La presse, 31 mai 1989, Cahier spécial. Le cinéma en fête au Palais de la civilisation
[" CAHIER SPECIAL Montréal, mercredi 31 mai 1989 4 Le cinéma en fête au Palais de la Civilisation Hommage a Claude Jutra F2 LA PRESSE.MONTREAL.MERCREDI 31 MAI 1989 Le cinéma en fête au Palais de la Civilisation m ¦m I .i * ;i h Le Palais de la Civilisation pour des expositions internationales de haute qualité jean beaunoyer La Ville de Montréal protège comme l'un de ses plus précieux joyaux le Palais de la Civilisation, site des trois expositions axées sur le cinéma proposées à des centaines de milliers de visiteurs, cet été.Non seulement en procédant à des rénovations importantes mais en alimentant à l'intérieur d'un édifice qui fut déjà le Pavillon de la France durant l'Expo 67, une société para-municipale particulièrement dynamique.«La Ville avait formé un comité qui avait pour mandat de déterminer une nouvelle vocation pour le Palais de la Civilisation, précise M.Michel Petit, directeur général du Palais.Le comité a suggéré de présenter des événe- ments qui soient plus variés, plus larges, qu'ils dépassent les événements de nature historique présentés jusqu'alors.Des expositions de haute qualité internationales».On se souvient des Trésors de Chine, de Ramses II, qui avaient enchanté de nombreux visiteurs durant la période estivale mais la Société du Palais de la Civilisation voit encore plus grand.Un lieu permanent d'expositions La nouvelle équipe de direction d'une vingtaine de personnes formée en 1988, prépare rien de moins qu'un lieu permanent d'expositions qui démarrerait en 1992.«En 1966, on a bâti le Pavillon de la France pour une utilisation temporaire, le temps de l'Expo.Par la suite, il a fallu changer les fenêtres, solidifier certaines parties de l'édifice.On poursuit actuellement des rénovations importantes oui permettront d'utiliser le Palais pendant l'hiver.De fait, la vocation du Palais est de Tout, ou presque, sur le cinéma et la cité denis la voie 15 Jusqu au octobre, le Palais de la Civilisation de l'île Notre-Dame présente trois expositions consacrées au cinéma, tout en faisant relâche les 16,17 et 18 juin pour le Grand Prix de formule Un.Les portes ouvriront à 10 h tous les jours, sauf le mardi, et on n'admettra personne après après 18 h, sauf les vendredis et samedis, jusqu'à 20 h.À Paris, des foules ont dû attendre jusqu'à six heures à l'entrée de l'exposition Cités-Cinés.Comme on ne peut pas prolonger la saison, s'il y a affluence à Montréal, on envisage de prolonger les heures d'ouverture comme on l'a fait à Paris où, au cours des derniers jours, l'exposition fut ouverte jour et nuit.11 faut compter trois heures et demie pour visiter l'exposition principale Cités-Çinés à laquelle il ne sera pas possible d'admettre plus de 2000 personnes à la fois.Billets L'exposition consacrée au cinéaste Claude luira est gratuite.On n'aura donc pas à passer par l'entrée principale du Palais de la Civilisation pour y accéder.L'entrée sera aménagée au niveau de la lagune, à l'arrière de l'édifice.On peut se procurer des billets pour les expositions Cités-Cinés et Hollywood et l'histoire dans le réseau Admission (tel: 522-1245) ainsi qu'à la billetterie du Palais de la Civilisation aux heures d'ouverture (lOh à I8h, et jusqu'à 20h les vendredis et samedis).Il existe un forfait pour les familles (deux adultes et deux enfants ou encore un adulte et trois enfants) au coût de $32 pour l'exposition Cités-Cinés.présenter de grandes expositions et les travaux devront être terminés en 1992 parce qu'il s'agit du 350e anniversaire de la Ville de Montréal et du 25e anniversaire de la présentation de l'Exposition universelle à Montréal.» Des travaux échelonnés sur une période de trois ans qui feront du Palais de la Civilisation un des hauts lieux d'expositions au monde.Une attraction qui n'est pas sans rehausser le prestige de la Ville de Montréal.La première exposition Cités-Cinés a été inaugurée par le maire de Montréal, M.lean Doré, qui en assume également le parrainage.La Société est un organisme para-municipale au même titre que la Société d'habitation et I AMARC qui administre La Ronde.«Un fonctionnement qui peut sembler contradictoire, indique Michel Petit.D'une part, nous relevons du Comité exécutif et d'autre part, notre société est autonome.Madame Kathleen Ver-don qui est une élue et qui fait partie de la direction du Palais, assure le lien entre la Ville et notre société.» L'engagement financier de la Ville dans la présentation des expositions d'été, est de $2 millions, à l'intérieur d'un budget total de S7 millions pour l'année 1989.Un heureux mélange «Nous sommes autonomes en ce sens que nous pouvons, par exemple, engager des employés qui ne sont pas nécessairement des fonctionnaires.La Ville absorbe le déficit s'il y a lieu ou le surplus.Mais il nous appartient de choisir des thèmes, d'administrer et de développer le Palais de la Civilisation», poursuit Michel Petit.En somme, une société para-municipale animée par des administrateurs compétents, dynamiques, .qui proviennent souvent du secteur privé et qui ont de belles réussites derrière eux.Un heureux mélange d'entrepreneurs privés et de fonctionnaires qui permet des réalisations ambitieuses.z Des tarifs de groupes sont également offerts sur demande.Renseignements généraux (514) 872-8181.Si on veut effectuer une visite en groupe, on doit s'adresser au service des communications, tel : ( 514) 872-4560 ou 1-800-363-4346.Des aires de réception pouvant accueillir de 200 à 2 500 personnes sont également offertes en location.L'entrée est gratuite pour les enfants de moins de cinq ans.Les enfants âgés de cinq à 17 ans paieront $7,50 pour voir Cités-Cinés et $3,50 pour l'exposition Hollywood et l'histoire.Les personnes âgées de 65 ans et plus, et les étudiants de plus de 18 ans (sur présentation d'une carte), ne débourseront que $9,50 pour Cités-Cinés, et $3,50 pour Hollywood et l'histoire.Les tarifs «adultes» sont de $11.50 pour Cités-Cinés et $4,50 pour Hollywood et l'histoire.Accès Pour ceux qui utilisent les transports en commun, l'accès au Palais de la Civilisation sera facile cette année.En effet, un circuit d'autobus a été spécialement établi pour amener les visiteurs jusqu'à la porte du Palais.L'autobus 167 prendra les visiteurs à la sortie du métro «Île-Sain te-Hélène».Quant à ceux qui préfèrent se rendre en automobile, ils pourront accéder aux expositions en empruntant le pont Jacques-Cartier ou le pont de la Concorde via