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Titre :
La Revue moderne.
Publiée à Montréal de 1919 à 1960, La Revue moderne est une revue généraliste mensuelle de grand tirage qui vise principalement un public féminin. La publication prend le nom de Châtelaine en 1960. [...]

Publiée à Montréal de 1919 à 1960, La Revue moderne est une revue généraliste mensuelle de grand tirage qui vise principalement un public féminin. C'est la journaliste d'expérience Madeleine Huguenin, de son vrai nom Anne-Marie Gleason, qui fonde La Revue moderne. L'éditeur torontois Maclean Hunter achète la revue en 1960 pour fonder Châtelaine, toujours publiée aujourd'hui.

La Revue moderne se donne une double mission, à la fois intellectuelle et populaire, qu'elle maintiendra tout au long de son existence. Elle vise à satisfaire à la fois une clientèle intellectuelle intéressée par la science, la littérature et les idées, et une clientèle populaire à laquelle elle offre un contenu de divertissement adapté au goût et à la morale du Canada français. Les deux sections de la revue sont autonomes et évoluent en parallèle.

Dans les premières années de son existence, La Revue moderne vise une clientèle aisée, qui profite d'une certaine croissance économique d'après-guerre. En font foi les annonces publicitaires de produits de luxe et le grand soin mis dans la conception des illustrations. La revue prend un ton qui va à l'encontre du nationalisme alors en vogue véhiculé par Lionel Groulx et Henri Bourassa.

La Revue moderne montre dès le départ un intérêt certain pour la littérature : en plus de publier des romans-feuilletons, elle compte sur des collaborations de Louis Dantin et de Louvigny de Montigny. De 1930 à 1935, l'engagement de Jean Bruchési pour la littérature canadienne alimentera aussi le contenu littéraire de la revue. Celui-ci sera ensuite plus orienté vers la France. Dans les années 1950, La Revue moderne fait moins de place à la littérature, et s'intéresse davantage à la télévision.

Plus de la moitié du contenu de La Revue moderne est voué aux pages féminines. Un roman de littérature sentimentale et d'évasion, visant particulièrement la clientèle féminine, y est publié en feuilleton chaque mois. Ces romans sont principalement l'oeuvre d'auteurs français, dont la romancière Magali, qui jouit d'une immense popularité. Les pages féminines traitent de la mode, des soins de beauté, des arts ménagers, de l'éducation des petits et d'activités mondaines, comme le bridge. Le public féminin est aussi la principale cible des annonceurs.

La lectrice type de La Revue moderne est mariée et mère, elle est citadine et catholique, aisée et charitable, sentimentale et raisonnable. Elle a le souci de son apparence et de celle de son foyer. Elle bénéficie de temps libres pour se cultiver. C'est une femme moderne intéressée par les nouveautés, mais pas féministe pour autant. Elle ne cherche pas à rompre avec la tradition. Cela changera avec Châtelaine.

La Revue moderne gagnera des lectrices jusqu'à la fin de sa publication. Le tirage de la revue, de 23 120 en 1922, passe à 12 904 en 1929, à 31 343 en 1940, à 80 000 en 1944 et à 97 067 en 1956, pour atteindre un peu plus de 101 650 exemplaires en 1960.

La publication de La Revue moderne est interrompue pendant cinq mois de décembre 1938 à avril 1939, pour revenir en mai 1939 avec une nouvelle facture graphique. Cette renaissance est attribuée à Roland Beaudry, alors vice-président et administrateur de la revue.

En plus des collaborateurs nommés plus haut, La Revue moderne s'attire la participation de personnalités comme Robert Choquette, Albert Pelletier, Alfred DesRochers, Michelle Tisseyre, Jehane Benoit, Damase Potvin, Ringuet (Philippe Panneton), Alain Grandbois, Robert de Roquebrune, Gustave Lanctôt, Adrienne Choquette, Germaine Guèvremont, René Lévesque, Jean Le Moyne et Valdombre (Claude-Henri Grignon).

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1982, vol. V, p. 294-295.

DES RIVIÈRES, Marie-José, Châtelaine et la littérature (1960-1975), Montréal, L'Hexagone, 1992, 378 p.

PLEAU, Jean-Christian, « La Revue moderne et le nationalisme, 1919-1920 », Mens, vol. 6, no 2, 2006, p. 205-237.

RICARD, François, « La Revue moderne : deux revues en une », Littératures (Université McGill), no 7, 1991, p. 76-84.

Éditeur :
  • Montréal :[s.n.],1919-1960.
Contenu spécifique :
samedi 15 janvier 1921
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • Châtelaine.
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La Revue moderne., 1921-01, Collections de BAnQ.

