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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
I. Arts et spectacles
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 1989-07-29, Collections de BAnQ.

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[" Arts et spectacles Littérature Arts plastiques Disques et vidéos Restaurants LA PRESSE.MONTREAL.SAMEDI 29 JUILLET 1989 .: ' ¦¦¦¦ Les versets sataniques de Salman Rushdie Un brillant exercice de dérision à travers une histoire rocambolesque JEAN-CLAUDE DUSSAULT Deux hommes qui tombent du ciel, au-dessus de la Manche, accrochés l'un a l'autre, ce n'est pas banal.Ce l'est encore moins si l'un de ces deux hommes porte un halo lumineux derrière la tête et l'autre deux petites bosses sur le front comme de jeunes cornes, de bouc.Telles sont les premières images des Versets sataniques ¦¦ Une Tois lancé sur cet élan parodique, le récit de Salman Rushdie nous mène gaillardement à travers une histoire rocambolesque où le rêve lutte avec la réalité d'une aussi féroce façon que lueob avec son ange.Car il s'agit bien d'anges ici.plus précisément de l'archange Cibreel et du bouc infernal Chaytan, de l'antique légende, qui viennent habiter les deux personnages du roman, tous deux issus du monde de la simulation, le premier.Gibreel Farishta.célèbre comédien indien spécialisé dans l'incarnation des dieux du panthéon hindou, le second.Mr Saladin Chamcha.prète-voix polyglotte des messages publicitaires.« l'Homme de Mille Voix et une Voix .qui fait parler les moquettes, le cassoulet et les pois surgelés ».Nous voilà donc, par la volonté de l'auteur, en situation d'équilibre précaire entre la réalité et la fabulation.Ajoutez-y un style d'artificier, un ton.un rythme syncopé par l'agglutination des mots, une imagination furibonde, et la magie éclate.Mais la magie de Salman Kushdie n'est pas inoffensive.Chacun de ses romans a suscité de vives controverses et le scandale provoque par celui-ci a retenu l'attention du monde entier.Le titre donne le ton.même s'il ne se réfère qu'à une partie relativement courte du récit.Il s'agit d'une tradition littéraire médiévale selon laquelle Satan se serait substitué à l'archange Gabriel («l'ange de la Récita-lion») pour dicter à Mahomet la reconnaissance de trois déesses païennes en guise de compromis avec l'ancienne religion.Le prophète se rendant compte par la suite de la substitution dénonça ces versets qui sont passés à I histoire sous le nom de versets sataniques.Or Rushdie reprend sous forme de rêve cette « mésaventure » apocryphe du prophète en y ajoutant lu tentative pernicieuse d'un secrétaire de cluinger un mol par-ci par-là ihinsla transcription des versets coraniques.Et l'auteur poursuit son exercice de dérision en transformant, toujours sous le couvert du rêve, le nom du prophète en celui, parodique, de Mahound et en faisant emprunter le nom des femmes de Mahomet par les prostituées de la ville sainte, elle-même baptisée lahilia qui signifie noirceur.Apres cette parenthèse, re- venons au récit dont les nombreux episodes s'enchainent selon une logique subjective oui tient plus de l'Ulysse de lames Joyce que des Mille et une Nuits, et se déroulent entre deux pôles, Bombay et Londres, véritable saga de l'immigration indienne dans cette ville ( « Londres proprement dit »).C'est là l'aspect le plus révélateur de cette vaste fresque qui met en scène un théâtre de marionnettes ridicules et pathétiques : « Une comédie burlesque pour notre époque décadente et imitative, selon les mots mêmes de l'auteur, dans laquelle les clowns rejouent ce qu'ont d'abord accompli des héros et des dieux.» ( p.424).Il était une fois \u2014 il était et il n'était pas.comme disent les anciens contes, c'est arrivé et ce n'est jamais arrivé \u2014 alors, peut-être ou peut-être pas.Tel est le ressort de la machinerie romanesque de l'auteur, qui lui permet de faire entrer dans un même livre les effets les plus spectaculaires des cultures contemporaines en mutation du fait même de leur rencontre : traditions en voie de désintégration, manifestations politiques, terrorisme et détournements d'avion, ségrégation, exploitation, simulacres de l'amour, envahissement de la publicité, etc.La polyvalence de ses héros, dédoublés par la possession paranoïaque, lui facilite le déplacement des scènes, de l'ascension de l'Everest à la révolution islamique aux confins d'un désert imaginaire, en passant par des manifestations toutes contemporaines dans les rues de Londres ou de Bombay.Ainsi, l'acteur Gibreel Farishta peut rêver qu'il tient le role de l'archange Gibreel dans la scène de l'inspiration du prophète Mahound à qui il doit dicter les réponses du Ciel; mais, contrairement à ses habitudes de comédien, il ne connaît pas le texte et doit tenter de deviner ce que le prophète veut entendre pour le lui souffler par la suite.Cette fantaisie onirique recrée la fabuleuse histoire de la ville de lahilia ( ville de sable où l'eau est l'ennemi N° I ) et de sa décadence illustrée par le récit sarcastique des derniers jours d'un bordel où les prostituées s'affublent du rôle des femmes du prophète.Autre vision, autre récit, ostensiblement inspiré de l'esprit de Garcia Marque/, où Gibreel ne joue que le rôle d'un deus ex-machina.C'est le récit de la belle visionnaire indienne, Ayesha.qui traverse le pays le corps nu recouvert de papillons dorés, suivie de tous les habitants de son village, pour atteindre l'océan qui doit s'ouvrir devant eux et leur laisser le passage libre vers La Mecque.Les influences littéraires sont ainsi nombreuses et même soulignées par l'auteur.Ne citons, en plus de loyce et de Marquez, que celle de Kafka dont la Métamorphose est évoquée avec Edgar Poe était-il un straight?Poe était un \u2022 straight: Un amoureux des lettres qui méprisait au plus haut point les écrivains de son époque.C'est le mythe baudelairien de la morbidité d'Edgar Allan Poe.inspirée par l'opium et l'alcool, remis en question.Voilà l'auteur que présente Claude Richard dans une monumentale réédition de 1 620 pages des contes, poèmes et essais dans la collection \u2022 Bouquins- Robert Laffont.Lire Rudy Le Cours en page 12.HDGAR ALLAN ! voir BAROQUE INDIEN en page I 2 Voisine Hélène i I Pop léger, roefr mordant.| Quelque 57 microsillons québécois sont apparus sur les tablettes des dis-¦\\ quaires depuis le début de l'année.Une grosse production.33 d'entre eux :l ont été enregistrés en français; sur 17 d'entre eux est gravée une musique i instrumentale.Dans cette avalanche, deux disques se distinguent, 'Hélène» 1 de Roch Voisine et 'Menteur» de Jean Leloup; des oeuvres très différentes 1 l'une de l'autre, dont Mario Roy rend compte en page 15.PHOTO Pif Mt MCCANN.U Prme Anne-Marie Alonzo, éditrice, devant quelques exemplaires de sa revue culturelle Trois et des livres publiés par la maison d'édition du même nom.À quatre ans.Trois est une revue qui compti Mais sa directrice Anne-Marie Alonzo sait qu'il ne faudrait pas grand-chose pour revenir au petit 24 pages beige des déh CLAUDE-B.FORTIN Dans le jardin, les grappes du catalpa pendent et le chat Moka flâne près des tomates encore vertes.Sa maitresse, l'auteure Anne-Marie Alonzo.a elle aussi l'àme féline, quoique moins vagabonde.En fait, elle vient tout juste d'apprendre par courrier que le Conseil des arts du Canada lui refuse une bourse sur laquelle elle comptait pour la prochaine année.La déception se lit sur son visage.« Malheureusement, les artistes et les écrivains sont dépendants de l'État.En tant qu'ambassadeur de la culture, nous sommes en quelque sorte des fonctionnaires », déclare Mme Alonzo, encore sous le coup de la nouvelle.Mais la passion qui l'anime lorsqu'elle parle de sa revue.Trois, et du festival qui en découle, lui fait oublier, le temps d'une entrevue, ses problèmes de mécénat.Une revue pleine de promesses Fondée il y a quatre ans.Trois est une revue culturelle remplie de promesses.Depuis la disparition du Québec littéraire, ce mois-ci.Trois est le magazine du genre qui offre le meilleur rapport qualité esthétique et intérêt littéraire.Depuis sa création.Trois est en voie de se tailler un place de choix autant chez les critiques que dans le milieu littéraire québécois.Mme Alonzo a fondé ce magazine en compagnie de deux condisciples, historiens de l'art, Alain Laframboise et Richard Boulet.« Le premier numéro était un petit 24 pages de papier recyclé, beige.Et la couverture était aussi beige que le papier », lance avec humour l'auteure québécoise d'origine égyptienne.Au fil des années, heureusement, la revue s'est sophistiquée.Plus de 400 auteurs ont y signé des textes.Paralysée depuis 23 ans \u2014 « j'ai battu le record de Colette » \u2014 à la suite d'un acci-dent d'automobile, Mme Alonzo écrit avec la bouche.Le logo « 3 », qui représente la revue, est une reproduction du chiffre écrit par l'écrivai-nc.« Nous avons nommé la revue \" trois \".parce que nous l'avons fondée à trois, qu'il y a trois numéros par année et que nous sommes dans la trentaine », précise-t-elle.Un jour, les trois apprentis éditeurs avaient préparé un numéro pour la Nouvelle barre du jour.Les textes avaient déjà été commandés.Mais le projet n'a pas été accepté.« On a essayé de le proposer ailleurs.En vain.D'où l'idée de fonder notre propre revue », d'expliquer Mme Alonzo.Trois, ce n'est pas seulement une revue littéraire, c'est également un magazine de sciences humaines et d'histoire de l'art.À l'intérieur de la jaquette, on peut lire : « TROIS espère susciter le déploiement de textes savants ou capricieux, séduisants ou inquiétants qui rendront à la bibliothèque ses mille paliers où les bibliophiles amoureux s'adonneront à tous les désordres.» Trois est effectivement une revue sérieuse, mais qui ne tombe pas dans les travers intellectuels.Surtout pas une chapelle Le magazine est composé surtout d'essais et de créations littéraires.On retrouve également 30 p.cent de fiction, de poésie et de théâtre.Le reste est composé de photos, de partitions musicales et de dessins.Le noyau des lecteurs fidèles, ce sont surtout des étudiants du cégep et de l'université et.bien sur, des amants de la littérature.