La presse, 4 novembre 1989, K. Arts et spectacles
[" Arts et spectacles Littérature Arts plastiques Disques et videos Restaurants Vins PRESSE, MONTREAL.SAMEDI 4 NOVEMBRE 1989 La î/fe efes livres Hommage à un homme simple HMMMMM ¦¦¦¦¦¦HI ¦tfCINMLD IL ntre vivant dans la légende, Félix le-derc n'en sortira pas de sitôt.La poésie de ses chansons.Jamais savante et pas toujours habile, parfois même franchement maladroite, atteint encore ce qu'il reste en nous de racines québécoises.Elle nous dit simplement les beautés du pays et le respect que nous leur devons; elle nous dit, dans un autre registre, les bonheurs de la liberté et de l'amour sous le regard d'un Dieu qui se fait complice bien plus que juge.Les mélodies de ces chansons, quoi qu'on ait pu en dire, sont - beaucoup plus raffinées.Pas besoin d'être féru de musique pour l en deviner la complexité.Et elles conviennent parfaitement, aux ! textes, elles leur sont nécessaires.I Des mélodies dont Félix Leclerc n'était pas avare.Dans telle chan-) son de drave, il en donne trois différentes, et chacune sert un propos esthétique distinct.Félix Leclerc n'a pas cherché à cacher son idéologie.Défense de valeurs liées au travail et à la tradition, défense des petits contre les méchants, des poètes contre les bureaucrates, des coeurs purs contre les coeurs noirs.Manichéisme, angélisme?On dira ce qu'on voudra, ces valeurs correspondaient aux nôtres, à celles en tout cas de Québécois de tous âges qui reconnaissaient en elles une partie de leur âme collective.Hommage tout naturel et mérité, on commence au Quebec à donner le nom de Félix Leclerc ou de ses oeuvres a des éléments de la géographie, peut-être à des bâtiments et â des monuments.On a baptisé Allegro, Adagio et Andante, titres de trois recueils en prose justement célèbres, autant de montagnes d'une chaîne dont le nom m'échappe.Ainsi l'histoire littéraire vient-elle enrichir la toponymie.On ne sait pas assez que Félix Leclerc a été â l'origine de plusieurs vocations d'écrivains québécois, sans le vouloir sans douté et peut-être sans le savoir.Combien de futurs écrivains, en tout cas parmi ceux qui ont découvert la lecture dans les années cinquante et soixante, ont trouvé dans Allegro, Adagio et Andante je ne dirais pas nécessairement un modèle d'écriture, mais la démonstration éclatante qu'un com- .-patriote, pas plus préparé qu'un autre aux choses de l'écriture, .pouvait écrire des livres qui rejoignaient tout de suite leur public naturel, celui d'Ici?Au fil des ans, plusieurs écrivains ont ainsi reconnu sans fausse honte la dette fondamentale qu'ils avaient contractée envers Félix Leclerc.Il est normal aujourd'hui que les éditeurs de l'écrivain célèbre reprennent ses ouvrages en leur donnant une qualité matérielle de tout premier plan.Je Ils la justification des deux tirages du Fou de l'Ile, qui vient de paraître chez Fides.C'est aussi beau qu'un poème: «Cette édition de luxe comprend 5000 exemplaires, numérotés 1 à 5000, et 200 exemplaires hors-commerce, numérotés H.C.1 a 200.Elle est imprimée sur papier Pastelle 160M et reliée à la main, pleine toile de Hollande, par les Ateliers Vianney Bélanger.« L'édition de grand luxe, tirée à 115 exemplaires dont 100 exemplaires numérotés de i à 100 et 15 exemplaires hors-commerce numérotés de H.C.1 à 15, est imprimée sur papier Vieux Parchemin de la Papeterie Saint-Gilles.Cette édition grand luxe est accompagnée d'une reproduction grand format de cinq tableaux signés et numérotés par les artistes.» L'édition dite de luxe (je n'ai pas vu l'autre) est un magnifique objet, dont la maison Fides doit être fière.Voici une oeuvre d'amour et de respect, un éloge posthume qu'il faut saluer avec émotion.Qui sont-ils ?.Ceux que ion redécouvre avec surprise JEAN BASILE collaboration ipcculc C i les Russes n'avaient pas la bombe atomique et un ^ armement à tout casser, en bref si les Russes étaient moins dangereux, on en parlerait beaucoup moins.Maintenant qu'ils font un peu moins peur et qu'ils ne menacent plus le capital, on les regarde et on les redécouvre avec surprise.Parce qu'il est difficile d'associer l'image de gros méchants communistes qui lancèrent le premier spoutnik et allèrent se promener (après les Anglais, les Français, les Américains, etc.) en Afghanistan, avec celle du brave peuple qui fait la queue pour avoir du saucisson.On s'aperçoit enfin que la Russie est encore plus différente que l'on pensait.Si nous voulons comprendre ce qui se passe dans les pays de l'est, il nous faut comprendre la mentalité des Russes et non celle de monsieur Gorbatchev.Le livre de Claude-Marie Vadrot, Les Nouveaux Russes, est délicieux pour deux raisons principales.C'est un ouvrage bienveillant et c'est un ouvrage drôle.L'auteur a d'ailleurs travaillé au Canard enchaîné qui n'est pas réputé pour son ennui.Claude-Marie Vadrot aborde toutes les questions à la base.Il évite les anecdotes ressassées sur les méfaits de la bureaucratie \u2014 qui ne date pas d'hier au demeurant.Il s'intéresse à la presse et à la télévision (en grand changement).Il nous introduit dans les familles, s'intéresse à la jeunesse et au féminisme, à l'homosexuali- SUITE A LA PACE K 2 l « t 0 » S î | PHOTO LA PRESSE, RENE PICARD Jean Vautrin, à un jet de salive du lecteur ¦ « Cent ans après mes personnages, nous vivons aussi une fin de siècle, et nous allons vivre le début d'un autre siècle.avec une langue française qui perd de plus en plus ses plumes, pendant que les Français continuent à faire leurs ronds de jambes ».Lui qui a franchi les premières étapes menant au prix Goncourt, lean Vautrin plaide pour sa paroisse, sa langue, son identité.« Il faut vite revenir à un humanisme, sans quoi on est cuits.Ne pas perdre là mémoire.La mémoire, c'est la transmission, celle de l'histoire des f;-.nilles.Il ne faut pas perdre son identité.» À lire en page K2 Les nouveau-nés de Lelièvre, Lapointe et Léveillée À lire en page K4 LE CAHIER Habitat DU SAMEDI PLUS «Touchez Dubois» Robert Dubois POUR RÉSERVER VOTRE ESPACE PUBLICITAIRE 285-6874 5484 K2 LA PRESSE.MONTREAL, SAMEDI 4 NOVEMBRE 1989 Survenants et revenants REGINALD MARTEL uand nos marins et coureurs des bois, fatigués de l'aventure, sont devenus pay sans comme tout le monde, leurs contes longtemps encore ont chanté les horizons lointains.Ils ont nourri ainsi l'imagination d'un peuple enfin tout entier fixé dans ses terres.Pas étonnant qu'un Survenant, personnage incompréhensible parce que libre de ses mouvements sur les vastes terres d'Amérique, ait pu longtemps fasciner les Québécois sédentarisés.Ceux qui partent pour de bon n'ont pas d'histoire, tel le Claude BaiI!if de la Chair de pierre (Laffont ) de M.Jacques Folch-Ribas.Qu'à cela ne tienne, on sait leur en inventer une.Quant à ceux qui reviennent, ils la taisent, leur histoire, par pudeur peut-être, ou parce qu'ils ont quelque chose a cacher, ou parce que le mystère sert leur statut, ou parce qu'ils savent que les exigences de la liberté ne sont pas pour tout le monde.Ni revenant ni survenant, mais simplement venu d'ailleurs, le héros du Diable en personne (Seuil) de M.Robert Lalonde se contente de vivre ici une quatrième vie.On croira peut-être à ce personnage, si on le découvre pour la première fois; ou peut-être pas.C'est qu'il a des airs de famille, la famille de héros que d'autres écrivains ont inventés.Demi-dieu pour ceux qui l'aiment dans l'ignorance acceptée de ce qu'il a été, diable