La presse, 26 mars 2010, B. Vivre
[" VIVRE JEUX VIDÉO, MODE, SANTÉ, SOCIÉTÉ ET TECHNO EN FORME Les femmes en bonne santé doivent faire aumoins une heure d\u2019activité physique par jour pour garder la ligne.À lire sur cyberpresse.ca/forme MODE Les créateurs de mode ont décidé de faire des sous-vêtements des morceaux à exhiber.Le secteur de la lingerie bénéficie de cette nouvelle tendance.Lire la suite sur cyberpresse.ca/lingerie www.cyberpresse.ca/vivre MODE LOOK DE STAR POUR LE BAL PAGE 4 TECHNO BIENVENUE DANS L\u2019«HYPERCLASSE» PAGE 6 ADOPTION ILLUSTRATION FRANCIS LÉVEILLÉE, LA PRESSE Il est peu courant de voir un enfant avec deux papas.Mais pour combien de temps encore?L\u2019adoption homoparentale, permise au Québec depuis 2002, est en essor, surtout chez les hommes.Ils sont prêts à accueillir des enfants de la DPJ, souvent maltraités.Le processus est long et exige des nerfs d\u2019acier.Et les préjugés homophobes persistent.Comment se vit l\u2019adoption au masculin pluriel ?> Un dossier de Sophie Allard en pages 2 et 3.MONTRÉAL VENDREDI 26 MARS 2010 10 brevets exclusifs.* 2 technologies révolutionnaires.Vous aurez l\u2019air plus jeune.C\u2019est garanti.\u2020 Voici le soin clinique de la peau Neutrogena Clinical,MC le système anti-âge le plus attendu de sa catégorie.Visitez neutrogenaclinical.ca pour un coupon de 10 $.© Johnson & Johnson Inc.2010 *Brevets délivrés aux É-U; brevet en instance au Canada \u2020Ou vous serez remboursé MARQUE RECOMMANDÉE PAR LES DERMATOLOGUES VIVRE SOCIÉTÉ SOPHIE ALLARD Tristan* ouvre la porte du condo en trombe, un linge à vaisselle dans une main et un bol de purée dans l\u2019autre.En sourdine, des pleurs de bébé.«J\u2019essaie d\u2019introduire la viande, mais ça ne fait pas son bonheur», dit le nouveau papa , en retournant à la tâche.La cuisine, contemporaine et vitrée, est sens dessus dessous.Maxime, âgé de 8 mois, est dans la vie de Tristan et Frédéric, qui se sont mariés il y a quatre ans, depuis 50 jours à peine.«On est encore en phase d\u2019adaptation, mais ça va très bien.C\u2019est le manque de sommeil qui est plus difficile », confie Tristan.Le couple s\u2019est vu confier la garde de Maxime après «une attente interminable», deux ans après leur inscription au programme d\u2019adoption Banque mixte de la Direction de la protection de la jeunesse de Montréal.«Toutes les semaines sans exception, on croisait les doigts pour qu\u2019ils nous appellent et nous proposent un enfant.On ne connaissait pas son sexe, sa nationalité, ni son âge, confie Frédéric.Quand on l\u2019a vu, ça a été le coup de foudre.Il nous a souri immédiatement.» Trois jours après la première rencontre, Maxime vivait déjà avec ses deux papas.«On n\u2019a pas neuf mois de grossesse pour nous préparer psychologiquement.Du jour au lendemain, la vie bascule.Heureusement, la chambre était prête », dit Tristan.Le bébé blond aux yeux bleus est devenu leur unique préoccupation.Depuis 2002, les gais et les lesbiennes ont officiellement le droit d\u2019adopter au Québec comme ailleurs.En pratique, l\u2019adoption internationale leur est toujours refusée.À moins de prétendre être hétérosexuel et célibataire.«Les pays pour lesquels le Québec a des organismes agréés n\u2019autorisent pas l\u2019adoption par les homosexuels», indique Josée- Anne Goupil, du Secrétariat à l\u2019adoption internationale du Québec.Les couples de même sexe \u2013 des hommes surtout \u2013 se tournent donc vers la Banque mixte, les femmes optant pour l\u2019insémination artificielle.À Montréal, les gais comptent pour plus de 15% des parents adoptants ou en voie de l\u2019être.Ils acceptent d\u2019adopter des enfants maltraités, que la DPJ a retirés de leur famille.«Souvent, ces enfants sont porteurs de traumatismes, ils ont été négligés, sous-stimulés, mal nourris, violentés ou abusés, indique Michel Carignan, chef du service de l\u2019adoption au Centre jeunesse de Montréal.Les parents adoptants doivent être solides et capables de soutenir les besoins d\u2019un enfant aux exigences particulières.» Jeunes professionnels , Yannick et Denis étaient prêts à relever le défi.Ils sont en couple depuis 12 ans.«Nous avons toujours adoré les enfants.Mais en assumant notre homosexualité, on avait mis notre rêve de paternité de côté.Ça a changé», confie Yannick.Auj ou rd \u2019hui , i ls sont mariés, habitent une maison en rangée dans l\u2019est de Montréal et ils ont deux beaux enfants.Vincent, 2 ans, a été officiellement adopté en septembre 2009, deux ans après son arrivée au foyer familial à 3 mois.Loïc, 6 mois, vit avec eux depuis quelques semaines.«Nous étions très stressés au début.On lisait tous les livres de parents.Maintenant, on est plus instinctifs, dit Yannick.Ça bouleverse le quotidien, on se lève très tôt, on fait du lavage tous les jours.On glisse, on joue, on chante.C\u2019est la vraie vie.» Fini, l\u2019entraînement quotidien au gym.Fini, les 5 à 7.Ils préfèrent siroter une coupe de vin après le repas et le bain des enfants, quand la maisonnée est moins agitée.