La presse, 15 juillet 1989, B. Plus
[" LA PRESSE.MONTREAL.SAMED115 JUILLET 1989 Plus L'INSTITUT DE READAPTATION DE MONTREAL En ao ans, i'institut CLAUDE FORTIN De l'épidémie de poliomye-lite au drame de la B thalidomide, l'ins-Hj titut de réadaptation de Montréal M ( IRM ).au fil de ses 40 années d'existence, a contribué à la réadaptation de quelque 47 500 per-.sonnes.Crce en 1949 par le Dr Gustave Gingrus, VIRM a été lé témoin de grands drumes dans les.années soixante'et soixante-dix qui l'ont amené à s$ développer.Aujourd'hui, bicq sûr, la poliomyélite et la thalidomide n'existent plus.La' clientèle est composée de gens handicapés,; âgés de t6 ans et ¦plus, paraplégiques, quadriplégi-ques, amputés, victimes de sclérose en plaques, de traumatisme crnnio-ccrébral ou encore, du \\irus Guillain-Barré, par exemple, virus qui s'attaque au système nerveux et dont souffre, entre autres, la grande danseuse Ludmilla -Chirfaeff.Lfc centre a une capacK te de (04 lits.«A l'Institut, on aide les personnes à retrouver un certain degré d'autonomie avec les contraintes qui restent.On leur apprend à vivre d'une manière ^différente avec une prothèse ou un fauteuil roulant», note l'actuel directeur-général de l'Insti-.tut.M.Marcel Adam.le séjour d'un bénéficiaire est en moyenne de 90 jours.Mais il se prolonge dans les cas de paraplégie ou de quadriplégie.Une approche multidimensionnelle L'approche de l'institution de la rue Darlington est multifonc-tionnelle.Toutes les dimensions du patient sont prises en considération afin de rendre son intégration à la vie sociale plus facile.Pour cette raison, l'IRM dispose des services d'ergothérapie, d'orthophonie, de psychologie et de physiothérapie.Les ergothérapeutes s'occupent plus particulièrement de la réadaptation sociale, notamment dans la vie quotidienne: monter dans une automobile, faire la cuisine, etc.Pour ceux qui veulent retourner aux études ou sur le marché du travail, l'IRM a créé une «clinique d'accès à l'ordinateur», j Comme le souligne Mme Louise De Serres, ergothérapeute, les personnes qui ont un handicap ' physique n'ont pas, le plus souvent, de déficiences intellectuelles.« Pour être performances, il ' leur faut des connaissances en in- formatique.» ' Bruno Garneau.28 ans, est at-, teint de paralysie cérébrale depuis la naissance.Deux féis par semaine, il se rend à la clinique d'accès.Pour une personne handicapée, l'ordinateur peut servir non seulement pour les études ou le travail, mais elle peut également être un outil de communication, comme dans le cas de Bruno.Pour ce faire, il a dù apprendre le code morse, puisqu'il communique en utilisant son coude sur un tableau fixé sur son fauteuil, l'uis, ce qu'il écrit est traduit par un synthétiseur vocal.L'Institut dispose également d'un programme d'aide technologique où l'on adapte les orthèses et les prothèses aux besoins spécifiques de la clientèle.Par exemple, si un bénéficiaire a une déviation importante, comme une malformation du bassin ou une lordose, les techniciens du laboratoire simulent la position idéale de la personne darts son fauteuil.Grâce à un devis conçu par ordinateur, on simule la pré-fabrication afin d'éviter les erreurs.Une équipe d'une vingtaine de techniciens s'occupe de fabriquer sur place le fauteuil*- Le Centre de recherche, affilié a l'Institut de réadaptation de Montréal, est à l'origine de plusieurs premières mondiales tel le fautduil motorisé à contrôle ce* phalique.Aujourd'hui directeur des financés à l'IRM.René Dallai-re.ex-benéficiaire,' est détenteur d'un des premiers modèles de ce fauteuil.Quadriplégique.M.Mal-Taire ne peut bouger les bras.Il effectue son travail d'une manière presque autonomes II se déplace grâce au mécanisme centralisé derrière la tête et près des épaules.Un petit coup d'épaule pour avancer et un coup de tête vers l'arrière pour arrêter le fonctionnement.Pour composer un ftp, méro de téléphone ou pour utiliser son ordinateur, il se sert d'un bâton buccal, bien utile aussi quand le nez lui pique' Une fois par jour, Luc Fontaine doit se soumettre à des exercices de physiothéraphie.Rosalba Guer-rera, physiothérapeute, l'assiste dans ses exercices.Autonome à 95 pour cent.^ ^ y Institut, ça change pas le monde, mais pres- que.» M.René Dallaire est l'un des premiers quadriplégiques à avoir bénéficié du fauteuil motorisé à contrôle céphalique.PHOTOS REMI LEMEE 11 Presse Celui qui emprunte ce slogan .pour parler de l'IRM.Luc Fontaine, est entré à l'Institut, il y a huit mois à la suite d'un accident de plongeon à Wildwood.À la même époque, l'an dernier, il se fracturait le cou à la hauteur des cinquième et sixième cervicales en sautant dans une vague mal évaluée.À l'âge de 20 ans, Luc est devenu un «quad» comme les quadriplégiques se plaisent à se nommer dans le jargon de l'Institut.Il n'a plus l'usage de ses jambes et ses bras sont partiellement fonctionnels.Tout de suite après son accident, il est opéré aux États-Unis puis transféré à l'hôpital Notre-Dame.Il est admis â l'IRM en novembre I988.«Quand je suis entré ici.j'avais de la difficulté à me gratter la tête», raconte-t-il.Aujourd'hui, il se considère autonome à 95 p.cent.C'est presque un «superquad».Il a d'ailleurs quitté l'Institut il y quelques jours.Grâce à la physiothérapie et à l'ergothérapie, Luc a pu acquérir l'autonomie nécessaire pour exercer les activités quotidiennes et retourner bientôt au travail.Luc est un gars qui a toujours été positif et son accident n'a pas affecté son moral.Son fauteuil roulant, il le voit aujourd'hui comme ses souliers et ses jambes.Au départ, l'IRM lui a été d'un grand secours pour accepter son handicap.Il accorde également beaucoup d'importance a sa famille et â son groupe d'amis qui ne l'ont jamais laissé tomber.Selon Lue, le support moral qu'un bénéficiaire peut recevoir compte pour 75 p.cent dans la réadaptation.Ses parents ont aménagé la maison afin que tout lui soit accessible.Il devra cependant continuer â faire des exercices pour entretenir les muscles de ses bras et ce.au moins cinq à six fois par semaine.Il n'aura pas â revenir à l'IRM, à moins de problèmes particuliers.Une main myoélectrique Les amputés québécois pourront bientôt bénéficier de la main myoélectrique la plus perfectionnée au monde.Elle a été conçue au Centre de recherche de l'IRM.À côté, son ancêtre, la jambe de bois, parait â des années-lumières de cette invention.Yves Lozac'h est chercheur à l'Institut de réadaptation de Montréal.En collaboration avec l'École polytechnique de Montréal, son équipe travaille sur ce projet depuis quatre ans.Le premier prototype a été mis au point dernièrement.Avec la modestie qui caractérise les grands chercheurs, M.Lozac'h explique que cette prothèse diffère de celles qui ont été créées jusqu'à présent.Auparavant, les mains pour amputés avaient une prise parallèle, du genre pince.Dans ce cas, le pouce se déplace dans la même direction que les autres doigts.Il est donc difficile de prendre un verre.Après analyse de la préhension d'une quarantaine d'objets de la vie quotidienne, l'équipe en est venue â la conclusion que le pouce possède une trajectoire d'action privilégiée qui décrit un angle de 45 degrés par rapport au plan de flexion des autres doigts.La main myoélectrique a donc été construite autour de la trajectoire du pouce qui gouverne la prise.Pour les autres doigts, il y a gradation quant à la vitesse, de l'oriculaire jusqu'à l'index.Grâce à la trajectoire du pouce et de la prise tridigitale, il sera dorénavant possible pour les amputés de saisir des objets comme des cylindres et des cubes.M.Lozac'h est cependant conscient que la main inventée est un substitut mécanique, un compromis.Elle ne ressent pas la chaleur ou la douleur.Elle ne peut non plus manipuler, c'est-à-dire déplacer un objet d'un doigt à l'autre, comme rouler une cigarette, par exemple.«L'important est donc de mettre le compromis au bon endroit», souligne le chercheur de l'Institut.La nouvelle prothèse est qualifiée de «myoélectrique» parce qu'elle est actionnée par deux électrodes placées dans le boitier.Elles entrent en contact avec la peau du moignon.Une des deux électrodes agit sur le muscle fléchisseur qui contrôle la fermeture de la main et l'autre est en contact avec le muscle extenseur qui active l'ouverture.De cette manière, explique le chercheur, on capte les signaux myoélectriques (composante électrique du signal qui vient du cerveau, à travers le nerf qui excite les fibres musculaires).L'équipe a accordé une grande importance à l'esthétique de la prothèse.Pour cette raison, elle sera recouverte d'un gant de silicone qui reproduit fidèlement l'allure d'une main.Malheureusement, le modèle n'est disponible qu'en version masculine.«Pour l'instant!», s'empresse de préciser M.Lozac'h.Le Centre de recherche produit actuellement six prototypes, versions cliniques, qui seront testés début septembre sur des personnes amputees.Yves Lozac'h.chercheur: - Une main multifonctionnelle qui repose sur le compromis- il y a 20 ans, l'homme débarquait sur la Lune Il y aura 20 ans demain, sur une décision du président Kennedy, une fusée haute de l'équivalent de 30 étages, Saturn V, quittait la Terre à destination de la lune, avec à son bord les astronautes Collins, Aldrin et Armstrong.Ce dernier devait ultérieurement devenir le premier homme à mettre le pied sur la Lune.B4, B5 LA PRESSE.MONTREAL.SAMED115 JUILLET 1989 La Presse Editorial Paul Oetirurats president du cons* d administration Roger 0 Landry DresJdent et éditeur Claude Masson rditeur idiomt Marcel Oesiardim directeur de l mtornuticn Alain Oubuc editor ulist* «i» ch»+ La grenouille qui veut être aussi grosse que le boeuf.I I n est pas un chef de gouvernement qui n'ait envie, à un moment donné, de jouer un rôle sur le plan international, surtout s'il lui arrive d'éprouver des difficultés chez lui.Lester Pearson a gagné son prix Nobel de la Paix pour avoir réussi à convaincre les Nations unies d'envoyer une force d'observateurs dans la zone du canal de Suez, renvoyant les militaires français et britanniques chez eux et s'interposant entre l'Egypte et Israël.Quelques mois plus tard, le gouvernement Saint-Laurent, dont il faisait partie, fut défait et, pendant des années, M.Pearson, qui avait succédé à son chef, dut se contenter d'un rôle de chef d'opposition.Près de 30 ans plus tard, c'est un Pierre Trudeau en baisse de popularité qui tenta de terminer son régne en beauté par une opération de paix, ce qui n'empêcha pas toutefois son successeur à la tète du Parti libéral de se faire balayer quelques mois plus tard.M.Mulroney a des ambitions plus modestes, mais il aimerait bien passer pour un grand chef d'Etat.À tel point que des conseillers du premier ministre britannique ont, sous le manteau, lancé l'accusation qu'il n'était qu'un homme de relations publiques et que, s'il tenait tant à passer par Londres, c'était surtout pour se faire photographier en compagnie de Mme Thatcher.Celle-ci a eu beau corriger par voie de communique, le mal était fait.D'autant plus que ce n'est pas la première fois que l'accusation est lancée.Mais il n'est pas le seul.Même un grand homme comme le général de Gaulle fut accusé d'exagérer « la grandeur de la France», et le président Mitterrand se voit accuser, par les temps qui courent, d'être un «président monarque» pour avoir voulu donner trop de faste aux festivités entourant le bicentenaire de la Révolution française.On a l'impression, depuis quelques mois, que le Canada multiplie les déclarations sur des sujets litigieux qui ne le concernent pas toujours directement.Par exemple, nombreux sont les Canadiens qui considèrent crédible que leur premier ministre ait pu, en privé, lancer au président israélien que le leader palestinien est «un bandit*.Les démentis n'y changeront rien, beaucoup croient que «c'est son style».C'est un fait, de toute façon, que Mme Thatcher a été fort indisposée par certaines déclarations flambloyantes de M.Mulroney et de son ministre des Affaires extérieures, Joe Clark, sur l'Afrique du Sud.Et que la France a trouvé un peu «boy scout» l'attitude du Canada qui voulait faire de la surenchère au sujet de l'aide a l'Afrique francophone.Cela est dû non pas tant au personnage qu'à la place qu'on accorde, à l'étranger, au Canada.À en juger par le traitement fait par les quotidiens parisiens à M.Mulroney cette semaine, le Canada aurait sa place «parmi les premiers pays de la deuxième vague», mais pas parmi les grands de ce monde.Quand M.Trudeau a lancé son opération de paix, on lui a d'ailleurs fait remarquer, en Europe, qu'il aurait plus de crédibilité si le Canada était un important partenaire de l'OTAN.