelle.Oui, certes, il s'en était fallu de peu! Mais l'issue du combat restait encore douteuse.Plusieurs centaines de Touareg étaient là, tout près,- l'oasis leur appartenait.Malgré notre feu nourri, bien dirigé, et si meurtrier qu'un assaillant tombait presque aussi souvent qu'un légionnaire pressait la gâchette, les ennemis, incontestablement braves, continuaient à avancer vers les murs.Et tandis qu'un nombre persistait à tirer sur nos embrasures, d'autres essayaient de forcer la grille avec des pierres, des haches, des fagots allumés dans l'espoir de mettre le feu.Lejaune s'exposait avec un sang-froid imperturbable, conduisait la défense, vérifiait le tir dont les effets physiques et moraux furent si terribles que l'attaque cessa aussi soudainement qu'elle avait commencé.Au lever du soleil, les Touareg avaient disparu.Mais, alors, l'attaque devint un siège Abrités derrière les dunes, les Touareg continuaient .1 tirailler.le crois bien que l'offensive ne dura pas plus de dix minutes.Ces dix minutes me parurent des heures! J'avais tué au moins une vingtaine d'hommes.Mon fusil, tout suintant de graine, était brûlant.Plusieurs balles étaient venues s'écraser contre l'embrasure où je me tenais agenouillé.La plaine était parsemée de petite» taches blanches et bleues qui ressemblaient beaucoup plus à des paquets de linge dispersés qu'à des hommes féroces qui, une minute auparavant, avaient soif du sang des roumis.Le clairon sonna: "Cessez le feu!" Je me retournai.L'étrange spectacle! A chaque créneau se tenait une caricature de soldat, souvent à peu près nu, avec, a ses pieds, une litière de car touches brûlées et, quelquefois, une mare de sang Lin légionnaire, simplement vêtu d'une chemise et d'un pantalon, glissa mollement sur ses pieds, tomba, resta assis quelques instants, puis s'écroula.Sa tête, avec un bruit sourd, frappa le sol.C'était Blanc, le marin.Lejaune vint se placer au milieu du toit.— Holà! cria-t-il, pas de place ici pour les embusqués.Saisissant de ses bras solides le corps de l'homme, il le souleva et le jeta lourdement dans une embrasure.Là, il arrangea le cadavre (car Blanc paraissait bien mort).U le coucha d'abord sur le ventre, les coudes appuyés au parapet,- ensuite il mit dans une de ses mains un fusil, cependant que l'autre main crispée serrait la poignée.— Puisque tu ne peux plus être utile à rien, mon ami, fais semblant de l'être.Peut-être verras-tu la route du Maroc si tu ouvres bien les yeux! Il ricanait.— Caporal Boldini, rassemblez le tiers des hommes, faites-les descendre pour qu'ils se restaurent et s'habillent Ensuite, revenez ici en vitesse.Occupez-vous de la première moitié des hommes, puis de la seconde moitié.Que tout cela ne dure pas plus de trente minutes Vous, Saint-André, Maris, distribuez les cartouches, une centaine par homme Cordier, des seaux d'eau au-dessus des grilles,- ils peuvent essayer de faire un nouveau feu de joie.Vous, sergent Dupré, veillez à ce qu'aucun blessé ne quitte le toit.Apportez les pansements, tous les ustensiles médicaux.Les prisonniers sont-ils sortis de cellule?Soldat compétent, énergique et courageux, il songeait à tout.— Où est l'excellent Schwarfz?Ah1 te voilà, sauvage, monte à la plate-forme de vigie et surveille la palmeraie jusqu'à ce qu'un Targui t'exécute.Oui, que tes yeux ne quittent pas l'oasis!.Tu auras là-haut des loisirs qui te permettront de fomenter d'autres complots Et, disant cela, il menaçait le gros Allemand de son revolver.Schwartz escalada l'échelle qui conduisait à la plate-forme située au-dessus du toit.Le poste était dangereux.— Ouvre l'oeil et tire dès que tu verras quelque chose de suspect Dix m'nutes après, Boldini était de retour.Il ramenait ses hommes habillés comme pour une parade Ils prirent leur place de combat, cependant qu'un autre uroupe allait à son tour se vêtir et se ravitailler.Dix minutes encore s'écoulèrent et le deuxième groupe revint habillé, !a faim apaisée et le moral retapé Totalement disparus, ces symptômes de cafard, ces projets de rébellion, toute la folie de la veille.Il n'y avait plus que de joyeux soldats se délectant à l'idée de se battre Je descendis prendre un peu de nourriture avec le troisième contingent, espérant bien être de retour sur le toit avant la reprise des hostilités.Pas une détonation ne brisa le silence pendant que nous avalions rapidement soupe et café et que nous déchiquetions de gros morceaux de pain.