l'autoroute Bonaventureet la Cité du Havre, pour ensuite parcourir le circuit Gilles Villeneuve jusqu'au stationnement.Les frais de stationnement sont de $5.Effets Toute la magie d'une exposition aussi spectaculaire que Cités-Cinés repose sur l'utilisation d'un appareillage technique tant pour les images et le son que pour les éclairages.Tout cela est en partie contrôlé par ordinateurs.Les films, collages; d'extraits les plus significatifs, durent en moyenne quinze minutes sur chacun des plateaux.Recopiés, ces extraits sont multipliés de manière à former une bobine qui peut défiler pendant trois à quatre heures.Des rubans magnétiques, collés sur la pellicule, déclenchent des variations d'éclairage pour ajouter au climat et créer une ambiance plus saisissante.Contrôlé par ordinateur, ce système d'éclairage comporte 450 projecteurs totalisant 540000 watts.Pour ce seul élément technique, on a utilisé cinq tonnes de filage parcourant l'équivalent de 16 kilomètres.Quant à la bande sonore, elle est acheminée par un système de diffusion infrarouge (similaire aux télécommandes).Trois cent cinquante radiateurs sont ainsi installés à différents endroits pour transmettre\" aux casques d'écoute portés par les visiteurs le son du film projeté ainsi qu'une ambiance sonore entre les différents décors.Techniquement, l'ensemble de l'exposition équivaut à 14 salles de cinéma, huit des quatorze projecteurs 35 mm sont situés à l'arrière de l'écran.L'ensemble projette 160 extraits de films sur 400000 pieds de pellicule 35 mm.Les extraits sont tirés de films américains, canadiens, français, britanniques, .italiens.japonais, allemands et russes.Ils ont une durée totale de trois heures et demie, ce qui donne une idée de la durée de la visite.Ils sont, bien sûr, sous-titrés en français et/ou en anglais, selon le cas.On pourra également voir sur l'un ou l'autre des 26 appareils témoins vidéo (secteurs New York et Montréal, couloir cinéma-cinéma, chambre chaude, loge de la concierge et prison), une trentaine d'extraits des meilleurs films internationaux.Construction Pour installer l'ensemble des 16 décors urbains qui composent l'exposition Cités-Cinés, 150 ouvriers ont mis deux mois de travail presque jour et nuit.Les matériaux utilisés sont de tous les types, depuis la toile peinte, les plaques de fausses briques, le béton, l'acier pour certaines structures, l'asphalte, le gravier, le plâtre, etc.On a dû abattre un mur à l'entrée du Palais de la Civilisation pour y faire entrer une lourde grue.Hollywood et l'histoire L'exposition Hollywood et l'histoire, qui occupe six fois moins d'espace que Cités-Cinés, et dont l'entrée est voisine de celle-ci, porte presque uniquement sur la présentation decos- Les expositions du Palais oht jusqu'à maintenant suscité beaucoup d'enthousiasme autant à Montréal qu'à l'étranger et la Ville s'associe également dans la publicité et la promotion par l'entremise de la Commission d'initiative et de développement économiques de Montréal (CIDEM ), un organisme dont l'un des objectifs est de promouvoir les activités culturelles à Montréal.L'exposition Cités-Cinés est particulièrement importante pour l'image de Montréal : « Nous savons que 450000 visiteurs ont participé à cette exposition qui s'est déroulée pendant trois mois à Paris.C'est «norme.Nous ne fixons pas d'objectif à l'exposition Cités-Cinés à Montréal.Nous sommes prêts à recevoir des centaines de milliers de visiteurs peu importe leur nombre exact.C'est une exposition qui a un parcours international et qui retournera d'ailleurs à Paris à l'Arche de la Défense, peu de temps après Montréal.Il serait bon de souligner que cette exposition a été bâtie par des artisans d'ici.» ¦' M.Petit s'emballe facilement quand il s'agit de vanter les mérites de l'événement qui fera sûrement courir les foules pendant tout l'été à Montréal.Après Cités-Cinés, Hollywood et l'histoire et Hommage à Claude lutra, le Palais de la Civilisation présentera d'autres expositions à caractère international.On a consacré beaucoup de temps à l'aménagement des lieux pour ces trois expositions mais sans oublier le grand objectif de la Société du Palais de la Civilisation qui est d'installer d'ici deux ans seulement un lieu d'expositions sur des bases permanentes.On ne peut encore révéler quels seront les sujets abordés mais ils seront prestigieux et encore plus actuels.Sans renier les sujets de nature historique qui ont été abordés et qui ont d'ailleurs remporté beaucoup de succès auprès d'un large public, il semble que le Palais de la Civilisation misera surtout sur les phénomènes qui font partie de l'actualité de notre monde.Qui vivra verra! tûmes.On y verra donc des mannequins revêtus de ces habits qui étaient ceux de personnages historiques pour une bonne part.Il s'agit d'une exposition de type traditionnel, avec des photos, esquisses et dessins dont il a fallu traduire la présentation en français, et des mannequins installés dans un décor approprié.Il y a au total plus d'une cinquantaine de costumes, dont ceux de Cléôpatre de 1934 (porté par Claudette Colbert) et de 1963 (par Elizabeth Taylor).Avant d'accéder à cette exposition, le visiteur sera invité à visionner un court film de 15 minutes illustrant l'évolution des costumes depuis les débuts du cinéma américain jusqu'à nos jours.En cours de route, on pourra voir sur des appareils témoins les acteurs portant les costumes originaux.Et ayant de sortir, on pourra visionner des extraits de films du monde du futur.Hommage à Claude Jutra On pourra accéder gratuitement à cet te dernière exposition, dont l'entrée est située à l'arriére du Palais de la Civilisation.Il s'agit d'une rétrospective unique sur la vie et l'oeuvre d'un des plus grands cinéastes canadiens.Constituée de films mais aussi de photos, affiches, scénarios, notes de production, contrats et tableaux, cette exposition nous fait pénétrer tant dans la vie personnelle que professionnelle du cinéaste.Cinéma Une salle de cinéma adjacente à cette dernière exposition offrira gratuitement, chaque jour, trois programmes consécutifs de courts films, présentés dans leur version intégrale.Restauration Sur le parcours de l'exposition Cités-Cinés, deux lieux dé restauration sont intégrés aux décors.Le premier auquel on accède est situé au rez-de-chaussée, au pied du grand escalier.Cadrant avec le décor de New York, avec vue sur le gigantesque décor du tunnel et d'enchevêtrement de poutres d'aciers rongés par la rouille, on trouvera un traditionnel comptoir à hot-dogs.Au premier étage, après avoir fait la moitié du tour, on accédera par celui du «plateau Montréal» à un vieux café parisien.