La presse, 13 mai 1989, K. Arts et spectacles
[" Arts et spectacles Littérature Arts plastiques Disques et videos Restaurants Vins LA PRESSE.MONTREAL, SAMED113 MA11989 I PHOTO ARMAND TROTTIER.U PrsiSe Françoise Chanderna-gor.auteur de L'Archange de Vienne La vie intime de la France des mandarins MADELEINE DUBUC collaboration spéciale W rançoise Chander-¦r\" nagor, l'un des auteurs français les plus populaires de l'heure, se comptait dans le paradoxe ou, mieux encore, dans la vie sur deux tableaux et les jeux de coulisses.Autant l'entrevue révèle une personne drôle, gourmande et dynamique, autant ses écrits présentent d'elle-même une autre facette qui va rejoindre le grand sérieux des romancières historiennes de l'heure, comme leanne Bourin.Irène Frain et quelques autres.Le contraste est frappant et donne à cette femme une deuxième dimension.voir CHANDE3NAGOR en page K2 Y OKI O MISUIMA H I H I.Il S Biblos: une Pléiade à prix abordable JACQUES FOLCH-RIBAS collaboration spCciale La voici donc, cette nouvelle collection dont on a tant parlé: Biblos.L'idée est ambitieuse: faire une sorte de Pléiade, une bibliothèque de prestige avec le fonds Gallimard, mais à un prix abordable.Pour cela, réduire l'appareil critique, notes, variantes, préfaces, etc.Et relier les oeuvres très solidement pour obtenir de gros livres, imprimés en caractères lisibles, d'environ mille pages.Mais l'intérêt est également dans le choix: une bibliothèque internationale.Enfin.Et la meilleure preuve, les trois premiers volumes : voir BIBLOS en page K2 Le noir et le rose chez Marie-Claire Biais ¦Ecu Dans le premier temps de son oeuvre romanesque.Mme Marie-Claire Biais a généreusement célèbre \u2014 son style exceptionnel appelle tout de même ce mot \u2014 le malheur intime et la solitude des enfants, l'ombre épaisse d'une culpabilité qui interdit même l'idée de bonheur, la pauvreté morale et matérielle qui fait dériver certains êtres, sans pour autant les sauver, vers la marge d'une société sourde, aveugle et muette.Réalisme vif et trouble poésie, dans une indéfinissable fusion, disaient la vie en noir.On redécouvrira ces romans que l'explosion du genre romanesque au Québec a trop vite relégués au rayon des classiques, le moins fréquenté depuis que la littérature échappe à ce qu'elle pourrait être, une invention continuelle de la vie et du monde, à la fois art et critique, pour devenir un objet de consommation compulsive, une machine qui tourne à plein et produit du vide, l'exagère à peine: parmi les quelques romans de cette décennie qui répondent aux plus hautes exigences de qualité et de nécessité, combien sont passés directement à notre histoire littéraire, comme par subterfuge, sans même obtenir la sanction d'une véritable lecture populaire?La plupart.Un monde souffrant Peu à peu Mme Biais a délaissé ses paumés du coeur et du corps, ses monstres et ses dieux, ses génies et ses fous.Sous la poussière des bibliothèques ils sont en attente de résurrection.Celle-ci viendrait, on les inscrirait alors dans le versant tragique de l'aventure de notre peuple, si seulement ce peuple veut exister encore; sinon, ils seront partie des traces que nous aurons laissées.Mais l'artiste a créé et crée toujours, c'est sa douce folie, sans cesse il tend ses antennes vers le monde, reçoit des messages qu'il inscrit dans son grimoire pour distiller ensuite ses poisons magiques.Le monde dit à Mme Marie-Claire Biais qu'il se porte mal, il appelle au secours.Et l'écrivain reprend cet appel et le crie de toutes ses forces et recommence toujours, malgré le silence glacial dans lequel les mots vont se perdre; avec acharnement et humilité il dénonce, non plus seulement dans leurs effets sur l'individu mais aussi sur toute la collectivité humaine, ces violences et ces viols et ces assassinats dont sont victimes tous les jours, ici, là et ailleurs, les petits et les grands enfants que le bon Dieu, sourd lui aussi, et muet et aveugle, a depuis longtemps abandonnés.C'est dans la seconde partie de L'Ange de la solitude, intitulée sobrement «Le seuil de la douleur», que les imprécations de Mme Biais sont les plus assourdissantes.Les mots de révolte Ecoutons un instant ce fracas: «.pendant ce temps, mouraient tous les jours des lanceurs de pierres venus de camps de réfugiés, vers ces plages du Moyen-Orient où se succédaient des massacres, des expiations sanguinaires dont se souciaient peu les généraux et les fils de généraux qui les avaient provoqués, ils venaient sans armes, munis de cailloux, un bandeau recouvrant leurs yeux, telle une nuée de colombes aveugles et ils ne rentraient pas auprès de leurs mères, le soir, car une patrouille les avait tous fusillés, et ils saignaient, ils saignaient, bien que leurs mères, leurs soeurs, aient depuis longtemps cessé de les pleurer, ils saignaient encore parmi les pierres qu'ils avaient lancées sur le sable des plages, dans les barbelés où leurs vêtements déjà en lambeaux s'étaient attachés, avec des morceaux de leur chair, et ils saignaient d'un sang noir dans ces lettres qui avaient été écrites pendant la nuit, sur ces murs des taudis.» On aura reconnu la manière de Mme Biais, cette très longue période qui s'enroule et se déroule comme spirale, dans laquelle le sens est lentement approché, enrichi par petites touches puis approprie, où la lumière éclaire soudain un détail imprévisible mais nécessaire, et ces effets ne visent pas l'effet mais la conformité à une vérité intellectuelle et morale, à une responsabilité de l'écriture.Chez cet écrivain même l'humour et l'ironie, qui sont rares, ne sont pas gratuits ou faits pour plaire.Au contraire, tout s'inscrit dans un propos complexe, certes, et qui laisse aux lecteurs un espace de lecture, mais dont la cohérence résiste à l'érosion que la poésie risquerait de lui faire subir, si cette poésie n'était qu'un jeu, ou une infirmité du style.Femmes entre elles Tantôt les enfants, pour signaler l'extrême attention de Mme Biais au tragique de l'existence ; mais dans la première partie.« L'univers de lohnie».l'envers du tragique, un monde plus près de l'utopie, le noir repeint en rose, où des femmes.Lynda, Gérard, Ooudouline et quelques autres, artistes en tous genres réunies en commune, couples fragiles créant une atmosphère qu'elles veulent chaleureuse pour y vivre leur art.leurs amours et le temps qui passe et parfois ne passe plus, quand une menace pèse sur l'une d'elles.Elles sont d'origine sociale, d'âge, de passé différents.Elles aiment les femmes mais toutes ne les aiment pas exclusivement; en tout cas le désir, au moins lui, en appelle quel- voir NOIR ET ROSE en page K 2 L'ange de la solitude cyndi brûle de passion.mais sans étincelles ALAIN de REPENTICNV Son premier microsillon s'intitulait She's So Unusual, il est tentant de baptiser son p'tit dernier She's So Predictable.Même après plusieurs écoutes, A Night To Remember, de Cyndi Lauper, tarde à séduire.Sans doute échaudée par une série de flops depuis 1986, Lauper a pondu un disque prudent, prévisible et un peu redondant qui ne nous apprend pas grand-chose sur son compte qu'on ne savait déjà.Cyndi Lauper a déjà été une très grosse vedette.She's So Unusual, souvenez-vous, s'était vendu à plus de quatre millions d'exemplaires.Son nom était sur toutes les lèvres avant LE CAHIER Habitat DU SAMEDI même que Madonna ne vienne imposer son image de boy-toy.A Night to Remember visait manifestement à libérer Lauper un peu plus du personnage excentrique qui l'a mis au monde et en a fait un produit de consommation éphémère.Mais à force de revendiquer le statut de chanteuse sérieuse, elle en oublie que le public lui demandera toujours de trouver des flashes nouveaux, de le surprendre, de l'émerveiller.C'est la rançon de la gloire pour cette jeune femme qui a réussi, il y a cinq ans, à tirer le showbiz de sa torpeur et à s'installer parmi les grands en se servant habilement des nouveaux moyens mis à sa disposition, dont le vidéoclip.Cynthia Lauper a été l'une des premières stars de la génération du vidéoclip.Tout le monde se souvient du clip de Girls lust Want To Have Fun, de cette jeune femme peinturlurée qui fuyait l'atmosphère étouffante du foyer familial pour retourner y faire la féte avec une brochette de personnages hétéroclites recrutés dans la rue, dans le métro.