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LA REVUE MODERNE 15 janvier 1921.En TOUT ET MU1ÂII a droit à une somme relative de bonheur.La vie ne saurait être complètement heureuse qu'entourée d'un luxe raisonné et confortable.Vous avez à cœur d'embellir les jours de ceux qui vous sont chers.Vous ne sauriez mieux le faire qu'en créant à votre "foyer" une ambiance toute de confort, d'art et de beauté.Ce sera alors véritablement votre "Home sweet Home" dans l'atmosphère duquel vous aimerez vous retremper pour oublier les heurts de la grande lutte.Il est de notre domaine d'apporter à votre demeure un cachet de dignité et de bien-être en y disposant d'artistiques draperies de velours, des meubles-bibelots, des chesterfields et des fauteuils, des coussins, des lampes avec abat-jour, des cadres de style, des tables-console, et d'autres objets pas nécessairement dispendieux mais ayant du genre.K K K K 01 K K K On 0=! m K 01 K K O Nous excellons dans l'art merveilleusement délicat d'adapter une gravure à une draperie, une tapisserie à un meuble, de discerner le beau du médiocre.Nous traitons nous-mêmes par nos propres moyens tout ce qui touche à la décoration des intérieurs.Nous harmonisons des pièces qui feraient l'orgueuil d'un prince de l'art et du bon goût.Faut-il dire que les plus jolis intérieurs de la Province sont l'œuvre de nos ateliers.Les habiles ouvriers tapissiers spécialistes attachés à notre Maison assurent à notre clientèle une exécution soignée et artistique des travaux qu'elle voudra nous confier.Nos étoffes d'une valeur plus qu'ordinaire, forment une collection remarquable de velours dans des tons variés pour draperies, damas et tapisseries pour couvrir les fauteuils, cretonnes françaises, popeline et repps pour rideaux, soies, etc Nos prix sont absolument modérés.Demandez un estimé.Visitez notre "Studio" comme vous le feriez d'un musée de choses d'art.Cela inspirera vos goûts et vous y trouverez une multitude de jolies choses originales et artistiques.{ïrmàndcDcscRosia's fiimtcc KJ i KJ Kl m KJ KJ KJ rfl rO IC Kl a ia m KJ Kl KJ Kl si M S Kl H Kl KJ Kl KJ Kl Kl m Kl Kl Kl KJ B KJ KJ Tél.Est 4090.478, rue S.-Denis, près Sherbrooke, Montréal 15 janvier 1921.LA REVUE MODERNE 1 BUREAU CHEF: MONTRÉAL L'ECONOMIE Le peuple qui a l'habitude LES COMPTES D'EPAR-de l'ECONOMIE possède GNES peuvent être ouverts un bien national.f l°utes les, succursales de la Banque de Montréal en UN COMPTE D'EPAR- montants de $1.00 et plu*.GNES est non-seulement ~ , , ., Uuelque modeste que soit une sauvegarde pour 1 ave- VQtre dépôt VOTRE nir mais aussi un devoir COMPTE recevra notre envers notre patrie.prompte attention.Vous êtes cordialement invités à devenir l'un de nos déposants.BANQUE DE MONTREAL Etablie depuis au-delà de 100 ans.Capital Payé - $ 22,000,000 Réserve.$ 22,000,000 Profits indivis.S 1,251,850 Actifs totaux.$560,150,812 COMPAGNIE GENERALE TRANSATLANTIQUE LIGNE FRANÇAISE Service hebdomadaire postal.NEW YORK—LE HAVRE-PARIS Par les paquebots à 4 et 2 hélices FRANCE - LAFAYETTE - LA LORRAINE LA SAVOIE - ROCHAMBEAU - LA TOUR AI NE Service bi-mcnsucl NEW -YORK-BORDEAUX par les paquebots CHICAGO - NIAGARA GENIN, TRUDEAU & CIE Limitée Agents Généraux Canadiens Tél.M.2871.22 Notre-Dame Ouest Montréal La plu» importante Librairie et Papeterie Française Canada Nous enverrons sur uem&nde nos ¦ CATALOGUES ^Articles &e Bureaux (6*UNn«i>) Articles Religieux (3 •• ¦ ) Livres Religieux (7 « ) Littérature et Seience (J « » ) Livres «tArticles>tClNsse(8 .) Jeux,Ccrtes,Dëcora.tions(7 » «¦) Livres CMn^diens (2.» > ) Pièces de Théâtre (1 ».Tur ) Vu le jnni immbi-e d« nus lHllajjma, il |cutt mviitutn-ncr les hrMdM (^«sirés^l il est lipiUal ta Email + s^ Mvnniaimi m eccupation + + *+¦+¦ + + Km ^ .¦ tau : :::\ GRANGER FRÈRSS 4> NohieÛMiic.Ouc.st Mon.Rt»J 2 LA REVUE MODERNE 15 janvier 1921.T ES cotons, marque Prue, sont les tissus les plus solides pour la confection des vêtements pouvant résister a la dure épreuve que des enfants en bonne santé leur font subir par leur jeux.Il y a un coton Prue pour chaque usage.Qualité pour qualité—prix pour prix— c est le meilleur coton qui soit sur le marché.DOMINION TEXTILE COMPANY, LIMITED Montréal 30 Toronto Winnipeg Tel: Est 799 PATISSERIES RESTAURANT A LA CARTE TABLE D'HOTE Montréal Succursale: 4901 Sherbrooke Ouest.Tél.: Westmount 7909 rayj études mm graphologiques CONDITIONS POUR LES ETUDES GRAPHOLOGIQUES.Trois ou quatre pages d'écriture courante, à l'encre, sur papier non rayé; pas de copie; cinquante sous en timbres ou mandat-poste.Si on désire conserver le manuscrit, inclure une enveloppe adressée et affranchie.Pour les études particulières envoyées directement: $1.00.GILLES.—Enjouée, active, un peu étourdie, assez pratique avec beaucoup de marge pour progresser de ce côté, elle a un bon cœur et peu d'égoïsme: le dévouement, poussé par les affections fortes, se développera avec les circonstances qui l'appellent.Elle est sincère mais pas communicative.La volonté est plus vive que forte, et trop capricieuse.Petits entêtements, humeur variable.Courage fait surtout d'optimisme.Mais elle a beaucoup de bon sens et un bon cœur aimant: elle sera une femme utile si elle devient sérieuse.LAP.— L'esprit est clair et juste : du bon sens, de la modération et de la réflexion assurent le jugement.Sensible et impressionnable, je lui vois de la nervosité et une huneur un peu variable.Le cœurest affectueux, délicat, tendre et généreux.Profond besoin d'affection à recevoir et à donner.La loyauté et la franchise sont remarquables.Une résorve timide nuit aux confidence qu'il aimerait à faire.C'est un modeste qui fuit tout ce qui le mettrait en évidence.La volonté est parfaitement équilibrée: précise, ferme, modérée dans toutes ses manifestations extérieures.C'est une belle nature délicate et élevée: M vit beaucoup par le cœur sans être ni sentimental, ni romanesque.AMI D'UNE MONTAGNARDE.—Très délicat, c'est un idéaliste et une nature loyale, droite et que la {Suite à la page S) - TELEPHONE EST 1235 - LA SOCIETE COOPÉRATIVE DE FRAIS FUNÉRAIRES 242 RUE SAINTE-CATHERINE EST : MONTREAL Constituée en corporation par Acte du Parlement de la Province de Québec le 16 Août 1895 ASSURANCE FUNERAI RE.—Nouveaux taux en conformité avec la nouvelle loi des Assurances, sanctionnée par le Parlement de la Province de Québec, le 22 Décembre 1916.Assurance pour Enterrements de la valeur en marchandises de $50.00, $100.00 et $150.00 Fonds de réserve en garantie pour les porteurs de POLICES approuvé par le Gouvernement.DEPOT DE $25,000.00 AU GOUVERNEMENT La première Compagnie d'Assurance Funéraire autorisée par le Gouvernement.DEMANDEZ NOTRE PROSPECTUS : : : : 6 15 janvier 1921.LA REVUE MODERNE 3 Si vous voyagez avec une Malle Garde-Robe à Pignon, les ennuis de faire repasser vos habits durant le voyage, seront éliminés.Vendues dans les grands magasins.Ces Malles sont faites suivant les règlements des chimins de Fer.LAMONTAGNE LIMITÉE Seuls manufacturiers au Canada.No 338 Notre-Dame Ouest, - Montréal.ETUDES GRAPHOLOGIQUES (Suite d< la page ¦ vie n'a pas ternie.Très impressionnable, enthousiaste, il a des ailes, ou il se laisse écraser, suivant les jours.Parfaitement bon et rempli de tendresse, il ne connaîtra jamais les grandes passions.Ni vanité, ni prétention, il est toujours simple et naturel.La volonté est active, impulsive, réfléchie et beaucoup plus ferme qu'on ne s'y attend en général.Il est fin et perspicace et il goûte toutes les délicates nuances de l'esprit et du sentiment.Il est un peu capricieux et la persévérance est molle.La susceptibilité est indiquée; il lui arrive d'être entêté quand il est de mauvaise humeur.GAMBETTA DE LA VICTOIRE.—Jeune, un peu légère et superficielle, mais bon cœur, franchise naïve et beaucoup de crédulité.Elle est gaie et elle ai me le plaisir plus que le travail.Les affections sont calmes et pas très constantes.La volonté est un peu capricieuse: elle peut prendre certaines décisions, mais elle est tout de même exposée à subir les influences ambiantes et à suivre le courant sans opposer de résistance.Elle a une tournure d'esprit positive, elle aime son confort et que les choses roulent tranquillement sans la déranger.Elle a peu d'égoïsme et cependant je vois peu d'habitude de se dévouer.Un peu nonchalante.MILENE OU MILINE—Que d'imagination! et comme il importe de la surveiller pour l'empêcher de tout voir avec des verres grossissants! Ma correspondante est toute sensibilitéjdélicatesse, tendresse et idéalisme.Elle est bonne et charmante mais mal préparée pour endurer les grosses réalités de la vie pratique.L'enthousiasme est toujours prêt à éclater.L'orgueil est susceptible et je la crois un peu jalouae de ceux qu'elle aime tant! Volonté assez ferme, obstinée, légèrement autoritaire.L'activité est courageuse, et Milène va de l'avant, sûre de la réussite et dédaigneuse des obstacles.Elle en aura des désappointements! N'importe, elle repartira toujours avec la même ardeur et des illusions toutes neuves.Elle est gaie, animée, remuante.Sincérité et franchi»» naïve.MATTIN.—Esprit réfléchi, simplificateur et sensé.Modeste et timide, il s'occupe peu des affaires des autres et ne demande qu'à être ignoré.La volonté est modérée et bien équilibrée: indépendant et obstiné, actif, énergique, muet sur ce qu'il pensB et ce qu'il veut faire, il arrive à une grande liberté indépendante.Cœur délicat, affectueux, dévoué, besoin de sympathie et de confiance.M la donne rarement mais il la donne tout entière.Humeur très inégale : il est un peu nerveux.Imagination qui favorise l'idéalisme.