La presse, 29 avril 1989, K. Arts et spectacles
[" Arts et spectacles LA PRESSE.MONTREAL, SAMEDI 29 AVRIL 1989 I mm ¦ Jean-Alain Tremblay, lauréat du prix Robert-Cliche L'héroïsme dans une ville de compagnie REGINALD envoyé special La Presse d QUEBEC amm n ce pays, dans la nuit du 10 au mm 11 août, des étoiles filent dans le ciel.Parce qu'elles semblent venues de la constellation de Persée, on les appelle les perséides.Ayant retenu cela de ses années d'écolier, le lauréat du prix Robert-Cliche avait trouvé son titre, la Nuit des perséides11 \\ et en même temps la date de naissance de son héroïne.M.Jean-Alain Tremblay est un grand garçon qui se dit peu bavard en temps normal.Qu'à cela ne tienne, il commence sa vie publique d'écrivain et la parole lui vient avec une simplicité et un naturel qu'on n'entend pas souvent coin Chômer et Saint-Hubert.Son héroïne, Laura Simard, n'a pas de chance.Elle vit au début de ce siècle à Saint-Etienne dans le Saguenay-Lac Saint-Jean.Une ville de compagnie, «un monde dur, un prolétariat sans organisation, sans structure face au grand capital, qui contrôlait jusqu'à la vie privée des gens, qui avait presque sur eux un droit de vie ou de mort.«Même l'église, poursuit M.Tremblay, appartenait à Price Brothers.La dime et la capitalisation étaient déduites des chèques de paie des ouvriers.C'est dire que le curé lui-même était au service de la compagnie.» Le nouvel écrivain ne prétend pas avoir écrit un roman historique.Pas au sens strict en tout cas.La fiction a sa large place, qui peut être aussi éloquente que l'histoire, « l'ai voulu être très fidèle à la réalité socio-économique de 1990, mais ce que j'ai aimé écrire surtout, c'est ce qui me venait par suprise plutôt que par la connaissance.» Saint-Etienne: deux mondes multipliés.Celui des ouvriers et celui des patrons; de la majorité francophone et de la minorité anglophones; des catholiques et des protestants.Même la géographie s'en mêle, puisque le capitalisme ne permet pas qu'on mélange les torchons et les serviettes.Ouvriers dans leur coin, patrons dans le leur.L'église?Construite du côté des riches.La parole de l'Église?Devinez.Une fille, un garçon.Une histoire qui se résume en quelques lignes: «C'est dans ce village que Laura Simard, fille d'ouvrier, et Brian Campbell, fils d'un dirigeant de la Price, entameront un dialogue à la fois fragile et tumultueux avant de se heurter aux limites de leur monde respectif et de déclencher une lutte de pouvoir qui, dans une implacable escalade, mènera au drame.» Ça semble facile, «mais il y a des contraintes», m'assure M.Tremblay.C'est vrai : dans un univers aussi dense et fermé, il y a peu de place pour l'imagination; de plus, il y a peu de rapports entre les deux communautés, sinon de domination, ce que l'essai peut décrire de façon plus directe.Vocation tardive M.Tremblay aurait pu attendre presque le bout de son âge, comme Philippe Aubert de Gaspé, pour raconter à sa manière, comme il est permis, l'histoire de Blanche d'Habervil-le et du bel officier écossais.Dès le cours secondaire, un professeur l'avait encouragé à écrire.Trop tôt.Mais il a gardé le conseil en tète et à 35 ans il s'est dit : «C'est le temps! Et comme j'apprenais alors l'histoire de Saint-Étienne, ça s'est enchaîné tout seul.» Le temps étant venu, le travail ne fut pas trop difficile.Cinq mois pour le premier jet, deux pour le second.Travail très intensif et discipline rigoureuse.Synopsis très précis, sept chapitres divisés en sections déterminées à l'avance.Résistance aux grandes digressions et refus de laisser les personnages se tailler une place plus grande que prévue.Un bourreau, ce M.Tremblay?Faudrait voir cela de plus près.Autant il semble austère quand il s'agit d'écrire, autant il prend la vie du bon côté dans ses temps de loisirs, qu'il consacre à sa fille de trois ans et au petit dernier qui a quelques mois.Pour le reste, «j'aime ne rien faire, regarder pousser le gazon».Et lire: histoire contemporaine; vieux journaux, vieux papiers, vieilles photos: «Les documents de la Société historique du Saguenay sont extrêmement riches.» Le prix Robert-Cliche, c'est une bonne ou une mauvaise chose, selon que le roman est bon ou non.D'après Mme Madeleine Ferron, la Nuit des perséides, c'est bon.Le manuscrit en tout cas n'a pas déplu à l'éditeur du Saguenay-Lac Saint-Jean, lean-Claude Larouche, qui pourtant l'a refusé.Peut-être croyait-il qu'il ferait meilleure carrière hors de la région, dit le romancier, sans une once de rancune.Il a été refusé par Guérin littérature, «parce qu'il ne correspondait pas à la politique éditoriale».11 a été accepté par Québec/Amérique qui envisageait une sortie à l'automne.M.Tremblay a finalement choisi le concours du prix Robert-Cliche.Pour la suite Encouragé par son succès, le lauréat, qui est directeur au Bureau du développement de l'emploi du ministère de l'Emploi et de l'Immigration du Canada à Chicoutimi.entend bien continuer.«Je cherche la continuité et la progression de cette histoire.De l'organisation zéro de la classe ouvrière à Saint-Étienne.je veux aller 15 ans plus tard à Chicoutimi, qui a été un des berceaux du syndicalisme PHOTO JEAN GOUPIL, La Press* au Québec.Il y a eu là comme ailleurs la lutte entre les syndicats américains, non confessionnels, et les syndicats catholiques.« Dans cette suite, certains personnages secondaires de mon premier roman pourraient devenir protagonistes.Déjà, dans le dernier chapitre de la Nuit., il y a une mise en scène du deuxième roman.» De même que Ringuet a voulu décrire la fin d'une époque, M.Tremblay veut décrire le commencement d'une autre, je lui parle de Félix-Antoine Savard, un auteur de la province de Charlevoix.Oui, il a aimé l'homme, «mais je détestais dans l'oeuvre ce renfermement sur nous-mêmes».Pour ce nouveau romancier, je cherche un maître en écriture.Je suggère (acques Ferron, je n'aurai qu'une profession d'humilité: «Quel style ?Ça semble flotter au-dessus du papier.Moi, j'ai un style minimal, tout juste ce qu'il faut pour faire remonter le fond.» ( 1 ) Collection Beaux Romans.Les Quinze, éditeur.Montreal 1989.Pia: ultime tour de piste RTEL LW association de Pascal Pia et de M.Roger Grenier n'étonne pas.Ils ont partagé une passion totale pour la littérature, celle des autres bien plus que la leur.Pia est disparu depuis dix ans.On l'oublierait déjà, car l'oeuvre est mince, quand M.Grenier fait paraître un curieux petit livre, Pascal Pia ou Le droit au néant.Ce droit ne lui sera pas entièrement reconnu, même par celui qui fut son ami.SUITE A LA PACE K 2 Écrit par Georges Dor, un «gros livre» où le coeur penche du côté des Moineau JEAN BASILE collaboration spéciale einquante-huit ans.l'oeil bleu perçant, la Manie, Moineau et Pinson, et une nouvelle parution.C'est Georges Dor.Il vient de publier Je vous salue, Marcel-Marie1, son premier «gros» livre.U s'agit d'un Moineau, naturellement.Mais pourquoi ce virage du côté du roman?«je commence à avoir beaucoup de souvenirs, j'avais envie de les raconter.De plus, je voulais rendre hommage au petit pays où je suis né, Saint-Germain-de-Grantham.C'est de là aussi que vient la famille Moineau.Soit, ce n'est pas un endroit extraordinaire.On peut même dire que c'est un pays sans éclat, neutre.Mais c'est celui de ma jeunesse.Ca l'illumine.» \u2014 Est-ce un roman autobiographique?' \u2014 Non, même si on y trouvera beaucoup de nies points de vue personnels.Je ne parle ni de télévision, ni de chanson.Le héros de ce livre s'appelle Marcel-Marie.Il est gentil, sans ambition particulière, ce n'est certainement pas une vedette.Dernier né de onze enfants, il quitte la terre et vient à Montréal où il s'installe, se marie, fait du taxi et devient père de famille.«De fait, précise Georges Dor, il s'agit moins d'un roman que d'une chronique qui s'étale de 1930 à nos jours.Si la vie de mon héros n'est pas en soi extraordinaire, la période où il a vécu l'est.Marcel-Marie a vu la guerre, le duplessisme, la Révolution tranquille, le PQ, etc.Il le voit à sa façon, sans drame mais avec beaucoup de sensibilité et d'émotion, du moins je l'espère.» Bien entendu, Marcel-Marie fait partie de la famille des Moineau, rendue célèbre par la télévision.Dans son livre, Georges Dor n'oublie pas les Pinson qui, à l'inverse des Moineau, sont urbains, à l'aise financièrement et «instruits», comme on disait autrefois.il SUITE A LA PACE K 2 Du bienfaisant an nuisible REGINALD MARTEL Rencontre québécoise Internationale des écrivains.Saion international du livra de Quebec, Semaine culturelle du 0 ue bec à Aix-en-Provence.La littérature a une vie secrète et aussi une vie publique, celle-là Imprévisible et réservée à la rencontre intime, celle-ci plus voyante et terrible dévoreuse de temps.Il est pour bientôt l'espère le retour à la lecture, cet abandon à l'inutile qui devient si nécessaire.Pour l'instant, j'ai des choses à vous raconter.Petites peut-être, peut-être pas.Vous jugerez.Saluons d'abord Les prix littéraires ont plu dru, récemment, et phi j'espère aux lauréats.Parmi eux : Yvan Tremblay, prix de poésie Oc-tave-Crémazié pour l'Espace heureux, paru aux Écrits des Forges à Trols-Rivleres; Normand de Beliefeuille.prix Adrienne-Choquette de la nouvelle pour Ce que disait Alice, éditions L'Instant même \u2014au premier regard, un retour au lisible ; Jean-Alain Tremblay, prix Robert-Cliche pour la Nuit des perséides, ce que tout le monde sait déjà, un roman dont Jean-Roch Boivin du Devoir a déjà dit beaucoup de bien; Evelyne Bernard, grand prix Logi-dlsque de la science-fiction et du fantastique pour son roman la Vaironne, tandis que Michel Martin, pour Geisha, reçoit l'équivalent côté nouvelles; Philippe Chauveau, prix Raymond-Beauchemin de la littérature enfantine pour Robots et Robots Inc.et Daniel Marchildon, prix Cécile Rouleau de littérature de jeunesse pour le Bien précieux de l'île