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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
B. Plus
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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Références

La presse, 1989-12-16, Collections de BAnQ.

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[" D LA PRESSE.MONTREAL.SAMED116 DECEMBRE 1989 Plus $749 CELTEX h>c PTR 800 PORTATIF avccactmticn- 953-0292 ft BUR.: 663-6421 Nowfej tla Presse au 4 \\m ¦ CILLES TOUPIN envoyé spécial SANTIAGO Planté les jambes bien écartées, gilet pare-balles et mitrailleuse tenue solidement des deux colosse de faction devint la maison du général Augus-'4p* Pinochet, dans une avenue des beaux quartiers de Santiago, redresse le torse lorsqu'il voit un 'autobus bondé de touristes s'approcher de la résidence du vieux dictateur.^D'autres carabiniers font les îe^nt pas devant le mur du jardin.Au centre-ville, devant YEdijicio Diego Portâtes, siège de la junte, d'autres carabiniers semblent -trouver le temps long.Les Chiliens se sont habitués à la présence des militaires depuis t6 ans.Et le grand bouleversement démocratique de jeudi, l'élection d'un président de la République de l'opposition, Patricio ^Ayiwin, ne va pas renvoyer tout de go les militaires dans leurs ca-\u2022sernes.< Lorsque commencera réclle-^ment la transition vers la démocratie, le 11 mars prochain, date d'entrée en fonction du nouveau ^gouvernement, le pouvoir civil aura à défaire tous les noeuds placés par Pinochet dans les cordages du pouvoir exécutif.Il sera étroitement encadré par les Forces armées dont l'état-major a été purgé de ses éléments modérés.Les «durs», qui se rangent aux côtés du générai, ont l'intention de prolonger leurs pouvoirs bien au-delà de la déroute électorale.Lés obstacles à franchir sont !uutefois moindres que ce qu'ils semblaient être avant les élec-ijjons.Pinochet a eu beau veiller personnellement au «bon déroulement» des opérations en lan-çuntj le 9 octobre dernier, l'ulti-me phase de ses grandes manoeuvres en remaniant l'état-major de Vejercito \u2014 la puissante armée de terre dont il est commandant en chef \u2014.écartant les officiers Ouverts à un dialogue avec un gouvernement d'opposition, il Ti'a pu contrer la formidable va- murs érigés par Pinochet Le candidat élu, représentant de l'opposition, Patricio Ayiwin, au moment ou il déposait son vote.gue démocratique et réformiste qui s'abat sur le Chili.L'exemple du Conseil de la Banque centrale parle de lui-même.Le pouvoir octroyé à l'institution est énorme.Son autonomie pouvait sit >f>er une paralysie permanente des politiques économiques de lu nouvelle administration, d'autant plus que la désignation des membres dudit conseil était entièrement sous la responsabilité de Pinochet.Or, la composition finale du conseil a été longuement négociée et les parties se sont entendues pour que les personnes des secteurs démocratiques y soient majoritaires.«C'est un bon signe, commente un proche de Ayiwin.C'est un vent de renouveau qui souffle avec tant de force que même l'ancien regime ne peut s'y soustraire.» Deux étapes Pour le gouvernement Ayiwin.deux étapes cruciales restent à franchir: les mois qui séparent le triomphe de la prise du pouvoir et le premier semestre du nouveau gouvernement.Une intense négociation derrière les coulisses marquera la première étape.Trois grands thèmes seront au coeur de ces discussions entre l'ancien et le nouveau régime: ¦ les relations civilo-militaires qui.depuis 60 ans, sont mauvaises (ce qui inclut la loi organique des Forces armées, la permanence de Pinochet au poste de commandant en chef de l'armée et la situation des Droits de l'homme); ¦ la démocratisation des municipalités; ¦ les pouvoirs du nouveau Congrès pour enquêter sur la précédente administration.«Ce que nous n'avons pu résoudre au cours des mois précédant l'élection, affirme-t-on à la permanence d'Aylwin.nous devrons a tout prix le résoudre au cours du premier semestre de gouvernement.» De tous ces themes de discussion, celui des relations entre l'armée et le pouvoir civil est certes le plus complexe et le plus important.C'est là que se trouve la clé de la passation du pouvoir.Un général à la retraite, tenté un moment par la candidature sénatoriale, explique les choses ron- dement: «C'est une equation facile à comprendre mais difficile à résoudre.D'un côté, il y a ceux qui ont beaucoup de pouvoir et qui veulent en perdre le moins possible.De l'autre, il y a ceux qui veulent en obtenir le maximum.La réussite de la transition démocratique repose sur le génie politique capable d'opérer la passation sans coûts importants.» Cette analyse se vérifie, par exemple, dans le contenu de la Loi organique des Forces armées.Ce projet de loi crée un véritable pouvoir parallèle.L'article 107 du texte stipule que le budget imparti à l'armée dans les prochaines années ne «pourra être inférieur à celui de l'année précédente, exprime en valeur constante».Le budget sera élaboré par les commandants en chef des trois armées et «approuvé par le ministre des Finances», à qui les responsables de l'armée ne rendront que des comptes globaux de leurs dépenses.Avec un budget annuel de l'ordre de 6,5 à 7 p.cent des dépenses de l'État, les militaires s'assurent une autonomie financière largement supérieure à leurs besoins et se placent en marge de l'effort national voulu par le président élu Ayiwin pour améliorer le sort des plus défavorisés.Puissants freins Dans le même temps, des officiers supérieurs ont été nommés à la direction d'administrations importantes ou d'entreprises du secteur public.Comme tous les fonctionnaires désignés par Pinochet, ils bénéficient d'un statut d'inamovibilité et constituent autant de freins à l'action du nouveau gouvernement.Il est d'ores et déjà certain que la loi ne sera pas adoptée telle quelle par la junte \u2014 encore au pouvoir.L'unanimité n'existe plus au sein de l'armée et les stratèges de la Concertation pour la démocratie d'Aylmin le savent.Ils comptent bien utiliser des divisions au cours des négociations prochaines.L'armée de terre s'est peut-être enfermée dans son bunker, mais la marine, les forces aériennes et les carabiniers ont pris conscience qu'ils devaient revenir à leur mission première.Le général Fernando Matthei, commandant de l'armée de l'air, a déclaré l'autre jour à la télévision nationale qu'il se portait garant du respect de la Constitution et qu'il n'aimait pas la loi organique des Forces armées dans sa forme actuelle.L'amiral (orge Merino ( marine ) a pour sa part rappelé que la «démocratie était le résultat d'une volonté expresse des Forces ar- Le candidat soutenu par Pinochet, Hernan Buchi, gardait quelques espoirs quand il s'est présenté au bureau de scrutin.hi, garda mées.qui devaient rester unies».Enfin, Rodolfo Strange, ami de Pinochet et général des carabiniers, abonde dans le sens d'une démocratie complète.Quant au départ de Pinochet, souhaité à maintes reprises par Ayiwin, il ne résoudra pas tous les problèmes.Le dictateur entend bien rester à son poste, contre vents et marées.Si le gouvernement Ayiwin parvenait à lé déloger, il devrait choisir son successeur, selon la Constitution, parmi les cinq premiers gradés de l'état-major.Sauf que les dix plus hauts responsables de l'armée sont désormais des groupies de Pinochet.Enfin, sur la question des Droits de l'homme, les signaux qui proviennent de la gauche et de la droite ne sont pas du tout clairs.Les avis sont partagés sur la façon de mener les enquêtes sur les crimes et les horreurs commis sous la dictature.Ayiwin repoussera cette question au premier semestre de son mandat.Là où un concensus existe entre les forces d'Aylwin et certains secteurs de la droite, dont Rénovation nationale, parti de l'cx- premier ministre de Pinochet.Onofre |arpa, c'est sur la nécessité de démocratiser les municipalités.Sous la dictature, les dirigeants municipaux, bien souvent non élus, ont été responsables de politiques autoritaires et injustes C'est par les municipalités que passent les canaux naturels pour « résoudra J(s problèmes les plus ai-¦gusde là population.Un «grand ménage» devrait être très tôt entrepris de ce côté.Le Congrès aussi devra enlrt-\".prendra* une longue lutte pour transformer la Constitution et se donner les moyens d'enquêter sur les actions passées du régime.militaire.Ce sera une tache extrêmement ardue.Malgré tout, le bunker rêve du pinochétismeÙ n'est pas aussi hermétique que l'avaient espère ses constructeurs.A la longue, il semble même qu'il pourrait jouer contre eux, affirment ici certains constitutionnalistes.Pendant que les rues de Santiago et du Chili tout entier continuent d'exploser de joie, le vrai jeu de la dépino-chétisation ne fait que commencer.; Paul Gerin-Lajoie dP un révolutionnaire tranquille Par fui, et maintenant PIERRE GRAVEL propos et confidences Ce livre devait être écrit.Maintenant.Et par lui.Hier, c'eût probablement été trop tôt.Demain, peut-être impossible.Vingt-cinq ans après la création du ministère de l'Éducation, on dispose en effet du recul nécessaire pour examiner en toute sérénité les circonstances difficiles qui ont entouré la complète remise en question du système scolaire au Québec.Par ailleurs, l'événement est encore assez récent pour que les acteurs et des témoins directs s'en souviennent avec précision.Et nous le racontent en le replaçant dans les perspectives exactes de l'époque.De son côté, à bientôt soixante-dix ans.Paul Gérin-Lajoie.le premier titulaire du ministère de l'Éducation, en 1954, demeure un narrateur exceptionnellement bien placé pour en présenter le récit.Sans prétendre à la stricte neutralité, il peut au moins, aujourd'hui, faire preuve d'un certain détachement dans l'analyse de ses souvenirs et de ses archives personnelles, et fournir une contribution aussi lucide qu'essentielle au volumineux dossier de l'histoire de l'éducation au Québec.En réalité, on a déjà beaucoup écrit sur la Révolution tranquille.Du meilleur et dû pire.Des souvenirs de témoins, parfois privilégiés, et des travaux d'historiens.Mais dans beaucoup de ces études, le dossier de l'éducation n'apparait souvent que comme un des volets importants de cette époque\u2014charnière dans l'histoire du Québec moderne.Au même titre que l'assainissement des moeurs politiques, l'effondrement du pouvoir clérical, la nationalisation des compagnies d'électricité privées, la création de la Caisse de dépôt et de la Régie des rentes, ou encore l'avènement d'une fonction publique digne de ce nom.Il nous manquait encore, cependant, la narration détaillée de ce que Gérard Filion a décrit comme «la réforme la plus importante» réalisée par «l'équipe du tonnerre» de lean Lesage.Parce qu'il en fut l'instigateur et le principal artisan, Paul Gérin-Lajoie arrive donc à point nommé avec ses Combats d'un révolutionnaire tranquille, dont le recueil vient de paraitre au Centre Educatif et Culturel.En présentant son livre à la presse, l'ex-ministre fut bien inspiré de préciser qu'il ne s'agit « ni exactement de mémoires, ni d'une tranche rigoureuse de l'histoire du Québec.En réalité, c'est l'expression d'une passion de vie».Cette passion s'exprime tout au long des 380 pages de l'ouvrage.Trop, peut-être.L'auteur consa- cre en effet de très longs passages à toute l'histoire de l'éducation au Québec depuis 1867, une lecture qui pourra paraitre un peu fastidieuse aux lecteurs qui ne partagent pas cette passion.Et répétitive aux autres qui ont déjà trouvé ailleurs toutes ces informations et connaissent bien les mésaventures de Félix-Gabriel Marchand, dont la tentative de créer un ministère de l'Instruction publique échoua en 1898.Plusieurs lecteurs trouveront peut-être également superfétatoires les longues explications de M.Gérin-Lajoie sur l'ensemble des circonstances ayant précédé, souvent de très loin, l'émergence de la Révolution tranquille.De nombreux ouvrages ont déjà analysé en détail cette époque de notre histoire et l'on peut croire que si l'ancien ministre a tenu à s'y attarder aussi longtemps, c'est à l'intention de ses éventuels lecteurs étrangers.Diverses notes en bas de page, qui expliquent certaines expressions locales ou particularismes parlementaires bien connus ici, justifient cette impression.Pour l'essentiel \u2014 la Révolution tranquille sous l'angle de la réforme du système scolaire\u2014, cet ouvrage contient beaucoup d'informations précieuses, parfois inédites, et, surtout, un éclairage hautement révélateur sur le contexte dans lequel des hommes comme Paul Gérin-Lajoie et l'actuel sénateur Arthur Tremblay ont mené à terme cette authentique «révolution».Même ceux qui étaient déjà adultes au milieu des années soixante y apprécieront mieux l'audace, teintée d'une nécessaire prudence, dont ces hommes ont fait preuve pour sortir le Québec de «la grande noirceur» et le doter d'un système d'éducation digne du XX° siècle.Le récit de M.Gérin-Lajoie a en outre le mérite de la sobriété.Si l'on imagine sans peine les prodiges de patience et de souplesse qui lui furent nécessaires, la description qu'il en fait est dépouillée de toute rancoeur et d'amertume.On mesure d'autant mieux l'ampleur du défi qui consistait à composer avec les autorités religieuses de l'époque pour réussir, en douceur, une opération radicale qui allait les déposséder d'un pouvoir jusqu'alors inattaquable.Tout au long de son texte, l'ancien ministre se révèle conforme à l'image que ses contemporains conservent de lui: un homme'politique d'une exceptionnelle: vigueur intellectuelle et profondément imbu des valeurs démocratiques pondérées par un remarquable esprit de tolérance.Mais aussi un humaniste convaincu que le développement d'un peuple passe d'abord et avant tout par celui de ses ressources intellectuelles.C'est probablement pourquoi Paul Gérin-Lajoie consacre aujourd'hui ses énergies au développement de l'éducation en Afrique.Sans doute une façon pour lui d'exporter sa Révolution tranquille.Dix Jours après Poly, deux questions m i Faut-il resserrer le contrôle des armes?B Faut-il restreindre la violence à l'écran?