La presse, 1 septembre 1989, B. Élections 89
[" Elections 89 \u2022 LA PRESSE.MONTREAL.VENDRED11* SEPTEMBRE 1989 Parizeau promet 1 % du budget pour la culture Le chefpéquiste est favorable à la construction, à Québec, d'une maison pour le premier ministre ANDRÉ PÉPIN du bureau de La Prcs.se QUÉBEC Accusant les libéraux de «ne pas avoir tenu parole en gelant les budgets des affaires culturelles», le chef Jacques Parizeau a promis hier qu'un gouvernement péquiste consacrerait vraiment à ce secteur l p.cent du budget de la province et ce.à mi-chemin d'un premier mandat.Les fabriquants d'images sont à l'oeuvre, lacques Parizeau ne porte plus ces complets sombres, trois pièces, qui lui donnait l'allure de l'austère banquier.Sans être sportive, sa tenue est plus décontractée, les couleurs des cravates plus vives.Au milieu des représentants du monde des artistes, dans un «pub» de la rue Saint-lean, à Québec, Jacques Parizeau a le rire généreux, cause plus facilement avec l'assistance.Verre d'eau à la main, il se Ç;rmet de blaguer.Au ministre Marc-van Côté qui l'accuse de diffuser des messages publicitaires empreints de violence, il rétorque: «Les gens verront bien qu'il n'y a pas de violence dans ces messages.Je ne crois par ailleurs pas qu'une campagne électorale doit se faire à coups de mouchoir!» Pour courtiser le monde culturel, Parizeau rappelle que les péquistes, de 1976 à 1985, ont multiplié par quatre les dépenses du ministère des Affaires culturelles, le portant de $42 à $184 millions, portant leur part dans l'ensemble des dépenses gouvernementales de 0,42 p.cent à 0,67 p.cent.«Au cours des derniers 4 ans, cette part est passée laborieusement à 0,75 p.cent seulement, en dépit des pressions répétées de la coalition des artistes.M.Parizeau a par ailleurs dénoncé le moratoire imposé par la ministre Lise Bacon sur les équipements culturels.«Cette décision a fait mal, en ce qu'elle a retardé la réalisation de plusieurs équipements indispensables à la diffusion des produits culturels, aussi bien dans la capitale, à Montréal qu'en région », a déclaré le chef péquiste, soulignant que ce sont surtout les bibliothèques publiques qui ont été touchées.L'intervention du chef péquiste dans ce dossier a cependant été gênée par l'annonce, hier, de la levée du moratoire, par la ministre Lise Bacon, qui annonçait des projets pour $13 millions.Parizeau s'est indigné que cette annonce soit faite en pleine campagne électorale.La Capitale M.Parizeau s'est par ailleurs dit favorable à la construction à Québec d'une maison pour le premier ministre, comme c'est le cas pour Ottawa.« Je n'aurais peut-être pas le courage politique de le décider, car le premier ministre qui soumettra ce projet sera impopulaire.Il faudra trouver des mécanismes», a-t-il dit.Il propose par ailleurs une enveloppe budgétaire affectée directement au développement de la capitale, comme c'est le cas également à Ottawa.«Chaque Canadien verse $4 pour l'embellissement de la \u2022 capitale fédérale.Le Québec reconnaît déjà le principe en versant $5 millions à la Ville, soit 77 cents per capita.Il faudra améliorer cette aide».M.Parizeau, qui continue de promettre la souveraineté du Québec, a par ailleurs indiqua que les conservateurs fédéraux, tels les Benoit et Lucien Bouchard, seront reçus «avec enthousiasme et honneur» s'ils veulent revenir au Québec et militer au sein du PQ, advenant l'échec de l'entente du lac Meech.«Moi-même j'étais fédéraliste avant de venir au PQ.Si ces gens se rendent compte qu'il n'y a rien à faire à Ottawa, nous allons les accueillir».Il demeure convaincu que l'entente est vouée à l'échec.«Ce que M.McKenna du Nouveau-Brunswick réclame, c'est des garanties pour les minorités.Bourassa, qui réclame une société distincte ne peut accepter ça», a-t-il dit.Le chef péquiste poursuit aujourd'hui sa tournée à Québec, alors qu'il présentera à La Presse sa brochette de 125 candidats.Il prendra ensuite une journée de repos, samedi, avant de reprendre le collier, dimanche, dans la région de Montréal.Bourassa attaque la I crédibilité de Parizeau R DENIS LESSARD LEVIS Avec le cauchemar des BPC derrière lui, le chef libéral Robert Bourassa a adopté une attitude plus combative hier, et repris le thème de l'environnement, mis en veilleuse depuis quelques jours.Mais surtout, il a attaqué sans ménagement la crédibilité personnelle de son adversaire, Jacques Parizeau.«Le PQ au pouvoir ça veut dire trois choses: des taxes, des référendums et de l'instabilité», a-t-il lancé, hier soir, dans Levis, le fief de Jean Garon, seule circonscription péquiste des 18 de la grande région de Québec.«M.Parizeau a présidé à la pire crise économique au Québec en 50 ans, on peut se poser des questions sur sa crédibilité», a-t-il ajouté, devant le millier de militants, réchauffés par des «meneurs de claque professionnels».M.Bourassa semblait confiant d'en avoir fini avec la saga des BPC de Saint-Basile.«On a affronté des situations difficiles, on s'en est tiré», avait-il soutenu plus tôt, dans le nouveau comté de Chutes de la Chaudière.Une fois casé à Manie 2 le second convoi de BPC hier, il a abordé la question de l'environnement, dossier passé sous silence depuis une semaine.Seule une gestion serrée des dépenses publiques \u2014 préconisée par le PLQ \u2014 peut donner au Québec la marge de manoeuvre financière nécessaire pour affronter les problèmes toujours coûteux de l'environnement, a-t-il soutenu.Combatif, M.Bourassa a mis en doute la crédibilité personnelle de son adversaire.En mars 1981, juste avant l'élection, l'argentier péquiste avait promis $200 millions de réductions d'impôts qu'il a annulées dès l'automne suivant.«On peut se poser des questions sur sa crédibilité.Même les ministres des Finances de Duplessis ne faisaient pas ça», a-t-il lancé.Loin de réduire les impôts le ministre péquiste, après le scrutin, de 1981 les avait augmentés de S1,5 milliard, a dit le chef libéral.Devant la presse il a nuancé ses attaques.Le chef péquiste «n'est pas responsable de la totalité de la crise», mais ses politiques fiscales et ses privatisations controversées «n'ont pas aidé», a soutenu M.Bourassa.Le ministre des Finances, Gérard D.Levesque, a rappelé les privatisations péquistes qui se sont soldées par d énormes déficits: Québécair vendu $9 millions après $91 millions de pertes; les mines Seleine, vendues $25 millions après qu'on y ait englouti $100 millions; l'amiante une dette sèche de $80 millions.«Ces gens sont aujourd'hui dans la rue et veulent administrer ce qui reste de votre argent», a lancé, coloré, le ministre Levesque.Tommy D'Errico Plus tôt, M.Bourassa, qui a donné de mémoire le nombre d'auditeurs potentiels à un éventuel débat télévisé, n'a pu préciser le nombre d'emplois qui seront créés au Québec cette année.Il a effectué une visite à l'usine d'autocar Prévost, dans Belle-chasse, une circonscription qui a changé trois fois d'allégeance en autant d'élections.Devant la presse, le chef libéral a reconnu, mais minimisé, la participation de l'ex-argentier libéral Tommy D'Errico à la campagne de levée de fonds du PLQ auprès des milieux d'affaires.«M.D'Errico le fait de façon provisoire, j'ai toujours dit qu'il jouerait un rôle dans la transition, pour quelques semaines», à la demande de son successeur, a dit M.Bourassa.M.D'Errico avait démissionné de son poste de responsable du financement du PLQ quand La Presse avait révélé qu'il entretenait des relations d'affaires avec le gouvernement qu'il n'avait pas divulguées, en dépit du code d'éthique de son parti.Pour le chef libéral, « il ne faut pas exagérer l'importance de l'action» de M.D'Errico.Dans le dossier de l'immeuble qu'il louait au gouvernement et dans celui du zonage à Laval, toutes les enquêtes montrent qu'il était au-dessus de tout soupçons, «inattaquable», a insisté M.Bourassa.Il n'a pas voulu dire si son argentier avait respecté le code d'éthique du PLQ.