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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
Q. La Presse Affaires magazine
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2010-05-31, Collections de BAnQ.

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[" LAPRESSEAFFAIRESMAGAZINE JUIN 2010 Des gens, Des stratégies, De l\u2019innovation TUPPERWARE FRANÇOIS TRAHAN Le stratège de Wall Street Qu\u2019est-ce qui fait craquer les Québécoises ?FINANCES PERSONNELLES Les frais fantômes qui hantent vos taux de change 48 hEuRES Dans les coulisses de la boxe avec le patron de Sportscene, Jean Bédard TEChNO L\u2019iPad : résister ou non ? ©Audi Canada 2010.Modèle européen montré : Audi A4 2010 avec équipements en option pouvant ne pas être disponibles au moment de l\u2019achat.«Audi», «A4 », «quattro », «Vorsprung durch Technik» et l\u2019emblème des quatre anneaux sont des marques déposées de AUDI AG.Pour en savoir plus sur Audi, voyez votre concessionnaire, composez le 1 800 367 AUDI ou visitez-nous au www.audi.ca.A4 Les quatre roues de la Audi A4 ne cessent de communiquer entre elles,grâceàlatraction intégrale quattro®.Vous gardez ainsi le contrôle sur presque n\u2019importe quelle route.Le système supervise la traction de chaque roue.Dès que l\u2019une d\u2019elles perd de l\u2019adhérence, la traction est détournée vers les roues possédant la meilleure emprise.Tout se fait quasi instantanément.Vous n\u2019en êtes pas conscient, vous continuez de conduire, paisible.Et comme le couple moteur est déplacé vers l\u2019arrière dans une proportion 40:60, vous obtenez une conduite athlétique, même dans les pires conditions.Que ce soit sur glace, dans la boue, la neige ou le gravier, vous conduisez en toute confiance, car vous savez que quattro améliore la performance et le contrôle du véhicule et qu\u2019advenant une traction minimale, v o t re vo i t u re en tirera toujours le maximum d\u2019efficacité.Chaque flaque d\u2019eau démarre une conversation. www.audi.ca EN COUVERTURE Il a prédit le krach techno et la crise immobilière américaine.Sacré meilleur stratège aux États-Unis, le Montréalais François Trahan a l\u2019oreille de Wall Street.Son secret ?« Je suis un junkie de l\u2019histoire », avoue-t-il.Entrevue avec un surdoué de la finance.24 RÉINVENTER DUBAÏ Exit le tourisme clinquant : l\u2019émirat met en valeur son authenticité bon marché.10 FINANCES PERSONNELLES Les frais fantômes qui hantent vos taux de change.42 DOUBLE VIE Le jour, Colin Hunter est président du Groupe de voyage Sunwing.Le soir, il sort sa voix feutrée pour interpréter les grands classiques des années 50.Frank Sinatra n\u2019a-t-il pas chanté Come Fly with Me?20 DESIGN Technomarine a réinventé son image\u2026 et celle du quai de marina ! 30 TECHNO L\u2019iPad: résister ou non?34 LA NOUVELLE VAGUE TUPPERWARE Ils font partie de la culture québécoise au même titre que le pâté chinois ou les partys de cuisine.Pourtant, malgré la concurrence et le passage des modes, les contenants Tupperware se multiplient dans les frigos du monde entier.Quelle est leur recette ?12 DES COMBATS ET DES AILES Dans les coulisses de la boxe avec le patron de Sportscene, Jean Bédard.48 4 LaPresseaffairesMAGAzINE * Prix de détail suggéré du fabricant pour la Legacy 2.5i 2010 (AA125), à transmission manuelle.Les frais de transport et de préparation (1 525,00 $), d\u2019inspection, d\u2019immatriculation, d\u2019assurance, de consultation du RDPRM et du concessionnaire ainsi que les taxes sont en sus.\u2021 Prix Valeurs Résiduelles 2010 ALG Canada pour la Legacy, segment voiture intermédiaire.Le concessionnaire peut offrir un prix moindre.Pour plus d\u2019information sur ces offres, voyez votre concessionnaire Subaru participant.Photo(s) à titre indicatif seulement.\u2021 Legacy 2010 Meilleure voiture intermédiaire Songez à la valeur de votre investissement.En plus de ses qualités esthétiques et routières, la berline intermédiaire Subaru Legacy promet de conserver un haut pourcentage de sa valeur d\u2019origine.Optez pour la berline intermédiaire primée pour la meilleure valeur de revente projetée dans l\u2019ensemble.Et en prime, profitez de tous les avantages du système de traction intégrale symétrique à prise constante.Oui, vous faites un bon placement.Association des concessionnaires Subaru du Québec | www.quebec.concessionsubaru.ca JAPONAIS ET PLUS ENCORE ! 23 995$* Taxes, transport et préparation en sus À l\u2019achat au comptant à partir de Modèle illustré: Legacy PZEV 2010 La Subaru Legacy 2.5i 2010 MAXIME BERGERON Journaliste STÉPHANIE BÉRUBÉ Journaliste VINCENT BROUSSEAUPOULIOT Journaliste SOPHIE COUSINEAU Chroniqueure STÉPHANIE GRAMMONd Journaliste Finances personnelles ARIANE KROL Journaliste RUdY LE COURS Journaliste PHILIPPE MERCURE Journaliste STÉPHANE PAqUET Journaliste MARC TISON Journaliste Marketing MARIE TISON Journaliste BERNARd BRAULT Photographe MARTIN CHAMBERLANd Photographe IVANOH dEMERS Photographe ALAIN ROBERGE Photographe André Desmarais Président du conseil d\u2019administration Guy Crevier Président et éditeur Philippe Cantin Vice-président à l\u2019information et éditeur adjoint Éric Trottier Directeur de l\u2019information Rédactrice en chef Michèle Boisvert Directeur artistique Benoit Giguère Conception et réalisation Rachel Hotte et Daniel Riopel Chefs de division Geneviève Dinel, Richard Dupaul, Jean-Sébastien Gagnon et Martin Tremblay Coordonnatrice pages style de vie Suzanne Colpron Collaborateurs pages style de vie Éric Lefrançois, collaboration spéciale.Marie-Ève Morasse et Marc Tison Affaires juridiques René Lewandowski, collaboration spéciale Illustrateurs Daniel Riopel et Philippe Tardif Publicité 514-285-6909 La Presse Affaires Magazine vient de souff ler sa première bougie.Un anniversaire que nous célébrons dans l\u2019enthousiasme! Il est en effet très stimulant de constater à quel point notre jeune publication a rapidement connu du succès.Non seulement La Presse Affaires Magazine est apprécié des lecteurs \u2013 j\u2019en profite d\u2019ailleurs pour vous remercier de vos nombreux courriels de félicitations et d\u2019encouragement \u2013, mais la qualité des textes publiés a retenu l\u2019attention des jurys de différents concours de journalisme.Ainsi, Maxime Bergeron a remporté le prix Judith-Jasmin et celui des Magazines du Québec, dans la catégorie «portraits», pour son excellent article sur Michael Sabia qui faisait la une de notre premier numéro.Le dossier sur Vancouver intitulé «Les Jeux de la récession», signé par Sophie Cousineau et publié dans notre numéro d\u2019octobre, est en nomination pour les Prix du magazine canadien.Le jury fera connaître son choix au mois de juin.L\u2019année qui s\u2019amorce s\u2019annonce tout aussi emballante.Au sommaire du présent numéro, un dossier sur le succès phénoménal de Tupperware, dont les profits grimpent en flèche.Vous ferez d\u2019autre part la connaissance de François Trahan, un Montréalais considéré comme l\u2019un des meilleurs stratèges financiers de Wall Street.À ces textes s\u2019ajoutent nos chroniques habituelles, nos rubriques Voyage, Techno et Auto, ainsi que des sujets inusités, comme cette entrevue réalisée dans un bar où le fondateur du voyagiste Sunwing se transforme, l\u2019espace d\u2019un soir, en crooner à la voix feutrée.Bonne lecture! La RÉDaCTRICE EN CHEF, MICHèLE BOISVERT UN AN, DÉJÀ! 6 LaPresseaffairesMagazINE cadillac.ca NOUVEAU SRX 2010 Prestance et puissance saisissantes.Technologie intuitive d\u2019avant-garde.Espace de rangement généreux et polyvalent.Système à traction intégrale offert en option.Conception étudiée jusque dans les moindres détails.CTS BERLINE Véhicule primé alliant luxe et performance, avec le moteur V6 de 3,0L à injection directe et la transmission intégrale offerte en option.CTS 5 PORTES Dernière-née des CTS, elle offre un espace de rangement de 1 643L et la transmission intégrale en option.VOUS VOUS DÉPASSEZ.RESTEÀVOUS DISTINGUER. SOPHIE COUSINEAU LE MONDE DES AFFAIRES Pour joindre notre chroniqueure : sophie.cousineau@lapresse.ca ILLUSTRATION PHILIPPE TARDIF Les banquiers ont la vie dure.Tellement que, s\u2019ils ne gagnaient pas autant d\u2019argent, nous aurions presque pitié d\u2019eux! Pour s\u2019en convaincre, il fallait voir les journaux newyorkais au lendemain de l\u2019interminable comparution des dirigeants de la firme Goldman Sachs devant les sénateurs qui se penchaient sur les origines de la crise financière, à la fin du mois d\u2019 avril.Même si la finance fait vivre Manhattan, les quotidiens semblaient s\u2019être passé le mot pour publier la photo la plus embarrassante (et la plus grande) du grand patron de Goldman Sachs, Lloyd Blankfein.Évidemment, personne ne versera une larme pour ce financier qui a déjà déclaré, en ne blaguant qu\u2019à moitié, qu\u2019il réalisait « l\u2019oeuvre de Dieu ».Mais il faudrait être de mauvaise foi pour ne pas reconnaître que Goldman Sachs est un peu injustement ciblée.Les autorités boursières lui reprochent d\u2019avoir vendu à des clients une voiture aux freins défectueux tout en investissant dans un atelier de débosselage ! Aux clients d\u2019ouvrir le capot et d\u2019inspecter la mécanique\u2026 C\u2019est une pratique lamentable.Mais Goldman Sachs n\u2019est pas plus coupable que les autres banques et firmes de courtage qui se lavent les mains de toute responsabilité.S\u2019il y a des gens qui sont assez idiots pour l\u2019acheter, raisonnent-ils, c\u2019est tant pis pour eux.En fait, la virulence des critiques à l\u2019endroit des banquiers est inversement proportionnelle à la cote de popularité des politiciens.C\u2019est aumoment où la réforme de la santé le plombait dans les sondages, en janvier, que le président Barack Obama a annoncé une taxe sur les grandes institutions financières pour rembourser les contribuables qui les ont renflouées.Ainsi, il n\u2019a jamais été question d\u2019une taxe semblable pour les constructeurs automobiles, qui sont pourtant beaucoup moins prompts à rembourser le gouvernement.Mêmescénario au Royaume- Uni.Non content d\u2019introduire une taxe temporaire sur les primes des banquiers, l\u2019exgouvernement de Gordon Brown a même songé à taxer les transactions financières.Il a ainsi épousé la controversée proposition de l\u2019économiste James Tobin qui remonte aux années 70.Or, si la taxe Tobin couperait court à toute forme de spéculation, elle est irréalisable, à moins que tous les pays ne s\u2019entendent pour l\u2019appliquer.C\u2019est hautement douteux puisqu\u2019il y aura toujours un pays qui sera tenté de briser les rangs.À l\u2019inverse, le ministre des Finances du Canada, Jim Flaherty, ne veut rien entendre d\u2019une taxe qui pénaliserait les banques canadiennes, les premières de classe \u2013 ce qui en dit long sur la division et la faiblesse des partis de l\u2019opposition à Ottawa.Au-delà des discours qui sont de plus en plus vindicatifs lorsque les échéances électorales approchent, il faut voir que, pour qu\u2019une réforme financière se tienne, celle-ci doit susciter une large adhésion.Sinon, il arrivera ce qui se passe à Londres, où des fonds spéculatifs quittent la City pour la Suisse.C\u2019est le défi colossal qui attend les pays duG20àToronto à la fin du mois de juin.Or, les positionsduCanada et de la Commission européenne, qui appuie la création d\u2019une taxe sur les banques comme une forme de police d\u2019assurance pour des sauvetages futurs, sont encore très éloignées.Il ne faut pas laisser ces divisions occulter l\u2019urgence de réformer la réglementation du secteur financier.Comme l\u2019a fait remarquer le sénateur démocrate Christopher Dodd, cela fait 17 mois qu\u2019on s\u2019est fait cambrioler et on n\u2019a même pas encore changé les serrures de la maison! Il y a des choses sur lesquelles les pays peuvent s\u2019entendre pour consolider le système financier.Hausser les réserves des institutions financières pour réduire l\u2019effet de levier et la prise de risques.Standardiser autant que possible les produits dérivés et les négocier sur un marché secondaire structuré, une transparence qui, soit dit en passant, limitera les marges bénéficiaires des firmes.Etc.Les banquiers n\u2019ont pas besoin d\u2019être réprimandés en public.Ils ont besoin de règles claires et strictes pour que leur soif insatiable de profits ne compromette plus le système financier.Bref, il faut japper moins et mordre plus.Japper moins, mordre plus Il faudrait être de mauvaise foi pour ne pas reconnaître que Goldman Sachs est un peu injustement ciblée.8 LaPresseaffairesMAgAzINE desjardins.com C\u2019est tout Desjardins qui appuie les entreprises.Une solide équipe composée de spécialistes de la finance est disponible afin d\u2019élaborer pour vous des stratégies novatrices répondant à vos besoins d\u2019affaires.Notre expertise est grande.Ce qui nous permet d\u2019avoir une vision globale de la situation et de vous aider à prendre les bonnes décisions.\u2022 Marché des capitaux \u2022 Syndication bancaire \u2022 Services internationaux \u2022 Service-conseil en fusion, acquisition et transfert d\u2019entreprise \u2022 Capital de développement et de risque \u2022 Montage financier \u2022 Placements \u2022 Solutions de gestion de la paie et des ressources humaines \u2022 Solutions de paiement pour les marchands \u2022 Solutions de cartes de crédit \u2022 Solutions en ligne \u2022 Programme Immigrants Investisseurs \u2022 Assurance et épargne collectives \u2022 Gestion de trésorerie \u2022 Gestion du patrimoine \u2022 Planification successorale \u2022 Services bancaires \u2022 Garde de valeurs et services fiduciaires Pour joindre notre journaliste : mbergeron@lapresse.ca Des îles en forme de mappemonde.Un hôtel sept étoiles à 15 000$ la nuit.Des centres commerciaux où se bousculent les Gucci et Prada.Dubaï a fait sa marque avec l\u2019ultraluxe depuis 10 ans.Puis la crise a frappé l\u2019an dernier.Avec fracas.L\u2019émirat tente aujourd\u2019hui de démocratiser son image et d\u2019attirer une nouvelle catégorie de touristes moins fortunés.Un changement inévitable, a constaté notre journaliste, de retour de Dubaï.LA DÉMOCRATISATION a nouvelle campagne publicitaire du transporteur Emirates Airlines est inédite.Exit îles en forme de palmiers et gratte-ciels futuristes, bonjour quartiers grouillants et sales de la vieille ville.Comme si Dubaï tentait de dédorer son image en ces temps de crise économique.«Il y a eu beaucoup de critiques l\u2019an dernier à cause de l\u2019immobilier à Dubaï, et on voulait montrer que la ville a autre chose à offrir», explique Boutros Boutros, vice-président aux relations publiques d\u2019Emirates Airlines.Dans une série de vidéos promotionnelles, le transporteur national met en vedette les quartiers habités par les Indiens et les Pakistanais peu fortunés qui forment la majorité de la population locale.Les souks animés de Bastakia, où s\u2019entremêlent boutiques de vêtements traditionnels, bijouteries et petits bouibouis, occupent une place de choix.«Les médias internationaux ont beaucoup insisté sur les hôtels cinq étoiles au cours des dernières années, mais ils oublient qu\u2019il y a autre chose à Dubaï, dit M.Boutros.Ils ont oublié le côté humain, enrichi par les 150 nationalités qui cohabitent ici.» Dubaï est devenu célèbre depuis 10 ans grâce à ses centres commerciaux somptueux, à ses pistes de ski intérieures et autres projets pharaoniques.Puis la crise financière a mis un terme à plus de 400 chantiers évalués à 300 milliards de dollars américains, il y a 18mois.Un atterrissage brutal pour l\u2019économie \u2013 et l\u2019ego \u2013 de la ville-État.Commedansplusieurs autres régions, les prix des hôtels ont chuté \u2013 de 31% en moyenne l\u2019an dernier, à 163$US la nuit, selon la firme STR Global.Et ils devraient poursuivre leur descente en vrille puisque des dizaines d\u2019établissements flambant neufs ouvriront bientôt leurs portes.Il suffit de se promener dans Sheik Zayed Road, principale artère de Dubaï, pour constater le nombre impressionnant de chantiers hôteliers.De part et d\u2019autre de l\u2019autoroute à 12 voies, des hôtels sortent de terre.Et même si certaines grues marchent au ralenti ces jours-ci à cause de la crise, le flot de nouveaux établissements sera constant au cours des deux prochaines années.Selon la firme immobilière Jones Lang LaSalle Hotel, le nombre de chambres offertes bondira de 23,4% cette année et de 3,9% l\u2019an prochain.