À cette époque, Cyndi frayait également avec les lutteurs-bouffons qui s'accordaient bien à son personnage.On se souvient aussi de ses deux vidéoclips pour un film de Spielberg qui plongeaient ses amis lutteurs dans des aventures à la Indiana Jones.Ce personnage très fort, Cyndi Lauper allait éprouver de la difficulté à le tasser dans un coin.En 1986, elle a fait le pari que sous les tics, l'artifice et les costumes fous-fous, le public avait adopté une chanteuse.Et si elle s'était trompée ?Si le public, un peu las de son personnage criard, avait choisi de le lui faire savoir au moment même où elle entreprenait de prouver qu'il fallait la prendre au sérieux ?La chanson titre de son deuxième microsillon, True Colors, une ballade introspective, révélait déjà une jeune femme beaucoup moins fantaisiste.Cette fort belle chanson a annoncé le début du déclin de la carrière de Cyndi Lauper.La critique a encensé le microsillon True Colors, lui reprochant uniquement de ne pas étonner autant que She's So Unusual, mais le public l'a boudé.Lauper devait chanter au Forum en octobre 1986.Le concert a été reporté en mars 1987 puis annulé.Les excuses n'ont pas manqué : maladie, changement d'itinéraire motivé par le tournage d'un vidéoclip.La vérité, c'est qu'un peu partout au Canada et aux États-Unis, les billets pour ses spec- voirCVNOI en page K 5 Les temps sont durs REGINALD MARTEL Les temps sont durs pour les attachées de presse de l'édition littéraire.La crise a commence en 1982, quand le gouvernement fédéral a abandonné un programme qui permettait de verser S10 000 par an a un éditeur pour faire la promotion de ses livres.Plusieurs attachées de presse ont ete alors remerciées de leurs services, puis embauchées a la pièce pour la promotion de certains titres.Le cas de Yolande Fontaine illustre assez bien ce qui s'est passé.Comme d'autres, elle est devenue pigiste.Elle s'occupe actuellement des titres d'une douzaine d'éditeurs.Ce ne serait pas si mal, si certaines maisons ne décidaient de confier le travail de promotion à leurs distributeurs, de grosses entreprises qui ont leurs propres attachées de presse à temps plein.VLB Éditeur, par exemple, confierait la promotion de ses meilleurs titres a Dimedia.\u2022 Moi, se désole Mme Fontaine, il ne me reste que les auteurs qui marchent moins bien.Je me demande ce qu'ils disent, les éditeurs, à leurs auteurs qui n'ont pas la promotion en Cadillac, mais en Lada?» Le patron de VLB Éditeur, Jacques Lanctôt, répond qu'il en a contre les pressions abusives qu'exercerait Mme Fontaine sur des journalistes, qui auraient proteste.Faire l'Impossible Le métier d'attachée de presse est extrêmement dur.Les livres paraissent par centaines et les attachées doivent tout faire pour attirer sur eux I attention des journalistes de tous les médias.Les médias ayant les intérêts qu'ils ont, ils consacrent peu de ressources aux livres en general et a la littérature en particulier : les journalistes sont évidemment débordés.Mme Fontaine croyait s'être trouvé une niche en offrant ses services à des éditeurs qui ont quelque chose en commun, la littérature pour VLB Editeur et L'Hexagone par exemple, ou les auteurs féministes à la Pleine Lune et au Remue-Ménage.Mais pour vivre de ce métier d'attachée de presse, ¦ il faut se faire reconnaître par des actions éclatantes», que les petites maisons ne peuvent pas financer.Presque condamnée à faire la promotion des livres de recettes, c'est du moins ce qu'elle prétend, Mme Fontaine songe qu'elle devrait, aussi bien, ¦ vendre des événements.Mais pour les événements, on va chercher les grandes boites de relations publiques.Pour le congrès international du P.E.N.Club, à Montréal et à Toronto, ils vont aller chercher qui ?et a quel prix ?» Mme Fontaine montre volontiers sa carte de tarifs.Il en coûte à un éditeur qui s'adresse à son entreprise de $500 à $2 000, plus certains frais, pour la promotion d'un livre.La somme la plus élevée comprend les services suivants : lecture, rédaction du communiqué, dossier de présentation, liste de presse, booking à Montréal et tournée provinciale, dossier de presse et lancement.Cher, pas cher Le travail parait énorme par rapport aux honoraires.Mais les honoraires paraissent énormes aussi, quand on songe à la situation financière généralement précaire des éditeurs qui ont choisi, envers et contre tous, de se consacrer a peu près exclusivement a l'édition d'ouvrages littéraires dont les ventes, souvent, ne dépassent pas 300 exemplaires.Autre difficulté, et ce n'est pas la moindre, le travail de l'attachée de presse est concentré en deux périodes de deux mois, a l'automne et au printemps.C'est dire que l'essentiel du revenu doit être gagné en peu de temps et qu'il faut travailler à un rythme presque inhumain.Mme Fontaine évoque enfin ce qu'elle croit être un risque : que les grands distributeurs, comme Québec-Livres, Dimédia ou OMR, qui diffusent simultanément des éditeurs européens et québécois et auxquels ces derniers confient la promotion de certains titres, n'en arrivent a exercer une véritable emprise sur l'édition québécoise.Elle prétend que deux grands distributeurs se sont entendus pour que leurs auteurs européens ne viennent pas ici en visite de promotion en même temps.Dans cette stratégie, dit Mme Fontaine, \u2022 les Québécois prennent leur trou >.«Touchez Dubois» Robert Dubois ri POUR RESERVER VOTRE ESPACE PUBLICITAIRE 285-6874 i K2 LA PRESSE.MONTREAL.SAMED113 MA11989 LITTÉRATURE Comment un poète a-t-il pu être nazi?S ESSAIS JEAN BASILE collaboration nxcialc ¦ Ce n'est pas de tout repos que d être amoureux de l'Allemagne.Bon?Tout cela est loin et les générations passent.Mais pour Pierre Mertens.qui est né en I934 et qui est un peu juif, les souvenirs ne sont pas si limpides.D'autant moins qu'il est juriste et spécialiste des droits de l'homme.On ne lui passe pas n'importe quoi quand il s'agit d'oublier ou de prescrire certains crimes.Pierre Mertens est venu, comme auteur, à la dix-septième Rencontre internationale des écrivains qui s'est tenue à Québec dernièrement.L'action de son dernier livre.Les Éblouisse-ments\"'.qui a obtenu le prix Mé-dicis cette année, se passe en grande partie à Berlin.« L'Allemagne, affirme-t-îl d'emblée, est un pays de haute culture et même, pour moi.la plus haute de toutes.Mais il ne faut pas voir l'Allemagne comme un bloc, l'aime moins l'Allemagne du sud et j'ai un faible pour la Prusse.En réalité, je suis un amoureux de Berlin.C'est une ville exceptionnelle, à cause de sa situation politique.Si je pouvais choisir où vivre, c'est là que je vivrais.» De fait.Pierre Mertens est belge.On ne s'étonnera donc pas que le héros de son livre.Gottfried Benn.passe une partie de sa vie mouvementée à Bruxelles et au casino de Knokke-le-Zoute.Gottfried Benn a vraiment existé, c'est un personnage historique, un poète et un homme étrange qui a déjà suscité maints commentaires.