en personne pour ceux qui craignent quiconque vient d'ailleurs, ce personnage donc n'est pas tout à fait neuf.Pas neuve non plus la thématique du roman, puisqu'on y retrouve l'initiation amoureuse d'un jeune blanc, par un Métis dans le Diable en personne, par un Amérindien dans le Dernier été des Indiens ( Seuil ).Certes, l'homosexualité radieuse n'est pas le seul ni le principal élément de ce roman.M.Lalonde aime la nature, il sait la découvrir là où elle parait encore intacte.Ses descriptions, directes ou allusi-ves, sont parmi les meilleures qui se lisent ici, sans doute parce que les autres romanciers n'en ont que pour la ville, c'est-à-dire Montréal, comme s'il s'agissait d'une capitale culturelle de premier plan.La campagne existe encore en littérature, ce que nous rappelle le deuxième roman de M.Pierre Gobeil, la Mort de Marlon Brando (Triptyque).Roman périlleux, car l'auteur en confie la narration à un enfant: tout le monde n'est pas Emile Ajar.Roman beaucoup moins dépouillé et transparent que le magnifique Tout l'été dans une cabane à bateau (Québec/Amérique), paru l'an dernier.Ici encore, un homme venu d'ailleurs vient bouleverser l'existence d'une famille paysanne.Il est solide de corps et débile d'esprit?Peu importe, on a besoin de bons bras sur la ferme, le père l'embauche.Personne ne se rend compte, sauf le jeune garçon, que l'homme engagé tisse peu à peu, avec acharnement sinon avec finesse, le piège dans lequel tombera l'enfant innocent, brutalement sodomisé.M.Gobeil traite ce sujet avec beaucoup de délicatesse, il faut en convenir, mais la composition n'a pas cette transparence, cette simplicité qui faisait passer dans Tout l'été.des sentiments et des situations pourtant tout aussi complexes.Voilà un livre qui laisse insatisfait, mais non indifférent, parce que les artifices de fiction ne fonctionnent pas vraiment.Le roman est court pourtant, il exigeait un montage serré, comme il est de rigueur dans une nouvelle.Rigueur dont ne s'embarrasse pas, par exemple, M.Christian Mistral dans Cockrell dehors dedans, deux nouvelles qui constituent le numéro 177 de la revue les Herbes rouges.On veut profiter de l'impact de Vamp (Québec/Amérique) et on publie partout en risquant de publier n'importe quoi.Dans la première nouvelle, un homme se découvre une sorte de pustule au pénis.Pourquoi pas?le veux bien, et le suivre à l'hôpital.Attente, inscription, examen par un généraliste puis par un urologue.Ce n'est rien, ça va disparaître comme c'est venu.Tant mieux.Max veut quitter l'hôpital, il s'adresse à la réceptionniste: «Excusez-moi,dit-il en triturant son chapeau, mais je n'ai pas remarqué en venant.Comment est-ce que je dois m'y Ïrendre pour sortir d'ici?» rop subtil pour moi, certainement: je ne vois pas l'intérêt de ces dix pages, de la chute encore moins.La deuxième nouvelle est moins ratée.Un homme emprisonné est appelé aux obsèques de son père.Il s'offre une cuite énorme, pisse sur le pare-brise d'une auto-patrouille, se retrouve pour le week-end en prison où il fait la connaissance d'un double de lui-même, de l'homme qu'il sera quand il devenu vieux.La chute: «je n'ai pas dormi cette nuit-là.fe n'ai pas dormi depuis.» Il y a de quoi.Les best-sellers à\t\t\t Fiction et biographies\t\t\t 1 Oors ma jolie\tMary Hlgglns Clark\tAlbin Michel\t(3) 2 La Premier quartier de la lune\tMichel Tremblay\tUméac\t(8) 3 Misery\tStephen King\tAlbin Michel\t(5) 4 Sire Qaby du Lac\tFrandne Ouellette\tQuinze\t(4) 5 La Chair de pierre\tJacques Folch-Ribas\tLaffont\t(5) S Promenades et tombeaux\tJean O'Neil\tLibre Expression\t(2) 7 Le Négociateur\tFrederick Forsyth\tAlbin Michel\t(5) 8 Où est \u2022 Charlie \u2022 Le Paysage fantastique\tM.Handford\tGrund\t(U 9 Les Escaliers de Chambord\tP.Quignard\tGallimard\t(1) 10 II était une fois Mafalda\tQuino\tGlènat\t(2) Ouvrages généraux\t\t\t 1 La Gourmet de quartier\tVictor Levant\tHurtubise\t(12) 2 Le Chemin le moins fréquenté\tScott Peck\tLaffont\t(40) 3 L'Etat du monde 1989-90\tEn collaboration La DécouverteWS (2)\tBoréal/\t 4 100 Dictées pour devenir champion\tJean-Christian Pleau\tBoreal\t(5) 5 Le Patrimoine familial\tA.Popovici\tQuébécor\t(D Les listes nous sont fournies par les librairies suivantes: Allr» (Longueuii).Bertrand, Demarc, Oucharma, Flammarion, Le Fureteur (Saint-Lambert).Ouérin, Hermès, Lettre-Son (Outremont), Martin (Joliatte).Montrée Loisir, Le Parchemin, flaffin, Renaud-Bray et Sons ol Lettres.\t\t\t \t\t> i\t Un grand pas vers le bon Dieu, un livre sur l'ostination et la destination JEAN-PAUL SOU LIE an n Louisiane, Bal lean Vautrin était bien tombé.Lui qui a toujours envie de parler des minorités, des rebutés, des gens seuls de leur espèce, il était comblé.Le minoritaire foisonne au bord des bayous: descendants d'Indiens, d'Irlandais, d'Allemands, de Poitevins, des anciens esclaves noirs, des Yankees et des Acadiens.Ce sont tes personnages de son dernier roman, Un grand pas vers h Bon Dieu, qu'il nous fait suivre à travers trois générations, avec une guerre, des meurtres, des fêtes, des naissances.Un monde grouillant qui parle une langue en perdition, celle des Cadjins.Un français qui.à la fin du siècle dernier, n'avait pas encore été submergé par l'anglais, et qui racontait la vie de colons aventureux, d'anciens harpon-neurs de baleines, de chasseurs de primes, de pilleurs de banques et des premiers inventeurs du ragtime et du blues, dans les rues du quartier chaud de la Nouvelle-Orléans.lean Vautrin, ancien cinéaste, a maintenant une longue feuille de route d'écrivain.Personnes colorés Son roman louisianais, c'est une autre manière de se démarquer de la littérature française d'aujourd'hui, qu'il trouve «très nombriliste, intimiste».Il a voulu se lancer dans une aventure, avec de vraies histoires de feux de camp, «à un jet de salive du lecteur».Pour cette histoire où grouillent des personnages fort colorés, c'est évidemment la langue parlée qui s'impose.Et comme il s'agit de Cadjins, avec leurs expressions particulières et la transposition de leur accent, on ne peut s'empêcher de penser à Antonine Maillet et à sa Pélagie la charette.Jean Vautrin, qui présente son livre à Jean Vautrin travers la francophonie et jusqu'en Louisiane depuis la fin de 1 été, est formel.Personne n'avait encore comparé Un Grand pas vers le Bon Dieu avec les livres d'Antonine Maillet, même si le parler cadjin se retrouve dans les deux.Ce qui a fasciné l'auteur, dans ces personnages qu'il a créés dans la chaleur humide de la Louisiane, c'est que ce sont « les derniers des Mohicans, des gens qui n'ont pas encore perdu leurs dents».Il avait envie d'écrire un roman d'aventures, quelque chose qui aurait «un cousinage avec la littérature du Sud américain».Mais son livre, écrit à la fin de notre siècle, est aussi une parabole.«Cent ans après mes personnages, nous vivons aussi une fin de siècle, et nous allons vivre le début d'un autre siècle.Avec une langue française qui perd de plus en plus ses plumes, pendant que PHOTO UPr«M les Français continuent à faire leurs ronds de jambes».Le romancier plaide pour sa paroisse, sa langue, son identité.