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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
C. Arts et spectacles
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2009-09-19, Collections de BAnQ.

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[" ARTS ET SPECTACLES DANY LAFERRIÈRE DANY EN TROIS TEMPS PAGE 24 GALA DES GÉMEAUX QUAND MAMAN ANIME.PAGES 2 ET 3 www.cyberpresse.ca/arts VIDÉO Voyez des extraits mettant en scène des enfantsvedettes sur cyberpresse.ca/vedette AUDIO Écoutez des extraits des critiques de CD sur cyberpresse.ca/disques LA GLOIRE À 10 ANS Juliette Gosselin, qui a tenu un premier rôle dans Nouvelle-France.La Cour des grands, La Classe de 5e, Les Parent : les enfants sont partout à la télévision.Bon nombre de films reposent en grande partie sur leurs petites épaules, comme l\u2019a vécu Juliette Gosselin avec Nouvelle-France.Mais diriger des enfants ne va pas sans contrainte : ils se transforment sous nos yeux, mais ce que l\u2019on ne voit pas, c\u2019est à quel point ces expériences précoces de travail les changent à tout jamais et déterminent le cours de leur vie.UN DOSSIER À LIRE EN PAGES 12 À 15 PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE LESENFANTS-VEDETTES BLOGUE Alain Brunet parle du nouveau CDde DJ Champion sur cyberpresse.ca/brunet LES ENFANTS-Véronique Cloutier MONTRÉAL SAMEDI 19 SEPTEMBRE 2009 museumsnature.ca La Magie des lanternes 11 septembre au 1er novembre \u2022 9 h à 21 h 1822279A 1822283 ARTS ET SPECTACLES HUGO DUMAS CHRONIQUE Ca t her i ne T r udeau , François Létourneau et Jean-François Rivard, ext irpez vos plus bel les tenues de leurs housses Holt Renfrew, peaufinez vos discours de remerciements et passez chez Alvaro, car votre excellente série Les invincibles raflera tous les honneurs aux Gémeaux demain soir.Dans la catégorie la plus prestigieuse de la soirée, celle de la meilleure série dramatique, Les invincibles éclipsera facilement Les états-humains, Les étoiles filantes et Les soeurs Elliot 2.Et si Les invincibles mord la poussière ici, voilà une vraie bonne raison pour boycotter l\u2019Académie canadienne du cinéma et de la télévision l\u2019an prochain.Chez les actrices dans un rôle dramatique, Catherine Trudeau, magnifique dans la peau de Lyne-la-pas-fine, triomphera, c\u2019est clair.Pas que la compétition ne soit pas relevée avec des grandes comédiennes comme Sylvie Moreau, Isabel Richer et Maude Guérin.Mais Lyne a tellement marqué le petit écran québécois que de snober son interprète, bouleversante et touchante, équivaudrait à un vol à main armée.Du côté des gars, les choses se corsent délicieusement : trois des cinq finalistes proviennent des Inv incibl e s : Patrice Robitaille, François Létourneau et Pierre-François L egend r e.Mon c ho ix ?François Létourneau, qui a brillamment interprété le détestable P-A pendant toutes ces années.Sauf que mon petit doigt me dit que l\u2019Académie récompensera plutôt Pierre- François Legendre, al ias Carlos Fréchette, qui a offert une performance éblouissante dans le dernier épisode de la trilogie, où il encaissait la mort de sa douce.Pour les comédies, je suis déchiré entre Les hauts et les bas de Sophie Paquin, Les Parent et Tout sur moi.Bon, O.K., j\u2019appuie Éric, Macha et Valérie, et leur formidable sens de l\u2019autodérision, mais je prévois quand même une victoire de l\u2019infatigable Sophie Paquin, qui a remporté le trophée l\u2019an passé.Au rayon téléroman, le dernier tour de piste d\u2019Annie et ses hommes lui vaudra une autre statuette dorée, même si Providence m\u2019a beaucoup plus accroché.Malgré un rehaussement général de sa qualité, La promesse n\u2019accote pas encore les deux autres finalistes.Parlant de La promesse , Sébastien Delorme a causé la surprise en 2008 en battant Denis Bouchard, le sympathique Hugo d\u2019Annie et ses hommes.La partie se jouera encore entre ces deux-là.Chez les femmes, Guylaine Tremblay remerciera une dernière fois les fidèles d\u2019Annie et ses hommes, après avoir passé sept ans dans la peau de la chaleureuse Annie à TVA.Au rayon des ac t r ices comiques, le choix est quasi impossible à fa i re ent re Isabelle Blais (C.A.III), Anne Dorval (Les Parent), Suzanne Clément (Sophie Paquin),Macha Limonchik (Tout sur moi) et Valérie Blais (Tout sur moi).Puisqu\u2019il faut se mouiller, je souhaite à Valérie ou Macha de monter sur la scène, pour qu\u2019elles puissent enfin agripper un prix Gémeaux et parce qu\u2019Anne Dorval et Suzanne Clément ont déjà goûté à l\u2019ivresse du triomphe.Chez les gars, gros calibre aussi, avec une longueur d\u2019avance pour Patrick Huard (Taxi 0-22), Daniel Brière (Les Parent) et Éric Bernier (Tout sur moi).Prédiction: Rogatien gagnera.Quoique Éric Bernier pourrait brouiller les cartes.Alors,bongaladesGémeaux, amis téléphiles.On aime notre télé québécoise.Et on est pas mal fiers de ceux et celles qui la fabriquent et qui nous la livrent tous les jours, dans le doux confort de nos salons.Je lévite Avec Valentino : Le dernier empereur.Le journaliste du Vanity Fair Matt Tyrnauer a épié pendant deux ans le créateur italien de la célèbre robe rouge.Résultat?Un documentaire fascinant sur ce prince de la haute couture, excentrique fini, diva jusqu\u2019au bout des doigts, mais avec un côté rigolo très attachant.Je l\u2019évite L\u2019infâme pub du Slap Chop.Elle a tellement roulé et roulé, quand on quasiment le goût de porter un micro à l\u2019oreille comme chez Gap, de se faire teindre des mèches blondes et de couper des légumes, paf, d\u2019un seul coup, comme ça ! S Pour joindre notre chroniqueur : hdumas@lapresse.ca Une soirée à 110% invincible Chez les actrices dans un rôle dramatique, Catherine Trudeau, magnifique dans la peau de Lyne-la-pas-fine, triomphera, c\u2019est clair.Pas que la compétition ne soit pas relevée, mais Lyne a tellement marqué le petit écran québécois que de snober son interprète, bouleversante et touchante, équivaudrait à un vol à main armée.24e GALA DES PRIXGÉMEAUX Véronique Cloutier animera vraisemblablement son deuxième gala des prix Gémeaux en tandem\u2026 avec sa fille ! Bien qu\u2019elle soit enceinte de 37 semaines, la jeune femme a l\u2019intention de se rendre jusqu\u2019à la fin de la soirée, à moins que bébé se manifeste.Rencontre avec la sympathique animatrice.QUANDMAMAN PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE Enceinte jusqu\u2019aux oreilles, Véronique Cloutier animera demain le gala des Gémeaux.à moins que bébé n\u2019en décide autrement.Sébastien Benoit sera dans les coulisses prêt à prendre la relève en cas de surprise.NATHAËLLE MORISSETTE «Je prends entièrement le blâme du retard, parce que je me déplace de moins en moins vite!» Arrivées à Radio-Canada quelques minutes après l\u2019heure prévue pour le début de la conférence de presse portant sur le gala des prix Gémeaux, qui se tiendra demain, Véronique Cloutier et sa bedaine étaient loin de passer inaperçues\u2026 Vêt ue ce t t e j ou rnée -l à d \u2019un ensemble gris qui lui allait à ravir, Véronique Cloutier, visiblement en grande forme, pouvait difficilement dissimuler ses 37 semaines de grossesse.Qu\u2019à cela ne tienne, la jeune femme âgée de 34 ans, qui est déjà mère de deux enfants, a bien l\u2019intention d\u2019enfiler demain ses multiples tenues de soirée et de porter son chapeau de chef d\u2019orchestre de la grande fête de la télévision québécoise.Malgré son énergie et sa détermination, la même question revient sans cesse sur le tapis : pourquoi se lancer dans une aventure aussi exigeante alors que son accouchement est prévu pour la première semaine d\u2019octobre ?Et le papa, Louis Morissette, ne trouve-t-il pas que sa blonde, aussi énergique soit-elle, dépasse les bornes ?«Sur le coup, il m\u2019a dit : \"Voyons donc! Es-tu sûre?Ç\u2019a pas d\u2019allure.\" Tout le monde m\u2019a demandé: \"As-tu bien réfléchi?Il me semble que c\u2019est risqué.\" Mais en même temps, ces mêmes personnes me connaissent et savent que si j\u2019ai ça dans la tête, je vais le faire !» lance en riant l\u2019animatrice de Paquet voleur à La Presse à l\u2019issue du point de presse.Installée à une table de la salle Jean-Despréz à Radio-Canada, Véro, comme tout le monde l\u2019appelle, explique qu\u2019il n\u2019y a pas un million de raisons qui justifient sa décision.«La vérité est bien simple: j\u2019avais accepté le gala avant de savoir que j\u2019étais enceinte.Et quand j\u2019ai su que j\u2019allais accoucher après (le gala), ça me tentait de le faire quand même parce que j\u2019aime ça.Je n\u2019avais pas envie de passer un an et me dire bon, je reviendrai peut-être l\u2019an prochain.Parce que quelqu\u2019un d\u2019autre peut arriver, faire un super job et le garder.Et c\u2019est correct.» Visiblement, celle qui animera son deuxième gala tient mordicus à relever le défi, envers et contre tous.Avant de se retirer pendant quelques mois à la suite de son accouchement, souhaiterait- elle partir en beauté et effacer le mauvais souvenir laissé par le Bye Bye 2008 et tous les remous que l\u2019émission de fin d\u2019année a provoqués?«Je ne llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 2 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 19 SE P T E M B R E 2 0 0 9 ARTS ET SPECTACLES NATHALIE PETROWSKI CHRONIQUE Il se passe quelque chose d\u2019assez réjouissa nt ces jours-ci au Québec.Les mots brillent de tous leurs feux.Les mots sont les vedettes de l\u2019heure.Qu\u2019ils soient dits, lus, récités, criés ou postillonnés, les mots font courir les foules et remplissent leurs églises.À Québec, samedi dernier, ils étaient des mi l l iers assi s da ns l\u2019herbe humide à écouter les mots débouler de la bouche de 100 personnalités réunies par le Moulin à paroles.Puis quelques heures après la fin de ce marathon, Fabrice Luchini prenait le relais des mots au Monument-National.Les bras chargés de textes, sa bouche mitraillant des extraits de Paul Valéry, de LaFontaine ou de Roland Barthes, Luchini réinvente chaque soir le principe même de la lecture publique avec une énergie aussi volcanique que jubilatoire.Et depuis hier, à deux coins de rue du feu d\u2019artifice Luchini, voilà que le FIL, le Festival international de la littérature, revient à la Cinquième salle et un peu partout en ville, avec ses spectacles de poésie déjantés, ses concerts musicolittéraires, ses lectures sublimées et son orgie de mots.Lorsque Michelle Corbeil m\u2019a annoncé que son festival célébrait ses 15 ans, j\u2019ai été sidérée.Quinze ans déjà ?Et lorsqu\u2019elle m\u2019a rappelé que c\u2019est son festival qui a accueilli les premières grandes lectures publiques avec des monstres sacrés comme Sami Frey, Fanny Ardant et Jean-Louis Trintignant, j\u2019en ai déduit que c\u2019est un peu grâce au FIL si, aujourd\u2019hui, les Montréalais (et bientôt les gens de Québec) s\u2019a rrachent les billets pour le spectacle de Luchini.Pas des billets à petit prix.Que non ! Des billets qui à partent à 70 $ et qui montent jusqu\u2019à 120$.Michelle Corbeil aurait bien aimé présenter le spectacle de Luchini pour le 15e anniversa ire du F I L .Rien de plus normal puisque la mise en spectacle des mots, c\u2019est son domaine.Elle a fait une offre à la hauteur de ses modestes moyens .Sa modeste offre a été battue pa r une contre-of f re sans doute mirobolante de Gilbert Rozon, qui avait déjà fait venir Luchini au TNM en 2006.Qu\u2019à cela ne tienne: l\u2019important dans cette affaire, c \u2019est que le spectacle de Luchini, et son cortège étincelant de mots, ait traversé l\u2019Atlantique pour se rendre jusqu\u2019à nous.Michelle Corbeil en est d\u2019ailleurs la première ravie.N\u2019empêche.La directrice du FIL s\u2019intéressait aux mots et à la littérature bien avant que ça ne soit à la mode ou rentable.Pendant des années, elle a dû user de ruse comme de supplications pour obtenir un peu de sous des gouvernements, tout en se faisant dire par une brillante fonctionnaire : «Montréal est déjà la ville du jazz, la ville du rire et la ville de la chanson francophone.La dernière chose dont cette ville a besoin, c\u2019est de la littérature.» Des propos comme ceux-là ne s\u2019inventent pas et témoignent bien du chemin prodigieux qui a été parcouru.Comme quelques autres petits défricheurs, la directrice du FIL a mis la table littéraire pour nous.Elle a épluché les textes, les a découpés en lamelles ou en dés, avant de les faire lentement mijoter dans une marmite de mots débordante de saveurs et d\u2019arômes.Mais aujourd\u2019hui, juste au moment de se mettre à table avec ses convives, voilà qu\u2019elle apprend que ces derniers ont été invités ailleurs dans un énorme et coûteux festin où les mots ont non seulement un poids mais un prix : un gros prix.Évidemment, ce n\u2019est pas la faute de Gilbert Rozon si les seules dates où Fabrice Luchini éta it disponible coïncidaient avec les dates du FIL.Je doute même qu\u2019il ait pensé une seconde que le show de Luchini puisse faire de l\u2019ombre aux activités du FIL.Mais comme c\u2019est une possibilité que la récession a rendu réelle, peut-être que Gilbert Rozon pourrait avoir une pensée, un mot ou un geste pour celle qui a mis la table avant lui.Ça chasserait le parfum d\u2019opportunisme qui flotte dans l\u2019air.S Pour joindre notre chroniqueuse : npetrows@lapresse.ca PAUTRES TEXTES SUR LE FIL À LIRE EN PAGES 22 ET 23 Le prix des mots Évidemment, ce n\u2019est pas la faute de Gilbert Rozon si les seules dates où Fabrice Luchini était disponible coïncidaient avec les dates du FIL.Mais peut-être que Gilbert Rozon pourrait avoir une pensée, un mot ou un geste pour celle qui a mis la table avant lui.Ça chasserait le parfum d\u2019opportunisme qui flotte dans l\u2019air.HUGO DUMAS MARC CASSIVI NOS CHOIX ET PRÉDICTIONS Nos choix et nos prédictions H MEiLLEuRE SéRiE dRAMATiquE États-humains Les étoiles filantes Les invincibles (saison 3) H H Les soeurs Elliot II MEiLLEuR TéLéRoMAn Annie et ses hommes H H La promesse Providence MEiLLEuRE CoMédiE CA III Les hauts et les bas de Sophie Paquin H H Les Parent Taxi 0-22 (saison 3) Tout sur moi III dRAMATiquE: MEiLLEuR PREMiER RôLE MASCuLin François Papineau \u2013 États-humains Stéphane Crête \u2013 Les étoiles filantes François Létourneau \u2013 Les invincibles (saison 3) Patrice Robitaille \u2013 Les invincibles (saison 3) Pierre-François Legendre \u2013 Les invincibles (saison 3) H H dRAMATiquE: MEiLLEuR PREMiER RôLE féMinin Maude Guérin \u2013 Belle-baie II Sylvie Moreau \u2013 États-humains Myriam LeBlanc \u2013 Les étoiles filantes Catherine Trudeau \u2013 Les invincibles (saison 3) H H Isabel Richer \u2013 Les soeurs Elliot II TéLéRoMAn: MEiLLEuR PREMiER RôLE MASCuLin Denis Bouchard \u2013 Annie et ses hommes H Vincent Graton \u2013 L\u2019auberge du chien noir Sébastien Delorme \u2013 La promesse H Bernard Fortin \u2013 Providence Hugo Dubé \u2013 Providence TéLéRoMAn: MEiLLEuR PREMiER RôLE féMinin Guylaine Tremblay \u2013 Annie et ses hommes H H Michèle-Barbara Pelletier \u2013 La promesse Monique Mercure \u2013 Providence CoMédiE: MEiLLEuR PREMiER RôLE MASCuLin Antoine Bertrand \u2013 CA III François Papineau \u2013 La grande bataille Daniel Brière \u2013 Les Parent Patrick Huard \u2013 Taxi 0-22 (saison 3) H Éric Bernier \u2013 Tout sur moi III H CoMédiE: MEiLLEuR PREMiER RôLE féMinin Isabelle Blais \u2013 CA III Suzanne Clément \u2013 Les hauts et les bas de Sophie Paquin H H Anne Dorval \u2013 Les Parent Macha Limonchik \u2013 Tout sur moi III Valérie Blais \u2013 Tout sur moi III À 14h30, Patricia Paquin animera la remise de prix de l\u2019Académie qui soulignera le travail des producteurs, des réalisateurs, des auteurs et des interprètes de soutien.La cérémonie sera diffusée sur le web sur le site de canoe.ca.À 18h30, une émission spéciale d\u2019avant-gala sera diffusée sur ARTV.La fièvre des Gémeaux sera animée par Marie-Soleil Michon, qui fera un survol de l\u2019année télévisuelle.À 19h30, Véronique Cloutier animera le gala sur les ondes de Radio-Canada en direct de la salle Maisonneuve de la Place des Arts.À 22h, après le gala, ARTV diffusera l\u2019émission C\u2019est juste de la TV \u2013 spéciale lauréats des prix Gémeaux.On y commentera les meilleurs moments de la soirée ainsi que les résultats du vote.À LA TÉLÉ ET SUR LE WEB ANIME\u2026 l\u2019avais pas vu comme ça, répond-elle, l\u2019air songeur.Mais ce n\u2019est pas faux.En même temps, c\u2019est bien risqué, parce que ça pourrait mal se passer dimanche.C\u2019est un risque qui fait partie de notre métier.C\u2019est comme ça.Mais c\u2019est sûr que ce n\u2019est pas la même commande que le Bye Bye.Le Bye Bye, par définition, c\u2019est une revue décapante de l\u2019année.Tandis qu\u2019aux Gémeaux, on fête la télévision.» Préparation et\u2026 La-Z-Boy Bien qu\u2019elle semble dans une forme splendide à quelques jours du gala, Véronique Cloutier ne peut cacher sa fatigue.Au cours des derniers jours de préparation, son horaire était en fait infernal.La journée de sa rencontre avec La Presse, par exemple, avant de se pointer en conférence de presse, elle avait déjà organisé la journée de ses enfants, lu et répondu à une pluie de courriels, préparé et animé Les midis de Véro sur les ondes de Rythme FM et, enfin, répété pour les Gémeaux.Quand trouve-t-elle le temps de se reposer?Rarement avant 23h30.Et le lendemain, la routine recommence.« La seule différence, elle est vraiment sur le plan physique, assure-t-elle.C\u2019est sûr que je suis plus essoufflée.Je me déplace moins élégamment, lance-t-elle dans un fou rire.C\u2019est aussi plus compliqué de m\u2019habiller pour le gala.» Les robes de maternité destinées à ce genre de soirée ne sont apparemment pas légion.«On a finalement réussi à trouver et c\u2019est ma grande fierté de dire que ce ne sont pas des robes de maternité.» Les vêtements dénichés sont simplement de plus grande taille et les coutures ont été trafiquées à quelques endroits.En ce qui concerne les répétitions, elle a également apporté quelques ajustements à sa façon de travailler.Lorsqu\u2019il y a des périodes d\u2019attente, elle s\u2019assoit confortablement dans\u2026 son fauteuil.«On a fait venir un La- Z-Boy en fin de semaine dernière à la Place des Arts! Je n\u2019ai pas le choix parce que je fais tellement d\u2019enflure qu\u2019il faut que je m\u2019assoie les jambes plus hautes.» Si jamais le troisième bébé du couple Morissette-Cloutier décidait de se manifester demain, jour du gala, Sébastien Benoit, qui sera en coulisse, la remplacera au pied levé.Soulagée de savoir qu\u2019il pourra prendre la relève en cas de surprise, Véro se dit confiante de se rendre jusqu\u2019à la fin de la soirée.«C\u2019est une question de gestion d\u2019horaire, et de ma fatigue aussi.En fin de semaine, j\u2019ai réalisé qu\u2019il fallait que j\u2019y aille un petit peu plus mollo si je voulais me rendre à dimanche.» Et lundi , au lendemai n des Gémeaux, prendra-t-elle enfin une pause ?Pas tout à fait, puisqu\u2019elle sera derrière le micro de son émission de radio jusqu\u2019à vendredi prochain.Mais après, elle enfilera ses pantalons de jogging et n\u2019a pas l\u2019intention de s\u2019en séparer\u2026 pendant les trois prochains mois, promet-elle.Avec l\u2019arrivée de sa petite fille \u2013 dont le prénom n\u2019a pas été encore choisi \u2013 , Véronique Cloutier sait qu\u2019elle devra mettre quelques projets de côté.«L\u2019arrivée de ce troisième enfant, ça me fait réaliser que je jongle avec beaucoup de balles, affirme-t-elle.Si je ne veux pas en échapper, il va falloir que j\u2019en dépose volontairement.