«L'exécutif du parti ne s'est pas prononcé», a-t-il répondu.PHOTO RENÉ PICARD.U Presse Le Front d'action populaire en réaménagement urbain, FRAPRU, a décidé de « frapper» l'imagination des gens pour les sensibiliser aux'problèmes du logement.'Bourassa en sans-abri, mangeant un hot dog trouvé dans une poubelle, c'est pour souligner l'inaction du gouvernement qui n'a rien fait en quatre ans pour les sans-abri et les 554 000 ménages québécois qui consacrent plus de 30 p.cent de leur revenu au logement; ont expliqué hier les porte-parole du Front.David Cliche.Tel père, tel fils PIERRE GRAVEL David Cliche a beaucoup de traits communs avec son célèbre père, Robert, qui apparaît ici sur une photo de 1965, On ne se pose pas longtemps la question en rencontrant le candidat du PQ dans Vimont.Aucun doute possible, c'est bien le fils de Robert Cliche! Même physiquement, on décèle une certaine ressemblance.À 37 ans, son père aussi devait afficher ce front largement dégarni.Et sa célèbre tignasse ondulée commençait déjà sans doute à grisonner sur les tempes.Comme c'est le cas pour David aujourd'hui.Mêmes yeux vifs, perçants, qui vous cherchent et retiennent votre attention tant qu'il n'a pas fini de parler.Et, comme son père, il est intarissable! Et convaincant.Comme un authentique «jarret noir» toujours certain d'avoir raison.Mais les différences ne sont pas moins remarquables.Comme si son fils incarnait la version moderne et urbanisée du célèbre Beauceron des années soixante.L'éclat de rire sonore et généreux du paysan s'est estompé.Remplacé par le sourire non moins chaleureux mais plus policé de l'ancien étudiant de Brébeuf.Et la savoureux accent grasseyant s'est perdu quelque part entre Saint-Georges-de-Beauce et Montréal.L'envie de devenir avocat aussi.Comme si, au moment de s'inscrire à l'Université de Montréal, David Cliche avait entrevu les grands enjeux de la fin du siècle.Et compris que pour défendre la cause de l'environnement, mieux valait devenir géologue et spécialiste en aménagement du territoire que juriste comme son père.«Mais c'est lui qui m'a inculqué la passion de la nature quand j'étais petit et qu'il m'entraînait sur nos terres â bois de Saint-Zacharie où j'amène aujourd'hui mes deux enfants.» Il a évidemment été à la bonne école pour faire de la politique.«Comme Obé-lix, je suis tombé dans la potion en naissant», se plait-il à raconter en rappelant qu'au moment précis de sa naissance, le 10 juillet 1952, son célèbre père prononçait un discours politique contre Maurice Duplessis! C'est peut-être de là qu'il tient son goût pour les causes difficiles?Il ne s'en cache pas: «J'ai tout appris de lui sur les choses essentielles.Comme l'importance de ne pas lâcher quand on croit à une cause juste.Il me disait souvent: \"Si tu veux réussir, choisis un bon clou et frappe dessus sans arrêt.Si tu frappes un mur de brique, ça ne prouve pas que ton clou était mauvais.Change de place et recommence.\" C'est pour ça que je suis en politique.» Malgré les risques que la carrière peut entraîner pour la vie familiale?«Il avait aussi un autre principe: si tu veux toffer en politique, évite de prendre un coup et de courailler.Avec ça, si t'es patient, tu finis toujours par faire valoir tes idées.» Et la difficulté de se faire un prénom?«C'est pour moi un motif de fierté et un défi d'être le fils de Robert Cliche.Et.en fin de compte, un avantage.Dans un premier temps, on a tendance à me comparer a lui.Comme si on voulait vérifier si on pouvait me faire confiance à moi aussi.Et quand on se rend compte que je tiens à rester fidèle a son image de sincérité et d'honnêteté, je fini par hériter d'une partie de son immense crédibilité.» Sera-ce suffisant pour gagner dans Vimont?«Aux élections fédérales de I968.on s'est retrouve ù La feuille d'érable pour pleurer la défaite de mon père dans Duvernay.C'est encore dans mon comté et je me suis juré d'y retourner pour célébrer notre victoire.En mémoire de mon père.Et je compte bien tenir ma promesse.» Espoirs déçus NEWPORT a avait été un des der-mers gestes officiels de Rene Levesque en tant que premier ministre.C'était en août 1985.Il faisait très beau; monsieur Levesque était dans une forme splendide; Jean Garon, qui était avec son chef, était plus souriant que jamais; les 2 400 citoyens de Newport, hommes, femmes et enfants, étaient presque tous venus célébrer.On avait alors inauguré l'usine \u2014 une merveille de technologie \u2014 de la nouvelle Société des pèches de New-port.L'usine est toujours la.Mais l'enthousiasme du départ n'y est plus.Je ne sais pas ce qu'en dirait Jean Garon \u2014 c'était son bébé, cette usine.Et sa victoire personnelle contre Ottawa.Mais le patron de la boite, lui, dit: «L'avenir de la pèche n'est pas rose en Gaspésie.Les jeunes, en tous les cas, n'y croient plus.Ils s'en vont à la ville, ils retournent aux études ou vont travailler sur la construction.Ici, à l'usine, 50 p.cent du personnel est parti et a dû être remplace depuis 1986.» Lorenzo Albert ajoute: \u2022 Pourtant, notre usine est toujours une des plus modernes en Amérique du nord.» En théorie, à Newport, 99 pécheurs \u2014 il y en aurait environ 3 000 en Gaspésie; et une cinquantaine de petites usines de traitement \u2014 approvisionnent la Société.Le port de Newport abrite 28 bateaux dont la moitié sont des semi-hauturiers, les autres des côtiers.Des bateaux de 60 à 65 pieds qui valent de $1 à $1,5 million pièce! Et ces gens-là, cette année, vont tirer plus ou-moins $ 13 000 de revenus de la pèche.Ce n'est pas le pactole.En fait, on finit par se dire que la pèche, c'est comme l'agriculture: ça ne va jamais comme ça devrait aller.En 1987, on achetait les prises au prix fort: à 42 et même jusqu'à 55 cents la livre.«On n'a jamais vu autant de pécheurs sur l'eau,» se souvient Albert.« Des permis qui étaient inopérants depuis 15 ans sont réapparus, les gens se sont mis à pécher à la ligne sur le bout des quais: ça a l'air de rien, mais mettez une demi-douzaine de pêcheurs par quai tout le tour de la Gaspésie.Ça a tout perturba le marché local.Pèches-Océan (l'organisme fédéral ad hoc) a complè-tement perdu le contrôle de la situation ».A la fin de 1988, les prix ont chuté.Jusqu'à 18 cents la livre, parfois.« En même temps, Québec a modifié ses subventions aux propriétaires de bateaux, des quotas plus stricts ont réduit le volume des prises, les usines se sont mises à verser des dessous de table au pécheurs.» Le bordel, quoi.De sorte qu'au début de 1989, la Société des pèches de Newport a dû, pour tenir ses 530 employés occupés, acheter 3,5 millions de livres de morue.aux pécheurs russes! Ben, j'te cré pas.Ben, j'te dis.Ben, j'te cré.Pourtant, dans le golfe du Saint-Laurent, il y a encore du poisson, nom de dieu.«De 66 000 tonnes, les quotas ont été ramenés, en 1988, a 47 000 tonnes.La taille des poissons avait diminué, ce qui indiquait que la ressource était surexploitée.Mais à la fin de 1988.la situation s'est améliorée et les quotas ont été haussés à 55 000 tonnes» illustre Albert.En somme, celui-ci conclut: «L'amour du métier de pécheur, c'est quelque chose.Mais on le met de côte, l'amour, quand on ne peut plus gagner sa vie.» Pourtant, Lorenzo Albert a encore son bateau, «L'Incorruptible».Et il va encore a la mer.les fins de semaine, avec ses fils.MARIO ROY PRESSE.MONTREAL.VtNOftEOl 1\" scr-1 cmokc iso* La Pn Editorial Paul Oeimarafc president du conseil d administration Roger O Landry président et éditeur Claude Masson éditeur autant Marcel Desiardins directeur de I information Aljin Oubuc editorialHte tn chef Les infirmières au bord du précipice Amoins de négociations en sourdine dites de la «dernière chance*, en fin de semaine, les 40 000 membres de la Fédération des infirmières et infirmiers du Québec mettront à exécution leur menace de grève générale, illimitée et illégale dès mardi matin.Il reste encore quatre jours avant de commettre cette erreur fatale, condamnée par l'opinion publique.Malgré la déclaration émotive du ministre Daniel Johnson selon laquelle le gouvernement refuse dès maintenant de poursuivre les négociations en raison de la menace de la FIIO, négociateurs gouvernementaux et syndicaux doivent sacrifier leur week-end de la Féte du ¦r&ST.