À la lagune, où on accède à l'exposition consacrée au cinéaste Claude lutra, on trouvera également un service de cafétéria, de même qu'un restaurant.Ce- pendant, pour les visiteurs de Cités-Cinés, il est conseillé de s'y rendre seulement avant ou après leur visite, à cause du contrôle exercé sur le nombre des casques d'écoute utilisés pour la visite.Il sera donc préférable de se restaurer à l'intérieur de l'exposition aux deux endroits prévus à cette fin.Premiers soins Un service de premiers soins, en cas de blessures ou de malaises, est disponible au sous-sol.C'est tout juste à l'entrée de l'exposition consacrée à Claude Jutra.Les visiteurs de Cités-Cinés peuvent y accéder en descendant l'escalier près de la caserne de pompiers de la Place You vil le et du comptoir des hot-dogs ( à gauche quand on tourne le dos au grand escalier qui conduit au plateau «La citta»).Enfants Les tout-petits pourront facilement visiter les expositions Hollywood et l'histoire et Claude lutra, car elles occupent un espace relativement restreint et sont aménagées sur une seule surface.Pour ce qui est de l'exposition Cités-Cinés, elle leur sera plus difficilement accessible, quoiqu'on a prévu des rampes d'accès.Personnes handicapées Pour les mêmes raisons, l'exposition Cités-Cinés ne sera pas facilement accessible aux personnes handicapées, particulièrement celles qui doivent se déplacer en chaise roulante.Un ascenseur leur est cependant réservé pour atteindre les différents étages de l'exposition.Crédits Les journalistes qui ont collaboré à la rédaction de ce cahier spécial sont: Michel Tremblay, adjoint au directeur de , l'Information Jean Beaunoyer, Serge Dussault, Denis Lavoie, Denis Masse et Luc Perreault La maquette de la page couverture est de Gilles Dussault La mise en page, de Yvon Laberge Photographe: Pierre McCann -V LA PRESSE.MONTREAL.MERCREDI 31 MA11969 \u2022 F3 Le cinéma en fête au Palais de la Civilisation À Paris, un public monstre pour une exposition exceptionnelle luc Le public montréalais a de la chance.Apres celui de Pans et de quelques rares autres grandes capitales, il aura droit cet été à une exposition exceptionnelle: Cités-Cinés.Présentée pendant trois mois à Paris en iiiver 1988 à l'intérieur de la Grande Halle de La Villette, cette exposition-spectacle avait attiré un public monstre.Gageons qu'à Montréal, elle saura rallier à la fois les amateurs de cinéma et un public plus vaste encore, celui-là même qui a fait honneur par le passé aux grandes expositions comme celles consacrées à Picasso ou à Marc Chagall.Il est certain que le grand public en général y trouvera son compte mais ce sont d'abord les cinéphiles qui apprécieront le plus cette grande fête du cinéma.Car celle-ci semble avoir été spécialement conçue dans le but de plonger le spectateur au coeur du spectacle cinématographique dans ses aspects à la fois les plus magiques et les plus nostalgiques.Ayant pu moi-même visiter cette première exposition de Cités-Cinés à Paris, j'en conserve une impression encore vive même après plus d'un an.Montrer la ville Comme son nom l'indique, Cités-Cinés cherche à traduire la manière dont le cinéma a rendu compte de la ville dans ses aspects les plus multiformes.À La Villette, les gens pouvaient circuler le long d'une grand-rue ainsi qu'à travers 16 quartiers reconstitués.Les cafés.le métro, les toits, la boutique, la périphérie: voilà autant de facettes de la ville qu'il était possible de visiter.Le visiteur avait le loisir d'aller boire un verre au bistro, de flâner dans un parking puis de revenir par le métro ou de faire un séjour forcé en prison.C'était aussi l'occasion de voir, à travers des décors appropriés, comment le cinéma a pu rendre compte à l'écran de villes comme Paris, New York, Tokyo, Berlin et Rome.Comme dans tout parcours initiatique, on ne pénètre pas dans cet espace réservé au merveilleux sans quelques précautions d'usage.Avant même de mettre le pied dans l'enceinte de l'exposition, le spectateur se voit coiffé d'un casque d'écoute à infrarouges, sans fils, qui, à lui seul, explique une bonne partie du succès de Cité-Cinés.Ce casque permet en effet de capter les dialogues qui accompagnent les extraits des films sélectionnés ainsi que les ambiances sonores.Précisons que chaque espace scénographique ( il y en avait 16 à Paris) possède son autonomie sonore.D'un espace à l'autre, ii n'y a donc pas de risque d'interférences.Pour le spectateur, ce casque offre donc une autonomie complète car il le laisse entièrement libre de ses mouvements à l'intérieur de l'exposition.Une fois branché, le spectateur pénètre dans une première salle.Pour ce faire, il doit franchir un mur-écran sur lequel sont projetées les images du « Metropolis* de Fritz Lang, un film futuriste qui date de 1926 et qui véhicule, encore aujourd'hui, une charge émotive très forte.Cette traversée de l'écran s'effectue à travers des lanières blanches qui vont du plafond au plancher.Des images de «L'homme à la caméra» de Dziga Vertov complètent celles de « Metropolis*.11 serait fastidieux de se lancer dans de longues descriptions de chacun des 16 espaces.Je me contenterai de donner une idée de ceux qui m'ont le plus impressionne.Car le parcours de l'île Notre-Dame ne reproduira pas exactement celui de La Villette.Quelques espaces ont été remplacés par de nouveaux, histoire d'adapter l'exposition au contexte particulier dans lequel cette exposition se déroule.Regain d'intérêt Précisons que chaque espace comporte une série d'extraits de films réunis en boucle.Chacune de ces boucles fait en moyenne une dizaine de minutes.Certains programmes font pourtant jusqu'à 25 minutes.Le café Lumière est tout simplement une des plus belles trouvailles de Cités-Cinés.C'est un véritable café où l'on se voit offrir du vrai café, avec en plus des jus, de l'alcool, du vin, des fruits.En prime, sur un écran rudimentaire sont projetés les premiers films des frères Lumière.On pense à la première projection du Grand Café de 1895 bien que le décor du café en tant que tel s'inspire plutôt d'un bistro typique des années 30.Un peu plus loin, il faut escalader un toit en pente.Des cheminées percent ces toits de zinc.Nous sommes sur les toits de Paris.Sur un mur, on voit apparaître des extraits particulièrement bien choisis de «Sous les toits de Paris» de René Clair, des «Quatre cents coups» de Truffaut ou d'«Hôtel du nord» de Marcel Carné.Justement, l'extrait de ce film qu'on a retenu est celui dans lequel Arletty clame avec sa célè- Les toits de Paris.