(Suite à la page SI ) ae&er BONS POUR TOUTES SAISONS Les sous-vêtements en Pure Laine Jaeger peuvent être obtenus en pesant eu rs pou r convenir à toutes les saisons.Ils offrent une meilleure protection corporelle que tout autre vêtement connu, et combinent la qualité, le chic et le confort.Faits en deux morceaux et en combinaisons, toutes pesanteurs, pour hommes, femmes et enfants.En vente aux Magasins et Agences Jaeger dans tout le Canada.Un catalogue complètement iUuêtri est envoyé gratit but demande.Dr.JAEGER5""^*"1" Co.Limited Toronto Montréal Winnipeg Maison Anglaise "Fondée en 1811" s 8 8 8 s 8 8 8 8 8 8 8 s 8 s 8 s 8 8 Copyright*!, Ullman Mfg., N.Y.L'HIVER est la saison où la misère règne dans beaucoup de foyers.Préservez le vôtre des tristes surprises que l'Hiver de la vie réserve aux imprévoyants.La pratique de PÉCONOMIE sera votre meilleure sauvegarde.La Banque d'Epargne BUREAU PRINCIPAL et seize succursales a MontriaL de la Cité et du District de Montréal vous y invite cordialement, et vous réserve toujours le meilleur accueil.A.P.LESPERANCE, Çérant Central.8 8 8 50 < C m o d W 50 2 w - LA REVUE MODERNE ABONNEMENTS 1 an Canada: S3.00 Etrangsr; *•* oo 6 mois «2.00 LITTÉRAIRE, POLITIQUE, ARTISTIQUE Rédigée en Collaboration Directrice : madame HUGUENIN (madeleine) Tél.: est 1418 direction rédaction annonces Privé: est 2059 147, RUE S.-DENIS.ADRESSE POSTALE: ROITE 35, STATION "N", MONTRÉAL.2ème Année—No 3 S'unir pour grandir.Montréal, 15 janvier 1921 SOMMAIRE: L'œuvre en marche.Madeleine.L'hiver sur la rue (poésie).Louis Dantin .Croquis de guerre 1915-1917 (suite).Marcel de Verneuil ."Au service de la Tradition française".Louvigny de Montigny Lettres (poésie).Alphonse Beauregard En Floride (suite et fin).Ludovic France .Livres et Revues.Louis Claude .Les Echos.Luc Aubry .Pour ceux qui aiment le cinéma.Jean Hardy .L'Italie et la guerre.-.Gustave Lanctot .L'Ombre du Héros inconnu.Alfred Bienvenu .Pages 7 9 10 13 15 16 20 23 24 24 25 FEMINA: Notre Filleule.Madeleine.Chronique musicale.Anne M.d'Halewyn Le courrier.Madeleine .Etudes graphologiques.Claude Ceyla .La Petite Poste .27 .29 £s- • 30 2-3-31-58-64 .64 ROMANS: "Liette" (au complet).Arthur Dourliac.La Passagère.Guy de Chantepleure .Nos Illustrations: "Evangéline" monument par Henri Hébert érigé à Grand Pré.par la généreuse initiative de la Compagnie du Pacifique Canadien; — dessin original de M.Albert Ferland: L'Hiver sur la Rue; — dessins comiques; — {'une des grandes avenues de Palm Bcach; — autour du lac Hibiscus, (Floride);— groupe de vieilles maisons historiques à Saint-Augustin (Floride); — M.Cornélius Déom; — une table à dîner;-—dessin de Sabotier: le hàos inconnu; — Notre filleule: Marie-Andrée Poirier; — les fondateurs de la Société Nationale d'Opéra: M.Victor Desautels, M.Albert Roberval, M.Honoré Vaillancourt: — la nouvelle station hydro-électrique sur le bord des chûtes Niagara.33 59 Troubles de la DIGESTION:— Maladies d'ESTOMAC, du FOIE. caractère, du reste, il accélérera ou ralentira la marche de sa monture, au gré de votre tempérament, de vos émotions ou de votre caprice.J'ai parlé tantôt du coût de la vie.Nulle part, je crois, en aucun lieu d'Amérique, le coût de la vie n'a atteint des proportions plus effroyables qu'en Flo, ide, et, parmi les endroits les plus célèbres de la Floride, qu'à Palm Beach, où seuls tes milliardaires, ou au moins tes gens de fortune bien assise, ont la faculté d'y élire domicile 15 janvier 1921.LA REVUE MODERNE 17 pour la durée d'une saison.Les autres, à moins qu'ils n'escomptent faire fortune par le hasard imprévu des cartes; les autres ne peuvent faire un séjour prolongé à Palm Beach.Une courte apparition leur sied bien mieux, et c'est ce que pratiquent d'ordinaire les gens bien sensés.C est dans les salles à dîner, à l'heure des repas, ou bien au moment du bal, dans les pièces où l'on danse, que se recueillent avec le plus d'insolente évidence, les signes de ces fortunes accrues, dans des proportions colossales, jusqu'à devenir scandaleuses.Il faut se trouver, une fois, à l'un de ces bals, dans ces somptueux caravansérails, comme le " ROYAL POIN-CIANA", par exemple, pour pouvoir mesurer l'intensité du luxe qui s'y manifeste d'une façon outrageante, parfois, ou pour le moins cynique et grotesque.C'est, dans l'aveuglante lumière de Vimmense Hall, un éblouissement de toilettes somptueuses, une prodigalité inouie de nuances fines, vaporeuses, un chatoiement d'étoffes claires moulant des torses, dessinant des bustes, sculptant des silhouettes sveltes, élégantes, découvrant des blancheurs d'épaules, des poitrines d'un éclat de nacre; c'est un rutilement confus de pierreries et de perles précieuses, au col et au front des danseuses; un mouveimnt incessant de bras nus, agitant de soyeux éventails à plumes; un rayonnement de visages jeunes ou vieux, mais toujours clairs, souriant, à travers un lég r nuage blanc de poudre de riz.c'est, en un mot, tout l'attifement orgueilleux de gens fiers, moins soucieux de paraître corrects, qu'opulents et gorgés d'or.Les lanceurs d'affaires, les faiseurs de tout acabit qui pullulent à Palm Beach, et dont l'audace n'est égalée, en somme, que par l'insolence avec laquelle ils étalent leurs millions, ces financiers, ces agioteurs à succès, sont cause, aussi bien, qu'en Floride les loyers d'hôtels ont atteint des prix fabuleux.Avec le grossissement de la fortune, parallèlement se sont accrus des goûts capricieux, irrésistibles, bizarres; des ambitions de vie pla tureuse, comblée; des exigences folles, qu'on n'a pas eu la sagesse de laisser à la maison, qu'on a apportées avec soi dans le voyage, et voilà pourquoi il a fallu, sur la plage où ces messieurs promènent leurs fortunes, à la place de ces édifices anciens, coquets, d'un prix accessible à tout le monde, ériger ces somptueux caravansérails, souvent inesthétiques de forme, monstrueux d'aspect, mais pourvus d'accessoires utiles, mais coûteux, au bénéfice des incorrigibles millionnaires.Il n'y a pas à s'étonner dès lors, si, à Palm Beach, à côté de cette société cossue, opulente et fière, des gens de fortune et de goûts plus jnodestes, venus là non pour y étaler des richesses et s'étourdir dans les délices de Capoue, mais pour y jouir d'un honnête et bienfaisant repos, au sein d'une nature luxuriante, vraiment enchanter sse, trouvent excessifs, dérisoires même, les prix qu'on leur réclame pour le loyer d'une chambre, assurément confortable, mais d'un luxe moindre que celles offertes par le "ROYAL POING I AN A." Mais voilai cette classe d'aristocrates a tout corrompu, tout gâté, avec ses exigences sottes, ses prétentions niaises; et c'est, pourquoi on se croit tenu, partout, à Palm Beach, à pratiquer l'exploitation contre tout étranger, fût-il bourgeois cossu, trafiquant enrichi, ou simple fonctionnaire.Le Trust Millionnaire a parfaitement réussi, s'il a prétendu, en s'implantant ici, pratiquer l'exclusion des petites gens.Il n'y a plus qu'eux, vraiment, qui peuvent suffire à l'effort prodigieux d'argent que suppose toute une saison d'hiver passée sur cette plage enchantée qui s'appelle "Palm Beach." Et c'est grand dommage vraiment] car il fait bon se délec'.tr ici, dans le soleil, sur le sable ou dans les flots; se griser d'air pur et de lumière, avec ces brises tièdes qui vous arrivent du large, chargées de sel comme les vagues elles-mêmes, et sentant bon les herbes marines et le varech.Puisque notre état de fortune ne nous permet pas un long séjour à Palm Beach, profitons au moins des quelques heures qui sont à nous pour visiter la plage.Quittons pour un instant le confortable véhicule tt descendons jusqu'à la mer, nous mêl r au groupe nombreux des baigneurs.La plage, en ce moment, ruisselle de soleil, et sous l'avalanche des rayons lumineux, chaque grain de sable semble un crystal qui projette des éclairs.Le tintamarre des couleurs, résultant de la variété des tons qu'arbore chaque uniforme de baigneur, est pour les yeux un spectacle pittoresque; et dans l'uniformité grise du sable, jusqu'à la ligne des flots verts, les larges parasols aux teintes vives ajoutent un élément nouveau au décor.Cà et là, des enfants sur le sable s'amusent au jeu de l'architecte, de l'ouvrier, et construisent de minuscules forteresses, des souterrains, des palais, en donnant libre cours à leur imagination.Par dessus ces têtes blondes ou brunes, au delà des groupes amusés faisant tache au soleil, le regard va rejoindre la vague étendue de la mer miroitante.Des vagues terrifiantes, en bataillons serrés s'avancent, qu'il s'agit pour le baigneur d'affronter.De l'œil on en suppute la hauteur.On frémit à la pensée que ces murailles croulantes vont tantôt s'abattre sur nos frêles épaules.Pour plus de sécurité, par un mouvement instinctif, an leur tourne le dos.La voilà maintenant la redoutable, la monstrueuse vague.On ploie l'échine L'une îles grandes avenues de Palm Beach. 