-' travail pour tenter un ultime compromis.A Si un pas de plus devait être franchi vers un SHL «Vi % règlement, ce pas, même minime, justifierait la direction du syndicat de retarder sa grève insensée et inhumaine.Si, par ailleurs, l'arrêt de travail des infirmières a lieu tel que prévu à 8 heures, mardi matin, le gouvernement sera tout a fait justifié de recourir à la sévère loi 160 dés les premières heures de débrayage, avec les sanctions on ne peut plus draconiennes qu'elle prévoit.Car il faut en finir avec l'illégalité, surtout quand la santé des citoyens est mise en cause.La Fédération des infirmiers et infirmières du Québec n'a aucune raison valable d'outrepasser les lois.Il y a un mécanisme qui prévoit quels services essentiels seront maintenus en cas de grève.Il y a un mécanisme qui prévoit une période de médiation avant de passer à l'étape ultime de l'arrêt de travail généralisé.Tout syndicat doit respecter les lois en vigueur sans quoi la société québécoise deviendra une république de bananes dans laquelle régnera l'anarchie.Pour une fois que le gouvernement Bourassa n'agit pas en poule mouillée face à une crise qui touche le secteur très sensible des soins en centres hospitaliers et en centres d'accueil, on ne va tout de même pas lui reprocher d'avoir, dans ce cas, une colonne vertébrale.Mais, tout en servant un avertissement direct et solennel à chacune des 40 000 infirmières qui risquent de se faire imposer des sanctions personnelles et même de perdre des droits acquis comme syndiquées, le président du Conseil du trésor doit éviter d'attiser le feu qui couve déjà.Sur le fond de la question, le gouvernement peut-il faire plus qu'il n'a déjà fait pour les infirmières dans le cours des négociations?Elles réclament 53 millions de dollars supplémentaires, la reconnaissance de la formation post-scolaire, de l'ancienneté, des vacances et de la préretraite.Il est pour le moins curieux que, après avoir accepté une première entente de principe et même avoir pavoisé après le premier règlement intervenu, le syndicat dépose une longue «liste d'épicerie», comme on dit dans le jargon du métier.Le gouvernement peut-il faire davantage financièrement?Il doit sûrement calculer ce que lui coûteront les multiples autres négociations avec les employés des secteurs public et parapu-blic.En tout cas, il est certain que les Québécois n'accepteraient pas de voir augmenter leurs impôts en raison des hausses de salaires consenties aux employés de l'Etat.Mais il doit y avoir moyen, à même les centaines de millions déjà promis aux infirmières, de repartager l'assiette afin que le rattrapage se fasse dès 1989, quitte à réduire les hausses des années subséquentes.Et s'il fallait une dizaine de millions de dollars de plus pour régler, nul doute que le gouvernement pourrait les trouver sans compromettre sa marge de manoeuvre.Le cas des infirmières constitue un cas d'exception dans les présentes négociations.Les infirmières sont au bord du précipice.Elles doivent éviter de s'aliéner pour longtemps le respect et l'appui de l'opinion publique.Claud* MASSON Après le terrible été chinois Ce n'est pas le rapport d'Amnistie internationale sur les événements de juin qui va aider puissamment les maîtres de la Chine contemporaine à rénover de façon convaincante leur façade, loin de là.Le document d'Amnistie se présente comme un «rapport préliminaire sur le massacre de civils non armés, les arrestations arbitraires et les exécutions sommaires depuis le 3 juin 1989».Le texte est assorti d'un appel au Premier ministre Li Peng pour que le gouvernement chinois renonce à la torture et aux exécutions sommaires comme instruments de sa politique.Dès les premiers jours de juin, 1 300 personnes ont été tuées par les forces de sécurité.Commençait de la sorte un vaste mouvement de répression visant à mater les étudiants, à décourager l'opposition dans toutes les villes et dans tous les milieux où elle était tentée de se manifester, à étouffer toute expression libre d'opinion.Après le nettoyage de la place Tiananmen à Pékin, ont suivi 4 000 arrestations de dissidents.Amnistie s'efforce de donner un compte rendu chiffré et minuté de toutes les péripéties, mais bien souvent il faut s'en remettre aux statistiques officielles, qui valent ce qu'elles valent.Soucieuses de ne pas se mettre à dos l'opinion internationale, les autorités ont caché certaines horreurs, mais en ont fait connaître d'autres, quand la leçon pouvait servir.La propagande au service de la terreur est invincible.Le «bon» Deng Xiaoping et son entourage ont utilisé systématiquement la télévision pour encourager la délation et forcer les dissidents à se rendre à la police.La population était non seulement invitée à dénoncer les individus recherchés mais était menacée de représailles, si elle omettait de moucharder.Il y eut des exécutions capitales et même des tortures.Par les voies d'une justice sommaire?Justice plutôt sommaire, en effet.Sans insister, le rapport de l'organisation Amnistie rappelle qu'avant même les événements du printemps dernier une disposition de la loi facilitait les procès expèditifs pour les cas de délinquance ordinaire.Pour faire échec à une épidémie de vols, de viols et de meurtres, le gouvernement avait institué une procédure rapide, assortie de châtiments sévères.C'est cette procédure expéditi-ve, imaginée il y a quelque 4 ou 5 ans pour des délits de droit commun, qui a servi pour corriger les mauvaises têtes qui ont osé croire à la révolution démocratique.Le rapport d'Amnistie ne recherche pas les causes sociales, économiques et politiques de la révolte des étudiants et du frémissement qui s'est manifesté dans plusieurs milieux.À bon droit, l'organisation estime que ce n'est pas son rôle.Du reste, quand le président Bush lui-même déplore avoir été insuffisamment informé sur un pays qu'il visita il y a moins d'un an, il est permis de conclure allègrement qu'il vaut mieux laisser les historiens écrire eux-mêmes l'histoire.Une opinion assez répandue veut que le bain de sang soit devenu inévitable dès lors que le Parti communiste chinois ne pouvait admettre que le libéralisme économique, auquel le régime avait accepté de goûter, conduise à l'épanouissement des libertés individuelles.Pour les Chinois, les deux sont incompatibles?Peut-être sont-ils, au contraire, trop compatibles et est-il impossible de prendre l'un (le libéralisme économique) sans accepter l'autre (la démocratie).À la fin de cet été tragique pour la liberté, le régime continue à jouer double jeu, c'est-à-dire qu'il verrouille chez lui et tend la main à l'étranger.Avec cynisme, Ottawa accepte de jouer le jeu.Quand des protestataires ont demandé que la tournée du cirque de Shangai soit arrêtée, la Ville de Montréal a répondu qu'il est trop tard pour changer d'idée.S'il s'était agi de l'Afrique du Sud, on peut être sûr qu'on aurait «changé d'idée».Mais quand un Chinois tape sur un Chinois, «y a rien là».Vocation internationale de Montréal oblige.Guy CORMIER Jean-Paul Desbiens quitte nos pages Comme ses lecteurs attentifs l'avaient noté, Jean-Paul Desbiens ne reprendra pas sa chronique du mercredi.Nous avions bien espéré qu'il revienne sur sa décision au cours de l'été, mais ses tâches, lourdes, ne le permettent pas.M.Desbiens signait sa chronique depuis le début de 1984.Frère Untel des années soixante, ancien directeur des pages éditoriales de La Presse, M.Desbiens incarnait la continuité.Mais plus encore, c'est le recul qui domine les 221 textes qu'il a signés, sa capacité de ne pas se laisser emporter par les événements.Comme il l'a si bien dit dans sa dernière chronique: 'J'ai entretenu la préoccupation de m'affranchir de l'actualité en tâchant à rappeler l'actuel.L'actuel, c'est ce qui est toujours en acte, toujours agissant.Le passé et l'avenir sont toujours agissants.» Demain, notre collaborateur Jacques Dufresne tracera un portrait de M.Desbiens.Quant à nous, il ne reste qu'à dire merci à Jean-Paul Desbiens.Et à espérer qu'un jour, peut-être.juotn oubuc La rxnte aux lettres Mgr Grégoire n'a pas erré ¦ Mme Yolande Potvin, dans une lettre parue le 25 août sous cette rubrique, prétendait que M.le cardinal Paul Grégoire s'était trompé au plan historique en affirmant, récemment, que le droit à l'avortement