La presse, 19 août 1989, I. Arts et spectacles
[" Arts et spectacles Littérature Arts plastiques Disques et vidéos Restaurants Vins LA PRESSE.MONTREAL.SAMEDI 19 AOUT 1989 Retrouver le sens et l'essence du fleuve PATRICK GRAND JE AN Do Sainl-Mulo a Quebec.Pierre Perrault a cherché à écrire le fleuve pour briser le silence qui entoure ce symbole d'un pays et de ses gens; des gens du pays.Le cinéaste poursuit toujours sa quête.Il lutte contre la dépossession du sens, du fleuve, de l'histoire et du Rêve québécois.du nom de la goélette pourrissant a quai, dans l'ombre des catamarans transatlantiques de la féte des Grands Voiliers de I984.raconte Pierre Perrault.A bord d'un voilier, avec huit membres d'équipage, dont le poète Michel Garneau.il a refait le grand voyage sur les traces de lacques Cartier.Il s'agissait, en mai 1984, de faire exister ce fleuve par où tout est arrivé.450 ans auparavant, en l'An 1554.Garneau écrirait le poème du fleuve.Perrault filmerait La Grande Allure, le voyage à bord du Manchon, «nommé pour ainsi dire qu'il vise le coeur du fleuve», écrit le poète.Pierre Perrault a d'abord realise le film de 2 h 12, diffusé en deux tentps.racourci, aux Beaux Dimanches, en 86.C'est au tour du récit de son voyage de paraître ces jours-ci, a l'Hexagone, en deux tomes: Saint-Mulo-Bonavislu et Bonavista-Qué-bec.«Le film était tourmente, le récit de voyage aussi», confie Perrault.Dans son jardin, à Mont-Royal, le cinéaste reçoit La Presse à la veille de son départ pour l'Arctique, «quelque part entre le pôle magnétique et le pole stratégique» pour les besoins d'un tournage.Perrault ne s'éloigne du monde que pour mieux le retrouver.A 62 ans, cet homme de parole, au regard bleu azur, est resté le même découvreur de la vie et des gens.En «témoin crédible», comme il le dit.il nous donne un récit riche en reflexions et en images et nous propose lacques Cartier, l'écrivain du fleuve, du Brief récit.«Cartier était un poète du reel, un écrivain honnête qui a mis le fTcuve en paroles.Il se fondait sur ce qu n voyait, a U\\différence d'Home-re, un mystificateur qui n'a jamais navigue ou d'un Christophe Colomb qui écrivait ce que le roi voulait lire», explique Pierre Perrault.«Tout est fiction, deplore-t-il.La fiction est devenue la religion tic noue temps et le cinéma, une messe.L'artiste veut inventer, imaginer le monde, tandis que le vrai monde, personne ne se charge de le dire, de l'exprimer.«Il y a toute une littérature sur la Seine.Mais l'univers du Saint-Laurent est ignoré par l'univers de l'écriture.Ce que Cartier a fait de remarquable, c'est qu'il a nomme Un portrait assez mesquin de Jackie A LIRE EN PAGE 12 les choses.Curtier n'a rien découvert, mais il a mis le fleuve en paroles.» Comme pour La bète lumineuse.Perrault a repris la trame du film, pour narrer ce voyage vers l'histoire el vers le fleuve.Il s'interroge sur l'écriture, mats aussi sur notre temps.«Flipper, le dauphin bleu de la la fete est devenue factice, le fleuve international.«Il n'y avait aucun voilier d'ici ou de France», expli-que-t-il.Les Québécois étaient assis sur « les plaines de la déroute», lacques Cartier était évacue de la scène.Depossession.Le mot plane dans le jardin de Pierre et Yolande, sa femme.PHOTO 3CMI LEMEE U RW En deux tomes, le récit tourmenté d'un voyage de Pierre Perrault.Iloride.est plus connu que le blan-chon.Le marsouin est sorti de notre imaginaire et de notre langue pour devenir le béluga.Mais le béluga de-signe un esturgeon blanc!», lance-t-il.Selon l'écrivain, nous avons perdu le sens et l'essence du fleuve.La féte des Grands Voiliers à Québec, en 1984.est l'exemple qui a frappé Perrault.A coud de commandites.s-,«t.w< .II «On a détruit le projet de société québécois.Il s'est résorbe par peur.Mais c'est tellement vital que cela ne peut pas ne pas ressurgir un jour», poursuit Pierre Perrault.L'empire qui occupe le territoire de l'âme, ce sont les médias, l'école, les commanditaires qui proposent un imaginaire planétaire du type hamburger.Dépossession ou assimilation insidieuse, invisible qui a .