Ça va être l\u2019heure des choix.» Difficile de savoir quels seront les projets qu\u2019elle mettra de côté.Chose certaine, lorsqu\u2019on lui demande si elle accepterait d\u2019animer les Gémeaux l\u2019an prochain, elle répond sans hésiter : «Oui, avec plaisir.Surtout que l\u2019année prochaine, c\u2019est le 25e anniversaire.» Avant de se retirer pendant quelques mois, Véronique Cloutier souhaiterait-elle effacer le mauvais souvenir laissé par le Bye Bye 2008?«Je ne l\u2019avais pas vu comme ça, répond-elle, l\u2019air songeur.Mais ce n\u2019est pas faux.En même temps, c\u2019est bien risqué, parce que ça pourrait mal se passer dimanche.C\u2019est un risque qui fait partie de notre métier.» llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 9 S E P T E M B R E 2 0 0 9 A R T S E T S P E C T A C L E S 3 ARTS ET SPECTACLES MUSIQUE MARIE-CHRISTINE BLAIS Sur l\u2019internet \u2013 et dans une médiathèque en Belgique! \u2013, on peut encore trouver quelques exemplaires des disques vinyles enregistrés par le poète et chansonnier innu Philippe McKenzie dans les années 80, pour le compte de ce qui s\u2019appelait alors le CBC Northern Service.À l\u2019époque, parmi ses musiciens, se trouvait un certain Florent Vollant, guitariste\u2026 Depuis une trentaine d\u2019années, sur des airs folk et country, Philippe McKenzie chante l\u2019amour, l\u2019espace, la vie des Amérindiens, leur quête d\u2019identité, leurs songes, leurs rêves souvent brisés, sans sombrer dans l\u2019amertume ou le misérabilisme.Sa chanson Innu (que Chloé Sainte- Marie a reprise sur l\u2019album Je marche à toi) est considérée comme un véritable hymne par sa communauté.Mais qui d\u2019entre nous connaît Philippe McKenzie ?Eh bien, un certain Gilles Carle, cinéaste.C\u2019est en voyant le film Le dernier glacier (réalisé en 1984 par Jacques Leduc et Roger Frappier) que Carle entend la chanson Ka Papeikupesh (Le solitaire) de McKenzie et qu\u2019il fait appel à son tour au poète et chanteur innu pour la bande sonore de son film La postière (1992), mettant en vedette Chloé Sainte-Marie.«Pour moi, dit celle qui est devenue depuis fine interprète de poètes, Philippe est l\u2019un des plus grands auteurs-compositeurs nord-américains, au même titre que Neil Young ou Bob Dylan.» Sur le tout nouvel album de la chanteuse, baptisé Nitshisseniten e Tshissenitamin (Je sais que tu sais), se trouve d\u2019ailleurs sa reprise bien à elle de Ka Papeikupesh, avec seulement sa voix, un piano, un violoncelle.Oui, un piano et un violoncelle.Car sur cet album, s\u2019il y a parfois des percussions amérindiennes, il y a aussi du violon, de l\u2019accordéon, des claviers : bref, c\u2019est un disque de Chloé Sainte-Marie, aussi beau que ses trois précédents\u2026 «Ka Papeikupesh est la dernière chanson qu\u2019on a enregistrée, dit-elle, on n\u2019arrivait pas à trouver comment la faire.Avec Réjean (Bouchard, réalisateur et arrangeur, également derrière quasi tous les instruments de l\u2019album!), on travaille toujours de la même façon: on choisit des textes et on les \"monte\" tous en même temps pour qu\u2019ils deviennent des chansons simultanément.» Dans le cas du répertoire de McKenzie, les textes et les mélodies existaient déjà, la situation n\u2019était donc pas la même qu\u2019avec les poèmes de Miron, Giguère ou Gilles Carle, qu\u2019il fallait mettre d\u2019abord en musique.Mais encore fallait-il les arranger et surtout apprendre à prononcer correctement les paroles pour que Chloé Sainte-Marie fasse siennes les chansons du poète de la Côte-Nord.Pendant neuf mois, avec son amie Joséphine «Bibitte» Bacon (qui a également écrit les poèmes d\u2019ouverture et de clôture du disque), elle a travaillé les textes, la prononciation, le sens : «C\u2019est Joséphine qui m\u2019a proposé de faire un disque-hommage à Philippe, Si ça n\u2019était pas venu d\u2019elle, jamais je n\u2019aurais osé le faire.» Puis, pendant quatre mois, avec Réjean Bouchard, Chloé Sainte-Marie a cherché en studio comment rendre le mieux possible les mots et les musiques de McKenzie \u2013 McKenzie qui vient de faire un AVC, mais qui sera au lancement, mercredi prochain.«Tu sais, on enregistre dans le studio qu\u2019on a à la maison parce que je veux que Gilles (Carle) soit là, qu\u2019il nous entende, parce que tout vient de lui, pour moi.Tu vois la pochette ?C\u2019est un dessin de Gilles, il m\u2019a représentée avec une pomme verte qui me clôt la bouche.Eh bien, je viens d\u2019apprendre que la pomme (rouge) est le symbole de la nation métis.Or, Gilles est un métis montagnais \u2013 d\u2019ailleurs, il paraît qu\u2019il a un sosie à Malioténam, un Innu qui lui ressemble tout à fait ! «En faisant ce disque, reprend-elle, j\u2019avais le désir de me retrouver, de nous retrouver: mon premier ancêtre, arrivé ici en 1656, a été un interprète, ce qu\u2019on appelait alors un truchement ; CHLOÉ SAINTE-MARIE Je sais que tu ne sais Depuis 10 ans et trois albums, Chloé Sainte- Marie a chanté des poètes d\u2019ici, y compris des poètes amérindiens et inuit, à raison d\u2019un, deux ou trois textes par disque.Son tout nouvel album va plus loin : la chanteuse aux cheveux rouges se consacre quasi exclusivement au répertoire du poète innu Philippe McKenzie.Oui, c\u2019est un disque entièrement interprété en montagnais\u2026 «En faisant ce disque, j\u2019avais le désir de me retrouver, de nous retrouver : mon premier ancêtre, arrivé ici en 1656, a été un interprète, ce qu\u2019on appelait alors un truchement ; il parlait l\u2019abénaquis, l\u2019algonquin\u2026» llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 4 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 1 9 S E P T E M B RE 20 0 9 Une chance unique de voir cette légende du jazz en toute intimité McCOY TYNER with special guest GARY BARTZ TRIO L\u2019ASTRAL (Maison du Festival Rio Tinto Alcan) 305, RUE SAINTE-CATHERINE OUEST 514 908-9090 \u2013 ticketpro.ca BILLETS Jeudi 24 septembre, 20h Vendredi 25 septembre, 20h Samedi 26 septembre, 20h 1971596A Dates de tournée : www.michelinesarrazin.com Et en tournée partout au Québec ! LES PRODUCTIONS MICHELINE SARRAZIN INC.27 et 28 novembre 2009 175, rue Sainte-Catherine Ouest, Montréal Métro Place des Arts Les Productions Micheline Sarrazin présentent Billets en vente au 514 842-2112 et au www.pda.qc.ca 1971863A 2009 - 2010 On joue québécois duceppe.com Abonnez-vous! 514 288-5034 1934681A ARTS ET SPECTACLES MUSIQUE PHOTO PIERRE DURY Pour Chloé Sainte-Marie, fine interprète de poètes, «Philippe McKenzie est l\u2019un des plus grands auteurs-compositeurs nord-américains, au même titre que Neil Young ou Bob Dylan».il parlait l\u2019abénaquis, l\u2019algonquin\u2026 Et quand on y pense, on est tous des métis, on a tous du sang indien dans les veines.Ce qui serait important, c\u2019est que nos enfants apprennent à l\u2019école la langue amérindienne de leur région: les enfants de Gaspésie apprendraient le micmac, les enfants de Québec, le huron-wendat, ceux de Montréal, le mohawk\u2026 Et nous pourrions nous parler.C\u2019est le titre d\u2019un recueil de poèmes de mon amie Bibitte : Parlons-nous\u2026» «As-tu déjà entendu l\u2019attikamekw (appelée également tête-de-boule et parlée le long de la rivière Saint- Maurice)?demande Chloé Sainte- Marie, avec une énergie qu\u2019on n\u2019attend pas d\u2019une femme qui mène également à bout de bras la conception d\u2019une maison pour grands malades (la maison Gilles-Carle, inaugurée en novembre prochain à Saint-Pauld\u2019Abbotsford).C\u2019est magnifique, ça sonne comme du russe ! Eh bien, un jour, je chanterai en attikamekw.» EN UNMOT Après avoir chanté les poètes Miron, Denise Boucher, Patrice Desbiens, etc., Chloé Sainte- Marie sort un cinquième album, Nitshisseniten e Tshissenitamin (Je sais que tu sais), consacré aux textes et musiques du poète montagnais Philippe McKenzie.CHANSON Chloé Sainte-Marie NITSHISSENITEN E TSHISSENITAMIN (JE SAIS QUE TU SAIS) GSI/SELECT EN MAGASIN MARDI pas.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 9 S E P T E M B R E 2 0 0 9 A R T S E T S P E C T A C L E S 5 et 12 comédiens YVES AMYOT / OLIVIER AUBIN / DANY BOUDREAULT / SOPHIE DESMARAIS / SIMON FRÉCHETTE-DAOUST / MAXIM GAUDETTE / ROBERT LALONDE / MILÈNE LECLERC / VINCENT-GUILLAUME OTIS / FRÉDÉRIC PAQUET / ÉRIC ROBIDOUX / VÉRONIC RODRIGUE / Assistance à la mise en scène et régie LOU ARTEAU / Concepteurs JEAN BÉGIN/ MÉRÉDITH CARON/ ESTELLE CLARETON/ ALAIN DAUPHINAIS / MARTIN LABRECQUE/ PIERRE-ETIENNE LOCAS/ RACHEL TREMBLAY / DU 29 SEPT AU 24 OCT / TNM.QC.CA / 514.866.8668 Shakespeare / Adaptation et mise en scène René Richard Cyr L\u2019amour dans tous ses états ! Macha Limonchik / David Savard 1955643A Fragments de mensonges inutiles création de Michel Tremblay mise en scène de Serge Denoncourt 5 CRÉATIONS 2009 - 2010 5 AUTEURS QUÉBÉCOIS Du 9 SEPTEMBRE au 17 OCTOBRE Gabriel Lessard OlivierMorin NormandD\u2019Amour Antoine Durand Maude Guérin Roger La Rue Gabriel Sabourin Linda Sorgini en collaboration avec Théâtre Jean-Duceppe duceppe.com « \u2026 un des grands textes de Michel Tremblay.direction d\u2019acteurs remarquable\u2026 OlivierMorin a du panache.À voir.» Le Téléjournal, SRC «\u2026un superbe coup d\u2019envoi à la saison québécoise.Subtil et brillant.Gabriel Lessard et Maude Guérin atteignent des sommets.Et nous avec eux.» Voir « Un bijou à l\u2019écriture ciselée\u2026C\u2019est brillant.» Samedi et rien d\u2019autre, Première Chaîne « Denoncourt enlumine Tremblay\u2026» La Presse «Maude Guérin, NormandD\u2019Amour et les deux jeunes comédiens sont extraordinaires\u2026 » Six dans la cité, SRC 1934706A ARTS ET SPECTACLES MUSIQUE ALAIN DE REPENTIGNY Il y a cinq ans, Elisapie Isaac a été happée par un véritable tourbillon.La jeune femme, qui avait quitté son Nunavik natal pour étudier le journalisme à Montréal, lançait le premier album de Taima, le duo qu\u2019elle formait avec Alain Auger, et recevait en même temps le prix Claude-Jutra du meilleur espoir pour son documentaire Si le temps le permet.«Oui, c\u2019était beaucoup de choses en même temps, mais je suis comme ça», dit-elle sur le ton de l\u2019évidence quand je la rencontre pour parler de son premier album solo There Will Be Stars.«Je suis plutôt relaxe, mais quand c\u2019est le temps de la création, je suis un peu intense.J\u2019étais alors dans un gros questionnement, ça ne me suffisait pas de faire de la musique.D\u2019ailleurs, dans ma tête, je ne suis devenue chanteuse qu\u2019un an près la sortie de l\u2019album de Taima.» Ces der nières années , Elisapie Isaac est devenue maman \u2013 «Je suis restée avec ma fille, c\u2019était comme un rêve », dit-elle, des étoiles dans les yeux \u2013 et a pris le temps de réfléchir à ce qu\u2019elle avait le goût de faire.D\u2019autant que Taima s\u2019est dissout en 2007 alors que le travail était entrepris en prévision d\u2019un deuxième album.«On s\u2019est rendu compte qu\u2019on forçait les choses, ce qu\u2019il ne faut surtout pas faire en création, explique-t-elle.Mais nous sommes toujours amis et je réalise encore plus aujourd\u2019hui qu\u2019Alain a beaucoup donné.Sinon ça n\u2019aurait pas marché; moi, je n\u2019avais pas les couilles, je suis très low profile.Mais je pense que j\u2019ai assez d\u2019assurance maintenant, j\u2019ai besoin de m\u2019affirmer.» Les grands frères Petit à petit, la chanteuse a eu le goût de recommencer à explorer sa «vision d\u2019artiste».Ce qu\u2019elle fait sur There Will Be Stars avec des collaborateurs comme le réalisateur et homme à tout faire Éloi Painchaud, Antoine Gratton, Martin Léon et Fredric Gary Comeau, qu\u2019elle a connu à son arrivée à Montréal et dont elle a adapté la chanson Nothing In This World Is Free.«Parce que je me retrouvais seule, j\u2019ai senti le besoin de m\u2019entourer de grands frères, dit-elle.Le premier, ç\u2019a été Martin Léon que je connais depuis longtemps.Je lui ai fait entendre Turning My Back.Ça faisait longtemps que je la chantais, chaque fois que j \u2019étais triste.C\u2019était trois accords, ça me gênait.Il m\u2019a dit : \"Garde-la comme ça, suspendue, c\u2019est bon.\" Deux semaines plus tard, il l\u2019a réécoutée et il m\u2019a dit qu\u2019il entendait un petit groove.» Turning My Back est une chanson étonnante avec une longue envolée orchestrale qui renvoie au disco des années 70.«Tout le monde pense que c\u2019est Love Is in the Air, convient Elisapie en souriant.C\u2019est un mini-clin d\u2019oeil.On ne pouvait pas non plus faire du pop bonbon avec ça, c\u2019est quand même une chanson un peu mélancolique.Mais quand Martin m\u2019a fait jouer son petit groove à la basse, ça m\u2019a fait du bien, j\u2019ai pu laisser aller la douleur.On peut danser, la vie est trop courte pour vivre dans la misère\u2026» Il y a en effet dans There Will Be Stars une lumière qui n\u2019était pas apparente dans le folkcountry- rock atmosphérique de Taima.«Je ne savais pas que je pouvais chanter et être joyeuse», dit Elisapie.Butterfly, écrite avec Painchaud et l\u2019ex-Taima Roger Miron, et Out of Desperation sont des chansons pop-rock irrésistibles, tandis que Navvaatara et WhyWould I Cry donnent dans le rock à textures plus ambitieux.La plupart des chansons sont en inuktitut et quelques-unes en anglais, mais la chanteuse y mêle souvent les deux langues, comme elle le faisait avec Taima.Signée Desjardins/Lapointe L\u2019unique chanson en français, Moi, Elsie, est un cadeau de Richard Desjardins, qu\u2019elle a relancé pendant plus d\u2019un an avant qu\u2019il ne lui donne ce texte l\u2019an dernier.«Il m\u2019a demandé ce que je voulais dire, raconte-t-elle.Je pensais qu\u2019il allait me soumettre une idée, je lui ai même demandé s\u2019il avait un bout de phrase jeté à la poubelle avec lequel j\u2019aurais essayé de faire une chanson\u2026 Puis j\u2019ai eu une idée: une fille du Nord écrit à un homme blanc qui la quitte alors qu\u2019elle aurait tellement le goût qu\u2019il l\u2019amène à Montréal ou à Paris.» Moi, Elsie aborde aussi le rapport de l\u2019artiste à ses frères qui viennent au monde avec une flèche dans le cou/quand ils parlent ça leur fait mal.«Ça m\u2019a fait très peur, confie la chanteuse.Je savais que Richard Desjardins ne ferait pas les choses à moitié, que ça allait être pointu, un peu cru.Mais je ne pouvais pas dire ça de mon frère, de mes cousins.Mon chum (le comédien Patrice Robitaille) m\u2019a rappelé que c\u2019était de la poésie et j\u2019ai compris que c\u2019est mon histoire, c\u2019est l\u2019histoire de ma mère parce que mon père est un Blanc, donc je peux vraiment bien la défendre.» Comme Desjardins n\u2019avait pas le temps d\u2019en composer la musique, elle a tout de suite pensé à Pierre Lapointe, «un gars qui écrit au piano», pour cette chanson qu\u2019elle voulait dépouillée, intime.«Pierre ne pouvait pas non plus, il montait son show Mutantès.Finalement, je pense qu\u2019il a vraiment pris le temps de lire le texte, et il a pleuré.Une semaine plus tard, il avait écrit cette musique.» Elisapie Isaac donne quelques concerts en trio cet automne et elle ne veut pas attendre cinq ou six ans pour sortir un nouvel album de ses chansons.Elle a aussi dans ses cartons un autre projet musical et elle n\u2019a pas non plus renoncé à un documentaire qui porterait encore sur son pays d\u2019origine.Ou, dit-elle, un film flyé sur le regard qu\u2019une fille du Nord porte sur les gens d\u2019ici : «Souvent, les cinéastes viennent dans le Nord, moi, j\u2019ai le goût de faire le contraire.» ELISAPIE ISAAC Le besoin de s\u2019affirmer Après une éclipse de quelques années, Elisapie Isaac est de retour avec un premier album solo.Un disque dont la diversité musicale étonnera sans doute les fans du défunt duo Taima.Rencontre avec une fille relaxe doublée d\u2019une artiste intense.EN UNMOT La lumineuse chanteuse d\u2019origine inuk, qu\u2019on a connue dans le duo Taima, vole désormais de ses propres ailes dans un premier album solo à la fois léger et ambitieux.ELISAPIE ISAAC THERE WILL BE STARS VÉGA MUSIQUE/DEP Il y a dans There Will Be Stars une lumière qui n\u2019était pas apparente dans le folkcountry- rock atmosphérique de Taima.«Je ne savais pas que je pouvais chanter et être joyeuse», dit Elisapie Isaac.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 6 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 1 9 S E P T E M B RE 20 0 9 Marie-Mai Ariane Moffatt Ginette Reno Annie Villeneuve Nicola Ciccone Pierre Lapointe Jean Leloup Jonathan Painchaud Yann Perreau Coeur de pirate ANIMATEUR | LOUIS-JOSÉ HOUDE Interprète FÉMININE Interprète MASCULIN Seuls les bulletins de participation originaux seront acceptés.Le concours prend fin le 5 octobre, à 21h.C\u2019est à vous de choisir les interprètes de l\u2019année! Cochez un seul choix dans chacune des deux catégories de Félix et déposez le bulletin de participation au comptoir Cosmétiques des Jean Coutu participants avant 21h, le 5 octobre 2009.Détails et règlement dans les succursales participantes.Les tirages auront lieu le 14 octobre 2009.Nom_______________________________________________________________________________________________________ Adresse ___________________________________________________________________________________________________ Ville ___________________________________ Province ______________ Code postal _______________________________ Téléphone ___________________________ Âge ___________ INDICE : _____________________________________________ ANIMATEUR : LOUIS-JOSÉ HOUDE Un concours de Radio-Canada * Aucun achat requis.Concours ouvert aux résidents canadiens majeurs.Règlement du concours disponible sur le site de Radio-Canada à www.radio-canada.ca/adisq, sur le site de l'ADISQ, au comptoir Cosmétiques de l'une des succursales Jean Coutu du Québec participantes et aux journaux du groupe Gesca.Le concours prend fin le 5 octobre 2009 à 21 h.Les tirages auront lieu le 14 octobre 2009.Pour participer au concours, notez l\u2019indice diffusé à Radio-Canada et sur Radio-Canada.ca.Interprète FÉMININE Interprète MASCULIN Coeur de pirate Marie-Mai Ariane Moffatt Ginette Reno Annie Villeneuve Nicola Ciccone Pierre Lapointe Jean Leloup Jonathan Painchaud Yann Perreau Votezet courez la chance de gagner : Jusqu\u2019au 5 octobre AU COMPTOIR CHEZ 3 façons de voter .Une des 14 soirées inoubliables pour 2 au Gala de l\u2019ADISQ incluant l\u2019hébergement .1 voyage pour 2 à Paris et une soirée au Gala de l\u2019ADISQ .1939876A ARTS ET SPECTACLES MUSIQUE PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE Au cours des dernières années, Elisapie Isaac est devenue maman et a pris le temps de réfléchir à ce qu\u2019elle avait le goût de faire.Elle lance ces jours-ci son premier album solo, There Will Be Stars, où elle chante surtout en inuktitut et en anglais.