La presse, 5 septembre 1989, B. Élections 89
[" LA PRESSE, MONTREAL.MARDI 5 SEPTEMBRE 1989 Parizeau promet des taux hypothécaires à 10 p.cent Ce programme d'accès à la propriété prof itérait pendant trois ans aux familles qui gagnent moins de $50 000 \u2022in Le Parti québécois s'engage à mettre sur pied un programme d'accès à la propriété qui limiterait à 10 p.cent le taux d'intérêt hypothécaire, pour les trois premières années.Ce programme s'adressa ait aux familles d'un enfant et plus, dont le revenu annuel ne dépasse pas $50 000.Le chef péquiste, Jacques Parizeau, dévoilait hier un premier engagement de son parti.« Le logement, c'est en fait un volet de la politique familiale qu'entend proposer le parti», a déclaré M.Parizeau.C'est dans une cour intérieure d'une coopérative d'habitation du comté de Saint-Jacques-Sainte-Marie que l'équipe péquiste et son chef ont dévoilé les grandes lignes de cet engagement.Les candidats André Boulerice (Saint-)acques-Sai rue-Marie), Louise Harel ( H oc he lain-Maison neuve ) et Francine Lalonde (Saint-Henri) assistaient leur chef pour cette annonce, faite au coeur de circonscriptions où le problème du logement est particulièrement évident.Le député de Shefford.Roger Paré, assistait également à la rencontre.Accusant les libéraux d'avoir abandonné la plupart des programmes d'accès à la propriété, M.Parizeau a promis de rétablir un vrai ministère de l'Habitation, comme il en existait un sous le gouvernement du Parti québécois.L'ensemble des engagements du PQ en ce domaine est évalué à $39 millions par M.Parizeau.«Sur un budget de $30 milliards, ces engagements sont tout à fait réalisables», a-t-il fait valoir.Voici, en résumé, les intentions péquistes: ¦ le gouvernement prendrait en charge la partie des intérêts excédant un taux de 10 p.cent pendant trois ans; précisant que cet engagement ne comporte pas de plafond, le parti évalue à une moyenne de $1 500 l'aide à verser à chaque ménage admissible (coût $15 millions); ¦ assurer l'accès du programme Logiren- te aux personnes âgées de 55 ans et plus ($10 millions); ¦ rétablir l'aide financière aux groupes de ressources techniques promoteur?de logements coopératifs ($ 1,5 million); ¦ examiner la proposition de la Confédération des coopératives d'habitation relativement à la mise en place d'un nouveau programme d'aide au logement coopératif préconisant la formule de l'hypothèque à paiements progressifs.Dans l'intervalle, promet le PQ, on favorisera la construction de 1 500 unités de logement coopératif par année ($9 millions); ¦ augmenter de I 000 unités par année le nombre de HLM publics mis en chantier pour le porter à 2 000 unités ($3,8 millions).Ce volet de la politique familiale péquiste toucherait, estime M.Parizeau, quelque 27 500 ménages québécois.Il soutient que sa proposition pour l'accès à la propriété est supérieure à celle des libéraux, qui versent $7 000 pour l'achat d'une première maison.«Ce programme prend fin en mai prochain.Ils ont d'ailleurs mal évalué les maisons dans la région de Montréal.Notre programme s'applique pour des maisons valant jusqu'à $120000», a déclaré le leader péquiste.Tous les jours, cette semaine, le PQ va dévoiler ses engagements dans différents secteurs.La situation chez les infirmières préoccupe par ailleurs les stratèges car ce conflit peut avoir une influence marquée sur le vote du 25 septembre prochain.Tout au cours du week-end, M.Parizeau a répété que «plusieurs demandes des infirmières paraissent justifiées».Cependant, il se garde bien d'appuyer un débrayage illégal.«|e ne peux cautionner un tel geste, l'espère cependant que le gouvernement va accepter la conciliation», disait M.Parizeau, en matinée, avant que le gouvernement fasse savoir qu'il suggérait plutôt une médiation élargie.En fin de journée, le chef péquiste a demandé aux infirmières de ne pas débrayer, ajoutant que le ministre Daniel Johnson «ouvrait une porte» en proposant des réaménagements à son enveloppe budgétaire.Le duplessisme Profitant samedi d'une journée de congé pour refaire ses forces, le chef péquiste était, dès dimanche, d'humeur à attaquer les libéraux lors d'une brève visite dans Chambly.Il y est allé d'une charge contre l'organisateur en chef pour l'Est du Québec et ministre des Transports, Marc-Yvan Côté, lui reprochant de «mépriser» les électeurs du Bas-Saint-Laurent, en les «giflant» avec des menaces qui rappellent le duplessisme.M.Parizeau faisait allusion à la sortie de M.Côté, reprise par le chef libéral, devant les militants du comté de Matane à qui on suggérait de voter pour la candidate libérale afin d'obtenir les faveurs d'un gouvernement libéral.«C'est déplorable», a dit M.Parizeau.Les stratèges péquistes espèrent que cette bourde de M.Côté va servir leur cause d'ici au 25 septembre.Les libéraux comptent maintenir un rythme de reboisement d'un milliard d'arbres d'ici 1993 DENIS LESSARD VAL/ALBERT Le chef libéral Robert Bouras-sa s'est engagé hier à planter un milliard d'arbres'au cours des quatre prochaines années, soit autant que pendant son premier mandat, s'il est reporté au pouvoir le 25 septembre.«Gouverner c'est prévoir, s'il y a un secteur où il faut prévoir, c'est celui des forêts», a soutenu hier M.Bourassa sur le site enchanteur du village fantôme de Yal Jalbert.Cette année, 248 millions d'arbres ont été plantés, et c'est ce rythme qu'entend maintenir Quebec d'ici 1993.«Oui c'est la poursuite de ce qu'on avait envisagé », a reconnu le ministre délégué aux Forêts, Albert Côté, selon qui il faudra subséquemment augmenter encore de 25 p.cent, le nombre de plantations annuelles.Les plantations coûteront approximativement $1 milliard \u2014 frais partagés entre le gouvernement et l'industrie \u2014, ce qui comprend le progamme conjoint de $200 millions pour le développement des techniques.En dépit de cette politique, on appréhende des manques de bois dans certaines régions du Québec.Environ 230 millions d'arbres seront coupés cette année a soutenu M.Côté.Pour la première fois, au Québec, il y aura moins d'arbres coupés que plantés.Pour M.Bourassa cette attention au reboisement témoigne de l'importance que le gouvernement accorde à l'industrie forestière, une pierre d'assise Le ministre délégué à l'Environnement et candidat libéral dans le comté de Roberval, M.Gaston Blackburn, accompagnait hier le premier ministre Robert Bourassa, lors de sa visite au village fantôme de Val jalbert.wserphotpo pc de l'économie québécoise.Depuis quatre ans ce secteur a généré des investissements de $6,5 milliards, soit autant que dans les 11 années précédentes, a-t-il soutenu.L'industrie du bois procure 250 000 emplois directs et indi- rects et est vitale pour 114 municipalités.Comme le veut la loi, Québec signera d'ici avril prochain 316 contrats d'aménagement avec les compagnie forestières qui seront tenues d'accroitre le rendement de leur territoire par des travaux sylvicoles.On compte augmenter de 40 p.cent la production à l'hectare qui, au Québec, est trois fois moindre qu'en Suède, un pays à la fine pointe de ces techniques.Dans le secteur forestier le PLQ s'engage aussi à : ¦ réduire de 25 à 40 p.cent d'ici cinq ans, l'utilisation de pesticides chimiques et biologiques; ¦ mettre sur pied un réseau de détection des parasites semblable à celui destiné à combattre les incendies de forêts; ¦ confier à Rexfor le mandat de développer des techniques pour favoriser l'utilisation de certaines essences de bois durs actuellement laissées pour compte; ¦ participer à l'implantation d'au moins une usine de désencrage dans la province, une annonce que le ministre Côté se garde pour plus tard.On estime que chaque année 118 000 tonnes de papier journal pourraient être récupérées.Une usine de désencrage épargnerait environ 1,1 million de mètres cubes de bois par année.M.Bourassa avait débuté la journée à Saint-Félicien, dans le comté de Roberval, péquiste jusqu'à ce que le libéral Gaston Blackburn, soit élu dans une partielle en 1988.Le PQ conserve quatre des cinq comtés de la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean.Pour venir prêter main forte au candidat libéral Pierre Gimaïel \u2014 ex-député fédéral \u2014 M.Bourassa a terminé sa journée par une assemblée partisanne de 500 personnes, à Aima, dans le fief du ténor péquiste, Jacques Brassard.Électogrammes UNE GUERRE DES AFFICHES ¦ L'Assomption, la circonscription du chef du Parti québécois Jacques Parizeau, vit au rythme de la guerre des affiches que se livrent le PLQ et le PQ.Les deux organisations s'accusent mutuellement du vandalisme de leurs panneaux publicitaires.Le can- ' didat libéral et député sortant, Jean-Guy Gervais, a vu six de ses 20 panneaux géants saccagés tandis que sur un septième, on l'affublait d'une barbe.