- pages B4, B5 LA PRESSE.MONTREAL, SAMED116 DECEMBRE 1989 La Presse Editorial Paul Dtsmarais Dressent du conseil a administration Roger D.Landry president et éditeur Claude Masson éditeur joiomt Marcel Oesiardms directeur de l mfof maticii Alain Oubuc éditorialiste en cfw* Il est temps de faire la lumière sur Hydro Oui ou non, le reseau d Hydro-Quebec est-il fiable?A-t-on raison d'appréhender une panne majeure si les froids persistent en janvier?Et si elle survient, qui blâmer?Les syndicats et leurs grèves?La direction qui aurait négligé pendant trop longtemps d'entretenir le réseau tout en prenant bien garde d'en aviser la population?Le gouvernement qui a négligé pendant trop longtemps son rôle de chien de garde?Bien malin qui peut répondre.Une chose est cependant certaine: la ¦k.psychose s'installe un peu partout et plus >^jjr MÊ personne ne croit en la fiabilité du reseau, A ÉÊm meme Pas ,a ministre responsable, Mme M /JHK Lise Bacon.Aux journalistes, Mme Bacon n'a pas caché en effet, il y a quelques jours, son 'inquiétude» devant ce qu'elle a appelé me «recrudescence de pannes par rapport à ce que nous avions déjà connu >.La ministre a même admis ressentir une certaine «impuissance» devant cette situation.A l'Assemblée nationale, Mme Bacon a renchéri, déclarant que la fiabilité du réseau est inquiétante, parce qu'il nécessite beaucoup de réparations.«J'espère, avait-elle dit, que les grèves, si rotatives qu'elles soient, n'empêchent pas l'entretien du réseau.» Or, justement, les employés d'Hydro viennent de décider qu'ils se contenteront à l'avenir de ne travailler que leur quart régulier.Finies, donc, le travail à temps supplémentaire.À quoi faut-il s'attendre en 1990?La moindre des choses serait d'interdire toute manoeuvre visant à retarder davantage des réparations qui, visiblement, auraient dû être faites depuis longtemps.Car il est trop facile de ne blâmer que les syndiqués dans ce dossier.La Presse a fait écho cette semaine à un rapport interne intitulé «Croissance de la Rive-Sud et problématique résultante», démontrant que le manque de ressources financières et humaines pour l'entretien du réseau de distribution sur la Rive-Sud rend la situation «critique» en certains endroits.L'ingénieur qui a signé le rapport affirme qu'on peut craindre des pannes de plus de 24 heures dans les secteurs sensibles si une des composantes importantes tombait en panne.Le rapport attribue la gravité de la situation au manque d'investissement d'Hydro dans la modernisation du réseau entre Varennes et Candiac, une région dont la croissance démographique est l'une des plus for* tes du pays.Ce rapport n'est pas unique et une telle situation existerait dans d'autres secteurs de la région métropolitaine.Les nombreux citoyens du Montréal métropolitain qui, depuis le début de décembre, ont manqué d'électricité pendant plusieurs heures en période de pointe sont là pour en témoigner.La semaine dernière, Hydro-Québec a tenu des propos qu'elle voulait rassurants sur l'état du réseau, pour tenter de calmer la «psychose des pannes».Elle n'a réussi à calmer à peu près personne.Car ni les syndiqués, qui affirment maintenir les services essentiels, ni la société d'État, qui attribue toute panne à ses employés syndiqués mais se garde bien de confesser ses propres erreurs, n'inspirent confiance.Ni bien sûr la ministre qui avoue son impuissance.L'heure est venue de lever la confidentialité sur tous ces rapports.Oui ou non, le réseau d'Hydro-Québec est-il fiable?Et si non, que doit-on faire pour corriger la situation?Il est temps que la population le sache! Pierre vehnat L'exode vers les banlieues Lf administration du maire Doré vient.de mettre au point une politique d'aide à l'habitation selon laquelle les gens qui achètent une maison neuve pourront avoir droit à un crédit d'impôt de mille dollars chaque année pendant cinq ans.Le programme, qui s'adresse à de nouveaux propriétaires, ne porte que sur des logements dont la valeur ne dépasse pas 100 000 S, sans tenir compte de la valeur du terrain.Certains se demanderont si la ville de Montréal ne joue pas là un rôle qui conviendrait davantage à un gouvernement provincial.Mais, dans les faits, il s'agit d'une politique de survie pour Montréal.On assiste en effet à une lente érosion du bassin de population montréalaise.Progressivement, la ville perd ses éléments plus jeunes et plus aisés au profit de la banlieue où il est possible de devenir propriétaire à moindre coût.Cet exode a des conséquences incalculables.D'abord, sur le plan économique.Déjà, comme l'a montré cette semaine le chroniqueur économique Claude Picher, le processus est largement enclenché.C'est ainsi que pour les neuf premiers mois de l'année, Montréal a été considérablement plus touchée que ses voisines par le ralentissement dans l'habitation.Le nombre de mises en chantier a en effet baissé de 45 p.cent à Montréal même, de 28 p.cent dans les autres municipalités de l'île et de 15 p.cent sur la Rive-Sud et à Laval.Sur le plan environnemental, ce déplacement est inquiétant.L'expansion des banlieues qui en résulte réduit les terres arables, compromet la vocation agricole des régions qui entourent Montréal, augmente les coûts et les effets polluants du transport, augmente la consommation d'énergie.Sur le plan social, le brassage de population fait que les jeunes familles avec enfants, productives, ayant un certain revenu, quittent la ville et font profiter les banlieues de leurs taxes et de leur activité.Pendant ce temps, des secteurs entiers de Montréal accueillent les laissés-pour-compte de la société.Récemment, la Chambre de commerce du Montréal métropolitain s'inquiétait de l'exode vers la banlieue de citoyens à revenus moyens et élevés, reprochant à l'administration Doré de s'intéresser surtout au logement social.Avec ce projet, le maire Doré montre qu'il entend réagir à cet exode.Bien sur, ce programme aura des effets limités: on s'attend a ce qu'il aide de 500 à 700 personnes l'an prochain.C'est peu, mais c'est, on l'espère, un premier pas.Alain OUBUC - Jubilation au Chili Jubilation au Chili.Il faut admettre que les Chiliens ont quelques bonnes raisons de pavoiser.L'élection du 14 décembre met fin à une dictature militaire qui sévissait depuis 16 ans, depuis le jour de septembre 1973 oû le général Augusto Pinochet s'emparadu pouvoir par la force.Il gouverna son peuple à coups de trique.Le régime ne fut sérieusement ébranlé pour la première fois qu'en octobre 1988.Le 5 octobre de cette année-là, la population refusa au dictateur le mandat qui lui aurait permis de conserver la présidence jusqu'à la fin du siècle.L'élection jeudi à la présidence de Patricio Aylwin est considérée à juste titre comme un très grand succès.Tout d'abord, le candidat de la Concertation pour la démocratie est élu au premier tour de scrutin.C'est un premier succès.L'opposition a su se comporter avec discipline et cohésion; l'intelligence de l'électeur a fait le reste.Rien n'aurait été plus déplorable que la dispersion des forces de l'opposition quand l'objectif était si clair.First things first, il s'agissait d'abattre la dictature.Il ne faut pas considérer le nouveau président comme l'héritier en ligne directe de Salvador Attende, brutalement assassiné en 1973.Patricio Aylwin, chef du Parti démocrate-chrétien, avait soutenu le coup d'État.Les années ont passé, l'électeur a visiblement pardonné au nouveau président ce qui fut pour le moins une erreur de jugement.Est-ce parce que Patricio Aylwin apparaît comme plus modéré que ne l'était en son temps Attende qu'il a obtenu un score sensiblement plus élevé que le chef de l'Unité populaire en 1970.Les 20 p.cent de plus du vote populaire qui sont allés au candidat de la Concertation assurent au nouveau président une base plus solide que celle dont jouissait Allende.La nouvelle administration prendra ses fonctions le 11 mars prochain.La question se pose de savoir si le nouveau président pourra compter sur plus du tiers du Parlement.Normalement, la gauche devrait le soutenir.Mais les votes recueillis par les partis de gauche ne se traduisent pas par un nombre proportionnel de sièges.En faveur du nouveau président jouent une longue expérience de la vie politique, une robustesse personnelle indiscutable et une très bonne connaissance du pays.Il va falloir, au cours des prochains mois, tenter d'ajuster le \u2022 pays reel », celui qui a voté contre Pinochet (par candidat interposé), a l'héritage laissé par la dictature.Dans le bagage laissé par Pinochet il y a Pinochet lui-même.Le general a deja annoncé qu'il ne resterait pas inactif.Il va -visiter les casernes».Visiblement, il veut rester proche de l'armée Pinochet se - garde» en réserve.Mais il surestime peut-être son pouvoir de seduction.Même au sein de sa famille, qui est l armée de terre.cuv cormier CAëÏÏeê Ac/ssi erces iMHelu&s AfiBte?< DROITS RESERVES L'idée de démocratiser le processus de révision de la Constitution progresse marcel adam Si le Québec est une société distincte, le Canada est pour sa part une démocratie distincte au chapitre de la révision constitutionnelle.À ma con-naissance c'est la seule fédération démocratique où le peuple est tenu à l'écart quand il s'agit d'amender ou de réformer la loi fondamentale.Pire encore: même ses représentants élus ne sont pas impliqués dans l'entreprise autrement que pour valider, à la fin, l'arrangement que les premiers ministres ont mis au point assistés de quelques ministres et conseillers.Mais cette sanction parlementaire est relativement nouvelle puisqu'elle remonte à la reforme constitutionnelle de 1981-82 qui en faisait une exigence pour l'avenir.Le plus étrange c'est que si peu de gens au Canada trouvent anormale une telle situation, qu'ils soient si rares ceux qui élèvent la voix pour en souligner l'incongruité au plan démocratique.Il arrive que certains le font mais c'est généralement pour des motifs politiques: ils ne soulèvent cette question que lorsqu'une réforme ne leur agree pas.Mais il faut admettre, pour s'en rejouir, que cette préoccu- pation se répand, certes trop lentement mais sûrement.Après l'accord du lac Meech des intervenants ont reproché en commission parlementaire au gouvernement Bourassa d'agir sans consulter le peuple.Ce fut notamment le cas de la CSN.de la FTQ et du NPD-Québec.Ce dernier avait rappelé avec pertinence que si les lots ordinaires sont l'affaire d'un gouvernement, la loi fondamentale est l'affaire du peuple.Des interventions ont aussi été faites dans le même sens, à Ottawa, lors de l'étude du projet par un comité parlementaire.Si de plus en plus de gens et de groupes commencent à être sensibles à cette anomalie, il est remarquable que les commentateurs professionnels et les constitutionnalistes le soient si peu.Il y a évidemment des exceptions, comme Gil Rémillard au temps de son professorat, et l'ex-sénateur Eugene Forsey (il y en a sûrement d'autres qui ont échappé à mon attention).