À Montréal, une version plus grandiose et mieux réussie?DENIS LAVOIE le puits central et ses poutres rouillées.bre voix rocailleuse: «Atmosphère, atmosphère, est-ce que j'ai une gueule d'atmosphère?» La visite se poursuit.Cette fois, nous voici dans la citta italienne, un mélange de Cinecitta et de magasin d'accessoires.Dans les dessous de la ville, on débouche sur un véritable tunnel de métro avec des rails qui plongent dans l'eau.Inutile de préciser qu'on y présente un extrait de « Subway » de Luc Besson.Dans le parking, on se retrouve au milieu de vieilles carcasses d'auto.II y a également plein de passages secrets.On s'engouffre dans une petite salle \u2014 quelques fois vidéo \u2014 et on reçoit une bouffée de nostalgie sous la forme d'un clip à l'effigie de Marilyn ou d'un bout de comédie musicale.Le bombardement sonore et visuel est incessant.Mais, contrairement à certaines expositions dont le thème est relié au cinéma, le fouillis possède un sens.On devine qu'un amour inconditionnel envers le cinéma a présidé au choix de ces images, de ces décors, de ces objets, de ces sons et de ces affiches.Cités-Cinés atteint son but, celui de susciter auprès des visiteurs un regain d'intérêt envers le 7e art.Le café Lumière et la bicyclette sur une façade.ontréal présentera une version plus grandiose et mieux réussie de Cités-Cinés, originalement présentée à Paris et répétée à Gand, en Belgique.En effet, les décors ont ici des proportions plus grandioses, on retrouve plus d'accessoires sur les plateaux et le soin apporté aux moindres détails a été plus important, nous assurent les responsables montréalais de l'exposition.Alors qu'à Paris, New York, par exemple, n'était représentée que par une façade de cinéma, décor du même type qui a servi à illustrer la citta italienne à Gand, ces deux décors sont, dans le cas du premier, plus imposant à Montréal, et pour le second, nous mène dans un véritable quartier d'une ville italienne.«Pas un décor ne ressemble à ceux qu'on a réalisés à Paris, sauf peut-être celui du métro, qui est plus petit à Montréal, mais qui se retrouve suspendu dans le vide et prend un aspect incroyable vu de l'extérieur», précise Raymond Dupuis, directeur artistique de la présentation montréalaise.On a bien utilisé le même concept pour l'entrée «Ville en fête» mais on l'a amélioré, en y ajoutant un plancher fait de miroirs.Quant au décor du garage, il est plus élaboré et le parking contient un plus grand nombre de voitures.Pour la «chambre chaude» avec son immense lit en forme de coeur et ses nombreux appareils témoins de télévision, on a également poussé plus loin le concept retenu originalement à Paris.L'exposition conçue pour Montréal présentera également en primeur le plateau « Ville imaginaire» créé par des Belges.On l'a installé aù dernier étage de l'exposition pour se rendre finalement compte qu'il aurait peut-être mieux paru ailleurs.Mais pas question de modifier quoi que ce soit de l'idée originale en cours de route, car on ne disposait que de très peu de temps pour monter toutes ces installations.Les techniques de construction de décors n'étant pas identiques en Amérique à ce qu'elles sont en Europe, et chaque atelier de construction de décors ayant ses petits secrets, il a fallu aussi adapter la réalisation générale à ces diverses contraintes.Une autre contrainte s'ajoutait aux ateliers de décors habitués à travailler pour le cinéma, la télévision et la publicité : leurs décors sont habituellement installés comme toile de fond et ne servent qu'à une simple session de tournage.Or, dans le cas d'une expo- sition de longue durée, le public est appelé à circuler et à toucher.Des normes de sécurité sont alors à respecter.Il faut, entre autres, obtenir des autorisations du service de prévention des incendies.Ainsi a-t-on dû utiliser de la peinture ignifuge plutôt qu'une peinture ordinaire pour le fini des décors qui doivent montrer tantôt un mur souillé par la pollution, tantôt du métal rouillé, alors qu'il s'agit, de fait, d'un élément en bois.De même a-t-on dû prévoir que certains accessoires ou éléments de décor devaient être collés ou recouverts de plexiglas, pour éviter le vol et le vandalisme.On a quand même triché, comme on le fait dans le monde cinématographique.On pourra le constater en particulier dans les proportions qui ne sont nullement respectées pour certains décors, en particulier celui qui reproduit la caserne des pompiers.Cela tient aussi aux dimensions du bâtiment où a été montée l'exposition.Il a d'ailleurs fallu camoufler des éléments de la structure du Palais de la Civilisation.Les colonnes du bâtiment ont ainsi été métamorphosées en poutres d'acier rongées par la rouille.Ce genre de maquillage est un autre aspect du monde du cinéma.Dupuis est bien placé pour en parler, lui, qui avec le directeur artistique jocelyn Joli, a maintes fois «maquillé» Montréal pour certaines productions cinématographiques, par exemple pour «Les Plouf fe».Réalisme Pour donner une idée du souci de réalisme apporté aux décors de Cités-Cinés, notons au passage cette réflexion d'un ouvrier rencontré sur le chantier, dans le secteur du bloc cellulaire du commissariat de police: «C'est déprimant, ici, tellement ça ressemble à une vraie prison.» Un autre décor déprimant figure au début du parcours, celui d'un abri nucléaire.Il en est un peu de même pour l'allure catastrophique post-diluvienne du puits central.On aura un peu la même impression en fin de visite, en arrivant au décor de la «Ville imaginaire» auquel s'ajoutera l'effet moelleux des faux pavés.Autre paysage quelque peu déprimant, celui de «la périphérie», où on retrouve des installations pétrolières.Certains décors susciteront des réactions chez les visiteurs.Ceux-ci, par exemple, auront l'impression de tomber en pénétrant dans le premier décor aux murs, plafond et plancher recouverts de miroirs.C'est ainsi toute la magie du cinéma qu'on veut illustrer dans cette exposition où le vrai (portes, fenêtres et balcons des maisons du plateau Montréal ) côtoie le faux ( faux arbre, faux trottoir, fausse neige).Une présentation de G cinepiex odeon Bell en collaboration avec 9 Office National national du film Film Board du Canada of Canada (a avec la participation de CMMATttOUI ouoikom Q Telefilm Canada Canada* Vidéotron Super ^ ecran RAJDM) CITE