n'a jamais existé dans l'Église.Le texte de cette dame est un mélange de vérités, de demi-vérités et d'erreurs.Il est vrai que saint Jérôme et saint Augustin croyaient que pendant les premières semaines de gestation le foetus n'est pas formé ni animé (n'a pas encore d'âme humaine créée par Dieu).Leur croyance se fondait sur un passage de la Bible qui, dans la traduction grecque (dite des «Septante»), contrairement à l'original hébraïque, fait une telle distinction entre embryon «formé» et «non formé» (cf.Ex 21, 22-23 dans la traduction oecuménique de la Bible, ainsi que l'étude de saint Augustin Questio-nés Exodi).Cette distinction entre foetus formé et non formé remontait au philosophe grec Empédocle d'Agrigente ( 5e siècle avant lésus Christ ) et s'est effectivement largement répandue par la suite dans toute l'Eglise.Saint Thomas lui-même l'accepta.Même si ces théologiens et Pères de l'Eglise ne parlent pas «d'homicide» à propos de 1 avortement du foetus non animé (ce qu'ils font après l'animation qu'on situe autour du 40e jour de la grossesse), jamais, contrairement à ce que prétend Mme Potvin, ils n'ont accepté la moralité de l'avortement d'un foetus non formé: pour eux tout avortement était à condamner parce qu'il était un péché grave «contre le mariage» ou «contre la loi naturelle».Cette condamnation était dans la ligne logique de leur condamnation de la contraception (s'ils condamnaient la contraception, a \u2022il fortiori condamnaient-ils l'avortement!).Par contre, il est vrai que certains «théologiens», du 16e au 18e siècle (en particulier le jésuite espagnol Thomas Sanchez), ont prétendu que l'avortement du foetus non formé pourrait être acceptable dans certaines situations.Pourtant le courant «théologique» majoritaire maintint toujours que tout avortement, même avant l'animation, n'est jamais acceptable «puisqu'il y a destruction d'un être vivant préparé à devenir prochainement l'être humain» (Dictionnaire de Théologie Catholique, colonne 2647).Compilant toutes ces o-pinions saint Alphonse conclura que cette dernière position est «plus commune et plus probable» et donc qu'elle doit être' suivie.Pendant ce temps qu'enseignait le Magistère, responsable de la doctrine officielle de l'Eglise?Depuis le 13e siècle c'est le canon «Si aliquis» du pape Grégoire IX qui indiquait la ligne de conduite; selon ce texte l'avortement de tout foetus, animé ou non animé, doit être considéré aussi grave qu'un meurtre (cf.John T.Noonan jr., and al., The Morality of Abortion, Cambridge Mass., Harvard University Press, 1970).Puis ce fut la déclaration de Sixte Quint, le 29 octobre 1388, qui prit la relève; ce document excommuniait tous ceux qui permettaient un avortement thérapeutique, tant pour un foetus inanimé qu'animé.Le décret de Grégoire XIV, trois ans plus tard, ne fit que retirer l'excommunication quand il s'agissait d'avor-tement du foetus inanimé, sans changer l'immoralité attachée à cet acte ( la raison principale était la difficulté d'application de cette excommunication).Le 2 mars 1679 Innocent XI condamna, au moins indirectement, la position de Thomas Sanchez rapportée plus haut (cf.DS 2134).Ce sont ces pri- ses de position du Magistère qui ont constitué l'enseignement officiel de l'Église jusqu'aux pontificats récents: d'où l'exactitude de l'affirmation de Mgr* Grégoire quand il déclare que le «droit à l'avortement» n a jamais existé dans la doctrine reconnue par le Magistère.D'ailleurs s'il y a un point sur lequel l'unanimité du Magistère actuel est remarquable, c'est bien celui-ci.La casuistique des moralistes qui se poursuivit jusqu'à la fin du 19e siècle consista à appliquer le principe du «volontaire indirect» au cas de l'avortement ( i.e.dans quels cas l'avortement était-il «indirect» du fait que la volonté visait la gué-rison de la mère par un traitement qui entraînait «indirectement» la mort du foetus?).Cette réflexion sur le «volontaire indirect» trouva sa formulation définitive (si l'on peut dire) dans le principe de l'acte à double effet dont les quatre clauses ne furent précisées que vers 1830.Et c'est encore au nom de ces principes que la théologie morale catholique actuelle reconnaît la li-céité d'avortements « indirects» dans quelques rares situations où, en tentant de sauver la vie de la mère, on recourt u un traitement qui entraîne, indirectement, comme effet second, la mort du foetus (vg.le cancer de l'utérus).Quant à la discussion sur le foetus animé et inamié elle s'est éteinte d'elle-même au siècle dernier quand la réflexion philosophique et théologique ainsi que les découvertes scientifiques firent comprendre qu'une telle distinction n'avait plus de raison d'être: Et aujourd'hui, 31 ne se trouve pas un biologiste sérieux qui ne reconnaisse dans la croissance du foetus «un processus ou un développement continu», depuis l'instant de la fécondation où le «génotype» est donné.Nous nous trouvons en présence d'un cas où, pour employer DROITS RESERVES l'expression du théologien Gustave Martelét, «la science a comme changé de camp» (2000 ans d'accueil à la vie, Le Centurion, 1973, p.67).Michel SÉGUIN, prêtre Professeur de théologie morale ¦ Dans la Didachè (document d'autorité datant de la fin du 1er siècle), il est dit clairement: «Tu ne tueras pas par avortement le fruit du sein et tu ne feras pas périr l'enfant déjà né.» At hé n agoras (Ile siècle) souligne que les chrétiens tiennent pour homicides les femmes q*ii utilisent des médecines pour avorter.Tout au long de l'histoire, les Pères et les Docteur; de l'Eglise (de même que les écrivains ecclésiastiques et les pasteurs) ont enseigné la même doctrine.Ce n'est qu'au Moyen-Âge que l'équivalence avortement-homicide fut mise en doute par certains penseurs chrétiens.Plusieurs d'entre eux plaçaient en effet le moment de l'animation (infusion de l'âme spirituelle par Dieu) vers le 40e jours de la grossess, suivant en cela une opinion remontant à Empédocle d'Agrigente (philosophe grec du Ve siècle av.).-C.).Selon cette conception, il est clair que l'avortement n'est formellement un meurtre que lorsqu'il est effectué après le moment de l'animation.(.) Bref, malgré l'incertitude du moment de l'animation, jamais l'Eglise n'a permis l'avortement.et ce, à aucun stade de développement que-ce soit.Au contraire, l'Eglise catholique a toujours enseigné que la vie doit être sauvegardée avec un soin extrême dès la conception.Y a-t-il personne humaine dès la conception?L'avortement est-il toujours un meurtre?C'est cela et cela seulement qui a été et qui est encore l'objet de discussions.Normand LAMOUREUX Mascouche Élections 89 LA PRESSE, MONTREAL.VENDRED11\" SEPTEMBRE 1989 \u2022 B 3 Le numéro de septembre de RG, un magazine gai, représente Robert Bourassa en deux de pique et Jacques Parizeau en roi de coeur.On ne peut être plus clair.?H0T0 K La revue RG ne cache pas ses préférences PAUL ROY ¦ Robert Bourassa en deux de pique, Jacques Parizeau en roi de coeur: l'éditeur de RG (pour Rencontres Gaies).Alain Bouchard, ne cache décidément pas ses préférences.Dans l'éditorial du numéro de septembre de RG, M.Bouchard, constatant que le Canada et le Québec forment «un couple mal assorti», propose «un bon divorce à l'amiable».Dans le même numéro.François Marien esquisse les portraits du libéral Michel La-porte et du péquiste André Boulerice, candidats dans Sainte-Marie-Saint-Jacques', circonscription qui comprend le Village gai.Ici, c'est encore le péquiste qui l'emporte.M.Boulerice.très présent dans la communauté gaie, est représenté en as de coeur.Quant au libéral La-porte, il s'en tire tout de même mieux que son chef, écopant d'une dame de carreau.Les deux candidats sont députés et se livrent un combat à finir, leurs circonscriptions de Sainte-Marie et de Saint-Jacques ayant été réunies à la faveur du redécoupage de la carte électorale.Le vote gai sera-t-il déterminant dans Sainte-Marie-Saint-lacques?Nul ne peut le prédire.Mais André Boulerice jubilait hier matin, quand il a reçu son numéro de septembre de RG.Éleçtogrammes RICHARD LORD AU PE ¦ Le Parti Égalité a accueilli hier un candidat noir.Richard Lord, celui-là même que Pierre Bibeau, directeur de campagne du PLQ pour l'ouest du Québec, qualifiait de «candidat chronique».