À l'étranger, à tort ou à raison, le Canada est considéré par beaucoup comme devant s'appuyer sur les États-Unis pour assurer sa défense.Cela ne veut pas dire que son influence est nulle; on l'a vu lors de l'affaire des otages d'Iran.Et le président du Costa Rica, M.Oscar Arias, a prouvé que si l'idée est bonne, il est possible pour un chef de petit État de répéter l'exploit de M.Pearson.MMMi Mais il faudrait que le Canada se limite à quelques champs d'action où il peut jouer un rôle véritable, au lieu de tirer en\" l'air dans toutes les directions.wennat Histoire d'un cadeau Au départ, tout baignait dans l'huile.Le gouvernement Mulroney donne un Riopelle aux Français à l'occasion du Bicentenaire.Riopelle, on le sait, est le peintre canadien le plus connu à travers le monde, y compris en France.Nos cousins placent le tableau au nouvel Opéra de la Bastille, dont l'architecte est canadien.La boucle est bouclée, tout semble logique.Pourtant, le cadeau a provoqué un tollé, suscité un débat, mené entre autres par le député néo-démocrate lan Waddell, candidat à la direction de son parti, qui parle de vandalisme culturel, de dilapidation du patrimoine national.L'affaire est assez grave pour que Riopelle n'assiste pas à la cérémonie à Paris.Il y a un côté inquiétant à ce débat, où l'on sent percer une conception étriquée du nationalisme culturel, une définition provinciale du patrimoine.En effet, le patrimoine culturel d'un pays n'est pas un bas de laine que l'on cache sous le lit.On ne thésaurise pas la culture comme on le ferait de napoléons.Une culture vivante est une culture qui rayonne.Le fait que des oeuvres canadiennes contemporaines quittent le Canada est même essentiel.Le patrimoine s'en sort grandi parce que la diffusion de nos oeuvres, en plus d'aider les artistes qui les ont créées, apporte une reconnaissance qui renforce les milieux de la création.Dans le cas qui nous occupe, le fait que le Riopelle, Point de rencontre, soit vu à l'Opéra de la Bastille plutôt qu'à l'aéroport de Toronto, constitue un déménagement tout à l'avantage de l'oeuvre et de l'artiste.Cet Opéra est une des grandes oeuvres architecturales récentes, qui sera visitée par des gens du monde entier et où il n'y aura qu'une seule oeuvre, celle de Riopelle; elle ne sera pas cachée dans le ranch d'un milliardaire texan.Alors, où est le problème?Il est lié à la manière plutôt qu'au fond.Point de rencontre n'est pas n'importe quel Riopelle, c'est une oeuvre qui fait partie de la collection du gouvernement canadien.Il est très rare qu'un pays fasse cela.Jamais les Français ne donneraient un Gauguin de leurs musées.Si le gouvernement voulait offrir une oeuvre significative, il aurait dû, soit acheter un Riopelle, soit en commander un pour l'occasion.Le hic, c'est que ça coûte cher \u2014 plus d'un million \u2014 tandis que le tableau de l'aéroport n'a été payé, à l'époque, que quelques dizaines de milliers de dollars.Et voilà pourquoi le Canada, qui se voulait princier, a plutôt l'air «cheap*.Alain oubuc Arrêtez cette bêtise ! Mardi, le Kenya brûlera 12 tonnes de defenses d'éléphant d une valeur de S3 millions.La destruction de l'ivoire saisi auprès de braconniers va de pair avec l'interdiction du commerce de l'ivoire qui se généralise dans le monde.Cette politique myope, au lieu de protéger l'éléphant africain, risque d'en accélérer la disparition.La demande d'ivoire en Extrême-Orient ne s'écroulera pas.L'interdiction fera monter les prix et encouragera le braconnage, désormais la seule source d'ivoire au monde.Or les braconniers ont déjà réussi à faire baisser le nombre d'éléphants de plus des deux tiers en huit ans au Zaïre, au Kenya, en Tanzanie, au Soudan et en Zambie.La plupart des pays africains n'ont manifestement ni les gardes-chasse ni les forces de police qu'il faut pour lutter contre ce fléau.Leur incompétence et leur corruption ne disparaîtront pas à cause d'un embargo international.Or, l'expérience des pays du sud de l'Afrique \u2014 Afrique du Sud, Botswana, Zimbabwe et Malawi \u2014 montre qu'il est possible de stabiliser la population d'éléphants et même d'en assurer la croissance si l'on met le prix pour éliminer le braconnage.L'ivoire que le Kenya brûlera aurait permis de fournir des uniformes et des armes à feu aux gardes-chasse chargés de protéger les éléphants contre des braconniers bien armés.Il serait alors possible d'exploiter les éléphants comme une richesse naturelle pour le bien de la communauté.Les touristes du Nord seraient sans doute prêts à payer une taxe qui défrayerait un corps de gardes-chasse compétents et honnêtes.L'ivoire et le cuir que l'on récolterait permettrait d'intensifier la lutte contre le commerce illégal.Enfin, on pourrait vendre un petit nombre de permis de chasse chaque année à des amateurs prêts à débourser une vingtaine de milliers de dollars pour abattre un vieil éléphant.En gros, c'est la politique suivie par les pays qui protègent leurs éléphants.Les pays qui réclament un embargo international avouent leur incapacité de faire respecter leurs lois et de protéger animaux, citoyens et touristes contre de petites bandes armées.Quant aux pays développés qui se plient à leur volonté, ils montrent que le sort des éléphants les laisse froids et qu'ils s'en lavent les mains.Frederic WAGHIÈRE GONtLA&LE.m PnWTZôk les pRêrREs-A&éesseuPS / DSOITS SÉSEfJVES LIBRE OPINION Le Québec et ses autochtones N.D.L.R.\u2014 M.McCormick est le porte-parole national du Conseil national des autochtones du Canada.Voici la traduction d'un texte qu'il a présenté à La Presse en anglais.CHRISTOPHER MCCORMICK _ Al'occasion d'un récent sondage effectué par Te-lepoll Research Inc.pour le compte de la Banque Canadienne Impériale de Commerce, on a demandé à 1 367 Canadiens s'ils étaient d'accord avec le concept voulant que les autochtones aient le droit d'avoir leur police et leurs tribunaux propres et d'exercer leurs propres sanctions pour les délits commis sur leur territoire.Bien qu'une majorité de répondants (73* à l'échelle nationale) aient répondu par l'affirmative, il est inquiétant de constater que c'est au Québec que la proportion des «non» s'est révélée la plus forte, alors que de tout temps, ce sont les Québécois qui ont manifesté l'appui le plus constant (dans les sondages) aux autochtones.Tandis que 15% seulement des Ontariens et des résidants des provinces de l'Atlantique s'opposaient à cette idée, cette proportion a atteint 30% au Québec, où seuls 63% des répondants, par ailleurs, se déclaraient en faveur.Que s'cst-il produit, ces dernières années, pour amener les Québécois à changer d'avis?Si l'on considère que les trois hommes politiques fédéraux les plus directement intéressés à cette question \u2014 le premier ministre, le secrétaire d'État et le ministre des Affaires indien- nes \u2014 sont tous originaires du Québec, on pourrait s'attendre à ce que l'appui de cette province aux autochtones s'intensifie au lieu de faiblir comme le dernier sondage le donne à penser.Serait-ce que les aspirations du Québec en tant que «société distincte» sont conçues comme entrant en conflit avec les droits des autochtones par une importante portion de sa population?Dès que l'accord du lac Meech eut été rendu public, les leaders autochtones du Canada prédirent que cette entente aurait un effet négatif sur le processus visant à la reconnaissance constitutionnelle de leurs droits.Cette conclusion émanait autant de l'abondon du processus lui-même et des changements à la formule d'amendement réclamés par bon nombre des premiers ministres, que du déséquilibre suscité par la reconnaissance de deux «peuples fondateurs», à l'exclusion de lu reconnaissance additionnelle du caractère distinct des peuples autochtones.En 1987.nous nous étions fait dire par tous les premiers ministres du pays que nos inquiétudes n'étaient pas fondées et qu'une fois qu'il aurait réintégré le giron canadien, le Québec se révélerait l'un de nos plus ardents champions.Il semble toutefois qu'aujourd'hui, 30% des Québécois justifient notre pessimisme initial.Étant donné qu'aucun processus constitutionnel n'est en vue pour les autochtones et qu'aucun soutien financier n'a été prévu pour faire connaître nos aspitrations aux Canadiens, nous craignons fort que cette tendance ne s'intensifie, et que les progrès réalisés grâce au processus constitutionnel de 1982-1987 concernant les autochtones ne soient réduits à néant.Billet du Bicentenaire Lendemain de veille RENÉ VIAU collaboration spéciale PARIS Rien de tel qu'un anniversaire pour ressentir un coup de vieux.Tandis que Paris se réveille avec une gueule de bois, les Sept ont rendez-vous ù l'Arche de la Défense pour s'occuper de choses sérieuses.Ironiquement, vu d'aujourd'hui, le cortège de fêtes du 14 juillet ne semble être qu'un prélude au Sommet.Davantage fête réussie que «party pl.)rte les excès de ces derniers jours auront été au moins, en ce sens, pour les Français, l'occasion de se livrer à un certain nombre de leurs jeux rituels favoris.Plutôt que le bridge ou le tnini-putt.ceux-ci \u2014 c'est comme ça \u2014 adorent dérouler des tapis rouges.Ils ne s'en sont pas privés.Autre joie: pinailler sur les subtilités du protocole.Du style faire la «distingo» entre les chefs de gouvernement qui sont de simples invités, ceux qui sont en visite d'État comme cette chouchouc de Cory Aquino \u2014 seule ayant droit à ce titre \u2014 ou les protagonistes du Sommet.Ici, c'est connu, art de vivre oblige, la gastronomie est une religion.Il n'y a pas de grandes civilisations sans plan de table.Pas mal, cette idée pour le diner d'hier soir.Les «grands» de ce monde étaient accueillis par François Mitterrand au ministère de la Marine et les «nnn-Sept» à l'Hôtel Grillon voisin.On se rassure.Ils ont mangé la même chose, de rappeler lacques Attali, l'infatigable sherpa du Président, visiblement stimulé par ces délicates questions de choix des plats.Il faut bien dire que tous ces gens-là avaient eu auparavant pas mal d'occasions de partager ensemble quelques petits fours.Il est amusant de raconter, le lendemain de la fête, les gaffes des invités.Ici Margaret Thatcher a une palme.Les droits de l'Homme, a-t-elle lourdement laissé échappé à la télé, ne sont pas une invention française.En France, dit-on, tout finit par une chanson.À l'Opéra Bastille ou ailleurs, il est vrai que l'on aura plus entendu chanter le grand air du «pétage de bretelles» que La Marseillaise! Pour quelques jours, Paris redevient la capitale du monde.Les gazettes ont apprécié en contentant lecteurs nostalgiques et nombrillistes béats,qui avaient oublié depuis longtemps les extases de l'ethno-sà-tisfaction.Ces mêmes Parisiens qui ont fui sur les plages les flonflons sont aujourd'hui lés premiers à se vanter que leur ville a bien fait les choses.Le Bicentenaire aura donné en prime aux mécontents la satisfaction d'afficher leur grogne.Quelques leaders de l'opposi-tin française ont pu obstensi-blement hésiter à participer au défilé « bleu-blanc-Coude ».Autre avantage des fêtes.Celui d'être un rare prétexte à moraliser.Thèmes au choix: dette des pays en « voie de sous-développement», Terreur, droits de l'Homme, survivance des pompes monarchistes, place de la Bastille à sécurité maximum.On a beau s'amusera ses passe-temps favoris, on n'en a pas moins vieilli de deux cents ans d'un coup.Le Bicentenaire célèbre l'anniversaire des grands principes démocratiques.Ces fêtes sont aussi un miroir de la France actuelle, grossissant tics, stratégies politiques et archaïsmes.Dans ce miroir, ce matin, les Français comptent leurs rides.Le Sommet, tout comme le Bicentenaire, va-t-il servir ou fragiliser Mitterrand ?Bien des zones d'ombres existent. Lysiane Gagnon .LA PRESSE.MONTREAL, SAMED115 JUILLET 1989 Plus La bataille de l'utérus Toronto, 4 juillet Au lendemain du jugement de la Cour suprême des États-Unis limitant le droit a I avortent nt, un juge de la Cour supérieure de l'Ontario accorde à Gregory Murphy une Injonction pour empêcher son ex-amie, Barbara Dodd, 22 ans, de se faire avorter.Winnipeg, S juillet Un juge de la Cour du banc de la Reine du Manito- ba refuse d entendre une requête semblable.-A mon avis, aussi longtemps que la loi demeure ce qu'elle est et jusqu'à ce quelle change, la femme a le droit de mettre fin à sa grossesse; declare le juge Aubrey Hirschflekt.Québec, 8 juillet.Jean-Guy Tremblay obtient une ordonnance d'injonction contre sa compagne, Chan- tile Dalgte, 21 ans.La decision du juge Jean Richard, de la Cour supérieure du Québec, tient compte du 'droit apparent du requérant, du prejudice sérieux et irréparable et de l'urgence» de la situation.Mme Oaigle refuse une offre dé $25000 d'un groupe montréalais pro-vie pour revenir sur sa décision d'avorter.Chantale Daigle SUZANNE COIPRON Trois demandes d'injonction présentées en moins d'une semaine par des géniteurs en mal de poupons: il n'en fallait pas davantage pour raviver le débat (ffiflammé sur l'avortement au pays.En dépit de deux décisions défavorables, au Manitoba et en Ontario, où le juge Gibson Gray a invalidé le Il juillet l'injonction émise par son collègue de la Cour supérieure, les partisans des mouvements Pro-Vie se réjouissent déjà de la venue de nouveaux défenseurs dans leur clan.«La réaction de ces hommes est .normale.Pourquoi accepteraient-ils _de voir le fruit de leur relation détruit par leur compagne?», demande Me Emile Colas, avocat-conseil des causes de médecins et militants Pro-Vic.> «Les droits du futur père ne sont-Us pas égaux à ceux de la mère?» a-joute le docteur Paul Auclair, membre du mouvement Respect pour la vie.Les tenants du libre choix voient (es choses sous un angle différent.Selon eux, le droit de la femme de disposer de son corps prime sur les droits du père.«Les juges devraient refuser de se prononcer sur les de-martdes d'injonction», croit France Houle, porte-parole de l'Association nationale de la femme et du droit.\" Ces décisions, estime-t-elle, vont à i'encontre de l'esprit du jugement de la Cour suprême du Canada, rendu en janvier 1988, qui faisait en sorte .que l'avortement n'était plus un crime.En l'absence de politique, on assiste à un glissement du débat du .droit criminel vers le droit civil.«Ce n/est pas le crime de l'avortement qui est en cause, mais le droit du .père et du foetus», explique Me Valérie Dandurand.D'un côté comme de l'autre, on s'entend pour dire que le vide législatif créé par le jugement de la Cour suprême laisse la porte ouverte à ce genre de requêtes.Le vent de panique qui a entraîné les demandes d'injonction ne serait pas non plus étranger au récent jugement prononcé aux États-Unis, qui permet aux États d'interdire les avortements dans les établissements de santé publics.