|e ne saurais dire si ML Forsey est un nouveau converti oq s'il a toujours professé le petat de vue qu'il exprimait dans la Gazette du 28 novembre dernier.Peu importe.Ce qu'il dit sur le sujet est à la fois pertinent et intéressant.On aura compris que ce long préambule a servi d'introduction à la présentation d'un argument auquel je crois utile de faire écho.Pressentant comme tout le monde que l'accord Mccch pourrait ne jamais se réaliser, M.Forsey est d'avis que cet échec devrait fournir l'occa- sion de démocratiser la manière de réformer la Constitution.Pour lui l'accord Meech a démontré que le processus actuel est dangereux et ruineux.Toute l'entreprise repose sur des politiciens provinciaux qui ont été élus dans la plupart des cas sur un programme strictement provincial.Souvent ils négocient en fin de mandat alors qu'ils ne jouissent plus de la confiance populaire (comme ce fut le cas, par exemple, au lac Meech.de Richartd Hatfield, du Nouveau-Brunswick).Au surplus chacun étant bien plus préoccupé d'accroître son pouvoir que celui du peuple, il a tendance à confondre l'intérêt de sa province avec celui du Canada.La solution?Enlever aux politiciens le pouvoir de modifier la Constitution pour le donner au peuple.Parce qu'elle appartient à lui et non à eux, il lui revient de décider ce qui devrait y être ajouté ou retiré.Eugene Forsey cite en exemple l'Australie qui peut mieux que d'autres fédérations servir Jusqu'à un certain point de modèle pour le Canada, du fait qu'elle a été comme lui politi- Sucment engendrée par la rande-Bretagne et que les deux pays ont un régime parlementaire hérité de la mère patrie.En Australie un amendement constitutionnel doit d'abord être adopté par les deux chambres du parlement fédéral.Après quoi il est soumis à l'élcctorat où il doit recueillir une majorité a la fois dans l'ensemble du pays et dans une majorité des États formant la fédération australienne.Il est important de souligner que dans ces États ni le gouvernement, ni le parlement prend la moindre part au processus.Ce modèle n'est évidemment pas transposable tel quel au Canada, à cause du Québec.Compte tenu du déclin démographique de notre province et sa difficulté de combler son déficit migratoire par l'immigration, M.Forsey suggère d'adapter la formule australienne en conséquence.Ainsi une majorité d'électeurs dans l'ensemble du pays, ou dans une majorité de provinces \u2014 voire même dans les deux tiers d'entre elles \u2014, accorderait au Québec la sécurité dont celui-ci a besoin.Certains amendements nécessiteraient l'accord de toutes les provinces, mais ce serait celui de leur population, non de leurs gouvernants en mal de pouvoir.Bien sûr, les intellectuels et les commentateurs proposent mais les politiciens disposent.Et ceux-ci ne sont pas à la veil-, le de renoncer à un vieux privilège qui les arrange si bien et ne dérange presque personne.)e soumets néanmoins la proposition de M.Forsey pour ce qu'elle vaut et sans la juger au mérite (étant rendu au bout de mon rouleau).Simplement pour montrer à ceux qui ne le sauraient pas qu'il est possible de rafistoler une constitution d'une manière autrement plus démocratique que ce qui se fait au Canada.Cela se fait dans plusieurs fédérations autres que l'Australie, comme je l'ai explique il y a quelques années.Et la plupart du temps en évitant les crises et remous sociaux que cette operation provoque immanquablement chez nous. Lysiane Gagnon LA PRESSE.MONTREAL.SAMED116 DECEMBRE 1989 Plus Opinions Le respect dû aux femmes JACOUES OUFRESNE collaboration spéciale Apocalypse d'un côté de l'Atlantique, banal fait divers de l'autre.Quelle est la véritable importance des événements?l'étais à Londres le 6 décembre dernier.Compte tenu de la lettre laissée par Marc Lépi-ne, je m'attendais à ce que l'histoire fasse la une des journaux le lendemain matin.Ce ne fut pas le cas.Les Britanniques auront surtout retenu qu'il s'agissait d'un autre \u2022 crime absurde commis en Amérique du Nord.Londres a été bombardée jour après jour pendant la Uernière grande guerre.alors-Retour dimanche soir dernier.Certaines réactions me paraissent exagérées, mais j'apprends vite que je dois me taire.Parmi les choses qu'on m'a fait promettre de ne {ras dire, il y avait celle-ci : « La panique n'est pas justifiée.Les chances pour qu'un tel acte se reproduise à Montréal dans un avenir rapproché sont pratiquement nulles.Si l'on avait de sérieuses raisons de penser que Marc Lépine était membre d'un groupe international de lutte contre le féminisme, les craintes seraient un peu plus justifiées quoiqu'il y aurait tellement de cibles dans le monde que le tour de Montréal ne reviendrait que dans vingt-cinq ans et celui de l'École polytechnique que dans quelques milliers d'années.Il faut considérer la tuerie de Montréal comme l'un de ces actes aberrants, qui surviennent au hasard, en Amérique du Nord un peu plus qu'ailleurs, il est vrai.» Sur un ton qui interdisait la réplique, un ami m'a résumé la situation ainsi : il y a eu consensus sur un point; l'acte de Marc Lépine ne fut pas une chose isolée, sans lien avec le reste de notre vie sociale.Bien au contraire, il a été le révélateur de !a violence dont les femmes sont l'objet dans notre société.H ne me restait plus qu'à aborder la question sous l'angle du respect dû aux femmes.Le soir du crime, j'ai assisté à l'inverse de la tuerie de Montréal: lè massacre des prétendants de Pénélope par Ulysse (qui fut assisté par les dieux) dans le cadre d'un magnifique opéra de Monterver-di : le retour d'Ulysse.Dois-je rappeler que les prétendants étaient de lâches et vulgraires piques-assiettes qui, pendant qu'Ulysse guerroyait à Troie, transformaient sa digne épouse en un simple objet de convoitise?(le sais que du point de vue de bon nombre de féministes, je ne pouvais pas choisir de plus mauvais exemple.le sais aussi que la courtoisie d'Ulysse, telle que je vais l'évoquer, paraîtra surannée et ridicule à plusieurs.Néanmoins je ne vois pas de meilleur point de départ pour une réflexion sur le respect du aux femmes.) Dans la brochure distribuée à l'opéra, j'ai trouvé cette phrase de fames Joyce: «Ulysse fut le premier gentleman.» Il y a en effet dans l'Odyssée une scène \u2014la rencontre d'Ulysse et de Nausikaa\u2014 que l'on peut considérer comme l'acte de naissance du respect de l'homme pour la femme en Occident.Le héros vient d'être rejeté par la mer sur le rivage de l'île des Phéaciens.Dans le fossé où il s'est endormi, il est bientôt recouvert de feuilles mortes.Au petit matin, quand il est réveillé par le chant de la belle Nausikaa, il n'est pas un animal, en apparence, il n'est qu'un végétal.Et cet être élémentaire n'a pas vu de femmes depuis des mois, des années peut-être.Tout est en place pour une scène de viol.Le prévisible ne se produira pas.Jamais femme n'aura été l'objet d'une cour plus respectueuse.De végétal qu'il était, Ulysse deviendra d'abord animal: «Tel un lion, nourri dans les montagnes et confiant en sa force, qui va, battu de la pluie et des vents, les yeux étin- celants.» Puis, touché par la beauté de Nausikaa, le lion devient humain, c'est-à-dire suppliant.«Un respect me saisit quand je te regarde.ainsi femme, je t'admire et je suis étonné ; et j'ai une crainte terrible d'embrasser tes genoux.».Cette métamorphose par laquelle la violence devient douceur n'est jamais acquise.Elle est l'oeuvre d'une culture toujours menacée, sans cesse à reconstruire.Se peut-il qu'un gentleman comme Ulysse ait mauvaise presse parmi les féministes?C'est pourtant le cas et la chose peut s'expliquer.On sait déjà de quelle violence Ulysse était capable, de quels pouvoirs il disposait.Il faut savoir également que pendant son voyage de retour, il a cédé aux avances de Calypso et Circé et que, pendant ce temps, Pénélope tissait et retissait chastement sa toile.En voilà déjà trop, n'est-ce pas?De toute évidence, Ulysse ne correspond pas aux aspirations dominantes de notre temps.Chez lui, la tendresse c'est la force humanisée, la vitalité spiritualisée.On cherche des héros moins contrastés.Comment s'orienter dans cette recherche?De quels modèles s'inspirer?L'amour romantique ne convient sûrement pas à des êtres pragmatiques pour lesquels le vocabulaire de l'amour se réduit à deux mots et un point d'interrogation, souvent supprimé d'ailleurs.L'amour courtois est encore moins de saison.Il reste l'amour à la fois quotidien et poétique, tel que Kierkegaard l'a conçu après vingt siècles de chrétienté, mais peut-on le prendre en considération dans un contexte où, en toutes choses, le choc de la nouveauté relègue le renouvellement intérieur parmi les vieilleries illusoires?Quant à l'éternel féminin de Goethe ou de Victor Hugo, \u2014 «sentir l'être sacré frémir dans l'être cher»\u2014 comment le rendre compatible avec l'idéal des femmes contemporaines?Le mystère de la femme, présent encore dans beaucoup de cultures, semble avoir été à jamais discrédité dans la nôtre, même quand il est ressuscité par un poète contemporain comme Aragon: «Mon cher amour, mon bel amour, ma déchirure, (e te porte dans moi comme un oiseau blessé.» Or ce mystère est la condition sine qua non du respect des hommes pour les femmes, (e parle bien sûr d'un respect spontané.Sans le halo entourant Nausikaa, Ulysse n'aurait pas été si humain.Il n'aurait été motivé que par la crainte du châtiment et, à la première occasion d'agir impunément, il aurait fait de Nausikaa sa chose.Les femmes se définissent désormais par leurs droits.En tant que sujets de droits, elles imposent à l'homme un respect qu'elles lui inspiraient en tant qu'archétypes.Avec le risque que l'homme réagisse à ce respect imposé par des épisodes de violence.Tout le monde le reconnaîtra, l'idéal serait un juste équilibre entre le respect imposé et le respect inspiré.On est encore loin de cet équilibre.L'a-t-on jamais atteint?Les modèles du passé ne conviennent pas.II ne reste plus qu'à en inventer de nouveaux.Mais n'est-ce pas précisément ce que nous avons fait au cours des trente dernières années avec, en arrière-plan, un freudisme primaire, qui, en discréditant la sublimation, a ouvert la porte à une violence pire que celle qui résultait parfois de I imposition d'une morale trop stricte.C'est heureusement la vie et non la théorie qui opère les synthèses dont les sociétés ont besoin.Nathalie Prévost a montré de façon éclatante qu'il est possible de rester femme de coeur et d'âme tout en s'initiant à un métier hier réservé aux hommes.Il lui restera un peu de nettoyage à faire autour d'elle.Comme l'a rapporté lean V.Dufresne dans Le Devoir, il y avait sur l'un des babillards de Poly, un montage photographique, représentant une téte de femme greffée sur un buste d'altérophile.Cette chimère adaptée à notre temps était accompagnée d'un commentaire grossier rappelant l'humour à la mode.Post-mortem FRANGINE PELLETIER collaboration spéciale i vous voulez interviewer Marc Lipine après sa mort, interviewez-moi!», me dit une voix grave au téléphone.C'était le lendemain des funérailles des 14 étudiantes assassinées, alors que l'indignation et le désarroi pesaient toujours lourd sur la ville, comme d'ailleurs dans mon coeur.Et puis cette espèce de peur aussi, qui n'est pas la peur de mourir mais plutôt, la peur d'être crachée dessus, conspuée.« La seule différence entre Marc et moi», poursuivit l'homme au restaurant où je l'ai rencontré, «c'est que moi, je vais vous dire ce qui se passe, lui il ne peut pas.» Ce qui se passe, dira mon interlocuteur après s'être assuré que son identité ne serait pas révélée, c'est qu'il y a des milliers d'hommes comme lui qui ne sont pas particulièrement «dangereux» mais qui sont écœurés du féminisme.«Le féminisme a gâché ma vie», précise-t-il à la manière de Marc Lépine.L'homme qui parle a 57 ans.11 est musicien mais ne joue plus depuis cinq ans et ne fait rien d'autre.«|e suis mort mentalement et émotivement, il y a cinq ans», dit-il.Il a eu trois relations amoureuses importantes dans sa vie.C'est la dernière, d'où est né un enfant qui a aujourd'hui 10 ans, qui l'a «tué ».«Ma compagne ne voulait pas que je me mêle de sa vie.(e n'avais aucun droit de regard sur les choses qui la concernaient.C'était: fais tes affaires, je fais les miennes! Il n'y avait pas moyen de partager, d'avoir d'intimité», dit-il.Et puis il ajoute: «Parfois je me réveille en criant après elle.» Bien que disant parler pour beaucoup d'hommes insatisfaits de leurs rapports amoureux, l'homme à la voix grave admet que la plupart des hommes ne se laisseront pas détruire, comme lui, par l'hyper-autonomie des «nouvelles» femmes.«La plupart des hommes ne veulent pas être paralysés; ils continuent comme si de rien n'était.Mais en fait, ils sont extrêmement méfiants des femmes et se tiennent à distance», dit-il.« Il n'y a plus moyen d'avoir une relation avec une femme aujourd'hui.Elles sont toutes trop occupées à mener leur carrière et faire de l'aérobique ! ¦> « C'est un secret bien gardé mais les hommes ont bien plus besoin des femmes que le contraire», poursuit-il.«Pourquoi?Parce que les hommes n'ont qu'une façon d'exprimer leur sexualité: en faisant l'amour avec une femme.Les femmes, elles, peuvent faire des enfants, allaiter, cajoler.Si en plus, une femme ne vous laisse pas entrer dans sa vie.alors c'est l'impuissance.On n'a rien à faire ensemble», dit-il.«Ce que nous réussissons à faire ensemble est tellement plus important que ce nous faisons seuls», tient-il à préciser.«Mais c'est une chose que nous avons complètement perdue de vue! Les femmes, aujourd'hui, font pareil aux hommes: elles s'occupent de leur carrière, elles avancent dans la vie, elles sont tough.Elles disent qu'el- les veulent une intimité avec un homme mais c'est un jeu qu'elles jouent.Les femmes excellent à faire semblant.Ah, tout ça est tellement stupide! Nous nous retrouvons, tous, tellement ennuyés par nos rapports amoureux que nous sommes obligés d'inventer des bombes atomiques pour nous divertir!» «Ne me demandez pas pourquoi vous vous êtes retrouvée sur la liste de Lépine», me dira l'homme, finalement.«Vous représentez la femme qui réussit, tough, inaccessible.» L'inaccessibilité des femmes.Mon interlocuteur est d'accord que c'est bien ça (j'y faisais allusion la semaine dernière) qui rend les hommes furieux.«Les hommes acceptent l'exclusion beaucoup plus difficilement que les femmes», dit-il.Une récente confrontation enfe étudiants et étudiantes de génie à l'Université Queen's à Toronto, en est d'ailleurs le preuve.Voulant protester la prolifération du date-rape (l'agression sexuelle des femmes par leur partenaire d'un soir), les étudiantes ont installé une banderole sur le campus disant : « Non ça veut dire non.» Des étudiants ont riposté en affichant le slogan : « Non veut dire un coup de pied au visage.» « Les hommes ne savent pas quoi faire devant le NON des femmes.Bien sûr, nous sommes plus forts, nous pourrions toujours vous violer.Mais le viol ne remplace pas le besoin d'être avec une femme, ou de faire l'amour», ajoute mon interlocuteur.II précisera aussi : « Nous n'avons pas envie de revenir en arrière pour autant.Des femmes dociles, parfaitement soumises, ce n'est pas intéressant.La notion de l'égalité des droits est une notion que le plupart des hommes ont acceptée», dit-il.