18 LA REVUE MODERNE 15 janvier 192].d'abord.Elle vous cingle avec ses paquets de sel, comme le ferait une lanière aux mille mèches.L'épiderme en reçoit des rougeurs, et puis, c'est au tour maintenant d'une seconde, puis d'une troisième, à vous courir dessus.Et des heures durant, c'est un spectacle à la fois amusant et grotesque, que de suivre les mouvements des baigneurs dans la mer, et qui vienne 11 ensuite paresseusement s'étendre sur le sable, au soleil.On accourt sur la plage pour des motifs fort divers.Il y a d'abord les baigneurs, ceux pour qui le bain est la principale affaire, et qui se délectent vraiment dans cet exercice salutaire.Il y a aussi les oisifs, les curieux, qui ne recherchent qu'un spectacle amusant, une flânerie agréable da?is l'atmosphère ensoleillée et légère.Mais il y a encore les dilettantes de la pose et de l'effet à produire.Certaines gens ne descendent sur la plage que pour h plaisir, la coquetterie de s'y exhiber à la manière d'élégants mannequins.Les femmes surtout ont l'art de pratiquer cet insolent affichage; et il n'y aurait rien à redire, vraiment, excepté que de rire de ce ridicule pédantesque, s'il n'était hélas, trop évident, que cette habitude va à l'encontre de toute loi de la morale.Promenade autour du lac, en face de l'hôtel Hibiscus.Je ne sache pas que le spectacle de formes, si artistiques qu'on se les imagine, ainsi étalées au grand jour, dans la promiscuité qui règne nécessairement sur les plages, ait toujours un effet indifférent sur les foules.Et qu'on ne se récrie pas, en voyant ici, du prud'hommisme, de l'étroilesse.Ceux qui raisonnent à l'encontre de cette morale sont dans le faux, et sans se l'avouer, peut-être gravement coupables.Assurément plus coupables encore sont les mondaines qui, pour donner une satisfaction à leur orgueil, ne se gênent guère de s'exhiber ainsi.Les plages ne sont donc pas sans danger, et les parente soucieux de la morale de leurs jeunes filles, feront bien de ne pas les conduire en des endroits malsains, où leur vertu serait sans défense.et où par la pratique d'un sport aussi dangereux, elles auront vite fait de perdre toute pudeur.Et nous avons quitté ce soir Palm Beach, pour en passant, voir Sea-Breeze, et de là, filer à Saint-Augustin.SAINT-AUGUSTIN C'est à Saint-Augustin que le chercheur, vraiment curieux de renseignements historiques, a le plus de chance de se former un jugement sur le passé de la Floride.Saint-Augustin est la plus ancienne ville d'Amérique.C'est une toute petite ville, séparée de la Mer par une bordure d'îlots qui lui sert de rempart contre les caresses trop brusque*, ou les colères de l'Océan.Tout, dans la cité, rappelle un long passé fièrement espagnol: les habitations régulières et baroques, les hautes tours carrées, crénelés, les campaniles élancés, percés à jour, les balcons surplombant le trottoir.Joignez à cela un amour inné, passionné pour la musique, et qui se manifeste ici, plus intensément, plus énergiquement qu'ailleurs.Au centre de la ville, sur une place publique de peu d'envergure, mais fort bien entretenue, se dresse l'antique marché aux esclaves, triste mémorial d'habitudes heureusement disparues de nos mœurs.C'est là, qu'il n'y a pas si longtemps, se trafiquaient ces odieux marchés de serviteurs noirs.Des maîtres, aussi inhumains que cupides, venaient acheter ou revendre, souvent à vil prix, de misérables esclaves qu'on emmenait enchainéx ainsi qu'un sale, vulgaire et rebutant bétail.L'édifice est modeste; une simple rangée de colonnes sur deux faces supportant un toit à comble.Autour de l'antique foire, dans un quadrilatère élégant, se pressent les magasins modernes, les cinémas, les casinos, les restaurants à la mode.Sur un des côtés de la Place s'élèvent la cathédrale et l'Evêché catholiques, bien humbles si on les compare à l'Eglise Presbytérienne, bâtie à quelques pas en arrière, sur une rue adjacente.Cette église porte le nom de "Mémorial Chruch." C'est un don du génial constructeur des chemins de fer du Sud, Monsieur Flagler, qui la fit ériger en témoignage de reconnaissance, pour commémorer la guérison de son unique fille.Saint-Augustin possède des hôtels, reconnus les plus riches du monde.Le PONCE DE LEON, LE CORDOVA, L'ALCAZAR, sont d'un luxe insurpas sable.Leur architecture, qui cadre parfaitement avec l'ensemble de la physionomie de la cité, est un mélange obscur d'éléments mauresques et espagnols.Campaniles élancés, percés d'arcades régulières, dentelles de maçonnerie légère, cours intérieures avec vasques et jets d'eau, lacs artificiels et ponceaux, avec rampes habillées de fleurs pour rejoindre les deux rives.C'est dans une sorte de féerie que vous apparaît, le soir, la silhouette de ces somptueux hôtels, avec leurs tours éclairées de lumières douces, et leurs mille fenêtres dont l'éclat vous arrive tamisé par le feuillage.A Saint-Augustin on peut admirer encore V antique fontaine de Jouvence, celle qu'ont chantée les poètes, dont les eaux jaillissantes avaient la vertu de rendre jeunes les vieillards.La légende attribue à Ponce de Léon, le célèbre explorateur la découverte de la mystérieuse fontaine.Parti à la recherche de la fameuse source, Ponce de Léon atteignit la Floride à la hauteur de Saint-Augustin.Apris avoir réduit en servitude la vaillante race des Séminoles, qui lui paya le tribut, il planta sa tente au pied d'une source, laquelle devint, je ne sais plus trop par quel enchantent ni la fontaine si vantée qu'ont chantée les poètes.Avec la plus grande conviction, le meilleur sérieux, le jeune dieu de ce lieu enchanté vous sert à boire une sorte d'eau gazeuse, dont l'unique désavantage est d'avoir une savem' désagréable.Après quoi il vous sollicite à acheter des cart< -souvenirs, illustrant de détails typiques l'arrivée, en ce pays, du pompeux Conquistador.Le touriste qui visite Saint-Augustin, surtout s'il a quelque préoccupations historiques, ne saurait s?désintéresser à l\ droit du vieux Fort Marion.C'est là, comme dans un Musée National, que sont consen i les souvenirs les plus précieux se rattachant à l'ancienne v e Séminole.C'est, comme on le sait, le nom des premier occupants de ce pays. 15 janvier 1921.LA REVUE MODERNE 19 Des pièces nombreuses, concourant à la reconstitution de l'histoire de ces populations primitives, vous sont présentées qui font surgir sur le champ, devant votre imagination, la trame d'une existence passée tout entière à l'ombre de la forêt, avant que des explorateurs venus d'Outre-m< r, ne vinssent déranger dans leurs coutumes séculaires ces pacifiques enfants de la solitude et du silence.Le cadre lui-même où ces choses vous sont présentées, aide puissamment à l'évocation de ce passé pittoresque.Dans l'exhumation de ses souvenirs archaïques, qui se fait d'une façon logique, graduée, le Fort Marion vous amène naturellement à songer à l'époque plus récente de la domination espagnole.Les travaux de défense, les ponts-levis, les redoutes, les cachots souterrains, les instruments de torture et jusqu'à la chapelle où se célébrait la messe que devait entendre le condamné à mort, tout vous parle dans cette enceinte, d'une civilisation que répudierait sûrement un citoyen des temps modernes.Du haut de la tour principale, le panorama est splendide.La rivière Matanzas étale ses flots bleus tout pailletés d'or et d'argent.Dans les reflets du soleil couchant, des pêcheurs lancent Il n'est pas donné au commun des mortels de le savoir, mais il est permis de s en apercevoir.Le même homme dans un programme, dont beaucoup de morceaux avaient été rendus par lui auparavant, nous a donné une tout autre, une bien meilleure impression.Parmi les concerts annoncés: l'Orchestre de la Scala de Milan le 27 janvier; Pablo Casais, violoncelliste, le I I février; Jacques Thibaud violoniste, le 21 février.ANNE M.D'HALEWYN.A NOS LECTRICES Afin de répondre à toutes .es demandes et de donner pleine et entière satisfaction à notre nombreuse clientèle, nous commencerons dans le numéro de février une série d'articles sur toutes les questions intéressant la femme: tenue de la maison, manière de mettre une table, d'organiser le service, de préparer une réception, etc.etc.Nous donnerons également une attention toute particulière aux leçons de tricot, broderie, dentelle, etc.Des conseils de beauté et de médecine, et des recettes de cuisine compléteront ces pages féminines, qui apporteront dans tous les foyers une note pratique et agréable.La nouvelle Station Hydro-électrique sur le bord des Chutes Niagara.(Réseau du Grand Tronc». 30 LA REVUE MODERNE 15 janvier 1921.COURRIER DE MADELEINE GRANDE VENTE DE JANVIER Réduction de 20% a 50% Sur toute notre marchandise que nous avons en magasin RueSTE-CATHERINE çityVj.Q^^fi^^^^ Angle OUEST de la rue Crescent GAETANE.—Quel est ce roman de Delly que vous désirez lire?Je nVétonne quelque peu de cette faveur de Delly qui raconte toujours la même histoire d'un prince à mauvais caractère qui épouse un ange, et cet ange qui ramène le mauvais caractère à des sentiments délicieux.Oelly ne manque pas de mérite, mais il ne mérite pas un tel enthousiasme, et si je suis prête à le publier, je suis loin d'admettre que ses œuvres doivent faire prime sur le marché du bon goût canadien.Dans la prochaine année vous aurez du "Marcel Prévo:", du meilleur, du Paul Bourget, du Henry Bordeaux, d'autres encore, sans oublier notre Chan-tepleure, qui il n'y à pas à dire écrit délicieusement et d'autres aussi.Nous réservons des surprises à nos lecteurs et nous ne voulons pas nous trahir! MADAME JOSEPH L.—Je vais prendre connaissance de votre travail, dès mes premiers moments de loisirs, et vous en rendrai ensuite compte de la façon le plus impartiale possible.PHYLLIS.—Vous n'avez pas reçu mes lettres; j'ai pourtant conscience d'avoir répondu à toutes celles qui m'arrivaient, peut-être les vôtres se sont-elles égarées en route.C'est idiot, mais fréquent! En tout cas, me voici ravie de vous retrouver, parce que vous êtes charmante.Passons aux questions sérieuses : 1 o.— C'est la mère ou à son défaut, la fille aînée qui la remplace.Oui, fort probablement, en vous adressant à l'un de nos grands magasins.Consultez à cet effet, nos annonces.-Melle Langelier du Cercle des Abeilles s'est montrée fort gentille à mon égard.Je cherche moi-même son adresse et serai heureuse de vous la communiquer lorsque je la saurai.Le sort de votre homonyme se décide ce mois-ci.Heureuse Phyllis Je reçois vos vœux charmants.J'y réponds par le miens, tes meilleurs, vous pansez bienl LEONIDA.—Tous mes compliments.D'ailleurs je savais déjà quelques unes de vos joies, par le livre que vous savez.Votre biographie devait m'intéresser.Vous êtes pour moi, une amie de longtemps dont j'ai salué les traits jusqu'ici inconnus, avec une amitié sincère.Puisse l'année nouvelle vous apporter d'autres joies, aussi précieuses et aussi douces.J'AI CONFIANCE.—Je transmets votre billet à Claude Ceyla qui vous dira un mot dans son courrier de février.S'il y a malheur, tout sera réparé, comptez-y bien.L'AMIE DE B.