«11 faut vite revenir à un humanisme, sans quoi on est cuits.Ne pas perdre la mémoire.La mémoire, c'est la transmission, celle de l'histoire des familles.Il ne faut pas perdre son identité».Belle illustration de cette nécessité profonde de conserver le souvenir des familles, lean Vautrin a choisi, pour conserver celle de ses héros, le plus proche de l'extinction totale, un Indien.Double entendu Dans Un grand pas vers le Bon Dieu, c'est dans les premières pages que sont accumulées les plus grosses difficultés de langue.Difficile, la langue des Cadjins, peut-être, mais Vautrin présente ça comme «un parler de bon sens», des images, des expressions qui jaillissent spontanément, et donc très compréhensibles.Par cornpa- ZZlZZr,, il »'c«j t\"cuù iuciuc au côté terne de notre langue.«On vit sur une langue lisse.Dans la langue de mes personna- {es, les histoires de cul.ça passe, l'est pas une langue de traducteurs I».«Le grand oublié de la littérature, disait Céline, c'est Rabelais.Moi, dit Vautrin, j'emploie une langue i double entendu.» Et quand il évoque la «tenue littéraire, qui n'est rien que la musique du texte», c'est encore à Céline qu'il fait appel: «Ces cons-lâ, quand ils s'apercevront que je n'écris pas tout à fait en prose!» Alors, suivant ces maîtres, chaque jour, il lisait une page ou deux à sa femme.«C'est mon côte metteur en scène».Inventer, pas seulement des histoires, mais aussi des mots.Pour lean Vautrin, inventer un mot, c'est une «gourmandise perdue», et le français «est plus riche qu'il ne parait» actuellement.«Il faudrait regagner l'immunologie naturelle de la bonne humeur.L'homme serait prêt à faire des efforts, mais il y a quelque part une voyoucratie qui tue tout».Et il se demande ce qui va se passer quand les «derniers des Mohicans seront morts?» Aujourd'hui, on vend des bâtons de Cajins, tout tordus, comme les coiffures à plumes des Indiens des réserves.Ses réflexions sur l'Europe sont moroses, mais elles ne sont pas plus gales sur le reste du monde développé.Les Américains, malgrès leur obésité trop répandue, font du très bon Beaujolais, et ce sont les japonais qui en sont propriétaires.«Nous sommes des Indiens, mais nous ne le savons pas».Catalogué longtemps comme écrivain de romans noirs, Jean Vautrin refuse l'étiquette, et n'entend pas se faire enfermer cette fois dans le «régionalisme».Son personnage D'Édius Raquin, c'est à partir d'un paysan madré et plein d'humour qu'il connait, dans le sud de la France, qu'il l'a dessiné, «j'ai écrit un livre sur l'ostination et la destination», dit-il, en pesant la sonorité des deux mots.«Oui, c'est bien ça, os-tination et destination».Ceux que l'on redécouvre avec surprise SUITE DE LA PACE K1 té, y compris le sida que l'on voyait dans les bureaux comme « une invention de la CIA ».Quand l'administration revint à la surface, on s'aperçut qu'il y avait pénurie de préservatifs en Russie.C'est alors que Claude-Marie Vadrot nous apprend que la seule usine socialiste qui en produit en fabrique 210 millions annuellement, environ cinq par couple! Sur un mode moins grave, l'auteur nous explique aussi pourquoi i! y a eu pénurie de sucre alors que la Russie en produit en excédent.C'est, bien sur, à cause de la lutte anti-alcoolique car la fabrication de vin domestique, qui nécessite du sucre, a augmenté d'un seul coup.Au fond, malgré leur avancée socialiste, la Russie que dépeint Claude-Marie Vadrot est restée extrêmement traditionaliste.Cela n'a rien d'étonnant après tout puisque, au début du siècle, quatre vingt dix pour cent de la population était rurale.A ce propos, il y a des pages remarquables sur les mouvements ultraconservateurs, dévots de Soljénitsyne, qui sont, noblesse oblige, antisémites, antidémocratiques, panslaves orthodoxes, vaguement tsariste, etc.Il ne faudrait pas croire que la perestroïka ne libère que des forces libérales et sympathiques.Les petits peuples Une des grandeurs de la civilisation, capitaliste ou communiste, est de rayer de la carte du monde, tout ce qui ne s'y conforme pas.Comme notre cynisme et nos moyens de corruption sont énormes, ça va vite.On sait très bien que des espèces animales sont en voie de disparition.On sait très bien, sans le savoir, que, depuis cent ans, de nombreux « petits peuples» disparaissent purement et simplement de la surface de la terre, que ce soit en Afrique, en Sibérie ou en Amérique latine.De fait, dit Jean-Francis Held dans Les Dernières tribus, on est en droit de se demander si ces «petits peuples», dont nous envahissons les territoires, survivront à l'an 2000.«En douceur ou brutalement, partout sur notre globe rétréci, par métissage culturel, religieux, économique et physique, sous le choc de la présence des Blancs ou de leurs disciples, ces civilisations sont entamées, déchiquetées, anéanties et ne laissent que des débris provisoires.» Curieusement, on parle moins de ces peuples qui disparaissent que des derniers rhinocéros, comme si une honte profonde nous saisissait à leur pensée.Après tout, ce sont des hommes non des bêtes.On ne peut quand même pas les mettre dans des zoos entre un tigre blanc et un panda géant.Comment cela arrive-t-il?Cinq ethnologues, qui ont participé à ce livre, tentent de le voir en observant quelques-unes des tribus qui perdurent, provisoirement: les Peuls Bororos du Niger, les Aborigènes d'Australie, les Pyg-mées en Centre-Afrique, les Esquimaux du Croeland et les célèbres Yonomani de l'Orénoque.Les auteurs de ce livre discret ne se font pas d'illusion même s'ils ne manquent pas de rappeler que d'aucuns tentent encore l'impossible sauvetage.Ils ont voulu montrer la grâce et la beauté de ces tribus, leur grâce et la richesse de leur âme, leur humour aussi car les tribus du nord et du sud riaient.Ils ont surtout voulu nous dire qu'avec la mort de ces tribus le monde perd beaucoup.La beauté sauvage, la pensée sauvage suscitent en nous bien des romantismes.Il est indéniable que nous voyions, à travers ces visages bleus ou rouges, ces dents pointus et ces coiffures de plumes, l'ombre de l'être primitif qui est en nous.Nous projetons sur ces tribus une nostalgie inguérissable.Reste que la notion tribale peut survivre et peut même se reconstituer tant elle est profonde.Dans un chapitre supplémentaire, Jacques Meunier observe une «tribu» moderne, celle que forment les habitants d'une rue parisienne, la rue de Buci, disons pour j nous y reconnaître, la rue Panet quand on parlait encore du Montréal des quartiers.Le coeur n'y est pas.Les tribus urbaines sont un mythe.Rien ne remplacera jamais les Peuls et leurs grands boeufs.Le créole Il n'est peut-être pas facile d'être Québécois, il n'est pas facile d'être des Antilles, ces iles dont nous ne voyons que les palmiers, la mer bleu et les beaux corps.Allons-y.D'abord, un excellent dossier de la revue Autrement, intitulé simplement Antilles et sous-titré «Espoirs et déchirements de l'âme créole».C'est facile à lire, très complet et parfaitement documenté.Enfin, un petit ouvrage philosophique, Eloge de la Créolité.Trois auteurs nous invitent à réfléchir sur un terme ambigu et galvaudé dans le but d'aboutir à «une pensée plus fertile, une expression plus juste et une esthétique plus vraie».Cela rappelle un peu nos fameux «nègres blancs d'Amérique» de Vallières.Qui sommes-nous?Quelle langue parlons-nous?LES NOUVEAUX RUSSES, par Claude-Marie Vadrot.400 pages, éditions Le Seuil.LES DERNIÈRES TRIBUS, en collaboration sous la direction de Jean-François Held, 224 pages, éditions Flammarion.ANTILLES, en collaboration, 240 pages, revue Autrement.ELOCE DE LA CREOUTE, par Jean Berna be, Patrick Chamoiseau et Raphael Confiant, 70 pages, éditions Gallimard.Krishnamurti, «le messie récalcitrant» JEAN-CLAUDE DUSSAUIT La biographie de Krishnamurti par l'une de ses disciples, Pupul jayakar, tient Wi que'tiue veu de v : l'hagiographie.La sympathie avouée de l'auteur confère au récit une note chaleureuse qui compense mal l'absence de rigueur critique.11 fallait cependant que Krishnamurti soit raconté par un auteur indien, car c'est l'Inde qui avant tout et malgré tout a fait de lui ce qu'il est devenu, un «guide spirituel» dans le monde contemporain.Qui ne connait aujourd'hui l'auteur de «La première et dernière liberté»?