« On n'est pas une chapelle.On accepte des textes de toutes tendances, de toutes cultures, d'auteurs connus ou issus de la relève.», précise l'éditrice.En fait, les éditions Trois n'ont que.trois critères de sélection : rigueur, absence de racisme et absence de sexisme.Les directeurs du magazine sont soucieux d'ouvrir les pages à toutes les cultures.Ça se comprend facilement lorsque l'on sait qu'Anne-Marie Alonzo vient d'une famille francophone égyptienne, qu'elle a étudié dans une éco- SUITE A LA PACE I 2 cbneie I 2 LA PRESSE.MONTREAL.SAMEDI 29 JUILLET 1989 Littérature Edgar Allan Poe était un straight* RUOV LE COURS On remet de plut en ftlus en question e mythe baude-lairien selon lequel la morbidité d'Edgar Allan Poe lui aurait été inspirée par un cerveau hanté par les fumées d'opium et les vapeurs d'alcool.Curieusement, on Ut quand même Poe en français comme avant à partir de la très élégante traduction du poète maudit français.Loin d'être mauvaise, cette version française de plusieurs cpntes et de quelques essais de l'écrivain américain a néanmoins quelque chose de réducteur dans la mesure où Baudelaire s'efforçait de rendre les textes de Poe conformes au mythe qu'il avait taille de toutes pièces.Certes.Poe était malade, atteint de psychose maniaco-dépressive, dit-on.Il n'était pas halluciné.On n'a jamais pu établir qu'il ait fumé même une seule fois de l'opium.Poe était un straight.C'était un amoureux des lettres qui méprisait au plus haut point les écrivains de son époque dont il exécrait le style pédant, emphatique, sinon ridicule à ses yeux.(L'avenir semble lui donner raison car rares sont ceux passés à la postérité.) Voilà l'auteur que nous présente Claude Richard dans une monumentale réédition de 1620 pages des contes, poèmes et essais, parue dernièrement dans la collection Bouquins Robert Laf-font.Le tout est accompagné d'un solide appareil critique où l'on retrouve notamment près de 300 pagee de notes éclairantes souvent erudites.Richard semble avoir tout lu de et sur Poe: manuscrits, correspondances, témoignages.Il fait pédagogique ment ressortir les grandeurs et les limites de l'apport de Baudelaire è la diffusion des contes dans la francophonie, celles de Stéphane Mallarmé à la poésie et celles de Paul Valéry pour une partie des écrits critiques regroupés tout le titre Marginalia.Surtout, il réorganise l'ordre de lecture des contes ( il ne parle pas d'«histoires» comme Baudelaire) selon une proposition faite par Poe lui-même dans un court manuscrit intitulé Le Club de rin-Follo.On y apprend clairement que le but des contes (du moins de tous ses contes de jeunesse parmi lesquels se trouvent les fameux Metzcngerstein.Un événement à lèrusalem.Manuscrit trouvé dans une bouteille et Uonnerle) n'est pas de faire peur ou de provoquer des cauchemars mais simplement de parodier, pasticher, imiter des auteurs è là mode.Ainsi Met-zengersteln se moque de E.T.A.Hoffmann ; Le duc de l'omelette caricature Willis, un des premiers employeurs de Poe; Un événement à lèrusalem ridiculi- Edgar Allan Poe se l'orientalisme des romantiques européens; Perte d'haleine tourne en dérison le pseudo-réalisme de l'école écossaise, souligne Richard.Ceux qui ne sont pas convaincus par cette interprétation liront sans aucun doute avec intérêt le recueil d'essais où Poe expose de long en large ses théories littéraires.Claude Richard, qui est mort tout juste avant la publication de cette somme après avoir consacré sa vie à étudier Poe et à lui restituer une image au-delà du mythe, s'attaque par ailleurs aux tenants de l'école psychanalytique qui, à la remorque de la princesse Marie Bonaparte, font de Poe un désaxé, un frustré, un nécrophile, inconsciemment à la recherche de sa mère morte alors qu'il était encore dans son landeau.Cette grande disciple de Freud n'a pas trouvé mieux pour étayer sa thèse que de s'appuyer sur la biographie de Poe écrite par Rufus Wilmot Griswold.son éditeur, son exécuteur testamentaire mais au premier chef son plus grand calomniateur.Richard taille en pièces l'argumentation tordue de la psychanalyste en citant de nombreuses sources de première main qu'elle a ignorées soit par paresse, soit par pure malhonnêteté intellectuelle.Faut-il se surprendre dès lors que Loss of Breath, un conte que la princesse avait traduit et coiffé du titre À bout de souffle (in Poe Histoires, édition Rencontre 1964) a été entièrement retraduit par Richard et baptisé plus justement Perte d'haleine?Désormais, il faudra chercher à lire Poe dans cette édition.Poe s'y retrouve toujours enrichi par les contributions de Baudelaire, Mallarmé et Valéry et en même temps replacé dans sa juste perspective historique et littéraire à l'aide de nombreux textes méconnus ou inédits en français.Petite faiblesse à signaler.L'édition a la prétention de présenter tous les contes, la plupart des poèmes et beaucoup d'essais.Elle ne dit mot de l'oeuvre romanesque et classe même Gordon Pym parmi les contes.C'est peut-être une manière élégante de laisser dans l'oubli La Traversée des Rocheuses, un roman inachevé dont le manuscrit n'a jamais emballé les chercheurs.Edgar Allan Poe.CONTES.ESSAIS.POCMfS.edition établi* par Claude Richard.Robert Laffont.Paris, collection Bouquins.1989.1620 pages, plus 16 pages hors texte.Arme-Marie Alonzo PHOTO PCROt McCANN.U t Au plaisir de lire En vacances, les bons vieux classiques?\u2022Œuvres complètes Le Festival de un cocktail de sons et de lettres JACOUES FOLCH-RIBAS f >*»?-~t » \u2022 »v : ¦Mi -trs -»»s collaboration spéciale ¦I fait chaud, et humide.Le Saint-Laurent glisse et s'étale.Les In-b\\ * diens l'appelaient Sa ' \\y la Grande Rivière qui marche, joli nom.elle marche.Les bélugas ne sont pas tous morts de pollution, heureusement, on en voit encore qui font la roue, blanche, et ça brille au soleil.Des bateaux fourrés de touristes s'en vont vers Ta-doussac.voir les baleines faire l'amour., Les gens découvrent qu'ils ont un corps, sous les vêtements d'hiver qu'on a oubliés, pour une fois.Ça bronze à tout rompre.Au village, on se dit bonjour, n'importe qui, seulement pour le plaisir de se sourire et de se regarder, je vais chercher des journaux, des livres, des revues.Lire les classiques?Cela dépend des classiques.C'est un exercice périlleux, si l'on est un amateur de lecture, un fou de lecture, de vérifier qui a vieilli, et qui pas.Qui a usurpé le titre de classique (tel le borgne, roi des- aveugles, tout simplement parce que peu de gens écrivaient, en son temps).Qui mérite de rester, et reste après lecture.Tout cela pour dire que j'ai découvert \u2014 chez mon ami Boucher, libraire à Rivière-du-Loup \u2014 deux collections prétendant au beau nom de classiques: «Lire et voir les classiques» et «la bibliothèque Lattes».Je vous disais qu'on finirait par y venir, aux livres portables, maniables, reliés, bien présentés, sans trop de papier inutile, et d'un prix abordable.Ça s'en vient.La première collection, celle de Presses Pocket, réunit le texte et l'image.Prenez par exemple La Chartreuse de Parme.Après une très, très courte préface (de Pierre-Louis Rey) vous plongez dans le roman qui, longtemps, resta réservé à quelques amateurs \u2014 vous savez qu'il se termine par Dans la même série, voici Notre-Dame de Paris (Hugo); La Princesse de Clèves (Madame de La Fayette) Eugénie Grandet (Balzac), je ne vous dis pas qu'ils ont tous les mêmes mérites, ces «classiques».Il suffit de choisir selon son coeur.SUITE OC LA PACE I I L'autre collection, la Bibliothèque Lattes est encore plus petite de taille et reliée dans des tons pastel.C'est tout beau, illustré de temps en temps par quelques gravures ou dessins curieux.La, il n'y a même pas de commentaires critiques, mais une courte présentation.C'est le texte seul, et cela se lit très bien.Voici Le lys dans la vallée (Balzac), les Contes fantastiques (Hoffmann) et encore: Notre-Dame de Paris, pour vous faire rêver à Esmeralda et à Quasimodo le bossu.Ah oui, j'allais oublier dans cette même bibliothèque Lattes, une autre série, consacrée aux poètes.Avoir ainsi à portée de main les oeuvres des plus grands, Villon, Beaudelaire, Rimbaud, Ronsard.Superbe C'est l'été, je vous le confirme.Mais les classiques, et somme toute les bons livres, ça n'a pas de saison.Ceux-là sont faits .pour durer.Collection Presses Pocket.Lire et voir les classiques-.LA princesse OE CUVES, par Madame de La Fayette.notre-dame OE paris, par Victor Hugo.eugenie grandet, par Honore de Balzac.LA chartreuse ce parme, par Stendhal.Collection Bibliothèque lattes.notre-dame OE PARIS, par Victor Hugo.CONTES fantastiques, par Hoffmann.LE LYS DANS LA VALLEE, par Honore de Balzac.le allemande, en Egypte, dans un Bays où l'on parlait arabe.Le ta-leau est complété par une grand-mère maltaise qui parlait italien! La revue tente donc de faire éclater les barrières et d'être un lieu accueillant pour tous.Et ça va même jusqu'à la publication de quelques textes en anglais pour mieux faire connaître les auteurs du Canada anglais.Le festival de Trois Cet été, Mme Alonzo est occupée à organiser le Festival de Trois qui a lieu tous les lundis, à la Maison des arts de Laval, jusqu'au 28 août.En collaboration avec le ministère des Affaires culturelles et la Maison des arts!de Laval, Trois présente des «performances littéraires multidisci-plinaires ».A l'image du magazine, le festival se veut également multidisci-plinaire et ouvert.Le principe est simple et dynamique.Un auteur choisit un acteur et un musicien qui l'accompagneront pendant la lecture.Le cocktail peut être surprenant, comme cette soirée de juillet où étaient réunis Marie-Claire Biais, Andrée Lachapelle et Claude Sirois, guitariste.Lundi prochain, ce sera au tour de Gérard Poirier.Sylvie Lemay et Pierre Mailloux d'animer l'agora extérieure de la Maison des arts de Laval.L'été n'est pas encore terminé que Mme Alonzo, l'éditrice, songe déjà au prochain Salon du Livre de Montréal ou elle présentera un projet qui lui tient particulièrement à coeur : La Passion du jeu.Elle hésite à en révéler le contenu, réfléchit une seconde, puis succombe à son emballement, il s'agit d'un recueil de textes de comédiens qui livreront leurs impressions sur le métier.« Qu'est-ce qui les pousse à se livrer corps et âme, chaque soir, en dépit de leurs problêmes personnels, en faisant abstraction de leur vie personnelle?», se demande Mme Alonzo.Elle a conçu ce projet au moment du décès, l'an dernier, d'une de ses amies comédienne, Céline Beaudoin.