« Mais chaque fois que j'entends une féministe s'évertuer à séparer les hommes des femmes, à creuser le fossé qui nous sépare.j'ai envie de lui péter la gueule.».\u2022 \u2022 \u2022 Cette conversation ne se veut pas l'illustration par excellence de la condition masculine à l'heure actuelle.le ne crois pas que tous les hommes nourrissent autant de ressentiments face au féminisme.Mais que ceux-ci existent chez certains nommes, cela ne fait pas de doute ; Marc Lépine en est la preuve.Et s'ils existent, alors mieux vaut essayer de comprendre en quoi consistent ces ressentiments.L'heure est grave après tout.On ne peut plus faire semblant que tout va pour le mieux, ou qu'il s'agit d'imposer les femmes sur la place publique pour que ça le devienne.C'est plus compliqué que ça.Il faut voir \u2014et ça presse \u2014 tout ce qui grouille derrière cette fameuse émancipation des femmes.Et pour ce faire, il faut tous et toutes dépasser les discours qui nous conviennent.Les 20 dernières années ont servi à établir la notion de l'oppression des femmes et la reconnaissance de leurs droits.Mais là, c'est un tout nouveau chapitre qui commence.Un qui consistera à débusquer les demi-vérités, les non-dits, à interroger nos cris comme nos silences.Un moment de l'histoire où les femmes, espérons-le, continueront à se serrer les coudes, les hommes commenceront à le faire et des alliances se créeront entre les deux.C'est la grâce, en tout cas, que je nous souhaite.Dix jours après.Les jours suivant le massacre de Poly, j'étais eh congé.Tant mieux, me suis-je dit, je n'aurai pas à écrire à chaud.Dix jours ont passé.Dix jours, c'est une très longue période pour une journaliste de quotidien.Théoriquement, je devrais en être au point où l'on peut écrire à froid, à téte reposée, toutes les idées bien en place, chacune dans son petit casier.Hélas, après avoir pendant dix jours réfléchi à cette épouvantable tragédie, je ne suis pas vraiment capable d'écrire à froid, le me trouve, a chaque fois, que j'y pense, assaillie par toutes sortes de choseslqiii-remontent à la surface, et par une multitude d'idées.' noires et de sentiments souvent contradictoires.Mais comme je ne tiens pas ici un journal intime, on me pardonnera de ne pas déballer mes tripes sur le comptoir.* * * L'ennui \u2014 ce ne serait pas un problème pour un poète, mais c'en est un pour un chroniqueur.\u2014, c'est que je n'ai pas d'explication, ni de cadre d'analyse, ni même de fil conducteur pour m'aider à dégager de ce charnier un sens quelconque.D'un instant à l'autre, j'oscille d'une explication à l'autre.Il y a l'explication psychanalytique, l'univers sombre de la démence.Oui, cet homme était fou, comme le caporal Lortie quand il cherchait, en tirant à l'aveuglette, l'image de son père dans l'Assemblée nationale.(C'est le premier ministre, figure d'autorité, qui était visé).Marc Lépine était plus instruit, et plus intelligent, mais sans doute est-ce un phénomène du même ordre, sauf que cette fois c'est l'image féminine qui était la cible.Ou c'est le père qu'on veut tuer, ou c'est la mère.La démence étant l'ultime expression de la solitude, c'était un geste isolé, et le reste n'est qu'anecdotique.Anecdotique?Est-ce si sûr?11 y a l'explication socio-culturelle.Oui, c'était un geste de démence, mais le reste n'est pas anecdotique.Le reste, c'est le bouillon de culture où Lépine a puisé ses fantasmes, qui lui a fourni une rationalisation, qui lui a permis de donner une armature à ses pulsions meurtrières.Il a séparé les femmes des hommes, il n'a tué que des femmes, après avoir crié sa haine des féministes.Plus révélateur encore, la liste de noms qu'on a trouvée sur lui était le produit d'une réflexion extrêmement sophistiquée.Le jeune homme ne s'en est pas pris à n'importe quelle image féminine.Il aurait pu choisir pour cibles des femmes-vedettes, voire dés porte-parole d'organisations féministes.Non.Il s'en est pris à la conquête la plus fraîche et la plus difficile du féminisme: l'entrée dans les ghettos d'emploi masculins.Cette liste, que des policiers ont eu l'irresponsabilité de faire «couler» au mépris des femmes mentionnées, contenait les noms de femmes dont le seul point commun est d'oeuvrer dans des chasse-gardées masculines: des policières, une femme-pompier, deux leaders syndicaux, une commentatrice de sport.Et la seule journaliste mentionnée était celle dont les écrits reflètent le plus l'idéologie féministe.Finalement, c'est à Poly qu'il a frappe.Poly: le bastion masculin par excellence dans toutes les universités du monde.Cette recherche systématique \u2014 Lépine a vraisemblablement découpé les journaux et monté un «dossier» sur les femmes qui avaient traversé la frontière des emplois \u2014, et surtout la charge de haine qui la sous-tend, sont des choses qui donnent froid dans le dos, et qui distinguent ce crime des autres crimes de masse: toutes les cibles ont été sélectionnées non seulement parce qu'elles étaient des femmes, mais parce qu'elles incarnaient l'une des plus importantes percées du mouvement féministe.En ce sens, oui, ce fut un crime contre les femmes.Toutes les femmes.( D'autres choses semblent avoir été planifiées : selon des reporters qui ont été sur les lieux, lé parcours qu'a suivi le jeune meurtrier, à Poly, n'avait rien d'évident; les locaux attaqués étaient éloignés les uns des autres.Cherchait-il quelqu'un?Comment expliquer qu'arrivé à sa dernière victime, la seule apparemment qu'il aurait été susceptible de côtoyer parce qu'elle était la nièce du directeur de l'hôpital où il a travaillé, il se soit servi d'un couteau plutôt que d'un fusil?S'agissait-il, à cette étape, d'un crime, plus passionnel, plus «personnalisé»?) * * * II y a la folie, d'une part \u2014 or la folie est un phénomène individuel \u2014.et la société, d'autre pan.Il faut tenir compte du contexte socio-culturel, sans par ailleurs transformer tout l'individuel en collectif.Nul doute que les obsessions de Lépine, concernant la «menace» féministe, sont partagées par d'autres hommes, lesquels, cependant, ne passeront pas à l'acte parce que leur histoire personnelle ne les y pousse pas.Entre le fantasme et l'acte, il y a une marge énorme, qu'on a trop tendance, me serablé-t-il, à sous-estimer.l>, |e ne souscris pas à cette théorie, assez répari^ due ces temps-ci, selon laquelle il y aurait un Mare Lépine en chaque homme, le ne souscris pas à cette! théorie parce que je crois en la spécificité des êtres humains, et aussi parce que ma propre expérience ne la confirme pas.J'ai toujours vécu et travaillé avec des hommes.Il y a, dans tous les milieux, une bonne dose de sexis' me ouvert ou larvé, c'est vrai et j'en sais quelque chose, mais la violence n'est pas nécessairement dans la nature des hommes.On n'est pas défini que par son sexe, et l'immense majorité des hommes sont aussi différents de Marc Lépine que je le suis de MereThé^\" rèsa ou d'Imelda Marcos.J'en connais beaucoup qui.ont, au cours des années, considérablement modifié leur attitude envers les femmes, et j'en connais même quelques-uns qui ne sont pas sexistes et qui,, me semble-t-il, ne l'ont jamais été.Il serait insensé d'espérer qu'une révolution aussi profonde que celle qu'a entraine le mouvement féministe puisse être achevée en deux ou trois générations, et qu'il n'y ait pas, comme dans toutes les révolutions, une arrière-garde et des noyaux de résistance.Historiquement, ces phénomènes sont probablement beaucoup moins importants que le changement et le progrès, mais évidemment, c'est quelque chose qu'on ne-peut pas évaluer à chaud, au lendemain de cette tuerie.* * * C'est sur l'image de la jeune Nathalie Provost que je voudrais terminer cette chronique sans con-; elusion.Sur le petit visage intelligent de cette étudiante qui, de son lit d'hôpital, le front encore balafré, disait aux filles de ne pas lâcher, d'entrer en masse à Poly et ailleurs, et aux garçons de ne pas se «culpabiliser».Ce fut aussi la seule à avoir le courage d'essayer de raisonner le meurtrier.Peut-être pèche-t-elle par optimisme, mais il en faudra, de l'optimisme, pour permettre a la vie de reprendre le dessus. B4 Plus »! 16 DECEMBRE 1989 Les Québécois possèdent plus de deux millions d'armes de chasse « Dite arme de chasse, l'arme de Lépine est en fait arme de guerre» pierre cincras On compte de 700 000 à 800 000 amateurs de chasse au Québec.Treize p.cent d'entre eux sont des femmes.Et ils sont tous biens équipés.'.Selon une étude menée au cours des derniers mois par le ministère du Loisir, de la Chasse et de la Pèche auprès des chasseurs de petits gibiers (lapins, lièvres, gelinottes, canards, oies, etc.), chaque disciple de Ncmrod posséderait au moins trois armes.L'arsenal de chasse des Québécois dépasserait ainsi les deux millions de fusils et de carabines.«Mais ce n'est pas une raison pour nous faire passer pour des meurtriers, lance André Pelletier, président de la Fédération québécoise de la faune, organisme qui représente 230 000 chasseurs au Québec.Depuis les événements de l'École polytechnique, dit-il, ceux qui sont opposés à la chasse tentent de faire valoir que si un chasseur est capable de tuer une bête, il peut aussi tirer sur des gens.C'est aberrant.Malheureusement, il arrive que ce genre de propagande porte fruit.» Plusieurs armuriers et marchands d'articles de chasse soutiennent que le public est mal informé au sujet des armes.La sortie du ministre de la Sécurité publique du Québec, Sam Elkas, qui réclamait il y a quelques jours le bannissement des armes semi-automatiques, démontre à quel point il ne connaît rien dans ce domaine, font-ils valoir.M.Pelletier fait aussi allusion aux diverses pétitions qui circulent actuellement au Québec en vue d'amener le gouvernement fédéral à classer les armes semi-automatiques dans le groupe des armes à autorisation restreinte, comme le revolver et le pistolet.«Même si elle est classée comme une arme de chasse, la Ruko Mini 14 utilisée par le meurtrier de l'École polytechnique est en réalité une arme de guerre, explique lean-Charles Marboeuf, de la maison Armuriers du Nord.Le manufacturier a simplement modifié le mécanisme pour que cette carabine puisse être vendue sur le marché canadien.Ici, il est interdit de vendre des armes automatiques.Une seule pression du doigt permet de vider un chargeur.La modification en a fait une arme semi-automatique (une pression du , doigt pour chaque balle), légale au sens de la loi.» Pour Paul Leblanc, gérant au Royaume du sport, à Longueutl, le public ignore souvent que la plupart des armes semi-automatiques utilisées pour la chasse ont une capacité de chargement très limitée.Dans le cas du fusil de calibre 12.par exemple, probalement l'arme la plus populaire pour chasser le petit gibier au Québec, les modèles semi-automatiques ne contien- nent pas plus de cinq cartouches.De plus, la loi canadienne interdit de charger tout fusil, peu importe le modèle, de plus de trois cartouches quand il sert à chasser.M.Pelletier souligne pour sa part qu'il défendra avec acharnement le droit des chasseurs de posséder des armes semi-automatiques.Il estime que le gouvernement devrait légiférer pour limiter la capacité des chargeurs, «une mesure qui n'affecterait pas les vrais chasseurs».Il favorise aussi l'élimination du marché des armes d'assaut qui ont été modifiées.