«Il y a un énorme inventaire d\u2019hôtels cinq étoiles qui s\u2019en vient, il pourrait y avoir une surcapacité», avertit Matthew Green, directeur de la recherche pour CBRE Richard Ellis à Dubaï.De 15 000$ à 1000$ Bechir Falfoul, président du grossiste montréalais Sultana Tours, constate au quotidien cette baisse marquée des tarifs.Le secret de son agence pour obtenir les meilleurs prix ?Réserver les chambres pour ses clients à la dernière minute plutôt que des mois à l\u2019avance comme le veut la pratique habituelle.«Dubaï est la seule destination qu\u2019on ne peut pas mettre dans notre banque de données comme Paris, par exemple, parce que tous les jours on annonce des rabais importants, explique-t-il.Le Burj Al Arab, qui pouvait coûter 15 000$ la nuit, sort parfois à 1000$.» TEXTE MAXIME BERGERON PHOTOS CHARLES CROWELL, BLOOMBERG 10 LaPresseaffairesMagazine Impossible de prédire combien coûtera tel ou tel hôtel à une date déterminée, en somme.«Ça monte et ça descend, dit M.Falfoul.Une chambre qui coûte 200$ aujourd\u2019hui peut coûter 800$ demain.C\u2019est un drôle de système.» Le président de Sultana, qui a envoyé environ 500 Québécois à Dubaï l\u2019an dernier, estime que l\u2019émirat devra à tout prix se «démocratiser» davantage pour remplir ses dizaines de milliers de chambres d\u2019hôtel.Le changement de cap est déjà amorcé, dit-il.«Ils n\u2019ont pas le choix, et ils le font déjà.» À Tours Chanteclerc, qui organise deux ou trois voyages de groupe à Dubaï chaque année, le directeur général, Claude Saint-Pierre, soutient ne pas avoir remarqué de différence dans les prix.«Réserver un bloc de chambres 9 ou 10 mois à l\u2019avance, c\u2019est encore dans les 350$ la nuit», fait-il valoir.Qu\u2019importe l\u2019ampleur réelle de la baisse des prix \u2013 les estimations varient du simple au double \u2013, une chose est sûre: les autorités devront multiplier les efforts pour attirer les touristes à Dubaï.D\u2019une part parce que les maigres réserves de pétrole s\u2019épuisent, forçant l\u2019émirat à diversifier toujours plus son économie.Et d\u2019autre part pour remplir le nouvel aéroport d\u2019une capacité de 120 millions de passagers qui doit ouvrir ses portes en 2012.Les responsables du département du Tourisme de Dubaï n\u2019ont pas répondu aux demandes d\u2019entrevue de La Presse Affaires Magazine.PHOTO KAMRAN JEBREILI, AP 236$US Tarif moyen d\u2019une chambre en 2009, en baisse de 24% 69% Taux d\u2019occupation moyen en 2009, en baisse de 10% 40 943 Chambres d\u2019hôtel* 17 204 Chambres dans des copropriétés hôtelières* DE DUBAÏ *Données d\u2019août 2009 Sources : STR Global, Bloomberg, Jones Lang LaSalle Hotels LaPresseaffairesMagazine 11 La Classe S 2010 redessinée.Tout ce que vous attendez d\u2019une berline de luxe.Sans tout le CO2 * ©Mercedes-Benz Canada Inc., 2010.*Selon la norme NEDC, la consommation combinée de la MY10 S400 HYBRID est à peine de 7,9 L/100 km, et ses émissions de CO2 sont faibles (186 g/km).Toutes les données sont établies d\u2019après un cycle de tests européen.Les données spécifiques du Canada seront dévoilées dans un proche avenir.Mercedes-Benz Laval Chez nous, c\u2019est vous l\u2019étoile.3131, Autoroute Laval Ouest (440), Laval \u2022 450 681-2500 \u2022 mercedes-benzlaval.com Pour joindre notre journaliste : sberube@lapresse.ca TEXTES STÉPHANIE BÉRUBÉ PHOTOS IVANOH DEMERS LA NOUVELLE VAGUE TUPPERWARE QU\u2019EST-CEQUI FAIT CRAQUER LESQUÉBÉCOISES?12 LaPresseaffairesMagazine Samedi matin, Boucherville.Devant un bungalow, les voitures se garent à la queueleu- leu.On croirait un brunch familial.La raison de cette réunion matinale est légèrement différente.Dans sa petite maison, Carmelle a convié amies, soeurs et nièces à une présentation Tupperware.Rétro et charmant?Certainement.Mais les réunions de vente de plats redeviennent très populaires au Québec.Ailleurs dans le monde, Tupperware s\u2019est lancé à la conquête de marchés émergents, où son succès est phénoménal.Durant les deux heures et demie que durera la présentation à Boucherville, plus de 3400 autres rencontres Tupperware débuteront quelque part sur la planète.La multinationale du plat de résine calcule qu\u2019une réunion de vente commence toutes les 2,6 secondes.Cer t a ins pays sont de meilleurs clients que d\u2019autres.En France, notamment, les ventes de Tupperware explosent: le chiffre d\u2019affaires a connu une hausse de 15% en 2009.Plusieurs raisons expliquent ce succès au pays de la gastronomie, selon Rick Goings, président de Tupperware Brands.D\u2019abord, les produits : «Nous avons laissé de côté les contenants de rangement et lancé des produits plus raffinés », explique Goings.Le contenant vedette en France est la «cave à fromages », qui permet de conserver plus longtemps les fromages les plus odorants sans embaumer tout le frigo.Les présentations ont aussi été dépoussiérées, explique le président.La représentante cuisine maintenant gaiement devant l\u2019hôtesse et ses copines et leur prépare des cocktails.«Nous avons enregistré des présentations en France pour nous rendre compte que, finalement, les femmes parlent moins des produits que de leurs vies et de leurs histoires d\u2019amour, dit Rick Goings.À la fin de la soirée, elles rentrent à la maison en transports en commun.» Non sans avoir passé une petite commande de contenants.Tupperware a donc opté pour l\u2019approche McDonald\u2019s : une philosophie mondiale adaptée localement, selon les marchés.La recette semble efficace.Le titre en Bourse est passé de 20$ à presque 50$ en un an.La croissance phénoménale de Tupperware est portée par son succès dans les nouveaux marchés que sont l\u2019Indonésie, l\u2019Inde, le Brésil, le Venezuela , le Mexique, la Russie, la Turquie et l\u2019Afrique du Sud.Aujourd\u2019hui, l\u2019entreprise réalise 85% de son chiffre d\u2019affaires à l\u2019extérieur des États-Unis.En Amérique du Nord, elle doit sa croissance, essentiellement, à deux clientèles, explique Rick Goings : les hispanophones et.les Québécoises.Qu\u2019est-ce qui pousse donc les Québécoises vers des contenants dont les prix font exploser le coût de la boîte à lunch?Il faut voir un lien entre le rapport d\u2019une population avec la nourriture et le succès de Tupperware, explique Marie- Josée Arel, directrice aux ventes de la multinationale.Les Françaises cuisinent beaucoup, elles conservent les aliments et utilisent les restes plutôt que les laisser pourrir dans le frigo.Les Québécois ont aussi ce lien privilégié avec la nourriture, dit-elle.Ses clientes n\u2019hésitent pas à débourser 25$ pour une spatule de silicone résistante à la chaleur.Autre chose joue en faveur de Tupperware: un lien affectif.Selon Maria Meriano, qui est dans l\u2019organisation depuis 26 ans, le nomTupperware fait toujours vibrer une corde sensible chez de nombreuses femmes.Ce sont les plats qu\u2019utilisaient leur maman ou leur grand-maman.On trouve immanquablement un beurrier de plastique ou un moule à Jell-O quelque part dans notre inconscient collectif.L\u2019attachement est for t .«Dans une quincaillerie, un homme paiera plus cher pour un Black&Decker parce que c\u2019est ce que son père utilisait, dit Mme Meriano.Une femme, elle, achète du Tupperware.» C\u2019est ce qui fa it qu\u2019elle paiera beaucoup plus pour un plat qui, en apparence, ressemble à ce que vendent les grandes surfaces, ajoute-t-elle.Le succès de la vente directe Maria Meriano est née dans le Tupperware: ses deux parents étaient représentants.Aujourd\u2019hui, elle est à la tête du groupe Les Diamants, franchise qui compte quelques-unes des meilleures vendeuses Tupperware d\u2019Amérique du Nord.En 2006, la société a aboli ses franchises et révisé son système de vente à paliers pour rendre la profession plus attirante pour ses représentantes les plus performantes.Maria a bénéficié d\u2019un droit acquis et conservé son centre de distribution d\u2019Anjou.Tupperware lui a donné le titre de «directrice exécutive patrimoniale».Au début du mois d\u2019avril, dans une salle de réceptionmontréalaise, Tupperware a tenu son «Super lundi», qui réunit audelà de 500 personnes, surtout des femmes, représentantes et sympathisantes.Musique pop, applaudissements, tirages de Géant des petits plats, Tupperware est actif dans le monde entier.Pourtant, en Amérique du Nord, c\u2019est au Québec que l\u2019entreprise connaît la meilleure croissance.Quelle est sa recette?85% du chiffre d\u2019affaires est réalisé à l\u2019extérieur des États-Unis.LaPresseaffairesMagazine 13 Mohammed, de laisser sa carrière d\u2019ingénieur pour se joindre à l\u2019entreprise.«Certains disent que nous sommes une secte, dit Maria Meriano.Ça ne me dérange plus: les gens sont bien quand ils sont ici.C\u2019est très positif.» La cinéaste québécoise Vali Fugulin s\u2019est intéressée au phénomène.Son film Tupperware, recettes pour le succès montre une surprenante réunion de recrutement.Maria Meriano y présente le travail de représentante comme une façon idéale de concilier travail et famille.«J\u2019ai été surprise, raconte Vali Fugulin, de voir dans l\u2019assistance des professionnelles \u2013 des infirmières, des professeures, des femmes de carrière.Toutes étaient brûlées.» «Certains gestionnaires devraient s\u2019inspirer des méthodes Tupperware, poursuit-elle.Les filles vont chercher là quelque chose qu\u2019elles ne trouvent pas dans leur milieu de travail: de la reconnaissance et une tape dans le dos.» C\u2019est précisément ce qu\u2019est allée y chercher la psychiatre Kim Bédard-Charette, maman de trois enfants et représentante Tupperware à temps partiel.Elle est l\u2019une des meilleures vendeuses de la province.«Tupperware a été ma thérapie », explique la Dre Bédard-Charette, rencontrée au Super lundi.La chanteuse Suzie Villeneuve fait partie du même groupe.Elle est une recrue prometteuse.Toutes les appelées ne connaissent toutefois pas le même succès.Dans son film, réalisé en 2006, Vali Fugulin suit les carrières de quelques représentantes.Quand on n\u2019a pas la personnalité d\u2019une vendeuse, le passage peut être décevant, même pénible.Maria Meriano le confirme : huit recrues sur dix abandonnent le métier.Certaines ne feront pas une seule présentation.Seulement quelques-unes feront une véritable carrière Tupperware.Mais celles-là seront prospères.Parfois très prospères.Alléchants bonus Marie-Josée Arel s\u2019est lancée dans la vente de contenants il y a deux ans.Elle était nouvelle maman et voulait que son fils ne passe pas trop de temps à la garderie.Une carrière Tupperware lui permettait de gérer ses horaires à sa guise.En un temps record, elle a gravi les échelons de l\u2019entreprise et est aujourd\u2019hui directrice d\u2019une équipe composée d\u2019une soixantaine de vendeuses, surtout des représentantes à temps partiel.Les directrices reçoivent un bonus proportionnel aux ventes de leur équipe.Au mois de mars, Marie-Josée a reçu plus de 5000$, qui s\u2019ajoutent aux revenus qu\u2019elle tire de ses propres présentations, soit 25% des ventes.plats et remise de prix très prestigieux comme des croisières en Alaska sont au programme.La salle applaudissait Maria Meriano comme une rock star dès que son nom était prononcé au micro.«Tupperware, ce n\u2019est pas un produit, dit-elle.Ce sont les gens.Construis ton équipe et elle va construire l\u2019entreprise.» La maxime n\u2019est pas d\u2019elle, mais de Brownie Wise, femme au foyer qui, au début des années 50, a mis au point le principe de la vente directe pour les plats conçus par l\u2019ingénieur Earl Tupper, qui se vendaient bien mal en magasin.Brownie Wise a non seulement mis au monde les soirées Tupperware, mais elle a aussi décidé de chouchouter les représentantes avec des attentions et des cadeaux.Devant l\u2019immense succès de cette philosophie-bonbon, Tupper a fait de Brownie Wise sa vice-présidente.«La culture d\u2019entreprise de Tupperware offrait une solution de rechange aux structures de vente traditionnelles patriarcales, dans lesquelles les femmes étaient complètement aliénées», écrit l\u2019historienne britannique Alison J.Clarke dans son livre sur le phénomène Tupperware.En 1954, Brownie Wise est devenue la première femme à faire la couverture du magazine Business Week.Hôpital le jour, Tupperware le soir Dans son petit local d\u2019Anjou, Maria Meriano a bien compris l\u2019importance de valoriser les troupes à coups de cadeaux et de récompenses.La méthode porte ses fruits: elle est championne recruteuse et se classe au cinquième rang mondial pour l\u2019augmentation des ventes de son équipe, lesquelles sont passées du simple au double en 2009.Le groupe Les Diamants compte accomplir le même exploit cette année et vendre pour 8 millions de dollars de contenants.Maria a même réussi à convaincre son mari, Une nouvelle réunion de vente Tupperware débute quelque part sur la planète à toutes les 2,6 SECONDES 14 LaPresseaffairesMagazine «Certains gestionnaires devraient s\u2019inspirer des méthodes Tupperware.Les filles vont chercher là quelque chose qu\u2019elles ne trouvent pas dans leur milieu de travail : de la reconnaissance et une tape dans le dos.» \u2013 La cinéaste Vali Fugulin Afin de motiver ses troupes, Maria Meriano affiche dans son local une copie des chèques qu\u2019ont reçus ses meilleures représentantes.On peut aussi voir les photos de celles qui ont reçu une bague à diamant et des chanceuses qui se sont rendues à Orlando rencontrer Brooke Shields, porte-parole de Tupperware.Marie-Josée Arel est aussi liée à l\u2019équipe vedette Les Diamants.Elle fait en moyenne deux présentationspar semaine.Ses ventes tournent autour de 700$ par présentation.Les représentantes fontelles pression sur les clientes, captives dans un salon?Seulement les moins efficaces.Les meilleures jouent de subtilité.Leur enthousiasme pour les produits qu\u2019elles présentent est si communicatif que, au moment où les clientes consultent le catalogue, à la fin de la présentation, les bols multicolores sont devenus irrésistibles.À Boucherville, dans la cuisine de Carmelle, Marie-Josée est redoutable.Elle accueille toutes les participantes en leur demandant leur prénom, qu\u2019elle utilisera abondamment durant sa présentation.Elle sait s\u2019adapter aux groupes, qu\u2019il s\u2019agisse de jeunes professionnelles qui équipent leur cuisine, de nouvelles mamans qui se préparent à des années de boîtes à lunch, de retraitées qui s\u2019amusent entre amies.Très rarement, des hommes sont du groupe.En 200 représentations, Marie-Josée les compte sur les doigts d\u2019une main.Une vie bien rangée Devant son auditoire, la jolie trentenaire est à l\u2019aise.Elle présente ses produits, conseille ceci ou cela et donne l\u2019impression que Tupperware peut vraiment aider la dame de la maison à se reprendre en main: lorsqu\u2019on a un garde-manger ordonné, notre vie ne peut qu\u2019être bien en ordre elle aussi, n\u2019est-ce pas?