-a tu m UjL'JLLiktLUii f ____É Une pièce de collection: les succès des Stones de 1963 à 1971 PolyCram vient de lancer sur le marché un coffret-souvenir des premiers succès des Rolling Stones.Une piece de collection.Trois disques compacts reproduisant 58 chansons de cette formation qui se définissait en 1969 comme étant Le meilleur groupe rock & roll au monde.À lire en page I 6.conduit l'équipe de hockey de l'Ile aux Coudres à s'appeler Les Belugas.C'est la.dans les années 60.que Perrault dit avoir «refait ses huma niies» au contact d'Alexis ï rem blay.mort en I9t>7, et de tous les autres.Perrault leur avait consacré trois longs métrages: Pour la suite du monde.Le règne du jour et Hoc lettes.Actuellement, le cinéaste, permanent de l'ONF depuis I960, tourne un film sur le boeuf musqué dans le Grand Nord.Ce petit boeuf au poil très long vit au-dela du cercle arctique.Dans le nord du Quebec, on en trouve quelques specimens, introduits par l'homme.«Ce film, c'est une métaphore de la vie, e.xplique-t-il.L'incommunicabilité de ces animaux porte à la reflexion.Ils se font la guerre.s as somment, comme l'homme.» Perrault a également sept ou huii livres en chantier, dont Le livre du Flcuic.un livre synthèse, et un autre sur sa mere.Chez lui.l'écriture est.comme le cinema, au service de la connaissait ce et de la reflexion.Lu Grande Al-lure n'échappe pas a la règle.Le re cil descriptif, abondamment illustre d'images du film, fait le lien entre le io>age de Saint-Malo a Quebec, effectue en 1984.et les experiences passées du cinéaste.Le poème du Meuve de Michel Garneau.inachevé, s'insère dans le texte de Pierre Perrault.Apres le récit du voyage sur le Blunchon, le cinéaste raconte l'aventure du montage et celle de la diffusion du film dans la postface intitulee «Le territoire de lame».Perrault en a contre l'ONF qui ne defend pas ses films, dans un monde oil tout est promotion; contre Radio-Canada qui coupe la version originale de son film pour les Beaux Dimanches et le diffuse après le Super Bowl, a une heure du malin.« Il passait superbement inaperçu.» Apres trente ans de travail.15 longs métrages.15 couris métrages el de nombreux livres, Pierre Perrault est «redondant» et il le sait.Sa quête du pays continue, «l'ai une cause perdue, mais j'aime ça.Ma recompense, c'est d'avoir pu tout au long de ma carrière parler aux gens.«Et si le sens nous a échappe, écrit Perrault en conclusion de son récit, ne trouvera-t-on pas du sens a cette faillite?«Quand on arrive dans un pays, combien de temps faut-il pour l'habiter?», demandait Michel Serres, dans le film.Pierre Perrault, paraphrasant le philosophe français, repond: «Ça prendra peut-élre des millénaires, exactement comme le lichen pour changer la pierre, dans l'Arctique.» Pierre Perrault tourne la-bas actuellement.Pour la suite du Monde.Minuit sonne lavant-garde En attendant les écrivains du baby boom A LIRE EN PACE I 3 Jacqueline Kennedy Jean Marcel photo richard cooin u ewse Je pense donc je lis LUCIE COTE Ils sont presque tous dans la jeune trentaine.Leurs livres ont en commun la couverture blanche rehaussée de bleu des Éditions de Minuit.Le mente petit format, peu encombrant, du plus bel effet sur une étagère.Leur écriture est neuve, audacieuse, déconcertante.L'affligeante manie de tout cataloguer ne les a