«Ce n'est pas un candidat intéressant, confiait plus tôt cette semaine à La Presse M.Bibeau.C'est un marginal.Il s'est présenté à quelques reprises dans des assemblées d'investiture du Parti libérai, sur les scènes provinciale et fédérale, et il a toujours perdu.» M.Lord, ingénieur de formation, défendra les couleurs de son parti dans Sainte-Anne où il affrontera entre autres le libéral Norm Cherry.LES VERTS FONT CHOU BLANC ¦ Le Parti vert du Québec a fait chou blanc.Il avait convoqué une assemblée publique d'information à Saint-Basile-le-Grand mercredi soir dernier.«Ça n'a pas été un gros succès, a avoué hier le porte-parole du parti, Rolf Bramann.Il y a avait une vingtaine de personnes qui venaient de Saint-Bruno, Saint-Hubert ou Montréal mais pas un seul résidant de Saint-Basile ne s'est présenté.l'étais très déçu.Nous sommes un parti envi-ronnementaliste et Saint-Basile a vécu une grande catastrophe écologique.Je crois que les gens préfèrent écouter Dallas.C'est grave.Je ne sais pas si je dois pleurer ou rire», a-t-il conclu.GOBÉ VEUT S'AFFICHER ¦ Le candidat libéral dans La-fontaine, Jean-Claude Gobé, est en colère contre le maire Jean Doré qui a fait enlever hier ses panneaux publicitaires.«Pourtant, a souligné M.Gobé, j'ai respecté à la lettre le règlement municipal qui interdit les affichages sur les murs, clôtures, poteaux, trottoirs ou pavés de la ville.C'est une entrave à la démocratie! Lui, Jean Doré, un grand démocrate qui souffre de \"consultite\" et qui, sans aucun avertissement, décide unilatéralement de vandaliser les pancartes de partis politiques dûment autorisés! On a retrouvé mes panneaux dans un dépotoir de la ville.C'est le comble!» Dans le comté voisin de Pointe-aux-Trembles, le responsable de la campagne du candidat péquiste Michel Bourdon, à reçu un avis de la Ville de Montréal qui spécifie que «toutes les affiches posées sur le mobilier urbain, les viaducs, terrains, parcs, clôtures, poteaux et sur le boulevard Métropolitain seront sytémati-quement arrachées.» En fin de journée M.Gobé a informé La Presse qu'il avait retrouvé ses affiches, maculées de peinture, dans un atelier municipal.«L'affaire n'en restera pas là», a t-il dit.UN DOIGT DANS L'OEIL?¦ De la contradiction.Le ministère du travail étudie actuellement une demande d'accréditation faite par la FTQ pour reconnaître l'existence légale d'un syndicat qui regou-perait près de 70 p.cent des 8 500 chauffeurs de taxi sur l'île de Montréal.Mais en même temps, le ministère des Transports subventionne la revue Taximag, propriété dé la Ligue de taxi de Montréal qui regroupe les principaux propriétaires de parcs de taxis.Où le bat blesse, selon la FTQ, c'est que la revue «attaque à fond de train» la tentative de syndicalisation en cours.«Le ministre des Transports, Marc-Yvan Côté, n'a pas le droit de financer une campagne antisyndicale, proclamait hier le directeur québécois du syndicat des métallos (FTQ), Clément Godbout.Nous étudions présentement si, sur le plan légal, le ministre ne s'est pas planté profondément les doigts dans l'œil.» L'ANÉÉO VEUT DES PROMESSES CLAIRES ¦ L'Association nationale des étudiants et étudiantes du Québec, l'ANEEQ, dénonce tes «déclarations ambiguës».de Robert Bourassa concernant le dossier des frais de scolarité.«On ne s'engage pas à dégeler les frais de scolarité demain matin, a déclaré plus tôt cette semaine le premier ministre, mais on ne peut pas s'engager à maintenir le gel pour toute la durée d'un mandat.» «M.Bourassa, a répliqué la secrétaire générale de l'ANEEQ, Josette Côté, voudrait un chèque en blanc pour ne pas avoir les mains liées par une promesse électorale.» L'Association exige que les partis politiques s'engagent clairement et fermement à maintenir le gel des frais de scolarité sinon, a-t-elle prévenu, «le mouvement étudiant devra prendre les moyens nécessaires.» RIVARD NE PARLE PAS DE SIMARD ¦ Guy Rivard, ministre délégué à la technologie et candidat dans Rosemont.ne mentionne jamais le nom de son adversaire péquiste, Sylvain Si-mard.Est-ce par superstition?«Pas du tout.J'ai déjà assez de travail comme ça.a-t-il répondu.J'ai des choses à vendre: un chef, une équipe, un bilan.» Le PQ s'engage à tout mettre en oeuvre pour relancer l'activité ferroviaire PAUL MOV ¦ En pleine rue Rachel, hier matin, devant ce qui reste des ateliers ferroviaires Angus, Sylvain Simard et une demi-douzaine d'autres candidats et députés du Parti québécois ont dénoncé le démantèlement du système ferroviaire canadien et ses «conséquences dramatiques» pour Montréal.Sous les applaudissements d'une vingtaine de travailleurs, membres du Front commun des syndicats du rail (FTQ), ils ont promis qu'un gouvernement du Parti québécois «utilisera toutes ses ressources pour relancer l'activité ferroviaire à Montréal et donnera à la métropole un rôle de leader dans le transport en Amérique du Nord ».« Robert Bourassa reste en gare!», a déploré Sylvain Simard, ex-vice-président du PQ \u2014 alors que René Lévesque en était le président \u2014 et candidat dans Rose-mont, circonscription dont les citoyens ont gagné leur croûte durant des décennies aux shop Angus.Dans les années 40, pas moins de 15 000 hommes y tra- Sylvain Simard vaillaient.comparativement à 1 000 aujourd'hui, selon Pierre Lafrancc.du Conseil des métiers fédérés de Montréal, qui représente ces travailleurs.La police avait bloqué la rue pour permettre la tenue de cette conférence de presse en plein air.qui s'est déroulée sous un fort vent d'est en ouest, reflétant les propos de M.Simard qui constatait: «Depuis quelques années, ce sont des milliers d'emplois qui ont quitté Montréal vers l'ouest du Canada.» Evoquant le projet de fermeture de VIA Kail.M.Simard a demandé: «Où sont-les libéraux de Robert Bourassa?Quelle mobilisation ont-ils entreprise, quel leadership ont-ils exercé pour sauver ces milliers d'emplois québécois?» Et de citer le Review of passenger rail transportation in Canada.selon lequel le Québec sortirait grand perdant de la fermeture de VIA Rail.Et d'affirmer: «VIA va coûter plus cher à fermer qu'à moderniser jusqu'à sa rentabilisation!» « Peut-on assister à une décision aussi catastrophique pour l'économie montréalaise et l'emploi, aussi dépassée en matière de protection de l'environnement, aussi néfaste en termes de développement technologique sans que le Parti libéral au pouvoir, en pleine campagne électorale, prenne résolument la tète du mouvement de résistance à cet autre coup de poignard à l'économie montréalaise?» Tout cela, souligne-t-il.alors que la France.l'Italie.l'Allema- Jean Alfred (en haut) et John Kehoe Si les immigrants ont choisi le Québec, «c'est pour s'y intégrer» MARIO FONTAINE CAUSE AU ¦ Si elle a alimenté les conversations à Montréal, la querelle qui a opposé le Parti québécois à l'écrivain Claude Jasmin au sujet de l'intégration des immigrants laisse de glace le seul député noir à avoir jamais siégé à l'Assemblée nationale, Jean Alfred, de nouveau candidat du PQ dans Cha-pleau.«Moi je dis aux groupes ethniques que s'ils ont choisi le Québec, c'est pour s'y intégrer.Les minorités visibles n'ont pas besoin de passe-droits.Il faut s'intégrer soi-même à la société et lutter pour se faire une place, parce qu'il y a une place à prendre pour nous ici.Cessons de donner aux Québécois mauvaise conscience parce qu'ils défendent leurs droits», soutient cet enseignant d'origine haïtienne, député de 1976 à 1981.M.Alfred dit n'avoir suivi que de loin la saga de M.Jasmin, selon qui des immigrants méprisent la communauté francophone majoritaire en s'en tenant à l'écart.Une déclaration qui a suscité un vif débat ces dix derniers jours au PQ.Candidat à l'investiture du parti dans Outremont, M.Jasmin a même dù se désister après que Jacques Parizeau soit intervenu pour qu'il se retire de la course.L'unique candidat noir de la formation \u2014 le Parti libéral n'en a pas un seul \u2014, n'entend pas cautionner l'argumentation de M.lasmin, parce qu'il dit ne pas la connaître.Mais il affirme n'avoir quant à lui jamais eu de problème depuis qu'il vit au Québec.Les Québécois, assure M.Alfred, sont comme tout le monde: ils respectent les gens «capables».En fait, sa plus sérieuse difficulté comme néo-québécois n'avait pas été d'ordre racial mais politique, alors que M.Alfred avait fait l'apologie de Jean-Claude Duvalier en 1981.pendant que le dictateur détenait encore le pouvoir à Haïti.Ce qui avait provoque le départ de sept des neuf membres de son exécutif en pleine campagne électorale.Résultat: une organisation déficiente le jour du scrutin, et la défaite aux mains du libéral John Kehoe.