JiiilHHilîOT' CKAC73 LA RjrU STATION V* MONT*Ai ® AIR CANADA ùU£s£-aSa.Radio Québec M) MOTOROLA LIMITES UNISYS F4 LA PRESSE, MONTREAL.MERCREDI 31 MAI 1989 Le cinéma en fête au Palais de la Civilisation Le Plateau Mont-Royal, quartier montréalais typique, avec ses maisons avec corniches, ses escaliers, sa neige et ses arbres.DENIS LA VOIE -ontréal, i Bffl centre important de production cinématographique et lieu de tournage de nombreux films, ne pouvait pas présenter « la plus grande exposition jamais réalisée sur la ville et le cinéma» sans y inclure un paysage montréalais aux côtés de ceux de New York, Paris et Tokyo.L'exposition Cités-Cinés dans sa première nord-américaine à Montréal, comprendra donc un plateau consacré à Montréal au même titre que les quelques autres grandes métropoles qui servent de toile de fond à tant de films.Avant d'amener Cités-Cinés à Montréal, ses concepteurs français ont donc été invités à y incorporer un plateau représentant Montréal.Mais, au départ, «ils ont voulu recréer une ancienne manufacture abandonnée, une construction d'aspect industriel.L'effet n'était pas emballant», commente Raymond Dupuis, directeur artistique chargé de la réalisation de ce décor.La balle change de camp «C'était terne et triste.Les Français ont aussi voulu lancer un clin d'oeil au combat linguistique en proposant de recréer le loft d'un peintre en enseignes, dont l'atelier serait rempli d'affi- Montréal, ville de cinéma tantôt Marseille, tantôt New York, tantôt.ches sur la Loi 101.Ça nous a paru un sujet un peu trop chaud.On a donc invité François Confi-no à repenser son concept.Il nous a relancé la balle nous invitant à concevoir nous-mêmes ce décor montréalais.» Raymond Dupuis s'est alors tourné du côté d'une agence spécialisée dans la recherche en bâtiments patrimoniaux.Ciné-cité, qui dispose d'une riche documentation sur tous les styles architecturaux présents à Montréal.L'organisme en question, qui fournit ses services à des producteurs de films qui veulent faire des repérages à Montréal, dispose d'études très poussées sur les différents quartiers de Montréal, selon les classes sociales et les styles d'architecture.«On s'est retrouvé avec trois projets, rappelle Dupuis.L'un portait sur l'intérieur du cinéma Rialto, de style art déco, le deuxième se rapportait à la place Ca-dillac-Fairview et le dernier consistait à reproduire une rue du Plateau Mont-Royal, un quartier populaire pittoresque, auquel nous aurions intégré un dépanneur.« )'ai repris ce dernier projet, et j'ai voulu y intégrer quelque chose de spectaculaire, qui serait aussi un hommage au service d'incendie.» Ainsi a-t-on intégré au paysage de Cités-Cinés une re- constitution de la Caserne centrale de pompiers de la Place d'Youville.À l'intérieur, on a logé un loft d'artiste, un peu pour rappeler que plusieurs casernes de pompiers servent aujourd'hui d'ateliers pour des sculpteurs ou des troupes de théâtre.Montréal, ville de cinéma Insérant dans l'ensemble de ce plateau l'idée de présenter Montréal comme «ville de cinéma», on a voulu recréer un loft de designer «qui aurait travaillé pendant 20 ans à toutes les productions cinématographiques réalisées à Montréal.On retrouvera donc dans son atelier une fausse borne-fontaine new-yorkaise, une sculpture égyptienne et des affiches russes», explique Dupuis.On veut ainsi souligner le fait que Montréal a été utilisée comme lieu de tournage pour représenter, à une occasion un coin de Marseille et à une autre le New York des années 30.C'était alors pour le film «Il était une fois l'Amérique» de Sergio Leone.L'atelier qui s'est vu confier le mandat de construire ce décor a opté pour la construction d'une structure métallique de 13 mètres de hauteur par 11 mètres de largeur sur laquelle on a accroché une toile en trompe-l'oeil, précise Guy Beauchemin de La Boite du pinceau d'Arlequin.Si on peut ainsi redonner toute l'ampleur de la caserne de pompiers, il en va tout autrement sur une autre face de ce décor, où on doit insérer l'entrée de la caserne dans une salle de seulement cinq mètres de hauteur.Il a donc fallu tricher sur les proportions, tout en demeurant fidèle aux détails architecturaux d'un bâtiment existant.Copies conformes Les responsables de la construction du décor ont donc dû s'appuyer sur des photos, afin d'ajouter, par exemple, les marques de saleté sur les murs.Pour les façades de maisons en rangées, on a copié de vraies maisons.On a même utilisé de vrais éléments, comme des corbeaux qui soutiennent un vrai balcon auquel le public pourra accéder par un escalier.Le décor montréalais en est un d'hiver, il a donc fallu y installer un «banc de neige», une fausse chaussée d'asphalte, un faux trottoir en contreplaqué, jusqu'à un faux arbre.Dans ce dernier cas, c'est pour camoufler une colonne du Palais de la Civilisation qu'on a eu recours à un gros érable.11 est fabriqué de mousse malléable et d'une sorte de béton qui est une recette spéciale exclusive à l'atelier de décoration.Finalement, pour nous mettre dans l'ambiance d'un 24 décembre, il y aura des décorations de Noël aux fenêtres.Certains des éléments architecturaux sont authentiques.On les loue chez des antiquaires.Ainsi en est-il pour les portes et fenêtres, explique Beauchemin.«Chaque maison a un caractère différent», precise-t-il.Quant aux trucages, ils reposent sur l'utilisation de plastique moulé qui figurent les façades de brique et du carton pressé pour celles en pierre.11 faut cependant y ajouter des éléments de détérioration pour faire plus vrai.On a donc dû porter une attention spéciale à la patine pour mieux rendre l'effet d'usure.La sécurité d'abord Pour la sécurité du public, la construction du décor a été plus soignée qu'à l'habitude, et il a fallu s'adresser à Toronto pour se procurer une peinture ignifuge afin de respecter les normes de sécurité du service de prévention des incendies.Pour l'atelier qui a réalisé ce décor, il s'agit d'une réalisation parmi d'autres, mais qui a néces- sité le recours à toutes les compétences de l'entreprise: sculpteur, soudeur, architecte, peintre.C'est qu'il faut utiliser différentes techniques pour construire un décor pareil, notamment le recours à des compétences extérieures pour la fabrication de la neige artificielle.