Soleil.Les écrivains blasés, ou qui n'ont jamais reçu, ne savent pas à quel point un prix, même s'il n'a aucune incidence sur les droits d'auteur, ce qui est le cas de la plupart, constitue un réel encouragement pour les auteurs débutants.Sifflons ensuite Un encouragement en tout cas moins suspect que celui qu'ils pourraient recevoir d'une maison qui se nomme Les Éditions FMR Inc.et qui est dirigée par Marcel F.Raymond.FMR vient de faire paraître un petit ouvrage qui pourrait séduire les nouveaux auteurs.Je le dis tout de suite : fuyez) Ca s'appelle Questions et Réponses et la page couverture annonce le reste: «Pour l'auteur à la recherche d'un éditeur.Des conseils.Où, quand, comment faire publier votre premier livre.» Il s'agit, vous l'avez deviné, d'édition à compte d'auteur.Quelques grands écrivains sont passés par la, c'est vrai, puisqu'il y aura toujours des éditeurs qui, un jour ou deux dans leur existence, manqueront de flair.La dure réalité est plutôt celle-ci : l'édition à compte d'auteur, 99 fois sur 100, ne mène nulle part.Des auteurs dont les manuscrits ont été refusés par tous les éditeurs s'y résignent pourtant, assez réalistes j'espère pour croire comme M.Raymond que \u2022 les récompenses de l'édition a compte d'auteur ne se comptent pas en termes financiers », assez réalistes surtout pour ne pas croire qu'elles se mesurent \u2022 en termes de satisfaction personnelle, de prestige et de reconnaissance universelle ».pauvre gloire Les Éditions FMR vous promettent les conseils d'un éditeur expert.La belle affaire I Dans ce petit livre d'une cinquantaine de pages, les fautes ne se comptent pas : défrayer le coût; copies (au lieu d'exemplaires); mousser la publicité; prendre la chance de ; et ceci Inclus ( deux fois) ; se fier sur; le deuxième Item administratif; votre avlseur légal ; Chapi\\ tre 1; façons d'opérer notre mai-, son.Aucun éditeur compétent ne laisserait passer autant de fautes, surtout dans son propre texte.M.Raymond a l'honnêteté de dire au client éventuel ¦ qu'il peut ne recouvrer qu'une petite partie de son investissement initial ».Finissons-en: si aucun éditeur ne s'intéresse à votre manuscrit, oubliez la reconnaissance universelle et écoutez plutôt le conseil de Boileau.LE CAHIER Habitat DU SAMEDI -F- EUH 0 Rénovation Fi Laurier Cloutier POUR RESERVER VOTRE ESPACE PUBLICITAIRE 285-6874 K2 LA PRESSE.MONTREAL.SAMEDI 29 AVRIL 1969 LITTÉRATURE «Fi3 SiniSit le versant négatif de l'oeuvre de Camus» SUITE DE LA PACE K 1 Oui.curieux livre, parce que M.Grenier pour une fois lève un peu le voile de discrétion dont il s*est toujours enveloppé ; curieux aussi car le personnage de Pia.qui souhaitait que personne ne s'intéressât à lui après sa mort, n'y est pas totalement tiré de sa gangue de mystère.Ainsi l'amitié n'est-elle pas tout a fait trahie.Leur aventure commune fut celle de Combat, un des principaux journaux de la Résistance.« Plusieurs collaborateurs, me dit M.Grenier, furent tués ou déportés.Pas parce qu'ils étaient juifs, parce qu'ils étaient résistants.A la libération, on a voulu continuer.Pia et Camus, dégoûtés par Paris-Soir ( on disait Pourri-Soir) ont pris la relève.«Pia m'a embauché, moi jeune et inexpérimenté, parce que le journal était pauvre.J'y ai constaté une très grande exigence intellectuelle et morale.Des écrivains célèbres ont collaboré à Combat: Gide, Sartre, de Beauvoir et bien d'autres.« Pia était un bourreau de travail.H faisait tout.Trouvait les sujets, relisait tout, faisait les titres et la maquette.» Curieux job pour un homme qui aimait l'anonymat: «Un réflexe anarchiste.Il avait fréquenté les anarchistes dans les années 1920-1921.Tout jeu social le dégoûtait.Mais c'était un homme plein de contradictions, puisqu'il était heureux que Camus, et Malraux aussi, épousent un temps ses idées.» Pia a signé peu de livres.À la dernière minute, il empêche la publication d'un recueil de poèmes.Quand il signe deux livres dans la collection des Écrivains de toujours, au Seuil, il le regrette vivement.Comme critique littéraire, poursuit M.Grenier, il ne portait pas tellement de jugements.Il faisait plutôt de l'érudition littéraire.C'était un autodidacte, mais qui avait une fameuse digestion, et servi par « une mémoire monstrueuse».Fréquenter la légende Une légende vivante, Pascal Pia, ce qui fait un drôle de comparse pour un jeune journaliste.«Même très près de lui, jamais je ne perdais ça de vue.Mais je ne crois pas qu'il cultivait lui-même sa légende.D'ailleurs, on lui attribuait bien plus de choses qu'il n'en avait faites.H ne niait pas toujours.On a dit que le Silence de la mer, signé Vercors et publié pendant la guerre, c'était de lui.» \u2014 Vous l'aimiez ou vous l'admiriez?\u2014 Les deux, l'avais envers lui une dette énorme (comme envers Camus, d'ailleurs).Il me demandait quelque chose, je le faisais.le lui devais ça, tout simplement.«Et l'amitié de Pia et de Camus était admirable, exemplaire.Notre ambition à nous, les jeunes, était d'être admis dans cette amitié.Quand elle s'est effilochée, ce fut pour nous la catastrophe.Le monde s'écroulait.» Pia.agacé parce que Combat finit mal, part en vacances et ne revient pas.Il voulait qu'on sabordât le journal, Camus pensait aux artisans qu'il faudrait mettre au chômage.Camus dirige donc Combat tout seul et Pia est agacé qu'il se donne ainsi le rôle de sauveur.« Il y avait aussi autre chose, se rappelle M.Grenier.Pia aimait le versant négatif de l'oeuvre de Camus, celui de l'absurde.Mais pas la Peste de l'optimisme, de la morale civique.La réconciliation n'était plus possible.Leurs amis communs ont alors choisi leur camp.» Le faux, le clandestin «Pia avait un goût très vif pour le faux, le clandestin, la littérature erotique.Ça se faisait dans un monde assez restreint, qui a fonctionné jusqu'à la Deuxième Guerre mondiale.Difficile, parmi ces clandestins, de savoir qui avait écrit quoi.» Un goût aussi pour la provocation, certainement: Pia publie un livre erotique de Pierre MacOrlan en s'inspirant de très près de la page couverture de la Bibliothèque rose! «Ces faux, il les faisait pour le plaisir, mais pas seulement: il lui fallait gagner sa vie.» ' \u2014 Vous écrivez une phrase terrible: il n'aimait pas la vie.j'ajoute: ni l'humanité?\u2014 C'est ce que je crois.Je le soupçonnais de penser que tout le monde est capable du pire.Même un ami.\u2014 Vous écrivez encore qu'il ne se soucia jamais de puissance et de gloire.II n'aurait pas cru le succès possible, peut-être, à cause de son enfance pauvre et orpheline?\u2014 Je n'ai aucune explication, pas même une hypothèse.Certes, l'idée de pauvreté était très ancrée en lui ; et qu'il n'y a pas de quoi en être fier, que c'est une horreur.Étrange homme vraiment, «capable de jouer sa vie pour des causes auxquelles il ne croyait pas: un journal, la politique, la Résistance».Et pourtant il est très proche de ses collaborateurs, toujours prêt à leur apprendre quelque chose «dans un discours interminable et tout en spirales.Même des gens qu'il ne connaissait pas tellement pouvaient aller puiser dans son immense érudition.H leur consacrait beaucoup de temps.«Avec lui à Combat c'était gai, on riait, on s'amusait, on racontait des blagues.Astruc dansait le jitterbug, un autre imitait parfaitement le hennissement du cheval.\u2014 Vous évoquez «les jours cruels» qu'il a vécus.Désespoir, ou simple lassitude?\u2014 À la fin, il était fatigué de vivre.Il avait toujours été pessimiste mais alors, avec sa mauvaise santé, il devait travailler encore pour faire vivre sa femme.le crois qu'il n'espérait plus rien.PASCAL PIA OU LE DROIT AU NEANT, collection Roger Grenier, L'un et l'autre, Gallimard, Paris, 1989.mssn Fiction et biographies 1 Juliette Pomerieau Yves Beauchemin Québec/Amérique (6)' 2 L'Homme qui plantait des arbres Giono Back\tGallimard-Lacomba\t(6) 3 Le Zèbre A.Jardin\tGallimard\t(30) 4 Drakkar Paul Ghi\tQuébec/Amérique\t(2) 5 La Vieille qui marchait dans la mer San-Antonio\tReuve Noir\t(15) 6 Maudits Sauvages Bernard Clavel\tAlbin Michel\t(2) 7 Une femme AnneOelbée\tLe Livre de poche\t(9) 8 Lettres volées Gérard Depardieu\tJ.-C.Lattes\t(6) 9 L'Envers du décor Jacques Fauteux\tVLB\t(1) 10 La Vérité sur Lorln Jones Alison Lurie\tRivages\t(2) Ouvrages généraux 1 Le Mal de l'âme D.Bombardier et C.Saint-Laurent Laffont\t\t(11) 2 Fais ce que peux C.Filion\tBoréal\t(4) 3 Une brève histoire du temps Stephen Hawking\tFlammarion\t(2) 4 Père manquant, fils manquant GuyCorneau\tL'Homme\t(1) 5 Le Chemin le moins fréquenté Scott Peck\tLaffont\t(14) Les listes nous sont fournies par les librairies suivantes: Alire (Place Longueuil).Bertrand, Les Bouquinistes (Chicoutimi), Flammarion, Hermès, Lcmcac, Lettre-Son (Outremont).Lirelire, La Parchemin, Martin (Joliette).Montrèaloisir, Baffin, Renaud-Bray, Sons et Let-\t\t tres.* Ce chiffre indique la position de l'ouvrage la semaine précédente.\t\t Quelques voyages.JEAN ¦ASILE collaboration spéciale Cuba est une petite île mais ceux qui y ont été en 1930.et qui y retourneraient aujourd'hui, croiraient bien qu'il s'agit d'un autre univers.C'est que le régime a changé.Aussi l'idée est bonne d'avoir réuni dans un petit volume, intitulé La Havane', ces trois textes d'âges divers, l'un de 1930, les autres contemporains.Ainsi va la vie.