«La décision américaine a donné des idées aux adversaires du droit à l'avortement.Le fait d'en parler dans les médias a aussi fait boule de neige», soutient Manon Bouchard, membre du comité de coordination de la Coalition québécoise pour le droit à l'avortement libre et gratuit.La porte-parole de l'Association nationale de la femme et du droit y voit également une stratégie des mouvements Pro-Vie dans le but d'obtenir des décisions partout au Canada.Après le Manitoba, l'Ontario et le Québec, quelle sera la prochaine province à accueillir une demande d'injonction formulée par un géniteur chanteur?se demande Me Dandurand.« le croyais qu'il s'agissait d'un cas isolé, en Ontario, mais je suis bien obligée d'admettre qu'on a affaire à Barbara Dodd une mode et qu'il y en aura d'autres.» Ce n'est pas d'hier que des hommes tentent de faire valoir leur droit à la paternité.Sept demandes d'injonction ont été déposées par des Canadiens au cours des cinq dernières années, pour empêcher des avortements.Mais toutes ont été rejetées ou invalidées après un premier jugement favorable.Au Québec, la décision peut encore être renversée lors de l'audition de la requête en injonction interlocutoire, lundi, au Palais de justice de Val-d'Or.Quant au juge |ohn O'Driscoll.qui a émis une injonction contre Mme Dodd, il est connu pour ses o-pinions anti-avortement.«|e crois que l'avortement, peu importe qu'on le dise criminel ou thérapeutique, est moralement inacceptable», avait-il écrit dans un article publié dans les années 60.Si les partisans Pro-Vie réclament une loi pour criminaliser l'avortement, les pro-choix privilégient une intervention du gouvernement fédéral dans le domaine de la santé.Mais tant et aussi longtemps que le Parlement ne se sera pas prononcé sur les droits du foetus \u2014 quand cesse-t-il d'être un amas de cellules pour devenir un être humain, une entité juri- dique?\u2014 des hommes continueront à se rendre devant les tribunaux pour mener la bataille de l'utérus.La Cour suprême a refusé de se prononcer sur les droits constitutionnels du foetus, en mars dernier, en raison de l'absence de loi sur l'avortement.Ce faisant, elle a renvoyé la balle dans le camp des Communes.«Toute solution sera critiquée, admet Me Emile Colas.de l'option Pro-Vie.Mais il faut que le gouvernement trouve le courage de prendre ses responsabilités et de trancher.» «L'issue du débat sur l'avortement?Aussi hasardeuse qu'un 25 cents lancé en l'air: on ne sait pas de quel côté il retombera», note Louise Viau, professeur à la faculté de droit de l'Université de Montréal.La tentative du gouvernement Mulroney de régler le problème par un vote libre aux Communes a échoué au printemps 1988.En mai dernier, le ministre fédéral de la justice Doug Lewis a dit que « l'une des options est de ne rien faire».Les récents développements remettent en question cette solution et nul doute que le gouvernement surveille d'un oeil attentif les décisions rendues par les tribunaux.Cette manifestation devant la Cour suprême des États-Unis n'a pas donné les résultats escomptés.Le tribunal a permis aux États d'interdire les avortements dans les établissements de santé publics.La greffe coréenne Le mythe de l'auto a la vie dure.Même à l'ère écologique, rien n'excite plus la convoitise des gouvernements que l'implantation d'une usine d'assemblage d'automobiles.Personne ne soulèvera mer et monde pour attirer une usine de textile ou une manufacture de réfrigérateurs, mais la moindre fabrique d'autos reste parée de prestige électoral et chargée de symboles.Il fallait voir, il y a deux semaines, lors de l'inauguration officielle de l'usine de Bromont.la mine réjouie du premier ministre Bourassa venant tirer les marrons du feu.pour voir à quel point ce genre d'investissement fait l'affaire des politiciens.surtout quand ils sont à la veille de déclencher des élections.Hyundai a son siège social à Toronto, et c'est en Ontario qu'elle aurait implanté sa premiere usine nord-américaine, n'eût été des subventions considérables et autres avantages promis, en I985.par les gouvernement iohnson et Mulroney, prêts à tout ou presque pour inciter Hyundai à s'établir au Québec.Pour être juste, toutefois, il faut signaler que le projet Hyundai s'est développé fort positivement.Ce qui, à l'origine, n'était qu'une usine d'assemblage (donc du travail à la chaine sans grand contenu technologique, tout étant conçu en Corée), devient maintenant l'embryon d'une industrie plus complète: la compagnie investira SI20 millions, sans subventions cette fois, dans un atelier de matriçage qui produira des éléments de carosseric.* * * En ce mardi chaud de juillet, donc, des centaines d'invités convergeaient, sur les routes vallonées de l'Estrie, vers le parc industriel de Bromont, où se dresse la première usine que Hyundai a installée hors de la Corée.l'avais visité l'usine-mère d'Ulsan.lors d'un séjour en Corée il y a trois ans, et j'étais curieuse de voir comment la greffe coréenne avait pris à Bromont.Elle a pris.La culture d'entreprise, ici.tient à la fois du modèle coréen et de la tradition québécoise.Ce sont deux ouvriers de la chaîne de montage, en uniforme de travail blanc, qui présentèrent la Sonata aux invités, dans un feu d'artifice de laser et au son d'une musique conquérante.A leur signal, soudain, les centaines d'employés assis à l'arrière'de la salle, tous en blanc eux aussi, se sont levés d'un bond en scandant, le poing levé, le slogan de l'usine: «Qualité en tète!».Spectacle étonnant à nos yeux nord-américains, que les dignitaires coréens observèrent avec un sourire ravi, comme s'ils se retrouvaient chez eux.( Concession à la mentalité occidentale : un des deux ouvriers était une femme.Il y en a une cinquantaine sur la chaine de montage, à l'étape de la finition).Il n'y a que trois dirigeants coréens à l'usine, deux vice-présidents et un administrateur (le président, M.Lee.est à Toronto).Tous les autres, à commencer par le directeur, M.Poitras, sont Québécois, et I50 d'entre eux, soit près d'un employé sur six, ont fait un stage de formation en Corée.Moyenne d'âge: 27 ans.Tous ont été soigneusement sélectionnés, en fonction non pas d'abord de leurs habiletés techniques, mais surtout de leur motivation au travail et de leur aptitude à travailler en équipe.La chaîne de montage brille comme un sou neuf.Dans les éclairs qui jaillissent des opérations de soudure, des robots s'avancent, s'élèvent, font bouger leurs grosses tentacules comme des doigts implacables et précis, au son de petites musiquettes électroniques.Les ouvriers sont tous en blanc: pantalon blanc, T-shirt blanc à l'effigie de la compagnie, ou veste blanche avec leur prénom et le nom de la compagnie brodés en bleu, tablier noir pour les postes de travail plus salissants.Ils sont tous jeunes, ils ont tous l'air en forme, et à leurs regards vifs et intelligents, ça se voit qu'ils ont été triés sur le volet.Nos lois leur donnent évidemment le droit de se syndiquer, mais ils ne se syndiqueront probablement pas, car on dit qu'à Bromont, où logent déjà de gros noms comme IBM, qui occupe un terrain voisin, la tradition est que pas une compagnie n'est syndiquée: on pratique la «gestion participative», on développe la concertation, on donne aux employés ce que les syndicats ont négocié ailleurs.et un peu plus.Cette atmosphère impropre à la syndicalisation constitue évidemment l'une des raisons qui ont poussé Hyundai à choisir Bromont plutôt que l'île de Montréal, mais on ne travaillera pas ici comme en Corée.À Ulsan, en 1986, les ouvriers travaillaient 12 heures par jour, six jours par semaine, avec deux arrêts pour les repas et deux pauses de 15 minutes.et des vacances de cinq à sept jours par année.Ici.c'est la semaine de 40 heures et les vacances à la québécoise.La Corée a subi à tous égards l'influence du lapon, aussi Hyundai s'est-elle inspirée, comme beaucoup d'autres grandes sociétés coréennes, du modèle japonais.À Ulsan, qui est littéralement une «compa-ny town».les employés sont pris en charge, eux et leur famille, pour la vie: 45 p.cent d'entre eux vivent dans des logements fournis par la compagnie; Hyundai a ses écoles, ses cliniques de santé, ses ligues sportives.Ici, l'intégration est évidemment moins poussée.La compagnie ne pénètre pas dans les foyers, et même les mots d'ordre, sur les lieux du travail, sont plus tempérés.L'usine d'Ulsan est parsemée de banderolles et d'affiches: «Fabriquons la meilleure voiture au monde!.Améliorons la qualité!.La sécurité pour vous, c'est la sécurité pour nous! La compagnie s'en trouvera plus forte, votre famille aussi!.etc, etc».À Bromont.on se contente de quelques affiches ici et là: «Un intérieur propre pour une qualité supérieure.Le danger croit en s'appuyant.Sonata, numéro un!» On a importé, mais en l'édulcorant, cette notion-clé de l'identification à l'entreprise caractéristique du modèle japonais, et cela vaut autant pour les cadres: dans le parking, les contremaîtres n'ont pas de place réservée, et le jour de l'inauguration, même le directeur de l'usine était en sarrau blanc.Beaucoup d'entreprises modernes fonctionnent déjà selon des modèles approchants, mais à Hyundai, c'est plus manifeste: l'uniforme, les slogans entraîneurs, les cris de ralliement, autant de caractéristiques surprenantes.Mais là s'arrête le mimétisme.Pour ce qui est du rapport a l'autorité.Hyundai n'a pas la baguette magique qui transformerait de jeunes Québécois en docile main d'oeuvre asiatique.«Ici, dit en riant M.Poitras, on est moins déférent envers l'autorité.». B4 LA PRESSE, MONTREAL, SAMED115 JUILLET 1989 LA PRESSE, MONTREAL, SAMED115 JUILLET 1989 B5 Plus Plus «r/e crois que notre nation devrait s'engager à réaliser l'objectif de faire Sjpfy atterrir un homme sur la Lune, puis de le ramener sain et sauf sur Terre, avant que cette décennie ne s'achève» vie* robert ¦boralion spéciale \u2014 John F.Kennedy, 25 mai 1961.W année 1967 débutait sur une note optimiste.Apres t.le Programme Gemini, qui it pris fin en novembre de née précédente, avait connu latants succès.Le programme Tout avait commencé le 19 avril 1961, par une note que le président Kennedy avait adressée à son vice-président, Lyndon B.Johnson.Il lui posait cette question: «Qu'est-ce qui nous donne le plus de chance de battre les Russes: lancer un laboratoire spatial pour une mission autour de la Lune ; faire atterrir un engin sur la Lune; ou bien, envoyer un homme sur la Lune?» La réponse lui parviendra le 8 mai.Dans un rapport rédigé Ear fames Webb, l'administrateur de la IASA, et par Robert McNamara, le secrétaire à la Défense, le président lit cette conclusion sans équivoque: si les États-Unis veulent s'imposer dans l'espace, ils doivent se fixer un objectif d'une telle ampleur que l'Union soviétique ne pourra pas les suivre: il faut tout mettre en oeuvre pour envoyer un homme sur la Lune.LA LU JE : 20 ANS DEJA objectif Lune : les fébriles préparatifs Le renversement de l'imagerie familière a l'homme depuis le début des temps: un clair de Terre vu de la Lune, photographié par l'astronaute Michael Collins.PHOTO NASA L'un des trois astronautes d'Apold, Neil Armstrong, aura été le premier humain a toucher la Lune.PHOTO NASA Comment le programme Apollo XI est venu au nonde olivier robert collaboration spéciale \t .V, H '\t1 Deux jours après avoir pris connaissance de l'avis \u2014 favorable\u2014 de ses conseillers, soit le 10 mai, le président Kennedy y donnait suite.À ce moment-là, moins d'un mois s'était écoulé depuis le vol orbital que Yuri Gagarinc avait effectué, le 12 avril ; et Alan Shepard venait tout juste de faire un «saut de puce» de 15 minutes à bord de sa capsule Freedom 7, cinq jours auparavant, ce qui ne contribuait en rien à effacer l'exploit de Gagarine! Et pourtant, il serait erroné de voir dans la célèbre phrase citée ci-haut, qui allait mettre en branle le programme technologique le plus ambitieux de l'histoire, une déclaration abstraite, sans relation avec les capacités spatiales réelles des États-Unis de cette époque.En fait, les éléments de base qui permettraient la réalisation du programme lunaire étaient à l'étude depuis une dizaine d'années, grâce à des visionnaires comme le célèbre ingénieur allemand Wernher Von Braun, qui dirigeait à l'époque le Redstone Missile Arsenal ( l'ancêtre du Marshall Space Flight Center) à Huntsville (Alabama), et qui sera le père de Saturn V.Dès le début des années 50, plusieurs équipes travaillaient sur des concepts de lanceurs capables de mettre en orbite des objets.