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 9 S E P T E M B R E 2 0 0 9 A R T S E T S P E C T A C L E S 7 C MARTINMATTE.COM TOUS LES DÉTAILS SUR RIEZENCORE.COM DÉJÀ PLUS DE 370000 BILLETS VENDUS PLACE DES ARTS 514 842.2112 LAPLACEDESARTS.COM QUÉBEC GRAND THÉÂTRE DE QUÉBEC 418 643.8131 SALLE ALBERT-ROUSSEAU 418 659.6710 30 septembre 2009 1 octobre 2009 2 octobre 2009 3 octobre 2009 28 octobre 2009 29 octobre 2009 30 octobre 2009 31 octobre 2009 DRUMMONDVILLE 1 800 265.5412 6 octobre 2009 7 octobre 2009 8 octobre 2009 TROIS-RIVIÈRES 819 380.9797 10 décembre 2009 11 décembre 2009 JOLIETTE 450 759.6202 L\u2019ÉTOILE DIX30 450 676.1030 SHERBROOKE 819 820.1000 3 décembre 2009 4 décembre 2009 VICTORIAVILLE 819 752.9912 17 décembre 2009 16 octobre 2009 17 octobre 2009 23 octobre 2009 24 octobre 2009 15 octobre 2009 19 novembre 2009 20 novembre 2009 21 novembre 2009 19 janvier 2010 20 janvier 2010 21 janvier 2010 4 février 2010 5 février 2010 10 février 2010 11 février 2010 12 février 2010 LAVAL 450 667.2040 18 décembre 2009 19 décembre 2009 5 janvier 2010 6 janvier 2010 7 janvier 2010 23 septembre 2009 24 septembre 2009 25 septembre 2009 26 septembre 2009 RIMOUSKI 418 724.0800 5 novembre 2009 6 novembre 2009 ST-JÉRÔME 450 432-0660 27 novembre 2009 28 novembre 2009 29 novembre 2009 MONTRÉAL OTTAWA 613 755.1111 22 janvier 2010 LA BAIE 418 698.3333 13 janvier 2010 RIVIÈRE-DU-LOUP 418 867.8008 3 novembre 2009 4 novembre 2009 6 février 2010 GRANBY 1 800 387.2262 8 décembre 2009 9 décembre 2009 .1968247A ARTS ET SPECTACLES MUSIQUE The Spleen et Kamakazi, ce soir au Club Soda.Sean Kingston, ce soir au Métropolis.Keane, demain au Métropolis.Metallica, ce soir et demain au Centre Bell.Health, Black Feelings et Pictureplane, demain à la Sala Rossa.Marilyn Manson, mardi au Centre Bell.Jack Penate, mardi au Petit Café Campus.Ensemble Hypnotic Brass, mardi à l\u2019Astral.Jay-Jay Johanson, mercredi à eXcentris.Bouncing Souls, Youth Brigade et Off With Their Heads, mercredi aux Foufs.Ronnie Barker Brooks, mercredi à l\u2019Astral.SUR LES PLANCHES James Hetfield, de Metallica REUTERS Très importants, les crochets qui font désormais partie du nom du groupe français MiCkey [3d] : après une parenthèse solo (Les chansons perdues, en 2007), Mickael Furnon revient aux commandes de ce qui fut un trio à succès \u2013 mais sans ses deux compagnons ! Disons que le 3D est en suspens\u2026 Mais que le disque qui en résulte, baptisé La grande évasion, est incroyablement actuel et fascinant.MICKEY [3D] Vivre aux crochets de la musique PHOTO PHILIPPE LEBRUMAN MiCkey [3d], c\u2019est toujours l\u2019affaire de Mickael Furnon (au centre), mais avec de nouveaux musiciens.MARIE-CHRISTINE BLAIS Quand je lui lance les noms du groupebritanniqueélectro-pop Depeche Mode pour qualifier sa musique et Alain Chamfort (chanteur de variétés français particulièrement raffiné) pour décrire l\u2019élégance de sa plume, Mickael Furnon ne hurle pas.Au contraire.Le taciturne Mickael est plutôt content de la comparaison : «J\u2019ai beaucoup écouté Chamfort dans ma vie, j\u2019ai toujours aimé sa façon d\u2019écrire, et j\u2019ai encore plus écouté Depeche Mode!» On aura compris que, sur des musiques très new wave façon années 80 (on n\u2019y échappe pas, ces temps-ci !), la qualité des textes de Furnon est toujours indéniable.Ce n\u2019est pas un hasard si ont fait appel à lui les Stephan Eicher, Jane Birkin (le seul véritable succès radio de la chanteuse, Je m\u2019appelle Jane) et autres Indochine (qui a popularisé sa chanson J\u2019ai demandé à la lune), au fil des ans.Cette fois, avec parfois un humour sombre, une voix trafiquée et un sens de la mélodie qui tue, Mickael Furnon s\u2019est inspiré d\u2019endroits de toutes sortes, du village de Montluçon («Je suis passé un jour par ce petit village un peu glauque, et j\u2019ai eu envie d\u2019y camper une histoire d\u2019amour un peu glauque\u2026») à tout l\u2019univers, rien de moins (Yula, fiancée galactique), en passant par Paris (Paris, t\u2019es belle) et\u2026 Sherbrooke, notre Sherbrooke (La footballeuse de Sherbrooke, inspirée par le passage du chanteur sur le campus de l\u2019université de l\u2019endroit !).Quant à Je m\u2019appelle Joseph, elle se déroule à Augusta Falls, aux États-Unis.Et elle est née de la lecture du roman de R.J.Ellory, Seul le silence (A Quiet Belief in Angels en version originale): «C\u2019est la seule de mes chansons inspirées par un roman sur cet album, mais j\u2019avais beaucoup aimé le fait qu\u2019Ellory y donnait notamment la parole à une des petites victimes du serial killer; j\u2019ai eu envie, moi aussi, de faire une chanson à deux voix, celle du narrateur et celle d\u2019une petite fille qui va être tuée.» Furnon laisse entendre un soupir : «C\u2019est gentil de ne pas me poser de question sur Jojo (son ancien batteur) et Najah (claviers) \u2013 Najah avec qui j\u2019ai écrit trois chansons sur l\u2019album, je tiens à le dire, tout de même.Mais je suis fatigué de répéter, en entrevue qu\u2019on était fatigué d\u2019être ensemble\u2026» En d\u2019autres termes, MiCkey [3d] est en quelque sorte devenu un pseudonyme de Furnon, nettement plus vendeur, il faut bien le reconnaître, que «Mick est tout seul», qu\u2019il avait utilisé pour son album solo (Les chansons perdues), inspiré par la mort de son père.Mais il faut reconnaître tout autant que Mickael Furnon était et est toujours l\u2019âme de Mickey, avec ou sans crochets.Toujours intéressé par le Québec et sa musique (il parle de Karkwa ou d\u2019Arcade Fire avec passion), il entend bien venir en faire la démonstration en personne l\u2019an prochain.EN UNMOT Après un grand succès auprès du public tant ici qu\u2019en France entre 1996 et 2007, le groupe Mickey3D refait surface avec une nouvelle orthographe (MiCkey [3d]), un nouvel album (La grande évasion) et un seul membre survivant, son leader, Mickael Furnon.MICKEY [3D] LA GRANDE ÉVASION MOUMKINE/EMI En magasin mardi Il faut reconnaître que Mickael Furnon était et est toujours l\u2019âme de Mickey, avec ou sans crochets.Tous les jours dans BRANLE-BAS DE COMBAT ! llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 8 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 1 9 S E P T E M B RE 20 0 9 Forfaits, détails et extraits vidéo au WWW.TOHU.CA Téléchargez la brochure sur www.tohu.ca .ca présente Du 23 septembre au 2 octobre 2009 UNE CRÉATION CIRQUE signée Compagnie XY (France) « Littéralement scotché à son fauteuil, le spectateur est ébloui par tant de virtuosité, d\u2019imagination, d\u2019invention, de maîtrise (\u2026) » La Marseillaise (France) En collaboration avec ABONNEZ-VOUS 3SPECTACLES 53$ ET PLUS 1934750A 1934751 1946991A ARTS ET SPECTACLES ENTRACTE entracte@lapresse.ca EN HAUSSE.EN BAISSE PAUL JOURNET SÉPARÉS À LA NAISSANCE Quand le film Edward Scissorhands est sorti en 1990, Jack Gillis n\u2019était qu\u2019un ado de 15 ans de Detroit.Il lui aura fallu quelques années avant de devenir Jack White, héritier des bluesmen au teint presque aussi livide que celui du personnage de Tim Burton.Merci à David pour la suggestion.Edward Scissorhands Jack White ARIANE MOFFATT Bel honneur pour Ariane Moffatt.Lundi dernier, elle a reçu le prix de la Fondation française Diane et Lucien Barrière.La bourse de 50 000$ est décernée chaque année à un nouveau talent de la chanson francophone.Elle lui a été remise à Paris.Environ le quart lui sera versé directement.Le reste ira à la promotion de son dernier disque, Tous les sens.Moffatt entreprendra cet automne une tournée en France, qui passera notamment par le Bataclan de Paris.Elle succède entre autres à Bénabar, Camille et Lynda Lemay, anciens lauréats du prix.KANYE WEST Plus celui qui insulte est crédible, plus l\u2019insulte fait mal.KanyeWest a donc reçu un uppercut tysonesque cette semaine quand le président Obama l\u2019a qualifié en privé de jackass.Et c\u2019était pleinement mérité.L\u2019ego du hip-hop a bêtement arraché le micro des mains de Taylor Swift aux MTV Music Awards, alors qu\u2019elle acceptait le prix de la meilleure vidéo d\u2019une artiste.«Yo, Taylor, je suis vraiment content pour toi, je vais te laisser terminer, mais Beyoncé avait un des meilleurs vidéos de tous les temps, de tous les temps», a lancé le rappeur en direct sur scène, devant des millions de spectateurs.West a ensuite avoué «avoir honte».Il a appelé la jeune chanteuse country de 19 ans pour s\u2019excuser.Fin de la petite histoire.ILS, ELLESONT DIT «Ils veulent que les gens décident tous en même temps; c\u2019est un bordel effrayant, ça s\u2019appelle la gauche.» FabriceLuchini dans Le point sur Robert, son génial spectacle.«Pour moi, cosmétique rime avec musique.» LiseWatier à laconférencedepresse du Gala de l\u2019ADISQ, dont elle est un des principaux commanditaires.\u2014 \u2014 PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE Ariane Moffatt «Quand le juge Montgomery a accepté ses responsabilités\u2026» Gérald Tremblay à Christiane Charette, qui fait allusion au juge Gomery du scandaledes commandites.«Il ne faut pas rester dans la facilité!» Loui Mauffette, concepteur du spectacle Poésie, sandwichs et autres soirs qui penchent, au 98,5FM.«Y\u2019a tu queq\u2019un qui a pas de jugement en queq\u2019part?» Jean-Luc Mongrain, qui peste à LCN contre les «absurdités» de la bureaucratie et du système d\u2019éducation.\u2014 \u2014 \u2014 Fabrice Luchini PHOTO ROBERT MAILLOUX, LA PRESSE RECUEIL/ CD Christian Vézina L\u2019inventaire des miracles (recueil avec CD inclus) HHH Planète rebelle Malgré tout, la joie Ce troisième recueil de poèmes de Christian Vézina (lancé mercredi prochain, dans le cadre du Festival international de la littérature) a pour matière première la beauté de ce monde malgré tout, l\u2019allégresse qu\u2019on peut y ressentir en dépit de soi, la jubilation qu\u2019apporte un amour, un enfant ou une rivière dans toute vie si cette vie veut bien prendre la peine de s\u2019en rendre compte.Les poèmes de Vézina sont généralement très courts, plus haïkus que sonnets, en fait aussi brefs et marquants que les fulgurances de bonheur qui traversent parfois notre quotidien.À la lecture, on pensera parfois à Gaston Miron pour le lyrisme enraciné ici etàMichel Garneau pour la jouissance à jouer des mots et de leur sonorité.Mais il y a là une petite musique poétique bien à elle, qui est celle de Vézina.Et qui vient de la vie qu\u2019a choisie Vézina.Depuis 25 ans, il pratique en effet le beau et difficile métier de «diseur de poésie», celle de Jacques Ferron, Jacques Prévert, Gérald Godin, Henri Michaux et de dizaines d\u2019autres poètes, dits au cours de centaines de spectacles.Sachant la puissance des mots quand ils sont «lâchés lousse», c\u2019est-àdire récités à voix haute, Vézina a fait appel à des amis comédiens pour lire à leur tour, sur le CD, une trentaine de ses poèmes choisis parmi la centaine que comprend son recueil: Janine Sutto, Robert Lalonde, Marcel Sabourin, Sophie Cadieux, Kim Yaroshevskaya et bien d\u2019autres récitent donc ses textes \u2013 avec parfois un peu trop d\u2019emphase ou d\u2019intention, c\u2019est vrai, mais c\u2019est là qu\u2019on prend lamesure du talent de «diseur» de Vézina.L\u2019autre heureuse idée de ce CD, c\u2019est d\u2019avoir fait appel au jeune compositeur de musique de chambre contemporaine Yannick Plamondon pour créer des morceaux qui soutiennent véritablement les textes, sans les enterrer ni leur faire dire autre chose que ce qu\u2019ils disent.J\u2019avoue une préférence marquée pour les poèmes dits par Vézina lui-même sur ce CD parce qu\u2019il laisse aux mots faire «leur job de mots».Et quoi qu\u2019il en soit, le CD, dans son ensemble, fait «sa job de CD»: il donne irrésistiblement envie de se plonger dans le recueil et même d\u2019oser, pour soi-même, dire à voix haute les poèmes de Christian Vézina.\u2014 Marie-Christine Blais STÉRÉO llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 9 S E P T E M B R E 2 0 0 9 A R T S E T S P E C T A C L E S 9 LE 2 OCTOBRE Dernière représentation à Montréal EFFUSIONS Spectacle de l\u2019année - Interprète Diane Dufresne Metteur en scène de l\u2019année Diane Dufresne Scripteur de l\u2019année Alain Lortie Concepteur d\u2019éclairage de l\u2019année Toby Gendron Sonorisateur de l\u2019année EN NOMINATION À L\u2019ADISQ : EN TOURNÉE 27 SEPTEMBRE 2009 / Beloeil / 450 464-4772 3 OCTOBRE 2009 / Granby / 450 375-2262 16 OCTOBRE 2009 / St-Irénée / 1-888-336-7438 23 OCTOBRE 2009 / Brossard / 450 676-1030 24 OCTOBRE 2009 / Ste-Geneviève / 514 626-1616 30 OCTOBRE 2009 / Valleyfield / 450 373-5794 DIANE DUFRESNE EFFUSIONS 1969684A ARTS ET SPECTACLES MUSIQUE TRIO MUSIQUE DISQUE Le retour de Diam\u2019s Le 16 novembre, la rappeuse française au phrasé percutant lance un nouvel album, S.O.S., dont on peut déjà écouter un (très) bref extrait sur son site tout neuf, www.diams-lesite.com.Intitulé Enfants du désert, le morceau revient sur l\u2019enfance chypriote de Diam\u2019s, mais aussi sur son statut de vedette.Déjà trois ans se sont écoulés depuis le mégasuccès de sa chanson La boulette, et un premier extrait lancé cet été (I Am Somebody) n\u2019a pas éveillé l\u2019attention, bien qu\u2019offert en téléchargement gratuit.Ça n\u2019empêchera pas la chanteuse de partir en tournée le 20 novembre.JEUX OLYMPIQUES Les Cowboys dans l\u2019Ouest ?On saura jeudi prochain qui sera officiellement de la programmation de la Place de la francophonie, créée à l\u2019occasion des Jeux olympiques d\u2019hiver de Vancouver, du 10 au 28 février 2010.De très solides rumeurs veulent que les Cowboys fringants soient de l\u2019affiche.Ce serait la deuxième fois que le groupe se produirait dans cette ville: en juin 2008, ils étaient de la programmation du Festival d\u2019été francophone de Vancouver, aux côtés de DJ Ghislain Poirier, Bruno Pelletier en formation lounge-jazz et\u2026 Michèle Richard.MARIE-CHRISTINE BLAIS MUSIQUE La tournée des bas-fonds Dans plusieurs grands festivals cet été, l\u2019infâme Mononc\u2019Serge, accompagné du quatuor métal Anonymus, a fait chanter à des milliers de spectateurs «all you need is drogue » sur l\u2019air de Yellow Submarine, rebaptisée Sous-marin\u2026 brun ! Passant de l\u2019infiniment grand à l\u2019infiniment petit, les cinq compères entreprennent à Montréal une Tournée des bas-fonds les 8, 9 et 10 octobre, respectivement au bar Le Saphir, à l\u2019Hémisphère gauche et au Café Chaos.Au programme, bière, métal bruyant et le répertoire profondément anarchiste de Mononc\u2019Serge.Infos : www.mononc.com Mononc\u2019Serge Les Cowboys fringants PHOTO ROBERT MAILLOUX, LA PRESSE PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE Diam\u2019s PHOTO ANDRÉ TREMBLAY, LA PRESSE Bien plus que Do WahDiddy Tony Roman C\u2019est fou mais c\u2019est tout HHH1/2 Musicor/Select C\u2019était le plus flamboyant, le plus cow-boy et le plus détonnant de nos nababs du disque.Il a, avec quelques autres pionniers, jeté les bases de l\u2019industrie de la pop québécoise au début des années 60.Il a chanté.Joué du piano.Produit des albums.Des 45-tours.Tâté du pop, du rock, du disco et même du punk.Et il est mort il y a deux ans, sans crier gare, avec l\u2019impression de ne jamais avoir été tout à fait compris.Cette nouvelle compilation rendra-t-elle justice à Tony Roman?Souhaitons-le.Car pour une fois, on ne résume pas cet excentrique à l\u2019éternelle Do Wah Diddy, le tube qui lui a trop longtemps collé aux baskets.Évidemment, on insiste encore lourdement sur la période yéyé du chanteur.Difficile d\u2019éviter les Do Wah Diddy, Sha La La et autres Hanky Panky qui ont fa it sa réputation à l\u2019émission Jeunesse d\u2019aujourd\u2019hui (1964- 1965).La bonne nouvelle, c\u2019est qu\u2019on nous fait aussi connaître des chansons moins connues, comme l\u2019étonnante Grosse Mado (succès mineur de 1970), la « jamesbrownesque » Crier, crier (1965) ou des chansons beaucoup plus personnelles, enregistrées au milieu des années 70, sur des textes signés Gilles Vigneault (Laura Rose) ou Marcel Sabourin (À cheval sur un billot).Non négligeable: le dernier tiers du disque est consacré aux succès produits par Tony Roman, facette moins connue mais non moins importante de son parcours éclectique.Où l\u2019on redécouvre des classiques populaires comme Je t\u2019aime je te veux (Johnny Farago), C\u2019est fou mais c\u2019est tout (Les Baronets), Les lunettes (Patrick Zabé), Quand tu liras cette lettre (Stéphane) et surtout l\u2019essentiel Québécois (La Révolution française).Livret, photos et témoignages du principal intéressé en prime, voici un portrait somme toute généreux de cet artiste hors norme, même si ce n\u2019est là \u2013 et de loin \u2013 que la pointe de l\u2019iceberg.En ce qui nous concerne, c\u2019est sous la surface que Tony Roman était le plus intéressant.Aujourd\u2019hui recherchée, son oeuvre plus «underground» (Reels psychédéliques, Mme St- Onge, Plastic Poison, etc.) reste à redécouvrir.\u2014 Jean-Christophe Laurence Nostalgie diluée Martine St-Clair Entre vous et moi HHH Musicor/Sélect Étonnant.Malgré ses nombreux tubes (une quinzaine au total), Martine St-Clair n\u2019avait encore jamais été «compilée».C\u2019est désormais chose faite avec cette anthologie de deux disques, qui surfe manifestement sur le succès des Lost Fingers (avec leur reprise d\u2019On va s\u2019aimer) et le retour en force des années 80.Un double CD était-il nécessaire ?Là, on est moins certain.Trentetrois chansons au total, ça fait beaucoup.Si Lavez, lavez, On va s\u2019aimer, ou Y a de l\u2019amour dans l\u2019air étaient clairement incontournables, c\u2019est moins le cas de Hemingway, Un long chemin ou L\u2019amour c\u2019est mentir aussi.La belle ne veut pas être réduite à ses classiques.C\u2019est légitime.Mais un «grands succès» tout simple, insistant sur l\u2019époque faste de Martine St-Clair (1982-1992), aurait été plus efficace.Inutile de dire : l\u2019ajout de quatre nouvelles chansons style «rock détente », tout comme la pochette \u2013 pas funky du tout \u2013 ne font que diluer le sentiment de nostalgie espéré.\u2014 Jean-Christophe Laurence RÉTRO llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 10 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 1 9 S E P T E M B RE 20 0 9 www.espresso-com.com CONCEPTION ET MISE EN SCÈNE : DAN BIGRAS ARTISTES INVITÉS : SYLVAIN COSSETTE LULU HUGUES ÉRIC LAPOINTE STÉPHANIE LAPOINTE MARJO KRA-Z-Y NOISE ANNIE VILLENEUVE et bien sûr\u2026 DAN BIGRAS! Billet corporatiF : 250 $ au reFuge des Jeunes Billet grand puBlic : 55 $ (Frais inclus) en vente au théâtre st-denis ou sur le réseau ticketpro (salle 1) 1594, rue st-denis, Montréal angle de Maisonneuve 19e édition au Théâtre St-Denis le Mercredi 7 octoBre 2009, à 20h 1971055A ARTS ET SPECTACLES MUSIQUE CAROLINE RODGERS COLLABORATION SPÉCIALE Grâce aux progrès de la médecine, notamment par des injections régulières de Botox, la main droite du musicien âgé de 80 ans a retrouvé la vie en 2004.La dystonie focale, une maladie neurologique assez répandue chez les pianistes, l\u2019avait frappé à l\u2019âge de 37 ans, le privant de l\u2019usage de deux doigts.D\u2019abord au désespoir, il a même pensé mettre fin à tout.Il s\u2019est plutôt tourné vers le répertoire pour la main gauche, tout en se consacrant à la direction d\u2019orchestre et à l\u2019enseignement, sans jamais abandonner l\u2019idée de pouvoir rejouer un jour avec ses deux mains.En entrevue téléphonique, il évoque son destin exceptionnel.«Je sais que cela sonne un peu mélodramatique, mais on peut dire que beaucoup de positif est ressorti de cette tragédie personnelle, dit-il.J\u2019ai acquis une vision plus large de la vie et de la musique.Sans cette maladie, je n\u2019aurais jamais commencé à diriger.Et cela a fait de moi un meilleur professeur, parce que j\u2019étais obligé d\u2019être plus verbal, plus précis.Je me devais de comprendre ce que je faisais au lieu de le faire instinctivement.» Entre les concerts, l\u2019octogénaire hyperactif a récemment trouvé le temps d\u2019enregistrer trois concertos de Mozart sur étiquette Sony.Et il continue de donner des classes de maître, une occupation qui lui tient à coeur.Car cette passion pour l\u2019enseignement, il l\u2019a héritée de son professeur et mentor, le légendaire Artur Schnabel.