|ean-Louis Vaudoyer était journaliste.Il a visité La Havane en 1930.C'est un récit exotique et capitaliste, dans l'esprit pri-mesautier de l'époque.On boit des daiquiris.On assiste à des combats de coq.On fume des cigares et on y danse des rumbas.On s'inquiète du cours du sucre.Pour suranné que ce soit ce texte, comme il est bien écrit! Puis, Cuba a changé et La Havane s'est couverte d'un drapeau rouge.Maintenant, l'enthousiasme révolutionnaire n'est plus.Alors, qu'est-ce qu'il reste?Pour Jean-François Fogel, La Havane est celle d'un Castro vieillissant et plein de souvenirs doux amers car on se demande ce que Cuba va devenir avec la perestroïka.Comme il est agréable, alors, de se réfugier dans la beauté des paysages et dans la littérature! Si Jean-Louis Vaudoyer rappelle que José Maria de Heredia était cubain, pour Jean-François Fogel.c'est plutôt l.i maison de Hemingway qu'il évoque, ou les souvenirs d'Alejo Carpenter et de (osé Marti, un visionnaire et un politique.Il donne une petite bibliographie cubaine à la fin de son texte.C'est bien utile.Le texte d'Olivier Rolin est le plus court.C'est une méditation perplexe sur le sort des « paradis exotiques» à l'ère du grand tourisme.Avant c'était les Américains et leurs cocktails.Aujourd'hui, ce sont les Russes et le vin de Bulgarie.Qui choisir?Pauvres Cubains! Ce sont des textes mélancoliques et très colorés: «jaune, rouge, bleu, orangé, carmin et outremer», comme l'écrit Olivier Rolin.La France par les Anglais Rien ne vaut un Français qui voyage en Angleterre.Rien ne vaut un Anglais qui voyage en France.C'est toujours une petite bataille de préséances.Arthur Young a voyagé en France sur un cheval borgne et il a trouvé le moyen d'y être durant la révolution de 1789, au moment où «la crise des états était extrême».Il en a rapporté un livre qui devint vite célèbre car on était, alors, avides de nouvelles sur la question.Ce n'était d'ailleurs pas un journaliste mais un agriculteur un peu excentrique.Un autre Anglais, contemporain, s'est amusé à suivre pas à pas l'itinéraire de son compatriote, en automobile, cette fois.Il intitule ce livre de réminiscences La France revisitée2.Colin Dyer a l'humour du voyageur.11 cite beaucoup Arthur Young qu'on ne lit plus.Ce faisant, il compare les paysages, la qualité du logement, l'accueil des aubergistes et ces mille choses qui influençaient et influencent encore les voyages.Il y a une petite énigme littéraire dans cet ouvrage.Colin Dyer cite un autre voyageur de l'époque, le Dr Rigby.A Paris le 14 juillet, en plein brouhaha, un inconnu l'aborde et l'informe «qu'on avait résolu d'attaquer la Bastille».Or cet inconnu-là était, écrit-il.un Canadien français.Qui était ce Canadien français a Paris?De son côté, un autre Anglais, John Ardagh, publie Ces Drôles de français1.C'est moins un livre de voyage, celui-là, qu'un rapport sociologique sur l'état de la France depuis 1945 jusqu'aujourd'hui.L'oeil étranger ( mais naturellement sympathique) observe les moeurs politiques et les moeurs tout court.La documentation est importante, un peu lourde même.Mais le portrait est fascinant, vraiment complet et le style alerte.Encore Paris Le bicentenaire de la révolution française autorise maintes nouveautés littéraires.On en profite aussi pour rééditer quelques livres qui datent du centenaire et qui n'ont rien perdu de leurs charmes après un siècle.Celui d'Albert Babeau s'intitule Paris en 1789*.C'est un portrait d'époque, délicieusement reconstitué et écrit avec du charme.De plus, il y a beaucoup de gravures.Bien entendu, on n'écrit plus l'histoire comme ça.N'empêche que c'est très érudit quoique d'une lecture reposée et agréable.On y glane mille et un détails sur l'architecture, les spectacles «dont on déplore la licence effrénée», les salons, les menus métiers, les restaurants.Il y a cent ans.il restait encore beaucoup de ces choses-là si on en croit les romanciers.Inutile de les chercher maintenant.Ce Paris-là a disparu.' la Havane par Jean-Louis Vaudoise, Jean- Francois Fogel et Olivier Rolin, 150 pages, editions Quai Voltaire.1 U France revisitee sur les traces d'Arthur Young par Colin Dyer, 224 pages, editions Denoel J Ces Drôles de français par John Ardagh, 500 pages, editions Belfond.4 Paris en 1789 par Albert Babeau, illustré, 340 pages, editions Albin Michel.Le bavard de Pierre Savoie JEAN BASILE collaboration spéciale ¦ Il y a un peu du mystificateur en Pierre Savoie.D'abord, il intitule Autobiographie d'un bavard, son premier livre, «récit».Puis, dès la première page il assure que ce n'est pas un récit mais vraiment une autobiographie.De fait, le narrateur de ce récit, qui s'appelle Pierre-loseph Sa-vard, a pour père Félix Antoine Savard et pour mère Gabrielle Roy! Il correspond avec Mélanie Klein.On voit tout de suite qu'il s'agit d'un jeu littéraire avec une connotation psychanalytique.Et Pierre Savoie ne manque, ni d'humour, ni de lettres, ni de finesse psychologique.Disons qu'il s'agit d'une chronique.Le narrateur, Pierre-Joseph Savard, est né à Asbestos, en I958, le jour de la Saint-Jean naturellement.Il passera par La Prairie avant de se retrouver à vingt ans à Montréal.Entre temps, il lui Pierre Savoie Autobiographie d'un bavarc Récit sera arrivé les mille et une petites choses qui font la trame de jour, étant entendu, nous dit le narra- teur, qu'on attende rien d'exceptionnel chez lui.C'est l'histoire d'un jeune homme banal, sauf qu'il est québécois et qu'il vit au Québec dans ces années bien peu banales du PQ.Fausse autobiographie?Moins que l'on ne pense.Pierre Savoie évoque toute une époque avec une grande vérité qui est bel et bien autobiographique.Il s'amuse à créer un type qui, lui aussi, est vrai.C'est comme si on y était.Dans les meilleurs moments, il a une délicieuse légèreté de touche, soit qu'il parle de son père ouvrier analphabète, de sa rencontre avec la littérature au cégep Édouard-Montpetit ou d'un voyage aux iles-de-la-Madeleine.Pierre Savoie sait aussi être dès-engagé mais avec assez de piquant pour que l'on comprenne tout de suite qu'il s'agit moins d'indifférence que d'un choix intellectuel.Alors, plutôt que de recycler son jeune héros dans «l'action culturelle» ou dans le marxisme, il lui fait boire de la bière, fumer du hasch et, comme il n'a pas encore vingt ans, allons y pour les filles! Une bonne moitié du livre est consacrée aux ébats du jeune Pierre-Joseph Savard.C'est un peu trop car, sur ce sujet-là, la banalité frôle la perversité.Pourtant, Pierre Savoie sait conserver dans les moments les plus répétitifs, de la justesse et un sens de l'ironie qui ravissent.Malheureusement ce récit tombe un peu à plat à cause d'une construction trop négligente et une fin qui n'en est pas une.h manque un petit surcroit de travail car de l'habileté Pierre Savoie en a à revendre.Mais on ne manque pas d'aimer son héros qui a un gros nez, ce qui semble tout en même temps le désoler et le combler d'aise.On regrette de le quitter.Dans notre littérature parfois si abstruse et si complaisante avec elle-même, on est ravi de découvrir un jeune auteur qui a du ton, de la fantaisie et qui sait réserver des zones d'ombre pour le rêve.AUTOBIOGRAPHIE D'UN BAVARD, par Pierre Savoie, roman, editions de l'Hexagone, Montreal 1989.Georges Dor: le campagnard, le sédentaire «Dans votre livre, vous sem-blez avoir beaucoup plus de sympathie pour les Moineau que pour les Pinson.Est-ce exact?\u2014 Je vous salue Marcel-Marie est un hommage à une classe sociale honnête, laborieuse et sans complication, comme l'étaient bien des Québécois nés avant la guerre.Si les Pinson sont un peu en retrait, en effet, je compte bien reparler d'eux, du moins la classe qu'ils représentent.Ce sera le thème de mon prochain livre dont le héros sera, cette fois, un intellectuel.» Intellectuel, Georges Dor ne l'est pas, même si une bonne partie de sa vie a été consacrée à la poésie.Il ne se voit pas davantage comme un poète maudit, perdu dans le siècle.C'est un réaliste.«Il y a eu une époque, dans mon adolescence, où j ai eu le vertige de l'art.Je me suis vite rendu compte que ne n'y étais pas à l'aise.Il faut d'abord vivre avec les gens qu'on aime, en faisant ce que l'on fait bien, sans prétention.J'aime les autres.Par exem^ pie, quand je donne des spectacles, mon vrai plaisir est de découvrir les spectateurs.» Georges Dor aime aussi à se définir lui-même comme un «campagnard et un sédentaire».II vit, il a toujours vécu sur la rive sud.Il a été propriétaire terrien.Il parle sans façon d'argent, de retraite.«J'ai maintenant des petits revenus qui me permettent de vivre et d'écrire comme je l'entends», dit-il.Ce caractère positif, paisible, qui le pousse à rester près des siens, l'a sans doute empêché de faire la carrière internationale, comme chanteur,' qu'on lui promettait, à la suite de Félix Leclcrc.«Quand j'étais en tournée, dit-il, je m'ennuyais.)e n'aime pas la vie d'hôtel.J'ai été en France.Mon imprésario m'avait demandé un an de patience.H m'avait installé dans le RoussUlon.C'était très beau, très intéressant mais ce n'était pas pour moi.\u2014 Des regrets?\u2014 Aucun.J'ai fait beaucoup de choses.J'ai eu du succès.Que demander de plus?Du succès oui et dans différents domaines.Cinq saisons pour Les Moineau et les Pinson, à la télévision, c'est beaucoup.Mais pas pour GeorRes Dor car^il écrit «très facilement» pour le petit écran, «l'ai l'oreille pour capter la langue orale», dit-il.Il est à l'aise avec le quotidien.Conjointement, il y avait son théâtre d'été, des années de succès.Tout cela lui a semblé «presque facile».Pour Je vous salue Marcel-Marie, c'est une autre histoire! Là, la vraie souffrance a commen- cé et il lui a fallu «recommencer dix fois la même phrase».«Votre roman est écrit dans un style très châtié, rien à voir avec un langage populaire, comme l'étaient les dialogues de votre série télévisée.Quelle en est la raison?\u2014 J'écris en bon français parce qu'il n'y a qu'une langue française, point.Pour le dialogue, même dans mon livre, c'est différent.II raut que les dialogues soient justes.Quand il parle, Marcel-Marie est donc entre le moé et le moi, à cause de ses origines.Mais ce n'est pas une question de langue.Il s'agit de l'accent, de tournures parlées.\u2014 Lors de la diffusion en France de votre série télévisée, on vous a pris à partie justement à cause des tournures et de l'accent de vos personnages.Cela ne vous a pas vexé?