À cette fin, il fallait d'abord pouvoir alléger considérablement la structure interne des fusées de l'époque qui dérivaient à peu près toutes de la V2, utilisée par les Allemands au cours de la deuxième guerre mondiale.En 1951, l'ingénieur Karel Bossart, concepteur du missile Atlas, apporte une amélioration notable au dessin des lanceurs en incorporant pour \\a première fois, dans les plans d'Atlas, des réservoirs pressurisés pour supporter la charge des étages supérieurs, à la place d'une charpente à double paroi comme dans la V 2.Petits satellites Or.en 1951.les États-Unis avaient presque abandonné les projets préconisant le lancement de gros satellites, parce que trop coûteux (ces projets auraient tous requis des déboursés de $4 milliards et plus).Sous l'influence d'Alexander Satin, directeur du bureau de la Recherche navale, on s'orientera plutôt vers l'étude de lanceurs de petits satellites utilisant la technologie mise au point pour les missiles déjà en développement, particulièrement les fusées « Redstone » et «Jupiter» conçues par le groupe de Von Braun, à Huntsville.On baptisera cette série d'études «Project Orbiter».Le président Eisenhower en révélera l'existence au mois de juillet de l'année 1955.Cependant, quelques mois plus tard, en janvier 1956, «Project Orbiter» fait place a «Project Vanguard », annoncé, pour des raisons politiques, comme étant la contribution américaine à l'Année géophysique internationale ( 1958); le projet Orbiter aurait utilise un équipement militaire, alors que le projet Van- guard, dirigé par le Dr.Milton Rosen, qui avait été responsable du développement de la fusée-sonde Viking, serait un programme entièrement civil.Bien sûr, on connaît la suite.Le 4 octobre 1957, l'Union soviétique inaugure l'Ère spatiale en lançant Spoutnik 1.Pressée par les événements, l'équipe Vanguard organise à la hâte un premier lancement.qui sera un échec lamentable.On ressuscite le projet Orbiter, et, 56 jours après la débâcle de Vanguard, l'équipe de Von Braun réussit la mise en orbite du premier satellite américain.Explorer I.Un peu plus tard.Vanguard connaitra aussi le succès.Puis, ce sera une suite de premières, tant au côté des Américains que de celui des Soviétiques.La course pour l'Espace était engagée entre les deux Grands.Dès cette année 1958, les Américains essaient de doubler les Russes en envoyant des sondes automatiques vers la Lune.Ils subiront des échecs aux deux premières tentatives, en août et en septembre.Au troisième essai, Pioneer I réussit à s'élever à 113 000 km d'altitude.Le 5 mars 1959, Pioneer IV passe à 60 000 km de la Lune.Entretemps, les Soviétiques auront fait beaucoup mieux: le 2 janvier 1959, Lunal frôle la Lune, à 6 500 km.Ce n'était qu'un prélude.Le 14 septembre 1959, Lunall s'écrase sur la Lune, devenant le premier objet construit sur Terre qui atteindra un autre corps céleste.Le 6 octobre 1959, [.una III passe derrière la Lune et transmet des photos de sa face cachée.Vers les vols spatiaux habités En cette même année 1958, Soviétiques et Américains songent déjà aux vols spatiaux habités.Les Russes possèdent un lanceur, la fusée R-7, capable de mettre en orbite une charge utile de 4 700 kg.Les Américains ne disposent, en revanche, que du missile intercontinental Atlas, testé avec succès le 17 décembre de l'année précédente, mais dont la capacité de mise en orbite ne dépasse pas 1 300 kg.Pourtant, en janvier 1958, avant même le lancement d'Explorer 1, une réunion est organisée à Dayton, en Ohio, afin d'étudier les problèmes relatifs à la conception d'une capsule capable \u2022l'emporter un passager dans l'espace, et surtout, de le ramener en toute sécurité sur Terre.Car, s'il est relativement facile de lancer un objet dans l'espace, des problèmes \u2014 très difficiles à résoudre avec la technologie de l'époque\u2014 surgissent au moment de la rentrée dans l'atmosphère, à la vitesse de 28 000 km/hre.Il faut donc concevoir une capsule dont la forme permettra de subir sans dommage (et sans danger pour l'astronaute à bord) le freinage atmosphérique.La solution retenue, proposée par l'ingénieur Max Faget (maintenant président de la firme Space Services de Houston ), consistera donc en une capsule conique dotée d'un bouclier thermique couvrant le dessous du cône.Le 1er octobre 1958, la NASA ( National Aeronautics and Space Administration) est mise en place.Le nouveau programme Mercury tombe immédiatement sous la responsabilité de l'agence spa- tiale, qui s'empresse, au début de 1959, de commander à l'industrie les équipements nécessaires: 20 cabines Mercury; 14 fusées Atlas qui pourront placer les capsules Mercury en orbite basse; huit fusées Redstone pour la première phase suborbitale du projet Mercury.Le 9 avril 1959.la NASA présente à la presse le premier groupe d'astronautes, les «Original Seven », qui doivent surtout effectuer des vols suborbitaux.Les Américains estiment avec réalisme qu'ils ont peu de chance de satelliser un homme autour de la Terre avant les Soviétiques, mais qu'ils peuvent être les premiers à faire un petit saut dans l'espace.La conjoncture est excellente Les conditions idéales sont donc réunies lorsque le président Kennedy prononce les paroles historiques du 25 mai 1961 : une situation économique florissante; un président charismatique qui enflamme la population américaine pour ce défi spatial sans précédent; et un Congrès qui se rallie avec enthousiasme à cet objectif qui assurera aux États-Unis le leadership dans l'espace.Deux ans après le lancement du programme Apollo, les chiffres sont éloquents: l'industrie aéro- spatiale a déclassé l'industrie automobile en tant que premier employeur aux États-Unis; 125 3000 employés se partagent une masse salariale de $9,2 milliards: cela fait 515 000 employés de plus que pour tous les constructeurs automobiles réunis! Les ventes totales de l'industrie aérospatiale américaine atteignent $20,6 milliards en 1963, dont $ 14,6 milliards pour des contrats du département de la Défense.Toujours en 1963, la NASA a acheté de l'industrie aérospatiale pour $2,7 milliards en équipements spatiaux; 300000 travailleurs sont affectés au seul programme Apollo: ils sont employés dans un réseau comprenant 20 000 entreprises différentes,, dispersées à travers 48 des 50 États américains.Et le coût du programme lunaire pour l'année 1964 \u2014$3 milliards\u2014 a déjà été voté et approuvé par un Congrès plus déterminé que jamais à s'assurer que les États-Unis réussissent cette entreprise gigantesque, malgré des opinions divergentes.Car il y a bien quelques voix dissidentes, incluant des membres influents de la communauté scientifique, qui osent mettre en doute le bien-fondé d'envoyer des Américains sur la Lune.«C'est une course au coup d'éclat!», s'exclame l'ex-Président Eisenhower.D'autres prétendent que l'argent et l'effort scientifique affectés au projet lunaire pourraient être mieux employés dans d'autres domaines, plus utiles.Plusieurs ne voient aucun avantage à retirer d'une course spatiale contre les Russes.Défi gigantesque Sur le plan technique, le défi à relever demeure tout de même gigantesque.Non seulement on en sait très peu sur le comportement de l'homme en apesanteur au cours de la durée d'un vol lunaire, encore faut-il pouvoir lancer un énorme véhicule, d'une masse supérieure à 120 tonnes, soit dix fois plus que le couple capsule Mercury/fusée Redstone.Ensuite, il faut pouvoir arracher ce véhicule à l'attraction terrestre, en accroissant sa vitesse jusqu'à 40 000 km/h.Et ce n'est pas tout.Apres trois jours de voyage, le vaisseau doit pouvoir freiner considérablement sa vitesse, pour, en premier lieu, s'injecter sur une orbite d'attente autour de la Lune, puis, en second lieu, envoyer un module à sa surface.La Lune est dépourvue d'atmosphère: il faut donc faire atterrir le module à l'aide d'une rétro-fusée, qui doit réduire la vitesse d'environ 3 000 m/s, de façon à ce que le module s'arrête doucement au sol.Au terme du voyage de retour, la cabine Apollo entrera dans l'atmosphère' à \u2022 une vitesse nettement plus élevée,* que celle d'une capsule Mercury : 40 000 km/h contre 28 000 km/hp Il faudra donc développer des systèmes de protection thermique-\" sur des bases encore inconnues.I e, accroché derrière le CM immand Module), et compre-it tous les systèmes nécessaires ir le voyage autour de la Lune nsemble des modules de com-nde et de service \u2014 appelé A\u2014 demeurait soudé jusqu'à lue le CM s'en détache au mont de la réentrée dans l'atmot-!tre terrestre); et enfin, d'un dule lunaire (LM ou LEM).La puissance fusée Saturn V, haute de 30 étages, porteuse de la capsule qui devait amener Armstrong, Aldrin et Collins vers la Lune.PHOTO NASA Apres avoir étudié deux méthodes pour réaliser le périple Terre-Lune, c'est une troisième procedure qui est retenue, celle du rendez-vous en orbite lunaire.Le vaisseau, lancé en une seule fois, est composé de deux parties: une qui assure le transport de trois astronautes de la Terre à une orbite autour de la Lune; l'autre est destinée à la mission lunaire proprement dite, ainsi qu'au voyage de retour.Cette séparation de fonctions conduit à un gain appréciable sur le poids total du vaisseau.Une fusée qui fait 30 étages de haut Le symbole le plus impressionnant du programme Apollo, ce sera assurément le dispositif d'une complexité inimaginable qu'aura constitué la gigantesque fusée Saturn V.D'une hauteur de 365 pieds (environ 111 m, un édifice de 30 étages!) et d'un diamètre de 33 pieds (10 m), l'ensemble Saturn V était constitué de trois étages.À lui seul, le premier étage développait 7 500 000 livres de poussée, autant que 2900 locomotives diesel, et 20 fois plus que la fusée Atlas qui avait placé les Erentiers astronautes en orbite! es réservoirs du premier étage contenaient 537 000 gallons de carburant, assez pour remplir 54 wagons-citernes.D'une longueur de 138 pieds, et doté de cinq moteurs FI qui crachaient 15 tonnes d'un mélange de kérozène et d'oxygène liquide à la seconde, cet étage ne fonctionnait pas plus de trois minutes.Le deuxième étage, long de 82 pieds, fonctionnait pendant six minutes, et son rôle était de placer Apollo sur orbite terrestre, à une altitude de 160 km.Le troisième étage, propulsé par un unique moteur 1-2 qui pouvait être stoppé et relancé à volonté, était surmonté du vaisseau Apollo.Malgré l'utilisation de matériaux légers, l'ensemble Satur-n/Apollo, avec le carburant, pesait 6 100000 1b (2 800 000 kg).La division Rocketdyne de North American Aviation (maintenant Rockwell International), responsable de la construction des moteurs, avait acheté, en 1963, des pièces chez 2 861 sous-traitants, répartis dans 44 États.Pour ce faire, on avait dû faire appel à 26 000 envois par camions, à raison de 100 camions par jour ouvrable! Rocketdyne devait ensuite s'assurer que chaque pièce s'ajustait parfaitement! Apollo était donc un vaisseau spatial (spacecraft), formé d'un module de commande, capsule conique où prenaient place trois astronautes; d'un module de ser- ais intermédiaires n juin 1962, lorsque la NASA ide d'essayer de respecter le i ;ndrier fixé par Kennedy, soit atterrissage sur la Lune en I >9 au plus tard, ni les Améri-ns, ni les Soviétiques n'ont périence du rendez-vous spa-autour de la Terre, à fortiori our de la Lune.Il n'était donc question de passer directe-nt des vols Mercury au projet ; dIIo.C'était pour cette raison i au début de l'année, le 3 jan-l'agence spatiale avait an-| ice la mise sur pied d'une série vols intermédiaires, le pro-mme Gemini, destiné à entrailes astronautes à des vols de lurée d'un périple Terre-Lune, rendez-vous spatiaux, ainsi aux sorties extra-véhiculaires.amais auparavant dans l'his-re des États-Unis, autant de sources humaines, technolgi-;s et financières avaient-elles ( réunies dans le but de résou-un seul problème technique, même pendant le projet Man-I tan qui avait donné naissance il bombe atomique.D'ailleurs, i argument qu'on entendait s ivent à l'époque, en faveur du pgramme Apollo, soutenait c i, si les États-Unis prouvaient ( ils étaient capables de relever I iéfi soulevé par leur program-i lunaire, ils pourraient par la s te appliquer la même appro-< : afin de résoudre tous les pro-1 mes de l'heure : la pollution de I Ti la pauvreté, les bouchons de I circulation, ou le dessalement i l'eau de mer.e programme Apollo donna 1 j à un concept de gestion vrai-r nt novateur, jamais appliqué s ' une si vaste échelle.Avec des rlliers de firmes sous-traitantes, c quatre maîtres d'oeuvre (seing pour le premier étage; t rth American Aviation pour le s ond; Douglas Aircraft pour le ttisième; Grumman Aircraft fur l'étage de descente du mode lunaire; puis encore North / îerican pour le module lunaire « le module de commande), au-c ne employeur ne peut être tenu i ponsable pour plus d'une frac-t n de l'ouvrage.La tâche de gé-l\" ce programme qui aura coûté te somme dépassant $20 mil-I rds était si complexe que la r\\SA avait dû faire appel à l'ex-frtise de Bellcome Inc., une fi-I le de AT&T, afin de toujours c tenir un point de vue objectif.Le Dr.Edward C.Welsh, alors résident du National Aeronauts and Space Council, déclarait e 1964: «Si énorme que puisse Fraître ce montant ($20 mil-I rds), nous dépensons seule-l;nt I p.cent de notre PNB sur 1 space.Nous pouvons donc nus permettre (le programme >>ollo).(.) 90 p.cent de cette s Time s'en va directement à l'en-ti prise privée.