«Vincent a beaucoup d\u2019énergie.C\u2019est un vrai moulin à paroles, il est très sociable.Il a constamment besoin d\u2019attirer l\u2019attention», dit Denis.Vêtu d\u2019un pyjama de Flash McQueen, Vincent court partout, fait des grimaces, désobéit, joue, dessine et s\u2019assied finalement à la table, avec sa doudou bleue, pour regarder l\u2019album de son adoption.Yan profite de l\u2019accalmie pour prendre une gorgée de vin.Denis sourit en berçant Loïc.Malgré des antécédents de toxicomanie, Vincent est vif et en santé.«À son arrivée, Vincent présentait des retards de développement.On l\u2019a sur-stimulé et on l\u2019a ramené.On était ouverts à l\u2019idée d\u2019accueillir un bébé avec des carences.On voulait faire une différence en début de vie», dit Yannick.Deux papas, pourquoi pas ! «La recherche démontre que l\u2019enfant se développe aussi bien dans une famille homosexuelle que dans une famille hétérosexuelle.Il n\u2019y a aucune différence dans les capacités parentales.C\u2019est la chaleur et l\u2019attention que les parents portent à l\u2019enfant qui sont primordiales», souligne Danielle Julien, professeure au département de psychologie de l\u2019UQAM.Elle s\u2019est intéressée à l\u2019homoparentalité dans le cadre de ses travaux.Pourtant, les croyances homophobes persistent.«On pense que deux hommes sont incapables d\u2019élever des enfants, on est plus tolérant envers deux femmes.On parle d\u2019instinct maternel.C\u2019est vraiment persistant comme idée préconçue.» Pire encore, les allégations de pédophilie ne sont jamais loin, selon Gary Sutherland, coprésident de la Coalition des familles homoparentales.Jusqu\u2019à récemment, les couples gais devaient passer une entrevue additionnelle dans le cadre du processus d\u2019adoption.La procédure, considérée comme discriminatoire, a été modifiée.Certains homosexuels vivent quand même la démarche difficilement.«On m\u2019a demandé si j\u2019avais l\u2019habitude de fréquenter les saunas et si j\u2019étais \"multipartenaire\", s\u2019insurge Frédéric.Va-t-on aussi loin chez les hétéros?» Frédéric n\u2019a pas encore digéré la façon dont son couple a été traité.«On nous a clairement dit que, s\u2019ils avaient le choix, ils n\u2019accepteraient aucune famille homosexuelle, qu\u2019il fallait nous attendre à avoir un enfant plus vieux, à la peau noire et peut-être handicapé parce que personne n\u2019en veut.C\u2019est odieux.» Gary Sutherland, de la Coalition des familles homoparentales, est d\u2019avis qu\u2019on fait la vie plus dure aux couples de même sexe au cours du processus d\u2019adoption.«C\u2019est informel, mais on passe au second rang.Il semble y avoir un délai d\u2019attente plus long, avance-t-il.C\u2019est décourageant pour les couples gais.» Miche l Car igna n, du Centre jeunesse de Montréal, nuance: «Si la dimension de l\u2019homosexualité fait l\u2019objet d\u2019une attention particulière, c\u2019est pour s\u2019assurer que chacun des membres du couple vit bien son homosexualité, de façon épanouie et sans malaise.On ne veut pas placer un enfant dans un milieu où l\u2019on vit dans le secret.Et comme les homosexuels sont plus ouverts à l\u2019idée d\u2019accueillir un enfant différent, ça va plus vite.» Il est catégorique: à compétence égale, jamais un couple hétérosexuel n\u2019a préséance sur un couple de même sexe.On refuse jusqu\u2019à 15% des inscriptions chez les hétérosexuels, mais jamais un dossier d\u2019adoption n\u2019a été refusé parmi les postulants gais.*Certains prénoms ont été changés pour préserver l\u2019anonymat des enfants en voie d\u2019adoption.ADOPTION DESPÈRES GAIS ET GAGAS «Nous sommes une minorité dans la minorité, c\u2019est normal que ça crée la surprise.» \u2014 Tristan, papa en voie d\u2019adopter Maxime Gary Sutherland, son conjoint Antonio Ortega et leur fils Raphaël.PHOTO ANDRÉ PICHETTE LA PRESSE llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 2 V I V R E L A P R E S S E M O N T R É AL VE N D R E D I 26 MA R S 20 1 0 VIVRE SOCIÉTÉ Grandir dans la différence NOMBREUX, LES PARENTS HOMOSEXUELS?Au pays, on dénombre 45 300 couples de même sexe (17% sont mariés).C\u2019est 0,6% de l\u2019ensemble des couples.Le Québec compte la plus grande proportion de couples homosexuels, 0,8% de tous les couples québécois.Environ 9% des conjoints de même sexe ont des enfants de moins de 25 ans vivant à la maison, issus d\u2019une union précédente, de l\u2019adoption ou de traitements de fertilité.Le phénomène est plus fréquent chez les couples de femmes que chez les couples d\u2019hommes.Les couples de même sexe mariés sont plus susceptibles d\u2019avoir des enfants que les partenaires de même sexe en union libre.(Source: Statistique Canada, 2006) QUI SONT LES PÈRES GAIS ?