« En dépit de ses problèmes, elle s'acharnait à monter sur les planches », confie l'éditrice, l'ai voulu savoir pourquoi.La Passion du jeu sera lancé au prochain Salon du livre et regroupera des textes de près d'une centaine de comédiens dont Gilles Pelletier, Denys Paris.Marthe Turgeon et Michelle Rossignol.Elle s'est dite surprise des qualités littéraires que possèdent plusieurs d'entre eux.Deux heures plus tard, le soleil de midi a tourné et le catalpa ne fait presque plus d'ombre.Moka est allé.jouer avec le matou du voisin et Mme Alonzo doit retourner jongler avec les subventions.« En espérant que l'on ne revienne pas au petit 24 pages beige.», conclut-elle.cette dédicace: To the happy few, et ce fut vrai, il ne devint un classique que beaucoup plus tard.Au milieu du livre se trouve un cahier d'illustrations, en noir et en couleurs, très bien fait: des documents d'époque, des tableaux, des portraits.Et, à la fin du petit volume, un dossier critique, mais réduit, sans les terrifie notes des appareils critiques habituels.Simplement, pous vous donner un supplément de plaisir, vous mettre en situation, vous donner le paysage du temps où Stendhal écrivit cette histoire, superbe, romantique, et devenue éternelle.Salman Rushdie prépare un livre destiné.aux enfants d'âpre» Associated Prêts LONDRES Les best-sellers \tFiction et biographies\t\t\t 1\tUne Prière pour Owen\tJohn Irving\tLe Seuil\t(9) 2\tJackie\tDavid Heyman\tLaffont\t(4) 3\tDédale\tLarry Collins\tLaffont\t(4) 4\tUne Héritière de haut vol\tJudith Michael\tLaffont\t(5) S\tJuliette Pomcrleau\tYves Beauchemin\tQuébec/Amérique (19)\t 6\tLa Medianoche amoureux\tMichel Toumier\tGallimard\t(9) 7\tBelle ombre ,\tFlora Groult\tFlammarion\t13) 8\tL'Héritage d'Emma Harte\tBarbara Taylor\tBradford Belfond\t(10) 9\tMort d'un expert\tP.D.James\tFayard\t(4) 10\tLa Belle Vie\tDanielle Steel\tLibre Expression\t(2) \tOuvrages généraux\t\t\t 1\tMoi, je m'en souviens\tPierre Bourgault\tStanké\t(9) 2\tLe Chemin le moins fréquenté\tScott Peak\tLaffont\t(27) 3\tPére manquant, fils manqué\tGuy Corneau\tL'Homme\t(14) 4\tDouces colères\tGil Courtemanche\tVLB\t(2) 5\tOiseaux de l'aat de l'Amérique du Nord\tR.Peterson\tBroquet\t(1) Les listes nous sont fournies par les librairies suivantes: Bertrand, Demarc.Ducharme, Flammarion, Le Fureteur (Saint-Lambert).Guenn, Hermès, Lettre-Son (Outremont).Martin (Joiiette).La Parchemin, Raffin, Renaud-Bray.\t\t\t\t ¦ Salman Rushdie, dont le roman les Versets sa ta niques a fait beaucoup de bruit dans ta communauté musulmane mondiale, observe des mesures de sécurité très strictes et n'habite pas la même maison plus de quelques semaines, selon un reportage du journal The Independent.Rushdie et son épouse, Marianne Wiggins, ont vécu dans toute une sérié de «malsons sûres», depuis que l'Ayatollah Khomeiny, aujourd'hui décédé, a prononcé sa condamnation à mort, le 14 février.Le jour même, des détectives d'une division spéciale de Scotland Yard sont venus les chercher à leur domicile du quartier Islington de Londres, où ils ne sont jamais revenus ensemble depuis.Les maisons habitées par le couple sont généralement utilisées par des espions et des informateurs de Scotland Yard.« Salman est en prison actuellement», a déclaré le dramaturge Harold Pinter, ami de Rushdie.Le journal précise également que le couple aurait dîné en compagnie de certaines de leurs connaissances du milieu littéraire et de politiciens bien en vue, dont le chef du Parti travailliste, M.Neil Kinnock.Rushdie, qui continue a faire des critiques d'ouvrages, prépare L'on aperçoit Salman Rushdie dans son bureau de travail i Londres, à la fin de mois de janvier dernier.Mais depuis sa condamnation à mort par l'Ayatollah Komeiny, Rushdie change constamment de maison.m£PH0T0AP également un livre destiné aux enfants.Les éditeurs Seeker et Warburg exigent qu'aucune photographie de Marianne Wiggins ne soit utilisée lorsqu'ils expédient des copies de son recueil de nouvelles Herself in Love, qui doit être publié ce mois-ci.L'auteur a également dû annuler un voyage eu États-Unis organisé pour faire la promotion de son roman John Dollar.- ._ - ._ .Baroque indien et cynisme SUITE DE LA PAGE I I évidence par la transformation hallucinante de Mr Sa-ladin Chamacha en bouc poilu.Mais la densité et la couleur propres du roman lui viennent de la culture indienne de l'auteur, où l'hindouisme et l'islam cohabitent dans un état d'osmose inimaginable dans un autre pays, et teintent de façon très particulière les apports étrangers qui la transforment malgré tout.Peut-être Salman Rushdie a-t-il réussi à créer une nouvelle catégorie de littérature baroque, Te baroque indien: S'il y a quelque chose de satanique dans ce roman, c'est le cynisme amusé de l'auteur qui se donne même le plaisir d'intervenir à quelques reprises.Pourtant, au dernier chapitre, celui du retour à Bombay, comme s'excusant de ce château de dérision qu'il vient d'édifier, il s'accorde.Sr l'intermédiaire de Mr ladin Chamcha, un répit sentimental surprenant qui reflète peut-être une secrète nostalgie de son pays.LES VERSETS SATANIOUES.par Salman Rushdie, traduction de I anglais par A.Nastier, edit.Christian Bour-gort.Paris 1989.585 pp.J54,95. LA PRESSE.MONTREAL, SAMEDI 29 JUILLET 1989 13 Raymond Plante Le nouveau directeur des éditions du Boréal sourit au défi SONIA SARFATI Les editions du Boreal ont, depuis te fin du mots de juin, un nouveau directeur: M.Raymond Plante, surtout connu pour ses livres et ses émissions de télévision destines aux enfants et aux a-dolescenis.Entré chez Boréal'ên février dernier comme directeur de la collection .jeunesse, il remplace maintenant M.An- - toine Del Busso.< Il > avait mésentente entre les associes, il devait y avoir un départ.C'est l mot qui suis parti.» M.Antoine Del Bus-'¦ so a quitte les editions du Boréal juste \u2022 avant la Saint-Jean.Il travaillait dans -cette maison d'édition depuis une dou- * /aine d \"années, en était directeur général et possédait 35 p.cent de ses actions.Il est aujourd'hui en congé, trouve ça for- .midable et.oui.il a des projets dans l'édition.«Mais rien dans l'immédiat», souligne-t-il.« Le poste de directeur du programme des editions est sûrement un nouveau défi pour M.Plante que nous considérions jusque-là comme un auteur, pas - comme un éditeur», dit Mme lohanne ! Guay.directrice générale de l'Associa- - lion des éditeurs.Un défi que le principal intéressé relè-: ve avec un plaisir évident.Sa voix, son rire, son attitude, tout en lui reflète une réalité: il est heureux du poste qu'il oc-: cupe et des nouvelles responsabilités qui - lui incombent.Des responsabilités d'autant plus importantes que la maison d'édition est actuellement en pleine restructuration.Beaucoup de projets, beaucoup d'idées.Et, tout n'étant pas encore, conclu, beaucoup de secrets.Les prochains titres importants?L'identité de ceux qui ont acheté les actions d'Antoine Del Busso?La rumeur ¦ voulant que les éditions du Seuil soient .parmi les actionnaires de Boréal?Les directeurs éludent, bifurquent, se taisent.«Nous ne voulons rien dévoiler avant que la restructuration soit complétée et Raymond Plante que les personnes concernées aient été averties», dit M.Pascal Assathiany, directeur exécutif de Boréal et actionnaire important de Diffusion Dimedia qui distribue, entre autres, les livres édités par Le Seuil et par Boréal.Et quand M.Assathiany dit «rien», il ne fait pas de figure de style.Ainsi, Raymond Plante n'a pas décrit à La Presse le mandat qui lui a été confié ni expliqué la nature de ses fonctions.Mais il a parlé de lui.Un directeur touche-a-tout « |e n'ai jamais fait de plan de carrière, affirme le nouveau directeur du programme des éditions de Boréal.Mais j'ai toujours eu en moi l'envie d'écrire.» À partir de là.un hasard « un peu dirige» s'est chargé de faire les choses.De PHOTO ROBERT MAIILOUX.U Prnse bien faire les choses.Apres cinq années dans l'enseignement, principalement au niveau primaire.Raymond Plante prend la décision de retourner à l'université pour terminer ses études en lettres.En I974.il publie un roman: La Débarque.Roman qui remporte le prix de l'Actuelle ( l'équivalent du prix Robert-Cliche).Pendant et après cette «débarque» qui est loin d'en être une, Raymond Plante écrit des émissions littéraires et dramati- ques pour la radio.Et la.le hasard frappe a >a porte.Ou plutôt a ses oreilles.Un samedi matin, tranquillement assis chez lui, il entend une annonce radiodiffusée: Radio-Canada cherche un auteur pour rédiger les sketches de Minute Moumoute, une émission de télévision destinée aux enfants.Il répond à l'annonce en envoyant des contes qu'il a écrits pour sa fille.Et il est engagé, en compagnie dr plusieurs autres debutants.lean-Pierre Plante.Michel Rivard.Serge Thériault.Raymond Plante participe ensuite a Du soleil a cinq cents, La boite à lettres.Une fenêtre dans ma tète.L'ingénieux Don Quichotte.Minibus.Et il écrit des livres.Un autre roman pour adultes, trois albums pour les petits, sept romans-jeunesse et trois romans pour adolescents.Depuis Ib ans.M.Plante gagne sa vie en écrivant.Il gagne aussi des prix.Le prix belgo-quebecois I9B2 pour Monsieur Genou, le prix de l'ACELF I982 pour La Machine à beauté, le prix de littérature jeunesse du Conseil des arts du Canada I986 pour Le Dernier des raisins, le prix de l'ACELF I988 pour Le Roi de rien, le prix ANIK 1988° pour l'émission Minibus et un prix spécial décerne par le conseil pédagogique interdisciplinaire du Quebec pour sa contribution en tant que romancier et scripteur d'émissions pour la jeunesse.«l'ai aussi écrit et j'écris encore pour les adultes.Des romans, des téléthéàtres.des teléromans, des émissions littéraires», rappelle l'auteur qui a fondé en 1982 et dirige jusqu'en 1988 la collection leunessoRomans aux éditions Quebec V menque.«Mais comme j'ai beaucoup travaillé pour les enfants et les adolescents, on me colle souvent une étiquette «leunesse».» Malgré la légère amertume qui perce dans sa voix lorsqu'il fait cette constatation.Raymond Plante ne nie pas que les enfants lui ont appris beaucoup.Les siens.Et ceux des autres.