Élevé par la Société théosophique de Ma- dras, sous la tutelle de sa présidente, Mme Annie Besant', Krishnamurti était voué à une vocation exceptionnelle: devenir «l'avatar», l'incarnation divine pour le monde moderne, le messie annoncé par Mme Blavatsky, fondatrice de la Société théosophique, à la veille de sa mort en 1891.Fils d'un fonctionnaire brahmane de l'Andra Pradesh, au sud-est de l'Inde, Krishnamurti attira d'abord l'attention par sa beauté et son intelligence.Mme Besant se fit confier la garde légale de l'enfant qui, sous le nom d'Alcyone, devait incarner le grand rêve des théosophistes, donner un «maitre universel» au monde.Elle amena le jeune prodige et son frère Nitya en Angleterre où ils furent éduqués et séjournèrent pendant dix ans, sans jamais revoir leurs parents.Quand ils revinrent en Inde, en 1921, Krishnamurti traversa une période de perturbations psychiques dont l'apogée fut marqué par la mort de son jeune frère, le 13 novembre 1925.De ce drame date le revirement progressif de Krishnamurti, alors âgé de 30 ans.Il rejeta aussi bien les «apôtres» que Mme Besant lui désignait en tant qu'« Instructeur du monde» que la théorie des Arhats (les parfaits) et de «la religion mondiale», ou les initiations express.Il proclama bientôt qu'il fallait se libérer de toute autorité, de toute religion, de toute secte, et rompit avec la Société thésophique.II faut dire ici que cette version des faits de Pupul jayakar diffère assez peu, si ce n'est par le ton, de celle de René Gué-non dans «Le théosophisme, histoire d'une pseudo-religion» dont l'édition définitive est parue en 1928.La grande tolérance indienne devait par la suite fournir à Krishnamurti un milieu propice à la propagation de son mes- sage.Malgré ses prises de position radicalement antitraditionnelles, on en fit un «maitre» et des disciples se regroupèrent autour de lui.Grâce à des rencontres et à des conférences qu'on organisait pour lui, l'influence de son enseignement s'étendit aux États-Unis et dans plusieurs pays d'Europe et d'Asie.L'essentiel de son message se résume à ces quelques mots: Libérez-vous de toute attache, de toute idée préconçue et soyez libres vis-à-vis toutes choses et toutes personnes.Sa pensée cependant, dont l'exposé occupe le dernier tiers du livre, est trop souvent ondulante et manque de cette essentielle rigueur qui retiendrait l'attention du lecteur «non converti».KRISHNAMURTI, SA VIE.SON OEUVRE, par Pupul Jayakar, trad, de l'anglais par Anne-Cécile Paidoux.coll.«Spiritualité du nouvel âge», édit.L'Age du Verseau.Farts 1989.402 pp.$29,95. LA PRESSE.MONTREAL.SAMEDI 4 NOVEMBRE 1989 K J A la recherche du pa Félix Leclerc Texte de Chudc jimun Au plaisir de lire Henri R,vard.en haut a 3rand uxe du Fou de l\u201ee dve^'x|L«,erc,donton voit Jcl quelques pages.VINGT-QUATRE TABLEAUX qui font rtvivre M première crunton : .NOTRE SENTIER.\" Vingt-quatre tableaux font revivre la toute première chanson de Félix Leclerc, Notre Snetier.Le texte de ce livre est de Claude Jasmin.Une édition de luxe du Fou de l'île let une mise en image de Notre sentier BRUNO DOSTIE u est-ce qu'un «beau livre»?La parution simultanée de I cili -(ion de luxe du fou de l'ile de Félix Leclerc chez Fides (dont Reginald Martel fait l'éloge dans sa chronique), et d'une «mise en image» de sa chanson Notre sentier par le peintre Fernand Labellc aux Publications Transcontinental, fournit sinon la réponse, du moins l'occasion d'une comparaison.Le livre du peintre, tout enrichi qu'il soit de 24 reproductions en couleurs, reste un album à prix populaire \u2014 $27.95 \u2014.entaché de toute la banalité de la production en série.Rien, ni sa reliure, ni son papier, ni sa typographie, ni sa mise en page, ne le distingue des autres albums qui garnissent la vitrine des libraires.Son intérêt vient, pour ceux qui aiment cet art du paysage, «de ces visions rustiques» dont un «Félix-gamin se remplissait les yeux», «faisant déjà son bagage», comme l'écrit Claude lasrain qui en signe les textes.Et pour ceux qui trouvent comme moi que Notre sentier \u2014 Notre sentier près du ruisseau/Est déchiré par les labours., vous vous souvenez \u2014 reste l'une de ses plus belles chansons, l'intérêt vient de l'intelligente juxtaposition qu'on s'est donné la peine d'y faire entre chacun des vers et des extraits de son oeuvre, et qui propose mine de rien une réponse plus éclairante que ce qu'on lit dans les interviews de nos chansonniers ii la question: «Comment avez-vous écrit les paroles?» Ils entourent ça d'âme L'édition de luxe du Fou de l'Ile, au contraire, est une véritable réussite de l'art du livre que son prix relativement modeste de $.100 rend accessible aux bibliothèques populaires.On doit cette merveille à Henri Rjvard.qui a entre autres réalisé les albums de photos de Mia et Klaus et le lean-Paul Lemieux retrouve Maria Chapdelaine des editions Stunké, et qui préparc les Oeuvres complètes de Nelligan et un Frcrc lérôme.; Les.cinq peintres qu'il a choisis ; pour l'illustrer \u2014 Gilles Archam-bault, Yolande Bernier, Ghislain ' Coron, Pierre Leduc et Ghislain I Lcfebvre \u2014 sont «des natural is-1 tes qui ont dépassé le stade de ' technicien.Ils entourent ça | d'àme», dit-il.Et la différence en-\u2022 tre leur peinture cl celle de M.La-belle saute immédiatement aux yeux.Plus «moderne», c'est du figuratif comme on en refait au-: jourd'hui.après des décennies de ' peinture non figurative.l'aurais préféré un seul peintre, plus d'unité, une vision intime et personnelle de l'oeuvre.À cela.Henri Rivard répond: «C'est pas tout le monde qui peut faire dix tableaux en deux semaines, comme lean-Paul Lemieux (.retrouve Maria Chapdelaine).Clarence Gagnon a fait Le Grand silence blanc seul, mais il a mis quatre ans.Les miens ont eu quatre mois, quatre mois et demi pour quatre à cinq tableaux chacun, le préférais avoir cinq peintres et cinq visions différentes de l'oeuvre.» Le fou de l'imprimerie Henri Rivard a réalisé prés d'une quarantaine de «beaux livres» au cours des quinze dernières années.Pour la plupart publiés chez Stanké, Libre Expression et Fides.Formé aux Arts graphiques à l'époque d'Albert Dumouchel.il a d'abord été représentant commercial dans une grande imprimerie montréalaise.C'est d'ailleurs là qu'il a pris la piqûre, le jour ou l'Imprimeur de la reine lui a demandé de «sauver» l'album de photos Québec, une autre Amérique de Michel Régner parce que l'héliogravure, le procède d'impression prévu, tombait en désuétude, «le me suis amusé avec ça.C'est mon plaisir de faire des choses qui ne rencontrent pas les normes, d'innover, de provoquer les choses.» Avant de s'abandonner à sa folie de l'imprimerie, Henri Rivard a aussi été interprète de la chanson qu'il a étudiée avec Gaétane Létourneau.Et elle lui a laissé le temps depuis d'être cascadeur pour Les Insolences d'une caméra.Sans parler des meubles antiques qu'il s'amuse à copier.Mais les beaux livres, qu'il produit au rythme de deux ou trois par année, ont fini par constituer son véritable métier.Avec toute la dévotion au bel ouvrage des artisans, mais toujours sa passion pour la technique industrielle de pointe, et l'objectif de s'adresser au plus grand nombre de personnes possible.