«On leur reconnaît le même profil que les adoptants hétérosexuels.Ils ont souvent la quarantaine, ils sont professionnels, bien éduqués, ils ont de belles valeurs familiales et un couple solide.Ils ont beaucoup voyagé et ont une belle carrière professionnelle », note Michel Carignan, chef du service de l\u2019adoption au Centre jeunesse de Montréal.SOPHIE ALLARD Le programme Banque mixte, mis sur pied en 1988, permet à des enfants à haut risque d\u2019abandon d\u2019être placés le plus tôt possible dans une famille stable et prête à les garder en famille d\u2019accueil dans une perspective d\u2019adoption.Quand ils sont acceptés à l\u2019évaluation psychosociale, les candidats attendent d\u2019être jumelés à un enfant qui leur convient.Le délai d\u2019attente pour un enfant de moins de 2 ans peut s\u2019étirer jusqu\u2019à 24 mois.Il est moins long pour les cas plus lourds ou les enfants plus âgés.Depuis juillet 2007, les modifications apportées à la Loi sur la protection de la jeunesse mettent l\u2019accent sur la réhabilitation des parents biologiques.«Le rôle de la DPJ est de travailler avec les parents biologiques afin qu\u2019ils puissent assumer leurs responsabilités parentales.Le premier projet de l\u2019enfant est de retourner dans sa famille d\u2019origine.Si cette probabilité est mince, il y a parfois des surprises», indique Michel Carignan, chef du service de l\u2019adoption au Centre jeunesse de Montréal.Plus de 90% des enfants sont finalement adoptés.Les parents biologiques ont un droit de visite hebdomadaire.Certains ne se présentent jamais, d\u2019autres sont au rendez-vous.«La mère de Loïc est de plus en plus présente, raconte Yannick.Loïc en revient bouleversé chaque fois, il dort mal et pleure.C\u2019est difficile, on a cette crainte constante de le perdre.» Selon l\u2019évolution des dossiers, il peut s\u2019écouler plusieurs années avant que le juge n\u2019officialise l\u2019adoption.«On doit accepter un risque calculé.Ça crée un tiraillement, confie Tristan.Quand la mère de Maxime a cessé de venir aux rencontres, on ne pouvait s\u2019en réjouir totalement.On souhaite que l\u2019adoption se fasse rapidement, mais il y a une tristesse dans cette situation.» BANQUE MIXTE Attente et inquiétude SOPHIE ALLARD Raphaël, âgé de 4 ans, pense qu\u2019il est sorti du ventre de son père adoptif.«Il est tellement fier de dire qu\u2019il a deux papas.Il a de la difficulté à comprendre d\u2019où il vient», confie Gary Sutherland.Son conjoint Antonio Ortega et lui ont accueilli le garçon d\u2019origine haïtienne alors qu\u2019il avait 4 mois, en 2006.«Le premier soir, je paniquais.Il fallait donner le biberon, changer la couche.On était sur le qui-vive.La première nuit, il s\u2019est réveillé aux trois heures.Ça a changé notre vie du jour au lendemain », confie-t-il.Parents et amis ont été d\u2019un grand soutien.Quatre ans plus tard, la famille vit au rythme du train-train quotidien.Ou presque.Quand ils sortent, ils attirent immanquablement les regards.«C\u2019est rarement négatif, mais les gens sont curieux.Ils se permettent de poser toutes sortes de questions: sa mère est-elle noire?D\u2019où vient-il?L\u2019avez-vous adopté?» Le couple, parfois exaspéré, se fait un devoir de toujours dire la vérité.«Certains en sont bouche bée.» À la garderie, même si certaines éducatrices sont incapables de prononcer le mot homosexuel, le milieu est très ouvert.À la fête des Mères, Raphaël fait une carte à Gary ou à Antonio.L\u2019année dernière, il a préféré en bricoler une pour sa marraine.Tous savent qu\u2019il a deux pères.«Les enfants sont jaloux parce que Raphaël a deux papas pour jouer!» Si ça se passe plutôt bien, Gary et Antonio craignent le pire à l\u2019école.«Raphaël se fera probablement harceler.L\u2019homophobie est encore présente », déplore Gary.Avec la Coalition pour les familles homoparentales, il fait d\u2019ailleurs de la démystification auprès de futurs enseignants ainsi que dans les écoles et les garderies.«La situation peut être intolérable pour un enfant lorsqu\u2019il est stigmatisé par association, explique Danielle Julien, professeure de psychologie à l\u2019UQAM.S\u2019il est heureux avec ses deux papas, il ne comprend pas ce qui cloche, pourquoi il est persécuté.Ce n\u2019est pas logique.Très tôt, les parents sentiront le besoin de préparer leur enfant à affronter la situation si elle se présente.» Frédéric et Tristan y pensent déjà.«Maxime adore aller à la piscine, à ses cours de musique.On nous regarde parfois de travers, mais on ne va pas se priver de sortir.Pour faire avancer la cause de l\u2019homoparentalité, il faut se montrer, croit Frédéric.On doit s\u2019assumer, sinon l\u2019enfant va le ressentir.Un jour, il aura sûrement à défendre sa différence.On le préparera du mieux qu\u2019on peut.» «On ne se cache pas.On va au centre commercialàAmos comme au GayPride avec Vincent, raconte Yannick.Plusieurs gais, trop âgés pour adopter, nous envient.Les gens, gais comme hétéros, sont heureux pour nous.» Comme la plupart des couples gais avec enfants, ils fréquentent davantage des familles hétérosexuelles.«On partage les mêmes intérêts, on est sur la même longueur d\u2019onde.» La question reste en suspens: comment grandiront ces enfants?Michel Carignan, du Centre jeunesse de Montréal, s\u2019interroge.