«Schnabel a été l\u2019un des musiciens les plus influents du XXe siècle, et il adorait enseigner, dit-il.Il m\u2019a transmis cela et j\u2019ai un immense plaisir à le faire.Je crois que l\u2019enseignement fait porter une bien plus lourde responsabilité que de donner des concerts, car vous formez la prochaine génération.Si vous ne lui donnez pas la bonne formation, c\u2019est un véritable péché, car vous perpétuez alors de mauvaises habitudes ! » Retour à Montréal Ce retour à Montréal fait grand plaisir au pianiste, qui dit avoir une affection particulière pour la métropole.Sa fille a étudié à McGill, et il a joué ici à maintes reprises dans le passé.Doté d\u2019une excellente mémoire, il se souvient clairement de son premier passage\u2026 il y a 65 ans ! «J\u2019avais seulement 14 ans, c \u2019était un concert en été, sur la montagne, et le maire Camillien Houde en avait fait la présentation.» Sa dernière visite dans la région remonte à 2001, au Festival de Lanaudière.Pour ces deux concerts, en plus des pièces en solo, il présentera un programme de musique de chambre en compagnie d\u2019amis musiciens.On pourra entendre, entre autres, le Quintette en fa mineur de Brahms.Il jouera aussi à quatre mains avec son épouse, la pianiste Katherine Jacobson Fleisher.Le répertoire est choisi avec soin, car en dépit des traitements, il ne peut pas jouer n\u2019importe quelle pièce.« Les traitements soulagent les symptômes, mais la maladie est encore là , dit-il.Je dois choisir ce qui convient bien à ma main droite.» Qu\u2019importe, rien ne l\u2019empêchera désormais de continuer, ce qu\u2019il compte bien fa i re tant qu \u2019i l le pourra.« La musique a ceci de particulier que peu importe à quel point vous jouez merveilleusement, quelque chose de plus profond et de plus beau peut toujours être fait.Je vais continuer à saisir cette chance.» Leon Fleisher et ses amis, les 25 et 26 septembre à l\u2019eXcentris.Présentation du documentaire Two Hands et entretien avec Leon Fleisher, le 26 septembre à midi.LEON FLEISHER Deux mains, deux concerts PHOTO FOURNIE PAR L\u2019ARTISTE Leon Fleisher a perdu l\u2019usage de la main droite pendant plus de 30 ans.Depuis 2004, le pianiste de 80 ans peut de nouveau jouer avec les deux mains.Leon Fleisher a beau avoir perdu la capacité de jouer avec sa main droite pendant plus de 30 ans, la musique a toujours continué d\u2019animer l\u2019âme et la vie de ce grand pianiste.Il revient à Montréal pour deux concerts après huit ans d\u2019absence.Et c\u2019est avec les deux mains qu\u2019il jouera, inaugurant le volet classique de la nouvelle programmation d\u2019eXcentris.«J\u2019ai acquis une vision plus large de la vie et de la musique.Sans cette maladie, je n\u2019aurais jamais commencé à diriger.Et cela a fait de moi un meilleur professeur, parce que j\u2019étais obligé d\u2019être plus verbal, plus précis.» llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 9 S E P T E M B R E 2 0 0 9 A R T S E T S P E C T A C L E S 11 Les (pires) autobiographies de nos vedettes québécoises lues sur scène par : RÉMI-PIERRE PAQUIN, PIERRE-LUc BRILLANt, MAthIEU GRoNdIN, LEs jUstIcIERs MAsQUÉs, MARc-ANtoINE AUdEttE Et sÉBAstIEN tRUdEL, KAREN ELKIN, èvE dURANcEAU et plusieurs autres.«UN INcoNtoURNABLE, oN voUs LE jURE » Chantal Guy - La Presse «PRÉPAREz-voUs à PLEURER dE RIRE » Hugo Dumas - La Presse «toUt LE MoNdE ÉtAIt cRAMPÉ» Steve Proulx - Vo i r L\u2019Astral, Maison du Festival Rio tinto Alcan 305, sainte-catherine ouest, ticketpro.ca \u2022 514 790-1111 BILLEts EN vENtE MAINtENANt ! jEUdI 15 octoBRE, 20 h «LE MEILLEUR sPEctAcLE dU FEstIvAL jUstE PoUR RIRE ! » à la nouvelle salle - La Presse 1971959A À L\u2019AFFICHE AU CABARET 17 - 18 - 19 - 20 SEPTEMBRE DE RETOUR AU CABARET À LA DEMANDE GÉNÉRALE! DERNIÈRE CHANCE! COMPLET COMPLET 4 FÉVRIER AU 2 AVRIL COSSETTE SYLVAIN 514 790-1245 1 800 361-4595 Infos: cabaretducasino.com *moyennant les frais de service www.admission.com* 19 NOVEMBRE AU 30 JANVIER SUPPLÉMENTAIRES | 12 AU 14 NOVEMBRE 23 - 24 - 25 - 26 - 27 SEPTEMBRE 5 - 6 - 7 - 8 NOVEMBRE NORMAN PATRICK COMPLET COMPLET COMPLET DE RETOUR AU CABARET! 30 SEPT.| 1 - 2 - 3 - 7 - 8 - 9 - 10 - 14 - 15 16 - 17 - 21 - 22 - 23 - 24 - 28 - 30 - 31 OCT.COMPLET COMPLET COMPLET COMPLET COMPLET COMPLET COMPLET COMPLET NOMINATION ADISQ 2009 SPECTACLE DE L'ANNÉE DERNIÈRE CHANCE! 1963078A 1963083 LA GLOIRE À 10 ANS DANS LA COUR DES GRANDS Jouer au cinéma ou à la télévision est le rêve de milliers de petits Québécois.Ceux qui l\u2019ont fait en témoignent : c\u2019est emballant.Ils sont néanmoins nombreux à dire que, si l\u2019occasion se présentait un jour pour leurs propres enfants, ils seraient inquiets de les propulser ainsi sans parachute sur un petit nuage dont il faut bien redescendre un jour.Au Québec comme aux États-Unis, on est d\u2019ailleurs de plus en plus conscient des précautions à prendre quand on envoie un enfant au sommet.LOUISE LEDUC ET NATHAËLLE MORISSETTE Avant Les hauts et les bas de Sophie Paquin, il y a eu les hauts et les bas de Juliette Gosselin.En 2005, la mère de Juliette Gosselin reçoit un appel de l\u2019équipe de production de Nouvelle- France.Sa fille est convoquée à une audition pour le premier rôle.Pas question, répond-elle.Ma fille n\u2019est pas prête, elle n\u2019a aucune expérience, si sa photo vous a été envoyée par notre agence d\u2019artistes, c\u2019était pour de la figuration.«Moi, j\u2019ai piqué une crise! raconte Juliette Gosselin.Je voulais le faire! Ma mère a rappelé le lendemain, pour dire que oui, j\u2019irais à l\u2019audition.» Juliette a décroché le rôle, le grand rôle de la petite fille dans le film à gros budget.«J\u2019ai appelé toute la parenté, tous mes amis.J\u2019avais le rôle, j\u2019avais le rôle!» Puis, quelque temps plus tard, catastrophe.Le film ne se fait plus parce que le budget n\u2019y est plus.«Ç\u2019a été l\u2019une des plus grandes déceptions de ma vie», raconte Juliette.Quand le cinéaste Jean Beaudin a repris le projet, «ma mère et moi n\u2019en avons parlé à personne pendant des semaines ».Cette fois-là, le film a bel et bien abouti.De simple gamine au primaire, Juliette Gosselin a été propulsée au haut de l\u2019affiche d\u2019un film mettant aussi en vedette nul autre que Gérard Depardieu.Pas facile, psychologiquement, de passer par toute cette gamme d\u2019émotions, même quand tout se passe rondement.On grandit vite, dans ce milieu, et cela n\u2019est pas sans conséquence, raconte pour sa part Marianne Fortier, qui a joué Aurore.«Certaines amies se sont éloignées de moi parce qu\u2019elles ne pouvaient pas supporter toute l\u2019attention que je recevais.À l\u2019inverse, d\u2019autres, qui ne m\u2019avaient jamais parlé à l\u2019école ou à peu près, ont voulu se rapprocher de moi.» Est-ce seulement le regard des autres qui change?«Probablement pas, dit Marianne.Moi aussi, je changeais.Je travaillais avec des adultes et je vieillissais plus vite que les autres.» On grandit vite, mais on reste un enfant, un enfant qui a intérêt à avoir un entourage terre à terre, insiste pour sa part Katherine-Lune Rollet, qui a joué dans Watatatow.«Quand tu es un enfant et que tu arrives sur le plateau, c\u2019est toi, la coqueluche, dit-elle.C\u2019est comme avoir 50 grands-mères autour de toi.Essaie, après ça, de retourner à l\u2019école, de n\u2019être qu\u2019un élève parmi 27 autres et d\u2019avoir le goût d\u2019obéir quand ta prof te demande d\u2019arrêter de parler ! À la maison, pour te ramener sur terre, tes parents ont sérieusement intérêt à te rappeler que c\u2019est à ton tour de faire la vaisselle.» Line Moreau-Frappier, psychologue scolaire et ex-consultante pour une agence de casting, connaît bien les dangers qui guettent un enfant qui devient populaire du jour au lendemain : les crises de confiance, le stress, la fatigue, la peur du rejet\u2026 «L\u2019enfant peut se remettre en question, se dire qu\u2019il n\u2019est pas assez bon, pas assez beau, relève la psychologue.Il arrive également qu\u2019il ne se sente pas à la hauteur de l\u2019ambition parentale.Il en vient à croire que l\u2019amour est conditionnel à sa performance et à son succès.Et le parent n\u2019est habituellement pas conscient de ça.» «Le pire qui puisse arriver, c\u2019est des parents qui se nourrissent de la célébrité de leur enfant », confirme Katherine-Lune Rollet.Ces scènes difficiles Marie-France Monette, qui a tenu le premier rôle dans L\u2019enfant d\u2019eau, se souvient de tous ses tournages avec bonheur.Pas de pression, que du bonheur.Sauf pour une scène, très appréhendée.«J\u2019avais à jouer une scène sur le thème: Sandrine découvre son corps.J\u2019étais adolescente, je ne connaissais pas grand-chose à la sexualité et je devais jouer ça devant David La Haye qui, lui, avait 27 ans et qui était aussi mal à l\u2019aise que moi!» Chose certaine, les producteurs doivent viser juste, particulièrement quand il s\u2019agit d\u2019enfants.Il faut trouver un enfant qui colle au personnage et qui, dans le même temps, sera capable de «porter un film sur ses épaules », fait observer Claude Veillet, producteur de plusieurs films pour enfants, dont Aurélie Laflamme, à venir.«Ça m\u2019est arrivé une fois qu\u2019une petite craque, évoque Claude Veillet.Elle avait eu le rôle mais, une fois les tournages commencés, elle tremblait de tous ses membres et était incapable de retenir son texte.On n\u2019a pas voulu l\u2019éliminer, mais on lui a donné un rôle de moindre importance.» Pour les auditions publiques d\u2019Aurélie Laflamme, l\u2019été dernier, les 1300 fillettes qui se sont portées candidates croyaient fort, elles, qu\u2019elles avaient ce qu\u2019il fallait.Malgré les immenses précautions de l\u2019auteure India Desjardins, qui a rappelé à maintes reprises aux adolescentes que la vie est faite d\u2019échecs et qu\u2019elle-même, étant jeune, n\u2019avait jamais obtenu l\u2019emploi chez McDo dont elle rêvait tant, impossible d\u2019éviter les déceptions.Elle a bien fait d\u2019insister.Parce que finalement, aucune des 1300 filles n\u2019a été prise.L\u2019audition publique n\u2019a rien donné, et c\u2019est finalement en regardant dans la pépinière habituelle \u2013 les agences de casting \u2013 qu\u2019Aurélie a été dénichée.Kim Roy-Bergeron, comme les 1300 autres filles, n\u2019a donc pas eu le rôle.Ses parents et elle croyaient tellement en ses chances qu\u2019ils sont partis de la Gaspésie pour l\u2019audition.«Moi et plusieurs autres, on a beaucoup pleuré, dit Kim.Beaucoup de gens disaient que je lui ressemblais, à Aurélie.Si seulement j\u2019avais été moins gênée pendant l\u2019audition\u2026» Le réalisateur Christian Laurence, qui, pendant des jours entiers, a vu défiler devant lui des centaines d\u2019adolescentes, ne croyait pas, le jour des auditions publiques, que tous ces espoirs déçus soient dramatiques.«C\u2019est ça, la vie.T\u2019as pas mal plus d\u2019échecs que de Aussi, comme le dit Juliette Gosselin, qui a Nouvelle-France : «C\u2019est plate à dire, mais ce n\u2019est pas tout le «C\u2019est toi, la coqueluche.C\u2019est comme avoir 50 grands-mères autour de toi.Essaie, après ça, de retourner à l\u2019école et d\u2019avoir le goût d\u2019obéir ! À la maison, tes parents ont sérieusement intérêt à te rappeler que c\u2019est à ton tour de faire la vaisselle.» ATTENTION FRAGILE ! PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE Juliette Gosselin a eu la piqûre du cinéma avec le film Nouvelle-France.Elle rêve d\u2019être réalisatrice.Marianne Fortier dans Aurore.PHOTO ALLIANCE ATLANTIS VIVAFILM Katherine-Lune Rollet, du temps de l\u2019émission pour adolescents Têtes à Kat.PHOTO LA PRESSE d\u2019 , succès.» décroché le premier rôle dans monde qui est doué pour ça.» llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 12 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 19 SE P T E M B R E 2 0 0 9 LA GLOIRE À 10 ANS Américains protègent leurs jeunes vedettes «Ce qui sautait aux yeux était l\u2019isolement des enfantsvedettes.La plupart de leurs amis étaient des adultes.» MATHIEU PERREAULT Comment les enfants-vedettes réagissent- ils à leur carrière?Il y a 10 ans, Lisa Rapport, psychologue de l\u2019Université Wayne, à Detroit, a publié une étude pour répondre à cette question.Ses résultats ont secoué le milieu artistique.«La réception a été tellement forte que des programmes fabuleux ont été mis sur pied pour aider les jeunes acteurs de télévision et de cinéma.Ça a complètement changé la donne», affirme l\u2019auteure.L\u2019étude a montré que les jeunes acteurs américains risquent 100 fois plus, plus tard, d\u2019avoir des problèmes de drogue, et trois fois plus d\u2019avoir des problèmes d\u2019alcool.Près de la moitié d\u2019entre eux avaient des problèmes avec leur mère, surtout si elle avait géré leur carrière.Leurs revenus atteignaient un sommet au début de l\u2019adolescence, et la plupart d\u2019entre eux ne parvenaient plus à poursuivre une carrière satisfaisante à l\u2019âge adulte.Les jeunes acteurs de soutien de la télévision avaient la vie particulièrement dure parce qu\u2019ils devaient multiplier les auditions, ce qui minait leur amour-propre.Les données ont été recueillies auprès de 74 ex-enfants-vedettes dont la carrière a duré en moyenne sept ans.L\u2019identité de ces enfants n\u2019est pas connue, mais les frasques des jeunes stars dont se régalent les magazines à potins permettent de bien imaginer leurs tourments.Révélée par E.T.à l\u2019âge de 7 ans, Drew Barrymore a connu des problèmes d\u2019alcool et de drogue à la fin des années 80 et a tenté de se suicider.Sa carrière a toutefois depuis rebondi et elle est au sommet.Edward Furlong (le petit garçon si mignon de Terminator 2) a aussi eu des problèmes de toxicomanie qui sont allés jusqu\u2019à la surdose en 2001, avant qu\u2019il ne milite pour les droits des animaux.Moins chanceux, des jeunes comme Jonathan Brandis (des films The Neverending Story II et It, inspiré d\u2019un roman de Stephen King) et Joseph Pichler (The Fan, Beethoven 3 et 4) se sont suicidés en 2003 et en 2006.«Les enfants-vedettes sont constamment soumis au regard des autres, à la perception que le public a d\u2019eux, ce qui complique le processus de formation de l\u2019identité», explique Mme Rapport.«Les jeunes qui avaient une relation insatisfaisante avec leurs parents étaient très vulnérables aux revers de carrière, alors que ceux dont les parents les soutenaient bien sur le plan émotionnel s\u2019en sortaient, ajoute la psychologue.Nous recommandions que les studios et les agents fournissent de l\u2019aide pour préserver le rapport parent-enfant.Fort heureusement, ils ont répondu à l\u2019appel.» L\u2019un de ces programmes, Looking Ahead, est géré par le Actor\u2019s Fund of America.Il propose chaque semaine une demi-douzaine d\u2019activités aux enfants acteurs et à leurs parents, de l\u2019aide aux examens jusqu\u2019au réseautage.«Ce qui sautait aux yeux était l\u2019isolement des enfants-vedettes, dit Mme Rapport.La plupart de leurs \"amis\" étaient des adultes.Les adolescents qui ont beaucoup d\u2019amis vivent mieux le stress.Mais ce n\u2019était pas le cas des enfants de notre étude, qui ne parvenaient pas à tirer le soutien nécessaire de leurs amitiés avec des adultes.Les adolescents s\u2019investissent beaucoup plus dans leurs amitiés que les adultes.De plus, le groupe d\u2019amis est essentiel pour former son identité.» Une autre organisation, Minor Consideration, milite de manière indépendante pour les droits des enfants acteurs.Elle est notamment responsable d\u2019une loi californienne qui impose la présence d\u2019une infirmière et d\u2019une travailleuse sociale pour chaque groupe de trois bébés de moins de 6 semaines sur les plateaux qui en emploient beaucoup.Plus récemment, l\u2019organisme a décrié les photos et chorégraphies suggestives de Miley Cyrus, la vedette de l\u2019émission de télévision Hannah Montana.«Nous existons depuis 1990, mais l\u2019étude de Lisa Rapport nous a vraiment permis d\u2019avoir du financement », explique le fondateur de Minor Consideration, Paul Petersen, qui a joué, enfant, dans l\u2019émission de télévision The Mickey Mouse Club et, adolescent, dans The Donna Reed Show.Il a publié en 1977 une autobiographie critique, Walt, Mickey and Me.«Maintenant, on sait que les enfants qui travaillent sur les plateaux de tournage ont besoin d\u2019aide.» PQUAND S\u2019ÉTEIGNENT LES PROJECTEURS.LA SUITE DU DOSSIER EN PAGES 14 ET 15 DES ADOS AVIDES DE GLOIRE 70%Chez les 18-29 ans, 70% des gens s\u2019imaginent parfois devenir célèbres.La proportion chute à 35% chez les quinquagénaires.Le désir de devenir célèbre est particulièrement fort à l\u2019adolescence.C\u2019est ce que révèle le nouveau livre du sociologue américain Orville Brim, intitulé Look at Me, qui paraîtra en octobre.Selon l\u2019une des rares études portant sur le désir de célébrité chez les enfants, vers la fin de l\u2019école primaire, seulement 8% des écoliers expriment le désir de devenir célèbre (ou important).Au secondaire, c\u2019est le cas de 43% des adolescents.Chez eux, la célébrité arrivait même au premier rang parmi les sept catégories d\u2019objectifs qu\u2019on leur avait proposés comme choix de réponse.«C\u2019est l\u2019âge où on devient indépendant, où on a une impression de toute-puissance et où l\u2019on veut être accepté par ses pairs.Avec la multiplication apparente des possibilités de devenir célèbre, ce désir est renforcé », a exposé M.Brim à La Presse.À l\u2019âge adulte, le tout se transforme en simple rêverie.« Chez les 18-29 ans, 70% des gens s\u2019imaginent parfois devenir célèbres.La proportion chute à 35% chez les quinquagénaires, précise le sociologue.Ce n\u2019est pas un projet concret, c\u2019est un relent des désirs adolescents.» \u2013 Mathieu Perreault Comment les Drew Barrymore en 2007.PHOTO AP Miley Cyrus dans Hannah Montana PHOTO AP Edward Furlong dans Terminator 2.La télésérie Hannah Montana est diffusée sur Disney Channel.Drew Barrymore dans E.T.Joseph Pichler (The Fan et Beethoven 3 et 4).llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 9 S E P T E M B R E 2 0 0 9 A R T S E T S P E C T A C L E S 13 LOUISE LEDUC En 2005, 9311 enfants ont auditionné pour être Aurore.L\u2019été dernier, 1300 fillettes ont espéré très fort incarner Aurélie Laflamme, l\u2019héroïne de la série de l\u2019heure chez les adolescentes.Beaucoup d\u2019appelées, aucune élue: Aurélie a finalement été dénichée dans une agence de casting.Même quand on est choisi, rien n\u2019assure que son étoile restera au firmament.Rock Demers, à qui l\u2019on doit La guerre des tuques et 21 autres «Contes pour tous», explique que le casting d\u2019un enfant n\u2019a rien à voir avec celui d\u2019un adulte.On ne choisit pas un enfant pour ses qualités d\u2019acteur.Au contraire, on choisit un enfant qui ne joue pas, qui, au naturel, par son caractère, colle parfaitement au personnage.Au fil des ans, Rock Demers a permis à 250 enfants de se voir au grand écran.Combien ont poursuivi une carrière d\u2019acteur, une fois adulte?«Six, il y en a six, sur les 250», dit-il.Maxime Collin ne pourrait s\u2019en étonner.Léolo, en 1992, c\u2019était lui.Entre 9 et 15 ans, il a eu plusieurs autres rôles, notamment dans le film Matusalem.«À cette époque-là, les projets se chevauchaient, j\u2019étais une machine à apprendre des textes.«À 17 ans, je me suis trouvé un peu trop chargé.J\u2019ai voulu ralentir et comme je ne travaillais plus, on m\u2019a oublié.C\u2019est comme ça dans ce milieu.Pas de demi-mesure.Soit tu travailles comme un fou, soit plus rien n\u2019arrive.» Maxime Collin a fait une formation de courtier d\u2019assurances, puis s\u2019est lancé en affaires dans un salon d\u2019esthétique automobile.N\u2019empêche, il ne décroche pas tout à fait.