«Depuis j'ai mûri politiquement, explique M.Alfred.Et j'ai beaucoup travaillé pour le parti ».En 1986.à son retour de trois années de coopération au Maroc (une absence que lui reproche vertement son adversaire libéral, M.Kehoe.lequel soutient que cette équipée africaine lui a fait perdre contact avec le comté), l'association péquiste de Cha-pleau ne comptait plus que 30 membres.Aujourd'hui, ils sont 1 300.Un tenace M.Alfred a recruté assez de monde pour qu'un ancien vice-président du PQ, Sylvain Simard, soit obligé de se présenter ailleurs (dans Rosemont), même s'il réside dans la ville de Gatineau dont les limites se confondent avec celles du comté.Il est vrai que.pendant que Jean Alfred «travaillait» Chapleau, M.Simard consacrait ses énergies à la lutte pour la mairie de Gatineau, qui lui a échappée de peu.Les libéraux avaient enlevé les cinq comtés de l'Outaouais aux dernières élections.Us pourraient rééditer leur performance cette année, quoi que la lutte promet d'être vive dans les circonscriptions de Papincau et de Chapleau.M.Alfred part toutefois avec un handicap, celui d'avoir été absent de la scène politique depuis huit ans.En revanche, les realisations de son mandat comme député, do \u2014 Jean Alfred 1976 a I98i, peuvent encore lui servir.«Tiens.Monsieur Hôpital», disaient de lui cette semaine plusieurs personnes lors d'une visite du candidat dans un centre commercial.Un effet de l'érection du centre hospitalier de Gatineau.en bonne partie due à M.Alfred.Sa persévérance dans le dossier lui avait même mis certains de ses collègues ministres à dos: quand tu as Jean Alfred aux trousses, c'est une plaie: il ne lâchera pas tant qu'il n'aura pas ce qu'il veut, disait-on dans les officines pé-quistes.Le grand silence Apres l'hôpital, M.Alfred promet cette fois la construction à Gatineau d'un campus de l'Université du Québec, dont la constituante outaouaisc est actuellement éparpillée dans la région.«Un campus ici, dans les cinq prochaines années, c'est irréaliste, farfelu, une balounc politique», rétorque le député sortant et candidat libéral John Kehoe.Élu en 1981, celui-ci a un tempérament aux antipodes de son adversaire.Alors que ce dernier discourt d'abondance et parle de lui à la troisième personne, l'avocat libéral est aussi effacé que silencieux.Selon un relevé de la Presse canadienne, M.Kehoe était de ces quatre députés libéraux qui n'ont posé aucune question ni prononcé le moindre discours pendant les 27 premiers mois du régime libéral.Après la publication de l'article, toutefois, ces élus au «parlement» avaient miraculeusement retrouve l'usage de la parole.«Il est facile de faire de beaux et longs discours et de ne pas agir.Moi je réalise des projets, j'interviens auprès des ministres pour faire débloquer des dossiers», d'expliquer cette semaine M.Kehoe.:!iie.la Suéde.l'Espagne, le lapon, les États-Unis et l'Angleterre se dotent de systèmes de transport ferroviaire ultra-rapides et sophistiqués.Le candidat Simard demande donc un moratoire d'un an sur toute décision de démuntélemerii de VIA Rail et la mise en place d'une politique moderne de transport, intégrée au ferroviaire.Selon lui.le ministre fédéral des Transports.Benoit Bouchard, attend la fin de la présente campagne électorale provinciale pour dévoiler son projet de fermeture, «pour ne pas nuire aux libéraux».Sylvain Simard.qui était accompagné des candidats et députés Franchie Lalonde.Louise Hard.Louise Laurin.Louise Brouil-lette.André Boulerice.Michel Bourdon et Gilles Cormier, a accusé Ottawa de favoriser l'Ouest en matière de transport ferroviaire, «ce qui prouve une fois de plus la non-rentabilite du fédéralisme pour le Québec».A une journaliste qui lui rappelait que les Canadiens n'affectionnent pas le train, il a eu cette réponse: «Qui a envie de prendre le train après avoir fait Québec-Montréal?» Le métro de Laval, ce n'est pas pour demain JEAN-PAUL CHARBONNEAU ¦ Les politiciens municipaux qui pensent que le metro traversera à, Laval au plus tard dans quatre ans sont dans l'erreur.«C'est inévitable, le metro va se rendre à Laval un jour.C'est toutefois le gouvernement qui va payer la facture et il va prendre le temps nécessaire pour réaliser les études avant de s'embarquer», a déclaré hier le député de Mille-Iles.Jean-Pierre Bélisle.au cours d'une rencontre où étaient reunis les cinq candidats libéraux de l'Ile Jésus.Bien que celui-ci ait refuse de préciser les délais de réalisation, il appert que le prolongement du métro à Laval pourrait encore faire les beaux jours des prochaines campagnes électorales provinciale et municipale, dans quatre ans.Par contre, la ministre Lise Bacon a annonce que le projet de construction d'une usine d'épuration pour le traitement des eaux usées de la rivière des Prairies avançait d'un pas accéléré.Avec leurs collègues.Guy Bélanger ( Laval-dcs-Rapi-des).Jean |oly ( labre) et le nouveau venu Benoit Fradet (Vimont), Mme Bacon et M.Bélisle ont brossé un tableau des réalisations du gouvernement liberal dans Laval au cours du mandai qui se termine.Ils ont aussi rappelé qu'une vingtaine de deputes libéraux de la region de Montreal réclament l'accélération du debut des travaux du pont dans l'est, de même qu'un hôpital general dans l'ouest de l'Ile.Les libéraux parlaient déjà de ce dernier projet en 1985.Il s'agit d'une «continuité», a déclaré Mme Bacon, précisant que «pour construire un hôpital il faut dix ans de préparation ».Les candidats libéraux de Laval se sont engages à faire pression sur le ministre des Transports pour que l'autoroute 440 soit prolon-géee à l'ouest de l'autoroute 13 (Chomedey).Ils entendent aussi faire les representations nécessaires auprès du gouvernement afin qu'il dote la ville d'une salle de spectacle conforme aux besoins des Lavallois.Ils comptent faire de la qualité de l'environnement à Laval le fer de lance de leur compagne électorale.Jean-Pierre Bélisle KIRK Presses de !a Rmaissâttce \u2014 28 \u2014 Nous avions trouvé un appartement dans la tie Rue Ouest, dans Greenwich Village, non loin du Centre Greenwich où je vivais lors de mes études à l'Académie.Les plafonds étaient hauts et des jardinières étaient accrochées à l'extérieur des grandes fenêtres.À l'arrière, un balcon donnait sur un jardin.L'appartement se composait d'un salon (avec une cheminée), une chambre à coucher (avec une cheminée), une minuscule salle à manger, une petite pièce à côté de la chambre, dont nous fîmes la chambre de Michael, une cuisine et une salle de bain.Le loyer s'élevait à 90 dollais par mois.Ruth, qui possédait de magnifiques meubles anciens, nous dit de prendre tout ce dont nous avions besoin.Ces meubles convenaient parfaitement à notre appartement du Village.Ce fut un véritable choc pour ma famille de me voir épouser une shiksa, une non-Juive.Les Juifs orthodoxes considèrent avec horreur une telle union, et renient souvent le fils ou la fille qui se rend coupable d'un tel forfait J'ai toujours été élevée dans les plus strictes traditions religieuses, mais elle possédait suffisamment d'amour en elle pour ne pas s'opposer à ma volonté.Une fin de semaine, elle vint nous rendre visite.C'était un vendredi soir, et nous avions également invité Barbara Van Slcet, qui vivait dans le quartier.Je demandai à Diana de disposer sur la table quatre bougies pour les prières.Nous primes place, et ma mère me tendit un sidder, un livre de prières, pour que je lise les prières.Mais lorsqu'on lit les prières, il faut avoir la tête couverte.Traditionnellement, on porte un yarmul-ke.Mais je n'en avais pas.Et je