— Tu parles! bredouilla MicJiaël, les joues pleines.Ces chers vieux Touareg ont chassé la guigne en venant se faire tuer.Je crois qu'il ne sera plus question de mutinerie avant un fameux bout de temps.— Ni de cela, ni d'autre ahose, vieux, tant que les ennemis rôderont par là.— Ils n'entreront jamais ici, dit mon fière, ils n'ont pas de canon.— Que peuvent-ils faire?je me le demande Des laboratoires impartiaux ont fait des centaines d'épreuves.Des hommes de science ont vérifié leurs constatations à l'aide de dispositifs de mesure photoélectriques et ont autorisé cette déclaration: la poudre Pcpiodent produit sur la dents un lustre deux fois plus brillant que la moyenne de toutes les autres grandes marques .plus brillant que n'importe quel autre—sans exception! Ces résultats ont été vérifiés par des jumeux identiques qui ont fait des essais pratiques chez eux .par des techniciens de cliniques dentaires .par des dentistes dans leurs propres bureaux.Le résultat est toujours le même: la poudre Pepsodent rend les dents beaucoup plus blanches.Procurez-vous de la poudre Pepsodent aujourd'hui pour donner à vos deots tout l'éclat possible.LA PEPSODENT REND LES DENTS BEAUCOUP PLUS BRILLANTES De toutes les pôtei et poudres à dents SEULE LA PEPSODENT RENFERME DE L IRIUM / Cet étonnant ingrédient, exclusif à Pepsodent.enlève le film de* dents — aide, ainsi 6 en révéler la beauté nolurello LA REVUE MODERNE — MARS IQ44 4 2 — Creuser des tranchées à la cime des dunes.L'assaut étant impossible, ils vont faire du tir.— Mais s'ils se livraient à un sièSpe en règle?Si seulement un des nôtres sur vingt des leurs était tué, nous n'aurions plus assez d'hommes pour défendre les quatre murs.— Nous serons secourus par Tokutu — Tokutu est à cent kilomètres et pas de télégraphe — Une chance d'avoir la médaille militaire, c'est d'aller trouver Lejaune et de lui dire: "Ne vous en faites pas! Je vais franchir seul le cercle des ennemis et je vous ramènerai du secours " Puis je me mettrai en route.— Cette nuit?— Non, je ne crois pas.Les joyeux garçons vont s'asseoir autour du fort en «e tenant la main comme pour une séan ce de spiritisme, afin d'être certains qu'aucun de nous ne s'évade.— C'est aussi la pleine lune, remar-qua'-je.Quoiqu'il advienne, je suis tout de même reconnaissant à ces sauvages d'être venus.Mais nous n'eûmes pas le loisir de continuer à causer,- Boldini étant venu nous transmettre l'ordre de remonter sur 'e toit; nous reprimes nos places de comhat.Lejaune allait et venait comme un tigre en cage.— Hé! toi, là-haut, Schwartz, tu ne vois rien?— Rien, mon adjudant Un moment après, il cria quelque chose, mais sa voix se perdit dans le fracas d'une terrible fusillade.Nous étions complètement encerclés.Les Touareg occupaient les dunes les plus rapprochées,-couohés à plat ventre sur les crêtes, ils ouvraient sur nous un feu terrible.Tactique toute différente de leur première folle attaque, alors qu'ils espéraient escalader les murs -et nous surprendre en plein sommeil.Il était maintenant difficile de les voir.Chacun de nous, à sa meurtrière, se trouvait aussi exposé qu'un Targui couché à plat ventre derrière un tas de sable ou abrité dans une tranchée.A une centaine de mètres en face de moi, un homme apparaissait comme un point noir toutes les minutes.Sans doute il se tenait allongé sur une pente ou accroupi dans une tranchée, car sa tête ne se montrait qu'au moment où il faisait feu.Lui ou moi devions être tués ou blessés tôt où tard.Lui et bien d'autres avaient pour cible mon embrasure.C'était bien du "tir", comme le disait Michaél.On attendait que surgit la tête d'un homme pour faire feu Tir intéressant, mais plus difficile que celui auquel on se livre dans une baraque de foire, car les nerfs ne sont pas calmes quand on sait que l'on vous vise.Fréquemment, une projectile s'écrasait sur le mur tout près de moi; quelquefois, j'entendais le long sifflement d'un ricochet quand une balle, interrompue dans son parcours par le mur, repartait dans une autre direction.La matinée s'écoula; le soleil devint brûlant.Je ne saurais dire