«J\u2019ai un ami qui étudie en cinéma, qui a un projet de film et j\u2019espère en faire partie.» De la même façon, dans son enfance et jusqu\u2019à 21 ans, Marie-France Monette a travaillé, travaillé, travaillé.Elle a joué trois ans dans Watatatow, sept ans dans Ent\u2019Cadieux, tenu un premier rôle dans L\u2019enfant d\u2019eau, filmé aux Bahamas.La grosse vie, le glamour, jusqu\u2019à ce que pour elle aussi, du jour au lendemain, plus rien.«Les premiers jours, les premières semaines, tu restes à côté du téléphone.Je n\u2019ai pas fait de dépression mais j\u2019ai déprimé pas mal! Or, dans cemilieu-là, il ne faut surtout pas dire que tu ne décroches pas de rôle.Il faut toujours avoir l\u2019air occupé, hop la vie.» «C\u2019est un jobde séduction, dit aussiKatherine- Lune Rollet, qui a joué neuf ans dans Watatatow et qui fait aujourd\u2019hui des chroniques sur le web pour Tourisme Montréal.Il faut toujours avoir l\u2019air d\u2019avoir plein de projets, d\u2019être désirée.Jamais, au grand jamais, donner l\u2019impression de ne pas réussir.Entre nous, on ne parle pas de nos peurs, ça ne se dit pas, mais dès qu\u2019il y a une pause dans ta carrière, on se dit: Pourquoi les gens ne m\u2019aiment pas?» Marie-France Monette a assuré ses arrières en suivant une formation en intervention auprès des délinquants et ne cache pas que si elle avait des enfants, elle serait très réticente à les envoyer dans cette galère du cinéma et de la télévision qui, souvent, ne fait qu\u2019un temps.Tout en disant cela, elle ne cache pas qu\u2019en parallèle, oui, elle continue de passer des auditions.Mais pourquoi?Demande-t-on à chacun de nos interviewés qui, manifestement, ne font jamais leur deuil.Pourquoi ne jamais tourner complètement le dos à cette vie faite d\u2019insécurité et d\u2019exposition continuelle au rejet?Parce qu\u2019il est difficile de faire autre chose.Marie-France Monette évoque cette amie qui a eu de beaux rôles, puis qui n\u2019en a plus eu elle non plus, et qui s\u2019est faite vendeuse de souliers.«Les gens la reconnaissaient, lui posaient des questions.Ce n\u2019est vraiment pas évident», dit Marie-France Monette.Le syndrome Lemay-Thivierge Il y a cela, cette difficulté à faire autre chose, mais il y a aussi le syndrome Guillaume Lemay- Thivierge.Guillaume Lemay-Thivierge, le petit gars du Matou, qui était tout feu tout flamme et qui ensuite, pendant près de 10 ans, a sombré dans l\u2019oubli.Puis, depuis 2006, il est partout.«Je les regarde, lui et Mariloup (Wolfe), et je me dis que si je m\u2019étais accroché, ça aurait pu être moi, ça », lance Maxime Collin.«En même temps, oui, c\u2019est reparti pour Guillaume Lemay-Thivierge, mais pour combien de temps?Ça peut retomber n\u2019importe quand», lance Steve Gendron, qui sait lui aussi de quoi il parle.À 4 ans, il a fait sa première publicité.À 9 ans, il a décroché un premier rôle dans La postière, de Gilles Carle.Ont suivi Omerta, un rôle dans Matusalem, Le club des 100 watts, etc.«On habitait à Shawinigan, mon père était camionneur et par moments, on se rendait à Montréal cinq ou six fois par semaine pour des tournages », dit-il.Il adorait, vraiment.«Une belle vie.» La belle vie, jusqu\u2019à ce que tout s\u2019arrête.« J\u2019ai ressenti un énorme vide, un très grand mal à l\u2019âme, poursuit Steve Gendron.À 20 ans, j\u2019ai fait une grosse dépression.Encore aujourd\u2019hui, dans mon corps, je me sens comme si j\u2019avais 60 ans.Je crois que j\u2019ai eu, dans la vingtaine, le syndrome du gars qui a toujours travaillé et qui prend sa retraite: du jour au lendemain, tous tes bobos ressortent.» ATTENDRE LE PROCHAIN RÔLE.«Encore aujourd\u2019hui, dans mon corps, je me sens comme si j\u2019en avais 60.Je crois que j\u2019ai eu, dans la vingtaine, le syndrome du gars qui a toujours travaillé et qui prend sa retraite : du jour au lendemain, tous tes bobos ressortent.» À 10 ans, parce qu\u2019ils avaient la frimousse et le naturel qu\u2019il fallait, ils sont devenus des vedettes.Ils ont décroché des premiers rôles, foulé des tapis rouges, signé des autographes.Comment redevenir un élève parmi tant d\u2019autres après cela ?Comment survivre ensuite à l\u2019attente du prochain rôle et à l\u2019angoisse du téléphone qui, peut-être, ne sonnera plus ?LA GLOIRE À 10 ANS QUAND S\u2019ÉTEIGNENT LES PROJECTEURS Elle avait 11 ans, elle était maigrichonne, elle avait les cheveux très courts, elle était vêtue tout modestement, en tunique, et on lui a dit, là, surle- champ, qu\u2019elle avait le rôle.On était en 1951 et elle, Yvonne Laflamme, allait devenir l\u2019enfant martyre.Elle ne se fait pas d\u2019illusion.Si elle a décroché le rôle, c\u2019est parce qu\u2019elle avait le physique qu\u2019il fallait.Un physique à mille lieues des profils recherchés aujourd\u2019hui, à son avis.«Quand j\u2019ai vu le filmpour la première fois, j\u2019ai eu honte.Je trouvais que je jouais faux, je trouvais que c\u2019était kétaine, cette musique d\u2019orgue qui ponctuait les moments les plus dramatiques.Des années plus tard, j\u2019ai été plus indulgente et je ne me suis plus trouvée aussi laide.Même que je me trouve très correcte.D\u2019autant plus que çam\u2019énerve, sur le plateau et on lui donnait le jour même les répliques qu\u2019elle aurait à dire dans les heures qui Le cinéma n\u2019était pas ce qu\u2019il était, dans le temps.Yvonne Laflamme ne s\u2019est jamais fait une gloire d\u2019avoir incarné Aurore et ses parents n\u2019en faisaient aucun cas non plus.Chaque matin, elle prenait l\u2019autobus pour aller à ses tournages.Son cachet total : 300 $, sans droit de suite.«Si ça avait été le cas, avec toutes les fois où on a revu le film à la télé, je serais riche aujourd\u2019hui !» Yvonne Laflamme n\u2019a jamais mangé de savon \u2013 «c\u2019était du sucre d\u2019érable, et c\u2019était très bon!» \u2013 mais oui, elle a été giflée.«La comédienne qui jouait ma belle-mère était d\u2019une grande gentillesse, alors elle ne me donnait que de toutes petites gifles.Il fallait reprendre la scène, encore et encore.À unmoment donné, je lui ai lancé : «Vous savez, tant qu\u2019à avoir dix petites tapes, j\u2019aimerais mieux en avoir une grosse, mais une seule !» Yvonne Laflamme a continué de jouer jusqu\u2019à sa trentaine.Ironiquement, deux ans après Aurore, elle a joué une petite fille dans Coeur de maman, un film sur une grand-mère maltraitée.Le destin, le destin\u2026 Dans la vraie vie, Yvonne Laflamme a eu des enfants et a élevé au surplus ceux de sa soeur, qui est morte tragiquement dans un accident.Aujourd\u2019hui, Yvonne Laflamme se décrit comme une «grand-mère qui tricote» (elle a déjà eu une boutique de laine) et qui attend son neuvième petit-enfant.Même si le cinéma est loin derrière elle, elle n\u2019en jette pas moins un regard particulier sur la façondont sont utilisés les enfants.«Quand je vois des milliers d\u2019enfants se mettre en file pour aller passer des auditions, moi, je trouve ça pathétique.Imaginez tous les coeurs brisés ! Jamais je n\u2019aurais exposé mes enfants à cela, d\u2019autant plus que c\u2019est mettre dans la tête d\u2019un enfant qu\u2019il a plus de valeur qu\u2019un autre parce qu\u2019il est choisi.» , Lui aussi espère encore rebondir.En attendant, il a fondé une école de théâtre.«Sortir complètement du milieu, je ne pourrais pas.Ce n\u2019est pas juste pour le jeu.À mon école, je joue.Je m\u2019ennuie du milieu, je m\u2019ennuie des familles de tournage.» Encore aujourd\u2019hui, fréquemment, «des gens me reconnaissent dans la rue, et ça me fait du bien, même s\u2019ils me parlent du passé.C\u2019est agréable d\u2019entendre qu\u2019on m\u2019a trouvé bon, qu\u2019on me dise de ne pas lâcher ».Marianne Fortier, qui a décroché le fameux rôle d\u2019Aurore, en 2005, connaît bien ces histoires.«On m\u2019en a parlé, de Guillaume Lemay-Thivierge, qui n\u2019a rien eu pendant des années, après le Aurore de nos jours, de voir que l\u2019on choisit toujours l\u2019enfant au visage parfait pour jouer au cinéma ou à la télévision.» À l\u2019époque, Yvonne Laflamme ne connaissait rien au cinéma, ne savait même pas qu\u2019il y avait des coupes et dumontage.Elle n\u2019avait pas de coach suivaient.PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE Yvonne Laflamme qui a joué le rôle de Aurore l\u2019enfant martyre au cinéma en 1951.LOUISE LEDUC Matou.Je suis consciente qu\u2019il YVONNE LAFLAMME, ALIAS AURORE .OU PASSER À AUTRE CHOSE llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 14 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 1 9 S E P T E M B RE 20 0 9 LOUISE LEDUC Entre 11 et 18 ans, Melissa Sue Anderson a été Mary Ingalls, la blonde petite fille modèle de La petite maison dans la prairie.Quand on devient l\u2019une des vedettes de l\u2019heure à la chaîne NBC, cela ne va pas sans une certaine pression.Mme Anderson, qui habite aujourd\u2019hui à Montréal, se souvient qu\u2019à l\u2019époque, elle se sentait plus sévèrement jugée que les acteurs adultes.«Quand un adulte trébuche sur une réplique, on lui dit que ce n\u2019est pas grave, que c\u2019est la nervosité.Quand la même chose arrive à un enfant, on lit dans les regards autour de soi qu\u2019il y a remise en question, que l\u2019on se demande si l\u2019on n\u2019aurait pas misé sur le mauvais gamin\u2026» Melissa Sue Anderson avait été choisie parmi 200 jeunes enfants triées sur le volet pour incarner Mary, cette fille de pionniers de Walnut Grove.Pourquoi elle et pas les autres?L\u2019audition s\u2019était bien passée, se souvient-elle aujourd\u2019hui.Elle était une de ces enfants que la caméra aime.Ses yeux bleus, dont l\u2019éclat n\u2019a pas manqué d\u2019être mis en valeur quand son personnage est devenu aveugle, n\u2019ont peut-être pas nui non plus, admetelle modestement.Même jeune, Melissa Sue Anderson n\u2019était pas imperméable aux cotes d\u2019écoute.«J\u2019adorais mon travail, je voulais que ça dure longtemps et je savais que ces cotes d\u2019écoute étaient importantes», se souvient-elle.Impossible d\u2019avoirune adolescencenormale dans ces conditions.Ses seuls amis, c\u2019étaient d\u2019autres comédiens.«Quand tu t\u2019absentes longtemps de l\u2019école, les cliques se forment et tu n\u2019appartiens à aucune.Parce que tu es populaire, les enfants tiennent pour acquis que tues prétentieuse.Les enfants peuvent être vraiment méchants.» Pendant tout le temps qu\u2019a duré La petite maison dans la prairie, sa vie a été réglée comme du papier à musique.Par contrat, on lui interdisait de faire du ski \u2013 trop risqué \u2013 de jouer des personnages un tant soit peu rebelles dans d\u2019autres émissions.Interdit, aussi, de se couper les cheveux ou d\u2019être trop coquette : il fallait, jusqu\u2019au bout des ongles, incarner l\u2019ado typique de l\u2019ouest des États-Unis au XIXe siècle.«Je n\u2019ai pu avoir de beaux ongles à l\u2019écran qu\u2019une seule fois, quand j\u2019ai été en nomination aux Emmys.J\u2019étais reconnaissante aux producteurs de me le permettre, mais c\u2019est vrai qu\u2019à l\u2019écran, ça jurait pas mal!» Melissa Sue Anderson a lâché La petite maison avant que La petite maison ne la lâche.«Quand on m\u2019a annoncé que mon personnage devenait aveugle, je me suis dit: ça y est, ils veulent tuer mon personnage.On m\u2019a rassurée, on m\u2019a dit que ce n\u2019était pas du tout le cas.De fait, pendant quelque temps, ç\u2019a été formidable.Rapidement, cependant, on ne savait plus trop quel genre d\u2019intrigue me donner.Quand je me suis vue dans une émission où ma présence se limitait à être la spectatrice d\u2019un cirque, je me suis dit qu\u2019on ne faisait par là que montrer que j\u2019existais encore.» Il n\u2019y a pas eu de gros drame, assure-t-elle.Elle avait déjà, en parallèle, des rôles dans d\u2019autres émissions.Elle a travaillé jusqu\u2019à ce qu\u2019elle se marie et fonde une famille.Aujourd\u2019hui, elle achève un livre sur ses années dans La petite maison dans la prairie et rigole en voyant ses enfants visionner de temps en temps un épisode et embarquer à fond dans l\u2019histoire en oubliant que Mary, c\u2019est leur mère.À 11 ANS, VEDETTE DE LA NBC «Parce que tu es populaire, les enfants tiennent pour acquis que tu es prétentieuse.Les enfants peuvent être vraiment méchants avec toi.» y a un risque, mais j\u2019ai tellement d\u2019ambition que je suis sûre qu\u2019il y aura quelque chose.» Pour elle, après Aurore, il y a eu autre chose: un premier rôle au cinéma, dans Maman est partie chez le coiffeur, et de petits rôles dans des téléséries.«J\u2019ai eu Aurore, trois ans plus tard, j\u2019ai eu ce rôle, alors je me dis que si le cycle de trois ans se poursuit, je suis à la veille de décrocher quelque chose d\u2019autre.» Marianne écoute néanmoins les conseils de tous les acteurs qui lui ont dit et répété de ne jamais abandonner ses études.Elle fréquente toujours l\u2019école et compte se diriger en cinéma au cégep.Comme Juliette Gosselin, enfant-vedette du film Nouvelle-France, qui, à terme, entend aller à l\u2019université en cinéma.«Je continue de passer régulièrement des auditions, mais pour l\u2019instant, je suis à un âge transitoire.J\u2019ai 18 ans, j\u2019ai l\u2019air plus jeune et pour jouer des filles de mon âge, ils prennent des filles de 22 ou 23 ans.C\u2019est sûr que je m\u2019ennuie un peu du glamour, des rôles, mais en même temps, je sais qu\u2019on ne peut pas toujours rester sur un petit nuage et être tout le temps la coqueluche.» Ces deux filles-là n\u2019envisagent aucunement elles non plus faire totalement autre chose, pas plus que Sarah-Jeanne Labrosse, qui a incarné la soeur aînée d\u2019Aurore, en plus de jouer dans Bon Cop, Bad Cop, dans Un été avec les fantômes, dans Nos étés et dans Trafic humain.Elle étudie en cinéma au cégep Dawson.«Depuis un an, je faisais pas mal de doublage parce que c\u2019était plus tranquille, côté auditions.Quand on sort de l\u2019adolescence, c\u2019est plus difficile (de décrocher des rôles) parce que l\u2019on change beaucoup et que les gens dumilieu ne savent plus trop de quoi on a l\u2019air.Chaque fois, on recommence à zéro.Mais là, je suis super contente, je viens de décrocher un rôle important dans le film sur le commandant Piché!» Chose certaine, quand on a goûté à ce fruit, on ne s\u2019en détourne pas, parce qu\u2019il est trop bon.Trop formidable.«Du début à la fin d\u2019un film, j\u2019aime tout, tout, tout, lance Marianne Fortier.J\u2019adore le tournage, j\u2019adore la première, j\u2019ai adoré faire la tournée de promotion d\u2019Aurore, à travers le Québec.À Montréal, surtout, il y avait des flashs, des caméras partout!» Elle a tout, tout, tout aimé, à une exception près, cette question récurrente, de talk-show en talkshow.«Onme demandait tout le temps : Pis, as-tu un petit chum?C\u2019était jamais «un chum» C\u2019était toujours: \u201cun petit chum\u201d.» «Chaque fois, je ne répondais pas, je disais que c\u2019était ma vie privée, mais j\u2019étais en cinquième année et non, je n\u2019en avais pas, de \u201cpetit chum\u201d !» Maxime Collin a joué le personnage principal dans le film Léolo.Il est maintenant propriétaire d\u2019une entreprise de nettoyage d\u2019automobiles.PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE PHOTOMARTINCHAMBERLAND, LA PRESSE Melissa SueAnderson, alias Mary Ingalls dans La petite maison dans la prairie.LA GLOIRE À 10 ANS Marianne Fortier dans Maman est chez le coiffeur.PHOTO ÉQUINOXE , Sarah-Jeanne Labrosse PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE CYBERPRESSE.CA VIDÉO Visionnez un extrait vidéo d\u2019une entrevue avec Yvonne Laflamme qui a interprété la première Aurore au cinéma.Vous y trouverez aussi des extraits des films et des émissions dans lesquels ont joué nos jeunes interviewés.cyberpresse.ca/vedette Mirianne Brûlé, Guillaume Lemay-Thivierge, Maxime Desbiens-Tremblay PHOTO RÉMI LEMÉE,LAPRESSE MELISSA SUE ANDERSON, ALIAS MARY INGALLS PLES JEUNES ENVAHISSENT L\u2019ÉCRAN À LIRE EN PAGES A24 ET A25 DU CAHIER GÉNÉRAL Mary Ingalls dans La petite maison dans la prairie.PHOTO NBC llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 9 S E P T E M B R E 2 0 0 9 A R T S E T S P E C T A C L E S 15 ARTS ET SPECTACLES MUSIQUE HIP-HOP DUBMATIQUE Trait d\u2019union HHH Plein Sud/DEP Case départ Dubmatique un jour, Dubmatique toujours.Huit ans après un retour avorté (l\u2019album Influences), le duo formé de O-TMC et DiSoul reprend du collier, encouragé par une manifestation d\u2019amour sur Facebook et une performance médiatisée lors des dernières FrancoFolies.En prévision de celle-ci, le groupe avait d\u2019ailleurs lancé un premier single, La Vibe, franchement encourageant.Une bonne chanson estivale sur le moule « rap de club», le rythme, irrésistiblement dansant, signé Sonny Black.Le reste de ce nouvel album, cependant, est moins engageant.Dubmatique enfile à nouveau ses bonnes vieilles pantoufles soul-pop-rap pour répandre la bonne nouvelle voulant que le hip hop puisse aussi être une musique porteuse de messages positifs et rassembleurs.On zappe vite sur certaines compositions trop mielleuses, mais la fin de cet album réserve des surprises, comme Hymne au Québec et son rythme franchement novateur (sans oublier le meilleur flow du duo de tout l\u2019album) et Patience, profession de foi à l\u2019endroit du rap québécois à laquelle contribuent Imposs et Sir Pathétik.Un retour discographique dont les rappeurs n\u2019ont pas à avoir honte.- Philippe Renaud, collaboration spéciale À écouter : La Vibe POP-ROCK Dumas Au bout du monde HHH La Tribu/Sélect Trop, c\u2019est comme pas assez Un beau jour, Dumas a décidé de s\u2019enfermer dans un studio et de tripper avec son complice Louis Legault.En neuf mois, ça nous a valu 43 chansons sur quatre CD.Le troisième, Demain, malgré ses qualités indéniables, m\u2019avait paru moins convaincant.Le tout nouveau, Au bout du monde, qu\u2019on veut nous vendre comme «peut-être l\u2019oeuvre la plus achevée de Dumas depuis son arrivée dans le paysage musical québécois» me semble au contraire ployer sous le poids de la démarche des deux rats de laboratoire: plus de bidouillage, moins de bonnes idées, plus de complaisance, de redondance, moins de discernement.Parmi la moitié des 14 chansons qui émergent, mentionnons le rock accrocheur d\u2019Affiches et slogans, le collage réussi d\u2019Atlantica, l\u2019instrumentale Orchidée à la guitare classique, et Sans histoire rescapée de la fadeur cute par une montée d\u2019adrénaline.La toute dernière chanson, La désolation des paysages, toute en voix vulnérable et en piano organique, nous rappelle que Dumas a une réelle sensibilité de musicien et suggère qu\u2019il serait temps qu\u2019il sorte de sa tanière et qu\u2019il confronte ses nouvelles chansons à un public plus souvent qu\u2019une fois tous les trois mois.- Alain de Repentigny À écouter : Affiches et slogans BLUES/MUSIQUE DU MONDE HarryManx Bread and Buddah HHHH Dog My Cat Records/SRI Le disque de la consécration Si l\u2019album Live at the Glenn Gould Studio a fait connaître Harry Manx d\u2019un plus large public, Bread and Buddha sera sans doute son disque de la consécration.Un album magnifique, émouvant, dans lequel les très belles compositions de l\u2019artiste de la Colombie-Britannique côtoient avec bonheur des emprunts judicieux comme Moon Goin\u2019 Down du bluesman Charlie Patton, Long Black Veil, dont Johnny Cash a fait un classique, et même Humble Me de l\u2019ami Kevin Breit, popularisée par Norah Jones et à laquelle contribuent Simon Godin et Geneviève Jodoin de l\u2019émission Belle et Bum.C\u2019est le moins exotique et pourtant le plus riche des disques de Manx.Plutôt que de flotter à la surface, les sonorités indiennes s\u2019intègrent tout naturellement dans cet univers ancré dans le blues.Manx ne joue de sa mohan veena, une guitare-sitar, que sur quelques pièces, dont Love Is the Fire, une irrésistible chanson pop-rock dont on ne devinerait jamais l\u2019origine indienne.Autre bonne nouvelle, la steel guitar de Manx, omniprésente, trouve ici un complément idéal dans le piano élégant de Mark Kieswetter.Un régal pour les oreilles, un baume pour l\u2019âme.