ne portais jamais de chapeau.Je cherchai du regard quelque chose pour me couvrir la tête, et finis par dire à Diana : «Il doit bien y avoir un chapeau quelque part.Quelque chose pour me couvrir la tête.Un de tes chapeaux, par exemple.» Elle me tendit quelque chose dont je me coiffai.Diana et Barbara retinrent leur fou rire tout au long de la prière en me voyant arborer une drôle de casquette en dentelles avec de petites ailes sur le côté.Ma mère me couva d'un oeil adorateur lorsque je repoussai le livre: je connaissais par coeur tout le kiddish du vendredi soir.Lorsque j'eus terminé, Diana et Barbara éclatèrent de rire.Ma mère ne compris jamais pourquoi.Tout en tenant mon rôle dans Kiss and Tell, je continuais de passer des auditions, car j'espérais bien créer un rôle dans une pièce.Un jour, je passai une audition pour une pièce que venaient d'écrire un auteur hongrois, Laci Bus-Fekete, et sa femme, en collaboration avec un jeune écrivain plein de talent, Sidney Sheldon.La pièce se nommait Star in the Window.J'avais à peine lu quelques répliques que l'on m'interrompit: «Ce sera suffisant.Merci.» Je quittai l'audition fort déprimé.Je commençais à remporter des records \u2022 de vitesse dans le refus! Une heure plus tard, ils m'appelaient pour m'annoncer que j'avais le rôle.Des années plus tard, Sidney Sheldon me raconta qu'à l'instant où j'étais entré dans la pièce, ils avaient su que j'étais leur homme.Je donnai immédiatement mon congé pour Kiss and Tell.Ils étaient ennuyés: cela ne faisait pas longtemps que je jouais avec eux.Mais j'avais hâte de débuter véritablement une carrière.Après quelques semaines de rodage en province, la pièce fut présentée à New York.Trois jours plus tard, elle était retirée de l'affiche.George Abbott montait à l'époque un nouveau spectacle, et il me demanda si je savais chanter.«Je ne crois pas, répondis-il.\u2014 Pourquoi ne pas essayer?» Lors de l'audition, cet après-midi-là, outre George Abbott, se trouvaient dans l'assistance Leonard Bernstein, Betty Comden, Adolph Green et Signe Hasso.Je fis mon entrée sur scène.«Qu'allez-vous chanter?» me demanda-t-on.Je n'avais pas pensé à préparer une chanson.« Je n'en sais rien.» .Je réfléchis un moment, puis me rappelai une chanson que m'avaient apprise les ouvriers d'entretien de l'université avec qui je vivais, lors de ma première année à Saint-Lawrence; cette chanson, je l'avais chantée une fois lors d'un spectacle de minstrels à l'université.Je me tournai vers le pianiste: «Je connais une chanson appelée I'm Red Hot Henry Brown.\u2014 Eh bien, pas moi.\u2014 Tant pis, je chante quand même.» Je n'avais même pas songé que j'allais être accompagné au piano.Lors de mon audition pour le rôle du télégraphiste chantant, on m'avait dit : «Si vous ne chantez pas bien, chantez fort.» Alors je chantai très fort ce vieil air arch icon n u : «I'm red hot Henry Brown/The hottest man in town.» Des applaudissements saluèrent la fin de la chanson, et George Abbott m'annonça qu'on me confiait le rôle de Gaby.La pièce s'appelait On the Town.J'étais très excité.Une comédie musicale! Chanter, danser, faire rire le public, tout cela sur une musique de Leonard Bernstein, une chorégraphie de Jerome Robbins, un livret de Betty Comden et Àdloph Green.J'appris alors ce que voulait dire l'expression «maladie psychosomatique».Plus je travaillais les chansons et plus j'avais peur; ma voix devenait de plus en plus ténue.Je finis par attraper une laryngite et ne pus plus prononcer un seul mot.À l'époque, Diana et moi commencions à nous disputer un peu.On m'avait recommandé de ne pas parler, de ménager ma voix, alors je gardais toujours un gros rouleau de papier à portée de la main.Lorsque Diana disait quelque chose, je répondais : « Um m mm m m m m m m m m », et déchirais une feuille de papier pour griffonner une réponse.Les producteurs attendaient, attendaient, mais ma laryngite ne disparaissait pas.Le jour de la première approchait (le 29 décembre 1944) et ils commençaient à s'inquiéter sérieusement.Finalement, après plusieurs semaines d'attente, ils confièrent mon rôle à John Battles.et je retrouvai ma voix.Ce fut une grosse déception pour moi.Je me sentais lâche.On m'avait donné ma chance, et j'avais très envie de la jouer dans une J'aimais beaucoup Anne Buydens.mais j'étais fiancé a Pier Angeli.J'ai épousé Anne le 29 mai 1954.comédie musicale.Lorsque la pièce fut portée a l'écran, ce fut Gene Kelly qui interpréta mon rôle.Un jour, je passai une audition pour une pièce intitulée Truckline Cafe, mais je n'obtins pas le rôle.Dépité, j'allai quand même à une séance pour voir comment s'en sortait celui à qui l'on avait confié mon rôle.Les deux premiers actes me ravirent: il mangeait ses mots, en sorte qu'on n'entendait rien de ce qu'il disait.En moi-même, je me félicitais: j'aurais été incomparablement meilleur.Et puis soudain, au troisième acte, ce fut l'éruption, le public électrifié.« Il est extraordinaire», me dis-je.Je regardai son nom sur le programme: Marlon Brando.Il avait vingt et un ans.Je quittai le théâtre très impressionné.J'allai voir la troupe de Kiss and Tell, et, à ma grande surprise, ils me reprirent pour le même rôle.Mais j'avais toujours envie d'une création, et je ne cessai pas pour autant de courir les auditions.Un jour, dans la rue, je tombai sur Karl Maiden: il avait l'air fort déprimé.Après seize échecs d'affilée, il était prêt à abandonner le théâtre et a rentrer chez lui à Gary, dans l'India- na.Moi, je n'en étais pas encore la.Au moins, j'avais un travail régulier.Je n'avais pas repris Kiss and Tell depuis bien longtemps que l'on m'offrit à nouveau de remplacer Richard Widmark: cette fois-ci c'était dans Trio, l'histoire d'un professeur lesbienne qui tente de séduire une jeune étudiante.Je jouais le rôle de l'amoureux de l'étudiante.Je travaillais d'arrache-pied pendant trois jours pour apprendre le rôle.Tout se passa bien jusqu'à la scène principale, au troisième acte, lorsque je découvre ma petite amie dans l'appartement de la lesbienne.J'ouvris la porte avec fracas et me précipitai dans la chambre.Le public éclata de rire.Je pus à peine terminer ma scène.Cette nuit-là, étendu dans le lit à côté de Diana, je ne parvenais pas à trouver le sommeil.« Ils se sont moqués de moi ! » Je redoutais la représentation suivante.Mais la solution me vint dans ma loge.Je compris que la veille, lorsque j'avais fait violemment irruption sur la scène, toutes mes tensions avaient explosé, et que l'effet était des plus comiques.Cette fois-ci, lorsque vint le moment le plus intense, je pénétrai silencieusement dans la chambre et regardai les deux femmes avec le plus grand calme.Pas un mot dans la salle: le public retenait son souffle.Malheureusement, le sujet de la pièce était trop osé pour l'époque, et la pièce fut interdite pour outrage aux bonnes moeurs.En juin 1945, je jouai dans une pièce intitulée Tlie Wind Is Ninety, écrite par Ralph Nelson, qui plus tard devint réalisateur au cinéma (Lilies of the Field, Soldier in the Rain, Charly, etc).Je me suis souvent demandé pourquoi il avait cessé d'écrire, car il faisait preuve d'un immense talent.The Wind is Ninety était une de ces pièces a revenants qui avaient tellement de succès vers la fin de la deuxième guerre mondiale.Je jouais le rôle du soldat inconnu de la première guerre mondiale, qui reconduisait chez lui un pilote de chasse de la deuxième guerre, Wendell Corey, qui avait été tué.Tandis que nous observions sa famille recevant la nouvelle de sa mort, nous demeurions invisibles pour les autres acteurs sur scène.Mes relations avec Corey furent très difficiles.Dans la pièce, il devait avoir besoin de mon aide, mais il jouait en m'ignorant, comme si je n'étais même pas sur scène.Parfois, il me jetait un regard par-dessus son épaule.Je me sentais comme un chien suivant son maitre.Lorsque j'essayais d'en discuter avec lui, il se mettait en colère et m'injuriait.Le metteur en scène ne voulait pas s'en mêler.Lors du rodage de la pièce, dans d'autres villes, Wendell m'ignora avec tant d'application que je me sentais réellement invisible.Les critiques, d'ailleurs, ne me remarquèrent pas.Wendell, lui, faisait l'objet de nombreux éloges.Il était heureux.Je me sentais misérable.a suivre © 1988.Kirk Douglas.