|e ne peux conce-vir un autre projet capable d'en-gndrer autant de bénéfices pour n tre nation, dans les domaines d l'éducation, de l'emploi ou des 9 ences.» de sondes lunaires Ranger, après six échecs initiaux, dus pour les trois premiers au mauvais fonctionnement du deuxième étage de la fusée Atlas-Agent, t'était largement racheté au cours des missions VII.VIII et IX.en transmettant vers la Terre plus de 17 000 photos du sol lunaire.Beaucoup plus avancées que les Ranger, les sondes Surveyor avaient pris le relais.Deux des sept missions Surveyor avaient déjà eu lieu en 1966, et même si la deuxième avait connu l'échec le programme allait se dérouler normalement jusqu'à la fin, en janvier 1968 (mais la quatrième mission sera également un échec).Les sondes Surveyor, en se posant en douceur sur la Lune, ont permis de recueillir une grande quantité d'informations utiles à la préparation du Programme Apollo, comme, par exemple, repérer les futurs sites d'atterrissage, déterminer si le sol lunaire était assez solide pour supporter les 15 tonnes du module lunaire, ou encore, évaluer les risques posés par les rayons cosmiques sur la santé de l'équipage.Un total de 88 000 acres de marais avaient été asséchés, puis, ajoutés au complexe du Kennedy Space Center, à Cape Kennedy (redevenu Cape Canaveral depuis, c'est maintenant la base de lanceurs de la US Air Force, Kennedy Space Center appartenant, quant à lui, à la NASA qui l'opère pour les lancements de la navette spatiale).On achevait d'y ériger le complexe de lancement de Saturn, comprenant les pas de tir (launch pads) 39A et 39B, ainsi que l'immense bâtiment, haut de 44 étages, et servant à l'assemblage de Saturn (le VAB: Véhicule Assembly Building).Cm installations ont été payées à même le budget de $20 milliards du programme lunaire.Il faut cependant remarquer, comme le soulignait le directeur du centre spatial de l'époque.Kurt Debus, que, ces installations permanentes étaient destinées, dès le début, à être utilisées pour d'autres projets spatiaux dans les années à venir, ce qui aiderait à amortir leur coût.Sage conception, en effet, puisque ces installations \u2014 modifiées quelque peu, il est vrai \u2014 servent maintenant à la préparation, puis au lancement de la navette spatiale.Soudain, un drame 1967 semblait donc commencer sous les meilleurs auspices.Et pourtant, dès le mois de janvier, un drame allait assombrir l'horizon jusque là sans nuage, du programme lunaire.Moins d'un an auparavant, le 26 février 1966, on avait lancé le premier modèle de la Saturn-IB, plus petite que la Saturn-5, et destinée à tester autour de la Terre les éléments du vaisseau Apollo.Tout s'était bien déroulé.Il ne restait plus qu'à passer à l'étape suivante d'un premier vol habité.Le 27 janvier, les astronautes Virgil Grissom, Edward White et Roger Chaffee effectuent un entraînement à bord de la capsule Apollo lorsqu'un incendie se déclare à bord.Les trois astronautes périssent en quelques secondes.On n'a jamais pu déterminer la cause exacte du désastre, mais la violence de l'incendie pouvait s'expliquer par la présence d'oxygène pur dans la cabine, ce qui avait rendu de nombreux matériaux fortement combustibles.Il faudra dix-huit mois et $500 millions pour corriger tous les défauts qui sont apparus au cours de la commission d'enquête qui s'ensuivit.Ce drame était survenu exactement 19 ans et un jour avant l'explosion de la navette Challenger.Les Américains ne sont pas en reste.Le 23 avril 1967.les Soviétiques lancent le premier vol habité de leur nouveau vaisseau Soyouz, piloté par Fladimir Ko-marov.Après une journée passée dans l'espace, Soyouz 1 rentre sur Terre.Mais, au lieu d'atterrir en douceur, il s'écrase, provoquant la mort de son occupant.Vol record Le désastre d'Apollo 1 retarde le programme, mais ne le remet pas en cause.Le 9 novembre 1967, la fusée géante Satura V est enfin lancée: dès ce premier tir, une cabine Apollo est envoyée à 18 000 km d'altitude.Avec cette mission Apollo IV inhabitée, Saturn V place donc en orbite un charge utile record, 1251, et on teste du même coup la capacité de réentrée dans l'atmosphère de la cabine Apollo, qui arrive à la vitesse de 40 000 krrvh.Apollo IV sera suivie d'Apollo V, le 22 janvier 1968, premier essai en orbite d'un module lunaire lancé par une Satura I B.Le 4 avril, ce sera Apollo VI oui lancera une deuxième Satura V.Puis, ce sera la reprise des vols habités.Le 11 octobre, la mission Apollo VU est lancée.A son bord, les astronautes Schirra, Eisele et Cunningham accompliront un vol parfait de 11 jours autour de la Terre.Pourtant, ce succès est éclipsé par une première des Soviétiques qui, le 14 septembre, avaient lancé le prototype de leur Soyouz lunaire, ZondV.Le vaisseau inhabité avait effectué un survol à 2000 km de la Lune, avant de revenir se poser dans l'océan Indien.Zondo suivra, le 17 novembre.Les Américains sont inquiets, croyant que les un Russes sont prêts à envoyer cosmonaute sur la Lune.Ils font alors preuve d'audace.Apollo VIII.lancée le 21 décembre, ne sera pas un vol autour de la Terre, comme il avait été d'abord prévu, mais une mission habitée autour de la Lune! L'Amérique joue son avenir spatial.qu'elle va gagner.C'est ainsi que Frank Borman, lames Lowell et William Anders passent la nuit de Noèl en orbite autour de la Lune, à 112 km seulement de la surface du sol lunaire.C'est vraiment le triomphe d'Apollo VIII qui marque la défaite de l'Union Soviétique dans la course à la Lune.Après un vol aussi spectaculaire, il était inutile d'envoyer un seul cosmonaute effectuer un bref survol de la Lune.Le programme Zond habité est donc abandonné.Les Soviétiques se concentreront dorénavant sur les vols en orbite basse.Au cours de la mission Apollo IX, lancée le 3 mars 1969.lames McDivitt, David Scott et Russell Schweickart testent le vaisseau Apollo au complet, avec son module lunaire, autour de la Terre.Puis c'est l'avant-première.Le 18 mai, Apollo X est lancée vers la Lune.À son bord, Eugène Corna n (qui deviendra en décembre 1972 le dernier homme à quitter le sol lunaire), Thomas Stafford et John Young (qui mettra les pieds sur la Lune et qui sera, en 1981, le commandant du vol inaugural de la navette Columbia) répètent autour de la Lune les manoeuvres de préparation à l'alunissage.Leur module lunaire s'approche à seulement 15 km de sa surface.Désormais, tout était en place.L'histoire se préparait en vue de réserver un accueil spécial à l'événement du siècle.« Ici la base de la tranquillité.L'aigle a atterri ! » oirvisTS^ Depuis le temps qu'on annonçait le Village Global ! Voici qu'au moins 600 millions de personnes à travers le monde avaient les yeux rivés sur la télévision, unies par l'attente du geste historique qui marquerait un nouveau chapitre de l'histoire de l'humanité.Il était 16 h I7h*e en ce dimanche du 20 juillet, lorsque retentit la voix calme de Neil Armstrong: «Houston; Tranquillity Base, here.The Eagle has landed I » ( « Houston, ici la base de la tranquillité.L'Aigle a atterri!»).Il y avait pourtant eu des sueurs froides à Houston, quelques minutes plus tôt.À 16h08f'a,: avait débuté l'instant le plus critique de l'alunissage.L'ordinateur de l'Aigle allume le moteur de descente du module lunaire.Cela amène le vaisseau à 7 600pi au-dessus de la Lune et à 26 0001\" du site d'alunissage.À ce point précis, appelé High Gate, commence la phase d'approche, comparable au plan d'atterrissage d'un avion.À l'approche finale, Armstrong incline le module lunaire presqu'à la verticale, puis Aldrin et lui scrutent le sol.À 500\"' d'altitude, le module lunaire descend doucement, planant comme un hélicoptère.C'est alors qu'Armstrong annonce à Houston qu'il ne peut alunir sur ie site prévu, puisqu'il s'agit d'un cratère aussi gros qu'un terrain de football, et trop accidenté pour assurer une stabilité au module lunaire.On frisait la catastrophe: il ne restait plus que 18 secondes avant que le moteur de descente ne se vide de son carburant.Les astronautes, par des manoeuvres habiles, réussissent à conduire leur module sur un site plus propice, situé à environ quatre kilometres de là.À 16 h 17 donc, 90 secondes en avance sur le temps prévu pour l'alunissage.Eagle est fermement posé sur le sol lunaire.Les astronautes passeront la prochaine heure et demie à enfiler leurs scaphandres d'excursion.Ces équipements pèsent 183,b sur Terre, mais seulement 30,b environ dans la gravité six fois moindre de la Lune.22 h sa à Montréal Ils étaient enfin prêts.Sur Terre à Montréal, il était 22 h 54 au moment où Neil Armstrong, descendant l'échelle du module, constate que les assiettes du train d'atterrissage sont légèrement enfoncées dans un ou deux pouces de poussière.Après 11 secondes d'hésitation, Armstrong avance prudemment son pied gauche, Devant quelque 600 millions de téléspectateurs rivés a leur fauteuil, Neil Armstrong pose le geste si longtemps attendu.PHOTO NASA puis il annonce: «|e vais m'éloigner du module maintenant.» 22 h 56.L'Homme est sur la Lune! «C'est un petit pas pour un homme.Mais un bond de géant pour l'Humanité.» Sur l'écran de télévision, on voit Armstrong éloigner son pied droit de l'assiette du module lunaire uu moment où il prononce ces paroles historiques.Le Docteur Larkin Kerwin, président de l'Agence spatiale canadienne, se souvient bien de ce moment.Il venait de gagner un pari de $ 100.Le Docteur Kerwin, alors professeur à l'Université Laval, avait parié avec un eminent collègue que les Etats-Unis respecteraient le calendrier fixé par le président Kennedy en 1961.Il pense toujours que c'était un projet mobilisateur qui a su rallier toutes les classes de la société américaine autour de cet objectif qui consistait à placer un Homme sur la Lune.Que sont-ils devenus, ces astronautes qui pour la première fois sont allés sur la Lune en y déposant nos rêves millénaires?Michael Collins a maintenant 58 ans.Après avoir été directeur du Musée National de l'Air et de l'Espace à Washington, il écrit maintenant des livres sur l'espa- ce.Edwin «Buzz» Aldrin a connu plusieurs problèmes personnels.A la suite de son retour sur Terre, il a souffert de plusieurs dépressions nerveuses; il a divorcé deux fois; et il a été tour à tour vendeur d'automobiles, rancher et conférencier.Agé de 59 ans, Aldrin est maintenant un consultant en questions spatiales et il vient de publier un livre sur son expérience d'astronaute.Et Neil Armstrong, à 58 ans.refuse toujours d'accorder des entrevues, préférant protéger sa vie privée.Après s'être retiré de la NASA en 1971, il est devenu professeur de génie à l'Université de Cincinnati.Il est maintenant associé dans une firme de logiciels, en Ohio.Il était aussi inévitable pour l'Amérique de relever d'emblée ce défi d'être la première nation à envoyer des hommes sur la Lune Îue, pour l'Espagne, d'accepter, 77 ans auparavant, le patronage des expéditions de Christophe-Colomb vers le Nouveau-Monde.Dans les deux cas, le défi était le même: battre le rival (l'URSS pour l'Amérique; le Portugal pour l'Espagne) et retirer d'imen-ses bénéfices consécutifs à leurs exploits.Suite à la découverte du Nouveau-Monde, l'Espagne est devenue la puissance la plus riche dé son temps.Sa victoire dans la course vers la Lune a procuré à l'Amérique une suprématie technologique sans précédent dans l'histoire.17 décembre 1972.Eugene Cer-nan s'engage dans le module lunaire puis en referme le sas d'entrée.Le dernier des 12 hommes qui ont foulé le sol lunaire s'attache à son siège, à côté du géologue Harrison D.Schmitt.Puis ce sont les dernières vérifications et le décompte final : .quatre-.trois.deux.un.ZERO! Et le module lunaire «Challenger» se sépare de l'étage de descente qui lui sert de «rampe» de lancement, puis s'élance vers son rendez-vous avec le module de commande America, resté en orbite autour de la Lune.Challenger s'élève gracieusement en abandonnant la Lune, mettant ainsi un point final au programme Apollo.L'Amérique s'était désintéressée de ces missions répétitives.Il devait y avoir une mission Apollo 18: elle sera annulée.Plusieurs études, aux États-Unis, recommandent un retour sur la Lune.Notamment, le rapport Ride (Sally Ride, première américaine dans l'Espace, a remis le rapport qui porte son nom à la NASA, en août 1987); et le récent rapport de l'Office of Exploration (NASA) intitulé « Beyond Earth Boundaries*.On retournera sur la Lune pour s'y installer cette fois de façon permanente.Comment le Canada a pris pied sur la Lune OLIVIER ROBERT collaboration spéciale Lionel Whyte Dès le début du projet Mercury, des Canadiens ont ete associes aux activités spatiales américaines.L'abandon, par le gouvernement fédéral, du programme de chasseur Arrow, en 1959, avait quelque peu favorisé l'exode d'ingénieurs hautement qualifiés et certains parmi ceux-ci entraient à l'emploi de la toute nouvelle agence spatiale américaine.La première contribution canadienne reconnue au programme spatial américain était une petite antenne pliable qui a équipé les vaisseaux spatiaux \u2014 Mercury.Gemini et Apollo\u2014 ainsi qu'une demi-douzaine de satellites scientifiques.Appelée STEM (Storable Tubular Extendible Member), ce dispositif demeurait enroulé dans son contenant pendant la phase de lancement, puis était déployé dans le vide de l'espace.Le STEM était fabriqué par la division «Spécial Products and Advanced Research» de la firme De Havilland Aircraft.Cette même division qui deviendra, en 1968, Spar Aerospace Ltd.Le STEM est, d'une certaine manière, «l'ancêtre» du bras télémanipulateur Canadarm.Des gens de Longueull Cependant, au cours des années soixante, ce sera la participation d'une firme québécoise au programme Apollo qui aura le plus suscité l'admiration parmi la population canadienne.Tout cela, grâce à l'opiniâtreté d'un homme, Lionel Whyte, et de la très haute compétence des employés de cette société.Héroux Inc.de Longueuil.A l'automne de 1964, Lionel Whyte.alors directeur général des ventes à la compagnie Héroux, se trouvait chez Grumman Aircraft, un client de Héroux depuis plusieurs années déjà.L'objet de sa visite était d'examiner la possibilité pour Ile-roux d'accroître ses activités auprès de la grande firme aéronautique américaine.Grumman venait d'obtenir la maîtrise d'oeuvre pour la conception et la fabrication de l'étage de descente du module lunaire.M.Whyte, ayant exprimé le désir, au nom de sa firme, de participer à ce programme de niveau technologique élevé, les gens de Grumman l'introduisirent auprès du gestionnaire de la NASA pour ce programme, qui, tout en le remerciant de l'intérêt que Héroux portait au; programme lunaire, lui signifia un refus de l'offre de participation de la compagnie québécoise.Parce que le programme spatial américain n'était pas ouvert aux étrangers, et que, de toute façon, il ne devait bénéficier qu'aux firmes américaines, en améliorant la technologie américaine.De retour à son bureau, le lendemain, M.Whyte reçoit une demande d'assistance de la part d'une firme californienne qui éprouvait un problème d'outillage pour un contrat de sous-traitance relatif au module lunaire, que Grumman lui avait accordé: il s'agissait d'usiner des pièces à partir d'un acier d'un type assez nouveau, qui se travaillait difficilement.La compagnie américaine sollicitait donc les conseils de la firme longueuilloise.Au cours de la conversation téléphonique, l'interlocuteur de M.Whyte révèle que l'acier provient.de Belgique.Avec cette information en main, le directeur des ventes de Héroux retourne à Long Island et plaide la cause de sa firme avec suffisamment de succès pour qu'il obtienne la permission de sélectionner un aspect du programme auquel Héroux pourrait participer.Après plusieurs heures d'examen intensif, son choix se porte finalement sur les supports principaux et secondaires qui forment les «jambes» du train d'atterrissage du module lunaire.Quinze autres compagnies américaines s'étaient vu offrir une occasion de soumissionner pour ce contrat portant sur la livraison de 60 jambes requises pour les 15 modules lunaires commandés par la NASA.Seulement six de ces firmes répondent à l'appel d'offre de Grumman.Après une évaluation serrée des capacités de Héroux, les ingénieurs de la firme sont convoqués chez Grumman, où ils subissent un examen encore plus sévère, non seulement par les gens du constructeur aéronautique, mais aussi par des membres de la NASA et par les astronautes Walter Schirra et Edward White (celui-là même qui périra dans la cabine Apollo en janvier 1967).Vers la fin de 1965, Héroux se voyait attribuer neuf des dix articles entrant dans la composition du train d'atterrisage du module lunaire.Tous les articles auront été livrés avant la fin de l'été de 1967.Le public a souvent cru.a ton, que la société Héroux n'avait fait qu'usiner les assiettes (les «pieds») du module lunaire.La confusion est née d'une mauvaise traduction du mot «strut», qui peut signifier à la fois, «jambe» ou «patte».Et quand on sait qu'au Québec, les gens confondent souvent «patte» et «pied». 