«Comme c\u2019est nouveau, les réponses à long terme manquent.Portent-ils cette différence comme un lourd fardeau ou nagent-ils làdedans avec grande aisance?» «Notre enfant n\u2019aura pas la même vie que ses voisins.Il a deux papas, dont un d\u2019origine mexicaine.On voyage beaucoup, on parle trois langues.Je pense que ça en fera un garçon sensible, curieux, ouvert d\u2019esprit et tolérant», dit Gary Sutherland, confiant.Plus il y aura de modèles de familles homoparentales, plus les barrières tomberont, affirme Danielle Julien.«Les jeunes gais et lesbiennes savent déjà qu\u2019il leur est possible de fonder une famille sans mettre de côté leur identité sexuelle.Les options sont là.C\u2019est tout récent.On verra probablement émerger de plus en plus de familles homoparentales.» llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L V E N D R E D I 2 6 M A R S 2 0 1 0 V I V R E 3 VIVRE MODE LUCIE LAVIGNE Virginie, adolescente de cinquième secondaire, con fi rme : le choi x d\u2019une robe pour le bal de fin d\u2019études est une chose trrrrès importante.«Parce que c\u2019est le résultat de cinq années de travail», dit-elle.Il faut donc une robe spéciale.Bien souvent, on parle d\u2019une tenue sublime, souvent glamourissime, bref, digne d\u2019une star sur tapis rouge.Une robe sirène, princesse ou cocktail, dos nu ou à bretelles, avec rivière de strass, bouillons ou drapés.«Elles désirent une robe glamour, très wow! car, disent-elles, un bal de fin d\u2019études n\u2019arrive qu\u2019une fois», explique Maria Zampino, copropriétaire de la boutique Bella Moda, sur la Plaza Saint-Hubert, à Montréal, une destination toujours très courue par les Cendrillon \u2013 pardon, les élèves à la cherche d\u2019une robe de bal.«Nous tenons un registre des écoles pour éviter, dans la mesure du possible, que deux élèves portent la même robe», enchaîne la commerçante.«J\u2019espère ne pas voir une fille porter la même robe que la mienne au bal, car ce sera une catastrophe», souligne Frédérique, 17 ans.Emballement pour lebal Depuis le début des années 90, le phénomène des robes de bal n\u2019a cessé de s\u2019amplifier.Il atteint parfois des proportions dignes des Oscars.Nicole, mère de deux adolescentes, à Montréal, confie.«C\u2019était le bal de l\u2019aînée, l\u2019an passé, et elle a porté trois robes: une pour la cérémonie de remise des diplômes, une autre, longue, pour le bal et une autre, plus sexy, pour l\u2019après-bal qui a suivi, tard dans la nuit.Sans compter le maquillage, la coiffure, les chaussures, les bijoux\u2026» Et ensuite?«Elles affichent les photos sur Facebook!» précise Nicole.LA PLUS GLAMPOUR ALLERAUBAL Ci-contre, deux robes et accessoires signés BCBGMAXAZRIA.La robe rose (517 $) et la bleue (582$).PHOTOS BCBGMAXAZRIA TENDANCES ÊVE DUMAS J\u2019AI TESTÉ Christiane Doucet, styliste et propriétaire de l\u2019atelier-boutique Coup de foudre, à Longueuil, a observé l\u2019évolution du marché.«Depuis près de 20 ans, la demande pour les robes de bal a toujours augmenté.Aujourd\u2019hui, elles représentent 75% de mon chiffre d\u2019affaires, calcule-t-elle.Autrement, je dessine des robes de soirée et des robes pour le cortège de la mariée.» Mme Doucet se positionne comme une solution de rechange aux commerces remplis de robes à l\u2019esprit «hollywoodien» de la Plaza Saint-Hubert.«Disons que mes modèles ne sont pas pourvus de brillants et que leur allure est plus moderne, précise la styliste.J\u2019offre entre autres des robes à jupe ballon», explique celle qui, depuis trois ans, note un retour aux robes cocktails, donc plus courtes, pour le bal.Certaines jeunes filles vont aller jusqu\u2019à se faire offrir une robe signée par un designer réputé.Celles griffées BCBGMAXAZR I A sont d\u2019ailleurs très prisées.Le Château entre dans la danse Ce printemps, l\u2019imposant détaillant canadien Le Château, connu pour son grand choix de robes, marque clairement son entrée dans le marché de la robe de bal.«Nos designers sont allés dans les hôtels où se tenaient les grands bals de fin d\u2019études, l\u2019an passé, et ils ont observé les styles de robes adoptés par les diplômées», explique Franco Rocchi, vice-président principal du Château.Depuis le mois dernier, les 220 magasins de l\u2019entreprise possèdent un registre des écoles pour les robes de bal.Les clientes qui choisissent une robe peuvent l\u2019inscrire dans cette base de données.Ainsi, les risques qu\u2019une autre fille de son école porte la même robe sont considérablement réduits.Robe (169,95$) et accessoires Le Château PHOTO LE CHÂTEAU UNEGARDE-ROBE DE 500$ Pour faire la promotion de sa nouvelle boutique en ligne, la boutique Onze a lancé le concours pancanadien Vive le printemps à la boutiqueonze.ca.Les internautes courent la chance de gagner une garde-robe printanière d\u2019une valeur de 500$, à magasiner dans le confort de leur chaise d\u2019ordi! La boutique Onze compte trois adresses à Montréal, sur le boulevard Saint-Laurent et dans les rues Saint-Denis et Sainte-Catherine.Dépêchez-vous, le concours se termine le 2 