— Je compte beaucoup d'amies à Gravelbourg, et je suis ravie de pouvoir exprimer à l'une d'elles mon affection pour elles toutes.Ne craignez jamais surtout de me "déranger".Quel verbe insupportable que celui-là.Dites donc à votre amie, de suivre le plus possible les us et coutumes de son entourage.Je suis peu partisan des deuils interminables.La vie est si courte, et l'on porte tellement mieux dans son cœur, tous ses regrets.Cependant, il faut tout de même, observer une certaine décence, qui est en quelque sorte, notre respect aux morts.La "passe" se porte tout de suite, elle est de crêpe blanc.Un collet de fin linon et des manchettes idem, se portent également les tout premiers temps.La pleureuse est en crêpe georgette ou en mousseline de soie.Les étoffes doivent être d'un noir mat, et l'on ne porte pas de cuir verni.La voilette sur le visage peut être en tulle uni et très mince, de façon à ne pas gêner la vue.Après la première année, le deuil diminue tout tranquillement, mais doit rester encore absolument noir avec du blanc.Le crêpe blanc est d'ailleurs aussi deuil que le noir, et tellement joli surtout pour une jeune veuve.Six autres mois de demi-deuil, où l'on porte du gris, du mauve, du violet.Pendant la première année, il faut éviter les "sorties" trop visibles, et ne recevoir que ses intimes.Après les premiers mois, rien n'empêche d'assister à des conférences et même d'aller discrètement au cinéma.Quant au crê0e noir, il faut en user discrètement, un filet au chapeau suff.t, et un peu sur la robe si l'on veut.Je vous sais gré infiniment du bien que vous dites de la revue et du rôle absolu et impérieux qu'elle remplit.Faites-là aimer autour de vous, où déjà elle se sent bien accueillie.Merci sincère.VIOLETTE D'ALSACE.—Merci de vos souhaits affectueux, et puisse l'an neuf vous apporter les plus grandes joies.Y.L.BLEU BLANC ROUGE.—Je réfère à Claude Ceyla qui vous renseignera dans son prochain courrier sur le sort de votre manuscrit.Merci pour la Revue qui, en effet, a eu conscience de combler une véritable lacune.• ANITA L.— Merci, et Louis Claude vous consacre ce mois-ci, un petit entrefilet qui vous sera agréablo, je le souhaite sincèrement.Tous mes compliments personnels.YVONETTE DE BERNIERES.—Vos souhaits me sont bien doux, petite fille, et je vous en remercie, et vous en souhaite de pareils.Je ne saurais les choisir meilleurs et plus sincères.La Revue marche, et vous lui aidez bien gentiment.Merci.GAUD.—Je crois en votre amitié, puisque je crois en vous ! LILAS DES CHAMPS.—Mais j'en viens de la campagne moi aussi, j'y ai vécu mes meilleures impressions, et >'y ai laissé tant de jolis souvenirs.Aussi ne pariez pas de "campagnarde", or si vous voulez vous en réclamer comme d'un titre nouveau à mon amitié.Je suis contente de vous avoir fait plaisir et suis prête à recommencer souvent.AURORE.—Comme je suis contente de vous savoir "chez-vous" où vous serez de nouveau heureuse.Vous êtes faite pour un intérieur calme, serein et intelligent, et comme la vie est généreuse de vous l'avoir de nouveau offert.Tout ce qui vous touche, n'en doutez pas, ne cessera de m'intéresser.PICCIOLA.—J'aime vos lettres parce qu'elles disent absolument tout ce que vous voulez dire etqu'elles reflètent la créature de décision que vous devez être N'imaginez pas que j'ai consulté Claude Ceyla sur votre écriture; je m'en tiens strictement à mes observations personnelles, mais depuis 20 ans que je lis des lettres, j'en arrive à graphologuer sans m'en rendre compte.Le choix du roman!!l Vous n'imaginez pas quel problème.C'est là-dessus que la critique s'exerce à fond, et malicieuse et injuste.Qu'importe, je ne désespère pas d'arriver à faire comprendre aux pires sourds que les mots ne sont rien, les situations normales quand il s'agit de trouver le mal, et de le faire haïr.Cela rre fait plaisir de vous l'entendre dire au moment où je me propose de publier une autre œuvre de cet auteur.Merci de tout ce que m'apporte d'aimable et de réconfortant, votre chère lettre.ALEXANDRINEL.—Adressnz votre demande directement à Madame Renée d'Anjou, aux soins de la Société des Gens de Lettres, à Paris.GAETANE.— Peu importe le nom, l'esprit et le cœur seuls comptent.Vous ne sauriez changer ni l'un ni l'autre.Je vais essayer de me procurer ce livre, et s'il n'est pas trop décevant, je le publierai volontiers, pour vous faire plaisir, et à d'autres également.LAURE DE VALLEY.—J'ai ferme les yeux, et remis le journal.Puisse l'analyse vous donner pleine et entière satisfaction.SCOTTIA.—Je crois que votre idée est excellente, et que vous réussirez très bien si vous vous associez des personnes compétentes, et si vous avez le soin de vous installer dans une localité où les écoles de ce genre n'abondent pas.Certains quartiers nouveaux sont très bien habités, par une classe à l'aise, dirigez-vous de préférence vers ces localités.Un excellent moyen de vous annoncer serait de faire distribuer une circulaire à chaque porte.Dans ces conditions, vous ne pouvez en effet rien exiger, mais reconquérir votre liberté tout simplement.DILLETTE.—Vous avez bien raison d'être raisonnable, petite Dillette, un meilleur sort doit vous être réservé, soyez-en sûre, et ceux qui sont aussi lâches ne méritent pas d'être regrettés, vous l'avez fort judicieusement écrit.Et je souhaite que l'an neuf mette dans la vie de ma petite amie lointaine, le bonheur dont elle est digne.MME J.B.C.—Je vous remercie de votre bonne lettre écrite d'une façon si sympthique, et à laquelle je réponds ici, afin de fixer le point que vous soulevez avec toutes celles qui pensent comme vous.La Revue Moderne n'a pas été fondée dans le seul but que vous semblez croire: instruire les enfants.Elle est destinée aussi aux plus vieux de tous les âges, et les romans qui y paraissent sont tout à fait moraux.On se plaint même dans le présent courrier qu'ils sont trop "jeunes filles"!.Les articles qui y paraissent ne sont pas de nature à intéresser les enfants, ils sont plutôt à l'usage des parents.Aussi serais-je charmée de vous garde comme abonnée parce que j'aurais la certitude de compter une lectrice intelligente de plus.On- demande beaucoup à la Revue, mais on laisse volontiers traîner les autres journaux dans les mains des enfants, sans s'inquiéter si le roman peut faire tort, — je ne parle pas pour vous, bien entendu, mais pour tous les autres qui croient que je représente la perfection dans tous les genresl et que je dois répondre à tous les besoins! Merci de vos souhaits si aimables et qui devront porter bonheur en effet à l'œuvre que je poursuis dans le meilleur esprit possible, croyez-le bien, et à laquelle je voudrais vous rallier complètement.UNE ABONNEE DEVOUEE.—J'accepte votre aimable suggestion, et vous avez pu constater que j'y faisais droit avec infiniment de plaisir.Merci pour la revue et aussi pour sa directrice.UN AMI DES FRANCO AMERICAINS.—J'ai vainement cherché une précision dans l'annuaire ecclésiastique des Etats-Unis, mais je crois qu'en demandant à nos abonnés les renseignements que vous désirez, nous aurons vite fait de les obtenir.Car nous avons des amis, par-delà la ligne 45, et des amis délicieux, intelligents et complaisants.Ils seront heureux de nous faire plaisir et de nous rendre service.A NOS ABONNES AMERICA] NS.—Voulez-vous avoir la bienveillance de me donner les renseignements suivants pour les transmettre à "Un ami des Franco-Américains" : Y a-t-il des paroisses canadiennes françaises dans les villes suivantes: Brooklyn, Carme, Goshen, Kingston, Poughkeepsie, Richmond, Riverhead et Whiteplains?Toutes ces villes sont dans l'état de New-York.Voudrez-vous ajouter les noms des curés qui dirigent ces paroisses, si c'est possible.Et d'avance, merci.JEANNE W.—Je vous ai fait adresser ce morceau par notre collaboratrice, Melle Saint-Jean, professeur d'éloc jtion.TOUJOURS FIDELE.—Je souhaite que vous "espériez".C'est peu, mais c'est tout.GAI PINSON.— Des étrennes?Et voilà que vou?m'offrez des choses somptueuses.Mais non rien de tout cela, mais une petite lettre qui me dise de jolies choses et où vous aurez mis votre portrait tout gentiment.Oui une fille qui est plus jeune que vous, et â laquelle je pense en lisant vos billets tendres et charmants.Bonne année.ISOLEE.—Vous ne vous trouverez plus isolée ici, et il faudra y revenir souvent.MADELEINE.LE SECRET DE LA REAUTE Notre poudre "LA FAVORITE" d'un parfum exquis conservera à votre teint une éternelle fraicheur.ACHETEZ NOS LOTIONS Le "CHARME" et le "CAPRICE" elle3 sont supérieures à tous les produits importés et d un prix modique.V.il vente H nos magasins PUNDE & BOEHM 182 rue Peel 262 S.-Catherine Est Tél.Up.3161 MONTREAL Tél.Est 6320 15 janvier 1921.LA REVUE MODERNE 31 Um ETUDES m GRAPHOLOGIQUES {Suite de la page 3) PETITE INSTITUTRICE AUX YEUX NOIRS.— Positive et pratique, elle a un sens très averti de l'utilité iiu s'occuper de soi pour protéoor ses propres intérêts, at je nie demande si le dévouement n'en souffre pas un peu.Un peu vaniteuse avec le désir d'être remarquée et admirée.Le cœur est bon, affectueux, mais il apporte de l'exigence dans ses affections.Décidément il y a beaucoup de sentiment personnel dans cette écriture, et il serait bon d'examiner en quoi l'excces de ce retour sur soi empoche la bonté et la générosité iiti s'exercer.La volonté est vive, et très variable.L'humeur est inégale et ma correspondante a une tendance à juger sans bienveillance, et a beaucoup critiquer ceux qu'elle ne comprend pas.Active, avec de la bonne volonté et le goût du travail et des choses faites avec soin.Amour-propre qui ne souffre pas la désapprobation et petite tendance a la gourmandise.IRIS H STEW.—Le mélange est réussi, petite Madame! Le cœur est chaud, délicat, un peu tumultueux à cause de l'extrême tmpressionnabilité et d'une sensibilité profonde et vibrante.Bonne, active, dévouée, spontanée et naturelle; je ne lui vois pas un atome de vanité, mais un grand besoin d'être appréciée et approuvée.Elle a un charme fait de douceur, de vivacité et de franchise qui chasse toute monotonie dans son entourage.Et elle est spirituelle ce qui ne gâte rien.L'humeur est inégale et comme elle est portée à exagérer ses impressions ses chagrins sont excessifs et ses joies ilèbordantes.Ah! elle a de la vie cette jeune irlandaise et Canadienne! La volonté est précise, assez ferme, souple et active.Elle est économe, pratiqua très droite et consciencieuse.Elle a du courage.Elle est très aisément influencée par ceux qu'elle aime.JEAN LE BRUN.