«Ils nous font découvrir des choses qui passeraient inaperçues si on était seulement des adultes, dans un monde d'adultes.Ils nous ouvrent les yeux, nous décloisonnent.» Les fantasmes du quotidien de Claire Dé, l'aventure de Somain JEAN BASILE collaboration spéciale ¦I y a de petits livres qui viennent de nulle part et ne vont nulle part, ils apparaissent comme des champignons et pouf.te Désir comme catastrophe naturelle1 est le plus joli titre qui soit.L'auteur.Claire Dé, n'est pas une inconnue en littérature mais elle a plutôt fréquenté les couloirs de Radio-Canada que les éditeurs; Ce livre, tout petit, est donc un début en littérature, onze nouvelles de longueur inégale qui se lisent d'un trait.Il ne faut pas chercher dans ce recueil des théories littéraires.Claire Dé écrit comme elle pense, comme elle sent.Son style est pointu et léger, avec une grande justesse.Elle est dans la tradition classique haletante.Ce sont des phrases courtes, souvent sans verbe, des allusions.Elle aime là litote.Moins on en dit et mieux ça vaut.Dans les meilleurs moments, il y a une vivacité à la Colette qui aurait lu pendant dix ans les auteurs américains de magazine.Titre oblige.Puisqu'il y a du désir, il y a de la sexualité qui est une chose très importante quand on a vingt ans.C'est l'âge que l'on donne généralement aux protagonistes de ces textes, même s'ils sont plus vieux.On pourrait dire que la psychologie n'y gagne pas mais la juvénilité de la prose, si.Les femmes peuvent, être nues et elles prennent des douches.Ou bien elles rencontrent le diable dans la personne d'un joueur d'harmonica' qui parle «de la grande faille marine du Saint-Laurent».On désire et on aime, généralement «pas autant qu'avant».Les personnages de Claire Dé ne sont pas des héros ni des héroïnes.Ils ont beau penser au désastre nucléaire, à la famine en Ethiopie, à la mort, la petite vie continue.Sauf qu'ils pensent beaucoup à tuer.Outre le désir sexuel, Claire Dé ne déteste pas l'idée de la mort violente comme ressort de l'action de ses nouvelles.Mais ces fantasmes ne sont pas si éloignés l'un de l'autre que ça.Quand le désir ou que la mort viennent ou passent, alors.«Ce serait la nuit.Elle et lui.Coincés dans l'étau du destin.Pétris de solitudes.De silences.» Il n'y a pas ce que l'on pourrait appeler un chef-d'oeuvre dans ces onze nouvelles.Elles manquent un peu de chair autour de ce désir.La virtuosité cache un peu trop ce rien de profondeur qui hausserait ces textes d'un cran.C'est une très agréable réussite, hélas présentée d'une telle façon qu'il faut avoir le courage d'ouvrir une bien vilaine couverture pour découvrir sa candeur un peu perverse.claire dé LE DESIR comme catastrophe naturelle l'étincelle En traduction L'Amazonie de Somain ¦ lean-Franco is Somain (qui est aussi Jean-François Som-cynsky en littérature) a toujours aimé les grands sujets et les personnages plus grands que nature.11 a publié de nombreux romans qui sont ce que l'on attend d'un roman-roman : de l'aventure, de l'action.Il a choisi pour son dernier livre l'Amazonie dont on sait qu'elle est en pleine transformation aujourd'hui, à cause de la deforestation.C'est Dernier départ2.Il y a donc le bon savant.Emilian'o Silva, et le vieil indien impassible et quasi aveugle.Il y a une jolie femme, dont personne ne comprend ce qui l'attire chez le vieil Indien plutôt répugnant aux yeux de tous et nonagénaire de surcroit.Il y a neuf personnages qui s'enfoncent dans la jungle et dans l'aventure.L'amour aussi, tandis que, tout autour, se dévoilent un à un les signes qui annoncent que «la jungle est condamnée^ et que «le désert avance» comme il a gagné le monde, en Indes, en Thaïlande, en Afrique, partout où l'être humain a cru vaincre la nature, alors qu'ils la détruisaient.Bien entendu la science, la science appliquée entendons, n'est pas l'amie de Jean-François Somain.D'ailleurs l'histoire se passe-telle aujourd'hui ou dans le futur?Les aventuriers de Jean-François Somain sont peut-être les derniers survivants d'une catastrophe nucléaire.Alors, comme Vendredi dans son ile, il faut apprendre à reconstruire un monde, un ordre «qui aide à vivre».Il faut s'attendre à retrouver, dans chaque personnage, les instincts primitifs de l'être humain tels qu'on les retrouve déjà dans les vieilles légendes indiennes, que l'auteur n'oublie pas.Jean-François Somain ne vise pas à une littérature relevée, intellectuelle.Sa langue est simple, efficace.L'action avance vite.Les sentiments sont directs.On aime.On vit.On meurt.Pourtant, dans ce livre, comme dans les autres, l'auteur aime à dénoncer le danger qui guette une planète en déséquilibre et surexploitée.Il est un peu comme le savant de son roman, Emiliano Silva.Il croit que l'on peut écrire des ouvrages retraçant «sous une forme romancée, intéressante et agréable à lire» l'histoire des malheurs de l'humanité et celle, plus honorable, des êtres humains qui se battent pour un avenir moins sombre.«1» Le Oesir comme catastrophe naturelle Dar Claire Oe.nouvelles.160 pages, edition I Etincelle.Montreal 1989.(2) Dernier Depart par Jean-Francois Somain.roman, 350 pages, editions Pierre Tisseyre.Montreal 1989 Des lasers dans les arcanes du Kremlim infiltré par la CIA FRANGINE OSBORNE Le cardinal du Kremlin n'a l i J rien de religieux./'.C'est un vieux militaire qui joue aux espions pour le rv||| compte des Améri-cains depuis plus de 30 ans.L'enjeu de l'opération cette fois: la technique d'exploitation des lasers mise au point par les Soviétiques pour détruire les missiles ennemis.Tom Clancy, qui se spécialise dans les romans américano-soviétiques à saveur militaire, surprend une fois de plus par son érudition.L'auteur d'Octobre rouge.Tempête rouge et feux de guerre nous dit tout sur les lasers et leurs applications militaires.Ce nouveau roman s'intitule The Cardinal of the Kremlin en version originale.Son «cardinal » est un vieux général.Filitov, qui a accès aux secrets les plus intimes du Kremlin.Clancy nous le décrit comme un vieillard fatigué et solitaire, qui se saoule à la vodka tous les soirs.Néanmoins, Filitov reste très humain malgré ses côtés moins sympathiques.Le véritable héros du livre est encore cette fois-ci lack Ryan, que nous avons vu dans des livres précédents de Clancy.Toujours aussi efficace, l'Américain de la CIA dénouera l'intrigue, pénétrant les sphères les plus hautes du KGB pour y arriver.Cette fois-ci, Ryan est moins impliqué personnellement dans l'action que dans {eux de guerre et encore moins sa famille, qu'on ne voit pas du tout dans le livre.Fidèle à lui-même Tom Clancy nous livre un roman bien documenté, avec un bon suspense.Cet ancien agent d'assurances du Maryland, autodidacte, nous instruit tout en nous divertissant.Le livre est cependant très proaméricain.On sait très bien qui sont les bons et qui sont les méchants dans ce roman.De plus, l'auteur fait tout ce qu'il peut pour nous rendre sympathique la CIA, une tâche assez difficile.Peut-être la prochaine oeuvre de Clancy sera-t-elle plus subtile.* * * DE RETOUR ACHAT ET VENTE OIGIT.1L AUDIO LIVRES, CASSETTES, DISQUES, D'OCCASION 386* St Denis, 387 Ste Anne, Montréal .St Jérôme 8499011 43K88Î ROMAN Un conte de fées moderne ¦ Une héritière de haut vol, de Judith Michael, est un beau conte de fées moderne.Laura est une jeune fille bien mal partie.Voleuse à 15 ans, elle rencontre, au cours d'une «opération», un vieux monsieur qui la prend en charge, l'envoie à l'université et lui laisse un bel héritage à sa mort.Entre-temps, la jeune femme tombe amoureuse du petit-neveu du vieux monsieur et les tourtereaux ont même fixé la date du mariage.Tout va bien jusque-la, sauf que les autres héritiers contestent le testament devant les tribunaux.Pour la jeune fille, Laura, tout s'écroule d'un coup, elle perd son argent, sa situation, son amoureux.Elle doit repartir presque à zéro.ALBIN MICHEL C'est une bien belle histoire, l'herome est sympathique et on se laisse prendre par le roman.Toutefois, tout cela est bien peu crédible, surtout quand Laura rencontre un autre millionnaire qui l'aide à assouvir sa vengeance.Les livres précédents de Judith Michael.Prête-moi ta vie et L'amour entre les lignes, était meilleurs à mon avis.Enfin, pour une lecture d'été, ça va.A noter que le livre est écrit non pas par un seul auteur, mais par deux.Judith Barnard et Michael Fain sont mari et femme dans la vie courante.Les deux Californiens ont uni leurs forces dans leurs deux autres romans.Tom Clancy.Le cardinal du Kremlin.Editions Albin Michel.Pans.1989.610 pages, $25,95.Judith Michael.Une héritière de haut vol.Inheritances anglais.Editions Robert Laffont Paris.1989.608 pages.S24.9S.jettes \u2022o**\" \" iwt es^*Tés ME\"**0 ¦ RÉPONSE À VOS QUESTIONS 14 LA PRESSÉ, MONTRÉAL, SAMEDI 2S JUILLET 1989 MOTS CROISÉS 1 2 34 56 78 9 10 11 12 HORIZONTALEMENT 1 Cri du matou.2 Accord \u2014 Qui présente les couleurs du spectre.3 Un des points collatéraux \u2014 Les élèves y sont nourris et logés.4 il peut voter \u2014 Qui a le poil fort court.5 Cérémonial quelconque \u2014 Coquillage \u2014 Germanium.6 Parcelle \u2014 Essayer.7 Fleur \u2014 Manière habile de faire quelque chose.3 Eprouver du dépit \u2014 Madame.9 Prénom \u2014 Embrasse.10 Levant \u2014 Qui aiment se marrer.11 Fades \u2014 Fondateur de l'Oratoire.12 Effort fait sur un levier \u2014 Massacre sous- VERTICALEMENT 1 Mammifère insectivore.2 Nouveau \u2014 Résultat d'une traction.5 Paresseux \u2014 Rêveurs.4 De façon pratique \u2014 Note.5 Traînard \u2014 Percé.6 Tonne d'équivalent charbon \u2014 Classé par importance.7 Partie dune baguette \u2014 Oéfilquer \u2014 Le soleil s'y lève.8 Fausse \u2014 Avalé.9 Femme de lettres américaine \u2014 Préposition \u2014 Célèbre bataille.10 Souverain bulgare \u2014 Sasser.11 Meubles \u2014 Rigolé.12 Le plus souvent, il est sucre \u2014 File.