86 Plus LA PRESSE.MONTREAL, SAMED115 JUILLET 1989 La Presse EN YOUGOSLAVIE Lea SÊovénâe vrit vers V GILBERT GRAND Boutiques cossues, patisseries et cafés.Mercedes et BMW rutilantes: il flotte dans les rues de Ljubljana comme im air de prospérité germanique et de bonhommie viennoise contagieuse.; L'héritage austro-hongrois est d'ailleurs encore très apparent ([ans la vieille ville aux immeubles ei bâtiments historiques superbement conservés.Et fière de sa culture et de son histoire qui la rattachent à l'Europe, la Slovénie vit de fait les yeux tournés vers l;Ouest.Aussi, alors que les republiques du Sud yougoslave s'enferrent dans la crise économique et les querelles inter-ethniques.elle se paie un «printemps» économique ci politique qui suscite à la fois envie et hostilité.! «Nous voulons conserver nos particularismes», souligne Milan Pintar, membre de l'aile réformiste du PC slovéne, en expliquant les raisons de cette nécessaire ouverture sur l'Europe, l'économie de marché et le pluralisme, qui tranche singulièrement avec «l'autogestion fondamentaliste» et «l'unitarisme» pratiqués principalement en Serbie.La réussite économique Slovène se- résume en quelques chiffres: I.9 million d'habitants (8.25 p.cent de la population totale du pays) y produisent 21 p.cent du PNB et 31 p.cent des exportations yougoslaves en devises convertibles.Le chômage n'est que de 2 p.cent ( la moyenne nationale est de 15 p.cent); les salaires sont deux fois plus élevés qu'au Sud.En raison de sa dépendance accrue envers l'étranger \u2014 par exemple.20 firmes Slovènes ont des filiales en Autriche \u2014 cette économie a «besoin de frontières ouvertes», souligne Pintar.Dans ce contexte, il ne faut absolument pas rater le train du marché européen de 1993, auquel la Slovénie se prépare déjà au sein de la com-.muniiuté Alpe-Adria.\u2022 Cet organisme de coopération .économique et culturelle, regroupant les 37.2 millions d'habitants de régions d'Italie, d'Autriche, de .RFA.de Hongrie et de Yougoslavie (Croatie et Slovénie), a déjà été dénoncée à plusieurs reprises par Belgrade comme l'instrument de la separation de la Slovénie du reste du pays.Vague punk et verte Par ailleurs, l'ouverture politique actuelle, rappelle Peter, un militant écologique de la premiere heure, trouve ses racines au début de la décennie lorsque que la vague punk et verte traversa l'Europe d'ouest en est.Tout une scène alternative se met alors en placé en Slovénie: artistes d'avant garde, spiritualistes, gais et lesbiennes, pacifistes, libéraux, etc.Très actifs et rapidement populaires \u2014 l'industrialisation à outrance a en effet son revers: stress, maladies, taux de suicide élevé, pollution \u2014 les écologistes obtiennent d'abord la création de pistes cyclables à Ljubljana.Puis, aidés par l'accident de Tchernobyl, ils s'en prennent au programme nucléaire yougoslave, ! dont l'unique centrale se trouve précisément en Slovénie, à Krsko.¦ Devant la pression populaire, les députés Slovènes adoptent en 1987 un moratoire nucléaire jusqu'en l'an 2000, que le Parlement fédéral transforme le 15 juin dernier, à la surprise générale, en interdiction définitive de construc-\u2022 (ion de nouvelles centrales sur tout le territoire.Avec l'entrée en scène de Mladina.l'hebdomadaire de l'organisation officielle de la jeunesse, la contestation prend un tour politique volontiers provocateur.Des «tabous», comme l'armée, la police ou l'héritage de Tito, sont joyeusement égratignés.raconte Franci, un des responsables de cette revue qui, tout comme Libération à Paris, s'est progressivement transformée en organe d'information sérieux et dérangeant ( lirage de 80000 exemplaires).Les tentatives de censure se révèlent contre-productives, car ce qu'on appelle maintenant le «mouvement social» \u2014 regroupant plusieurs dizaines de groupes indépendants \u2014 jouit d'un soutien populaire incontestable.La nouvelle direction du PC Slovène, dirigée depuis 1986 par Milan Kuc ,>!.le sait bien et se montre tolérante.Mais l'armée yougoslave, dont la majorité des officiers supérieurs sont serbes, ne l'entend pas ainsi.Elle se fâche vraiment en mai 1988.lorsqu'un jeune sous-officier Ivan Borstner remet à deux journalistes de Mladina, David Tasic et janez (ansa (par ailleurs chef de file des pacifistes), un rapport militaire confidentiel décrivant les missions d'unités de l'armée en Slovénie.Les trois hommes sont arrêtés, bientôt suivis de Franci Zavrl, le rédacteur en chef de Mladina.100000 signatures La population Slovène, qui y voit une attaque du pouvoir central contre le processus de démocratisation, se mobilise aussitôt, t n un temps record, un Comité de défense des droits de l'homme recueille I00000 signatures; des centaines d'organismes et même une quarantaine de cellules du Parti se joignent au comité.Au terme d'un procès tenu à Ljubljana en serbo-croate (!), langue officielle de l'armée, le tribunal militaire condamne néanmoins les quatre inculpés à des peines allant de cinq mois à quatre ans de prison pour «divulgation de secrets militaires».L'exécution de la sentence ayant été régulièrement repoussée en raison des procédures d'appel, ce n'est finalement que le 5 mai dernier que Jansa est incarcéré manu militari pour 18 mois.Trois jours plus tard, un meeting de protestation rassemble plusieurs dizaines de milliers de personnes à Ljubljana.Ici, tout le monde est d'accord: ce procès « traumatique», loin d'intimider l'opposition, n'a fait que l'exacerber, affirme Dimitrij Ru pel, président de l'Alliance démocrate slovène.L'un après l'autre, des groupes indépendants se forment (Alliance slovène des paysans, démocrate, social-démocrate, social-chrétienne.Verts).Autant de partis qui n'osent pas encore dire leur nom puisque, pour avoir une existence légale et des possibilités d'action limitées, ils sont contraints pour l'instant de se soumettre à la tutelle de l'Alliance socialiste, «courroie de transmission du Parti», selon Kupel qui mène avec son parti la bataille pour changer cet état de fait.Oui et non Même si la ligne officielle est toujours «oui au pluralisme d'idées, non au pluripartisme», on est conscient au sein du PC que ces groupes indépendants font désormais partie du paysage politique.Question cruciale: seront-ils dès lors autorisés à se présenter aux élections de 1990?Pintar répond que non.arguant sans réelle conviction que ces groupes «peu influents, s'annulent n'ayant pas de plateforme commune.Dans quelques années, l'opposition sera constituée en partis.Mais d'ici là, le PC aura réagi ».La leçon du scrutin présidentiel où.pour la première fois, le représentant slovène était choisi lors d'élections générales, semble avoir porté.Le candidat de l'establishment politique, Marko Bulc, a alors été nettement battu par un outsider de 39 ans, Janez Drnovsek.Plusieurs républiques ont depuis suivi l'exemple slovène et, constate un Pintar désabusé, «les candidats de l'opposition, peu importe leurs qualifications, l'ont emporté».«Le Parti a compris que les représentants de l'ancienne équipe n'ont aucune chance, qu'il faut du sang nouveau», a-joute-t-il, tout en regrettant que le Comité central soit «encore très conservateur».Il conclut avec un clin d'oeil malin, en paraphrasant la Guerre des étoiles: «The Empire will strike back.» Kupel est néanmoins optimiste.Il croit à une légalisation des partis indépendants pour les élections de l'an prochain en raison même de la conjoncture à l'intérieur de la fédération.«Le système slovène est.pluraliste; sinon, il est semblable à celui de Milosevic», Iauee-1-il catégorique.Peter est tout aussi clair: «Ces élections doivent être libres, sinon on ne peut prévoir ce qui se passera».Les Verts, qui ont créé leur parti le 12 juin, ont annonce qu'ils y présenteraient des candidats et qu'ils comptent bien remporter entre 5 et 10 p.cent des voix.Cependant, cette libéralisation pourrait être compromise par la véritable guerre engagée entre Ljubljana et Belgrade sur lé fonctionnement même de la fédération.La Slovénie a fait dangereusement monter les enchères en votant à la mi-juin une motion reconnaissant son «droit à la sécession».« Dire aujourd'hui que nous voulons sortir de la fédération est encore exagéré, note Pintar.Cependant, les différences entre la Yougoslavie et la Slovénie s'accentuent chaque jour.Le processus d'aliénation est déjà là ; il s'accélérera si se produisent d'autres aberrations, comme le procès des quatre, qui fut un montage par excellence.» C'est un économiste slovène, Janez Drnovsek, âgé de 39 ans, qui occupe la présidence du pays depuis mai dernier.La tension est grande au Kosovo, comme d'ailleurs dans plusieurs autres régions de Yougoslavie.Des gens du pays disent qu'il n'y a plus vraiment de parti communiste yougoslave, mais qu'il y en a au moins six qui pensent différemment.La cassure iforcff-Smf GILBERT GRAND BLED.Slovénie érité en deçà des Pyré-\" W nées, erreur au delà.» Cette maxime, écrite il y a plus de 400 ans par Biaise Pascal, retrouve toute son actualité dans une Yougoslavie multinationale, plus que jamais déchirée entre le Nord et le Sud.Ayant quitté en matinée une Serbie obsédée par sa réunification et les «complots contre-révolutionnaires» albanais, me voilà en soirée à nouveau confronté en Slovénie à la question du Kosovo, placée cette fois sous un jour diamétralement opposé.La réunion du Pen Club dans l'idyllique station alpestre de Bled portait bien sur le thème de «l'écrivain et l'exil».Mais comment échapper à la question de l'heure lorsque se pointe, au milieu des débats, une délégation d'auteurs albanais venus de Pristina et Tirana à l'invitation du Comité slovène de défense des droits de l'homme au Kosovo.D'autant qu'Ibrahim Rugova, qui y mène la résistance des intellectuels, ne mâche pas ses mots pour décrire l'état de siège imposé dans sa province.«C'est un retour au néo-stalinisme le plus dur avec intimidation, harcèlement et arrestations.» Plus de 200 opposants, dont 60 intellectuels, sont maintenus «en isolement», mesure qui peut durer indéfiniment.Quelque 1200 personnes sont privées de liberté.Selon Rugova, président de l'Association des écrivains du Kosovo, la solution de cette crise passe par «le respect démocratique de la volonté populaire.Nous voulons être maîtres de nos affaires.Ce sera même mieux pour la minorité serbe.En donnant raison aux extrémistes, tout main- tien de l'état de siège risque d'être dangereux pour le pays».Pour Yasa Zlobec, membre du Comité de défense slovène, les Serbes du Kosovo (10 p.cent de la population) sont maintenant «condamnés car ils sont les représentants de la politique fasciste de Milosevic».Comment oublier, ajoute-t-il, que plus du tiers de la nation albanaise vit en Yougoslavie.«C'est donc une minorité spéciale.Et comme le répète l'économiste croate Branko Horvath, les Albanais du Kosovo peuvent être Yougoslaves mais ils ne pourront jamais être Serbes.» «La répression ne saurait être une politique à long terme.Il faudra bien que Serbes et Albanais apprennent à vivre ensemble.Il n'y a pas d'autre solution», renchérit Peter, un des leaders écologistes Slovènes.Devant l'hégémonisme Bizarrement, c'est en Slovénie \u2014 et dans une moindre mesure en Croatie \u2014 que les Albanais du Kosovo ont trouvé, au sein de la fédération yougoslave, un soutien dans le conflit qui les oppose aux Serbes.Rien ne semble pourtant devoir rapprocher la république la plus riche du pays, au nord, et la province la plus déshéritée, au sud.Rien sinon le même sentiment de minoritaire menacé par l'« hégémonisme» serbe.Dès février, dirigeants officiels et opposants Slovènes se solidarisaient ainsi avec les mineurs en grève de Trepca et un Comité de défense était créé à Ljubljana.Des centaines de milliers de citoyens signaient une pétition réclamant notamment «le respect des droits de l'homme dans toutes les par-tics de la Yougoslavie, ainsi que la reconnaissance de l'autonomie politique, économique et cultu- relle de toutes les nationalités vivant en Yougoslavie».Ils ont critiqué, par la suite, les mesures d'exception et exigé le rappel des unités Slovènes incorporées aux milices fédérales au Kosovo.Ils ont demandé au Parlement de Belgrade le coût des opérations de maintien de l'ordre (.SI million US par jour, selon Peter), ainsi que l'utilisation de l'aide au développement versée au Kosovo par le biais d'un fonds fédéral.En réponse, les Serbes ont lancé un boycottage des produits Slovènes, tandis que politiciens et médias accusaient indistinctement les Slovènes de tous les « péchés»: défense de la contre-révolution, séparatisme, offenses à l'armée, néo-colonialisme, etc.