La presse, 26 juin 1989, B. Informations générales
[" m Informations générales Le Monde LA PRESSE, MONTREAL.LUNDI 26 JUIN 1989 Le mouvement skinhead est une survivance des années 60 ¦¦UNO BISSON Pendant la dernière campagne présidentielle en France, il y a un an, les skinheads étaient au premier rang des manifestations du Front National (ex- trême-droite) de Jean-Marie Le Pen.En Angleterre, ils s'agglutinent autour du National Front, un parti d'extréme-droite nationaliste, vaguement nazi et raciste, opposé à toute immigration et à la parité des droits pour les réfugiés.En Belgique et en Hollande et en Allemagne, ils sont les intermédiaires entre les partis d'extrè-me-droite et les tribus de hooligans qui hantent tous les stades d'Europe.Aux États-Unis, ils sympathisent avec des mouvements d'extréme-droite très actifs comme le Ku Klux Klan et VAryan Nation.À Montréal et Toronto, environ 2 000 adolescents et jeunes adultes se disent skinheads, bien qu'on estime que le nombre des skinheads tdéologiqueraent orientés, varient entre 200 et 500.\u2022;l, .¦ M ; Hi!ll!!fl!fll«« WHBIlHi»* m Les murs de cette salle d'école désaffectée témoignent du passage d'un groupe de skinheads.PHOTOS ARMAND TROTTIER.iJ Prtsse La couleur des bottes importe peu; celle des lacets sert à identifier l'appartenance à un groupe de celui qui chausse les bottes.C'est la couleur des lacets de bottes qui importe La couleur des bottes Doc Marten, noires ou rouges (Cherry Does) n'a pas d'importance.C'est celle des lacets qui importe.Les lacets noirs sont portés par des skins de toute allégeance mais désignent plus particulièrement les skinheads anarchistes, dont le symbole est un grand A débordant un cercle.Les skins anarchistes sont un peu le fourre-tout du mouvement.Plusieurs d'entre eux s'affichent comme anti-racistes et n'adhèrent pas aux dogmes (nationalisme canadien, anti-gai, anti-drogue, etc.).Ils sont généralement plus jeunes et moins violents que les autres skinheads, d'autant plus que plusieurs d'entre eux sont des posers, autrement dit des faux^kins.Les lacets blancs sont portés par les skinheads suprémacistes blancs \u2014 White Power.Us représentent la tendance «modérée» du mouvement et s'opposent essentiellement à l'immigration, aux programmes d'action positive visant à intégrer les minorités visibles et à tout traitement qui défavoriserait une personne de race blanche au profit d'une personne de toute autre race.Les lacets rouges sont une source de conflit potentiellement violent entre les skinheads de gauche \u2014Red Skins\u2014 et ceux d'extréme-droite \u2014 Nazis, qui portent les mêmes lacets même s'ils se détestent et en viennent volontiers aux coups.Les premiers rejettent en bloc l'idéologie fascisante et raciste du mouvement et estiment que les skins de droite font une erreur d'interprétation historique: selon eux, les skinheads doivent prôner la libération du prolétariat par le marxisme, non par le fascisme.Pour leur part, les skinheads nazis, racistes et anti-sémites, forment la tendance radicale du mouvement, la plus petite des factions de skinheads de la région métropolitaine.Les bretelles sont généralement de la même couleur que les lacets des Doc Marten mais ont aussi leur signification propre.Un skinhead porte ses bretelles pendantes de chaque côté du corps en signe de provocation et lorsqu'il désire se battre.Les symboles sont souvent peints en graffitis sur les murs des squats, maisons ou édifices désaffectés transformés en résidence par des skinheads.La croix celtique, reproduite dans un cercle, a une signification de perfection et d'unité, chacun des quatre espaces vierges entre les côtés de la croix et la bordure du cercle représentant les quatre races humaines.Il est probablement inutile de s'étendre sur la signification de la croix gammée.À noter toutefois que les skinheads la peignent ordinairement à l'envers.C'est bizarre, mais c'est comme ça.Enfin, les skinheads ont une devise, United!, et un cri de ralliement: OH.Comme partout ailleurs, la plupart des purs et des durs du mouvement se disent racistes, opposés à l'immigration et à la reconnaissance de droits égaux aux minorités visibles.Mais parce qu'ils n'ont pas de tribune politique au pays, leur mouvement n'a pas vraiment d'unité et demeure aussi marginal que les partis politiques auxquels il s'identifie.La radicalisation des skinheads vers les idéologies racistes et néonazis n'est pas surprenante quand on connait l'origine de ce mouvement, fondé en pleine crise économique et sociale, dans les années 60, en Angleterre.