«Le produit n\u2019est pas vraiment important, explique Maria Meriano avec une franchise déconcertante.L\u2019important, ce sont les gens, c\u2019est le contact humain.Si le produit était si important, on le vendrait en magasin.» Les ventes sur l\u2019internet sont aussi plutôt faibles.Moins de 1%, préc ise le président Rick Goings.La force de Tupperware, confirme-t-il, c\u2019est le contact entre les gens.Durant sa présentation, une conseillère doit at teindre troi s objectifs : vendre des contenants, ajouter des présentations à son agenda et recruter des conseillères.Durant son brunch, en plus de présenter ses contenants, Marie-Josée parle donc de la carrière de représentante.L\u2019année dernière, elle a terminé au deuxième rang des meilleures recruteuses de l\u2019Amérique du Nord.Pour la remercier, Tupperware lui a envoyé une Mustang décapotable.LaPresseaffairesMagazine 15 Si votre critère de sélectiond\u2019une résidence pour préretraités et retraités n\u2019est pas seulement leprix du loyer et les frais\u2026 Si vous recherchez un milieu de vie \u2022 qui vous ressemble \u2022 juste de la bonnetaille(116appartements, 123condoset42unitésdesoins) \u2022 qui vous laissechoisir les services personnalisésqui vous conviennent quiaunvrai et apprêter vospetitsplats favoris portes ouvertes samedi et dimanche 5 et 6 juin 2010 de 10 h à 17 h La construction est TERMINÉE : venez visiter les appartements, les condos, les unités de soins, les lieux communs, la cour extérieure du rez-de-chaussée et la terrasse du 3e étage.PROJET GÉRÉ PAR PROJET DÉVELOPPÉ PAR Vente et location 25, Promenade des Îles, Laval, Qc H7W0A1 450-681-2600 www.villagia.ca \u2022 qui aunvrai chefpour faire la cuisine Lorsqu\u2019elle raconte cela, il y a un soudain silence dans la cuisine de Carmelle.La douzaine de femmes tantôt si bavardes ont tout à coup le souffle coupé devant les perspectives d\u2019emploi de Tupperware.C\u2019est l\u2019un des deux seuls moments de silence de la matinée.L\u2019autre survient alors que, en relatant son histoire personnelle, la représentante évoque ses années de vie en communauté religieuse.Elle cherchait un sens à la vie et disait l\u2019Évangile en chanson, guitare à la main.« Jésus vous aime», raconte la belle blonde devant son auditoire médusé.Réaliser que c\u2019est soeur Sourire qui est en train de vous vendre des contenants de plastique a de quoi laisser bouche bée.Son histoire rocambolesque (ses parents sont propriétaires de l\u2019emblématique restaurant Madrid, au bord de l\u2019autoroute 20, et elle a elle-même supervisé des compétitions de camions Big Foot !) captive son audience.Les femmes sont charmées et, à la fin de la rencontre, tout le monde se précipite pour passer commande.«Entre 1960 et 1980, la montée a été fulgurante.Il y avait à ce moment 15 000 conseillères au Québec.» «Tupperware a un marché mature, explique la directrice.Entre 1960 et 1980, la montée a été fulgurante.Il y avait à ce moment 15 000 conseillères au Québec.» Il y en a aujourd\u2019hui moins de 1000.Dans les années 80, le marché a chuté.Les familles étaient équipées à souhait et c\u2019est aussi à ce moment-là que la concurrence sérieuse est arrivée, avec la multiplication des contenants de plastique de toutes les qualités.Il reste que Tupperware a un avantage sur tous les autres: on se souvient des magnifiques contenants des années 70, couleur avocat, citrouille et or moisson.Les modèles vintage se transigent maintenant par centaines sur eBay.Les nostalgiques peuvent mettre la main sur le contenant pour oeufs durs et sur la classique boîte à céleri.Maintenant, Tupperware vit un renouveau.L\u2019entreprise compte miser davantage sur l\u2019aspect durable de ses produits, confie Rick Goings.Dans le sens écologique du terme.La collection de bouteilles réutilisables sera bonifiée.Tupperware compte aussi tirer profit de notre obsession pour la nourriture et la gastronomie, qui a fait se multiplier les chaînes de télévision spécialisées et élevé les livres de recettes au rang de best-sellers.«Je veux faire de la cuisine la pièce la plus sexy de la maison», confie Rick Goings.Une présentation à la fois.TUPPERWARE EN BREF Siège social : Orlando (Floride) Président : Rick Goings depuis 18 ans, anciennement chez Avon Chiffre d\u2019affaires: 2,1 milliards en 2009, dont 85% à l\u2019extérieur des États-Unis Bénéfice net : 175 millions Production: 14 usines dans le monde Marché : produits vendus dans 105 pays Autres activités : produits de beauté sous sept marques Conseillères : 2,4 millions de représentantes, dont un peu plus de la moitié vend les contenants Tupperware.Les autres (1,1 million) vendent des produits de beauté.Une importante partie des représentantes n\u2019est toutefois pas active mais fait encore partie de « la force de vente » Tupperware.Voyez un extrait du film de Vali Fugulin, Tupperware, recettes pour le succès, à www.isuma.tv/hi/fr/tupperwarefilm 16 LaPresseaffairesMagazine LE NOUVEAUVISAGEDE TUPPERWARE x Caroline Schoofs, entrepreneure en Tupperware.PHOTO ANDRÉ TREMBLAY, LA PRESSE v Dominique Cormier, propriétaire de la fromagerie La Maison du Cheddar, située avenue Van Horne.PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE LA VIE APRÈS TUPPERWARE Dominique Cormier a étudié en théâtre.Elle travaillait en cinéma lorsqu\u2019elle est devenue maman.Lorsqu\u2019elle est revenue sur les plateaux, les horaires étaient chaotiques et incompatibles avec sa nouvelle vie de famille.C\u2019est ce qui l\u2019a attirée vers une carrière Tupperware : cette idée de pouvoir gérer son temps.Dominique a été représentante pendant trois ans.D\u2019abord à temps partiel, puis à plein temps, alors qu\u2019elle dirigeait une équipe.Mais elle s\u2019est vite rendu compte que le recrutement de nouvelles représentantes, ce n\u2019était pas sa tasse de thé.«J\u2019aimais faire un show et j\u2019ai eu un plaisir fou», dit-elle maintenant.Effectivement, avec sa robe vintage orange, elle transportait son auditoire directement dans les années 70, les années fastes de Tupperware.Elle jouait fort la carte de la nostalgie et c\u2019était très payant.«J\u2019ai réussi à rembourser mes dettes, à me payer des vacances et à épargner », dit-elle.Avec ses économies, elle a récemment ouvert une petite boutique de fromages à Outremont, La Maison du cheddar.Ce qu\u2019elle a appris durant cette brève carrière de vendeuse de contenants ?Beaucoup, dit-elle.«Chaque jour, je mets en application ce que j\u2019ai appris à Tupperware.Comment avoir des objectifs clairs et les atteindre.Voir le potentiel de vente pour chaque personne.Ça m\u2019a appris à devenir une femme d\u2019affaires autonome et ça m\u2019a donné une grande confiance en moi.» Caroline Schoofs s\u2019est intéressée aux contenants Tupperware après s\u2019être rendu compte qu\u2019ils prolongeaient la vie des légumes de son panier biologique, issus de l\u2019agriculture soutenue par la communauté.Malgré son double bac et sa maîtrise, elle s\u2019est lancée il y a quelques années dans la vente à temps partiel de ces contenants, au grand dam de sa mère, qui ne croyait pas qu\u2019elle rembourserait un jour son prêt étudiant avec des présentations Tupperware.Le discours de Caroline Schoofs est différent de celui de la «madame Tupperware» traditionnelle.On la définirait plutôt comme une entrepreneure en Tupperware.Elle parle de suremballage, de l\u2019importance de ne pas jeter les aliments et de limiter les déchets.«Ça fait 60 ans que Tupperware propose des solutions écologiques, dit-elle.Je trouvais qu\u2019on n\u2019avait pas exploité ce côté vert de Tupperware.» Ses affaires vont très bien.Plus de trace de prêt étudiant dans son bilan financier.Elle conduit une nouvelle voiture (hybride).La jeune femme a converti une partie de son triplex montréalais pour y aménager l\u2019Espace Aqua-Terra, lieu très design où elle fait ses présentations, au cours desquelles elle sert du thé vert à ses invitées.L\u2019ambiance tient davantage du cours de yoga que d\u2019une démonstration Tupperware.Caroline Schoofs n\u2019est ni la meilleure vendeuse ni la meilleure recruteuse du Québec, mais la société l\u2019a remarquée et lui a décerné le prix du sommet 2009, une reconnaissance mondiale très convoitée dans l\u2019univers Tupperware.Son discours et sa personnalité incarnent le renouveau de l\u2019entreprise et du produit.Prochaine étape: la jeune femme souhaite faire une MBA afin demettre au point un modèle de gestion propre à la vente directe et de transmettre la bonne méthode à ses collègues.LaPresseaffairesMagazine 17 Pour joindre notre journaliste : lewandowski@videotron.ca LA GESTION DE PROJET POUR LES NULS.EUH, NON, POUR LES AVOCATS! T EX TE R EN É L EWANDOWS K I, CO L L ABOR AT I ON SP ÉC I A L E Le problème avec les modes et les tendances, c\u2019est qu\u2019on ne sait jamais à quoi s\u2019attendre.Durerontelles?Disparaîtront-elles aussi vite qu\u2019elles sont apparues ?C\u2019est un peu la question qu\u2019on se pose ces temps-ci dans le milieu juridique concernant une nouvelle façon de faire censée révolutionner, voire réinventer la manière de rendre des services juridiques: le legal project management (LPM), qu\u2019on pourrait traduire par «gestion de projet juridique».De grands cabinets d\u2019avocats internationaux \u2013 dont Eversheds, au Royaume-Uni, Seyfarth Shaw, aux États- Unis, et McCarthy Tétrault, au Canada \u2013 ont récemment sauté à pieds joints dans le LPM avec la «ferveur de ceux qui se convertissent à une nouvelle religion», a noté le mois dernier l\u2019hebdomadaire The Lawyers Weekly.«C\u2019est le nouveau mot à la mode chez les avocats!» dit l\u2019associé Jean-Pierre Bertrand, leader du groupe de pratique de litige de McCarthy Tétrault et fervent partisan du LPM.Dans ce cabinet, on pratique la gestion de projets de façon systématique depuis deux ans.On a même embauché un gestionnaire certifié du Project Management Institute.Il faut dire que la méthode promet de grandes choses à ses adhérents: elle améliore la qualité des services, permet de respecter les délais, de réduire les risques d\u2019erreur, d\u2019améliorer l\u2019efficacité et de mieux gérer les coûts.Rien que ça! La gestion de projets, ce n\u2019est pourtant pas nouveau.Introduite aux États-Unis dans les années 50 par l\u2019industrie de la construction et les entreprises manufacturières, elle s\u2019est rapidement propagée à d\u2019autres secteurs.Les firmes de génie, notamment, sont des pros en la matière.La profession juridique, comme c\u2019est souvent le cas \u2013 mis à part quelques exceptions \u2013, a néanmoins longtemps résisté, peut-être en raison de son conservatisme ou de sa satisfaction quant au statu quo.La dernière récession mondiale a tout changé.Avant la crise, les cabinets d\u2019avocats engrangeaient les profits en facturant des heures à des taux exorbitants.Depuis, les clients se sont réveillés.Ils ont réduit leur budget juridique et exigé de leurs avocats externes de meilleurs services à moindres coûts.Ce qu\u2019ils veulent surtout, c\u2019est pouvoir prévoir \u2013 dans la mesure du possible \u2013 les coûts d\u2019un projet juridique, du début à la fin, ce qui n\u2019est pas toujours évident compte tenu de la complexité de certains dossiers, notamment en litige.D\u2019où le soudain intérêt des avocats pour la gestion de projets.Mais comment ça fonctionne au juste?Prenons l\u2019exemple d\u2019une entreprise cliente qui se présente chez ses avocats parce qu\u2019elle est visée par un recours collectif.Habituellement, le client aurait remis la requête à ses avocats, en aurait brièvement discuté et aurait acquitté les factures au fur et à mesure, sans jamais vraiment savoir pourquoi il paye.En LPM, on définit d\u2019abord avec lui un plan dont la première étape pourrait être la période qui sépare le dépôt de la requête jusqu\u2019à l\u2019autorisation ou non du recours.Difficile de prédire le temps que cela prendra tellement les variables sont nombreuses.Mais en LPM, on peut au moins définir la stratégie d\u2019ensemble, saisir toutes les données du litige, estimer le nombre et le degré d\u2019expertise des avocats qui seront nécessaires en cours de route, déterminer si des opinions juridiques seront utiles et, si oui, lesquelles.Bref, on va avoir une idée du temps requis et des coûts.Le LPM peut aussi fonctionner en transactionnel, explique Éric Gosselin, associé du groupe du droit des affaires de McCarthy, à Montréal.Ainsi, lors d\u2019une acquisition, on peut découper la transaction en plusieurs étapes (négociation de la lettre d\u2019intention, vérification diligente, rédaction et négociation des conventions, clôture avec suivi de la transaction), puis ventiler chacune des étapes en sous-étapes; là, on peut affecter des avocats selon leur champ de pratique et attribuer les responsabilités à chacun.Gage de succès?Évidemment non, car il demeure toujours une part d\u2019intangible dans toute activité humaine.«La clé, au fond, c\u2019est l\u2019exécution, dit Jean-Pierre Bertrand.C\u2019est là notre plus grand défi.» «De grands cabinets d\u2019avocats internationaux ont récemment sauté à pieds joints dans la gestion de projet avec la ferveur de ceux qui se convertissent à une nouvelle religion.» ILLUSTRATION PHILIPPE TARDIF 18 LaPresseaffairesMagazine «en affaires comme dans la vie, je garde le contrôle si le vent tourne.» desjardins&cie Vous avez votre vision d\u2019une entreprise prospère.Nous avons la solution qui vous procurera la marge de manoeuvre pour racheter les parts d\u2019un de vos partenaires d\u2019affaires, en cas de décès ou d\u2019invalidité de ce dernier.L\u2019assurance vie et l\u2019assurance invalidité: le moyen de financement par excellence pour le rachat de parts! \u2022 Accès immédiat à des liquidités \u2022 Produit de l\u2019assurance non imposable \u2022 Poursuite des activités de votre entreprise Le conseiller en sécurité financière1 vous aidera à trouver une stratégie avantageuse pour financer votre convention d\u2019achat-vente.Pour le rencontrer, informez-vous auprès de votre caisse ou de votre centre financier aux entreprises Desjardins.c\u2019est tout desjardins qui appuie les entreprises.desjardins.com/rachatdeparts 1 Employé de Desjardins Sécurité financière, cabinet de services financiers.MD Marque de commerce propriété de Desjardins Sécurité financière Pour joindre notre journaliste : pmercure@lapresse.ca Le jour, Colin Hunter est fondateur, principal actionnaire et président du conseil du Groupe de voyage Sunwing.Le soir, il sort sa voix feutrée pour fredonner les grands classiques des années 50.Et quand il serre des mains, il se présente comme «Crooner Hunter ».La musique des hautparleurs s \u2019atténue doucement.Les spectateurs attablés autour d\u2019un repas et d\u2019une bouteille de vin se tournent vers la scène baignée d\u2019une lumière bleutée.«Nous allons vous interpréter des chansons de Frank Sinatra, Tony Bennett, Nat King Cole, Dean Martin, lance Colin Hunter d\u2019une voix grave.Si vous n\u2019aimez pas ces gens, je vous conseille d\u2019aller vous faire rembourser dès maintenant.» La foule rit.Puis M.Hunter entame les premières notes de Come Fly With Me, popularisée par Frank Sinatra.Les applaudissements fusent.Nous sommes au Upstairs Jazz Bar&Grill, à Montréal.L\u2019endroit est plein.Le petit bistro de la rue MacKay accueille régulièrement des musiciens de styles variés.Mais il est rare que ce soient des entrepreneurs qui y divertissent le public.C\u2019est pourtant le cas en ce mercredi soir de mars.Colin Hunter est le fondateur, président du conseil et principal actionnaire de l\u2019entreprise torontoise Groupe de voyage Sunwing.Mai s der r ière l\u2019homme d\u2019affaires se cache un passionné de la chanson.Et c\u2019est du sérieux.Crooner Hunter compte déjà quatre albums à son actif et est sur le point de lancer le cinquième.Il s\u2019est déjà produit au Festival de jazz de Montréal, à Toronto, à Québec et même au Saguenay.«Mais je chante tous les jours, précise le crooner-homme d\u2019affa i res.Quarante-cinq minutes en allant au travail et 45 minutes en revenant chez moi, dans ma voiture! Les gens qui me regardent pensent que je suis fou.» C\u2019est dans sa ville natale de Bombay, en Inde, que Colin Hunter a découvert le plaisir de faire vibrer ses cordes vocales au rythme des tubes de l\u2019heure.«Quand j\u2019étais à l\u2019université, je chantais dans les boîtes et à la radio.Plusieurs chanteurs nés en Inde ont fait carrière dans le show-business, comme Engelbert Humperdinck ou Cliff Richard.» Lui-même n\u2019a jamais vraiment pensé faire carrière dans l\u2019industrie du spectacle.