¦ SOLUTION AU PROCHAIN NUMERO 1 334 S» Tt » 10 11 12 ciHHRiFîsnnrafa ?ara nu m s ujanra mu ranmaïïB ran rcinrciras nnranrarcj EUS» ŒSHliniHS nmfiP.rsmrAunmïA ras Kiisffiran mr.m SOLUTION OU OfRNien PROBLEMS VOTRE IIOROSCOPE OU M JUIllIT AU ÎJ40UT Par un heureux hasard de circonstance», vous obtiendrez une information confidentielle en matière financiere.Voua en oreflterei pour tt-rar des ficelles et ainsi améMorer votre situation, il est possible que l'on vous donne un tuyau sur una occasion an or da fee* l acquisition l un prix ridiculement bas d'un terrain ou d'un objet rare.La août du voyage vous attira.VlfROI OU 2« AOUT au II SI'TCMIH \u2022énisse* la ciel qu'il ne survienne qua da légers problèmes, car votre situation financière pourrait être bien pire et même friser la catastropha.Il n'est pas étonnant que cette journée ne semble pas lever de terre.Au sens du ménage, vous aurai par contre de nombreuses satisfactions alors que vous pourrez manifester votre affection.Attention è votre santé mentale OUtJIIPT(«ll*t etf «u UNCI 2J OCTOaNI Vous devriez prendre avantage d'une idée lumineuse que vous avez conçue en regard de votre carrière ou encore pour la bien de la communauté.N hésitez pas a accepter une invitation d'une personne qui vaut vous amener faire du magasinage.Vous allez sauver beaucoup d'argent.ÏÏU CORFlON OU J4 0CT0IM au h nov!MM».Vous pourriez avoir de longues discussions aujourd'hui avec un groupe d'autres personnes au sujet de questions d'affaires.Cela vous stimulera à produire davantage.On vous demandera même de faire des heures supplémentaires.Profitez-en car vous pourrez ainsi donner suite a un projet d'acquisition d'un appareil utile.Sur le plan sentimental, vous vous sentez dans la peau d un clown.SACITTAIIif OU 2] N0VIMBMI AU 21 OICIMMl La conjecture astrale favorise l'avancement en matière de travail.Si vous êtes en congé, vous aurez l'occasion de vous distinguer lors d'un échange de vues.Mais un Incident fortuit viendra mettra fin prématurément a une partie et vous devrez remettre au lendemain la discussion.Vous vous sentez an meilleure forme physique aujourd'hui et au plan sentimental, vous répondez rapidement aux attentes de votre partenaire.WÊg%m7r OU M OKfMOM SelfoRNl »J»\"ww Des personnes qui sa sont senties incomprises par vous dans le passé tenteront de discuter avec vous.Si vous êtes patient, vous réussirez a être sur la même longueur d'onde.Suivez l'exemple d'une personne que vous admirez, vous sauverez du temps et de l'argent.Sur le plan de la santé, évitez tout excès alimentaire.VIRSiAU ee .'i JAaetfa Alt tt mane Voue auriez intérêt a prendre en consideration les conseils de personne» plus âgées que voua au travail.Cela pourrait vous rapporter des bénéfices.Marié ou célibataire, vous aurez aujour-d hui un pouvoir d'attraction muette que ce soit au trsvatf ou en société.Le» gens gui ont aeode de voyager ou d écrire daa tel Lies ne seront pas trop productifs.Ms auront tendance a remettre au tendemaén ce qu'ils n'ont pas la goût de faire.Attention aux maux de téta.POISSONS ou it H VUII AU 20 MARS vous rêvai de lacs, de montagne» et de paysages escarpe».Peut-être s agit-il d'une réalité si vous êtes en congé?Les astres favorisent des rencontres romantiques ou des activités sociales très prometteuses.Au travail, vous vous sentirez d'humeur paresseuse et voua aurez tendance a méditer.OU 21 MAA» AU 20 AVSIl SI vous ne vous êtes pas fixé de buts précis aujourd'hui, vous risquez d'être désappointé par la courant de la vie.Vous vous sentirez aigri et maussade.Ne comptez surtout pat sur les autres pour vous conseiller, il serait plus indiqué d'aller pratiquer un sport dé plein air afin de vous détendre.TAU (U AU OU II AVRIt AU 20 M4I Une personne que vous aimez beaucoup tentera par pure immaturité a sa venger pour une vétille.Son coup manquera totalement son objectif et tout se terminera dans la rigolade.Ne profitez pas trop de la situation pour l'humilier.Modérez vos désirs passionnels, car vous risquez l'insatisfaction.GlMÎÂUX OU 21 MAI AU 21 JUIN Les natifs de ce signe sont particulièrement stimulés par de nouvelles découvertes.La vie sentimentale est délurée mais attention aux conflits d opinions.Il vous faudra domestiquer votre nature impulsive.L'amitié se bâtit sur la vérité et sur la comprehension mutuelle.Ne tentez pas d'imposer vos vues, on vous rejettera.Une sortie vous détendra.CANCER OU 22 JUIN AU 22 JUIllIT Les efforts que vous avez déployés afin d'améliorer le sort de la eomunauté ou votre situation domestique commencent a porter des fruits.Une nouvelle surprenante vous réjouira au cours de la journée.Par moment, vous vous sentirez très jovial et a d'autres, vous semble-rez plutôt hermétique.Attention aux coups de froid, les maux de gorge vous guettent.MAVIS AUX isctiuw Oe nomBffu» lecteur» écrivent rtful* rement afin d oetemr un* consultation «mieun ne reçoivent lamau de rtDOftMV II y I deue rjnor* oui erelKjuent cms vtuation |n orcmitr lieu (tint donne le volume du courrier i certaine période, nom devent tirer le* lettres eu tort oeum*-mement plusieurs personnes omettent d indiquer des données essentielles, tels i heure le icur i jnnee et le lieu de leur nais-vjnee Sens ces informations, il est impossible de repondre va librement j vos duestions C est pourquoi nous écartent ce genre de lettres Merci d* votre comprehension ¦ Je sub nee a Com* ri te 1$ mer» 1974 a UéH» Quoi eat mon aecetidancT OwH de carrière, signée d'entante, amour, chance pote les années é venèr ?0 Vous avez un ascendant Sagittaire, vous avez une attirann pour les Gémeaux, la Balança et Je Verseau, mais plus encore pour des personnes souvent plus âgées que vous, qui vous donnant 1 Impression d avoir des chose* à vous apprendre, oui wscitent chez vous respect et admira Hon, Ne vous laissez pas trop impressionner par des gens peut-être plus cultivés et jouissant dîne méHIéuré situation sociale, surtout si ces personnes vous cotoyent constamment et tiennent à garder, voire a élargir, une distance psychologique hautaine et méprisante, entre eux et vous.Sur le plan de la carrière, vous êtes une indépendante, une expérimentatrice, une inventive.Très a /'aise dans le commerça, vous communiquez aisément avec le public.Vous avez de bonnes Idées de vente et de publicité.A l'aise aussi dans les relations publiques, avec un peu de travail de bureau, s'il comporté beaucoup d'informatique, vous êtes changeante, vous aimez le mouvement, les occupations qui vous permettent de bouger, de voyager ou d'être an contact avec des gens qui voyagent beaucoup.Vous avez beaucoup de dynamisme Intellectuel.Vous agirez plus sûrement et avec plus de succès dans un cadre professionnel très souple.Vous avez besoin de liberté pour bien travailler.L'encadrement professionnel doit être au minimum.Un obstacle de taille a surmonter: votre profonde crainte d'agir, de foncer et de vous affirmer.Crainte tout a fait exagérée.Donnez-vous de petits défis, de petites responsabilités et augmentez-les progressivement.Vous verrez concrètement que vous êtes plus forte et chanceuse que vous ne le croyez.m Mon fils est né à Laval le 20 janvier 1981 a 18h03.Quel est son ascendant?Oue lui réserve l'avenir (études, santé, travail)?Votre fils a un ascendant Lion.Il a souvent des rapports d'agressivité avec les autres, même s'il ne projette de prime abord une image belliqueuse.Il faudra bien sûr qu'il apprenne ê se contrôler mais derrière ce phénomène, on peut voir que votre fils déeulpe ses forces, se dépasse, lorsquil s'associe i quelqu'un.Dans l'avenir, il travaillera sûrement en équipe ou en association étroite avec une personne énergique.Seul, laissé à lui-même, il perd ses forces et peut facilement devenir dépressif.Il est normal qu'il y a un peu de combattivite et de robustesse dans ses rapports avec les autres en général.Sur le plan intellectuel, c'est un être inventif, qui exprime énergiquement sa pensée, ne craint pas la controverse.Il s'intéressera d la mécanique, au monde technologique.Il adore les outils, les moteurs.Il peut devenir ingénieur ou un technicien dans plusieurs domaines oU il y a du métal, des appareils électroniques.Intérêt aussi pour les mathématiques, l'architecture et le monde de l'aviation.Réserve dans ses sentiments affectifs.Votre fils est assez difficile à saisir, a connaître.Il garde beaucoup de choies en lui.C'est un perfectionniste qui s'épanouira dans son travail, un combattit manquant parfois de diplomatie et de délicatesse, mais pas un méchant.S' vous recherche» la réponse a un proMeme se rappelant a : Mr**MM n surfil d eente à V0TRE HOROSCOPf.U Presse 7 rue Saint-Jacaues.Montreal H2Y ik9 -.br se -.en ¦ {\u2022 .r .-.'vasriqovs VOLTAIRE (Frinçoit-Marie Arou»t dit), né (1894) et mort è Pari» (1778) par le portraiMte Moolaa Largiiiière.Candide \u2014 15 \u2014 On se mit à table; et, après un excellent dfner, on entra dans la bibliothèque.Candide, en voyant un Homère magnifiquement relié, loua l'illustrissime sur son bon goût.« Voilà, dit-il, un livré qui faisait les délices du grand Pangloss, le meilleur philosophe de l'Allemagne.\u2014 11 ne fait pas les miennes, dit froidement Pococurante ; on me fit accroire autrefois que j'avais du plaisir en te lisant; mais cette répétition continuelle de combats qui se ressemblent tous, ces dieux qui agissent toujours pour ne rien faire de décisif, cette Hélène qui est le sujet de la guerre, et qui à peine est une actrice de la pièce; cette Troie qu'on assiège, et qu'on ne prend point: tout cela me causait le plus mortel ennui, l'ai demandé quelquefois à des savants s'ils s'ennuyaient autant que moi à cette lecture: tous les gens sincères m'ont avoué que le livre leur tombait des mains, mais qu'il fallait toujours l'avoir dans sa bibliothèque, comme un monument de l'antiquité, et comme ces médailles rouillées qui ne peuvent être de commerce.\u2014 Votre Excellence ne pense pas ainsi de Virgile?dit Candide.\u2014 |e conviens, dit Pococurante, que le second, le quatrième et le sixième livre de son Enéide, sont excellents; mais pour son pieux Enéc, et le fort Cloanthe, et l'ami Achates, et le petit Ascanius, et l'imbécile roi Latinus, et la bourgeoise Amata, et l'insipide Lavinia, je ne crois pas qu'il y ait rien de si froid et de plus désagréable.l'aime mieux le Tasse et les contes à dormir debout de l'Arioste.\u2014 Oserais-je vous demander, monsieur, dit Candide, si vous n'avez pas un grand plaisir à lire Horace?