pas épargnes: minimalisme.autre roui.m.Nouveau Nouveau roman, roman impassible.Le mouvement s'est amorce il y a dix ans.avec lean L'chcno/.lean-Philip-pc Toussaint, François Bon.Christian Osier.Marie Redonne) sont tous affubles de la même etiquette.Il est vrai que.sans analyse psychologique des personnages, leurs récits tendent en general a restera la surlace îles choses.Mais la s'arrête la ressemblance ?envoûtants soliloques Avec Decor Ciment, son quatrième roman.François Bon laisse s'élever, en alternance, quatre voix.Celles de la gar- dienne de l'immeuble, d'un camionneur, d'un sculpteur, d'un aveugle.Quatre monologues, parfois hallucinés, quatre personnes qui passeront au commissariat, faire le récit ue l'agression de Raymond Crapin.dans l'escalier d'un HLM.L'aveugle signalera, en même temps, une autre mort, vieille de quatre mois, celle de lean jeudy, un locataire oublié.Patiemment, on parvient a rassembler ces fragments épars, ces récits décousus, phrases sans suite, égarées dans de vieux souvenirs, images douloureuses, divaguions pleines de poésie et de désespoir, banalités sans fin.pour arriver, lorsque s'achève le roman, à résoudre la mort de Crapin.L'intérêt reside dans ces très longues phrases, graves, minutieusement détaillées, bavardes des qu'il ne s'agit pas de se livrer à l'agent de police.Des phrases qui voudraient tout saisir, tout préciser.Avec de fréquentes parentheses, pour specifier davantage.La moindre observation est méticuleusement rendue.Goel-lo, le camionneur, décrit ainsi son mal de tète: «Derrière les yeux, entre.Au fond de leurs trous, un écran qui rape, une paroi sèche.Lt tout ce qui vient d'image s'y évide.prend une surexposition de photographie ratée, ne laisse plus de place alors en soi pour quoi que ce soit d'autre que cela qu'on voit, on n'est plus qu'un vêtement sur une image, une peau usée qui pend au mur a un clou, et qui voit ».Longue Vue.tic Patrick De-ville, raconte le retour d'un vieil ornithologue, Korberg.sur les lieux de ses amours malheureux avec la chanteuse Stella, dont la vie fut courte et tragique.File laissa, a sa mort, une fille, lyl.Dans un quelconque-pays chaud, son père, Anton-Nlokhtar.l'a confiée pour l'été a un percepteur.Alexandre Skolt/.Korberg.croyant être le pere de lyl.déteste Anton-Mokhtar qui la lui a enlevée el Ils observe avec sa longue-vue.SUITE EN PACE I 2 12 LA PRESSE, MONTREAL.SAMEDI 19 AOUT 1939 Au plaisir de lire Le pessimiste le plus drôle d'Angleterre JACOUES FOLCH-RIBAS Ou.uni les Anglais s'y mettent, ù se moquer d'eux-mêmes, ce n'est pas triste.A la différence des français qui.s'ils osent se « mettre en boite» ont l'art de conserver une distance complice, l'air de dire ou de faire adroitement sentir qu'ils ne sont pas très méchants envers leurs compatriotes, que ce qu'ils restent complices de leur intime conviction de Français \u2014 qu'ils sont les meilleurs du monde.Voici un acide, il est Anglais.Il s'appelle Evelyn waugh ( le vous ai parle l'an dernier d'un de ses livres.Bagages enregistrés, publie par cet excellent éditeur qui se nomme Quai Voltaire ).Waugh est un drôle de pistolet.Pur produit de l'Angleterre, étudiant a Oxford, cravates rayées, un physique a la Churchill, cigare compris, large front, et critique de tout ce qui fit son pays, la bourgeoisie endormie, le puritanisme, la hauteur orgueilleuse.et derrière tout cela, la plus pure hypocrisie.Il a passe sa vie d'écrivain ( mort en l%6) à dénoncer la decomposition, dit-il.de la vie anglaise depuis le début du siècle.Mais alors vraiment, sans complaisance.