«Il y a là un grave malentendu, souligne Zlobec.À Belgrade, on nous accuse d'être contre les Serbes, pour les Albanais.C'est faux : nous sommes pour un État de droit, le ne supporte pas plus le chauvinisme slovène.C'est une question de principe.» D'animosité à haine Déjà forte avant le début de la crise du Kosovo, l'animosité.pour ne pas dire la haine, qui se développe entre Serbes d'une part et Croates et Slovènes de l'autre, est alimentée dans chaque république par une campagne de presse quotidienne qui ne pèche pas par la nuance.Les dernières réunions de la direction du PC yougoslave n'ont elles aussi été qu'une succession d'invectives et de règlements de compte.«La politique yougoslave en est une d'excommunication et d'excès», constate un rédacteur de la revue Mladina.En fait, le conflit entre la Slovénie et la Serbie dépasse de loin la dispute sur le Kosovo.II porte fondamentalement sur l'avenir de la Yougoslavie.Deux logiques, deux conceptions s'y affrontent, entre un Nord industrialisé plutôt prospère mais minoritaire (Slovénie, Croatie) et un Sud plus ou moins sous-développé qui s'enlise dans la crise économique et les tensions nationales (Serbie, Bosnie-Herzégovine, Macédoine, Monténégro et Kosovo).En plus de 40 ans, la Yougoslavie socialiste n'a pas réussi à atténuer les différences qui séparent les anciens vassaux de l'empire austro-hongrois et ceux qui ont subi la domination turque, font remarquer les historiens.Les divergences actuelles sont d'abord d'ordre économique et institutionnel.Pour les Slovènes, le pays doit s'engager sur la voie de la libéralisation avec instauration d'un marché commun yougoslave, d'une décentralisation accrue dans le cadre d'une structure confédérale.Prônant également une libéralisation de l'économie, les Serbes penchent pour l'unification, le renforcement du pouvoir fédéral et une politique de redistribution des revenus de toutes les républiques.Assez de payer Chaque camp, bien sûr, défend en priorité ses propres intérêts.Les faibles économies du Sud (où le taux de chômage est déjà supérieur à 15 p.cent) souffriraient le plus d'une ouverture du marché intérieur.Elles entendent donc bien que le Nord florissant continue à les soutenir par le biais du Fonds d'aide au développement des régions pauvres.Mais Ljubljana en a assez de payer la facture.D'autant, affirme Milan Pintar.un des «réformistes» du PC slovène, que ces sommes finissent trop souvent dans les poches de l'oligarchie politique locale (cf.les scandales ac- tuels en Bosnie ou ceux plus anciens qui ont suivi le tremblement de terreau Monténégro).« La propagande serbe nous accuse d'exploiter le Sud.Mais cela résulte de la logique économique», se défend-il.Et il reprend ensuite un point de vue entendu également dans les milieux de l'opposition slovène: «La Serbie est dans une situation économique difficile.Plutôt que d'en chercher les causes à l'intérieur de ses propres instances, ou de changer le système politique, elle trouve des ennemis extérieurs, les Albanais, les Slovènes, les Croates.» Non seulement les priorités économiques divergent, mais les projets politiques s'affrontent, personnifiés par le Slovène Milan Kucan et le Serbe Slobodan Milosevic.Pendant que le premier dialogue avec une opposition qui a le vent en poupe, le second mobilise les foules et arrache la réunification de la Serbie.D'un côté, l'ouverture au pluralisme et le respect de l'opinion populaire comme l'ont montré les élections présidentielles; de l'autre, l'orthodoxie idéologique et le monopole du pouvoir.La stratégie du «coup d'État permanent», chère à Milosevic, suscite de vives craintes au Nord : qu'est-ce qui empêche le leader serbe d'y avoir recours contre d'autres républiques récalcitrantes à son centralisme, se demande Pintar.Comme Milovan Djilas.l'ancien dauphin de Tito tombé en disgrâce.l'a déjà constaté, «il n'y a plus de parti communiste yougoslave, mais au moins six partis.La fédération doit trouver une nouvelle forme de fonctionnement, plus efficace et plus libérale.Sinon c'est l'éclatement». Le Monde LA PRESSE, MONTREAL, SAMED115 JUILLET 1989 \u2022 B7 Castro fait le ménage au ministère de l'Intérieur d après AfP et Renter LA HAVANE LW exécution du héros de la révolution Arnaldo Ochoa Sanchez et de trois autres anciens officiers, pour trafic de drogue, a mis fin a l'un des moments les plus dramatiques de l'histoire de Cuba depuis l'arrivée de Fidel Castro au pouvoir, il y a trente ans.Mais l'affaire Ochoa se poursuit.La démission ou le remplacement de sept généraux du ministère cubain de l'Intérieur, à la suite des «déficiences» mises à jour dans le cadre du scandale de trafic de drogue \u2014le «Narcoga-te»\u2014 ont été annoncées officiellement hier matin à La Havane.Les remaniements annoncés concernent toute la hiérarchie du ministère de l'Intérieur à l'exception du contre-espionnage.Le communiqué annonçant les changements ne fait en effet pas mention du chef du contre-espionnage du ministère de l'Intérieur, le général de division Manuel Fernande/ Crespo.Les services de renseignement, les garde-frontières, les services de l'immigration, la police et les pompiers dépendent du ministère cubain de l'Intérieur.Selon le communiqué, le général de division German Barreiro de la direction générale du renseignement du ministère de l'Intérieur, le général de brigade Amado Valdcs, chef des garde-frontières, et le général de division Pascual Martinez Gil.dont la fonction exacte n'a pas été précisée, le général de brigade Miguel Bermejo, chef de la direction générale de la Protection contre les incendies, les généraux de bri- Le monde qui s'écrit gade Manuel Suarez et Felix Veliz de la direction politique du ministère de l'Intérieur ont accepté de démissionner.D'autre part, le général de brigade Roberto Gonzalez a été remplacé à son poste de chef des services d'immigration.Fn remplacement du général Barreiro a été nommé le général de division les us Bermudez, membre du comité central du PC cubain.Le général de division Romarico Soto-mayor remplace le général Martinez Gil.Les remplaçants des autres généraux démissionnaires n'ont pas été mentionnés.Par ailleurs, la télévision a passé l'affaire Ochoa pratiquement sous silence et a privilégie les activités de Fidel Castro.Du 14 juin à mardi dernier, la télévision cubaine a consacre presque 40 heures au scandale et a retransmis les quatre audiences du procès.«Ils ont blessé Fidel à un tel point.Ils lui ont fait tellement mal.Ils l'ont tellement fait souffrir, le crois que cela l'a marqué pour toujours», a déclaré le nouveu ministre de l'Intérieur, le général Ibarra.Enfin, le président nicaraguayen, Daniel Ortega, a exprimé à Fidel Castro la solidarité du gouvernement sandiniste «avec les moyens pris à Cuba pour combattre le trafic de drogue.La décision de fusiller les condamnés a été qualifiée par Ortega «d'exemplaire et de précédent» pour les fouvernements qui, comme les tats-Unis, «se disent intéressés par la lutte contre le trafic de drogue».De son côté, l'ambassadeur de Cuba au Nicaragua, Fernando Ravelo Rcnedo, a démenti avoir des liens avec le trafic de drogue.Kilomètre zéro de la Révolution CHARLES DAVID Ainsi donc, il y a deux cents ans, dans une profonde cassure qui allait marquer irremediable-ment le destin de l'homme, l'Histoire de France dégageait de nouvelles perspectives et se frayait un chemin dont les bretelles allaient ceinturer le monde entier mais dont le «kilomètre zéro commençait avec la prise de la Bastille».Comme le soulignera Michelet, face aux multiples péripéties de la Révolution française, seul le 14 juillet fut le jour du peuple entier, le premier de la délivrance, dans la mesure où prenant d'assaut la forteresse du despotisme, de l'absolutisme royal, symbolisée par cette Bastille \u2014 «massive avec ses huit grosses tours, unique autant par son architecture que par son histoire devenue mythe» \u2014 le peuple fonde sa liberté.C'est ce moment unique, ce 14 juillet 1789, où l'Histoire bascule, faisant en deux jours l'ouvrage de cent ans, pour reprendre le mot de Valéry, que Claude Quétel, dans un ouvrage étincelant, La Bastille, histoire vraie d'une prison légendaire, retrace afin de nous décortiquer ce «point de rupture messianique, avec un avant royaliste tout rempli d'opprobre et un après républicain tellement voue au progrès que l'Empire, la Restauration, la monarchie de luillet, le Second Empire n'apparaissaient que comme des parenthèses plus.ou moins fâcheuses.».Ce que précisera Valéry, en soulignant, avec un brin d'amertume, que la «révolution perd en deux ans l'oeuvre de cinq siècles».Mais, foin de regrets en cette journée du Bicentenaire, il est encore temps, avec Quétel, de la reprendre cette Bastille, de franchir les cachots avec ces b 000 prisonniers, de Condé au marquis de Sade, qui les peuplèrent.Et surtout, il est encore temps de revivre l'histoire de l'édifice lui-même, du début de sa construction en avril 1370, de son utilisation de citadelle militaire (la Grande Mademoiselle en 1652 fit donner ses canons pour couvrir la retraite de Condé dans Paris) à prison d'État à partir du régne de Louis XI avant de sombrer sous les coups repétés d'un peuple déterminé à jeter à bas un régime féodal révolu.Car, dès 1780, comme l'écrit CLAUDE.QÙÊTEI.HISTOIRE VRAIL D'UNE PRISON LEGENDAÏRE «U*K* r lu Fl>N 1 dans ses souvenirs la vicomtesse de Fars Fausselandry, «on sentait quelque chose d'orageux dans l'atmosphère politique de la France, l'horizon se chargeait de noir.Le respect pour la royauté et pour le monarque s'affaiblissait dans toutes les classes de la société et était sur le point de s'effacer entièrement.On ressentait ce malaise qui annonce l'approche de la tempête, et sans pouvoir fixer le moment fatal, il était facile de s'apercevoir qu'il s'approchait».Et, ce fut le 14 juillet.On connaît la réplique célèbre qu'aurait adressée à Louis XVI le duc de Liancourt, lui apprenant la nouvelle de la prise de la Bastille:* Mais c'est une révolte! -Non, Sire, c'est une révolution».On a beau n'y avoir trouvé, ce jour-là, que sept prisonniers \u2014 quatre faussaires qui furent récincarcérés.deux fous et un jeune noble débauché \u2014 dans ses cachots, mettant à mal ainsi la légende noire de cette prison d'Etat abhorrée de tous, mais elle fut d'abord prise cette Bastille parce qu'elle était la «société de l'Ancien Régime en réduction », ce que Michelet précise en faisant jour l'idée qu'avec la lettre de cachet, cette «excommunication du roi», la Bastille fut l'un des éléments définissant voire constituant le système monarchique.Oh! bien sur.de par le monde, depuis ce 14 juillet, les prisons n'ont cessé de pousser comme du pissenlit.Il faut donc continuer à croire et espérer, comme le faisait remarquer de Gaulle, que «quand la lutte s'engage entre le peuple et la Bastille, c'est toujours la Bastille qui finit par avoir tort ».?L j Btstille Histoire vraie d une prison légendaire par Claude Ouete I collection la Revolution Française Edition» Robert Dffont.1989.500 pages Lech Walesa laisse le champ libre au général Wojciech Jaruzelski d après AFP.AH.UPI et Reuter VARSOVIE Lech Walesa a fait une énorme concession au général Wojciech jaruzelski en lui ouvrant la porte qui mène à la présidence de la république alors qu'il y était jusqu'à présent opposé.Dans une déclaration hier à Gdansk (nord), le prix Nobel de la paix, farouche adversaire du chef de l'Etat, symbole à ses yeux du coup de force contre son syndicat, a en effet affirmé que «Solidarité s'efforcera de coopérer avec chaque président (de la République de Pologne) élu.que ce soit le général Jaruzelski ou le général Czeslaw Kiszczak (.) pour résoudre les problèmes qui se posent à la Pologne en veillant à assurer aux Polonais des conditions de vie plus dignes».Lech Walesa lui a aussi déblayé la voie vers la présidence en levant le doute sur ses intentions concernant la course au poste de président.«Dans les conditions intérieures et extérieures dans lesquelles se trouve la Pologne, seul un représentant de la coalition gouvernementale peut être président» de la république, at-il dit.Cette assurance, estime-t-on, est destinée au numéro un soviétique Mikhaïl Gorbatchev, qui après avoir déclaré que le choix du président ne concernait que les Polonais a quand même exprimé sa préférence pour le général (aruzelski.F é Lech Walesa et le général Wojciech Jaruzelski, les deux farouches adversaires d'hier.PHOTO KtUTER Dans une autre affaire, on apprenait hier que le père Sylwes-ter / yeli, 39 ans, un ancien sym-pathisant de Solidarité mort dans des circonstances mystérieuses, n'aurait pas succombé à une crise cardiaque, selon les premières constations médicales pratiquées à l'hôpital d'EIblag, au nord de la Pologne.Le corps de l'ecclésiastique a été trouvé par des passants, dans la nuit de lundi a mardi à un arrêt de bus dans la petite station balnéaire de Kryniea Mors-ka.