À l'époque, ils étaient les dandys des ports de Londres et des usines métallurgiques de Liverpool, déjà reconnaissablcs à leur crâne rasé pour des raisons purement pratiques: l'absence de cheveux facilitait l'hygiène du cuir chevelu et empêchait la suie et la vermine des ports et des usines de coller à la téte.La semaine, ils suaient pour des salaires dérisoires dans les usines, les cimenteries et sur les quais.La fin de semaine, ils occupaient en bandes les plages de Brighton, disputant leur carré de sable à coups de poings aux rockers, motards, hippies et autres produits de la mouvance byzantine de l'Angleterre des années 60 qui, à leurs yeux, incarnaient les symptômes de la déchéance d'une société se transformant sans espoir pour eux.Puis, le mouvement s'est éteint peu à peu pour renaître de ces cendres à la faveur d'une nouvelle crise économique, dans les années 70, et d'une importante vague d'immigration vers les pays d'Europe et d'Amérique.De la jeunesse tourmentée et sans avenir d'Angleterre est alors ressurgi ce mouvement spontané qui persiste toujours, hors cadre et hors contrôle, malgré un credo clair, fascisant et raciste.Pour sa part, son camarade Éric, un skin néo-nazi, se demande pourquoi les immigrants Arabes en France.Turcs en Allemagne.Indiens en Angleterre, Haïtiens et boar people au Canada, ont fui leur pays plutôt que de combattre les injustices si .es.~^Pes gangs ^1 de JeUtn I -ai UNE MENACE?« Je ne dirais pas que le mouvement est carrément raciste, proteste Alex.Nous croyons que le Canada est un pays de Blancs parce qu'il a été bâti par des Blancs, je ne comprends pas la logique des immigrants qui arrivent ici et qui revendiquent les mêmes droits que nous.» Alex semble très à l'aise sur la question du racisme.Selon la même logique, il affirme que «les Blancs n'ont pas a affaires en Afrique du Sud.Ce pays-là appartient aux Noirs et on devrait leur laisser.» «C'est lâche d'abandonner son pays, dit-il gravement.Nous sommes un mouvement révolutionnaire et nous supportons les autres mouvements révolutionnaires.Mais ce n'est pas en venant dans notre pays qu'ils vont changer ce qui se passe chez eux.» Ici, au Canada, l'interrompt Alex, il n'est pas question de prendre le pouvoir.Les skinheads ne forment pas un parti politique mais un mouvement idéologique qui doit drainer la jeunesse à ces vues.Mais pas toute la jeunesse.Pour les skinheads, les rancunes d'origine ont persisté, aussi bien que l'«uniforme» des jeunes ouvriers anglais des années 60.Ainsi, ils n'aiment toujours pas leS'rockers et dans leur imaginaire, les punks aux cheveux multicolores et aux vêtements délibérément 'déchirés ont pris la place des hippies d'autan.« Les punks sont laids, dit Alex.Si au moins ils pouvaient se laver.Des vrais sacs à poubelles.» Inutile de préciser enfin qu'il ne faut pas confondre les genres, du moins pas en leur présence.Car si les skinheads sont propres et très fiers de leur personne, au contraire des punks, ils n'en ont pas moins un vilain défaut.Ils sont susceptibles.Manifeste, traduit de l'anglais, des United Skinheads of Montreal Le United Skinheads of Montreal est une organisation blanche, nationale socialiste.Nous nous opposons à tout ce qui menace l'avancement et la survie de la race blanche.Règlements ¦ Tous les membres doivent êtres des Blancs, sans exception.¦ Nous n'acceptons pas l'usage de drogues illégales.¦ Nous n'acceptons pas les gais, lesbiennes ou quelque personne d'orientation sexuelle anormale.¦ Nous sommes tous fiers d'être Canadiens, sans exception.¦ Tous les membres sont respectés également par tous les autres.¦ «L'effort d'équipe» est obligatoire de tous les membres.¦ Toute brèche dans l'unité des membres est inacceptable.¦ Les désaccords entre membres ne sont pas tolérés et doivent être réglés à l'extérieur de l'organisation (sauf dans le cadre d'un débat ou d'une discussion).¦ Les nouveaux membres doivent être acceptés par plus de la moitié des membres vétérans.¦ Les cheveux longs (plus d'un pouce) ne sont acceptables que pour les filles.Par ailleurs, les cheveux de couleurs anormales (verts, etc.) ne sont pas acceptables.¦ L'hygiène et l'apparence soignée sont obligatoires.¦ Nous sommes une organisation défensive.Nous n'utilisons la violence que pour évi- ter qu'un membre soit blessé ou à notre discrétion \u2014si des Blancs sont menacés ou attaqués sans justification.¦ Dans l'éventualité d'une violente confrontation, tous les membres doivent s'impliquer sans exception jusqu'à ce que le conflit soit résolu.¦ Tous les membres sont tenus d'assister aux réunions, ralliements et autres événements de l'organisation.¦ Dans le cas où, lors d'un ralliement ou d'une manifestation, la présence d'un leader est souhaitable ou nécessaire, il.(elle ou ils) sera élu par un vote de tous les membres.¦ Toutes les idées ou points de vue pouvant contribuer au succès de l'organisation seront favorablement accueillis en vue de discussions et d'échanges.¦ Si un membre devait être blessé, arrêté ou perdre son emploi pour avoir donné son soutien à l'organisation, il sera aidé dans toute la mesure du possible par l'organisation et tous ses membres.