pourquoi, mais pas une fois l'idée d'être atteint ne me traversa l'esprit.Je souffrais seulement de la chaleur torride et d'un formidable mal de tête.Je me demandais si ma haute tension nerveuse me rendait plus sensible à la température qu'à l'ordinaire, ou si la tempéraiure était plus élevée que d'habitude Soudain, l'homme qui était à ma droite fit un bon en arrière, poussa un cri, tourna sur lui-même, lâcha son fusil qui tomba à mes pieds, puis s'affala.Le misérable Cantaio venait d'être frappé au milieu du front.Comme je me penchais sur le moribond, je fus rejeté durement contre le mur par Lejaune — Par Dieu, retourne-toi encore une fois, et c'est moi qui te châtierai.Ton de-noir, fais ton devoir! Qu'as-ru de commun avec ce damné froussard, cette espèce d'emhusqué?Je revins à mon poste et Lejaune, ramassant l'agonissant Cantaio, le lança à la place d'où il était tombé.— Reste là, et si tu glisses, je t'épin-glerai avec des baïonnettes.Il fit prendre au mourant la position du tireur: sa tête et ses épaules apparaissaient entre deux créneaux.— Je ne veux ni malades ni poltrons, hurla Lejaune.Vous resterez tous ici, tous, vivants ou morts, jusqu'au départ du dernier Targui.Bientôt le feu de l'ennemi se ralentit, puis cessa tout à fait.Avaient-ils assez de notre tir ou bien allaient-ils inaugurer une nouvelle tactique?Mon imagination me représenta un chamelier faisant le tour des dunes et convoquant les chefs à un grand conseil présidé par l'Emir Notre clairon sonna: "Cessez le feu!" J'entendis Lejaune crier: — Que les blessés restent où ils sont.Les blessés se couchèrent dans des flaques de sang Mon coeur s'emplit de joie en constatant que Michaél n'était pas parmi eux.Le sergent Dupré et Cordier, qui était docteur, se mirent en devoir de panser les blessés et de leur faire avaler des boissons réconfortantes.—Caporal Boldini, aiboya Lejaune, divisez les hommes en trois groupes et faites-les descendre.Dix minutes pour la soupe, un demi-litre de vin à chacun Revenez au pas de gymnastique si vous entendez sonner le rassemblement.Toi, Saint-André, renouvelle les munitions: cent cartouches à chaque homme.Cesse de faire tes pansements, Cordier, et va te restaurer.Quand ce fut mon tour de descendre, je fus plus heureux de l'obscurité et de la fraîcheur relative de la caserne que de la soupe et du vin, car ma tête écla tait.— iïtonturub te saluto, dit Cordier en levant son «Jurtrf rempli de vin.— Ne dis pas de bêtises.Tu n'es pas plus moriturus que la République.— Je serai mort avant le coucher du soleil, répondit Cordier.Ce fort sera bientôt silencieux comme une tombe.Madame la République Morituri te salu-tant' e 4 —Pluton.5.—L'hon.juge Rinfret.T?rryiro_^w"o'"oTi"ro"8'oiroinn?Et il vida gaiement son gobelet.— Mourir! reprit Michaél.Il vaut mieux mourir en combattant que d'être condamné à mort par Lejaune.En m'en allant dans l'autre mnode, j'aimerais emmener avec moi ce doux adjudant.— C'est un soldat épatant! dis-je.— Très épatant! Pardonnons-lui, pro posa mon frère.— Nous lui pardonnerons s'il tombe au champ d'honneur — J'ai peur qu'il ait vraiment besoin d'une grande indulgence si, lui et nou» survivant à cette affaire, il reprend le commandement.— Tu ne sais pas?Eh bien! je crois qu'il est partagé entre deux sentimenti contraires: quand un homme tombe, la brute qui est en lui dit: "Bien fait pour toi, sale mutin!" mais le soldat, qui est aussi en lui, réplique aussitôt: "Encore un de moins pour défendre cette petite garnison!" — Mais c'est vraiment une brute! Il a jeté deux blessés dans les embrasures.— Tout cela fait partie de sa tactique, remarqua mon frère en allumant une cigarette après s'être essuyé les lèvres.I! veut donner aux Touareg l'impression que le fort est tellement garni de trou pes que ceux qui tombent sont aussitôt remplacés.Les Touareg n'ont pas de jitmetles et, pour eux, un homme posté est un homme vivant.— Mais s'il ne reste bientôt plus assez d'hommes pour la défense?— Il espère être secouru avant que la situation ne soit désespérée.— Oui, il espère cela, dit Cordier qui venait de s'asseoir à notre table.Dupré me l'a affirmé ces dernières nuits.Depuis que Lejaune a eu vent de la conspiration, deux gou- miers ont été postés par lui hors du fort avec ordre de partir à fond de train pour Tokutu à la première détonation qu'As entendraient — la détonation venant de l'extérieur ou de l'intérieur — et d'an noncer que nous étions attaqués.