« Moi.ça m'intéresse pas de faire juste des petits tirages.Ma phobie de la technique, ça se réalise par exemple dans le fait de concilier deux éditions d'un même livre.» Telle l'édition de tète à $2500 pour collectionneur du Fou de l'Ile, et l'autre, à $100, «son hommage personnel», pour tous les Québécois qui en sont amoureux comme lui.« 11 est chez Fides depuis 50 ans.On aurait pu prendre Pieds nu dans l'aube (son meilleur vendeur avec 114000 exemplaires) mais j'ai préféré Le Fou (85000 exemplaires à ce jour), une oeuvre de maturité dont le titre évoque Félix même si on ne l'a pas lu.Pour moi.c'est un merveilleax conte pour enfant.Et j'ai voulu en faire quelque chose qui sorte de l'ordinaire, l'ai mis tout ce que j'ai dans ça.l'ai pousse à la limite la qualité des reproductions, des séparations de couleur, de l'impression, de la reliure.» Rarement voit-on quelqu'un parler avec amour de ces grosses machines bruyantes que sont les presses.Mais pas Henri Rivard.C'est un maniaque de l'imprimerie, à qui rester debout 72 heures à surveiller l'encrage et l'harmo- nie entre les pages paires et impaires, procure une sorte d'ivresse.Les défis techniques le grisent.«Un scanner au laser, dit-il, je peux, je veux me servir de ça.Le vrai ciel, celui de la photo, celui de la séparation (sur les négatifs), de la trame (sur les plaques, au nombre de quatre comme les négatifs, pour le bleu, le rouge, le jaune et le noir), et celui de l'impression, c'est pas toujours le même.Il faut réduire l'écart au mininum.» Mais y aurait-il «beau livre» sans rareté, sans personnalisation?En numérotant chaque exemplaire, «pour le respect de l'acheteur, pour donner à chacun son livre bien à lui», en limitant le tirage à 5000 exemplaires, «le maximum pour qu'il conserve sa crédibilité de quelque chose d'unique», on s'ôte donc d'avance toute chance de vrai profit.Lt parce que l'artisan dévoué à la «belle ouvrage» n'est jamais loin, on a colle à la tnain les reproductions.Vingt-deux pour chacun des 5 315 exemplaires.116950 opérations pour quatre équipes de deux personnes.Cinq semaines de travail.qualité JEUDI LE 9 NOVEMBRE 1989 OUVERTURE DE La librairie Voulez-vous y être, avec Roger Stéphane ?JACQUES FOLCH-RIBAS collaàoralion \\p*tiale Cela s'appelle Tout va bien, et c'est une chronique.C'est intitule ainsi : chronique.Une trentaine de chapitres qui semblent, par leurs titres, sans rapport.Mais le lien, c'est tout simplement la vie.les heurts, les malheurs et les bonheurs d'un certain Roger Stéphane.L'observateur, lamais un mot n'aura aussi parfaitement décrit un homme comme celui-là.L'observateur, hebdomadaire que Stéphane fonda (avant le Nouvel-Obsde maintenant, celui que nous lisons avec parfois l'agacement du brave écolier qui n'aime pas qu'on lui donne des leçons à tout propos: ils ont cette manie, au Nouvel Obs).Et jamais un titre de revue ne ressembla davantage à son fondateur.Stéphane est un monsieur qui a parcouru notre siècle (il est né en 1919) en rencontrant à peu prés toutes les vedettes de la politique et de la littérature.Il les a rencontrées, mais il les a vues.On dirait nues.lamais dupe, ni même par l'amitié.Il a toujours su qui parlait, et d'où il parlait.Cela donne à ses souvenirs un piquant particulier qui est le poivre de la lucidité.C'est un eleve de Gide, son ami, son maître à penser et à «dire le vrai» \u2014 le dernier des fanatiques de Gide, car je crois bien qu'ils sont tous morts ou très fatigués.Comme Gide, homosexuel.Il refuse le mot.lui préfère celui de pédéraste, et le ton est donné.À son âge.Roger Stéphane ne va pas s'embarrasser de mots savantasses.Il appelle un chat un chat, et un garçon un amant.Pourtant, sa pudeur est extrême: il eut fait un excellent protestant.Par exemple, lorsqu'il raconte dans l'un de ces chapitres intitulé «Parce que c'était lui» son amitié, sa relation profonde avec Jean-jacques Rinieri, un jeune philosophe brillant et sensible qu'il aima passionnément, jamais il ne fera la moindre allusion aux ébats du corps, mais tentera toujours d'expliquer lu parfaite entente des âmes.Rinieri est mort d'un accident d'automobile.Le récit de son agonie est une sorte de rédemption en même temps qu'une chronique sèche.Il commence d'ailleurs par ces mots d'Heraclite: «l'âme sèche est ta meilleure».Très beau.Donc.Gide.Mais aussi l'entourage de cet écrivain dont l'influence ne se mesurait plus, avant la dernière guerre.Martin du Gard, auquel deux chapitres (au moins) sont consacrés.Et tant d'autres, qu'il serait long de citer.Roger Stéphane les a tous connus, en a fréquenté beaucoup, et ce qu'il dit d'eux constitue une sorte d'histoire de la littérature française, soixante-dix ans bien sonnes.Alors, bien sur.c'est passionnant, car les hommes et les femmes y passent, mais les idées en jaillissent.Et puis, la politique.Stéphane a toujours eu le virus.Il est de cette époque où les idées politiques accompagnaient chaque écrivain, Malraux, Aragon, Sartre, Cocteau en tète, et parfois les égaraient dans le séculier.Lui, il regardait, discutait, s'enflaramuit.Maintenant, il raconte.|e ne crois pas qu'il faille s'intéresser a la petite histoire pour aimer ce livre afin d'y aller chercher le renseignement qui croustille, pétille et, titille.Le renseignement y est, bien sur.mais la passion de l'auteur pour son siècle est communicative, ou s'emballe ; avec lui et si l'on est deçu, avec ' lui.ou furieux (il l'est sou-, vent ) par les grands de ce monde, on éprouve un grand plaisir à la fréquentation du cirque des vedettes.Impression d'en être le dompteur?Peut-être.Mais bonne impression.On s'y croit.On se croit invité à ces diners joyeux et intelligents qu'il offrait au Tout-Puris.On se croit en Résistance, et à la Libération (Stéphane est cet homme qui «prit l'Hôtel de Ville de Paris», tout un événement).On se croit avec De Gaulle, avec Mendès-France.On se plaît partout.Pour le reste, c'est écrit.Oh bonheur, c'est clair et net, comme on savait écrire ( peut-être encore aujourd'hui, certains) lorsqu'il n'était pas question de tripatouiller l'écriture afin de ne rien lui faire dire que de faux, affété et m'as-tu-vu.Autre raison de prendre, chez Roger Stéphane, des leçons de littérature.TOUT EST BIEN.CHRONIOUE.par Roger Stéphane.453 pages, editions Quai Voltaire.Paris.1989 SALON DU LIVRE ANCIEN V Samedi et Dimanche 4&5 novembre de 12 à 18h.MONTRÉAL 1989 y Hôtel Maritime 1155 rue Guy (coin René-Lévesque) ANTIQUARIAN BOOK FAIR ADMISSION 3$ la journée r5$ les deux jours CONFRERIE DE LA LIBRAIRIE ANCIENNE DU QUÉBEC L O U I H A M E L I N un tolcnl[.làproprement parler ihluuissanl I./ un roman génial Jcan-Roch Boivin Le Devoir l./ un écrivain ausù immense que Jacques Fcrron et VicujrAjévy Bcaulicu.Reginald Martel La Presse 405 pages 24,955 Québec/Amérique GE! Vous enragez de n'avoir pas mordu à la première édition de LA RAGE?Ne rate: pas l'occasion d'être atteint de LA RAGE, en vente dans toutes les bonnes librairies.! K4 LA PRESSE.MONTREAL.SAMEDI 4 NOVEMBRE 1989 Mel Powell en six oeuvres Trois artistes et autant de cris d'alarme CLAUDE GINGRAS el Powell, compositeur de l'école sérielle américaine, né en 1923, est à peu près inconnu ici.Voici