¦ Tous les membres devront faire serment de discrétion (sur le drapeau du Canada) concernant les relations et tractations de l'organisation, considérées comme privées et secrètes.¦ Par dessus-tout, l'honnêteté et la loyauté sont essentielles.¦ Toute personne qui n'est pas.d'accord ou ne peut remplir les conditions mentionnées ci-haut n'est pas eligible à joindre les rangs du United Skinheads of Montreal.Nom en lettres moulées.Signature. Éditorial PRESS*.MOMTREAl, LUXCH 26 JUIN 1989 La Prei Paul Desmjfirt president du conseil d administration Roger 0 Landry president et éditeur Claud* MM rd>tcur adtoxit arret** de I «Vorma:« p.cent de plus que les autres, les infirmières ont ainsi obtenu un statut «spécial».Peu importe ici que ce traitement soit amplement justifié ou même, sur le plan de la justice réparatrice, insuffisant.Ce qui compte, c'est qu'elles l'ont eu pour une simple et unique raison: la population les considère indispensables, a eu peur de les «perdre» et n'aurait pas tolère que « son » gouvernement ne prenne pas les moyens nécessaires pour les satisfaire.En un mot, les iiifiimières ont réalisé le tour de force des syndicats de policiers, avec des moyens différents.Avec d'autant plus de succès que, contrairement aux premiers, elles sont aimées.La population, même si bien souvent elle n'aime pas tellement la police, la considère, malgré tout, indispensable à sa sécurité.Les syndicats de policiers le savent et obtiennent ainsi, presque à chaque négociation, des conditions supérieures a leur réelle valeur, sans que la population ne rechigne, considérant que c'est là « le prix à payer» pour continuer à compter sur eux.Le problème pour les autres syndiqués du secteur public toujours en négociation, surtout ceux qui ne sont pas dans le secteur de la santé, c'est qu'ils n'ont pas réussi à convaincre la population \u2014 leur seul vrai patron \u2014 qu'ils sont tout aussi essentiels à leur sécurité que les policiers ou les infirmières.Robert Bourassa, fin renard, l'a compris.Les syndicats du secteur public le comprendront-ils?Pierre, v en mat La terreur rouge en Europe aussi?La repression de Beijing nous a rappelé qu'un parti communiste au pouvoir n'a encore jamais cédé devant la volonté populaire et qu'il utilisera la force au besoin pour maintenir sa primauté politique.Limage d'une Chine ouverte, souriante et prospère de ces dernières années avait masqué la réalité d'un pouvoir autoritaire et inflexible.Qu'en est-il en Union soviétique et en Europe de l'Est où la démocratisation fait des progrès encore plus surprenants qu'en Chine?Les étudiants chinois, qui voyaient en M.Gorbat-f' %' ' vJ chev un aP°tre de la démocratie, s'étaient-ils L V-^fejF trompés?- En Union soviétique, en Pologne et en Hon- Hkîafifll Bl grie' les Dartis communistes abandonnent avec passion le cadre inhumain du stalinisme ¦\u2022 et rejettent les formules les plus êculées du léninisme.Faute de - pouvoir réformer l'économie avec la même facilité que la Chine, ils adoptent des structures politiques plus démocratiques.Cette libéralisation, avant d'améliorer le sort des peuples, '.dévoile au grand jour les principales défaillances des régimes '.' communistes: l'incurie de la gestion économique et le mépris .des droits individuels des minorités ethniques.Il faudra plus ! que des changements de personnalités pour remédier à ces .problèmes.L'impatience populaire pourrait exiger des réformes que même un parti communiste bienveillant interpréterait comme une atteinte à son autorité et un appel à sa dispari-; tion.En Roumanie, M.Ceausescu ne badine pas avec des réformes et pousse le stalinisme jusqu'à l'absurde.Son régime est devenu le portrait de Dorian Cray du monde communiste.Alors que les partis communistes cherchent à rester jeunes et attrayants malgré leurs innombrables péchés, c'est la Roumanie qui accumule les tares du système et qui s'enlaidit.La politique économique de la Roumanie lui vaut le sobriquet «d'Ethiopie de l'Europe» et elle assimile de force sa minorité hongroise.Mais le communisme roumain n'est-il pas à l'état brut ce que les autres partis ont raffiné?D'autres pays, notamment les champions de la démocratisation que sont la Pologne et la Hongrie, connaissent des problèmes économiques tout aussi sérieux.Quant à la question des minorités, elle est à la fois plus complexe et plus Vaste en Union soviétique qu'en Roumanie.On peut toutefois se demander si les partis qui cherchent à résoudre ces problèmes ne réagiront pas, en fin de compte, avec la même brutalité que les partis chinois ou roumain si leur survie est menacée.La question des nationalités en Union soviétique dépasse de loin les problèmes qui existent en Amérique du Nord et en Europe de l'Ouest.Les trois républiques