\u2014 Il y a des maximes, dit Pococurante, dont un homme du monde peut faire son profit, et qui, étant resserrées dans des vers énergiques, se gravent plus aisément dans la mémoire j mais je me soucie fort peu de son voyage à Brindes, et de sa description d'un mauvais dfner, et de la querelle de crocheteurs entre je ne sais quel Pupilus dont les paroles, dit-il, étaient pleines de pus.et un autre dont les paroles étaient du vinaigre.Je n'ai lu qu'avec un extrême dégoût ses vers grossiers contre des vieilles et contre des sorcières: et je ne vis pas quel mérite il peut y avoir à dire à son ami Mecenas, que, s'il est mis par lui au rang des poètes lyriques, 11 frappera les astres de son front sublime.Les sots admirent tout dans un auteur estimé.le ne lis que pour moi ; je n'aime que ce qui est à mon usage.» Candide, qui avait été élevé à ne jamais juger de rien par lui-même, était fort étonné de ce qu'il entendait; et Martin trouvait la façon de penser de Pococurante assez raisonnable.«Oh! voici un Cicéron, dit Candide; pour ce grand homme-là, je pense que voua ne vous lassez point de le lire?\u2014 Je ne le lis jamais, répondit le Vénitien.Que m'importe qu'il ait plaidé pour Rabirius ou pour Cluentius?J'ai bien assez des procès que je juge; je me serais mieux acco-modé de ses oeuvres philosophiques; mais quand j'ai vu qu'il doutait de tout, j'ai conclu que j'en savais autant que lui, et que Je n'avais besoin dé personne pour être ignorant.\u2014 Ah! voilà quatre-vingts volumes de ce recueils d'une académie des sciences, s'écria Martin ; il se peut qu'il y ait là du bon.\u2014 Il y en aurait, dit Pococurante, si un seul des auteurs de ces fatras avait inventé seulement l'art de faire des épingles; mais il n'y a dans tous ces livres que de vains systèmes, et pas une seule chose utile.\u2014 Que de pièces de théâtre je vois là, dit Candide, en italien, en espagnol, en français! \u2014 Oui, dit le sénateur, il y en a trois mille, et pas trois douzaines de bonnes.Pour ces recueils de sermons, qui tous ensemble ne valent pas une page de Sénèque, et tous ces gros volumes de théologie, vous pensez bien que je ne les ouvre jamais, ni moi, ni personne.» Martin aperçut des rayons chargés de livres anglais.«Je cris, dit-il, qu'un républicain doit se plaire à la plupart de ces ouvrages écrits si librement.\u2014 Oui, répondit Pococurante; il est beau d'écrire ce qu'on pense: c'est le privilège de l'homme.Dans toute notre Italie, on n'écrit que ce qu'on ne pense pas; ceux qui habitent la patrie de Césars et des Antonins n'osent avoir une idée sans la permission d'un jacobin.Je serais content de la liberté qui inspire les génies anglais si la passion et l'esprit de parti ne corrompaient pas tout ce que cette précieuse liberté a d'estimable.» Candide, apercevant un Milton, lui demanda s'il ne regardait pas cet auteur comme un grand homme.«Qui?dit Pococurante, ce barbare qui fait un long commentaire du premier chapitre de la Genèse en dix livres de vers durs?ce grossier imitateur des Grecs, qui défigure la création, et qui, tandis que Moïse représente l'Etre étemel produisant le monde par la parole, fait prendre un grand compas par le Messiah dans une armoire du ciel pour tracer son ouvrage?Moi, j'estimerais celui qui a gâté l'enfer et le diable du Tasse ; qui déguise Lucifer tantôt en pygmée ; qui leur fait rebattre cent fois les mêmes discours; qui le fait disputer sur la théologie; qui, en imitant sérieusement l'invention comique des armes à feu de l'Arioste, fait tirer le canon dans le ciel par les diables?NI moi, ni personne en Italie n'a pu se plaire à toutes ces tristes extravagances.Le mariage du péché et de la mort, et les couleuvres dont le péché accouche, font vomir tout homme qui a le goût un peu délicat; et sa longue description d'un hôpital n'est bonne que pour un fossoyeur.Ce poème obscur, bizarre et dégoûtant, fut méprisé à sa naissance; je le traite aujourd'hui comme il fut traité dans sa patrie par les contemporains.Au reste, je dis ce que je pense, et je me soucie fort peu que les autres pensent comme moi.» Candide était affligé de ces discours; il respectait Homère, il aimait un peu Milton.«Hélas! dit-il tout basa Martin, j'ai bien peur que cet homme-ci n'ait un souverain mépris pour nos poètes allemands.\u2014 Il n'y aurait 6as grand mal à cela, dit Martin.\u2014 Oh! quel omme supérieur! disait encore Candide entre ses dents, quel grand génie que ce Pococurante! rien ne peut lui plaire.» Après avoir fait ainsi la revue de tous les livres, ils descendirent dans le jardin.Candide en loua toutes les beautés.«Je ne sais rien de si mauvais goût, dit le maître: nous n'avons ici que des coligichets, mais je vais dès demain en faire planter un des dessin plus noble.» Quand les deux curieux eurent pris congé de Son Excellence: «Or ça, dit Candide à Martin, vous conviendrez que voilà le plus heureux de tous les hommes, car il est au-dessus de tout ce qu'il possède.\u2014 Ne voyez-vous pas, dit Martin, qu'il est dégoûté de tout ce qu'il possède?Platon a dit, il y a longtemps, que les meilleurs estomacs ne sont pas ceux qui rebutent tous les aliments.\u2014 Mais, dit candide, n'y a-t-il pas du plaisir à tout critiquer, à sentir des défauts où les autres hommes croient voir des beautés?\u2014 C'est-à-dire, reprit Martin, qu'il y a du plaisir à n'avoir pas de plaisir?\u2014 Oh bien! dit Candide, il n'y a donc d'heureux que moi, quand je reverrai mademoiselle Cunégonde.\u2014 C'est toujours bien fait d'espérer», dit Martin.Cependant les jours, les semaines s'écoulaient ; Cacambo ne revenait point, et Candide était si abimé dans sa douleur qu'il ne fit pas même réflexion que Paquette et frère Giroflée n'étaient pas venus seulement le remercier.CHAPITRE VINGT-SIXIÈME D'UN SOUPER QUE CANDIDE ET MARTIN FIRENT AVEC SIX ÉTRANGERS, ET QUI ILS ÉTAIENT Un soir que candide, suivi de Martin, allait se mettre à table avec les étrangers qui logeaient dans la même hôtellerie, un homme à visage couleur de suie l'aborda par-derrière, et, le prenant par le bras, lui dit: «Soyez prêt à partir avec nous, n'y manquez pas.» Il se retourne, et voit Cacambo.Il n'y avait que la vue de Cunégonde qui pût l'étonner et lui plaire davantage.Il fut sur le point de devenir fou de joie.Il embrasse son cher ami.«Cunégonde est ici, sans doute?Où est-elle?Mène-moi vers elle, que je meure de joie avec elle.\u2014 Cunégonde n'est point ici, dit Cacambo, elle est à Constantinople.\u2014 Ah ciel! à Constantinople! mais fût-elle à la Chine, j'y vole, partons.\u2014 Nous partirons après souper, reprit Cacambo; je ne peux vous en dire davantage; je suis esclave mon maître m'attend ; il faut que j'aille le servir à table: ne dites mot ; soupez, et tenez-vous prêt.» Candide, partagé entre la joie et la douleur, charmé d'avoir revu sona gent fidèle, étonné de le voir esclave, plein de l'idée de retrouver sa maîtresse, le coeur agite, l'esprit bouleversé, se mit à table avec Martin, qui voyait de sang-froid toutes' ces aventures, et avec six étrangers qui étaient venus passer le carnaval à Venise.Cacambo, qui versait à boire à l'un de ces étrangers, s'approcha de l'oreille de son maître, sur la fin du repas, et lui dit: «Sire, Votre Majesté partira quand elle voudra, le vaisseau est prêt.» Ayant dit ces mots, il sortit.Les convives, étonnés, se regardaient sans proférer une seule parole, lorsqu'un autre domestique, s'appro-chant de son maître, lui dit: «Sire, la chaise de Votre Majesté est à Padoue, et la barque est prête.» Le maître fit un signe, et le domestique partit.Tous les convives se regardèrent encore, et la surprise commune redoubla, un troisième valet, s'approchant aussi d'un troisième étranger, lui dit: «Sire, croyez-moi, Votre Majesté ne doit pas rester ici plus longtemps: je vais tout préparer»; et aussitôt il disparut.Candide et Martin ne doutèrent pas alors que ce ne fût une mascarade du carnaval.Un quatrième domestique dit au quatrième maitre: «Votre Majesté partira quand elle voudra», et sortit comme les autres.Le cinquième valet en dit autant au cinquième maitre.Mais le sixième valet parla différemment au sixième étranger, qui était auprès de Candide; il lui dit: «Ma foi, sire, on ne veut plus faire crédit à Votre Majesté ni à moi non plus, et nous pourrions bien être coffrés cette nuit, vous et moi ; je vais pourvoir à mes affaires, adieu.» Tous les domestiques ayant disparu, les six étrangers, Candide et Martin, demeurèrent dans un profond silence.Enfin Candide le rompit: «Messieurs, dit-il, voilà une singulière plaisanterie.Pourquoi étes-vous tous rois?Pour moi, je vous avoue que ni moi ni Martin nous ne le sommes.» Le maitre de cacambo prit alors gravement la parole, et dit en italien: «Je ne suis point plaisant, je m'appelle Achmet III; j'ai été grand sultan t plusieurs années; je détrônai mon frère; mon neveu m'a détrôné; on a coupé le cou à mes vizirs; j'achève ma vie dans le vieux sérail; mon neveu le grand sultan t Mahmoud me permet de voyager quelquefois pour ma santé; et je suis venu passer le carnaval à Venise.» a suivre LA PK6SSE.MONTREAL SAMEDI 29 JUILLET 1989 IS Autour de la galaxie : le miel de Voisine et le fiel de Leloup MAWO ROV Depuis le début de l'année, quelque 57 nouveaux microsillons québécois sont apparus sur les étalages des disquaires \u2014 dont 33 en langue française, les autres étant en anglais (S) ou instrumentaux (2).Ceci, sans compter les 35 disques en provenance des autres pays de la francophonie et distribués ici.C'est énorme.On trouve de tous les genres, de tout pour tous, du meilleur et du pire, une marée débordante qui, fatalement, va laisser plusieurs disques dans l'oubli.Apres que les dernières oeuvres de grands \u2014 Rivard, Piche, Seguin et quelques autres \u2014 eurent été reçues avec enthousiasme par lé public, il était prévisible que l'industrie.Musicaction aidant, tente de ramasser la manne pendant qu'elle tombe.Dans ce déluge, de Martine Chevrier à Louise Portai en passant par Michèle Richard et Mario Trudel, deux parutions récentes retiennent particulièrement l'attention \u2014 pour des raisons bien différentes dans l'un et l'autre cas.Pour les deux artistes en question, il s'agit d'un premier microsillon \u2014 bien que le premier, Roch Voisine, ait déjà fait une tentative en anglais.Pur produit de la télévision.Voisine est devenu en quelque sorte le pendant masculin de Mit-sou : construction méticuleuse de l'image, chansonnettes rondement menées, succès instantané et-assez phénoménal auprès d'un public de pré-adolescentes sensibles à la fois à l'effronterie de la chanteuse et au romantisme du chanteur.Bref, Hélène se vend comme ce n'est pas permis.Dans l'autre coin de la galaxie, un |ean Leloup habile dans son cheminement, baveux juste ce qu'il faut, réussit l'exploit d'attirer les qualificatifs les plus dithyrambiques de la part des milieux branchés avant même d'avoir accouché de son bébé.Or, le voici, ce bébé : Menteur est en quelque sorte le pendant du Amère America de Luc De Larochellière, un premier essai pleinement réussi bien que souffrant de quelques excès propres au genre.Cette chère Hélène.L'industrie a beaucoup misé sur Roch Voisine.Par exemple (et ce serait, sauf erreur, une première dans le genre pop léger au Québec), son microsillon a été enregistré et mixé sur une quincaillerie numérique, procédé plus coûteux comme on s'en doute, mais qui donne à Hélène un son absolument impeccable.Voisine a écrit la plus grande partie des paroles et musiques des dix pièces du disque; la moitié sont des ballades.En studio, il s'est entouré d'une équipe de onze musiciens et choristes groupés autour du claviériste, programmeur et arrangeur Scott Price.L'ambiance, en studio, a dù être particulièrement relax.Car Price n'a visiblement exigé de personne quelque géniale envolée instrumentale; par exemple, le bassiste Sylvain Bolduc et le batteur Richard Provençal, qui sont des pros de l'enregistrement, produisent une rythmique.euh.plus prévisible que ça, tu meurs.Les guitares sont coulées dans le même moule, malgré les pathétiques efforts de Michael Pucci dans Ton blues.Seul Price semble s'être laissé aller à quelques petites folies \u2014 bien douces.