\u2022 Or.il a choisi l'humour, ce fameux humour dont quelqu'un, je ne me souviens plus qui et n'arrive pas à trouver la reference, a dit qu'il était «la politesse du désespoir».Voilà pourquoi il m'intéresse, c'est qu'il est drôle.Alors, qu'importe le message contenu dans chacun de ses livres, puisque le récit, l'aventure, la situation, se - suffisent a eux-mêmes et nous comblent.Quant aux personnages, parlons-en, ils sont tous tellement détraqués, à l'anglaise, qu'on s'amuse de les rencontrer et de les fréquenter, ne serait-ce qu'un instant.Car ce sont des nouvelles, dont je voudrais vous parler.Il y en a neuf dans ce livre intitule La fin d'une époque.Une fille rend visite à son père, enferme dans un asile de fous.Lady Moping, sa mère, lui dit: «Il y a un très joli petit jardin d'agrément pour les personnes comme votre père.|e leur ai envoyé des boutures l'année dernière».Et puis bon.va continu sur ce ton.|e ne peux évidemment pas raconter des nouvelles, mais au moins essayer de donner un peu de leur couleur.Une dame achète un chien.Elle est avec un ami, Hector.Celui-ci s'adresse au chien: «Tu va l'occuper de Willy.Hector.Veille à ce qu'elle n'epouse personne avant mon retour.«Et le chiot Hector remua le plumet de sa queue.» On se doute qu'il ne remuera pas seulement ça.mais le nez.et les pattes, et les crocs.Un manoir va être vendu, pour que l'on construise à sa place un lotissement du plus bel effet, on s'en doute.Hésitations chez le couple qui l'habite.La Lady est très inquiète: «Il fallait qu'elle aille voir le cuisinier.C'est fou ce que les gens de maison peuvent vous prendre de votre temps en Angleterre, pensa-t-elle».Un dernier exemple de dialogue: «Nous allons au théâtre à Finsbury et ça commence a sept heures.\u2014 Ce n'est pas pratique.\u2014 Cela convient aux ouvriers.Ils doivent se lever plus tôt que nous.* vous comprenez.» |e vous assure, ne ratez pas cela.C'est sobre, direct, fin.sans effets de style, sans un mot de trop.C'est un regard de notre époque, moderne, jeté avec vacherie sur celle qui l'a précédée.LA FIN D'UNE EPOOUc, nouvelles, par Evelyn Waugh.273 pages.Editions Quai Vo-taire.Panv 1989.En traduction Les best-sellers \tFiction et biographies\t\t\t 1\tJackie\tDavid Heyman\tLaffont\t(7) 2\tDédale\tLarry Collins\tLarfont\t(7) 3\tUne Prière pour Owen\tJohn Irving\tLe Seuil\t(12) 4\tJuliette Pomerleau\tYves Beauchemin\tQuébec.'Amérique (22)\t 5\tLes Versets sataniques\tSalman Rushdie\tBourgois\t(3) 6\tUne Héritière de haut vol\tJudith Michael\tLarfont\t(8) 7\tLa Belle vie\tDanielle Steel\tLibre Expression\t(5) 8\tBelle ombre\tFlora Groult\tFlammarion\t(6) 9\tL'Héritage d'Emma Harte\tBarbara Taylor\tBelfond\t(13) 10\tLe Medianoche amoureux\tMichel Tournier\tGallimard\t(2) \tOuvrages généraux\t\t\t 1\tLe Chemin le moin3 fréquente\tScott Peak\tLaffont\t(30) 2\tLe Gourmet de quartier\tVictor Levant\tHurtubise\t(2) 3\tMoi, je m'en souviens\tPierre Bourgault\tStanke\t(12) 4\tVotre alimentation\tMarion Kaplan et Alain Goudil\tLarfont\t(1) 5\tBonne Table, Bon coeur\tA.Lindsay\tLa Pressa\t(1) Les listes nous sont fournies par les librairies suivantes: Àlire (Longueuil).Bertrand, Demarc.Ducharmc, Flammarion, Le Fureteur (Saint-Lambert).Guérin.Hermès, Lettre-Son (Outremont).Martin (Jolietto).Le Parchemin, Baffin, flenaud-Bray et Sons et Lettres.