du Caucase ainsi que trois des cinq républiques d'Asie centrale ont toutes connu des émeutes, des rixes mortelles et, parfois, des massacres.Toutes ces tensions ethniques ont leur origine dans la pratique stalinienne de traiter les peuples comme du bétail.Quant aux républiques européennes, elles respectent l'ordre et la légalité mais ne demandent pas moins un haut degré d'autonomie.Pour l'instant, l'hégémonie soviétique n'a pas été défiée dans les bastions slaves de Russie, d'Ukraine et de Biélorussie.La Russie ne pose pas de problème car, dans l'esprit des Russes, ses intérêts se confondent avec ceux de l'Union ( la Russie n'a même pas son propre parti communiste).Mais les 50 millions d'Ukrainiens ont leur langue, leur culture, leur histoire, leur parti communiste, leurs organisations nationalistes et leurs églises nationales.La famine artificielle du début des années 30, qui a fait six millions de morts, est aussi une raison pour eux de ne pas porter l'Etat soviétique dans leur coeur.Des remous nationalistes en Ukraine mettraient à l'épreuve la solidité de l'Union soviétique et de l'ensemble du mouvement communiste international, ce dont les indépendantistes baltes et les bagarreurs asiatiques sont incapables.Le parti soviétique serait obligé de relever le défi et \u2022 on peut le craindre -de recourir à la force et de déclencher une nouvelle terreur rouge, comme il le ferait, du reste, si les Moscovites prenaient d'assaut le Kremlin ou une des bastilles du KGB.Même si les cadres supérieurs du parti et de l'État tolèrent le dialogue politique avec une opposition encore informe, beaucoup de membres du parti en ont peur.S'ils sentent qu'ils peuvent tout perdre, tant leur position sociale que leur influence dans l'administration de l'Etat, dans la police ou dans l'armée, ils seraient capables de déclencher la répression, avec leurs chefs si possible, sans eux si nécessaire.Ils le feraient pour sauver leurs intérêts de classe dans une version soviétique de la tragédie de la Place Tiananmen.M.Gorbatchev et les autres despotes éclairés d'Europe de l'Est regardent sans doute constamment par-dessus leur épaule pour mener à bien des réformes tellement contraires aux instincts les plus élémentaires d'un communiste au pouvoir.LestiéDiTAT/oNs vevêtis Moping Louisa p&du latbtb rou&MoivsçueÇi (Droits réservés) La boîte aux lettres L'étapisme de M.Parizeau L'article que Marcel Adam signait le 15 juin sous le titre «L 'étapisme revu et corrigé par Parizeau» a suscité un certain nombre de lettres dont voici des extraits: Vous êtes un adversaire de la souveraineté du Québec, c'est connu.Cette prise de position vous permet, semble-t-il.d'utiliser tous les arguments possibles et imaginables, et à toutes les sauces, pour démolir cette option légitime pour le peuple québécois.Dernièrement, c'est la cause environnementale qui vous convainc que le Québec devrait rester dans un pays où il est minoritaire et, dans bien des régions, méprisé.Vous affirmez que «la souveraineté étatique constitue un obstacle énorme à la solution des problèmes environnementaux, car elle pourrait empêcher que se prennent à temps les mesures planétaires qui s imposent».Je vous réponds que c'est bien plus un manque de volonté et de vision de nos politiciens actuels qui font obstacle à ces problèmes.De plus, les structures étatiques existent et sont là pour le rester, et les solutions à la destruction de notre environnement devront tenir compte de cet état de fait.Et même si la souveraineté des pays est un obstacle à la solution de ces problèmes, est-ce que le peuple du Québec devrait renoncer à lui-même alors que la majorité des peuples de la terre se sont donnés les moyens de s'affirmer pleinement?Yves CADOTTE Montréal ¦ «On croit rêver mais c'est la triste réalité», se lamente Mar- cel Adam dans son éditorial du 15 juin.Il est outré car il vient de s'apercevoir que le Parti québécois, sous la gouverne de Jacques Parizeau, a définitivement l'intention de préparer le Québec à sa future souveraineté.Monsieur Adam est scandalisé de voir que l'on puisse encore parler d'indépendance car, comme chacun le sait, «la souveraineté étatique constitue un obstacle énorme à la solution des problèmes de pollution et de détérioration de l'environnement» ( !).Monsieur Adam, hélas, ne va pas au bout de son raisonnement: il devrait suggérer la suppression totale de toutes les frontières de la planète, y compris celles de son Canada bien-aimé.En fait, M.Adam panique.Croyait-il sérieusement que le projet souverainiste était enterré depuis le 20 mai 89?Surprise! Il y a encore des gens qui veulent être maîtres chez eux! M.Adam juge «ignoble» le processus étapiste proposé par M.Parizeau.Ce que je juge ignoble, pour ma part, c'est le mépris, 1 arrogance et le caractère obtus de certains pseudoj