avril.Pour participer, il suffit de répondre correctement à la question hebdomadaire qui se trouvera sur le site tous les lundis.UNT-SHIRT\u2026 ET DES CULOTTESPOUR LACAUSE La boutique virtuelle Chiccane.com a lancé la semaine dernière son t-shirt exclusif 100% québécois au profit de la Fondation canadienne du cancer du sein.Imprimé sur un vêtement fabriqué par la griffe éthique OÖM Ethikwear et dessiné par la créatrice Nadya Toto, le t-shirt se vend 49$ en ligne.Le quart des ventes nettes de ce morceau seront remis à la Fondation canadienne du cancer du sein.La porte-parole de la cause est Sophie Grégoire-Trudeau, animatrice et correspondante québécoise de l\u2019émission eTalk Daily sur les ondes deCTV.Quant à la chaîne Jacob, elle «met ses culottes» et promet que 7$ seront remis à la Société canadienne du cancer pour la recherche sur le cancer du col de l\u2019utérus chaque fois qu\u2019une cliente achètera sept paires de culottes pour 35$, du 1erau 30 avril.PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE Des jeunes filles cherchent la robe idéale.Ici, Jackie Rebuli, Vanessa Cervini et Arielle Leoni en essaient plusieurs à la boutique Bella Moda, à la Plaza Saint-Hubert, sous l\u2019oeil amusé de la copropriétaire Ida Zampino.BCBGMAXAZRIA: www.bcbg.com BellaModa: 514-276-5140 Coup de foudre: www.boutiquecoupdefoudre.com Le Château: www.lechateau.ca Plaza Saint-Hubert: www.plazasthubert.com (section «bal de finissants») \u2022 \u2022 \u2022 \u2022 \u2022 CYBERPRESSE.CA BAL Voyez toutes les robes sur cyberpresse.ca/bal LAGAMMETOLÉRANCEEXTRÊMED\u2019AVÈNE Le lait nettoyant et la crème Tolérance extrême sont conçus pour les peaux hypersensibles et allergiques, mais s\u2019adressent aussi à la consommatrice qui fait tout simplement attention à ce qu\u2019elle met sur sa peau.Sans parfum ni agents de conservation, les nouveaux produits d\u2019Avène sont parmi les rares sur le marché à contenir aussi peu d\u2019ingrédients: six pour le lait nettoyant et neuf pour la crème.C\u2019est un nouveau système de fermeture exclusif (D.E.F.I.) qui permet au produit de rester stérile et intact sans agents de conservation.Le lait nettoyant est sans rinçage.On l\u2019applique du bout des doigts, puis on l\u2019élimine à l\u2019aide d\u2019un coton.Pratique.La crème présente une texture riche mais non grasse.C\u2019est une formule gagnante à tous points de vue.En ventedans les pharmacies: lait nettoyant, 27,50$ pour 50 ml, crème, 34,50$pour 50ml.4 V I V R E L A P R E S S E M O N T R É A L V E N D R E D I 2 6 M A R S 2 0 1 0 llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll \u2022 Robe verte à la une du cahier (310$, Le Château). VIVRE Vous êtes plutôt du genre talon aiguille ou sandale plate?Soulier de course ou botte tout terrain?Et si derrière toute femme, il y avait une chaussure?Une trentaine de personnalités se sont prêtées au jeu pour l\u2019exposition Le rêve aux pieds.SILVIA GALIPEAU Dis-moi ce que tu chausses, je te dirai qui tu es.C\u2019est l\u2019hypothèse qu\u2019avance le Musée de la femme de Longueuil dans une exposition fascinante sur la chaussure, afin de marquer de façon originale les 10 ans de la Marche mondiale des femmes.De quoi s\u2019agit-il?De souliers, en fait.Tout simplement.Mais pas des souliers de n\u2019importe qui.Et surtout: pas n\u2019importe lesquels.«On est partis de la relation psychanalytique que les femmes ont avec leurs chaussures, explique Lydie Olga Ntap, directrice générale du musée.Pourquoi on s\u2019attache tant à nos chaussures?» Pour répondre à cette existentielle question, elle a invité une trentaine de personnalités à lui céder sa paire de chaussures la plus chère (dans le sens de précieuse, et non coûteuse, quoique l\u2019un aille malheureusement souvent avec l\u2019autre.).Résultat?On découvre ici les souliers de noce de Denise Bombardier (qu\u2019elle n\u2019a jamais remis, sauf pour fêter ses sept ans de mariage), les talons sages de Sophie Thibault (signés Amalfi, marque fétiche de sa mère décédée), les sandales à talons tissées et très colorées de Marie-France Bazzo (parce qu\u2019«on ne dira jamais assez de bien des talons hauts, vraiment hauts»), les talons en métal ronds de Pauline Marois («le côté éclaté de ma personnalité »), les souliers de princesse de Louise Harel (malheureusement jamais portés: «La vie va trop vite pour être la Belle au bois dormant»), les pantoufles de la petite fille de Claudette Carbonneau (« Parce que la lutte pour l\u2019égalité est une course à relais»), les Prada léopards de Julie Snyder (avant la naissance de son fils et qu\u2019elle ne s\u2019assagisse: «Aujourd\u2019hui, je ferais un autre choix ») et puis les premiers talons hauts de Stéphanie Lapointe, portés sur les planches de Star Académie, jumelés à ses bottes, achetées pour escalader le Kilimandjaro (« J\u2019aime les oppositions (.).J\u2019aime penser que l\u2019on ne saisit jamais les gens en entier»).Entres autres souliers, se trouvent aussi ceux de Françoise David, de Sophie Langlois, de Laure Waridel, et, le clou de l\u2019expo, les talons très, très hauts et décorés main de Mado Lamothe.Il faut dire que la relation particulière entre la féminité et le soulier ne date pas d\u2019hier.