\u2014 Pas du tout.Tous les accents ne me plaisent pas non plus.On ne peut pas rencontrer Georges Dor, même écrivain, sans penser à la chanson.Il chante encore, bien sûr.Mais moins.Pourtant, on sent qu'il y a de la nostalgie dans ce demi-retrait de la scène et du disque.La preuve?c'est qu'il a un rêve.Si Je vous salue Marcel-Marie plaît au monde et se vend bien, il aimerait bien réunir des vieux amis musiciens: «Pour faire un disque, dit-il, mais un disque pour nous tout seuls, pour le simple plaisir de le faire.» Mais il semble que Georges Dor, que ce soit de la poésie, du théâtre, de la télévision, du roman, ait appris à faire plaisir à beaucoup de monde en se faisant plaisir à lui-même.Son livre en est un autre exemple.C'est un délice de tendresse et de sens de l'observation.JE VOUS SALUE, MARCEL-MARIE, roman.224 pages, éditions Québec/Amérique F T LA PRESSE, MONTRÉAL.SAMEDI 29 AVRIL 1MB K3 LITTÉRATURE ROMAN POLICIER AU PLAISIR DE LIRE Alerte à la bombinette nucléaire GILBERT GRAND Physiciens, politiciens et militaires, ils sont tous là, depuis des années onctueuse-ment rassurants, à jurer que la fabrication artisanale d'une mini-bombe atomique est impossible.Voire, disent pourtant quelques cassandres, dont Nicolas I reeling se fait le porte-parole dans un roman aussi habile qu'inquiétant.Gadget.Un groupe de terroristes très civilises enlève à Hambourg |im, un physicien américain, ainsi que sa femme et ses deux enfants, les retient prisonniers dans une luxueuse propriété de Haute-Bavière, le temps de construire une bombinette nucléaire.Le distingué Docteur, qui dirige l'opération, n'a pas choisi Jim au hasard: il sait bien que celui-ci est obsédé par le problème de la faisabilité d'un tel « gadget » meurtrier et que, pour l'appâter, il suffit de mettre à sa disposition matériaux et laboratoire.La séquestration de ses enfants ne faisant qu'ajouter à l'urgence de réussir pour clouer le bec aux collègues qui se moquaient de ses inquiétudes.Pendant un certain temps, ce scénario semble se dérouler comme prévu: les travaux avancent sans trop d'anicroches, si l'on excepte quelques joutes oratoires, au coin du feu, sur l'amoralité du recours à l'arme atomique! Soudain, c'est l'accident: un ouvrier meurt lors d'essais sur la masse critique d'uranium et tout dérape à l'instigation surtout des deux femmes, Leora, l'épouse de Jim, et Marika, l'adjointe du Docteur mais aussi l'amante du savant.Profitant de la confusion, Leora parvient à entrer en contact avec ses enfants et à s'enfuir vers ELMORE LEONARD \t\t\tDX ctV et\t \t\t\t\t \t\t\t\t la ville la plus proche.Mais elle n'est pas au bout de ses peines, les autorités refusant en effet de prendre au sérieux son histoire.Retrouvera-t-elle les terroristes avant l'explosion fatale?Plus connu comme auteur des enquêtes de l'inspecteur Van der Vlak, un sympathique émule de Maigret, Nicolas Freeling mène avec une belle élégance ce suspense pacifiste somme toute assez ambigu, où le Bien et le Mal Sur la piste du temps avec Tony Hillerman GILBERT GRAND ¦ Voici donc qu'à grand battage médiatique la critique unanime et le public français succombent enfin à la magie de Tony Hillerman et de ses romans policiers ethnologiques, dont je vous vantais les mérites il y a deux mois à peine.Oubliant les miasmes de la jungle urbaine, vous avez depuis, j'ose l'espérer, pris une grande bouffée d'air pur sur les hauts plateaux désolés de l'Arizona et du Nouveau-Mexique, et suivi dans le labyrinthe des canyons joe Leaphorn et Jim Chee, les deux policiers de la grande réserve navajo, qui recherchent autant l'harmonie universelle (concept clé de la mythologie navajo ) que voleurs et assassins.Comment refuser d'ailleurs la compagnie d'un guide aussi chaleureux et informé que Tony Hillerman, véritable Indien blanc dont les compétences ont été reconnues par le conseil de la tribu navajo lui-même.D'autant que les éditions Rivages publient, avec en prime un indispensable glossaire, Le voleur du temps, qui est le dernier né et sans doute le plus accompli des romans de la série.Non que les sept autres (Blessing Way, Là où dansent les morts, Femme qui écoute, Le peuple de l'ombre, Le vent sombre, La voie du fantôme et Skinwal-kers) soient vraiment inférieurs, ils méritent tous qu'on s'y arrête pour de gratifiantes heures de lecture.Mais il y a dans Le voleur du temps un équilibre rare entre forme et contenu, une parfaite adéquation entre l'intrigue, la poésie des paysages et la dimension ethnologique, toujours primordiale chez Hillerman.Il s'agit en fait d'une enquête sur une double disparition : celle d'une ethnologue sans doute victime d'un «voleur de temps» (c'est-à-dire un pilleur de sépultures) quelque part dans les Montagnes sacrées; et celle d'un peuple, les Anasazi, premiers occupants de l'Amérique dont on perd soudainement les traces au X11le siècle, non sans avoir laissé derrière eux d'admirables dessins et poteries.Et voici que, sous la plume du romancier, mystérieusement enchâssés, le passé éclaire le présent, et le présent le passé.Autre atout précieux : bien que durement frappes par le sort, Leaphorn et Chce conjuguent enfin leurs efforts dans ce roman (tout comme dans Skinwalkers, qui le précède dans la chronologie interne de l'oeuvre et dont on souhaite la traduction rapide).L'aîné, en perdant sa femme, a perdu, croit-il, le goût de vivre; le cadet, ayant rompu avec son amie blanche, cherche son identité, dé- chiré entre modernité et tradition (à ses heures, il est «chanteur» des grands rites guérisseurs de la tribu).Aux origines du roman policier Il f.uit, instant magique de chaque récit, les voir traquer l'assassin comme leurs ancêtres chassaient le gibier, en prenant leur temps, attentifs aux moindres signes, empreintes, brindilles déplacées, souffles d'air, dans un environnement pourtant des plus inhospitaliers.Hillerman retourne ainsi, mine de rien, aux origines du roman policier, à savoir les récits de pis-teurs et de trappeurs à la Fenimo-re Cooper.Mais sans paternalisme, ni idéalisme naïf, il décrit autant la riche mythologie navajo, que les Indiens tels qu'ils sont, toujours aussi pauvres et détestés par les Blancs, résistant plutôt mal que bien à l'assaut du progrès et de l'assimilation.Aussi, en refermant les livres de Hillerman, l'honnête homme ne peut que se demander si le vrai primitif, ce n'est pas lui! LE VOLEUR DU TEMPS, Tony Hillerman, Rivages/Thriller jouent au chat et à la souris.Et, surtout, ne vous laissez pas effaroucher par les formules mathématiques, plus décoratives qu'essentielles à la compréhesion du récit.L'Importance du décor Comme l'écrivait Aragon dans l'un de ses plus célèbres poèmes, « tout est affaire de décor »; une constatation qui semble s'appliquer à de nombreux polars américains qui se sont accumulés ces derniers mois sur mon bureau.Même si leurs intrigues sont solides, elles finiraient par distiller un petit air de « déjà-vu » s'il n'y avait l'imprévu du décor.De l'envers du décor, devrais-je plutôt dire, car ce genre littéraire \u2014 c'est un des ses avantages \u2014 préfère l'ombre à la lumière.Vous n'aurez ainsi sans doute jamais vu Miami Beach tel que décrite par Elmore Leonard dans La Brava.Jadis florissante, cette ville est devenue lieu de retraite pour vieillards guère fortunés, artistes sur le retour rêvant évilles DE RETOUR ACHAT ET VENTE OIGCTAt.AUDIO LIVRES, CASSETTES, DISQUES, D'OCCASION 3864 St Denis, Montréal 8499014 38\" S te Anne, St Jérôme 4317885 À PARAITRE LEE IACOCCA \"EN DIRECT\" (TALKING STRAIGHT) DIFFUSION SOUSSAN TÉL.: (514) 738-0202 FAX: (514) 738-5102 L'ECHANGE ACHETE ET VEND AU MEILLEUR PRIX disques, livres, cassette s, compact dise usagés choix 3694 et St-Denis qualité 849-1913 MÉTRO SHERBROOKE 713 est Mt-Royal 523-6389 MÉTRO MT-ROYAL Les Quinze félicite Sylvain Trudel! PRIX CANADA-SUISSE de leur gloire passée, au milieu d'une pègre latino-américaine envahissante.Mais ce qui place Leonard parmi les grands du polar, c'est.sa faculté de créer des personnages bi-zarroldes et attachants en diable (ici un photographe ex-agent de la CIA qui n'a pas perdu la main, un danseur gogo qui vole des voitures, un gardien culturiste à la cervelle d'oiseau qui se lance dans le racket de la protection, une star qui n'en finit plus de jouer ses vieux roles, surtout ceux de femme fatale, etc.).Pas étonnant qu'avec une telle faune l'action ne traîne pas, servie de plus par des dialogues percutants comme Leonard en a le secret.Une réédition à ne vraiment pas manquer.