«Il y a tellement de chanteurs talentueux partout.Je ne sentais pas que j\u2019avais quelque chose d\u2019unique.» À l\u2019époque, ses ambitions ne sont pas claires.Le jeune homme étudie en économie mais avoue avoir la tête ailleurs.«Mes passions, c\u2019était TEXTE PHILIPPE MERCURE, PHOTOS BERNARD BRAULT PHOTOMONTAGE RACHEL HOTTE ROONER DE COLIN HUNTER 20 LaPresseaffairesMagazine la boxe, le hockey sur gazon, la chanson.et les filles!» Après un passage en Angleterre, où il travaille pour le transporteur British Airways, M.Hunter arrive au Canada avec 3000$ en poche et de l\u2019ambition à revendre.Il a 31 ans.Ses débuts sont modestes.Le jeune homme travaille comme préposé aux réservations à Sunflight Vacations.Dix ans plus tard, il est vice-président-directeur.Carrousel, Sol Vac, PS Holidays, Fiesta, Adventure Tours: l\u2019homme finira par rouler sa bosse dans de nombreuses entreprises de voyages, dont certaines qu\u2019il contribue à mettre sur pied.En 1988, Colin Hunter fonde la société aérienne Canada 3000 avec quelques partenaires, dont l\u2019actuel patron de Porter Airlines, Bob Deluce.Il vend ses parts en 1995, bien avant la faillite du transporteur, qui survient exactement deux mois après les attentats du 11 septembre 2001.Cet événement met l\u2019industrie aérienne sens dessus dessous.Et sert justement de toile de fond au prochain grand coup de Colin Hunter, qui en profite pour jeter les bases de ce qui deviendra Sunwing.«Le marché s\u2019était beaucoup contracté, plus que ce qui était nécessaire.Ça a créé une occasion, explique M.Hunter.En plus, plusieurs gestionnaires d\u2019expérience se sont retrouvés libres et on les a amenés avec nous.» Le reste est une histoire de croissance.Entre les années 2002-2003 et 2008-2009, les revenus de Sunwing ont bondi de 57 à 664 millions.En 2006, l\u2019entreprise prend d\u2019assaut le marché québécois, dominé par Transat, avec une stratégie audacieuse: voler à partir d\u2019aéroports régionaux comme Val-d\u2019Or, Bagotville et Sept-Îles.Sunwing vend maintenant pour plus de 250 000$ par année au Québec, où il occupe le deuxième rang après Transat.En janvier dernier, Colin Hunter a confié les rênes de son entreprise à son fils, Stephen, qui est devenu président et chef de l\u2019exploitation.Lui a conservé son titre de président du conseil d\u2019administration.Le patron en studio C\u2019est en 2005 que les deux passions de Colin Hunter, les affaires et la musique, finissent par se rejoindre.À l\u2019époque, Sunwing décide de lancer sa propre ligne aérienne et cherche un concept publicitaire pour marquer le coup.«On était autour de la table et quelqu\u2019un a lancé: Colin devrait chanter Come Fly with Me, de Sinatra.J\u2019ai dit: O.K.», raconte Colin Hunter.Le grand patron engage des musiciens, loue un studio.«On avait 16 personnes là-dessus et il fallait les payer au moins PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE SUNWING «Crooner Hunter» compte déjà quatre albums à son actif et est sur le point de lancer le cinquième.Il s\u2019est déjà produit au Festival de jazz de Montréal, à Toronto, à Québec et même au Saguenay.LaPresseaffairesMagazine 21 trois heures.Alors plutôt que d\u2019enregistrer une seule chanson, j\u2019ai dit au groupe de m\u2019envoyer son répertoire.J\u2019ai choisi 15 chansons, on a fini par en enregistrer 11.On avait un disque.» Une question de droits d\u2019auteur empêche cependant le crooner de transformer son oeuvre en publicité.«Finalement, on a décidé de faire jouer le disque dans les avions pour que les gens puissent l\u2019entendre.Et à un moment donné, je me suis dit: on passe la même chose à nos passagers année après année: il faut faire un autre disque!» Suivront les albums Timeless et Timeless.Too.Puis arrive l\u2019automne 2009.Sunwing décide de former une alliance avec un partenaire, et pas n\u2019importe lequel: TUI Travel, plus grande entreprise de voyages du monde.L\u2019investissement permet à Sunwing, qui comptait jusqu\u2019alors sur les ressources de M.Hunter et de sa famille pour croître, de passer à une vitesse supérieure.«Ça nous a fait faire un saut quantique.Et TUI a des hôtels, des avions et des bateaux qu\u2019on peut maintenant utiliser», dit M.Hunter.L\u2019homme d\u2019affaires tire une autre satisfaction de l\u2019entente.C\u2019est que TUI possède Vacances Signature, entreprise formée au fil des ans de plusieurs morceaux épars, dont plusieurs entreprises que M.Hunter a déjà dirigées.«Ils m\u2019ont payé pour reprendre toutes les entreprises que je leur avais vendues!» lance M.Hunter.Mais l\u2019alliance avec TUI ne conduit pas qu\u2019à des résultats en affaires.Elle porte aussi ses fruits\u2026 dans le domaine artistique.« En novembre dernier, quand on était pris dans toute cette histoire avec TUI, avec les avocats et tout, j\u2019ai senti que j\u2019avais besoin de diversion, raconte M.Hunter.Alors j\u2019ai fait le quatrième album avec le pianiste Joe Sealy et son quartette.Ça s\u2019appelle Mostly About You \u2013 c\u2019est pour ma femme.» C\u2019est justement avec le pianiste Joe Sealy et une poignée de musiciens montréalais que Colin Hunter a présenté son spectacle au Upstairs, en mars dernier.«C\u2019est un plaisir de jouer avec Joe \u2013 quand on me donne la permission de le faire», blague M.Hunter sur scène avant d\u2019entamer East of the Sun (and West of the Moon).«Les chansons que je chante viennent de l\u2019époque où la musique était de la musique et où les paroles étaient poétiques.Quand on écoute certaines paroles, aujourd\u2019hui\u2026» dit-il à La Presse Affaires avant de faire une sortie en règle contre le rap.Son plus beau souvenir de scène?M.Hunter raconte la fois où l\u2019un de ses employés, marié à une femme de la République dominicaine, lui a organisé un spectacle là-bas.«Ils ont envoyé une DeSoto 1956 me chercher à l\u2019hôtel \u2013 vous savez, ces immenses voitures avec des ailes sur le côté?Et dans l\u2019auto, il y avait cette jeune femme très mince et très jolie\u2026 Ma femme ne voulait pas que je monte!» Après négociation, il finira par obtenir la permission de monter à bord.La voiture le déposera\u2026 directement sur la scène.«La jeune fille est sortie, m\u2019a tendu un micro, et j\u2019ai commencé à chanter!» Pas d\u2019extravagance semblable au spectacle auquel La Presse Affaires a assisté.Mais Colin Hunter, de toute évidence, est de fort joyeuse humeur.À la fin du spectacle, il remercie son public\u2026 mais son micro connaît des ratés et on ne l\u2019entend pas.«C\u2019était comme ça aussi pendant que je chantais?C\u2019est pour ça que vous applaudissiez?» lance le crooner avant de quitter la scène.C\u2019est qu\u2019il faut bien conclure.Demain, il y a une entreprise de voyages à gérer.v Spectacle du crooner Colin Hunter, président du conseil du Groupe de voyage Sunwing au bar Upstairs.PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE Sunwing vend maintenant pour plus de 250 000$ par année au Québec, où il occupe le deuxième rang après Transat.22 LaPresseaffairesMagazine acura.ca Les nouveautés, c\u2019est dépassé.C\u2019est vieux jeu, et c\u2019est du déjà-vu.Alors, ce n\u2019est pas une nouveauté.C\u2019est quelque chose d\u2019autre.C\u2019est tout simplement l\u2019avenir.Voici l\u2019Acura ZDX.Voici l\u2019avenir.CE N\u2019EST PAS UNE NOUVEAUTÉ. Pour joindre notre journaliste : spaquet@lapresse.ca FRANÇOIS TRAHAN Le stratège de WaLL street textes STÉPHANE PAQUET, photos MARTIN CHAMBERLAND 24 LaPresseaffairesMagazine Hiver 1998.François Trahan a beau apprécier le froid et la motoneige, les 60cm de glace qui se sont accumulés sur le toit de sa maison pendant le «Grand Verglas» minent son moral.«On est au début février, je regarde dehors et il neige à l\u2019horizontale.J\u2019ai 28 ans, et on me demande si je veux déménager à Sarasota, en Floride\u2026 J\u2019ai dit O.K., c\u2019est beau.» Ainsi commence l\u2019odyssée de François Trahan dans la finance américaine, une des plus spectaculaires jamais vécues par un diplômé de l\u2019Université de Montréal.Il quitte la montréalaise Bank Analyst Credit Research (ou BCA) et s\u2019envole vers le golfe du Mexique, où l\u2019attendent le soleil de la Floride et un emploi chez Ned Davis Research.Les premiers mois sont difficiles.Il aime le travail d\u2019analyse des marchés boursiers internationaux et la plongée sousmarine que le Sud lui permet de pratiquer.Mais il se rend vite compte qu\u2019un climat nordique comporte aussi des avantages.«Ça a été l\u2019été le plus chaud de ma vie.J\u2019ai trouvé ça très difficile.Je sentais vraiment que ma vie était menacée chaque fois que je sortais dehors!» Quand le téléphone sonne une nouvelle fois, quelques mois plus tard, et qu\u2019on lui offre le poste de stratège financier chez Brown Brothers Harriman, la plus vieille banque d\u2019affaires de NewYork, il fait ses bagages.Destination: Wall Street.Celui qui se définit comme un « junkie de l\u2019histoire » devient fébrile face à ces temples de la finance, monuments de l\u2019histoire du capitalisme américain.«Je me pinçais tous les matins», confie-t-il, installé au Cornell Club, dans Midtown, à New York, où il a donné rendez-vous à La Presse Affaires Magazine.C\u2019est à cette époque qu\u2019il fait la connaissance d\u2019un dénommé Roland Lescure, aujourd\u2019hui numéro 2 de la Caisse de dépôt et placement du Québec.À titre de chef des placements de l\u2019institution québécoise, M.Lescure n\u2019a plus le temps de lire toutes les recherches des nombreux économistes comme au temps où il était chez Natexis Asset Management, en France.Il a toutefois conservé une dizaine de noms, ceux qu\u2019il appelle «les oiseaux rares», qui réussissent à l\u2019intéresser par leur analyse fine des marchés et de l\u2019économie.François Trahan fait donc partie de ce club sélect, au même titre que les Stephen Roach, deMorgan Stanley, en Asie, ou Jim O\u2019Neil, de Goldman Sachs.«Ce qui fait partie de sa marque de fabrique, c\u2019est d\u2019être capable de lier le cycle économique révélé par les indicateurs avancés, notamment les enquêtes auprès des entreprises, au cycle des marchés», souligne M.Lescure.« Il voit l \u2019économie de manière cyclique et, à mon avis, c\u2019est la bonne façon de faire», renchérit Neil Matheson, de Standard Life à Montréal, qui lit François Trahan depuis une dizaine d\u2019années.«Ses modèles sont uniques.Ils sont très intéressants.Ils m\u2019aident à penser d\u2019une manière cyclique quand on fait des recommandations de stratégie.» De toute évidence, Roland Lescure et Neil Matheson ne sont pas les seuls à apprécier les analyses de François Trahan.Depuis cinq ans, il a été classé quatre fois meilleur stratège financier à la suite d\u2019un sondage annuel mené par Institutional Investor auprès des grands investisseurs américains.«La seule fois où il n\u2019a pas été premier, c\u2019est l\u2019année où il a changé d\u2019emploi», souligne Tom Johnson, responsable de la recherche à Institutional À33 ans, il était déjà stratège en chef de Bear stearns.C\u2019est à ce poste qu\u2019il a prédit l\u2019éclatement de la bulle immobilière qui fait si mal aux américains.depuis, les grands investisseurs deWall street s\u2019arrachent ses conseils et l\u2019ont sacré meilleur stratège financier des États-Unis.rencontre avec François trahan.LaPresseaffairesMagazine 25 Investor.C\u2019était en 2007 et il est arrivé au deuxième rang, même si son changement d\u2019employeur a fait en sorte qu\u2019il a moins écrit.Ces classements sont tellement pris au sérieux par les dirigeants des banques qu\u2019ils déterminent en partie le salaire des boys de Wall Street.Ses bons points à ce sondage, M.Trahan commence à les accumuler après son départ de Brown Brothers Harriman, il y a huit ans, quand il débarque chez Bear Stearns.À 33 ans, il y est stratège en chef.À ce titre, il ne fait pas que des études.Il est aussi l\u2019image publique de la banque d\u2019affaires et multiplie les entrevues à la télé.Le matin, un chauffeur vient le cueillir aux aurores pour l\u2019amener au bureau.Et quand il s\u2019aventure dans le métro, les gens l\u2019abordent pour avoir des conseils sur leurs placements.Une notoriété qui fait des jaloux dans ce marché hautement concurrentiel.«Le poste de stratège, c\u2019est le poste le plus visible.Il y a 50 des 55 analystes de Bear Stearns qui ne m\u2019aimaient pas en partant.» Récapitulons: 33 ans, Wall Street, chauffeur, visibilité, haut salaire, bonus\u2026 Une grosse tête, François Trahan?Plutôt que de bomber le torse ou de faire le paon, il évoque le « contexte» pour expliquer son ascension fulgurante: «En 2002, toutes les banques congédient à gauche et à droite.Le poste de stratège est ouvert chez Bear, mais ils n\u2019ont pas les moyens d\u2019aller chercher quelqu\u2019un chez les concurrents.Alors, ils regardent du côté des banques plus petites\u2026 et ils demandent à leurs clients s\u2019ils connaissent un candidat qui n\u2019est pas dans le mainstream et qui est très bon.Et il y a des gens qui ont donné mon nom.» Ce qui l\u2019a probablement aidé à se démarquer, c\u2019est une étude qu\u2019il publie en mai 2000.Alors que plusieurs croient encore en l\u2019invulnérabilité des Nortel et autres titres technologiques de ce monde, le petit nouveau qu\u2019il était à Wall Street suggère plutôt de vendre ces titres gonflés à bloc par la bulle.Il ajoute qu\u2019il est préférable d\u2019acheter les constructeurs de maisons.Des conseils qui se sont révélés payants pour ceux qui les ont suivis.«À l\u2019époque, j\u2019avais l\u2019air du jeune qui essaie de faire un call un peu à l\u2019écart des normes pour essayer d\u2019avoir de la publicité.Il y avait peut-être un peu de ça aussi.» concède-t-il.Suivent quelques recherches remarquées, dont une qui fait le lien, en 2005, entre la hausse anticipée du coût des matières premières et la croissance économique chinoise.En mai de la même année, une étude coup de poing.Son titre: Une bulle immobilière?Le point d\u2019interrogation a beau faire partie du titre, les conclusions sont on ne peut plus claires\u2026 et prémonitoires.«Notre recherche nous porte à croire que les risques associés à l\u2019investissement dans l\u2019immobilier sont présentement plus grands que les rendements potentiels.» «Ça avait été mal reçu à l\u2019interne et par mes clients, je dirais», souligne celui qui était encore à l\u2019époque chez Bear Stearns.26 LaPresseaffairesMagazine Suit alors une autre épître de 57 pages qui retrace les différentes bulles spéculatives de l\u2019histoire: les tulipes du XVIIe siècle, les chemins de fer du XIXe et les salons de quilles d\u2019il y a 50 ans.«Le meilleur papier que j\u2019aie jamais écrit.» La prochaine bulle spéculative?Il ne s\u2019avance pas sur le secteur, mais il est persuadé qu\u2019il y en aura une.«Le réflexe que j\u2019ai observé, c\u2019est que les investisseurs se disent que, cette fois, c\u2019est différent, que le cycle économique n\u2019est pas important.Il y a des fois, oui, où on écrit une nouvelle page d\u2019histoire, mais c\u2019est rare.» La prescience dont il fait preuve dans ses études ne sied pas seulement à ses clients.Il en profite aussi lors de ses changements professionnels.Quand il quitte Bear Stearns le 1er février 2007, le titre de la banque d\u2019affaires est à 169,50$US.Il s\u2019en souvient puisque c\u2019est à ce prix que ses nombreuses options accumulées ont pu être échangées.Il passe donc à la caisse, un an à peine avant que l\u2019institution ne s\u2019effondre, une des trois grandes banques d\u2019affaires américaines qui est disparue avec la crise financière.«Je ne pensais pas que l\u2019entreprise pouvait être en faillite, dit-il.Mais je dirais que j\u2019étais en position de savoir qu\u2019il y avait des fissures dans le plâtre.» Aujourd\u2019hui, des investisseurs qui ont perdu gros dans la déconfiture de Bear Stearns ressortent ses études sur la crise immobilière et soutiennent devant les tribunaux que les patrons de la banque auraient dû voir venir la crise.