\t\t\t\t Un portrait plutôt mesquin de Jackie FMNCINE OSBORNE On l'a vue en veuve tragique lors de l'assassinat du president Kennedy.On l'a vue en mariée triomphante au bras d'Aristote Onassis cinq ans plus tard.Depuis qu'elle a épouse le sénateur Kennedy dans les années 1950, lacqueline Onassis est la cible des photographes et des journalistes.Il était inevitable qu'elle fasse l'objet de plusieurs biographies, dont la plus récente s'intitule lackie, de David Heymann.Ce n'est certainement pas une biographie autorisée, car le portrait de Mme Kennedy-Onassis est loin d'etre flatteur.Son enfance fut celle d'une «pauvre petite fille riche», marquée par le divorce de ses parents.Son père.Black lack Bouvier, était un alcoolique et un coureur de jupons notoire.Il est mort sur la paillé.Sa mère, lanet Bouvier, en eut assez des infidélités de son mari et divorça pour épouser Hugh Auchincloss.C'était aussi une cavalière accomplie, un goût qu'elle a transmis à sa fille.lu fait, ce qu'on apprend dans ce livre, c'est que le mariage de lacqueline Bouvier et du président Kennedy en était un de pure convenance, nous dit l'auteur.Elle cherchait un homme riche et célèbre, tandis que lui estimait que pour sa carrière politique, il était bon qu'il soit marié.Entretemps.Kennedy avait un appétit sexuel insatiable et trompait sa femme sans arret.De son cote, elle dépensait des sommes astronomiques pour meubler et aménager la Maison-Blanche ainsi que pour ses vêtements.On est loin de la petite famille américaine modèle des photos de 1960-1963.Par ailleurs, on sent très bien dans le livre de David Heymann que l'auteur avait l'ancien président en piètre estime.Il nous le décrit comme un coureur, un opportuniste qui s'est fait élire avec l'argent de son père, un homme qui ne se distinguait pas par une pensée politique particulièrement articulée.Après les tragiques événements de I9b3.lacqueline Kennedy tente de se refaire une vie à New York avec ses enfants.On lui connaît plusieurs chevaliers servants, maisen 1968.elle surprend tout le monde en épousant le richissime Aristote Onassis.On raconte qu'elle a obtenu quelques millions en échange de son engagement.David Heymann.qui a également écrit des biographies de Erza Pound et de Barbara Hut-ton, nous peint un portrait assez mesquin de lackie.Elle pouvait acheter 40 paires de chausssures le même jour, ainsi qu'une vingtaine de robes.Elle envoyait ses factures au début à son beau-père, |oe Kennedy, et, par la suite, à M.Onassis.Ensuite, elle allait chez des marchands de vêtements d'occasion revendre ce qu'elle avait à peine porté.Enfin, malgré toutes ces tribulations, lackie semble avoir trouvé le bonheur avec le diamantaire Maurice Terhpelsman.A 60 ans.elle est devenue grand-mere l'an dernier et fait encore jeune, no- DAVID IIEYMVNN Jac mtrgtbe américain L-vcQiiiiN*; KENNEDY ONASSIS tainment parce qu'elle est toujours restée sportive et parce qu'elle se fait donner les meilleurs soins.Cette biographie, intitulée A Woman Called lackie.ne l'a pas incitée à poursuivre l'auteur en justice.Celui-ci avait, semble-t-il.pris ses precautions.Il a enregistre les centaines de témoignages recueillis sur lacqueline Kennedy Onassis et garde ses cassettes en lieu sur.Ou peut-être lackie est-elle devenue philosophe et tolérante avec les années?La belle vie ¦ Pour les admirateurs de Danielle Steel, les éditions Libre-Expression viennent de publier en français La belle vie.Fine Things en anglais.L'auteur est fidèle à elle-même en offrant un roman sentimental, qui arrachera quelques larmes aux plus sensibles.C'est l'histoire d'un jeune homme de confession juive.Bernie Stern, qui connait beaucoup de succès à la tête de grands magasins, mais des déboires en amour.Même si sa mère veut qu'il épouse une juive, il se marie avec une catholique irlandaise, Liz.Il sera très heureux en ménage, mais le malheur le frappe.En somme, une histoire larmoyante et triste, mais qui finit bien, car La belle vie devient finalement une réalité pour Bernie.JACKIE, David Hevmann, Editions Robert Laffont.P3ris.1989.507 pages, $24,95.LA BELLE VIE.Danielle Steel.Editions Libre-Expression, Presses de la Cite, Montreal, 398 pages.