À l'intérieur de ce décor, on a installé le loft d'un designer où le public pourra voir des documents et accessoires qui ont servi à la réalisation de films tournés à Montréal.Tous ces objets seront fixés solidement ou encore sous verre, pour éviter le vol et le vandalisme, mais on pourra toucher à la structure du décor pour bien se rendre compte qu'il s'agit de toc.Sur le plateau, on pourra également visionner des extraits de films canadiens.Cette présentation a été rendue possible grâce au Français Gilles Nadeau qui a réalisé tous les montages d'extraits de films de l'exposition.Dans ce cas particulier cependant, il a été assisté par Werner Nold de l'Office national du film.On espère que la présentation de cette grande exposition à l'étranger permettra ainsi de donner un aperçu de la production cinématographique canadienne.Téléfim Canada: pour la promotion du 7e art DENIS LAVOIE La caserne des pompiers de la Place d'Youville, dans le Vieux Montréal.Un vieil immeuble transformé pour l'occasion en loft de créateur.1 } v K Soucieuse du développement de l'industrie cinématographique canadienne, Téléfilm Canada se réjouit de la tenue d'une série d'expositions d'envergure consacrées au 7e art.Si l'organisme s'est associé, à titre de commanditaire, aux expositions présentées cet été au Palais de la Civilisation, à Montréal, c'est d'abord «parce qu'on considérait que c'était un événement majeur qui allait sensibiliser tous les publics au cinéma.» «Notre association à cet événement a aussi été motivée par le fait que deux organismes avec lesquels nous travaillons en étroite collaboration, seraient présents: l'Office national du film qui célèbre cette année son 50e anniversaire, et la Cinémathèque québécoise qui fête, elle, son 25e anniversaire.«Finalement, Téléfilm Canada, s'est associée aux expositions sur le cinéma que présente le Palais de îa Civilisation parce qu'on recourait également à des commanditaires privés.La mission de notre société étant de promouvoir le développement de l'industrie cinématographique canadienne, nous privilégions la collaboration avec des producteurs privés.» Denise Melillo, directrice des communications chez Téléfilm Canada, insiste sur ce dernier point.Les différents intervenants du milieu cinématographique québécois se sont en effet vivement intéressés aux expositions du Palais de la Civilisation.Il s'est d'ailleurs établi un véritable part- nership entre tous ces gens, par le biais du comité cinéma et télévision de la Chambre de commerce, précise encore Mme Melillo.«Les associations de producteurs, distributeurs et télédiffuseurs, membres de ce comité, ont travaillé à trouver des commanditaires et repérer des éléments de décor.C'est ainsi qu'on pourra retrouver dans le plateau Montréal le décor du téléroman La maison Deschênes.» Par ailleurs, ajoute Mme Melillo, Téléfilm Canada profitera de l'occasion pour intéresser des investisseurs à ce monde fascinant.Nous aurons donc un salon qui leur sera réservé.En plus d'accueillir ces investisseurs qui pourront entrer de plain-pied dans l'univers magique et toujours séduisant du cinéma, comme ils pourront en juger en visitant l'exposition Cités-Cinés, nous favoriserons les contacts entre tous les créateurs.Téléfilm Canada n'investit qu'exceptionnellement dans des projets de ce genre.C'est à cause de l'ampleur de l'événement que Mme Melillo qualifie de «fête du cinéma», que l'organisme a bien voulu commanditer ces expositions.À ce titre, Téléfilm Canada veut mieux se faire connaître et élargir sa clientèle.Il y a aussi l'impact international de cette exposition, appelée à être présentée à l'étranger.L'organisme est en effet intéressé à la présentation de films canadiens dans le cadre de Cités-Cinés, avec la création d'un plateau consacré à Montréal, une ville qui a servi de lieu de tournage à de nombreux films, autant américains que canadiens._ .j LA PRESSE.MONTREAL.MERCREDI 31 MAI 1983 F5 Le cinéma en fête au Palais de la Civilisation L'Office national du film, «l'oeil du Canada» JEAN Lt Office national du film du Canada, communément appelé l'ONF, a cinquante ans.C'est plus précisément le 2 mai 1939 que le Parlement canadien, à la suite des recommandations de John Grierson, fondait l'ONF.Cet organisme devait par la suite occuper une grande place dans l'histoire de la cinematographic mondiale.Il sera d'ailleurs émis un timbre commémoratif en octobre pour souligner cet anniversaire.Tout au long de l'année, des célébrations de prestige souligneront ce moment privilégié de l'histoire du cinéma.Des manifestations qui auront lieu au pays ainsi qu'à l'étranger.Soulignons d'abord que des hommages seront rendus à l'ONF dans les festivals de Berlin, Montréal, Toronto, Los Angeles, Nyon, Créteil, Annecy.Cannes, Yorkton, Melbourne, Londres, Vancouver et Chicago ainsi qu'à Mannheim.Déjà.I'Academy of Motion Picture Arts & Sciences a remis le 29 mars dernier un Oscar honorifique à l'Office national du film pour souligner son rôle actif sur le plan cinématographique mondial depuis cinquante ans.À Cannes où vient de prendre fin l'un des plus prestigieux festivals au monde, l'ONF a bénéficié d'une présence fort remarquée.D'abord le court métrage Le Colporteur, de Claude Cloutier, inscrit en sélection officielle; lésus de Montréal, de Denys Arcand, également en sélection officielle, deux productions de l'ONF ainsi que 50 ans, un montage réalisé par Gilles Carie en hommage aux accomplissements de l'ONF.C'est 50 ans d'histoire qui éclatent sur.l'écran.Le Festival de Cannes a inscrit ce court métrage en présentation extraordinaire.La Quinzaine des réalisateurs rendait également hommage à l'ONF en présentant Clin d'oeil en programme d'ouverture.Plus près de nous, l'ONF organise l'événement Le documentaire se fête, du 16 au 25 juin à Montréal.