« Nous soupçonnons les péquistes, a déclaré hier l'organisatrice de la campagne de M.Gervais, Càrole Laval-lée, mais nous n'avons aucune preuve.Quand leurs affiches sont abîmées, ils nous apellent et nous accusent.» «Nous avons effectivement appelé les libéraux et nous leur avons demandé à quoi ça servait de se comporter comme des enfants, a répliqué Lise Vallée-Bernier, directrice dé l'organisation de M.Parizeau.Les libéraux pensent que nous saccageons leurs panneaux et nous, nous croyons qu'ils saccagent les nôtres.C'est quand même bizarre.Hier soir, a-t-elle conclu, des gens de notre local ont vu des voitures qui nous surveillaient.Nous croyons que ce sont les libéraux.» PARIZEAU SÛR DE LUI ¦ Le chef du Parti québécois, Jacques Parizeau, ne semble pas douter un seul instant de sa victoire.Il a pris sa retraite de L'École des hautes études commerciales \u2014 retraite qui prendra effet le 15 septembre \u2014 car «il compte bien être élu et siéger à l'Assemblée nationale», a expliqué hier son attaché de presse Claude Beaulieu.M.Parizeau ensei- gnait depuis de nombreuse années aux LE CHEF VERT PÉDALE TOUJOURS ¦ Le chef du Parti vert du Québec, Jean Ouimet, pédale toujours.Il a franchi hier le cap des 700 kilomètres (et celui de ses 35 ans aussi ).Parti le 20 août dernier, M.Ouimet fait la tournée du Québec en vélo.Il doit parcourir un total de 2 055 kilomètres.Il a déjà visité plusieurs villes dont Valley-field, Granby, Sherbrooke, Sainte-Mari e-de-Beauce.Hier à Québec, il dévoilait le nom de ses 3 candidats dans la région de la capitale.Jean Ouimet a avoué que les 500 premiers kilomètres n'ont pas été faciles, mais aujourd'hui il a retrouvé la forme.Le parti tiendra, samedi à Montréal, un grand rassemblement de tous ses candidats.LES JOURNAUX PLÛtÔT QUE LA TÉLÉ ¦ Robert Bourassa et Jacques Parizeau sont, vous vous en doutez bien, de grands consommateurs de journaux.Mais à chacun sa manie.M.Bourassa se fait livrer les journaux en taxi à son domicile.Le' soir, après sa journée de travail, vers 23 h, il passe sys- Jean Ouimet tématiquement à travers Le Devoir, la Gazette et La Presse.Il jette un coup d'oeil rapide sur les autres quotidiens.Côté nouvelles télévision, s'il rate les émissions, son attaché de presse, Ronald Poupart, lui en fait un résumé exhaustif.« il est faux de prétendre que Robert Bourassa écoute religieusement les bulletins télé», a précisé son directeur de campagne pour l'ouest du Québec, Pierre Bibeau.M.Parizeau lit plutôt ses journaux le matin.« 11 arrive au bureau à 8 h 30, a expliqué son conseiller spécial, Jean Royer.Il voit ra-.rement les bulletins télévisés.On les lui résume.Ce n'est pas un maniaque.Son attaché de presse, Claude Beaulieu, lui prépare une revue de presse complète.Le seul quotidien que Jacques Parizeau lit du début à la fin, c'est le Globe and Mail.» PÉQUISTE INDÉPENDANT ¦ Un des aspirants candidats défait dans Verchères lors de rassemblée d'investiture du PQ, Hubert Fa lard eau, a décidé de se porter candidat indépendant.«Je vire mon capot de bord », a confié hier à La Presse cet ex-prétre ouvrier connu dans les années 60 pour sa lutte contre la pauvreté.Il y a eu des irrégularités lors de l'élection de la candidate du PQ, Luce Dupuis.J'ai porté plainte mais les instances du parti l'ont rejetée invoquant le fait qu'elle n'était pas assez sérieuse.Je pars en guerre, je veux faire une razzia dans le comté.Si je suis élu, je vais surveiller les députés péquistes de près et leur donner un coup de pted dans le derrière s'ils ne vont pas dans la bonne direction.» Logement: Parizeau est sérieux CLAUDE RICHER Atrois semaines de l'échéance du 25 septembre, le Parti québécois a formulé, hier, la première véritable promesse électorale de la campagne, celle de « mettre sur pied une vraie politique de l'habitation».L'engagement peut paraître vague, mais pour bien démontrer qu'il est sérieux, Jacques Parizeau l'a accompagné d'une série de propositions concrètes.Ce qui retient surtout l'attention, c'est la promesse de garantir aux acheteurs de maisons, à certaines conditions, que le taux de leur prêt hypothécaire ne dépassera pas 10 p.cent pendant trois ans.Est-ce que cela tient debout?Rappelons d'abord les grandes lignes de cette mesure: elle s'adresse aux familles locataires ayant au moins un enfant, gagnant moins de $50 000, et vaut seulement pour les maisons, usagées ou neuves (incluant les condos), valant moins de $120 000.Le fait de déjà avoir été propriétaire ne vous rendrait pas inadmissible.La promesse ne tient que pour une hypothèque représentant au plus 75 p.cent de la valeur de la maison.Des chiffres réalistes Le PQ ne fixe pas de plafond à cette aide mais estime que sa valeur maximale pourrait atteindre $1 500 par année par famille.Compte tenu des conditions actuelles du marché, ce chiffre est assez proche de la réalité.Voyons en effet ce que cela signifie pour l'acheteur d'une maison de $100000 qui paie $25 000 comptant et qui amortit son hypothèque sur 20 ans.Au taux actuel, l'emprunteur devrait s'attendre à des versements mensuels de $848.Si le taux était de 10 p.cent, ces versements ne seraient que de $714.Suivant la promesse péquiste, le gouvernement assumerait la différence, soit $134 par mois, ou $1 600 par année.Le PQ, enfin, estime que quelque 10 000 familles québécoises pourraient profiter d'un tel programme, chiffre qui, là aussi, ne semble pas excessif si l'on considère la réponse des acheteurs de maisons, dans le passé, aux différents programmes d'aide.En supposant que c'est bien cela qui se passe, soit 10 000 familles recevant en moyenne $1 500 d'aide, le coût de cette mesure, pour le gouvernement, serait de $15 millions.Une promesse, donc, relativement peu coûteuse.L'engagement du PQ a l'avantage de ne pas jeter de poudre aux yeux.Il est basé sur des données réalistes, les plafonds qu'il suppose sont conformes à l'état du marché.Même dans la région de Montréal, on peut trouver des maisons et des condos à moins de $120000.Mais, surtout, M.Parizeau établit et annonce noir sur blanc toutes les contraintes et les conditions de son projet.Avant même de voter, vous savez précisément si vous aurez droit ou non à l'aide qu'il propose.Les péquistes promettent, s'ils sont élus, de mettre leur programme sur pied dès la prochaine année financière.Logirente, coops et HLM Les stratèges péquistes ont également fait preuve de rigueur dans les calculs touchant un autre volet de la question, le programme Logirente.Mis sur pied en 1980 (donc, création du PQ), Logirente subventionne partiellement les loyers des personnes âgées à faibles revenus qui doivent consacrer plus de 30 p.cent de leurs revenus au logement.A l'origine, cette mesure s'adressait uniquement aux personnes âgées de 65 ans ou plus.Cette limite a été abaissée à 60 ans en 1984, et M.Parizeau promet de la fixer à 55 ans.Compte tenu de la subvention moyenne versée aux bénéficiaires de Logirente, ainsi que du nombre de personnes âgées entre 55 et 60 ans qui pourraient y être admissibles (environ 15 000), il est réaliste de dire que cette promesse devrait coûter environ $10 millions au gouvernement.Les engagements totaux du PQ en matière de logement, tels qu'annoncés hier, atteignent $39 millions.Le programme de taux hypothécaire garanti à 10 p.cent et l'amélioration de Logirente coûteraient, ensemble, $25 millions.Le reste, $14 millions, servirait à gonfler les budgets des Groupes de ressources techniques (GRT), organismes spécialisés dans la mise sur pied de coopératives d'habitations, ainsi qu'à accélérer de façon importante la construction de coops et d'habitations à loyers modiques (HLM).Le PQ s'engage notamment, s'il est élu, à doubler le nombre annuel de mises en chantier de HLM publics.Là aussi, il s'agit d'engagements précis qui ont en outre l'avantage de donner des indications limpides sur la forme que prendra la politique d'habitation d'un gouvernement péquiste.1.AN\t2 ANS\t3 ANS\t4 ANS\t5 ANS 103/4%\t101/2%\t\t10*\t| 10* «a / fj/ La SNF offre ce que les investisseurs avisés recherchent d'abord et T i *%| avant tout : des taux concurrentiels, un niveau d'investissement très flexible (â compter de 500 S), une sécurité garantie.et une /£jL connaissance des besoins des gens d'ici qui remonte à plus de 70 ans.' Profitez-en.Institution inscrite à la Regie DE PLUS SI VOUS AVEZ ATTEINT 60 ANS fclassurance-flepo.s du Quebec (Minimum 5 000 51 T3ux sujets à changement sans préavis.\t\t\t\t I Libérez-vous! Confiei-nous vote avenir .' -.t' SOCIÉTÉ NATIONALE DE FIDUCIE 425.bd de Maisonneuve Ouest Montréal (QuéOec) H3A3G5 (514)844-2050 1-800-361-8625 Membre du Groupe MFQ AU SERVICE DES QUEBECOIS DEPUIS PLUS DE 70 ANS \\- LA PRESSE.MONTREAL.MARDI S SEPTEMBRE 1989 L Éditorial Paul Desmarals president du conseil d administration Roger D.Landry president et éditeur éditeur admnt Marcel Dctiardkv direct fur d# t intoc niaticn Alain Dubuc éditorialiste en chef Jusqu'aux juges qui contestent pour des sous! nemam jour de !a grande rentrée annuelle des tribunaux, 2) Les juges de la Cour du Quebec (Cour provinciale, Sessions 6) En cinq ans.trois comités les quelque 300 juges nommés par le gouvernement du de la paix.Tribunal de la jeunesse.ExDrooriation) gagnent même du gouvernement ont ci Demain, jour de !a grande rentrée annuelle des tribunaux, les quelque 300 juges nommés par le gouvernement du Québec boycotteront la traditionnelle cérémonie d'ouverture, présidée par le ministre de la Justice, parce qu'ils sont insatisfaits de leurs conditions de travail.Plutôt que d'assister à la cérémonie protocolaire au Palais de justice de Montréal, les juges de la Cour du Québec, le juge en chef Albert Gobeil en tète, se réuniront en une sorte «d'assemblée syndicale» pour étudier les moyens de pression à prendre pour forcer le gouvernement à hausser leurs salaires.