« Est-ce que Les Éblouissements sont une biographie?\u2014 Les événements que je relate sont véridiques dans les grandes lignes.A partir de ça.je me suis accordé toute la liberté dont a besoin un romancier.\u2014 Qui est Gottfried Benn?\u2014 On le connait comme poète.Dans la vie.il était médecin.Il est ne au I9e siècle.Il a donc connu deux guerres.C'est un intellectuel.À un moment de sa vie, il a cru devoir s'engager politiquement et il a choisi le nazisme comme beaucoup d'autres.\u2014 Ce n'est pas un choix sympathique.\u2014 Non, mais c'est justement le sujet de mon roman : essayer de comprendre comment de telles choses arrivent.\u2014 Est-ce une condamnation?\u2014 Pas du tout.Tout le monde a le droit de se tromper, du moins une fois.Gottfried Benn est dans ce cas à l'instar de beaucoup de ses compatriotes.» Il ne s'agit aucunement d'un livre à thèse.C'est presque un roman d'action.Tout le monde se souvient de l'expressionisme allemand, de Cabaret et de son ambiance trouble.Mais le roman de Pierre Mertens est beaucoup plus rude, plus haletant, plus véhément.«l'ai voulu laisser le plus d'aisance possible à mon écriture qui est hachée, à l'emporte-pièce, dit-il.Il me semble que cela correspond à cette période et au caractère de Gottfried Benn qui était un passionné.» Passion et femmes, oui, car el- La poésie est de partout Pierre Mertens les ne manquent pas dans Les Éblouissements et même beaucoup de femmes de petite vertu.Mais c'est aussi un roman littéraire et artistique.«En effet, précise Pierre Mertens.je parle beaucoup de littérature, de peinture, de musique car tout cela fait partie intégrante de la vie de Gottfried Benn.Naturellement, cela me donne la possibilité de donner mon point de vue sur l'art allemand.» Pierre Mertens, juriste et romancier, admet candidement qu'il est fasciné par la médecine.C'est une autre bonne raison pour s'intéresser à Gottfried Benn qui était non seulement médecin mais vénérologue, à une époque où l'on craignait comme la peste la syphilis.Gottfried Benn fera même de la médecine légale, c'est-à-dire beaucoup d'autopsies.N'est-ce pas une bonne occasion pour un romancier de méditer sur le corps humain et sa fragilité?« Il est vrai que je suis juriste de profession, précise Pierre Mertens.Mais la distance n'est pas si grande entre les médecins et les juristes.Les juristes diagnostiquent les maux de la société et tentent d'y apporter des remèdes sans illusion».\u2014 Vous n'hésitez pas.par exemple, à vous prononcer sur la folie de Nietzsche.\u2014 Tout le monde dit que Nietzsche est devenu fou à cause de la syphilis.Mais est-ce qu'on le sait vraiment?Moi je crois que sa folie ou sa poésie venait de bien plus loin.» Gottfried Benn connaîtra sur le tard une sorte de réhabilitation, comme raconte Pierre Mertens.Vieilli, après avoir été un objet de haine et de dérision après la guerre, on recommence lentement à s'intéresser à lui.Des jeunes filles viennent le visiter pour mieux comprendre le sens de son oeuvre, il les reçoit avec courtoisie mais sourit dans sa barbe.«C'est que la poésie a été, dit Pierre Mertens.l'essentiel de la vie de Gottfried Benn et c'est elle qui demeure.Bien sur.il ne peut pas oublier son erreur.Il parvient a peine à l'expliquer.Mais il sait, comme médecin et comme poète, que la vie n'est jamais pure.» 11) LES EBLOUISSEMENTS.par Pierre Mertens, roman.357 pages, editions du Seuil.NOIR ET ROSE Le noir et le rose chez Marie-Claire Biais SUITE DE LA PACE K1 ques-unes, parfois, dans les bras d'un homme.Elles ont chacune une mémoire mais qui semble peu servir, car seul dirait-on le présent compte et ce qu'il peut offrir et parfois refuse, tout, rien, ce n'est plus très clair, pour moi je veux dire, mais je me laisse séduire par le style, la simplicité malgré tout du quotidien de ces femmes qui sont très fin de siècle, fin d'un monde, fin du monde?Mme Marie-Claire Biais ici ne revendique pas, ce n'est plus la peine, la pratique de la différence emporte le droit à la différence, celle qui est choisie, hors de laquelle il n'y a peut-être pas de salut, et non plus celle des romans d'hier, qui était imposée et qui appelait le suicide ou la folie, aspects d'un même incurable malheur.Marie-Claire Biais, LANCE OE LA SOLITUDE, roman, VLB Editeur, Montréal, 1989.LES BEST-SELLERS Fiction et biographies\t\t\t 1 Juliette Pomerteau\tYves Beauchemin\tQuébec/Amérique\t(8) 2 Douces colères\tGil Courtemanche\tV.L.B.\t(2) 3 L'Homme qui plantait des arbres\tGiono /Back\tGallimard/Lacombe (8)\t 4 Le Don de l'amour\tDanielle Steel\tLibre Expression\t(3) 5 Drakkar\tPaul Ohl\tQuébec/Amérique\t(4) 6 Le Zébra\tA.Jardin\tGallimard\t(32) 7 La Vieille qui marchait dans la mer\tSan-Antonio\tFleuve Noir\t(17) 8 2061: Odyssée 3\tA.C.Clarke\tAlbin Michel\t(D 9 La Vie antérieure\tHenri Laborit\tL'Homme\t(D 10 La Vérité sur Lorin Jones\tAlison Lurie\tRivages\t(2) Ouvrages généraux\t\t\t 1 Le Chemin le moins fréquenté\tScott Peck\tLaffont\t(16) 2 Brève histoire du temps\tStephen Hawking\tFlammarion\t(2) 3 Le Mal de l'âme\tD.Bombardier et C.Saint-Laurent\tLaffont\t(13) 4 Père manquant, fils manqué\tGuy Corneau\tL'Homme\t(3) 5 Pais ce que peux\tG.Filion\tBoréal\t(6) Les listes nous sont lournies par les librairies suivantes: Alire (Place Longueuil), Bertrand, Les Bouquinistes (Chlcoutimi).Champigny, Flammarion, Hermès, Lemëac, Lettre-Son (Outremont).Urellre.Le Parchemin, Martin (Joliette), Montréaloisir, Raffin, Renaud-Bray, Sons et Lettres.\t\t\t \t\t\u2022\t JEAN BASILE collaboration ipéciale En littérature, il y a toujours une personnalité à découvrir.Pierre Boujut est de celles-là.Il est à peu près inconnu du grand public.Mais il a publié pendant des décennies une revue de poésie, La Tour de feu.Cette longévité est déjà exceptionnelle.Mais il y a mieux.Pierre Boujut publiait sa revue à larnac.une toute petite ville au pays du cognac où il était tonnelier.C'est de ce coin perdu de France, très loin de Paris, qu'il a semé la bonne parole poétique, aidé des plus grands noms, sans se soucier des modes et chicanes de la capitale.Voilà une bonne preuve que l'on peut participer à la littérature sans esbroufe.Il va de soi qu'il y faut quelques qualités exceptionnelles comme la passion et la patience.Pierre Boujut n'en était pas démuni.C'était aussi un libertaire bon teint, pacifiste dans une avant-guerre troublée.On peut être poète et tonnelier à Jarnac, on en a pas moins ses idées.Il vient de publier ses mémoires sous le titre de Un Mauvais français*1*.C'est un livre délicieux.Avec un grand sens de la synthèse et dans une langue adorable, il évoque ses amis poètes et il pourfend ses ennemis qui ne sont pas nombreux.Il parle beaucoup de politique car, pour lui, la poésie est un engagement de vie.Rien n'est plus éloigné de lui que le poète éthéré.D'ailleurs il a fait la guerre, a été prisonnier.Il est de ceux qui ont toujours distingué entre l'Allemagne nazie et les Allemands.Dès la guerre finie, il se précipite en Allemagne un paquet de poésie à la main pour que tout le monde se réconcilie.Car tel est le rôle qu'il s'était donné quand il avait fondé La Tour de Feu: relier les êtres humains entre eux.