\u2014, la vigoureuse trompette synthétique de Pour une victoire, par exemple.Bref, Hélène est impeccable.Et impeccablement ennuyeux.Sur ce fond sonore.Voisine chante avec toute la conviction dont il est capable, mais aucune autre pièce ne le fait aussi bien paraitre que la pièce-titre.Hélène, malgré tout le sirop qui en dégouline, a un petit quelque chose de très accrocheur et Voisine tire tout le parti qu'il y a à en tirer avec ses intonations émues données par une voix à la Peter Prin-gle.Outre l'effet qu'il peut avoir sur le rythme cardiaque des fans de Roch Voisine, le microsillon Hélène est encore utile à quelque chose.Il coule dans le béton une tendance qui s'était amorcée avec Incognito de Céline Dion : celle de se soucier de donner à la production québécoise, jusques et y compris dans le genre pop léger, une impeccable qualité d'enregistrement et d'instrumentation.Le phénomène Leloup Il faut être un maître pour déverser ainsi son fiel sur l'industrie du disque et les gens qui la composent, et réussir en même temps à signer avec Audiogram et à profiter d'un solide préjugé favorable dans les milieux qui comptent.Et ça dure depuis le Festival de la chanson de Granby où, en I983, lean Leclerc-Leloup avait remporté les grands honneurs ; et ça dure depuis le Starmania de 1987, qui avait permis à Leloup de titiller les critiques.Pourtant, dans Cow boy, Leloup chante avec hargne : Si ma guitare était un revolver Qu'est-ce que y me taperais pas Comme hommes d'affaires.C'est la bande des avocats des contrats que {'comprends pas Là vraiment /suis pas capable.Et en entrevue, l'homme n'hésite pas à parler des « paquets de nouilles de l'industrie » et à évoquer Brel ou Brassens, de sorte qu'on en rajoute et qu'on finit Ear parler d'un nouveau Plume atraverse, d'un Tom Waits revu et corrigé, d'un nouveau poète des tavernes et des ruelles.Le plus fascinant dans tout ça, c'est que ce jeune loup \u2014 qui, visiblement, ne se prend pas pour la moitié d'une mandarine \u2014 réussit effectivement, dans Menteur, à raconter des histoires fou-tument originales, pas bébétes du tout la plupart du temps, venues de coins inexplorés de I univers et de l'âme humaine.Le tout sur une musique absolument potable \u2014 et même un peu plus à l'occasion \u2014, pleine d'imprévus, concoctée en studio par une équipe réduite de quatre ou cinq musiciens auxquels s'ajoutent, pour une pièce chacun, des noms aussi Brest igleux que le guitariste Rick la wort h ou le saxophoniste lean-Pierre Zanella.Tout cela est très, mais alors très, réussi.L'écueil qu'il fallait éviter, dans le genre intello-sans-avoir-l'air-d'y-toucher, c'était de trop en mettre dans le verre de cognac \u2014 gnac, gnac, gnac, comme disait l'autre.La majorité des pièces tombent pile, avec juste ce qu'il faut de débordements langagiers et d'originalités instrumentales.Printemps été est ravissante d'impertinence (joyeusement cochonne, pour être franc); Miss Mary Popper, dans laquelle Haworth se glisse avec habileté, est fantastiquement menée; Début des temps est certainement amusante.Mais la caricature de Laura fait un peu dans le t rag Moquent (sic); et Cow boy \u2014 j'y reviens \u2014 est un sommet dans l'art d'enfoncer des portes ouvertes.Reste que ce bonhomme-là a un sacré talent, c'est un fait, tout le monde le dit et néammoins, c'est vrai.Sony Labou Tansl Griot des temps modernes YVES DUBÉ collaboration spéciale Sony Labou Tansi raconte, haussant le ton, tonitruant ses vérités, nous entraînant dans Une géographie tellement exoti-! que qu'on ne peut que s'y perdre, ponctuant son récit de petites ' morales qui nous font sourire ' mais qui à la réflexion nous séduisent par leur justesse.Sony Labou Tansi raconte, in-.ventant des menteries d'une superbe aussi neuve qu'insinuante, ' psalmodiant des gestes millénai-.res, se moquant des crédulités par interposition de personnages par-'.ce que les Autorités savent tout, .les Autorités étant là comme partout ailleurs du reste, l'incarna-.tion vivante de notre veulerie col-lective.\u2022 Sony Labou Tansi raconte.H .est déchaîné.Il fait fi de tout cartésianisme possible.Le lecteur se demande où il veut en venir.Avec ses colosses, ses colonels, ses maires, ses curés, il fait un cinéma du diable tel qu'un chaton ne se* souviendrait pas d'avoir eu une \u2022 mère.Mais le Volcan veille, le Volcan a des yeux, il voit tout.Il est la \u2022 Terre, il est l'Afrique, il est ' l'Homme dont la conscience .éveillée tente de sonner l'alarme malgré les interdits historiques, les rebuffades tragiques, les coups de trique donnés I droite et à gauche sur un Destin aveugle.À l'homme qui est une ile des théoriciens existentialistes l'auteur oppose l'homme qui est regardé par le Volcan et qui par réverbération logique serait donc un Volcan.Les éléments grondent dans un sous-sol inconnu.Le poids de nos corps et de nos cités tente de les contenir mais de temps en temps, ils s'expriment et nous expions nos effronteries, notre prise de possession, notre irrespect envers notre Mère nourricière.Le Volcan nous regarde et que nous l'oublions ou non, nous en subissons les conséquences.Sony Labou Tansi nous avertit tout en nous ensorcelant, nous subjuguant.Influencé par sa passion du théâtre, l'auteur met en scène des personnages de toute engeance, des plus extravagants aux plus Sony Labou Tansi cruellement collés aux réalités quotidiennes.Par exemple, dans un motu proprio aux autorités, il fait dire à Jean-Paul II: «Badinez fas avec le Bon Dieu, messieurs.outez la merde que vous pouvez, tuez qui vous voulez dans votre enclos, mais laissez le Christ et les apôtres en paix.En matière de sottise, vous ne sauriez descendre plus bas que la crucifixion, croyez-m'en.Et dans le domaine du laisser-aller, vous ne battrez pas Ponce Pilate.Tout le mal a été inventé, contentez-vous des reprises et des singeries.Ne cherchez pas les poux dans la parole de Dieu.N'éteignez pas la lumière qui dort dans le verbe.Fou- tez la viande que vous voulez! Laissez la lumière en paix, messieurs.» (p.17) L'histoire de ce roman, il va sans dire, ne se raconte pas.Elle est comme un poème épique avec des interventions dignes des meilleurs mélodrames.On dirait par moments un larry poursuivant la folle équipée des Ubu \u2014 père et mère \u2014 mais avec des visions presque dantesques, des intuitions prolifiques à souhait, des visions dignes d'un film à grand déploiement.Pourtant dans tout cela rien n'est gratuit, rien n'est réellement laissé au hasard.Tout est orchestré pour laisser filtrer HELENE.Roch Voisine; les Disques Star; dis-due.cassette et disque compact.MENTEUR.Jean Leloup : Audiogram; disque, cassette et disque compact.un message issu de l'étude attentive de l'être humain, de ses faiblesses, de ses qualités d'éveil à vouloir recréer sans cesse une vie qui finit toujours par se ressembler à elle-même puisque, comme dit l'auteur: «L'existence est une dette».Sony Labou Tansi décrit un sage en disant: «Il avait toujours entretenu un rapport de fulgurance avec les mots», le n'ai pu m'empêcher d'imaginer que ce personnage pouvait être un peu l'incarnation de l'auteur qui visiblement n'entretient pas un rapport de fulgurance seulement avec les mots mais également avec les idées, l'Histoire, l'évolution de l'homme, sa terre natale, la mouvante et criante personnalité de ses habitants depuis leur magnifique autosuffisance jusqu'à l'oppressante présence des envahisseurs de tout acabit, jusqu'au moment où «l'argent tuait la vertu.On vendait son âme pour nourrir sa chair», (p.72) Ce récit dont chacun des épisodes \u2014 tout en ayant une valeur symbolique réelle \u2014 résonne comme un rappel des vérités premières n'est pas sans nous forcer de renouer avec la réalité très contemporaine.A preuve ces quelques lignes: «Mais le maire était emmitouflé dans un complet signé Laurencio Lapey et il signifia à son hôte qu'il était invité à la prise de la Bastille et au feu d'artifice des résidents français qui fêtaient le bordel d'une Révolution dont plus personne ne se souvenait autrement qu'en saignant des bouteilles d'alcool ».