¦à ^vs Personne ne va pleurer sur le sort financier sm.Mli V des Juges- Comptant parmi les plus hauts sala-^Mmmri \\ ries au Québec, ils ont donc peu d'appuis dans l'opinion publique et aucun parti politique ne se ferait élire en prenant fait et cause pour les juges.Pourtant, au-deia de la démagogie facile qui fait dire à tout le monde que les juges sont trop bien rémunérés pour le travail qu'ils font, les magistrats du Québec ont des raisons fort valables de se plaindre: 1) Ils n'ont pas obtenu d'augmentation de salaire depuis juin 1987, malgré la hausse du coût de la vie.2) Les juges de la Cour du Quebec (Cour provinciale, Sessions de la paix, Tribunal de la jeunesse, Expropriation) gagnent $ 90 350 par année, alors que leurs confrères nommés par Ottawa (les juges de la Cour supérieure) touchent $133 800, un écart de $43 450 ou près de 35 p.cent.Pourquoi cette disparité entre des gens qui exercent sensiblement les mêmes fonctions?3) Les juges du Québec peuvent prendre leur retraire après 25 ans de service et 70 ans d'âge, alors que les juges fédéraux peuvent se retirer avec une pleine pension après 15 ans de service et 65 ans d'âge.Pourquoi cette différence?4) Les juges sont choisis parmi les avocats, surtout de la pratique privée.Or, un avocat de petit cabinet (5 à 10 avocats) gagne en moyenne $135191; un avocat d'un cabinet moyen (11 à 25 avocats), $140 400; un avocat d'un grand bureau (plus de 25 avocats), $194 761.Comment intéresser les meilleurs avocats à devenir juges s'ils doivent subir une baisse de traitement?Faudra-t-il recruter des avocats sans cause?5) Selon une etude effectuée par l'économiste Michel Boucher sur le salaire des juges au cours des vingt dernières années, le pouvoir d'achat de ceux-ci a chuté en moyenne de $179 540, en dollars de 1989 par rapport à l'indice des prix à la consommation.6) En cinq ans.trois comités d'études formés à la demande même du gouvernement ont conclu a l'urgence de trouver un mode de rémunération plus juste et plus équitable pour les juges.Aucune formule permanente n'a été retenue par Québec.Si l'État veut inciter des candidats compétents à accéder à la magistrature, préserver le principe de l'indépendance judiciaire et de l'impartialité de ses juges, assurer à la Cour du Québec tout le respect et toute la dignité auxquels elle a droit comme l'une des trois grandes institutions démocratiques de notre société avec les pouvoirs exécutif et législatif, il doit accepter de bien traiter ses juges.Normalement, ceux-ci devraient obtenir la parité avec les juges de la Cour supérieure.Le dernier comité d'études, formé de gens indépendants et présidé par M.Jean-Denis Vincent, n'a pas retenu cette demande de parité mais recommande un traitement de $114 930 rétroactivement au 1er juillet 1988 et une hausse de 5 p.cent pour les années 1989 et 1990.Les revendications des juges sont raisonnables.Mais, pour se mériter le respect du public, ceux-ci doivent éviter de recourir à des moyens de pression traditionnels qui pourraient le moindrement ralentir l'efficacité, déjà douteuse, de l'appareil judiciaire.Même un débrayage symbolique de leur part est déplorable.Qu'ils laissent à d'autres le soin de défendre leur cause.Claude masson Bilan du communautaire pierre vennat Depuis déjà plusieurs mois, la ville de Montréal est dirigée par un parti politique, le Rassemblement des citoyens de Montréal (RCM), héritier du Front d'action politique (FRAP) des années 70 et des premiers comités de citoyens des années 60.À Québec, le Rassemblement populaire tentera, à l'automne, de répéter l'exploit.Il est indéniable que le mouvement populaire et communautaire a beaucoup changé depuis le début des années I980.On assiste à une démobilisation relative de ses adhérents, à une crise de son leadership dont l'impact dans les comunautés locales s'affaiblit, à une crise de ses perspectives et de son fonctionnement interne.Pourtant, selon Louis Fa-vreau, professeur en travail social à l Université du Québec à Hull, qui, depuis plus de 20 ans, a roulé sa bosse dans une multitude de mouvements communautaires, surtout de «gauche», le mouvement populaire et communautaire québécois, à l'aube des années 90, est suffisamment riche pour disposer d'une histoire.Et pour qu'on en fasse un bilan et des projections.C'est donc ce qu'il a fait dans un livre bien fait, nullement apologittque, peu polémiste mais, admet-il lui-même, subjectif, puisque l'auteur est engagé et croit fermement en l'avenir d'un mouvement où H milite depuis tellement longtemps.Selon cet universitaire, la crise du militantisme social et politique, caractéristique des années 1980, rend possible le rapprochement entre organisations populaires et organisations traditionnellement d'entraide.Ce rapprochement est en partie dû aux changements qui s'effectuent à l'intérieur de la gauche politique, laquelle influence un certain nombre de pratiques du mouvement populaire et communautaire.Le nouveau parti-pris de non-sectarisme légitime maintenant les collaborations de groupes hier fermés les uns par rapport aux autres.Par contre, dans les années 1980, il n'y a pas d'ambitions aussi prononcées de transformation sociale radicale: on va appuyer les bonnes causes; on est ouvert aux communautés culturelles mais on ne prendra pas nécessairement les devants pour initier des changements qui débordent de son champ immédiat d'intervention.Et surtout, on ne veut plus se définir à partir de l'éternel duo gauche-droite mais davantage à partir de ce qui marche, de ce qui réussit.Mouvement populaire et intervention communautaire de 1960 à nos jours, Louis Favreau, Centre de formation populaire et Éditions du Fleuve.ON BST DROITS RESERVES La rjoîte aux lettres Ne touchez pas à nos arbres! NDLR \u2014 À quoi attribuer le phénomène?À la vague écolo?A * L'homme qui plantait des arbres» de Frédéric Bach?Chose certaine, le temps où l'on abattait les arbres impunément et sans raison est révolu.Voici quelques lettres récentes qui montrent bien cette nouvelle conscientisation des Québécois.Jr ai eu récemment l'occasion de converser enfin avec un vrai conseiller municipal bien de chez nous, édile d'une de nos plus élitistes municipalités.La discussion, que je vais vous rapporter ici, s'est engagée sur le sujet des arbres urbains.Moi: Un collègue de travail m'a dit que lui et ses voisins ont dû signer une pétition contre un projet de la ville de Cap-Rouge d'abattre les arbres de leur rue sous prétexte d'aménager une piste cyclable ! Cons.: Hélas! Les gens ne comprennent pas qu'ils doivent suivre la mode et sacrifier leur qualité de vie au profit des vélos.Quant aux arbres de cette rue, ils ne sont pas «de qualité» et peuvent même être dangereux: une branche peut tomber sur un enfant, qui sait.Une large avenue ébran-chée, c'est tellement plus sécuritaire pour les enfants! Et puis, qu'ont-ils donc à se plaindre! Une fois qu'on a rasé leurs gros arbres, on peut toujours leur en planter des petits.Moi: |'ai compris! Sur une rue bien rasée, au moins on peut voir venir les «chars» qui vont écraser nos enfants! Et pourtant, mon collègue ne m'a pas dit que les arbres n'étaient pas «de qualité» comme vous dites, et il ne semble pas en avoir peur pour ses enfants ( le sans-coeur!) Bon, ce doit être un ignorant comme les autres citoyens protestataires.Ce qui m'embête, c'est qu'il est ingénieur forestier.j'ai une idée: plutôt que d'abattre les arbres, ne pourriez-vous pas aménager la piste cyclable sur une partie de la rue?Cons.: Impossible! La rue doit avoir une largeur réglementaire.Le règlemin, c'est le règleminl Moi: Mais dans les pays civilisés, ce sont plutôt les arbres qui doivent être réglementaires, et non l'asphalte de la rue! Soit, les goûts ne sont pas à discuter! ( Encore faut-il en avoir.) Vous allez donc suggérer que l'on abatte les arbres de la Grande-Allée et du Chemin Saint-Louis Eour laisser place aux vélos?es cyclistes pourront rouler sous un soleil de plomb.voilà Ïui est excellent pour la peau! i Sainte-Foy, c est à croire qu'on a prévu le coup, puisqu'il n'y a déjà plus d'arbres sur le boulevard Laurier.Et quelle sécurité pour les enfants! Ils peuvent se faire écraser en paix, sans qu'une malencontreuse branche leur tombe dessus! Détail curieux cependant: des villes comme Westmount ont réussi à conserver leurs arbres! Ils sont fous, ces Anglais, de préférer la verdure de l'Ouest à notre bel asphalte noir-sale de l'Est! Mais ils n'aiment sûrement pas les vélos.Par Béhémoth mon chat, chers édiles à la mode, au lieu de fantasmer sur vos plans d'urgence de luxe ou de jouer les révulsés hystériques devant une goutte de BPC sur votre cher bitume, vous feriez bien mieux de prendre soin du peu de verdure qui vous reste, s'il en est encore temps bien sûr-Albert DAVELUY Québec ¦ l'en rage.Où la bêtise de certains administrateurs s'arrè-tera-t-elle?Quelle coincidence, quelle ironie du sort ! Coup sur coup dans la même semaine, le cimetière Mount Royal a détruit une forêt de chênes et l'hôpital Sainte-)usti-ne a abattu des arbres de plus d'un mètre de diamètre! Quelle merveilleuse image: un cimetière et un hôpital détruisant rageusement un des symboles de vie, l'arbre.Non mais, quelle insouciance, quel je-m'enfoutisme! Alors même que les déserts gagnent du terrain partout dans le monde, que l'effet de serre se précise de plus en plus, que la couche d'ozone rapetisse comme peau de chagrin, là, sous nos yeux et à notre barbe, des administrateurs «climatisés» décident d'une simple «piche-notte» la mise à mort d'arbres presque centenaires dispensateurs d'ombre, de fraîcheur et de beauté.La Ville de Montréal ayant décrétée l y a 2 ans que les alentours du mont Royal font partie d'un site patrimonial, j'espère que les autorités municipales iront au bout de leur logique et qu'elles poursuivront les contrevenants.Mais surtout que la Ville se donne des règlements plus musclés pour enlever le goût à toute autre institutions ou propriétaires de s'improviser bûcheron au détriment de la collectivité et ce, pas seulement sur le mont Royal mais à la grandeur de l'île.Outre les amendes, je suggère: pour chaque arbre abattu, obligation d'en planter deux2l Jacques CORDEAU Montréal ¦ Pendant que tous les yeux sont tournés vers une moitié du mont Royal, nos deux cimetières, soit Notre-Dame-des- Neiges et Mount Royal, détruisent l'autre moitié! En effet, on apprenait dans La Presse du 17 juillet que le flanc nord du mont Royal en bordure d'Outreraont, sur le site du Mount Royal Cemetery, subissait des travaux de déboisement, de remblayage et de de terrassement.De l'autre côté, au cimetière Côte-des-Neiges, l'expansion se fait de deux façons: en aménageant de la façon la plus banale les terrains qui restent, avec l'aide d'entreprises, et en construisant un autre mausolée géant où l'on disposera de nos cendres à l'air climatisé l'été et bien au chaud l'hiver.