«Mais un fou est un fou, dit-il.Comme c'est le cas du bandit, il réussira sûrement k se procurer une arme à feu pour en arriver à ses fins, peu importe les restrictions sur les armes à feu.» Gérant au Royaume du sport, a Longueuil, Paul Leblanc soutient que le public méconnaît les armes à V feu, notamment les armes de chasse.photo «brpicwd.u»»* Plus B5 Dix Jours après la tuerie de Poly, deux questions ?Doit-on régir plus sévèrement le commerce des armes à feu?Doit-on resserrer les normes relatives à la violence sur nos écrans?Les restrictions sur les armes de 79 n 'ont rien et ngé à la statistique pierre cincras Les mesures imposées par le gouvernement fédéral en 1979 dans le but de contrôler davantage l'acquisition des armes à feu n'ont produit aucune baisse significative du taux d'homicides au Canada.Selon les données de Statistiques Canada, au cours des 12 dernières années, le pourcentage de meurtres commis avec une arme à feu a atteint les 37 p.cent enregistrés en 1978 et 1982.Les taux les plus faibles ont été enregistrés en 1981 et l'an dernier.Sur les 6465 crimes commis au pays entre 1978 et 1987.on a utilisé une arme à feu dans 33 p.cent des cas.Un peu plus de 28 p.cent des victimes ont été assassinées à l'aide d'un objet pointu, 21 p.cent sont mortes à la suite de coups et les autres par suffocation résultant d'une strangulation, d'une noyade ou d'un incendie criminel.Les meutriers qui se sont servis d'une arme à feu ont préféré la carabine et le fusil de chasse dans 61 p.cent des cas.Environ 30 p.cent d'entre eux ont utilisé une arme de poing (revolver ou pistolet), mais seulement 2.p.cent ont utilisé un fusil ou une carabine tronçonné, arme dont la possession est illégale.Au cours de la dernière décennie, c'est en 1988 qu'on a connu le plus faible nombre d'homicides au pays, soit 575.Peu de refus Depuis le 1er janvier 1979, une personne qui désire se procurer une arme à feu au Canada doit d'abord obtenir de la police une formule d'autorisation d'acquisition d'une arme à feu.Les frais sont de 10$.S'il s'agit d'une première demande, il faudra se présenter en personne à la Sûreté du Québec.Si le demandeur n'a pas de casier judiciaire, s'il n'a jamais été reconnu coupable d'un acte avec violence ou s'il n'a jamais été traité pour troubles mentaux comportant des actes violents, il obtiendra son document dans les 10 jours, parfois même avant.Aucun vendeur n'acceptera de vous vendre une arme sans avoir examiné le petit document.C'est lui qui est tenu d'enregistrer l'arme et les coordonnées de l'acheteur.La SQ ne fait qu'une vérification de routine, une fois l'an, afin de s'assurer que le vendeur procède aux enregistrements.L'an dernier.29 888 Québécois, comparativement à 159 000 Canadiens, ont obtenu un permis d'acquisition d'une arme à feu.C'est au Québec qu'on se montre le plus sévère à cet égard.On a en effet refusé quelque 588 demandes, beaucoup plus qu'en Ontario.Chez nos voisins, on n'a rejeté que 461 des 50 385 demandes.Le document est aussi obligatoire pour tous ceux qui empruntent ou qui achètent une arme d'un fiarticulier.Ce document est va-ide pour cinq ans et il ne comporte aucune limite quant au nombre d'armes que le détenteur du permis peut acheter.Il n'existe pas non plus de normes particulières pour l'achat de munitions, disponibles un peu partout.Au Québec, environ 150 000 personne* ont actuellement le droit d'acheter une arme à feu.Si- gnalons par ailleurs qu'il n'est pas obligatoire de posséder un «certificat du chasseur» pour obtenir le droit d'acheter une arme de chasse.Ce certificat, émis à la suite d'un cours théorique d'une journée, est cependant obligatoire au Québec pour se procurer un permis de chasse.Alain Perreault, porte-parole d'un mouvement des étudiants de l'université de Montréal voué à l'interdiction des armes semi-automatiques au Canada, montre les premières signatures obtenues au bas d'une pétition.PHOTOPC Voici un pistolet: ne pas confondre avec un -e vol ver.Le chargeur du pistolet s'insère dans la crosse de l'arme tandis que les balles d'un revolver sont placées dans un barillet.Le pistolet éjecte ses douilles, mais le revolver les çoncerve dans le barillet.PHOTO DENIS COURVILIE.U Prnsc La moitié des demandes de possession d'armes â autorisation restreinte, comme les pistolets, par exemple, sont faites par des amateurs de tir a la cible.PHOTO OENIS COUPVILLE.U Preue Le tir au pistolet, fusil sont trois dis Chaque arme doit régis par la loi.Il e pierre cincras Pour Danielle Evans, il n'y a rien d'étonnant, au lendemain d'un drame comme celui de l'Ecole polytechnique, que le public réclame davantage de restrictions sur les armes à feu.«Pourtant, dit-elle, on oublie que c'est celui qui est derrière l'arme qui tire.Il serait dommage de pénaliser tous les amateurs de tir à cause des gestes insensés d'un malade.» Danielle Evans est la directrice générale de la Fédération québé- à la carabine et au splines olympiques \u2022e enregistrée.Les déplacements sont interdit de transporter l'arme sur soi.coise de tir, organisme qui regrou- ibtenir.Mais ces restrictions ne pe 95 clubs et environ 12 000 ti- mblent pas troubler outre mesu reurs.La moitié d'entre eux sont des tireurs au pistolet ou au revolver.(Le pistolet est une arme de poing dont le chargeur est inséré dans la crosse.Il éjecte les douilles vides.Le revolver tire des balles ; s'appliquaient au tir à la cible contenues dans un barillet.) Les autres sont des tireurs à la carabine à air ou à la carabine de calibre 22, ou encore des amateurs de tir ie arme pour se protéger.Par au pigeon d'argile.Pour toutes ces sortes de tir, Mme Evans rappelle qu'il s'agit de disciplines olympiques, où les Québécois se sont d'ailleurs illustrés à maintes reprises.Propriétaire du club de tir privé La Détente, à Sainte-Thérèse, le plus important au Québec avec ses 700 membres, Robert Marcil rap pelle que les amateurs de tir au pistolet ou au revolver sont soumis aux règles très strictes en vi- geur au Canada au sujet de la pos-|-on 200 millions d'armes per-session des armes a autorisation restreinte.« Il faut être un amateur sérieux pour se soumettre à l'enquête approfondie qu'effectue la Sûreté ns ce domaine.Chaque arme ¦it être enregistrée, dit-il.Les dé-icements sont aussi régis par la i.11 est interdit de transporter rmc sur soi.Dans certains cas, il udra même un permis spécial >ur se déplacer d'un endroit à un tre avec son arme.Un bandit ne pliera sûrement pas à toutes ces esures pour se procurer un reiver.» De plus, depuis septembre der-er, celui qui veut s'acheter un stolet pour faire du tir à la cible \u2022vra.au préalable, suivre un urs obligatoire d'initiation pour les amateurs.À preuve, sur les 50 cas d'enregistrement d'armes autorisation restreinte relevés n dernier au Quebec (dont 40 p.nt de renouvellement), la moi- à peine 10 p.cent avaient rap-rt a l'occupation du détenteur, ul un petit nombre ont réclamé ntre, le tiers ont enregistré une me pour fins de collection.Selon la Gendarmerie royale du inada, 923 125 armes à autorisa-m restreinte étaient enregistrées n dernier au Canada.La SQ n'a fournir de chiffres précis en ce î concerne le Québec.Les chiffres sont toutefois nette-ent plus impressionnants aux ats-Unis.ou la vente et la pos-sion de ces armes sont beau-up plus libres.On dénombre en- rfnellesaux Etats-Unis, pour une ipulation de 245 millions d'habi-nts.Selon des données de IM87.armes légères font environ lOOO morts par année chez les Américains: 12 000 suicides, 7000 meurtres et 1000 accidents.Les collectionneurs S'il est impossible de savoir le nombre d'armes achetées à chaque années au Québec, les chiffres de la GRC révèlent qu'il existe 857 magasins où on vend des armes de chasse dans la province, par rapport à 209 maisons où on offre des armes à autorisation restreinte.En Ontario, il y a 883 magasins d'armes de chasse, mais on y trouve deux fois plus de boutiques offrant des armes à autorisation restreinte, soit 451.Le marché des armes de collection semble quant à lui bien se porter.Ils sont quelques centaines d'adeptes au Québec à collectionner les armes.Les foires organisées régulièrement par l'Association des collectionneurs d'armes du Bas-Canada attirent invariablement 1000 visiteurs.Les experts estiment cependant que la loi n'est pas suffisamment claire au sujet des collections.Le capitaine André Brosscau, de la SQ, le chef provincial des préposés aux armes à feu, partage cette opinion.Si vous répondez aux normes exigées normalement, la Sûreté du Québec ne pourra vous refuser un permis de possession d'une arme à autorisation restreinte, à condition de mentionner que vous désirez monter une collection.Plusieurs personnes voulant acquérir un pistolet ou un revolver pour se protéger à domicile justifient ainsi leur demande.Même si elles doivent aussi se plier à l'enquête policière, elles espèrent de cette façon éviter les questions trop embarassantes.Émues, les télés refont un examen de conscience .et voilà Malgré l'émotion, personne ne songe à modifier sa programmation michèle ouimet La tuerie de Polytechnique a forcé les télédiffuseurs à faire leur «examen de conscience» mais les Rambo, avec ses 123 meurtres en 109 minutes, ne disparaîtront pas des ondes demain matin.Tous les responsables des réseaux de télévision joints par La Presse ont été touchés et bouleversés par les événements tragiques de Polytechnique, la semaine dernière.Mais personne ne changera sa programmation pour diminuer la violence à la télévision.La plupart des télédiffuseurs, tels Radio-Canada, Radio-Québec.CBC.Télé-Métropole.CFCF et Pa-thonic, ont affirmé que ce problème les précoccupait depuis longtemps, mais que le degré de violence sur nos petits écrans avait diminué sensiblement depuis quelques années.«On parle beaucoup de la violence à la télévision lorsqu'un événement tragique survient, expli- Sue le président de Vidéotron, laude Chagnon.Mais ça s'estompe rapidement et on oublie.On n'en tire pas de leçons.» Le vice-président à la programmation de Télé-Métropole, Michel Chamberland, refuse de porter seul le chapeau.« Et les journaux?Ce n'est pas violent de décrire, avec moult détails, la scène du carnage?De faire la une avec le mot « Bastard » et la photo du tueur juste à côté?Les journaux se lavent trop facilement les mains.» Les jeunes Québécois, rivés devant leur écran de télévision 24 heures par semaine, continuent d'être bombardés par les bandes dessinées américaines dominées par les Cl foe, les Transformers et les Cops.«Il y a 84 actes d'agression à l'heure dans une émission de Cl loe, explique Robert Cadotte, porte-parole de Pacijou, un organisme qui dénonce la culture guerrière.Dans ces bandes dessinées, on ne voit jamais de sang, ni de blessés, et pourtant, il y en a une joyeuse gang qui passe au «cash».On ne montre jamais les conséquences de la violence et le héros est toujours vivant même s'il se fait allègrement mitrailler.» Rien de sérieux Ce genre de statistiques agace le président de CFCF, également res- Çonsable de la programmation de élévision Quatre Saisons (TQS), Adrien Pouliot.«Il y a des gens qui s'amusent à faire des analyses savantes sur la fréquence des actes violents par heure diffusée sur nos écrans.Us prétendent que leurs résultats sont scientifiques mais il n'existe aucune recherche sérieuse qui rend la télévision responsable de la violence dans la société.On essaie de mettre sur le dos de la télévision tous les maux de la terre et ça nous éloigne des vrais problèmes tels le chômage chez les jeunes et la drogue.«Il télévision n'est pas trop violente, poursuit M.Pouliot.Nous reflétons la réalité et ce n'est pas la violence télévisuelle qui a poussé Marc Lépine à tuer 14 personnes à l'École polytechnique.» Radio-Canada et TQS ont modifié à la dernière minute leur programmation quelques jours après les événements de Polytechnique.Des films, jugés «offensants» pour les parents des victimes, ont été remplacés par des comédies légères.Mais, précise la responsable des acquisitions cinéma à Radio-Canada, Patricia Leclerc, ce geste était ponctuel.«Radio-Canada, explique Mme Leclerc, évite la violence gratuite.Robocop, un film américain très violent, n'a pas sa place chez nous.C'est l'histoire d'un policier tué de façon atroce.On prélève son cerveau pour en faire un super-policier robot.Un tel film banalise la violence de façon extraordinaire.Télé-Métropole l'a diffusé mais une scène particulièrement violente a été censurée.Un téléspec- tateur a écrit une lettre au Journal de Montréal pour se plaindre de cette suppression!» Radio-Canada diffuse tout de même des émissions à caractère violent.«Dans L'Héritage par exemple, poursuit Mme Leclerc.la violence morale est omniprésente.Ca s'engueule tout le temps et j'ai de la difficulté à supporter ce téléroman.» Peu critique Les adultes écoutent plus d'heures de télévision par semaine que les enfants.«Selon les résultats des BBM de l'automne 1988, les Québécois francophones écoutent en moyenne 26,8 heures de télévision par semaine, compare à 24,8 heures chez les anglophones», explique le directeur du département de communications de l'Université de Montréal.André Caron.La moyenne canadienne est de 24,6 heures.«Par contre, les jeunes Québécois francophones de deux à 11 ans consomment 23,3 heures par semaine de télévision; les anglophones: 18,5.Chez les adolescents francophones, la moyenne dimi- Un classique Batman Vidéotron Itée nue a 21 heures par semaine; les anglophones à 18,4.» Selon le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), seulement 68 personnes se sont plaintes, au Canada en 1989, de la violence à la télévision.Le CRTC reçoit en moyenne 7000 plaintes par année.Dans un rapport de 60 pages publié par ie CRTC en avril 1989, 22 lignes étaient consacrées au problème de la violence.Ce rapport faisait suite a des audiences publiques tenues dans le cadre du renouvellement des licences de plusieurs stations de télévision.«Pour ce qui est de la violence excessive dans les émissions de télévision, écrit le CRTC, aucune inquiétude grave n'a été soulevée lors des audiences.Le Conseil note toutefois avec inquiétude la tendance croissante, dans les emissions de télévision aux États-U n is.au recours à la violence.» Influence américaine Environ 65 p.cent des foyers québécois sont abonnés au cable.Au Canada, cette proportion atteint 75 p.cent.«Nous sommes le deuxième pays le plus câblé au monde après la Belgique», explique le directeur des services d'information du CRTC, Pierre Pont-briand.« Nous sommes quasiment noyés par la télévision américaine», affirme Patrick Watson de Radio-Canada.Le président du conseil d'administration de Pathonic, Paul Viens, croit, de son côté, que la liberté d'expression doit être limitée.