«Pendant un bout de temps, je pensais qu\u2019on allait me demander d\u2019aller témoigner en cour.Ça ne m\u2019intéressait pas vraiment.» Est-ce parce qu\u2019il craignait «les fissures dans le plâtre» plus qu\u2019il ne l\u2019avoue aujourd\u2019hui ?En tout cas, le changement professionnel qu\u2019il a amorcé ensuite en a surpris plusieurs: il y a un peu moins de quatre ans, il a quitté Bear Stearns pour devenir stratège à International Strategy&Investment.ISI n\u2019employait à l\u2019époque qu\u2019une centaine de personnes.«Quand je suis parti, tout le monde pensait que j\u2019étais un peu gaga.Je m\u2019en allais dans une firme qui était peu connue.Mais dans ce que je faisais (la stratégie de portefeuille), ça avait du bon sens.» A posteriori, ce fut une décision payante.ISI n\u2019étant pas inscrite en Bourse, son salaire était exclusivement versé en argent.Le krach boursier et financier, ce sont donc ses anciens collègues plus que lui qui l\u2019ont vécu.«J\u2019ai été extrêmement chanceux financièrement», convient le principal intéressé.À 41 ans, il pourrait donc faire comme nombre de ses collègues qui ont fait fortune à Wall Street et prendre sa retraite.L\u2019hiver dernier, il a plutôt décidé d\u2019aller rejoindre un de ses anciens collègues de Bear Stearns, Ed Wolfe, analyste réputé de Wall Street.Cet ami a fondé Wolfe Research, spécialisée dans les entreprises de transport, après la déconfiture de la banque d\u2019affaires.Son arrivée en février dans la petite firme de courtage se fait sentir.L\u2019équipe va doubler LaPresseaffairesMagazine 27 pour atteindre\u2026 une trentaine de personnes! «On est ce qu\u2019on appelle une boutique, une petite maison de courtage.» Même le nom a changé.Wolfe Research est devenue Wolfe Trahan.C\u2019est un saut qu\u2019il a choisi de faire même si une grande banque américaine le courtisait depuis sixmois.«Il y a cinq ans, j\u2019aurais été très excité.Mais je ne sais pas\u2026 Je suis à un moment de ma vie où je veux maîtriser un peu plus ma destinée.Je suis en affaires avec un de mes meilleurs amis.Je peux me le permettre.Et puis si ça ne fonctionne pas, ce n\u2019est pas grave.» Sa femme, Américaine de la Virginie avec qui il a deux enfants, trouve drôle de le voir quitter leur résidence de Park Slope à destination de son nouveau bureau.Elle l\u2019appelle la frat house, en référence aux clubs universitaires américains, signe que les deux associés sont aussi de proches amis.Il arrive même aux deux couples de jouer aux quilles ensemble.Pascal Duquette, président de Natcan, filiale de la Banque Nationale, connaît bien François Trahan.Natcan fait affaire avec ISI, et les deux hommes cassent parfois la croûte ensemble quand le New-Yorkais est en ville.«On ne peut pas ne pas aimer François », dit-il, insistant sur le fait qu\u2019il n\u2019a pas le côté m\u2019as-tu-vu qu\u2019ont souvent les financiers new-yorkais, si fiers de se sentir au centre de l\u2019univers.«Il est très simple, très honnête.» Un constat que partage son ancien professeur à la maîtrise François Vaillancourt.«Je me souviens de quelqu\u2019un avec qui c\u2019était agréable de travailler », souligne M.Vaillancourt.Et quelqu\u2019un qui travaillait vite! Pour la petite histoire, François Trahan a fini sa maîtrise en un an seulement.Le prof Vaillancourt l\u2019a donc fait travailler sur les politiques budgétaires des gouvernements et leur équité intergénérationnelle, ce qui a permis à François Trahan de décrocher son premier emploi, au ministère des Finances, à Ottawa.Le président de Natcan se rappelle que François Trahan a été l\u2019un des premiers à suggérer aux investisseurs de revenir dans le marché boursier après la déconfiture de 2008.Plusieurs préféraient encore attendre une accalmie.Parfois, M.Duquette trouve par contre que les études du spécialiste des marchés restent\u2026 des études pour des spécialistes! Lui-même n\u2019a pas de difficulté à les comprendre, mais elles peuvent être ardues pour les profanes.Il cite des financiers légendaires comme Warren Buffet, qui réussissent mieux à vulgariser des situations complexes, selon lui.«Ils utilisent la simplicité pour décrire la complexité.Si François franchissait cette étape supplémentaire, il pourrait devenir un gourou.» Les investisseUrs sont trop optimistes «En ce moment, je regarde mes clients et je dirais que les gens sont trop optimistes.Ils extrapolent un peu par rapport à l\u2019an passé.» L\u2019homme qui s\u2019est fait un nom en liant les données économiques au comportement des marchés n\u2019aime pas trop la reprise américaine.«On est dans le V.Le problème avec une reprise en V, c\u2019est que ça finit vite.» Ainsi, il reste très prudent pour les trimestres à venir.«Il y a beaucoup de points d\u2019interrogation pour 2011.Pour continuer d\u2019être bullish, il faut se convaincre que la reprise est soutenable.» Or, lui n\u2019est pas convaincu.Et encore une fois, le maniaque d\u2019histoire n\u2019est jamais loin pour offrir son explication: dans les 50 dernières années, le taux de croissance de l\u2019économie américaine a été de 2,75% (après inflation).Ce taux de croissance est toutefois de 4% quand on prend seulement les 20 dernières années.Les économistes sont donc partagés sur le taux de croissance naturelle de l\u2019économie.Certains prennent les 4% de la croissance plus récente comme point de repère.D\u2019autres préfèrent remonter plus loin dans le temps et optent pour les 2,75%.François Trahan est dans le dernier camp\u2026 et même encore plus pessimiste.«La réalité, c\u2019est qu\u2019on a fait mieux ces dernières années parce qu\u2019on s\u2019endettait», explique-t-il.Il estime que les Américains sont actuellement plus endettés qu\u2019au début de la crise des années 30, selon le rapport de la dette privée en comparaison du PIB.Mais ils commencent à rembourser leurs dettes, ce qui se fera sentir sur la croissance.«La nouvelle tendance, selon moi, c\u2019est entre 1,5% et 2%.Pas entre 2,75% et 4%.» Les plus optimistes arguent notamment que la croissance viendra d\u2019une forte augmentation des exportations, qui devraient doubler d\u2019ici à 2015.«Pour que ça arrive, il faut que le dollar américain plonge.» S\u2019ensuivrait alors de l\u2019inflation, l\u2019équivalent d\u2019une taxe à la consommation qui toucherait davantage les gagne-petit et ralentirait l\u2019économie.«Ça ne marche pas, la croissance à 4%.Mais si tu travailles pour une grande banque et que tu veux que tes clients se sentent bien, c\u2019est sûr que c\u2019est une très belle hypothèse.» Quand la Caisse de dépôt et placement cherchait un nouveau grand patron l\u2019an dernier, le nom de François Trahan a été prononcé à quelques reprises.Il assure que personne ne l\u2019a appelé pour lui demander s\u2019il était intéressé.De toute façon, il ne l\u2019était pas.«Ce n\u2019aurait pas été un bon fit.Moi, je suis un junkie de la recherche.J\u2019aime les marchés.C\u2019est un poste davantage pour un gestionnaire d\u2019organisation et de capital humain, finalement», dit-il à propos de l\u2019emploi qu\u2019occupe maintenant Michael Sabia.Il ne ferme toutefois pas la porte pour toujours, lui pour qui la Caisse a déjà représenté « le summum d\u2019une carrière » alors qu\u2019il étudiait à la maîtrise à l\u2019Université de Montréal.Dans cinq ans ?« Il y a cinq ans, j\u2019étais stratège en chef chez Bear Stearns, le titre était à environ 120$US probablement.Cinq ans, c\u2019est une éternité dans mon domaine.» Caisse ou pas, François Trahan est encore très présent à Montréal.Il a gardé son immeuble à logements dans Villeray et il possède une maison de campagne à Mansonville, où il a passé le dernier temps des Fêtes avec sa conjointe et leurs deux jeunes enfants.Un montrÉaLais\u2026 même sans La Caisse! 28 LaPresseaffairesMagazine *La prime de bienvenue est offerte exclusivement aux clients qui sont, pour la première fois, de nouveaux titulaires de la carte MasterCard BMO World Elite.En date de janvier 2010, des vols sont offerts à partir de 13 000 points de récompense (sous réserve des frais et taxes applicables; sujet à changements sans préavis).D\u2019autres conditions s\u2019appliquent.Visitez bmo.com/worldelite/fr pour en savoir plus.MC/MDMarque de commerce/marque de commerce déposée de la Banque de Montréal.MC*/MD*Marque de commerce/marque déposée de MasterCard International Incorporated.Comment avoir le privilège d\u2019avoir plus de privilèges?Voici la carte BMO World EliteMC* Accumulez 1 point de récompense ÉLITEMC BMO pour chaque dollar d\u2019achats réglés avec votre carte et échangez-les pour des récompenses uniques comme des voyages exceptionnels, des produits haut de gamme et plus encore.De plus, cette carte vous offre l\u2019assurance maladie à l\u2019étranger (séjours de 21 jours ou moins) et l\u2019assurance annulation et interruption de voyage.Prenez plaisir aux privilèges exclusifs de la carte.Vous recevrez 15000 points lors de votre premier achat, ce qui est suffisant pour un vol courte distance*.Demandez-la aujourd\u2019hui.Visitez bmo.com/elite/fr et inscrivez le code WE15 Pour joindre notre journaliste : mtison1@lapresse.ca Pour vendre des quais de marina jusqu\u2019aux antipodes, il fallait à Technomarine davantage qu\u2019un nouveau produit et une nouvelle identité.Il fallait étonner les clients.À BON PORT TEXTE MARC TISON PHOTOS FOURNIES PAR TECHNOMARINE Les publicités de ses concurrentsmontrent des vues aériennes de marinas sous les tropiques.Celles de Technomarine affichent de (très) gros plans de ses pontons d\u2019accostage \u2013 des quais flottants à structure d\u2019aluminium pour ports de plaisance.Et devinez quoi: le taquet d\u2019amarrage en aluminium brossé est plus séduisant que le panorama nautique.Dans les revues spécialisées, le petit fabricant de Repentigny annonce sa nouvelle série 500 en tirs groupés de trois pubs pleine page, chacune coiffée d\u2019un seul mot: Force.Beauté.Simplicité.Pour Technomarine comme pour le milieu, l\u2019approche est inédite.Elle est le fruit d\u2019une refonte complète de son produit et de son image.Son président, Claude Barbeau, a racheté l\u2019entreprise il y a quatre ans.Il a rapidement décrété qu\u2019elle avait besoin d\u2019un nouveau système de quais flottants qui s\u2019ajouterait à l\u2019actuelle série 200, une robuste mais complexe charpente en aluminium extrudé recouverte de planches.«Il fallait faciliter les ventes avec un produit raffiné au design intégré », explique-t-il.Le mandat a été confié à Messier designers.Un as de l\u2019autopromotion, ce Patrick Messier.Mais derrière le bagout, il y a de la méthode.Une méthode bien particulière.Claude Barbeau l\u2019a constaté lorsque le designer lui a présenté son concept \u2013 un unique concept.«Je lui ai dit : montre- moi les autres, raconte l\u2019entrepreneur.Je suis habitué à ce qu\u2019on présente trois concepts.» Pas avec Patrick Messier.Il fait progresser la recherche jusqu\u2019à ce que, comme d\u2019un alambic, tombe LA solution, l\u2019unique et précieuse goutte produite par la patiente distillation des idées.C\u2019est de cette lente clarification que naîtra l\u2019esthétique.«La beauté, c\u2019est subjectif, professe-t-il.Et il faut oublier le côté subjectif.» À l\u2019arrivée, la technique est au rendez-vous.La nouvelle série 500 a réduit de six à trois le nombre de poutres d\u2019aluminium.Plutôt que les planches vissées de la série 200, les grands panneaux du platelage, en bois, béton ou plastique, se retirent aisément.Les fils électriques et tuyaux peuvent ainsi être déposés plutôt qu\u2019enfilés dans la structure.La série 500 est «le seul système de quai complètement drop-in dans le monde», assure Patrick Messier.30 LaPresseaffairesMagazine z Technomarine a été scindé en deux mots, entre lesquels se loge un nouveau logo évoquant une queue de baleine, la proue d\u2019un bateau, une ancre Danforth.Sobre police créée pour l\u2019occasion, nouvelle livrée marine : distinction.Mais surtout, l\u2019émotion est à quai.Élément quelconque chez les concurrents, le taquet où s\u2019enroulent les amarres est la pièce emblématique de la série 500.Ses lignes dynamiques rappellent la nageoire caudale d\u2019un rorqual bleu, dressée hors de l\u2019eau.La tête en «V» du cétacé a aussi inspiré la défense triangulaire qui pointe comme une étrave au bout des appontements flottants.La même vision a guidé le radoub de l\u2019image de marque.Les graphistes de Messier designers ont détaché Technomarine en deux mots, entre lesquels ils ont glissé le nouveau logo.Ses deux triangles juxtaposés évoquent une queue de baleine et la proue d\u2019un bateau.Changement de livrée, aussi.Les gris, vert et blanc de l\u2019ancienne marque ont été écartés au profit d\u2019un bleu marine à peine teinté de vert.Tout le matériel graphique a été refondu en conséquence.«Ça a donné de l\u2019énergie à notre réseau de vente et à notre personnel, commente Claude Barbeau : ils disent qu\u2019ils travaillent pour une entreprise sharp.» Les résultats commencent à accoster :«Nous avons célébré au champagne la première vente faite à la ville de Fort Lauderdale, en Floride.» AVANT MAINTENANT La défense triangulaire, à l\u2019extrémité des appontements flottants, est inspirée de la tête en V de la baleine bleue.Même la crête qui court sur le crâne du cétacé a été reproduite, en une petite saillie longitudinale, sur la pièce moulée en polyéthylène.v Le nouveau taquet, aux lignes nettes, tendues, est inspiré de la nageoire caudale d\u2019un rorqual bleu, dressée hors de l\u2019eau.x LaPresseaffairesMagazine 31 Pour joindre notre journaliste : mtison@lapresse.ca Shirley Chénier a un problème insolite.En Amérique du Nord, ses interlocuteurs ont plutôt la tête dans les nuages.Elle aimerait bien qu\u2019ils remettent les pieds sur terre.En Europe, c\u2019est l\u2019inverse: ses interlocuteurs sont bien terre à terre et auraient avantage à tourner le regard vers le ciel.Shirley Chénier est directrice des relations avec les investisseurs de Bombardier.Or, en Amérique du Nord, les investisseurs ont tendance à considérer d\u2019abord et avant tout la division aéronautique de Bombardier et portent peu d\u2019intérêt à la division ferroviaire.En Europe, c\u2019est tout le contraire.«Parfois, j\u2019y rencontre des investisseurs qui me disent : \"Ah, vous êtes dans les avions aussi ?\"» s\u2019amuse Mme Chénier.Elle attribue cette situation à une question de culture.«La culture européenne est beaucoup plus axée sur le transport par train, alors que la culture américaine l\u2019est davantage sur l\u2019avion», avance-t-elle lors d\u2019une entrevue avec La Presse Affaires Magazine.C\u2019est aussi une question de proximité.La plupart des grandes usines de Bombardier Transport sont en Europe.Le siège social de cette division est d\u2019ailleurs à Berlin.Et à part l\u2019usine Shorts de Belfast, toutes les usines de Bombardier Aéronautique se trouvent en Amérique du Nord.Cet aspect est particulièrement important pour la presse.«Les médias fixent pas mal leur attention sur les retombées économiques, l\u2019emploi, observe Mme Chénier.Ça peut avoir des répercussions.» Même les analystes, qui doivent connaître tous les aspects de l\u2019entreprise, ont eu tendance à favoriser une des deux divisions.Ce n\u2019est plus le cas.«Habituellement, c\u2019est bien équilibré, mais il y a trois ans, en Amérique du Nord, on ne voyait que l\u2019aéronautique, raconte Mme Chénier.Il y a eu pas mal de progrès.Mais j\u2019ai fait beaucoup d\u2019efforts.» Elle reconnaît que, pendant plusieurs années, les revenus de Bombardier Transport étaient inférieurs à ceux de Bombardier Aéronautique.Et le rendement n\u2019était pas à la hauteur des attentes.