«le suis persuadé, écrit-il, que les fanatiques du drapeau ne sont pas capables de faire aimer notre pays comme j'ai su le faire, indi- rectement, en me declarant citoyen du monde.» D'ailleurs Pierre Boujut n'a aucune illusion.Tout révolutionnaire et libertaire qu'il soit, il ne croit pas que la revolution libertaire est pour demain et l'idéal qu'il s'est fixé est tout à fait personnel et modeste.Le monde des Lettres est parfois décevant.Quel panier de crabes! Mais il existe des êtres comme Pierre Boujut qui remonte le moral.L'amour de la littérature se confond chez lui avec une amitié solide pour l'humanité.Et puis, nous qui nous trouvons parfois isolés, ce livre nous apprend que l'on peut travailler partout.Romantisme Parmi les romantiques allemands, Heinrich von Kleist n'est pas le plus célèbre car il avait, il a toujours, comme rival Goethe et Schiller.« Il vécut, chanta et souffrit en une époque troublée et difficile.Il vint ici y chercher la mort et y trouva l'immortalité» peut-on lire sur sa tombe.Précisons que Kleist fut hanté par la mort.Il finit par se suicider encore jeune.Une image presque trop typique du XIXe siècle.Curieusement, Kleist qui représente le nationalisme prussien, contre la volonté de puissance de la France à cette époque, était d'origine slave.La biographie*-' de loachim Maass est considérée comme un classique et l'auteur a du mérite car.faute d'éléments, il n'est pas facile de reconstituer la vie de ce vagabond car Kleist voyageait beaucoup.Et comment pénétrer dans les méandres de cette àme compliquée qui errait entre une amitié vive pour ses compagnons, des amours irréalisées avec des jeunes femmes dont l'une, la dernière, le suivit dans la mort.À cela qui n'est pas facile, il faudrait encore rajouter les difficultés d'une carrière littéraire qui le déçut.Son théâtre, aujourd'hui exemplaire, n'était guère apprécié.Il fonda une revue mais ses idées politiques radicales lui valurent les foudres de la censure.Enfin, comme le dit le biographe: «c'est une destinée pleine de discordances, d'obscurités et d'énigmes.» Flaubert Une autre biograhie de Flaubert, celle-là de Herbert Lottman, un érudit américain'\".L'intérêt de cet ouvrage, assez massif, est de dégager avec une exactitude presque clinique l'être humain qui n'était pas banal, comme l'on sait.11 se voulait, certes, solitaire, l'était.Mais c'était plus compliqué que ça.En fait, Flaubert aimait l'amour et l'amitié.Chacun sait qu'il était pour l'ordre public et sa haine du bourgeois n'était pas moindre que sa crainte de perdre ses rentes.Et puis, il y avait les maladies car Flaubert était souvent malade, à l'instar d'un grand nombre de ses confrères.Les maladies vénériennes! Déjà! Il faut dire que la documentation autour de Flaubert ne manque pas.y compris sa fascinante correspondance.Herbert Lottman l'exploite à fond et avec efficacité.(1) UN MAUVAIS FRANÇAIS, par Pierre Boujut, autogiographie.324 pages, editions Arles (2) HEINRICH VON KLEIST, par Joachim Maass, biographie, 280 pages, editions Pavot.(3) GUSTAVE FLAUBERT, par Herbert Lottman, biographie, 580 pages, editions Fayard.Françoise Chandernagor, une historienne remarquable SUITE DE LA PACE K1 L'Archange de Vienne est le deuxième tome de Leçons de ténèbres, l'énorme trilogie dont elle était venue présenter la première partie \u2014La Sans Pareille\u2014 au Salon du Livre de Montréal en novembre dernier.C'est à ce moment que nous la rencontrions.Comme le premier bouquin, celui-ci est fort volumineux (près de 700 pages bien tassées ).bourré de faits, d'anecdotes, de grande et de petite Histoire.Il trace, à travers les périgrinations de l'héroïne et les réflexions de sa biographe, un portrait assez saisissant de la France politique actuelle avec des centaines, des milliers de détails qui nous en font deviner les dessous, souvent amusants ou palpitants, mais pas toujours glorieux.On se souvient que Françoise Chandernagor, au départ diplômée de ri;cole Nationale d'Administration (l'ÉNA), haute-fonctionnaire du gouvernement français, fille et femme de haut-fonctionnaire, s'est fait connaître du grand public en publiant, en 1981, L'Allée du Roi, une sorte de roman-biographie de Madame de Maintenon, qui devint, au cours des mois et des années suivantes, un best-seller établi.L'auteur de La Sans pareille et de L'Archange de Vienne se révèle une historienne tout aussi remarquable, passant de la chronique de la narratrice presque impartiale \u2014 qui, comme par hasard, s'appelle Françoise\u2014 au récit que son héroïne, Christine, écrit de la prison où elle est détenue depuis des mois.Disons tout de suite que si, après les quelque 689 pages du premier volume de la trilogie, on ne sait pas encore de quoi Christine Valbray s'est rendue coupable, on se doute un peu, à la fin des 677 pages du deuxième, pourquoi elle est punie: elle a transmis des secrets d'État plus ou moins importants à des puissances étrangères.Mais le long récit tourne surtout autour de cette passion tragique, dramatique, épuisante qu'elle voue à Charles de Fervac-ques, ce beau et brillant ministre de l'entourage de Giscard d'Es-taing dont elle est directrice du secrétariat.de ce genre de passion qui apporte aux «femmes qui aiment trop» beaucoup plus de nuits blanches et d'heures d'attente que de bonheurs tangibles., et tranquilles.Les déplacements familiaux et FRANÇOISE CHANDERNAGOR\t mm\t ¦XSL\t \t L'Archange cie Vienne gouvernementaux amènent les deux amants de leurs lieux de rendez-vous habituels entre le ministère de Paris, les week-ends dorés dans la campagne française jusqu'à une conférence internationale à Vienne.Cette conférence, interminable, marquera la plaque tournante dans les relations entre les deux amants qui y passeront des expéditions bucoliques organisées à la sauvette à des trahisons qui mineront à la longue leur histoire.Cette histoire d'ailleurs, se déroule un peu à sens unique.Christine, dans la vie de Fervacques, Don Juan consommé, est un numéro important, mais un numéro entre une série d'autres.Elle, le côtoyant, l'adorant, l'idolâtrant, trouve en lui ce qu'elle a toujours recherché chez un homme: le rang social, l'argent, la passion et la puissance.À dix-huit ans, en même temps que son propre pouvoir de séduction, elle avait d'ailleurs découvert une série d'hommes extraordinaires: son père, ambassadeur, son demi-frère, brillant, beau et séduisant, les hommes de l'entourage qui, en général, lui tournent autour et font pour elle des bêtises.Avec Fervacques, il n'en sera jamais ainsi.Elle, dira-t-elle à sa biographe, l'aimera toujours «à perte».Et c'est pour lui ou à cause de lui, même si ce n'est pas sur son instigation, à cause de lui, qu'elle accumulera les gaffes qui l'amèneront jusqu'en prison.Entre l'héroïne et la biographe De Madame Chandernagor, on a beaucoup dit, sinon tout.Elle écrit magnifiquement, même si, alors qu'on a, devant certaines longueurs, le goût de dire que si ses personnages s'écoutent parler, elle «s'écoute écrire».On voudrait parfois qu'elle oublie quelque détail, quelque description, même celle de ses états d'âme.C'est encore sous la plume de sa biographe qu'on les retrouve le mieux, ces états d'âme, en même temps que les états de faits.Mais, ici, on se doit de se rappeler que si, pour un lecteur canadien, habitué aux palabres entourant le budget national et aux en-nuyeuses sagas des hommes politiques qui se font prendre la main dans le sac dans notre propre pays, on peut difficilement lire avec un intérêt palpitant, à quelques années d'intervalle, les hauts et les bas de la vie des divas de l'époque Giscard, Pompidou et cie.toutes choses se passant avant l'arrivée de TV5 sur nos