- Alain de Repentigny À écouter : Love Is the Fire STÉRÉO CHANSON Pascal Lejeune Adélaïde HHH1/2 Pascal Lejeune/ Distribution Plages Album réussi Oh! l\u2019heureuse surprise.Je suis en voiture, j\u2019écoute le nouveau disque de Pascal Lejeune et je me dis que c\u2019est tout à fait dans la lignée d\u2019un Sylvain Lelièvre, ce qui n\u2019est pas rien, déjà, en soi.Et puis, à partir de la chanson Le vieux de la vieille, en mi-course d\u2019album, ça devient tout simplement du Pascal Lejeune.Plus besoin de comparaison : il a une plume, un univers, une façon de chanter qui sont bien à lui, et vraiment intéressants, nourris de sa vie à lui, né au Nouveau-Brunswick : chanson d\u2019amour lumineuse d\u2019un vieil homme à sa femme, chanson à boire, rupture où il est question de « ta poésie/ta peau est si douce», invention d\u2019un monde meilleur, le chanteur réussit à réinventer un peu le genre.On soulignera l\u2019exceptionnel travail de réalisation d\u2019Yves Desrosiers et la qualité tout aussi exceptionnelle des arrangements, signés par Lejeune et Desrosiers, mâtinés de couleurs vieux jazz, louisianaise, slave ou même carrément western.Ce n\u2019est pas un hasard si certains des meilleurs musiciens de l\u2019heure ont accepté de collaborer à ce disque produit à compte d\u2019auteur par Pascal Lejeune.- Marie-Christine Blais À écouter : Les lendemains mélodieux INSTRUMENTAL Le Maï Taï Orchestra I Found My Vahine HHH C4/DEP J\u2019aurais voulu que tu sois hawaïenne\u2026 C\u2019est écrit \u2013 et même publicisé - dans mon Almanach du peuple de 1952 acheté dans une vente de garage : il existait alors une école de guitare hawaïenne au Québec ! Plus de cinquante années plus tard, certains des meilleurs musiciens d\u2019ici \u2013 les guitaristes Rick Haworth et Jocelyn Tellier, les batteurs Justin Allard et Alain Quirion, l\u2019inimitable Sunny Duval au ukulélé, etc.\u2013 se réunissent régulièrement pour interpréter le répertoire polynésien, et il en résulte cet album assez étonnant.Instrumental et très, très respectueux de la tradition hawaïenne, le disque propose 15 classiques de ce genre musical associé habituellement aux vacances (au mieux) ou à Elvis dans Blue Hawaii (au pire).Oubliez le gag kitsch ou le pastiche : amoureux de ce genre musical, le Maï Taï Orchestra considère la musique polynésienne comme un bijou qui exige les soins les plus délicats.Le résultat est un album qui n\u2019est pas fondamentalement indispensable, mais a des vertus indéniables : c\u2019est fou comme il est apaisant, berçant comme les vagues et très efficace quand il fait gris et froid.Genre de novembre à mars\u2026 - Marie-Christine Blais À écouter : I Found My Vahine JAZZ Robert Glasper Double Booked HHHH Blue Note Double concept Lancé il y a deux ans, In My Element fut un album majeur pour la planète jazz.Alors qu\u2019il nous renversait en trio acoustique (Vicente Archer, contrebasse, Chris Dave, batterie), le jeune pianiste Robert Glasper menait un groupe électrique en parallèle.En voici un aperçu probant.La seconde moitié de ce nouvel album témoigne de cette expérience impliquant d\u2019autres collaborateurs d\u2019allégeance R&B/hip hop \u2013 le chanteur Bilal, le rapper MosDef, le saxophoniste Casey Benjamin, le DJ Jari Sundance.On y remarque même une reprise de Butterfly de son aîné Herbie Hancock en mode funk-jazz avec une (forte) touche hip-hop.La première partie de Double Booked, elle, aurait pu se trouver sur l\u2019album précédent.So what ?On connaît désormais la facture de ce pianiste fabuleux\u2026 et on peut en prendre encore longtemps avant de s\u2019en lasser.Les figures rythmiques à la main droite sont mirobolantes, la main gauche est irréprochable, la vision rythmique du musicien dépasse de nouveau l\u2019entendement, la précision du doigté demeure parfaite en haute vitesse.Bref, qu\u2019il nous ait fait faux bond cet été (parti en tournée avec Maxwell), on ne peut qu\u2019espérer son retour sur scène.- Alain Brunet À écouter : Festival FOLK CONTEMPORAIN Brigitte Saint-Aubin Les rêves à l\u2019envers HHH L\u2019Abe/Select Brigitte, jeune femme Mon collègue Alexandre Vigneault faisait remarquer, il y a quelque temps, qu\u2019un bon nombre des meilleurs disques québécois lancés cette année étaient l\u2019oeuvre de femmes auteures-compositrices, d\u2019Émilie Proulx à Marie-Pier Arthur.La tendance se maintient avec le deuxième disque de Brigitte Saint- Aubin.On se souviendra que la chanteuse et comédienne avait proposé l\u2019an dernier une série de spectacles «dans le salon» de gens qui accueillaient sa prestation chez eux.Elle a ensuite travaillé fort pour concevoir cet album, effectivement bien écrit, bien composé (par elle en grande partie), bien arrangé et réalisé (par Francis Roberge).On y trouve une délicieuse couleur folk qui sied parfaitement au timbre de la jeune femme.Mais ce timbre, elle gagnerait toutefois à le travailler encore pour qu\u2019il retienne l\u2019attention pendant les 11 morceaux : sa voix est souvent sur le même ton, joue des mêmes modulations, dans un registre un peu mince, avec une diction un peu molle\u2026 C\u2019est d\u2019autant plus frappant que cette voix a pour écrin des arrangements très variés et inventifs sur ce disque.Et c\u2019est grâce à ces orchestrations qu\u2019on prend la mesure de son indéniable talent d\u2019auteure-compositrice.- Marie-Christine Blais À écouter : Je plonge INDIE-ROCK Yo La Tengo Popular Songs HHH1/2 Matador Long fleuve tranquille Le trio américain que forment Georgia Hubley (batterie, voix), Ira Kaplan (guitares, voix) et James McNew (basse, voix) peut se targuer d\u2019avoir pondu un douzième album de qualité.Plusieurs chansons de cet album misent davantage sur les claviers, les bidules électros et les arrangements pour quatuor à cordes (signés Richard Evans), et l\u2019on ne compte pas les murets de guitares doublées de voix souvent voilées, fondues dans le mix, enregistrées un peu à la manière Sonic Youth.Maturité oblige (le groupe existe depuis 1985), la palette de l\u2019expression musicale est plus vaste que jamais, Yo La Tengo déborde largement le cadre indie rock.On y remarque des références claires au R&B des années 60, à la pop classique de cette même époque.On y repère de l\u2019orgue funky, très easy listening.On y égrène des fragments de country-folk.On y hume des effluves psychédéliques\u2026 On peut même y identifier un soupçon de jazz.En somme, on vogue sur une mer plutôt tranquille, on n\u2019arrive même pas à se méfier des eaux calmes, mais on n\u2019a aucun mal à apprécier la facture aigre-douce de ces petites histoires mises en rimes.- Alain Brunet À écouter : More Stars Than There Are In Heaven llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 16 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 1 9 S E P T E M B RE 20 0 9 1969876A ARTS ET SPECTACLES CIRQUE La TOHU offre son premier spectacle international de la rentree avec Laissez-Porter de la troupe francaise XY.Invitation au voyage.MARIO CLOUTIER Tout un monde dans une valise.Comme plusieurs spectacles de cirque, Laissez-Porter, de la compagnie francaise XY, comporte des premisses simples et universelles : quelques valises et des planches de bois.Mais les six artistes de la troupe font des pieds et des mains pendant une heure pour transporter les spectateurs dans un ailleurs imaginaire en utilisant une seule technique de cirque, poussee a ses limites : les portes acrobatiques ou, comme on dit au Quebec, le main a main.áCfest un spectacle leger qui se transporte bien, mais cfest surtout lfun des rares qui exploitent a fond qufune seule technique.Cfest un peu le nouveau dans le nouveau cirqueâ, blague Mahmoud Louertani, cofondateur de la troupe avec Abdeliazide Senhadji.Formateurs en arts du cirque, les deux complices ont recrute deux duos dfacrobates a lfEcole de cirque de Lomme (pres de Lille) afin de lancer ce spectacle en 2004.Normalement, un spectacle de cirque europeen roule pendant trois ans, mais Laissez-Porter en est a sa cinquieme saison.Leur deuxieme spectacle, Le grand C, a ete lance en mai dernier et fait sfactiver 17 interpretes en piste.áIl y a encore une demande pou r Lais s e z-Por t e r, note Louertani.On peut dire que ce spectacle fait desormais partie de notre repertoire.Le grand C, cfest une creation collective.Cfest un projet ambitieux, mais il va bienâ, indique lfartiste francais.Le spectacle presente a la TOHU a ete decrit comme une á feerie acrobatiqueâ par la presse francaise.Il comprend des duos, des trios et plus, voire un porte acrobatique a six artistes en meme temps.La valise restant toujours au centre du recit.á On la gl i s s e , on l a porte, on la lance, raconte le membre de la compagnie XY.Cfest un travail physique et technique, mais qui debouche sur lfemotion.En travaillant, on sfest apercu qufon pouvait parler dfexil, de solitude, de deracinement, de vacances.â Humanisme XY ne cherche pas a faire passer des messages a tout prix avec son spectacle, mais les valeurs colportees par ces saltimbanques sont empreintes dfhumanisme.áAu lieu de se dire bonjour, dit-il, les personnages le font avec des portes acrobatiques.On prefere la suggestion au crayon gras.Cfest une histoire qui est chargee.La performance passe au second plan derriere lfemotion.Et, a la fin, le public est invite au voyage.Cfest un appel a la solidarite.â Cfest la premiere visite au Quebec de cette troupe, dont les fondateurs possedent une experience de plus de 25 ans en art du cirque, mais sans doute pas la derniere.áMontreal est reconnue pour le cirque, assure Mahmoud Louertani.On connait lfecole, le Cirque du Soleil, Eloize, Les 7 doigts.Chacun de nous y a des amis, des collegues.Cfest une famille, le cirque contemporain, ou les echanges et les relations humaines sont tres importants.â Conditions de travail La France attire dfailleurs de plus en plus dfentre eux grace aux conditions de travail pour les intermittents du spectacle qui ont ete proposees par lfEtat.áDes Americains et des Europeens viennent travailler chez nous, expliquet- il.Je souhaite que tous les pays adoptent ces mesures qui nous assurent un gagnepain, meme en periode de creation et de gestation de spectacle.â Ce premier spectacle international presente a la TOHU cette annee sera precede dfune courte prestation du superbe Mick Holbeke.Recemment diplome de lfEcole nationale de cirque de Montreal, il interprete un personnage de clown candide, dont lfemerveillement constant a propos dfun rien nfest pas sans rappeler la poesie de feu Sol-Marc Favreau.Laissez-Porter, a la TOHU du 23 septembre au 2 octobre.LAISSEZ-PORTER A LA TOHU Faire des pieds et des mains PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE La valise reste toujours au centre du recit de Laissez-Porter, explique Mahmoud Louertani, acrobate et cofondateur de la troupe francaise XY.áOn la glisse, on la porte, on la lance.â llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R E A L S A M E D I 1 9 S E P T E M B R E 2 0 0 9 A R T S E T S P E C T A C L E S 17 Commanditaire en titre Collaborateur DVOR.AK ET LE NOUVEAUMONDE Lfetoile montante Karen Gomyo interprete le Concerto pour violon de Sibelius.LfOSM propose en deuxieme partie la Symphonie á Du Nouveau Monde â de Dvo.rak, une des plus aimees du repertoire.Une soiree sous le signe de lfemotion! Dvo.AK : Symphonie no 9 á Du Nouveau Monde â Mardi 6 octobre /20 h Serie Les evasions classiques Air Canada presentee par KarenGomyo UNE SAiSON DANS LA TeTE DE KENT NAgANO Selection de forfaitS concertS apartirde 125$ osm.ca/forfaits CONCERT AVEC MARC LABRECHE Apres le travail, offrez-vous une sortie originale! Marc Labreche partage sur scene ses choix musicaux, joues par les musiciens de lfOSM et anime par Andre Robitaille : BrahMs : Danse hongroise no 5 TchaiKovsKi : Romeo et Juliette saTie : Gymnopedie no 1 Gershwin : An American in Paris Mardi 29 septembre /18 h 30 Vin servi gratuitement des 17 h 30 marC LaBrECHe Soiree presentee par les vins sont une gracieusete de Serie Les Aperos de lfOSM presentee par abonneZ-VouS A la SaiSon 2009/2010! on peut vous conseiller! 514-842-9951/oSM.ca ProchainementalfoSm: Billets a partir de 25 $* * taxes et frais de service en sus 1969678A PAGLIACCI LEONCAVALLO GIANNI SCHICCHI PUCCINI 26.30 SEPTEMBRE .3.5.8 OCTOBRE 2009 A 20 H SALLE WILFRID-PELLETIER b OPERADEMONTREAL.COM MARC HERVIEUX .MARIE-JOSEE LORD .GREGORY DAHL .MARIANNE FISET MARIE-NICOLE LEMIEUX .MISE EN SCENE : ALAIN GAUTHIER 2009/2010 30e SAISON 1933712A 1933713 ARTS ET SPECTACLES THÉÂTRE Partenaire de Wajdi Mouawad dans la compagnie Abé Carré Cé Carré, le comédien Emmanuel Schwartz fait ses vrais débuts à la mise en scène avec Maxquialesyeuxsortisducoeur, l\u2019un des volets du spectacle Chroniques, dont il signe tous les textes.«Pour moi, c\u2019est immense, dit-il, mais je ne tiens pas pour acquis que c\u2019est important pour les autres.» ALEXANDRE VIGNEAULT Début d\u2019après-midi, lundi.Emmanuel Schwartz arrive avec un petit retard au lieu du rendez-vous, un café situé en face de l\u2019École nationale de théâtre.Il apparaît au coin de la rue, cheveux en bataille, cigarette au bec et barbe de quelques jours.Un look brouillon, très «artiste », éclairé de la lumière vive qui jaillit de ses yeux bleus.Il sort de la dernière répétition de sa pièce Maxquialesyeuxsortisducoeur, qu\u2019il met en scène lui-même, et doit enfiler deux entrevues avant de filer à Ottawa, pour renouer avec Wilfrid, personnage qu\u2019il interprète dans Littoral.Le jeune comédien de 27 ans a donc une journée de fou.Encore.«Ça fait longtemps que je ne me suis pas reposé», concède-t-il.Les coups de fatigue, il connaît.En juillet, à quelques jours de la présentation de Sang des promesses à Avignon, il a donné la frousse à tout le monde en s\u2019effondrant en pleine répétition.Il était toutefois sur pied \u2013 et «magnétique », a écrit ma collègue Sylvie St-Jacques \u2013 le soir de la première.Son interprétation a d\u2019ailleurs été soulignée par des commentaires élogieux dans des journaux français.«Avignon a créé une sorte de vague à laquelle je ne m\u2019attendais pas.Je ne revendique aucun crédit pour cet événement, précise-t-il toutefois.J\u2019étais à la bonne place au bon moment.Par chance, en plus.» Sa chance, c\u2019est d\u2019abord d\u2019avoir croisé le chemin de Wajdi Mouawad.Et que ça ait cliqué entre eux.Plus que des amis, ils sont devenus des partenaires au sein de la compagnie Abé Carré Cé Carré.«Ce qui est étrange avec Abé, ditil, c\u2019est qu\u2019on est à la fois une très grosse compagnie, parce que Wajdi fait des spectacles depuis longtemps, et une très petite compagnie parce que moi, je vais créer mon premier.Ou à peu près.» Poings et plume Emmanuel Schwartz, fils d\u2019un musicien de jazz anglophone et d\u2019une orthopédagogue francophone, ne se rappelle pas comment il est arrivé au théâtre.«Petit, j\u2019aimais m\u2019exprimer.Même le bricolage me passionnait.Je suis né à l\u2019époque de PassePartout et, comme je montrais des aptitudes, on m\u2019encourageait, dit-il.J\u2019ai fait du théâtre dès que j\u2019ai eu l\u2019âge, vers 9 ou 10 ans.» S\u2019il n\u2019est pas certain du chemin qui l\u2019a mené sur les planches, il se rappelle précisément la mésaventure qui l\u2019a incité à écrire sa première pièce, Antiviol : il y a sept ans, il s\u2019est retrouvé «sans trop le vouloir» au milieu d\u2019une bagarre et a été battu «jusqu\u2019à perte de conscience» par une équipe de rugby.Le frêle jeune homme était au mauvais endroit, au mauvais moment.Pas de chance.«Après ça, j\u2019ai eu peur pendant six mois, avoue-t-il.J\u2019avais peur de circuler le soir tout seul à Sainte-Thérèse (où il était inscrit à l\u2019Option- Théâtre du Cégep Lionel- Groulx).Même si on ne sortait jamais d\u2019un quadrilatère de cinq rues.» La comédienne Enrica Boucher, une amie de longue date, l\u2019a aidé à mettre en forme ce texte, qui a été créé en 2003 au Festival Fringe.Maxquialesyeuxsortisducoeur est aussi imprégné d\u2019une certaine violence.Il dépeint un monde trouble où il n\u2019y a pas vraiment de frontières entre le «réel» et un univers fantastique peuplé d\u2019ogres et de dragons.Le ton évoque le poème épique et son personnage titre, Max, y joue un rôle de narrateur qui n\u2019est pas sans rappeler le coryphée des tragédies grecques.Ce ton, on le retrouvera aussi dans les deux autres volets de Chroniques, un spectacle d\u2019ailleurs lié par «le rapport à l\u2019écriture» des trois personnages principaux.Max est un poète («Mon fantasme d\u2019être Rimbaud.Mon complexe d\u2019être déjà trop vieux pour être Rimbaud», avoue l\u2019auteur), Bérénice écrit «pour retrouver la femme qu\u2019elle est devenue», alors que Clichy amorce un dialogue imaginaire avec le fantôme de son idole, Bernard- Marie Koltès.Univers contrastés Emmanuel Schwartz se charge de mettre en scèneMax.Le destin de Bérénice sera pris en charge par Alice Ronfard, alors que Jérémie Niel (dont la compagnie, Pétrus, coproduit Chroniques) s\u2019occupe de Clichy.Trois metteurs en scène, trois univers contrastés.«Moi, je suis dans la matière, dit le jeune auteur.Alice est dans la vidéo et Jérémie dans le son.» Son idée première était de travailler dans le dépouillement.Mais il a fait volte-face.Il s\u2019est mis à accumuler les matières, les signes et les sens.Son groupe d\u2019acteurs, des gens qu\u2019il côtoie depuis longtemps, a même fini par lui dire qu\u2019il en mettait trop, qu\u2019il fallait arrêter d\u2019en rajouter, que ça ne marcherait pas.Il dit qu\u2019il est braqué, avoue qu\u2019il les a implorés de le suivre même s\u2019il ne savait pas ce qu\u2019il faisait.Emmanuel Schwartz en ressort visiblement ébranlé.E t ç a m a r c h e, lu i demande-t-on?«Je suis content.Ben, ben content, assure-t-il.Le jeune homme de théâtre admettra plus tard qu\u2019il n\u2019a aucune idée de la façon dont son travail sera reçu.En revanche, il sait qu\u2019il ne vivra jamais plus ce genre de liberté ni ce genre de questionnement.«Après, je vais être prédéterminé par cette expérience- là, croit-il.Je m\u2019en suis permis beaucoup.Et je ne sais pas si c\u2019est une bonne chose.» EMMANUEL SCHWARTZ / Chroniques Une expérience déterminante ET JE SAIS QUE CELA DOIT ÊTRE LE PARADIS, dès demain (dates multiples) à La Petite Licorne.SEXY BÉTON, du 21 septembre au 1er octobre au Studio du Centre Segal.RÊVES, CHIMÈRES ET MASCARADE, du 22 septembre au 10 octobre à l\u2019Espace libre.MONSIEUR DE POURCEAUGNAC, du 23 septembre au 9 octobre à la salle Fred-Barry.CHRONIQUES, du 24 septembre au 10 octobre à La Chapelle.ENTRÉE EN SCÈNE PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE Le comédien Emmanuel Schwartz fait ses débuts de metteur en scène avec Maxquialesyeuxsortisducoeur, un volet du spectacle Chroniques, dont il a écrit les trois textes.