une excellente occasion de se familiariser avec sa musique.Musicmasters a réuni sur un disque compact six oeuvres de Powell datées des dernières années et conçues pour différentes combinaisons de voix, d'instruments et d'électroacoustiquc.Bien que cette musique appartienne à ce qui est déjà le «passé» de la musique contemporaine, elle reste toujours intéressante, ne serait-ce que du simple point de vue de !a «fabrication».Ainsi, dans Die V/o/i'ne.on entend un des textes du Pierrot Lunaire d'Albert Giraud que Schoenberg n'utilisa pas dans son oeuvre célèbre basée sur cette collection de poèmes.Dans une autre oeuvre vocale, sur des textes du recueil intitulé Darker, de Mark Strand, l'accompagnement est électroacoustique.C'est l'oeuvre la plus longue du disque: 19 minutes.La plus courte.Computer Prelude, qui fait deux minutes et demie, est effectivement une section d'oeuvre: tel passage d'une composition pour deux pianos s'étant révélé impossible à jouer, le compositeur décida d'en confier tout simplement l'exécution à un ordinateur.Le disque est complété par trois oeuvres qui, toutes proportions gardées, sont plus conventionnelles: un quatuor à cordes de douze minutes, une pièce pour flûte seule et la révision récente d'une pièce pour violon seul datée de 1969.Mel Powell tient la partie de piano dans Die Violine.La petite brochure d'accompagnement contient des notes sur chaque oeuvre et les textes des oeuvres vocales.Mais on n'y trouve aucune notice biographique sur Powell.MEL POWELL Dre Violine.pour soprano, piano et violon ( 1987 ); Mjdngjl, pour flute seule < 1988): Strand Settings- 'C*rer; pour soprano et accompagnement êlectroaeousti-que ( 1983 >: Quatuor a cordes ( 19821; Compu-ter Preluded 1988); Nocturne pour violon seul (1969, rev 1985) Judith Bettina, soprano, Mel Powell, pianiste, Yoko Matsuda.violoniste.Rachel Rudich.flùtisto, et Quatuor Sequoia ( Musicmasters, compact seulement, MMD60179Y).DENIS IAVOIE Trois artistes, trois visions du monde, trois formes d'expression différentes, surtout dans le contenu musical, et quelque part une même inspiration qui donne trois microsillons bien différents, ceux de: lean Lapointe, Sylvain Lelièvre et Claude Leveillée, qui nous parlent de Félix Leclerc, de problèmes d'environnement et bien sûr d'amour.l'ai surtout été attiré par le retour à la chanson de Leveillée uprès dix ans d'absence, surpris par la variété des thèmes et des styles de lean Lapointe et enchanté par la finesse de Sylvain Lelièvre.Ce sont surtout trois disques qu'on ne se lasse pas d'écouter pour y découvrir quelque subtilité.Plutôt nostalgique, tant dans sa vision de l'environnement, qu'en rendant hommage à son vieil ami Félix Leclerc, le fantaisiste lean Lapointe chante aussi pour défendre la cause du français au Québec, sur Nature, mais surtout pour le plaisir.La chanson qui s'est gravée dans ma tète, n'est pas de Lapointe, mais de lean-l'ierre rerland.qui chante en duo avec le fantaisiste Modem Hotel.On reconnaît mieux Lapointe dans l'humour de la toute première chanson où il parle de « tromper sa femme Avec un Macintosh».l'ai surtout été impressionné par Flique-été-flaque chanson légère, bien rythmée comme l'ensemble de l'album.Il y a aussi le très beau texte de Marcel Lefeb-vre, La dernière fleur, vision pessimiste d'un avenir sans roses.Ce disque de Lapointe nous mène ainsi d'une chanson gaie à une plutôt triste.Une a retenue mon attention pour son entrain.Monsieur Louis, où Lapointe se fait imitateur de Louis Armstrong.Il y a beaucoup de nostalgie dans ce disque, qui commence d'ailleurs par les mots «Dans le temps.» et où on trouve une chanson en témoignage à Félix Leclerc, Le fleuve, lean Lapointe s'engage aussi à sa manière, sans provocation, à défendre la cause de la langue française.Il le fait avec un bel humour dans On est comme on nait.C'est tout Jean Lapointe, touchant et amusant, attendrissant, simple, avec quelques musiques de fanfares comme dans sa chanson d'amour lui c'est pas pareil.L'ensemble est Jean Lapointe aussi truffé de quelques subtils effets.Claude Leveillée Claude Leveillée ne chante pas vraiment, n'a plus de voix dit-on, mais sait toujours faire de belles chansons, dans le souffle d'une nouvelle inspiration.L'enrobage musical de synthétiseurs enrichit l'oeuvre du mélodiste qui parle beaucoup d'espoir retrouvé, comme l'annonce la première chanson de l'album Enfin revivre.Le même message est repris plus tard dans Laissez-vous vivre.Une chanson guillerette, de souvenance, autour du Petit mouchoir, où Leveillée fait mention de sa célèbre chanson Frédéric et se termine en sifflotant.Une musique de style sympho-nique accompagne .pour un pays imaginaire, où il est question d'amour, de solitude et de liberté.L'auteur-compositeur-ih-terprète étant allé au fond des choses et de lui-même pour exprimer de grandes vérités.A l'endroit de Félix Leclerc.Claude Leveillée laisse planer l'espoir au-delà des conflits qui marquent l'actualité, «de Liban en Liban», il nous suggère de nous laisser vivre et aimer.«Si le monde veut mourir, laissez-le se détruire», dit encore l'auteur-compositeur-interprète.pas trop optimiste quant à l'état du monde, nous invitant plutôt à trouver le bonheur simple en soi.Le rythme domine Moto de juillet, une chanson qui fait bande à part.Dans tout cela, pas une chanson où il n'est pas question d'amour et l'accompagnement en choeur du groupe Hart Rouge.Claude Leveillée C'est un disque dense, qu'il faut apprivoiser, avec des élans, des cris du coeur entre le noir et l'espoir.«Aimons-nous malgré la noirceur.la terreur», chante Leveillée dans Les clés du bonheur, un très beau titre qui m'est passé inaperçu, captivé que j'étais par la musique, à preuve qu'il faut porter attention au propos.Et c'est là qu'est toute la densité de ce disque avec un personnage lunatique, de la guitare dans Des îles blanches, des vécus d'amour comme dans Et je t'aime, propos d'un homme qui a bien vécu.Sylvain Lelièvre Sylvain Lelièvre se livre dès la première chanson de son nouvel album Un aller simple.C'est le genre de disque qu'on savoure en douceur, qui échappe à l'analyse, qu'on apprécie sans chercher plus.l'ai surtout apprécié Tôt ou tard, pas tant parce qu'elle traite du mauvais sort qu'on fait à notre environnement, que pour son entrain musical.La première chanson de l'album de Lelièvre est plutôt jazzée.le flâne en chemin donne un peu le ton à l'album rempli de tendresse, plus clairement exprimé dans Au milieu de nous deux.Beucoup de claviers, dont une chanson où l'auteur-compositeur-interprète s'accompagne tout simplement au piano, La Lanterne magique.Le propos de Lelièvre est des plus réalistes, immortalisant les événements de Chine dans Place Tiananmen (on notera en passant la contribution de l'excellent Sylvain Lelièvre Vie Angelilo) une autre chanson-1 engagée Quelque part un enfant] illustrant très bien la misère des enfants du monde.L'auteur soi-| gne autant ses mots que sa musi-que, aux riches arrangements, légers surtout en regard de des synthétiseurs, moins dominants que dans son microsillon précédent et très exotique dans la chanson-ti-tre Un aller simple.Il chante aussi la femme.Tout I ça pour tromper l'ennui rappelant à certains égards sa célèbre Ma rie-Hélène et la «peine d'amour banale» dans Peine perdue, et c'est encore la femme esseulée qu'on retrouve dans Tout \\ ça pour tromper l'ennui témoignant de la oeur de la solitude.Percussions