écrans! En rencontrant, en novembre dernier.Madame Chandernagor, on avait joué avec elle au jeu de la devinette, essayant de trouver qui avait inspiré les personnages clé de sa «Sans Pareille» et de ses bouquins subséquents.On avait opté pour l'affaire Profumo qui, il y a vingt ans, ébranlait l'Angleterre.L'auteur n'avait pas protesté, disant même que son héroïne s'appelait Christine.En revoyant sur nos écrans au cours des dernières semaines, la tête des héros de cette affaire dont on vient de faire un film, on se disait que si l'histoire avait inspiré Chandernagor, ce n'est pas la tète ou l'intelligence de Christine Keeler ni même la bouille déconfite de Profumo qui avaient servi de modèles.Tout au plus leur malencontreuse aventure avait-elle pu servir de toile de fond.transposée.Pour apprendre ce que peut être la vie, de la gloire à la déconfiture d'une héroïne comme Christine Dalbray, femme fascinante, même si elle s'avère fille sans affection, épouse sans fidélité, mère sans tendresse, pour prendre des leçons en arrivisme déjoué, il faut suivre, comme l'a fait l'auteur, la femme jusque dans sa prison.Le troisième volet de la trilogie nous dira peut-être qui elle était véritablement ou si elle survivra à ses tribulations.Si elle en mourait, on s'ennuierait d'elle.On s'attache à la «Sans pareille».et au talent de Françoise Chandernagor.Françoise Chandernagor, L'ARCHANGE 0E VIENNE, Leçons de ténèbres II.Editions de Fallois.Paris, 1989,677 pages.BJblios: une Pléiade à prix abordable SUITE OE LA PACE K1 Elu Morantt, Marcel Ayme.Yukio Mishima.Un français sur trois.Et l'on annonce la suite, cette année même : un Giono avec Le Hussard sur le toit (et les romans qui font partie de cette période stendhalienne); un William Styron (avec Le choix de Sophie); et Autant en emporte le vent (que personne n'a lu parce qu'on a vu le film, et alors Îuoi, on n'a rien vu du tout), out cela semble parfait.Et le prix est raisonnable.Très raisonnable.Eisa Moraine7 Elle avait mis en exergue, à la Storia, les célèbres mots de Luc l'évangéliste : « .tu as caché ces choses aux savants et aux sages et tu les as révélées aux petits enfants.parce que tel a été ton bon plaisir.» Vous souvenez-vous du petit Giuseppe?Qui disait son nom: Useppe.Qui adorait son frère Nino?Qui adorait sa mère Ida.Iduzza?Qui ne connut jamais son père, le soldat Gunther, allemand, qui cherchait un bordel et trouva une femme?Vous avez lu la Storia?Un des plus grands livres du siècle.Huit cents pages.Une telle fluidité d'écriture que l'on ne distingue plus, en lisant, ce qui est tendresse et ce qui est désespoir.Une sorte de longue chanson d'amour qu'il est impossible de laisser et qu'on veut entendre jusqu'à la dernière note: «.une fleur et non une mauvaise herbe.» Et ensuite.Aracoeli, qui commence ainsi: «Ma mère était andalouse».et ne cesse de chercher cette mère, et qui contient cette phrase (à la fin): «|e pleurais par amour.» Ce sont les deux romans d'Eisa Morante, Romaine et tragique comme une impératrice, les deux romans qui lui donnèrent enfin le couronnement international.Les voici tous deux dans ce volume de Biblos.Mishima?Plus dur que lui.tu meurs.Dur comme lui, il meurt, dans une espèce d'apothéose de violence qu'il est bien difficile de comprendre, vue d'ici où nous appelons cela hara-kiri qui veut dire «ouverture du ventre».Aie! Mais il y avait longtemps que le plus lyrique des écrivains japonais s'était ouvert le ventre, et le coeur, et la tête, alouette, pour nous dire la poésie de la douleur qu'ils contenaient.Pas recommandé aux âmes faibles.Sensations fortes.Marcel Aymé?Ah bien, là, nous sommes dans l'ironie, le fantastique, la lune et les étoiles, et en bateau à voiles ( merci Prévert ).Doux plaisir garanti, avec cinquante nouvelles! Presque toutes celles qu'il écrivait.Certaines, plus célèbres que des romans.Certaines, dont on fit des films, et pas n'importe quels films.Aucune, qui manque d'intérêt, ou de piquant, ou de talent.(Bah, peut-être une ou deux, mais je ne les ai pas encore trouvées.) Marcel Aymé, c'est ce type renfermé et triste comme une porte de prison, qui creva de faim jusqu'au jour où il écrivit La jument verte qui fit scandale parce qu'elle était verte, justement, donc pour la mauvaise raison, et l'on s'avisa soudain que c'était un superbe écrivain.Traversée de Paris, c'est lui.Le passe-muraille, c'est lui.Et La table aux crevés?Le moulin de la sourdine?Travelingue?Le chemin des écoliers?Tout cela n'est pas dans ce volume de Biblos, certes, mais il y a cinquante fois de quoi lire, et sourire.Celui qui inventa l'expression «le confort intellectuel» ne peut pas être accusé ici de le pratiquer: nous sommes continuellement sur la crête de la provocation la plus drôle.Neuf cents pages de Marcel Aymé, pour faire bonne mesure.N'oubliez pas d'arrêter de lire, de temps en temps, pour déguster avant le prochain service.LA STORIA et ARACOELI, Eisa Morante, 1 257 pages.NEICE OE PRINTEMPS.CHEVAUX ECHAPPES, LE TEMPS OE L'AUBE et L'ANGE EN DECOMPOSITION, Yukio Mishima, 1 536 pages.Marcel Aymé, 50 nouvelles, 920 pages.Collection BIBLOS, éditions Gallimard, Paris, 1989. AU PLAISIR DE LIRE LA PRESSE, MONTREAL.SAMED113 MAI 1989 Le poète et les animaux JACQUES FOLCH MISAS collaboration spinale J# ai un ami qui vient d'attraper deux chats.C'est com-, me on attrape une / maladie.Avec sa \\ jeune femme, ils sont ailes a la Société protectrice des animaux, les deux chatons étaient là.abandonne*.Gris tous deux, minuscules.Bouleversement de la maison.Il n'y en a que pour eux.Et lui.le poète, me dit : «C'est cet abandon qui me touche.Ils nous sont livres.» Eh oui.C'est toute la question des rapports entre les animaux et les hommes.On dit: mon coeur Tond.Littéralement.Qui ne voudrait que son coeur fondit, pour une femme, pour un homme, ou pour eux, les obscurs abandonnés au bon plaisir de cet animal puissant, pesant, qui se sait intelligent et le maître du monde?Alors, lisez le dernier roman de Christine de Rivoyre, comme vous avez lu les petits chefs-d'oeuvre qu'elle nous a donnés, et qui ont nom Les Sultans, le Petit mutin.Belle alliance, la Mandarine (ah, le film, avec Annie Cirar-dot!) et La Reine Mûre.Lisez son dernier roman, intitulé Crépuscule, taille unique.C'est plein d'animaux, ça grouille d'abandon, et les femmes et les hommes ne sont pas mal non plus, pour une fois.Car ils ont été touchés par la grâce.Celle de la vie animale.\u2022 ¦ « D'abord, le titre, si beau.C'est l'âge du vieillissement, celui d'une femme qui vit dans la forêt landaise, tout près des Pyrénées, à deux pas de l'Espagne, au milieu des pins, dans un minuscule village où l'on vieillit au rythme d'une nature faramineuse, parce qu'oubliée.Cette femme s'appelle Nora.Elle est en amour, depuis toujours, depuis son père, depuis l'enfance.En amour avec les chevaux.Rose, la jument.Buveur d'Air, le cheval arabe aux longues pattes fines.En amour avec les chiens, aussi, elle en a trois pour le moment, dont un, aveugle.Elle a essayé aussi, avec un homme, plus jeune qu'elle.Daniel le dentiste.La passion n'est plus ce qu'elle fut, les amours humaines vont et viennent, hélas, au contraire de celles des animaux qui sont comme la mer étale, ne se terminent jamais, qu'au coucher du soleil, si loin.L'histoire commence par l'atrocité absolue.Buveur d'Air, oui, c'est lui.C'est la fin, il est malade, le matin même il gambadait comme depuis trente et un ans (un cheval peut en vivre quarante) et soudain, saisi par la maladie, il souffre, et meurt, les quatre sabots en l'air, dans les bras de Nora \u2014 il n'y a pas d'autres mots.Ne pas se laisser rebuter par la douleur de ce début, ni la tendresse, ni l'horreur.Il n'y a pas d'horreur.La vie, c'est cela : la vie c'est la mort, et la nature se regarde en face, ou alors vous vivez imbécile.La suite de l'histoire, c'est merveilleux.Car ceux qui restent vivants, encore un peu de temps monsieur le bourreau, sont des fPour/û fête des merest > -Les librairies- Flammarion Scorpion 4380 St-DenLs 284-368$ Galeries d Anjou 351-8763 Carrefour Angrignon 365-4432 Galeries de Terrebonne 492*5688 Centre Laval 688-5422 Mail Cliamplain 465-2242 Place Montréal Trust (Niveau l) 499-9675 Christine de Rivoyre, auteur de Crépuscule, taille unique êtres de chair et d'àme, et Christine de Rivoyre te va vous les présenter avec une jubilation et un faste de grande, grande romancière.S'il faut des étiquettes, pour aider, je dirai que c'est la Colette d'aujourd'hui.Ses chiens, ses chats et ses chevaux n'iront pas me contredire.