— Pardieu! m'écriai-je, voilà qui est clair! Il n'oserait sûrement pas demander du secours pour étouffer une rébellion, mais une colonne, arrivant sous n'importe quel prétexte, le délivrerait, quitte ensuite à démentir le rapport du goumier si les Touareg n'avaient pas bougé.— Rusé garçon! dit Michaél.— Oui, c'est un rusé garçon! appuya Cordier.En agissant comme il l'a fait, il a l'espoir de sauver la face, et le fort.Si un seul coup de fusil avait été tiré par les mutins, les goumiers auraient filé en toute hâte pour dénoncer une attaque quelconque, et la colonne de secours aurait, en arrivant, trouvé un héroïque Lejaune maîtrisant une bande d'insurgés.On saura demain matin à Tokutu que la place est assiégée.Après-demain, la colonne de secours sera ici.— Mais nous, où serons-nous après-demain?Toute la question est là OJLflJULgJULB.B_8.0_0_fl_ft.^ Peint par o r d o r ,i il t pour les f a b r i c a >t t ci e CIGARETTES PL A YER 'S NA V Y C U T Plus la victoire approche, plus les besoins grandissent C'est l'année de l'effort suprême, l'année où la Croix-Rouge est plus nécessaire que jamais.A mesure que notre offensive générale se développe, que la liste des blessés s'allonge et que les horreurs de la guerre s'étendent, la Croix-Rouge a de plus en plus besoin de notre aide.Nous devons soutenir jusqu'au bout nos combattants sur tous les fronts, nos vaillants équipages de la marine marchande, nos soldats blesses ou mutilés, dans les hôpitaux canadiens et anglais, les sans-gite et les orphelins de guerre, les millions d'êtres humains qui souffrent, en Russie et en Chine.Seule la Croix-Rouge peut suffire à la tâche en expédiant des vivres, des vêtements, des remèdes et du sérum sanguin, qui sauveront la vie à des multitudes.Rien ni personne ne pourrait remplacer la Croix-Rouge.C'est pourquoi il faut répondre à son appel; c'est pourquoi nous devons écouter notre coeur et ouvrir largement notre bourse.Donnons dans toute la mesure de nos moyens.Pensons-y bien.La victoire coûtera cher: les besoins seront encore plus grands demain, j^j^^ SERVICES DE LA CROIX-ROUGE Gardes-malades Volontaires Cliniques des donneurs de sang Colis aux prisonniers de guerre Ambulances Instruments de chirurgie Médicaments Service de renseignements pour les prisonniers Secours aux soldats Secours aux équipages de la marine marchande Secours aux sinistrés Service de renseignements pour les civils Instruction des volontaires Vivres aux Alliés Secours aux civils Équipement mobile LA CROIX-ROUGE a besoin de 10,000,000 IMMÉDIATEMENT Objectif provincial: $2,250,000 | LA CROIX-ROUGE + CANADIENNE US BESOINS VONT GRANDISSANT - DONNONS! LA REVUE MODERNE — MARS 10-44 47 Du mar ni-, des costume- et, parce qu'on I appris combien les couleurs peuvent stimuler, beaucoup de couleurs et d'imprimés, le printemps 1944 offre tout cela.En bleu foncé on peut avoir un tailleur classique, un manteau genre "reefer", une redingote ou encore une de ces admirables robes manteaux qui donnent vraiment grand air Tous ces vêtements seront natu-retiennent éclairés avec un rien de blanc ou une touche claire, un peu de carreauté ou un imprimé discret.Ces accessoires pourraient servir tout de suite avec le manteau de fourrure ou d'étoffe, donnant ainsi double durée Ainsi ce pouf fait d'un gros chou de soie rayée qui tient lieu de chapeau aux premiers jours doux avec comme allié une blouse, gilet, que sais-je, dont on ne voit que la i ravatc souple et large, nouée en un noeud généreux et expansif Line robe marine, taillée princesse, devrait avoir la flatterie d'un jabot vaporeux Un nuage de mousseline qui descend di rectement sous le menton, donnant à celle qui le porte un peu du charme discret des femmes d'autrefois avec leur taille bien découpée et leur buste haut Cet effet copié de l'époque victorienne est caractéristique de la saison.Les costumes aussi.Ils sont sans collet, parés seulement par la ligne haute de la blouse qui va dessous.Ou bien, classiques et longs, ils boutonnent très haut si ceflle qui les porte est grande, très bas au contraire si elle est mignonne.Ces costumes