«Dans la mythologie grecque, le pied est le symbole du sexe masculin, et la chaussure, celui de la féminité », rapporte Lydie Olga Ntap.L\u2019expo dresse aussi un bref historique des grands moments de l\u2019histoire de la chaussure, des affreux souliers de lotus chinois (pour lesquels les fillettes devaient se bander les pieds, finalement interdits en 1949) aux stilettos, en passant par les bottes des suffragettes, le talon aiguille (né dans les années 50) et les sandales plates (ressuscitées en 1960, en réaction aux talons).Longtemps associé par les féministes à la femme-objet, le talon aiguille fait un retour en force depuis plus de 10 ans.«Et si c\u2019était l\u2019expression assumée de la féminité ?» propose l\u2019exposition, en guise d\u2019explication.L\u2019exposition Le rêve aux pieds se transporte la semaine prochaine chez Holt Renfrew (du 31 au 9 avril).Un catalogue sera lancé pour l\u2019occasion.De retour ensuite au Musée de la femme, à Longueuil, jusqu\u2019au 30 avril.EXPO / Le rêve aux pieds Des chaussures qui disent tout ÈVE DUMAS Plus de 10 mil l ions de Canadiens auraient éteint leu rs lumières penda nt l\u2019Heure pour la Terre, l\u2019an dernier.Le Canada est le pays qui compte le plus grand nombre de villes participantes au monde.Peut-on en conclure que la population canadienne est préoccupée par les changements climatiques?Il ne reste plus qu\u2019à convaincre le gouvernement Harper ! L\u2019Heure pour la Terre est un rendez-vous annuel qui consiste à éteindre les lumières pendant une heure à l\u2019échelle planétaire.L\u2019exercice, très visible, vise à sensibiliser le public aux changements climatiques et à démontrer que les gens sont prêts à passer à l\u2019action, sur le plan individuel , et aimeraient que leurs gouvernements en fassent autant.Le Fonds mondial pour la nature a lancé l\u2019Heure pour la Terre à Sydney, en Australie, le 31 mars 2007.Plus de 2,3 millions de personnes et 2100 entreprises ont participé à ce premier mouvement.L\u2019an dernier, on estime que 1 milliard de personnes ont éteint leurs lumières.« Les gens ont souvent l\u2019impression que leurs petits gestes individuels n\u2019ont pas de pouvoir, mais lorsqu\u2019ils voient que plusieurs millions de Canadiens participent, ça donne une nouvelle énergie au mouvement », explique Keith Stewart, spécialiste en changements climatiques pour le Fonds mondial pour la nature (WWF-Canada).Le Torontois raconte qu\u2019un de ses amis avait tardé à éteindre ses lumières l\u2019an dernier.On a sonné à sa porte: c\u2019était deux enfants qui lui demandaient de «faire sa part pour la Terre»! Vous avez peur de trouver le temps long, samedi soir, dans le noir?Voici quelques activités qui vous tiendront occupés : > Recevoir des amis avec un souper végé (ou mieux: cru!) à la chandelle.> Organiser une dégustation à l\u2019aveugle.> Se promener dans les rues de son quartier et déposer des bougies devant les maisons dont les lumières sont restées allumées.> Essayer de voir des étoiles sur le mont Royal (dont la croix sera d\u2019ailleurs éteinte).> Coucher les enfants de bonne heure et.Pour plus d\u2019information: uneheurepourlaterre.ca Samedi soir dans le noir CYBERPRESSE.CA EXPOSITION Et vous, connaissez-vous vos chaussures?Notre questionnaire à cyberpresse.ca/chaussures PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE Une exposition originale que celle du Musée de la femme de Longueuil, qui montre les souliers de plusieurs personnalités québécoises, de Stéphanie Lapointe à Pauline Marois en passant par Marie-France Bazzo.CYBERPRESSE.CA JOHN FLUEVOG Notre blogueuse Anabelle Nicoud a posé quelques questions au designer de souliers de Vancouver John Fluevog, qui célèbre ces jours-ci 40 ans de création.Sur www.cyberpresse.ca/nicoud llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L V E N D R E D I 2 6 M A R S 2 0 1 0 V I V R E 5 Bishop\u2019s University Visitez: www.ubishops.ca/gaiters/BBCamp2010.pdf Visitez : www.ubishops.ca\\gaiters\\gfs École de football des Gaiters 27 juin au 2 juillet Camp de basketball de BISHOP\u2019S Du 8 au 12 août ou du 15 au 19 août Ce printemps 2010 apporte une touche sophistiquée à la femme qui s\u2019habille chez Oppen\u2019s.Nos collections de Kokomarina Tara Vao Simon Chang Tummy Tuck Jeans, Spanner, et Spanx par Sara Blakely.Spécialistes de mode pour tailles fortes de 14 à 24 Arrêtez, magasinez et amusez-vous! 4828, boul.St-Laurent (angle Villeneuve) 514-844-9159 www.oppens.ca Mardi au vendredi de 10h à 18h Samedi de 10h à 17h Ouvert le dimanche de 12h à 17h labaie.com Un nouveau parfum ésotérique qui incarne les valeurs aristrocratiques et l\u2019esprit couture de la maison Givenchy.Au coeur de cette fragrance se trouve la rose turque, mêlée de notes de mandarine, de citron, de basilic japonais et de cèdre.Le flacon rainuré à l\u2019allure classique dévoile