—L'imagination et la sensibilité sont vives et la première nuit quelquefois à la sûreté du jugement en le portant à certaines exagérations.Il est timide, fier et susceptible.Beaucoup de délicatesse et de réserve.La sincérité est bien marquée, je le crois peu défiant et un peu crédule.Il a un orgueil facilement froissé.Il est actif, ambitieux et assez énergique.La volonté est plus faite pour la résistance que pour l'initiative, il est obstiné et il a des entêtements raides.Le cœur est bon et affectueux, mais il a de l'égoîsme et il attend des autres plus qu'il n'est disposé à leur donner.ETOILE AMOUREUSE.—Ce long manuscrit qui est de la copie devrait être mis de coté si j'étais bien sévèrel Mais je le deviendrai, la copie n'est jamais un bon document pour l'analyse, et les correspondants ont tout intérêt à n'en pas envoyer.Esprit sensé et pratique.Ma correspondante est active et énergique, vive, elle agit avec un peu de précipitation et comme elle a plus d'*bUDRES — LOTIONS — CREMESJ^j^ 'A.SORIGNET~& CIE Concessionnaires Exclusifs 4b LA REVUE MODERNE 15 janvier 192!.EU, stoïquement héroïque, elle trouvait une âpre douceur à parer son innocente et bien-aimée rivale des fleurs de sa triste expérience, commandant si bien à son «sage que pas une défaillance n'était venue trahir la secrète angoisse de son cœur.Raoul lui-même s'y était laissé prendre et, à la voir si résignée, si courageuse, si calme, il avait éprouvé un soulagement mêlé de dépit.Elle se consolait bien facilement! Seul.Me llardoin lisait maintenant sous ce front Impénétrable, et bien qu'd ne se permit jamais la moindre allusion aux pénibles confidences surprises malgré lui, sa déférente sympathie et son respect chevaleresque étaient un baume précieux sur cette âme endolorie.La veille du mariage, il entra en voisin dans le petit bureau où la jeune fille s'efforçait de s'absorber dans ses comptes devant lesquels flottait obstinément un voile do mariée! "Pardonnez-moi de vous déranger, ma chère demoiselle, dit-il, jugeant d'un coup d'u'il la situation; la faute en est à un rêve.un bête de rêve! J'ai rêvé que vous vous étiez donné une entorse, une foulure, que sais-je, moi?.Enfin, quelque chose qui vous empêche de marcher, même pour traverser la place.Ce serait un contretemps fâcheux! mais à l'impossible nul n'est tenu.Vous devez rire'de ma crédulité.Excusez-la.Si je suis indiscret, c'est à bonne intention.Je vais justement au château, et dans le cas où vous auriez quelque commission.on ne doute pas de la paiole d'un officier ministériel." Elle leva sur lui son beau regard humide et reconnaissant: "Que vous êtes bon! cher monsieur llardoin! Vous croyez que je puis me di * penser.—Je crois, ma chère enfant, que bravoure n'est pas témérité.Se jeter dans le feu pour sauver son semblable, c'est beau.très beau! mais s'y exposer sans utilité, •'est parfaitement déraisonnable.Nous ne sommes pas des salamandres, que diable! —Merci! Je rougissais de ma faiblesse, mais vraiment je doutais de mon courage.—Moi pas! Seulement, souffrir pour rien.pour le plaisir, ne me parait pas nécessaire.C'est dit! Vous avez une entorse.—Oh! une simple foulure suffira.—Soit! Vous n'aurez pas besoin de médecin!.,, rien qu'une compresse et une «inné.Permettez-moi de vous offrir la mienne; elle n'est pas élégante, mais solide.comme son maître." * * .Maintenant, dans ce même fauteuil où avait agonisé sa mère, Liette, à son tour, suait la lente agonie de son amour.Quello différence avec son premier éveil » Candore! Moins de deux années avaient passé et dans son coeur, comme sous ses yeux, le soleil s'était éteint, les fleurs s'étaient flétries, les chansons s'étaient tues et l'espérance était morte.Pourtant la cloche sonnait .à toutes volées, mais chaque joyeuse vibration retentissait à ses uiellles comme un glas funèbre, et la lueur des cierges derrière les vitraux décolorés lui faisait songer à des funérailles: les funérailles de son amour! Vainement elle chassait ces images décevantes comme une mouche importune revenant obstinément se poser sur son front.Vainement elle voulait s'évader de sa propre tristesse pour partager la joie de la chère mignonne dont le bonheur était un peu son œuvre.Vainement elle s'efforçait d'oublier ses voiles de deuil pour ce voile de mariée entrevu tout à l'heure à la portière de la voiture où s'agitait une petite main blanche.Vainement elle forçait ses lèvres à prier pour ces deux êtres si chers qui désormais n'en devaient plus faire qu'un à ses yeux.Peine inutile! Sa pensée rebelle se dérobait à ce cruel tableau et, par un de ces détraquements de l'imagination qui, dans ces crises violentes, bat la chamade comme un ressort brisé, elle revoyait toujours et quand même la chapelle de Madame Sainte-Anne, les deux "promis" debout devant l'if hérissé de pointes de fer et de feu, douloureux emblème de la Destinée! où se consumait lentement la "cire des fiançailles." Seraient-ils plus heureux, ceux-là ! Aucun fiel, aucune amertume ne se mêlaient à son poignant chagrin: chacun avait fait son devoir noblement, stoïquement, et si l'amour y avait perdu, l'estime y avait gagné.C'était sa fierté, sa consolation, et elle pouvait interroger sans crainte le portrait du fier soldat dant elle était bien la fille! Son regard clair répondait: "C'est bien." "Bonjour mam'zelle, y a guère qu'nous deux qui soyons à not'poste, sans calembour!" dit le père Martial en vidant son sac sur la table et en désignant avec un gros rire la foule des commères et gamins n'ayant pu prendre place dans l'église et attendant la sortie de la mariée."Mam'zelle Beaudoin n'aura pas été trop fâchée de vot'accident, car elle vous aurait sûrement remplacée un brin à contrecœur.De fait, sans être curieux, not' petite demoiselle est si gentille que c'est plaisir à voir!.—Si le cœur vous en dit, ne vous en privez pas, père Martial, pendant que je vais timbrer le courrier.—Vous ne voulez pas que je vous aide ?—Inutile: roulez seulement la table près de moi.Là! J'ai tout ce qu'il me faut! Le triage sera fait quand vous reviendrez.D'ailleurs, les trois quarts vont certainement au château.Liette faisait méthodiquement le triage: le timbre avertisseur l'appela de nouveau à l'appareil Morse.C'était encore une dépêche pour le château : "Mademoiselle Blanche de Candore." Doublement en retard, celle-là! Machinalement elle traduisait mot à mot les signes cabalistiques ponctués sur le rouleau de papier, et les transcrivait sur le registre "ad hoc:" "Mademoiselle,.l'homme.que.vous allez., épouser.est.mon.époux.devant:., la.loi.anglaise." La plume s'arrêta aux doigts tremblants de la buraliste.Impossible!.elle traduisait mal."Et.le.père.de.mon.enfant.qui.bientôt.n'aura.plus.de.mère.Jane.Dodson." Du même mouvement automatique et continu les syllables implacables se déroulaient sous ses yeux troubles.Mais non, elle se trompait.Par un violent effort, elle essaya de se ressaisir, de reprendre son sang-froid, et, consultant son alphabet, elle épela lettre par lettre: "Mademoiselle, l'homme que vous ail/ épouser est mon époux devant la loi anglai e et le père de mon enfant qui bientôt n'am a plus de mère.Jane Dodson." Elle avait bien lu! Cette fois, la plume roula sur le parque! ' Etait-ce vrai ?Etait-ce possible?Mais non, c'était une calomnie indigni 1 une de ces infamies devant lesquelles ne reculent pas certains êtres vils et malfaisants, sans souci de l'honneur d'un homme, du repos d'une femme.Pourtant, ce nom."Jane Dodson".n'était-ce pas l'institutrice qu'elle avait remplacée au château, et peut-être!.Non!.elle ne pouvait pas., elle ne voulait pas croire! Pourtant les termes étaient préck formels.Elle relisait le texte de la dépêche datée de Jersey.Jersey?Elle croyait le revoir débarquant du paquebot sur la jetée de Granville.Laissait-il donc une femme, un enfant sur l'autre rive?."Oh! ce serait infâme!" ¦ Le timbre de sa voix la fit tressaillir.Mais non, elle voulait douter, douter quand même! Et comme un épais brouillard se déchirant tout à coup sous les flèches éclatantes de l'astre du jour, une lumière crue, brutale, éblouissante, aveuglait ses pauvres yeux meurtris qu'elle bouchait vainement pour ne pas voir.Les détails se précisaient avec une netteté implacable: la correspondance sous le couvert de l'oncle Néris, les voyages répétés en Angleterre, à Jersey, et la méprise du digne notaire dont l'allusion détournée, transparente aujourd'hui, ne s'adressait pas à elle;.tout, elle déchiffrait tout avec une lucidité désespérante et cette trame d'odieux mensonges s'en allait en pitoyable-; lambeaux.C'était fini! Comme une irrésistible tourmente, cette indigne trahison balayait toutes ces chères reliques du passé dont, inconsciemment, elle avivait la flamme et ne laissait plus que cendres.C'était fini! * • .Maintenant, la joue appuyée sur sa main crispée, le regard dur, le front barré, la bouche creusée d'un pli amer, Liette songeait, ses beaux traits figés dans une implacable expression de mépris et de haine.Comme les plus durs métaux, les âmes les plus nobles ont leurs scories remontant en bouillante écume au|feu de la colère A cette heure, la fière impeccable créature éprouvait une acre volupté à la pensée des ravages irréparables qu'allait causer ce papier bleu où sa main frémissante transcrivait, sans hésitation ni remords, les lignes accusatrices;—tel un liquide corrosif sur cette blanche toilette de mariée.Ce délire de vengeance, égarement d'un esprit ulcéré, d'une mère affolée jusqu'au désespoir, non seulement elle l'excusaif.elle le comprenait, elle l'approuvait, mais encore elle se réjouissait d'en être l'aveugh instrument.Une autre avait fait la besogne à laquelle eût répugné sa loyauté native, elle n'avai qu'à s'en laver les mains.Pourquoi ce télégramme révélateur n'était-il pas arrivé là veille?Pourquo fallait-il que le "oui" fatal eût été prononcé Pourquoi était-il trop tard pour dénoue ces liens maudits ?Pourquoi briser seu 15 janvier 1921.LA REVUE MODERNE _47 lement le cœur d'une enfant ignorante et crédule ?Qu'y faire?Epargner l'un pour épargner l'autre?Duperie! Pitié dérisoire des faillies I CROIX ROUGE, Québec, Que.McEWEN CAMERON & WAIT, LTD, COUVRETTE & SAURIOL, LIMITEE, Dépositaires.