À un niveau plus conventionnel mais néanmoins délassant, on retrouve par exemple La rançon du plus fort de Gerald Petievich.Le Las Vegas qu'il décrit est certes celui des néons, des machines à sous et des casinos, mais aussi celui, moins connu, des petits escrocs et des barons du Crime organisé, respectables et intouchables.Particularité à signaler: le héros couche avec une juge et se méfie de ses copains flics car, comme on dit dans le Milieu, chaque homme a son prix! Silicon Valley est sans doute la capitale de l'électronique et de l'industrie de pointe américaine mais sous la plume de Joseph D.McNamara (Prends-en pour ton grade!), elle ressemble à s'y méprendre à la Poisonville de Das-hiell Hammett (La moisson rouge).Administration corrompue, trafics en tous genres, meurtres, la nouvelle équipe de policiers constate vite à ses dépens que les villes-champignons attirent aussi la lie de la société.Seattle n'a vraiment plus de secrets pour J.A.lance, qui lui a déjà consacré sept romans (dont quatre traduits en français) avec comme guide sympathique l'inspecteur |.P.Beaumont.Dans Dent pour dent, le lecteur n'ignore rien des embouteillages de la côte Ouest et du zoo de Seattle tout en recherchant l'assassin d'un dentiste qui battait sa femme et sa mère! GADGET, Nicolas Freeling, Christian Bourgois LA BRAVA, Elmore Leonard, Le Livre de poche LA RANÇON DU PLUS FORT, Gerald Petievich, Série Noire no 2160, Gallimard PRENDS-EN POUR TON GRADE!, Joseph D.McNamara,, Série Noire no 2166, Gallimard DENT POUR DENT, J.A.lance, Série noire no 2169, Gallimard Des récits meilleurs L/UC ICS dULI UD JACQUES FOLCH-RIBAS collaboration \\pêtialt Le roi d'Espagne, Philippe IV, décide de faire peindre son portrait par Diego Velazquez.En réalité, c'est un pré-i texte.Ce que veut le roi, c'est parler avec le peintre.Discuter.Hélas, c'est impossible.Un peintre, fût-il le meilleur de tout l'Occident, ne peut tenir une conversation avec un souverain d'homme à homme.Alors, peut-être parler d'art?Tout ce que Velazquez dira, tient en une phrase de son maître Pacheco: «Si on force le poirier à expliquer ses Kires, il dépérit, ou la foudre le ippe».Nous y reviendrons.Pour l'heure, le peintre meurt.Et le roi fait exposer son corps, coiffé de la couronne, afin que le peuple comprenne que les pouvoirs royaux viennent de l'au-delà.Les oiseaux de proie n'attendent qu'une occasion de plonger sur le cadavre.Si je raconte cette nouvelle \u2014 exemplaire, comme dirait le Quichotte \u2014 c'est qu'elle porte une imagination poétique, une vindicte, une sainte colère contre le monde tel qu'il est, et qu'elle est d'une écriture incisive, pointue, à tel point qu'on a l'impression Ïu'un mot de plus, tout se casse, 'est ainsi que je vois Alain Bosquet, poète d'abord, c'est-à-dire toujours, et souverainement agacé, et sur la crête la plus fine de la dérision.Le titre de son dernier recueil de récits: Comme un refus de la planète.N'oubliez pas de lire cela, ces douze «nouvelles», si vous aimez la cruauté portée à son degré ultime, l'absurde, et qui finalement fait sourire d'aise le lecteur trouvant là cent raisons de se moquer, mais délicieuses.Peut-être aussi découvrirez-vous une envie de fréquenter cet écrivain français venu de l'étranger, qui écrit parfois comme Diderot, une langue de combat, riche et sans autres fleurs à l'épée que celles d'un poète.Et voudrez-vous lire ses poèmes?Vous n'y perdrez pas.Mais restons où nous sommes, pour le moment: à ces récits.Le vol d'un tableau de Van Eyck par un richissime Aristote, par exemple.Superbe.Il faut dire que les Van Eyck à vendre se font rares.Alors, volons-le.C'est une opération bien montée, suspense garanti, à la limite du vraisemblable comme le veut la loi du genre.Et ça fonctionne.Et ce qu'Aristo-te fera du tableau, je vous le laisse à découvrir.Cruel, cruel.Un autre récit?Celui de l'homme d'affaires qui finit très mal, aux mains d'une femme qu'il a voulue, par jeu, par défi?Frisson final garanti.Ou alors l'histoire du vieux poète, qui rencontra une jeune tille et crut en être rajeuni?Mais il était si chargé d'ans et d'expérience, qu'il pouvait se juger lui-même, et se trouver mauvais?Ce récit-là est étrange, on y sent la tentation de se juger soi-même, on ne peut s'empêcher de penser à l'auteur, on a le goût de le rassurer: allons, quelqu'un qui écrit ainsi ne peut pas être entièrement mauvais \u2014 comme dirait un certain Oscar Wilde auquel, ma foi, ce récit peut faire penser.Et puis, il y a Auschwitz, où se situe la première de ces nouvelles sauvages.Un camp de mort où l'on se trouve, soudain, nez à nez avec Franz Kafka lui-même, un revenant, qui depuis 1924 (date de sa mort ) a vécu sous de fausses identités et d'expédients et inconnu, tout cela pour se faire arrêter et enfermer là, en attendant la «solution finale» annoncée.Cette fois.Bosquet est visionnaire et nous emmène aux absurdités de l'apocalypse, bien mieux que s'il essayait de nous attendrir avec le destin implacable décidé par de quelconques nazis.C'est une mort de Kafka digne de Kafka.Bref, l'on ne quitte pas ces récits impunément.Ils blessent, le plus étrange étant qu'ils plaisent en même temps par une sorte d'aura mystérieuse, fugace, attachante.Oui, un poète est passé par-là.l'ai grand tort, je le sais, de vouloir expliquer, si peu que ce soit, en me mettant à la place du poirier, celui de la phrase de Pacheco.Mais c'est que les nouvelles, ou les récits, que l'on peut lire maintenant, portés par la mode, sont souvent vides, des sortes d'exercices où l'imagination est absente, et de même la jubilation.On reste sur sa faim, un peu enivré de phrases ronflantes ou de cymbales pour surprendre.Lorsqu'on en trouve, de ces récits, qui sont chargés de symboles et pourtant légers, aériens, il faut essayer d'en parler.COMME UN REFUS DE LA PLANETE, par Alain Bosquet, récits, 220 pages, Éditions Gallimard.Paris.1989.De Duplessis à la Révolution tranquille: 20 ans de luttes i- Geoigcs-I Icmi Ivévesque SOU\\liINL\\NCES Remous ci édatenients enlivtions avec Simon Julms tapnm* Alors que dans Souvenances 1 le pére Georges-Henri Lévesque racontait son enfance, son «apprentissage dominicain* et ses études en Europe, Souvenances 2 nous présente l'homme d'action au coeur des luttes qu'il a menées au sein de la société québécoise des années 40 et 50.Le fondateur de la faculté des sciences sociales de l'Université Laval nous présente d'abord ses premiers élèves et donne sa perception de la Révolution tranquille.Ensuite, il nous fait revivre ses prises de position concernant la non-confessionnalité des coopératives et nous entretient de la commission Massey et de la création du Conseil des arts.316 pages et 24 pages hors-texte de photos.Tome 1 14,95$ SOI l -'- v » h 11 \u2022¦ mec Siikmi Jtirru* 24,95 $ éditions la presse EN VENTE PARTOUT K4* LA PRESSE.MONTREAL.SAMEDI 79 AVRIL 1989 VIDÉOS Avec Kung-Fu Master, Varda s'attaque à un sujet tabou LUC Le cinéma s'est fait un point d'honneur depuis une génération de faire éclater les vieux tabous.On pourrait penser que tout a été dit et surtout montré.Ce n'est pas toujours le cas.Chacun à leur façon, Agnes Varda et Dominique Oeruddere ont décidé de s'attaquer à des sujets encore peu touchés.La première aborde les amours d'une femme mûre pour un adolescent.Quant au second, protege par la réputation d'excen- -tricité faite à l'écrivain Charles Bukowski, il ne manque pas d'audace : masturbation et nécrophi-lie figurent \u2014 entre autres \u2014 à son programme.A la féte de sa fille Lucy ( 15 ans), Mary-Jeanne remarque un adolescent timide, julien.Une seule chose semble intéresser ce garçon de 14 ans : les jeux vidéo.Peu à peu, Mary-|eanne va s'éprendre de (ulien et celui-ci, d'abord timide, va se laisser entraîner dans cette bizarre histoire d'amour.On sent entre Varda et Birkin un grand degré de connivence.Les deux femmes se sont laissé gagner par la folie de ce scénario au milieu du documentaire que la réalisatrice tournait sur la vedette.On sent que Varda a réussi à dépeindre avec assez de justesse l'innocence de l'adolescent.Le film escamote les détails croustillants pour s'attarder davantage à créer une atmosphère romantique.Le résultat n'est pas tout à fait satisfaisant.Ainsi la passion de Birkin parait plutôt gratuite.Mais le film est sauvé par tous ces petits détails que Varda réussit à faire passer sur ses personnages, leur milieu et notre époque.*** kung-fu MASTER, d Agnes Varda.France, 1988.Int.: Jane Birkin.Mathieu Demy, Charlotte Cainsbourg, Eva Simonet, Judy Cambeil.Lou Dofifon.Couleur.Hi-fi mono, m 20 Montview Video.Crazy Love Désespéré ¦ À douze ans, Harry Voos croit que l'amour consiste à enlever une belle princesse sur un cheval blanc.Un copain plus âgé va lui donner l'heure juste.A 19 ans, il pense toujours au grand amour.Mais son visage ravagé par l'acné détourne de lui même la la fille la moins difficile.Devenu adulte, toujours solitaire mais désormais alcoolique, il va rencontrer la femme de ses rêves: une morte qu'on transporte à la morgue mais qu'il va kidnapper avec l'aide d'un copain.l-'Uttrc/tKl! lAsCtlMUfll DEPUIS WAGfc DE 12 ANS QO'HARpY Rf.VE D'UNtï BLONDE: IL LST PRET À TOUT KRJH L'AVOIR.Whoopi Goldberg \u2022m'»- i ¦' ,'-/,-r.lin» *r iHMk.1.1 i I ¦ ¦ i .util iVcl \" If < i J Cet amour crazy dont parle le îiîre c^?rTïï**cï^d i I'tinivcr?î^rdii de Charles Bukowski.cet écrivain américain pas comme les autres dont s'est inspiré le jeune réalisateur belge Dominique Deruddere.Il a toutefois campé l'action de ses trois sketches dans la décor de la Flandre.Le résultat est saisissant.C'est un film fait sans concessions et qui tranche sur la mièvrerie ambiante.Ça se sent dès le premier épisode sur l'adolescence.Mais, des trois, c'est le dernier qui me parait le plus désespéré et où l'on retrouve le mieux cette absurdité de la vie qu'évoquait déjà le titre.\u2022 \u2022* CRAZY LOVE (V f de 55! LOV«).0» DO- minique Oeruddere.Belgique.1988.int.: Jette d* Pauw.Michael Pat.Gene Bervoett.Amid Chakir Couleur.Hl-fi mono.1 h 28.Malo VkMo.Clara's Heart Une femme au grand coeur ¦ Clara Mayfield fait la connaissance des Hart au cours de leurs vacances aux Bermudes.Elle accepte d'aller travailler comme gouvernante chez ce jeune couple de Baltimore.Elle s attache plus particulièrement à leur fils de douze ans, David.Celui-ci est fortement secoué par le divorce de ses parents qui survient sur les entrefaites.Grâce à la présence chaleureuse de Clara, il va réussir à surmonter cette épreuve.Le rôle de Clara était taillé sur mesure en fonction de Whoopi Goldberg qu'on avait tendance depuis quelque temps à cantonner dans les comédies faciles.Il s'agit plutôt ici d'un film à la limite du sentimentalisme.Mais l'actrice noire y fait preuve d'une grande sensibilité.+* CLARA S HEART, de Robert Mulligan.Ê.-U .1988.Int.: Whoooi Goldberg.Michael Ont-kean, Kathleen Ouinlan, Spalding Gray, Beverly Todd.Couleur.Hi-fi stereo 1 h48.Warner Home Video.cocktail Effervescent ¦ Brian Flanagan travaille la nuit dans un bar pour payer ses études à l'université.Il a pour copain Doug, un barman qui l'initie à son art.Les deux n'ont qu'un but : s'enrichir le plus vite possible.Brian va se retrouver aux Bermudes après une dispute avec Doug.C'est là qu'il va s'amouracher de Bonnie, une New-Yorkai-se en vacances.Mais les rctrou-vailes avec Doug marié à une millionnaire vont relancer les rêves de fortune.Elisabeth Sue et Tom Cruse, dans Cocktail.Tom Croise ne manque pas de panache dans son rôle de barman.Il faut le voir préparer ses mélanges et faire des ravages chez ses clientes.Le film hélas n'est pas à la hauteur de son brio.Une fois passée l'effervescence du début, l'effet de ce Cocktail dimi- nue rapidement.Un conseil donc : à boire pendant qu'il est frais.