«La restructuration a eu des effets bénéfiques, dit-elle.Les résultats sont là.Les efforts que nous avons faits pour ramener la division transport à un niveau plus normal sont en train de porter leurs fruits.» Les revenus de Bombardier Transport ont atteint 10 milliards de dollars US pendant l\u2019exercice 2010 (qui a pris fin le 31 janvier 2010), alors que les revenus de Bombardier Aéronautique se sont établis à 9,4 milliards US.Le bénéfice avant intérêts et impôts (BAII) de la division ferroviaire a également été supérieur à celui de la division aéronautique, soit 625 millions US comparativement à 473 millions US.« La plupart des investisseurs ont tendance à se concentrer sur la division aéronautique, reconnaît l\u2019analyste Michael Willemse, de CIBC.La stabilité des commandes et des revenus et la tendance de la marge bénéficiaire de Bombardier Transport permettent d\u2019évaluer de façon optimiste cette division.Par contraste, en raison de la volatilité de l\u2019industrie aéronautique, les QUAND 10MILLIARDS DE TRAINS PASSENT INAPERÇUS TEXTE MARIE TISON, PHOTOS FOURNIES PAR BOMBARDIER BOMBARDIER EN UN COUP D\u2019OEIL Effectifs : 62 900 employés Siège social : Montréal Revenus (var.un an) : 19,4 milliards US (-1,5%) Bénéfice net (var.un an) : 707 millions US (-29%) Cote récente (au 4 mai, var.un an) : 5,20$ (+33%) Valeur boursière (au 4 mai) : 9 milliards 32 LaPresseaffairesMagazine investisseurs rajustent régulièrement leur perception de l\u2019évaluation de Bombardier Aéronautique.» L\u2019analyste estime que la stabilité de Bombardier Transport devrait inciter les investisseurs à réviser à la hausse l\u2019évaluation de l\u2019ensemble de l\u2019entreprise.Il rappelle que 85% des clients de Bombardier Transport sont des sociétés gouvernementales, comme des chemins de fer nationaux ou des sociétés de transports urbains.La division est donc relativement bien protégée des ralentissements économiques.En outre, une augmentation des dépenses gouvernementales visant à stimuler l\u2019économie devrait avoir un impact favorable sur les projets d\u2019infrastructures ferroviaires, notamment en Chine et en France.M.Willemse souligne également que Bombardier Transport a diminué la volatilité de ses résultats en réduisant ses coûts, en se montrant plus prudent face aux imprévus et en améliorant sa façon de répondre aux appels d\u2019offres.Bombardier Transport a enregistré une marge BAII de 6,2% pendant l\u2019exercice 2010.La division vise maintenant une marge de 8% dans trois ou quatre ans.Son carnet de commandes se situait à 27,1 milliards US au 31 janvier 2010, ce qui correspond à 2,7 années d\u2019activité.«Le carnet de commandes de Bombardier Transport permettra à Bombardier de passer à travers le ralentissement et de conserver un bon bilan jusqu\u2019à ce que la division aéronautique se ressaisisse», commente David Newman, de la Financière Banque Nationale.Les analystes se montrent également optimistes en ce qui concerne les commandes à venir.«Nous croyons que les perspectives à moyen terme demeurent prometteuses, avec d\u2019importants contrats qui devraient être obtenus au Royaume-Uni, en Allemagne, en France, en Suisse, en Italie, en Chine, en Inde, aux États- Unis et au Canada (le métro de Montréal), indique l\u2019analyste Benoît Poirier, de Valeurs mobilières Desjardins.Le carnet de commandes de Bombardier Aéronautique a subi une cure minceur au cours des dernières années, avec un grand nombre d\u2019annulations, surtout du côté des avions d\u2019affaires.Au 31 janvier 2010, il se situait à 16,7 milliards US.Les analystes estiment toutefois que le pire est passé.Le trafic passager a repris sa croissance et on voit des signes encourageants du côté de l\u2019aviation d\u2019affaires.Selon Tasneem Azim, de la firme UBS, le programme de la CSeries continue à gagner de la crédibilité, notamment avec la récente commande de Republic Airways pour 40 appareils.«À l\u2019heure actuelle, les investisseurs attribuent peu de valeur au programme CSeries, croit Michael Willemse, de CIBC.Pour notre part, nous croyons que cette valeur se situe autour de 1,50$ par action, avec un potentiel à la hausse.» Sur une liste de 19 analystes qui suivent Bombardier compilée par Bloomberg, 15 recommandent l \u2019achat du titre et quatre suggèrent de le conserver.BOMBARDIER TRANSPORT Effectifs : 33 800 employés Siège social : Berlin Revenus (var.un an) : 10 milliards US (+2,6%) BAII (var.un an) : 625 millions US (+17%) Flux de trésorerie : 293 millions US Carnet de commandes (var.un an) : 27,1 milliards US (+9,7%) BOMBARDIER AÉRONAUTIQUE Effectifs : 28 900 employés Siège social : Montréal Revenus (var.un an) : 9,4 milliards US (-6,1%) BAII (var.un an) : 473 millions US (-47%) Flux de trésorerie : -267 millions US Carnet de commandes (var.un an) : 16,7 milliards US (-29%) M J J A S O N D J F M A M 3,00 3,50 4,00 4,50 5,00 5,50 6,00 6,50 2009 2010 BOMBARDIER (En date du 20mai 2010) 4,99$ LaPresseaffairesMagazine 33 Pour joindre notre journaliste : mmorasse@lapresse.ca L\u2019 iPad : résister ou non?PRÈS DE DEUX MOIS APRÈS SA SORTIE AUX ÉTATS-UNIS, L\u2019 IPAD ESTARRIVÉ AU CANADA.ALORS, ON L\u2019ACHÈTE OU PAS?QUELQUES ÉLÉMENTS POUR PRENDREUNE DÉCISION\u2026 TEXTE MARIE-ÈVE MORASSE ON L\u2019ACHÈTE POUR\u2026 \u2026 SON BAS PRIX >>> Les produits Apple sont souvent critiqués parce qu\u2019ils sont plus chers que ceux des concurrents.Avec l\u2019iPad, Apple prouve qu\u2019il peut produire un appareil design et performant à un prix plus que raisonnable.Bien entendu, plus on veut de mémoire, plus il faut payer.Mais avec un modèle de base de 16 Go vendu à 549$, l\u2019iPad demeure un produit abordable.\u2026 SON AUTONOMIE >>> Tel un lapin Energizer, la pile de l\u2019iPad dure longtemps.Apple promet une autonomie de 10 heures, mais il arrive que la pile dépasse cette « limite», selon l\u2019utilisation qu\u2019on en fait.Parfait pour un long voyage en avion, quand les films présentés ne nous intéressent pas ! \u2026SES APPLICATIONS >>> Des magazines qui proposent des entrevues vidéo, des livres pour enfants dont les personnages s\u2019animent, des jeux aux graphiques impressionnants : les possibilités de l\u2019iPad sont multiples et les applications conçues pour l\u2019appareil commencent à affluer.Ces applications, qui sont devenues une des forces de l\u2019iPhone d\u2019Apple, donnent beaucoup de valeur ajoutée à la tablette.34 LaPresseaffairesMagazine ON HÉSITE À CAUSE DE.\u2026l\u2019absence de Flash >>> steve Jobs s\u2019obstine à ne pas permettre l\u2019entrée du logiciel Flash dans ses appareils portables.résultat : il est fort possible que certains de vos sites préférés ne réagissent pas comme d\u2019habitude parce que leur contenu en Flash est invisible.le patron d\u2019apple a beau prétendre que Flash d\u2019adobe est une technologie mal adaptée aux appareils à écrans tactiles, il reste que le web utilise encore beaucoup cet outil standard\u2026 ne lui déplaise ! \u2026l\u2019absence de caméra >>> on sait qu\u2019apple est capable de mettre une caméra dans les plus petits de ses appareils, dont les iPhone et les iPod.Ce que l\u2019on s\u2019explique moins, c\u2019est la raison pour laquelle on n\u2019en a pas intégré dans la première version de l\u2019iPad.une caméra aurait permis de faire des appels vidéo avec iChat ou skype, par exemple.\u2026 la prochaine version >>> Comme il s\u2019agit de la toute première version de la tablette électronique d\u2019apple, on ne peut qu\u2019espérer qu\u2019elle s\u2019améliorera avec les années.les rumeurs laissent croire qu\u2019apple pourrait présenter la version 2.0 de l\u2019iPad très prochainement, peut-être même dès le mois de juin.elle pourrait être plus grosse, plus puissante et dotée d\u2019une caméra.et les concurrents?Apple a dû se frotter les mains de contentement dans les dernières semaines.Au moins un projet majeur destiné à faire concurrence à sa tablette a été abandonné.À la fin du mois d\u2019avril, Microsoft a annoncé qu\u2019elle laissait tomber son projet de tablette tactile connue sous le nom de Courier.Quelques jours plus tard, le blogue TechCrunch a annoncé que Hewlett-Packard avait aussi décidé d\u2019abandonner sa tablette, la Slate.Par contre, le géant du web Google aurait commencé à mettre au point une tablette qui fonctionnerait avec son système d\u2019exploitation Android.Mais il faudra patienter, rien n\u2019ayant encore été annoncé officiellement.LaPresseaffairesMagazine 35 Pour joindre notre journaliste : akrol@lapresse.ca LA REVANCHE PHOTOS KIM PAYANT v Denis Gagnon est le secret le mieux gardé de la mode québécoise.Plus pour longtemps\u2026 PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE 36 LaPresseaffairesMagazine La presse ne tarit pas d\u2019éloges.Ses défilés sont courus comme des spectacles \u2013 les deux derniers ont dû être présentés deux fois de suite pour répondre à la demande.Il vient de faire l\u2019objet d\u2019un film, et le Musée des beauxarts de Montréal lui consacrera une exposition en octobre.Du jamais vu pour un couturier d\u2019ici.Ceux qui s\u2019y connaissent sont unanimes: Denis Gagnon a l\u2019étoffe d\u2019un grand créateur.«C\u2019est vraiment un génie.Le terme est parfois utilisé un peu à la légère dans le milieu de la mode, mais lui, c\u2019est un véritable visionnaire», assure la product r ice torontoise Jeanne Beker, qui couvre la mode internationale depuis 25 ans pour l\u2019émission-phare Fashion Television.«Lamodeest encore confinée à son statut d\u2019objet fonctionnel, éphémère et superficiel.Mais il y a une vraie création en phase avec une époque, un esprit, des obsessions, une vision des choses.Et Denis a ça.Son oeuvre a une qualité plastique qui nous touche », explique Stéphane Aquin, conservateur de l\u2019art contemporain au Musée des beaux-arts.Pourtant, Denis Gagnon ne vend ni à Paris ni à New York.Et même si la presse canadienne anglaise s\u2019extasie sur ses créations, les magasins Holt Renfrew de Toronto et de Vancouver sont ses seuls points de vente hors Québec.Détail ahurissant: il coud luimême une bonne partie de sa production dans son sous-sol.«Je vais avoir 50 ans dans deux ans, je n\u2019ai pas de voiture, pas de maison, aucun REER.Je n\u2019ai rien», résumet- il dans le film Je m\u2019appelle Denis Gagnon, du jeune réalisateur Khoa Lê.Le constat est lucide mais non amer.Le designer a vécu un passage à vide en 2007, après avoir dû fermer sa boutique, mais la passion a vite repris le dessus.«Si Denis Gagnon avait fait à Paris ou à New York ce qu\u2019il fait depuis des années, il serait devenu une figure beaucoup plus internationale.C\u2019est une honte qu\u2019il ne soit pas reconnu à l\u2019extérieur de nos frontières », martèle Jeanne Beker.Une honte, sans doute, mais qui, hélas, n\u2019a rien d\u2019étonnant.Les designers d\u2019ici ont toujours eu beaucoup de difficulté à faire rayonner leur talent.«C\u2019est difficile de s\u2019occuper d\u2019une entreprise avec tout ce que ça comporte, la production, la direction marketing, l\u2019image, la vente.C\u2019est beaucoup, beaucoup de travail.Le rêve ultime serait de trouver un Pierre Bergé», dit Denis Gagnon en faisant allusion au célèbre bras droit d\u2019Yves Saint-Laurent.Il l\u2019avoue sans détour : il n\u2019a pas la bosse des affaires.Mais ça n\u2019explique pas tout.Exporter une griffe québécoise relève de l\u2019exploit, même dans les meilleures conditions.Rien n\u2019est jamais acquis.Prenez Philippe Dubuc et son associée, Marie-Claude Gravel, responsable de la mise en marché.Le tandem idéal.Ils avaient établi un important réseau de distribution grâce auquel Dubuc vendait ses vêtements aux États-Unis, au Japon et en Europe.Ce qui ne l\u2019a pas empêché de faire faillite et de devoir racheter sa propre marque pour pouvoir continuer.Prenez Marie Saint Pierre.Après plus de 20 ans de présence ici et à l\u2019étranger, ses qualités de femme d\u2019affaires ne sont plus à démontrer.Lorsque nous lui avons parlé, le mois dernier, elle venait d\u2019apprendre que le prestigieux magasin Takashimaya New York, un de ses meilleurs clients aux États- Unis, fermait boutique.«Ça ne nous met pas en danger, mais c\u2019est à recommencer.On est une industrie fragile sur le plan de la pérennité et de la rentabilité.Ça ne prend pas grandchose pour qu\u2019on soit dans une situation financière difficile», résume la créatrice.Il ne faut pas mettre tout le linge québécois dans le même panier.Des succès commerciaux, on en connaît «Je vais avoir 50 ans dans deux ans, je n\u2019ai pas de voiture, pas de maison, aucun REER.» \u2013Extrait du film Je m\u2019appelleDenis Gagnon TEXTES ARIANE KROL Si DenisGagnon était chanteur, il brûlerait les planches à Paris comme aux États-Unis.Mais voilà, il fait du design de mode, un secteur où le Québec a toujours eu un mal fou à exporter ses créateurs.Après 10 ans de carrière, le plus coté de nos designers est presque inconnu en dehors de son milieu.Mais les choses sont en train de changer.DES CRÉATEURS PHOTO FOURNIE PAR BEDO SiDenisGagnon LaPresseaffairesMagazine 37 plusieurs, en particulier dans le secteur manufacturier.On peut penser à des institutions comme Peerless ou Ribkoff, ou à des marques plus jeunes, comme Parasucco.Il y en a d\u2019autres dans le jean, le cuir, la fourrure, les manteaux, dans les vêtements sport ou pour enfant.Et même si plusieurs sous-traitent en Chine, même si beaucoup d\u2019emplois ont été perdus dans les ateliers montréalais depuis l\u2019abolition des barrières tarifaires, la métropole québécoise reste le troisième centre de production vestimentaire en Amérique du Nord.Mais pour les authentiques créateurs, ceux qui défendent une vision et aspirent à davantage qu\u2019à s\u2019inscrire dans l\u2019air du temps \u2013 bref ceux grâce à qui Montréal peut revendiquer un statut de ville de mode \u2013, l\u2019expansion a toujours été problématique.Le financement est le nerf de la guerre, et les designers doivent se battre pour en obtenir.«C\u2019est affreux.On nous dit qu\u2019on est un secteur mou, tout doit être garanti par multiples de 10», soupire Marie Saint Pierre.Or, la taille restreinte des entreprises est un problème en soi.Les collections étant trop petites pour être fabriquées en Chine ou même confiées à des ateliers locaux, il faut les faire faire par des couturières, une main-d\u2019oeuvre rarissime à Montréal.Trouver des agents pour se faire représenter à l\u2019étranger est encore plus compliqué.Même les tissus, livrés dans la mauvaises teinte, ou en retard, ou pas du tout, causent souvent des maux de tête.Denis Gagnon a trouvé une solution originale: il ne commande jamais de tissu.Outre les matières qu\u2019il retravaille et déconstruit (la fourrure, le cuir, les fermetures éclair), il taille ses échantillons dans des fins de lot qu\u2019il paie une fraction de ce que lui coûteraient des étoffes importées.Et comme il s\u2019agit de couleurs et de matières très simples, il n\u2019a pas de mal à en retrouver lorsque vient le temps de réaliser ses commandes.La stratégie d\u2019affaires de Denis Gagnon est à l\u2019image de sa création: unique et, surtout, très instinctive.Comme ses immenses montures Lanvin, cueillies sur le nez de la designer Renata Morales.«C\u2019est une marque de commerce que j\u2019ai décidé de prendre, un peu comme Sonia Rykiel avec ses cheveux ou Karl Lagerfeld avec son col roulé, ses bagues et son éventail», a-t-il expliqué à l\u2019émission Tout le monde en parle.Et ça marche.Même si vous ne l\u2019aviez jamais vu avant de lire cet article, vous le reconnaîtrez assurément la prochaine fois.Pour ce grand timide originaire d\u2019Alma, c\u2019est toute une révolution.Depuis quelque temps, le designer fait aussi des efforts pour que ses clientes s\u2019y retrouvent d\u2019une saison à l\u2019autre.Mais il continue à produire des collections audacieuses, dont seulement 20% des pièces seront retenues par les acheteurs.