La presse, 2 septembre 1989, K. Arts et spectacles
[" /ti id ci aiieiiiciuca Littérature Arts plastiques Disques et vidéos Restaurants Vins PRESSE.MONTREAL.SAMEDI 2 SEPTEMBRE 1989 Tremblay ouvre une autre porte de la maison de son enfance CAROLINE MONTPETIT ichel Tremblay n'est pas un grand homme.Il est grand de taille, imposant, avec des épaules larges et enveloppantes.Mais on serait malvenu de lever les yeux vers lui.On croirait même qu'il aurait voulu rester tout petit, tout petit, toute sa vie.Il vous parle dans les yeux, derrière ses lunettes épaisses, puis vous laisse tranquillement glisser dans les méandres de son monde, avec la douceur des volutes d'une fumée de cigarette.La sensation est réelle.C'est bien un océan de tendresse que Michel Tremblay porte dans son coeur.« Ecrire des romans, c'est la façon que j'ai trouvée de dire au monde que je les aime, explique-t-il.Le théâtre cric des bêtises, pose des questions.Il vous laisse vous débrouiller avec les réponses après la représentation.Les romans sont comme des oasis.Et j'ai découvert que c'était ce que je pouvais donner au public.» Le premier quartier de lu lune.la dernière née des cinq chroniques du Plateau Mont-Royal, c'est une autre porte du 4690 Fa-bre, la maison de son enfance, qui s'ouvre sur le monde.La porte d'en arrière, comme toujours.Elle nous dévoile deux enfant?., déjà rencontrés dans les chroniques passées.Le fils de la grosse-femme.9 ans, dans lequel se reconnaît l'auteur, et son cousin Marcel.13 ans.qui rêve d'un inonde d'artistes en compagnie de son chat Duplessis.C'est en celte journée du 20 juin 1952.où se déroule le roman, que se décidera lequel de ces deux enfants survivra jusqu'au monde adulte.«Marcel est un élu qui n'a pas demande à avoir ce qu'il a» explique son créateur.Un génie, inspire des personnages de Rose, Violette, et Mauve, des muses irréelles qui l'initient aux arts et à la culture, a l'insu de sa famille.Ces trois déesses bien québécoises vivent dans la.maison voisine de la famille de'Marcel.«Les trois muses sont peut-être les seuls personnages de mes livres qui n'ont jamais existé dans ma vie, confie Tremblay, j'ai voulu créer une mythologie québécoise, plutôt que de m'inspirer des dieux et déesses grecs ou romains que l'on connaît.» L'enfant de la grosse femme n'fi pas le génie de Marcel.«Lui.il a du talent» dit Tremblay.Excès de modestie?suite a la pace k2 Boréal lance un livre qui fera les délices des mordus de la dictée JEAN BASILE collaboration spéciale ¦1 a beau savoir qu'on ne doit pas écrire catarrhe pour cathare, ni arcanne pour arcane.lean-Christian Fléau ne s'en fait pas pour autant.Il promène avec modestie son titre de champion junior d'orthographe de la francophonie, remporté l'an dernier à Paris, à la grande surprise de ses compatriotes.On est en droit d'attendre quelques révélations d'un tel oiseau rare.Mais non! lean-Christian Pleau ne prend pas sa médaille au sérieux.Non, il ne passe pas ses nuits à éplucher les dictionnaires et il ne sert pas du Bon usage comme oreiller.«Alors, comment devient-on champion d'orthographe?\u2014 Par esprit de lucre, répondit-il en riant.Ma mère avait lu l'annonce du championnat dans un journal.Elle m'en a fait part.Les prix étaient intéressants: le Larousse en cinq volumes pour le champion junior québécois avec, par dessus le marché, un voyage à Paris pour le championnat international et je n'avais jamais été à Paris.\u2014 Le trac?\u2014 Pas le moins du monde.Ça a marché comme sur des roulettes.\u2014 Combien de fautes dans la dictée?\u2014 Une seule, j'ai bêtement oublié un accent grave sur la préposition à» Il faut dire que iean-Christian Pleau a une hérédité chargé en ce qui concerne l'orthographe.Il ne sort pas d'un quelconque cégep mais de Stanislas où on ne badine pas sur le sujet.Son père est professeur de mathématiques, sa mère était profes-seure de français.Il est d'évidence sage, rangé et songe à sa carrière.Un bon élève qui se prépare à partir pour Yale, aux États-Unis, pour poursuivre ses études.Cent dictées Toute médaille a son revers.Son titre de champion a attiré sur lui l'attention de Jacques Godbout et d'un éditeur.Il vient de publier, à l'intention des foules, 100 dictées pour devenir champion.Ce sont les autres maintenant qui vont s'achopper aux difficultés bien connues de la langue française.|ean-Christian Pleau est passé du rôle de victime à celui de bourreau.