À cette occasion, on présentera 200 films documentaires en provenance d'une quarantaine de pays et on réunira des centaines de participants venus du monde entier dans un colloque qui permettra d'établir des contacts et échanger des idées et des projets.Les rencontres auront lieu dans deux cinémas du centre-ville et dans les salles de l'ONF.Fresque historique Plus tard en juin, le tout der- nier film Imax, Qin Shihuang, le premier empereur, une production de $7 millions issue de la collaboration de l'Office national du film du Canada, du Musée canadien des civilisations et du Xian Film Studio de Chine, sera présenté en première lors de l'inauguration du nouveau Musée canadien des civilisations, à Ottawa.On sait que les négociations en vue de cette gigantesque fresque historique, ont été entamées il y a plusieurs années.Il s'agit d'une super-production entièrement filmée en Chine dans des décors éblouissants.Les autorités chinoises ont permis pour la première fois à une équipe de tournage de filmer sur l'emplacement de la tombe de l'Empereur Qin.Un événement historique, une étape importante dans l'histoire-de l'ONF.Un autre événement à souli- Îner.le 17e congrès de l'UNIA-EC qui aura lieu pour la première fois sur le continent américain depuis sa création en 1957.Cette réunion internationale des associations techniques cinématographiques se fera sous les auspices de l'Office national du film du Canada à l'occasion de son 50e anniversaire.Du 14 au 18 octobre, des délégués de trente pays membres de l'UNIATEC se rendront à Montréal et donneront des conférences sur un éventail de sujets techniques.Le thème de ce congrès: « Les années 90: une ère de mutation, un défi à relever».On attend plus de 600 personnes aux conférences qui auront lieu à la salle d'assemblée de l'Organisation de l'aviation civile internationale.L'hommage à Claude 1 ut ni.une des expositions présentées au Palais de la Civilisation à Montréal, cet été.s'inscrit parmi les nombreuses manifestations entourant le 50e anniversaire de l'ONF.Le Musée d'art moderne de New York présentait cinq programmes de deux heures des films de l'ONF au début de mai.L'American Film Institute présentait en avril à Los Angeles six programmes de deux heures consacrés aux films de l'Office ayant été sélectionnés pour un Oscar.L'ONF, pourquoi?Mais pourquoi tant d'hommages?Qu'est-ce que représente finalement l'ONF?Précisons que l'Office national du film du Canada est la plus ancienne agence gouvernementale de production cinématographique au monde.Rien de moins.Un peu d'histoire si vous le voulez bien: en 1917 déjà, le gouvernement canadien s'intéressait au cinéma.Le ministère du Commerce et de l'Industrie instaurait {'Exhibits and Publicity Bureau.Pendant dix ans, le Canada produisait plus de films que tous les au- tres pays de l'Empire britannique.En 1921.rExhibits and Publicity Bureau devenait le Canadian Covernement Motion Picture Bureau tandis que le film devient un moyen de communication extrêmement populaire autant ici qu'à l'étranger.Malheureusement, la crise économique des années 20 allait ralentir considérablement cette nouvelle industrie.À la fin des années 30, la technologie cinématographique connaissait un essor fulgurant mais le Canada avait un retard considérable à rattraper.Pour remédier à la situation, le gouvernement canadien invitait un documentariste britannique, lohn Grierson, à étudier l'état de la production cinématographique au Canada.Grierson, personnalité imposante, cinéaste connu dans le monde, marquera à jamais l'ONF.Dès te début de son mandat, en qualité de premier commissaire du gouvernement à la cinémato-graphie, il souhaitait lors de la création de l'ONF en 1939 que cette institution devienne «l'oeil du Canada».Cinquante ans plus tard, on doit admettre que l'ONF est resté fidèle à ce voeu.Le Canada est connu de par le monde par le biais des films de l'ONF.Contrairement aux Américains qui commençaient déjà à aborder la réalité par le biais de la fiction, Grierson préférait montrer les événements tels qu'ils s'inscrivent dans la réalité quotidienne.Grierson tenait aussi à l'implication au sein de la communauté.Il envoyait des équipes de tournage partout au pays et avant l'apparition de la télévision, les films de l'ONF étaient attendus avec impatience dans toutes les régions du pays, dans les écoles, les sous-sols d'église.En 1941.lohn Grierson offre 540 par semaine et un lit au YMCA à un certain.Norman MacLaren.Ce même MacLaren remporte un Oscar en 1952 avec Voisins, considéré comme le plus éloquent message de paix jamais réalisé.En 1957, l'Office s'intéresse aux Québécois et demande à des jeunes cinéastes de définir la réalité du Québec.Période exaltante qui a permis l'éclosion de nombreux jeunes cinéastes dont Gilles Groulx, Gilles Carie, évidemment Claude luira et bien d'autres, luira réalisera incidemment en 1971 «Mon oncle Antoine» considéré comme le plus grand film canadien jamais tourné.En 1977, Monique Mercure remporte la Palme d'or à Cannes pour son interprétation dans «|.A.Martin photographe».Somme toute, en 50 ans, l'ONF a produit 17000 films et remporté 3000 prix dans des festivals internationaux.Qui dit mieux?L'ONF, c'est aussi le documentaire.rural.PHOTO U Presse L'ONF, c'est aussi «Cinéma, cinéma» avec François Guy, Chloé Sainte-Marie et Robert Guy.PHOTOPC Journée de fou?Soirée de films ! L'ONF, c'est enfin «L'homme et le froid».PHOTO u Presse Super Ecran ne peut rien faire pour vos journées de fou.Mais nous pouvons vous les faire oublier, en soirée.Imaginez: tous les grands films, en primeur, chez vous.Sans interruptions publicitaires.Avec un choix d'heures de diffusion.Grâce à Super Ecran, votre salon devient votre cinéma! \u2022 plus de 80 films par mois \u2022 version intégrale \u2022 minimum de 25 primeurs \u2022 guide horaire mensuel gratuit Abonnez-vous en téléphonant à votre câblodistributeur Du cinéma sans coupures, chez vous! ECRAN LE CANAL DEF/LMS MD F6 LA PRESSE.MONTREAL.MERCREDI 31 MAI 1989 Le cinéma en fête au Palais de la Civilisation Claude Jutra, celui qui a ouvert des voies SERGE OUSSAULT (tt j fflfe ans cette im-¦V men se fête du cinéma qui aura lieu au Palais de la Civilisation cet été.une place sera faite au cinéma québécois.Et cette place sera occupée par Claude fuira.Pourquoi luira?Parce qu'il est de la première vague du cinéma québécois moderne.Parce qu'il a ouvert des voies.Parce que nous lui devons des films comme «À tout prendre» et «Mon oncle Antoine».Cet hommage à luira a été or- Îanise en collaboration avec la inémathèque québécoise.Et comprendra six thèmes: les premiers films de Jutra, ses films majeurs.Intra comédien, jutra peintre du dimanche, |utra photographe, et quelques éléments de sa vie personnelle.