(.) 11 faudrait repenser l'aménagement de nos cimetières.Une façon plus écologique devrait être encouragée: planter plus d'arbres, promouvoir l'enterrement des cendres, etc.Mais le plus urgent serait d'arrêter la construction de mausolées géants.Alain TREMBLAY Montréal Monsieur Pierre Ramet Président Société d'histoire de la Côte-des-Neiges ¦ Nous recevons copie d'une lettre datée du 18 juillet, adressée à monsieur le maire lean Doré et traitant du stationnement à l'hôpital Sainte-justine.Nous constatons votre peine à voir disparaître quelques arbres dans ce stationnement.le me permets par la présente de vous indiquer que nous partageons votre préoccupation.Effectivement, chaque arbre a été identifié et nous n'avons coupé que ceux qui étaient très malades ou qui empêchaient la réalisation du projet de telle sorte que la majorité ont pu être conservés.Vous connaissez sans doute la situation dramatique que vivent les parents quand ils utilisent ce stationnement: ils ont le choix entre la boue ou la poussière, selon la clémence de la température.De plus, le volume considé- rable de visites en cliniques externes (200000) et à l'urgence (80000) fait en sorte que, régulièrement, les parents n'ont pas d'espace de stationnement.Le pavage et le nivellement de ce terrain nous permettent d'avoir 150 places supplémentaires et ainsi de pouvoir recevoir convenablement et plus adéquatement les parents aux prises avec la maladie de leurs enfants, i Enfin, permettez-nous de vous signaler que l'espace entre la rue et le Hunt Club a été conservé et non utilisé en stationnement.Richard L'ÉCUYER Directeur général Hôpital Sainte-Justine Émondeurs plus prudents ¦ Dans l'édition de La Presse du 17 juillet, un de vos lecteurs, M.Richard Valiquette, a exprimé son anxiété quant .au sort réservé aux arbres de Montréal.Il y a trente ans, nous avons planté un érable devant notre maison ; c'est la Ville de Montréal qui en a pris charge et il est devenu robuste, très grand mais très touffu.Il y a tout juste deux semaines, après des années d'attente, les émondeurs de la Ville sont intervenus et ont débarrassé notre arbre d'un excès de branches feuillues sans toutefois l'endommager et lui enlever sa beauté.Les- hommes qui ont fait le travail étaient compétents, prudents et soucieux-de ne rien abîmer.Les résidents de ma rue dans le district Snowdon sont tous très contents et je crois qu'avec de tels émondeurs les arbres de la Ville de Montréal n'ont rien à craindre.( Mme ) Marguerite WILSON Montréal T LA PRESSE, MONTREAL, MARDI 5 SEPTEMBRE 1989 \u2022 B 3 Opinions Ces prévisions qui nous gâchent la vie MARCEL ADAM ee qui aide peut-être le plus les gens à vivre, à supporter les vicissitudes de l'existence, c'est la méconnaissance de ce que réserve c l'avenir.Ne pas savoir ce que demain réserve permet d'espérer des jours meilleurs et ça encourage à persévérer malgré les revers et les déboires d'aujourd'hui.La pire chose qui pourrait arrivera l'humanité, à part un cataclysme nucléaire ou écologique, serait que les hommes soient un jour en mesure de prédire ce qui adviendra dans le futur aux individus aussi bien qu'aux sociétés.Or, ce qui était inimaginable est de plus en plus concevable avec les progrès accélérés de la science, notamment les développements prodigieux des techniques informatiques.On commence à se rendre compte que les prévisions des maisons de sondage et de certains spécialistes de la science des probabilités ont pour effet de gâcher le plaisir de bien du monde en enlevant par exemple tout suspense aux campagnes électorales et aux séries éliminatoires dans les ligues professionnelles de hockey et de baseball.En prédisant plusieurs mois d'avance les résultats électoraux, les maisons de sondage ont vidé les élections de tout suspense, faisant d'elles de fastidieux pensums plutôt que les célébrations démocratiques qu'elles étaient naguère.Dans le domaine sportif, les prédictions d'Alain Bonnier, de la So- ' ciété informatique BIT, ont fort mécontenté les supporters du Canadien quand il a prédit ce printemps que leur équipe ne remporterait pas la coupe Stanley.Et il vient d'en faire autant dans le cas des Expos, en annonçant l'autre samedi leur élimination dans la course au championnat de leur division.Beaucoup sont fâchés qu'on ait tué chez eux l'espoir de voir enfin triompher leur équipe favorite.La science des probabilités ne fait pas que gâcher le plaisir des.électeurs et des amateurs sportifs.Elle a un effet encore plus pervers en ce qu'elle constitue pour le vice du jeu un précieux adjuvant.Comme il ne s'agit pas de prévisions absolument infaillibles \u2014 du moins pas encore \u2014, la faible marge d'erreur excite ou rend irrésistible l'envie, chez une multitude de joueurs déclarés ou latents, de parier à partir des données qui fon- dent les prévisions scientifiques et que diffusent à satiété les médias.L'affaire Pete Rose suscite justement aux États-Unis de grandes interrogations du fait que plusieurs spécialistes voient un rapport direct entre l'engouement extraordinaire de la population pour le pari sportif, la diffusion de toutes les statistiques imaginables sur les performances des joueurs et des équipes, et les nombreuses prévisions scientifiques préparées par les maisons spécialisées sous les auspices des médias.Les prévisions scientifiques qui tuent l'intérêt en éliminant presque totalement l'imprévu, dans les compétitions électorales et sportives, auront dans l'avenir sur le moral un effet bien plus débilitant.On peut penser qu'éventuellement rien de significatif et de mesurable, dans l'univers, n'échappera aux compilations statistiques et aux calculs des probabilités.Si bien qu'un jour la science pourra prédire avec de plus en plus de précision et de sûreté une multitude de choses moins utiles qu'empoisonnantes pour la vie des gens.Il est certain qu'un tel pouvoir comporterait des avantages, ne serait-ce qu'en permettant de prévenir ce qu'autrement on ne pourrait que corriger, guérir ou subir.Mais je me demande quel agrément aura la vie quand on verra venir ce contre quoi on ne pourra rien, quand on sera en mesure de savoir, étant bien portant, combien de temps l'organisme pourrra tenir et par quoi il sera emporté.Bref, quel plaisir y aura-t-il à vivre quand la science pourra éliminer toute surprise dans tous les domaines qui n'ont d'intérêt que dans la mesure où l'évolution des choses est imprévisible?Qui aura le goût d'entreprendre, de risquer, de faire effort quand on saura qu'en cours de route un ordinateur pourra vous apprendre que ce fut peine perdue?le sais bien qu'une part importante du futur demeurera toujours impénétrable.Mais ce qu'il, sera possible d'en dévoiler sera plus de nature je le crains, à désenchanter qu'à agrémenter la vie.Ce qui n'empêchera pas les prophètes de malheur de trouver une grande satisfaction personnelle dans la frustration de leurs semblables.En présentant ses tristes prévisions au sujet des Expos, M.Bonnier s'est excusé de briser le coeur des fans de cette équipe.Ce n'est pas à lui qu'il faut s'en prendre, mais aux chiffres qui, dit-il, étant «de glace», ne tiennent pas compte des sentiments et ne mentent pas.C'est comme si celui qui vient de jeter de la cendre sur vos fleurs accusait la cendre d'avoir fait ce mauvais coup.Eléphant blanc ou héritage à protéger?A la défense du vélodrome de Montréal M.Normand est coordon-nateur du Comité de défense du vélodrome olympique, organisme qui veut empêcher qu'on transforme le vélodrome en musée.LÉANDRE NORMAND Le gouvernement du Québec et la Ville de Montréal ayant indiqué leur intention commune de «débarrasser» le vélodrome olympique de Montréal de sa piste pour y aménager un musée de sciences naturelles, il nous apparaît opportun d'analyser les conséquences d'un tel geste.Le vélodrome olympique de Montréal, comme le stade et la piscine olympiques, fait partie de ce que le milieu sportif et la population en général considèrent comme l'héritage olympique de Montréal.Héritage qui ailra coûté quelque 1,2 milliard lorsque les Québécois, en particulier les fumeurs, auront fini de payer cette dette, vers 1992.v « l 1657, RUE STE-CATHER1NE 0.32-6118 FERMÉ LE LUNDI fl»raH»OTGRAnilT> G»WGtDUF»UBOlJW I Un héritage convoité Or, il semble de plus en plus évident qu'à Montréal on veuille passer outre à cette obligation morale de laisser les installations olympiques