\u2022 ¦ » le trouve infect, et infernal, de vous raconter la suite, le village, l'ancien coiffeur du village, Caby, devenu vieux, gras, et pauvre, lui qui était si jeune, et beau, et fortuné.Et l'enterrement de Buveur d'Air?(On n'enterre pas les chevaux, apprenez-le).Et ce qu'il adviendra de tout ce monde?Allons, voyons, je ne peux pas.il faut que vous découvriez ça au fur et à mesure, dans ce roman où parlent, tour à tour, Nora la femme et Gaby l'homme (homme étrange, plus femme qu'homme, vous verrez bien ).Mais quelle manière! C'est-à-dire quel style! Une langue dans laquelle s'encastrent avec bonheur les mots de paysan, les mots des Landes et de la forêt où l'on ramasse la gemme, la résine, les mots du Midi de l'Ouest, les mots de l'amour de la nature.C'est un poème, ce style, c'est une langue juteuse qui porte en elle toutes les qualités de la nostalgie, du regret des bonnes choses, et de l'enfance heureuse, et du crépuscule qui s'en vient.C'est beau comme deux chatons gris sur les genoux d'un poète._ CREPUSCULE, TAILLE UNIOUE, par Christine de Rivoyre, roman.303 pages.Editions Grasset, Paris.1989.Miasmes du désir solitaire JEAN BASILE collaboration spéciale ¦ lean-Yves Soucy est entré depuis quelque temps dans le monde du fantasme erotique.Amen ne contredit pas cette assertion.H s'agit d'un très court texte.L'auteur y explore, avec une puissante rentrée, le monde de l'immobilité et du désir.C'est l'histoire d'un paralysé qui se fait séduire par une infirmière et redécouvre ainsi dans son monde de solitude et d'enfermement un nouvel être.Tout autour de lui, il y a l'hôpital avec ses rituels et ses personnages.Le héros de Jean-Yves Soucy commence par explorer son corps et son esprit.Sa sensibilité extrême, renforcée par la solitude de son corps paralysé, lui fait voir le monde à sa façon.Ce monde est loin d'être beau.Il vit, somme toute, une vie rêvée avec ses illusions magnifiques mais aussi ses miasmes.Puis vient la femme inattendue.Et c'est un autre monde qui commence.Mais ces deux univers entrent en conflit.Comment les harmoniser?Il s'agit, bien entendu, d'une métaphore.Le paralysé, c'est l'homme avant la révélation du désir par la femme active.C'est aussi l'écrivain si l'on veut, car lean-Yves Soucy veut décrire dans Amen le processus de la création littéraire qui est tout en même temps un enfermement sur soi-même et une volonté de projeter son monde intérieur vers les autres.Le style de ce texte est serré et lean-Yves Soucy ne se paie pas de les herbes rouges .m - t \"m.Jean-Yves Soucy AMEN ,MDUV mots dans des descriptions qui se veulent passionnées mais froides.Il vogue dans le désir, oui.mais aussi dans tous les excréments que le corps humain éjecte dans une dialyse sans fin.«Depuis que je me déleste sur le papier des monstres et des anges que j'engendre, mon ordinaire s'améliore.», affirme le narrateur du récit.Soit, il s'améliore, cet ordinaire.Mais jusqu'où?«On me déconnectera bien un jour.», précise le narrateur qui n'est pas sans pessimisme.Il y a deux sortes de littératures: celle qui édifie les charmes de la vie humaine, et celle qui en exprime les scories en vue de la perfection de l'être.Amen fait partie de cette dernière.AMEN, par Jean-Yves Soucy.nouvelle, 64 pages, Les Herbes rouges.DE RETOUR ACHAT ET VENTE dise DIGITAL AUDIO LIVRES, CASSETTES, DISQUES, D'OCCASION 5864 St Déni*.387Ste Anne, Montréal St Jérôme 8499014 4Jl-885 eues t*»1*?3694 1 quaWe .y 6389' Sensualité, poésie, sarcasme, humour: Un irai' bonheur de leetùreî Le bal du (lo> mphouiv fanta»tMill* THE LONDON CLASSICAL PLAYERS ROGER noriui\\(;ton HH La Fantastique de M.Norrington: un échec CLAUDS CINCRAS Le retour aux instruments dits «originaux» gagne du terrain.Le mouvement se limita d'abord à Bach, s'étendit ensuite à Haydn et Mozart, plus récemment à Beethoven.C'est maintenant au tour de la musique de Berlioz d'être examinée par les archéolo-musi-cologues.Plus précisément, son oeuvre la plus célèbre, la Symphonie fantastique.La date de création.1830.en fait donc, sauf erreur, l'oeuvre la plus proche de nous, dans le temps, à être ainsi repensée en termes d'« instruments d'époque».Et l'initiative de cette Fantastique « musicologique» est celle de Roger Norrington et son orchestre, les London Classical Players, déjà connus par leurs enregistrements des Symphonies de Beethoven «on period instruments».M.Norrington dispose ses deux groupes de violons comme au XIXe siècle : les premiers à sa gauche, les seconds à sa droite.Il a abaissé le diapason à 435 périodes, ce qu'il était à Paris en 1830.(En passant, les dictionnaires musicaux donnent bien «périodes» et non «vibrations», comme on le lit dans les notes accompagnant le disque.) M.Norrington suit scrupuleusement les indications métronomiques de Berlioz pour chaque mouvement et chaque section de mouvement.Il fait jouer ses instrumentistes avec un minimum de vibrato, comme le veut la tradition de l'époque.Il a retrouvé ce qu'il croit être l'instrumentation originale: quatre petites harpes (au lieu des deux grandes harpes employées de nos jours), deux ophicléides (au lieu de deux tubas), deux cornets, etc.Et, bien sûr, il fait les deux reprises, au premier et au quatrième mouvements.Toutes ces modifications nous valent une image sonore de la Symphonie fantastique assez différente de ce à quoi nous ont habitués les interprétations modernes.Dans le détail, il est difficile de parler de réelle nouveauté de couleur, sauf dans le cas des ophi- cléides, et encore.Mais la sonorité orchestrale est certes plus dépouillée, plus fine, plus claire (en fait, on entend plus de notes).Dans ses commentaires, M.Norrington dit avoir retrouvé le «classicisme» de Berlioz.Peut-être.Mais, en même temps, toute la fièvre romantique qui caractérise la Fantastique a disparu.Il y a bien quelques idées ici et là, une grosse caisse qui tonne, mais rien de sérieux.Cette Fantastique est sans caractère.Elle est même assez ennuyeuse.L'exécution elle-même n'est d'ailleurs pas irréprochable: on note des attaques approximatives et la clarinette est remarquablement fausse.Quant à la prise de son, elle est inégale: bonne dans l'ensemble, mais métallique dans les fortissimos.M.Norrington n'a d'ailleurs pas suivi Berlioz à la lettre.La partition prescrit, chez les cordes, «au moins» 60 instruments, dont 30 violons.L'enregistrement a été effectué avec 47 cordes, dont'24 violons.Treize cordes en moins.Mais ce n'est pas là ce qui manque le plus à cette Fantastique de nom