à une quarantaine de kilometres d'EIblag, sur le littoral de la Baltique.Le mouvement de grève des mineurs de Sibérie prend de l'ampleur Une entente de principe intervenue jeudi a été massivement rejetée Agence France-Presse MOSCOU Les 12 000 mineurs en grève depuis lundi à Mejdouret-chensk.en Sibérie occidentale, ont refusé de reprendre le travail hier comme prévu et le mouvement a gagné huit autres villes du bassin minier de l'Ouzbas, les grévistes exigeant la venue de hauts responsables du gouvernement, a annoncé l'agence TASS.Seules deux villes de cette région de Sibérie \u2014Bielovo et An-jero-Sudjensk \u2014 sont encore épargnées par cette grève qui est en passe de devenir le mouvement social le plus grave de l'URSS de la perestroïka.Pour la première fois les médias soviétiques, qui parlent rarement des grèves dans le pays, donnent une couverture importante de l'événement.La télévision a présenté dans les bulletins d'informations de jeudi soir un reportage donnant la parole aux grévistes.Un accord était intervenu jeudi entre le comité de grève de Mej-douretchensk et les autorités, notamment le ministre de l'Industrie du charbon, M.Mikhail Chtchadov.Il prévoyait la reprise du travail hier matin après la satisfaction de 36 des 42 demandes des grévistes.L'accord n'a pas été respecté par les mineurs qui appellent à l'extension du mouvement à tout le bassin et avancent des «slogans politiques» dans leurs meetings, indique TASS.Ils réclament notament «une discussion populaire d'urgence sur une nouvelle constitution du l'URSS qui devrait être adoptée avant le 7 novembre prochain» (date anniversaire de la révolution d'octobre) dans une lettre ouverte adressée au gouverne- ment soviétique, ajoute TASS sans plus de précisions.Une nouvelle révision de la constitution a été promise par la direction soviétique et elle devrait être soumise au Congrès des députés à l'automne.Les mineurs cherchent à mettre sur pied un comité régional de grève.Ils exigent aussi un approvisionnement normal de leur ré- gion et la suppression des avantages matériels pour les fonctionnaires.Les mineurs avaient demandé la démission de la direction locale du Parti.D'après le journal Troud.dès jeudi le mouvement a commencé à s'étendre et les mineurs ont été rejoints par d'autres travailleurs.Troud précise que les puits à Ka- pitalnaya.près de la ville de Os-sinniki, et à Novokouznetz et Prokopievsk avaient cessé le travail des jeudi.Les grévistes se sont rassemblés devant la mairie.Le comité de grève local élu a demandé l'indépendance pour les entreprises et l'arrêt «des diktats de la direction» ainsi qu'un salaire plus juste, précise l'organe des syndicats soviétiques.Le dirigeant kurde assassiné à Vienne voulait rentrer en Iran d'après AFP.Reuter et UPI VIENNE Abdel Rahman Ghassemlou, la principale figure du mouvement autonomiste kurde iranien, assassiné jeudi à Vienne avec deux autres exilés kurdes, était sur le point de changer de camp et d'abandonner l'alliance de l'Irak pour celle de l'Iran, a annoncé Radio-Téhéran.À Vienne, la police autrichienne a estimé «très plausible» cette version des faits et a confirmé que Ghassemlou, au moment de sa mort, était en réunion avec un émissaire iranien, porteur d'un passeport diplomatique au nom de Mohamed Djafari Sahraroudi.Les rapports entre le dirigeant kurde et Bagdad s'étaient dégradés en raison du déplacement forcé des populations du Kurdistan irakien contraints par les Irakiens à quitter les villages proches de la frontière avec l'Iran.Ghassemlou, 39 ans, dont les maquisards ont participé aux côtés de l'Irak à la Guerre du Golfe, a été tué à bout portant avec deux autres hommes dans un appartement du centre de Vienne.L'envoyé iranien a été blessé à la mâchoire par les assaillants.Selon Radio-Téhéran, Ghassemlou, qui vivait habituellement à Paris, était à Vienne afin de demander à cet émissaire un sauf-conduit pour rentrer en Iran.En revanche, le mouvement des Moudjahidin du peuple (opposition iranienne armée, busec en Irak) a accusé l'Iran d'avoir assassiné Ghassemlou.secrétaire général du Parti démocratique du Kurdistan iranien (PDK1).hostile au régime de Téhéran.« Il ne fait aucun doute que cette tuerie est l'oeuvre du régime iranien, affirment les moudjahidin dans un communiqué signé par leur chef Massoud Radjavi, et condamnant vigoureusement l'assassinat de Ghassemlou et de deux autres dirigeants du PDKI.Les moudjahidin estiment notamment que Ghassemlou a été «victime des négociations» avec les responsables de Téhéran.Ils font état, à ce sujet, d'informa- tions données, selon eux, par les médias iraniens, selon lesquelles le dirigeant du PDKI était en train de négocier avec un représentant de la République islamique lorsqu'il a été abattu.Les moudjahidin affirment avoir mis en garde M.Ghassemlou contre les négociations avec l'Iran et lui reprochent d'avoir «cru qu'il pourrait obtenir des concessions en collaborant avec le régime iranien et en adoptant une attitude de compromis a son égard».«La signification de ce crime pour le peuple, les pesh-mergas (combattants autonomistes kurdes) et les groupes politiques du Kurdistan d'Iran, est qu'aucun compromis n'est possible» entre les Iraniens et le régime au pouvoir à Téhéran, selon le communiqué.Djalal 1 .il,m.mi.chef de l'Union patriotique irakienne du Kurdistan, un groupe de maquisards opposés à Bagdad, a affirme que le décès de Ghassemlou était une tragédie montrant bien que les Kurdes sont victimes du terni risme international.ISRAEL Visite américaine annulée ¦ Washington annule la visite d'une délégation américaine de haut niveau à lerusalem qui était prévue pour la semaine prochaine, a annoncé hier le premier ministre israélien.Les États-Unis n'ont pas donné la raison de cette décision.La délégation devait examiner si le plan de paix concernant les élections dans les territoires occupés était toujours valable maintenant que le Likoud y avait imposé ses propres conditions.CHINE Vague de censure ¦ Les censeurs chinois ont jure de retirer des librairies tous les ouvrages politiquement inaccepta- bles et les autorités ont promis encore de punir «sans merci» les dissidents.Les autorités chinoises ont saisi hier les journaux et les magazines étrangers des kiosques et des hôtels luxueux, dans une escalade de la campagne contre les influences occidentales.CAMBODGE Neutralité ¦ Le régime pro-vietnamien du Cambodge a déclare îa «neutralité permanente» du Cambodge, renonçant ains< apparemment, à quelques semaines d'une conférence internationale à Paris sur le conflit cambodgien, à un pacte de sécurité Hanoi-Phnom Penh.Dans une emission captée hier à Bangkok.Radio-Phnom Penh a annonce que l'Assemblée nationale «avait adopte jeudi u l'unanimité un projet de declaration portant sur la neutralité de l'Etat du Cambodge».MEXIQUE La dette ¦ Le président américain George Bush et son homologue mexicain Carlos Salinas de Gortari ont convenu hier à Paris que les négociations sur la restructuration de la dette mexicaine ne devaient pas être brusquées pour qu'un accord soit conclu avant la fin du sommet de Paris, a-t-on indique de source officielle américaine.La Maison-Blanche a d'auire part indiqué que les États-Unis étaient favorables à la fourniture au Mexique d'un crédit-relais multinational de l'ordre de $1 à $2 milliards destiné a favoriser la conclusion d'un tel accord, mais qu'aucun arrangement en ce sens n'avait encore été conclu.HONGRIE Funérailles de Kadar ¦ La Hongrie a rendu hier un dernier et vibrant hommage à fa-nos Kadar, l'homme qui a dirige pendant 32 ans le pays après l'insurrection de 1955 écrasée par les chars soviétiques.Près de 60000 Hongrois ont défilé devant le corps de l'ancien secrétaire général du Parti socialiste ouvrier hongrois.LIBAN Bombardements ¦ Un civil a été tué et huit autres blessés hier matin dans le bombardement de zones résidentielles du «payschrétien»au Liban a partir des secteurs sous contrôle syrien, selon un premier bilan de sources hospitalières. Ob la presse.montreal.samedi 15 juillet 1989 En vain, Dunkins en a appelé à la Cour suprême ^Agence f'rance-Pre*.\\c .ATMORE.Alabama 8 ¦ Il a fallu deux décharges électriques, à 20 minutes d'intervalles, au\\ autorités de la prison d'At-more, Alabama, qui avaient commis une «erreur», pour exécuter hier.Horace Franklin Dunkins.un attardé mental condamné à mort pour le meurtre d'une femme de 26 ans.Selon les autorités locales, les contacteurs qui liaient le condamné à la chaise électrique avaient été mal fixés et, après la première tentative, les responsables de l'exécution ont réalisé l'erreur.Les médecins ont alors constaté que le condamné était inconscient.Vingt minutes plus tard, à (2h 27.Horace Franklin Dunkins a finalement été déclaré mort, après une seconde tentative.«Il s'agit d'une erreur humaine, l'espère simplement qu'il n'était pas conscient et qu'il n'a pas souffert, je regrette vraiment beaucoup ce qui s'est passé», a déclaré un haut responsable de la prison d'État de l'Alabama, Morris Thigpen, lors d'une conférence de presse.La Cour suprême des États-Unis avait rejeté, jeudi soir, un appel de dernière minute.Les avocats de la défense avaient demandé un sursis justifié par la récente décision de la Cour suprême selon laquelle les facultés mentales d'un accusé devaient être prises en compte dans la condamnation.La décision de la Cour suprême avait néanmoins indiqué que l'interdiction constitutionnelle d'un «châtiment cruel et extraordinaire» n'excluait pas l'exécution d'attardés mentaux.Huit personnes périssent dans l'écrasement d'un hélicoptère Agence France-Presse MOSCOU ¦ Huit personnes ont été tuées et deux autres blessées dans l'accident d'un hélicoptère militaire hier a Kclbadjar, en Azerbaïdjan, a rapporté l'agence TASS sans préciser si des civils figuraient parmi les victimes.L'hélice de l'appareil a heurté des fils électriques alors qu'il prenait de l'altitude et l'hélicoptère est tombé à côté d'un stade, a simplement indiqué l'agence officielle soviétique, précisant qu'une enquête est en cours.Le Comité régional du Parti «envisage la possibilité d'accorder une aide aux familles des victimes», a ajouté TASS.La petite ville de Kclbadjar se trouve au sud-est de cette république caucasienne, entre la région autonome du Nagorny-Karabakh et l'Arménie.L'épave du MIG-23 rapatriée Par ailleurs, l'épave du MIG-23 qui s'est écrasé le 4 juillet dernier dans le sud de la Belgique devrait être transportée en Union soviétique aujourd'hui en début d'après-midi, a-t-on appris auprès du ministère belge de la Défense.¦ ¦ L'épave de l'appareil soviétique, qui s'est abattu près de Cour-trai (sud-est du pays) tuant un jeune Belge, a été chargée dès jiier après-midi à bord d'un avion \u2022 de transport Antonov.Le départ des débris du MIG-23 q été rendu possible par la levée de la saisie prononcée par le parquet de Courtrai pour les besoins de l'enquête, précise-t-on de même source.Une délégation composée de 11 experts soviétiques était arrivée lundi en Belgique pour examiner les débris de l'avion.Dirigée par le lieutenant général Evgueni Roussanov, chef de la sécurité aéronautique au ministère soviétique dé la Défense, cette délégation regagnera Moscou en même temps que l'épave de l'avion.La délégation soviétique enverra un rapport définitif après un examen approfondi de l'épave en ;Union soviétique, selon un communiqué du ministère belge des Affaires étrangères.La Belgique transmettra à l'URSS une demande, d'indemnisation, dont le montant n'a pas été précisé, «dans les meilleurs délais», ajoute ce texte.L'examen de la boite noire du MIG-23 a permis de confirmer que le réacteur de l'appareil ne fonctionnait pas normalement au moment où le pilote a abandonne l'avion au-dessus de la Pologne, a déclaré de son côté M.Roussanov à l'agence Tass.L'avion parti de Pologne avait effectué un vol de 900 km sans pilote mardi dernier avant de s'écraser près de Courtrai.Le congrès de la Conférence mondiale de l'énergie fait une place au jeunes SONIA SARFATI ¦ Horace Franklin Dunkins ¦ Une première aura bientôt lieu à Montréal: quelque I25 jeunes du Canada et d'autres pays participeront, du 17 au 22 septembre, au 14e congrès de la Conférence mondiale de l'énergie (CMÉ).Ils auront ainsi la chance de côtoyer 3 500 délégués qui viendront des quatre coins du monde pour se pencher sur l'avenir énergétique de la planète.L'idée a été lancée par M.Marcel Boiteux, le président de la CMÉ, puis reprise par le Mouvement international pour le loisir scientifique et technique (MIL-SET).Apres tout, le thème du congrès est L'énergie demain et «les jeunes sont justement l'énergie de demain», a fait valoir M.Maurice Huppé, président du M1LSET.Le congrès se tenant à Montréal, le Conseil de développement du loisir scientifique (CDLS) \u2014 qui est, au Québec, l'organisme national de loisir scientifique \u2014 s'est chargé de préparer le volet leunesse et énergie de demain.Vingt-huit Canadiens de 15 à 20 ans, dont 18 Québécois, y participeront.Ils ont été sélectionnés par le biais des expo-sciences pan-québécoises et pancanadiennes.Us présenteront 19 projets traitant de sujets aussi variés que la démystification de l'énergie nu- cléaire, l'art de se chauffer avec un pneu et le «pétrole» de nos forêts.« Des Français, des Tchèques et des Belges ont aussi confirmé leur présence, dit Mme Ginette Gau-vreau.agente d'information au CDLS.Et nous attendons des réponses de l'Irlande, du Danemark, de l'URSS, de l'Equateur, du Portugal et du Maroc.L'Algérie, le Chili, les États-Unis, la |or-danie, la Turquie, l'Angleterre et le Gabon ont, pour leur part, démontré un très grand intérêt pour l'événement.Us ont jusqu'à la fin du mois pour s'y inscrire.» Les jeunes scientifiques présenteront, en tout, une centaine de projets.Divisés en deux groupes.certains exposeront pendant que d'autres participeront à diverses activités connexes, dont la visite d'industries et d'un complexe hydro-électrique.À mi-parcours du congrès, les groupes seront inversés.«Le programme leur permettra aussi d échanger leur vision de l'avenir énergétique dans le cadre d'un débat-jeunesse international et d'assister à certaines sessions du Congrès de la CMÉ».poursuit Mme Gauvreau.Fondée en 1924, la Conférence mondiale de l'énergie regroupe 80 pays qui représentent de nombreux systèmes politiques et économiques ainsi que plusieurs stades de développement.?LA BAIE* EST É E LAUDER Venez découvrir les stratégies Couleurs estivales et obtenez Yeux soleil en prime ESTÉES LAUDER vous présente les couleurs, les produits de maquillage et les conseils pratiques qui vous aideront à passer un été en beauté! 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