«Aux États-Unis, cette - ù'ber te n'a aucune limite.Au Canada, notre philosophie est fondamentalement différente.Certaines, libertés sont en effet restreintes si elles ne s'inscrivent pas dans les limites d'une société juste et raisonnable.» « A New-York, rappelle Paul Viens, le reseau Access Channel a montré les images d'un chien dont la tète, bourrée d'explosifs, éclatait.Le càblodistributeur affirmait qu'il n'avait pas le droit d'intervenir pour censurer ces images!» Le directeur des programmes du réseau anglais de Radio-Canada à Toronto, Normand Fecan, avoue son impuissance devant l'importance de la pénétration des émissions américaines au Canada.«Nous ne pouvons tout de même pas ériger un mur de Berlin électronique.» Impact de la tele «La télévision n'est qu'un élément parmi tant d'autres pour expliquer la violence, affirme le président de l'Association des pédiatres de la province du Québec, le Dr Michel Guay.Il y a aussi l'alcool, la drogue, les femmes battues, les jouets guerriers.La télévision n'est qu'un grain de sable.» Mais un grain de sable qui compte, precise le Dr Guay.«Les enfants qui écoutent les bandes dessinées américaines telles Cl Joc ou Cops, ont l'impression que les problèmes se règlent avec une mitraillette et que les obstacles de la vie s'aplatissent avec un bulldozer.Le héros d'une bande dessinée a un problème?Bang! 11 sort son lance-flammes et ça n'a aucune conséquence.L'ennemi est disparu.On banalise au bout] Le héros est invulnérable.Il ne meurt jamais.C'est dévastateur chez les enfants qui n'ont pas de bagage affectif.» Le Dr Albert Plante, psychiatre à l'hôpital Saintc-lustine.ne partage pas cette opinion.«|e suis perplexe.La famine en Ethiopie nous envoie des images extrêmement violentes.Oui, les enfants regardent trop la télévision.Oui.il y a de la violence.Mais parfois, la violence est un bon exutoirc.Elle peut remplir une fonction libératrice.D'ailleurs, la pire violence pour les enfants n'est pas physique, mais verbale.» Ou tracer la ligne?«Tous les médias ont une responsabilité face à la violence, explique Claude Chagnon, de Vidéotron.Mais où commence-t-elle?» Il y a peu de violence sur les ondes de Radio-Canada, réseaux français et anglais, ou à Radio-Québec, affirment les grands patrons de ces stations.«C'est notre mandat éducatif et culturel qui élimine de nos ondes les émissions violentes», explique la pdg de Radio-Québec, Françoise Bertrand.Même réponse du côté de Radio-Canada.«Les autres réseaux diffusent des films violents et populaires, explique le vice-président de la télévision française, Franklin Delaney.De la violence, il y en aura toujours.L'éliminer de nos écrans, fausserait la réalité et on nous accuserait certainement de cacher la violence.C'est une arme à deux tranchants.» ; Le président du conseil d'administration de Radio-Canada, Patrick Watson, refuse catégoriquement toute idée de censure.«Nous partageons tous la responsabilité de la violence que ce soit la famille, l'école ou les institutions.Une loi qui prohiberait toute violence serait inacceptable car elle brimerait les droits fondamentaux des individus.Ce n'est pas en diminuant la violence à la télévision que nous réussirons à prévenir des tragédies comme celle de Polytechnique.C'est simpliste et idiot.» Il y a la télé, mais aussi les films des clubs vidéo michele ouimet ggUM ous diffusons Rambo et c'est violent, avoue le vice-président à la programmation de Télé-Métropole, Michel Chamberland.Mais les enfants ont facilement accès a ces films, lis n'ont qu'à se les procurer dans un club vidéo.» Le marché de la vidéo-cassette est en pleine expansion depuis 1982.«C'est un marche peu réglementé, explique la présidente de l'Association des commerçants de matériel vidéo au detail du Québec.Sylvie Sauriol.Il n'y a rien dans la loi qui nous défen- de de louer un film avec des scènes violentes à des enfants ou des adolescents.» «L'industrie s'auto-contrôle.poursuit Mr»c Sauriol.La loi 109 réglemente uniquement l'affichage dans les clubs vidéo.Les films de 18 ans et plus, par exemple, doivent être mis à l'écart, mais rien ne nous interdit de les louer à des mineurs.C'est au commerçant d'adopter sa propre politique et de demander a ses employés d'être vigilants.» (I n'existe aucun classement pour les films vidéo.Les propriétaires doivent se fier à celui qui est fait pour les films qui prennent l'affiché dans les salles de cinéma.Mais 20 p.cent des films vendus aux clubs vidéo n'ont pas.auparavant, transité par une salle de cinéma.Environ 30 p.cent des films loues par les clubs video comportent des scènes de violence.«Difficile pour un employé débordé de vérifier si le client a l'âge requis et si le film qu'il loue ne comporte pas des scènes de violence excessive», avoue le pdg de Super Action Vidéo a Laval, |ean-Pierre Plante.«Si le film n'est p;is classe 18 ans et plus, on peut le louer a n'importe qui.confirme la gérante du club video Multitronic a Montréal.Nancy Desjardins.Si un enfant de 10 ans souhaite, par exemple, louer le film Rambo III, rien ne m'autorise è le lui refuser.» «Les gros vendeurs, poursuit Mme Desjardins, sont actuellement Batman.SOS Fantôme et Les La vigueur déménagent.Les parents doivent donc négocier de pied ferme avec leurs rejetons.C'est ce que fait Michel Chamberland avec ses trois cn-fants, âgés de 13, 11 et 6 ans.« La violence fait partie de leur realite, ajoulc-t-il.le ne peux pas les mettre sous une cloche de verre.» PHILIPPINES Plus LA PRESSE, MONTREAL.SAMEDI 16 DECEMBRE 1939 Les priftci&aie& victimes CHRISTIANS berthiaume collaboration spéciale MANILLE Rosanna, 13 ans, n'oubliera jamais ce matin de février, il y a deux ans.Elle dormait dans la hutte de bon oncle, située sur une montagne dans l'île de Ne-gros, lorsque son père et son oncle se sont soudainement réveillés et précipités dehors.Des coups de feu retentirent.Des hommes armés ont tiré sur elle et ses deux frères.Elle-a reçu une balle dans la mâchoire et plusieurs dans la cuisse droite.Ses deux frères étaient touchés aux bras.Mais efle a été plus chanceuse que bien d'autres enfants de la guerre.Un hélicoptère les évacua six heures plus lard.Ses frères s'en tirèrent indemnes.On a dû lui amputer la jambe.Depuis ce jour elle n'a plus jamais souri.ALdul a 18 ans et porte toujours une casquette de baseball qui couvre la moitié de son visage et ne laisse apparaître que sa bouche.Il y a trois ans, il trouvait, avec quatre copains, une bombe tombée près de son village.Celle-ci explosa lorsque les enfants tentèrent de l'ouvrir pour en extraire la poudre.Quand Abdul retire sa casquette, il a deux trous blancs à la place des yeux.Deux de ses copains ont été tués dans cet accident et les deux autres grièvement blessés.Abdul a six frères et soeurs.C'est le seul gagne-pain de la famille.Son père a été tué par des inconnus.Sa mère les a abandonnés peu de temps après, leur disant: « |e pars en vacances seulement.» Elle n'est jamais revenue.Abdul ne lui en veut pas.Il comprend.Les enfants de la région du Né-gros, comme bien d'autres à travers ces Philippines minées par les conflits armés quand ce n'est pas par les tentatives de coup d'Etat, se battent pour survivre.Rign ne prouve que le temps joue eineur faveur.Il n'y a pourtant pas de raison pour que dans un pays aux ressources naturelles abondantes comme les Philippines, on trouve de la lèpre chez des enfants de 6 à 8 ans à Pasay City, une ville proche de Manille; de la malnutrition au second et troisième degré (34 p.cent de la population enfantine) non seulement à la ville mais aussi à la campagne; ainsi qu'un taux de mortalité infantile élevé (56,8 pour mille).Accès inégal Après tout, les Philippines peuvent compter sur un capital humain abondant: une population de 60 millions d'habitants qui a l'énorme avantage d'être dynamique et jeune ( 52,8 p.cent a moins de 21 ans).Le taux d'alphabétisation est élevé dans le pays: 83,3 p.cent.Dans les baraguays \u2014 la plus petite unité administrative du pays \u2014 les plus reculés, tous les enfants vont à l'école.Ils y apprennent l'anglais dès la première année.C'est l'inégalité d'accès à l'emploi, à la terre, au crédit et aux services sociaux qui maintient Jes Philippines dans la pauvreté.Or, selon le rapport annuel de l'UNICEF, les enfants sont les premières victimes de ces maux qui frappent les pays en développement comme les Philippines: le service de la dette et les dépenses militaires, pour lesquels les gouvernements de ces pays versent plus de la moitié de leur budget annuel.En consacrant 44 p.cent de son budget pour rembourser une dette de 28 milliard's US, un héritage du régime Marcos et du financement de la loi martiale, les Philippines ne font pas exception à la règle.Du coté des dépenses militaires, on voit mal comment Mme Corazon Aquino pourrait faire de!» compressions.Sa campagne poor contrer le mouvement de guérilla communiste porte des fruits, mais la bataille n'est pas encore gagnée.En mai de cette année, l'armée lançait ce qu'elle a appelé son opération Thunderball pour débarrasser le sud de la partie occidentale de Négros des rebelles communistes.35000 personnes étaient ainsi évacuées de Sipalay par les militaires.Résultat: 250 enfants morts d'une épidémie.d'oreillons! Une maladie infantile bénigne mais qui ne pardonne pas chez un enfant souffrant de malnutrition.86 p.cent d'entre eux n'avaient pas six ans.L'armée n'a pas pour autant écarté la possibilité d'avoir recours à d'autres opérations d'évacuation massive dans sa lutte contre le communisme.Méfiance en plus Les rebelles sont peut-être affaiblis mais, repliés dans le nord, ils tiennent des régions que les or- ganisations humanitaires comme ('UNICEF ont du mal â atteindre.La représentante de l'UNICEF.Dr Pratima Kale, a dû se rendre à Bacolod pour demander aux parties impliquées de reconnaître la neutralité de son organisation.«Nous sommes suspects aux feux des uns comme des autres, our \u2022 l'armée, nous sommes des sympathisants de la NPA (New People Army) et pour les rebelles, nous sommes des agents du gouvernement.Certaines régions n'ont pas l'électricité et il faut parfois faire jusqu'à cinq heures de marche pour pouvoir faire immuniser les enfants et traiter leurs problèmes de malnutrition.Pour des raisons de sécurité, on ne peut jamais passer la nuit dans ces régions», explique le docteur Remedios Ortaliz.Les atrocités, dont les enfants, entre autres, sont les victimes, ne sont plus l'apanage de l'armée.Les campagnes sur le respect des Droits de l'homme ont porté quelques fruits.Ce serait les «vi- gilants», un groupe de droite (une émanation de l'Armée pour le peuple) reconnaissable au bandeau blanc, rouge ou vert qu'ils portent sur le front, qui auraient pris la relève et que la population fuit, créant ainsi des milliers de personnes déplacées à travers le pays.Les rebelles ne seraient pas en reste.Le dynamique maire de Itog.Renigno Oequillana, ne se déplace jamais sans deux gardes-du-corps.Sa ferme a été brûlée 14 fois parce qu'il refuse de verser à la NPA les 30 p.cent de ses revenus qu'elle exige.La NPA a longtemps réquisitionné les revenus des riches propriétaires terriens qui traitaient mal leurs employés.Ces derniers sont maintenant mieux protégés par l'armée.Désespérée.la NPA s'en prend aux plus petits pour se nourrir, pour trouver les fonds nécessaires à son armement.Même l'Église, longtemps sympathisante de ces Robin Hood modernes, s'interroge.Selon le rapport annuel de l'UNICEF, les enfants sont les premières victimes des maux qui frappent les pays en développement comme les Philippines, surtout quand il y a conflit.;=SgKs£g:Princesa?===^-¦ S =SJSyz-r^Zj BVi-i::: Sf: : : MIN DANA 0~ Mme Corazon Aquino Le Canada parmi les rares contributeurs d'exception On se rappellera longtemps de 1985 dans la région de Négros.Les cours du sucre venaient de prendre une dégringolade invraisemblable, ramenant les prix à 0,24$US le kilo pour un sucre qui n'est pas de première qualité.Là où il faut cinq tonnes de canne à sucre de bonne qualité pour faire une tonne de sucre en Australie, il en faut 11 tonnes à Negros.La production était coupée de moitié.Les prix plongeaient en-dessous du coût de production.La représentante de l'UNICEF aux Philippines, Pratima Kale, n'est pas près non plus d'oublier cette période.400000 personnes déplacées fuyaient la famine.Avant que la crise n'éclate, quatre familles sur cinq vivaient sous le seuil de la pauvreté.Dès la nii- 1985, la malnutrition chez les enfants créait une crise à Négros.Les enfants, déjà affaiblis, mouraient comme des mouches.En 1986.500 enfants sont morts dans les hôpitaux de la région.Sans compter ceux qu'on n'a jamais rejoints.«En juin et juillet 1985, raconte le docteur Kale, dès que l'ampleur de la crise nous a paru évidente, une équipe de l'UNICEF s'est rendue sur place.Nous sommes rentrés à Manille avec des chiffres et des témoignages effarants.La crise, toute proportion gardée, n'était pas sans rappeler la famine en Ethiopie.Les cas de malnutrition au dernier degré ne se comptaient plus.«Il nous fallait entrer en contact avec les autorités.Pas facile.N'oubliez pas que nous étions encore sous le régime de Marcos et qu'il n'était pas question pour ces gens-là de reconnaitare qu'il y avait crise.Nous avons plaidé la cause des enfants du Négros.Il a fallu insister.A la fin, on nous a dit: Allez-y! Lancez votre campagne d'aide d'urgence.Mais à condition que personne ne le sache, que rien ne soit rendu public!» «J'ai donc convoqué 14 ambassadeurs, d'autant de pays.Nous leur avons fait un exposé de la si- tuation.Nous leur avons montré des chiffres, des cas, des témoignages.Nous leur avons demandé de l'aide en leur faisant part des conditions posées par Marcos.Rien de ce qui avait été dit dans ce bureau et l'aide qui pourrait venir par la suite ne devaient être rendus publics.Pas question de voir un mot de tout cela dans les journaux.Autrement, notre projet courait à l'échec.Il n'y aurait tout simplement pas de campagne d'urgence pour les enfants du Négros qui mouraient de malnutrition.