à l'usage des sportifs, des étudiants et de la population en général.On a d'abord éliminé en douceur la piste d'athlétisme du stade, ¦puis on a poussé une pointe du côté de la piscine, sans succès cette fois.On se rabat maintenant sur les cyclistes, qu'on a toujours un peu considérés comme des étrangers dans leur vélodrome.Après quelques tentatives plus ou moins fructueuses après les Olympiques, la Régie des installations olympiques (l'organisme mandaté par le gouvernement) a depuis plusieurs années mis dé côté les programmes institués par elle, se contentant du rôle de locateur et demandant du même coup à la Fédération québécoise des sports cyclistes de se débrouiller seule avec l'organisation et la promotion d'événements cyclistes.Un tel changement de mandat, voire de comportement, apparaît aujourd'hui plus clairement comme une volonté inavouée de se défaire graduellement des cyclistes.Cette fois-ci, on pousse l'odieux un peu plus loin.Sous le couvert de la rentabilité, on parle de remplacer les cyclistes par les insectes (pardonnez-moi l'image), précisément au moment où le cyclisme «bourdonne» de vitalité.Déjà en 1987, selon une enquête du MLCP, le cyclisme venait au troisième rang des activités physiques pratiquées par la population québécoise, après la marche et les exercices physiques à la maison.Mieux encore, un Québécois sur deux possède sa bicyclette, selon une autre donnée récente.La rentabilité: un faux problème Ce qui nous amène à parler du motif principal évoqué (non-rentabilité) tant par la RIO, le Gouvernement du Québec et la Ville pour la destruction de la piste cycliste et la transformation du vélodrome en musée des sciences naturelles.Les chiffres avancés sont de l'ordre de I million à 1.2 million de déficit annuellement, parfois plus.Or, le Projet d'État des revenus et dépenses de la RIO, au 31 octobre dernier, avance un déficit prévisible de 888,501 $ pour le vélodrome, comparativement à des chiffres de 3 millions pour le stade et de 3 millions également, pour la piscine olympique.Mais on ne fait plus cette ventilation par poste dans les états financiers annuels.Il devient donc impossible, pour qui n'a pas accès aux dossiers, de connaître les chiffres réels du déficit pour l'opération du vélodrome dont le coût annuel d'exploitation serait de quelque 1,732,000$.Un déficit nettement inférieur au million nous semble alors beaucoup plus vraisemblable.On parle par contre d'un montant de 50 millions pour la transformation.On est.parti de 35 millions et il est loin d'être sûr que la facture ait fini de grimper.Sans compter un déficit d'opération annuel qui cette fois pourrait friser les 4 millions pendant quelques années.Ces chiffres comparés nous permettent d'affirmer sans la moindre hésitation que la question de rentabilité financière n'a rien à voir avec cette tentative de modification de l'utilisation du vélodrome.Mais, il y a beaucoup plus, la bonne condition physique, la pratique d'une forme d'activité à la fois agréable et profitable par la population en général, par les écoliers, les étudiants et nos athlètes (cyclistes et autres) impliquent des coûts.Elles constituent des choix qu'une société doit faire pour sa bonne santé physique et mentale.Pas plus de stade olympique que le Centre Claude-Robillard, que les pistes cyclables (on pourrait ajouter le jardin botanique et les hôpitaux) ne mesurent leur utilité en terme de rentabilité financière.Solutions de rechange Des solutions de rechange, moins coûteuses et plus soucieuses du respect de la vocation sociale du vélodrome, il en existe.Le Comité de défense du vélodrome en a exposé deux récemment: celle de sa transformation en centre multi-sports et l'instauration du pari sportif ou keirin.Si la seconde implique un changement aux lois canadiennes et plusieurs obstacles à contourner, elle n'en demeure pas moins une source de revenus inestimables pour le vélodrome et le sport amateur.La première est cependant la plus facilement réalisable puisqu'elle ne demande qu'une volonté politique de vouloir conserver aux sportifs (et pas seulement aux cyclistes) un édifice qui leur était initialement destiné.Mais pour approfondir ces solutions et voir les autres qui ont déjà commencé à s'accumuler, le gouvernement doit reporter toute décision finale ne respectant pas à priori la vocation première du vélodrome olympique.LA PRESSE est publiée par LA PRESSE.LTEE.7.rue Saint-Jacques.Montreal H2V1K9.Seule la Presse Canadienne est autorisée a diffuser les informations de -LA PRESSE* et celles des services de la Presse Associée et de Reuter.Tous droits de reproduction des informations particulières a LA PRESSE sont également réservés.\u2022Courrier de la deuxième classe \u2014 Enregistrement numéro 1400.» Port de retour garanti.RENSEIGNEMENTS 285-7272 ABONNEMENT 285 Le service des abonnements est ouvert du lundi au vendredi de 7 à I8h.RÉDACTION 285 PROMOTION 285 COMPTABILITÉ Grandes annonces 285' Annonces classées 285' 6911 7070 7100 6892 6900 ANNONCES CLASSÉES Commandes ou corrections lundi au vendredi de Sh.* 17h.285-7111 GRANDES ANNONCES Détaillants National.Télé-Presse Vacances, Voyages Carrières et professions, nominations 285-7202 285-7306 285-7265 285-7320 Au-delà du L'auteure est directrice de l'éducation à la Commission des droits de la personne du Québec.Elle a siégé comme membre du Comité d'enquête sur les relations entre la police et les minorités ethniques et visibles institué par la Commission des droits de la personne du Québec, suite à l'affaire Griffin^Sosset.entre décembre 1987 et décembre 1988.Elle livre ici des réflexions à titre personnel.MARYSE ALCINDOR Le 24 août dernier, l'arbitre Jean-Pierre Lussier rendait une décision dans l'affaire des griefs concernant l'agent Allan Gosset.Les médias et.sub-séquemment, le public allaient surtout retenir que l'agent Gosset devait être réintégré dans ses fonctions dans les dix jours de la décision.État de choc, tristesse, contestation d'un côté, soulagement, joie et triomphe de l'autre.En réalité, au-delà de la désormais triste histoire Gossett se heurtent ici deux conceptions contradictoires du policier et de la mission de la police dans une société démocratique.Cette décision sera vraisemblablement l'une des dernières à être rendue dans le cadre étriqué des relations de travail, puisque le prochain code de déontologie provincial régira bientôt ces «incidents» où la conduite d'un policier portera atteinte aux droits et libertés des citoyens.Mais, avant la fossilisation (douloureuse, socialement, il faut le prévoir) de cette histoire, examinons quelques fondements de la position de l'arbitre Lussier.En droit du travail, un congédiement est justifié par la rupture du lien de confiance entre l'employeur et l'employé, écrit Me Lussier.Dans ce cas-ci, déclare-t-il, «j'ai peine à me convaincre que la rupture du lien de confiance entre le service de police et un policier de 17 années de service tienne uniquement à la malchance ou à la fatalité qui a fait en sorte qu'un projectile à suivi telle ou telle trajectoire» (p.40de la décision).Plus loin, il poursuit: «Je reconnais que cette affaire a eu d'énormes retentissements et a probablement hypothéqué lourdement la confiance des minorités visibles envers la police.» Finalement, après avoir examiné les arguments des deux parties, il conclut en annulant le congédiement du plaignant.Les faits Rétablissons d'abord les faits: ce n'est pas la confiance des seules minorités visibles qui a été « lourdement hypothéquée» à la suite de cet incident.Plusieurs individus et organismes ont eu l'occasion d'exprimer, tant dans les médias que devant le Comité d'enquête sur les relations entre la police et les minorités (institué par la Commission des droits de la personne, suite à l'affaire Griffin-Gosset ) leurs déceptions, réserves et appréhensions face au service de police de la CUM.Pour n'en citer que quelques-uns, rappelons l'Office des droits des détenus qui, à l'occasion de cette affaire, parle du «pouvoir d'homicide légal des policiers» et de la «violence meurtrière des policiers du Québec », la Ligue des droits et libertés, l'Association des avocats pour la défense, qui n'ont jamais été qualifiés de minorités visibles.Mieux encore, le sondage Créa tec + réalisé en avril 88 confirmait cette méfiance (76% des personnes interrogées trouvaient que les policiers abusaient de leur pouvoir et 69% les qualifiaient de brutaux).La Cour d'appel du Québec reconnaît l'existence d'incidents multiples de brutalité policière (juge Louise Mailhot dans la cause Molière-Théard ).Pourquoi alors se demander, comme le fait l'arbitre, si la CUM a voulu «punir plus sévèrement un policier pour la seule raison que la victime de sa faute est d'une autre origine raciale que la sienne ( sic ) » tombant ainsi dans la «manifestation d'une forme de racisme, aussi pernicieuse que les autres» (p.41 de la décision ).Pourquoi ne pas avoir envisagé plus naturellement, «plus sereinement» que la CUM a plutôt refusé de se laisser imposer une importante altération de son image publique, devant immanquablement entraîner perte de confiance, de considération et de prestige auprès de la population qu'elle est censée servir?Pourquoi cette division entre majorité et minorités ethniques, minorités ethniques et minorités visibles alors que la revendication d'une société à l'abri d'abus policiers avait uni! la voix de plusieurs couches de la société montréalaise, sans distinction