«Si tu veux présenter quelque chose de vraiment pertinent, il ne faut pas que tu te questionnes au niveau de la vente», lance-t-il dans Je m\u2019appelle Denis Gagnon.Déconnecté de la réalité?Au contraire.Contre toute attente, l\u2019industrie est en train de donner raison aux créateurs comme Denis Gagnon, qui s\u2019obstinent, saison après saison, à concevoir des vêtements haut de gamme distinctifs dans un endroit improbable comme le Québec.Le modèle suédois, ça vous dit quelque chose?Depuis 2004, la grande chaîne de boutiques H&M, de Stockholm, remporte un succès fou avec ses fameuses collections-capsules.Ces vêtements dessinés par de grands noms comme Lagerfeld, Rykiel ou Cavalli, offerts à prix abordable mais en quantité limitée, s\u2019envolent comme de petits pains chauds.Lorsque les propriétaires de la chaîne Bedo ont décidé de PHOTO FOURNIE PAR BEDO x De Marjo à Phyllis Lambert en passant par Macha Limonchik et Geneviève Borne, de nombreuses personnalités portent du Denis Gagnon.Pourtant, le designer coud encore une bonne partie de sa production lui-même, dans son sous-sol.PHOTO KHOA LÊ «J\u2019adore travailler le week-end parce que j\u2019ai l\u2019impression que j\u2019avance plus que les autres.» \u2013Extrait du film Je m\u2019appelle Denis Gagnon PHOTO FOURNIE PAR BEDO 38 LaPresseaffairesMagazine reprendre la formule ici, ils n\u2019ont pas hésité longtemps : leur première capsule sera griffée Denis Gagnon.Une collaboration sur laquelle ils fondent de grands espoirs.«Ça va changer beaucoup de choses, je pense.C\u2019est bon pour l\u2019image, ça donne un hype, ça va nous aider à attirer une nouvelle clientèle», s\u2019enthousiasme la designer en chef de la chaîne, Mary Nasri.On l\u2019a vu avec H&M:ce genre d\u2019associat ion peut rapporter gros en visibilité.«Nous, les créateurs, on a une histoire à raconter, on est interviewés par les journalistes.Les grands magasins n\u2019ont pas toujours accès à ce type de publicité», note Philippe Dubuc.Le designer s\u2019y connaît en capsules.La chaîne Simons, pour qui il a conçu une collection masculine il y a quelques années, fait maintenant appel à ses services au rayon des femmes.Sa première capsule pour Icône, une des marques privées du détaillant, sera en magasin à l\u2019automne.Peter Simons croit beaucoup en cette formule où créateur et détaillant trouvent chacun leur compte.«C\u2019est la créativité qui est vraiment le début d\u2019un produit exceptionnel, et Philippe nous offre cette créativité.Trop souvent, quand les gens parlent de valeur, ils pensent «bas prix ».Mais la créativité est une partie importante de la valeur.» Et cette valeur, pour une fois, profite à ses auteurs.Denis Gagnon et Philippe Dubuc le reconnaissent: les capsules représentent une source de revenus très intéressante.Marie Saint Pierre aussi a décidé de capitaliser sur sa marque \u2013 dans son cas, avec des produits dérivés.Le premier, un parfum, est prévu pour l\u2019automne.«Ça pourrait nous donner une certaine stabilité parce que la cosmétique est beaucoup plus rentable que les vêtements.Il nous faut des produits pour lesquels on n\u2019a pas besoin d\u2019entrer dans un mode de production et de développement continus », explique-t-elle.Les géants du luxe ne font pas autre chose lorsqu\u2019ils apposent leur marque sur des jeans, des bijoux ou une foule d\u2019autres articles.Mais cette stratégie n\u2019est pas à la portée de tous.«Si la griffe n\u2019a pas d\u2019image ni de valeur aux yeux des gens, ça n\u2019aura pas de succès, rappelle PhilippeDubuc.Il faut créer une image forte capable de faire rêver le consommateur qui n\u2019a pas les moyens de s\u2019acheter l\u2019original.» L\u2019ANNÉE DENIS GAGNON «Je veux que ce soit la décennie où Denis Gagnon va se révéler au monde et faire la fierté du Québec parce qu\u2019il sera reconnu à l\u2019extérieur », déclare Barbara Atkin, vice-présidente tendances mode de la chaîne Holt Renfrew.Il est le seul Québécois à figurer dans son World Design Lab, espace sélect consacré aux créateurs émergents de partout.«Si j\u2019avais beaucoup d\u2019argent et si je ne travaillais pas pour Holt Renfrew, j\u2019irais avec lui à Paris, je m\u2019occuperais des défilés, je le ferais entrer dans toutes les bonnes boutiques», rêve-t-elle.Le principal intéressé est plus ouvert que jamais à un partenariat d\u2019affaires.«C\u2019est une année charnière, le vent est bon, ce serait bien de le prendre», souligne-t-il.Denis Gagnon a un nom et du talent à revendre.Ce qu\u2019il lui manque pour aller plus loin?Que quelqu\u2019un le voie comme une occasion d\u2019affaires.Y a-t-il un Pierre Bergé dans la salle ?Si Dubuc, Saint-Pierre et Gagnon ont aujourd\u2019hui un nom à monnayer, c\u2019est parce qu\u2019ils sont restés fidèles à leur vision, quoi qu\u2019il ait pu leur en coûter.Simons et Bedo sont les premiers à en avoir saisi le potentiel.Parions qu\u2019ils ne seront pas les derniers.x La collection-capsule que Denis Gagnon a conçu pour Bedo arrivera en boutique à la fin août, dans 15 magasins au Canada.PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE LaPresseaffairesMagazine 39 Pour joindre notre journaliste : eric.lefrancois@lapresse.ca En moins de 15 ans, des équipements traditionnellement réservés aux voitures haut de gamme se sont démocratisés grâce à des lois de plus en plus sévères en matière de sécurité.Cette «démocratisation» de l\u2019équipement touche toutes les catégories d\u2019automobiles.Même les sous-compactes ont droit à des coussins ou rideaux de sécurité gonflables ou au bouton de démarrage sans clé.Mieux encore, à compter de l\u2019automne, tous les véhicules vendus auCanada bénéficieront d\u2019un correcteur de stabilité électronique.Progressivement, l\u2019équipement d\u2019une voiture modeste va ainsi se rapprocher de celui d\u2019une berline intermédiaire, voire de luxe.Seul le degré de raffinement fera la différence.Quand une sous-compacte a la climatisation de base, une intermédiaire offre le réglage individuel de l\u2019air pour les occupants des places avant.La qualité du cuir ne sera jamais non plus tout à fait la même, pas plus que la texture des plastiques.Si les nouveaux équipements sont toujours lancés dans les modèles haut de gamme, leur rythme de diffusion dans des voitures plus modestes ne cesse de s\u2019accélérer : il a fallu près de 20 ans pour que le climatiseur ne soit plus considéré comme un équipement de luxe; une quinzaine d\u2019années dans le cas de l\u2019ABS ; une dizaine pour les coussins de sécurité gonflables latéraux.Aujourd\u2019hui, moins de cinq ans suffisent.Les caméras de recul, les détecteurs d\u2019angles morts se retrouvent dans les véhicules de M.et Mme Tout-le-Monde.Qu\u2019est-ce que le luxe ?De quels équipements peut désormais se parer une voiture pour qu\u2019on la classe dans le haut de gamme?Elle intègre différentes fonctions dont le coût, aujourd\u2019hui, grèverait celui d\u2019une automobile plus modeste.Cependant, dans moins de cinq ans, ces équipements se démocratiseront à leur tour.Plusieurs, mais pas tous.Les systèmes de navigation intégrés, par exemple, ont de bonnes chances de demeurer la chasse gardée des véhicules de luxe.On peut comprendre pourquoi : des firmes indépendantes proposent des systèmes de navigation portables à bien meilleur prix.Et les affaires sont bonnes.Comme elles l\u2019ont été pour les géants de la téléphonie le jour où sont apparus les portables.Souvenez-vous de l\u2019option cellulaire offerte par les constructeurs, il y a une vingtaine d\u2019années.À cette époque, GM avait été le premier à l\u2019offrir moyennant un supplément de 3000$.Il y a aussi des accessoires qui ne descendront pas de gamme pendant des années.C\u2019est le cas du régulateur de vitesse avec contrôle de distance automatique.Un dispositif ingénieux, mais toujours aussi coûteux à fabriquer.Il en va de même des phares au xénon ou encore du détecteur de collision de la dernière Mercedes Classe S.Mais un jour, nos voitures aussi les auront ! FINI LES PRIVILÈGES! TEXTE ÉRIC LEFRANÇOIS, COLLABORATION SPÉCIALE Si les nouveaux équipements sont toujours lancés sur les modèles haut de gamme, leur rythme de diffusion dans des voitures plus modestes ne cesse de s\u2019accélérer.PHOTOS FOURNIES PAR MERCEDES ET NISSAN 40 LaPresseaffairesMagazine .entouttemps.J.D.PowerandAssociates2009CanadianDiscountBrokerageInvestorSatisfactionStudy. STÉPHANIE GRAMMOND FINANCES PERSONNELLES Pour joindre notre journaliste : sgrammon@lapresse.ca ILLUSTRATIONS DANIEL RIOPEL Voyageurs, ouvrez bien l\u2019oeil! Comme des fantômes, les frais de conversion de devises hantent les taux de change.On ne les voit pas, mais ils ont de quoi faire dresser les cheveux sur la tête.À la banque, les frais se cachent dans l\u2019écart entre le taux vendeur et le taux acheteur.Voici un exercice simple qui permet de les débusquer.Disons que vous partez pour l\u2019Europe.Avant votre départ, vous convertissez 1000$CAN.Vous obtenez 716\u20ac.En reconvertissant immédiatement cette somme en dollars, il ne vous restera plus que 916$.Une somme de 84$ est disparue dans la double conversion.Cela représente 8% de la somme initiale, l\u2019équivalent d\u2019une commission de 4% par transaction\u2026 sans compter les frais fixes d\u2019environ 5$ que les banques exigent pour la transaction.Plus la devise est exotique, plus les frais sont épicés.Vous allez au Mexique?Pour vous procurer des pesos, vous perdrez environ 7% au change.Mais sachez que les bureaux de change ont souvent des taux plus avantageux.En magasinant un peu, vous paierez seulement 1,5% de frais de change pour acheter des euros, et 1% pour acheter des dollars américains.En outre, certains bureaux n\u2019imposent pas de frais fixes et garantissent le rachat des devises inutilisées au même taux.À ce compte, c\u2019est avec les bons vieux billets de banque que les voyageurs en ont le plus pour leur argent.Mais il est dangereux de remplir ses valises d\u2019argent comptant.Évidemment, les chèques de voyage sont plus sûrs: on vous les remplacera rapidement en cas de vol.Mais il faut verser des frais de 1% à l\u2019émission (sauf avec certains forfaits bancaires \u2013 informezvous) et les frais de conversion de devise peuvent être élevés.En Asie, les chèques de voyage ont encore la faveur des marchands mais, en Europe, on les accepte moins facilement.Souvent , les commerçants inventent des frais ou refusent de rendre la monnaie.Le plastique est plus pratique.Les cartes de crédit sont acceptées partout et on trouve des guichets automatiques Les frais fantômes qui hantent vos taux de change Au cours de l\u2019été, les Canadiens pourront se rendre plus loin grâce à l\u2019envol du huard.Mais pour faire encore plus de chemin, les globe-trotters doivent débusquer les frais fantômes qui hantent les taux de change.Billets de banque, carte de débit, carte de crédit, chèques de voyage\u2026 Quel est le meilleur mode de paiement ?42 LaPresseaffairesMAGAzINE LaPresseaffairesMAGAzINE 43 GARANTIE DE PRÊT AUX ENTREPRISES TROUVEZ LA SOLUTION FINANCIÈRE QUI VOUS CONVIENT : WWW.INVESTQUEBEC.COM Vous êtes à la recherche d\u2019une solution financière qui pourrait vous aider à concrétiser un projet ?Découvrez la garantie de prêt d\u2019Investissement Québec et profitez des services de nos spécialistes.Ils sont là pour vous soutenir à toutes les étapes de votre croissance.Contactez Investissement Québec dès aujourd\u2019hui.1 866 870-0437 . jusque dans les bleds les plus reculés.Mais les frais fantômes vous suivent\u2026 Chaque fois que vous faites un achat à l\u2019étranger avec votre carte de crédit, VISA ou MasterCard convertit la somme en dollars canadiens et exige des frais de 1% pour cette opération.De plus, l\u2019émetteur de la carte prélève des frais de conversion de 2,5% (1,8% à Visa Desjardins et 2% au Diners Club).Au total, la conversion coûte donc 3,5%.Sur des achats de 10 000$, c\u2019est 350$ qui s\u2019évanouissent.Mais il y une astuce.Les voyageurs qui font beaucoup de dépenses aux États-Unis peuvent se procurer une carte de crédit en dollars américains.Quatre banques canadiennes en offrent.Les frais annuels vont de 25$ à 65$ (celle de la BMO est la moins chère).Ensuite, il faut ouvrir un compte de banque en dollars américains, y verser une somme substantielle en prenant soin de négocier un bon taux.D\u2019ailleurs, le moment est bien choisi puisque le dollar canadien est fort.Enfin, il ne reste plus qu\u2019à payer sa carte de crédit à même ce compte.Il existe un autre petit truc qui permet de réduire les frais lorsqu\u2019on retire de l\u2019argent à l\u2019aide de sa carte de crédit à l\u2019étranger.Sachez d\u2019abord que ces retraits peuvent être très coûteux, car les intérêts s\u2019appliquent dès le jour de l\u2019avance de fonds, contrairement aux achats, pour lesquels il y a un délai de grâce.Disons que votre compte est à zéro.Le premier jour du mois, vous retirez 1000$ à l\u2019étranger.Si vous attendez de recevoir votre facture pour rembourser, vous devrez payer 14,42$ d\u2019intérêt, à un taux de 19,5%.De plus, les émetteurs de cartes de crédit imposent des frais d\u2019environ 5$ pour chaque avance de fonds à l\u2019étranger (sauf VISA Desjardins, qui permet de faire des retraits sans frais).En ajoutant 3,5% de frais de conversion de devise (35$), vous aurez donc perdu 54,42$ dans ce retrait, soit plus de 5% de frais au total.Mais rien ne vous empêche de faire un dépôt excédentaire dans votre compte de carte de crédit, avant votre départ, pour éviter les frais d\u2019intérêt.Toutefois, l\u2019émetteur risque de ne pas vous rembourser en cas de fraude.Autrement, vous pouvez renflouer votre carte de crédit le jour même de l\u2019avance de fonds par virement électronique si vous avez accès à l\u2019internet.Ne pensez pas éviter de payer des frais en utilisant votre carte de débit.En plus des frais de service habituels (1,25$), vous payerez les frais d\u2019accès au réseau Interac ou Cirrus (de 3 à 5$) et les frais de commodité du propriétaire du guichet (3$).Au total : 9,25$ par retrait.Sans compter les frais de conversion de devise (identiques à ceux des cartes de crédit).Ça donne des frissons! VOUS VOULEZ CONVERTIR VOS BILLETS EN DEVISE ÉTRANGÈRE?Les frais de change varient selon la devise Pays Devise Frais de change (%) États-Unis dollar US 2,6% Mexique peso 6,9% France euro 3,8% Suisse franc 3,4% Angleterre livre 2,9% Norvège couronne 4,3% Japon yen 4,3% Les frais de change varient selon l\u2019institution (CAD/Euro) Institution Frais de change (%) Desjardins 4,2% TD Canada Trust 3,0% Banque Nationale 3,0% Banque de Montréal 4,1% Banque Royale 4,0% Banque Laurentienne 3,8% Globex 2000 1,5% Calforex 1,8% N.B.: Ces frais reflètent l\u2019écart entre le taux vendeur et le taux acheteur, divisé par deux.De plus, les banques exigent souvent des frais pour la transaction.44 LaPresseaffairesMAGAzINE «Les voyages, merci, très peu pour moi! » Des commissions de vente, des commissions de suivi et des frais de gestion peuvent être reliés aux fonds communs de placement.Veuillez lire le prospectus avant d\u2019investir.Les fonds communs de placement ne sont pas garantis, leur valeur change fréquemment et le rendement antérieur ne se reproduira pas nécessairement.MD « Que faites-vous après le travail?» et le logo AGF sont des marques de commerce de La Société de Gestion AGF Limitée et sont utilisées avec autorisation.N\u2019ayez pas peur de rêver.Si vous avez des rêves, votre conseiller en placements peut créer un plan qui peut vous aider à les réaliser.Prenez rendez-vous avec votre conseiller en placements dès aujourd\u2019hui.Ou visitez AGF.com pour plus de détails. rudy LE COurS Au bOut du COmptE Pour joindre notre journaliste : rlecours@lapresse.ca Même si not re traversée de la récession fait envie, le Québec a l\u2019embarras du choix des dangers qui le guettent: déficit démographique, dette publique, productivité ralentie.En s\u2019attaquant avec efficacité au défi de la productivité, on pourra modérer le choc du premier et alléger relativement la deuxième, a indiqué en mars 2008 le Groupe de travail sur l\u2019investissement présidé par Pierre Fortin.Le retard que le Canada et le Québec ont pris dans leurs gains de productivité par rapport aux États-Unis et aux autres pays de l\u2019OCDE dans leur ensemble intrigue les esprits les plus doctes.On a d\u2019abord critiqué la fiscalité, qui décourageait l\u2019investissement des entreprises en taxant le capital plutôt que la consommation.Les gouvernements ont compris.Aujourd\u2019hui, le taux effectif d\u2019imposition sur l\u2019investissement direct d\u2019Ottawa et de Québec est redevenu concurrentiel.Pourtant, les entreprises semblent peu empressées à importer de la machinerie et de l\u2019équipement informatique, malgré un huard bien dopé.