$16.95.Roman policier Ça bouge dans les collections ( 1 ) GILBERT GRAND Petit format et inamovible logo sur couverture jaunâtre, le Masque semblait vouer au roman policier «classique», celui des Ex-brayat.Carr et Steeman, celui surtout d'Agathie Christie et des «reines du crime».Mais voilà que la vénérable collection, fondée en I927 par Albert Pigasse, se paie une petite révolution \u2014 dans la continuité, cela va de soi \u2014 ; elle proposera désormais les meilleurs auteurs policiers actuels, toutes tendances confondues, sous grand format illustré.En attendant les Elmore Leonard, Ruth Rendell.Lawrence Sanders promis, on ne peut que se régaler avec Honni soit qui mal y pense de Peler Lovesey et Un chien dans un jeu de flics de |o-seph Wambaugh.Se mouvant dans l'époque victorienne avec su virtuosité habituelle.Lovesey s'amuse cette fois-ci à envoyer sur la trace de l'assassin d'un célèbre jockey nul autre que le fils de la terrible reine, le futur Edouard VII! Ce savoureux pastiche un rien iconoclaste doit beaucoup à la personnalité extravagante du monarque détective, très porté de surcroit sur la bagatelle.Avec sa langue drue, son humour noir et grinçant, loseph Wambaugh.lui, ne fait pas dans la dentelle.Injustement méconnu du public francophone, il excelle à recréer le monde schizophréni-que des flics américains, dans lequel il a passé plus de quatorze années (voir surtout Soleils noirs qui reparait au Livre de Poche).Dans Un chien., l'intrigue oscille entre burlesque et tragique, le temps de camper une galerie de personnages peu ordinaires: une dame esseulée qui ne vit que pour son chien de race dans une villa dont elle ne peut payer les traites, un «toiletleur» canin, vieux satyre asthmatique qui enlevé le schnauzer de la dame pour se payer une dernière aventure au soleil avec la rançon et un flic clochard au grand coeur, qui oublie dans la vodka sa Russie natale.On en redemande.Noir, c'est noir Sombre crapulel Sous ce litre programme se cache la Rolls Royce des collections policières: papier glacé luxueux, jaquette dépliante en quadrichromie, l'objet a vraiment de la gueule.Le catalogue, encore restreint, révèle un goût éditorial marqué pour le roman noir \u2014 mais alors noir! \u2014 à la limite du baroque et du fantastique.Le dernier paru.Et l'homme a saigné noir de Richard Lortz en est la parfaite illustration.Une richissime veuve ne vit plus depuis la mort de son fils, dont elle conserve religieusement le corps embaumé dans du miel.Pour en ranimer le souvenir, elle se cherche un «fils» par petites annonces interposées.Les trois inconnus qui répondent à son appel au secours ( un nain écrivain, un comédien gigolo et un gamin du ghetto hispanique de New York ) seront emportés à leur tour par sa folie.Étrange, pathétique et dérangeant.Par contraste, la collection Polar d'Acles-Sud.et particulièrement La mort est diplomate de Sébastien Grand (non.ce n'est pas un parent), a cette élégance classique que cet éditeur éclairé a su imposer et conserver depuis des années.Bien sur.le premier roman du diplomate Grand n'a pas l'épaisseur de ceux de K.C.Constantine, dont je vantais les qualités la semaine dernière.Mais il séduit par sa virtuosité en mêlant marivaudage, espionnage et enquête criminelle dans la très select colonie diplomatique de Vienne.On n'est jamais mieux trahi que par les siens.Des «prives» de qualité Que serait le polar.sans ses «prives»?Assurément triste a mourir.Mais à en juger par les volumes qui s'accumulent sur ma table, ce type de héros a encore de beaux jours devant lui.Car même dans ses habits conventionnels, il\" sert souvent de prétexte pour décrire et dénoncer, avec rage ou humour, les tares de