«Ouand lacques Godbout m'a approché avec un chèque dans la main, explique le jeune champion, je me suis dit que cela valait mieux qu'un travail d'été ordinaire, le me suis vile aperçu des difficultés.Au début, je rédigeais trois dictées par jour, puis ça a nettement ralenti.L'idée de Jacques Godbout.avec l'humour militant qu'on lui connait, était que j'en fisse cent une par référence à ce que vous savez.Je n'ai pas pu dépasser la centaine».Iean-Christian Pleau a, comme il se doit, consulté les livres prétendent aucunement à la littérature.» Orthographe et littérature «Ce livré n'a pas été écrit pour être lu.», écrit-il dans sa prélace.Iean-Christian Pleau a bien tort.Ces «dictées» sont aussi des petits textes littéraires d'une excellente venue, toujours frais, toujours amusants avec des\" personnes étranges et des situations humoristiques, juste un peu farfelues.Le champion d'orthographe a un sens de la pédagogie accompli, à moins que ce ne soit une ruse de plus.Amusé par l'histoire, Jean-Christian Pleau, un champion d'orthographe qui s'est transformé en « bourreau ».ph0t0 bwnmo brault.l> presse où l'on trouve les règle d'accords, les exceptions, les mots difficiles, les mots rares, les accents circonflexes.Il n'a pas manqué de parsemer ses textes d'embûches et de trappes.«Mais, précise-t-il, il ne me suffisait pas d'aligner les mots rares et les tournures difficiles.Cela aurait donné tout au plus des textes dans le genre surréaliste.|e voulais aussi que mes dictées aient un sens et.si possible, de l'intérêt bien que je ne on oublie que barouflc ne prend qu'un f et qu'il faut deux n à cannibale.Au fond, le champion d'orthographe s'y révèle comme un jeune écrivain délicieux.De l'orthographe à la littérature, il n'y a pas si loin.Jean-Christian Pleau s'y destinait-il?Oui et non.D'abord, cet enfant d'Outremont ne se sent pas poète et moins encore poète maudit.Il ne se voit pas du tout comme Rimbaud qui aimait tant à lire « les livres sans orthographe» justement.Romancier?Il ne sait pas encore mais ses maîtres à penserl et à écrire sont Bernanos et MaViriac (et la messe le dimanche matin) avec, comme antidote, Mar«el Proust qu'il révère.11 se voit puis en un savant, ou en critique, qu'en créateur.Le professorat^ lui parait concilier le tout.Pourquoi avoir choisi une université américaine pour fai re ses études supérieures en littérature française plutôt que la Sorbonne ou, plus prosaïquement.l'Université de Montréal?C'est que les professeurs invites lui paraissent de meilleur calibre.Et pourquoi parle-t-il avefc l'accent français,lui dont le père est né est à Valley field et la1 mère près de Québec?Il y a l'influence de Stanislas, c'est entendu.Il y a aussi, chez Iean-Christian Pleau un souci de rigueur et de perfection linguistique «bien que l'accent n'a rien à voir avec la langue», souligne-t-il.Pourtant, il est de ceux qui croient que les Québécois devraient faire l'effort de parler mieux, d'écrire mieux et cela ne tient pas seulement à l'orthographe qu'il ne place pas très haut dans ses préoccupations intellectuelles et sociales.Peut-on lui demander ce qu'il pense des lois linguistiques, des décisions de la Cour suprême (avec un accent circonflexe), du niveau des cours de français dans les écoles?Jean-Christian Pleau a ses opinions.«Que voulez-vous, dit-il discrètement, la séparation de la mère patrie (sans trait d'union), la soumission à une puissance étrangère, l'absence de secours.» Peut-on lui demander ce qu'il pense de la littérature québécoise?Non, on ne peut pas le lui demander.Pour l'heure.|ean-Christian Pleau emballe son Larousse en cinq volumes, «qu'il aime à lire pour les exemples» et se prépare non pas à un prochain championnat d'orthographe mais à sa première année de littérature française au Connecticut.II tient à rappeler à tous ceux qui veulent devenir champion que l'orthographe loin de compliquer la vie la simplifie et que l'orthographe française, malgré ses exceptions, est avant tout une affaire de logique (pour les accords) et d'étymologie (pour le vocabulaire).Après ça, on ne peut plus jamais se tromper.selon lui.Rain Man maintenant en vidéo L interprétation par Dustin Hoffman d'un juris tique place dans une institution psychiatrique à cause de sa maladie a été consacrée cette année par un Oscar.Hoffmann a relevé dans Rain Man l'un des plus grands défis de sa carrière.À lire en page K4.«5* /v Une découverte: Taneyev et son Trio \\ Le Trio Borodine continue d'explorer le répertoire russe errf'en tirer de l'oubli maintes oeuvres valables, sans pour autartt délaisser le grand répertoire traditionnel.À lire en page IC4.Je pense donc je riario Irio'tn M major THE BORODIN TRIO lUBAFmiNA KOStTSl.AVPUWNSN.V VIH.I VUROVSKV ««¦«In V .K .¦ SI» : : h \u2022 \u2022:~\"^*^r>mntf>Mtf»r\"r'
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.