( p.73) Finalement, on se demande souvent de qui parle l'auteur, à qui ressemblent tous ses personnages, que signifie toute cette mise en scène surtout quand on bloque sur des réflexions comme celle-ci: « Ici, les gens s'attendent à gouverner trois millions de sourds-muets, à qui l'on donne trois soupes de slogan par jour et une défense formelle de penser».Les lecteurs, pas trop pressés, s'amuseront à ramasser des dizaines de pareilles perles si le coeur leur en dit.Les yeux du volcan.Sony Labou Tansi.Paris.Editions du Seuil.1988,192 pages.L'Immense Beethoven de Polllnl CLAUDE CINCRAS Les 32 Sonates de Beethoven forment ce qui est très certainement le corpus le plus complet de la littérature pianistique: c'est le plus exigeant à tous égards pour l'interprète et.en même temps, le plus satisfaisant pour l'auditeur.Ce sont les oeuvres qui reviennent le plus souvent dans les programmes de récital et de nouveaux enregistrements en paraissent chaque mois, s'ajoutant à des intégrales déjà fort nombreuses.Voici, justement, trois nouveaux disques, réunissant au total neuf sonates, l'une d'elles, la célèbre Waldstein, figurant sur deux disques.Ces trois disques illustrent d'ailleurs ('«universalité» de Beethoven.Les pianistes allemands n'ont plus le monopole en ce domaine.L'époque des Schna-bel, Kempff et Backhaus est révolue.Ces trois disque» représentent autant de nationalités.Ils sont signés de l'Italien Maurizio Pollini, du Soviétique Mikhail Pletnev et de l'Irlandais lohn O'Conor.Le plus remarquable est celui de Pollini.Le célèbre pianiste a ses inconditionnels et ses détracteurs.|e reconnais que ce qu'il fait n'est pas toujours convaincant.Ses dernières Sonates de Schubert, par exemple, sont assez indifférentes.Pollini avait signé il y a quelques années une admirable version de ces pages de haute abstraction que sont les cinq dernières Sonates de Beethoven.Cette fois, il se tourne vers des sonates de la période «médiane».Contrairement aux deux autres pianistes en présence, qui en jouent trois chacun, Pollini en fait quatre: celles auxquelles on a donné les titres de Tempête et de Waldstein, celle que Beethoven a lui-même intitulée Les Adieux (du reste en français), ainsi que l'op.79, dont la brièveté (neuf minutes) a permis de tasser ainsi The Nlts À découvrir ALAIN BRUNET ¦ Le neuvième microsillon des Nits est le premier à être lancé en copie canadienne.Il était temps, car ce groupe hollandais mérite le meilleur des traitements.le les ai vus récemment au Foufounes Electriques (mi-juillet) et je puis confirmer leur très gros calibre.Mémorable concert, dois-je renchérir.Car on parle d'un quatuor très important dans le monde de la pop internationale, tant sur le plan de la qualité composition-nulle que de ceux de l'énergie et de la livraison.Leur assemblage à tout le moins futé résulte d'une foule d'influences sous le dénominateur commun suivant : la pop britannique des années soixante.Les Beatles furent effectivement la première source d'inspiration de cette formation d'Amsterdam, d'où le nom Les Poux.Hat, le dernier disque, met l'accent sur les claviers synthétiques et l'accordéon, les balais flattent les percussions, la contrebasse ( acoustique, s'il vous plait ! ) ponctue subtilement les mélodies.Avec The Nits, l'imaginaire « retro nuevo » de Paolo Conte se mêle au bal musette, au cabaret berlinois des années 20, au mini-malisme américain.Et tout repose sur une base rockl Patchwork ?Absolument pas : tout y est épuré, simple, doux, accessible et audacieux.Ce groupe majeur de la scène européenne devrait absolument être endossé en Amérique.HAT.The Nits.EpicCBS EEPK 90808.plus cassette et vinyle.quatre sonates sur un même compact.Comme toujours chez Pollini.ce qui frappe d'abord, ici, c'est la force de la pensée, une pensée qui gouverne constamment la sensibilité et qui s'appuie sur ce qui, actuellement, est sans aucun doute la plus parfaite technique de piano et la science la plus complète des ressources expressives de l'instrument.Le Beethoven de Pollini est plein de contrastes: il peut être d'une puissance foudroyante (comme si le pianiste voulait justifier le nom de Tempête qu'a pris l'op.31 no 2!) et d'une vitesse absolument démentielle, comme il peut être d'une douceur et d'une intériorité indicibles, avec un incroyable soin du détail ( par exemple, dans la Waldstein, à la toute fin de l'étrange introduction menant au rondo final, ce sol retenu qui annonce ce qui va suivre.).Pollini.je le reconnais, a parfois tendance à jouer deux fois plus fort ce qui est simplemet indiqué «f» et, à cet égard, son op.79 est presque hystérique.Il est cependant impossible de rester indifférent devant son immense vision et l'infinie variété de sa dynamique pianistique.Le Beethoven pourtant très intéressant de Mikhail Pletnev appartient, il faut bien le dire, à une sensibilité d'un ordre inférieur.Son disque reste quand même très valable.En isolant des éléments du discours, en accentuant le dramatisme de cette musique, le pianiste soviétique parvient à dire quelque chose de neuf dans des sonates jouées à satiété, soit la Waldstein, la Clair de lune et YAppassionata.Ainsi, j'ai rarement entendu le premier mouvement de la Clair de lune dans un «sostenuto» aussi parfaitement réalisé.Malgré ici et là certains maniérismes, le disque mérite une audition, surtout que le son du piano est superbe: très clair, avec une belle profondeur.En fait, la prise de son est meilleure que dans le disque de Pollini.où elle est un peu dure.Mikhail Pletnev est relativement connu.Il avait remporté le premier prix du Concours Tchaikovsky de Moscou en 1978 (l'année même où le Canadien André Laplante y avait reçu un deuxième prix).En raison de la complexe translittération du russe, le nom est parfois orthographié Pletnyev et même Pletnyov, car c'est ainsi qu'il se prononce.Les discophiles connaissent également le nom de lohn O'Conor par ses nombreux enregistrements d'oeuvres de son compatriote lohn Field.O'Conor a choisi des sonates relativement faciles et moins importantes.Son interprétation possède de l'élégance et un certain caractère.Mais un Kuerti et un Ashkenazy font davantage avec cette musique-là.Le jeu de M.O'Conor est d'ailleurs affecté de certaines gaucheries.BEETHOVEN : Sonates pour piano.No 17.en ré mineur, op.31 no 2 trempe to.no 21.en do majeur, op.53 l Waldstein): no 25.en sol majeur, op.79: no 26.en mi bémol majeur, op.81a < tes Adieux).Maurizio Pollini, pianiste (Deutsche Crammopnon, compact.327 642-2.+ casse tt ol.No 14.en do dièse mineur, op.27 no 2 ( Clair de lune): no 21.en do majeur, op.53 Waldstein); no 23, en fa mineur, op.57 {Appassionato).Mikhail Pletnev.pianiste (Virgin Classics, compact, VC 7 90737-2; + 33-tours et cassette 1.No 15, en ré majeur, op.28 ( Pastorale): no 16, en sol majeur, op.31 no 1; no 18, en mi bémol majeur, op.31 no 3.John O'Conor.pianiste (Telarc.compact seulement, CD-80185).GALERIES D'ART JU ^eeutùûA^tce CLASSES DE DESSIN ET DE PEINTURE Base, intermédiaire et avancé Inscription tout l'été 3823, St-Denis, Montréal (metro Sherbrooke) Perm\u201e c,)ltufei 843-6830 n° 749502 I 6 LA PRESSE, MONTREAL, SAMEDI 29 JUILLET 1989 Restaurants Le Nord tient encore le flambeau FRANÇOISE KAYIER Alcpoquc ou chaque automne ramenait le Grand Salon culinaire des Laurentides.événement que l'on n'a jamais reproduit ni là.ni ailleurs, la table faisait la gloire de cette region.Autant, et peut-être plus, que ses pentes de ski.que ses feuilles rouges.Le Nord a été la première region à cultiver vraiment t'art culinaire et à faire de lu gastronomie un atout majeur de son rayonnement.Quelques noms, quelques maisons, tiennent encore le flambeau.Parmi celles-là.le Chatel Vienna représente une certaine «vieille école» qui maintient la tradition de l'hôtellerie.A Ste-Agathe.la maison a autant de charme l'été que l'hiver.Le decor a su s'intégrer et faire le tour des saisons, offrant la chaleur d'un feu de cheminée autant que la vue plongeante sur le Lac des Sables.De ce côté-là.une belle salle à manger a remplacé l'ancienne galerie où l'on prenait l'apéritif.Largement vitrée.colorée en bleu et en blanc, fraîche et jolie, elle a un côté à la fois pimpant et apaisant.Les éléments décoratifs de cette piece, comme tous ceux de la maison, rappellent les origines autrichiennes des propriétaires.Et l'uniforme que l'on porte en salle en fait un rappel discret et élégant.D'autant mieux que ce service est mené dans les régies, avec autant de précision que de discretion et.cependant, d'attention.En entrée, et parce que c'était encore la pleine saison des asperges, celles-ci étaient présentées (iedes sous une sauce fine.Aioef qes au sjbayon de vin blanc Foies de faisan au madère Wiener Schnitzel Faisan aux canneoerges Tarte glacée au rhum Foret Noire Cafes Menu pour deux, avant vin.taxe et service $62 90 un sabayon beaucoup plus léger que toutes les préparations habituellement proposées, à peine parfumé et pas du tout acidu- lé.C'était aussi simple que savoureux.Les foies de faisan étaient servis avec très peu de riz.juste ce qu'il fallait pour ne rien laisser échapper d'une sauce voluptueuse qui enveloppait des abats cuits avec justesse, tendres et fondants.Le Wiener Schnitzel est célèbre.Cette escalope viennoise est servie souvent.Et souvent sans égard : elle est au veau, ce que la bavette est au boeuf.Au Chatel Vienna, elle est dans son berceau.Large tranche (que l'on entend aplatir en cuisine), panée généreusement, elle était euite avec soin.C'est-à-dire que la panure avait blondi lentement, laissant le temps à la viande de cuire doucement à l'intérieur.L'ensemble était tendre et savoureux.Des pommes de terre rissolées garnissaient cette assiette classique.Le faisan était d'une douceur surprenante.On a l'habitude de dire que cette volaille est sèche.Celle-ci était charnue, tendre, presque pulpeuse.Une sauce courte et nerveuse ne faisait que l'épauler pour lui laisser la vedette.La garniture de lèguŒK\" était discrète.Quelques baies de canneberge donnaient a ce plat, un cachet particulier.Le gâteau Forêt Noire était un vrai, pas un vulgaire gâteau au chocolat mal baptisé, avec cerises, kirsch, etc.La tarte glacée au rhum est une spécialité de la maison.C'est un dessert parfumé et léger que l'on regretterait de ne pas choisir.,., , CHATEL VIENNA 6 rue Ste-Lucie STEACATHE-OES MONTS 18191126-1485 LE CAHIER Habitat DU SAMEDI fïïïï LUBO um S2S5B POUR RÉSERVER VOTRE ESPACE PUBLICITAIRE 285-6874 SPECIALITES MAROCAINES AUTHENTIQUES HANSOtJ» -C0U8CCKJS .PASTILLA \u2022 MÉCHOUI Salle de réception Traiteur pour toute» occasion.¦Meilleur ie,l«ur«M» Ctutl #f Millau Service de val et de periling DANSEUSES 1VW\\ OU VENTRE de Marrakech.QrJ 3444, ru* Soint-Denii SPECTACLES IT^ÎÎÎi'\"\" 212-0359 ^ULTIMEf ( ne dceouwrtegastronomique Restaurant de line cuisine 5.W.boul.Couin ouest 332-1706 Salun pour ios recrplions dV groupe La 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