ils ont quelquefois le sans-gêne confortable de la blouse des bûcherons avec un corsage court plissé sur une large bande qui fait office à la fois de taflle ei de ceinture Ou bien, crampes à la taille qu'ils dépassent à pe ne, ils sont décolletés comme les robes en vogue avec de drôles de revers contrastants coupés comme si le tissu dans lequel ils sont confectionnés ava t été déchiré en étoile pour laisser passer la tête Il y a des manteaux classiques, genre tout-aller et qui n'ont jamais si bien mérité leurs noms puisque vraiment ils vont maintenant partout et à 'outes les heures II y a surtout 'le manteau court et ample le manteau qu'on enfi1e à propos d" rien et de tout, qu'on emporte et dont on ne peut se passer Le plus souvent de couJ ur vive, il est marqué d'énormes boutons et de boutonnières 'bordées, constrastanfs visibles à cent lieues Ou bien un large galon accentue l'o.'i-gina'itc des poches, marque la ligne des découpures, souligne la largeur d'un poignet Ces manteaux amples et courts, ils vor.t jusqu'à se payer le luxe d'une ceinture qui les plisse et les serre à la taille.Ils rappellent alors la longue blouse des russes plutôt que le populaire paletot des officiers.Et les robes?Il semb'e 'bien que le deux-p èces garde sa popularité mais L'effet 'blouse-jupe gagne du terrain.Le bdléro court et carré, porté avec une blouse d'aire et un immense breton, fait très chic avec un je ne sais quoi d'exoti que qui plait toujours.* * * H y aura des chapeaux pour tous les goûts mais celles qui aiment devancer les autres n'ont rien de mieux à faire que de choisir un genre cloche.C'est aussi "mar mite" que possible, c'est exactement ce qui (Dessins Ogllvlo et Eatonl s'est porté après l'autre guerre, avec cette différence qu'autrefois la cloche se portait ben d'aplomb sur la tête.La docfie d'aujourd'hui s'arrange pour éviter la comédie en se posant à l'arrière de la tête avec comme résultat un effet de casque antique.Mais, ce qui compte bien plus que les caprices de la mode, c'est le parti qu'une femme de goût sait en tirer.C'est !e brio avec lequel elle marie les accessoires, le doigté qui lui fait choisir ceci, combiner cela, endosser un modèle et rejeter l'autre.La mode, comme les éées, ne vit que l'existence qu'on lui donne Mesdame-faites vos jeux.FAITES VOS J 10X La mode, c est un peu comme les saisons qui changent et reviennent.Elle est lu même toujours, avec un visuqe nouveau.1.A Ht VUE MODPRNF.— MARS I () | ) Pour les grandes.et les moins grandes BUTTERICK 2956A.Elégant et serviable.Suggestions dam-pleur dans le dos.Petites tailles 11 à 15 ans, 29 à 33.Prix: 50c.BUTTERICK 2966A.Nouveau costume sans col et à basques arrondis.Petites tailles II à 15 ans, 29 à 33 de buste.Prix: 50c.BUTTERICK 2966B Mélange l'uni et .l'écossais.Petites tailles 11 a 15 ans, 29 à 33 de buste.Tailles normales 12 à 20 ans.30 à 38 • BUTTERICK 2966B.Mélange l'uni et l'écossais.Petites tailles 11 tons gais.Petites tailles 11 à 15 ans, 29 à 33.Tailles 12 à 20 ans, 30 à 38.• BUTTERICK 2945.Est-ce une robe, estig et toi, moi je le fais aussi.Pars donc en emportant le courrier et arrange-toi pour que l'autre lettre paraisse dans les journaux.J'ai écrit à Digby une page pareille d celle-ci.Lui et toi accomplirez mes souhaits.Pas de bitise à propos de Mortuis nil nisi bonum.Nous devons penser aux vivants.Si je survis, je ferai de même pour toi ou pour higby.Allons! Vas-yl lu as dérangé tous mes plans avec ta conduite ridicule et ton départ de la mai son.Il faut tout remettre en ordre en fat sant ce que je te dis.Adieu, cher vieux et intrépide com pagnon.Je te reverrai.BEAU.P.S.