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 18 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 1 9 S E P T E M B RE 20 0 9 1964537A ARTS ET SPECTACLES THÉÂTRE TRIO ALEXANDRE VIGNEAULT L\u2019HISTOIRE CACHÉE DES VIADUCS QUI TOMBENT Des blocs de béton qui se détachent des infrastructures et des viaducs qui s\u2019effondrent sur les gens, ça sonne une cloche?La compagnie Porte-parole n\u2019a pas oublié et, partant de ces événements récents, a conçu un thriller théâtral en trois volets intitulé Sexy béton.L\u2019intrigue tourne autour de deux acteurs qui, intrigués par ces effondrements, vont enquêter sur les rumeurs de collusion entre la mafia, l\u2019industrie de la construction et les élites politiques.Toute ressemblance avec des événements réels n\u2019est peut-être pas fortuite.Le premier épisode de cette production bilingue sera présenté à compter du 21 septembre au Studio du Centre Segal des Arts de la scène.Infos et billets : 514-739-7944.HISTOIRE DE FILLES Marie-Ève Gagnon s\u2019intéresse à l\u2019amitié féminine dans Et je sais que cela doit être le paradis, dans laquelle Enrica Boucher et Mélanie Pilon jouent des personnages qui portent les mêmes prénoms qu\u2019elles.Ce n\u2019est pas une discussion de cuisine ou de salon, car elle se déroule quelque part entre ciel et terre.La première a lieu demain à La Petite Licorne, où la pièce sera présentée une douzaine de fois, surtout du dimanche au mardi.La dramaturge a par ailleurs publié récemment une étude portant sur la place des femmes dramaturges au Québec.Son constat s\u2019apparente à celui posé récemment par les femmes réalisatrices et les comités femmes de l\u2019Union des artistes : l\u2019accès à la scène semble plus difficile aux femmes dramaturges qu\u2019à leurs collègues masculins.Et plus les théâtres et les moyens financiers sont importants, moins les textes de femmes sont nombreux.UN MONSIEUR DE MOLIÈRE Un an avant son désopilant Bourgeois gentilhomme, Molière avait créé une autre comédie- ballet, Monsieur de Pourceaugnac.C\u2019est à cette oeuvre moins célèbre que se frotte aujourd\u2019hui une compagnie curieusement baptisée Tu vas le sentir.Le metteur en scène Marc-André Leclair a transposé l\u2019action en Nouvelle-France, au début de la colonie, à une époque où le théâtre était non seulement mal vu, mais même interdit par le clergé.«Or, une troupe de comédiens de Ville-Marie, dirigée par le marquis d\u2019Argençon, décide de passer outre l\u2019interdiction\u2026 Ils joueront Monsieur de Pourceaugnac clandestinement », indique le programme.Le rendez-vous secret est fixé à la discrète salle Fred-Barry, à compter du 23 septembre.Trois metteurs en scène qui ne connaissent peu, six jeunes comédiens et un thème imposé.L\u2019argument de départ de Rêves, chimères et mascarade se lit comme un carton de jeu de la Ligue nationale d\u2019improvisation.Mais tout ça se passe chez Omnibus.ALEXANDRE VIGNEAULT De nombreux spectacles naissent du désir qu\u2019ont des créateurs de mettre leurs univers en commun.Rêves, chimères et mascarade, c\u2019est exactement l\u2019inverse.Ses trois maîtres d\u2019oeuvre, Réal Bossé, Pascal Contami ne et Ch ri s t ian Leblanc, ne se connaissaient à peu près pas avant de se mettre au travail et doivent leur rencontre à Jean Asselin.Le directeur artistique d\u2019Omnibus les a réunis, leur a proposé un thème et leur a donné carte blanche.«C\u2019est vraiment un blind date artistique assez fou», juge Pascal Contamine.Christian Leblanc et Réal Bossé acquiescent.«On a essayé de l\u2019éviter », avoue d\u2019ailleurs ce dernier.Un peu par réflexe («On a l\u2019habitude de travailler chacun dans son univers», ditil) et aussi parce qu\u2019il n\u2019est pas nécessairement facile d\u2019inventer un spectacle à trois têtes.La preuve, malgré leur enthousiasme, ils marchent encore sur des oeufs au moment d\u2019en expliciter le thème et la structure.«C\u2019est une structure qui peut se rapprocher d\u2019Un chien andalou de Bunuel et Dali, avance Pascal Contamine.Estce qu\u2019on est à l\u2019aise avec ça?» Les deux autres éclatent de rire et acquiescent.Encore une fois.Il faut donc s\u2019attendre à un univers onirique axé sur le langage du corps, marqué par des ruptures de ton et des changements d\u2019univers pas toujours logiques.Le point de départ du spectacle («la matière première », dit Réal Bossé), ce sont les six jeunes acteurs rompus à l\u2019art du mime choisis conjointement par les trois metteurs en scène.«Ils ont en moyenne 22 ans, c\u2019est une génération qui a ses problèmes et ses soucis», signale Christian Leblanc.Partant d\u2019improvisations, ses acolytes et lui ont tenté de dégager les rêves, les espoirs et les désillusions de cette génération-là.Pascal Contamine ajoute que le spectacle s\u2019appuie entre autres sur l\u2019idée d\u2019un certain «effritement» de la société.«De ses valeurs comme de ses infrastructures», précise-t-il, en évoquant ces viaducs qui tombent et cette jeune femme tuée par un bloc de béton qui s\u2019est détaché d\u2019un immeuble cet été.Mais malgré la conscience sociale qui peut tuer toute naïveté, malgré le «mensonge accepté de tous » qui peut mener au cynisme (le côté mascarade), il reste encore le rêve.Sans doute plus difficile à porter, «mais sûrement plus nécessaire qu\u2019avant», estime Réal Bossé.Rêves, chimères et mascarade, de Réal Bossé, Pascal Contamine et Christian Leblanc, du 22 septembre au 10 octobre à l\u2019Espace libre.OMNIBUS / Rêves, chimères et mascarade L\u2019hydre à trois têtes PHOTO ROBERT MAILLOUX, LA PRESSE Les trois metteurs en scène de Rêves, chimères et mascarade: Réal Bossé, Christian Leblanc et Pascal Contamine.PHOTO JEAN-FRANÇOIS LEBLANC Marie-Ève Gagnon llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 9 S E P T E M B R E 2 0 0 9 A R T S E T S P E C T A C L E S 19 1948460A 1903975A 25 septembre au 4 octobre 2009 orgueetcouleurs.com 514-899-0644 1956312A 1956326 ARTS ET SPECTACLES SPECTACLES VA R I E T E S LES BOBARDS ü4328, Saint-Laurent) Paulo Ramos.Dim.: 20h.CABARET DU CASinO DE mOnTReAL Sylvain Cossette.Sam.et dim.: 20h30.CEnTRE BELL Metallica.Sam.et dim.: 20h.CLUB SODA The Spleen et Kamakazi.Sam.: 20h.LƾASTRAL Trio Harry Manx.Sam.: 20h.LE REnDEZƪVOUS DU THe ü1348, Fleury) Pierrot Fournier chante Brel, Brassens et Ferre.Sam.: 20h.meTROPOLiS Sean Kingston.Sam.: 20h; Keane.Dim.: 20h.THeATRE DU ViEUXƪTERREBOnnE Patrick Norman.Dim.: 19h30.THeATRE HECTORƪCHARLAnD üL`Assomption) Jean-Francois Mercier.Sam.: 20h; dim.: 19h30.C L A S S IQUE CHAPELLE nOTREƪDAmEƪDEƪBOnƪSECOURS Ensemble Caprice et Ensemble Quynade.Musiques sefarades et arabes.Sam, 20h.CHAPELLE HiSTORiQUE DU BOnƪPASTEUR Martin LaChance, soprano.Au piano: Rachel Martel.Airs de Mattei, Donaudy, Paisiello, Boito, Cilea, Ponchielli, Bachelet, Massenet, Puccini, pieces pour piano de Soler, Chopin et Chabrier.Serie Revelation-Pianos Andre Bolduc.Dim.: 14h30.eGLiSE SAinTƪnOmƪDEƪJeSUS Orchestre Metropolitain.Dir.Yannick Nezet-Seguin, claveciniste.Concerto brandebourgeois no 2 (Bach), Symphonie no 103 (Haydn), Symphonie no 2 (Schumann).Orgue et Couleurs.Sam.: 20h.DA N S E STUDiO 303 Rafales: 19h et 21h.PHOTO ARCHIVES LA PRESSE Patrick Norman 20 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R E A L S A M E D I 1 9 S E P T E M B R E 2 0 0 9 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll Sur les chemins de COMPOSTELLE vieTnaM L¡¦or et l ¡¦encens du dragon 514 521-1002 ¡E 1800 558-1002 www.LesGrandsExplorateurs.com montrEal-nord ¡E Cegepmarie-Victorin 6 au 8 octobre Varennes ¡E College st-Paul 9 octobre laVal ¡E salle andre-mathieu 13 au 22 octobre montrEal ¡E salle Pierre-mercure 3 au 8 novembre Aussi presente a : L¡¦Assomption ¡E St-Hyacinthe ¡E St-Jerome ¡E St-Jean ¡E LaSalle.st-Jean ¡E theatre des deux rives 3 octobre montrEal ¡E salle Pierre-mercure 6 au 11 octobre longueuil ¡E Salle Pratt & Withney Canada 18 au 24 octobre laVal ¡E salle andre-mathieu 17 au 26 novembre Aussi presente a : St-Jerome ¡E St-Hyacinthe ¡E LaSalle ¡E Pierrefonds ¡E LaPrairie ¡E Varennes ¡E L¡¦Assomption ¡E Montreal-Nord.1957065A Le monde a l¡¦endroit ou a l¡¦envers.Exposition de peintures .Paysages imaginaires .par l¡¦Artiste LangdonArt.Du 22 au 28 sept.09 Tous les jours de 10h a 22h, au 1040 rue Marie-Anne Est, Montreal.1968709 1941067A 1969971A LA GALERIE ARTS ET SPECTACLES ARTS VISUELS Nous vous proposons, cette semaine, de visiter deux expositions de photos dont les approches sont à l\u2019opposé l\u2019une de l\u2019autre.D\u2019un côté, 600 photos reliées au reportage journalistique ; de l\u2019autre, sept installations qui remettent ladite photographie en question.La première est présentée dans une ancienne brasserie ; l\u2019autre dans une ancienne usine de machinerie.JOCELYNE LEPAGE À l\u2019exposition du World Press Photo, présentée au Musée Juste pour rire, sont greffées cinq autres expositions, ce qui porte à environ 600 le nombre de photographies agrandies et exposées comme des tableaux dans les salles immenses de l\u2019ancienne brasserie.On sort de là complètement vidé.C\u2019est l\u2019exposition du World Press qui est la plus intéressante.Elle permet de ramener à la mémoire les principaux événements de l\u2019année 2008 dans toutes sortes de domaines et de constater qu\u2019ainsi va la vie, d\u2019une guerre à l\u2019autre.Et qu\u2019il y a de temps en temps, dans la vie ordinaire, dans le sport, les arts, les découvertes scientifiques, des moments de grâce.C\u2019était aussi le cas de l\u2019exposition de l\u2019année dernière.Mai s deva nt la photo gagnante, on reste songeur.Rien de plus banal que ce cliché montrant un policier dans un appartement en désordre, l\u2019arme pointée comme s\u2019il s\u2019y cachait un terroriste ou un vendeur de drogue.Cette photo d\u2019Anthony Suau, pour le magazine Time, ne se comprend que si on lit le texte qui l\u2019accompagne.Le criminel recherché est, en vérité, une victime de la crise financière aux États- Unis qui n\u2019a plus les moyens de payer ses factures.Rappelons que l\u2019exposition du World Press Photo est le résultat d\u2019un concours international auquel ont participé quelque 5500 photographes.L\u2019exposition, qui comporte un volet éducatif, fait le tour du monde.Mille mots en images Le texte est aussi au coeur de l\u2019installation la plus percutante parmi les six exposées aux Ateliers Jean Brillant, dans une usine de la rue Saint-Jacques Ouest, en plein coeur du quartier Saint-Henri.Il y a là une grosse boîte en acier brillant qui sert de salle de projection à Alfredo Jaar.L\u2019artiste chilien y présente The Sound of Silence, une vidéo de huit minutes constituée à 99% d\u2019un texte écrit avec une vieille machine Remington qui défile lentement, une ligne à la fois, sur l\u2019écran.Il y raconte l\u2019histoire de Kevin Carter, un Sud-Africain blanc, «nigger lover» qui, après bien des mésaventures, devient photojournaliste de guerre.Il recevra d\u2019ailleurs le prix Pulitzer pour un cliché montrant une petite fille noire, maigre, errant seule dans une sorte de désert, cherchant à fuir un aigle.Qu\u2019est donc devenue la petite fille ?On ne le saura pas puisque le journaliste s\u2019est suicidé, emportant son secret avec lui.On verra à peine la photo en question, qui surgit bruyamment, dans un éclair, sur l\u2019écran.Mais on apprend qu\u2019elle a été achetée par Bill Gates et qu\u2019elle se retrouve aujourd\u2019hui dans des archives avec un demi-million d\u2019autres photos choc.L\u2019installation est d\u2019une rare efficacité.On sort de là, ébranlé.Mille mots en images, ça frappe.Toutes les installations aménagées dans l\u2019ancienne usine qui appartient au sculpteur Jean Brillant sont intéressantes.Ayant recours à la vidéo ou au numérique, les artistes sortent la photographie du cadre et la font marcher.On y retrouve Luc Courchesne, Yveline Loiseur, Pierre Tremblay, Emmanuelle Léonard, Anne Ramsden.Mais l\u2019on retient plus particulièrement une vidéo de Yang Zhenzhong où l\u2019on voit, et entend, une jeune femme qui souffle et dont le souffle semble faire avancer plus rapidement, sur le mur en face, une foule qui déambule dans une rue de Shangaï.Cette exposition est présentée par le Mois de la photo, qui se déroule actuellement dans une douzaine de lieux à Montréal, de la maison de la culture Frontenac dans l\u2019est de la ville, à cette usine de l\u2019Ouest dont les espaces sont loués par le sculpteur à des manifestations ou organismes culturels.Un endroit à découvrir, pas encore touché par des rénovations coûteuses, qui a conservé son odeur de graisse de moteur.WorldPress Photo, jusqu\u2019au 4octobre au Musée Juste pour rire, 2111, boulevard.Saint- Laurent.Ouvert tous les jours, de 11h à 22h.Entrée, adultes: 12$.Le Mois de la photo aux ateliers Jean Brillant, 3550, rue Saint-Jacques Ouest, jusqu\u2019au 11 octobre.Ouvert du mercredi au dimanche, de 12h à 17 h.Entrée libre.WORLD PRESS PHOTO / LE MOIS DE LA PHOTO La photo, et son contraire PHOTO FOURNIE PAR PHOTOSWORLD PRESS PHOTO 09 La photo gagnante de World Press.En apparence ordinaire, le cliché n\u2019acquiert sa pertinence que lorsque l\u2019on apprend que ce policier de Cleveland recherche une victime de la crise financière qui n\u2019a plus les moyens de payer ses factures.L\u2019exposition du World Press Photo est le résultat d\u2019un concours international auquel ont participé quelque 5500 photographes.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 9 S E P T E M B R E 2 0 0 9 A R T S E T S P E C T A C L E S 21 CE LUNDI! Martin Matte déjeune avec l\u2019équipe.Attendez-vous à un matin parfait! 5h30 Les Matins de Montréal Stéphane, Pascale, Benoit et Sonia rythmefm.com 1969414A FESTIVAL DE LA LITTÉRATURE MOTS CROISÉS DES ARTS SOLUTION de la semaine dernière 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 NH 1653 HORIZONTALEMENT 1 Film de Bruno Podalydès mettant en vedette Catherine Deneuve et Mathieu Amalric.2 Artiste célèbre au théâtre \u2013 Réel transcendant \u2013Marque le lieu.3 Lieu où travaillent des artisans \u2013 Bat le pavé.4 Tour \u2013 Épatant.5 Style de musique \u2013 D\u2019une locution sign.indispensable pour que quelque chose se fasse \u2013 Il se joue avec des pierres.6 Arbres d\u2019Amérique tropicale \u2013 Il a joué dans La couleur de l\u2019argent, de Scorsese.7 Démonstratif \u2013 Initiales de l\u2019interprète de Stan dans Les boys \u2013 Saxophoniste et clarinettiste américain de jazz né en 1909.8 Film de Mankiewicz mettant en vedette Bette Davis \u2013 Sauter.9 Il a une expérience particulière dans un métier \u2013 La vie en .\u2013 D\u2019un auxiliaire.10 Chiffres romains \u2013 Auteur-compositeurinterprète et acteur américain prénommé Chris \u2013 Il joue un grand rôle dans la synthèse des protéines.11 Compositeur et violoniste français (1697 - 1764) \u2013 Dessinateur du personnage d\u2019Achille Talon.12 Brossé \u2013 Très courte.VERTICALEMENT 1 Prénom de celle qui chante sous le nom de Coeur de pirate \u2013 Roman de Félix Leclerc (Le fou de l\u2019.).2 Pris au piège \u2013 Personne bavarde.3 Grand-père de Canaan \u2013 Prénom de l\u2019interprète de Nate dans Six pieds sous terre \u2013 Initiales de l\u2019interprète de Gisèle dans Les hauts et les bas de Sophie Paquin.4 Poils \u2013 Tissu léger et fin.5 Culottes \u2013 Note \u2013 Petit singe.6 Exfoliation de la peau \u2013 Infructueux.7 .Homier-Roy \u2013 Actrice française prénommée Emmanuelle.8 Initiales de la comédienne Picard \u2013 John Lennon y a été assassiné en 1980.9 Schumann s\u2019y est consacré \u2013 Grande élévation naturelle \u2013 Grade.10 En Montérégie \u2013 Psittacidé.11 Personnes qui réparent les chaussures.12 Transpiration abondante \u2013 Le groupe Nirvana en est l\u2019initiateur.1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 1 R A C I C O T A C T E 2 E L I S E H U G H P 3 M E L A S S E S O U I 4 A X B A T A B U S E 5 S S E R E I N E E S 6 T A A L V I T R E S 7 E M I L I E E T C A 8 R I S E E I S R A E L 9 I C I N A O A R T V 10 S A T A U E N T E E 11 E U E S B I R D T A 12 E X C U S E E S F E R NH 1652 MARIE-CHRISTINE BLAIS Ni concert, ni lecture, plutôt face-à-face et même huis clos mélodique en public, les deux amis de longue date se partageront la scène de la Cinquième salle de la Place des Arts, l\u2019un en noir, l\u2019autre en blanc, et y présenteront quelques- unes des dizaines de chansons qu\u2019ils ont faites ensemble.Ce sera la cinquième et la sixième fois, en trois ans, qu\u2019ils proposent cette rencontre hors du commun.Eicher est à la guitare, mais Djian la gratte lui aussi un peu (« il commence même à jouer du piano », confie Eicher en riant).Djian récite de son étonnante voix les paroles des chansons, mais Eicher les chante aussi \u2013 accompagné parfois par son copain.«Et puis, on fait toujours un petit jeu, reprend Stephan Eicher au bout du fil.Philippe lit la dernière page du roman qu\u2019il est en train d\u2019écrire, je la découvre en même temps que le public et je dois trouver la musique qui l\u2019accompagne.» «C\u2019est très, très fort, ce qui nous lie tous les deux, dit de son côté Philippe Djian, ça dépasse la simple amitié, jamais je n\u2019écrirais de texte pour d\u2019autre que lui.Johnny Hallyday en chante une (Ne reviens pas) ?Oui, parce que c\u2019est Stephan qui a décidé de lui donner ; je n\u2019ai jamais écrit de chanson pour Hallyday.Mais bon, ça faisait plaisir à Stephan\u2026» Ce que Djian veut dire, c\u2019est qu\u2019il confie quelque chose de son âme à son copain : un style, une manière, certes, mais aussi un regard qui révèle autrement que dans un roman.« J\u2019écris avec ma guitare, dont je joue très mal, explique Djian.Pour chaque texte, il y a toujours une petite musique, une mélodie que j\u2019invente avec la dizaine d\u2019accords que je connais \u2013 quelquefois, je donne ces musiques à Stephan : comme il est parfois fainéant, il m\u2019a juré que la musique que j\u2019avais faite pour Pas déplu était très bien et il l\u2019a conservée sur son album Eldorado, dit-il en riant.Quand je joue de la guitare, je ne m\u2019assois pas à la même place que lorsque j\u2019écris un roman, reprend-il.Parce que c \u2019est autre chose.Toutes ces années, écrire des chansons m\u2019a poussé à toujours plus de rigueur, plus d\u2019écoute du rythme et de la mélodie, ça m\u2019a aussi permis de jouer avec la répétition.En français, ça a été très longtemps mal vu, de répéter les mêmes mots.Les chansons, qui appellent nécessairement la répétition (ne serait-ce qu\u2019au refrain), m\u2019ont libéré en quelque sorte de cette peur de la répétition, qui est pourtant si efficace en écriture.» Et que Djian utilise avec un talent exceptionnel, faut-il le rappeler.«Quand on a créé le spectacle il y a trois ans, j\u2019avais mis sur scène des petits jouets pour Philippe, explique Eicher, par exemple un mini-sampler, des instruments d\u2019enfants\u2026 C\u2019était amusant, mais finalement, quand on écoute des synthés qui imitent des moines tibétains, on quitte les mots.Or, je voulais rendre hommage aux mots de Philippe.Alors, au Festival de jazz de Montreux (en juin dernier), je n\u2019avais qu\u2019une guitare et un looper (appareil d\u2019échantillonnage), et ça a très bien marché.Ça pourrait s\u2019appeler \"Deux hommes et une guitare \", finalement.» «Ce qui est bien, c\u2019est que je ne prends pas vraiment de risque dans ce spectacle puisque je ne suis pas le chanteur, dit Djian, et que Eicher n\u2019en prend pas vraiment non plus puisque ce n\u2019est pas un concert.En fait, ce qu\u2019on prend, c\u2019est du plaisir», dit le romancier qui, en passant, aime passionnément Leonard Cohen, qu\u2019il cite en tout ou en partie dans pas moins de quatre romans.