le précieux liquide champagne.50 ml, 65 $; 100 ml, 89 $.SEULEMENT À LA BAIE EAUDEMOISELLE DE GIVENCHY Redonnez éclat et fraîcheur à votre peau grâce à ce fluide léger, diaphane et chatoyant.Ses paillettes aux nuances d\u2019or, de pêche et de rose diffusent la lumière et se fondent à votre teint pour laisser s\u2019épanouir votre beauté naturelle.Faites-en l\u2019expérience et brillez de tous vos feux.30 ml, 36 $.ILLUMINATEUR ORGASM DE NARS LES NOUVEAUX CHOUCHOUS DES PRODUITS QUE VOUS UTILISEREZ ENCORE ET ENCORE SÉRUM SUPER CORRECTEUR BIO-PERFORMANCE DE SHISEIDO Redonnezunéclat de jeunesse à votre peau grâce à ce complexe correcteur révolutionnaire.Conçu pour clarifier le teint, hydrater l\u2019épiderme et favoriser une exfoliationnaturelle, il donne à la peau un aspect plus ferme et plus lisse au toucher, tout en réduisant l\u2019apparence des rides et de l\u2019affaissement.La peau retrouve«miraculeusement » son air de jeunesse.30 ml, 98 $.SEULEMENT À LA BAIE Profitez des conseils avisés des expertes en beauté la Baie.Elles peuvent vous aider à trouver les produits qui conviennent à votre peau.Soyez des nôtres! ATELIERS DESTINATION BEAUTÉ DIOR DU 17 AU 28 MARS Dior est le spécialiste des indispensables en matière de beauté et de mode, pour toute humeur, occasion ou destination.Nous avons fait équipe avec la styliste du magazine FASHION, Tammy Eckenswiller, pour créer les styles de l\u2019heure que vous adorerez.Visitez notre site pour en savoir davantage sur les innovations dans le domaine de la beauté, nos nouveautés et nos offres spéciales.beauté Flash VIVRE TECHNAUTE MARIE-EVE MORASSE Àla rentrée des classes l\u2019automne dernier, les élèves de l\u2019école Wilfrid-Bastien étaient sans doute fébriles, heureux de revoir leurs amis et de rencontrer leurs professeurs.Mais ils ne pouvaient l\u2019être autant que Pierre Poulin et François Bourdon, deux enseignants de sixième année de cette école publique de l\u2019arrondissement de Saint-Léonard.C\u2019est assis dans la classe qu\u2019ils ont attendu l\u2019arrivée de leurs 25 recrues, prêts à guetter leurs réactions.«Je me rappelle le visage des élèves.Ils disaient : \"C\u2019est un café internet ?C\u2019est vraiment ici, notre classe ?\" » raconte Pierre Poulin.Les enfants venaient de découvrir le local dans lequel ils allaient passer l\u2019année scolaire.Un local qui n\u2019a rien à voir avec ceux auxquels ils ont été habitués.Dans la classe de M.Pierre et M.François, il n\u2019y a pas de pupitre alignés, seulement des tables rondes sur lesquelles sont posés des ordinateurs portables.Il y en a un pour chaque élève.Cette classe, l\u2019enseignant Pierre Poulin en rêve depuis longtemps.«C\u2019est un projet majeur, auquel je pensais depuis plusieurs années.Au printemps dernier, l\u2019occasion de créer une classe fondée sur la technologie pour les apprentissages s\u2019est présentée », dit-il.Son cousin venait de lui dire que l\u2019entreprise pour laquelle il travaille avait une quinzaine d\u2019ordinateurs portables à donner.Il n\u2019en fallait pas plus pour que l\u2019«Hyperclasse» voie le jour.Les manuels scolaires ne sont pas légion dans cette classe et le tableau vert accroché au mur sert rarement.On lui préfère un tableau numérique, un smart board.Toutes les notions que doivent apprendre les élèves passent par l\u2019informatique.L\u2019anglais?Plutôt que de parler entre eux avec un accent à couper au couteau, les enfants conversent par webcam avec de «vrais» anglophones de leur âge qui sont en Colombie-Britannique.Les mathématiques?On calcule tout en apprenant la programmation de petits robots qui doivent se promener sur un parcours bien précis.Une classe «normale » Les élèves de l\u2019«Hyperclasse» n\u2019ont pas été triés sur le volet.«Je voulais une classe normale, avec des cas problèmes, des élèves en difficulté d\u2019apprentissage, des élèves doués.Je voulais voir si j\u2019arriverais à faire travailler tout ce monde ensemble et à observer des progrès», explique Pierre Poulin.À voir les jeunes de 11 et 12 ans plancher sur leur logiciel de programmation lors du passage de La Presse, les enseignants semblent avoir gagné leur pari.«Parfois, mes amis ne me croient pas quand je leur dis que je fais de la programmation», dit Paul-Simon Omombo, 12 ans.Comme plusieurs de ses camarades de classe, il qualifie de «motivant» le fait d\u2019être dans cette classe pas ordinaire.«Ça motive beaucoup de travailler avec les ordinateurs, comparativement à lire seulement des bouquins», dit Nessrine Aouissi.Bien que la technologie prenne toute la place dans la classe branchée de l\u2019école Wilfrid-Bastien, les élèves ne sont pas en voie de devenir illettrés pour autant.Ils ne tiennent presque plus jamais de crayon entre leurs doigts, et pourtant «ils n\u2019ont jamais autant écrit», dit l\u2019enseignant François Bourdon.Blogues, comptes Twitter, lipdub diffusé sur YouTube : les jeunes de l\u2019«Hyperclasse» diffusent leurs travaux scolaires à tous ceux qui veulent bien s\u2019y intéresser.Il s\u2019agit là d\u2019un facteur de motivation important, affirme Mario Asselin, ancien directeur d\u2019école qui s\u2019intéresse aux technologies de l\u2019information en éducation.