analystes réactionnaires qui Jacques Parizeau s'adonnent encore et toujours au terrorisme intellectuel.Denis DESJARDINS Montréal ¦ Aux dires de M.Adam, la survie de la planète est plus importante que la souveraineté étatique, comme si la question nationale n'avait aucune incidence sur la lutte contre la pollution ou la lutte contre le chômage.Toutefois, la dure réalité nous rappelle qu'il n'y a pas qu'au seul chapitre de l'environnement que la planète ou le Québec soit en danger, mais également au plan de son tissu social où le clivage NordVSud et la disparité des revenus créent des distorsions socio-économiques alarmantes (ex.le quart des familles canadiennes vivent sous le seuil de la pauvreté, notamment au Québec).Avec la souveraineté, le taux de chômage serait-il aussi structurel et chronique qu'aujourd'hui?On peut en douter.On pourrait même envisager de contrôler l'immigration et autres secteurs névralgiques pour le Québec, comme la recherche et le développement, le plein emploi par le développement régional planifié et concerté.(.) Bref, ce qui nous donne de l'espoir, ce ne sont point les propos alarmistes de M.Adam, mais davantage le défi que représente pour nous l'Europe 1992.Paradoxalement, l'on assiste à l'émergence en Europe d'un modus vTvendi entre plusieurs «sociétés distinctes» pour affronter l'an 2000, alors qu'au Canada on hésite à reconnaître le Québec comme «société distincte» tout en plongeant tête première et sans mesures transitoires dans le libre-échange.La démarche de M.Parizeau ne risque-t-elle pas au contraire de requestionner honnêtement des structures désuètes et de proposer des al- ternatives valables pour les Canadiens et Québécois sans pour autant tomber dans les pertes de temps inutiles et le doute perpétuel?Evelyne JEAN Sherbrooke ¦ L'attitude du chef du Parti québécois est tout à fait logique et pleine de bon sens.Le peuple n'a pas besoin d'avoir une tête d'éditorialiste pour comprendre que chaque fois que le Québec réussira à récupérer d'Ottawa des droits, il deviendra de plus en plus maître chez lui.Qu'on la fasse par morceaux ou d'un seul coup, l'important c'est de faire l'indépendance qui nous permettra, n'en déplaise à M.Adam, de signer nous-mêmes, comme nation autonome, des ententes de dépollution avec d'autres voisins, alors que, présentement, nous dépendons de la réussite ou de l'échec des ententes Canada-États-Unis pour l'environnement.L'attitude de M.Parizeau constitue une démarche honnête et respectueuse de l'opinion des gens.Et si le peuple que Marcel Adam trouve ignorant décidait de dire non à l'indépendance au dernier moment, ce que nous aurions récupéré jusque là serait autant de gagné pour nous rapprocher de l'indépendance.Nous n'avons donc rien à perdre.(.) Guy MILOT Montréal ¦ Bravo pour cet éclairage intelligent que vous apportez sur les démarches proposées aux Québécois par M.Jacques Parizeau.Un petit peuple comme le nôtre n'a pas besoin d'un bond en arrière! Nous avons suffisamment de retard.Thérèse PRUD'HOMME Montréal 7 I p Mnnrip LA PRESSE.MONTREAL.LUNDI 26 JUIN 1989 B3 Margaret, l'ex-epouse de M.Papandréou, à sa sortie de l'hôpital hier.photo reuter Andréas Papandréou toujours hospitalisé Son état de santé, qualifié de grave, s'est légèrement amélioré en soirée d'après AFP et Reuter ATHÈNES Le premier ministre sortant Andréas Papandréou, hospitalisé depuis jeudi pour une pneumonie, a été placé hier sous dialyse en raison d'insuffisances rénales et cardiaques.Son état de santé, qualifié de « grave » durant la journée, s'est quelque peu amélioré en soirée, a-t-on appris de source hospitalière.M.Papandréou a poursuivi malgré tout ses consultations pour tenter de former un gouvernaient de coalition avec les communistes.Il a jusqu'à aujourd'hui midi pour résoudre la crise politique grecque, après sa défaite aux élections législatives du 18 juin.Le directeur de l'hôpital général d'Athènes où il est traité depuis jeudi pour une pneumonie, M.Georges Papastratis a exprimé un « optimisme réservé ».Le fils ainé, Georges Papandréou, ministre sortant de l'Éducation, a exprimé de son côté sa satisfaction sur l'évolution de l'état de santé de son père.Des spécialistes internatio-naux, notamment Magdhi Ya-coub, le cardio-chirurien égyptien venu spécialement de Londres \u2014il avait opéré en septembre dernier M.Papandréou pour un rétrécissement de l'aorte \u2014 et les cardiologues britanniques Andrew Mitchell et Gavin Wright, sont venus examiner le malade.Selon une source médicale informée, avant de regagner Londres M.Yacoub a conseillé aux médecins grecs de « concentrer leurs efforts sur les problèmes apparus aux reins » et « de ne pas hésiter à effectuer une transplantion » s'ils la jugent nécessaire pour M.Papandréou.Selon cette source, M.Papandréou suit toujours son traitement par