de race, de couleur ou d'origine ethnique?Pourquoi, d'ailleurs, toute cette surenchère pour nier le racisme alors que, manifestement la CUM ne l'avait guère allégué (et pour cause!) et en introduire le spectre hideux dans les éventuels motifs de congédiement du plaignant?De plus, accepter d'apprécier l'exercice des fonctions policières à la stricte lumière des conventions collectives (et l'on s'en rend compte à la lecture de la décision), c'est nier que des policiers sont avant tout des serviteurs publics auxquels la société a consenti l'utilisation exorbitante des armes à feu, en échange d'une confiance sans faille.Interférer entre policiers et population une structure politico-administrative ( la CUM ) en un premier temps, réduire subtilement en un deuxième temps l'interaction entre policiers et CUM à la banalité des rapports employeurs-employés, en oubliant ultimement l'essence du mandat confié aux uns et aux autres, voilà ce à quoi semble se sentir acculé l'arbitre.Qui est finalement l'employeur d'un service public comme la police?Le chef de police?La CUM?Les citoyens contribuables?Code de déontologie Cette décision illustre éloquemment la nécessité de sortir le domaine des relations citoyens-policiers de la juridiction de l'arbitre de griefs, juridiction perçue de façon tantôt étroite lorsque les conséquences sociales de la faute ne semblent pas déterminantes pour juger de la rupture du lien de confiance; juridiction plutôt floue lorsque l'arbitre, hors ses pouvoirs, suggère aux parties d'affecter le policier nagent de la paix» Gosset à des tâches ne nécessitant pas la « possession» d'une arme à feu, à cause des séquelles laissées chez lui par les événements du 11 novembre 1987 (mais la confiance règne ou devrait régner, dit-on.).Il faudra peut-être se résigner à vite oublier une décision (qu'elle soit soumise ou non à la Cour supérieure) qui vient pour plusieurs accentuer le désenchantement.La police est le public, dit-on, et il est indispensable pour qu'elle accomplisse ses tâches (difficiles) qu'elle jouisse de la confiance de tous les citoyens, sans distinction de race, couleur, origine ethnique ou nationale.Cela, les élus municipaux l'ont compris, ainsi que le chef de police Bourget dans le temps (son successeur, M.St-Gcrniain, semble être inspiré de la même philosophie).Même les syndicats policiers, témoignant devant le Comité d'enquête sur les relations entre la police et les minorités, ont spontanément et unanimement réclamé un code de déontologie ayant préséance sur les conventions collectives, qui assurerait à tous transparence, dignité et justice.C'est cela qu'il faudra surtout se rappeler pour avoir, malgré tout, le courage de reconstruire une police qui nous ressemble et à laquelle nous pourrons réapprendre, collectivement et individuellement, à faire confiance. LA PRfSSE.MONTREAL, MARDI 5 SEPTEMBRE 1989 LA SUPER STATION DE MONTRÉAL AUJOURD'HUI, VIVE Z BIEN INFORME! AVEC L'ÉQUIPE DES P ~ OS DE LA RADIO LOUIS-PAUL ALLARD et son équipe Claude Piché Economie Tex Lecor Les insolences Michel Viens Information Hélène Pelletier Sports Yves Létourneau Editorial sportif Richard Desmarais Faits divers Jacques Lebrun Météo Use Lapointe Circulation Anne Darche Tendance marketing, Christiane Laberge Environnement Bonjour Champion 5hl5 à 8h45 SUZANNE LEVESQUE et ses chroniqueurs Marie-Hélène Roy Les bonnes adresses Sophie-André Blondin Spectacles Louise Cousineau Télévision Claude Fournier Les bonnes recettes Touche-à-tout 8h45 à 11H45 PIERRE PASCAU Pour être les premiers et les mieux informés, écoutez l'Informateur.Avec Pierre Pascau, rien ne peut vous échapper! L'Informateur 11H45 à 13H45 JEAN COURNOYER Chaque jour, les auditeurs ont l'opportunité de s'exprimer sur un sujet qui les concernent ou les préoccupent.Droit au but est la plus importante tribune téléphonique à Montréal.Droit au but 13H45 à 15H15 JACQUE et ses col Daniel Daig Chroniques Y Use Lapoint Alain St-Ou Danielle Ra§j[efeo Jacques Leb Montréa 15 h 15 OULX rateurs lilt bdo culation e Sports i première h 15 ANDRÉ ARTHUR Quand André Arthur commente l'actualité avec Jacques Proulx vous ne pouvez rester indifférent.Chaque jour, vivez l'imprévisible! 16hl5 à 17hl5 Suivi du bulletin majeur d'information Le 17hl5 avec Jacques Camirand DANIELLE RAINVILLE ET PIERRE BOUCHARD entourés de Yves Létourneau Éditorial sportif Michel Bergeron Propos sur le hockey Roland Mailhot Couverture du Canadien Alain Crête Couverture des Nordiques Rodger Brûlotte Couverture des Expos Les Amateurs de sports la véritable tribune sportive a Montréal.17h30 à 18h45 MICHEL JASMIN passe les après-midi du week-end avec vous, dès le 23 septembre.Soyez au rendez-vous! Bon week-end! Élections 89 B6 LA PRESSE.MONTREAL, MARDI S SEPTEMBRE 1989 Un sondage libéral stimule les péquistes dans la région de Québec Z, «MM QUÉBEC ¦ Les organisateurs péquistes prennent avec un grain de sel un sondage libéral qui place les candidats du PQ en avance dans trois circonscriptions, dans la grande région de Québec.Le sondage montre cependant un écart de 20 p.cent en faveur du candidat libéral dans l'ensemble des autres comtés, à l'exception de Jean-Talon et Louis-Hébert, où la résistance est plus solide.Les troupes péquistes se disent fouettées par ces prévisions, qui ont amené le député libéral sortant de Tachereau, lean Leclerc, à déclarer qu'un échantillonnage de «67 personnes dans un comté» ne pouvait être represent if de quoi que ce soit.Il faisait allusion au fait que I OUI personnes avaient été interrogées pour sonder 18 circonscriptions.Le sondage, réalisé par la firme IQOP pour le compte du Parti libéral, place le PQ en avance dans Taschereau, Lévis et Les Chutes-de-la-Chaudière, ce qui ne cause pas de bien grandes surprises.M.Leclerc n'a pas beaucoup apprécié que le ministre des Transports, Marc-Yvan Côté, ait fait connaître ces données qui le placent en retard sur son adversaire.«Que voulez-vous, c'est la vie de famille.» a-t-il laissé tomber, lors d'un entretien téléphonique avec le représentant de La Presse.Dans le comté de Taschereau, qui englobe une partie de la Haute ville ( Saint-Ican-Baptiste et le Vieux Québec), et la Basse ville (Saint-Roch, Saint-Malo, Saint-Sauveur, Pointe-à-Carcy, Petit-Champlain et Cap-Blanc), le candidat péquiste François Tremblay ne se pète pas non plus les bretelles parce que le sondage libéral le place légèrement en avance.«Nous sentons, lorsque nous rencontrons les gens, que le vent est bon.Mais rien qui nous permette de chiffrer quoi que ce soit.Nous ne considérons pas ce sondage comme très crédible», a indiqué un porte-parole de M.Tremblay, Ja-njck Tremblay-Bouchard.Le député libéral sortant, lean Leclerc, a été élu pour un premier mandat, en 1985, avec une majorité de 3489 voix sur son adversaire péquiste Richard Guay, président de l'Assemblée nationale.H s'attribue la réalisation de cinq résidences pour personnes âgées, ce qui fait dire à son adversaire qu il y va un peu fort puisque certaines avaient été «mises en branle» par le PQ.«M.Tremblay est définitivement en avance dans la Haute ville», où logent artistes, intellectuels et militants.La situation est plus serrée dans le Bas de la ville, que Jacques Parizeau lui-même appelait «la ceinture de pauvreté».Le candidat péquiste, fidèle à la philosophie du parti, propose de combattre la misère par la formation professionnelle.Martine Hébert talonne Rémillard Dans lean-Talon, le candidat vedette Gil Rémillard, ministre de la Justice et de la Sécurité publique, serait talonné par son adversaire péquiste, la jeune avocate Martine Hébert.« M.Rémillard ne prend rien pour acquis.Il va travailler du début à la fin de la campagne électorale.Il est présent dans son comté comme c'est toujours le cas», a déclaré son attachée de presse, Anne Le Bel, rappelant que le député de lean - Talon devait aussi s'occuper de ses ministères.Incidemment, il doit présider, demain à Montréal, et vendredi à Québec, à l'ouvertue des tribunaux.Dans le camp péquiste, on signale que les électeurs visités réservent un chaleureux accueil à Mme Hébert.Ce comté, considère comme une forteresse libérale, qui l'est même resté lors des vagues péquistes de 1976-1981, se transforme peu à peu avec l'établissement de jeunes ménages qui quittent la banlieue ou la rive sud pour se rapprocher de leur travail.M.Rémillard avait remporté le comté avec une majorité de 7 656 voix, en 1985.Parizeau retourne souvent dans son comté ANDRÉ PÉPIN ¦ Le chef péquiste, Jacques Parizeau, multiplie ses interventions dans son comté de l'Assomption et dit espérer trouver le temps de faire du porte à porte et de petites assemblées de cuisine d'ici le 25 septembre.Chaque semaine, généralement le lundi, il fait un saut dans la circonscription qu'il a représenté de 1976 jusqu à sa démission, en 1985.«Rien n'est acquis.Je veux de nouveau être député de l'Assomption», a-t-il dit aux journalistes qui l'accompagnent.Il a visité hier une petite entreprise de buanderie, à Repentigny, où il a serré des mains, rencontrant une cinquantaine de travailleurs.Il a ensuite rendu visite à un groupe de personnes âgées, à l'Assomption.Un accueil chaleureux partout, mais pas d'exubérance.M.Parizeau a d'ailleurs une approche assez particulière avec ses électeurs.Il n'utilise jamais les vieilles expressions telles «Je compte sur vous», «Faites-moi confiance etc».Lé contact est poli, teinté d'une certaine réserve.Il dira, par exemple: «Nous'nous ren-contions plus souvent â une époque.J'espère vous revoir plus souvent».Jamais il n'attaque son adversaire libéral Jean-Guy Gervais.Ce qui étonne les gens, dans les lieux publics qu'il visite, c'est cette horde de journalistes qui suivent le chef péquiste â la trace.