seulement.Qu'est-ce qu'un «ophiceide» ?.Un commentateur radiophoni-que, présenté comme un «berlio-zien », commentait cet enregistrement samedi dernier, à l'émission Chronique du disque.Notre «expert» a parlé plusieurs fois, et avec le plus grand sérieux, d'«ophiceide» (comme on dit «officine»).De plus, il a pris à partie «le bonhomme» (c'est son expression ) qui commentait le disque dans le magazine britannique Gramophone et l'a tourné en ridicule pour «s'être plaint de ne pas entendre les trombones».l'ai retrouvé l'article en question : page 1574 du numéro d'avril, signé |ohn Warrack.A aucun endroit il n'est question de trombones inaudibles.Bien au contraire: «Trombones make a staggering effect », écrit M.Warrack.Ou notre «berliozien» ne lit pas l'anglais, ou il ment.Chose certaine, il est le seul à connaître l'« ophiceide»! BERLIOZ: Symphonie fantastique, op.14 (1830).London Classical Players.Dir.: Roger Norrington I EMI, compact seulement.CDC 7 495412).NOUVELLES DU DISQUE L'OSM ET I MUSICI : D'AUTRES ENREGISTREMENTS ¦ L'Orchestre Symphonique de Montréal et 1 Musici de Montréal s'apprêtent à réaliser d'autres enregistrements, pour leurs maisons respectives, Decca-London et Chandos, toutes deux d'Angleterre.De nouveau, ces enregistrements se feront à l'église de Saint-Eustachc ( pour l'OSM ) et à l'église de La Prairie ( pour I Musici ).Ces jours-ci, Charles Dutoit et l'OSM enregistrent la Symphonie en ré mineur de Franck, La Mer et Jeux, de Debussy, les Enigma Variations, de Elgar, et les deux Concertos pour piano de Chopin avec (orge Bolet.Le mois prochain, Yuli Turovs-ky et son orchestre de chambre signeront deux nouveaux disques: l'un consacré à Britten, l'autre à de la musique juive.De Britten: Variations on a Theme of Frank Bridge, Simple Symphony, Lacrymac ( avec l'altiste Rivka Golani) et Young Apollo, pour piano et cordes.L'autre disque comprendra des oeuvres de Chos-takovitch, Prokofiev et Bloch.LES DEUX-COSI» DE SCHWARZKOPF ¦ EMI-Angel sort en compact, et en même temps, les deux enregistrements commerciaux du soprano Elisabeth Schwarzkopf du Cosi fan tutte de Mozart : sa version mono de 1954, avec Leopold Simoneau, dir.Karajan, et sa version stéréo de 1962, avec Alfredo Kraus, dir.Karl Bôhm.LE VIOLONCELLE DE BOCCHERINI ¦ Si l'on en croit une récente parution de la marque EBS, il existe douze Concertos pour violoncelle de Bocchcrini.On n'en joue habituellement qu'un, en si bémol, à l'occasion un deuxième, en ré majeur.L'intégrale EBS ( trois disques compacts) a pour soliste Julius Berger, avec l'Orchestre de chambre Ouest-allemand, dir.Vladislav Czarnecki.On précise que le soliste joue sur un violoncelle Stradivarius de 1709 ayant appartenu à Boccherini.TOSCANINI EN RÉPÉTITION ¦ Les opéras en version concert de Toscanini et l'Orchestre de la NBC, diffusés à la radio dans les années 40 et 50 et ensuite reportés sur disques par RCA, font désormais partie du patrimoine discographique.Actuellement absents des catalogues, ils seront sans doute reportés en compact.Pour l'instant, le compact offre une documentation additionnelle sur ces fameux concerts de Toscanini : Music and Arts Programs of America a entrepris la publication, en disques au laser, des répétitions qui précédèrent ces concerts, et qui avaient donc été enregistrées, comme ceux-ci.Deux titres ont paru à ce jour \u2014 deux Verdi : La Traviata, avec Licia Al-banese, |an Pcerce et Robert Merrill (de 1946), et Falstaff, avec Giuseppe Valdengo, Herva Nclli, Teresa Stich-Randall et Nan Mer-riman (de 1950). LA PRESSE, MONTREAL, SAMEDI 13 MAI 1989 K 5 BANDES DESSINEES CYNDI Cvndi brûle de passion .mais sans étincelles SUITE DE LA PACE K1 tacles ne se vendaient pas.On avait prévu une rentrée spectaculaire en 1988 : Lauper, ferait ses débuts au cinéma dans Vibes et en interpréterait la chanson-thème.Un échec lamentable.La confiance de Cyndi Lauper en a pris un coup.Sur la pochette de A Night To Remember, elle remercie Walter Yetnikoff.président de la compagnie de disques CBS, pour son appui, et Frankie Previte « qui m'a aidée à reprendre confiance en moi ».Les collaborateurs Sur la pochette de A Night To Remember, une Cyndi Lauper au costume flyé manipule un vieux micro, référence évidente à cette affinité qu'elle a pour les tics vocaux empruntés au rock des années 50./ Drove All Night, la plus efficace des pièces rythmées du nouveau disque, en est une autre preuve.Pour ce troisième microsillon, Lauper s'est entourée de collaborateurs familiers (le réalisateur Lennie Petze qui était de ses deux premiers disques, Rick Derringer.Jeff Bova, Jimmy Bralower et Angela Gemmons ) ainsi que de musiciens renommés (Eric Clapton, le bassiste Bootsy Collins, le batteur Steve Ferrone).Elle a surtout décidé de pousser plus loin la démarche de démaquillage entreprise en 1986 en confiant la majorité des chansons du nouvel album aux auteurs-compositeurs de la chanson-tournant True Colors, Billy Steinberg et Tom Kelly.Voilà qui explique sans doute pourquoi, d'une chanson à l'autre, on a parfois une impression de redite, sinon dans les idées musicales, tout au moins au niveau des textes : tu me quittes, je te laisse, je souffre, je t'aime, prends moi comme je suis.Il y a surtout qu'on ne sent plus ta folie de l'artiste, cette étincelle qui viendrait nous prendre par surprise, nous charmer.Si Cyndi Lauper a toujours un look flyé, son propos semble avoir pris un sérieux coup de vieux.La seule chanson vraiment fantaisiste de l'album.Like a Cat, un manifeste d'affirmation, est aussi l'une des moins réussies.De nettement mieux, il y a cette toute petite chanson qui ouvre et ferme le disque, Kindred Spirit, dans la- quelle une Lauper-à-la-voix-de-bebé tend la main bien humblement sur un air vaguement country.L'effet de vieux 78-tours usé n'est pas neuf, mais il a le mérite d'être amusant.Pour le reste, les élucubrations vocales de la madame et son accent caricatural sont à toutes fins utiles disparus.Sa voix se fait généralement plus douce, plus disciplinée aussi comme si elle voulait se ménager pour les moments plus dramatiques de ses ballades.Des ballades réussies Il y a sur ce disque des chansons qui aspirent à reprendre là où avaient laissé Time After Time, All Through the Night et True Colors, des ballades qui constituent sûrement le point fort de l'album.D'abord / Don't Want To Be Your Friend, réalisée par le vieux routier Phil Ramone, dans laquelle Lauper est touchante de vulnérabilité.L'accordéon de Rocking Dopsie renvoie aux Hooters, ses accompagnateurs sur She's So Unusual.Unconditional Love, une composition calquée sur les ballades soul des années bO, nous rappelle que Lauper a le don de la passion, qu'elle peut faire lever une chanson banale en y mettant toute son intensité.Mais il arrive que les ballades sentent la recette comme My First Night Without You, une pièce un tantinet rétro dans laquelle la chanteuse passe en un rien de temps du soupir au cri du coeur.