et instruments à vent (saxophone ) ajoutent leurs vibra- j tions à ce voyage.Ces trois artistes semblent faire le point de leur vie dans leur nouveau disque, sorte d'album de souvenirs, chacun y allant d'un brin de nostalgie, de témoignage social en regard de la protection de l'environnement, de la guerre et de la misère, de la langue, de ce qui nous déchire, dans l'amour et nos relations avec le reste du monde.Trois artistes communiquent en chansons leur expérience de la vie.avec chacun leur vision de l'avenir, cri d'alarme et d'espoir.NATURE.Jean Lapointe Les Disques Couleurs, CO-108.ENFIN REVIVRE, Claude Leveillée, Les Disques CMD.GMD 1305-27.ON ALLER SIMPLE.Sylvain Lelièvre, Kebec Disc KD-663.Vidéocassettes Les maris, les femmes, les amants : les choses du coeur LUC PERREAULT Le cinema déborde de drames sentimentaux.Inlassablement, les cinéastes remettent sur le métier les vieilles intrigues qui ont fait leurs preuves.Ce n'est pas toujours génial mais le grand public y trouve parfois un écho à ses propres questions.Les maris, les hommes, les amants de Pascal Thomas correspond à cette tendance.Au début, on y voit les hommes qui quittent Paris avec les enfants pour aller passer leurs vacances annuelles sur lile de Ré.Ils vont y retrouver leurs amis de toujours, les intrigues aussi.Pendant ce temps, restées en ville, les femmes vont au boulot.Mais midi et soir, elles se retrouvent dans un bar.Là.elles se livrent aux confidences et se passent la clé de la garçonnière.Apres tout, pendant que les hommes s'amusent sur la plage, elles aussi ont droit à se distraire un peu.C'est l'été.Sur un style très bavard et.comme diraient certains, très français, Pascal Thomas décrit les habitudes d'un certain milieu.On y retrouve beaucoup de clichés mais aussi une certaine fraîcheur.On a dit de ce film qu'il était aux Français ce qu'est Le Déclin d'Arcand aux Québécois.Ça manque sans doute de punch mais il faut bien admettre que certaines anecdotes sont savoureuses.»* LES MARIS.LES FEMMES, LES AMANTS, de Pascal Thomas.France, 1989.Int.: Jean-Fran-cois Stévenin.Susan Moncur.Emilie Thomas, Clement Thomas.Michel Robin, Daniel Ceccal-di, Guy Marchjnd, Sabine Haudepin.Couleur.Hi-fi mono.1h boul.Lévesque Est, '.St-Vincent-de-Paul, \\ Laval H7C1N1 ^Tél.: 664-2244^ Nous avons tout dit.LE BRUNCH GOURMAND DE 16,50* TABLE D'HOTE Réservations: BELOEIL 467*4477 Sortie 11 2.Route 20) FESTIVAL DE LANGOUSTINES INCLUANT POTAGE DU .JOUR ou SALADE 1 095S CESAR IL TABLE D'HÔTE TOUS LES SOIRS ATMOSPHÈRE INTIME PÏNER D'AFFAIRES .__ DU LUNDI AU VENDREDI (LES HUÎTRES FRAICHES OU ROCKEFELLER EN FÊTE) RÉSERVEZ DÈS MAINTENANT POUR VOS PARTIES DES FÊTES TOUT POUR GROUPES ,Rès.: 527-4141 901, RUE RACHEL EST \"uS?a w3°Q;0os , ^' 666, rue Sherbrooke Ouest, coin University Réservât ions: 288-0373 OU 288-3872 (Form* le lundi aoer) Stationnement gratuit après 18 h Dans le Vieux Montreal AUBERGE LA BELLE POULE ET LE VIEUX RAFIOT 406, rue Saint-Sulpicc.Réservations suggérées au 288-7770 Stationnement facile \u2022 Réservez tôt pour vos parties des fêtes SUPER PARTIE D'HUÎTRES NOUVELLE SAISON 89 seulement AMATEURS D'HUITRES \u2022 Huittes sur écailles .1 volonto \u2022 Soupo aux huîtres \u2022 Feuilleto aux huîtres ot aux moules \u2022 Moules marinières \u2022 Gratin d huîtres lous I\u2014, soirs a partir de 18h \u2022 Baiqnets d huîtres tartares \u2022 Entrecôte surchoix qriliae \u2022 Comptoirs aux multiples salades IRAMADA ^NAISSANCE.HOTEL DU PARC 2000$ £QOO$ enfant de 6 a 12 ans enfanta de moins de 6 ans (taxe et service) en sus DINERS DANSANTS BUFFET TOUS LES SAMEDIS à compter de 19 h MUSIQUE Trio de Paul Tobry Diner dansant tous les vendredis et samedis pendant le mois de décembre, pour vos réceptions de Noél BRUNCH Tous les dimanches 11 h 30 à 15 h EN VEDETTE NATALIE (HOQUETTE &HANY KOKIATY Clown et coin spécial pour les enfants Pour réservations: (514)288-6666 3625, av.du Parc, Mtl, Qc H2X 3P8 I RESTAURANTS Buono Bon Brunch Brunch La façade du Jardin du Centre canadien d'architecture, miroir de la façade de la maison Shaughnessy.PHOTO JEAN-YVES LETOURNEAU U Presse RESTAURANTS [' ^Ç^'j ^Jorcliella ]Kf | Romana .\"v.emm nnjuuu i ntuom Dinar d'affaires \u2022 Table d'hôte le soir RE s.: 278-1742 7855, RUE ST-DENIS entr» Jam/ et VfMeray ÈjSyimalfihm ' Cuisinfi typiquement italienne 1831, boul.René-Lévesque Est Res.: 523-2483 our les gourmets en ballade, tous les chemins mènent au Reine.Première escale : Le Beaver Club où un brunch exquis célèbre les nuances des spécialités régionales françaises.Comme prochaine escale : Le Montréalais.Buono brunch ! L'Amaretto se marie aux crêpes.Les délices d'Italie ont l'accent du soleil.Venez découvrir, le dimanche, le nouveau monde des Vieux pays.IISIIO! Ill \\ i .I »-l» « ¦ 17/5$ Hc^riVilk^uhjrnBCirtddien rVihqur IxRéicEizjnbéi Ke^rvjtion : 861-3511 RESTAURANT BAR L'EXCELLENTE CUISINE OU CHEF RUBERTO MOffllNA de Milan Toua Im jour* dîners d'etferm «.SOI.s ê 7 \u2014 Bar 2 pour 1.Ou lundi au samedi.able «M» i HWO».de 1J n â 2 4 h.Forme dtmjnche).1230, De Maisonneuvs ouest Réservations: 288-2282 Fine cuisina française 2-y* nor.OIOIER, 4 «cor#*onijt»i chanteurs Rntntt miinlemnt four res finies éts tilts âfe^istoo d'auludois Réservai tot u 1229.rue St-Hubert 842-2808 fulmar L'AUTOMNE DU PORTUGAL 1 HOKTREAL AU: Dîner gala avec vin inclus Fados et danse 365 soirs Chance de gagner 2 voyages au Portugal via (j9P Souvenir aux dames 111, rue Saint-Paul est 861-4562 Stationnement FAX: 878-4764 Cuisine française'1 apprêtée au goût' le des gens d'ici '.st-malo \u2022 Del -.i ^3iOûii IllCa Pt-.me te djmari he (514) 845-6327\" \" 1605 rué St-Deo'r^- ; Montreal.-Quebec BRUNCH DU DIMANCHE POUR TOUTE LA FAMILLE \u2022 NOTRE SUPER-BUFFET OE 75 ALIMENTS \u2022 10 PLATS CHAUDS \u2022 JAMBON FUME GLACE \u2022 RÔTI DE BOEUF CHICAGO \u2022 COMPTOIR À DESSERTS COMPLET 1 r.A^TRONOMirTTAIlfN^r MlcO.3CL1.CURE-LABELLE \u2022 582 7450 OtOMEOEY.LAVAL, QUÉBEC_ MIDI: Dîner d'hommes d'affaires SOIR: Table d'hôte___ FERMÉ LE DIMANCHE \tFINE CUISINE ITALIENNE \tOUVERT OtMAMCRE LA CAMPAGN01 1299, rue de La Mon\tDINER D'AFFAIRES i 12HA18H tagne 866-3234 ClISINE FRASÇAISE FAITE PAR LES PATROISS j£.e fiavrochei 2098, rue Jean-Talon y\\ ig^n.«>ujnM>i 725-9077 \\ Tabla d'hote roui les tolrt.L Groupes jvsqu a 50 personne» 1 Ouvert low lei jouri de 11 h a 23 h \\ Samedi et dimanche de 11 h a 23 h Ferme le lundi.i EN VEDETTE RICHARD SAUNDERS magicien J\"'.- UN DEFILE 2 r 0E MODE - \u2014 r ADULTES: 12,95$ -ENFANTS 0E MOINS DE 10 ANS: 3,95$ T j£a liltgence 7385.BOUL.DECARIE/731-7771 j| «1 NOUVEAU À MONTRÉAL T \"\u2014» » APERITIVO FI\\E CII5ME ITALIE S 5 E DÎNER D'AFFAIRES à partir de^GP** TOUS LES SOIRS TABLE D'HÔTE IRRÉSISTIBLE Reserves maintenant pour vol parties dei fetes do fin d'année.«Un ristorante vero italiano» 2920, rue Fleury Est (près du boul.Saint-Michel) Réservation: 387-1713 Goélette 8551.BCUL.SAINT-LAURENT 388-8393 (pris de Cremirie) DÉJÀ 10 ANS Pour cette occasion nous vous offrons le menu suivant: FESTIVAL Moules et huîtres à partir de 495$\" FESTIN 10e ANNIVERSAIRE Pour 2 1 bouteille de vin importée entrée: salade César ou soupe aux palourdes repas au chou: Surt'N Turf Langoustines grillées ou Homards frais.Cesser et café.Informe:-vous du prix.STATIONNEMENT GRATUIT HALL DE RECEPTION et ten sur.It umet ncejfics-tl de i j Satlettc Une maison réputée pour la frjicheur de ses fruits de mer et sa fine cuisine française.