«Sur les 14 pays convoqués, trois seulement ont décidé de nous aider: la Norvège, la Nouvelle-Zélande et le Canada qui, deux ou trois semaines plus tard, versait 200000SUS.C'est toujours plus difficile de trouver des donneurs pour démarrer un programme que pour un programme qui a fait ses preuves.«Voilà pourquoi l'UNICEF, à Manille, a beaucoup apprécié et continue à être particulièrement reconnaissante pour ce que fait le Canada.Après tout, le Canada est non seulement notre plus vieux mais aussi notre plus important contributeur au programme de santé, d'immunisation, de scolarisation, de protection des enfants en situation de conflit de la région occidentale du Négros.» Le Canada devait verser une seconde contribution, nettement plus importante en 1986 et 1987 de 23,6 millionsS.Pour le nouveau programme qui va s'étendre jusqu'en 1992 et qui inclut deux autres régions des Philippines, Sulu et Maguindanao, le Canada s'est engagé à verser 3,2 millionsS.Dès le début de la crise, il est très vite devenu évident pour l'UNICEF et ses partenaires que l'aide alimentaire n'était qu'une mesure d'urgence, qui soulagerait pour un moment les enfants de Négros, mais que des solutions durables nécessiteraient des interventions à long terme.La crise au Négros est loin d'être terminée.Un «volcan social» menace à tout moment d'y faire irruption.Aquino comprise Une réforme agraire devant laquelle tout le monde est sceptique.«Comment voulez-vous que; Carozon Aquino l'applique?» fait-on remarquer cyniquement.«Elle fait partie du système.Un système féodal.On voit mal comment elle se ferait harakiri.Sa famille possède pas moins de 750000 hectares de terre.On dit qu'elle traite bien ses employés.» Mme Aquino, pourtant, rêve de faire de Négros «le bol à sucre» du pays.Une île, parmi les 7100 du pays, vouée à devenir un mini-Taiwan d'ici 15 ans.Le gouvernement philippin fonde des espoirs de redressement économique sur un développement amélioré des zones rurales où vivent les deux tiers de la population.Il espère également que l'industrie réagira à l'impulsion donnée au secteur rural, en créant une demande de produits de fabrication.Un beau rêve qui a toutes les chances de partir en fumée: 72 heures avant la tentative de coup d'État du 1er décembre, Corazon Aquino poussait un grand soupir de soulagement.Les investisseurs étrangers commençaient enfin à arriver, les Taïwanais surtout, eux qui lui avaient préféré la Thaïlande après le coup d'État d'août 1987 parce que, estimaient-ils, le pays était dorénavant stable.Mme Aquino est sortie gagnante de cette tentative de putsch militaire.Mais les investisseurs, eux, vont demeurer longtemps ébranlés.Une expérience susceptible de coûter cher aux Philippines.CHRISTIANE BERTHIAUME est une journaliste pigiste qui couvre les activités des Nations-Unies à Genève.Elle vient d'accompagner une mission de l'UNICEF.d'abord à Hong Kong puis aux Philippines, t Réforme agraire?Sur la route qui longe le bord de la mer de Bocal od à llog.des odeurs sucrées flottent dans le ciel bleu et viennent taquiner les narines de ces douzaines de voyageurs agglutinés autour d'un sidecar à deux places et qui peinent pour avancer sur la route cabossée.Les plantations de canne à sucre, la grande richesse de l'île, conçues sous le modèle des haciendas espagnoles, sont entre les mains d'une quinzaine de familles qui font la pluie et le beau temps.Il existe bien une loi sur la réforme agraire, la CAREL (Comprehensive Agrarian Reform Law), conçue en 1987 mais qu'on j du mal à appliquer.Personne n'y croit, sauf peut-être les grands propriétaires terriens qui la craignent.Ils veulent profiter au maximum de la remontée des prix du sucre avant qu'ils ne chutent à nouveau, comme prévu, dans deux ans.Ils refusent de prêter ou ¦ louer des lopins de terre à leurs employés pour qu'ils cultivent les fruits et légumes qui leur permettraient de subsister pendant les trois mois d'été, mois de misère et de famine et période de l'année où les cultivateurs n'ont pas de travail.La canne à sucre poussant sans aide, ils ne reprendront le labeur qu'en septembre, pour la récolte jusqu'en mars et la semence qui suivra jusqu'à fin mai.Ces grands propriétaires terriens ont peur de créer un fait accompli et de perdre les terres dans la réforme agraire.Une réforme agraire qui serait pourtant bien nécessaire.Il demeure invraisemblable que, dans une région aricole aussi riche, les enfants de Négros souffrent de malnutrition.Malheureusement, la leçon de 1985 et la famine qui a suivi la chute dramatique des prix du sucre n'a pas servi de leçon.L'agriculture ne s'est pas diversifiée.L'élevage des crevettes, commencé en 1986 et pour lequel les Philippines sont devenues le troisième producteur en Asie, n'a pas rempli ses promesses à cause de la chute des prix: le kilo est passé de 10 à 25 LS ).Ce n'est pas ainsi que l'on vaincra la malnutrition, ni avec les quelques lopins de terre que des services d'aide dénichent pour que certains cultivateurs fassent pousser de quoi s'alimenter.Ces S terres sont souvent trop éloignées de leur maison.Les ouvriers sont trop fatigués, après une journée de labeur dans les champs de canne, pour s'occuper le soir venu de leur potager.Une réforme agraire bien timide jusqu'à maintenant.Sa seule initiative en route: dépister et forcer les 68 p.cent des propriétaires terriens qui ne le font pas à au moins payer le salaire minimum à leurs employés.En d'autres termes, la folle somme de 3,50$ US par jour. Si LA PRESSE, MONTREAL, SAMEDI 16 DECEMBRE 1989 Plus B7 MOSCOU avec les et Washington aux prises vieux démons européens CHAULES DAVID AMalte, au lendemain du sommet informel Bush-Gorbatchev, la mer s'est calmée.En revanche, en Europe, la vague de bouleversements n'a cessé de déferler, faisant émerger, autour de la nouvelle définition des rapports américano-soviétiques, le véritable écueil de la politique internationale des années 1990: la réunification allemande.Certes, Malte n'a pas été Yalta.Aucun partage du monde ne s'y est effectué.Pourtant, au delà des problèmes abordés entre Washington et Moscou, qui ont débouché sur une nouvelle interprétation de leurs relations, la rencontre a été dominée par le rythme trépidant de la dislocation de l'architecture européenne echafaudée a Yalta.En ce sens.Malte, loin d'être le creuset de la consolidation de nouveaux rapports entre les deux super-grands en vue de maintenir leur suprématie, a marqué surtout leur volonté de parer à tout dérapage devant l'évolution d'une situation politique européenne de plus en plus versatile.Malte aura surtout démontré, avec la fin d'un équilibre né de la Seconde Guerre mondiale et garanti par le Pacte de Varsovie et l'OTAN, les limites d'intervention du condominium américano-soviétique sur le destin du monde, notamment de l'Europe, leur échiquier particulier.La constatation du président François Mitterrand sur cette donnée évidente de la nouvelle géopolitique jette une lumière crue sur la capacité réelle de Moscou et de Washington à décider, voire à imposer une nouvelle épure du paysage politique européen.Interrogé sur les conclusions du Conseil européen, réuni les 8 et 9 décembre à Strasbourg, M.Mitterrand, président en exercice du Conseil des Douze, a pris la peine de souligner que «les décisions des Douze vont permettre de jalonner le chemin vers l'Europe politique.On a avancé a un moment où l'on pouvait douter.Cela prouve que l'Europe s'impose».Dans la logique de cette nouvelle équation, il a surtout fait remarquer, en évoquant la rencontre de Bush et de Gorbatchev, «qu'enfin à Malte, ils ne pouvaient pas décider du sort de l'Europe.Ils s'en sont bien gardée et d'ailleurs ils n'en avaient pas les moyens».Façon élégante de rappeler que le temps des tuteurs est révolu et que l'Europe, redevenu pôle d'attraction, a cessé sa dérive vers le grand large.Nouvel atlantisme Les États-Unis ne se sont d'ailleurs pas trompés sur cette nouvelle perspective qui tend désormais, dans la partie remaniée, à les établir dans un rôle de partenaire.A preuve, lors de sa visite à Berlin-Ouest cette semaine, le secrétaire d'État américain a plaidé pour une nouvelle distribution des cartes qui forgerait un «nou- Deux nouveaux alliés.M.Alexandre Dubcek vel atlantisme», liant la «nouvelle Europe» aux États-Unis.« Au moment où l'Europe change, a précisé M.Baker, les instruments de la coopération occidentale doivent s'adapter.Ensemble, il nous faut concevoir, et peu à peu mettre en place, une architecture nouvelle pour une époque nouvelle.» En présentant les grands axes de la politique européenne des États-Unis \u2014 la reprise de la Conférence sur la Sécurité et la Coopération en Europe ( CSCE ) et la «nouvelle impulsion» à donner aux négociations de Vienne sur le désarmement conventionnel \u2014 M.Baker s'est attardé au rôle politique que devait assumer l'OTAN, en privilégiant l'importance fondamentale, pour les intérêts américains, d'un tien institutionnel entre les États-Unis et la CEE.Dans la foulée de Malte, tout tourne autour de l'Europe et de ces changements profonds qui ont dénaturé le paysage politique européen et fait vaciller l'empire soviétique.Parce que l'enjeu demeure toujours l'Europe, inéluctablement la question allemande redevient le brûlot qui.dans la conscience européenne, risque de réveiller certaines peurs et de raviver quelques cicatrices profondes.Là encore, le sommet de Malte, et même le Conseil des Douze à Strasbourg, ont montré que cette question allemande dépassait le cadre rigide des alliances, dans la mesure où elle se présente comme la pièce décisive de la «nouvelle Europe».Train fou Véritable Arlésienne des temps actuels \u2014 tout le monde en parle, mais personne ne veut la voir \u2014.le profil d'une Allemagne réunifie»; fait ouvertement peur.A preuve, les bouleversements à l'Est ont cessé de faire gausser sur l'échec patent du système communiste, le jour ou le Mur de Berlin s'effondrait, faisant basculer, tant à l'Ouest qu'à l'Est, la charpente de l'équilibre européen.L'étonnante célérité du chancelier Helmut Kohi à sauter dans le train fou a conduit toutes les capitales \u2014 et d'abord Moscou et Washington \u2014 a solidifier les parapets.Ainsi à Malte, comme par hasard, MM.Bush et Gorbatchev ont insisté d'abord sur le maintien des frontières nées de la guerre et le respect des souverainetés existantes.M.Baker, à Berlin-Ouest, tout en soulignant que les «États-Unis soutenaient depuis longtemps l'objectif de l'unification allemande», a précisé que «cette évolution très positive ne sera pas facile et ne peut pas être précipitée».Autrement dit.Bush et Gorbatchev se sont entendus pour s'opposer à une reunification non ordonnée, qui ne sauvegarderait pas des intérêts stratégiques.Doit-on rappeler que 1b divisions russes montent encore la garde en RDA et que personne n'a demandé leur départ.M.François Mitterrand.En Europe même, le moment d'émotion passé, la logique des intérêts a refait surface pour calmer le jeu.en rappelant certaines vérités politiques premieres.M.Mitterrand u rappelé qu'il «fuut que nos amis allemands tiennent compte du fait qu'il a existé une guerre mondiale, que cette guerre mondiale a dessine une certaine configuration de l'Europe, qu'on réclame la démocratie et la paix, mais qu'on demande aussi que les frontières de l'Europe fixées à cette époque ne soient pas bouleversées.» Paradoxalement, dans le sillage des peuples qui ont fait éclater le carcan de l'idéologie pour revenir aux idées nationales, les alliances du Pacte de Varsovie et de l'OTAN redeviennent des points d'ancrage charges de contrôler la houle des temps: ¦ a l'Est, où la Pologne notamment sait que seul le Pacte de Varsovie \u2014 en clair Moscou \u2014 peut lui garuntir l'intangibilité de sa frontière sur la ligne Oder-Neisse; ¦ à l'Ouest, où seul l'OTAN peut juguler les éventuels démons d'une Allemagne retrouvée.Ce n'est pas sans une certaine ironie que des pactes militaires fi-nisssent par justifier leur vocation proclamée et réfuter la réalité de leurs arrière-pensées.M.Mikhail Gorbatchev L'ONU est-elie en ir©f e cfe recyclage ?LOUIS WIZNITZER collaboration spéciale NATIOHS-UN1ES n an après avoir reçu le Prix Nobel de la paix pour le rôle de ses Casques bleus dans le maintien de la paix, l'ONU s'efforce de préserver et de consolider sa tâche pacificatrice dans le monde.L'année dernière, tout lui avait réussi.Au Sahara occidental, au Cambodge, en Afghanistan, dans la guerre Iran-Iraq, en Namibie, l'ONU avait mis fin aux hostilités, amorcé des négociations, organisé des armistices.Partout, des belligérants acceptaient des pourparlers sous les auspices de l'ONU.Apres avoir subi pendant des années les attaques de l'administration de Ronald Reagan, l'ONU était réhabilitée.Mais depuis la grande percée de 1988, l'euphorie qui régnait dans le Palais de verre du siège de l'ONU à New York s'est dissipée.Les négociations dans les dossiers les plus brûlants se sont enlisées.Comme au Cambodge ou en Afghanistan, les aspects internationaux de conflits ont été résolus sans que l'ONU réussisse (en a-tell e d'ailleurs les moyens?) à ré-! concilier les factions locales.! 