© 1989, Presses de la Renaissance, pour la traduction française. B12 Les dons faits aux candidats sont déductibles d'impôt Les aspirants à la direction du PLC ne pourront dépenser plus de $1,7 million MAURICE JANNJUtD du buremu de La Presse OTTAWA ¦ Les contribuables canadiens, peu importe leur allégeance politique, vont défrayer la majeure partie des coûts de la prochaine campagne à la direction du Parti libéral du Canada ( PLC ).Les dirigeants libéraux ont annoncé hier que les candidats à la succession de John Turner pourront remettre au PLC les dons destinés à financer leur campagne.Conformément à la Loi de l'impôt sur le revenu, tout contribuable peut déduire un don fait à un parti politique jusqu'à concurrence de $550.Pour aider financièrement leur parti, les candidats qui recevront plus de $250000 de dons devront en remettre 20 p.cent à l'organisation centrale.Les libéraux ont fixé la limite des dépenses permises pour chaque candidat à $l,7 million, soit comme en 1984.Toutefois, les dépenses de voyage et les frais d'hôtel pour le candidat et sa famille ne seront pas inclus dans ce montant.Étaient présents à la conférence de presse d'hier, Margo Brous-seau, co-présidente du comité des dépenses pour l'élection du chef, et l'ex-député John Reid, qui a agi comme conseiller spécial dans ce dossier.L'autre co-président du comité, le sénateur Dan Hays, retenu dans l'Ouest du pays, a répondu aux questions des journalistes, au téléphone depuis Calgary.Le sénateur Hays a justifié le recours aux déductions d'impôt pour le financement de la campagne à la direction du parti en déclarant que « la vie démocratique canadienne s'appuie sur le fait que tout individu peut contribuer au processus politique en lui permettant de verser des dons aux partis politiques».De son côté, Mme Brousseau a souligné que certains candidats conservateurs, en 1983, avaient ' eu recours à ce mode de financement et que les candidats à la direction du NPD font de même.Dan Hays estime que le plafond de $1,7 million établi pour les dépenses des candidats est raisonnable et que les dépenses non comptabilisées pour les frais de déplacement peuvent atteindre à $100000 par candidat.Compte tenu que la campagne durera prés de dix mois, le PLC juge cet ac- croc aux limites de dépenses bien minime.La limite de $1,7 millions plaira aux candidats «riches», comme lean Chrétien et Paul Martin.Eddy Golden berg, l'adjoint de M.Chrétien, a déclaré hier à La Presse que ce montant était acceptable.«C'est vivable, on n'a pas d'objection», a affirmé M.Goldenberg, qui pratique le droit à Ottawa dans le même bureau que lean Chrétien.Par contre, plusieurs libéraux trouvent cette limite inacceptable.Le député Warren Allmand a écrit au président de l'exécutif national du PLC, Michel Robert, pour lui signifier qu'il était «dégoûté et désillusionné» de la décision prise par son parti.«Cela est en complète opposition avec ce que le caucus des députés avaient suggéré à Iqaliut et qui était de fixer le plafond à $500000 environ », a écrit M.Allmond.Des canditats pressentis comme Sheila Copps et Uyod Axworthy se sont également objectés à la limite de dépenses telle que fixée, s \"estimant défavorisés par rapport aux aspirants favoris.Par ailleurs, le PLC fait obligation à chaque candidat de remettre à tous les trois mob un rapport détaillé de ses dépenses et tout don de plus de $100 devra être déclaré au comité des dépenses.Ces informations, il va s'en dire, ne seront pas rendues publiques.Si un candidat récolte plus de $1,7 million, il devra remettre l'excédent au PLC, dans les quatre mois suivant le 23 Juin 1990, date où se tiendra, à Calgary, le congrès national du parti.Avarie sans conséquence ¦ Un appareil de Nationair â perdu le panneau de son train d'atterrissage gauche lundi dernier, alors qu'il regagnait l'aéroport de Mirabel en provenance de Québec, a confirmé hier un porte-parole du Bureau canadien de la sécurité aérienne.L'avion, qui devait se rendre à Paris, avait fait demi-tour après qu'on eut découvert une fuite dans le système hydraulique de la porte du train d'atterrissage lors d'une inspection de routine, a indiqué M.Roger Maltais, le responsable régional du Bureau à Québec.* LA BAIE * LES AUBAINES-MYSTERE SONT MAINTENANT TROIS FOIS PLUS INTERESSANTES! 10% à 35%^ PREMIERE CATÉGORIE 15% à 30°/o el® ÉCONOMISEZ 15%.20%, 25% OU 30% SUR LE PRIX DE TOUS LES VÊTEMENTS, CHAUSSURES ET ACCESSOIRES MODE POUR HOMME, FEMME ET ENFANT.DEUXIEME CATÉGORIE 20°/oà35°/oRIbais ECONOMISEZ 20%, 25%, 30% OU 35% SUR LE PRIX DE TOUS LES ARTICLES EN CRISTAL, VAISSELLE, ARGENTERIE, TENTURES, DUOS-SOMMEIL, TAPIS D'APPOINT, LAMPES, UTERE, LINGE DE MAISON, MEUBLES ET ARTICLES POUR LA MAISON.TROISIEME CATÉGORIE 10°Ioà25°/o^bais ÉCONOMISEZ 10%, 15%, 20% OU 25% SUR LE PRIX DE TOUS LES PETITS APPAREILS ÉLECTRIQUES, APPAREILS DE SOINS PERSONNELS, JOUETS, PAPETERIE, ARTICLES DE SPORT, BAGAGES, FRIANDISES, DISQUES ET CASSETTES, APPAREILS-PHOTO, MACHINES À ÉCRIRE ET BARBECUES.le samedi 2 septembre 4*\t __l-m\t \tFi vos cartes sont MAITRESSES! Noos m brgurftons pg voui iouimi d'un grjnd Oém Apportez voire carte Gratte-Aubaines à la Baie et un vendeur la validera et grattera les sceaux.Vous pourrez économiser 10% et peut-être même jusqu'à 35%*, sur le prix de la plupart des articles**.C'est toute une affaire! Vous pouvez utiliser votre carte de crédit ou payer comptant.Nous acceptons 5 cartes: la Baie, Simpson, VISA, MasterCard et American Express.Si vous n'avez pas reçu votre carte Gratte-Aubaines par la poste, vous pouvez vous en procurer une dans n'importe quel magasin la Baie et vous êtes assuré d'économiser au moins 10%) Les rabais s'appliquent à toute la marchandise à prix ordinaire, en solde ou à prix de liquidation.Exceptions: Tabacs, restaurants, produits alimentaires, produits pharmaceutiques, produits de beautés et fragrances, commandes spéciales, fourrures, sac à main Bree, articles Polo, Boutique Cruz, Marchandise Liz Claborne, Boutique d'uniformes, gros électroménagers, fours à microcodes, chaînes stéréos, magnétoscopes, téléviseurs, aspirateurs et accessoires, humidificateurs, radios, radios portatives, baladeurs, accessoires audio, accessoires vidéo, téléphones, répondeurs téléphoniques, caméra vidéo, radioréveil, lecteur de disques laser, convertisseurs, chèques-cadeaux ainsi que la plupart des services à la clientèle: SchoD, salons de coiffure, First Lady, salon d'optique, studio de photo, chaussures Brown, Van Houtte, livres, réparation de montres et petits appareils électroniques, Stick, timbres et monnaies, prothèses auditives, centres d'instruments de musique.Service d'impôt, Service de nettoyage à domicile, Laura Secord, Vogel, Hertz à la Baie, H & R Block, Service d'achat à domicile, Voyages American Express, STCUM, Bureau de poste, billets de loterie, SAQ, entreposage des fourrures, Tîcketron, Admission, emballage-cadeaux, Centre de liquidation mode.NOTA: Les rayons sous licence et services peuvent varier selon le magasin.Une liste complète des exceptions sera affichée dans le magasin la Baie de votre localité.'lES EMPLOYÉS de fa compagnie de la Baie d'Hudson (actifs et retraités), de ses succursales et de ses filiales, ainsi que les membres de leur famille immédiate ne sont pas admissibles à l'offre de rabais de 15% à 35% 'Pour chacune des catégories, les rabais sont répartis comme suit: Vous avez une chance sur 100 d'obtenir le plus haut pourcentage de rabais.Vous avez 3 chances sur 100 d'obtenir le pourcentage de rabais intermédiaire supérieur.Vous avez 4 chances sur 100 d'obtenir le pourcentage de rabais intermédiaire inférieur.Vous avez 92 chances sur 100 d'obtenir le plus bas pourcentage de rabais.UNE CARTE PAR CLIENT i SATISFACTION GARANTIE.ON PEUT S'Y FIER! NOS TAPIS NE SONT PAS MAGIQUES.CETTE OFFRE L'EST! NOTRE GRAND SOLDE DE TAPIS ORIENTAUX EST EN COURS AU MAGASIN DU CENTRE ROCKLAND! PROFITEZ DU JOUR DES AUBAINES-MYSTÈRE POUR ÉCONOMISER ENCORE PLUS! "]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.