* COCKTAIL, de Roger Donaldson.E.-U., 1988.kit: Tom Cruise, Bryan Brown, Elisabeth Shue.Lisa Banes, Laurence Lucklnbill.Couleur.Hi-fi ttêreo.ih«4.Lancement Jlmultane françaitanglais.Touchttone Home Video.Nos cotes * Moche.inutile de se déplacer au vldeoclub * Potable.Emprunter La copie a La rigueur.* * intéressant Mais pat tans défauts.*** Remarquable.Se laisse voir avec plaisir.¦**¦** Extraordinaire.A louer tant reserve LES NOUVEAUTÉS ACTION Black Arrow Black Eagk) Omega Syndrom* COMÉDIE La* coulissas de l'exploit Kung Fu Master Sweeth Hearts Dance Things Change/Parrain d'un jour DOCUMENT Changing Attitudes-March of Tim* Churchill 89 Playmate of the Year George Bums\u2014HI* Wit and Wisdom Hitler Hitler's 3.3.Hostility Grows \u2014 March of Time Kamikazes Mac Arthur Marches On \u2014 March of Time Patton Rbace or War Part-March of Time Ftommel Sports Illustrated Magician* Wet and Wild DRAME A bout de course Bridge to Nowhere vf La couleur pourpre Les coulleses de l'exploit Crazy love vf Dominick and Eugene/Nicky et Eight Men Out Fresh Horses The Garden of Delights *** Gino In A Lonely Place Last Angry Man A Man For All Seesons *\u2022* Orfeu Negro (Black Orpheus) *** Shadows of Forgotten Ancestors'* Wild Strawberry* \u2022\u2022\u2022 GUERRE Hell on the Battleground HORREUR Jeu d'enfant/Child's Play Supernatural vf MUSICAL Exile: Live In Concert George Jones: Living Legend Trois places pour le 26 \u2022 \u2022 \u2022 SCIENCE-FICTION Space Mutiny THRILLER La Démente Deuxième prise \u2022\u2022\u2022 Nos choix.LE PALMARÈS * 1.Die Hard (Piège de cristal) (1) 2.Crocodile Dundee II vo/vf (2) 3.Tucker vo/vf (-) 4.Big (4) 5.Les aventuriers du timbre perdu (6) 6.Cocktail vo/vf (\u2022) 7.Les tisserands du pouvoir let II (9) 8.Iron Eagle II (Aigle de fer II) (5) 9.Gorilla* In the Mlat (-) 10.La main gauche du diable (Betrayed) * Cette liste est établie avec la collaboration du Club international video film.Le elastement précèdent est indique entre parenthetes.DISQUES The Cuit: une tonne de briques ALAIN BRUNEI collaboration spéciale Sonic Temple est un missile à tète chercheuse, et la tète ne cherche rien d'autre que le pinacle des // U palmarès interna-m SLi tionaux.46ème position au Billboard cette semaine, le top 10 sous peu.Troisième microsillon de The Cuit, il se pourrait bien que ce soit le plus explosif de tous, commercialement parlant.On peut même prévoir l'ascension très prochaine des ces Anglais au rang des méga-star du hard rock, soit Metallica.Cuns'N'Roses, Def Leppard, Cinderella, etc.Ça sonne virilement, ça sent le cuir, les pinnes reluisent sur les ceintures, la tatouages sont frais sur les biceps.La musique de The Cuit est simple, bourrée de tubes et d'évidences rockeuses, elle nous tombe sur la tète comme une tonne de briques.Immense potentiel commercial.L'adolescence occidentale va bouffer ça à en vomir.On va en prendre des premières brosses avec The Cuit comme bruit fond Ça bonhomme, c'est du solide pour passer au travers de la puberté.Un chanteur pété et nonchalant, qui dit que bien peu de choses «songées» (Ian Ashtbu-rv ).un guitar hero qui poursuit l'oeuvre du satanique limmy Page (Billy Duffy), un robuste bûcheron derrière (Mickey Curry) et un bassiste-cla viens te (Jamie Stewart ), qui abat tout sur son passage.Comme dans tout hard rock modèle 89, il n'y a absolument aucune création chez The Cuit.Quelques pointes d'originalité?on a tenté le coup des arrangements insolites, on a inséré des orchestrations synthétiques qui rappellent les cordes de Led Zeppelin 4.C'est très très bien fait, c'est produit avec les gros moyens, les interprètes sont hyper-costauds, bref cette chimie de clichés va faire beaucoup d'ébul- lition chez les amateurs de décibels virils.Les plus dignes fils de Led Zeppelin, leurs plus dignes clones, dirons-nous.Mais, comme les fils de Bach, les flos de Led Zep n'ont rien inventé.le les ai vus deux fois, les gars de The Cuit, je puis vous dire que ça brasse au max et que ça brasse bien.Ça va être gros, monstrueux.C'est tout.SONIC TEMPLE.The Cult.Vertigo/Beggars Banquet + cassette + disque compact Joe Jackson, monsieur synthèse m II dit de cet album qu'il est la synthèse de tous ses autres.Que chaque pièce représente un mood passé.Soit.Joe Jackson me fera gober ça sans problème.II est loin, le jour où l'on dénigrera ce grand efflanqué, ce grand talent itou.Joe Jackson ramène cet art de la grande mélodie riche en harmonie (ce new-yorkais d'adoption est nettement plus américain que british), celle qui avait été mise de côté par la culture rock depuis l'époque faste des Cole Porter, des frères Gershwin, de Ham-merstein et autres grands créateurs de la première musique pop moderne.Perfectionniste jusqu'au bout des ongles, Joe Jackson incarne donc plusieurs générations de pop occidentale: du rockVbilly au beats latinos en passant par le vieux swing et le new wave.Une synthèse en soi.À part sa tentative orchestrale plus ou moins réussie, il y a très peu de trucs faibles ou moyens dans son oeuvre.Maintenant, on n'apprend pas autant de choses chez le musicien que par le passé, on le connaît.Mais Jackson est de cette infime minorité d'artistes pop qui réussissent à nous exciter au Xième microsillon, le vous dis ça, et je ne me suis pas encore fait une idée très très précise de ce disque.Big World, son précédent disque pop \u2014 qui fut suivi d'un cu- rieux intermède symphonique \u2014, marquait un retour du musicien anglais vers le rock, après qu'il eût esquissé nombre d'équations teintées de jazz et de pigments afro-cubains.Son ptit dernier, Blaze of Glory, ramasse tout ça : cette courtepointe se veut représentative de toute son oeuvre.Éclatée, multi-directionnelle, toufue dirons-nous.À la première écoute, il n'y a aucun tube, aucune des pièces n'a l'air d'une bombe à palmarès.Même chose à la deuxième écoute.Aucune pièce N'EST une bombe à palmarès.C'est dense, les orchestrations sont ciselées au maximum, chaque chanson révèle une mozalque de climats.Mais pas de grande toune accrocheuse au programme.Très beaux arrangements: les cuivres résonnent à sa manière Jackson, ils sont parfois bardés de futés échantillonnages synthétiques, le travail orchestral est parfois, impressionnant.Le personnel est plus que compétent, notamment le fidèle bassiste Graham Maby, l'excellente chanteuse Joy Askew, le sax alto Chris Hunter (collaborateur de Gil Evans), etc.Mais voilà, je ne suis pas encore tombé de mon siège.ne partez pas en peur, je ne vous dirait certainement pas que c'est moche.Plus tiède que froid mais pas encore très très chaud.À la dixième écoute, peut-être?BLAZE OF GLORY, Joe Jackson.ASM SP 5249 + cassette + disque compact Le retour de Carole King ¦ Je me demande si cette belle gueule, cette grande crinière frisée qui cache tant de neurones va passer la rampe du top 20.le n'en serais point surpris, l'Oncle Sam s'ennuie de ses années fastes, par les temps qui courent.Après cinq ans d'accalmie, Carole King revient d'un long séjour campagnard dans l'Idaho.Cultivait-elle des patates?Non, elle faisait germer ses rimes, elle faisait aussi un peu de politique écolo, elle sarclait sa quarantaine.Son disque, par contre, a été engendré dans sa ville natale, Manhattan.Madame King ne manque pas de cash, elle a convo- qué des instrumentistes prestigieux comme le mythique Eric Clapton ou les saxophonistes Michael Brecker et Branford Marsa-lis.Elle s'est associée avec un petit jeune producteur, Rudy Guess.Ça lui a donné des airs plus rock que prévu.Gros bon sens mélodique, refrains accrocheurs, équipement et personnel de bon goût: la recette est gagnante, il y a plusieurs pièces de la trempe de City Streets, chanson locomotive de l'album.Inévitablement, les refrains de Carole King me rappellent les débuts de mon adolescence.Je me souviens, mes parents étaient revenus d'un voyage A Virginia Beach avec le 45 tours It's too late.l'avais i peu près douze ans.je m'étais alors acheté Tapestry, puis Fantasy, parmi mes premiers disques pop.Puis plus rien.J'avais totalement oublié Carole King, sans même savoir qu'elle était déjà, à l'époque, au-teure d'une multitude de hits aux USA \u2014 dont la pénible Locomotion, réinterprétée par la non moins pénible Kylie Minogue, la Marie-Soleil Tougas de l'Australie (elle aussi a amorcé sa carrière dans les téléromans-savons).King révèle de grandes aptitudes à faire de la musique pop que les Américains adorent, voix unique, indéniable talent d'une chanteuse à hit qui ne sombre pas dans la quétainerie.Et puis les clichés de son nouveau disque, c'est elle qui les a inventés! Divertissement éclairé: on n'y hésite pas à parler d'environnement et à critiquer l'imaginaire américain de ses plus vilaines tares.je réécoute Carole King deux décennies plus tard, j'aime enco-reça, ça va durer une couple de semaines, je constate que seules les technologies ont changé dans son art, enfin depuis son virage hip à la fin des années 60.Deux décennies plus tard, je constate également que la musique pop n'a pas changé, que le gros de la pop-rock amerloque n'a transformé que les artifices de ses gros ca nons.CITY STREETS, Carole King, Capitol C1 + cassette + disque compact Phoebe Snow, du pareil au même ¦ Cette chanteuse au grand talent avait réussi à créer l'effet de rareté, (e m'attendais donc à un gros disque de Phoebe Snow, mais ce ne fut point le cas.Après tant d'années de silence \u2014seule une brève apparition