— Cfheridant, si tu détruis cette confession, ne m'approche pas quand tu arriveras là-haut.Je regardai le visage de mon frère, vi sage tranquille, énergique, noble et aifi né, encore plus beau que durant sa vie Je lui fermai les yeux et je croisai se* mains sur sa poitrine.Comment permettre une pareille chc se?Laisser croire que Michaël n'était qu'un voleur?Comment pouvais-je laisse! publier dans un monde, qui ignorait l'ai LA REVUE MODERNE — MARS I Q-4 t faire, que Mi La première p[ W T \ MP\\ ( i >RPOR \TI< >N LTD.Mt, rue Collège, Toronto 4, Ontario.Envoyes-mol aous enveloppe privée le nouveau paquet-échantillon de Tampax.Cl-Inclus 10c pour fraii d'envoi.J'indique le format désira: ( ) OINKAIU ( ) SI PEU ( ) JITNIOI Nom-.A are lté LA REVUE MODERNE — MARS 104 I ciB \l GESTE (Suite de la paqe 59) pitaux précieux.Ils préfèrent retrouver l'année suivante une communauté paisible et prospère.Ce qu'ils désirent en fin de compte, c'est laisser les habitants travailler, amasser de nouveaux biens, et.tout nettoyer ensuite.Si les villageois font les récalcitrants, donnent de la tablature à leurs visiteurs, ils n'échappent ni au feu ni à la torture Cependant, si la bande targui, éloignée du centre de ses opérations habituelles, ne croit pas avoir l'occasion de venir dans tel ou tel village qu'elle traverse, elle n'hésite pas, avant de le quitter définitivement, à mêler le plaisir du Capital-Sport aux jouissances procurées par l'accaparement du bien d'autrui l.e village est ent'èrement mis à sac, et les pillards, une .fois partis, ne laissent plus derrière eux que des pierres.Après trois heures de repos, nous nous remîmes en route et nous marchâmes tout le reste de la journée, puis la nuit entière.Nous n'avions pas réussi à rejoindre la bande qui nous devançait.Vraisemblablement, elle s'était livrée à quelques razzias.Une paisible caravane de voyageurs ne serait pas allée aussi vite,-vu la rapidité de notre allure, nous l'aurions déjà rattrappée facilement.A peine eûmes-nous commencé à longer la rivière, ou plutôt le lit de la rivière, que Je paysage changea d'aspect.La terre perdit sa couleur d'ocre pour devenir grise, des acacias montrèrent leurs têtes raibougies; le sol était parsemé de rochers et de cactus.Une végétation maigre et rare remplaçait la stérilité des saibles.Soudain, une détonation.très loin, devant nous, là-bas.Quelques coups de feu espacés.Hank et Buddy firent agenouiller les chameaux derrière un rocher.Nous mimes pied à terre, le fusil à la main.— Surtout, ne pas faire tuer des "shammos", me dit Hank, Tiens-les pendant qu'on regardera.Et les deux Américains s'avancèrent.Silence complet.Nos amis revinrent >ur leurs pas.Rien en vue.Nous remontâmes sur nos selles.Un kilomètre plus loin: spectacle horrible.Une femme, atrocement mutilée, était attachée à un acacia.Inutile de m'éten-dre davantage sur ce martyre et les sentiments de pitié et de vengeance qu'il nous inspira.Je pourrais en dire long.On avait dû s'emparer de cette femme alors qu'elle menait paître un troupeau de chèvres.— Nous approchons d'un village, dit Hank.Et, de nouveau, on s'arrêta derrière un rocher.— On va laisser là les bêtes et faire une reconnaissance.Cela vaudra de l'or de voir ces damnés coyotes avant seulement qu'ils se soient doutés de notre présence.Nous attachâmes les chameaux et nous partimes en tirailleurs comme s'il se fût agi de l'attaque d'un douar, manoeuvre qui nous était familière.Nous arrivâmes bientôt devant le village.II était situé à côté d'une oasis, au bord d'un profond ravin.Ce village, qui nous parut abandonné, devait exister depuis des milliers d'années ; les huttes de boue étaient construites sur l'emplacement d'anciennes maisons de pierres.On eût dit une tribu de bohémiens installée sur des fondations préhistoriques.Nous avancions avec précaution.Dans une hutte de ce village il y avait un homme blessé.A peine eûmes-nous franchi le seuil de sa demeure qu'il tira de sa ceinture un poignard recourbé — Amis! dis-je en arabe.Nous sommes des amis.Que t'est-il arrivé?Nous désirons t'aider Digby lui parla aussi en arabe et il le convanquit vite que nous ne lui voulions pas de mal — au contraire.Il paraissait nous comprendre et je le comprenais comme un Français sachant l'anglais comprendrait le patois de De-vonshire.Je finis par apprendre que la tragédie (elle se renouvelait tous les ans) s'état déroulée de la façon suivante: Une femme, qui gardait les chèvres, ayant aperçu les voiles bleus, les oubliés de Dieu, avait bravement, follement communiqué la nouvelle à un gamin près du village.Tous deux, la femme et l'enfant, étaient partis en courant pour donner l'alarme aux habitants, mais les Touareg s'emparèrent assez facilement de la femme, cependant que le garçon, servi par de bonnes jambes, réussissait a prévenr les gens du village du danger qui les menaçait.Ceux-ci allèrent aussitôt se poster derrière