— Montréal.N'AIME QUI FLATTE.—L'esprit est clair, raisonneur et logique: le jugement est en bonne voie de formation solide: il doit se défier de l'imagination qui crée l'enthousiasme trop facilement.Délicat, sensilii,.aimant, il a une vie de cœur active.Il a du goût, si il est porté naturellement vers ce qui est élevé et beau.Le coté pratique est accentué: ordre, soin, exactitu'.|.Ii.ii.EST .•iv.'T Consultations de 2 à 4 et 7 à 8 hrs P.M . 0 LA REVUE MODERNE 15 janvier 1921.nant.pour qu'il soit tout à fait content, il faut qu'avec son moteur d'aviation, son beau joujou tout neuf, quelque chose soit fait qui, pour les gens d'imagination, ait l'air d'une prouesse.quelque chose dont on parle dans les journaux.J'ai dit que je m'en chargeais.—Et que ferez-vous?—Rien de très difficile.Un instant, j'avais pensé à Marseille-Alger, le grand rêve!.Mais 720 kilomètres d'un vol, non, le moment n'est pas encore venu.ce sera pour plus tard.Je me bornerai donc à faire Xice-Ajaceio avec un passager.Le nonoplan Patain, muni d'un moteur Patain.peut emporter un passager et faire 250 kilomètres en deux heures.Mon compagnon et moi, nous partirons, un matin, tranquillement, sans crier gare, sans déranger de bateau, surtout.Voyez-vous ce bateau qui nous suivrait à 125 à l'heure!.—Oh! Guillaume, s'écria Jacqueline, ce projet me semble téméraire.Pourquoi ne voulez-vous pas être convoyé?.S'il vous arrivait malheur.—Il ne m'arrivera pas malheur, quelle folie! On a fait., j'ai fait moi-même plus difficile, en de moins bonnes conditions.< "est la mer qui vous effraye, Jacqueline.C'est aussi la mer qui exaltera l'imagination des profanes, quand j'aurai réussi.Et pourtant, je vous jure que j'aime mieux survoler la Méditerranée qu'une forêt.—Vous voulez tenter ce terrible voyage, bientôt ?—Aussitôt que je serai prêt.ce qui ne saurait tarder.Tout à l'heure, quand je disais "Nice-Ajaccio", c'était une manière de parler.Je ne veux de foule ni pour m'énejver au départ, ni pour m'étouffer à l'arrivée.Je partirai donc de Juan-les Roses—un hameau très ignoré qui se trouve sur la hauteur, à peu près à égale distance de Nice et d'Antibes et où le père de Capelude, mon mécanicien-chef, un fermier de l'endroit, donnera asile à mon oiseau.Et j'atterrirai en Corse, près de San-Pietro d'Orcino, sur le golfe de la Lisica.Là, une automobile nous attendra et, laissant aux mécaniciens le soin du monoplan et à la renommée celui de publier le triomphe du moteur Patain, nous filerons immédiatement pour une destination inconnue.Moi, en tout cas!.Pas de réceptions, par de banquets! —C'est M.Patain qui sera votre passager ?—Non.sa femme lui a fait jurer qu'il ne le serait pas.Et, tout de même j'aime autant ne pas prendre la responsabilité d'un père de famille.Non, c'est Vignol, que j'emmène, un des jeunes ingénieurs de la maison.un isolé.comme moi!.Ah! je vous assure que les candidats au voyage n'ont pas manqué.ce que je conçois, d'ailleurs!.Kerjean regarda fixement la jeune femme.—Ma bonne Jacqueline, s'écria-t il, n'allez pas parler de ces futurs exploits à ma petite Phyl, au moins! Nous aurions des larmes, voire une crise de nerfs!.Pauvre mignonne! Un jour, elle a refusé d'assister à un départ de course pour n'avoir pas une impression trop réelle des dangers que je pouvais courir.Elle avait peur toujours qu'un accident ne m'arrivât.—Je ne lui dirai rien, Guillaume.Le visage de Jacqueline était calme.Elle avait accoutumé de ne pas laisser transparaître ses impressions intimes.Elle ajouta: —Sans doute, Phylhs serait-elle gagnée par votre belle confiance.Vous êtes plein d'entrain! —Oui.Il me fallait cela.J'avais besoin d'être un peu secoué.Guillaume se tut.Puis soudain, avec un grand effort et d'une voix changée, il demanda: ¦—Elle n'a pas encore été reçue par le président ?.—Non, elle est convoquée pour mercredi.—Je voulais revoir Grandier.Je E'ai pas eu le courage.Tout cela est affreusement pénible.Est-ce que.vous croyez qu'elle a.du chagrin, Jacqueline ?.—Je ne sais.Elle accepte sans révolte, sans amertume, ce qu'elle juge nécessaire.tout en regrettant zrès vivement, je crois, cette vie à deux.cette vie fraternelle qui lui était douce.—Ne m'était-elle pas douce à moi aussi, Jacqueline?fit Guillaume.Voyez, dans cette maison que j'aimais, où j'ai passé tant d'années pasisibles, où ma solitude, mes habitudes de "vieux garçon" m'étaient si précieuses, je me sens maintenant une âme d'exilé.Un moment, il rêva.puis il dit, comme si sa méditation avait abouti à cette conclusion : —Ce mariage fut une aberration inqua lifiable, Jacqueline.Il était à désirer-pour Phyllis et aussi pour moi.—que la force des choses y vint mettre fin.Phyllis ne pouvait être heureuse avec moi.—Et peut-être, suggéra faiblement Jacqueline, peut-être Phyllis n'était-elle pas, non plus, la femme qui pût vous rendre heureux, mon pauvre Guillaume.Il sursauta: , —Elle\.Ah! Jacqueline!.Mais quelle idée vous faites-vous donc d'elle.ou de moi?Ne comprenez-vous pas que, même ainsi, même en cette vie absurde, anormale, elle a été ma joie, mon I.ma force.qu'elle m'a révélé la beauté, la douceur de la vie à deux.La pauvre petite! on s'est toujours fait d'elle l'opinion la plus erronée!.Vous ne l'avez pas vue, Jacqueline, s'adapter si gentiment à la simplicité des choses, accepter avec une reconnaissance si tendre la médiocrité de l'existence que je lui offrais.Et puis cette grâce, cette grâce unique, ce sourire qu'elle a et qui illumine, qui transforme tout.Quand je rentrais et qu'elle venait à moi.Ma pauvre Jacqueline, vous voyez bien que, malgré tout, je suis très malheureux.Oui, elle le voyait, elle le savait.Pour qu'elle le sût, cet aveu même était inutile.Il eût suffi de cette voix sourde et passionnée, de ce visage tiré que semblait brûler la flamme sombre du regard.une voix, un visage, qu'elle ne connaissait pas à son ami.—Mon cher Guillaume, dit-elle avec effort, oui, je vois bien, vous souffrez, mais alors, pourquoi?.Il haussa les épaules.—Allons, Jacqueline.est-ce que je pouvais accepter cette fortune ainsi.moi?.Il y a là une question d'orgueil intime, de dignité virile.qui ne se discute même pas.Alors je suis un peu triste.un peu désorienté.Je m'apaiserai, je prendrai mon parti des choses, voilà tout.Je ne suis pas de ceux qu'une contrariété de ce genre menace de neurasthénie, soyez tranquille.Pauvre petite Phyl! elle a du chagrin aussi maintenant.même un peu de rancune, je crois.Mais, que me demande-t-elle '.' de ne jamais cesser d'être son "grand ami".Je le serai.Je saurai l'être.Je ne vais pas l'abandonner, n'est-ce pas?.Puis, plus tard, elle se mariera.Et son mari pensera que j'ai été un fameux Sanatorium Saint-Sébastien Chiropratique — Osthéopathie — Kinésithérapie — Massage Suédois Aliénation mentale—Epilepsie— Dépression nerveuse — Paralysie générale — Neurasthénie—l'Alcoolisme—Monomanie — Anémie cérébrale—Les troubles de l'Estomac, du Foie et de la Vessie—La Pierre — La Paralysie, le Rhumatisme et la Maladie de Rognons dans toutes ses formes — La Maladie Sciatique — Toutes dislocations — l'Onanisme — les Maladies Vénériennes — Atrophie — Ankylose — etc., etc.Traitement de» Maladies des Enfants Attention toute spéciale aux Médecin compétent en et toutes Dif formations des Os.Maladies des Femmes charge de l'Institut.49 AVENUE PIEDMOND, Côte des Neiges TELEPHONE UPTOWN 8900 Demandez notre pamphlet sur Le» tramway» Guy — Côte de» Neiges et le» maladie» que nou» Irai ton.Cartierville conduisent au Sanatorium 15 janvier 1921.LA REVUE MODERNE 61 imbécile.sans se dire qu'après tout j'ai été un honnête homme.La confusion est facile, Jacqueline, si facile que ma parole, il y a des heures où moi-même je ne sais plus très bien où est la vérité.Il avait caché son visage dans ses mains.Des mots vinrent aux lèvres de Jacqueline, "La vérité, Guillaume, c'est que vous adorez cette enfant, que vous ne pouvez plus \ h re sans elle." Mais elle ne les prononça pas: —Votre jugement est droit et sûr: dit-elle; il ne me parait jamais possible que la vérité soit ailleurs que dans votre conscience, mon ami.Elle l'avait laissé parler, s'épancher, incapable d'ailleurs de lui répondre par des raisonnements suivis.Elle se leva: —Il faut que je vous quitte, dit-elle.• Phyllis doit s impatienter.—Pardonnez-moi, fit Guillaume, j'ai pensé, j'ai.souffert tout haut.ce qui ne m'est plus habituel.Je me croyais plus énergique.Voyez, j'avais eu le courage de fuir ma petite Phyl.Puis nous avons parlé d'elle et.J'ai un peu honte de moi, Jacqueline.Comment jugerez-vous ma faiblesse, vous, si forte, si sereine, vous qui.Jacqueline sentit qu'il pensait: "Vous qui ignorez la passion".Mais il acheva: "Vous qui avez toujours dominé de votre belle vaillance tous les événements de votre vie." —-Les plus forts ont leurs heures de lassitude, Guillaume, dit-elle.et de lâcheté.Ils se turent, puis elle ajouta: —Si vous le désirez, j'oublierai tout ce que vous m'avez dit.Guillaume prit la main de la jeune femme et la serra nerveusement: —Je le désire, dit-il.Moi, je n'en reparlerai plus jamais.Au revoir, mon amie, et merci.Guillaume, murmura Jacqueline, voulez-vous me promettre que, quand vous entreprendrez l'audacieux voyage dont vous m'avez parlé, j'en serai avisée?.C'est une preuve d'amitié que je vous demande.—Je vous la donnerai.Mais rappelez-vous que Phyllis, elle, doit tout ignorer ?—Phyllis ignorera tout.