«Jusqu\u2019ici, les entreprises ont déçu»,amême dit le gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, dans un discours récent consacré à cette vertu économique.Il n\u2019est que le dernier en date à s\u2019interroger publiquement sur cette énigme canadienne.Avant la dernière récession, Statistique Canada avait réalisé des recherches approfondies pour tenter de mieux cerner et quantifier cette réalité toute simple en apparence mais qui défie l\u2019entendement.Vite dit, la productivité correspond à la combinaison de travail et de capital nécessaires à la production d\u2019un bien ou à la fourniture d\u2019un service.À l\u2019échelle de l\u2019économie canadienne (son produit intérieur brut) et de son marché du travail (environ 17 millions d\u2019emplois), la tâche est plus ardue.L\u2019agence fédérale a relevé que les résultats changent selon la mesure du PIB et selon l\u2019enquête sur le marché du travail retenues.Le Canada prête davantage foi à l\u2019enquête auprès des ménages, les États-Unis à celle sur le nombre de salariés des entreprises.Statistique Canada relève que la méthodologie américa ine appliquée au Canada améliore notre performance mais révèle toujours un ralentissement des gains de productivité depuis 2006.Elle l\u2019attribue en partie aux changements structurels de l\u2019économie canadienne.Produire un baril de pétrole traditionnel coûte moins cher et exige moins d\u2019investissement que son équivalent extrait des sables bitumineux.Une autre avenue, négligée des économistes, mérite d\u2019être explorée.Les entreprises américaines sont réputées (ab)user davantage de la comptabilité créative, de l\u2019amortissement accéléré, des produits financiers exotiques, des jeux de taux de change et des paradis fiscaux et réglementaires.Tout ça pour gonfler leurs profits à court terme et les bonus de leurs dirigeants.Il y a quelques années à peine, on vantait pareilles prouesses pour exiger des allégements à la Loi sur les banques canadiennes.Si ce scénario se répétait et amplifiait les gains de productivité américains, il n\u2019explique pas tout.Le comportement des entreprises américaines durant la dernière récession leur a valu des gains de productivité apparemment formidables : elles ont fait des licenciements massifs.Les canadiennes ont davantage opté pour la réduction des heures de travail.La rareté de la main-d\u2019oeuvre qualifiée et une plus grande syndicalisation les y ont sans doute incitées.Il existe enfin des différences culturelles au sein des entreprises des deux pays qui agissent sur la productivité, sans que la théorie macroéconomie parvienne à les saisir.Les entreprises canadiennes ont choisi de diminuer de 9,2% leurs investissements en machinerie et en équipement au quatrième trimestre.La reprise était encore incertaine et les prix des produits de base comme le pétrole encore trop faibles pour justifier l\u2019accroissement ou la modernisation de leurs capacités.Ce recul cache cependant d\u2019impor tantes dispar ités régionales.Au Québec, les investissements des sociétés ont bondi de 6% et de 5,8% durant l\u2019été et l\u2019automne.N\u2019est-il pas possible que le modèle québécois fasse encore son oeuvre?Dans les gains de productivité, le secteur public ne joue-t-il pas aussi un rôle en assurant des infrastructures de qualité dont tirent profit les entreprises?L\u2019avenir le dira.La relative productivité Le retard que le Canada et le Québec ont pris dans leurs gains de productivité (.) intrigue les esprits les plus doctes.ILLUSTRATION PHILIPPE TARDIF 46 LaPresseaffairesmAgAzinE LaPresseaffairesMagazine 47 *Certaines modalités, conditions et restrictions géographiques s\u2019appliquent.Pour en savoir plus, consultez les modalités et conditions de Purolator sur purolator.com ou composez le 1 888 SHIP-123.De Bay StreetàWall Street.Oui.Purolator offre maintenant des services d\u2019expéditionàdélais fixes garantis* vers les É.-U.Le réseau sur lequel vous comptez qui vous offre souplesse, fiabilité et choix vous présente les nouvelles options à délais fixes garantis* pour vos besoins d\u2019expédition internationaux et vers les États-Unis.Cela signifie que lorsque vous choisissez Purolator, vous avez l\u2019assurance d\u2019une livraison garantie* pour 9 h, 10 h 30 ou en fin de journée aux États-Unis et dans plus de 215 pays.Plus que jamais, vous pouvez compter sur Purolator pour prendre la route des affaires.Pour en savoir plus, visitez purolator.com/usinternational/fr Pour joindre notre journaliste : vincent.brousseau-pouliot@lapresse.ca TEXTES VINCENT BROUSSEAU-POULIOT, PHOTOS BERNARD BRAULT LE PROMOTEUR QUI SAIT COMPTER JEAN BÉDARD, PRÉSIDENT ET CHEF DE LA DIRECTIONDE SPORTSCENE 48 LaPresseaffairesMagazine epuis 15 ans, Jean Bédard est le plus grand vendeur d\u2019ailes de poulet au Québec.Mais lorsque son holding Sportscene, qui détient la Cage aux sports, a racheté InterBox en 2005, Jean Bédard a commencé une deuxième carrière: promoteur de boxe.Durant deux jours, La Presse Affaires l\u2019a suivi dans les coulisses du combat de son champion du monde, Lucian Bute.Portrait d\u2019un homme d\u2019affaires passionné de sport.À moins que ce soit le contraire.Vendredi 16 avril 2010 11h Dans la salle de conférence du siège social de Sportscene, à Boucherville, Jean Bédard examine les nouveaux menus de la Cage aux sports pour la saison estivale.La sonnerie de son iPhone interrompt la discussion avec le responsable du marketing.Au bout du fil, l\u2019entraîneur de Lucian Bute.«Il lui reste seulement deux livres à perdre avant la pesée», annonce Jean Bédard.Deux livres de moins et la soirée la plus rentable de l\u2019année de Jean Bédard pourra commencer.Comme promoteur du gala de boxe au Centre Bell, il devrait empocher un quart de million de dollars après avoir payé ses dépenses et les bourses des boxeurs.Comme grand patron des 49 Cages aux sports du Québec, il se réjouit du «combo» d\u2019un match de séries du Canadien de Montréal suivi d\u2019un combat de boxe qui générera des revenus de 750 000$, le centième du chiffre d\u2019affaires annuel de Sportscene.11h30 La réunion consacrée aux activités de la Cage se poursuit.Avec deux adjoints, Jean Bédard épluche les états financiers des 34 restaurants exploités par Sportscene.Une autre occasion de vérifier sa «règle des 10%»: «Il y a toujours 10% des restos qui demandent plus d\u2019attention, qui ont des problèmes particuliers, dit Jean Bédard.Parfois, c\u2019est un proprio nerveux qui a fait exploser ses coûts de promotion.D\u2019autres fois, ce sont des problèmes personnels.Tu règles le problème à un endroit et il y en a un autre ailleurs.» 13h30 Après un dîner d\u2019affaires avec Jacques Aubé, directeur général d\u2019evenko, qui lui loue le Centre Bell pour six combats, Jean Bédard arrive de bonne heure à la pesée officielle des boxeurs à la Cage aux sports du Centre Bell.Il discute quelques minutes avec Dan Goossen, promoteur de l\u2019adversaire de Lucian Bute, Edison Miranda.Les deux doivent manger ensemble le soir même, mais l\u2019Américain au complet rouge vif décline l\u2019offre de son hôte.Jean Bédard s \u2019enquiert ensuite des plans de son invité le plus important ce week-end à Montréal: Luis Barragan, directeur de la programmation de HBO Sports, réseau de télé no1 dans le monde de la boxe, qui rejoint 32 millions de foyers aux États-Unis.À lui seul, le chèque de HBO \u2013 le premier tiré à l\u2019ordre d\u2019Inter- Box \u2013 représentera le quart des revenus de la soirée.Les 13 683 billets vendus au Centre Bell en rapporteront environ 40%, la télévision payante et les autres revenus, environ 35%.Malgré le généreux chèque de HBO, la marge de profit d\u2019InterBox ne sera pas tellement différente de celle des combats précédents de Lucian Bute.«Nos revenus sont plus importants, mais nos dépenses aussi, dit-il.Les promoteurs des adversaires avec qui nous négocions savent que nous serons diffusés sur HBO.La bourse de Lucian est aussi plus importante.De toute façon, notre objectif n\u2019est pas de faire beaucoup d\u2019argent avec la boxe.C\u2019est plutôt de ne pas en perdre.» 15h30 Visite du Centre Bell.Son plan des sièges en main, le grand patron d\u2019InterBox veut s\u2019assurer que ceux qui ont payé le gros prix \u2013 350$pour un siège près du ring ou 2500$ pour une table de cinq places \u2013 n\u2019auront pas la vue obstruée.Il s\u2019assoit à quelques endroits stratégiques autour de l\u2019arène.«Je suis un visuel», explique-t-il.Jean Bédard foule ensuite les marches que descendra Lucian Bute le lendemain soir avant de monter dans le ring.Avant de prendre congé pour la soirée, le promoteur hôte demande que l\u2019on répète une dernière fois le scénario de l\u2019entrée en scène de son boxeur.Au son de la chanson Where the Streets Have No Name de U2, la dizaine d\u2019employés présents cessent leurs activités.Tous les yeux dans le Centre Bell sont rivés vers l\u2019hologramme géant du boxeur aux poings en feu.«Avec la boucane, demain, ça va frapper fort », dit Jean Bédard d\u2019un ton satisfait.Samedi 17 avril 2010 18h45 Après avoir engouffré son souper dans la petite salle VIP de la Cage du Centre Bell avec des amis d\u2019enfance de Saint-Hyacinthe \u2013 parmi eux, l\u2019animateur de radio Paul Arcand \u2013, Jean Bédard commence à serrer des mains, son occupation principale les soirs de gala.Le grand patron d\u2019InterBox est détendu: il n\u2019y a pas de complications de dernière minute.«Ça fait 20 galas de boxe qu\u2019on présente au Centre Bell, alors on commence à savoir comment faire», dit-il.19h35 Première de ses deux visites dans le vestiaire d\u2019InterBox.«Tu es bien reposé ?Tout est correct?» demande-til à Lucian Bute.Son boxeur LaPresseaffairesMagazine 49 vedette jette un oeil distrait au match du Canadien à la télé.«Si jamais je cherche un endroit tranquille pour regarder le match de hockey, je sais où aller», lance Bédard pour détendre l\u2019atmosphère.22h08 Obscurité totale au Centre Bell.Pendant que la foule se déchaîne au son des premières notes de guitare de U2, Jean Bédard attend son boxeur dans le ring.La vidéo à laquelle InterBox a tant travaillé tourne au cauchemar: l\u2019écran du coin supérieur gauche ne s\u2019allume pas.Il manque un sixième de l\u2019hologramme du boxeur.«Six breakers ont sauté, dit Jean Bédard.Heureusement, l\u2019image a été rétablie presque complètement à temps pour la télé américaine.» Ce sera la seule fausse note du combat, qui ne durera que trois rounds.Jean Bédard assiste au knock-out entouré de deux champions du monde: à sa gauche, le skieur acrobatique Alexandre Bilodeau, commandité par la Cage aux sports.À sa droite, le boxeur Éric Lucas, ancien champion revenu dans le ring l\u2019an dernier.C\u2019est lui qui a initié Jean Bédard au monde de la boxe alors qu\u2019il cherchait à devenir propriétaire d\u2019une Cage aux sports.«Jean est un peu plus nerveux que moi durant des combats», dit Lucas, qui a été propriétaire d\u2019InterBox en 2004 et 2005.Après un an, Éric Lucas a tiré sa révérence comme promoteur et revendu InterBox à Sport scene.L\u2019an dernier, InterBox a généré un demi-million des 4,4 millions de bénéfices nets de Sportscene.«C\u2019est dur de mettre une valeur sur InterBox parce que l\u2019entreprise n\u2019a pas d\u2019actifs, dit Jean Bédard.Pour nous, InterBox a davantage une valeur sur le plan marketing.Lors du lock-out de la LNH, on a réalisé qu\u2019on était à la merci des événements sportifs.» 23h13 En conférence de presse, Jean Bédard annonce que le prochain combat de son boxeur vedette aura lieu le 24 juillet prochain en Roumanie, son pays d\u2019origine.Aux côtés de Lucian Bute et de l\u2019entraîneur Stéphane Larouche, Jean Bédard est distrait, au grand amusement des journalistes qui posent leurs questions.Le trio regarde la télé accrochée au plafond de la salle de presse, où on présente le deuxième combat de boxe de la soirée à HBO.Le champion du monde Kelly Pavlik, que le réseau américain aimerait bien voir affronter Bute à son prochain combat, est en difficulté.Il perdra sa ceinture \u2013 et son intérêt pour le clan Bute \u2013 quelques minutes plus tard.Il est passé minuit et Jean Bédard est songeur.L\u2019amateur de boxe en lui a vu un bon combat, mais le promoteur a perdu un adversaire potentiel pour son champion du monde.L\u2019IMPOSTEUR Dans le cercle fermé de la boxe professionnelle, Jean Bédard a l\u2019air d\u2019un imposteur.Un imposteur fier de l\u2019être.«Je ne suis pas du tout un spécialiste de boxe», prévient le grand patron d\u2019InterBox.À la décharge de Jean Bédard, les promoteurs de boxe ont souvent mauvaise réputation, un legs de leur célèbre collègue Don King.Reconnu pour sa chevelure et son sens du spectacle, l\u2019ancien promoteur de Muhammad Ali et Mike Tyson a passé quatre ans en prison pour meurtre.«Certains promoteurs sont de drôles de moineaux qui prennent beaucoup de place, dit Jean Bédard.Ça s\u2019engueule, ça parle fort.Ce n\u2019est pas notre style.» Comptable de formation et restaurateur de métier, Jean Bédard incarne la nouvelle génération de promoteurs qui prend lentement mais sûrement place autour du ring.Aux États-Unis, les deux promoteurs les plus puissants sont un procureur de la Couronne formé à Harvard (Bob Arum, de Top Rank) et un banquier (Richard Schaefer, de la firmeGolden Boy, qui appartient au boxeur Oscar De La Hoya).«Ce sont des gens d\u2019affaires organisés qui comprennent que leur travail n\u2019est pas seulement de négocier des droits télé», dit Jean Bédard.Le style de gestion effacé de Jean Bédard plaît aussi à ses hommes de boxe.«Jean est intelligent et il sait compter, dit l\u2019entraîneur-chef d\u2019InterBox, Stéphane Larouche.Certains promoteurs sont très optimistes au sujet des revenus et des foules alors qu\u2019il est plutôt prudent.Ça évite les mauvaises surprises.Mon père m\u2019a toujours dit de faire confiance aux gens discrets qui promettent peu.Jean est exactement comme ça.Les promoteurs américains nous disent tous la même chose: \"On ne vous connaît pas beaucoup, mais ne changez pas.\" » JEAN BÉDARD \u2022 Président et chef de la direction de Sportscene \u2022 Propriétaire de sa première Cage aux sports à 26 ans \u2022 Premier dirigeant de la Cage aux sports à 31 ans \u2022 Détenteur de 19,7% des actions de Sportscene \u2022 Valeur boursière de Sportscene: environ 50 millions \u2022 Valeur boursière de ses actions de Sportscene: environ 10 millions \u2022 Promoteur de 13 combats de championnat du monde avec InterBox, dont 10 au Québec 50 LaPresseaffairesMagazine Un traitement en classe affaires.Ogilvy Renault conseille des clients de partout dans le monde dans le cadre d\u2019importantes opérations internationales, celles-ci allant de mandats d\u2019envergure en fusions et acquisitions à des financements de projets internationaux. 1.Carte octroyée sous réserve de l\u2019approbation de crédit de la Banque Nationale.2.Le détenteur doit porter le billet d\u2019avion à son compte afin d\u2019être admissible aux assurances, à l\u2019exception de l\u2019assurancemédico-hospitalière.bnc.ca/platine Avec la carte Platine1 Banque Nationale, profitez de l\u2019assurance médico-hospitalière \u2013 hors province de résidence, ainsi que d\u2019une assurance pour les annulations ou interruptions de voyage, les retards de vols ou les pertes de bagages2.Protégez vos voyages ."]
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