des rochers, prêts à faire feu, cherchant à donner l'impression que des défenseurs nombreux se préparaient à offrir une chaude réception aux envahisseurs.Quant aux femmes et aux enfants, ils étaient descendus dans le ravin, leur abri habituel.Deux jeunes gens du village coururent prévenir les gardiens de chameaux L'homme, qui nous narrait cette aventure, les accompagnait.Un Targui avait fait feu sur lui, cependant que les Touareg encerclaient le troupeau.Il avait été laissé pour mort au milieu de ses compagnons, presque tous.tués.Quand il revint à lui, il employa ses dernières forces à se traîner jusqu'à sa hutte.Après cet exploit, les Touareg, désireux de jouir d'un peu de repos, dressèrent leurs tentes.Quant aux habitants du village — leurs chameaux ayant été volés — ils ne pouvaient qu'attendre les événements en se tenant cachés au fond du ravin.Il eût été préférable, du moins à notre point de vue, que les chameaux fussent encore au fond du ravin.Nous exposâmes la situation — telle que nous l'envisagions — à Hank et à Buddy qui ne parurent guère s'en émouvoir.— Sport sans danger, dirent-ils, et affaires intéressantes.Vivement désireux de faire subir aux Touareg un coup de boutoir dont Us se souviendraient, nous tînmes une sorte de conseil de guerre au cours duquel il fut décidé que l'homme blessé rassemblerait les villageois pour leur annoncer que nous étions leurs amis, et les ennemis mortels des Touareg, que nous rendrions les chameaux à leurs propriétaires et, par-dessus le marché, nous leurs ferions cadeau des chameaux pris aux Touareg.I Assurez votre popularité supprimez l'odeur des aiselles chaque jour avec MUM PENDANT votre travail de chaque jour ou pendant vos sorties du soir, il vous est toujours facile d'offenser si vous ne neutralisez pas l'odeur des ai-selles avec un désodorisant comme Mum.Faites comme des milliers de jeunes 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mamans exigent le meilleur savon pour bébé.C'est pourquoi elles font confiance à Baby's Own.Pur, doux et rafraîchissant, ce savon contient des ingrédients savamment associés et qui protègent l'épiderme du bébé.Depuis des générations, on emploie dans les familles ce savon de qualité.Ainsi, quand la maman achète cet article de toilette pour bébé, elle comprend que le meilleur est toujours le plus économique.Baby' Own SAVON • HUILE • TALC1 L'homme blessé, ayant compris nos intentions, sembla reprendre vie.Il avait bien eu la poitrine transpercée, mais les poumons devaient être intacts, car il n'avait pas vomi de sang.Digby lui fit avaler un cachet en affirmant que ce remède allait le guérir.Effectivement, il ne tarda pas à se lever.Devant la porte de sa hutte, il se mit à faire des signaux.Très bravement il continua jusqu'à ce que des réponses par gestes lui parvinrent de derrière les rochers.Alors il se retira à l'intérieur de sa hutte.Un cri tout à coup le rappela au dehors, mais cette fois, il descendit dans le ravin.Au bout d'un moment, il revint accompagné d'un grand diable d'Arabe loqueteux, sale et qui louchait: le dief du village, lequel vjlage se nommait Azzigig, ou queque chose dans ce genre-là.Le chef fut littéralement ahuri en voyant quatre hommes armés, dont deux parlaient arabe, portant l'uniforme militaire et parfaitement résolus i se battre pour lui.Cet homme n'avait d'autre désir que celui de remercier Allah de lui avoir évité des malheurs plus grands.Il attendait, résigné, le départ des Touareg en souhaitant que ceux-ci voulussent bien ne plus commettre de cruautés et oublier les habitants.Quand je lui demandai s'il n'avait pas aussi des remerciements à adresser à Allah au sujet de la femme atrocement mutilée, des chameliers tués — sans parier de la perte des chameaux — il répondit que tout cela était sûrement arrivé par la volonté d'Allah et qu'aucune autre volonté ne pouvait prévaloir contre Elle.— Sans doute, répliquai-je.Mais quand je lui eus exposé que c'était également par la volonté d'Allah que nous étions arrivés au moment précis où Jes Touareg, au Jieu de déguerpir, avaient dressé ileurs tentes, il réfléchit un moment et décida qu'il allait prendre conseil de ses frères.II ne tarda pas à revenir, escorté cette fois d'un députation d'Arabes très sales, très méfiants, et qui tenaient à se rendre compte par eux-mêmes de la situation.