1989: une année de normalisation Il n'empêche que 1989 aura été ! pour l'ONU l'année de la normalisation.Son nom revient parfois deux ou trois fois par jour dans les grands journaux lorsqu'il est question de négociations à propos des dossiers sus-mentionnés.ou encore des Droits de l'homme, de la drogue, de l'environnement.Le rôle de l'ONU comme outil indispensable dans les relations internationales est reconnu par tous.L'URSS, en particulier, a effectué vis-à-vis l'ÔNU une volte-face inattendue et lutte pour le renforcement de l'organisme: elle a même proposé la création d'un corps de paix permanent \u2014 un régiment de pompiers politiques \u2014 de l'ONU que l'on dépécherait aux points chauds pour séparer des adversaires, ou avant même qu'un conflit n'éclate.« Nous sommes de nouveau à la mode», nous dit le secrétaire-général (avier Perez de Cuellar, dont la créativité diplomatique et l'impartialité rigoureuse lui ont valu la confiance des dirigeants les plus intransigeants et lui ont permis de défaire bien des noeuds gordiens.Alvaro de Soto, son bras droit.Péruvien également, reconnail que «faute de traités de paix éternels, nous avons obtenu qu'on cesse de s'entretuer en plusieurs points du globe».M.de Soto relève en outre un fait qu'aucun journal n'a mentionné jusqu'ici et dont la portée est considérable: en souscrivant à la resolution'637 du Conseil de sécurité le 27 juillet 1989 sur le Nicaragua, les États-Unis ont effectivement enterré la doctrine Mon rue au nom de laquelle: I ) ils considéraient le continent américain comme leur chasse gardée et se donnaient implicitement le droit d'y intervenir unilatéralement; 2) ils rejetaient tout rôle joué dans la région par un pays non américain.Javier Perez de Cuellar nvminu »m if :j>f*x«l Jtv Dans le passé, les Etats-Unis se sont toujours opposés à ce que l'ONU s'ingère dans les questions «hémisphériques»: seule l'Organisation des États américains (OEA), le groupe régional où l'influence des USA est prédominante, avait le droit, selon Washington, de se pencher sur les problèmes menaçant la paix de ce côté de l'Atlantique.La résolution sus-nientionnée fait appel à «tous les États» pour veiller à l'application de l'accord de Guatemala (pour une solution pacifique du conflit nicaraguayen) et «remercie le secrétaire-général pour ses efforts» à ce propos.Gorbatchev a renoncé à la doctrine Brejnev, dont Moscou se réclamait pour intervenir manu militari en Europe orientale, mais Bush, par le biais de l'ONU, a renoncé à la doctrine Monroe.Un ton plus modère Le ton des interventions au cours de la 44e session de l'Assemblée générale a été nettement plus modéré que dans le passé.On n'a plus entendu de sarcasmes ou de réquisitoires incendiaires.L'URSS et les pays de l'Est n'ont pas, cette année, voté en faveur de la résolution qui fait l'amalgame entre sionisme et racisme.Même les débats à propos des problèmes Nord-Sud (notamment du prix des matières, du développement) se sont déroules dans un esprit pragmatique et conciliant.Comme le fait remarquer Perez de Cuellar.«à l'avenir, le plus clair des activités de l'ONU sera lié aux problèmes de la drogue, de l'environnement et d'autres questions sociales et économiques».Ces problèmes provoquent déjà des clivages diplomatiques.Chaque pays est plus enclin à blâmer les autres qu'à redresser ses propres torts.Faut-il s'en prendre à la Colombie qui exporte les stupéfiants, ou aux États-Unis qui les consomment?Aux pays développés qui envoient leurs déchets nucléaires dans le tiers monde, où au Brésil qui détruit sa forêt tropicale?Les récriminations sont vaines et l'ONU devrait permetre aux uns et aux autres de s'engager ensemble sur la voie de larges çoali-; tions vouées au règlement dés problèmes, estime le secrétaire1 général.C'est Edouard Chevardnadze, le ministre soviétique des Affaires étrangères, qui a donné l'a 1er* te en invoquant que la pollution .menaçait la planète davantage que la guerre.Aujourdhui, le president colombien Virgilio Barco a affirmé, du haut de son podium au Palais de verre, que le trafic de la drogue «sape les fondements de son pays».C'est curieusement l'attitude des États-Unis qui fait ombre au tableau, et cela malgré le fait que George Bush connaisse bien l'organisation où il u déjà représenté son pays et dont il se proclame « l'ami».En plus de sa contribution pour 1989.Washington doit toujours à l'ONU 495 millions de dollars en arriéres et ne fait pas mine de rembourser cet argent qui fait cruellement défaut à l'ONU.373251?60343 Il It _LA PRESSE, MONTREAL, SAMED116 DECEMBRE 1989_ Les enseignants de Lignery n'ont pas encore pansé les plaies de 1983 i ~- iciH.iaiii C'eut en essayant de remettre son sieurs ont demandé des conaés vernement et la façon de fonc- Rene Pauueite.a sans doute vécu lnnrvm*»ntc h» rare.;,.» \u201e\u2022-¦ m.JEAN-PAUL SOULltf La grève illégale des enseignants qui, du 27 janvier au 18 février 1983.ont bravé le gouvernement péquiste de l'époque et sa loi marquera pour longtemps les rapports entre enseignants a la régionale de Lignery.La présidente du syndicat, Eve Martel, considère maintenant comme «une vieille histoire de 1983» cet épisode des luttes syndicales dans l'enseignement.La Cour d'appel a récemment tranché en faveur des dissidents, mais l'affaire est loin d'être terminée.« C'est un jugement qui va encore durcir les rapports», estime Denise Scott, coordonnatrice du groupe des dissidents.Mais, même si ça a pris six ans et neuf mois, il est maintenant établi qu'un syndicat ne peut «casser une dissidence».Le rejet de l'appel interjeté par le syndicat, sa présidente et son secrétaire contre le jugement de la Cour supérieure accordant des dommages et intérêts de 2730$ à 99 syndiqués dissidents ne marque pas forcément la fin des procédures judiciaires.Elles peuvent poursuivre leur lente démarche jusqu'à la Cour suprême, vers une évaluation définitive de la consti-tutionalité de la loi provinciale.Le jugement rendu par la Cour d'appel note que les dissidents, «conscients du fait qu'en cas de maintien de leur recours, leur propre syndicat, et donc leurs propres collègues auraient finalement à payer la note, ont volontairement limité leur réclamation individuelle à une somme globale minimale», celle qui leur a été accordée.Mais ce que les dissidents cherchaient, c'était, plus qu'un dédommagement financier, la reconfirmation de «l'illégalité de l'expulsion de leur syndicat, et de faire cesser, par le moyen des injonctions, les brimades, le harcèlement et l'ensemble des agissements négatifs dont ils étaient l'objet».Brimades Denise Scott, coordonnatrice de l'Association pacifique des professeurs expulsés de Lignery \u2014 l'APPEL \u2014 se souvient très bien des brimades, harcèlements et agissements négatifs que dénonce le jugement.Il y a eu la «liste jaune» affichée dans toutes les écoles, mais la gène avait commencé dès le vote de grève, pris au début de décembre 1982, et qui était présenté comme une simple menace.«Je me considère maintenant comme naïve d'avoir cru à cette seule promesse de menace de grève.Ensuite, jusqu'au 27 janvier, il n'y a pas eu d'autre vote.» Mais les agissements pendant la grève, altercations sur les piquets de grève, n'étaient rien à côté de ce qui devait suivre.«Deux profs ont subi une sorte de procès en règle de la part de leurs collègues du même département, raconte Denise Scott.Dans certaines écoles, les dissidents se voyaient refuser l'accès aux salles de professeurs.La liste des scabs était affichée partout.Il arrivait que des enseignants retrouvent leur bureau de travail orné d'une vaste inscription SCAB, dans des locaux désaffectés, au sous-sol, trois étages plus bas que leur salle de travail, ou encore au bout d'un couloir, au milieu des élèves.PiageT La collection complète des montres Piaget en or 18K sera présentée samedi 16 décembre jusqu'à 21 h.Ouvert tous les soirs jusqu'à 21 h.¦ BIJOUTERIE k roy 7139 rue ST-HUBERT (coin Jean-Talon) MONTRÉAL ym ^ 277-3127 \" C'est en essayant de remettre son bureau à sa place que Florence Alvetta-Comeau se blessera.Il y a eu des publications de numéros de téléphone, des poursuites en voiture et la publication de listes de dissidents avec quelques changements dans l'orthographe des noms.Ainsi, chaque sillabe ra devenait rats et la liste s'appelait Les rats de Laprairie.Certains enseignants, déjà effrayés lors du retour au travail, avaient décidé de changer leur nom.Les femmes, largement majoritaires parmi les 99 dissidents qui se sont vu confirmer l'octroi de dommages (il n'y a que 14 hommes), reprenaient parfois leur nom de jeune fille.D'autres ont décidé de réorienter leur carrière.Un ancien dissident a ouvert une librairie mais ne veut pas afficher son cas pour des raisons faciles à deviner.Un autre s'est fait courtier en immeubles, plu- sieurs ont demandé des congés sans solde.Des brimades, il y en aura aussi aux réunions syndicales.Les dissidents seront parqués dans une petite salle.Puis l'accès à la salle de réunion leur sera accordé, niais la première prise de parole donnera lieu à une quinte de toux généralisée.Denise Scott, ancienne déléguée syndicale, trouve totalement anormal qu'il y ait des gens qui ont aussi peur du gouvernement que de leur syndicat.«En 1982-83, je n'étais pas du côté du gouvernement, dit-elle.le n'ai pas oublié la campagne de dénigrement des enseignants de la part du gouvernement péquiste, campagne qui a atteint son sommet à ce moment-là.Les excuses récentes du chef du PQ n'y changent rien.Mais à l'époque, personne n'a compris ce que nous voulions: nous étions contre le gou- vernement et la façon de fonctionner de notre syndicat.Les journalistes essayaient de nous caser quelque part sans y réussir.» Ailleurs aussi Pourtant, dans plusieurs syndicats, le même problème de dissidence a été réglé à l'intérieur des organisations.En famille, si on peut dire.Le syndicat des enseignants de l'ouest de Montréal avait, lui aussi, ses scabs mais leur problème a été discuté sans trop de heurts.Leur avocat.Me Charles Schmidt, refuse de parler des stratégies adoptées, pour des raisons de confidentialité.H était aussi le conseiller juridique du syndicat de Lignery, mais il a été remplacé par Me Ginette Trepanier dès le début du conflit.L'avocat des dissidents.Me René Paquette.a sans doute vécu une des plus palpitantes saga judiciaire qu'ait connue le monde de l'enseignement.Vingt jours de procès, trois jours d'argumentation, 112 témoins entendus en demande et 60 pour la défense: en tout.6000 pages de documents, et ce n'est peut-être pas fini ! L'affaire aura donné lieu à des décisions inusitées.« C'est très exceptionnel, note Me Paquette.que les honoraires d'avocats soient considérés comme un dommage.» Tout comme il est exceptionnel de voir des plaignants \u2014 les dissidents \u2014 perdre des jours de travail pour aller en cour, pendant que les témoins de la partie syndicale voyaient leur salaire payé par la commission scolaire, en application stricte de la convention collective.Pour Eve Martel, la présidente du syndicat, les prochains déve- loppements de l'affaire n'auront lieu qu'en janvier: «A la période des fêtes, les gens ont bien » d'autres choses à faire.» Il y aura convocation du bureau des délégués, dont certains anciens dissidents font partie, après réunion du conseil exécutif.Si la décision est prise, il pourrait y avoir assemblée générale.Globalement, le militantisme syndical n'a toutefois pas l'air au plus fort.Lors des derniers votes de grève, pris à la rentrée scolaire, les prises de parole ont été rares.La seule intervention demandait le vote de grevé, plus tôt que prévu dans les procédure.Et le, vote a été contre la grève.Les pro-1 chaînes réunions, où il faudra dé-j cider d'augmentations de cotisa-1 tions pour payer des dommages à des collègues, devraient être em-| preintes de confraternalité.Mais rien n'est moins sûr.Grande sélection de cadeaux pratiques pour Noël _ NOUS FABRIQUONS LES STORES VERTICAUX ET HORIZONTAUX DE N'IMPORTE QUELLE DIMENSION PENDANT QUE VOUS ATTENDEZ.DECOREZ VOTRE FOYER POUR NOËL TOUT CE QUE NOUS VENDONS EST DE 1ère QUALITÉ ET DE MARQUES RENOMMÉES AU PLUS BAS PRIX GARANTI.STORES VERTICAUX.STORES HORIZONTAUX ET STORES PLISSES, STORES DE TOILE, RIDEAUX, DRAPERIES ET TENTURES, COUVRE-LITS, LITERIE, ACCESSOIRES DE CUISINE ET DE SALLE DE BAIN Acheta Achetez-en 1, obtenez en 1 à 1/2 PRIX Achetez-en 3, obtenez-en plus GRATUIT Achetez-en 5, obtenez-en plus GRATUITS Achetez-en 7, obtenez-en plus GRATUITS SUR TOUTE LA MARCHANDISE EN MAGASIN* Avec ce coupon OBTENEZ UN RABAIS DE ¦I.! 20% Isur toute la marchandise en magasin* ¦¦¦¦¦¦¦¦¦ I I Achetez-en 1, obtenez-en 1 à 1/2 PRIX Achetez-en 3, obtenez-en 1 plus GRATUIT Achetez-en 5, obtenez-en 2 plus GRATUITS Achetez-en 7, obtenez-en O plus GRATUITS SUR TOUTE LA MARCHANDISE EN MAGASIN* ¦¦¦¦¦¦¦¦¦ TOUS NOS STORES VERTICAUX SONT DE Ire QUALITE ET NOUS FABRIQUONS N'IMPORTE QUELLE GRANDEUR PENDANT QUE VOUS ATTENDEZ! 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