sur le Mister Heartbreak de Laurie Anderson \u2014, comment a-t-elle pu faire un disque aussi fade?je m'emporte un peu.Ce disque est évidemment bien fait, la voix de cette importante soliste est au poil, elle a 1 air de croire en son produit.Le problème réside dans la production, hyper-conservatrice, voire drabe.La nostalgie des années soixante dix se mêle à un corporate rock décevant, qui ne lève pas, malgré les grandes potentialités de la chanteuse.Dommage.SOMETHING REAL, Phoebe Snow, Elektra 96 08521 + cassette + disque compact.r v LA PRESSE, MONTREAL, SAMEDI 29 AVK9.1989 K5 LITTERATURE De New York et de grizzli UNE COURS! COHTRf LA MONTRE, par Clair» Daignault.Mitions noes, 64 i ANDRÉ NOll Woici une histoire simple, bien structurée, avec juste assez d'aventure pour intéresser des lecteurs de 10 ans et plus.Maude Messier vient de déménager dans un nouveau quartier.Elle doit changer d'école et d'amis.Mais elle n'a pas beaucoup le temps de se se tracasser.Elle sympathise vite avec David Ostiguy, un jeune dinosaures-maniaque.David l'entraîne dans son rêve: aller à New York pour voir les squelettes de dinosaures au musée.Les deux jeunes se débrouillent pour trouver l'argent du trajet.Ils commencent par un petit marché aux puces; ils vendent toutes les vieilleries de la maison de Maude.David trouve un porte-monnaie, le renvoie à son propriétaire et reçoit une récompense.D'efforts en efforts, les deux héros ramassent ce qu'il faut pour aller à New York.L histoire finit là-bas.Rien d'extraordinaire, mais ça se lit bien.Il y a de l'action et peu de digressions.C'est une petite Québécoise qui raconte l'histoire à la première personne,: l'auteure aurait dû respecter son niveau de langage.H est peu crédible que son personnage dise, par exemple, «il y alla môme de quelques passages encyclopédiques pour étayér ses propos».Ce n'est pas grave, mais agaçant et Inutilement incompréhensible pour les jeunes lecteurs.LE ROMAN D'AGATHE, par Yves E.Amau, Illustré par Caroline Ms-rola, éditions Pierre Tisseyre.137 pages.¦ Le détective Edgar Allen et Ben, son jeune assistant, sont ap- Enfants de la Rébellion conteur» CUi.li*»i«» pelés chez la romancière Agathe Grisly.A leur arrivée à sa maison, dans l'ouet de Montréal, une brique tombe à leurs pieds.Un peu plus, et elle leur tombait sur la tète.Un valet bourru, Alfred Thi-cock, leur ouvre la porte.Il les amène vers le bureau de la célèbre romancière.Pourquoi a-t-elle appelé le détective?À la page 67, on croit comprendre que c'est parce qu'Agathe Grisly reçoit d'inquiétants appels téléphoniques.Mais ce n'est pas sûr.L'intrigue est touffue.Rendu aux trois quarts du livre, je ne savais toujours pas ce que cherchait les personnages.L'auteur, en tous cas, semble s'être amusé follement à écrire son histoire.Il faut espérer que les jeunes lecteurs s'amuseront autant que lui.ENFANTS DE LA REBELLION, par Susanne Julien, editions Pierre Tisseyre, 171 pages.¦ D'une toute autre facture est le roman historique de Susanne lu-lien, publié aux mêmes éditions.Nicolas et sa soeur jumelle, Mija- GALERIES D'ART ACHETONS PEINTURES ET SCULPTURES DErQUALITÉ Lun.au ven.9 h -17 h 30 sam.9 h-17 h GALERIE DOMINION 1438 ouest, rue Sherbrooke 845-7471 el 845-7833 EXPOSITION DES OEUVRES RECENTES LORJ Of peintures inspirées des divers étots de conscience qui favorisent la réflexion.VERNISSAGE Le dimanche 30 avril 1989, de 13 h à 18 h.L'exposition s* poursuivra jusqu'au 28 mal 1989 l'astral 206, ru* Saint-Paul ouest La (galerie d^rf du Nouvel jae.%MrWr Ce £a£e&*i d'aite Vous êtes cordialement invités au vernissage des oeuvres récentes de le 30 avril, de 13 heures à 17 Heures.L'exposition se terminera le 9 mai 1989.AU VILLAGE DE ST-TITE DES CAPS 30 x 36 h bdmt A'wtb MO.ne Nom Dune.SiUœtxrt.Qoftxt JIP 211 \u2022 166-OTM «AVENUE CHRISTOPHE COLOMB» HUILE 20\" X 24' ALBINI LEBLANC «Hommage à la ville» Oeuvres récentes GALERIE NOVA 2100, rue Crescent Tél.: 845-1221 Ouvert 7 jours Lun.-ven.: 9 h a 18 h Samedi: 9 hé 17 rt Dimanche: 13 hé 17 h nou, s'ennuient à mourir chez leur .Tin.l m.»r,- Il nl.-iil » VffW Les deux jumeaux ont l'idée d'aller fouiller dans le grenier.Ils découvrent le journal intime de leur ancêtre, Rosalie Cadet, qui a participé à la Rébellion de 1837.Les deux enfants lisent le récit des troubles de 37 à travers l'histoire personnelle de leur arriére arriére arrière grand-mère.Le roman est sans prétention, mais bien bâti, simple, intéressant, instructif.Enfants de la rebellion a gagné le prix Cécile-Rouleau.LE PASSAGER MYSTERIEUX, par Cécile Cagnon, illustré par Anne Villeneuve, éditions Ovale.26 pages.¦ Il s'agit encore d'une histoire d'un frère et d'une soeur.Grégoire et Adeline Ile ru be habitent dans une auberge.Le soir, ils écoutent les farces et les légendes des passants.Parait-il.prévient un cocher, qu'il ne faut pas aller dehors après la tombée du jour, la veille de la Toussaint.Les âmes malfaisantes rôdent.Elles peuvent transformer les .voyageurs en vieux hiboux.La veille de la Toussaint arrive quelques jours plus tard.Et, oh malheur, un autre cocher doit justement sortir pour une course d'urgence.Grégoire monte incognito dans sa calèche.Au retour, une terrifiante bête noire les poursuit.Cécile Gagnon a le tour de raconter des histoires de la campagne québécoise.Les illustrations sont tout simplement parfaites.UNE longue CHASSE, par Marcel Lamy, Castor Poche senior, Editions Flammarion.152 pages.¦ Voici un roman dans la meilleure tradition de lack London.Une histoire de lutte entre un ours grizzli, solitaire mais puissant et rusé, et six chasseurs, bien décidés et bien guidés.Lur Hoo habite un coin reculé des Rocheuses.Ses prouesses sont légendaires.Il chasse avec adresse les chèvres des fermiers et ne se fait jamais prendre.Son seul ami, l'aigle Kam, le guide à travers les montagnes, l'avertissant des dangers.John Hobson, un montagnard éprouvé, mène une expédition pour l'at-trapper.Mais Lur Hoo déjoue tous ses plans.Le récit est admirablement bien écrit.Le lecteur est tenu en haleine du début à la fin.Pour jeune adolescent.DISQUES Le Quatuor Emerson : trop tôt pour Bartok CLAUDS CINMlt Les six Quatuors à cordes de Bartok constituent l'ensemble le plus imposant en ce domaine après les dix-sept de Beethoven et avant les quinze de Chostakovitch (dont le premier Quatuor coïncide presque avec le dernier du compositeur hongrois).L'écriture pour quatuor A cordes jalonne toute la carrière créatrice de Bartok.Le premier quatuor publié, de 1908-09.fut précédé de trois essais de quatuors dont deux sont perdus.Le sixième et dernier quatuor date de 1939 et, a sa mort, en 1945.Bartok en avait entrepris un septième.L'évolution, de 1909 à 1939.est évidemment très nette.Mais déjà, dans le premier Quatuor, sont assimilées les influences du post-romantisme allemand et de l'impressionnisme français, déjà s'y révèle la personnalité troublante de ce musicien dont on peut dire qu'il inventa un nouveau langage sonore.Les Quatuors de Bartok font maintenant partie du répertoire de concert et l'intégrale a été enregistrée un nombre étonnant de fois.Par exemple, le Quatuor Végh, formation hongroise réputée, les a gravés deux fois; le Quatuor luiIliard, de New York, trois fois (bien qu'avec des effectifs partiellement différents chaque fois).Le luilliard fut d'ailleurs, à la fin des années 40, le premier à fixer l'intégrale sur disques, le me rappelle encore qu'à l'époque, c'était là la musique la plus «moderne» sur le marché.Le Juilliard et le Végh, d'autres formations hongroises telles que le Tàtrai, le Takàcs.le Eder, un autre quatuor hongrois qui s'ap- BHait tout simplement Quatuor ongrois \u2014 tous ces groupes ont signé des intégrales oui demeurent, à divers degrés, des références.Il existe même un Nouveau Quatuor Hongrois, que forma l'altiste du Hongrois original à la dissolution de celui-ci, en 1970, et qui enregistra les Bartok, chez Vox.en 1976.Une version inférieure L'intégrale des Quatuors de Bartok réalisée l'an dernier par le Quatuor Emerson est, il faut bien le dire, inférieure à toutes ces ver- DIE 6 STRE1CHQUARTETTE EMERSON STRING QUARTET sions.Le jeune ensemble américain avait laissé une très forte impression lors de ses débuts ici, en 1986, et notamment dans le quatrième Quatuor, qui est probablement le plus important des six.Sa lecture au disque le trouve moins inspiré.Du reste, toute son intégrale est assez décevante.Si le jeu collectif est absolument brillant, irréprochable à tous égards, et servi par une prise de son vivante et colorée, l'approche reste trop agressive, trop en surface.11 y a beaucoup plus que de la virtuosité dans ces pages.Les interprétations mentionnées plus haut nous en ont révélé la grandeur et l'originalité.Avec le Emerson, on dirait presque des oeuvres banales.11 est clair que le jeune ensemble ne possède pas une assez longue fréquentation de cette musique.On me dira: et alors, ce quatrième Quatuor de 1986, «live»?Je réponds que l'écoute en concert et l'écoute au disque sont des choses bien différentes, en raison notamment des conditions acoustiques.A mon goût, la meilleure intégrale des Bartok reste celle du Quatuor Hongrois, parue au début des années 60 chez Deutsche Grammophon.La comparaison, mouvement par mouvement, avec le présent enregistrement montre, chez le premier, une vision autrement plus grande.L'approche, bien qu'un peu moins virtuose, est beaucoup plus réfléchie, beaucoup plus chaleureuse, beaucoup plus raffinée; la sonori-té même est très différente.Ces musiciens donnent une signification au moindre trait et la prise de son, encore étonnante 25 ans plus tard, fait entendre quatre voix beaucoup plus personnalisées.Il faut souhaiter que Deutsche Grammophon réédite en compacts cette gravure exemplaire.Pour l'instant \u2014 les impératifs du marketing étant hélas! ce qu'ils sont \u2014, DG nous donne cette toute nouvelle version