«Lorsqu\u2019on fait son travail pour la planète plutôt que pour son professeur ou ses parents, ça change la perspective, dit-il.Un jeune d\u2019aujourd\u2019hui n\u2019a pas de limites dans sa tête.» Raccrocher les professeurs La classe branchée ne fait pas que motiver les élèves, elle amène également d\u2019autres enseignants de l\u2019école Wilfrid- Bastien à considérer l\u2019utilisation des nouvelles technologies en classe.La classe sans papier L\u2019«hyperclasse» de l\u2019école Wilfrid-Bastien.PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE MARIE-EVE MORASSE À la commission scolaire de la Pointede- l\u2019Île, on est au courant du projet en cours dans la classe de sixième année de l\u2019école Wilfrid-Bastien et on le soutient.Mais on admet que les projets liés à l\u2019informatique naissent au gré des initiatives personnelles des professeurs.«Ce sont des projets qui sont toujours encouragés, parce qu\u2019ils sont porteurs.Mais chaque école gère son budget, avec les conseils d\u2019établissement », dit Christiane St-Onge, responsable des communications de la commission scolaire.Entre la première et la sixième année, chaque ordinateur installé dans une école de la commission scolaire de la Pointe-de-l\u2019Île est partagé par 4,1 élèves.À la Commission scolaire de Montréal, on ne tient pas de ratio élèves/ordinateur, mais on compte 16 000 ordinateurs répartis dans tous les établissements.ÀQuébec, le ministère de l\u2019Éducation, des Loisirs et du Sport n\u2019a pas de statistiques sur le taux de branchement des écoles à l\u2019échelle de la province.On indique simplement que pour l\u2019année 2009-2010, 30,4 millions de dollars ont été alloués aux commissions scolaires pour l\u2019équipement informatique, ce qui inclut les «micro-ordinateurs, les systèmes d\u2019exploitation, les logiciels de base intégrés, les logiciels éducatifs et les adaptations requises pour les élèves handicapés, de même que le matériel périphérique».«Ce qui domine, ce sont les usages administratifs, déplore Mario Asselin, directeur d\u2019Opossumet blogueur spécialisé en éducation.Ça ne bouge pas vite, les réseaux ne sont pas utilisables par les pédagogues.À moins d\u2019avoir une direction d\u2019école qui y croit \u2013 et il n\u2019y en a pas beaucoup \u2013, les projets sont la plupart du temps des initiatives personnelles.» Recherchés : profs passionnés «Imposer les nouvelles technologies aux professeurs, ça ne marche pas.Il faut trouver comment aller les chercher », dit Isabelle Massé, directrice de l\u2019école.On a donc instauré les MacMidis, pendant lesquels les enseignants de l\u2019école Wilfrid-Bastien sont invités dans l\u2019«Hyperclasse» pour se familiariser avec les ordinateurs.Des élèves sont là pour les aider.C\u2019est l\u2019école à l\u2019envers.Au départ, certains instituteurs ne venaient que pour manger.Quelques mois plus tard, ces mêmes profs ont mis sur pied dans leur classe des projets qui impliquent l\u2019utilisation des nouvelles technologies.«Dans le fond, on voulait trouver une façon d\u2019amener les autres enseignants à essayer l\u2019informatique sans avoir peur.Maintenant, on est en train d\u2019embarquer des profs qu\u2019on ne pensait jamais voir », dit François Bourdon.Ce projet réalisé, Pierre Poulin rêve maintenant d\u2019une école où toutes les classes seraient aussi branchées que la sienne.«C\u2019est un projet à long terme.Mieux vaut y aller tranquillement que de précipiter les choses.On ne veut pas que ça plante non plus.» Dans la classe de M.Pierre et M.François, le langage informatique n\u2019est jamais bien loin.Citations tirées des blogues des élèves de l\u2019«Hyperclasse » : «Moi, avant, je n\u2019aimais pas l\u2019école parce qu\u2019on était comme des \"robots\".L\u2019enseignant (e) nous donnait le travail et il fallait qu\u2019on le fasse en silence sans dire un mot.Nous étions placés en rang d\u2019oignons.(\u2026) Personnellement, je pense que le ministère de l\u2019Éducation devrait intégrer la technologie dans les écoles primaires et secondaires.Nous, les jeunes, nous apprécions la technologie.» \u2014 Kamilia «Je pense que notre classe technologique est un magnifique exemple pour les futures classes.Pourquoi les enfants n\u2019auraient-ils pas le droit de toucher à la technologie?(\u2026) Je suis sûre que plusieurs individus rêvent d\u2019une classe comme celle-ci.Cette expérience me servira toute ma vie.» \u2014 Yasmine ÉLÈVES BLOGUEURS CYBERPRESSE.CA JEU VIDÉO God of War III, titre attendu avec impatience par les amateurs du genre, ne décevra personne, ni les vétérans ni les néophytes.Lisez notre critique détaillée sur technaute.cyberpresse.ca/jeux llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 6 V I V R E L A P R E S S E M O N T R É A L V E N D R E D I 2 6 M A R S 2 0 1 0 "]
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