antibiotique contre la pneumonie mais il semble que son système immunitaire ne réagit pas bien aux médicaments.Son ex-épouse Margaret, sa compagne Dimitra Liani, ses quatre enfants se sont rendus à son chevet.Quelques centaines de personnes, dont plusieurs en larmes, se sont rassemblées devant l'hôpital général d'Athènes.Des dizaines de personnalités politiques, représentant toutes les tendances de l'opinion, se sont succédées toute la journée dans la chambre du malade.Le ministre sortant de la Culture Molina Mercouri, s'est notamment effondrée en larmes à sa sortie de l'hôpital.DEPECHES POLOGNE Hausses des prix ¦ Les syndicats officiels (OPZZ).ainsi que le leader de Solidarité Lech Walesa, ont exprimé hier leur « vive préoccupation » à la suite des dernières hausses de prix en Pologne, estimant qu'elles pouvaient provoquer « une nouvelle explosion de mécontentement social »: Depuis le 19 juin, les augmentations ont essentiellement affecté le sucre (66 p.cent), les alcools (50 p.cent), les articles ménagers (entre 37 et 67 p.cent).Hier, l'essence et le gazole (de 40 à 77 p.cent) et les cigarettes (83 p.cent) ont à leur tour subi de fortes hausses.PUNJAB Massacre sikh ¦ Des extrémistes sikhs ont tué par balles 10 membres d'un groupe fondamentaliste hindou Rashtriya Swayamse-wak Sangh (RSS), qui se livraient à leurs exercices physiques quotidiens, hier à Moga (Punjab) puis ont lancé une bombe qui a provoqué la mort de 12 autres personnes une heure plus tard.Une cinquantaine d'autres personnes ont été blessées dans la fusillade, qui a duré dix minutes, ou dans l'explosion de la bombe, et ont été hospitalisées, trois dans un état grave.La purge va gagner les rangs du PC chinois d'après AFP et Reuter PEKIS Les photographies à la une du Quotidien du peuple étaient éloquentes hier: les conservateurs en col Mao étaient fermement installés au pouvoir au lendemain du Comité central du PCC qui a limogé le réformiste Zhao Ziyang et nommé comme premier secrétaire du Parti liang Zemin.Dans son message diffusé hier à la une de la presse officielle, la nouvelle équipe dirigeante placée sous la haute-surveillance des vétérans maniait cependant à la fois la carotte et le bâton.Elle promettait de poursuivre la purge et la répression tout en s'engageant formellement à continuer la politique de réformes économiques et d'ouverture du pays vers l'extérieur.Hier, le compte rendu fait par l'agence Chine Nouvelle d'une réunion samedi de la commission de discipline du parti annonçait une poursuite de la répression.La commission a indiqué qu'elle était déterminée a faire tomber d'autres tètes au sein du Parti de 47,7 millions d'adhérents, en proie à de sérieuses divisions comme l'a prouvé la participation de milliers de ses membres aux manifestations ayant émaillé le Printemps de Pékin.« Ceux des adhérents qui se sont éloignés de la ligne établie, et ont violé la discipline du parti à l'occasion du chaos et de la rebellion contre-révolutionnaire, seront sanctionnés comme il se doit », a annoncé la commission.Au besoin par des mesures d'exclusion.Les organes du PCC qui ont été « contrôlés ou manipules par de mauvaises gens » seront repris en main et leur sort traité de la manière la plus stricte », a-t-elle pé-cisé.Sans attendre cet ordre, les autorités avaient déjà nommé la semaine dernière le chef des services de propagande de l'armée, Shao Huaze, au poste de rédacteur en chef du Quotidien du Peuple.La plupart des observateurs estiment que liang Zemin, 61 ans, * un technocrate sans grande expérience de l'administration centrale, sera avant tout un secrétaire général de transition.De par sa formation, il est proche du Premier ministre Li Peng.Même séjour de formation à Moscou dans les années 50.même pratique de la langue russe et même familiarité avec les pays de l'est.Hier, il posait dans la galerie de portraits du Quotidien du peuple dans une photographie particulièrement significative: celle des nouveaux maîtres du Politburo, désormais composé \u2014 outre Jiang\u2014 de Li Peng, qui s'affirme chaque jour davantage comme l'homme fort du régime, Qiao Shi, 67 ans, le responsable de la sécurité interne.Yao Yilin, 72 ans, Song Ping, 72 ans, et Li Rui-huan, 54 ans, le maire de Tianjin considéré comme un relatif modéré.Les six hommes apparaissaient flanqués du président Yang Shangkun, 82 ans, l'un des prin- Confortablement assis sur son triporteur, ce resident de Pékin' s'informe des derniers soubresauts de la crise en lisant le Ouoti- dien du Peuple photo reuter,.cipaux responsables de l'instauration de la loi martiale et de l'intervention de l'armée qui a fait entre 300 et 3 000 morts la nuit du 3 juin à Pékin.Deng Xiaoping, à 84 ans, trônait également en première page, tout sourire.La presse distille dé- sormais ses pensées comme il; était de coutume à l'ère de Mao; Tsé Toung, mais le pouvoir du-; numéro un chinois n'est plus sans; partage, selon les analystes et di plomates.Il dépend désormais largement du soutien que lui apportent ses vieux camarades de route.