— Cee! remarqua Buddy.L'affreux bouquet de chiffonniers! Je haranguai ces chiffonniers.— Je vous offre la possibilité de reprendre vos chameaux et de donner une bonne leçon aux Touareg, dis-je.J'essayai de démontrer à ces irréductibles fatalistes qu'ils avaient droit à la vie, à la liberté et au bonheur tout autant que les Touareg.11 s n'ont pas, crue je sache, reçu de Dieu, le privilège de voler, de torturer, ni de tuer.Quant à la volonté d'Allah, si vous voulez la connaître, vous n'avez qu'à nous suivre et avoir un peu de courage.Digby ajouta: —D'ailleurs, nous le* attaquer, avec vous ou sans vous.Ceux qui nous .ideront partageront le butin.Vous aurez d'exvellents fusiJs et d'incomparables chameaux.Cette perspective de richesse donna à réfléchir à ces pauvres diables.Ils finirent par accepter nos propositions.Si nous voulions vraiment nous battre pour eux et avec eux et leur donner tout le butin, — excepté deux chameaux que nous garderions — ils feraient de leur mieux.D'abord une reconnaissance du camp targui.Croyant jouir d'une complète sécurité, les voleurs avaient allumé des feux, et s'étaient couchés, laissant seulement de bout deux ou trois hommes chargés de la garde des chameaux.Ces hommes étaient beaucoup plus des pâtres que des sentinelles.Il faut dire que les villageois n'attaquent pas les bandits victorieux.Fatalisme et raison du plus fort! Notre plan était simple.Line demi-douzaine de héros d'Azzi gig devaient se charger des sentinelles somnolentes; toutes les armes dont disposait Azzigig seraient déchargées sur le camp.Les Touareg courant au ravin pour s'y abriter et organiser leur défense, trouveraient leur chemin barré par l'armée française en uniforme avec un clairon sennant la charge pour amener au combat des milliers d'autres soldat6.Je dois dire que les villageois, habitués qu'ils étaient à se défendre dans le désert, se conduisirent admirablement.Nous leur avions mis "du coeur au ventre".Après un feu de salve terrible, ils s'élancèrent comme des démons et quand nous surgîmes des rocs, les Touareg épouvantés tentèrent de s'enfuir, mais ils furent cernés par les villageois qui les traquèrent, pareils à une bande de loups affamés.Pendant une brève, mais folle minute de fer, de feu, de cris, les hommes d'Azzigig assouvirent leurs rancunes an-cestrales.Ils avaient la supériorité numérique; cinq contre un.Les Touareg, complètement désavantagés, désemparés, disparurent.D'aucuns, tombés vivants entre nos mains furent la proie des vainqueurs qui se chargèrent de leur faire payer la rançon de leur cruauté.Nous essayâmes vainement d'empêcher ces atrocités Cette fois, le chien trop longtemps battu s'était redressé et mordait son maître.—Le clairon a gagné clama Digby, non sans Pour nous, le plus échaffourée fui qu'au la bataille! profierté.Monsieur, je ne sais pas ce cjue vous disirez, mms Ut répons* est non.clair de cette moment de prendre congé d'Azzigig, nous étions possesseurs d'un magnifique méhari et vêtus d'un "complet" de Targui, lavé pour notre usage par les clames du village reconnaissantes.Les jeunes gens aussi voulurent taire quelque chose pour nous.Ils mirent un guide à notre disposition et nous donnèrent un chameau chargé de provisions et d'une importante quantité d'eau pour aider à notre subsistance VOUS BtVRltt GOUIK DlVOtM^ , W%»Ji3*°rV;::;; r,o"ebébé.ARBRES FRUITIERS Assortiment complet de variétés de Pommiers Nb 1 d'été, d'automne et d'hiver, aussi Gadellcrs (rouges, noirs et blancs).Groseilliers, Vignes à raisin.Bleuets cultivés (myrtilles).Framboisier* et Fraisiers.Liste de Prix sur demande 28 Téléphone *LAncaster 4191 W H PERRON x fi e GRAINETIERS C PÉPINIÉRISTES 935 BLVD ST LAURENT.MONTRÉAL beaucoup d'argent De très halles prlmea ou 30% en argent voua seront donnés gratuitement «mi vcii'I.ih' 17 limites à .3© cents.Demandez 17 image! et notre cmtlogue de feeuux luuitwuï gratta Bcrlrvez I DffPT.RM.A 1.1,A N NO IIVMA IIT H, ~i / >.h.v.i.Que.DETECTIVES Agent* socrets.Hommes ambitieux de 18 ins at plue de-ni.i [i.ion enfant aussi longtemps Qu'elle le veut «ans avoir ses troubles périodiques.Les pilules maternelles sont efficaces
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