Emerson dont le principal avantage est d'être la seule en compacts où les six Quatuors sont tassés sur deux disques, au lieu des trois requis par les autres versions actuellement disponibles: Alban-Berg (EMl-Angel), Takàcs (Hungaro-ton), Végh (Astree, reprise de l'édition Telefunken ) et Nouveau Quatuor Hongrois ( Pantheon, reprise de l'édition Vox).On sait que le Emerson se distingue des autres quatuors en ce que ses deux violonistes alternent au pupitre de premier-violon \u2014 en concert et, de même, dans le présent enregistrement, où cependant l'initiative fait peu de différence.Pour quiconque veut épargner un disque \u2014 au prix où sont les compacts! \u2014 et peut se satisfaire d'une interprétation fort acceptable, la version Emerson fera l'affaire.Mais celui qui insiste pour ce qu'il y a de mieux \u2014 et je répète: au prix où sont les compacts) \u2014 attendra la réédition de la version du Quatuor Hongrois ou, comme deuxième choix, la réédition de l'une des versions du Juilliard, lequel, si souvent inégal dans le répertoire traditionnel, a toujours excellé dans le contemporain et en particulier dans Bartok.BARTOK: les six Quatuors a cordes Quatuor Emerson (Deutsche Grammophon.coff.2 d compacts.425657-2».GALERIES D'ART OEUVRES RÉCENTES SAHORA 6LEHHS&LUD0P0LUIK Vernissage le dimanche 30 avril do 14hà 17 h LES ARTISTES SERONT PRÉSENTÉS L'oxposltlon s« poursuivra jusqu'au 14 mal Qmlm MM MONTRfJU.OUt K361U m: (514) 933-9877 WEWEWEWEWEW l EXPOSITION £ OEUVRES RÉCENTES ™ LUDMILA ARMATA w «PAYSAGE D'UNE FENÊTRE» E L'exposition u poursuivra W 10 mi E W E W E jusqu'au 10 mal e Galerie West End e u> 1358, av.Greene \\i/ e Wojtmount (Québoc) J E Tél.: (514) 933-4314 ,f, W Du lundi ou «amadl d» 10 h à 17 h W EWEWEWEWEWE CLASSES DE DESSIN ET DE PEINTURE Base, intermédiaire et avancé 3623, St-Oenls, Montréal ÎTlô-ir2 She rbrooke) Pvml%aj^in, 8434830 no 749502 jfa/erie> (/// IfoiUD HMcuje EXPOSITION D'AQUARELLES UVMRFradM EttVWS.Ount BtoUBtJeao-tbrc GOOn-TKMUT.Wi SCuTTiHUOt Yotanoa «ÉBOtT.Jacques CHAGNON.Hupxlti FUMAERTZ, Ma* DCMINGUE.hUartca POUTUBI.Corinc mi, m«t POTUS, Krrri FtfMD.Ctcfe rte.jusqu'au 30 avril 22, rue Montbrun, Boucherville, 641-1757 (stationnement derrière l'église) JOURS ET HEURES D'OUVERTURE la Jaadl d* 1 « h * 21 h/H vwitfndl da 11 h é 21 Ma «amadl al la dimanena da 13hè 17h. k6 LA PRESSE.MONTREAL SAMEDI 29 AVRIL 1939 MOTS CROISÉS RÉPONSE ^ A VOS QUESTIONS OSM MBfti 8 10 11 12 HORIZONTALEMENT 1 Pour en finir.2 Informer \u2014 Coiffure.3 Partie dun tout \u2014 Marque \u2014 De la.4 impermeable \u2014 Très grandes.5 Persan \u2014 Le petit écran.6 Célébrer \u2014 En matière de \u2014 Sans fringues.7 Vitesse restante d'un navire \u2014 Levant.8 Rubidium \u2014 D'une ville d'Italie.9 Musicien, au Moyen Age \u2014 Ancienne affirmation.10 Nomme à une fonction \u2014 Monnaie de la Norvège \u2014 Jeu de hasard.11 Ville de France \u2014 Carde dune serrure.12 Modifient la direction de.VERTICALEMENT 1 Se dit d'une hématie en forme de faucille.2 Se sculpte \u2014 Agréable a regarder.3 Azotate \u2014 Se termine souvent avec un lever.4 Champion \u2014 Agacé \u2014 Saint normand.5 Article \u2014 Qui a de la peine a prendre parti.6 Construit \u2014 Pénétrer.7 Mal à l'aise \u2014 Violent emportement.8 Volcan italien \u2014 Patrie de Brassens \u2014 île de France.9 Réfutent \u2014 Trace longitudinale.10 Tantale \u2014 Abri portatif \u2014 Terme de sport.11 Reporté au pouvoir \u2014 Mis par écrit.12 Fleurs \u2014 Degré d'estime.I SOLUTION AU PROCHAIN NUMÉRO 1 234 56 78 9 10 11 12 1 2 3 4 S a 7 10 ii 12 nasi usaaas eï m asanas IliBH arasa saaanm&î SOLUTION OU DERNIER PROBLEME TAulUAU OU |1 »HMBA( Vous serez tentèfe) sérieusement de commettre une infidélité.Si vous succombez a vos impulsions du moment, il se peut que vous ayez à vous en repentir par la suite.En affaire, un important projet devra être remis à plus tard pour des raisons de temps et d'argent.Au travail, la situation exige toute votre attention; ne traitez pas a la légère des problèmes dont la solution influence votre avenir.ou n SEPTEMBRE AU 23 OCTOBRE En amour, vous arriverez à éveiller I intérêt d'une personne dont vous recherchez les faveurs.Il en résultera des relations sentimentales encourageantes.Sn affaire, un problème financier sa réglera à votre satisfaction.Au travail, vous regagnerez une certaine confiance et des perspectives de promotion s'ouvriront.Votre conduite en amour devra fortement votre partenaire.Les relations sentimentales ou conjugales seront houleuses et difficiles.En affaire, on vous reprochera un certain manque de sens pratique; par contre, vous aurez des idées iunvneuses pour faire fructifier votre argent Au travail menez a bien les travaux deja amorcés et ne concluez pas de nouveaux accords sans avoir pris i avi> de vu» luiieuuev SACITTAIUI OU 23 *0VIM8R( AU 21 ¦¦VU; Oe la mésentente est a prévoir dans vos relations sentimentales De sages resolutions s'imposeront en ce domaine.Au travail, certaines questions peu claires entraîneront nervosité et incertitude; agissez avec méthode et tentez de vous conformer.Les rapports familiaux deviendront plus chaleureux.0U22O(CiMIRi AU ÔTwïTcORNI 20 JANVIER En amour, il faudra pour un temps savoir sacrifier vos désirs personnels et vous mettre a l'écoute de l autre afin de regénérer le dialogue En affaire, mesurez les risques d'un investissement que I on vous propose et ne vous engagez pas a la légère dans une voie dangereuse.Au travail, on fera l'éloge de votre impartialité et de votre esprit d abnegation.ou 21 JANVIER AU VERSEAU ,Ï\"V'\"1\" Aujourd'hui, on se risquera a flatter votre romantisme.Votre partenaire tentera de se faire pardonner une inconduite.En affaire, un placement vous rapportera des dividendes inespérés.Votre situation financière va si bien que vous songez a des projets d'expansion.Au travail, soyez moins conservateur et ouvrez-vous aux idées nouvelles qui facilitent et améliorent votre rendement.POISSONS OU 20 FEVRIER AU 20 MARS Votre conjoint vous fera des compliments bien mérites.Le comportement d'un(e) ami(e) vous placera dans une position difficile et compromettante.Au travail, ne vous engagez pas dans une action nouvelle sans être bien sûr de pouvoir en assumer toutes les responsabilités.En affaire, montrez-vous plus souple si vous ne voulez pas détériorer l'entente déjà établie.TlctliK T OU 21 MARS AU 20 AvRIl Dans vos affaires, votre situation financière s améliore et le capital vous est disponible.N'en faites pas un mauvais usage.Au travail, les situations insolites que vous aurez à affronter ne sont pas faites pour vous effrayer et vous sortirez vainqueur de toutes les épreuves.Au plan sentimental, un être cher tente de prendre contact avec vous.\u2022AVIS AUX lECtfURS On nomoreu» lecteurs «n«nt reguiie-retient jt.n d ootenir une consultation Plusieurs ne reçoivent jamais de réponses II y a deu* raisons dut expliquent cette situation £n premier lieu étant donne le volume du courrier a certaine période nous devons tirer les lettres au sort Deuxièmement Plusieurs personnes omettent d indiQuer des données essentielles tels I heure le tour i année et le lieu de leur naissance Sa 484-5510 BRUNCH 5ë de 11 à 15 h «S BUFFET £ de 16 h à 21 h O 47, boul.St-Jean-Baptiste Châteauguay Réservation: 691-2444-9620 «\u2014\u2014\u2014II NOUVUU -Hit TA UKANT /.^^/^T'EXCELLENTeN\\ «JP \\ /~\\>,/ CUISINE DU CHEF RUBERTO MOHTINA V Diner d'affaires 5 h à 7 h \u2014 Deux pour un Table d'hôte 1230, De Maisonneuve Ouest Réamrvmtlona: 288-2282 sf>mai ins MâfloniiNFÇ niiHf utioues ' «COUSCOUS \u2022 PASTILLA \u2022 MECHOUI .SALLE DE RECEPTION Traileur pour tout» occasions Meilleur reftleuranl Gaull et Millau L Parking a I arrière du restaurant DANSEUSES DU VENTRE ««\u2022 Marrakech.[X 3464, rue Saint-Denis SPECTACLES r^k*\"\" 282 0359 ST-EUSTACHE Un grand restaurant ^^^^^^ français e - presente \"\"son festival de moules à volonté A95$ Marinara, poulette 1* at «J V marinières \" Brunch musical du dimanche 10,95* RESTAURANT Brochette de filet mignon 9,95s Médaillon de filet mignon 10,95s Saumoneau au beurre blanc 9,95s Fondue chinoise à volonté 9,95s En fête excepté le samedi §oirées musicales les vendredis, samedis et dimanches avec Solange Rochas et Gaston Ouellette au piano Solange Rochas 10714, boul.Pie-IX, Montréal-Nord Tél.: 321-2340 r RESTAURANT Le Piemontais Cuisine italienne et française 1145A, rue De Bullion 861-8122 Ferme le dimanche SURF AND TURF 1050$ Crevettes géantes et entrecôte (12 on) garnie Buono brunch al Montréalais Brunch italiano.Succolonto .Les spécialités sont una delizia.Pasta variata.Carni.Pesci.Dolci : crêpe calcle, pasticcerie fina.Bravissimo ! Mettez du soleil dans votre dimanche.17,75s Moitié prtx pour lus enfants de ID .ins el moin> Kc'si'rvdtiori!, : 86I-J5II LU.VENDU! LES ANNONCES CLASSÉES 285-7111 Table d'hôte, à la carte menu gastronomique et son bar LE GAUGUIN NOUVEAU BRUNCH À VOLONTÉ LE DIMANCHE 1450$ En«a\u201et7»* 245, GRANDE-COTE (coin 25e avenue) 491-3277 âs>and)û #ama Fine cuisine espagnole et françaisa Spectacle de flamenco DU JEUDI AU SAMEDI 20 H 39, Spécialité: w( PAELLAS (JV Ouvert tous les jours Menu special pour groupe 3458, avenue du Parc près de la rue Sherbrooke 844-0558 Hotel* et Villégiatures¦[\u2022 h a 2.) h 30 NOS MOULES À Chez MutcA âiïoucAatef LA FILET MIGNON MANIE REPREND Filet mignon servi de 5 façons Repas complet ^ m q r c à compter de | «tf1*0* Soirée à l'opérette le samedi avec Oenys Lavergne et ses invités Pierre Martineau.pianiste vous accueille le dimanche soir.881.boul.de Maisonneuve Est Rès.: 527-1221 Métro Bern UQAM Sortie couloir Dupuis lULTIME^ l'ne découverte gastiqnomiqm Restaurant do fine cuisine 5393, boul.( ¦\u2022min ouest 332-1706 Stationnement 0 Salnn pour wis r«Ypliiiniik nmupr ^ Table d'hôte 15.95 et 19.95 Ristor,inte Tr
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