* Union monétaire: Maggie seule contre tous d'après AFP et Reuter MADRID argaret Thatcher devrait se sentir bien seule au sein du Conseil européen, aujourd'hui et demain à Madrid, où elle affrontera des partenaires biens décidés à mettre la CEE sur les rails de l'union monétaire.Deux autres débats marqueront ce 41e sommet des chefs d'État et de gouvernement des Douze: la Chine, avec une déclaration très attendue sur la répression du « printemps de Pékin » et l'Europe sociale, traditionnel sujet d'irritation pour Londres.Mais c'est sur l'union monétaire que la partie sera la plus rude.La « Dame de fer » est jusqu'à présent restée intraitable sur ce dossier, symbole à ses yeux d'une dérive bureaucratique et centralisatrice de la Communauté.Mme Thatcher fera face en premier lieu a M.Felipe Gonzalez.Le chef du gouvernement espagnol veut que « son » sommet, le premier présidé par l'Espagne, couronne par un accord l'engagement européen sans faille de son pavs.depuis son adhésion à la CEE en 1986.Dans une interview publiée hier par le quotidien El Pais, M.Gonzalez a lancé un avertissement au premier ministre britannique en déclarant: « Il ne faut pas tenter d'exclure qui que ce soit, mais il ne faut donner à personne un droit de veto pour freiner le désir des autres d'avancer vers l'union monétaire ».Mme Thatcher devra aussi se mesurer à deux adversaires de taille, le président français François Mitterrand et le chancelier ouest-allemand Helmut Kohi, qui se sont concertés pour donner une « impulsion décisive » à l'union monétaire.Mme Thatcher trouvera enfin sur son chemin sa traditionnelle « béte noire ».le président de la Commission européenne Jacques Delors, auteur du projet d'union économique et monétaire.Ce projet (plan Delors), présenté en avril dernier, prévoit de fédérer les banques centrales des Douze et de parvenir à une monnaie commune au terme d'un processus en trois étapes.Le texte ne prévoit ni échéance, ni calendrier, mais il possède une redoutable logique interne: une fois engagé dans le processus, il faut aller jusqu'au bout.La France.La RFA, l'Espagne et M.Delors lui-même ont placé la barre très haut en réclamant un accord sur l'ensemble du projet.M.Delors a déclaré qu'il ne serait « pas dupe » d'une formule de compromis visant à entériner la seule première phase de son plan et laissant le reste en suspens.La position de Mme Thatcher est d'autant moins confortable que son parti a connu un sérieux revers aux dernières élections européennes.De plus, sa ligne dure sur les questions communautaires est de plus plus ouvertement contestée au sein du personnel conservateur et de l'opinion publique britannique.La presse dominicale britannique l'appelle de nouveau à faire preuve de souplesse vis-à-vis de ses partenaires, en soulignant les dangers d'un isolement croissant de la Grande-Bretagne.Les deux grands hebdomadaires conserva- teurs s'accordent toutefois à penser que Mme Thatcher va lâcher du lest, au moins sur l'union mo-.nétaire.I Ces débats très âpres devraient' reléguer au second rang les dis-' eussions sur le projet de Charte; sociale européenne, dans lequel; Londres ne voit que socialisme rampant et atteinte à sa souveraine to.Jacques Delors a convenu que le projet n'était pas encore mûr, et le débat de fond devrait! s'engager lors du prochain sommet, en décembre à Strasbourg, sous présidence française.Hongrie: la victoire des éléments réformateurs se confirme Le nouveau poste de président de la République ira à Imre Pozsgay d'après Reuter et AFP BUDAPEST La direction du Parti socialiste ouvrier de Hongrie (PSOH, communiste) a désigné hier le ministre d'État Rezsoe Nyers comme nouveau numéro un et a décidé de créer un poste de président de la République qui reviendra au réformateur Imre Pozsgay.Nyers, élu samedi à la nouvelle présidence du PSOH, détrône ainsi Karoly Grosz.qui reste secrétaire général.Nyers, Pozsgay, Grosz et le premier ministre Mi-klos Nemeth.qui composent le praesidium du parti, se partagent désormais les plus hautes instances du pouvoir.Ces décisions, prises lors d'une réunion du comité central vendredi et samedi, confirment la victoire des réformateurs hongrois.Elles ont, semble-t-il, été prises pour empêcher une crise interne avant le congrès extraordinaire du PSOH prévu pour octobre prochain, estime-t-on.Le premier ministre Nemeth a confirmé que Nyers dirigerait les réunions du comité central et du nouveau comité politique exécutif, qui remplace le Politburo, il sera également responsable des relations internationales du parti et conduira l'équipe \u2014 dont Grosz a été écarté\u2014 chargée d'ouvrir