à mon tour, je vous le promets.Et Jacqueline se dit: —Comme il pense à elle ! Tout à l'heure, quand Guillaume s'était évadé de son impassibilité factice, elle avait eu l'impression d'une force de joie qui s'en allait d'elle, peu à pou, comme par une blessure béante.Maintenant, Jacqueline, la sereine Jacqueline rentrait chez elle, lasse, ébranlée, aspirant au repos, à l'obscurité, au silence; mais Phyllis l'attendait dans le petit salon clair.Elle l'embrassa, lui sourit, questionneuse : -—Eh bien! vous l'avez vu ?Que vous a-t-il dit?Vite, vite, racontez, Jacqueline.Jacqueline s'était encore une fois ressaisie, elle eût voulu répandre, mais, tout de suite, elle s'avisa de la pauvreté du récit qu'elle allait faire.Guillaume avait beaucoup parlé de Phyllis, il avait demandé ceci.cela.Il travaillait beaucoup.Sa découverte donnait dos résultats inespérés.Que pouvait-elle "raconter" d'autre, puisqu'elle ne devait rien dire ni de l'essor projeté, ni des poignants regrets de Guillaume.—Et son dernier voyage?Il no vous a pas dit ce qu'il était allé faire en Corse, Jacqueline ?—Mais non.—Vous a-t-il dit que je lui manque un peu?^Oh! oui, vous lui manquez beaucoup.—Comment vous a-t-il dit cela, Jacqueline ?Phyllis souriait, attentive déjà.—Mais.je me souviens mal des mots employés, petite Phyl.Il a dit que la maison lui paraissait sans vous triste et vide.—Comme vous répondez drôlement, Jacqueline! murmura Phyllis.On dirait que.vous voulez me cacher des choses.Il n'est pas malade ?La question jaillit, anxieuse comme la pensée qui, soudain, dans l'esprit de Phyllis, avait dominé toutes les autres.Êt la réplique vint, spontanée, justifiant ou paraissant justifier les paroles gênées ou indécises.A répondre nettement, Jacqueline épouvait un soulagement.—Il va bien.maintenant, mais il a eu un petit accident.Un cri éclata: —Il est blessé! —Mais non, pas blessé.une simple coupure au front.presque rien, je n'aurais pas dû vous le dire.La pauvre Jacqueline regrettait déjà sa franchise.Phyllis était blême et voulait aller près de Guillaume, ce soir, tout de suite.Très doucement, Mlle Albin prit la main de sa petite amie: —Ma chère enfant, dit-elle, écoutez-moi bien: je vous donne ma parole d'honneur que Guillaume n'a eu qu'une égra-tignure insignifiant*, qu'il en est déjà guéri, qu'il va et vient comme un homme bien portant.Si vous couriez à lui, ainsi, sur un coup de folie, vous le.Jacqueline se demanda si c'était bien la vérité qu'elle allait dire, puis elle pensa: "Oui, c'est la vérité: il serait mécontent, malheureux, malgré tout." et elle acheva : —Vous le mécontenteriez sérieusement.et il m'en voudrait à moi.beaucoup! Phyllis s'était un peu calmée.—Soit, dit-elle, je n'irai pas ce soir.Mais, puisque vous m'affirmez qu'il est guéri, qu'il sort.eh bien nous pouvons nous voir sans que ce soit chez lui ou chez vous.Et s'asseyant au bureau, elle écrivit: "Mon grand ami.Je serai demain matin à neuf heures au Parc Monceau, dans le petit rond-point qui avoisine la Naumaehie.Venez m'y trouver ou indiquez-moi un autre moyen de vous rencontrer.Je veux vous voir.Si je ne vous vois pas, je ferai une sottise.Très affectueusement."Votre petite Phyl!" IV Avant neuf heures.Kerjean faisait les cent pas dans l'avenue Velasquez.Puisque Phyllis venait de chez Jacqueline, c'était à cette entrée du parc Monceau qu'il fallait l'attendre.Il l'attendait.Sans être aperçu lui-même, il la vit descendre, toute gracieuse, de son automobile, s'occuper de Jap, donner des ordres à Laurent, puis s'avancer vers la grille, accompagnée de la petite chienne qui sautait autour d'elle dans un bruit de clochettes tintantes.LTn costume tailleur très uni, très sobre, mais d'une coupe de grand faiseur dont la peifection s'imposait même à l'incompétence d'un profane comme Guillaume, suivait étroitement la ligne charmante de son corps, sans entraver la liberté souple et harmonieuse de sa démarche, de ses mouvements.Les larges plissés onduleux d'un jabot de lingerie débordant de la jaquette, un oeillet naturel, énorme et tout échevelé, piqué au revers, animaient d'un peu de blanc l'uniformité sombre du deuil et, sous le petit chapeau noir aux aigrettes précieuses, éclatait l'or ensoleillé des cheveux lourds, la lueur rose du teint fragile, le rouge vivant et charnu des lèvres.Guillaume se demanda si Phyllis avait embelli.Il lui semblait ne se l'être jamais rappelée aussi fine, aussi jolie et, en iiMMJ Nos dents sont belles, très bonnes et garanties.30 salons absolument privés, d'une propreté parfaite.Dentistes diplômés seulement.Pas d'étudiants.L'INSTITUT DENTAIRE FRANCO-AMERICAIN 1(2 RUE ST.DENIS POUR ETRE BELLE Employez régulièrement le célèbre LAIT DES DAMES ROMAINES Véritable nourriture de la peau, composé de baumes salutaires et d'essences végétales bienfaisantes, le Lait des Dames Romaines protège la peau contre les intempéries de l'air, purifie et embellit le teint, supprime rides, points noirs, acné, couperose, hâle, boutons, affine la blancheur liliale delà peau etdonne à l'épiderme la caresse d'un velouté idéal.Supprime l'usage de la poudre et de fards.En vente partout 50c le flacon.Echantillon expédié franco pour 10a.C00PER & CIE, Depl R, Ho ISS rat dit Commisuires 0a»t.Mtltrail. 62 LA REVUE MODERNE 15 janvier 1921.plein deuil, si délicieusement jeune et claire, qu'elle lui apparaissait à cette minute, dans la lumière de ce matin de mai.Il pensa avec ironie—ce que déjà il avait pensé un nombre inculculahle de fois—que la fortune seyait à Phyllis.Il se dit absurdement: "Une seule note détonne dans cet ensemble, au milieu de ce luxe délicat qui lui crée une atmosphère nouvelle, c'est Jap, qui est un chien intelligent et gentil, mais qui n'est pas un chien riche.Jap qui lui vient de-moi!" Il est probable que la pauvre Jap ne soupçonna jamais cette remarque peu flatteuse de l'être qu'elle aimait entre tous.Tout à coup, on eût pu la voir bondir avec un aboiement éperdu.Elle avait deviné son maître.Elle lui faisait un accueil frénétique.' Phyllis eut un petit cri de surprise.—C'est vous.Déjà là!.Une rougeur violente, profonde, avait envahi, noyé la délicate suavité de son teint.Elle avait été saisie, sa voix était un peu haletante.—J'ai pensé, fit laconiquement Guillaume, que vous ne pouviez guère passer que par ici.Il prit son bras et l'entraîna sous les platanes, vers la seconde grille, au delà de laquelle paraissaient, toutes pénétrées de soleil, les verdures printanières du parc.Ils tournèrent à droite dans l'allée circulaire.L'ombre qui tombait des arbres su mêlait avec la lumière et tremblait sur le sable et les gazons, légère, transparente, fleurie comme un voile de dentelle.A l'entrée, un massif de giroflées exhalaiI une odeur fraîche et robuste.Un gardien se plaignit que Jap n'eût pas de laisse.—J'avais oublié.j'ai ce qu'il faut, déclara Phyllis.Ils s'arrêtèrent.Guillaume reçut de* mains de Phyllis la mince natte de cuir fauve et se baissa, presque agenouillé, pour l'attacher au collier de Jap qui regimbait, peu respectueuse des règlements de police.Pour être plus libre, il avait posé son chapeau près de lui, contre le feston de fonte de la pelouse.Phyllis voyait, barrant le front volontaire, coupant le sourcil, effleurant la paupière, la petite blessure à peine cicatrisée que couvrait une bande de taffetas.Elle l'avait vue, tout de suite, du premier regard.Ce stigmate la touchait, l'émouvait, la faisait trembler de crainte et de tendresse.Elle eût aimé y poser ses lèvres.Mais elle s'appliquait à dissimuler cette émotion comme cet effroi, pensant que Guillaume reprocherait peut-être à Jacqueline d'avoir trop parlé et que Jacqueline, une autre fois, serait plus secrète encore.Elle était contente que Guillaume, penché sur Jap, ne pût lire sur son visage.Elle attendit quelques instants, elle attendit de pouvoir affermir sa voix et détourner son regard fasciné; puis, comme Guillaume se relevait, la laisse dans la main, agacé par les mouvements de Jap qui s'élançait avec une exaspération de chien enchaîné, elle dit, d'un ton dont sa peur de fléchir exagérait le calme forcé : —C'est fini, cette petite blessure'' Jacqueline m'a dit que vous aviez eu un accident.—Oui, c'est fini, acquiesça Guillaume c'était d'ailleurs fort peu de chose.et Jacqueline eût pu ne vous en rien dire.Mais ii s'étonnait un peu douloureusement que Phyllis prît avec cette philosophie une aventure qui, somme toute, eût pu tourner plus mal et lui coûter la vie.Et quand de la même manière flegmatique, elle s'informa des causes, des circonstances de l'accident, il répondit à peine et d'assez mauvaise grâce.Alors elle se tut.Ils firent quelques pas, puis Guillaume traîna des chaises à une place choisie, près du gazon, et ils s'assirent.L'allée à cette heure était paisible et presque déserte.A plusieurs mètres d'eux, une jeune femme cousait en surveillant un enfant qui emplissait de sable un petit chariot rouge.Sur un banc, un vieil homme lisait son journal.Les passants étaient rares.Phyllis continuait de se taire, les yeux retenus au loin par les savantes perspectives du parc où, comme en une somptueuse tapisserie tissue d'or par le soleil, toutes les nuances du vert—vert sombre des lierres, vert cru du gazon, vert brillant des lauriers, vert translucide des sycomores, vert gris des saules—se mêlaient, s'éclairaient, encadrant les pierres ruinées des arches et les lignes pâles des statues.Kerjean lui trouvait un air gêné, contraint.Il devinait en elle des restrictions dont l'énigme lui échappait.Ce n'était pas ainsi qu'il avait imaginé leur rencontre 15 janvier 1921.LA REVUE MODERNE 63 —Qu'y a-t-il, Phvllis ?.ou qu'avez-vous?dît-il.Mlle rougit comme foui fi l'heure.—Il n'v a rien.Pourquoi y aurait-il quelque chose?—Vous n'êtes pas comme d'habitude.—Mais si.—Mais non.(iuihaume la regardait; il chercha ses veux.Elle les détourna en souriant.—Votre message était une manière de sommation, petite l'hyl.Pourquoi vou-liez-vous me voir?demanda-t-ii.—Mais.parce que je voulais vous voir, simplement.Est-ce que vous n'aviez aucun désir de me voir, vous ?—Moi! oh! si, j'avais un grand désir
de

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