Ça pourrait être poignant si ça n'était pas si mélo.Heading West, elle, pèche par sa prévisibi-litc.Il n'y a malheureusement rien là-dedans qui arrive à la cheville de Girls lust Want To Have Fun ou de la délicieuse She Bop.Primitive, avec son beat dansant emprunté à Billy Jean de Michael lackson, sonne le réchauffé malgré un solo de sax gras à souhait, des claviers-percolateur décoratifs et l'amusante contribution vocale de Larry Blackmon de Cameo.Et le solo de Clapton n'arrive pas à sauver Insecurious d'une facilité qu'on avait devinée à son titre.Sur la pochette, Lauper a un bon mot pour tous les collaborateurs « qui m'ont aidée à faire mon meilleur album ».Faut croire que ses aspirations actuelles ne sont pas à la hauteur des attentes qu'elle a déjà suscitées.A NICHT TO REMEMBER, Cyndi Lauper.Epic C33, OE 44313 + cadette at disque compact.'fi* I L'étudiant et ta danseuse nue Quinquim-la-flotte et Mélody proposent deux nouveaux héros québécois JOCELYNE LEPAGE La bande dessinée québécoise a de qui tenir : la société qui l'inspire.Un sujet qui semble surtout se prêter à un humour absurde et morbide et qui manque désespérément de héros attachants ci positifs.Le personnage à ce jour le plus achevé et le mieux réussi de notre B.D.est Red Ketchup, agent secret américain aux yeux rouges, machine à tuer increvable, symbole de notre tout-puissant et invincible voisin.Le Cinquième Festival international de la bande dessinée, s'il n'a pas eu le succès populaire dont rêvaient les organisateurs, aura au moins permis de faire sortir des « closets » deux nouveaux héros qui pourraient, s'ils arrivent à durer, ouvrir une nouvelle voie à la B.D.made in Québec.Il s'agit de Quinquim-la-flotte et de Mélody.Tintin revu et corrigé Quinquim-la-flotte est.comme son auteur Luis Neves, un étudiant canadien d'origine portugaise.Dans sa première aventure, A la recherche de Tintin, Quin-quim (contraction de loaquim, comme Tintin pourrait être une contraction de Martin) installé temporairement à Paris, règle le compte du père de la B.D.et des valeurs naïves qu'il représente, avec une lucidité politique, sociale et psychologique exemplaire.En compagnie de son ami Garcia, autre étudiant immigré, qui tient un peu du Capitaine Haddock par son goût pour le whisky et ses élans intempestifs, Quin-quim part à la recherche de Tintin.Le vieil héros, en proie à une dépression, s'est enfui en Sylda-vie après la mort de Hergé, abandonnant à Moulinsart un Milou fou de douleur.La construction du récit et le dessin, en noir et blanc, suivent les règles claires de l'art de Hergé.Mais le monde dans lequel nos deux héros évoluent, monde sorti tout droit des albums de Tintin, obéit cette fois au code de la triste réalité et non plus à celui des contes de fées.L'effet est foudroyant.Non seulement Luis Neves détruit-il le mythe du héros de son enfance, sans méchanceté et sans dérision, mais encore donne-t-il l'impression de régler en même temps le compte de ceux qui font l'autruche en s'enfonçant la téte dans le merveilleux monde de la B.D.Luis Neves.qui a fait ses beaux-arts à l'UQAM, est actuellement au Portugal où il termine une thèse en histoire de l'art.Il parait qu'il a plusieurs scénarios en marche dont l'un nous permettra de retrouver Quinquim dans le monde de Picasso.Si les connaissances de Luis Neves sont perceptibles dans la qualité de son dessin et dans la présence de certains détails \u2014 comme l'affiche de Borduas dans la chambre de Quinquim à Paris, où le Andy Warhol (que connaissait Hergé) qui orne les murs du château de Moulinsart \u2014 sa bande mm NE L'OUBLIEZ PAS, DEMAIN, LE 14 MAI dessinée n'a rien de compliqué et n'est pas destinée aux initiés.C'est un vrai suspense qui nous tient en haleine et qui se lit aussi aisément qu'un Tintin.Mélody, danseuse nue Le cas de Mélody est bien différent, mais là aussi c'est la realité qui prend le dessus sur la fiction.Mélody, danseuse nue, est, dans sa version originale française, l'autobiographie de Sylvie Ran-court, vraie danseuse fort peu erudite, racontée et dessinée par elle-même.Au début, la jeune danseuse vendait ses petits « comics » dans les bars où elle évoluait.La naïveté et l'infantilisme du dessin tranchent tellement avec la salacité de l'histoire racontée que Mélody, version originale, est plus une curiosité pour collectionneurs et voyeurs qu'une vraie B.D.Mais l'authenticité du pro- pos, la fraîcheur du personnage principal, son imagination, et surtout son caractère positif \u2014 jamais la danseuse qui traverse toutes sortes d'épreuves ne se dévalorise \u2014 ont fait de Mélody une véritable héroïne à laquelle les Américains se sont intéressés.Si bien que Mélody a aujourd'hui perdu son accent aigu, changé de dessinateur (Jacques Boivin.un pro qui travaille pour les « comics » américains a pris la relève) et se retrouve aujourd'hui dans une série publiée par Kitchen Sink Press Inc., tirée et vendue d'avance à plus de 10 000 exemplaires jusqu'en Angleterre où elle a des fans.Kitchen Sink Press n'est pas Marvel, bien sûr,.mais il y a actuellement aux États-Unis plusieurs petites maisons d'édition sorties de V underground qui commencent à envahir le marché.Quelques Québécois dont Jacques Boivin, Gabriel Morisset-te, Pierre « Red Ketchup » Four-nier travaillent pour ces petites compagnies.Ce que certains espèrent pour Mélody, c'est que les Français la découvrent aux États et nous la retournent, comme ils ont fait avec d'autres auteurs de ces petites maisons, en bel album colorée et cartonnée.Les lecteurs intéressés par Quinquim-la-flotte et Mélody auront peut-être du mal à trouver les albums chez leur libraire préféré.Mais on peut se procurer Quinquim, éditions du Phylactère, au Marché du livre, rue Berri.près du terminus Voyageur.Dans un mois ou deux, la même maison d'édition publiera dans un seul volume l'ensemble des « comics » de Sylvie Rancourt, version originale.Pour la version anglaise, il faut écrire à Kitchen Sink Press.No.2 Swamp Rd., Princeton.Wl 54968, États-Unis.mm NE L'OUBLIEZ PAS.DEMAIN, LE 14 MAI EXPOSITION «École de Paris» Peintures et gravures Du 16 mai au 28 mai CtJerie 1504, RUE SHERBROOKE OUEST MONTRÉAL(QUEBEC) HJGIL3 (yitAdj, T«l:(5H)933-9877 NORMAND LALIBERTE Oeuvres récentes Jusqu'au 20 moM9g9^ WADDINGTON & GORGE INC.1504, rue Sherbrooke Ouest 934-0413 933-3653 CLASSES DE DESSIN ET DE PEINTURE Base, intermédiaire et avancé 3623, St-Denis, Montréal (métro Sherbrooke) Pormi5 culturol 843-6830 no 749502 ^Services J*art \u2022 Distributeur de livres d'art Plus de 300 titres disponibles pour: \u2022 REVENDEURS \u2022 GALERIES \u2022 MUSÉES \u2022 COLLECTIONNEURS 430.RUE BONSECOl'RS VIEUX-MONTRÉAL \u2022 875-8281 Ouvert du mer.au dim.de 11 h a 18 h.NOUVELLES ACQUISITIONS \u2022 Léo Ayotte \u2022 Léon Bellefleur \u2022 Berthe Des Cloyes \u2022 Marc-Aurèle Fortin \u2022 Jean-Paul Lemieux \u2022 Henri Masson \u2022 Robert Pilot 430.RUE BONSECOURS VIEUX-MONTRÉAL \u2022 875-8281 , OUVERT OU MERC.All DIM.DE 11 H A 18 H ACHETONS TA81EAUX COMPTANT.nucrin-anoaos ART CONTEMPORA N SERGE LEMONDE VERNISSAGE LES SAMEDI ET DIMANCHE 13 et 14 mai 1989 de 13h30 à 17h EXPOSITION DU 13 MAI AU 8 JUIN 1989 197, chemin du lac d'Argent, Eastman (Québec) jOK 1PO Tél.: (514) 297-4646 pour rendez-vous «The Queen Charlotte Islands » Jusqu'au 3 juin Exposition inaugurale dans nos salies réaménagées GALERIE DOMINION 1438.rue Sherbrooke ouest Mardi au vendredi dè 9 h à 17 h 30 845-7833 \u2014 845-7471 Samedi de 9 h à 17 h Ce faUcott dlaa£A^, St-Irénée, Charlevoix 3o\" x 18\" Vous êtes cordialement invités au vernissage des oeuvres récentes et lancement du livre de r\u20ac(aude SBangevin le 14 mai, de 13 heures à 17 heures.L'exposition se terminera le 23 mai 1989.Un vin sera fourni par Schug Cellars St.Helena.California 650.rue Noire-Dame.Saint-Lambcn (Québec) J4P 2LI \u2022 466-8920 EXPOSITION CLAUDE LE SAUTEUR DU 21 MAI AU 11 JUIN GALERIE D'ART Y VON DESGAGNES 1, rue Forget, Baie Saint-Paul Charlevoix, Québec G0A 1B0 (418) 435-3429 4 ?> FRAIS SORTIS DU M
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.