notre époque.Ainsi, duns Chair blanche, l'Australien Peter Corris conduit son détective, à la poursuite d'une belle garce, au coeur des combines de la boxe professionnelle et des affrontements interethniques peu connus de son continent.Dans Obédience, loseph Hansen décrit une Californie peu reluisante: celle des paumés et déshérités contraints de vivoter sur les épaves rouillées d'une marina, celle aussi d'une mafia vietnamienne proliférant aux dépens des anciens boat people.Assez pour forcer Dave Brandstetter, le seul détective homosexuel du genre, à renoncera sa retraite.Avec son détective Jacob Asch, Arthur Lyons a contribué dans les années 70 à la renaissance du «privé» aux Etats-Unis, avec les Collins, Estleman.Parker et Pronzini.Depuis Asch a bien roulé sa bosse et gagné une aisance qu'aurait enviée les grands ancêtres.Il faut le voir, dans Caméra-stylet, démêler un noeud de vipères hollywoodien, entre un cinéaste sado-maso à identé multiple, sa première femme plumée une fois mais pas deux, et une galaxie de futurs stars aux charmes fatals.Finalement, tout est dans l'art de conter, comme le prouve magistralement la septuagénaire Ellis Peters avec le frère Cadfael, le Sherlock Holmes du douzième siècle.Le succès de cette série aux intrigues variées et à la reconstitution historique jamais ennuyeuse doit beaucoup au personnage même du héros: astucieux et honnête, ce bénédictin herboriste n'oublie pas qu'il a vécu (croisade et amours).I0I8 a déjà publié trois des Ib «enquêtes médiévales» de Peters.Ma favorite jusqu'ici : Le capuchon du moine et vivement la suite! HONNI SOIT OUI MAL Y PENSE.Peter Lovesey, 249 pages, Éditions du Masque UN CHIEN DANS UN JEU DE FLICS.Joseph Wambaugh.337 pages, Editions du Masque ET L'HOMME A SAICNE NOIR, Richard Lortz, 222 pages, editions Sombre Crapule! LA MORT EST oiplomate, Sebastien Grand.157 pages, Actes-Sud Peter Corris.CHAIR BLANCHE.RivagesNoir no 65 OBEDIENCE.Joseph Hansen, RivagesNoir no 70 CAMERA-STYLET, Arthur Lyons, Série Noire no 2175, Gallimard LE CAPUCHON OU MOINE, Ellis Peters, TRAFIC DE RELOUES, 1018.Christian Bcurgois.Aux Éditions de Minuit: des lectures déconcertantes SUITE DE LA PACE I 1 C'est tout.Il ne se passera rien.Chaque fois que le récit laisse croire à un développement.De-ville l'esquive avec désinvolture.Il s'amuse à écrire.Il intervient dans le récit, sème les commentaires édifiants, multiplie les parenthèses pour y loger ses reflexions, ses intentions: «Elargissons le champ», et des precisions indispensables.Le bruit d'une moto : « bbbrrrrauaooouuum mmnnn-n ».ou le nom latin des oiseaux.Heureusement, les événements insignifiants abondent: « Il ne se passe pas grand-chose dans cette ville, mais, à condition d'etre suffisamment attentif, on trouve toujours des petits détails à raconter».Incongruité des situations Christian Oster.dans Volley-Hall, place son héros, dans des situations parfois peu vraisemblables, mais charmantes.Bertin est chargé, par une veuve éplorée.de veiller son voisin mort.Beaumont, en attendant la venue du thanulo-practeur.Quelques scènes sont irrésistibles.Lorsque Bertin souhaite tracer à la craie la silhouette du cadavre, là ou il gisait auparavant.Il s'y emploie, efface le piètre résultat, puis piétine «l'emplacement, afin de mieux s'entrer les choses en tètc>>.Il s'interroge, avec le ton caractéristique au roman, sur sa vie sédentaire: «Il manquait d'exercice, il aurait du faire un sport mais en avait-il seulement le temps, c'était complique et puis quel sport».Ce sera bien >ur le volley-ball.Oster.narrateur sans-gène, intervient lui aussi dans son récit à l'aide de parenthèses: '
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