« Est-ce que ça va passer aux nouvelles?» questionnent les travailleurs, surpris de l'importance qu'on leur accorde soudainement.Les sondeurs du PQ sont â l'oeuvre.Jacques Parizeau doit retourner dans sa circonscription au cours de la semaine.Signe de malaise?«Pas du tout.Il souhaite une victoire significative», plaident les collaborateurs de M.Parizeau.Le retrait de Le Gardeur du comté de l'Assomption, au profit de la nouvelle circonscription de Masson, pose un problème aux stra-.tèges péquistes.Parizeau se faisait élire avec d'écrasantes majorités, plus de IO0OO, mais qu'en sera-t-il avec le nouveau découpage.En se basant sur les résultats de 1985, PQ et PLQ seraient nez à nez.Mais, en 1985, Jacques Parizeau n'était pas candidat.Les troupes de Robert Bourassa n'ont pas encore envahi le comté et semblent vouloir demeurer discrètes.Le grand rassemblement péquiste, qui se tiendra à Montréal dimanche prochain, à l'aréna Maurice Ri- .chard, aura des répercussions dans l'Assomption, croient les organisateurs de M.Parizeau.En fin de journée hier, dans un restaurant de Repentigny, Jacques Parizeau s'est éloigné des journalistes pour échanger avec son «vieil ami» Louis Laberge.Le président de la FTQ vit à l'Assomption.«Il a toujours eu mon appui.C'est avec lui, non avec les journalistes, que je veux discuter politique», a lancé aux journalistes un Louis Laberge encore fringant.M.Laberge connaît le comté.Nul doute avait-t-il quelques conseils à prodiguer au candidat péquiste.Richard Lord, candidat dans Sainte-Anne, reçoit l'écoute attentive d Adrian Waller, candidat dans Robert-Baldwin.photo richard godin.u pw» Au PÉ, Robert Libman devient «le Lech Walesa du Québec» PAUL ROY ¦ On ne compare plus le Québec à l'Afrique du Sud au Parti égalité.Mais hier, Gordon Atkinson, candidat du PÉ dans Notre-Dame-de-Grâce, n'a pu s'empêcher de le comparer â la Pologne quand il a tonné: «Robert Libman est le Lech Walesa du Québec!» .Libman, le jeune chef du PÉ, visiblement mal à l'aise, a répliqué â la blague: «Je ne parle pas un mot de polonais.» Ça se passait lors de la présentation de 12 des 18 candidats qui brigueront les suffrages des électeurs de circonscriptions de l'ouest le 25 septembre.Il y avait là une centaine de partisans onto usiastes et les conférenciers, en verve, étaient fréquemment interrompus par des applaudissements nourris.Jean-Pierre Isoré, le vice-président francophone du PÉ et candidat dans Nelligan, s'en est violemment pris à Robert Bourassa : «Les Québécois sont confiants, gentils, chaleureux, honnêtes.Alors comment se fait-il, M.Bou- rassa, que vous vous soyez mis , dans la tête que ce sont des xénophobes?» f Richard Lord, dont le Parti libéral n'a pas voulu et que le PÉ a accepté les bras ouverts dans Sainte-Anne, a parlé d'histoire.« Pour la première fois dans l'histoire de cette province, la bonne foi a disparu.Nous ne savions plus vers qui nous tourner.Le flambeau était tombé.Mais Dieu merci! Robert Libman l'a ramassé.» L'écrivain Adrian Waller, candidat dans Robert-Baldwin, a pour sa part tenu à rassurer ceux qui, en votant pour le PÉ, craignent de faire gagner le Parti québécois.Il affirme que 80 p.cent des gens qu'il rencontre sur la rue disent supporter son parti.«Mais quelques-uns craignent de diviser le vote.» II n'y a aucun danger, croit-il, parce que dans les circonscriptions où le PÉ présente des candidats \u2014 des circonscriptions à majorité anglophone \u2014, le PQ est bien trop faible pour profiter de la division.M.Waller a aussi mis en garde contre les mauvaises perceptions, notamment celle qui consiste à prendre le PÉ pour le parti des Anglais.Robert Libman, candidat dans D'Arcy-McGee, a lui aussi signalé que le PÉ «est le parti de tous les citoyens du Québec».II s'est réjoui des récents sondages \u2014 le plus récent Sorecom accordait 5 p.cent des voix au PÉ et 28 p.cent, chez les seuls électeurs anglophones.Et il dit souhaiter que son parti devienne une forte opposition à l'Assemblée nationale.Donna Morris, qui n'est pas candidate mais qui animait la soirée, a dit que Robert Libman avait restauré sa confiance dans la démocratie et là liberté.«Cette élection est historique, a-t-elle prophétisé.Les noms des candidats que vous voyez ici seront dans les livres d'histoire de vos enfants et de vqs petits enfants!» Si Mme Morris est passée près de faire pleurer l'assistance, Richard Lord, lui, l'a bien déridée quand il a lance: «Finies les folies, calice! Euh.Excusez-moi.» La Côte-Nord vit une campagne à l'heure d'Alouette et.des BPC ANDRE BELIEIY1 ARE de la Presse Canadienne BAIE-COMEAU ¦ Deux événements* majeurs sont susceptibles de changer l'allure de la campagne électorale qui s'annonçait encore, il n'y a pas tellement longtemps, passablement terne sur la Côte-Nord.Les deux députés sortants, le péquiste Denis Perron (Du- Rlessis) et le libéral Ghislain la 1 ta is (Saguenay), se sont lancés dans la course avec une relative assurance de conserver leur siège.Mais voilà que la fameuse affaire de l'entreposage des BPC de Saint-Basile-le-Grand sur un terrain d'Hydro-Québec à Manie 2, à 30 kilomètres de Baie-Comeau, a placé M.Maltais sur la défensive.Plusieurs soutiennent même que le gouvernement «a sacrifié le comté et son candidat pour enfin se débarrasser des BPC».Dans le comté voisin de Du-plessis, l'annonce vendredi dernier par le premier ministre Bourassa de la réalisation du projet d'aluminerie Alouette de plus d'un milliard de dollars à Sept-tles pourrait bien en faire réfléchir plusieurs parmi les indécis.Dans les deux cas, les députés sortants ont été élus par la peau des dents en 1985, M.Maltais avec une majorité de 161 voix et M.Perron par 274 voix.Dans cette vaste région du nord qui fut un temps un véritable fief du PQ et qui compte toujours un bon nombre de souverainistes, rien ne semble maintenant acquis pour l'une ou l'autre des deux grandes formations politiques.Chacun de son côté, on tente cependant de minimiser l'impact de ces deux événements.«M.Maltais a demandé au gouvernement de réviser sa position et de ne pas entreposer les BPC ici; il s'est rangé du côté de la majorité des citoyens», explique M.Charles Malenfant, directeur de la campagne libérale.« Je dois dire que je n'ai pas senti une véritable hostilité envers M.Maltais, qui n'a pas été impliqué dans cette décision de BPC.On sait ce qu'il a fait pendant son mandat de député et c'est là-dessus que les électeurs le jugeront».Abstention Mais M.Malenfant doit avouer â la fin que bien des militants disent qu'ils appuieront «sans enthousiasme» le Parti libéral cette fois-ci ou qu'ils s'abstiendront tout simplement de voter.«Je peux vous souligner qu'il est en train de se former un mouvement d'abstention plutôt qu'un appui au PQ de la part d'une partie de nos militants», ajoute-t-il.De l'autre côté, le candidat péquiste, Carol Guay, 54 ans, chef monteur à Hydro-Québec et libéré pour représenter le Syndicat canadien de ia fonction publique sur la Côte-Nord, se laisse porter par la vague de mécontentement et mène une campagne discrète) mais efficace.Il ne croit pas que le fait de demeurer à Sept-Iles le défavorise.« Mes adversaires ont beau dire que je ne suis pas un gars du comté mais ils devraient savoir que je passe deux ou trois jours par semaine à Baie-Comeau et aux alentours pour remplir ma tâche de délégué syndical.Il fallait bien que j'établisse demeure et c'est â Sept-Iles que je l'ai fait, là où je suis né», se défend-il.Dans Duplessis Plus au nord, dans la circonscription de Duplessis, l'organisation péquiste compte sur «les états de service, la disponibilité et l'esprit de travail» du député sortant Denis Per-; ron, qui sollicite un quatrième! mandat, pour conserver ce siè-1| ge au PQ.« L'annonce ' du projet Alouette ne nous dérange pas beaucoup; ça fait tellement longtemps que c'est dans le décor.Les gens se demandent, un peu comme le port â Gros-Ca-couna, combien d'élections on fera encore avec cette promesse d'aluminerie», explique M.Douglas Violette, organisateur en chef de la campagne péquiste.M.Violette estime par contre que « le coup bas dont a été victime M.Perron en étant accusé \u2014 et acquitté \u2014 de fraude l'an dernier a choqué beaucoup de gens mais que ça l'aidera parce que M.Perron est reconnu aussi pour son intégrité».Pendant ce temps, le Parti libéral met tout en oeuvré pour déloger celui qui incarne la Côte-Nord depuis 13 ans à l'Assemblée nationale.Son candidat est un ancien directeur de l'hôpital de Blanc-Sa-blon, M.Jean Moyen.Entouré par plusieurs organisateurs du parti progressiste-conservateur, il favorise plutôt les contacts directs aux assemblées publiques de son opposant.Comme par hasard, arrive l'annonce en grandes pompes du projet Alouette et la promesse de centaines d'emplois dans une région qui souffre encore d'un taux de chômage supérieur à 12 p.cent.Les libéraux admettent utiliser un langage différent dans les régions.DENIS LESSARD AIMA ¦ Subventions, emplois et bouts de routes, et surtout, la stabilité; les libéraux en tournée dans l'Est du Québec estiment avoir tenu le langage que comprennent les régions.