^ Le Flocon 540.rue Duluth est, Montréal Réservez maintenant pour vos parties des fêtes.844-0713 TABLE D'HOTE -1 095$ d partir de NOS MOULES 12 \u20221.1 s servies de 8 façons différentes Ouvert du lundi au dimancht de 16 h à 23 h 30 Buffet Vendredi, samedi et dimanche soir dés 17 heures Rôti de boeut à volonté Potage rfuiour Grand chou se «Uses Hcrvd oeuvres et crudités Cnou de plats chauds Vanete de desserts Théouca'o MUSICIENS I Salles de réceptions disponibles RÉSERVEZ TÔT POUR LE TEMPS DES FÊTES.nnnn FINE CUISINE Table d'hote tous les lour^ SPÉCIAL DE NOVEMBRE BALL0TTINE DE POULET PÉRIG0URDINE 12,99 $ \u2022ncludnr Htoda et dessort îhé ou cafe Brunch Dimanche de 10h30à 15h Ouf» et crepes préparés a votre goût Frjls du jour Croissants, viandes froides, sabde de thon ou saumon rose, salades assorties, boeuf bourguignon, saucisses, jambon a I érable et ananas, bacon, fèves au lard, oeufs brouilles, patis&enes maison, oalade de fruc«?awttc.Montreal, Friday, October 20,1989 8-7 Tout Feu Tout Flamme, une fête pour les papilles.Des beignets et satay indonésiens, de l'agneau à la sétch-ouanaise.des blinis et du caviar, un joyeux mélange de poivrons rouges , verts, jaunes el oranges, grillés à la méditerranéenne, des pétoncles en feuille de vigne el du hne grillé.Voilà qui ne ressemble guère à .une rôtisserie courante, avec buret grill, telle qu'on la conçoit en Amérique du Nord, n'esi-ce pas?De tout façon, rien, au rhic TOUT FKl' TOIT FLAMME de l'avenue Laurier, n'est courant nu ordinaire.Peut-être est-ce le meilleur restaurant de ce genre au pays, a fortiori a Montreal.Les grillades sur feu de bois de inesquile l un bois odorant imponé du levas) ne constituent cedes plus une nouveauté - tout le monde en rail - mais lOUT FEU TOUT l-LAMME leur donne une toute nouvelle dimension.Même les appétits les plus blasés sont obligés de répondre à cette seduction de tous 1rs sens que l'on pratique ici avec un art consommé, (Ju.inil nous sommes arrivés à ce restaurant installe au dessus du DM ti.,m premier étage d'un nouvel édifice voisin du Cafe Laurier, nous ne desirions qu'un repas simple, une sorte d'antidote à quelques diners irops riches.Rien de luxueux ou de compliqué: un poisson ou un steak grille aurait l'ait l'affaire.Nous n'avions pas tellement faim, mais en moins de dix minutes nous étions pratiquement en train de saliver a l'odeur délicieuse oui se dégageait du grill placé a I entréeel visihledetnuteiasalle.l'ente gène de n'élre pas assez chic dans cet elegant decor post- Dining Out ,\\ :- rt;:->n Rccnever Oct n.1M9 moderne, vite chassée par l'ambarras de choisir parmi les plats affiches sur un grand tableau noir a roulette ou parmi l'éventail encore plus vaste du menu imprime.Nous avons commandé trop de choses: en fait, il nos aurait fallu une bonne dou/aine de visites pour céder à toutes nos tentations! Pour les entrées, notre choix s'arrêta sur l'assiette de satay mélangés (15.5(1 S) et sur l'entrée du jour au norfi irrésistible d'«oeil de tigre- (7.50 $).Nous avions choisi la plus copieuse des assiettes de sjiay (une brochette de chacune des quatre sortes» parce que nous avions en mémoire les fines tranches de viande servies ailleurs.Nous n'allions pas tarder à comprendre noire erreur.Le chou du plat principal était encore plus difficile, ! a daurade rose, pour deux, avec câpres, citronelle.gingembre et persil elail alléchante, ainsi que le filet de daurade relevé par une sauce lh.llljlld.llsc.Mais je me suis finalement décidée pour de l'espadon grille proposé au menu du jour ( 18.50 $) pendant que mon commensal optait pour l'agneau a la sétchoua-naise.(18.50 $).Deux demi-bouteilles, un muscadet Clos Sablctte et un Baujolais-Villages mirent un terme à notre dclicteu.xci pénible-travail.en nous donnant le temps de détailler l'environnement.bien installés sur nos sièges.J'espère que quelqu'un proposera du post-modernisme une definition intelligible qui convienne à l'art de la décoration.J'ai déjà posé la question à des douzaines d'architectes el dedéco-rateurset n'en suis pas plus avancée pourautant.Encequimeconcernc, TOUT FEU TOUT FLAMME incorpore a son décor de nombreux éléments Art Déco (douces courbes arrondies et éclairage indirect), mais en plus articule et en beaucoup plus intime.En d'autres termes, l'ensemble est très chic, tout en demeurant confortable.Juste au moment où le parfum des grillades au bois de mesquite allait de l'exilant au torturant, nos entrées, arrivèrent.L'assiette de satay était très copieuse, plus que suffisante pour servir de plat principal à quiconque.Les fines brochen.es de bois s avéraient être de grandes brochettes de métal, chacune empalant deux gros cubes de viande ou de crevette.L'agneau avait été mariné avec tamarin, curcuma, sauce soja et champignons, le poulet, au sucre de canne, le bocul, avec éc ha lottes el sauce soja, les crevettes, avec lait de coco, tamarin et cari.Tout était tendre et juteux (c'est l'avantage de la cuisson rapide que permet le mesquite) et tout était exellent.Les brochettes étaient joliment présentées sur une grande feuille de bananier, servies avec un sauce piquante aux arachides, aidante et colorée, et accompagnées de Kru-puk (chips de crevettes) croustillantes.L'authentique vedette de ce spectacle était, cependant, l'oeil de tigre, d'une ressemblance saisissante.Habituellement, on utilise du calmar, mais dans notre cas.c'était de la seiche, roulée avec une tranche de saumon fume autour d'une pointed'asperge verte, puiscoupée en rondelles d'un pouce.Trempé dans la sauce soja, c'était absolument délicieux.Il nous a fallut un effort de volonté considérable pour attendre les plats principaux, mais cela en valait la peine.L'énorme dame d'espadon, moelleuse et tendre, parfumée par le mesquite.était l'une des meilleures que je connaisse.Garnie de câpres et de citron, elle était servie avec un beurre-citron et accompagnée d'une salade de tomates et oignons, simple, mais très bonne.L'agneau.pré-coupé dans huit petites côtelettes bien parées, était sublime.Mariné avec sauce soja et sauce hoisin, sésame et zeste de mandarine, il était juteux et tendre, .servi rose (tel que commandé) et garni de bons légumes (carottes, brocoli, chou-fleur).En accompagnement, nous avions pris aussi un plat de poivrons grillés à partager l $4.25).mais nous n'avons pu que grignoter.Rouges, verts et jaunes (l'orange avait disparu), luisants et lustrés d'huile d olive, soufflés fiar la cuisson, ils étaient succu-enLs et tentants, même pour des apétits satisfaits.C'est alors que j'ai déclaré forfait.Mais mon hôte fut tout heureux de me rendre service en commandant des fraises enrobées de chocolat noir et servies dans une riche crème au chocolat marbrée de fine crème anglaise ($5.75).Le café régulier est un café-filtre.Le pot($1.75)est suffisant pour deux bonnes lasses.D'un bout à l'autre, le service a été de toute première classe.TOUT FEU TOUT FLAMME 400, ouest rue Laurier (près d'Hutchison) Téléphone: 495-3585 Ouvert: du lundi au vendredi de Hh30à23heurcs Samedi et dimanche de I7h30 à 23 heures Permis d'alcools Principales cartes de créait acceptées Accèx pour chaise roulante: oui, lorsque la rampe sera terminée) Repas pour deux, avant vin et pourboire: 74.53S La traduction de cet article de la Gazette ainsi que le choix des mots en caractères gras furent réalisés par le restaurant Tout Feu Tout Flamme."]
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