des discussions avec l'opposition naissante, première étape vers le pluripartisme.La désignation de Pozsgay comme candidat officiel du parti pour la nouvelle présidence a été annoncée hier soir dans un communiqué.Ce poste, qui doit encore être approuvé et défini par le Parlement, devrait être introduit au début de l'année prochaine.Il est perçu comme un élément de sta-bijité avant le scrutin prévu à la mi-1990, qui constituera les premières élections libres en Hongrie depuis 1947.Selon les sondages d'opinion, Pozsgay est de loin l'homme politique le plus populaire du pays, d'ailleurs plus apprécié à l'extérieur qu'à l'intérieur du Parti.Aussi son élection à la présidence du pays ne fait-elle aucun doute.Les prochaines élections générales seront «absolument bres », a d'ailleurs affirmé Nyers dans un entretien accordé au Rezsoe Nyers photo associated press quotidien Die Welt il y a quelques jours.Dans le cas où la majorité devrait échapper au parji communiste, Nyers estime « envisageable » un gouvernement de coalition.« Il faut également qu'il y ait une opposition, cela appartient à la démocratie ».; Angola: malgré le cessez-le-feu, le chemin vers la paix sera long Agence France-Presse PARIS ouvelle étape de la détente Est-Ouest, le cessez-le-feu officiellement en vigueur en Angola depuis samedi dans les combats entre le régime de Luanda et son opposition armée, l'Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola (UN ITA, de Jonas Savimbi), ouvre la voie au retour de la paix dans ce pays déchiré par 14 ans de guerre.Mais, estiment les observateurs, le chemin reste encore parsemé d'embûches et de difficultés, en raison notamment de l'enjeu principal qui demeure: la lutte pour le pouvoir.Le régime de Luanda, en effet, envisage la réconciliation dans le cadre des instituions actuelles de l'Etat, alors que l'UNITA réclame à terme des élections.L'accord bénéficie de l'appui diplomatique actif des deux super-puissances, les États-Unis et l'Union Soviétique, partisans aujourd'hui de solutions politiques aux conflits régionaux.Il a aussi, estime-t-on, reçu l'aval des.Cubains \u2014 en train de rapatrier leurs troupes d'Angola, après une participation militaire active de près de 14 ans \u2014 et de la grande puissance régionale, l'Afrique du Sud, engagée dans le processus de décolonisation de la Namibie voisine.Cet accord qui doit à présent se traduire concrètement dans les faits s'est fait sous l'égide de 17 chefs d'État africains et de gouvernement, dont le président en exercice de l'Organisation de l'unité africaine, le chef de l'État malien Moussa Traorc, et le président zaïrois, le maréchal Mobutu Sésé Séko.hôte, jeudi dernier, du sommet de réconciliation de Gbadolite.Une poignée de main échangée entre le président angolais, José Eduardo dos Santos, et M.Savimbi y a symboliquement scellé l'accord, mais il est trop tôt encore, estiment de nombreux observateurs, pour parler de véritable « réconciliation nationale ».Certes, la population angolaise, frappée par la guerre et les pénuries, ne peut qu'accueillir avec soulagement le retour de la paix, mais tant du côté du MPLA (parti unique angolais, au pouvoir depuis 1975) que de l'UNITA, les plaies seront difficiles à guérir et la méfiance réciproque dure à dissiper.L'accord prévoit l'intégration dans tous les rouages de l'État angolais (administration, armée, gouvernement) des membres de la guérilla, selon leurs « capacités », souligne-t-on à Luanda.Mais l'accord est, semble-t-il, resté discret sur le rôle et l'avenir personnel de Jonas Savimbi, parti depuis informer ses troupes.Les Angolais, à travers leur agence nationale de presse (l'ANGOP), ont officiellement annoncé que le président de l'UNITA avait accepté de s éloigner volontairement, mais n'ont toutefois précisé ni la durée ni le lieu de cette retraite provisoire.Én privé, ils se sont contentés d'indiquer que M.Savimbi allait se retirer « pendant un certain temps ».Certains observateurs se demandent à présent si M.Savimbi réussira à persua- der toutes ses troupes sur le terrain de déposer les armes.Pour le moment, et jusqu'au départ total des Cubains d'Angola, l'UNITA compte sur l'appui des Américains, qui ont continué de lui fournir une aide militaire après la signature des accords 4e paix sur la Namibie et le retrait des troupes de la Havane, le 22 décembre dernier, à New-York.Pour le moment, partisans et adversaires de chacune des deux parties angolaises crient victoire: pour les uns, l'UNITA a réussi à se faire reconnaître par Luanda, alors que pour les autres, M.Savimbi a été obligé de transiger, sans que l'on parle pour le moment de gouvernement de coalition ou d'élections, qui constituaient jusqu'à cette semaine ses préalables à tout accord avccj.uantla. 71 -mA-r*
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