«Ce spectacle est très différent de ce que je fais habituellement, reprend pour sa part Eicher.D\u2019abord, je suis assis ! Je ne me jette pas à gauche et à droite puisqu\u2019il faut laisser la place aux mots.En fait, la seule fois où je n\u2019ai pas été assis, c\u2019est quand on a joué alors qu\u2019il y avait Jane Birkin dans la salle.Philippe m\u2019a dit qu\u2019il se roulerait par terre si je jouais de l\u2019harmonica.J\u2019ai joué de l\u2019harmonica\u2026 et je me suis roulé par terre aussi, devant Birkin!» Philippe Djian et Stephan Eicher, les 24 et 25 septembre à la Cinquième salle de la Place des Arts.Info : www.festival-fil.qc.ca PHILIPPE DJIAN ET STEPHAN EICHER Paroles, paroles\u2026 Photo fournie Par Gallimard Philippe Djian (notre photo) à propos de son ami Stephan Eicher : «C\u2019est très, très fort, ce qui nous lie tous les deux, ça dépasse la simple amitié.» Photo Jean-BaPtiste mondino Sur scène, Stephan Eicher et Djian font toujours un petit jeu: «Philippe lit la dernière page du roman qu\u2019il est en train d\u2019écrire, je la découvre en même temps que le public et je dois trouver la musique qui l\u2019accompagne», raconte Eicher.Le romancier français Philippe Djian (37,2 le matin, Lent dehors, Impardonnables\u2026) et Stephan Eicher, le chanteur suisse le plus connu ici (à part peut-être Alain Morisod !), forment depuis 23 ans un indestructible tandem parolier-compositeur.Le FIL les a invités à chanter, réciter, rire, improviser et même gentiment s\u2019engueuler devant nous.DVD STEPHAN EICHER eldorado trio live HHH 1/2 Morgane/Barclay En noir et blanc La visite de Stephan Eicher dans le cadre du FIL nous permet de parler du DVD étonnant qu\u2019il a lancé il y a peu, baptisé Eldorado Trio Live, réalisé par Eicher lui-même, qui explique, le rire dans la voix : « Il y a deux choses que je déteste en musique : les comédies musicales et les DVD de spectacles.Or, je suis en train d\u2019écrire une comédie musicale et je viens de réaliser un DVD live ! J\u2019ai fait une longue liste de tout ce que je n\u2019aimais pas dans ces DVD et j\u2019ai essayé de faire autre chose.Comme donner à plusieurs amis des caméras pour qu\u2019ils filment le spectacle.Demander à des spectateurs où est-ce qu\u2019ils baladent leurs yeux pendant un concert, le noter et s\u2019en servir.Enregistrer un seul soir, en une seule prise \u2013 un spectacle, c\u2019est une seule prise, non?Et puis, j\u2019ai eu l\u2019idée de faire un spectacle en noir et blanc\u2026 qui ne l\u2019est pas du tout, en fait.Tout est en couleur, mais la scène, nos vêtements, nos instruments ont été conçus pour donner l\u2019impression du noir et blanc.Par exemple, j\u2019ai demandé que toutes les petites lumières sur les amplificateurs, qui sont d\u2019habitude rouges, soient remplacées pour des blanches.Si vous regardez bien le DVD, on en a oublié une ! » La formule trio, très classe et très mélodieuse, fait la part belle aux mélodies d\u2019Eicher mais aussi aux textes de Djian (la majorité des morceaux sont de lui sur ce live).«Quand j\u2019ai donné le dernier spectacle (le 10 juillet dernier), on avait donné 112 représentations\u2026» \u2014 marie-Christine Blais «Toutes ces années, écrire des chansons m\u2019a permis de jouer avec la répétition.En français, ça a été très longtemps mal vu, de répéter les mêmes mots.Les chansons, qui appellent nécessairement la répétition, m\u2019ont libéré en quelque sorte de cette peur de la répétition, qui est pourtant si efficace en écriture.» \u2014 Philippe djian llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 22 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 1 9 S E P T E M B RE 20 0 9 1937600A FESTIVAL DE LA LITTÉRATURE La comédienne Marie- Thérèse Fortin adore Gabrielle Roy.Assez pour avoir voulu, il y a une vingtaine d\u2019années, créer un spectacle autour de son chef-d\u2019oeuvre, La détresse et l\u2019enchantement.C\u2019est le Festival international de la littérature (FIL) qui lui donne l\u2019occasion, en ce 100e anniversaire de naissance de l\u2019écrivain, de faire revivre non seulement les mots de Gabrielle Roy, mais aussi un vieux rêve.CHANTAL GUY En effet, il fallait beaucoup aimer l\u2019oeuvre de Gabrielle Roy pour demander une bourse et adapter, pour la scène, et toute seule, La détresse et l\u2019enchantement.Ramener 500 pages de mémoires à une trentaine, sans dénaturer le propos et le style.Ce que Marie-Thérèse Fortin a fait, au début des années 90, quand elle a présenté son premier «montage» au Carrefour international de théâtre.«Après ça, je suis entrée à la direction du théâtre du Trident, j\u2019ai eu des enfants et le projet est resté dans mes malles.» Sauf que quelques proches avaient entendu parler de ce travail, et c\u2019est tout naturellement qu\u2019on lui a demandé de participer au 15e Festival international de la littérature, qui souligne le 100e anniversaire de Gabrielle Roy.«Je ne pouvais pas dire non et je voulais bien sûr replonger là-dedans, mais pas toute seule!» Marie-Thérèse Fortin a donc demandé l\u2019aide de son ami et collègue, Olivier Kemeid, avec qui elle avait déjà travaillé sur Cocteau.Ensemble, ils ont monté cette lecture qui ne sera présentée qu\u2019un soir (lundi), à la Cinquième salle de la Place des Arts.Pourquoi autant de travail pour un soir seulement?«Parce qu\u2019on est fous, on ne vous l\u2019avait pas dit ?» lance la comédienne.Mais il n\u2019est pas dit que, selon la réponse du public, cette lecture vive plus longtemps que prévu.Le texte en vedette Discussion à trois sur Gabrielle Roy.Kemeid, comme Fortin, l\u2019ont découverte dans ces lectures scolaires obligatoires qui créent souvent l\u2019inverse du coup de foudre.Mais disons qu\u2019une petite graine est plantée.Des années plus tard, c\u2019est l\u2019éblouissement en lisant La détresse et l\u2019enchantement pour Marie-Thérèse Fortin ; Kemeid, lui, accroche à Bonheur d\u2019occasion.«Ce n\u2019est pas une lecture de jeunesse, croit-il.Il faut de la maturité pour entrer dans cette écriture.» «Quand j\u2019ai relu mon premier découpage, jemerends compte que ce ne sont plus les mêmes choses qui me touchent aujourd\u2019hui », constate Marie-Thérèse Fortin.Ensemble, ils proposent LEUR Gabrielle Roy, comme ils le disent affectueusement.«La vedette, dans ce spectacle, c\u2019est la littérature, c\u2019est ce livre, La détresse et l\u2019enchantement, un titre magnifique où l\u2019on revient tout le temps », explique Olivier Kemeid, en soulignant que le choix des extraits a été fait par intuition \u2013 du texte, de la scène, intimement liés.«D\u2019ailleurs, Gabrielle Roy voulait au départ être comédienne, et ça se sent dans son écriture », note Marie- Thérèse Fortin.« Beaucoup de moments sont des scènes de théâtre ou de cinéma », renchérit Kemeid.Le but de ce spectacle, pas si évident que cela, est de ne pas décevoir ceux qui ont lu La détresse et l\u2019enchantement, tout en donnant l\u2019impression à ceux qui ne l\u2019ont pas lu qu\u2019ils en comprendront l\u2019essentiel.Les deux artistes sont fascinés par l\u2019affection profonde et durable qu\u2019ont les lecteurs pour ce livre, ces mémoires de l\u2019écrivain publiés à titre posthume.« Beaucoup de gens m\u2019ont dit : c\u2019est l\u2019histoire de ma grand-mère, de ma mère, c\u2019est mon histoire », raconte Kemeid.«Moi, ce qui me bouleverse, c\u2019est comment elle a dépassé sa condition, confie Marie-Thérèse Fortin.Comment elle est allée au bout de son désir, avec les sacrifices que cela demandait.Ce n\u2019est pas juste une oeuvre d\u2019écriture, il y a une voix très intime et f ranche là-dedans.Ça touche à l\u2019identité.» Il y a certainement quelque chose de très intime qui a poussé la comédienne à inca r ner le s mot s de Gabriel le Roy sur scène.D\u2019ailleurs, on lui dit souvent qu\u2019elle a une ressemblance physique avec l\u2019écrivain.La détresse et l\u2019enchantement, lecture de Marie-Thérèse Fortin, mise en scène d\u2019Olivier Kemeid.Lundi, 19h30, à la Cinquième salle de la Place des Arts.MARIE-THÉRÈSE FORTIN ET OLIVIER KEMEID Éternelle Gabrielle Pour le centenaire de naissance de Gabrielle Roy (1909-1983), plusieurs activités sont consacrées à l\u2019écrivain pendant le Festival international de la littérature.D\u2019abord, ces Midis littéraires où de grandes comédiennes liront des extraits des romans de l\u2019écrivain : Rue Deschambault par Monique Spaziani, Ces enfants de ma vie par Françoise Faucher, Cet été qui chantait par Sylvie Drapeau, Le temps qui m\u2019a manqué par Sophie Faucher et Bonheur d\u2019occasion par Mireille Deyglun, celle-là même qui a incarné Florentine dans l\u2019adaptation cinéma.(De lundi à vendredi, entre 12h10 et 12h50 aux Jeunesses musicales du Canad.a) Aussi, en marge du FIL, à la maison de la culture Marie-Uguay, une exposition sur La petite poule d\u2019eau, une rencontre avec son biographe François Ricard (le 26 septembre) et une projection inédite du film Bonheur d\u2019occasion en présence du réalisateur Claude Fournier et de la comédienne Mireille Deyglun (dimanche le 27 septembre, à 14h).\u2014Chantal Guy GABRIELLE ROY AU FIL PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE Entre Gabrielle Roy et Marie-Thérèse Fortin, il y a une histoire d\u2019amour qui ne date pas d\u2019hier.Le 100e anniversaire de naissance de l\u2019écrivain fait revivre un vieux rêve à la comédienne.«Moi, ce qui me bouleverse, c\u2019est comment elle a dépassé sa condition, comment elle est allée au bout de son désir, avec les sacrifices que cela demandait.» Retrouvez les grilles télé d\u2019aujourd\u2019hui et de demain dans le Voilà! inséré dans La Presse d\u2019aujourd\u2019hui.VOILÀ! VOTRE SOIRÉE DE TÉLÉVISION Votre guide télé complet sur CYBERPRESSE.CA/TELE sur cyberpresse.ca HORAIRES Consultez tous les jours tous vos horaires cinéma et critiques de téléromans sur www.cyberpresse.ca/tele Votre guide télé PHOTO FOURNIE PAR SUPER ÉCRAN CINÉMA L\u2019échange, drame de Clint Eastwood avec Angelina Jolie et John Malkovich, samedi 21 h, Super Écran PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE SPORTS En direct de Québec, un match pré-saison opposant les Bruins au Canadien, dimanche 19 h, RDS PHOTO FOURNIE PAR RADIO-CANADA GALA Véronique Cloutier anime les 24e gala des prix Gémeaux.dimanche 19h30, Radio-Canada PHOTO FOURNIE PAR TVA SÉRIE Début de la série de Réjean Tremblay Lance et compte: Le grand duel, lundi 21h, TVA SEMAINE DU 19 SEPTEMBRE 2009 .et profitez aussi d\u2019une SUPER BONNE OFFRE des restaurants MIKES® à la livraison.Détails au superecran.com Cet automne, voyez de SUPER BONS FILMS À SUPER ÉCRAN.p ®Une marque de commerce enregistrée de PDM Royalties Limited Partnership utilisée sous licence.Le Grand Départ avec Marc Messier Samedi 19 septembre 19h15 1897463A llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 9 S E P T E M B R E 2 0 0 9 A R T S E T S P E C T A C L E S 23 peinture et photographie des paysages américains et canadiens de 1860 à 1918 18 juin 27 sept.2 0 0 9 1379, rue Sherbrooke Ouest.Métro Guy-Concordia/Peel Nocturnes les mercredis, jeudis et vendredis soirs jusqu\u2019à 21h Gratuit pour les enfants de 12 ans et moins* * Accompagnés d\u2019un adulte.Non applicable aux groupes.Horaire des visites commentées disponible sur mbam.qc.ca/nature Albert Bierstadt (1830-1902), Vallée de Yosemite (détail), 1868, huile sur toile, 137,8 x 184,2 cm.Oakland Museum of California, gift of Miss Marguerite Laird in memory of Mr.and Mrs.P.W.Laird.une présentation de maintenant ou jamais! derniÈre semaine! « Une des plus intéressantes expositions des 10 dernières années ! » Jocelyne Lepage, La Presse 1885264A ARTS ET SPECTACLES LITTÉRATURE Retenu en première sélection avec 15 autres écrivains de langue française, Dany Laferrière saura le 4 novembre s\u2019il remporte ou non le prix Médicis pour son roman L\u2019énigme du retour, qui vient de paraître chez Boréal.En attendant, le fils de feu Windsor se promène à Montréal en refusant de succomber à la dictature des faits et en reprenant l\u2019adage qui dit : tout est vrai même si ce que je raconte n\u2019est jamais arrivé.DANY LAFERRIÈRE DANY EN TROIS TEMPS PHOTO ANDRÉ TREMBLAY, LA PRESSE Le nouveau roman de Dany Laferrière, L\u2019énigme du retour, s\u2019attaque à deux sujets : la mort du père et le retour d\u2019exil.«J\u2019ai tout mis dans ce livre, toute mon intensité, toute mon émotion.Je ne peux pas faire mieux, ici, tout de suite avec ma parole.» NATHALIE PETROWSKI L\u2019entrevue a mal commencé.Très mal commencé.J \u2019ai pourtant demandé à Dany Laferrière une question toute simple.Ton père est mort quand ?Dans mon espr it et à la lumière de ma lecture encore toute fraîche, j\u2019avais l\u2019impression que la mort de Windsor Laferrière, le héros absent de L\u2019énigme du retour, avait été le déclencheur de ce 19e roman et que sa disparition datait d\u2019à peine un an.Sans compter que l\u2019émotion à la fois subtile et poignante communiquée par le récit d\u2019un exilé qui retourne dans son pays natal à la mort de son père ne pouvait, à mes yeux, qu\u2019être le fruit d\u2019un deuil récent.«La mort de mon père ?Je ne sais pas », a d\u2019abord répondu Dany d\u2019un air vague qui m\u2019a sciée en deux.Voyant mon émoi, Dany s\u2019est ravisé et m\u2019a annoncé du bout des lèvres et presque douloureusement : 1984.La date m\u2019a fait l\u2019effet d\u2019une gifle.Pas seulement la date, mais le temps écoulé : 25 ans, un quart de siècle entre la mort réelle et physique d\u2019un homme et sa résurrection virtuelle «tel un astre trop aveuglant» dans le roman de son fils.Cette date bien réelle changeait subitement tout.«Je parie en plus que tu n\u2019es même pas retourné à Barradères, le patelin de ton père, comme tu l\u2019as écrit?» Dany m\u2019a répondu que je lui faisais penser à un agent d\u2019immigration avec toutes mes questions.Il a ajouté qu\u2019on ne peut pas faire un reportage sur la littérature.C\u2019est impossible.Ça ne se fait pas.J\u2019ai répliqué qu\u2019il n\u2019était pas question d\u2019un reportage sur la littérature.Seulement d\u2019une entrevue avec un écrivain.« Le malentendu, a-t-i l ajouté, vient du fait que tu connais l\u2019auteur.« Je co n n a i s M ic h e l Tremblay et je n\u2019ai pas ce problème avec lui.\u2014C\u2019est drôle que tu dises ça, parce que si tu y penses bien, je suis un peu le Michel Tremblay de Port-au-Prince.» La vérité dans l\u2019émotion Nous étions dans la vitrine du Plan B, avenue du Mont- Royal , à un jet de pierre d\u2019une salle bondée de libraires que Dany irait séduire après notre rencontre.Pour les faire rire, il leur raconterait que la Petrowski lui avait donné du fil à retordre.Et pour cause.En attendant , je venais de comprendre que j\u2019étais tombée dans le foutu piège à cons de l\u2019autofiction, un genre que Dany a toujours refusé de pratiquer, lui préférant une fiction déguisée en confession qui se donne des airs de confidence et d\u2019aveux intimes, mais qui est en réalité un leurre dont on ne peut jamais départager le vrai du faux.Pourquoi ?«Parce que c\u2019est moi, le seul témoin et que je n\u2019avouerai jamais!» lance Dany en éclatant de rire, ravi de ce bon tour qu\u2019il vient de me jouer, avant d\u2019ajouter plus sérieusement: «Pour les journalistes, la vérité est dans les faits.Pour moi quand j\u2019écris, la vérité est dans l\u2019émotion.» Mais encore.Ce qu\u2019on écrit est une chose.Comment , pourquoi et dans quelles circonstances on écrit en est une autre.Mais soutirer la moindre bribe d\u2019information de Dany à ce sujet ne fut pas facile.Il mit ses réticences sur le compte d\u2019une pudeur, soi-disa nt hér itée de sa famille.Pourtant, pendant qu\u2019il évoquait sa famille, je ne pouvais m\u2019empêcher de voir cette pudeur comme le fruit pourri de la dictature haïtienne que Dany a fuie à 23 ans, mais qu\u2019il a commencé à subi r dès la petite enfance à cause de l\u2019engagement politique d\u2019un père dont il portait aussi le prénom.Aussi, de peur que le petit Windsor paie pour les prises de position de Windsor père, on s\u2019est mis à l\u2019appeler Dany.Puis on l\u2019a envoyé vivre avec sa grand-mère, à l\u2019extérieur de Port-au-Prince.«J\u2019avais 4 ou 5 ans quand mon père a quitté Haïti.Il était plus souvent dans le maquis qu\u2019à la maison.Voilà un homme à l\u2019origine de ma vie dont j\u2019ignore même la manière de nouer sa cravate », écrit-il dans L\u2019énigme du retour.Filmer avec son stylo Assez bizarrement ou peutêtre justement parce que son père n\u2019était qu\u2019une absence, Dany a peu écrit sur lui au cours des 30 dernières années.Puis subitement, en décembre 2008 , Dany a décidé d\u2019aller passer Noël en Haïti.C\u2019était la première fois qu\u2019il le faisait depuis 1976.Pourquoi ce Noël-là plutôt qu\u2019un autre, l\u2019histoire et surtout son auteur ne le disent pas.Chose certaine, Dany avait dans ses bagages un carnet de notes, qu\u2019il s\u2019est mis à noircir furieusement dès sa descente de l\u2019avion.Dès qu\u2019il partait marcher dans les rues de Port-au- Prince, qu\u2019il s\u2019arrêtait dans un bar ou un bouiboui, qu\u2019il s\u2019assoyait sur un banc, il notait tout ce qui bougeait autour de lui comme si son oeil ouvert et aux aguets était l\u2019objectif d\u2019une caméra.Pendant 10 jours, Dany a pour ainsi dire filmé Portau- Prince avec son stylo.Il a écouté et enregistré les conversations des gens de la rue.«J\u2019ai voulu me faire l\u2019écho des gens que j \u2019ai croisés, raconte-t-il.J\u2019ai observé, noté, consigné.Mon seul petit projet était de tenter de montrer autre chose que l\u2019anecdote haïtienne et peut-être aussi de faire le portrait de ma génération, mais dans le moment présent, tout cela en cherchant à garder les choses dans leur lumière naturelle.» En prenant des notes , Laferrière s\u2019était donné une contrainte: celle d\u2019écrire un récit constitué de simili haïkus, ces petits poèmes japonais de trois vers à qui il a donné une ou plusieurs longueurs de plus, histoire de casser le moule et d\u2019exercer sa liberté d\u2019écrivain.Une valise en héritage Pour le reste, Dany refuse d\u2019expliquer pourquoi il a décidé pour ce 19e roman de s\u2019attaquer aux deux grands mythes littéraires que sont la mort du père et le retour d\u2019exil.« Si c\u2019est une déclaration d \u2019homme pol i t ique que tu veux, tu ne l\u2019auras pas.Je ne suis pas un homme politique, mais surtout, je ne peux pas parler mieux que mon livre.J\u2019ai tout mis dans ce l ivre, toute mon intensité, toute mon émotion.Je ne peux pas faire mieux, ici, tout de suite avec ma parole.» C\u2019est vrai que Dany en dit beaucoup dans L\u2019énigme du retour: sur Haïti, sur luimême, sur le double exil qu\u2019il vit entre Montréal et Port-au-Prince et sur son père, cet homme qui a vécu plus longtemps en exil que dans son pays et qui a fini sa vie seul, sale et fou dans une chambre à Brooklyn en refusant d\u2019ouvrir la porte à son fils, la seule fois que ce dernier a cherché à le rencontrer, lui laissant pour tout héritage une mallette fermée à double tour et sans le numéro de la combinaison.«Cette valise m\u2019attendait, écrit Dany.Il a fait confiance au réflexe de son fils.Ce qu\u2019il ne savait pas, c\u2019est que le destin ne se transmet pas de père en fils.Cette valise n\u2019appartient qu\u2019à lui.Le poids de sa vie.» Dany me jure que cette histoire de valise est vraie.En même temps, il me glisse que les trois personnages du roman, Dany, son neveu Dany Charles et Windsor son père, sont peut-être le même personnage, mais à trois temps de sa vie.Dany en trois temps.Comme l\u2019Albertine de Michel Tremblay.La boucle est bouclée.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 24 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 1 9 S E P T E M B RE 20 0 9 "]
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