«J'ai utilisé sciemment ce langage pour être compris, et je l'ai été» a soutenu, hier, le ministre Marc-Yvan Côté, le responsable de l'organisation du PLQ pour les 35 comtés de l'Est.En fin de semaine, sans détours, M.Côté avait lancé aux militants de Cap-Chat, dans le comté de Matanc, qu'ils «seraient écoutés après les élections, dans la mesure où le député libéral sera réélu».«On vous donne une scierie», avait même laissé tomber M.Côté \u2014 un sortie approuvée par la suite par son chef, Robert Bourassa, pour qui ce serait faire preuve «d'angélisme» que de penser que les circonscriptions libérales ne sont pas entendues «avec plus de sympathie», à Québec.La Gaspésie, «c'est un coin que je connais très bien», a expliqué hier M.Côté selon qui, ce sont les comtés libéraux qui avaient été mis sur le carreau sous le régime péquiste.Pas question, toutefois, de priver les comtés péquistes insiste le premier ministre.Liant le geste à la parole, les libéraux se sont transformés en Pères Noel, sillonnant 12 comtés de la Gaspésie jusqu'au Lac Saint-Jean.A chacune des étapes, une subvention longtemps attendue fut annoncée.Les déclarations candides du ministre Côté, ce week-end, ont provoqué la réaction immédiate du chef péquiste Jacques Parizeau.Selon lui, cette attitude paternaliste fait reculer de 25 ans nos moeurs politiques.Marc-Yvan-Côte «On n'a pas de leçons d'honnêteté à recevoir de M.Parizeau», a soutenu hier Robert Bourassa devant 600 sympathisans dans le comté péquiste de Lac-Saint-|ean.«Quand Parizeau joue le scandalisé c'est de l'hypocrisie», renchérit Marc-Yvan Côté.On ne s'adresse pas de la même manière à des électeurs de comtés ruraux qu'à des citadins «qui n'ont pas le même niveau d'écoute», explique sans détour M.Côté.Campagne plus traditionnelle pour les libéraux des régions?«Il y a de ça», reconnaît M.Côté.Cadeaux et stabilité Mais les temps ont changé depuis que l'institution gaspésien-ne, le ministre Gérard D.Leves-que, chauffait les assemblées par ses envolées oratoires.De deux immenses colonnes de son, soufflant 2 000 watts, un jeune «meneur de claque», Cari Gauthier, enjoint désormais les militants di marteler l'arrivée de la «locomo tive libérale».Des assemblées à li moyenne d'âge souvent élevée, si retrouvent à scander l'arrivée di chef Bourassa sur des mélodie disco.Nouvel emballage, ancienne re cette, le discours du chef, en ré gion, tire toujours ia corde de h stabilité politique.À chaque étape, devant un au ditoire rural, M.Bourassa soull gne le caractère vague, selon lui du projet de «souveraineté pa morceau» de son adversaire pé quiste.Quelle réponse donnera Otta wa aux projets péquiste de réfé rend uni sectoriel?insiste partou le chef libéral.«Parizeau n'a pa le droit de plonger le Québe dans la division et l'affronte ment», a-t-il lancé jusque dan Lac-Saint-Jean, un comté qu avait donné une majorité a «oui» en mai 1980. LA PRESSE.MONTREAL.MARDI S SEPTEMBRE 1989 B7 Une grève des infirmières ne pourrait qu'aider Bourassa, croit Louis Laberge Presse Canadienne L'ASSOMPTION ¦ La grève illégale que les infirmières prévoient déclencher ce matin «ne peut qu'aider le premier ministre Bourassa».croit le président de la FTQ Louis Laberge.Interrogé par la presse hier au moment où il se préparait à avoir un tète-à-tète avec le président du Parti québécois Jacques Parizeau, M.Laberge a expliqué que le gouvernement Bourassa va.pour faire face aux infirmières, adopter la ligne dure, ce qui va accroître sa popularité dans l'opinion publique à trois semaines du scrutin du 25 septembre.Par solidarité syndicale, M.Laberge n'a pas voulu blâmer les infirmières pour leur initiative.« Bonne chance», leur a-t-il lancé.Mais le président de la FTQ a avoué qu'une «grève générale, totale et illimitée dans le secteur de la santé n'est jamais populaire».Aussi, le leader syndical croit que le gouvernement libéral actuel va sortir électoralement plus fort d'un affrontement avec les 45000 infirmières québécoises.En 1972, les trois principaux leaders syndicaux, dont M.Laberge, avaient tenté la confrontation avec le premier ministre Bourassa lors d'une grève des employés du secteur public.Le ministère de la justice avait poursuivi les trots leaders syndicaux devant les tribunaux et avait obtenu leur emprisonnement.' Au scrutin qui avait suivi un an plus tard, M.Bourassa avait obtenu la plus grosse victoire électorale de l'histoire du Québec, avec 102 députés sur 110, après avoir mené une campagne électorale teintée d'antisyndicalisme.M.Laberge a rappelé, lundi, non sans une pointe d'amertume, que « les infirmières ont toujours cru bon demeurer seules pour faire leurs revendications».Elles ne se sont jamais ralliées à une centrale syndicale majeure.«Lors de mon séjour en prison (en 1972), je n'ai pas reçu de carte des infirmières», a-t-il ironisé.Le chef syndical s'est ensuite engouffré dans un restaurant pour y rencontrer le chef péquhte en privé.MM.Parizeau et Laberge sont de grands amis de longue date, ont pu constater les journalistes.Les deux hommes se tutoient et M.Laberge est lui-même un résidant du comté de L'Assomption où M.Parizeau est justement le candidat péquiste.Par ailleurs, la FTQ que préside M.Laberge, a officiellement donné son appui au Parti québécois dans le cadre de la présente campagne électorale.M.Laberge a signalé que comme résident de L'Assomption, il avait toujours voté pour le candidat Parizeau.Tony Rehak PHOTO CP Tony Rehak passe son temps à réparer les horloges Presse Canadienne TORONTO ¦ Isolé, dans un coin, au sous-sol de l'Assemblée législative de l'Ontario, Tony Rehak fait en sorte que le gouvernement soit à l'heure.Tony Rehak ne prépare pas son horaire.Il répare les horloges: l'horloge ancienne suspendue dans la Chambre législative, la collection d'appareils à mesurer le temps dans les appartements du lieutenant-gouverneur et les quelques centaines d'horloges dans les bureaux gouvernementaux.«le vois une horloge dans le hall qui ne marche pas et je demande si je peux la réparer», dit Tony Rehak dont le véritable emploi est serrurier.Mais réparer les horloges est son violon d'Ingres.«Les horloges, dit-il, c'est mon hobby ; les serrures, mon devoir».Assis sur un tabouret dans son atelier de travail, l'homme explique que ces deux occupations traduisent son amour de la mécanique.«l'ai toujours aimé démonter les appareils et voir comment ils fonctionnent», dit Tony Rehak, âgé de 67 ans, originaire de Slovaquie.Il a immigré au Canada il y a 50 ans.Cheveux gris clairsemés, profonds sillons dans son visage au teint hâié, Tony Rehak a presque toujours été fonctionnaire.Avant de souffrir d'une allergie à la poussière, il fabriquait des meubles pour les bureaux du gouvene-ment.Dans le bureau du premier ministre, on peut encore admirer quelques-unes de ses créations, des tables ornées de marqueterie.Depuis 22 ans, il travaille seul' dans un minuscule atelier aux murs de béton peints sur lesquels s'alignent les horloges qu'il a fabriquées et celles qu'ils réparent.Il n'en a jamais jeté une seule.Son nom est connu des membres de l'Asssembléc législative.Il en a aidé plusieurs à verrouiller les bureaux ou les pupitres.«Bien sûr», répond-il, «j'ai aidé à ouvrir le pupitre du premier ministre! le suis allé partout».«Mais, ajoute-t-il d'une voix sourde, je ne voudrais pas en parler».Il a demandé que ne soit pas publié le numéro de son bureau.«C'est une place importante», dit-il.La serrure «codée» est tout ce qui différencie son bureau, une serrure comme on en voit d'habitude pour protéger les secrets des services de sécurité du gouvernement de l'Ontario et du bureau du premier ministre.La «pièce» que Tony Rehak chérit le plus, son trésor, est une horloge de verre plus grande que lui à l'entrée de son atelier.Comme elle sonne la demi-heure, il écoute le timbre.«Quelle belle musique!», dit-il.Avec autant de sérieux, il assume la responsabilité du passe-par-tout de chaque serrure et de voir à ce qu'aucun ne tombe entre de mauvaises mains.Chez lui, M.Rehak garde plus d'une douzaine d'horloges qui font-tic-tac ainsi que celles qu'il a fabriquées pour ses deux fils.Il a également inventé un moteur de turbine à gaz et un système de chauffage solaire qu'il a fait breveter.Les ancien* combattant* polonais me souviennent Le 23e congres de l'Association des combattants polonais du Canada, qui prenait fin hier, coïncidait cette année avec le 50e anniversaire de l'invasion de la Pologne parles troupes de Hitler.Aussi la remise d'une couronne au monument du Soldat inconnu, Place du Canada, a-t-elle été particulièrement émouvante.Elle a précédé une messe solennelle à la cathédrale Marie-Rei-ne-du-Monde, a Montréal.ph°to bernard brauit.l* Pm* ?LA BAIE* A L A A I E SATISFACTION GARANTIE.ON PEUT S'Y FIER! \u2022 Cenire-ville de Montreal: lun â mer.iQh a 18h; |eu.et ven.10h a 21h; sam .9h a 17h ¦ Succursales: lun a mer.9h30 a 18h: jeu ei ven .9h30 a 21h; sam .9h a 17h_ '\u2022\"Ouf LJ«1'6«M«.J0«< '.-a-, i H 466 )2:i \u2022 69/-48/0» 1S4 *4m \u2022 I «» i-ïH9SMf \u2022¦' «\u2022-.ïA-rf^asJ 3300\" .1 t?.4t«fl \u2022 t*:-,rr+«+^, «lt-6741 ¦*>' «nus B8 LA PRESSE.MONTREAL.MARDI 5 SEPTEMBRE 1989 * LA BAIE * Ce mercredi, tous nos magasins ouvriront \\eurs portes àï1 heures seu\\ement, pour préparer Y événement ^^Wajùnfi(journée de rêve ¦*\u2022»\u2022 \\/nns SATISFACTION GARANTIE.ON PEUT S'Y FIER! VENEZ VISITER L'EXPO-FÊTE PLAYMOBIL À LA BAIE! AU 5e ÉTAGE DU MAGASIN DU CENTRE-VILLE DE MONTRÉAL, DU 5 AU 23 SEPTEMBRE 1383."]
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