«Pour chacun des films, souligne Nicole Laurin de la Cinémathèque québécoise, qui a aidé Pierre Jutras à préparer cet hommage, il y aura six photos de tournage, l'affiche originale et un texte d'accompagnement écrit par Claude |utra.Texte qui nous aidera à comprendre à quel point il réfléchissait à son métier.» lutra a tourné près de trente films (courts et longs métrages).Forcément, il a fallu faire un choix.Des quatorze films qui ont précédé «À tout prendre», trois ont été retenus pour cet hommage: «Pierrot des bois», un court métrage datant de 1936 dont lutra a fait la réalisation, le scénario, le montage et qu'il interprète lui-même (à la caméra, son ami Michel Brault ), « Félix Leclerc troubadour», un documentaire d'une demi-heure tourné en 1959 pour l'Office national du film, et «Le Niger, jeune république», réalisé et monté par lutra au début des années soixante.Pour accompagner ces premières oeuvres, on verra, outre des photos de tournage et des affiches, la caméra Paillard Bolex 16mm avec laquelle travaillait Jutra à cette époque, des accessoires de montage, des scénarios annotés par Michel Brault, des dessins originaux de «Pierrot des bois», le découpage technique de «Il était une chaise.» Le deuxième thème (les films majeurs) comprend huit longs métrages, de «A tout prendre» à «La dame en couleurs», son tout dernier film.¦ A tout prendre( 1963): disque de la bande originale du film (la musique, soit dit en passant, est de lean Cousineau, Maurice Blackburn et Serge Garant ), exemplaire du magazine Maclean dont (ohanne Arel, vedette féminine du film, a fait la page couverture.¦ Mon oncle Antoine ( 1971 ) mis en scène par lutra sur un scénario de Clément Perron: découpage technique et esquisses de projets d'affiches.¦ Kamouraska ( 1973): une partie de la correspondance que se sont échangé Jutra et Anne Hébert, auteur du roman dont est tiré le scénario du film ; notes du cinéaste à propos du roman; éléments de partition musicale de Maurice Le Roux, cartons d'invitation.¦ Pour le meilleur et pour le pire, écrit, réalisé et interprété par Jutra: certificat d'enregistrement du scénario, contrat avec l'Union des artistes stipulant l'engagement du cinéaste comme comédien.¦ Dans un même groupe, trois films tournés par Jutra au Canada anglais : Dreamsspeaker ( 1976).Surfacing ( 1980) et By Design ( 1981 ).On pourra voir une page du scénario du premier, une ciné-fiche pour le second et une cassé t-te-vidéo pour le troisième.¦ La dame en couleurs (1984): esquisses et croquis de Jutra, horaire de tournage, etc.«Pour lutra comédien, explique Nicole Laurin, nous avons évidemment des photos.Pour le peintre du dimanche, plusieurs peintures et fusains du cinéaste.Et pour le photographe, notamment des photos de ses chats.» Dernier volet de cet hommage: quelques éléments de sa vie personnelle.Là nous voyons un brouillon d'une lettre écrite à Charlie Chaplin, des extraits de sa correspondance avec Jean Cocteau et Truffaut, une sélection de coupures de presse étrangère parlant de lutra.Quelques vitrines complètent cette exposition.Dans l'une, quatre costumes de «Kamouraska»; dans une deuxième, des éléments se rapportant au prix Albert-Tes-sier gagné par Claude lutra en 1984; dans une troisième, des documents et des photos se rapportant à son travail en Afrique.«Les documents d'archivé proviennent en majorité de la collection de la Cinémathèque, dit Nicole Laurin, et du Fonds Claude-lutra de l'UQÀM dont l'archiviste Gilles Janson a la responsabilité.» À cette exposition s'ajoute la projection quotidienne de huit courts métrages dans la salle de cinéma adjacente.Huit films groupés en trois programmes consécutifs.Dans le premier: «Le Niger jeune république» (57 minutes).Dans le second: «Pierrot des bois» (neuf minutes), «Mouvement perpétuel» (15 minutes) et «Félix Leclerc troubadour» (27 minutes).Dans le troisième: «La lutte» (27 minutes), «Rouli-roulant» (15 minutes) et «Que-bec-US A ou l'invasion pacifique» (28 minutes).On voit aussi sur vidéo une entrevue accordée par Jutra à Radio-Canada, dans laquelle il parle de son métier et du cinéma de chez nous.Jutra a tourné une trentaine de courts et longs métrages \\ I I mm Michel Brault se souvient SERGE OUSSAULT La place de Claude Jutra dans le cinéma québécois?Unique.Celle d'un précurseur.Son vieil ami.le cinéaste Michel Brault.se souvient.«Claude était un pas en avant de tous les autres.Quand nous avons tourné nos premiers films, on ne faisait au Québec qu'un cinéma pogné, très aligné sur Hollywood.C'était le cinéma de Québec Productions ( Un homme et son péché, le Cure de village, etc.) et de Renaissance Films.Claude connaissait très bien le cinéma, il ne s'en faisait pas une conception intellectuelle, ne le voyait pas comme une imitation du théâtre, mais voulait utiliser les propriétés spécifiques du medium.Il était d'ailleurs très près de Norman McLaren.» C'est à Claude Jutra que Brault doit son amour du cinéma.«En 1947, Claude est venu tourner un court métrage, «Le Dément du lac Jean-lehnes dans un camp scout dont je faisais partie.Je ne pensais pas faire du cinéma à ce moment-là et je ne me suis pas beaucoup occupé du tournage.Après le camp, il m'a invité chez ses parents qui avaient une maison à la campagne.Dans le jardin, une cabane lui servait de salle de montage.Il inventait des techniques, il Faisait tout.Il avait l'esprit plus scientifique que le mien, peut-être parce qu'il étudiait la médecine.C'est avec lui que j'ai découvert la sensiblité des pellicules, et compris ce que c'était que la photo.Cet cté-la, Claude m'a tout appris.» Ils étaient inseparables.Pour se faire l'oeil; ils regarda ie;y des vieux films qu'ils empruntaient à la cinémathèque de Montréal.Ont-ils subi des influences?Brault.préfère parler de stimulation.«Nos grands stimulants, c'était Maya Deren, une Américaine qui tournait des films superbes, Eisenstein évidemment, et beaucoup de cinéastes français.C'était avant la Nouvelle Vague.Nous admirions Renoir, René Clair, Marcel Carné.Ces films-là, nous les faisions venir en grande partie du Musée d'art moderne de New York.» D'où venait chez Jutra cette connaissance, cette intelligence du cinéma qui lui faisait tourner il y a trente ans des films qu'on n'ose pas faire aujourd'hui?« Je crois, répond Michel Brault, que ça vient beaucoup de sa famille.Les Jutra s'intéressaient aux arts, ils recevaient à la maison Edith Piaf, Trenet, beaucoup d'écrivains.Son père avait une admirable collection de peintures.» La médecine d'abord.Né en 1930.Jutra tourne deux courts métrages ( Le Dément du lac Jean-Jeunes et Mouvement perpétuel) avant de terminer ses études de médecine entreprises pour faire plaisir à sa mère.«Après, tu feras ce que tu voudras, lui avait-elle dit.» Après, ce sont les années cinquante, lutra écrit, réalise, interprète et monte «Pierrot des bois».Son ami Brault est à la caméra.Pour la télévision qui venait de naître, il écrit un téléthéàtrc, «le premier (éléthcàtrc original diffusé à Radio-Canada, peut-on lire dans le Dictionnaire du cinéma québécois de Michel Cou-lombect Mar6pbi ?jgnvpur LA PASSION DU BON "]
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